Rapport du jury central
TOME 1
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- EXPOSITION
- DES PRODUITS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE.
- RAPPORT
- DU JURY CENTRAL
- en 1839.
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- Imprimerie de L. Bouchard-Huzard , rue de l’Éperon, 7.
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- EXPOSITION
- DES PRODUITS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE EN 1839.
- RAPPORT
- DU JURY CENTRAL.
- TOME PREMIER.
- PARIS,
- CHEZ L. BOUCHARD-HUZARD,
- rue de l’Éperon, 7.
- M DCCC XXXIX.
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- EXPOSÉ SOMMAIRE
- DES FAITS
- RELATIFS A L’EXPOSITION DES PRODUITS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE en 1839.
- La neuvième exposition de l’industrie française, ouverte le 1er mai 1839, s’est terminée le 31 juillet suivant ; aucune autre n’avait donné lieu à la réunion d’un aussi grand nombre d’exposants ; et, ce qui doit être remarqué, c’est que ce nombre toujours croissant a chaque exposition nouvelle, une seule exceptée, est devenu, dans l’intervalle de 40 ans, trente fois plus considérable qu’il n’était d’abord.
- En effet, la première exposition, qui date de 1798, ne compta que 110 exposants.
- La 2e réunit 220 exposants en 1801,
- La 3e. . . . 540............. 1802,
- La 4e. . . . 1422...........- . 1806,
- La 5e. . . . 1662............. 1819,
- La 6e. . . . 1648............ 1823,
- La 7e. . . . 1795............ 1827,
- La 8e. . . . 2447............. 1834,
- La 9e. . . . 3381............. 1839.
- Durant cet intervalle, de grands progrès ont été réalisés en France : on pourra s’en faire une idée
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- en lisant le discours du président, la réponse du roi et les rapports spéciaux, qui renfermen t des considérations générales sur nos principales industries, ainsi que les motifs à l’appui des décisions du jury central.
- Nous présenterons d’abord, suivant l’ordre chronologique, les faits relatifs à ce grand concours, le plus brillant de tous.
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- ORDONNANCE DU ROI,
- Le 27 septembre 1838.
- LOUIS-PHILIPPE, Roi des Français,
- A tous présents et à venir? salut :
- Vu notre ordonnance du 4 octobre 1833 ;
- Sur le rapport de notre ministre secrétaire d’Êtal au département des travaux publics, de l’agriculture et du commerce,
- Nous AVONS ORDONNÉ ET ORDONNONS Ce qui SUlt .* ARTICLE PREMIER.
- Une exposition des produits de l’industrie fran^ çaise sera ouverte à Paris le \er mai 1839, dans le grand carré des Champs-Elysées.
- art. 2.
- Aucun produit ne sera exposé qu’il n’ait été admis par un jury nommé à cet effet, par les préfets, dans chaque département.
- art. 3.
- Un jury central sera nommé, à Paris, par notre ministre des travaux publics, de l’agriculture et du commerce. Ce jury jugera du mérite des objets exposés. Après son rapport, nous nous réservons de décerner, à titre de récompenses, des médailles d’or, d'argent et de forons
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- ART. '4,
- Les préfets, sur l’avis des jurys départementaux, feront connaître les artistes qui, par des inventions ou procédés non susceptibles d’être exposés séparément, auraient contribué aux progrès des manufactures depuis l’exposition de 1834. Ces artistes pourront avoir part aux récompenses.
- ART. 5.
- Notre ministre secrétaire d’État au département des travaux publics, de l’agriculture et du commerce est chargé de l’exécution de la présente ordonnance.
- Fait au palais des Tuileries, le vingt-sept septembre mil huit cent trente-huit.
- Signé LOUIS-PHILIPPE.
- Par le Roi :
- Le ministre secrétaire d ’État au département des travaux publics} de Vagriculture et du commerce,
- Signé Martin ( du Nord ).
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- CIRCULAIRES DE M. LE MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS, DE L’AGRICULTURE ET DU COMMERCE.
- PREMIÈRE CIRCULAIRE.
- Paris, le 9 octobre i838.
- M. le préfet, l’ordonnance royale du 4 octobre d 833 statue que l’exposition publique des produits de l’industrie aura lieu périodiquement de cinq en cinq ans. Conformément aux dispositions de cette ordonnance, le gouvernement du Roi a obtenu des chambres un crédit destiné au renouvellement de cette solennité, et une ordonnance du 27 septembre dernier en a fixé l’ouverture au 1er mai prochain. Je vous invite, M. le préfet, à donner sans retard à cette ordonnance, dont je vous transmets plusieurs exemplaires , la plus grande publicité.
- Cet appel h tous les industriels sera d’autant mieux compris que, dans l’intervalle qui vient de s’écouler depuis la dernière exposition, plusieurs départements ont cru devoir provoquer l’émulation
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- des fabricants par des expositions partielles, qui n’ont été ni sans éclat ni sans importance. Partout l’opinion publique les a accueillies avec intérêt, et les conseils généraux les ont souvent encouragées.
- A aucune époque, peut-être, les circonstances n’ont été plus favorables à la solennité qui se prépare. Le calme dont nous jouissons, depuis la dernière exposition, a donné à la France manufacturière une activité qui lui a permis d’entreprendre et d’exécuter de beaux et d’importants travaux, et de porter à un grand degré de développement et de perfection ses moyens de fabrication. Il n’y a donc pas de doute que l’exposition de 1839 sera beaucoup pins remarquable encore que celles qui l’ont précédée.
- Vous vous empresserez, M. le préfet, dès que vous aurez reçu cette circulaire, de former le jury départemental chargé de prononcer sur l’admission des objets destinés à l’exposition. Vous devrez appeler pour le composer les hommes qui, par leur position, leurs études, leurs lumières et leur expérience, seraient considérés comme les plus capables d’accomplir la mission que vous leur confierez.
- Ce jury ne saurait trop sérieusement se pénétrer de l’importance des devoirs qui lui seront imposés.
- L’ordonnance du Roi lui laisse la faculté d’admettre ou de rejeter les produits qui lui seront pré-sentés* 11 mi à désim* qu'il ne se laisse point mM*
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- ner par trop de bienveillance, ou par des considérations particulières, à accueillir des objets qui, sous le rapport, de l’art, de la nouveauté, de la fabrication ou de la matière employée, n’offriraient aucun intérêt. Les salles de l’exposition ne doivent s’ouvrir qu’aux produits qui, par leur importance, méritent d’être placés sous les yeux du public. Le jury devra donc s’attacher à rejeter tous les objets qui ne présenteraient pas un véritable caractère d’utilité réelle, et à ne recevoir que ceux qui se recommandent sous le rapport de la bonne confection ou du bon marché, ceux qui, par leur nouveauté ou leur perfectionnement, peuvent le mieux faire connaître, comparativement, l’industrie de chaque département, ses procédés de fabrication et les degrés où elle est parvenue.
- Il est une autre disposition de l’ordonnance du Roi , dont je vous recommande particulièrement l’exécution comme méritant de fixer l’attention spéciale du jury : l’article 4 l’invite à faire connaître les artistes qui, par des inventions ou procédés non susceptibles d’être exposés séparément , auraient contribué au progrès des manufactures, et mérité par là de prendre part aux récompenses qui seront décernées.
- Le gouvernement du Roi a voulu que l’artiste, que l’ouvrier modeste qui, chez lui ou dans l’atelier, aurait imaginé des procédés de nature à simplifier le
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- travail ou à perfectionner les produits , participât aux encouragements que recevrait le chef de l’établissement à la fortune et à la réputation duquel cet humble artisan aura souvent contribué. Les membres du jury comprendront, je n’en doute pas, la pensée qui a inspiré cette sage disposition de l’ordonnance.
- Pour se conformer à ses prescriptions, ils devront s’empresser de se mettre en rapport avec les industriels; visiter les fabriques, les manufactures, les ateliers; s’enquérir de l’importance des établissements et de l’étendue de leurs débouchés ; examiner par eux-mêmes les produits , et se rendre compte des prix auxquels ils sont fabriqués. Ces renseignements deviendront des éléments de statistique utiles à consulter : en les recueillant, le jury s’assurera que les objets qui lui seront présentés proviennent d’une fabrication journalière, et n’ont pas été exécutés en vue seule de l’exposition ; par là aussi, il pourra découvrir les artistes et les ouvriers recommandés à son attention par l’article 4 de l’ordonnance, et transmettre au jury central les détails propres à l’éclairer sur le mérite des industriels qu’il est appelé à signaler à la bienveillance du Roi.
- Les objets admis par le jury seront transportés du chef-lieu du département à Paris, aux frais de 1 État, qui se chargera également de leur retour.
- Vous veillerez, M. le préfet, à ce que chaque ex-
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- posant no multiplie pas sans nécessité le nombre des mêmes articles. Des instructions nouvelles vous seront d’ailleurs adressées pour vous prescrire toutes les mesures à prendre concernant la direction à donner aux envois, et la forme des procès-verbaux à dresser. Vous pouvez toutefois, dès à présent, prévenir, avec toute la publicité possible, les fabricants et les industriels de votre département que les objets qui ne seraient pas rendus à Paris, le 1cr avril, ne seraient pas reçus à l’exposition. Ce terme est de rigueur.
- Je né crois pas avoir besoin, M. le préfet, d’insister davantage auprès de vous sur l’importance que vous devez attacher aux dispositions contenues dans cette circulaire ; je compte sur votre zèle pour exciter l’émulation de tous les industriels de votre département qui ont leur réputation à soutenir ou un nom à faire connaître et proclamer.
- Recevez, M. le préfet, l’assurance de ma considération très-distinguée.
- Le ministre des travaux publics, de Vagriculture et du commerce,
- MARTIN (do Nord).
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- DEUXIÈME CIRCULAIRE.
- Paris, le 18 janvier i83g.
- M. le préfet, vous avez dû, en exécution de ma circulaire du 9 octobre dernier, relative à l’exposition des produits de l’industrie nationale, convoquer le jury chargé par vous, aux termes de ces instructions, de prononcer le rejet ou l’admission des objets destinés à cette exposition. Vous avez dû également user de tous les moyens de publicité dont vous disposez pour mettre les industriels de votre département à même de prendre part à cette grande solennité.
- 11 me reste à vous transmettre aujourd’hui des instructions nouvelles sur l’envoi des produits qui auraient été ou seraient reçus par le jury : vous y donnerez toute votre attention. Le nombre de ceux qui parviendront à Paris, de tous les points de la France, presque en même temps, sera considérable, tout porte à le croire; c’est pourquoi il importe, afin de prévenir la confusion et de faciliter le classement et la reconnaissance de tant d’objets divers, de ne procéder à leur transmission qu’avec le plus grand soin et après avoir, pour ainsi dire, écrit sur chaque objet le nom de son propriétaire.
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- Aucun envoi ne sera fait, aucun article ne sera reçu s’il ne m’est transmis par vous et accompagné d’un bordereau en triple expédition, conforme au modèle ci-annexé.
- Vous verrez, M. le préfet, en vous reportant à ce bordereau, qu’il est destiné à contenir tous les renseignements qui intéressent les fabricants. Vous vous conformerez donc à toutes ses dispositions : c’est le seul moyen pour l’administration de mettre sa responsabilité à couvert, en prévenant des réclamations qui ne seraient pas fondées.
- La \ *e colonne contiendra le nom du fabricant ou le nom de la raison sociale ;
- La 2e, le lieu où l’industrie est exercée ;
- La 3e, le nombre des articles fournis par chaque fabricant ; et afin de rendre plus facile la vérification et la reconnaissance qui en sera faite à Paris, au moment de leur arrivée, vous aurez eu soin, M. le préfet, si un ou plusieurs articles forment un ou plusieurs paquets, de faire inscrire non-seulement en caractères lisibles, et sur une étiquette fortement attachée, le nom du département, celui du fabricant, mais encore de porter ce nom sur chaque article en leur donnant un numéro de série, afin qu’à l’ouverture des caisses l’inspecteur de l’exposition procède au récolement des objets, et constate immédiatement, par un procès-verbal à la suite dudit bordereau, si les articles qui y étaient
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- par vous portés ont été trouvés ou non en nombre, et dans quel état.
- Si le même fabricant a plusieurs colis sous son nom, la quantité en sera indiquée dans la 4e colonne , et le résultat déterminera le total des colis de votre département.
- On indiquera dans la 5e colonne la nature et le nombre des produits industriels admis par le jury départemental, et vous veillerez, M. le préfet, à ce que tout objet sur lequel le jury n’aurait pas prononcé soit rigoureusement rejeté ; vous veillerez également à ce que les fabricants se renferment dans le nombre qui aura été limité par le jury, afin qu’on ne fasse pas supporter inutilement des frais de transport à des masses de mêmes produits^ qui sembleraient n’avoir été soumis à l’examen du jury que pour procurer un droit de franchise aux transports de marchandises destinées souvent à la capitale. Ces abus sont rares, j’aime à le reconnaître, mais il est bon de vous les signaler, et de rappeler $u jury départemental que la religion de ses membres, sur ce point, pourrait être surprise ; ma circulaire du 9 octobre dernier leur prescrivait de se montrer très-réservés à cet égard.
- Il peut arriver, M. le préfet, que tous les industriels de votre département ne soient pas en mesure de vous envoyer leurs produits en même temps, et que, par ce motif, vous vous trouviez dans l’obli-
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- gation de me transmettre un ou plusieurs bordereaux supplémentaires. Dans ce cas, le nom de ce fabricant devra toujours figurer sur le premier bordereau ; il y sera porté pour mémoire , et la colonne réservée aux observations me fera connaître les motifs qui auront retardé l’envoi des produits. Du reste, les procès-verbaux du jury d’examen que vous aurez entre les mains vous fournissant toutes les indications qui concernent le retardataire, vous les consignerez sur le premier bordereau, afin que l’inspecteur de l’exposition puisse, le plus exactement possible et à l’avance, apprécier le nombre et la nature des objets à classer.
- J’insiste, au surplus, pour que les produits de votre département ne forment, s’il est possible, qu’un seul et même envoi, et que vous ne recouriez à des envois supplémentaires que dans des cas très-rares, et pour des motifs dont vous et le jury aurez reconnu toute l’importance. S’il était des objets, parmi ces produits en retard, qui fussent d’un poids très-minime, vous pourriez, si le temps manquait pour qu’ils me parvinssent en temps utile, me les adresser par la voie des messageries. Mais, je le répète, on ne pourrait, on ne devrait recourir à cette voie qu’autant que le poids serait très-minime.
- Tous les objets devront être expédiés de votre département pour être rendus à Paris le 1er avril prochain au plus tard ; vous les enverrez direc-t. i. b
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- tement à l’adresse de M. C. Ledieu, inspecteur de l’exposition , au Grand-Carré-des-Jeux, aux Champs-Elysées, en entrant par le quai de Billy. Ils seront accompagnés d’une lettre de voiture timbrée en double expédition. Elle spécifiera les objets de l’envoi par nombre de colis. Le transport devra s’effectuer soit par le roulage, soit par eau.
- Vous donnerez les ordres nécessaires pour que les emballages soient faits avec soin.
- Il est quelques produits qui, par leur nature, doivent être l’objet d’instructions particulières j ainsi les marbres, les granits et autres semblables, qui par leur poids occasionneraient des frais trop considérables, seront fournis par échantillons, afin de prévenir les abus qui ont eu lieu lors de la dernière exposition. Vous veillerez à ce que cette disposition soit portée à la connaissance du jury et de ceux qu’elle pourrait intéresser. Tous les produits qui se rattachent à l’exploitation des mines sont dans ce cas ; il suffit d’un ou plusieurs échantillons pour en apprécier la valeur.
- Les produits chimiques qui seraient susceptibles de combustion spontanée ne pourront être envoyés sous aucun prétexte.
- Les autres colonnes du bordereau que vous avez à remplir n’ont pas besoin , pour être comprises, d’explications particulières. Je dois dire cependant ici que la 8e colonne ne servira, le plus souvent, qu’à inscrire le nom des artistes qui auraient contribué
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- aux progrès de l’indqstrie, et qui à ce titre, d’après l’article h de l’ordonnance du 27 septembre dernier, peuvent avoir droit aux récompenses. 'Vous serez le plus souvent dans l’obligation, quand la colonne des observations n’offrira pas d’espace suffisant, d’annexer à l’appui du bordereau le rapport spécial du jury, dans lequel les titres et les droits de ces artistes auront été exposés. Il faut que ces notices, ainsi que toutes celles qui feront connaître l’impor-tance des établissements exploités par les exposants, soient détaillées le plus possible, sans diffusion, afin que le jury central soit à même déjuger et de rendre compte des faits qu’il n’aura pu, comme le jury départemental, connaître sur les lieux mêmes.
- Je vous transmets 12 exemplaires de ces borde-v reaux, et vous recommande encore une fois de ne rien négliger pour appeler toutes les grandes industries de votre département à prendre part à l’exposition qui doit s’ouvrir le 1er mai prochain.
- Veuillez m’accuser réception de cette circulaire sans le moindre retard.
- Recevez, M. le préfet, l’assurance de ma considération très-distinguée. -
- Le ministre secrétaire d’État des travaux publics, de Vagriculture et du commerce,
- Signé N. Martin (du Nord).
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- TROISIÈME CIRCULAIRE.
- Paris , le 20 février i83g.
- Monsieur le préfet, aux termes de ma circulaire du 9 octobre dernier, le jury d’examen de votre département a dû prononcer sur l’admission des objets qui doivent figurer à l’exposition des produits de l’industrie ; j’aime a croire que ce jury s’est conformé aux instructions qui lui ont été transmises, et qui avaient pour objet de n’admettre que .les produits qui se recommandent sous le rapport de la bonne confection, delà nouveauté, du perfectionnement , et particulièrement par le bon marché.
- L’exposition des produits de l’industrie est, comme on sait, un concours ouvert à tous les fabricants de France; c’est là que leurs produits doivent être comparés et examinés avec soin, par un jury centrai chargé seul de décerner les récompenses' : or, pour qu’il soit possible de bien apprécier le mérite de chaque fabrication et les progrès qui ont été faits depuis 1834, il est nécessaire de faire connaître le prix de chaque objet exposé.
- En conséquence, je ne saurais trop vous recommander, M. le préfet, d’exiger, autant que possi-
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- ble, des fabricants de votre département qu’ils joignent l’indication exacte du prix de chaque produit envoyé à l’exposition. Cette instruction a été constamment donnée lors des précédentes expositions : je ne fais que vous le rappeler; mais en y ajoutant que le prix quil est important de pouvoir indiquer à côté de chaque produit, cest le prix auquel il peut être livré au consommateur. Les fabricants sentiront, je n’en doute pas, de quelle importance il est pour eux de faire connaître le bon marché qu’ils peuvent atteindre dans leur fabrication ; car, je le répète, il ne suffit pas d’envoyer des chefs-d’œuvre exécutés en vue de l’exposition, mais des objets d’une fabrication journalière, recommandables par le bas prix auquel on peut les vendre, et qui, étant susceptibles de s’adresser à un grand nombre de consommateurs, augmentent véritablement la richesse et le bien-être du pays.
- Recevez, M. le préfet, l’assurance de ma considération distinguée.
- Le ministre secrétaire d’État des travaux publics, de l’agriculture et du commerce,
- Signé N. MARTIN (du Nord).
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- Par suite de l’ordonnance royale et de l’ârrêté
- ministériel, ont fait partie du jury central en 1839 :
- MM. d’Arcet, membre de l’Institut, delà Société royale d’agriculture et du Conseil de la Société d’encouragement.
- Barbet, député, membre du Conseil général du commerce.
- Berthier, membre de l’Institut, professeur à l’École des mines.
- Beudin, membre de la Chambre des députés.
- Blanqui, membre de l’Institut, professeur au Conservatoire des arts et métiers.
- Bosquillon j, manufacturier.
- Brongniart, membre de l’Institut et de la Société d’encouragement, directeur de la Manufacture royale de Sèvres.
- Carez, négociant, juge au Tribunal de commerce de Paris.
- Chevreul, membre de l’Institut, directeur des teintures à la Manufacture royale des Gobelins.
- Clément Desormes, professeur au Conservatoire des arts et métiers, membre de la Société d’encouragement.
- Combes, professeur à l’École des mines, membre du Conseil de la Société d’encouragement.
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- Cunin- Gridaine, député et membre du Conseil supérieur du commerce (1).
- De Bonnard, membre de l’Institut, inspecteur divisionnaire des Mines.
- Delaroche (Paul), membre de l’Institut.
- Dujaud, membre du Conseil général des manufactures et de la Société d’encouragement.
- Dumas y membre de l’Institut, professeur à l’École centrale, membre du Conseil de la Société d’encouragement.
- Dupin (le baron Charles), membre de l’Institut, pair de France, membre du Conseil de la Société d’encouragement.
- Durand (Amédèe), ingénieur-mécanicien, membre du Conseil de la Société d’encouragement.
- Fontaine, architecte, membre de l’Institut.
- Gay-Lussac, membre de l’Institut, pair de France.
- Girod de ÏAin (Félix), membre de la Chambre des députés.
- Griolet, manufacturier, membre du Conseil général des manufactures.
- Héricart de Thury ( le vicomte), membre de l’Institut , inspecteur des Mines, président de la So-
- (i) Pendant la durée de l’exposition, M. Cunin-Gridaine, nommé ministre de l’agriculture et du commerce, cessa, dès lors, de faire partie du jury central ; il fut remplacé par M. Legros.
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- ciété royale d’agriculture et membre du Conseil de la Société d’encouragement.
- Kœchlin, membre de la Chambre des députés et du Conseil des manufactures.
- Laborde {Léon de), membre du Comité des monuments historiques et des arts.
- Legentil, membre de la Chambre des députés, du Conseil général du commerce et du Conseil de la Société d’encouragement.
- Legros, négociant.
- Mathieu, membre de l'Institut et de la Chambre des députés.
- Michel Chevalier, conseiller d’État, ingénieur des Mines.
- Mejnard, membre de la Chambre des députés et du Conseil général des manufactures.
- Mouchel de J^aigle, manufacturier, membre du Conseil général des manufactures et de la Société d’encouragement.
- Pajen, professeur de chimie appliquée à l’École centrale, membre de la Société royale d’agriculture et du Conseil de la Société d’encouragement.
- Petit, ancien manufacturier.
- Pouillet, membre de l’Institut, de la Chambre des députés, professeur-administrateur du Conservatoire des arts et métiers, et membre du Conseil de la Société d’encouragement.
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- Renouard (Jules), libraire, juge au Tribunal du commerce de la Seine.
- Sallandrouze, manufacturier, membre du Conseil général des manufactures et de la Société d’encouragement.
- Savart, membre de l’Institut, professeur au Collège de France.
- Savary, membre de l’Institut.
- SainUCricq, membre du Conseil général des manufactures.
- Séguier (baron Armand), conseiller à la Cour royale de Paris, membre de l’Institut, du Comité consultatif, de la Société royale d’agriculture et de la Société d’encouragement.
- Schlumberger, secrétaire du Comité consultatif des arts et manufactures,
- Tarbê de Fauxclairs, pair de France, conseiller d’État, inspecteur général des Ponts et chaussées , membre du Conseil de la Société d’encouragement.
- Thénard (le baron), membre de l’Institut, pair de France, président de la Société d’encouragement.
- Yvart, inspecteur général des Écoles vétérinaires, membre de la Société royale d’agriculture.
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- coarsTiTCïioar du jury umiryl.
- TRAVAUX PRÉPARATOIRES, DÉLIBÉRATIONS ET RÉVISIONS DES RÉCOMPENSES.
- Monsieur le ministre des travaux publics, de l’agriculture et du commerce, après avoir affecté aux séances du jury central, à chacune de ses huit commissions et aux bureaux de soh secrétariat, un local dans les bâtiments du palais Bourbon, convoqua la première assemblée générale le 25 avril 1839; la séance fut ouverte par M. Fontaine, président d’âge, et l’on procéda immédiatement à la formation du bureau.
- Au premier tour de scrutin furent élus :
- M. le baron Thénard, président;
- M. Ch. Dupin, vice-président;
- M* Pajen, secrétaire.
- L’ordonnance du roi et les autres pièces officielles relatives à l’exposition des produits de l'industrie française, en 1839, furent communiquées (voir pages vij à xxij).
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- Le jury se divisa en huit commissions spéciales
- composées de la manière suivante :
- 4re Commission des tissus : MM. Legentil, président, Barbet, Blanqui, Bosquillon , Curez, Girod de VAin, Griolet, Kœchlin, Legros, Meynard, Petit, Sallandrouze, Schlumberger et Yvart.
- 2e Commission des métaux et substances minérales : MM. Dufaud, président, Berthier, de Bonnard, Combes, d’Arcet, Dumas, Durand (Amédée), vicomte Héricart de Thury, Michel Chevalier et Mouchel de Laigle.
- 3° C0M31ISSI0N DES MACHINES ET USTENSILES AGRICOLES : MM. le baron Ch. Z?président, Combes, Durand (Amédée), Griolet, vicomte Héricart de Thury, Kœchlin, Michel Chevalier, Payen, Pouillet, baron Séguier, Tarhé de Vaux clairs et Yvart.
- 4e Commission des instruments de précision et des instruments de musique : MM. Mathieu, président, Pouillet, Savart, Savary, et le baron Séguier.
- 5e Commission des arts chimiques : MM. le baron Thénard, président, Berthier, Brongniart, Clément Desormes, Chevreul, d’Arcet, Dumas, Gay-Lussac et Payen.
- 6e Commission des beaux-arts : MM. Fontaine,
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- président, Beudin, Blanqui, Brongniart, Delà roche (Paul), Laborde {Léon de), Benouard et Sallandrouze.
- T COMMISSION DES ARTS CERAMIQUES : MM. Broil-gniart, président, Beudin, d’Jrcet, Dumas, Gay-Lussac, Saint-Cricq, et le baron Thénard. 8e Commission des arts divers : MM. Chevreul, président, Barbet, Bosquillon, Carez, Clément Desormes, Dumas, Laborde (Léon de), Legentil, Meynard, Payen, Petit, Benouard et Schlunv-berger.
- Le jury central s’occupa ensuite des mesures utiles pour soumettre à des examens approfondis tous les objets admis au concours : l’accroissement en importance et en nombre des industries représentées rendait la tâche plus difficile que dans les expositions précédentes. Ces motifs portèrent le jury central à nommer plusieurs rapporteurs dans chaque commission; il décida, en outre, que la rédaction ainsi que les conclusions des rapports seraient discutées et adoptées dans les commissions, présentées ensuite, aux délibérations du jury, en assemblée générale; qu’enfin les votes ainsi émis provisoirement seraient soumis à une révision définitive dans des séances spéciales. Dans la vue de rendre aussi rapides et complets que possible ces travaux, le jury adopta la proposition de faire im-
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- primer tous les rapports , précédés des noms des membres des commissions et portant la signature dp rapporteur : il en résultait en même temps plus de garantie pour les appréciations des produits, et pour les jugements à porter.
- Le 30 avril eut lieu la visite inaugurale du Roi, accompagné de la Reine, des princes et des princesses de la famille royale.
- L’auguste famille, reçue et conduite par le ministre du commerce et de l’agriculture, par le président et les membres du jury , parcourut successivement toutes les salles.
- Après cette première visite, qui avait pour but une revue générale, les huit grandes salles, renfermant les objets correspondant aux huit sections du jury, reçurent, chacune à son tour, et à des jours différents, les visites royales.
- Sa Majesté examina tous les produits avec le plus vif intérêt, recueillant de chaque exposant les données relatives aux progrès réalisés et à l’avenir de son industrie, expliquant souvent elle-même, aux membres de sa famille et aux manufacturiers qui l'entouraient, certaines particularités importantes pour les succès de notre industrie et les développe-ments de nos relations commerciales.
- Le prince royal fit en outre, avec madame la duchesse d’Orléans, de nombreuses visites à l’exposition , et s’empressa, dans des entretiens avec les
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- rapporteurs du jury et les exposants, de bien apprécier les résultats acquis depuis 1834.
- Leurs Majestés, les princes, les princesses offrirent un nouvel encouragement, une sorte de récompense anticipée, en achetant un grand nombre des produits les plus remarquables parmi ceux qui étaient applicables à leur usage, à l’ameublement et au décor de leurs résidences.
- Chaque visite fut une véritable fête pour les manufacturiers qui avaient pris part au grand concours de 1839 : malgré leur immense étendue , toutes les salles étaient encombrées d’une foule de notabilités industrielles, et le plaisir , évident pour tous , que Sa Majesté prenait à ces entretiens multipliés , témoignait hautement combien elle savait apprécier une occasion aussi favorable de réunir l’élite des travailleurs, créateurs de la richesse publique, autour du chef de la nation. Les cris de 'vive le roi, vive la reine, vive la famille royale, se faisaient souvent entendre.
- Les travaux du jury prirent, dès leur origine, une activité très-grande : outre les réunions journalières des commissions, les visites dans les salles et les nombreux examens des produits , les membres du jury se réunirent, pour leurs délibérations , dans trente et une, séances générales, qui durèrent de quatre à six heures chacune. Les procès-verbaux transcrits sur un registre occupèrent cent vingt pages in-folio.
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- Les bases principales sur lesquelles le jury central fonda l’appréciation des récompenses furent :
- 1° L’invention et les perfectionnements utiles classés d’après l’importance manufacturière de leurs résultats ;
- 2° L’étendue des fabriques et leur situation topographique ;
- 3° La qualité réelle et commerciale des produits ;
- 4° Le bon marché acquis par les progrès de la fabrication.
- On comprend que le jury ne pouvait récompenser les efforts du génie lorsque leurs résultats étaient purement scientifiques, et qu’il dut souvent même se tenir en garde contre une sympathie entraînante en faveur des inventions appliquées, toutes les fois qu’une expérience suffisamment prolongée ou étendue n’avait pas définitivement prononcé sur leur mérite manufacturier ; car il eût été beaucoup plus dangereux d’inspirer trop tût une grande sécurité aux inventeurs et au public que d’ajourner une récompense définitive. Les huit commissions désignèrent comme rapporteurs les membres dont les noms suivent :
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- LISTE DES RAPPORTEURS.
- PREMIÈRE COMMISSION.
- Des tissus.
- 1° Améliorations des laines.
- 2° Filature de la laine.
- 3° Tissus de laine.
- 4° Couvertures.
- 5° Chàles-cachemires et imitations.
- 6° Soies.
- 7° Soieries, rubans, tissus de crin, etc. 8° Filage et tissage du lin.
- 9° Filage du coton.
- 10° Tissus de coton, de couleur et blancs. 11° Bonneterie, canevas, passementerie. 12° Tapis, tissus de verre, dentelle, etc.
- 2e COMMISSION.
- Des métaux et autres substances minérales.
- MM. Amédée Durand, Outils et objets divers.
- Moichei, 1Métaux di,ers et ollia8es-
- Dufaud, Fers, fontes, aciers, tôles, fer-blanc, etc.
- Héricart de Thury. Objets minéralogiques et bitumes.
- MM. Girod de l’Ain, Griolet, Legentil, Griolet, Bosquillon, Meynard, Carez,
- Schlumberger,
- Kœchlin,
- Barbet,
- Petit,
- Blanqui.
- 3e COMMISSION. Des machines.
- MM. Combes, Séguier,
- Pouillet,
- Ch. Dupin,
- Amédée Durand, Héricart de Thury, Payeo.
- Machines hydrauliques, j Machines à vapeur.
- I Grands mécanismes.
- / Machines à fabriquer les tissus et le papier. ) Machines à imprimer.
- (Peignes, cardes,
- 1 Constructions hydrauliques.
- — navales et civiles.
- Construction.
- Outils.
- ( Instruments aratoires et | Industries agricoles.
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- 4e COMMISSION.
- Instruments de précision et de musique.
- MM. Mathieu, tW-W Horlogerie.
- ( Instruments de précision relatifs à l’op-I tique, à la géodésie, à l’horlogerie, j Lampes.
- I Armes diverses.
- Instruments de musique.
- 5e COMMISSION.
- Savary,
- Séguier,
- Savait.
- Chimie.
- MM. d’Arcet,
- Dumas,
- Payen.
- S Produits divers.
- Produits chimiques.
- Conservation des substances alimentaires. Savons, colle forte.
- Gélatine, cire à cacheter.
- ( Sucres.
- ( Fabrication des couleurs.
- (Produits appliqués à l’éclairage. Chauffage.
- Distillation.
- 6e COMMISSION.
- Des beaux-arts.
- MM. Brongniart, Sallandrouze, Héricart de Thury,
- Beudin,
- Laborde (Léon de), Blanqui.
- Vitraux peints.
- Bronzes.
- Bijouterie, i Ciselure.
- I Orfèvrerie.
- | Plaqué.
- [ Constructions.
- [ Imprimerie.
- ! Lithographie.
- J Ouvrages imprimés reliés. ( Stores, peinture. Ameublement.
- 7e COMMISSION.
- Poteries.
- MM. Brongniart,
- Terre cuite.
- Faïence, porcelaine. Poterie en grès. Décors sur porcelaine.
- T. I.
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- Dumas.
- Émaux»
- Glaces et strass. Verrerie, cristallerie. Pierres artificielles.
- ,8e COMMISSION.
- Arts divers.
- MM. Chevreul,
- Dumas,
- Schlumberger,
- Carez,
- Laborde (Léon de).
- Teinture.
- Blanchiment.
- Impression et papiers peints. Cuirs.
- Papiers, i Maroquin.
- I Buffles.
- ILiterie.
- Sellerie.
- Objets divers.
- Chapellerie.
- Bonneterie.
- Papeterie*
- Chaussures.
- Ganterie.
- {Instruments de chirurgie. Objets orthopédiques.
- Fleurs artificielles. Imitations de la nature.
- Sur la demande de la commission des instruments de précision et de musique, le jury central exprima le désir que MM. Auber, Baillot, Berton et Gallay fussent adjoints à cette commission, afin que le jugement le plus éclairé, capable d’inspirer la plus entière confiance aux exposants, pût être porté sur les instruments de musique.
- L’adjonction de M. Jules Cloquet fut également demandée pour concourir aux examens des produits qui intéressent la chirurgie.
- MM. Auber, Baillot, Berton, Gallay et Jules Cio-
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- quet se sont empressés de déférer à ce vœu; ils rendirent plus précieux encore leur utile concours en se livrant sans retard et sans réserve à l’accomplissement de ces difficiles et honorables fonctions.
- Les récompenses décernées par le jury central aux exposants ont été suivant l’ordre de mérite :
- 1° La médaille d’or.
- 2° La médaille d’argent.
- 3° La médaille de bronze.
- 4° La mention honorable.
- 5° La citation favorable.
- Le rappel de chacune d’elles fut accordé aux manufacturiers qui avaient développé leurs progrès ou soutenu leur industrie au rang qu’elle avait acquis à l’époque des précédentes expositions.
- Les mentions honorables et les citations, outre leur importance réelle qui motive des discussions parfois longues et approfondies dans les commissions, sont souvent une prise de date pour réserver des droits aux récompenses de premier ordre, lorsque l’extension des industries déjà dignes d’attention, ou le contrôle de l’expérience auront justifié les prévisions du
- jury-
- On sait que des récompenses de tous les ordres ont été décernées aux personnes qui avaient rendu à l’industrie des services non susceptibles d’être représentés par des produits exposés en leur nom.
- Le jury est parvenu au terme de ses travaux dans
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- un délai qui paraîtra bien court si l’on considère le grand nombre et la diversité des produits admis à l’exposition.
- On sait, en effet, qu’il y eut, cette année, 3381 exposants admis, tandis qu’en 1834 on n’en comptait que 2447, et, en 1827, seulement 1631.
- Les produits furent exposés à grande peine dans une galerie et huit longues salles occupant ensemble une superficie de 16,500 mètres carrés ; en 1834, l’espace occupé par les bâtiments de l’exposition fut seulement de 14,288 mètres.
- Le vaste emplacement destiné à l’exposition de 1839 fut insuffisant encore ; il fallut construire une salle entière pour développer convenablement la grande industrie dont le foyer central est à Mul-hausen.
- Voulant essayer de rendre la tâche moins difficile à l’époque d’une exposition prochaine, le jury chargea une commission spéciale de rédiger d’avance, pour être soumis au ministre, un projet relatif à des améliorations dans les mesures à prendre pour l’admission des exposants, la réception et la classification des produits, les notes descriptives accompagnant les objets exposés, etc., etc.
- Cette commission est composée de MM. le baron Thénard , président, de Bonnard, Brongniart -, Chevreul, Dumas, Ch. Dupin, Fontaine, Legentil, Payen, Pouillet et Savart.
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- Quelques-uns des membres du jury central étaient au nombre des exposants; ils se sont trouvés, par ce fait, exclus du concours. Le jury, s’abstenant de les juger sous ce point de vue, s’est empressé de déclarer, cependant, qu’ils continuent à se montrer très-dignes des hautes récompenses qu’ils ont obtenues dans les précédentes expositions.
- M. le ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics fut prévenu, le 21 juillet, que tous les travaux du jury central étaient terminés, et le jour de la séance royale pour la distribution des récompenses fut fixé au 28 juillet, l’un des anniversaires des grandes journées de 1830.
- MM. les exposants, ainsi que les personnes auxquelles l’industrie doit des progrès, qui avaient obtenu des médailles ou des rappels de médailles, furent convoqués au palais des Tuileries.
- Le 28 juillet, à une heure, le Roi, entouré de la Famille royale, a distribué, dans la salle des Maréchaux , les récompenses accordées à l’industrie par suite de l’exposition de 1839. M. Cunin-*Gri-daine, ministre du commerce et de l’agriculture, accompagné de M. Boulay (de la Meurthe), secrétaire général du ministère, et de M. Yincens, directeur du commerce intérieur et des manufactures, était auprès de Sa Majesté.
- Ceux de MM. les exposants qui devaient être nommés ont été introduits au nombre de plus de
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- huit cents, précédés de MM. les membres du jury.
- M. le baron Thénard, président du jury central, adressa au Roi le discours suivant :
- « Sire,
- « Ce fut une heureuse et belle idée que celle d’ex-poser à tous les regards les produits les plus remarquables de l’industrie d’un grand peuple, et d’en perpétuer le souvenir par des récompenses solennelles données de la main même du chef de l’État.
- cf Cette idée, qui devait être si féconde, appartient à la France ; et ce qui la rend plus digne d’admiration , c’est quelle se soit accomplie au milieu du fracas des armes, lorsque la France avait à combattre toutes les puissances de l’Europe conjurées contre son indépendance.
- « Plus de quarante ans se sont écoulés depuis la fondation de ces mémorables concours ; ils ont donc subi tout à la fois et l’épreuve du temps et l’épreuve plus difficile encore des révolutions politiques.
- cf Le consulat les reçut du Directoire pour les léguer à l’Empire, qui les transmit à la Restauration. Le gouvernement de juillet les adopta comme une institution nationale.
- cc Les premiers ne pouvaient manquer de se ressentir des calamités que la guerre entraîne toujours avec elle; mais la paix n’est pas plutôt rétablie et
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- consolidée, que l’industrie, qui était comme enchaînée, prend un libre essor ; elle s’éclaire de toutes parts au flambeau de l’expérience ; elle pénètre aux lieux où elle était inconnue ; les ateliers se multiplient, la fabrication s’améliore, les relations s’étendent, de nouveaux procédés se découvrent, et les concours de 1819 à 1827 viennent révéler à l’Angleterre qu’elle aura bientôt une rivale dans les arts. De si hautes espérances sont justifiées par le concours de 1834 : celui de 1839 les réalise.
- « Oui, Sire, de grands progrès ont été faits dans les cinq dernières années qui viennent de s’écouler.
- « La filature de la laine à la mécanique nous est complètement acquise; celle du lin ne tardera pas à l’être : industries importantes qui entreront pour des sommes considérables dans la balance de notre commerce.
- « Plus de cinquante usines construisent des machines à feu d’une force ordinaire : que l’État les seconde, et bientôt elles fourniront les puissants moteurs que réclame notre navigation maritime. La France, au commencement du siècle, possédait à peine quelques machines à feu; on les compte aujourd’hui par milliers ; un jour, les villes manufacturières en seront couvertes.
- (( Les machines à papier continu ont été portées à un si haut degré de perfection, qu’elles s’exportent au loin.
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- « Le métier à la Jacqnart, si utile, a reçu de nouveaux perfectionnements.
- « Un ingénieux mécanisme façonne le bois en meubles, en ornements, en bois de fusil, etc., avec autant de rapidité que de précision.
- « D’excellents chronomètres, des chronomètres éprouvés, se payent moitié moins qu’en 1834 : tous nos bâtiments en seront pourvus et ne courront plus le risque de se jeter sur la côte par des temps brumeux.
- « Les puits forés, qui promettent de rendre de si éminents services à l’agriculture, ont été l’objet de nouveaux essais dignes d’encouragement.
- « C’est d’Angleterre que nous venaient les meilleures aiguilles nécessaires à notre consommation : la France en produit aujourd’hui qui ne laissent rien à désirer.
- « Deux nouveaux produits ont pris rang dans l’industrie : la bougie stéarique, qui a tant d’avenir; la teinture en bleu de Prusse, qui, avec le temps, remplacera presque entièrement celle de l’indigo.
- (( Nos cristaux sont aussi limpides et d’une taille aussi parfaite que les cristaux étrangers ; ils l’emportent par l’élégance des formes, par la variété des couleurs et la solidité des décors métalliques.
- « Rien de plus beau, de plus éclatant que nos vitraux ; ils surpassent ceux des anciens, si vantés à juste titre.
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- « Depuis longtemps on cherchait à fabriquer le flint-glass et le crown-glass par un procédé régulier qui permît de les obtenir d’une parfaite qualité et de dimensions convenables pour tous les usages de l’optique : ce problème est résolu.
- « Un grand pas a été fait dans les moyens de décorer la porcelaine et d’ajouter à sa valeur.
- « Des pierres lithographiques, d’une qualité supérieure, ont été découvertes dans plusieurs contrées jdu royaume.
- u La lithographie est parvenue à opérer facilement le report de toutes les impressions : les ouvrages les plus rares pourront donc être reproduits avec tous les caractères qui les distinguent.
- « Les belles carrières de marbre de nos Pyrénées, dont l’exploitation compte à peine quinze ans, ne fournissent pas seulement à nos besoins, elles font des exportations considérables.
- « Le plomb, si fusible, se soude sur lui-même et sans soudure, au feu le plus fort.
- « Le fer est préservé de la rouille par des moyens simples dont l’efficacité paraît certaine.
- « Le bronze laminé double nos vaisseaux et leur assure bien plus de durée que le cuivre.
- « Le nitre, par un procédé perfectionné, se prépare en concurrence avec celui qui nous vient de l’Inde.
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- » Nos indiennes, nos soieries, nos châles flottent toujours dans les magasins de Londres.
- « Nos mousselines unies et brodées ont repoussé du marché français les mousselines suisses et anglaises.
- « La laine rivalise avec le coton pour recevoir les couleurs variées de l’impression, et se vend partout, même aux lieux où le coton croît en abondance.
- « La classe ouvrière trouve, dans le commerce, des indiennes, des châles, des mouchoirs, des étoffes^ de laine, des draps, dont le bas prix excite l’étonnement (1).
- « L’éducation des vers à soie, surtout l’assainissement des magnaneries, a fait de grands progrès, Beaucoup de mûriers ont été plantés. Tout porte à croire que, d’ici à dix ans, la France sera délivrée du tribut qu’elle paye à l’étranger, et qui ne s’élève pas à moins de 40 millions de francs chaque année,
- (( La fécule se transforme, au gré du fabricant, soit en un sucre à bas prix, qui sert à l’amélioration des vins et de la bière, soit en dextrine, qui remplace
- (i) Indienne foncée à 5o centimes le mètre; des mouchoirs de couleur à 85 centimes la douzaine ; des châles imprimés de 120 à i4o centimètres carrés, à 22 fr. la douzaine; des étoffes de laine, de ^5 à 80 centimètres de large à x fr. 2.5 et 1 fr. 7o cent, le mètre ; des draps teints en laine à 5 fr. le mètre.
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- la gomme du Sénégal dans l’impression des tissus, dans le gommage des couleurs et dans les apprêts* Leur fabrication annuelle s’élève à 6 millions de kilogrammes.
- « Huit ans se sont à peine écoulés depuis l’époque où nous tirions de l’Angleterre tous les cuirs vernis de notre consommation : aujourd’hui l’Angleterre vient les acheter à la France.
- « Des améliorations remarquables ont été apportées à l’art de tanner les peaux.
- u Nos maroquins continuent à obtenir la préférence sur tous les marchés,
- « Enfin presque toutes les branches d’industrie se sont perfectionnées, presque toutes ont baissé leur prix.
- « Tel est, Sire, le résumé rapide de ce qu’a produit l’industrie depuis la dernière exposition.
- ce Que serait-ce si nous remontions jusqu’à la première, jusqu’à l’an VI! Que de sources de richesses découvertes dans cet intervalle ! on croirait voir l’œuvre de plusieurs siècles : ce n’est que le fruit de quarante ans de travaux. Tout a changé de face; il n’est pas un art qui n’ait été inventé, ou qui ne soit devenu un nouvel art par les perfectionnements qu’il a reçus. Quelques-uns occupent un rang bien élevé dans l’échelle industrielle; mais, au-dessus de tous, domine de très-haut l’art d’employer la vapeur comme force motrice. C’est la plus belle con-
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- quête qu’il ait été donné à l’homme de faire; avec du fer, de l’eau et du charbon, il a rendu sa puissance presque infinie ; la machine à feu a été créée.
- « Avec elle, les plus lourds fardeaux sont soulevés et transportés rapidement; les distances disparaissent; l’ancien et le nouveau monde se touchent pour ainsi dire; les mers les plus lointaines et les plus périlleuses n’opposent plus que des barrières qu’il est possible de franchir.
- « OEuvre du génie d’un Français, cette immortelle création de l’intelligence humaine a été perfectionnée, fécondée par le génie d’un Anglais : que les noms de Papin et de Watt soient à jamais unis et honorés! ces grands hommes sont la gloire de leurs patries et les bienfaiteurs de l’humanité : le monde reconnaissant leu^doit élever des statues.
- « Quelles sont donc les causes qui ont produit de si merveilleux résultats ? la paix, qui est Pâme de l’industrie; les sciences, qui jettent la plus vive lumière sur les arts et les préservent des erreurs d’une routine toujours aveugle et mensongère ; les efforts des Sociétés savantes, surtout de la Société d’encouragement , qui, par ses nombreux et brillants concours, est parvenue à faire résoudre les questions les plus importantes et les plus difficiles (1).
- (i) La Société d’encouragement a toujours pour i 5o à 160,000 fr. de prix au concours.
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- « Mais, indépendamment de ces causes puissantes, il en est une qui ne l’est pas moins : c’est l’impulsion donnée par les expositions publiques. Comment en méconnaître les effets ? Cette affluence de citoyens qui se pressent et se renouvellent sans cesse sous les portiques où se déploient les richesses nationales; ces récompenses, ces médailles d’ordres divers, noble héritage à transmettre à ses enfants ; le signe de l’honneur donné aux plus dignes parmi les dignes; les noms des vainqueurs hautement pro-
- Maintenant, elle en a même pour 217,4°° fr.5 qui doivent être décernés dans les années 1839, 1840, 1841, 1842.
- Lorsqu’un prix est remporté, il est ordinairement remplacé par un autre.
- La Société décerne, en outre, tous les ans, au mois de juin, des médailles d’encouragement aux inventeurs et à ceux qui perfectionnent les procédés. Cette année , elle a décerné 43 médailles, savoir : 9médailles d’or, 6 de platine, 18 d’argent, 10 de bronze.
- Tous les quatre ans, elle décerne aussi à chaque contremaître, à chaque ouvrier qui s’est distingué par sa moralité et par des services rendus à l’établissement où il travaille, une médaille de bronze, â laquelle elle joint des livres pour une somme de 5o fr.
- Enfin elle a créé des bourses qu’elle donne au concours, à l’école d’agriculture de Grignon, aux écoles vétérinaires et à l’école centrale des arts et manufactures.
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- clamés dans le palais des rois et signalés à la confiance et à la reconnaissance publiques, ne sont-ce pas des motifs qui doivent exciter la plus vive émulation? et même, lorsqu’on succombe dans une lutte si solennelle, où se trouvent, au milieu de la foule des spectateurs, les hommes les plus éclairés, les sommités sociales, les princes, le souverain de la nation, des étrangers de haut mérite, qui, en redisant bientôt à leurs concitoyens ce qu’ils auront vu, feront encore grandir le nom français, n’est-on pas fier de le porter, et ne se relève-t-on pas avec la ferme volonté de rentrer de nouveau dans la lice et de triompher à son tour? Aussi le nombre de ceux qui aspirent à l’honneur de concourir s’accroît-il sans cesse, et la France, depuis quarante ans, s’est-elle bien plus avancée dans la voie du progrès, proportionnellement au point de départ, que l’Angleterre elle-même ; encore quelques années, et nous n’aurons plus rien à lui envier.
- « Vous-mème, Sire, et à votre exemple le prince royal, vous en avez acquis l’heureuse conviction, lorsque, entourés de vos augustes familles, vous avez consacré des jours entiers a visiter l’exposition avec un si vif intérêt. Une visite nouvelle était toujours pour vous un nouveau bonheur : elle vous permettait d’adresser des félicitations aux fabricants avec qui vous aimez à vous entretenir, et l’éloge était d’autant plus touchant qu’empreint d’une bonté pater-
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- nelle il était fait avec ce discernement que peut seule donner l’intime connaissance des arts.
- « Pour nous, Sire, à qui la mission d’assigner les rangs a été confiée, nous nous sommes efforcés de la remplir dignement. Souvent nous avons consulté les lumières d’hommes habiles, dont le savoir égalait l’intégrité. Tous les titres ont été soumis au plus scrupuleux examen. Les inventions et les perfectionnements utiles, les qualités et les prix des produits, l’importance des fabriques et leur situation topographique, tels sont les éléments qui ont servi de base à nos décisions.
- « Nous avons été soutenus, dans l’accomplissement d’une mission si difficile et si délicate, par l’idée sainte du devoir, comme aussi par le brillant avenir de notre industrie.
- « Lorsqu’on considère, en effet, ce qu’elle était à la fin de l’Empire et ce qu’elle est aujourd’hui, qui pourrait dire où elle s’arrêtera, si la guerre ne vient suspendre sa marche rapide ? Ses destinées seront immenses ; éclairée par les sciences qui lui servent de guide, elle imprimera son caractère, son génie au siècle : il y aura désormais des siècles industriels comme il y a eu des siècles guerriers, des siècles littéraires et artistiques.
- ce Sire, vous avez su maintenir la paix au milieu d’une révolution qui devait produire une conflagration générale. Votre haute sagesse saura la con-
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- server : ce sera votre œuvre, ce sera votre gloire. Une ère nouvelle, une ère pacifique datera de la fondation de votre dynastie. Au lieu de détruire, vous édifierez. Déjà vous avez sauvé d’une ruine certaine le palais du grand roi, en y fondant ce monument, ce musée historique, qui, seul, suffirait à l’illustration d’un règne. Vous ferez fleurir les lettres, les sciences, tous les arts ; vous vivifierez l’agriculture ; vous porterez le commerce jusque dans les contrées les plus éloignées ; vous répandrez partout les bienfaits de la civilisation.
- « L’histoire n’inscrira pas votre nom parmi ceux des conquérants ; mais la postérité, la juste postérité vous placera, Sire , au nombre des rois, pères des peuples, pour qui la bonté est un impérieux besoin ; de ces princes trop rares qui dévouent leur vie au salut du pays, et n’usent du pouvoir que pour donner une plus utile direction aux véritables sources de la prospérité publique. »
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- Le Roi a répondu.
- « Accomplir cette tâche est mon premier devoir;
- « entendre de vous que je marche vers cet accom-tc plissement est la plus douce récompense que je « puisse recevoir de mes travaux et de mes efforts « pour assurer le bonheur, la grandeur et la proses périté de la France. Messieurs, j’étais impatient de « me trouver au milieu de vous, pour vous remer-(f cier, au nom de ma famille et au mien, de toutes « les sensations que vous m’avez fait éprouver, « toutes les fois que j’ai visité cette magnifique ex-« position que vous venez de donner à la France ; « pour vous dire combien je m’associais à vos tra-« vaux, et combien je me plais à croire que leurs « résultats toujours croissants justifieront les hautes « espérances que votre digne président vient de me « donner. Je reconnais avec lui que c’est à l'époque « de cette crise terrible où tant de sacrifices étaient « faits par la nation, où tous les cœurs français « quittaient leurs foyers pour voler à la défense de « la patrie, où chacun abandonnait sa profession, « sa famille, ses plus chers intérêts, pour préserver (c la France de l’envahissement de l’étranger, que <( commença cette longue série d’expositions indus-« trielles que la vôtre vient de couronner d’une ma-T. i. d
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- « nière si brillante et si splendide. Plus ces prête miers essais laissaient à désirer, et plus on aurait te dû y voir une expression du vœu de la France « pour déterminer son gouvernement, ceux qui « présidaient alors à ses destinées, à mettre un u terme au fléau de la guerre, aussitôt que l’hon-(( neur de la patrie serait satisfait et son indépen-« dance assurée. En effet, le vœu de la France et (f son premier besoin étaient de rentrer dans l’état « de paix, seul moyen de faire retrouver à tous la (( sécurité et le repos nécessaires pour se livrer aux (( inspirations de leur génie et au développement ce de leurs facultés. C’était donc, en quelque sorte, a un avertissement salutaire qu’il était temps que les « ressources de la France fussent appliquées à ses (c véritables besoins, et qu’elles ne fussent plus ab-« sorbées dans la poursuite de conquêtes chimé-« riques, d’asservissement des peuples voisins, et « d’une extension de domination que nous n’avions a ni intérêt, ni désir de conserver. Mais ces temps te d’épreuve sont déjà loin de nous ; le vœu na-(( tional a prévalu. Tranquilles à l’intérieur, nous « sommes en paix avec tous nos voisins, et rien ne « vous inquiète, ni ne vous gêne, pour suivre cette « voie d’amélioration et de progrès dans laquelle ce vous êtes si heureusement engagés. C’est par un « sage et utile emploi de toutes nos ressources que
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- h les fortunes individuelles continueront à s’ac-« croître, et que l’aisance et le bonheur se répan-« dront de plus en plus dans les familles. Déjà vous « êtes parvenus à fournir aux classes les plus pau-« vres et les plus nécessiteuses ces étoffes à bas « prix avec lesquelles vous les vêtez, ces produits « destinés à satisfaire à leurs besoins, et aussi à, « leur procurer des conforts jusqu’à présent in-« connus parmi elles, parla réduction de vos prix (( aux taux que leurs moyens pécuniaires peuvent « atteindre. Que grâces vous en soient rendues ï « C’est ainsi que vous protégez et que vous assistez a réellement l’humanité; c’est ainsi que vous conte tribuez, par vos travaux, par vos talents, par vos tt succès, à améliorer la condition de toutes les tt classes de la société, et que vous accomplissez le « vœu le plus cher de mon cœur.
- « Il faut continuer cette noble tâche avec persé-tc vérance. L’exposition a présenté des produits qui « démontrent que vous êtes dans la bonne voie, « c’est-à-dire que vous préférez le solide et l’utile u au brillant et au clinquant des séductions. C’est « en mettant de la bonne foi dans la composition (( de vos produits que vous inspirerez la confiance, (( qui peut seule faciliter le commerce et détourner « les peuples de cette déplorable manie de thésau-« riser, qui, en absorbant une portion des res-
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- « sources de la société, paralyse les moyens d’aug-(( menter la richesse nationale et la prospérité a publique. Il faut leur donner confiance dans votre « bonne foi et dans la modération de vos prix. Il « faut que la nature de vos produits soit telle que « leur usage puisse calmer les défiances, et con-v vaincre les acheteurs qu’ils n’ont pas été trom-« pés dans leurs achats. Il faut aussi que les peuples « apprennent qu’ils n’ont plus besoin de thésauriser « et d’enfouir leurs valeurs pour les mettre en suie reté. L’état actuel de la civilisation doit les con-« vaincre que de telles craintes ne peuvent plus <( exister que parmi ces peuplades barbares qui ne « connaissent d’autre loi que la force, et dont les « chefs ne songent qu’à s’approprier les biens et les « richesses de leurs sujets.
- « Pour nous, nous avons, grâces à Dieu, une a autre mission à remplir, c’est de protéger les « droits de tous, c’est de faire respecter la propriété « de tous, c’est d’empêcher que personne n’y toute che sans le consentement du propriétaire. Les u impôts votés régulièrement par la nation sont « employés dans son intérêt, et consacrés aux be-« soins publics sous la surveillance de ses man-« dataires. Aujourd’hui que nous sommes affran-« chis des grandes nécessités de la guerre, notre (( crédit public s’est élevé à un degré que nous
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- « n’avions jamais atteint, et rien ne nous gêne dans « l’application de nos immenses ressources à tout ce « qui peut accroître la richesse nationale, et assurer et le bonheur et la prospérité de la France.
- « L’exposé qui vient d’être fait par votre prési-« dent, et que j’ai entendu avec tant de plaisir, est « une preuve de plus de la confiance que nous pou-tt vons placer dans notre avenir; il ne sera point « stationnaire. Nos progrès, quelque grands qu’ils tt soient, ne s’arrêteront pas au point où ils sont tt parvenus. Jusqu’où iront-ils? Je l’ignore, et je tt crois que nul ne peut prévoir ou calculer l’élan que « notre génie national imprime aux conquêtes de tt l’industrie et de la richesse publique, ces conte quêtes qui ne dépouillent personne, qui ne vio-« lent les droits de personne, qui ne coûtent de (( larmes à personne. Voilà celles que nous voulons ; « voilà celles que nous poursuivons. Nous conti-« nuerons à respecter l’indépendance de nos voisins, « comme ils respecteront la nôtre. Les victoires que <t la France a tant de fois attachées à ses drapeaux « sont des gages aussi certains que glorieux de « notre repos et de notre sécurité. C’est en persista tant dans cette voie salutaire que nous verrons tt notre commerce et notre industrie s’accroître par (( la stabilité de la paix et par la confiance que les « nations étrangères accorderont à nos produits,
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- « lorsque nous les leur donnerons franchement et « loyalement, en nous contentant toujours d’unbé-u nëfice modéré. Elles ont pu voir dans nos exposi-« tions quelle est la ^manière dont nos manufacture riers français dirigent leurs travaux. Pour elles, « c’est un exemple; pour moi, c’est un bonheur, ce J’étais impatient de me trouver encore une fois au « milieu de vous, pour vous répéter combien j’ai « été sensible aux témoignages d’affection dont vous « m’avez entouré dans les nombreuses visites que cr j’ai faites à l’exposition. Je regrette qu’elle soit (( finie, puisque je serai privé désormais des occa-« sions que j’y trouvais de vous voir, de vous en-« tendre et de m’entretenir avec vous. »
- L’enthousiasme qu’ont excité les paroles de Sa Majesté s’est manifesté par de vives acclamations.
- M. le ministre du commerce fit l’appel de ceux de MM. les exposants qui étaient désignés pour recevoir des récompenses : Sa Majesté les leur a remises de sa main.
- Il était prés de cinq heures lorsque s’est terminée cette séance, digne en tout de son but, et qui couronnait avec éclat l’exposition de \ 839.
- Les représentants de l’industrie nationale reporteront dans leurs départements le souvenir durable de tous les encouragements qu’ils ont trouvés dans la bienveillance royale.
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- LISTE
- des
- EXPOSANTS, DES ARTISTES ET DES SAVANTS
- auxquels
- LE ROI A DÉCERNÉ LA DÉCORATION DE LA LÉGION D’HONNEUR,
- dans la séance solennelle du 28 juillet 1839.
- MM.
- Bertèche, fabricant de draps à Sedan.
- Biétry, filateur h Villepreux (Seine-et-Oise).
- Chefdrue , fabricant de draps à Elbeuf.
- Curnier , fabricant de soieries à Nîmes.
- Danet, fabricant de draps à Louviers.
- Deneirousse, fabricant de châles à Paris.
- Dollfus (Jean), manufacturier à Mulhouse.
- Fourneyron , mécanicien à Paris.
- Grimpé , mécanicien à Paris.
- Griolet, filateur à Paris.
- Guérin (Adolphe), directeur des établissements d’Imphy.
- Guibal ( Louis ), fabricant d’étoffes imperméables à Paris. Hache-Bourgeois, fabricant de cardes à Louviers.
- Jackson (William), fabricant d’acier à Saint-Paul-en-Jarrèt (Loire). Jappuis (Jean-Baptiste), manufacturier à Claye.
- Jourdan (Théophile),fabricant àTrois-Villes (Nord). Meillard-Boigues ( Bertrand ), maître de forges à Fourchambault (Nièvre).
- Michel , teinturier à Lyon,
- Nys , fabricant de cuirs vernis à Paris.
- Ollat , fabricant de soieries à Lyon.
- Pape , facteur de pianos à Paris.
- Perrot , mécanicien à Rouen.
- Pons de Paul , horloger à Paris.
- Sabran , fabricant de soieries à Lyon.
- Saulnier aîné, mécanicien à Paris.
- Soyer , fondeur de bronzes à Paris.
- Talabot (Léon), fabricant d’acier à Toulouse.
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- RAPPORT
- DU JURY CENTRAL
- SUR LES PRODUITS
- DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE en 1839.
- PREMIÈRE COMMISSION.
- TISSUS.
- Membres de la Commission :
- MM. Legentil, président, Barbet, Blanqui, Bosquillon, Carez,Girod (de l’Ain), Griolet, Koeciilin (Nicolas), Legros, Meynard, Petit, Sallandrouze, SCHLUMBERGER, YVART.
- Les matières textiles employées le plus généralement en fabrication sont la laine, la soie, le coton , le chanvre et le lin.
- Elles seront divisées en cpiatre parties seulement,
- en réunissant dans la même le chanvre et le lin,
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- dont le travail et les usages présentent la plus grande analogie.
- Il sera nécessaire, toutefois, d’en consacrer une cinquième aux articles manufacturés par d’autres procédés que ceux du tissage ordinaire, tels que les blondes et dentelles, la bonneterie, les tapis, etc. : elle comprendra donc les tissus confectionnés en tout ou en partie, soit avec les matières qui viennent d’être indiquées, soit avec des matières d’une nature différente, comme le crin, le poil de chèvre, le caoutchouc, et autres.
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- PREMIÈRE PARTIE.
- LAINES ET LAINAGES.
- PREMIÈRE SECTION.
- AMÉLIORATION DES LAINES.
- M. Girod (de l’Ain), rapporteur.
- Considérations générales.
- La laine, considérée comme matière première, peut se diviser en trois espèces très-distinctes : 10 la laine commune ou laine indigène, qui ne sert qu’à la confection des matelas, des tapis, couvertures et objets de bonneterie et de passementerie ; 2° la laine dite de carde, plus ou moins affinée et améliorée par l’effet de l’introduction et de la multiplication des mérinos en France, et spécialement destinée à la fabrication des étoffes foulées, c’est-à-dire de la draperie proprement dite; 3° enfin, la laine qui, aussi plus ou moins améliorée , est plus particulièrement destinée, comme propre au peigne, à la fabrication des étoffes rases, c’est-à-dire non foulées; nous désignerons cette dernière sous le nom de laine de peigne.
- La laine indigène ou laine à matelas, quoique présentant différentes nuances de qualité et , par
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- conséquent, de prix , n’exige pas que nous la subdivisions en sortes distinctes; c’est un produit indispensable , qui ne saurait être remplacé par aucun autre, et dont l’emploi est d’une très-grande importance. La France n’en produit pas, à beaucoup près, autant qu’elle en consomme, et les manufacturiers qui l’emploient demandent qu’on en encourage la production; mais, de toutes les espèces de lainages, c’est celle que l’agriculture a le moins de profit à produire, quoique le prix en soit comparativement élevé, et qu’il soit, beaucoup moins que celui des autres sortes, soumis à de grandes fluctuations de cours : les moutons qui produisent cette laine grossière coûtent, il est vrai, moins à nourrir et à entretenir que les animaux plus fins ; mais ils ne donnent ni plus de viande, ni plus de suif, ni plus de fumier, et, cependant, leurs toisons légères et peu fournies ne valent que 3 ou 4 francs, tandis que les toisons mérinos ou métis pèsent et valent trois ou quatre fois autant. On ne peut donc disconvenir que, dans toutes les localités favorables à l’entretien des races améliorées, il n’y ait pour l’agriculture un avantage réel à les substituer aux races indigènes, et les fabricants qui ont besoin de ces laines grossières ne peuvent raisonnablement en demander à la France que les quantités produites parles localités, où, en raison de la nature du sol ou de tout autre obstacle, on ne peut faire autre
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- chose que de la laine commune; pour tout le surplus de leurs approvisionnements, il faut bien qu’ils consentent à le recevoir de l’étranger; mais il semble, dès lors, qu’ils seraient fondés à réclamer un abaissement du droit d’entrée, sur cette qualité de laine, que la France ne peut leur fournir en quantité suffisante, et qu’ils sont forcés de tirer du dehors.
- Pour toute la quantité de ces laines employées exclusivement à la confection des matelas et à la fabrication des tapis et des articles de bonneterie et passementerie, le commerce ne paraît solliciter aucune amélioration proprement dite ; il ne demande que lé bon conditionnement ; si on lui faisait cette sorte de laine moins grossière, plus douce, plus soyeuse , elle ne serait plus propre à la plupart des emplois auxquels il la destine : la laine superfine ferait, en effet, de très-mauvais matelas. Mais il n’en est pas de même de la laine employée à la confection des tissus dont l’homme a besoin pour se vêtir; c’est ici que le champ de l’amélioration est vaste : depuis l’étoffe grossière que porte le pauvre, jusqu’aux draps les plus fins et les plus moelleux dont séparé l’opulence, les mêmes qualités sont désirables dans la matière première ; plus cette matière première, destinée à la draperie, et que nous avons appelée laine de carde,- sera fine, soyeuse, douce et élastique, et meilleure sera l’étoffe qu’elle aura servi à fabriquer; le problème à résoudre, le
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- but à atteindre, c’est d’obtenir, nu meilleur marché possible, la réunion de toutes ces qualités désirables pour satisfaire non-seulement aux exigences de la classe riche, mais encore au bien-être des classes pauvres. Ce serait une grande erreur que de croire qu’il faut créer de la laine de carde grossière pour les indigents, des deuxième et troisième qualités pour les fortunes médiocres, et de la laine superfine seulement pour les riches ; il faut, au contraire, s’efforcer d’améliorer meme les plus basses qualités. Si le pauvre, qui est forcé de se contenter d’étoffes grossières, les seules au prix desquelles il puisse atteindre-; si le consommateur qui ne peut s’habiller que de draps ' des deuxième et troisième qualités, obtenait, sans plus de dépenses, des étoffes plus fines, c’est-à-dire plus chaudes et plus durables, ce serait un véritable progrès, un bienfait réel. Sans doute qu’on n’arrivera jamais complètement à ce résultat, et qu’il y aura toujours une échelle de prix correspondant à une échelle de qualités différentes ; mais il n’en reste pas moins incontestable qu’il n’existe aucune raison de limiter la production de la laine fine dite de carde ( qui, il ne faut pas l’oublier, est en même temps la meilleure pour l’emploi auquel elle est destinée), et que c’est sans crainte, comme sans hésitation, qu’on doi t encourager l’amélioration de cette sorte, indépendamment des motifs de haute prévoyance qui nous imposent
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- l'obligation de nous préparer à soutenir, avec avantage, la concurrence des étrangers, dont les rapides progrès nous menacent sur notre propre marché de l’intérieur : déjà nos fabriques commencent à goûter les laines d’Allemagne, qu’elles employaient, il y a peu de temps encore, en très-petite quantité , parce qu’elles ne savaient pas encore les traiter ; déjà l’importation en est considérable...; elle tendr^ à augmenter indéfiniment, si notre agriculture ne se défend pas par la qualité de ses propres produits... : la meilleure des barrières pour elle, c’est Y amélioration. Que le sort de l’Espagne soit toujours devant nos yeux.... Autrefois, elle avait le privilège de fournir seule au monde les plus beaux comme les meilleurs lainages...; aujourd’hui, pour s’être endormie et n’avoir fait aucun effort d’amélioration, elle voit les produits de ses nombreux troupeaux dépréciés, classés en ordre inférieur et repoussés, malgré leur bas prix, tandis que ceux de France, d’Allemagne, de Hongrie, de Crimée et de cent autres lieux leur sont de beaucoup préférés. Quelle source de richesse perdue pour elle !
- De grands obstacles s’opposent, il est vrai, à l’amélioration, mais ils ne sont pas tous insurmontables; il dépend du gouvernement d’en détruire une partie, et ç’est ici, pour le jury central, l’occasion et le devoir d’appeler, particulièrement , son attention sur les changements qu’il est indispensable
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- d’apporter au mode de perception des droits de douane à la frontière , et d’octroi aux portes de nos villes et surtout de la capitale, mode d’après lequel le droit se perçoit par chaque tête d’animal, de telle sorte que le petit mouton de Sologne paye autant que celui de Souabe, qui pèse trois fois autant; d’où il suit nécessairement que l’éleveur vise plutôt à augmenter la taille et le poids de ses animaux qu’à améliorer leurs toisons.
- La laine de peigne, destinée à la fabrication des étoffes rases ou non foulées, voit son emploi prendre, chaque jour plus d’importance. Cette laine se mêle maintenant, de mille façons diverses, à la soie, au cachemire et au coton ; elle s’emploie pure dans la confection d’une foule d’articles nouveaux. Pour posséder toutes les qualités désirables, cette laine doit être lisse, lustrée, fine, soyeuse et à longue mèche. Les moutons anglais à.longue laine produisent un lainage doué de ces qualités , qui les font particulièrement rechercher. On s’est efforcé, depuis plusieurs années, de multiplier ces animaux en France ; mais un petit nombre d’essais ont réussi jusqu’à ce jour : la plupart, probablement, mal conçus et mal dirigés, ont complètement échoué. Il est à regretter que, du moins, les éleveurs qui se sont particulièrement occupés de cette introduction, et qui ont vu le succès couronner leurs efforts, n’aient pas exposé quelques échantillons de leurs
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- produits. (Le jury de 1834 exprimait déjà le même regret dans son rapport.) La laine de peigne proprement dite n’est représentée à l’exposition que par les toisons d’un seul propriétaire, M. Graux de Mauchamps, qui fait les plus louables efforts pour propager et fixer le type d’une variété que le hasard, dit-il, a fait naître dans son troupeau, laquelle offre, à un point remarquable, la réunion des qualités énumérées ci-dessus. Faute de recevoir, de l’agriculture ou du commerce, une assez grande quantité de laines lisses et lustrées, nos fabricants d’étoffes rases ont employé et emploient encore les laines mérinos ou métisses, plus ou moins fines, que nous avons rangées dans la seconde classe, et les beaux tissus qu’ils exposent montrent assez qu’ils savent en tirer parti ; mais’ il est à croire qu’ils préféreraient des laines moins élastiques, moins feutrantes, et donnant, conséquemment, moins de déchets au peignage ; et il est permis de penser que l’entretien des races qui les fournissent conviendrait, en France, à beaucoup de localités, et précisément à celles qui ne peuvent, sans désavantage, nourrir la race mérinos. De nouveaux essais sont tentés aujourd’hui, par ordre du gouvernement, et sous la direction éclairée de M. Yvart; si l’on ne peut pas encore présenter leurs résultats comme complets, on a, du moins, l’espoir fondé qu’ils ne resteront pas sans succès.
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- Le jury central a remarqué, avec satisfaction, les progrès notables qu’offrent les échantillons de laine mérinos provenant de plusieurs troupeaux fins ; mais il regrette que le nombre n’en soit pas plus considérable et plus en rapport avec l’immense importance de cette branche d'industrie agricole. En 1823, on compta parmi les exposants huit propriétaires de troupeaux ; en 1827, quinze; en 1834, dix-huit : l’exposition de 1839 en offre dix-neuf.... C’est trop peu; on s’étonne, notamment, que le midi de la France, et particulièrement le Languedoc, où existent des troupeaux très-distingués, n’ait rien envoyé. Quoi qu’il en soit, les progrès que le jury central se plaît à signaler sont incontestables et dus, en très-grande partie, à l’impulsion donnée, depuis quelques années,, à l’amélioration, par les bergeries de Naz, qui comptent près de quarante-cinq ans d’existence, et dont, cependant, les produits ne commencèrent à être mis en lumière qu’en 1823 , époque à laquelle leur fut décernée la première médaille d’or. Avant cette époque, l’opinion générale était que la France ne pouvait pas produire des laines comparables à celles de Saxe dites électorales; le troupeau de Naz et ses nombreuses colonies ont prouvé le contraire, et il est maintenant incontestable que non-seulement au pied du Jura, mais encore en Bourgogne, en Champagne, en Picardie, dans le Dauphiné, le Berri et la Touraine, comme dans
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- le Languedoc et le Béarn , on peut créer d’aussi belles laines que sur les bords de l’Elbe ou du Danube.
- L’administration manque absolument de documents statistiques sur l’état actuel de la production des diverses sortes de laines en France. Ceux qui furent recueillis, en 1812, par les soins de l’illustre Chaptal, et qui sont les seuls qu’elle ait aujourd’hui en sa possession, datent de près de trente ans, durant lesquels une véritable révolution s’est opérée dans l’état agricole de la France, par suite de la multiplication des mérinos, en même temps que des prairies artificielles; ils ne peuvent donc rien nous apprendre sur l’état actuel de cette importante industrie ; et, cependant, il serait d’un grand intérêt d’avoir des notions, au moins approximatives , sur le nombre de troupeaux existant actuellement en France, sur celui des bêtes qui les composent; sur la nature du sol qui les nourrit; sur l’origine, l’espèce et l’ancienneté de chacün d’eux ; sur l’origine des étalons qui servent à leur reproduction ; sur la nature de laine qu’ils produisent, et les débouchés qui leur sont habituellement ouverts; sur leur mode de vente, soit en suint, soit après lavage à dos, soit par l’intermédiaire du lavoir à façon, etc., etc. Une foule d’indications précieuses pour les éleveurs, comme pour les marchands de laine et les fabricants , naîtraient de ces documents. Le jury central
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- ne saurait donc trop insister auprès de M. le ministre du commerce, pour que des instructions assez détaillées soient adressées, à cet égard, à MM. les préfets .des départements; pour ce qui concerne particulièrement l’accomplissement de la tâche difficile et souvent très-délicate qui lui est confiée, de classer entre eux, par ordre de mérite, les produits des troupeaux admis au concours, on sent combien il doit regretter de ne pas même trouver, dans les procès-verbaux des jurys départementaux, les renseignements les plus indispensables sur les principaux points qu’on vient d’indiquer.
- Un autre besoin se fait également sentir, c’est celui d’ouvrages élémentaires et manuels à mettre entre les mains des bergers, des fermiers et des propriétaires eux-mêmes, et qui puissent éclairer leur pratique par de justes notions sur l’éducation des diverses espèces de bêtes à laine, l’étude de la toison dans toutes ses parties, sur les qualités à rechercher, les défauts à éviter ; sur les conditions du meilleur choix de l’étalon , suivant le but qu’on se propose , eu égard aux circonstances de localités ; sur l’étude de ces mêmes circonstances de localités, et sur la marche à suivre, d’après les indications qu’elles fournissent, etc., etc. L’enseignement mis à la portée de tous est presque nul aujourd’hui : les éleveurs flottent incertains entre les systèmes et les doctrines les plus opposés; beaucoup ne savent ni le but h
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- atteindre, ni les'moyens d’en approcher; n’attachant aucune importance à l’étude de la laine, ils ne savent,point distinguer dans leurs troupeaux les bêtes qui rendent de celles qui coûtent; de là, le choix de l’étalon fait sans discernement; ils ne tiennent, également, que peu de compte de la pureté et de la constance du sang, et vont ainsi d’un type à un autre sans règle ni fixité : de bons catéchismes, sur ces matières, convenablement appropriés aux diverses provinces de notre territoire, seraient donc d’une grande utilité et pourraient être enseignés avec fruit dans nos écoles d’agriculture, d’où sortiraient, alors, des bergers instruits; mais il faut convenir que les éleveurs les plus éclairés ne sont point encore assez d’accord, entre eux, sur les avantages et les inconvénients des divers systèmes d’éducation pour qu’on puisse, de longtemps encore, essayer de rédiger des instructions complètes et ayant autorité suffisante; les fabricants eux-mêmes doivent nécessairement varier dans leurs indicalions et leurs désirs, suivant la nature si changeante de leurs besoins , c’est-à-dire de leurs procédés ; toutefois il est un bon nombre de principes généraux sur lesquels tout le monde est d’accord, et l’on doit souhaiter qu’ils soient recueillis et joints à la plus .grande masse possible de faits incontestables et d’observations impartiales, afin que leur étude pratique puisse éclairer, peu à peu, la marche de l’amélio-
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- ration vers les différents buts qu’elle doit se proposer.
- A l’étranger, et particulièrement en Autriche et en Hongrie, les troupeaux les plus nombreux appartiennent à de grands seigneurs qui ne dédaignent pas de s’en occuper personnellement, comme de leurs haras et autres établissements agricoles; les princes, les souverains eux-mèmes , ont leurs troupeaux particuliers dont ils dirigent l’éducation avec un grand intérêt : faisons des vœux pour qu’en France le goût de nos plus riches propriétaires sè tourne vers la vie des champs, et pour qu’ils apportent, plus qu’ils ne l’ont fait jusqu’ici, le tribut de leurs lumières et de leurs plus grands moyens d’action en aide aux progrès de l’amélioration de nos diverses races de bêtes à laine. Une assez belle prime d’encouragement est offerte à leur zèle; car il existe une grande différence de prix de vente entre les dépouilles des troupeaux purs mérinos ou métis plus ou moins fins, l’échelle de ces prix de vente s’étendant, chaque année, pour le kilogramme de laine en suint, depuis \ franc 50 centimes jusqu’à 6 fr., et, pour le kilogramme de laine lavée, depuis 5 fr. jusqu’à 25 fr. et plus. Un même troupeau, une même toison produisent, au même prix de revient, presque toutes ces nuances de qualités dont chacune a son prix : on peut, dès lors, calculer quel avantage aurait le propriétaire éclairé qui parviendrait
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- à produire la plus forte proportion possible de première qualité ; lors même qu’il vendrait en suint, le prix de ses toisons ne pourrait être comparativement que très-élevé; et s’il pouvait, soit par ses propres soins, soit par l’intermédiaire du lavoir à façon, ne vendrequ’après triage et lavage, il serait alors .assuré de recueillir tout le fruit de ses efforts.
- Avant de terminer ces considérations générales, le jury central croit utile de faire connaître à MM. les propriétaires de troupeaux admis au concours les principes qui l’ont guidé dans l’équitable appréciation du mérite comparatif de leurs produits. Oh a vu que plusieurs systèmes différents partagent l’opinion des éleveurs, quant à la marche la plus profitable à suivre, sous le point de vue purement agricole : les uns pensent qu’il y a plus de bénéfice à ne produire que les qualités intermédiaires, dont l’emploi est plus générai, et sont partisans des gros animaux à lourdes toisons ; d’autres préfèrent les races de plus petite taille, et, tout en recherchant la quantité, s’attachent plus particulièrement à la qualité..., Ce sont là surtout des questions de localités et de convenances individuelles ; les calculs, à cet égard, peuvent être aussi basés sur des circonstances d’actualité, ou sur des vues d’avenir plus ou moins éloigné. Quoi qu’il en soit, le jury central ne prétend point trancher ces questions d’une manière absolue;
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- il laisse aux lumières de-chacun le soin de modifier, dans la pratique, les principes généraux qu'il a indiqués. Se plaçant au point de vue du gouvernement, qui doit surtout encourager l’amélioration, dans un but d’avenir, pour ménager au pays, en général, les moyens de lutter avec avantage contre la concurrence des produits étrangers, et dans l’intérêt de la masse des consommateurs, dont il doit sans cesse travailler à augmenter le bien-être, le jury central ne saurait récompenser, dans les efforts du producteur, que ce qui contribue au progrès réel et durable de l’industrie en général, et non ce qui n’est basé quesur des calculs de bénéfices actuels et individuels: ainsi le propriétaire qui obtient à la fois la qualité supérieure et la quantité a, sans nul doute, résolu le problème , et mérite la plus haute récompense ; mais celui qui ne vise qu’à la quantité, en laissant à d’autres la tâche du perfectionnement de la qualité, ne peut avoir droit aux mêmes éloges.
- La question de la qualité est, d’ailleurs, la seule que le jury puisse décider en connaissance de cause, parce que rien ne s’oppose à ce qu’il apprécie le degré de finesse, de douceur, d’élasticité et d’égalité d’une toison ; mais, pour ce qui concerne la quantité de laine produite et l’économie relative de la production , la difficulté serait énorme. On doit, il est vrai, faire entrer le tassé dans les éléments de la qualité, bien qu’il ne soit pas , à vrai dire, une pro-
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- priété de la laine, bien qu’il n’offre seulement qu’un indice de quantité, bien que son appréciation n’entre pour rien dans l’examen du brin en lui-même et ne puisse donner lieu à aucune des expériences comparatives auxquelles ce brin peut être soumis, bien , enfin, qu’il perde son importance au triage, au lavage et à la fabrication : malgré tout cela, il faut, sans doute, en tenir compte, et le jury doit certainement, à qualité égale, donner la préférence à la mèche la plus fournie ; mais, pour arriver à estimer comparativement la quantité de laine produite par tel ou tel éleveur et son prix de revient, il faut autre chose que l’appréciation du tassé, et l’on ne pourrait, sans risquer de tomber dans les plus graves erreurs, comparer toison à toison. La quantité de laine fournie par une toison est en raison directe de la taille et du poids de l’animal, et, par conséquent , de sa consommation ,• c’est donc cette consommation relative qui doit être la mesure de la véritable quantité de laine produite : pour asseoir un jugement équitable, il faudrait donc pouvoir comparer la quantité de laine produite par tel poids d’animal, au moyen de telle quantité de nourriture, à la quantité de laine produite par le même poids d’animal et au moyen de la même consommation, soit que ce même poids d’animal fût représenté par un plus grand nombre de plus petits individus, soit
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- qu’il le fui pgr un plus petit nombre de plus gros individus.
- On conçoit; en effet; que, pour faire un quintal de laine; il suffise, par exemple, de 15 toisons d’environ 7 livres, tandis qu’il en faudrait 25 de 4 livres ; mais ce n’est toujours qu’un quintal de laine, et si les 25 petit es toisons n’ont pas coûté à produire plus que les 1 5 grosses, c’est-à-dire si les 1 5 grosses bêtes ont consommé autant que les 25 autres, et si, en outre, ces mêmes 15 grosses bêtes, prises en masse , n’ont pas pesé davantage que les 25 petites également réunies, et n’ont donné ni plus de chair, ni plus de suif, ni plus de fumier, il ne reste plus qu’à comparer le produit en argent des 25 petites toisons à celui des 15 grosses toisons, c’est-à-dire du quintal de laine provenant des premières, au quintal de laine provenant des secondes ; en d’autres termes, si un quintal d’animal de petite race produit la même quantité de laine qu’un quintal d’animal de grosse race sans consommer davantage, mais qu’il ait fallu, dans le premier cas , deux bêtes pour faire ce quintal d’animal, tandis qu’il ait suffi d’une seule dans le second cas, il faudra, pour être juste, comparer deux toisons à une seule. C’est ici que la qualité peut reprendre tout son avantage, et que le rendement en argent peut être tout au profit de la petite taille, qui, au premier coup d’œil, pouvait paraître inférieure en produit.
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- Il reste donc bien démontré que le jury s’exposerait à de graves erreurs, et manquerait le but essentiel qu’il doit se proposer dans l’intérêt de l’amélioration , s’il se livrait à d’autres appréciations que celles du mérite comparatif des échantillons soumis à son examen, sous le rapport seulement des qualités les plus désirables dans la vue d’une belle et bonne fabrication.
- Il n’en restera pas moins vrai que chaque propriétaire doit prendre conseil des circonstances de localité et des conditions de culture dans lesquelles il se trouve placé : on sait, par exemple, qu’il est beaucoup de localités en France où l’on s’efforcerait en vain d’élever la taille des animaux et de produire de lourdes toisons ; eh bien, il est tout naturel que dans ces localités on préfère les mérinos de petite taille, qui sont, en général, les plus fins en laine. Dans d’autres contrées, comme dans un rayon de 40 à 50 lieues autour de la capitale, la nourriture est plus abondante et les animaux tendent, conséquemment, à prendre un grand développement : là on comprend que les éleveurs soient, même malgré eux, portés à entretenir plutôt les grandes que les petites races, et, si l’on ajoute à cette tendance l’influence du mode de perception du droit d’octroi, par tête et non au poids, à la porte d’un grand foyer de consommation, on ne devra pas s’étonner de la faveur dont jouit, dans cette partie de la France, le
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- système des grandes races à lourdes toisons; mais, on le répète, le jury central ne prétend en aucune façon se prononcer entre ces différents systèmes , et il se borne à apprécier, dans les échantillons qui lui sont soumis , le degré comparatif de perfectionnement qu’offre la maLière première considérée en elle-même.
- EXPOSANTS HORS DE CONCOURS.
- MM. Perrault de Jotemps et Girod (de
- FAin).
- Troupeau de Naz, arrondissement de Gex (Ain). Médaille d’or en 1823; rappel en 1827; hors de concours en 1834 et en 1839, M. Félix Girod (de l’Ain) étant membre du jury central.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. le comte Héhode de Polignac., à Outre-loise (Calvados).
- 11 reçut la médaille d’or en 1823, et elle lui fut rappelée en 1827 et 1834.
- Bien que le troupeau de M. le comte de Polignac ne soit plus aussi nombreux que dans l’origine, il compte encore, suivant la déclaration de ce propriétaire, 7,000 bêtes, et peut ainsi être cité comme un des plus considérables qui soit en France. M. le comte de Polignac continue à lui donner les mêmes soins que par le passé et à obtenir les mêmes résultats; ses primes n’ont pas cessé
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- d’être recherchées dans le commerce, en raison de leur finesse et de leur bonne qualilé, et le jury central ne peut que voter, de nouveau et pour la troisième fois, le rappel de la médaille d’or en faveur de ce propriétaire.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. Dupreuil de Pouy (Aube).
- Il obtint, en 1834, la médaille d’argent. Son beau et nombreux troupeau, qui compte 3,200 bêtes, se distingue de plus en plus par la finesse et la bonne qualité de ses produits j les belles primes qu’il livre, chaque année , au commerce attestent, en effet, les soins qu’il a pris pour l’amélioration de ses toisons et les succès qu’il a obtenus par l’emploi du bélier de Naz. Ses vastes bergeries de Pouy méritent d'être visitées par les propriétaires jaloux de s’éclairer et de suivre les meilleurs exemples. En 1834, le jury central, dans son rapport, se plaisait à reconnaître que les titres de M. Dupreuil lui méritaient une récompense du premier ordre -, mais, sentant qu’il fallait être avare de cette première distinction pour en relever le prix, il se contenta de décerner la médaille d’argent à ce propriétaire éclairé, qui se présentait, d’ailleurs, pour la première fois au concours. Le jury central de 1839 lui décerne la médaille d’or.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Massin, troupeau de Yandeport (Aube).
- Les produits deM. Massin figuraient déjà avec distinction à l'exposition de 1834. Son troupeau, amélioré parla race
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- de Naz, avait dès lors atteint un haut degré de finesse et d’égalité dans les différentes parties de la toison ; les dépouilles qu’il expose en 1839 ont attiré l’attention des connaisseurs et mérité leurs éloges; elles rivalisent avec ce que l’exposition offre de plus remarquable en laine superfine. Le jury central n’hésite point à confirmer, à ce propriétaire aussi zélé qu’éclairé, la médaille d’argent qu’il obtint en 1834.
- M. Monnot le Roy, troupeau de Pontru (Aisne).
- Il obtint, en 1834, la médaille d’argent, que lui méritait la beauté de ses produits. Les toisons qu’il expose, cette année, attestent de nouveaux progrès ; elles se distinguent par leur grande finesse autant que par leur bonne qualité. Le troupeau de Pontru, amélioré par l’emploi du bélier de Naz, peut être aujourd’hui cité comme l’un des plus fins qui soient en France. M. Monnot le Roy a acquis de nouveaux titres à la médaille d’argent que le jury central lui confirme.
- M. Joseph Maître, troupeau de la Yillotte (Côte-d’Or).
- Il expose quatre toisons très-remarquables par leur superfinesse. En 1834, ce propriétaire parut pour la première fois au concours, pour y montrer les produits du troupeau que, conjointement avec M. Godin aîné, son associé, il avait tiré de Saxe. Le jury central de cette époque apprécia la beauté de ces produits et se plut à reconnaître le service qu’avaient rendu à l’agriculture MM. Maître et Godin par cette nouvelle importation, dont avant eux MM. Dur-
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- bach et Ternaux avaient donné l’exemple ; une médaille d’argent fut décernée à chacun d’eux. Les toisons qu’expose aujourd’hui M. Joseph Maître montrent que, loin de dégénérer sur le sol français, le type de race saxonne qu’il avait acquis s’est plutôt perfectionné par les soins éclairés qu’il a su apporter à l’éducation de son troupeau. M. Joseph Maître mérite de plus en plus la distinction qui lui fut décernée en 1834 et que le jury lui confirme.
- M. Godin aîné, à Châtillon (Côte-d’Or).
- Le troupeau de M. Godin et celui de M. Maître n’en formaient qu’un seul avant que ces deux propriétaires eussent séparé leurs intérêts, et le jury central de 1834-, bien que le partage eût déjà eu lieu, ne fit qu’un seul et même rapport pour tous les deux. Les toisons de M. Godin sont remarquables par leur grande finesse et leur égalité dans les différentes parties. Ce propriétaire, qui se livre depuis longtemps au commerce de la laine, et a fait conséquemment une étude particulière de cette précieuse matière première, continue à mériter la médaille d’argent, dont le jury n’hésite pas à voter le rappel en sa faveur.
- M. Gannëron, troupeau de Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne).
- Il obtint en 1827 la médaille d’argent, qui lui fut rappelée en 1834; depuis, son troupeau, porté au nombre de 2,000 bêtes, a continué à se distinguer parmi les plus beaux et les mieux tenus des départements voisins de la capitale; les toisons qu’il expose en 1839 se font remarquer par leur finesse, leur tassé et leur bonne nature : ce propriétaire éclairé se montre de plus en plus digne dé la médaille d’argent que le jury lui confirme#
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Maurice Basile, à Châtillon(Côte-d’Or).
- Il expose sept toisons, dont plusieurs, bien que n’atteignant pas le plus haut degré de finesse, réunissent les qualités de douceur et d’élasticité qui distinguent les plus belles laines; elles sont très-tassées, et leur propreté atteste les soins que douneM. Basile à la tenue de son troupeau, dont il porte le dénombrement à 3,200 bêtes. Les succès qu’il obtient et l’importance de son établissement lui méritent la distinction de la médaille d’argent que le jury lui décerne.
- M. Caille, à Varastre, près de Lieusaint (Sejne-et-Marne).
- Il expose des toisonsqui, sansavoirencoreatteintlahaute finesse de celles qu’on admire le plus à l’exposition, offrent la réunion de précieuses qualités : la douceur et le nerf en sont remarquables ; la mèche est très-fournie, le brin de bonne nature, et la propreté de la toison montre que M. Caille ne néglige rien pour la bonne tenue de son troupeau, qui est de 800 bêtes. Les succès qu’il obtient le rendent digne de la médaille d’argent que le jury lui décerne. Il avait, en 1834, obtenu la médaille de bronze.
- M. Auberger, à Malassis (Seine-et-Marne).
- Il expose quatre toisons très-tassées, de belle et bonne qualité. L’examen que le jury central a fait de ces toisons lui a fait apprécier le zèle et les soins éclairés que M. Auberger apporte à l’éducation de son- troupeau, qui mérite toute la réputation dont il jouit. Le jury lui décerne la médaille d’argent.
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- M. Houtevïlle, troupeau de Saint-Denis, près de Dieppe (Seine-Inférieure).
- Ce propriétaire, dont le zèle mérite beaucoup d’éloges, possède un troupeau de 700 bêtes, qui passe pour le plus beau de sa contrée. Son exemple et les succès qu’il obtient ne peuvent que porter les meilleurs fruits, dans un pays où l’amélioration des troupeaux a fait jusqu’ici trop peu de progrès ; bien que les toisons qu’il expose n’atteignent pas encore le degré de finesse et d’égalité désirable, ses louables efforts, qui lui méritèrent en 1834 la médaille de bronze, le rendent, cette année,digne de la médaille d’argent que le jury lui décerne.
- M. Graux, à Mauchamps, arrondissement de Laon (Aisne). •
- Cet estimable cultivateur obtint en 1834 une mention honorable pour le zèle avec lequel il cherchait à propager dans son troupeau_une variété de type très-remarquable, et dont il attribue l’origine à un jeu de nature. Aujourd’hui il possède environ 200 bêtes offrant ce même caractère, et il a pu faire confectionner avec leur dépouille des châles et tissus unis d’une finesse et d’une souplesse qui ne laissent rien à désirer ; il n’est pas douteux que cette espèce de laine, éminemment propre au peigne et à la confection des étoffes rases, ne fût d’un grand emploi dans nos fabriques, si elle était créée en quantité suffisante; on ne peut donc qu’applaudir aux encouragements pécuniaires dont M. Graux est l’objet do la part du gouvernement, et faire des vœux pour que le type qu’il poursuit acquière cette fixité de race, celte constance de sang nécessaires pour qu’il puisse, dans le
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- croisement avec d’autres espèces, se reproduire semblable à lui-mème. Déjà ces mêmes vœux se trouvent exprimés dans le rapport du jury central de 1834 > les succès obtenus depuis lors par M. Graux sont assez remarquables pour que le jury se détermine à lui décerner la médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Bernier père, à May (Seine-et-Marne).
- Il expose six toisons très-fournies en laine de bonne nature, et présentant assez de finesse et de douceur : le troupeau deM. Bernier est de 1000 bêtes ; il paraît bien tenu. Le jury décerne à M. Bernier la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Daublaine, à Moncets (Marne).
- M. le comte de Desoffy , à Val-d’Essais (Marne).
- M. le docteur Pons art, à Omey (Marne).
- Ces trois propriétaires, habitant le même département, se présentent pour la première fois au concours, et le jury départemental, dans son procès-verbal d’admission, ne contient, pour tous les trois, qu’une seule et môme observation, par laquelle il attire l’attention du jury central sur la finesse, l’égalité, la douceur et l’élasticité de leurs produits. Une même mention les comprendra également tous les trois : MM. Daublaine, Desoffy et Ponsart, qui ont tiré leurs béliers, race deNaz, de chez
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- M. le vicomte de Jessaint, ont obtenu les mêmes succès, en adoptant les mêmes principes et puisant à la même source d’amélioration; ils n’ont entretenu, jusqu’ici, qu’un petit nombre de bêtes; mais, dès le début, leurs produits rivalisent avec ce que l’exposition offre de plus remarquable eh laine superfine. Tout annonce que, lorsqu’ils auront pu donner à leurs établissements plus d’importance, ils se placeront au premier rang parmi nos éleveurs les plus distingués. Le jury central se borne aujourd’hui à leur accorder, avec tous les éloges qu’ils méritent, une mention honorable.
- M. Beauvais, à Gastins (Seine-et-Marne).
- Il n’expose qu’une portion de toison qui offre une bonne nature de laine, assez de lassé et de propreté, mais qui laisse à désirer sous le rapport de la finesse. Le troupeau de M. Beauvais est de mille bêtes. Ce propriétaire mérite une mention honorable.
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- SECTION II.
- FILAGE DE LA LAINE.
- M. Griolet, rapporteur.
- Deux divisions sont naturellement indiquées par la différence qui existe dans les procédés que chacune d’elles emploie pour confectionner le fil.
- La première comprendra la filature de la laine peignée ;
- La deuxième, celle de la laine cardée.
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- LAINE PEIGNÉE.
- Filage de la laine peignée pure ou mélangée de soie
- dite tibet.
- C’est en France qu’a pris naissance, il y a à peu près vingt-huit ans, le filage à sec, par moyens mécaniques, des laines peignées manuellement. Depuis cette origine, cette industrie a fait des progrès tellement rapides, qu’elle se trouve placée à un degré éminent dans la production nationale , tant par la quantité que par la variété des produits auxquels elle donne naissance.
- Le système français de fdage à sec a tellement été apprécié, que, depuis 1825, plusieurs établissements ont été formés en Saxe, en Prusse, en Autriche, en Espagne, avec des machines françaises et des contre-maîtres français. 11 n’est, pas même jusqu’à l’Angleterre qui n’ait payé ce tribut à la France, et si M. Charles Cochrane a pu établir, de concert avec M. Oldworth, une filature à sec de laine peignée à Glascow,^c’est au moyen des plans et de la coopération de M. Flint fds, constructeur et filateur à Gouvieux (Oise).
- Ce ne sont pas seulement les mérinos, les alépines, les bombasines, que l’on tisse avec les fils de laine peignée ; bien d’autres étoffes de laine légère ont pins naissance depuis quelques années, par exemple la mousseline toute laine, ou laine et coton,
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- dont la production est si importante. Ces articles absorbent une quantité immense de matières premières, et donnent de l’occupation à de nombreux ouvriers.
- C’est aux progrès faits dans le fdage à sec de la laine peignée, ainsi qu’à la diminution toujours croissante dans les frais de production, évaluée à 15 ou 20 pour 100 depuis 1834, que la France est redevable de la supériorité qu’elle conserve sur tous les marchés pour ses étoffes légères, tissées soit en laine pure, soit en laine combinée avec d’autres matières.
- Pour se faire une idée de l’accroissement qu’a pris l’industrie du fdage de la laine peignée, il suffit de comparer la situation de cette branche d’industrie à Paris seulement.
- En 1827, il y avait sept établissements ayant ensemble dix mille broches environ.
- En 1834, on n’en comptait encore que sept; mais ils faisaient déjà tourner ensemble vingt mille broches.
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- En 1839, leur nombre est de dix, et ils font marcher soixante mille broches environ, pouvant produire 700,000 kilogr. de fil par an, d’une valeur moyenne de 14 à 15 millions de francs.
- Pour simplifier l’emploi de la laine, éviter [des pertes de matières et de coût de main-d’œuvre, on a commencé à confectionner, soit par le renvidage
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- ordinaire, soit par les renvideurs mécaniques, des bobines appelées canettes, qui peuvent, au sortir du métier mull-jenny, se placer de suite dans la navette du tisserand.
- Le tisseur n’a pas besoin de remplacer aussi fréquemment sa canette que par l’ancienne méthode ; il y gagne donc du temps. La main-d’œuvre ou le déchet économisé ne peuvent pas être évalués à moins de 5 pour 1 00 du prix de la matière.
- Quand ce genre de bobine sera apprécié à sa juste valeur, on n’en voudra pas d’autre pour les étoffes que l’on confectionne en écru.
- Les filatures des mélanges de laine peignée avec la fantaisie en rame, vulgairement appelés tibet, Ont aussi pris un grand accroissement. Les établissements du département de l’Ain et autres à proximité de la ville de Lyon sont à peu près doublés depuis 1834.
- A l’exposition qui eut lieu à cette époque se présentèrent les deux mêmes filateurs qui avaient déjà paru en 1827. Nous en voyons quatre en 1839. Leur présence atteste que les débouchés qu’a offerts la fabrication d’une multitude d’étoffes leur ont permis de développer et de faire prospérer leur industrie.
- Dans ce genre de fil mélangé, la stipériorité de la France est incontestable, soit comme bonne confection, soit comme bon marché.
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- On peut évaluer à 15 ou 20 pour 100 la baisse qui a eu lieu sur le prix de ces fils depuis 1834.
- On file aussi la laine peignée par le système anglais ; ce système est particulièrement et exclusivement affecté au travail des laines longues et des laines communes propres à la consommation des fils pour broderie, bonneterie * passementerie, etc. Au lieu de peigner, quelques établissements, pour confectionner des gros numéros, se servent d’un eardage particulier qui fournit un ruban continu , que l’on passe aux mêmes machines préparatoires de la laine peignée, ainsi qu’aux métiers qui achèvent de réduire la matière en fil. Ce produit n’est pas aussi beau que le fil provenant de la laine peignée ; mais l’économie qui en résulte le rend propre à beaucoup d’emplois.
- LAINE CARDÉE.
- Filage de la laine cardée.
- Les premières machines à cardér la laine et à la filer, établies par les Douglas et les Cockerill, semblaient destinées à produire seulement les fils de chaîne et de trame nécessaires à la confection des draps et casimirs que l’on fait plus ou moins fortement draper. Pendant longtemps ces machines n’ont eu que cet emploi.
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- Depuis plusieurs années, on a employé les fils de laine cardée à des étoffes légères. A mesure que la perfection dans le filage arrivait, on a vu paraître de nouvelles étoffes : les circassiennes, les napolitaines surtout, sont venues fournir un aliment inépuisable aux établissements de filature qui se montaient successivement ; les châles tartans , kabyles, etc., etc., sont arrivés, depuis quelques années, ajouter à cet aliment. La fabrication des châles de Paris a pu aussi employer, pour le broché, des fils de laine cardée, pour remplacer, dans certains cas, le cachemire. Le coton dont on se servait dans beaucoup de genres de fabrication a été aussi remplacé avec avantage par la laine cardée.
- La perfection où est parvenu le filage des laines cardées a été suivie par de nombreuses économies, évaluées à 10 pour 100 dans la production, par l’adoption de nouveaux métiers dits mull-jennys, de cent vingt jusqu’à deux cent soixante broches et plus, en remplacement de ceux à chasse de soixante broches seulement.
- Quelques nouveaux systèmes en ce genre de filage viennent de paraître et prétendent produire plus économiquement. L’avenir nous apprendra ce que la science de la mécanique aura obtenu d’améliorations par leur emploi.
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- EXPOSANT HORS DE CONCOURS.
- M. Griolet, iilateur à Paris.
- Honoré de la médaille d’or en 1834, M. Griolet, comme faisant partie du jury, n’a pu concourir celte année.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. Prévost, avenue Parmentier, 9, à Paris.
- Ce filateur, qui obtint, en 1834, la médaille d’argent pour les progrès qu’il avait faits depuis 1827, vient d’acquérir, à l’exposition de 1839, de nouveaux titres à la récompense du jury.
- Il a présenté des fils laine peignée d’une finesse d’autaut plus remarquable qu’ils proviennent d’une matière qui n’a pas été préparée en vue de l’exposition, et que ce qu’il a fait il le produit tous les jours à des prix que la consommation peut atteindre. Ses chaînes n° 80 et ses trames jusqu’au n° 140 sont très-régulières.
- Il avait mille broches en 1827, quatre mille broches en 1834. L’établissement qu’il termine en ce moment sera de quinze mille broches.
- En raison de la perfection de ses produits, des progrès qu’il a faits, et de l’importance toujours croissante de son établissement, le jury lui décerne la médaille d’01*.
- MM. Camu fils et Croutelle neveu, à Pont' Givart, près Reims (Marne),
- Exposent une grande variété de fils eh laine cardée, depuis le numéro 30 au kil. jusqu’au numéro 165 aukil., qu’ils confectionnent avec une régularité et une netteté
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- remarquables. Les numéros élevés qu’ils livrent journellement à la consommation sont d’une supériorité incontestable.
- Si la perfection de la filature de la laine cardée a permis au tissage de produire bon nombre d’étoffes nouvelles, ces filateurs peuvent revendiquer une partie de ces progrès.
- Leur établissement, situé à Pont-Givart, est le plus considérable du département et l’un des plus importants de France.
- MM. Camu fils et Croutelle neveu se sont aussi occupés, avec une sollicitude toute paternelle, du bien-être de leurs nombreux ouvriers.
- Ils ont appelé et encouragé à s’établir dans cette localité, en leur garantissant le payement de leurs avances, des fournisseurs de toute espèce de denrées de première nécessité. Ils surveillent avec soin les qualités et les prix des fournitures faites aux ouvriers, de manière à les faire jouir des prix les plus modérés.
- Us ont fait construire de petites maisons avec un jardin y attenant pour le logement d’une famille. Ils ont vendu à des prix modérés ces petites propriétés à leurs ouvriers, qui s’acquittent au moyen d’une retenue hebdomadaire sur leur salaire. Cette espèce de caisse d’épargne territoriale exerce la plus heureuse influence sur la moralité des ouvriers, qui se trouvent ainsi excités et encouragés à l’ordre et à l’économie par la perspective de devenir propriétaires fonciers dans un délai assez rapproché.
- Un pareil exemple ne saurait être trop publié et encouragé.
- Le hameau de Pont-Givart, qui, en 1824, était composé de cinq maisons et d’une vingtaine d’habitants, grâce à la formation de ce bel établissement hydraulique, compte
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- aujourd’hui quatre-vingts maisons cl environ six cents habitants.
- MM. Camu fils et Croutelle neveu avaient obtenu, en 1834, la médaille d’argent, pour la bonne confection et la perfection de leurs produits. En raison des nombreux progrès qu’ils ont faits depuis cette époque, le jury leur décerne la médaille d’or.
- MM. Lucas frères, à Bazaticourt, près Reims.
- Propriétaires d’un des plus anciens établissements de filature de laine peignée à Bazancourt, fondé en 1811 par l’illustre M. Tcrnaux, associé, pour cette opération, à M. Jobert et à M. Lucas, père des exposants, ils ont su conserver le premier rang parmi les nombreux (dateurs de Reims et de ses environs. Leurs produits sont toujours recherchés. Iis occupent à ce genre de filature 3,600 broches.
- À la filature de la laine peignée, ils joignent celle de la laine cardée, qu’ils exploitent avec une grande habileté, et ne le cèdent à personne pour la bonne confection de cette sorte de fils. Le nombre de broches qu’ils y emploient est de 7,500.
- On remarque à leur exposition des fils laine peignée chaîne, depuis le numéro 43 jusqu’à 63 -, 2° des fils trame, depuis le numéro 64 jusqu’à 109 ; 3° des fils en laine cardée, d’une grande série de numéros ; 4° des fils en blouses cachemire, du numéro 51 à 58, dégraissés au kil.
- En raison de la bonté et de la variété de leurs fils, qui sont tous d’une netteté, d’une régularité et d’une perfection remarquables, le jury leur décerne la médaille4’pr,
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- RAPPEL DE LA MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Dobler et fils, à Tenay (Ain),
- Ont obtenu, en 1827, la médaille d’argent pour la bonté de leur fabrication et l’importance de leur établissement.
- Ces lilateurs continuent d’établir, avec facilité et économie, des fils dits tibets (laine et soie), qui alimentent la fabrique de Lyon et des environs.
- Ils ont envoyé, cette année, des fils de laiue peignée dans diverses qualités.
- Comme celui de 1834, le jury de 1839 leur confirme la médaille d’argent qu’ils ont reçue en 1827.
- MM. Lardin frères, à Sl-Rambert (Ain) ?
- Ont exposé des fils dits tibets (laine et soie) bien fins et bien réguliers. A leur exposition se trouve un nouveau genre de fabrication : ce sont divers échantillons de laine peignée.
- Le jury de 1839, comme celui de 1834, confirme la médaille d’argent qu’ils avaient obtenue en 1827.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Carlos Florin, à Roubaix (Nord),
- A joint à sa belle filature de colon environ 3,000 broches à filer la laine peignée ; il augmente, journellement ce nombre. Il présente des fils n° 50 de laine longue peignée, et des fils de laine mérinos peignée, n° 80, tous confectionnés avec u ne régularité et une perfection remarquables.
- En raisou de la bonté de ses produits, le jury lui décerne la médaille d’argent.
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- MM. Lachapelle et Levarlet (Reims)
- Exposent des fils en laine peignée d’une sériedenuméros et de qualités qu’ils livrent journellement à la consommation. La régularité de leurs produits et leur bonne confection attestent le soin que ces filateurs ont apporté dans le choix des systèmes les plus nouveaux et les plus perfectionnés pour former le bel établissement qu’ils possèdent dans la ville de Reims. Ils filent aussi la laine cardée avec succès, et occupent à ce genre de produit plus de la moitié de leur usine, qui est ainsi divisée : 3,000 broches pour le peigné, et environ 8,000 pour le cardé.
- Ils ont, de plus, exposé des laines peignées à la mécanique, qui, quoique laissant à désirer, sont confectionnées avec quelques améliorations obtenues par leurs soins sur la machinc-Collicr.
- L’industrie du filage de la laine peignée réclame vivement que le peignage mécanique puisse être perfectionné de manière à pouvoir satisfaire ses grands besoins. Tous ceux qui, par leurs soins, pourront faire faire quelques progrès à celte production encore imparfaite ont des droits «à la reconnaissance publique.
- En raison de la bonne confection de leurs produits, le jury leur décerne la médaille d’argent.
- MM. Sourd père et ü!s, à Tenay (Ain).
- Leur usine, d’environ 4,000 broches, est montée avec de bonnes machines. Avec ces moyens d’exécution, ces filateurs ont su, par leur intelligence et leur activité, arriver bientôt à produire des fils-libets (laine et fantaisie) qui sont remarquables par leur netteté cl leur brillant, ainsi que par la modération de leurs prix.
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- On reconnaît dans toute cette production l’intelligence et les soins les plus entendus, qui les font placer au premier rang dans leur industrie. %
- Par ces motifs le jury leur décerne la médaille d’argent.
- MM. Vachon et c'% à Afantua (Ain).
- Ces fdateurs exposent des fils dits tibets, d’une grande régularité et d’une netteté remarquable. Leur établissement, monté depuis quelques années, est arrivé à produire aussi bien que ses rivaux. Us luttent avec avantage, sur la place de Lyon, pour la vente de leurs produits. Leur usine se compose d’environ 3,000 broches.
- Ils sont, de plus, inventeurs d’une machine ingénieuse qui constate la force et l’élasticité du fil qu’on y soumet , et dont ils ont fait, avec désintéressement, l’abandon à l’industrie et au commerce, en communiquant leurs procédés à la Société d’encouragement, à qui ils ont fait don d’un modèle de leur machine.
- En raison de la perfection de leurs produits en fils-ti-bets, le jury leur décerne la médaille d’argent.
- M. Wulliamy, à Nonancourt (Eure).
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- Ses fils simples en chaîne, d’une grande solidité et bien réguliers, servent à confectionner des étoffes genre anglais.
- Ses fils doublés et retordus en deux ou trois brins, pour la confection de la broderie, passementerie, bonneterie, etc., sont d’une grande netteté et d’une régularité remarquable. Ces produits sont des plus estimés dans le commerce. Il a doublé sa production depuis 1834, et il confectionne actuellement de 750 à 900 kil. de fil par semaine, en occupant plus de 100 ouvriers.
- Ce filateur reçut, en 1834, la médaille de bronze, En
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- raison des progrès qu’il a faits depuis cette époque, le jury lui décerne la médaille d’argent.
- MM4. Gaigneau frères? rue Saint-Denis, 208, à Paris,
- Exposent des laines dites peignées par un système qu’ils prétendent leur être particulier, avec lesquelles ils confectionnent des fils dans tous les numéros et qualités propres à la bonneterie, broderie, passementerie, etc.
- Leur exposition se fait remarquer par une grande variété de produit. On y voit des fils d’alpaga en diverses couleurs naturelles, à 20 fr. le kil. ;
- Des fils doublés, retordus et grillés dits cordonnets pour lisses de peigne et étoffes chaîne soie, dont ils sont les seuls producteurs -,
- Des fils poils de chèvre qui nous arrivaient autrefois du Levant tout filés, et que l’on avait de la peine à doubler par la difficulté du dévidage. Ces fabricants reçoivent actuellement la matière à l’état brut, qu’ils peignent et filent à leurs machines : c’est donc une conquête de faite sur l’industrie étrangère.
- Par l’addition delà teinture à leur établissement, ils ont pu faire des économies dont la consommation a profité d’environ 15 0/o : ils avaient 800 broches en 1834, ils en ont 1,500 en 1839.
- En raison de la variété de leurs produits et des progrès qu’ils ont faits depuis l’exposition de 1834,qui leur valut la médaille de bronze, le jury de 1839 leur décerne la médaille d’argent.
- SJ JJ ÎO V., \-z
- y Cl JB—J V/ U Y
- Présentent des fils en laine cardée dégraissés, de divers numéros et qualités, ainsi que des fils de diverses couleurs
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- dont la laine a été teinte en rame. La régularité, la netteté de ces fils sont remarquables. On voit aussi à leur exposition des fils doublés et retordus, soit en laine d’une seule ou de plusieurs couleurs. Quelques fabricants d’étoffes de fantaisie d’Elbeuf, dont on admire les produits à l’exposition, se sont adressés à cet habile filateur pour obtenir les fils unis ou mélangés, comme ils en avaient besoin pour confectionner leurs tissus.
- Ce n’est pas seulement comme filateur qu’on reconnaît l’intelligence de cet industriel, il s’occupe aussi de la construction des machines. Celle à lainer les draps,qu’il exposa en 1834, lui valut la médaille d’argent. Les fils qu’il confectionne si bien méritent qu’on lui décerne une médaille du même ordre. En conséquence, le jury lui décerne la médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. Lejeune et cie, à Roubaix (Nord).
- Ce filateur, dont l’établissement est d’environ 2,500 broches et susceptible de recevoir un grand accroissement, s’occupe, avec succès et facilité, de la filature des laines peignées teintes. Son procédé de teinture n’a rien de nouveau ; depuis longues années, plusieurs filateurs de Paris s’étaient occupés de cette production : ce qui n’enlève pas le mérite de cet industriel, dont les produits en fil teint ou peigné de diverses couleurs sont très-bien confectionnés.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. Petit, rue de la Roquette, 67, à Paris.
- Ce filateur, qui a débuté il y a quelques années, a établi
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- sa production sur dos bases économiques. Son établissement est d’environ 2,000 broches. Ses produits sont bons, ses fds sont nets et réguliers.
- Le jury, appréciant la bonté de ses produits et leur perfection , lui décerne la médaille de bronze.
- M. Prosper Cosnier, à Angers (Maine-et-Loire).
- Expose, 1° des laines peignées, les unes blanches, les autres teintes avant le peignage;
- 2° Des fils de laine peignée, dans diverses qualités, du n° 50 jusqu’au n° 120, en trame et en chaîne, jusqu’au n<> 40 à 65 ;
- 3° Des fils doublés et moulinés en diverses couleurs;
- 4° Des bobines de fil de laine peignée, teinte avant le filage en diverses couleurs, soit unies, soit mélangées.
- En raison de l’habileté que ce filateur a montrée par les produits qu’il fabrique, le jury lui décerne la médaille de bronze.
- MM. Cheguillaume et ci0, àCugand(Ycndëe).
- Ces fabricants, indépendamment de leurs étoffes de laine, exposent des fils de laine cardée de diverses couleurs, simples et doublés, bien confectionnés en raison de leurs prix, qui sont très-modérés. Cette belle fabrique,dit le jury départemental, a été fondée en 1829; elle a prospéré, et peut prendre place parmi les plus beaux établissements en ce genre: 400 ouvriers y sont occupés. Pour l’ensemble de sa fabrication, le jury lui décerne la médaille de bronze.
- MUo Charpentier, à Saint-Souplel (Marne),
- Expose une petite chaîne ourdie de fil de laine peignée,
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- qui réunit une régularité et une netteté parfaites à une force remarquable, pour la finesse du numéro, qui est de 98,000 mètres au demi-kilogr., correspondant au n° 140 usuel. Ce fil, confectionné à la main, est le travail habituel de MUc Charpentier, qui en livre journellement de pareil au commerce ; elle est imitée par quelques autres fileuscs d’élite, seul reste des anciennes fileuses de la Champagne.
- Les machines mécaniques n’ont encore rien produit d’aussi beau, sous tous les rapports-, on doit faire des vœux pour que les filateurs de laine peignée puissent parvenir à confectionner des fils avec la même perfection : ils ont ceux de Mlle Charpentier pour modèle.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- ' MENTIONS HONORABLES.
- M. Billiet, à Paris.
- Les fils simples en chaîne et trame que cet'exposant présente sont bien réguliers et bien nets; ses fils doublés et retordus pour chaîne, en diverses qualités et numéros, se ressentent des soins qui ont été apportés à leur confection.
- MM. Léon Yalès et Bouchard, à Paris,
- Présentent des fils simples en chaîne et trame pour la fabrication des tissus, ainsique des fils retordus en deux, trois cl quatre brins, en plusieurs qualités propres à la bonneterie, ganterie, broderie, etc. Tous ces produits sont bien confectionnés.
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- M. Peoutn, à Cligand (Vendée).
- Cet exposant a envoyé quelques écheveaux de laine teinte, bien filés. Il avait été cité favorablement en 1834 $ le jury de 1839 lui décerne la mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Aubanel-Delpon, à Somraières (Gard),
- Occupe beaucoup d’ouvriers à Sommièrcs et les environs pour le peignage manuel de la laine. Cette industrie existait dans ce pays depuis plusieurs années -, l’essor qu’il a donné au placement de cet article, dans les diverses filatures où il vend ses laines peignées, lui mérite la citation favorable.
- M. REYELaînéjà Loge-Fougercuse (Vendée).
- Les écheveaux de laine cardée de cet exposant, dans les prix de 5 fr. 40 c. le kil. jusqu’à 8 fr. 50 c., ont droit à être cités favorablement pour leurs prix modérés.
- TROISIÈME SECTION.
- TISSUS DE LAINE.
- M. Legentil, rapporteur.
- L’opération du foulonnage change si profondément l'aspect et la contexture d’un tissu, quelle établit une distinction bien marquée entre les étoffes foulées et celles qui ne le sont pas. Les premières
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- sont confectionnées avec la laine cardée, les secondes, sauf quelques exceptions, avec la laine peignée : cependant, la fabrication étant très-variée dans ses moyens d’exécution, le foulonnage n’arrive pas, pour plusieurs articles, à ce degré de feutrage qui caractérise la draperie. Nous établirons donc trois divisions dans celte partie : la première comprendra les étoffes foulées et drapées, c’est-à-dire la draperie fine moyenne, et commune, catie, ou à poil, et les couvertures;
- La seconde, les tissus légèrement foulés sans être drapés ;
- La troisième, les tissus non foulés, en laine douce ou sèche, cardée ou peignée, pure ou mélangée de coton, laine et soie, servant à l’ameublement ou à l’habillement.
- Les châles se fabriquant, pour la plus grande partie, avec la laine, se rattachent naturellement, à cette section. Toutefois, comme cette fabrication présente, dans son ensemble, dans ses moyens de travail et dans la diversité des matières employées, une industrie à part et bien distincte, il a paru convenable de lui consacrer une division particulière, qui comprendra, en conséquence, non-seulement les châles de laine, mais aussi, en première ligne, les châles de cachemire, puis les châles en bourre de soie.
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- PREMIERE DIVISION.
- ÉTOFFES DRAPÉES ET FOULÉES.
- La fabrication du drap, en France, remonte à une époque déjà fort ancienne : exploitée généra-? lement par des hommes que leurs grands capitaux et leur éducation placent à la tête du mouvement industriel, il n’est pas une découverte intéressante, pas un procédé mécanique ingénieux inventé chez nous ou chez nos rivaux, qu’elle ne se soit empressée de s’approprier ; aussi peut-on signaler cette industrie au nombre de celles qui ont marché le plus en avant dans la vaste carrière ouverte au travail depuis la paix. Mais, en même temps qu’une industrie se perfectionne de plus en plus, il devient moins facile de reconnaître et de constater ses progrès : c’est ce qui nous arrive pour celle dont nous nous occupons en ce moment.
- Certainement la draperie s’est montrée, à l’exposition de 1839, plus nombreuse et plus brillante qu’à aucune autre exposition antérieure ; nous l’avons tous admirée avec un juste sentiment d’orgueil national : nous a-t-il fallu analyser la cause du progrès qui nous frappait, l’embarras a commencé; c’est que cette cause n’est pas unique, plusieurs ont c oco uru à cet heureux résultat :
- 1° La filature, qui a beaucoup gagné en finesse
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- et en régularité, et a offert plus de nerf et de prise au garnissage; 2° une plus grande intelligence des apprêts, et surtout l’emploi plus général de l’apprêt à la vapeur; 3° l’usage qui se répand de plus en plus d’avoir ses foulons dans l’intérieur de ses ateliers, et de pouvoir ainsi surveiller soi-même l’une des plus difficiles et des plus influentes opérations de la fabrication; 4° enfin une entente et une expérience plus approfondies des moyens et agents mécaniques.
- Ces perfectionnements ne se sont point bornés aux manufactures du Nord ; ils se sont étendus aux fabriques excentriques, et notamment à celles du Midi. Le dégraissage des draps s’y faisait jadis très-inçomplétement, aujourd’hui il ne laisse presque rien à désirer.
- Les apprêts sont moins rudes, accusent moins la carte, et sont généralement bien appropriés au genre de draperie forte et commune sur laquelle ils s’appliquent.
- . Si nous étions obligés d’apprécier en chiffre le résultat des améliorations que nous venons de constater, nous croirions, de l’avis des hommes les plus experts, être dans le vrai en l’évaluant au moins à 15 pour 100 de diminution, à qualités égales, comparativement au cours de 1834, bien qu’alors les laines, dans les prix moyens surtout, fussent à un cours moins élevé que celui de Cannée courante.
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- En considérant les fabriques sous le rapport de l’importance, Elbeuf a droit au premier rang. On compte, dans son intérieur, cinquante-six machines à vapeur, équivalant à six cents chevaux de force environ. Chaque jour en voit monter de nouvelles. Cette puissance n’est employée qu’aux façons qui demandent le moins de force, telles que les apprêts, la filature et le foulage s’exécutant extérieurement. La consommation en laine est de 28,000,000 kilog. de laine lavée, représentant 1 0 millions de kilog. en suint, dont un cinquième environ se tire d’Allemagne, pour les besoins delà draperie fine. 11 en est peu demandé à l’Espagne. Sa production annuelle en draps peut être évaluée à 45 millions de francs; 5 millions s’exportent, et le reste se consomme dans l’intérieur. Toutes les laines qu’Elbeuf emploie sont, presque sans exception, teintes dans son intérieur ; mais elles sont filées pour les sept huitièmes au dehors, et notamment à Louviers.
- Ce n’est pas seulement par la quantité, c’est surtout par la variété et la perfection de ses produits qu’Elbeuf se recommande. On y fabrique le drap depuis la qualité la plus ordinaire jusqu’à la plus grande finesse, de 10 à 45 fr., et bon'nombre de fabricants, forts de leur réputation, ont cru pouvoir abandonner l’habitude de mettre sur les chefs de leurs draps superlins le nom de Louviers, pour y faire figurer fièrement le nom d’Elbeuf.
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- ; Tout en louant ce juste sentiment de leurs forces chez quelques habiles fabricants, nous n’en devons pas moins reconnaître que, dans l’ensemble de sa fabrication, Louviers maintient toujours sa supériorité pour le drap fin. La beauté de sa filature, la grande réduction de son tissu, les soins et le fini de ses apprêts, donnent à ses premières qualités un coup d’œil et un toucher qui les mettent hors ligne. Mais la consommation qui peut atteindre à des prix très-élevés est nécessairement fort limitée, et El-beuf s’étant emparé des qualités intermédiaires, Louviers a dû, pour conserver du travail à sa population ouvrière, soutenir son activité et sa position manufacturières, et profiter des ressources de son heureuse situation, se livrer à la fabrication des draps de qualités ordinaires ; c’est ce qu’ont entrepris avec succès plusieurs de ses manufacturiers. Cette résolution leur fait honneur, et devra leur être utile. Le pays ne peut voir qu’avec intérêt ces luttes honorables qui tournent, en définitive, au profit de l’industrie et de la consommation.
- Sedan est, toujours en possession presque exclusive de la fabrication des draps fins noirs , lisses et croisés, des casimirs .noirs et blancs, des draps teints en pièces en couleurs fines. Qui n’a pas été frappé des nuances écarlate, jonquille, violet d’évêque, etc., qui brillent dans la salle de l’exposition ?
- Les fabriques excentriques , et notamment celle
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- du Midi, qui sont les plus importantes, ne travaillent, à peu d’exceptions près, que pour la consommation moyenne ou pauvre : aussi font-elles peu de draps lisses, et presque tous draps croisés. Pour le genre de consommateurs auxquels elles s’adressent, elles sont contraintes de rechercher plutôt l’épaisseur et la solidité du tissu que sa finesse et la perfection de l’apprêt ; elles sont bien secondées dans leur but économique par le bas prix des salaires et le bon marché des laines du pays. C’est à ce double avantage qu’elles doivent d’avoir conservé et même perfectionné la fabrication de la draperie à poil ; quelques fabriques, et spécialement Darnetal, avaient jadis une production assez abondante d’espagnolettes blanches et de couleur, et de draps à poil cinq quarts ; aujourd’hui elles y ont presque entièrement renoncé, et le Midi, surtout Mazamet, a recueilli leur héritage.
- Il nous reste à signaler une innovation fort heureuse, qui est venue tirer la fabrique tout entière de l’état de langueur dans lequel elle était tombée il y a trois ou quatre ans, et qui lui a fait trouver des jours prospères. Nous voulons parler des draps, nouveautés et fantaisies pour redingotes ou paletots et pour pantalons.
- Le Midi, ainsi que nous venons de le dire, fabriquait de temps immémorial le drap croisé; mais, en général, ce genre de tissu n’était destiné qu’à la
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- consommation moyenne ou pauvre : quelques maisons, et en première ligne MM. Guibal, Anne Veaute et Julien Guibal de Castres se proposèrent d’en élever l’emploi a la hauteur de l’aisance et de la richesse. Leurs draps, croisés, lancés dans le commerce sous le nom de cuirs-laines, furent très-bien accueillis. Les succès qu’ils obtinrent leur créèrent bien vite des imitateurs et des rivaux. Elbeuf s’empara de l’article et. l’exploita largement.
- Le cuir-laine eut d’abord lés honneurs de la vogue, mais il ne put résister à son inconstanceet il dut, au bout de quelques années,, se contenter du modeste rôle d’article de fond. Sedan avait eu l’heureuse idée de modifier la croisure dé son. Casimir et d’en faire un satin. Ce satin, d’abord noir, avait pris ensuite plusieurs couleurs unies ou mélangées. Quelques fabricants s’étaient procuré des échantillons de fantaisies anglaises qui. leur avaient fourni des modèles ou des idées,. L’impulsion, était donnée : chacun se mit en frais pour varier cio mille, manières le tissu j on épuisa toutes les combinaisons de rayures et de quadrilles que le métier à la marche pouvait fournir, et on s’adressa, ensuite au métier à la Jacquart. Dans le meme temps, les fabriques de drap, occupées jusqu’alors exclusivement de,l’habillement des hommes,,avaient étendu leur domaine en; tissant des étoffes à poil, dites tartans à carreaux ou. a mouches, passées, à l’aiguille ou brochées
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- au métier, pour manteaux et robes de dames ; elles-avaient fait aussi qûelques châles de' la même étoffe. Toutes les fabriques se sont à l’envi livrées au travail des fantaisies et nouveautés; Elbeuf s’êst fait distinguer, dans- eetle nouvelle voie,, par la variété de.ses produits non moins que par leur abondance. Sur cinq mille métiers environ battant pour la draperie, on en compte deux* mille huit cents employés à* la: nouveauté. Le’Midi et toutes les autres fabriques de la France ne sont point restés en arrière; et il est résulté, de cette nouvelle directiondu travail,-que le cours de là laine, sur presque tous les marchés,-s’est trouvé déterminé par la*demande des articles de nouveauté,, et non plus, par la vente plus ou moins active du- drap.
- Parmi; les étoffes drapées,) la fabrication des couvertures est une des plus simples et des moins difficiles dans ses-moyens d’exécution. Son prix est essentiellement déterminé par le taux de la main-d’œu» vre et de là matière première;raussi le Midi, qui jouit d’avantages incontestables sous ce double rapport^ a-t-il pris la plus largepartdans cette fabrication, tant pour l’intérieur que pour l’exportation. Les usines du nord et du centre ont eu beaucoup de peine à soutenir sa concurrence, et ont restreint leurs tra-
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- vaux ; Paris, toutefois,, a pu continuer à fabriquer les couvertures fines et de luxe.
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- DEUXIEME DIVISION.
- TISSUS DE LAINE LEGEREMENT FOULES ET NON DRAPES.
- On soumet à l’opération du foulon les flanelles, les petits draps pour impression, les étoffes à gilets en laine cardée et quelquefois les napolitaines, suivant les exigences de certaines consommations. Mais cette opération ne change pas sensiblement la largeur, ni l’aspect du tissu; c’est en cela qu’elle diffère de la même façon donnée au drap, qui en transforme radicalement la toile et entraîne après elle une multiplicité d’autres façons. Reims est le principal foyer de la fabrication de ces étoffes. Cette ville manufacturière se place, parla somme de ses affaires, à la tête de toutes les fabriques qui mettent la laine en œuvre;
- Ses filatures de laine cardée se composent de 360 assortiments qur produisent les fils nécessaires pour la fabrication annuelle des articles dont suit le détail :
- 100,000 pièces napolitaines, 4/4 et 6/4', de 90 aunes chaque, de 2 à 5 f. l’aune de 20 centimètres, ci. 30,000,000 f.
- 20,000 pièces flanelles diverses, de 80 aunes, de 2 f. 50 c. à 7 f. . 5,000,000
- A reporter. . . 35,000,000 f.
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- Report.
- 6,000 pièces-Bolivar, de 50 aunes, de 2 à 5 f...................
- 4,000 pièces petits draps lisses ou croisés, de 60 aunes, de 2 à 4 f. .
- 1,500 pièces tartans à manteaux, de 30 aunes , de 5 à 8 f.
- 20,000 pièces gilets, de 30 aunes,
- de 3 à 9 f........................
- 10,000 pièces Casimir, circas-s«'enne, satin , de 40 aunes > de
- 2 f. 50 c. à 9 f. «...............
- 300,000 châles tartans et kabyles,
- de 4 f. à 30 f....................
- 25,000 couvertures de laine de 20 f., terme moyen. . . .
- Pour expédition de filature cardée dans plusieurs départements. .
- Total.
- La filature en laine peignée occupe 66 assortiments et produit an-nuellementde 13à 1 h,000,000 de fr.
- On expédie environ , en laine peignée, pour les départements voisins, pour. » . . . . . .
- A reportoi'.
- 35,000,000 f.
- 1,000,000 750,000 250,000 3,000,000
- 1,250,000 3,000,000 500,000 1,500,000 46,250,000 f.
- .5,000,000 b 51,250,000 f..
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- Report. . . 51,250,000 f.
- Les 9,000,000 de fr. de surplus servent à la fabrication de :
- 20,000 pièces mérinos, de 45 aunes, au prix de 4 f. 50 c. à 12 f. et représentant.......................... 5,500,000
- 5,000 pièces de mousseline-laine, de toute largeur, 5/8, 3/4,4/4 et 5/4, de 40 aunes, estimées................... 500,000
- Et de divers articles, en grand
- nombre, dans lesquels la laine pei-
- » ^
- gnée joue un rôle important, et qui
- peuvent être évalués à................ 8,750,000
- Total de la production, tant dans T intérieur ,de Reims qu’au dehors, et dans une partie des Ardennes, 66,000,000 f.
- Cette fabrication occupe .environ cent mille ouvriers et fait battre seize cents métiers, dont mille à la Jacquart, ces derniers n’ont été introduits à Reims que depuis deux ans environ ; elle met en œuvre une valeur de trente-deux millions de francs, en laine de toutes qualités, depuis la plus fine jusqu’à la plus commune.
- Le grand perfectionnement de la filature en cardé oü en peigné a puissamment contribué à l'amélioration de tous les produits que nous venons d’énumé-rér. Une préparation nouvelle donnée aux flanelles,
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- et surtout le soin de ne pas les tirer sur la longueur en les ramant, ont diminué sensiblement l’inconvénient qu’on pouvait leur reprocher de rentrer au porter, et en ont rendu, au grand avantage de la santé publique, l’usage plus commode et plus populaire.
- Le mérinos, dont la vbguë bien méritée se soutenait depuis longues années et paraissait devoir résister aux baprices de la mode, a trouvé une concurrence redoutable dans les napolitaines teintes ou imprimées, dans les mousselines-laine et dans îes tissus de laine ràse. Cependant une reprise a paru se manifester l’hiver dernier et lui fait espérer de rétrouver ses consommateurs, anciennement si fidèles.
- La circassienne et les satins laine et coton ont dû également céder à des concurrents plus heureux : les articles à pantalon, en laine pure, rase ou douce, leur ont enlevé une grande partie de leur consommation habituelle, et Roubaix a eu une large part dans le succès de cette lutte ; mais bientôt l’introduction des châles tartans et kabyles et des étoffes à poil, pour manteaux de dames, a donné à Reims une heureuse compensation et lui a ouvert lin nouvel avenir. Cétte fabrique, en voie de progrès, paraît avoir Souffert, moins que les autres fabriques de lainage, de la stagnation des affaires qui a pesé sur elles de 183G à 1838. C’est sans doute à ses heureux efforts pour varier son industrie qu’elle a dû’cet heureux privilège,
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- TROISIÈME DIVISION.
- TISSUS DE LAINE NON FOULES PURS OU MELANGES.
- L’accroissement qu’ont pris les tissus de cette catégorie a été très-considérable depuis 1834. Les mousselines de laine pure ou sur chaîne coton ont offert un ,aliment abondant aux nombreuses usines d’impression qui se sont établies dans les environs de Paris et dans quelques départements voisins. L’Alsace et la Normandie commencent à appliquer leur vieille expérience de l’art del’impression sur ce tissu, que l’on peut appeler le calicot de la laine. On évalue à deux cent mille le nombre des pièces mousselines-laine imprimées l’année dernière. La plus grande partie a été tissée dans la Picardie et a donné bien heureusement du travail aux ouvriers, que la détresse de l’industrie cotonnière réduisait à l’inaction ou à des salaires insuffisants. Ce .qenre de tissu n’a
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- rien perdu de sa vogue : il se mélange heureusement ayec la soie et le coton pour produire, soit à la teinture, soit à l’impression, des effets que la mode et le luxe recherchent.
- Le stoff d’importation anglaise, que la France a su s’approprier en le perfectionnant, a pris, en peu de temps, un des premiers rangs dans la consommation; il occupe environ cinq mille métiers à la Jac-quart, à Roubaix et à Turcoing.
- Il a créé, à son imitation, des genres plus riches
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- sur fond satin, pour robes et. pour manteaux, que la mode a vivement adoptés.
- En parlant de la fabrique de Reims , nous avons fait connaître les vicissitudes qu’a éprouvées le mérinos.
- Le goût des ameublements de luxe, qui se répand de plus en plus, a donné l’impulsion à la fabrication des damas en laine pure ou mélangée de coton et de soie, ainsi qu’aux satins-laine unis sur lesquels on a imprimé les dessins les plus éclatants. M. Henry aîné, de Paris, a été le premier à enrichir notre industrie de ce nouveau produit ; bientôt après, la maison L. Auber, de Rouen, s’en empara et le traita avec le goût et l’habileté qui la caractérisent ; aujourd’hui ils comptent des imitateurs et des émules dans plusieurs fabricants de Roubaix. De nouveaux essais de tissus en grande largeur, exposés par MM. Portier et Tiret, où la laine etlasoie sont mariées et nuancées avec un vif éclat, en reproduisant, sur une grande proportion, les dessins consacrés par le goût du jour, ont paru tentés avec autant de hardiesse que de bonheur.
- L’alépine de couleur, après avoir fait pendant quelque tempsla prospérité de la fabrique d’Amiens, a éprouvé en France l’inconstance de la mode en même temps que la crise américaine lui cernait ses débouchés ordinaires. La société industrielle qui venait de se former dans cette ville y appela un
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- homme qui connaissait à fond le mécanisme du métier à la Jacquart ; il forma des ouvriers dont il dirigea les premiers essais; l’alépine prit bientôt une nouvelle vie, qu’elle dut aux dessins de goût dont elle reparut brochée; avec cette parure, elle fut bien accueillie, notamment de l’étranger; aujourd’hui, elle occupe douze cents métiers. Les autres articles d’Amiens, tels que les escots., les tamises, les serges, ont conservé leurs placements habituels.
- Les fabriques de Paris et de Lyon ont continué a fournir à la mode ses moyens les plus sûrs de séduction par leur habileté à combiner des armures variées dans les tissus de laine et de soie et à les orner des plus heureuses dispositions, soit pour robes, soit pour manteaux de dame.
- Nous avons aussi à constater des progrès marqués dans la fabrication des étoffes à gilets : qu’elles soient confectionnées en poil de chèvre ou en laine douce , nous n’avons rien à envier aux Anglais pour le goût aussi bien qué pour la perfection du tissu.
- Nous retrouvoiis encore Roubaix comme excellant dans ce genre ; c’est que cette ville fort industrieuse embrasse beaucoup d’articles et les réussit tous. Aussi sa prospérité va-t-elle toujours croissant, èt il est difficile de dire où elle s’arrêtera, si elle n’a d’autres limites que celle de l’intelligence de sa population ouvrièrej de l’activité èt de l’habileté de ses icauts,
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- MM. Cunïn-Gridatne père et fils , à Sedan.
- Le poste éminent où la confiance royale a appelé l’honorable M. Cunin-Gridaine, en l’excluant du concours, laisse au jury le regret de ne pouvoir lui donner un témoignage éclatant de la haute estime qu’il professe pour son industrie si variée et si parfaite. Il a la confiance que MM. Cunin-Gridaine fils, marchant sur les traces de leur père , et puisant dans son exemple une louable émulation, se présenteront à la prochaine exposition avec des litres personnels à recueillir l’héritage paternel.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MM. Jourdain frères et fils, à Louviers.
- Depuis 1819,- M. Jourdain s’est fait remarquer à chaque exposition, d’abord comme associé avec M. Ribou-leau son beau-père, ensuite comme chef et successeur delà
- • f /’
- maison à laquelle il avait associé ses deux beaux-frères, MM. Ribouleau fils. Chaque concours a été pour lui l’occasion d’un nouveau triomphe, et la médaille d’or qu’il avait obtenue en commun avec son beau-père, en 1819 , lui a été confirmée trois fois en 1823, 1827 et 1834. C’est souvent un lourd fardeau qu’une grande réputation h soutenir -, M. Jourdain n’est pas resté au-dessous de cette tâche. Les connaisseurs ont remarqué ses beaux draps bleus en laine électorale de Saxe à 4'G francs, et scs draps de couleur en laine de Naz, des prix de 44 à 45 francs. Ces; produits ne se distinguent pas moins par le fini du travail que par le choix des laine*. Un éloge tout particulier est
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- dû à un cuir garance à 28 francs , qu’on peut citer comme un chef-d’œuvre de fabrication.
- M. Jourdain ne se borne pas à exceller dans le drap fin, ses draps à 28 et à 17 fr. 50 c. prouvent qu’il peut avec succès attaquer le bon ordinaire et le bon marché.
- Il a été aussi l’un des premiers à introduire à Louviers la fabrication des fantaisies pour pantalons et redingotes. • Les articles de son exposition se font distinguer par leur bon goût, leur parfaite exécution et leur variété. Le drap piqué, malclassé pour paletot, a été généralement goûté. M. Jourdain père le présente avec un orgueil tout paternel comme une création de son fils, qu’il s’est donné pour associé depuis quatre ans, et qui prouve déjà tout ce qu’à une aussi bonne école on peut attendre de lui dans l’avenir.
- Le jury central ne peut que proclamer M. Jourdain de plus en plus digne de la médaille d’or, et lui en voter le rappel.
- MM. Dannet frères et cie, à Louviers.
- M. Dannet a donné un exemple éclatant de tout ce que peut le courage dans le malheur, l’énergie de la volonté, l’intelligence instinctive de la fabrication. Frappé de cécité depuis quinze ans, il a continué à diriger lui-même ses ateliers et tous les détails de son commerce. Il a fait plus, aidé de ses deux enfants, il a formé un nouvel établissement à Louviers, dans le local de l’ancienne fabrique De-cretot, qui avait été occupé ensuite par MM. Ternaux et fils j il l’a pourvu de toutes les machines les plus ingénieuses qui soient connues en France ou en Angleterre. Il a été lui-même l’àme de toute cette organisation , et il n’a cessé de conduire ses affaires d’achat, de fabrication
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- cl de vente. Le succès n’a point failli à tant de courage. Les produits de cette fabrique ont continué de jouir, dans le commerce, de la première réputation.
- Tous les connaisseurs ont admiré la belle exposition de MM. Dannct : les draps à 18, 26, 30, 32, 35, 42 et 45 francs ont été, sans exception, l’objet des plus justes éloges j on a surtout remarqué un drap à 35 francs, non apprêté, qui peut disputer la palme à tout ce que le concours offre de plus parfait dans son genre.
- Depuis longtemps M. Dannct a épuisé la série des récompenses nationales ; il a obtenu la médaille d’or en 1819, son rappel en 1823 et en 1834. Le jury le proclame de nouveau digne de celte distinction, et lui en vote le rappel.
- MM. Chayaux frères, à Sedan.
- Cette maison, l’une des plus anciennes de Sedan, a obtenu successivement, en 1819, la médaille d’argent, en 1823 la médaille d’or, en 1827 et en 1834 le rappel de la même médaille. Elle prouve de nouveau, par les produits qu’elle expose , qu’elle sait garder la position qu’elle s’est acquise. Ses draps noirs à 24, 28 et 42 francs, ses écarlates à 19 et 25 francs, ses casimirs de 11 à 12 francs, n’ont laissé que le choix des éloges au jury, qui s’empresse de voter à ces honorables exposants le rappel de la médaille d’or.
- MM. Chefdruc et Chauvreulx, à Elbeuf (Seine-inférieure).
- C’est pour la quatrième fois, depuis 1823, que ces habiles fabricants se présentent au concours, et chaque exposition leur a valu une nouvelle et plus haute récompense. Ho-
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- norés, en 1834, de la médaille d’or, ils n’ont vu dans cette distinction éclatante qu’un nouveau motif d’émulation, et la collection des beaux produits qu’ils exposent atteste à la fois la constance de leurs efforts, la variété de leur industrie et leur science de fabrication. Ils unissent au mérite de l’invention celui du perfectionnement. Ils ont été des premiers à introduire à Elbeuf la fabrication des articles fantaisie pour pantalon, et ils ont exploité ce genre avec autant d’habileté que de goût.
- Le jury a distingué des draps 5/4 jaspés, un fricot 5/8 dont le tissu élastique se prête parfaitement à l’emploi auquel il est destiné, un cuir-laine garance en 5/4, un salin de la même couleur en 5/8, plusieurs draps superflus, notamment un bleu sous le n° 1315. Tous ces articles, qui sont d’ailleurs des types réels de la fabrication ordinaire des exposants, ont paru au jury au-dessus de tout éloge, et il n’a pas hésité à proclamer que MM. Chefdruc et Chau-vreulx sont de plus en plus dignes db la médaille d’or qu’ils ont obtenue à la dernière exposition.
- M. Victor Grà]ndin? à Elbeuf,
- Il a fondé, dès 1814, le plusimporlant des établissements qui existe dans cette ville pour la fabrication du drap* Il est desservi par trois machines à vapeur de la force totale de soixante chevaux. Lavage et dégraissage de la laine, teinturerie, filature, tissage, foulonnerie,, apprêts de toute espèce, chauffage à la vapeur, tout est réuni dans son enceinte. M-. Grand innV rien négligôpour introduire dans son usine l’emploi des procédés les plus économiques et les plus ingénieux qui soient usités à l’étranger.
- Ce fabricant ne se recommande pas moins par L’étendue et la hardiesse de ses entreprises commerciales que par
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- l’importance de sa fabrication. Son exposition offre un ensemble de produits variés habilement travaillés dont-les prix sont bien en harmonie avec les qualités.
- Le jury vote en faveur de M. Grandin le rappel de la médaille d’or qu’il a obtenue en 1834, sous la raison Victor-Auguste Grandin.
- M. Flavigny aîné (Louis-Robert),. M. Fla-vigny jeune (Charles-Robert), à Elbeuf.
- M. Louis-Robert Flavigny, père des deux exposants, a fondé à Elbeuf l’une des plus anciennes et des plus respectables manufactures. On le voit déjà, à l’exposition de 1801, obtenir la.première médaille de bronze, en 1827 la médaille d’or, et sa confirmation en 1834.
- Depuis longtemps il s’était associé ses deux fils sur lesquels il se reposait du soin de diriger sa fabrication.
- M. Flavigny père s’étant retiré des,affaires, ses deux fils ont fondé chacun une maison.
- Héritiers des traditions paternelles,, ils ont continué cette belle et bonne^publication, qui lit la: réputation de la maison primitive. Leur draperie est constamment suivie j la qualité., les nuances, les apprêts, tout est parfaitement soigné et réussi. Comme leur père, ils excellent'dans les mélanges de goût ; leurs deux expositions n’ont, reçu que des éloges mérités.
- Formant des établissements séparés, ils les ont créés avec tous les développements que réclament aujourd’hui les progrès de l’industrie, et ils ont doublé le nombre d’ouvriers qu’ils employaient quand ils étaient associés.
- Le jury ne peut voir qu’avec intérêt ces, industriels qui, sachant résister aux séductions de la fortune, se font un devoir de perpétuer, par l’industrie le nom de leur père.
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- Cel exemple ne saurait être trop encouragé; et, comme, (Tailleurs, à ce sentiment si louable se joignent un talent véritable pour la fabrication et des succès incontestés, le jury s’empresse de voter à chacun des deux fils Flavigny la confirmation de la médaille d’or qu’ils avaient conquise en commun lorsqu’ils travaillaient avec leur père.
- M. Guibal (Jean-Pierre-Julien), à Castres.
- Après avoir obtenu quatre fois la médaille d’argent de 1801 à 1819, celle fabrique s’éleva enfin à la médaille d’or en 1834; elle devait cette haute distinction à la supériorité avec laquelle elle traitait les draps-amazone et les cuirs-laine de 22 à 24 francs. La consommation des draps croisés ayant sensiblement diminué et fait place à une grande variété de fantaisies et nouveautés, M. Guibal, pour donner de l’ouvrage à ses nombreux ouvriers, a consacré une partie de ses ateliers à la fabrication des draps de troupe- et des cuirs de laine communs : il en expose quelques pièces qu’on peut louer comme bien réussies dans leur genre. Heureusement que ce n’est pas le seul éloge que nous puissions donner à cet exposant, car il a prouvé par quelques pièces, et notamment par un cuir superfin à 22 francs, dont la perfection ne laisse rien à désirer, qu’il a toujours les mêmes droits à la médaille d’or que le jury lui rappelle.
- M. Fages (Jean-Louis) , à Carcassonne
- Fabrique recommandable, travaillant presque exclusivement pour l’exportation dans le levant; ses draps d’un tissu léger et serré, teints en couleurs éclatantes et parfaitement unies, et eu même temps d’un prix fort modéré,
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- conviennent très-bien à cette destination. Deux pièces de drap d’Émir nous ont paru réunir à un haut degré toutes les qualités propres à ce genre.
- M. Fagès sait varier sa fabrication ; les draps lisses et croisés pour la consommation intérieure sont bien traités.
- Il fabrique aussi des flanelles de santé à l’instar de Reims, et, en introduisant cette nouvelle fabrication à Carcassonne, il acquiert de nouveaux droits à la reconnaissance de cette ville.
- Cette maison soutient dignement le haut rang qu’elle a su prendre il y a longtemps dans son genre d’exploitation, le jury lui rappelle la médaille d’or qui lui fut donnée en 1827.
- MÉDAILLES D’OR.
- M. Poitevin fils, à Louviers.
- Il est un de ceux qui contribuent le mieux à soutenir l’ancienne et bonne réputation de Louviers pour le drap fin. Ses produits sont fort recherchés par le commerce pour leur perfection constante et régulière. Son établissement est des plus complets et des mieux montés ; il donne toutes les façons à la laine depuis son état brut jusqu’à sa complète transformation en drap. Cette facilité de pouvoir surveiller par lui-même la succession de tous les apprêts procure au fabricant un grand avantage pour finir et parfaire ses produits.
- Les produits exposés par M. Poitevin sont une image Adèle de sa fabrication ordinaire, et il a déjà vendu sur les pièces exposées, les teints entiers.
- Ses draps de couleur, de 19 fr. 50 c. à 25 fr., ses draps
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- bleus de 27 à 40 francs, justifient complètement nos éloges et l’empressement des acheteurs.
- A l’exposition de 1834, M. Poitevin avait obtenu la médaille d’argent; depuis cette époque, il a considérablement augmenté sa fabrication, en même temps qu’il l’améliorait. Le jury lui décerne la médaille d’or.
- MM. Berteche , Bonjean jeune et Chesnon, à Sedan.
- C’est la maison la plus importante de toutes les fabriques de draps pour son mouvement industriel et commercial.
- Leur fabrique de Sedan met en activité 350 à 400 métiers qui produisent annuellement de 200 à 250,000 aunes de draps, casimirs et nouveautés, s’élevant à la somme de 2 millions et demi à 3 millions.
- Leur maison de Paris, qui s’approvisionne dans toutes les fabriques de France, fait un chiffre d’affaires au moins égal.
- Ils viennent de fonder, tout récemment, une succursale à Elbeuf.
- Leurs relations embrassent les deux Amériques, la Russie, la Belgique, la Hollande, l’Espagne, l’Italie, les échelles du Levant et toutes les parties de la France.
- Leurs produits s’adressent à tous les rangs de consommateurs, et offrent toutes les variétés de prix et de qualités, depuis le drap le plus commun qui se fabrique à Sedan, jusqu’au drap le plus fin ; depuis l’étoffe modeste qui sert de vêtement aux humbles filles de la charité jusqu’aux nouveautés l'es plus rares et les plus recherchées du monde fashionable.
- Leur belle et brillante exposition a offert des modèles de tous ces genres; nous signalerons deux draps superfins, l’un à 42 francs, fait en laine de Naz, et l’autre à 45 fr.,
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- en laine électorale’ d'c Saxe, qui ont partagé les suffrages des connaisseurs ; des draps jonquille écarlate et violet d’évêque, d’une teinte parfaitement unie et du plus bel éclat : Un assortiment de easimir's noirs et blancs, de sa-
- r C r • *
- tins et nouveautés pour pantalon , parmi lesquelles le roi a fait choix d’une piècCbîeue d’un goût et d’une exécution’ parfaite.
- En' 1834, la médaille d’or a été dé'cérnée à la maison Ber lèch e; Lâmbquin et fils. Depuis cette époque, M.Bdn-jean a formé une société nouvelle avec celte maison et lui a apporté UUe industrie d'ans laquelle il s’est acquis, depuis longtemps, la première réputation, celle des casimirs et des articles de fantaisie.
- Perfection, variété, importance', tout sc réunit pour placer ces exposants en première ligné; et, én considérant l’accession de M. Bonjean à l’ancienne sociétéét la nouvelle industrie qu’il y a apportée ou développée avec tant de supériorité, le jury leur décerne une nouvelle médaille d’or.
- M. Labrosse-Bechët, à Sedan';
- En lui'décernant', en 1834,1a médaille d’argent, lejury central faisait valoir avec éloge les titres nombreux que cet habile industriel s’était acquis à l’estime générale, et lui présageait de nouveaux succès. M. Labrosse n’est point reste au-dessous de ces espérances; il a perfectionne sa fabrication, il en fournit la preuve la plus manifeste par la belle collection'des produits qu’il a envoyés au concours; ses càstorines de 17 à 32 f. l’aune , scs sibériennes et l'aponiehnes à 26 , sesdrapS vigontins à 22, façon vigogne à‘28; vigogne pure à 50 : tout cë't1 ensemble de fabrication-ne laisse rien à désirer. Nous avons remarqué un drap à
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- long poil, fait en laine de lama, imitant la fourrure, comme une nouveauté fort ingénieuse.
- La fabrication des draps à poil demande, en général, un mérite industriel moins grand que celle du drap cati, car elle exige moins impérieusement la science des apprêts, qui est la plus difficile et la plus importante des façons que reçoivent les étoffes de laine foulée. Toutefois, lorsque, comme M. Labrosse, on possède au plus haut degré le talent d’employer toutes les matières, laine, cachemire, vigogne, etc. ; lorsqu’à l’aide de ces combinaisons on produit des étoffes d’une heureuse réussite, d’un porter fort agréable, et qui donnent un nouvel excitant à la consommation; lorsque enfin on jouit dans son genre d’une supériorité incontestée, il a paru au jury qu’on avait droit à la première des récompenses : il vote donc à M. La-brosse-Bechet la médaille d’or.
- M. Th. Chennevières, à Elbeuf.
- Ce manufacturier, doué d’un esprit actif et novateur, se livre spécialement à la fabrication des articles de fantaisie : il excelle dans ce genre, qu’il exploite très en grand ; il emploie annuellement 958 ouvriers : son exemple a donné une grande impulsion à la production des nouveautés ; il a rendu, sous ce rapport, un service signalé à la fabrique d’Elbeuf, en lui ouvrant de nouveaux débouchés, lorsque la vente du drap était sensiblement ralentie.
- Il expose une nombreuse collection d’étoffes pour manteaux et robes de dames, robes de chambre, châles tissés en cachemire, châles chinés, écharpes, étoffes à deux faces, étoffesvariées pour redingote et pantalon. Tous ces produits se distinguent par la perfection et le goût. Dans l’embarras du choix, le jury signale un drap-satin, un
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- piqué à losanges pour paletot, un piqué serpentine, un tissu chine sur cachemire, dont la souplesse est un mérite réel assez difficile à obtenir.
- M. Chennevières a reçu, en 1834, la médaille d’argent. Depuis cette époque, il est impossible de méconnaître les notables progrès qu’il a faits et qu’il a fait faire à la fabrique d’Elbeuf dans les différents genres qu’il exploite.
- Le jury lui décerne donc la médaille d’or.
- M. Muret de Bord, à Châteauroux (Indre).
- De toutes les fabriques excentriques, aucune ne rivalise mieux avec celles du Nord que la manufacture de cet exposant. Le choix judicieux de la laine, la beauté des nuances, la souplesse et le nerf du tissu, le fini des apprêts distinguent d’une manière tout à fait remarquable les produits qu’elle a envoyés au concours : nous citerons comme un modèle, à l’appui de nos éloges, son cuir-laine bleu céleste à 22 francs.
- Ce fabricant travaille spécialement pour les officiers de l’armée et les employés des douanes : sans négliger cependant la consommation courante ; c’est à elle qu'il adresse ses cuirs-laine couleur fantaisie, ses cuirs zébrés que le bon goût approuve et que le connaisseur apprécie pour la difficulté de la fabrication : ses draps noirs croisés, pour habillement de prêtre, offrent, à un prix modéré, un vêtement à la fois solide et décent, très-propre à sa destination.
- Cette usine présente un ensemble complet de toutes les machines propres au travail de la laine,’ dans toutes ses transformations, et toutes les opérations en sont dirigées d’après les procédés et les systèmes reconnus les meilleurs.
- M. Muret de Bord avait obtenu, en 1823, la médaille
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- d’argent, et son rappel en 1827 , en considération des progrès incontestables de son industrie et du haut rang qu’il a su prendre parmi les plus habijes fabricants de drap.
- Le jury lui décerne la médaille d’or.
- MM. BadIn père et fils et Lambert ? à Vienne (Isère),.
- On voit souvent d’anciennes maisons s’éteindre pour ne pas vouloir suivre le mouvement qui entraîne l’industrie vers un perfe.ctionnem.ent incessant. En voici une existant depuis plus de quatre-yjngts ans de père en fils, qui, loin de se laisser devancer par des concurrents plus hardis, a toujours donné l’exemple des améliorations, n’employant sa vieille expérience qu’à choisir les meilleurs systèmes pour les mettre en pratique. Les deux établissements qu’elle possède, plus à la fois par une pompe à feu et par une roue hydraulique, sont pourvus de toutes les machines nécessaires pour faire passer, par tous les degrés de travail, la laine de l’état brut à l’état d’étoffe prête à entrer dans la consommation. Le métier à la Jaequart y est mis en usage pour les fantaisies à pantalon.
- Le genre dans lequel elle excelle, c’est le cuir-laine, de 10 à. 13 francs, très-corsé, qup sa splidité fait rechercher du consommateur des départements du centre de la France, et surtout de ceux du nor.d.
- * . J * . i 5- r f H * / , S
- Elle exploite aussi avec succès les nouyeaulés pour redingotes et pantalons -, elle imite à peu près tous les genres d’Elheuf; si elle n’atteint pas tout à fait la souplesse et le fini des apprêts de celte, fabrique, ellp donne, en compensation, plus de solidité et de matière. Les produits exposés par 1V1M. Badin père et fils et Lambert justifient
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- nos éloges : leur exemple a exercé la plus heureuse influence sur la fabrique de Vienne.
- Ces exposants ont obtenu la médaille d’argent en 1819, et trois rappels successifs en 1823, 1827 et 1834. La constance et le succès de leurs efforts pour perfectionner leur fabrication déterminent le jury à leur décerner la médaille d’or.
- RAPPELS DE MEDAILLES D’ARGENT.
- M. Aroux (Félix) , à ELbeuf. .
- Ce manufacturier a exposé un grand nombre et une grande variété de produits, draps et cuirs-laine, nouveautés pour pantalon, étoffes à poil pour manteaux de dame, tissus légers en laine cardée pour robes ou robes de chambre. S’il est parmi ces articles quelques-uns que l’expérience a besoin de sanctionner, tous au moins prouvent beaucoup d’habileté et de mouvement dans les idées, et le jury proclame M. Aroux de plus en plus digne de la médaille d’argent qu’il a obtenue en 1834.
- M. Desfresches fils, à ElLeuf.
- Ce fabricant se consacre principalement à la fabrication des draps pour l’habillement des officiers de l’armée. Ses cuirs de laine se font remarquer par leur bonne confection, leur force et l’exactitude des nuances exigées. Le jury a particulièrement distingué deux cuirs-garance, Lun à 16-60 et l’autre à 23-70 le mètre, un bleu mélangé à 18-35 bien fondu et un gris du train à 17-50.
- M. Desfresches fils se maintient bien à la hauteur de l’ancienne et bonne réputation de son père, auquel le jury
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- central avait accordé une médaille d’argent, en 1823, rappelée en 1834.
- Le jury lui en vote la confirmation.
- M. Ciiarvet, à Elbeuf.
- Ce fabricant exploite spécialement le genre nouveautés pour pantalon et manteaux de dame. Les articles qu’il expose dans ces deux genres sont de bon goût et d’une bonne fabrication, et attestent qu’il mérite de plus en plus la médaille d’argent qu’il a obtenue en 1834, et dont le jury lui vole le rappel.
- MM. Augustin Delarue frères, à Elbeuf.
- S’occupent spécialement des draps de billard et y obtiennent des succès mérités par leur exécution soignée, et par le bon marché auquel ils ont fait descendre ces draps. Ce double mérite se fait également reconnaître dans les cuirs-laine qu’ils ont exposés.
- Ils avaient obtenu la médaille d’argent en 1834 le jury leur en vote le rappel.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Chennevière (Delpbis), à Louviers,
- A l’exemple de son frère d’Elbeuf, M. Chennevière s’est spécialement livré à la fabrication des étoffes nouveautés pour pantalon, qu’il établit dans les prix de 15 à 16 francs l’aune, et des tartans pour manteaux de dame de 7 à 8 francs j il n’a pas pourtant tout à fait abandonné le drap fin, et il en a continué la fabrication pour alimenter sa clientèle ; les deux pièces bleue et vert dragon , à
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- 38 fr., qu’il expose, prouvent qu’il a conservé les bonnes traditions.
- L’établissement de cet industriel est l’un des plus importants de Louviers. Toutes les opérations de la fabrication, compris le foulonnage et la teinture, s’exécutent dans son enceinte ; et il a pris un grand développement depuis la dernière exposition. Le jury central d’alors avait voté à cet exposant le rappel de la médaille d’argent qu’il avait obtenue, en 1827, en commun avec M.Desfresehes. Celte année, le jury, en considération de la nouvelle direction donnée par M. Chennevière à son industrie et de son extension progressive, lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- MM. Ribouleau frères, à Louviers.
- Ces fabricants, associés d’abord avec M. Jourdain leur beau-frère, ont mis avec succès en pratique, dans l’élablis-sementqu’ils ont créé, l’expérience qu’ils avaient acquise dans leur première société. Les draps qu’ils exposent dans les qualités fines de 40 à 45 fr. l’aune de 120 centimètres réunissent à un haut degré les mérites propres à ce genre de draperie si difficile à bien réussir. Ils ne sont pas moins heureux dans leurs draps de 20 à 24 fr. Tous ces produits attestent que ces exposants sont déjà profondément initiés à tous les secrets de la fabrication, et leur présagent un bel avenir.
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- Le jury leur vote la médaille d’argent.
- M. Odiot., à Louviers.
- Gendre et ancien associé de M. Dannet, ce fabricant a fait, depuisla dernière exposition, des efforts heureux pour atteindre l’habile maître sous lequel il a débuté. Il a envoyé
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- au concours des draps assortis de prix et de nuances, depuis 19 jusqu’à 40 fr., des fantaisies de 20 à 23, qui tous dénotent un fabricant des plus distingués, et qui a de l’avenir.
- Une mention honorable avait été décernée à M. Odiot en 1834. Le jury, en reconnaissant les grands progrès qu’il a faits depuis cette époque, lui décerne la médaille d’argent.
- M. Marcel (Louis), Louviers.
- Louviers a été longtemps en possession de livrer au commerce les seuls draps fins que réclamait la consommation , mais Elbeuf est venu lui faire une dangereuse concurrence, et l’importance manufacturière de Louviers en a été sensiblement atteinte. Pour conserver la fabrication dans son enceinte, force a été à plusieurs fabricants de s’attacher à alimenter la grande consommation en baissant leurs qualités et leurs prix : aucun paraît n’avoir mieux réussi dans cette voie que M. Marcel, qui a exposé des draps de 12-40 à 12-80 le mètre. Ces draps ont paru au jury fort bien confectionnés et à bon marché, et il a acquis la certitude qu’ils n’étaient que des types vrais de la fabrication ordinaire de l’exposant.
- Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. A. Rousselet, à Sedan.
- Ce fabricant exploite exclusivement la fabrication des draps clcasimirs d’un prix moyen ; et il a souvent étonné les acheteurs parle bon marché auquel il les établit. Ses draps noirs de 16 à 18 fr., son drap-velours à 21, son drap croisé à 22, ses satins de 9-60 à 11-50, ses casimirs de 8-50 à 11, justifient parfaitement cet éloge. Il s’est élevé par son
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- propre travail j, et il possède aujourd’hui une usine importante j il avait obtenu la médaille de bronze en 1834 ; ses efforts et ses progrès constants ont déterminé le jury à lui décerner la médaille d’argent.
- M. Le*Roï Picard, à Sedan.
- Bonne et,consciencieuse fabrication dans les qualités ordinaires de 20 à 30 fr. l’aune de 120 centimètres pour les draps, de 10 à 12 fr. pour les casimirs. Son exposition, dans laquelle nous avons distingué, indépendamment des qualités ci?dessus citées, un drap écarlate en laine électorale à 3t6 fr, et un cachemire croisé à 28 fr., atteste les efforts assidus de ce fabricant pour améliorer ses produits. Il avait obtenu la médaille de bronze en 1834, le jury lui décerne aujourd’hui la médaille d’argent.
- M. Marius Pàret, à Sedan.
- Il y a du mouvement et une grande activité chez ce fabricant, qui réussit bien dans plusieurs genres ; ses casimirs noir et blanc, son satin zéphyr noir, ses draps noirs e,t écarlates ont fixé notre attention -, nous avons surtout rcniarqué un drap noir à 27 fr., qui est, pour son prix et sa qualité, un des meilleurs de l’exposition.
- Le jury reconnaît que cet exposant est digne de la médaille d’argent.
- M. F. Gariél fils, à Elbeuf,
- Est propriétaire et créateur d’un des établissements les plus considérables et les plus complets de toute la fabrique. C’est à vingt-deux ans d’un travail constant et intelligent qu’il doit la haute position qu’il occupe, car ses débuts ont été des plus modestes. Passionné pour son industrie, il a
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- fait plusieurs voyages en Angleterre, en Prusse, en Belgique, pour s’approprier les procédés les plus ingénieux et introduire les machines les plus nouvelles. Aussi ardent à innover qu’habile à exécuter, il s’est essayé avec succès dans plusieurs genres. Son exposition présente djps articles à poils pour manteaux et robes de chambre de dames, des étoffes à long poil dans lesquelles la bourre-cachemire est mélangée avec ïa laine ; un assortiment de draps, variés de nuances et de prix : le jury a particulièrement distingué un drap bleu flore de 15 fr. 50 c. le mètre; un bleu de roi, à 21 fr. 50 ; un alpaga bleu foncé. Il pourrait mentionner plusieurs autres produits qui tous justifient la haute réputation que s’est acquise cet exposant. Le jury aime à récompenser ces mérites industriels, qui ne doivent leur élévation qu’à leur travail ; c’est un exemple utile à présenter aux ambitions qui font si souvent fausse route. C’est pour la première fois que M. Gariel se présente à l’exposition, et, par un scrupule un peu exagéré, il n’a envoyé au concours que les produits les plus ordinaires de sa fabrication. Le jury, tout en rendant justice à son mérite, persuadé que d’ici à la prochaine exposition il saura prendre le premier rang auquel il est appelé, lui vole, quant à présent, la médaille d’argent.
- M. Victor Barbier, à Elbeuf.
- L’ensemble de celte exposition est remarquable par la variété des articles et leur excellente exécution. Il n’y a que des éloges à donner aux draps dont les prix sont gradués depuis 12 fr. 50 c. jusqu’à 30 fr. le mètre; nous devons surtout signaler un drap bleu sans apprêt, qui, par la fermeté de sa toile, la finesse de son grain, son velouté, peut être cité comme l’un des draps les mieux‘réussis de
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- touic l’exposition. Les nouveautés pour pantalon et pour redingote, caties ou à poil, qui figurent dans son expor si lion, ne sont pas moins remarquables : elles attestent que ce fabricant réunit à l’esprit d’invention la science de l’exécution. En présence de ces beaux produits, reconnus d’ailleurs pour être consciencieusement cotés, le jury ne peut méconnaître les progrès qu’a faits M. Victor Barbier depuis la dernière exposition, où il avait obtenu la médaille de bronze ; il lui décerne donc aujourd’hui la médaille d’argent.
- MM. Ch. Fouré et cie? à Elbeuf.
- Fabrication très-soignée et bien suivie, et d’une grande perfection -, son exposition, toute remarquable qu’elle est, donne une idée réelle de la production habituelle de ce manufacturier, et la cote exacte de ses prix. Le jury a distingué deux draps bleu de Nemours, un bleu vif et particulièrement un ourika.
- Cet industriel était associé de la maison Legrand-Duruflc lorsqu’elle obtint la médaille d’argent, en 1823 ; il en a pris, depuis, la succession; et il a soutenu dignement la réputation dont elle jouissait. Le jury lui décerne la médaille d’argent.
- M. Dumor-Masson , à Elbeuf.
- Fabrication fort estimée pour le drap fin, et dont la réputation est bien justifiée par l’ensemble de son exposition. L’attention du jurj a particulièrement été attirée par un cuir-garance à 22 fr. le mètre, deux draps bleus et un vert russe de 25 à 27 fr. 50 c. Tout en reconnaissant que les draps exposés étaient, sans exception, parfaitement bien traités et bien réussis, il a pu se convaincre qu’ils présen-
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- taient fidèlement les types des produits que ce fabricant livre habituellement au commerce.
- Le jury croit devoir récompenser le mérite réel et très-distingué de ce fabricant par l’allocation de la médaillé d’argent.
- M. Alphonse Delarue, à Elhesuf,
- A exposé une collection de draps de billard de différents prix et d’excellentes qualités. Leur examen a constaté les progrès qu’a faits celte fabrication sous le double rapport du bon marché et du bon confectionnemjent : elle présente d’assez grandes difficultés dans son exécution pour mériter, à l’exposant qui y excelle, la médaille d’argent que le jury lui décerne.
- MM. Aube frères, à Beaumont-le1-Roger (Eure).
- Cet établissement, isolé, à la distance cïcptusicurs ïieucs des grands centres de fabrication, embrasse dans son ensemble toutes les opérations qui amènent la laine à l’état de tissu.
- En 1827 et 1834, MM. Aube frères avaient obtenu- la médaille d’or et son rappel pour la fabrication des draps fins. Us ont depuis modifié leur fabrication en s’appliquant à la confection des draps et nouveautés pour hommes dans les prix ordinaires, et surtout des tartans pour manteaux de dame. Les différents articles qu’ils ont envoyés au con -cours, dans ces genres, ont paru réunir les mérites quideur sonfpropres pour le goût, la qualité et lé bon marché. Les exposants ont appelé notre attention sur un drap dans la confection duquel'ils ont essayé un nouveau procédé de graissage et dé dégraissage, inventé par MM. Péligof, professeur du chimie, et; Alcan, ingénieur, qui Ont pris
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- un brevet, et en ont confié l’exploitation aux exposants.
- Le jury ne peut se prononcer sur le mérite de ce procédé avant que l’expérience ne l’ait consacré ; quant à présent, il lui a semblé qu’en se présentant au concours avec les produits de leur fabrication actuelle et entièrement modifiée, c’était sur ces seuls articles que les exposants appelaient son appréciation, et que, tout en se réservant le mérite des premières récompenses obtenues, ils demandaient un jugement nouveau pour des produits nouveaux. C’est donc en se plaçant à ce point de vue que le jury décerne à MM. Aubé frères une médaille d’argent.
- M. Mouisse- (Jean-François), à Limoux (Aude).
- Celte usine peut compter au nombre des plus importantes du Midi : elle est pourvue, sur une grande échelle,, de toutes les machines propres à la fabrication du drap ; elle emploie dans ses ateliers 400 ouvriers, sans comprendre un nombre assez grand qu’elle occupe au dehors ; elle livre annuellement à la consommation 3,000 pièces de 18 à 20 mètres, dont 2,000 pièces en cuir de laine et 1,000 en nouveautés. Ses produits sont connus et goûtés dans toute la France; à Paris même, où ils rencontrent des concurrents venus de tous les points du royaume, ils sont bien appréciés et trouvent un grand débouché.
- M. Mouisse, en habile fabricant,,asu.se conformer aux exigences de la consommation, qui demandait des genres fantaisie, et il a introduit cette fabrication le premier dans son pays. C’était un grand service rendu à la classe ouvrière, que l’abandon des draps et cuirs-laine ordinaires laissait sans travail.
- Les 2 pièces de drap de 14 fr. l’aune de 120 cent., et les
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- 7 pièces nouveautés de 14 à 16 IV., qu’il a envoyées à l’exposition, ont mérité les suffrages du jury sous le triple rapport du prix, de la bonne fabrication et du bon goût.
- M. Mouisse a obtenu, en 1834, la médaille de bronze ; le grand développement et le perfectionnement de son industrie lui méritent aujourd’hui la médaille d’argent.
- MM. Gabert fils aîné et Genin, à Vienne (Isère).
- Ces manufacturiers ne se bornant pas à fabriquer le cuir-laine de 12 à 15 fr., qui est l’article fondamental de leur fabrique, y ont des premiers introduit les draps de fantaisie, tels que cuirs-satin, hybérine, alpaga: leur exposition prouve qu’ils traitent aussi bien le façonné que l’uni. Leurs articles sont fort goûtés, et la production en est importante.
- Ils avaient obtenu la médaille de bronze en 1834 ; leurs progrès leur méritent la médaille d’argent que leur vole le jury central.
- MM. Morin et eic, à Dieu-le-Fit (Drôme).
- L’ancienne famille Morin est connue depuis 150 ans dans le commerce des laines et de la draperie.
- En 1799, elle fondait une manufacture de draps -, dès 1803, elle y introduisait les cardes de Douglas, et depuis, à chaque nouveau progrès de l’industrie, elle s’est empressée d’adopter les machines les plus ingénieuses pour les préparations et les apprêts.
- Elle a construit, en 1833, une usine pour la filature de la laine peignée.
- Elle fait mouvoir, par des roues hydrauliques, sept établissements, dans lesquels s’exécutent toutes les opérations
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- du cardage, de la filature, du tissage, de la teinture, des apprêts, du foulage. Elle met en œuvre annuellement 200,000 kil. de laine en suint, représentant 90,000 kil. de laine lavée, qu’elle tire partie des departements du Midi et partie du Levant par Marseille. Elle emploie 470 ouvriers dans ses ateliers.
- Ses produits habituels sont les cuirs-laine, les draps-amazone, les castorines, les espagnolettes, les flanelles, les molletons ; elle en trouve les débouchés dans le midi et dans le nord de la France, à Paris ; elle en exporte beaucoup en Suisse.
- Les deux pièces amazone à 8 fr. 75 c. le mètre, les molletons de 2 fr. 10 c. à 3 fr. 60 c. qu’elle a exposés, donnent l’idée la plus avantageuse de sa fabrication, soit sous le rapport de la bonne exécution, soit sous le rapport des prix.
- Elle expose également des échantillons de sa filature.
- Une grande fabrique de cette importance est une providence pour le pays où elle se fixe.
- M. Morin se présente pour la première fois au concours, et le jury central, en considérant le grand développement de sa fabrication et. son habileté industrielle, lui vote la médaille d’argent.
- M. Sompayrac aîné, à Genne-Monestiès.
- Produire à bon marché sans sacrifier la qualité est le problème le plus difficile en industrie ; c’est celui que paraît se proposer M. Sompayrac, et qu’il résout d’une manière très-satisfaisante; nous en avons pour preuve les 3 pièces qu’il expose, qui sont :
- Un drap gris céleste 5/4, à 6 fr. l’aune;
- Un cuir 5/8 à 4 fr. 25 c. ;
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- Un cuir 5/4 Marengo, à 10 fr.
- Pour arriver à de pareils résultats, il faut une grande intelligence dans le choix et l’emploi des matières, une grande économie dans la fabrication.
- A ces mérites cet industriel joint celui de l’importance des affaires.
- Il fabrique annuellement 3,500 à 3,800 pièces; donne du travail à plus de 1,000 ouvriers.
- Son établissement comprend tous les assortiments de machines que réclament les opérations variées delà fabrication du drap.
- Ses produits se placent dans l’intérieur de la France, et pour ùne partie notable dans l’Italie, où ils rencontrent la concurrence anglaise, contre laquelle ils luttent avec avantage.
- M. Sompayrac a reçu, en 1827, la médaille de bronze, qui lui fut confirmée en 1834. Le jury, en considération de l’intérêt qui doit s’attacher à une fabrique qui travaille pour les petites bourses et des succès qu’elle obtient dans un genre aussi digne d’encouragement, décerne à M. Sompayrac la médaille d’argent.
- MM. Houles père et üls5 à Mazamet (Tarn).
- Fabrique fort importante et présentant, ce qui est assez rare dans le Midi, un ensemble complet de toutes les machines servant à la filature, au tissage, à la teinture et aux apprêts. C?est à l’introduction de ces machines que Mazamet doit la grande extension qu’ont prise ses affaires, dont le chiffre, qui était, il y a quelques années, de 5 à 6 millions, peut être évalué au double aujourd’hui. M. Houles, par l’impulsion qu’a donnée son exemple, a droit à revendiquer en partie le mérite de cet accroissement de
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- prospérité ; il occupe annuellement 1,200 ouvriers, et livre à la consommation pour un million environ de ses produits.
- Son industrie est très-variée et suit les besoins de la consommation. Il fabrique des royales et draps légers pour impression, des tartans écossais, à carreaux ou à mouches, des alpagas, des castorines bas prix. 11 est, en outre, fournisseur de draps de troupe et de bonnets de travail pour la marine royale.
- Parmi les produits qu’il a exposés, le jury a particulièrement remarqué scs tartans 5/4, qu’il établit à 6 fr. 50 c. teints et à 6 fr. en écru, l’aune de 120 cent. Ces prix lui ont paru favorables pour la qualité des étoffes.
- Pour l’importance, la variété et l’intelligence manufacturière de ces exposants, et leur influence sur le mouvement progressif de la fabrique, le jury leur décerne la médaille d’argent.
- M. Lafont-Vaisse, à Mazamet (Tarn).
- Le genre de fabrication de cet exposant est celui qui est le plus anciennement et le plus spécialement exploité à Mazamet; ce sont les espagnolettes blanches ou de couleur, et les ratines en 5/8 de large. Les pièces qu’il a exposées, depuis 2 fr. 70 c.. jusqu’à 7 fr. 50, c. l’aune de 120 c., sont parfaitement en harmonie de prix et de qualité. Nous avons distingué surtout l’espagnolette dite sègovie, à 7 fr. 50 c., dont le lainage et la fabrication sont irréprochables.
- Ce qui fait le meilleur éloge des produits de cet industriel, c’est qu’ils viennent sur la place de Paris défier la concurrence de toutes les autres fabriques, et que souvent ifs obtiennent la préférence. Le jury ne sanctionnera donc
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- que le jugement du commerce en donnant à M. Lafont-Vaisse la médaille d’argent.
- MM. Garrisson oncle et neveu, à Monlau-
- ban (Tarn-et-Garonne).
- Ces exposants sont les seuls représentants d’une fabrique importante qui excelle dans les lainages à poil, ratine, berg-op-zoom, algérienne, molletons ; tous les articles dans ces genres divers que MM. Garrisson ont soumis à notre examen nous ont paru bien fabriqués cl d’un prix assez doux. La production ordinaire de ces industriels est de 1,000 à 1,200 coupes par an -, en outre, ils en achètent, aux fabriques des départements environnants, une assez grande quantité qu’ils apprêtent eux-mêmes. Il en résulte un mouvement d’affaires assez important.
- MM. Garrisson avaient obtenu, dès 1829, une médaille de bronze, et sou rappel en 1834. Le jury leur décerne aujourd’hui la médaille d’argent.
- MM. Barbot et Fournier, à Lodève (Hé-
- Celte fabrique, l’une des plus considérables duMidi, travaillait presque exclusivement pour les fournitures de la troupe j mais, depuis quelque temps, les demandes s’étant restreintes, elle a, pour occuper ses nombreux ouvriers, appliqué son industrie à la confection des draps communs, pour l’intérieur et pour l’exportation ; elle annonce même être en ce moment en voie de traiter une affaire pour l’Amérique du Nord, qui ne réclamerait pas moins de 6 à 8,000 pièces de drap par an.
- Le jury a apprécié, comme il le doit, les constants efforts
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- faits par ces fabricants pour fournir à la partie la moins aisée de la société un habillement confortable au plus bas prix possible, et ce but lui a paru atteint par le drap bronze de 1 i 9 centimètres de large à 3 fr. 15 le mètre.
- Le drap écarlate et le drap vert lui ont paru aussi bien remplir les conditions exigées pour l’exportation.
- Ces fabricants ont toujours, dans le but d’utiliser le plus de bras possible, essayé de plusieurs autres genres.
- Ils exposent, par exemple, un cuir-laine 5/4 rayé, à 11 fr., qui nous a paru d’une bonne réussite pour son prix, ainsi que des tartans 9/8 à carreaux et un châle 7/4 de la môme étoffe.
- En 1834, le jury avait décerné à ces fabricants une médaille de bronze. Cette année, en considération de leurs efforts cl de leur succès pour arriver au plus bas prix possible dans la fabrication du drap, il leur décerne la médaille d’argent.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Thotrot ûls aîné, à Sedan.
- Ce fabricant expose des draps noirs de 22 à 28 fr. l’aunede 120 centimètres ; des écarlates de 28 et 29 fr.; un cramoisi à 28 fr.; un Casimir à 13 fr., dont nous nous plaisons à reconnaître la bonne confection -, son père avait obtenu, en 1834, la médaille de bronze, le jury s’empresse de la rappeler au profit du fils.
- M. Javal (Brutus), à Elbeuf.
- Les draps de 12 à 17 fr. le mètre qu’il présente au concours ont paru au jury d’un bon marché remarquable pour leur bonne confection et surtout pour la nature de
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- là laine employée. Celle fabrique est d’ailleurs Tune dés plus importantes d’Elbcuf. Le jury vote eh sa faveur lé rappel de la médaille de bronze qui lui fut décernée en 1834.
- MM. Viviés fils et Anduze, à Sainte-Colombe (Aude).
- Fils et gendre de M. Emmanuel Viviés, qui obtint la médaille de bronze en 1834, alors qu’ils étaient déjà ses associés, ils ont continué depuis sa mort le meme genre de fabrication. Les cuirs-laine, les draps fantaisie, les satinS de 13 à 17 fr. l’aune de 120 centimètres qu’ils exposent, dénotent des fabricants expérimentés, et prouvent que les enfants soutiennent bien la réputation de leur père, dont ils ont, avec un respect religieux, conservé le nom dans leur raison sociale.
- Cette fabrique, déjà ancienne, puisqu'elle compte son point de départ en 1812 3 et sa complète organisation en 1828, a une assez grande importance ; elle emploie trois cents ouvriers et livre au commerce de 17 à 18,000 aunes de drap par an. Le jury leur confirme là médaille de bronze décernée à leur auteur en 1834.
- M. Barthez (Sylvestre), à Saint-Pons (Hérault).
- M. Barthez expose des draps teints en pièce, spécialement propres à l’exportation et trouvant aussi des débouchés à l’intérieur ; les prix varient de 7 à 15 fr. Ces produits ont été jugés d’une bonne fabrication cl bien appropriés à leur destination. En conséquence, le jüry vote à M. Barthez le rappel de là médaillé de bronze qu’il a obtenue eft 1834.
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- M. Juhel Desmares, à Vire (Câlyàdds).
- Cuirs-laine de 16 à 19 fr. l’aune de 120 centimètres.
- Draps lisses et zéphyr de 14- à 18 fr.
- Celte fabrique trouve dans la draperie d’Elbeuf une redoutable concurrence, elle fait de louables efforts pour la soutenir.
- Le jury ltii confirmé la médaille de bronze, qui lui a été décernée en 1834.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. R.astier fils, à Elbeuf.
- Cet exposant était, il y a peu de temps encore, intéressé dans la maison F. Ârnoux, qui lui a cédé l’exploitation (les draps lisses pour se livrer plus particulièrement à la nouveauté. Ses draps, de 23 fr. 50 cent, à 26 fr. le mètre, sont parfaitement fabriqués, et font présumer que M. Rastier soutiendra seul la réputation qu’il s’était acquise en commun avec M. Arnoux. Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- MM. A. Durecu et cie, à Elbeuf.
- Ce jeune manufacturier a exposé une côllectioiï d’étoffes à poil ou à mi-poil pour habillement d’homme oit de femme, qui ont frappé les regards par leur variété, leiit bon goût et leur bonne exécution. Si ce genre d’étofféë u’èxige pas, à un aussi haut degré que le dra[i cati là science la plus difficile de la fabrication, celle des apprêts -, c’est pourtant déjà un mérite assez remarquable que de réussir aussi bièrt que Fa fait PàtÿoMiiti et do ftfcodrë, dès soit débat,
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- un rang distingué dans la fabrique, qui lui présage dans l’avenir de plus grands succès.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- MM. Dupont aîné et Charvet , aux Andelys (Eure).
- Les fantaisies à pantalon, les tartans pour manteaux de dames, les draps de couleur, qu’ont exposés ces manufacturiers, ont été généralement fort appréciés par leur bonne confection et leur bon goût. M. Charvet, en s’associant à M. Dupont, a apporté avec lui les bonnes traditions industrielles qu’il a puisées dans la fabrique d’Elbeuf, et le jury, tout en espérant que ces exposants acquerront d’ici à la prochaine exposition des droits à une récompense plus élevée, leur décerne, quanta présent, la médaille de bronze.
- Les fils Goudchaux-Picard, à Elbeuf.
- La draperie de ces fabricants se distingue par sa solidité et sa bonne confection-, leurs cuirs-laine, de 14 à 15 francs le mètre, ont bien les qualités que comportent ce genre et ces prix; nous en dirons autant du drap bleu double broche à 16 f. 65 c. Nous ferons remarquer, avant tout, les cuirs-laine moirés, à 19 f. le mètre; cet article présente pour son exécution des difficultés de tissage assez sérieuses, que personne n’a surmontées aussi heureusement que ces exposants. Ils avaient obtenu une mention honorable en 1834.
- Le jury, reconnaissant les progrès qu’ils ont faits, leur décerne la médaille de bronze.
- M. Morel-Bèer? à Elbeuf.
- Les draps et nouveautés exposés par ce manufacturier
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- ont paru au jury d’une bonne fabrication et surtout d’un bon marché assez remarquable, et il a cru devoir récompenser ce double mérite par la médaille de bronze.
- M. Couprie (Michel) et clc, à Elbeuf.
- Belle fabrication, remarquable par la finesse du grain, la fermetéet la régularité du tissu. Cette maison, qui a débuté il n’y a pas longtemps, s’annonce d’une manière très-favorable.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- MM. Goudchaux-Ficard frères, à Nancy (Meurthe).
- Cette fabrique attaque avec succès une grande variété de genres: elle expose des tartans, des caslorines, des hybôrines, des pilotes, des draps lisses. Le jury a surtout remarqué six pièces cuir moiré qui joignent au mérite dü goût celui de la difficulté vaincue, et dénotent chez ces fabricants la connaissance parfaite de leur industrie.
- Ils placent leurs produits à Paris et dans le reste de la France, et en exportent en Italie et en Amérique.
- Ils occupent ItO ouvriers, font 1,300 à 1,500 pièces, et sont en voie d’accroissement.
- Le jury leur décerne la médaille de bronze.
- MM. Grenier père et fils, à Vienne (Isère)..
- Ces industriels joignent à la fabrication des cuirs-laine la filature de la laine peignée et cardée. Leur draperie est estimée et leurs fils recherchés des fabricants de châles.
- Pour l’ensemble de leur industrie, le jury leur décerne la médaille de bronze.
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- MM. Gîjill ot àîné et Auguste Chabot ,
- M. Berthaud üls, à Vienne (Isère),
- Ont obtenu, en 1834, une mention honorable pour la fabrication des cuirs-laine de 12 à 17 fr. l’aune métrique. Depuis Cette époque * ces deux fabriques ont constamment amélioré leurs produits, même en diminuant les prix; aussi ont-ils vu s’accroître leurs débouchés, notamment pour le nord de la France. M. Berthaud fils s’est occupé avec succès de la fabrication des nouveautés.
- Le jury décerne à ces deux exposants la médaille de bronze.
- M. Cormouls (Ferdinand), à Mazamet (Tarn ).
- Molletons de différents prix et de différentes largeurs, flanelles, tartans, alpagas: tous ces articles divers ont paru au jury d’une bonne fabrication ; leur placement se fait particulièrement dans la Bretagne, la Normandie et la Flandre. M. Cormouls était associé de la maison Venc, Houles, Cormouls et compagnie quand elle obtint la médaille de bronze : le jury décerne aujourd’hui la même médaille à cet exposant.
- M. Germain (Auguste), à Moutiers, près Breig (Moselle).
- Fabrique de draps pour la troupe. Les pièces bleues, garances et grises exposées ont bien le mérite exigé pour cette destination. Nous avons, dans nos examens, généralement reconnu une notable amélioration dans les draps pour fourniture ; clic est duc fabricants qui m IF
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- vrent à ce genre de draperie. L’exposaiit peut donc revendiquer sa part dans ce progrès. Il h’occüpàit que cent quarante ouvriers en 18345 aujourd’hui il en emploie deux cents. Cet accroissement et cette amélioration de la fabrication déterminent à élever cè fabricant dé la merüion honorable qu’il avait eue en 1834 à la médaille de bronze.
- M. Bigot et cic, à Amboise ( Indre-et-^ Loire)»
- Cette maison, par la nouvelle association qu’elle a formée en 1837, a donné plus d’extension à sa fabrication; elle a pu acheter directement les laines, les faire laver et teindre dans son établissement, les faire mêiiie fouler, et obtenir ainsi, par un ensemble d’opérations dirigées par elle et sous sa surveillance continue, tout à la fois amélioration des qualités et douceur dans les prix.
- Lacastorine, 1/2 aünedelarge, à 2 fr. 40c. l’aune métr., et ses castorins, 5/8, de 3 fr. à 5 fr. 25 c. id.t nous ont prouvé qu’elle a atteint le double but qu’elle s’est proposé.
- Cette maison paraît être, en outre, la plus importante d’Amboise.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- MM. Muret, Solanet et Palargié, à Sairit-Geniéz (Aveyron),
- Ont envoyé à l’exposition des échantillons des diverses qualités qu’ils fabriquent, savoir :
- Draps bleus, 4/4, pour là troupe, à 10 fr. 50 c. lé ni. | Drap dit Diirel » 7 ff. 50 e<i
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- Drap bleu petit teint, 3 fr. 50 c. ;
- Flanelle vcrt-Saxe, 5 fr. 50 c. ;
- Des aumales ou serges en laine de 4 fr. 40 à 1 fr. 90.
- Tous ces articles paraissent bien traités pour le bas prix auquel ils sont établis.
- Cette fabrique a, d’ailleurs, une grande importance ; elle emploie quatre cent cinquante ouvriers dans ses ateliers, et livre environ pour 800,000fr. de produits, annuellement, à la consommation. L’influence d’un pareil établissement se ferait partout heureusement sentir; elle est surtout des plus utiles dans un département comme l’Aveyron.
- Le jury décerne à cet exposant la médaille de bronze.
- M. Yallier , à Paris,
- A exposé un assortiment complet de draps-feutre pour la fabrication du papier continu.
- Cet industriel a commencé ce genre de fabrication en 1822; et, à l’exposition de 1827, il a obtenu la médaille de bronze pour la fabrication des toiles métalliques propres à la fabrication du papier continu, cl des manchons en draps-feutre qu’il a depuis lors perfectionnés de manière à pouvoir non-seulement affranchir le pays de la nécessité de tirer ce tissu de l’étranger, mais à en fournir à la Belgique, à la Suisse, à l’Allemagne et à l’Italie; ce qui constate qu’il ne redoute pas la concurrence étrangère.
- En raison des progrès qu’il a faits dans la fabrication des draps-feutre, le jury de 1839 lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- M. Lascols et cie, à Paris (Seine).
- M. Lascols , intéressé dans la société industrielle de la
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- Lozère, qui a fondé dans ce pays une filature de laine, et des moulins pour fournir du travail à la classe ouvrière, a eu d’abord à s’occuper du placement des fils de laine. Par suite, l’examen attentif des tissus de laine qui se fabriquent de temps immémorial dans les montagnes de la Lozère lui a démontré qu’il ne s’agissait que de leur trouver un débouché pour en avoir un large écoulement, puisqu’on ne fabriquait nulle part ailleurs la laine à aussi bon marché. Il est venu se fixer à Paris, et il n’a pas tardé à leur trouver des emplois nombreux pour doublures, pour fournitures d’hospices et d’hôpitaux, pour casquettes, gilets même et tapis de table, après qu’ils ont été teints et imprimés j aussi en a-t-il un débit considérable aujourd’hui.
- Le jury a effectivement été frappé du bas prix des articles exposés par M. Lascols, ce sont :
- 1° Des flanelles de 60 centimètres de large, à 1 fr. 10 ;
- 2° Des serges croisées, môme laize, à 1 fr. 40 et 1 fr. 50;
- 3° Des escots de 70 centimètres, de 1 fr. 75 à 2 fr. j
- 4° Des draps feutrés en 71 et 73 centimètres, de 2 fr. 50 à 3 Ir. ;
- 5° Des molletons ou flanelles croisés en 70 centimètres, de 1 fr. 50 à 1 fr. 90 -,
- 6° Enfin des draps et escots très-corsés, 119 à 140 centimètres , de 5 fr. à 7 fr. 50.
- Les cinq premiers articles sont de fabrique rurale, et les derniers sont confectionnés par la société industrielle, sur les indications de l’exposant.
- Bien que M. Lascols ne soit pas fabricant, il a semblé au jury qu’il avait bien mérité de l’industrie en général, en faisant connaître, dans le Nord, un produit pour ainsi dire ignoré jusqu’à ce jour ; et surtout du département de la Lozère, en particulier, en ouvrant aux produits de la
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- petite fabrique un débouché important, service très-grand pour un pays généralement pauvre et peu industrieux.
- Il y a d’ailleurs utilité à appeler l’attention du public sur une production aussi intéressante.
- Par ses considérations, le jury décerne une médaille de bronze à M. Lascols et compagnie.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- MM. Bourguignon et Schmidt, à Bisch-
- willer (Bas-Rhin),
- Déjà mentionnés honorablement en 1834.
- Leurs draps sont solides, bien teints, et promettent un bon usage j ils paraissent bien appropriés à la classe dé consommateurs à laquelle ils s’adressent.
- M. Le Parquois , à Saint-Lô (Manche),
- Mentionné honorablement en 1834.
- Fabricant de flanelles rayées sur chaîne-fil, de différentes largeurs, La consommation de ces produits ne s’étend guère au delà du département où ils se travaillent, et sont fort goûtés decëux qui les emploient.
- M. Boyer aîné , à Limoges (Vienne). Mentionné en 1827 et 183,4.
- Les produits de cet exposant sont aussi des flanelles sur chaîne en fil ou en coton ; la consommation en est toute locale, et ils se recommandant par les mêmes mérites que les précédents,
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- LE JURY MENTIONNE HONORABLEMENT LES FABRICANTS DONT LES NOMS SUIVENT :
- M. Barbier aîné, à Elbeuf,
- Dont les draps fins sont bien traités : un noir anglais à 24 fr. 70 le mètre, une peau de taupe à 24 fr,, ont été spécialement distingués pour leur belle fabrication.
- M. Defremicourt 5 à Elbeuf.
- L’ensemble de sa fabrication, dans les prix moyens de 12 fr. 40 à 15 fr. le mètre, a paru réunir le mérite du bon marche à la force et à la bonne exécution.
- MM. Berrier et Brisson , à Elbeuf.
- Leurs draps, de 17 fr. 25 à 26 fr. 50 le mètre, se sont fait remarquer par leur bonne confection et surtout par la belle qualité de la laine.
- MM. Poix-Coste et Dérvieux,
- Moniguet etRiGAT, à Vienne (Isère).
- Fabricants, estimés, de cuirs-laine dans les qualités ordinaires et communes, dont le placement se fait sur toute la France, et spécialement dans le Nord. Ces établissements sont bien conduits et ont de l’importance dans le pays. MM. Poix-Coste et Dervieuxontun débouché assez large, en Suisse, de leurs ratines frisées.
- M. Moniguet consacre une partie de ses ateliers à travailler pour le public.
- MM. Picard frères.
- MM. Marcot , Thiriet et cie, à Nancy (Meurtbe).
- Les draps et cuirs-laine qu’ils ont exposés sont nerveux, bien teints et bien traités.
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- M. Belz-Sicard, à Limoux (Aude).
- Les draps, castorines et tartans de cet exposant ont été favorablement juges par le jury, sous le rapport de la bonne fabrication et des prix.
- MM. RuefcI Bricard.
- MM. Grenier et Runtzer, à Bischwiller (Bas-RhinJ.
- N ~
- Ces deux manufacturiers, dans la fabrication de leur draperie, paraissent plutôt se proposer la solidité du tissu que la perfection de l’apprêt. Sous ce rapport, leurs produits doivent être bons à l’user.
- M. Daydé - Gary , à Cenne - Monestiès (Aude),
- A exposé un drap gris mêlé teint en laine, en 140 centimètres de large, 5 fr. 25 l’aune métrique.
- Deux dito, couleur différente, 5 fr. 80 et 6 fr.
- Un dito cuir-laine Marengo, 6 fr. 35.
- Un dito plomb, 8 fr.
- Pour dissiper les doutes que des prix aussi bas auraient pu laisser au jury, l’exposant a fait, avec détail, le prix de revient de chacune de ces pièces, car c’est ce prix qu’il a coté.
- Cette fabrique n’a pas beaucoup d’importance, puisqu’elle n’emploie que cinquante-sept ouvriers et ne livre à la consommation que 600 coupons de quinze aunes environ par an.
- Le jury ne peut qu’encourager ce fabricant à suivre une voie qu’il voudrait voir plus largement exploitée dans l’intérêt des consommateurs les moins riches.
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- M. J ohel Pôkdegrenne, à Vire (Calvados).
- Ses cuirs laine à 16 fr,, et ses draps lisses à 14 et 15 fr. l’aune métrique, sont fabriqués à l’imitation des draps d’Elbéuf, et le jury nepeut que louer les efforts faits pour rivaliser dç si bons modèles. .
- M. Fournet-Broch aye, à Lisieux (Calvados).
- Cité honorablement en 1834.
- Cette fabrique importante, puisqu’elle occupe 800 ouvriers, se livre exclusivement à la draperie à poil, dont elle trouve un grand débouché dans la Normandie et la Bretagne. Sou drap-pilote vert à poil, son noir anglais croisé, se font remarquer par le choix de la laine et la qualité du tissu; le même*éloge est dû à sou molleton marron à 3 fr. 50 l’aune métrique.
- M. Chabrières, à Grest (Drôme).
- Cette fabrique,'qui date dé 1812, produit annuellement six cents pièces marcgue pour limousine on manteau de roulierj sept mille couvertures communes et cent pièces gros draps : elle emploie cent vingt-cinq ouvriers.
- Un intérêt naturel s’attache a ces fabriqués; qui travaillent pour la classe ouvrière et la petite propriété.
- M. Rivemale Pierre, à Saint - Àffri<jue (Aveyron).
- Fabrique d’espagnolettes et molletons, de cadis et casto-rine depuis 1 f. 80 c. jusqu’à 3 f, 60 c., l’aune métrique, occupant cent vingtouvriers. Elle se recommande par le soin, la qualité ét le bon marché.
- M. Lazar-Aron, à Metz (Moselle).
- A exposé des molletons.3/4 dé 3 f. 20 c. à 4 f. 20 c. et
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- une pièce flanelle 4/4 de 4 f.‘ 20 c. l’aune métrique. Ces articles dont la fabrication n’est pas très-importante, puisqu’elle roule sur huit à neuf cents pièces paran.de 30 à 45 aunes métriques, trouvent, par leur bonne confection, un écoulement facile.
- MM. Angot-Levrard , Angot-Garjsier , tous les deux à Saint-Lô (Manche).
- Fabricants de flanelles rayées sur chaîne-fil en 7/8, 4/4, 5/4 et 6/4 de large.
- M. Dubois, à Fougères (Ille-et-Vilaine). Flanelles rayées de diverses couleurs.
- M. Bonraisin-Tillault et clc, à Nantes (Loire-Inférieure).
- Coutils sur laine, flanelles rayées et droguels.
- MM. Mouilli Pierre.
- MM. Durand et Caille.. .
- Ces deux derniers à Ougnad (Vendée). •
- Drapsbretons> croisés noirs, molletons croisés et lisses, castorine et espagnolette, futaine en coton, serges croisées de diverses couleurs. *
- • Tous ces fabricants de la Manche et de la Vendée travaillent pour la consommation de leurs départements, qui conservent plus que tous les autres leurs habitudes traditionnelles y Hs occupent beaucoup de bras.et donnent à leurs produits toutes les qualités que ces genres réclament. Les jurys départementaux ont constaté leurs utiles influences sur le bien-être de la classe ouvrière.
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- M. Bourgeois-Duchez , à Felletin (Creuse).
- Fabricant de drogüèls et flanelles rayées sur chaîne-fil, qui se font distinguer par leur bonne qualité, leurs apprêts bien soignés et leur bon marché. •-
- MM. Laporte frères et Boudet aîné, à Limoges (Haute-Vienne).
- Ces deux industriels s’occupent exclusivement de la fabrication des flanelles rayées sur chaîne en fil ou en coton, qu’ils établissent sur les largeurs de 13/16, 5/4 et 6f4; le prix varie pour la plus petite laize de 3 f. à 5 f. 50 c. l’aune métrique, et, pour les grandes, dé 5 à 8 f. La consomma-tion de ces produits est toute locale.
- Le jury départemental recommande ces fabricants comme étant fort intéressants par le nombre de bras qu’ils occupent, et comme ayant amélioré leurs étoffes, qui sont fort appréciées du consommateur.
- CITATIONS FAVORABLES.
- MM. Godard et Decreps, à Louviërs.
- Se disent invenlèurs de nouveaux procédés pour fabriquer des draps hydrofuges avec d’autrès matières que de la laine. Nous n’avons trouvé dans le procès-verbal du jury du département rien qui pût fixer notre opinion sur le mérite de célle invention : nous avons consulté le. com-
- * • jç- ,// » ; 5 A -1
- ' merce, qui n’a pas pu noiis donner de renseignements,'et, comme les produits en eux-mêmes sont fort communs, ils ne; pourraient avoir de valeur que par un'mérite particulier qui nous est inconnu, nous ne les citons que pour ordre.
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- IM. Fromentéau Hippolyle , à Ppitiers (Vienne).
- Drap bleu 5? 8 à *5 f. l’aune tout en laine. Il en fabrique trois cents pièces par an.
- (MM.Hazard et Bienvenu, à Orléans (Loiret).-Draps de différentes couleurs et surtoüt bleus qu’ils achètent en blanc et font apprêter.
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- * SECTION IV.
- FABRICATION DES COUVERTURES.
- M. Griolet, rapporteur.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Bacot, rue de la Monnaie, 26, à Paris.
- Ce fabricant expose de nombreux produits qui tous justifient la grande réputation dont il jouit :
- 1° Des couvertures en laine ou en coton d’un tissu fin et régulier j ;
- 2° Des tapis de table en fil et laine si bien imités sur ceux de l’étranger, que les employés de la douane s’y sont mépris ;
- 3° Des feutres en laine pour la papeterie mécanique; scs manchon» en ce. genre sont d’un-tissu très-régulier et bien dégraissés, qualité très-esséntielle pour l’emploi auquel ils sont destinés. . • ' . "
- * ^ * » . * * * . / . „ 4 ; 1 •
- Le jury se plaît à reconnaître l’activité et l’habileté qui lui.ont valu aux précédentes expositions la médaille d’argent, et se fait un devoir de la lui confirmer.
- M. PoupiNEL, rue de la Calandre, 5^, à Paris.
- -Continue,'par-la'bonne confection de ses couvertures en
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- coton et en laine, de mériter ta médaille d’argent que le
- jury de 1834. lui a décernée et que celui de 1839 lui
- confirme. .
- • • •
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Pagezy et fils, à Montpellier.
- Seuls exposants d’une ville où la fabrication des couvertures de laine est très-importante. Ces fabricants ont en-
- JL
- voyé une grande variété de couvertures.
- On remarque, à leur exposition, 1» celles nommées makinaus, dontilse fait une grande exploitation pour l’Amérique du Nord;
- 2° Des couvertures lisses en blanc et en garance avec ornements, imitation anglaise également pour l’exportation;
- 3° Des couvertures beiges pour campement, du prix de 14. fr. 76, réunissant toutes les qualités d’une bonne fabrication.
- Ces exposants ont perçu en prime,' à l’exportation en 1837, 19,926 fr. 10, ct,eit 1838, 26,623 fr. 30; ils occupent deux cents ouvriers.
- Le jury, appréciant leurs efforts pour améliorer leur fabrication, ce qui leur permet de soutenir la concurrence . étrangère,- leur donne la médaille d’argent. •
- 4 ------------- «
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M, Léger Frais colin. , à Patay (Loiret).
- Ce fabricant, qui.a toute sa manutention réunie dans le même local, à l’exception delà teinture, présented es couvertures de laine variées dont les bandes sont d’une netteté remarquable. L’examen de ses produits fait apercevoir que la surveillance facile tourne au profitd’une bonne fabrication.
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- Il occupe quarante ouvriers. Pour la bonne confection de ses couvertures et leur prix modéré, le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. Rouillier et c10, à Condamine (Ain),
- Exposent des couvertures de laine lisses et croisées d’une très-bonne fabrication et d’un prix modéré. Celles bordées de rubans, faites avec des chaînes doublées, sont d’un tissu très-régulier.
- Le jury leur décerne la médaille de bronze.
- M.-Feugé-Fessart, à Troyes, •
- Expose bon nombre de couvertures et couvre-pieds en coton écru, les unes ën tissu broché, les autres en tissu piqué. Ses dessins sont très-variés.
- Le jury de 1834 lui avait décerné la mention honorable; celui de 1839 , appréciant ses progrès, lui décerne la mé' daillc de bronze.
- M, Édouard Pluquet, à Launoÿ (Nord)., Cet industriel a reçu la mention honorable en 1834: il
- O ' /
- expose, cette année, des couvertures tissu broché coton, et tissu piqué, toutes bien confectionnées.
- Les couvertures à poils faites Avec des déchets de coton et dont le prix commence à 3 fr. 80 jusqu’à 4 fr. 80 sont remarquables par leur bon marché, qui les met à la portée des bourses les moins fournies.
- Par ces motifs, le jury lui décerné la médaille de bronze.
- .MENTIONS HONORABLES!' ' • ,
- M. Raimbert , à Châteaiidon (Seine).
- Les couvertures de ce fabricant së font remarquer par la
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- bonté de leur fabrication et le soin apporté à la confection des bandes de couleurs qui décorent bien ces produits.
- Le jury lui décerne la mention honorable.
- MM. Girard et Acary, à Lyon.
- •
- Ces fabricants exposent des couvertures en laine et en coton dont la qualité correspond aux prix; elles sont bien confectionnées. .
- On remarque, à leur exposition, des couvertures grises
- mélangées de déchets dans les prix de 7 fr. 50, ainsi que
- d’autres faites avec des découpures du broché des châles.-
- • *
- Le jiiry leur décerne la mention honorable.
- MM. Maron-et Damoiseau, à Rouen,
- Présentent des couvertures piqué double d’une grande solidité au prix de 33 fr., ainsi que des couvertures en tissu broché à 14 fr. Les autres couvertures en laine et en coton tirées à poil sont communes, moins bonnes, et d’un prix peu élevé.
- Le jury leur décerne la mention honorable.
- M. Fazola, à Paris.
- •Expose des couvertures de lit à maille de filet confectionnées avec de la laine floche ; leurs dessins variés et les bonnes dispositions des couleurs méritent à cet exposant
- la mention honorable.
- . . » .
- MM. Fourché et Salmon, au Mans 5 ,
- Ontenvoyé des couvertures vertes, fabrication ordinaire compensée par le bon'marché, qui leur ont valu la mention honorable. ‘ ;
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- CITATIONS FAVORABLES.
- Mrao Veiive Lepoutre-Roussel, à Roubaix,
- Envoie un seul couvre-lit qui ne permet guère déjuger de sa fabrication.
- MM. Rohard père et bis, de Reims. •
- Ses couvertures sont régulièrement foulées.
- • SECTION V.
- TISSUS DE LAINE LEGEREMENT FOULES ET NON DRAPÉS.
- * . - • . ' ' <•' < '
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM. Henriot frères, sœur et ci:, à Reims (Marne).
- Cette maison ne se recommande pas moins par son ancienneté que par l’importance de ses affaires ; scs produits sont accueillis dans le commerce avec une confiance que justifie l’habileté consciencieuse qui préside à leur confection. Elle possède trois établissements distincts, dans lesquels s’exécutent toutes les opérations que subit la laine pour passer de l’état de suint à celui d’étoffe prête à être consomméej c’est, sous ce rapport, la fabrique la plus complète dans son genre. •
- Elle emploie, dans ses ateliers, de quatorze à. quinze cents ouvriers, et, quelque nombreux que soit ce personnel, il offre assez peu de fluctuation pour qu’il ait été possible de fonder parmi eux une caisse de prévoyance et de secours mutuel, dont les résultats sont des plus satisfaisants et font non moins d’honneur aux chefs qui l’ont instituée qu’aux ouvriers dont la sage prévoyance sait en profiter.
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- Sa fabrication s’exerce sur toutes les variétés d’articles qui se tisseut à Reims. En première ligne, nous mentionnerons les flanelles comme l’article fondamental, puis les mérinos, les nouveautés pour gilets et pour pantalons ; enfin les châles tartans à filets et damassés, les kabyles d’hiver et d’été, et même les châles genre cachemire.
- MM. Henriot ont expose des échantillons de chacun de ces genres, savoir : des flanelles croisées tout laine, de 2 francs 75 à 9 francs l’aune métrique ;
- Des flanelles molletons,, de 3 fr, 50 à 6 fr. ;
- Des molletons lisses, genre de mazamet, de4 fr.50 àGfr.j
- Une flanelle sèche à 4 francs ;
- Des flanelles-Boiivar, de 2 fr. 20 à 9 fr.;
- Dito Galles, 2 fr. 90 à 9 fr. ; . • .
- Dito Bolivar quadrillées, 3 fr. 75 à 4 fr. ;
- Des mérinos , 5^4 couleur, 6 fr. 25 à 11 fr.;-
- Des mérinos double chaîne, 13 fr. 50 à 19 fr.;
- Des nouveautés pour gilets, dé 5 fr. à 20 fr.;
- Enfin un assortiment -de châles de différents genres de 11 fr. 50 à 35 fr.
- Us ont même présenté deux échantillons de châles en laine, genre cachemire, comme des essais de ce qu’on peut tenter a Reims.
- Le jury, en donnant à tous ces articles les éloges qu’ils méritent, ne sera que l’écho fidèle de tout le commerce.
- Celle maison obtint, en 1834, le rappel de la médaille d’or qui lui avait été donnée en 1827 : depuis, elle a perdu un de ses chefs, M. Isidore Henriot, qui s’est retiré; mais elle a continué avec MM. Henriot frères antérieurement associés. Le jury confirme aces exposants la médaille d’or qu’ils méritent à tant de titres.
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- MÉDAILLE D’OR.
- M. Henriot 61s, à Reims (Marne).
- Exercer sur l’industrie de son pays une utile influence en ouvrant à la production de nouveaux débouchés par la création ou l’introduction d’articles inconnus jusqu’alors, c’est-un mérite que le jury s’empresse toujours de distinguer; à ce titre, nul ne se recommande à un plus haut degré que l’exposant.‘Entreprenant, actif, intelligent, connaissant bien les ressources de là fabrication, il est constamment à la recherche de tout ce qui peut donner de
- l’élan à l’industrie en stimulant la consommation. Il est
- »
- le premier qui ait introduit à Reims la fabrication des châles tartans et kabyles, des étoffes à manteaux, et celte fabrication, encore assez récente, s’élève déjà au chiffre annuel de 3 millions et demi environ , dans lequel il prend lui-même une large part.
- M. Henriot n’a point négligé la fabrication, pour ainsi dire classique, des flanelles dites de Galles, Bolivar ou croisées; il la traite toujours avec une grande supériorité: son exposition en présente des modèles dans toutes les qualités, depuis .2 fr. 40 jusqu’à 8 fr. l’aune métrique. Nous avons distingué ses flanelles sèches et sa flanelle-mousseline d’une grande finesse de tissu, dont l’usage est fort convenable pour l’Est. Il soumet également au concours des modèles de ses châles tartans damassés, de ses kabyles et de ses manteaux-flanelle. Tous ces articles se recommandent par le goût, la bonne exécution ét la modération des prix.
- M. Henriot fils avait obtenu la médaille d’argent en 1834. Le jury, prenant-en grande considération les
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- progrès qu’il a faits lui -même aussi bien que ceux qu’il a fait faire à la fabrique*-rémoise, lui décerne la médaille d’or. '
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Benoist Malo et cie, à Reims (Marne).
- Doués d’une activité égale à leur intelligence, ces fabricants entreprennent une grande variété d’articles et les exploitent tous avec succès. Ils exposent des duvets doubles pour gilets, de 6 fr. 50 à 7 fr. 50 l’aune métrique, des satins brochés soie de 10 à 15 fr., des mérinos 5/4 damassés et à côtes à 7 fr. 50, une pièce tissée en poil de laine,'.couleur naturelle, pour fourrure, à 25 fr., des châles damassés 6/4 et 7/4 de 17 à 26 fr., etc. Tous ces articles ont mérité l’approbation du jury.. J • 1 . ; •
- En 1834, ils avaient obtenu la médaille d’argent. Ils se montrent constamment dignes de cette distinction, et le jury leur en vote le rappel.
- M. Leclerc Allart, à Reims (Marne).
- Cet industriel s’adonne exclusivement à la fabrication des flanelles lisses dites de Galles et Bolivar, et des flanelles croisées j aussi occupe-t-il dans, sa partie un rang des plus distingués’, par le soin et le talent avec lesquels il traite cet article. Il faut un mérite de-fabricant assez remarquable pour exceller dans un genre exploité, de temps immémorial, par tous les fabricants de Reims, presque sans exception. Ce mérite’ le jury a été à même de le reconnaître dans les articles soumis æson examen. Les flanelles-
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- Bolivar de 3 fr. 50 à 6 fr. l’aune métrique, les flanelles de Galles de 3 fr. à 3 fr. 75, prix et qualités de la plus large consommation. ’
- La flanelle croisée, 4 fr. 50.
- Sont d’une exécution irréprochable et de prix fort modérés, et justifient parfaitement la médaille d’argent que le jury décerne à cet honorable exposant.
- MM. Givéleï Assy et H. Rollin, à Reims (Marne).
- Cette manufacture fabrique, avec beaucoup de succès, l’article à gilets, et en fournit la preuve dans les sibériennes qu’elle expose, de 6 fr. 50 à 9 fr. 50 l’aune métrique, et dans ses satins-cachemires à 11 fr. 50 ; elle s’occupe aussi des châles kabyles dont elle a envoyé dès modèles de 15.fr. 50 à 22 fr. Tous ces articles, traités avec goût et avec habileté, sont recherchés dans le commerce et emploient un grand nombre d’ouvriers. La réputation dont jouit celte fabrique, et que justifie son exposition, détermine le jury à lui donner la médaille d’argent.
- MM. Buffet Perin , oncle et neveu, à Reims (Marne),
- Ces manufacturiers paraissent se proposer la tâche de rendre à la fabrique de Reims l’exploitation des casimirs et nouveautés pour pantalons, qu’elle avait vue sensiblement décroître. Leurs casipiirs et satins d’été en 75 centimètres, de 9 fr. à 9 fr.. 50 l’aune métrique, leurs tricots athéniens en 80 centimètres à 10 fr., leurs satins-laine d’hiver de 10 à 10 fr. 50, sont de nature à couronner leurs efforts et à leur créer des émules.
- Ils joignent à cette fabrication celle des gilets, des co.a-
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- tings ùnisj mouchetés ou brochés, pour manteaux de femme.
- Tous ces articles sont traités de main de maître, et appellent sur ces exposants la distinction honorable de la médaille d’argent que le jury leur accorde.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Pierquin-Grandin , à Reims (Marne).
- A exposé des flanelles de Galles blanches, etdcsflanelles-Bolivar de différentes nuances et un assortiment de fla-
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- nclles quadrillées en couleur. Ces articles sont bien fabri-, qués, et à des prix convenables j ils sont bien appréciés du commerce. Le jury décerne à cet exposant la médaille dé bronze.
- SECTION VI.
- .TISSUS DE. LAINE NON FOULÉS PURS OU MELANGES.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- M. Auber (Louis), à Rouen (Seine-Infé-rieuré).
- Il n’est personne qui ait passé devant l’exposition de ce fabricant, sans y avoir été arrêté par la beauté, la variété, le brillant des étoffes étalées. Le jury à partagé le sentiment d’admiration du public ) c’est qu’en effet la maison L. Auber traite avec une supériorité marquée tous les articles qu’elle entreprend : laine cardée ou peignée, tissu ras ou foule, uni ou broché, pur ou mélangé
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- de,coton, de laine ou de soie ; pantalons,, manteaux* robes de dames, étoffes d’ameublement : elle emploie toutes les matières, exécute tous les genres, déploie dans tous un goût parfait, une grande fécondité d’invention, et une intelligence remarquable de tous les procédés de fabrica-lion. A l’appui de nos éloges, nous citerons ses toiles d’XJl-loa, tissus de laine légers et brochés pour robe, ses salins-laine brochés pour robes et matitéaUx de dame, ses tartans mouchetés au métier, ses pantalons d’une armure nouvelle, enfin ses étoffes à meubles en laine pure, ou tissées sur chaîne de coton ou de soie.
- Cette fabrique n’est pas seulement au premier rang pour l’habileté et la variété de son industrie, elle est aussi l’une des plus importantes par sa production. Elle a perdu son chef depuis quelques années ; mais la veuve et les enfants ont, avec un ancien associé, pris la suite des affaires, et elle a continué à marcher dans une voie de progrès et de succès. Le jury s’empresse de lui confirmer la médaille d’or qui lui avait ôté décernée en 1834.
- MM. Jourdan, Morin -et cie, à Paris. -
- Associés, depuis longues an nées, dans la maison de l’honorable M. Rey, ils en ont pris la succession depuis la dernière exposition et ont su la faire fructifier dans leurs mains ; ils ont augmenté de plus de moitié le chiffre de leurs affaires en faisant marcher de front la fabrication des châles-cachemires et.celle des tissus fantaisies en laine et soie à l’instar des articles de la savonnerie dont M. Rey avait ‘eu originairement le dépôt. ,
- Profondément versés dans la science.de la fabrication, ils l’ont appliquée avec le plus grand succès à la double industrie qu’ils exploitent. Leurs châles indous ou ca-
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- chcmires purs soûl fort recherchés dans lé commerce, et leurs tissus à l’usage des dames, dans lesquels la soie mariée avec la laine produit, à l’aide du métier à la Jacquart, une grande multiplicité de dessins, ont souvent l’heureux privilège d’être sanctionnés par la mode. Le jury a reconnu dans cette fabrique un progrès bien marqué depuis la dernière exposition ; il croit doue devoir lui confirmer la médaille d’or, que son prédécesseur, M. J\ey, avait obtenue en 1834-.
- •MM. Eggly, Roux et'cl®, à Paris.
- Cette maison, qui a changé de chefs, n’a pas changé de raison commerciale, deux frères en ayant pris la succession. •
- Initiés par un'e ancienne association à la connaissance de la fabrication, ils ont déployé le goût-, l’habileté, le-mouvement qui avaient distinguéleurs prédécesseurs dans là direction de leurs affaires"; ils en ont même sensiblement augmenté l’importance.
- .Leurs produits sont destinés à la toilette des hommes et des dames : pour les premiers, ils tissent des mérinos double chaîne, à usage de redingote, du prix de" 12 fr.
- 50 cent, le mètre, en 5/4- de large; des camelots-laine • * • pour manteaux imperméables, en 6/4, à 10 fr.; des piqués de laine pour pantalons d’été, en 3/4-, à 9; fr., et des étoffes à gilets mélangées de. soie, laine et coton.
- Aux dames, ils offrent des manteaux en tissus damassés dits mazeppas à 15 fr., en. 5/4 de large, ou en, mérinos écossais à 11 fr. 50 cent.; des tissus pour robes fabriquées sur chaîne de soie cuite tramée en laine, à 6 fr. 50c., en 5/8; des.orientalines à rayures satinées, ou à tramé chinée, de 3 fr. 75 à 4- fr. 25 eeut.; des mousselines de laine
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- imprimées cil-pièce ou sur la chaîne; enfin des mérinos ordinaires do 7 fr. à 9 fr. 25 cent. Pour la variété; le goût et le talent, cette maison se soutient parfaitement à la hauteur qu’elle a .su prendre ; elle a même beaucoup augmenté la somme de ses affaires depuis 1834. A cette époque, elle avait obtenu la médaille d’or : le jury la lui confirme de nouveau.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. Delattre (Henri), à Roubaix (Nord).
- C’est un mérite réel que de primer dans un genre qu’un grand nombre de fabricants exploitent : ce mérite, on ne peut le méconnaître dans l’exposant. Nous avons déjà vu que lè stoff occupait près de cinq mille métiers à Roubaix. Pour le soin, la qualité et la régularité des tissus, M. De^ lattre a su prendre le premier rang qu’il doit non-seulement à son habileté, mais éneore à l’avantage de posséder une filature de laine parfaitement bien montée et dirigée. Les stoffs superfins, qu’il a exposés, de 4 fr. 75 à 5 fr. 75 cent., en les décorant dé nouveaux noms, sont d’une excellente fabrication à tous égards et bien supérieurs aux produits similaires anglais. Il n’aurait pas moins droit à nos éloges, comme filateur, s’il avait exposé de ses fils. .
- Le jury, en reconnaissant dans M: Delattre un industriel sur la première ligne dans une fabrique qui est, sans contredit, l’une des plus avancées de la France, lui décerne la médaille d’or.
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- MENTIONS POUR ORDRE.
- MM. Fortier et F. Tiret, à Paris,
- Out exposé des étoffes en grandes largeurs pour meubles et tentures tissées en laine et soie. Le travail du tissu, la nouveauté, la hardiesse et la richesse des dessins ont attiré les regards et mérité de justes éloges à leurs auteurs. En rendant compte de l’exposition des châles, dont la fabrication est la principale industrie de chacun de ces deux fabricants, il sera fait mention de ces brillantes étoffes.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Thibault (Germain), à Paris,
- Est un de nos industriels les plus renommés pour les tissus légers de laine qu’il livre à la consommation, soit en couleurs unies, soit ornés de dessins imprimés. En faisant jouer la soie tantôt pour chaîne, tantôt pour trame, en variant ses armures de façonné, il produit un grand nombre d’articles de goût également recherchés, soit pour la consommation intérieure, soit pour l’exportation, sous les noms de satin oriental, parisina, levan-tine-laine, etc. Ces tissus, dont les prix varient de 6 à 8 fr., nous ont paru, par leur brillant, leur souplesse et leur légèreté, très-propres à se faire adopter par nos élégantes.
- Rien que M. Thibault ne tisse que pour son propre commerce, il a pu donner à sa fabrication assez d’extension pour occuper trois cent cinquante à quatre cents ouvriers dans les départements de l’Aisne, du Nord et de la Seine.
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- J1 avait obtenu la médaille d’argent en 1834; le jury le proclame toujours digne de cette honorable distinction et lui en vote le rappel.
- Ms F. Croco et cie, à Paris.
- Ces fabricants exploitent trois établissements, l’un à Paris, et les deux autres à Fiers et à Roubaix (Nord), dans lesquels ils occupent trois cents ouvriers environ. Leur industrie variée s’exerce-à la fois sur l’article robe, l’article meublé, les gilets et les pantalons; ils emploient avec beaucoup de talent la làiné, la soie, le fil, et ils marient ces matières avec une rare habileté.
- Nous avons distingué le crêpe Palestine tissé laine et soie, à reflets changeants et veloutés pour toilette de dames; une imitation des brocatelles de Lyon, étoffe brochée verte et jaune d’or, chaîne soie, trame fil; plusieurs pièces à gilets, remarquables par la pureté des fonds, le goût des dessins, souvent fort compliqués ; notamment Une pièèe faite par double chaîne, dont les deux faces offrent un aspect différent, mais également heureux, et laissent l’acheteur indécis sur le choix de l’envers ou de l’endroit.
- Le jury se plaît à reconnaître chez ce fabricant le double mérite de l’invention et de la science de fabrication qui lui présagent des succès marqués dans l’avenir, et il lé proclame dé plus en plus digne de la médaille d’argent, qu’il a obtenue en 4834.
- M* Henry aîné et Gis, à Paris.
- Cette fabrique s’est acquis depuis longtemps une réputation méritée pOur ses étoffes à meubles; l’une des premières, elle a fait connaître les damas en laine 'pure ou
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- mélangée avec le colon et la soie 5 clje les a brochés aussi en plusieurs couleurs, et en présente deg pièces de chaque genre dans son exposition.
- Elle a confectionné aussi au métier dp^ couvertures pour l’été, à maille claire, d’un effet agréable et d’un prix modéré.
- Le chef de cette maison a signalé sa longue carrière industrielle par plusieurs innovations heureuses qui ont créé de nouveaux imitateurs 5 il a cédé son exploitation principale à son fils, qu’il avait pris dès avant pour associé, et qui soutient bien la réputation de son père.
- En 1827, M, Henry ,amp obtint la médaille,d’argent, qui lui fut rappelée en 1834. Sous sa nouvelle raison vde commerce, cette maison se montre toujours digne de cptle distinction, que je jury centrai lui confirme. ...
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- *Mu,e Veuve Cailleux et Launoy, à Amiens (Somme).
- Cette maison est Tune des premières qui aient réussi à redonner , la vie à l’alépine en la parant de dessins brochés par la mécanique.de Jacquart. C!e tissu a pris alors les noms de satin oriental,,4e,taglipnienne, quand il a ,été destiné pour robe, dp satin damassé lorsqu’iljs’èst proposé l’usage des manteaux des dames. Les pièces soumises au jury, du prix de 5 fr. 50 à 7 fr., en 4^4, pour les deux premiers genres, et de *15 fr. -50 pour le troisième, sPnt habilemen t traitées .et d’un effet séduisant . , ü
- Ces articles Irouyenlun large débouché à l’étrângèr et nptamméul à New-Yprk, pu pes fabricants pnt fondé une
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- maison qui consomme pour 1,200,000 fr. annuellement de leurs produits.
- Ils ont exposé aussi quatrepièces bombasine noire 4/4, de 7 fr. 50 à 9 fr. 50, article fondamental pour l’exportation.
- La nouvelle direction donnée par ces exposants à l’industrie amiénoise, les bons résultats qu’ils en ont obtenus eu s’ouvrant un large débouché à l’étranger, ont déterminé le jury à leur décerner la médaille d’argent.
- MM. Fevez d^Estree et cie, à Amiens (Somme).
- Nous avons déjà fait connaître les heureux résultats, pour la fabrique d’Amiens, de la transformation de l’alé-pineunie en un article nouveauté broché par la Jacquart. Les exposants peuvent, à bon droit, revendiquer en partie le mérite de celte innovation, et personne ne leur contestera surtout le goût et le talent d’exécution dont ils ont fait preuve.
- Leur exposition a séduit les regards par un‘assortiment d’éoliennes 4/4, à 5 fr. 25 l’aune métrique, de nuances variées, de robes brodées à 8 fr. 50 l’aune, de salins-laine 5/4, à 5 fr. 50, et de taglioniennes 5/8, à 6 fr 50.
- Tous ces articles, goûtés dans le commerce, surtout pour l’exportation, offrent, comme mérite d’exécution et comme importance de fabrication, tout ce qui peut justifier la médaille d’argent que le jury décerne à MM. Fevez d’Es-trée et compagnie.
- M. Cocheteüx (Florentin), à Paris.
- Ses ateliers, établis à Templeuve (Nord), à quatre lieues de Roubaix, sont exclusivement consacrés à la fabrication des damassés pour meuble lissés, soit cri laine pure, soit
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- on laine ot coton, soit en laine et soie, en 75 et 150 centimètres de large. Le goût et l’habileté qui président à leur confection leur ont donné une grande vogue dans le commerce , et ont, de suite, classé celte fabrique en premier ordre. Elle emploie de cent trente à cent quarante métiers à la Jacquart ; son exposition , par la variété des tissus, le choix des dispositions, l’harmonie des couleurs et la perfection du travail, justifie l’empressement du commerce et mérite à cet exposant la médaille d’argent que le jury lui vote.
- M. Wacrenier Delvenquier, Roubaix.
- Ce fabricant s’est placé également sur la première ligne pour la fabrication des damas tout laine, laine et colon, laine et soie, en 5/8 et en 5^4 de large; ildes nuance aussi de plusieurs couleurs et en fait alors un article de luxe : son exposition offre, dans plusieurs genres, des articles d’iin excellent goût et d’une parfaite exécution ; à ces mérites il a joint celui de l’importance, puisqu’il fait battre au moins cent vingt métiers à la Jacquart.
- Le jury lui décerne la médaille d’argent.
- M. Dervaux (Alexandre), Roubaix.
- Cette fabrique, l’une des plus importantes de Roubaix par le nombre de métiers qu’elle occupe, se fait remarquer par une exécution habile et soignée.
- Les douze pièces salin-laine rayé , en 70 cent, de large, à 5 fr. 50, qu’elle expose, méritent d’être signalées pour le goût des dispositions, la régularité et la bonne exécution du tissu.
- Nous en dirons autant de ses salins unis dits lastinp, qui sont d’une grande réduction.
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- Le jury, vu i’impoftàttcé et l’habileté de ces industriels, leur vote la médaille d’argent.
- M.- F basez (François), à Rcmbaix,
- Fabricantfortintelligent, qui fait établir^, à des prix très-modérés, des marchandises dé qualité courante ; ses stoffs brochés colon et laine, 2 fr. iO, et ses stoffs pure laine à 3 fr. 40 l’aune métrique, en fournissent la preuve. Aussi en fabrique-t-il une grande quantité qui trouve un ample placement. Il tisse aussi des satins à côte, tout coton, pour pantalon, à 45 cent, le mètre, qui peuvent délier toute espèce de concurrence intérieure ou extérieure.
- Nous croyons devoir signaler une heureuse idée que ce fabricant met en ce moment en pratique.. Sur une propriété qu’il a achetée, il fait construire cent petites maisons pour ses ouvriers; chaque maison aura quatre chambres et pourra contenir quatre métiers à la Jacquart. Il procurera ainsi, à peu de frais, à l’ouvrier un logement plus confortable , une économie de temps, l’avantage de travailler en commun avec sa famille , d’en utiliser tous ies bras, en évitant, pour elle et pour lui, les dangers de la vie d’atelier : lès mœurs ne pourront qu’y gagner en même temps que, la somme du travail s’augmentant, le prix de chaque façon pourra diminuer : ainsi se trouvera atteint le but si désirable de concilier les intérêts du fabricant et ceux de l’ouvrier.
- Une pareille entreprise a mérité l’intérêt du jury; et comme, d’ailleurs, l’exposant a su se distinguer dans un genre où la concurrence est très-grande, le jury lui vote la médaille d’argent.
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- MM. Frëd. et Ed. Bernoville, à Saint? Quentin et Bohain (Aisne).
- Parmi tous les exposants, peu offrent une aussi grande variété d’articles que les frères Bernoville : mousseHne-laine, mousseline-tibet, chalys, mousseline-soie, châles en mousseline-laine et en tibet, tissus purs ou mélangés de soie, à rayures et bandes satinées, à carreaux, zébrés ou chinés , échelonnés de prix depuis le plus bas jusqu’au plus élevé. Tous ces' articles, qu’il serait trop long d’énumérer en détail, sont destinés à la teinture et à l’impression, et dénotent une grande habileté industrielle et inventive.
- Ces produits servent, en grande partie, à alimenter nos fabriques d’impression sur mousseline-laine, et, quand elles réclament un tissu plus riche pour satisfaire aux exigences de la mode et du luxe, elles s’adressent avec confiance aux exposants qui répondent parfaitement à leurs vues par leur grande entente de la fabrication , par leur goût et leur talent d’innovation.
- MM. Bernoville font fabriquer également des jaconas et mousseline de coton pour l’impression; ils en ont exposé de plusieurs finesses et de dispositions variées, de 1 fr. 10 à 1 fr. 80.
- Au mérite de la variété, de l’invention et, de l’habileté, ils joignent une grande importance manufacturière : le jury leur décerne la médaille, d’argent.
- M. Dauphinot-Pérard, à Islés (Marne).
- Ce fabricant est, depuis longues années, connu, sur la place de Reims, comme celui qui fournit constamment aii commerce les plus belles qualités de mérinos. Personne
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- n’apporte dans leur confection plus de soin pour le choix des matières et pour la régularité du tissu.
- Les deux pièces mérinos, 5/4 de 14 à 16 fr. l’aune métrique, la pièce 7/4, à 24 fr., qu’il a exposées, sont, dans leur genre, ce qu’on peut voir de mieux.
- M, Dauphinot-Pérard avait obtenu la médaille de bronze en 1834; pour récompenser son habileté et scs efforts constants pour perfectionner un si beau et bon tissu que le mérinos, le jury lui décerne la médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Prus-Grimonprez, à Pioubaix,
- A pris, depuis longtemps, unbonrangparmiles fabricants d’articles à meubles : ses damassés en laine pure ou mélangée de coton et de soie, ses bordures en satin damassé, son satin damassé pur fil, tous ces articles sont bien appréciés par le choix de leurs dispositions et leur bonne exécution.
- Le jury rappelle à cet exposant la médaille de bronze qui lui a été décernée en 1834.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Pagès Baligot, à Paris,
- Fabricant distingué pour les étoffes à gilet, laine et soie, tissées par le métier à la Jacquart. Il réussit aussi dans d’autres genres, tels que l’article à robe et l’article châle confectionnés avec les mêmes matières. Il paraît surtout s’êtrë' proposé de fournir à la consommation des gilets de goût, rivalisant avec ce que l'Angleterre fait de mieux,-il a si bien atteint ce but, qu’il annonce que ses produits ont plus d’une fois été pris pour des articles anglais, et
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- payés, par le consommateur, en conséquence. Cela se conçoit facilement quand on examine en détail les cinquante pièces qu’il a exposées, si habilement travaillées et si heureusement variées.
- C’est pour la première fois que cet exposant se présente à l’exposition, et le jury, dans l’espérance qu’au prochain concours national il aura su acquérir des droits à une recompense plus élevée, lui décerne la médaille de bronze.
- M. de Grandel, fabricant , à Roubaix.
- Cette fabrique embrasse plusieurs genres, les stoffs, les damas-laine, les gilets. Elle a exposé quelques échantillons de ces différents genres, qui ont été justement appréciés : le jury a remarqué une étoffe brochée laine et soie pour faire des casquettes et remplacer la broderie. Cette invention est assez heureuse.
- Indépendamment des mérites que nous venons de signaler, ce fabricant se recommaude encore par l’importance de sa production : le jury lui vote une médaille de bronze.
- M. Ponche Bellet, à Amiens,
- A exposé des articles laine et soie dits éoliennes, à 5 fr. CO c. l’aune, des moires à 10 fr., des étoffes à tablier à 6 fr. et des bombasines 5/i h 7 fr. 75 c. 11 est du nombre de ceux qui ont bien mérité de l’industrie amicrioise, en régénérant l’alépine par l’application de dessins brochés à la Jacquart. Il a donné une assez grande extension à ce genre de fabrication.
- Le jury, en considération de son importance manufacturière et commerciale, lui décerne la médaille de bronze*
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- M. Victor Lecreux, a Amiens (Somme).,
- Expose des tissus chaînes laine et soie, trame laine, qu’il appelle façon cachemire, et qui justifient cette assimilation par leur douceur et leur souplesse. Cette étoffe en 5/8 est cotée 5 f. 75 c. Il présente aussi des éoliennes 4/4 à 5 f., des toiles laine 5/4 à 4 f. 50 c., et des escots à 5 f. 50 c. Ces étoffes se font remarquer, en général, par leur bonne exécution et par leur nouveauté. Elles ont été d’un grand secours dans des moments où la fabrique comptait trop de bras inoccupés.
- Le jury vote à l’exposant une médaille de bronze.
- MM. A ndré el J nies David, à Saint-Quenti n (Aisne), maison à Paris.
- Mentionnés honorablement, en 1823, pour des tissus de coton, ils n’ont pas concouru depuis cette époque.
- Cependant ils avaient continué leur fabrication, et spécialement celle des guingans qu’ils exploitaient en grand.
- À la fin de 1834, ils ont abandonné le coton pour la laine, et ont été des premiers à introduire à Saint-Quentin l’article mousseline-laine, qui a grandi tant et si vite. En 1835, ils firent les premiers essais d’un tissu moitié laine et moitié coton, qui prit de suite une considérable extension.
- La fabrication de MM. David se compose actuellement dé genres différents, mais plus spécialement de tissus en laine ; cependant ils fabriquent encore des tissus légers en coton, plus des foulards de soie en qualité ordinaire.
- Ils ont exposé des modèles de chacun des genres qu’ils exploitent en mousselines pure laine ou mélangées de co-
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- ton et de laine, unies ou à rayures et bandes satinées j en jaconas, mousseline et organdi de coton. Tous cés articles, destinés à l’impression , conviennent parfaitement à cet emploi par leur bonne exécution et par leur bon marché.
- La production des exposants est des plus importantes.
- Le jury leur décerne une médaille de bronze.
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- M. LaMBERT-BlANCHARD, à Pari S.
- C’est à Guise, département de l’Aisne, que l’exposant a établi le siège de sa fabrication en mousseline-laine pure ou sur chaîne coton. L’importance de ses ventes prouve le mérite de ses produits, qui sont, en général, par leur bonne qualité courante et par la modération de prix, recherchés par la grande consommation.
- Il en présente des échantillons de qualités échelonnées de 1 f. 45 c. à 1 f. 95 c. le mètre, en toute laine -,
- Et de 75 à 95 cent, en chaîne coton, sur 70 centimètres de largeur.
- Il y a joint une pièce dite batiste de laine, remarquable par la beauté de la filature, la finesse et la régularité du tissu5 enfin plusieurs châles kabyles, à l’instar de ceux de Reims, qu’il vend de 15 à 28 francs.
- La grande quantité et le succès commercial de ces articles ont déterminé le jury à décerner à leur fabricant une médaille de bronze.
- M. Jardin (Charles) ? à Saint-Queptin.
- Fabricant de mousselines-laine pour l’impressiou, ses produits sont bien connus et bien appréciés dans le commerce. Ils se recommandent aux mêmes titres que ceux de ses concurrents, et méritent à cet exposant la médaille Vlé bronze. *
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- MM. Dugué frères, à Nogent-le-Rotrou.
- Ces fabricants font de louables efforts pour ranimer l’industrie de leur pays, qui consistait principalement dans le tissage des étamines et des voiles de laine pour religieuses, dont la demande diminue chaque jour.
- C’est dans ce but qu’après avoir introduit à Nogent la fabrication du mérinos, ils s’essayent aujourd’hui dans plusieurs genres de nouveautés.
- Ils exposent des ceintures arabes tissées tout laine, de 6 à 15 francs.
- Des burnous en 150 centimètres de large, en 300 de longueur sur chaîne fantaisie trame laine, à 24 francs.
- Le jury ne peut qu’applaudir aux essais que font les exposants pour créer de nouveaux débouchés à leur fabrique et en utiliser les bras; et comme, d’ailleurs, les articles exposés ont paru bien fabriqués et bien appropriés à leur destination, le jury leur décerne la médaille de bronze.
- LE JURY MENTIONNE HONORABLEMENT LES FABRICANTS DONT LES NOMS SUIVENT :
- M. Rivière-Lefert , à Reims.
- Expose une collection d’étamines-laines à bluteau des deux largeurs usitées, en variétés de prix depuis le plus ordinaire jusqu’au plus élevé.
- Cette fabrication se trouve aujourd’hui bien réduite par la concurrence des bluteaux en soie ou en toile métal-liaue.
- A
- M. Milon-Marqùant, à Beine (Marrie).
- Déjà mentionné en 1834.
- A exposé quatre pièces voiles de laine cxlrafines en
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- 55 c. de large, cotées une pièce à 6 f., deux pièces à 15 f., et la qualrièmeà 50 f. l’aune. Cestissusadmirablement beaux, mais que leur haut prix exclut, en quelque sorte, de la consommation, servent au moins à faire ressortir l’habileté de l’ouvrière, la demoiselle Charpentier, qui a filé le fil qui a servi à tisser la pièce de 50 fr. l’aune. Plusieurs écheveaux de ce môme fil sont exposés dans la montre de M. Milon-Marquanl, et sont d’une finesse et d’une beauté sans égales. Il a été parlé de mademoiselle Charpentier lors du compte rendu de la filature.
- Madame veuve Cordonnier, à Roubaix.
- Cinq coupes Casimir chaîne et trame en laine douce à rayures pour pantalon, à remarquer par leur bonne fabrication et le bon goût des dispositions.
- Madame veuve de Saint-Florin, à Roubaix.
- Deux coupes stoff 5^4, de 4 f. 50 c. et 6 f., annonçant
- une bonne et régulière fabrication.
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- M. Potalier-Cousin , à Roubaix.
- Plusieurs coupes tissus pour gilets mélangés de laine et coton, de soie et coton, de bon goût et d’une exécution soignée.
- M. Hibeaucourt-Notté, à Roubaix.
- Quatre coupes casimirs-lainc à petites côtes pour pantalon , qui méritent les mêmes éloges que les articles qui précèdent.
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- MM. Troxjpel, Tur et Favre, entrepreneurs de la maison centrale d’Einbrun (Hautes-Alpes ).
- Ont exposé quelques échantillons de draperie commune : comme ils embrassent beaucoup d’autres genres de fabrication, qui sont dé nature à fixer plus spécialement l’attention du jury, nous n’en parlons ici que pour mémoire.
- SECTION VII.
- § 1er. -- FIL A. GE DU CACHEMIRE.
- ê .
- ; M. Griollet,.rapporteur.
- Le filage du cachemire a suivi les progrès qu’il avait faits depuis son origine, et queTexposition do 1834 avait constatés.
- On file aujourd’hui avec plus d’économie et plus de régularité qu’il y a cinq ans.
- 1 .#
- La perfection apportée dans le travail des machines et des mécaniques a non-seulement donné plus de régularité dans le fil, mais même a procuré des économies qui ont permis de diminuer les prix des mêmes objets de \ 5 pour 4 00, baisse qui a augmenté la consommation et profité à la production soit des tissus unis, soit des fils qui servent à la fabrication dés châles. /
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- M. Hindenlang filsaînë, rue desYinaigriers, i55àParis.
- Comme aux précédentes expositions, ce fabricant présente, cette annéé, une grande série de fils et variétés de tissus en laine-cachemire remarquables par leur régularité parfaite. Les tissus extrafins qui sont à son exposition prouvent ce que l’on peut faire de plus beau dans l’état de perfection où est arrivée la filature des matières cachemire.
- Depuis 1834, unepartie des machines à filer le cachemire de cet industriel a été affectée au filage de la laine peignée qu’il exploite avec le plus grand succès. A son exposition, on remarque des fils-chaîne, n° 90, et des trames, n° 115, d’une grande régularité. C’est avec ces fils qu’ont été confectionnés les beaux tissus en laine mérinos qu’il a exposés, qui le disputent par la finesse et la douceur aux tissus en laine-cachemire. Le jury ne peut .que désirer que ce fabricant continue à s’occuper de ces produits extrafins qu’il confectionne si bien. Pour donner un plus grand développement à sa fabrication, cet industriel vient d’acquérir un établissement hydraulique d’environ trois mille broches à cramoisi, près Creil (Oise).
- Pour l’ensemble de sa fabrication, le jury de 1839, comme ceux de 1827 et 1834, lui confirme la médaille d’or qu’il a obtenue en 1823.
- M. Biétry; à Villepreux (Seine-et-Oise).
- Le jury de 1834 à décerne à M. Biétry la médaille d’or, en constatant que, grâce à son esprit-d’ordre, d’économie, à ses soins persévérants et à son génie industriel, il était
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- parvenu de simple ouvrier au premier rang parmi les fila-Icurs de cachemire.
- Cetle distinction n’a lait que stimuler son zèle pour perfectionner sa fabrication; aussi est-il parvenu à établir de belles chaînes cachemire, n° 70, à un prix très-modéré. Il livre à H et 12 francs des lils-cachcmirc pour brocher, infiniment mieux confectionnes que ceux qu’il vendait 15 fr. en 1834. Il a fait les mêmes progrès dans la production de ses tissus unis 5/4, G/4, 7/4 : ils sont plus réguliers et il les établit à 15 pour cent de moins qu’en 1834.
- Le jury de 1839 se fait un devoir de continuer la médaille d’or qui lui a été décernée en 1834.
- RAPPEL DE LA MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Possot, rue cîes Vinaigriers, 19, à Paris.
- Sa filature continue de jouir de la bonne réputation qu’elle avait obtenue en 1834, pour la netteté et la régularité de ses fils. Scs tissus-cachemire sont également très-bien confectionnés.
- ; Le jury lui confirme la médaille d’argent.
- § 2. CHALES DE CACHE JURE ET LEURS IMITATIONS.
- MM. Legentil et Bosquillon, rapporteurs.
- Nous devons à l’Orient plusieurs de 110s plus brillantes applications de l’art manufacturier , le tissage de la soie, Pim pression sur étoffes, la tein-
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- ture du coton- èn rougeparmi les plus' heureux
- . . • # * • « <E-
- emprunts que nous lui ayons faits, la fabrication des çhâlés .n’a pas été un des moins-Utiles pour nos intérêts et pour notre gloire.industrielle ; car elle a pris, en peu de temps, une très-grande extension parmi'nous, et-a fait , reconnaître de suite, sur les ' marchés étrangers, sa supériorité incontestée. Cette conquête, pourtant, est encore assez récente. Avant la campagne d’Égypte, le châle-cachemire n’était connu que de quelques privilégiés qui avaien t leu des relations avec,l’Inde ; il ne fut révélé au mondé, commercial que par l’envoi, que lit à Paris un général de l’armée expéditionnaire, d’un beau châle oriental. Quand il parut, grande' fut la sensation : on admirait la nouveauté du travail, la douceur de la matière, l’harmonie des couleurs, lelrangeté même du dessin. Un de ces hommes qui, savent deviner et préparer l’avenir d’une industrie conçut de suite tout ce que l’imitation d’un si héau produit pouvait offrir de développement au travail, dè prospérité poür son pays. Il se mit à l’œuvre..
- M. Bellanger, de la maison Bellanger, Dumas, Descombes, qui fut notre collègue dans le jury central de \ 827, et dont la perte a excité des regrets universels que nous avons tous partagés, M. Bellanger ne fabriquait que des gazes de soie, commerce alors aussi étendu qu’il est restreint aujourd’hui. Il avait de grandes difficultés, à vaincre. s : ; ; *
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- / «Métiers/ s matière, ouvriers^ t tout > hri îmanquaity la îiiacliihé* de Jaçquart n’existait pas'encore-} il fit monter le premier imétier à. la tire % ? il inventa un harnais a; grandes coulisses; il composasoft armure en -établissant da ;lisse de rabat]et de>;Iiagé} «e* »s ' wf ’ Le châle de cachemire-français1 fut créév—^~im'd
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- i ïl faut remonter à cette époque pour sê fâïfé^ttiië idée' dur mouvement' industriel > qur- seî manifesta tdutd,U!i:COUpvi‘ o'i :>i!pli<pmp ni
- .M.'-La1. fikture.de la daine- répondit à l’appél î qtti lûi était fait. La livre de -16: onces ou 488 grain S,con-tenant 36 • débets de 528- toürs de 54 : pouces , soit 6501aunes ou 7T0 mètres/sé payait de 36 aHO ficVj elle perdait un tiers par le ;déchèt aü travail : un arriva / àn-la ^ fourniro àî!1? - et ;13 fr. j eU^qualité beaucoup plus régulière^ o.'ponnscn , ov.n.i«(n d
- Nous faisions venir' avec beaucoup de*peine p dé l’étranger, des maillons en verre qûr coûtaient !36-à 40;ïrv le! mille,'aujourd’hui Paris lès livre* 5^3 fé.; .50 c*t et 4;fr.v*?-• ;
- La concurrencé força bientôt à rechercher l’èéht nomie de la mairi^d’oeüvrei Un fabricant1 de- Paris, nommé Santerreyavait* * désA1782: \; formé dés établissements- potir le travail* des gaves ;de -soie/-à Bdhaih et aFrêshoÿM: lés- mains rudes* des* bûcher rofts* s’étaient assouplies par un travail aussi défi-
- f .. * * * * Y * * «* » t
- cat : è-est dans Cé pays qué la fàbricatiOii'des châles
- • 4 * » " *
- vint d’abord chercher ses* Ouvriers j-et)1 éh S’étendant
- i dV
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- .131: .
- . *
- eldu '^as-
- a4^“Çâlaisjre4e;3Qe t^rda pas àioccnpefi yjngtiHdngte çinq iniUe J^r^s. J1 oqii&os|; impossible dp; constater le , nombre. considérable,. -qu e |*ypn, * que infimes, ? «et 4’ayjtFes, yflles, encore., emploient aujourdifeni dans
- la m^yne industrie.i .i; ; ; 4 ui^mMqun» ^
- _ • * *
- Bellang.eP5vavec.une ^a^aÇdé iUifaitfgable^ s’appliqua à 4^Ç^n?P°§?r' te tissu oriental;) et ib papyint _à ;pro,djuirç ? rparr le .peo.cédé même empteyérdjms l’Inde, un châle .parfaitement semblable à son modèle.. Ceehâle est..encore epnseryé.dens sa; famille -
- ayecun somi^feteu*? ; ; ii-wv) ?•
- Terna,nx, dont te noiib se raflar ebe «aû^ydèenjByfPt# les ptes futiles do dlindustpte^ : çont#na ..puissamment aux développements etadx progrès de cette nouvelle .créations' , - ;i
- „,? If impoy ta de. l’étranger - te matière même .de jca-
- -cbemire etlan d>t ..connaître, #,u ïOQnrmerce >,fihfit venir à grands> -frais.les-, chèyyGS (du Tife# , qui .foWPniasent ce précieux jduyet >; s’il ;-ne réussit îpas jà-tes acclimateras,; les^propagey. s.urnoteejsoluLte commerce Jet la France ,entière, nie lui-tinrent ipas moins; bon compte des elforts jet des sacrifices qu&l fit po;ur .aeoroitre etaméfior#7 nne industrie squi jUr yait ^erppjir so^pays pie source do taint'deîtrfti-yaili.,et;4o ripbesse ; pt la roeonnaissanoedpubliqno donna.a^x nouveaux diales lempm de.çhqles-Tëfr iiquQCf sous lequel ils unt été longtemps jçonnnsküc
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- •^.L’usage du*châle est universel* eh France - depüi's la femme à la ihodé; qui enveloppe su tàille élégantè*. dans les plis larges èt onduleux du cachemire; jus-qu’à la paysanne qui croise sur sa poitrine le- modeste châle d’indienne bu de cotonnade, le châle est le complément obligé de'toute toilétte;fémininë.
- - Pour répondre à ùn besoin si général et offrir à. toutes lés fortunes les moyens de le; satisfairé, nos fabriques se sont évertuées à employer’de mille manières le duvet indien, la lainè, la soie, le coton, àf varier les nuances et les formes du dessin, à’rechercher toutes les combinaisons possibles du tis-sage : rimpressibri est venue,' avec renlumiriage de ses brillantes couleurs, offrir à la. coquetterie peu fortunée une imitation ' séduisante et économique des genres les plus riches.' ! ÎOi ! •' ^
- C’est à la commission des arts divers, à vousqmr-lèr des châles, imprimés; nous n’avons ici à nous occuper que des châles tissés et brochés. ^
- En ne considérant que la, nature du travail, ’une distinction se présente dë suite à faire entre le châle fait au fusêaü, à la manière indienne, dit epoullmé, et le châle broché au lancé jamais cette distinction est plutôt théorique.que pratique; Le procédé orièri-tal ne constitue pas une fabrication régulière chez nous : chaque fabricant a fait sa pièce d’épretive, mais ne continue pas ; Un seul lutte contre tous les obstacles que présente ce système dé fabrication
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- »
- . aveç ; une persévérance dont mous voudrions pou-;
- * . t . 1 * •
- voir prédire ou assurer le succès : ce n’est pas qu’on né puisse réussir complètement dans Vimifation- du travail indien., . mais -c’est là question industrielle et économique, qui reste encoteà résoudre'^ * ; Y:t
- Y A ce;sujet , *si nous ne craignions pas d’abuser
- * » * . * , .
- de vos moments,, nous mettrions sous vos yeux un document^ émàné du ministère des affaires étranr
- gères,’ adressé à ;la chambre de commerce deParisy -
- qui. prouve’que de fabricant indien, luirrhêine,. mal-
- * * * * . • . .
- ’ gré. toutes les..conditions de bon marché dans lesquelles il est placé, sous les- rapports de la main-.; d’œuvre et de la matière, ne travaille pas aVée moins • dp dépense de temps et-d’argent que nous. ' .
- Traduction' d‘um rapport des. syndics experts de • la corporation, des fabricants de xhâles de ca-.. çhemire t adressé, a 'Mirzci-Àhad et. envoyé à Ravis par M.. le général Jtllqrd, résident de • France à Lahoi\ : • • -
- Un châLé long ( dou-chalé ) à grandes palmes, à larges bordures,, de première qualité, et .recherché dans le commerce; peut s’établir sur le pied- sui-* vant : :: ' . ' . ...
- ♦ • t * , .•
- Une 'paire/( zawdj ) de châljes. longs, montée sur
- douze méliérs, peut*être confectionnée dans l’espace • • * • •
- de six a sept mois. Dans le corps d’une. paire
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- : • .m» •.
- ( djou-ra»)i£ de. châles longs semblablèsl’im àd?autre.. par les dessip'ss et les.cGuleürsv)^?iLy^a;;vihgt scdu^ téres o'ii:'l‘ëiîtrÂyur&s.( pewjëridOî'dês hoauds^gurph) dêrràttaéhdmerit;-: pqwr>, le f rëntrayage.; des; diverses^ pièces de ’ rapport , dont sp composé - cette . paire -de ebâiesi'sont ; alors, coupés .sur s l’eadroifc >.ët:l’envers
- *. w» f. • K . *« • . . *
- .* . • *
- . du.tissuv >n.fr'ïi Miiïtv .^AïlQtyÇnU /O? o'iî
- * * d* . •
- Lé tràsT-nôble Mirzà^Aliâd dèmànde*mainlenaht
- • qu’on établisse jUUi châle : long > unique('f‘erdi r doiif
- châli )^;éfëst-àfdire*rsahsrpan% et npn^cbmme; ceux
- dontdbést question dans le .paragraphe ci-dessus* ' *. * ’* *. . '• *• sur.ün seul onétieiv êt’saits aucune rentraÿuré dans
- > levcorps.du châlevc/.-:-: p.-V />:•• q b'; a ,,i .
- . C’est pour cet objet que les syndics-experts dit • corps des fabricants* de châles longs,ont été convoqués; ety après'1 s’être Consultés, tout bien/pés'é et considéré j .ils- déclarent que, si Torivétablit un:' tel châle sur deux ihétiérs ( oii dans dèûx ateliers;/)* il faut; que la chaîne et lés fils -soient dune qualité
- • très-supérieure à ce qu’on emploie :dansla°ctmFec-.
- • * • * •
- tion des châles ordinaires (marchandise, de bazar) (mâli bâzâri) j ët qu'e, dans un tel ouvrage; dés des-siris. ët le mélange dés eouléuf s soient; en tout point;
- ‘ d’iine rare perfëction/ 1 ; / V
- Dans ces conditions, un châle long, sans couturé, .exigerait un travail d$ trois années ; ifrais* pendant cët intervalle, il- y aurait à craindre, pour la chaîne en 'lainè> Tévehfy l’altération des couleurs et là pi-
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- 3»
- qur^dps* Yfirs., * circonstances quiKpe , pçrinettnûent pas d’opérer le-tissage. : . ; /.ûb'cvmrpîW*?.-
- ÀuLe,:P£î£;d’un,©h^ïef deuqualité ? jn^rcliand^ ï»âli* ^tzàriji.if^briqpé
- ;der#it , six.àj- sept mois?dençay«ûl,; çputerajt,jg.
- beauté dè l’ouvrage, de A ,200 à 2, 000. roupies (4,),
- ’ #* * , * *
- monnaie, épurante, de, Ç$çj|j$ipi^d(fêfît¥J&2t>4Q0',fe*. et
- ^PÔ.p^Ç^^peixvp.rièsJ;-;1.>iV^i*ï'tWlTir-'in->r:;r-*s.*V>'^,'J -mW
- ^ «r * ' / * f o . * • ' . V\
- ..., JTpîs. Spn t. .1^ rensei gnemènts:, que : iipus rpouypns
- (..IVÏ'jLr^^Ji^ •')•;£• .d ob .vC/uiO^i
- ;, Maintenant, d’un\ conimun ja^ord: entre.4gsdits fabricants,, est. couyénii que, si ides prdvc§, super rieurs sopt .donné,s?, V,établissement;,deSi çfràles lpngs ( dpu-çlialé ). jdàri& les ;meilleurs, ateliers se fejraA Sur. le;pied;;sui.vànt >; *r.(V5 hS; ,v ' '
- /. > jn-* ^ oiiàle1
- ; fis ijlUOt/MUibi^r-».t,.)p s. ' . .
- ' sVi t? .ij'; ,.•iin.rf ••
- Aquatré grandes palm.es (pellè) sur .quatre métiers (.tchihas du-* kan j mec 3a têiéi de la large:bor-dure. . i ,• ï 3 ,
- . .. ( Seri^danwrï.)-
- Sur six métiers., •. • >
- Le milieu avec la large bordure (dawr), les.dentelures (kenkoure) et là ; petite ‘ bordure extérieure (haciiüè) sur deux métiers.
- ’ ’ - • ( Dôu dukan.’j
- En un mot, dans le’ milieu d?unchâle unique,
- c’est-à-dire sans pair fchâli fèrd ), il v a toujours
- ~y:‘bo nL1 joyo ^ r»:-.>*.< vi.o f-oï^OAifori T ru
- deux coxjtures,. et c,est 1 atiaire des rentrayeurs?
- f rufougiiéràn') qui font ce" travail d’assemblàgè
- t huiïK.ù ' i. u uii %<'"> '—iqor»j
- \i\ (,i ) La roupie coûraate. dé Cachemire vaut à p%u près^ fr;
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- avec' une-; telle perfecLiori, qu il * est •iriïpgssihlë 'de. s’en apercevoir. ' • *'\K-y: '.'•••' -V'*5 5
- ©ans-ces conditions1 v un ehâlè long exigerait \ un travail de-douze mbiscomplëts, nuit et jour. On attendra les ordres de S. Tipoür mettre là main à .
- , i * f * 3 * j* • ’J
- 1 œuvré. > • V/•'rî -1 ]r v- v" • S!'i '
- 1 Un carré à palriïes ( djâldâr ) fond uni ( sàde ) a large bordure ou encadrement ( dawr ), Rétablit, sur quatre jnétijers / Selon rirntiqué usage; ©Yprés..la
- % " ♦ 7 î* * 'r. * * * . ,
- demande de S. T., lès fabricants de RouMâl se sont
- * * * * *. - ; f : . *
- engagés a .établiit un carré sur uiî seul métier? et. cela exigerait à peu près onze mois entiers de.travail.
- ; Les syridies-experts de la corporation des fabrî-
- • •''*•* * * ^ . *
- •carits de châles dans lâ province de Cachemire.
- . Ici sont apposés neuf cachets de Ces experts , eh giiisè de signature, et, au-dessous, il est écrit < Visé par le cheïkk Djelaluddin Moiikim. Pour traduction-fidèle à l’original, écrit en langue persane, ; •••' : •••••'' ; -~=-’
- ’. * «. *•. . * - . ‘ ' • i - ; ' *.* *•»»
- . ; , . Le, premier secrétaire interprète du roi,
- ; - P.: LL. LL. 00/
- . , Signé Joüanniw. "
- ’ Paris, 21 décembré 1838. , ^ ' -,1::! . - s: \
- .* .... * ' •
- Xa conclusion naturelle à tirer du rapport original que ; vous venez d’entendre,. ainsi que de nos propres expériences, c’est qu’il n’y a d’avenir à espérer chez nous, pour le châle époulliné, qu’autant
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- «' i3î • '• •
- • • • ' *
- qu’on parviendra; à l’aidè4 de là mécanique; à sim-plifiér la travail; et, par exemple; à passer plusieurs épôuliinS -ou fuseaux à là fois i Getté espérâneé} nous' pouvons la Concevoir ên pré’sence dés-résultats-prô^ dnits par le nouveau!hattant-brocheur de MM.Mey-riiér et Godmàrd. Nfôs: fabricants dë> châles pourront peut-être -un jour} éri perfectionnant5 cet ingénieux ‘ mécâpismé,- rappliquer avec sübçés à leur in*
- ^Laissant donc dé côté là dis t inctiôh des châles pàr la nature du travail ? noüS leS admettons tous comme étant tissés et; brochésau lancé, et prenant en pri n ci pale Considération: ; là matière employée, nous les diviserons en : . * v ^
- Châles de taris ; . . '
- '• Châle's dé Lyon ; _ J- • !"
- Châles dë'.Nimésl : ; u f *
- Nous dirons lin mot dë!a * châles: qu’on fabrique aujourd’hui à Rèims , qui ne nous Ont pas parti se produire en assez: grande qualité, depuis assez long* temps, ni d’une manière assez exclusive pour mériter une classificatfon à part. . • V . ’ .
- La fabrique de Paris exploite trois! sortès de châles, genre et imitation de cachemire. . •
- 1° Le cachemire pur, dont la chaîne; et toutes les matières tissées et lancées sont en* duvet de cachemire. La majeure partie présenté une dimension de 180 â 195 centimètres carrés. Lës prix varient de
- j î,i : : '-t.y ;£.> i
- s f-
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-
- >hui t f} il;.§st, pi;4in^|^? m&t à&iàm&'pfmi) :-ç>i ^#m quelquefoisij#$qu!a
- *.' t '•'*•. * . . '\ *
- fi|.'^u|p^e»p'n^='-/7.T r-;T M’vvÿ^io'>_£l sâovuoq
- .^$p. fo|tatWcfosJftpg^en.çaçhfipai,rç pur*; iîy;a ? quelques. années.,, e’étai t Ja grandeur, la plus
- moins pour le moment. Le châle long doit aypir.de
- 450fp |6Q cpntjpaètref de l^gpprJjgO^^^^nti-.
- • • ' ’ ‘ * ' « (
- imètresdcloiigueur^Le^rix.sJemétablitentre 300, et $)0i foanes. .Ç4fa,e§|.-qh^^!U^ie..,êi^èptiiQ^ir^jpjB ce dprnier prix . estdéposé ; .il Jio.yte ]e- plus; génér râlement entre 3.et.5.00 francs,
- • 2° Le châle indou cachemire.y. gùi .se fabrique ayec les mêmes matières que leiie,ac]iequreJpur.ÿ à l’exception de la chaîne, qui est e$ soie fantaisie, retérse à deux.bcmOh Pour obtenir, encore* une ré-duction sur J§ Drix/de.rey jent, on-,éconoflaise.wnc on deux couleurs^ ;on peut-}alpr§ établir ce çl^âle.de
- L8d,à>220francs?... i-
- 3° Le châle indou laine, dofit ,la .chaîne est la
- . • „ i .> • •/ .. »'•.:•» ' r. -‘î j"ç '•U* - «>•;*•' * * . 5. *
- • 00 * * •
- même, nue,celle de l-indoii, cachemire, mais .dont la trame et le lancé sont, en laine plus où moins fine.
- . .v Ce, genre, ne, réelanae, ^pas pj;dinaiicme;nt plus , de six îcpuleuf§ i quelques, fabricants fo.rjt intelhgeu.ts sont parycnus^ par, d’Mhilps. cQmbinaispns? a f^ire des.châles à.trois couleurs,jqon eompris le fond, qui
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- /'comptes*
- Chaîne dé fceitt ffàgt à-èérit'tjüàfaïité' ft>rÉ^'‘dé1^Üa>-... rantefils)^)'' •*« •.*»&»• r^dfeqp >ruf. & &iti&ihh-*xtm:
- * ' \ ..j * •-* • , .
- d/;Lev>‘ëhâlé^ indou ’à^ÜâtM*Wü5 "tdtfq'iôbülëüré^lë monté1 én> dont 'çîhqüütitë *:6u* ^'ent‘%i‘fànië ?pjftçèé^ * et réclamé deux mécaniques Jacquard ïiéS^pnX Sè règlent1 éfttèê vTôvOt d 30 ftahùS • V^lëfé^üè lé dhâle fr;o }95;‘ eeiîjtimetrés*• i5a4f^m;^àuéï/ivi:/j-jV'éTnS:^ i*’ G est F article de: la plus èr and e cdrisottimatloïï ‘ du
- • . A' . « ? ' *• ir . ' %. ..v .. .. f.
- / V • * ^ j- k ' ' . i >
- ’t M fàpld^Üeudé ÉyènJ èn laissant? à!ÎPâri|J të*ca-chemtre ptir^lui disputé^exploitation dû caeheMire indou pUré îainè"', .et ellëlefait- séiüvënt ayêC^ü'cëfei Ë-llé èinpldië'dans’'le?tramé ef lé kncé tiûé ialïîè lifië et douée qUFpivâlisëf pour la soüpiès$e du tqtfchër, aVëc'lé cachemire..1 Elle vend ses cMlëè- carrés* de 80 à \ 50 francs; ses chilés loti.gS> SmXént lëur'bëaiité, vont^üsqtf à*.450 ^franés1. Cette"fàbricatüoh* à prièy de*
- '*• * ‘ % -v**- ' ? * k • i
- puis quelques apnées,f une asSez grande èxtéhsion;
- Au-dessous dé - Fiiidoû ar¥iyë' .îë -chàîë - tihëFÎ, c*est-a-dirè lechâlë fabriqué5 àvéc dés matièreS ïrnê^ langées de laine et de bourre'de'^ôie.^Cèl-éHâleV comme les précédents r Se faiteh6f4' carré, ou en
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- «v ^ *
- • • • 9 ç
- 2, aunes et* demie de long-sur C et, quart).de .latgèi: suivant le nombre de couleurs et la finesse des mai-!
- Y.i 1 i.C.ti? i ». J ‘ ' 1 ’ v '• Y < • •. .•
- tiéres employées, les carrés se , vendent^ dé 35. à 80 francs, les longs,de 60 à 4.501 l’aiics. Cètté fabrication, est de‘ beaucoup la plus ; considérable ; quant aùx dessins et aux qualités,’ elle se conforme ;aux exigences de là consommation,«soit intérieure* Soit .. extérieure, et peut se .metde à la -portée dés plus . petites fortunes: - , : ; V;,,;/':.:'M -vi
- . Enfin, nous ménti’onltierpns, pour ordre, lé, châle tissé,^chaîne et trame en bourre de ^soiê , lbng ou carré. Ce châle a été longtemps l’objet - unique > de .toute la*fabrication lyonnaise ^aujourd’hui1 cette?fâ-brication est. bien ,réduiteet; elle à été presque entièrèmênt remplacée par lé cnàle-tibetl. iU, Eypn fabrique, en outre, .une grande . variété’ de . châles, fantaisie carrés pour l’été ; en cachemireVén laine douce, en tibet, ëri4a*P® fel.soip damasquinée et en*soie pure de différentes étoffés et armures qu’H est impossible d’énumérer en détail, ;et dont* il sait, avec son habileté ordinaire,, orner les fonds dé des*
- 9Ïns légers "et duuneilleur goût * ’/.-n.- ù Y 1
- * On compte à Lyon environ* quatre mille métiers de châles occupant chacun trois personnes; tous ne battent pas constamment ; un quart environ éprouve Un chômage obligé par. le changement d’articles.,- le montage et autres causes. 'h
- ; Le châle broche de Lyon , qui, jusqu’à ces der-
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- v » , " . 4 -, ? f « i » ? ' i •*
- niéres1 années, ne's’exportait que pour l’Ail magne ^
- la Rhssië, là Hollande et rÂngiëlërrë, vieht'dë trouver, par là modiciîtë ées prix ,; un immense d&?.
- , * O ? 1 , î i : {
- J î • t
- bouché dans P Amérique du Nord, surtout depuis 1868 ; tout fait espérer qu’ii s’accroîtra encore. t Là fabrique dë! Nîmes mèt tbüte son industrie-à imiter les d ispôsîtiôris en vdgüé à Péris ou à Lyon, ; elle ïvëmploië que des chaînes dé fantaisie retorses* pour fabriquer deux sortès dechâlès, imitation ca-
- • ‘ v O ? • T * * "
- chemire, qui sont : ' . : ' ;
- ; 1° Le châle indou lainè,â l’instar de celui de Paris. Biënqu’éloigoée deS Usines de filature dé-iàinë, elle ne parviënt pas moins ; pàr sOri économie dans la main-d’œuŸre, son intelligence qC la fabri-
- ; - ‘ . • ; J . : . . j* , «. , ‘ , • 5 . ? . ' *;V' 4 s >
- cation, à soutenir la conciirrèncë, et à trouver un large débouché sur les marchés intérieurs et ex té-
- « • • * > *z £ / ». ? • f i . : ‘ ^ ’/ 1 ; : ) * ' >' f!/;
- rieurs;
- \ * >. -
- Qüelqùesfabricants m êmé, en s’appliquant à
- . * ' . 4 1 1 > ) I !r - f' ‘i , ' ï J 4 i
- produire düboir et du beëii, ont prouvé, pair leurs châles énvoyëséü concours, qüë Nîmespoüvàit faire autre cliose qiie du bon marché, ét në craignait pas là comparaison dés fabriquCê’rivales.
- 2* "Le châle indou, dit châle de Nîmes. Réduc-ti'on dans le compte du tissu, éconorii ie dans les matières et dans les couleurs, diminution des di-
- . ! , f .J, ,t ,t .f ?.;> .. i .
- hniensions, tout est mis en œuvre dans ce gënre pour atteiridre là dernière limité du bon marché.* Nous avons examiné avec surprise; dans lés" salles'dé l’ëx-
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- 142 - •
- J i
- imilâtipn dpcaclimii;^ produisant, Jî!eauçpup4’?ffe(>
- TO $&&/$£ f1i *W$ *$i npuaayons
- acquis la certitude que rçe prix; donnait à l’ouvrier un non salaire , et laissait au fabricant un bénéfice ded5 jmur j00v Nous^ayons^ubegrande,quantité d’au très çhâles se pajs.ant disli^uer par;.nn plus
- 4w,W #qs les rniuanees^on
- par une meilleure confection,.notés ,17, 4B, jusqu’à .25 francs. ' . ... ,,,
- ; Aucune fabrique ne paraît avoir mieux rempli
- S SJ îh-t-J 4>i* Î . * .<>. 1* - •<* ;; 1
- le prpTbième, éeenomique, que, le>eilé0de ; Nîmes i aussi a-trelle un débouché très-considérable de ses.,prar
- * il s*t J S- • dbJd..^ / î.>A •'•'.f *•/.>••.£ ; * * ••* * '**•.• * - - f. .* . *
- <15. >,!
- ^ Bien gue ,J?é>d^e
- que de trois ans, .eije,.a prk jiovirmnt^ d^uis.çette
- s^h ji ^'uvr %v .y v h h j *• * *- *'- ^ ^ * **
- époque, Un assez grand développement pour quoi
- ne soit pas possible de ne pas le. constateri, ,On a
- n !ü«5îF'1go4^ ryt ... "<arhii -.nY :
- commencé par tisser des châles .tartans,a carreaux
- qsq ,. îtuvia .4 %! -ou » j •••-•'- -u-r.
- ^utte ^ ehâles kabyles broèhés a bouquets pu àt dessina courants,;
- r'/Hj ï£;RfT;-> !{;•.:.'> , ‘.Hs^îJmU e-.:-' ;K,T V . ^'î 7
- onles a successivement orné.s.de bordures, de coins,
- 'P*j * i ,?i ; .•’.•••>, ..? & 1 V* > * ' * - ? ^ • ' * P ‘ . i •’• ' ' • '? .f *
- de ?r,o.saces,, etc..;.; ^aujourd’hui pp essaje quelques châles, en laine doupe imitant, le châle-laine^de
- » fl fl VV.1 MO»J ». *- ) V - Jf ' 'i-Cl * * * ••.',* r. . v ' r ’-• • 1 4 ’• ‘ >
- uopHiî'nue ,
- La fabrique.4e Reims,,la première, a monté ^es châles suL4es hbmnes. simples,, ,çenqui l^ïi permis i^du^i^prix^ e|^^.
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- tans 6/4 carrésidé 8 frarifcs f pourries kabyles de A 4 à 25 l‘ranc&f?suiYaiitda-richesse ïdèsi dessins*
- • Il nous reste à 'signàLeries perfectionnements que Vhidustrie desr châles présente depuis s là^dernïèéç expositibm‘11 y a progrès ; incontestable y \ë tissu est plus, régulier, les, dessins Isontîdeplüs en .plus ri4 Ches, et Jè prix, *en général*; a baissé*; Quelques fabricants * Se sont proposé5 de mettre> lé Châle indou laine à: la portée sdu ;plus grând * nombre* et ils fioul réussi,-ainsrque nous lavonsdit plus hâutv On â pü sè procurer un châle 6/4marré/ d’tin<?excellbnt trâ4 yail,'imitantele câehemirè à 50 et 56 francs .dtqiil attribuer Je m érite de ces amélioiiations ? Un peîi à tout le monde r le {dateur de daine produit> mieux-et à‘Meilleur marché | le iteinturier est détend plus ëûi? de ses ^procédés * et* plus exact dahsi«ës muaftCes^ le fabricanty le *contreHnn al tre, l?ouvrier lui-mème oh t acquis^ par une plus; longue-pratique^une intêlii* genCe plus ' profonde des procédés? de fabrication* «i des ressources?que peut offrit la? machine à> la iïae* quartà l’aide d ingénieuses combinaisonSv II y a déjà longtemps , et' cela déjà a été ebnstaté pârç le rapport dit jury de 1834,- que? l é1 dessin d’un cbâléi n’est lu qu’au qüaft ,êt£>qüë: ce? qUart est répété * troisofois poitr; produire; le dessin en lier J Eh; bien* Un jeune fàbriè&rit y »enT faisant des dessin® spéciaux et qui's© répètent éti sens iitvêrséy est parHteéUà «édité tpiëlë tiers eu lui quart du dessin* sans qu’à l’eeit la rëpé*
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- tition des formés se fasse sentir. Chaque’carton re-
- vient sur lui-même pour permettre de. lancer deux
- passéstde couleur de la coursé du dessin. Un de nos
- plus habiles fabricants annonce avoir trouvé lé * * •
- moyen de faire marcher trois fois, âu lieu de deux, lé carton de la lectùre Jacquaft, et d’obtenir, par ce nouveau travail; un tissu plus firi, eh économisant uni tiers de la lecture pour là composition du dessin . Nous avons admiré un châle établi par ce système: c est ainsi-, que chacun à l’envi pousse le char de l’industrie dans là voie ;de progrès qu’il parcourt.
- II. n’est -point
- dë fabrication aussi compliquée que
- celle du châle-cachemire, et, en .mèmè temps, il n’en est point qui subisse plus nécessairement les caprices dèla mode : il faut,,chaque jour, dë/hduveauxefforls pour.lcs satisfaire. Ce ne sontplus des dessins simé ples ,;. des bouquets ou palmes qu’on reproduit; ce sont des compositions d’ensèmble, où figurent des hommes, des animaux, des paysages entiers. Pour rendre dé pareils sujets, les moyens connuns, se^ raient insuffisants, 's’ils n’étaientemployés par les mains lesl plus habiles. L’imagination est effrayée quandielle.apprend qù’il à fallu plus de cent un mille cartons pour le grand et; beau châle de M. Gaussen, et cependant le dessin n’est lu qu’au quart , et; qu’un nombre à peii près égal a, été exigé pour un‘châle de MM.tGagnon ét Gulhat, qui était lii èt écrit en carte sur toutesa dimension> le dessin ne se répétant pas.
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- CHALES DE PARIS.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- '-X' . *
- M. Girard, à Chevreuse (Seine-et-Oise).
- Médaille d’argent en 1827.
- Médaille d’or en 1834.
- Ce fabricant poursuit avec une constance digne d’éloges la fabrication du châle époulliné. Il réussit parfaitement dans cette imitation du travail indien : il surpasse même scs modèles par la régularité du tissu et l’éclat des couleurs. S’il n’a pas encore complètement résolu le problème économique de cette fabrication ,<t il s’ÿ consacre du moing avec une persévérance infatigable j et les succès qu’il a déjà obtenus peuvent lui en faire espérer de plus importants. 5
- Les châles qu’il a exposés ne lé cèdent en rien à ceux que l’Inde nous envoie j si l’on compare même la beauté du tissu, le nombre et la richesse des nuances, ils l’emportent sur leurs rivaux par un meilleur marché.
- Le jury croit donc devoir confirmer à M. Girard la médaille d’or de 1834. .
- M. Deneirouse et cie, fabricants à Paris. .
- V J f
- Médaille d’or" 1827 et rappel en 1834.
- Manufacture à Corbeil (Seine-et-Oise) et fabrique «.Paris, occupant un grand nombre d’ouvriers.
- Les produits de ces fabricants sont plus nombreux, et leur débouché a été annuellement plus considérable depuis la dernière exposition de 1834.
- Le sieur Deneirouse, chef de celte manufacture, est un des fabricants de châles de Paris qui a le plus contribué T. I. 40
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- à la perfection de cette-branche d’industrie; c’est dans son établissement qu’il poursuit avec un zèle éclairé les améliorations dans la carrière qu’il cultive avec succès..
- Il a créé dans son établissement une école où les jeunes brocheurs reçoivent une éducation morale, et apprennent la lecture, l’écriture et le calcul.
- Ces fabricants, en outre de l’exposition de leurs produits nombreux, ont présenté un châle d’ùn travail nouveau: cet ouvrage, fait seulement la première fois pour, l’exposition, donne à ces fabricants l’espoir de pouvoir économiser un tiers dans la confection des dessins tels qu’ils sont composés jusqu’à ce jour.
- Celte invention est de nature à faire faire de nouveaux progrès à la fabrication des châles; c’est là un mérite que le jury se plaît toujours à distinguer. ,
- En conséquence, il vote, au profit de ce fabricant, le rappel de la médaille d’or.
- M. Gâüssen aîné et cie .place dés Victoires, 2.
- Médaille d’or en 1827.
- Médaille d’or rappel 1834.
- Cette maison est la même qui exposa eu 1834, sous la dénomination de François Gaussen; elle s’est présentée a l’exposition de 1839 avec des produits qui ont fixe l’attention des connaisseurs et du public; ils ont étonné autant par la hardiesse et le goût de la composition des dessins que par le fini de l’exécution.
- On a admiré un châle long, blanc, appelé le nouz rouz, et un châle vert, tous les deux d’une exécution et d’une finesse admirables. ... - .
- Ces fabricants, pour donner à toutes les parties du dessin l’éclat le plus vif des copieurs, ont exécuté ces châles sur
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- * . _ I .
- chaîne rougë ; ils sont parvenus, par le procédé d’une armure qu’ils ont créée, à couvrir tellement la .chaîne, que bien des personnes peuvent douter que .celte chaîne soit d’une teinte différente du’ fond des châles , dont l’un est blanc et l’autre vert. -
- C?est un travail plus coûteux, c’est un produit nouveau, une fabrication extrafine qui établit une grande démarcation avec les châles généralement fabriqués jusqu’à ce jour.
- Les débouchés de celle maison sont considérablement accrus depuis 1834. Ces fabricants ont, depuis celle époque, tenté dans les États-Unis de ! Amérique l’exploitation d,u châle pur cachemire $ ils ont de bonnes relations avec l’Angleterre.
- Le jury central signale de nouveau l’intelligence de ces fabricants, et les trouve d’autant plus dignes du rappel de la médaille d’or qu’ils ont méritée en 1827 et A 834.
- ‘ k ? • • r r •. *
- M. F, Hébert et çie ,à Paris, rue du Mail, i3.
- • • •î.an.-.
- Médaille d’or en 183,4.
- Ce fabricant , l’un des plus profondément versés dans la science de la fabrication, a présenté les châles de bon goût tels qu’il les livre journellement au commerce : ils sont bien supérieurs en exécution à ceux qu’il exposa en 1834; il poursuit avec zèle la bonne production qui lui conserve un débouché assuré, et que la consommation accueille toujours avec confiance.
- C’est çc.fabricant qui a encouragé de ses deniers, et a pratiqué le premier les deux découvertes les plus importantes delà fabrication des châles : 1° la mécanique Jacqùart, mécanisme à retour inventé par un nommé Rostaing ;
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- 2° le papier pointé briquelc, de l’invention du sieur Eck, alors dessinateur dudit F. Hébert.
- Le mécanisme à retour et le papier pointé ont fait faire tous les progrès des châles français, depuis que ces procédés ont été connus.
- Le jury de 1839 donne avec satisfaction à ce fabricant le rappel de la médaille d’or.
- MÉDAILLES D’OR.
- M. Jean-Louis Arnould , fabricant à Paris,
- rue des Fossés-Montmartre, n° 7.
- Médaille d’argent en 1834.
- Ce fabricant a présenté plusieurs châles d’une exécution superfine, attestant ses soins persévérants dans la perfection j il atteint bien le but qu’il se propose, de reproduire fidèlement l’imitation du châle-cachemire de l’Inde.
- Ses produits sont des plus estimés, ils doivent la vogue dont ils jouissent autant à leur goût et à leur bonne exécution qu’aux prix favorables auxquels ils sont livrés au commerce. Le public a admiré un châle long entièrement dessiné et colorié d’après une esquisse au trait noir en-voy.éè par le général Allard au service du roi de Lahor.
- Ce fabricant, par le développement qu’ila donné à son industrie, par les perfections qu’il a atteintes, par l’élan que son exemple imprime à la fabrication^, â justifié les espérances du jury central de 1834, et a droit à la médaille d’or qui lui avait été offerte en perspective, pour prix de ses efforts et de ses succès.
- M. Fortier, à Paris, rue Neuve-Saint-Eus-tacbe, n° 36.
- Nous signalons ce fabricant comme un de ces hommes
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- qui méritent bien de leur pays, par l’impulsion qu’ils savent donner à l’industrie et par l’heureuse influence qu’ils exercent sur elle.
- Le premier il a réussi à mettre le châle indou à la portée du plus grand nombre, en diminuant la quantité des couleurs sans nuire sensiblement à l’effet. C’est par une entente parfaite de la fabrication, par une combinaison très-intelligente des nuances, qu’il obtient ce résultat j aussi peut-il établir, de 50 à 55 francs, des châles dont le prix, avant lui, ne tombait pas aurdessousde 100 à 120 francs. Son exemple a été imité par toute la.fabrique, et a beaucoup agrandi ses débouchés.
- M. Fdrtier a continué à fabriquer aussi des châles riches de 150 à 200 francs, dans lesquels il fait preuve de goût et d’habileté.
- II est l’inventeur d’une nouvelle forme de châles ; qu’il appelle palatin, qui figure dans son exposition, et qu’il a la confiance de voir bientôt adopté par la mode. :
- Il expose aussi des étoffes laine et soie en grande largeur pour meubles/qui se distinguent par leur nouveauté, la hardiesse et la richesse du dessin. Dans un temps où le goût des ameublements riches se répand de plus en plus, et paraît affectionner les formes et l’éclat des couleurs du genre dit moyen âge, c’est une heureuse idée d’avoir, su aller ainsi au-devant des exigences, de la consommation de luxé. En considération de l’ensemble de ses produits, du mouvement industriel qu'il a communiqué à la fabrique entière ; de la baisse qu’il a amenée dans les prix, le jury décerne à M. Fortier la médaille d’or.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’AÉGËNT.
- MM. Chambellan et Duché aîné, .rué dés Fossés-Montmartre, n° 8.
- Médaille d’argent eu 1833.
- Ces fabricants soutiennent bien leur réputation ; ils produisent des châles qui leur attirent de grands débour chés. Ils fabriquent les châles cachemire pur et les châles indous.
- Ils ont également exposé deux châles travaillés d’après les procédés indiens.
- Ils sè montrent, par leurs efforts et par leurs succès, de plus en plus dignes de la récompense qu’ils on t obtenue en 1834.
- «
- Le jury confirme leur rappel de la médaille d’argent.
- MM. Legband-Lemob, Lecaux et cie, place des Victoires , n° 2.
- Ces fabricants ont présenté, à l’exposition, des châles longs et des châles carrés cachemire pur d’une très-bonne fabrication.
- Ils ont aussi une fabrique assez importante de tissus en laine peignée mérinos, mousseline-laine et autres analogues.
- Cette maison a obtenu la médaille d’argent en 1823 et son rappel en 1827. 4
- Lé jury croit devoir, lui confirmer la même distinction.
- M. Félix Tiret et cic, vue des Fossés-Montmartre, n° 19.
- Médaille d’argent en 1834.
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- Ces fabricants ont présenté des châles indoûs d’une fabrication très-soignée; ils soutiennent leur réputation de bien produire/avec goût, intelligence et bon marché.
- Us ont joint à leur industrie la fabrication de nouvelles étoffes pour les tentures d’appartements, en 18Q centi-» mètres de large, où se marient plusieurs couleurs qui produisent les effets les plus heureux. Ces étoffes, en soie et laine, ontété admirées par leur perfection etle bon goût, et ont donné une nouvelle preuve de la science delà fa-brication que l’exposant possède à un degré si éminent.
- * Cette fabrication récente, et dont ftxpérience n’a pas encore constaté le succès, n’a pas permis au jury de lui donner la récompense qu’elle paraît appelée à mériter : il n’a donc pu que rappeler à ces exposants la médaille d’argent qu’ils avaient obtenue en 1834. .
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- « - x - , /
- MM. Gagnon et Culhat, fabricants à Paris, rue Neuve-Saint-Eustache, n° 23.
- Médaille de bronze en 1834.
- Ces fabricants, qui ont su prendre un rang distingué pour la fabrication des châles indous carrés et des châles longs, qu’ils établissent à des prix favorables à la consommation , ont tenté de se frayer un nouveau débouché par la production des châles pur cachemire. :
- Us ont exposé, entre autres châles, un long pur; cachemire, fond vert-clair dont la disposition est uil des plus riches dessins.
- Nous avons distingué un châle d’un seul dessin, dont les fonds et les dispositions variés présentent à la fabrication
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- de grandes difficultés, et offrent au consommateur l’avantage d’avoir deux châles dans un carré.
- Le jury, appréciant le mérite de ces fabricants et l’élan qu’ils ont donné à l’industrie, les élève à la médaille d’argent.
- M. x41bert Simon et cie, rue des Fossés-Montmartre, n° 2.
- Cette fabrique se distingue par plusieurs genres de produits. C’est elle qui, la première, a mis dans la consommation le châle tartan et le châle kabyle ; elle en continue la fabrication dans les belles qualités. Elle exécute les châles cachemire pur et les châles indous en belles qualités.
- L’intelligence de ces,fabricants, l’espoir d’obtenir des débouchés dans l’Orient, les ont déterminés à fabriquer les châles où ils ont admis l’or et l’argent dans le tissage des fleurs du dessin, à l’imitation de quelques étoffes recherchées dans ces contrées.
- Ces fabricants, doués d’une grande activité et d’une grande intelligence, ont su se créer des débouchés à l’étranger.
- Le jury, en considération du grand mouvement de leurs affaires et de leur fabrication intelligente et variée, leur vote la médaille d’argent.
- M. Fouquet aîné, à Paris, rue clés Fossés-Montmartre.
- Mention honorable en 1834.
- Ce fabricant a débuté, comme simple ouvrier, dans l’ancienne et respectable maison Bellangé-Dumas Décombe; il s’est acquis une honorable position qu’il ne doit qu’à son travail. ^ ,
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- II a tissé le premier châle long cachemire à la tire sur chaîne soie organsin ; il a maintenant une des grandes exploitations du châle indou depuis 55 francs jusqu’à 150 francs, en 180 centimètres carrés; il a exposé deschâles longs indous, depuis 160 jusqu’à 400 francs.
- Le jury se plaît à couronner par la médaille d’argent une carrière laborieuse si utilement et honorablement remplie.
- M. Joseph Debras, rue Neuve-Saint-Eus-taclie , 3o.
- Ce fabricant, établi depuis 1830, expose cette année pour la première fois.
- Ses produits ont été remarqués par la bonne fabrication et par une économie bien raisonnée et calculée dans la conformation des dessins, qui, pa«r un retour habilement combiné, lui économise souvent le quart où même le tiers des cartons.
- Ces améliorations sont du nombre de celles que le jury apprécie le plus par l’influence qu’elles exercent dans la fabrication eü général.
- L’exposant a présenté un nombre de châles carrés d’été tout laine, chaîne et trame fines, qui signalent un fabricant intelligent.
- Le jury lui décerne la médaille d’argent.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Gouré jeune;, rueNeuve-Saint-Eustaclie, n° 28.
- Médaille de bronze en 1834.
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- Ce fabricant a présenté des châles - cachemires et des châles indoiis qui attestent des progrès qu’il fait dans la fabrication.
- Il a un établissement à Bohain (Aisne), et il occupe à Paris un bon nombre d’ouvriers.
- Par ses voyageurs, ce fabricant place avec avantage ses produits à l’étranger et à l’intérieur.
- Le jury central de 1839 lui vote le rappel de la médaille de bronze.
- M. Hippolyte Junot,, à Paris, rue JNFeuve-Saint-Eustache, n°(3?
- Médaille de bronze en 1834.
- Ce fabricant, expert dans la fabrication, a exposé des châles indous et pur cachemire d’une parfaite exécution.
- Le jury central de 1839 lui accorde le rappel de la médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Leon Bachelot, rue Neuve-Saint-Eus-taclie, n°.a3.
- Ce fabricant, établi depuis quelques années, s’est rangé promptement au nombre des bonnes maisons produisant, par concurrence, les châles indous.
- Il expose pour la première fois. Ses produits se présentent avec avantage à des prix qui attestent l’intelligence et l’économie qu’il apporte dans la fabrication. Ses châles, en 180 centimètres carrés, tout laine, commencent â 45 francs,
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- Le jury se plaît à distinguer ce fabricant, qui, par l’abaissement (les prix, imprime un grand développement à la fabrication \ il lui donne, en conséquence, la médaille de bronze.
- M, Brünet , riieNeuve-Saint-Eustache, 44*
- Ce fabricant, établi depuis peu,de temps, a exposé des çbâjes indpus qui soutiennent avantageusement la comparaison avec ceux des anciennes, maisons pour la qualité . et pour les prix.
- Sa fabrication le met, dès son début, au niveau des bons fabricants.
- Le jury lui décerne la médaille dé bronze.
- M. Bourinho^et, rue des Fossés-Montmartre, 2. -
- Cet industriel, qui débute dans la fabrication des châles, a présenté des châles indous , et des châles-cachemires carrés et longs de très-riche disposition. Il exploite le châle indou bon marché, et espère obtenir de bons débouchés des riches dessins qu’il a fabriqués pour l’exposition.
- Nous avons remarqué un châle long fabriqué en pure laine des troupeaux de Maùchamps, ainsi qu’un châle carré présentant une disposition différente dans chacun des angles.
- Ces débuts ont paru au jury assez remarquables pour décerner à cet exposant la médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- MM. Sivel et Herbin , rue Neuye-Saint-Eustaclie ,27.
- Établis depuis peu de temps, ces fabricants se sont adonnés principalement à la production des châles en pure laine fine, pour la saison de l’été ; ils les ont établis à des prix fort doux. Ils exposent quelques châles indous dont l’exécution dénote que çes fabricants ont toute la capacité et l’intelligence nécessaires pour réussir dansleur industrie.
- MM. Manuel et Dry, rue Neuve-Saint-Eustaelie, 4 •
- Ces fabricants, dont l’établissement date à peu près d’un an, ont exposé des châles indous dans des dispositions de dessins venant du Japon.
- MM. Thouvenin et Berthois, rue Neuve-Saint-E us tache , 29.
- Ces fabricants exploitent avec avantage le châle indou cachemire.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Paul Boutineau , rue Neuve-Saint-Eus-tache , 5a.
- Pour divers produits de ce fabricant, en articles légers, brochés laine.
- M. Chinard , rue de Clëry, 9.
- Pour la collection variée de châles de différents genres qu’il a exposés.
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- CHALES DE LYON.
- MÉDAILLE D’OR.
- * , - -<
- M. Giullet aîné, fabricant à Lyon.
- * Médaille d’argent en 1834.
- Ce fabricant était chef de la maison Griilet et Trotton, lorsqu’elle obtint la médaille d’argent en 1834; il est, depuis, resté seul à la tête de cet établissement.
- Il a non-seulement continué son premier genre de fabrication, il en a même créé un supérieur dans sa ville. Ses confrères le reconnaissent, sans flatterie, comme sans jalousie, le rénovateur de la bonne fabrique de châles, imitation du cachemire, à Lyon.
- Le public a admiré ses châles, de 180 centimètres carrés, fond vert-clair sur une chaîne chinée rouge, et les châles longs dont l’exécution soignée rappelle fidèlement celle de tous ses produits journaliers. C’est au goût de ses dessins, à la finesse et au choix des chaînes fantaisie, de ses matières, et, en général, aux soins que ce fabricant donne à toutes ses productions, qu’il doit des succès, qui pour lui sont remarquables par l’agrandissement de ses affaires.
- Il exploite avec autant de bonheur, pour la saison d’été, le châle imprimé, qu’il fait exécuter d’après les dessins qu’il crée lui-même.
- Le jury central se plaît à trouver M. Griilet digne de la médaille d’or qu’il lui décerne.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Damiron, fabricant a Lyon.
- Ce fabricant 3 depuis 1834, maintient toujours ses produits au rang des premières fabriques de la ville do Lyon ; il a considérablement accru les débouchés des bons châles
- - s ** m * \ P I
- / *
- dans la Belgique, l’Angleterre, la Hollande, l’Allemagne.
- Le jury le trouve d’aiitant 'plus digne de la médaillé d’argent, et lui én accorde le rappel. ’ '
- M. Boyriven-Gelot et cie, à Lyon.
- Médaille d’argent en 1834.
- Ces exposants ont présenté un grand assorliment.de bons châles longs et carrés qui attestent de leur habileté et dé leur attention pour les soins que réclamé leur bonne fabrication. ~ .
- Le jury leur accorde le rappel de la médaille d’argent obtenue, cri 1834, par le sieur Celot, dans la société de Gelot et Ferrière.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Moras et Dauphin, fabricants à Lyon.
- Ces fabricants, successeurs dés sieurs Revcrchon, sont entrés en lice en présentant de très-bons produits' qu’ils exploitent favorablement en Russie, 'en Angleterre,, en Allemagne, en Belgique, en Hollande.
- Le jury central a remarqué un châle long dont le fond, à quatre couleurs différentes, avait des palmes parfaitement imitées du cachemire -, et quantité d’autres châles
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- longs et carrés, très-bien fabriqués et trè.s-bien nuancés.
- Ces débuts décèlent l'intelligence et rapplication des bons principes de leurs prédécesseurs.
- Le jury central leur accorde une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. Luqüin frères, fâbricârits à Lyon.
- Médaille de bronze en 1834.
- Ces fabricants ont exposé de bons châles-tibets dans des dispositions différentes.
- Le jury leur accorde le rappel de la médaille de bronze.
- MÉDAILLÉS DE BRONZÉ.
- MM. Bonnot et Moreau, fabricants à Lyon.
- Ces exposants ont présenté, pour la première fois, leurs produits-, ils fabriquent beaucoup de châles mélangés, et de châles indous laine, à des prix très-modiques.
- Le jury leur accorde la médaille de bronze..
- M. Ch. Pagès et cie, fabricants à Lyon.
- Ces exposants se recommandent par l’étendue de leurs affaires et de leurs débouchés à l’étranger. Ils fabriquent divers genres dé châles et de tissus, des mérinos indous, des tibets tramés laine.
- Le jury leur accorde la médaille de bronzé.
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- CHALES DE NIMES.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. Curjnier et cie, fabricants à Nîmes (Gard).
- Rappel de médaille d’or en 1834.
- Cette maison > par sa réputation de produire bien et beaucoup dans les genres les plus variés, prend une large part dans les affaires que fait la ville de Nîmes.
- Elle a présenté, entre autres, des châles indous laine dont la disposition et le goût nelc cèdent à aucune fabrique.
- Le jury a, eh outre, remarqué des étoffes de diverses couleurs, en soie et laine, brochées, et nombre d’articles nouveaux qui dénotent l’intelligence féconde de ces fabricants. Ils ont ajouté à leurs produits la fabrication des gants de soie et des mitons, dont ils ont une grande exploitation.
- Lojury, voulant constater l’activité toujours croissante de ces industriels, leur accorde le rappel de la médaille d’or.
- MÉDAILLE D’OR.
- MM. Sabran. frères, fabricants à Nîmes.
- Rappel de médaille d’or en 1823. et 1834.
- A la maison ancienne, fondée.par leur aïeul, continuée par Sabran père et fils,,succède la maison Sabran frères, héritiers et soutiens de la réputation justement acquise de l’honorable Sabran père, qui s’était adjoint l’un des deux associés actuels.
- Les sieurs Sabran frères ont exposé un nombre considérable de leurs nouveaux produits, qui attestent qu’ils
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- sont bien en progrès ; ils ont accru notablement leurs débouchés à l’intérieur et à l’étranger.
- Des dispositions toutes nouvelles en fichus, pour les deux Amériques, des châles indous, pour l’intérieur et les diverses contrées de l’Europe ou propres à la consommation espagnole ; tous les articles que celle maison fait fabriquer dénotent de grands progrès.
- lis ont présenté une pièce de foulards dont la qualité égale les meilleurs produits similaires anglais. Cette pièce, faite avec des soies du pays, est d’un prix plus modéré que celui de toute qualité que l’on pourrait opposer.
- Le jury s’empresse de reconnaître que les fils Sabrau, stimulés par l’exemple de leurs honorables père et aïeul, sont dignes de la nouvelle médaille d’or qu’il leur décerne.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Roux frères, fabricants à Nîmes ( Gard ).
- Médaille d’argeiit en 1834.
- Ces fabricants réunissent à peu près tous les genres de fabrication de châles brochés. Toutes leurs dispositions sont parfaitement entendues pour concilier l’harmonie et l’économie des couleurs avec une bonne fabrication et des prix très-modérés.
- Parmi les châles brochés, ils en ont sur lesquels la chinure de leur invention est appliquée, sur le fond en guirlande, suivant le contour, l’exigence et Ip couleur du dessin. .
- Ces fabricants persévèrent dans la voie du progrès pour la fabrication du châle en bonne matière de laine et de
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- cachemire, le jury leur accorde le rappel de la médaille d’argent.
- MM. Barnouin et Bureau, fabricants à Nîmes ( Gard ).
- Médaille d’argent en 1834.
- Ces fabricants soutiennent très-bien leur réputation de producteurs de bons articles.
- Ils ont présenté de très-bons châles pure laine et cachemire, sur chaîne de soie, d’une exécution et perfection qui ne laissent rien à .désirer.
- Si ces industriels persévèrent dans la voie du progrès qu’ils parcourent avec succès, ils acquerront des droits à de nouvelles récompenses.
- Le jury de 1838 leur confirme la médaille d’argent qu’ils ont obtenue en 1834.
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- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Jean Colondre et Brades, fabricants à Nîmes ( Gard ).
- Mention honorable, 1834.
- Ces fabricants, depuis l’exposition de 1834, ont déployé autant d’intelligence que d’activité ; ils ont donné un grand développement à leur fabrication de châles.
- Leurs débouchés se sont considérablement accrus en Belgique , en Hollande ; ces contrées s’accommodent très-bien des produits de ces industriels qui savent les établir à . très-bon marché.
- Cette maison, par l’extension qu’elle a su donner à la
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- fabrication en général, par l’abaissement des prix, par l’emploi judicieux dés matières, sans diminution des prix de la main-d’œuvre, par le rang qu’elle a pris dans les affaires, a droit à la médaille d’argent que lui accorde le jury central.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
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- MM. Bouet et Ribes fils, fabricants à Nîmes ( Gard )<
- Médaille de bronze eu 1834.
- Ces fabricants ont envoyé à l’exposition des châles indous laine et des châles tibets, à des prix très-modérés qui leur assurent de bons débouchés.
- Le jury central leur accorde le rappel de la médaille de bronze.
- M. Ant. Conte, fabricant à Nîmes (Gard).
- Médaille dé bronze eii 1834.
- Ce fabricant a exposé des châles indous laine, cliâlés tibets, tartans et kabyles.
- Ces divers articles, exécutés avec soin , sont livrés à la consommation , à des prix très-modiques.
- Le jury central lui accorde le rappel de la médaille de bronze.
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- MEDAILLES DE BRONZE.
- M. François Constant, fabricant à Nîmes (Gard).
- Ce fabricant est établi depuis peu d’années.
- Ses châles indous laine et ceux en tibet ont fixé l'attention du jury, par la composition correcte des dessins , d’un bon goût, par leur bonne exécution et par le prix modéré.
- Ces trois qualités consécutives d’un bon produit dénotent l’intelligence de cet industriel.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- MM. Miràbaud et cie, fabricants à Nîmes ( Gard ).
- Ces fabricants exposent, cette année, pour la première fois, des châles, imitation du châle-cachemire, remarquables parla modicité de leur prix, dans les largeurs de 1 m. 30 cent., 1 m. 60 cent., 1 m. 80 cent., depuis 17, 18 francs jusqu’à 22, 28 francs le carré, et plus élevés, suivant que ces producteurs emploient des matières teintes plus ou moins solidement.
- Le jury central reconnaît que ces fabricants sont dans une voie de progrès, par la production d’articles fabriqués à bon marché, et leur accorde une médaille de bronze.
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- CHALES IMPRIMÉS SUR TISSUS DE SOIE PURS OU MÉLANGÉS.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Louis Troubat et cic, à Lyon.
- Ces fabricants présentent, pour la première fois, à l’exposition, les produits de leur fabrique d’impression, située à Monlluel, département de l’Ain.
- Ils fabriquent la majeure partie des tissus-tibets en diverses largeurs, et ils leur donnent une valeur des plus importantes, par les soins qu’ils mettent à les recouvrir, par l’impression de dessins variés et de bon goût. Leurs produits sont recherchés dans le commerce à cause de la modération de leurs prix , et ils en ont un grand débouché pour l’exportation.
- L’établissement d’impression de ces industriels est, en ce moment, un des plus importants, par le nombre d’ou-. vriers qu’ils emploient, et par les produits qu’ils livrent à la consommation.
- En 1830 , ils imprimaient 16,500 fichus.
- En 1834, 37,000 fichus; chaque année, ils ont favorisé les débouchés par la baisse des prix.
- En 1839, fis ont fabriqué 84,000 fichus imprimés.
- Le jury central, reconnaissant l'importance de l’établissement du sieur Louis Troubat et cio, leur décerne la médaille d’argent.
- MM. Coumert-Carreton et Ciiardonnaud 7 à Nîmes.
- Ont exposé des châles indous brodés à bouquets, des
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- châles 5/4, 6/4 cl 7/4, fond libet, imprimés de divers dessins, et des châles 5/4 coton, imprimés, fonds à fleurs et fonds rosaces. Tous leurs produits joignent, au mérite du bon marché, celui d’une bonne exécution, aussi soignée que le comportent leurs bas prix. Ils établissent des châles 4/4 colon, imprimés, à 22 francs la douzaine , et des 5/4, à 29 francs, dont ils ont un grand débouché pour la campagne el l’étranger.
- MM. Coumerl Carrelon elChardonnaud ont obtenu, en 1834, la médaille de bronze. Les progrès croissants de leur fabrique, depuis la dernière exposition, déterminent le jury à leur décerner la médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. Jarrin et Trotton , à Lyon.
- 'Ces fabricants de lissus-tibels ont exposé des châles imprimés. Le jury central a remarqué, dans leur exposition, un châle long tibet, imprimé, à grandes palmes et galerie, et d’autres articles confectionnés avec soin.
- En considération de la perfection et du bon goût des produits de MM. Jarrin et ïrotton , le jury leur décerne une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- INI. Plâtstier, à Lyon.
- Cet exposant a produit des châles en bourre de soie et en coton , de diverses largeurs , imprimés, à fonds unis , semés ou à rosaces, remarquables par le dessin, l’éclat des couleurs el leur bonne fabrication.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Planlier,
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- pooceocceeeeceeeeeceeeeeceoeeeeeeeeeo©
- SOIES ET SOIERIES.
- PREMIERE SECTION.
- SOIES GREGES ET OUVREES.
- M. Meynard, rapporteur.
- Considérations générales.
- L’industrie de la soie se divise en deux branches : l’une comprend les procédés relatifs à la production et a la préparation des matières premières, telles que l’éducation des vers à soie, le tirage des cocons, la filature des déchets, bourres et frisons, le moulinage des soies, etc. ; l’autre embrasse toute la manutention et la fabrication des étoffes. Nous dirons quelques mots sur la première partie.
- Il est, en France, peu d’industries susceptibles de plus grandes améliorations que la main-d’œuvre de cette matière première ; quoique pratiqués chez nous depuis deux siècles, les procédés sont très-imparfaits, non que cette imperfection soit générale, absolue, mais l’esprit de routine est si profondé**
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- mont enraciné chez les fermiers et les petits propriétaires, aux mains de qui est confiée l’éducation des vers à soie, qu’il a résisté jusqu’à présent aux plus heureuses innovations, et le temps seul pourra les faire adopter.
- Nous regrettons que l’appel fait par le jury de 1834 aux filateurs et mouliniers n’ait pas été entendu par eux : à peine quelques échantillons de trame et d’organsin figurent dans les salles d’exposition ; les grèges, quoique plus abondantes, ne s’y trouvent pas en quantité suffisante pour représenter toutes les qualités que récolte la France ; sur nos quatorze départements séricicoles, à peine figurent quelques fdatures de la Drôme et du Gard , et l’on aurait de la peine à se persuader que ces paquets épars cà et là représentent une production territoriale de plus de cent millions de francs, se métamorphosant en (issus de toute espèce que la main-d’œuvre élève à une valeur de 200 millions au moins, et donnant lieu, avec les matières analogues que nous retirons de l’étranger, à une exportation excédant 120 millions.
- Il est heureux cependant d’avoir à opposer à cette blâmable indifférence l’empressement de quelques départements nouveaux qui s’imposent les plus honorables sacrifices pour introduire la culture du mûrier dans leur territoire, et prendre rang parmi les départements producteurs de soie ; ceux
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- de la Charente, de l’Ailier, de la Vienne, de Seine-et-Marne ont exposé des échantillons de grége et fourni par eux la preuve que presque tout le sol français est favorable à la culture du mûrier: aussi est-ce par centaines de mille que s’opèrent, depuis quelques années, les plantations de mûriers, tant dans les départements méridionaux que dans ceux du centre et du nord de la France.
- Les partisans de cette riche production cherchent, par les plus louables efforts, à perfectionner l’éducation des vers et la filature des soies ; c’est un vaste champ ouvert à l’expérimentation; déjà des écoles sont ouvertes, et plus d’une invention utile a signalé leurs travaux; nous citerons la division des vers par le temps de leur éclosion, le détirement par les fdets, la distribution mécanique de la feuille, les claies mobiles, l’assainissement des magnaneries par la ventilation, procédés ingénieux autant qu’utiles qui vont se répandre dans les départements méridionaux avec les améliorations que l’expérience opérera encore ; leur influence doit produire d’immenses résultats, et nous ne craignons pas d’affirmer que, si les méthodes vicieuses disparaissaient pour faire place à un système régulier d’éducation, la récolte des cocons, même avec les mûriers existants, serait suffisante pour remplir le déficit qui existe entre la production nationale et la consommation de nos fabriques, déficit qui, année moyenne, ne
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- s’élève pas à une valeur moindre de 45 millions de
- francs.
- Le tirage des cocons ainsi' que le moulinage des soies ont acquis, depuis 1834, des perfectionnements sensibles; des procédés nouveaux pour la ûxité des croisures, la disparition des mariages des fds, la régularité des brins se propagent dans nos contrées séricicoles ; bientôt, il faut l’espérer, ces soies, plus perfectionnées feront disparaître ces fagoleries, produits de filatures isolées et imparfaites qui font le désespoir de nos ouvriers , et finiraient par amener l’infériorité du tissage de nos étoffes.
- Nous avons déjà dit que les organsins et les trames manquaient à l’exposition ; ce défaut de zèle chez les principaux mouliniersde lWrdècbe, de la Drôme et de Vaucluse nous surprend, car cette brandie a reçu aussi quelques améliorations et en appelle de plus grandes encore. Nous regrettons que le métier inventé par le sieur Guillini ne se trouve pas parmi les belles et nombreuses machines qu’on admire dans ce bazar national ; nous avons pu cependant le voir et l’examiner chez son inventeur. Par une seule opération, il file le cocon, double et tord la soie, et forme des capiures à tours comptés avec une régularité admirable; nous ne serions même pas étonnés que le mode de filature pratiqué par ce métier fût plus favorable que l’ancien au développement du cocon, et produisît une économie
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- dans le rendement; si, h la pratique, les espérances que ce métier fait concevoir se réalisent, ce sera une révolution salutaire dans la main-d’œuvre de cette riche matière.
- Nous devons citer également les métiers-modèles de MM. Christian frères, établis à Argenteuil, près Paris ; ils peuvent indistinctement mouliner la trame, l’organsin , le poil et la grenadine ; d’après leurs procédés, le tirage des cocons s’opère en donnant un premier apprêt à la soie.
- La fabrication des dérivés des déchets de soie, tels que les fantaisies et les fleurets, a fait des progrès assez considérables; nous les décrirons dans les articles consacrés aux divers exposants.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- ChaPiTROn père et fils, à Saint-Yailier à Saint-Donat (Drôme)..
- Leur manufacture embrasse l’universalité des opérations qui constituent la manutention de la soie, depuis le tirage des cocons jusqu’à la confection des tissus; concentrés dans des établissements créés par eux, tous les travaux s’accomplissent avec une perfection qui ne laisse rien à désirer : MM. Charlron fabriquent principalement les capes, cl leurs produits jouissent d’une grande réputation justement méritée. Cette supériorité est due à la perfection
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- des matières premières qu’ils emploient et qu’ils confectionnent eux-mêmes dans leurs ateliers.
- Leur fabrication est établie sur une échelle fort étendue, puisqu’elle consomme annuellement 12,000 kil. de soie.
- Le jury leur confirme la médaille d’or qu’ils ont obtenue en 1834.
- M. Teyssier-Ducros, à Valleraugue (Gard).
- Sa filature de soie acquiert, chaque auuée, une perfection nouvelle due aux soins continuels cl aux nombreuses expériences auxquels se livre M. Teyssier-Ducros. En faisant parcourir au fil de soie un plus long espace entre la -bassine et l’asple, il évite les collures, qui occasionnent toujours un plus graud déchet au dévidage. Scs soies se maintiennent à un grand degré de netteté, de régularité et de pureté de couleurs. Il a exposé des échantillons filés depuis 3 jusqu’à 32 cocons; l’uniformité du titre, dans cette dernière qualité, esld’unc difficulté extrême, et cependant celte difficulté nous a paru heureusement vaincue. Le jury lui confirme la médaille d’or de l83i.
- MM. Lioud et cie? à Annonay (Ardèche).
- Nous leur devons des éloges pour la sincérité de leur exposition. MM. Lioud et cic ont très-bien compris que les produits exposés ne dcvaientpasêlrc confectionnésdans ce but, mais qu’ils devaient représenter fidèlement le travail de leurs ateliers. Ainsi ils ont soumis à l’appréciation du jury des trames blanches en 9/10 cocons, filées avec un soin extrême, d’une grande délicatesse de blancheur, mais que ce litre de 10 cocons ne permet pas d’atteindre à l’éclat et à la fraîcheur de colles qui auraient été filées à
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- 3 ou 4 cocons; car la couleur des soies blanches est d’autant plus pure que le titre en est plus fin.
- Ces trames, qu’Annonay seul a le privilège de fournir, doivent donner 45/48, et sont appelées à satisfaire à la consommation des fabricants de blondes ou dentelles de soie de Paris, Caen, etc.
- Le mérite principal de cette nature de soie, à peu près unique en Europe, est de recevoir en écru, parfaitement et sans se veiner, les teintes délicates et légèrement azurées qu’on donne aux trames blanches avant de les employer à la confection des blondes ; aussi leur prix de vente est sans analogie avec le cours des autres qualités.
- Le jury décerne à MM. Lioud et cie le rappel de la médaille d’or qui lui fut donnée en 1834.
- MÉDAILLES D’OR.
- MM. Langevin et cie> à la Ferté-Aleps (Seine-et-Oise).
- L’établissement de MM. Langevin et cic est une importation de l’industrie anglaise dont la nôtre s’est enrichie: ils mettent en œuvre le déchet des soies fait au moulinage, ce qu’on appelle bourre de soie ; leurs machines et leurs procédés ont toute la perfection des analogues d’outremer, et leurs produits les rivalisent avec avantage par leur finesse et leur régularité.
- Les filés dits fantaisies de MM. Langevin et c‘° s’emploient à un ou plusieurs bouts ; ils servent au tissage de différentes étoffes mélangées de soies ou de laines, mais principalement à la confection des châles-tibets, dont la
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- souplesse cl la durée rivalisent ou remportent sur les plus beaux cachemires.
- Celte fabrique est une conquête précieuse pour l’industrie française, et rien ne peut la lui enlever, puisque la France récolte la matière première qui l’alimente.
- Ces fantaisies reçoivent, dans l’établissement de la Ferlé-Àleps, toutes les préparations que comporte une matière première; la bourre de soie y est décruée, cardée ; peignée, filée, doublée et retordue à differents litres et avec divers apprêts; ils sont parvenus à produire les fils les plus fins et à leur donner toute la ténacité nécessaire à la fabrication la plus délicate.
- Leur produc lion excède 12,000 kil. ; cette quantité serait de beaucoup insuffisante à la consommation intérieure, si les filés anglais n’arrivaient en concurrence sur notre marché. Nous avons la confiance que de nouveaux perfectionnements, dus à l’intelligence des propriétaires de ce bel établissement, leur permettront d’abaisser leur tarif, et leur assureront bientôt une supériorité légitime sur leurs rivaux, tant pour le bon marché du prix que pour la beauté des produits.
- Le jury décerne la médaille d’or à MM. Langevin et cie.
- M. Camille Beauvais, aux Bergeries (Seine-et-Oise).
- L’industrie des vers à soie doit à M. Beauvais des améliorations incontestables, elle en attend encore de nou-vcllesdeson application et de son expérience. Nous l’avons déjà dit, l’éducation de ce précieux insecte est en proie, dans les provinces méridionales, à l’incurie cl à la routine des propriétaires et des fermiers; aussi la moyenne de la production n’excède pas 35 kil. de cocons pour/1,000 kil.
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- de feuille 5 la récolte des bergeries s’est élevée jusqu’à 90 lui. : c’est l’éloge le plus complet qu’il soit possible de faire du système suivi par cet habile éducateur.
- Non-seulement il a débarrassé l’éducation séricicole des traditionnelles erreurs répandues dans les départements producteurs, mais il leur a substitué des procédés rationnels, simples, économiques. Dans ses ateliers, une partie de la main-d’œuvre est aujourd’hui remplacée par des moyens méthodiques qui ne laissent aucune prise à l’erreur ou à l’arbitraire. La fixité et la salubrité de la température sont assurées par l’emploi d’un appareil de chauffage et de ventilation auquel il a donné toute l’énergie convenable; l’appropriation des filets au défilement, la fréquence de l’alimentation, la préparation des feuilles dans le premier âge des vers, la mise en bruyère par des ramées symétriques, tout est chez lui simplement, méthodiquement organisé, et la propagation de ces procédés sera un bienfait immense pour les départements méridionaux surtout, appelés qu’ils sont à en recueillir un avantage immédiat à cause des mûriers existants. Le Nord pourra en profiter plus lard, lorsque ses plantations de mûriers auront pris un développement suffisant pour que ses récoltes soyeuses puissent être comptées pour quelque chose dans la production nationale.
- Depuis plusieurs années, M. Camille Beauvais a fondé aux Bergeries un cours gratuit qui, cette année, est suivi* par plus de 150 élèves; déjà plusieurs disciples sortis de cette savante école dirigent des établissements-modèles et propagent les bonnes méthodes dans les départements séri-cicoles. Les conseils généraux s’empressent d’envoyer à la ferme expérimentale, comme à une école normale, des jeunes gens qui viendront ensuite reporter dans leur patrie
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- le mouvement régénérateur dont ils reçoivent l’exemple et le précepte.
- M. Camille Beauvais a composé un traité sur la taille des mûriers.
- Les deux paquets de soie blanche qu’il a exposés son t de la récolte de 1839 : netteté, régularité, couleur, font de ces échantillons une matière parfaite. On remarque aussi, dans son exposition, des cocons blancs dont les chrysalides ont été éteintes par un air chaud de 70 degrés; les jaunes oui été desséchés sous une température de 30 degrés seulement et sous l’influence d’une énergique ventilation. Ce mode peut offrir des avantages sur le fournoiement, et c’est au tirage qu’on pourra s’en convaincre. Nous attendons l’expérience pour formuler un jugement.
- M. Camille Beauvais avait obtenu la médaille d’argent en 1834; le jury s’empresse de lui décerner une médaille d’or.
- M. Louis Chambon, à Àlais (Gard).
- Ce n’est pas seulement comme filaleur et moulinier que M. Chambon a fixé l’attention du jury, quoique les soies grèges et ouvrées qu’il a présentées à l’exposition renferment les variétés les plus perfectionnées dont cette riche production est susceptible. Ses grèges en 3/4, 4/5, 5/6, 6/7 cocons, jaunes et blanches ; ses ovalées à 2,3 et 4 bouts pour blondes et nouveautés; ses grenadines pour tulles, fabriquées avec les plus belles soies de 11/12 deniers, sont d’une pureté remarquable; elles joignent l’élasticité du fil à la régularité du brin, et nous les plaçons à un des premiers rangs delà production française. Mais M. Chambon a d’autres titres à la justice du jury : il a enrichi l’industrie de la soie de plusieurs inventions utiles; elle lui doit un
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- appareil destiné à éviter les mariages des bouts à la sortie de la bassine, appareil pour lequel il a été breveté en 1834. Cet appareil est aujourd’hui très-répandu, et beaucoup de filateurs l’ont adopté comme supérieur aux autres modes en usage. Il a aussi fait des essais pour perfectionner les capiures ou la mise en écheveaux ; il a cherché à produire une grande économie dans la main-d’œuvre, en opérant, par une seule manutention, la filature, le dévidage et le doublage des soies. Ces tentatives sont soumises à l’épreuve de l’expérience dans ses ateliers, et nous espérons que le succès couronnera ses efforts.
- Cette branche de notre industrie est susceptible des plus grandes améliorations, car (et il est pénible de le dire), depuis l’immortel Vaucanson, les procédés pour le tirage-et, le moulinage des soies n’ont reçu d’autre perfectionnement matériel que l’application .de la vapeur ; aussi, en ce qui touche Jes mécaniques employées à l’ouvraison des grèges, l’Angleterre nous a dépassé depuis longtemps.
- Le jury décerne la médaille d’or à M. Louis Charnbon.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Eymieux, à Saillans (Drôme).
- La fabrication des frisons, ou débris des cocons, leur doit l’invention des presses à peigner ce déchet ainsi que lès bourres de soie.
- Leur brevet date de 1816. '
- Depuis celte époque, ces exposants ont appliqué divers perfectionnements ingénieux à la cardaison de ces matières; leurs produits sont principalement destinés aux
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- tissus de chapeaux de soie. Ils ont exposé des fils de dif-férentes qualités. Leur n° 120 est d’une belle fabrication et justifie les efforts que M. Eymieux fait constamment pour améliorer sa filature, dont la bonté est attestée par l’augmentation progressive de ses ateliers, qui emploient aujourd’hui plus de 1,000 ouvriers. Le prix de leurs filés varie de 4 fr. 25 c. à 24 fr. 50 c. le kil.
- Le jury lui confirme avec empressement la médaille d’argent qu’il a reçue à la dernière exposition.
- MM, Barrai frères, à Crest (Drôme).
- Ils ont mérité l’approbation du jury par le perfectionnement qu’ils continuent d’apporter à la filature et au moulinage de leurs soies : les organsins qu’ils ont exposés sont un modèle de bonne ouvraison ; ils sont destinés au tissage des salins. MM. Barrai frères ont pris rang parmi les bons mouliniers de France, et le jury leur confirme la médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Delarbre-Aigoin, à Ganges (Hérault).
- Nous regrettons que les échantillons de grèges, envoyés par les Céveunes, pays le plus fécond et le plus perfectionné de tous nos cantons sériçiçoles, ne répondent pas à l’importance des récoltes de ces contrées" priyilégiées. La ville de Ganges et ses environs sont, sans contredit, le périmètre où la nature du sol, la qualité des eaux et l’habileté, des fileurs favorisent le plus heureusement, la production des soies $ nulle part ces, avantages ne se trouvent
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- réunis à un plus haut degré ; aussi leurs produits ont des emplois spéciaux ; ils ne trouvent pas de rivaux, et sc vendent habituellement, à égalité de titre, 10 et même 15 pour 100 plus cher que les brins similaires des autres départements -, ces soies ont le double mérite d’être à la fois fines et nerveuses, élastiques et tenaces; qualités qui leur assurent la préférence sur celles de l’Ardèche et du Dauphiné, qui ont, à leur tour, l’avantage de ]alégèreté sur celles des Cévennes. ,, .
- M. Delarbre-Aigoin exploite un établissement fort considérable, qui produit annuellement 5,000 kilogrammes de filature et 10,000 kilogrammes d’ouvraison ; leurs organsins sont ouvrés avec soin, et jouissent d’une réputation justement méritée; leur marque est au premier rang sur les marchés de consommation, et si leur exemple était généralement suivi, lé moulinage français n’aurait rien à redouter de la concurrence du Piémont.
- Le jury décerne la médaille d’argent à M. Delarbre-Aigoin.
- M. Ernest Faure, àSaillans (Drôme).
- La grège exposée par M. Faure est bien filée ; avec une semblable matière, il est facile de produire des organsins recherchés par les fabricants les plus exigeants. M. Faure a adopté la double tavelle pour la croisure de ses soies.- Ses organsins nous ont paru d’un apprêt un peu faible, ce qu’on doit attribuer, sans douté, à leur destination, le lissage des satius,
- L’établissement de M. Faure est digne d’intérêt ; ses produits sont très-recommandables, et nous ne doutons pas qu’il ne parvienne à les perfectionner encore. Il re-
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- gardera comme un honorable encouragement la médaille d’argent que lui décerne le jury.
- MM. Carrière et Reidon, à Saint-Ândré-de-Valhorgne (Gard).
- La filaturede ces exposants est une des plus considérables des Cévennés ; leurs grèges ne se recommandent pas par l’éclat de la blancheur, qualité qui se rencontre rarement dans les soies de ces contrées ; mais elles sont à bouts noués et sans mariages, ce qui diminue considérablement leur déchet à l’ouvraison ; elles se classent parmi les soies de luxe, et s’emploient à fil simple dans les fabriques de Paris, pour le lissage des étoffes mélangées de laines ; ces soies ne trouvent pas de similaires en Europe.
- Le jury décerne la médaille d’argent à MM. Carrière et Reidon.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. Noyer frères, à Dieu-le-Fil (Drôme).
- Leurs organsins pour satin jouissent d’une réputation méritée. Leur fabrique, qui date de 1825, fut récompenséé d’une médaille de bronze en 1884-. Le zèle et l’àptilüde de ces exposants permettent d’espérer que le moulinage leur sera redevable de nouveaux progrès. > v
- Dieu-le-Fit fabrique aussi des trames très-réputées ; il est à regretter qu’aucun échantillon n’ait été envoyé à cette exposition.
- Le jury confirme à MM. Noyer frères la médaille dé bronze. .
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Alexandre, à Lyon (Rhône).
- M. Alexandre a établi à Yilleurbanne, près Lyon, une filature composée de dix bassines chauffées à la vapeur ; quelques collures que nous avons remarquées sur les deux flottes soumises à l’inspection du jury semblent annoncer que son aération est insuffisante ; ce défaut peut,aussi être le résultat de la trop forte épaisseur des écbeveaux.
- Les échantillons de M, Alexandre sont traités avec une remarquable perfection ; il est à désirer qu’une semblable production acquière du. développement ; la beauté de la matière nous fait regretter qu’il se soit borné à un essai.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Cornud, à Montélimart (Drôme).
- . C’est pour la première fois que M. Cornud envoie ses produits à l’exposition, quoique son établissement soit un des plus anciens de la localité. Montélimart possède des filatures très-soignées, et nous regrettons qu’avec une matière première aussi perfectionnée que leurs voisins de l’Ardèche, les mouliniers de la Drôme, à quelques exceptions près, ne produisent pas des organsins sublimes, à l’exemple de ceux de la rive doite du Rhône.
- M. Cornud semble animé d’une louable émulation par l’examen-attentif des manteaux d’organsin qu’il a soumis au jury; il lui donne la médaille de bronze.
- MM. Fàbregne-Nourry et Nourry frères, maison centrale de Nîmes (Gard).
- Ils se présentent avec la double manutention du pei-
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- gnage et du tissage des déchets de soie et de la laine.
- Cette maison a, sur ses concurrents, l’avantage du bon marché de la main-d’œuvre $ elle occupe six cents prisonniers. : .
- Elle a exposé des fantaisies de costes et frisons du prix de 13 f. 50 c. le k. la deuxième qualité, et 15 f. la première qualité ; ainsi que des botirrettes; étoffes grossières/ lissées avec des cardèttes ou débris des bassines; ces tissus se donnent à 60 c. faune. Cette fabriqué et celle d’Embrun absorbent la presque généralité des déchets de soie des départements voisins.
- Leurs différents produits, proportionnés au nombre des ouvriers employés, sont bien confectionnés et s’écoulènt à bon marché.
- Le jury décerne à ces exposants la médaille de bronze.
- M. Pradier , à Annonay (Ardèche),
- A exposé un échantillon de grége blanche, sans mariage et filée à huit cocons. Cette soie est remarquable par sa blancheur. Nous ne pouvons qu’encourager M. Pradier à donner de l’extension à une fabrication aussi distinguée ; nous eussions désiré qu’il eût fixé le jury sur son importance.
- Il lui décerne la médaille de bronze.
- MM. Millet etRoBiNET, à Poitiers (Tienne). Madame Millet, à la Cataudière, près Ghâ-tellerault (Tienne).
- De simples échantillons représentant une production de 21 k. de soie ont été envoyés par ces exposants. Leur mérite est incontestable: l’éclat du blanc le dispute aux
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- soies des Bergeries et d’Ànhonay, et la filature nous à paru très-soignée ; cet essai est digne d’encouragement.
- MM. Millet et Robinet ont entrepris de porter l’industrie séricicole dans le département de là Yienne -, ils y ont établi une magnanerie-modèle $ ils ont cherché à répandre-la connaissance; des nouveaux procédés par dés écrits pleins défaits et d’observations.
- M.Rôbinet a, de plus, exposé un sérimètre ou instrument destiné à faire connaître la ténacité et l’élasticité de la soie.
- C’est une heureuse idée, mais son application ne paraît pas remplir parfaitement le but que s’est proposé M. Robinet, s’il veut apprécier la ductilité de la soie en opérant sur un fil simple. La formation de la soie ne s’opère pas avec uné régularité toujours constante ; le brin diminue de forcé à mesuré que le cocon se dépouille, et si le sérimètre agit sur uné longueur de fil où le jet d’un cocon ajouté sé sera opéré, le fil cassera inévitablement, et cependant il pourra se faire que la soie ne manque ni de nerf, ni d’élasticité.
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- Pour obvier à cet inconvénient, il conviendrait de donner plus de force àu mécanisme du sérimètre, et d’opérer sür une capiuré de trame d’organsiri Ou de grége, d’un nombre de tours convenu ; l’âctioii serait inoins grande, sans doute, mais l’appréciation serait beaucoup plus exacte.
- Le jury décerne la médaille de bronze à MM. Robinet et Millet.
- M. Dumaine , à Tour non (Ardèche).
- , Filature à la vapeur, une des plus importantes de cette localité. La soie de cet exposant est remarquable par sa légèreté, qualité recherchée pour la.fabrication des crêpes.
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- Titre de 8/9 en grèges, 19/20 en organsin. Les soies du Dauphiné et de la Drôme ont reçu de grands perfectionnements depuis quelques années ; et bientôt elles n’auront rien à redouter de la concurrence des premières qualités des grèges de Milan et de Briance.
- Le jury décerne à M. Dumaine la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M* Gerin fils, à Valence (Drôme).
- Les grèges en 4 et 6 cocons deM. Gérin fils ne manquent pas de mérite ; sa filature, en activité depuis quatre ans seulement, marche au moyen des nouveaux procédés ; ses organsins sont assez bien traités, et le jury se plaît à mentionner honorablementl’établissementdecet exposant.
- M. Guénard, à Saint-Yrieix (Charente).
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- Le jury de 1834 avait déjà fait un rapport favorable sur les soies de cet exposant. Elles sont récoltées dans ses propriétés. M. Guénard propage dans la Charente la plantation des mûriers , il parviendra, sans doute, avec le temps, à des résultats plus importants.
- M. Maraval Isidore, à Layaur (Tarn).
- Soie grége, blanche, filée à six cocons $ belle couleur,
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- bonne croisure, brin net et nerveux. La filature de M. Maraval se distingue de celles de Lavaur par une supériorité incontestable ; seulement le pliage en est disgracieux -, les paquets sont trop courts, et le guindrage trop
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- raccourci, ce qui nuit au dévidage. Cette observation s’applique à toutes les soies de Lavaur.
- Le jury mentionne favorablement la soie de cet exposant.
- M. Pelle, à Soissons (Aisne).
- Soie blanche, d’une couleur éclatante, déjà mentionnée favorablement en 1834.
- M. Mercier, à Montpellier (Hérault),
- Grége de 6^7 cocons, bien filée et nette ; c’est un progrès pour celte localité.
- M. Plakel, à Saillans (Drôme).
- Fantaisies de frisons etcardettes, assez bien traitées. Nous regrettons que ce manufacturier n’ait envoyé aucune notice, ni produit aucun renseignement pour faire connaître l’importance de son établissement.
- M. Jean-André, à Yilleneuye, près la Rochelle.
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- Flottes blanches et cocons. Cet essai est digne d’encou-ragement ; la couleur est d’un éclat éblouissant, et peut le disputer aux plus belles soies.
- M. Barot, au petit Bourg (Guadeloupe).
- M. Barot a envoyé cent deux flottes soie grége, jaune, récoltées et filées à la Guadeloupe; leur titre est de 5;6 cocons ; la netteté du brin, l’éclat de la couleur se trouvent réunis à la beauté de la matière ; cependant la nature de la soie est lourde, le titre est irrégulièr, et la croisure est très-faible ; elle a été filée par une ouvrière peu habituée à cette manutention ; il sera facile de remédier à cet incon-
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- vénient ; mais l’inspection dé cette pacotille donné la certitude que le territoire de la Guadeloupe est propice à la production séricicole, et lé gouvernement fera une chose utile à la fabrique française d’y favoriser la propagation de cette riche matière.
- Anonyme.
- Échantillon de soie grége filée à la Martinique. Échantillon informe, fort inférieur au précédent, Sans couleur j cette soie égale à peine les chiques de France.
- CITATIONS.
- M. Corbièrê-Vïllàlongüe , à Perpignan (Pyrénées-Orientales).
- Soies blanches 5^6 cocons, dont les cocons proviennent de graines fournies par M. Camille Beauvais, et sont filés par des ouvrières formées par M. Corbière.
- M. Rivière (Jean-Pierre), A
- MM. Fauré fres et Rivière, I
- MM. Jan frères et Sepet, I de Lavaur
- MM. L agasse (A. ) et Mulinier, ? j|_ (Tar n).
- MM. Rassie et Dônadille, 1
- M. Rivals (Armand). J
- Échantillons soie blanche à différents titres.
- Ces soies, qui pourraient être bonnes, n’ont pas assez de nerf et de netteté : quelques échantillons, et surtout celui du sieur Rivais, ne pourraient supporter le dévidage. La nature des cocons de ces contrées ne se prêle pas à la
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- confection des soies fines 5 ces (dateurs travailleront plus utilement pour leurs intérêts en donnant la préférence aux brins de 7/8 et 8/9 cocons.
- M.1 Boullenois, à Valenton (Seine-et-Oise). Échantillon blanc/filé aux Bergeries.
- M. le colonel, comte de Fr an cheville, à Vannes (Bretagne).
- Une flotte soie blanche.
- M. le maire Ametot, à la Mivoye, près
- Montargis (Loiret).
- Soie blanche d’une belle qualité.
- M. de Tillancourt, à Soissôns (Aisne).
- Cocons etsoieblanche provenant de graines de la Chine*. La couleur a perdu en partie son éclat.
- M. Tallard, à Moulins (Allier).
- Cocons et soie jaune et blanche.
- M. Mirial Scipion, à Anduze (Gard).
- Échantillons de fantaisie peignée suivant un procédé de son invention et pour lequel il est en instance de brevet.
- M. Gaymard Emile, à Grenoble (Isère).
- Échantillon de grége.
- *M. Cournier, à Saint-Romans, près Saint-
- j . J. v ' $ •
- Marcellin (Isère).
- Organsin d’un nouveau moulin à soie, établi par l’exposant.
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- M. Ratier, à Jay (Seine-et-Marne).
- Une flotte blanche.
- M. le général comte de Potier, à Lancy, près Montargis (Loiret).
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- Echantillon de soie blanche.
- MUe Sommier, à Dijon (Gôte-cVOr). Échantillon de grège et costes peignées.
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- M. Fournier, à May (Seine-et-Marne).
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- Soie récoltée dans ses propriétés.
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- M. Tourzel, à Arras.
- Échantillon de soie jaune.
- M. Augé, à Perpignan (Pyrénées-Orien-Flottillons de soie de différents titres.
- SOIES A COUDRE ET CORDONNETS DE SOIE. MÉDAILLES D’ARGENT.
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- M. Hamelin, à Paris.
- A exposé des soies à coudre et à broder, et des soies à l’usage de la passementerie. Tous ses produits se font distinguer par la pureté et l’éclat des couleurs, et par leur parfaite confection.
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- M. Hamelin a monté, en 1829, un établissement aux Àndelys, département de l’Eure. La soie y est dévidée, doublée et torse, et ensuite confectionnée pour être livrée au commerce.
- Jusqu’en 1834, M. Hamelin aemployé soixante ouvriers; les machines étaient mues par deux manèges, l’un à bras, et l’autre par un cheval ; depuis lors il a fait construire une pompe à feu de quatre chevaux, et le nombre des ouvriers a été porté à cent soixante ; ils sont tous du pays, et ont été formés par lui. C’est le seul établissement en France où il se fabrique autant de sortes desoies.
- Cette fabrique est assez importante| elle emploie, à peu près, 1,000 kil. de soies grèges de diverses sortes par mois, et elle a un grand débouché en France, en Belgique, en Hollande et en Allemagne.
- M. Hamelin a reçu, en 1834, une médaille de bronze,; ses efforts et ses succès méritent aujourd’hui une médaille d’argent que le jury lui décerne.
- , MM. .Bruguière et Bouçoiran, à Nîmes , ;
- Ont exposé des soies à coudre pour divers emplois dans des couleurs variées. Ils présentent un échantillon de belles soies grèges qui reçoivent, dans leurs ateliers, les préparations nécessaires à la fabrication de leurs divers genres de soies. Leurs produits sont d’une grande perfection, et ils en ont une grande consommation pour l’Amérique, en concurrence avec Naples. Cette industrie à Nîmes leur doit une partie de ses progrès.
- MM. Bruguière et Bouçoiran ont obtenu, en 1834, une médaille de bronze, sous .la raison Bouçoiran et Bruguière.
- Le jury se plaît à reconnaître qu’ils sont dignes de la médaille d’argent qu’il leur décerne.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
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- M. Chardin, à Paris,
- A. exposé des soies à coudre, des soies mi-torses pour la broderie, des cordonnets pour bourses, des cordonnets pour lignes dites anglaises, qu’il vend pour l’Amérique, en concurrence avec les Anglais $ des cordonnets à coudre en bobines, destinés pour la Nouvelle-Orléans, et des soies noires, d’un noir bleu qu’il vend pour l’Amérique, en concurrence avec Naples.
- Il fait confectionner cçs différentes sortes de soies à Neuilly-en-Telle, département de l’Oise, et dans les environs. Il existe,-depuis fort longtemps, dans ce village des ouvriers en soie qui travaillent journellement pour les marchands de soie de Paris.
- M. Chardin emploie des soies du Levant pour la majeure partie desa fabrication. Il fourni lies manufactures royales, et sa maison jouit d’une bonne réputation pour le grand assortiment de ses divers produits, qui se font remarquer pour leur bonne confection.
- M. Chardin a reçu, en 1834, la médaille de bronze -, le jury la lui confirme.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
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- MM. Rouvière frères, à Nîmes,
- Ont exposé des soies 5 coudre de diverses couleurs, de nuances bien pures et d’une parfaite confection, pouvant aller en concurrence avec celles des fabriques de Paris.
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- Cet établissement., qui date de 1837, est situé au château de Cavçirac, à deux lieues de Nîmes. Il se compose de sept moulins pour les filages et les ouvraisons. La fabrique est mise en mouvement par une machine à vapeur de la force de quatre chevaux, pour les diverses préparations des soies, la confection des soies à coudre,, et l’ouvraison de celles destinées à des articles spéciaux.
- Le jury accorde à MM. Rouvière frères une médaille de bronze.
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- DEUXIÈME SECTION,
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- TISSUS EN SOIE.
- MM. Carez et Petit, rapporteurs.
- Considérations générales,.
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- L’industrie qui met la soie en oeuvre est une des plus intéressantes et aussi des plus importantes du royaume ; la ville de Lyon marche à la tête, et son courage serâble grandir avec les difficultés et la concurrence, Depuis l’exposition de 1834, Lyon n’a rien négligé pour conserver sa prééminence sur toutes les fabriques de soieries du monde commér-cialj le succès a couronné ses. efforts , et, aujourd’hui encore, sa supériorité est incontestée pour la richesse* le bon goût et la variété de ses produits ;
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- l’étranger lui rend hommage en cherchant à copier ou plutôt à imiter ses étoffes partout recherchées, partout préférées ; c’est toujours à Lyon qu’on s’adresse, lorsqu’on veut meubler un palais ou une maison opulente, lorsqu’on veut avoir de riches étoffes brochées ou façonnées, de beaux tissus unis, et ces1 nouveautés "que legénie inépuisable de ses fabricants renouvelle à chaque saison..
- En 1 809, à l’époque la plus prospère de l’Empire, le nombre des métiers, à Lyon, était de 1 2,000; ce nombre n’avait jamais été dépassé dans les temps
- antérieurs. La paix de 1814 a ouvert de nquveaux
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- débouchés, et de 1815 à 1830 on a compté de 15 à 27,000 métiers; depuis 1830, leur nombre a en-core augmenté, et j aujourd’hui, on calcule que la fabrique occupe, dans la ville même, 31,000 métiers, et 9,000 dans la campagne; Noüs ne préten-' dons pas dire qu’ils soient constamment occupés ; à Lyon, les métiers ne sont pas généralement la propriété des fabricants, ils appartiennent en très-grande partie aux chefs d’ateliers, et il y a nécessairement, à certaines époques, dés moments de chômage. La crise financière des États-Unis d’Amérique survenue au commencement de 1837, et dont les conséquences sè font encore sentir, a porté un coup funeste à l’industrie lyonnaise ; mais elle l’a supporté avec courage, et elle travaillé à réparer ses pertes en cherchant dë nouveaux débouchés.
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- . La somme moyenne de ces exportations en tissus de soie, pendant chacune des cinq dernières années, est d’environ. . . . . 80,000,000 fr.
- En y ajoutant) pour les rubans. 30,000,000
- On arrive au chiffre énorme de. il 0,000,000 , Et dans cette somme n’est pas comprise la valeur des tissus mélangés de soie, de la bonneterie, ae la passementerie, des soies à coudre , et d’une quantité d’articles de mode divers. La fabrique de soieries donne donc, à la France, de puissants moyens d’échange pour aller nous approvisionner, dans toutes les parties du monde, des matières premières nécessaires à d’autres industries, et des denrées que réclament, ou nos besoins, ou nos habitudes. Dans leur intérêt personnel, comme dans l’intérêt national, nous devons engager les fabricants lyonnais à persévérer dans leurs efforts pour main-!-tenir l’exportation de leurs produits au chiffre auquel ils sont parvenus à l’élever ; les peuples ne sont riches qu’autant qu’ils trouvent, dans la culture de leur sol et dans leur industrie, des moyens d’échanges suffisants pour payer tout ce qu’ils reçoivent de l’étranger.
- Si la ville de Lyon reste sans rivale pour les étoffes de luxe et pourda nouveauté, il n’en est pas de même pour les tissus unis légers : en Suisse, en Prusse, en Italie, se sont élevées des fabriques nombreuses et importantes; le prix du travail y est t. i. 13
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- moins élevé, par conséquent l’étoffe revient moins cher; il en résulte que les étrangers trouvent plus avantageux d’acheter ailleurs ces tissus unis légers qu’il achetaient précédemment en France. Les fabricants de Lyon sont dignes, par leurs talents, par leur énergie et par leur intelligence commerciale, de surmonter ces difficultés Rabaisser le prix de la façon, à Lyon, n’est pas chose possible ; il faut que l’ouvrier puisse nourrir et élever sa famille avec le salaire attaché à son travail, et tout est cher au centre des grandes populations. Plusieurs fabricants ont transporté dans les campagnes le tissage des étoffes unies légères , destinées en partie au commerce d’exportation ; d’autres fabricants ont tenté de tisser la soie avec des métiers mécaniques, et • d’échapper par ce moyen aux conséquences du haut prix de la main-d’œuvre en France, comparativement à l’étranger. Si nous regrettons de n’avoir pas vu figurer à l’exposition les produits de ces métiers, si nous ne pouvons pas décerner, aux fabricants qui n’ont pas craint de placer de grands capitaux dans ces utiles entreprises, les récompenses qu’ils ont pu mériter, nous nous plaisons à mentionner leurs efforts et à les encourager.
- La fabrique de Lyon n’a pas exposé ses tissus-peluche pour la chapellerie, article devenu d’une très-grande importance et pour la fabrication du-quel elle doit chercher à exceller, comme elle excelle
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- pour tant d’autres ; nous regrettons de n’avoir pas été appelés à constater ses progrès.
- La fabrication du velours a beaucoup augmenté dans ces dernières années, et elle est susceptible d’augmenter encore. 11 y a peu de temps, on ne faisait que des velours étroits; aujourd’hui on fait des velours de 180 centimètres de large, et cette grande largeur a donné au velours un emploi auquel il ne pouvait pas s’adapter en petite largeur*
- Lyon a produit, dans le cours de ces dernières années, des étoffes rayées remarquables par la modicité du prix ; la consommation en a été très-considérable ; le jury regrette de n’avoir pas trouvé ces tissus à l’exposition ; le mérite du fabricant n’est pas seulement dans la création des articles riches, il y a souvent plus de difficultés à vaincre pour établir à bas prix un article qui plaise à la consommation, et c’est, de plus, un service rendu aux fortunes moyennes.
- Les Lyonnais ont aussi présenté, à la vente, des étoffes de soie imprimées sur chaîne par des procédés nouveaux ; cet article a été accueilli avec faveur par le public : c’est une nouveauté précieuse en ce qu’elle offre toutes les ressources, et conséquemment toutes les variétés de rimpressidn.
- L’invention du battanhbrocheur a déjà eu des résultats heureux pour la fabrication des étoffes de soie brochées. Cet ingénieux mécanisme permet
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- d’établir, avec une économie notable, des articles dont le prix trop élevé par les anciens procédés limitait la consommation : le battant-brocheur, que l’usage perfectionnera sans doute, est appelé à rendre de grands services à l’industrie.
- C’est par ces utiles créations, par ces inventions précieuses, que les Lyonnais sont parvenus à augmenter, depuis plusieurs années, le nombre de leurs métiers et la masse de leurs affaires, malgré la concurrence étrangère qui est venue leur enlever la fabrication de quelques tissus unis légers.
- Nous nous empressons de reconnaître dans les Lyonnais une grande énergie de caractère; c’est dans les crises qu’ils retrempent leur courage, et alors qu’on pourrait les croire arrêtés par les difficultés les plus graves, on les voit tout à coup étonner leurs concurrents par des innovations .ou des découvertes qui consolident leur supériorité et leur assurent des débouchés nouveaux.
- La ville d’Avignon, qui continue à s’occuper de la fabrication des florences et de la marceline, n’a pas exposé cette année. Un des plus honorables fabricants de l’Alsace, M. Kœchlin, dont on est sûr de trouver le nom à la tête de toutes les entreprises utiles, s’est joint à MM. Thomas frères pour monter un tissage mécanique ; il est permis d’espérer les plus heureux résultats de la réunion des talents de ces deux habiles fabricants.
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- Nîmes a commencé à fabriquer quelques étoffes de soie rayées pour robes , et s’occupe toujours des tissus pour foulards et pour cravates ; ces essais eii foulards garancés sont assez heureux pour l’encourager à continuer cet article, qui trouverait de grands débouchés en France pour la consommation intérieure, si les fabricants pouvaient parvenir à le produire aussi bon et à des prix aussi bas que les étrangers.
- RUBANS DE SOIE.
- La fabrication des rubans de soie, en France, a une très-grande importance; Saint-Etienne etSaint-Chamond sont les deux villes qui exploitent cette belle industrie, et elles ont une supériorité incontestée sur toutes les fabriques étrangères pour la richesse et le bon goût ; il en est des rubans comme des étoffes de soie , c’est en France qu’on fabrique les beaux articles, qu’on crée là nouveauté chaque saison, et les étrangers ne peuvent que nous imiter.
- Saint-Étienne et Saint-Chamond éprouvent cependant, comme Lyon , les effets de la concurrence étrangère pour les articles d’une fabrication facile; la différence sur le prix de la main-d’œuvre est cause que la Suisse produit certaines qualités de rubans à plus bas prix ; il est digne de l’habileté des fabri-
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- cants français de surmonter ces difficultés, et ils y parviendront lorsqu’ils voudront les attaquer sérieusement. , »
- Une fabrication qui donne un mouvement annuel de 30,000,000 d’exportations est précieuse pour la France ; elle a des droits aux plus hautes récompenses.
- Nulle autre fabrique n’exporte une plus forte proportion de ses produits, nulle autre ne laisse ses concurrents étrangers à une aussi grande distance de la perfection de ses produits.
- § 1er. SOIERIES DE LYON.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- M. Berna-Sa.bran, de Lyon.
- Les produits présentés par ce fabricant offrent un assortiment d’étoffes de soie trame laine et de laine trame soie ' pour robes et pour manteaux, des châles fond grenadine
- brochés laine et fond tibet brochés laine, et des châles
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- riches tout soie destinés pour l’exportation.
- On remarque, dans son exposition, des damasquinés soie et laine façonnés, des' robes châîis satinés façonnés ainsi que dés brodés, des étoffes mandarines façonnées soie et coton qui s’exportent par quantités pour l’Amérique à cause de leur bas prix -, des châles tartans damassés, des châles- libets indous brochés, des brodés et des imprimés :
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- on remarque aussi des châles brésiliens brochés laine, et des châles de Lahor brochés cachemire qui sont d’un effet très-agréable. Il est le créateur de tous ces différents articles, qui ont un égal succès et qui donnent beaucoup d’impulsion à l’industrie lyonnaise. Il a aussi exposé des châles satin brochés, destinés à la consommation de Paris. Tous ces objets ne laissent rien à désirer sous le rapport du bon goût et de leur parfaite exécution.
- L’établissement de M. Berna-Sabran est situé à la Sau-vagère, près de l’ile Barbe, commune de Saint-Rambert, près Lyon. Il est. très-recommandable tant par son importance dans la fabrication des tissus qu’à raison des divers articles qu’il réunit : le lissage des dessins, la préparation des matières premières, le tissage de ces matières, le découpage et l’apprêt des étoffes , s’opèrent dans ce grand établissement ; il renferme deux cents métiers garnis de mécaniques à la Jacquart, qui occupent trois à quatre cents ouvriers. M. Berna-Sabran a, en outre, soixante à quatre-vingts métiers dans les environs' de sa manufacture. Il a aussi, à Tarare, sous la direction d’un contre-maître $ cent métiers au moins dont plusieurs à la Jacquart! Il emploie principalement le tibet, matière dont il est le créateur et-qui résulte d’un mélange de bourre de soie et de laine. Ce fil est devenu classique pour la consommation générale. Cette maison fait plus d’un million et demi d’affaires, et les débouchés de ses produits sont : la France, la Russie, l’Angleterre, et la majeure partie pour l’Amérique. » .
- Par tous les services qu’il rend à l’industrie, M. Berna-Sabran se montre de plus en plus digne de la médaille d’or qu’il a reçue en 1837 ;
- . Le jury la lui confirme. - «
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- MM. Ollat et Desvernay , de Lyon.
- Ces fabricants, qui inventent des étoffes nouvelles toutes les saisons, ont exposé un très-bel assortiment de fichus, colliers, cravates, écharpes et châles de soie 6/4, variés de dessin d’un bel effet -, des étoffes brochées sur satin ; gros de Tours, serge-foulard et brocart. Des velours de Mecklembourg composés de soie et de coton, qui offrent la souplesse de la peau et présentent une qualité mixte entre le velours de Lyon et la peluche ; des fourrures de soie imitant la panthère, la martre et l’hermine. Cet article s’exporte en grande quantité pour l’Amérique du Sud et du Nord. On remarque, parmi leurs produits, un tissu de Smyrne, composé de soie et de poil de chèvre, qui donne des plis onduleux à reflet brillant pouvant le disputer à la soie. Ce tissu offre, en outre, plus de soutien que les mousselines - laine et ne se chiffonne pas aussi facilement.
- Cette maison, établie depuis ISIS, donne une grandeim-pulsion, à Lyon, aux articles de nouveautés, par l’heureuse fécondité du génie inventif de ses chefs., et elle occupe le premier rang parmi les fabricants de cette ville pour le bon goiit et la perfection de ses produits. Elle occupe journellement deux cents métiers donnant du travail à trois cent cinquante ouvriers environ.
- La médaille d’or qu’elle a obtenue en 1827 lui fut rappelée en 1834$ le jury la lui confirme.
- . M. Yeaïeniz ? cle Lyon ,.
- A exposé des pous-de-soie bosselés or, des velours coloriés, ciselés, des lampas, des brocarts et des brocatelles. Tous ces objets, destinés pour ameublements et ornements
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- d’église, sont parfaitement exécutés, d’unë grande beauté, de l’effet le plus riche, et surtout remarquables par la précision des dessins et la perfection avec laquelle les nuanoes sont fondues. Une grande partie de ses produits sont des-, tinés pour la France et l’Orient.
- M. Yeineniz, l’un des fabricants les plus distingués de Lyon, a obtenu la médaille d’or en 1819 comme associé de la maison Séguin père et fils et Yemeuiz ; elle lui a été rappelée en 1827 sous la raison Séguin et Yemeniz. Depuis plusieurs années , il gère seul cette ancienne maison. La perfection de ses produits prouve qu’il est toujours digne de la distinction du premier ordre.,Le jury lui confirme la médaille d’or.
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- MM. Grand frères, de Lyon ,
- . Ont exposé de magnifiques étoffes pour meubles et ornements d’église. Les produits qu’ils offrent, cette année, sont un assortiment de brocatelles dans tous les genres, remarquables tant par leur perfection que par un bon choix de dessins modernes dans ie goût de la renaissance, des lampas d’une parfaite exécution etd’une grande beauté, des étoffes brochées nuancées et or à grande réduction représentant des fleurs naturelles d’un fini d’exécution parfaite ; des brocarts d’or riches, brochés, relevés et brochés, nuancés sur fond or pour ornements d’église, exécutés sur commande pour le roi ; un panneau de tenture de 74 pouces, de largeur broché aux armes de la ville de Lyon.
- On remarque surtout dans l’exposition de M1VL Grand frères un velours-brocart dit velours royal broché deux ors liés et accompagnés sur fond ponceau; un bouquet dé fleurs en brocart d’or repose sur un fond satin cerise et est entouré d’un compartiment en velours ponceau à filets
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- jaunes, dont les deux reflets rehaussent la richesse du brocart. Celte étoffe, qui est.d’une exécution très-difficile, est un chef-d’œuvre de fabrication et fait beaucoup d’honneur au talent de MM. Grand frères.
- La perfection de leurs étoffes leur a valu la médaille d’or èn 1819 elle rappel en 1823. Leurs belles productions, en 1834, auraient obtenu une récompense de premier ordre s’ils avaient pu concourir $ mais leurs produits, présentés trop tard, n’ayant pas été examinés par le jury départemental du Rhône, ils ont été exclus du concours.
- Le jury, prenant en considération les progrès que MM. Grand frères ont faits depuis 1827, leur confirrfie la médaille d’or.
- MM, Mathevon et Bouvard, de Lyon,
- Ont exposé des brocarts d’or et d’argent, des damas, des lampas et des satins brochés nuancés pour ameublements et ornements d’église. Il y a, parmi ces étoffes, un brocart d’or et d’argent, broché argent et or, remarquable par sa richesse et sa fabrication. Ils ont aussi exposé des étoffes riches pour robes et costumes des cours étrangères, un pou-de-soie gros grain , brochés à guirlandes d’argent; uu pékin blanc à groupes de fleurs brochées nuancées, et un velours fond groseille broché à guirlandes d’argent exécuté au moyen d’un, nouveau battant-brocheur. On remarque aussi parmi leurs produits un châle tout soie façonné quatre couleurs, d’un dessin très-riche, destiné pour l’exportation.
- Tous ces objets sont bien exécutés et font beaucoup d’honneur au bon goût de MM. Mathevon et Bouvard, qui soutiennent leur belle réputation. Ils ont obtenu une médaille d’or en 1834$ le jury la leur confirme.
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- MM. Lemire Danguïn et cie, de Lyon,
- Ont exposé des damas, des brocarts d’or et d’argent, desbrocatelles et des satins liserés. Toutes .ces étoffes sont d’une parfaite exécution et d’une grande richesse de dessins. On remarque surtout parmi leurs produits une étoffe fq4 de large pour rideaux fond satin uni bleu ciel, avec une bordure d’encadrement façonnée blanche. Elle présente de grandes difficultés de fabrication à cause de sa grande largeur, Ils présentent aussi un damas sans envers, mélangé débourre de soie, convenable pour ornements d’église, d’une belle exécution, et pouvant se donner à bas prix.
- Cette maison soutient son ancienne réputation tant par la perfection de ses produits que par l’importance de ses affaires. Elle travaille particulièrement avec le Levant et les cours étrangères.
- Elle a obtenu la médaille d’or en 1827, sous la raison Corderier et Lemire , et le rappel en 1834 sous la raison Lemire et compagnie. Le jury leur confirme la médaille d’or. 1 /
- . MÉDAILLES D’OR.
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- MM. Potton et Crozier, de Lyon,
- Ont exposé diverses étoffes pour robes en gros de Naples, reps, satin et armures façonnées, remarquables, en général, par leur bon goût et leur belle exécution. Cette fabrique importante travaille beaucoup pour l’intérieur, l’Angleterre, l’Allemagne, la Russie et les États-Unis -, elle'occupe quatre à cinq cents métiers, et paye à ses ouvriers plus de 500 mille francs par an.
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- Cet établissement est un de ceux qui contribuent, avec le plus de soin, à soutenir la supériorité de la fabrique lyonnaise sur les marchés étrangers qui leur fournissent un large débouché.
- MM. Poitou et Crozier, doués d’une activité rare, se font remarquer par la variété et la perfection de leurs produits , par une intelligence de fabrication peu commune, et par une grande ardeur d’invention presque toujours couronnée de succès.
- En 1834, ces fabricants ont obtenu une médaille d’argent; prenant en considération les grandes affaires et la perfection des produits de ces manufacturiers distingués, le jury, devancé par l’estime générale du commerce, leur décerne une médaille d’or.
- MM. Maurieh et Ant. Bernard, à Lyon.
- Les satins, les moires et les velours qu’ils ont exposés sont de la plus grande beauté et d’une exécution parfaite. Leurs produits se font remarquer par le choix des matières, la perfection des tissus et le bel éclat des couleurs. Ils ont fabriqué les premiers des velours 6/4 de large; cette largeur offrait une grande difficulté dans l’exécution; depuis celle difficulté vaincue, cet article est entré dans la fabrication ordinaire, et il est d’une grande consommation depuis un an. Ils en ont exposé un échantillon en cramoisi fin , remarquable par sa grande réduction et la beauté de sa nuance. ;
- Cette maison , l’une des plus anciennes et des plus importantes à Lyon, pour la fabrication de l’étoffe unie en première qualité, est connue depuis longtemps par la supériorité de ses produits, qui sont principalement destinés à la consommation, de Paris et des grandes villes, à cause
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- de leur belle qualité. Si le genre uni qu’explorent exclusivement les exposants est moins brillant à l’œil que le genre façonné , il offre, en réalité, plus de difficultés pour être exécuté avec perfection, et y exceller est un mérite de premier ordre, que le jury se fait un devoir de recon-r naître et de récompenser, en décernant à MM. Maurier et Bernard la médaille d’or.
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- MM. Godeiviar et Meykier, de Lyon,
- Ont exposé des étoffes de soie façonnées, fond salin, fond gros de Tours et fond moiré, remarquables par l’élégance et la richesse des dessins et leur bonne confection. Toutes ces étoffes sont fabriquées au moyen d’un battant à époullins brocheurs pour lequel ils ont pris un brevet. Ce procédé, très-ingénieux, de leur invention, est d’un grand intérêt pour la fabrication du façonné, parce qu’il donne les moyens de faire confectionner, à près de moitié moins de façon, les façonnés fiches de plusieurs couleurs.
- Les produits de cette fabrique se distinguent autant par la bonne exécution que par le bon goût.
- Cette maison, dont l’industrie n’est pas moins recommandable par sa perfection que par son développement, s’est placée au premier rang des fabricants de Lyon.
- Le jury aura encore occasion de parler de MM. Godè-mar et Meynier, lorsque sa section des machines rendra compte du bal tant-brocheur dont il vient d’être parlé; c’est alors qu’en réunissant l’ensemble des litres des exposants il leur sera accordé la haute récompense à laquelle ils ont droit.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
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- MM. Didier, Petit et cie, de Lyon,
- Ont exposé des étoffes pour meubles et ornements d’église, ainsi que des étoffes riches pour l’Allemagne et la Turquie. Leurs produits sont d’une exécution soignée, les nuances en sont vives et bien entendues. M. Didier-Petit emploie les ressources de son esprit entreprenant et inventif, et de sa profonde habileté dans la fabrication, à provoquer et à mettre en pratique toutes les innovations qui entretiennent la vie et le mouvement dans l’industrie lyonnaise : c’est un mérite que tout le monde se plaît à lui reconnaître.
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- Ces fabricants ont aussi exposé un portrait de M. Jac-quart d’une grande perfection de tissu. C’est une idée fort heureuse qu’ils ont eue de reproduire son image avec l’ingénieux métier dont il est l’inventeur. Ce portrait, d’une exécution parfaite, fait grand honneur à ces habiles manufacturiers.
- Nous nous plaisons à proclamer que cette maison soutient sa belle réputation et est toujours digne de la médaille d’argent qu’elle a obtenue en 1827, et dont le rappel lui a été fait en 1834 ; le jury la lui confirme.
- MM, Cimier et Fatin, de Lyon,
- Ont exposé des étoffes riches pour ornements d?église et pour ameublements -, des échantillons d’étoffes en dorures pour le Levant j des satins riches brochés or pour robes de cour et gilets de bal. Tous ces objets sont d’une belle exécution et d’un bon goût. Ils ont aussi exposé des
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- châles fond satin façonnés à grands ramages, d’une grande variété de dessins et d’une belle fabrication, dont ils ont une grande consommation pour l’étranger.
- On remarque parmi leurs produits des étoffes pour ornements d’église en or mi-fin et en argent mi-fin, dont les prix très-bas sont à la portée des paroisses des petites villes et des villages5 ils en ont aussi un grand débouché pour l’étranger. .
- Cette maison mérite de plus en plus la médaille d’argent qu’elle a obtenue en 1834 ; le jury la lui confirme.
- MM. Servant et Ogier , de Lyon,
- Ont exposé un grand assortiment d’étoffes à gilets en soie pure et soie et coton. Leurs produits sont remarquables par leur variété, leur belle fabrication, et convenables pour la grande et la moyenne consommation.
- Cette maison, qui, la première, en 1830, a fabriqué cet article, a donné une grande extension à ce genre d’industrie à Lyon. Elle prend tous les jours de l’accroissement et fabrique, par année, 120,000 aunes d’étoffes, dont 40,000 en soie, et 80,000 en soie et coton, et elle en a le débouché dans l’intérieur, en Belgique, en Amérique, en Allemagne, en Italie, en Espagne et en Angleterre.
- Tous les produits de ces intéressants manufacturiers prouvent qu’ils ont une connaissance parfaite du tissage et une grande fécondité d’imagination.
- MM. Servant et Ogier ont acquis de nouveaux titres à la médaille d’argent qu’ils ont obtenue en 1834; le jury la leur confirme.
- MM. Burel frères, à Lyon,
- Ont exposé des étoffes pour ornements d’église et pour .
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- gilets, ainsi que des châles 6/4 en velours façonné. Leurs produits sont d’une belle exécution et généralement goûtés. Ils ont aussi exposé des châles fond satin uni en dessins riches et bien nuancés destinés pour l’exportation. Qn distingue surtout, dans leur'exposition, un châle 6/4 velours noir, br.oché, bleu parfaitement réussi malgré les grandes difficultés d’exécutionil est remarquable par la grandeur et le bon goût de son dessin.
- Cette maison a obtenu, en 1834; la médaille d’argent, sous la raison Burel frères et Béroujon. ’
- Le jury la juge toujours digne de cette récompense, et la confirme à MM. Burel frères.
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- . . MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Abquillière et Mouron, à Lyon,
- Ont exposé des étoffés de soie noires unies dites gros de Suisse, qu’ils confectionnent à des prix modérés et qui rivalisent avec avantage celles des fabriques de la Suisse, de la Prusse et de l’Italie. Ces objets ne fixent pas l’attention par leur magnificence, car ce sont de simples étoffes unies qui, au premier aspect, n’ont rien de remarquable. Ces habiles manufacturiers ont trouvé le moyen d’empldyer des soies qu’on ne croyait pas pouvoir lisser en France.
- Ils ont exposé des lustrines imitation de Florence, article que l’étranger tire-par masses des fabriqués d’Italie et que les fabricants de Lyon avaient vainement cherché à imiter jusqu’à ce jour. Les acheteurs américains ont déjà donné des commandes de cet article à MM. Arquillière et Mouron, qui s’occupent à augmenter le nombre de leurs
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- métiers : si, comme nous en avous l’espoir, ils ont surmonté toutes les difficultés de la fabrication, ils seront récompensés de leurs efforts et de leurs recherches par l’im-portance des débouchés qu’ils trouveront à l’étranger. On remarque parmi leurs, produits une étoffe de la plus forte réduction de chaîne qu’on puisse imaginer ; ils l’appellent cuir-soie. Elle contient douze mille fils de chaîne dans une largeur de dix-huit pouces. Elle est tissée dans des conditions qui auraient exigé une soie du premier mérite et d’un prix élevé, tandis qu’elle est faite avec une soie de très-basse qualité qu’on ne croyait pas pouvoir employer et qui est à très-bon marché. Cette étoffe est d’une bonne exécution et à un prix modéré pour sa qualité.
- Ces fabricants ont donc rendu un grand service à notre pays en ayant trouvé les moyens, par leurs découvertes, de soutenir avantageusement, daus les articles de bas prix, la concurrence des fabriques étrangères, et de procurer plus de travail aux ouvriers de Lyon.
- Le jury, pour récompenser de pareils succès, décerne* une médaille d’argent à MM. Arquillière et Mouron.
- M. Girard neveu,, à Lyon,
- A exposé des velours unis de diverses couleurs, des étoffes pour gilets et des châles 6^4- façonnés fond salin et fond velours. Tous ces objets sont parfaitement exécutés, d’une grande beauté de dessins et d’un bon goût. Cette maison est recommandable tant par la perfection de ses produits que par l’importance de ses affaires avec l’intérieur et l’étranger.
- C’est surtout à développer et à perfectionner la fabrication du velours de soie qu’elle excelle. Sa production dans ce genre est des plus importantes ; elle embrasse toutes
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- les qualités , depuis la plus ordinaire jusqu’à la qualité extrafinc. Il faut une grande habileté pour se placer sur la première ligne dans un genre que tant d’autres maisons exploitent.
- Le jury ne fait que confirmer le jugement du commerce en décernant à cet exposant la médaille d’argent.
- MM. Ricard et Zacharie, à Lyon,
- Ont exposé des étoffes fond satin et fond velours pour manteaux, gilets et labliers, et des châles 6; 4 fond satin et fond velours brochés nués. Leurs étoffes sont remarquables par leur belle exécution et la beauté des dessins.
- La variété, la bonne confection, le bon goût de leurs produits justifient la bonne réputation dont ils jouissent dans le commerce, et leur ont valu un grand débouché.
- C’est à ces titres que le jury décerne la médaille d’argent à MM. Ricard et Zacharie, dont le talent industriel promet un grand avenir.
- ’ M. Savoye, à Lyon,
- A exposé des velours unis de diverses couleurs, remarquables par leur grande réduction et par la pureté de leurs nuances ; des satins et des moires dont l’exécution ne laisse rien à désirer. Ces étoffes font beaucoup d’honneur à M. Savoye.
- A l’exposition de 1834, il a été exclu du concours, ses produits n’ayant pas été examinés par le jury départemental du Rhône.
- Cette maison est recommandable par la perfection de ses belles étoffes unies, et elle en a une grande consommation tant pour la France que pour l’étranger.
- L’importance de celte fabrique, autant que la beauté
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- toujours soutenue de ses produits, détermine le jury à décerner une médaille d’argent à M. Savoye.
- MM. Eymard-Drevet et cie, à Lyon,
- Ont exposé diverses étoffes façonnées pour robes, manteaux et cravates , et des étoffes poil de chèvre brochées. Tous ces articles sont exécutés avec une extrême perfection. Les premiers, à Lyon, ils ont donné de l’extension à l’époulliné, et ce sont leurs produits qui ont donné naissance à une infinité de battants-brocheurs. Ils ont aussi broché des fleurs en soie sur des tissus de coton pouvant se laver. Les châles-chenille qu’ils ont exposés sont d’une
- fabrication qu’ils ont importée les premiers après l’avoir
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- étudiée dans les manufactures d’Ecosse. Ces habiles manufacturiers rendent à l’industrie de grands services par leurs diverses créations d’étoffes nouvelles. L’exécution de tous leurs produits prouve une grande intelligence et les place parmi les fabricants les plus distingués du genre auquel ils se sont adonnés. Le jury leur décerne une médaille d’argent.
- M. Victor Fournel. à Lyon.
- Cette maison, qui s’est fait une réputation méritée pour la fabrication des taffetas 15/16 pour meubles, vient d’inventer un nouveau façonné qui pourra augmenter beaucoup la consommation de ce riche article. A l’aide d’une chaîne blanche, il orne le fond d’un dessin imitant la broderie; la contexture du tissu est bien liée et ne peut pas s’érailler.
- Cette étoffe n’a pas d’envers, c’est un avantage pour un rideau que le jour doit traverser et qui doit être vu souvent des deux côtés. Jusqu’à ce jour en était obligé de doubler
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- tous les salins et lous les taffetas façonnés pour meubles.
- Celte innovation a paru remarquable au jury non moins par le mérite de l’exécution que par les applications qu’elle peut avoir; et en considération, d’ailleurs, de la fabrique ancienne et bien renommée de l’exposant, le jury lui vote la médaille d’argent.
- MM. J.-B. Charles et cie, à Lyon.
- Ils ont été des premiers à mélanger avec la soie la laine torse rase dite cordonnet : ils en ont composé des articles à robes et à cravates qui ont eu un grand débit. Ce genre de fabrication, imité des Auglais, a rendu de grands services à la fabrication lyonnaise, dans le moment ou les étoffes de soie étaient peu recherchées, et où la consommation avait besoin d'être stimulée par quelques nouveautés. Ils continuent à exploiter ces mêmes articles, et les étoffes façonnées de divers dessins qu’ils exposent prouvent qu’ils le font avec succès. Ils se sont créé des débouchés pour l’Italie et la Belgique, mais leurs placements les plus importants ont lieu dans l’intérieur de la France et à Paris.
- Le jury, prenant en considération la spécialité de l’industrie des exposants, son importance et les succès qu’ils y ont obtenus, leur décerne la médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Boyer aîné, à Lyon,
- À exposé des étoffes de soie chinées de divers dessins pour robes et pour châles. Tous ces articles, d’une exôcu-
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- tion difficile, ont le mérite du bon goût, et jouissent d’un grand succès.
- M. Boyer a déclaré que les impressions sur chaîne de ses étoffes ont été exécutées par la maison Augustin Périer et cie, de Yizille, qui, à l’exposition de 1834, a obtenu le rappel de la médaille d’argent qui leur avait été accordée, en 1823, pour ses belles impressions sur étoffes de soie, de laine et de libet.
- MM. Augustin Périer et cie, n’ayant pas exposé cette année, nous ne pouvons que reconnaître que leur impression sur chaîne des étoffes de M. Boyer sont de bon goût, d’une parfaite exécution, et qu’ils soutiennent leur ancienne réputation.
- Les produits de M. Boyer aîné sont d’une belle fabrication, et donnent beaucoup d’espoir pour l’avenir.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MM. Vucher, Regnier et Perrier, à Lyon.
- Ont exposé un grand assortiment de fichus, châles et écharpes de fantaisie, d’un fort bon goût et très-bien exécutés. On remarque dans leur exposition des châles 6/4 fond taffetas glacé chiné, d’un.lrès-bel effet.
- Leurs produits, qui sont à des prix modérés, et d’une grande consommation pour la France et l’étranger, tirent leur mérite d’une fabrication dirigée avec goût et intelligence.
- Ces jeunes manufacturiers sont appelés à prendre un rang distingué dans l’industrie qu’ils exercent.
- Le jury leur décerné une médaille de bronze:
- MM. Ghastel et Rivoire, à Lyon,
- Présentent à l’exposition des étoffes brochées pour ro-
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- bes, fond gros de Naples, fond gros de Tours et fond satin. Tous ces articles sont d’une exécution soignée, et offrent une grande variété de dessins qui se font distinguer par leur bon goût et le grand éclat des couleurs. Si ces jeunes manufacturiers continuent de justifier les espérances que font naître leurs premiers succès, ils ne tarderont pas à prendre rang parmi les fabricants de façonnés les plus distingués de Lyon.
- Ces premiers résultats sont dignes d’encouragement et méritent la médaille de bronze que le jury s’empresse de décerner à MM. Chastel et Rivoire.
- MM. Troupel-Turs et Favre, entrepreneurs du service de la maison centrale d’Em-brun (Hautes-Alpes),
- Ont exposé des satins noirs, forts en soie pour gilets, et en soie et crin pour cols et pour cravates, et des serges de soie noire pour doublures. Tous ces articles sont d’une bonne fabrication et d’un prix très-modéré.
- Ils ont aiissi exposé des déchets de soie cardés, des laines peignées, des draps croisés et des tissus de laine et fil. La fabrication de tous ces produits mérite les éloges du jury, qui décerne la médaille de bronze à MM. Troupel-Turs et Favre.
- M. Amblet, à Lyon.
- L’exposant est un simple chef d’atelier qui a inventé un battant-brocheur avec lequel il a confectionné les coupons de velours broché qu’il a envoyés à l’exposition. La chambre de commerce de Lyon a apprécié le mérite de cette invention , et en récompensant pécuniairement son auteur a livré son procédé au domaine public.
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- Ce mécanisme économise à la fois la main-d’œuvre, et permet d’employer des matières fort chères dans le broché, et dont on ne pouvait pas se servir jusqu’à ce jour par la perte inutile pour l’effet, qui entraîne le travail ordinaire du lancé.
- Le battant-brocheur est appelé à produire les plus heureux résultats sur l’industrie de la soie, aussi a-t-il été l’objet des recherches des esprits les plus avancés dans l’art de la fabrication.
- Le jury décerne à M. Amblet la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Grosboz , à Lyon,
- A exposé des étoffes pour ameublements et ornements d’église, ainsi que des étoffes fond satin broché pour robes.
- Le tissage de ces articles est très-bien exécuté, elles dessins sont d’un effet très-agréable.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Grosboz.
- M. Lambert-Franchel et c’°, à Lyorr,
- Ont exposé des étoffes de soie façonnées pour robes et pour gilets, assez bien fabriquées, et un velours façonné exécuté avec un battant-brocheur également bien confectionné. Ils ont aussi exposé une étoffe en velours ciselé pour robes, sur un fond gaze de différents dessins sans aucune découpure. Cet article est nouveau, et doit être d’une exécution difficile ; mais'le jury croit devoir attendre la sanction de l’expérience, avant de donner à MM. Lam-
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- bert-Franchet et c,e une récompense supérieure à la mention honorable qu’il s’empresse de lui décerner.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Salles jeune et c!e, à Lyon,
- Ont exposé des châles 7/4 et de deux aunes en soie, imitant la dentelle, fond uni, fond glacé et fond rayé cachemire : ces châles sont d’une fabrication soignée et d’un effet agréable.
- Le jury leur accorde une citation favorable.
- Madame veuve Clément, à Lyon,
- Présente à l’exposition un petit et un grand collier rose en soie, imitant la forme des boas en fourrure, l’un de 1?3 d’aune, du prix de 5 francs, et l’autre de 2 aunes, du prix de 20 francs.
- Cet article est confectionné en soie blanche écrue, ce qui lui donne de la fermeté et de la solidité. On peut le teindre en toutes couleurs unies et nuancées ombrées. Il est parfaitement exécuté, et il peut avoir un grand succès à l’étranger à cause de sa légèreté et de son prix modéré. Le jury cite favorablement madame veuve Clémen t.
- § 2. RUBANS DE SOIE.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. Dugas et cie, à Saint-Chamond,
- Présentent à l’exposition un assortiment de rubans fa-
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- çonnés, d’une exécution tout à fait remarquable, et d’une rare élégance de dessins. Ils sont dignes de la haute réputation de celte fabrique, qui est la plus ancienne de Saint-Chamond.
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- Cette maison occupe deux mille ouvriers, et fait plus d’un million et demi d’affaires.
- MM. Dugas et cie ont eu la médaille d’or en 1806, sous la raison Dugas frères. Ils ont été hors de concours en 1827, n’ayant pas rempli, prèsdu.jury de leur département, les formalités préalables d’admission. Ils occupent le premier rang par l’importance de leurs affaires et la perfection de leurs produits. Ils méritent de plus en plus la récompense de premier ordre, que le jury leur confirme.
- MÉDAILLES D’OR.
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- MM. Faure frères, à Saint-Etienne.
- Cette maison occupe le premier rang parmi les fabricants de rubans de Saint-Étienne. Elle ne fait que le grand beau et occupe douze cents ouvriers. Elle emploie avec succès, pour la confection de ses rubans façonnés, des batlants-brocheursde l’invention du sieur Boivin, habile mécani-
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- cien de Saint-Etienne. Au moyen de ce battant-brocheur, on peut faire cinq à six rubans sur le même métier au lieu d’un seul qu’un métier fait ordinairement j ce qui diminue la façon des rubans, et en facilite la vente parla douceur de leurs prix. Ce battant-brocheur est en usage, dans ce moment, dans les fabriques de rubans de Saint-Étienne et de Saint-Chamond. Ce procédé donnera lieu, par la suite* à une fabrication considérable et à une exportation très-étendue.
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- lis ont exposé dés rubans façonnés présentant tous des dessins fort riches, de bon goût, et qui ne laissent rien à désirer sous le rapport de la fabrication.
- MM. Faure frères ont obtenu la médaille de bronze en 1834 ; en considération des immenses progrès que ces habiles manufacturiers ont faits dans le perfectionnement de
- leur industrie, le jury leur décerne la médaille d’or.
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- M. Vignat-Chovet, à Saint-Etienne.
- Cette maison fabriquait les cordons pour ceintures ; nulle autre n’y mettait autant de perfection, de goût et de variété. Les caprices de la mode ont momentanément abandonné cet article j mais M. Yignat-ChoYet était trop habile pour se trouver embarrassé par ce changement. Il a porté ses talents sur la fabrication des rubans plus larges pour chapeaux ; de nouveaux succès plus éclatants encore ont récompensé ses efforts ; c’est lui qui, le premier, a produit ces riches rubans chinés qui ont fait l’admiration des consommateurs français et étrangers.
- M. Yignat-Chovet occupé le premier rang parmi les fabricants de Saint-Étienne, autant par la grande perfection de ses produits et leur bon goût que par leur importance; il n’occupe pas moins de 1,200 ouvriers.
- ]$. Yignat a obtenu, en 1834, la médaille d’argent. Les progrès de cet habile manufacturier le rendent digne maintenant de la première récompense. Le jury lui décerne la médaille d’or.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Balày fils jeunes, à Saint-Étienne.
- Ils ont trouvé le moyen de faire des rubans de satin
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- unis à bas prix, en les confectionnant avec des soies grèges et en les faisant teindre en pièces, ce qui leur a fait soutenir la concurrence avec la Suisse, qui avait enlevé cette industrie aux manufacturiers de Saint-Étienne.
- Ils ont exposé des rubans de salin unis de diverses largeurs et de couleurs variées ; leurs produits sont d’une exécution soignée, et ils en ont un grand débouché pour l’Amérique et l’Allemagne.
- L’industrie de MM. Balay fils jeunes est développée sur une très-grande échelle et fait exister plus de 2,000 ouvriers.
- Le jury, prenant en considération la grande importance de cette maison et la perfection de ses produits, décerne une médaille d’argent à MM. Balay fils jeunes.
- MM. Martin et cie, à Saint-Étienne.
- Cette maison justifie la belle réputation dont elle jouit dans le commerce. La collection de rubans façonnés qu’elle présente à l’exposition ne laisse rien à désirer pour le fini de l’exécution et pour le bon goût de ses, dessins variés. Ses produits jouissent d’une haute'estime dans l’opinion des connaisseurs.
- MM. Martin et c'° occupent constamment plus de quatre cents ouvriers5 s’ils continuent à marcher avec les mêmes succès, ils ne tarderont pas à être placés en première ligne pour l’importance de leurs affaires, comme ils le sont déjà pour la perfection de leurs produits.
- Les grands progrès de celte fabrique, qui est regardée comme une des meilleures de Saint-Étienne, décident le
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- jury à décerner la médaille d’argent à MM. Martin et cie.
- MM. Robichon et cle? à Saint-Étienne.
- Les rubans et écharpes façonnés de divers genres que
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- ces exposants présentent signalent les progrès très-sensi*
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- blés qu’ils out faits depuis la dernière exposition. Leurs produits sont très-recherchés dans le commerce pour leur bon goût et leur belle confection.
- . Celte maison importante entretient sept à huit cents ouvriers, et a une grande consommation de ses rubans, tant pour l’intérieur que pour l’étranger.
- MM. Robichon et cie ont obtenu une médaille de bronze en 1834 j en considération du grand développement que ces fabricants ont donné à leur industrie, le jury les trouve dignes de la médaille d’argent qu’il se plaît à leur décerner.
- M. J.-B. David, à Saint-Étienne.
- Celte maison présente à l’exposition des rubans de ve-lours unis de toutes les couleurs, remarquables par la pureté des nuances et leur belle exécution. Elle fabrique aussi des rubans de taffetas noir unis et des galons dé soie pour l’usage de la cordonnerie.
- Ces produits, très-recherchés par le commerce, soutiennent avantageusement la concurrence avec l’Allemagne, tant pour leur bonne qualité que pour leur bas prix.
- Cette fabrique, une des meilleures de Saint-Etienne, est, pour l’étendue de ses affaires, au rang des plus importantes ; elle occupe douze cents ouvriers.
- Le jury, prenant en considération les grands succès obtenus par cet habile industriel, décerne à M. J.-B. David une médaille d’argent. -
- M. Bertholon-Souchon ^ à Saint-diamond.
- Cette maison se distingue par sa bonne fabrication ; elle occupe cinq cents ouvriers.
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- Elle a exposé des rubans de salin et de taffetas façonnés, remarquables par la légèreté, le bon goût des dessins et leur bonne confection. Tous ces produits font beaucoup d’honneur à l’intelligence de M. Bertholon-Souchon, et sont dignes de la haute réputation de cet habile manufacturier j son talent industriel lui promet un grand avenir. Depuis quinze ans ses exportations pour l’Angleterre sont très-importantes et ne peuvent qu’augmenter de jour en jour.
- Le jury, prenant en considération la belle réputation de M. Bertholon-Souchon et la perfection de ses produits, lui décerne une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE. >
- M. Dumou, à Paris. ^
- L’industrie des rubans est représentée à Paris par ùn très-petit nombre de fabricants. Ils confectionnent peu de rubans pour chapeaux, ils s’occupent particulièrement des rubans d’ordres ou de rubans pour ceintures.
- M. Dulrou a exposé un bel assortimént de rubans pour ceintures et quelques-uns pour chapeaux. Ils sont remarquables par la variété et la richesse de leurs dessins. Ils ont aussi exposé des rubans d’ordres et pour cordons de montre. Tous ces produits sont d’une beile fabrication.
- Le jury confirme à M. Dutrou la médaille de bronze qu’il a obtenue en 1834. ' r
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. Mesnager frères, à Saint-Étienne,
- Ont exposé des rubans de salin unis et façonnés, de bonne qualité et à des prix modérés, qu’ils confectionnent en écru avec des soies grèges, et font teindre en pièces. Ils présentent aussi des rubans de taffetas noir unis et des galons de soie. Cette maison est une des plus importantes de Saint-Étienne. Elle occupe huit cents ouvriers, et a de très-grands débouchés de ses produits, à cause de leur bas prix, qui les met à même de soutenir la concurrence avec la Suisse.
- MM. Mesnager frères ont beaucoup contribué à l’essor qu’a pris cette belle partie de notre industrie, par les soins qu’ils apportent à la confection de leurs produits, dont ils ont une grande consommation.
- MM. Mesnager frères sont appelés à prendre rang parmi les manufacturiers les plus distingués de Saint-Étienne.
- Le jury leur décerne une médaille de bronze.
- *
- M. Tezenas-Balay, à Saint-Etienne,
- A exposé des échantillons de rubans façonnés qui sont remarquables non-seulement par leur bonne confection , mais encore pour le bon goût, la variété des dessins et la vivacité des couleurs.
- M. Tezenàs-Balay occupe un grand nombre d’ouvriers, et il a obtenu, en 1834, une mention honorable. Sa fabrique a fait de grands progrès depuis cette époque.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- MM. Grangier frères , à Saint-Chamond.
- Cette maison a exposé des rubans façonnés de divers
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- dessins , de nuances variées et d’une belle exécution. Elle présente aussi des châles et des écharpes de gaze façonnés, d’une grande variété de goût et d’une extrême délicatesse de travail.
- MM. Grangier frères occupent trois cents ouvriers. Ils établissent leurs rubans à des prix modérés, et ils en vendent la majeure partie pour l’Amérique. „
- Ils_ méritent la médaille de bronze que le jury leur décerne.
- MM. Magnin père et fils, à Saint-Chamond,
- Ont exposé des rubans façonnés de divers dessins d’un bon goûtet d’une exécution parfaite.
- Les produits de cette fabrique sont généralement bien traités, et sont recherchés dans le commerce.
- Ces habiles manufacturiers occupent quatre cents ouvriers, et ils dirigent leur établissement avec une grande intelligence.
- Le jury décerne à MM. Magnin père et fils une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. Chaize et cie, à Saint-Étienne,
- Ont exposé des rubans façonnés de dessins variés et d’un effet agréable. Ils se font distinguer par leur bonne confection, qui est appréciée par les consommateurs. Celte fa brique occupe cent ouvriers, et, quoique mise en activité depuis peu de temps, ses produits sont recherchés parjes acheteurs à cause de leur bon goût.
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- Le jury accorde une mention honorable à MM. Chaize et compagnie.
- M. David Duboüchet, à Saint-Chamond,
- Présente à l’exposition une grande collection dè rubans façonnés et brochés pour ceintures, en forte qualité, et fabriqués au moyen d’un battant-brocheur ; ils sont remarquables tant pour le goût et la variété des dessins que par les nuances et la beauté des couleurs.
- M. David Dubouchet occupe deux cents ouvriers; ses produits font honneur à son imagination, ainsi qu’à ses connaissances en fabrique.
- Le jury s’empresse de le mentionner honorablement.
- MM, Jamet et c,e, à Saint-Étienne,
- y
- Ont exposé des rubans de satin unis de diverses largeurs et variés de couleurs; ils sont d’une exécution soignée et d’une belle réduction.
- Cette maison occupe cent cinquante ouvriers; ses produits sont à des prix modérés, ce qui les rend accessibles à beaucoup de consommateurs.
- Le jury accorde une mention honorable à MM. Jamet et cie.
- MM.Pbudhôn et cle, à Saint-Étienne.
- Les échantillons de rubans façonnés qu’ils ont exposés sont d’une bonne confection. Ils présentent aussi des échantillons de rubans épinglés en long : ce genre de rubans dont l’exécution présente quelques difficultés, est assez bien traité, et produit un effet très-agréable.
- Le jury décerne une mention honorable à MM. Prudhou et compagnie.
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- M. Renodier, à Saint-Étienne.
- Cette maison présente des échantillons de rubans taffetas noir unis et des galons.
- Leurs produits sont généralement bien soignés, la qualité en est excellente, et ils en ont une assez forte consommation à cause de leur bas prix. a
- ...... , * ;. i . ' 1. *i • •••' • i -p$ >. ù
- Le jury décerne à M. Renodier une mention honorable.
- § 3. SOIERIES ET ARTICLES DE NÎMES.
- RAPPEL I)E MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Dhombres (Michel) et c% à Nîmes
- Ont exposé une belle collection de fichus, de châles de soie et de foulards de divers dessins, qui se font remarquer par leur bon goût et la fraîcheur des couleurs. Ils ont aussi exposé des échantillons de coton rouge d’Andrinople, dont la nuance a de l’éclat et de la pureté.
- Ces fabricants confectionnent les tissus de grenadine, et ils ont un atelier d’impression de trente-cinq tables.
- Ils onty lés premiers, à Nîmes> appliqué l’impression sur grenadine, et fait usagé de la vapeur. Les moyens d’obtenir de beaux rouges ont été l’objet de leurs éludes particulières ; ils en ont étendu l’application sur la teinture du coton rouge d’Andri impie j obtenu avec la garance. Ils-ont
- créé, à cet effet, un atelier de teinture à une lieue de
- * -ï ?
- Nîmes. Leurs produits sont recherchés à cause de leur bas prix et de leur bonne confection. ' ‘ ; 1
- MM. Dhombres (Michel) et cie onl obtenu, en 1834, une médaille d’argent ; le jury les trouve de plus en-plus dignes de cette récompense, et il la leur confirme.": t. u 15
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M.1 Antoine Puget, de Nîmes.
- C’est la seule fabrique de florences et de marcelines qui ait soutenu jusqu’à présent la lutte contre celles d’Avignon ; elle fait travailler quatre-vingt-dix métiers.
- M. Antoine Puget a exposé des florences et des marcelines unies et rayées très-bien fabriquées, des fichus et des châles imprimés de diverses dispositions, d’une belle exécution: et d’une bonne fabrication. Tous ses produits sont à des prix modérés et d’une bonne consommation pour la France et l’étranger.
- Cette fabrique a fait beaucoup de progrès depuis la dernière exposition, et elle jouit, à Nîmes, d’une belle réputation qu’elle mérite de plus en plus.
- M. Antoine Puget a obtenu, en 1827 et en 1834, le rappel de la médaille de bronze qu’il avait reçue en 1823. Le jury lui décerne la médaille d’argent.
- MM.. Gaidan frères, de Nîmes.
- >
- En continuant l’établissement de leur père, ils se sont montrés dignes de.lui succéder par les soins qu’ils y ont donnés et les efforts qu’ils ont faits pour- y apporter de l’amélioration.
- , Ils exposent des foulards imprimés très-bien.fabriqués et remarquables par leurs beaux dessins et leurs belles couleurs,qui réunissent l’éclat et la solidité. Ils présentent aussi des cravates de soie de divers genres, unies et imprimées, d’un effet très-agréable.. Ils,établissent tous ces articles à,des prix très-modérés, et ils en ont un grand débouchépour l’exportation. Tous leurs tissus:sont fabriqués, et impriméjs dans leur atelier composé de quaran te tables.
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- M. Gaidan père a obtenu, en 1834, une mention honorable. Le jury, en considération de l’accroissement que MM. Gaidan frères ont donné à leur fabrique, leur décerne une médaille d’argent*
- MM. C. Jourdain fils et cie, de Nînïës;
- Exposent des fichus de soie variés et des foulards imprimés.
- La fabrication des foulards de poche a fixé particulièrement leur attention. ïîs s’occupent, dans ce moment, du procédé de garançage dont les essais leur ont réussi. Les foulards enluminés et les foulards pour robes imprimés sur soie qui figurent dans leur exposition sont remarquables par la variété de leurs dessins et leur belles cou? leurs, qui réunissent l’éclat à la solidité.
- Ces divers articles së fabriquent chez eux et s’iitipri-tnerit dans leur atelier, qui se compose de trente-cinq tables.
- Leurs produits' sont très-goûtés et ils én ont tin grand débouché tant ptiur leur belle' confection que' pour* lëùr bas pris.
- Lé jury, en considération du grand développement qtie MM. Jourdan fils et compagnie donnent à léür industrie, leur décerne une médaille d’argent. ; , ,
- MM. Daüiiët jeiiiie et Chabaud^ clé Nîiiles,
- Exposent des cravates de satin broché et de taffetas noir fin d’une Belle fabrication, et dès foulards de soie imprimés pour robes et pour cravates, remarquables par l’éclat et la pureté des couleurs et le bon goût des dessins.
- Les foulards de poche présentés par ces manufacturiers sont tous imprimés sur des tissus grenadine de leur fabri-
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- que, et il font, en outre, des imitations à plus bas prix.
- Leurs cravates de satin broché et de taffetas noir fin, surtout ces dernières, sontpour eux un objet d’une grande exportation. Leur atelier d’impression se compose de trente-cinq tables.
- MM. Daudet jeune et Chabaud ont obtenu, en 18.34, une mention honorable sous la raison Daudet jeune. Le jury, en considération des progrès qu’ils ont faits depuis la dernière exposition , leur décerne une médaille d’argent.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Bousquet-Dupont, de Nîmes.
- Son exposition se compose de fichus de divers genres , de foulards imprimés et d’imitation de foulards anglais garancés. Tous ces articles se recommandent par une fabrication bien soignée et par la modicité du prix. Ce fabricant possède aussi un établissement d’impression.
- M. Bousquet-Dupont a obtenu, en 1834, le rappel de la médaille de bronze qu’il a reçue en 1827 -, le jury la lui confirme.
- M. Combié-Rossel, de Nîmes,
- A exposé des écharpes de soie imprimées et une étoffe pour robes qu’il appelle andrienne. Il a aussi exposé une autre étoffe pour robes et pour écharpes, qu’il nomme mousseline, soie cuite sans envers. Ces étoffes et ces écharpes sont d’une belle confection et dans des dessins variés d’un joli effet.
- M. Combié-Rossel a obtenu, en 1834, la médaille de bronze j le jury la lui confirme.
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- MM. Maximin Baûagnon et c‘e, de Nîmes,
- Présentent des foulards et des fichus divers; toiis ces produits sont d’une fabrication soignée, et ils en ont une grande consommation à cause de leur bas prix.
- Celte maison fabrique des foulards de poche et des foulards enluminés pour fichus et sautoirs, ainsi que des foulards chinois, qui sont assez goûtés dans ce moment.
- En considération de la grande variété de leurs produits et de leur bonne confection, le jury leur décerne une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. Daudet aînés et c’% de Nîmes,
- Ont exposé dés foulards imprimés d’une belle fabrication, des fichus de soie variés de disposition, imprimés et façonnés, et des cravates en gros de Naples et taffetas noir. Tous ces produits sont d’une bonne confection et leur bas prix en facilite la vente pour l’exportation.
- MM. Daudet ontoblenuunemention honorable en 1834; le jury la leur confirme. ,
- MM. Hauyert fils, Ducros et Saussine, de Nîmes,
- Présentent, à l’exposition, dés châles et des fichus, des écharpes, des foulards et des étoffes imprimées pour robes. Ceséloffes sont faites lesunes surchaîne fantaisie et lesautres sur chaîne coton. Leurs mousselines brochées tout colon remplacent, pour les consommateurs les moins riches, les
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- mousselinçs*!aine de Paris et sont d’une grande consom^ mation à cause de leur bas prix.
- Les produits de celte fabrique sont remarquables par le bon goût des dessins et leur parfaite confection.
- Il n’y a pas longtemps que cette maison existe sous sa nouvelle raison sociale. Elle est appelée par son industrie à prendre un rang distingué parmi ses concurrents ; en attendant , le jury lui décerne îa mention honorable.
- § 4. PELUCHES DE SOIE.
- MÉDAILLE D’OR.
- MM. Masstng frères, Huber et c,e, à Pu Mélangé (Moselle),
- Ont exposé des peluches de soie pour chapeaux, remarquables parleur bonne fabrication, la pureté et l’éclat du noir et la modicité de leur prix. On remarque dans leur exposition une peluche imitant le feutre d’une très-belle réduction et d’un reflet très-agréable.
- Cette fabrique, qui date de 1833, a été créée dans un pays où jamais un établissement de ce genre n’avait existé, et elle a procuré de l’ouvrage et de l’aisance à ses habitants, ainsi qu’à ceux des villages environnants. En 1834, elle occupait quarante ouvriers, et la perfection de ses peluches laissait encore à désirer; mais déjà à cette époque le noir et le brillant en étaient remarquables.. Depuis ce temps, cet établissement a pris un accroissement trèsrim-portant. MM. Massing frères, Huber et occupent prêt' seulement plus de huit cents ouvriers, tant pour laprépa-
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- ration et la teinture de la soie que pour la confection des peluches, et ils font plus d’un million d’àffâir’és par an. Ils sont parvenus à donner à leurs peluches un brillant et une pureté de noir que leurs concurrents n’ont par encore pu imiter, ce qui leur fait obtenir la préférence des fabricants de chapeaux. Les produits qu’ils présentent justifient une réputation qu’ils méritent à juste titre.
- L’emploi de la peluche de soie a fait une révolution complète dans la chapellerie en amenant une réduction considérable dans les prix.
- Nous lirions d’abord nos peluches de l’Allemagne ; MM. Massing frères, Huber et cic ont, plus que tout autre, contribué à nous affranchir de celte nécessité. Leurs produits sont incontestablement les plus beaux dans leur genre, et Lyon même ne fait pas d’aussi beaux noirs.
- En considération de l’importance de leur industrie et de leur supériorité reconnue dans un genre d’une aussi large exploitation, le jury leur décerne la médaille d’or.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Schmaltz, à Metz (Moselle)',
- A exposé des peluches de soie pour chapeaux de différentes qualités, d’une fabrication soignée et à des prix très-modérés.
- Il emploie des trames, au lieu d’organsins, pour la confection de ses peluches, cela le met à même de les établir à plus bas prix; ce qui pourra, par la suite, en faire augmenter la yente pour l’exportation. -
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- La fabrique de M. Schmaltz est peu importante; mais, par ses efforts et ses soins à perfectionner la fabrication des peluches, il rend de grands services à son pays par les progrès qu’il contribue à faire faire à cet article.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
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- TROISIÈME PARTIE.
- FILS ET TISSUS DE COTON.
- ' —o©c=^—
- PREMIÈRE SECTION.
- FILATURE ET RETORDAGE.
- M. Nicolas Kœchlin, rapporteur.
- Considérations générales.
- I
- Le jury de l’exposition de 1834 a eu la satisfaction de signaler la prospérité de l’industrie cotonnière ; il n’en est malheureusement pas ainsi aujourd’hui, malgré les progrès incontestables en perfection et en économie. Cette industrie est retombée, depuis deux ans, dans un état de souffrance qui a déjà obligé beaucoup d?établissements de fermer leurs ateliers, et d’autres de réduire les heures de travail. Ces crises, qui affligent périodiquement l’industrie cotonnière, y appellent la plus sérieuse sollicitude du gouvernement. Le cri de détresse de cette industrie est :
- « Qu’elle ne saurait désormais subsister sans une « forte exportation ; c’est, à l’étranger qu’elle doit
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- (( trouver l’écoulement de ceux de ses produits qui « excèdent les besoins de la consommation inté-u rieure; car, dit-elle, ces besoins, pour être salis-<( faits, doivent être dépassés ; d’ailleurs une fabri-« cation étendue permet d’abaisser les prix sans « diminuer les bénéfices, et le consommateur « comme le fabricant sont également intéressés à
- « ce qu’elle puisse recevoir la plus grande extension
- /
- « possible. »
- Le jury du département du Haut-Rhin nous apprend qu’en 1834 la différence de prix entre le coton en laine et celui des filés noS 30 à 40, qui est la grande consommation, avait été de 3 fr. 20 c. par kilog., que cette différence n’est aujourd’hui que de 1 fr. 07 c., et qu’à aucune époque, depuis que les filatures de coton existent en France, le prix de façon du filage n’avait été aussi réduit.
- Les bénéfices plus qu'ordinaires qu’offraient les filatures de coton durant quelques années, jusqu’en 1836/ont eu pour conséquences l’établissement d’un grand nombre de nouvelles filatures et l’agrandissement d’autres. Ainsi nous apprenons également, par le rapport du jury du département du Haut^ Rhin, qu’à l’époque de la dernière exposition, le nombre des broches en activité, dans le département, s’élevait à...................; . 530,000
- Que ce nombre s’est accru de, . . . . 153,000 Ce qui donne un total actuel de. . . , 083,000
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- On estime que le Haut-Rhin entre à peu près pour le cinquième dans le nombre des broches ,. et pour le sixième de la consommation de coton en France , ce qui présenterait, pour toute la France, le chiffre de 3,415,000 broches.
- La consommation de coton par les filatures peut être évaluée, en moyenne, à 1 kilog. par jour pour 24 broches (en Alsace, où on est en finesse, au-dessus de la moyenne pour toute la France, elle est de 1 kilog. par 27 broches) ; soit par jour, pour les 3,415,000 broches, de........ 142,290 kilog.
- Ou, par année, de 300 jours.. 42,687,000 kilog.
- La valeur de ces 42,687,000 kilog., cotons de toutes qualités, rendus dans les filatures au prix moyen de 2 f. 50 c. le kilog., est de 106,717,500 f.
- En estimant le déchet perdu à 8 pour 100, ces cotons en laine produisent, en fils, 39,272,040 kil., qui, au prix actuel de 4 fr. la moyenne par kilog.,
- représentent une valeur de. . . . 157,088,160 f.
- De laquelle somme retranchant le coût du coton................... 106,717,500
- \ 11 ' " ^m l,,w—u
- Il reste* pour frais, de fabrication, frais de commerce* intérêts des capitaux, etc...........: . . . 50,370,660
- dont la. moitié peut être appliquée à la dépense en main-d’œuvre.
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- Cotons importés et restés pour la consommation.
- 1834. . . . 36,900,000 kilog.
- 1835. . . . 38,700,000
- 1836. . . . 44,300,000
- 1837. . . . 43,300,000
- 1838. . . . 51,200,000
- Le nombre d’ouvriers employés dans les filatures de coton est d’environ 1 ouvrier sur 49 broches ; soit 70,000 pour toute la France.
- La valeur des filatures peut être estimée, en moyenne, y compris emplacement, bâtiments, moteur, etc., à raison de 35 c. la broche, 119,525,000 f.
- Sans les circonstances fâcheuses qui pèsent sur l’industrie cotonnière, une situation prospère leur serait infailliblement assurée en France; car de nombreux perfectionnements ont encore été introduits, notamment la substitution des bancs à broches aux métiers en gros ; une plus grande expérience dans le choix des cotons pour chaque sérié de numéros, surtout pour les numéros les plus élevés, nous permet de comparer avec avantage l’ensemble de nos productions avec celles des filatures anglaises ; soit que ces rivaux se seraient négligés, tandis que les filateurs et les constructeurs français ont persévéré dans la voie de perfection; il paraît certain que, dans les numéros jusqu’à 80 , la masse de nos produits offre plus de régularité, plus de qualité que la leur dans les mêmes séries.
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- Ce qui devrait surtout aussi favoriser nos exportations et contribuer à la prospérité de l’industrie cotonnière en France, c’est la prépondérance du ffoût français eu articles de mode sur les marchés
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- étrangers, et la supériorité bien reconnue de nos impressions, qui seraient en mesure de rivaliser partout, si elle avait toujours les tissus aux prix que peuvent se les procurer ses concurrents.
- Les exportations de l’industrie cotonnière, d’après les comptes officiels du gouvernement, étaient en 1834 de 2,289,828 kilog.
- 1835 2,578,177
- 1836 2,734,945
- 1837 2,840,745
- 1838 3,363,985
- Ainsi les exportations restaient à peu près stationnaires , tandis que les moyens de production se sont'accrus prodigieusement, non-seulement en rapport au nombre de broches nouvellement construites, mais surtout aussi par les perfectionnements qui en ont augmenté le rendement.
- Nous avons signalé plus haut qu’en 1834 la différence du prix entre le coton en laine et celui des filés nos 30 à 40 avait été de 3 fr. 20 cent, par kilog. ce prix de façon exorbitant a eu pour conséquences naturelles, en renchérissant les produits de l’industrie cotonnière, d’en diminuer la consommation et d’arrêter l’élan de nos exportations.
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- K APPELS. DE MÉDAILLES D’OR.
- MM. Dollfus, Mieg et c’e j a Mulhouse *
- Ce grand établissement réunit toutes les transformations du coton depuis son arrivée en balle jusqu’à l’impressionj chacune dé ces transformations, prise isolément, mériterait le premier rang j ils emploient dans leurs divers ateliers 4,200 ouvriers j leur filature produit 325,000 kil. de filé dans lés nos 30 à 150, consommés en grande partie dans leurs propres lissages, qui produisent à leur tour à la fabrique d’impression 25 à 30,000 pièces calicot et 20,000 pièces jaconas et mousselines.
- Outre les fils destinés à leur propre consommation, et dont la qualité ne laisse rien à désirer, nous remarquons dans leur exposition du fil câblé qui est recherché à Lyon par sa régularité ; puis du très-beau fil chaîné numéro 84, de coton récolté à’ Alger, qui leur à été adressé pour en faire l’essai.
- Cette maison ayant obtenu le rappel de la médaille d’or en 1834 pour l’ensemble de son industrie, le jury, lui confirme ce rappel..
- MM. Nicolas Schlumrerger et c?e 3. à Gtieb-willer (Haut-Rhin).
- MM. Schlumbergér exposent une série de fils de coton tant en échevetles qu’en bobines et en cannelles,depuis le n° 5 jusqu’au n° 300. - - '
- Leur établissement est toujours en tète de l’industrie du filage et donne l’exemple de tous les perfectionnements. Leurs produits ne laissent absolument rien à désirer j leurs
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- vastes ateliers de constructions fournissent des machines aussi soignées, aussi parfaites que les meilleures constructeurs anglaises.
- Cette maison n’a pas augmenté l’importance de sa filature de coton depuis 1834 ; elle est toujours de cinquante-cinq mille broches, dont majeure, partie pour les numéros élevés -, mais, par contre, elle établit des filatures-modèles de laine et de lin dont elle a déjà exposé des machines et des produits qui promettent les mêmes succès qu’elle a eus dans les cotons. *
- MM. Schlumberger font de plus en plus honneur à la récompense de premier ordre qui leur a été décernée en 1827 et 1834, et le jury leur confirme la médaille d’or avec la même satisfaction.
- M. Jacques Hartmann , à Munster (Haut-Rhin).
- Cette belle filature de cinquante mille broches vient de perdre son habile et laborieux chef ; elle est aujourd’hui là propriété de messieurs ses frères, connus sous la raison de commerce Hartmann et fils, dont les importants établissements de tissage et d’impressions sont situés dans le voisinage.
- Il expose une série de filés depuis le ,n° • 20 jusqu’au n° 300 en parfaite qualité, mais la fabrication ordinaire de cet établissement n’est que dans les nos 30 à 142.
- M. Jacques Hartmann défunt avait exposé pour la première fois en. 1834 et a été décoré deda croix d’honneur pour* son brillant début ; le jury confirme r son. établissement la médaille d’or si bien justifiée par l’excellente réputation dont jouissent ses filés,
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- MM. Vantroÿen-Cuveeier et cl% à Lille*
- Ils exposent des filés pour chaîne en coton de Géorgie long n° 170 et du n° 140 de coton jumel ; des fils retors et gazés des nos 150 à 205 pour la fabrication du tulle, puis des fils-cordonnet pour tissures dans les nos 80 à 120.
- L’ensemble de ces produits justifie la récompense de la médaille d’or qu’ils ont obtenue en 1834, et dont le jury les juge de plus en plus dignes.
- M. Fauqüet-Lemaître , à Bolbec (Seine-Inférieure).
- Cette filature, de quarante-six mille broches, et occupant huit cents ouvriers, est la plus importante du département de la Seine-Inférieure.
- Les produits de cette filature sont recherchés sur la place de Rouen, ce que les échantillons exposés justifient com-’ plétcment.
- Le jury confirme à M. Fauquet-Lemaître la médaille d’or qu’il a obtenue en 1834.
- MÉDAILLES D’OR.
- M. iVntoine Herzog, au Logelbach, près Colmar.
- L’établissement est de trente-six mille broches, mises en rtiouvement par chutes d’eau et par machines à vapeur $ le produit annuel est de 215 à 220,000 kil.,dans les n05 46 à 140.
- /
- Il expose une série complète de colons filés dans les nOÎ 60
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- jusqu’à 330, et il y a vraiment plaisir à les examiner, tout y est au parfait ; on reconnaît visiblement les soins personnels de l’homme qui de simple ouvrier s’est élevé au niveau des premiers filateurs de l’Alsace, après avoir contribué. à lèur suècès.
- Aujourd’hui, propriétaire d’une des.plus belles filatures, M. J. Herzog jouit de l’estime générale, et ses produits de l’approbation de tous ceux quiles consomment; le jury juge que la médaille d’or ne saurait être mieux placée.et sera unejuste récompense de ses nouveaux progrès depuis 1834,
- époque à laquelle il a obtenu la médaille d’argent.
- / “ 5
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- M. Edmond Cox et c'% a la Louvrière, près Lille. . i ;
- * . V • < ' < > - i
- Etablissement de dix mille broches montées pour filer exclusivement les numéros les plus élevés ; les ateliers sont chauffés à la vapeur et éclairés au gaz.
- Ils exposent :
- des nos 132 à 205 pour la fabrication des mousselines; 140 à 225 pour tulles;
- 300 à 330 réunis à deux bouts pour dentellesT
- Ces filés sont dë là plus grande beauté et ne laissent absolument rien à désirer ; et ce qui prouve que lès échantillons représentent bien les produits courants de cet établissement, c’est l’approbation des consommateurs, qui les recherchent à l’égal des meilleurs filés anglais dans les mêmes numéros. , . ,
- Quoique MM. Cox exposent pour la première fois ; le jury juge leur industrie digne d’être récompensée par la médaille d’or. •
- T. I.
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- M. Charles yNaegely et cie, à Mulhouse*
- C’est la filature la plus considérable de France; elle est de quatre-vingt-quatre paille broches et mise en mouvement par cinq machines à vapeur d’ensemble deux cents chevaux de force ; les ateliers sont éclairés au gaz et chauffés a là vapeur ; le produit journalier est de 1,500 kil. çn nos 40 à 140, équivalant à 3,500 kil. de n°s 30 à 40.
- Les iilés que M. Naegely expose n’attestent pas seulement une fabrication des plus soignées, mais témoignent aussi'de la bonne construction des métiers et machines ,
- * . ; . • • ' - i ' r'i ; ; ' ? • , „ v •
- qui sortent des ateliers de M. André Kœchlin et c,c.
- C’est pour la première fois que ce filateur expose.; mais ses produits se trouvent depuis longtemps classés,, par le consommateur, parmi les meilleurs filés d’Alsace, et sont recherchés en Suisse à l’égal des filés anglais; le jury , lui décerne la médaille d’ôr.
- RAPPELS DE MÉDAILLÉS D’ARGENT.
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- MM. Seillière, Provensal et cio, àSenones
- (Vosges). . , -, .Y,.;.
- Ôiitrë la filature de vingt-cinq mille brochés, produisant annuellement 160,000 k. de filés dans les nos 30 a 200,
- 1 * • . . i- > . \ . • %
- MM. Seillière, Provensal et cie exploitent des.tissages pour convertir uue partie de leurs filés en calicot et autres tissus ; ils ont aussi une vaste blanchisserie.
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- Leur exposition* est -composée d’une série de filés du n° 30 jusqu’à 330, ainsi que de calicots et percales ; l’en-
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- semble est d’une bonne fabrication courante et atteste des
- i
- progrès. ;
- Le jury leur confirme la médaille d’argent qu’ils ont obtenue en 1834.
- M. Tesse-Petit, à Lille. ;
- . * ' *
- M. Tesse-Petit expose des filés de coton, nos 180 et 280, gazés et cjlindrés pour la fabrication des tulles et des dentelles.
- Ce fabricant a obtenu, à l’exposition de 1834, la médaille d’argent; le jury lui en vote le rappel.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Roeçhlin Dollfus et frères, à Mulhouse.
- Ils exposent des filés pour chaîne et trame dans les nos 20 à 42.
- Cette filature s’occupe exclusivement de ces numéros qu’elle produit avec perfection ; les tissages mécaniques d’Alsace les recherchent de préférence, > .
- Le jury leur décerne la médaille d’argent,
- M. Henri Hofer, à Ray^orshpurg ( Haut-
- Filature de vingt mille broches mise en mouvement par une chute d’eau.
- Elle expose des filés en bobines et en paquets des nos 40 à 68 pour chaîne dite tissage mécanique.
- Il est impossible de désirer un fil plus parfait de colon
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- jumel, et nous en faisons compliment à M. Hofer. Si ses produits sont, en général, aussi parfaits, et s’il con-tinue à les soutenir à la hauteur à laquelle il les a placés dès son début, car son établissement est nouvellement construit, il peut espérer la récompense de premier ordre à l’exposition prochaine ; nous lui décernons, en attendant, la médaille d’argent.
- Filature cl’Ourscamp (Oise).
- L’établissement d’Ourscamp compte vingt-neuf mille broches et deux cent vingt-cinq métiers de tissage, le tout mis en mouvement par deux machines à vapeur de la force det soixante-neuf chevaux ; il fde annuellement 250,000 kil. des nos 26 à 60, 250,000 kil. uos 9 à 18 du déchet, et il tisse 13,000 pièces.
- Ourscamp revendique le mérite d’avoir été le premier à introduire d’Angleterre les bancs à broches qui ont marqué un-progrès dans le filage dü coton.
- L’ensemble des produits de cet établissement témoigne d’une direction éclairée et soignée que le jury veut récomr penser en lui décernant la médaille d’argent.
- M. Piquot-Deschamps , à Rouen,
- Propriétaire de deux établissements, l’un à Rouen et l’autre à Montville', de 18,300 broches mull-jenny, 5,400 broches métier continu.. . ,
- Il expose du fil, n° 30, chaîne mull-jenny, remarquable en raison du peu de tors sans préjudice de la force du fil.
- Ses métiers continus, employés à la filature du déchet, donnent des résultats qui ne sont pas moins satisfaisant^, à en juger par l’échantillon que nous avons eu sous les yeux.
- Le jury lui décerne la médaille d’argent en prenant aussi
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- en considération l’importance de l’établissement et son début dans le filage de la laine dont il expose un échantillon qui mérite de l’encouragement.
- M. Pouyer-Hellouin , à Saint-Yandrille (Seine-Inférieure).
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- Il expose des fils, nos 24 et 26, pour la teinture
- rouge : ces fils attestent une bonne fabrication, et le jury du département constate que les produits de M. Pouyer sont généralement recherchés sur le marché de Rouen.
- Il a joint une notice pour fixer l’attention du jury sur sou système économique de filature, et sur les résultats qu’il obtient par l’emploi du métier rota-flotteur, au lieu du banc à broches, qui lui coûte moins cher à établir, et diminue son prix de revient sans nuire à la qualité. Il file, par semaine, 2,000 kilogrammes.
- Le jury n’a pas de moyens de Yérificr l’exactitude des calculs de revient comparatifs qu’établit M. Pouyer; il n’a pu reconnaître qu’un fait qui est à la connaissance personnelle d’un de scs membres, c’est que ce fabricant sé sert effectivemient du rota-flotleur, après l’avoir perfectionné: tout indique, d’ailleurs, qu’il trouve l’avantage à se sertir de ce métier.
- Le jury décerne à M. Pouyer la médaille d’argent.
- M. Vaussard fils, à Boudeville (Seine-Inférieure).
- Établissement de 19,000 broches, 450 métiers détissage mécanique.
- Les fils nos 36 pour trame et 28 pour chaîne, ainsi que les calicots, attestent une fabrication des plus soignées, et qui ne le cède en rien aux b'ons produits d’Alsace.
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- Pour récompenser cet établissement, un des plus importants de la Seine-Inférieure, le jury lui décerne la mér. daille d’argent.
- *
- M. Crepet aîné, à Rouen. -
- La filature de M. Crepet est de 7,800 brochés ; il expose des filés pour chaîne, en écheveaux et en bobines, des nos 26 et 36 , et des filés chaîne et trame, n° 20, moitié déchet. Nous avons particulièrement remarqué le n° 36 destiné pour la fabrication des velours. Les filés de M. Crepet sont justement appréciés par la consommation, et nous jugeons l’ensemble de ses produits digne de la médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZÉ.
- M. Gervais, à Caen (Calvados).
- M. Gervais expose des colons filés, nos 16, 19 et 21, pour chaîne d’une bonne fabrication, qui lui ont valu, à l’exposition 1834, la médaille de bronze que nous lui confirmons.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Courmojst, à Wazemmes (Nord).
- Établissementde 3,600 broches employant quatre-vingt-dix ouvriers.
- Il expose trois paquets de filés pour chaîne, nos 200 à 228.
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- Les produits de cette filature ont été jugés dignes d’une mention honorable à l’exposition de 1834.
- Le jury reconnaît des progrès qu’il veut récompenser par la médaille de bronze. : : ’ * X
- M. Lalizel aîné, à Bareptin, près Rouen.-f
- Établissement de 3,400 broches mulbjenny, 1,664broches métier continu. •
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- Il expose du fil jenny-mull, nos 20 et 26, pour chaîne, et du continu, nos 22 et 24.
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- Le fil est de bonne qualité, maisM. Lalizel serecoûi-
- . ’ à ^ ’ ii -
- mande surtout aussi par des vues philanthropiques envers ses ouvriers, et qu’il a consignées dans une brochure!
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. Bour, à Nancy.
- M. Bour expose des filés de bonne qualité que le jury jugedignes d’être mentionnés honorablement., ,,,
- CITATION.
- ;"'î l:. J • : .:K .
- M. Lalizel, à Déville (Seiné-ïnférieüre).
- M. Lalizel expose quinze pelotes tïe gros fil pour mèches. Le jury le juge, digne d’être cité favorablement.
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- RETORDAGE DU COTON FILE.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Michelez lilsaîné, à Paris.
- Il expose, comme en 1834, un assortiment complet de cotons filés retors, convertis en petites pelotes et de bobines de cordonnets, de lacets, etc.; de fil retors à coudre appelé fil d’Écosse, qu’il continue à produire en perfection.
- *
- L’ensemble des produits de M. Michelez prouve qu’il se soutient toujours en tête de cette industrie, et qu’il mérite la confirmation de la médaille d’argent qu’il a obtenue aux expositions de 1827 et 1834.
- MÉDAILLES DE RRÜNZE.
- M. Bresson aîné, à Paris,
- Expose un assortiment complet de cotons filés retors pour la bonneterie et pour la passementerie. Yu l’importance de sa fabrication, qui jouit d'une réputation bien établie, le jury lui décerne la médaille de bronze. _
- MM. Laumaillier et Froidot, à Paris.
- Ces jeunes fabricants exposent un assortiment complet de cotons filés simples et retors, produits de leur établissement sous la dénomination de relorderie hydraulique de Goye (Oise); leur fil à,coudre perfectionné et leur apprêt brillant nous ont surtout paru remarquables, et
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- l'ensemble de leurs produits atteste une fabrication soignée et digne d’être récompensée par la médaille de bronze.
- M. Adolphe Yon ? à,Lille.
- Filature de treize mille broches. Le produit de cette filature se convertit en fil retors dit fil de Chine, qui se vend, tant en France qu’à l’étranger, par petits paquets à 1 fr. 25 c. ,
- Le jury décerne à M. Yon la médaille de bronzé.
- CITATIONS.
- MM. Blaise (Armand) à Guingamp, Lud-ger - Gueliot à Guingamp , Raoul à Guingamp, Geoffroy à Paris, exposent
- des (ils retors.
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- Le jury cite favorablement leurs produits.
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- SECTION II.
- TISSUS DE COTON. '
- MM. Kœchlin et Legenlil, rapporteurs.
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- Considérations générales.
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- La crise qui afflige si cruellement l’industrie du filage pèse aussi, quoique heureusement, à uni degré moindre sur les tissus. .
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- Depuis, f834, l’emploi des métiers mécaniques, a fait de. grands progrès ; on les a encore perfectionnés, on a appris à s’en servir, pour les étoffes les plus fines; il en est résulté de l’économie pour la fabrication, ce qui est venu en aide pour compenser eii partie l’avilissement des prix. L’application dés métiers à la Jacquart se propage aussi de plus en plus, et .en facilitant la variation des produits active la consommation.
- L’augmentation des métiers mécaniques entraîne nécessairement la suppression d’une partie des métiers qui marchent à la main ; dans plusieurs contrées déjà, entre autres en Alsace, la main-d’œuvre pour le tissage à la main est tombée à un taux si minime, qu’elle serait tout à fait insuffisante pour subvenir à l’existence du tisserand, si les individus qui exercent encore ce gérirë d’industrie n’appartenaient, pour la plupart, à des familles qui trouvent d’autres ressources dans les travaux agricoles, de manière que le temps donné au tissage n’est que l’emploi de celui que la mauvaise saison ne permet pas de consacrer à l’agriculture. Heureusement pour les tisserands à la main, une industrie nouvelle se propose pour remplacer le coton ; les étoffes de laine, pour l’impression d?une part, et la toile de lin, de l’autre, leur offriront des ressources; et d’ailleurs il existera toujours certaines qualités réclamées par la consommation qui exigeront le tissage manuel;
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- Quoi qu’il en soit, l’abaissement et Finsufïisarice des salaires du tisserand accusent uii état de souffrance dans l’industrie du tissage du coton, et cet état n’est que trop réel : quelles eh sont les causes? Il y en à de deux]sortes, d’extérieures et d’inté* riéures. -•../ü :
- ï La crise financière qui a pesé; depuis 1836, sur l’Amérique du Nord, et dont les effets se font encore sentir, l’anarchie qui a désolé presque tous les États de l’Amérique du Sud, ont paralysé la confiàpce et nous ont fermé une partie de nos.débouchés dans le nouveau, monde,
- A l’intérieur, nos toiles de coton ont eu à se défendre contre l’active concurrence que leur faisaient
- • ' '
- les étoffes de laine légères, et surtout les mousselines dë lainei Un rapprochement de chiffres fëra sentir toute l’importance de cette concurrence : l’Alsacè, qui est le plus grand centre de production de l’indienne, imprime annuellement de 700 à 720,000 pièces de calicot, et nous avons déjà vu que, l’année dernière, on avait livré au commerce plus de 200,000 pièces de mousseline - laine imprimées; pour se rendre compte de l’influence de ces 200,000 pièces sur la consommation générale, il faut bien remarquer que, pour le prix autant que pour la durée de l’usage, elles représentent’plus de 400,000 pièces d’indiennes. * v
- Une autre cause est venue encore s’ajouter à
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- celles qui précèdent. Le cours des toiles de fil était
- \ ;
- à peu près stationnaire depuis longues années, et,
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- en présence de rabaissement toujours progressif des tissus de coton, il avait éloigné beaucoup de consommateurs. Le coton avait conquis plusieurs des emplois exclusivement réservés jusqu’alors au fil, tels que le linge de corps, de table et de' ménage ; la filature du lin à la mécanique a eu pour premier résultat d’abaisser très-sensiblement le prix des toiles de fil, et le coton a perdu une partie des conquêtes qu’il avait faites*
- Qu’il nous soit permis d’espérer voir bientôt l’in-düstrie cotonnière, grâce à l’activité intelligente de nos fabricants et aux perfectionnements incessants de nos moyens de travail, reprendre une nouvelle prospérité, nos débouchés se rouvrir au dehors, la réduction des prix, en favorisant la consommation, rétablir l’équilibre entre la production et la demande ; mais un état normal dans cette industrie peut-il, sous la législation actuelle, être de longue durée ? L’expérience du passé pourrait en faire douter : c’est là le problème à résoudre.
- Les observations que nous venons de présenter avaient principalement pour objets ^les calicots imprimés ou blancs; elles trouvent également en grande partie leur 'application aux toiles de coton tissées en couleurs connues sous le nom générique de cotonnades. Nous avons cependant à signaler
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- quelques faits qui sont particuliers à ces articles.
- Les tissus fins, dans ce genre, tels que les guingans, avaient joui, il y a plusieurs aimées, d’uné grande vogue : Rouen, Saint-Quentin, Sainte-Marie-aux-Mines, ne trouvaient pas assez de bras pour les tisser. Cette vogue n’a pas eu de durée ; on ne fabrique presque plus de guingans fonds blancs, on , s’est réduit à quelques guingans fonds unis en couleurs claires ou à carreaux en couleurs foncées, qui sont plus particulièrement demandés pour l’exportation.
- La tendance du goût vers la forme et la couleur a fait abandonner l’usage de tissus qui ne pouvaient jamais présenter que des carreaux et des rayures, pour adopter les indiennes dont les dessins et les nuances séduisent les yeux par leur éclat et leur variété. Le bon marché est venu seconder cette tendance : le consommateur a pu obtenir les impressions les plus riches et les plus parfaites de 1 fr. 30 à 1 fr. 60 l’aune métrique en 90 centimètres de large ; on lui en a offert même de très-satisfaisantes, et pour le tissu, et pour le dessin et la couleur, a 60 centimes l’aune en 80 centimètres.
- Toutefois, les fabriques d’Alsace, Sainte-Marie, Ribeauville, Mulhouse, ont continué à tisser des cotonnades fines de 70 jusqu’à 140 centimètres de largeur, en couleurs foncées, et ellès en trouvent encore le débouché dans l’intérieur ; quelques es-
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- sais nouveaux viennent d’être tentés pour alliér la soie au coton; on a lancé même sur les fonds un léger, broché de couleur y. ces tentatives sont tou-r jours à louer, lors même que le succès ne répond pas à l’attente de" leurs auteurs.
- La Normandie avait été, pendant de longues années, en possession exclusive de fournir des cotonnades à la France : c’est à Darnetal, près de Rouen, qu’avait été, en 174-7, fondée la première teinturerie en rouge d’Andrinopie, dont les procédés avaient été apportés par des Grecs. Le coton rouge, jouant un grand rôle dans l’article cotonnade, assurait aux articles de la fabrication normande une; supériorité qu’elle a longtemps conservée ; aussi les articles.de coton tissé en couleur étaient-ils connus dans le
- commerce sous le nom de rouennerie.Lies fabri-* „
- ques du Haut-Rhin, en venant disputer à celles de la Seine-Inférieure une partie de sa production ha-r bituellé,.n’ont pu lui enlever que les articles fins ; ceux de la grande consommation, c’est-àrdire les toiles à bas prix pour usage de tabliers, de: robes de campagne,* d’habillements de pauvres, de; mou-r choirs de poche communs, ont continué d’âppar^ tenir à la fabrique primitive. On conçoit combien il est difficile de.lutter avec elle pour le bon jnàr-r ché, lorsque l’on voit à l’exposition une douzaine de mouchoirs de poche d’enfants, de qualité et de grandeur suffisantes, cotée à 80 centimes i : ' .
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- De tous les articles de la cotonnade, celui qui sè soutient le mieux est le madras. L’Alsace et la Normandie ont conservé, dans cette fabrication ,s la même distribution qu’elles se sont faite dans les toiles : la première excelle dans les qualités fines, la seconde dans les qualités communes ou moyennes. Dans l’ensemble, la production en est importante,
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- et l’exportation assez considérable. r
- L’industrie des cotonnades, quelles qu’aient été ses vicissitudes, a continué à occuper un nombre considérable de bras, et à tenir un rang notable dans la production générale du pays,.et on évalue à plus de 30 millions la somme annuelle pour laquelle elle y figure. ; r' ;
- Nous regrettons de n’avoir pas vu, à l’exposition, des échantillons du genre dit gingas, étoffe de coton teinte en bleu que nos fabriques de Rouen font avec le plus grand succès, pour vendre dans les colonies, et particulièrement sur les côtes d’Afrique, en concurrence avec les Anglais, qui importenti le même article de l’Inde.
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- IL est intéressant de voir notre industrie* lutter
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- contre les produits d’un travail qui n est* payé que 10 à 15 centimes par journée. G’est un résultat que la vapeur et la mécanique pouvaient seules nous faire obtenir. v i
- Si des tissus serrés et pleins nous passons'aux tissus légers et clairs, nous trouvons l’industrie
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- dans une meilleure position. Depuis ') 834, lafabrication des mousselines a fait des progrès bien marqués. Nous réussissons parfaitement le genre suisse pour le grain et la régularité du tissu ; nos organdis unis ne le cèdent en rien aux organdis anglais, pas même pour le bon marché, et nous les surpassons pour l’élégance et le goût des dessins légers dont nous les brochons. Ces mousselines de l’Inde, si. fines, si claires, si aériennes que le souffle les tiendrait presqué suspendues en l’air, nous les imitons pour la finesse et le grand clair du tissu, avec une énorme réduction de prix. A la fabrique de Tarare est dû l’honneur d’avoir disputé à nos rivaux étrangers une supériorité dont ils étaient depuis longtemps en possession, et d’avoir rendu le plus grand service au commerce régulier et honnête en déjouant tous les-calculs de la contrebande. Le jury a eu à regretter d’avoir vu une fabrique aussi recommandable que celle de Tarare représentée par un trop petit nombre d’exposants, et surtout de n’avoir pas vu parmi eux figurer plusieurs de ces fabricants que la fabrique entière reconnaît pour ses chefs, que leur importance, leur habileté et l’heureuse influence qu’ils ont exercée sur leup industrie désignaient tout naturellement aux récompenses nationales.
- Parmi nos conquêtes industrielles, nous ne pouvons .oublier celle des mousselines brodées pour
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- meubles ; pendant longtemps, et malgré la prohibition la plus sévère, tous nos salons, même ceux de nos législateurs et de nos administrateurs, étaient tendus de mousselines brodées suisses. MM. Cleram-bault, Lecoq-Guibé et Mercier, fabricants à Alençon, se proposèrent d’offrir à la consommation un produit qu’elle réclamait instamment, et de l’affranchir du tribut payé à la contrebande ; ils montèrent en grand la broderie pour meubles sur mousseline , et ils tissèrent eux-mêmes leurs fonds. Ils obtinrent des succès qui ont été récompensés dans les précédentes expositions. Mais le haut prix de là main-d’œuvre dans un pays comme celui du département de l’Orne, où les bras sont sollicités par tant d’emplois, leur rendit la lutte difficile à soutenir ; c’est alors que plusieurs industriels eurent l’idée de transporter cette main-d’œuvre dans la moritàgne de Tarare, où la broderie est pratiquée de temps immémorial, et où les salaires sont modiques; Leur calcul a été justifié par le succès, et le goût français, venant à remplacer les dessins anciens et rarement renouvelés de la mousseline suisse, ne peut manquer de la repousser tout à fait de notre marché. Le jury n’a pas eu à récompenser, dans les trois exposants de mousselines brodées, des environs de Tarare, un mérite notable de manufacturier,
- puisqu’il ne s’agit que d’une façon toute manuelle,
- *
- qui n’emprunte rien au perfectionnement des arts
- T. i. 17
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- mécaniques, et que d’ailleurs ils n’avaient fait, sauf la différence des lieux, que d’entrer dans une voie depuis longtemps exploitée. Le pays ne peut cependant qu’applaudir à leurs efforts pour donner et conserver aux femmes un de ces travaux assez rares, que la mécanique n’a point encore envahi, qui s’allie si bien avec les habitudes morales du foyer domestique, et qui, sans être largement rétribué, a l’avantage d’occuper les loisirs perdus ou les moments de chômage.
- Nous devons également mentionner avec distinction, une fabrication que Saint-Quentin exploite exclusivement, et qui depuis la dernière exposition a fait des progrès remarquables autant sous le rapport du bon marché que sous celui de la perfection, nous voulons parler des mousselines brochées pour meubles. Nous retrouvons encore ici la machine à la Jacquart comme élément principal de cette fabrication ; ce tissu a été imité de l’anglais ; mais aujourd’hui nous ne devons plus, rien à nos modèles. Les fonds, d’abord un peu épais et souvent barrés, sont devenus plus réguliers et plus clairs, et le dessin a tout lé relief désirable.
- La production de cet article est assez abondante,
- et elle est venue heureusement combler les lacunes
- que laissait la perte de plusieurs anciens articles de
- la fabrique de Saint-Quentin, que la consommation *
- abandonnait.
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- La fabrication des percales et jaconats fantaisies tissés à la marche ou à la Jacquart s’est aussi beaucoup améliorée. On a poussé aussi loin que possible la finesse dii fond et la réduction du dessin. Les batistes d’Écosse, les jaconats et les nansoucks ont suivi ce mouvement de progression, et remplacent avantageusement, sous tous les rapports, les tissus similaires étrangers.
- Le tulle, à la différence de tout autre article, trouvait dans la réduction progressive de son prix une cause de mévente ; c’est que le tulle est essentiellement un article de luxe, et que la vileté de son prix lui faisait manquer sa destination : pour la lui rendre, on l’a enrichi de broderies et d’applications imitant la dentelle; il a été alors accepté par nos dames, recherché pour les ornements d’église : enfin on le brode pour rideaux, et il joue le rôle de la mousseline. Le tulle présente peut-être l’exemple le plus frappant de l’extrême réduction de prix auquel les perfectionnements mécaniques peuvent faire descendre un produit : dans les premiers temps de sa fabrication en France, on payait un tulle en \ 40 centimètres de large, de finesse courante, de'25 à 30 fr. Faune métrique; aujourd’hui, la même largeur et la même finesse peuvent s'obtenir de 2 f. 25 à 2 f. 50.
- Le jury signale, par continuation, une amélioration qu’il appelle de tous ses vœux dans l’exploita-
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- lion de. l’industrie cotonnière : c’est l’adoption d’un aunage constant et uniforme pour toutes les pièces d’un même genre de tissus. Cette mesure, si simple et si facile, favoriserait les ventes à l’inférieur et à l’étranger, économiserait du temps et des frais d’écritures, étendrait l’échelle de gradation des prix> obvierait à beaucoup d’erreurs et de réclamations, etc. Des avantages aussi réels seront-ils donc toujours sacrifiés à d’étroits calculs et à l’obstination de la routine?
- § 1er. TISSUS DE COTON SERRES, UNIS, ECRUS ET
- BLANCS.
- M. Kœchlin, rapporteur.
- S»
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Koenig (David.), à Mulhouse (Haut-Rhin).
- , Les tissus de cotons de diverses qualités que ce fabricant expose justifient parfaitement l’excellente réputation dout jouissent ses produits -, nous avons surtout remarqué des calicots et percales de toutes finesses, qui réunissent toutes les qualités d’une belle et bonne fabrication, et qui ne le cèdent eu rien à ce qui se fabrique de mieux dans le même genre en Angleterre.
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- L’apprêt de ces marchandises a été fait chez MM. Mertz-dorf frères, au vieux Thann (Haut-Rhin), et ne laisse également rien à désirer.
- M. Kœnig expose pour la première fois ; l’importance de sa fabrication est de sept à huit mille pièces par an. Le jury lui décerne la médaille d’argent.
- M. Ziegler et cie? à Mulhouse (Haut-Rhin). -
- Ces fabricants possèdent dévastés établissements de filature et tissages mécaniques dans la vallée de Guebwiller (Haut-Rhin) j ils emploient dans leurs ateliers seize cents ouvriers, et produisent environ soixante mille pièces de quarante aunes par année.
- Ils exposent des calicots pour l’impression , et pour la vente eu blanc en toutes largeurs, des jaconats, des percales, des mousselines rayées et façonnées à la Jacquart.
- Nous avons aussi remarqué des toiles fortes de ménage et à l’usage des troupes.
- Ces marchandises présentent dans leur ensemble une bonne fabrication et attestent de l’habileté de ces fabricants. Le jury leur décerne la médaille d’argent.
- MM. Fergusson et Borneque, à Bavilliers (Haut-Rhin).
- L’établissement est de six mille broches de filature, trois cents métiers de tissage mécanique et cinq cents métiers de lissage à la main; neuf cent quatre-vingts ouvriers y sont employés et produisent annuellement trente à cinquante mille pièces.
- Ils exposent une grande variété d’articles, des calicots, des madapolams, des cretonnes, des satins pour pantalons,
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- des cuirs-coton -, nous avons surtout remarqué avec intérêt unepiècede vingt-quatre échantillons de calicots brillantés^ que ces habiles fabricants sont parvenus à exécuter sur les métiers ordinaires, en y adaptant une mécanique toute simple qui ne donné pas plus de peine à l’ouvrier que pour les calicots unis. Ils fabriquent beaucoup de cretonnés pour draps de lit des militaires et de la classe ouvrière.
- En récompense des efforts de cet établissement pour varier ses produits et de sa bonne fabrication, le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. Bômparp et cie, à Nancy (Meurthe).
- MM. Bompard exposent un assortiment complet des nombreux articles qu’ils fournissent à la consommation : nous avons remarqué des calicots de toutes finesses, des percales, des piqués, des flanelles croisées> des napolitaines, des jaconats, des mousselines laine et coton et mousselines de pure laine j ils se livrent surtout avec succès à îa fabrication des mousselines claires dans les bas prix.
- Tous ces articles attestent, par leur bonne fabrication , des progrès remarquables que cet établissement a faits depuis 1834, où il a eu la médaille de bronze. Le jury lui décerne la médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- Mrae Yallée-Leronp (vëuvè), â Cametoursj près Saint-Lô.
- Cette dame expose deux pièces mousseline mi-double chaîne et trame retorses à 5,000 fils en 3/4 de large.
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- Ces pièces sont d’une très-jolie fabrication, que le jury juge digne de la confirmation de la médaille de bronze obtenue en 1834.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- , > ' ' :t
- Mé E. Lefébure, à Orbey (Haut-Rbin).
- L’établissement fondé, en 1836, est de 200 métiers mécaniques et produit 15,000 pièces par an.
- Il expose trois pièces-calicot de 75, 85 et 100 portées, d’une très-belle et bonne fabrication, que le jury a jugées dignes de la médaille de bronze.
- CITATIONS.
- . ^
- M. Butte au et cl% à Roubaix (Nor.d),
- Exposent deux pièces toile de coton remarquables par le prix modéré de 45 c. l’aune.
- M. Leclerre-Didus, à Roisel (Somme),
- ».
- Expose quatre coupes linge de table d’une bonne fabrication : a déjà été cité en 1834. .
- MM. Hqrrer-Martin et Rozal, à Blamont (Meurtbe).
- Ils exposent deux draps de lit et deux chemises dont la toile est filée et lissée dans leurs ateliers. Ils ont été cités en 1834. >
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- MM. Tettard et Métayer, à Clairvaux, entrepreneurs du service de la maison de détention.
- Ils exposent des calicots, des coutils, des cretonnes, des serviettes d’une bonne fabrication.
- M. Cabasse, à Remiremont (Vosges).
- Une pièce-croisé et des calicots d’une bonne fabrication.
- § 2. TISSUS EN COTON DE COULEUR. M. Barbet, rapporteur.
- FABRICATION DE L’ALSACE.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Kayser et c‘e, à Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin).
- Nous avons dit, en commençant, que les articles dits guingans n’étaient pas, en ce moment, recherchés par la consommation, quoique parfaitement fabriqués : c’est ce qui a déterminé MM. Kayser et compagnie, qui avaient obtenu une médaille d’argent en 1834, à reporter leur fabrication sur d’autres tissus ; ils exposent, cette année, une grande variété de cravates, tissus unis, façonnés, mélangés de soie et coton, et des imitations de batiste.
- Ces produits sont bien fabriqués, tout y est bien entendu. Lejury lui confirme la médaille d’argent obtenue en 1854.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- Veuve Laurent Weber et cic, à Mulhouse. .
- Ils présentent une grande variété de mouchoirs et d’étoffes pour robes.
- Ils ont été les premiers à mélanger la soie et le coton pour faire ces mouchoirs dont la souplesse et les prix les font rechercher des consommateurs ; ils teignent tous les cotons qu’ils emploient ; on remarque surtout le beau lilas dont les fils sont les inventeurs. Ils occupent six cents ouvriers pour toute leur fabrication. Nous avons remarqué aussi un article mouchoir madras qui imite parfaitement les mêmes genres fabriqués dans l’Inde 5 la. ressemblance est si parfaite, sous tous les rapports, tissu, couleur , apprêt et même l’odeur, qu’on les envoie à Bordeaux, où ils sont acceptés pour des tissus de l’Inde.
- Nous entrons ici dans quelques détails au sujet de cette fabrication, pour faire connaître jusqu’où doivent aller l’observation et le travail du fabricant pour parvenir à s’ouvrir de nouveaux débouchés.
- Lorsque l’on s’est livré à la fabrication des imitations de madras, nos manufacturiers ont pensé qu’il fallait, au lieu de fils inégaux comme on les emploie dans l’Inde, au lieu d’un tissage imparfait, se servir dé nos moyens perfectionnés ; ils croyaient que celle perfection serait appréciée des consommateurs, ils se sont trompés ; cet uni, cette vivacité de nos couleurs ont été cause de la répulsion de nos produits, tant la routine a de puissance.
- Force a été aux manufacturiers , ou de renoncer à cette fabrication, ou de s’attacher à copier servilement jusqu’aux défauts de ces marchandises : problème difficile à
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- résoudre par des hommes accoutamés à éviter toutes les imperfections ; c’est un résultat que MM. Laurent Weber et compagnie ont seuls obtenu.
- Pour sortir victorieux d’une pareille lutte, il faut être très-habile fabricant.
- Ces considérations et l’importance de la fabrication ont déterminé le jury à décerner une médaille d’argent à MM. Laurent Weber et compagnie, quoiqu’ils exposent pour la première fois.
- MM. Schmid et Saltzmann, à Ribeau ville (Haut-Rhin).
- Aux belles cotonnades diverses, aux beaux mouchoirs madras et guingâns, ces fabricants ont joint une graude variété dé moussèlines , jâconàts fantaisies au métier à la Jâcquart : cés derniers articles sont faits avec une telle perfection, que, pendant longtemps, nos dames ont payé tout ce qui sortait de cette fabrique au double de sa Valeur, parce qu’elles achetaient ces produits pour fabrication anglaise. Pour récompenser les succès obtenus par MM. Schmid et Sallzmaun, le jury leur décerne la médaille d’argent.
- MM. Weisgerber frères et J. Kayser , à Ribeauville.
- Ils exposent une très-grande variété de madras lilas> cravates fines en coton, soie et coton, et cotonnades fantaisies ou ordinaires, et des cotons filés, teints dans leur établissement.
- Ces produits ayant parti au jury parfaitement exécutés, et la fabrication ayant lieu sur une grande échelle, le jury décerné une médaille d’argent à ces manufacturiers.
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- MM. Reber et ciej à Sainle-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin).
- Nous ayons des éloges très-mérités à donner à ces messieurs, qui ont exposé un grand nombre d’articles de bon goût et qui ne laissent rien à désirer sous tous les rapports.
- v -
- Cette maison, qui a obtenu une médaille de bronze à l’exposition de 1834, a fait des progrès depuis cette époque, ce qui a déterminé le jury à lui décerner une médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. Mohler frères, à Sainte-Màrie-aùx-• Mines.
- Cés manufacturiers; tout ën exposànt quelques articles conformes à ceux de leurs confrères, attachent plus d’im-? portance à leur fabrication de châles 4/4, 7/8, et 3/4, imitant, en coton, les tartans qui se font en laine.
- Cet article, dont ils produisent une grande quantité, est rechèrché de la consommation, qui y trouve un grand avantage par la réduction du prix.
- Ils innient aussi, en cotôii, ces étoffes que l’on fait également en laine pour la confection des sacs de voyage.
- Ces deux imitations sont parfaitement exécutées; lé jury décerne à ces fabricants la médaille de bronze ; en 1834, ils avaient eu une mention honorable.
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- § 3. FABRICATION DE ROUEN.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Duforestel, à Rouen.
- Ce fabricant file la plus grande partie des cotons qu’il emploie.
- Il expose, 10 une pièce-calicot tissée à la mécanique, au prix de 45 c. le mètre 5 la qualité et la fabrication en sont bonnes ; 2° des mouchoirs à carreaux, palliacat, rouge et aurore, rouge et violet, au prix de 10 fr. la douzaine, 0ra,86de largeur : cette fabrication est bonne et à bas prix. Le jury décerne une médaille d’argent à M. Duforestel, qui occupe quatre à cinq cents ouvriers.
- M. Cagnard, à Rouen.
- M. Cagnard est un de ces fabricants qui ne se laissent pas décourager par la concurrence que l’indienne bas prix fait à la rouennerie; il a figuré avec succès à l’exposition de 1834, où il a obtenu une médaille de bronze; à celle-ci il envoieunbel assortiment, très-varié en couleurs de tissus en coton de 120 centimètres de large, au prix de 96 c., à 1 fr. 13 c. le mètre.
- Ces articles ont paru très-bien fabriqués, et leurs prix modérés. Ayant égard aussi à l’importance de sa fabrication , le jury lui décerne une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Vautier, à Rouen.
- Aider à mettre à la portée des bourses les moins garnies
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- les produits de l’industrie, soit en faisant diminuer les prix de ceux employés, soit en y substituant un autre article moins cher, c’est rendre un grand service à la société.
- Tel est le résultat obtenu par M. Yautier, à Rouen, qui a fabriqué des toiles de coton assez fortes et assez unies pour remplacer la soie qui couvre les parapluies et permet de les établir à un prix qui en rend l’emploi facile pour les classes les moins aisées de la société.
- Il a exposé des pièces de différentes couleurs, qui ont reçu l’approbation de votre commission.
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Vautier, qui occupe deux cents ouvriers.
- t
- M. Vtquesnel, à Rouen,
- Expose des mouchoirs en fil variés en couleur, et d’autres en fil et coton.
- A l’inspection de ces produits, nous avons été à même d’apprécier les avantages et la facilité que l’industrie pourra retirer des nouveaux perfectionnements obtenus par la filature du lin; le moment n’est peut-être pas bien éloigné où ce produit, à l’égal de la laine, viendra lutter âvec avantage contre le coton.
- Que les établissements à filer le lin se multiplient, que les agriculteurs prêtent assistance à nos industriels, ils nous montreront, à l’exposition prochaine, ce que l’on peut attendre de ce produit dans un avenir peu éloigné.
- Le jury décerne à M. Viquesnel une médaille de bronze.
- M. Montier-Huet , à Rouen,
- Expose des mouchoirs en couleurs variées, à 7 fr. la douzaine. Cette fabrication est très-bonne, le prix n’en est pas
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- élevé: ces considérations ont engagé le jury à décerner une médaille de bronze à M. Montier-Huet,
- Pour terminer ce qui concerne la Seine-Inférieure, nous avons à parler des produits de deux fabricants d’Y-vetot, qui se sont occupés de faire des articles dont la modicité du prix a étonné les membres du jury, qui cependant ont une grande habitude de ces sortes d’articles.
- Les prix, quoique très-bas, comme on va en juger, sont cependant sincères et tels qu’on les obtient, chaque semaine, à la halle de Rouen.
- M. Lemonnier, à Yvetot,
- À exposé plusieurs articles en mouchoirs très-bien fabriqués et à bas prix, mais particulièrement des mouchoirs tissus blanc et rouge, bon teint, à carreau, au prix de 85 c. la douzaine, 35 centimèt. de long sur 30 de large, soit 7 c; une fraction delà pièce. Autant que l’on peut en juger à l’œil, le coton employé pour cette fabrication est du n° 24,000 mètres pour la chaîne, et 30 à 32 pojir la tissure. Cette fabrication est très-soignée, les cotons sont bien filés.
- Le jury, pensant qu’on doit encourager de pareils efforts, accorde une médaille de bronze à M. Lemonnier.
- M. Mabire, à Yvetot.
- Le jury décerne la même récompense à M. Mabire d’Yvetot, qui suit la même branche de commerce que M. Lemonnier sus-mentionné, et qui ne lui est pas inférieur pour la qualité de ses étoffes et pour le bas prix.
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- MENTIONS HONORABLES.
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- Nous avons dit, en commençant, que nous regrettions que nos manufacturiers de la Seine-Inférieure n’aient pas envoyé à l’exposition des tissus de cotou teints en bleu dits guingans -, mais nous avons trouvé une pièce de cette étoffe, qui a été envoyée par l’apprêteur, et qui peut soutenir la concurrence des Anglais, qui jusqu’à présent étaient parvenus à nous repousser du marché étranger. Aujourd’hui les choses ont changé de face; ils sont obligés de subir la nôtre, grâce aux perfectionnements qui ont été apportés à celte fabrication et à l’apprêt.
- M. Yermont, apprêteur à Rouen, ayant contribué à ces perfectionnements, le jury lui accorde une mention honorable.
- M. Buront-Ghretinot , à Troyes (Aube).
- Un seul manufacturier de Troyes s’est présenté à l’exposition pour tissus de coton ; il a envoyé des cotons retors et des coutils fond blanc rayés bleu, et des finettes de colon.
- Ces produits ayant paru satisfaisants, le jury décerne une mention à M. Dupont-Chrétinot.
- MM. Dupuis et Reùmont jeune, à Saint-Quentin.
- On trouve à leur exposition une quantité de produits très-variés, imprimés et teints en toutes couleurs. Cette maison n’imprime pas, elle ne teint pas ; on assure même qu’elle achète une partie de ses tissus : ces considérations
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- ont déterminé ie jury à lui décerner seulement une mention honorable.
- La ville de Roubaix, où se déploient tant d’industries, a envoyé peu de produits teints en coton à l’exposition.
- Le jury a remarqué les tissus coutil-colon de MM. Wa-tines-Brodard, Dazin fils aîné, et Crépel-Louge. Les produits de ces fabricants ont satisfait les consommateurs, ce qui détermine le jury à leur décerner une mention honorable.
- Le jury accorde une mention à MM. Médard Schlum-berg, de Mulhouse, pour des tissus en coton façonnés, destinés à des tentures pour meubles, et qui sont très-bien confectionnés.
- § 4. TISSUS DE COTON CLAIRS ET LEGERS, UNIS, BROCHÉS OU BRODÉS POUR MEUBLES.
- M. Blanqui, rapporteur.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- M. Leutner, à Tarare.
- Il a obtenu une médaille d’or à l’exposition de 1 819, et le rappel de cette même médaille en 1823, 1827 et 1834, pour le zèle et l’habileté persévérante qu’il a mis à propager, dans la ville qu’il habite, l’industrie des mousselines unies, brochées et brodées. Les produits de,sa fabrique, qu’il a exposés cette année, ne sont pas moins recommandables par leur belle exécution, l’excellent choix des matières et le goût du dessin. Le jury estime M. Leutner
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- tout à fait digue d’uti nouveau rappel de la médaille d’or.
- M. Clérambault , à Alençon.
- ** ' *
- En société avec M. Lecoq-Guibé, cet exposant avait, en 1827, obtenu la médaille d’or pour avoir introduit en France la fabrication des mousselines unies, claires, serrées et brodées à l’instar des mousselines suisses.
- Lorsque la fabrique d’Alençon a rencontré dans celle de Tarare une rivalité redoutable, M. Clérambault est eu-corc venu au secours de l’industrie de sa contrée, en y fondant un lissage considérable de.mousselines-laine qu’il exploite avec autant d’habileté que de succès.
- Pour l’ensemble des divers produits de sa fabrication, le jury lui vote le rappel.de la médaille d’or.
- M. Lecoq-Guibé, à Alençon.
- Ancien associé de M. Clérambault, étayant obtenu en commun avec lui la médaille,d’or en 1827, M. Lecoq-Guibé a suivi avec autant de* persévérance que de succès l’exploitation de la mousseline unie ou brodée à l’instar de la Suisse, qui lui avait valu celte honorable distinction. Il ne s’est point laissé décourager par la concurrence, et il a su la soutenir par une exécution soignée, le choix et la richesse de ses dessins ; il a joint ainsi au mérite de la création celui du perfectionnement. <
- Le jury le proclame donc toujours digne de la médaille d’or de 1827, et lui en vote le rappel.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- ' ' ' *
- MMi Picard jeune et fils, à Saint-Quentin,
- Ont obtenu, en 1834-, une nouvelle médaille d’argent pour leurs mousselines de tout genre, serrées et légères, pour leurs jaconats, organdis, batistes d’Ecosse d’une parfaite exécution et d’un goût recherché. Cette maison continue de soutenir la juste réputation dont elle n’a cessé de jouir, et son exposition de cette année présente même plusieurs articles supérieurs à ceux qu’on avait remarqués jusqu’ici. ,
- Le jury accorde à MM. Picard jeune et fils le rappel de la médaille d’argent.
- M. d’Ocagne, à Paris.
- , Déjà récompensé à toutes les expositions, depuis 1819 jusqu’en 1834, pour ses dentelles et pour ses broderies de divers genres. Les'produits qu’il expose, cette année, ne le cèdent en.rien à ceux qu’il a présentés dans les expositions précédentes.
- Le jury ne peut que confirmer la distinction dont M. d’Ocagne a été l’objet.
- M.. Lefort, à Rouen.
- Il a également obtenu une médaille d’argent en 1834? pour sa belle fabrication de tulles larges et en bandes, d’après le meilleur système anglais. Depuis cette époque, M. Lefort s’est occupé de préférence de l’industrie des nouveautés. Il expose, cette année, des dentelles imitant le point de Malines et le point de Bruxelles, pour application
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- d’Angleterre} ces différents articles ont été obtenus au moyen de métiers dont le brevet lui appartient.
- Le jury décerne à M. Lefort le rappel de la médaille d’argent. ,
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Davin-Deeresne, à Saint-Quentin,
- A, envoyé à l’exposition une collection variée d’articles de presque tous les genres qui se fabriquent à Saint-Quentin } jaconals, nansoucks, batistes d’Écosse, cotleligues, brillantés, linge de table damassé, mousselines brochées pour meubles, etc. Tous ces articles attestent, chez ce fabricant, une grande intelligence des procédés de la fabrication, et dés efforts constants et, heureux pour en améliorer les produits} ses jaconats et scs nansoucks ont enlevé les suffrages par leur finesse et leur régularité, et ils peuvent soutenir la comparaison avec tout ce qui se fait de mieux dans ce genre à l’étranger.
- Le jury lui décerne la médaille d’argent.
- RAPPEL DE MEDAILLE DE BRONZE.
- M. A. Sàlmon, à Tarare,
- On remarque dans son exposition des mousselines unies, apprêt.souple ou apprêt d’organdi de différentes qualités, dont l’une, en 4;4 de large, peut s’établir en écru à 30 c. l’aune} des mousselines et gazes en bandes rayées et satinées, des organdis brochés en fleurs de plusieurs nuances*
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- Le broché sur fond clair produit des effets séduisants, etils sont obtenus tantôt par la mécanique Jàcquart, tantôt par le procédé de l’époullinage à l’aide du baltant-brocheur. Nous avons distingué un bouquet de différentes couleurs, broché sur un lancé qui forme mal; ce qui permet d’obtenir, sur un fond mousseline, les effets que présentent les articles de Lyon. .
- M. Salmon expose, en outre, des mousselines, genre suisse, .unies ou brodées pour meubles ; enfin il a fait exécuter, par ses ouvriers et à leur profit, un portrait du Roi, tissé en coton, d’une réduction et d’une exécution remarquables.'
- La fabrique de M. Salmon n’est qu’une annexe du commerce des articles de Tarareet de Saint-Quentin, qu’il fait à Paris. Toutefois la variété de ses produits qu’il a exposés annonce une grande intelligence de la fabrication, et constate les efforts heureux qu’il fait pour mettre l’industrie nationale en mesure de soutenir la concurrence étrangère. ;
- Le jury se plaît à lui rappeler la médaille de bronze qu’il a obtenue en 1834.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- BÆ. Estragnat fils aîné, à Tararé.
- Les divers articles qu’il a exposés, et notamment ses organdis brochés, en couleurs, ont attiré l’attention pair le genre gracieux et élégant des dessins. M. Estragnat, qui a sa maison à Paris, est en bonne position pour donner à la fabrique des modèles que le goût approuve ou que la
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- mode réclame, et celle utile direction est bien secondée par l’habileté de ses propres ouvriers.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Pramordon, à Tarare,
- A exposé des mousselines claires de différents prix \ des organdis unis et brochés, en blanc ou en couleur, des mousselines brodées, et autres articles spéciaux à lafabrb que de Tarare, qui ontfixé l’attention parla régularité des tissus et l’élégance des dessins.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Daudeville, à Saint-Quentin,
- Fabrique avec succès les mousselines brochées pour rideaux, ou brochées en bandes pour bordure, par un pro-1 cédé pour lequel il est breveté. Il exécute ses bouquets et ses dessins, soit en; laine, soit en coton bon teint. L’habileté dont il a fait preuve dans un genre qu’il a pu exploiter exclusivement à l’aide de son brevet, le bon goût et la bonne exécution de ses produits ont mérité à cet exposant la médaille de bronze que le jury lui décerne.
- MM. Dambrun- frères, à Yeodelîes (Aisne).
- Ces fabricants qui vivent à Sa campagne, au milieu de leurs tisserands, sont en position de les diriger et de les surveiller par eux mêmes. C’est un élément de bonne exécution et d’économie que justifient les divers produits qu'ils ont exposés en tissus serrés ou clairs, unis ou brochés : leurs jaconats, leurs batistes d’Ecosse, leursbriHantés «à semis ou à petits dessins se recommandent par ce double mérite. ,
- Le jury leur décerne une médaille de bronze.
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- M; Poisson-Livop.el , à Saint-Quentin.
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- C’est un des industriels qui ont le plus contribué ati large développement qu’a pris à Saint-Quentin la fabrication des mousselines brochées pour meubles • en se livrant exclusivement à ce genre, il a pu lui donner une direction utile pour la bonne exécution des fonds, le goût et le choix des dessins $ et l’impulsion qu’il a donnée à ce genre d’articles a été heureuse pour la fabrique.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. Renaüdière, à Paris.
- - Nous avons signalé les avantages que le commerce, en général, et Tarare spécialement, avaient trouvés dans l’extension donnée à la broderie sur mousseline et sur tulle pour meubles. L’exposant est un de ceux qui ont donné l’impulsion à cette industrie : chef d’une maison de commerce à Paris, étant ainsi près de la consommation, il a pu en étudier les tendances pour les satisfaire où les prévenir, et lès broderies diverses qu’il a présentées prouvent qu’il l’a fait avec autant d’intelligence que de goût.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. J. Fion, à Tarare.
- Parmi les industriels qui se sont occupés de la broderie sur mousseline pour meubles, l’exposant mérite d’être distingué par le nombre d’ouvrières qu’il a occupées, par la variété, le bon goût et la richesse des dispositions qu’il fait
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- exécuter. Au milieu des mousselines et des tulles brodés pour rideaux ou bordures qu’il a exposés, on a distingué -un grand rideau de deux aunes de large, présentant un dessin d’une riche composition, dont,l’original, exécuté par un artiste de Paris, se trouvait à côté même de la pièce exécutée.
- . \ ' • * v .r * V ...
- M. Lucy-^Sédillot, à Paris,
- S’est également occupé siir une assez large échelle de la broderie sur mousseline et sur tulle pour rideaux. Il ne le cède à aucun de ses concurrents dans ce genre, soit pour le choix des fonds, soit pour l’élégance, le goût, la hardiesse des dessins. Il a fait exécuter des semis à pois très-rapprochés qui imitent parfaitement le genre suisse, et sont d’un prix modéré j cet article difficile à réussir est demandé pour certaines consommations, que la Suisse seule, avant lui, était en possession de satisfaire.
- CITATION.
- ' • : C ’ ' . > , < à. * -
- M. Caron-Marlio, à Paris. -
- * ‘ *
- Il a exposé une collection variée d’articles en percale et en mousselines blqnches à plis ineffaçables, obtenus par le tissage même.
- Ces produits nouveaux dans la consommation obtiendront, sans doute, le succès qu’ils méritent.
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- QUATRIÈME PARTIE.
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- FILS ET TISSUS DE LIN ET DE CHANVRE.
- /
- PRÉPARATION, FILATURE ET TISSAGE DU LIN
- ET DU CHANVRE.
- , * M. Schlumberger ( Charles ), rapporteur.
- 1»
- Considérations générales. ,
- Nous n’avons pas eu à nous occuper des chanvres et des lins à l’état de matière première ; un seul exposant à envoyé des échantillons de chanvre peigné qui n’offrent rien de remarquable. 11 est à désirer qu’à la prochaine exposition, nos cultivateurs, comprenant mieux leurs intérêts, puissent nous envoyer des chanvres et des lins bien préparés.
- L’heureuse position de la France permet cette
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- double culture dans la majeure partie de nos départements ,* elle peut donc être appelée à la plus grande prospérité, si, abandonnant la* routine, nos cultivateurs lui donnent, à l’instar de nos voisins de Belgique, les soins qui, en la perfectionnant, en
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- rendront les produits plus aptes à la filature par machines : ils en seront récompensés par des prix plus élevés que nos fabriques nationales, comme celles des pays voisins, ne craindront pas de payer pour une matière première plus facile à employer et donnant moins de déchets. : , *
- Dans l’état actuel des choses, il est indispensable que, dans toutes les localités, les conseils d’agricultures, les comices agricoles, venant en aide à Tad-ministration, éveillent l’attention et stimulent le zèle des producteurs de lin, principalement sur-les soins qii’exigent sa culture et la préparation de la filasse.
- s Jusqu’ici des essais nombreux ont été tentés soit pour remplacer les moyens actuels de rouissage (ou dégommage), soit pour les modifier; mais aucun d’eux n’ayant été mis en pratique sur1 une grande échelle, ils paraissent aujourd’hui abandonnés. L’expérience nous faitpenser que ceux qui voudront, à l’avenir, s’occuper de cette question devront se persuader, que la combinaison des moyens chimiques et mécaniques pourra seule donner des résultats satisfaisants, si tant est,que de pareils moyens puissent être facilement employés dans nos campagnes où souvent un cultivateur n’a qu’une faible portion de terrain à consacrer à sa récolte de lin.
- Le. peignage se fait encore généralement à la main ; il existe cependant-des machines à peigner qui donnent de très-bons produits; mais la variété
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- de la matière première est telle et les premières préparations en sont souvent si négligées, que les fabricants qui emploient ces machines sont obligés d’avoir en sus un atelier de peignage à la main pour traiter les lins qui ne supporteraient pas le peignage mécanique.
- Le filage, à la main, dit chanvre et du lin existe dans toutes les parties de la France : sera-t-il entièrement abandonné pour le filage mécanique? nous ne le pensons pas ; nous croyons qu’il est quelques emplois^ tels que le tissage des batistes et de quelques toiles très-fines, la fabrication des dentelles, qui réclameront toujours du fil à la main, pour l’éclat, le brillant et la finesse, auxquels son rival n?a pu atteindre aussi complètement jusqu’à ce jour.
- Les nombreuses vicissitudes éprouvées depuis vingt-cinq ans par la filature du lin par machines, les sacrifices considérables et en pure perte faits par ceux qui ont osé monter dés ateliers en grand, le découragement qui a dû s’ensuivre, avaient jeté une défaveur telle sur cette industrie, qu’en 1834, encore, elle était mise presqu’à l’index, et que tout espoir de l’établir avantageusement en France semblait perdu. Malgré cette défaveur générale, quelques hommes entreprenants n’ont pas hésité à faire de nouvelles tentatives ; èn voyant T Angleterre marcher à grands pas dans la vôiè du progrès, ils
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- ont voulu ramener en France une industrie qui y avait pris, naissance, ils ont réussi.
- Nous avons les matières premières en abondance; rien ne s’opposera à leur accroissement et à leur perfectionnement, à mesuré que les besoins le réclameront. Nous Commençons à construire en ma-chines à filer ce que l’Angleterré af produit de plus parfait jusqu’à ce jour; nul doute que des perfectionnements qui en simplifieront les mouvements et en abaisseront les prix y seront introduits par nos , habiles constructeurs. Parmi ceux-ci nous pourrons citer : - -
- M. Nicolas Schlumberger et compagnie,de Gueb-willer (Haut-Rhin);, dont on a pu voir les machines à l’exposition , et qui ont monté une filature pour leur propre compte, afin de mieux perfectionner leurs métiers ; r ;
- M. André Kœchlin et compagnie, à Mulhouse, qui montent également une grande filature ;
- M. Decoster et compagnie, qni ont formé à Paris, sur une grande échelle, un atelier Spécial pour les métiers à lin, et qui ont apporté une grande perfection dans le travail dû chanvre ;
- ; M. Dehergue et compagnie, à Paris;
- M. David, à Lille: - ^ >
- La construction -générale de ces sortes de machines demande beaucoup de soins, mais elle ne présente aucune difficulté sérieuse, et les demandes
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- de machines, en augmentant, feront monter d’autres ateliers. .. -,
- Nous avons donc à signaler dès à présent une révolution, complète dans toutes les. industries qui emploient les fils de chanvre et de lin. Les fils de chanvre n’ont pas paru à l’exposition ; mais ceux fabriqués chez MM. Saglioet compagnie, à Hague-nau, et chez M. Mercier, à Alençon, peuvent donner une haute idée de l’avenir qui est réservé .à cette importante industrie. Un perfectionnement récent a été apporté en Angleterre par l’emploi des machines à la filature et au tordage de tous les fils servant à la fabrication des cordes et des cordages, ainsi que ceux employés à la couture des voiles ; cette seule spécialité peut donner, du travail à un grand nombre d’ouvriers. : yc-i-;.\î,-.
- Pour la filature du lin, deux établissements sont à citer en première ligne, tanta cause de leur importance, que pour la qualité de leurs fils, qui peuvent être avantageusement comparés aux plus beaux produits étrangers : ce sont MM. Fera y et compagnie, à Essonnes, et Scriye frères, à Lille. - , i 4
- Plus de vingt autres filatures, dont quelquesTunes d’une grande importance, sont en cours d’exécution; elles se montent dans des localités-différentes, et principalement là où elles viendront alimenter les nombreux, ateliers de tissage qui les entourent. Tout présage le succès quand on voit les noms.ho-
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- norables qui se sont éngagés dans cette industrie ; mais à ceux qui veulent marcher sur leurs tracés nous croyons devoir dire qu’une grande prudence et les calculs les plus exacts doivent présider à rétablissement de nos filatures de lin, au choix des localités et à celui du moteur le plus économique.
- Oh peut considérer également que deux systèmes de filature sont employés : le système anglais, c’est-à-dire avec des étirages courts et à l’eau chaude, paraît aujourd’hui avoir la préférence comme donnant des fils plus réguliers et plus beaux ; cependant la filature avec des étirages plus longs n’est pas abandonnée; quelques filàteurs français en obtiennent encore d’assez bons résultats.
- Nous n’avons pas, comme dans le rapport sur nos filatures de coton, dë chiffrés statistiques à donner. La filature du lin débute, mais elle grandira vite. Ici comme pour la laine, l’agriculture et l’industrie viendront en aide l’une à l’autre, et la prochaine exposition prouvera les succès de nos fabricants et de nos habiles ouvriers.
- Si de la filature nous arrivons au tissage, nous aurons des progrès tout aussi remarquables à constater.
- L’emploi des fils mécaniques fournis, à la vérité, presque exclusivement par l’Angleterre à nos tisserands, mais remplacés par les fils français, à mesure de leur production, a opéré sur les tissus en
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- général une réduction de prix d’au moins 20 pour \ 00 \ les toiles de l’exposition en sont une preuve. Ces fils ont servi aussi à produire des articles nouveaux et variés j ils ont perfectionné les anciens.
- C’est à la facilité de se les procurer en quantité suffisante et à leur bon emploi que nos fabricants de linge de table, de coutils et d’étoffes de fantaisie doivent les succès importants, qu’ils ont obtenus et qui les mettent à même de lutter, sans la,craindre, avec la concurrence étrangère, soit en France, soit sur les marchés du dehors. On n’est pas étonné de ces améliorations quand on compare le travail ancien avec celui d’aujourd’hui. V
- Avant le fil mécanique, le fabricant était obligé de perdre un'temps considérable pour courir de marché en marché faire l’achat' de ses fils, et, pour peu qu’il eût à fournir un certain nombre de pièces, il était obligé forcément d’acheter une quantité; de fils bien supérieure à ses besoins, afin de trouver dans la masse l’assortiment nécessaire à la confecr tion de ses toiles, bien heureux encore quand une pièce ne restait pas sur le métier, faute de trame pour la finir, D’après cela, on doit juger de rirré^ gularité du travail.
- Aujourd’hui, et l’habitude n’a pas été longue à prendre, l’ouvrier se présente dans les magasins du filateur ou du négociant, et on lui livre, à son choix, un fil de la finesse qu’il désire, bien fait, nu-
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- méroté régulièrement et à des prix bien inférieurs.
- D’après les renseignements qui nous ont été fournis, nous savons qu’un ouvrier qui ne fabriquait, avec les anciens fils, que 5 aunes, peut en faire aujourd’hui 6 aunes et demie à 7 aunes, et que son salaire est, par conséquent, plus fort, puisque la façon n’a pas changé.
- Il y a des localités où le tisserand refuse de tra^* vailler à façon, quand on ne lui donne pas des chaînes mécaniques.
- Les essais de tissage par machines n’ont encore donné des résultats satisfaisants que pour des toiles d’une certaine qualité ; les fortes toiles ordinaires et les toiles fines ont continué d’être tissées à la main. En Angleterre même et en Ecosse, le tissage mécanique n’est guère pratiqué que pour des toiles communes destinées à l’exportation ; on cite même des fabricants qui l’abandonnent pour revenir au tissage ordinaire. En Irlande, où la main-d’œuvre se rapproche le plus de celle de nos contrées, on tisse généralement à la main.
- Nous n’en voulons point conclure que le tissage mécanique n’a pas un grand avenir ; quand on voit les produits obtenus avec ces métiers ingénieux, en étoffes de laine ou de coton, on peut assurer qu’un grand nombre d’articles en chanvre ou en lin pourront se fabriquer avec avantage par ces procédés.
- Certains tissus seront encore longtemps fabriqués
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- exclusivement à la main, soit pour la filature, soit pour le tissage. Parm.i ceux-ci sont, en première ligne, les. batistes ejf les toiles fi nés di tes démi-hol-lande.
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- La fabrication de la batiste est toute française; elle est encore sans rivale malgré les efforts faits'par
- ^ür-.nïi:.v-ï»5i.ïS',-ajt U| 2 -RM - f v a r
- nos voisins pouf nous l’enlever. C’est une£ de ces
- :• A..'
- industries toutes spéciales et privilégiées qui, concen-
- •Vin-s ^ït: ' 1 ’• # •> .*•
- trant dans de certaines localités tous les éléments nécessaires à leur production, v restent, . pour ainsi dire, attachées. ..
- ; -J À/-. '•=.£
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- ^Valenciennes, Cambrai, et leurs.environs, sont le centre de cette,fabrication.: là tout est réuni ; la cul-ture si difficile des beaux lins finf, la filature;sfdélicate,, et le tissage qui demande,tant de soins,- sont à côté, des blanchisseries? renommées poui%donner le plusjbeau blanc. La filature des? fils fins^a été entravée, depuis quelques années, par d’autres industries, et notamment par les sucreries de betteraves , qui, offrant aux femmes des salaires élevés, les ont enlevées à la filature^ * N
- De tous les tissus de fil, la batiste est celui qui est
- v- •?£ - -
- le plus fin, le plus brillant, le plus régulier; son prix varie de 3 à 36 fr. l’aunë^on peut juger, par là, de la variété de son emploi. Elle sert à la confection d’une infini téd’objets, et , notamment poür mouchoirs de poche ; pour, cet usage, , elle.1;est> fort recherchée.; cette demande,s’est trouvée augmentée
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- encore par les belles impressions qu’on a su y appliquer, avec ce goût exquis des couleurs et cette inépuisable variété qui distinguent nos dessinateurs français, et qui leur procurent un si large placement à l’étranger.
- Les toiles demi-hollande sont principalement fabriquées dans le département de l’Oise; le travail en est le même que pour les batistes, il est dès lors inutile de le détailler.
- Ces deux fabrications, celle de la batiste surtout, sont une des branches les plus intéressantes de notre industrie, par le grand nombre de bras qu’elles emploient, et par le commerce d’exportation qu’elles alimentent.
- Suivant les tableaux de la douane, les exportations annuelles de la batiste pour l’Amérique, l’Angleterre, et surtout la Havane, sont de 15 à 18 millions. '
- / i
- SECTION PREMIÈRE.
- FILATURE.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. E. Feray et cie, à Essonnes.
- t i.
- Après un séjour de deux ans en Angleterre, où il fut témoin des grands succès obtenus dans ce pays par les fila-
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- leurs dé lin , M. Ferav eut l’excellente idée de chercher à
- * *j
- créer un établissement du même genre en France. Userait trop long.de détailler les difficultés sans nombre qu’il a fallu vaincre pour réaliser ce projet, la persévérance et la ferme Volônté les lui ont fait surmonter. La filature d’Es-sonnes ne compte encore que peu d’années d’existence, et déjà éile est arrivée au premier rang 5 ses fils se vendent dans toutes les parties de la France^ et sont souvent préférés aux fils anglais eux-mêmes. La fabricatioircourànlé est, pour les lins, entre le n° 10,000 mètres au demi-kil.j qui coûte 2 fr. 50 c., et le ii° 30,000 mètres, qui coûte 6fr. 75 c.; pour les étoupes, depuis le n° 7,000 mètres, au prix de 1 fr. 50 c., jusqu’au n° 16,000 mètres, au prix de 3 fr. 15 c.
- > •
- Outre leur vente courante, ces habiles fabricants ont appliqué une partie de leurs fils à la fabrication du linge de: table damassé -, de même qu’ils avaient été les premiers pour le linge en côlon, ils sont arrivés à faire en fils des services qui ne laissent rien à désirer et qui sont supérieurs aux plus beaux produits étrangers : ils ont fait, pendant l’exposition, l’admiration de tous les visiteurs. .
- On avait fait, avant M. Feray, des essais pour introduire en France les procédés anglais.de filature, mais il est certain que, par la bonne direction donnée à la création de leur établissement et le beau succès, qui s’en est suivi, ce sont M. Feray et compagnie qui ont donné l’élan et contribué puissamment à l’extension de la filature du lin.
- Le jury, heureux d’encourager fine si belle industrie, décerne à M. Feray et compagnie la médaille d’or pour l’ensemble de leurs produits. '
- j * t '
- ,/ t. - . r ’ t-•' •
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- MENTIONS HONORABLES. . -vAx-M. Bègue 7 à Saint-Ouen (près Paris),. ^
- Il n’y a pas beaucoup plus d’un an que M. Bègue a pu commencer à mettre son établissement en activité, et déjà près de 800,broches fournissentdes fils d’unebqnne qualité. Il est.en voie de donncr une grandeextension à son exploitation, dont il va transférer le siège surmn cQursfd’eau;de 60 chevaux, dans la vallée d’Essonnes. Les premiers métiers ont été importés d’Angleterre ; mais il a commandé le complément de ses assortiments à des constructeurs français, et notammen t à :M. Sch'lumberger de Guebwiller, dont trois métiers fonctionnent déjà à côté des métiers anglais avec lé même succès. ’ ' : 1
- Les fils de M. Bègue sont dans les mèmès finesses que céiix de M. Feray, ils peuvent même en soutenir la comparaison. ,! :v*r
- Si l’établissement de M. Bègue avait reçu l’extension projetée, et s’il réalisait, ce dont nous ne doutons pas; les espérances que ses débuts ont fait concevoir, nous ne balancerions pas à lui voter!’une des premières récompenses; mais, dans l’état d’essai et d’expérimentation où il est em-core, nous croyons convenable de’lui décerner la mention honorable si bien justifiée: ' • , • ( ï
- MM. Lahera.ru et cie5 à Roillepot (Pas-çlè-
- f x ' ^ *•
- Ces fabricants, avec nue filature,assez importante>iÙQn-tèe sur l’ancien système, ont cherché à lutter contre l’invasion des fils anglais ; mais ils ont bientôt senti que le meilleur moyen était de s’enquérir de leurs procédés, et ils
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- viennent d’importer u'n'assortiment de machines anglaises afin de perfectionner leurs produits.
- Les fils qu’ils exposent paraissent plutôt destinés à la fabricàtidn dés fils a coudre et aux chaînes dé coutils, qu’à celle des toiles, pour lesquelles ils seraient trop tordus.
- D’après ces considérations, et se fondant en partie sur les mêmes motifs qui l’ont déterminé dans l’appré-dation des produits de M. Bègue, le jury leur vote une mentionhonorable. ,Vj
- nrn ht * • q « -p " '• » :•3 *.* ’ JH* ; f 1 L Bt* t"
- M. Bridon et c’% a Nantes.
- Cette filature est déjà ancienne, et malgré bien des mécomptes, les propriétaires ont persévéré dans leur travail avec un louable courage. Après avoir perfectionné autant que possible l’ancienne filature, ils ont également fait venir un assorlimentde machines nouvelles pour combiner ensemble les deux. systèmes et perfectionner ainsi leurs produits.
- Ils vendent leurs fils dans les départements environnants, et jusqu’à Paris., ,;,;ï n„ >,a •
- Ceuxhqu’ils exposent ne vont pas jusqu’à de. grandès finesses,«mais leur qualité est d’un bon ordinaire et àsdes
- .prix- modérés...>.-%! tvnn yj^hiùp'^anïo's
- ,,, ( ;Le.,jury leur, vote,, cpmme aux, deux concurrenls qui précèdent, une mention honorable. , p, .,h
- M1. Gpberton et >cie, au Blanc (Indre).1 1J
- ' Qüèlques échantillons seulement font apprécier là qualité des fils de cette fabrique; elle est appelée à devenir une de nos bonnes filatures. ' '"V’‘
- k>.. ^ ~ '’ v I î -î* . > . • }j « * . ’ * j i. .. j f 1 v ;v. ji j.i <, ;
- >rM." Dupont (Louis), à Landas (Nord),;
- Qui expose des fils de mull-jeuny très-bien filés et qui
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- méritent d’être mentionnés, cette industrie devenant chaque jour plus rare dans nos départements du nord.
- M. Fievet , à Boue (Aisne), " .
- \- ' ' t,..y j' '
- Expose des fds à dentelles d’une grande perfection. ;
- .a
- CITATION FAVORABLE.
- . Souvion 1 à Saillans(Drôme),
- ; -Mi j ( 7 . , A? . «ïîï? ,
- Pour des fils de chanvre bien filés et des échantillons de
- *
- chanvre d’une bonne qualité. -$r
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- ' < '-"U.-^ '‘'iï'K/r ' '
- , SECTION H. .
- v;: tissage;' ufe^¥V-
- .5i«;t‘î ,) ; ,> 't. . * • ? • * • * * • ''uuî^W- cul|~
- , i?§A el'.—n'.TOJIjES UNIES -ORDINAIRES ET*, CO.MMÜJVBS,é.^v
- >,uwi "^‘MÉDAILLES 'D’ARGENT;
- <ll'.
- ./ VétillafvT père; el üls, au Mans. *{;
- Les toiles exposées par ces fabrican ts sont d’uhe*; bélle exécution^ ëllc^nfe sont; au reste'/ "que l’échantillon de leur fabrication courante. Les prix en sont doutant plus remarquables que, pour certaines toiles, nous dv'o’risconstaté quelles pouvaient rivaliser avec les toiles anglaises pour la finesse, et qu’elles leur ôtaient supérieures pour la qualité. Le bon. emploi desfils mécaniques, soit purs ou .mélangés avec des fils à la main, a permis d’obtenir ce résultat avantageux.' , .<% -v.»
- En outre des toiles qu’ils font faire au dehors,.MM. Vé-tillartont un atelier de soixante-dix métiers de tissage ; ils ont dés premiers’cmplové le temple à pinces , dont on1 a
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- pujuger les résultats par les.belles lisières de toutes leurs toiles, parmi lesquelles nous devons citer, comme chef-d’œuvre de tissage, une pièce de 30 aunes en 2/3, à 6 fr. l’aune.
- Ces fabricants exploitent également une dès blanchisseries les plus renommées en France.
- MM. Vétillart méritent bien de l’industrie toilière par les efforts constants qu’ils font pour en développer les progrès, et par les bons exemples qu’ils donnent et qu’ils propagent. -
- Le jury feur décerne la médaille d’argent.
- M. Constant-Goupillè, à Fresnay (Sarthe),
- Est un des fabricants les plus distingués dans le pays ; il a compris que les toiles ordinaires étaient celles qui convenaient- au plus grand nombre, et s’est appliqué à les produire avec la plus grande perfection possible. Celles qu’il expose dans les prix de 1 fr. 80 c. à 3 fr. 40 c. l’aune sont remarquables par leur bonne fabrication et la modération des prix. Ces prix peuvent également être mis en comparaison avec les prix anglais, et c’est encore par l’emploi bien entendu qu’il a su faire des fils mécaniques que çe fabricant est arrivé à ce résultat.
- , .En ,1834, la médaille de bronze avait récompensé les efforts de M. Constant-Goupille, le jury lui décerne la médaille d’argent. :
- M. Bérger-Deleinte , à Fresnay (Sarth'e).
- Les toiles fabriquées par ses soins sont toutes très-bien faites^et leurs prix sont modérés. A sa fabrication .courante M. Berger a ajouté un article spécial, celui des toiles en. grande largeur pour tableaux ; on a pu remarquer la
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- fabrication suivie de ces toiles, et les soins qu’il a fallu mettre à celle de près de cinq mètres de largeur. Ces pièces remplacent avec avantage celles que nous étions obligés de tirer de l’étranger. M. Berger passe à juste titre pour up de nos fabricants les plus habiles ; le jury lui décerne la médaille d’argent. < , ?
- J x
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- • 1 r f ' jtià , •*’ -
- M. Beyer (Jacques),, à Fresiiay4e~Viçomte,
- Déjà récompensé en 1834 pour avoir tissé, sous la direction de M. le comte Perrochel, des toiles d’une régularité et d’une finesse remarquables, M; Beyer est encore signalé, cette année, comme ayant continué à perfectionner* le tissage des toiles , et pouvant être cité comme' un dès plus habiles tisserands de son pays. M. le comte Perrochel l’u recommandé à l’attention du jury, qui lui rappelle làmé-‘ daille de bronze de 1834. * 1 ï ï ; ; nu:
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- • s i »
- M. Billon (Jacques), à Fresnay (Sarthe),
- Expose des toiles de 3 fr. 50 c. à 6 fr. l’aune j elles sont toutes très-bien fabriquées, mais nous ferons à son égard les mêmes observations que pour M. Rousseau.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Rousseau, à Fresnay (Sarthe).
- n
- Ce fabricant a exposé des toiles qui sont fort belles/mais qui sortent de la fabrication courante; il a voulu sans doute montrer jusqu’où peut aller l’habileté: dè ses ouvriers. Nous Feogageons à envoyer, à la prochaine exposi-
- \
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- lion, de bonnes toiles ordinaires, et entre autres aussi comme sa pièce Un 2/3 à 3'fr. 40 c. l’aune.'
- Pour récompenser ses efforts, le jury lui décerne une iniédailledcbrônkë. ? ‘
- . "fiOUu,
- MENTIONS HONORABLES, ir ?
- M. de Perrochel y à Saint-Aubin (Sarthe)1. s Le jury, ne peut qu’applaudir à l’usage, honorable que
- fait M. le comte Perrochel de sa fortune et de son iuflucnce personnelle pour développer l’industrie de la toile dans le département qu’il habite. Il est ,1e premier à y introduire les meilleures et les plus nouvelles méthodes, les procédés les plus ingénieux : 'Pinel ustrié lui doit déjà beaucoup de perfectionnements. Si(!li !
- /Le jury,: ne, pquvanfpas récompenser un fabricant dans
- M. le comte Perrochel, se fait un devoir de lui donner une baute marque de sa considération en lui’ votant Une. mention honorable.
- M. Àyraud, aux Epesses (Vendée).
- Il fabrique spécialement les mouchoirs; ceux qu’il a exposés, à 27 fr, la douzaine, son t trèsrbien fabriqués.
- M. Galais, à Fougères (Ille-et-Vilaine), Exposé des toiles fortes bien- fabriquées et àldcs^prix modères, r? i.<•.,•!*r, hiv»/"
- Mi <:Roechlin ,' à Auxy-le-Ghâteau (Pas^-dë-
- •a.
- . A* • 0 '. .
- !u -mf» b;:-;-
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- •i
- Expose les essais de son tissage mécanique pour toiles et laines, qui est appelé à faire des progrès, à en juger par ièces exposées. 5 ,
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- - . . - ' • '. *. t's . • * ; • ' 4, l jf v. f, ; t l »1 : ’ ' • ; l •: ; î ^ * ç l$n» i vîi jii
- CITATIONS ! AYOIÏAM.KS. , !:i
- MM. Bâche, Maiaet , Dietz et c10,,,èa/Cier^ mont-Ferrand,
- Exposent les préiniers essais deleür lissage mécanique, qui promettent, pjus tard un bon résultat. « ^‘1 -s a 16
- Mi Tii vAché (José p’K'Yf ‘ èè Fresn*àF (Sârilië)
- n.-WJ»Ulin» nï:-> ob r>'«t::Vi_: ’h 4 'A- ï4iï>4s B* lit,
- al 4 &xPOsô. des toiles fines.bien;1 abriquées;. .....;i^,l£î,ViV*
- MFSbïrcHU , &fiB5uldire (Sarthëp'
- v Envoie un échantillon dévoile forte d’une bonne,exé<-
- titi . i - >•/, f a; -j
- CUtlOn* .
- Mi Geslin "(Ffaifçois)) ^às?Frteshàÿ-ï(Sârt’hë),
- ''‘tfinOiî l'ilOb ïrtW'trOîl 'h'î -A , ‘itsllOD .fil
- Expose des toiles bien failes, à un prix convenable. ,
- U au tihi.-i**' :Ui 3 U s-yT’ OH A' : *-> ‘>f.rH|rpV«î>J..ï ^.*.UjBl>. ttfcîl.
- • eldB'iûftor! «cmm-mil
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- BATISTES ET TOILES FINES* * ,r
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- ^*»pn«ra Médailles îæ bkûnzë. - t
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- ' v. ' . ’ ‘ •' . *
- MM*rLhabitan.t«et«.GimnetParis^p4 .
- Nous avons signalé plus haut l’intérêt qui s’attâchè' à la fabrication des' batistes A titre/d’industrie exclusive et toute nationale^ l’importance de nos exportations due spé-cialement au goût et au fini des dessins dont nous
- .ivn.xi 'iUbLr. '- --: - .-.iji" «uh •Nypm s&i
- enrichissons ce tissu par l’impression. Les exposants dont
- n<-- v*: .>‘4; ’ * ;• ,r- .... w-'. • i. .aan.ji? .]>,
- nous nous occupons peuvent, a bon droit, revendiquer une large part dans le succès que nous bbtënOns surtout
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- dans nos placements à l’étranger. Ils soignent par eux-mêmes, et avec un goût et une attention toute particulière, les dessins, la gravure, l’impression, et quelques-unes des pièces qu’ils ont exposées sont des chefs-d’oeuvre dans leur genre. C’est à ces améliorations qu’ils doivent l’extension importante donnée à leurs affaires, notamment pour le dehors.
- Bien que les exposants ne fabriquent pas par eux-mêmes, cependant la direction et la réunion des divers éléments qui constituent le produit et en amènent la vente constituent réellement un mérité de fabrication. ':
- Le jury leur vote donc une médaille de bronze. *
- MM, Jqlly et. Godard, à Cambrai,. M; ,
- Cette maison, par la bonne direction qu’elle sait maintenir dans la fabrication des batistes en écru, blanches ou imprimées,^ leur a conservé la renommée qu’elles ont toujours eue sur tous les marchés étrangers. ' r, ! *
- Le bon goût qui préside au choix des tissus et des dessins imprimés a donné une extension très-grande à leurs divers emplois, et, comme nons l’avons dit déjà, en a fait la base d’un grand commerce d’exportation.
- .MM. Jolly et Godard ont puissamment contribué à ce succès , ils méritent une médaille de bronze. -
- . Mary, à SaintrRimau.lt (Oise).
- Cet habile fabricant est connu depuis longtemps pour la bonne confection de ses toiles fines ; il emploie, dans sa localité, un grand nombre d’ouvriers. Les produits qu’il expose ne laissent rien à désirer.
- Il mérite la médaille de bronze.
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- § 3. — LINGE OlIVRÉ 0Ut DAMASSE.
- M, Feray et cie., .. . : :,
- Déjà cités à la filature.
- MÉDAILLES D’ARGENT,
- * J- • . A ~ 4 ? .
- y
- M. Noulibos^ a
- • s.
- L’ancienne fabrication du linge ouvré, du Béarn serait peut-être entièrement tombée sous la concurrence d’autres, fabriques, si elie n’avait.pu joindre la confection du linge damassé à sa première industrie. <
- t,M. Noulibos ,a rendu un véritable service à son départe-menteny encourageant et y propageant, par son exemple, cette belle fabrication.
- Les produits qu’il expose sont très-bien,confectionnés et lesdessins d’une grande variété. Les linges ouvrés à 65 fr., le service elles damassés à 140 fr. sont des «prix très-raisonnables, en. considérant la bonne qualité des produits.
- . M. Noulibos occupe un grand nombre d’ouvriers ;il emploie les fils mécaniques mélangés ou non avec les fils à là main.
- Le jury lui décerne la médaille d’argent.
- M. Bègue fils, à Pau.
- Ce fabricant, à l’exemple de M. Noulibos, confectionné
- v - ; u t
- le linge de table çuvré genre Béarn, et le linge damassé à fleurs : ses produits, auxquels il apporte le plus grand soin, ne laissent rien à désirer pour la qualité et pour les prix,
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- Il occupe près de deux cents ouvriers. Déjà, en 1834, M. Bégué avait reçu une mentiou honorable du jury ; les
- 4 * s t i
- progrès rapides qu’il a faits depuis' l’extension donnée à sa
- fabrication et la Beauté de ses produits lui méritent uqe médaille d’argent. * ^
- M. Auloy-Millerand, à Marcigny (Saône-et-Loire). .
- Eli 1823, M. Auloÿ introduisit, dans son départément, cetfe industrie, qui y était inconnue* on comprend combien de difficultés il dut rencontrer et quelle persévérance if lui* fallut pour s’établir sur ùrié base solide là ou' tout était à créer. * ‘ v‘'"
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- Eu 1834, il reçut la médaille de bronze en récompense de ses efforts et de ses premiers succès. Depuis lors, M. Auloy , guidé par des<conseils éclairés, a donné une
- nouvelle extension à sa fabrication ; il occupe, aujourd’hui, plus dé deux.cents buvriers pour létissàge et là blanchisserie,
- et,^pendant toute l’année, il donnes du travail à,un très-
- grand,.nombre de fileus.es. Ils a, également cherché; à tperfec* tionnerja culture et,la préparation du linj il nousia^pré-senté de beaux échantillons récoltés sur ses propriétés. Outre le linge damassé, M. Auloy fabrique aussi des toiles unies; nous regrettons qu’il n’en ait pas envoyé a l’exposition. ( ' lii'u
- .. . Les produits qu’il exposeront d’unegrande^variéié de dessinât d’une bonne qualité,; il en trouye vfacilementi le
- X
- placement, môme pour l'exportation. u t .u<*un** Le jury décerne à M. Auloy une médaille d’argenLr rq
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- > MEDAILLE DE BRONZE. (
- MM'P1 ^Fournie r; • L a motte et ': ;BüFÀY;,rx‘iîsà Condé-sur-Noireau (Calvados).
- ; : '• ' . r/' . r» # fî ’
- Cet etablissement> créé depuis peu dé tempsy envoie ses premiers produits à l’exposition; son linge.damassé et ouvré est d’une belle exécution, et les prix en sont modérés. Aujourd’hui en pleine activité* et situés dansunpays;oiiils trouveront d’habiles*ouvriefs, ces fabricants doivent bien-
- v,:<, -, . - , < 1 *= '• : F- v
- tôt voir leurs travaux eouronnés de succès. Pourrécômpen-ser leurs efforts* le jury leur décerne une médaille de bronze. ;5,j.y ,f,., 'vl-j jt.rMVï li. k 81 aJs
- . v»*ï;of vy ji'r-ïi l £*W*îy* y-? *.4 *>' •-4{. t ?* ûi’5
- s ~
- in»? Wî> r MENTIONS HONORABLES. < Y^rfA
- i.î'.î!"b aï.Kî-5iante m ^.jvoi^a''3i/.'j-'i.!è'vrwi»'
- I^XÏolqæ lds4;4 3am^Rambert (Àkt)^ aaty
- Il a envoyé^ un seul servicé'damassé'enTiL d’uué bbnne exécution i?En;l834, les-produils de M. Colot aVaientdéjà été'distingués? par le'jury ^ qui lui réppelle la5méntion 5lio-norable'qii’il',avait obtenue: «n-wbUiftiM ***&&'*& ’•**>* •**
- SÏ?1 Ma zilÈe-Perri&r^ à Marcigny f^aône-et-
- l'iy.,"t-J> *WÎ ..!£ ?V‘ r iJ-p v'.iiiv! • !'/< ”• ’S ? èsH>n t t-Hkïü
- Loire). _ j s ‘ > ï ..j s'Oïj'ïr*?' i
- * Ce fabricant, encouragé 'par les succès -dë*Mi Àuloy, a
- / t
- suivi? son- exemple0; ilr en voie dû? linge d’une 'bonne5 exécution, et qui fait espérer qu’il pourra donner une plus grande extension*à sa.fabrication.if ( >J
- M. ScHLUMBERGER-ScHWARTZ ? à Mulhouse
- (Haut-Rhin); ‘
- A exposé les premiers essais de sa fabrication de linge
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- damassé qui annoncent le succès qu’il pourra obtenir plus tard. • '
- CITATIONS FAVORABLES.
- . M. Heller, à Annonay (Ardèche),
- Pour sa fabrication de linge de table.
- M. Sâuyeau, à Bergerac (Dordogne),
- Qui expose un modèle de service fait par un mécanisme particulier, qui donnerait une lisière sur tous les 'sens. Le jury, pour le récompenser, doit attendre la sanction de I’expériencé.
- M. Geryaise, à Coutances (Manche),
- Expose ses premiers essais de linge damassé bien réussi.
- § 4; —' COUTILS POUR PANTALONS. ET -LITERIES.
- MÉDAILLE D’OR.
- ;M. Debiochy (François) , à Lille.
- En 1834,'cet bàbile fabricant obtint la .médaille de brorize pour «ses coutils,; depuis lors -, dLa donné une très-grande extension à sa fabrication^et ses produits-passent toujours, dans le commerce, pour ceux qui réunissentle bon goût et la belle qualité. M. Debuchy occupe plus de six cents ouvriers pour les divers travaux qü’il fait exécuter; les teintures, les apprêts sont faits dans ses ateliers ; il fa?
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- brique annuellement de huit à ueuf cents pièces de 35 amies équivalant à une valeur de 15 à 1,600,000 fr. Leséloffes qu’il expose, cette année, sont toutes d’une belle exécution $ la variété des tissus, la beauté des apprêts et la bonne disposition des couleurs les ont fait surtout distinguer : M. Debuchy a moins cherché la réduction de ses prix que l’amélioration des tissus, et, pour lutter avec les étrangers, ce progrès était le plus désirable.
- Nous avons appris avec satisfaction que nos coutils, et no laminent ceux de ce fabricant, so n t actueliemen t préférés., sur plusieurs marchés étrangers, aux coutils anglais, qui ont eu exclusivement la vogue pendant si longtemps. M. Debuchy, par l'importance de ses ateliers, par lès soins qu’il apporte à ne fabriquer que des produits de première qualité, a puissamment contribué à ce succès.
- Le jury <lui décerne la médaille d’or. u t * > !*:
- - .. A'V -y-'' ' ’ . ', "V';' • •. . <
- • MÉDAILLES D’ÀRGENTy -MM. Ternynck. frères, à Roubaix.
- < ; v >.; : y-i î r] ’ i; • Vr. ç . . . / J '
- Les coutils exposés par ces fabricants sont d’une grande variété et d’une boniie exécution -, les prix de 4 fr. t>. à 6 fr. 50 c. ne sont pas trop élevés pour des produits aussi bien confectionnés,. _ : , > • . ; , -il
- MM. Ternynck frères rivalisent avec M. Debuchy'pour la bonne direction qu’ils ont donnée à leur établissement ; ils occupent un très-grand nombre d’ouvriers j ils feront faire de nouveaux progrès à cette industrie.
- Ils méritent la médaille d’argent. •5 ' •• •
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- M. Lefétvbe-Horen.t, à Roubaix (Nord).
- Jusqu’alors spécialement occupé de la fabrication des coutils, qu’il fait toujours avec uuc grande perfection, ce fabricant a augmenté son industrie; et en même temps celle de Roubaix, déjà si belle et si variée, par la confection du linge de table damassé; les services qu’il expose sont d’une très bonne exécution, et les prix modérés.
- Le jury décerne à M. Lefèvre-Horent une médaille d’argent pour l’ensemble de ses produits.
- /
- M. Charvet, à Lille.
- Les étoffes fabriquées par M. Charvet ont une bonne réputation dans le commerce; la variété de ses produits et leur bonne exécution justifient cette préférence : l’établissement de ce fabricant est appelé à jouir de grands succès.
- M. Charvet a un établissement important, les produits qu’il expose sont d’une bonne fabrication ; le choix des couleurs, la combinaison du tissage sont remarquables, et les prix des étoffes ne sont pas trop élevés.
- Le jury décerne à M. Charvet une médaille d’argent.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Dyvrande, à Camisy.(Manche).
- Ce fabricant, qui a obtenu une médaille de bronze en 1834, se montre toujours digne de cette distinction ; ses produits sont bien fabriqués.
- M. Belleme, à Evreux,
- A exposé des coutils blancs et de couleur, en fil ou coton ; il continue de mériter la médaille de bronze.
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- M. Debijçhy (B>ésiré), à^Tjarcpi'ftg»^>1 ^ J ,
- II, avait, reçu une médaille de .bronze en. 182;7, pour diverses .^étoffes, en l,aine, ou mélangéesi,laine et filj j le jury de. «1834. a confirmé cette , médaille.,Cette année, :iM, De-buchy sa exposé.un, assor liment,de coutils^en • fils j nousjlui :ÇOnfirmqns,sa, médaille devtronze.. fynj yf.^{î,t fl0ij
- v *» r ^ -
- >*nf; u’ , «or.ii.vr/Xîl^ytod wü ùmrb -mr.'h rdllkfa'W'U mw Siwo 1 *-’iï >• ^lùxi -M é ïaisjtôh TW[ S\î
- MÉD AIEEEi DE BRONZE /wî vkq Sas*
- MM. Defontaine et C u v elie r] à' T tir co i 11 g
- > .-ffi ÿi>rîÀip'ldGÎ BSlltOJï» >'.ik 1 H .v! ' Ut:ii0.ù ô.l«i nsfa
- Ils exposent des coutils en fais d’une bonne fabrication
- -ïf.nL'jtoi r'ï3iSÿî->i;.rsfT ... i.-nuacg in;*.ÿiaon iny
- et d un prix tres-modere : toutes ces étoiles, depuis 2 Ir.
- 50 c. a 3 Ir. 50 c. Faune, sont d’un tres-bon goût, et .sont «diufaqict 2vi, a y s .it
- appelées a .jouir d’une grande vogue dans le commerce,
- «13; XlOflS lïOUiiüp'SiA-i ‘‘isrp’V .H,*’ .>3î«^. 3ec«T4*
- lorsque ces fabricants auront donne une plus grande exten-sion a leur etablissement.
- En attendant ce succès, le jury leur decerne une me-
- , J.4Y^ïny> siimiwm » m & *3rwf&J
- ddillc de hronzê. ^ ^
- '^MENTIONS * HONëRÂBLESP^
- . Dàthîs^ ^ ft o ubâ ix^ 1f* *’%il AAn r **':l •’*1
- u ‘ (Jui^'a expose" une collection"^ d’étoffes èn^fil^'’ en^.mé-Iange*Sé fil5et laine , d’une‘boüne qualité.!*' '* V
- . Gorce-Yèrra, à:<rRi9m- (Pq^-dejD.én^? Expose les produits de la maison .centrale, qui sont très-
- > K; fcîfj .41 ^ >îiHG'* ? ÏH . p I- C-U« ^ u IfJ.i:. ^• ? > d p;-V :*>
- 2Cf
- bien lAéeulés. i;,^ ,b r.sa-ua^ (|. ^
- T. I.
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- M. Lienard-Plays, à Lezennes (Nord),
- • À envoyé une pièce de satin ouvragé, fil et soie mélangés; il emploie des fils mécaniques : cette fabrication peut'avoir de l’avenir.
- §5. — FILS ET TOILES POUR VOILES, CORDAGES, SACS
- ET TUYAUX SANS COUTURE.
- - ; RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.. '' .
- Madame veuve Saint-Marc,- MM. Portieu
- et Tetiot aîné, à Rennes,
- Ont obtenu, en 1834, la médaille d’argent pour leur important établissement -, leurs produits restant en première ligne> le jury ne peut que leur confirmer la médaille qu’ils ont obtenue.
- MM. Joubert-Bonnaire et cie, à Angers,. .
- En 1823 et 1827, ces fabricants ont mérité la médaille d’argent; les produits qu’ils exposent, celte année, montrent qu’ils sont toujours dignes de la distinction qu’ils ont obtenue.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- . , ; _ • V •
- MM. Desbouileons et Josson, à Rennes.
- Distingués déjà en 1834, ces habiles fabricants conti-
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- îiucnt de mériter la médaille de bronze qui leur a été décernée, pour la perfection générale de leurs produits.
- MEDAILLES DE BRONZE.
- MM. Dtjlérain fils et cie, à Rennes.
- C’est pour la première fois que ces fabricants envoient leurs produits à l’exposition ; leur ancienne et bonne fabrication leur a acquis une réputation méritée.
- Le jury leur décerne une médaille de bronze.
- M. Joly fils aîné, à Saint-Malo.
- * \
- L’établissement de ce fabricant fournit à nos armateurs, pour la pêche de la baleine et de la' morue, leurs principaux instruments; il fabrique également dès cordages de tous genres fort estimés. Mentionné déjà en 1834, le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M., Debeine, à Paris. ,
- Il se livre depuis longtemps à la fabrication des sacs et tuyaux sans couture, et il a apporté dans ses produits une grande perfection, sans en augmenter le prix..,Ils sont aujourd’hui bien connus dans le commerce, et appliqués à beaucoup, d’usages.
- M. Debeine avait déjà été distingué en 1834 ; le jury lui décerne une médaille de bronze.
- /
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- MENTIONS HONORABLES.
- MM. Poitevin fils et cle, à Tonneins (Lot-et-Garonne). v
- t '
- Pour la fabrication des fils à coudre servant à la marine, par des procédés particuliers ces fabricants obtiennent des fils d’une grande régularité et d’une force qu’ils annoncent égale aux meilleurs fils employés jusqu’à présent. D’après leur compte, les prix de ces fils, comparés aux anciens, donneraient une économie de près de 20 pour 100.
- M. Amiel , à Saint-Malo, -
- Est un bon fabricant de cordages; il a apporté des perfectionnements dans le travail général, qui rendent les produits de très-bonne qualité.
- M. Bouchard, à Neyers,
- Fabrique des cordages de toute espèce avec beaucoup de perfection ; l’emploi de ses produits, fait par les grandes usines de ce département, prouve leur bonne qualité : ce fabricant jouit d’une très-bonne renommée dans le pays.
- f \
- MM. Cherot et cie, à Nantes.
- Ils ont formé, depuis peu de temps, un établissement pour la fabrication des toiles à voile en fils câblés : ces toiles, qui sont très-régulières, joignent la force à la duree ; l’expérience prononcera sur leur usage.
- M. Gratien, à Fougères (Ille-et-Vilaine),
- se des toiles en chanvre et en lin, tissées à la main
- «
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- et par machines; elles sont d’une belle qualité et très-régulières. ,
- M. Lucas , à Versailles. -
- ,< ;: ï , !
- La fabrique de M. Lucas mérite d’être mentionnée pour la perfection de ses produits, soit en chanvre, soit en métal.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Poquet, à Etampes (Seine-et-Oise),
- Fabrique des cordages de toute espèce qui ont tous une excellente renommée dans le commerce. Il fabrique également des cordages en fil de fer et de laiton.
- M. Br unant, à Paris, '
- Emploie de bonnes matières pour la confection de ses produits, qui sont d’une belle qualité.
- M. BlanCj à Grenoble. (Isère).
- C’est uu des bons fabricants du pays; ses produits y jouissent d’une réputation méritée.
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- CINOUIÈME ' PARTIE.
- TISSUS DIVERS.
- première Section.
- BLONDES ET DENTELLES, BRODERIES, GAZES,
- TISSUS DE VERRE. . , ,
- M. Blanqui, rapporteur.
- * < t -,
- Considérations générales.
- La commission des tissus a cru devoir ranger dans une môme catégorie, cette année comme aux expositions précédentes, les dentelles dé fil, de soie et de coton, les gazes, les broderies, et généralement tous les ouvrages de ce genre exécutés à la main par des femmes. L’importance collective de ces diverses industries s’accroît avec le progrès de la richesse publique, et l’intérêt qui s’y rattache prend sa source dans le sentiment de sympathie que nous éprouvons tous pour les femmes, trop rarement rétribuées en proportion de leurs services. Ces in-
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- dustries , au surplus, occupent en surface ce qui • leur manque en profondeur. Elles emploient des milliers de mains dans plusieurs de nos départements, et sur les points les plus divers du terri-• toire,' dans le Calvados, dans l’Orne, dans la Meur-the, dans la Haute-Loire. Elles permettent souvent à des. familles honorables de chercher dans le travail* de leurs enfants un supplément de ressources qui ne coûte rien à leur dignité, et qu’une fille peut acquérir sous l’œil même de sa mère. 11 y faut très-peu de matière première, très-peu d’apprentissage ; tout se résout en main-d’œuvre, par conséquent en salaires et en prolits. On peut évaluer à près de 20 millions le seul produit des broderies en France, et ce produit augmente tous les jours. L’estimation de la valeur totale des dentelles de tout genre* dépasse de beaucoup le chiffre des broderies, et constitue réellement une fabrication d’une certaine importance dans notre pays.
- La fabrique de Paris occupe le premier rang. C’est de là que part Fimpujsion. et que viennent les modèles des articles destinés, soit à la consommation intérieure, soit à l’exportation ; et l’exportation est très-considérable. La ville dé Lyon a longtemps tenu le premier rang pour les broderies de luxe, or et soie ; mais ce genre brillant et coûteux a fait place à des broderies plus modestes et d’une vente plus facile. L’Amérique du Sud en
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- demande beaucoup. La fabrique de Nancy, qui s’é-, tend dans les départements voisins, ne comprend guère que, la broderie au plumetis; mais cet article y a fait, depuis quelque temps, des progrès si rapides, que la consommation s’en est considéra- • blement accrue* Tarare brode au crochet. C’est la broderie la plus simple, la moins délicate ; elle ne . s’applique guère qu’aux mousselines pour tentures, et Saint-Quentin en fabrique une quantité notable, principalement sur tulle de coton, depuis que le prix en a diminué.
- , Il s’est opéré quelques changements dignes d’attention , depuis 1834, dans la fabrication des dentelles de fil et de soie. Les premières ont repris faveur ; les secondes ont perdu quelque chose de leur sucrés dans la consommation intérieure. Bans le département de la Haute-Loire, au Puy, un industriel ingénieux, M. Théodore Falcon, a fondé une école de fabrication de dentelles qui promet d’heureux résultats, et qui tend à créer une rivalité sérieuse au point d’Alençon et aux autres dentelles de fils. Plus de mille ouvrières y sont appelées à s’instruire des procédés qui ont fait la fortune des fabriques septentrionales, et leurs premiers essais donnent à cet égard les plus légitimes espérances. Le jury a vu avec moins de confiance la tentative hasardée par quelques fabricants, qui ont imaginé de surcharger les dentelles d’ornements en couleur
- i
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- et même d’or et d’argent; une telle innovation ne s’explique que par les exigences de la consommation extérieure. Ce serait dénaturer un produit que de lui imposer un caractère si différent de celui qui lui est propre. Nous n’en dirons pas autant de la guipure, renouvelée du moyen âge ou tout au moins des temps déjà fort loin de nous, où floris-saient les dentelles de Venise et de Flandre, dont.le secret n’est pas encore tout à fait retrouvé. Cette innovation, ou plutôt cette reproduction a eu beaucoup de succès. Un exposant a essayé de créer une dentelle en fil de cachemire, qui a été diversement jugée, et sur le mérite de laquelle le jury laisse au temps le soin de prononcer.
- Les gazes de soie brochées ont eu un moment de vogue, il y a quelques années. 11 yen avait un grand nombre à la dernière exposition ; elles ont complètement disparu aujourd’hui. Ce tissu fragile, commun et disgracieux, n’était qu’une parodie de la blonde, ou^denlelle de soie, et devait périr avant elle. La seule gaze, qui ait attiré les regards du jury et mérité les suffrages du public est remarquable par son utilité tout industrielle : c’est la gaze à bluter de M. Henr necart, et celle de MM. Couderc et Soucaret fds, désormais adoptée par les grands moulins à la. mécanique i Cette gaze nous était fournie précédemment par la Suisse et par la Hollande; nous sommes dès à présent en mesure d’en fournir nous-mêmes
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- à nos rivaux. Ce qui distingue cette gaze, qui est tout à la fois d’une force et d’une finesse remar-quables, c’est que chaque fil de trame est assujetti, à son point de croisement avec la chaîne, d’une manière invariable ; de sorte que les ouvertures ménagées par le tissage demeurent parfaitement égales et à l’abri du moindre éraillement. Elles sont pures de tout duvet, quoiqu’on en compte jusqu’à 60 par centimètre linéaire, au point que le tissu ressemble
- if
- à une filière métallique. M. Henneeart a trouvé le moyen d’enduire d’autres gazes plus légères d’un encollage diaphane, qui pèrmet de les employer à couvrir des collections, à préserver les vêtements, les meubles, les tableaux, du contact de la poussière ou des insectes. Ainsi la gaze, en cessant d’être un article de mode, est devenue un objet d’utilité pratique et usuelle.
- Il nous reste à signaler ùn nouveau genre de broderie qui se fabrique au métier à la Jacquart, et qui, n’ayant pu être classé parmi les tissus ordinaires, à cause de son excentricité même, trouvera, par une sorte d’analogie, sa place naturelle à la suite des tissus de luxe dont il vient d’être question : nous. voulons parler des étoffes dites de verre, exposées par M. Dubus-Bonnel. Plusieurs membres de la commission des tissus ont été visiter, dans le faubourg Saint-Antoine, les ateliers de fabrication de cet inventeur. Tout son secret consiste dans un
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- moyen fort'simple de donner au verre étiré à la lampe une flexibilité qui permet de l’employer comme fil de trame. Ce fil peut être eoloré en jaune, en bleu, en vert, par les procédés ordinaires.de l’art du verrier. Ainsi préparé et employé à faire des
- brochés par le métier à la Jacquard le fil de verre imite avec un avantage'apparent l’or et l’argent, et
- présente des* reflets qu’on ne trouve pas toujours dans les plus magnifiques brocarts. M. Dubus-Bon-nel s’en est servi pour obtenir des étoffes-tentures, des ornements d’église, des garnitures de fauteuils, sur lesqtiels il est à craindre qu’on ne puisse s’asr seoir avec une parfaite sécurité, jusqu’à ce que l’inventeur ait fait disparaître certaines efflorescences inquiétantes. Tel qu’il est, néanmoins,. cet essai hardi a paru au jury digne d’encouragement.
- V.. MÉDAILLE D’OS.
- »
- M. ITé n NEC art j à -Paris.
- Il est importateur, eu France, de la gazé à bluter, dont le jury a pu apprécier les qualités particulières et F utilité pratique. Cet honorable fabricant expose plusieurs autres produits* analogues, tous d’une qualité parfaite et d’un prix modéré. Le jury, en lui décernant une médaille d’or, a eu surtout en vue d’encourager une fabrication usuelle, destinée à un bel avenir. ^
- . A. '
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Falcon, au Puy (Haute-Loire).
- Il a obtenu, en 1834, une mention honorable pour scs premiers essais de naturalisation de la dentelle blanche dans une contrée où l’on n’avait fait jusqu’alors que des dentelles noires communes. Les progrès rapides de sa nouvelle fabrication, le succès de Yécole des dentelles qu’il a établie au Püy, et pàr-déssus tout les produits vraiment remarquables qu’il a exposés, placent cet habile fabricant à un rang très-élevé. Le jury lui,décerne une médaille d’argent.
- Madame Payais , à Paris,
- A exposé des broderies courantes, de luxe et de grande consommation, dont la majeure partie est exportée aux États-Unis. On a beaucoup remarqué plusieurs robes d’un travail exquis de broderie, digne d’étre assimilé à la dentelle, et du goût le plus parfait. Madame Payan fait fabriquer par milliers des collerettes, des fichus, des canczous brodés, soit sur tulle, soit sur mousseline, dont la valeur annuelle s’élève à plus d’un million de francs. Le jury lui décerne une médaille d'argent.
- M. Bourdon, à Caen (Calvados).
- Il expose des robes et divers autres objets en dentelle de soie, tous remarquables par leur belle 'exécution. En raison des succès que la maison de M. Bourdon n’a cessé d’obtenir, le jury lui accorde la médaille d’argent.
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- ** * *
- MM. Couderc (Antoine) et Sguca.ret fils,
- de Montauban ?
- Exposent des toiles de soie pour passer la farine en différentes qualités. Ils ont donné de l’extension à leur fabrique en multipliant les espèces de ces tissus, en les perfectionnant et en les établissant à des prix inférieurs à ceux de Zurich.
- On n’établissait autrefois que huit numéros faits avec des peignes de 30 à 110 dçnts au pouce, et ils sont parvenus à en faire avec des peignes de 180 à 210 dents au pouce.Ilsont fait confectionner ces peignes par MM. Cha-telard et Perrin, qui , en 1834, obtinrent la médaille de bronze pour la perfection de leurs peignes en acier.
- Leurs toiles blutent parfaitement et donnent une farine très-fine. - 1
- «
- Ils ont aussi exposé des articles en soie, à grands réseaux , qui s’emploient pour la séparation et l’épuration des différents sons. Ces toiles remplacent avantageusement les canevas en fil dont on se sert habituellement ; les canevas en fil ne peuvent être aussi réguliers ni aussi solides que les canevas en soie, qui sont à deux fils de chaîne, tortillés et inéraillables.
- Leurs tissus sont supérieurs en qualité, et à plus bas prix que les tissus étrangers dont ils soutiennent avantageusement la concurrence.
- La régularité et la finesse de leurs tissus attestent la perfection de leur filature, dont ils exposent des échantillons qui sont d’un filage fin et nerveux et d’une netteté remarquable.
- Cet établissement occupe, toute l’année, quatre-vingts ouvriers. MM. Couderc et Soucaret sont des fabricants'
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- très-ingénieux, qui cherchent tous les moyens d’améliorer et de perfectionner leur industrie.
- Lejury leur décerne une médaille d’argent.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- f
- * j**- .
- M. Ruffi-Jussel , à Nancy,
- S’est déjà distingué, à la précédente exposition, par ses broderies sur mousselines de Tarare, du goût le.plus pur et du travail le plus, délicat. Les nouveaux produits qu’il a exposés, cette année, ne sont pas moins remarquables par leur élégance, leur richesse et leur variété. Le jury accorde à M. Rufli-Jussel le rappel de la médaille de bronze.
- * V
- MM. Mouton et Jôsseaume, à Paris,
- Ont aussi obtenu, en 1834, une médaille de bronze
- 4 : ,
- pour la beauté de leurs mousselines brodées en tout genre. Les produits qu’ils exposent, cette année, ne le cèdent en rien à ceux de l’exposition précédente, qui avaient déjà valu à MM. Mouton et Jôsseaume Une clientèle considérable. Le jury leur accorde le rappel de la médaille de bronzé. ' ; ^ ‘ ' ’
- Madame Marie Hottot , à Paris,
- A mérité Une médaille de bronze, en 1834, pour diverses robes et écharpés en blonde d’une grande richesse et d’une belle exécution. Ses nouveaux produits, également remarquables, déterminent le jùry â luii en accorder le rappel. ' ’ : • "Vir'' '
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- M. Biais, à Paris. ‘ -
- ïl a déjà obtenu, en 1834, la médaille de bronze pour l’excellente confection de ses ornements d’église. Le jury lui en accorde le rappel.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. Bertrand et Yidil , à Paris,
- Sont des fabricants dont le goût remarquable a toujours donné à leurs produits un caractère particulier d’élégance et de distinction. Ils exposent des robes et des mouchoirs brodés comparables aux articles les plus recherchés en ce
- genre. Le jury leur accorde la médaille de bronze.
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- M. Violàrt, à Paris.
- Il fait fabriquer* aux environs de Caen, lés objets extrêmement variés de son exposition. Le jury a particulièrement remarqué des blondes de soie d’un dessiu très-riclie et d’une exécution irréprochable. Ce fabricant est un de ceux qui ont le plus contribué aux progrès des dentelles de soie. C’est aux efforts de M. Yiolart que cet article doit d’avoir conservé à l’intérieur un reste de la faveur immense dont il a joui. Le jury lui décerne une médaille de bronze. '
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- M. Popelin-Ducarre , à Paris,
- Est un des fabricants les plus instruits de tous les détails de son industrie. Tout le monde a remarqué la variété de ses articles brodés sur mousseline et sur soie, notamment une charmante robe achetée par madame la duchesse
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- d’Orléans, un châle de soie couleur lilas, et un autre châle imitation de Chine brodé sans envers. M. Popelin-Ducarre s’est sagement tenu à la fabrication des objets de consommation courante, et il y excelle d’une manière remarquable. Le jury accorde à ce fabricant ingénieux une médaille de bronze.
- M. Husson et.ses sept filles, à Nancy.
- Il à présenté des broderies sur batiste et sur mousseline, soit à jour, soit au point d’armes, qui ont paru au jury dignes de récompense. If est décerné,4 en conséquence, une nafédaille de bronze à M. Husson, qui a trouvé dans sa propre famille les éléments d’une utile association.
- M. Dreuille, à Paris.
- Les broderies de M. Dreuillè, exécutées au plumelis, n’ont pas paru moins dignes d‘une récompense spéciale que celles de ses concurrents les plus distingués. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Dubus-Bonnel, à Paris,
- Est l’inventeur des tissus de verre dont on vient de parler. L’effet de ces tissus a été généralement admiré -, ils brillent de l’éclat le plus vif, et il y a lieu d’espérer que l’usage en prévaudra pour la fabrication des ornements d’église, peut-être aussi pour les tentures fines, qui lancent de véritables feux à la clarté des bougies. Un salon ainsi éclairé a été visité par l’un des rapporteurs de la commis-
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- sion des tissus, et lui a paru’ mériter les éloges qui eu avaient été faits. M. Dubus-Bonnel a d’ailleurs reçu, surtout de l’étranger, un très-grand nombre de commandes, qu’il s’occupe de réaliser par le métier à la Jac-
- quart. Le jury ^décerne à l’inventeur une mention hono-%
- rable.
- Mesdemoiselles Beauvais, à Paris. .
- Broderies sur étoffes très-bien exécutées et d’un goût distingué.
- M. LaïnnieRj à Paris.
- Broderies sur mousselines, batistes et jaconats.
- M. Draps, à Paris.
- Broderie et lingerie d’une bonne confection.
- MM. Laure et c16, à Paris.
- Robes, châles et fichus brodés, articles à des'prix modérés et de bon goût. ,
- M. GrAvier-DelvAlle , à Paris.
- Broderies de tout genre bien soignées. Mesdemoiselles Villain^Jams^ à Caen.
- Tulles brodés dits points de Caen, d’une exécution soignée.
- Madame veuve Martin/à Paris.
- Broderies en or, argenf et soie, d’une grande richesse.
- T. i.
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- SECTION II.
- TAPIS ET TAPISSERIES.
- M. Blanqui, rapporteur.
- Considérations générales.
- Quatre villes de France partagent, à l’exposition de cette année, l’honneur de représenter la fabrication des tapis : Aubusson, Abbeville, Nîmes et Turcoing. Ce ne sont pas les seules, mais les plus importantes. Dans ce petit nombre de villes, un moindre nombre de fabricants donnent l’élan à l’industrie locale, en entretenant des dessinateurs, des fdatures, des ateliers de tissage qui produisent, dans des conditions plus ou moins favorables, les différentes sortes de tapis. Tout près et au-dessous de ces grands fabricants, on compte une foule de commissionnaires qui ‘sont des intermédiaires utiles, mais dont les produits ne peuvent être considérés que comme accessoires, industriellement parlant, malgré leur importance commerciale. Le jury a surtout concentré son attention sur les vrais fabricants, dont la manufacture a un domicile connu, des ressources suffisantes et des procédés appréciables. On peut les diviser en deux classes : ceux qui se livrent à la fabrication des grands tapis de
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- luxe, ras et veloutés, et ceux qui exécutent principalement des moquettes, des jaspés, des écossais pour la consommation courante.
- La grande fabrication des tapis de luxe est établie à poste fixe, dans le département de laCreuse, à Aubus-son, àFelletin,où, de temps immémorial, elle a trouvé dans les dispositions toutes spéciales des habitants une source inépuisable de succès. C’est de là que viennent ces magnifiques tapis ras et veloutés dont l’exposition de cette année a présenté de si admirables modèles, que le jury n’a pas eus à récompenser, puisqu’ils sont l’œuvre d’un de ses membres. La ville de Turcoing, au moins en ce qui concerne les tapis ras, a manifesté sa tendance à suivre les bonnes traditions d’Aubusson, déjà recueillies avec succès par la manufacture d’Abbeville ; car c’est un manufacturier d’Abbeville qui obtiendra, cette année, la plus haute récompense accordée à l’industrie des tapis dans toute la France. Enfin on vient de voir s’élever, depuis peu de temps, à Nîmes, plusieurs fabriques de moquettes qui ont excité au plus haut degré l’attention publique, et qui, par la vivacité des couleurs et le bon goût du dessin autant que par la modicité extraordinaire des prix, peuvent être regardées comme le commencement d’une heureuse amélioration dans le genre.
- Il est à désirer que celte amélioration se propage aux lapis dits écossais, aux moquettes bouclées fa-
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- çon d’Angleterre, et même aux lapis veloutés ordinaires, qui sont encore trés-chers, ainsi que les jaspés. Tant que nos fabricants n’auront pas à leur disposition, et à des prix modérés, les laines communes qui leur sont nécessaires, tous les perfectionnements viendront échouer devant l’énormité de la dépense. La loi qui a établi le droit sur les laines ad valorem, avec un minimum de déclaration à un franc le demi-kilogramme, oblige nos manufacturiers à subir des prix artificiels qui ne répondent point à la qualité inférieure de la matière première. Telle est la principale cause de la cherté relative des tapis en France, et de leur bon marché en Angleterre, où l’on trouve des tapis jusque dans la chaumière du pauvre , et dans les plus obscurs recoins de toutes les demeures. Ce genre de superflu commence à devenir nécessaire parmi nous ; il s’accompagne d’un progrès notable dans le système général des améublements, et tout le monde comprend qeuls avantages en devront résulter pour l’hygiène des habitations.
- M. Ch. Sallandrouze-Lamornaix se trouve hors de concours en sa qualité de membre du jury central ; cette fonction nous interdit tout éloge et ne permet de rappeler que pour mémoire un manufacturier déjà honoré d’ailleurs des plus hautes récompenses.
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- MÉDAILLE D’OR.
- M. Vayson, à Abbeville,
- Possède un des établissements les plus importants de la France. Il réunit, dans ses ateliers, tous les genres de préparations relatifs à la fabrication des tapis -, il occupe régulièrement plus de trois cents ouvriers : filature, teinture, dégraissage, tissage , tout est organisé, dans ses ateliers, sur une grande échelle, et la qualité de ses produits répond à l’importance de sa fabrication. Le jury décerne à M. Vavson une médaille d’or.
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- MEDAILLES D’ARGENT.
- MM. Paris frères, à Aubusson.
- Ils ont exposé un grand assortiment de tapis de différents genres, tous remarquables par leur excellente exécution, et quelques-uns par l’heureuse disposition des dessins. Le jury leur accorde une médaille d’argent.
- M. Bellat, à Aubusson.
- Il est un des fabricants les plus distingués de cette ville. Le jury a remarqué avec intérêt les produits nombreux et variés et plusieurs tapis de grandes dimensions qui témoignent tout à la fois de l’habileté du travail et du choix consciencieux des matières. Le jury décerne à M. Bellat une médaille d’argent.
- MM. Roussel frères et Réquillart, à Tur-coing.
- Ils ont envoyé à l’exposition des moquettes qui ont été
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- remarquées principalement à cause de l’heureuse disposition des dessins et de la solidité du tissu. Leur manufacture se compose de la réunion de plusieurs établissements, dont le centre est à Turcoing et n’occupe pas moins de trois cents ouvriers pendant toute Tannée. Les divers procédés de la fabrication y sont combinés comme à Aubusson ; la laine y entre en suint et n’en sort que transformée en tapis. Le jury accorde, à MM. Roussel et Réquillart, la médaille d’argent.
- MM. Flaissier frères, de Nîmes.
- Cet établissement ne date que de deux ans, ils ont débuté en véritables maîtres. Leurs moquettes ont été principalement distinguées par l’élégance du dessin et la richesse des couleurs, et font le plus grand honneur à ces fabricants-dessinateurs : le jury a été frappé aussi du prix relativement très-modéré auquel les moquettes de MM. Flaissier frères peuvent être livrées. Il regarde ce fait comme du meilleur, augure pour la fabrique de Nîmes, et décerne à MM. Flaissier une médaille d’argent.
- MM. Soubâs aîné et cle, à Nîmes.
- Ils sont les premiers importateurs de l’industrie des tapis dans cette ville -, ils n’ont rien négligé pour lui donner une impulsion puissante, et leur exemple a déjà porte d’heureux fruits. Ils ont substitué le métier Jacquart au métier à la lire, et quoiqu’ils n’occupent encore qu’une centaine d’ouvriers, ils ont obtenu, en quantité et en qualité, des résultats si remarquables, que le jury a cru devoir leur accorder une médaille d’argent.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
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- MM. Bellanger père et Nourrisson
- Ont exposé des tapis fabriqués avec des poils de chevreau et des tapis en déchets de soie ; le jury leur accorde le rappel de la médaille de bronze , obtenue en 1834.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Alexis Sallandrouze, à Aubusson et à Paris y rue Taitbout, i5.
- C’est un fabricant d’Aubusson qui a commencé ses travaux sur une échelle modeste et qui les continue avec perfection et conscience à l’école des grands maîtres de la fabrication. Il a exposé des tapis de différents genres, et notamment un tapis ras à ramage, exécuté avec hardiesse, d’une bonne couleur et d’un dessin très-élégant. Le jury
- lui décerne une médaille de bronze.
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- M. Lecun, à Nîmes,
- Expose des tapis de pied, des tapisseries pour portières et plusieurs sortes de tapis économiques exécutés dans ses ateliers, à Nîmes, où il dirige plus de trente métiers avec succès. Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- MM. Victor et Antoine Rédarès frères, de Nîmes.
- Ces exposants nouveaux se sont distingués) comme leurs
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- confrères, par la bonne qualité et le bon marché de leurs produits. Le jury a cru devoir encourager d'aussi honora-rables efforts, il leur décerne une médaille de bronze.
- M. Rouget-Delisle, à Paris.
- Il est l’auteur d’un système particulier de disposition des couleurs pour tapis de laine, et il a présenté au jury une table chromatique composée d’après la théorie du contraste due à M. Chevreul. Cette table renferme toutes les couleurs nécessaires à la reproduction des dessins coloriés , soit pour la tapisserie des Gobelins, soit pour la fabrication de toute espèce de tapis. Cette disposition est d’autant plus utile qu’avec la boîte de M. Rouget-Delisle, toutes les personnes qui s’occupent de broderie et de tapisserie pourront toujours se procurer les nuances qui leur manqueront en désignant les numéros des rayons ou des cases de la boîte, qui correspondent à la construction théorique colorée et placée sur le couvercle. Le jury décerne à M. Rougel-Delisle une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Wawrin, à Turcoing.
- Tapis et moquettes.
- MM. Vaison frères, à Paris.
- Tapis et moquettes.
- M. Demy-Doimeau, à Paris.
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- Tapis ras et veloutés.
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- M. Limage-Pinçon, à Paris.
- Mention honorable à cause de son système de tapisseries à paysages.
- M. Foye.
- Tapis divers.
- MM. Malard et Barré, à Beauvais (Oise).
- Tapis de pied veloutés.
- CITATIONS.
- M. Heuckel.
- Tapis en fourrures.
- M. Schiertz, à Paris.
- Tapis en fourrures.
- SECTION III.
- BONNETERIE.
- M. Petit, rapporteur.
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- Considérations générales.
- Les manufactures de ce genre n’ont rien exposé qui annonce de grands progrès dans cette industrie, depuis la dernière exposition.
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- La bonneterie ordinaire continue à pourvoir convenablement aux besoins de la consommation du pays; celle de Troyes présente le double avantage d’une confection solide et d’un prix modéré.
- La fabrication des bas unis soutient difficilement à l’étranger la concurrence des produits de la Saxe et de l’Angleterre.
- Les bas de première qualité, ceux de luxe, à jour et brodés sont en meilleure situation, soit à l’intérieur, soit à l’étranger. Il est à regretter que les fabricants de Paris n’aient pas exposé, car ils fabriquent de manière à ne pas craindre la concurrence pour la perfection de leurs produits, et surtout pour le bon goût des broderies qu’ils font exécuter. La fabrique de Ganges est la seule qui présente à l’exposition des bas de soie en qualité supérieure, et remarquables par la pureté du blanc et la richesse des broderies.
- La fabrication de bonneterie du département du Gard comprend les bas en tous genres, en soie, en fil d’Écosse, en coton, en filoselle ou bourre de soie, et en laine, les gants et mitons de même matière, et les tricots en coton en pièces, sur lesquels on coupe les bonnets, les gilets, les caleçons et les jupons.
- L’article dont la consommation s’est le mieux
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- soutenue depuis quelques années est le tricot sur le métier à maille fixe; on fabrique sur ce métier des bas, des gants et des mitons destinés principale-
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- ment pour l’exportation. La diversité des goûts dans les nombreuses contrées que cette industrie approvisionne est toujours satisfaite„par celle que les fabricants savent donner à leur production. L’adjonction de la mécanique «à la Jacquart au métier à maille fixe a permis de créer des dessins ; la teinture et la chirmre viennent les varier, et l’art de la brodeuse intervient dans les ornements.
- Les progrès de la bonneterie sont dépendants de ceux du filage ; aussi remarque-t-on, depuis quelques années, une diminution sensible dans les prix des articles qu’elle produit. La préparation des matières premières fait, chaque jour, de nouveaux progrès, et c’est par leur choix et par une exécution soignée que les diverses fabriques se distinguent entre elles.
- La bonneterie destinée à l’usage des Orientaux, qui était autrefois l’objet d’une large exportation, rencontre une redoutable concurrence dans les fabriques de l’Italie et du Levant, qui peuvent l’approvisionner de laines à meilleur marché que nous; il faut toute l’intelligence de nos fabricants, l’emploi des procédés les plus ingénieux de la fabrication , l’éclat et la solidité de nos couleurs, pour pouvoir soutenir la lutte et conserver à notre industrie un débouché aussi intéressant.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Meynard cadet, Nîmes (Gard),
- A exposé des gants de soie à jour richement façonnés, ainsi que des mitaines à jour chinées et brodées. Ces produits variés de dessins se font remarquer par le bon goût, la bonne fabrication et la modicité de leur prix.
- Cette maison soutient son ancienne réputation tant par l’importance ce ses affaires que par la perfection de ses produits, dont elle a un grand débouchépour l’exportation.
- Le jury trouve que M. Meynard cadet est de plus en plus digne de la médaille d'argent qu’il a obtenue en 1819 et qui lui a été rappelée en 1834 , et il la lui confirme.
- M. Trotry-Latouche^ Paris, rue Micliel-le-
- Comte,s4.
- Cet industriel a sa fabriqueà Chatou (Seine-et-Oise). Ily a établi une machine à vapeur de la force de douze chevaux, et ily réunit la filature de la laine, le tissage, le foulonnage et l’impression sur draps.
- Il a exposé des bonnets à l’usage des Orientaux, ainsi que des bonnets en tricot et en drap imprimés pour les colonies et la marine. 11 a présenté aussi des dessus de table et des descentes de lits et d’escaliers en drap imprimé en relief, et des ceintures en tricot dites antirhumatismales, fabriquées avec une laine dans laquelle on a laissé une partie du suint. Tous ses produits ne laissent rien à désirer sous le rapport du travail et de la teinture.
- Cette maison soutient sa bonne réputation, et elle est de plus en plus digne de la médaille d’argent que le jury a lui décernée en 1827, et qui lui a été rappelée en 1834; le jury de 1839 la lui confirme.
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- MM. Yalentin-Feau. Béchard et cie^ d’Orléans (Loiret).
- Les bonnets turcs établis par ces exposants sont destinés au commerce du Levant ; ceux qu’ils ont exposés riva-lisen t, pour leur bonne exécution et la beauté de la tein ture, s’ils ne les surpassent pas, les articles du même genre fabriqués à Tunis. Le tricot de ces bonnets est fait dans la campagne par des femmes et des enfants. Les ateliers de filage , le moulin à foulon , enfin toutes les machines nécessaires aux diverses préparations que la laine doit recevoir se trouvent réunis dans le même établissement. Ils ont introduit, dans leur fabrication, des améliorations importantes sous le rapport de la solidité de la teinture, aussi leurs produits sont distingués pour leur couleur.
- Cette maison, dont l’industrie n’est pas moins recommandable pair sa perfection que par son développement, soutient avec distinction son ancienne réputation.
- Elle a obtenu, en 1819, la médaille d’argent sous la rai' son Benoît-Mérat et Desfrancs; on lui en a fait le rappel en 1823 et 1827. Le jury estime qu’elle est de plus en plus digne de cette distinction, et il la confirme à MM. Valentin-Feau, Béchard et compagnie.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Germain (Pierre), du Yigan.
- Les bas de coton du Yigan sont recherchés aujourd’hui dans le commerce, et Paris, qui, jadis, en tirait seulement quelques douzaines, en consomme à présent dix mille douzaines par an. M. Germain a fourni, sur cette quantité,
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- cinq mille douzaines l’an dernier. Cette industrie, qui doit sa brillante prospérité à l’adoption de la méthode de fabrication de Paris et de la Picardie, est devenue une grande ressource pour les ouvriers du Yigan et des villages environnants.
- M. Germain réunit la fabrication des bas de coton à celle des bas de soie. Il confectionne des bas de coton de 5 fr. 50 c. à 48 fr. la douzaine, et des bas de soie de 36 à 108 fr. la douzaine.
- fC.Il a exposé un grand assortiment de bas de soie et de bas de coton unis et à jour d’une exécution parfaite. Il a amélioré cette industrie qui, il y a quelques années, ne produisait que des qualités inférieures au Yigan. Il occupe environ cinq cents ouvriers pour ses bas de soie ou de colon ; sur ce nombre, il y en a quatre cents qui ne travaillent que pour lui et dont les métiers lui appartiennent. Il emploie, en outre, plus de cinq cents couturières ou brodeuses. Ses produits se recommandent autant par leurs bas prix que par leur bonté, ce qui justifie la bonne réputation dont ils jouissent dans le commerce.
- Celte maison, une des plus anciennes et des plus importantes deNimes dans cette industrie,est connue depuis longtemps pour la supériorité de ses produits, qui sont principalement destinés pour l’exportation.
- M. Germain (Pierre) a obtenu, en 1834, la médaille de bronze; le jury n’hésite pas à lui décerner la médaille d’argent.
- MM. Pitancier et Martin ? Troyes (Aube),.
- Leur établissement de bonneterie date de quinze ans. Depuis six ans ils y ont joint la fabrication de bourre cachemire jusqu’alors inconnue dans ce département, et ils
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- sont parvenus à un grand degré de perfection et d’économie dans la confection de tous leurs articles.
- Ils ont exposé des bas de coton et de fil d’Éeosse, ainsi que des pantalons de tricot à côte et unis; des bas^ des jupons, des robes d’enfants et des gilets en bourre-cachemire. Tous leurs produits sont recherchés à cause de leur bonne qualité et de leurs prix modérés ; ils en ont une grande consommation dans l’intérieur de la France et dans l’étranger. Ils occupent quatre cent cinquante à cinq cents ouvriers ; savoir : deux cents pour la bonneterie et deux cent cinquante à trois cents pour la fabrication des tricots bourre-cachemire. Ils emploient 12 à 1,400 kil. de coton par semaine, et on peut estimer à vingt-cinq mille douzaines les objets qui sortent annuellement de leur fabrique.
- Ces habiles manufacturiers sont appelés à prendre un rang distingué dans leur industrie. Le jury leur décerne la médaille d’argent.
- MM. Pagès fils et cie, à Nîmes (Gard),
- Ont exposé des bas bourre de soie pour homme et pour femme, unis et à jour, et brodés. Tous ces articles sont remarquables par leur bonne exécution et leur Las prix.
- Cette maison fabrique tous les genres de bonneterie et de tricots qui sont du ressort de cette industrie. Elle occupe environ sept cents métiers pour la fabrication des bas, et près de quatre cents ouvriers pour la confection des gants à filets ; elle a une très-grande consommation de ses produits tant pour l’intérieur que pour l’exportation.
- Le jury, prenant en considération l’importance de cette maison , la perfection de ses produits, et la bonne réputation dont elle jouit dans le commerce, juge MM. Pagès fils
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- et compagnie dignes de la médaille d’argent, et il la leur décerne.
- MM. Lauret frères, Ganges (Hérault) ,
- Ont exposé des bas de soie et de fil d’Écosse unis et à jour/de différentes qualités, depuis2 fr. 25 c. jusqu’à 50 fr. la paire. Tous leurs produits se font remarquer par la finesse de la maille et par le bon goût et la variété des dessins. Ils fabriquent particulièrement les articles destinés à la belle consommation. Ils s’appliquent donc à produire ce qu’il y a de plus riche en dessin et de plus parfait en tissu et en fabrication. Leur filature, composée de vingt-huit bassines, file annuellement 25 à 30 quintaux de soie en première qualité qu’ils emploient pour la fabrication de leurs bas. L’échantillon de soie blanche qu’ils exposent fait connaître tout à la fois la régularité de leur filature et le degré de perfection auquel est portée leur fabrique $ c’est aussi à la grande pureté des matières qu’ils doivent la beauté des blancs qu’ils obtiennent. Ils fabriquent tous les numéros de bas que l’on peut produire depuis les plus bas prix jusqu’aux plus élevés. Ils fabriquent les bas de soie à jour riches aussi bien qu’à Paris, et ils les établissent à meilleur marché. Ils occupent environ trois cent cinquante ouvriers, et ils ont une grande consommation de leurs produits pour l’intérieur et pour l’étranger. Cette maison, pour la perfection des bas desoie unis et à jour, passe pour la première fabrique des Cevennes.
- En considération du grand développement que MM. Lauret frères donnent à leur industrie et de leur belle réputation dans le commerce, le jury leur décerne la médaille d’argent.
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- MM. Richard frères, de Saint-Cbamond.
- Cette maison est la première qui a employé les métiers à la mécanique pour fabriquer les lacets qui, jadis, se faisaient à la main.
- L’établissement de MiYI. Richard frères, situé à Izieux, près Saint-Chamond , est d’une grande importance} ils y occupent cinq cents ouvriers, et ils y fabriquent 80,000 aunes de lacets par jour. 100 kil. de soie y sont moulinés chaque semaine par flottes régulières de 500 mètres de longueur pesées une à une et numérotées comme le coton.
- Ces fabricants ont exposé une grande collection d’échantillons de lacets et cordonnets en soie, en coton et en caoutchouc ; leurs produits son t remarquables par leur bonne confection et remplacent les lacets précédemment importés d’Allemagne. Il y a vingt-cinq à trente ans, Saint-Chamond livrait au commerce pour 30,000 fr. de lacets, maintenant il lui en livre pour plus de 2 millions.
- MM. Richard frères ont donc rendu un grand service à notre pays en améliorant celte industrie et en trouvant les moyens de lui donner une si grande extension. Le jury, pour récompenser d’aussi grands succès, leur décerne une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Benoit (Auguste), de Saint-Jean-du-Gard,
- A exposé des bas soie à jour et de fil d’Écosse recommandables pour le fini du travail et pour la richesse des dessins.
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- Cette maison fabrique particulièrement les bas en belle qualité pour la consommation de l’intérieur.
- M. Benoît (Auguste) a obtenu, en 1834, la médaille de bronze sous la raison Benoît père et fils j le jury reconnaît qu’il soutient sa bonne réputation et il lui confirme cette médaille.
- MEDAILLES DE BRONZE.
- MM. Roussel frères, cFAnduze?.
- 4
- Présentent, à l’exposition, des bas de soie à jour belle qualité et des bas fil d’Écosse unis et à jour de 2 fr. 25 c. à 5 fr. 75 c. la paire; ils sont en première qualité courante, qui n’appartient pas tout à fait à celle des bas de luxe. Ces fabricants occupent deux cents ouvriers, et toutes les soies qu’ils emploient sont le produit de leur filature de cocons.
- La perfection des produits de MM. Roussel frères atteste les soins qu’ils donnent constamment à leur fabrique pour l’améliorer. Le jury leur décerne la médaille de bronze.
- M. Gazes, du Vigan. •
- Ce fabricant a exposé une belle collection de bas de coton unisetàjour dediverses qualités, depuis 10 fr. jusqu’à 54 fr. la douzaine. La majeure partie de ses produits est destinée à l’exportation. Il occupe près de deux cents ouvriers au Yigan et dans les villages voisins.
- Le jury, prenant en considération la bonne confection des produits de M. Cazes et la belle réputation dont elle jouit dans le commerce, lui décerne la médaille de brggze.
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- MM. Guérin et Pailler, à ]Nfines (Gard).
- . Ces fabricants ont exposé une collection de lacets et de cordons en soie et fantaisie en fleuret et en coton de diverses largeurs et de différentes qualités. Les fantaisies sont filées et.raoulinées dans leur établissement, qui rivalise aveç ceux de Saint-Étienne et de Saint-Chamond, surtout pour les articles en fleuret. Leur atelier se compose de soixante-dix métiers et des machines nécessaires pour, ferrer, auneret plier leurspièees. Il s’y fabrique 1Q,000 àu-nes de lacets par jour, et le travail y est continu $ le tout est mis en mouvement par une machine à vapeur.
- Leurs prqduits, qui sont à des prix très-modérés, sont très-rbien confectionnés et très-recherchés dans le commerce.
- En .considération du grand développement que MM. Guérin et Pailler donnent à leur industrie, le jury, pour les récompenser, leur décerne une médaille de bronze.
- MM. Agniel-Lafont et c,0? à TJzès (Gard).
- La ville d’Uzès se présente, pour la première fois, à l’exposition , et ce sont MM. Agniel-Lafont et çie qui donnent l’exemple. Ils exposent des bas pour homme et pour femme, et des chaussettes en bourre de soie remars quables par leur bonne fabrication. Ils ont été les premiers à mettre en usage la fabrication des bas avec le poinçon à quatre aiguilles. Leurs produits jouissent d’une bonne réputation, et sont recherchés pour l’exportation.
- Pour récompenser la persévérance de MM. Agniel-Lar font et cie à perfectionner leur industrie, le jury leur décerne la médaille de bronze.
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- M. Cabane (Alexandre) jeune, à Nîmes (Gard).
- Ce fabricant a exposé un grand assortiment de gants et de mitaines de soie, unis et chinés, d’une fabrication généralement soignée. Une étude approfondie du mécanisme du métier à mailles fixes a conduit M. Cabane jeune à produire, sur ces métiers, des effets de couleur qui imitent et remplacent la chinure, et lui permettent d’établir ses articles à 25 pour ,100, au-dessous de ceux qui sont réellement chinés ; par une addition très-simple qu’il a faite au même métier, il obtient des dessins que, jusqu’à présent, on n’avait pu créer que par sa réunion à la mécanique Jacquart. On remarque dans son exposition des produits qui sont le résultat de cette dernière combinaison, et qui sont d’un effet très-agréable.
- Le jury, prenant en considération la perfection des produits de M. Cabane et son talent industriel, le trouve digne de la médaille de bronze, et il la lui décerne.
- M. Troupel lils, à Montpellier (Hérault), entrepreneur cle la maison centrale,
- À exposé des bas, des gants et des bonnets en bourre de soie; des gants et des mitons en soie cordonnet à dentelle; et des fantaisies, cardées et filées. Tous ces articles sont à des prix modérés et d’une très-bonne confection.
- Il a aussi exposé des mouchoirs de coton à carreaux, de 6 f. 25 c. à 7 f. la douzaine. A l’exception des gants de soie cordonnet à filet, tous ces produits sont le résultat les uns des autres; ils se fabriquent tous dans la maison centrale, où la matière première arrive brute, et y subit toutes les opérations qui la rendeut propre au cardage, à la filature et à la fabrication de la bonneterie.
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- En considération de l’ensemble de ses produits biencon * fectionnés, le jury décerne la médaille de bronze à M. Troupelfils.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- M. Joyeux (Emile) et cie, à Nîmes ,
- »
- Ont les premiers employé le fil d’Ecosse sur le métier à ' maille fixe. Ils fabriquent des gants sans couture, qu’ils peuvent livrer au modique prix de 6 f. la douzaine, et ils emploient la laine et le tibet à la fabrication d’articles à jour, .
- Ils ont exposé des gants et des mitons à jour, chinés, d’une bonne confection et d’un prix très-modéré.
- Le jury confirme à M. Joyeux (Emile) et cie la mention honorable qu’ils ont obtenue en 1834.
- M. Colomb (Pierre), à Nîmes,
- A exposé des bretelles remarquables par leur bonne qualité et leurs bas prix ; il en livre à la consommation 20 mille douzaines par an, depuis 1 fr. 50 c. jusqu’à 5 fr. la douzaine. Il emploie particulièrement à cette fabrication les détenus de la maison centrale de Nîmes.
- M. Colomb (Pierre) a obtenu, en 1834, une mention honorable, le jury la lui confirme.
- 0»
- M. Audin, de Paris, rue du Faubourg-Poissonnière, 106 bis,
- A présenté, à l’exposition, divers articles de bonneterie en feutre imprimée, tels que bonnets grecs et russes, cabas , chaussures et ceintures pour hommes et pour enfants.
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- i
- Toüs ses produits sont bien fabriqués, et par leurs bas prix sont susceptibles d’un grand débouché.
- M. Audin a obtenu, en 1834-, une mention honorable-le jury la lui confirme.
- M. Nèvéux-Godar, à Ctaênois-Aubdiïcoïirt (Ardennes).
- Ce fabricant a exposé des bas et des chaussettes de coton, des bas et des chaussettes dé laine, des gilets et des
- \ à ; ^ ^ " * i > 4 ,
- caleçons eh flanelle. Tous Jcès articles se recommandent par leur bonne confection.
- M. Neveux-Godard a obtenu une mention honorable eh 4823 5 le jury la lui confirme.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. Bellamy frères, à Caen (Calvados),
- Ont exposé des bas et des chaussettes do colon, blancs et gris, unis é't jafepés,-d’une exécution parfaite, et à dès prix très-modérés.
- Cette maison fabrique aussi avec succès les bas de fil d’Écosse.
- Le jury décerne une mention honorable à MM. Bellamy frères.
- M. Manoury (Arsène), à Caen (Calvados).
- Ce fabricant a exposé des bas de coton gris et gris-nôirs, blancs et bleus et noirs et blancs. On remarque la bonne fabrication de ses produits, dont les prix commencent à 12 fr. la douzaine, et n’excèdënt pas cèlüi de 26 fr.
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- Le jury décerne une mention honorable à M. Manôury (Arsène).
- M. R.ouvière-Cabane et cie, à Nîmes (Gard).
- Ces exposants présentent une collection de gants et dé mitons de soie, de bas de soie à jour et brodés, ainsi que des écharpes en soie à jour damassées. Les ornements en broderie, et surtout les garnitures de ces différents articles, indiquent qu’ils ont des destinations particulières pour l’exportation. On remarque, dans leur exposition, une écharpe pour insigne administrative d’une belle exécution;
- Les produits de M. Rouvière-Cabane et compagnie sont très-bien fabriqués et à des prix modérés.
- Le jury décerne une mention honorable.
- M. Cambon (Antoine) cadet, de Siimène, près Nîmes.
- Ce fabricant, qui se présente pour la première fois à l’exposition > a exposé une robe en tricot piqué à jour pour enfant et une paire de bas de soie unis d’une belle qualité. Il fabrique aussi les qualités courantes, ainsi que les bas de coton et de fil d’Ecosse. Il emploie près de cent quarante ouvriers.
- Le jury décerne à M. Cambon (Antoine) une mention honorable.
- M. Joyeux fils aîné, à Nîmes (Gard).
- Depuis plusieurs années, ce fabricant a importé à Nîihës le métier à côtes anglaises que l’on emploie en Champagne aux tricots de coton et de laine; par son application aux articles de soie, et surtout par les modificàtitms qu’il y à faites et qui lui permettent de fabriquer des ouvrages à jour,
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- M. Joyeux a donné à son pays une industrie nouvelle qui peut s’étendre à d’autres usages.
- Il a exposé des bas, des gants et des mitaines de soie unis et à jour et des bas bourre de soie. Tous ces produits sont d’une grande finesse et d’une exécution parfaite.
- Le jury décerne à M. Joyeux fils aîné une mention honorable.
- M. Guin et cie, à Nîmes (Gard).
- Les bas de soie patent nœud anglais et patent vrai nœud anglais sont souvent l’objet de commissions considérables pour l’étranger, aussi M. Guin et compagnie se bornent-ils à celte seule fabrication j ces bas sont diminués sur le métier et crochetés à la main.
- Ils ont exposé une paire de bas de soie blanc rosé à côtes nœud anglais de 60 fr. la douzaine ; une paire blanc d’argent vrai nœud anglais de 72 fr. la douzaine, qui sont remarquables par leur finesse et leur bonne confection.
- Le jury décerne à M. Guin et compagnie une mention honorable.
- M. Fregefon, à Nîmes (Gard).
- Ce fabricant a exposé des gants et des mitons de soie à jour, chinés et brodés, et des gants dits de la Yierge, dans lesquels il a supprimé les coutures des côtés, qu’il remplace par une seule en dedans.
- Tous ses produits sont d’une bonne fabrication , et leurs prix modérés les font rechercher pour l’exportation.
- Le jury décerne à M. Fregefon une mention honorable.
- M. Perrée, à Paris, rue Sainte-Opportune,7,
- A exposé des châles, des mantelets, des gants et des
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- mitons en filets de soie faits à la main. On remarqucsurtout, parmi ses produits, un châle 6/4 blanc en filet de soie grenadine brodé en soie torse.
- Tous ces articles sont d’un bon goût et d’un effet agréable j M. Perrée en a une grande consommation pour l’exportation.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- MM. Micolon et Couchond , de Saint-Etienne,
- Présentent, à l’exposition, des bretelles en caoutchouc de diverses qualités, de 50 c. à 6 fr. la paire j ils exposent aussi une paire de jarretières, du prix de 20 c.
- Tous ces articles sont remarquables par leurs bas prix et leur bonne confection.
- MM. Micolon et Couchond ont un grand débouché de leurs produits pour l’intérieur et l’étranger.
- Le jury leur décerne une mention honorable.
- M. Roussel et cie, à Paris, rue Saint-Sauveur, 18.
- Ces exposants présentent des châles, des écharpes, des fichus, des gants et des mitons faits en filets de soie noués, ainsi que des châles et des gants brodés, de diverses couleurs.
- Ces produits sont remarquables par la légèreté des dessins et leur bonne exécution $ M. Roussel et compagnie en ont un grand débouché pour l’intérieur, l’Angleterre et l’Amérique.
- Le jury leur décerne une mention honorable.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Gâmalié fils 5 de' Vaüvert^ près Nîmès (Gard),
- A exposé desgantsetdesmitonsen filets travaillés au fuseau avec des cordounets de soie. C’est lui qui a été le premier à faire cet article, qui à pris quelque extension. Il occupé un assez grand nombre d’ouvriers à Vauvert et dans les villages environnants -, ses produits sont d’une fort bonne exécution.
- Le jury le trouvé digne d’une citation favorable.
- M. GenneyoïS (Jeàîi - Baptiste) 5 à Troÿes
- Ce fabricant a présenté, à l’exposition, des bas d’enfants en laine et en coton , des chaussettes d’homme en coton,
- 1 r
- des gants de femme fil d’Ecosse fabriqués sur le métier des mitaines à côtés, des bas de femmes en coton et des mitaines en bourre de soie à 12 fr. la douzaine. Tous ces articles sont d’une fabrication soignée et à des prix très-modérés.
- Le jury lui décerne une citation favorable,
- )'
- MM. Ghabalier et Pôngon, à Nîmes (Gard),
- Ont exposé des gants et des mitons de soie à jour et chinés en filets damassés ainsi qù’eîi grenadine, qui sont une imitation à bon marché des gants filets cordonnets. Ces produits variés sont d’une exportation avantageuse.
- Le jury décerne une citation favorable à MM. Ghabalier
- et Ponçon.
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- M. Bèaud (François-Hippolyte) aîné , à Nîmes (Gard),
- Présenté un grand assortiment dé bas de bourré de soie, dé bonnets dé soië et dé bourre dé soie, des gahts et dés mitons de soië eh tricot, variés de dessins, ainsi que des bas de Soie et de coton à jour. On remarque dans sà côllëction des bas et des gants en filets lamés en or, qui sont destinés aux Étais de l’Amérique méridionale. Tous ces produits sont d’une bonne confection et à des prix modérés.
- Le jury décerne une citation favorable à M. Beaud (François-Hippolyte) aîné.
- M. Carlier et cie, à Olivet, près Orléans,
- Ont exposé des tricots en coton sans couture, avec lesquels on fait des bonnets, des gànis, des jupons et des caleçons. Tous ces produits sont remarquables sous le rapport de la qualité et du bas prix.
- • Le jury cite favorablement Mi Carlier et cie> .... ;
- M. Drouet aîné, à Paris, rue de la Hèautne-riè, 6.
- Ce fabricant a présenté, à l’exposition, dés bas, des manches , des guimpes et des camisoles pour femme, en cachemire, en mérinos et en coton couleur dé chair. Tous ces articles sont confectionnés avec le plus grah'd soin*
- Le jury cite favorablement M. Drouet aîné;
- M. Julliard, de Nevërs.,. ' " ' . ' ,
- À exposé une paire de bas de coton à jour, d’uue grande finesse et d’une exécution parfaite.
- Le jury cite favorablement M. Julliard.
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- Demoiselles Pairï ( Anne et Antoinette ) sœurs, à Perpignan,
- Ont exposé une robe de femme, sans couture, en tricot de fil à l’aiguille, garnie de dentelles catalanes, fond rayé avec bordure riche, et un bonnet de même fabrication. L’exécution de ces objets est parfaite, et les dessins en sont de bon goût.
- Le jury cite favorablement mesdemoiselles Pairi sœurs.
- SECTION IV.
- TISSUS DE CRIN.
- M. Petit, rapporteur.
- Considérations générales.
- Les premiers produits des tissus de crin ont été admis, aux expositions de 1802 et 1806, par feu M. Bardel, et ils furent distingués, pour la solidité de la teinture, et comme ayant le double avantage de la durée et de l’économie.
- La fabrication de ces tissus est portée, depuis quelques années, à un très-haut degré de perfection. Il s’en fabrique avëc de grands dessins damassés, à bouquets et à rosaces, dans le genre des belles étoffes de Lyon. Ces tissus sont destinés pour meubles et tentures.
- Nous ne craignons plus maintenant la concur-
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- rence de l’étranger dans cet article, dont nous commençons à avoir de grands débouchés en Italie, en Espagne, en Amérique et en Turquie. Enfin les étoffes de crin sont en voie de prospérité, et tout fait espérer que nous aurons bientôt un grand accroissement dans cette consommation.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Bardel (Eugène) et Noiret jeune, à Paris.
- M. Eugène Bardel a exposé, en 1834, avec ses tissus de crin, des étoffes tissées avec.de l’abaca, plante de l’Inde, dont il a tiré le plus heureux parti, en faisant de jolies étoffes pour meubles et pour modes, qui furent remarquées à cette époque pour leur bon goût, leur brillant et leur parfaite confection. G’est lui qui, le premier, a employé cette matière maintenant utilisée dans plusieurs branches de commerce.
- Depuis la dernière exposition, MM. Eugène Bardel et Noirel jeune ont donné une impulsion nouvelle à cette industrie, dont ils ont fait accroître la vogue par la variété de leurs produits et leur bonne exécution.
- Ils ont exposé des tissus en crin et en laine et abaca, de différentes couleurs, avec des dessins variés qui sont remarquables par l’éclat des couleurs et leur bonne fabrication.
- Ils peuvent exécuter sur ces étoffes, au moyen du métier à la Jacquart, tous les ornements qu’on admire sur les plus belles étoffes de Lyon pour meubles.
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- Ils présentent aussi des tissus en crin noir, façonnés à petits sujets, destinés à la fabrication dés boutons. Ce tissu est fait avec ce qu’il y a de plus fin en crin, et remplace avec avantage les boutons de soie pour la durée et la modicité de son prix; ils en ont de fortes commandes pour la France et l’étranger, Ils vendent les trois quarts de leurs produits pour l’exportation, et ne craignent pas la concurrence des étrangers dans cet article.
- Leur fabrique, qui est établie à,Saint-Germain-en-Laye, a pris un très-grand accroissement depuis la dernière exposition, et ses produits méritent, de plus en plus, l’estime des connaisseurs et des consommateurs.
- Cette maison a obtenu, en 1834, la médaille d’argent sous la raison Eugène Bardel; prenant en considération le talent industriel de MM. Eugène Bardel et Loiret jeune, la perfection de leurs produits et l’extension de leurs * affaires, le jury leur décerne une nouvelle médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Joliet, à Paris, rue Sainl-Denis, 3qQ,
- A exposé un grand assortiment de tissus de crin pour meubles, variés de couleurs et de dessins, d’un effet agréable et bien fabriqués.
- . Le jury trouve que M* Joliet est toujours digne de la médaille de bronze qu’il a obtenue en 1827, dont le rappel lui a été fait en 183.4, et il Ja lui confirme.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
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- M. Oudinot, à Paris, plaçede lia Bourse, 27,
- À présenté, à l’exposition, des étoffes de crin noir, de dessins variés, pour gilets et pour cols, boutons et casquettes. Tous ces produits sont d’une bonne confection et d’un effet fort agréable -, on remarque surtout, dans son exposition, deux devants de gilets brodés or, d’un dessin de bon goût et très-bien exécuté. Il lire son crin dç la Russie, et sa fabrique est établie à Sentis, où il occupe cent ouvriers.
- M. Oudinot a beaucoup contribué à l’essor qu’a pris cette partie de notre industrie par les soins qu’il apporte à la fabrication de ses produits. C’est par cette considération que le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Genevois, à Paris, rue du Ponceau, 26,
- A exposé une belle collection d’étoffes en crin et en soie végétale pour meubles, de dessins variés et de diverses couleurs, dont les nuances se font remarquer par leur éclat et leur pureté.
- On distingue dans ses produits un dossier de canapé formant des branches détachées, et des fleurs dans les rosaces qui font un très-bon effet, et sont très-bien exécutées. lia sa fabrique à SaintGermain, et il a le débouché de ses étoffes à Paris et à l’étranger.
- Le jury, en considération de la bonne confection des produits de M. Genevois, lui décerne une médaille ,de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. Mugnier, à Gray (Haute-Saône),
- A exposé des tissus en crin et en soie végétale pour meubles, de diverses couleurs, avec des dessins damassés et satinés à petits et grands sujets. Ses produits sont d’un bon goût, d’un bel effet et d’une fabrication soignée.
- Le jury confirme à M. Mugnier la mention honorable qui lui a été décernée en 1834.
- CANEVAS ET PASSEMENTERIE.
- M. Collineau-Renje*, de Tours.
- Il est le premier qui ait fabriqué en France le canevas en laine, qui, jusqu’en 1833, n’avait été fabriqué qu’en Allemagne.
- Ce canevas simplifie le travail de la broderie, attendu qu’il dispense de remplir les fonds. Ce fabricant a exposé plusieurs pièces de canevas unis de différentes qualités et de diverses couleurs, et un échantillon à carreaux qui sert pour stores. Cette étoffe, montée sur châssis et adaptée aux croisées, laisse pénétrer l’air dans les appartements et empêche les moustiques d’y entrer. On remarque aussi dans son exposition une pièce de canevas en 3;4 pour bluter : c’est un article qui ne s’était pas encore fabriqué à Tours ; il est du modique prix de 1 fr. le mètre. Tous ses produits sont d’une bonne exécution, et il en a le débouché en France et à l’étranger.
- Le jury décerne une mention honorable àM. Collineau-René.
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- M. Guillemot, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis , 3o, -
- A exposé des échantillons de galons de soie, de laine et de colon, pour voitures et livrées, très-bien confectionnés. M. Guillemot a été cité favorablement en 1827 et 1834.
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- Le jury lui confirme cette citation favorable.
- M. Dièutegard, à Paris, rue Sàint-I)enis, 358,' ' c
- A présenté, à l’exposition, des échantillons derubanerie et de passementerie pour meubles, en dessins variés, d’un effet agréable et d’une fabrication soignée.
- Le jury cite favorablement M. Dieutegard.
- Nota. — Voit* à la fin du volume pour les non-exposants qui auraient dû être placés ici.
- T. I.
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- DEUXIÈME COMMISSION.
- /
- MÉTAUX.
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- \
- MM. Dufaud, président, Berthier, de Bonnard, Combes, d’Arcet, ' Dumas, Durand (Amédée), vicomte Héricart de Thury, Michel Chevalier et Mouchel de Laigle. •
- PREMIÈRE SECTION.
- 'S
- USINES A FER, FONDERIES DE FONTE DE FER,
- ACIERS , LIMES.
- MM. Dufaud et de Bonnard, rapporteurs.
- S
- § 1er. USINES A FER.
- La production annuelle des usines à fer de France s’est accrue d’une manière notable depuis l’exposition de \ 834.
- Il résulte, en effet, des tableaux statistiques publiés annuellement par l’administration des mines, qu’en \ 834, 502 hauts fourneaux, dont 37 alimentés avec du coke, ont produit 2,690,636 quintaux métriques de fonte, et qu’en \ 837, dernière année pour laquelle des documents complets aient encore
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- été réunis, une quantité de fonte, s’élevant à 3,316,780 quintaux métriques, a été livrée, tant à la fabrication du fer qu’aux fonderies, par 543 hauts* fourneaux, dont 41 marchant au coke seul ou au coke mélangé de charbon de bois.
- Il y avait donc, en 1837, 42 hauts fourneaux de plus qu’en 1834, et une augmentation de produits de 626,044 quintaux métriques de fonte. Cette aug-> mentation n’appartient pas seulement aux nouveaux hauts, fourneaux : le perfectionnement dans le travail, et de meilleures dispositions dans la construc? tion des ouvrages, en réclament une partie.
- Au nombre des perfectionnements de procédés, on doit citer, en première ligne, après l’usage de la houille, qui devient à peu près général dans les contrées où ce combustible ne revient pas à un prix trop élevé, l’emploi de l’air chaud, qui se répand aussi de plus en plus dans nos usines, bien que, dans un certain nombre d’établissements, l’avantage de cet emploi soit encore contesté. Sans entrer? à ce* sujet, dans une discussion qui ne serait pas à sa place dans ce rappqrt, on peut affirmer, au moins : 10 que, dans toutes les localités où les hauts-fourneaux al? lant à l’air froid n,e se trouvaient pas dans les meilleures conditions de travail, l’introduction de l’air
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- chaud a eu deux effets importants : une augmenta-^
- ' tion considérable dans les produits journaliers, et une grande économie de combustible ; 2° qu’ailleurs,
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- où ces résultats ont été moins sensibles, l’air chaud a rendu le travail plus facile et plus régulier, ce qui est surtout fort apprécié dans les hauts fourneaux dont la fonte est immédiatement appliquée au moulage.
- Une autre amélioration d’un haut intérêt excite en ce moment l’attention des maîtres de forges : nous voulons parler de l’emploi, dans les hauts fourneaux, 10 du charbon roux, ou dont la carbonisation n’est pas complète ; 2° du bois amené seulement à l’état de dessiccation qui précède la carbonisation ; 3° enfin du bois vert. Déjà, en 1 837, 25 hauts fourneaux, dont 18 soufflés à l’air chaud, employaient avec avantage le bois, dans l’un ou l’autre de ces trois états, soit seul, soit mélangé en proportions diverses au charbon de bois, et ces fourneaux ont produit, dans cette même année 1 837, 14,435,300 kilogrammes de fonte.
- Nous citerons encore l’emploi de la tourbe comme combustible, que M. Lareillet, maître de forges à Ichoux, département des Landes, est parvenu, depuis quelques années, à introduire avec succès dans l’affinage du fer.
- On fabrique maintenant, en France, des fontes propres à la seconde fusion, et qui, égales aux meilleures fontes anglaises pour la douceur et la fusibilité, les dépassent pour la ténacité.
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- En effet, d’après Banks, un barreau de la meilleure fonte anglaise, d’un pouce carré ( mesure anglaise), posé sur deux points d’appui distants l’un de l’autre d’un pied, porte, chargé dans son milieu, avant de rompre, un poids de 2,190 livres anglaises. Suivant Barlow, ce barreau doit porter pour maximum 2,500 livres. Or, des expériences répétées, faites depuis peu sur les fontes des hauts fourneaux de Torteron, département du Cher, ont prouvé que des barreaux de ces fontes, des mêmes dimensions et placés dans les mêmes circonstances que les barreaux anglais, portaient, avant de rompre, 1,176 kilogrammes et demi, soit 2,593 livres anglaises, charge supérieure de. 405 livres suivant Banks, et de 93 livres suivant Barlow,au maximum de charge des barreaux anglais.
- Beaucoup de hauts fourneaux français fondent d’aussi bons minerais que le fourneau de Torteron ; sans doute, .les mêmes soins y président ou y présideront bientôt à toutes les parties du travail; la France peut donc déjà fournir et pourra bientôt fournir abondamment de très-bonnes fontes pour tous les besoins de ses fondeurs, qui ne seront plus obligés d’aller chercher au delà de la Manche le complément de leur consommation.
- La fabrication du fer s’est accrue proportionnellement à celle de la fonte. Ainsi, en 1834, la quantité produite en fer forgé ou laminé
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- était de 1,728,408 quintaux métriques^ savoir:
- Au charbon de bois. . . .
- ,A la houille
- [ méthode dite champe- \ j noise. . . 348,545 f
- j ici. anglaise (
- (fer laminé). 4-14,342;
- 965,521
- 762,887
- Total. . . 1,728,408
- ' . I ' ( »
- ' Et, en 1837, il a été fabriqué 2,192,536 quintaux métriques de fer, savoir :
- Au charbon dé bois...............
- méthode dite champe-
- A la houille ln°T V* ' 301’227
- id. dite an-
- 1,099,954
- 1,092,582
- l glaise.
- 791,355
- Total. . . 2,192,536
- La production annuelle du fer a donc augmenté, en trois années seulement, de 464,128 quintaux métriques, et cette, augmentation appartient en très-grande partie à la fabrication à la houille, système qui entre maintenant, comme on le voit, pour moitié, dans le produit annuel du fer, et qui tend, chaque jour, à envahir le domaine des anciens procédés au charbon de bois, à mesure que s’ouvrent pour la houille des voies économiques de transport, par les canaux ou même par les routes.
- Dans une proportion plus restreinte sans doute,
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- l’emploi de la tourbe, dont nous venons de faire mention, est aussi destiné à s’étendre \ car les résultats auxquels on est parvenu dans le département des Landes ont été obtenus dans des conditions beaucoup moins favorables, sous le rapport de la qualité calorifique de la tourbe, que celles que présentent en France un assez grand nombre d’autres localités.
- Tout porte à espérer qu’à la prochaine exposition, des faits nombreux prouveront les nouvelles économies de combustible qui seront obtenues d’ici à cette époque dans la fabrication du ferj économies qu’on est d’ailleurs obligé d’obtenir, d’après l’état actuel des choses, et l’augmentation continuelle du prix des bois, renchérissement auquel un grand nombre de maîtres de forges ne pourraient résister, s’ils ne parvenaient à diminuer notablement, dans leurs opérations, la consommation du combustible végétal.
- Des améliorations importantes ont, déjà été apportées aussi aux procédés du pudlage à la,houille ; elles ont permis de supprimer, sans altérer la qualité du fer, l’opération préparatoire appelée màzéage., opération qui donnait un déchet de 10 pour 100 sur la fonte, et qui employait un demi-kilogramme de combustible par kilogramme de fonte maz.ée,
- En \ 834, une seule usine,, celle de Fourcham-baut, avait exposé des fers laminés de formes variées; qu’on n’obtenait autrefois, qu’à l’étampe du
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- serrurier; aujourd’hui cette fabrication est familière à tous les laminoirs à fer.
- Les forges françaises se sont encore enrichies de la fabrication des fers creux, soudés et étirés pour tubes employés par plusieurs industries. On avait fait quelques tubes à Fourchambaut en 1830 , mais sans donner de suite à ce genre de travail. En 1838, M. Ardaiilon fabriqua, à Saint-Julien (Loire), une assez grande quantité de tubes en fer pour armes à feu, mais seulement pendant quelques mois. Depuis peu d’années, M. Muel-Doublat a introduit la fabrication des tubes en fer dans ses forges d’Abain-ville ( Meuse ) avec un succès complet, et tout récemment, à Épinay, près Saint-Denis, département de la Seine, MM. Gandillot frères et compagnie viennent d’établir une usine consacrée spécialement à cette fabrication.
- Les forges françaises sont donc en pleine voie de progrès, et rien ne se fait plus dans les forges anglaises qui ne se fasse également dans nos usines.
- ~ Ajoutons que, d'après les documents statistiques déjà cités, l’industrie du fer, considérée seulement dans la fabrication du fer en barres, de la fonte moulée et de l’acier, et abstraction faite des produits de toutes les élaborations subséquentes, a créé en France, en 1837, une valeur de 127,000,000 de francs ( valéur qui s’accroît d’année en année ), et qu’elle a employé, seulement dans ses divers ira-
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- vaux spéciaux, près de 45 mille ouvriers, non compris le nombre plus considérable d’autres ouvriers employés, dans les usines, à des travaux non spéciaux, et, hors des usines, à l’exploitation et à la carbonisation des bois, et au transport des minerais, des combustibles et des divers produits.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
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- MM. Boigues frères, Hochet et comte Jau-bert, sous la raison Boigues etcie. Usines de Fourcbambaut (Nièvre).
- Le principal fondateur de ce bel établissement, M. Louis Boigues, vient d’être enlevé, encore dans la force de l’âge, à l’industrie dans laquelle il s’était placé à un rang élevé, et au département de la Nièvre, qu’il représentait, depuis onze ans, à la chambre des députés. Le jury central croit devoir unir l’expression de ses regrets aux regrets exprimés par le jury départemental de la Nièvre, et rendre hommage à la mémoire d’un homme qui jouissait, à tant de titres, de l’estime générale. '
- Les héritiers de M. Boigues ont voulu continuer son œuvre : ses frères et beaux-frères se sont réunis sous la raison Boigues et cie, et l’importance de Fourcbambaut a continué à s’accroître sous la direction de M. Achille Du-faud, dont les talents et l’habileté ont été récompensés, en 1834, par la décoration de la Légion d’honneur.
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- En 1834, dix hauts fourneaux étaient annexés à cet établissement j aujourd’hui il en possède douze.
- La fabrication annuelle en fonte était alors d’environ 10 millions de kiîogr. Elle s’élève aujourd’hui à près de 15 millions de kil., non-seulement par suite de l’adjonction des deux nouveaux hauts fourneaux, mais encore par l’augmentation notable qu’on a obtenue dans les produits de tous.
- La compagnie expose, 1° des fontes produites aux hauts fourneaux de Torteron, soufflés à l’air chaud et marchant avec un mélange de coke et de charbon de bois, fontes propres à la moulerie de seconde fusion ; 2° des fers laminés , d’échantillons et de calibres très - variés ; 3° des essieux.
- Parmi les produits exposés, on remarque des barres de fonte de deux lignes d’épaisseur, coulées en sable vert, au sortir du haut fourneau de Torteron, et dont la ténacité et l’élasticité sont assez grandes pouf qu’on les courbe facilement à la main.sans les rompre, et qu’abandonnées ensuite à elles-mêmes elles reprennent leur première forme sans conserver aucune déviation. -
- La fabrication des fers de tous calibres et de toutes formes, qui était, en 1834, d’environ 6 millions de kilogr., est aujourd’hui de 8 millions de kil., et on annonce que, par de nouvelles dispositions qui s’exécutent dans ce moment, l’usine produira bientôt 10 millions de kil.
- Outre l’affinage à la houille, Fourchambaut possède neuf feux d’affinerie au charbon de bois, dans lesquels on prépare les fers propres à la fabrication des cylindres cau-nelés pour filatures, et à celle des fils de fer fins.
- On fabrique aussi à Fourchambaut une grande quantité
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- d’essieux, tant pour le service de l’artillerie que pour celui des messageries royales et pour le commerce.
- Ces essieux, composés d’une étoffe particulière, sont d’une qualité telle que, sur quatre mille essieux soumis aux rudes épreuves que leur font subir les officiers d’artillerie, quatre seulement ont été refusés.
- Tous les produits de cet établissement continuent à jouir, dans le'commerce, d’une réputation méritée.
- Le jury, considérant que l’usine de Fourchambaut n’a pas cessé de se maintenir au premier rang où elle s’était placée dès son début, tant pour son importance et la qualité de ses produits que pour la bonne direction qui lui est imprimée, accorde à MM. Boigues et compagnie le rappel de la médaille d’or qui leur fut décernée en 1823 et confirmée eu 1827 et 1834, comme en étant de plus en plus dignes. - '
- MM. Drouillard , Benoist etc’ . Usine de Gournier, près d’Aîais (Gard). Rails et autres fers lamines.
- Cette usine, placée à environ quatre mille mètres d’Alàis, sur le Gardon, fut fondée en 1826. Un grand capital fut dépensé, et un haut fourneau fut seulement mis en activité ; de 1831 à 1832, un second le suivit bientôt5 mais, par des circonstances fâcheuses, le travail cessa entièrement1, tant pour la production de la fonte que pour celle du fer, vers la fin de 1834.
- En 1836, MM. Drouillard, Benoist et compagnie, ayant affermé ce vaste établissement, dont l’inactivité était calamiteuse pour le pays, y apportèrent leurs capitaux et leur
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- bonne administration, et bientôt tout reprit une nouvelle vie.
- L’établissement d’Alais se compose :
- 1° De quatre hauts fourneaux, dont un est encore en construction : le coke est le seul combustible qui y soit employé ;
- 2° D’une grande forge, dont les marteaux et laminoirs sont mus par deux machines à vapeur de la force de 30 et de 80 chevaux.
- Les produits de ces usines sont maintenant de bonne qualité : les rails nécessaires à la confection du chemin de fer de Nîmes à Alais et d’Alais aux mines de la Grande-Combe forment en ce moment une grande partie de la fabrication , et il est probable que, si les forges d’Alais n’a-vaieu t pas été relevées, ce chemin de fer, qui doit développer la richesse houillère du bassin d’Alais , en ouvrant à ses produits le Yastè débouçhé de la Méditerranée, n’aurait pas encore été construit.
- Par la remise en activité de ces belles usines, et par les améliorations qu’ils ont apportées dans leur roulement et la qualité de leurs produits, MM. Drouillard, Benoist et compagnie ont rendu un grand service à l’industrie métallurgique. Le jury se plaît à leur accorder le rappel de la médaille d’or décernée à l’établissement d’Alais en 1834.
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- MÉDAILLES D’OK.
- M. Muel-Doublât. Usine cFAbainville (Meuse). Fers laminés et forgés de toutes formes.
- Les fers exposés par M. Muel-Doublat sont très-bien fabriqués. La réputation de cette usine dans le commerce est excellente, et les consommateurs se louent généralement de la qualité de ses produits.
- Les fers creux soudés, fabriqués à Abainville depuis quelque temps d’après les procédés anglais, sont remarquables par leur bonne exécution, l’égalité de leur épaisseur et la beauté de leur surface extérieure : on peut les comparer à ce que les forges anglaises produisent de plus parfait en ce genre. Ces fers trouvent un emploi très-utile à plusieurs industries ; on en fait surtout usage avantageusement pour la conduite du gaz destiné à l’éclairage.
- En 1834, M. Muel-Doublat obtint le rappel de la médaille de bronze qui lui avait été décernée en 1827. Depuis lors, il a considérablement augmenté son usine ; ses fabrications ont plus que doublé, et on remarque une grande variété de formes et d’échantillons dans ses produits, depuis les plus fortes pièces qu’on puisse obtenir au laminoir jusqu’au fil de fer.
- Il fabrique aussi, à un feu de forge spécial, des arbres à manivelles pour machines à vapeur.
- Les usines d’Abainville se composent de trois hauts fourneaux marchant au charbon de bois, et cinq trains de laminoirs. Une machine à vapeur, de la force de 100 chevaux, y a été récemment établie.
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- La fabrication deM. Muel-Doublat s’élève annuellement à trois millions de kil., dont cinq cent mille kil. sont livrés à la tréfilerie.
- La houille employée pour lepudlage et l’étirage des fers provient des houillères de Sarrebrück (Prusse rhénane).
- Les travaux emploient à l’intérieur 265 ouvriers et 400 à l’extérieur. ,
- Le jury décerne à M. Muel-Doublat une médaille d’or; pour les grands développements qu’il a donnés à ses usines, la variété et la qualité des produits qu’il y fabrique.
- La Compagnie des houillères et fonderies de F Aveyron. Usine de DecazevilIe (Aveyron).
- Ce vastcet bel établissement expose des Railsyour chemins de fer, genre de fabrication dans lequel il réussit spécialement. Ces rails sont estimés, et les chemins de fer que possède la France, et qui malheureusement ont encore peu d’étendue et d’importance, sont revêtus en bonne partie des rails de DecazevilIe. Le chemin d’Orléans, aujourd’hui en construction, n’emploie que des rails de ces établissements.
- Placé sur un terrain houiller et riche eu minerais de fer pour l’alimentation de ses hauts fourneaux, l’usine de DecazevilIe, lorsque ses moyens de communication auront été rendus plus faciles, est appelée à un grand avenir.
- Ses produits annuel^sont de 6. à 7 millions de kil. de fer, de tous échantillons.
- Une petite ville, qui contient déjà,environ trois mille âmes, s’est élevée là où jadis il n’existait pas une seule habitation.
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- Les ouvriers employés dépassent le nombre de deux mille.
- Le jury décerne à l’établissement de Decazeville une médaille d’or.
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- MM. Festugières frères et C'e. Usine des Eyzies (Dordogne).
- Depuis l’exposition de 1834, à laquelle cette usine a obtenu une médaille de bronze, MM. Festugières frères et compagnie ont donné beaucoup d’extension à leur éta-< blissement. Leurs quatre hauts fourneaux ne produisaient alors que 1,100,000 kil. de fonte, et leis affineries fabriquaient 800,000 kil. de fer forgé. Aujourd’hui l’usiné produit 2 millions de kil. de fer et une quantité notable de fonte moulée.
- Le jury, prenant, en outre, en considération, non-seulement le grand service que MM. Festugières ont rendu à l’industrie en introduisant les premiers dans le département de la Dordogne, et sur une grande échelle, le système de fabrication du fer à la houille, mais encore le soin et la persévérance avec lesquels ils ont perfectionné tous les mécanismes de leur usine, et le bon exemple qu’ils ont donné ainsi aux nombreuses usines du Périgord, décerne, à MM. Festugières et compagnie une médaille d’or. .
- MÉDAILLE D’OR D’ENSEMBLE.
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- MM Schneider frères ët c,e. Usine du. Creuzot (Saône-et-Loire).
- L’usine du Creuzot, dont les produits étaient tellement
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- discrédités, que la vente en était devenue à peu près impossible, vient d’être tirée de cet état de ruine et de discrédit par l’administration ferme et intelligente de MM. Schneider frères, qui en sont propriétaires en commun avec MM. Sellière et les héritiers de M. Louis Boigues.
- Il n’y a pas encore trois ans que les nouveaux propriétaires sont en possession des usines du Creuzot, sous la raison Schneider et compagnieet déjà leurs produits eu tous genres ont pris le rang qui était dû à celte grande entreprise. Les divers fers et tôles que ces industriels exposent égalent, pour la perfection de la fabrication’, les produits des meilleures usiues de France.
- La mise en navigation du canal latéral à la Loire, qui communique avec celui du centre par le beau pont-canal de Digoin, permet à MM. Schneider de tirer du Berri des minerais de fer, si connus pour leur excellente qualité.
- Par le secours de ces minerais, mélangés dans des proportions convenables avec ceux qui alimentent ordinairement les hauts fourneaux du Creuzot, on obtient de très-bonnes fontes.
- Quatre hauts fourneaux, dont les souffleries sont mues par une machine à vapeur de la force de cent chevaux, produisent annuellement environ 8 millions de kilogr. de fonte au coke.
- Tous les fers se fabriquent à la houille extraite sur les lieux mêmes, et la fabrication, tant en fer qu’en tôle, se monte à environ 7 millions de kil.
- Les travaux, tant intérieurs qu’extérieurs, emploient au delà de deux mille ouvriers.
- Le jury, considérant d’ailleurs que le Creuzot renferme, outre l’usine à fer et à tôle , un grand atelier de construction de machines, dont les produits sont importants et
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- dignes d’éloges (voyez le rapport sur les machines, tonl. II), décerne à MM. Schneider frères et compagnie une médaille d’or pour l’ensemble de leurs fabrications.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Charles Durand, à Fourvoirie (Isère).
- Les fers et tôles exposés par M, Durand proviennent des fontes du haut fourneau de Rioupéroux; ils sont affinés au charbon de bois et d’excellente qualité.
- Il fut décerné, en 1834-, une médaille d’argent à M. Durand pour la qualité de ses fabrications; ce maître de forges n’ayant pas cessé de la mériter, le jury lui en accorde le rappel. < t ,
- M. Détape, à Bruniqiiel(Tarn-et-Garonne).
- Les fers et les essieux fabriqués à Bruniquel jouissent d’une réputation méritée dans le commerce.
- Cette usine fabrique par an environ 500,000 kil. dé fer, affinés au charbon de bois. Elle possède deux hauts fourneaux, quatre feux d’affinerie et un train de laminoirs pour l’étirage des barres.
- En 1834, une médaille d’argent a été décernée à M. Détape , le jury lui en accorde le rappel comme en étant toujours digne.
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- M. Giroud père, a Allevarcl (Isère).
- Fontes propres à la fabrication des aciers et à la secondé fusion. . , ,
- Les fontes d’Àllevard, n° 1 et n° 2, sont très-estimées des fabricants d’acier de l’Isère, qui recherchent surtout les
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- fontes n» 2, produites par un minerai contenant une forte proportion de manganèse.
- Les fontes n° 3 de la même usine, qui sont employées à la fonderie de canons de Saint-Gérvais, sont très-remarquables par leur force de cohésion.
- Le jury rappelle à M. Giroud père la médaille d’argent qui lui fut décernée en 1834 et qu’il mérite encore.
- MEDAILLES D’ARGENT
- M. Larreillet (Dominique) : usines de Pis-sos et Içhoux (Landes).
- Les usines de M. Larreillet renferment deux hauts fourneaux , plusieurs feux d’affinerie au charbon de bois, et plusieurs fours à pudler et à réchauffer, alimentés avec la tourbe.
- M. Larreillet est le premier qui ait introduit en France l’usage de la tourbe dans l’affinage du fer. A la suite de recherches et d’essais suivis avec intelligence et persévérance, cet emploi à complètement réussi à Ichoux dans les trois opérations du pudlage de la fonte, du réchauffage et du corroyage du fer, réussite d’autant plus remarquable que la tourbe d’Icfaôux, mousseuse, formée de végétaux peu altérés,-et ne pesant que 176 kil. le stère, dégage beaucoup moins de chaleur que les tourbes noires et compactes ordinaires, dont le stère pèse jusqu’à 450 kil.
- La conduite des opérations, les déchets qu’elles entraînent, enfin la qualité des produits, sont semblables à ce qui résulte de l’emploi de la houille.
- L’usage de la tourbe, pour l’affinage du fer, pourra se répandre avec avantage dans, toutes les contrées de forges où
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- la houille n’arrive que grevée de frais de transports considérables, et ôù les bois deviennent rares ôü chers. M. Larreillet aura donc rendu utt service très-im* portant à la métallurgie. Aujotttd’hüi l’emploi de’ la tourbe étant encore concentré dans l’usine d’Ichoux, le jury décerne à Mi Larreillet une médaille d’argent. Il croit devoir publier, à cette occasion, la mention très-honorable que le jury du département des Landes et le préfet,de ce département ont faite de M. Charles Dupont, employé dans l’usine d’Ichoux, comme ayant secondé avec beaucoup d’intelligence M. Larreillet dans l’étude et l’application de ses nouveaux procédés., ,_ ;
- MM. Reignier et cie, à Bologne (Hâute-Marne). ; '
- MM. Reignier et compagnie, propriétaires et exploitants de l’usine de Bologne, ont exposé des fers en barres de divers échantillons et des fers creux. y; I -N;
- L’établissement de Bologne se compose,de deux hauts fourneaux, l’un à Bologne, l’autre à Joinville, alimentés au charbon de bois, et d’une grande forge à laminoirs. { .
- : .L’affinage du fer se fait, dans cette usine* entièrement à la houille ; les produits sont évalués^ par an> à au moins 2 millions de kil.j ils sont de bonne qualité.,Quatre à.qinq cents ouvriers sont employés, dans cet établissement, aux travaux tant intérieurs qu’extérieurs.
- Le jury, considérant quele département de la Haute-Marne, le plus important de tous les départements de France sous le rapport de la fabrication du fer (1), a fait;
- (1) Le département de la Haute-Marne renferme soixante et 0112e
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- eu peu d’années, de grands progrès dans cette industrie ; que l’usine de Bologne, la seule du département dont les produits aient été exposés, est une des plus considérables, et une de celles dans lesquelles les nouveaux procédés- ont été introduits le plus complètement et sur la plus grande échelle, décernes à MM. Beignier frères et compagnie une médaille d’argent.
- \
- M. Marsat : forges de Ruffec, Villement et .Lamothe (Charente).
- Les fers exposés par M. Marsat sont d’une qualité tout à fait supérieure, et depuis longtemps les consommateurs eu ont jugé ainsi.
- M. Marsat a commencé sa carrière industrielle avec des moyens pécuniaires très-bornés. Par une longue et honorable série de travaux habilement.dirigés, il a successivement accru ses établissements, qui se composent, aujourd’hui , de trois hauts fourneaux au charbon de bois, six feux d’affinerie et deux fonderies.
- Il a fondé et construit lui-même plusieurs de ces usines sur les meillëurs principes, et il y a toujours introduit les améliorations dont elles étaient susceptibles. Malgré son âge avancé, son activité est restée la même, et ii est appelé comme conseil dans les usines du voisinage quand il y survient des difficultés techniques ; il emploie annuellement environ quatre cents ouvriers.
- Lè jury décerne une médaille d’argent à M. Marsat.
- hauts fourneaux, soixante feux d’affinerie, vingt-huit fours à pudler et trente-deux feux de chaufferie. La valeur du produit de ces usines s’est élevée, en 1837 , à I4,SG0,000 fr.
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- Compagnie des forges de Framont : usine de Framont-.Grand-Fontaine (Yosges).
- Cette usine a figuré à l’exposition de 183& sous le nom de M. Champy, qui en était alors propriétaire. f ! Une compagnie lui a succédé, et elle exposé des feuilles
- de tôle d’une forte dimension. ^ '
- \ — ;
- Les produits de cet établissement ont conservé leur ancienne réputation, et les nouveaux exploitants ont ajouté le moulage à leurs précédentes fabrications. •
- Les tôles employées par MM. Stchelin et Hubert de Bitschwiller et André Kœchlin de Mulhouse, pour la construction des machines locomotives, proviennent, en grande partie, des usines de Grand-Fontaine, et cet emploi constate leur qualité. , .-r,-,] r-
- L’établissement se compose de deux hauts fourneaux, huit feux d’affinerie au charbon de bois et d’un train do laminoirs. : , r ‘ .
- Les moteurs sont tous hydrauliques. ’
- , iUne médaille de bronze fut . accordée en 1834 <1 M. Champy : les nouveaux propriétaires, qyant, fait à*leur usine de ’no tables augmentations et améliorations, Je jury leur accorde une médaille d’argent. u
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Yasseur 5 à Anzin (Word).
- La fabrication du fer est une industrie nouvelle dans le département du Nord, où, en peu d’années, elle a pris beaucoup d’importance. i
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- La première usine de ce genre y fut fondée par MM. Renault-Piolet et Dumont, à Raismes, prés Valenciennes.
- La fabrication de M. Vasseur s’élève annuellement à 2. ou 3 millions de kil, de fer de tous échantillons. Toutes les opérations se font à la houille.
- Le jury regrette de n’avoir pas à récompenser ceux qui ont, les premiers, introduit la fabrication du fer dans le, département du Nord.
- Il décerne une médaille de bronze à M. Vasseur.
- v, • "*. a.. * ' » ./ ; , .
- MM. Ï)oe'et'Ve,’.à Saint-Maur (Seine).
- Cet établissement j de nouvelle créàtion, expose pour la première fois. L ^ ^ -
- Son voisinage de la capitale le rend utile aux consom* > mateurs, qui peuvent y obtenir très-promptement les échan-* tillons de fer dont ils ont besoin $ l’usine de Sàint-Maur produit, par vingt-quatre heures, de 4 à 500 kil; de fer.
- La fonte employée provient des hauts fourneaux de Cha-mouillé, Condé et Brousseval (Haute-Marne), qui appartiennent à la même compagnie $ les houilles viennent de * » <
- Valenciennes et d’Epinac. <.
- • - Le jury décerne une médaille de bronze à MM. Doé. et compagnie. 5 ' ! :
- M. Gustave Muel, à Sioiine (Vosges).
- . ^ * 4. â * v : -i r • |
- M. Muel (Gustave) exposéjlës fers martelés et laminés, dé très-bonne qualité, ainsi que des essieux.
- Son établissement, dont l’origine rémonte à 1-623, se compose d’un haut fourneau, de quatre feux d’affinerie au charbon de bois, trois fours à pudler et deux fours à souder, enfin d’un laminoir.
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- Les fers s’y fabriquent partie au charbon de bois* et partie à la bouille. -
- La Totalité des fabrications s’élève à 600,000 kil.
- Le jury décerne à M. Muel (Gustave) une médaille de bronze.
- MM. Thoury et cie, à Grenelle (Seine).
- Les fers exposés par cet établissement paraissent de très-bonne qualité, et comme ils proviennent de ferrailles corroyées et non de fonte affinée, il en sera toujours ainsi, tant que le choix des ferrailles traitées dans l’usine sera fait avec discernement.. ^ f Vï
- L’établissement de Grenelle est une usine utile aux constructeurs de Paris, qui peuvent y obtenir immédiatement les échantillons de détail qui leur deviennent nécessaires.
- Cette usine a encore le mérite de rendre à la consommation, d’une manière utile, tous les vieux débris de fer sans emploi.
- Le jury décerne à MM. Thoury etcompagniela médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- Compagnie anonyme des forges de Ron-cliainp (Haute-Saône).
- Cet établissement, créé par une société de négociants alsaciens, marche depuis environ deux ans.
- Il expose des tôles et rails' de chemins de fer, qui sont d’une bonne qualité et de bonne fabrication.
- 11 ne possède qu’un haut fourneau au charbon de bois.
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- La houille des mines de Ronchamp n’étant pas de nature à être avantageusement carbonisée, il n’a pas été, jusqu’à présent, possible d’élever des hauts-fourneaux au coke dans cette localité.
- Madame veuve Paichereau , à Frémery (Nièvre).
- Les essieux que madame veuve Paichereau expose sont très-bien fabriqués ; ils n’ont reçu aucune préparation préalable j ils sont forgés comme le Ter ordinaire dans les forges dont cette dame est propriétaire.
- Les fusées en sont arrondies à l’étampe.
- Compagnie agricole et industrielle du Migliacciaro (Corse).
- Les produits de cette compagnie ne sont pas connus dans le commerce intérieur de la France.
- Les échantillons exposés, quoique présentant quelques imperfections de fabrication, paraissent de bonne qualité. Le jury espère que les louables efforts que fait dans ce moment cette compagnie, pour étendre et perfectionner, en Corse, la fabrication du fer, seront couronnés par le succès.
- M. Leclerc (Pierre-Auguste), à Saint-Étienne (Loire).
- M. Leclerc (Pierre-Auguste) présente du fer ductile fondu, sans addition de matières nuisibles.
- Ce fabricant est le premier qui ait réussi à fondre, dans le même creuset, une aussi grande quantité de fer ductile. Ce procédé, qui peut recevoir une application utile dans.
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- plusieurs circonstances, n’a encore rien fourni qui puisse fixer positivement l’opinion du jury à son égard ; mais les tentatives de M. Leclerc n’en doivent pas moins être dès aujourd’hui mentionnées honorablement.
- . Gandillot frères et cl% usine de la
- Briche, commune cl’Epinay (Seine).
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- Cet établissement, dans lequel on fabrique des tubes en fer soudés et étirés à la filière, a été mis en activité seulement quelques jours avant la fermeture de l’exposition.
- Il est monté sur une assez grande échelle pour ce genre de fabrication, qui offre un grand intérêt. Les dispositions des ateliers en sont bien entendues, et si la suite répond au début, l’usine pourra, en peu de temps, répondre aux demandes qui lui seront adressées. '
- M. Baudry, à Atliis (Seine-et-Oise).
- Cette usine, qui fabrique aussi des aciers, fournit à la consommation annuelle environ 500,000, kil. de fer, provenant de vieilles.ferrailles et de masseaux qui lui sont fournis par des forges où la fonte est affinée au charbon de bois. Ces fers sont très-bien' fabriqués et d’excellente qualité -, ils trouvent presque tous leur emploi dans la carrosserie. M. Baudry a été récompensé pour ses aciers (voir art. Aciers, même volume).
- MM. Charles Paignon et cie, à Bizy (Nièvre).
- Les fontes qu’exposent MM. Charles Paignon et compagnie sont bien connues des fondeurs pour le service desquels elles sont destinées. Elles ont une bonne réputation dans le commerce.
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- MM. CharlesPaignon et compagnieont obtenu un rappel de médaille d’argent d’ensemble, pour leurs fontes et leurs aciers (voir art. Aciers, même volume).
- CITATION FAVORABLE.
- Le jury cite favorablement MM. Dcvillez frères, àBre* villy (Ardennes) pour la tôle qu’ils ont exposée.
- § 2. FONDERIES DE FONTE DE FER.
- L'art du fondeur en fonte de fer a pris un grand développement depuis 1834, et, à aucune époque, des produits aussi importants n’ont été exposés à la curiosité publique.
- La fonte de fer commencé à entrer en concurrence avec le bronze ; la facilité avec laquelle elle' se soumet à toutes les formes qu’on veut lui imposer, et son bas prix, , comparé à celui du bronze, la font préférer pour un grand nombre d’emplois.
- Elle envahit en ce moment les grands monuments qui s’élèvent pour l’embellissement des places publiques.
- On la voit, élégante et légère, orner les bâtiments particuliers qui se construisent dans tous les quartiers de la capitale; la même chose se remarque dans nos départements.
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- Soüs la direction d’ingénieurs habiles, elle participe pour une portion notable aux grands travaux publics.
- Lés colonnes en fonte qui viennent d’être élevées sur la Dordogne,, à Saint-André-de-Cubzac, et qui servent de piles au pont qui se construit dans cette localité, forment sans aucun doute le plus remarquable monument qui existe en ce genre. f
- Les beaux combles dé la cathédrale dè Chartres montrent une application, aussi admirable qu’elle est utile, de la fonte de fer aux grandes constructions.
- La .flèche de la cathédrale de Rouen est un nouvel
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- exemple de tout ce qui se fait de monumental avec la fonte de fer.
- On pourrait ajouter les portes d’écluses des canaux, et beaucoup d’autres travaux moins grands, mais non moins importants.
- MÉDAILLES D’OR. ‘
- MM. Ëniile Martin et cie.
- Fonderie cïe Garchizy, connue dans le commerce sous le nom de fonderie de Four-chambciut; à cause de son voisinage avec cet établissement. ;
- Ce bel et vaste établissement, fondé en 1823, par
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- M. Emile Martin (ancien élève de l’école polytechnique et officier d’artillerie) en société avec M. Louis Boigues, est arrivé, en peu d’années, à un haut degré de prospérité. M. Émile Martin, constructeur de l’usine, en a toujours été le directeur. Le premier en France, il s’est mis à la tête des grands travaux qui se sont exécutés en fonte de fer; il a devancé les autres fonderies, pour les fabrications qui jusqu’alors ne s’étaient opérées que dans les forges anglaises, et il a ainsi puissamment contribué audéveloppe-ment de cette importante industrie. , •
- Il a obtenu, à ce titre, une médaille d’or à l’exposition de 1834, et le jury central de celte exposition a signalé dans son rapport, comme particulièrement récommanda-bles, les grandes presses hydrauliques des ports militaires ; les machineries dés grandes usines de Decazeville ; enfin la confection des arches à voussoirs du pont du Carrousel , exécutées d’après les projets de M. Polonceau, inspecteur des ponts et chaussées.
- • #
- Depuis cette époque, on doit à M. Emile Martin les combles en fonte de la cathédrale de Chartres, quatorze tambours du fût en bronze de la colonne de juillet, les piles en fonte du pont de Saint-Àndré-de-Cubzac, le plus grand travail de ce genre qui ait encore été entrepris en Europe ; un grand nombre de ponts suspendus en chaînes de fer, les machineries de la forge de Saint-Maur, dont il a fait les projets,.et celles des forges de Yierzon, ces dernières d’après les projets de M. Eugène Flachat.
- La fonderie de Garchizy est la plus imporlantedeFrance, par la masse de ses fabrications en tous genres, fonte , cuivrés, bronzes et fers ouvrés. Ces fabrications s’élèvent par mois, terme moyen, à 250,000 Ml. fontes moulées,, et 30,000 kil. fers ouvrés et ajustés pour les divers emplois
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- auxquels ils sont destinés. Ses produits en cuivre et bronze sont plus variables; mais ils se montent souvent à un chiffre très-considérable.
- Tout ce qui sort de cette usine est remarquable par la bonne exécution et l’excellente qualité. ,
- Les compagnies des chemins de fer de Saint-Germain à Versailles, d’Orléans, d’Alais à Beaucaire, de Bordeaux à la Teste, ont trouvé dans les ateliers de Garchizy les objets du matériel de leurs constructions à des prix modérés et exécutés avec la perfection anglaise.
- La fonderie de M. Emile Martiu et compagnie lutte même, avec avantage, sur les marchés étrangers, contre les établissements anglais, et elle a obtenu récemment la préférence, dans le royaume de Naples, pour la fourniture de la majeure partie des objets en fonte et en fer, nécessaires à îa confection du chemin de fer de Castellamare.
- Le jury, prefnant en considération les nombreux et grands travaux exécutés par M. Emile Martin depuis 1834, et les développements et perfectionnements continuels de son usine, lui décerne une nouvelle médaille d’or.
- M. Calla, à Paris, rue du Faubourg-Poissonnière, 92.
- L’établissement de M. Calla a été fondé en 1806 ; c’était seulement alors un atelier de construction.
- En 1818, M. Calla père, au retour d'un voyage en Angleterre, y ajouta une fonderie de fer, qui prit promptement de grands développements, et se plaça en première ligne parmi les fonderies de la capitale.
- M. Calla a, le premier, fabriqué en fonte de fer, sur une grande échelle, des ornements pour les édifices publics et particuliers; jusqu’à lui* ou avait cru la fonte impropre à
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- cet «sage. Le bon goût du dessin des objets fabriqués par M. Calla, et la netteté de leur exécution au moulage* ont fait* depuis quelques années, généralement adopter la fonte, qui tend dé plus en plus à remplaicer le bronze^ dans beaucoup de circonstances.
- jVL-Calla a exécuté, avec une rare perfection,, des escaliers, caisses à fleurs, candélabres et balcons pour le Pa-lais-Royâî, pour le palais des Tuileries et pour le château de Randau, ainsi que beaucoup d’objets de construction et de décors pour le Panthéon, l’église delà Madeleine^ celles dcNotre-Dame-de-Lorette et de Saint-Vincent-de-Paul, etc.
- Il est le premier qui, en 1829, sur la demande d’un architecte distingué de la capitale, se soit occupé des'moyens d’exécuter, en fonte de fer, les grandes statues qui précédemment ne se coulaient qu’en bronze.
- On voit en ce moment, dans les ateliers de M. Calla, les statues colossales de la fontaine de Richelieu;' dont le moulage est très-remarquable, et les autres pièces de ce monument, parmi lesquelles on doit citer l’anneau supérieur de la grande vasque, coulé d’un seul jet, sur un diamètre de 6 mètres 50 centimètres, et d’une épaisseur assez faible, pour ne peser que 1,900 kilogrammes.
- M. Calla est l’auteur du mémoire qui rem porta, en 1830, le prix de 6,000 francs, fondé par la Société d’encouragement , pour le perfectionnement du moulage de la fonte de fer. . . : ;
- Le jury décerne à M. Calla une médaille d’or;
- ♦
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Muel (Pierre-Adolphe), à Tusey, département de la Meuse.
- L’établissement de Tusey n’a été monté sur une grande échelle que depuis environ trois ans. . .
- Les objets d’ornement pour balcons et l'escalier. tournant qu’il a exposés sont d’une excellente exécution.
- C’est de cette fonderie que sortent les candélabres qui ornent la place de la Concorde, et les statues qui en décorent les fontaines. r
- Il a fallu de grands efforts, de la part de M\ Muel, pour arriver, en aussi peu de temps, à d’aussi beaux résultats.
- La fonderie de Tusey se compose d’un haut fourneau au charbon de bois, et de trois fourneaux à la-Wilkinson, pouvant, avec le secours du haut fourneau, fournir assez de fonte en fusion pour couler des pièces du poids de 10 à 12 mille kilogrammes.
- . Le jury décerne à M. Pierre-Adolphe Muel une médaille
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- d’argent.
- M. André., à Osne-le-Val (Haute-Marné)..
- L’établissement de M. André est depuis longtemps connu dans le commerce : ses fontes moulées sont estimées pour leur bonne exécution et leur qualité.
- M. Andréa, le premier, introduit, dans le département delà Haute-Marne, le moulage en sable, en remplacement du moulage en terre, bien plus, long et bien plus dispendieux. Celte amélioration s’est bientôt répandue : il en est résulté une grande diminution dans le prix des fontes moulées.
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- L’établissement d’Osne-le-Yal est le plus important en son genre dans la Haute-Marne.
- Le jury décerne à M. André une médaille d’argent.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. Sautelet jeune et cie? à Orléans (Loiret).
- M. Sautelet jeune a exposé., en fonte de seconde fusion, une statuette, une tête de cheval, un masque de Napoléon et un buste de Pothier -, tous ces objets sont d’une exécution remarquable, surtout pour une usine qui débute.
- ' Cette fonderie est une industrie nouvelle à Orléans, où elle peut prendre de grands développements, par la facilité qu’elle trouvera, au moyen de la navigation de la Loire, à s’approvisionner de fontes et de combustible.
- Le jury accorde à M. Sautelet jeune une mention honorable.
- MM. Boigues et cie : fonderie de Torteron (Cher).
- La fonderie de Torteron, l’une des dépendances de l’établissement de Fourchainbaut, est établie sur une, grande échelle.
- Toutes ses mouleries sont de première fusion, d’une belle exécution, et la qualité de la fonte ne laisse rien à désirer.
- Ses produits dépassent 200 mille kilogrammes par mois.
- Cette fonderie n’est ici mentionnée que pour mémoire, MM. Boigues et compagnië ayant obtenu, à l’article Fèr3 un nouveau rappel de la médaille d’or qui leur fut décernée en 1823.
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- Compagnie des forges de Frainont :
- Usine de Grand-Fontaine (Vosges).
- Celte compagnie a exposé un tambour de filature très-remarquable par sa légèreté comme par sa bonne exécution, et qui parait bien apprécié par les fîlateurs.
- Elle a obtenu une médaille d’argent pour l’ensemble de scs fabrications. (Voir art. Fer.)
- MM. Schneider frères, au Creuzot (Saône-et-Loire).
- La fonderie du Creuzot est principalement destinée à fournir les objets en fonte nécessaires à la construction des machines à vapeur -, elle fournit, néanmoins, aussi au commerce des moulerïes de diverses espèces, qui sont d’une très-bonne exécution dans les objets que cet établissement a exposés, on remarquait un cylindre dur, très-régulier et sans aucun défaut apparent.
- MM. Schneider ont obtenu la médaille d’or pour l’ensemble de leurs fabrications. (Voyez aux articles Fer ét Machines.)
- MM. Drouillard, Benoist et cie, à Alais (Gard),
- La Compagnie des houillères et fonderies de
- P Aveyron, à Deçâzeville (Aveyron),
- M. Vasseur, à Anzin (Nord),
- Ont exposé des coussinets pour supports de rails de che-, mins de fer. , . ;
- Ces fabricants, déjà nommés, ont obtenu les récompenses dues à l’ensemble de lèurs travaux. (Voyez art. Fer.)
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- § 3. ACIERS.
- La fabrication des aciers de forge et de cémentation a peu varié depuis l’exposition précédente. La masse annuelle de ses produits a été, en 1 837 comme en 1834, un peu au-dessus de 60,000 quintaux métriques.
- Plus de la moitié de ces produits sont convertis en aciers fins, corroyés ou fondus, et cette seconde fabrication présente quelque augmentation. Elle s’est élevée, en effet, en 1837, à 37,579 quintaux métriques, tandis qu’en 1834 le nombre de quintaux métriques fabriqués était de 33,491.
- On peut conclure, de cet accroissement, que les aciers français de çette espèce, par suite des soins donnés à leur fabrication, sont mieux accueillis des consommateurs, dont les préventions commencent enfin à céder à l’évidence.
- Cependant, il faut bien le dire, plusieurs marchands, intermédiaires entre le fabricant et le consommateur, exigent encore, dans leur propre intérêt, que le premier revête ses aciers d’une marque étrangère ; cette exigence est très-fâcheuse : elle ne peut que tendre à maintenir l’engouement du consommateur pour les produits étrangers.
- Espérons que bientôt, mieux éclairés sur les qualités de nos aciers, qu’ils estiment sous la marque
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- étrangère, nos ouvriers ne s’attacheront plusqu’aux marques françaises qui leur donneront le . plus de garantie de bonne fabrication et dé bonne qualité.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.'.,, ,
- MM.,Jackson frères, a Saint-Pau ï-en-Jarr . rêt (Boire). - „ >
- MM. Jackson frères ont, chaque année; donné plus de développement et de variété à leurs fabrications. > - !
- Les produits qu’ils ont exposés se composent d’aciers fondus et d’aciers cémentés, ces derniers corroyés et étirés pour divers emplois. j ; i; ; : v.
- Ces aciers jouissent de la meilleure réputation dans le commerce; et on nedoit pas oublier que ce,sont MMC. Jackson qui ont les premiers doté la France d’un établissement de quelque importance pour la fabrication dès aciers fondus. -, , f
- Ils ont annexé à leurs premières usines celle de là Bé-rardière, fondée sur le Furens, encf818, par feuM. Bpau-f nier, inspecteur général au corps royal des mines.
- A Assailly, centre de leurs opérations, ils possèden t sur le Gier un établissement important* Des, moteurs bydrau-r liques y sont appliqués à deux gros marteaux de forge, et à trois martinets pour l’étirage, fineunacbine à,vapeur y met en mouvement d’autres marteaux et un train de laminoirs. ' . /; .rp-: r .»
- t. MM. Jackson frères emploient, pour la prpduction de
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- leurs aciers, des fers de Suède, concurremment avec des fers de l’Ariége et de l’Isère.
- Le jury rappelle en faveur dé MM. Jackson frères la médaille d’or qui leur fut décernée en 1827, déjà rappelée en 1834, et qu’ils méritent toujours.
- MM. Talabot et cie, à Toulouse (Haute-
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- Garonne).
- MM. Talabot et compagnie ont exposé des aciers variés d’échantillons et d’espèces, suivant l’usage auquel ils doivent être appliqués.
- Ces aciers sont remarquables par leur belle fabrication et leur bonne qualité.
- MM. Talabot et compagnie se sont constamment maintenus à la hauteur où ils s’étaient placés en 1834, époque à laquelle il leur fut décerné une médaille d’or.
- Ces fabricants n’ayant cessé de mériter cette honorable récompense, le jury la leur rappelle.
- M. Dequenne fils, à Naveaux (Nièvre).
- Les aciers de diverses espèces, exposés par M. Dequenne, sont bien fabriqués, et de très-bonne qualité; ils sont bien réputés dans le commerce, où ils trouvent un facile écoulement.
- M. Dequenne emploie, pour la fabrication de ses aciers, presque toutes matières du pays, et principalement les aciers de forge, dits aciers à terre, qui sont un produit du département de la Nièvre ; il se sert aussi d’un peu de fer de Suèdè.
- L’art de fabriquer l’acier est depuis longtemps héréditaire'dans la famille Dequenne; l’exposant actuel est au-
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- jourd’hui le seul de celle famille qui maintienne l’activité de l’usine de Naveaux.
- Une médaille d’or fut décernée, en 1819, à son père, qui en obtint le rappel en 1823 et 1827. Celte médaille fut rappelée, en 1834, en faveur du fils, qui expose cette année.
- Le jury accorde de nouveau le rappel de la médaille d’or à M. Dequenne fils, comme n’ayant cessé d’en être digne.
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- MÉDAILLE D’OR.
- i
- M. Baudry, à Atliis (Seine-et-Oise).
- M. Baudry a exposé des aciers à ressort parfaitement fabriqués, et qui ne laissent rien à désirer.
- Plusieurs expériences, faites avec sévérité dans l’usine même d’Athis sur des aciers pris au hasard, ont prouvé que ces aciers étaient égaux en qualité aux meilleurs aciers à ressort anglais ; et il doit en être ainsi, par suite des soins extrêmes que M. Baudry apporte dans tous les détails de sa fabrication.
- Il n’emploie que des fers de Suède de première marque, qu’il prend encore la précaution de corroyer avant leur cémentation. Il augmente ses dépenses des frais de cette opération préalable, que négligent, en général, les fabricants du même genre; mais il y trouve l’avantage de livrer aux consommateurs des aciers excellents, etdes’être formé' une forte clientèle qui lui enlève ses produits au fur et à mesure de leur confection. Cependant M. Baudry n’a pas augmenté le prix de ses aciers, qu’il maintient au taux de .120 francs les 100 kilogrammes. .?
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- La fabrication annuelle de l’usine d’Alhis est, dans ce moment, de 160,000 kil. en aciers à ressorts de voitures.; mais, cette quantité ne pouvant satisfaire aux demandes qui,lui sont adressées, :M. Baudry va faire construire un second fournie cémentation,ce qui porterasa fabrication annuelle au delà de 300,000 kilogrammes.
- >L’usiné d’Athis fabriqué, eu outre; des fers de bonne qualité. :
- Le jury décerne à M. Baudry une médaille d’or.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- .-j j
- MM. Paignon et cie, àBizÿ (Nièvre).
- MM. Paignon et compagnie exposent des aciers naturels qui, d’après,des essais faits avec soin, ont fourni de bons ciseaux à bois et des burins coupant le fer et la fonte grise; ils vendent ces aciers 52 francs les 100 kilogrammes.
- Une médaille d’argent fut accordée à MM. Paignon.et compagnie en 1834; le jury la leur rappelle comme étant encore,bien méritée. :
- 1 ' _ i * * .
- MM. Abat, Morlière et cie, à Pamiers : (Ariége). .
- MM. Abat , Morlière ' et compagnie ont succédé à MM. Abat, Molière et Dupeyron; les,aciers qu’ils ont exposés sont de bonne qualité. ^
- Leur établissement date de 1819 les fers de l’Ariége sont les seuls.qui y soient soumis à la- cémentation.
- Sa fabrication annuelle s’élève à environ 300,000 kil,
- 1
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- d’acier, dont le prix varie de 72 fr. à 140 ft\ les 100 kil., suivant l’espèce et la qualité.
- Une médaille d’argent fut décernée à cet établissement en 1823, et rappelée en 1827 et 1834 j le jury la rappelle de nouveau à MM. Abat, Morlière et compagnie, qui n’ont pas cessé d’en être dignes5
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Garrigou, à Saint-Antoine (Ariége).
- Cet établissement a été fondé sur une dérivation de l’Ariége, par une société anonyme et sous la direction de M. Garrigou. '
- Ou y emploie, pour être cémentés, des fers dü département de l’Ariége.
- Le produit annuel s’élève à environ 300,000 kil. d’aciët de divers échantillons, estimés dans le commerce. Soixante-seize ouvriers sont employés aux travaux intérieurs de l’usine.
- Le jury décerne à l’établissement de Saint-Antoine, en la personne de M. Garrigou, son directeur, une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Courot-Bigé , à Corbelin (Nièvre).
- M. Courot-Bigé a exposé des aciers naturels et des socS de charrue en même acier.
- Tous les produits de l’usine de Corbëlin jouissent d’une
- bonne réputation dans le|commerce*
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- . M. Courot-Bigé vend ses aciers 60 francs, et ses socs de charrue 72 francs les 100 kilogrammes.
- . Une médaille de bronze fut décernée, en 1834, à ce fabricant j le jury la lui rappelle comme l’en jugeant toujours digne. ;
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Gourju, à Rives (Isère).
- M. Gourju a exposé des aciers naturels martelés, fabriqués avec les fontes de l’Isère, et qui sont de très-bonne qualité.
- Ce fabricant a substitué avec succès, l’un des premiers, dans ^opération de l’étirage des massets d’acier, l’emploi de la houille à celui du charbon de bois, seul combustible employé jusqu’à présent dans le département de l’Isère, pour l’étirage comme pour l’affinage de l’acier. Par cette innovation, sans nuire,à la qualité de l’acier, on économise la moitié environ du1 combustible végétal précédemment consommé dans les aciéries. C’est un grand service rendu aux aciéries et aux autres usines d’un département où le bois devient de plus en plus rare et cher.
- Le jury décerne à M. Gourju une médaille de bronze.
- MM. Blarchet frères, à Tullins (Isère).
- \
- MM. Blanchet frères ont exposé des aciers naturels, martelés et laminés, et des aciers cémentés également martelés et laminés.
- Ces fabricants ont installé, les premiers, dans le départe- • ment de l’Isère, des laminoirs pour l’étirage des aciers. Il en est résulté plus de promptitude dans le travail, et plu
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- d’économie surtout pour la fabrication des aciers "à ressort de voitures, qu’il est fort coûteux de confectionner au
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- martinet, et auxquels le laminage est mieux approprié.
- MM. Blanchet frères obtinrent, en 1834, une médaille de bronze.
- Lejuyy, prenant en considération le bon exemple qu’ils ont donné dans l’Isère, en établissant des laminoirs dans leurs aciéries, leur décerne une nouvelle médaille de bronze.
- N
- MM. Debrie et Malespine, à Valbenoîte (Loire).
- MM. Debrie et Malespine ont exposé des aciers fondus de divers échantillons, provenant de leur usine de Val-benoile.
- Ces aciers, très-bien fabriqués, sont de bonne qualité, et se vendent facilement.
- L’établissement de Valbenoîte, qui, en 1834, obtint une médaille de bronze, sous le nom de MM. Debrie et Fri-chon, n’avait pas encore reçu le développement que lui ont donné les propriétaires actuels, MM. Debrie et Malespine.
- Le jury accorde à MM. Debrie et Malespine une nouvelle médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- /
- m
- M. Vial (Auguste) fils, à Renage (Isère).
- Le jury le mentionne honorablement pour la bonne fabrication et la bonne qualité des aciers qu’il a exposés.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Gobelet (Jean-Baptiste), à îa Gharité-sur-Loire (Nièvre).
- Le jury le cite favorablement pour la bonne qualité des
- aciers, dits aciers à terre, qu’il a exposés.
- \
- M. le duc de Luynes.
- Le jury le cite également pour ses aciers fondus et damassés.
- MM. Goldenbebg et cie, à Zornhoff (Bas-Rhin),
- MM. CouLA-ux aîné et c’e, à Molsheim (Bas-^ Rhin),
- M. Maruejouls (Frédéric), à Touille (Ha ute-Garonne),
- Ont également exposé des aciers de bonne qualité.
- Les deux premiers ont été mentionnés à l’article des outils de quincaillerie, et le troisième à l’article des faux.
- § 4. LIMES.
- \
- La fabrication dès limes s’est accrue, depuis \ 834, de trfis* grands établissements, l’un près de Tours, l’autre à Liancourt, le troisième à Rive-de-Gier.
- t
- La France serait maintenant en mesure de se soustraire entièrement au tribut qu’elle paye encore
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- aux fabriques de limes d’Allemagne et d’Angleterre* si les .préventions accréditées par des intérêts particuliers contre nos produits nationaux n?ÿ mettaient constamment obstacle. En effet, si on -fait la com* paraison de la taille de nos limes, dites limes en pa-quel ou en paille, avec celle des limes allemandes de même espèce, il ne sera pas difficile de recon^-naître que les nôtres sont supérieures ; et cependant beaucoüp.de nos fabricants de limes se trouvent dans la nécessité, par suite de l’obligation que leur en imposent les marchands, de mettre une marque allemande à la majeure partie de leurs produits pour en faciliter la vente.
- Ainsi, des limes qui, marquées du nom de leur aiiteur, auraient été peu appréciées par l’acheteur, sont considérées par lui comme parfaites, du nio-ment ou elles portent un cachet étranger.
- La taille des limes dites limes anglaises- est également très-soignée dans beaucoup de fabriques ; et, maintenant qu’on emploie presque généralement l’àcier fondu pour la confection de ces' espèces de limes, on peut affirmer que bon nombre de fabricants français sont en mesure de soutenir avec avah-
- ù
- tagè la concurrence que leur fait l’Angleterre ; "mais, malheureusement encore, beaucoup sont forcés de revêtir leurs .limes dés marques anglaises ;1,es plus accréditées., t . >. • - '
- Si les consommateurs pouvaient se convaincre
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- que, de toutes les limes qu’ils achètent comme limes allemandes ou anglaises, les trois quarts, au moins, sont de fabrique française, ils finiraient par ne plus accepter que de ces dernières, et leurs préférences se porteraient seulement, alors, sur les marques des fabricants français qui seraient réputés pour fournir les meilleures limes; il en résulterait nécessaire-ment une heureuse rivalité, qui bientôt placerait la France au premier rang pour cette industrie.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- s
- MM. Monmonckau frères, à Orléans (Loiret).
- MM. Monmonccau frères exposent des limes de diverses espèces, et des râpes très-bien taillées et de bonne qualité.
- Celte maison, qui emploie au delà de cent ouvriers, soutient avec avantage sa bonne et vieille réputation.
- En 1823 , elle obtint une médaille d’or qui lui fut rappelée en 1827 et 1834.
- Le jury accorde ,de nouveau à MM. Monmonceau frères le rappel de cette médaille, comme n’ayant pas cessé de la mériter.
- M. Boitin , à Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine, io3.
- La fabrique de M. Boitin, qui exposa des limes en 1834, sous la raison Musseaux et Boitin, continue à livrer de bons produits au commerce.
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- Les limes que M. Boitin a exposées sont d’une très < bonne qualité.
- Cette fabrique obtint, en 1834, le rappel d’une médaille d’or qui lui avait ôté décernée en 1827.
- Le jury rappelle de nouveau cette médaille à M. Boitin.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Schmidt, à Paris, avenue de MeniIntentant, €it\,
- M. Schmidt a exposé des limes en acier fondu d’une bonne exécution. -
- Il fabrique principalement la petite limé plate et le tiers-point; ses produits sont estimés des consommateurs. '
- * Il n’a pas exposé en 1834, mais en 1827 il lui fut décerné une médaille d’argent.
- Depuis cette époque, sa fabrication a pris un peu plus de développement, et sa réputation de bon fabricant a pris plus de consistance.
- Le jury accorde à M. Schmidt, comme l’en trouvant toujours digne, le rappel de la médaille d’argent qui lui
- fut décernée en 1827.
- ' * -
- MM. Abat, Morlière et clc, à Pamiers (Ariége).
- Les limes de MM. Abat, Morlière et compagnie ont conservé intacte la bonne réputation dont elles jouissaient en 1834, tant pour leur bonne confection que pour leur qualité.
- Le jury, jugeant cette maison toujours digne de la ipé-
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- daille d’argent qui lui fut décernée en 1823., et rappelée en 1827 et 1834, lui en confirme de nouveau le rappel..
- MM. Gérard et Mtélot aîné, à Breuvannes (Haute-Marne). , ' . , , •
- La fabrique de limes de MM. Gérard et Miélot aîné se maintient dans la ligne qu’elle occupait en 1834.
- Les limes que ces fabricants ont exposées sont bien taillées et de bonne qualité.
- Le jury leur rappelle la médaille d’argent qui leur fut décernée en 1827 et déjà rappelée en 1834.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- > . ' . ‘ ’ , t * i '
- MM. Crémières et Briand, a Saint-Sym-pliorien près Tours (Indre-et-Loire).
- MM. Crémières et Briand ont exposé des limes et des râpes très-bien, taillées et de bonne qualité. Leurs produits sont très-estimés.
- Ces fabricants ont créé leur établissement il y a environ quatre ans-, ils emploient maintenant plus de cent ouvriers, Ils cémentent des fers qu’ils achètent dans les forges les plus réputées du Berri pour la bonne, qualité de leurs produits, et leur fabrique de limes n’est alimentée que par l’acier que fournit cette cémentation.
- MM. Crémières et Briand ont acquis, en trois ans, la réputation de bons fabricants. ,
- Le jury leur décerne une médaille d’argent.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. Bérenger et Petit, à Orléans (Loiret).
- Les limes et râpes qu’ont exposées MM. Bérenger et Petit dénotent une bonne fabrication.
- Il leur fut décerné une médaille de bronze en 1884 j le jury, les en jugeant toujours dignes, la leur rappelle.
- M. Gourjon fils, à Wevers (Nièvre). .
- M> Gourjon fils a succédé à son père, qui lui a cédé son établissement.
- Il continue à fabriquer avec les mêmes procédés et se maintient dans la voie qu’il lui a tracée.
- Ses limes n’ont rien perdu de leur primitive réputation. Le jury le juge digne du rappel de la médaille de bronze qui a été décernée à son père en 1834.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Raoul, à Paris, rue Popincourt, i.
- M. Raoul, fils du fabricant de.limes qui eut en France la réputation la plus grande et la plus méritée pour la lime dite anglaise „ depuis l’échantillon courant jusqu’à la plus petite lime d’horloger et de dentiste, a exposé diverses limes de petites dimensions qui sont très-bien fabriquées.
- Les limes de M. Raoul jouissent d’une bonne réputation j
- \
- elles sont appréciées .par les armuriers et les fabricants d’instruments de précision.
- Le jury décerne à M. Raoul une médaille de bronze,
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- M. PupiL?àParis,rue des Bourguignons, 28.
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- M. Pupil est réputé avec raison pour labonté.de ses produits, et principalement pour ses petites limes plaids et tiers-points.
- Ses ateliers,dans lesquels sont employés trente ouvriers, sont conduits avec ordre et intelligence.
- M. Pupil ne vend aucun de ses produits sans les garantir ; aussi tous les consommateurs sont-ils unanimes sur la bonne qualité de ses lpnes plates et tiers-points.
- Ce fabricant obtint une médaille de bronze en 1827; le jury lui en décerne une nouvelle.
- M. Soyer , à Nevers, (Nièvre).
- M. Soyer a exposé des limes en fer et des limes en acier \ les unes et les autres sont bien taillées et d'un bon usage.
- Les limes en fer sont de nouvelle fabrication et présentent quelque intérêt.
- Ce fabricant emploie, pour celte espèce de limes, du fer affiné au charbon de bois, martelé, et ensuite étiré au laminoir pour y être réduit à l’échantillon demandé.
- Il enduit ses limes d’up cément qui lui est particulier; il les place debout dans des creusets en fonte, et lorsque ces creusets ont atteint, dans dés foyers spéciaux, la couleur rouge cerise, il en retire ses limes, qu’il trempe à la volée dansune eau continuellement renouvelée.
- Ces limes sont de bonne qualité; comparées auxmeil-leurcs limes anglaises Spencer, elles résistent dans la proportion de 3 à 4 ; et, comme les prix de M. Soyer sont dans le rapport de moins de 1 à 2 avec ceux'de Spencer, il ré-’ suite pour les consommateurs des limes Soyer un avantage déplus d’un quart sur l’emploi des limes Spencer.
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- Les limes Soyer ont, en outre, sur les limes Spencer, l’avantage de se ployer et redresser, sans aucune avarie ni déformation sensibles.
- M. Soyer est un ouvrier qui travaillait, il y a peu d’années, dans les ateliers d’autrui -, aujourd’hui, par suite de sa bonne conduite et de son bon travail, il emploie vingt ouvriers et grandit chaque jour.
- En 1837, à l’exposition des produits de l’industrie à Nantes, une seule médaille d’argent fut accordée à la fabrication des limes, et cette médaille fut donnée à M. Soyer.
- Le jury décerne à M. Soyer une médaillé de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- \
- M. le marquis de Clugmy ? à Liancourt (Oise).
- MM.les marquis de Glugnyetdela Rochefoucauld-Liancourt ont fondé, sur une assez grande échelle, à Liancourt, département de l’Oise, une fabrique de limes.
- “ Les limes et râpes qu’ils ont exposées sont d’une très-belle fabrication, et quoique cet établissement ne date* pour sa mise en activité, que du l01 octobre 1837, déjà ses produits sont estimés des consommateurs.
- Si la suite répond à ses débuts, bientôt cette fabrique se placera au premier rang, et ses limes.seront fort recherchées. , „
- Tout en formant le vœu que l’avenir réponde aux espérances que lui fait concevoir l’état actuel de la fabrique de limes de Liancourt, le jury, considérant que c’est seulement par l’expérience de plusieurs années qu’on peut T. i. 26
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- réellement se fixer d’une manière positive sur la réputation d’un établissement, ne peut que mentionner honorablement MM. les marquis de Clugny et de la Rochefoucauid-Lianeourt.
- MM. Meunier , Journoud et cie, à Rive-de-Gier (Loire).
- MM., Meunier, Journoud et compagnie, ont fondé leur établissement au mois d’août 183,7 ; ils emploient soixante-dix ouvriers, dont le salaire journalier peut s’élever, terme moyen,.à 2 fr. 75 c.
- Les aciers fondus et les aciers corroyés de MM. Jackson frères sont les seuls qu’ils emploient pour la fabrication de leurs limes.
- Les limes de MM. Meunier, Journoud et compagnie, essayées dans la manufacture d’armes de guerre de Saint Étienne, ont donné les meilleurs résultats, ainsi que le constate le rapport fait à cet égard le 3 avril dernier, par M, le colonel d’artillerie inspecteur de. celte manufacture.
- Tout,doit donc, faire espérer que cet établissemen t prendra bientôt un rang distingué dans la fabrication des limes ; mais il est encore trop nouveau pour que ses produits soient généralement connus des consommateurs; le jury, par ce motif, ne peut que le mentionner honorablement.
- MM. Marque frères, à ia Hutte ( Yosges).
- MM. Marque frères ont créé leur établissement de limes depuis 1834- ; ils emploient trente ouvriers.
- Çes fabricants, tirent de Saint-Étienne leurs aciers fondus pour la lime fine, et fabriquent eux-mêmes les aciers qui leur sont nécessaires, pour la lime en paille.
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- Leur établissement est encore trop nouveau pour que leurs produits aient acquis de la réputation dans le commerce.
- Les limes et râpes qu’ils ont exposées prouvent'une fabrication bien soignée.
- Le jury les mentionne honorablement.
- M. Froid, à Paris, passage de l’Industrie, 6.
- La fabrication principale de M. Froid est la petite lime plate, et surtout le tiers-point. Ses produits ont Une bonne réputation.
- M. Froid obtinluuementionhonorableen 1834 ;,Ie jury, l’en jugeant toujours digne, lui en accorde une nouvelle*
- M. Ârmbruster , à Paris, rue Phélip-peaitx, 27.
- M. Armbruster a exposé des limes et des râpes bien confectionnées.
- Sa fabrication la plus spéciale est celle des râpes à l’usage des marbriers et des statuaires. Il occupe cinq. à six:
- ouvriers.
- % . •. ; . . > >
- Il obtint en 1834 une mention honorable que le jury
- renouvelle en sa faveur. , •
- •\ ' 1
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement :
- MM. Derolan et Drouchin , "de Paris, rue
- de Charonne, 25, ,
- Qui-ont exposé des limes ct une» machine à affûter les scies, . - ' :i
- >
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- M. Boulland , de Paris, rue Roche-chouart, 3i,
- Qui a exposé des limes.
- ENCLUMES, ÉTAUX, OUTILS DE FORGE.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Pot-de-Fer, à Nevers (Nièvre).
- M. Pot-de-Fer a exposé des enclumes et des étaux dont la dureté de la trempe est très-remarquable.
- L’établissement de M. Pot-de-Fer, situé sur la rivière la Nièvre, a été créé par lui il y a environ vingt-trois ans. La soufflerie et les martinets qui y servent aux diverses fabrications sont mus par des roues hydrauliques établies d’après les meilleures méthodes connues.
- Outre les enclumes et les étaux, on y fabrique les grosses pièces de mécanique en fer forgé, et les maîtres de forges de plusieurs départements tirent de cet établissement leurs gros marteaux en fer, dont la plupart pèsent de quatre à cinq cents kilogr.
- M. Pot-de-Fer est très-réputé pour la bonne fabrication et la qualité de tous les objets qui sortent de ses ateliers j il a, par ce motif, une clientèle fort étendue.
- Il emploie soixante ouvriers, et son usine est conduite avec beaucoup d’ordre et d’économie.
- Ce fabricant obtint une médaille de bronze en 1834. Le jury, considérant que non-seulement M. Pot-de-Fer s’est maintenu dans la bonne réputation que ses produits ont méritée dans le commerce, mais qu’il a encore, depuis
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- i
- 1834 , donné beaucoup de développement à ses fabrications, lui décerne une médaille d’argent.
- M. Chamouton, à Paris, rue du Monceau-Saint-Gervais (Seine).
- M. Chamouton, dont le nom est avantageusement connu dans les ateliers de construction, a exposé des en-clutnes, des étaux et des soufflets de forge qui se distinguent par leur bonne fabrication.
- ; Les ateliers de M. Chamouton datent de longues années et se sont toujours tenus au premier rang pour le genre de fabrication qui s’y exécute.
- Il emploie, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, de 60 à 70 ouvriers.
- M. Chamouton a obtenu une médaille de bronze en 1834.
- Le jury, considérant que M. Chamouton a constamment maintenu la bonne et vieille réputation de sa maison, et que ses fabrications ont encore été notablement perfectionnées depuis 1834, lui décerne une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- L
- M. Malespine , à Saint-Etienne. (Loire).
- M. Malespine expose des enclumes et autres outils..
- Ce fabricant s’est maintenu dans la ligne où il s’était placé en 1834, époque à laquelle il obtint une médaille de bronze.
- Le jury, le jugeant toujours digne de cette distinction, la rappelle en sa faveur.
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- M. Schmitt, à Paris, rue de la Tannerie, 12.
- \ *
- L’établissement de M. Schmitt existe depuis longtemps; cependant c’est la première fois qu’il en expose les produits.
- Les enclumes, étaux et grosses pièces qu’il a exposés sont d’une très-bonne fabrication.
- Les jumelles mobiles de ses étaux sont construites d’après un bon système, qui maintient toujours leurs mâchoires parallèlement à celles des jumelles fixes : c’est une amélioration importante pour ce genre d’outil.
- Le jury décerne à M. Schmitt une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- Le jury mentionne honorablement : : ,
- M. de Raffin et cxe, à Lapique, près Nevers,
- Pour la bonne confection d’une enclume et d’un étau qu’ils ont exposés. Ces fabricants ont obtenu la médaille d’argent pour leur fabrication d’instruments aratoires.
- M. Charles Bernard, de Torcy-Sedan (x4r-
- ? •
- Pour la bonne fabrication de l’enclume qu’il a exposée.
- P
- M. Chauffriat, de Saint-Etienne (Loire).,
- Qui a exposé une enclume bien fabriquée et bien trempée.
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- \
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement :
- MM. x4ubrÿ, de Saint-Étienne (Loire),
- Pour un étau compliqué d’une tige portant une vis pour presser un foret, qui serait employé à percer un morceau de métal maintenu entre les mâchoires de cet étau.
- M. Cretenant, à Paris, rue des Dames, Barrière de Monceaux,
- Pour des tuyères en fer à vapeur, pour forges.
- SECTION II.
- MÉTAUX DIVERS.
- MM. Berthier et Mouchel, rapporteurs.
- § Ier. -—PLOMB ET ANTIMOINE.
- i
- Plomb.
- On ne compte, en France, que onze mines de plomb en exploitation qui ont produit, en 1837, 8,000 quintaux métriques de plomb, litharge et alquifoux, valant environ 500,000 fr.
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- Il est entré, par divers points des frontières, 148,000 quint, mét. de plomb en 1834, et 149,830 q. met. en 1838.
- La préparation du plomb en feuilles a reçu dans ces der-niers temps de notables perfectionnements.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- /
- M. Fallu et cle, à Pont-Gibaud (Puy-de-
- La compagnie Pal lu, qui a succédé à M. de Pont-Gibaud, a présenté des échantillons de tous les minerais de plomb qu’elle exploite à Pont-Gibaud, ainsi que de tous les produits qu’elle retire de ces minerais. Ses litharges sont très-belles et fort estimées dans le commerce.
- Le jury rappellè à cette compagnie la médaille d’argent qui a été accordée à M. de Pont-Gibaud en 1834.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Hamard., rue de Bercy-Sa i n t-An-toi ne^ io.
- M. Hamard lamine et étire, dans son établissement, qui est le plus ancien et le plus considérable de ce genre, du plomb et du zinc au moyen d’une machine à vapeur de la force de quarante chevaux ; il produit annuellement 10,000 quint, mét. de plomb laminé, 8,000 quint, mét.
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- de plomb élire en tuyaux, et 6,000 quint, met. de zinc laminé. Les plus grandes feuilles de plomb que l’on obtienne dans cette usine ont 13 mètres de longueur, lm,58 de largeur et 1 millimètre d’épaisseur ; elles pèsent 398 kil., et elles sont-cotées au prix de 258 fr. 70 c. ou 7 fr..70 c. le mètre carré 5 les plus petits tuyaux ont 3 millimètres de diamètre. .
- Tous les objets que M. Hamalrd livre au commerce sont de très-bonne qualité ; le jury lui décerne une médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Voisin et cic, rue Neuve-Saiiit-Âugus-tin , 3a.
- M. Voisin a exposé des tuyaux de plomb étirés et des feuilles de plomb préparées par coulage ; depuis peu, il a beaucoup augmenté la dimension de sa table à couler, en sorte qu’il obtient actuellement des feuilles qui ont jusqu’à 8 mètres de longueur sur 4 mètres de largeur j ces feuilles ont une épaisseur de 3 millimètres et pèsent
- s *
- 1,029 kil.; elles sont employées avec grand avantage pour faire des chaudières, et leur prix est fixé à 68 fr.les 100 kil., y compris la main-d’œuvre, qiii est de 10 fr. par 100 kil.
- Toutes les opérations qui se font chez M. Voisin sont parfaitement entendues. Ce fabricant avait obtenu une médaille de bronze en 1834, le jury lui en décerne une nouvelle. %
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. Bénard et cte, à Rabut (Calvados).
- M. Bénard a présenté du plomb de chasse qui est régulier, plein et sans soufflure.
- Le jury lui accorde une mention honorable,
- M. Régnault, à Caen (Calvados).
- M. Régnault a présenté du plomb de chasse bien préparé.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- /
- M. Renaudot, rue de Grenelle-Saint*Ger-main, 24.
- M. Renaudot a exposé divers objets de plomberie bien préparés.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. Morel, rue de la Roule-Rouge.
- M. Morel a présenté divers objets de plomberie, particulièrement pour toitures.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
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- Régule rVantimoine.
- • ' MENTIONS HONORABLES.
- MM; Drelon et Engelvin, à Clermont (Puy-de-Dôme). -•
- M. Pagèze de Lavernede, à Mall^ose (Àrdè-M. Paliopy et cie? à Carcassonne (Aude).
- - ' * 'i
- Il y a en France trois usines dans lesquelles on prépare depuis longtemps du régule d’antimoine, du crocus et quelques autres composés antimoniaux.
- La plus ancienne et la plus importante est située à’Cler-mont (Puy-de-Dôme) ; elle appartient à MM. (Drelo.n et Engelvin, et elleproduitannuellementprèsde 1,000 quint, métriques de régule qui valent plus de 200,000 fr.
- La seconde est située àMalbosé (Ardèche); elleâppartient à AI. Pagèze deLavernède, et elle produit, chaque année, 250 quint, met. de régule valant environ 50,000 fr.
- La troisième usine est établie à Adais (Gard) ; elle appartient à MM. Martial et David Beau. Son produit annuel atteint rarement 200 quint, mét., dont la valeur est de 40,000 fr. tout au plus.
- On traite, dans ces trois usines, des minerais de sulfure d’antimoine qui sont fort purs, et l’on suit à peu près le même procédé dans chacune d’elles. Ce procédé, qui est ancien et qui est connu de tous les métallurgistes, n’a reçu aucun perfectionnement depuis longtemps; il est d’ailleurs bien entendu, et il donne des produits très-purs quand il est pratiqué avec soin.,
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- Les propriétaires de l’usine d’Àlais n’ont rien envoyé à l’exposition.
- Les propriétaires des deux autres usines ont présenté des échantillons de régule, de crocus et de kermès qui sont très-beaux j et comme, d’ailleurs, les consommateurs s’accordent à reconnaître que tout ce qui sort de ces deux usines est constamment de très-bonne qualité, le jury accorde une mention honorable à MM. Drelon etËngelvin et à M. Pa-gèze de Lavernèdc.
- Outre les trois fabriques dont il vient.d’être question, il en a été créé tout nouvellement une.quatrième à Carcassonne, département de l’Aube, par la compagnie Paliopy, qui a présenté à l’exposition divers produits de très-bonne qualité.
- La compagnie Paliopy s’est constituée pour reprendre l’exploitation des mines métalliques de toute nature, et particulièrement les mines de plomb, cuivre, antimoine et argent, que l’on sait exister dans les Corbières et dans les montagnes Noires, et qui ont été l’objet de grands travaux sous la domination romaine et même dans les temps posté-rieurs, jusqu’à la découverte du nouveau monde. Elle est déjà en possession de plusieurs gîtes qui paraissent avoir de l’importance, et elle a mis eu pleine exploitation l’un de ces gîtes, qui produitabondamment du minerai d’antimoine. Mais ce minerai étant d’une nature particulière, on ne pouvait lui appliquer le mode de traitement ordinaire, et il a fallu rechercher, par des essais, un mode qui lui fût approprié. Le minerai d’antimoine que la compagnie exploite n’est pas du sulfure pur ; c’est un composé dé sulfure de plomb et de sulfure d’antimoine, qui reuferme, en outre, plus d’un millième d’argent. Par le procédé ordinaire, ce minerai n’aurait produit qu’un alliage de plomb
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- et d’antimoine très-chargé d’antimoine ; et si i’on eût suivi,ce procédé, indépendamment de ce que i’on n’aurait pas pu placer cet alliage dans le commerce, bien qu’il eût pu servir pour confection ner l’alliage des caractères d’imprimerie, on aurait perdu l’argent qui existe dans le minerai et dont la valeur est de plus de 20 fr. par quint, mét. A force d’essais, la compagnie Paliopy est parvenue à trouver un mode de traitement que l’on peut, dés à présent, regarder comme satisfaisant, mais qui se perfectionnera probablement encore par la pratique. Ce résultat a d’autant plus d’intérêt que l’on connaît, dans plusieurs localités en France, notamment dans les montagnes de l’Auvergne et delà Lozère, des minerais analogues à celui du département de l’Aude, que l’on n’avait pas su traiter jusqu’à présent et auxquels ce procédé sera applicable.
- L’usine de Carcassonne n’est pas encore tout à fait achevée, et la compagnie Paliopy n’est pas actuellement en mesure d’y exécuter toute la suite d’opérations queletrai-tementmétallurgique exigera j cependant elle a déjà répandu dans le commerce une certaine quantité de régule un peu plombeux, dont on a trouvé l’emploi, et elle a même mis en vente quelques pains de régule tout à fait pur, mais on ne sait pas encore quelle proportion d’antimoine on pourra extraire dumineraiàcet état, et il n’est même pas certain que cela puisse se faire avec avantage. Outre le régule , la compagnie Paliopy a fourni au commerce du crocus, du verre d’antimoine et du kermès qui ont ôté trouvés de très-bonne qualité.
- Si l’établissement de Carcassonne était,terminé et complètement assis, il y aurait lieu de décerner une médaille à la compagnie Paliopy, pour le service qu’elle aurait rendu à l’industrie, en appliquant un procédé métallurgique nou-
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- veau et. de son invention au traitement d’un minerai dont jiisqu’ici il avait été difficile de tirer parti ; mais, dans l’état des choses, le jury croit devoir se borner à lui accorder, une mention honorable , espérant qu’à l’époque de là prochaine exposition elle aura acquis des droits aune plus haute distinction. ' "
- § 2. CUIVRE ET CHAUDRONNERIE.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- Société anonyme clés usines tPImpliy (Nièvre).
- Cet établissement, déjà très-considérable en 1834-, a pris encore de l’accroissement depuis cette époque : outre le cui* vrc rouge, le cuivre jaune et le bronze que l’on y lamine en feuilles'de toutes dimensions, le fer-blanc de première qualité que l’on y fabrique en quantité très-considérable, etc., on y prépare des doublés de cuivre rouge et de cuivre jaune, ainsi que des doublés de cuivre rouge et de fer’ à l’aide de procédés imaginés par M. Adolphe Guérin, qui continue à diriger ce grand établissement avec le zèle et l’habileté dont il a déjà donné tant de preuves. Ces doublés pourront être employés pour fabriquer des cassc*-rolês sans étamage, et seront d’une grande utilité dans beaucoup-de circonstances. \
- Imphy a présenté à l’exposition : '
- 1° Une planche de cuivre rouge ayant,
- Longueur, 5m,95, ,
- Largeur, 2m,i0»,
- Épaisseur, Smillim.,
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- V
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- Et pesant 520 kil. j.
- 2° Une planche de laiton ayant.
- Longueur, 2m,27, ,
- Largeur, lm,05,
- Épaisseur, 5 millim.,
- Et pesant 102 kil. -,
- 3° Une bassine ou fond de chaudière ayant,
- Diamètre, 2m,43,
- Profondeur, 0m,72,,
- Épaisseur, 7 millim.,
- Et pesant 466 kil. j
- 4° Une feuille en cuivre rouge doublé de cuivre jaune, ayant 0m,89 sur 0m,21 et pesant 325 kil. ;
- 5° Deux casseroles avec leur couverele, une tourtière et une petite poêle en cuivre rouge doublé de fer j
- 6° Des feuilles de bronze de diverses dimensions. C’est à M. Francfort qu’est due l’invention du, laminage du bronze, et c’est lui aussi qui en a monté la fabrication en grand à Imphyj mais il a cédé la propriété de son procédé à cet établissement, qui a su en tirer un parti très-habile et donner, à cette branche d’industrie., un très-grand développement. Il est bien constaté aujourd’hui que le bronze employé pour doublage des vaisseaux dure deux fois plus que le cuivre rouge, et qu’appliqué aux usages de la gravure il permet de tirer un beaucoup plus grand nombre d’exemplaires que les planches en cuivre rouge. A cette occasion, le jury croit devoir exprimer le regret qu’il éprouve de ne pouvoir s’écarter des règles qui lui sont tracées, pour récompenser $L Francfort de,son importante découverte.
- L’établissementd’Imphy occupe mille ouvriers : ilareçu une médaille d’or en 1819 -, cette médaille lui a été rappelée
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- aux deux expositions subséquentes. Une nouvelle médaille d’or lui a été accordée en 1834 ; le jury lui rappelle cette seconde médaille.
- Les proprietaires des fonderies de Romilly (Seine-Inférieure). ;
- L’établissement de Romilly est ancien et occupe trois cents ouvriers j il produit annuellement 20,000 quint, mét. de cuivre rouge et jaune et de zinc laminés.
- Il a présenté, à l’exposition , une feuille de cuivre rouge de,
- Longueur, 5m,10,
- Largeur, 2m,10,
- Epaisseur, 7 millim.,
- Et pesant 643 kil. j
- Une feuille de cuivre jaune de,
- Longueur, 2m,66,
- Largeur, lm,82,
- Et pesant 510 kil. ;
- Une chaudière de 2m,00 diamètre,
- 0m,70 de profondeur, et 8 millim. d’épaisseur,
- Pesant 469 kil.
- L’établissement de Romilly a obtenu une médaille d’or aux expositions précédentes ; le jury la lui rappelle.
- i \
- M. Victor Frère je an, à Vienne (Isère).
- L’établissement de Pont-l’Évêque, près "Vienne, qui appartient à M. Victor Frèrejean> et qui est dirigé avec une grande habileté, est heureusement situé, puisqu’il se trouve à proximité des mines de houille de Rive-de-Gier, èt qu’il peut expédier ses produits dans tout le Midi par le Rhône;
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- il a d'ailleurs l’avantage de disposer d’une chute d’eau de la force de cent soixante chevaux.
- \
- Il consomme annuellement 80,000 hectolitres de houillej il occupe cent cinquante ouvriers, et il produit 5,000 à 6,800 quint, mét. de cuivre en planches, en clous et en chaudières;
- 2,500 à 3,000 quint, mét. de fer laminé ;
- 1,000 de fer en tôle ;
- 300 à 400 de zinc laminé.
- Le jury rappelle àM. Victor Frèrejean la médaille d’or qui lui a été décernée aux expositions précédentes.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. Thieba.ut; me duFaubourg-Saiïit-Denis?
- r
- 132.
- L’usine de M. Thiébaut est un établissement du premier ordre; on y fabrique annuellement pour plus d’un million d’objets en cuivre rouge, en laiton ou en bronze de toutes dimensions, moulés, tournés, forés et ajustés avec unè grande précision; le travail s’effectue ail moyen de diverses machines très-ingénieuses, parfaitement montées, qui, réparties dans les différents ateliers selon les besoins du service, sont toutes mises en mouvement par une même machine à vapeur.
- Parmi les objets remarquables qui sortent des ateliers de M. Thiébaut, on doit distinguer les rouleaux à imprimer les étoffes et les papiers, les robinets, les cylindres qui servent au travail du lin, les clous, et les Bronzes moulés. . . ,
- /
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- On sait quel service l’emploi des rouleaux à imprimer a rendu à Part de la teinture ; la confection de ces rouleaux présentait de grandes difficultés. M. Thiébaut est le premier fabricant français qui spit parvenu à vaincre toutes ces difficultés 5 il exécute la plus grande partie du travail à l’aide de machines qui fonctionnent avec une grande promptitude et avec régularité , et aujourd’hui il peut donner les rouleaux les mieux façonnés à 3 fr. 40 c. le kil., tandis qu’il les vendait 4 fr. 40 c. en 1829.,
- M. Thiébaut a substitué au cuivre rouge, que l’on employait seul autrefois pour faire les rouleaux destinés 5 de certains usages, du cuivre légèrement allié, et qui, par là, acquiert plus de dureté sans perdre de sa malléabilité et de sa ténacité ; il en résulte que les rouleaux résistent mieux, au frottement des racles ainsi qu’à la pression des bascules.
- M. Thiébaut fabrique des robinets de toutes formes et dimensions et pour tous les usages; il les polit à l’aide de procédés particuliers et sans le secours de la lime : il fait aussi des robinets en fonte moulés, bruts à l’extérieur, mais très-unis à l’intérieur, qui peuvent être employés sans qu’il soit nécessaire dp les retoucher, et qu’il peut donner, à> très-bon.marchè; il a d?ailleurs diminué' tpus ses prix, de, 15pour 100 depuis 1 834, -,
- Pour les métiers,,à, filer le lin, on a besoin, de petits cylindres en cuivre al lié fondus sur du fer.. Jusqu’ici les cons-, truçteurs avaient été obligés de les.faire venir d’Angleterre, mais actuellement ils peuvent se les procurer chez M. Thiébaut, qui a réussi,à les obtenir, sans soufflures et tels que
- les consommateurs les exigent. '
- /
- M, Thiébaut fabrique, par moulage, des clous en cuivre avec rainures pour, l’usage delà; chaudronnerie, et des clous de navire à lige dégorgée, ce qui leur donne plus de
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- légèreté elles empêche de tourner dans le bois 5 ces clous
- ^ 4 À ^ ^ % *J
- remplacent aveé avantage lés clous forgés.
- Les objets d’arts coulés chez M. Thiébaul sont exécutés avec'une* rare"perfection j nous y avons tu, entre autres, le buste de Napoléon, de Chaudet, pesant lO’kil., qui semble plutôt avoir été ciselé que fondu.
- . Le jury décerne la« médaille d’or à M. Thiébaut comme une récompense des mieux méritées.
- M. Mesmin aîné, à Givet (Àrdeiines). . \t. •
- L’usine de Givet renferme une fonderie pour cuivre rouge, cuivre jaune, tombac et zinc: ; ïi <
- Six fourneaux à creusets dans lesquels on prépare le-laiton;
- Deux batteries à six martinets y ; r < ;
- Deux laminoirs;
- Une tréfilerie : • ,
- : » . • , • ; - '• : " • ; •• > v * * •
- Unë forgé àftrois feux.
- Elle emploie'5,800'quint* mét. de cüivresef dé^ziti^ et consomme" 5',000 quint. métV de houille par môis;sbt‘elie occupe cent dix ouvriers. * = j-m,
- Tous les produits'qui sortent de cetteTusiné sont estimés, et nulle part on ne réduit des feuilles de cuivre et de laiton à une plus faible épaisseur.
- On y confectionne aussi une très-grande' quantité de chaudronnerie martelée qui est excellente.
- iVL’Mesmin avait obtenivune médaille d’argen t en 183*4, le jury, lui en décerné une nouvelle. ï >1
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- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. Réveilhac et fils, rue cle la Roquette, 2. ;
- La fabrique de MM. Réveilhae est située à Corbeil ; elle produit des feuilles et des barres de cuivre rouge qui sont préparées avec soin et qu’on livre au commerce à des prix très-modérés.
- MM. Réveilhae ont présenté, à l’exposition, une feuille de cuivre,
- Longue de 7m,33,
- Large de lm,35, ,
- Épaisse de 1 millimètre ,
- Et pesant 97 kil.
- Le jury leur rappelle la médaille de bronze qu’ils ont déjà obtenue. • >
- MENTION HONORABLE.
- MM. Estivant frères, à Givet (Ardennes).
- MM. Estivant fabriquent une grande quantité de fils et de planches de laiton jet de tombac qu’ils livrent au commerce à des prix modérés. , ,
- Le jury leur accorde une mention honorable. ,
- § 3. CHAUDRONNERIE ET CUIVRERIE.
- La chaudronnerie et la cuivrerie se sont singulièrement perfectionnées depuis 1834, par suite de remploi hardi que
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- l’on a fait des procédés d’estampage et de repoussement. Aujourd’hui on est aussi familiarisé avec le balancier dans les grands ateliers, qu’on l’est avec l’étau dans la boutique des artisans. La grandeur et la perfection des pièces que l’on fabrique par l’estampage est réellement surprenante ; et par le repoussage, l’ouvrier habile pétrit, pour ainsi dire, le métal comme le potier pétrit la terre sur le tour.
- < RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Parquin , rue Popincoiirt, 74*
- . i
- M.Parquin a exposé des fontaines, des bouilloires à thé,
- ‘ ' *
- des réchauds, cafetières, chandeliers en cuivre et en laiton,
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- et de la chaudronnerie de toute espèce ; il fabrique aussi des plaqués d’or et d’argent.
- Ses ateliers sont considérables et parfaitement dirigés; Je jury lui rappelle la médaille d’argent qu’il a obtenue en 1834. . r7 i:';
- MÉDAILLE D’ARGENT.
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- M. Dida? vieille rue du Temple, tad.
- M. Dida a exposé des ustensiles de cuivre, des garni* tures d’ameublemen t, des casques’et des objets varies pour équipements militaires, de l’orfèvrerie en plaqué pour l’usage et l’amusement des enfants, qu’il fabrique avec les rognures des grandes pièces; des-vis cylindriques en fer et en cuivre qu’il façonne avec une machine de son invention, etc/"* T '' •' ; .
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- L’établissement de M. Dida mérite d’être cité comme un modèle de bon ne disposition. $e pouvant disposer.que d’un espace très-resserré, M. Dida, a distribué tous ses ateliers dans quatre galeries à jour demi-pirculajres, placées en étages] et, qui sont éclairées par une toiture vitrée ; les grosses machines occupent le rez-de-chaussée, et la mise en couleur s’opère dans l’étage supérieur,, en sorte que les vapeurs acides se dirigent par-dessus les toits et ne peuvent ni causer de dommages, ni même être incommodes. Le
- logement de M. Dida occupe le centre des galeries demi-circulaires, et le maître peut ainsi inspecter à tout instant l’ensemble de ses travaux, presque sans se déranger. y
- Les ateliers de M. Dida sont pourvus de machines variées, aussi bien exécutées que bien conçues] on y remarqué entre autres, l°'uh balancier d'une énorme dimension, et probablement le plus puissant que l’on ait encore établi] on s’en sert pour fabriquer par estampage les gamelles et les bidons en tôle à l’usage dés soldats ; 2° une cisaille à ï’aide de laquelle od découplé la tôle en flans circulaires de tel diamètre que l’on veut, avec une grande promptitude et une parfaite régularité ; 3° une machine à faire les vis, etc.
- M. Dida fabrique beaucoup d’objets pour le service de l’armée. Le ministre de la guerre a ôté tellement satisfait de la fourniture de 30,0Q0 ustensiles/je campagne qu’il a déjà faite, qu’il vient de lui faire uné commande deux fois aussi considérable. > ... ahiti
- . J. - | !i
- Il y a déjà longtemps que,M. ,Dida est entré dans la carrière de l’industrie. Quand il.a commencé^ il n’avait absolument aucune fortune; il s’est élevé peu à peu; grâce à son intelligence,et à son activité. Il n’a jamais appliqué un procédé de fabrication qu’il ne l’ait perfectionné; et il s’occupe sans cesse à améliorer tout ce qu’il fabrique. Il a
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- éprouvé plusieurs vicissitudes de fortune, mais il les a supportées avec résignation et courage y il a trouvé moyen de satisfaire scrupuleusement à tous ses engagements, et sa conduite a toujours été des plus honorables. Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- N.
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- M. Girard - Bobilier et clc, aux Gras (Doubs).
- ' 4 1 * * ’ * *
- La compagnie Girard-Bobilier a exposé une tuyère en cuivre.
- Le jury lui rappelle la médaille de .bronze qu’elle a obtenue en 1834.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Lacarrière, rue Sainte-Élisabeth, 3.
- M. Lacarriôre a exposé des devantures de boutique et divers objets de fantaisie en cuivre tiré sur bois. Sa fabrication est excellente. Il avait été mentionné honorablement en 1834 j cette fois, le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Pompon, rue du Temple, io5.
- M. Pompon a exposé des bronzes étirés pour ornémeiits
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- de boutiques et pour ameublement. Sa fabrication est excellente.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Jacquot (Xavier), à Derrière-le-Mont,
- commune de Mont-le-Bon (Doubs).
- M. Jacquot fabrique des tuyères en cuivre de Russie dont le poids total s’élève annuellement de 9 à 10,000 kil., et qu’il vend au prix de 3 fr. 50 c. à 4 fr. 50 c. le kil. Il n’occupe que trois ouvriers. Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. Camus, rue clés Filles-du-Calvaire, 6.
- M. Camus a exposé divers objets dans lesquels le fer se trouve soudé avec la fon te et avec le cuivre ; comme il n’en est encore qu’aux essais, le jury se borne à le citer favorablement.
- § 4. ZINC ET OUVRAGES DE ZINC.
- ' Zinc.
- La consommation du zinc augmente dans une progression très-rapide j il en est entré en France 58,400 quint, en 1834, et 116,100 quint, en 1838 ; on n’én extrait nulle part dans le royaume. On l’emploie en nature ou allié avec le cuivre -, depuis peu on s’en sert aussi pour préserver le fer de la rouille en vertu de l’action électrique qu’il exerce sur ce métal : il est probable que ce dernier
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- usage en absorbera bientôt une grande quantité. Les usines dans lesquelles on travaille le zinc sont celles de Tirreville, duHoux, près Cherbourg; deRomilly; de Saint-Denis, près Paris, appartenant à Mi David; devienne (Isère), appartenant à M. Frèrejean ; dufaubourg Saint-Antoine, appartenant à M. Hamard; deGivet, appartenant à M. Mesmin; et du faubourg duTemple, appartenant à la compagnie Sorel.
- La plupart de ces établissements figurant déjà à l’occasion d’objets plus importants pour eux que l’emploi du zinc, nous ne citerons ici que les deux suivants :
- MÉDAILLE D’OR.
- M. Sorel, rue clés Ïrois-Bornes, 11. -
- M. Sorel a exposé :
- 1° Du fer galvanisé sous toutes sortes de formes ;
- 2° De la peinture galvanique ;
- 3° Du fer cuivré par cémentation ;
- 4° Du cuivre rouge rendu1 inoxydable;
- 5° Un nouvel alliage qu’il appelle fonte inoxydable ou laiton blanc ;
- 6° Un appareil à l’aide duquel on peut obtenir une température constante pendant un temps indéterminé ;
- 7°. Sous le nom de siphon thermoslatiqae un autre appareil propre à servir à échauffer des liquides ;
- 8° Enfin un appareil de sûreté destiné à empêcher les
- explosions des machines à. vapeur. ;
- • *
- Les inventions très-variées de M. Sorel ont presque toutes un grand intérêt; et méritent d’autant plus d’être remarquées qu’elles ne sont pas dues au hasard, mais que ce
- sont des déductions réfléchies des vues les mieux établies
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- ou les plus nouvelles de la physique et de la chimie.
- 1° La plus importante de ces inventions est sans contredit celle du fer galvanisé : on appelle ainsi du fer que l’on a enduit d’une légère couche de zinc en le plongeant dans un bain de ce métal . L’expérience a montré que par là le fer se trouve garanti de l’action oxydante de l’air,et - de l’humidité, non-seulement dans les parties où il est recouvert par le zinc, mais même dans les parties qui restent nues, lorsque celles-ci ne sont pas trop étendues, par exemple, dans la tranche des feuilles de tôle qui ontétézinguées, pourvu que l’épaisseur de ces feuilles ne dépasse pas quelques millimètres. Il suffit d’indiquer une telle propriété pour que l’on en apprécie toute la valeur.
- On sait aujourd’hui qu’en mettant en contapt l’un de l’autre, dans des circonstances convenables, deux métaux différents, le plus oxydable défend l’autre contre l’action des corps oxygénants, tels que l’air, l’éau et les dissolutions salines. C’est à Humphry Davy que l’on doit la découverte de ce principe, si fécond en conséquences utiles ; mais l’application en est difficile dans la pratique, et Davy lui-même n’a pas obtenu ùn plein succès dans les essais en grand qu’il a faits pour garantir de la rouille le doublage en cuivre des vaisseaux par le moyen d’armatures en fer convenablement disposées. Ce savant avait aussi indiqué l’emploi du zinc pour conserver le fer et l’acier, et il avait même démontré l’efficacité de ce moyen en faisant voir que les instruments les mieux polis restent absolument intacts lorsqu’on les tient enfermés dans des gaines doublées dé feuilles de zinc; mais il avait borné là ses essais.
- C’est le principe de Davy que M. Sorel a cherché à appliquer en grand pour la préservation du fer, et M. Sorél nous paraît avoir complètement atteint son but. Son pro-
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- cédé consiste à enduire le fer de zinc en le plongeant dans un bain dé ce métal en fusion, tout comme on l’enduit d’étain pour fabriquer ce que l’on appelle lé fer-blanc; mais tandis que dans le fer élamé le fer est rendu plus oxydable par je contact de l’étain que lorsqu’il est entièrement nu, de,..telle sorte que, quand l’étamage n’a pas été exécuté avec le plus grand soin, les parties qui sont à découvert s’éraillent et se détruisent avec une grande rapidité ; dans le fer zingué, au contraire, le fer est protégé par le zinc, non-sgulement partout où ce métal le recouvre, mais même dans les parties qui, par .suite de l’imperfection de l’opération, ont pu rester à, nu; c’est cette précieuse propriété qui le caractérise. '
- la vérité, au bout d’un certain 'temps, le zinc qui recouvre le fer s’oxyde à la surface par lé contact de l’air humide ; mais cette oxydation fait peu de progrès, elle s’arrête lorsqu’elle a pénétré jusqu’à une certaine épaisseur peu considérable, et la légère croûte d’oxyde qui s’est formée alors, acquérant une grande dureté et adhérant fortement au métal, sert au contraire de préservatif à celui-ci. fie fait est maintenant bien constaté. -
- C’est au commencement de l’année 1837 que M. Sorel a livré ses premiers produits au public. Depuis cette époque ils ont été soumis à un grand nombre d'épreuves, tant dans les laboratoires que dans les ateliers, par des savants et paires industriels, et toutes les épreuves leur ont été favo-rames ; il ne peut plus rester actuellement le moindre doute sur leur bonne qualité, seulement on ne peut pas savoir encore jusqu’à quel terme pourra se prolonger leur durée. Cette question est du genre de celles qui ne peuvent être résolues que par le temps.
- Les propriétés du fer galvanisé étant bien reconnues, il
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- s’agissait de le préparer en grand par des procédés manufacturiers ; mais il y avait pour cela à vaincre beaucoup de difficultés, résultant principalement de l’action corrosive que le zinc exerce sur les vases métalliques, et de la tendance qu’il a à former un alliage pâteux avec le fer. À forcé de persévérance, M. Sorel est parvenu à surmonter toutes ces difficultés par des moyens simples et ingénieux. Depuis plus d’un an, la fabrication marche avec facilité ; elle prend, chaque jour, plus d’activité, et dès à présent l’on peut dire que M. Sorel a enrichi l'industrie d’un art tout nouveau qui sera d’une grande utilité.
- On peut galvaniser ou zinguer tous les objets en fer quels qu’ils soient, après qu’on leur a donné les formes voulues. On galvanise, par exemple, des clous, des chaînes, des toiles et treillis, des objets de sellerie et de carrosserie, des outils de jardinage, etc.; mais il est probable que c’est à l’état de tôle que le fer galvanisé sera le plus employé. Déjà l’on fait un grand usage dé celte tôle pour couvrir les toits, pour confectionner lés tuyaux de poêle et de cheminée qui doivent .être placés à l’extérieur, les gouttières, les tuyaux destinés à conduire l’eau soit à la surface, soit même sous terre; les tuyaux à vapeur., etc.;on s’en sert aussi avec un très-grand succès pour faire les formes à sucre. La tôle galvaniséé n’est pas plus chère, à poids égal, que la tôle nue : elle a à peu près le même prix que le zinc laminé; mais, outre qu’elle est beaucoup plus tenace etjjdus' flexible, elle a encore l’avantage de ne pas se fondre et dé ne pas s'enflammer dans les incendies comme célui-ci.
- 2° Au lieu d’appliquer le ziuc à l’élat de fusion sur le fer; M; Sorel a encore imaginé de le réduire en poudre par un moyen très-simple et peu dispendieux, et d'en faire une sorte de peinturé métallique qui, employée avec de l’huile
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- ou du goudron, préserve également bien de la rouille les objets qu’elle recouvre. Il peut livrer cette peinture au commerce à très-bas prix, parce qu’il la prépare avec les résidus impurs du zingage par fusion. v
- L’établissement dans lequel on fabrique le fer zingué et la peinture galvanique est déjà important, et il.prend, chaque jour, une telle extension, que l’on se trouve actuellement dans la nécessité d’y ajouter beaucoup de constructions nouvelles. La vente du dernier mois a dépassé 28,000 fr., en sorte que,dès à présent on est assuré que la valeur annuelle des produits manufacturiers sera de plus de 300,000 fr . L’usine occupe déjà aujourd’hui plus de cent ouvriers. *
- 3° Quoique le cuivre et le fer ne s’allient pas ensemble, ils peuvent contracter de l’adhérence lorsqu’on les met en cçntact l’un de l’autre dans des circonstances convenables et en les échauffant suffisamment. Cependant il est difficile de recouvrir de cuivre une pièce de fer de telle sorte que l’enduit métallique soit très-mince, uniformément réparti, et qu’il adhère solidement à la pièce qu’il recouvre. On ne réussirait pas, par exemple, en plongeant du fer dans du cuivre fondu : c’est ce résultat que M. Sorel a obtenu; après de longs tâtonnements, il est parvenu à découvrir plusieurs moyens que l’on pourra employer en manufacture, si cela peut devenir utile à l’industrie* M. Sorel applique également bien sur le fer le cuivre rouge du le laiton, en sorte qu’il peut obtenir à volonté toutes les nuances du rouge et du jaune.
- 4° Qn sait avec quelle rapidité le cuivre rouge est attaqué au contact de l’air par les dissolutions salines. L’eau de mer, par exemple, corrode avec une grande rapidité les feuilles, de doublage des vaisseaux et les convertit en une.
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- rouille verle que l’on nomme vert-de-gris, et qui est une combinaison d’oxyde et de chlorure de cuivré. Davy avait annoncé qu'il était convaincu que l’on1 pourrait garantir le cuivre de cette action destructive en l’aménànf à l’état de neutralité chimique'par le contact d’iïn autre métal; mais il n’avait, pas réussi à! résoudre ce problème. M. S'oreî paraît avoir été plus heureux , si l’on eh juge par les échantillons qu’il a présentes à' l’exposition ; ces échantillons eousislent.cn morceaux de cuivre’rouge dont la surface a' été convertie en cuivre jaune par un procédé simple'qùc M. Sorel a imaginé, et qui,, par lày sont devenus tout à'fait inaltérables par les dissolutions de1 sel marin-. On-conçoit toute l’importance de cette découverte, mais elle a encore besoin d’être soumise à l’épreuve’ d’une expérience en grand. A cet égard, M1. Soreia fait tout ce-qu’il pouvait faire, en réclamant lui-même .cette épreuve : elle aura lieu' très-incessamment avec tout le développement convenable*, M. le ministre de la? marine’ ayant commandé a M. Soréi’ un nombre de feuilles de cuivre préparées'par son procédé!, suffisant pour doubler un navire de/ l’État dans1 Te port de Brest.
- 5° La fonte inoxydable où laiton blanc est uu alliage' deï fonte de fer, de zinc et de cuivre , qui! jouit de propriétés remarquables. Cet alliage csr aussi- dur que le’cuivre et le’' fer ; ,il est plus tenace que la fon te; douce, on peut le tourner,; le limer et le tarauder comme ces métaux ; il n’adhère pas aux moules métalliques dans lesquels;on-le'coule, et il; se conserve au milieu de l’air humide sans se rouiller aucunement et sans perdre le moins du» monde son éclat métallique. Un tel alliage pourra êlrè'd’une'graudè utilité' pour la confection des machines , et comme, d’ailleurs, il-prend très-facilement toutes lés couleurs de Bronze que
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- l’on vent lui donner, soit en le recouvraut de précipitations, métalliques , soit en mettant à nu le cuivre qu’il, contient, il sera éminemment propre à être employé» pour couler les statues, vases et- autres objets d’arts qui seront destinés à décorer les monuments publics exposés en plein air j il aura, d’ailleurs, sur le bronze l’avantage de coûter moins cher : son prix ne dépassera pas 80 cent, le kilogr.
- 6° Le régulateur du feu est un appareil ingénieusement conçu et disposé de telle sorte* que telle température que l’on veut, inférieure à la température de Peau bouillante , s’y maintient pendant un temps indéfini, en ne variant pas de plus'de 1/10 db degré, sans qu’il soit nécessaire de
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- le surveiller autrement que pour y; ajouter du combustible dé temps à autre et à de longs intervalles. Cet appareil , qui est fort précieux pour les savants,, et dont l’illusfre* Dulonga fait usagé dans ses recherches sur la caloricité des vapeurs, pourra être fort utile pour chauffer les serres' et les étuves. M. Sorel s’en est déjà servi avec succès pour monter un établissement d’incubation artificielle j et if an-nonce qu’en l’appliquant aux préparations culinaires on peut, en ne dépensant que pour 5 c. 1/2 de charbon, apprêter un dîner pour huit personnes.
- X° Le siphon thermostatique sert à échauffer les liquides par voie de circulation, sans qu’on soif obligé, de placer le foyer, ni.saus le vase, ni dans le vase qui con tien fie liquide.. C’est un appareil simple et portatif fort commode pour chauffer les bains à domicile, et qui sera utilement employé aussi dans beàucoup'de manufactures. '
- 8° La commission des machines a» dû juger l’appareil inventé par M. Sorel pour empêcher les explosions des machines à vapeur; et elle en a rendu un compte très-favorable.
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- Le jury décerne une médaille d’or d’ensemble à M. Sorel pour la fabrication du fer galvanisé et pour ses autres inventions.
- MEDAILLE D’ARGENT.
- La société des mines et fonderies de la Vieille - Montagne, à Paris , rue Ri-clier, 12. •
- Les usines qui appartiennent à cette compagnie^ sont situées l’une au Houx, auprès de Yalognes (Manche), et l’autre à Brayla-sur-l’Esot (Seine*el-Oise.) La première possède deux laminoirs et occupe 50 à 60 ouvriers, et la
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- seconde a quatre laminoirs et occupe 130 ouvriers j elles produisent ensemble 50 à 60 mille quint, de zinc laminé, que l’on vend au prix de 66 fr. le quintal.
- Le jury rappelle à la compagnie de la Yieille-Montagnc la médaille d’argent qu’elle a obtenue en 1827.
- Différents ustensiles en zinc, tels que baignoires, vases, baquets, etc., ont été présentés à l’exposition par un grand nombre de fabricants ; le jury se bornera à insérer ici la liste suivante :
- M. Larabare , directeur de la compagnie de. la Vieille-Montagne.
- M. Place -, rue du Temple, 76.
- M. Verre aux , rue Jean-Robert, 26. -
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- M. Buhart, aux Batiguolles.
- MM. Petit etMABiRE, rued.es Graviiliers,i8.
- M. Collin, chemin de ronde entre la barrière Montmartre et la barrière Blanche.
- M. Chaumont , rue du Faubourg-Saint-Denis, i.4* '
- M. Wiklund , rue Saint-Honoré, 99.
- M. Lamy, boulevard Beaumarchais, 63.
- M. Carpentier, me de Cléry, 83.
- 5. LAITON ET,OUVRAGES EN LAITON, EPINGLES.
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- # . . . t .
- La fabrication des épingles est une industrie très-importante*, on peut évaluer à 6,000 quint, le fil de laiton qu’elle emploie. Jusqu’à présent elle est restée entre les mains des habitants de la campagne des environs de l’Aigle et de Itu-glés, aux confins des départements de l’Eure et de l’Orne^ La • fabrication par des moyens mécaniques n’a encore qu’une faible importance en France. k '
- L’ouvrier qui fabrique les épingles ne gagne que 1 fr. 25 c. par jour, et il est obligé, pour obtenir ce faible salaire, de travailler pendant 15 à 18 heures avec un soin minutieux, parce que la concurrence le met dans la nécessité de donner à sa marchandise toute la perfection possible, et de faire en sorte, particulièrement, que les épingles piquent bien et que leur tête soit frappée avec solidité.
- T. 1* 28
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- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Fqüquet jeune, de Rugles (Eure).
- M. Fouquet jeune est un de nos-plus grands fabricants d’épingles 5 il s’occupe aussi de tréfilerie. Il a obtenu une nouvelle médaille d’argent pour l’ensemble de ses produits. (Voyez Tréfilerie.') m
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- . \ w ; , . - ' .
- M. Jecker , rue Fontaine-au-Roi, 39.
- M. Jecker fabrique dés épingles à tête coulée, par les procédés mécaniques que MM. Jecker frères ont introduits à Aix-la-Chapelle il y a déjà longtemps.
- Ses produits ont été jugés de très-bonne qualité ; le jury lui décerne une médaille de bronze.
- v,*?.. . CITATION FAVORABLE.
- M. Dufour, à Bourth (Eure).
- Ses épingles sont bonnes; le jury,lui accordé une cita' tion favorable.
- § 6. NICKEL, ÉTAIN, BRONZE.
- Étain.
- La France rie possède pas de mines d’étain ; elle en cou-
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- somme annuellement 15 à 19,000 quint, qu’elle reçoit de l’étranger r.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Péchiney, quai de Yalmy, 4^-
- M. Péchiney fabrique une quantité considérable des alliages de cuivre, de zinc et de nickel que l’on nomme maillechort, argentau, etc., et dont on fait maintenant un très*grand usage pour la sellerie, la coutellerie, etc.; il satisfait à tous les besoins du commerce, et il a à peu près mis fin aux importations qui nous venaient de l’Allemagne.
- Il n’avait obtenu qu’une mention honorable en 1834 mais comme il a perfectionné ses produits depuis cette époque , principalement en donnant à ses alliages assez de malléabilité pour qu’on puisse les laminer et môme les étirer, le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. Budy, quai de la Grève, 58.
- L’étain puf ne s’applique que difficilement sur la fonte de fer, et il n’y adhère pas assez fortement pour qu’il puisse en résulter un enduit qui ait quelque durée. M. Budy a découvert un alliage qui non-seulement contracte une très-forte adhérence avec la fonte simplement passée au grès, et sans qu’il soit nécessaire qu’elle ait été tournée, mais qui jouit encore de la propriété d’être moins fusible, plus dur et sensiblement plus blanc que l’étain pur. On s’est assuré, d’ailleurs, que cet alliage ne renferme aucune substance qui puisse être nuisible à la santé.
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- La fonte étamée sera d’une grande utilité dans beaucoup de circonstances, et deviendra probablement d’un usage général dans les ménages de la classe peu aisée, pour qui elle remplacera la poterie de fonte nue, qui a l’inconvénient de communiquer un mauvais goût aux aliments, et qu’il est, d’ailleurs, si difficile de tenir dans un bon état de propreté.
- Mais, en outre, l’alliage de M. Budy, à raison de sa dureté et de sa blancheur, sera préféré à l’étain pur pour les étamages ordinaires sur cuivre, parce que ces étamages seront plus beaux et beaucoup plus durables que les étamages ordinaires, sans qu’ils coûtent sensiblement plus cher,
- M. Budy a donc rendu un service réel à l’industrie par son invention, et on doit lui en savoir d’autant plus de gré qu’il n’y est parvenu qu’à force d’essais et de tâtonnements, et en compromettant, pour arriver au succès, le peu de fonds dont il pouvait disposer.
- Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Clancau , rue du Faubourg-Saint-An-tome, laS.
- M. Clancàu prépare les feuilles d’étain destinées à l’étamage des glaces avec une perfection telle, que la manufacture de Saint-Gobain a renoncé à fabriquer elle-même celles dont elle a besoin, et que les Anglais trouvent de l’avantage à les prendre en France; malgré les droits de douane qu’ils ont à supporter â l’entrée dans leur pays.
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- M. Clancau a présenté à l’exposition des feuilles qui ont jusqu’à 4m,36 de longueur sur 2m,9G de largeur, et qui sont absolument exemples de ces défauts qui produisent des taches sur les glaces quand le mercure pénètre dans l’étain. '
- Pour réduire ces feuilles à l’état de minceur nécessaire, il faut eu battre 1,000 à 1,500 à la fois : on peut juger parla delà difficulté que présente l’opération quand ces feuilles ont des dimensions de plusieurs mètres.
- Le jury décerne une nouvelle médaille de bronze à M. Clancau.
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- M. Pieren, rue Quincampoix, 17.
- M., Pieren expose de la poterie d’étain, et particulièrement des théières qui irritent parfaitement les théières anglaises.
- L’alliage qu’il emploie est dur et malléable, et susceptible d’être repoussé.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- y 1
- M. Rousse ville , rue Saint-Denis, passage du Renard.
- M. Rousseville a exposé de la poterie d’étain et des couverts en alliage bien fabriqués. Ses atelier^ sont tenus avec beaucoup d*ordre, et ses fourneaux sont disposés de manière à éloigner toute cause d’insalubrité.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
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- Il a été présenté à l’exposition de la poterie d’étaîii très-variée et de bonne qualité par *
- M. Brouillet, rue Aubrÿ~le-Boucher, 28;
- M. Moussier, rue clés Fossés-Montmai-tre, 27 5
- M. Lècouvey, nie Greîiëtat, 4i*
- M. Gorlieu, rue du Marché-Neuf, 24?
- M. Lësgent-Oriac, ruô Boürg-FAbbé, 22 5 M. Ouvrier, porte Saint-Antoine, 5}
- M. Lelteur, rue Saint-Merry, 11.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Hildebrand, rue Saint-Martin, 202.
- Cloches, grelots, timbales d’une excellente exécution*
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze qu’il a obtenue en 1834.
- CITATION FAVORABLE.
- M. Gallois, rue Saint-Martin, 249.
- Cloches d’église, sonnettes et fonlainerie. Le jury lui accorde une citation favorable.
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- § 7. PLATINE, OR.
- M. Favrel, me du Caire, 27,
- Est cité à la section de chimie comme ayant obtenu une nouvelle médaille d’argent.
- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- M. Noël, rue Bourg-l’Abbë, 5o«
- Poudre d’or. Le jury lui rappelle la mëntion honorable qu’il a obtenue en 1834
- MENTIONS HONORABLES. M.Montrelay, boulevard Montmartre, 64.
- M. Montrelay a exposé différents objets en platine bien fabriqués il a succédé à M. Bréant, et il suit tous ses errements..
- Le jury lui accorde une mention honorable. •; -
- M. Husbrqq, rue des Vertus, 2.
- Paillons ou feuilles d’argent et poudre à dorer.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- § 8. FER-BLANC, TREFILERIE ET. CLOUTERIE.
- / ' Fer-blanc,
- La fabrication du fer-blanc ne laisse plus rien à désirer
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- en France et peut entrer en concurrence avec la fabrication anglaise.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- M. le baron Falatieu , à Bains (Vosges).
- Il sort de l’usine de M. Falatieu 13,000 caisses de fer-blanc de.chacune 150 feuilles, dont la valeur est de plus de 500,000 fr.
- Les produits d'e cet établissement, l’un des plus importants et des mieux dirigés du royaume, se distinguent toujours par leur excellente exécution.
- Le jury rappelle à M. Falatieu la médaille d’or qui lui a déjà été décernée, en étendant cette récompense à Pensera-, ble de sa fabrication.
- M.'de Bruyer? à 1r Chaudeau ( Haute -Saône.)
- M. de Bruyer occupe un des premiers rangs dans la fabrication du fer-blanc -7 il en produit 12,000 caisses par année.
- Le jury lui rappelle la médaille d’or qu’il a obtenue en 1827 et en 1834.
- La compagnie d’Imphy (Nièvre).
- (Voyez Cuivre et Chaudronnerie. )
- MM. Japy frères, à Beaucourt (Haut-Rhin).
- MM. Japy jouissent ajuste titre de la plus haute considération dans le monde industriel. Leur établissement se fait remarquer par son importance ainsi que parla variété cl la perfection des objets que l’ori y fabrique, Indôpen-
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- damment de.l’usine, principale de Beaucqurt, cet établis-^ sement sc compose d’un grand nombre de petites usines qui sont disséminées dans un rayon de huit kilomètres, et, en outre, beaucoup de travaux se font à la pièce chez les paysans ; il occupe 3,000 ouvriers de tout âge, qui gagnent depuis 25 c. jusqu’à 5 fr. par jour.
- Dans les douze derniers mois, MM. Japy ont livré au commerce :
- 5,-000 quint, mét. de fer battu, étamé ou débité en objets de serrurerie et de quincaillerie; .
- 764,500paquets devis à bois, pilons et gonds, dont la vingtième partie passe à l’étranger ;
- 40,000 mouvements de pendules et de lampes j 216,000 mouvements de montres, dont les neuf dixièmes sont exportés.
- Dans le même espace de temps ils ont employé :
- 6,255 quint, mét. de fer, *
- 552 de fonte,
- •*
- 528 de cuivre rouge et de laiton,
- 123 d’acier,
- 100- d’étain,
- 16 de plomb ; -
- • Et ils ont consommé :
- 2,600 stères de bois,
- 10,000 hect. de houille,
- 222 quint mét. d’huile et de suif*
- On a remarqué cette ançtée, parmi les objets qu’ils ont envoyés à l’exposition, des casseroles profondes et à rebord droit qui ont été fabriquées au balancier, ce qui ne se pratique que depuis très-peu de temps.
- MM. Japy ont obtenu la médaille d’or en 1819; elle leur a été rappelée par les jurys de 1823, 1827 et 1834.
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- Le jury dë 1839 s’empresse de la leur rappeler également.
- Ouvrages de ferblanterie ;
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- M. Jossy, rue du Vert-Bois,. 331; M. Picard, rue Frépillonj 22.
- Trèfileriê.
- . *' ’\ \ ‘ '
- . ' 4 V./ ».
- L’art de la tréfilerie a maintenant atteint la perfection dans presque toutes ses parties ; la France n’a rien à envier à l’étranger dans ce genre, si ce n’est en ce qui concerne la préparation du fil d’acier fondu que l’on destine à la fabrication des aiguilles ; il faut espér.er que l’industrie portera son attention sur cet objet. Dans les essais qui ont été faits en France sur les fils de fer des différents pays propres à être employés pour la construction des ponts suspendus, les fils français ont été trouvés préférables à tous les autres, et remarquables par leur ténacité.
- Les métaux étirés en fils de diverses grosseurs sont employés à une multitude d’usages; on en fait des visa bois, des clous qui sont préférables à ceux qui sont forgés ou découpés à la mécanique, des cardes, des rots, des toiles qui peuvent être aussi fines que les tissus organiques, etc.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ORv
- M. le baron Falàtïect, à Bains .(Vosges).
- M. Falatieu avait établi une tréfilerie dans sa fabrique
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- de fer-blanc dès 1789. Ses fils dé fer sont excellents, et il les prépare avec le fer qu’il obtient lui-même dans ses
- forges. (Voyez Fer-blanc.)
- * ** • -
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Witz-Steffan-Oswald frères et e’%
- à Niederbrunn (Haut-Rhin).
- MM. Wilz-Steffan-Ôswald ont exposé des gayettcs et bobinés, des traits d’argent faux doré, des fils de laiton pour toiles métalliques, du cuivre rouge à émailler, et du clinquant-laiton.
- Leur établissement produit annuellement : 'S
- 1,500 quint mét- de cuivre affiné,
- 2,000 de laiton,
- 100 de traits d’or et d’argent,
- 50 de traits jaunes,
- 100 d’anneaux en laiton ;
- Et il occupe 220 ouvriers, sans compter les femmes et les enfants, dont le salaire varie de 1 franc 25 cent, à 3 fr.
- Les principales industries qui y trouvent les objets dont elles ont besoin sont la chaudronnerie, l’horlogerie, la quincaillerie, le placage, la passementerie, les fabriques de toiles métalliques, de peignes à tisser, de cordes à musique, d’ornements d’église, etc.
- C’est dans cet établissement qu’a été pratiquée pour la première fois en France la fabrication des traits jaunes cémentés : ils y sont faits avec une rare perfection ; mais il faut (lire qu’on les obtient actuellement à Lyon à meilleur marché.
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- MM. Witz-Steffan- Oswald et compagnie n’ont pas paru à l’exposition de 1834 -, ils ont obtenu une médaille d’argent en 1827 : le jury leur en décerne une nouvelle.
- MM. Migeon et fils, à Grandviliars (Haut-Rhin). .
- Les usines de Grandviliars et de Morvillars, qui appartiennent à MM. Migeon et fils, se composent de deux feux d’affinerie, d’un martinet, d’un laminoir et d’une tréfilerie, et produisent annuellement 3,000 quint, mét. de fil de première qualité, dont ces messieurs emploient les 4/5 dans leur belle fabrique de vis à bois. (Voyez Vis à bois.)
- ♦ M. Fouquet jeune, à Rugîes (Eure).
- M. Fouquet jeune a succédé à MM. Fouquet frères, et il a étendu sa fabrication ; il produit annuellement 2,000 q. de fil de cuivre et de laiton, dont il débite lui-même la plus grande partie en épingles ; il a contribué à faire baisser les prix par la concurrence qu’il a fait naître.
- M. Fouquet fabrique, en outre, divers objets de quincaillerie.
- Ses prédécesseurs avaient obtenu une médaille d’argent pour la tréfilerie, en 1827. Le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argent pour l’ensemble de sa fabrication.
- M. Colliau et cie, à Toutevoye, commune de Gouvieux (Oise).
- L’usine de M. Colliau et compagnie produit annuelle ment, d’après leur déclaration :
- 600quint- m6t de fil de fer à cardes,
- 350 de fil de fer à carcasse,
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- 200 de gros fil de fer,
- 650 de clous d’épingle j
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- Et elle occupe 150 ouvriers, qui gagnent, terme moyeu, 2 fr. 50 c. par jour. Les machines sont mues par un cours d’eau de la force de 20 chevaux.
- M. Colliau et compagnie ont obtenu, en 1827, une médaille d’argent qui leur a été rappelée en 1834 ; le jury leur en décerne une nouvelle à raison des perfectionnements qu’ils ont apportés dans leur fabrication.
- M. Muel-Doublat, à Abainville (Meuse).
- M. Muel-Doublat a une tréfilerie qui se compose de plus de vingt gros métiers. (Voyez Fer.)
- MM. Boigues frères, Hochet et le comte
- Jaubert , à Fourchambault (Nièvre).
- Fer cylindrique de 21/4 lignes dé diamètre, propre à la préparation des fils qui servent à faire les cardes. (V. Fer.)
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- . * •. O :
- M. Mignard - Billinge , boulevard de la
- Oiopinette, 26.
- M. Mignard est connu depuis longtemps par" la belle qualité de tout ce qui sort de son établissement, il fabrique lui-même ses filières pour filer l’acier $ il fait aussi des tubes pour les presses hydrauliques, et il est sans concurrents pour la fourniture des aciers qui servent à faire les pivots et les pignons d’horlogerie.
- Le jury lui rappelle la médaille d’argent qu’il a déjà plusieurs fois obtenue.
- 1
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- M. Hue,,.à. T Aigle (Orne).
- M. Hue a perfectionné la fabrication de ses filières j on les emploie dans la plupart des tréfileries de fil de fer à carde et de fil de laiton pour épingles.
- Le jury lui rappelle la médaille d’argent qu’il a obtenue dès 1827.
- -----:---— -
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Gourju, à Riers (Isère).
- Filière à l’usage des grosses tréfileries, qui a paru bien
- exécutée. (Voyez Acier.)
- ' \ , *
- Tubes en laiton, étirés.
- M. Grondard, rue Jean-Robert, 17.
- M. Grondard est le premier qui ait établi cette industrie en France j et, quoique le brevet d’invention qu’il avait obtenu à ce sujet soit expiré, il conserve la prépondérance dans le commerce.
- Le jury ,lui rappelle la médaille de bronze qu’il a obtenue en 1834.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. Vande et Jeanray, rue des Guille-mitles, 2.
- MM. Vaude et Jeanray se montrent, toujours très-habiles dans la fabrication des mesures linéaires en cuivre et des divers autres instruments de précision qu’ils livrcut ait commerce.
- Le jury leur décerne une médaille de bronze, , . -,
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- M. Roger, place du Panthéon.
- M. Roger élire et profile au banc le cuivre et l’acier fondu avec une grande perfection et sous toutes les formes que l’on désire; il fait lui-même ses filières.
- Le jury lui décerne une médaillé de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- ' :• - ’ ' ' •••'• ; ‘ ! ^
- MM. Denille et Lagarde, rue Mauconr
- •• seil, t5. /i-M*
- Fils de fer à cardes et à carcasse, et fils plus gros/bien fabriqués. *
- Le jury accorde une mention honorable à MM. Denille et Lagarde. v -* *
- . ; - '* : , , . r ' >
- M. Lequart, rue du F a ub our g- Sain t-Antoine, 58. " ' ^ ; : K
- Boutons et bannes moulures en cuivre. .. •
- Le jury-lui accorde une mention honorable.
- «. » * , , * * ' .. * f
- ' » . r, . f.: .
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Becquet, rue du Petit-ïhouars, 23. : „
- Il exécute très-bien l’étirage du cuivre sur fer et sur bois. Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. Gautheroçi , rue.de l’Est, 5.
- , \, -• r .f} ’ - " s.J. \ , •*' \ * .» - > „> » - *f '*
- Moulures en tôle pour châssis vitrés. •
- Le jury lui accorde une citation favorable.
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-
- M. Gascoin, rue Chabrol, 5.
- Moulures en fer et fer creux.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- Clouterie.
- La moitié des clous que l’on consomme en France s’y fait par le forgeage, et l’autre moitié avec du fer d’abord étiré en fil.
- Deux fabriques seulement, une dans les Ardennes et l’autre dans le Jura, continuent à découper le fer forgé à la méthode anglaise.
- . Sur la moitié des clous faits avec du fer tréfilé, à peine s’il s’en prépare le sixième à l’aide des procédés mécaniques, quoiqu'il ait été présenté de si beaux modèles de machines à l’exposition pour cet usage. '
- Il a été présenté des clous par ~ , .
- M. Fouquet jeûne, à Rugles (Eure) ;
- s / V, , ^ ‘
- M. Achille Marquiset, à Eloyes (Vosges);
- \
- M. Stolz, rue Coquenard, 2 ;
- M. Muel-Doublât, à Âbainville (Meuse);
- MM; Pràdier, Gilet et Migemont, à Clermont (Puy-de-Dôme); "
- . - • ‘ r-
- M. Larauza, rue de Trevise, 9;
- M. Rouy, rue du Faubourg-du-TempIé, 9S.
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- § 9. VIS A BOIS, VIS CYLINDRIQUES.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Japy frères ? à Beaucourt (Haut-
- MM. Japy ont fabriqué, pendant les douze derniers mois, 7,641,500 grosses devis, gonds, pitons ctoutils de toute espèce. (Voy. Fer,.etc.)
- MM. Migeon et fils, à Grandvillars (Haut-Rhin). ; ; 7
- MM. Migeon et fils ont établi, depuis quelques années, une fort belle fabrique de vis à bois à Grandvillars. Celte fabrique occupe cinq cents ouvriers qui gagnent, terme moyen, 1 fr. par jour.
- MM. Migeon et fils ont introduit, dans les procédés, plusieurs perfectionnements qui leur ont permis de réduire les prix de vente. Leurs produits se placent principalement en Italie, en Suisse et en Belgique.
- Le jury décerne la médaille d’argent à MM. Migeon et fils.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
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- M. Mugnier (Étienne)., à Vassy (Hauie-Marne).
- Clous et boulons à l’usage de l’artillerie et de la marine. Le jury lui rappelle la médaille de bronze qu’il a obtenue cil 1.83$. . 77 ^ '
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Prud’homme, au port cle Bercy, /jB*
- M. Prud’homme fabrique toutes les variétés de boulons que la construction des machinés exige ; il emploie quatre-vingts ouvriers et il consomme annuellement 1,000 à 1,200 quint, mét. de fer -, il s’attache constamment à perfectionner ses procédés.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- (VL Ttjs^awd.j rue Neuve-de-Lappe, a.
- : Grosses vis très-bien fabriquées.
- Le jury accorde une mention honorable à M; Tussaud.
- , CITATIONS FAVORABLES.
- M. Dcjgenne fils, à Saint-Étienne, fabricant cle vis à bois.
- M. Pourchasse, passage Sa in te-A voie , 8, fabricant de vis cylindriques.
- § 10. TOILES MÉTALLIQUES.
- • r , / ' . » N ' • - * ’
- . ..Pendant lcmgtemps la fabrication des. toiles métalliques est restée dans un tel état d’infériorité en Francef que
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- nous étions réduits à les tirer d’Angleterre et d’Allemagne poufl’ifsagede nos papeteries, à qui elles son tindispensabics; mais, grâce à l’habileté et à la persévérance deM. Roswàg, de Schclestadt, et de MM. Delage frères, d’Angoulême, la France est actuellement affranchie de ce tribut, et trouve en grande partie chez elle-même les genres de toile qui sont nécessaires à scs besoins-.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. Roswag, à Sclielestadt (Bas-Rhin).
- M. Rosvvâ'g peut être considéré comme le créateur de l’industrie des toiles métalliques en France; il en fabrique dé toutes les espèces, et il apporte journellement de nouveaux perfectionnements à sa fabrication. En 1834, ses toiles les plus fines portaient 36,100 m'ailles au pouce carré-: cèttêàunée, il en a exposé qui portent 44/900 mailles.
- M. Roswag a obtenu, en 1819, une médaille d’or qui llii a été rappelée en 3 823, 1827 et 1834; le jury de 1839 s’empresse de la lui rappeler égalemcn t.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Gaillard frères, rue Saint -? De-
- . nisj, 228.
- MM. Gaillard fabriquent de. fort bonnes toiles métalliques pour les blutoirs et les tamis.
- Le jury leur rappelle la médaille d’argent qu’ils ont déjà obtenue.
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- Madame veuve Saint-Paul et dis, boulevard
- des Filles-du-Calvaire , 11.
- Toiles et gazes métalliques , tamis et cribles.
- Le jury leur rappelle la médaille d’argent qui leur a été décernée en 1823 et qui leur a été rappelée en 1827 et 1834.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Delage frères, à la Couronne, près Angoulème.
- MM. Delage frères fabriquent des toiles métalliques qui sont employées dans beaucoup de papeteries, entre autres dans celles du département de la Charente -, ces toiles rivalisent avec les toiles anglaises pour la qualité, et elles ne sont pas aussi chères.
- MM. Delage frères n’ont obtenu qu’une ci ta lion,favorable en 1834 j mais depuis cette époque ils ont considérablement agrandi leurs ateliers, et ils ont beaucoup amélioré leurs procédés. Le jury leur décerne une médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Muhlberger , à Vissembourg ( Bas-Rhin).
- M. Muhlberger fabrique des feuilles métalliques en cuivre, zinc et fer-blanc, perforées de trous régulièrement espacés, et qui, dans bien des cas, peuvent remplacer les toiles métalliques avec avantage, par exemple, pour faire des stores, des garde-feu, des passoires, etc. Les trous
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- , sont percés aù moyen de procédés mécaniques que M. Muhlberger a imaginés,, et on peut en porter le nombre jusqu’à 1,089 au pouce carré.
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Mtihl-berger. ;
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Christofle., rue,Montmartre, 76.
- M. Christofle est bijoutier, mais il fait aussi des toiles métalliques en métaux précieux. Ces toiles sont employées pour ornements d’église et pour ameublements.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Christofle pour cette fabrication.
- M. Sarrade, rue Montmartre, 90.
- Toiles métalliques très-bonnes pour (amis et blutoirs. Le jury accorde une mention honorable à M. Sarrade.
- M. Durieux, rue des Moulins, 16.
- M. Durieux fabrique des tissus métalliques filigranés pour l’usagé des papeteries. Ces tissus sont, très-bien préparés; mais ils ne peuvent pas servir pour faire les papiers sans fin , et il est à Craindre aussi qu’ils ne perdent leur gaufrage par l’usage.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Durieux.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Montagnac-Fabreguettes, rue de ..Parai dis-Poissonnière, 47*
- M. Montagnac a présenté des toiles métalliques à l’exposition. Sa fabrication est toute nouvelle.
- ^Le’jury lui accorde une citation favorable.
- M. Fasbender, rue Saint-Denis, 368.
- Tissus en fer pour garde-feu et garde-manger.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- M Tangre , rue Saint-Maur, 47 •
- Toiles métalliques.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- §11. AIGUILLES , ALÊNES.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. Cadou-Taillefer, à l’Aigle (Orne).
- Pendant longtemps la fabrication des aiguilles a été un art tout à fait négligé en Frauce. L’Allemagne et l’Angle-, terre fournissaient à tous nos besoins et nous enlevaient., chaque année, des sommes considérables pour cet objet. Dès le commencement de la révolution, le gouvernement chercha à changer cet état de choses. Le Directoire exécutif établit à Paris une fabrique d’aiguilles aux frais de l’État ; mais celte fabrique ne subsista que très-peu de temps et ne produisit aucun résultat utile. Sous la restauration, une
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- nouvelle tentative fut faite avec le concours de plusieurs, hommes éminents, entre autres de M. le comte Delaborde
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- et de M. le duc Decazes ; mais, bien que protégée de toute l’autorité du gouvernement, elle n’eut guère plus de succès,;
- Il y a environ quarante ans, M. Boucher père essaya d’enlever aux Anglais le secret de leurs procédés ; il s’exposa pour cela à de grands dangers, et il faillit y perdre la vie, mais il ne put accomplir son dessein. C’est ce dessein, que vient de réaliser AL Cadou-Taillefer., petit-fils de M. Boucher par alliance. Pour y parvenir il lui a fallu surmonter des obstacles de tous genres qui l’ont obligé à faire de grands sacrifices d’argent, et qui ont exigé ;de sa part autant d e courage que de persévérance. Il a enfin réussi à se procurer toutes les machines nécessaires et à recruter un nombre suffisant d’ouvriers expérimentés pour les met* tre en œuvre. Il est qlors venu avec sa précieuse cargaison s’établira l’Aigle, ville devenue dès longtemps le centre d’une industrie active, principalement en ce qui concerne le travail en tous genres des métaux tréfilés. Il ne pouvait pas mieux placer sa nouvelle usine ; elle fera école au milieu d’habitants intelligents ; l’on peut espérer que M. Cadou trouvera bientôt assez d’imitateurs pour que nous puissions nous passer tout à fait de,l’étranger.
- La fabrique de M. Cadou-Taillefer est en pleine activité depuis plusieurs années et fonctionne de la manière la plus satisfaisante; les aiguilles qui en sortent sont plus belles que celles de l’Allemagne, et elles soutiennent très-bien la comparaison avec les meilleures aiguilles anglaises. Pour naturaliser tout à fait celte fabrication, il ne résle plus qu’à surmonter le mauvais vouloir des marchands eri gros, qui gagnent davantage dans le commerce dés aiguilles étrangères, et à vaincre les préventions et l’esprit'de routine dès
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- consommateurs : c’est ce que le temps seul pourra faire.
- L’industrie française ne pouvant pas fournir à M. Cadou le fil d’acier dont il avait besoin pour fabriquer les aiguilles, il s’est vu dans la nécessité de le préparer lui-méme ; maintenant il en produit plus qu’il n’en consomme, et il peut en livrer une assez grande quantité au commerce. Son fil est aussi bon que celui que l’on fabrique dans les petits ateliers de Paris, et il se vend beaucoup moins cher. Il en fait qui peut être employé pour cordes de pianos.
- M. Cadou a encore présenté à l’exposition des hameçons en acier pour la pêche fluviatile et pour la pêche maritime, qui sont de très-bonne qualité et qui peuvent être vendus à des prix modéras. Bientôt, sans doute, on les emploiera partout pour la grande pêche, à l’instar des Anglais et des Américains, et ils remplaceront les hameçons en fer que l’on fabrique actuellement dans nos ports dé mer.
- Le jury, voulant récompenser le grand service que M. Cadou-Taillefer a rendu à l’industrie française, lui décerne une médaillé d’or.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Vantillard (Victor), à Mérouvel $ près l’Aigle.
- Quoiqu’ayant débuté comme simple ouvrier, M. Van-tillard est parvenu, grâce à son intelligence et à sa persistance dans le travail, à relever et à mettre sur un bon pied de roulementune fabrique que plusieurs compagniesavaient successivement abandonnée. Il occupe actuellement 70 ouvriers.
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- Il fabrique des aiguilles à coudre de très-bonne qualité, des broches à tricoter de toutes dimensions et des aiguilles à cardes. Il n’emploie, le plus ordinairement, que du fil de fer, mais il lui donne de la dureté par une cémentation parfaite, après l’avoir étiré et préparé lui-même.
- Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- 4
- MM. Peltier etc™, à .Amhoise (Indre-et-Loire).
- MM, Peltier et compagnie occupent 18 ouvriers dans leur-fabrique, hommes et femmes.
- Le jury leur rappelle la médaille de bronze qui leur a été décernée en 1834.
- ~ MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Miguel, à Amboise (Indre-et-Loire).
- , La fabrique d’aiguijles de M. Miguel n’existe que depuis 1829, mais elle a déjà acquis une certaine importance. Elle occupe 33 ouvriers, et M. Miguel y a établi une machine à vapeur de la force de 4 chevaux pour faire mouvoir les principaux artifices, et pour étirer le fil de fer et le fil d’acier dont l’établissement a besoin. Outre les aiguilles à coudre, on y fait des broches à tricoter. L’ordre, l’économie et l’activité qui régnent dans cette fabrique sont pour elle un gage assuré de succès.
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Miguel.
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- Alênes.
- On consomme en Fraucepour environ 60,000 fr. d’alênes annuellement.On les tire,pour la plus, grande partie, du pays de Berg. On en importe aussi un certain nombre d’Angleterre, qui sont faites en acier fondu.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Boilvin-Marie et neveu, à Balonviller (Meurtlie).
- Ces messieurs ont présenté à l’exposition des alênes bien faites. Le jury leur rappelle la médaille d’argent qu’ils ont obtenue aux expositions précédentes.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Tiiirion , à INorroy (Meurtlie).
- Alênes de différentes sortes.
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze qu'il a obtenue aux expositions précédentes.
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- SECTION III.
- COUTELLERIE, TAILLANDERIE, QUINCAILLERIE. M. Amédée Durand, rapporteur.
- § 1er. COUTELLERIE. '
- Considérations générales.
- La coutellerie compte beaucoup moins d’exposants en 1839 qu’elle n’en avait produit en 1834. Dans ce petit nombre, les couteliers/de Paris sé trouvent en grande majorité, et les fabrications importantes des départements n’ont été que faiblement représentées. Ce fait est regrettable et a besoin d’être expliqué.
- La coutellerie se divise en différents genres, qu’on peut distinguer par la nature des consommateurs auxquels ils s’adressent.
- Le luxe et la grande aisance sont, en général, l’objet de la fabrication parisienne. Les grandes fabrications départementales, en tête desquelles figurent celles de la Haute-Marne et le Puy-de-Dôme^
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- s’adressent aux consommateurs les plus nombreux, et forment un second genre. La plus modeste, jadis la plus utile et aujourd’hui la moins florissante des fabrications, est celle qui a pour produit le couteau pliant, sans ressort, qui a rendu célèbre le nom d’Eustaclie.
- De ces trois genres de coutellerie, le premier, en grande partie, s’adresse directement aux consommateurs, sans l’intermédiaire du commerce; il a donc le plus grand intérêt à se mettre en évidence. Aussi la coutellerie de Paris s’était-elle présentée nombreuse devant le jury d’admission.
- La coutellerie moyenne, qui se fabrique dans les départements, ne peut arriver à l’immense quantité de ses consommateurs que par le concours du commerce, qui, dès lors, dispose d’elle et n’a aucun intérêt dans sa présence à l’exposition.
- La même observation s’applique à la coutellerie commune; mais, alors, elle ajoute un nouvel intérêt à l’envoi qu’ont fait deux fabricants de Saint-Étienne , de leurs modestes couteaux sans ressorts, qu’ils donnent pour moins de quatre centimes. On a pu voir, par cet exposé, que la coutellerie de luxe a seule un grand intérêt à venir s’offrir aux regards du public ; aussi est-ce presque uniquement d’elle que nous pourrons nous occuper sans avoir à y signaler d’autre amélioration que celle relative aux prix qui se sont abaissés depuis la dernière exposi-
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- lion. Avant d’entrer dans l’appréciation des produits de chacun des exposants, il n’est pas hors de propos de remarquer que la coutellerie, considérée comme industrie, représentée par celui qui l’exerce, est devenue presque insaisissable. x4 une époque reculée, la difficulté des communications forçait chaque localité à se suffire a elle-même; peu de villages manquaient alors d’un coutelier plus ou moins habile, qui faisait par lui-même toutes les parties de ses produits. A mesure que le commerce devint plus habile à transporter la marchandise, la fabrication se concentra, et le travail, au contraire , se divisa ; peu à peu la haute direction de la coutellerie passa forcément à celui qui en payait l’exécution. Dès lors on put être coutelier sans savoir faire un couteau, et le meilleur moyen de l’avoir au meilleur marché possible fut que personne ne fut mis en état ’de le faire entièrement. Cette dernière observation s’applique à la fabrication de Thiers (Puy-de-Dôme), comme on le verra ci-après.
- Les grands centres de fabrication qui se formèrent sur les débris des petites industries locales furent Thiers d’abord, et ensuite Châtellerault, puis Nogent-le-Roi. Cette grande fabrication est partagée entre deux systèmes, et nous ne parlerons que de Thiers et de Nogent, qui les représentent complètement : le premier, Thiers , qui occupe de douze a quinze,mille ouvriers, et fournit environ pour 5 mil-
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- lions de produits, admet la division dit travail dans
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- sa plus grande extension; chaque ouvrier fait sa pièce, et ne fait qu’elle pendant toute sa-vië, ce qui devrait le conduire a lui donner l'é plus haut degré de perfection ; mais cet ouvrier n’obéissant pas à une direction unique, travaillant par petit nombre de journées, pour des maîtres différents, guidés chacun par des considérations commerciales particulières, se fait nécessairement des habitudes dè
- travail qui concilient lés intérêts divers qu'il est obligé de contenter. Le progrès ne s’obtient donc que difficilement dans Cette localité, parce qu’il faut que tout le monde y concourt. Cependant le pro^-grès y est sensible et doit être signalé.
- A Thiers, les ouvrièrs ne travaillent qu’à façon'; les matières premières pour lamés, ressorts, bu manches, sont fournies par les maîtres qui réunissent et font monter toutes lés pièces détachées, comme on le fait dans rarmurerie de guerre. Il résulte de cet arrangement un avantage dans la conformité des dimensions des produits qui permet de les clàssèi* plus facilement dans le commerce'. Lès entrepreneurs qui donnent l’ouvrage à faire 'et le reçoivent fini se chargent ordinairement de le monter, et sont étrangers a toute autre 'opération dé la coutellerie ; ils portent le titre de maîtres couteliers. ‘ :
- A ce fait général il y a d’honorablès exceptions.
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- Plusieurs des maîtres couteliers actuels ont commencé par être des ouvriers très-habiles, et c’ést avec une grande satisfaction que le jury à vü leur empressement, à envoyer à l’expbsition les prodüits dont ils ont dirigé là confection. Un exemple d’un travail nouveau à été donné à Thiers par un praticien éclairé qui y à transporté et y dirige personnellement l’atelier qui alimente sa maison de'commerce de Paris ; c’est M. Sabàtiër dont il est question, et dont le jury aura à s’occuper à l’bccasiôn de là coutellerie parisienne.
- Lie second système de travail usité dans la côutèl-lerië; celui qui existe particulièrement à Nogênt-le-Roi, consiste eh cë quë chaque ouvrier est l’entrepreneur général de son produit, qu’il le fait entièrement par lui-même et dans l’intérieur de sa famille; avec des matériaux qu’il à achetés. Lés ouvriers de cette localité et des lieux circonvoisins forment une population de 3 à 4,000 personnes, et fournissent approximativement pour 1,800,000 fr. de prbduits. Là chaque ouvrier/dirigéant par lui-même son travail> et étanHnaitre, par la bonnë façon et là bonne forme qu’il donne à son produit, d’ëh augmènter lë prix, së trouve nâtürellêmeiit porté vers la pérfection j aussi là coutellerie dè Nô~ gënt a-t-elle pris le premier rang eh Franêe, et s’est-ellfe élevée àu point de pouvoir entrer en concurrence avec lacbufeltèrie étrangère, sué laquelle
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- de grands avantages lui sont assurés par l'infériorité de ses prix. A Nogent, celui qui porte le titre de maître coutelier est le commerçant qui réunit les produits de celte multitude d’ouvriers travaillant au sein de leurs familles, dans tous les villages environnants. Cela explique suffisamment l’absence, à l’exposition, des produits de cette fabrication importante, avec attribution à ses véritables auteurs.
- Cela explique aussi la facilité avec laquelle plusieurs exposants de Paris ont compris, dans leur exposition, des objets tels que ciseaux, rasoirs ,et lames de couteaux qui avaient été achetés à Nogent, et qu’ils ont mis le jury dans le cas de douter de leur capacité réelle comme couteliers.
- Le reproche qu’on fait, dans le commerce, à la coutellerie de Nogent, d’aiileurs si recommandable par sa bonne qualité, et généralement par son bon aspect, c’est de n’avoir pas d’uniformité de calibre ni de prix.
- On conçoit que le haut commerce trouve là une grande complication dans le travail de sa correspondance : ces inconvénients cesseraient si de grands ateliers se formaient, et si des patrons uniformes s’établissaient. Bien d’autres avantages se rencontreraient dans cette voie, la seule où la fabrication puisse prendre une marche régulière et assurée, marche dont le résultat serait infailliblement l’ouverture de grands débouchés extérieurs. Mais,.quand
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- on compare l’existence de l'ouvrier de Nogent, travaillant, indépendant an milieut de sa famille, à celle de l’ouvrier des grands ateliers de fabrique, on peut hésiter dans ses vœux pour la prospérité de l’industrie coutelière, s’il faut l’acheter par de tels sacrifices.
- La valeur de l’exportation en coutellerie est difficile à déterminer, parce qu’elle se confond souvent dans les relevés de douanes avec beaucoup d’autres articles de quincaillerie.
- Une circonstance, légère en apparence, est à signaler, parce qu’elle a une influence incontestable sur la vente de "notre coutellerie sur tous les marchés, où cette vente a lieu en grande quantité et directement aux consommateurs ; elle consiste dans l’usage de vendre cette coutellerie sans être affilée, ce qui la met nécessairement dans l’impossibilité de servir telle qu’elle est livrée. On peut attribuer cet usage à l’exigence du marchand coutelier qui, vendant toujours la coutellerie comme étant son ouvrage, se fait réserver cette dernière opération pour l’exécuter devant l’acquéreur, dont il gagne ainsi plus facilement la confiance.
- Malheureusement des exemples nombreux de ce genre de combinaisons se trouvent parmi les exposants dont le jury a eu à s’occuper. La facilité de se procurer des pièces de coutellerie toutes confectionnées a fait négliger la fabrication, qui, d’ail-
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- leurs, s’exécute à meilleur marché dans les départements qu’à Paris.
- Les produits étrangers ont figuré en proportions variables parmi les séries d’objets exposés ; peu en ont été entièrement exemptes, quelques-unes s’en composaient entièrement.
- Cet état de choses excite les plus vives réclamations de la part des couteliers qui possèdent la connaissance de leur art, et de qui seulement peuvent dépendre ses progrès. Là se trouvent la rivalité de la fabrication et du commerce dans leur état de pureté, puis leur combinaison à tous les degrés. Sur ce dernier point, la tâche du jury a rencontré des difficultés; il lui a fallu discerner, parmi les exposants, ceux qui appartenaient uniquement au commerce de ceux qui étaient plus ou moins fabricants, et de ceux surtout qui possédaient une grande habileté dans leur art.
- Telles sont les données d’après lesquelles il a formé son jugement sur le mérite des exposants qui vont être énumérés.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Bostmambrun (Philippe), oncîe eJtneveu, à Saint-Rémy (Puy-de-Dôme).
- Une vieille réputation dignement soutenue, des efforts constants pour l’amélioration de ses produits dans une localité où les exemples de ce genre ont un degré de valeur particulier, tels sont les titres qui valent à la maison Bosl-mambrun (Philippe) oncle et neveu, le rappel de la médaille d’argent plus dignement méritée a chaque exposition.
- MM. Sirhenry et cie, à Neuilly-sur-Seine., avenue de Madrid.
- N’ont exposé que très-peu de produits, tels que rasoirs et lancettes. Ces produits, qui appartiennent à leur ancienne fabrication de coutellerie, sé soutiennent à la hauteur de ceux qui, en 1834, leur valurent la médaille d’argent.. Le jury leur accorde le rappel de celte médaille.
- Quant aux autres produits présentés par MM. Sirhenry et compagnie, et qui appartiennent généralement à la taillanderie, comme ils ne sont pas encore entrés dans le commerce et que dès lorsune expérience suffisamment prolongée n’a pu en faire constater les propriétés, le jury n’a pas été à môme de se former, à leur égard, une opinion suffisamment fondée. A
- M.lGillet fils,, à Paris, rue dé Cliaren-ton, 41 et 4&. Rasoirs fi ns.et acier français.
- A exposé une série d’échantillons de ses produits en rasoirs, qui sont en tout dignes de succéder à ceux qui
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- avaient valu à son père la médaille d’argent. La fabrique à la tète de laquelle se trouve aujourd’hui M. Gillet fils compte près de soixante ans d’existence; c’est un établissement dont la marche est formée, où les bonnes traditions sont exactement maintenues. Le jury, tenant compte de ces circonstances, rappelle, en faveur de M. Gillet fils, la médaille d’argent accordée à son père en 1827.
- M. Pradier, àPoissy (Seine-et-Oise). Rasoirs.
- Les rasoirs, seul produit de coutellerie qu’ait exposé M. Pradier, sont la suite de la fabrication qu’il avait développée avant l’exposition de 1823, où une médaille d’argent lui fut accordée. Cette récompense, constamment rappelée depuis cette époque, l’est encore par le jury en 1339.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Sabatier, à Paris, rue Saint-Honoré, 84. Coutellerie.
- La réputation de M. Sabatier, comme coutelier praticien , est en première ligne dans Paris depuis longues années. Les produits qu’il expose représentent une fabrication qui a lieu en grande partie à Thiers sous sa direction personnelle, et à Paris sous celle de son fils.
- Le jury décerne à ce fabricant distingué une médaille d’argent, ayant particulièrement en vue de récompenser le bon exemple qu’il a donné dans son atelier de Thiers ainsi que le mérite des produits qu’il fait débiter dans son magasin de Paris. _ ,
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- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. Thouron et clè, à Paris^ rue de Richelieu, n3. Coutellerie, orfèvrerie.
- MM. Thouron et compagnie ont fourni à l’exposition des produits qui sont au niveau de la réputation qu’il se sont acquise; leur coutellerie de table est bien faite, et la modicité des prix est remarquable dans des articles qui se recommandent également par leur bon goût.
- Ces considérations décident le jury à déclarer que MM. Thouron et compagnie se sont rendus de plus en plus dignes de la Médaille de bronze qui leur fut accordée en 1827.
- M. Mayet-Vallon, à Paris, passage Vérot-Dodat. Coutellerie.
- M. Mayct-Vallon, qui obtint une médaille de bronze en 1834, a exposé de la coutellerie d’une bonne exécution qui lui vautfie rappel de celte distinction.
- MÉDAILLES DE BRONZE NOUVELLES
- M. Laporte, à Paris, rue des-Filles-Saiut-Thomas, ‘20. ’
- M. Laporte figure à l’exposition d’une manière dig ue de sa vieille réputation de praticien. La coutellerie qu’il a présentée s’adresse particulièrement à la grande aisance et au luxe; elle est de celles qui vont soutenir, chez l’étranger.
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- l’ascendant que s’est conquis le goût qui dirige la fabrique de Paris.
- Le jury se plaît à décerner à M. Laporte une nouvelle médaille de bronze.
- M. Frestel à Saint-Lô (Manche). Diverses
- pièces de coutellerie, rasoirs, couteaux
- garnis, serpettes, jardinières, ciseaux.
- Les articles de coutellerie envoyés par M. Frestel sont peu nombreux, mais ils sont exécutés avec soin et étude $ le jury s’empresse de lui décerner une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Vatjthier, à Paris, rue Dauphine, 4o.
- Coutellerie en tout genre.
- M. Vauthier est un des habiles couteliers de Paris qui se livrent à des combinaisons nouvelles et entreprennent de résoudre les difficultés qui leur sont proposées. C’est ainsi qu’il a exécuté un couteau qu’une seule main suffit à ouvrir et à fermer avec là plus grande facilité. Ses autres produits en coutellerie ployante, de fantaisie et de grand luxe, sont de ceux qui ont été le plus remarqués à l’exposition. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
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- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- M. Delporte, à Paris, rue de Marivaux, 4* Coutellerie, rasoirs, acier français, fondu et autres.
- M. Delporte est un praticien expérimenté qui a exposé de la belle coutellerie. Le jury se plaît à déclarer qu’il est plus digneque jamais d’être mentionné honorablement, comme il le fut en 1834.
- M. Tixier-Goyon , à Thiers (Puy-de-Dôme). Articles de coutellerie.
- La mention honorable accordée en 1834 en faveur de ce fabricant lui est eucore due à l’exposition de 1839.
- M. Navarron-Jury aîné, à Château-Gaillard, près Thiers (Puy-de-Dôme). Rasoirs, manches découpés.
- Ce fabricant est un de ceux qui viennent représenter dignement aux expositions des produits de l’industrie l’importante coutellerie du Puy-de Dôme. Le jury se plaît à lui accorder de nouveau une mention honorable.
- MM. Pichon et cie, à Saint-Etienne (Loire). Tranchets fabriqués avec Facier de la Loire.
- Les tranchets de ces fabricants, dignes, en 1834, d’être méntionnés honorablement, ont acquis de nouveaux droits aux récompenses du jury, qui leur'accorde une nouvelle mention honorable.
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- M. Uenaudier , à Saint-Etienne (Loire).
- Couteaux.
- Ses couteaux pliants sans ressorts se font remarquer par leur, extrême bon marché auquel se joint une bonne confection qui mérite à M. Renaudier le rappel de la mention obtenue en 1834.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Lakke , à Paris, rue du Temple, Rasoirs et cuirs.
- M. Lanne se livre exclusivement à la fabrication des rasoirs et s’est acquis unetrès-bonue réputation dans cette partie importante de la coutellerie.
- Les produits qu’il a exposés sont d’une exécution très-recommandable ; et le jury lui décerne une mention honorable.
- M. Foubeut, à Paris, passage Choiseul, 35. Coutellerie soignée et de luxe.
- M. Foubert, déjà cité en 1834, a exposé des articles de coutellerie de table d’une bonne exécution et d’un luxe élégant.
- Le jury décerne une mention honorable à cet habile fabricant dont la réputation comme praticien est solidement établie.
- M. Chemelat. à Paris, rue de la Vieille-Bouderie, 5.
- M. Chemelat se livre exclusivement à la fabrication
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- des rasoirs en acier fondu français, Les échantillons qu’il expose de ses produits sont bien confectionnés, et l’eu-semble de sa fabrication jouit d’une bonne réputation.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. Dordet, à Paris , rue des Fosses-Montmartre, 9.
- A exposé de la coutellerie de table d’une très-bonne exécution et dans laquelle le luxe n’a pas exclu le bon goût.
- On a remarqué, au nombre de ses produits, un tire-bouchon robinet pour le vin de Champagne, bien habilement construit en même temps que bien combiné.
- Le jury accorde à M. Dordet une mention honorable.
- M. Benoit jeune , à Rodez (Aveyron).
- La coutellerie qu’a envoyée ce fabricant se fait rcmar-quer par une bonne exécution. Sa scie à manche et son couteau pliant présentent toutes les conditions d’un service facile et d’une longue résistance.
- Le jury lui décerne une mention honorable,
- M, Prodon-Pouzet , h ïhiers ( Puy-de-Dôme),
- À exposé des couteaux pliants, dans lesquels uu bon marché très-remarquable se joint à une fort bonne exécution. Ses couteaux dits catalans ont particulièrement attiré l’attention du jury, qui se plaît à lui accorder une mention honorable.
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- CITATIONS FAVORABLES.
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- MM. Determoy et Lamouroux, à Saint-
- Etienne (Loire). Couteaux dits eustaches.
- Les produits de ces fabricants sont, malgré l’étonnante réduction de leurs prix, moins de 4 cent, la pièce, d’une assez bonne qualité pour pouvoir rendre des services.
- Le jury se planta accorder à MM. Détermoy et Lamouroux line citation favorable.
- M. Morize, à Paris, rue Saint-Antoine, i3. Coutellerie.
- M. Morize, déjà cité en 1834, présente une série de produits variés, mais où domine le couteau de table. La bonne exécution de ces objets le présente comme toujours digne de la distinction qu’il reçut à la dernière exposition. Le jury lui décerne une citation favorable.
- M. Parfu, à Paris, rue Duphot, l\ . Rasoirs à Pèpreuve de Phygromètre et du thermomètre.
- A exposé des rasoirs d’une bonne exécution pour lesquels le jury lui accorde une citation favorable.
- M. Manoeuvrier àiné , à Limoges (Haute-Vienne).
- . • , • . * r * • * '
- Ce fabricant a exposé des serpettes et scies à manches
- pliantes j ces manches, en fonte de fer, sont d’une grande solidité, mais un peu lourds. L’ensemble de ces produits est d’une bonne exécution, qui mérite d’être citée favorablement. . ,
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- M..Renard, à Paris, rue Neuverdes-Petits-ChampSjig. Coutellerie.
- Ce fabricant se livre particulièrement à la coutellerie de table et à la fabrication des rasoirs. Des ciseaux auxquels
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- était adapté un peigne se faisaient remarquer parmi ses produits, qui méritent d’être cités favorablement.
- M. Baudy, à Paris, rüe du Faubourg-Saint-
- Martih, 102. Serpette-sécateur.
- À exposé une serpette-sécateur qu’il destine particulièrement à la taille de la vigne. La branche mobile de la secondé lame, qui constitue le sécateur, rentre dans le manche de la serpette et y reste fixé par l’emploi d’une yirole placée avec intelligence.
- Lé jury décide qu’une citation favorable est accordée à M. Baudy pour sa serpette-sécateur.
- Madame Degrand, née Gurgey, à Paris, boulevard du Teinplé, 38. Coutellerie, sabres en damas.
- Madame Degrand a exposé plusieurs lames de sabre en acier damassé résultant d’un procédé qu’elle lient secret. Cette fabrication n’ayant encore reçu aucun développement industriel qui puisse mettre le jury à même d’apprécier ses avantages sous le rapport économique, la présentation de Mm0 Degrand mérite simplement d’être citée au rapport.
- M. Nàvarron-Duivias, à Obset, près Tliiers (Puy-dérDôme). Articles de coutellerie.
- L’in téressante fabrication de coutelleriedu Puy-derDôme
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- compte, au nombre de ses soutiens les plus distingués, M. Navarron-Dumas, dont les produits méritent d’èlr© cités favorablement au rapport.
- M. Nàvàrron (Etienne) ? à Obset} près Thiers (Puy-de-Dôme). Rasoirs et manches découpes.
- 3L.es rasoirs forment une branche importante de la fabrication du Puy-de-Dôme. Le jury, appréciant les travaux de M. Navarron dans cette partie, décide qu’il est digne d’une citation favorable.
- M. Dumonthier (Joseph-Célestin) 9 k Hou-dan (Seine-et-Oise).
- Les produits de ce fabricant consistent principalement en grands ciseaux de tailleurs dont les anneaux sont re-* couverts en maillechort -, il a exposé, en outre, un couteau dit verrou de sûreté. Ce dernier article renferme une propriété d’invention sur laquelle le jury n’a pas à pronon-, cer ; mais, renfermant son appréciation dans le mérite de l’invention, il juge M. Dumonthier digne de la citation favorable.
- § 2. TAILLANDERIE* .
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Arnheiter, rue Cliiidehert, i3? à Paris.
- Cette fabrique d’instruments d’agriculture et de jardinage, établie sur une base modeste, a réalisé tout ce qu’on doit attendri dé succès d’une entreprise dirigée par un
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- praticien habile, intelligent et consciencieux. Les instruments que confectionne M. Arnheiler se recommandent généralement par une exécution franche, et dans beau' coup on rencontre de l’invention -, ils justifient pleinement la confiance que leur ont accordée les consommateurs.
- Ses cisailles à chariot pour tondre les gazons, son enfumeur pour la destruction des insectes, et sa pompe à brouette pour l’arrosement des serres et jardins, ont été l’objet d’une attention particulière, et ont paru, au jury, étendre d’une manière très-heureuse la collection, déjà si nombreuse, de ses instruments d’horticulture. C’est ainsi que M. Arnheiter s’est rendu de plus en plus digne de la médaille de bronze qui récompensa ses travaux en 1834.
- MÉDAILLES DE BRONZE NOUVELLES.
- MM. Delarue et Gautier rue du Monceau-Saint-Gervais, 6,
- Ont exposé des échantillons de l’immense série d’outils de toute espèce qui sont l’objet de leur fabrication et de leur commerce. Le jury a regretté, tout eu rendant justice au mérite de celte maison, qu’elle ne se fût pas astreinte à n’exposer que les instruments qu’elle fabrique dans ses ateliers, et sur le perfectionnement desquels elle peut avoir une action directe. Sa vieille réputation est dignement soutenue par les produits qui émanent incontestablement d’elle, et le jury se plaît à le manifester en lui accordant uue nouvelle médaille de bronze.
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- M. Blanchard , à Paris , rue des Gravi 1-liers, 87. Outils de sellerie.
- Les outils qu’a exposés M. Blanchard se sont fait remarquer par une bonne construction 3 ils renferment plusieurs combinaisons heureuses qui portent à différents degrés le caractère de l’invention, et ont rendu de véritables services à la sellerie. L’emploi de ces outils perfectionnés a procuré l’économie du temps, là précision dans le travail, et a diminué le nombre des sujétions qui préoccupent l’ouvrier et préjudicient toujours à la perfection des produits.
- Le jury accorde une médaille de bronze à M. Blanchard, déjà honoré de cette récompense en 1827, et d’un rappel en 1834.
- Madame veuve Batelot jeune, à Blarnont (Meurtlie). Articles de grosse taillanderie.
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- Les articles de taillanderie exposés par madame Batelot sont cotés à des prix extrêmement bas ; leur exécution est bonne. Ils comprennent les outils dqslincs au travail du
- bois et à celui dubâliment.ï
- • )
- Le jury accorde la mention honorable à madame veuve Batelot.
- M. Bresquignan, à Paris, me des Gravil-liers, 29. Outils pour sellier, bourrelier et carrossier.
- Les outils pour sellerie de M. Bresquignan sont les pro-
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- «luils d’un établissement qui compte à peine deux années d’existence.
- M. B-resquignan, originairement coutelier, semble avoir appliqué convenablement à sa nouvelle fabrication les habitudes de soins et de fini d’exécution qui appartiennent à la coutellerie. L’établissement de cet industriel se forme sous d’heureux auspices. Le jury lui accorde une mention honorable. ;
- M. Berosselle, à Paris, me Planclie-Mi-bray, i. Outils à l’usage des boucliers et des corroyeurs.
- Les outils de grosse taillanderie exposés par M. Derossel sont d’une fort bonne exécution; ses soufflets de bouchers sont bien nervés; ses couteaux, ses couperets et autres instruments tranchants sont de bonne qualité, ainsi que scs scies, dont les montures sont dans des proportions bien entendues. Il a exposé, en outre, uu vieux cuir de soufflet auquel il a rendu, par un procédé particulier, l’aspect et la souplesse d’un cuir neuf.
- Le jury décide que les produits de M. Derosselle seront l’objet d’une mention honorable.
- M. J ouannaijd', à Paris, rue de Charonne, 4. Outils de taillanderie, cuisine,, jardinage, et pour divers états.
- Les objets de taillanderie exposés par M. Jouannaud sont de nature tellement variée qu’ils embrassent tout ce qui appartient à cette industrie depuis les instruments culinaires jusqu’à ceux qui servent au travail du bois, de la forge, du jardinage, des terrassements, des construc-
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- lions, etc. ï/'inleltigenec et l'activité de M. Jouannaud le mettent à môme de soutenir, malgré le salaire élevé des ouvriers, la concurrence avec,les grands établissements des départements.
- La présence,à Paris, d’ateliers comme celui deM.Jouan-naud, est utile, par la facilité avec laquelle on s’y procure, à volonléj les outils de disposition particulière dont les besoins sont si multipliés dans un graud centre de travail.
- CITATIONS FAVORABLES.
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- M. Chevalier, à Paris, rue Neuve-Ménii-montant, 9. Petite et grosse taillanderie.
- Les produits de taillanderie exposés par M. Chevalier sont d’une bonne confection ; sa hache de sapeur, et l’ornement en fer forgé et ciselé par lequel il l’a terminée, manifestent les soins et les recherches qu’il apporte dans les travaux de son utile industrie.
- Ses produits, qui embrassent toute la taillanderie, ont paru au jury dignes d’être cités favorablement.
- M. Mozart, à Paris, rue de la Croix, 16. Taillanderie.
- Les produits de taillanderie exposés par M. Mozart sont particulièrement destiués' à la boucherie ; il y a joint des ciseaux pour cartonniers, dont l’exécution est également bonne.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
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- MM. Guny frères, à Paris, rue de Montreuil^ 59. Tai llanderie à F usage des boucliers et des charcutiers.
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- Leurs produits sont d’une bonne exécution. Les développements qu’ils ont donnés à leur établissement prouvent en laveur de leur qualité. Le jury accorde, à MM. Guny frères une citation favorable.
- M. Girardin, à Paris, rue des Barres-Saint-Gervais, 3. Taillanderie.
- , À exposé peu d’objets, mais d’une bonne exécution. Son étau à queue est d’un bon travail. Deux pièces de forge, présentant des difficultés, recommandent M. Girardin, auquel le jury accorde une citation favorable.
- § 3. QUINCAILLERIE. — ARTICLES DIVERS.
- Les progrès de la quincaillerie, dans l’immense et importante partie qui se rapporte à la taillanderie, se développent chaque jour, s’appliquant tantôt àun article, tantôt à un autre, sans laisser d’autre fait saisissable qu’une amélioration générale dans laquelle presque toutes les industries puisent des ressources pour le développement de leurs propres progrès. Parmi les améliorations les plus sensibles .qu’a éprouvées la quincaillerie-taillanderie, il faut citer tous les outils à bois, et particulièrement les fers à rabots, qui, lorsqu’ils seront plus uniformes de qualité, n’auront plus de concurrence à redouter. Les scies droites et circulaires ont été également l’objet de grands perfectionnements, les premières surtout, depuis que le laminage a pu T. 1. 31
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- satisfaire à la condition si nécessaire de la diminution d’épaisseur depuis la denture jusqu’au dos de la lame. Des progrès notables ont été obtenus cl se préparent encore dans cette importante branche de l’industrie nationale.
- rappels de médailles d’or.
- MM. Japy frères, à Beaucourt (Haut-Rhin). Quincaillerie, serrurerie, articles en fer battu, mouvements de grosse et petite horlogerie'.
- Leur quincaillerie, destinée aux usages domestiques, est d’une exécution tellement soignée, qu’elle suffirait seule pour les placer au premier rang dans cette industrie. On a remarqué surtout, avec un vif intérêt, leurs casseroles en fer embouti, tournées, à rebords très-élevés, et dont l’épaisseur va en décroissant depuis le fond jusqu’au bord supérieur. Elles présentaient dans leur confection de grandes difficüllés qui ont été habilement surmontées par ces fabricants. Beaucoup d’autres produits, qui par leur nature devaient être classés dans d’autres commissions que celle des métaux, ont mérité les éloges du jury, qui s’empresse dé reconnaître que la maison Japy, dont la prospérité est le soutien de 3,000 ouvriers, est de plus en plus digne de sa haute réputation et de la médaille d’or qui, depuis 1819, lui a été constamment rappelée.
- MM. Coulaux aîné et cie, à Molsheim (Bas-Rhin).
- La maison Coulaux et compagnie soutient sa vieille et
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- puissante renommée parties progrès incessants. Sa fabrication dé lames de scies, justement renommée, détruit de jour en jour les préjugés qui nous rendaient tributaires des étrangers. Lès outils qu’elle a exposés comprennent presque tous les genres, et dans beaucoup on remarque de ces améliorations de détail qui contribuent puissamment à déterminer les préférences des consommateurs.
- [’! D’autres produits du même exposant^ tels que les faux, ont été l’objet de justes éloges dans ce rapport. Le jury se plaît à déclarer que MM. Cbütaux et compagnie se sont rendus plus dignes encore de la médaille d’or qu’ils obtinrent en 1823, et qui leur fut constamment rappelée depuis celle.époque.
- MÉDAILLE D’ARGENT NOUVELLE.
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- MM. Peugeot frères, à Hérimoircourl (Doubs),
- Ont exposé des produits de leur fabrication-de quincaillerie et taillanderie qui se soutiennent à la hauteur où les avait trouvés le jury dé 1823, cjui leur accorda la médaille
- d’argent.
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- Ce qui distingué l’exposition de MM. Peugeot frèresj et-fixe l’attention particulière du jury, ce sont leurs lardes de scies à bois, qu’ils viennent de perfectionner. Éeé lames de scies, dont le dos est plus mince que la denture, sont obtenues au moyen du laminage, procédé qui présentait de grandes difficultés et qui assure l’épaisseur régulière cl convenable pour que la s<de n’éprouve qu’une
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- résistance uniforme pendant son passage dans le bois ; il a de grands avantages sur le procédé employé précédemment, et qui consistait dans l’émoulage ; celui-ci, toujours irrégulier dans son action et ses résultats, occasionnait une dépense de force motrice importante, une consommation de meules et une perte de matières qui n’étaient rachetées par aucun avantage.
- Le jury accorde à MM. Peugeot frères une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Goldemberg et cie? à Zornhoff (Bas-Rhin).
- La fabrique de MM. Goldemberg et compagnie s’est placée, en peu d’années, sur la première ligne des fabriques de son genre. Sa fabrication de scies et de fers rabots mérite particulièrement d’être citée.
- La bonne qualité de tous les produits qu’elle livre au commerce contribue puissamment à nous affranchir des importations allemandes, et lui a valu la confiance des consommateurs d’outils.
- Elle est appelée à rendre les plus grands services à notre industrie, qui touche au moment de ne plus devoir qu’aux produits nationaux scs moyens d’exécution.
- Le jury accorde à MM. Goldemberg et compagnie la médaille d’argent.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Jannin- Beatrix , à Saint-Germain (Ain). Ecrous à chapeau pour essieux de voitures, fabriqués à la mécanique/
- M. Jannin-Beatrix a présenté des écrous pour essieux de voiture fabriqués à la mécanique au moyen de la forge. Les trous en sont cylindriques et perpendiculaires au plan d’assiette de l’écrou. Les arêtes des parties rectangulaires ou hexagonales sont suffisamment vives pour bien retenir la clef destinée à serrer ces écrous.
- . La médaille de bronze, décernée en 1834 à ce fabricant, lui est rappelée au profit de ses produits actuels.
- MÉDAILLE DE BRONZE NOUVELLE.
- M, Mongin, fabricant de scies, à Paris., rue des J ni fs, il
- La fabrication de scies de M. Mongin prouve, par son développement progressif, combien elle a de succès auprès des consommateurs. Une machine à vapeur, montée depuis peu de temps, vient de donner une nouvelle impulsion à cet intéressant établissement, dont les produits commencent à s’exporter.
- L’exposition de M. Mongin a offert de très-beaux échantillons, particulièrement pour les grandes scies de scieurs de long. On a surtout remarqué un ressort d’une dimen-
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- sion extraordinaire : 20 mètres de long sur 0"',i4 de large, et du poids de 27 ldi.
- Lejury accorde à M. Mongin une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. Bricard et Gauthier, à Paris, rue. Pavée - Saint - Sauveur, 3. Quincaillerie pour bâtiments.
- Les articles exposés par cette maison sont recommandables par leur bonne confection. Sa serrurerie de bâtiment, ses grosses vis filetées, et surtout ses cylindres cannelés, d’une pureté remarquable, ne laissaient rien à désirer.
- Le développement commercial et la bonne réputation de cette maison industrielle sont la juste récompense d’entreprises formées avec intelligence et soutenues par un mérite incontesté.
- Le jury accorde la médaille de bronze à MM. Bricard et Gauthier.
- M. Lemercier, à Paris, faubourg clu Temple, 27. Objets de sellerie en fonte.
- Dans ces derniers temps, la fonte, lyaitée par suite des indications fournies par Réaumur, a beaucoup occupé les esprits. Des exemples, produits en Angleterre et en Belgique sur une grande échelle, ont donné confiance dans ce genre d’entreprise. Des établissements se sont formés ; mais, ce qui importait le plus au public industriel, c’était d’avoir un atelier dont la marche fût assurée et où on pût
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- s’adresser avec confiance pour avoir avec certitude la fonte de fer malléable : tels sont les avantages que réalise M. Lemercier. Les articles de sellerie, tels que mors, étriers, boucles, etc., sont les objets qu’il confectionne et débite, depuis dix-huit mois, en quantité considérable. Celles de ces pièces qui ont été présentées au jury sont d’une malléabilité parfaite -, elles se ploient et se redressent en tous sens ; elles se rivent comme le fer le plus doux. Après une cémentation, elles prennent une grande dureté et reçoivent un beau poli. Ces fontes sur modèles étrangers se vendent de 4 fr. 25 c. à 1 fr. 75 c. le kil., suivant la nature des pièces.
- L’existence d’un établissement qui a acquis une marche assurée et donne des produits de ce genre d’une qualité constante, a paru aux yeux du jury être d’un grand intérêt pour l’industrie -, il se félicite d’avoir à accorder à M. Lemercier la médaille de bronze comme témoignage du haut prix qu’il attache à la mise en pratique du procédé qui est la base de son établissement de fonderie.
- M. Cellier - Rigaux, à Raucourt (Ardennes),
- A'exposé un assortiment de boucles et de dés à coudre d’une bonne exécution, qu’il livre à des prix extrêmement modérés. C’est à cette condition que cet industriel doit de pouvoir entretenir un nombre d’ouvriers qui s’élève à 150, et dont il a assuré l’existence en ajoutant à sa fabrication primitive celle des capucines, des grenadières, dès porte-vis, des battants et des ressorts de fusils.
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- Le jury accorde une médaille de bronze à ce fabricant, déjà honoré^en 1834 de la mention honorable.
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- MENTIONS HONORABLES.
- MM. Barré et cie? à Clichy. Fonte malléable.
- Parmi les produits métallurgiques qui ont figuré à l’exposition, la fonte de fer de MM. Barré et compagnie a été l’un des plus remarques.
- Une malléabilité égale à celle du fer doux est son caractère dominant -, elle se plie en tous sens, s’étend parfaitement à froid sous le marteau.
- À chaud, elle se forge aussi facilement que le meilleur fer, et refroidie elle conserve sa malléabilité.
- Sa ténacité est suffisante pour qu’elle soit employée à la place du fer dans un grand nombre de cas, comme montures de scies, clefs de serrures, vis et balanciers de décou-poirs, etc.
- On peut aussi la souder avec elle-môme comme le meilleur fer.
- Ces qualités rendent cette fonte propre à une multitude d’emplois j aussi le nombre et la variété des objets exposés par MM. Barré et compagnie étaient très-grands, ci tous ces,objets étaient d’une très-bonne qualité.
- Le jury a éprouvé de vifs regrets en voyant que la remarquable exposition de MM. Barré et compagnie n’était pas, pour le présent du moins, un gage assuré pour le public industriel de la possession de tous les avantages qu’offrirait leur importante fabrication..
- L’état actuel de cette entreprise, qui, après des jours prospères, s’est trouvée frappée d’une inaction presque complète^ ne permet que de mentionner de la manière la plus honorable un procédé auquel est réservée une grande
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- importance industrielle , et. par suite un rang élevé dans nos expositions.
- MM. Bouthey, Valengin et Rith, à Mor-teau (Doubs).
- On ne saurait donner trop d’éloges à la fabrication que dirigent MM. Bouthey, Yalengin et Rith, et qui a pour objet de rendre à l’amour du travail et à l’utilité publique une nouvelle génération d’horlogers destinés à remplacer ceux qu’avait ruinés la concurrence suisse. Les produits résultant de cette fabrication méritent des éloges, et le jury est heureux d’accorder à MM. Bouthey, Yalengin et Rith la mention honorable.
- M. Robert-Thomas, à Givonne (Ardennes). Casseroles, fléaux et pelles.
- M. Robert-Thomas entretient 60 ouvriers, qui confectionnent d’une part une très-grande quantité de fléaux de balances communes, et de l’autre des pelles et des poêles à frire en fer noir. Ce dernier produit a l’avantage d’offrir une surface lisse qui le rend infiniment plus propre aux usages culinaires que les poêles ordinaires dont le fond est gratté.
- Celte industrie, qui vient d’être importée d’Allemagne, rencontrera des applications très-utiles, et le jury mentionne honorablement M. Robert-Thomas pour ce service, qui intéresse notre indépendance commerciale.
- MM. Mgser et Marti. Un seul mouvement de montre.
- Ces fabricants4 n’ont exposé qu’un seul mouvement d’horlogerie d’une petite dimension , mais aussi du prix
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- modique de 11 francs. Sa bonne confection, et la certitude qu’a acquise le jury de l’étendue de cette fabrication, qui occupe de 150 à 160 ouvriers, méritent à MM. Moser et Marti la mention honorable.
- M. Armand-Clerc, à Paris, rue Buisson-Saint-Louis, 76. Outils d’horlogerie. (Cit. en 1834.)
- A exposé des guillochages et des affiloirs de couteaux : le tout mérite une mention honorable.
- M. Qtjelet ( Pierre ) , à Monlécheroux (Doubs),
- A exposé des outils d’horlogerie d’une bonne exécution. Le jury lui accorde la mention honorable.
- M. Gloriod (François-Joseph), à Les Gras (Doubs). Tour à buriner pour l’horlogerie.
- Citation en 1834.
- Les outils de ce fabricant ont été vus avec satisfactionj son tour à burin fixe a ,été particulièrement remarqué.
- Le jury lui accorde la mention honorable.
- M. Garnache, à Les Gras. Outils et machines pour l’horlogerie.
- Citation favorable en 1834.
- M. Garnache a exposé des produits de quincaillerie fine qui consistent particulièrement en outils d’horlogerie d’une bonne exécution, et qui répondent à la réputation dont jouit cette maison.
- Le jury accorde à M. Garnache 4 mentjop honorable.
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- M. Garnache (Lucien), à Les Gras (Doubs). Outils d’horlogerie.
- Citation en 1834.
- M. Garnache Lucien a exposé des outils d’horlogerie très-soignés, tels que tours à pivot, burins fixes universels. Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. Jolly (Eugène). Petits ouvrages.
- Porte-plume en cuivre sans soudure, dus au procédé de l’emboutissage et exécutés avec une grande perfection. L’extrême bon marché de ces produits a résolu un problème qui eût paru insoluble il y a peu d’années : celui de construire en métal une hampe qui fût plus régulière, plus légère et moins chère que celle qu’on ferait avec le bois le plus commun. De tels produits méritent d’être mentionnés de la manière la plus honorable.
- M. Blaise, à Signy-le-Petit (Ardennes). Casseroles en fonte tournée.
- Les casseroles en fonte de fer tournée et polie qu’a exposées M. Biaise sont fort remarquables par leur bonne exécution et leur légèreté ; de tels produits donnent une haute idée de l’outillage de ses ateliers,; des fers à repasser creux et dans lesquels s’introduit, pour les chauffer, une petite masse en métal retirée d’un foyer sont également dignes d’être cités avec éloge pour leur confection.
- Le jury accorde à M. Biaise la mention honorable.
- MM. Lacompard , Laurent et c10, à Plan-clier-les-Mines (Haute-Saône).
- Médaille de bronze en 1827.
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- MM. Lacompard, Laurent et compagnie ont exposé des produits de leur fabrique qui consistent en serrurerie bien confectionnée.
- Le jury accorde à ces fabricants la mention honorable.
- M. Lejeune, à Paris, rue de Charenton, 83. Quincaillerie. ,
- Les charnières exposées par ce fabricant appartiennent à la quincaillerie courante, et sont d’une bonne exécution. Ses moulins à café ordinaires conservent une ancienne disposition incommode, et d’après laquelle la vis,qui rapproche la noix est placée dans l’intérieur du coffre ; d’au très moulins, ayant la môme destination, sont disposés d’une manière heureuse. Dans ces moulins l’axe de la noix est horizontal. Le grain renfermé dans une trémie métallique, ayantla formed’une coupe, est introduit par le périmètre des organes molaires. Tantôt un chevalet en fonte, bien disposé, tantôt un socle soutiennent cet appareil dont l’aspect appartient à la bonne mécanique.
- Le jury accorde à M. Lejeune la mention honorable.
- M.Naudin, à Paris, rue du Cherctie-Midi. Ouvrage de forge très-rem arqua}) le à mentionner pour Fèdification publique.
- Après avoir exercé avec distinction la profession de carrossier, M. Naudin a voulu consacrer ses loisirs à une œuvre qui attestât à la fois et son talent et les ressources qu’offrent les fers français traités à la forge par une main habile. Il a exécuté, d’une manière fort remarquable, deux crochets de timon de voiture, auxquels il a donné toutes
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- les complications que comporte le plus grand luxe de forme. Ces deux pièces., finies à la lime, sont entièrement en fer sans aucune soudure, en métal étranger. 11 a également exposé une hallebarde très-ouvragée et qui, restée brute de forge, est un témoin irrécusable de la grande habileté de M. Naudin.
- Le jury se plaît à lui décerner une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- MM. Bourlier père et fils, à Montéclieroux (Doubs).
- La marche progressive de cette fabrique d’outils d’horlogerie, qui emploie cent vingt-cinq ouvriers, et exporte de ses produits pour près de 50,000 fr., alors qu’elle en écoule pour une valeur presque égale à l’intérieur de la France, mérite d’être citée de la manière la plus favorable.
- M. Vous et, à Les Gras (Doubs).
- Les produits de M. Voinet sont de ceux qui, par leur bonne exécution, soutiennent la concurrence avec les produits de même nature qui s’exécutent en Suisse.
- Le jury accorde à ce fabricant une citation favorable.
- M. Baron (Joseph), à Les Gras (Doubs).
- Les produits de M. Baron, en pièces détachées d’horlogerie, ont été remarqués à l’exposition par leur bonne exécution.
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- Le jury applaudit aiix efforts de cet industriel, et lui accorde uue citation favorable.
- M. Séraut (Louis-Ambroise)j à Lac ou Vii-lers (Doubs).
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- Equarrissoirs d’une perfection remarquable qui s’exportent pour une grande partie.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- MM. Garnache-Barthod frères, Clément et J u yen al j à Les Gras (Doubs). Outils d’horlogerie.
- Citation en 1834.
- Les outils d’horlogerie de ces fabricants sont d’une bonne exécution, et sont au nombre dé nos produits qui soutiennent avec avantage la lutte ouverte avec la fabrication suisse.
- Le jury leur accorde une citation favorable.
- M. Pichot, à Poitiers (Vienne).
- Dessins exécutés sur ivoire, et imitant la marqueterie. Le jury, accorde à M. Pichat uüe citation favorable.
- M. Cosnuau, à Paris, rue Saint-Denis, 3o2. Mécaniques , tournebroches , etc.
- y
- M. Cosnuau a exposé différents appareils culinaires du ressort de la serrurerie j il y a joint des tournebroches à ressorts d’une bonne exécution, et emploie uue chaîne à godet dont l’effet est de remonter constamment le jus, qui
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- procure dès lors un arrosement non interrompu sur la viande soumise à la cuisson.
- Le jury accorde à M. Cosnuau une citation favorable.
- SECTION IV.
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- MM. Dufaud et Payen, rapporteurs.
- CHAUFFAGE DES FOURNEAUX ET MONTAGE DES USINES (1 j.
- M. Aubertot, maître de forges à Yierzon (Cher), eut l’heureuse idée, il y a environ 30 ans, d’employer la flamme perdue qui sort des hauts fourneaux et des foyers d’affinerie à un grand nombre d’usages, et notamment pour les fours à chaux. Plusieurs des premières applications, faites par M. Aubertol lui-même de ce principe fécond, ont été décrites et figurées, en 1814, dans le Journal des mines. Néanmoins, l’ingénieux système, qui s’est propagé assez rapidement en Allemagne, n’a fait, pendant longtemps, et malgré son utilité bien démontrée, que peu de progrès en France.
- (t) Yoyez lé complément des considérations générales relatives au chauffage; daüs la section spéciale de la cinquième commission,, deuxième volume.
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- Si l’on considère, cependant, d’une part, que le haut prix du combustible, dans les forges françaises, est l’obstacle le plus grave qu’elles aient à surmonter pour approcher des conditions dans lesquelles se trouve la production de fer en Angleterre j d’autre part, que les moteurs hydrauliques dont nos usines disposent sont souvent insuffisants, et réclament alors l’emploi, autrefois auxiliaire, de machines à vapeur, on concevra toute l’importance des procédés qui font le premier objet de la présente section.
- Mais cette importance peut être appréciée encore d’une manière directe, par les résultats des expériences faites, en 1838, à l’usine de Niederbronn (Bas-Rhin), par MM. de Dietrich et Robin, expériences qui prouvent que la flamme du gueulard d’un haut fourneau semblable à celui de Niederbronn peut, produire assez de vapeur pour alimenter une machine de la force de vingt-six chevaux.
- Le jury a donc dû porter, avec un vif intérêt, son attention sur la propagation rapide que l’emploi de la flamme des hauts fourneaux et des feux d’affincrie a enfin reçue depuis quelques années, et sur les ingénieurs et les industriels qui ont le plus contribué à cette propagation.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Thomas, Laurens et Dufournel, an-
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- ciens élèves de FEcole centrale, actuellement ingénieurs civils.
- . En 1834, MM. Dufournel, Thomas et Laurens ont pris un brevet d’invention pour les dispositions qu’ils avaient
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- concertées entre eux, relativement à l’emploi de la flamme perdue des hauts fourneaux, feux d’affinerie, etc.
- Ces dispositions sont, eu résumé, définies de la manière suivante, dans leur brevet :
- « Nous prenons la flamme à sa' sortie du gueulard, et nous la faisons brûler dans les fours de nos chaudières; pour cela, nous la faisons rouler sur elle-même, changer de forme; en même temps nous lui injectons un courant d’air neuf avec lequel elle se mélange; enfin nous lui faisons lécher des surfaces de briques très-étendues et très-échauffées. Toute la chaleur produite par la combustion de ces gaz, et celle qu’ils possèdent déjà, nous l’employons soit tout entière à former une grande quantité de vapeur, soit en partie à produire de la vapeur, et le surplus à d’autres usages, tels que le chauffage du vent pour marcher à l’air chaud. Pour obtenir un semblable résultat, nous ne changeons rien à la manière habituelle de charger le haut fourneau en charbon, casline et minerai. L’ouverture de là charge reste la même, aussi grande qu’il est nécessaire pour charger le charbon à la russe. Cette ouverture peut ne pas être fermée pendant que nos appareils fonctionnent. Il n’y aura d’ouvert, dans la cheminée qui s’élève sur le gueulard, que celle baie pour le chargement : le reste du pourtour sera fermé. »
- Ils ont appliqué leurs procédés avec un succès remarquable, d’abord à l’usine d’Echallonges (Haute-Saône), puis à vingt-six autres hauts fourneaux dans seize usines à fer de onze départements différents, en employant surtout la flamme au chauffage de chaudières de machines à vapeur
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- qui font mouvoir les souffleries des fourneaux, ainsi que les marteaux, laminoirs, fenderies, etc., des usines.
- La force obtenue ainsi dans les dix-sept usines, sans consommation de combustible spécial, correspond à une production de fonte de 30,000 quintaux métriques par mois.
- Les mêmes ingénieurs ont établi récemment, dans une usine destinée à la fabrication des tubes de fer étirés et soudés, à Epinay près Saint-Denis, un système de fours à réchauffer remarquable en ce que la houille arrive convertie en coke, au point de la chauffe où le feu, activé par le vent des soufflets, porte le fer au blanc soudant, par le contact simultané du combustible et de la flamme. La chaleur perdue de ces fours est portée vers les bouilleurs d’une machine à vapeur de vingt chevaux, qui suffit à la soufflerie et à la machinerie de l’usine.
- MM. Thomas et Laurens ont établi, en entier, six
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- grandes fabriques de sucre indigène situées à Salsogne (Aisne), àl’Ile-Savary (Indre), Grotzingue (duchéde Bade), Essek (Hongrie), Ennery (Moselle) etLisle-sous-Tronchoy (Yonne). La consommation totale de ces établissements s’élève à 16 millions de kilos de betteraves,. Dans plusieurs autres fabriques, ils ont monté de9 appareils de chauffage; les heureuses dispositions qu’ils ont prises ( pour les sections de passage et l’expulsion totale de l’air de l’eau d’alimentation) leur ont permis d’augmenter considérablement la quantité de vapeur produite par les chaudières et tubes, pour une surface chauffante égale; la consommation de là houille s’est trouvée réduite à 32 hectolitres combles pour 20,000 kil. de racines, eu y comprenant la
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- vapeur, pour développer la force mécanique et le «chauffage des purgeriès, parla chaleur excédante des fumées.
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- Dans la belle raffinerie de Honfleur, ils ont utilisé l’eau sortant, à 54 ou 60°, d’un appareil évaporatoire à vide, pour chauffer les greniers, ce qui n’avait point encore été fait ; tout le surplus du chauffage de l’air y fut opéré par un grand calorifère à vapeur également de leur construction.
- On doit encore à ces ingénieurs d’avoir surmonté habilement toutes les difficultés dans les plans ou constructions des distributions d’eau de Seine aux communes deCharenton, Saint-Mandé, Yincen nés, Charonnc, Belle-ville et la Yillette.
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- Pour l’ensemble de ces travaux, et les notables services qu’ils ont rendus à l’industrie manufacturière, le jury décerne à MM. Dufournel, Thomas et Laurens la médaille d’argent.
- M, Eugène Flaçhat, ingénieur civil.
- M. Fl achat s’est occupé, avec beaucoup de succès, d’appliquer diverses dispositions ingénieuses pour employer la chaleur perdue des hauts fourneaux et des fours à reverbère au chauffage des chaudières de machines à vapeur, motrices des souffleries, des laminoirs, marteaux, etc.
- Les procédés adoptés par M.Flachat ontélé mis en usage, d’abord pour la flamme des fours à puddler, dans les usines
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- de Fourchambaut et d’ïmphy (Nièvre), et de Châtillon-sur-Seine (Côte-d’Or), puis aux usines d’Abainville (Meuse) construites par lui, et dont il a exposé les plans ; la flamme des hauts fourneaux et des fours y fut appliquée au chauf-
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- fage d’une machine à vapeur de cent chevaux qui sert de principal moteur aux souffleries, aux forges, laminoirs, tréfileries, tôleries, etc. ; enfin aux usines de Sionne (Meuse), Montataire (Oise) et Tronçais (Cher).
- M. Flachat a construit aussi les grandes usines deTusey, qui présentent un exemple remarquable d’un haut fourneau cylindrique très-solide, malgré le contraste de la légèreté de sa construction avec celle des tours massives des fourneaux du pays. Il a encore construit ou amélioré, un grand nombre d’autres usines à fer et de bocards dans les départements de la Meuse, des Ardennes, de la Haute-Marne et du Cher. On lui doit l’extension des machines à comprimer le fer, dites squeezer, et des régulateurs de vannes pour les souffleries. Il a exécuté, à Marseille, à Orléans, à Calais, de grandes usines à gaz-light. Ses études des projets de docks, au Havre et à Marseille, méritent d’être signalés, ainsi que sa coopération aux entreprises de chemins de fer actuellement en exécution, ensemble de travaux nombreux, obtenus à l’aide des concours de jeunes ingénieurs sortant de l’école centrale des arts et manufactures, et que M. Flachat s’attache tous les ans.
- Pour ces importants travaux et leurs utiles résultats, le jury décerne la médaille d’argent à M. Eugène Flachat.
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Gronnier, propriétaire, à Paris.
- Il a exposé le modèle d’un four et serpentin métallique à chauffer l’air de la soufflerie d’un haut fourneau à l’aide d’une partie de la flamme perdue du gueulard. Ce qui distingue surtout la disposition adoptée par l’auteur, c’est que le tuyau, contourné en serpentin, est enveloppé, au sortir du four, par une cheminée descendante dans laquelle passent, autour de lui , les gaz qui ont commencé à Véchauffer ; une cheminée d’appel établit le courant, qui continue d’une manière spontanée, cil sorte que l’air chaud ne peut perdre sensiblement de chaleur. Il en résulte des conditions très-favorables pour réaliser les avantages du système de l’air chaud, et la possibilité d’appliquer à un grand nombre d’usages utiles l’excédant des gaz du gueulard.
- Quelques avantages particuliers sont dus à cette disposition : ainsi l’appareil n’a que 26 mètres de développement au lieu de 60 et plus qu’ont d’autres constructions; la température, se conscrvant mieux, doi t être moins élevée dans le four, et la fonte des tuyaux n’est pas chauffée au point de s’altérer; la libre dilatation de tout le système évite les ruptures, un registre et plusieurs ouvreaux règlent la quantité de gaz et leur inflammation par des injections d’air dirigées, à volonté, sur l’un des points convenables.
- M. Gronnier a donné un bon exemple, en garantissant les résultats, de son procédé de la manière la plus complète : car non-seulement il fait tout construire à ses frais,
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- mais encore il s’engage à indemniser les maîtres de forge, si des pertes étaient occasionnées par des mises-hors ou interruptions de son fait.
- L’appareil de M. Gronnier a été déjà adopté avec succès dans plusieurs usines, et il se propagé de plus en plus.
- Le jury, pour récompenser M. Gronnier du service qu’il a rendu à l’industrie métallurgique, lui accorde une médaille de bronze.
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- SECTION y.
- MARBRES, BITUMES, STUCS, PIERRE DE LIAIS, PIERRES LITHOGRAPHIQUES", CIMENT ROMAIN, INDUSTRIE MÉCANIQUE DES MARBRES, PIERRES MEULIERES, ARDOISES, GRANITS, PORPHYRES, ETC.
- M. le vicomte Héricart de Thury, rapporteur.
- Considérations générales.
- La France possède de nombreuses carrières de marbre pour la statuaire, comme pour la marbrerie monumentale et d’ornement. Nous avons des marbres de toute espèce, de toutes qualités, de toutes couleurs. Nos carrières ont été exploitées par les Romains pour leurs temples et leurs palais. Nous en trouvons des témoignages authentiqués dans les ruines de leurs monuments, à Nîmes, à Aix, à Arles, à Orange, à Vienne, à Lyon, etc. On peut y faire unë riche et nombreuse collection des marbres qui lés dé- v coraient; ce sont tous marbrés français, ét lés fragments des statues qu’on ÿ recueille sont tous également de blanc statuaire de France, des Alpés ou dés Pyrénées.
- Charlemagne, François Iet, Henri IV> Louis XIV ont fait remettre en exploitation une partie des carrières exploitées par les Romains* L'ancien gouver*
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- nement, dans l’intérêt de nos monuments publics et de nos carrières de marbre, avait fait des commandes considérables à divers exploitants. Plusieurs nouvelles carrières ont été ouvertes et exploitées avec succès; ce sont leurs marbres qui ont été employés à la bourse, à la chambre des députés, à l’hôtel des finances, à la Madeleine, à l’hôtel du quai d’Orsay, etc., etc.
- Pourquoi ne pouvons-nous en dire autant de nos carrières de marbre statuaire? Les Ptomains les ont exploitées ; nous retrouvons partout des traces de leurs ateliers. Aujourd’hui, on prétend ces marbres inférieurs à ceux d’Italie : ont-ils donc perdu de leur qualité?
- . Nos blancs statuaires sont aussi beaux parleur qualité, le grain, la blancheur que les marbres d’Italie, quand ils sont choisis avec soin. En vain l’on demanderait à la plupart des praticiens à quels litres ou par quels caractères ils les distinguent : aucun n’en sait et n’en connaît la différence. L’habitude, la pratique, l’ignorance, ou des motifs particuliers, disons-le, ont motivé la préférence, et il a été convenu de dire que les marbres de France étaient inférieurs à ceux d’Italie ; c’est ainsi que la belle griotte rouge sanguine de Caunes n’a trouvé à se répandre que sous le nom de griotte d’Italie , où. on ne la connaît point ; c’est ainsi que le cipolin de Sicile se trouve dans les hautes Alpes ; c’est én-
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- core ainsi qne notre rouge, notre portor et notre beau noir jaspé ont passé pour des marbres antiques de carrières épuisées, quand les marbres existent abondamment dans les Alpes et les Pyrénées.
- Enfin nos marbres blancs statuaires sont aujourd’hui connus. Leurs gisements ont été constatés dans les Alpes et les Pyrénées par Saussure, Dolo-mieu, Palassou, Ramond, Cordier, Élie de Beaumont, Dufresnoy, Jaubert de Passa, etc., etc., comme leur qualité a été reconnue et attestée par nos premiers statuaires, Bozio, Gavrard, David, Foya-
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- tier, Lemaire, Espercieux, Etex , Maindron, etc. ; mais, bien plus, elle l’est d’une manière incontestable par la belle conservation des statues et des bustes antiques de nos marbres restés enfouis pendant plus de quinze à seize siècles; ils sont sains, intacts, et delà plus belle conservation : ainsi la belle statue de la Vénus d’Arles, retirée du Rhône, sans aucune altération, après plus de seize cents ans de submersion dans les eaux de ce fleuve; ainsi le Faune de Vienne; ainsi.... Nous pourrions citer plus de cinquante exemples semblables. Cette belle conservation, bâtons-nous de le dire, est due à la contexture cristalline, plus dense , plus compacte et plus intime de nos marbres, d’où résulte une plus grande dureté qui en fait la qualité et la supériorité, mais qui exige de la part des praticiens, il
- est vrai, plus de temps ou de travail, et, par suite,
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- leur fait demander pour leur ouvragé Un prix plus élevé, motif pour lequel la plupart des statuaires donnent la préférence aux marbres d’Italie, plus faciles à travailler, parce qu’ils sont plus tendres, et souvent tellement tendres, qii’on né petit les travailler qu’à force de les gommer, outre l’inconvénient qu’ils ont d’être souvent siliceux et parsemés de nœuds de quartz.
- On a manifesté la crainte qUe nos carrières de blanc statuaire ne pussent fournir aüx besoins de nos ateliers et de nos monuments publics; ces craintes ne sont nullement fondées. Nos géologues ont reconnu le prolongement de la grande bande de
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- blancslatuaireetdublanc clairdanstoutela longueur de la chaîne des Pyrénées : on peut les attaquer dans plus de cinquante endroits ; il né faudrait que des encouragements, il ne faudrait que quelques ponts sur les torrents, et remettre les chemins en bon état de viabilité. Lorsqu’il le voudra, le gouvernement ne fera pas moins que ne firent à cet égard Henri, IV, Louis XIV, et Napoléon, qui, lors delà naissance du roi de Rome, ordonna que l’on bâtît un palais, où il ne serait employé, én matériaux, meubles et ornements, que des matériaux, des bois et des marbres de France.
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- § 1er. MARBRËS.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- La compagnie pour l’exploitation des marbres des Pyrénëes, M. Lesueur, rue Bergère, 16.
- La compagnie Lesueur exploite, suivant les états qu’elle â fournis et qui résultent d’actes authentiques de concession, trente et une carrières de marbre dans les Basses*Pyrénées, les Hautes-Pyrénées èt la Haute-Garonne, savoir :
- 1° A Louvie-Soubiron (Basses-Pyrénées), trois carrières dont le blanc statuaire dit le marbre à la Vierge, à cause de sa blancheur, le bleu clair et le bleu lurquin. 3 c.
- 2° A Beÿrède-Sérancolin (Hautes-Pyrénées), sept carrières donnant les différentes variétés de beyrède ou sérancolin. .7
- 3° A Saint-Bertrand-de-Comminges (Hautes-Pyrénées), deux carrières de noir antique et le porter de Sarlat. ' 2
- 4° A Sost (Hautes-Pyrénées), dix carrières donnant le blanc statuaire, le gris perlé d’hérechède , le rosé vif, le rosé pâle, la griotte brune, la griotte œil-de-perdrix, le vert môiilin, le vert sanguin, et le beau vert, rouge, gris, brun, rubané. 10
- 5° A Signac (Haute-Garonne), trois carrières de rouge antique, vert moulin et griotte œil-de-perdrix. 3 6° A Cierp (Haute-Garonne), trois carrières de vert moulin, de griotte, de gris perlé. B
- 7° Â Sâint-Béat (Haute-Garonne), deux carrières
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- de blancstatuaire, de l’alouette et de jaspin sanguin. 2
- Et 8° A Hertz (Haute-Garonne), une de jaune faux-sienne. 1
- Total. 31 c.
- La carrière de Louvie est une de nos plus importantes carrières de blanc statuaire ; elle a été visitée par MM. Charpentier, Palasson, Ramond, Cordier,Dufresnoy, Élie de Beaumont, Lefebvre, de Gisors, etc., qui en ont constaté le gisement et les qualités. Il y a longtemps que cette carrière est connue, elle a été exploitée à une époque reculée; il en existe plusieursstalucsetmonumcntsdans le pays. Ellepro-duit des blocs de toutes dimensions, ainsi qu’on a pu en juger par les grands blocs envoyés à Paris et qui ont servi 1° à M. Gueyrard, pour ses statues colossales de l’ordre public et de la liberté à la chambre des députés ; 2<> à M. David, pour son jeune tambour Barra , les bustes d’Arago, de Desaix____; 3° à M. Élex, pour son groupe colossal de Caïn,
- son saint Augustin, sa sainte Geneviève et un grand nombre de bustes d’une très-grande beauté; 4° àM. Espercieux, pour sa charmante baigneuse; 5° à M. Foyatier, pour son Cincinnalus, etc.
- Le jury estime que la compagnie des marbres des Pyrénées, qui avait obtenu la médaille d’or en 1827, est de plus en plus digne de celte honorable distinction et lui en accorde le rappel.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. Aimé Geruzet, à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées).
- M. Géruzet, exploitant de riches et nombreuses carrières
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- de marbre dans les Pyrénées, a présenté, avec une belle cheminée de marbre d’Italie dont les moulures sont faites à la mécanique, un bel et nombreux assortiment de ses marbres en tables de toutes dimensions, un piédestal de marbre Campan , et une colonne de marbre Gampan de 3m,93 de fût sur 0ra,55. Cette colonne, suivant le certificat qui a été dressé par le maire de Bagnères-de-Bigorre, signé par dix-huit habitants et le sous-préfet, a été fai te sur le tour en soixante-quinze heures ; elle est taxée à 4-00 fr., prise sur place. M. Géruzct a établi, pour travailler le marbre, une vaste usine surl’Adour, composée l°de cent quarante à cent soixautc lames de scie en mouvement jour et nuit de dix scies à débiter les blocs en tranches, 3° sept tours à marbre; 4° une scie circulaire à débiter des pierres dures; 5° un châssis à moulures droites ; 6° quatre machines à couper, creuser et faire des moulures aux tables rondes ; et 7° une mécanique à faire douze rosaces en même temps.
- M. Géruzet a obtenu, en 1834-, la médaille d’argent, la seule qui ait été donnée à la dernière exposition ; depuis, il a obtenu, de Sa Majesté, la décoration de la Légion d’honneur. Le jury estime qu’il se montre de plus en plus digne des hautes faveurs et distinctions qui lui ont été accordées, qu’il y a lieu de lui accorder une médaille d’or.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
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- La Société anonyme dés Vosges, à Epinal, M. Adam, à Epinal.
- La Société anonyme des Vosges, qui a ouvert ses exploitations en 1829, a envoyé, à l’exposition, un riche assor-
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- timent de çes marbres, dans lequel on a particulièrement distingué :
- 1° Deux belles colonnes de 4 mètres de hauteur, de la grande brèche Napoléon blanche, grise-violette, à grands effets; beau marbre monumental très-fin, susceptible du plus beau poli ;
- 2° Une table de serpentine brune et verte sanguine à grands effets, de la carrière Goujar;
- 3°Une'tablc de beau marbre gris , blanc, verdâtre, de Fromont ;
- 4° Une table en marbre de Donon, marbre superlin, à grands effets, pour les monuments publics;
- 5° Le marbre de Russ, marbre très-fin;
- Et 6° une table de blanc cristallin pailleté, pentôlicoïde, des calcaires infiltrés à travers les porphyres et granits.
- La compagnie des Yosges a établi'uue grande usine dans laquelle les marbres sont sciés, débités et travaillés à la mécanique.
- Le jury décerne une médaille d’argent à la compagnie anonyme des Yosges.
- Société Julien Bertrand, de Yentavon, et Eugène Gaymard, de Grenoble (Isère).
- Marbre blanc statuaire du Val- Senestre, au Val-Jouffroy, canton de la Mure, arrondissement de Grenoble.
- Le marbre blanc cristallin ou pailleté pentélicoïde que la société Julien Bertrand et compagnie fait exploiter a une grande analogie avec le marbre pentélique; il est dur, blanc, neigeux, un peu veiné, et d’un bon emploi pour la statuaire.
- Le buste de Yaucanson, fait avec ce marbre par M. Vie-
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- tor Sapey, de Grenoble, sous le nom duquel il est exposé, est un bon essai de ce marbre, et prouve tout le parti qu’on pourra en tirer lorsque la carrière sera attaquée à vif. Cinq blocs de ce beau marbre ont été emvoyésà Paris par la compagnie pour les faire essayer par nos. premiers statuaires ; ils ont été remis à MM. Bosio, David, Pradier, Durest etMaindron, qui en font chacun une statue, et sont très-sat.isfaits de la qualité de ce marbre.
- Le jury, en considérant l’importance de l’exploitation des carrières de marbre blanc statuaire deFrance, décerne une médaille d’argent à la société Julien Bertrand de Ven-lavon et Eugène Gaymard, pour son marbre statuaire du Yal-Jouffroy.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M, Grimes , à Montpellier (Hérault).
- Marbres des carrières
- Marbre lumachelle, Albâtre calcaire 5
- deFaugères, de Caunes,
- Aude.
- de Lavalette-Montpellier.
- de Cette, de Lavalette,
- Cêvennes.
- Les exploitations de M. Grimes de Caunes sont très-anciennes : elles ont fourni une immense quantité de marbres de la plus grande beauté, pour la haute marbrerie et les monuments publics; ces marbres sont très-fins, très-variés et très-estimés. Ces carrières peuvent fournir des tables, des blocs et des colonnes des plus grandes dimensions, notamment les carrières de rouge incarnat et cervelas de Caunes. M. Grimes a établi, à Caunes, une scierie de quatre châssis de chacun vingt-quatre lames, et à Montpel-
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- lier, surlariviéreduLez,uneaulrescicriedesoixante lames.
- Le jury accorde une médaille de bronze à M. Grimes.
- M. Fraisse aîné, à Perpignan (Pyrénées-Orientales).
- Les marbres exposés par M. Fraisse proviennent de Baixas et d’Estagel, sur le bord oriental des Corbières, à deux lieues de Perpignan j ces marbres ont été signalés par M. Jaubert de Passa, à l’époque de l’exposition de 1823.
- Les carrières mises en exploitation par M. Fraisse sont remarquables par la richesse, la variété des marbres et les circonstances géologiques qu’elles présentent.
- Au fond des carrières sont d’abord les marbres blancs statuaires à grands éléments cristallins semblables aux marbres pentéliques, et au-dessus les blancs saccharoïdes, qui sont successivement recouverts par des marbres bleus, clairs, veinés, jaunes, gris, bruns, noirs, enfin des brèches de toutes couleurs.
- La beauté des marbres de Baixas et d’Estagel a déterminé M. Fraisse à établir, près du puits foré artésien qui lui a valu la médaille d’or des Sociétés royales d’agriculture et d’encouragement, une grande scierie à eau dans laquelle ces marbres sont débités et travaillés à la mécanique.
- Suivant nos premiers statuaires, les marbres blancs cristallins et saccharoïdes de Baixas et d’Estagel sont d’une grande beauté, d’une excellente qualité, et propres à la statuaire.
- Le jury décerne à M. Fraisse aîné une médaille de bronze.
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- I o
- Observations sur les échantillons de marbres, serre-papiers,
- socles et vases>
- de M. Fraisse, de Perpignan.
- Tousles échantillons présentés parM. Fraisse sont en mar-bredu département. C’eslsousle.calcairegrossierde Baixas, sur lebord oriental du massif des Corbières, à deux lieues de Perpignan, dans une vallée abordable par les charrettes, que M. Fraisse a trouvé un immense dépôt de marbre dont les strates, presque verticales, offrent une facile exploitation et une riche variété de couleurs. La carrière, ouverte sur deux points distants de 100 mètres , donne, à l’un de ces points, une brèche blanche et jaune, et à l’autre le bleu uni. En cherchant à découvrir les dépôts compris entré ces deux limites, on trouve fréquemment des strates dont la puissance excède souvent un mètre, et toutes présentent une modification dans les nuances et les qualités des deux strates voisines. Chaque jour amène des découvertes, et, lorsque la carrière sera, dans toute son étendue, livrée aux ouvriers, elle offrira une riche collection de marbres et de brèches. L’exploitation est faiteavecsoin et méthode. L’emploi de la poudre y est sévèrement proscrit. La position presque verticale des couches ou strates permet des exploitations isolées pour chacune de ces couches.
- M. Fraisse a établi une scierie sur un petit cours d’eau voisin des ateliers où les produits de cette scierie et de la carrière sont ouvrés, dans l’intérieur de la ville de Perpignan. La scierie, garnie de quinze à vingt lames, travaille, nuit et jour, depuis l’année 1837. L’atelier de Perpignan livre au commerce des brèches semblables aux échantillons
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- T. I.
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- présentés, avec une réduction de 25 pour 100 sur les prix courants des marbres jusqu’ici livrés à la consommation dans le département des Pyrénées-Orientales.
- Les prix de vente sont
- 20 fr., 25 fr. et 30 fr. pour les chambranles simples ;
- 10 à 12 fr. pouf les dessus de secrétaire et commode;
- 1 fr. 25 les dalles ou carreaux, blancs, bleus, ou veinés, pour le pavage des appartements.
- Les marches d’escalier, les appuis des fenêtres se livrent aux mêmes prix que ceux de la pierre de saillie ordinaire (molasse de Montpellier).
- La scierie de M. Fraisse est située sur le domaine où fut foré le premier puits artésien pour lequel il obtint la
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- grande médaille, d’or de la société d’encouragement, le second prix de la société royale d’agriculture de la Seine et le premier prix de la société royale de Perpignan.
- La carrière de Baixas offre des blocs tracés dans le roc
- ‘ i
- vif et levés ordinairemen t à . „
- ' : ••• .* “N,
- 6 mètres de longueur,.
- 3 id. de largeur,
- 1 id. d’épaisseur. ,
- Ces blocs sont ensuite débités à la trace ou à la scie, selon les, besoins de l’industrie.
- Les trois établissements que M. Fraisse a créés lui ont coûté de grands sacrifices et une persévérance éclairée. Leurs résultats sont :
- ; 1° De livrer au commerce une grande variété de marbres à des prix réduits sous toutes les formes désirables;
- 2° d’être situés, dans.une contrée jusqu’ici privée de ces produits réclamés par le, luxe et l’aisance ; d’être à deux
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- lieues de Port-Vendre., c’est-à-dire que ces marbres peuvent, par la Mediterranée, par le canal du Languedoc et par le Rhône et ses affluents, être dirigés, à peu de frais, sur tous les lieux de consommation.
- M. Cafler, aux Thermes, barrière de l'Arc-de-PÉtoile, près Paris.
- M. Cafler a présenté, à l’exposition, des marbres nouveaux et encore inconnus, qui proviennent de scs propriétés dans la chaîne du Jura. Ces marbres sont très-fins, durs, susceptibles du plus vif poli et remarquables par les accidents qu’ils montrent dans leurs veines rubanées. Les carrières de M. Cafler donnent trois espèces distinctes, savoir : 1° un jaune pourpré violet et rosé très-fin et bien supérieur aux plus belles qualités de la Sainle-Beaumc; 2° un marbre jaune bistré zonaire ou rubané, dit le Florentin français, marbred’unerare beauté, et que M. Cafler réserve, à raison de la qualité, pour en faire des vases, des patères, des socles, des serre-papiers, et, en général, des pièces de cabinet ou de collection ;
- Et 3° le ventre-de-biche rubané et accidenté.
- Les cheminées faites par M. Palou, marbrier à Paris, avec les marbres de M. Cafler sont admirablement travaillées.
- Les nombreuses demandes qui ont été faites de ces marbres prouvent le succès qu’ils obtiendront. Lejury estime que M. Cafler mérite une médaille de bronze.
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- M. de Lus as , à Fontainebleau ( Seine-ei-Marne).
- Marbres de la carrière de Sainte-Marguerite, à Noisg, près
- Montereau.
- M. de Linas a ouvert à Sainte-Marguerite une vaste car-
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- rière d’un marbre jaune ou jaunâtre veiné, susceptible d’un très-beau poli, et pouvant donner des colonnes de 4-, 5 et 6 mètres de fût d’une seule pièce. Ce marbre peut être employé avec le plus grand succès dans la marbrerie de luxe et d’ornement, pour des cheminées, chambranles, vases, patères, etc.
- M. de Linas a établi, sur la rivière d’Orvanne, à Moret, près Fontainebleau , une grande usine où 150 scies débitent les blocs de marbre qui sont ensuite travaillés à la mécanique.
- Le jury décerne à M. de Linas une médaille de bronze.
- M. Henry fils aine, à Laval-Mayenne.
- M. Henry de Laval a ouvert de vastes et immenses carrières de marbre, dans lesquelles il a découvert, au-dessous des marbres noirs, de belles variétés de marbres gris veinés, gris fleuri, et de.rouges à veines blanches et vertes, pour lesquels il a construit sur la Mayenne une grande usine, dans laquelle ces marbres sont débités par dix chariots qui mettent deux cent trente lames en mouvement. Ces carrières peuvent fournir des blocs des plus grandes dimensions.
- Le jury accorde àM. Henry une médaille de bronze.
- MM. Guiffroy, Janet ef cic„
- Ont présenté une belle collection des marbres des car-
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- rièrcs de Trcuzy, canton de Nemours (Seinc-et-Marne), parfaitement travaillés, avec goût et élégance.
- Dans le nombre des pièces présentées, le jury a distingué un obélisque qui, de sa base à son sommet, présente les différents degrés du travail du marbre depuis son épannelage jusqu’à son dernier poli, et prouve, de la part de MM. Guif-frov, Janet et cie, une connaissance approfondie de l’art du marbrier.
- Le jury est d’avis de leur décerner une médaille de bronze.
- MM. Virebent-Monevaux (Auguste) et cie, à Toulouse (Haute-Garonne).
- MM. Virebent-Monevaux et cieonlmis en exploitation les stalactitesctslaîagmitesd’uneanciennecavernequiadûexis-ter àMonlbrun, et qui paraît s’être affaissée dans la grande ^dislocation que les montagnes voisines ont éprouvée.
- L’albâtre de ces stalactites est d’une grande beauté. MM. Yirebcnt et cic l’ont employé avec le plus grand succès pour en faire des tables , des consoles, des cheminées, des vases, etc.
- Le jury estime que MM. Virebent-Monevaux cl cie méritent une médaille de bronze.
- MM. Laudeau frères, à Sable (Sarthe),
- Exploitent une carrière de marbre noir au Port-Etroit, rive droite de la Sarthe, commune de Suigné, près Sablé.
- Ce marbre csj,d’un beau noir, compacte, solide, docile au ciseau, susceptible d’un vif poli, et propre aux diverses branches.d’industrie de la marbrerie ; on peut en extraire des blocs des plus grandes dimensions
- MM. Laudeau ont établi, à peu de distance de leur car-
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- rière, deux grandes usines pour scier et travailler leurs marbres par de nouveaux procédés mécaniques de leur invention.
- Indépendamment des marbres du Port-Étroit, MM. Lau-deau frères exploitent encore avec le plus grand succès les marbres gris et rouge de Laval, ceux des Pyrénées et des diverses autres parties de la France.
- Le jury décerne à MM. Laudeau frères une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Houssin , à Villefranche (Aveyron).
- Échantillons de marbres provenant des carrières récemment découvertes dans les arrondissements de Rodez, , Espalion et Villefranche.
- M. Houssin a fait établir une scierie à cent lames , et ouvrir quatre carrières, malgré le peu de ressources qu’il avait à sa disposition ; il se propose d’ouvrir incessamment de nouvelles carrières.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. Marmier^ me Sainte-Anne^ marbre cle Créchy.
- Les marbres de Créchy (Allier) proviennent d’une découverte faite par M. Marmier. Ces marbres sont des espèces d’alabastrites calcaires jaunes, grises, vertes et noirâtres, d’un bel effet, et susceptibles d’un vif poli.
- Lcjury jugeM. Marmier digne d’une mention honorable.
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- M. Miller-Thiry, à Nancy (Meurthe). /
- M. Miller-Thiry a présenté un bel assortiment de marbres des carrières des Vosges, savoir : les brèches grises, vertes et granitoïdes de Schirmeck, pour lesquelles il a établi un service mécanique de 36 lames.
- Le jury lui décerne une mention honorable. ’
- M. de Perrochel, à Saint-Aiibin-de-Lo£ quenay (Sarthe).
- M. de Perrochel exploite, dans la commune de Saint-Aubin-de-Loquenay, une carrière de marbre dont il a fait faire une table et une chetninée par M. Crépon, marbrier au Mans, pour démontrer, dans l’intérêt dé la localité, le parti qu’il serait possible de tirer de la grande quantité de marbre qui s’y trouve.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- ; • . / ' ' <
- M. Guion*-des-'Moulins , à Goutances (Manche). Marbres des carrières de Régné ville , de. Montmârtre-sur-Mer, de Montcliaton et de Mesnil-Aubert*
- Tous les marbres dont le sieur Guion présente des échantillons sont travaillés dans son atelier, où il occupé* annuellement sept ouvriers. Leur salaire varie de 1 fr. 50 à 2 fr. Les produits consistent en tables, cheminées, autels, monuments funéraires, etc.; ils sont expédiés notamment dans les départements de la Manche et du Calvados. Lequry lui décerne une citation favorable. • > r;
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- M... Philippot jeune, à Perpignan (Pyrénées-Orientales).
- M. Philippot a exposé cinq échantillons de marbre des carrièrès de Baixas.
- Le jurv lui accorde une citation.
- M. Breton, rue Saint-Sébastien, 5o.
- M. Breton exploite à Saint-Aubin, département de Seine-et-Marne, une carrière de pierre dure susceptible de poli, qu’il emploie avec succès dans la marbrerie pour en faire des cheminées, des vases, des tables, etc.
- , Le jury lui accorde une citation favorable. ,
- § 2. DES BITUMES.
- Nos mines debitumos, qui ont exercé, l’an dernier, une si grande et si puissante influence dans la crise que notre industrie minérale a éprouvée, sont à peu près revenues aujourd’hui au point où elles étaient avant cette crise. Elles y ont seulement gagné une plus grande activité dans n l’exploitation, une plus grande extension dans les débouchés et la consommation. Aux précédentes expositions, trois mines avaient envoyé leurs produits. Celles de Lob-sann et de Seyssel se représentent encore à la tète de cette industrie, qui restera belle, bonne et avantageuse, lorsque les travaux seront faits avec des préparations et combinaisons de bitumes, asphaltes et goudrons minéraux, et non avec des goudrons végétaux, des bitumes factices et artificiels, dont le jury ne saurait approuver l’emploi dans les travaux publics. -,
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. Dournay et cie. Goudron minéral, roclie asphaltique,, mastic bitumineux asphaltique pour dallages et couvertures.
- La mine de la compagnie Dournay est à Lobsaun, arrondissement de Weissembourg (Bas-Rhin) ; elle emploie 350 ouvriers. L’exploitation se fait par puits et galeries au moyen de machines d’extraction. Le calcaire asphaltique en grande masse riche, puissante cl de bonne qualité, sert de toit ou de recouvrement à la mine 'de molasse bitumineuse ou de goudron minéral pisasphaltique plus ou moins riche, et souvent à peine ou légèrement sableux. L’entreprise de la compagnie Dournay est aujourd’hui montée sur les plus grands développements pour la fabrication du mastic bitumineux asphaltique, qui est devenue une branche d’exportation des plus importantes en Allemagne, Bavière, Hollande, Belgique, Angleterre, etc. La compagnie Dournay a continué ses travaux d'application avec le plus grand succès à Strasbourg, Metz, Nancy, Ya-lenciennes, etc., etc. Le génie militaire rend les meilleurs témoignages des travaux faits par la compagnie Dournay, qui a présenté, à l’exposition, de belles mosaïques pour dallages de trottoirs, terrasses, cours, etc., d’une excellente fabrication. On luidoitégalemcntlafabrication descaisses, cuves et conduites bitumées imperméables, et les papiers préparés pour les couvertures et l’emballage, papiers bitumés, aussi souples que les papiers ordinaires, mais imperméables.
- Le jury juge que la compagnie Dournay est de plus en
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- plus digne de la médaille de bronze qui lui fut décernée en 1823, et lui accorde une nouvelle médaille de bronze.
- MM. Goignet et c'°, de Seysse^ rue Haute-ville, 25, successeurs duçomtede Sassenay.
- L’exploitation des bitumes de la compagnie Goignet se fait à Pyrimont, canton de Seyssel (Ain) ; elle remonte à une époque déjà ancienne. Le comte de Sassenay avait commencé à donner à leur exploitation une grande extension; mais c’est particulièrement à M. Goignet qu’est dû l’immense développement qu’a reçu, depuis quelques années, l’industrie des bitumes. Suivant les livres et déclarations de cette compagnie au jury d’admission, il aurait été vendu, du Ie1 janvier 1839 jusqu’au 1er mai,, en quatre mois seulement, trois millions de kil. d’asphalte de Seyssel en France, et dix millions à l’étranger. On emploie une roue hydraulique pour confectionner le mastic. L’asphalte se vend de 5 à 7 fr. le quintal métrique, et le mastic 11 fr.
- G’est la compagnie de Seyssel quia fait la majeure partie des grands travaux de trottoirs et de dallage de la ville de Paris, dont on doit, entre-autres, citer ceux de la place Louis XV. Cette compagnie fait également les mosaïques et mastics pour couvertures de terrasses.
- M. de Sassenay avait obtenu une médaille de bronze; le jury pense ne pouvoir moins faire pour la compagnie Coiguet, et donne à l’exploitation des bitumes de Seyssel une nouvelle médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- Goudron minéral.
- MM. Debray et cie, faubourg Saint-Denis, 93.
- Cette compagnie exploite les mines de Baslennes, près Dax (Landes).
- Elle emploie 400 ouvriers, aux prix de i fr.à 4 fr. 50 c. par jour.
- Les principales villes de l’Europe en font usage.
- Les 100 kil. reviennent à 48 fr. à Bayonne, et à 55 fr. à Paris.
- Le jury accorde une mention honorable à la compagnie Debray.
- Schiste bitumineux, bitume liquide, matière grasse provenant des schistesj huile pour l’éclairage, bougie bitumineuse , goudron minéral.
- M. Selligue , à Saint-Léger (Saône-et-Loire).
- Personne ne peut douter des produits obtenus par M. Selligue de la distillation des schistes bitumineux de Saint Léger; mais son exploitation ne fait que de commencer. Le jury croit devoir se borner, celte année, à une mention honorable, en constatant tout ce que M. Selligue a fait pour la nouvelle branche d’industrie qu’il a créée.
- Préparations bitumineuses.
- M. Camus, à Paris, rue de la Grande-Trtian-derie, 36.
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- Feutres bituminés pour couvertures de bâtiments et édifices. Le jury lui décerne une mention honorable.
- Tuyaux et fontaines en bitume.
- M. Chameroy,boulevard Saint-Martin, i36.
- Fait usage d’un manège.
- Il emploie 50 ouvriers, qui gagnent moyennement 3 fr. Matières premières : Bitumes, brais, asphaltes, tôles puddlées, étain, plomb, zinc.
- Il expose deux fontaines en tôle et bitume.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- Bitume vègèto-mmêral pour dallage et objets d’ameublement.
- MM. Roux et cie, rue Louis - le- G ra nd, 3i, fabrique rue Popincourt, 75, aujourd’hui compagnie Jagou.
- La compagnie Jagou emploie 55 ouvriers, et le bitume ou calcaires asphaltiques de Lobsann el'Seyssel.
- La quotité des salaires monte, chaque jour, à 200 fr.
- Le prix est de 4 fr. 30 c. à 12 fr. 75 c. par mètre carré pour 6 lignes d’épaisseur. Cette différence de prix provient de la complication du dessin et du fini dans le travail.
- L’établissement, quoique nouveau, a fourni en sept mois 300,000 kil. de produits.
- La France est jusqu’à présent le seul lieu de consommation. C’est à Paris que l’on en a fait les principales applications. Le jury estime MM. Roux, Jagou et compagnie dignes de la mention honorable.
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- CITATION FAVORABLE.
- Fragment de grès très-friable de Fontaine-* bleau, préparé d’après le procédé du docteur Badon.
- Le jury lui accorde une citatiou.
- § O. STUCS, MARBRES ARTIFICIELS , MARBRES SQUIRROÏDES ET MARBRES DIVERS.
- MENTIONS HONORABLES.
- Mnic veuve Bex, rue de îa Ciiaussée-d’An-tin ,3.
- Le jury décerne à madame veuve Rex une mention honorable.
- Peinture sur pierre.
- M. Ciceri, rue du Faubourg-Poissonnière , o,3.
- Le jury décerne à M. Ciceri une mention honorable.
- CITATION.
- Marbres artificiels.
- MM. ÏIegardin et cie, rue de Lille, 3.
- Marbres artificiels très-bien imités pour carrelage et pour revêtement.
- Le jury leur accorde une citation favorable.
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- § 4. PIERRE DE LIAIS.
- MENTION HONORABLE.
- M. Pommateau, sculpteur, rue de la Fidelité, 19.
- Pierre déliais des carrières des environs de Paris, sculpture d’ornements et fontaine en pierre de liais peinte et dorée, du genre de la renaissance.
- Le jury estime que M. Pommateau mérite une mention honorable. *
- § 5. PIERRES LITHOGRAPHIQUES.
- En 1816, la Société d’encouragement, reconnaissant que l’emploi des pierres lithographiques augmentait, chaque jour, dans une proportion indéfinie,proposa un prix pour celui qui découvrirait en France le gisement de la pierre la plus convenable aux travaux de la lithographie. De nombreuses recherches furent la suite de ce concours, et en 1817, M. le comte dcLasteyrie fit un rapport concluant à accorder une médaille d’encouragement que la société décerna effectivement pour la découverte de pierres lithographiques de bonne qualité.
- En 1821, le prix proposé en 1817 fut accordé pour la découverte, à Belley (Ain), de pierres lithographiques dont la qualité lut jugée excellente.
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- Cependant, en 1833, la société, ayant reconnu que l’exploitation des pierres lithographiques n’avait pas acquis le développement convenable, proposa un nouveau prix, et, trois années après, plusieurs concurrents se présentèrent, l’un pour les pierres de Châteauroux, d’autres pour celles de Tanlay (Yonne), enfin les derniers pour la découverte de celles du département de l’Ain,
- En 1837, là société accorda le prix aux pierres de Châteauroux, qui furent reconnues de bonne qualité, dont le débit avait été considérable, et dont le prix de vente était de 30 pour 0^0 au-dessous de celui des pierres de Bavière, auxquelles, suivant le rapport, elles sont supérieures et préférables.
- S-
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Dupont (Auguste et Paul).
- Le rapport fait à la Société d’encouragement, le 17 janvier 1838, sur le concours relatif à la découverte et à l’exploitation des carrières de pierres lithographiques de France, a décidé la question delà nature et de la qualité de celles de. Châteauroux, comparées à celles de Munich. Déjà, depuis plusieurs années, M. le comte de Lasleyric avait essayé çes pierres, et il s’en servait avec le plus grand succès.
- La médaille de bronze que MM. Dupont obtinrent du jury central de l’exposition de 1834les détermina à tenter, dans les carrières de Châteauroux, de nouvelles recherches pour lâcher d’y découvrir des bancs de pierres plus pures
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- que celles qu’ils avaient présentées à celte exposition. Leurs exploitations, ouvertes sur le plateau de Châteauroux, sont dans la partie inférieure de l’étage moyen ducalcairede formation oolitique en couches parfaitement horizontales, séparées par des lits de marnes argiio-calcaires, dans une disposition remarquable par sa régularité. Les bancs de pierres lithographiques sont placés entre le great-oolit et le coral-rag des Anglais, et paraissent correspondre à leur Oxford-clmj.
- MM. Dupont ayant acheté les carrières de la maison Cluis, qui exploitait des pierres caîlographiques pour l’écriture, y firent des recherches en profondeur, et ils découvrirent des bancs d’une pâte fine, compacte, serrée, homogène, d’un jaune clair, d’une pureté extrême, sans aucune tache ni nuance quelconque. Ce sont les pierres extraites de ce banc qui ont été présentées à la Société d’encouragement pour son grand concours. Après les avoir examinées relativement à leurs caractères minéralogiques et chimiques, et les avoir fait éprouver par divers lithographes comparativement avec des pierres de Munich et des pierres des départements de l’Yonne et de l’Ain, sur le rapport de sa commission,la Société d’encouragement décerna à MM. Dupont, dans sa séance générale de 1836, son grand prix et une médaille d’or.
- Ce sont ces pierres que MM. Dupont présentent aujourd’hui au jury central. Il est difficile de voir une plus belle qualité, une plus belle pâte, uu grain plus uni, plus fin, plus égal, enfin tous les caractères des premières qualités de pierres lithographiques, tant pour l’écriture, qualité spéciale des pierres de Châteauroux, que pour tous les genres de dessins les plus minutieux.
- MM. Dupont ont établi, sur un cours d’eau peu distant
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- de leur carrière, une usine de la force de 150 chevaux, consistant en une scierie mécanique de 80 lames et deux dressoirs-polissoirs de la force de 30 chevaux, pour débiter leurs bancs de pierre.
- Le jury décerne à MM. Dupont une médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. Houel et cic, me du Gherclie-Midi, 65,
- MM. Houel et compagnie ont découvert à Joux-la-Ville, près Avallon, département de l’Yonne, une carrière de pierres lithographiques qui présentent tous les caractères des.meilleures pierres des carrières de Munich, pour l’égalité du grain, la finesse de la pâte, sa dureté, sa couleur, etc. Ces pierres, qui sont d’une finesse extrême, ont, en outre, l’avantage de pouvoir fournir des dalles dans les plus grandes dimensions.
- Les carrières de Joux-la-Ville sont en pleine exploitation. MM. Houel et compagnie ont fait établir une scierie mécanique qui les mettra à même de faire préparer autant de pierres que l’exigeront les besoins de la lithographie.
- MM. Houel et compagnie ontfixélèur tarif à 25 pour 100 au-dessous de celui des pierres de Munich.
- Le jury estime que MM. Houel et compagnie ont, mérité la médaille de bronze.
- T. i.
- 34
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- N
- CITATION FAVORABLE.
- M. Bernard, à Villebois (Ain).
- Le département de l’Ain possède plusieurs carrières de pierres lithographiques. En 1834, M. Chevron de Nanlua, et M. Bernard de Marchand, furent cités pour les pierres qu’ils avaient exposées. M. Bernard présente aujourd’hui des pierres d’une nouvelle carrière, d’un grain fin, égal, d’une pâte uniforme, et qui paraissent de bonne qualité.
- Le jury lui accorde une citation favorable pour sa découverte.
- § 6. CIMENT ROMAIN ET PIERRES ARTIFICIELLES.
- MENTION HONORABLE.
- MM. de Villeneuve et Tochi, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- MM. de Villeneuve et Tochi ont présenté une tête moulée en ciment hydraulique de Roquefort.
- Ce ciment, qui est de couleur de la pierre et peut ainsi servir au moulage des objets d’art ou à leur restauration, a le grand avantage de résister à l’action de l’eau de la mer et aux lessives alcalines.
- MM. de Villeneuve et Tochi livrent leur ciment de 20 à 30 pour 100 au-dessous du prix de celui de Pouilly, dans le midi de la France.
- Le jury les juge dignes d’une mention honorable.
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- CITATION FAVORABLE.
- M. G. Câllaud-Bellisle , de Magnac-sur-Touvre (Charente).
- •\i* . - * » -
- M. Callaud-Bellislc a. découvert à la Chapelle y arrondissement de Çonfolens, une carrière de chaux hydraulique, ciment romain, qu’il a employée avec succès dans la papeterie de Memmont. • r ;
- Ce ciment réunit, en effet, toutes les conditions des
- , * J
- meilleures chaux hydrauliques; M. Caliaud-Bellislc noté-
- /
- rite une citation favorable.
- § T. DU TRAVAIL MECANIQUE DES -MARBRES.
- IU&UICUU Uc&Yclll IJLlüUcUlUjlie, UU Ici TJCUYLC
- bres par des procédés mécaniques pour la sculpture irbreric d’ornement, n’est pas ancienne,- et cepen-
- L’industrie du travail mécanique, ou la mise en œüvre des marbres et la marbrerie dant elle est déjà arrivée â un' point de supériorité vrai-
- / * * ^ » V ^ *
- ment remarquable, surtout pour les progrès que cette industrie h faits depuis la dernière exposition. Déjà plusieurs grandes'usines marbrières se sont emparées de ces procédés et les emploient avec avantage.
- Le jury a distingué, à l’exposition, des marbres travaillés lûécàniquement, d’une parfaite exécution et d’une grande beauté.
- / x.
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- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Moreau (Félix), rue Notre-Dame-des-Champs, 46.
- M. Moreau exécute la marbrerie et les sculptures par procédés mécaniques prompts, simples, très-exacts et certains, au moyen desquels il peut donner les bas-reliefs, médaillons, arabesques et ornements avec une réduction des deux tiers sur les prix ordinaires.
- Le jury estime que M. Moreau mérite une médaille d’argent d’ensemble.
- * ' H-
- MÉDAILLE DE BRONZE,
- M. Bourguignon , boulevard Beaumarchais, 24.
- M. Bourguignon, qui avait obtenu en 1834 une médaille de bronze pour les procédés mécaniques au moyeu desquels il exécutait les moulures de marbres, a apporté de nouveaux perfectionnements dans ses procédés, et parvient aujourd’hui à faire des panneaux, des chambranles et des cheminées de toutes dimensions, avec une admirable pery fection.
- * , i *
- Le jury le juge de plüs en plus digne de la médaille, qui lui avait été décernée, et lui accorde une nouvelle mér daille de bronze.
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- CITATION FAVORABLE.
- M.-Jeunesse, rue de Clioiseul, 5. Mosaïques de marbres, albâtres, malachites, porphyres, à Fimitation de Florence. Tables, guéridons.
- Le jury lui accorde une citation..
- § 8. PIERRE DK MEULIÈRE ET MEULES DE MOULINS.
- ! » V
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. Gueuvin-Bouchon et cie, à là Ferté-sous-Jouàrre (Seine-et-Marne). -
- MM.Gueuvin-Bouchon et compagnie ont donné,depuis quelques années, une grande impulsion à l’exploitation des pierres meulières, qui ést devenue une des principales industries du département de Seine-et-Marne. L’exploitation s’étend sur près de 500 hectares; elle occupe de quatre à cinq cents ouvriers, qui produisent annuellement de 6 à 700 meules et 80 à 90,000 ou 100,000 carreaux de diverses qualités et dimensions. Le dressage des meules sei fait aujourd’hui à lamécanique; on ignore l’origine de cette fabrication, qui remonte à une époque très-reculée, et qui a été créée par la famille Gueuvin, à laquelle elle doit sa brillante impulsion.
- Le jury estime que MM. Gueuvin-Bouchon et compagnie méritent la médaille de bronze*
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- Meules de moulin et appareils de meunerie.
- M. Victor Hôuyajj, meunier, à Angos.
- M. Houyau a établi, à Lésigny-la-Haie-des Cartes, près Châtellerault-sur-Vienne, une grande exploitation de pierres de meulière pour la fabrication des meules de moulin. Ses meules ont le plus grand succès et sont très-recherchées dans tous les départements de l’Est.
- M. Houyau, qui est meunier et un praticien très* éclairé, est auteur d’une armature en fonte el fer pour équilibrer les meules et assurer le maintien et la conservation de la régularité de leur mouvement.
- Le jury décerne à M. Hou}?àù üne médaille de bronze pour l’ensemble de ses travaux sur l’exploitation des pierres de meûliéreelle nouveau mécanisme de meulcrie de son invention. . ;
- M. Gilquin fils, à la Fertérsous-Jouarre (Seine-et-Marne). . . ,
- L’exploitation de M. Gilquin ne date que de quinze ans au plus, et elle est aujourd’hui d’une très-grande importance. On doit à M. Gilquin une grande partie des nombreuses améliorations introduites, depuis quelques années, dans l’exploitation des pierres meulières. Il fabrique annuellement plus de quatre cents meules de moulin et vingt-cinq mille carreaux. Il emploie plus de cent cinquante ouvriers. Ilfailusage de mécanique et se sert particulièrement de la machine de M. Houyau pour le dressage-plan de ses meules et d’une nouvelle machine pour laquelleil est breveté et qui sert à la fabrication et au rayonnage des meules.
- Le jury estime que M. Gilquin mérite une médaille de bronze.
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- MENTION HONORABLE.
- MM. Blouet et c1G, à la Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Mar ne).
- MM. Blouet et compagnie ont exposé des meules de quartz molaire des carrières de la Ferté-sous-Jouarre de très-bonne qualité ; ils font également les meules françaises et anglaises.
- Le jury n’entend point se prononcer sur le mérite des rayons molaires de fer que MM. Blouet et compagnie disent avoir la propriété de faire écouler plus rapidement la farine sans l’échauffer : il accorde à MM. Blouet et compagnie une mention honorable pour la bonne qualité de leurs meules.
- § 9. ARDOISES ET ARDOISES FACTICES.
- Ardoises.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- La compagnie des ardoisières de Rimogne et de Saint-Louis-sur-Meuse, à Rimogne (Ardennes).
- Les ardoisières de Rimogne sont exploitées au moyen d’une machine à vapeur et de trois machines hydrauliques représentant une force de quarante chevaux; elles occupent plus de trois cents ouvriers, divisés par brigades suivant legenre du travail ; elles fournissent les départements des Ardennes, du Nord, du Pas-de-Calais, de l’Aisne, de l’Oise, de la Seine, etc. Le produit est de 27 millions d’ar-
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- doises annuellement. Les ardoisières de Rimogne doivent à M. Moreau une mécanique très-simple et très-ingénieuse, au moyen de laquelle on obtient des ardoises bien supérieures, pour leur régularité, à celles qui sont faites à la main; cette régularité leur fait aujourd’hui donner la préférence sur toutes celles des autres exploitations du pays ou des environs.
- Le jury décerne une médaille de bronze à la compagnie des ardoisières de Rimogne.
- MM. Digeon et c’% à Javron (Mayenne).
- MM. Digeon et compagnie exploitent, à Chattemoue,4 près Javron, une carrière d’ardoises qui occupe près de trois cents ouvriers et qui produit environ 10 millions d’ardoises de première qualité, de diverses dimensions, pour tous les départements voisins, à des prix très-modérés.
- Le schiste ardoisé de Chattemoue se délite avec autant
- rie facilité que de régularité, de manière qu’on peut obte-
- »
- nir des ardoises des plus grandes dimensions pour tables, tableaux, dallages, monuments et tables de billard.
- Prises à la carrière de Chattemoue, les tables de billard de 2 mètres sur 4 mètres valent 150 fr., et 260 fr. rendues à Paris, et les tableaux de 9 à 12 fr. le mètre superficiel suivant la qualité.
- Le jury décerne une médaille de bronze à MM. Digeon et compagnie, pour leurs ardoises qui ont été jugées de première qualité.
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- t ) r I i
- § 10. GRANITSj PORPHYRES, JASPES} AGATES,
- CORNALINES.
- \ '
- 1
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- Brunissoirs et molettes.
- M. Hutin, rue Saint-Honoré, 94.
- L’Allemagne a longtemps conservé le privilège de fournir aux autres pays les pierres à brunir, les brunissoirs* lissoirs et molettes d’agates à l’usage des doreurs,. relieurs, papetiers, etc., et les ouvriers étaient obligés de prendre les pierres à lisser et les brunissoirs tels qu’on les expédiait, sans pouvoir demander ni choisir les formes qui convenaient plus particulièrement à leur genre de travail. Introduire cette fabrication en France était rendre un service essentiel aux différentes industries dont les brunissoirs, lissoirs et molettes sont les éléments indispensables : M. Hutin a donc d’autant plus de mérite à cet égard, qu’il s’estaltachô à n’employer, dans sa fabrication, que des matières françaises, les silex pyromaques de la craie avec lesquels il fait aujourd’hui, suivant les demandes des artistes et ouvriers, telles ou telles espèces de brunissoirs ou de lissoirs et dans les proportions ou dans les formes que demande chaque genre de profession.
- D’après le succès que M. Hutin a obtenu dans sa fabrication , la Société d’encouragement lui a décerné une médaille d’argent. Depuis, M. Hutin s’est livré au travail des agates, jaspes, silex, jades, hématites, bois jagatisés$
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- on peut en juger par la belle série d’échantillons (1) qu’il a exposés dans sa montre, contenant, en outre :
- 1° Des brunissoirs à l’usage des doreurs en silex ;
- 2° Des lissoirs, dits pierres à brunir, et des dents à l’usage des doreurs sur porcelaine ;
- 3° Des dents et doubles dents de silex pour les relieurs;
- 4° Des lissoirs et molettes en silex, dans les plus grandes dimensions qu’on ait jamais pu obtenir, pour les papiers peints et les caries à jouer;
- 5° Des brunissoirs et lissoirs en hématite pour les doreurs sur porcelaine, les orfèvres, les bijoutiers, etc. ;
- 6° Des brunissoirs pour les potiers d’étain, etc.
- Le jury estime que les services rendus à l’industrie des doreurs par M. Hutin méritent une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. Celis, faubourg du Temple, 6o.
- M. Gelis s’est livré, comme M. Hutin, au travail des jaspes, agates, calcédoines, silex et hématites, pour faire des brunissoirs, lissoirs, les dents et autres outils des doreurs sur porcelaines, des orfèvres, bijoutiers, etc., etc.
- M. Gelis a contribué à nous affranchir du tribut que
- (i) Dans le nombre des échantillons exposes par M. Hutin, on a remarque, généralement, une grande table de jaspe rouge rubané et accidenté avec partie de brèche agatisée quartzeuze, amélhystée, coupée par une faille qui a reflété la couche d’agate. Cette belle table, de 0,75 centimètres de largeur sur i mètre de longueur, provient des granits et trapps du Kniebrecher, près de Bergheim, arrondissement de Colmar, département du Haut-Rhin.
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- nous payions à l’Allemagne pour les importa lions de ces divers instruments. Ses brunissoirs sont Irôs-estimés et recherchés. Le jury lui décerne une mention honorable.
- CITATION F AVOUABLE.
- M. Daurey, de Sainte-Poix.
- Deux vases de granit gris-blanc du Gast (Calvados) d’un mètre de hauteur, forme Médicis.
- M. Daurey mérite d’être cité honorablement.
- >OCO‘
- NONr-RXPOSANTS OMIS A LA FIN DE LA PREMIÈRE COMMISSION.
- M. Roussy, de Lyon. . ; -
- M. Roussy, depuis près de vingt ans chef d’atelier, a trouvé le moyen , en 1827, de tisser un brocart 4/i qui parut à l'exposition de cette époque et qui fit honneur à la fabrique de Lyon.
- En 1830 , le régulateur de son invention, qui porte son nom, régulateur Roussy, fut mis à la disposition du public. Celte machine n’a jamais occasionné un mauvais coup de navette ni fait perdre une minute à l’ouvrier ; un grand nombre de métiers à Lyon en sont pourvus.
- Il a ajouté au régulateur une roue-colimaçon qui mesure l’étoffe que l’ouvrier tisse. Il est aussi l’inventeur d’une bascule à poids fixe et à échappement, et d’une nouvelle roue de diversion qui lui a mérité les éloges de la chambre de commerce de Lyon.
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- M. Roussy est un des membres les plus distingués du conseil des Prud’hommes.
- Le jury, en considération des grands et utiles perfectionnements qu’il a apportés dans les procédés de la fabrication des étoffes de soie* lui décerne une médaille d’argent.
- M. Duchamp, de Lyon.
- Le jury départemental du Rhône signale M. Duchamp comme un ouvrier doué d’un esprit inventif, qui a constamment travaillé avec succès à l’amélioration des procédés de fabrication.
- Le jury lui décerne une mention honorablo.
- M. Buffabd , de Lyon.
- Le jury départemental du Rhône signale cet intelligent ouvrier comme ayant apporté de très-grands perfectionnements aux opérations les plus importantes de la fabrication des soieries.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
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- TABLE DES MATIÈRES.
- Exposé sommaire des faits relatifs à l’exposition des produits de l’industrie française en 1839...................... page v
- Circulaires de M. le ministre des travaux publics, de l’agriculture et du commerce.................................. ix
- Constitution du jury central.......................... xxvj
- Liste des rapporteurs................................ xxxij
- Distribution des médailles............................ xxxv
- Discours de M. le baron Thénard......................xxxviij
- Réponse du Roi...................................... xlix
- PREMIÈRE COMMISSION.
- TISSUS.
- PREMIÈRE PARTIE. Laines et lainages, première section. — Amélioration des laines
- section n. — Filage de la laine............................ 27
- Laine cardée................................................... 31
- section iii. — Tissus de laine.............................. 43
- Étoffes drapées et foulées.................................... 45
- Tissus de laine légèrement foulés et non drapés............ 52
- Tissus de laine non foulés purs ou mélangés................ 56
- section Iv. — Fabrication des couvertures................. 100
- section v. — Tissus de laine légèrement foulés et non drapés. î 04 section vi. —* Tissus de laine non foulés purs ou mélangés.. 109
- section vu. — § 1er. Filage du cachemire................... 126
- § 2. Châles de cachemire et leurs imitations............... 128
- Châles de P ai îs. ii5
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- Châles de Lyon........................................ 157
- Châles de Nimes....................................... 160
- Châles imprimés sur tissus de soie purs ou mélangés... 165
- DEUXIÈME PARTIE.
- SOIES ET SOIERIES.
- première section. — Soies grèges et ouvrées............. 167
- Soies à coudre et cordonnets de soie.................. 188
- section ii. — Tissus en soie.......................... J 91
- Rubans de soie........................................ 197
- g 1er. Soieries de Lyon............................... 198
- | 2. Rubans de soie................................... 216
- § 3. Soieries et articles de Nîmes.................... 225
- § 4. Peluches de soie................................. 230
- TROISIÈME PARTIE.
- FILS ET TISSUS DE UOTON.
- première section. — Filature et retordage............. 233
- Retordage du coton filé............................... 248
- section ii. — Tissus de coton......................... 249
- § 1er. Tissus de coton serrés, unis, écrus et blancs.. 260
- § 2. Tissus en coton de couleur....................... 264
- g 3. Fabrication de Rouen............................. 268
- g 4. Tissus de coton clairs et légers, unis, brochés ou brodés pour meubles.....................*.................. 272
- QUATRIÈME PARTIE.
- FILS ET TISSUS DE LIN ET DE CHANVRE*
- Préparation, filature et tissage du lin et du chanvre. 280
- première section. — Filature.......................... 289
- section il. — Tissage.................................... 298.
- g 1er. Toiles unies ordinaires et communes............ ib.
- g 2. Batistes et toiles fines......................... 297
- g 3. Linge ouvré ou damassé.............................. 299
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- g 4. Coutils pour pantalons et literies...................... 302
- | 5. Fils et toiles pour voiles, cordages, sacs et tuyaux sans couture............•*.......................................... 306
- CINQUIÈME PARTIE.
- TISSUS DIVERS.
- première section. —Blondes et dentelles, broderies, gazes,
- tissus de verre............................................. 310
- section ii. — Tapis et tapisseries.............................. 322
- section ni. — Bonneterie........................................ 329
- section iv. — Tissus de crin.................................... 348
- DEUXIÈME COMMISSION.
- MÉTAUX.
- première section. — Usines à fer, fonderies de fonte de fer,
- aciers, limes........................................... 354
- § 1er. Usines à fer............................................ ib.
- § 2. Fonderies de fonte de fer.............................. 378
- g 3. Aciers.................................... ............ 386
- g 4. Limes.................................................. 394
- g 5. Enclumes, étaux, outils de forge....................... 404
- section ii. — Métaux divers................................. 407
- g 1er. Plomb et antimoine................................... ib.
- g 2. Cuivre et chaudronnerie................................ 414
- g 3. Chaudronnerie et cuivrerie.............................. 420
- g 4. Zinc et ouvrages de zinc............................... 424
- g 5. Laiton et ouvrages en laiton, épingles................. 43t
- g 6. Étain, bronze, nickel................................... 434
- g 7. Platine, or............................................. 439
- g 8. Fer-blanc, tréfilerie et clouterie........«............ ib.
- g 9. Yis à bois, vis cylindriques........................... 449
- g 10. Toiles métalliques..................................... 45o
- ^ g 11. Aiguilles,- alênes.................................. 454
- section in. — Coutellerie, taillanderie, quincaillerie...... 459
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- 1er. Coutellerie................................................. ib.
- 2. Taillanderie.................................................. 476
- 3. Quincaillerie. — Articles divers...................481
- section iv. — Chauffage des fourneaux et montage des usines. 495
- section v. — Marbres, bitumes, stucs, pierre de liais, pierres lithographiques, ciment romain, industrie mécanique des marbres, pierres meulières, ardoises, granits, porphyre, etc. 503
- g 1er. Marbres.............................................. 507
- g 2. Bitumes................................................. 520
- g 3. Stucs, marbres artificiels, marbres squirroïdes, marbres
- pécuts...................................................... 525
- § 4. Pierre de liais.................................*....... 526
- g 5*. Pierres lithographiques.................................. ib.
- $ 6. Ciment romain et pierres artificielles................... 530
- § 7. Du travail mécanique des marbres.......................... 531
- § 8. Pierre de meulière, et meules de moulins.................. 533
- § 9. Ardoises et ardoises factices............................. 535
- § KO. Granits, porphyres, jaspes, agates, cornalines........ 537
- Non-exposants omis à la fin de la première commission...... 136
- PIN DE LA TABLE DU PREMIER VOLUME.
- ERRATA.
- Page 91, ligne 24, au lieu de MM. Muret, Solanet et Palargié, lisez MM. Muret, Solanet et Palangié.
- Page 181, ligne 26, au lieu de Fabregne-Nourry, lisez Fabrégue-
- Nouitv5.
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- Pag. Lignes. Au lieu de : Lisez :
- 47, 9, consommation en laine de
- 28,000,000 kilogr........ 2,800,000 kilogr.
- 52, 22, l’aune de 20 centimètres. .. 120 centimètres.
- 54, 19, seize cents métiers....... seize mille métiers.
- 106, 23, pour PEst................ pour l’été.
- 137, , dimension de 180 à 195 cen- une dimension carrée de 180
- timètres carrés.......... à 195 centimètres.
- 139, il, 195 centimètres carrés...... un carré de 195 centimètres.
- 142, 1, châle de 135 centimètres... un châle carré de 135 centim.
- 179, 26, le lissage des satins.... tissage des satins.
- 181, 24, des manteaux d’organsin... matteaux d’organsin.
- 186, 18, MM. Jean frères..........Jau (François).
- ïd., 20, MM. Rassié et Donadille... Baslié.
- 187, 9, M. le maire Amelot.........lemarquisAmelotdeChaillon.
- 199, 6, consommation de Paris.... du Pérou.
- Jd., 31, 1837 ....................... 1827.
- 236, 12, 35 cent, la broche.......... 35 fr. la broche.
- 292, dernière ligne, Mull-Jenny......Mulquinerie.
- 511, MM. Grimes et Fraise sont portés, par erreur, à la médaille de bronze; ces messieurs ont reçu chacun, du jury, une médaille d’argent.
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TOME 2
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- EXPOSITION
- DES PRODUITS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE.
- RAPPORT
- DU JURY CENTRAL
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- en 1839.
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- Imprimerie de L. Bouchard-Huzard , rue de l’Éperon, 7.
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- fâya*- . 2.
- EXPOSITION
- DES PRODUITS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE EN 1839.
- n
- DU JURY CENTRAL.
- TOME SECOND.
- PARIS,
- CHEZx L. BOUCHARD - IIUZ ARD,
- rue de l’Éperon, 7.
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- M DCCC XXXIX.
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- DU JURY CENTRAL
- Sim UES PRODUITS
- DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE
- en -1839.
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- TROISIÈME COMMISSION.
- MACHINES ET USTENSILES AGRICOLES.
- /
- MM. le baron. Ch. Dupin, président, Combes, Durand ( Amédée ), Griolet, vicomte. Héricart de Thurv, Kœchlin, Michel Chevalier,, Payen, Pouillet, baron Séguier, Tarbé de Yauxclairs et Yvart.
- SECTION PREMIÈRE.
- ♦
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- § 1er. MACHINES A ÉLEVER l’eÀüI ; ' ... M. Combes, rapporteur. : i.-
- Considérations générales.
- Cette classe importante de machines est repré-
- a * ' . . '
- sentée, à l’exposition de 4 839; par des pompes à
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- G
- incendie, et des pompes de petites dimensions destinées aux usages domestiques, ou à l’arrosement desvjardinî. ; ; v :
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- Le grand nombre de pompes à incendie, qui sont arrivées de plusieurs départements, montre que la fabrication de ces utiles appareils s’est répandue, et a pris un assez grand développement. Ceux qui sont conformes aux anciens modèles sont, en général, bien confectionnés, et ont reçu des améliorations de détails. Plusieurs innovations ont été tentées, dans le but de réduire le prix des pompes, de les rendre plus transportables ou d’un usage.plus commode.; Pour y parvenir, on a dû malheureusement sacrifier quelques-uns des avantages des pompes ordinaires. On remarque un modèle de l’appareil contre les incendiés des salles de spectacle, déjà placé au théâtre de la porte Saint-Martin.
- Parmi les pompes de petites dimensions, les
- pompes rotatives de différentes formes sont établies
- •»
- à des prix très-bas ; leur pose est facile et peu coûteuse ; mais elles demeurent, sous tous les autres rapports, bien inférieures aux pompes à pistons douées d’un mouvement alternatif.
- On regrette l’absence complète des machines usitées pour l’épuisement des fondations, ainsi que des appareils capables d’élever un grand volume d’eau à une petite hauteur, qui pourraient servir au dessèchement desjnarais ou s de terrains marécageux, à
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- l’irrigation en grand des terrains plats, situes dans le vôisinagë des rivières , à l’àlimentation des réservoirs ou de biez de certains canaux de navigation.
- Enfin les grandes pompes d’épuisement pour les mines profondes, celles qui servent à élever de l’eau pour les besoins des villes populeuses , manquent également. Cela est d’autant plus fâcheux, que la construction des pompes d’épuisement de mines a reçu de grandes améliorations depuis quelques années. On peut citer, comme exemple, les belles pompes de la mine du Huelgoat, dans le département du Finistère, qui élèvent l’eau, sans reprise» à 160 mètres de hauteur verticale, et sont mues par les premières machines à colonne d’eau qui aient été construites en France. Ces machines sont égales^ sinon supérieures , à tout ce qui existe de plus beau en ce genre, en Angleterre et en Allemagne.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Guérin, à Paris, rue du Marclie-d’A-guesseàu, S'. ^
- M. Guérin a exposé, sous lé n° 1261, Une pompe à incendie, avec avant-train, à l’instar des équipages de l’artillerie, un assortiment de boyaux en cuir, de seaüx, un appareil de M. le colonel Paulin, pour permettre aux pompiers de pénétrer dans les caves remplies dé fûlnéè où
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- d’exhalaisons irrespirables, enfin un modèle de l’appareil de sûreté qu’il a fait établir, depuis plusieurs années, au théâtre delà Porte-Sainl-Martin.
- M. Guérin est un ancien capitaine, adjudant-major ail corps des sapeurs-pompiers delà ville dè Paris. Il fabrique, dans son établissement, rue du Marché-d’Aguesseau, des pompes à incendie, et tous leurs accessoires. Il occupe, dans ses ateliers, de quarante à cinquante ouvriers ; les produits qui en sortent se distinguent par une bonne exécution. M. Guérin a fait plusieurs essais pour trouver l’enduit le plus propre à la conservation des cuirs employés pour la construction des boyaux. Ce qui appelle surtout sur lui l’attention du jury, c’est l’appareil contre l’incendie des cintres de théâtre.
- Les décorations d’un théâtre sont disposées de telle sorte qu’un incendie s’y propage avec une rapidité effroyable : elle est si grande, que, si on ne se rend pas maître du feu dès les premiers instants, on doit renoncer à l’espoir de l’éteindre; quelquefois, au théâtre de l’Ambigu-Comi-que, par exemple, il est arrivé que le feu a pris sous les yeux mêmes des pompiers de service, sans qu’il leur ait été possible d’éviter la catastrophe. Pour éteindre le feu qui peut être mis aux pièces légères, suspendues dans les salles, par une pièce d’artifice, il est nécessaire de pouvoir diriger immédiatement, sur le point où le feu s’est attaché, un jet d’eau animé d’une grande vitesse. Ce n’est pas la masse d’eau projetée qui agit, mais plutôt la force de projection qui détache les parties embrasées. Il était donc nécessaire d’avoir un moyen d’obtenir instantanément un jet d’eau sortant sous une fort grande pression. Un réservoir d’eau, placé au haut de l’édifice, ne fournit pas un jet d’une force suffisante pour les étages supérieurs de la salle, qui
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- sont les plus exposés à l’incendie. M. Guérin a eu l’idée d’établir un appareil composé de deux réservoirs en tôle, placés dans les combles, et d’un troisième réservoir placé dans les caves de l’édifice. Un tuyau descend du premier réservoir supérieur au-dessous du réservoir de la cave. Un autre tuyau, montant du réservoir de la cave, débouche à la partie supérieure du deuxième réservoir des combles; enfin un tuyau, partant de ce dernier réservoir, descend le long d’un des murs de l’édifice. Ce tuyau porte des robinets qui doivent fournir, aux divers étages de la salle, les jets destinés à combattre les incendies. Pour mettre l’appareil en charge, les deux réservoirs des combles, le premier et le troisième tuyau, sont remplis d’eau'par le moyen d’une pompe à incendie. Lè réservoir de la cave et le tuyau montant au deuxième réservoir des combles sont remplis, avec une pompe foulante, d’air suffisamment comprimé pour faire équilibre à la pression de la colonne d’eau contenue dans ce premier tuyau, et qui a, par conséquent, toute la hauteur de la salle. Cela fait, on ouvre le robinet de communication entre le premier réservoir des combles et le réservoir d’air comprimé, placé dans la cave, et l’appareil est prêt à fonctionner. On voit que la pression de la première colonne d’eau est transmise, par la colonne d’air , comprimé, au-dessus de l’eau contenue dans le deuxième réservoir des combles, et qu’en conséquence on peut obtenir, dans les combles mêmes, un jet d’eau provenant du deuxièmè réservoir, qui jaillira sous * une pression d’eau égale à la hauteur entière de la salle. Celte pression demeurera à peu près constante pendant tout le temps que le deuxième réservoir se videra, parce que l’eau du premier réservoir des combles passera dans le réservoir d’air comprimé. Cette application du principe de la fontaine
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- dé Héron ou de la transmission des pressions dé colonnes d’eau parallèles, au moyen de colonnes d’air intermédiaires, aux appareils contre l’incendie des théâtres, nous paraît entièrement nouvelle, et nous nous sommes assurés, en faisant fonctionner l’appareil sous nos yeux, qu’il serait possible d’en tirer un très-grand parti, pour combattre un incendie qui viendrait à se déclarer, pendant la durée d’unë représentation.
- M. Guérin a obtenu une médaille de bronze à l’exposition de 1834. Il mérite, pour la bonne fabrication de ses pompes à incendie, et pour l’appareil particulier que nous avons décrit, la médaille d’argent que le jury lui décerne.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Charles Kress, à Colmar (.Haut-Rhin).
- ' M. Kress expose une pompe à incendie sur chariot, avec avant-train, à l'instar de l’artillerie, avec les pièces de rechange et accessoires.
- La pompe est d’une exécution parfaite, et bien entendue dans toutes ses parties. Les supports delà brimbale sont en fer, et présentent une assiette solide et large à cette pièce. On peut, en enlevant les pistons des pompes, arriver aux clapets d’aspiration, qui sont vissés au bas des cylindres, et peuvent être enlevés et remplacés en très-peu de temps. Les viroles d’assemblage des boyaux présentent un mode particulier de construction qui prouve l’habileté et l’intelligence du mécanicien.
- M. Kress a un atelier de constructions d’une assez grande étendue, à Colmar. 11 livre annuellement au commerce 150 pompes à incendie à peu près.
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- Le jury se plaît à constater la perfection de ses machines, et à le récompenser par la médaille de bronze..
- M. Lhuilier, à R emiremont (Vosges). .
- ' " . I
- M. Lhuilier a exposé une pompe à incendie sur chariot], de grandes dimensions et bien confectionnée. Ses ateliers fournissent annuellement au commerce vingt pompes à incendie environ.
- Le jury, en raison de la bonne exécution de sa pompe,1 décerne à ce fabricant la médaille de bronze.
- M. A. Petit, à Paris.
- /:• ' M
- M. À. Petit expose des pompes pour l’arrosement des jardins, qui sont fort bien établies, et qu’il livre au prix de 15 fr. Ces pompes sont entièrement en cuivre. La tige du piston est un simple fil de fer de gros calibre. Un réservoir d’air annulaire, d’une grande hauteur, entoure tout l’appareil, qui présente extérieurement la forme cylindrique. ' La soupape dlascension ést une bille à jouer, à laquelle on peut arriver en desserrant, avec une pince, une plaque à vis» adaptée à un bout de tuyau circulaire fixé au réservoir d’air. Dans tout son ensemble, là pompe de M. À. Petit, semblable, d’ailleurs, aux clysoirs, est ingénieusement conçue et d’une bonne exécution.
- Le jury décerne à ce fabricant la médaille de bronze.
- MM. Rlemm et Torasse, aux Bâtignolles.
- MM. Klemm et Torasse exposent, sous le n° 1105, un > appareil pour mesurer le volume d’eau fourni par un tuyau auquel l’appareil est adapté. L’hydromètre de MM. Klemm et Torasse se compose d’un piston qui se meut dans un cylindre alésé. Un tiroir analogue au tiroir distribu-
- s.
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- leur des machines à vapeur met alternativement en communication, avec le tuyau de décharge, le dessus ou le dessous du piston, tandis que l’autre partie du cylindre reçoit l’eau de la source. Le piston lui-même est mû par la pression de l’eau débitée par le compteur, et son mouvement -alternatif entraîne celui du tiroir distributeur, en même temps qu’il fait avancer d’une dent, à chaque double excursion, la roue d’un compteur portant une aiguille, qui sc meut devant un cadran. Chaque division du cadran indique une dépense d’eau égale à la capacité engendrée par la double excursion du piston. Le compteur peut accuser 5,000 fois cette capacité.
- L’application, par MM. Kiemm et Torasse, du mécanisme des machines à vapeur à l’enregistrement du volume d’eau fourni par un réservoir est ingénieuse.
- Le jury, pour récompenser ces fabricants, leur décerne la médaille de bronze.
- M. Huck, à Paris, rué Bicliat, irj.
- M. Huck expose une pompe rotative de Dielz modifiée par lui, un modèle de machine à vapeur, des râpes. T.ous ces objets, et notamment la pompe rotative, sont d’une bonne exécution.
- Le jury, pour l’ensemble de ses produits, décerne à M. Huck la m daillc de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Dubuc, à Paris, impasse de là Pompe, 3.
- M. Dubuc expose, sous le n« 834, des pompes pour arrosement des jardins, à réservoir d’air, construites en zinc
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- ou en cuivre, qu’il vend depuis 5 jusqu’à 15 fr. Malgré l’extrême modicité du prix, ces pompes sont bien faites et ingénieusement conçues.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Dubuc.
- M. Caillet, à Châlons (Marne).
- M. Caillet expose, sous le n° 2,226, une pompe à incendie, à cylindre horizontal et à double effet, placée sur un chariot. L’essieu du chariot est coudé dans son milieu, de manière à former une manivelle qui transmet à la tige de la pompe le mouvement de va-et-vient, lorsque l’essieu reçoit un mouvement de rotation. Quand la pompe est arrivée au lieu de l’incendie, on soulève le chariot au moyen de chambrières. Les roues n’appuient plus à terre. En retournant la plaque à écrou, qui retient la roue pendant le transport, une des roues se trouve fixée à l’essieu j on adapte en un point du rayon une manivelle, et la roue fixée devient un volant: La pompe fonctionne ainsi, sans avoir besoin d’être mise à terre.
- L’idée de M. Caillet d’employer; comme volant, la roue du chariot qui porte la pompe, n’est point nouvelle. Nous devons dire aussi que, pour des pompes à incendie, le mouvement ordinaire du balancier nous semble préférable au mouvement d’une manivelle. Cependant l’appareil de M. Caillot n’est point une copié de ce qui a été fait avant lui. Sa pompe est bien construite. Ses dispositions sont ' simples.
- Ce fabricant mérite donc la mention honorable que le jury lui décerne.
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- POUR MÉMOIRE.
- Sont réservés les fabricants dont les noms suiventj qui ont exposé plusieurs objets différents en même temps que des pompes.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Hermann
- A exposé une pompe à incendie, simple, bien établie et à un prix modéré. ' ,
- Voyez le rapport qui donne la récompense, p. 60.
- MM. Stgltz et cie
- Ont exposé une pompe rotative, dite pompe de Dielz, pour laquelle il a été décerné une médaille de bronze à l’exposition de 183% celte pompe a reçu, depuis, de notables perfectionnements.
- Renvoi au rapport spécial.
- » • . , • ^ *
- MM. B.OLLÉ etScHWlLGUÉ. ’ V '
- * I
- Cette maison, qui a reçu, aux.dernières expositions, une médaille d’argent, a envoyé, avec d’autres produits, une pompe à botte.facilement transportable; celte;pompe est à diaphragme, et mérite d’être signalée sous, le rapport de la simplicité, de la modération du prix et delà bonne confection.
- Renvoi au rapport qui donne la médaille.
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- /
- La maison Ïhiébâult
- Expose des pompes fort bien construites. Renvoi au rapport qui décerne la médaille.
- § 2. SOUFFLETS.
- V t
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. de la Forge fils, à Paris, rue de Pon-toise5 io et 12.
- M. de la Forge a présenté, à l’exposition, des soufflets de forge d’une très-bonne construction, et des forges, portatives garnies de leurs soufflet et cheminée.
- Tout le monde a remarqué les élégantes forges portatives ployantes de ce fabricant. Elles sont susceptibles d’être renfermées dans une caisse de 24 centimètres de profondeur, ce qui rend leur transport très-facile.
- M. de la Forge succède à soft père, qui a obtenu une médaille de bronze en 1834. Le fils soutient dignement l’ancienne réputation de là maison, et mérite, par la bonne exécution de ses produits, la nouvelle médaille de. bronze que le jury lui décerne.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Enfer, rue Meuve-Sainte-Catherine, 22.
- M. Enfçr, expose des soufflets cylindriques à vent continu, composés, de deux caisses séparées par le. plateau
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- circulaire qui reçoit le mouvement de la branloire, et dé termine l’agrandissement et le rétrécissement alternatifs de l’une et l’autre capacité. Le vent aspiré dans chacune d’elles est refoulé dans une troisième caisse ou compartiment, formant réservoir d’air, qui est placé au-dessus des deux autres ; l’air venant de la capacité inférieure arrive à ce réservoir par un conduit métallique placé extérieurement ; le plateau mobile est lip à la branloire par un étrier. Les soufflets de M. Enfer sont bien établis ; ils occupent peu d’espace, ainsi que le prouvent les forges portatives exposées par le même fabricant.
- Le jury décerne à M. Enfer une mention honorable.
- IM. Paillette, rua cle la Montagne-Sainte-Geneviève., 52.
- Les soufflets exposés par M. Paillette sont construits dans le même système que ceux du précédent; ils ont la forme prismatique à base carrée, au lieu de la forme cylindrique. La branloire à laquelle est lié le plateau mobile traverse, dans un fourreau en cuir flexible, le corps du soufflet, et le vent du deuxième compartiment, placé au-dessous du plateau mobile, est conduit au réservoir d’air par un conduit intérieur en cuir flexible.
- Les soufflets de M. Paillette sont d’une bonne exécution , occupent peu de place, comme ceux de M. Enfer, et lui méritent la mention honorable que le jury lui décerne.
- § 3. GARDE-ROBES HYDRAULIQUES. ,
- Les garde-robes qui figurent à l’exposition sont nombreuses et presque toutes bien confcclioDnces. Cela prouve
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- que les habitudes de propreté, et le besoin d’ustensiles élégants et commodes, se répandent de plus en plus dans toutes les classes de la société.
- La commission des machinés a éprouvé un véritable embarras pour classer ces appareils, en raison même de la bonne exécution de presque tous. Elle a préféré ceux qui joignent à une fermeture à peu près hermétique, obtenue par un ajustement soigné et un contre-poids assez fort, une fermeture hydraulique au moyen de l’eau contenue dans la soucoupe, dont les rebords élevés emboîtent extérieurement le bas de la cuvette.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Feuillâtre, rue Croix-des-Pet.-Champs.
- Les garde-robes et appareils de toilette et de propreté, exposés par M. Feuillâtre, sont parfaitement exécutés, et d’un usage commode. Ce fabricant s’occupe exclusivement de la construction de ces appareils, qui a pris, dans scs ateliers, où il occupe de 30 à 40 ouvriers, un grand développement.
- M. Feuillâtre a fait preuve d’intelligence et d’activité ; il mérite la médaille de bronze que le jury lui décerne.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Durand aîné^rueS.-Nicolas-d’Antin, 24*
- Expose des pompes-bornes et des garde-robes hydrauliques. Ces appareils sont d’une exécution soignée et méritent la mention honorable, que le jury décerne à M. Durand aîné.
- T. il.
- 2
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- M. Guinîer, rue Saint-PJiilippe, 2.
- M. Guinier expose dos garde robes bien établies, et riié-rile, au même litre que le précédent, la mention honorabl'e que le jury lui décerne.
- M. Havard, rue de Bëthizy, 20.
- M. Havard, déjà mentionné honorablement à l’exposition de 1834 pour ses garde-robes, mérite que le jury de 1839 lui accorde la meme distinction.
- V
- M. Lamottê, boulëvart Montmartre, 10.
- M. Lamotle expose une pompe à incendie et des garde-robes et autres appareils de toilette. Sa pompe ne parait pas devoir offrir les avantages que l’auteur en attend. Scs garde-robes sont bien exécutées, et lui valent la mention honorable que le jury lui décerne.
- M. Bourg, à Bercy,
- A présenté une garde-robe construite sur un principe nouveau, et qui peut être dissimulée dans l’épaisseur d’un mur, ou dans ia profondeur d’un meuble semblable à une commode ou à un secrétaire. La double fermeture obtenue par M. Bourg, en faisant tourner le siège entier autour du canal cylindrique qui communique avec la fosse, no doit pas permettre à l’odeur de s'échapper. La disposition du siège secret est de nature à rendre cet appareil précieux, dans les appartements resserrés des grandes villes. Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. Renaudot, ruecle Grenelle-S.-Germ., 24.
- La garde-robe présentée par M. Renàudot paraît .d’une construction trop compliquée ; mais elle est très-bien exécutée, et son mécanisme ingénieux prouve que l’auteur
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- est capable de faire,, avec un grand degré de perfection , les travaux qui sont du ressort dii plombier-fbritaihier.
- Le jury décerne à M. Rcuaudot une mention honorable»
- M. de la. Chanïëiue, à Rouen ,
- Présente une garde-robe dite antiscastodiquc, dans laquelle les matières liquides sont immédiatement séparées des matières solides. Celles-ci tombent à part dans un tonneau, où arrive en meme temps une dose déterminée de poudre désinfectante. L’appareil de M. de la Chantcrie est nouvellement construit par lui : il est grossièrement exécuté ; mais le principe, déjà ancien d’ailleurs, en est excellent, et applicable surtout dans les maisons ou il n’existe pas de fosses d’aisances, comme il y en a dans beaucoup de ports de mer et de villes du midi de la France.
- Le jury décerne à M. de la Chàeterie là mention honorable.
- § 4. APPAREILS DE FILTRAGE.
- Filtrage sous une pression élevée et en vase clos hermétiquement.
- AJOURNEMENT.
- Plusieurs appareils pour le filtrage des liquides eu vase clos, sous une pression élevée, figurent à l’exposition. Leur construction date de l’année 1837, et les résultats obtenus jusqu’ici donnent lieu d’espérer qu’ils rendront à l’industrie des services très-importants ; toutefois Üesttf usage est encore récent, et leurs applications industrielles n’ont pas été assez nombreuses, pour que leur degré d’uli-
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- lilé soit constaté, avec ce caractère de certitude qui est nécessaire, pour obtenir une des récompenses d’un ordre élevé que le jury décerne. D’ailleurs, des contestations relatives aux droits de propriété, tels qu’ils résultent des brevets d’invention respectifs, sont engagées entre les exposants, et ne sont point encore définitivement vidées devant les tribunaux.
- Ces motifs déterminent le jury central à ajourner l’examen des appareils de filtrage en vase clos, présentés par la Compagnie française de filtrage, MM. Lancl et Sornay, et M. Ducommun, à la prochaine exposition générale. Le jury d’alors, éclairé par les résultats d’une expérience soutenue, sera plus à même de décerner avec justice à leurs auteurs les récompenses méritées.
- Fontaines filtrantes par ascension.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Lélogé, rue St-Étienne-Bonne-Nou-velle, i5.
- M. Lélogé expose des fontaines de ménage, filtrant par ascension, qui ont déjà figuré à l’exposition de 1834, et valu à l’auteur une mention honorable. Une expérience déplus de cinq ans a confirmé aujourd’hui les avantages du procédé introduit par M. Lélogé, qui a trouvé plusieurs imitateurs.
- Le jury se plaît à reconnaître le mérite de l’auteur, auquel il décerne la médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. Ducommun, boulevart Poissonnière, 6.
- M. Ducommun a exposé des fontaines à filtres épurateurs, pour lesquelles il a reçu du jury de 1834 une mention honorable. M. Ducommun se montre toujours digne de la môme distinction.
- MM. Jaminet et Cornet, rue du Four-St.-
- Gerinain, 26.
- * '
- MM. Jaminet et Cornet exposent des fontaines qui réu-nisscnt au filtrage par ascension, suivant le procédé de M. Lélogé, l’épuration par le charbon contenu dans l’encaissement formé par les pierres filtrantes -, ils leur donnent le nom dq, polyfiltres. Les pierres qui forment les parois verticales des fontaines de MM. Jaminet et Cornet sont
- * f
- assemblées à rainure et languette, sans agrafes en fer, et rejointoyées avec du ciment hydraulique.
- Le jury décerne à ces fabricants la mention honorable.
- § 5. OUTILS DE SONDAGE.
- Depuis l’exposition de 1834, les outils de sondage ont reçu plusieurs améliorations. Des travaux difficiles, soit par la nature des terrains perforés, soit par la profondeur,-ont ôté exécutés. Enfin nos sondeurs les plus habiles et les plus actifs ont recueilli, de l’exercice de leur industrie, les bénéfices dus à leurs travaux, et aux dépenses considérables faites antérieurement.
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- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Mulot, à Épinay.
- M. Mulot expose des outils de soudage bjen exécutés, parmi lesquels on remarque l’encliquetage Lobo, destiné à prévenir la chute de la sonde dans les puits forés, et des tarières à soupapes à boulet, composées de plusieurs cylindres se vissant au bout les uns des autres, et dont chacun porte sa soupape. M. Mulpt a exécuté de nombreux sondages depuis l’exposition de 1834, où il reçut du jury la médaille d’argent. Il travaille encore au grand sondage de l’abattoir de Grenelle, qui est aujourd’hui arrivé dans la glauconie ou craie verte, à une profondeur de 475 mètres, et qui est entièrement lubé, sur un diamètre de 0m,21, jusqu’à 410 mètres.
- Le jury, pour récompenser l’habileté et la persévérance de M. Mulot, lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Degousée et cle, rue de Chabrol, 35.
- M. Degousée expose une collection très-complète d’instruments de sondage, et d’appareils pour la manœuvre de la sonde. On y remarque de grandes tarières ouvertes en fer aciérê, des tarières à soupape à boulet dont M. De-gousée se sert depuis 1830, un outil composé d’un cylindre plein, armé de deux lames tournant autour de boulons verticaux, lames qui se développent pour mordre dans les parois lorsque l’on tourne la sonde dans un sens,.cl se logent dans des entailles ménagées à cet effet, quand on
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- tourne en sens contraire. Cet outil, en changeant la forme des laides, peut être employé, soit comme élargisseur, soit pour couper une colonne de tuyaux à une profondeur déterminée, soit pour percer des tuyaux, soit enfin pour vérifier la nature des parois du. trou à une profondeur quelconque. Les treuils à came pour le battage méritent aussi des éloges.
- M. Degouséc, qui exécute des sondages depuis douze ans, expose pour la première fois. Indépendamment de ses nombreux sondages, il a livré au commerce, dans ces dernières années, beaucoup d’outils et instruments très-bien confectionnés, dont plusieurs ont été vendus à des exploitants de mines ou à des mécaniciens des départements du Nord et du Pas-de-Calais, où ont été creusés nos plus anciens puits forés. • •'
- . Le jury, pour récompenser les travaux de.IVL Degouséc, et les perfectionnements qu’il a apportes à l’outillage du sqndeur, lui décerne la,médaille d’argent. , ,
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Espériquette, serrurier.^sondeiir., à Perpignan (Pyrénées-Orientales). :
- M. Espériquetle présente un tableau de vingt-trois sondages exécutés par lui, de 1833 à 1838, dans de dèpar? Icmcnl des Pyrénées-Orientales. Les puits forés qu’il’a pratiqués ont une profondeur qui varie de 27, à 180 mètres , et ont été exécutés à des prix très-modérés. Le plus profond, pratiqué sur l’esplanade de Perpignan/ est arrivé à 180 mètres de profondeur, moyennant une dépense de 3pj3Q francs; ainsi il a coûté moyennement 22 francs le
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- mètre courant. Le puits foré ehezM. Durand, à Toulonges, en 1838, qui a 96 mètres de profondeur, n’a coûté que 919 francs, un peu moins de 10 francs par mètre. Le bas prix du travail tient, sans doute, en grande partie, à la nature du terrain qui a été perforé -, mais il prouve aussi l’habileté du sondeur.
- Le jury se plaît à accorder à M. Espériquette la médaille de bronze.
- § G. SUR LA MACHINE A BROYER LES BOIS DE
- TEINTURE.
- MÉDAILLE D’OR D’ENSEMBLE.
- M. Yallery, àSaint-Paul-sur-Risle (Eure).
- M. Vallery s’est occupé depuis longtemps de la trituration des bois tinctoriaux. Dès 1828, i! prit, conjointement avec M. Perrot, un brevet d’invention pour une machine qui se composait de lames ajustées sur le contour d’une surface cylindrique, à laquelle on imprimait un mouvement de rotation.
- En 1830, MM. Yallery et de Malhortie prirent un brevet d’addition et de perfectionnement pour la machine brevetée en 1828. Deux machines sont représentées dans les pièces jointes à la demande du brevet d’addition et perfectionnement pris en 1830. Dans la première, les lames sont fixées à une surface plane qui reçoit un mouvement rectiligne alternatif le châssis ou surface plane qui porte les lames peut être placé sous des inclinaisons diverses, et que l’on peut varier à volonté. La bûche, posée sur un châssis horizontal analogue à celui des scieries ordinaires, reçoit un mouvement de progression intermittent au
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- moyen des mécanismes connus, composés d’une roue à rochet, devis sans fin, roues d’engrenage et crémaillères.
- La seconde machine, brevetée en 1830, se compose d’un plateau circulaire, à la surface duquel sont attachées les lames saillantes. Ces lames ne sont pas disposées suivant des rayons, mais suivant des arcs de cercle. La bûche, posée sur un châssis situé au-dessous de l’axe autour duquel tourne le plateau, est poussée d’une manière continue contre les lames saillantes. On voit que les lames n’agissent sur la bûche que lorsqu’elles viennent passer sur elle, dans le mouvement de rotation du plateau qui les porte j ainsi elles ne sont en prise avec le bois que pendant une fraction de leur révolution.
- En 1835, M. Yallery a pris un nouveau brevet d’invention pour les machines dont il se sert aujourd’hui dans son établissement de Saint-Paul-sur-Risle. Dans celles-ci, les lames sont fixées à la surface d’un disque plan, ou bien présentant la forme d’un cône creux, ouvert sous un angle de 140 degrés. Le disque conique sert surtout pour les bois tortueux, de forme très-irrégulière. Dans tous les cas, une mèche est fixée dans l’axe même du disque, et la bûche que l’on veut réduire en poudre est poussée contre le centre même de ce disque. La mèche centrale pénètre dans la bûche qu’elle creuse, et lui sert de support, tandis que les autres lames rongent, à une distance plus grande du centre, la partie de la bûche appliquée contre le disque. Des jours sont ménagés, autour de la mèche centrale, pour laisser dégorger les poussières enlevées par la mèche. Il résulte de ces nouvelles dispositions que la bûche est portée par une de ses extrémités sur la mèche centrale, qu’elle se présente au centre du disque, et que les lames sont constamment en prise, et agis-
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- sent sur le bois pendant leur révolution entière,
- Le jury reconnaît qu’il y a là un perfectionnement très-notable apporté aux machines précédentes, brevetées en 1828 et 1830.
- Les poudres de bois tinctoriaux présentées par M. Yal-lery ont été reconnues de bonne qualité (voir le rapport de M. Chevreul) : il en fabrique annuellement une quantité considérable, environ 2,000,000 kilogrammes, elles livre aux fabricants à un prix inférieur aux prix anciens de 1828 et 1830.
- Cet exposant’a obtenu du jury de 1834 une médaille d’argent pour ses poudres de bois de teinture; il a placé, à l’exposition de 1839, un grenier mobile qui présente dps avantages marqués. ( Voir le rapport de M. Iléricart de Thury.)
- Le jury, pour récompenser les nombreux et utiles travaux de M. Vallery, lui décerne la médaille d’or.
- § T. LAMPE DE SÛRETÉ NOUVELLE.
- MENTION HONORABLE.
- M. du'Mesnil, de Dijon (Côte-d’Or).
- M. du Mesnil expose une nouvelle lampe de sûreté pour l’éclairage des mines, où l’air peut cire accidentellement chargé de gaz inflammable (hydrogène proto-carboné). La lampe à treillis métallique inventée par l’illustre Davy, peut être employée, avec une entière sécurité, dans un air tranquille; mais l’impulsion d’un courant doué d’une vitesse médiocre (lra,50 par seconde environ) suffit pour faire passer la (lamine à travers la toile. Ainsi l’agitation produite par la chute d’un bloc de houille, par la chute de
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- la lampe môme, par la marche seule un peu rapide de l’ouvrier portant une lampe dans des galeries où l’air serait explosif, peut suffire pour occasionner des accidents terribles.
- M. du Mesnil a voulu donner aux mineurs une lampe sûre dans tous les cas. Son appareil, qu’il a présenté, en 1838, à l’Académie des sciences, où il a été examiné par une commission, et ensuite à l’administration des mines, a quelque analogie avec la lampe perfectionnée de John Roberts, décrite dans les procès-verbaux de l’enquête faite par une commission de la chambre des communes, sur les accidents arrivésdanslcsminesde laGrande-Brctagne; mais il existe, entre les deux lampes, des différences capitales qui font bien voir que M. du Mesnil ne connaissait pas l’appareil Roberts, que nous regardons, d’ailleurs, comme très-inférieur au sien.
- M. du Mesnil supprime l’enveloppe en toile métallique de la lampe de Davy, et la remplace per un cylindre ou manchon en cristal épais et bien recuit, d’une hauteur de 20. centimètres, maintenu entre deux disques circulaires en tôle, qui forment les fonds inférieur et supérieur delà lampe. Le cristal est défendu, contre les chocs, par quelques liges en fil de fer, suffisamment espacées pour n’in-lerçepler qu’uue faible partie de la lumière dé la lampe. La mèche plate, en coton tressé, s’élève au centre du disque inférieur; elle reçoit l’huile d’un réservoir latéral. L’air nécessaire à l’entretien de la combustion est amené sur les deux faces de la mèche par deux tubes aplatis, de 6 millimètres de large, qui traversent le fond de la lampe, et sont recouverts, à leur orifice supérieur, par des morceaux de toile métallique à mailles très-serrées. L’air entrant est ainsi dirigé tout entier sur la mèche en ignition,
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- et s’y épuise d’oxygène, au point de devenir impropre à i’cnlretien ultérieur de la combustion. Les gaz chauds s’échappent par une cheminée do 20 centimètres de hauteur, placée sur le disque supérieur, et d’un diamètre à peu près égal à la moitié de celui du manchon en cristal. La hauteur totale de la lampe est ainsi de 40 centimètres. L’orifice supérieur de la cheminée est rétréci, et recouvert par une calotte sphérique qui descend au-dessous des bords de cet orifice. On a tenté d’abord de le garnir d’une toile métallique j mais l’expérience a fait voir que les ouvertures de celte toile étaient rapidement obstruées par le noir de fumée, au point de ne plus laisser une issue suffisante aux gaz, de sorte que la lampe brillait mal, et finissait par s’éteindre.
- L’appareil que nous venons de décrire n’est pas encore usité dans les mines ; mais les expériences faites par l’ordre de M. le directeur général des ponts et chaussées et des mines, dans le laboratoire de l’école des mineurs et dans quelques mines de houille des environs de Saint-Etienne, sont suffisantes pour constater les avantages qu’il présente. Il résulte, en effet, de ces expériences exécutées par M. l’ingénieur Gruner, professeur de chimie à l’école de Saint-Etienne,
- 1° Que la lampe de M. du Mesnil recevant, par les tubes adducteurs de l’air, un mélange explosif d’air et de gaz oléifiant, la combustion qui avait lieu dans la lampe ne s’est jamais propagée en arrière, à travers la toile métallique qui recouvrait les tubes. Lorsque l’on a injecté dans la lampe un mélange d’air et d’hydrogène, la combustion s’est propagée à travers l’enveloppe en fil de fer, mais jamais à travers une enveloppe en fil de cuivre jaune, d’un tissu plus serré.
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- 2° Lorsque la flamme du gaz déifiant atteignait la plus grande hauteur possible, et pénétrait jusque dans la cheminée, on a dirigé au-dessus de l’orifice de celle-ci un jet d’hydrogène ; il a été impossible de l’enflammer, meme dans le cas où le jet était dirigé entre la calotte sphérique et l’orifice de la cheminée qu’elle recouvre, et dans les moments du plus grand allongement de la flamme»
- 3° Lorsque le gaz, introduit par les tubes adducteurs, commence à brûler au delà des toiles métalliques, les petites détonations, qui se répètent dans l’intérieur de la lampe, produisent une espèce de son plaintif dont l’intensité varie avec la quantité de gaz inflammable. Ce son s’est reproduit, lorsque l’on a placé la lampe dans les mines, dans un mélange explosif ; il fournirait un avertissement salutaire aux ouvriers qui devraient se retirer sans délai, lorsqu’il se ferait entendre.
- 4° Sur le cylindre en cristal, fortement échauffé par la combustion prolongée du gaz, on a projeté, à plusieurs reprises, des gouttelettes d’eau sansque lecristal ait éprouvé la moindre altération : en le touchant avec des fragements de glace, on est parvenu à y déterminer une légère fente.
- 5° On a laissé tomber la lampe à plusieurs reprises, et dans plusieurs sens, d’une hauteur de 2 à 2m,52, sur un sol en pierres dures; elle n’a éprouvé aucune avarie.
- 6° La quantité de lumière est beaucoup plus grande que celle que fournil la lampe de Davy ordinaire.
- À côté de ces avantages, il y a quelques inconvénients que nous devons également signaler. Ainsi la hauteur de 40 centimètres peut être incommode dans certains cas. — Lorsque la lampe se renverse, il tombe quelquefois des gouttes d’huile sur le treillis métallique des tubes adducteurs; l’huile, surtout si elle est accompagnée de poussière
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- de houille, obstrue les orilicesdu treillis. L’air n’entre plus en quantité suffisante, et la combustion devient languissante.— On peut encore craindre des explosions, tant qu’on ne sera pas parvenu à faire écouler les gaz chauds, résidus de la combustion, à travers une toile métallique. Enfin les manchons en cristal seront-ils tous également bien recuits, et résisteront ils à des accidents analogues à ceux qu’on a simulés dans les expériences de Saint-Étienne? Ces inconvénients rie sont pas assez graves pour contrebalancer les avantages que présente la lampe.
- Le jury central ne peut aujourd’hui décerner à M. du Mesnil que la mention honorable, parce que son appareil n’a point reçu la sanction que donne la pratique industrielle. 11 espère que cette sanction ne manquera pas, et permettra au jury de la prochaine exposition de décerner à l’auteur une récompense d’un ordre plus élevé.
- SECTION II.
- MACHINES POUR FABRIQUER LES TISSUS , FABRIQUE A TISSER, PEIGNES, CARDES.
- M. Pouillèt, rapporteur.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- Madame Collier , à Paris, rue St-Domi-nique-St-Germain, 27.
- L’industrie doit des regrets à la mémoire de M. John Collier, dont les services furent placés au premier rang par le jury dans les quatre expositions précédentes. Madame Collier, qui s’ôtait si honorablement associée à
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- sos travaux et à l’irilelligenle administration de ses affaires, qui contribuait tant à répandre avec lui, dans ses ateliers, l’esprit d’ordre et d’activité, continue seule aujourd’hui à diriger le grand établissement d’où sont sorties tant d’inventions utiles.
- Madame Collier présente, à l’exposition , des tondeuses pour les draps, pour l’envers des châles et pour les calicots, une machineà raboter très-remarquable, et des machines à peigner la laine. Toutes ces machines, inventées ou perfectionnées par M. John Collier, sont maintenant trop connues et trop bien appréciées pour qu’il soit nécessaire d’en reproduire ici la description -, nous dirons seulement que, par une exécution de plus en plus soignée, elles semblent encore avoir acquis à un plus haut point celle exacte précision qui fut et qui fera toujours la condition indispensable de leur succès industriel. Lapeigneuse se distingue, en outre, par un perfectionnement récent qui a pour but d’enlever les boutons qui pouvaient rester dans les rubans peignés. On peut espérer que celte heureuse innovation contribuera à répandre la pcigneuse plus qu’elle né l’a été jusqu’à ce jour.
- Le jury se plaît à rappeler; eii laveur de madame Collier, les médailles d’or qui ont été successivement décernées à l’établissement qu’elle dirige aujourd’hui.
- MM. Pihet et cie, à Paris, avehüe Parmentier, 3.
- Après avoir obtenu la médaille de bronze en 1823, la médaille d’argent en 1827 et la médaille d’or en 1834, l’établissement fondé par M. Eugène Pihet, et administré aujourd’hui par une compagnie dont M. Auguste Pihet est le directeur, présente à l’exposition quelques machinés-
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- outils très-bien exécutées, et surtout de beaux assortiments de machines à filer la laine et le coton. Cet atelier de construction continue à tenir son rang parmi les plus importants ateliers de Paris, autant par la variété que par la bonne qualité des produits qui en sortent.
- Le jury lui fait rappel, de la médaille d’or qu’il aiait obtenue en 1834.
- M. Hache-Bourgeois, à Louviers (Eure).
- Depuis 1833, M. Hache-Bourgeois est placé au premier rang par le jury pour la fabrication des cardes -, c’est assurément un beau succès et un litre des plus recommandables, surtout lorsqu’il s’agit d’un genre d’industrie aussi important et qui a subi dans cet intervalle des modifications , nous dirions presque des réformes, aussi considérables. Non content d’adopter et d’introduire dans son vaste établissement les inventions étrangères, M. Hache-Bourgeois a contribué lui-même à perfectionner, sous plusieurs rapports, les procédés connus, soit poulies dernières préparations des cuirs, soit pour le dressage et l’aiguisage des fils de fer.
- Le jury se plaît à faire rappel de la médaille d’or en faveur de M. Hache-Bourgeois.
- MM. Scriye frères, à Lille (Nord).
- Depuis l’exposition dernière, MM. Scrive frères ne paraissent pas avoir apporté d’importantes modifications dans leur fabrique de cardes : cependant leur grand établissement soutient la réputation qu’il avait acquise, il continue de livrer à la consommation de bons produits et en grande quantité.
- Le jury fait rappel à MM. Scrive frères de la médaille d’or qu’ils ont obtenue en 1834.
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- NOUVELLES MEDAILLES D’OR.
- MM. André Koechlin. et cle, à Mulbausen (Haut-Rhin).
- Les ateliers de construction de MM. André Kœchlin et compagnie, qui avaient obtenu une nouvelle médaille d’or ù l’exposition de 1834, n’ont pas cessé de rendre d’éminents services à la mécanique, cl de tenir l’un des premiers rangs parmi les grsfnds ateliers de la France : ils occupent habituellement plus de 1000 ouvriers, et leur consommation annuelle s’élève à environ 1,600 tonnes métriques de fonte, 500 tonnes de fer et 45 tonnes de cuivre et autres métaux. Les principales machines qui s’y construisent sont surtout : les métiers complets à filer le coton, la laine et le lin, et tout ce qui tient au tissage, à l’impression et à l’apprêt des étoffes; les machines à papier, les machines à vapeur, et enfin les machines locomotives.
- Tant de produits ne pouvaient trouver pilacc dans l’enceinte de l’exposition, et M. André Kœchlin a seulement présenté au public et à l’examen du jury les machines qui ont reçu, daus ses ateliers, quelques perfectionnements remarquables, savoir :
- 1° Un métier mécanique à tisser le coton ;
- 2° Un banc à broches à engrenage;
- 3° Un renvideur ou self-acting;
- 4° Une, machine à papier dont il sera parlé plus loin.
- Le métier mécanique est à double fouet recevant sa commande en dessous, et n’ayant besoin ni de ressort ni de contre-poids pour reprendre sa place ; à ce premier avantage il s’enjoint un second, qui a surtout de l’importance pour les tissus clairs et peu serrés : c’est un encliquetage sans denture, à effet instantané, qui permet de donner de
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- T. II.
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- suite et avec précision tout écartement voulu entre les fils de trame.
- Le banc à broches, à mouvement différentiel, n’est pas seulement d’une très-bonne construction, mais il présente encore des dispositions nouvelles qui feront époque dans l’art de là filature. Ces dispositions consistent en ce que les cordes sont remplacées avec un plein succès par des engrenages hélicoïdes, et en ce que l’arbre qui commande les bobines accomplit son mouvement vertical avec le chariot sans éprouver la moindre modification* dans son mouvement. Déjà, en 1834, M. André Kœchîin avait présenté, à l’exposition, un banc à broches à engrenage-, mais ce premier essai, et d’autres analogues tentés par divers mécaniciens pour s’affranchir des cordes, pouvaient à peine donner quelques espérances j il restait à vaincre de nombreuses difficultés dont on a triomphé d’une manière plus ou moins heureuse dans plusieurs ateliers de l’Alsace. ïl est permis de dire aujourd’hui que l’expérience a sanctionné cette importante réforme,, et ce n’est pas l’un des moindres progrès que nous ayons à signaler.
- Le renvideur exposé par M. André Kœchîin.offre, dans-son ensemble, des, dispositions analogues à celles du self-aeling de MM. Sharp et Roberts; mais il en diffère par une foule de détails ingénieux qui ont pour but', d’une part, de rendre la filature plus parfaite, et, d’une autre part, de faire qu’un métier ordinaire puisse être transformé en renvideur. par l’additiqn des. pièces convenables, et.rendu à son état primitif par la suppression de ces pièces,; c’est une combinaison mécanique des plus remarquables.sur laquelle nous appelons,l’attention des filatcurs, dans l’espoir que l’expérience ne lardera, pas à la mettre au rang des inventions qui ont fait faire un grand pas à l’industrie.
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- Le jury se plaît à constater à la fois les efforts et les succès de M. André Kœchlin, et il lui décerne une nouvelle médaille d’or ; en môme temps, il exprime la satisfaction particulière qu’il a éprouvée en appréciant l’intelligence et l’esprit inventif dont a fait preuve M. Saladin, directeur des constructions, mécaniques de l’établissement.
- MM. Nicolas Schlumb ERGER Cl C'% à Gueb-wil 1er (Haut-Rhin).
- Après avoir obtenu les plus hautes récompenses, comme filaleur, aux expositions de 1827 et de 1834, M. Nicolas Schlumberger sc présente aujourd’hui pour la première fois comme constructeur de machines. On sait cependant qu’il livre depuis longtemps à l’étranger, à toute la France, et particulièrement à l’Alsace, des métiers à filer le coton dont la parfaite exécution ne laisse rien à désirer : sous ce rapport il a su mériter aussi mie renommée déjà ancienne, et le jury de 1834 signale les machines sorties de scs ateliers comme ayant puissamment contribué à la bonne réputation des filés français. Après avoir rendu ces services à la filature du colon, M. Nicolas Schlumberger a dirigé ses efforts vers la filature du lin, qui offre daus notre pays un nouveau ct: vaste champ à exploiter. Tous les industriels connaissent à cet égard les incontestables succès qui ont été obtenus' dans quelques pays voisins : depuis plusieurs années, d’immensés filatures delin.se multiplient en. Angleterre et en Ecosse j. les systèmes mécaniques inventés ou perfectionnés par les habiles constructeurs de là Grande-Bretagne ont déjà la sanction d’une longue expérience; déjà ils spnt répandus en Allemagne et en Russie,, et, nous devons le confesser, nous n’avons pris qu’une part trop petite et trop tardive à ces heureuses inventions. Cependant, sans en faire l’objet d’un reproche à nos cap N:
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- talistesctà nos mécaniciens, nous pouvons espérer maintenant qu’ils réuniront leurs efforts pour établir en France, sur des bases solides et avec des perfectionnements nouveaux, un genre d’industrie qui est si bien approprié à la nature du sol. Parmi les établissements qui se sont formés dans ces derniers temps pour la construction des machines à filer le lin, celui de M. Nicolas Schlumberger semble, plus que les autres, engagé à justifier ces espérances, et la série des machines qu’il a présentées à l’examen du jury, soit pour la préparation, soit pour la filature, sont une preuve évidente qu’il a organisé ses ateliers pour soutenir, dans les machines à lin, la haute réputation qu’il a si justement acquise pour les machines à coton.
- Le jury a examiné celte série de machines avec un trés-vif intérêt; il félicite M. Nicolas Schlumberger de l’entreprise qu’il a faite en faveur d’une industrie nouvelle; il a la confiance qu’entre ses mains habiles elle ne tardera pas à recevoir tous les perfectionnements et toute l’extension dont elle est susceptible, et, à titre de récompense et d’encouragement, il lui décerne une nouvelle médaille d’or.
- MÉDAILLES D’OR.
- M. PePxROt, à Rouen (Seine-Inferieure).
- La consommation des étoffes unies de laine et surtout de coton a, sans doute, augmentédans une proportion considérable depuis quelques années, à raison du bas prix auquel on les fabrique; mais la consommation des étoffes imprimées a augmenté dans une proportion bien plus considérable encore, et il est peut-être permis de dire que l’art de l’impression a contribué plus qu’aucun autre à l’immense développement de l’industrie des tissus : c’est en
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- grande partie parce qu’on est parvenu à imprimer à bon marché de très-beaux dessins, que l’on peut aujourd’hui filer et tisser à bon marché. L’impression au rouleau à une, deux ou trois couleurs, doit donc, ajuste titre, être considérée comme ayant fait époque; toutefois ce procédé, quelque ingénieux, quelque fécond qu’il soit, n’est pas de nature à répondre à tous les goûts et à tous les besoins du commerce; l’impression à la main continuait à s’exercer de son côté, et comme en concurrence, pour une foule de produits qui lui semblaient réservés : seulement la cherté de cet ancien mode en restreignait de beaucoup les avantages.
- Tel était l’état des choses lorsque, dans ces dernières années, M. Perrot est enfin parvenu, par une série d’inventions remarquables, à donner un nouvel essor à ce genre d’industrie, en lui livrant ses machines, qui ont reçu et conservé le nom de perrotines, qui impriment à deux, à trois ou même à quatre couleurs, et qui exécutent, avec une merveilleuse précision et une économie inespérée, le genre de travail que l’on ne pouvait accomplir auparavant que par la main des plus habiles ouvriers. Ce sont ces machines que M. Perrot a présentées à l’exposition , après avoir obtenu, depuis quatre ou cinq ans, auprès des meilleurs imprimeurs, en France, en Angleterre et presque dans toute l’Europe, un véritable et éclatant succès, puisque, dans cet intervalle, près de deux cents machines ont été livrées à l’industrie.
- Le jury a examiné les perrotines avec beaucoup de satisfaction ; il a apprécié les perfectionnements récents que l’inventeur lui-même y a introduits, et il décerne à M. Perrot une médaille d’or.
- MM. GoDEMAitetMEYNiEit, à Lyon (Rhône).
- Le méfier à brocher inventé par M. Meynicr et présenté
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- à l’exposition par la maison Godemar et Meynier, de Lyon, compte à peine deux ans d’expérience, et déjà il a produit des résultats remarquables qui ont été accueillis avec beaucoup de faveur par la commission des tissus. Dans l’impossibilité de développer ici les principes mécaniques sur lesquels repose celte belle invention, nous essayerons seulement d’indiquer en peu de paroles son but et ses effets. Il semble que M. Meynier se soit proposé le problème suivant : dans la fabrication d’une étoffe de petite ou de grande largeur, unie ou façonnée, exécuter, avec la rapidité du travail ordinaire, des fleurs ou en général des ornements de toute dimension, ayant jusqu’à cinq ou six couleurs, et aussi rapprochés qu’on le juge convenable, de telle sorte que chacun d’eux se trouve broché seulement dans la largeur qu’il occupe à l’endroit, et que l’on puisse à volonté faire cheminer, d’un bord de l’étoffe à l’autre, les couleurs qui le composent, soit en les conservant, soit en les variant de diverses manières.
- Les conditions de 'ce problème sont à la fois si nombreuses et si complexes qu’il semble, au premier coup d’œil, presque impossible de les remplir d’une manière satisfaisante, et cependant il n’en est aucune à laquelle l’invention de M. Meynier ne réponde avec une parfaite justesse. Les combinaisons mécaniques ne méritent pas toujours un haut degré d’intérêt par cela seul qu’elles résolvent heureusement de grandes difficultés : mais, lorsqu’on même temps elles servent à livrer à la consommation des produits nouveaux et recherchés, lorsqu’elles peuvent les fabriquer avec économie, lorsqu’elles sont ainsi appelées à opérer une sorte de réforme dans un genre d’industrie qui a une extension considérable, elles viennent alors se placer parmi les inventions de l’ordre le plus élevé.
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- Par ces considérations, le jury décerne une médaillé' d’Or à MM, Godemar et Meynicr.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Ga veaux, à Paris, rue Traverse, 15.
- M. Gaveaîix présente, à l’éxpositioh, des tondeuses longitudinales qui sont très-bien exécutées. Cet habile mécanicien semble s’appliquer de préférence à la construction des machines qui exigent une rare précision, et il a aussi îè rare mérite d’y réussir complètement. Scs belles presses à imprimer lui valurent la médaille d’argent à l’exposition de i 834, et le jury se plaît à rappeler en sa faveur cette honorable distinction. * :
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- M. le duc de la Rochefoucauld-Liancourt£ k Liancdûrt (Oise).
- Le jury se plaît à faire rappel , en faveur de M. le. duc de la Rochefoucauld-Liancourt, de. la médaille d’argent qu’il a obtenue à l’exposition de 1834 pour sa fabrique de cardes, et il témoigne toute la satisfaction qu’il éprouve de voir se continuer et s’agrandir , par ses soins, un établis-
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- sèment dont l’origine est si honorable pour l’illustre duc de la Rochefoucauld son père, qui en fut le fondateur.
- NOUVELLES MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM, Debergue et Spréafico, à. Paris.
- M. Henri Debergue, qui avait obtenu la médaillé d’argent à l’exposition de 1834, pour diverses mécaniques dc‘ son invention ou perfectionnées par lui, ri’a pas cessé de-se livrer à la construction des machines , soit pour la pa-
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- pcterie, soit plus particulièrement encore pour la filature et le tissage des étoffes. Il présente à l’exposition , avec M. Spréafico son associé actuel :
- Une machine à couper le papier en travers, qui est encore peu répandue malgré les perfectionnements qu’elle a reçus :
- O /
- Une presse hydraulique, qui présente quelques ajustements nouveauxj
- Un métier mécanique à tisser le drap ;
- Et un banc à broches pour la filature du lin.
- Toutes ecs machines sont d’une bonne exécution.
- MM. Debergue et Spréafico ont nouvellement monté et outillé des ateliers considérables pour la fabrication de ces diverses machines; celles qui tiennent à la filature du lin sont exécutées sur des modèles anglais du système de Fair-bairn, c’est-à-dire que les peignes y sont conduits par des vis jumelles. Quant au métier mécanique à tisser les draps, il est de l'invention de MM. Debergue et Spréafico; des fabricants recommandables de Louviers, MM. Jcuffrain père et fils, en rendent un bon témoignage après l’avoir éprouvé pendant quelque temps ; il est à regretter que ces essais soient encore trop récents pour être décisifs.
- Le jury décerne à MM. Henri Debergue et Spréafico une nouvelle médaille d’argent.
- MM. Ch. Debergue^ Desfrièche et Gillo-tijn 5 à Lisieux (Calvados). ,
- MM. Ch. Debergue, Desfrièche et Gillotin , qui avaient obtenu la médaille d’argent à l’exposition de 1834 pour leurs excellents produits en peignes à tisser, et pour l’ensemble des moyens mécaniques ingénieux dont i!s faisaient usage dans ce travail, qui exige tant de précision, présentent encore aujourd’hui à l’examen du jury de nombreux
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- échantillons de peignes de toute espece. Ces nouveaux produits annoncent encore de nouveaux progrès, soit qu’ils résultent d’uu peu plus de soin et d’adresse de la part des ouvriers, soit qu’ils résultent de quelques innovations dans les mécanismes particuliers qui sont propres à cet établissement. Parmi ces innovations, il en est une sur laquelle les exposants ont surtout appelé notre attention : elle est relative à la machine à lier les peignes, qui peut maintenant couper et presser les dents, de . telle sorte qu’une ouvrière en place par jour jusqu’à vingt-cinq mille au lieu de douze mille qu’elle pouvait placer auparavant.
- L’établissement de MM. Charles Deberguc, Desfrièche et Gillotin a pris, d’ailleurs, une extension considérable, surtout par ses placements à l’étranger : il se livre depuis quelque temps à la fabrication de nouveaux maillons métalliques qui semblent appelés à jouer un rôle assez important dans le lissage des étoffes.
- Le jury accorde à ces messieurs une nouvelle médaille d’argent.
- M. Feldtrappe, a Paris.
- Après avoir obtenu la médaille d’argent à l’exposition de 1834, M. Feldtrappe a redoublé de zèle et d’activité pour perfectionner ses machines à graver les rouleaux et pour en inventer de nouvelles. On peut dire que son atelier est aujourd’hui un modèle de précision, et qu’on, y exécute avec une rare intelligence et par dès moyens parfaitement sûrs les gravures les plus délicates çt les plus difficiles. Outre les cylindres d’un si beau travail, que M. Feldtrappe a présentés à l’exposition , nous avons remarqué dans ses ateliers de grands rouleaux, destinés «à imprimer des billets de banque, qui prouvent jusqu’à quel point toutes les ressources de son art lui sont familières.
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- Le jury décerûe à M. Feldtrappe une nouvelle médaille d’argent.
- M. Dioudonnat, à Paris, rue Saint-Maur-Pop incourt ; 12.
- M. Dioudonnat a, peut-être plus que personnè, contribué à répandre le métier à la Jacquart; son établissement, qui obtint eh 1827 là médaille de bronze et en 1834 la médaille d’argent, a pris, depuis cette époque, une extension considérable, ét plusieurs membres du jury l’ont visité avec un vif intérêt. Tout fcc qui tient au lissage et à la construction dés métiers à la Jacquart s’y exécute par des machines bien entendues et avec des soins particuliers; c’est maintenant une machine à vapeur qui imprimé le mouvement à tous les mécanismes de l’atelier. Le mode de lissage établi par Dioudonnat, et qu’il appelle accéléré, a été accueilli avec faveur ; il est déjà exclusivement adopté par cinq des plus habiles lisseurs publics de Paris. Pour ce qui regarde les métiers à la Jacquart, non-seule-1 ment les pièces nombreuses qui les composent sont exécutées avec des soins de précision peu ordinaires, mais les bois sont bien choisis et soumis à une dessiccation graduée dans une étuve d’une bonne disposition. C’est par ces moyens d’ensemble et de détail que M. Dioudonnat est parvenu à une construction qui est fort recherchée par les fabricants de châles et d’étoffes façonnées, et qu’il leur livre environ trois mille métiers par an. Sa fabrique de maillons de verre et de métal a pris aussi beaucoup de développement, surtout par les livraisons qu’il fait à l’étranger.
- Le jury décerne à M-. Dioudonrial une nouvelle médaillé d’argent.
- *
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- M.> Metcalfe, à Meulan (Seine-et-Oise).
- La fabrique de cardes de M. Metcalfe n’a pas cessé de se distinguer par la perfection de ses produits ; c’est toujours un des établissements de France les plus recommandables, plus soigneux de bien faire que d’étendre beaucoup ses opérations commerciales.
- Le jury fait rappel à-M. Metcalfe de la nouvelle médaille d’argent qu’il lui a décernée en 1834.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Taillade, à Tliann (Haut-Rhin)
- L’atelier de construction de M. Taillade peut être cité parmi les bons établissements de l’Alsace qui se livrent par-
- i j
- ticulièrement à la confection des machines propres à la filature, au lissage et à l’impression du coton. Les diverses pièces qu’il présente à l’examen du jury sont :
- Une carde 5
- Un mull-jenny à engrenages j
- Et un banc à broches à engrenages.
- Toutes ces machines sont bien disposées et exécutées avec assez de soin pour tenir un bon rang parmi les produits remarquables de l’Alsace. .Cependant le système des mull-jennys paraît susceptible de quelques perfectionnements : quant à ce qui regarde le système des bancs à broches, l’engrenage de M. Taillade diffère, à quelques égards, de celui de M. André Kœchlin, et il serait difficile de se prononcer entre ces deux modes d’une manière absolue } au reste, M. Taillade, a été dès premiers à faire connaître et à recommander les communications de mouvement par engrenages, et il a ainsi le mérité d’avoir concouru à cette réforme heureuse dont hffilature s’applaudit maintenant.
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- Le jury reconnaît les services rendus par M.-Taillade, et il lui décerne la médaille d’argent
- MM. Peugeot et clc, à Auclincourt (Doubs).
- M. Peugeot a eu l’idée d’élever un établissement considérable dans le but spécial de fabriquer tous les objets accessoires qui entrent dans la composition des métiers à filer la laine, le lin et le coton. Ces objets divers, que l’usage appelle accessoires, pourraient, à bon droit, être regardés comme les plus importants, car ils sont , avec les communications de mouvement, ceux dont la précision assure le plus la régularité et la perfection du travail : les broches, leurs supports, les cylindres étireurs et toutes les autres pièces mobiles qui agissent directement sur le fil, sont, en effet, des parties soumises à des conditions exactes de forme et de mouvement auxquelles on n’est arrivé qu’a-près des essais longtemps incertains. Dans les circonstances présentes, lorsque, dans le seul département du Haut-Rhin, il y a plus de six cent mille broches en activité, il est, sans doute, extrêmement utile qu’il se forme des ateliers où, par des machines spéciales et par des soins particuliers, on s’applique exclusivement à la fabrication de ces diverses pièces détachées qui appartiennent à tous les systèmes de fi'ature. On ne peut donc qu’applaudir au but que s’est proposé M. Peugeot, et nous pouvons ajouter qu’il a su l’atteindre d’une manière satisfaisante, car scs produits sont recherchés par la plupart des filateurs qui se distinguent à l’exposition, et nous avons pu apprécier l’efficacité des moyens qu’il emploie pour obtenir de bons résultats.
- Le jury décerne à MM. Peugeot et compagnie une médaille d’argent.
- M. Arnaud, à*Lyon (Rhône).
- On connaît maintenant toute l’étendue des services qui
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- ont cîc rendus à l’industrie par le métier dont Jacquart fut l’inventeur et qui porte son nom. Celte mécanique si simple, dont les avantages sont si extraordinaires, a reçu, à diverses époques, des modifications plus ou moins importantes, sans que cependant il en soit résulté une extension notable de ses principes ou de ses nombreuses applications. M. Arnaud paraît être sorti de ces limites un peu resserrées de perfectionnement dans lesquelles on s’ôtait tenu jusqu’à ce jour : il présente à l’exposition un nouveau métier à la Jacquart qui peut, en quelque sorte, se décomposer en deux parties : l’une, qui est l’ancien métier dans toute sa simplicité -, l’autre, qui, sans aucune complication mécanique, permet, comme il le dit, d’en augmenter la puissance, c’est-à-dire d’en multiplier les combinaisons avec la plus grande facilité. Cette nouvelle machine dispense du rabat, qui exige dans les fils de la chaîne une force considérable, à cause de la brusque tension qu’il leur donne, et elle ne va pas à moins qu’à la suppression complète des remisses, lisserons, armures et autres accessoires. Le but que semble atteindre l’invention deM. Arnaud a donc un haut degré d’importance : il est seulement à regretter que jusqu’à ce jour elle n’ait pas été soumise à une pratique plus soutenue et plus variée. Cependant le jury, d’après les résultats qu’il a pu apprécier et les espérances qu’il a conçues, décerne à M. Arnaud une médaille d’argent.
- IM. Papavoine et Ghatel, à Rouen (Seine-Inférieure).
- - «
- ,M. Papavoine, qui avait obtenu, en 1834, la médaille de bronze pour sa machine à fabriquer les rubans de cardes, présente aujourd’hui à l’exposition, avec M. Châtel, une machine à fabriquer les plaqués, qui est doublement remarquable en ce qu’elle est disposée et exécutée daus
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- toutes ses parties avec une rare perfection, et aussi eu ce que le mécanisme présente plusieurs modifications importantes cl très-ingénieuses. Celte machine a été adoptée par M. Hache-Bourgois et par les meilleurs fabricants, et elle fonctionne avec avantage dans leurs ateliers.
- Le jury décerne à MM. Papavoine et Châtel une médaille d’argent.
- M. Miroude, à Rouen (Seine-Inférieure].
- La fabrique de cardes de M. Miroude est une de celles qui ont pris les développements les plus considérables dans ces dernières années. Aujourd’hui une machine à vapeur fait marcher dans scs ateliers un grand nombre de machines à plaques et à rubans, qu’il fait lui-même exécuter avec des soins particuliers., La mention honorable qui lui fut accordée à l’exposition de 1834 n’a pas été une stérile récompense : la nouvelle activité qu’il a mise à étendre et à perfectionner ses moyens en sont la preuveles produits qu’il livre à la consommation, tous d’une qualité remarquable et d’un prix modique, sont recherchés à l'étranger.
- Le jury décerne à M. Miroude une uiédaille. d’argent-.,
- M. Guinand, à Lyon (Rhône). ' r' " •
- M. Guinand a exposé des peignes de différentes espèces, propres à la fabrication des tissus do soie. Il serait difficile d’imaginer quelque chose de plus parfait que ses peignes fins dé fer, dits peignes d'acier, qui comptent jusqu’à deux cent dix dents au pouce. Les renseignements qui nous sont parvenus de la fabrique de Lyon sur cet établissement ne permettent pas de douter dé la supériorité de scs produits ordinaires. .
- Le jury décerne à AL Guinand une médaille d’argent.
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- NOUVELLES MÉDAILLES' DE BRONZE.
- MM. Chatelard et Perrin, Lyon,(Rhône).
- MM. Chatelard et Perrin fabriquent depuis longtemps des peignes d’acier de, très-bonne qualité pour le tissage, des étoffes de soie. L’exposition dernière leur avait valu la médaille de bronze. Depuis celte époque, ils ont fait des progrès assez remarquables, en ce qu’ils sont parvenus, d’une part, à substituer, dans plusieurs fabriques et particulièrement en Italie, leurs peignes aux anciens peignes ou ros en long, et, d’une autre part, en ce qu’ils ont bien
- S - . /
- réussi à-faire des peignes de deux cent dix dents au pouce pour quelques fabricants de gaze-tamis.
- Le jury accorde à ces messieurs une nouvelle médaille de bronze.
- [. Blanchin, à Paris, "rue dit Faubourg--* ...Saint-Martin, 9$. ' .• ., . . • .. : t ,
- Depuis l’exposition de 1834, M. Blanchin est,parvenu à introduire des perfectionnements remarquables dans ses métiers à lacets, à fouets à cordonnet, etc. Maintenant* la bobine donne le fil par un mécanisme nouveau et très-ingénieux -, l’égalité de la tension du* fil et la liberté dés
- .. ' s
- mouvements de la bobiné sont bien mieux assurées; :
- Le jury' décerne' à’ M. Blanchin une: nouvelle médaille1 de bronze.
- ' i .< s
- • O- -,
- r-m- MÉDAILLES'‘DE1 BRONZE.- vLi xi
- MM. Sgiielbel .et Loos, à .Thann,.( Haut-,
- ,,Rhra)v: ; -y .
- L?atelier de MM. Scheibël et Loos date'seulement dé
- 1835 > et son but* principal est la construction des métiers à filer le côlon et de toutes les machines accessoires.1 €es!
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- messieurs présentent, à l’exposition, un batteur-ètaleur et un banc à broches en fin. Le batleur-étaleur est bien exécuté, de plus il présente quelques modifications qui ne paraissent pas .sans avantages 5 le banc à broches est muni d’un cène à expansion pour accomplir lé renvidage avec régularité, et le mouvement est imprimé aux broches par un système d’engrenages droits à dents hélicoïdes qui permet de n’avoir que onze engrenages pour six broches.
- Le jury décerne à MM. Scheibel et L’oos une médaille de bronze. '
- MM. Huguenin et Ducommun, à Mulhausen (Haut-Rliin).
- . MM. Huguenin et Ducommun présentent à l’exposition un tour à graver les rouleaux pour l’impression des toiles peintes, et deux rouleaux de cuivre dont un est monté sur un axe de fer. Ces divers objets justifient la bonne réputation dont jouit l’atelier de ces messieurs en Alsace et dans différentes parties de la France/
- Le jury décerne à MM. Huguenin et Ducommun une médaille de; bronze.
- M. Mainot, à Rouen (Seine-Inferieure).
- La fabrique de peignes à tisser de M. Mainot, qui a mérité successivement diverses mentions, honorables aux expositions précédentes, a pris une notable extension depuis quelques années.
- Le jury accorde à M. Mainot une médaille de bronze. M. Hermann, à Bitschwiiler (Haut^Rhin).-
- M. Hermann paraît être le premier qui ait livré aux filateurs des broches trempées au collet : c’est un.heureux perfectionnement. L’atelier que M. Hermann a élevé à Bitschwiiler, pour ce genre de fabrication, compte déjà
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- lirié vingtaine d’ouvriers , et l’on peut espérer qu’il prendra un développement plus considérable.
- Le jury décerne à M. Hermann une médaille de bronze.
- M. JFumières, à Rouen (Seine-Inférieure).
- ' \ v- " / ' •- *
- :,Les plaques de cardes et-les rubans que M. Fumières présente à l’examen du jury annoncent une fabrication bien entendue et bien dirigée. - ; , -
- Le jury décerne à M. Fumières une médaille de bronze.
- M. Risler (Mathieu), à Gernay (Haut-
- M. Risler présente, à l’exposition, des garnitures de cardes soigneusement exécutées ; le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Marquïsot, à Eloges (Vosges);
- j-v- »•>. * à Ki - i *1 >v* ' . • * '-** ’, ' ’ . 4-
- Le régulateur de vannes et la machine à mouiller les
- 4.' / V ^ 1 ^ 1 ^ < m ' j V - ’t
- canettes qui ont été exposés par M. Marquisét annoncent un atelier de construction "bien organisé; où les travaux s’exécutent avec beaucoup de ébin et d’intelligence.
- Le jufy accorde à M. Marquisét une mention' honorable. . *
- John Hall, Powell et Scott, a Rouen (Seine-Inférieure). ‘ " T
- ,La machiné rà . fouler |es draps, qui est exposée par MM. John Hall, Powell et Scott, n’est pas encore assez répandue pour que ses avantages sur les anciennes machines soient irrévocablemenl constatés. 1 ' ’ K^ * v,Ii “ ;<Lc -jury se; plaît à reconnaître la bonne construction de T. il. 4
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- 50
- ceüc machine: il esperc qu’au moyen des pcrfectionnc-r v - y- > Vu îu i • '.j;'i, -jo h '>««
- mcnts récents que ces messieurs y ont introduits» elle est
- appelée a rendre d importants services, et il accorde une
- mèntidn hondfàblë à MM! Jôhîi Hall, Powèll et Scott.
- M
- ;Jülî'n et ÂcHARDj {hf Lÿoiî (Pdionè). i?] co I^ejury' .mentionne* honorablement la fabrique idc dardes de.jMM. Julin et Aehard pour ses produits intéressants qu’elle a exposés. .viahib »\Ju le ‘jubavîn’) mnif
- M^©epôuïllÿ^ à Pfitèattx (Seîtile)^,l> '’
- - jLa ‘machinera imprimer les>!ôldffès que!M.^I)ëpouiiï^ présente à l’examen du jury est d’une invention * toute récente: c’est surtout sous les yeux deJVI. Dépouillyilui-
- r»»i cvP.;j ,o‘lin v <i-.~
- niôme, ' et dans ses ateliers, qu’clljc. paraît,, jusqu’à présent, avoir rendu des services. Ce n’est pas ici le lieu de,discuter les analogies plus ou moins intimes qu’elle peut avoir avec diverses machines qui ont aussi pour but d’imiter l’im-
- ÿ P* * ,*•* -.'i* r.:- * " frV*
- pression à la màiii. En habile fabricant, M.1 Dépouilly lui a donné une/ disposilion qui soffre' des avantages,-: et ; le jury lui accorde une mention honorable.
- MM. .Meyer frères et cl„V.à Paris... •:««
- siV30'.\<‘ U «. i-J "T '
- ... Le. métier à tisser les ,toiles,de chanvreet de lin que.pré? sente nt MM.;Mey,er, frères et çompagniq.est bien construit; le ^mécanisme en, est simple , qt en plusieurs;; points très-ingénieux. ..JJ:::
- Le jury, accorde à ces messieurs une mention honorable;
- i :> hT'ïQDû -Si) ad^VYO'.*- (..i.î-Ai-X ÜtiOv •
- /r J ' • . y 'ÜPîi • ' •>>
- ui'FFï5 a
- ;is.
- J i d'-Hioirc.i.-s/nsrt )
- Le jury accorde à M. Krafft une .mention, honorable pourses* cylindres%ravns' et destines à nmpression,des
- ^£q jp|*0g -'r*Git«' | J r!\i î'ï , j N ) : *. ; J ^ > s>.4.< > ?. 1 11**»
- ‘ •: . fl 4, ’v’j: "'Jj.** d * î • jl - J i - j,. J ;* f4.0- J* \* 1} ï.? *♦ ** *.»' - .
- /r. Jules BpuRLiEPi ; et, Morey/j à *Lÿ(oiL*fJni':
- ;; Le ^petit ^mécanisme* - très ingénieux imagine,.par
- ; .» .t
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- faire sa croisuçp dans le filage
- de la soie, est digne «^attention.
- - *vîf-: jti ter,ay?' , ••'Msi oirto": s- ,• '
- ,Leiury;acçordea ces messieurs une mention honorable.
- ^fV±rO i OO .SfI£i>.i’;'rf'f»Orr H70> .'AfiT/I ’j-iliSi
- M. Robinet, a Fans. , , •
- Le jury accorde à M. Kobinet une mcnlion îioûorâhlp pour son âj)pâreibâcstmè ài mésùrer la fôjfcé de rallonge-’ iheht dès (Ils de soie. •u ^ ÿuip; V'q ^sbnyii
- fjUif'n;i*p $u üir'.îj [?.%<-y*vî yuO-f y;bet yn)
- ^eiJeiTAtîONS-FAVORABLES/ «
- M^H^ÆLfe/dé¥âws:T >v;4v ' ':c;?
- Pour'sâ machine à imprimer les étoffes, ithitântTiift-pression à lahiain. ' ri'i“i0n 'moOiaoq.u.i ,o. «nu >o>
- M:k5HAiÎDiN<ü},'<:le‘Tut,ébing? 3«om!>;r»-ï.\>n:»y> -lp'^ i Pour sès plaques de cardes destinées aü cardage dc ia-laitte et dés étoupds délirn oi y yn*i' ui ie
- M. EsPRITf,lde Lyon? ••:; om rù-^ubni 'îiiMS w'iPour ses reniises à;maillesiinobiles.î ;>rt --rutlnuiïïho:) Mÿ-’Riç'Anxy dujPelque^osü I yj\- «oibi ,oupij» o*Poür som mé lier ¥ bas mécanique.- ?n;i ••yirmia ‘ c
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- 1 J i: î y-t > : 3 'i i‘I *J'iUY'A ' S* i. .m. dfï fie- 3c 3 HD ?3I
- ;S-s .... , GRANDS, -MÉCANISMES... ^
- ;r..> .!>. t {j vtM -jj.r.v-. 1.-U1 -î .rniUMj
- •; . ^
- o s î ü Mi le baron Séguier, rapporteur^ oüo'nJoyrblfû r t!' • ;î° ^CbnsiïïêNttiàm'générâtes < ys-rie / m on
- ^ Ef,e.tou3 Les auxiliaires mécaniques dont l’homme
- ail invoqué le concours pour réaliser les conceptions4
- • ; ^c,<v.ïi ; sv ^ . ”t-5 - : p-.dri^tcn'?
- de spn génie, lç; plus puissant, le“ plu^ utile,.sans,, cpntredit, a été, jusqu’à ce jour, le moteur à vapeur.
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- 52
- t
- Dansun rapport clù jury Jsur les grands mécanismes;1
- la, machine à vapeur mérite donc d’occuper’le pré-..'sumnoa n u- ^ *u.
- 1111er rang, tout comme dans lesasalles de 1 exposition elle a occupé la plus vaste placé. L’industrie des constructeurs de machines, à vapeur, justement protégée par le jury d’admission, a; trouvé une entrée facile pour ses produits ; aussi plus de quarante machines à vapeur ont provoqué l’attention, moins cependant par là diversité des principes théoriques suiyis dans leur construction, que par la variété des
- '• • ' • 1 ‘ • i ’ » ♦ . ”7 » • - . i r \ f :
- formes et des dispositions données à leurs organes,.
- Plus généralement employée , la machine à vapeur;
- est devenue l’œuvrejde producteurs plus nombreux;
- si le jury estheureux de proclamer les progrès que
- cette industrie ne cesse de faire en France pour des.
- constructions d’une puissance même déjà assez éner-
- « ï • gique, telles que les machines d’épuisement, il sera
- assez sincère pour reconnaître l’infériorité de da France dans l’exécution des grands appareils destinés à la navigation; il en peut avouer et signaler ici la cause sans faire souffrir l’amour-propre national. Et qui oserait mettre en doute la capacité intellectuelle des mécaniciens français en présence de la variété et de la fécondité^des produits de leurs ateliers ?, Le jury le proclame donc hautement, et puisse sa voix être; entendue, ce sont les"moyens matériels seuls qui ont manqué en France ; pour
- faire bien et vite dc'erahdes machines, il faut de . , «y . , /
- grands outils, et’ l’administration ne pourrait-ellé
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- ,53
- pas regretter, d’ayoir privé elle-même;|es,industriels français des trop rares occasions de montrer leur
- f * ’ i ' C ‘ ^ \ > ^ V ') ( > > • 5 ' * ’’ ~ • 1'
- outillage, en portant, sans concurrence,'ses commandes à l’étranger, ou bien encore en les dissémi-riaht’ et flesT’ÔffrantJau rabais a des constructeurs
- nationaux que ‘lèïir pat'rïotisnië entraînait a souinis-
- ,.b ’.lliyn., pi; : ••• ,.y U? :-p| .
- sionner desjnarches qu ils savaient onéreux/,
- y Les nombreuses .machines » exposées ,en 183Qr)se,
- distinguent, ; les unes par une disposition simplifiée
- qui permet de les . établir à des prix réduitsy les
- au très» par des organesld’une construction plus dis-
- pendieusep rivais qui » ont'encore pour but l’ëcono^
- nviê la plus vraie, celle*qui porte sur la déjpènsê
- journalière du combustible. Les machinés fixes, les
- *T ‘r- r . ‘-1 y
- machines locomotives,, les machines locomobilcs,,
- , - ï , . . .. t- « ' •. * f-ïlî > } . -if - « .* i * - ’ S - •.<' • U / i : t « - .* ^
- ^ -F
- les machines destinées à la navigation, formeraient autant de catégories dans lesquelles hn pourrait ra riger les riombrëux • à pparèi ls’1 sdurriis ‘à>fl’ëxanvèri ët ’aux délibérations ' du'^jufy! On pourrait encore
- lès subdiviser' ên .macliiriesà -haute et basse pfes-
- y ^ o>'-' -r-;(j |o on-ùU: ; y> y mor -ri itMfiO'i
- sion, a va-et-vient,rectiligne, .avec ou sans, balaiir cier, et ,en .machines, à mouvement rotatiffdirect
- " • 4 ? *
- avec..ou >.saos-piston,; mais,.;comme la plupart' dès constructeurs fabriquent 'des''•'ma chinés* de: divers modèles, île jury a jugé plus convenable,de lcs;pas'r ser en revue et de les classer, en adoptant tout à la fpis,,l;prdre de pnérite comparé ,ct l’importance dos fabrications ïiespectivesv.. ;î r/ , yyio'i>
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- RAPPELS DE MEDAILLES D’ÔR !
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- 8Ï.* PÈcquÊuRj à Paris, rue Neuye-Popin-court, ii. •
- - HüSëSi*' r,fji U/, >*v i *; ^>u/ij]Âa
- Pecqueur, déjà précédemment couronné , d’une médaille d’or-pour une invention remarquable en. horlo-
- . 'f . ‘ . > v.* * i ^ i * ~ ’ * * •- ' • * à i Âs *•* '> * * ' i .♦ < •• <f-i • ; -’f * » 11 î - • '7
- gerie, plus tard, honoré d’une rnédâille d’argent pour des appareils à' cuire le sucre' et a râper lés liett'crayès, a sdumis, celte anhéej à l’examen du jury des!machihes et des* produils*Variés/ qui tous, par leur mérite; attestent le génie inventif de cet habile mécaniciens Son exposition se composait: d’une machinera vapeur, à pistoh, àrotation immédiate, système déjà,couçu3par lui depuis^ longues années, mais nouvellement modifié et notablement sim-
- t-\?\ '? .r C :r. ri \ f . ;T> . O. ; V ;/ _
- ,plifié. Des presses à pulpes dé betteraves,, où le jus est extraii'par lé laminage ^de la"pulpe entre deux cylindres rècoüVèrts d’unë toile métallique- ces màèïiiri'es;; destinées à l’industrie'du sucre indigène/ ont obtenu la‘sanction de l’expérience. M. Pecqueur a soumis encore à> l’examen ‘du juryde produit de ses métiers?à faire le filet fin pour-la,loi-r lette des dames ; l’inspection, dans ses ateliers, des métiers qu’il n’a pas cru devoir exposer en public, a permis de re*?
- r-<•?{* i'ïf’.ï'ï 1 ^ <" 1 •’ f.i ' • ur' ri-\{ i ; ;,AA ' ; ' 1 ' '*
- connaître tout ce qu’offrait de difficile et présente d’ingéi niéiix la solution de ce'problème mécanique. 'Le jury*à perisé qüe M. Pecqùeüi^s’étâit montre digne, par l’ensem-* ble de ses travaux nouveaux; du rappel de là médaille d’or par lui précédemment-obtenue. , , ; fmw.ton'itérioà
- Mv'Sauèisîer^ aîné; à Paris, rue Saint^Am^
- - Lrbîsé-Pbpincour't; 5.r,,': üi) î<: nr'Vül n‘; w-
- M. Sauinier à été jugé digne, en 1834, d’une médaille d’or pour sa fabrication de machinés à vapeur et* pbüf -sés procédés de berçage pour la conslruclion des planches
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- d’acier préparées pourra manière noire. M. Saul nier, depuis cetlë époque, n’a cessé dé donner les plus grands dé-vclbppémènfe à'Ses constructions j fil ri’a' point5 hésité à se charger |de l’opération, difficile (lu montage îdé la colonne de Juillet ; l’esprit inventif de M. Sàulnier, bien connu et prouvé par de nombreuses créations, a trouvé une occasion deis’exercer dans cett#‘Circéb9taiircë!pariiêüliê're en établissant un tour vertical et ’ünés; machiné "à Cabo ter pouf1 tourner etdresser léS parties composant -ce monument.’ Le1 jury se plaît a le reconnaître de plus'en plus digne "de la distinction qufil a reçue eni;l 8 34. hl
- „ .' i ' !i y.t fv t ii ?.Kï\*
- l* O * J v ciî. J ' :
- M. Philippe, à Paris, rue Château-Landon
- ,17. et 19. (.r-id îadtVïW
- i; Philippe atait,s'cn 1834,!(excité'l’intèrèt du jury par la''perfection^ d’exécution 1 apportée ' par lui dans füne
- corî n vfn rn/V/Tol ne ‘ A nef i h nc‘ miY (ml nrî ne Vlîi fin ri eorva f n I rn
- tabPd’éClâraü jaiilieii dcs‘plus1 beaux produits 'dès*grands ôtabhssemehts indüStri'els'2Uh ufodèlé de locomotive1 avait égüleménYmèrité line1 attention parüculièré par la pérfec-, li6tt'tëtfi^ÿâ\5Ïttî£âté^esl^ikiis'^cfeliPéïàtt‘afèVreii|îior^îot£t'ië mécanisme d’une locomotive a cto. execute par ce construc-tcitf'sür^cliellhx réduite’avec lès^mq'difiieatibns ' quë.'ceïlc importante machine a récemment subies. Le jury pense que lesatelierSde M J Ptiîlïppmdésquefsilè sortent pas seulement
- . k ‘ » , * } * y . * 1 r* 4 *' ’•>' î\ ; f • <* •'ifx rM ' r_ 1 /.> ..Ur< * *"*'9 1, ^ ^
- de"pétils modèles^ mais "encore de1 iiomtoeusës machines biéi^conféctionnees^ telles que scieries,'maebiues a clous', machinés a Whnéau.x,i édûtihüeht‘ à mériter à ce mécani-
- ciëît la médaillé d’or dont il a etelionoré en 1S34'.
- rv-t hînuol . h.. ï‘>t.
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- MÉDAILLES D’OR. j ;
- M. Jacques-François Saulnier, ingénieur des monnaies, à Paris, rue Notre-kDame-des-Gliainps, 5i.
- Déjà honoré de médailles d’argent aux précédentes expositions,M. Saulnier a appelé, cette année, l’attention du jury, tant sur les machines par lui exposées que sur celles sorties de ses ateliers depuis 1834 ; une machine locomo-bile à balancier, de la force de dix chevaux, aussi remarquable par la bonne disposition de ses parties que par la perfection de leur exécution, une petite machine à basse pression également bien traitée, composaient, son exposition j mais le jury a pu, en dehors des galeries, en visitant plusieurs machines fonctionnant dans les ateliers de la capitale, s’assurer de la perfection d’exécution des machines à vapeur de M. Saulnier. Les témoignages les plus honorables des diverses administrations, publiques auxquelles M. Saulnier a fourni des machines constatent que ce constructeur consciencieux a toujours, dans l’exécution de ses marchés, dépassé ses engagements tant pour la puissance de ses machines que pour l’économie dans la dépense du combustible. Les ateliers de cet habile mécanicien, considérablement développés depuis la dernièrerexpo* sition, ontproduit, depuis cette époque, plus de cinquante machines à vapeur, dont plusieurs de la force de vingt et
- : . - * . „ i ,
- trente chevaux. Un nombre très-considérable de presses hydrauliques et des appareils à faire le vide pour la cuite des sucres ont été construits avec le plus grand succès parM. Saulnier. Aux nombreuses et très-honorables attestations émanées spontanément des administrations publiques et des particuliers auxquels M. Saulnier fournit ses
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- machines, le jury croit devoir joindre,son propre témoignage en lui décernant une méd.aillç; d’or.
- MM. Stéhélin et Huber, a Bitschwiller (Haut-Rhin). ‘ ' ‘i ' ' -
- MM. Stéhélin et Huber ont envoyé, à l’exposition, une grande locomotive à six roues remarquable par sa belle et boririë exécution.;Jaloux dc; prouver que rdcs machines de ce genre pouvaient aussi-bien être construites dans dés ateliers français qu’en pays étranger, ces constructeurs n’ont pas reculé devant les sacriGces nécessaires' pour nationaliser cette industrie. Dedispéndieux outils ont été par eux acquis et placés dans leurs ateliërs, et bientôt des machines comme celles que le jury a vues avec le plus vif intérêt ont attesté l’heureux résultat de leurs patriotiques efforts. Lé succès a été une première récompense pour MM. Stéhélin et Huber ; une médaille d’or décernée par le jury en sera une seconde aussi honorable que bien méritée. . •
- MM. Schneider frères, .ait Çreuzot., - ;
- L’établissement du Creuzoté son importance, Ics immcnscs ressources que tes nombreuses machines dont il est pourvu offrent aux constructiohs'mécàniqùes dé toiut genre sont généralement connus ; aùssi est-ce moins dé cette usiRc que de ses nouveaux proprié taires, deléurs efforts pour faire produire des fruits utilesVuX immenses capitaux enfouis anté-' rieurement dans cet immeuble dont ils viennent de faire l’acquisition, que le jury s’est occupé. La haute récompense décernée aux productions métallurgiques de MM. Schneider ne dispensé pas de présenter le* compte rendu de leurs autres produits mécaniques. Lejurya distingué une locomotive remarquable par la bonne exécution 7dc sa chaudronnerie et la disposition de.scs roues formées d’une
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- seule1 pièce'.! Une màclii né! àl vapeur hori 2on tâî c p disposition goûtée pour les mines^exécutée avec Soin/ mais' d’un' système de distribution^trèsrSusceplible. d’étrc critiqué.^ enfin des pièces détachées remarquable^ tant par Je travail de forge que par celui d’ajustement. ' * ' /
- MM. .CAZALTS' ét CôRDiER.'a* Sàint-Oüéntîh.
- .L’établissement de , MM. Cazalis et:Cordier de Saint* Quen tin est un de ceux qui. peuvent.< fournir: eftpar,.leur étendue , et par la ressource,de, leur outillage le .plus de facilité pour la construction des machines à vapeur de tout genre,-Aussi, esbee des. ateliers de. ces constructeurs que sont,déjà sorties. Je nombreuses locomotives dç»nt le bon service devient le meilleur témoignage de la perfection, Jp leur construction 3.le jury>,pour récompenser MM. Cazalis et Coydier du bon exemple qu?ils ont donné cn.se mettant à l’œuvre des premiers pour fournir au pays, des machines locomotives tirées à grands frais.de l’Angleterre>.leur vole la première des récompenses. Il espère que ce haut encouragement déterminera’cès habiles'manufacturiers à poursuivre,leurs efforts pour débarrasser la France du; tribut qu’elle paye-encore1 à l’Angleterre.pqur les grpnds,méca:r nismes.’a vapeur destjnésù la navigation et les .portera à faire les, sacrifices nécessaires pour munir leurs, ateliers d’outils (l’unc.dimension suffisante .pour la bonne et facile exécution des machines les, plus puissantes., * ,, r • <
- *)h i :^V'. >li j aol; b!*? AOifUîl ? j?K> g il/if) j Ü*Xn*>'K*V. 5
- y RAPPELS' DE MÉDAILLES D’ARGENT. : :;
- M.'THONNELLiÉRf a ' Paris. Tue ‘(les? Trois-*'
- ”0 CsUy*! -•»( tïoy ';t îV.iV.K?.-'U VO)
- ,tBoi;neSi; 20.. ? ,,, ..... .,1
- 5 ?* : . •; • J? i - /; <• .*? ? l " . : H . . ui. • • ’ - '... - i i• U; ^ i J > : il îr ’ • ? ? *
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- Mv Ihonnellier a reçu en '1834 une médaille d’argent' pour des presses monétaires oxécutées dans ses ateliers
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- avec une précision d’ajustement remarquable d’après le système des presses à levier funiculaire employées à Munich. Cette année, ce constructeur expose de nouveau une fort belle machine du même genre, mais considérablement modifiée; les heureuses simplifications apportées à cette machine monétaire semblent de nature à provoquer définitivement son emploi. En attendant qu’une1 expérience prolongée ait démon tré toute la valeur de ces perfectionnements, le jury, en faisant fonctionner sous ses yeux l'a machiné modifiée et améliorée, a pu se convaincre "suffisamment de ses- avantages pour juger M. Thonnelier digne’du rappel de la médaille d’argent dont il avait été précédemment honoré. ’ ' ; 1 ' • -, ;; n:r'.
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- M. Farçot, à Paris, rue Moréaü, i .
- ' M. Farcot expose une petite machiné à yapèiir à’som-inier et bielle latérale d’une puissance assez restreinte. Celte machine méritéprincipalémént de fixer l’àitenlibn hât son mécanisme dé détente variable, àl’aide duquel la düree d’introduction est constamment misé ênrappbrt avecl’éf-fort à produire par le seul fait du modérateur1"à'boulé centrifugé. Le jury, prenant aussi en considération les nombreux travaux exécutés par M. Farcot depuis la dernière exposition, notamment plusieurs machines de son système montées dans des ateliers de la capitale, pense que'cet industriel est digne du rappel* de la médaille* d’argent qui lui a été précédemment accordée! ' * ’ i ^ <
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- Ecole de. Chiions.
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- Le jury rappelle à l’école .de Çhâlons la médaille d’argent qui lui a été décernée en 1834. Les modèles de:bsinçs à broche; exécutés par les élèves sur échelle pour les galeries du Conservatoire se recommandent par Indélicatesse de
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- leur main-d’œuvre ; . l’adresse «les jcuues gens instruits à Chàlons sefait encore remarquer dans la construction d’un modèle,de machine de Wolf, à cylindres de Terre, lin joli modèle du même système, avait déjà été exposé: en 1834, par M. Bourdon, à l’effet de rendre perceptibles, pour les yeux, des phénomènes qui semblaient nepouvoir être appréciés que par l’intelligence, ou les seuls effets extérieurs qu’ils produisent. Un. dessin ,tout ombré au tire-ligne ne peut obtenir du jury l’intérêt qu’autaut de patience et d’habileté de main auraient pu mériter par une plus utile application. Malgré ces observations, le jury pense, que l’école de, Châlons, continue à se montrer .digne de la médaille d’argent qui lui a été précédemment accordée.
- M. Hermann, àParis, ruedaCharentoii.ioa.
- M. Hermann a présenté,- à l'exposition, ^diverses. machines parmi lesquelles on distinguait une machine à vapeur sans balancier à «louble sommier réuni par des bielles attaquant une seule manivelle. Le tiroir de cette machine
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- estîroû par un mécanisme.à levier placé dans, la boîte.du tiroir; le modérateur est à vitesse variable à volontés au
- •• • .. ' i .<*') - j J . ' M . ..r-/ y-/* ' •*
- moyen de deux plateaux frottant l’un sur l’autre à angle droit; il suffit,, pour opérer les modifications de vitesse, d’éloigner ou de rapprocher du centre d’un des plateaux le point du contact de l’autre. , f
- , , Des machines:à cylindres de, métal? de granit, de yerre, frottant les uns contre les autres avec des vitesses différentes pour opérer le broyage de diverses substances telles que chocolat ou couleur, des machines à'mouler les pains de savon adoptéespar presque tous les fabricants de savhn de toilette, figuraient aussi au nombre dés produits sortis des ateliers de cè constructeur, que lé jury juge digné du rappel de la médaille "d’argent à lui précédemment accordée.
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- MEDAILLES D’ARGENT.
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- i 1?auw,elSj à Paris,., rue, du .Faubourg-- Poissonnière, 109. r - - i
- Lés ateliers quèM. Pamvcïs à créés à la barrière Blanche,* près Paris, pour la construction dés grands"mécanismes,’ ont mérité, pair leur étendue et les ressourcés qu’ils offrent à l’industrie, toute l’atlcriliôii dù jury .Cette usine, animée par un moteur à vapeur puissant pourvu d’un martinet mû par une machine à vapeur distincte, permet à leur propriétaire d’entreprendre et de construire rapidement de puissantes machines, de forger sur place leurs plus grosses pièces et de fabriquer dans l’établissement même leurs chaudières. M. Paüwels a construit avec succès un nombre considérable de machines fixes à détente, du système, dé celles par lui exposées. Durant lés années qui viennent de s’écouler, il s’est livré à là construction des bâ-leaiix à vapeur eu fer. Un remorqueur de la force dé céiit chevaux, muni de machines à haute pression, à été fourni par lui au port du Havre. Parmi les bateaux à vapeur sortis de’ ses'ateliers, ' le' jury peut citer un très-long bâteau sur-' liôrnm èïe “Corsaire rouge, qui s’est fait remarquer, sur la’ basse Seine, par là rapidité de sa marché. M. Pauvvëls à paru au jury, par l’ensemble de ses travaux cf la fondation dç[ son vaste atelier de la barrière Blanche, digne d’une mé-daille d’argent. ‘
- UTî* : '. 1 ’T'; .’•.••• ' .** • ![.' i ; . T' • k : . : î^ J/'/ , i.
- M.-.,Duren;ne. tt-N.on-exp9aaHt.,. v ^
- . M. Durenne, non-exposant, est inscrit siir la liste des-industriels dont les travaux ont pu devenir l’objet des; dé-; libérations du jury. C’est dans les; vastes* ateliers, de cet> industriel que se construisent, pour la plupart, les généra-* teurs grands et petits, à haute et à basse pression,,! qui ali %
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- mentent de vapeurics machines exécutées par ceux de nos constructeurs qui ne réunissent point encore des ateliers de; chaudronniers à leurs ateliers de mécanique. ]VL D'ü* renne, par une sage administration, a su' ménagcr à son établissemen t un développement successif -, il est parvenu à lui donner une importance qui le place ait premier rang
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- et le rend digne de toute la sollicitude du jury. Cet habile chaudronnier connaît bien les besoins d?une fabrication à laquelle il s’est personnellement liyrcr aussi ai-t-il invente des machines qui rendent les opérations de la chaüdronnc-fie à vapeur plus faciles, plus certaines, plus économiques. Une machine à faire les rivets^ une machine à ployer les tôles suivant des mesures variées, des machinés'à percer les trous, des fours à réverbère composent les appareils auxiliaires de sa fabrication. Tous ces engins empruntent leur action h une. machine à vapeur placée au centre de 1.usine. Une grue très-puissante exécutée cri chaudronnerie atteste tout le parti qu’un esprit inventif Délit tirer d’uneindustriedonî il comprend bien toutes lés ressourcés!’ Lejury.pensé que M. Durenné, par lé dévelôpjjement qu’il a su donner à son industrie et la réduction du prix de'*
- • i?* » * * '• « . t {v. \ t » "* • i ri ' -• ** - ‘ ^ î j
- construction des chaudières. qui en à été là ! suite, s’est
- *:l 'IIS '• ' ’ . » '* ; \ ; . * . * . * * * ' * * *. , f'-.' • % *. - ^ . .< • V / . ‘ ^ '
- montré très-digne d’une médaillé d’argent., . .
- M. 'Eügèiie Boürdcw, à Paris, nie du Fau-- 'boûrg-du-ïéiriplè, 7$. • ! 7
- . i * - ? = * " ''i î î ' % f :
- L’exposition de M. Bourdon pst une des plus nombreux ses et des plus variées dés niachiues a vapeuf à cylindres oscillants, agissant de haut en bas et de bas en haut,, suivant les: localités; des machines système,Mandslaj, avec' excentriques dedétente d’une disposition parliculièreimagi-: néeparcemécanicien ; despresses hydrauliques à veirhicellc; ; dont ledioisscau est constamment maintenu ,à une tempé:*
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- ràlur.e-convenable 7 par; une:double:.enveloppe 'remplie, de vapeur; un .modèle de machine, de vbateauj ;systcmu .oscib-lant, où.le.mp.uViement rétrograde est opéré dans le,double appareil par le seul changement de position de la clef, d’un seul robingt j un modèle.deuumhineù; vapeur, sur la plus
- • • •* t .* . •
- petite : échelle., : fonctipnnantv expérimentalement, pgr;}la pression nd’uU gaz comprimé }.<> des appareils r.de,, sfr-rcté â.flotteur, à aiguille indicatrice et sifflet avertisseur;
- * ‘ - A
- une machine locomobile dans laquelle le moteur et Ja chaudière SQut.iugéuieusemenfc’groUpés > ne. sontpas les seuls produitsdes.ateliers decel habileconslrucleuri Les grandes machines qu’il a exécutées, etqtii fonctionnent avec plein succès.dansiles usines où,elles ont été. placées depuis,lu dernière -exposition, mériteront aussi bien; celle années à M.’Eugène,Bourdon'une médaillé d’argenUqüe ses intéressants modèles-de machines à vapeur à'cylindres de verre
- pourladémonstration,lùi,avaient valu; en 1834, une médaille de bronze. . ' ::;r*:HL 0. . I
- . Besl a y ,;>;à s Paris, r u@. "N,Ou:y e-Eopi nt , couru .17.,.« .......... .... 1,... ,.i, •<?
- ( : : « . 'f t. ï> / j.i •'* I " - " !. \ ‘ ' * ' : . » •• * •• v -V.' • - -
- •; Beslaÿla exposé une châüdière de machine à vapeur placée dans un fournéaujvertieal ipouvUnt bfûler|!du cOké sans cheminée et sans fumée , précieux avantage pOuf dès machines destinées à fonctionner 'au milieu dès villes .^ L’appareil de. M. Beslàÿ est l’ceuvredes rhéclitâtionsdé plusieurs esprits ingénieux : composés et exécutés, d’âbofd pàr l’iu-génicuxî M. Frimo 17 • sûr dé pîiûci pé> > depuis! longtemps connu, dés chaudières à!bouilleurs Verticaux ; diteS-Ù pis de vache V'ces appareils* ont reçu dé-très-notables ameliorations dans les ateliers de M. Beslay dé la part dé plusieurs ouvriers, du coutre-maître Tulpin; particulièrement'.1 Ce chef dés travaux-à cu labanncpelisée de -conslruire ' cil
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- cuivre et de rendre mobile et très-facilement remplaçable
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- la partie inférieure des bouilleurs, la plus sujette à une détérioràtioh eu cas de suppression d’alimentation où d’accumulation de sédiments. La chaudière exposée parM.Bes-laÿ est munie' d’un appareil*ingénieux trop peu employé, quoique depuis longtemps décrit pour sigualer l’abaissement du niÿeaù'de l’eau, ‘L’expérience, plus d’une fois répétée, en présence même dé plusieurs membres du jury, , a toujours prouvé que l’explosion par défaut d’alimentation était tout à fait sâns: danger. Sa construction permet à une telle chaudière d’être réparée en quelques heures et de reprendre ainsi? ses fonctions après une très-courte suspension de: service. Le jury pense qu’un appareil chauffé économiquement avec du coke, muni d’un bon avertisseur de l’abaissement du niveau, qui peut enfin faire explosion dans ce cas le plus fréquent sans danger, mérité bien au propriétaire dès ateliers où il est construit la médaille d’argent. ^ i
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- M. Dietz, à Paris, rue Marbeuf, 11.
- M. Dietz est le constructeur qui semble avoir pris le plus à cœur de résoudre le problème de la locomotion à vapeur sur roule ordinaire y déjà, à l’exposition de 1834 ,. le jury lui a décerné une médaille d’argent pour récompenser scs effortsj depuis cette époque, des,constructions successives de remorqueur.modifiées suivant les indications pratiques fournies par l’expérience lui ont permis d’approcher plus près du but si difficile qu’il prétend pouvoir atteindre. Sans partager son espoir, du moins pour une époque prochaine, le jury n’en apprécie pas moins les louables tentatives de cet industriel, qui a construi t avec succès plusieurs bateaux à vapeur en fer actuellement en, cours de navigation sur l’Oise, Le jury juge M., Dietz digne, d’une nouvelle médaille d’argent.
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- École d’Angers, à Angers.'
- L’école d’Angers avait obtenu, en 1834, une médaillede bronze; sa rivale, l’école de Châlons, avait été jugée digne d’une récompense plus élevée; celte école, animée, cette année, d’unc'vive émulation, a voulu sortir de cctteespèeê d’infériorité où la décision du jury l’avaitplacée ; ce jugemen t équitable, mais sévère, a porté d’heureux fruits ; la meilleure preuve en est bien la variété, le nombre et l’importance des machines qui composent l’envoi fait à l’exposition par l’école d’Angers. Deux machines à vapeur, l’tinë à haute pression, modèle Saulnier aîné, l’autre à basse pression, modèle Mandslay, ont, par leur bonne exécution, provoqué l'attention du jury; des pompes de presses hydrauliques bien exécutées, mais d’une disposition susceptible d’être critiquée , des modèles sur petite proportion de machines à percer, un tour’en l’air, son support et sa contre-pointe tout en fer et fonte, attestent la capacité des élèves pour l’exécution manuelle des travaux mécaniques, but principal d’une école qui 11e doit leur fournir qu’avec discrétion les connaissances théoriques qui peuvent en faire, à leur sortie, de bons ouvriers, plus lard des contre-maîtres habiles. Le jury pense que l’école d’Angers s’est bien montrée digne, en 1839, d’une médaille d’argent. ’ !
- ,, : ,, . ; ",ob " '
- M. Raimond, à Paris, rue du Faubourg-du-ïerople, 116 et 11B. 1
- M. Raimond a exposé une machiuc à vapeur fort bien exécutée^ à mouvement rectiligne sans balancier. La tige de piston de celte machine est maintenue par un parallélogramme ingénieusement combiné ; quelle que soit la perfec-tion d’exécution de cette machine; ses dimensions assez
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- restreintes ne sauraient justifier la médaille d’argent.que le
- j > 1 » ' 1—^
- jury décerne à ce constructeur * aussi est-ce pour l’ensemble dé Ses travaux, qui remontent déjà à Une époqïle ancienne* que cétte distinction lui est accordée.- Le jury se rappelle que M. Raimond est le premier qui ait appliqué en France les roues à l’arrière des bateaux, efilsé souvient que le premièr service de navigation à vapeur pour marchandises entre Paris et le Havre fut monté avec des ba-
- teaux k vapeur* dont les roues étaient ainsi installées. Le jury* avant de voter à M. Raimond cette récompense* a pu se convaincre de l’iinportanèe de scs constructions actuelles* en visitant dans ses ateliers une doübïe machine à haute pression de la force totale de quatre-vingt-dix chevaux * destinée à la navigation maritime.
- M. Pelletan, à Pàris, riiè de Yerneuil, 27.
- M. Pelletan, doué d’un esprit inventif, a soumis à l’examen dujury des appareils divers aussi variés dans leur construction que dans leur application * les uns sont nouveaux, peu ou point assez expérimentés* ils doivent, en dehors du mérite de leur nouveauté, recevoir la sanction de l’expérience pratique* les autres ont déjà, par un service suffisamment prolongé, prouvé les avantages que l’industrie peut en attendre; Du nombre de ces derniers sont ses appareils à faire le vide au moyen d’ün jet de vapeur pour la cuite des sücres, et sa machine dite lêvigateur, pour enlever à la .pulpe de'betterave toute sa matière sucrée. Ces appareils,.employés avec succès à la fabrication du sucre indigène, sont rentrés, pour leur exameu, dans les attributions de la commission des âris chimiques * aussi la commission des grands mécanismes n^en parle-t-elle.que pour mémoire. Au nombre
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- des appareils récemment exécutés par ce professeur , mais non suffisamment expérimentés, elle doit citer encore les modifications qu’il vient de faire subir à l’appareil à vapeur, en traînant de l’air, inventé et décrit* par Manoùry d’Hectot. Si l’expérience à besoin de consacrer les succès de cette machine, il n’en est pas.de même de l’application quc.M. Pelletan a faite de son principe 3 ati tirage* dès fourneaux des machines à vapeur; une expérience dépuis longtemps prolongée, sur les bateaux de la hàüte Seine , celle de tous les jours dans les locomotives 3 prouvent toute l’énergie, pour activer le tirage, dé ce moyen beaucoup plus simple qu’économique.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. Î)bwil et Buffet, à Arras ( Pas-de-
- MMiDewil et Buffet, d’Arras* ont envoyé à l’exposition une machine à vapeur, à haute pression; à* cylindre fixe, sans balancier, à tige de piston guidée par des directrices
- ♦ **.1 y .»** • •* i. s • *
- verticales, communiquant le mouvement par,une bielle à une manivelle placée au-dessus du cylindre.
- iL r - V . ^
- Un appareil de corps de pompe pour presse hydraulique, monté pour recevoir le mouvement d,’un moteur mécanique, figure, aussi au nombre des, machines ^exposées, par, ces fabricants. . , r - v r :
- Ces, deux machines, bien conçues ^suffisamment bien exécutées, ont fait penser .au jury qu’une médaille de. bronze pouvait, avec juste motif, être décernée à MM. De-vyil e t Buffet d’Arras.. . „ . v . , ;
- ' / LU.# : * i -• • - " ' ' '
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- M. Alexandre, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, i/j.6.
- M. Alexandre est un constructeur qui paraît, pour la
- première fois, dans l’arène industrielle ; la machine qu’il expose a paru si remarquable au jury, par ses dispositions et sa bonne exécution, qu’il n’Hésite point à juger M. Alexandre digne d’une médaille de bronze.
- . La machine exposée est du genre de celles dites à cylindre oscillant. M. Alexandre a su combiner, avec le mouvement oscillatoire, un mécanisme de distribution à tiroir qui emprunte son mouvement à la rotation uniforme de l’arbre du volant ; il est parvenu également à faire entrer dans la composition de sa machine, sans trop de complication, un appareil de détente variable. La construction de M. Alexandre présente un aspect monumental, et bien étudié, qui le fait, sans hésitation, juger digne de la récompense précitée.
- MM. Cartier et Armengaud, à Paris, rue de Montreuil, 81.
- MM. Cartier et Armengaud ont monté des machines spèciales pour tailler les engrenages, soit dé bois, soit de fonte. Par les procédés de ces industriels on peut se dispenser de faire venir au moulage les dents des roues , elles sont enlevées mécaniquement dans la masse de la jante. Les machines de MM. Cartier et Armengaud peuvent aussi facilement tailler les roues à dents intérieures ou extérieures. Cette propriété est précieuse dans certains cas, comme, par exemple, pour denier intérieurement les anneaux destinés à réaliser un mouvement rectiligne à l’aide d’une roue tournant dans un cercle d’un diamètre
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- double du sien, disposition mécanique ingénieuse inventée et décrite par Wilhe dans la centurie de ses inventions.
- Le jury pense que ces mécaniciens, en offrant aux constructeurs un moyen nouveau de faire avec perfection une opération, aussi difficile que celle delà division et de la taille des dents des roues suivant les courbes théoriques, sc sont montrés dignes d’une médaille de bronze.
- M. Rouffet fils (Àcliille), à Paris, rue du Mar ché-N e u f,. 6.
- M. Rouffet fils a présenté à l’examen du jury une élégante machine à vapeur, complète, destinée à développer presque instantanément une force d’environ deux, chevaux sur un point quelconque. Celle machine, du genre de celles dites loqomobilcs, réunit, sous un très-petit vo-, lunie, le moteur et son générateur de vapeur. Le cylindre à vapeur sc trouve, par une ingénieuse disposition, plongé dans le réservoir h vapeur de la chaudière. Un ventilateur mis en mouvement, à bras d’abord, par la machine elle-même ensuite, sert à établir et à maintenir, dans le fourneau alimenté avec du coke, une très-vive combustion,, opérée sans fumée. Cette machine, bien groupée, d’une exécution très-soignée, rendue, cependant, facile par la forme et la disposition de chacune de ses parties, est encore établie à un prix très modéré. ,
- Le jury ne doute pas que les avantages qu’elle offrira ne la fassent rechercher par une foule de petites industries qui ont besoin d’un moteur économique. Sa simplicité la rend très-propre aux usages agricoles.
- Le jury espère qu’une vente nombreuse viendra sc joindre à la médaille de bronze qui lui est décernée comme
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- récompense des efforts tentés par ce jeûne constructeur pour faire bien et à bon marché. - r. s
- M» Fret, à Paris, inipasse Saint^Laurent, 2,
- M. Frey a provoqué l’attention du jury par deux machines à vapeur de disposition complètement différente.
- L’une est une maebine à bielles latérales a àrbre^ a doubles manivelles, comme dans les machines Maudslay,-mais à distribution à tiroir. Cette machine, dont le bâti emprunte ses formes à l'architecture gothique, est surmontée de son régulateur à boules centrifuges-, sa.disposition générale lui donne un aspect trèS'Satisfaisaut.
- Là seconde machine est à cylindre oscillant, distribuant la vapeur par l’oscillation même, à l’aide d’un mécanisme én formé dé’ robinet à quatre eaux, placé sur le tourillon dû cylindre. Cette manière de distribuer est peu conforme aux principes théoriques 5 car elle ménage à là vapeur, une fois à chaque double battement, une entrée et une sortie plus rapides} cet inconvénient, plus théorique que réel, provient de la solidarité établie entre la distribution et le mouvement du cylindre rendu inégal par suite de la variation des angles formés par la manivelle dans les deux positions extrêmes. Malgré ce léger défaut, ce genre de machine n’en] présente pas moins, par. son extrême simplicité, désavantagés pratiques. La bonne exécution elle mérite d’invention de ces machines font juger M. Frey
- . - , . ... ' 1 j * ) ' - j
- digne.d’une médaille de bronze.
- M. Chavëpeyre , à Paris, quai Valhiy, io3.
- M. Çhavepcyre est un chaudronnier en chaudières à vapeur des plus intelligents} des premiers il a osé entreprendre la construction d’une chaudière de locomotive,
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- jugée d’une exécution si difficile.' Déjà couronné d’une médaille de bronze en 1834, il expose, cette année, une. chaudière à foyer intérieure, à nombreux bouilleurs, du genre de ceux dits tuyaux-fumée. Dans cette chaudière, les tuyaux dans lesquels la flamme doit circuler sont coudés de façon à ce que leur dilatation ne puisse pas ébranler leurs joints. i
- Un pyromètre, composé d’un barreau de zinc, placé * dans un tube de tôle, ouvre une soupape qui permet à uq jet d’eau d’éteindre le feu toutes les fois que la pression a dépassé Une certaine limite; la disposition du mécanisme offré la possibilité dé la fixer d’avance, et de la déterminer au point jugé té plus convenable.
- Ce‘chaudronnier est toujours prêta mettre sa bonne volonté à la disposition des inventeurs pour l’exécution de tous les appareils nouveaux; il mérite par son zèle et par ses travaux une récompense ; le jury se montre juste, en liii décernant une nouvelle médaille de bronze.
- M. Chomeau, à Paris, rueQumcainpoix, 63.
- M. Chomeau, qui réunit dans ses ateliers plusieurs genres d’industrie, a monté pour le broyage du cacao une machine à vapeur puissante. Travaillant à façon pour un grand nombre de chocolatiers , il a compris les importantes modifications qu’il convenait de faire subir aux machines à broyer le cacao; les besoins de sa fabrication lui ont révélé les perfectionnements qu’il s’est efforcé d’apporter à celteespèce de machine. !
- Dans la nouvelle broyeuse, exposée par M. Chomeau , les rouleaux reçoivent, d’un mécanisme spécial, un double mouvement. Us sont, comme à l’ordinaire, entamés circu-lairément sur le platèaU dormant ; ils reçoivent, eh outre,
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- un: mouvement de rotation sur eux-mémes, qui leur fait prendre, une vitesse dp rotation propre plus considérable que le développement de la surface sur laquelle ils ont roulé. Cette combinaison, qui avait pour but d’opérer, en un temps plus court, une trituration plus parfaite et plus abondante, a été couronnée d’un plein succès pratique.
- Le jury regarde celte combinaison, qui constitue une véritable invention, digne d’une médaille de bronze.
- M. Lemoine, de Rouén.
- Lemoine a présenté, à, l’exposition, des appareils de condensation destinés aux machines à vapeur. Le principe mis en pratique par M. Lemoine est celui inventé par M. Séguin pour les chaudières de locomotives; seulement, pour en faire un condenseur, le problème est renversé. Au lieu de faire passer l’air incandescent au travers des tubes pour vaporiser l’eau qui les environne, c’est de l’eau froide qui est dirigée dans les tubes pour enlever à la masse de vapeur dans laquelle ils sont plongés le calorique qui la maintient à l’état gazeux.
- Les condenseurs construits par M. Lemoine ont surtout de grands avantages dans les fabriques où l’on a besoin d’une grande masse, d’eau distillée, comme dans les, teintureries. La construction de ces appareils est bien raisonnée,, elle permet le nettoyage, et rend les réparations possibles, même faciles.
- Le, jury juge le constructeur des condenseurs à tuyaux digne d’une médaille de bronze.
- MM. Leblanc, Armengaud et Tronquoy, à '' Paris. ; •
- Trois dessinateurs ont exposé, dans la salle des machines,
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- des dessins et plans d’appareils;fort bien relevés et très-habilement lavés. Le grand mérite du dessin mécanique est d’offrir à l’œil un tracé fidèle et facile à comprendre. Le jury a vu avec satisfaction les progrès de ce genre de dessin. Désormais, ces représentations, en perspective de convention, d’un effet si désagréable pour quiconque s’est un peu occupé de machines, seront remplacées par le tracé géomélral avec lignes de force pour le côté des ombres. Le dessin géométral lavé et ombré, suivant la méthode de superposition des teintes plates avec plans et coupes, provoque l’attention même des personnes étrangères à l’industrie.
- Ce genre de dessin vient offrir aux constructeurs le moyen sûr de consigner fidèlement sur le papier les mécar nismes les plus compliqués. Les conceptions mécaniques ainsi fixées deviennent communicables -, elles peuvent être échangées et envoyées à grandes distances bien plus commodément qu’au moyen des modèles en relief. La haute importance de ce genre de dessin pour: l’industrie mécanique le rend digne de tout l’intérêt du jury; aussi juge-t-il les trois habiles dessinateurs, dont les beaux dessins ont passé sous ses yeux, dignes chacun d’une médaille de bronze. , ; '. .'T < H .
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. Chaussenot, Sorel et Galy-Gazalat, à"Paris. ' " ' ; ;
- MM. Chaussenot, Sorel et Galy-Cazalat ont présenté k l’examen du jury une série de moyens desûreté applicables aux chaudières à vapeur.. ; • - v
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- Tout en reconnaissant tout ce qu’il y a d’utile, d’ingénieux-dans des divers‘mécanismes de sûreté; inventés et exposés-par ces ingénieurs civils, tous les trois si fertiles en conceptions heureuses 5 le jury ne peut, quant à pré-sent, que prendre: en haute considération leurs intéres^ sants travaux. L’examen attentif, l’essai même des fonctions de ces appareils ne sauraient suffire pour appuyer un jugement sûr et définitif sur le mérite de chacun d’èux. L’expérience assez longtemps prolongée de ices moyens de sûreté, appliqués à de nombreuses chaudières continuant leur service dans les circonstances où on a coutume de les faire fonctionner, pourrait seule fournir les lumières convenables pour éclairer cette grave question. Le jury, manquant des éléments indispensables pour se livrer à leur appréciation, n’a donc pu les juger. Ses regrets diminuent en pensant que bientôt l’omission involontaire à laquelle il a été contraint sera réparée par une commission de l’Académie des sciences, investie, par l’administration, du soin et du devoir de prononcer sur la valeur positive dés nombreux moyens proposés pour la solution d’une question d’un ai haut intérêt pour ^humanité.
- Le jury se borne donc à signaler toute l’utilité du but vers lequel les travaux de MM. Chaussenot, Sorèl' ët Galy-Cazalat ont été dirigés.
- M. Mayeb, à Mulhausén.
- V. . ’ . • . .. . V * ïJ\
- ,• > Z ; t t * t *
- M. Mayèr a envoyé, à l’exposition, un modèfede tubulure en fonte applicable aux chaudières à vapeur pour remplacer, la.pièce dite.; trou d’homme. En réunissant sur son modèle, le point de départ de tous les tuyaux, ordinairement tabulés, sur les corps de chaudières, il évite d’affaiblir leurs
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- parois par des trous nombreux qufil faut* quelquefois re boucher, si la disposition des lieux vient à variei\
- pans son énvpi on remarquait encore un régujateiirr compensateur, eides apparçijs indicateurs de niyeaii disposés de façon à éviter les sédiments qui se déposent daps les tubes de verre, et rendent les indications bientôt ira* .possibles à percevoir. . . . , ,
- Lejur^ juge M. Mayer, pour l’ensemble des objets par lui exposés, digne d’une mention honorable.. ,
- M. Galafemt, à Paris, rue clés Àmancliers-Popinçourt, 7.
- M. Galafeht est un constructeur anglais qui est venu exercer son industrie en France. Le jury a saisi avec plaisir une occasion de se montrer tout à la fois justéèt bien-
- veillant vis-à-vis d’im étranger
- La machine à vapeur exposée par ce constructeur a paru au jury bien exécutée. Une disposition qui assure la fidélité des indicateurs dés flotteurs dans les chaudières L également mérité son approbation. '
- M. Galafent est jugé par lui digne d’une mention honorable.
- î * • - : ’ . • l ’ * ; J ? P
- M. Giraudon, à Paris, ruede.Ckaronnç,
- f '• i . . . * • t, -j 11 •
- M. Giraudon est à la tête d’une école industrielle} il expose/ comme produit de son école, une machine à vapeur bien exécutée} ses dispositions ont beaucoup d’analogie avec celles de la machine exposée par M; Frey.
- Lé jury, désireux d’encourager l’ulileenseignement pn> essionnelque dirige M. Giraudon, mentionne honorablement la machine par lui exposée,
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- M. Labbé, à Paris, me Amelot, 62.
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- M. Labbé a exposé divers modèles ou une méthode de diminution des frottements par l’intercalation de sphères ou rouleaux entre les arcs frottants et les coussinets est mise en pratique. Le jury a pu se convaincre, par lui-même, de l’extrême liberté que conservent, dans leurs mouvements, les organes mécaniques ainsi montés ; il regrette que la complication et les difficultés d’exécution de ce genre de mécanisme intermédiaire en rendent l’application rare et dispendieuse.
- M. Labbé a soumis encore à Texamôn du jury une machine à vapeur à rotation immédiate, pouvant facilement se transformer en machine directe, élévatrice d’eau. Le mérite pratique de celte machine non encore soumise à une expérience suffisamment prolongée 11’a pu être reconnu par le jury, qui n’a pu que la comparer aux nombreuses machines à rotation, d’une disposition à peu près analogue, laissées sans emploi.
- Le jury pense néanmoins que la bonne exécution de divers appareils exposés par M. Labbé le rend digne d’une mention honorable.
- M. R atisseau, à Paris, rue Traversière, 26,
- M. Ratisseau se livre presque exclusivement à la construction des machines à broyer soit les couleurs, soit le chocolat ; là spécialité de sa fabrication lui permet de faire bien à dès prix assez modérés.
- Le jury juge les machines par lui exposées dignes d’une mention honorable.
- N
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- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Klemm, à Paris, rue du Fauboürg-dü-Temple,
- M. Klemm est un contre-maître employé dans un grand atelier; il expose, sous son nom, une petite machine à vapeur, système oscillant. La parfaite exécution de celte machine, d’une puissance très-limitée, atteste l’habileté de main de l’ajusteur qui en a limé et tourné les diverses pièces.
- Le jury cite favorablement M. Klemm.
- M. Mois’gisot , à Paris , rue Neuve-des-Petits-Champs, 5.
- M. Monginot a exposé, dans les galeries des machines, les premières livraisons d’un grand ouvrage dont il est l'éditeur ; il se propose de publier en France les inventions remarquables brevetées en pays étrangers.
- L’utilité d’un pareille publication, qui peut hâter en France la connaissance des inventions utiles, fait juger son éditeur digne d’une citation honorable. v > ?
- M.: Fra.kchot, à Paris, rue Neuve-des-Poi-
- t «•> -
- rees, o.
- M. Franchot s’est fait inscrire dans le but d’exposer un nouveau moteur d’une.disposilion particulière, puisé dans la dilatation et la contraction successives d’ühe même masse d’air. Les succès de ses premiers essais, faits sur un modèle de faible dimension, lui méritent une citation hono-
- - ; t ' * . » , f i > •> “ * ’
- rable. Sa machine, non encore terminée, n’a pu figurer à l’exposition.
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- Le jury fait des vœux pour que la construction sur assez grande échelle* à laquelle M. Frâiichot se livre en ce moment, réponde à ce que cet ingénieux novateur en attend;
- SËCTiÔN iv,
- MACHINES ET MECANISMES EMPLOYES POUR LES CONSTRUCTIONS NAVALES , HYDRAULIQUES ET CIVILES.
- M. le baron Charles Dupin, rapporteur.
- Considérations générales.
- Lès arts des travaux publics ont pris leur large part des progrès opérés, depuis, plusieurs années* dans la construction des machines.* et ces progrès sont immenses-. l
- Il ri’ÿ a pas longtemps encore* nous étions dans un véritable état d’infériorité lorsqu’on nbuS comparait avec l’Angleterre, pour celte brancheid’iii-dustrie; aujourd’hui nous commençons à soutenir dignement le parallèle. ; ; -, r ,
- Il suffit, pour en donner la preuve, de comparer la valeur acquise pan les .importations et les exportations des machines en France- actuellement et lors
- / * ' ’ ’ 1
- des trbis dernières expositions des produits de notre industrie i l’accroissement est remarquable.
- ; m s
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- Exportations et importations dès machinés.
- Années* Importations.
- , 1823, 842,5.86 itv,;
- .1827, A j045,293
- 1834, , 1,272,131
- 1837, • : 2,275,110 .
- Exportations. ? ’ h
- . 566,436 fr. { 1 >318^303 /
- 1,997,241; . :1 3,297,038 ,
- Ainsi, dans un intervalle de quatorze ans, nos acquisitions annuelles de machines étrangères onti/7-plé. Le genre des machines importées n’est pas. moins important que le total de leur, prix, expression de leur utilité. La valeur de ces machines, tirées en majeure partie de la Grande-Bretagne, appartient, pour les cinq sixièmes, aux machines à vapeur, c’est-à-dire aux instruments delà production* dans une foule d’industries qui se développent et s’amé-liorent par cela même qu’elles accroissent et perfectionnent leurs forces motrices. ... - ,
- Nos exportations de machines sont bien plus.im-por tantes, et plus progressives encore que nos im-portations, . , . .. .. :
- En 1823,, elles n’étaient que les.deux .tiers des importations; en 1837, au contraire, elles sont (de moitié plus fortes que les exportations : elles ont sextuplé dans un intervalle de quatorze ans. i i?
- Ce qui rend plus assuré notre commerce de machines, c’est qu’il se répartit entre un grand nombre
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- de puissances différentes, toutes moins avancées que nous en industrie, toutes ayant de longs efforts à faire avantd’atteindre au but que déjà nous avons atteint, et que nous aurons incessamment dépassé.
- Nous rapporterons un autre' fait qui résulte du parallèle de nos résultats commerciaux avec ceux du peuple le plus célèbre à la fois pour son commerce général et pour celui de ses machines. Aujourd’hui, l’exportation des machines a conquis une plus grande part dans notre commerce national qu’elle n’en a conquis dans celui de l’Angleterre. En effet, par milliard de produits exportés, l’exportation des machines compte :
- En France, pour. . G,409,000 francs.
- En Angleterre, pour 3,943,000 francs. Faisons surtout remarquer ce qui fait le plus grand honneur à l’industrie de nos constructeurs de machines ; ils obtiennent leurs succès aù milieu dés marchés étrangers, malgré tous lés désavantages qui peuvent résulter du prix élevé des fontes, des fers, des aciers et du combustible dans nos ateliers. Mais les machines qu’ils fournissent sont la plupart le fruit dë leur invention, le talent même d’invention qui fait leur supériorité; or ce talent est, de tous les capitaux, le seul qu’on ne fait pas artificiellement passer d’un peuple à l’autre, par la modification de quelques mesures législatives. *
- Ori ne1 distingue plus seulement par l’invention
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- une l’oule de machines françaises, mais aussi par une exécution qui depuis cinq ans a fait les progrès les plus dignes d’éloges.
- Beaucoup de nos grands ateliers se sont empressés d’acquérir, en Angleterre, les outils-machines les plus essentiels, qui servent à donner aux pièces mêmes dont la plupart des machines se composent une précision, pour ainsi dire, mathématique. Par ce moyen, plusieurs grands établissements qu’on avait vus tomber dans un rang secondaire ou ter- . tiaire, par l’emploi trop persévérant d’un outillage imparfait et suranné, peuvent maintenant soutenir le parallèle avec les ateliers que nos rivaux ont établis avec le plus de soins et d’intelligence.
- § 1er. CONSTRUCTIONS NAVALES.
- Navires et bateaux à vapeur.
- Les services publics et l’industrie particulière ont rivalisé d’activité pour la création et l’emploi des mécanismes qu’exige la navigation par la vapeur.
- Dès 1838, la marine militaire comptait trente-
- «r
- deux bâtiments à vapeur à flot et dix en construction, d’une force moyenne de 150 chevaux. Elle a construit récemment six navires de 220 chevaux ;
- G
- T. II.
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- elle a le dessein d’en construire qui seront de la force de 300 chevaux.
- L’administration des finances a-reçu, des constructions de la marine royale, un ensemble de navires à vapeur de la force de 160 chevaux, qui font
- ;
- UU service admirable sur la Méditerranée. L’Angleterre ? aujourd’hui, transporte ses dépêches pour l’Inde par la correspondance de notre navigation à vapeur. La rapidité des opérations commerciales est triplée sur cette mer; elle sera bientôt quadruplée. Les Anglais se proposent de faire, pour l’Ail antique, ce que nous avons fait pour la Méditerranée. La France, sans doute, ne restera pas en arrière ; elle établira sa grande ligne officielle de communications par navires à vapeur avec l’Amérique, comme elle a su la créer avec l’Afrique et l’Asie.
- En dehors des grands travaux que nous venons de signaler, les entreprises privées ont pris un grand développement pour la navigation des côtes et de l’intérieur ; en voici quatre termes de comparaison.
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- Progrès du commerce français dans Vemploi des
- bateaux à vapeur.
- • CD W •w 55 55 < Nombre de bateaux. Force des moteurs (vapeur). Passagers transportés. Tonnage des marchandises transportées. Total passagers et marchandises, équivalents en tonneaux.
- Chevaux. Personnes. Tonneaux. Tonneaux.
- 1833
- i > 79 2,749 981,489 30,525 108,589
- 1834 1 [
- 1830 i
- >1(5 4,77 S 1,719,687 130,427 277,994
- 1837 J
- 1838 160 7,600 )> )) 331,570
- Ce tableau fait voir que la force motrice, «appliquée à la navigation par la vapeur, triple presque dans le court intervalle de cinq années ; son effet utile, qui suit une marche plus rapide encore, a fait plus que tripler.
- Pour faire apprécier, même sous le point de vue particulier de la construction des machines, l’immense importance de la navigation par la vapeur, il nous suffira de mettre en parallèle la force motrice totale des machines à vapeur de toutes les industries imaginables, et la force particulière des
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- navires à vapeur, pour la dernière année dont les documents officiels soient encore recueillis.
- Forces des machines à vapeur pour toutes les industries, 26,187 chevaux.
- Forces des machines de tous les navires et bateaux a vapeur du gouvernement et des particuliers, 12,420 chevaux.
- Nous avons à regretter cpie les grands constructeurs de machines et de navires à vapeur n’aient pas fait figurer à l’exposition au moins les modèles de leurs produits. 11 nous suffira de dire qu’en général les anciens établissements se sont agrandis et perfectionnés en même temps qu’il s’en est créé de nouveaux à Paris et dans la plupart de nos ports de commerce importants.
- Nous regrettons aussi que M. le marquis de la Roche-Jaequelin n’ait pas rempli la moindre des formalités qui nous eussent permis de récompenser ses efforts, pour établir des bateaux à vapeur plus légers encore et ne tirant que 25 centimètres d’eau. Ces bateaux sont destinés, même en été, à naviguer sur la Loire, le moins profond de nos fleuves. Ce service, dont nous parlons, s’établit entre Nantes, Tours et Nevers. En France, où la plupart de nos rivières et de nos fleuves ont si peu d’eau pendant six mois de l’année, le système imaginé par M. de la Roche-Jacquelin peut rendre d’immenses services : pour les obtenir, il suffit que
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- l’administration prescrive des travaux aussi faciles que peu dispendieux, au moyen d’une création de cantonniers fluviatiles, qui ménageront, même au moment de l’éliage, un courant d’eau de 30 centimètres dans les endroits les plus bas, sur une largeur suffisante, et par là peu considérable.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. Cochot, à Paris, faubourg Saint-Antoine.
- M. Cochot obtient la récompense du premier ordre pour le magnifique ensemble de ses travaux. Son mérite est d’autant plus grand qu’il a commencé par être simple ouvrier ; il a créé sa fortune par son amour de l’ordre et du travail, par son talent naturel pour l’invention, et l’heureuse application de ce talent pour imaginer et pour exécuter lui-même une foule de mécanismes ingénieux.
- Il a construit de nombreux bateaux à vapeur en fer, au tirant d’eau de 40 centimètres, qui circulent avec le plus grand succès entre Paris, Montcreau et les ports intermédiaires de la haute Seine. Ces bateaux sont remarquables pour la rare intelligence de leur construction et pour la répartition ingénieuse des poids du mécanisme sur le fond plat du navire, qui résiste par sa tension même et son élasticité.
- M. Cochot construit actuellement un bateau-bassin que* l’on pourra conduire sur un point quelconque de la rivière, pour recevoir et mettre à sec celui de ses bateaux a vapeur
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- qui aura besoin d’un radoub, ou qui présentera quelque danger de couler bas.
- . Dès 1802, M. Coehot avait exécuté des scies de placage qui ont produit des résultats d’un extrême avantage pour l’ébénisteric. Par la délicatesse et la précision des placages que ces scieries ont permis de faire, nos exportations ont pris un développement considérable.
- M. Coehot a fait, en 1812, une scierie circulaire porta-tive.pour débiter le bois dans les forêts : l’étranger surtout s’cneslservi. En 1824, i!a construituuemachineàcylindrc pour scier les bois, de quelque forme qu’ils soient, et produire des surfaces gauches, ou des cintres dont le rayon est variable à volonté.
- C’est encore à M* Coehot qu’on a dû, dès 1810, leven-lilateur-séehoir qu’emploie la manufacture des tabacs.
- Une lampe mécanique de son invention, dont le brevet remonte à 1814, a fait la fortune de plusieurs exploitants: on lui doit aussi des machines inventées pour tailler les parquets-mosaïques, pour faire des chevilles ou gouroables propres à la construction des navires ; enfin son ingénieuse machine à tailler des allumettes, qu’il a généreusement abandonnée, pour ne pas ôter les moyens d’existence aux ouvriers qui s'occupent de cette petite industrie.
- Le jury décerne la médaille d’or à M. Coehot.
- MÉDAILLES D’ENSEMBLE.
- MM. Schneider et cie? au Creuzot (Saône-et-Loire).
- Nous rappellerons ici que MM. Schneider et compagnie,
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- récompensés pour l’ensemble de leurs travaux du CreuzoR construisent des bateaux à vapeur en fer de soixante che^ vaux, pour naviguer sur la Saône j ils exécutent des ba* leaux plus grands, qui seront mus par une force de quatre-vingt-dix chevaux (système de haute pression), pour transporter, sur le Rhône, quatre-vingts tonneaux de marchandise, et remonter d’Arles à Lyon en trente-deux heures, avec un tirant d’eau de 33 centimètres. Cette entreprise est d’autant plus remarquable que, pour l’obtenir, MM. Schneider ont dû se contenter des prix auxquels reviendraient les mêmes bâtiments faits en Angleterre, puis introduits francs de droits à l’embouchure du Rhône.
- Doublage en bronze des navires.
- On a fait aux constructions navales nne application que nous ne pouvons récompenser encore, parce que les expériences comparatives n’offrent pas une assez longue durée pour donner au succès une complété certitude.
- ïl s’agit du doublage des navires en feuilles de bronze laminé propre à remplacer le cuivre rouge. Tout annonce déjà qu’on y trouvera de grands avantages sous le point de vue de la durée, et par conséquent de l’économie.
- Afin de démontrer cet avantage, le gouvernement a fait doubler la carène de beaucoup de bâtiments de guerre, un côté en cuivre rouge et l’autre en bronze laminé.
- Il est résulté de ce rapprochement une action galvanique contraire au meilleur effet des doublages mis en parallèles. Maintcnauton double complètement des navires ôn bronze laminé; mais on n’a pas encore obtenu, dans ce nouveau genre d’essais, une réussite assez prolongée pour que nous
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- puissions proposer en faveur de M. Francfort, inventeur de ce doublage, la récompense élevée que pourra mériter un succès définitif.
- Ponts de bateaux dans les ports à marée, et appareils contre l’incendie dans les arsenaux maritimes.
- «APPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. RermâbeCj à Breit (Finistère).
- M. Kermaree a reçu, des 1827, une médaille d’argent, rappelée en 1834, pour les combinaisons de ses appareils de transport destinés au secours des incendiés; il présente, cetteannée, plusieursaméliorationsàcesappareils ;ilexposc un pont de bateaux qui s’élève et s’abaisse avec la marée, et qu’on peut jeter et replier avec rapidité, pour porter des secours.
- Le jury vote en faveur dcM. Kermaree le rappel de la médaille d’argent.
- Ridage des cordages à bord des navires.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Painchant, à Lambezellec (Finistère).
- M. Painchant, à force de persévérance, a fait adopter par la marine militaire, et il propage de plus eu plus dans la marine du commerce, son appareil à crémaillère pour la
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- tension ou ridagcdes haubans : cordages latéraux qui rattachent la tête des mâts aux flancs du navire.
- Au moyen de cet appareil, on exécute avec promptitude et peu de bras une opération auparavant lente et pénible.
- Le jury décerne à M. Painchant la médaille de bronze.
- Sauvetage des naufragés.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Castéra, ancien magistrat, à Paris.
- L’humanité doit à M. Castéra les plus nobles services rendus par son zèle, pour instituer en France une société de sauvetage des naufragés : société qui consacre ses soins à recueillir de toutes parts les inventions, les précautions, les moyens de secours propres à remplir un si généreux dessein. Il a présenté lui-même des appareils ingénieux qui lui sont propres pour le sauvetage à la mer des naufragés. Le jury décerne à M. Castéra la mention la plus * honorable, et pense que le gouvernement trouvera d’autres moyens de récompense envers un ancien magistrat que son rare désintéressement et son amour de scs semblables ont privé de toute fortune.
- Machine â mater.
- M. Mazeline , au Havre.
- M. Mazeline mérite la mention honorable pour un beau modèle de machine à màter, muni d’un système de roues dentées et de cylindres, pour opérer dans un espace assez resserré, avec une force motrice peu considérable.
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- § 2. CONSTRUCTIONS ET MACHINES HYDRAULIQUES.
- Les machines hydrauliques destinées à transmettre la force motrice sont au rang- des inventions les plus précieuses, les plus rares et les plus utiles pour les industries relatives aux travaux publics et particuliers.
- Lors de l’exposition de 1834, nous avons décerné la médaille d’or à M. Poncelet pour sa roue hydraulique à augets curvilignes ayant la propriété de transmettre la force motrice de manière à ce que l’eau sortant des augets s’en trouve absolument dépouillée. Depuis cette époque, le nombre des roues à la Poncelet s’est beaucoup multiplié dans les diverses parties de la France : partout elles ont augmenté l’effet utile des eaux employées.
- Si M. Combes, ingénieur des mines, n’était pas membre du jury central, il aurait droit à une récompense d’un ordre élevé pour la roue hydraulique à réaction dont il est inventeur) mais, pour ce motif, il se trouve hors de concours.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’OR.
- M. Fourneyron, à Paris, rue de Trevisc, 5.
- La turbine, machine hydraulique dont l’idée première et capitale appartient à M. Burdin, jouit, comme on sait, de la propriété de tourner sous l’eau par l’effet d’une chute de ce fluide, et d’animer, comme son nom l’indique, d’une vitesse circulaire extrêmement considérable, un arbre vertical qui transmet eu tournant la force primitivement rectiligne.
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- En parlant de celte donnée,, M. Fourneyron a su pro* curer aux turbines les perfectionnements les plus remarquables pour en faciliter le jeu, pour en accroître l’effet utile, pour en rendre les parties d’une conservation plus grande.
- La première machine très-importante de ce genre qu’il ait exécutée le fut en 1834, à Inval, près Gisors, dans la manufacture de MM. J.-G. Davillier et compagnie. Les résultats d’un rare avantage qu’elle a présentés sont consignés dans le compte des séances de l’Académie des sciences (1836) ; on y voit que l’effet utile de la machine peut aller sur l’arbre de la turbine jusqu’aux quatre-vingts centièmes, et sur le premier arbre de couche jusqu’aux soixante-quatorze centièmes de la force hydraulique primitivement employée : résultat supérieur à celui de tout autre genre de roues hydrauliques.
- Il y a déjà plus de trois ans, la Société d’encouragement a décerné un prix de. 6,000 fr. à M. Fourneyron.
- Dans la même année où ce très-habile mécanicien avait mis en jeu sa machine de Gisors, il en a construit une autre de cinquante-six chevaux, à Saint-Biaise, dans la forêt Noire : plus tard, il en a failunc nouvelle de soixante chevaux dans la même localité ; enfin il en a construit un grand nombre en divers lieux de la France, et partout avec un succès complet.
- Le jury décerne à M. Fourneyron la médaille d’or.
- §3. BARRAGES DES RIVIERES.
- Les travaux d’art entrepris pour faciliter la navigation
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- des rivières présentent un beau perfectionnement, qui mérite la récompense du premier ordre.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’OR.
- M. Poir^e, ingénieur-directeur des ponts et chaussées, à Paris.
- Le barrage mobile que M. Poirée établit sur les rivières est remarquable sous deux points de vue : 1° pour ses résultats, 2° pour sa construction et sa manœuvre.
- Une rivière étant donnée : la barrer complètement dans ses basses eaux par une retenue qu’on puisse supprimer avec facilité; resserrer son cours, en ne laissant qu’une passe dont la largeur soit toujours en rapport avec le volume variable du fluide débité ; rendre les eaux à leur cours naturel, sans laisser debout aucune partie saillante du barrage, aussitôt que les crues exigent un libre écoulement dans toute la largeur du lit naturel de la rivière : voilà l’ensemble des conditions nécessaires et satisfaites.
- Le squelette du barrage est figuré par des travées verticales, équidistantes, mobiles, et dirigées comme les piles d’un pont, dans le sens du fil de l’eau.
- Ces travées sont à jour, en fer, et présentent la figure d’un trapèze dont la grande base est en bas et la petite en haut; une diagonale fortifie ce trapèze dans le sens qui résiste à la poussée des eaux. La base inférieure est terminée par deux tourillons; elle forme ainsi l’axe autour duquel tourne et s’abat ce trapèze à plat sur le grillage, appui général du système. Quand (in veut relever ces trapèzes en fer, que l’auteur appelle fermettes, on tire chacune
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- d’elles par unn chaînette, pour l’établir dans sa position verticale.
- Alors des greffes ou barres de fer, horizontales, s’accrochent de chaque fermette à la suivante, et les maintienr lient par leur base supérieure à la distance requise. À mesure qu’on fixe ces griffes, on jette des planches d’une fermette à l’autre sur les bases supérieures : comme feraient des pontonniers pour un passage de rivière.
- Quand le squelette du barrage est complètement dressé, les fermettes sont partout tenues verticalement, les unes rattachées aux autres, et les deux dernières aux ôpaule-ments de maçonnerie bâtis sur chaque rivage.
- Pour intercepter le passage des eaux, on emploie des aiguilles en bois, jointives comme celles des perluis de flottage ; elles s’appliquent dans une position verticale : 1° en bas, dans un encastrement du grillage, base du système ; 2° en haut, contre les griffes ou barres transversales qui vont d’une fermette à la suivante.
- Si l’on veut ouvrir dans le barrage une passe plus ou moins large, on enlève un nombre suffisant d’aiguilles et de griffes; on laisse tomber horizontalement chaque fermette, qui se trouve ainsi dégagée.
- Pour exécuter toutes les opérations que nous venons de décrire, deux hommes suffisent à la manœuvre : ils barrent un mètre de largeur delà rivière en deux minutes; ils débarrent un mètre en une minute et demie.
- On voit par là comment se produit et s’intercepte avec promptitude une ouverture suffisante au passage des bateaux les plus larges.-
- Onadéjà fait l’épreuve du barrage mobile : en 1834, sur l’Yonne, àBasseville, prèsdeClamecy; en 1836, à Dccire, sur la Loire ; en 1838, à Épineau, sur l’Yonne. Pour cette
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- dernière rivière, deux barrages seront incessamment exécutés, afin d’augmenter la hauteur d’eau des ports de Sens et de Joigny. Enfin, sous peu de mois, un barrage en construction sur la Seine, pour effacer les dangers du passage de la Morue, près Marly, sera livré au service public de la navigation.
- Le système que nous venons de décrire offre tour à tour les avantages delà navigation naturelle laissée libre quand les eaux sont suffisantes, et ceux de la navigation artificielle rendue possible mômequand les eaux sont très-basses; il permet alors la plus grande économie du fluide, commandée par l’activité du commerce.
- Sans doute, les barrages fixes ordinaires procurent les avantages des barrages mobiles quand ils sont dressés; mais, comme les premiers ne peuvent pas disparaître lors des crues d’eau, ils exposent les propriétaires riverains à des inondations que n’occasionnent pas les seconds, puisque ceux-ci disparaissent avant que les eaux deviennent dangereuses.
- L’industrie trouvera d’un extrême intérêt la production de chutes artificielles opérées par les barrages mobiles, afin d’obtenir des forces motrices données par des dénivellements d’une hauteur modérée, mais d’un volume considérable.
- Le gouvernement a reconnu l’extrême utilité des barrages mobiles appliqués à la navigation naturelle; il a proposé et les chambres ont voté des fonds spéciaux, pour les oppliquer à rendre, en tous temps, la Seine et l’Yonne navigables jusqu’à l’origine des canaux du Nivernais et de Bourgogne. Enfin l’administration se propose d’étendre le même système à la plupart des rivières et des fleuves du rovaume.
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- Le jury décerne à M. Poiréeunc médaille d’or.
- M. le marquis de Louvcis , pair de France.
- M. le marquis de Louvois, par le noble usage qu’il fait de sa grande fortune, pour aider aux progrès de l’industrie nationale, présente un modèle à tous les hommes qui croient qu’aujourd’hui l’héritage du plus beau nom n’est qu’une obligation de faire d’immenses efforts pour en perpétuer la gloire.
- Non-seulement dans les vastes établissements métallurgiques d’Àrey-lc-Franc M. le marquis de Louvois a suivi tous les progrès de la fabrication du plus utile des métaux, il s’est efforcé, par scs inventions, d’ajouter à nos moyens de tirer parti des cours d’eau pour la navigation et pour le travail des ateliers. Il a présenté les modèles de ses barrages et de ses écluses, que le jury regarde comme très-ingénieux et qui mériteraient une récompense élevée s’ils étaient exécutés en grand sur une rivière d’une largeur suffisante. En attendant cette exécution pour laquelle le jury forme des vœux, il accorde une mention honorable à M. le marquis de Louvois. •
- § 4. CONSTRUCTIONS CIVILES.
- Dans les constructions civiles, ce qui doit le plus attirer notre attention, c’est la combinaison judicieuse delà fonte et du fçr, dont l’emploi devient, chaque année, pluscom-
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- mun, avec le bois, qui restera pendant longtemps une de nos plus riches ressources;
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Émy, à Paris, rue Sainte-Croix-cle-la-Bretonnerie, 18.
- M. Émy présente un système de charpente mi-parti de fer et de bois, très-judicieusement combiné. Les fermes sont composées de parallélogrammes en fer tirant, avec des diagonales en bois pour résistera la pression. M. Émy, ancien colonel de génie militaire et professeur à l’École de Saint-Cyr, a dirigé de grandes constructions avec un rare succès j on lui doit un ouvrage important sur la charpente,-et des recherches ingénieuses sur la puissance des eaux sous-marines contre les matériaux des digues.
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- Le jury décerne la médaille d’argent à M. Emy.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Polonceau (Camille) fils, à Paris.
- M. Polonceau fils a présenté le modèle d’une toiture mi-partie de bois et de fer, simple, bien combinée et peu dispendieuse ; il mérite une mention honorable.
- M.. Schwickardi, à Paris.
- Le jury décerne à M. Schwickardi une mention honorable pour ses solives en feuilles de fer, qui présentent une
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- grande force, obtenue avec une ingénieuse économie. Ce moyen peut recevoir d’utiles et nombreuses applications.
- Grandes opérations mécaniques.
- Les grandes opérations mécaniques offrent plusieurs innovations dignes de prendre place dans le tableau du progrès de notre industrie nationale depuis la dernière exposition.
- Nous regrettons qu’à défaut de formalités préliminaires nous ne puissions vous proposer d’accorder de récompense pour la belle opération mécanique exécutée à Toulon , afin de remonter sur un plan incliné un vaisseau à trois ponts qui jèse avec son berceau plus de 4/200 tonneaux. Cette opération, qui n’eût pas été possible sans l’usage de câbles en fer et de cabestans à formes particulières pour empêcher l’écrasement des chaînons, s’opère parle travail de six cents hommes judicieusement répartis. Avant celte opération, le plus grand poids qu’on eût élevé sur cale ne surpassait pas 2,500 tonneaux.
- Nous regrettons au même titre de né pas pouvoir vous proposer de récompenser une invention qui peut avoir d’heureuses conséquences -, c’est fe système de grément et de mâture amovibles établi sur les navires à vapeurj système qui facilite le moyen de parcourir de très-grandes distances avec beaucoup d’économie de combustible, par
- l’alternative de l’emploi dos forces du vent et de la
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- vapeur.
- T. il.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. Lee as, ingénieur clés constructions navales, à Paris.
- Eu 1834 le jury central a décerné la médaille d’or à M. Lebas pour l’ingénieux appareil au moyen duquel il avait descendu de sa base l’obélisque de Thèbes.
- Peu de temps après l’exposition de cette mémo année, M. Lebas a fait servir, par une manoeuvre contraire, un appareil de même nature pour l’érection de cet obélisque sur la place de la Concorde. Cotre opération s’est exécutée avec une précision vraiment géométrique, par un emploi de forces réduites à leurs moindres termes. Le système de M. Lebas est le seul de tous ceux qu’on a employés jusqu’à ce jour qui aitpu ainsi serviraux deux operations inverses, avec le même avantage et la même économie. Le gouvernement a senti le besoin de conserver la mémoire de cet ingénieux système, il en fait graver la représentation sur la base même de l’obélisque, avec l’inscription la plus honorable pour l’inventeur.
- Le jury rappelle à M. Lebas la médaille d’or qu’il a reçue lors do la dernière exposition.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Journet, à Paris , chemin cle ronde, barrière des Martyrs.
- M. Journet fut récompensé en 1834 par la médaille d’argent, pour scs ingénieux systèmes d’échafaudage -, de-
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- puis cette époque, il en a multiplié les combinaisons : il expose, celte année, l’appareil d’un plancher mobile sur lequel seront placés les travailleurs chargés de réparer la voûte des arches de ponts ; il présente une combinaison assez compliquée de petits chariots mis en chapelet pour courir sur un plan incliné et procurer, par l’action transmise d’une , force agissant circulairement, le déblai continu des terres d’un canal : c’est ce qu’il appelle omnitolle.
- Le jury pense que M. Journet mérite le rappel de la médaille d’argent.
- MENTION HONORABLE.
- M. Rouget, à Paris, rue Neuve-Saint-
- Oblient une mention honorable pour son appareil de sauvetage dans les incendies ; c’est un ensemble de charpente établi sur quatre roues pour être transportable; il se dresse, au besoin, avec des espèces de tabliers qui s’abattent à la hauteur des croisées de divers étages pour recevoir, de plain-pied, les personnes auxquelles l’incendie aurait intercepté tout moyen de retraite.
- § 5. CHEMINS DE FER ET ROUTES ORDINilRES.
- Quoique la construction des chemins de fer soit loin d’avoir pris en France les développements qu’on doit attendre et désirer, le génie inventif de nos concitoyens leur a fait prendre part aux progrès de cet admirable moyen d’accélérer les transports.
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- Nos grands établissements métallurgiques laminentavcc succès les rails.
- Nos ateliers commencent à construire des machines locomotives qui peuvent rivaliser avec celles des Anglais.
- Les expériences faites parun savanlfrançais,M. dePam-bour, sur les locomotives du chemin de Liverpool à Manchester, ont offert des résultats précieux pour éclairer la construction des locomotives et fixer les meilleures proportions de leurs parties les plus importantes.
- Un problème difficile, dans le tracé des chemins de fer, c’est le changement de direction sous un angle un peu prononcé ; changement qu’on ne pouvait opérer qu’en parcourant des arcs de cercle d’un très-grand rayon, afin que la force centrifuge ne jetât pas les convois hors des rails, lorsque la vitesse du transport devait être considérable.
- NOUVELLES MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Laignel, à Paris, rue Chanoinesse, 1:2.
- M. Laignel s’est occupé des moyens de vaincre ces difficultés avec la persévérance la plus digne d’éloges. Son système est aussi simple qu’ingénieux.
- Ses roues ont une bande à deux étages, celle du plus grand diamètre est située du côté du centre du chariot, celle du moindre diamètre est située én dehors.
- Dans les parties rectilignes de la route, l’écartement des rails est tel que les roues portent toutes sur la bande du plus grand diamètre.
- Lorsqu’on atteint un tournant, les roues du côté extérieur continuent de porter sur la bande du plus grand
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- diamètre; au contraire, les roues du côté rentrant portent sur la bande du moindre diamètre, parce que le rail du côté intérieur s’élève et se rapproche du milieu de la route. Il s’opère alors une espèce de mouvement conique, au moyen duquel des arcs de cercle d’un rayon très-court sont parcourus en toute sécurité par des convois de chariots animés de la plus grande vitesse. Il y a peu de temps que le gouvernement belge a fait faire de nouvelles épreuves du système imaginé par M. Laignel ; les procès-verbaux offrent des résultats très-honorables pour l’auteur.
- On doit encore à M. Laignel un instrument aussi simple que bien conçu pour mesurer la flexion très-petite qu’éprou-Ycnt les diverses parties des rails dans le passage des locomotives et des chariots ou waggons.
- Le jury décerne h M. Laignel une nouvelle médaille
- *
- d’argent.
- M. Arkoux, à Paris.
- Le môme problème des tournants à court rayon sur les chemins de fer vient d’étre résolu d’une manière différente et fort heureuse par M. Arnoux, ancien officier d’artillerie, directeur cl créateur des grands ateliers de construction des Messageries générales. Ces ateliers ont pour moteur principal une machine à vapeur de seize chevaux qui distribue sa force aux ateliers de tournage, de forage, de sciage, etc.
- Dans ces ateliers, on remarque surtout un moyen* de chauffer avec ensemble toutes les parties de la, bande des roues des voitures; on obtient ainsi plus d’égalité dans la force de la bande et dans sa pression autour de la roue.
- Pour les roues mêmes, la direction des mortaises pratiquées dans les moyeux est donnée avec une précision ma-
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- thématique, par une disposition qui né laissé à l'ouvrier que le soin de tirer et de pousser l’outil tranchant, suivant une direction constante.
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- M. Arnoux a fait prendre par M. Deville un brevet pour son système de roues à double rang de rais qu’il applique aux locomotives et aux waggons destinés à rouler sur les chemins de fer : ces roues, plus élastiques que les roues en fer, conservent davantage les voitures, les rails cl leurs supports ; une de ces roues figure à l’exposition.
- M. Arnoux a résolu, par des moyens qui lui sont propres, le môme problème que M. Laignel, celui de franchir les tournants d’un court rayon sur les chemins de fer, avec une grande vitesse et saus accidents possibles. Il a fait, à Saint-Maur, près Paris, ses expériences sur des tournants dont les rayons ont 150, 100, et 50 mètres j il a de plus , présenté deux tournants consécutifs et dirigés en sens contraire, suivant la forme d’un S.
- La locomotive est construite dans les ateliers de M. Arnoux : elle offre quatre galets obliques pour conlré-tenir le système et résister aux déviations centrifuges dans les tournants. Des chaînes sans fin croisées, indépendantes, font obliquer les essieux de chaque locomotive ou waggon, pour leur donner successivement une direction normale à lâ courbe qu’ils ont à parcourir. Cet ingénieux système réussit parfaitement j lés courbes sont parcourues sans ressauts, sans impulsions latérales, môme avec des vitesses dé neuf et dix lieues par heure.
- Pour l’ensemble de ses travaux, le jury décerne a M. Arnoux la médaille d’argent.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. Seryeillé aîné, à Paris, rue (FAni' boise, 4-
- On doit à M. Servcillé une combinaison de rails pour chemins de fer, qui présente des pièces de bois longitudinales sur lesquelles sont clouées des plates-bandes en fer; ce moyen peut être très-économique en des localités où le bois est commun : c’est aussi pour une localité pareille, les landes de Bordeaux, que M. Servcillé a conçu sou svstèmc.
- «J
- M. Servcillé s’est, déplus,occupé des moyens de faciliter le passage des locomotives sur les chemins de fer, dans les tournants d’un court rayon.
- Le jury donne à M. Servcillé la mention honorable pour l’ensemble de scs travaux, qui seront dignes d’uue plus haute récompense, si des expériences prolongées en cou-' firment la bonté.
- Ebouage des routes ordinaires.
- M. Masouelez, ingénieur en chef des ponts et chaussées , à Rocliefort.
- La machine imaginée par M. Masquclez est ingénieuse, mais susceptible de perfectionnements indispensables à la conservation des routes et de la machine même dont l’objet devient fort important, depuis d’adoption générale des routes construites suivant le système de Macadam. On sait qu’il faut en ôter la poussière en été, et la bouc en hivers pour en assurer la parfaite conservation. •
- Le jury décerne à M. Masquclez une mention honorable.
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- SECTION y.
- § 1er. OUTILS, MACHINES-OUTILS, PETITS MECANISMES. M. Amcdée Durand, rapporteur.
- Considérations générales.
- Le point de départ pour le progrès du plus grand nombre de nos arts mécaniques est dans l’amélioration des outils.
- Soit que cette amélioration consiste dans l’invention complète, dans le perfectionnement, ou dans une meilleure fabrication des instruments de travail, il y a toujours un sujet d’une haute importance à traiter ; aussi est-ce un devoir pour le jury de donner une attention toute particulière à des travaux que peu de gloire encourage et que peu de profit récompense.
- L’exposition de 1839 a vu la fabrication des outils suivre le mouvement général de l’industrie et offrir des progrès notables.
- Si tant d’efforts isolés pouvaient être réunis et dirigés avec méthode, ils se prêteraient un appui mutuel et viendraient, avec discernement, au se-
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- cours de ceux de nos arts qui participent le moins au progrès général.
- Celte direction élevée, que tend à exercer, par son concours, la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, est un des besoins les plus pressants de l’époque actuelle où tant d’intelligence, d’efforts et de persévérance sont dépensés sans cette unité de vues à laquelle appartiennent les succès importants et rapides.
- Ne soyons donc pas étonnés si, en parcourant la série des objets exposés, nous trouvons une grande abondance de travaux et de recherches concentrée sur certains sujets d’une importance secondaire, tandis qu’il existe encore tant de lacunes dans l’état de notre outillage.
- Nous passerons successivement en revue les outils que fait agir la main de l’homme, puis les machines-outils qui la suppléent, et enfin les petits mécanismes qui ont pour objet d’effectuer un travail se composant de plusieurs opérations primitivement distinctes.
- Le travailles métaux, qui a fait des progrès que signalent, chaque jour, de nouveaux envahissements sur les autres matières, est merveilleusement secondé par la création et le perfectionnement des outils qu’il réclame. ^
- Les limes ont acquis, par les mains de plusieurs fabricants, un degré de résistance et une régularité
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- de taille qui, depuis longues années, étaient la pro* priété exclusive d’un seul.
- » Gette glorieuse exception par laquelle uniquement
- la fabrication française ne connaissait pas de rivale
- devient enfin le caractère général de ses produits.
- Des préjugés, jadis fondés, restent encore à dé-
- ♦
- truire; mais ils tomberont sans peine quand les consommateurs sauront plus généralement qu’ils sont dupes d’eux-mêmes, et que leurs exigences n’obtiennent, la plupart du temps, que la déférence d’une marque apocryphe.
- > Faisons des vœux pour que tous nos fabricants!, forts maintenant d’un mérite qu’on ne peut plus contester, ne, le rattachent pas plus longtemps à d’autres noms que les leurs. ;
- Bien;d’autres outils qui concernent les métaux restent à citer; ne parlant que de ceux que caractérise particulièrement l’inVention à différents degrés, on doit, citer quatre filières à tarauder nouvelles, des cisailles d’une grande puissance et d’un volume ainsi que d’un prix considérablement réduits.
- De nombreuses’ foreries à main >. don taure a offert un. emmanchement remarquable par sa nouveauté, sa simplicité, sa- précision*et sa grande solidité.’
- Les tours ont paru également dans un* état de progrès remarquable; un tour à portrait a offert des perfectionnements importantsumis à une exécution digne'de grands éloges. ' • *
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- : En outré; bèâücoùp dés outiis de première nécessité ont joint à une bonne qualité les progrès d’un grand abaissement dé prix ; tels sont les étaux et les enclumes.
- ' Lé travail des métaüx précieux a eu également sa part dans la fabrication des outils. .
- Là bijouterie s’est enrichie de plusieurs instruments ou procédés, entre lesquels il faut mettre, au premier rang', l’emploi de poinçons en fonte de fer pour obtenir des matrices en acier au moyen du balancier.
- Le travail des bois, soit pour la menuiserie, soit
- ^ . ;• • 3 f ' > Il -v' i ' \ ^ -W; '
- pour l’ébénistèrie, a Vu s’accroître et sé perfection-, ner ses outils : il en a reçu d’incontestables facilités.
- * A 4 y . , . * , ,.;4,4 -.* - t *. ui.
- ' Eés marbrés "ont été attaqués par des moyens
- /* 1 -, ' ^ - -r j \ i - . ,* - ' _r ' * 4 ^
- nouveaux ; iben résulte dés effets entièrement im-
- . *- . y > * ' . C;‘ ; ?i't v. ^
- prévus,*’aüssi bièn qu’un abaissémenLde prix qu’on ne pouvait espérer.
- ' Les machines-outils, celles qui sont plus particulièrement employées dans, les grands ateliers, ont été peu nombreüsés à l’exposition ; c’est sur ce sujet que se font le plus vivement sèntir lé besoin de recherches' faites dans un esprit méthodique, seul
- :t. . « f-, >-..<« 3< Y}-. x ;,kT ‘
- moyendè produire un système complet d’outillage qui n’ait ni lacunes, ni parties faibles. ,
- Parmi celles dé ces machines qui ont* été expo-
- sées, on* a' remarqué urié machiné à raboter les métaux, d’une dimënsion moyenne, mais organisée de
- r* r f
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- manière à répondre à tous les besoins des, ateliers;
- Une machine d’une grande puissance destinée à former les rainures qui reçoivent les clefs dans les canons des roues ;
- Une machine à façonner des capsules en étain pour boucher les bouteilles ;
- Une machine à tailler extérieurement les écrous
- a pans ;
- Quatre machines à fabriquer les clous d’épingle ;
- Une machine à tailler les limes ;
- * ./. > ; ' *
- Et quelques autres encore.
- Parmi ceux des petits mécanismes exposés dans la salle.des machines, on en a rencontré qui ont été justement admirés.
- Au premier rang ont figuré : la machine à faire les perles en verre, qui produit, avec, régularité,.précision et rapidité, tous les effets que peut obtenir un excellent souffleur de verre ;
- Puis une petite machine à faire les pastilles, qui, par la bonne entente de ses dispositions et l’exactitude de ses fonctions, s’est montrée digne d’une destination plus importante.
- Un encliquetage qui divise la ligne droite et , le
- cercle par quantités arbitraires et sans erreur sensible' ' \ v :
- Beaucoup d’autres mécanismes ont été, à différents degrés, l’objet de l’attention publique. ; En général, cette partie de l’exposition s’est mon-
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- trée, comme toujours, riche d’idées nouvelles, ingénieuses, dé celles qui assurent à notre avenir industriel le développement le plus fécond.
- MÉDAILLE D’ENSEMBLE.
- M. Pihèt, avenue Parmentierj 3. Machine à rainures.
- M. Pihet a exposé une machine construite dans ses ateliers. et destinée au service des arsenaux de la marine royale ; elle a pour objet de faire les rainures qui reçoivent les clefs dans les canons des roues. Celte machine, ordinairement et improprement appelée machine à mortaises, a reçu des modifications et des améliorations en passant par des mains aussi habiles. Son exécution est en tout digne du puissant atelier qui l’a exécutée, et elle se trouve mentionnée à l’article des outils uniquement pour mémoire, puisque des titres plus importants ont été développés dans Je rapport sur les machines à filer, et que ce rapport conclut à la délivrance de la médaille d’or.
- %
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- *** î
- - • ' ! OC ' 1
- M. David, avenue de Saint-Cloud, 35. Tonnellerie.
- La fabrication de tonneaux établie par M. David, d’après un système pour lequel il est breveté, est une des bonnes
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- operations mécaniques qu’on ait développées _ dans le département de la Seine. La condition essentielle du bois fendu sur maille est obtenue par le sciage à scie circulaire sans plus de déchet que par les procédés manuels j et ce fait est fort remarquable. C’est encore la scie circulaire, très-habilement combinée, qui façonne, avec une précision parfaite, les rives des douves suivant l’angle et la courbure qui leur conviennent, Le£autres..opérations delà tonnellerie s’exécutent par des précédés simples et rapides ; le cerclage seul est fait manuellement. • : r ? > ; -
- L’ensemble de cette fabrication a paru au jury être con duit avec l’intelligence qui constitue le mécanicien Habile,, possédant à fond la connaissance dé la matière sur laquelle il opère, et toutes les ressources qu’offre la mécanique, pour répondre à ses exigences. , ' ?
- La médaille d’argent est méritée par M. David.
- M. Dutartre, à Paris, avenue de Saxe, 24*
- Macliine typographique d’une fort bonne;
- exécution. '
- La belle machine à imprimer qu’a exposée M, Dutartre ’ signale très-avantageusement le début de ce jeune constructeur. Les avantages particuliers qu’il a réunis dans cette machine sont :
- 1° Réduction de l’espace. .que parcourait ordinairement la feuille de papier abandonnée à elle-même’pour arriver sous* le cylindre presscur j -v i. / * - i *1
- 2° Suppression du con Ire-poids appliqué au retourne Lap-parcil à marger, et qui produisait un choc à chaque feuille imprimée} ^ :A>;- -.'VayR' f
- 3° Facilité de, varier les pointures suivant les formats}
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- .4° Possibilité, pour les ouvrages courants, de marger sans pointure5 * ^ :î , '
- 5° Moyens variés de remédier au jeu produit par usure dans tous les points où ce jeu préjudicierait aux fonctions de la machine
- Go Pression uniforme et dépendante dupoids du premier rouleau sur la table à encrer , par l’effet d’un temps perdu, ménagé dans la fourchette qui lui donne le mouvement.
- Les détails et l’ensemble de cette machine, qui est d’une très-belle exécution, ainsi que la qualité des épreuves qu’elle donne, décident le jury à accorder à M. Dutartrc la médaille d’argent. J 5 i ’‘; h
- iVL Du pré, rüe des T ro is-Bor n es, 31. Machine pour faire les capsuleé à bouclier’ les bouteilles. •
- . ; .v* .* ' * ‘ r
- M. Bupré a exposé, d’une part, des capsulesren ctain pour servir d'enveloppe aux bouchons des bouteilles contenant des liquides gazeux; et de l’autre, la machine qui confectionne ces capsulés. Il y a invention, et dans le produit, et dans les moyens de produire. Les capsules, en elles-mêmes, ont prouvé leur utilité par le grand emploi qui en est fait. Quant à la machine qui les confectionne, elle , est fort remarquable par la multiplicité des conditions aux-; quelles elle satisfait par la facilité de son- jeivpar la simple cité et,par la rapidité‘dc ses opérations. Cette machine pourrait trouver à s’appliquer à d’autres opérations, et'c’est là ce qui lui donne une importance particulière ; müe par uu moteur quelconque, elle ne réclame que la , présence d’une femme ou d’un enfant qui n’a d’autre travail à faire
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- que de placer, dans une petite case verticale, un disque en étain mince. Dès ce moment, la machine s?empare de la matière, et la transportant successivement devant treize pislofis, chargés chacun de lui donner uu emboutissage progressif, finit par la déposer à l’état de capsules parfaites, c’est-à-dire formées, rognées et empilées.
- Le jury éprouve une grande satisfaction en accordant à M. Dupréune médaille d’argent.
- M. Lenseigne, à Paris, rue Guillaume, 9. jOulils divers,
- Les produits de M. Lenseigne sont nombreux et variés, tous portant un caractère d’invention fort remarquable -, ils vont être énumérés sommairement :
- 1° Un modèle, bien conçu, d’un déchargeoir à neige, applicable aux parapets et trottoirs de Paris -,
- 2° Un niveau rapporteur très-utile dans les constructions de bâtiment -,
- 3° Des râpes ou limes d’une taille particulière et très-résistantes -,
- 4° Un moule à balle coupant le jet;
- 5° Des mesures linéaires avec des signes nouveaux de numération qui peuvent être lus facilement sous tous les aspects ;
- 6° Un système de tarauds satisfaisant à des conditions particulières, d’une.grande importance dans certains cas qui se présentent dans la' construction» des machines.
- . D’au très outils, recommandables sous plusieurs rapports, composent encore l’exposition de M. Lenseigne, déjà récompensé, en 1834, par une médaille de bronze.
- . Le jury, appréciant;l’inlelligencc et la persévérance dont il a fait preuve, lui accorde la médaille d’argent.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
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- M. Villeroi, à Paris, rue Mazarine, passage Dauphine. Presse lithographique s cylindre en pierre.
- L’idée de construire une presse lithographique dans laquelle le dessin serait tracé sur une pierre cylindrique animée d’un mouvement de rotation continue est une idée essentiellement mécanique. Un cylindre encreur, appuyant constamment sur le cylindre de pierre, qui serait accompagné, de son côté, d’un moyen quelconque de l’humecter d’eau, constilueraitl’agencementdepresselithographiquele plus rationnel. C’est ce qu’a exécuté, depuis plusieurs années, M. Villeroi. Mais les conditions auxquelles s’obtiennent les épreuves lithographiques sont d’une telle délicatesse, et de telles éventualités s’y attachent, que le procédé Villeroi, si simple et si rapide, n’a pu encore être appliqué qu’au tirage de l’écriture.
- Cette considération détermine le jury à accorder simplement à l’auteur une médaille de bronze pour l’état actuel desapplications de sa presse lithographique. Il conserve l’espoir qu’une récompense plus élevée sera méritée par un emploi plus étendu de cet instrument, dont le principe est éminemment rationnel.
- M. Latte, à Château-Renard (Loire),
- A exposé un appareil destiné à remplacer les poulies folles dans les embrayages. Les accidents graves qui résultent du mode actuel, surtout quand il s’agit de gouverner
- T. II. , r 8 5
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- des machines qui exercent une action violente, telles que des loups à ouvrir les matières filamenteuses, des laminoirs et autres, ont déterminé M. Latte fiiateur de laine, à chercher un remède à cet état de choses.
- li a été conduit à construire un appareil des plus simples , - moins dispendieux que ce qui existé, et qui ne présente aucun danger.
- Ces avantages réalisés valent à M. Latte la médaille de bronze.
- M. Lesage, à Paris, rue Ménilmontaüt, 10. Tours, filières à tarauder d’une bonne execution.
- Les filières de M. Lesage peuvent être citées comme des modèles d’exécution. Parmi celles qu’il a exposées, et qui sont, pour la plupart, du modèle le plus généralement employé, on en,rencontre une à trois coussinets disposés suivant les rayons d’un cercle, et qui a particulièrement attiré i’attention du jury. Cet outil a toute la légèreté désirable unie à la plus grande résistance. Cela résulte de la-répartition judicieuse que l’auteur a faite de la matière. Deux équerres, d’une précision remarquable, ont été également remarquées.
- Le jury se plaît à accorder une nouvelle médaille de bronze à M* Lesage déjà, honoré de cette récompense en 1834.
- M. Poirier, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, 35.
- Presses à copier les lettres, à timbre sec, à cacheter, etc.
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- Les presses à copier les lettres, ainsi que celles à timbre
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- sec, exposées par M. Poirier, se sont placées au nombre des appareils les mieux exécutés de l’exposition. Ge mérite d’une exécution habile ne saurait être trop encouragé' ; il fait trop souvent faute à la réalisation des idées les plus heureuses, pour que le jury ne récompense pas le bon exemple donné par M. Poirier, en lui accordant la médaille de bronze. :
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- M. Nicole Berthelot, à Paris, rue de
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- Lit mécanique. - ,
- Ce qui prouvé le mérité des lits du docteur Nicole Bèr „ thelot, c’est le süccès qu’ils ont eu depuis deux ans qtie la Société d’encouragement a décerné une de ses récompenses à leur aiiteür. Ges lits sont d’üné grande simplicité, d’une réparation très-facile ; la manœiivre en est commode et ils satisfont à la Condition de placer lé malade dans toutes les positions désirables.. 7.
- M.NicolèvBerthelot, par les services qii’iï a rërid’tts, etpàt ceux qu’il s’est mis en état de rendrè en modifiant et perfectionnant nouvellement ses appareils, s’est rendu digne dé lë médaillé de Bronzé.
- 'JUIKET,*- a
- nsf Rue «uroix ïiips, /f et ±4.
- . Presse lithographique.
- La presse dé' M. Quinêt simplifie considérablement les opérations qu’exige l’emploi des anciennes. Dans son' système le sômmiéf portafi t le râteau est fixe. Lé coiüacî dé la pteë aVec ce fâtêau et la pression tésultént delà pïésénce
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- d’un cylindre de fort diamètre dont l’arête supérieure est un p eu plus élevée que les bandes sur lesquelles glisse le train de la presse. La difficulté de faire adopter les machines, qui changent les habitudes prises, est l’obstacle évident qui a dû restreindre l’emploi de presses de ce genre. Celles de M. Quinet sont employées dans plusieurs imprimeries, et leur utilité sera récompensée par la médaille de bronze.
- M. Stolz fils, à Paris, rue Coqueriard, 2,
- 4 exposé une machine d’une très-bonne exécution, destinée à fabriquer les clous d’épingle. Dans cette machine les organes qui opèrent la façon du clou sont bien proportionnés et faciles à démonter ainsi qu’à entretenir. La tête du clou s’y fait par pression, disposition généralement adoptée aujourd’hui, et qui est la meilleure.
- Le jury accorde à M. Stolz fils la médaille de bronze.
- M. Carpentier, à Paris, rueSaint-Maur, 70. Cheval modèle, amïures diverses.
- §§ L’industrie à laquelle se livre M. Carpentier appartient, quant à son but, aux beaux-arts, et quant à ses moyens, à la mécanique. Les armures qu’il fabrique résultent du procédé de l’estampage employé avec une intelligence particulière. Les articulations, au moyen desquelles il obtient tous les mouvements de la nature animée, sont très-bien combinées, et ont une perfection d’exécution des plus remarquables.
- Ce genre de fabrication a déjà reçu, dans les mains habiles qui l’ont créé et qui le dirigent, un grand dévelop»
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- pement. Les représentations théâtrales ont reçu de ses grandes armures une perfection de mise en scène qui a été un grand progrès. Les éludes artistiques ont reçu de ses armures réduites et de ses petits mannequins métalliques d’hommes et de chevaux de puissants secours. Nuis modèles inanimés n’avaient encore approché de la souplesse et de la vérité de mouvement qu’on trouve dans ces petites figures au moyen desquelles l’artiste peut instantanément réaliser tous les aperçus de son imagination, et les examiner ensuite à loisir sous tous leurs différents aspects.
- Une médaille de bronze est méritée par M. Carpentier.
- M. Beaudat, à Paris, rue de Gharonne, 23. Machine à scier Fi voire et le placage d’épaisseur. ' '
- La bonne réputation dont jouit M. Beaudat, comme constructeur de.scieries, est justifiée par les deux machines qu’il a exposées. L’une, destinée au bois de placage, porte, sa scie dans une position horizontale, le bois s’élevant verticalement. Le bâti de la machine est en fonte, et le tout est d’une bonne et solide exécution. "
- La machine à scier l’ivoire est entièrement construite en fer poli; l’exécution en est soignée.
- Le jury accorde à M. Beaudat une médaille.de bronzé.
- M. Contamin, à Paris, rue Montmorency, 4°. s
- Mécaniques de tout genre, dont un tour à portrait fort bien exécuté.
- Le tour à portrait exposé par M. Contamin s’est fait remarquer par son excellente exécution; il se recommande,
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- de plus, par la simplicité de son agencement mis en rapport avec les conditions auxquelles il satisfait. Ce qu’on y remarque surtout, c’est la possibilité de changer une médaille de profil sans aucune altération dans la forme : avantages que le mécanicien a obtenus en changeant le point de rotation du porte-outil sans changer celui autour duquel se meut la touche. <
- G’estpar une exécution recommandable, jointe à un dispositif fort bien entendu, queM. Contamin, qui figure pour la première fois dans nos expositions, se rend digne de la médaille de bronze.
- M. Benoistj à Rouen.
- Au moyen de la machine exposée par M. Benoist, les mèches de cptou destinées aux chandelles sont dévidées des bobines, pliées, doublées, enfilées sur les baguettes, puis coupées à la longueur voulue, et enfin roulées et lé7 gèremcnt tordues. Vingt-quatre mèches sont ainsi faites rapidement et à la fois, avec une régularité et une perfection qu’on ne peut attendre du travail à la main. La machine de M. Benoist est des plqs simples, presque entièrement construite en bois; elle a néanmoins dans ses effets toute la précision désirable. Il est à regretter qu’on ne puisse décrire ici les moyens ingénieux qu’a inventés l’auteur en présence des différents problèmes que luiprésen*. tait à résoudre l’exercice de son industrie.
- Le jury, considérant que la machine à façonner les mèches de chandelles doit abréger cette opération de trois quarts au moins, en même temps qu’elle lui donne un degré de perfection nouveau, que cette réduction dans les frais de façon doit, en définitive, se faire sentir dans le prix final
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- de vente, et constituer ainsi un avantage pour les nombreux consommateurs de ce luminaire, accorde à M. Benoist, de Rouen, la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Guenin, à Paris, rue du Mont-Tha-* bor, 9.
- Machine à faire les pastilles.
- Une machine simple, bien raisonnée, naïvement exécutée, d’un effet entièrement satisfaisant, a été exposée par M. Guenin. > -
- Son objet est défaire les pastilles en matière sucrée ; élles sont chacune le résultat de gouttes de cette matière déposées régulièrement sur des feuilles de fer-blaric qui se succèdent sans interruption.
- La machine exécutée en bois prend ces feuilles, les transporte sous un appareil, qui verse par intervalles égaux la matière, et va ensuite les empiler, ainsi chargées de pastilles, à l’extrémité de la petite machine. 1
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- Le jury a vu avec un grand intérêt cette intéressante machine, qui n’a reçu dé la pratique des arts industriels que tout juste la quantité de travail nécessaire pour réaliser une idée bien conçue \ il se plaît à mentionner, de la manière la plus honorable, l’œuvre si simple et si bien entendue de M. Guenin.
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- M. Champion, à Paris, quai de Bétliume, 28. Fossets pour futailles.
- Les fossets pour futailles, exécutés mécaniquement par M. Champion, ne laissent rien à désirer. Ce sont de petits cônes en bois de noisetier, dont la forme est parfaitement régulière. Les fossets employés jusqu’ici sont généralement dus au travail des vieillards retirés dans les hospices, et l’emploi de machines pour suppléer à cë travail ne présenterait pas un grand intérêt, s’il ne s’agissait que d’un abaissement de prix. Mais l’usage et même la nécessité où l’on est de placer dans la bouche le fosset, pendant qu’on perce le trou destiné à le recevoir, imposent à cette fabrication des conditions particulières. Ceux de M. Champion sont exécutés de telle façon, que la main du consommateur est la première qui les touche.
- Cette circonstance attache un intérêt particulier à cette fabrication, que le jury se plaît à mentionner honorablement.
- M. Agueray, à Rouen,
- A exposé une machine à cintrer les bandages de roues, construite d’après les modèles généralement employés. La bonne exécution d’une machine qui apporte une économie notable, jointe à une précision très-satisfaisante dans dés travaux aussi multipliés, est un mérite que le jury récompense par une mention honorable.
- M. Brisset, à Paris, rue des Martyrs, 12. Presse cylindrique.
- M. Brisset a exposé une presse lithographique du système
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- le plus ancien et le plus usité; s’il n’y a pas mérite d’invention, il y a mérite d’une exécution parfaite, et digne de la réputation méritée, dont jouit M. Brisset, comme bon constructeur.
- La mention honorable lui est accordée.
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- M. Larauza, à Paris, rue de Trévise/9. Machine à clous d’ëpingle et à soulier.
- La machine à clous d’épingle exposée par M. Larauza fabrique deux clous à la fois; les têtes sont obtenues au moyen d’un choc. Cette machine tient peu de place pour
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- les quantités de produits qii’elle donne.
- Le jury croit devoir la mentionner honorablement en vue de cette particularité.
- M. Coad, à Paris, rue du Faubourg-du-Temple, 18.
- Machine à clous.
- La machine de M. Coad, pour la fabrication des clous, a une disposition générale très-bonne; quelques détails pourraient avec avantage en être écartés : les produits qu’elle donne sont de bonne qualité.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Coad.
- M. Coquillard, serrurier, a Châlons-sur-Marne. Machine à boucher les bouteilles.
- La machine à boucher les bouteilles qu’a exposée M. Coquillard remplit parfaitement son but, et le jury lui accorde une mention honorable.
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- M; Débatiste, rue du Long-Pont, l\< Trois
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- foreries. / \‘ .
- Des trois foreries qu’a exposées M. Debatiste, la plus simple est celle que le jury a vue avec le plus de satisfaction. L’emploi d’un levier agissant sur un rochet est une bonne disposition.
- La mention honorable est accordée à M. Debatiste.
- M. Dufeu, à Paris, passage Basfour, i5. Machine à décrotter les bottes.
- Le tachymètre, nom donné par l’auteur à son appareil, est une machine qui se composé d’un .arbre horizontal garni dé brosses circulaires de différents profils. Une roue mue par une pédale fait tourner cet arbre avec vitesse, Le tour est disposé comme la machine du rémouleur. Ces brosses, destinées à nettoyer et lustrer des objets quelconques, ont des fonctions analogues à celles qu’on leur donne chez les polisseurs d’acier. ,
- Une mention honorable est accordée à M. Dufeu.
- M. Gruas, rue de là Hachette, 6, * ,
- À exposé des instruments d’horlogerie, et une machine à tailler les limes fines.
- Ses efforts pour l’amélioration des outils trouvera une juste récompense dans la mention honorable dont le jury le trouve digne.
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- "citations favorables; 1 '
- M. Lefaucheux ( Casimir ), au. Pont-de-Gennes (Sarthe).
- Nouveau système d’enrayage pour les voitures.
- Le système d’enrayage exposé par M. Lefaucheux ne repose pas sur une idée nouvelle. Avant lui on a proposé d’émployer à faire mouvoir l’enrayage d’une charrette, l’action du cheval appuyant sur son avaloire; ce moyen, qui peut être fort utile quand le cheval n’a à résister qu’à la charge d’un ou deux chevaux, devient, pour des charges plus fortes, inférieur au système dans lequel l’enrayage est gouverné à main d’homme. Dans le premier cas, l’attitude que prend forcément le cheval pour faire agir l’enrayage lui ôte une partie de ses moyens pour supporter la charge énorme qui pèse sur son dos par l’action de ce même enrayage.
- * • '7 Of. i '' •» ’ , ' * - ; , ; < 1
- M. Prxjgneaux, à Paris, rue du Faubourg-Sa int-M art in, i36.
- Chevalet mécanique.
- Le chevalet de M. Prugneaux mérite d’être cité pour ses dispositions bien entendues. ;.
- M. Visneux , à Auhilly (Marne). Cric à vis non tournante. f ^ ;
- Le cric qu’a exposé M. Visneux est; quant à son principe, un vérin. Une boîte en bois, formant la base de l’appareil, reçoit une vis en fer qui formé l’axe de cette boîte,
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- et en sort par le mouvement de son écrou sur lequel agit la main de la personne qui emploie l’outil.
- Cet instrument peut rendre des services, et le jury lui accorde une citation favorable.
- M. Trupel, à Brest (Finistère),
- Treuil manœuvré par un levier.
- L’idée première du treuil exposé par M. Trupel appartient à Lagarousse, qui l’a exécuté de différentes manières j la construction qu’en a faite M. Trupel est forte, bien entendue, et mérite d’être citée favorablement.
- M. Serre (Franc.), àSaint-Mihiel (Meuse).
- A exposé un cric à double noix, dont la bonne exécution mérite d’être citée favorablement.
- M. Vigoureux, à Paris, rue Grange-Batelière, 18.
- Cric à vis.
- Le cric à vis exposé par M. Vigoureux est un vérin construit suivant des dispositions qui le rendent propre au, service des voitures.
- Ce mérite sera récompensé par une citation favorable.
- M. Pongeois, àParis, rue Saint-Sauveur, 3o. Cadrans indicateurs pour voitures de transport en commun.
- Ces cadrans sont une simple combinaison de compteurs que l’auteur a très-bien appliqués dans cette circonstance ; c’est un mérite que le jury récompense en lui accordant une citation favorable. , , ,
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- § 2. OUTILS.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Paulin Désormeaux, à Paris, rue des Maçons-Sorbonne, 3.
- M. Paulin Désormeaux, si connu par ses œuvres industrielles, qui se recommandent, les unes par un mérite didactique, d’autres par une réalisation matérielle, a, de puis la dernière exposition, ajouté à ce doublé titre par des services nouveaux.
- ... C’est ainsi qu’il a publié les traités sur l’art du treilla-gcur. et celui du serrurier, et qu’il à rédigé plusieurs articles du dictionnaire de l’industrie.
- C’est ainsi encore qu’il a produit, à l’exposition, une série d’outils de menuisier, de son invention, dans lesquels on trouve des dispositions qui, prises en elles-mêmes, sont le résultat de très-bonnes combinaisons.
- Le jury rappelle en faveur de M. Paulin Désormeaux la médaille d’argent dont il fut honoré en 1834.
- MÉDAILLE D’ARGENT NOUVELLE.
- M. Babonneau, à Nantes.
- Cent vingt ouvriers sont employés par M. Babonneau à une fabrication variée qu’anime un désir constant d’améliorer.
- Cet établissement, qui réunit maintenant des fonderies
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- de fer et de cuivre, avait primitivement pour objet de répondre aux besoins de la marine ; aussi, à la suite de séries très-élendues d’instruments pour la grande pêche, M. Ba-bonneau a-t-il entrepris la fabrication des câbles-ch aînés, ainsi que celle des ancres ; ou voit un de ses instruments, d’une belle exécution, soüs l'indication du poids de 773 kil. et du prix de 100 fr. les 1Ô0 kil. ,
- La prospérité de cet établissement est un des exemples lés plus parfaits pour mettre èn lion fleur Éësprit d’ordre et de conduite uni à l’activité et à l’intelligence qüi Sont l’âtne des entreprises industrielles.
- Par suite' de cette marche progressive, l’usine dé M. Bâ-bonneau est arrivée à construire des machines a vâpeiir, et le jury forme le vœü de la voir figurer à la première exposition parmi les établissements qui se sont mis ëri position de traiter ces grands appareils.
- Le jury ësl heureux d’avoir à àccOrdér â M. ÜâbOnrîéau tiiic rioüvëlle médaille d’argeiit.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE*
- M. Camus, à Paris, rue"'Ohlin, 7.
- Les outils de M.- Camus, pour le piquage, des Aïeules, sont employés dans beaucoup d’établissements de meunerie y les soins qu’il donne à sa fabrication,- qui comprend d’autres outils, tels que gouges, becs-d’âne, etc., lui valent le rappel de la médaille de broiize qü*iî obtint éfl 18^4-.
- . Rouffet, à Paris, rue de Perpignan* 8; Les outils que construit M. Rotiffét 6flt toujours
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- un cachet particulier que leur imprime la pensée juste et active de leur auteur.
- Ce que M. Rouffet présente d’instruments neufs à cette exposition est une filière à tarauder qui a pour organes tranchants quatre pignons mus par un système d’excentriques commandés par un même pignon, il y a de la simplicité et de l’unité dans cette conception.
- L’agencement des pièces est heureux, et te jury se félicité d’avoir une pareille occasion de rappeler la médaille de bronze dont M. Rouffet s’est rendu encore plus cligne par celte nouvelle production.
- MÉDAILLES DE BRONZE
- M* Fanz-Voll, à Parisj rue des Marâis-du-Teraplë. Moulures eti bois de sapin faites par machines.
- Les moulures en bois de sapin du. Nord qu’a exposées M. Fanz-Voll sont d’une bonne exécution j, le bois est franchementcoupé,quelles que soient les difficultés queprê-sentent ses fibres dans la rencontre des nœuds y le dégauchissement est parfait, et dans les parties larges le bois présenté une surface Uniforme qü’il n’a jamais quand lia été dressé pâr l’actioh répétée de la varlope a la mâia.
- M. Fanz-Voll a pour moteur une machine à vapeur de la force de huit chevaux.
- Sôii bois én griimeset en madrier est refendu par des sciés alternatives ou rotatives suivant te besoin, et soumis
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- ensuite a des outils recevant un mouvement alternatif
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- Inexécution est telle,, qu’en présence du jury, 17 mètres de moulure ayant de large 7 centimètres, ont été produits en trois minutes, y compris le temps de placer et d’enlever le bois.
- Le jury accorde à M. Fanz-Yoll une médaille de bronze.
- M. Beleurgey, à Troyes (Aube).
- Outils divers.
- Personne n’a fait preuve d’un esprit plus actif et n’a exposé un plus grand nombre d’objets que M. Beleurgey.
- Outre un tour qui, lui seul, renferme beaucoup d’idées neuves s’appliquant à chacune de ses parties, il a exposé un fusil de chasse de combinaison nouvelle, une coiffure militaire, une bride de cavalerie, des lunettes de tour, une poire à poudre, un volutrace, deux traîneaux à glace, et enfin un étau en fonte de fer à tiges parallèles.
- Cet outil, d’une très-bonne disposition, joint à l’avantage d’une grande ouverture celui d’une grande solidité.
- Sur la boîte de la vis de cet étau est fixée une forerie dont la tête est tournante et peut être citée comme un modèle de bon et solide emmanchement.
- Le jury accorde à M. Beleurgey la médaille de bronze.
- M. Ribou, à Paris, rue Basse-des-Ur-sins, 2i. Support de tour d’une grande perfection.
- Le genre de travail auquel se livre M. Ribou ne saurait être trop encouragé ; c’est la précision la plus exacte qui ait été appliquée à la construction des outils.
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- Le support à chariot qu’il a exposé offre les qualités
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- réunies de beaucoup d’études dans ses combinaisons de détail et du fini le plus digne d’être cité comme modèle.
- Sous la simple dénomination de irusquin, M. Ribou a encore exposé un outil de précision destiné à déterminer le parallélisme entre deux plans ; là se rencontre encore le même mérite de combinaison et de précision porté au plus haut degré.
- Le jury accorde une médaille de bronze à M. Ribou en le félicitant particulièrement de l'excellent exemple qu’il donne dans la confection des outils.
- M. Margoz, à Paris, rue Ménilmontant, 21. Tours en tout genre.
- M. Margoz a exposé un fort tour en l'air, muni de son porte-outil et monté sur un banc en fonte de fer.
- Cet outil, mis en mouvement par des engrenages auxquels est joint un volant, est destiné à tourner de très-grands clichés.
- Ce tour, d’une bonne disposition, est particulièrement remarquable en ce que les engrenages qui en font partie ont été taillés dans la masse au moyen d’une fraise.
- Le jury accorde à M. Margoz la médaille de bronze.
- * M. Valdek, à Paris,s rue du Faubourg* Saint-Deuis, 171. Filières et tarauds.
- La filière de M. Valdek se distingue par la propriété de couper la matière avec netteté et de ne la refouler aucunement.
- Elle doit cet avantage à la manière heureuse dont l’auteur a disposé deux burins dont l'idée , déjà ancienne, n’a cependant reçu que de lui une: exécution qni puisse en assurer l’emploi par la facilité qu’il a su donner à la manœuvre de l’instrument.
- T. il.
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- Cet outil, qui a remporté un prix à la Société d’encouragement, est devenu l'objet de commandes importantes de la part de la marine/ qui en a admis l’emploi dans ses arsenaux.
- Le jury accorde à M. Yaldek une médaille de bronze.
- M. Cliquot, rue Beaubourg, 5o, à Paris* Outils à l’usage des bijoutiers.
- M. Cliquot à exposé plusieurs cylindres en acier couverts de dessins obtenus par le moletage j cés cylindres , destinés à reproduire une foule d’ornements employés dans la bijouterie, présentent des creux et des reliefs bien prononcés et d’une grande netteté.
- M. Cliquot est en possession de fournir aux bijoutiers les outils les plus soignés que leurs travaux exigent-, plusieurs dé ces outils sont dé'véritables petites machines, et tous sont exécutés avec un soin et une précision remarquables.
- Le jury se plaît à récompenser M. Cliquot en’ lui accordant un’é médaille de’ bronze.
- M. Piat, à Paris, quai Pelletier , ^^. Engrenages, tours, outils, pièces détachées pour les filatures.
- Celte maison, connue depuis longues années par ses assortiments de pièces détachées pour, filature et; mécanismes de toute espèce, vient de recevoir- de son propriétaire actuel, M. Piat fils, de grands développements j la série de ses modèles acquiert, chaque jour, plus de précision par sa transformation en cuivre ou en- fonte de fer. La taille par machine, des engrenages, dans cette dernière matière, est
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- «n pas nouveau qu’elle1 vient dé faire et qui la! iüèt à nïêmô dé soutenir toute concurrencé.
- L’emprësseniént qtt’ëllemët à propager îësinstrüftiéùls nouveaux ou perfectionnés n’est pas son moindre titré à‘ la médaillé de bronzé que lui accorde' le jury.*
- M. ËrhêmMr'g, fabricant d’affùtagé pour îé travail des bois, à Paris/rite de G baronne, 24*
- « ^ K '.i
- tes outils’ (fâ& fabriqué' M. Êrhémbërg jôiiissent d’une frès-bonné réputation; fondée sur les sortis’ qu’il apporte dans leur fabrication, sur leur variété ainsi que sur l'éur bénné Qualité.
- Lé jury, considérant l’utilité dont à* été Fafèlier dé M. EfhéUïberg poUi* tous les atélîêrs’ou sé' trà^éillè lé béi^s ét Voulant lé récônipensér pour l’ensemble dé Ses tràvateè/ lui accorde la’médaillé dé bronze.
- Kt. Renard, a Pàrisr rïïédés Gravilliers, 28.
- j £ i
- Outils et instruments pour tous les genres gravures* ?
- La;réputation dé M. Renard, pour la confèctfon’.d'es ôütils dè gravéürs, ést établie depuis longtemps.
- Ses 6’ûtilS a buriner les ^Tancbès'dé cuivré ët d’acier poui? la manière noire sont fort estimes". . '
- Lés éùüètiSoutenus qu’il donne a fa fal)ricatiÔnldé'scs burins’ét dé ses échoppes né1 sauraient’être'trop loués".
- Le jury lui accorde une médaillé de bronze;
- ♦i „ ' •• *.- . ÿ..j if~>
- Buignier , à Paris, rue Salle-an-. Comté, Poinçon en fonte trempées j| d*ÿa‘ p^ènéoréSi* àii&qué lé seul iSioybd# d®oBté
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- en acier fondu, par l’action du balancier, une matrice en état de frapper des médailles, était de faire d’abord un poinçon en acier fondu dont la trempe était accompagnée de grands soins.
- Aujourd’hui une nouvelle. voie s’ouvre aux artistes graveurs, et, il est permis de l’espérer, à beaucoup d’industriels qui auront à obtenir des résultats analogues.
- La description sommaire des objets exposés par M. Bui-gnier suffira pour donner l’idée de ce moyen nouveau.
- , Ces objets sont le résultat d’opérations courantes, exécutées par l’auteur et auxquelles s’attache la notoriété publique.
- Les produits exposés sont des poinçons en fonte de fer ordinaire qui, par un procédé que l’auteur ne communique pas, sont devenus assez durs pour être enfoncés'au balancier, sans aucune altération de forme, dans des masses en acier devenues dès lors des matrices.
- Dans le même cadre, étaient exposés, d’abord un modèle en plâtre d’un ornement de bijouterie à haut relief, puis ce même modèle transformé en fonte par les procédés ordinaires, ensuite cette épreuve en fonte, retouchée à l’égal de l’acier gravé, ,et durcie par le procédé Buignier ; enfin une matrice en acier prête à reproduire, en métal,
- T
- par l’action du balancier, le même ornement dont le moule en plâtre est le point de départ. „
- Le jury voit, dans le-<procédé de M. Buignier, un moyen nouveau, quanta la mise en pratique, d’obtenir, avec des dépenses considérablement réduites, les matrices dont l'emploi s’étend, chaque jour, dans l’industrie.
- Il voit, en outre, dans son succès, la possibilité d’utiliser, comme ornement et par simple voie de moulage, une infinité de modèles de tous les genres et de toutes les
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- époques, à l’égard desquels le mérite de la beauté est entièrement et universellement reconnu.
- Lejury, voulant récompenser le service que M. Buignier a rendu à l’industrie, lui accorde la médaille de bronze.
- M. Bainée , à Paris, rue des Boulangers-Saint-Victor, 22. Cisailles et lits en fer.
- Depuis la dernière exposition, oùM. Bainée fut l’objet d’une mention honorable pour sa fabrication de lits en fer et de cisailles à diviser les métaux, il a donné un plus grand développement à ces deux spécialités.
- Ses cisailles avaient peu de perfectionnements à attendre, et elles ont, de tout point, confirmé la bonne réputation dont elles jouissaient dès celle époque.
- La fabrication de ses lits en fer s’est développée,en s'enrichissant d’une grande variété de modèles.
- Dans la prospérité de l’établissement de M. Bainée, le jury voit avec intérêt un succès conquis par les courageux efforts d’un simple ouvrier et l’admission parmi les notables de la cité de l’un de ses travailleurs les plus actifs.
- Une médaille de bronze lui est accordée.
- M. Lemarchand, à Paris, rue des Gra-villers, 27, '
- Les outils de tour et les tours eux-mêmes que construit M. Lemarchand sont d’une bonne exécution -, les services qu’il rend à l’industrie sont proportionnés au débit que ses produits trouvent dans le commerce, et ce débit est en progression constante j la juste réputation dont jouit ce fabricant sera récompensée par une médaille de bronze.
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- MM. Bernard et Boisme, à la Chapelle* Saint-Denis. Machines nouvelles pour diviser et tailler les écrous.
- MM. Bernard et Boisme ont formé un établissement qui a pour objet principal la construction des outils pour les grands ateliers de machines -, on ne saurait trop encourager uné pareille entreprise ; c’est des machines-outils bien conçues et bien exécutées que dépendent la prospérité de nos ateliers et leur triomphe dans la lutte que leur fait soutenir la concurrence étrangère.
- La première machine-outil que présentent ces constructeurs est destinée à tailler les pans des écrous, et se trouve bien appropriée à cette destination.
- Douée d’une très-grande force dans toutes ses parties, elle satisfait aux conditions de ce travail, qui consiste à opérer sur tous les diamètres et suivant plusieurs divisions.
- La machine à tailler les écrous, de MM. Bernard et Boisme, est un bon outil d’atelier.
- Le jury se félicite d’avoir à récompenser un mécanisme de ce genre, et accorde la médaille de bronze à ces messieurs.
- MENTIONS HONORABLES.
- Mademoiselle Taillepied de la Yarenne, rue du Bac, 102. Outil pour polir les marbres.
- Les instruments exposés par mademoiselle Taillepied de la Yarenne sont destinés h qpprer une action définitive soit
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- sur les parquets pour cirer, soit sur les pierres pour les dresser et les polir.
- Dans le premier pas, l’outil employé est un disque eu fonte, évidé et garni de brosses.
- Dans le second, ce même disque est garni de morceaux de grès et de pierre ponce j un mouvement de rotation lui est imprimé par une tige que tient à la main celui qui opère et qui, lui donnant un mouvement rectiligne alternatif, transmet, comme par unebielle, un mouvement circulaire au disque.
- Le jury a vu, dans celte disposition, un moyen facile d’animer, à bras d’homme, d’une vitesse rotative très-grande, un rodoir ou polissoir, quelconque, et il a décidé qu’une mention honorable serait accordée à mademoiselle Taille-pied delà Yarenne. ,
- M. Rottee, rue Popincourt, 3o. Machine à diviser.
- La plate-forme à diviser et tailler les dents d’engrenage qu’a exposée M. Rottée est propre à recevoir des roues de grande dimension.
- Le porteroutil et les autres pièces sont bien en rapport avec cette destination.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Rottée.
- M. Çroust, à Paris, rue Saint-Denis, 345. Emporte-pièce et gaufroir pour fléurs artificielles.
- Les gaufroirs qu’a exposés M. Croust et qui font partie des outils du fleuriste sont d’une excellente exécution.
- Découpés et grav dans de l’acier, ils présentent la vac-
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- riété de formes et la liberté de mouvement sans lesquelles les imitations de fleurs manqueraient de vérité.
- Le jury accorde à fyL Croust la mention honorable.
- MM. Desouches et Fayard, quai d’Austerlitz, 7. Scie circulaire et appareil pour empiler le bois à brûler.
- M. Desouches, comme M. Fayard, a qui il a succédé, s’est occupé avec succès d’améliorer l’exploitation du commerce du bois à brûler. 11 a exposé une scie circulaire qu’il a fait construire pour tronçonner le bois suivant les besoins de la consommation ; à côté de cet appareil, on voit figurer une chaîne sans fin garnie de crochets en fer, qui, montée sur un bâti en charpente légère, sert à empiler les bûches îi toutes les hauteurs, service qui est habituellement exécuté à dos d’homme.
- Le jury accorde à cet le invention une mention honorable.
- MM. Hubert et Gérard, à Paris, rue Saint-Antoine, ig5. Outils pour la menuiserie, Pébénisterie, et les facteurs de pianos.
- Ces fabricants d’outils se sont présentés avec avantage à l’exposition ; le jury a remarqué l’activité de leurs recherches pour perfectionner les instruments propres au travail des bois et la variété qu’ils ont introduite en particulier dans les différentes combinaisons de leurs bouvets.
- L’emploi bien entendu de parties métalliques mobiles ou fixes assure à ces outils plus de commodité, de précision et de durée.
- Le jury accorde à ces fabricants la mention honorable.
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- M. Parot (J.-A.), à Saint - Germain (Seine-et-Oise). Sécateurs, grattoirs, outils de graveurs.
- Le mérite de beaucoup d’outils n’est pas seulement dans leur résistance, mais aussi dans leur forme et le fini de leur exécution -, tels sont, par exemple, ceux qui sont destinés à des travaux délicats.
- Les outils de taillanderie fine, et qui se composent de sécateurs, de grattoirs et autres instruments pour la sculpture sur bois, exposés par M. Parot, répondent parfaitement à ce besoin : c’est en travaillant avec ce soin qu’on se rend de plus en plus utile à l’industrie.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Parot.
- M. Charrut (Hippolyte), à Grenoble (Isère). Ciseaux excentriques destinés à la coupe des feuilles de mûrier.
- Sous cette dénomination de ciseaux, le jury a trouvé une petite machine que la force d’un enfant suffit à faire mouvoir et qui a pour objet de couper les feuilles de mûrier destinées à la nourriture des vers à soie dans leur bas âge.
- Le rapport du jury départemental est très-satisfaisant sur les services rendus par la machine de M. Charrut.
- Elle se compose, quant à ses principaux éléments, de deux cylindres formés chacun de disques tranchants, écartés d’un centimètre environ.
- Ces deux cylindres sont parallèles entre eux, et leurs disques se rencontrent comme dans les cisailles] ordinaires. '
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- Ils sont placés dans la trémie qui contient les feuilles et opèrent ainsi leur division.
- Une mention honorable est accordée à M. Charrut.
- M. Cretenaut, à Paris, barrière Monceaux,
- rue 4e,!s'Dames, ïi8. Tuyères eu fer , à
- , vapeur, pour forges, etc.
- M. Cretenaut a exposé des boîtes de rpues en fer dans lesquelles la languette n’est nullement altérée par la soudure, et qui portent des réservoirs à graisse bien ménagés.
- Sa tuyère pour feu de forge est disposée de manière à recevoir une circulation d’eau.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M, CouLLiERj à Paris, rue Saint-Denis, 217.
- . Système complet d’outillage pour placer les œillets métalliques et pour ferrer les lacets.
- L’emploi considérable basé sur la grande utilité qu’on retire des oeillets métalliques plpcés dans des tissus de toute espèce et meme dans le guir, pour recevoir des lacets, n donné lieu à une nouvelle industrie qui n’est pas sans importance.
- Lés petites presses au moyen desquelles on rive ces œillets se débitent en telle quantité que deux maisons de Paris consomment, à elles seules, par an, 12,00p kil. de fonte de fer employés à cet objet.
- M. Coullier a exposé un système complet de petites machines convenablement exécutées , qui ont pour objet la pose des œillets, ainsi que la confection des ferrcts qui arment l’extrémité des lacets.
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- La combinaison et la succession de fonctions de ces petits appareils sont fort bien entendues.
- Leur série comprènd les gros œillets et tout ce qui complète leur pose, puis une cisaille, une étampe à levier, et une presse également à levier pour, façonner les ferrets ; ççg derniers reçoivent d?une fraise un dernier degré d’a* chèvement qui consiste à appointer le ferret dé manière à ce qu’il puisse percer une feuille de papier comme pourrait le faire un poinçon de bureau.
- Cette dernière propriété a donné lieu à une fabrication importante de bouts de cordonnets armés, à chacune de leurs extrémités, d’un ferret et qui facilitent beaucoup le classement des papiers.
- Le jury accorde à M. Coullier une mention honorable pour ses outils-machines.
- M, Fontaine, à Pétris, me Saint-Séyepin, 2,. Tours et crut ils , machines.
- Un fort joli tour, d’une très-bonne exécution, a été exposé par M. Fontaine, qui a montré, par celte œuvre, qu’il est un digne élève de M. Collas doat le nom occupe une place si distinguée parmi les praticiens habiles et les inventeürs les plus heureux.
- Quelques outils à guillocher sont joints à ce tour 5 ils confirment la bonne opinion que le tppr avait donnée de
- son constructeur.
- Une mention honorable est accordée à M. Fontaine.
- M. Morizot, rue de l'Égout, 16, à Paris. Moulures en tout genre.
- - t
- Les moulures en bois exposées par M. JVTorizot sont d’unp typine exécution elles sont faites à la mqin, au
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- moyen de gabaris qui permettent de n’employer que des hommes sans industrie. Ce qu’il y a de travail mécanique est restreint à l’emploi d’une scie mue par une manivelle à bras.
- Cette combinaison, donnant des profits à l’entrepreneur et fournissant de bons produits, est récompensée par une mention honorable.
- M. Sautreuil fils, à Fécamp (Seine-Inferieure). Bois façonné à la mécanique.
- Les moulures qu’a exposées M. Sautreuil fils, de Fécamp, sont d’une exécution suffisante pour l’emploi donné à ces produits ; on peut regretter cependant que leur surface présente, dans quelques parties, des ondulations résultant du mode d’action donné à l’outil.
- Le prix très-modéré auquel on peut donner ces produits ajoute à leur importance.
- Le jury accorde à M. Sautreuil fils une mention honorable.
- M. Noël, à Paris, ancien marché Saint-Martin, ii. Tour en l’air disposé pour tourner les billes de billard.,
- Le tour en l’air que M. Noël a disposé pour tourner les billes de billard, avec le secours d’un porte-outil, est bien concu.
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- Les défauts qui peuvent se rencontrer dans l’ivoire sont facilement rachetés, au moyen de la faculté donnée au mandrin, monté sur le nez du tour, de prendre des positions variées.
- Le porte-outil, décrivant un demi-cercle, est guidé par
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- une vis tangente, et la main la moins expérimentée peut facilement tourner une sphère quelconque.
- C’est un bon outil de plus pour l’industrie, et le jury, reconnaissant le mérite de M. Noël, lui accorde une mention honorable.
- M. Levasseur, à Paris, rue du Milieurdes-Ursins, 7. Outils d’affûtage, presses, établis,. etc.
- Les outils appropriés au travail des bois, qu’a présentés ce fabricant, sout d’une bonne exécution ; ses bouvets, dont la semelle est garnie en fer, sont des outils d’une grande résistance.
- Le moyen qu’il a appliqué aux rabots et varlopes, pour en rétrécir la lumière, renferme une bonne idée et donne de bons résultats.
- >
- > Son établi de menuisier, qui se transforme en banc de tour, contient des combinaisons ingénieuses qui le rendront utile aux personnes qui travaillent en dehors des grands ateliers.
- Le jury lni décerne la mention honorable.
- M. Cahouet, à Paris, Halle-aux-Veaux, 4* Moules à chandelles et à bougies.
- Les moules à chandelles, à bougies et à cierges qu’a exposés M. Cahouet donnent les plus beaux produits qu’on ait encore vus.
- Les, fabriques de bougies stéariques, en particulier, lui doivent en partie le bel aspect de leurs produits.
- Ces moules, composés en étain et d’une seule pièce, et qui remplacent ceux en fer-blanc soudé, sont un objet
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- d’exportation assez important pour une industrie de ee genre, puisqu’elle s’élève à 80,000 fr. par an. C’est ent Italie ,én Portugal,- en Allemagne, en Russie et en Angleterre que s’écoulent ces produits.
- Le jury accorde à M. Cahouet une mention honorable*
- M; Ghaufériat , à Saint-Étienne (Loire).
- M. Chaüffriat a exposé deux belles enclufhéa : l’une, limée et trempée, a sa table un peu tendre -, l’autre' est restée telle que le marteau l’a formée : elle est d’une bonne exécution.
- Ces produits méritent une mention honorable.
- . Claudet, à Paris, rue Gh'âbânnâiW, 3.* Màcïiines à couper et à dresser les cyïïn-
- :es en verre.
- Là machiné qu’a construite M. CfaUdet, polir couper la basé des cylindres ou tubes dé verré', est des pliis simpïéfcy • éf a, pour cela même, un mérite pàrtïcWliéé.
- L’opération, ordinairement difficile, délîéaté’eï ffèfe-longue, est faite avec précision et cèîrtîtude8, en ûtà instant, et par les-mains lés moins exercéés.
- La pointe de diamant, qui demande à être tenue avec une certaine adresse, est dirigée par un petit chariot, qui, rui-mêVn'e’, n’esf guidé que-par lâ'foMedu verréàf coüpfer.
- L’utilité dé cé petit; appareil ésf telle,> qiïëdè proptiéiaifé; d’un seul établissement de vente pour les tiïBéS étf verré évalué' ù 3,000 fr. par art l’économie qu’il retiré dé son emploi, par la Certitude dé l’opération éf la rédûétiOA considéfâblè dans les acciden ts de’* casse.
- Le jdry regretté qu'c l’iutelïïgettCc dont a Ml- pfèifvé
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- M. Glaudet ne soit- pas appliquée àt une opération plus importante; dans cette position,• il lui accorde fine mention honorable.
- M. GouîfEt, aux Thermes , 17, près Paris. Cisailles et filières à tarauder*
- Depuis plusieurs années, M. Gouhet a construit des cisaillés puissantes., dont le corps est en fonte et' les parties
- 1 * i
- tranchantéS seulement en acier. Il a‘ su réunir, par des, dispositions bien étudiées, une grande force, une grande réduction de dépense et une diminution notable dans la place que réclamaient les machines du même genre.
- Elles sont disposées de telle manière que la pièce à couper y est maintenue âféc forée et fixité, et que la section est exactement perpendiculaire à la surface de la matière.
- Ces cisailles ont reçu la sanction de l’expérience et l’ap-prôbàtiori dé la pratique.
- Elles soïit employées dâhs lés ateliers, ainsi que dans lé commerce dé la quinCaîlîèrîè’, en nombre suffisant pour que leur bon service ait été suffisamment constate.
- 3VL Gouhet a, éri outré, exposé’ iiné filière à tarauder, heurèusémetft C’onCàé ét très-bien exécutée.
- O
- Le jury accorde à M. Gouhet ùfüê mention honorable.
- CÏTAÏÏtM
- .» Âubêy* à Saibt-Ëti'ëiïne (Loire). Un étau complét.
- L’étau complet exposé par M. Aubry est de ceux-qui servent à forger ; il est d’une bonne exécution.
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- Les jumelles en sont bien ajustées, et les deux points d’appui qui lui sont donnés sur. le sol, dans le prolongement de chacune des branches, lui assurent une grande résistance à l’action du marteau, pendant que celui-ci en reçoit une plus grande efficacité.
- A cet étau est joint une forcrie qui se .monte sur sa boîte en dehors de la mordache fixe.
- Cette adjonction, sur un étau destiné à la forge, n’a pas paru au jury être le produit d’une idée suffisamment étudiée j aussi est-ce pour son étau seulement qu’il cite favorablement M. Aubry.
- M. Daurignac, à Paris, rue Saint-Jacques, 231. Filières à tarauder portant trois coussinets.
- On a essayé, dans ces derniers temps, de construire des filières à tarauder de bien des manières différentes.
- M. Daurignac vient, à son tour, augmenter notre richesse en ce genre.
- Sa filière, d’une disposition neuve, conserve, dans son mode d’action, le même principe que celle qu’a exécutée depuis longtemps M. Houot.
- Un coussinet est fixe, et en face de lui deux autres coussinets ou peignes, ayant une direction peu différente de celle des rayons correspondants de la tige à tarauder, s’avancent successivement.
- Par cette succession dans leur progression , l’un se trouve couper en montant, et l’autre en descendant.
- Celle disposition donne de bons résultats, et le jury accorde une citation favorable à M. Daurignac.
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- M. Langlassé, à Paris, rue Saint-Maur, 4* Allésoir, ou équarrissoir mobile à Fusage des carrossiers.
- Il a exposé un allésoir pour les boîtes de roues.
- Cet outil, bien exécuté et d’un prix que le jury a trouvé modéré, vaut à ce fabricant une citation favorable.
- M. Bodeau, à Paris, rue du Temple, io. Scie circulaire pour le bois à brûler.
- Une scie circulaire, placée au milieu d’un établi incliné, est destinée à scier le bois de chauffage.
- Cette machine, bien'construite, mérite d’être citée favorablement.
- M. Bignon , à Montrouge, rue du Champ-d’Asile, 4o. Outils à Fusage des bottiers et cordonniers.
- Les outils qu’a exposés M. Bignon, et qui servent dans l’industrie du cordonnier, sont d’une très-bonne exécution.
- Le jury accorde à ce fabricant une citation favorable.
- M. Touza, à Saint-Étienne (Loire). Fleurets aboutons à vis.
- Les fleurets qu’a exposés M. Touza ont cela de particulier, que les boutons se montent à vis, ce qui permet de leur donner la forme qu’on juge la plus convenable.
- L’emploi étendu qu’ont ces fleurets rend leur auteur digne d’une citation favorable.
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- M. A rmand-Clerç, à Paris, me du Btiisson-Saint-Lonis, 16. Barattes, coupe-légumes, presse-purée, râpes à sucre, etc.
- Il a exposé plusieurs petits appareils, parmi lesquels le jury a distingué une baratte cylindrique en fer contenant un agitateur, commandé par des engrenages bien disposés. Il lui est accordé une citation favorable.
- § 3. CARROSSERIE.
- L’exposition de 1839 est la première qui ait vil figurer les produits de la carrosserie.
- Cette industrie, indépendamment de son importance commerciale et manufacturière, a toute celle que le mérite des combinaisons et de l'exécution peut donner. Perfectionnée aujourd’hui à l’égal de tous'les autres arts , une place distinguée doit lui être réservée dans nos (expositions a venir. La carrosserie, par une exception toute particulière, se trouve, à elle seule, mettre en çeuyre presque toutes les matières que se partagent, suivant des spécialités distinctes, presque toutes les autres industries; ainsi le bois, le fer, l’acier, le cuivre, le drap, la passementerie, ,1e cuir, le verre et d’autres matières, sont employés par elle en donnant de l’occupation à un nombre considérable de bras.
- Travaillant sans cesse entre les,conditions rigoureuses de la plus grande résistance, du moindre poids èt du plus petit volume, cette industrie est parvenue, tantôt par ta-
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- to.nnement, tantôt par calcul, à des résultats qui causent de Pétonnement et souvent sont dignes d’admiration.
- Le train d’une voiture légère, ses roues exposées à des chocs incessants, sont des constructions qui n’ont de durée qu’à la condition d’un choix parfait de matériaux et d’une grande perfection dans le travail. On pourrait même ajouter qu’il n’existe aucune machine qui soit attaquée par autant de causes de destruction et qui sache y résister ayec des moyens plus restreints. Aussi nulfrayai! dubois, soft en charpente, soit en menuiserie, n’est .exécuté avec autant de précision et de franchise que le charronnage des voitures de luxe. Dans aucune industrie il n’existe de forgerons supérieurs à ceux .qui corroient, soudent et çon-r tournent ces pièces' de fer si compliquées et si résistantes, qui sont une partie souvent la plus importante d’un train. Quand à un mérite d’exécution aussi incontestable vient se joindre le mérite de répondre à l’un de nos premiers besoins, celui d’un transport sûr et commode, l’industrie dans laquelle se rencontrent ces mérites a droit de réclamer sa place .dans nos expésitions, et son inscription dans nos concours.
- Espérons qu’au prochain retour de ces expositions les constructeurstde voitures publiques,dont les produits.sont au nombre des machines devenues chaque jour plus indispensables, viendront solliciter la.confiancedupublic.en le mettant à même d’étudier les avantages nouveaux que leurs constantes recherches les mettront à même de lui, offrir.
- Cette année, l’exposition n’a possédé que des yoituyes dites deluxe^ et que l’aisance, deye/iue plus générale, permet .maintenant de considérer qomme des objets d’utilité générale j Je nOiinbre ten a été restreint, mais l’accueil
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- vorable que la justice du jury leur réserve servira d’encouragement pour l’avenir.
- Différents essais ont été faits pour perfectionner quelques parties des voitures. Les ressorts, ainsi qu’on le verra, ont été l’objet d’une tentative originale que le succès a couronnée.
- Trois essais ont été faits pour diminuer le frottement qui existe entre la fusée des essieux et le moyeu des roues. Malheureusement aucun d’eux n’a pu être jugé digne de figurer dans le rapport.
- En outre, une nouvelle construction d’essieux, entreprise en vue de diminuer les chances de rupture, a été exposée. L’expérience n’a pas mis à même de prononcer à son sujet j elle ne pourra recevoir qu’une simple mention.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Fimbel, à Paris, rue Neuve-des-Mathu-
- rins, 3. Voiture dite Wourms.
- La voiture exposée par M. Fimbel a été l’objet de l’attention la plus flatteuse de la part des connaisseurs -, son aspect gracieux, le fini de son exécution, qui peut être cité comme un modèle, ont assuré à cette œuvre de carrosserie le rang le plus distingué.
- Les dispositions essentielles qu’elle renferme sont, 1° celles des ressorts mixtes, qui réunissent la souplesse des ressorts en C à la facilité d’assemblage que présentent ceux àpincettej 2° une disposition d’avant-train par suite de laquelle l’essieu se trouve de 20 c. plus rapproché de la
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- caisse que la cheville ouvrière, ce qui raccourcit d’autant la longueur du train général en facilitant l’introduction des petites roues entre les deux banquettes d’intérieur et d’extérieur de la caisse ; 3° un marchepied qui se développe par le mouvement d’ouverture de la portière.
- Le travail du fer, des ressorts et du bois a paru au jury avoir marqué le plus haut point de perfection auquel la carrosserie soit encore arrivée.
- Cette œuvre vaut à M. Fimbel la médaille de bronze.-
- MM. Daldringhen et Mathey, à Paris, rue du Colisée, 12.
- La voiture de cérémonie exposée par MM. Daldringhen et Mathey atteste la puissance de leur atelier, puisqu’elle a été exécutée en 35 jours.
- Un si court espace de temps a pu suffire à étaler la magnificence d’un grand luxe, mais une exécution si précipitée n’a pu admettre ces recherches de perfection, dans l’ensemble et les détails, dont la maison Daldringhen est en possession de donner l’exemple.
- Le jury accordé à MM. Daldringhen et Màthey une médaille de bronze.
- M. Raulin , rue Grange-aux-Belles ^ 3, à Paris.
- M. Raulin a exposé une voiture à deux roues dite tilbury, qui se fait remarquer par un genre de ressorts d’une nature toute nouvelle, et qui, sans emploi jusqu’à ce jour dans la mécanique, ne peut rencontrer d’analogue que dans les coussins à air comprimé que nous devous à l’emploi des tissus rendus imperméables par le caoutchouc.
- Le véhicule élastique employé par M. Raulin est éga-
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- lement de l’air, et dans ces ressorts l’enveloppe seule a une valeur ; aussi sa composition a-t-elle une grande importance. Rien n’est plus simple ni plus facile que la manière dont l’auteur l’obtient. Deux disques minces en laiton ou même en zinc, et rendus concaves, sont rapprochés de manière à former une lentille creuse ; les bords sont agrafés et soudés suivant la méthode des ferblantiers. Quand celle opération est terminée, le ressort est obtenu. Ces lentilles, superposées au nombre de douze à quinze, forment, sous la charge d’une caisse de tilbury, une hauteur dé 20 centimètres environ; leur élasticité est Suffisante pour constituer une bonne suspension de voilure. Quelques soins particuliers , comme de ne laisser, pour l’introduction de l’air, qu’une petite ouverture qui se refermerait sans soudure et à une basse température, augmenterait l’élasticité de ces ressorts ; quoi qu’il en soit, et tels qu'ils sont exposés, l’air n’est jamais assez condensé dans ces lentilles pour que les parois viennent à se toucher et produire ainsi un choc.
- Le jury, pour récompenser l’idée nouvelle, ingénieuse et féconde que renferment les ressorts à air deM. Raulin, lui accorde une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Dietz, à Paris, rue Marbeuf, ir. Voiture à six roues.
- Ce qui distingue particulièrement cette voiture, indépendamment de la particularité d’être portée sjir six roues
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- de petit diamètrec’est d’avoir les essieux d’avant-train et d’arrière-train liés par des tiges articulées qui forcent ces essieux a converger quand la voiture décrit une courbe.
- Cette disposition est lélle qu’un train dé six de ces voitures, attachées l’une derrière l’autre,, se trouve suivre toujours une même ligne, quelque sinuosité que décrive la direction donnée à la première voiture.
- Comme on manque encore d’expérience prolongée, sans laquelle les différèn tes propriétés de ces voitures ne peuvent être justement appréciées, le jury se bornera à récompenser les travaux de l’auteur par une mention honorable.
- M. Brissot-Thivars, à Paris, place du Louvre, 4*Tonneau d’arrosement perfectionné.
- Les tonneaux d’arrosement, dans leur disposition actuelle, ont pour inconvénients :
- 1° Dé né pouvoir évacuer toute l’eau qu’ils contiennent, le robinet étant placé en un point trop élevé, ét de transporter sans profit cette eau, qui n’est jamais utilisée : cette perle est évaluée, pour Paris, à une somme annuelle de 12,000 fr.j
- 2° De ne permettre au conducteur d’ouvrir le robinet
- qu’aptès avoir abandonné la direction de son cheval , inconvénient gravé dâns lés lieux fréquêntés. ,
- M. Brissot-Thivârs, pour remédier à ces mauvaises dispositions, a fait construire dotize tonneaux qui fonctionnent depuis six mois, et daris lésquels il a placé lé robinet en un point perpendiculaire à l’ouverture par laquéÜè'on
- introduit l’eau.
- En outre, il a fait établir des liges de renvoi au moyen
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- desquelles le conducteur peut, tout en dirigeant son cheval, ouvrir et fermer le robinet suivant tous les besoins du service.
- Enfin, au lieu de ne distribuer l’eau qu’à l’arrière de la voiture et par un seul tuyau horizontal percé de petits trous, M. Brissot-Thivars a établi un second tuyau semblable qui verse l’eau immédiatement derrière le cheval. Cette disposition a pour objet d’assurer une répartition plus égale de l’eau, et ce but est parfaitement atteint.
- Le jury accorde à M. Brissol-Thivars une mention honorable.
- M. Duglade-Ricord, à Paris, rue de Pon-thieu, 28. Essieu à âme, en fer doux, soudée seulement par ses extrémités.
- L’idée sur laquelle repose la construction de cet essieu est neuve non-seulement en carrosserie, mais encore dans la construction de toute espèce de pièce de métal.
- Elle consiste à comprendre, dans le corps de l’essieu, une barre de fer indépendante de son enveloppe, assujettie à ses deux extrémités, par lesquelles elle est soudée avec les fusées.
- L’entreprise de M. Biicord n’a pas encore reçu de dé- \ veloppement qui puisse mettre le jury à même d’en apprécier les avantages et la portée ; mais quelques expériences ayant montré que des essieux, construits d’après ce sys^ tème, avaient opposé une résistance plus qu’ordinaire à une rupture complète, une mention honorable doit être accordée à M . Ricord.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- N,
- M. Musser, à Paris, rue Richer, i5. Voiture.
- M. Musser a exposé une voiture à flèche dans laquelle tous les matériaux sont apparents et permettent ainsi de juger de leur bonne exécution, mérite que le jury se plaît à reconuaître en accordant à M. Musser une citation favorable.
- M. -Delacour, rue Saint-Honoré, 22. Voiture inversable, à fusée tournante.
- Une calèche allèche mobile, c’est-à-dire s’assemblant avec les trains d’avant et d’arrière, comme s’assemble, à chacune de ses extrémités, un essieu avec ses roues, a été exposée par M. Delacour.
- Les voitures ont donné lieu à tant de combinaisons, presque toujours réalisées en vue d’une utilité quelconque et aussitôt anéanties par le despotisme de la mode, qu’il n’y a rien d’élonnant qu’il ait existé déjà, et à plusieurs reprises, des voilures de ce genre}.c’est, en effet, ce qui a eu lieu. L’avantage incontestable de cette disposition est qu’une seule des roues peut s’élever à une hauteur considérable, telle que 0m,90, la base étant lra,60, sans que la voiture verse} aussi cette propriété a-t-elle porté M. Delacour à donner à sa voiture la qualification d’inversable.
- Le jury décerne à M. Delacour une citation favorable.
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- M. Fusz, à Paris, rue des Deux-Portes-Saiftt-André-des-Ares, 4. Ressorts à double pin-cette.
- Les ressorts qu’il appellp à double pincette ont incontestablement l’avantage de diminuer la quantité de frottement qui se développe entre les feuilles superposées qui composent lés ressorts ordinaires; ce résultat est dû à ce que l’àu-teiir a divisé chàcuri dé ses ressorts en deux faisceaux de
- laines, égaux à la moitié des lames nécessaires pour former un ressort ordinaire ; ii en résulté ainsi la combinaison de deux ressorts à pincette, dont l’un plus petit ou inséré dans l’autre.
- Les efforts de l’auteur méritent d*être cités favorablement.
- : _ §4. SERRURERIE.
- .RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Huiiet, à Paris, boulevard des Italiens, 1. Lits én fer.
- Les lits en fer de M. Huret sont composés de fer et de fonte; ils jouissent de différents avantages qui sont de se replier facilement sur eux-mêmes, de s’allonger ou s’accourcir au besoin, et d’être dans les conditions qui leur permettent, au moyen de peintures imitant les différents bois, de figurer convenablement dans ies ameublements ordinaires.
- Cette fabrication est jointe à celle de la serrurerie de
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- précision pour laquelle le jury a accordé à M. Huret le rappel de la médaille d’argent précédemment obtenue par cet habile constructeur.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Mèlzessàbdj à Paris, rue Mondétour, 3.
- Les volets en fêr pour lés devantures de boutiques, combinés et construits par M. Melzessard, constituent une invention qui, employée avec discernement, pourra rendre de grands services.
- Si les points d’attache ne sont pas trop éloignés les uns des autres, si ces points sont pourvus de toute la solidité désirable, et non pas pris sur les petits bois du vitrage, on pourra se croire suffisamment défendu par l’emploi de ces volèts.
- Les avantages qu’ils présentent en économie de temps, en facilité de manœuvre, sont appréciés par Ve jury, qui se plaît à' accorder une médaille de bronze à M. Melzessard.
- . ^ v
- M. Heslin, à Paris, rue Basse-clu-Rempart, 33. Lits en fer.
- M. Hèsliü à exposé des lits en- fer qui se plient et se développent suivant .différents moyens.
- Dans un appareil contenant deux lits superposés et qu’il a appelés lits d’amiral et de matelot, il a appliqué le mode de suspension utile dans les navires, pour les boussoles.
- D’autres dispositions se trouvent dans le lit supérieur, qui procèdent de celles que l’auteur a développées avec
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- abondance dans son fauteuil de malade, dont nous allons parler.
- Ce fauteuil, entièrement construit en fer, jouit de la propriété de se transformer progressivement en lit, uniquement par le mouvement que l’on fait pour prendre la position couchée.
- Rien n’est plus simple que cette manœuvre, qui semble se faire d’elle-même, tant on s’aperçoit peu de la quantité de force employée pour l’obtenir.
- M. Heslin est digne d’une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Jacquemart-Lagard, à Charleville (x\r-
- L’atelier de M. Jacquemart-Lagard, qui entretient de quatre-vingts à cent ouvriers, a offert une ressource bien précieuse à ceux qu’employait la fabriqué d’armes de Charleville avant sa suppression.
- Indépendamment des ferrures perfectionnées qui sortent de cet atelier, d’autres produits lui sont dus, qui rentrent dans le genre de la quincaillerie. La bonne exécution de ces objets sera récompensée par la mention honorable.
- M. Boutté, à Paris, rue Saint-Honoré, 274 et 276. Serrurerie et quincaillerie.
- Parmi les établissements en voie de progrès, on doit citer celui -de M. Boutté. Les serrures qu’il a exposées se recommandent par leur bonne exécution. Celles qui se trouvent couvertes d’ornements en cuivre étampé, d’un bon effet, deviennent des objets d’ornement, et complètent
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- la décoration des appartements dans une partie qui, sous ce rapport, laissait beaucoup à désirer.
- Le jury, après avoir donné de justes éloges à cette fabrication, décide qu’une mention honorable sera accordée à M. Boutté.
- M. Auger, à Paris, quai de la Mégisserie, 72. Serrurerie.
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- La serrurerie exposée par M. Auger est d’une bonne exécution, et mérite d’être mentionnée honorablement.
- Madame veuve Fleuret et fils, à Paris, passage Saulnier, 4? faubourg Montmartre. Serrurerie en bâtiments, mécanique, lits en fer forgé.
- La fabrication de lits en fer de madame Fleuret continue à occuper un rang très-distingué dans cette industrie qui a pris un si grand développement. Ses lits articulés et formant un faisceïni propre à être mis dans un sac ont particulièrement été trouvés d’une exécution très-soignée, et tout à fait dignes d’une nouvelle mention honorable.
- M. Herbinqt, à Dugny (Seine).
- Les serrures qu’a exposées M. Herbinot renferment des dispositions heureuses. Son bec de canne, qui se retourne pour s’accorder avec toutes les portes, donne une grande facilité pour leur pose sans le secours d’un serrurier. Il a, en outre, exposé une cage en fer d’un seul morceau, formant la charpente d’un coffre-fort. Ce morceau de forge, d’une exécution difficile, fait honneur à son habileté. '
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- Il sera récompensé par une mention honorable.
- M. Musset, à Rouen, Serrures de sûreté et autres.
- Ces serrures se cachent dans l’épaisseur de la porte. Leurs dispositions sont analogues à cette application , qui ne pourrait être faite sans inconvénient pour la solidité des bois, si, par des ferrures auxiliaires, on n’arrivait à
- lui rendre ce qu’il lui faut enlever de force pour loger la
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- serrure. Le résultat est un ferrage on ne peut plus agréable à la vue, et commode pour le service habituel.
- Le jury accorde à M. Musset une mention honorable.
- M. Boürnet, serrurier, à Fontainebleau,.
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- M. Bournct a eu la singulière idée de disposer un bouton de bec de canne de telle façon, que, bien qu’on poussât devant soi, qu’on tirât à droite ou à gauche, ou même à soi, on eût toujours pour résultat l’ouverture de la porte. Cette idée, il l’a réalisée d’une manière fort heureuse, et le petit mécanisme qui eu est le résultat est des plus simples. Il serait «employé fort .utilemen t à toutes les portes .banales, et livrerait aussi passage avec facilité dans quelque sens qu’on fît jouer le bouton d’un bec de ç,an ne.
- Le jury acc.orde à M. Bournetune mention honorable.
- M. Morize, à Melun, maison centrale de 'détention (Seirié-et-Marné).
- Ses produits méritent d’être mentionnés honorablement. x :
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- CITATIONS FAVORABLES.
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- M. Lemaire, à Compïègne (Oise), Serrures de sûreté.
- Les serrures exposées par M. Lemaire ont été, quant à leur exécution, jugées dignes d’èlre citées favorablement au rapport.
- M. Doré, à Paris, rue Saint-Denis, 289. Coffre-fort.
- M. Doré a exposé un coffre-fort dont le mérite consiste dans sa grande résistance aux moyens que peuvent, le plus généralement, employer les voleurs pour en perforer les parois ; à cet effet, il en a composé les panneaux de feuilles de tôle double, entre lesquelles il insère une table en fonte blanche, Il résulte de cette,disposition que, cette dernière matière étant très-difficilfement attaquable par l’acier le plus dur, l’inyiplabilité du coffre est assurée contre ce genre d’attaque.
- Une citation favorable est accordée à M. Doré.
- M. Verstaen, à Paris, nje Beaujolais-clu-Temple, 6 et 7. Coffres-forts, serrurerie.
- Indépendamment des chances de vol contre lesquelles les constructeurs de coffres-forts ont dirigé leurs combinaisons, quelques-uns ont pensé à celles d’incendies qui pourraient détruire des papiers précieux. M. Verstaen est de ce nombre j il a construit un coffre dont les panneaux, formés de deux fortes tôles distantes l’une dé l’autre, li-
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- vreraient passage à un courant d’air qu’établirait l’élévation de température de l’enveloppe extérieure. Si à cette combinaison il joignait la précaution d’établir à l’intérieur de son coffre une boite à papiers dont les parois fussent en matière très-peu conductible, il pourrait souvent préserver d’une destruction complète les papiers qu’il a entrepris de protéger.
- L’idée de M. Verslaen mérite d’être citée favorable-
- - y
- ment.
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- « x
- M. Legrand, à Saint-Nicolas-d’Aliermont
- (Seine-Inferieure). Serrures en fer poli
- et autres.
- Serrurerie bonne et soignée.
- Les serrures en fer poli de M. Legrand méritent d’être citées pour leur bonne confection.
- MM. Léguïllette et Teissier, Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine,.5o.
- Serrurerie courante d’une bonne exécution, digne4d’une citation favorable.
- M. Demay, à Paris, rue Notre-Dame-de-Lo-rette, i. Lits en fer.
- Les soins apportés dans le travail des fers qui composent ces lits méritent d’être cités favorablement.
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- § 5. SERRURERIE DE PRECISION.
- La serrurerie de précision, celle qui place sous la protection de combinaisons savantes la conservation des valeurs précieuses contre les tentatives des voleurs, a fait de notables progrès depuis la dernière exposition. Ce fut à cette époque que la confiance accordée jusque-là aux serrures à combinaisons fut entièrement détruite,, et que la facilité avec laquelle il fut démontré qu’on pouvait les ouvrir imposa l’obligation à nos constructeurs de se livrer à de nouvelles recherches. Ce sont les fruits de ces travaux qui ont enrichi l’exposition de 1839, et à laquelle nulle autre ne peut être comparée par ce genre de production.
- Une circonstance particulière la rendra encore remarquable j c’est que le même constructeur qui, en 1834, avait démontré, par des expériences publiques, la possibilité d’ouvrir les serrures à combinaisons alors existantes, et en avait exposé une nouvelle que le jury récompensa par une médaille d’argent, est encore celui qui, cette année, a obtenu la récompense la plus élevée. Il a exposé une nouvelle serrure qui réhabilite l’ancienne serrure à clef en lui donuant la variabilité qui semblait ne pouvoir appartenir qu’à la serrure à combinaisons et délivré la mémoire des obligations que lui imposait celle-ci.
- Concurremment avec ce fait remarquable se sont produits des travaux que recommande une très-belle et très-fine exécution, appliquée à des combinaisons très-ingénieuses. Les vieilles réputations se sont soutenues par de nouveaux progrès, des positions honorablement conquises ont été dignement consolidées, nulle partie de notre industrie, si active, si féconde en ressources, n’a été ni plus active, ni plus féconde que la serrurerie de précision.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- Mé Huret, à Paris, boulevart des Italiens, 2.
- La serrure à combinaisons de M. Huret est dominée par une serrure à la Bramah, qui est chargée de supporter le va-et-vient, pendant qu’on ajuste le mot nécessaire à l’ouverture. Quand l’arrangement de ce mot est parfait, le va-et-vient change de position par la seule action de son poids, et permet à la clef d’accomplir deux révolutions par lesquelles est effectué le dégagement du pêne.
- La composition de cette* serrure est d’une grande simplicité -, les organes en sont bien groupés, sans être trop serrés. La place y est bien ménagée, les fonctions s’accomplissent avec facilité j elle est à l’abri de toute atteinte par le tact j les parties extérieures se réduisent à quatre petits boutons dont la perte ou le bris ne porterait aucun préjudice à la serrure. Cette circonstance est particulière que la serrure de M. Huret soit irréprochable sous le rapport de l’exécution ainsi que du choix, des matériaux, et ce sera une œuvre de premier mérite.
- Le jury est heureux d’avoir à déclarer que M. Huret s’est montré de plus en plus digne de la médaille d’argent, constamment rappelée, sur de nouveaux titres, depuis plusieurs expositions.
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- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Robin, à Paris, rue Grange-Batelière, i.
- Ce fut M. Robin qui/ en 1834, tira le public de la confiance dans laquelle il vivait à l’égard des serrures à combinaisons. Il démontré par le fait que tou tés étaient ouvrables d’après les indications fournies par un tact exercé. En sir gnalant le mal, il en présenta le remède. Une médaille d’argent lui fut décernée pour une serrure à combinaisons dans laquelle aucune indication ne fut jugée perceptible d’après le jeu des pièces. Cette production fut le fait capital en serrurerie del’ex position de 1834. Ce sera encore à M. Robin que l’exposition de 1839 devra une de ces œuvres qui sont des époques pour l’histoire d’un art. Abandonnant la serrure à combinaisons, portée par lui au plus haut point de perfection qu’elle eût encore acquis, il a pris en main la serrure de Chubb, en se gardant bien de rien changer à sa belle construction'. Maître d’une de ces idées qui changent toute une industrie, il s’est mis à l’œu-vre$*il a fait une clef variable à l’infini, composée de pièces détachées -, elle est changée de forme et de dimension eü un instant, sans difficulté, et même sans outil. A chaque clef
- ainsi renouvelée, il fallait une serrure nouvelle, et c’est là
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- le nœud dé l’invèntiôn. A une clef chah géante", il a donné une serrure se changeant plus facilement encore. Aujourd’hui la serrure de Chubb sè peut arranger d’elle même sur la clef improvisée qu’on lui présente. Ainsi,- autant de clefs nouvelles, autant de serrures nouvelles, et cela peut se renouveler chaque vingt secondés qui entrent dans la composition d’une journée.
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- Tel est le service que M. Robin a rendu à la serrurerie de précision, etplusjustementencoreàla sécurité de tous ceux qui possèdent, service pour lequel le jury lui accorde avec empressement la médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Fichet , à Paris, rue de Richelieu, 77.
- Le jury de 1834 avait accordé à M. Fichet une médaille de bronze pour de la serrurerie bien exécutée. Les produits qu’il a fait figurer, cette année, dans les salles d’exposition ont attiré l’attention de beaucoup de personnes toujours avides de voir ce qui est extraordinaire.
- M. Fichet, en obtenant précédemment une médaille de bronze pour des produits d’une exécution recommandable, avait donné l’espoir qu’une nouvelle récompense pourrait lui être accordée, cette année, pour des travaux sérieux.
- Ce qui a signalé particulièrement son exposition n’étant pas de cette nature, le jury se contentera de rappeler en sa faveur la médaille de bronze qu’il lüi avait accordée en 1834.
- MÉDAILLES DE BRONZE NOUVELLES.
- M. Grangoir, à Paris, boulevard Poissonnière, 6.
- Les serrures de M. Grangoir, qui se recommandent dès l’abord par l’exécution générale la plus satisfaisante, et par une élude et un fini consciencieux de chaque pièce, ont
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- reçu, depuis la dernière exposition, des additions d’une haute importance. Il s’agissait de détruire les indications qu’un tact exercé pouvait percevoir sur la position relative des pièces dont dépend l’ouverture de la serrùre.
- M. Grangoir a imaginé, dès 1831, des supports à charnière qui se trouvent placés d’une manière intermédiaire entre les rondelles, dont une entaille livre l’ouverture de la serrure, et la pièce dite va-et-vient, qui se meut au moyen de cette entaille, et, en outre, cette piècequi était autrefois commandée par l’action de la main, lui est entièrement soustraite, et si elle agit sur les supports à charnière, ce n’est que sous l’influence de la pesanteur ou d’un ressort, deux forces indépendantes de la volonté de celui qui tenterait illicitement d’ouvrir la serrure. Telle est la combinaison qui, en 1835, valut à M. Grangoir la médaille d’argent de la Société d’encouragement.
- Le jury, qui voit avec le plus grand intérêt la marche progressive et si honorablement soutenue que suit l’atelier de M. Grangoir, lui accorde, pour ses nouveaux travaux, une nouvelle médaille de bronze.
- M. Lepaul, à Paris, rue de la Paix, i.
- On remarque dans ses produits non-seulement de la variété, mais encore de l’invention. Ses serrures Bramah à pênes tournants, qui s’accrochent dans la gâche, réalisent une bonne idée. D’autres serrures à pênes jumeaux ont le mérite d’une solidité très-grande et d’une exécution facile, comme tout ce qui se façonne sur le tour.
- M. Lepaul confectionne une grande quantité de serrures Bramah, et son outillage pour celte spécialité suffirait pour attester qu’il possède les qualités qui constituent le méca nicien habile.
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- Le jury, appréciant les efforts et les progrès qu’a faits M. Lepaul, le déclare digne d?unc nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. Tissier et Bengé, à Paris, rue des Vieux-Augustins, 62.
- La serrure de MM. Tissier et Bengé est de forme et de dispositions nouvelles, sans cesser de réunir les conditions qui constituent la serrure à combinaisons. Les indications y sont intérieures, et rien ne paraît en dehors de la porte qu’un fort bouton en olive. Ce bouton communique, par l’intérieur, au moyen d’une dent de rochet, avec un système de rondelles indicatrices de lptlres placées circulaire-ment. La grande question de la perception, par le fait de Tétât intérieur de la serrure, paraît avoir reçu ici une solution complète. Toutes les rondelles répondent à un centre commun, et on n’aperçoit pas le moyen de distinguer l’état particulier de chacune. La bonne exécution, qui est une condition essentielle du succès, ne fait pas faute ici, et la serrure de MM. Tissier et Bengé peut prendre une place très-honorable parmi ce qu’il y a eu de plus parfait en ce genre dans l’exposition.
- Le jury proclame ces habiles mécaniciens dignes de la médaille de bronze.
- M. Lebihan, à Paris, rue du Plâtre-Saint-Jacques, ix. Petites serrures de luxe en cuivre pour portefeuille.
- M. Lebihan a exposé une série de cadenas circulaires et
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- de systèmes variés dont l’exécution et le bon marché sont dignes des plus grands éloges.
- Le jury se plaît à récompenser ce mérite par une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Paublau, à Paris, rue Saint-Honoré, 366.
- A exposé une serrure à combinaisons, dans laquelle il a tenté avec bonheur de se préserver du danger du tact. Il est parvenu à atténuer tellement les indications fournies par la résistance du pêne ou du va-et-vient, qu’il est permis d’espérer que ce nouveau moyen sera une ressource de plus dont pourra s’enrichir l’art du serrurier.
- M. Paublau s’est rendu digne de la mention honorable que le jury ne considère que comme un encouragement, espérant que sa serrure, ayant reçu des dispositions définitives et un emploi étendu, le rendra digne d’une récompense plus élevée.
- M. Soisson, à Paris, rue cle Lille, 20.
- Une serrure du système Bramab, munie d’un cache-entrée, à soupapes qui ferment entièrement le passage destiné, à la clef; celte clef, elle-même organisée avec des pannetons mobiles, et se développant à l’intérieur de la serrure; tels sont les produits qu’a exposés M. Soisson.
- La bonne exécution qui les distingue, le mérite des recherches qu’ils renferment, et les bons effets qui en résultent, rendent leur auteur digne d’être mentionné honorablement.
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- M. Chapon , à Paris, quai de la Gare d’Ivry, 6.
- Des serrures du système de Chubb très-bien exécutées forment l’exposition de cette fabrique, qui se range au nombre des ateliers que le jury se plaît à mentionner honorablement.
- M. Motheau, à Paris, rue Royale-Saint-Honoré, 12.
- La serrure qu’a exposée ce fabricant se recommande par une exécution soignée. Ses serrures, système Bramah, sont du nombre de celles dont le panneton est mis en rapport avec des garnitures mobiles, qui présentent une difficulté de plus à l’ouverture qui pourrait être tentée illicitement. Une mention honorable est accordée à M. Motheau.
- CITATION FAVORABLE.
- M. Letestu, à Paris, rue des Vieilles-Audriettes, ï\.
- Les serrures deM. Letestu peuvent paraître, par leur forme, leurs agencements et leur fonction, étrangères à tout ce qui existe. Cependant quelques coïncidences entre certains arrêts et certaines échancrures du pêne fournissent des souvenirs du système Bramah; puis des conditions opposées au libre passage de la clef les rattachent aux serrures communes. Enfin le mouvement circulaire du pêne a déjà été employé par MM. Japy.
- La construction de cette serrure ne paraît pas avoir encore de marche assurée; on ne peut que citer favorablement cette nouvelle tentative.
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- SECTION V.
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- INSTRUMENTS ARATOIRES.
- M. le vicomte Héricart de Thury, rapporteur.
- § 1 . ÉTABLISSEMENTS OU ATELIERS DE CONSTRUCTION D’INSTRUMENTS ARATOIRES ET CHARRUES EXTIRPATEURS, HERSES, ETC.
- La charrue, le premier, le plus utile de tous les instruments, la condition essentielle et obligée de toute bonne culture, a pour but de retourner la terre à une profondeur déterminée par sa nature et celle de son sol, mais le plus souvent à une profondeur donnée par la pratique, et plu9 ou trop souvent encore donnée uniquemeutpar la routine.
- De cette profondeur du labour dérivent toutes les améliorations ou les prétendues améliorations faites dans chaque pays, souvent annoncées avec emphase et couronnées par de nombreux comices, trop prodigues de prix, de médailles et de récompenses, mais dont la pratique des plus simples laboureurs fait promptement une justice éclatante.
- Il y a bien des siècles que Pline, en décrivant l’araire, qu’il considérait comme la première et la plus parfaite de toutes les charrues, mettait en doute les perfectionnements proposés de son temps et les regardait comme de mauvaises innovations.
- Depuis Pline, et malgré son respect pour l’araire des Égyptiens, des Grecs, des Étrusques et des Romains, la charrue a été cependant plus ou moins modifiée ou amô-
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- liorée; mais, en fait d’améliorations, il n’en est peut-être pas de plus remarquables que celle qui fut faite en Amérique par le célèbre Jefferson, président des États-Unis, à notre vieille charrue européenne, que déjà, cependant, Duhamel du Monceau, Pictet, Sommerville, Arbuthnott, Thaër, Cook, Adams, Tweed, Arthur Young, Molard, etc., avaient successivement perfectionnée et améliorée en diverses parties.
- Dans le rapport sur l’exposition de 1834, M. le baron Dupin, pour faire sentir l’importance et la nécessité des perfectionnements à apporter à la construction de la charrue, disait que nous lui devons annuellement pour plus de deux milliards de francs de productions céréales ; aussi, et pénétré de ce principe de la nécessité du perfectionnement de la charrue, le jury central donna-t-il, 1° à Grangé une médaille d’or pour son heureuse invention du levier régulateur élastique, dont les avantages, suivant le rapport fait à l’Institut, sont de rendre moins pénible du .quart au sixième le tirage des animaux, de régulariser le travail du soc, de neutraliser les mouvements brusques, enfin de rendre la conduite de la charrue si facile, que, sans apprentissage , on peut la conduire avec une force musculaire médiocre et ouvrir un sillon parfaitementdroit; 2° A M. Mathieu de Dombasle une médaille d’or pour la belle collection d’instruments aratoires perfectionnés des ateliers de Rpyille, ateliers qui ont depuis servi de modèles aux grands établissements qui se sout successivement for^ més dans divers départements pour la construction des instruments aratoires. Aucun, en effet, ne réunissait plus de titres à la médaille d’or que M. Mathieu de Dombasle, l’auteur du Mémoire sur la charrue, considérée principalement sous le rapport de la présence et de Vabsence de Vavant-train 3 mémoire qui remporta lp grand prix du concours
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- ouvert par la Société royale et centrale d’agriculture pour le perfectionnement de la charrue, et dans lequel, après avoir analysé tous les effets produits par la charrue, il les ' a rgttaçhés à diverses propositions de dynamique, afin d’établir quelques principes sur la construction de cet instrument antique, dit-il, si simple en apparence, qu’on rencontre à chaque pas, à l’entrée de nos villes, comme dans nos campagnes les plus reculées, qui serait probable^ ment mieux connu s’il était une invention de nos jours, qu’on aurait alors jugé digne d’entrer dans le domaine de la science, et dont enfin quelque habile mécanicien se serait promptement emparé pour déterminer l’action de chacune de ses parties, et la forme la plus convenable, a leur .donner.
- Si l’exposition de 1839 n’a pas présenté, dans la construction des charrues, d’améliorations du premier ordre, cependant le jury a eq la satisfaction d’en constater plu7 sieurs dont quelques-unes sont réelles et même d’une cer^ laine importance, en même-temps qu’il a constaté les témoignages d’intérêt général avec lequel chacun a vu et reconnu la charrue de son pays dans cette nombreuse réunion d’instruments aratoires envoyés à ce grand et solennel concours de tant de départements, qui semblaient s’entendre et rivaliser entre eux pour élever, avec leurs charrues, à notre industrie agricole, un trophée digne de sa haute importance.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. de Raffin, fonderie de Lapique, près Nevers,
- Propriétaire de la fonderie de Lapique, prèsNevers, a élevé, dans ce pays, un établissement de construction de machines aratoires qui prend de jour en jour le plus grand accroissement.
- M. de Raffin s’occupe avec succès de cette spécialité, et le prix modéré de ses appareils a rendu plus facile et plus général l’usage des bonnes charrues, entre autres celles de Rosé, qui deviennent très-communes dans le département de la Nièvre.
- M. de Raffin a exposé plusieurs charrues en fer et en bois, un défonceur et divers instruments et outils très-ré-marquables par la bonne exécution du travail. Le jury de la Nièvre, considérant l’établissement de Lapique comme d’une haute importance pour la prospérité de l’industrie agricole du département, l’a particulièrement recommandé au jury central.
- Distingué à l’exposition de 1834, M. de Raffin y reçut une médaille d’argent concurremment avecM. Rosé, qui était alors son associé.
- Le jury, considérant l’ensemble des travaux de M. de Raffin , la perfection de ses instruments aratoires et tous les services qu’il a rendus à la culture du département de la Nièvre, lui accorde une médaille d’argent.
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- M. André-Je an , demeurant à Périgny , ariTondissement de la Rochelle (Charente-Inférieure),
- A exposé une charrue dont l’axe est fixé sur l’avant-train de manière à rester fixe : cet axe est carré au lieu d’être rond. Il résulte de cette fixité que le soc ne sort pas de la raie tracée et que le conducteur n’a à s’occuper que de ses chevaux. C’est une innovation fort remarquable et très-importante, puisque tous les ouvriers peuvent faire manœuvrer cette charrue, le prix n’en est pas trop élevé.
- A sa charrue M. André-Jean a adopté un semoir qui parait réunir de bonnes conditions.
- D’après les expériences faites dans le domaine royal de Ncuilly de la charrue de M. André-Jean et de son semoir, et les succès obtenus dans des terrains de nature différente et difficile ; le jury le juge digne d’une médaille d’argent. Il avait obtenu la médaille de bronze à l’exposition de 1834.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Gambray, rue Saint-Maur, 47?
- Dirige ne manufacture d’instruments aratoires qui s’accroît chaque année, et il emploie de soixante à quatre-vingts ouvriers dans ses ateliers.
- Il a exposé une série de machines relatives à l’agriculture, et déjà, en 1834, il avait obtenu une médaille d’argent.
- Le jury le juge digne du rappel de cette médaille.
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- M. Rosé, rue Feydeau, 19,
- Ancien associé de M. de Raffin, a exposé une charrue, une machine à battre le grain, et un appareil pour le gaz portatif. Il s’occupe particulièrement, dans ses ateliers, de la construction des instruments aratoires, et là charrue qui porte son nbm a obtenu beaucoup de succès auprès des cultivateurs. À la dernière exposition, il obtint une médaille d’argent qui lui fut décernée concurremment avec M. de Raffin dont il était l’associé; le jury lui rappelle cette médaille.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. LIanta, de Perpignan (Pyrënëes-Orien-
- ? ....
- A soumis à l’examen du jury une charrue qui n’est qu’une modification de celle de M. de Dombasle. Par cette modification, l’axe en bois est divisé en deux par le moyen d’une crémaillère fixée par deux écrous il pivote sur la partie antérieure, et ce mouvement du bas en haut est réglé par une vis en fer placée à la partie postérieure du corps de la charrue. Au moyen d’une manivelle qui couronné la vis, le laboureur peut abaisser ou relevér lé timon sans arrêter la marche de la charrue ; enfin fe versoir est, dans la partie inférieure, parallèle au sep, afin dé diminuer la résistance et de faciliter le renversement de la tranche de
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- terre.
- Cette charrue, qui est d’un usage facile, se répand de
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- plus en plus dans le département des Pyrénées-Orientales, et M. Llanla peut la céder au prix de 80 fr.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. Dumerin , à Aigurancle (Indre),
- À exposé une charrue à double régulateur qui présente P avantage très-grand dé pouvoir abandonner la charrue à elle-même et de ne s’occuper que des chevaux. Ce régulateur consiste en deux roues de diamètres différents et roulant sur des axes indépendants l’un de l’autre. Chacune de ces roues peut se mouv oir verticalement et horizontalement, et quand on a déterminé, au moyen d’une vis de pression, leur hauteur et leur distance pour avoir un sillon plus ou moins large, la charrue fonctionne sans qu’il soit besoin de s’en occuper.
- C’est une amélioration remarquable que M. Dumérin a introduite dans la construction des charrues ; ses prix de vente sont d’aillcürs modérés, et le jury le juge digne d’une médaille de bronze.
- MM. Jaultn - Dusentre , à Corme-Royal (Cliarente-I nférieure),
- Ont soumis à l’examen du jury plusieurs instruments d’agriculture, entre autres une charrue à avant-train avec versoir en fer battu, étançon en fer forgé, et un nouveau système de jaugeage appliqué à cet étançon. On peut se servir de celte charrue soit en faisant, usage des mancherons, en la rendant libre sur son avant-train, soit en la fixant, et alors il est inutile de se servir des mancherons. Le prix de cette machine est de 150 fr. MM. Jaulin-Dm-sentre ont, en outre, présenté un semoir qui s’adapte très-bien à leur charrue.
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- Le jury, espérant qne MM. Jaulin-Duseulre parviendront à perfectionner leur charrue et leur semoir et à en diminuer le prix, leur accorde une médaille de bronze.
- M. Ducros, à Garcliizy (Nièvre),
- A exposé une charrue à la Dombasle perfectionnée, c’est-à-dire qu’il a substitué une vis à la tringle d’attelage. Cette vis doit servir à régler la profondeur du sillon.
- Cette charrue est adoptée par un grand nombre de cultivateurs du département. Son auteur, simple ouvrier forgeron, est parvenu à monter un atelier dans lequel il emploie douze ouvriers.
- Quoique la vis ne semble pas une amélioration réelle à cause de la rouille qui peut aisément en entraver l’action , cependant, comme le jury de la Nièvre recommande vivement M. Ducros et qu’il convient d’encourager l’industrie parmi les simples ouvriers qui s’élèvent au-dessus de leurs compagnons, le jury central accorde une médaille de bronze à M. Ducros.
- M. Allier, directeur de la ferme-modèle de Gap (Hautes-Alpes),
- A exposé une charrue à versoir mobile qui paraît devoir être fort utile dans son département, où les pentes sont fréquentes et où le sol présente de grandes aspérités. Ce n’est pas une invention, mais un perfectionnement, une appropriation du système de Small à un pays où l’agriculture a de grands progrès à faire, pour se mettre au niveau des contrées voisines.
- Le jury accorde à M. Allier une médaille de bronze, comme récompense des louables efforts qu’il a faits
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- pour améliorer la culture dans le département des Hautes-• Alpes.
- M." Guislain-Dupont, d’Estaves et Boc-quiaux (x\isne),
- À exposé une charrue de son invention , forme de Brabant, et pour laquelle il a obtenu un brevet. Cette charrue va et vient dans le même sillon ; elle a obtenu un grand succès dans le pays -, son usage s’est même assez rapidement répandu pour que son auteur ait été obligé d’établir des ateliers de construction dans lesquels il emploie un assez grand nombre d’ouvriers.
- Le jury, appréciant les litres de M. Guislain-Dupont et voulant encourager ses travaux, lui accorde une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
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- M,. Pii\et, à Neauplile-le-Château (Seine-et-Oise),
- . Soumet à l’examen du jury une charrue à un cheval j elle est utilement employée dans les terres légères, et son prix ne dépasse pas 50 fr.; en conséquence, le jury lui accorde la mention honorable.
- M. Quenard, à Courtenay (Loiret),
- ‘Soumet au jury une charrue qu’il a,perfectionnée. Il supprime le sep, la perche sur Tavant-train et rapproche l’attelage. Il introduit en même temps un régulateur ,mo-
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- bile du tirage résultant de la brisure faite datis la flèche au moyen du boulon. Celte charrue, qui ne coule que de 90 à 110 fr., a été essayée, et les résultats semblent être favorables.
- ' Le jury accorde, en conséquence> à M. Quénard une mention honorable.
- M* Dachéux, à Bôi&catilt (Sommé),
- A exposé un instrument aratoire servant à butter les pommes de terre en extirpant les herbes qui peuvent se trouver entre les lignes. Cette machine peut devenir fort utile dans les pays où la cultüre de la pomme de terre est répandue, et son prix modéré, qui est de ÎO à 15 fr., lui donne un mérite de plus.
- Le jury juge M. Dacheux digne d’une mention honorable.
- M. Paris, à Tavaux (Aisne),
- A présenté ütiè ehàtrüe à quatre fers > dite Brabant. Simple ouvrier mécanicien , M. Paris s’est beaucoup occupé des instruments aratoires, étil en a fait adopter dans son département un grand nombre qu’il a perfectionné. L’ouvrage exposé par M. Paris est bien, et le jury a pensé qü’il était utile et juste de lui accorder une mention hono~
- M. Lépinois, à Neuville (Ardennes),
- A exposé une charrue munie d’un engrenage au moyen duquel on peut entamer la terre plus ©u moins profondément; on peut aussi y adapter un système à versoir fixe oü un système à versoir mobile. Le prix de cet instrument est de 120 fr» ; ; ,
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- Le jury décerne à M. Lépinois une mention houorable.
- M. Buisson, à Illiers (Eure-et-Loir),
- A exposé une charrue faite à l’imitation de celle de M. de Dombasle ; elle est très en usage dans le département à cause de sa légèreté, qui permet de n’atteler qu’un seul cheval, lorsque la charrue du pays en exige deux, de sa bonne confection et de la modicité du prix, qui ne dépasse pas 50 fr. Ces avantages réunis décident le jury à accorder à M. Buisson une mention honorable.
- M. Oubriot, mécanicien à Revigny (Meuse),
- A exposé une charrue dont toutes les parties sont soignées.
- Le jury, reconnaissant que ce travail mérite d’étre distingué, accorde à M. Oubriot une mention honorable.
- M. Colas, à Charroux (Allier),
- A exposé une charrue à la Bourbonnaise et portant son nom, et Une autre charrue à butter avec son extirpateur. Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. Meuret, à Hary (Aisne),
- A présenté à l’exposition une charrue dont il se sert depuis fort longtemps pour exploiter les terres fort difficiles de la Thièrache. Au moyen d’une roue très-petite placée sous'les mancherons, et qu’il peut lever ou baisser à volonté avec une vis, selon la nature du terrain, il supprime une grande partie du tirage. C’est un véritable perfectionnement à la charrue picarde j aussi le jury acfcorde à M. Meuret une mention honorable.
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- M. Nillus, au Havre (Seine-Inférieure),
- A exposé plusieurs outils pour l’agriculture et la marine. Ces instruments ont paru d’une bonne confection, et le jury propose une mention honorable pour M. Nillüs, qui déjà a obtenu une médaille pour son moulin à sucre.
- M. Morin-Jolly, à Bourges (Indre),
- A exposé une charrue qui porte son nom et qui est une combinaison intelligente de la charrue de M. de Dombasle et de celle de John Wilkie. M. Morin-Jôlly, simple ouvrier charron d’abord, est parvenu, par son intelligence, h être mis à la tête d’une manufacture d’instruments aratoires, et,la charrue qu’il a perfectionnée se répand depuis 1836 de manière à devenir d’un usage presque général dans le pays. Elle est, du reste, simple et solide, son prix peu élevé.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Morin i
- M. Bataille, à Paris, rue Saint-Ma#^ Popincourt, 17 bis. Instruments d’agriculture.
- M. Bataille est auteur d’une herse à train et à roues qui a obtenu le plus grand succès dans les départements de Seine-et-Oise, de Seine-et-Marne et de l’Aisne, d’autant que sur le même train l’on peut à volonté adapter, 1® un extirpateur pour les terres déjà en guéret j 2° un train pour la culture des prairies naturelles ; 3° des râteaux mobiles pour les prairies et les champs ; et 4° un rayonneur pour la culture des plantes en lignes.
- Le jury décerne à M. Bataille une mention honorable.
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- M. Lestournière , à Pitliiviers (Loiret),
- A exposé une herse-ràteau avec deux roues et des dents mobiles. J1 paraît, d’après les certificats des cultivateurs qui ont acquis cet instrument et s’en sont servis, qu’il fonctionne facilement dans tous les terrains et nettoie ou façonne, avec un seul cheval et un homme, de 18 à 20 hectares de terre par jour. M. Lestournière a fait une invention utile, et] le jury lui accorde une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Thevenin, à Dijon (Côte-d’Or),
- Soumet une charrue qui n’est qu’une combinaison de la charrue Grangé et de celle du pays. Elle semble présenter des avantages importants, mais le prix en est fixé à 400 fr. Le jury eût accordé une médaille à M. Thévcnin, si elle eût été d’un prix modéré -, au taux où il l’a fixée, il ne peut lui donner qu’une simple citation.
- M. Durand , à Rouceux (Vosges),
- A exposé une charrue perfectionnée qui réproduit le système de la charrue Grangé ; mais elle est plus simple et n’exige pour toutes les terres qu’une force de deux chevaux.
- Le jury accorde à M. Durand une citation favorable.
- M. Leroy, à Paris, rue du Faubourg-rSaint-. Denis,
- A exposé un nouveau système d’araire dans lequel le
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- mancheron reposesur une roue. La fabrication de cet i nstru-menta lieu chez M. Lerbiez, ruedeCrussol, 25, et un petit nombre d’ouvriers est employé. Il manque à celle machine la sanction de l’expérience -, mais, pour encourager son inventeur, le jury a cru convenable de lui accorder une citation favorable.
- M. Meugniot, cultivateur à Maison-Neuve (Côte-d’Or),
- A soumis à l’examen du jury une charrue-bascule de son invention et un versoir en fer estampé. Cette charrue, dont il fait usage, peut fonctionner sans avant-train et au moyen d’une vis on lui donne plus ou moins de terre. Cet instrument, qui annonce une intelligente étude de l’agriculture, paraît au jury mériter une citation favorable.
- M. Rabourdin , cultivateur à Yillacoublay, commune de Yelizy (Seine-et-Oise),
- A imaginé et expérimenté depuis trois ans une charrue à bascule dont il paraît retirer des avantages sous le rapport de la conduite facile de cet instrument et de la pénétration dans la terre. Cette charrue vaut 130 fr.
- Le jury, pour encourager M. Rabourdin, dont les efforts méritent cette marque d’attention, lui accorde une citation favorable.
- MM. Guéret et Hervis, à Roissy (Seine-et-Oise),
- , Ont présenté deux hersesjtricycles et une pièce de rechange pour l’une de ccs herses. Les cultivateurs de ce département et des départements voisins apprécient l’utilité
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- et l’importance de çcs, instruments, qui çommencentà se répandre. . ; ,•> ,
- En conséquence, le jury décerne à MMv Gruéret et Hervjsqne citation favorable, , Ui ,
- M. Reverchon ÿ à Saint - Genis - Là val (Rhône),
- A exposé une charrue qui permet le labourage des sillons de retour. Pour cela faire, elle se compose de deux charrues en fer superposées que l’on renverse après chaque sillon. Ce système doit être lourd et difficile à manœuvrer j cependant le jury pense que cet instrument, qui peut être perfectionné, mérite une citation favorable.
- M. Buisson , à Angerville (Eure),
- A exposé dix instruments aratoires dont la confection a engagé le jury à lui accorder une citation favorable.
- M, Leroy ^ à Saint - Auhi.n - sur - Gaillon (Eure),
- - » * ' f‘ 4 * .
- A présenté une charrue à un cheval. La légèreté dé cet
- instrument engagé le jury à accorder à* M. Leroy une citation favorable.
- M. Desmont , à Millon-Fosse (Pford),
- A exposé une charrue perfectionnée en fer , légère, et du prix de 50 fr. Ces qualités semblent au jury mériter à M. Desmont une citation favorable.
- M. Molher, à Paris, rue Jarente, 9. Collection de modèles d’instruments d’agricul-
- / ' , ' • ;•
- tùre. ; '
- Ces modèles, qui sont d’une parfaite exécution, sont
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- destinés à faire partie de la collection du conservatoire des arts et métiers.
- Ces modèles sont exécutés au cinquième.
- La collection se compose de diverses sortes de charrues, herses, rouleaux, rayonneurs, extirpateurs, norias, etc: Le jury accorde à M. Molherune citation favorable.
- ' § 2. DES SEMOIRS.
- . i : ’ : I i ' ' ’ • • . •
- A la dernière exposition, en parlant des semoirs et des semailles faites à la main, mode qu’aucun semoir mécanique n’a encore pu remplacer d’une manière complète et satisfaisante, quoiqu’il ait le grave inconvénient delà perte du quart ou quelquefois même du tiers de la semence, et que souvent même encore il compromet le succès des récoltes, le jury, tout en décernant des médailles, exprima le vœu que les exposants qui avaient présenté des semoirs mécaniques continuassent leurs essais et que leurs résultats fussent constants, certains et bien constatés par l’expérience.
- Divers semoirs ont été présentés à cette exposition, et dans le nombre, il en est deux qui ont particulièrement .fixé l’attention du jury.
- ; - ’ V
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Hugues, à Bordeaux (Gironde).
- M. Hugues, à Bordeaux, a exposé deux semoirs et deux
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- sarcloirs. A la dernière exposition, M. Hugues obtint une médaille d’argent pour les semoirs de son invention, qu’il avait introduits, depuis deux ans, dans plusieurs, départements.
- En 1838, M. Hugues, confiant dans l’utilité des avantages de ses semoirs, a publié un recueil périodique pour la propagation de la culture en lignes, et, par suite des demandes qui lui ont été faites, il a établi des ateliers de construction de semoirs dans lesquels il entretient plus de cent ouvriers.
- Le jury, après avoir examiné les nouveaux semoirs de M. Hugues, reconnaissant que, depuis 1834, il y a fait divers perfectionnements avantageux qui permettent d’espérer qu’ils pourront bientôt remplir toutes les conditions que doivent présenter de bons semoirs mécaniques;
- Le jury, en raison de la persévérance de M. Hugues et des améliorations qu’il est déjà parvenu à introduire dans ses semoirs, lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- POUR MÉMOIRE.
- M. Âwdré-Jean, à Périgny (Charente-Inférieure),
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- A exposé une charrue légère à un soc avec semoir et une autre charrue à deux socs avec semoir et herse. Le prix delà première est de 140 fr., celui de la seconde de 220 fr. Ces ouvrages sont faits avec soin et intelligence. Le jury, en parlant de la charrue de M. André-Jean, lui a décerné une médaille d’argent, pour l’ensemble des instruments d’agriculture qu’il a soumis à son examen.
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- MM. Jaulin-Dusentre , à Corme-Royal
- (Charente-Inférieure),
- Ont exposé divers instruments d’agriculture parmi les-quels se trouve un semoir-brouette dont le prix ne s’élève pas au-dessus de 36 fr. .. .
- Le jury, après avoir examiné leurs instruments, leur accorda,une médaille de bronze pour l’ensemble de leurs machines.
- CITATION FAVORABLE.
- M. Hareng, à Bléré (Indre-et-Loire),
- . A présenté une charrue-semoir qui a paru au jury mériter à son auteur une citation favorable.
- § 3. DES FAUX ET FAUCILLES.
- Longtemps la France fut tributaire de l’Allemagne pour ses faux. Suivant les relevés et documents de statistique agricole, sa consommation annuelle a varié de douze à quinze cent mille faux, dont la Styrie eut, pendant plusieurs siècles, le monopole exclusif.
- La fabrication de ce précieux instrument, l’une des premières nécessités de notre industrie agricole, commença à s’introduire eu France après la conquête des provinces illyriennes, mais ce ne fut qu’au retour de nos armées qu’elle y fut réellement établie.
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- Xafabrication des faux se fait ou suivant le mode allemand ou suivant le mode anglais.
- D’après le mode allemand* la faux, comme celle de Sly-rie, est composée d’une seule pièce, soit d’acier naturel, fer et acier corroyé, soit d’acier fondu, la lame, le dos et le talon étant forgés ensemble, et ne formant qu’un seul corps... ? v
- D’après le mode anglais, les faux sont de pièces rapportées, la lame en acier fondu laminé, et le dos, ainsi que le talon, en fer forgé ou laminé, et rapporté avec des rivets. .
- D’après l’état de la fabrication française, nous croyons pouvoir déclarer que cette industrie est aujourd’hui parvenue au même degré de perfection que celle d’Allemagne et d’Angleterre, et que les faux exposées nous donnent la certitude que bientôt la France n’en tirera plus de l’étranger.
- . Sept exposants ont présenté des faux* toutes sont re-? marquables par leur bonne qualité, leur forme, leurs dimensions, leurs prix généralement très-modérés* enfin toutes sont faites de manière à répondre, à satisfaire aux besoins des consommateurs, aux convenances, usages et exigences des localités.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MM. T al ab ot (Léon) et cie, à Toulouse (Haute-Garonne). Faux.
- M. Léo.n Talabot, qui avait obtenu, en 1834, une médaille d’or pour les produits de sa fabrique de faux, limes et aciers du Basach de Toulouse* la première, la plus con-
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- sidérable, et une des plus anciennes fabriques de toutes celles de France, a, depuis la dernière exposition, établi, à Saint-Juéry, au Sault-du-Tarn, une nouvelle usine qu’il a spécialement affectée à la fabrication des faux.
- Dans cette intention, M. Talabot a d’abord fait une étude particulière des meilleures faux de Styrie, et, après des recherches suivies et approfondies, il a reconnu que la- forme des faux, celle de leurs diverses parties, leur courbure intérieure et extérieure, leur nervure, les dimen- , sionsdu dos, l’épaisseur de la lame, celle du talon, sa courbure et son angle avec celle de la lame, etc., etc., étaient
- autant de conditions assujetties à des règles particulières,
- ♦
- que M. Talabot est parvenu à constater avec précision et exactitude. Fort de cette observation, dont il sut apprécier promptement les conséquences, M. Talabot, sans tenir aucun compte de sa première fabrique de Toulouse, faisant abstraction des procédés qui y sont suivis, sans rien prendre, sans rien emprunter nulle part, se faisant le premier ouvrier de son usine, afin de former lui-même ses ouvriers suivant la spécialité ou la branche de travail de chacun, établissant ensuite son système de fabrication sur une division de travail plus que triple de celle qui est adoptée partout ailleurs, et s’appuyant sur des moyens mécaniques plus étendus que dans toute autre fabrique, M. Talabot a créé de toutes pièces sa nouvelle usine du Sault-du-Tarn, qui, depuis plusieurs années en pleine activité, marche aujourd’hui sur le pied de 150,000 faux par an, et en produira, avaqt peu, plus de 200,000.
- A la dernière exposition, les faux de la première fabrique de M. Talabot avaient été distinguées pour leur bonne confection et leur bonne qualité. M. le baron Dupin dit même à leur égard, dans son rapport, que les difficultés à
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- vaincre, et l’excellence de la fabrication en une seule pièce, les mettent bien au-dessus des faux de même espèce à dos rapporté. Pour nous, nous dirons que les faux présentées, cette année, par M. Talabot sont bien supérieures à celles de la dernière exposition, qu’il est impossible de les distinguer de celles de Styrie, et que, d’après les lois de précision auxquelles la fabrication est astreinte, ces faux peuvent soutenir avantageusement la concurrence avec les meilleures faux de ce pays, et que, sous plusieurs points, elles leur sont même supérieures.
- Marquées au nom de Léon Talabot, ces faux forment une série de vingt-quatre numéros, dont le prix varie suivant le travail, la forme, les dimensions, le poids et la qualité de l’acier fondu ou de l’acier corroyé, de 2 f. 05 c. à 4 fr. 50 cent.
- La commission des instruments aratoires se joint à celle des métaux pour rappeler la médaille d’or que M. Talabot a obtenue à la dernière exposition.
- MM. Coulaux aîné et cie, à Molsheim (Bas-Rhin). Faux.
- La fabrique de faux, outils, instruments et grosse quincaillerie d’acier fondu de M. Coulaux est depuis longtemps connue par la supériorité de ses produits. Ils lui ont mérité, en 1819, la médaille d’or qui lui fut rappelée
- en 1823, 1827 et 1834. .
- 1
- Les faux de M. Coulaux et compagnie sont composées de deux pièces distinctes et séparées, à l’instar des faux anglaises. La lame est d’acier fondu laminé, le dos et son talon sont en fer. La laine, étant entièrement d’acier fondu, présente une homogénéité de matière qu’on ne trouve point dans les faux de Styric.
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- Quoique plus chères que celles-ci* les faux de M. Cou-laux obtiennent un très-grand succès, à raison de leur bonne qualité et de l’égalité de la trempe. Elles se vendent suivant leurs dimensions, et qu’elles soient ou nonbrasées, de 5 fr. 10 C. à 6 fr. 95 c.
- Le jury s’empresse de rappeler la médaille d’or âM. Cou-laux.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Goldenberg et cie, à Zornhoff (Bas-Rhin). Faux.
- La fabrique de MM. Goldenberg et compagnie, de Zornhoff, anciennement de Guaita et compagnie, après avoir été mentionnée honorablement en 1823 et 1827, obtint une médaille d’argent, en 1834-, pour la bonne qualité de sa grosse quincaillerie, dans laquelle le jury distingua les faux en acier fondu laminé, à dos rapporté, à l’instar des faux anglaises.
- Ces faux, d’après leur confection, sont nécessairement d’un prix un peu plus élevé que les faux d’uné seule pièce, façon de Styrie -, mais la différence de prix est compensée par la qualité identique de l’acier dans toute l’étendue de la lame, et conséquemment par le bon usage qu’elle fait.
- La fabrication des faux Goldenberg comporte trente-neuf numéros suivant les dimensions et le degré de cambrure.
- Le jury juge que MM. Goldenberg et compagnie son* toujours dignes de la médaille d’argent. ’
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- RAPPELS DE MÉDAILLES DÉ BRONZE.
- M. IYicod (Ffançois-Constant), à la Grand-combe - de - Morteau , maison Ditbois (Doubs). Faux» ,
- La fabrique de faux de la Grandcombe (Doubs) soutien t la réputation qu’elle s’est faite dès son origine. Ses produits sont aujourd’hui recherchés en Suisse, en Savoie et dans les départements voisins. La fabrication s’élève â plus de 20,000 faux annuellement, dont le prix varie de 2 fr. 25 c. à 3 fr. .
- Le jury lui accorde le rappel de la médaille de bronze.
- M. Bobilier (Célestin), à la Grandcombe (Doubs). Faux.
- Les faux de M. Bobilier (Cèlestin), de bonne fabrication, distinguées par le jury central de 1827, lui méritèrent la médaille de bronze. ,
- Elles se vendent en France, Suisse et Savoie, suivant leurs dimensions, de 2 fr. 25 c. à 3 fr. 30 c.
- M. Bobilier a continué sa fabrication avec un succès soutenu.
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze.
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- MENTION HONORABLE.
- M. Marvéjoule (Frédéric), àTouille (Haute-Garonne). Faux.
- Fabrique de faux et acier à deux corroyages, provenant des fers de l’Ariége.
- Faux bien fabriquées, de bonne qualité, et qui obtiennent un très-grand succès.
- Le jury juge digne de la mention honorable M. Marvéjoule.
- CITATION FAVORABLE.
- M. Bobilier (Jean-Claude), à la Grand-
- combe (Doubs). Faux.
- Les faux de M. Bobilier (Jean-Claude), bien fabriquées et de bonne qualité, méritent une citation favorable.
- § 4. MACHINES A BATTRE.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- \
- MM. Mothes frères, à Bordeaux (Gironde),
- Ont exposé une machine à battre, un hache-paille et un coupe-racines. Déjà, en 1834, lejury central leur a accordé une médaille d’argent après avoir reconnu que leur in-
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- vention répondait aux conditions exigées des batteurs mécaniques. Depuis cette époque, des demandes assez nombreuses leur ont été adressées, et il paraît résulter des expé-
- riences faites par les cultivateurs et les agronomes qui s’en servent qu’il y a économie de temps, et que le grain ne se perd pas comme dans la méthode ordinaire. Le hache-paille de MM. Mothes paraît réunir toutes les conditions dé-
- sirées.
- Le jury rappelle la médaille d’argent déjà obtenue à là dernière exposition.
- ]W., Rosé, rue, Feydeau* 19, n : . (
- En même temps qu’il produisait la charrue qui porte son nom , a exposé une machine à battre Je-blé. Déjà, depuis longtemps, cet habile mécanicien s’est occupé des instruments d’agriculture,, et il a obtenu une médaille d’argent en 1834'.
- Le jury accorde le rappel de cette médaille pour l’ensemble de ses appareils. ; V , hL J
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Fontenelle, à Avon (Seine-et-Marne),
- ^ •:.* :.::n . É\
- .,, A exposé une machine propre à battre le blé avec deux
- tiroirs.et cribles, métalliques. Le principal mérite d§. cet instrument est de séparer le blé noir du froment, ;et,. par conséquent, de donner à ce grain une valeur plus grande ; c’est un résultat que constatent’quelques agriculteurs qui
- 13
- T. II.
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- ont mis en oeuvre lecriblcur deM. Eontenellcf le prix en est modéré, puisqu’il 11c s’élève qu’à 10,0 fr., et .le jury, après l’avoir, vu fonctionnert, accorde -à son auteur une médaille de bronze. , ,, , ;
- V. 1 .
- ) «
- .'vü1
- MENTIONS HONORABLES
- M» LioNARH, à Cotircelîés^Chaüssÿ (Moselle),
- • ' <>? •’ .* : /'• 'ïrt
- A exposé une machine à battre le trèfle et les gerbes avec manège en bois et bâtisse pour ce manège. Ce mécanicien intelligent, etdésintéresséen même temps, a vu, sans envie,
- «J / ’
- sa machine montée dans beaucoup de fermes par des confrères qui profitaient de sort travail, pour lequel il n’a demandé àucurt brevet , et le jury, appréciant Futilité dë!i‘sort instrument, lui accorde une mention hondr rable. ^' ) '
- M. Loriot, à Meaux (Seiue^ét-Marne), ;
- A exposé une machine à battre les céréales, qui a paru au jury mériter à son auteur une mention honorable.
- ? 3 i‘. *• j. '* ? ’;\
- M, Pons, rue Cassette, 20,
- k. '•.r-':-;.,
- À exposé une machine à battre le blé, d’une dimension dè ë pieds Sur 5. Cèttë mâchine, bien conditionnée," a en-gâgèlejury à décerner à son âutëur'Mihè rùcntion
- honorable. r
- ;'irnif.’k, : ^ v.r*'!1 n:;
- r :;.u i.M v j r >ï:.i , f.$
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- CITATION FAVORABLE.
- 4- • •* A* —* * '•
- M. Bienbar, rue de Bondy, 24?
- A éîpÔsé un appareil destiné a triturer et froisser lès graines oléagineuses, pour lequel il à demandé lin brevet d’inveiition. Cette machiné, construite par MM. Sanford ét ifàrèilë, a parti âü jury digne d’üne citation favorable.
- § '5. DÈS TARÂIIES, MOULINS - GRJBLEUItS, GRENIERS MOBILES ET APPAREILS DE CONSERVATION DES
- GRAINS. ,
- Le tarare, l’un des plus précieux instruments de-notre économie rurale, était, depuis longtemps, employé avec succès pour purger les grains des pelures, des pailles, de la terre, des cailloux et autres corps étrangers qui gâtent la farine et même les meules -, mais nous n’avions encore
- aucun moyen, aucun appareil mécanique sdr et bien efficace pour chasser des grains ces myriades d’insectes, et particuliérement celles descharâiicoiis, qui sepropdgdnt» SC multiplient si rapidement dans nos greniers, et détruisent, en peu de temps, les plus belles réserves. Les divers tfioyëns proposés étaient tütis insuffisants, ou pouvaient âfoir des conséquences fâcheuses sur îâ qüdlité des gràifiS,' ël Souvent les altérer.* Dans lés plus grands établissements,- Ott est réduit ait pelletage') travail Mdttüei, moyen tëfrîüS simple,* le Meilleur) leplüs< actif, mais aussi,- ët bien souvent,-îe pins inégal comme le pins dispendieux.
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- Trouver, construire des greniers ou appareils qui réunissent à la fois les diverses conditions était une extrême difficulté} c’était un problème d’une haute importance, qui intéressai t essentiellement les cultivateurs, les farîniers, les meuniers, les propriétaires et l’administration pour la la conservation de ses réserves. Plusieurs savants méçani-
- , 4 i
- ciens s’étaient occupés de la solution de ce problème, mais leurs recherches avaient été vaines, leurs greniers, leurs appareils avaient été regardés comme insuffisants ; ils ne remplissaient qu’une partie des conditions exigées. Cette année, enfin, un habile mécanicien a présenté, à l’exposition, un appareil qui réunit non-seulement la sanction dés Académies et des Sociétés savantes, sous le rapport du mécanisme et de la théorie, mais celle, bien plus puissante et plus convaincante encore, de la pratique, sous le rapport de l’efficacité et de la complète exécution de toutes les conditions exigées.
- MÉDAILLE D’OR D'ENSEMBLE.
- M. Vallery, à Paris, quai Jemmapes, 166.
- M. Yallerÿ a exposé un grenier mobile destiné à conserver indéfiniment les grains. Cet appareil, soumis à l’examen de l’Académie.des sciences et des Sociétés royales et centrales d’agriculture et d’encouragement, ,a,obtenu les rapports les plus favorables et.les prix,ou médailles de ces;Sociétés. Ainsi M. Yallery se présente avec les recommandations de la science et du commerce. Les avantages
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- de son grenier mobile pour l’emmagasinage et la conservation des grains ont, en effet, été si bien appréciés pai* les cultivateurs, les commerçants en grains et les meuniers, que déjà un grand nombre de ces appareils sont vendus* que de grands établissements d’emmagasinage public sont déjà formés pour le commerce de Paris, et que d’aütres se créent dans les ports de mer où s’effectuent les plus grandes opérations en céréales. a
- L’entrepôt d’octroi de la ville de Paris possède, depuis le mois d’octobre 1838, un grenier mobile delà plus grande dimension (1250 à 1300 hectolitres), et vient d’en commander dix de la même contenance.
- La Société formée pour l’organisation des magasins publics,: destinés au commerce des grains de Paris* vient d’acheter un vaste terrain, situé à la Vilîetle, sur lés bords du cànal, pour y utiliser un grand nombre de ces greniers.
- Depuis près de deux ans, un de ces gren^^ mobiles est monté dans les moulins des hospices de la ville de Paris, à Corbeil, et il vient d’en être demandé un autre de la plus grande dimension. •
- r
- Plusieurs de ces appareils sont placés dans les départements de l’Eure, de la Seine-Inférieure, de Seine-et-Oise, de la Seine, etc., etc. '
- Beaucoup, de cultivateurs et propriétaires de l’est et du centre de la France en ayant également demandé, les uns ont été adressés à M. Sellière, qui s’est chargé d’organiser des ateliers de construction pour fournir dès appareils aux départements de l’Est ; les autres à M. de Raffin de Nevers, chargé d?en construire pour tout le littoral de la Loire.
- Afin que l’usagé dé ces greniers se répande le plus promptement possible dàns toute la France, M. Yallery a
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- pris, des mesures pour que les propriétaires et les cultivateurs, qui sont généralement peu versés dans Part de construire les machines, n-éprouvent jamais d’embarras, soit pour la confection des machines qu’ils voudraient établir chez eux, soit pour la réparation de celles qu’ils posséder raient déjà, dans le cas où quelques pièces viendraient à manquer par suite d’accident.
- Ainsi toutes les pièces qui exigeaient de la maimd’œur vre, et qui primitivement étaient exécutées eu bois, ont été remplacées par des pièces en fonte, Ces pièces sont fondues et préparées dans les fonderies du Çreuzot, de Francourt, deNevers, etc., et de ces établissements expé-' diées sur tous les points de la France, de sorte que les menuisiers, charpentiers et charrons de la campagne pourront exécuter, avec la plus grande facilité, ces sortes de machines, leur travail se trouvant réduit à un simple re-fendage de l^gles et de planches.
- Ces modèles de chaque pièce qui entre dans la çonfep-* tion de pes machines portent, suivant la capacité de l’appareil, un numéro de série, et sont de plus marqués de lettres alphabétiques, de manière que tout charrpn , menuisier, charpentier, chargé de construire un appareil, n’a qu’à consulter ces instructions imprimées pour vpir que les pièces dont il a besoin sont de la série, u°....,,, et s’adresse de suite, soit à un établissement central de fonderie pour se procurer ces pièces, soit au marchand de fer du bourg le pjus voisin.
- D’après tous les avantages, que présentent les greniers mobiles deM* Yallery pour la conservation des grains, et les soins qu’il apporte dans leur construction,
- Le jury, considérant que la commission des produits
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- chimiques présente M. Yallery en première ligne pour le procédé par lequèlll ôbtienl.los principes colorants des bois de teinture ;
- Que J a commission des tissus a distingué son: mode dé teinture qui a l’avantage de ne point laisser d’esquilles dans lés, laines teintes ou colorées } : i
- Et que la commission des machines le signalé pour sa manière de couper en bout les bois de teinture;, à l’effët de diviser les utricules, et d’en obtenir la totalité de la matièrecolorânte, ' ; ' « ; 'ns*
- S’empresse de décerner à M. Yallery, qui avait obtenu la médaille d’argent en 1834, la médaille d’or que ses travaux lui ont si bien méritée.
- MEDAILLE D’ARGENT:1
- M. C6ri\Ége, à Paris^ rue cle POuést-'4°?* ^
- »
- A exposé un tarare vertical à force centrifuge.1 Le‘. blé, versé dans une trémie, est introduit ensuite sur un criblé’ 'qui dégage lès matières étrangères, et * tombe dans un ventilateur a force éëntrifùge qui chasse la* paille et les graines pl'us légères. M, Gorrege est^ depuis
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- longtemps, connu par ses travaux en mécanique de tout genre. On lui doit un grand nombre/de moulins perfectionnés d’après le système américain'. Il emploie un grand nombre d’ouvriers" dâns ses "ateliers ; if fait usage d’une machine à vapeur.
- Le jury accorde une médaille d’argent pour l’ensemble,
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- de ses travaux.
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- MÉDAILLE DE BRONZE;
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- •M. Roenig, à Meaux (Seine-ët-Marne),
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- A exposé un tarare propre à cribler toute espèce de grains, et un coupe-racines perfectionné. De ces deux machines, ,1a seconde ést celle qui mérite davantage de fixer l’attention. Elle évite les accidents, dont les autres coupe-racines sont susceptibles, et son prix est de 90 francs.)
- J, Le jury accorde à M. Kœnig une médaille de bronzé)
- ; 4 'h-
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Calla lils, rue du FaubourgrPoissori-nière, 92, ; ,
- A exposé un batteur pour nettoyer le blé, une machine pour comprimer le blé avant la mouture, et deux métiers pour tisser, l’un la soie et l’autre la toile. L’importance dés travaux de M. Calla est telle qu’il emploie cent trente, ouvriers dans ses ateliers.
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- Le jury, reconnaissant les titres de ce mécanicien, lui accorde une mention honorable pour son batteur à net-toyêrle blé.
- M. ViLCOcQ, à Brie-Comte-Robert ( Seine-et-Marne),
- À exposé un tarare avec deux tiroirs servant à cribler
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- toute espèce de .grains. Après avoir fait fonctionner cette machine, le jury a reconnu que les grains sortaient parfaitement nettoyés. Il est à regretter seulement que le prix en soit un peu élevé. Le moins cher reviendrait en-core à 230 francs.
- Le jury accorde à M. Vilcocq une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. Marchon, à Etampes (Seine-et-Oise ),
- A exposé deux machines, l’une servant à battre le beurre, et l’autre, plus importante, à épurer le grain. Cette dernière, déjà en usage depuis plusieurs, mois^ semble appelée à rendre des services réels à l’agriculture. Son prix en est un peu élevé, puisqu’elle coûte 4,000 francs.
- Le jury accorde à l’inventeur une citation favorable.
- § 6. MOULTNS, MACHINES A BROYER, ECRASER, PULVÉRISER, COUPER, ETC.
- t POUR MÉMOIRE. y-’
- M. Corrége, mécanicien breveté, à Paris, .ruede l’Ouest, 4°> Pr^s le Luxembourg.
- M. Corrége a présenté, à l’exposition, un beffroi de
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- meunerie qu’il a exécuté dans différents moulins, h la grande satisfaction des propriétaires. M. Corrége est un habile mécanicien avantageusement connu pour la construction dés moulins à blé, des roues hydrauliques, des cylindres à force centrifuge pour le nettoyage du blé, les blutérics à la française, etc., etc.
- Le jury a accordé à M. Corrége une médaille d’argent d’ensemble. Voyez page 199.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- 9
- M. Houyàu, à Angers (Maine-et-Loire),
- A exposé une paire de meules destinées à moudre le blé, et qui sont d’une épaisseur de 18 à 20 centimètres. La meule courante ëst recouverte d’une chemise en fonte pour lui donner de la pesanteur, lorsqu’elle est trop mince, et elle s’appuie sur quatre ressorts, au moyen desquels on maintient l’équilibre et le parallélisme. La cuvette, disposée dans le milieu de l’œillard, est concave au lieu d’être convexe, forme qui(se prête mieux à la chute incessante du blé dans l’œillard. La forme concave doit arrêter la chute du grain, qui perd une partie de sa pesanteur spécifique. La pierre gisante est également renfermée dans un boitard en fonte. Cette disposition de l’appareil permet de renouveler la pierre, et d’utiliser encore la boîte en fonte qui n’est pas usée. u il
- Le travail deM. Houyau a obtenu du jury une médaille de bronze.
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- ^î. Ëq&j ingénieur civil, architecte, rue de Grenelle-Saint-Gemiain, /j.8*
- M. Ëck a expose un beffroi à récipient mobile, modèle du grand beffroi en pierre et fer qu’il a fait construire dans le moulin modèle de M. Champgarnicr, à Duvy, près de Crespy, département de l’Oise. Le beffroi qui a été adopté par un grand nombre d’usiniers, à raîson des avantages qu’il présente, est d’une haute importance pour la meu-nériej dans les moulins dont les meules sont placées au premier étage.
- r
- M. Eck ayant, en outre, présenté un modèle de scierie mécanique, qui a été recommandé par la commission des machines, le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- ]\t, Reinsa-RT, à SlrasîJQiirg (Bas-Rhiit).
- 4 exposé des moulins à cylindre, et deux petites meules en pierre. Çes machines sç distinguent des autres machines de ce genre par quelques,perfectionnements, dont le principal consiste dans un mouvement de va-et-vient imprimé à la meule cylindrique. Il en résulte que les points de contact avec la meule gisante changent continuellement, et, par suite, les pierres meulières résistent plus longtemps, et sont plus rarement retouchées. Déjà quelques personnes
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- ont adopté le système de M. Reinhart, qui, du reste, a obtenu un brevet pour quinze ans, et il paraît qu’eilcs ont été satisfaites des résultats obtenus.
- En conséquence, le jury accorde à M. Reinhart une mention honorable.
- MM. Mothes frères, à Bordeaux (Gironde).
- MM. Mothes, qui ont obtenu le rappel de la médaille d’argent, qui leur avait été décernée, en 1834, pour leur machine à battre, ont présenté un hache-paille et un coupe-racines, qui ont fixé l’attention du jury. Le hache paille paraît réunir toutes les conditions désirables, et le jury en fait une mention honorable toute spéciale.
- CITATION FAVORABLE.
- M. Mullier, coutelier, au Mans (Sarthe),
- A présenté, à l’exposition, un coupe-paille et un coupe-racines. Ces deux instruments solides, simples et ingénieux remplissent bien le but pour lequel ils sont confectionnés, et ont rarement besoin de réparation. Leur prix est, du reste, peu élevé, puisque le premier coûte 60 francs et le second 45 francs.
- Le jury accorde à M. Mullier une citation favorable.
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- § 7. pressoirs; machines a exprimer le jus,
- LES HUILES, ETC.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Révillôn, à Mâcon (Saône-et-Loire),
- A présenté, en 1823 et 1827, un pressoir à percussion qui lui valut d’abord une médaille de bronze, ensuite une médaille d’argent. Cet instrument affectait la forme carrée et avait un volant à percussion coûteux et difficile à ajuster. Depuis cette époque, M. Révillôn a modifié son pressoir; il a adopté la forme cylindrique et se sertd’un levier plus ou moins long au lieu du volant. Il en est résulté une économie de temps pour presser la vendange, de construction, puisque le prix varie de 250 fr. à 700 fr., et d’emplacement, car il ne demande que 6 à 12 pieds de longueur pour l’établir. Ces avantages réels annoncent, dans M. Ré-villon, une louable persévérance que le jury reconnaît en rappelant la médaille d’argent qu’il a obtenue en 1827.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Benoit, à Troyes (Aube),
- A exposé un pressoir à vin , et un petit pressoir pour les pharmaciens. Déjà, en 1834, le jury, appréciant les avantages de celle machine, avait accordé une médaille
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- de bronze. Depuis celte époque, l’usage s’en'est répandu dans les départements vignobles, et l’expérience a confirmé le jugement porté. AujourcOhui le jury s’empresse d’accorder à M. Benbîl une médaille d’argent.
- Ç: f*\ r '
- CITATION FAVORABLE.
- M. Gourdin, à Mayet (Sàrtile).
- A exposé le modèle d’un pressoir dont le principal mérite consiste dans l’emploi d’une vis sans fin au moyen de laquelle on peut exercer une très-forte pression. Cette machine offre des avantages pour extraire l’huile et le jus de la betterave, et son prix est de 800 fr. environ. Le jury accorde à M. Gourdiu une citation favorable.
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- § 8. INDUSTRIE SÉRICICOLE.
- Appareils de magnanerie.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM, J nies Bourcier et G. Morel, à Lyon (Rhône).
- MM. Jules Bourcier et G. Morel, de Lyon, ont présenté un métier mécanique pour le filage de' la soie réduit à la proportion de moitié de la grandeur.
- Cé métier, outre l’économie qu’il présente sur la promptitude dé l’exécutiOn de la crois'üré mécanique ,• là diminution dans le tirage dés cocons et la plus-value des soies, obletlué à l’aide ducroiseür mécanique,- présenté plus de facilité pour l’éducation dés jeunes fileiises, une croisure déterminée par le fileur et invariable pour la fileuse, une surveillance mécanique poür la régularité, même netteté, même rondeur, même nerf pour les soies d’une même filature, enfin invariabilité dans la force des deux brins.
- Le jury décerne à MM. Jules Boürcier et G. Morel une médaille de bronze.
- M. Allyye-Boubon , à Chatte (Isère),
- M. AIlyve-Boubon, filateur et moulineur de soie, présente un nouveau.système de dévidage destiné à supprimer l’opération du retirage par les pur^eoirs, par lesquels ou debarrasse la soie de toutes les impuretés qui avaient passé au dévidage. Les aciers les mieux trempés n?,ayant pu ré-aux essais de M. Farconnet, il a employé le verre
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- avec le plus grand succès : la soie, sortant de la tavelle, passe sur une baguette de verre et dans un barbier mobile en verre qui règle le roquet et arrête les bouchons ou impuretés; les plus petits nœuds desoie ne sauraient passer, aussi la soie est-elle parfaitement purgée et passe de suite au moulin d’apprêt, n’ayant subi que deux frottements sur verre qui n’altèrent en rien sa qualité.
- Le jury accorde une médaille de bronze à M. Àllyve-Boubon.
- M. Fauconnet Régis', à Saint-Bonnet-dc-Chavannes (Isère).
- M. Farconnet, élève de M. Camille-Beauvais, a présenté des appareils de magnanerie mobiles qui ont fonctionné avec succès chez M. Yasseur, et qui ont été depuis adoptés dans plusieurs magnaneries. La position horizontale que donne M. Farconnet à ses appareils permet de faire le service des tables à leurs deux extrémités, et'même entre les deux axes du mouvement. Les accidents sont moins funestes que dans la position verticale ; enfin ces appareils sont d’un établissement prompt et facile.
- Le jury décerne à M. Farconnet une médaille de bronze.
- M. Clair, rue du Cherche-Midi, 90 , à Paris.
- M. Clair, constructeur de modèles, a présenté :
- 1° Un modèle de magnanerie et le système d’appareil de M. Yasseur pour les tables mobiles;
- 2° Un modèle de tour à filer la soie ;
- 3° Un modèle de l’appareil de M. d’Àrcct poür sécher les feuilles de mûrier ; ;
- /
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- 4° Un modèle de pont biais -} >
- Et 5° un modèle de machine à vapeur.
- Les modèles de M. Clair sont faits avec soin et avec goût; ils sont d’un prix très-modéré.
- M. Clair, par ses constructions de modèles d’appareils à l’usage des magnaneries, a rendu un très-grand service à l’industrie de la soie.
- Le jury décerne à M. Clair une médaille de bronze.
- M. CHARRUT(Hippolyte),à Grenoble (Isère).
- M. Charrut a présenté une machine propre à couper la feuille des mûriers, et qu’il nomme ciseaux excentriques. Cet instrument, aussi simple qu’ingénieux, a déjà été mentionné dans le rapport sur les outils. ( Yoy. page 137 de ce volume.)
- M. d’Ayril, à Paris,, rue Meslay, 65. Système d’étagère pour les magnaneries.
- Les étagères de M. d’Avril paraissent réunir de très-grands avantages pour la libre et active circulation de l’air sur les deux surfaces des litières, la répartition facile et régulière des repas, le transport plus aisé d’un rayon à l’autre, la simultanéité des vers de chaque claie avec les échelles des coconiôres à cases triangulaires à jour, etc.
- Le jury accorde à M. d’Avril une mention honorable.
- T. H. .
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- § 9. RUCHES D’ABEILLES.
- MENTION HONORABLE.
- M. Desormes, à Paris, rue Cloche-Perche, 16,
- S’occupe depuis très-longtemps de tout ce qui concerne les abeilles, leur éducation et les moyens d’obtenir le miel. 11 a exposé constamment des modèles de ruches, et, cette année encore, plusieurs de ces appareils ont fixé l’attention du jury, qui, voulant encourager et récompenser les efforts de M. Désormes, propose de lui accorder une mention honorable.
- -T
- CS»
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- SECTION IV.
- INDUSTRIES AGRICOLES.
- FECULERIES * AMIDONNERAS , DISTILLATION DES VINS , DES ESSENCES ET DES EAUX AROMATIQUES, CLARIFICATION DES VINS, BLUTERIES, FARINES, PETRINS MÉCANIQUES, MACHINES A FABRIQUER LES PATES.
- M. Paven, rapporteur.
- Considérations généra les.
- Si l’on ajoute aux objets compris clans ce chapitre les engrais, la conservation des grains, les sucres, la dextrine, la panification, les ustensiles aratoires, et les substances textiles qui font partie des autres sections, on reconnaîtra que les industries les plus directement inhérentes à l’agriculture occupaient une large place dans l’exposition de 1839; elles puisent leurs principaux moyens d’action chez un grand nombre de nos meilleurs mécaniciens.
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- § 1er. FÉCULERIES.
- Au nombre des industries rurales qui tiennent le premier rang par l’influence qu’elles exercent sur la culture des terres, par leur stabilité acquise, leur grand avenir et les améliorations diverses qu’elles offrent à d’autres produits, on doit placer l’extraction du principe immédiat le plus abondant des pommes de terre et ses transformations.
- En effet, réduisant ainsi de 0,83 le poids de la récolte brute, par des moyens faciles et prompts $ augmentant sa valeur dans une proportion plus forte encore, de toute la main-d’œuvre utilisée, cette industrie locale permet d’expédier, à des distances quintuples, les produits obtenus ; elle assure et étend ainsi les bienfaits de l’introduction d’une plante sarclée dans les assolements.
- Mais ce n’est pas seulement par l’importance agricole des tubercules qui la recèlent, ce n’est pas seulement en raison de l’abondante matière première offerte par elle à diverses industries, que la fécule se recommande à l’attention publique, c’est encore et surtout parce que les faciles et considérables approvisionnements auxquels donnent lieu ses applications réalisent les principales conditions des réserves, qu’en fin l’accroissement de sa production doit nous garantir du danger des disettes.
- Les ustensiles qui ont présenté le plus de difficultés et ont donné lieu aux plus nombreuses modifications dans l’extraction de la fécule, furent les tamis, lorsqu’il s’est agi de les faire fonctionner mécaniquement.
- IJn appareil cylindrique a double ou triple effet, de Fin-
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- vention de M. Saint-Etienne, offrit les premiers résultats
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- heureux ; il s’introduisit rapidement dans presque toutes les féçuleries.
- Bientôt apres une tout autre disposition, due à M. Lai-né , réalisa les plus favorables conditions dépendantes de la continuité j elle évitait l’engorgement des. toiles, enlevait parfaitement toute la fécule mise en liberté, et s’appliquait aisément aux plus grandes exploitations -, prenant la pulpe sous la râpe, elle la montait sur un plan incliné long de 14 mètres, garni de toiles métalliques, et rejetait la pulpe bien épuisée dans les voitures prêtes à l’emporter.
- Cet ingénieux ustensile est encore l’un des meilleurs et des plus employés -, son auteur est mort sans l’avoir vu apprécier dans des concours publics, où il eût figuré au premier rang.
- Peu de temps après, un autre système de tamis mécanique, construit par M. Vernier, vint rivaliser avec le précédent ; il continue de lui disputer le pas.
- Enfin deux autres appareils plus récents sont dus à M. Stoltz et à M. Saint-Étienne.
- POUR MÉMOIRE.
- M. Gambray, mécanicien, à Paris, rue Saint-Maur, 45.
- Cet exposant confectionne de bonnes râpes pour les pommes de terre et pour les betteraves j une machine à broyer le charbon d’os et qui s’applique facilement à concasser le malt pour les brasseurs; il établit divers moulins à farine et bluteries. On voit que l’extraction de la fécule, le râpage des betteraves et les industries accessoires trouvent plusieurs de leurs moyens d’action chez M. Gambray;
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- niais la fabrication dos divers ustensiles purement aratoires ou ruraux, charrues, herses, coupe racines, hache-paille, ayant plus d’importance encore chez lui * c’est dans le rapport y relatif, p. 173> qu’on a spécifié la récompense attribuée à M. Cambray.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Vernier, mécanicien, à Beaumont (Oise).
- De très-nombreuses tentatives avaient été faites depuis les ingénieuses inventions de Burette, dans la yuc d’employer des cylindres analogues aux blutoirs pour la séparation de la fécule engagée dans la pulpe de pommes de terré; les diverses modifications de ces blutoirs furent successivement abandonnées : elles exigeaient trop d’eau, étaient difficiles à nettoyer, et surtout n’épuisaient pas les marcs.
- M.1 Vernier est parvenu à éliminer toutes ces difficultés en construisant un appareil formé de trois tronçons de cylindres garnis de toile métallique, mais de diamètres différents ; tous trois sont sur le même axe : le premier est lé plus étroit, le second est le plus large, et le troisième, vers le bout duquel arrive la pente ultime, présente un diamètre intermédiaire aux deux autres.
- Le but de celte disposition fut sans doute de rompre à plusieursjeprises, et sans qtie le travail cessât d’être continu, la direction de la pulpe de façon à la retourner, à l’ouvrir dans plusieurs sens tandis qu’elle chemine.
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- Un agencement bien entendu permet de démoh ter, de nettoyer ou remplacer très-vite toutes les pièces.
- L’auteur a joint, à la suite de son appareil, un tamis, cylindrique épurateur qui reçoit directement de la bâche la fécule encore en suspension, la débarrasse de la plus.grande partie des débris du tissu et des corps étrangers, en évitant toute la main-d’œuvre d’un délayage pénible, qu’il faut opérer lorsque l’on laisse déposer la fécule.
- Nous nous sommes assurés, dans plusieurs féculeries, des bons effets du système Vernier; les attestations les plus explicites d’un plus grand nombre prononcent qu’il a remplacé très-avantageusement d’autres appareils.
- Le jury, pour récompenser dignement les services rendus à l’industrie par l’auteur, lui accorde la médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZÉ.
- MM. Saint-Etienne père et fils, à Paris, rue d’Arcole, i.
- M. Saint-Étienne père obtint, en 1834, la médaille de bronze; ce fut une jùste récompense des soins éclairés, et des conceptions heureuses qu’il avait appliqués au montage de plusieurs grandes et petites féculeries.
- Depuis il a augmenté l’importance de ses ateliers et perfectionné notamment son bluteur métallique à fécule sèche, que la plupart des fabriques emploient.
- Une modification de tamis à plan incliné vient d’être allouée par MM. Saint-Étienne, mais elle est trop récente pour que nous la puissions juger.
- Nous avons fait vérifier les bons résultats d’un extracteur
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- de gluten, dont depuis plusieurs années nous suivions avec intérêt les améliorations; il paraît devoir remplacer avantageusement les manipulations, difficiles et irrégulières jusqu’alors, usitées pour extraire tout ou partie du gluten ou de l’amidon de la pâte.
- Le jury accorde à MM. Saint-Étienne, pour l’ensemble de leurs travaux, une médaille de bronze.
- MM. Stoltz et clc? mécaniciens, à Paris, rue Coquenard, 22,
- Exposent une râpe à pommes de terre en fonte cerclée en fer, à tasseaux de fer mobiles.
- Cette râpe, exactement cintrée, très-solidement construite, doit être animée d’une vitesse de 700 à 800 tours par minute; elle peut alors réduire en pulpe 150 à 160 hcct. de tubercules ordinaires en 12 heures.
- Le bâti, tout en fonte, forme sous le cylindre un réservoir de pulpe d’où une chaîne sans fin, à godets, remonte cette pulpe au tamis.
- On remarque au-dessous du va-et-vient, qui engage et appuie les pommes de terre contre la denture du cylindre, un levier qui facilite l’écartement instantané du butoir lorsqu’une pierre tombe accidentellement dans la trémie.
- Le tamis cylindrique annexé à la râpe est d’un modèle particulier; il agit à l’aide de palettes et de brosses qui, tournant sur un axe, agitent la pulpe et brossent les toiles métalliques, tandis qu’une continuelle injection d’eau aide l’issue de la fécule. Les toiles tendues sur châssis se démontent très-aisément.
- Les principaux avantages du tamis mécanique de M. Stoltz sont de tenir peu de place (4 mètres pour une fa-
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- brique de 160 hect. par jour), de bien épuiser la pulpe en économisant l’eau.
- Les attestations très-favorables de quatorze fabricants de fécule s’accordent avec nos observations et démontrent les bons effets des dispositions précitées.
- Le jury, pour récompenser les eflorts de M. Stoltz, lui décerne une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Mauvielle, à Meaux et à Paris, rue Sainte-Anne, 8. Blutoirs.
- Ces ustensiles, dont la bonne confection est pour beaucoup dans les succès de la mouture, doivent être faciles à réparer et à garnir des tissus de rechange.
- Sous ces rapports, les bluteries pour les moulures anglaises et françaises, de M. Mauvielle, fabricant à Meaux, ne laissent rien à désirer. Ses soies à œillets métalliques, très-faciles à lacer, ont reçu l’approbation de la Société d’encouragement, de la Société d’agriculture de Meaux, et la sanction de l’expérience.
- Il permettait de tendre plus uniformément et mieux la gaze, sans faire craindre des déchirures ; de changer les garnitures suivant les indications atmosphériques ou l’état hygroscopiquc des grains.
- L’assortiment des soies est de 30 numéros ; leur largeur est de 58 à 68 centimètres, et le prix du mètre de 5 fr. à 5 fr. 50 c.
- Le jury accorde à M. Mauvielle une mention honorable.
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- M. Hennecaut, à Paris, rue Neuve-Saint-E u s ta clie, 5.
- Le nouveau procédé de l’auteur pour fixer les soies des bluteries est ingénieux et simple ; il consiste dans la pose de liteaux qui, fixés par des vis, serrent dans des gorges ou rainures le tissu, et s’étendent à la façon des tamis.
- Ce mode expéditif donne une tension convenable, et mérite d’être cité.
- L’industrie de M. Hennecart, fabricant distingué, envisagée dans son ensemble, le rend digne de la mention honorable que le jury lui décerne.
- § 2. PÉTRINS MÉCANIQUES.
- La question du pétrissage mécanique resta longtemps douteuse, car les machines plus ou moins compliquées opéraient généralement moins bien que les garçons pélris-seurs; elles exigeaient des soins qui rendaient les résultats tout aussi dispendieux.
- Après un grand nombre d’essais de la part de fort habiles constructeurs, on ne s’étonnera pas d’apprendre qu’un boulanger soit parvenu directement à la solution la plus complète et la plus simple.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Fontaine, boulanger.
- Son pétrin se compose d’un cylindre creux en bois, tournant sur son axe, s’ouvrant en deux parties inégales,
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- de telle façon que la plus petite forme couvercle ; deux barres en bois diagonalement placées en croix et à distance l’une de l’autre dans le cylindre sont d’un seul coup assujetties par la fermeture du couvercle.
- En môme temps que la pâte est pétrie par la chute de son propre poids dans la rotation du cylindre, les deux barres la soulèvent et l’étirent comme le feraient les gein-dreS à force de bras.
- Dès qu’on ouvre le couvercle, les deux barres sont dégagées; on les nettoie et on les enlève très-aisément; la pâte se rassemble de même avec la plus grande facilité dans le pétrin.
- Cet ingénieux ustensile reçoit toute transmission de force mécanique; il est le plus économique de tous; son action ne laisse rien à désirer pour les pains blancs les plus légers; il évite et le bruit si désagréable du pétrissage manuel, et l’insalubrité de la profession y relative, et les inconvénients des coalitions entre les garçons pétrisseurs: l’administration avait échoué dans tous ses efforts pour faire cesser cet état de choses qui maintenant disparaît spontanément par degrés.
- De tels résultats, évidemment dus au pétrin Fontaine, rendent son auteur digne de la médaille d’argent que le jury lui décerne.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Haize, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Mar tin, 84.
- Le pétrin mécanique de M. Haize, composé d’un axe et de bras en fer tournant dans une auge cylindrique
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- close à volonté, est l’un des plus simples et des plus efficaces que l’on ait construits : il est employé dans plusieurs boulangeries. Un habile fabricant de couleurs Pa appliqué au mélange de la cérusc avec l’huile, supprimant ainsi le danger des émanations des matières pulvérulentes et vénéneuses.
- Cette double utilité recommande l’heureuse conception de M. Haize, en faveur duquel le jury rappelle la médaille de bronze qu’il obtint en 1834.
- M. Poissant, à Paris, rue Mondétour, 18.
- Il a imaginé un pétrin mécanique d’un bon effet, et qui, présenté par MM. Bcsnicr-Duehaussais et Poissant, en 1834, fut jugé cligne d’une médaille de bronze. Le juçy rappelle cette récompense.
- §, 3. PRESSES A VERMICELLES, PATES D’iTALIE
- ET PANIFICATION.
- La préparation des pâtes a fait, depuis 1834, des progrès signalés plus loin ( voir le rapport sur les substances alimentaires, 5e commission) ; la bonne exécution des presses, principaux agents de cette fabrication, n’a pas été sans influence sur ces résultats.
- MM. Constantin père et fils, à Paris, rue des Canettes, 5.
- lis construisent très-bien ces presses, soit pour les ver-
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- micellcs, soit pour les petites pâtes ou pâtes découpées. Le jury mentionne honorablement MM. Constantin.
- NON-EXPOSANTS.
- MM. Mouchot frères, au Petit-Montrouge, près Paris.
- En réunissant peu à peu, dans une usine, les meilleurs procédés nouveaux dont leurs nombreux et dispendieux essais avaient démontré les avantages ; en introduisant l’application d’une force mécanique, la continuité des opérations , adaptant à leurs fours l’éclairage au gaz par des supports articulés, ils sont enfin parvenus à élever le métier de la boulangerie au niveau des industries rationnelles les plus régulières ; ils ont complété ainsi les solutions des difficiles problèmes du pétrissage mécanique et de la cuisson continue ; leur fabrication journalière, portée à 5,000 kil., écoule ses remarquables produits dans tous les collèges de Paris et chez de nombreux consommateurs de la ville; ils ont offert et donné leur concours efficace pour faire disparaître l’insalubre, pénible et bruyant travail de geindres.
- Ces résultats ont une grande importance dans l’intérêt public; ils se généraliseront sans doute bientôt. Le jury central a voulu hâter cet instant en signalant d’abord deux innovations notables, mais isolées; dès qu’ils seront atteints, MM. Mouchot frères, par le bel exemple qu’ils ont donné et par les efforts qu’ils auront faits pour propager leurs applications, seront dignes de la plus haute récompense; ils reçoivent aujourd’hui celte mention hono’ rablc motivée, dont ils sont bien dignes.
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- M. Boland, ancien boulanger, élève de Fécoie polytechnique.
- Il résulte de l’avis émané du syndicat des boulangers de Paris, comme des rapports approuvés par la Société d’encouragement et le conseil de salubrité, que M. Boland a indiqué les meilleurs moyens d’essai des farines et d’appréciation des mélanges de fécule.
- Les nouveaux perfectionnements qu’il a introduits dans scs procédés rendent plus précises ces appréciations, et mettent sur la voie de la solution la plus complète de la question.
- Ce sont des services patents rendus à la boulangerie'; mais, avant de se fixer sur la nature de la récompense ainsi méritée, le jury a pensé qu’il fallait que M. Boland eût terminé les essais dont il s’occupe, et qui mettront à la portée de personnes moins habiles que lui ses moyens d’essai; le jury central se borne donc aujourd’hui à mentionner très-honorablement les efforts utiles de l’auteur.
- § A. CLARIFICATION DES VINS.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- Madame veuve Jullien, à Paris, rue Poissonnière, 9.
- Tout ce qui se rattache à notre industrie vinicole offre un grand intérêt, car ses produits occupent le premier rang parmi ceux qu’une incou testable supériorité doit maintenir comme objets d’échange avec toutes les nations.
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- Nos vins, avant d’arriver au terme de leur fermentation convenable pour être consommés ou mis en fipuleilles, sont clarifiés une ou plusieurs fois; la clarification ou le collage des vins exige, à raison de 4- œufs par pièce de 215 à 225 litres, environ 84 millions d’œufs : c'est au moins 42 millions enlevés à la nourriture, en supposant que la moitié soit représentée par les jaunes qu’on emploie comme aliment. v
- Remplacer cette, quantité de substance alimentaire par des matières albumineuses sèches, pulvérulentes, de peu de valeur, fut le problème que se proposa de résoudre un de nos savants collègues. Le concours de Mme vc Jullien fut d’une grande utilité pour préparer cette œuvre philanthropique; elle parvint à élever à 20,000 fr. ses ventes annuelles, équivalentes à un million d’œufs rendus à la consommation alimentaire. Des habitudes insurmontables s’opposent à une beaucoup plus grande extension de ce moyen de collage, bien qu’il soit plus économique et plus sûr.
- Les poudres à clarifier, de Mmc v* Jullien, sont très-favorablement connues dans le public ; leur bonne préparation et les ingénieux ustensiles si bien appropriés aux manipulations des vins, valurent à leur auteur, en 1834, une médaille d’argent que le jury s’empresse de rappeler.
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- QUATRIÈME COMMISSION.
- DES INSTRUMENTS DE PRÉCISION ET DES INSTRUMENTS DE MUSIQUE.
- MM. Mathieu, président, Pouillet, Savart, Savary, et le baron
- Séguier, rapporteurs.
- PREMIÈRE SECTION.
- HORLOGERIE.
- M. Mathieu, rapporteur.
- Considérations générales.
- Les avantages des fabrications à l’aide des machines sont incontestables sous le rapport de la régularité et de l’économie. Nous avons, en France, pour l’horlogerie ordinaire, des établissements importants pourvus de machines qui produisent avec exactitude, économie et célérité, les mouvements de pendules et tous les mécanismes en usage dans un grand nombre d’appareils. Il est à désirer que nous
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- arrivions au même résultat pour la fabrication des montres et pour l’horlogerie de précision qui est restée jusqu’à présent le patrimoine d’un petit nombre d’hommes habiles.
- Déjà les efforts faits par des artistes distingués pour perfectionner l’horlogerie de luxe, et particulièrement les petites pendules portatives, ont fait naître une nouvelle branche d’industrie d’une grande importance commerciale pour Paris.
- D’un autre côté, depuis quelques années l’administration de la marine a fait un appel à nos artistes; elle achète, pour la marine militaire, les chronomètres qui, suivis pendant un an à l’observatoire, ont eu une marche régulière. Ce concours, en offrant au gouvernement toutes les garanties désira-rables, conduit naturellement les artistes à chercher des dispositions propres à faciliter la construction des chronomètres et à en faire l’objet d’une véritable fabrication. C’est par là, tout en conservant la bonne confection et les précieuses qualités de nos montres marines, que nous parviendrons à soutenir partout la concurrence avec les étrangers qui, depuis quelques années, ont apporté une notable réduction dans les prix. Nous sommes dans une bonne voie ; tout le monde sent que, pour assurer la prospérité de notre horlogerie de précision, il faut faire marcher de front les procédés mécaniques pour toutes les pièces qui peuvent être
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- produites par les machines, et le travail manuel réservé pour les parties les plus délicates.
- § 1er. HORLOGERIE DE PRECISION.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- M. Motel, à Paris, rue de P Abbaye, 12.
- M. Motel a exposé des chronomètres remarquables par la plus parfaite exécution. Ils supportent très-bien les épreuves du concours ouvert, tous les ans, à l’observatoire pour les besoins de la marine, car daus ce concours il a eu trente-deux chronomètres admis depuis 1834, et l’un d’eux, le n° 198, a mérité, en 1838, la prime de 1,000 f., accordée, chaque année, au meilleur chronomètre. M. Motel établit, avec la même perfection de travail, des pendules astronomiques et des compteurs de tous genres.
- Le jury lui confirme la médaille d’or qu’il a obtenue à la dernière exposition de l’industrie.
- M. Perrelet, àParis, rue de Rohan, 26.
- M. Perrelet a exposé des pièces d’horlogerie construites avec le plus grand soin par lui-même ou par des élèves que le gouvernement lui confie tous les ans, à la suite d’un concours; un compteur qui enregistre les tours de roue d’une voiture, et différents instruments de précision pour l’horlogerie et les sciences. Dans tous ces produits on retrouve la bonne disposition et l’exécution parfaite de tout ce qui sort des mains de l’habile artiste, auquel on doit l’invention du compteur à double arrêt.
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- Le jury confirme à M. Perrelet la médaille d’or qu’il avait déjà obtenue aux deux dernières expositions de l’industrie.
- Nous regrelléns de n’avoir pas eu à nous prononcer sur les travaux d’horlogerie de la maison Bréguet,qu.isoutient
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- si dignement la réputation de son célèbre fondateur ; nous le regrettons d’autant plus que, pendant l’exposition, elle avait à l’observatoire, pour le concours ouvert par la marine, plusieurs chronomètres, parmi lesquels s’est trouvéie n° 4323, qui,par une marche excellente pendant un an, a mérité la prime de 1,000 fr., accordée annuellement, par le ministère de la marine, au chronomètre qui remplit le mieux les conditions du concours.
- ï :
- MÉDAILLE D’OR.
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- M. Wininerl5 à Paris, passage Laurette, 7.
- M. Winncrl est parvenu à opérer une réduction de près de moitié dans la main-d’œuvre et dans le prix des montres marines, en faisant des machines pour confectionner uniformément et très-vile un grand nombre de pièces, et en supprimant, dans la composition, dans l’assemblage des parties, tout ce qui n’est nécessaire ni à la solidité du chronomètre, ni à la régularité de sa marche. Il a adopté le système ordinaire, et l’échappement d’Earnshaw avec quelques modifications qui ont pour but d’en faciliter l’exécution sans nuire à l’exactitude. Depuis moins de trois ans, il a construit trente-huit chronomètres,.et a fa-
- j? %
- briqué tous les éléments pour en monter un nombre à peu près égal. Quelques-uns de ces chronomètres, suivis jour par jour à l’observatoire pendant plusieurs mois, ont eu une très-bonne marche.
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- M. Winnerl a présenté un compteur dans lequel on peut, à volonté, ramener les deux aiguilles à la coïncidence, ou les faire marcher toutes deux, en conservant entre elles le même intervalle qui marque la durée du phénomène observé.
- Pendant l’exposition, M. Winnerl, en modifiant l’idée de M. Vérité, a adapté à un régulateur de cheminée un échappement libre, à force constante, qui ne communique avec le pendule que par deux petites boules de platine sus-r pendues par des fils aux extrémités d’un ressort. Le mouvement du pendule est entretenu, à chaque oscillation, par l’action constante de l’une ou l’autre des deux boules sur le bras du pendule qui lui correspond.
- M. Winnerl a encore exposé un thermomètre métallique à maxima etminima. Une aiguille qui tourne autour du centre d’un cercle gradué donne la température, en poussant d’un côté et de l’autre dés aiguilles-index, qui ne peuvent pas revenir avec l’aiguille du milieu, et qui indiquent les températures extrêmes de la journée.
- Le jury décerne une médaille d’or à cet habile artiste, dont les chronomètres, sans rien perdre en exactitude, peuvent seuls, à présent du moins, lutter, quant au prix, dans nos ports, avec les produits des fabriques anglaises.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Aimé-Jacob, rue J.-J. Rousseau, 3.,
- M. Aimé Jacob a exposé un chronomètre, des régulateurs à compensation en tiges d’acier et de zinc, et une montre-compteur d’un usage très-commode et très-sûr dans une série d’observations qui se succéderaient à quel-
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- que intervalle. Un acculent qu’a éprouvé le chronomètre de M. Aimé Jacob, lorsqu’il l’apportait à l’exposition, n’a pas pu être assez complètement réparé pour que la marche de cette pièce ait dû être suivie à l’observatoire. Ce sera un sujet de regrets pour les personnes qui n’ont pas perdu le souvenir du chronomètre si parfait de M. Aimé Jacob, qui remporta la prime au concours ouvert en 1834.
- La construction soignée et bien entendue des divers objets d’horlogerie de précision présentés par M. Aimé Jacob a mérité à cet habile artiste le rappel de la médaille d’argent qu’il a obtenue à la dernière exposition.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Henri Robert, à Paris, rue du Coq-Saint-Honoré, 8.
- Parmi les nombreux objets exposés par M. Henri Robert, il en est plusieurs qu’il a cherché à aniéliorer depuis la dernière exposition de l’industrie. Il s’est proposé d’établir, dans le prix de .7 à 9 cents francs, ce qu’il appelle des chronomètres du second ordre, dont la variation diurne serait d’environ une seconde, et qui, après un mois de traversée, pourraient donner la longitude à un demi-degré près. Deux de ces instruments ont été suivis pendant deux et trois mois à l’observatoire, et ces conditions se trouvent à peu près remplies. Une montre marine, portant le n° 80, et que M. Robert appelle un chronomètre du premier ordre, a été suivie à l’observatoire pendant six mois, de novembre 1838 à mai 1839, et sa marche très-bonnese trouve dans les limites du concours ouvert tous les ans par la
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- marine ; c’est-à-dire que l’écart entre la marche conclue et la marche véritable n’est pas de deux minutes en trois mois.
- Le jury déclare M. Henri Robert digne d’une nouvelle médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Rieussec, à Paris, boulevard Bourdon, f\.
- M. Rieussec a exposé une montre nommée chronographe, dans laquelle l’aiguille des secondes porte, à son extrémité, une petite écritoire et une pointe qui la traverse pour marquer sur le cadran fixe l’instant d’une observation. La détente s’opère, non en pressant un bouton comme dans le chronomètre à détente de Bréguet, mais au moyen d’un simple choc sur la montre. Cette montre, d’un prix peu élevé, peut, d’ailleurs, servir'aux usages ordinaires.
- M. Rieussec avait obtenu, à l’exposition de 1823, une médaille de bronze pour son chronographeà cadran mobile ; le jury lui accorde le rappel de la même médaille celte année.
- MÉDAILLES DE BRONZE. -
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- M. Campbell, à Paris, place de l’Oratoire, l\.
- M. Campbell a exposé des montres marines construites avec une remarquable précision d’après le modèle anglais et le modèle de Berthoud. Cet artiste est aussi d’une grande habileté pour travailler les pierres qu’on emploie dans l’horlogerie de î.ts*e et de précision» \\ fait bettuiîmip
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- d’échappements pour les petites pendules de voyage. Tl a aussi présenté quelques pendules de ce genre. Il est «à désirer que M. Campbell ne se borne pas à travailler pour les autres, et qu’il forme, comme il l’annonce, un établissement de haute horlogerie, qui ne peut manquer de prospérer sous son active et intelligente direction.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Dumontier, à Paris, quai des Augus-tins, 59.
- Le jury décerne à M. Dumontier une médaille de bronze pour la très-bonne exécution de tous les objets d’horlogerie de précision qu’il a présentés à l’exposition de l’industrie.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Bruneau, à Paris, Palais-Royal? galerie de Valois, i5>o,
- Pour des pendules de voyage, un régulateur de cabinet, et particuliérement un chronomètre d’une construction soignée;
- M. Pascual-Kurio, à Paris, rue de la Cos-sonn.erie, 6,
- Pour un chronomètre auquel il a adapté un arrêt pour le balancier, et un indicateur pour remonter le chronomètre; ' .
- M. Mallat, à Paris, rue du Temple,* 63, Pour des montres à doubles aiguilles à secondes, et une
- machine pu? im\lm les pipmis* les mm* «le*
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- CITATION.
- M. Robert, à Paris, boulevard Saint-Denis, 19.
- Four differentes pièces d’horlogerie.
- Ç. 2. PENDULES.
- RAPPEL I)E MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Garnier, à Paris, rueïaitbout, 8 bis,
- M. Garnier a présenté un chronomètre, de petites pendules portatives ou de voyage, un régulateur de cheminée, un micromètre pour mesurer les petites épaisseurs et un thermomètre métallique à maxima et minima. Toutes ces pièces sont construites avec intelligence et avec le plus grand soin.
- L’horlogerie doit à M. Garnier un échappement libre à remontoir d’une heureuse disposition ; il l’avait appliqué à un régulateur de cheminée qui lui valut la médaille d’argent en 1827. Il emploie depuis neuf ans, pour .les montres et les petites pendules portatives qu’il construit en très-grand nombre, un autre échappement pour lequel il a pris, en 1830, un brevet d’invention, et qui a de l’analogie avec l’échappement à cylindre3 mais sa construction est bien plus simple, plus facile et beaucoup plus économique. Une expérience de neuf ans a bien constaté les avantages de cet ingénieux échappement. -
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- Le jury décerne à M. Garnier le rappel de la médaille d’argent qu’il avait déjà obtenue aux deux dernière sexpo-silions.
- ML Duchemin, à Paris, place du Châtelet, 2.
- M. Duchemin a exposé deux petites pendules construites avec celle pureté, cette précision qui caractérisent tous les ouvrages qui sortent des mains de cet habile cl consciencieux artiste, ilavait proposé une compensation qui consistait à soulever plus ou moins la lentille par la dilatation de lames métalliques (acier et cuivre), qui se courbent. Il emploie, dans une de ses pendules, ce système bimétallique modifié au moyen de deux tasseaux qui, en s’approchant plus ou moins de la lige du pendule, changent la position du centre de gravité et du centre d’oscillation. Dans l’autre pendule, la lentille est remplacée par le système de six petits tubes contenant du mercure. La compensation se règle en inclinant convenablement ces tubes. Cette ingénieuse disposition est nouvelle et bien entendue.
- Le jury déclare M. Duchemin digne d’une médaille d’argent.
- M. Deshàys, à Paris, rue Cadet, 26.
- M. Deshays a exposé à la fois des objets d’horlogerie et de mécanique ; il a présenté une petite pendule de voyage à' grande sonnerie et à réveil, dont la cadrature, de son invention, produit, avec la plus grande simplicité, un ensemble d’effets que l’on n’obtient pas aussi facilement par
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- les moyens ordinaires. M. Deshays s’est beaucoup occupé du perfectionnement des machines à percer les plates-formes, dont la précision est si nécessaire. Sa machine a sur les anciennes l’avantage de ne pas s’altérer par l’usage, parce qu’elle trouve dans son emploi tous lés moyens de rectification.
- La machine à bourses de M. Pccqueur fait seulement quatre mailles par tour de manivelle; M. Deshays l’a tellement modifiée, en substituant notamment des contre ellipses aux ressorts, pour maîtriser, malgré une grande vitesse, les organes en fonction, qu’il lui fait faire quatorze mailles par tour de manivelle, et mille huit cents par minute. Celte nouvelle machine exécute les opérations les plus délicates, les plus compliquées, avec autant de précision que de rapidité.*
- Le jury accorde à M. Deshays une médaille d’argent.
- M. Brocot, à Paris, rue cl’Orlëans, au Marais, i5.
- On trouve des dispositions ingénieuses dans les petites pendules de cheminée exposées par M. Brocot; dans un grand régulateur; dans un mécanisme qui règle promptement, par quelques essais, la longueur d’un pendule de
- manière à lui faire faire, dans une heure, un nombre
- %
- donné d’oscillations ; dans son échappement à repos ou à recul, au moyen de deux roues qui marchent en sens contraire. Cet échappement est à repos ou à recul, suivant que la cheville en pierre qui s’engage alternativement dans les dents des roues se trouve sur la ligne des centres des roues ou bien en dehors.
- Le jury décerne la médaille d’argent h M» Brocot*
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- M. Leroy, à Paris, Palais-Royal, i3 et i.5.
- Tous les objets d’horlogerie, montres et petites pendules portatives, exposés par M. Leroy, sont exécutés avec soin et beaucoup de luxe. La pièce la plus importante est une pendule*de voyage; elle marche huit jours, sonne le réveil, l’heure et les quarts en passant, et la répéli*ion à volonté; elle renferme un appareil particulier pour avoir la seconde morte au lieu de la trotteuse.
- Le jury décerne à M. Leroy la médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Blondeau, à Paris, rue de la Paix, 19.
- M. Blondeau mérite le rappel de la médaille de bronze par l’élégance et la bonne construction de toutes les pièces d’horlogerie qu’il a exposées.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Vérité, à Beauvais (Oise).
- M. Vérité a exposé deux petites pendules d’une bonne exécution, et surtout remarquables par un échappement à repos et à force constante. Dans cet échappement, applicable à toutes les horloges, le pendule n’est en rapport avec le rouage que pendant une très^pelite portion de sa course, en sorte qu’il n’éprouve qu’un léger frottement. A chaque oscillation, une petite boule pèse un instant sur le hra? du pendule* et entretient ion mouvement par une
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- action qui est toujours la même. La boule ne tombe pas, c’est le pendule qui vient la chercher. Alors le levier qui la porte est abandonné par la roue d’échappement, et il descend jusqu’au point où il doit reprendre la boule pour la remonter.
- M. Vérité a construit, dans un système particulier et avec son échappement, une horloge publique qui paraît avoir bien marché depuis un an qu’elle est établio à Beauvais.
- L’ingénieuse innovation de M. Véritèdansun mécanisme qui a fait l’objet des études de tant d’hommes habiles lui a valu la médaille de bronze, et elle lui aurait mérité une récompense plus élevée, si elle avait été soumise à une épreuve plus longue et plus décisive.
- M. Berolla, à Paris, rue de la Tour, 2.
- M. Berolla a exposé des pendules portatives et de voyage remarquables par un travail soigné et bien entendu ; il a encore présenté des échappements particuliers, un compteur offrant un système complet d’arrêts successifs, qui permettent d’enregistrer plusieurs phases d’un phénomène, toujours sans arrêter le mouvement principal5 une cadra turc simple, économique, à répétition d'heure et de quart, dans laquelle les quarts sonnent avec le même marteau que les heures.
- Le jury accorde une médaille de bronze à M. Berolla.
- 1VL Callaud, à Paris, rue Montesquieu, 6.
- M. Callaud a exposé une petite pendule avec l’échappement à la Duterlre modifié, qui lui avait valu une mention honorable en 1834, et un essai de chronomètre. Dans la vue de faciliter les observations météorologiques, il a corn-
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- biné un thermomètre métallique avec un mouvement d’horlogerie pour enregistrer la température.
- Le jury vote une médaille de bronze pour M. Callaud.
- M. Hànriot. directeur de l’école d’horlogerie de Dijon (Côte-d’Or).
- Quoique l’école de Dijon ne compte pas encore trois ans d’existence, elle a cependant envoyé, à l’exposition de l’industrie, un grand nombre de pièces qui ont attiré l’attention du jury, et qui l’ont déterminé à décerner la médaille de bronze à son directeur.
- M. Robert-Houdin, à Paris, rue de Vendôme, i3.
- Les pendules mystérieuses, les réveils simples perfectionnés, les réveils allumant une bougie remarquables seulement par la simplicité de la construction et la modicité des prix, sont devenus, dans les mains de M. Robert-Hou-din, l’objet d’un commerce assez étendu. C’est sous ce rapport que le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. Numa-Conte, à Périgzzeux (Dordogne).
- Malgré le peu de ressources qu’offre la ville de Péri-gueux, M. Numa-Contea cependant présenté, à l’exposition, un régulateur, deux petites pendules de cheminée à seconde morte, et encore d’autres objets. Toutes ces pièces annoncent une main exercée et un grand désir d’arriver à des perfectionnements.
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Numa-Conte.
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- \ « •
- MENTIONS HONORABLES.
- A <
- M. Jacquet, à Paris.
- Pour une pendule dont l’échappement est à force consente: l’impulsion est donnée par un rouleau fixé à l’ex-trémité d’un bras de levier.
- M. Houdin, à Paris, rue Bergère, 19.
- Pour un outil servant à tailler les différents plans
- d’une même pièce d’échappement, et un régulateur.
- . .. ; , . • •
- M. Joly, à Paris, place Beauvais, 92.
- Pour un mécanisme servant à régler la compensation ' bimétallique d’un pendule^ analogue à l’un de ceux de M. Duchemin, mais moins complet.
- M. Bourdin, à Paris, rue de la Paix,
- Pour des montres bien exécutées, qui se montent et se remet tent à T heure par la queue.
- CITATIONS.
- M. Menoud, à Paris, rue Saint-Denis, 148.
- Pour uu régulateur dont la compensation à mercure se règle par le procédé de M. Duchemin , l’inclinaison des tubes.
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- M. Reymondj à Paris, boule vart des Italiens, 26.
- Pour des montres qui se remontent par la queue.
- M. Gaumont, élève de M. Ducliciiiin.
- Pour un régulateur de cheminée dont le pendule a une compensation à mercure qui se règle par l’enfoncement de pistons d’acier. Ce moyen avait été anciennement employé par M. Motel. *
- M. Allain, à Paris, rue Bouclierat, 3/j..
- Pour une petite pendule à demi-seconde.
- M. Normand, à Paris, rue du Bac, 3j.
- Pour un mécanisme servant à faire monter et descendre la lentille d’un pendule en mouvement et à mesurer avec précision le déplacement de la lentille et son influence sur la marche de l’horloge.
- § 3. HORLOGES PUBLIQUES.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Wagner, à Paris, rue du Cadran, 39.
- Les divers objets exposés, cette année, par M. Wagner soutiennent dignement la réputation qu’il s’est acquise depuis longtemps par une disposition heureuse et une bonne exécution des horloges publiques et des grands mécanismes.
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- On a remarqué, dans l’exposition de M. Wagner, un mécanisme applicable surtout aux clochers de village, aux horloges de fabriques, où l’on voudrait, avec une comtoise de peu de volume et d’un bas prix, conduire le marteau d’une sonnerie pesante et, au besoin, éloignée. Les fonctions de l’horloge consistent à dégager un déplie autant de fois que la comtoise aurait sonné de coups. La force nécessaire pour soulever le marteau de la grande sonnerie est prise dans un poids convenablement réglé par rapport à ce marteau et à la cloche sur laquelle l’heure doit être frappée. C’est une idée de Tissot; mais des difficultés pratiques avaient fait abandonner la solution que Tissot avait donnée.
- Quant aux grandes horloges de M. Wagner, on remarque la simplicité de la disposition ; la facilité avec laquelle le mouvement, placé au-dessus de la sonnerie, peut se démonter. Un rapport dcM. Biot atteste la régularité vraiment remarquable de la marche de l’horloge publique établie par M. Wagner à Beauvais.
- Le jury décerne à M. Wagner le rappel de la médaille d’argent.
- R.
- rri
- M. Henry, à Paris, rue Saint-Honoré, 247,.
- M. Henry expose, comme pièce capitale sortie de sa main, une horloge de luxe à trois cadrans; elle marque les heures, les minutes et les secondes ; la sonnerie, dont les timbres sont en cristal, frappe les heures et les quarts. Le temps moyen, le temps sidéral, l’équation du temps sont
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- donnés à part. Le mouvement indique jusqu’aux jours de la semaine, du mois et de l’année. Par là même, on voit que c’est une de ces pièces de haut prix et rarement exécutées, où un artiste habile se plaît à accumuler toutes les difficultés pour avoir l’occasion de montrer les ressources de son art et l’habileté de sa main. Sous ce point de vue, la pièce de M. Henry ne laisse rien à désirer.
- M. Henry a présenté aussi des mécanismes plus simples, mais bien appropriés à leur destination utile : un mouvement pour faire marcher un phare tournant; un mouvement pour élever l’huile dans la lampe à becs concentriques d’un phare; cette dernière question avait reçu déjà plusieurs solutions ; elles laissaient quelque chose à désirer; celle de M. Henry remplit parfaitement son but.
- M. Henry est enfin l’auteur de machines avec lesquelles il exécute, avec une grande perfection, les surfaces des portions de lentilles dont les phares se composent. 11 en sera question plus loin; ,
- Le jury décerne la médaille d’argent àM; Henry, qui avait obtenu; en 1834, la médaille de bronze.
- M. Wagner, neveu, à Paris, rue Montmartre, 118.
- * w
- Dans l’exposition de M. Wagner, neveu, on remarque d’abord de grandes horloges à bon marché. M. Wagner a pu en abaisser le prix en exécutant les pièces de la sonnerie en fonte de fer, et en évitant par là l’ajustement des roues et des pignons enarbrés. Dans cette partie du mouvement, en effet, M. Wagner, au lieu de les fixer, comme pièces détachées, aux deux extrémités d’un môme axe, les met en contact immédiat, et peut ainsi les faire
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- fondre tout d’une pièce. On a, de plus, l’avantage de prévenir la torsion que l’axe d’acier tend à éprouver à la longue. Les rouages plus petits du mouvement des aiguilles sont en cuivre.
- M. Wagner présente aussi de grandes horloges dont tous les rouages sont en cuivre ; il ajoute à ses mouvements une compensation très-simple composée uniquement d’une barre de zinc horizontale et d’un levier qui, poussé par la dilatation de cette barre, soulève la lame flexible qui sert desuspension au pendule. Le point d’appui de ccttelame restant fixe, la distance de la lentille à ce point est diminuée, et peut compenser l’allongement de la lige elle-même. Si l’on regarde cet effet comme n’étant pas entièrement exact, ou comme étant de peu d’importance dans la marche de mouvements communs, toutefois ne pourra-t-on pas s’empêcher de reconnaître quelque avantage à un système qui, d’ailleurs, n’est ni compliqué, ni dispendieux.
- On doit mentionner un échappement à chevilles de M. Wagner, remarquable par une bonne entente d’un point de théorie relatif aux échappements, et controversé dans les auteurs : les frottements sont diminués par le raccourcissement des bras de l’ancre sans que l’impulsion soit affaiblie.
- N’oublions pas une petite horloge destinée à contrôler la surveillance des grandes usines. Par des renvois aussi étendus qu’on le voudra, ce mécanisme, dont l’idée est bien conçue, indique, dans le cabinet même du chef de l’établissement, le passage des rondes, et peut s’ajouter à une pendule ordinaire.sans beaucoup de frais.
- M. AVaguer, neveu, a encore présenté, comme son cousin, un inécanisinedesliné à réaliser l’idée de Tissot, à faire marcher une grande sonnerie par une petite comtoise ; il
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- présente enfin un dynamomètre dont il sera question ailleurs, page 249.
- Le jury accorde à M. Wagner, pour l’ensemble de scs travaux, une nouvelle médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Niotj à Paris, rûeManclar, 10.
- M. Niot expose une grande horloge publique à bon marché, bien disposée et d’une bonne exécution. Il établit des lourncbroches en grande fabrication.
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Gourdin, à Mayet (Sarthe).
- M. Gourdin présente une grande horloge publique àforce coustaute, dont l’exécution est très-soignée j Indisposition du mécanisme est bien entendue, et l’ensemble solidement établi.
- Le jury a vu avec plaisir un artiste de province envoyer, à l’exposition, un ouvrage aussi remarquable par le travail de main que par les combinaisons et le calibre; il décerne, comme une'juste récompense, à M. Gourdin la médaille de bronze.
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- CITATION.
- M. d’Orléans, à Paris, rue du Fanbourg-
- Le jury accorde une citation à M. d’Orléans pour un bon travail, et un mécanisme d’horloge publique bien entendu.
- § 4. HORLOGERIE DE FABRIQUE.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- M. Pons , à Samt-Nicolas-d’Aliermont (Seine-Inférieure).
- M. Pons a exposé un grand nombre de mouvements d’une bonne et franche exécution, et des pièces d’un beau travail qui appartiennent à l’horlogerie de précision. C’est par le judicieux emploi des machines que M. Pons a résolu le problème d’une excellente fabrication à bon marché. L’important établissement qu’il dirige avec tant d’habileté et de dévouement depuis si longtemps livre au commerce pour lof. un mouvement qui en coûtait 40, il y a vingt-cinq ans, et qui était bien loin de la perfection actuelle. Quand on considère la matière qui entre dans cet instrument, on ne conçoit pas qu’il soit possible de pousser plus loin la réduction du prix.
- Le jury rappelle à M. Pons la’médaille d'or qu’il a déjà obtenue aux deux dernières expositions.
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- MM. Japy, frères, à Beaucoup! (Haut-Rhin).
- Ces grands fabricants ont présenté des mouvements de grosse et de petite horlogerie qui comptent parmi les pro-' duits divers qui leur ont valu ailleurs le rappel d’une médaille d’or d’ensemble. •
- MÉDAILLE D’OR.
- , MM. Benoit et cie, à Versailles (Seine-et-Oise).
- MM. Benoît et Sicamois ont fondé à Versailles, depuis la dernière exposition, une fabrique d’horlogerie qui occupe actuellement une centaine d’ouvriers, tant au dedans qu’au dehors, qui peut déjà faire sept à huit cents montres par an, et qui a présenté, à l’exposition, des produits variés et très-remarquables. Ils confectionnent des montresde com • merce de tout genre, mais seulement de première qualité, puis des montresde luxe et de précision. Ils ont adopté un calibre qui présente de bonnes dispositions. Ils possèdent un grand nombre de machines, d’outils inventés et exécutés par M. Larchevêque, qui dirige l’atelier où se fabriquent mécaniquement les blancs, les roues, les pignons, etc. Dans les autres ateliers, des ouvriers habiles exécutent les pièces les plus délicates et toute l’horlogerie de luxe et de précision. Pour éviter les inconvénients qui résultent de l’oxydation du cuivre et de l’altération de l’huile que l’on est obligé d’interposer entre les parties frottantes des montres, les fondateurs de l’établissement de Versailles ont remplacé le laiton par l’alliage de platine et d’argent, in' venté par MM. Mention et Wagner; alliage qui, dans
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- son application à l'horlogerie, a, sur le laiton, des avantages bien constatés par l’expérience.
- Les résultats déjà obtenus par la fabrique de Versailles, et les espérances qu’elle fait naître, ont déterminé le jury à lui décerner la médaille d’or.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Vincenti etcic, à Montbéliard (Doubs).
- MM. Vincenti et compagnie ont envoyé, à l’exposition, des échantillons des blancs de pendules qui se fabriquent avec des machines dans l’établissement qu’ils ont fondé à Montbéliard, il y a quelques années. Ces produits, qui donnent lieu à un commerce étendu, ont déjà valu à M. Vincenti une médaille d’argent que le jury lui rappelle celte année.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Galleran et Letourneau, à Trun.
- (Orne).
- Le jury est heureux d’avoir à signaler les efforts faits par MM. Galiéran et Letourneau dans l’établissement qu’ils ont fondé à Trun’pour fabriquer économiquement des montres d’horlogerie fine pour lesquelles nous sommes tributaires de la Suisse. Gel établissement est tout à la fois une fabrique et une école d’horlogerie où se forment de bons ouvriers qui, sous la direction spéciale de M. Letourneau, exécutent les boîtes, les cadrans en émail, les trous
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- en rubis, les échappements à cylindre, les rouages, les blancs, en un mot toutes les parties d’une montre. Les fondateurs ont commencé avec des ressources médiocres; ils ont été obligés de tout créer, et, cependant, au bout de trois ans, ils comptent trente ouvriers; ils confectionnent entièrement de bonnes montres en or, à des prix qui leur permettront de lutter avec la fabrication de Genève. Plusieurs de ces montres, déposées à l’observatoire, ont présenté une marche très-satisfaisante. Lorsqu’on remarque que la fabrique de Trun n’emploie pas un seul ouvrier étranger au pays, qu’elle n’a point eu à engager, dès son début et avant de livrer ses produits au commerce, des ca- • pitaux considérables, on ne peut que bien espérer de son avenir. C’est une de ces entreprises dans lesquelles on aime à trouver, avec l’habileté industrielle, un vif sentiment de patriotisme.
- Lejury décerne, comme une juste récompensederésultats bien acquis et dont l’importance ne peut que s’accroître, une médaille d’argent à MM. Galleran et Letourneau.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. Huaud frères, à Versailles (Seine-et-Oise).
- Le jury rappellè à MM. Huard frères la médaille de bronze pour les blancs de montres et de chronomètres qu’ils confectionnent avec des machines, et qu’ils livrent ensuite au commerce. Ils ont encore exposé quelques pièces en cuivre qui sont bien taillées, et une tige de pendule compensateur formée de trois cylindres de cuivre et de zinc qui entrent l’un dans l’autre»
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Brisbart-Gobert, à Paris, quai Pelletier, 12.
- La rotation d’un axe peut être arrêtée à l’aide d’un ressort en hélice enroulé sur cet axe ; elle demeure libre dans un sens, et devient impossible dans l’autre. C’est d’après ce principe dont il existe une application, sinon semblable, du moins,analogue, dans une machine de M. Perrot, que M. Brisbart-Gobert fabrique à la mécanique, et à très-bon marché, des clefs à la Bréguet, qui sont devenues l’objet d’un commerce assez étendu.
- Le jury accorde la médaille de bronze à cet horloger.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Cailly, à Saint-jMicolas-d’xAliermout,
- M. Boromé-Delepiine, à Saint-Nicolas-cPA-liermont ;
- M. Douillon, à Saint-Nicolas-d’Aliermont,
- Pour les mouvements de bonne fabrication qu’ils ont présentés.
- MM. Bouthey, Valetsgin et Rith, à Mor-teau (Doubs),
- Pour les produits de l’École d’horlogerie qu’ils dirigent.
- M. Jandraud, à Paris, rue de Bretagne, 4,
- . Pour les clefs de montre à roebet en acier qu’il fabrique bien et à très-bon marché.
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- SECTION II.
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- M. Savary, rapporteur.
- § 1 er. DYNAMOMETRES, GRANDES BALANCES ET MESURES
- DE CAPACITÉ.
- Dynamomètres.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. Mokin, à Paris, rue de l’Arcade, 9.
- À mesure que l’industrie a perfectionné les machines, on a ressenti de plus en plus vivement la nécessité de soumettre leurs effets à des évaluations rigoureuses. Deux sortes d’appareils, dans des circonstances essentiellement différentes, fournissent aujourd’hui ces évaluations.
- S’agit-il d’installer ces puissants mécanismes, qui conduisent, par une impulsion unique et comme par une seule main, des usines entières, c’est l’admirable instrument auquel M. de Prony a donné son nom, c’est le frein qui devra présider aux transactions commerciales, attester les améliorations obtenues, signaler les progrès à venir.
- S’agit-il de mesurer, sans l’interrompre, le travail d’une machine qui fonctionne, d’étudier l’action d’un moteur, la loi d’une résistance, sans isoler l’un de l’autre la résistance et le’moteur, c’est aux dynamomètres que l’on demandera de résoudre ces questions.
- Il n’appartient point au jury de rechercher, dans un indicateur de Watt, dans ùn mécanisme d’Eytelwein, l’origine des dynamomètres nouveaux 5 de dire pour quelle part d’invention M. Poncelet, M. Coriolis, M. Morin ont contribué à la disposition de ces appareils.
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- Mais il est juste de reconnaître qu’en combinant avec ses propres idées celles des ingénieurs habiles que nous venons de citer, M. Morin a transporté dans le domaine de l’application, d’une application journalière, les appareils dynamomélriqueS.
- Il est juste d’ajouter que, par de longues séries d’expériences , M. Morin a, le premier, réalisé tout le parti que l’on pouvait attendre de ces mécanismes ingénieux.
- M. Morin expose trois dynamomètres différents.
- Dans tous les trois, l’effort qu’exerce le moteur est mesuré par la flexion proportionnelle de deux lames d’acier à courbures contraires, telles que M. Poncelet les a proposées.
- Dans le premier des trois appareils, dans le dynamomètre traceur, la flexion des lames marque à chaque instant son empreinte par la trace d’un pinceau ou style sur une bande de papier qui sé meut uniformément en passant d’un cylindre sur un autre. Le second cylindre, celui qui entraîne la feuille de papier, reçoit son mouvement de rotation soit de quelqu’une des pièces de la machine soumise à l’expérience, comme dans l’application au tirage des voitures, soit d’un mécanisme d’horlogerie, comme dans la question du halage des bateaux. Dans les deux cas, M. Morin emploie une fusée pour maintenir uniforme le transport de la bande de papier.
- Un second dynamomètre, que l’on appelle compteur, a pour but d’enregistrer, par le mouvement de plusieürs aiguilles, le nombre de révolutions .d’»me roulette qui s’appuie sur un plateau tournant, et s’écarte plus ou moins du centre de ce plateau, suivant que le ressort est plus ou moins tendu sous l’action du moteur.
- Le nombre de tours de la roulette totalise directement,
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- et pour cîo longs intervalles, les quantités de travail que le dynamomètre traceur permet seulement d’évaluer par portions et pour de moindres durées.
- Le troisième appareil de Ms Morin diffère peu de celui qu’il a employé déjà pour mesurer les frottements des axes de rotation. Fondé sur les mômes principes que les dynamomètres précédents, il s’appliquera aux arbres tournants des machines fixes. On appréciera, sans doute, l’avantage de pouvoir ainsi mesurer avec certitude le travail . qu’une machine donnée développe dans telle ou telle partie d’un grand atelier -, cet avantage évitera bien des contestations dans les usines, où on loue de la force à des^ industries secondaires.
- Le jury, prenant en considération non-seulement les appareils dÿnamométriques de M. Morin, mais les résultats éminemment utiles qu’il en a déduits par de longs et pénibles travaux, décerne à cet officier là médaille d’or. .
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Martin et Reymondon, à Paris, rue Saint-Denis, 3oo.
- M. Martin a présenté un dynamomètre pour voitures, charrues, etc., dont plusieurs disposition s lui appartiennent, et qu’il a lui-même exécuté.
- Ce dynamomètre est à la fois traceur et compteur. La bande de papier dans la première partie de l’appareil, le plateau tournant dans la seconde, reçoivent leur mouvement d’un mécanisme d’horlogerie 5 c’est-à-dire que, dans tous les cas, ce que l’on obtient directement, ce sont les efforts, leur somme totale, ou leur valeur moyenne pour
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- un temps donné. Si le déplacement du moteur est uniforme, on aura bien ainsi la quantité de travail réellement développée, le résultat qu’il importe, avant tout, de connaître j mais si le moteur marche irrégulièrement, s’il est plus ou moins retardé par des obstacles, le dynamomètre compteur, en indiquant l’effort moyen par rapport au temps, n’indique qu’un résultat d’un intérêt secondaire, duquel la somme de travail correspondante ne peut plus se déduire: cette somme, il est vrai, pourrait encore être obtenue alors, à l’aide du dynamomètre traceur, si l’on-ajoutait, ce qui est facile, l’indication des portions d’espace parcourues à chaque instant, des tours de roue par exemple, par des points isolés marqués à la fin de chaque tour entier, sur la bande de papier mobile ; mais il est préférable, toutes les fois que cela est possible, d’obtenir directement la quantité de travail, en faisant diriger par la machine elle-même le mouvement de la bande de papier et celui du plateau tournant.
- Gela est préférable encore en ce sens qu’alors la force no manquera jamais à ces fonctions : or elles no laissent pas d’en exiger, surtout dans l’appareil de M. Martin, où les empreintes se font, non plus par l’extrémité flexible d’un pinceau, mais par une pointe sèche qui presse le papier blanc sur ün papier à calque formant une sorte de doublure; dans cet appareil, où la bande de papier est entraînée, non plus par le cylindre sur lequel elle s’enroule, mais par deux rouleaux entre lesquels elle passe comme dans un laminoir.
- En laissant de côté la question de force nécessaire, l’emploi des deux rouleaux, pour rendre uniforme le transport du papier, a des avantages sur l’emploi de la fusce pour le même objet. La fusée exige que le papier ait une
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- longueur donnée, une épaisseur constante; qu’il soit également pressé, sans plis. Toutes ces conditions peuvent se réaliser avec une exactitude suffisante; mais,avec les rouleaux, on en devient indépendant: il resterait à savoir si, dans la pratique, il n’y aura pas à côté de cet avantage un inconvénient; si le parallélisme, dans le mouvement de la bande de papier, se maintiendra aussi bien que l’unifor-rnilé de ce mouvement.
- Les efforts, dans le dynamomètre de M. Martin , sont mesurés par les doubles lames élastiques de M. Poncelet. Ce qui appartient ici à l’artiste, c’est que les deux lames sont alternativement, l’une retenue par un point fixe, l’autre tirée par le moteur, suivaut que l’action de ce moteur s’exerce dans un sens ou dans le sens contraire. Cette disposition a pour objet spécial de rendre l’instrument propre à mesurer, quand il s’agit de moteurs animés, leur effet pendant le recul ou pendant qu’ils résistent, aussi bien que lorsqu’ils traînent en avançant.
- Dans la portion du mécanisme relative au dynamomètre compteur, on doit signaler une disposition ingénieuse qui enregistre à part les effets du recul et ceux de la marche directe. Mais, il faut le dire, ces effets de recul sont peu importants à constater.
- Quant au mouvement d’horlogerie, c’est un véritable mouvement chronométrique, réglé par un échappement à force constante. Un ressort additionnel s’arme à chaque, levée, se règle par la résistance d’un petit volant, et rend uniforme, pendant chaque oscillation du balancier, le mouvement du plateau C’est un genre d’effet connu, qui se trouve, par exemple, dans l’équatorial de M. Gambey.
- En résumé, l’appareil de M. Martin est plein de détails
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- bien entendus, d’une parfaite exécution. Sans approuver toujours le choix des difficultés, on voit avec un vif intérêt l’ingénieuse persévérance que l’artiste a mise à les vaincre.
- M. Martin expose, en outre, un tour à fileter d’une disposition simple et solide, avec lequel on peut obtenir, à l’aide d’un burin , un pas de vis quelconque, à partir des plus faibles inclinaisons.
- Le jury décerne à M. Martin, pour l’ensemble des instruments qu’il a exécutés, une médaille d’argent.
- M. J. Wagner, neveu, à Paris, rue Montmartre, ii 8.
- Whilc a donné un moyen très-ingénieux de mesurer l’effort exercé sur un arbre tournant. Ce moyen consiste à transmettre, par un double engrenage conique, l’action motrice de la partie de l’arbre menée directement, à la partie qui entraîne la résistance. Cet engrenage a, en môme temps, pour effet, d’incliner une tringle qui porte à son extrémité inférieure un poids, jusqu’à ce que ce poids fasse équilibre au moteur.
- M. Wagner a combiné celte idée avec le mouvement continu d’un papier pour obtenir la quantité de travail développée.
- La tige, qui s’incline, fait avancer, d’une quantité proportionnelle à l’effort moteur, un style qui marque son empreinte sur un cylindre tournant, recouvert de papier, ctconduit par la machine. On a donc ainsi la force et l’espace, les éléments du travail. '
- Le poids soulevé joue le rôle du ressort interposé dans les dynamomètres prêeéden ts.
- Cette disposition est très suscqdible d’applications utiles.
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- M. Wagner, qui n’a exposé qu’un modèle, reçoit pour l’eusejnble de ses travaux, comme horloger, une médaille d’argent.
- Grandes balances.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Rollé et Schwilgué, à Grafïenslaciton (Bas-Rhin).
- MM. Rollé et Schwilgué ont obtenu, en 1827 et en 1834, une médaille d’argent pour l’ensemble de leur exposition ; ils reproduisent, cette année, les mêmes objets, parmi lesquels on remarque leurs balances-bascules, système de Quintcnz, dont l’exécution est excellente, et dont l’emploi est devenu si commun dans l’industrie. ''
- La fabrication de MM. Rollé et Schwilgué mérite le rappel de la médaille d’argent qui lui a été déjà deux fpis décernée.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Sagjnieh, à Montpellier (Hérault).
- M. Sagnicr est cessionnaire du brevet de M. Paret pour la construction de balances-bascules romaines ; il expose - aussi de petites romaines oscillantes à double crochet : elles sont très-exactes. M. Sagnier occupe un grand nombre d’ouvriers j ses produits sont répandus dans tout le midi de la France.
- Un rapport favorable a été fait, il y a dix ans, à l’Institut, sur les balances-bascules de M. Sagnier $ elles paraissent cependant celte anuée, à l’exposition, pour la première fois, perfectionnées en quelques points.
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- Dans la balance de Quintenz, deux tiges attachées au même bras du fléau supportent l'une directement, l'autre par l’intermédiaire d’un triangle armé de deux couteaux ; les deux extrémités du tablier. Dans la balance de M. Sa-gnier, dont le système est celui des ponts à bascule, une seule lige suspendue au fléau élève ou abaisse à la fois, par un mécanisme articulé, les quatre couteaux sur lesquels repose le tablier en forme de rectangle. La multiplicité des articulations est plutôt une garantie de durée qu’une cause d’altération. Par là les tiraillements se trouvent répartis et atténués. Des épreuves qui vont se faire dans plusieurs de nos ports achèveront, au reste, de faire connaître, ce qui, selon nous, n’est pas douteux, si la balance de M. Sa-gnier conserve longtemps toute sa sensibilité.
- La tare se fait à .l’aide d’un poids régulateur qui s’avance à vis le long du petit bras du fléau. Celte tare établie une fois par l’acheteur lui-même, le poids se fixe par une vis de pression, et il serait alors difficile de le déplacer sans être aperçu. Ce moyen ne semble donc pas se prêter à la fraude. Il serait bon, toutefois, que le poids ne pût éprouver que de très petits déplacements, dans les limites des altérations accidentelles de la balance, dé même qu’on ne tolère, dans les balances de Quintenz, qu’une lare très-faible en poids additionnels.
- Quant à l’emploi du système de la romaine oscillante et des poids constants substitués au plateau fixe et aux poids variables, M. Sagnier a rendu plus précise, à l’aide d’une petite chape glissant à frottement et qui soutient le poids curseur sur un couteau , la détermination de la distance de ce poids au centre de suspension.
- Le grand bras de la romaine porte à son extrémité un étrier qui ne peut pas s’enlever. Sur cet étrier se placent
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- des poids constants pour les fortes pesées, puis on achève d’établir l’équilibre à l’aide du poids curseur. Ce mode de pesage est certainement d’un emploi très-facile.
- Le jury décerne, cette année, aux balances de M. Sa-gnier, une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. Zimmer, à Paris, rue Pierre-Levée, io bis.
- M. Zimmer expose des balances-bascules du système de Quintenz; la seule modification essentielle qu’il apporte consiste en ce que le couteau de suspension du fléau, au lieu de reposer sur un coussinet fixe, est supporté par une chape mobile elle-même sur un autre couteau. M. Zimmer a pensé remédier par là aux erreurs qui résultent de la non-horizontalité du plan sur lequel la balance est placée; mais cette rectification n’est obtenue qu’en partie. En inclinant le plan inférieur, en altère les relations qui doivent exister entre les tringles de suspension et le triangle qui soutient le tablier; il faut toujours que la balance, pour être parfaitement juste, repose sur un plan de niveau. Toutefois, comme alors la balance de M. Zimmer, d’ailleurs, bien construite, se trouve dans de bonnes conditions, le jury accorde à ce fabricant une mention honorable.
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- CITATIONS.
- M. JuNOT, à Paris, rue Ménilmontant, 94* '
- M. Junot a exposé un pont-bascule d’une construction
- T. 11. 17
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- solide; la disposition, du reste, n’offre rien de nouveau. M. Junot exécule aussi des balances, système Quintenz, entièrement en fonte et tôle; dans quelques-unes, il place le centre du mouvement entre les deux tringles de suspension.
- Le jury accorde à M. Junot une citation honorable.
- Mesures de capacité.
- M. Frèche, à Paris, rue des Récollets, 12.
- M. Frèchc expose un assortiment de mesures de capacité en tôle vernie, recouvertes extérieurement en .noyer. Ces mesures, solides et à bon marché, peuvent être étalonnées avec beaucoup de précision.
- Le jury accorde une citation à M. Frèchc.
- § 2. BALANCES DE PRECISION ET INSTRUMENTS DE
- PHYSIQUE DIVERS. c .
- i ' ' * / *
- MÉDAILLES B’ARGENT.
- M. Ernst, à Paris., rue de Lille, 11.
- i
- Tous les ouvrages de M. Ernst se font remarquer par une excellente exécution.
- Il expose une balance dans laquelle, en donnant au fléau la forme de cônes creux opposés par leur base, il a rendu cette partie de l’appareil capable d’une grande résistance sans diminuer sa légèreté. Il a pu étendre ainsi les limites des poids auxquels sa balance est applicable.
- M. Ernst présente encore line machine pneumatique
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- de la plus grande dimension, remarquable en ce qu’il substitue aux soupapes d’épuisement un système de robinets. Il résulte de là que l’air intérieur très-dilaté n’a plus à soulever, pour s’introduire dans le corps de pompe, le poids des petites soupapes. Cette machine n’a point encore reçu, en devenant usuelle, l’épreuve d’une longue expérience.
- Enfin M. Ernst expose pour la première fois un instrument bien connu dont l’invention lui est commune avec M. Oppikoffer, auquel cependant paraît appartenir l’idée principale. Cet instrument, nommé planimètre, et basé sur le roulement d’une surface conique, a pour objet l’évaluation des portions de surfaces planes terminées par des lignes droites ou courbes. C’est, sans aucun doute, de tous les instruments imaginés dans ce but, le plus ingénieux et le plus exact ; l’exécution ne laisse rien à désirer. Ces différents instruments, le dernier surtout, ont valu à l’auteur départager, en 1836 , un second prix de mécanique à l’Académie des sciences.
- L’exposition de M. Ernst renferme aussi des baromètres où les différents systèmes connus sont modifiés et combinés d’une manière nouvelle.
- M. Ernst est un artiste très-habile ; sa fabrication n’a pas encore une grande étendue.
- Le jury lui décerne, pour l’invention comme pour le
- travail de main, une médaille d’argent.
- %
- M. Deleuil, à Paris, rixe Dauphine, 22 et 24.
- M. Deleuil a exposé une grande balance de précision -, elle permet de comparer des poids beaucoup plus considérables que ceux dont les appareils du même genre construits jusqu’ici peuvent être chargés. Les deux plateaux portant chacun un poids de o kil., l’addition d’un milligramme dans
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- l’un des plateaux a été parfaitement appréciable. M. De-leuil avait besoin d’une grande stabilité *, une forte table en fonte soutient sa balance; il a remplace, avec raison, par un plan unique, les deux plans d’agate sur lesquels vient s’appuyer ordinairement le couteau principal, quand l’instrument est en expérience ; parla disparait la difficulté d’ajustement de ces plans. Cette balance, qui rentre dans la classe des appareils par lesquels un artiste cherche à se faire remarquer plutôt que dans la classe des appareils d’un usage ordinaire, pourrait trouver une application utile dans la comparaison de quelques étalons. Mais M. Deleuil expose aussi des balances de précision telles que les emploient ordinairement les physiciens et les chimistes ; leur exactitude a été bien éprouvée.
- M. Deleuil a donné à sa fabrication d’instrumenls dé physique une grande activité. Dans ce genre d’appareils et dans les limites de fini que nécessite leur usage, limites qu’il ne faut pas dépasser pour ne point élever inutilement les prix, M. Deleuil expose des machines pneumatiques où l’on remarque une disposition de robinets servant à passer facilement dù double épuisement à l’épuisement simple introduit par M. Babiiiet. Celte disposition se trouve aussi dans les machines d’un autre exposant, M. Breton.
- M. Deleuil présente également des microscopes simples ou composés. C’est principalement vers les appareils le plus communément utiles qu’il dirigé sa fabrication.
- Enfin M. Deleuil construit et il expose le grand appareil par lequel M. Thilorier a réalisé l’admirable expérience de la solidification de l’acide carbonique.
- Le jury décerne à M. Deleuil, comme récompense de ses efforts, la médaille d’argent.
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Lecomte, à Paris, rue des Fossés-Saint-Jacques, 12.
- M. Lecomte, formé à l’école du grand artiste Fortin, exécute très-habilement, et à des prix peu élevés, des balances d’essai dont la précision et la durée sont bien connues. Un grand nombre se trouve dans les laboratoires de Paris : c’est pour M. Lecomte une fabrication toute spéciale.
- Le jury accorde à M. Lecomte une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Breton, à Paris, rue Seryandoni, 4-
- M. Breton expose une balance d’une bonne exécution, éprouvée déjà dans la pratique pard’babiles chimistes.
- Sa machine pneumatique présente l’addition, qu’il a introduite depuis plusieurs années , d’un robinet réunissant très - simplement les fonctions ordinaires de la machine à celles de l’épuisement simple.
- On sait combien les index des thermomètres de Bellani à maximum et minimum sont sujets à se déranger. M. Breton place ses index en dehors du tube, où se meut la colonne de mercure qui recouvre l’acool. Les index marchent le long d’un fil métallique tendu verticalement, l’un dans un sens, l’autre dans le sens contraire, conduits par une petite fourchette que le mercure soulève ou laisse retomber. Chacun d’eux ne peut être entraîné que dans une seule direction. C’est un instrument nouveau -, les frottements et l’altération du mercure au contact de l’air semblent devoir offrir de graves inconvénients.
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- M. Breton expose encore une petite pile à spirales dans laquelle il a simplifié la disposition des communicateurs.
- Le jury accorde à M. Breton, pour l’ensemble de ses produits, une mention honorable.
- M. Bill an t, à Paris, rue Saint-Jacques, 3o.
- Cet artiste ingénieux a exposé une des ces petites machines électro-magnétiques à rotation qui agissent, comme on le sait, avec tant d’énergie sur le corps humain ; M. Billant a perfectionné, eh plusieurs points , le modèle anglais de Clarke.* Ses aimants ont une grande énergie^ L’ajustement et l’exécution d’un mécanisme délicat montrent assez ce que M. Billant est capable de faire.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- i .
- M. Desbordes,à Paris, rue Ménilmontant, 3,
- M.Desbordes expose des produits variés à des prix très-pèu élevés $ des modèles de machines à vapeur oscillantes, de presses hydrauliques ; des manomètres en usage dans beaucoup d’usines ; des instruments pour la levée des plans disposés de manière à se renfermer dans un petit volume ; des appareils de physique, entre autres des machines pneumatiques à très-bas prix, enfin des compas.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. Chemin, à Paris, rue de la Ferronnerie, 4*
- M. Chemin présenté des balances de précision pour de petits poids, mais à des prix élevés.
- On remarque aussi, dans Son exposition, une balance-romaine destinée à évaluer lé poids d’un volume donné
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- de grain. Une trémie laisse tomber le grain régulièrement de manière à ce qu’il se tasse avec uniformité dans le vase où on le pèse. Celte disposition apppartient à M. Busclie. Le jury accorde à M. Chemin une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
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- M. Loiseauà Paris, rue Michel-le-Comte, 31.
- Le jury accorde une citation à M. Loiseau pour divers instruments de physique, des machines pneumatiques, une sirène, etc.]
- M. Biet, à Paris,'passage du Grand-Cerf,
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- M. Biet a présenté des modèles de pompes ordinaires $ des machines pneumatiques : dans l’une d’elles, il place les deux corps de pompe l’un au-dessus de l’autre pour lier les deux pistons par une même tige que conduit un va-et-vient. Cette disposition ne semble pas devoir être préférée à la disposition commune.
- Citation honorable.
- M, Bourbouze, à Paris, rue delà Harpe, 91;
- Pile dé Neef f thermomètre métallique.
- Citation honorable.
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- § 3. BAROMÈTRES, THERMOMETRES, INSTRUMENTS DIVISÉS SUR VERRE, AREOMETRES.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Bunten, à Paris, quai Pelletier, 3o.
- Toutes les personnes qui s’occupent d’observations météorologiques connaissent le baromètre portatif à siphon de M. Bunten. Il n’est pas parti, de France, une seule expédition scientifique qui ne se soit munie de plusieurs de ces instruments aussi légers qu’exacts.
- M. Bunten a encore apporté des perfectionnements au baromètre à cuvette ordinaire, et récemment il a imaginé un nouveau baromètre à cuvette presque aussi léger que le baromôtro à siphon. Le tube barométrique, dans cette nouvelle disposition, se termine, à sa partie inférieure, par une pointe effilée à la lampe, et un trou capillaire. Sur le même tube, un peu plus haut, est ajustée une virole d’acier portant la pointe d’ivoire ; cette virole se visse à la garniture, également en acier, d’un cylindre de verre plus large formant cuvette, et à moitié rempli de mercure, dans lequel le tube barométrique vient plonger. La cuvette peut donc se séparer entièrement de la branche où se fait le vide ; on la nettoie, on renouvelle le mercure, sans que l’air puisse . rentrer dans le tube barométrique.
- ' Yeut-on disposer l’instrument pour une observation, il suffit de dévisser la cuvette jusqu’à ce que la pointe d’ivoire affleure le mercure.
- La division tracée sur le verre même est très-nette, et porte un vernier curseur, glissant à frottement.
- Indépendamment de l’usage facile de cet instrument,
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- propre aux observations les plus exactes, le bas prix auquel M. Bunten peut le livrer est remarquable.
- M. Bunten a construit, pour l’expédition au pôle-nord, un sympiézomètre, des thermomètres à maximum et à minimum semblables à ceux- qu’il expose.
- Un simple ajustement qui fixe moins l’attention que des instruments entiers, mais qui-a bien son utilité, particu- , lièrement dans la construction des manomètres, est celui par lequel M. Bunten attache un tube de verre à un tuyau de plomb, de riianièrc à leur permettre encore de tourner l’un dans l’autre sans donner passage à l’air. Il suffit, pour cela, de pratiquer à la lampe un étranglement près de fextrémité du tube, et, après l’avoir garni d’un peu de craie huilée, de serrer tout autour avec une pince le bout du tuyau de plomb.
- Le jury rappelle à M. Bunten la médaille d’argent qui lui a été décernée en 1834 ; il s’est acquis de nouveaux titres à cetté distinction.
- M. Colardeau-Duheaume, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, 56.
- M. Colardeau-Duheaume est bien connu pour l’exactitude de ses thermomètres, de ses baromètres, de ses aréomètres ; il expose, cette année, une petite balance simple, légère et pourtant solide. Un losange de fils tendus donne de la résistance au fléau ; un poids curseur sert aux pesées; des règles parallaetiques permettent de vérifier,, avec beaucoup de précision, l’horizontalité de l’axe, et la distance du petit poids au centre de suspension. {
- Le jury vote à M. Colardeau-Duheaume,. pour l’ensemble de sa fabrication, le rappel de la médaille d’argent qu’il a obtenue en 1834.
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- MENTION HONORABLE.
- M. Bodeur, àParis, place Dauphine, 2 et 4-
- M. Bodeur exécute, avec beaucoup d’habileté, tous les ouvrages qui se font à la lampe d’émailleur.
- Il a présenté, pour remplacer le baromètre ordinaire, deux instruments qu’il nomme barothermomètres. Le premier est un thermomètre à air, dont le tube est plié en cercle. L’appareil mobile sur un axe horizontal tourne de manière à ce que l’index de mercure occupe toujours la partie la plus basse de la circonférence du tube. La différence entre les indications de ce thermomètre, réglé pour une pression constante, et celles d’un thermomètre ordinaire à mercure que porte le pied, fait connaître la pression barométrique, toutefois avec une correction de calcul, qu’on atténue en donnant un grand volume à la boule -, mais cela suppose que les deux thermomètres ont bien la même température. Le frottement sur l’axe, le frottement de l’index dans le tube, un défaut d’équilibre, sont autant de causes d’inexactitude dans cet instrument, d’ailleurs ingénieusement disposé, et dont les divisions peuvent être grandes, mais qui doit être soumis à de faciles altérations.
- L’autre instrument de M. Bodeur, également fondé sur la différence entre deux indications thermométriques, est un véritable manomètre. La petitesse de la boule où le gaz est contenu nécessite une correction de calcul que ne donne pas l’échelle. La sensibilité est moindre que celle du baromètre ordinaire, et l’adhérence du mercure dans le tube doit rendre les résultats incertains. Toutefois, à cause de sa
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- légèreté, et entre les mains de personnes qui sauront en discuter les erreurs, cet instrument peut recevoir quelques applications.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Bodeur.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Leroy,à Paris, rue cies Fossés-Saint-Ger-main-l’Auxerrois, 29.
- M. Leroy mérite une citation favorable pour ses aréomètres.
- M. Dinocourt, à Paris, rue du Petit-Pont, 20.
- . - * . -\
- Le jury accorde une citation favorable à M. Dinocourt pour ses aréomètres, et particulièrement pour ses divisions tracées en émail opaque et en or.
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- M. Danger, à Paris, rue Saint-Jacques, 248.
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- Citation favorable pour ses divisions sur verre.
- M. Huette, à Paris, quai de l’Horloge, 7 5.
- M. Huette expose des baromètres marins, pour lesquels lé jury lui accorde une citation favorable.
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- Lunettes astronomiques, terrestres, microscopes, etc.
- ' § 4. OPTIQUE.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MM. Lerebours père et fils, à Paris, place clu Pont-Neuf.
- C’est une industrie pleine de dévouement que celle de nos grands opticiens. On ne sait pas généralement par combien d’essais souvent infructueux il leur faut passer pour conduire au degré de perfection qu’eux-mêmes nous ont donné le droit d’exiger ces larges objectifs désormais indispensables à tout observatoire national jaloux de se maintenir au niveau des connaissances acquises.
- Aussi, bien que l’exposition de 1839 ne présente pas, en objets complètement terminés, des résultats égaux à ceux des expositions précédentes, le jury croit devoir donner de hautes marques d’estime aux artistes qui, comme MM. Lerebours, n’ont pas un instant discontinué leurs efforts, et nous ont mis à même d’en apprécier encore une fois le succès.
- MM. Lerebours exposent des objectifs de,4, 6, 9, 10 et 12 pouces; le dernier, le plus grand, n’est pas encore assez travaillé pour qu’on puisse le soumettre à des épreuves délicates ; celui de 9 pouces l’est suffisamment pour que, dans une position défavorable de Saturne, peu élevé sur l’horizon, et par un ciel médiocrement beau, nous ayons pu distinguer trois satellites très-petits, et suivre le double anneau très-près de la planète. Le champ ne présente point de traces de ces lueurs-blanchâtres qui dépendent delà matière elle-même; les images n’ont peut-
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- être pas encore toute la netteté désirable, et ne sont pas entièrement exemptes de couleurs, môme lorsqu’on rétrécit uu peu l’ouverture de l’objectif > mais ce sont là des défauts qui tiennentaux courbures et qu’un dernier travail achèvera de faire disparaître.
- Des deux objectifs dé 6 pouces, il y en a un qui, dès à présent, avec son ouverture entière, a donné de très-bons effets, des effets supérieurs à ceux d’une lunette de même dimension appartenant actuellement à l’observatoire ; il peut être regardé comme excellent.
- Il est juste de mentionner ici un objectif de MM. Lere-bours, quia déjà figuré dans une exposition précédente. Cet objectif a 12 pouces de diamètre -, mais là lumière, venant des bords, altérait la pureté des images. Quelle que fût la cause de cette altération, après avoir essayé, par de dispendieux travaux, de la faire disparaître, M. Lerebours a tranché la question en réduisant à 10 pouces 1/4 d’ouverture son objectif, qui maintenant offre, sous de très-forts grossissements, des images d’une remarquable netteté, sans nuages dans le reste du champ.
- Il y a quelque courage à avoir pris ce parti ; car, avec son ouverture entière de 12 pouces, cette lunette, sauf une lueur étrangère distincte de l’image, était peut-être, quant aux contours des objets, la plus nette qui ait été présentée à l’observatoire.
- Au reste, maintenant que les deux espèces de verre qui composent un objectif peuvent être obtenues par M. Gui-nand avec certitude de succès, un grand obstacle à la perfection des lunettes se trouve levé : c’est aux procédés, pour le travail des surfaces, à se perfectionner à leur tour. Sans doute, pour donner le dernier poli aux verres sans altérer les courbures, il faudra revenir à d’anciens mécanismes
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- d’origine française, transportés et appliqués plus tard à l’étranger. En le disant, nous savons que nos artistes sen« tent mieux que personne celte nécessité, et sont tout disposés à entrer dans cette voie.
- MM. Lerebours exposent encore un pied de grande lunette où un système d’engrenages remplace les chaînes et les contre-poids ordinaires -, des pieds parallactiques, enfin divers appareils de physique, entre autres des microscopes d’un prix peu élevé et d’une grande perfection.
- Le jury décerne à MM. Lerebours père et fils le rappel de la médaille d’or qu’ils ont tant de fois obtenue, et qu’ils n’ont pas cessé de mériter.
- M. Rossin, à Paris, me du Bac, i.
- M. Rossin succède à M. Cauchoix, à l’un des opticiens français auxquels l’Angleterre et l’Amérique sont venues demander la plupart des grandes limettes qui ornent leurs observatoires. M. Rossin, en exposant deux objectifs, l’un de 13, l’autre de 12 pouces, annonce assez l’intention • de soutenir l’héritage qu’il a recueilli. Nous regrettons que le travail de ces grands verres ne soit point assez avancé pour qu’il ait été possible de savoir, au moins par quelques essais, quelles espérances on peut en concevoir.
- M. Rossin a présenté, entre autres objets d’une moindre importance, une lunette dialytiquc de 4 pouces d’ouverture. On sait que la disposition de ces lunettes a pour objet de réduire à de petites dimensions un des deux verres qui composent l’objectif, par conséquent de réduire, dans une proportion semblable,le prixélevé des grands instrumetits. Ce serait une conquête sur une industrie étrangère. M. Plùsslj de "Vienne, est en possession de construire,
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- avec beaucoup de succès, ce genre de lunettes. Malheureusement le travail de M. Rossin n’est pas terminé.
- Dans de plus petites dimensions, M. Rossin a exécuté et livré de très-bonnes lunettes dialy tiques, où il emploie au lieu de flint, comme compensation d’achromatisme, une lentille de cristal de roche. Cela est ici d’autant plus applicable que les dimensions de celte dernière lentille sont moindres dans le système dont il est question.
- Le jury accorde à M. Rossin le rappel de la médaille d’or.
- M. Ch. Chevalier, à Paris, rue Neuve-cles-Bons-Enfants , i.
- M. Ch. Chevalier reproduit d’abord, exécutés avec la même perfection, les microscopes achromatiques qui lui Ont mérité, en 1834, la plus haute distinction; il les reproduit, de différentes grandeurs, avec tous les mouvements, on pourrait dire toutes les transformations qui en rendent l’application facile aux divers genres de recherches, aux états différents des corps soumis à l’observation.
- . Indépendanmient,d’un grand nombre d’appareils connus, M. Ch. Chevalier présente encore des instruments dont le principe ou l’objet est aü moins en partie nouveau.
- Il en est ainsi d’une lunette inicromètrique où le micromètre extérieur à la lunette est tout simplement un cadre de verre dépoli portant un réseau de lignes noires. Ce cadre est fixe perpendiculairement au tuyau dans le voisinage de l’objectif. L’oculaire de la lunette est prismatique, et l’image des objets éloignés, sortant du prisme, traverse,' pour arriver à l’œil, une petite ouverture circulaire pratiquée dans un miroir incliné qui réfléchit en même temps, ' vers l’observateur, les raies tracées sur le ‘cadre de verre.
- La rétine superpose ainsi les deux images. C’est priucipa-
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- lement pour déterminer à la fois( la position d’un grand nombre d'objets voisins, que ce genre de micromètre peut être utile j néanmoins il s’applique aussi à la mesure des grossissements, des distauces pour les objets terrestres. Nous préférerions, ce qui revient exactement au même quant à l’effet, que la vision de l’objet éloigné se fit directement à travers la lunette (on facilite ainsi tout au moins la recherche de l’objet)., et que les raies du cadre micrométrique que l’on peut éclairer à volonté parvinssent à l’œil par une double réflexion. Il faut ajouter qu’Herschel le père, que Schrôler, quand ils dessinaient la carte de la lune, se servaient l’un et l’autre d’un moyen ^analogue ; le cadre était placé de même, seulement on employait, pour superposer les deux images, les deux yeux à la fois, l’un applique à la lunette, l’autre en dehors, dirigé vers les divisions, exactement comme on le fait quand on mesure à l’œil nu des grossissements médiocres.
- Un autre.essai de M. Ch. Chevalier a plus d’importance : il s’agit d’une lunette, désignée sous le nom de télescope dioptrique, contenant, outre l’objectif ordinaire, un second objectif situé entre le premier et l’oculaire, comme le flint dans les lunettes dialy tiques.
- On pourrait croire au premier coup d’œil que la lunette de M. Ch. Chevalier est une lunette dialytique, et pourtant il n’en est rien. Dans les lunettes que nous venons de citer, l’objectif extérieur et le verre intermédiaire sont l’un et l’autre simples, destinés à détruire à la fois la coloration et la confusion des images ; on économise de la matière et du travail : dans le système de M. Chevalier on n’économise rien Au tout j l’objectif et le verre intérieur sont l’un et l’autre doubles et achromatiques séparément $ mais on se donne de nouveaux moyens d’arriver à une perfection
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- plus grande : on se donne une indétermination de courbures et de distances dont il est possible de profiler pour obtenir des images plus nettes et plus pures. On perd, il est vrai, quelque chose en clarté ; mais, toute compensation faite, il y aura probablement encore avantage, dans certains cas. Des images nettes, quoique affaiblies, se distinguent encore, lorsque des objets plus éclairés, mais confus, échappent à l’œil. La lunette ne nous a été présentée que comme l’essai d’un principe; toutefois, avec un grossissement de deux cents fois environ, l’effet en a été satisfaisant.
- Lejury rappelle à M. Ch. Chevalier la médaille d’or qu’il a obtenue en 1834.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Buron, à Paris, me des Trois-Pavillons,
- io. ,
- M. Buron adopte les combinaisons de lentilles ordinairement en usage, dans ses lunettes principalement destinées aux marins ; il s’est attaché à leur donner le plus de champ et dé lumière qu’il est possible; il joint à chaque objectif une série d’oculaires dont la force croît graduellement ; pour chaque oculaire, le champ et le grossissement sont indiqués avec une exactitude que nous avons . été à même de vérifier.
- ( ' „ 1 ;
- Il n’y a, en principe, rien de nouveau ; mais tout est
- bien exécuté. Tout se fabrique chez M. Buron, verres et moutures; il emploie de 75 à 80 ouvriers dans ses atc-
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- T. II.
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- liers j que conduit une machine à vapeur. Plus de la moitié de ses produits s’exporte > et cette branche d’exportation ^ nous en avons acquis la preuve, déjàconsidé-rablej augmente de jour en jour. Une tèes-grànde partie des lunettes qui se vendent comme, lunettes anglaisés soit en France, soit aü dehors, sortent de la fabrique de M. Baron. Un reste de préjugé, qui disparaîtra sans dbute quand un plus grand nombre de personnes sauront juger par elles-mêmes la bonté de l’instrument qu’elles achètent, force encore souvent le commerce de détail à frapper d’un cachet étranger des produits nationaux. M; Buron ne prerid aucune part à ces moyens d’achalandage, dont il tt’a pas besoin pour mériter la confiance.
- Le jury décerne à la fabrication de M. Buron, doublement importante par la bonne qualité des objets et la réduction des prix , une nouvelle médaille d’argent.
- RAPPEL DE MEDAILLE D’ARGENT.
- M, Vincent Chevalier, à Paris, quai de l’Horloge, 69.
- M. Chevalier père est un des premiers qui soient entrés dans la voie du perfectionnement dès microscopes 5 il a coîilinué à les construire avec la même habileté. Tous les instruments d’optique qu’il expose sont bien exécutés.
- Le jury lui rappelle de nouveau la médaille d’argent qu’il a obtenue pour la première fois en 1827.
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- RAPPEL DE MEDAILLE DE BRONZE.
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- M. Kruïtnes , à Paris, quai de l’Horloge,
- 6ï bis.
- M; Krüînés présente dés microscopes d’un prix rnèdêré, des chambrés claires, des pàritbgraphesetquelqüesihstru-ment s de topographie. . ..
- Le jury lui rappelle là indédaille db bronzé qu’ilat obtenue eh 1834.
- MENTIONS HONORABLES.
- . Soleil fils, à Paris, rue de FOdeon, 35*
- M. Soleil fils est du nombre des artistes qui construi-sent avec intelligence, avec précision, et,à.des 'prix peu élevés, soit les appareils- d’op tiqué nécessaires dans les cours publics, soit les appareils nouveaux qu’exigent les expériences du même genre que les physiciens imaginent et entreprennent sans cesse.
- M. Soleil fils rend, sous ce rapport, de grands services à la science; il mérite une ineUlion honorable, qu’il a déjà obtenue en 1834. ,
- M. Delaborne, à Paris, iuie St-Honoré, 272. M. Delaborne est un physicien habile et instruit; il
- • -'-.-I' JKi'' i-rr- -
- s’est même fait connaître, il y a longtemps, par la découverte de plusieurs faits nouveaux relatifs au magnétisme et, à,l’électricité.. Il expose, celte anpée, dc; très -petites lune lies, re marquabl es pa r.. cette .petitesse, ; mais en- même
- - - / M * 1
- T. H.
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- temps remarquables par la netteté des images. M. Delà-borne obtient cette netteté par une combinaison de verres différente de celle que l’on emploie ordinairement: chacun des quatre verres de ses oculaires terrestres, pris isolément, est double, se compose, comme l’objectif, d’un crown et d’un flint; de là résulte une grande indétermination dont on peut se. servir avec avantage pour détruire les deux aberrations. Une de ces petites lunettes, d’un centimètre d’ouverture tout.au plus, a supporté, sur une longueur d’environ un décimètre et demi, des grossissements d’une quinzaine de fois, sans trop affaiblir, à la distance d’une lieue, les images d’objets qui ne se projetaient pas sur le ciel. Il reste pourtant à désirer dans ces instruments, qui tiennent dans la main, plus de lumière, c’est-à-dire un peu plus d’ouverture ; mais la netteté, qui nous parait toujours la première qualité d’une lunette, est ici remarquable.
- Le foyer de l’objectif étant très-court, l’instrument peut s’allonger assez pour montrer agrandis des objets très-voisins, et servir, ainsi de microscope.
- M. Delaborne a un petit atelier, et il exécute lui-même ses lentilles. Le jury lui accorde une mention honorable.
- CITATION.
- M. Bourgogne, pour des préparations d’objets microscopiques.
- Phares.
- / I
- A côlédes grandes lunettes astronomiques, viennent se. placer les grands appareils lenticulaires desiinés aux phares:
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- création moderne d’un de nos plus illustres physiciens, deFresnel.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. François , gendre et successeur de M. Soleil, à Paris, rue St-Honoré, i56.
- M. François a exposé des lentilles à éléments annulaires concentriques, et un petit appareil catadioptrique.
- Les lentilles ont paru égales, sinon.supérieures à «ce que l’établissement deM. Soleil père a produit de mieux en ce genre.
- M. François a dû renouveler, dans un meilleur système, toutes les machines usées de rétablissement de son beau-père, et c’est après beaucoup d’efforts et de sacrifices de sa part que Pou a pu résoudre, à Saint-Gobain, le problème du coulage et du recuit des grandes pièces de verre destinées aux éléments d’un phare du premier ordre à feu fixe. A l’exemple de M. Henry, et d’après les observations de M. L. Fresnel, M. François donne à ces éléments une surface annulaire au lieu d’un contour polygonal.
- Le jury rappelle à M. François la médaille d’argent accordée depuis plusieurs expositions à M. Soleil père.
- MÉDAILLE D’ARGENT D’ENSEMBLE.
- M. Henry, à Paris, rue Saint-Honoré, 247.
- /
- M. Henry a exécuté un phare du premier ordre à feu
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- fixe, à éléments annulaires,. Jl a, le premier, complètement réussi à l’aide de machines qui lui sont propres ; le succès a tenu particulièrement à l’heureuse idée de tailler le manchon central par huitièmes, au moyen d’un mécanisme trèsHpmpIe qui exécute mouvements circulaires dans des directions rectangulaires entre elles. M- L. Fresnel, qui a bien voulu nous communiquer ces renseignements, a reconnu, par des mesures photométriques, que l’éclat transmis par là surface annulaire, dans tous ses méridiens , est au moins égal à Véclat maximum transmis dans 32 azimuts seulement par les anciens phares polygonaux. Quant à l’effet total, |[. Fresnel trouye qu'il est augmenté dans; la proportion de 4 à 5, résultaj; d’upp haute importance.
- M. Henry serait très-digne, pour ce seul travçù!, d’une médaille d’argent, qui lui est d’ailleurs décernée pour ses pièces de haute horlogerie, et les notables perfectionnements apportés par lui au mécanisme destiné à élever l’huile aux becs concentriques des lampes de nos phares. M. Fresnel déclare que, sous pe rapport, le mécanisme de M. Henry ne laisse rien à désirer.
- § 5. INSTRUMENTS DIVISES.
- Instruments de géodésie, de topographie, de perspective, etc.
- Nous ne pouy.qns, ainsi qu’en 1834, commencer à parler des instruments divisés sans exprimer le regret de n’avoir point vu figurer à l’exposition quelque ouvrage sorti des mains de notre célèbre artiste, de M. Gambey. Mais, plus heureux qu’en 1834, nous pouvons dire que
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- M. Gambe}? termine, en ce moments pour l’observatoire dp Paris, un cercle mural semblable, quant aux dîmen-r sions, au çerple de Fprtin.Kouspouvons dire que ce grand instrument devait figurer au premier rang parmi les pyor duits de l’industrie française, et personne ne doutera de nps paroles quand nous .ajouterons qu’il est digne de la réputation acquise à M. Gambey partout où les sciences comptent quelques amis. -
- 1 . • • • •
- MÉDAILLE D’ARGENT.
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- / . ,
- • M. BRUNNERjàParis, rue des Bernardins, 34.
- Le cercle répétiteur que M. Brunner a exposé est de tout point un magnifique instrument. Quant à la disposition générale, les poids des différentes parties sont parfaitement équilibrés, leurs mouvements faciles, les axes biçn centrés et maintenus solidement. Quant à l’exécution, les arêtes sont vives et franches, les surfaces bien dressées; la division, enfin, que nous, avons vérifiée sur plusieurs points du limbe, nous a semblé ne pas offrir d’erreur qui atteignît deux parties, du vernier, c’est-à-dire 10 secondes. La lunette supérieure est inunie, pour les observations du soleil, d’un oculaire prismatique. A peine regrette-t-qn, dans un si bel instrument, que le limbe azimutal ne porte point, comme le limbe supérieur, au lieu d’une alidade, un cercle concentrique à la division, de manière a réunir, .à des degrés égaux,, les avantages du cercle répétiteur, et ceux du théor, dolite, \ ’
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- M. Brunner s’est fait une grande et belle machine à diviser; des divisions tracées sur un limbe qui fait partie de la machine même, vues avec un microscope grossissant de vingt-cinq à trente fois, nous ont semblé d’une parfaite régularité.
- M. Brunner promet un artiste aussi intelligent qu’habile, connaissant bien les procédés des artistes allemands et capable de perfectionner ce qu’il emprunte à d’autres.
- Lé jury décerne à M. Brunner, qui expose pour la première fois une médaille d’argent, c’est-à-dire la plus haute récompense après celle qu’il est juste de réserver aux grands ouvrages hors de ligne par les difficultés de leur établissement ou à tout un ensemble de travaux d’une égale perfection. •.
- RAPPELS DE MEDAILLES D’ARGENT.
- MM. Rjcher frères, à Paris, rue du Harlay, 5, au Marais.
- Il n’y a pas une moindre difficulté à diviser la ligne droite que le cercle. Indépendamment des usages ordinaires , il est encore des applications scientifiques qui réclament une division parfaitement précisé d’une échelle étendue. De ce nombre sont les observations barométriques, lorsque l’on veut pousser la^ précision des lectures aux centièmes de millimètre. MM. Richer ont donc résolu un problème important et rendu un véritableservice à la science en construisant des vis micromélriques qui leur ont permis de diviser en cinquièmes de millimètre, un peu plus que la
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- langueur du mètre entier. Plusieurs verniers liés entre eux donnent la quatre-vingtième partie des divisions du limbe, c’est-à-dire des quatre centièmes de millimètre. Nous avons vérifié la division en transportant, sur un grand nombre de traits, un système de microscopes maintenus à une distance invariable l’un de l’autre. Les erreurs ne nous “ont jamais paru dépasser un deux-centième de millimètre en plus ou en moins, encore n’ont-elles atteint qu’une ou deux fois cette limite. C’èst un résultat très-remarquable et digne d’une haute distinction : il est acquis à la science et aux arts.
- Les procédés de MM. Ri'cher, pour l’exécution de leurs vis d’acier, ne sont pas connus encore. C’est avec regret que le jury ne décerne, celte année, à ces habiles artistes que le rappel d’une médaille d’argent anciennement obtenue.
- M. Gavard, à Paris, rue du Marchë-Saint-Honoré, 4.
- V
- M. Gavard a exposé déjà, sous le nom de diagraphe,.un instrument destiné à tracer la perspective des objets quisé présentent dans le champ de la vision. Le principe de cet instrument n’est pas nouveau, on le trouve déjà dans des auteurs anciens ; mais M. Gavard lui a donné une nouvelle valeur par l’exécution, et il fallait une exécution délicate pour que la combinaison de mouvements rectangulaires, dans la pièce que la main dirige, ne produisît pas une résistance nuisible.
- Cette année, M. Gavard a ajouté à son appareil un perfectionnement notable en l’armant d’une lunette. C’est avec cette addition que le diagraphe a été employé à reproduire l’immense galerie de Versailles.
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- M. Gavard a remarqué que si l’objet dpnt pu cb.erphp la perspective était placé prés de l’œil, entre l’œil et 1e, plaq du tableau, lalunelte.deyait se changer eu microscope; i| s’est trouvé conduit par là à appliquer, avec un succès dont nous ayons été témoins, le diagraphe, au dessin en perspecr tive, dans des proportions aussi grandes qu’on le veut ; des objets microscopiques. Ainsi transformé, l’instrument pourra, dans un grand nombre de cas, être utile qux natu? ralistes j il permet, comme la chambre claire, de déterminer des grossissements. Cependant l’emploi de la chambre claire ou du procédé que nous venons de décrire perdra quelque prix toutes les fois que l’admirable invention de M. Daguérre pourra recevoir son application.
- . Lë pantographe dé M. Gavard a l’avantage de donner plusieurs réductions à la fois 3 c’est la disposition géomér trique du parallélogramme articulé dans les machines de Watt. Le losange qui, en s’attachant au pantographe, reproduit directement le dessin à l’envers, est une addition utile pour la gravure.
- Le jury rappelle pour M. Gavard la médaille d’argent qu’il a obtenue en 1834.
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- M. Legey, à Paris, rue de Yerneuil, 54*
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- M. Legey expose, cette année, un instrument à réflexion qu’il nomme dépressiomètre, parce qu’il le destine à mer surer la dépression de l’horizon à la mer, c’est-à-dire des angles d’environ 180 degrés. Cet instrument est répétiteur; le principe de sa construction est exact. Quant à l’exécution , il n’est présenté qu’à titre d’essai : on connaît; d’ailleurs, le moyen simple par lequel M, Daussy obtient le même résultat.
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- M-.Legey préaento encore des cercles à réflexion ordinaires; puis, dans une autre classe d’instruments, des boussoles perfectionnées, dont la monture est légère, quoique
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- Le jury accorde à M. Legey le rappel de la médaille
- d’argont, ^
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- MÉPAILL^S m BRQNZE. ,
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- M. Hunzikger, à Paris, placé Royale, 9,
- L’exposition de M. Hunzinger .se compose principalement d’instruments à réflexion dont les prix ne sont pas très-élevés, dont la division est bonne, mais dont on regrette que l’exécution soit moins satisfaisante. M. Hun-zinger est un artiste laborieux qui s’est établi une grande machine à diviser ; il travaille depuis longtemps, quoiqu’il expose pour là première fois.
- Le jury accorde à M. Hunzinger une médaille de bronze.
- /
- MM, Boeringer frères, à Paris, boulevard Ppissounière, x8. v
- MM. Bœringer exposent et fabriquent des instruments destinés aux opérations de planimélrie et de nivellement: des niveaux-cercles de Lenoir, des boussoles, de petits théor dolites : l’exécution en est bonne, et c’est ce qui appartient le plus spécialement à l’artiste, dans ce genre d’instruments
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- dont la disposition est le plus souvent déterminée par Pingé-nieur qui doit les.employer.
- MM. Bœringer ont imaginé et exécuté un petit rapporteur à roulette, indiquant, par une aiguille sur un cadran, le nombre de degrés parcourus.
- Mais nous avons dû remarquer surtout, dan s l’exposition de MM. Bœringer, la première copie qui ait été faite, en France) du cercle a réflexion et à prismes de M. Steinheil. C’estun instrument ingénieux et utile, encore peu connu. Les prismes ne déforment pas les images -, le travail de main est bon et promet d'habiles artistes ; la division, à notre regret, laisse seule à désirer : il n’a manqué à MM. Bœringer que l’outillage, qu’une bonne machine à diviser, pour la rendre meilleure.Nous ne doutons pas que MM. Bœringer ne se fassent avantageusement connaître.
- Le jury leur acçorde, cette année,une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Neuber, à Paris, rue Sainte-Avoie, i4*
- M. Ncuber a réduit à des prix peu élevés, sans rien ôter à la bonne exécution, à l’exactitude, les machinés destinées à exécuter les teintes, les ciels, dans la gravure et la lithographie; les .eaux dans les cartes géographiques; à produire, en un mot, sur l’acier, le cuivre, la pierre, toute sorte de dessins mécaniques, d’ornements, de lignes parallèles ou entre-croisées.
- Suivaut leur objet, ces machines peuvent être plus ou
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- moins compliquées : leur prix modéré a de l’importance, car elles scint achetées, en général, par des artistes qui travaillent pour le compte d’entrepreneurs j jusqu’ici, d’ailleurs, on les faisait venir en grande partie de l’étranger.
- M.Neuber construit aussi divers instruments d’optique : le jury lui accorde une mention honorable.
- <
- M. Dericquehem, à Paris, rue Jacob, 18.
- ' Le jury rappelle à M. Dericquehem la mention honorable qu’il a obtenue pour son instrument d’arpentage appelé gèodèsimètre,• M. Dericquehem le présente, cette fois, avec quelques perfectionnements.
- M. Purée (Hubert), à Paris, rue Bourti-bourg, 12.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Purée Hubert pour, sa fabrication de compas:, qui comprend, outre les objets de commerce ordinaires, des pièces exécutées avec plus de perfection.
- M. Màbire, à Bolbec (Seine-Inférieure).
- Le jury accorde une mention honorable à M. Mabire pour ses règles divisées.
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- M. Fournet, de Lyon.
- Le jury accorde à M. Fournel une mention honorable
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- pour sa fabrication de mètres pliants divisés sur écaille et portant à leurs extrémités des compas d’épaisseur.
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- \
- ÈÏTATÎÔNS.
- M. Marloyë, à Paris j Rue de là Harpe, 5g.
- Le jury accorde une citation à cet artiste pour son excellente fabrication de règles, d’équerres, et en général, d’ouvrages en bois.
- M. Tachet, à Paris, rue St-Honoré, 2^4*
- Lé jury accorde une citation à M. Tachét pour des règles, des équerres bien taillées ; une équerre à tracer des parallèles sur la pierre ; une règle flexible à laquelle des vis de pression font prendre telle forme que l’on veut, suivant la nature des courbes à tracer et que l’auteur nonîmé çüt-vtirace. - • 1 •
- ' ; ‘ r . • » 1 , ‘
- M. Y aussin - Chardànne , à YMeneuve-Saiiii-Georgës. 5 ^
- Gitalion pour son côlèrimêtre.
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- Globes terrestres et celestes, machines
- PLANÉTAIRES.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M.,Dien, à Paris, rue Hautëfeuille,-i3.
- M. Dien, qui s’est occupé à recueillir et à classer lui-même les éléments de catalogues géographiques et célestes, présente des globes terrestres bien sphériques. Les parallèles sont plans, les détails exacts et au courant de la science; la gravure est bonne; la lettre pourrait être mieux proportionnée, et par là le preihier aspect serait encoré plus satisfaisant, sans que le résultat fût ^ en réalité, meilleur. Lésglobes de M; Dicnsont formés dedeûx hémisphères en zinc soudés ensemble. La matière est Uni-’ formémeni répartie, et les globes montés n’oht pas 'dé tendance à revenir vers une position donnée4. G’èst ûh précédé nouveau et qui appartient à M. Diéfik ; ;
- Ge qui a surtout fixé l'attention et mérité les éloges du jury, c’est l’énorme abaissement des prix; Ceux dë M. Dien sont à peine le quart des prix anciens; les plus pauvres écoles pourront se procurer, chez lui, des globeS d’un diamètre assez grand* dé 11 pouces par exetbple.'
- Le jury décerne à M. Dien une médaille de bronze. <
- . ï)ELAMARCHÉ,a P&fis, rue du Jardinet,
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- 1 2
- * • } ' : :
- M. Delamarche, en continuant à construire en catton-ses globes terrestres et célestes, a cependant apporté dans les prix anciens une réduction très-grande. Tous les soins
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- uni été donnés,, soit au (racé des fuseaux pour obtenir des raccords parfaits , des parallèles bien plans, soit au dessin des contours géographiques. Les découvertes les plus récentes ont été mises à profit, et l’exécution ne laisse rien à désirer sous le rapport de la netteté et de l’élégance.
- Le jury décerne à M Deïamarche une médaille de bronze.
- Machines 'planétaires.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Dauphin, à Angers.
- Le jury accorde à M. Dauphin, contre-maître à l’école d’Angers, une mention pour une machine planétaire, tout en insistant sur ce qu’il ne peut désormais y avoir qu’une sorte de mérite réel dans ces machines ; c’est la plus grande, la plus extrême simplicité : elles ne peuvent, en effet, maintenant avoir qu’un but, celui de donner, tant bien que mal, quelques notions d’astronomie dans les écoles élémentaires.
- Le frère Calixte, à Paris,, maison des Frères, rue du Faubourg-St-Martin^ 3^5.
- Le jury accorde également une mention au frère Calixte pour une machine planétaire qui n’a que le défaut d’être Beaucoup trop bien faite et de viser ainsi à une précision inutile.
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- SECTION III.
- ÉCLAIRAGE.
- M. le baron Séguier, rapporteur.
- Considérations générales.
- Deux grandes divisions s’établissent naturellement dans l’industrie de l’éclairage : les appareils d’éclairage composent l’une? l’autre comprend les substances gazeuses liquides ou solides dont la combustion engendre la lumière.
- La commission des arts chimiques a été chargée de cette seconde partie du rapport; le rôle de la commission des arts de précision, dans les attributions de laquelle une délibération spéciale du jury a placée en 1839, les appareils destinés à l’éclairage, a dû se borner à discuter et juger le mérite respectif des divers systèmes de lampes opposées.
- Disons que depuis longtemps l’on n’avait pas vü autant d’efforts pour faire faire des progrès à une branche d’industrie qui intéresse si vivement et les services publics et l’économie domestique. Sans avoir le projet de passer en revue les nombreuses
- jr
- tentatives, dont plusieurs sont toutes récentes, pour trouver de nouveaux modes d’éclairage, comme, par exemple, l’emploi de la lumière des gaz hydro-
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- T. II.
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- gène et oxygène dirigés simultanément sur un morceau de chaux, nous signalerons cependant, comme premier pas fait dans cette direction nouvelle, l’ingénieux moyen d’empêcher les deux gaz de se combiner avant la combustion, moyen qui va-
- ' s.
- lut à l’ingénieux M. Galy-Çazalat, son inventeur, une honorable distinction en 1834. Nous citerons aussi la méthode simple de faire varier continuellement le point de contact du jet de gaz sur la chaux puisé par M. Keenne dans l’application du moyen hydraulique connu sous le nom de cataracte. Nous indiquerons encore les becs à récipients de M. Gaudin. Le gaz obtenu de la décomposition de l’eau par le zinc et l’acide sulfurique, si peu éclairant par lui seul, acquiert, en traversant une huile minérale quelconque contenue, dans ce bec, un très-grand pouvoir éclairant. Nous profitons de cette ocr casion pour témoigner nos regrets qu’une omission d’explication de la part de M. Gaudin n’ait point permis au jury départemental d’apprécier suffisamment le mérite de son nouveau mode d’éclairage pour autoriser l’exposition de ses appareils. Cette omission enlève au jury central la possibilité de récompenser M. Gaudin de ses persévérants efforts.
- Le rapport du jury sur l’éclairage doit donc se borner aux divers appareils exposés. Si leur grand nombre, leur variété, le besoin de bien comprendre les principes de construction de chacun d’eux pour
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- juger de leur mëriteres pectif, ont imposé à la quatrième commission un examen assez long, son rapporteur s’est efforcé de se montrer sobre des instants du jury, en ne provoquant son attention que sur les plus importants appareils d’éclairage classés et divisés , pour plus d’ordre et de méthode, en deux grandes catégories.
- La première a embrassé l’éclairage public. Une lacune fâcheuse s’est fait sentir à l’exposition dans cette branche de service ; le jury n’ayant eu à examiner aucun appareil destiné à l’éclairage des lieux publics. Cette catégorie ne comprend donc que les lampes des phares et celles d’un usage plus restreint dont le but spécial est de projeter la lumière sur les cadrans des horloges publiques.
- L’éclairage domestique forme la seconde 1 catégorie subdivisée en autant de séries qu’il y a eu de principes de construction différents adoptés par les nombreux lampistes dont les produits figuraient à l’exposition*
- Tous les appareils d’éclairage domestique peuvent se diviser en cinq séries : la première comprend les lampes fixes à réservoir unique distribuant l’huile dans des becs immobiles groupés en lustres ou répartis en candélabres ou appliques (nouveau mode d’éclairage destiné à employer l’huile circulant dans des conduits se rendant à des becs immobiles comme pour l’éclairage au gaz ).
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- La deuxième série se compose des lampes dites mécaniques, dans lesquelles l’huile est incessamment montée vers le bec par un moteur à mouvement continu qui reprend l’huile de dégorgement pour la faire rentrer dans l’alimentation.
- La troisième série embrassé les lampes que nous désignons sous le nom de lampes mixtes, parce que leur huile est montée par la pression d’un ressort ou d’un poids exerçant une action lente sur la totalité de l’huile à la fois. Dans ces lampes", l’huile de dégorgement ne rentre qu’une fois dans le réservoir d’alimentation et au moment du service.
- La quatrième série contient les lampes hydrostatiques ; dans ces appareils d’éclairage, l’huile est élevée vers le bec au moyen de la contre-pression d’une colonne de liquide plus pesante que l’huile, comme de l’eau saturée de sulfate de zinc, ou seule-ment par des colonnes d’huile et d’air conjuguées suivant le principe de la fontaine de Héron.
- Dans la cinquième série , enfin , ont été rangées les lampes à réservoir supérieur à niveau constant avec ou sans dégorgement; dans ces lampes, la combustion est réglée et alimentée par l’application du tube de Mariotte.
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- PREMIÈRE CATÉGORIE.
- ÉCLAIRAGE PUBLIC SPECIAL.
- Service des phares,
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- Voy. le rapport sur l’horlogerie, page 240 de ce vol.
- M. Henry, à Paris, rue Saint-Honoré,,, 247.
- M. Henry a reçu la récompense de ses travaux, comme horloger. Lejurynesecroitpas,pour cela, dispensé de parler de l’appareil d’éclairage destiné aux phares, et déposé par lui dans les salles de l’exposition^. Remarquable par sa disposition, cette énorme lampe, à mèches concentriques, présente, pour l’élévation de l’huile, l’emploi d’une force motrice réglée dans sa détente par la contraction seule de la veine fluide. Celte construction n’a pas le seul mérite de simplifier le mécanisme, elle assure la durée de scs fonctions en diminuant notablement -l’usure des parties dont les mouvements sont très-ralentis. L’appareil élévatoire d’huile, exécuté avec soin sur des principes mécaniques rationnels, vient se joindre aux autres travaux remarquables de M. Henry pour justifier la médaille d’argent qui lui est décernée pour son horlogerie.
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- Sei'vice des horloges publiques,
- MENTION HONORABLE.
- M. Glachet, à Paris, rue Dauphine, 12.
- M. Glachet a présenté, à l’exposition, divers appareils destinés à l’éclairage, soit privé, soit public 5 des lampes à réservoir supérieur, à soupape interne pressée par un ressort spiral, interceptant d’elle-même la communication entre le bec et le réservoir, dès qu’on en ouvre l’orifice pour le charger d’huile. Des appareils semblables à ceux fournis par lui à diverses administrations pour l’éclairage du cadran des horloges figurent dans son exposition. Ce lampiste s’est efforcé de diriger la lumière de façon à n’éclairer que le cadran ; le but a été atteint par lui en sacrifiant une partie des rayons projetés ; une combinaison plus savante aurait concentré, dans l’espace déterminé, la totalité de la lumière fournie par le foyer d’éclairage.
- Le jury a pensé, néanmoins, que la lanterne à horloge, confectionnée par M. Glachet, remplit suffisamment bien sa destination pour rendre ce lampiste digne d’une mention honorable.
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- Éclairage public générai.
- RAPPEL DE MÉDAILLE.
- Voy. le rapport sur les charrues, page 174 de ce yoL M. Rozé, à Paris, rue Feydeau, 16.
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- M. Rozé est l’inventeur des appareils de transport pour l’éclairage au gaz hydrogène portatif non comprimé. Ce fut la ville d’Elbeuf qui vit naître cette industrie ; elle est exploitée avec succès, tant par l’inventeur que par M. Hou-zeau-Muiron, devenu cessionnaire du brevet, dans plus de douze villes de France, et plus de cinq mille becs à Paris même sont en ce moment alimentés par ce procédé. M. Rozé a déposé, dans les salles de l’exposition, des récipients à soufflet en toile imperméable, destinés à contenir et à transporter le gaz.
- Le jury pense que l’invention de procédés tendant à généraliser l’emploi de l’éclairage au gaz mérite d’être prise en considération 5 il croit donc que les travaux de cet exposant, qui a été honorablement indiqué dans le rapport sur les instruments aratoires, à l’occasion d’une charrue qui porte son nom, sont justement récompensés par le rappel de la médaille qui lui a été précédemment accordée.
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- DEUXIÈME CATÉGORIE.
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- ÉCLAIRAGE DOMESTIQUE.
- Première série. — Lampes fixes.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Robert, à Paris, impasse cle la Boule-Rouge, 4*
- L’esprit inventif deM. Robert est bien connu; en 1834, il fut jugé digne d’une médaille d’or pour l’invention d’un fusil de guerre; cette arme, non employée comme arme militaire, n’en continue pas moins à mériter tout l’intérêt du jury pour les services qu’elle peut rendre à la défense du pays. Il présente, cette année, une curieuse solution du difficile problème qu’il s’est posé d’alimenter avec de l’huile, contenue dans un réservoir général, unique, des becs de lampe placés à tous les étages d’une maison, laissant au consommateur la détermination de la position du réservoir, soit au grenier, soit à la cave, soit enfin à un étage intermédiaire; l’intérêt du jury s’est accru lorsqu’il a reconnu que ce problème était résolu par M. Robert par les seules applications des lois hydrostatiques qu’il connaît bien, et dont il comprend bien toutes les ressources.
- L’ancien principe de la fontaine de Héron, l’application du tube de Mariotte, l’emploi du siphon, une méthode toute nouvelle de son invention d’établir des pressions uniformes aux divers points d’une même colonne, sont les
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- moyens qu’il met en usage pour faire arriver l’huile à tous les becs, quels que soient leurs niveaux j ils sont tous à dégorgement, et l’huile surabondante de chacun d’eux retourne au réservoir général pour rentrer dans l’alimentation de l’étage immédiatement inférieur. Ce système est déjà sanctionné par deux années d’expérience, notamment aux Batignolles, au passage des Panoramas, etc. Le jury a pensé que l’emploi utile et nouveau que M. Robert a su faire des ressources indiquées par la science, pour un service domestique, en élevant et distribuant l’huile destinée à l’éclairage par les seuls moyens hydrostatiques, méritait de fixer son attention. M. Robert a fondé un vaste atelier où de nombreux ouvriers exécutent, sous ses ordres, par des procédés particuliers et sur des modèles spéciaux, de nombreux appareils d’éclairage suivant son système.
- Le jury, qui aime à rencontrer des applications nouvelles, se montre juste envers M. Robert en lui décernant, tant pour son nouveau mode d’éclairage que pour la bonne fabrication qu’il dirige avec succès, une médaille d’argent.
- Deuxièmej série. —Lampes mécaniques.
- M. Carreau, à Paris, rue Croix -cles-Pe t i 1 s-Cliamps, 37.
- A M. Carreau, fils du coassocié de l'inventeur Carcel, a été réservé l’honneur de faire subir à la lampe, mécanique le plus important perfectionnement qu’elle ait reçu depuis soninvention. La lampe à mouvement d’horlogerie, œuvre bien étudiée de l’habile horloger dont elle porte encore le nom, était restée longtemps telle que son auteur
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- l’avait combinée; son prix élevé demeurait stationnaire , limitait son emploi ; M. Carreau, animé du désir de faire participer aux avantages d’une lampe mécanique un plus grand nombre de consommateurs, a cherché le moyen de résoudre le problème de l’élévation de l’huile vers la mèche d’une manière plus économique. Frappé de l’inconvénient des fréquentes réparations auxquelles la rapidité des fonctions expose les derniers,organes des lampes mécaniques, ordinaires dont les parties, façonnées à la grosse, sont maintenant bien loin de cette précision que leur donnait l’inventeur Carcel, M. Carreau a su trouver dans l’écoulement seul du liquide la régulation du ressort ; c’est l’huile même de la lampe qui lui a offert, par son passage au travers d’une ouverture convenablement graduée, la solution simple du problème qu’il s’efforcait de résoudre. Ce nouveau mode de régulation lui a permis de supprimer tous les rouages intermédiaires; son moteur se trouve ainsi réduit au barillet et à la pompe, et, comme celle-ci, reçoit son action directement du barillet : la force, très-peu divisée, peut agir énergiquement sur des pistons de grand diamètre; ceux-ci n’ont plus besoin que d’un mouvement extrêmement lent pour élever, sans intermittence, l’huile vers le bec. L’invention de la lampe Carreau suppose la connaissance des lois de l’écoulement des liquides à travers un orifice. Comment oser appliquer directement à l’huile une force aussi variable que celle d’un ressort, si l’on ignore que l’écoulement s’opère suivant la loi des carrés, et qu’ainsi des variations notables dans la puissance motrice n’apportent que de petites différences dans le produit de l’écoulement? Le jury n’a point été étonné eh remarquant que ce sont deux docteurs en médecine qui, cette année, ont apporté aux appareils d’éclairage les per-
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- feclionnements les plus notables qu’ils aient depuis longtemps éprouvés. M. Carreau ne s’est point borné à imaginer les modifications qui font de sa lampe une lampe toute nouvelle ; il a voulu que le public pût jouir, à bas prix, des avantages de son œuvre; dans cette intention, il a fondé, dans la vallée de la Bièvre, un grand atelier où le. principe de la division du travail, mis en pratique avec intelligence, permet de confectionner, au prix le plus modique, ses appareils d’éclairage. Grâce à son extrême simplicité, la lampe Carreau peut être livrée à meilleur marchôque toute autre ; la lenteur avec laquelle son mécanisme fonctionne la soustrait aux chances de fréquente réparation.
- Diminution du prix d’achat, économie des frais d’entretien, constituent le service rendu à l’éclairage domestique parM. Carreau, jugé digne par le jury delà médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- Voy. le rapport de la commission des beaux-arts, 3e vol.
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- M. Gaigneau, à Paris, faubourg Saint-Denis, 17.
- M. Gaigneau est l’inventeur de la disposition de lampe qui permet, tour à tour, de poser sur une table ou de suspendre ep l’air l’appareil d’éclairage. Cette invention simple, mais éminemment commode et utile, a eu un tel succès qu’elle a été, à elle seule, l’occasion d’un notable accroissement de fabrication dans ce genre d’industrie.
- Des appareils à double usage, variés de toutes sortes de manières, ont réuni l’industrie du bronzier à celle de lam-
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- piste j aussi l’exposition de M. Gaigneau est-elle remarquable autant par les modèles riches et variés de ses lampes que par le mérite de leur ingénieux moteur ; dans ce mécanisme, l’une des très-nombreuses inventions du fécond M. Cochot, les fonctions sont empruntées aux organes de la circulation du sang: les belles productions des ateliers de M. Gaigneau, lampiste-bronzier, sont rentrées dans l’examen de la commission des beaux-arts; aussi n’est-ce que pour mémoire que la médaille de bronze, dont il a été jugé digne, est rappelée ici.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Gotten, à Paris, place des Victoires.
- M. Gotten s’est livré des premiers à l’exécution de lampes mécaniques, à l’expiration du brevet Carcel; aussi M. Gotten , par une longue expérience dans cette branche d’industrie, est-il un de ceux qui ont le mieux reconnu les points où doivent porter les perfectionnements dont la lampe mécanique est susceptible. Le premier, il a obtenu la régularité dans l’élévation de l’huile en multipliant les pompes et distribuant leurs fonctions à des intervalles égaux. Frappé de l’inconvénient des fuites par le communicateur traversant le fond, il a voulu diminuer la hauteur de la colonne de pression en plaçant l’arbre qui transmet le mouvement aux pompes le plus haut possible dans la paroi latérale du réservoir. Le liège a été par lui substitué au cuir, comme moyen d’assurer la fermeture. M. Gotten
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- a cherché aussi à diminuer la vitesse des organes en puisant une cause de régulation dans un milieu plus dense que l’air ; sa pensée de faire tourner le volant dans l’huile même est ingénieuse , elle lui permet de supprimer un mobile.
- Le jury pense que M. Gotten, par les efforts qu’il ne cesse de faire pour le perfectionnement de la lampe mécanique, par le double avantage que présentent ces lampes à volant immergé plus simples et plus économiques de prix d’achat et des frais d’entretien, s’est bien montré digne, ' en 1839, d’une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Breuzin, à Paris, rue du Bac, x3.
- M. Breuzin présente, à l’exposition, des produits variés, tous recommandables par leur très-bonne exécution. Le jury a remarqué d’abord ses lampes mécaniques -, elles diffèrent des autres principalement par une fermeture rodée, qui permet de les démonter et remonter sans craindre les fuites d’huile dans le mouvement. M. Breuzin, par le rodage des parties, assure le lutage du fond mobile sans l’emploi incommode de la cire fondue ; ses éolipyles à flammes concentriques présentent un des moyens commodes, expéditifs et économiques de se procurer de l’eau bouillante j ses nouvelles lampes sans mèches, destinées à la combustion d’un liquide éclairant d’une composition nouvelle, méritent d’èlre signalées comme une invention non
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- éprouvée, mais destinée peut-être à former un nouveau mode d’éclairage.
- Le jury s’est plu à reconnaître les soins que cet industriel apporte dans tous les articles de sa fabrication ; l’étendue qu’il a su donner lui-même, par de persévérants efforts, à son commerce, la variété et le très-grand nombre de produits qu’il débite annuellement, le placent au premier rang parmi nos fabricants etc lampe.
- Le jury juge M. Breuzin, devenu, par son seul travail de simple ouvrier, chef d’un établissement important, digne d’une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
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- M. Oranger, à Paris, rue Neuye-cles-Ma~ tlmrins, 12.
- Le jury mentionne honorablement M. Oranger pour tine lampe mécanique se démontant avec facilité dans toutes ses parties, à plusieurs becs de rechange de divers calibres, -à corps de pompe en verre, afin d’éviter l’oxydation du métal par les huiles chargées d’acide. Le jury n’a pu attacher à cette substitution l’importance queM. Oranger lui suppose; ce qui ne l’empêche, pas de rendre justice aux autres modifications utilement apportées par M.Gran-ger à la lampe mécanique ordinaire.
- M. Boussard, cle Toulouse.
- M. Boussardcst mentionné honorablement pour sa lampe
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- mécanique à mouvement placé dans la partie supérieure de la colonne. Le mécanisme moteur et lapompe de cet artiste ne forment qu’un môme ensemble susceptible d’être enlevé avec le bec, chaque fois qu’on garnit la lampe ; cette disposition rend simples et faciles la visite et la réparation des organes mécaniques d’une telle lampe 5 elle est fort goûtée dans les départements où les ouvriers, accoutumés à démonter et réparer les lampes mécaniques, sont encore peu répandus.
- M. Mengal, à Paris, rue de Pontliieu, 16.
- M. Mengal est mentionné honorablement pour une lampe mécanique dans laquelle la communication entre le moteur et les pompes est ménagée dans Un tube vertical s’élevant jusqu’à la partie supérieure de la lampe. Ce tube est bouché de façon à ce que l’huile de dégorgement ne puisse s’y introduire. Le but de M. Mengal est d’éviter l’inconvénient des fuites et les pertes de force par les communicateurs placés dans les parois des réservoirs.
- M. Grivard, h Paris, rue Neuve-dês-Petits-Cliamps, 79. '
- Le jury cite honorablement M. Grivard pour les modifications qu’il a apportées dans la vis sans fin, organe le plus délicat de la lampe mécanique 5 la force du ressort, divisée par tous les rouages intermédiaires, ne suffit plus pour faire tourner le volant, des'que le frottement de la vis sans fin contre les dents de la dernière roue change de nature. M. Grivard, pour assurer ta régularité et la durée dès fonctions de ces derniers mobiles, a donné aux dents, de la dernière roue plus d’épaisseur et de solidité j il a réduit, à cet effet, le nombre des hélices de la vis sans fin ,
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- M. Décourt, à Paris, passage Choiseuî, 28.
- M. Décourt est cité honorablement pour ses lampes, dont toutes les parties sont si bien mises en rapport, que la régularité cl la continuité de leurs services sont attestées par de nombreux et honorables certificats, émanés spontanément de toutes les personnes auxquelles il fournit les lampes qui sortent de ses magasins.
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- M. Dombrowski, à Paris, rue Saint-Honoré,
- 343.
- Le même honneur est accordé à M. Dombrowski pour des lampes exécutées par lui suivant les modèles de l’ancienne maison Carcel, dont il a été puvrier. La bonne exécution de toutes les parties, le soin apporté dans le montage de ces lampes, dont les corps de pompe sont quelquefois, par ce lampiste, placés dans une position verticale, ont fait juger son nom digne d’être cité dans le rapport du jury.
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- M. Chabrier, à Paris, rue de la Monnaie, 9.
- Mi Chabrier obtient du jury la [même faveur pour une lampe dite à cascade, à plusieurs étages de becs, daus laquelle l’huile, montée mécaniquement au seul bec le plus élevé, retombe par dégorgement pour [alimenter les becs inférieurs. Ses petites lampes[de bureau, brûlant avec du blanc à la mcche, ont paru dignes d’être remarquées à un double titre, leur bonne construction et leur bon marché.
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- Troisième série. — Lampes mixtes.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
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- M. Jof anne, à Paris, rue Sainte-Avoie, 33.
- M. Jouanne avait été, en 1834, jugé digne d’une mé-
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- daille de bronze pour l’invention d’une lampe dont l’huile était élevée par la seule pesanteur d’un poids comprimant la surface. La difficulté de maintenir l’écoulement régulier, à mesure que la colonne changeait de hauteur, avait été ingénieusement levée par l’addition d’un flotteur régulateur placé dans un réservoir de distribution interposé entre le bec ou les becs et l’extrémité de la colonne comprimée. Les produits de M. Jouanné, exposés cette année, sont du même genre ; cependant le jury a remarqué dans scs lampes l’addition d’une espèce de cône métallique placé au centre de la mèche pour forcer le courant d’air intérieur à frapper plus vivement la flamme; ses lampes-chandelles, destinées à remplacer par l’huile l’éclairage au suif avec avantage dans bien des cas, notamment lorsque les chandelles doivent être exposées à l’action du vent, ont aussi été vues avec intérêt par le jury, qui continue à juger M. Jouanne digne du rappel de la médaille qu’il a précédemment reçue.
- *
- Quatrième série.—Lampes hydrostatiques.
- M. Serrurot, à Paris, rue du Bouloy, 4*
- M. Serrurot avait obtenu, eu ,1834, en commun avec
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- T. II.
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- ,M. Thilorier, une médaille de bronze pour des lampes dont l’huile était élevée vers le bec par la contre-pression d’une colonne de liquide plus pesant -, la bonne fabrication que continue M. Serrurot seul, l'importance de son commerce de lampes hydrostatiques, lui méritent, en 1839, le rappel de la médaille qu’il a obtenue en 1834.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. Rouen et c,e, rue Ménilmontant 4^*
- M. Rouen est un des fabricants de lampes qui donne le plus d’extension à sa fabrication ; non-seulement les produits des ateliers de M. Rouen sont vendus chez un grand nombre de débitants, mais encore ils sont exportés, et figurent sur les marchés européens. M. Rouen fabrique différents genres de lampes ; celles dites mécaniques, que l’étendue de sa fabrication lui permet de livrer à des prix très-bas ; celles dites hydrauliques, suivant le principe de la fontaine de Héron ; celles dites à réservoir, principe du tube de Mariotte, se remplissant sans avoir besoin d’être retourné. Les becs des lampes à réservoir supérieur ont ôté l’objet de l’étude de M. Rouen ; après les avoir confectionnés de diverses manières, il a fini par adopter une construction qui a paru au jury réunir toutes lés conditions nécessaires pour remplir le but proposé. M. Rouen a présenté, en outre, un régulateur à gaz comprimé. Préoccupé de l’emploi possible du gaz comprimé, ce fabricant a cherché à débarrasser ce mode d’éclairage des inconvénients qui éloignent de son usage ; c’est ainsi qu’il s’est efforcé de parer au danger des explosions par des réservoirs à double enveloppe. Les pompes à comprimer le gaz ont aussi reçu
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- de lui de notables améliorations dans la disposition de leurs soupapes. Par l’addition d’un liquide dans la pompe, M. Rouen a su éviter les perles de force occasionnées par les quantités de gaz comprimé, et décomprimé à chaque battement de la pompe, lorsque le piston laisse entre lui et la soupape un espace libre.
- Le jury estime que M. Rouen, par ses inventions, par l’importance de sa bonne fabrication, par la réduction de
- ses prix, s’est bien montré digne d’une médaille de bronze.
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- M. Dubain, à Paris, galerie Colbert, 4-
- M. Dubain expose des lampes hydrauliques, principe de la fontaine de Héron tellement modifié, cependant, que l’huile de dégorgement rentre incessamment dans le réservoir d’alimentation. Une expérience déjà prolongée a bien fait ressortir le bon service de ces lampes conques dans le commerce sous le nom de lampes hydrauliques. M. Dubain présente, en outre, des plateaux en carton verni d’une très-bonne et très-belle, fabrication j la France, longtemps tributaire de l’étranger pour ce genre de produit, n’aura plus rien à lui envier, grâce à la fabrication développée par M, Dubain. Supériorité de qualité, infériorité de prix, sont les deux avantages par lesquels la fabrication françaisese recommande spécialement au jury. J.a bonne construction des lampes hydrauliques, aussi remarquables par l’élégance de leurs formes que par le bon goût de leur décor, la beauté des vernis, l’élégance des dessins et la qualité du carton des plateaux exposés par M. Dubain, fait penser au]? jury qu’il se montre bien digne, pour l’ensemble des produits qu’il soumet à son examen, d’une médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. Gâtez, à Arras.
- Parmi les fabricants de lampes hydrostatiques et hydrauliques, le jury mentionne honorablement M. Calez pour des lampes, principe de la fontaine de Héron, dans lesquelles l’addition d’un troisième réservoir supplémentaire permet à la pression d’être constamment la même, en compensant continuellement les différences de hauteur de colonne qui résulteraient de l’abaissement du liquide dans le réservoir de pression. L’ingénieuse disposition soumise à l’examen du jury par M. Gâtez est l’œuvre de M. Gobert, officier distingué du génie.
- M. Silvant, à Paris, rue Croix-des-Petits-Ghamps, 43.
- Le jury accorde le même honneur a M. Silvant pour ses excellentes lampes hydrostatiques, système Girard, ne contenant que de l’huile ; la parfaite exécution des produits de M. Silvant est attestée et garantie par l’engagement contracté par ce fabricant de réparer, pendant cinq années, gratuitement toute détérioration résultant d’un vice de fabrication. ,
- M. Thilobier, à Paris, place Vendôme, 3i.
- Le jury aime à retrouver dans ses examens des produits de l’espril-invcntif de M. Thilorier j aussi est-ce avec une
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- vive satisfaction qu’il mentionne honorablement unelampè, système Girard, à renversement, mais sans aucun bouchon ni robinet métallique. Une connaissance approfondie des lois de l’hydrostatique a permis àM. Thilorier, par la disposition seule des colonnes et des tubes de communication, de remplacer, par des soupapes hydrauliques, les obturateurs solides.
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- M. Bernet^ à Paris, rue Saint-Anclré-des-
- *
- Arcs, 78.
- Le jury mentionne aussi honorablement M. Bernet pour une lampe du même genre, dans laquelle les bouchons sont également remplacés par des moyens hydrauliques. L’invention des lampes exposées par M. Bernet appartient à M. Chapuis, qui n’est point inscrit au concours. M; Cha-puis a aidé de ses conseils M. Jouanne, auquel il a fourni1 un moyen de régler l’écoulement de l’huile d’une lampe à ressort direct, exerçant sa pression sur la surface entière du liquide.
- *
- Cinquième série.— Lampes à réservoir supérieur.
- -M. Coessin, à Paris, rue Saint-Honoré, 290.
- Le jury mentionne honorablement, parmi les fabricants des lampes à réservoir supérieur, M. Coessin; l’un des premiers, il a fait subir aux becs des lampes et à leurs verres d'utiles modifications. La pensée heureuse qu’il eut d’oser régler plus haut le niveau de l’huile dans le bec lui permet de faire brûler la mèche avec une petite quantité de blanc entre l’extrémité du bec et la partie enflammée; cette dis-
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- position avantageuse, puisqu’elle évite réchauffement du porte-mèche, expose, néanmoins, à un dégorgement, lorsde l’élévation de la température de l’air contenii dans le réservoir* L?invention de son bec à fond tournant a été pour les lampistes le point de départ d’une foule d’améliorations dans la construction des becs de lampe. Parmi les objets exposés par M. Coessin se trouvait aussi une lampe à colonne, dite par lui héliostat; dans cette lampe l’huile est élevée vers le bec par la pression d’une masse soulevée, aü moment du service, par une insufflation d’air et le niveau réglé par une disposition simple et ingénieuse. Le jury, qui en industrie domestique prend en grande considération le bon marché des objets fabriqués, regrette que M. Coessiii ait cru devoir, depuis longtemps, tenir ses produits à un prix très-différent de ceux de ses nombreux concurrents.
- t
- M. Jarrin, à Paris, rue Saint-Honoré, 34i*
- «
- Pour une lampe à réservoir supérieur, à dégorgement rendu sans secousses par l’interposition d’une capacité d’un volume convenablement calculé entre le bec et le réservoir pour que les oscillations du liquide, à chaque rentrée des bulles d’air, puissent s’y amortir. M. Jarrin a exposé aussi un bec de lampe en fer-blanc, dont toutes les parties se démontent ; le nettoyage, ainsi que les réparations partielles en sont rendus faciles -, la modicité de son prix est remarquable.
- M. Cabeu, à Paris, rue de la Grande-Friperie, 21.
- Pour un ajustement de réservoir à niveau constant qui
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- permet de tenir l’huile alimentaire beaucoup au-dessus du bec j cette disposition débarrasse de l’ombre habituellement projetée par le réservoir ; elle permet de donner à l’éclairage à l’huile toute l’élégance et la légèreté de l’éclairage au gaz.
- LE JURY CITE HONORABLEMENT :
- M. Bonnet, h Paris, rue de la Perle, 4*
- Pour une lampe à réservoir, dont la bouteille, remplie par en haut, n’a plus besoin d’être retournée ; la communication entre le réservoir et le bec est interceptée au moment du service par la fermeture d’un robinet intérieur opérée par le seul fait de l’ouverture du bouchon.
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- M. Viesneg, à Paris, rue Saint-Jacques, 72.
- Pour des lampes à niveau constant, à réflecteur parabolique argenté mat, pour obtenir une plus grande diffusion de la lumière.
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- SECTION IV.
- ARQUEBUSERIE.
- M. le baron Séguier, rapporteur.
- , Considérations générales.
- L'industrie des armes a occupé dignement sa
- place à l’exposition ; de nombreux arquebusiers se
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- sont présentés au concours : c’est moins cependant par la nouveauté ou l’originalité de leurs inventions que par la bonne et belle exécution de leurs œuvres qu’ils se sont recommandés cette année. Un seul perfectionnement pour les armes de guerre s’est fait remarquer; le jury l’a accueilli avec un haut intérêt ; les progrès devenus généraux ont rendu les décisions difficiles ; pour se montrer juste, même en restant sévère, il a fallu faire porter les récompenses sur un assez grand nombre d'exposants.
- Si les armes de haut luxe, enrichies de tout ce que l’art du ciseleur et du damasquineur peut fournir de plus varié et de plus élégant, ont été le fruit du travail d’un petit nombre d’exposants, les fusils se chargeant par la culasse, avec des moyens divers d’inflammation et de fermeture, ont exercé l’esprit
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- et la main de la plupart des armuriers. Éviter les fuites de Paz au moment de l’inflammation a été le
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- but de quelques-uns ; d’autres ont été au-devant des imprudences et des malheurs qui en sont la suite ; ils ont joint à leurs fusils un mécanisme dit de sûreté. Si tous n’ont pas eu le même bonheur dans la solution des divers problèmes qu’ils s’étaient posés, tous ont rivalisé d’efforts pour faire faire de notables progrès à leur industrie, et le jury est heureux de proclamer lé nom de ceux dont le succès est déjà venu couronner les travaux. L’attention du jury a porté d'abord sur la branche la plus importante de l’industrie des armes, celle néanmoins qui a tenu la moindre place à l'exposition, nous voulons parler de la fabrication des armes de guerre.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
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- M. Delvigke , à Paris, rond-point des Champs-Elysées, i.
- Le jury n’a pas cru pouvoir mieux commencer l’examen dos armes que sur ,1a carabine de M. Delvigne; les efforts tentés pour la défense de la patrie ont toujours trouvé une vive sympathie ; la première des récompenses avait été spontanément accordée, en 1834, à un fusil de guerre d’une construction toute nouvelle. Au jury n’appartient point de rechercher les causes qui ont détourné de l’emploi d’une arme dont les incontestables avantages
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- avaient été reconnus dans de nombreuses épreuves, répétées en présence des officiers supérieurs de tous les corps de la garnison de Paris, juges certainement compétents.
- Le jury n’hésite pas à offrir, encore cette année, une médaille d’argent comme juste récompense du nouveau et ingénieux moyen de charger les armes à balle forcée, imaginé par M. Delvigne, et appliqué par lui aune carabine militaire d’un nouveau modèle. Le problème que M. Delvigne s’était proposé, et qu’il a complètement résolu, était celui-ci : après avoir introduit, librement une balle dans un canon rayé, faire qu’elle ne puisse sortir que de force, avec une augmentation de volume suffisant pour remplir les rayures. Dans la carabine de M. Delvigne, la balle, librement descendue dans le canon, repose sur l’extrémité d’une chambré pratiquée dans la pièce de culasse. Un seul coup de baguette de fer, convenablement appliqué sur la balle, suffit pour l’aplatir et changer ses dimensions. M. Delvigne a pu, non sans de nombreux et persévérants efforts, joindre à l’honorable récompense que le jury lui décerne la satisfaction longtemps retardée de voir enfin son invention concourir à la défense de la patrie par l’armement d’un bataillon.
- Des balles-obus éclatant dès qu’elles ont pénétré dans le corps contre lequel elles ont été tirées, portant à la fois la destruction et l’incendie, ont encore provoqué l’attention du jury j ces deux inventions lui ont prouvé la fertilité de l’esprit inventif d’un officier animé du plus vif patriotisme.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Brulon frères,à Saint-Étienné (Loire).
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- Entrepreneurs de la fabrique d’armes de guerre à Saint-Etienne, MM. Brunon frères occupent, en cette ville, plus de cinq cents ouvriers. Ces fabricants, dont les fusils militaires sont soumis au contrôle d’une commission spéciale d’officiers d’artillerie, ont cru pouvoir se borner à faire passer sous les jeux du jury un échantillon de leurs produits en armes de chasse ; le seul fusil qu’ils aient envoyé est bien exécuté, richement damasquiné ; sa monture est en bois exotique : celte arme est remarquable par l’élégance des dessins qui la décorent autant que par la perfection de sa mise en bois.
- Le jury, préoccupé surtout des importants moyens de fabrication à l’aide desquels MM. Brunon frères peuvent confectionner annuellement plus de trois cent mille fusils, les juge dignes d’une médaille d’argent.
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- M. Lepage fils,à Paris,ruecle Richelieu, i3.
- A là tête de la fabrication des armes de chasse së place la maison Lepage. La réputation justement méritée dont jouit le nom de Lepage date déjà de longues années j l’étendue des relations que cette maison a su se créer et conserver tant en France qu’à l’étranger ; l’importance de sa fabrication annuelle lui a permis d’exposer aux yeux du public une série d’armes précieuses et de haut luxe, parmi lesquelles le jury a particulièrement remarqué un très-
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- riche nécessaire d’armes, style renaissance, contenant, entre autres choses, des pistolets montés en ivoire gravé, à canons et platines damasquinés et ciselés, des poires à poudre en bronze à bas-reliefs enlevés dans la masse, une épée cl un poignard en damas de Luynes richement ornés de ciselure et de damasquine par l’habile M. Lapret; des pistolets, genre turc, des fusils de luxe avec incrustation d’ivoire ; des fusils percutants, à marteau intérieur, frappant dans l’axe du canon, et à couvert pour garantir des éclats de capsules, figuraient aussi parmi les nombreuses armes composant la riche et remarquable exposition de M. Lepage.
- , Le jury croit devoir accorder à ces beaux produits des ^ateliers de cet armurier une médaille d’argent, et récompenser ainsi le zèle dont M. Lepage fils ne cesse de faire preuve pour soutenir la haute réputation que son père lui a léguée.
- MM. Renet et Gastine, a Paris, rond-point des Champs-Élysées, i.
- Le jury avait cru devoir se montrer sévère en 1834 envers M. Renet j après s’être élevé, dans une précédente exposition, à l’honneur d’une médaille d’argent, M. Renet, qui réunit la fabrication des canons au montage et au finissage des fusils, n’avait offert que de très-faibles échantillons de ses produits. Le jury éprouve un vrai plaisir en voyant les heureux fruits portés par l’utile avertissement qu!il s*e!ait cru dans l’obligation de donner.; Des canons très-également forgés, dressés avec soin , de beaux fusils de luxe, des fusils moins ornés, mais d’une bonne fabrication et à des prix modérés, des tubes de manomètre d’une
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- grande longueur, ont provoqué, et dans la salle des machines et dans celle des armes, l’attention du jury ; i( pense donc que MM. Renet et Gastine se sont bien montrés dignes, en 1839, d’une nouvelle médaille d’argent.
- M. Pirmet, à Paris, allée d’Antin, i5.
- Les armes de chasse exposées par M. Pirmet se font remarquer les unes par le luxe de leurs ciselures, les autres par la bonne et solide confection de toutes leurs parties -, ‘des pistolets damasquinés avec goût, moulés sur bois d’ébène, genre renaissance, ont provoqué, par le fini et la perfection du mécanisme de leurs platines, l’attention du jury, qui a jugé M. Pirmet digne d’une médaille d’argent.
- M. Albert Bernard, à Paris, rue Mai;beuf, 22.
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- M. Albert Bernard a soumis à l’examen du jury des canons damassés, rubanés à rubans de fer et d’acier, des canons d’étoffes composées de fer et d’acier corroyés d’une manière nouvelle ; enfin des canons à rubans, où le ruban est soudé de plat au lieu d’être soudé de champ comme à l’prdinaire. La bonne exécution de tous ces canons, les efforts constants que M. Bernard ne cesse de faire pour diminuer le,prix des produits de sa fabrique en mettant en usage des moyens mécaniques et en empruntant sa force motrice à une machine à vapeur, ont paru au jury dignes d’être couronnés par une médaille d’argent.
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- RAPPEL 1)E MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. Delbourse, Perrin-Lepage , Lelion et Cessier , de Saint-Etienne.
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- Le jury rappelle avec satisfaction les médailles de bronze qui leur ont été précédemment décernées ces divers arquebusiers n’ont cessé de soutenir la juste réputation qu’ils se sont méritée tant par leurs armes ordinaires que par celles de composition mécanique variée, toutes fort bien exécutées.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
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- M. Béringer, à Paris, rue du Coq-Sa in t-Honoré, 6.
- M. Béringer est l’inventeur des cartouches métalliques qui plus tard ont suggéré l’emploi des culots métalliques pour obvier aux fuites de gaz. Des fusils dont l’inflammation se fait soit avec des capsules posées sur des cheminées à la manière ordinaire, soit au moyen d’une percussion intérieure sur une amorce fulminante renfermée dans la cartouche, figurent au nombre des belles armes exposées par ce fabricant. Des pistolets â poudre fuImL nante se chargeant par la culasse ont fixé Inattention du jury 5 l’instantanéité de l’explosion du fulminate et le choc violentqui en résulte sontdétruitsdans ces armes parlesoin que cet artiste a eu de laisser un espace occupé par de l’air
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- entre la charge et le projectile. Les avantages d’une telle disposition ont été depuis longtemps reconnus; néanmoins toute la valeur en a été nouvellement signalée et très-utilement appliquée aux armes de gros calibre. Cette manière de charger avec des poudres vives 4 été instinctivement trouvée par cet ingénieux artiste, tout comme la fermeture autoclave du culot qu’il a rencontrée et appliquée le premier, mais dont toute l’utilité ne fut reconnue que plus lard par l’un de ses nombreux concurrents.
- Le jury décerne à M. Béringer, comme une récompense très-bien méritée, une médaille de bronze.
- I S I
- Maison Lefaucheux, à Paris,
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- Bourse, 10.
- rue
- de la
- La maison Lefaucheux a su donner un grand développement à l’invention de l’armurier dont elle conserve le nom ; ses fusils de Paris se recommandent par une belle et bonne exécution, et ses fusils de fabrique sont suffisamment bien confectionnés et à un prix modéré; l’esprit d’association dont cette maison a fait preuve en se réunissant à plusieurs autres armuriers, pour l’exploitation du brevet qu’elle a acquis, a paru aux yeux du jury devoir lui mériter june médaille de bronze en .1839 , tout comme l’armurier dont elle porte le nom, et dont elle exploite l’invention , en avait été jugé digne lui-même eu 1834.
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- M. Boche, à Paris, passage du Désir.
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Boche pour l’ensemble de sa fabrication de poires à poudre, de saçs à plomb et de carabines de tir. Les soins apportés par
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- cet induslriel dans l’exécution de toutes les pièces sorties de sa [fabrique le rendent très-digne de celte distinction. Son esprit inventif s’exerce sur des amorçoirs et des poires à poudre destinés au service de l’armée. Le jury espère que l’heureuse solution du problème qu’il s’est proposé lui vaudra, à une prochaine exposition , une récompense encore plus élevée.
- M. Claudin, à Paris, rue de iaTonnellerie, 9.
- M. Claudin, ouvrier arquebusier, après avoir travaillé longtemps à façon pour les autres, s’est déterminé, cette année, à exposer en son propre nom. Ses fusils sont bien montés; leurs platines, munies de ressorts d’une vivacité remarquable, ont fixé l’attention du jury ; scs armes, quoique parfaitement bien traitées, sont d’un prix moins élevé que celles de la plupart de ses nombreux concurrents. En décernant une médaille de bronze à M. Claudin, le jury trouve une occasion nouvelle de signaler hautement l’in-.térêt que lui inspirent les artistes qui savent faire bien et se contenter d’un bénéfice modéré.
- M. de Larachée, à Paris, rue Saint-Guillaume, 29.
- M
- M: de Larachée ne fait pas de l’arquebuserie sa profession; il présente cependant, à l’exposition, des fusils se chargeant par la culasse, dont le mécanisme de fermeture a le mérite d’une grande simplicité; mais ce qui a surtout provoqué l’attention du jury, c’est l’heureux résultat des essais auxquels M. de Larachée s’est livré, afin de rencontrer, pour en faire des cartouches, un alliage métallique assez
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- élastique pour se dilater au moment de l’explosion, et revenir ensuite à ses dimensions premières. Le jury a jugé eette invention, applicable à la construction des cartouches de toutes les armes qui se chargent par la culasse, digne d’une médaille de bronze. 1
- M. -Desnyau à Paris, rue J .-J. Rousseau, -5.
- M. Desnyau estl’armürier qui fut chargé par M. Robert de confectionner ses premiers fusils de chasse; aussi estoc lui qui, après les avoir longtemps étudiés, s’est efforcé de les débarrasser des légères impcrfcctionsjju’une pratique de plusieurs années a fourni aux chasseurs l’occasion de reconnaître ; au nombre des modifications apportées ,par M. Desnyau, le jury a remarqué l’application du culot métallique muni de cheminées et permettant à ces sortes de. fusils d’être amorcés avec des capsules ordinaires ; M. Desnjau les a ainsi débarrassés du grave inconvénient d’une amorce spéciale peu répandue et fabriquée en trop petite quantité pour être bien faite à bas prix. D’utiles modifications ont encore été faites par'lui aux gâchettes, rendues beaucoup plus liantes. Sans changer les dispositions de l’arme, il l’a pourvue d’un simple et ingénieux mécanisme pour décoller le culot, dans le cas où il viendrait à adhérer dans la chambre; enfin les nombreuses vis qui servent à fixer les canons des fusils Robert sur leurs bois ont été heureusement remplacées par lui, au moyen d’une disposition analogue au crochet de bascule, par un simple tiroir. Le jury a jugé l’ensemble do ces modifications digne d’une rhédaille de bronze.
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- M. Gévelot, à Paris, rue Notre-Dame-cles-Vicloi res. 24*
- Les efforts constants que M. Gévelot ne cesse de faire pour perfectionner ses, produits et en diminuer le prix ont été déjà couronnés d’un plein succès commercial ; les amorces à la marque G, répandues partout, sont recherchées et employées avec confiance par les chasseurs. Le jury croit devoir donner son assentiment particulier à cette fabrique, et récompenser. M. Gévelot par une médaille de bronze. 1
- M. Dugenne , cle Saint-Étienne.
- Le jury, heureux de pouvoir attribuer des récompenses aux fabricants des départements qui s’en montrent dignes, a vu avec intérêt les produits sortis des ateliers de M. Dugenne. Des fusils aussi remarquables par leur belle et bonne exécution que par leur bon marché lui ont paru mériter, à ce double titre, d’être couronnés d’une médaille de bronze.
- M. Léopold Bernard, à Paris, rue Mar^ beuf, 22.
- M. Léopold Bernard a présenté des canons de fusil du même genre que son frère, à rubans de fer et d’acier, à rubans dits chinois, à rubans sur plat, tous fabriqués avec beaucoup de soin. Le jury croit se raoutrer juste en récompensant la bonne et importante fabrication qu’il a développée, quoique sur une moins grande échelle que son frère, par une médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
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- M. Lecyr-Fruger, rue du Cimetière-Saint-An dré-des^ Arcs, 9.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Lecyr-Fruger, pourlc récompenser des efforts qu’il ne cesse de faire afin dcconstruire et faircadopter l’usage d’une arme degros calibre de son invention. Son canon, spécialement destiné à la marine, se charge par la culasse, à boulet forcé, au moyen de projectiles enveloppés dans une lame de plomb.
- Le jury regrette que des expériences positives ne lui aient pas permis d’acquérir une plus entière conviction de la réalisation pratique des avantages que le canon-foudre de M. Lecyr Fruger semble devoir atteindre, pour honorer cet inventeur d’une récompense plus en harmonie avec les importants services qu’un tel canon offrirait pour la défense du pays.
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- M. Devisme, à Paris, rue du Helder, 12.
- M. Devisme a exposé des fusils gros calibre, genre anglais, dits fusils à pigeon. Cet armurier s’est efforcé de débarrasser son pays du tribut que des amateurs, engoués de produits étrangers, allaient payer à une industrie rivale.
- Le jury reconnaît avec satisfaction qu’il est parvenu à ce but désirable. On distingue parmi les diverses armes, ^ riches et autres , toutes bien confectionnées, qui compo- -sent son exposition, des pistolets à deux coups à deux platines, mais.à une seule gâchette. Un fusil dont toutes les pièces ont été forgées en damas d’acier par le canonnier Bernard se fait aussi remarquer ; cette arme présente,
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- dans ioiitc sa garniture, un caractère d’uniformité qui plaît à l’œil ; mais cet avantage, obtenu par une élévation considérable dans le prix et un travail de forge étranger à l’exposant, n’a pu être pris en grande considération -, le jury décerne à M. Devîsmeune mention honorable.
- MM. Touchard et Martin,, à Paris, rue de Bondy, 2 3.
- MM. Touchard. et Martin ont exposé des fusils se chargeant par la culasse, soit comme arme de chasse, soit comme arme de guerre j ce qui a surtout attiré l’attention du jury sur l’invention Touchard, c’est le moyeu simple et économique employé dans ses cartouches pour obvier aux fuites de gaz. Dans la cartouche destinée au fusil Touchard, le culot métallique est remplacé par une rondelle de carton légèrement emboutie ; son aplatissement au moment de l’explosion augmente son diamètre et fait appliquer fortement ses bords sur la paroi du canon j la fermeture devient ainsi hermétique. Le jury, qui se plaît à récompenser les procédés simples lorsqu’ils réunissent l’utilité à la nouveauté, décerne à M. Touchard une mention honorable.
- LjAIKÉ,
- rue Saint-Antoine, .233.
- Des fusils à un seul canon long et rayé, dits fusils cle tir3 composaient l’exposition de M. Laine ; ce n’est pas sans satisfaction* que le jury voit se répandre en France le goût d'un exercice qui, plus généralement pratiqué, développerait une justesse de coup d’œil dont la défense du pays pourrait'un jour profiler.
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- Le jury décerne à M. Laine, pour l’engager à conlinuer cl à élendre sa fabrication , une mention honorable.
- M. Caron, à Paris, passage de l’Opéra, galerie du Baromètre, 29.
- M. Caron a exposé des fusils, genre anglais, de gros , calibre -, cet armurier a prouvé qu’il savait aussi confectionner des armes de luxe. Un fusil richement damasquiné, monté sur corne de rhinocéros, a provoqué l'attention- autant par sa belle exécution que par l’originalité do la matière employée à sa monture.
- Le jury décerne à M. Caron une mention honorable.
- MM. Beaucheron-Pirmet) Lefaure, Ouil-, ler-Blanchard, Paris, Plomdeur.
- Le jury mentionne très-honorablement ces messieurs pour une bonne et belle fabrication de fusils de chasse.
- M. Gauche,
- Le jury lui accorde une mention honorable particulière pour des fusils à culasses mobiles taraudées.
- M. Pelé, de.Lorient, » '
- Pour dés pistolets très-bien exécutés, à crosses métalliques ciselées et à mécanisme de percussion adroitement dissimulé, le chien même servant de ponté de sous-garde.
- M. Labbé, à Niort, /
- Pour un fusil canon damassé, monture d’érable, établi avec soin pour un prix modéré.
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- M. Michel, amateur d’Orléans,
- Pour un fusil brisé sans chiens ni gâchettes apparentes : cette arme est, en outre, pourvue d’un verrou de sûreté.
- M. TeissiÉ-Dumottet,
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- Pour un fusil brisé au-dessus du tonnerre, armant le chien par le mouvement d’ouverture.
- M. Pétigny, à Soissons (Aisne),
- Pour une carabine de tir richement ciselée et damas» quinée.
- LE JURY CITE HONORABLEMENT :
- MM. Chauvin, de Niort, et Boussard, de Toulouse,
- Pour des moyens de sûreté appliqués aux fusils.
- MM. Honorât et Bessay, de Saint-Étienne,
- Pour des fusils ployants, dont la poignée et la platine se renferment dans la crosse.
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- M. Gabion, platineur à Saint-Etienne,
- Pour des platines d’une très-bonne exécution.
- MM. Goddet et Alkin ,
- Canonniers qui se présentent pour la première fois et exposent des canons de fusil damassés et rubanés d’une bonne exécution. Le jury encourage aiusi cette première entrée dans la lice industrielle.
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- SECTION IV,
- INSTRUMENTS DE MUSIQUE. M. Savart, rapporteur.
- Considérations générales.
- La facture des instruments de musique a fait de grands progrès depuis 1834 : les pianos à queue, les pianinos , les flûtes, les instruments à vent en cuivre et les instruments à archet ont présenté des améliorations qu’il ne semblait pas qu’on pût faire dans un laps de temps de cinq années. C’est surtout par les perfectionnements de détail, par la précision du travail, par l’entente plus complète du mécanisme et du rôle de chaque partie des instruments, que les facteurs se sont généralement fait remarquer. En voyant, dans les salles de l’exposition, un si grand nombre d’instruments de musique : huit grandes orgues, cent quatre-vingt-sept pianos, plus de soixante instruments à archet, et une quantité considérable d’instruments à vent de toute nature* on était, au premier abord, porté à penser que les jurys d’admission s’étaient montrés trop peu sévères, et que beaucoup de ces produits n’auraient
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- pas du figurer à l’exposition ; mais ," à un examen plus attentif, il était faeile de reconnaître que, parmi ces produits, bien peu étaient médiocres, et que le plus grand nombre était fort remarquable.
- L’essai, la comparaison des instruments de musique présente de grandes difficultés; il en est toujours ainsi lorsque nos jugements reposent sur les impressions d’un seul de nos sens. La commission a donc dû s’entourer des lumières de compositeurs et d'artistes habiles, et elle a demandé l’adjonction de MM. Berton, Auber, Baillot et Galay, dont la' grande réputation et le talent bien reconnu nous dispensent de tout autre éloge. Tous les jugements prononcés l’ont été avec leur concours, et toujours à la majorité des voix, très-fréquemment à l’unanimité. / /
- En 1827, les instruments de musique avaient été essayés dans les salies mêmes de l’exposition, en présence du public ; en 1834, on les avait portés dans les salles du Louvre/ et leur examen avait été, fait avec un plus grand soin ; mais les noms des facteurs, inscrits sur les instruments, étaient restés à découvert, et, par conséquent, ils étaient connus des membres de la commission. Cette année, nous avons dû satisfaire aux vœux du plus grand nombre des exposants^ surtout des facteurs de pianos, qui demandaient que les noms nous restassent inconnus, et, par conséquent, que le jugement portât principa-
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- lcinent sur les effets sonores, 1ml final fie tout instrument fie musique.
- Si cette manière de procéder présentait quelques inconvénients, on ne peut pas se dissimuler qu’elle offrait aussi de grands avantages. En effet, à une époque où la théorie de la construction des pianos n’est pas faite, ou les facteurs sont partagés d’opinion presque sur tous les points de leur art, notamment sur la disposition du mécanisme que les uns placent en dessus des cordes, et les autres en dessous ; s,ur la disposition des sommiers et des résistances à opposer au tirage des cordes ; sur celle des tables, sur celle des étouffoirs que les uns placent en dessous des cordes, les autres en dessus, que les tins font simples et les autres à double tête ou même doubles, l’un en dessus, l’autre en dessous des cordes : à une pareille époque et dans un tel état fie l’art, et surtout en considérant que des instruments de dispositions très-diverses paraissent donner les mêmes résultats, il semble que la marche proposée par les facteurs èt adoptée par la commission, de juger principalement d’après les effets sonores, était préférable à toutes les autres.
- L’examen des instruments a.eu lieu dans les salles du palais Bourbon; les noms des facteurs ont été couverts* en l’absence des membres de la commission, et un numéro a été placé sur chaqué instrument; un ou fieux commissaires, pris parmi les fac-
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- feurs les plus anciens, sont constamment restés présents aux épreuves, afin qu’ils pussent constater et dire a leurs confrères que la plus grande loyauté avait constamment présidé à nos essais. Ce sont ces délégués qui ont, dans tous les cas, découvert eux-mêmes les noms des facteurs dont les instruments avaient paru dignes d’être placés en première ligne.
- § 1er. INSTRUMENTS A CORDES.
- Pianos.
- Les pianos, tant par leur forme que par leurs dimensions et la qualité des sons, peuvent être divisés en quatre classes : en pianos à queue, pianos carrés, pianos droits à cordes obliques, et pianinos, qui sont aussi des pianos droits, niais à cordes verticales. En * outre, chacune de ces quatre classes peut encore être subdivisée en deux autres, attendu que pour chacune l’instrument peut être à deux ou à trois cordes.
- Soixante-sept facteurs de pianos se sont présentés à l’exposition ; nous avons à demander des récompenses pour vingt-sept d’entre eux. Cent cinquante-un pianos ont été soumis à nos épreuves ; cent quatre-vingt-sept étaient dans les salles de l’exposition.
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- Tous ces instruments ont été essayés par M. Auber, qui s’est prêté, avec une patience admirable, que l’amour de la justice peut seul expliquer, à tous les essais que la commission pouvait désirer. D’abord les pianos d’une même espèce étaient essayés d’une manière générale, afin.de mettre de côté tout ce qui paraissait d’un ordre inférieur ; puis tous ceux qui avaient paru mériter un examen spécial étaient placés à côté les uns des autres, et on les comparait entre eux autant de fois qu’il était nécessaire pour arriver à les classer par ordre de mérite. Il nous suffira de dire que la comparaison de deux pianos a quelquefois duré plus d’une heure.
- s Pianos à queue.
- Vingt-six pianos à queue ont éié soumis à notre examen ; cinq ou six seulement ont été reconnus pour de médiocres instruments ; la classification des autres a demandé un temps fort long et des épreuves variées de bien des manières. Nous devons même dire que, avec le désir de ne faire porter les récompenses que sur six de ces ins-r truments, nous n’avons pu nous empêcher d’en conserver un septième, tant il nous paraissait digne de rester sur les rangs.
- Voici les noms des facteurs dans l’ordre où nous
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- les avions rangés sans les connaître :
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- MM. Érard, .
- Soulleto,
- Pleyel,
- Kriegelstein et Plantade,
- Boisselot, de Marseille,
- Roselen.
- On peut remarquer que six noms seulement figurent dans cette liste, tandis que sept pianos avaient été réservés ; cela provient de ce que M. Érard avait présenté deux.pianos à queue, et de ce'que tous deux ils ont été mis tout d’abord, et à l’unanimité, en première ligne, sans qu’il nous fut possible de donner la préférence à l’un sur l’autre.
- Pianos carrés à trois cordes.
- Sur cinquante-trois pianos carrés que la commission a entendus , vingt-deux ont d’abord été mis à part comme étant les meilleurs ; puis ensuite, par des comDaraisons successives, on est arrivé à n’en
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- conserver que sept qui ont été classés par ordre de mérite; et les noms des facteurs ayant été découverts, la liste suivante s’est trouvé formée/:
- MM. Érard,
- Kriegelstein, Pleyel, . . . Wolfel, Pape, Gaidon,
- sur la même ligne.
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- Le piano de M. Érard, d’un patron un peu plus grand que celui des pianos carrés ordinaires, l’emportait de beaucoup par l’intensité du son. La comparaison des pianos de MM. Kriegelstein et.Pleyel a duré plus d’une heure et demie ; quoique ces deux instruments fussent très-différents par la qualité du son et par la construction, celui de M. Kriegelstein étant à frapper en dessus, la commission n’a pu se résoudre à placer l’un avant l’autre.
- Pianos, carrés à deux cordes.
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- Onze pianos carrés à deux cordes ont été présentés à notre examen : trois ont été distingués. Celui qui a paru mériter d’être mis en première ligne est de M. Pape, le second, de M. Busson, et le troisième de M. Côte. ' .
- • Pianos droits à cordes obliques.
- Vingt-sept pianos de cette espèce ont été entendus et comparés; nous avons pensé qu’il suffisait
- d’en réserver quatre qui sont, en les rangeant tou-
- *
- jours par ordre de mérite, de MM. Erard, Menuet, Grus et Mercier.
- 11 est encore à remarquer ici que le piano, île M. Érard était plus grand que tous ceux du môme
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- genre, et qu’il l'emportait de beaucoup sur les autres par l’intensité et la rondeur du son.
- Piahinos ou pianos droits à cordes verticales.
- Ces instruments, qui étaient encore très-imparfaits en 1834 , ont fait, depuis cette époque, des progrès immenses ; on est parvenu à leur faire produire des sons qui, pour l’intensité et la rondeur, peuvent rivaliser avec ce qu’on a fait de Jnieux en pianos droits à cordes obliques.
- Trente-quatre de ces instruments ont été soumis à notre examen : quelques-uns étaient à trois cordes, le plus grand nombre n’en avait que deux.
- Parmi ceux qui étaient a trois cordes, deux ont paru supérieurs à tous les autres ; celui qui avait été
- mis au premier rang était de M. Schoen, le second,
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- deM.Koska. 4
- Parmi ceux qui étaient à deux cordes, quatre ont été distingués : le premier était de M. Pleyel, le second de MM. Hatzenbuhler et Faure, le troisième de M. Eslanger, et le quatrième de M. Kriegelstein.
- Le pianino de M. Pleyel était extrêmement remarquable par la rondeur, la force et l’égalité des
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- sons.
- Tel est l’ordre dans lequel nous avons pu, sous le rapport.des qualités du son, classer les piajios de chacune des quatre classes; mais maintenant il est-
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- clair que les récompenses à accorder doivent aussi porter sur la bonne confection de ces instruments, sur le fini du travail, sur les perfectionnements apportés à la construction , et qu’il ne faut pas non ,'plus négliger l’importance et la durée des établissements. La liste des récompenses à donner devra donc contenir d’autres noms que ceux des facteurs à cités jusqu’ici ; et il pourra même arriver que des facteurs obtiennent des récompenses plus élevées que celles auxquelles ils auraient eu droit si on n’avait eu égard qu’au rang occupé par leurs instruments sous le point de vue de la qualité des sons.
- RAPPEL DE MÉDAILLES D’OR.
- M. Pape_, à Paris, rue des Bons-Enfants, 19.
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- M. Pape a exposé un piano à queue, plusieurs pianos en forme de console et de guéridon , un piano vertical, deux pianos carrés, l*un à deux, l’autre à trois cordes.
- Plusieurs de ces.instruments étaient à frapper en dessus et présentaient une disposition nouvelle de la table d’harmonie et du chevalet. Le piano carré à deux cordes de M. Pape a été placé au ..premier rang de ce genre d’instruments ; il se faisait surtout remarquer par le grand volume des sons qu’il émettait.
- Les, pianos en forme de console et de guéridon que M.Papeaconstruits,cn vue deréduire, au tant que possible,
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- les dimensions des pianos, n’ont pas dû être comparés avec d’autres pianos, puisqu’ils sont faits dans un but déterminé, celui d’occuper moins de place et d’avoir une forme gracieuse. Ils étaient remarquables par la disposition du mécanisme, entièrement de l’invention de M. Pape, et par la beauté des sons. . 1
- Les instruments qui sortent des ateliers de ect habile artiste sont,d’une exécution très-soignée. M. Pape occupe cent quatre-vingts ouvriers et confectionne quatre cents pianos par an ; il a obtenu la médaille d’or en 1834, le jury l’en juge aussi digne qu’à celte époque.
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- M, Pleyel, à Paris, me Rocliechouart, 20.
- «
- Deux pianos à queue, dont l’un, de petit format, a médite d’être placé en troisième ligne, un piauo carré qui a obtenu le deuxième rang, deux pianinos dont l’un a été jugé supérieur à tous les instruments du même genre. La fabrique dirigée par M. Pleyel est la plus considérable de ,Paris j elle confectionne de huit à neuf cents pianos par an et occupe trois cents ouvriers -, elle est digne, sous tous les rapports, qu’on lui accorde le rappel de la médaille d’or qui lui a été donnée aux précédentes expositions.
- MM. ïIolleret BLAiNCHET?‘à Paris, rue Hau-teviile, 16.
- ' Cette maison a exposé deux pianos droits à cordes obliques, un piano à queue à deux cordes et un piano à queue vertical. C’est à MM. Rollcr et lîlanchet qu’on doit la création de ce genre de pianos qu’on appelle,droits et dans lesquels les cordes sont obliques -, ces habiles facleurs.se
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- maintiennent toujours au premier rang, et leur établissement est aussi cligne que jamais de la médaille d’or qui lui a été accordée en 1834. ; *
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- NOUVELLE MEDAILLE D’OR.
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- M. Pierre Erard, à Paris, rue du Mail, ij et 21.
- Neveu du célèbre Sébastien Érard, M. Pierre Érard a pris à tâche de soutenir la grande réputation de l’établissement que son oncle avait créé et qu’i 1 lui a légué. Cette tâche difficile^ M. Érard l’a dignement remplie : ses pianos, dans trois genres différents, ont ôté mis en première ligne, et, nous devons le dire, leur supériorité était marquée.
- Les instruments qui sortent des ateliers de M. Érard se distinguent non-seulement par la qualité des sous, mais encore par lé fini.du travail, par la.disposition du mécanisme et par la solidité de toutes les parties qui les constituent.
- Le jury décerne une nouvelle médaille d’or à M. Pierre Érard.
- RAPPEL DE MEDAILLE D’ARGENT.
- M. Pfeiffer, à Paris, rue Montmartre, i32.
- M. Pfeiffer, l’un de nos plus anciens et de nos plus habiles facteurs, a exposé un piano carré à trois cordes dans
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- lequel il a cherché à diminuer, autant.que possible> là hauteur dés sommiers et l’épaisseur du fond, afin d’avoir plus de légèreté sans perdre, d’ailleurs* de la solidité. Gel instrument a paru fort bon et habilement disposé.
- Le jury accorde à M. Pfeiffer le rappel de la médaille d’argent qu’il a obtenue à l’exposition de 1827.
- NOUVELLES MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Kiyeegelstein et Planta.de , à Paris, boulevard Montmartre, 8.
- Us ont présenté Un piano à queue qui a mérité d’être placé en quatrième ligne ; deux pianos carrés, dont l’un a été mis au second rang , et un pianino placé au quatrième rang.
- Les instruments qui sortent de cet établissement se font
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- remarquer par leur parfaite exécution. Le piano carré de M. Kriegctstein était à frapper en dessus, au moyen d’un mécanisme simplé qui ne nuit en rien à la facilité du jeu de l’instrument ; une disposition analogue s’observait dans le piano à queue, où des étouffoirs doubles empêchaient complètement les sons de persister après que la touche avait été abandonnée. *
- L’établissement de MM. Kriegelslein et Plantade avait obtenu une médaille d’argent en 1834 5 le jury pense qu’il
- mérite une nouvelle récompense du même genre.
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- MM. Soufleto et clc, à Paris, rue du Faü-bourg-Saint-Martin, 174*
- Ils ont exposé deux pianos droits à cordes obliques et tin
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- piano à queue qui a été jugé digne d’occuper la première place après ceux de M. Erard, et dans lequel on observe plusieurs dispositions nouvelles, notamment une table voûtée et un fond consistant en un barrage extrêmement léger ; ce qui ne paraît cependant pas nuire à la solidité de l’instrument.
- M. Souflelo a aussi remplacé la cheville qui sert de guide à la louche et sur laquelle elle se meut, par un axe horizontal porté par une petite tige verticale, le tout faisant système et ayant l’aspect de la lettre T, modification qui parait heureuse; car, dans la disposition ordinaire, la mortaise qui reçoit la cheville finit toujours par s’élargir, et iten résulte un mouvement latéral de la touche et de l’échappement qui peut donner naissance à un bruissement désagréable, et, en outre, nuire à la pureté du son. Néanmoins nous ferons observer que c’est à l’expérience à prononcer sur la valeur de celte innovation.
- M. Souflelo avait obtenu une médaille d’argent en 1834 pour des pianos droits faits à l’instar de ceux de M. Rollerdontil a été l’élève; le jury, considérant que son piano à queue a été mis au second rang, lui décerne une nouvelle récompense du même ordre.
- MM. Wolfel et Laurent, à Paris, rue de l’Université, 25.
- Ils ont exposé un piano à queue, deux pianinos et un piano carré à trois cordes à frapper en dessus qui a été mis au troisième rang des instruments de cette espèce.
- Ces facteurs, dont les instruments se sont fait remarquer par leur belle exécution , ont apporté plusieurs modifications dans la disposition de la table d’harmonie et du che-
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- valet qui la met en communication avec les cordes, ainsi que dans celle des mécanismes des divers genres de pianos. Récemment établis, MM. Wolfcl et Laurent occupent déjà dix-huit à vingt ouvriers.
- Le jury les juge dignes de la médaille d’argent.
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- MM. Boisselot et fils, à Marseille.
- Ils ont établi à Marseille une fabrique dans laquelle ils occupent soixante-dix ouvriers qui confectionnent deux cent cinquante à trois cents pianos par an, dont un grand nombre est exporté en Italie. Parmi les instruments que ces facteurs ont exposés, un piano à queue d’un très-petit patron, a soutenu honorablement la comparaison avec les pianos à queue des meilleurs maîtres et a mérité d’être placé le cinquième parmi les instruments de cette espèce, qui, comme nous l’avons déjà dit, étaient presque tous d’une qualité supérieure.
- Le jury décerne une médaille d’argent à MM. Boisselot et 01s.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Wetzel, rue des Petits-Augustins, 9.
- Il fabrique des pianos de tous genres qu’il livre à des prix très-modérés. Honoré en 1827 d’une médaille de bronze qui lui fut rappelée en 1834, le jury lui accorde de nouveau le rappel de cette distinction.
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- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
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- M. Gatdon jeune, à Paris, rue Montmartre, 121.
- Il expose deux pianos carrés à trois cordes et à sommier prolongé,.disposition de son invention. Les instruments qui sortent des ateliers de M. Gaidon sont d’un travail bien soigné} ils présentent beaucoup de solidité et offrent, par conséquent, des garanties de durée. L’un des deux pianos carrés exposés par M. Gaidon a mérité d’être placé en cinquième ligne, et c’est un grand honneur dans un concours où l’on ne comptait pas moins de cinquante-trois pianos.
- M. Gaidon avait obtenu une médaille de bronze en 1834 } le jury lui décerne une nouvelle récompense du même genre.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Mercier, à Paris,, rue Basse-St-Pierre, 4.
- Ce facteur, l’un des meilleurs élèves de M. Roller, construit des pianos droits à cordes obliques ; il a exposé deux de ces instruments, qui se faisaient remarquer par le fini du travail, par la beauté et la force des sons, par la disposition ingénieuse et en même temps simple du mécanisme, ainsi que par un système de doubles étouffons entièrement de son invention. Cet artiste distingué occupe vingt-sept ouvriers et construit cent vingt pianos par an. L’un de ses
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- pianos droits, présenté seul au concours, a été placé au quatrième rang.
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Mercier. M. Schoen, à Paris, rue Richer, 4.1.
- Il expose un piano carré à trois cordes et un pianino à trois cordes qui a mérité d’être placé le premier des instruments de celte espèce. Récemment établi, il confectionne par an trente-six pianos et occupe douze ouvriers tant dans ses ateliers qu’à l’extérieur. M. Schoen mérite à tous égards la médaille de bronze que le jury lui décerne.
- M. Mermet, élève de Roller, à Paris, rue Hauteville, 43.
- M. Mermet fabrique des pianos droits à cordes obliques; établi seulement depuis quinze mois, il a déjà construit trente de ces instruments. Celui qui a concouru a mérité d’être placé en première ligne après le piano de M. Érard. M. Mermet est digne de la médaille de bronze que le jury lui décerne.
- M. Roska, à Paris, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, 14.
- Il expose un piano carré à trois cordes et un pianino également à trois cordes qui a obtenu le second rang au concours. M. Koska est un habile ouvrier qui apporte beaucoup de soins dans la construction de ses instruments. Son pianino se faisait remarquer par la disposition du clavier et des marteaux qui forment un système qu’on peut enlever et replacer à volonté , et aussi par plusieurs perfectionnements de détail. M. Koska occupo ordinairement
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- quatre ouvriers ; il confectionne ses caisses et ses mécanismes. ; .
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Koska.
- M, Côte, à Paris, rue Grange-Batelière, 21.
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- Il expose deux pianos carrés à frapper en dessus 5 celui de ces instruments qu’il a présenté au concours était à deux cordes, il a été placé au troisième rang'; mais il aurait mérité d’être placé au deuxiètne rang, si son clavier n’avait pas paru un peu dur, défaut que M. Côte connaissait, auquel il pouvait facilement remédier et qu’il n’avait laissé à son instrument que sur de mauvaises indications qui lui avaient été données.
- M. Côte est un artiste habile, qui a imaginé le mécanisme à frapper en dessus qui est dans ses pianos, et diverses dispositions qui semblent heureuses ; c’est ainsi qu’il a mis de doubles étouffoirs aux cordes qui forment les trois octaves lès plus graves et qu’il a établi un mécanisme au moyen duquel on peut clouffer le son de l’une des deux cordes de chaque touche tandis qu’on accorde l’autre.
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Côte.
- MM. Hatzenbuhler et Faure, à Paris,
- faubourg Saint-Antoine, 63,
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- Ils exposent un piano carré, un piano à queue, deux pianinos et un piano droit. L’un des pianinos que ces fabricants avaient mis au concours a mérité d’être placé le deuxième, et, en conséquence, le jury décerne une mé~ daiile de bronze h MM. Hatzenbuhler et Faure,
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- M. Busson, à Paris, rue Mantlar, 3.
- Ce fabrican t a exposé un piano carré à deux cordes et à frapper en dessus. Il occupe habituellement dix ouvriers et confectionne trente pianos par an. Le piano qu’il a exposé, et qui a mérité d'être placé au second rang, est une imitation fidèle des pianos de M. Côte, chez qui cet artiste a travaillé pendant plusieurs années.
- Lcjury accorde à M. Busson une médaille de bronze pour le rang honorable que son piano a obtenu au concours. ' ' '
- M. Bernhart.
- Cet artiste distingué occupe soixante-dix ouvriers et confectionne, chaque année, trois cents pianos de tous genres qu’il livre à des prix très-modérés. Honoré de la médaille de bronze en 1827 et en 1834, le jury le juge digne d’une nouvelle récompense du même genre.
- MENTIONS HONORABLES.
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- M. Cluesman, à Paris, rueFavart, l\.
- Il exposeun piano droit, un piano carré et un pianino; il occupe habituellement trente ouvriers et confectionne environ cent pianos par an. M. Cluesman avait obtenu une mention honorable aux précédentes expositions, le jury lui décerne une nouvelle récompense du même ordre,
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- M. Go a ut, à Paris, rue dé la Chaussée-d’An tin, 38 bis.
- Il expose deux pianos droits à cordes obliques. Cet artiste est le premier qui ait confectionné des pianos droits dans lesquels toute la partie antérieure s’ouvre à charnières; il fabrique environ cent cinquante pianos par an et il les livre à des prix très-bas. Ce jury décerne une mention honorable à M. Gibaul.
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- M. Grus, à Paris, rae Saint-Louis, au Marais, Go.
- Un piano carré, un piano droit qui a mérité d’être placé le troisième au concours de ce genre d’instruments.
- M. Grus est digne de la mention honorable que le jury lui décerne.
- M. Eslanger, rue Montorgueil, 8.
- Un piano carré, un pianino placé en troisième ligne au concours. Cet artiste confectionne vingt à vingt-cinq pianos par an; il occupe huit ouvriers.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Eslanger.
- M. Herz, rue de la Victoire, 38.
- Un pianino, un piano à queue, un piano carré à trois cordes, qui a mérité d’ètre placé au sixième rang de ce genre d’instruments.
- M. Hertz occupe quarante-cinq ouvriers et mérite à tous égards que le jury lui décerne nne mention honorable.
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- M. Rosellen, à Paris, passage de l’Industrie, 9.
- Un piano carré, un pianino et un piano à queue, qui a ôté placé le sixième de ce genre d’instruments. C’est à ce litre que le jury décerne une mention honorable à M. Rosellen.
- M. Roger, à Paris, rue de Seine-Saint-Germain, 32.
- .. Il expose un piano carré, à,trois cordes, et un pianino dont le clavier est à bascule et se relève comme le tablier d’un secrétaire, ce qui fait que l’instrument occupe très-peu de place, M. Roger est un artiste distingué qui apporte beaucoup de soins dans la confection de ses instruments, qu’il livre cependant à des prix modérés. Le jury lui décerne une mention honorable.
- Procédés pour faciliter V accord des pianos.
- À diverses époques, les facteurs de pianos ont cherché h perfectionner les procédés employés pour accorder ces instruments. Tout le monde sait que cet accord se fait au moyen de chevilles d’acier, enfoncées dans l’un des som-micrs* et autour desquelles les cordes sont enroulées. Ce procédé présente sans doute de graves inconvénients ; mais il offre cet avantage inappréciable que la corde est fixée bien plus solidement que par tous les moyens qu’on a tenté de lui substituer -, et à cette solidité se trouve liée Pinleimté du son.
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- Déjà, en 1827, M. Cluesman avait présenté des pianos où la pointe d’attache était remplacée par .un levier auquel la corde était fixée et qu’on faisait marcher par une yîs de pression.
- Antérieurement* Sébastien Érard avait tenté d’accorder les pianos par des vis de rappel, procédé qui était employé bien avant lui dans certains luths, dans les guitares, etc. Ce célèbre facteur, si bon juge en cette matière, avait cru devoir renoncera ce procédé. Son neveu, Pierre Erard, a présenté un pianino où l’accord se fait par un mécanisme analogue * scùlcment un pignon mû par une vis sans fin a été substitué à la vis de rappel. Cette disposition a aussi été employée dans les guitares, et elle l’est habituellement dans les contre-basses. M. Boisselot de Marseille a également exposé des pianos où ce même mécanisme a été appliqué. M. Pfeiffer (Émile) de Versailles a employé, mais seulement pour régler l’accord, une vis de pression dont le bout appuie sur la portion de la corde qui est.com-prise entre le sillet et la cheville, ce qui permet de faire monter, ou baisser le son avec facilité, sans craindre les secousses qu’on observe fréquemment quand on n’emploie que la cheville seule. M. Pape a obtenu le même résultat par uu procédé encore plus simple , au moyen d’une vis qui entre plus ou moins dans le sommier et dont le dessous de la tôle presse sur la corde. Enfin M. Roller a exposé des pianos dans lesquéls on trouve une disposition fort ingénieuse pour accorder à l’œil, à l’aide d’un repère, une fois que l’instrument a été réglé par un habile accordeur. Ce mécanisme est de l’invention de M. Lepère, architecte fçrt distingué.
- On peut faire sur tous ces procédés les mêmes observa* tions* excepté peut-être sur celui de M. Pape ; 1° s’il casse
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- une corde, il arrivera presque toujours qu’on ne pourra plus jouer, parce que les pièces qui servent à tendre la corde, qui sont devenues libres, pourront frapper l’urie contre l’autre et donner naissance à un bruit désagréable, qui se produira encore, môme sans qu’une corde soit cassée, lorsque le mécanisme sera un peu usé; 2° la cordé n’étant pas fixée si solidement, par ses extrémités, qu’elle l’est par la disposition ordinaire, l’intensité du son est notablement diminuée.
- 3° Le prix de l’instrument est toujours beaucoup augmenté.
- Malgré ces observations, comme il serait très-important de perfectionner le procédé actuellement employé pour accorder le piano, le jury n’aurait pas hésité à décerner une mention honorable aux facteurs qui viennent d’ôtre cités, si tous, hors un seul, n’étaient déjà récompensés à d’autres titres. M. Pfeiffer (Émile) de Versailles, faisant seul exception , le jury lui accorde une mention honorable pour le procédé qu’il a imaginé.
- Quant au système si ingénieux de M. Lepère, le jury pense qu’il est nécessaire que le temps et l'expérience prononcent sur sa valeur.
- § 2. INSTRUMENTS A CORDES ET A ARCHET.
- Les instruments à archet comprennent le violon,’ l’alto, la basse et la contre-basse. Les instruments de chacune de ces quatre classes ont été essayés, à part, en prenant les mômes précautions qui ont été indiquées plus haut pour les pianos ; c’est à-dire que les noms des luthiers sont restés
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- inconnus aux membres de la commission, cl qu’un facteur, M.Lacotc, a assisté à toutes les épreuves. Huit concurrents se sont présentés pour les instruments à archet.
- Violons.
- Vingt-trois violons ont été soumis à notre examen; ils ont été essayés par notre célèbre violoniste Baillot, membre delà commission : les cinq meilleurs ont été mis à part et classés par ordre de mérite.
- Les deux premiers étaient de M. Vuillaurne ; ,
- Le troisième, de M. Chanot;
- Le quatrième, de M. Bernardel ;
- Et le cinquième, de M. Chanot.
- Le premier violon de M. Vuillaurne a été comparé à l’excellent violon de Stradivarius que possède M. Baillot, et il a soutenu ce redoutable rapprochement avec un succès qui nous a paru bien remarquable. Déjà, en 1834 et 1827, les violons de M. Vuillaurne avaient subi cette épreuve et ils en étaient sortis avec honneur.
- Altos.
- Huit altos ont été présentés à la commission ; trois ont paru dignes d’être distingués :
- Les deux premiers sont de M. Vuillaurne ;
- Le troisième est de M. Bernardel.
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- Basses.
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- Huit basses ont été examinées; trois ont été réservées pour être l’objet de récompenses à décerner :
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- La première, de beaucoup au-dessus de toutes les autres, était de M. Yuillaume,
- La deuxième de M, Ghanot, et la troisième de M* Berna rdel.
- Contrefasses.
- Un seul instrument de celle espèce a été soumis à notre examen : il n’a pas paru digne de faire l’objet d’une récompense.
- Nous ferons observer, à ce sujet, qu’il est fâcheux que les luthiers n’attachent pas plus d’importance à la confection des contre-basses. On fait de ces instruments de toutes dimensions, comme s’il n’y avait pas là des dimensions rigoureuses comme pour le violon. Les contre-basses sont l’âme des orchestres ; il est indispensable qu’on apporte des perfectionnements à leur construction et, surtout, qu’on les rende plus faciles à jouer.
- Les progrès de l’acoustique permettent aussi de dire que les dimensions desaltos ne sont pasce qu’elles devraientétre : c’est là la cause du peu de son de la quatrième corde et de la difficulté qu’on a à le tirer* Le jury appelle l’attention des luthiers sur la construction des contre-basses et des altos.
- Archets.
- Deux facteurs, M. Yuillaume et M. Pecatte, nous ont présenté des archets bien faits et queM. Baillot a essayés avec tout le soin possible.
- En général, les archets deM. Yuillaume ont paru d’une qualité un peu supérieure j cependant, parmi ceux de
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- M. Pecatle, il s’en est trouvé un fait à la manière de Tourte, qui a semblé meilleur que tous les autres.
- Eu conséquence de l’examen dont nons venons de rapporter les résultats, le jury décerne les récompenses suivantes aux facteurs d’instruments à archet :
- A M. Vuillaume, une médaille d’or, pour avoir con* fectionué des instruments qui, à l’exposition de 1827, à celle de 1834 et à celle de cette année, ont souteuu avec succès la comparaison avec les instruments des plus grands maîtres.
- M» Vuillaume occupe habituellement huit ouvriers et confectionne annuellement six cents archets et cent cinquante instruments dont une partie passe à l’étranger.
- A M. Chanot, une médaille d’argent,- '
- A M* Bernardel, une médaille de bronze -,
- A M. Pecatte, pour ses archets, une mention honorable.
- A ces récompenses, le jury en réunira deux autres qui lui paraissent également bien méritées, mais sous d’autres points de vue.
- M. Buthod, à Mirecourt, ancien ouvrier de M. Vuillaume, fait huit cents violons par an,quarante altos et cinquante basses* Le prix de ses violons varie depuis 5 fr. jusqu’à 40 fr-» Le jury décerne une médaille de brouze à M. Buthod.
- M» Derazey, à Mirecourt, confectionne des instruments à archet qui ont paru d’une belle exécution, et qui ont, en général, une belle qualité de son.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Derazey.
- Jusqu’ici la médaille d’argent avait été la plus haute récompense accordée à la lutherie, et c’était avec justice. Tant qu’on pouvait dire que les violons italiens ôtaient supérieurs
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- à ce qui se faisait en France, ia première récompense de l’industrie, la médaille d’or, ne pouvait pas être accordée à ce genre de produits; il n’cn est plus de même aujourd’hui : M. Vuillaume a apporté dans la construction des instruments à archet une précision que, jusqu’ici, on y aurait inutilement cherchée; c’est par des moyens mécaniques qu’il détermine les épaisseurs de ses tables et qu’il en façonne les surfaces courbes : par là il est toujours certain de la régularité de ces surfaces et de leur parfaite identité dans tous les cas. Ces procédés lui ont permis de copier les grands maîtres avec une scrupuleuse exactitude, et maintenant que la théorie des instruments à archet est faite, sinon dans ses dernières particularités, au moins dans tout ce qu’elle a d’un peu général ; maintenant qu’on connaît les conditions que les grands maîtres ont constamment remplies, on peut dire que M. Vuillaume y a également satisfait, et que l’art des Amali et des Stradivarius a été retrouvé en France.
- Harpes.
- Quatorze harpes, tant simples que doubles, ont été soumises à notre examen; elles étaient de quatre facteurs différents : on en, distingue trois à double action et une à simple action.
- M. Érarda obtenu le premier rang,dans l’un et l’autre genre ;
- M. Chaillot, le deuxième pour les harpes à double action ;
- M. Domcny, le troisième.
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- POUR MÉMOIRE.
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- M. Pierre Erabd, rue du Mail, i3 et 21.
- La réputation de la maison Érard, pour la fabrication des harpes, a été faite par Sébastien Érard, qui a apporté tant de perfectionnements à la construction de cet instrument : celte réputation se soutient toujours et elle est plei-
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- nement méritée. Si M. Pierre Erard n’avait pas obtenu une médaille d’or pour ses pianos, le jury lui. en aurait décerné une pour ses harpes.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Domeny, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denisj 107.
- Il expose plusieurs harpes à simple et à double action, exécutées avec talent. Cet artiste avait obtenu une médaille d’argent à l’exposition de 1827 : celte récompense lui avait été confirmée en 1834 j le jury lui en accorde encore le rappel.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Chaillot, à Paris, rue St-Honoré, 336.
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- Fils d’un facteur distingué, qui avait obtenu des récompenses aux précédentes expositions> M. Étienne Chaillot T. il. ‘23
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- a cherché à apporter quelques perfectionnements utiles à la facture de la harpe ; c’est ainsi qu’il a fixé les cordes à la face droite de la console, au lieu de les fixer à la face gauche, comme on l’avait toujours fait jusqu’ici. Il résulte de cette disposition que l’exécutant peut plus facilement attaquer les cordes les plus aiguës. M. Chaillol a, en outre, allongé la table d’harmonie en la courbant par sa partie inférieure, qui s’étend jusqu’à la colonne, en couvrant la moitié de la cuvette.
- Pour ces perfectionnements et pour le rang que la harpe de M. Chaillot a obtenu dans le concours, le jury décerne une médaille de bronze à cet artiste.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE ET MÉDAILLE
- DE BRONZE.
- Guitares.
- M. Coffe, à Mireeourt.
- M. Lacote, à Paris, me Louvois, io.
- Quatre concurrents seulement se sont présentés pour ce genre d’instruments. Une guitare à sept cordes, de M. Lacote, a surtout été distinguée : parfaitement exécutée, elle avait, en outre, une fort belle qualité de son.
- Le second rang a été décerné à une guitare de M. Coffe, luthier à Mireeourt. M. Coffe avait obtenu une médaille de bronze en 1834; le jury lui, en accorde le rappel'.
- M. Lacote est un luthier fort distingué, qui fabrique des instruments qui sont fort recherchésdu public; le jury lui décerne une médaille de bronze. '
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- § 3. INSTRUMENT A VENT.
- Orgues.
- Orgues, d’église.
- Depuis- plusieurs siècles, la fabrication des orgues est restée stationnaire ou à très-peu près, connue on peut s’en convaincre par la lecture de 1 ''Harmonie universelle, de Mersennc (1636), et par celle du Traité des orgues, de don Bédos (1747).
- Du temps de Merscnne, il existait des orgues dans lesquelles il y avait des tuyaux qui faisaient entendre les diverses voyelles et qui prononçaient des syllabes. Sous ce point de vue la facture des orgues aurait rétrogradé. On peut dire avec vérité que la science de l’acoustique est en avant de l’art (lu facteur d’orgues ; c’est l’inverse de ce qui a lieu pour les autres instruments à vent. Depuis un demi-siécle, ou ne s’est guère occupé, en France, de la fabrication dés grandes orgues : on n’avait vu jusqu’ici, aux diverses expositions, qu’un orgue d’jËrard, destiné à une cfiapelle, et un orgue de M. Davrainyille ; ce n’est que depuis cinq ou six ans, que la facture des orgues a repris faveur.
- Les galènes, de l’exposition renfermaient, cette année, deux grandes orgues d’église, l’un de Al. Abbey, l’autre de W9, Dau^lainp et Calinet; orgues de moindres dimensions, l’un de MM. Cavaillé-Coll, deux autres.de MM. Darche et Grandjon, deux autres de M. Lélé de Mi-rccourt ; enfin un orgue appelé milacor, et qui est cons-
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- truitdc manière à pouvoir être joué par des personnes étrangères à la musique : cel instrument est de l’invention de M. Laroquc.
- Toutes ces orgues ont été jouées en présence de la commission par M, Lefébure, artiste fort distingué ; chaque jeu a été entendu à part, et un certain nombre de tuyaux ont été enlevés de dessus les sommiers et examinés en détail, tant pour la construction que. pour les qualités du son. Enfin le mécanisme et la soufflerie ont aussi ét.é l’objet d’un examen spécial.
- MÉDAILLES DE BRONZE;
- M. Abbey, à Paris, rue Sainl-Denis, 319.
- L’orgue de M. Abbey, destiné à la cathédrale de Tulle, est le plus complet de toutes celles qui étaient à l’exposition j il renferme 2014 tuyaux , constituant 31 jeux : on y remarque un mécanisme au moyen duquel on peut faire varier l’intensité du son à volonté, en ouvrant plus ou moins, à l’aide d’une pédale, des espèces de jalousies. Nous devons cependant dire qu’à l’exposition de 1834 se trouvait un piano droit de M. Mercier, dans lequel une disposition analogue avait été pratiquée. L’orgue de M. Abbey est d’une belle exécution, et les matériaux qui entrent dans sa composition ont été choisis avec soin.
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Abbey.
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- MM. Cayàiltæ-Coll, père et fils, à Paris, rue Notre-Dame-de-Lorette, 4^.
- Un orgue de chœur ou d’accompagnemen-t, dit huit pieds, à deux claviers, renfermant seize jeux. Parmi ces seize jeux, il en est deux tout à fait nouveaux-: dans l’un, que MM. Cavaillé-Coll appellent.la flûte octaviante, les tuyaux, qui sont ouverts aux deux bouts, sont embouchés de manière à donner, non le son fondamental, mais le premier harmonique; dans l’autre, ils sont embouchés de manière à faire entendre les uns le premier, les autres le deuxième, le troisième, le septième harmonique. Ces deux jeux sont d’un très-bel effet; ils imitent, le premier, la petite flûte, le second la flûte traversière. Le mécanisme de cet instrument est disposé avec intelligence ; il en est de môme de la soufflerie. On ne peut également que donner des éloges, au choix des matériaux et à la main-d’œuvre.
- Le jury décerne une médaille de bronze à MM. Cavaillé-Coll.
- M. Lété, à Mirecourt.
- Il expose deux orgues sans buffet. En 1832, cet artislc a créé, à Mirecourt, une fabrique d’orgues de toute espèce, dans laquelle il occupe de 20 à 25 ouvriers. Les orgues qu’il a exposées ont paru bien confectionnées, et les tuyaux qui les composent ont surtout fixe l’attention de la commission parla force et la pureté des sons qu’ils faisaient entendre. M. Lété prétend avoir été le premier ' qui ait adapté des jalousies à l’orgue pour faire varier
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- l’intensité du son : un orgue à cylindre, construit dans ses ateliers en 1825, présentait, dil-il, cette amélioration importante.
- Les efforts de M. Lélé, pour créer une grande fabrique d’orgues dans la ville de Mirecourt, méritent d’étre encouragés -, le jury les croit dignes d’une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- MM. Dauelaike , Galiset et c’% à Paris* rue Saint-Maur-Saint-Qermain, ,17.
- Ils exposent un orgue de vingt-six jeux, dont qüelqüés-uns sont imités des orgues d’Allemagne et sont peu connus en France. Soit vice d’exécution, soit qu’en effet quelques-uns de ces jeux né fussent pas de nature à produire de beaux sons, la commission n’a pas trouvé celle innovation heureuse. En général, ces jeux manquent d’intensité et de pureté de son $ mais, à part cela, l’orgue de MM. Daublaine et Galinet était fort bien construit et d’un mécanisme bien entendu.
- Le jury décerne une mention honorable à MM. Daublaine et Calinet.
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- Orgues expressives.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Muller, à Paris, rue delà Ville-l’Ëvêque,
- * 42.
- Il expose un orgue expressif dans le genre de celles de -défunt M. Grénier,, dont il a été l’élève ; toutefois il ne se borne pas à copier les instruments de son maître, et il leur a fait subir de nombreuses et importantes modifications. Déjà, en 1834, il avait remplacé les porte-vent carrés de Grénier par des porte-vent cylindriques formés d’une feuille très^mince de bois enroulée plusieurs fois sur elle-même et collée -, il avait adapté dès lors une vis de rappel à chaque rasette, ce qui'donne beaucoup de facilité pour accorder l’instrument. M. Muller ayant observé, depuis cette époque, que sa rasette n’était pas encore assez fixe dans les orgues qu’il avait jusque-là construites, il a imaginé de la consolider par une pièce à vis qui presse la tige même de la rasette près de sa tête; par là, la partie de la languette qui Vibre étant mieux déterminée de longueur, les sons sont plus purs et plus nerveux.
- M. Muller est toujours digne de la médaille de bronze que le jury lui a décernée en 1834. . ^
- § 4. INSTRUMENTS A VENT EN CUIVRE.
- Cors, cornets à pistons, trombones, ophicièides, trompettes.
- La commission a eu à examiner dix-sept cors, tant sans
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- piston qu’à deux ou à trois pistons. Pour les cors sans piston, M. Raoux a été placé au premier rang, et M. Labbaye père au second. Pour les cors à deux pistons, M. Raoux a cucore obtenu le premier rang,' M. Halary le second. Le cor en maillechort et à trois pistons, deM. Jahn, a mérité d’ôlre placé en première ligne.
- Seize cornets à pistons ont ôté présentés à la commission ; quatre ont paru de qualité supérieure, tant sous le point de vue de la justesse que sous celui de la pureté et de l’intensité des sons : le premier est de M. Raoux, le second deM. Halary, le troisième de M. Guichard,,le quatrième de M. Labbaye père.
- Trois trombones seulement ont été mis au concours; celui de M. Halary a paru supérieur aux autres. Un trombone-alto, de l’invention de M. Iahn, a mérité l’attention de la commission tant par l’exécution que par la beauté des sons.
- Les ophicléides ne pouvant émettre des sons justes que quand l’artiste qui les joue s’en est servi pendant quelque temps, il a été impossible à la commission de se former une opinion bien arrêtée sur le mérite relatif des sept instruments de cette espèce qui lui ont été présentés, et ce n’est qu’avec hésitation qu’elle a donné le premier rang à l’ophi-cléide de M; Labbaye fils, et le second à celui de M. Labbaye père.
- M. Guichard avait, en outre, présenté un instrument nouveau qu’il appelle clavicor et qui est destiné à remplacer le basson; un grand nombre d’instruments de cette espèce sont déjà sortis des ateliers de cet artiste : ils sont employés avec succès dans les musiques militaires. M. Guichard avait également présenté une trompette avec
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- une rallonge pour corriger le fa et le si-bémol, qui a paru fort bonne.
- MEDAILLE D’ARGENT.
- M. Raoux, à Paris, rue Serpente, n .
- Ayant été placé trois fois au premier rang pour la confection des instruments à vent en cuivre, cl cet artiste se distinguant d’ailleurs par le soin qu’il apporte à la construction de ces instruments, le jury lui décerne une médaille d’argent. ., * v
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- *
- M. Halary, à Paids, rue Mazarine, 37,
- Ayant été placé le premier pour les trombones et le second pour les cors à deux pistons, ainsi que pour les cornets à pistons, a paru digne de la médaille de bronze.
- LE JURY MENTIONNE HONORABLEMENT :
- M. Labbaye père, à Paris, rue du Faubourg-Poissonnière, 53,
- Qui a été le second pour les cors sans piston/
- «
- M. Guichard, à Paris, rue Cloître-Notre-Dame, 6,
- Pour son instrument appelé clayicor, et sa trompette à
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- rallonge, ainsi que pour l’éteftdue de son établissement ;
- M. Xahn, à Paris, rue cle la Lune, 6,
- Pour sou cor à trois pistons, qui a été placé au premier rang, et aussi pour son trombone-alto ;
- M. Labbaye fils, à Paris, rue du Fatibourg-Poissounière, 53,
- Qui a été le premier pour les ophicléides.
- Flûtes, clarinettes, flageolets.
- Flûtes.
- « :
- Depuis quelques années, diverses tentatives ont été faites pour améliorer la flûte dite traversière$ mais la modification la plus remarquable qu’ou ait apportée à la construction de cet instrument est, sans contredit;, celle que M. Bochm lui a fait subir* Cet artiste, établi à Munich, a pensé que, si l’on augmentait beaucoup le diamètre des trous latéraux de la flûte, les sons seraient plus purs, plus forts, et surtout plus justes; et que, à mesure qu’on déboucherait les trous, à partir du bout opposé à l’embouchure, lé son deviendrait graduellement plus aigu; en un mot, que ce serait comme si la portion du tube qui est au delà du dernier trou débouché était supprimée.
- Sans examiner ici jusqu’à quel point celte manière de voir peut être fondée, nous nous bornerons à dire que les flûtes construites d’après lés principes deM. Boehm ont des sons plus purs, plus nerveux et plus intenses que ceux de la flûte ordinaire, et que le doigté eu est plus simple.
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- Plusieurs instruments de cette espèce nous ont été présentés ; mais, malheureusement, il nous a été impossible de les classer par ordre de mérite : chaque facteur ayant cherché à améliorer la flûte de Boehm à sa façon, toutes celles qui nous ont été présentées avaient une embouchure et un doigte différents ; il a donc été impossible de les faire essayer.par le même artiste, et dès lors toute comparaison devenait impraticable.
- Une tentative si importante d’amélioration ne pouvait cependant être passée sous silence, et les facteurs qui ont le plus contribué à introduire en France la flûte de Boehm pt à lui faire subir des modifications plus ou moins heureuses devaient être cités avec éloges : ce sont MM. Gode* froy aîné et Buffet jeune.
- Les flûtes ordinaires ayant pu être essayées par le, même artiste, il a été possible de les classer par ordre de mérite.
- Celle qui a été placée au premier rang était de M. Tiilôu $
- La seconde* de M. Godefroy aîné ;
- Et la troisième, de M. Buffet fils.
- Clarinettes. ^ ;
- Plusieurs clarinettes ont clé présentées h la commission : celle de M. Buffet jeune a paru supérieure à toutes les autres; le second rang a été assigné à une clarinette de M. Buffet fils, neveu du'précédent.
- Flageolets.
- Ces petits instruments ont été essayés avec autant de soin que les autres, et ils ont pu de même être classés par ordre de mérite : un flageolet de M. Buffet fils a paru su-
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- périeur à tous les autres, tant par la justesse que par la pu reté des sons.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Tulou, à Paris, rue des Martyrs, 37.
- Il a exposé plusieurs flûtes qui ont paru bien faites et d’une grande justesse : l’une d’entre elles, la seule qui ait subi le concours, a été mise au premier rang.
- M. Tulou avait obtenu une médaille de bronze en 1834, le jury lui en accorde le rappel.
- M. Martin, à la Couture (Eure).
- Il expose un assortiment de flûtes, de clarinettes et de flageolets de divers systèmes. Les instruments que M. Martin livre au commerce sont bien faits, et ils sont vendus à des prix très-modérés.
- M. Martin avait obtenu une médaille de bronze à l’exposition de 1834, le jury lui en accorde le rappel.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Godefroy aîné, à Paris, rue Montmartre,
- e?.
- Il expose des flûtes ordinaires, des flûtes de Boehm, des clarinettes et des flageolets qui se font remarquer par leur belle exécution. Cet artiste distingué occupe vingt ouvriers,
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- tant dans scs ateliers qu’au dehors ; ses instruments sont très-estimés ; les professeurs les plus célèbres en font usage;
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Godefroy aîné.
- M. Buffet jeune, à Paris, rue du Bouloy* 4;
- Il expose des clarinettes et des flûtes ordinaires, une clarinette-basse, des flûtes et des petites llûtes.dans le genre de celles de Bdchm, et uue clarinette construite d’après le même système, mais que M. Bochin n’avait pas cherché jusqu’ici à appliquer à la clarinette.
- Placé au premier rang pour les clarinettes ordinaires, M. Buffet jeune est tout à fait digne," par les efforts qu’il fait pour perfectionner son art, de la médaille de bronze que le jury lui décerne.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Buffet üls, à Paris, passage de PAncien-Grand-Cerf, 2.
- Il expose des flûtes, des clarinettes et des flageolets : pour les flûtes, il a été mis au troisième rang, au deuxième pour les clarinettes, et au premier pour les flageolets j cet artiste mérite une mention honorable.
- MM. Lefèvre et cie, à Nantes.
- • ,
- M. Lefèvre a cherché à résoudre ce problème difficile, de faire en sorte que les quatre clarinettes usitées en
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- mib , eu laj eu sib et en ut pussent être jouées avec le même bec. Les quatre instruments qu’il a présentés à la commission étant restés pendant deux mois dans les salles de l’exposition, et étant, par conséquent, desséchés, il a été impossible de juger de leur valeur absolue ; mais on a pu constater, cependant, que le même bec, adapté à toutes les quatre, les faisait parler facilement dans toute leur étendue. Ce résultat pouvant être utile, surtout nopr les mùsiques militaires, le jury décerne une mention honorable à M. Lefèvre, de gantes.
- MM. Hj îrouard frères j à la Coulure (Eure).
- Ils ont élevé dans le village de la Couture, depuis pluhr sieurs années, une fabrique dans laquelle ils occupent habituellement de (rente à quarante ouvriers -, ils confectionnent cl ils livrent, à des prix très-bas, des flûtes, des clarinettes, des hautbois et des flageolets qui sont d’une exécution assez soignée pour qu’on ne puisse pas s’expliquer comment pnpeut les livrer à des prix si faibles.
- La mention honorable que le jury décerne à MM. Hé-rouard est méritée sous tous les rapports.
- M. Leroux aîné, à Mirecourt (Vosges).
- Il a monté à Mirecourt une fabrique d’instruments à vent en bois qu’il livre à des prix très-modérés. Les flûtes qu’il avait mises a l’exposition ont été considérées comme de bons instruments, surtout en ayant égard aux prix auxquels elles sont livrées.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Leroux.
- M. Lerry, à Mirecourt (Vosges).
- Cet artiste a le mérite d’avoir créé à Mirecourt la pre-
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- mièrc fabrique d’instruments à vent en bois -, il occupe dix ou douze ouvriers.
- M. Ferry est digne de la mention honorable que le jury lui décerne.
- Hautboisj cor anglais.
- Trois concurrents seulement se sont présentés pour ce genre d’instruments: le premier rang a été aeeordé à M. Brod, artiste distingué, que les arts viennent de perdrej le second à M. Triebert.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Triebert., à Paris, meMoptmarlre,; 102,
- Il avait exposé des hautbois et des cors anglais qui ont paru fort bons et d’une belle exécution.
- Honoré delà médaille de bronze en 1827 et en 1834, ect artiste paraît toujours digne de celte récompense.
- MÉDAILLE DR. BRONZE.
- M. Brod,à Paris, tue de la llochefoiicaiild,
- 22. . * " " ' r ' A * ? " " ‘ ' s
- Une médaille de bronze est accordée à défunt M. Brod, dont le hautbois a paru remarquable, non-seulement par la qualité du son, mais encore par la disposition de toutes les
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- parties qui le constituent. M. llrod avait, en outre, exposé une petite machine exIrôraemenl simple et bien conçue, à l’aide de laquelle ou peut raboter les languettes de roseau qui forment l’anche du hautbois.
- MENTION HONOBAPLE.
- M. Paris, de Dijon.
- Un instrument qui n’esf point un hautbois, mais qui est destiné à suppléer le hautbois dans les orchestres, a été présenté par M. Paris. . Cet instrument est une sorte d’accordéon qu’on fait parler en soufflant avec la bouche par le moyen d’un tube flexible, et qui porte un clavier à touches comme celui du piano. Il est susceptible de donner tous les sons qu’on peut tirer du hautbois, mais il est beaucoup plus facile à jouer. Quant à la quali té,même des sons, elle a paru analogue à celle du hautbois, et d’ailleurs assez belle.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Paris.
- Bassons.
- Deux bassons ont été soumis au jugement de la commission , l’un de M. Winnen, l’autre de M. Adler.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Winnen, à Paris, rue Saint-Denis, 3g8,
- Le basson de M. Winnen renferme une colonne d’air dont le diamètre est beaucoup plus grand que celui de la colonue d’air du basson ordinaire ; il est d’ailleurs terminé par un pavillon. Cet instrument émet des sons d’une intensité et d’une vigueur remarquables; inaisM. Winnen n’a pas pu y mettre la dernière main, quelques notes sont encore un peu fausses ou parlent mal.
- Le jury accorde à M. Winnen le rappel de la médaille de bronze qu’il avait obtenue en 1834.
- MEDAILLE DE BRONZE.
- M. Adiær, à Paris, me Manclar, 8...
- Le basson de M. Adler diffère du basson ordinaire en ce qu’il est un peu plus long, qu’il se termine par un petit pavillon, et qu’au moyen de deux nouvelles clefs on peut en tirer deux sons aigus de plus ; le ré et le mi-bémol. Il a une fort belle qualité de son, quoiqu’un peu différente, par le timbre, de celle du basson ordinaire, auquel il semble supérieur surtout par la justesse, la pureté et l’égalité des sons. Du reste, le doigté en est ou plutôt peut en être le même que celui du basson ancien ; aussi plusieurs de
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- nos artistes les plus distingués se sont-ils empressés de l’adopjer.
- M. Adler est digne de la médaille de bronze.
- Nouvel instrument appelé mèlophone.
- M. Leclerc, à Paris, rue des Enfants-Rouges, 2.
- Un instrument à vent, récemment inventé, a été mis à l’exposition par un horloger, M. Leclère, qui a désiré que le mécanisme de cet instrument ne fût pas encore communiqué au public : le rapporteur de la commission en a seul pris connaissance. Nous pouvons seulement dire que c’est un instrument à vent qui a la forme d’une guitare dont le manche serait très-court et fort large, et que le corps presque entier de cet instrument est une caisse à vent dans laquelle se meut un piston d’un jeu très-libre.
- La partie du manche sur laquelle est placé le clavier présente une surface plane et rectangulaire sur laquelle on voit sept rangées parallèles et longitudinales dé petits boutons saillants ou louches qui s’enfoncent quand on lés presse avec lès doig ts, et qui communiquent aux organes du son. Chacune de ces rangées renferme treize touches qui font parler aillant de sons dont l'ensemble embrasse une octave entière,.marchant par semi-tons mojens. Enfin ces sept séries de sons sont accordées entré elles à la quin te comme lès cordes d’un violon ou d’une basse. Il résulte de celte disposition,
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- 1° Que le doigté de l’instrument est exactement le même pour tous les tons ; 2° que le môme son peut toujours ôtre fait à deux places différentes, toutefois sans qu’on puisse obtenir des unissons, attendu que c’est le môme organe sonore qui est en communication avec les deux louches qui peuvent donner le môme son ; 3° qu’on peut faire à la fois autant de sons qu’on a de doigts à la main gauche qui tient le manche. Une particularité remarquable du mécanisme permet, en outre, de faire des octaves avec une facilité extrême et de doubler, par là, tous les sonsaussi longtemps qu’on le désire, et cela au moyen d’une simple touche-placée sous le manche et qu’on presse avec le pouce.
- Quaut aux sons considérés en eux-mêmes, ils sont certainement très-beaux dans toute l’étendue du clavier : leur intensité peut être nuancée à volonté par le moyen du piston qu’on fait mouvoir avec la main droite, et dont, par conséquent, on peut accélérer ou retarder la vitesse à volonté. L’instrument se prête d’ailleurs à tous les mouvements, et il ne paraît pas douteux qu’un artiste habile pourrait en tirer un grand parti.
- Par ces motifs, le jury décerne une médaille d’argent à M. Leclerc, tout en regrettant, d’une part, que cet artiste n’ait pas jugé à propos de donner de la publicité à' son mécanisme, et de l’autre que son instrument n’ait pas subi l’épreuve du temps, ce qui aurait peut-clre permis de dé- ** cerner à son auteur une récompense plus élevée.
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- § 5. INSTRUMENTS ACOUSTIQUES.
- M. Passerieux, à Paris faubourg Poissonnière, i5.
- Il a, exposé des tuyaux flexibles destinés à porter la voix à de grandes distances dans les appartements.
- Pour atteindre ce but, un système de sonnettes est combiné avec celui des tuyaux, de manière que la personne à qui l’on veut parler soit avertie, résultat qui peut être aussi obtenu au moyen de sifflets.
- Depuis bien longtemps on sait que des tuyaux cylindriques peuvent porter la voix à des distances considérables, mais jusqu’ici personne n’avait fait un emploi aussi bien entendu de ce procédé que M. Passerieux ; aussi le jury décerne-t-il une mention honorable à cet artiste.^
- MM. Gateàu et Déon, à Sens (Yonne).
- Ils ont exposé des cornets acoustiques qui s’adaptent exactement dans la conque et le conduit auditif, et qui s’y maintiennent par la simple réaction élastique de celte partie de l’orgauc de l’ouïe. Cès cornets, de très-petite dimension , sont tantôt terminés extérieurement par une -cavité presque hémisphérique, tantôt par une sorte de conque en spirale ; ils sont formés d’un alliage dur et élastique dont la composition ne nous est point connue et que M. Gateau, inventeur de ces cornets et atteint lui-même de
- surdité, préfère à l’argent elâ tout autre métal. Nous avons fait diverses expériences sur un sourd Avec les petits appa-
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- reils de M. Gateau ; ils l’ont constamment emporté sur les cornets acoustiques ordinaires, et les progrès récents de la science permettaient de prévoir qu’il en devait être ainsi.
- Le jury décerne une mention honorable à MM. Gâteau et Déon, tout en regrettant de ne pas leur accorder une récompense plus élevée; mais la prudence indispensable en pareille matière lui faisait un devoir de laisser au temps à prononcer définitivement sur la valeur de ces instruments acoustiques.
- POUR MÉMOIRE. •
- § 6. CORDES D’INSTRUMENTS DE MUSIQUE.
- M. Mignard, à Paris, boulevard de la Cho-pinette, 26.
- H expose un assortiment de cordes harmoniques pour le piano. Presque toutes les cordes en acier viennent d’Angleterre; il s’en consomme une quantité considérable, et ce serait sans doute rendre à la France un grand service que de l’affranchir du tribut qu’elle paye à l’étranger pour ce genre de produits.
- Les cordes de M. Mignard ont été essayées et employées par plusieurs facteurs de pianos, elles ont été trouvées de bonne qualité.
- Cet artiste distingué, ayant obtenu, à d’autres titres, le rappel de la médaille d’argent, nous ne pouvons que nous borner a dire que ce rappel est mérité à tous égards.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE*
- M. Savaeesse, à Ne vers.
- Il expose [un assortiment de corde à boyaux très-belles
- est très-bien faites. En 1826.il a reçu de laSociélé d’encou-
- -« <-• ;• ' . - - ^ < * 1 : .** ; • - ’ >
- ragement une médaille d’or de première classe; à l’exposition de 1827, il a obtenu une médaille de bronze qui lui a été rappelée en 1834 et que le jury se plaît à lui rappeler encore.
- MENTION
- M. Naveau, à Paris, place Saint-Sulpice,
- Il expose un assortiment de cordes harmoniques en soie, parfaitement cylindriques et composées de plusieurs brins réunis par torsion et à l’aide d’une matière glulineuse.
- ' Ces cordes offrent une grande résistance à la traction ; elles peuvent être employées pour, les gui tares et les harpes, même pour le violon , mais elles paraissent alors un peu moins sonores qnc les bonnes cordes à boyau/cette différence se fait surtout sentir pour les chanterelles.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Naveau.
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- ( D
- § T. CLOCHES , TIMBRES.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Hildebrand, à Paris, rue Saint-Martin, 202.
- Il expose des cloches de diverses grandeurs, parfaite-mentbien venues à la fonte, dont quelques-unes sont tournées et accordées chromatiquemcnt j des’ timbres et des cymbales.
- Cet artiste avait obtenu, en 1823, une médaille de bronze qui lui a été confirmée en 1827 et en 1834 et dont le jury lui accorde encore le rappel. '
- § B. BOITES A MUSIQUE.
- I
- MENTION HONORABLE.
- M. Paur, à Sainte-Suzanne (Doiibs).
- Il expose des boîtes à musique de diverses dimensions, fort bien faites et marchant bien : le seul reproche qu’on pourrait peut-être leur faire, c’est que les basses ne se font pas assez entendre.
- Presque toutes les boîtes à musique qu’on emploie en France viennent de Suisse*, c’était donc rendre un service au,pays que de l’affranchir de ce tribut. C’est ce que M. Paur a fait en créant, à Sainte-Suzanne, un établisse-
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- ment où il fait des boîtes à musique de toute espèce, et où il emploie déjà plusieurs ouvriers.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Paur.
- § 9. APPAREILS D’ACOUSTIQUE.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Deleuil, à Paris, rue Dauphine, a 2 et a/j.*
- Cet artiste, qui a reçu la médaille d’argent pour sa fabrication d’instruments de physique considérée en général, doit être spécialement cité ici pour la confection des appareils d’acoustique : il avait exposé un assortiment de plaques acoustiques en laiton parfaitement bien faites, des tuyaux d’orgues également en laiton, ,des sirènes et divers appareils récemment introduits dans la science et qu’il a été le premier à construire.
- M. Marloye, à Paris, rue de la Harpe, 5g.
- Il a exposé différents appareils d’acoustique en bois très-bien exécutés, tels que tuyaux d’orgues et souffleries; des vases renforçants avec leurs timbres, des plaques d’une bonne exécution pour les figures acoustiques cl pour les
- * 9" '
- lois des vibrations. , ,
- M. Marloye est un artiste éclairé, intelligent et habile, qui est digne, à tous égards, de la mention honorable que le jury lui décerne. v
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- CINQUIÈME COMMISSION.
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- CHIMIE.
- MM. le baron Thénard , president, Berthier, Brongniart, Clément Desormes, Chevreul, d’Arçet, Dumas, Gay-Lussac et Payen. '
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- SECTION PREMIÈRE.
- M. d’Arcet, rapporteur.
- Considérations générales.
- C’est dans ce chapitre que se trouvent, classés ces nombreux produits auxquels l’application de la chimie donna naissance, et qui sont ensuite employés comme matières premières, dans la pratique de. presque tous les arts et métiers, i On se rappelle que c’est à la création de cette branche de la chimie, dans les temps malheureux et sous l’influence des besoins les plus urgents, que. la France doit son incontestable supériorité en ce
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- genre, et que c’est a cette supériorité, dans l’application de la chimie, qu’il faut attribuer en très-grande partie les succès obtenus dans nos fabriques et le développement de notre, industrie : il nous a paru nécessaire dé rappeler’ ici ces faits, d’abord parce que les produits chimiques, n’ayant point de caractères extérieurs remarquables, représentent mal,'à l’exposition, l’industrie qui les fabrique, mais, aussi, parce que de grands centres de produc-tion en ce genre n’ont point cru devoir se présenter à l’exposition de 1839, ce qui tendrait à affaiblir injustement, dans l’opinion publique, le mérite réel de cette branche de fabrication et les grands services qu’elle rend, chaque jour, à l’ensembîè de notre industrie manufacturière.
- § 1er. ACIDES, ALCALIS, SELS ET AUTRES PRODUITS
- CHIMIQUES.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
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- M, Giiimet, à Lyon (Rhône).
- M. Ouimet, qui, le premier, est parvenu à imiter l’outremer et qui a obtenu, pour cette découverte, les récompenses du premier ordre à l’exposition de 1834, a amélioré, depuis lors, scs procédés de fabrication; il peut, maintenant, préparer l’outremer en grand et suffire g
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- toutes les demandes ; il a, en,outre, notablement diininué le, prix de ses produits : le jury se plaît à reconnaître que M. Gqimet est de plus en plus digne de la médaille d’or qu’il a obtenue à la dernière exposition.
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- MM. Roard de CltchycI cic, à Clichy, pues Paris.
- La Hollande fournissait la presque totalité de la céru|p qu’employaient nos peintres à l’époque à laquelle M. Roard commença à s’occuper de cette fabrication. Ayant adopté un procédé nouveau qui lui procurait des céruses jduis blanches et pjiis pures que ne l’étaient les céruses étrangères, il eut à lutter contre des difficultés réelles et contre des préventions qui l’obligèrent à consacrer une longue suite d’années à établir la réputation commerciale de ses produits 3 c’est en fabriquant la céruse par trois procédés différents et en pouvant ainsi satisfaire à tous les désirs des acheteurs que M. Roard parvint à son but et qu’il s’éleva au premier rang de cette branche d’industrie.
- M. Roard joignit bientôt la fabrication de la mine orange cl du minium à celle de la céruse et prit encore ici le rang le plus élevé.
- Ce qui distingue la fabrication de M. Roard, c’est une grande pureté et une égalité constante dans ses produits, c'est la loyauté dans scs transactions, et les soins continqcls qu’il prend pour se conformer aux désirs des acheteurs : aussi voyons-nous, malgré une concurrence active, les principaux fabricants de verre, de cristal et de poterie continuer à employer les miniums de M. Roard ef n’avoir qu’à se féliciter d’avoir pris ce parti.
- Pour se faire une idée exacte des succès, obtenus
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- on Franco dans la fabrication de la céruse, il suffira do rappeler qu’en 1817 la Hollande nous en fournissait un million de kil. ; qu’en 1838 il n’en a plus été importé que 20 mille kil., et d’ajouter que, sans le droit de 5 fr. 50 c.
- - dont sont grevés les plombs étrangers, qui, seuls , approvisionnent nos usines, les fabriques de céruse, actuellement établies en France et qui peuvent fournir bien au delà de nos besoins, seraient en état d’exporter des quantités considérables de leurs produits.
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- Considérant que M. Roard a puissamment contribué à cet état de choses par l’exemple qu’il a donné et par la persévérance qu’il a eue, le jury central rappelle en sa faveur la médaille d’or qu’il a obtenue aux expositions précé-déniés, et saisit avec empressement l’occasion qui se présente de lui donner un témoignage d’estime spécial pour les divers services qu’il a rendus à notre industrie nanufacturièrc.
- NOUVELLES MEDAILLES D’OR.
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- Fabrique royale de Saint-Gobain , à Saint-Gobain et à Cliaimy (Aisne).
- L’administration de la manufacture de Saint-Gobain, si connue par la fabrication de scs belles glaces, a établi, il y a une quinzaine d’années, dans son voisinage, une manufacture de produits chimiques des plus remarquables; aidée des grands capitaux qu’elle a à sa disposition et par les hommes distingués dont elle a su s’entourer , elle a bientôt donné à col établissement un développement très-
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- considérable et l’a rendu l’un des plus importants que la France possède en ce genre.
- On s’occupe principalement, dans cette manufacture, de la fabrication de l’acide sulfurique et de tous les produits secondaires résultant de la décomposition du sel marin, tels que l’acide hydrochlorique, le chlorure de chaux, les sels de soude et le carbonate de soude cristallisé : tous ces produits y sont préparés très en grand et vendus à des prix avantageux pour les consommateurs; aussi les opérations de cette fabrique out-elîes pris, surtout depuis la dernière exposition, un développement fort remarquable.
- La manufacture de Saint-Gobain obtint, en 1819, la médaille d’or pour la fabrication de ses glaces, et cette médaille lui fut confirmée, pour les mêmes produits, en 1823 et 1827.
- A l’exposition de 1834, elle obtint le rappel de la médaille d’or pour la fabrication des glaces et la médaille d’argent comme récompense pour les succès qu’elle obtenait déjà dans sa manufacture de produits chimiques.
- Le jury, considérant que les deux industries bien distinctes qu’exerce l’administration de la manufacture de Saint-Gobain marchent aujourd’hui de front quant à leur importance, est d’avis de ne plus les séparer dans la distribution des récompenses qui leur sont dues; et, ayant égard au grand développement donné par cette administration à la fabrication des produits chimiques depuis l’exposition de 1834, le jury central décerne la médaille d’or à la manufacture royale de Saint-Gobain pour l’ensemble de ses produits.
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- MM. Pelletier, Delondre et Levaillant , vieille rue clu Temple, 19.
- Cesexposanls, qui,en 1S34; fabriquaient séparément le sulfate de quinine, ont, depuis, réuni leurs intérêts; ils opèrent maintenant pour le compte social et vendent en commun les produits de leurs trois établissements.
- Ou se rappelle que la découverte de la quinine, duc à MM. Pelletier et Cavenlou, a fait époque dans la science et a procuré à la médecine le fébrifuge le plus sur et le plus énergique qu’elle possède.
- MM. Pelletier et Cavcntou présentèrent les produits de leur découverte à l’exposition de 1834 sans avoir rempli les formalités préalables et durent être mis, par ce fait, hors de concours ; mais le jury central, qui les voyait avec peine privés de la récompense qu’ils avaient si bien méritée, dit, en rappelant ces faits dans son rapport, a qu’il « déclarait que, sans le défaut de formes qui les a fait « exclure, MM. Pelletier et Cavcntou eussent obtenu une « médaille d’or. »
- Le jury central regrette de 11e pas pouvoir récompenser M. Cavenlou, qui a partagé l’honneur de la découverte de la quinine avec M. Pelletier, mais qui n’est ni fabrican t ni exposant de ce produit : obligé de prendre les choses dans l’état où elles se trouvent à l’exposition actuelle, il croit juste d’accorder une médaille d’or à M. Pelletier, et de confirmer à MM. Delondre cl Levaillant les médailles de bronze qui leur ont été accordées à l’exposition de 1834.
- L’administration dès mines de Bouxvilier
- à Bouxvilier (Bas-Rhin).
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- Celte manufacture de produits chimiques est, eu son
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- genre, la plus importante de toutes celles qui existent cû France ; sa position géographique lui a permis de développer ses^opérations et ses ventes sur le plan le plus vaste, et la fabrication, dirigée avec un grand talent, y produit successivement toutes les combinaisons chimiques que peut réclamer notre industrie5 c’est ainsi qu’on y a développé
- la fabrication du prussiate de potasse, à l’époque où nos
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- teinturiers ont commencé à employer une grande quantité de ce sel, et qu’on y fabrique maintenant, pou ries besoins du commerce, jusqu’à 3,000 kil. dé phosphore par an.
- Cette manufacture a obtenu Une médaille d’argent en 1823, une nouvelle médaille d’argent en 1827 et le rappel
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- de cette médaille en 1834 5 le jury central, considérant là manufacture de Bouxviller comme étant en première li-gnectcomme ayant perfectionné et développé son industrie depuis la dernière exposition, lui décerne la médaille d’or.
- MM. Buran et cic, à Grenelle, près Paris;
- La manufacture de MM. Buraù et compagnie est Lune des plus considérables en ce genre, et l’une de celles qui) depuis 1789, ont le plus contribué au développement do l’application de la chimie.,
- M. Buran est directeur et l’un des propriétaires de cette fabrique, qui est la première où l’on soit parvenu à préparer économiquement le sel ammoniac, jusquedà tiré d’É-
- gypte, l’alcali volatil et le sulfate de soude par double décomposition ; où l’on ait raffiné en grand lé camphre et préparé les produits mercuriels, et où l’on ait épuré l’acide
- borique et fabriqué le borax de toutes pièces, en utilisant tout l’acide borique dé la grande exploitation créée êfi Toscane par M. le comte l’Arderelle;
- C’est encore dans celte fabrique où l’on s’ëst occupé, eu
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- premier lieu et avec succès, de l’emploi et de la désinfection :
- 1° En 1808, du sang- des auimaux de boucherie, utilisé, sans déperdition, à l’engrais des terres ;
- 2° En 1812, des chevaux abattus ;
- 3° En 1830, des-produits de la vidange des fosses d’aisance.
- Les procédés de désinfection dus à M. Salmon, et si bien étudiés et développés dans la fabrique de Grenelle, sont appelés à jouer un grand .rôle dans l’assainissement des villes et en agriculture -, approuvas par l’Académie des sciences, ils ont mérité à leur auteur un des grands prix Montyon, et leur application, depuis 1834, s’étend de plus en plus en France et à l’étranger.
- M. Buran, qui fabrique, aussi très en grand, divers autres produits chimiques, avait obtenu une médaille de bronze en 1823, et le rappel de cc'ttc médaille en 1834 j associé à MM. Salmon et Payen, il reçut, en outre, un rappel de médaille d’argent et une nouvelle médaille d’argent à la dernière exposition : le jury central croit juste de récompenser de tels antécédents et des travaux si remarquables, en décernant la médaille d’or à MM. Buran et compagnie.
- MM. Bobee et Lemire, à-.Choisy-le-Roi, près Paris.
- La fabrique de MM. Bobée et Lemire est bien connue : c’est elle qui, presque seule, en France, a su maintenir la fabrication du vinaigre de bois en prospérité et obtenir, sans perle, tous les produits pyrogénés que donne le bois carbonisé à vases clos.
- MM. Bobée et Lemire fabriquent en grand l’esprit de
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- bois, qui est souvent préféré à l’alcool dans la fabrication des vernis ; ils fabriquent aussi les acétates de plomb et de cuivre, le vert métisé dit de Schweinfurt, et le vert métisé surfin. M. Bobée, propriétaire de la fabrique, avait obtenu, sous son nom seul, une médaille d’argent en 1819, et le rappel de cette médaille en 1823 : celle récompense fut confirmée, en 1834, à MM. Bobée et Lemire; le jury central leur décerne une médaille d’or.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Potssenet et cie, à Glicliy-îa-Garenne, près Paris.
- Ces fabricants de produits chimiques, qui ont succédé à M. Pluvinet, continuent à exploiter les matières animales pour en obtenir l’ammoniaque, les sels ammoniacaux et le noir animal. Ils soutiennent l’ancienne réputation de cette fabrique, et le jury rappelle pour eux la. médaille d’argent qui a été décernée en 1819 à MM. Pluvinet et Payen, et qui leur a été confirmée aux expositions de 1823 et 1834.
- M. Leroux, à Yitry-le-Français (Marne).
- M. Leroux, qui, le premier, est parvenu à extraire la salicine de l’écorce de saule et à la faire employer comme succédanée du sulfate de quinine, a obtenu une médaille d’argent à l’exposition de 1834. Le jury central pense qu’il serait à désirer que les propriétés de ce fébrifuge fussent bien étudiées, cl que, dans le cas de succès, la fabrication
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- T. 11.
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- de la salicine reçût un grand développement poür s’opposer au renchérissement du quinquina et du sulfate de quinine 5 il rappelle en faveur de M. Leroux la médaille d’argent qui lui a été accordée à l’exposition de 1834.
- MM. Houzeau-Muiron et Velly, à Reims (Marne).
- Les produits exposés par ces fabricants sont du sulfate d’ammoniaque, du sel ammoniac, du noir animal, du phosphore, de la gélatine d’os, de l’huile extraite des vieilles eaux savonneuses et des savons à base de potasse et de soude fabriqués avec celte huile. Le jury rappelle, en faveur de ces fabricants, la médaille d’argent qui a été accordée en 1834 à M. Houzeau-Muiron, pour la fabrication des trois derniers de ces produits.
- NÔüVËLLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Théodore Lefèvre et clc, aux Moulins, près Lille (Nord).
- Cet exposant, qui a'le mérite d’avoir introduit la fabrication de la céruse, par le procédé hollandais, dans le département du Nord, et d’avoir ainsi puissamment contribué à repousser les produits de Cé genre que nous tirions de l’étranger, fabriqué annuellement de 12 a 1,500,00,0 k. de céruse j il emploie souvent jusqu’à dciix cents ouvriers, et a, dans ses ateliers, une maéhinc à vapeur de la force de vingt chevaux; Il est à remarquer que cet habile l'abri-
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- eant livre à lui seul presque autant de céruse que nous en fournissait la Hollande il v a douze ans.
- M. Théodore Lefèvre a obtenu une médaille d’argent eu 1827, et une nouvelle médaille d’argent â l’exposition de 1834; ayant, depuis cetÇç époque, considérablement augmenté sa fabrication et fait des travaux remarquables pour assainir scs ateliers et rendre moins dangereuses les opérations qui s’y pratiquent, le jury le considère comme étant bien digue d’une nouvelle médaille d’argent, et lui décerne celte récompense.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- »
- MM. Kestne.r père vet Dis , à Tliann (flaut-IVhin).
- J y /
- MM. Résiner père et fils ont exposé une collection de produits chimiques provenant de leur fabrique, qui est l’une des plus importantes et des mieux dirigées que nous ayons eh France. Cette fabrique est fort utile aux manufacturés du département dû Haut-Rhin, qui emploient de grandes quantités de produits chimiques.
- MM. Kcstner père et fils vendent, par an , pour 1,400,000 ïr. .de produits, et emploient 115 ouvriers; le jury récompense les travaux de ces habiles manufacturiers en leur décernant la médaille d’argent.
- MM.- Delau'niy, Vildieu-, Couturier et cic> à Cherbourg et Tourla ville (Manche).
- Ces fabricants exploitent en grand la soude de varech
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- et eu extraient tous les produits utiles qu’on peut retirer : cette industrie est complète et bien digne d’encouragement. En 1834, ils fabriquaient 80 kil. d’iode par an ; ils en fabriquent maintenant 800 kil., et livrent annuellement au commerce de très-grandes quantités de sulfate et de mu-riale de potasse, qui contribuent puissamment à augmcn-1er la somme de nos produits en salpêtre. Ils font vivre trois cents familles eu les employant, soit à la récolte et à l’incinération des varechs, soit à l’extraction de tous les produits qu’on peut retirer de l’espèce de soude obtenue par la combustion de celte plante. M. Couturier, fondateur de celte industrie, avait obtenu des mentions honorables aux expositions de 1827 et 1834 ; le jury, considérant le grand développement qu’a pris celle usine et le bien qu’elle fait dans le pays, décerne une médaille d’argent à MM. Delaunay, Yildieu, Couturier et compagnie.
- MM. Kulmapsn frères, à Loos, près Lille (Nord).
- MM. Kulmann frères ont envoyé à l’exposition deux collections distinctes de produits chimiques : l’une composée des produits ordinaires de leur fabrication, cl l’autre formée des produits obtenus en essayant, soit au laboratoire, soit en grand, la composition ou la décomposition de certaines substances par le moyen de l’éponge de platine. On remarque, dans cette dernière collection, de l’acide sulfurique anhydre, de l’acide sulfurique fumant, de l’acide nitriqùe produit par la réaction de l’air sur l’ammoniaque, de l’ammoniaque obtenue par l’action de l’éponge de platine sur un mélange de vapeurs nitreuses et d’hydrogène : ces derniers produits, qui* témoignent'de
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- la haute capacité de M. Kulmann, fondateur de l’établis-
- 1r ,
- sement, font naître de grandes espérances -, le jury central apprécie bien la portée de ces essais, et il est heureux de trouver, dans l’importance de la fabrique de MM. Kulmann frères, dans la perfection de leurs produits et dans l’utilité dont elle est au département du Nord, l’occasion de décerner la médaille d’argent à ces habiles fabricants.
- M. Delacretaz, à Grasville-PHeure (Seine-Inférieure), et à Vaugirard, près Paris.
- M. Delacretaz, fabricant de produits chimiques à Yau* girard, près.Paris, a établi une nouvelle manufacture de ce genre dans le département de la Seine-Inférieure, pour les besoins des nombreuses manufactures de cette localité. Il prépare, dans ces deux fabriques, et avec une grande perfection, tous les produits chimiques qui lui sont demandés ; il s’occupe, en outre, de la fabrication du nitrate de potasse pair le nouveau procédé, de l’acide stéarique de première qualité, et de quelques combinaisons chimiques servant de réactifs ou employées comme couleurs.
- La fabrique de Yaugirard a obtenu successivement une médaille de bronze en 1827, sous le nom d’Àdor, Bonnair et Monneau, et une,nouvelle médaille de bronze en 1834, sous la raison Bonnair et Delacretaz. Le jury central décerne la médaille d’argent ài M. Delacretaz, successeur de MM. Ador, Bonnair et Monneau, et fondateur de l’usine de Grasville-l’Heure.
- Fabrique de produits chimiques d’Épinaï 9
- Cotte fabrique fait en grand l’acide sulfurique et tous
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- les produits secondaires provenant de la décomposition du sel marin; elle prépare, en outre, 1’acicle tartrique, les. çbromales, les sels de plomb et l’acide nitrique : scs pro-, duits sont très-cstimés et rendent de grands services aux papeteries des Vosges et à quelques établissements duRas-r Rhin ; le jury central lui décerne une médaille d’argent.
- M. Favrel, à Paris, rue du Caire, 27.
- M. Favrel a exposé de l’or, du platine, de l’argent et du bronze réduits en feuilles ou en poudre; c’est le fabricant le plus avancé dans celte partie : il emploie dej 130 à 150 ouvriers, tandis qu’il n’én employait au plus qiie 105 en 1834. À celte époque, il né livrait annuellement que 8 à 900,000 fr. de ses produits, tandis que ses Ventes s’élèvent aujourd’hui à 12 ou 1,500,000 fr.
- Ce qu’il y a surtout de remarquable dans les ateliers de M. Favrel, ce sont les moyens mécaniques qu’il emploie pour réduire les métaux en feuilles; les presses chauffées à la vapeur servant à la compression des outils ou livrets, et surtout l’emploi continu et régulier de tous ses ouvriers,
- V *
- par suite de la mesure que M. Favrel a prise d’exporter, souvent sans bénéfices, la partie de ses produits qüi excède les besoins de notre industrie. M. Favrel , qui avait obtenu une médaille d’argent à l’exposition dè:1834, est de plus en plus digne de cette récompense de jury lui. décerné tinè nouvelle médaille d’argent. ! ’1
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- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
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- MM. Delaunay et cie, à Saint-Symphorien (Inclre-etr-Loire).
- Ces fabricants ont succédé à MM. Pallu jeune et fils, qui ont obtenu une médaille de bronze à l’exposition de 1834$ ils préparent la céruse par le procédé français, font à la mécanique toutes les opérations où la main-d’œuvre de l’homme peut être évitée, et vendent leur céruse réduite en poudre impalpable, ce qui diminue la gravite des accidents auxquels les broyeurs de couleurs sont exposés le, jury confirme à MM. Delaunay et compagnie la médaille de bronze qui a été accordée à leur établissement, lors de la dernière exposition.
- M. Dupré, au Pecq (Seine-et-Oise).
- Cet exposant a présenté des céruscs de belle qualité $ il en fabrique 350,000 kil. par an, et occupe jusqu’à trente ouvriers : le jury rappelle en sa faveur la médaille de bronze qui lui a déjà été accordée deux fois aux expositions de 1827 et 1834.
- Nota. .On voit, au chapitre des Nouvelles médailles d’or, qu’il a été’ accordé deux rappels de médailles de bronze, l’un à M. Delondrc, et l’autre à M. Levaillant, tous deux associés de M. Pelletier pour la fabrication du sulfate de quinine.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
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- MM. Brosson frères, à Vichy (Allier).
- MM. Brosson frères ont pris à ferme la gestion de l’établissement thermal de Vichy, dans le but d’y développer toute l’industrie à laquelle la chaleur et la constitution de ces eaux peuvent donner naissance : bien que contrariés dans l’exécution de leurs projets, ils ont su établir, dans le pays, une fabrication considérable d’eau gazeuse et de bicarbonate de soude, préparés au moyen de l’acide carbo: nique que les sources, fournissent en grande abondance. Ils fabriquent, dans leur établissement tl’Haulerive, très-voisin de Vichy, du carbonate et du bicarbonate de soude parfaitement purs, et font, avec ce bicarbonate, des pasr tilles digestives de première qualité : quant au bicarbonate de soude pur, leurs appareils sont montés de manière à pouvoir satisfaire à toutes les demandes et à pouvoir vendre ce sel à raison de 1 fr. 50 c. le kil., au lieu de 4 et 5 fr. qu’il se vendait avant la création de leur établissement. Le jury, satisfait de voir MM. Brosson frères dans une aussi bonne direction, leur décerne la médaille de bronze pour leur fabrication du bicarbonate de soude pur, et pour le grand abaissement de prix qu’ils ont fait éprouver à ce produit.
- t .
- M. Capdeville-Lillet, à.Budos (Gironde).
- M. Capdeville-Lillet, ancien officier de marine, maire de Barsac, a fait établir une hüilerie mécanique dans un pays où cette industrie n’était pas connue ; il emploie, par an, 10 ou 12,000 hect. de graines oléagineuses fournis
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- par les agriculteurs des environs, ce qui tend à améliorer le sort dés vignerons du pays et l’agriculture des landes de Bordeaux. Il a été fait plusieurs rapports favorables sur T'usine de M. Capdeville-Lillet par lé comice agricole, par l’Académie des sciences, des belles lettrés et des arts dè
- la Gironde, et par la Société philomathique de Bordeaux. Le jury du département dit, cri outre, dans son rapport, que M. Capdeville-Lillet, en se livrant a cette entreprise aussi importante pour l’agriculture qu’elle l’est pour l’industrie manufacturière, a donné üh bon exemple et une grande preuve de son amour pour le bien public. Le jury central, manquant de renseignements sur l’époque a laquelle a été créée celte fabrique, et sur le développement qu’elle peut recevoir, ajourne M. Capdeville-Lillet à la prochaine exposition > et encourage ce fabricant en lui décernant la médaille de bronze pour scs utiles travaux.
- MM, Thiboumery et Dubosque , rue de Sèvres, 180, à Yaugirard, près Paris. ; .
- MM. Thiboumery et Dubosque ont présenté, à l’exposition, du sulfate de quinine très-bien fabriqué : ils ont dit, dans leur notice, qu’ils extrayaient la quinine soit eii employant l’alcool , soit au moyen des huiles volatilesj niais le jury, n’ayant pas eu assez de renseignements sur l’emploi du second procédé, qui, jusqu’ici, a été regardé comme peu avantageux, croit devoir n’accorder maintenant que la médaille de bronze à MM. Thiboumery et Dubosque.
- * - A
- M. Ducoudré, me du Coq-Saint-Jean, 5, à Paris. • . A . - • *' = - • •
- M. Ducoudré occupe l’un des premiers rangs parmi les
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- fabricants de prpssiate de potasse et de bleq de. Prusse ; c’est lui qui a maintenu la. fabrication du ppiissiale de potasse en France. alors qu’elle ne donnait que des pertes aux fabricants qui l’entreprenaient : c’est en portant une activité remarquable et une économie sévère dans ses tra-vaux, en étudiant mieux qu’on ne l’avait fait les matières premières qui pouvaient lui servir, et en organisant même en grand la préparation des matières animales, que M. D,u-coudréest arrivé aux heureux résultats qu’il a obtenus et qui n’ont pas peu contribué au développement de la fabrication duprussiate de potasse au moment ou l’emploi de ce sel dans la teinture en a exigé de grandes quantités ; le jury, appréciant la persévérance et le mérite de M. Du-coudré', lui décerne une médaille de bronze.
- ( * * r. •«*_ » r*. f\- « \r ;Î' : , :
- MM. Milius frères et ei?,' rue Traversièrc-
- Saint-Antoine, i5, à Paris.
- *
- Ces exposants fabriquent le chromate de potasse au four à réverbère, et cri recueillant les vapeurs nitreuses qui se dégagent pendant l’opération j ils ont exposé du, bichromate de potasse et du chromate de plomb de belle qualité. Ils font pour 500,000 fr. d’affaires par an, et occupent vingt ouvriers : le. jury central leur décerne la médailje de bronze.
- -'-u-,... ' v
- MM. Cartier et Grieu., rue du Chaume, 1 17, 'à Paris.
- On remarque., dans la belle collection des produits chimiques exposés par ces fabricants, du nitrate de potasse , préparé au moyen du nitrate de soude et du muriate de potasse et du nitrate de potasse .indigène dans toutes ses
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- parties, qui provient probablement de laréaction des vapeurs. nitreuses sortant des chambres de plomb sur la potasse, -,5 . .r ; ; : l-
- .MM, Cartier et Grieu, qui-occupent un rang distingué parmi les, fabricants de produits chimiques, avaient obtenu une,médaille de bronze en 1827, et le rappel de celte me* daille à l’exposition de 1834 :1e jury pense qu’ils méritent une nouvelle médaille de bronze," et leur déCerriC éêtte rC-
- Ç.OinpCUSC.. ; ,• ^
- Mi” Tilloy-Bér ard , à Marsannay - lé -Bois
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- "f Côte-d’Or): ; ’• .. ;
- Le prussiate de potasse cristallisé; qui a été envoyé à l’expositioh de 1839 par M. Tillôy-Bérard, est pur et toujours fabriqué sans cordes au centre des masses de cristaux; cl sans mélange de sels étrangers» Il livre, par moisynù commerce , 700 kil. de prussiate de potasse de première qualité^ et vend toujours ce sel un peu au-dessous du cours1* le jury,- se rappelant que c’est à M: Tilloy que'l’on doit l’extraction-de l’acide citrique, du jus de groseille et dé là morphine, des tétés de pavots de F rance, est -satisfait de trouver l’occasion de récompenser les efforts qu’il a-fai fs pour être utile, et c’est dans ce but qu’il lui décerne la médaille de bronze. : * : / v 3/
- /
- M. Hulot, à Monceau, près Paris.
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- Les liqueurs ammoniacales provenant des usines de gaz étaient ppe cause d’iqfection bien, r.cdoytée _ par jes yoisins.de .ces établissements ; M. Hulot a eu l’heureuse idée de les acheter, d'en centraliser l’exploitation et de les convertir en sfls ammoniacaux qui ont une grande valeur
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- dans le commerce. Le jury central, considérant que M.Hu-lot a ainsi contribué puissamment à l’assainissement de l’une des industries les plus nuisibles à leurs voisinages, et se rappelant que ce manufacturier a déjà obtenu une mention honorable en 1834, croit juste de lui décerner là médaille de bronze comme récompense de ses utiles travaux.
- . \ ' * £ * . j .. : *
- M. Guichard, à Nantes (Loire-Inférieure).
- La fabrique de céruse en poudre et en pain, que M. Guichard exploite à Nantes, a fait de grands .progrès depuis l’exposition de 1834 , où elle a\ait obtenu une mention honorable. M. Guichard a sü améliorer ses produits,. étendre sa fabrication et baisser ses prix cette fabrique est la seule de ce genre qui existe dans le département de la Loire-Inférieure : elle fournit la marine rovalc à Rochefort, l’Orient,' Brest et Cherbourg, et a obtenu toutes cos fournitures par des adjudications publiques. Le jury du département de la Loire-Inférieure dit, dans son rapport, « que cet exposant â des droits bien établis pour prétendre aux récompenses que le gouvernement ac-« corde à l’industrie. » Le jury central décerne la médaille de bronze à M. Guichard.
- M. Mérolhon-d’Anchel
- Nevers (Nièvre).
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- Médine
- M. Mérolhon-d’Anchel est le seul fabricant qui exploite, à Nevers, lés débris des animaux et qui s’occupe de là préparation des engrais. Cet établissement a une grande importance locale, car il utilise tout le sang des abattoirs de la ville et fait vivre les pauvres du pays, qui sont employés à ramasser les os, les cornes cl les autres débris d’animaux.
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- M. Mérolhon-d’Ànchel fabrique du noir animal, du noir d’ivoire, du charbon animalisé pour engrais et du bleu de Prusse. Le jury du département de la Nièvre dit dans son rapport : « que cet exposant, par ces engrais « artificiels, a eu une bien heureuse influence sur le per-« fectiounemcnt de l’agriculture du pays, .et il ajouté que « ce fabricant mérite une attention particulière pour ses ef« « forts soutenus, pour les services qu’il rend à la classe pau-« vre et pour les produits qu’il obtient. » Le jury central, satisfait de la bonne direction que M. Mérolhon-d’Ànchel adonnceàson industrie, lui décerne la médaille de bronzé.
- M. Gallet, à Ingouville (Seine-Inférieure).
- M. Gallet, appliquant le procédé de MM. Salmon, Payen et Buran, a établi une fabrique de noir anirnaliséet de poudre désinfectante à Ingouville près le Havre. Il livre au commerce 4,000 heclol. de ses produits par an et occupe quinze ouvriers. Les rapports qu’il a joints au noir ani-malisc et à la poudre désinfectante qu’il a présentés à l’exposition prouvent que ses produits sont bien appréciés dans le département de la Seiue-Inférieure ; on voit dans les notes remises que l’emploi de la poudre désinfectante se généralise au Havre, où la proximité de la mer et Je peu d’élévation du sol ne permettent pas d’établir des fosses d’aisance : pour 15 fr. par an, M. Gallet s’engage à fournir à ses abonnés la poudre désinfectante nécessaire et à remplacer, chaque semaine, les vases remplis de matières désinfectées par des vases vides et prêts à servir. Le jury central récompense celle bonne direction et ce succès eu accordant une médaille de bronze à M. Gallet.
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- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- M. Louis Faure j à Wazeimùes (Nord).
- M. Louis Faure fabrique la ccruscen poudré et en pains : scs produits sont estimés ; le jury central rappelle en sa faveur la mention honorable qui lui a été décernée en 183,1.
- . Perârd et eiej à Paris, rué cl’Aiïtin:, 6;
- : [ ' . , . . ' *• i r.. v v ; "i .
- , Ces fabricants, qui ont succédé à MM. Bernheim frères, ôulcnvoyé à l’exposition de 1839 de l’huile de pied de boeuf cl des oléines de diverses autres huiles; la pureté de leur huile de pied de bœuf provient de la régularisation dés cuites qu’ils font au moyen delà fourbe ; delà division des cuites et de l’emploi des parties dps pieds de bœuf qui donnent la plus belle huile. Ils iivrent annuellement aü commerce 4 à 500 tonneaux d’huile de pied île bœuf. Le jûry central âcordc à MM. Péràrd et compagnie le rap-
- - •** ' - t » y .* •*> , • ~ £ * *
- pèl de la mention honorable décernée en 1834 à MM* Bern-hciin frères, créateurs et longtemps propriétaires de celle tue.
- M. GoyoS j à Paris , rue clés Vieux-A ugustins, 4o. -
- * * .5. , ’ - * "
- Les différentes préparations que cet exposant livre au commerce sont destinées à conserver leur-brillant aux meubles, à l’argenterie, ainsi qu’à plusieurs objets deluxe) scs constants et heureux efforts pour développer son utile
- industrie lui méritèrent une citation en 1827 et une men-
- , . . . )> - '
- lion honorable en 1834; le jury rappelle celle mention honorable en faveur de AI. Goyon.
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- NOUVELLES MENTIONS HONORABLES.
- MM. Tmboüillet et c'e, à Saint-Amàiicl et
- Turcoing (Nord).
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- MM. Tribouillct et compagnie ont suivi le bon exemple donné par M. Houzeau-Muiron, à Reims, et extraient l’huile des eaux provenant du lavage des draps et des laines huilées 5 ils ont exposé dés échantillons de l’huile qu’ils obtiennent, des savons faits avec celte huile et des engrais préparés avec les résidus de leurs opérations. Le jury central, considérant que cette industrie contribue à l’assainissement du pays et fait rentrer, dans le commerce, des produits qui, sans elle > seraient perdus, accorde la mention honorable à MM. Tribouillet et compagnie. •
- M. BressUn; à Dijon (Côte-d’Or).
- Cet exposant fabrique, depuis une qüinzaîiic d’années, de l’huile de pépins de raisin ; il exploite ainsi 200 hectol. de pépins de raisin, qui lui fournissent 2,000 kil. d’huile, qu’il livre à 1 fr. le kilog. j il sépare facilement les pépins du raisin àù moyen d’uii cylindre et de cribles appropriés, et emploie les tourteaux avec avantage pour la nourriture des bestiaux. Le jury du département de la Côte-d’Or a fait observer ,.dans son rapport , que la séparation des pépins pciitapportcr Une amelioration notable dans la distillation des marcs de raisin, et que, d’ailleurs; il était utile de nepliis laisser perdre l’huile des pépins, qui pouvait trouver des applications utiles; le jury central, partageant cette opinion et sachant que Tfaüile de pépins bien
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- fabriquée convient pour les lisages alimentaires, désire encourager la fabrication de celte huile, et accorde, dans ce but, la mention honorable à M. Brcsson.
- M. Dupré , à Forges-les-Eaux (Seine-Inférieure).
- Le département de la Seine-Inférieure, qui posssède un grand nombre d’ateliers de teinture cl de manufactures de toiles peintes, tirait ses couperoses colorées en brun, de Beauvais et des fabriques de ce genre qui entourent cette ville. M. Dupré a pensé qu’il conviendrait aux manufactures rouennaises que ce sel fût fabriqué dans leurs environs, et il a monté, à Forges-les-Eaux, un établissement dans lequel il prépare du sulfate de fer chargé de persulfate de fer, comme l’est celui que l’on fabrique à Beauvais. La Société libre d’émulation de Rouen, appréciant l’introduction de celte industrie dans le département, a décerne une médaille d’argent à M. Duprc, en 1827 j le jury central récompense les efforts que cet exposant a faits pour être utile à sa localité, en lui accordant la mention honorable.
- M. Capplet., à Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Cet exposant est parvenu à extraire, avec avantage, la potasse des vieux hains de cuves d’indigo ; divers rapports faits à des Sociétés savantes prouvent que le but que s’est proposé M. Capplet a été parfaitement atteint. Le jury central, considérant l’utilité qu’il y a à économiser la potasse que nos fabriques tirent de l’étranger, récompense les utiles travaux de M. Capplet en lui décernant une médaille de bronze. ( Yoyez aussi le rapport de la huitième commission.)
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- RAPPEL! DE CITATION.
- M, Lefebure, à Paris, quai de l’École, 20.
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- M. Lefébure a obtenu une citation en 1834 pour une pâte dite augustine, employée pour faire couper les rasoirs; celle citation est rappelée en faveur de cet exposant.
- CITATIONS.
- M. Maire (Charles), à Wacken, banlieue de Strasbourg (Bas-Rhin).
- Ce fabricant a présenté, à l’exposition, de l’acétate de plomb bien blanc et bien cristallisé, qui a cela de particulier, qu’il est fabriqué avec les vinaigres les plus inférieurs et par un procédé qui permet de les employer à cet usage. M. Maire fabrique aussi de la céruse par le procédé hollandais, du vert de Schweinfurt et du chromate de plomb; le jury central, regardant celte industrie comme naissante, ne peut accorder à M. Maire qu’une simple citation.
- M. Meynadier, à Montrouge, près Paris.
- Cet exposant a présenté une nouvelle espèce de verdet ou acétate basique de cuivre qui a la propriété de ne pas changer de ton après avoir été broyé à l’huile et employé en peinture; il a joint à scs produits des certificats favorables dont l’un est signé par M. Cicéri ; mais, cette fabri-
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- T. II.
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- cation étant à peine commencée, le jury central ne peut accorder qu’une citation â cet exposant,
- MM; Simonin et Tcquaine^ à^leikuremoiit, (Vosges).
- Lé sttlfatë de iiiàghésiej que nous lirions eh grande partie de l'étranger; commence h étiré fabriqué avec succès en France, au moyen de la dolomie et de la serpentine. MM. Simonin et Toquainc sont probablement les premiers qui aient fabriqué en grand ce sel de toutes pièees au moyen de roches ou de pierres contenant de la magnésie -, ils se servent, pour cela; de la serpentine, qu’ils traitent par l’acide sulfurique -, le sulfate de magnésie qu’ils obtiennent est pur et a les caractères extérieurs qü’oil remarque dans ce môme sel préparé en Angleterre. Leur fabrication a été, eu 1838, de 25>000 kil., et ils vendent le sulfate de magnésie pur à 80 fr. les 100 kil. au lieu de 160 fr. Ils sont déjà parveuus, presque entièrement, à repousser les sulfates de magnésie d’Angleterre. Le jury central cite honorablement les travaux de MM* Simonin et Toquaine.
- § 2'. PRÉPARATION ET CONSERVATION DES SUBSTANCES
- ALIMENTAIRES.
- Il s’agit ici des produits d'une industrie qui contribue â éloigner lé malheur des disettes, qüi ûict âlà portée des classes paüVrcs dès aliments sains, peu coûteux, qui amélioré considèfàblérheiil le régime alimentaire dois marins,
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- des voyageurs et des grandes réunions d’hommes, et qui fournit, enfin,, aux classes riches lé moyen d’augmenter le luxe des repas, et d’avoir, en tout temps, des fruits ou des aliments de choix qu’on ne pouvait servir, autrefois, sur les tablés qü’en dé certaines saisons ou nièriie que dans des circonstances souvent très-rares : cet art mérite certainement toutePatlcnliondü jury, et, s’il y a, à ce sujet, uu vœu à émettre, c’fest de voir celte industrie se propager de plus eu plus, et arriver promptement au haut point de perfection et de développement où sa grande importance doit la faire atteindre.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. PiûÈtjR-AppfeKT, à Paris , rué du Fait-bourg-du-Temple, 109.
- Lés travaux de M. Appert soiil trop bien conhiis et appréciés pour qu’il soit nécessaire d’éntrér, ici, dans beaucoup de détails sur lés produits présentés par M; Prieur-Appert.
- M-. Appert à été lé créateur de l’industrie dont il est question : son successeur, tout en soutenant la haute réputation delà maison Appert, est parvenu à en augmenter l’importance, en multipliant lë nombre de ses produits, et en employant des boîtes qui peuvent être utilisées après avoir servi à la conservation des àlimeiïlS.
- Le jury rappelle, en faveur de cet exposant, la médaille d’or qui à été décernée à M. Appert à l’éxposilioU de 1827.
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- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Ménier, à Paris, rue des Lombards, $7.
- M. Ménier, qui a obtenu une médaille d’argent en 1834-, a tellement développé son industrie depuis cette époque, qu’il est aujourd’hui en première ligne dans sa partie.
- L’usine hydraulique que M. Ménier a organisée à Noi-sielles a été augmentée et portée à un haut point de perfection -, les pulvérisations qu’il opère en grand pour le commerce fournissent des poudres impalpables, et,, sous ce rapport, il mérite de plus en plus les éloges que lui a donnés le jury de 1834.
- M. Ménier fabrique, par an, 528,000 kilog. de tous produits, et sa fabrication de chocolat s’élève seule à 450 kil. par jour -, il livre des farines médicinales, des orges perlés, des gruaux d’avoine de première qualité : il ne compte pas moins de 7,000 correspondants, et son commeroe est arrivé à une prospérité très-remarquable.
- Le jury croit devoir récompenser une industrie si développée et si bien conduite, en décernant une nouvelle médaille d’argent à M. Ménier.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Jonard et Magnin, à Clermont (Puy-de-Dôme) .
- Le jury du département du Puy-de-Dôme a fortement
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- recommandé ces fabricants à l’attention du jury central ; il a dit : « que l’industrie qu’ils ont développée et qu’ils « soutiennent est essentiellement agricole et l’une de celles « qui méritent le plus d’étre encouragées. »
- MM. Jonard et Magnin ont envoyé, à l’exposition, une belle collection de farines de légumes cuits et de pâtes dites de Gênes : ces produits sont supérieurs à tous ceux de ce genre qui figurent à l’exposition; les pâtes sont cependant fabriquées avec lés blés d’Auvergne, qüe l’on croyait, pour cela, inférieurs à ceux deTangarocket d’Ita-. lie. MM. Jonard et Magnin sont parvenus à ce but utile à l’agriculture du pays, en rendant leur fabrication indépendante du climat et de la qualité du blé par un bon moyen de chauffage et par de bonnes manutentions.
- Ils emploient ordinairement de 120 à 130 ouvriers^ et livrent annuellement au commerce 450,000 kil. de pâles ou semoules, provenant de 14,000 hect. de blé du pays. Leurs pâtes se vendent, dans les magasins de Paris, comme pâles venant d’Italie, et à un tiers plus cher,qu’elles ne devraient êtrevendues d’après les prix auxquels ces fabricants les livrent.
- Le jury signale ce fait en faveur des consommateurs, et récompense l’industrie remarquable dont MM. Jonard et Magnin ont donné l’exemple, en leur décernant une médaille d’argent.
- M. Raybaud, à Paris, rueSaitit-DeniSj ia5.
- M. Raybaud a exposé des savons, de l’amidon, de la moutarde et des pâtes d’Italie. Parmi ses savons, on distingue un savon à très-bas prix, à l’usage des pauvres, et des savons de toilette contenant 20 pour 100 de silice eu
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- poudre très-fine, qui nettoient çl adoucissent parfaitement les mains : son amidon est d’une grande blancheur et très-bien fabriqué,
- M. Raybaud emploie Je gluten qu’il relire du blé dans la fabrication de Pamidon, pour doubler la quantité de malièreazotée dans les pâtes qu’il prépare à l’instar des pâtes d’Italie; mais, ce qui distingue le plus l’industrie de M. Raybaud, c’est sa fabrication de moutarde, à laquelle il a donné un développement et une perfection vraiment remarquables ; il en prépare, par jour, 350 kilog., dpnt 100 kilog. de moutarde ordinaire, qu’il vend au bas prix de 60 centimes le kilog., pour l’usage des classes pauvres ; il a, en outre, formé et exposé la plus belle collection connue d’huiles essentielles. ^
- M; Raybaud "a obtenu la médaille de bronzé en 1827 et 183|. Le jury, prenant en considération l’industrie remarr quable développée par M. Raybaud, lui décerne la médaille d’argent pour l’ensemble de ses produits.
- MM.Callaud, cousins, au Gond, près An-goulême (Charente).
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- Los échantillons de farines et de minoterie présentés par cès exposants ont eela de remarquable que ces produits proviennent d’un grand établissement de meunerie, monté à l’anglaise, avec tous les perfectionnements connus, dans lin pays où cette industrie était complètement ignorée, Cette usine livre, par jour, de 5 à 6 mille kilog. de farines premières ou minot.% et l’on trouve dans le rapport du jury du département de la Charente ce passage remarquable : « Les services rendus, à l’alimentation par lès « usines du Gond ne sauraient être mis en doute. Les
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- <( ouvriers (Je la fonderie royale de Ruelle, qui, il y a deux « ou trois ans encore, se nourrissaient d’un paiq noir,
- « humide et malsain, ne consomment plus que d’cxcel-« lent pain très-blanc, provenant des minots du Gond :
- « un calcul et une observation bien répétés leur ayant « prouvé que la dépense était la même, et que ce notable « changement dans la base de leur nourriture ne leurim-« posait aucun sacrifice pécuniaire. »
- Le jury central, appréciant le bon exemple donné par MM. Callaud, cousins, et l'utilité de leur usine pour le département delà (Charente, décerne une médaille d’argent à ces fabricants.
- MM. Bertrand et Feydeau, à Nantes (Lpireinférieure). 1 -
- MM. Bertrand et Feydeau ont succédé, dans la fabrication des conserves alimentaires, à MM. Leidjg et compagnie, quiont obtenu une médaille de bronze à l’expositipn de 1834. La fabrique de ces exposants est l’une des plus considérables du département de la Loire Inférieure ; elle a une succursale à Port-Louis pour les sardines et des dépôts à Marseille, à Brest, à Bordeaux, et au Havre. Ces fabricants soudent leurs boîtes de fer-blanc de manière à ne pas introduire de soudure ni de résine dans l’intérieur des boîtes, et, surtout, de telle sorte, que les couvercles sont facilement dessoudés lors de l’emploi, et que les boîtes peuvent ainsi servir, à plusieurs reprises, au même usage. Les conserves alimentaires de ces fabricants ne laissent, .{Bailleurs, rie» à désirer -, leurs placements nombreux attestent assez leurs bonnes qualités et la modération de leurs prix*
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- Le jury,décerne une médaille d’argent à MM. Bertrand et Feydeau.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Boudet-Drelon , à. Clermont ( Puy-de-Dôme). '
- M.Boudet-Drclon est successeur d’Auguste Drelon qui a le premier donné la véritable impulsion à l’industrie des pâtes alimentaires en Auvergne : il livre, par jour, de 80 à 100 quintaux de semoule et de vermicelle, ce qui correspond à l’emploi journalier de 100 se tiers de blé. Il a fait cultiver en grand le blé de Tangarock dans son département, et il emploie ce blé pour la fabrication de ses pâtes; il fabrique aussi de la fécule et de l’amidon, mais il ne prépare pas de farines de légumes cuits.
- Le jury centrai lui décerne une médaille de bronze.
- MM. Grandeury frères, à Nancy (Meurthe).
- Les pâtes alimentaires et l’amidon que fabriquent MM. Grandeury frères rivalisent avec les meilleurs produits de ce genre. Ils emploient 60 quintaux métriques de blé du pays par jour, et ils préparent journellement, avec cette quantité de blé, 840 kilog. de vermicelle, macaroni, etc.; 400 kilog. d’amidon, 500 kilog. de semoule et 2,400 kilog. de farine première et de gruaux. Ils ont su étendre au loin la vente dé leur amidon, ce qui assure le succès de leur fabrique; ils ont, d’ailleurs, été seuls dis-
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- lingues à l’exposition (le Nancy, en 1838, quoiqu’ils y eussent trois concurrents du département.
- Le jury central pense que MM. Grandeury frères méritent une médaille de bronze, et leur décerne celte récompense.
- M. Levraud, à Nantes (Loire-Inférieure).
- M. Levraud prépare des conserves alimentaires, et sa fabrication a cela de particulier, qu’il isole, dans un compartiment réservé dans chaque boîte, les assaisonnements qui doivent être mélangés lors de l’emploi des viandes ou des poissons, remplissant le reste de la boîte ; cette séparation assure la conservation des aliments solides, en s’opposant au nombre et à la durée des actions chimiques qui pourraient avoir lieu si les assaisonnements étaient mis longtemps en contact avec les substances solides, qui n’ont besoin de les recevoir qu’au moment de l’emploi.
- Le jury du département de la Loire-Inférieure déclare que les boites à compartiments ne se vendent pas plus cher que les boîtes ordinaires, et que les mets y conservent mieux leur couleur et leur saveur primitives : l’opinion de ce jury est, d’ailleurs, entièrement favorable à M. Levraud, et fait bien ressortir l’heureuse influence que l’industrie des conserves alimentaires a sur la santé des marins et sur la prospérité du pays.
- Le jury central décerne une médaille de bronze à M. Levraud.
- M. Drouet, aux Sables-cl’Olonne (Vendée).
- M. Drouet est le premier qui, associé à M. Tallendeau,
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- ait introduit, dans la Vendée, la préparation des conserves alimentaires; il prépare en grand les conserves de sardines à l’huile et les sardines pressées, genre d’industrie qui mérite d’autant plus d’encouragement que le produit en est destiné à la nourriture des classes les moins aisées, et qu’il est d’une grande ressource pour le placement de l’immense quantité de sardines qui se pèchent aux Sables d’OIonne : ces considérations déterminent le jury à accorder une médaille de bronze à M. Drouot.
- M. Groult, à Paris, rue Sainte-Apolline, 16.
- M. Grpult, successeur de M, Duvcrgier, qui a eu une médaille de bronze à l’exposition de 1827, fabrique toutes les farines de légumes cuits, pour potages et purées ; il prépare aussi la farine de châtaigne cuite, la semoule de riz, la julienne pour la marine, et la farine, ainsi que ja semoule d’épeaulre cuit à la vapeur. Il a centralisé dans son dppôt de la rue Sainte-Apolline ja vente de tous les produits de ce genre, et a ainsi créé la maison de commerce qui se trouve à la tête de celte industrie.
- Le jury central décerne à M. Groult une médaille de bronze pour l’ensemble remarquable de ses produits.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Désobry, à Paris, rue du Faubourg-Poissonnière,
- M. Désobry, fabricant de conserves de légumes et de fruits, a exposé une belle collection de ses produits ; la
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- nécessité (remployer desbouteilles de verre blanc et mince, pour donner à ces vases l’apparence que le commerce désire* lui a fait employer un procédé de bouchage qui pciv met de forcer, considérablement les bouchons dans les goulots des bouteilles sans les casser.
- Le jury lui accorde une mention honorable pour l’ensemble de ses produits. : • ;
- M. Picard-Ballereau, à Bourbon-Venclée (Vendée). .
- Les sardines à l’huile que M. Picard-Ballereau préparé dans sa fabrique de conserves alimentaires sont signalées, par le jury du département, comme étant fort utiles et comme donnant lieu à une fabrication ayant reçu, depuis deux ans, beaucoup d’extension et paraissant appelée à jouir d’une grande faveur. Le jury central, s’appuyant sur là convenance qu’il y a à introduire l’industrie dans le département de la Vendée et sur la bonne direction suivie par M. Picard-Ballereau, accorde une mention honorable à ce fabricant.
- ’ t . ' ' . . ; . , .. f . - • ' '
- M. De grand , à -Paris, boulevard du Temple, 38.
- M. Degrand, bien connu par des travaux utiles et surtout par la-part qu’il à eue dans l’invention des appareils propres à concentrer les dissolutions de sucre à l’abri de la pression de l’air, a présenté, à l’exposition de 1839, une collection de substances alimentaires animales et végétales desséchées par un procédé nouveau. La commission de chimie, qui a essayé avec soin les viandes sèches qui se
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- trouvent dans celte collection et qui ne leur a pas trouvé toutes les qualités désirables, ne peut, dans l’état actuel des choses, que proposer d’accorder à M. Degrand une mention honorable : le jury central lui confirme cette proposition.
- M. Saniewski, à Blois, rue des Violettes, 23 (Loir-et-Cher).
- Cet exposant a introduit, dans le département qu’il habite, les procédés employés en Pologne pour décortiquer les graines du sarrasin, et pour les convertir en gruaux et en farine de bonne qualité.
- Le sarrasin, qui est la principale nourriture de la classe pauvre de plusieurs de nos départements, était converti directement en farine fortement colorée et de mauvais goût : les procédés mis en pratique par M. Saniewski changent fort avantageusement cet état de choses 5 aussi la Société centrale d’agriculture, la Société d’encouragement et le cdmice agricole du canton de Romorantin ont-ils approuvé et encouragé les travaux de M. Saniewski. Le jury central lui accorde une mention honorable en regrettant que le peu de développement qu’il a pu donner à son industrie s’oppose à ce qu’il lui soit décerné une récompense, d’un ordre plus élevé.
- MM. Gatllet et cie, à Clermont (Puy-de-
- MM. Gaillet et compagnie ont établi, à Clermont, une manufacture de chocolats broyés à la mécanique.
- Le jury du département dit que les produits de celte fa-
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- brique sont purs et de bonnp qualité, qu’ils peuvent être livrés à bas prix, et que cette industrie, étant importante pour Clermont, centre d’entrepôt et de consommation, a droit à des encouragements. Le jury central accorde une mention honorable à MM. Gaillet et compagnie.
- M. Chillard, à Brezins (Isère).
- Le jury du déparlemen l de l’Isère dit, dans son rapport, «.que M. Chillard est un ancien élève de l’école des mi-« neursde Saint-Étienne, bien au courant delà fabrication « des produits chimiques j que sa fabrique a été organisée « avec une grande perfection ; que sa féculçjest très-belle « et très-recherchée par les fabricants de papiers des dépar-« tements voisins. » Le jury central accorde une mention honorable à M. Chillard. U
- M. Chochina, au Bourget, près Paris.
- M. Chochina, qui a obtenu, en 1827, une citation favorable pour diverses préparations de la pomme de terre imitant le riz, le sagou, le lapioka, etc., et qui a été l’un des premiers à s’occuper de celte fabrication , se trouve encore en première ligne dans cette partie. Le jury central accorde une mention honorable à M. Chochina pour la bonne direction dans laquelle il est et pour la perfection de ses produits. '
- M. Fastier, rueNeiive-Saint-Eustaclie, 4i*
- M. Fastier se distingue des autres fabricants de conserves alimentaires, d’abord par la grandeur des boites qu’il emploie, et aussi par le mode de fabrication qu’il suit.
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- M. Fastier se sert de boîtes qui cubent jusqu’à cinquante litres et dans lesquelles il conserve les aliments nécessaires au dîner d’un équipage entier ; quant à ses conserves de légumes et de fruits, il les prépare à la campagne* sur le lieu de production et en changeant de place après l’épuisement de chaque récolte.
- * Les conserves que M. Fastier avait présentées à l’exposition ont été trouvées en fort bon état et parfaitement préparées, mais M» Fastier n’a point d’établisseüiéttt lîxe;
- les procédés qii’il emploie pour la conservation eü grand dés matières animales lie sont, d’ailleurs* pas encore bien régularisés. Dans cet état dé choses* le jury engage M. Fastier à-persévérer dans les recherches qu’il a entreprises et lui accorde là mention hohorable.
- MM. Charrier-Barbette frères; à Niort
- (Deux-Sèvres).
- Le jury du département des Deux-Sèvres dit, dans son rapport, « que MM, Charrier-Barbetlc frères font usage k d’un procédé pàrtictiliët qui Conserve longtemps îé pàt-« füm, la fraîcheur et l’onclüëux dé i’angèliqüé qu’ils font « cbnfirë j.ii affirme que là fabrique' de MM. Chàrrièir-Bar-k belle frères est là plus Considérable du département ) « qu’ils cultivent en grand l’angélique ; qu’ils préparent k celle qui est récoltée par éuA. » Le jury central accorde une mention honorable à MM. Charrier-Barbetlo frères.
- M. de Villeîœuve , à Yaügitàrd, près Paris; rite dë Mademoiselle, 3;
- i ;\-
- * . i • ,
- Tout ce qui peut améliorer lç régime alimenlairq (les
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- marias et des voyageurs mérite certainement un grand intérêt;
- M. de Villeneuve* ancien officier de marine * Convaincu de celle vérité* s’est occupé de cetlë question et a exposé une collection dé substances alimentaires sèches préparées àu lait j sa collection se Compose de chocolat) dé café et de thé au lait ; en poudres ou en tablettes, et de tablettes do lait pur* Tous ces produits sont préparés avec une grande propreté et leur aspect est des plus séduisants $ la commission dé chimie, qui les a examinés avec soin, les a trouvés de très-bonne qualité et désire encourager M. de Villeneuve eu lui faisant accorder une mention honorable : le jury confirme celte proposition j
- M* Dumas, à Limoges (Haute-Vienne).
- Le jury du département de la Haute-Vienne fait beaucoup d’éloges des chocolats préparés par ce fabricant et dit « tjüe là bonté dé ces produits dépend, en grande partie ,
- « d’itn procédé-hoùvcàti employé par M. Büinas pour « préparer lé cacao, à Gc jury a été unanime pOur recommander ce manufacturier à l’attention du goUvertienieht. Le jury central, s’appuyant sur ces déclarations et àyànt eu de bons renseignements sur cè produit, accorde là méii-lioü honorable à M. DütnàS.
- M. Cyprieii Dejèâï^ à Moütaguac (Hérault).
- Get exposant, qui a séjourné longtemps çn Hongrie, a apporté en France des plants de vigne de Tokai et a propagé la culture de ce cépage dans le département de l’Hérault, Ou il fabrique, chaque année, du vin par les mémos pro-
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- cédés que ceux qui sont suivis à Tokai. Ces faits sont constatés par de nombreux documents remis à la commission de chimie, et il est certain que les opinions émises par des hommes distingués de la localité sont très-favorables à la culture de la vigne dont il s’agit et à la production de M. Dejean en vin de Tokai; la commission de chimie a fait déguster ce vin par les meilleurs juges en cette matière, mais elle n’a pu obtenir un avis assezpositif pour proposer plus que la mention honorable en faveur de M. Dejean. Le jury central confirme cette proposition.
- CITATIONS.
- M. Godain d’Abbecourt ? aux Batignolles ., près Paris.
- M. Godain d’Àbbecourt a mis, à l’exposition, un grand nombre d’échantillons de viandes desséchées par un procédé qui lui est particulier, et il a présenté, à l’appui de ses produits, un rapport fait au ministre de la marine, par M. Brou, capitaine de-vaisseau, commandant la frégate ïHermione} sur laquelle le ministre avait fait embarquer, en 1832 , des viandes sèches préparées par M. Godain. Il résulte de ce rapport que ces viandes se sont bien conservées dans les tonneaux, et encore mieux étant exposées à l’air libre, dans la chambre de l’officier en second du vaisseau, mais que ces viandes, ayant été préparées par le cuisinier, ont été trouvées dures et non convenables pour la nourriture des marins.
- M. Godain insistant pour que les viandes séchées, mises par lui ti l’exposition, fussent de nouveau examinées, la
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- commission de chimie a cm convenable de faire tous les essais nécessaires pour éclairer cette question -, elle a trouvé que les pieds de mouton desséchés par M. Godain, étant gonflés dans l’eau pendant vingt-quatre heures et convenablement accommodés, étaient devenus tendres et formaient un aliment de bon goût et de bonne qualité ; mais que la viande de bœuf, préparée pour pot-au-feu, présentait, à l’emploi, les inconvénients signalés dans le rapport du commandent de ïHermione. Dans cet état de choses, le jury central pense qu’il faut ajourner M. Godain à l’exposition prochaine et lui accorde une citation favorable pour l’encourager dans le travail important qu’il a entrepris.
- M. Leroux-d’Arcet^ à Beaune (Côte-d’Or).
- Le jury du département de la Côte-d’Or dit que le sirop de fécule présenté par M. Leroux-d’Arcet, et qui marque 45 degrés au pèse-liqueur, est, par sa qualité et son bas prix, digne de fixer l’attention. Ce produit est employé pour améliorer les vins faibles récoltés dans le pays, et pour les rendre conservables et propres aux expéditions lointaines : le jury central accorde une citation favorable à M. Leroux-d’Arcet.
- . . § 3. SAVONS.
- La fabrication des savons durs, concentrés dans le midi de la France pendant plusieurs siècles, a été établie dans un grand nombre de nos départements à l’époque où la guerre d’Espagne, en nous privant des soudes étrangères, ramena l’attention sur la découverte de Leblanc, et fit
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- T. II.
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- adopter l’emploi de la soude factice ; mais l’on s’occupa principalement, dans le centre de la France, de la préparation des savons de toilette et des savons de ménage à bas prix, tandis que le Midi, où les fabriques de soude faciice s’étaient promptement multipliées, conserva la fabrication des anciens savons faits avec l’huile d’olive et connus sous le nom de savons de Marseille. Ce sont encore les savonneries du Midi qui fournissent le plus de savon à la consommation de la France, et, cependant, ces établissements n’ont rien envoyé à l’exposition de 1839. Le jury a vu avec peine cette négligence et fait des vœux pour que les savonniers de Marseille, appréciant mieux le but élevé des expositions, s’empressent de représenter, au concours industriel de 1844, la grande et belle industrie dont ils sont en possession.
- La fabrication des savons de toilette est devenue très-importante pour le département de la Seine. Depuis la dernière exposition , nos savonniers ont multiplié les formes et les variétés de leurs produits ; beaucoup d’essais ont été faits pour employer de nouvelles matières premières, et, si tous ces .essais n’ont pas été heureux, ils témoignent du moins d’un grand mouvement industriel dans celte partie. Le jury, qui a examiné avec soin les savons présentés à l’exposition de 1839, en à trouvé quelques-uns faits à froid et trop chairgés d’alcali ; il signale cet écueil et n’hésite pas à rappeler le conseil donné par les jurys des expositions précédentes . de bien soigner la fabrication des savons de toilette, pour laquelle les savonniers de Paris sont au premier rang, et de s’occuper, surtout dans les savonneries du centré de la France, de la fabrication des savons de ménage à bas prix et à la portée
- de la classe la moins aisée de la société.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- i % *
- M. O gep», à Paris, rue Gulture-Sainle-Catherine, 17.
- M. Oger a succédé à MM. Decroos cl Roëlant, qui ont introduit en France la fabrication des bons savons de toilette , et qui, les premiers, ont fait de bons savons de ménage à Paris,. M. Oger est resté dans la bonne voie; il^fait principalement les savons qu’il est convenable de fabriquer dans le nord de la France, et scs produits sont de bonne qualité dans leur genre : le jury central lui confirme la médaille d’argent que sa fabrique a obtenue en 1810, et qui a été rappelée à toutes les expositions.
- * •
- MM. Renaud et cie, à Paris, rue Bourg-
- l’Âbbé, 4i..
- Cet exposant a présenté des savons mous auxquels il a donné le nom tfoléophane, et qui ont obtenu une grande vogue dans les départements : le jury rappelle en sa faveur la médaille d’argent qui a été décernée en 1834 à MM. Laugier père et fils, dont il est Je successeur. . ^
- RAPPEL DÉ MÉDAILLE DE BRONZE.
- Madame Bourbonne, à Paris, rue de la Verrerie, 90.
- L’ancienne maison Demarson,à laquelle madame Bpur-
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- bonne a succédé, avait obtenu une médaille de bronze en 1823, et le rappel de cette médaille à l’exposition de 1827. Madame Bourbonne a déjà eu le rappel de la médaille de bronze en 1834 : le jury central lui confirme celte récompense.
- MEDAILLES DE BRONZE.
- MM. Demarson et c,e, à Paris, rue Saint-Martin, i5.
- - ' 4
- Les savons que M. Demarson a envoyés à l’exposition sont ceux qui représentent le mieux la grande fabrication en ce genre, c’est-à-dire celle des savons marbrés croûte rouge, croûte blanche, bleu vif et bleu pâle. Ces produits prouvent que M. Demarson connaît bien les procédés de la grande savonnerie, et qu’il joue, pour ainsi dire, avec les difficultés qu’ils présentent. Le jury central considère cet exposant comme étant bien digne de la médaille de bronze qu’il lui décerne.
- MM. Bonamy de Conninck et cie, à Nantes (Loire-Inférieure). ’
- Cet exposant a présenté des savons d’huile de palme et des bougies d’acide stéarique; il livre au commerce 500,000 kil. de savon par an, et favorise, par les grandes quantités d’huile de palme qu’il emploie, le commerce que la ville de Nantes fait avec les côtés d’Afrique. Le jury du département de la Loire-Inférieure a dit, dans son rapport, « qu’il ne pouvait trop recommander les produits de « M. Bonamy de Conninck, et qu’ils étaient, à tous
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- « égards, dignes de la sollicitude et des récompenses du « gouvernement. »
- Le jury central, appréciant et la bonne direction dans laquelle est entré M. Bonamy de Conninck, et les services qu’il rend à la localité dans laquelle il est établi, décerne une médaille de bronze à cet exposant.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Violet, à Paris, rue Saint-Denis, i85.
- M. Violet, qui avait été cité favorablement avec M. Monpelas, alors son associé, a continué à aromatiser ses savons de toilette, non dans la mise et avec des huiles essentielles, comme on le faisait ordinairement, mais en desséchant les savons et les réduisant en pâte au moyen de l’alcool aromatisé, ce qui permet d’introduire dans les savons de toilette les odeurs les plus fugaces, telles que celles de tubéreuse, de jasmin , etc.
- M. Violet a, en outre, aromatisé les savons directement avec les fleurs. Le jury, considérant la grande extension qu’il a su donner à sa fabrication, et la variété des savons qu’il a exposés, lui décerne une mention honorable.
- MM. Mesny et Favart , à Vienne (Isère).
- Ces exposants ont établi, à Vienne, au centre d’une grande fabrication de draps, une savonnerie où ils préparent des savons mous propres au dégraissage des draps et des laines huilés j’-le jury du département'de l’Isère dit a que c’a été là une découverte inappréciable, et dont le
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- « besoin se faisait vivement sentir dans la localité. » Le jury central, qui a fait analyser ce savon, n’y a rien trouvé de remarquable ; c’est un savon vert ou mou fait avec la potasse et une huile peu odorante : il craint que la bonne opinion que les fabricants de draps de Vienne ont de ce savon ne soit due qu’à l’ignorance ou à l’oubli des bonnes qualités du savon à dégraisser les draps qui se fabrique à Rouen et qui est connu sous le nom dcpugh; néanmoins, considérant le service que MM. Mesny et Favart ont rendu à l’industrie de leur ville, et s’appuyant sur l’opinion très-favorable du jury du département de l’Isère, le jury central décerne une mention honorable à MM. Mesny et Favart.
- RAPPEL DE CITATION.
- M. MoNPELASj à Paris, nie Saint-Martin, 129.
- M. Monpelas, qui avait eu, en 1834, une citation favorable avec M. Violet, alors son associé, aromatise ses savons comme nous l’avons dit en parlant des produits de M. Violet; il paraît, en outre, saponifier directement le suif en branches, et faire un usage convenable de l’huile de coco; le jury lui confirme la citation qu’il a obtenue à l’exposition de 1834.
- CITATIONS HONORABLES.
- M. CuvELLiERj à Blangy (Seine-Inférieure).
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- M. Cuvellier est dànsune très-bonne voie; il fabriqn 1
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- du savon jaune avec des mélanges de suif et de résine, ou d’huile de palme et de résine, et vend ce savon de 32 à 35 centimes la livre, ce qui le met à la portée des classés pauvres : le jury central lui vote une citation honorable.
- M. Lagoutte,^ Paris, rue Bourg-PAbbé, 20.
- Le savon de Naples, qui est un savon mou à base de potasse, n’a pas encore été bien fabriqué en France, quoiqu’il se vende à haut prix et qu’il soit employé par un assez grand nombre de consommateurs; le jury central récompense par une citation les travaux, déjà suivis de succès, entrepris par M. Lagoutte pour organiser à Paris la fabrication de cette espèce de savon servant à la toilette.
- § 4. COLLES.
- Lors des premières expositions, la fabrication des colles, était à peine créée, et 11e fournissait que des produits de mauvaise qualité, qui étaient, d’ailleurs, loin de pouvoir suffire à la consommation de la France ; les colles de qualité supérieure se tiraient de l’étranger , mais l’emploi de la gélatine extraite des os parle moyen des acides, la cuisson à la vapeur, et de bons procédés de filtration et de blanchiment, ont rapidement porté cet art à un point de perfection tel que l’on peut dire qu’à ce sujet il 11e nous reste plus rien à désirer. Le jury de 1834, qui avait remarqué que plusieurs fabricants avaient abusé des procédés de Papin et n’avaient ainsi produit que des colles trop solubles dans l’eau froide , signala cet écueil dans son rapport : cet avis, et l’intérêt des fabricants, les ont ramenés
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- flans la bonne voie, aussi voyons nous les colles exposées en 1839 être toutes de bonue qualité : cet art a, en outre, pris un grand développement ; la fabrication des colles a été établie dans les grands centres de consommation, et le commerce trouve aujourd’hui à s’approvisionner chez nous des colles de toutes qualités que réclament les besoins de notre industrie manufacturière.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- IM. GkenetûIs, à Rouen, rue clu Renard, 34.
- M. Grenet continue à occuper le premier rang parmi nos fabricants de colle ; ses produits sont de la plus grande beauté et ne laissent rien à désirer sous le rapport de leur qualité : on peut dire que M. Grenet est maître des procédés de son art, et qu’il joue, s’il est permis de s’exprimer ainsi, avec les difficultés qu’il a à surmonter : le jury le considère comme étant de plus en plus digne de la médaille d’argent qu’il a obtenue en 1834, et vote, avec empressement, le rappel de cette médaille en faveur de cet habile fabricant. .
- M. Estivant-Dônàu , à Givet (Ardennes).
- Cet exposant fabrique avec une grande perfection les colles fortes dites de Givet, qui sont en feuilles épaisses, et leur donne une transparence remarquable ainsi que là belle couleur ambrée rougeâtre que le commerce préfère. Le jury rappelle en favcur.de M. Estivant-Donau la médaille d’argen t qu’il a obtenue en 1834, étant associé de son père,
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- M. Eslivant-de-Braux , dont il est actuellement le successeur.
- M. Estivant lils aîné, à Givet.(Ardennes).
- Ce fabricant a envoyé,à l’exposition de 1839, des colles fortes de bonne qualité, et qui continuent à soutenir la réputation des colles de Givet. Le jury lui confirme la médaille d’argent déjà rappelée en sa faveur aux expositions de 1823, 1827 et 1834.
- /
- MÉDAILLES DE BRONZE;
- M. Victor Landïni, à Grenoble (Isère).
- Les colles exposées par ce fabricant sont d’une grande beauté et de très-bonne qualité : ce sont les produits de ce genre qui approchent le plus de la perfection à laquelle est arrivé M. Grenet. M. Landini a doublé sa fabrication depuis un an ; le jury de son département, eu signalant l’importance de la fabrique et la bonne réputation des produits de M. Landini, a émis le vœu qu’il soit accordé une médaille de bronze à cet habile manufacturier. Le jury central, partageant entièrement cette opinion, décerne la médaille de bronze à ce fabricant.
- M. Auguste Sigoret, à Marseille (Bouches-clu-Rhone).
- M. Sigoret a envoyé, à l’exposition, des collesforles ordinaires, des colles de Flandre et des feuilles de gélatine
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- Manches cl de qualité supérieure, pour le collage des vins et l’emploi alimentaire; tous ces produits sont bien fabriqués. Le jury du département des Bouches-du-Rhône, où la fabrication des colles prend un bien grand développement, dit que la production de M. Sigoret a été presque doublée depuis un an, et qu’il livre annuellement au commerce 72,000 kil. décollé ordinaireèt48,000 kil. de colle façon de Flandre. Le jury central, appréciant la bonne fabrication de M. Sigoret, décerne une médaille de bronze à cet habile manufacturier.
- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- M. Tessonj à Colombes (Seine).
- Ce fabricant a présenté, en 1839 comme aux expositions précédentes, de la colle forte et divers autres produits de son industrie, tels que l’huile de pied de bœuf et de mouton, les plaques de cornes naturelles et d’autres imitant l’écaille ; l’ensemble de ces produits maintient cet exposant au rang où il s’est placé et le jury rappelle en sa faveur la mention honorable qui lui a été décernée aux expositions de 1827 et 1834.
- MENTION HONORABLE.
- M. Firmenich, à Metz (Moselle).
- M* Firinenich, qui a exposé des échantillons de colle forte et de gélatine, était contre-maître de M. Gomprez
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- lorsque ce fabricant obtint une mention honorable à l’exposition de 1834, et c’était lui qui préparait la gélatine pour
- «
- bains et apprêts et pour la clarification des vins qui fut alors distinguée par le jury. M. Firïncnich étant devenu propriétaire de la fabrique et ayant développé son industrie d’une manière remarquable, le jury central lui décerne une mention honorable.
- RAPPEL DE CITATION.
- Madame veuve Hesse , à Puttelange (Moselle).
- Le jury rappelle en faveur de madame veuve Hesse la citation qu’elle a obtenue en 1834 pour la bonne qualité de la colle forte et de la colle de Flandre qu’elle a présentées; il pense que cet exposant continue à mériter cette distinction.
- § 5. CIRES À CACHETER.
- Les cires à cacheter que le jury a eues à examiner, lors de l’exposition de 1834, ont fait voir que cette fabrication, longtemps restée très-imparfaite en France, y avait ôté perfectionnée d’une manière remarquable depuis 1819, et que ce n’était plus que pour les premières qualités que les cires à cacheter fabriquées en Angleterre étaient supérieures aux cirés françaises; le plus grand défaut que présentaient nos produits en ce genre était ié boursouflement
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- qu’éprouvait la cire en fusion, ce qui gênait lors de l’application du cachet et s’opposait à la pureté ou à la netteté des empreintes -, le jury de 1834 avait signale cette imperfection et avait engagé les fabricants de cire à donner à leurs produits le degré de fusibilité et d’inflammabilité convenable, au moyen d’une substance moins facilement vaporisable que ne l’est l’essence de térébenthine ordinaire-ment employée dans ce but. Ce conseil a été suivi, et les cires à cacheter, présentées à l’exposition de 1839, témoignent des succès obtenus et prouvent qu’en employant les mêmes matières colorantes, les fabricants français peuvent maintenant rivaliser, même pour les qualités supérieures, avec les cires à cacheter venant d’Angleterre.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Herbin, à Paris, rue Michel - le-Comle, 2i.
- M. Herbin occupe encore un rang élevé parmi les fabricants de cire à cacheter : ses cires moussen t très-peu à l’emploi ; elles sont convenablement fusibles, bien moulées et polies, et ne laissent rien à désirer quant à la graduation des couleurs. M. Herbin a joint à ses cires à cacheter une belle collection de feuilles de gélatine diversement colorécs,ou marbrées, et de pains à cacheter transparents faits avec ces feuilles. Le jury central considère ce fabricant comme continuant à mériter la médaille de bronze qu’il a obtenue à l’exposition de 1823, et qui fut rappelée pour lui en 1827 et 1834.
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- M. Deville - Chabrol , à Paris, rue des Vieux-Augustins, 18.
- M. Debraux d’Anglure avait obtenu une nouvelle médaille de bronze en 1834 pour la netteté du moulage, la régularité des formes et la pureté des nuances de ses cires à cacheter ; le jury rappelle celte médaille en faveur de M. Deville-Chabrol, successeur de M. Debraux d’Ànglure.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Y. Roumestant jeune, rue Montmorency, xo, à Paris.
- M. Roumestant fabrique des cires à cacheter de première qualité. Le jury a trouvé ses produits supérieurs à ceux de ce genre qu’il a eus à examiner, tant sous le rapport du boursouflement que sous celui de la fusibilité ; ces cires sont parfaitement moulées, polies et timbrées. Le jury décerne une médaille de bronze à M. Roumestant.
- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- MM. Thibault frères, à Paris , rue Bar-du-Bec, 3. ;
- Les cires de cet exposant sont,bien ;colorées, mais le moulage en est peu soigné et elles laissent quelque chose à désirer sous le rapport de la fusibilité. Le jury ne peut, au
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- sujet de cet exposant, que rappeler la mention honorable qu’il a obtenue en 1827 et 1834.
- NOUVELLE MENTION HONORABLE.
- M. Zegelaar, à Paris, rue de la Corclerie, i,
- Cet exposant avait obtenu une simple citation en 1834 : les cires qu’il a présentées en 1839 prouvent qu’il a ajouté de grands perfectionnements à sa fabricalion. Scs cires rouges sont très-bien moulées, de première qualité sous le rapport de la coloration, et ne moussent pas à l’emploi ; mais elles sont un peu trop fusibles et se déforment facilement lorsqu’elles ne portent pas à plat ; sans ce défaut, elles auraient mérité la médaille de bronze. Le jury invite M. Zegelaar à remédier à cet inconvénient et regrette d?èlre obligé, par cet état de chose, à ne décerner qu’une mention honorable à cet habile fabricant.
- § 6. PAINS A CACHETER.
- La fabrication des pains à cacheter, qui ne livrait, il y a peu d’années, que des produits communs, a été grandement perfectionnée dans ces derniers temps par le découpage mécanique, par l’application de nouvelles matières colorantes et par l'emploi de la gélatine, qui donne des pains à cacheter transparents, ne masquant aucune partie de l’c-criture et pouvant recevoir les formes, les empreintes et les nuances les plus variées. Les produits de ce genre pré-
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- sentes à l’exposition de 1839 prouvent que cette industrie est arrivée à la perfection désirable. <
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- Mademoiselle Quenedey , à Paris , rue Nenve-des-Petits-Champs, i5\
- Mademoiselle Quenedey fabrique très-bien les feuilles de gélatine employées pour calquer les dessins et pour fabriquer les pains à cacheter transparents. Le jury lui confirme la médaillcdc bronze qui lui a ôté décernée en 1823 et qui a été rappelée pour elle aux expositions de 1827 et 1834.
- NOUVELLE MEDAILLE DE BRONZE.
- MM. Guillemin frères, à Paris, rue Saint-Mer ry, 46.
- MM. Guillemin frères ont exposé des pains à cacheter^ découpés à la mécanique.
- Le découpage des pains à cacheter, à la main, était nuisible à la santé des ouvrières; l’emploi des moyens mécaniques a faitcesscrcctinconvénient, touten perfectionnant les produits et en en abaissant le prix; MM. Guillemin ont, en outre, diminué, autant que possible, l’emploi des matières colorantes insalubres.
- Les pains à cacheter de ces fabricants sont ou simple
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- -rO^
- ment colorés ou colorés, et portant, en relief, des lettres initiales, des armes ou des devises imprimées en blanc ou dorées. Ces produits, qui ne laissent rien à désirer, se distinguent par une coupe nette et régulière, par la dégradation parfaite des nuancés et par la vivacité des couleurs. Le jury, appréciant ces diverses améliorations, décerne une médaille de bronze à MM. Guillemin frères.
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- SECTION II.
- SUCRES ET FABRICATION DES COULEURS,
- VERNIS, ETC.
- M. Dumas, rapporteur.
- § 1er. SUCRES.
- Parmi les industries chimiques, il en est peu qui puissent rivaliser d’importance et d’avenir avec l’industrie des sucres. L’état de gène momentané qu’elle éprouve explique le petit nombre de produits qu’elle a adressés à l’exposition ; car, à eu juger par la quantité d’usines qui s’en occupent et par l’habilelc des hommes qui sont placés à la tête de cette industrie, on devait s’attendre à voir l’industrie sucrière dignement représentée sous le rapport de ses produits.
- 11 n’en a pas été ainsi ; des préoccupations faciles à comprendre font que le sucre indigène aussi bien que les sucres raffinés se sont tenus à l’écart, comme si ces deux industries n’avaient marqué leur route par aucun progrès digne d’être enregistré depuis l’année 1834.
- Si la situation de nos fabriques de sucre indigène eut été moins pénible, nul doute qu’elles auraient traité quelques questions nouvelles, et en particulier la question de la dessiccation par des expériences décisives, dont nous aurions eu à juger les résultats ; mais, dans l'étal actuel de cette industrie, il lui est difficile de se livrer à de telles
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- T. II.
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- éludes. On comprend parfaitement, d’autre part, que le raffinage du sucre, qui marche par des méthodes parfaitement arrêtées, n’ait eu à produire aucun fait nouveau de quelque importance. , .
- Si les producteurs de sucre sç sont presque tous abstenus, il n’en a pas été de même des ingénieurs qui leur fournissent les appareils en usage dans leurs fabriques. A cet égard , nous aurons, au contraire, à constater des ré-sutals très-satisfaisants.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. Pecqueur, à Paris, rue JNeuve-Popin-court, 11.
- Gel habile industriel a exposé une cliaudièrc de cuite à l’air libre, et une presse continue pour la pulpe de betterave. Sa chaudière à évaporation est chauffée par plusieurs tubes de 18 à 20 lignes de diamètre, tous séparés les uns des autres, prenant tous naissance sur un tuyau général, faisant le tour de la chaudière et aboutissant à un grand tuyau général.
- La chaudière tourne sur les deux tuyaux d’arrivée et de sortie de vapeur, ce qui permet de l’incliner pour faciliter l'écoulement du sirop lorsqu’il est cuit. Le serpentin tourne sur lès mêmes axes, ce qui facilite aussi le nettoyage de la chaudière. Les tubes chauffeurs étant d’un diamètre assez considérable et parcourant un espace peu étendu, la vapeur en les parcourant ne perd presque pas de sa tension, ce qui produit une égalité convenable de température dans
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- tou les les parties de la chaudière. Mais un second avantage bien plus important, c’est que l’eau et la vapeur non-condensée retournent directement au , fond du générateur, d’où résulte une économie considérable de combustible.
- La presse continue de M. Pecqueur se compose d’un piston refoulant, 5 chaque coup, un litre de pulpedans une hotte en fonte d’où elle remonte pour passer entre deux cylindres criblés de trous cl recouverts d’une toile métallique qui l’expriment fortement. Celte disposition évite une manutention considérable et une dépense de sa;.;, de claies, etc., que nécessitent les presses hydrauliques. Un inconvénient que pourrait avoir cet appareil serait de retenir la pulpe dans quelque coude. Il paraît cependant qu’il n’a pas lieu, et la preuve c’est que la pulpe sort toujours blanche de l’appareil .
- Dans la presse Pecqueur, c’est toujours la plus ancienne pulpe qui est pressée la première ; elle oblige, pour ainsi dire, le§ ouvriers à travailler sans relâche , car si l’entonnoir qui alimente la presse n’était pas toujours au moins à moitié plein, l’air serait refoulé dans l’appareil, qui ne pourrait plus marcher de quelque temps.
- M. Pecqueur vend deux modèles de sa pressci Le plus grand fait 200 hectolitres de jus en 24 heures, et coûte 6000 francs. * ’
- Le plus petit produit 140 à 150 hectolitres en 24 heures, et coûte 4,500 francs.
- La force nécessaire pour faire mouvoir la première est de deux chevaux au plus. Mise en usage dans une fabrique de sucre de betterave, elle a donné, tout compte fait, un produit plus considérable que celui qu’on vient d’énoncer d’après l’inventeur.
- Les deux appareils exposés par M. Pecqueur, lui ont me-
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- ri(é de la pari du jury, delà manière la plus unanime, le rappel de la médaille d’or déjà décernée à ccl habile ingénieur dans l’une des précédentes expositions.
- MÉDAILLE D’OR.
- MM. Cli. Derosne et Cail , constructeurs, rue clés Batailles, n° 7, à Paris.
- Ces habiles constructeurs ont exposé divers appareils, savoir :
- 1° Une nouvelle râpe à betteraves, avec poussoirs mécaniques et machine à vapeur destinée à lui donner le mouvement 5
- 2° Un appareil à évaporer dans le vide, à simple effet, d’après le système d’Howard, perfectionné ;
- 3° Un appareil d’évaporation dans le vide, à double effet.
- La râpe de MM. Derosne et Gail est bien construite 5 elle
- offre, dans la disposition des poussoirs mécaniques, quelques particularités intéressantes. En elle-même, c’est une bonne râpe5 mais on peut regretter que MM. Derosne et Cail cherchent à remplacer, par des machines à vapeur spé ciales et adhérentes à chaque appareil, le système généralement suivi d’une machine à vapeur unique, avec transmissions de mouvements pour chaque appareil.
- L’appareil d’Howard, perfectionné pour la cuite des sirops dans le vide, est particulièrement destiné aux raffineries. Il est parfaitement construit, et l’on aime à répéter que des appareils aussi vastes, aussi compliqués que l’est celui-là, ou mieux encore l'appareil à double effet dont il va être question, peuvent, en sorlaut des ateliers de
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- M. Derosne, garder le vide, à trois ou quatre centimètres près, pendant vingt-quatre heures. De tels résultats signalent un immense progrès dans nos moyens d’exécution pour toutes les parties d’un appareil manufacturier, de ce genre, telles que robinets, soupapes, ajustages, etc. La satisfaction qu’on éprouve augmente encore quand on voit, en examinant de près les détails de la construction, que cette perfection des résultats tient à la nature même du travail des pièces, à sa précision, et que, bien loin de s’aider de dispositions propres à corriger leurs défauts, MM. Derosne et Cail ont cherché de plus en plus à simplifier leurs jointures et à produire des pièces radicalement exactes, les seules,qui puissent conserver cette qualité longtemps.
- L’appareil d’Howard, exposé par MM. Derosne et Cail,
- est muni, comme leur râpe, d’une petite machine à vapeur
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- destinée à évacuer l’eau condensée et main tenir le vide.
- . La pièce importante de l’exposition de MM. Derosne et Cail, c’est l’appareil à double effet dont il nous reste à faire connaître tout le mérite.
- C’est un appareil où sont venus se confondre des procédés tirés des propres brevets de M. Derosne et d’un brevet de M. Degrand, et auquel, en outre, une expérience de quelques années est venue chaque jour apporter des dispositions de détail nouvelles et plus parfaites.
- Le sirop de betterave,y est évaporé dans le vide. La vapeur qu’il fournit traverse des tubes repliés sur eux-mèmes, et elle y est condensée par l’évaporation qu’éprouve à leur surface extérieure du jus de betteraves qui tombe en pluie d’un tube à l’autre.
- Cet appareil réunit tous les genres de mérite. Il est sim plé, exact, bien construit. La cuite s’y fait à basse température dans le vide. La concentration s’y opère sans frais
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- à une température basse également. Ôn peut dire qu’à son aide il n’en coûte rien pour amener le jus de betteraves à 25°. Ce h’est qu’à- partir de ce terme qu’il faut dépenser du combustible pour le concentrer, car ia vapeur perdue par celte.dernière concentration amène à 25° une quantité de jus égale à la première.
- MM. Derosnc et Cail ont placé des appareils semblables dans trcnternèuf fabriques de sucre de betteraves, parmi lesquelles on remarque des fabriques dirigées par les honj-mes qui ont dès longtemps le privilège de marcher à la tète de cette industrie.
- A l’aide d’une légère modification dans l’emploi, cet appareil devient très-propre au service des raffineries -, aussi MM. Derosnc et Cail en ont-ils placé quatorze dans des établissements de ce genre.
- Il est clair que l’appareil dont il s’agit deviendra d’un grand secours dans le travail des colonies. Il présente encore quelques détails un peu compliqués, qui le rendraient d’un maniement et d’une réparation difficiles dans des pays pauvres en ouvriers habiles5 mais cet appareil repose sur de si bons principes, qu’à mesure qu’il vieillit il gagne en perfection, tout en se simplifiant de plus en plus. Encore quelques progrès, et il sera susceptible d’ètre manœuvré partout.
- Le jury central décerne la médaillé d’or à MM. De-rosile et Cail pour leurs appareils à double effet.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Pel-letan, à Paris, rue de Vernëuil* 27.
- Les appareils exposés par M. Pelletan se rapportent essentiellement à la fabrication du sucre de betterave ; on
- y remarque :
- lo Le lévigateur, appareil destiné au lavage de la pulpe de betterave ;
- 2° Une chaudière de cuite dans le vide;
- y i . * d
- 3° Une machine à vapeur d’un système nouveau qui' constitue une annexe de la chaudière de cuite.
- Ces divers appareils sont en activité dans plusieurs usines, et en particulier dans celle de Château-Fràyé, près Paris, où quelques membres du jury ont pu les voir fonc-
- A v î
- donner.
- Le lévigateur de M. Pelletan est destiné à épuiser la pulpe de betterave de son sucre; cette pulpe y entre par une extrémité et s’échappe par l’autre, tandis que l’eau, arrivant par cette dernière, parcourt l’appareil en sens
- inverse.
- Le lévigateur est un appareil qui, appliqué à la pulpe de betterave, a T inconvénient d’introduire de l’eau dans le jus -, mais, si on voulait s’en servir pour épuiser la betterave sèche, tout porte à croire qu’il réussirait bien, et que là ses avantages ne seraient atténués par aucun inconvénient qu’on puisse prévoir.
- Le lévigateur a été introduit et mis en usage dans vingt-six fabriques de sucre. Comme sa construction est assez difficile, il a présenté, dans l’origine, quelques défauts de stabilité qui ont nui à'sa propagation dans les usines. Plu-sieurs fabricants attestent que son travail, tout compte TOME II. *
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- fait, leur a donné au moins autant de sucre que le travail des presses.
- Il est d’ailleurs facile de s’assurer que l’eau qu’il ajoute au jus exige, pour son évaporation, une quantité de combustible moindre que celle qui serait consommée par le travail des presses ordinaires.
- Le lévigateur exige une surveillance qu’on néglige un peu trop dans les usines où il est mis en usage; il.faut que la pulpe de betterave n’y soit jamais en repos.
- La chaudière à cuire dans le vide, de M. Pelletan, est nouvelle à tous égards. Le principe, la forme, l’ensemble, les détails, tout lui appartient, et cette chaudière renferme évidemment beaucoup de dispositions destinées à rester dans l’industrie du sucre.
- Ainsi, à la forme d’œuf que présentent toutes les chaudières à vide, M. Pelletan a substitue celle d’un cylindre terminé par deux calottes, c’est-à dire la forme des chaudières à vapeur. Ce changement lui a permis de rendre mobile et très-facile à enlever toute la grille à vapeur destinée à chauffer la chaudière ; de sorte qu’avec deux grilles de rechange on peut opérer la substitution en un instant et nettoyer ensuite à l’aise la grille enlevée, sans faire chômer l’appareil. .
- Cette circonstance est importante. Dans tous les appareils à vide, les dépôts calcaires qui se font sur le tuyau à vapeur obligent à des nettoyages fréquents, et il y a tel appareil qu’il faut arrêter pendant une journée entière pour exécuter cette opération.
- La disposition de M. Pelletan, pour la grille à vapeur, est une idée acquise désormais à ce genre d’appareil.
- La chaudière de M. Pelletan porte un appareil particulier pour extraire, à un instant donné, une portion du
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- sirop, dans le but d’en vérifier le titre. Cet appareil est nouveau, fonctionne très-bien et mérite la préférence sur ceux qu’il est destiné à remplacer.
- Pour faire le vide dans sa chaudière, M. Pelletan emploie une propriété découverte dans le jet de vapeur par Manoury d’Hectot; pour l’y maintenir, il se sert de la machine à vapeur de rotation qu’il a inventée; enfin, pour en expulser l’air après la cuite, c’est encore au jet de vapeur qu’il a recours.
- Dans tous ces détails, M. Pelletan a fait preuve d’un esprit ingénieux ; mais le jury central a dû dépouiller sa chaudière à cuire dans le vide de tout entourage, pour la juger en elle-même. Ainsi simplifiée, elle constitue un appareil très-remarquable par la simplicité de son exécution, de son entretien, de son nettoyage. C’est uu appareil éminemment manufacturier.
- La propriété d’entrainer l’air que' Manoury d’Hectot avait reconnue dans le jet est devenue, par cés dispositions nouvelles, un moyen d’action puissant entre les mains de M. Pelletan. À son aide, il fait le vide dans la chaudière sans avoir , besoin, d’élever la température à 100°. Il s’en sert pour expulser le sirop en injectant de la vapeur mêlée d’air à la fin de la cuite dans la chaudière.
- Il utilise encore cette propriété dans la construction d’une petite machine à vapeur de rotation destinée à mettre en mouvement la pompe qui évacue l’eau condensée et qui maintient le vide dans l’appareil.
- Le jury central décerne à M. Pelletan une médaille d’argent.
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- M. Chaussenot, à Paris, allée, des Neuves, 45, aux Champs-Elysées.
- Bien connu des industriels à divers titres, M. Chaussenot doit être considéré ici comme l’ingénieur à qui est due la fondation des trois usines qui produisent du sucre de fécule solide, savoir , celles de Rueil et de Neuilly en France, et celle de MM. Michiels et compagnie, en Belgique.
- Chacune d’elles peut fournir 5,000 kil. de sucre solide par jour.
- On sait que le sucre de fécule solide a été obtenu industriellement, pour la première fois, par M. Mollerat; mais le bas prix des produits qu’on prépare dans les usines montées par M. Chaussenot et leur beauté en font un produit d’une haute importance.
- Ce sucre est introduit dans les cuves pour l’amélioration des vins avec beaucoup de profit ; la Bourgogne en fait une grande consommation. A l’étàt de sirop, le sucre de fécule étotre dans la fabrication de la bière, et facilite beaucoup les opérations du brasseur.
- Cent livres de fécule rendent cent livres de sucre solide ou cent quarante livres de sirop.
- Le sucre en masse se vend 40 francs les 0/q kil. Celui qu’on met en pains se vend 50 fr. les 0/o kil- Le sirop se livre au commerce à 33u, et se vend de 28 à 30 francs les 0|o kil.
- Dans l’état actuel de cette fabrication, elle fournit déjà plusieurs millions de kilog. de produits, qui représentent leur équivalent d’alcool dans le vin ou la bière qu’ils servent à fabriquer ou à enrichir en principe alcoolique.
- Parmi les constructeurs qui s’occupent aujourd’hui du
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- chauffage de l’air des habitations et des séchoirs, aucun n’a mis autant de persévérance, et n’csl arrivé à des résultats pins utiles que M. Chaussenot. On lui doit l’invention des cheminées à foyer mobile qui ont donné naissance, à une importante industrie.
- Les. perfectionnements apportés par M. Chaussenot à la dessiccation méthodique de l’orge germcc et des récoltes de houblon l’ont conduit à faire des applications avantageuses.
- Le calorifère exposé par M. Chaussenot est fort Jbion conçu; d’une part, le tirage produit au centre de l’appareil lui a permis de faire circuler dans des galeries superposées et redescendre successivement dans chacune d’elles les produits de la combustion; d’un autre côté, l’air extérieur introduit sous la dernière couronne refroidit la fumée au moment où elle va passer dans la cheminée, il suit en seus inverse les circonvolutions précitées, et s’élance avec l’air chaude au centre dans le conduit général de l’air chaud.
- Les effets avantageux de ce calorifère sont constatés dans le chauffage de vastes salles publiques, dans des étuves et séchoirs de fabriques, .
- Nous nous sommes assurés que, chez plusieurs manufacr turjers habiles, le calorifère Chaussenot a été substitué avec succès à;des appareils dus, cependant, à de bons cons tructeurs.
- Ainsi on le rencontre chez des fabricants de cuirs vernis, de fécule, de cartons, de papiers peints, dans des blanchisseries, des teintureries, etc., etc. ,
- M. Chaussenot a exposé, en outre, le modèle d’un séchoir à betterave qu’il a exécuté en grand avec un ,succès complet en Belgique, et qui repose sur des principes ^impies et eorrceis, Mats pour juger dèlirtiüvemcnl un appa*
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- reil de celte importance, il faut une expérience plus longue et plus étendue.
- Le jury décerne à M. Chaussenot une médaille d’argent pour l’ensemble de ses travaux industriels.
- MM. Jacob et elc, route d’Allemagne, 115, à la Petite-Villetle. -
- La fécule modifiée devenue soluble, telle que la fabrique M. Jacob, a reçu, sous le nom de dexlrine, diverses applications dans l’art de guérir. Elle a fourni, dans ces derniers temps, le moyen de produire avec facilité ces bandages inamovibles qui ont porté dans le pansement des fractures des modifications si importantes.
- Sous le rapport commercial, la dexlrine a reçu des applications du plus haut intérêt, que le rapporteur se félicite d’avoir provoquées.
- Les fabricants de toile peinte l’emploient en remplacement, dans la plupart des cas, de, la gomme arabique, qui coûte bien plus cher, soit pour épaissir leurs mordants, soit pour donner l’apprôt aux étoffes de belle qualité. Pour l’apprêt des fonds de couleur, la dextrine a été employée avec le plus grand succès -, elle ne change pas les fonds et ne dénature pas les nuances comme le font la fécule ou l’amidon grillé.
- Tous les fabricants de Rouen et de Mulhaùsen, dont nous avons pu connaître l’opinion, sont d’accord sur ce point, que la dextrine remplace la gomme pour l’épaississage des mordants. Tous aussi s’accordent à dire que, dans l’apprêt des indiennes, elle est toujours bien préférable à l’amidon et à la fécule, et qu’elle, conserve parfaitement les nuances des étoffes apprêtées.
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- Le jury central décerne à M. Jacob, pour le développement qu’il a donné à la fabrication de la dexlrine, une médaille d’argen t.
- M. Nilus, au Havre.
- M. Nilus présente, à l’exposition, une machine à écraser lescannesàsucre, d’une disposition nouvelle, parfaitement bien entendue. Celte machine a été adoptée par les colonies, où elle rend, depuis plusieurs années, de très grands services. M. Nilus construit, en outre, des machines à vapeur et tous les outils propres à l’agriculture coloniale -, tout ce qui sort de scs ateliers porte le caractère d’une très-bonne construction.
- Le jury décerne à M. Nilus une médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Bourré, à Boulogne-sur-Mer (Pas-cle-
- M. Bourré, ancien officier supérieur d’artillerie, a exposé un laveur pour le noir qui a servi à la décoloration des sirops, et un fourneau disposé pour la revivification de ce noir. Son fourneau est continu.
- Plusieurs fabricants qui emploient l’un et l’autre de ces appareils en témoignent de la satisfaction. Le laveur est simple et bien raisonné.
- Le four de revivification continue laisse à désirer. Le noir, sortant du cylindre où il est chauffé au rouge, de vrait être mieux abrité qu’il ne l’est de l’action de l’air, qui^
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- pour cire lente dans cet appareil, n’est pas moins réelle ; mais c’est une disposition facile à corriger.
- Le jury décerne à M. Bourré une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. de Forbin-Janson , à Paris , me de Gre-nel le-Saint-Germain, «22.
- M. de Forbin-Janson a exposé un pain de sucre de betteraves raffiné de premier jet, et, d’après les détails dans lesquels il est entré, on voit que cette opération a été exécutée en grand dans scs ateliers, et que les produits ont trouvé un placement avantageux dans le commerce.
- Sans fournir un sucre aussi pur de goût que le sucre raffiné, cette opération serait d’un haut intérêt en ce qu’elle permettrait de livrer au consommateur un sucre à bien plus bas prix que le sucre raffiné.
- M. Vidal, à Paris, rue du Cimetièrc-Saint-Nicolas, 28.
- Celte chaudière, qui a une forme analogue à celle de M. Pccqueur, est chauffée par deux tubes eu spirale concentriques. Comme dans les chaudières de M. Hallelle, ces deux tubes viennent se réunir au milieu de la chaudière, de sorte que l’extrémité çle l’un est à côté du commencement de l’autre, ce qui fait que la partie la plus froide d’un serpentin est en contact avec la partie la plus chaudede l’autre. En quelque point que ce soit, la moyenne des deux tubes donne une température sensiblement égale. La vapeur entre par un des tourillons de la chaudière, et .l’eau condensée sort par l’autre.
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- M. Blandin, à Paris, rue de Chareuton,! 79.
- M. Blandin est parvenu à résoudre un problème qui
- n’est pas sans importance. Il fait, avec des mélasses,de betteraves, un vinaigre qui peut être confondu, par le consommateur, avec du vinaigre ordinaire, et qui revient à bien meilleur marché. Sa fabrique a opéré dans. Paris y elle a travaillé pendant deux ans. > * -
- Maintenant, M. Blandin veut transporter dans le Nord son industrie qui y sera mieux placée. ; .
- %
- M. Beauvallet à Vaugirard , grande rue, 33, ' , v. ,
- À exposé des sucres cristallisés, aromatisés, d’une boune qualité, pour lesquels le jury lui accorde une mention honorable. /
- lYL. Charrier-Barbette' frères, a Niort (Deux-Sèvres).
- L’angélique confite de MM. Charrier-Barbetle est d’une parfaite fabrication ; le jury, considérant qu’elle est l’objet d’un commerce assez important pour la ville de Niort, accorde à MM. Charrier une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- i. Gauthier et Eiyiery, avenue de Vil-lars, 2, ' • f ! • --' /•’
- Ont expose une chaudière à concentration pour la fa-
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- bricalion du sucre; l’idcc de continuité qu’elle présente mérite aux exposants la citation favorable.
- MM. Dusouich et Lorin , à Paris, petite rue du Bac, 20,
- Ont présenté un appareil pour l’extraction du jus de betterave qui n’a pas paru au jury présenter tous les avantages énoncés par les exposants; cependant, comme cet appareil présente quelques dispositions qui, plus convenablement employées, pourront rendre service à l’industrie sucrière, le jury accorde à MM. Dusouich et Lorin une citation favorable.
- M. Lemoyne, à Paris, rue des Lombards, 5o,
- À exposé différentes sucreries d’une bonne confection qui lui méritent la citation favorable.
- §2. COULEURS, VERNIS, PEINTURE, ENCRE D’iMPRIMERIE,
- CIRAGE.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- Couleurs.
- M. Lange-Desmoulin s, à Paris, ruedulloi-
- de-Sicile, 32.
- * >
- Déjà distingué par le jury central en 1823 et 1834, qui lui a décerné, à celte époque, une médaijle d’argent, cet habile fabricant continue à produire de beau vermillon
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- par voie sèche: celui qu’il livre au commerce donne des cires à cacheter d’une très-belle nuance.
- Il s’occupe en grand et avec succès de la fabrication du carmin, ainsi que de celle des divers chromâtes de plomb. Il mérite plus que jamais la médaille d’argent qui lui a été décernée en 1834.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- Madame Gobert, à Paris, rue cl’Eiifer.
- - Madame Gobert a exposé des laques de garance. Il suffit de jeter les yeux sur ses produits pour être frappé de la supériorité qui les caractérise sous le rapport de la variété des tons, de leur pureté, de leur éclat.
- Mais, pour s’en faire une idée plus exacte, il faut voir l’effet qu’elles produisent à l’emploi, et, à cet égard, nous laisserons parler les juges compétents.
- La commission des beaux-arts, par l’organe de M. Paul Delaroche, nous a transmis l’opinion la plus favorable sur les laques de madame Gobert, sous le rapport de la finesse des tons.
- Un de nos plus habiles peintres, M. Couder, qui au génie des arts uuit les lumières que donne une élude particulière de la fabrication des couleurs, s’exprime en ces termes à leur égard : ’
- j « Ces belles laques nous rendent les couleurs dont Icà Vénitiens', les Flamands et Rubens ont dû se servir : leur fixité, que j’ai éprouvée, me donne une telle confiance dans ces beaux produits, que je n’hésite pas à les employer connue base colorante de mes tableaux. C’est donc avec
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- upe entière conviction que je m’empïcsse de signaler ces belles et précieuses laques comme l’emportant en intensité, en variété de teintes, ainsi qu’en fixité, sur toutes celles connues depuis plus de vingt ans. »
- Voici, de son côté, comment M. Alaux a jugé les laques de madame Gobert :
- « Depuis plus de trente ans que je me sers des laques de tous les pays, je n’en ai jamais trouvé d’aussi belles : elles ont un éclat qui surpasse tout ce que j’ai vu jusqu’ici ; mais, ce qui est encore plus précieux, c’est la solidité de ces laques : elles sont inaltérables, môme avec du blanc de plomb. Depuis que je m’en sers, je n’ai pas vu le moindre changement. Je pense que les arts ont retrouvé les belles teintes des grands maîtres de la. renaissance, que nous n’avions plus. »
- Madame Gobert fait valoir, en faveur de ses produits, la préférence.dont ils sont l’objet de la part de M. Horace Yernet et Ziegler, qui en ont fait un large emploi, dans les grandes productions de leur pinceau, depuis quelque temps. Cette préférence est un argument très.-puissant aux yeux du jury.
- On,peut dire,, d’après celaque les laques.dont il s’agit remplissen t les. vœux des peintres les plus difficiles sous le rapport de l’emploi. Restait à juger de leur solidité.
- . A cet égard, pendant la durée même de, l’exposition, il, a été fait une expérience très-décisive. Deux stores de M,., Pétés, peints, avec ces laques, ont, été. placés, dans la salle de l’exposition, en plein midi., A la fin de l’exposition, les nuances du rose le plus faible existaient encorejinlactes; à plus forte raison, les'rouges et les bruns avaient-ils résisté. Cette exposition à, l’action , de la lumière solaire n’aura pourtant pas,duré moins de deux mois, . Enfin restait à se convaincre que. les Jaq.ues dp.ma-
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- dame Gobert étaient fabriquées d’une manière conforme «à ses assertions, et que. dû moins, elles étaient exemptes de certains mélanges. Il a été facile de se convaincre de l’absence de couleurs minérales dans ces produits, et même de l’absence de couleurs organiques tirées du carlhamo ou de la cochenille.
- Du reste, les doutes exprimés par quelques personnes sur la pureté des laques de madame Gobert proviennent évidemment de ce qu’en général la fabrication des laques de garance ne s’est pas faite avec régularité ; car il y a dans l’exposition de M. Sœhnée, par exemple,' une laque de garance couleur groseille qui est de la plus grande beauté. Tout lemonde connaît les laques roses que MM. Mérimée, Robiquet et Colin ont su tirer de la garance. Les artistes, enfin, n’ignorent pas que M. Louis Robert, peintre habile de Sèvres, s’occupe depuis longtemps, avec grand succès, de la préparation dé certaines laques de garance, qui approchent plus qu’aucun produit de ce genre des laques nouvelles.
- Ainsi d’autres ont fait quelques-unes des nuances de madame Gobert, mais personne n’a offert avant elle une aussi riche palette de couleurs extraites de la garance aux artistes. Personne surtout n’a exploité cette variété de tons en fabrique, et par, des moyens sûrs et précis qui permettent de reproduire à volonté chaque nuance.
- Madame Gobert n’en est plus aux essais. Elle possède, a Metz, une fabrique de laques extraites de la garancej elle levreaux peintres des produits à bas prix. Ses laques sont assez foncées pour remplacer avec avantage les laques carminées; dont le peu de solidité est bien reconnu, et elles ne cèdent en rien à ces dernières pour la richesse et la pureté des tons ; les pourpres surtout sont d’un velouté et d’une vivacité admirables. Les bruns sont d’une grande beauté, et remplacé-
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- ront désormais les bitumes employés, jusqu’à cc jour, eu peinture, et qui présentent le grave inconvénient de se gercer au boul"de peu de mois. Il n’est pas jusqu’à la ma> lière colorante jaune contenue dans la garance, et qui jusqu’aujourd’hui était perdue pour l’industrie, qui ii’ait donné, par les soins de madame Goberi, une superbe laque jaune capucine d’une nuance dorée très-solide, précieuse par les beaux tons qu'elle donne mêlée avec le blanc.
- Si toutes ces laques, ainsi que les nuances variées qu’elles donnent, sont douées de la grande solidité que nos peintres les plus célèbres n’hésitent pas à leur assigner, et qui
- les porte à les employer comme base de leurs tableaux, le service rendu aux arts par madame Gobcrt serait inappréciable.
- Qui n’a gémi en voyant ce que sont devenues quelques-unes des plus belles productions de nos grands maîtres les plus modernes? qui n’a déploré les ravages que le temps à déjà fait éprouver, par exemple, à la bataille d’Austerlitz de Gérard?
- El lorsqu’à côté de ces tableaux modernes, déjà défigurés et flétris, on voit les belles productions de l’ccole vénitienne, ces beaux tableaux de Rubens toujours pleins de fraîcheur, d’éclat et d’harmonie, on comprend que madame Gobcrt, ou plutôt un de ses parents mort des longtemps, à qui elle fait remonter l’origine de sa découverte, se.soit préoccupé de cette idée que le coloris suave et d’une fraîcheur si durable du peintre dont il s’agit était dû à l’emploi des couleurs particulières. On comprend que, bien convaincu de cette vérité, il ait cherché par des essais à en reconnaître la nature, et qu’il ait pu se convaincre que ces peintres avaient fait usage de laques de garance. Il fallait retrouver, de plus, le moyen de'produire-toutes ces
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- laques, et de les produire régulièrement à un prix modéré ; c’est là ce que madame Gobert a fait.
- Le jury central décerne à madame Gobert une médaille d’argent.
- MM. Lefranc frères, à Grenelle.
- MM. Lcfranc frères dirigent avec le plus heureux succès une manufacture de couleurs qu’ils ont établie à Grenelle. Dans leur vaste fabrique, une machine de huit à dix chevaux met continuellement en mouvement trois machines à blanc de céruse, broyant par jour 15 à 1600 livres de cette substance, et cinquante moulins capables de réduire en poudre d’une finesse extrême de 10 à 50 livres de couleur chacun. La même machine fait mouvoir, en outré, une pilerie de quatre pilons, des tamiseries, des bluteries et dès meules à écraser les couleurs sèches. . -
- Tous ces moyens mécaniques devaient nécessairement abaisser le prix quelquefois exorbitant des couleurs. Celle baisse a dépassé toutes les espérances 5 elle est telle, que dés couleurs qui se vendaient 64 francs la livre sont livrées aujourd’hui au commerce par M. Lefranc pour 6 francs, sans avoir, et bien loin de là, perdu aucune de leurs bonne qualités.
- Les témoignages les plus flatteurs de l’industrie et des hommes de l’art prouvent que la bonne qualité des produits de MM. Lefranc ne le cède en rien à la modicité de leurs prix.
- Un fait le fera comprendre aisément d’ailleurs. Les couleurs de MM. Lefranc sont broyées à l’eau et séchées ensuite. La poudre qui résulte dp ce travail est si fine, qu’il' suffit de la délayer sur la palette avec de l'huile et le couteau à palette, pour obtenir en quelques instants une couleur d’un très-bon emploi, comparable à celle que produi-
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- rait pour les couleurs ordinaires un broyage à la molette longtemps prolongé.
- Il ne faudrait pas croire, du reste, que ce résultat soit obtenu facilement, et qu’il suffise de broyer les couleurs à l’eau, au moyen d’une meule ordinaire à broyer pour produire l’effet qui vient d’étre indiqué. L’expérience prouve, tout au contraire, qu’il faut, pour en arriver là, que les meules soient construites avec un spin extrême, qu’elles possèdent une forme, une courbure et un grain déterminés.
- Toutes les dispositions de l’usine dé MM. Lefranc indiquent des manufacturiers habiles, soigneux et hardis dans leurs conceptions. H en est une qui mérite d’être signalée ; car, ici, leur intelligence s’est appliquée à faire disparaître une cause d’insalubrité que les ateliers de broyage présentent presque tous. Il s’agissait, dans le broyage de la céruse, de mettre l’ouvrier à l’abri des poussières qui s’envolent au moment où il opère sa mise en pâte. Le danger cesse dés que la céruse est humectée d’huile. MM. Lefranc se servent, pour la mise en pâte, d’un pétrin mécanique. L’opération marche avec simplicité et sans précaution. La mise en pâte est très-prompte, et elle est parfaite.
- Les produits de MM. Lefranc frères réunissent, comme on voit, deux avantages importants: le bas prix, qui permet aux carrossiers et aux peintres en bâtiment d’employer leurs couleurs et la belle qualité qui en fait des matières recherchées par nos peintres d’histoire les plus éminents.
- Le jury leur décerne une médaille d’argent.
- M Milori, à Paris, rue de la Polerie-des-Arcis, 20.
- M, Milori possède une fabrique produisant pour
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- 800,000 francs de produits par an, qui se subdivisent comme suit : 50,000 fr. de carmin par. an* 80,000 fr, de bleu de Prusse, 50,000 fr.de vert de Schwcinfurt fabriqué à La vapeur, procédé qui présente l’avantage de ne pas incommoder autant les ouvriers que la méthode à feu nu. M. Milori prépare aussi un jaune-.de chrome, qai est estimé des fabricants de papiers peints; ce produit est d’une importance de 25 à 30,000 francs. Levert composé, que ce fabricant obtient par un tour de main qui lui est particulier, entre dans la consommation pour 80,000 fr. Toutes ces couleurs, et principalement les vertes, sont d’une bonne fabrication, si bien qu’elles ont, dans le commerce, une désignation spéciale qui rappelle leur origine.
- M. Milori, par son zèle, sa ténacité, la suite qu’il porte dans scs opérations, est parvenu, en peu d’années, à fonder un établissement très-important, dont les résultats ont paru au.jury central dignes de toute son.attention.
- Il décerne à cet habile manufacturier une médaille d’argent.
- Couleurs et vernis.
- MM. Soehnée frères, à Paris, rue Neuve-de-la—Fidélité, 22.
- Ces habiles et intéressants industriels ont exposé divers produits de leur invention, qui ont paru au jury central très-dignes de ses encouragements.
- Ils produisent de la gomme-laque blanchie avec un parfait succès, et pouvant servir, par suite, à former des vernis tout à fait incolores. Cette fabrication a été l’objet de nombreuses imitations.
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- Ils font en grand diverses laques de garance, parmi lesquelles figure une belle laque groseille dont le ton plein de finesse plaît beaucoup aux artistes. *
- Mais c’est surtout à litre de fabricants de vernis que MM. Sœhnée frères se recommandent. Leurs vernis pour relieurs s’exportent en quantité assez grande, et il s’en consomme beaucoup à Paris. Ces vernis de leur invention réunissent, au brillant que tout vernis doit posséder, une souplesse et une solidité qui en ont fait le succès.
- MM. Sœhnée frères ont imaginé un vernis d’une grande utilité et d’une composition très-particulière, qui permet de retoucher un tableau sans enlever son vernis.
- C’est à ces habiles artistes que l’on doit aussi la manière de préparer les couleurs pour la gouache, qui, au moyen d’un encollage que la couleur porte avec elle, permet de peindre à l’eau et de vernir ensuite, absolument comme si on avait peint à l’huile et avec le même résultat. Ce pro cédé, qui fait disparaître l’odeur de l’huile et tous ses autres inconvénients, a eu beaucoup de succès.
- MM. Sœhnée frères livrent d’ailleurs au commerce une grande variété de vernis bien préparés pour les métaux, les bois, etc.
- Le jury central leur décerne une médaille d'argent. M. Panier, à Paris, vieille rue du Temple,
- Cet habile manufacturier a obtenu, en 183i, une médaille de bronze, récompense juste et méritée de ses efforts. Depuis lors, scs ateliers se sont considérablement agrandis, et le nombre do ses produits s’est augmenté de plusieurs objets nouveaux.
- M. Panier s’occupe essentiellement du broyage des cou-
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- leurs à l’eau, qu’il livre au commerce en tablettes libres, en tablettes molles au miel, encaissées dans de petits godets en faïence > en disques, enfin en pâte pour la peinture à l’eau par le procédé de MM. Sœhuée.
- Le développement donné par M. Panier à sa fabrique est tel qu’il occupe maintenant 52 ouvriers, et qu’il livre au commerce.pour 150,000 francs de produits. 11 possède, d’ailleurs, un grand nombre de machines à broyer, tant à meules qu’à cylindre. •' ,
- Lcs# progrès faits par M. Panier en ce qui concerne la quantité de ses produits, le soin qu’il apporte à leur préparation, lui ont mérité, de la part du jury central, une médaille d’argent. —
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- % , "* r
- Couleurs.
- M. Ferrand, à Paris, rue Montgallet, 7.
- Il y a dans cet artiste une instruction que ne possèdent pas toujours les personnes qursc livrent à la fabrication ou à la manutention des couleurs. Aussi se jprésente-t-il à l’exposition avec des résultats très-intéressants, et une production à qui il ne manque qu’un peu plus de développement industriel.
- Ainsi M. Ferrand est en possession de fournir aux peintres une excellente et brillante couleur, le jaunedecad-mium, ainsi que ses dégradations, qui se livrent au commerce sous le nom de jaune de Naples brillant.
- Il a réussi à préparer de l’outremer en grand, par un procédé analogue à celui que-M. Robiquet a publié. La Société d’encouragement lui a accordé un prix de 2,000 f.,
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- à condition qu’il donnerait une* connaissance exacte de sa méthode de fabrication, qui pourra devenir utile un jour, bien qu’elle donne un outremer inferieur à celui dcM.Gui-met, qui a gardé son procédé secret.
- M. Ferrand s’occupe beaucoup de la préparation des couleurs de fer dites couleurs de mars.
- 11 livre au commerce de l’huile de pavot parfaitement décolorée. ~
- Le jury lui décerne une médaille de bronze*
- M Poinsot, à Paris, rue Saint-Martin,' y3.
- Les couleurs dc.M. Poinsot se délayent bien , sont d’un ton pur, vigoureux et brillant. La finesse de leur pâle et leur bon encollage les placent à un rang distingué parmi les couleurs à l’eau qu’on fabrique en France.
- M. Poinsot occupe 20 ouvriers, et livré au commerce pour i 20,000 francs de produits.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Langlois, successeur cle Chenal, à Paris, rue Planclie-Mibray, 6.
- Cet habile fabricant a exposé les couleurs pour l’aquarelle, la miniature, etc. Toutes se font remarquer par leur bonne préparation, la pureté et la vivacité de leurs tons; elles se délayent très-bien.
- Les sépias de M. Langlois sont très-faciles à délayer, et se recommandent par leur ton chaud et pur.
- Ses laques roses de garance sont fort belles.
- M. Langlois extrait, par des moyens particuliers, une matière colorante jaune de la gomme-gutte, qui, bien purgée de résine, offre des qualités précieuse» au dessinateur,
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- Le jury central décerne à M. Langlois une médaille de bronze.
- M. Binet, à Paris, impasse Saipt-Sabin, 8.
- A côté des fabricants qui mettent à profit les couleurs tirées du règne organique, et qui cherchent à conserver tout l’éclat qui leur appartient, sans trop s’arrêter à la question dé durée, M. Binet se fait remarquer comme s’attachant, au contraire, à produire des couleurs très-solides. C’est à ce litre qu’il offre aux peintres du vert de chrome, des jaunes d’antimoine et des jaunes de fer.
- Cet habile fabricant cherche à composer une palette bien complète eu couleurs .solides. Aujourd’hui c’est certainement uue chose possible.
- Son vert de chrôme émeraude est fort beau; son jaune de Naples est très-bien préparé.
- Le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- Couleurs lucidoniques.
- Madame veuve Houel, née Cosseron , à Paris, quai de FÉcoié, io.
- Madame Cosseron avait ôté mentionnée favorablement par le jury, en 1823, pour ses couleurs lucidoniques, qui, ne renfermant ni huiles, ni essences, sèchent eu vingt minutes sans odeur : elles sont toutes préparées en liqueur et servent à peindre les boiseries, carreaux, parquets^ on peut les appliquer sur les murs humides, les plâtres frais, les métaux. • .
- t - r
- Aujourd’hui, madame Houe!, sa fille, expose de nou»
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- veau les memes produits et fournit des documents propres à fixer l’opinion sur leurs qualités. MM. Vaudoyer et Le-bas, membres de l’Institut, déclarent en ayoir fait un fréquent emploi et leur avoir reconnu toutes les qualités énoncées par madame Houel ; elles sont solides, brillantes, sans odeur, elles sèchent vite et peuvent s’appliquer sur les murs à l’instant môme où les maçons les quittent.
- La question étant jugée par une expérience de plus de •vingt ans, le jury central décerne une médaille de bronze à madame Ilouel, née Cosscron.
- Vernis.
- M. Bignon, à Paris, rue des Gravilliers, 5/|.
- Il possède une fabrique considérable de vernis à l’alcool, de vernis gras et de gomme-laque blanchie.
- M. Bignon a trouvé moyen de séparer en grand la cire que la gomme-laque renferme.Le vernis ainsi préparé possède la propriété de former une couche parfaitement limpide, sans ces stries louches et comme graisseuses que laisse l’évaporation des vernis qui renferment delà gomme-laque.
- M. Bignon fabriqueen grande quantité et avec un grand succès commercial les vernis gras.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M . Léon, à Paris, rue de Crussol, a ,
- Fabrique toutes sortes de vernis, mais principalement ceux destinés pour la reliure, la gaînerie, la cravachure et les bois tournés et sculptés, et les instruments de marine. Il blanchit aussi trer-bien les gommes-laques. C’est un
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- fabricant qui mérite d’èlre distingué. Le jury lui accorde la médaille de bronze. -
- M. Maurin, à Paris, rue Saint-Honoré, 344*
- M. Maurin a trouvé le moyen de rendre toutes les peintures à l’huile unies comme une glace avant de les vernir, et cela, cependant, sans détruire aucun des tons de la peinture, et sans do.nncr une graude épaisseur au vernis. En sorte que scs peintures sont inaltérables au soleil, rie s’écaillent pas et peuvent être lavées comme du marbre.
- Ses peintures sont bien exécutées et la surface en est d’un poli parfait.
- M. Maurin a mis sa peinture en usage dans plusieurs belles boutiques de Paris, et partout elle a résisté parfaitement à l’ardeur du soleil. Le jury lui décerne une médaille de bronze. , r
- ! \ Cirages. , ^, ;
- ' ’ * ' ' ;
- MM. Jacquand père et fils, à Lyon (Rhône).
- MM. Jacquand père ctfds out cherché, avec une louable persévérance, une composition decirage pour la chaussure, qui, saris être acide, pût rendre le cuir d’un beau noir et lui donner le brillant convenable. La présence dés acides libres est une condition de destruction pour le cuir, mais tout en évitant d’éu mettre trop, MM. Jacquand n’ont jamais pu, malgré tous leurs efforts, s’en passer complètement. Leur cirage est toujours un peu acide.
- Ils vendent ce cirage dans des boîtes de sapin ; il est en pâte facile à délayer - il en faut très-peu pour produire l’effet recherché. 10 centimes de cirage par mois suffisent pour cirer une paire de souliers deux fois par jour. C’est là le résultat d’une expérience eu grand, car MM, Jacquand
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- fournissent le cirage consommé par cinquante-six régiments de notre armée, par la gendarmerie et par six régiments belges. La dépense s’élève, en général, à 6 centimes par mois et par homme.
- D’ailleurs ils obtiennent, dans le public, un succès incontesté, non-seulement à Lyon, mais à Paris où l’on consomme beaucoup de cirage de leur fabrication.
- MM. Jacquand occupent quatre-vingts ouvriers. Ils emploient une machine à vapeur pour lé broyage. Ils produisent 3,000 lulogr. de cirage par semaine. Celui-ci est livré au commerce dans des boites de sapin carrées fermant à coulisses et revêtues d’une feuille d’étain. 1 *
- Le meilleur indice du succès de ce cirage, c’est la promptitude avec laquelle les autres fabricants ont adopté ses insignes, c’est-à-dire la boîte de sapin et la feuille d’étain.
- Certes, do l’ancien cirage aux œufs et au noir de fumée aux cirages actuels à la brosse, il y a loin. Mais s’il est facile aujourd’hui de produire un cirage luisant, sans épais -seurel d’un beau noir, il n’est pas moins vrai que presque toujours les cirages à la brosse pèchent par un grand excès diacide. MM . Jacquand ont su éviter ce défaut autant qu’il peut l’être tant qu’on reste au fond dans le procédé actuel.
- Le service rendu par MM. Jacquand est réel. Il est d’autant plus senti qu’on envisage scs effets sur les parties les moins aisées de la population, sur celles pour qui il n?y a pas de petites économies et sur lesquelles il importe tant de favoriser les habitudes de propreté qui conduisent au respect de soi-même et qui annoncent, chez l'homme qui les observe) le sentiment de sa dignité.
- Le jury central décerne à MM. Jacquand une médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- Couleurs.
- M. Colcomb-Bourgeois , à Paris , rue Jean-Pain-Mollet, " 5
- À obtenu une mention honorable en 1819 et 1823, pour la bonne qualité de ses couleurs fines;lejury, reconnaissant qu’il en est de plus en plus digne, la lui accordé de nouveau. r, ‘
- M. DüïFOY,rtie du Plâtre-Saint-Jacques, 28.
- Il a exposé des couleurs à l’eau,, en tablettes.
- Cet artiste livre au commerce ses produits à un prix très-modéré, aussi obtient-il la préférence pour les couleurs ordinaires, qui, du reste, sortent de ses.ateliers én très-bon état de fabrication. '
- Il fait également des couleurs fines. " ’'
- MM. LoagchampSjJVIacle ët çie , à Paris, rue
- Saint-Denis, 217,, h,f Emploient dix-sept ouvriers et.prqduisent des couleursel crayons de bon ne qualité,. Leurs carmins en bâton sont très-bien préparés. :
- Ils fabriquent également bien., et en graud,,1e bleu de Prusse, et la sépia qu’ils fournissent à plusieurs de leurs confrères. . .
- Le jury leur accorde la mention honorable. , .
- Veuve Delaruelle et Ledansgurj, à Paris, rue du Petit-Thouars, 20.
- Cette fabrique se fait remarquer comme étant la première qui ait livré au commerce, il y a quelques années, des pastels fins et compactes, qui peuvent se tailler, tout en conservant le moelleux du pastel mou. T *
- Le jury lui accorde la mention honorable. a.\
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- Encre.
- M. Bezenger, à Paris, rue Saint-JacqneSj 22.
- L’cncrc exposée par M. Bezenger a été préparée au moyen du charbon très divisé et d’une dissolution alcaline, d’après la recette que j’en ai donnée dans le rapport sur les papiers de sûreté fait à l'Académie des sciences.
- M. Bezenger à fait subir quelques, modifications à sa composition pour la rendre plus économique.
- Son but principal n’a pas été de fournir une encre indélébile, mais bien de donner au commerce une encre qui fût en rapport avec les-plumes métalliques si généralement employées aujourd’hui. Tout le monde sait combien Pcncre ordinaire attaque ces sortes de plumes, et combien l’emploi simultané de ces deux produits est désagréable.
- Il n’en est plus ainsi avec l’encre alcaline, depuis fort longtemps je n’en emploie pas d’autre : toutes les personnes à qui j’en ai donné l’ont trouvée d’un usage très-commode 5 les plumes métalliques s’y conservent tellement bien, que la môme plume peut servir plusieurs mois sans altération.
- C’est donc une fabrication à encourager $ elle' vient compléter le changement que l’invention des plumes métalliques aura produit dans nos habitudes.
- C’est à ce titre que le jury décerne à M. Bezenger une mention honorable. ;
- l s
- Peinture.'
- MM. Tricotel et Ciiapuis, a Paris, rue Paradis-Poissonnière, 40.
- Ils ont soumis au jury central une peinture qu’ils pro-
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- duiscnt au moyen d’une liqueur qu’ils désignent sous le nom dhydrolèine. Celle peinture est sans odeur ; elle sèche très-rapidement;.de sorte qu’au bout d’une demi-heure on peut mettre une seconde couche sur la première. Elle s’applique également sur la pierre, le bois, le plâtre, le ciment romain. Elle prend bien sur la peinture,à l’huile ordinaire.
- Mais, parmi scs propriétés, il en est une qui mérite d’e-Irc remarquée, c’est la propriété de s’appliquer sur le zinc d’une manière si parfaite, qu’après. le ponçage il en. résulte une couche unie qui adhère si bien au métal, qu’on peut le courber, le ployer de toutes les façons, sans qu’il apparaisse la moindre gerçure. La couche, vue à la loupe, apparaît intacte. Les feuilles de zinc, ainsi préparées, remplaceront, pour beaucoup d’occasions , les toiles dont les peintres font usage; Elles pourront recevoir, en outre, d’autres applications faciles à prévoir.
- Le jury décerne à l’auteur une mention honorable.
- Peinture sur pierre, plâtre, etc.
- M. d’AubigjS'Yj-à Paris, rue des Rosiers, 7.
- Tout le monde connaît le procédé simple et sûr à l’aide duquel MM. Thénard et d’Arcetsont parvenus à préparer la coupole du Panthéon, lorsque Gros fut chargé de la couvrir de la belle composition dont il s’agissait d’assurer la durée. On sait qu’après avoir chauffé la pierre MM. Thénard et d’Àrccl la faisaient enduire d’une composition chaude de cire et d'huile cuite capable de se solidifier à froid’. - ; -
- T. 11.
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- Ce procédé n’est malheureusement pas d’un emploi aussi certain sur le plâtre que sur la pierre. Il arrive souvent qu'après quelque temps les parties du plâtre où a pénétré l’enduit se détachent des autres et tombent.
- M. d’Aubiguy a cherché un moyen propre à atteindre le même résultat et exempt de cet inconvénient; il paraît avoir réussi à le découvrir.
- Son procédé est ingénieux; il s’applique à tout, même au plâtre frais. La préparation exige deux couches données à froid : la première d’huile siccative, la seconde d’un mélange d’huile, de lituârge et de sable siliceux; ce qui revient à une couche de peinture au mastic de Dilh.
- M. d’Aubiguy a préparé ainsi les statues de la fontaine du Temple; la façade de la maison rue Saint-Louis, n° 15, aux Baligholles ; la maison de M. Delancâu, architecte à Belleville; divers objets, rue des Rosiers, n° 7, à Paris; d’autres objets chez M. Héricart de Thur.y, etc.
- On a vu avec intérêt, à l’exposition, une vierge peinte à l’huile sur plâtre frais préparé par son moyen. Le jury lui accorde une mention honorable.
- Encre d’imprimerie.
- > ___*
- MM. François et Arnal, à la Glacière (Seine).
- A mesure que les procédés d’impression sont devenus plus rapides, plus économiques, la surveillance des travaux d’une imprimerie à dû se concentrer tout entière sur le mouvement habituel de la composition et du tirage. Nos imprimeurs actuels ont dû renoncer à faire leur encre
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- eux-mêmes, et cependant à combien d’inconvénients n’est-on pas exposé par l’emploi d’une mauvaise encré d’imprimerie, qui sèche lentement et mal, qui macule, qui exhale une odeur désagréable, etc. ?
- Si les imprimeurs de Paris veulent y attacher quelque importance, s’ils veulent mettre à l’épreuve les diverses encres qu’on leur propose, ils auront bientôt assuré la fabrication d’une encre d’imprimerie parfaitement bonne.
- Ett attendant, il fàut cncôttragèr MM. François et Ar-tial > qui s’occupent dé cette préparation , qui emploient cinq ouvriers et font pour 35,000 francs dé produits par an. Dans,leurs ateliers, ils ont fait quelques dispositions pour condenser ou détruire toute la fumée. Ils méritent la mention honorable que lé jury leur décerne.
- Vernis.
- M. Debourges, à Paris, rue de Fieurus, 10.
- Il fabrique des vernis de Spà de bôtt'né qualité qui lui méritent la mention honorable.
- M. Pitat, à Valenciennes.
- Il a exposé des vernis et surtout des vcrnis-copals, dont il fabrique 12 à 1500 litres par an.
- M. Dubellet, et cie, à Paris, rue Fontaine-Saint-George, 9.
- Il a exposé un vernis possédant les propriétés de l’encaustique, sans en avoir l’odeur j ses bonnes qualités le
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- rendent d’un bon us ego. pour la, propreté des meubles. Le jury accorde à ces MM. la mention honorable.
- Cirages.
- M. Montfort, à Paris, rue de PÜ niversité.
- lia une fabrique assez considérable de cirage, principalement pour les harnais ; ce dernier surtout est apprécié des consommateurs; c’est à ce titre que le jüry accorde à M. Montfort la mention honorable. ,
- M. Pihan, à Paris,
- rue Saint-Honoré, ii8..
- Il fabrique principalement des cirages pour harnais d’une bonne qualité et qui résistent bien,à l’eau.
- Le jury accorde à M. Pihan la mention honorable.
- M. Fromont, à Paris, rue Marbœuf, 27. ,
- 11 expose des cirages pour harnais, de bonne qualité, et qui lui yalcnl ia mention honorable. ;
- CITATIONS FAVORABLES.
- «
- Couleurs.
- MM. Moisdher et le Capitaine, il Paris, rue Jean-Pain-Mollel, 24? ; - u
- Fabriquent des couleurs d’une bonne qualité..,
- Le jury leur accorde la mention honorable. s
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- M. Baube, à Paris, me (le la Tixérantlerie,
- 2.5. .. .. '
- ... ,Sous le litre dccouleurs anosmiques, M. Baube présente des couleurs fort analogues à celles, que madame.Cosseron désigne sous le nom de couleurs luçidoniques. ,Du reste, c'est un genre d’industrie qui peut se développer assez pour donner place à plus d’un fabricant.
- M. Baube a déjà ôté cité favorablement en 1834.
- Le jurj lui confirme cette citation.
- M. Dobin , à ,Paris, rue Grenier-Saint-? Lazare, 27, • , .,.. ..:-
- Fabrique, aumojen du carthame, du rouge de diverses qualités.
- M. Jouve, à Paris, rue Neuve^Samson
- S’occupe de la même industrie.
- M.«Prevel, au Petit-Chaïonne (Seine),
- /
- Fabrique, au Petil-Charonne, du vermillon dit vermillon français.
- M. GAUTHiF.n, à Paris, rue delà Roquelte,
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- A exposé du jaune de Naples, d’un prix très-modéré. Ces quatre fabricants reçoivent la citation favorable.
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- Peinture.
- Cronan (Germain), à Brest (Finistère),
- _ V
- Fabrique une peinture ou vernis, inodore dès le jour de son emploi, qui produit; appliqué, un bel effet.
- Le jury lui accorde la citation. , ;
- Pian et c1?, Rive-de-Gier;(Loire), ; Pigeàult, à Paris.
- Guttton, à Paris. ‘ , r
- Ils exposent des cirages de bonne qualité et méritent d’êtres cité favorablement. ' . 1
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- SECTION III.
- ECLAIRAGE.
- M. Payen, rapporteur.
- Considérations générales,'
- En le considérant dans scs rapports avec la chimie, on peut dire que l’éclairage a reçu de celte science les plus utiles secours, et lui doit ses plus remarquables progrès.
- La découverte de notre compatriote Lebon fut l’ori-
- 1 - - l; *' y-
- gine de l’industrie contemporaine, et des immenses progrès du gaz-light, dont nous indiquerons plus loin quelques curieuses innovations.
- Les huiles de graines, épurées à l’aide d’un agent chimique indiqué par M. Thénard, se sont aussitôt prêtées, en raison de leur fluidité plus grande et de leur composition plus homogène, à toutes les ingénieuses combinaisons de nos plus habiles mécaniciens et décorateurs. s
- Alors, (oin d’avoir rien à envier, soit aux lampes antiques , soit au facile éclairage que donnent les huiles d’olives, le nord put offrir, dans les produits oléagineux plus abondants de son agriculture, une substance capable de développer une belle et constante lumière.
- L’éclairage de luxe trouva, dans les résultats de l’épuira-tion mécanique et chimique du blanc de baleine , une substance blanche, translucide cl nacrée, dont s’empara l’industrie pour nous offrir le plus beau des produits de ce
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- genre, la bougie diaphanenous examinerons bientôt les causes de la décadence de cette dernière fabrication, les motifs d’utilité publique qui font désirer qu’elle revive, et les moyens d’arriver à ce résultat.
- L’ancienne bougie de cire, dont la lumière blanche et pure n’avait point encore eu de rivale, ne fut point éclipsée dans tous les cercles élégants par le produit nouveau, car le cours plus élevé de celui-ci compensait assez ses avantages pour permettre la concurrence.
- Mais alors une des plus grandes séries de recherches et de découvertes chimiques, dont la science doive transmettre le souvenir, préparait dans le silence du laboratoire le coup le plus inattendu et le plus redoutable, cependant, à tous les systèmes d'éclairage direct par les substances employées à l’état solide.
- On apprit, en effet, que le suif pouvait être divisé en plusieurs substances, les unes solides, cristallisables,• les autres lluides à la température ordinaire : on parvint à éliminer économiquement ces dernières, et à transformer les autres en véritables bougies douées des principales propriétés qui conviennent aux éclairages de luxe.
- S’appuyant sur les indications précises de la science, des manufacturiers habiles parvinrent à fonder une industrie nouvelle; trop récente en 1834 pour être définitivement jugée, ses progrès constants, depuis lors, ont assuré son existence et ses développements, en mettant la belle et agréable lumière qu’elle procure à la portée des fortunes moyennes.
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- de ivi-iLLY, me Roeiieciioaarî, 4°*
- MM. de Milly et. Motard avaient créé .les principaux
- procédés de la fabrication des acides gras : la saponification
- en grand, la décomposition du savon calcaire par l’acide
- sulfurique, les systèmes d’épuration, de cristallisation, de.
- pression à froid et à chaud, de clarification^ de coulage
- en moules et de lustrage ; ils avaient, én outre, réuni les
- autres conditions de succès, -notamment le tressatre des . , ... * ° mèches et l’apprêt utile à leur combustion intégrale.
- Signalés d’abord l’attention publique par un rapport de la Société d’encouragement, qui propagea la renommée de la bougie de l’Etoile, ils reçurent du jury central en 1834 une médaille d’argent.
- Depuis celte époque jusqu’à ce jour, M; de Milly perfectionna ses procédés d’une manière notable et les rendit plus économiques.; ' ‘ •
- Les premiers établissements rivaux, dont la concurrence hâta l’abaissement des prix/ .avaient trouvé/ dans les ouvriers formés par M. de Milly et dans son exemple, tous leurs moyens de fabrication. Aujourd’hui l’importance de l’usine en question est doublée : scs générateurs, machines à vapeur et presses hydrauliques, peuvent suf-, tire à la préparation de 2,000 kilogrammes dé bougie, par jour, à confectionner 750 et bientôt 1,500 kilogrammes de savon ; une ingénieuse disposition nouvelle a permis de supprimer la dépensé, ainsi que l’action du couteaii mécanique. ’ , *
- Un seul feusuffità toutes les opérations, qui s’enchaînent méthodiquement.
- - : ^ .v - , .. * ' . v. s < " ‘ ' > >t ; ' , ‘ ? • *
- . En résumé, M. de Milly, l’un des fondateurs de la belle
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- industrie des bougies stéariques et de ses principaux per| fectionnements, se trouve encore à la tête de l’établissement le pjus considérable en ce genre; il en a construit un semblable à Marseille, afin d’ouvrir, sur les deux principaux points de la fabrication et de la vente des savons, un double débouché aux acides gras fluides, sorte de ré: sidu abondant de la fabrication des acides solides ; de ses ateliers sont sortis les fondateurs des usines semblables, qui se sont multipliées non-seulement en France, mais encore à l’étranger.
- Pour celte application, toute française, d’une découverte dont le monde savant reconnaît parmi nous l’auteur, M. Chevrcul, le jury décerne à M. de Milly une médaille d’or. -
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- Depuis 1834, des rivaux habiles, comprenant l’avenir de la fabrication nouvelle, y consacrèrent leurs soins et leurs capitaux; une aussi active concurrence devait amener de notables améliorations dans les procédés , la baisse du prix des produits, une augmentation considérable dans la consommation en même temps que la hausse des matières premières.
- En effet-, à l’époque du premier rapport sur la bougie de l’Étoile, on consommait annuellement chez nous 16,000 kilogrammes de ce produit, dont le prix était de 4 fr. 50 c. le kilogramme, le cours du suif étant, en moyenne, de 120 fr. Quelques années plus tard, la fabrication deM. de Milly atteignit 60,000 kilogrammes.
- Aujourd’hui nos fabriques livrent annuellement au commerce près d’un million de kilos d’acide stéarique, au
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- prix de 2 fr. 5Q c. le kilo, ou 3 fr. 20 e. la bougie, et le cours du suif s’est parfois élevé jusqu’à 170 fr.
- Pour parvenir à classer, par ordre démérité, les concurrents en ce genre, il nous a fallu examiner très-attenti-yemcr.l l’aspect cl la qualité des produits exposés et mis
- dans le commerce ; attachant une grande importance aux propriétés qui caractérisent les produits les plus purs : sécheresse, blancheur durable, odeur très-légère, dureté, flamme brillante, lumineuse et constante; il a fallu, en
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- outre, comparer les procédés de fabrication, vérifier les améliorations dues à chacun, apprécier les résultats des dispositions générales, de l’importance de la fabrique, etc.
- Nous nous empressons de,le déclarer ici, notre mission était d’autant plus difficile que tous les manufacturiers qui rivalisent d’efforts dans cette bonne direction étaient
- plus ou moins dignes de nos éloges. Voici l’ordre qui nous a paru ressortir évidemment de ces investigations labo-, rieuses. Nous nous occuperons d’abord des exposants qui préparent des acides gras et les convertissent en bougies; nous parjerons ensuite de ceux qui se livrent seulement à l’extraction des acides et à leur raffinage.
- M. Paillasson, rue clés Trois-Bornes, i^, à Paris.
- ‘ BOUGIE ROYALE.
- * ' ' ' . * - * , .
- L’usine fondée par M. Paillasson offre les plus méthodiques dispositions générales que nous ayons rencontrées : une machine à moyenne pression, de la force de six cher vaux, utilise au chauffage sa vapeur expulsée; la saponification successive s’accomplit, avec autan t de promptitude que possible, en proportions bien définies; la gradation des appareils de décomposition, de lavages, d’épuration, etc.,
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- simplifie beaucoup les manipulations et entretient une propreté remarquable dans les divers ateliers.
- Une presse à chaud, de fort ingénieuse invention, facilite le travail et réduit la main-d’œuvre : seule entre toutes, elle permet d’opérer le chargement, le chauffage et le déchargement, sans enlever lés plaques de la bâche ; on s’occupe, dans celle'fabrique., de constater les effets delà tôle galvanisée comparativement avec ceux de pièces semblables.en fonte de fer employées à nu. Les quantités de bougies fabriquées en saisons favorables sont de 500 kilog. et pourraient aisément être élevées à 1000 kilog. par jour; les produits de celte fabrique tiennent le premier rang sous le rapport de l'aspect et de la blancheur.
- Le jury accorde à M. Paillasson une médaille d’argent.
- » * f t
- MM. Tresca. et Ebolt, manufacturiers à
- Paris; rue Thévenotj 42,
- 'i
- bougies de l’éclipse.
- Trcsca et Éboli ont cherché avec un zèle éclairé les moyens d’améliorer leur industrie; ils sont parvenus à plusieurs résultats importants et nouveaux.
- Tirant tout le parti possible des dispositions premières prises dans un emplacement restreint, ils fabriquent environ 350 kilog. de bougies par jour. ?
- Dans leur usine, le savon calcaire est décomposé dans la cuve à saponification, ce qui économise le prix coûtant de l’un des principaux vases, le temps, la main-d’œuvre et le combustible pour pulvériser, tamiser et réchauffer le savon; les substitutions du lait aux œufs pour la clarification et de, l’ammoniaque à l’alcool pour le lustrage réalisent d’autres économies. L'emploi judicieux qu’ils ont
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- fuit des couleurs complémentaires leur permet d’obtenir la nuance voulue du blanc légèrement azuré, niais un peu moins translucide; enfin un chauffage plus prompt, suivi d’un plus rapide refroidissement, économise la moitié des moules et permet de supprimer l’emploi de la cire.
- Ces perfectionnements notables rendent MM. Tresca et Éboli dignes de la médaille d’argent qui leur est décernée.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Duriez, contre-maître dans la fabrique de MM. Gallet et Bigot.
- Bien que la seule description- des analyses de M. Clic-vrcul suffise pour démontrer que les corps gras réagissent sur les bases sans autre pression que celle de l’atmosphère, on sait que les premiers fabricants de bougies stéariques crurent devoir traiter les suifs en vases clos. Ce fut donc un véritable perfectionnement que la substitution d’un vase ouvert et en bois à la chaudière autoclave en tôle forte. Après bien des recherches, nous avons acquis la certitude que cette innovation, imitée depuis par tous les manufacturiers, est duc à M. Duriez, actuellement contremaître de la fabrique de MM. Gallet et Bigot ; le jury récompense ses utiles travaux en lui décernant une médaille de bronze.
- FABRIQUE d’acide STEARIQUE ET SAVONNERIE DE LA
- ' PETITE-VILLETTE.
- Roule d’Allemagne, n° 110, barrière de Pantin.
- MM. H. Pilay cl compagnie se livrent «à la fabrication des acides stéariques en tourteaux et raffinés; ils en ont
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- déjà livré -100,000 kilos de belle qualité au commerce, qu’ils ont préparés dans leur savonnerie de la Pelile-Yil-lelte. Dans celle-ci, on remarque ; au milieu d’un emplacement considérable, des dispositions assez bien prisés pour le chauffage à la vapeur, des réservoirs construits en maçonnerie solide pour les huiles et les lessives, des fours à soude et des bâtiments disposés pour la fabrication de l’a^ eide sulfurique et la décomposition du sel.
- Ces opérations n’étant point enc'orc toutes en activité, on ne peut porter un jugement définitif sur rétablissement; cependant, pour l’ensemble des produits stéariques et dés savons de bonne qualité, le jury accorde à M. Pitay une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. Gallet et Bigot, avenue de Breteuilj 44 5 Bucaille , à Dugny ; Boissèt et Gaillard, à Charonnej et Bojôamy de Connincr et clc, à Nantes.
- Parmi les fabricants dont les produits de bonne qualité ont contribué au succès commercial dès bougies stéanqués, MM. Gallet et Bigot, qui préparent la bougie du phénix, M. Bucaille, propriétaire de la fabrique de bougie stéarique dite du globe et de la bougie diaphane de Dugny, MM. Boisset et Gaillard de Charonne, qui fabriquent la bougie stéarique de la Comète et ont imaginé une ingénieuse disposition pour accélérer le coulage en moules, enfin MM. Bonnamy de Conninck et compagnie, à Nantes, qui préparent de la bougie stéarique et convertissent l’acide
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- oléique en savon , méritent bien les mentions honorables que le jury leur décerne.
- CITATIONS FAVORABLES.
- IVJ. Régmer, quai de Jemmapes, à Paris
- (bougies du Phare), dépôt, rüëChapon, 3;
- > •
- La manufacture de M. Régnier doit être citée pour la beauté et la régularité de ses produits.
- ACIDE STÉARIQUE PREPARE POUR LES FABRICANTS DE BOUGIES.
- n\ î AV 1 .
- lacretaz, rue Croix-de-Niveit, iB, à Yaugirard.
- Au premier rang des exposants manufacturiers en ce genre, la voix publique, d’accord avec celle des fabricants eiperts, place M. Delacrétaz. Les produits, tourteaux blancs et acides clarifiés en pains, qu’ii livre au commerce, Sont effectivement d’une blancheur et d’une qualité irréprochables, suivant nos essais.
- La fabriqué de M. Delacrétaz, fondée à Vaugirard, offre, dans son enseîhble cl dans ses détails, d’ingénieuses et utiles dispositions.
- Nous y avons remarqué particuliérement son mode d’extraction des acides solides entraînés par l’acide oléique, les résultats de ses essais de saponification, le procédé pour retirer des eaux acides les dernières traces de substances grasses qu’elles charrient en s’écoulant.
- Dans la même usine se trouve établie la préparation de l’acidesulfuriquea l’aide des appareils les meilleurs:, et que l’on doit à l’invention de M. Holker.
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- Celle circonstance permettant à M. Delacrélaz d’appliquer aux opérations stéariques, sans frais spéciaux de concentration , l’acide sulfurique de ses chambres, montre l’avantage de sa position spéciale ; elle explique aussi pourquoi nous nous abstenons de faire, en faveur de ce très-habile manufacturier, une proposition qüi ferait double emploi avec celle comprise dans un rapport plus complet d’un de nos collègues sur l’ensemble des industries fondées par M. Delacrétaz, tant au Havre qu’auprès de Paris. (Voyez page 389.)
- CHANDELLES.
- Peu de perfectionnements notablosontcté apportés dans la fabrication des chandelles-, peut-être le plus grand service à rendre aux consommateurs consistera-t-il un jour à supprimer cet emploi des matières grasses brutes.
- Alors il restera toujours à encourager les procédés de fontedu suif, qui rendent cette opération plus productive, moins insalubre cl moins incommode -, à cette occasion, nous devons citer les ingénieuses dispositions, pour Ja condensation des vapeurs, qu’avait prises un fondeur de Nantes, dont l’exemple mérite d’être cité. Quant à l’application de l’acide sulfurique pour la dissolution des membranes, on sait qu’elle est due à M. d’Arcel.
- MENTION HONORABLE.
- M. Taulet, à Paris, abattoir Montmartre.
- Ses constants efforts pour obtenir dans un seul appareil les deux conditions utiles, ci-dessus, le rendent digne de la mention honorable que le jury lui accorde.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Danrès, d’Avignon, et M. Goinard, de Rennes.
- Il a donné des détails utiles sur les conditions principales à remplir pour accélérer l’extraction de la matière grasse : il dégage cette matière en écrasant à chaudjle tissu adipeux entre deux cylindres.
- Quant aux produits moulés en chandelles, nous n’avons pu y découvrir de véritables améliorations, de ces améliorations telles qu’elles pussent donner un nouvel essor à cet incommode éclairage. On doit citer cependant, pour leur bonne fabrication par les moyens connus, M. Goinard aîné, de Rennes (Ille-et-Vilaine). Sa chandelle occupe le premier rang pour la blancheur, mais elle manque de sécheresse. Nous rappelons la citation favorable qu’il a obtenue en 1834.
- MM. François Acquier et c,u, à Rodez (Aveyron). '
- Les chandelles de MM. François Acquier et compagnie sont dignes d’une citation, parce qu’elles présentent toute la sécheresse et la dureté qu’il soit possible de conserver au suif.
- BOUGIES-CHANDELLES.
- «1
- La fabrication de ces produits intermédiaires entre les chandelles et les bougies, introduite dans plusieurs établissements, ne pourra probablement acquérir d’importance qu’autant que les consommateurs, trouvant dans les bougies-chandelles les principales qualités des véritables T. il. 31
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- bougies à un prix moindre, leur accorderaient la préférence. De tels résultats sont loin d’être obtenus, d’être entrevus même, et d’ailleurs l’industrie eu question est trop peü avancée pour que le jury émette une opinion définitive à son égard.
- BLANC DE BALEINE OU SPERMA-CÉTI.
- Le blanc de baleine contenu dans le tissu adipeux enveloppant la matière cérébrale du cachalot était connu des anciens, qui l’admettaient dans leurs préparations médicinales^ mais l’extraction en grand de ce beau produit et sa transformation en bougies diaphanes sont des industries contemporaines.
- Ces applications donnèrent, il y a soixante ans, une grande impulsion à la pêche américaine du cachalot -, une flotte de trois cents voiles> d’un tonnage de qualrq vingt mille tonneaux,y fut employée -, les Anglais y consacrèrent, depuis quarante ans, des établissements considérables ; favorisée par une prime énorme de 4,000 fr. pour chaque navire, la pêche de leurs quatre-vingt-quinze baleiniers atteignit le tonnage de trente mille tonneaux, dont la valeur fut quadruplé de celle produite par les huiles des baleines franches.
- La valeur des cargaisons d’huile de cachalot s’est élevée à 16 millions de francs, en Angleterre, et à 30 millions aux Etats-Unis.
- •c
- Si d’ailleurs on se figure quels hommes de mer se peuvent former par une navigation de deux ou trois années dans l’archipel indien, dans les mers orageuses du Japon , OÙ comprendra de quelle immense utilité seraient des établissements semblables pour notre marine. En 1825, l’u-
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- sine fondée par M. Lajonkairc porta l’épura lion d.e la substance cristalline et sa conversion en bougies dç luxe» bien au delà des produits américains, plus loin inême que les résultats de la fabrication anglaise j et cependant 'tous n’avons pas aujourd’hui un seul navire destiné à celle grande navigaliou, qui ouvre des voies nouvelles au.commerce de l’Angleterre parmi les peuplades de l’Océanie!
- MENTIONS HONORABLES.
- M. BucaillEj à Dugny, près du Bourget.
- M. Tiiesça de Paris, rue des Trois-Bornes,
- Ils ont présçulé des bougies diaphanes de très-belle qualité j ils fournissent seuls à la consommation de Paris, qui. ne s’élève pas au delà de 15,000 kilos par an. M. Bu-caille, dans sa fabrique dç Dugny, et M. Tresca, dans l’usine qu il dirige en commun avec M. Ebold, préparent, en outre,de l’acide et des bougies stçariques, (Y. page476.). , Le jury leur décerne à chacun une mention honorable pour la bonne fabrication de leurs bougies diaphanes,
- Éclairage au gaz.
- Cette découverte de la chimie moderne, due à Lebon notre compatriote, reçut, en Angleterre, ses véritables applications utiles et la sanction de l’expérience : Murdoch la mit en pratique le premier, et Çlcgg améliora les appareils.
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- Aux matières premières indiquées par Lebon, un Anglais, M. Taylor, ajouta les huiles fixes et d’autres tiorps gras, puis la construction d’appareils spéciaux.
- Depuis l’emploi de la résine par M. Chaussenot aîné, de l’huile de résine et des huiles pyrogénées des substances
- animales par M. Bérard èl l’un de nous, les huiles obtenues des schistes et décomposées à l’aide de moyens particuliers constituèrent des innovations importantes.
- La lumière fournie par le gaz-light, à Londres, est maintenant égalé à ccllede 240,000 lampes d’Argand -, elle se montre, en Angleterre, jusque sur les grandes routes. A Paris, son importance, depuis 1834, est tripléej un capital de 18,000,000 dans sept usines s’applique à alimenter 36,700 becs équivalant à 72,000 quinquets (1). Cette production doublera encore par l’adoption du meme système dans l’éclairage public de la ville. Chacun sait que les progrès de l’éclairage au gaz s’étendent de plus en plus dans les principales ville de France et d’Angleterre.
- Son apparition dans ces deux pays parut un signal de détresse, uuc cause de ruine pour tous les autres procédés d’éclairage -, mais, chose remarquable, aucune consommation ne fut troublée par lui.
- Comment donc s’était-il fait place? C’est que de proche en proche il y eut une sorte de concurrence entre les con-
- (l) Compagnie royale............ 13,500 becs.
- Compagnie française. . . / 12,000 , Compagnie parisienne. . . 3,000
- Compagnie Lacarricre. . . 4,000
- Gaz portatif............... 2,000
- Compagnie européenne.. . 250
- Total............... 30,750
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- sommatcurs pour obtenir celte facile lumière, dont l’éclat, par opposition, obscurcissait les lieux mal éclairés ; qu’ainsi le bon marché augmenta la consommation, et que, partout , l’industrie et le comfort y gagnèreut.
- La commission des arts chimiques n’a rien adiré de nos grandes usines h gaz courant, qui emploient la houille, parce qu’elles n’ont pas exposé ; nous ne parlerons donc ni des différents moyens d’épuration imaginés chez nous, si dignes d’intérêt pourtant, et d’une plus sérieuse attention, ni des dispositions qui accrurent la quantité de lumière fournie par les becs : quant aux formes variées de ceux-ci, aux perfectionnements dans les tubes des conduites, aux effets de décors que les uns et les autres fournissent, ils sont du domaine des rapporteurs, nos collègues, de la commission des beaux-arts.
- MEDAILLE DE BRONZE.
- M. Mathieu, gérant de la compagnie européenne d’éclairage par la résine, chaussée du Maine, près de Paris.
- Cette compagnie extrait directement le gaz-light de la décomposition de la résine dans des appareils analogues à ceux construits antérieurement par M. Chaussenol aîné; elle y ajoute le traitement des résidus, qui, chez elle s’élèvent à 0,25 et dont elle obtient un goudron et une huile essentielle: celle-ci, complètement décolorée par un moyen dû à M. d’Arcet, est désignée sous le nom de vive essence; ses applications pour remplacer tout ou partie de l'essence
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- de térébenthine dans certaines peintures et vernis, avec une économie de 10 à 15 pour 100, n’ont pas encore reçu la sanction d’une assez longue expériencct
- Quatre usines montées par M. Mathieu et compagnie alimentent :
- À Marseille 3,000 becs.
- A Orléans 1,500
- À Calais . 1,500
- Au Petit-Montrouge, près Paris. ' 700
- Une cinquième, en construction à •
- Toulon, doit alimenter. . 2,500
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- Ces exposants livrent leur gaz-light au prix de 3 c. le pied cube ou 6 c. par heure d’éclairage pour chaque bée.
- Le jury vole, pour l’ensemble des produits de M. Mathieu, une médaille de bronze, lui réservant des droits à une récompense plus élevée pour l’époque où ces applications nouvelles auront acquis une extension grande et définitivement assise.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Selligue, à Paris, faubourg Saint-Martin, 126.
- Nous signalerons ici, cri première ligne, à l’attention publique une des plus curieuses innovations faites dans l’éclairage au gaz.
- Un ingénieux manufacturier, auquel sont dues les dispositions de presses continues, dont plus de quatre-vingts son t en activité, un microscope, qui porte son nom, un
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- appareil à fabriquer les eaux gazeuses par la seule compression d’une action chimique, une machine à boucher les bouteilles, des joints flexibles appliqués .aux conduites en poteries pour le gaz et les eaux. M. Selliguc, a créé,; depuis 1834', une autre industrie tout entière. .•••
- Il a donné ainsi une valeur à des matériaux,enfouis, qui semblaient inutiles} trois usines montées par lui four?-nissent 2000 kilog. par jour d’huile de schiste, dont les concessionnaires de ses brevets obtiennent économiquement un gaz lumineux et pur.
- On lui doit la construction fort remarquable de fourneaux à distiller; les procédés économiques pour extraire une huile des schistes.
- Il a découvert les moyens de convertir en gaz des huiles essentielles ou goudronneuses dont les procédés usuels laissaient déposer une grande partie du carbone.
- Ainsi ses appareils gazéifient plusieurs huiles jusqu’alors impropres à l’éclairage.
- M. Selliguc, avec la ténacité qui distingue son talent, est parvenu à résoudre plusieurs autres problèmes.
- Il a su tirer, des produits fractionnés de la distillation de scs huiles brutes, une huile siccative, une huile appli-
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- cable à des lampes spéciales, un résidu bitumineux, une substance lubrifiante, enfin un principe à peine connu dans nos laboratoires, kuparafine; il l’a moulée sous la forme de bougies qui développent une lumière blanche(l).
- Ces produits d’une analyse manufacturière ne sont pas
- (i) M. Selligue a mis, dans les salles de l’exposition, i° Plusieurs échantillons des schistes qu’il exploite à Saint-Léger-*
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- encore définitivement acquis aux applications stables, en concurrence avec leurs analogues dans l'industrie.
- Devant faire porter scs décisions sur les produits exposés, principalement et tout en réservant à l’auteur ses droits aux premières récompenses pour l'ensemble de ses nombreux et remarquables travaux, le jury décerne à M. Selligue une mention honorable.
- M. Breuzun, à Paris, rue du Bac, i3.
- NOUVEAU MODE ü’ÉCLAlRAGE A I,’aLCOOL.
- On sait que l’alcool plus ou moins hydraté ou pur ne donne, en brûlant, qu’une lueur bleuâtre, tandis qu’après l’addition d’une huile essentielle le liquide peut développer une belle lumière ; c’est qu’alors une suffisante quantité de particules charbonneuses brillent à la fois, incan-
- Igornay, et Surmoulins, dans les cantons d’Épinal et d’Autun ( Saône-et-Loire ) ; '
- 2° Les plans de son usine de Saiut-Léger-du-Bois ;
- 3° Un échantillon de l’huile ou bitume liquide de premier jet, vendu de IG à 30 fr. les 100 kil., pour le gaz;
- 4° Un produit de consistance butyreuse pour le graissage des machines ;
- 6° Une~substance oléiforme propre à l’éclairage direct ;
- 6° Un goudron ou lirai gras souple, applicable aux travaux en mastic de bitume ;
- 7° L’huile volatile extraite des mêmes matières, applicable dans les vernis et peintures brunes ;
- 8° De [la parafine cristallisée, la même épurée en cristaux blancs, h 2 fr. le kilo, dès bougies de parafine avec 0,3 d’acide stéarique,
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- descentes, dans la flamme. Celle addition, appliquée d’abord en Amérique, n’aura de succès assuré qu’autant que l’on sera parvenu'à rendre la combustion bien régulière et facile ; elle pourrait avoir de l’importance pour l’agriculture et l’industrie de plusieurs localités,en accroissant les débouchés des produits de nos bois résineux et des abondants alcools de diverses origines (1).
- Afin d’atteindre ce but, M. Breuzin, dont les ustensiles d’éclairage sont bien connus et seront jugés ailleurs (voyez page 301), construit une lampe dont les effets sont déjà très-remarquables.
- Dans cette lampe, le mélange alcoolique, commençant à se vaporiser par un chauffage extérieur de quelques minutes, continue à fournir aux trous du bec des courants continus de vapeur qui développent plusieurs flammes très-lumineuses, analogues à la belle lumière du gaz-light d’huile.
- L’état de vapeur du mélange qui alimente la combustion explique comment on peut, sans répandre le liquide et sans éteindre le bec, incliner la lampe sous plusieurs angles.
- Peut-être conviendrait-il de rechercher une huile moins coûteuse que l’essence de térébenthine.
- Quoi qu’il en soit, l’usage, continué pendant un certain temps, de ce nouveau procédé, permettra de le bien apprécier, et il pourrait alors donner à son auteur des droits à l’une des premières récompenses : c’est donc surtout pour donner une date à cette conception ingénieuse de M. Breuzin que le jury lui vote aujourd’hui une mention honorable.
- (i) De marcs, de vins, de fécules, de mélasses, de grains, etc., etc*
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- NON-EXPOSANTS.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M Péligot, professeur cle chimie à l’école centrale et répétiteur à l’école polytechnique, et M. Alcan, ingénieur, à Elheuf, ancien élève cle l’école centrale.
- En remplaçant l’huile d’olive dans la préparation des laines par l’acide olôiquc, puis opérant le dégraissage par le carbonate de soude et supprimant enfin l’emploi de l’argile, MM. Péligot et'Alcan ont introduit des économies notables dans la fabrication des draps, comme dans le travail des fi|s de laine, le dégraissage des fils et tissus obtenus jusqu’à ce jour par une dispendieuse action mécanique, et les ont transformés en une des réactions chimiques les plus simples, avec une économie qui dépasse 50 pour 100.
- Si l’on y ajoute les avantages certains du meilleur emploi des déchets et résidus, la différence en bénéfice excér dera le prix total de la dépense due à l’ancien procédé.
- Cette importante application, ouvrant un débouché à l’acide oîéique tiré du suif, contribue à développer les succès si remarquables déjà de la fabrication des bougies stéariques.
- MM- Péligot et Alcan ont ainsi rendu un service très-grand à notre belle industrie des laines : de nombreuses attestations données par plusieurs fabricants d’Elbcuf, la déclaration formelle de MM. Berlèchc, Bonjean jeune et Chenon de Sedan, les traités conclusavec plusieurs autres manufacturiers de la même ville, enfin les marçhésd’acidc
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- oléiquc dont nous avons vérifie l’importance, notamment chez M. de Milly, ne laissent aucun doute sur la réalité de celle application nouvelle ni sur les avantages qu’elle promet > elle sera considérée comme l’une des plus notables améliorations acquises à notre industrie en 1839, et ne tardera pas, sans doute, à prendre un, développement plus considérable et à mériter alors la première de nos récompenses.
- M. Alcan , collaborateur de M. Péligot, dans l’application qui précède, s’est rendu, depuis sa sortie de l’école centrale, fort utile à l’industrie d’Elbeuf-y il a créé, en 1836 , Un cours de physique et de mécanique gratuit pour les ouvriers; plusieurs grandes fabriques de draps ont été intégralement construites sur ses plans} divers appareils employés dans ces fabriques, ont été perfectionnés par lui; on lui doit une intéressante publication sur la laine filée.
- Le jury central, pour récompenser une si utile direction et de si bons résultats, s’empresse de décerner à MM. Pé-ligol et Alcan une médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE
- JIOUGIE STÉARIQUE.
- M. Biîneï, chez M. de Milly, à Paris, rue Rochechouart, 4°*
- M. Binet, depuis plusieurs années, seconde avec zèle M. de Miliy dans toutes les parties de son exploitation ; les améliorations suivantes lui sont dues :
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- 1° Un mode de moulage au moyen de vases en* fer-blanc de forme et dimensions telles que les acides gras démoulés en plaques peuvent être immédiatement placés sur la presse.
- Ce procédé permet la suppression de trois à cinq ouvriers et du couteau à diviser; une diminution notable du fonds de roulement, car les acides gras coulés en moules sont cristallisés en quelques heures, tandis que le refroidissement se faisait autrefois attendre pendant deux ou trois jours dans les cristallisoirs ; il en résulteplus de blancheur et de propreté dans les tourteaux ; la séparation de l’acide oléique se fait d’ailleurs plus facilement lorsque les cristaux des acides gras n’ont pas été brisés.
- 2° De nouvelles têtes de pistons, dans les presses horizontales.
- Cette disposition supprime la roulette, qui supportait dans sa course la tête du piston et qui avait l’inconvénient de couper les étendelles en crin.
- 3° Une machine à percer les cierges employés au service des églises.
- Celte machine a permis d’appliquer l’acide stéarique à la fabrication des cierges d’église ; jusqu’alors les csëais pour couler des cierges prêts à être mis sur les chandeliers avaient été insuffisants, et ce débouché, très-important pour l’avenir de la fabrication, n’avait pu être définitivement créé.
- Le jury décerne'à M. Binet une médaille de bronze pour le récompenser des services qu’il a rendus à l’industrie stéarique.
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- CHAUFFAGE (l).
- On doit placer au premier rang des industries celles qui ont pour but cl pour résultat l’économie du combustible j celle économie intéresse les producteurs 'et les consommateurs 5 l’avenir d’un grand nombre d’établissements dépend d’elle , elle peut alléger les dépenses de tous.
- Les pertes de chaleur sont des pertes de richesse publique, et elles sont grandes encore, malgré tous les tra- . vaux dont nous allons présenter un tableau rapide.
- Après Keslar, qui construisit, en 1619, à Francfort, un poêle à huit étages superposés au foyer, muni d’ouvertures pour tirer à volonté, du dehors ou de l’intérieur de la chambre, l’air utile à la combustion , presque toutes lès notions utiles dans ce genre ont été déduites des conceptions françaisesj Dalesme, en 1686, émit la première idée d’un poêle fumivore ( furnus acapnos)-, Francklin mit en expérience un tube à double coude, brûlant à flamme renversée ; Gauger, dans sa Mécanique du feu, énonça, en 1709, les idées les plus rationnelles suçles calorifères salubres, et Guyton-Morveau publia, dans les Annales de chimie, la description des poêles suédois ; on voit, dans l'Encyclopédie de îtees (anglaise), que les calorifères français furent employés presque exclusivement d’abord pour chauffer l’air des grandes maisons, à Londres.
- (1) Voyez la cinquième section de la deuxième commission pour les rapports'l'elalifs au chauffage des hauts-l’ourneaux et fours, des usines métallurgiques.
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- Le principal obstacle à la propagation de l’usage des calorifères économiques dans les appartements a toujours été de la part des consommateurs le désir de voir le feu : les perfectionnements modernes, avec cette condition, ont eu leur origine dans les cheminées en fonte de Desarnod ; le calorifère de ce dernier est encore un de nos bons modèles.
- Une innovation importante consista , depuis, dans les foyers mobiles deM. Chausscnot aîné, qui modifièrent, à volonté, le tirage dans la cheminée et le rayonnement dans. les chambres; ils donnèrent lieu à l’une des plus importantes branches de celle industrie et à plusieurs ingénieuses modifications qui se partagent encore ta vogue à Paris.
- Silos Anglais nous ont devancés dans le chauffage des étuves, séchoirs, a.teliers et grandes habitations par la vapeur, ils trouveraient en ce genre maintenant des modèles plus parfaits chez nous ; on sait, d’ailleurs, qu’ils nous ont depuis emprunté le système, plus constant et parfois plus économique, de la circulation de l’eau, dû à Bonuemaju; ils ont enfin profité des expériences, des théories et des applications sur le chauffage dues à nos savants (1).
- Quant aux autres améliorations relatives aux divers fourneaux des fabriques, elles sont fondées, en général, sur la substitution de la houille ou du coke au bois, ou du bois desséché fortement au charbon de bois. De
- (l) On peut citer, comme exemple, le chauffage de la bourse, établi sur les indications de MM. Thénard, Gay-Lussac et d’Arcet ; le grand calorifère de la Monnaie, dont M. d’Arcet a dirigé la construction, et qui emploie seulement les gaz naguère perdus de la carbonisation de la houille.
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- notables progrès ont clé réalisés aussi à l’aide des dispositions nouvelles pour utiliser la chaleur perdue des produits de la combustion et de la carbonisation ; on jugera de toute leur importance si l’on apprécie les motifs que nous al|ons exposer des récompenses accordées par le jury central.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Harel , rue de i’Arbre-Sec , 5o.
- Les services rendus à l’économie domestique, par les nombreux et économiques ustensiles dé chauffage que M. Harel construit, sont depuis longtemps connus et bien appréciés; les rapports de la société d’encouragement et des précédents jurys les ont honorablement signalés à l’attention publique.
- Le jury central, en 1839, s’empresse de confirmer de tels suffrages ; il constate les efforts soutenus dans cette manufacture, en votant en faveur de M. Harel le rappel de la médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
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- M. Chàussenot, ingénieur civil, allée des Veuves, 87, à Paris.
- Rarrni les constructeurs qui s’ocèupeul aujourd’hui du chauffage de l’air des habitations cl des séchoirs, aucun
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- n’a mis autant de persévérance cl n’est arrivé à des résultats plus utiles que M. Chaussenot jeune.
- Les perfectionnements apportés par l’auteur dans la dessiccation méthodique de l’orge germée et des récoltes de houblon ont fourni à la fois d’utiles préceptes et des applications avantageuses ; une ingénieuse disposition qu’il a, plus récemment, introduite dans les courants d’air chaud appliqués aux dessiccations est la conséquence naturelle de ces idées.
- Le modèle de grand calorifère exposé par M. Chaussenot offre les plus rationnelles dispositions que nous ayons rencontrées : d’une part, le tirage produit au centre de l’appareil a permis de faire circuler dans des galeries superposées, et redescendre successivement dans chacune d’elles, les produits de la combustion; d’un autre côté, l’air extérieur introduit sous la dernière couronne refroidit la fumée au moment où elle va passer dans la cheminée; il suit en sens inverse les circonvolutions, et s’élance; avec l’air chauffé au centre,.dans le conduit général de l’air chaud.
- Les effets avantageux de ce calorifère sont constatés dans le chauffage de vastes salles publiques, dans des étuves et séchoirs de fabriques, en France et à l’étranger.
- Nous nous sommes assurés que, chez plusieurs manufacturiers habiles, le calorifère Chaussenot a remplacé avec succès des appareils dus cependant à des constructeurs capables.
- On le^ rencontre , ainsi, chez des fabricants de cuirs vernis, de fécule, de cartons, de papiers peints, dans des blanchisseries , des teintureries, etc., etc.
- M. Chaussenot, en perfectionnant la fabrication du sucre de fécule, a encore rendu un service important à
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- l’industrie, dans une application qui intéresse à un haut degré l’agriculture, et qui rend l’auteur doublement digne de la médaille d’argent qui lui est décernée par le jury central.
- M. Jametel , inventeur des fours aéro-tliermes, à Paris,, rue des Prouvaires? 38.
- La cuisson économique du pain dans des fours continus chauffés à la houille fut, jusque dans ces derniers temps, l’un des problèmes qui excitèrent le plus les méditations et les essais de quelques ingénieurs; une heureuse idée, poursuivie et appliquée avec persévérance, permit enfin à M. Jametel d’en donner une élégante solution , fondée sur les deux principes remarquables qui suivent :
- 1° Maintenir, parle puissant réservoir de chaleur que donne une fortcetperméablemaçonnerieréfractaire, la température élevée qui assure dans le foyer une combustion régulière, accélérée ou ralentie; 2° répartir, uniformément et sans cesse, la température utile dans la capacité superposée du four, au moyen de la circulation spontanée de l’air chaud, à volonté, aussi, rendue plus lente oü plus rapide.
- L’auteur parvint, de cette manière, à réaliser tous les avantages que l’on avait pu se promettre d’une telle solution.
- En effet, le four constamment chaud, permet de doubler le nombre des fournées.
- La sole, ne recevant jamais de combustible, reste exempte de tous corps étrangers, et donne des pains parfaitement nets dessous comme dessus.
- [/emploi du coke, combustible très-approprié à celle destination, est encore un résultat utile, puisqu’il évite
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- les inconvénients de la fumée pour le voisinage , et favorise les progrès de l’éclairage au gaz en augmentant le débouché du principal résidu de celte fabrication.
- L’adoption définitive du four aérotherme contribua aux progrès remarquables de la plus grande boulangerie de Paris, et permit de réaliser, dans l’intérêt de la salubrité publique, d’autres améliorations sur lesquelles nous reviendrons plus loin. . .
- Pour d’aussi utiles résultats, fruits de plusieurs années de sacrifices, de recherches et de travaux, le jury décerne à M. Jametel la médaille d’argent.
- M. Du voir, constructeur d’appareils pyrotechniques, rue Coquenard, 11, a Paris.
- M. Duvoir s’occupe, depuis longtemps, des appareils de chauffage : il a graduellement augmenté ses ateliers de construction ; des fournitures considérables ont récompensé ses efforts : plus de trois cents calorifères ont rté établis par lui dans de grandes habitations et des usines. M. Duvoir emploie avec discernement la fonte, le cuivre et la tôle, dans la vue d’approcher des maxima de surfaces de chauffe dans un espace circonscrit, eu évitant les chances d’altérations et de fuites, et facilitant les nettoyages dans les jeux de tubes, un peu compliqués, il est vrai, que lâ’fumée parcourt.
- Son ingénieux appareil à lessivage du linge, récemment amélioré, facilite le chargement et le déchargement alternatifs de deux cuviers servis par une seule chaudière.
- Une disposition convenable opère, avec réchauffement graduel des lessives, des aspersions et circulations
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- intermittentes, qui excluent les inconvénients des fausses voies du filtrage.
- Le système de lessivage dp M. Duvpir eslcpiployé, avec succès, dans plusieurs établissements publics et blanchisseries particulières, notamment à l’hospice de la Salpêtrière.
- Les chauffages de bains établis par l’exposant, ses grands fourneaux de cuisine offrent toutes les principales conditions de solidité, d’économie du combustible et de manipulations faciles.
- Les constants et heureux efforts de M. Du voir pour augmenter l’importance de ses commandes, en perfectionnant ses produits, complètent ses litres à la médaille d’argent que le jury central lui décerne.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Lassale, successeur de M. Bronzac, rue Saint-Domini.que-Saint-Germpiu, a5.
- Il a introduit plusieurs perfectionnements réels dans la construction des cheminées mobiles.
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- Le premier, il y joignit un système de rotation qui permit de diriger, à volonté, la chaleur rayonnante cl la vue du feu successivement, dans deux, et même trois pièces contiguës ; il adapte à des cheminées semblables, des fours à cuire les aliments ; les vapeurs dégagées suivent les produits de la combustion. Sa chcminée-poèlc à foyer mobile est solidement construite , les parties qui doivent offrir le plus de résistance sont en fonte.
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- Dans un des modèles , l’auteur a joiutunc fermeture propre à éteindre le feu par l’interception de l’air.
- Lejury rappelle la médaille de bronze décernée, en 1834, à cet établissement.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Lespijnasse , garde du génie, rue de
- Belle-Chasse, 44-
- L’exposant, auteur d’un four particulier à cuire le pain, en a présenté un très-bon modèle. Nous nous sommes assurés, en suivant les opérations en grand dans la manutention militaire de Paris, des avantages réalises par l’usage de ce four substitué aux fours ordinaires.
- Les dispositions ingénieuses à l’aide desquelles l’air échauffé vient à volonté, en plus ou moins grande abondance, activer la combustion du bois à l’avant du four, régularisent et facilitent beaucoup cette combustion, permettent de tenir la bouche du four close, et produisent les bons effets des fours à réverbère.
- Ces données ont d’autant plus d’importance qu’elles s’appliquent aux grandes dimensions des fours, et à un travail suivi depuis plus d’un an.
- La sole est assez étendue pour recevoir à la fois 200 pains de 1 kilog. 1/2 ou 300 kilog., et le nombre des fournées étant de 12 à 15, le produit journalier s’élève de 3,G00 kilog. à 4,500 kilog. pour un seul four; la valeur du combustible employé égale seulement les 0,6 de celle du bois nécessaire dans les anciens fours. Le chauffage et le nettoyage sont
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- beaucoup plus faciles que dans le système ancien, et la cuisson est plus égale.
- Toutefois, nous devons le dire, le problème n’est pas ici résolu complètement j les dispositions eussent dû permettre de brûler le combustible en dehors de la capacité où - le paiu doit être placé, de façon à éviter le nettoyage de la sole et rendre la cuisson continue, avantages très-notables que nous avons signalés dans les heureuses innovations d’une boulangerie modèle. (Voyez page 221.)
- Le jury décerne à M. Lcspinasse, pour les améliorations précitées, ta médaille de bronze.
- M. Perrève, constructeur de calorifères, faubourg Saint-Denis, io3.
- Le système de M. Perrèvo se distingue de tous les autres par la simplicité des moyens d’exécutiou ; la facilité de l’adapter à presque tous les fourneaux, cheminées ou poêles, et d’accroître ses surfaces de chauffe en superposant un plus grand nombre de ses tambours. On a pu remarquer enfin que toutes les pièces se peuvent aisément, ou mouler en fonte, ou emboutir mécaniquement en tôle.
- Rien ne s’opposerait, d’ailleurs, à ce que, renfermé dans une chambre à air chaud, on le fit servir à la fois au chauffage et à la ventilation.
- Le calorifère-Perrôve est en usage dans un grand nombre d’établissements publics et particuliers -, plusieurs bibliothèques, hospices et maisons de détention l’ont adopté, ainsi que des fabriques de fécule, de papiers peints et de tôles vernies, des raffineries et des imprimeries. Soixante-dix appareils, sur ce modèle, ont été dernièrement commandés par le ministre de la guerre, en Belgique.
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- Dans plusieurs des applications ci-déssüs énumérées, le chauffage obtenu équivaut à cinq parties d’caü vaporisée pour une de houille.
- Pour l’ensemble de ces résultats, l’auteur mérite bien la récompense que le jury lui décorde en lui donnant la médaille de bronze.
- M. CEfiBELAut), fitaiistë, rue Saint-Lazare, 77. .
- Les calorifères de cet exposant ont un foyer en fonte traversé par des colonnes creuses qui entourent le combustible.
- L’aif* s’échauffe cri pdssarit sous le foyer, puis dans ces colonnes, et suivant les contours extérieurs du foyer, il rencontre alors successivement plusieurs étages de tambours semblables, cii tôle, communiquant entre eux par (les tubes qui les soutiennent et concourent à favoriser la circulation ; au dessus du dernier tambour, là fumée se réüriit dans une cheminée centrale.
- Les dispositions de cét appareil permettent de multiplier les surfaces de chauffe, sans perle de tôle ; les nettoyages y sont faciles. Ses bons effets Ont été constatés darts un grand nombre d’applications pour le chauffage des maisons; des pensionnats, et des divers établissements, notamment des serres, teintureries, féculcrics, fabriques de cartons, raffineries de sucrej vinaigreries, séchoirs d’étoffes, blanchisseries, etc.
- M. Cerbelaüd a placé un grand nombre dé ses cheminées a devantures en laiton et circulation d’air; plusieurs de scs calorifères et cheminées ont ôté exportés de France; il a imaginé un Ustensile commode pour enlever la suie dés conduits cylindriques en briqués dites cintrées.
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- Pour ses constructions bien entendues et l’extension donnée aux moyens d’économiser le combustible dans plusieurs industries importantes, le jury accorde a M. Ccrbc-
- laud la médaille de bronze.
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- M. Léo n -'Duvoir, de Melun,:
- M. Léon Duvoir expose un cuvier à lessive d’une cons-. traction ingénieuse : séparé eu deux dapâcilés par un faux fond, la partie inférieure renferme la lessive chauffée par un foyer entièrement immergé. Lorsque le liquidé est en ébullition, la pression de la vapeur le fait monter par un conduit terminé en pomme d’arrosoir, il est ainsi injecté sur le linge dans lequel il s’infiltre; l'injection et la filtration se renouvellent spontanément chaque fois que le liquide est redescendu en quantité suffisante ét bouillant.
- Cette circulation intermittente produit un bon effet ; l’appareil est économique de conbuslible et de main-d’œuvre, les attestations de personnes fort recommandables prouvent qu’il est en usage dans plusieurs établissements 'publics et chez les blanchisseurs. Nous savons 3 déplus, qu’un calorifère «à circulation d’eau et plusieurs autres ustensiles destinés au chauffage fonctionnent très-bien ; qu’enfin l’auteur est fréquemment consulté, dans la ville, pour ses connaissances pratiques en pyrotechnie.
- M. Léon Duvoir, par l'ensemble de scs travaux et les services évidents qu’il rend dans cette localité, est digne de la médaille de bronze que le jury lui accorde.
- M. Gervais, rite Saint-Jacques, i5f>.
- L’exposant s’est occupé, avec soi h, de la construction déà calorifères h circulation d’eau; et plus particulièrement dans une de leurs plus utiles applications : le chauffage
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- des serres. Ses appareils fonctionnent très-bien chez M. Tamponct, rue de la Muette; M. Modeste, à Belleville; -M. Paillette, rue du Petit-Banquet; et dans l'École botanique du Luxembourg.
- On comprendra facilement les avantages de ce système, si l’on songe à l’extrême importance d’une température régulière pour entretenir, durant les saisons froides, la végétation des plantes.
- Lorsqu’on emploie le chauffage direct par les calorifères et tuyaux de fumée, ou môme le chauffage par la vapeur, il faut des soins de tous les moments pour réaliser ces conditions : si le feu cesse durant la nuit, la température s’abaisse rapidement, soit que, dans le premier cas, les produils-de la combustion cessent de se développer, soit parce que, dans le second cas, la vapeur ne se produisant plus au dessous de 100°, toutes les parties éloignées du fourneau ne reçoivent plus de chaleur.
- Dans le système de la circulation de l’eau, loin que le feu cesse brusquement, le chauffage doi t se proion ger assez pour ne point nécessiter les soins de nuit : c’est qu’alors, dans les tuyaux remplis d’eau, la circulation continue au-dessous de 100°, tout le temps que des différences de température existent, que, d’ailleurs, l’eau est l’agent le plus économique , doué de la plus grande capacité pour la chaleur qu’on puisse mettre en usage : on s’en fera une idée en se rappelant qu’à températures et volumes égaux la quantité de chaleur que l’eau recèle est 3,200 fois plus grande que celle de l’air, qu’ainsi un mètre cube d’eau, en cédant un seul degré, soutiendra d’un degré la température de 3,200 mètres cubes d’air.
- Ces notions ne sont comprises que d’un trop petit nombre de constructeurs et de propriétaires de serres, elles ne
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- sauraient être proclamées trop haut: le jury central espère atteindre ce but en récompensant les travaux de M. Ger-vaispar la médaille de bronze qu’il lui décerne.
- M. Chevalier-Curt, rue Saint-Jacques , 264j et M. Gheva.lier-Curt , rue des Ursulines.
- Constructeurs de grands fourneaux de cuisine, ces habiles industriels ont tous deux adopté le même système de fourneaux et calorifères à la houille.
- La direction des gaz brûlés change, par le mouvement de deux registres et chauffe, plus ou moins à volonté, les vases culinaires symétriquement disposés dans les ouvertures circulaires de la plate-forme supérieure en fonte.
- Des modèles de plusieurs dimensions, dont les prix varient entre les limites de 150 à 7,000 fr., ont été placés dans un grand nombre d’habitations particulières et de maisons d'éducation.
- Au collège Sainte-Barbe, un de ces fourneaux, du prix de 6,000 fr., a réalisé une économie très-notable et bien constatée dans les préparations alimentaires pour 300 personnes, le chauffage de l’eau en été et des dortoirs en hiver. Un fourneau semblable, un peu plus grand de l’autre de ces exposants, a présenté des résultats analogues dans l’établissement de la Légion d’honneur de Saint-Denis. Son prix était de 7,000 francs.
- ' Le jury, pour récompenser les travaux utiles des frères Chevalier, accorde à chacun d’eux une médaille de bronze.
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- DESSICCATION DES BOIS.
- Dans l’état de nos connaissances, les bois de travail ne peuvent être économiquement mis à l’abri dès plus grandes variations de volume, si préjudiciables à leurs divers lisages, que par une dessiccation poussée assez loin et assez graduellement pour contracter leurs tissus sans les déchirer ou les faire fendre;
- Deux exposants àont parvenus à ce résultat pair des voies différentes.
- M. Antoine, clessiccateur et marchand de bois, rue de Bel lièvre, 4? quai d’Austerlitz.
- !
- Cet exposant'est parvenu à opérer la dessiccation des bois assez graduellement pour garantir les résultats de celte opération, relativement même aux bois très-compactes , tels que le cormier et le buis, si sujets à se gercer.
- - Il emploie environ trois mois pour les épaisseurs de 55 millimètres en planches de bois ordinaires, durs et blancs. Les frais de dessiccation ne dépassent pas 2 cent, par mètre de surface, et l’établissement peut dessécher 2000 mètres par jour.
- Il vend ses bois desséchés au même prix que lès bois ordinaires. Offrant aux consommateurs l’avantage de pouvoir immédiatement employer ses produits, il parvient à les écouler assez rapidement pour compenser les frais de dessiccation.
- Le jury, approuvant une aussi tonne direction, qui tend à l’amélioration des bois de travail sans frais spé»
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- riaux pour l’achetciir, récompense M. Antoine cri lui décernant la médaille de bronze.
- MM. Marie et Charpentier, route de Neuilly, ioo, à Paris.
- Le moyen mis eh Usage par MM. Marie et Charpentier, pour dessécher les bois, est nouveau : il consiste dans l’étuvage, par un courant d’air échauffe à l’aide des produits gazeux de la carbonisation de la houille.
- Les dispositions du four à coke et de V étuve sont telles, qùc l’on peut graduer convenablement les progrès de la dessiccation; et là terminer en trente à quarante jours pour des épaisseurs de '4 à 8 centimètres; qui exigeraient plusieurs années dans les chantiers. L’appareil de 33 mètres de longueur sur 6 mètres 60 centimètres peut contenir 80,000 mètres superficiels de bois ét donner, par art, 960,000 mètres de bois desséchés.
- 100 mètres de sciage de chêne coûtant environ 1 franc 25 centimes de dessiccation par le procédé Marie et Charpentier, il est facile de Calculée davantage de ce procédé, comparativement avec le mode ancien d’apprêt des bois. En effet, les 100 mètres, qui ont une valeur de 4 0 francs, coûteraient, pour acquérir en chantier la qualité des bois de quatre ans, 8 francs en intérêts à 5 pour 100.
- Pour comprendre, d’ailleurs, les résultats précités de l'application nouvelle, il suffit de se rappeler que la quantité de chaleur Utilisée est fournie par la combustion de produits qui; dans l’ancienne méthode de fabrication du coke, étaient perdus.
- Lorsque MM. Marié et Charpentier séroril parvenus à donner Une grande extension â leur moyen de dessiccation des bois, ils seront dignes d’une récompense plus élevée
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- que celle à laquelle, dès à présent, ils ont des droits : le jury leur accorde la médaille de bronze.
- RAPPEL DE MENTION HONORABLE. .
- Madame Laroche, rue Saint-Étienne, i5.
- Madame Laroche continue à bien confectionner les fourneaux de cuisine; elle a rendu les opérations plus économiques encore et plus faciles par des grilles mobiles, pt en utilisant la chaleur des foyers par une circulation autour des fours.
- Le jury rappelle à madame Laroche la mention honorable qui lui fut décernée en 1834.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. Millet et J aquin Millét, rue Montmartre, 164.
- Successeurs de M.Millet père, ces exposants ont abaissé les prix et perfectionné la construction des cheminées à foyers mobiles, des cheminées à devantures ornées et des calorifères qui avaient bien établi déjà la réputation, en ce genre, de leur devancier : comme lui, ils fabriquent aussi lesmilres percées de trous dites fumifuges, deson invention. L’ensemble de ces produits avait obtenu une mention en 1834.
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- MM. Millet et Jaquiu Millet sont bien clignes de la mention honorable que le jury leur accorde de nouveau.
- M. Petit, rue Grange-Batelière, 21.
- M. Petit a exposé une cheminée d’une construction nouvelle; ce qui la distingue, c’est que son foyer, occupant le centre de quatre chambranles, offre deux faces sur chacune desquelles on voit 'le feu à découvert. Placée au milieu d’une salle, cette ingénieuse construction échauffe doue beaucoup par rayonnement ; en outre, le feu, entouré des tubes communiquant avec des réservoirs inférieurs et supérieurs, éléve la température de l’air pris au dehors, et qui afflue dans la pièce par quatre bouches de chaleur à larges sections, au haut des quatre chambranles.
- A l’aide d’une coupole ouverte dans un tuyau droit ou communiquant avec quatre tubes recourbés, la fumée se dégage, soit directement au-dessus du feu, soit en gagnant, sous le plancher, un conduit adossé aux murs.
- Une autre cheminée-calorifère du même auteur laisse bien voir le feu, et facilite une active circulation d’air entre des enveloppes doubles en fonte. Elle évite également une forte élévation de température, tout en utilisant la plus grande partie de la chaleur du combustible.
- La cheminée à double face est destinée aux grandes salles publiques et aux hôpitaux ; la cheminée calorifère convient aux appariements et chambres ordinaires.
- Toutes deux réalisent, avec le système de ventilation de l’auteur, les conditions hygiéniques que l’on pouvait attendre d’un docteur en médecine, membre du conseil de salubrité.
- Le jury décerne à M. Petit une mention honorable.
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- M. Billard, successeur de M. Jaquinet, rueINeuve-des-Petits-Cliamps, 78.
- li a exposé une cheminée dont le fond est garni de tuyaux qui prennent l’air froid dans une caisse, l’échauffent et le laissent échapper par des bouches de chaleur latérales.
- Dans son poêle-cheminée, des tuyaux servent au chauffage de l’air, et la fumée circule autour d’un four d’office avant de se rendre dans la cheminée.
- M. Billard construit aussi des cheminées à foyers mobiles; il est digne de la mention honorable que le jury lui accorde.
- M. Leplant, à Arras (Pas-de-Calais).
- M. Leplant a présenté une cheminée-calorifère pour laquelle il reçut une médaille â l’exposition d’Arras.
- L’air extérieur arrive à la cheminée dans un réservoir, passe dans un tuyau qui est situé au-dessus du foyer, et se rend dans une autre boîte posée à la partie supérieure pour se répandre ensuite dans l’intérieur de l’appartement.
- Un tablier à coulisses permet de modérer à volonté l’accès de l’air. Dans celle cheminée on brûle du charbon de terre ou du bois, à volonté. Son prix est de 180 francs. Elle est bien construite, à chauffage salubre et économique.
- Le jury donne une mention honorable à M. Leplant.
- M. Grenier, tôlier-mécanicien, rue Saint-Germain-PAiixerrois,
- Il construit plusieurs fourneaux en poêles bien disposés et solides 5 les partijes résistantes, en foute, sont coulées sur
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- sos modèles ; la plupart sont destinés à chauffer à la fois les ateliers ou habitations, et les fers à repasser des blanchisseurs, des teinturiers, des tailleurs, des chapeliers et à chauffer des alimculs; ils sont économiques de combustible et bien appréciés des personnes qui les emploient. Le jury accorde une mention honorable à M. Grenier.
- RAPPEL DE CITATION FAVORABLE.
- M. Huivez, faubourg Montmartre, 4'i?
- Il continue à bien confectionner plusieurs sortes de cheminées ^ les unes à foyer mobile, les autres à foyer lixe et circulation d’air entre des parois échauffées.
- lia, en outre, présente une cheminée-calorifère dans laquelle le combustible est en grande partie entouré d’une double enveloppe remplie d’eau, communiquant par des tubes montant dans le conduit de la fumée, avec un tambour sous forme de poêle, destiné à échauffer un étage supérieur.
- La fumée traverse, comme dans la chaudière d’une locomotive, des tubes entourés d’eau, des manomètres, tubes de niveau, soupapes, robinets et obturateurs, offrant les indications nécessaires. Ces dispositions, un peu simplifiées, auraient certains avantages, sous les rapports de l’écono? mie du combustible et de la durée du chauffage.
- M. Hurez n’a pas cessé d’être digue de la citation favorable qu’il obtint en 1834 j le jury la lui rappelle.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- Madame veuve Darche, rue Cliarlot, 4.
- Madame veuve Darche a exposé des poêles économiques pour les blanchisseurs, des brûloires à café et des poêles de ménage j ces ustensiles sont bien construits et d’un usage commode.
- Le jury accorde une citation favorable à madame veuve Darche.
- M. Voitelain, rue Bourbon-Villeneuve, 51].
- M. Voitelain construit des cheminées à foyers mobiles, auxquelles il a récemment ajouté, sans augmenter ses prix de vente, un petit mécanisme destiné à faire, à volonté , mouvoir le rideau et le foyer âu moyen de deux poignées spéciales placées latéralement. Il occupe vingt ouvriers chez lui.
- Le jury accorde une citation à M. Voitelain.
- MM. Jaquinet et Graux, rue Grange-Batelière, 18 et 20.
- MM. Jaquinet et Graux ont exposé une cheminée à foyer tournant sur pivot. Une petite manivelle extérieure facilite ce mouvement, en sorte qu’on peut à volonté faire passer, d’une pièce dans une autre, la vue et le rayonnement du combustible.
- Le foyer mobile est porteur d’une plaque articulée, et laisse régler convenablement le passage de la fumée.
- Le jury accorde à ces constructeurs habiles une citation favorable.
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- M. Roger,.rue ileSurênes-Saint-Honoré, 25.
- M. Roger a exposé un calorifère orné pour salles de bains.
- La bonne construction du foyer pour favoriser une combustion complète, la circulation de la fumée autour des surfaces chauffantes et les dispositions bien entendues pour la destination spéciale de ce poêle calorifère méritent d’être citées favorablement.
- M. Bénard, rue des Marais-du-Temple, 2.
- M. Rénard a exposé des cheminées de plusieurs modèles qui sont caractérisées par un mécanisme connu, mais très-bien et économiquement exécuté. Cette disposition a pour but et pour résul tat constant de déterminer, par lechoc du courant de fumée sur une lame contournée en hélice, un mouvement de rotation qui, transmis à une broche, facilite beaucoup, rend plus économique et régulière une opération culinaire assez importante dans un grand nombre d’établissements. Le mouvement ainsi obtenu ne nuit pas aü lisage, il évite même le refoulement de la fumée par des réactions accidentelles.
- L’exposant a bien rempli les commandes nombreuses qui lui ont été faites de ses cheminées à tournebroche et mouvement spontané.
- Le jury accorde à M. Bénard une citation favorable.
- M. Chevallier, rue Montmartre, i/jo.
- M. Chevallier, l’un de nos meilleurs constructeurs de divers petits appareils de chauffage, sorti dès rangs des plus intelligents ouvriers, a, lui-même, créé toute son T. 11. o3
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- industrie. I! occupe un grand nombre d’ouvriers, confectionne très-bien une foule d’objets très-commodes pour chauffer l’air des appariemen ts et l’eau des bains, pour rafraîchir les boissons, etc.
- Le jury lui décerne une citation favorable.
- •0*
- 'M.-Barbeàü, qu'ai de la Mégisserie, 3a.
- M. Barbeau fait fondre, sur ses modèles, plusieurs cheminées, poêles et grilles en fonte, économiques, solides et bien exécutées. Un commerce important répond à scs soins, et le jury l’en récompense en lui décernant une citation favorable.
- M. Bousseroux, me Manclar, 5.
- M. Bousseroux a présenté des fourneaux culinaires de grandes cl petites dimensions, de prix très-variés, en raison du nombre des foyers et des garnitures, depuis 500 f. jusqu’à 18 et môme 10 fr. Ces appareils se distinguent par des dispositions simples pour régulariser l’accès de l’air, et utiliser une partie de la chaleur des produits de la combustion.
- Le jury accorde une citation favorable à M. Bousseroux .
- M. Durand, à la Sauvetat-dû-I)rOt (Garonne ).
- Four propre a cuire les prunes et autres fruits. .
- Les fruits que l’on se proposé de sécher se placent sur des claies en fer, à différents étages. Une cloison horizontale, percée de trous, partagé lé four en deux parties; Ce four nécessite l’emploi du charbon de bois ; il n’a pas d’ouvertures spéciales qui permettent la circulation de l’air et le dégagement de là vapeur d’eau.
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- Toutefois, si on le compare avec les fours emploies dans le département; on voit qu’il offre de notables avantages. Un rapport favorable fut fait, en 1831, par la Société d’agriculture, sciences et arts d’Agen, sur le nouveau four. Le jury accorde une citation favorable à M. Durand.
- M. Fàurie, rue cle Clicliy, 4 et 26.
- M. Faurie. Cet exposant a envoyé un fourneau de cuL sine bien établi, chauffant à la houille plusieurs vases, a l’aide d’un seul foyer.
- Il mérite la citation que le jury lui accorde.
- NOUVEAU PROCÉDÉ DE CHAUFFAGE APPLIQUÉ AUX SOUDURES.
- MÉDAILLE D OR.
- X
- M. Desbassayns de Riclieniont, faubourg Saint-Honoré, 83.
- CHALUMEAUX A AIR ET HYDROGÈNE DITS aÉrHYDRIQUES ,
- ET SOUDURES AUTOGÈNES..
- M. Desbassayns de Richemont a imaginé, mis en pratique et perfectionné un très-intcressant appareil, à l’aide' duquel l’hydrogène, produit par la réaction entre l’eau, l’acide sulfurique et le zinc, est poussé dans un tube flexible au boulduquel il rencon Ire l’air simullânémen t insufflé.
- Les deux gaz, mêlés dans les proportions d’un volume du premier et deux du second, à l’aide de robinets, alimentent, au bout d’un troisième tube flexible, un jet de1 flamme ou dard de chalumeau.
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- 51G
- Ce dard esl devenu, entre les mains- habiles de M. Dcsbassayns, un véritable outil de feu : dirigé sur le joint de deux lames en plomb, au point où le bout d’une lanière du même métal suit la pointe de la flamme, la fusion des trois parties est complète, mais tellement circonscrite, qu’elle se borne à établir la jonction, et que la conso lidation s’opère en suivant de très-près la flamme qui s’éloigne.
- Chacun a pu, en effet, voir, à l’exposition, les nombreuses soudures en plomb, sans aucun métal étranger, faites à des vases de toutes les formes, de toutes les épaisseurs ; on a pu admirer le travail de création si originale, établi dans les ateliers de la rue d’Astorg, où les plus difficiles problèmes, la plupart jusqu’alors impossibles même, de réunions entre des lames, tubes, serpentins et vases divers en plomb, sont devenus des ouvrages courants d’une exécution très-facile : toutes ces soudures sont aux mêmes prix que les anciennes soudures à l’étain.
- Mais, pour une invention si remarquable, notre mission devait s’agrandir, et nous avons voulu suivre ses applications, dans des travaux plus considérables, réunissant tous les genres de difficultés et qui dussent, par leur nature même, profiter le plus évidemment de l’arme puissante offerte aux industries chimiques.
- On comprend qu’il s’agissait de vérifier la possibilité , ainsique les avantages du système dans la construction des grands vases en plomb de différentes épaisseurs, destinés à des fabrications où tout autre métal est moins bien approprié ou même inapplicable. Déjà, il y a près d’un an, l’occasion nous avait.été offerte d’assister, chez MM. Buran et compagnie, à la confection d’un grand cristallhoir à borax, doublé de lames en plomb, de 8 mil-\
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- ' a 1 t
- limètrcs d’épaisseur: Depuis lors, l’usage continuel de ce vase, d’une contenance de 15,000 litres, ainsi que l’emploi de plusieurs chaudières soudées de même dans celte usine, ont prouvé la bonne qualité et la résistance des soudures autogènes.
- Nous savions que, dans la grande fabrique d’acide sul-
- *
- furique de la Folie, près Nanterre, le nouveau système était définitivement adopté; que, dans la plus ôtenduede nos raffineries d'or et d’argent, MM. Saint-André, Poisal et compagnie, ayant employé le même moyen pour construire des bassins et chaudières en plomb, en avaient obtenu autant de succès; que les mêmes résultats avaient été obtenus dans les constructions de quatorze grands cristallisons, chez M. Delacrétaz.
- Toutefois nous avons voulu nous rendre témoins d’une des épreuves les plus grandes et les plus décisives; il s’agissait, effectivement, des soudures à faire sous nos yeux, pour composer les parois de vastes chambres en plomb, dont une seule offrait une longueur de plus de 20 mètres.
- Ce fut dans la belle fabrique de produits chimiques de MM. Arnould et Bertrand, à Saint-Denis, que celte construction eut lieu, et nous devons dire qu’elle mit bien mieux en évidence pour nous les avantages de l’application nouvelle. ,
- Là nous avons vu, en effet, une énorme nappe de plomb réunie à l’aide des soudures autogènes, offrant une étendue de 22 mètres sur 6 mètres de largeur, descendue .d’un seul morceau, puis solidement appliquée à l’aide d’agrafes réservées sur les tables elles-mêmes formant une des parois de la chambre.
- Nous nous sommes assurés que, dans toutes les positions, les soudures, ou,plutôt la réunion immédiate des tables,
- Y
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- s’opéraient avec une extrême facilité, et une économie , d’un tiers et parfois des 0,8 de tous les frais. Plusieurs autres avantages non moins importants sont par là, dès aujourd’hui, acquis irrévocablement à notre industrie.
- C’est ainsi que toutes les soudures plus ou moins riches cri étain, et plus ou moins altérables par les actions chimiques ou éleclroehimiques, ou encore par les effets des dilata, lions et contractions, sont pour toujours exclues des constructions dans diverses manufactures où elles nécessitaient des réparations fréquentes 5
- Que, pour toujours aussi, les dangers imminents des in-* condics, par l’incurie des aides plombiers, les chances des vols de soudure et des tentations fâcheuses auxquelles les ouvriers cèdent parfois, disparaissent.
- Les dangers d’un autre ordre, auxquels les plombiers sont exposés par les transports de métal en fusion , jusqu’aux parties supérieures,des chambres en plomb, sout complètement annulés aussi, et la vie d’un ou plusieurs hommes ne peut plus être compromise par ces accidents qu’occasionnait la clmtc de la soudure fondue, ni par les asphyxies dues à la combustion du charbon dans des espaces clos ou mal ventilés. *
- Nous avons acquis encore la certitude de l’emploi facile du dard de feu, pour les soudures des vases en platine avec l’or ; de son application à souder le zinc avec du plomb allié seulement de 0,05 d’étain; à braser le fer, la tôle, le cuivre rouge et le laiton.
- • On conçoitque ces brasures se peuvent actuellement faire ql réparer liès-rapprochées les unes des autres sans que la fusion s’étende aux plus voisines.
- Une des plus curieuses dispositions imaginées par M. Desbassajns de Richcmoi.it, pour utiliser son procédé,
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- consiste dans un for à souder entretenu constamment chaud à la température utile, par une injection de gaz passant clans le manche de la poignée et lançant le dard enflammé sur le dos du fer.
- Il en résulte que l’ouvrier, sans aucune perte de temps, sans avoir ni l’embarras ni la pénible occupation de remettre au feu etd’ôtcr plusieurs fers successivement , conserve à la main un outil léger, facile à manier, toujours, prêt à servir.
- La réunion immédiate du plomb permet encore de consr, truirc des serpentins à chauffage Taylor pour les applications où le plomb doit être exclusivement employé j de doubler même des tubes en fer ou en cuivre, de telle sorte que la ténacité de ceux-ci se réunisse à la moindre altéra-, bilité du second.
- On construira des vases en plomb doublés de bois dans lesquels l’acide sulfurique, l’eau de Javelle, etc., mis à l’abri des suites accidentelles par les chocs auxquels cédaient les bouteilles, n’occasionneront plus tant de graves accidents pendant leurs.transports par roulage ou sur des vaisseaux.
- On comprend, sans peine, combien, dans un très-grand nombre d’opérations des laboratoires, une température élevée, constante et presque instantanément obtenue pourra abréger le Temps et faciliter les essais : le chalumeau aérhydrique produit tous ces résultats.
- Dans les soudures les plus usuelles des plombiers, des fonlainiers, il rendra de très-notables services en réalisait de grandes économies : pour en citer un exemple frappant, il nous suffira de dire qu’au lieu d’un lourd nœud de soudure enveloppant, à leur jonction, deux tubes de 8 à 9 centimètres, exigeant 4 kil. de plomb et étain qui coûtent*
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- 9 (Y., on emploiera, pour la soudure autogène, seulement une valeur de 50 centimes de matière première.
- Dans la crainte de fatiguer l’attention par une énumération plus longue, nous dirons, en terminant, quel’in-.vcnlion de M. Desbassayns de Richemont est de la plus haute importance, car elle s’applique à plusieurs industries et à un très-grand nombre de fabriques auxquelles elle rend des services signalés, que ses succès sont assurés par l’expérience faite, autant que par les engagements pris par plusieurs de nos meilleurs manufacturiers d’en faire usage pendant quinze années.
- Le jury, pour récompenser dignement des efforts aussi heureux, décerne la médaille d’or «à M. Desbassayns de Richemont.
- CITATION FAVORABLE.
- Veilleuses.
- Fabrique de M. Jeunet, à Passy, depot rue et terrasse Yivienne, 2.
- Ces veilleuses sont faites avec de l’argile plastique pétrie, puis moujée mécaniquement à l’aide d’un ingénieux appareil qui fixe et coupe les mèches, laissant une ouverture au centre de chaque disque de terre.
- La matière première coûte 1 fr. les 100 kil. et 1 fr. de pétrissage.
- Dans l’établissement on peutpréparer plusde 60,000 veilleuses par jour, qui se vendent, en gros, 25 centimes le 100.
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- Des flotteurs'destinés à maintenir les veilleuses sont livrés au prix de 27 centimes la douzaine.
- Nous nous sommes assurés que ces veilleuses réalisent toutes les conditions désirables; leur pose très-facile et leur durée constante les distinguent. On remarque, dans la même fabrique, une machine commode pour débiter les allumettes eu bois.
- Le jury accorde à l’auteur une citation favorable.
- DISTILLATION DES VINS.
- MÉDAILLE D’OR.
- '* i 1
- C’est à plusieurs de nos compatriotes, mais surtout à M. Cellier-Blumen thaï, que sont dus les perfectionnements de la distillation des vins ; l’invention de la continuité dans cette opération.
- On a remarqué, aux exposilionsprécéden tes, les appareils construits par M. Derosne qui ont généralisé l’emploi de ce système.
- NON-EXPOSANT.
- M. Cellier-Blumenthal, à Bruxelles.
- * . ; /'
- Parmi les hommes dont les ingénieuses conceptions ont acquis une juste célébrité, dont les noms sont cités dans nos cours scientifiques, la France peut présenter, au monde industriel, Édouard Adam, bien digne, s’il eût vécu, de la plus haute récompense que nous puissions décerner, et M. Cellier-BlumenIbaU auteur des deux plus importantes découvertes dans l’art de la distillation.
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- Ce fut à Paris qu’en 1813 M. Cellier-Blumon thaï imagina son système de distillation continue, que de 1813 «à 1818 il le mit en pratique et l’améliora, qu’en 1819 il obtint du jury central une médaille d’argent ; alors ce pro-cédé n’était pas encore sanctionné par une assez longue pratique. ^ • «
- Mais, depuis, les savants ainsi queles plus habiles manufacturiers de tous les pays ont universellement reconnu que l’appareil Cellier-Blumcnthal est le seul rationnel -, les jurys des expositions précédentes ont admis ce principe en récompensant, soitl’exécution, soit les perfectionnements les plus notables des appareils distillatoires de récentes innovations en ce genre viennent aujourd’hui même rendre hommage à cette incontestable vérité, car elles s’appliquent au même système.
- Le jury du département de la Seine s’est empressé d’inscrire au premier rang,-sur sa liste, le nom Cellier-Blu-menlhal. Le jury central, voulant récompenser cet inventeur des services qu’il a rendus à la distillation des vins, lui décerne la médaille d’or.
- MÉDAILLE D’ARGENT. NON-EXPOSANT.
- M. Laugier, ingénieur-çliimiste à la Chapelle-Saint-Denis*
- Tl a fait construire sur ses plans, chez plusieurs distilla^ leurs, un appareil dont l’effet est continu pour l’écoulement du vin et intermittent pour la décharge des vinasses.
- Cet appareil dislillaloirc offre une simplification heu-
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- rouse des bons systèmes en usage; il donne, soit dans le premier jet, soit dans les rectifications-, des liquides alcooliques, exempts, autant que possible, d’odeur désagréable; il n’exige enfin que les quantités de combustible indispensables. en application manufacturière pour distiller l’alcool et porter toute la masse à la température utile.
- Les dispositions imaginées par l’aüteur sont donc bien entendues et de nature à perfectionner l’art important dé la distillation des vins; elles sont adoptées dans plusieurs grandes distilleries de mélasses, dont les ateliers de préparation des moûts et de fermentation furent aussi métho* diquqment construits sur ses*dessins.
- Le jury accorde à M, Laugier la médaille d’argent.
- RAPPEL DE MENTION HONORABE.
- M. Égkot, rue du Faubourg-Saint-Martin,
- 268.
- Deux appareils distillatoircs seulement ont été admis dans les salles de l’exposition, l’un de M, Egrot, habile chaudronnier de Paris, auquel le,jury confirme la mention honorable obtenue en 1834. ^
- CITATION FAVORABLE.
- ; s. •• '
- M. Callaud d?Angoulême. f
- »
- Un autre appareil, de M. Callaud* d’Angouléme mérite d’étre favorablement cité.
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- DISTILLATION DES EAUX AROMATIQUES ET HUILES
- 1
- ESSENTIELLES.
- Les opérations qui ont pour but d’extraire des plantes
- les huiles essentielles odorantes pures ou dissoutes sous
- forme d’eaux aromatiques ont une importance notable
- surtout dans îios départements méridionaux, car c’est
- sous l’influence de la température douce ou élevée de ces
- contrées que se développent, en plus fortes proportions,
- lès huiles essentielles dans les végétaux. Ces circonstances
- «
- expliquent l’étendue considérable de plusieurs cultures qui alimentent l’industrie dont nous nous occupons.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- Mi Gisclard fils, à Albi (Tarn),..
- Fabricant d’essences d’anis, d’absinthe, de menthe poivrée, de genièvre et de girofle, obtint, en 1834, uue mention honorable; depuis il a accru et perfectionné ses opérations.
- Ses appareils peuvent suffire à une distillation journalière qui s’élève jusqu’à 4,250 kilog. Le commerce de l’anis a une telle importance pour les environs d’Albi, que les cultivateurs en ont vendu, cette année, pour une valeur de 800,000 fr.
- Ces faits,.constatés par le jury départemental et les données obtenues sur la qualité des produits de M. Gis-
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- clard, le rendent digne de la médaille de bronze que le jury lui décerne.
- *
- MM. MerocICura.ult, à Grasse (Yar).
- Ces fabricants éclairés, ont fait parvenir au jury une notice statistique intéressante sur la production annuelle, la préparation, la qualité et les moyens d’essai des essences et des eaux aroma tique
- Leurs appareils sont construits de façon à opérer la distillation dans plusieurs séries de vases à l’aide d’un seul générateur, et à produire , d’un seul coup , les effets de deux ou trois cohobations; sans doute, il reste quelques observations encore à faire, dans la vue d’obtenir les maxima de produits et l’arome le, plus suave, lé plus agréable} ces messieurs ne peuvent manquer, en continuant leurs actives recherches, d’obtenir ces utiles résultats } leur eau et liqueur de marasques a toute la suavité désirable.
- MM. Méro et Curault emploient 25,000 kil. de fleurs d’oranger, dont les deux tiers viennent des jardins de Grasse et le surplus de l’Italie, 3,000 kil. de roses et 4 à 5,000 kil. de cerises marasques} la plus grande partie des 120,000 kil. de menthe poivrée, qu’on récolte dans leur localité, d’une culture continuée ou alternée dans le môme terrain, donne deux qualités différentes.
- Ils ont construit une seconde distillerie à Saint-Lau-
- T
- rent-du-Var, afin de recevoir plus directement et de travailler, avant qu’elle se soit altérée, la portion de fleurs d’oranger qu’ils font venir des jardins de Nice.
- MM. Méro et Curault obtiennent annuellement 30000 litresd’eaudefleursd’orangeret 16 kil.d’essences ou néroli ; ils préparent 3,000 litres d’eau de roscs> et environ
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- 500 gr. d’essence avec les roses des environs; 2,400 litres d’eau de marasques avec les cerises du pays; la quantité de menthe qu’ils distillent leur donne 150 kil. d’essence, dont la valeur est de 100 à 130 francs le kil.5 ils ont abaissé les prix des produits de la menthe, du thym, et de la lavande en obtenant déplus fortes proportions de ces essences rectifiées que celles produites par les anciens appareils.
- Le jury décerne à MM. Méro et Guraull une médaille de bronze.
- CITATIONS FAVORABLES.
- MM. Gayrard et LagrèzEj d’Albi.
- Ces exposants ont fondé, depuis trois ans, une fabrique où ils s’occupent principalement de la distillation de l’anis et de l’absinthe, et obtiennent environ 3,000 kil. d’essences par an.
- Leurs produits, estimés dans le commerce, méritent d’être cités favorablement.
- M. Faguêr^ rue de Richelieu, 93,
- A exposé des teintures aromatiques de vanille, de benjoin et du Pérou, qu’il est parvenu à décolorer, eu leur conservant leur odeur suave : ce résultat mérite d’être cité favorablement.
- /
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- V.-
- OMISSIONS.
- Suite du rapport de M. PouiUet, omis page 5x.
- MACHINES A PAPIER.
- MÉDAILLES D’OR.
- ML Chapelle > à Paris? rue du Chemin-
- Vert, 3.
- Pour fabriquer le papier à la main , il faut passer, par une série d’opcralions qui exigent de Sa part des ouvriers tant d’habileté, tant de justesse, et des soins si variés, qu’il a été bièn permis de douter pendant longtemps qu’il fût possible de faire du papier avec des machines. Mais, depuis quéiques années, le doute n’est plus permis 5 ïa mécanique a triomphé "de toutes les difficultés, et la réforme est maintenant accomplie, car il n’y-a pas un seul pays do l’Eu-ropé ou de grandes et belles machines , semblables à celles que nous avons vues à l’exposition, ne fassent une très-redoutable ‘concurrence à la plupart des papiers qui se fabriquer.! à la maso. M. Chapelle est, parmi nos habiles ^mécaniciens,-celui qui a-peut-être-le plus contribué à cette complète réforme dans la papeterie, soit par le nombre des machines qui sont sorties de ses ateliers depuis quatre ou ;cinq ans, soit par l’importance des perfectionnements qu’il •a-su y introduire. Exclusivement, livré .à ce. genre de fabrication^ ii y a acquis une incontestable supériorité.
- • Le jury, décerne 4 M. Chapelle une médaille, d’or.
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- 526 ter.
- M. Koechlis (André), à Mulhouse (Haut» Rhin).
- M. André Rœehlm ayant obtenu une nouvelle médaille d’or pour l’ensemble des produits qui sortent de ses ateliers, nous ne rappelons ici la machine à papier qu’il a présentée à l’exposition que pour assigner à cette machine le rang très-distingué qu’elle mérite pour sa bonne cons* traction.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Sakgfort ©t Vârral ç & héiriSe
- L’établissement de MM. Sangfortet Varral compte déjà plusieurs années de succès : ils se livrent presque exclusivement à la fabrication des machines à papier, cylindres» presses, roues hydrauliques, et tout ce qui tient à la papeterie ; on doit à ces messieurs plusieurs modifications intéressantes j ils fournissent annuellement, en France et à l'étranger, un assez grand nombre de machines à papier d’une très-bonne construction.
- Le jury décerne à MM. Sangford et Varral une médaille d’argent.
- M. Dürieüx , à Belleville, rue des Mou» lins, 16,
- M. Durieux présente, à l’exposition, des formes et des papiers fabriqués à la main, portant des filigranes d’un caractère particulier dont il est l’inventeur. Les filigranes clairs, qui marquent la feuille au moment où elle se fait,
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- sont depuis longtemps employés par les fabricants, soit pour distinguer dans le même établissement les papiers de différentes espèces, soit pour distinguer les établissements eux-mêmes les uns des autres. On a voulu aussi quelquefois en faire usage pour donner au papier une sorte de timbre originel qui en empêche la contrefaçon ; mais c’e9t un moyen de sûreté peu efficace, tant il est facile d’établir sur une forme les filigranes clairs les plus précis ou les plus compliqués. Les nouveaux filigranes de M. Durieux sont d'une tout autre nature : il en a en lettres simplement opaques, en lettres opaques et ombrées; enfin il en a qui représentent des figures ou des bas-reliefs parfaitement modelés, des paysages, des monuments, etc., etc. On ne peut pas dire sans doute que ces filigranes, si habilement exécutés, soient tout à fait inimitables, et qu’ils présentent des garanties certaines; mais, du moins, la contrefaçon en est rendue à la fois dispendieuse et difficile. Cette nouvelle invention de M. Durieux mérite donc beaucoup d’intérêt, et îe jury lui décerne une médaille d’argent.
- CARDES.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Malmaeet , a Lille (Nord).
- Le jury se plaît à reconnaître que M. Maimazet s’est rendu de plus en plus digne de la médaille d’argent qui lui fut décernée à l’exposition de 1834 pour ses cardes dé toute espèce, et il en fait le rappel en sa faveur.
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- TABLE DES
- rai
- TROISIÈME COMMISSION.
- MACHINES ET USTENSILES AGRICOLES.
- PREMIÈRE SECTION.
- g Ier. Machines à élever l’eau................. .
- g 2. Soufflets ................................
- g 3. Garde-robes hydrauliques.. ...............
- g 4. Appareils de filtrage.'...................
- g 5. Outils de sondage. • ;....................
- g 6. Sur la machine à broyer les bois de teinture g 7. Lampe de sûreté nouvelle..................
- 5
- 15
- 10
- 10
- 21
- 24
- SECTION ir. <
- Machine pour fabriquer les, tissus, fabrique à.tisser, peignes, , ; cardes. *>.•. *. •* •... » ^ r* . * ••• •. »« . v» ^30
- - * v ^ t . t . (
- SECTION III.
- _ . . ^ • ’ r
- Grands mécanismes......................................... 51
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- SECTION IV.
- Machines et mécanismes employés pour les constructions navales, hydrauliques et civiles............................. T 8
- § 1er. Constructions navales............• ...........’.... 81
- g 2. Constructions et machines hydrauliques................. 90
- g .3. Barrages des rivières................................. 91
- g 4. Constructions civiles.................................. 95
- g 5. Chemins de fer et routes ordinaires.................... 99
- SECTION Y.
- g 1er. Outils, machines-outils, petits mécanismes........... 104
- g 2. Outils................................................ 124
- g 3. Carrosserie............................................ 146
- g 4. Serrurerie............................................ 154
- g 5. Serrurerie de précision............................ 161
- SECTION NI.
- INSTRUMENTS ARATOIRES.
- g 1er. Établissements ou ateliers de construction, d’instruments
- aratoires et charrues, extirpateurs, herses, etc......... 169
- g 2. Des semoirs........................................... 184
- g 3. Des faux et faucilles............................... 186
- g 4. Des machines à battre............................ 192
- g 5. Des tarares, moulins-cribleurs, greniers mobiles et appa-
- ' reils de conservation des grains.......................... 195
- g 6. Moulins, machines à broyer, écraser, pulvériser, couper, etc. 201 g 7. Pressoirs, machines à exprimer le jus, les huiles, etc.... 205
- g 8. Industiie séricicole................................... 207
- g 9. Ruches d’abeilles,..................................... 210
- /
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- 529
- SECTION VII.
- INDUSTRIES AGRICOLES.
- Féculeries, amidonneries, distillation des vins, des essences et des eaux aromatiques, clarification des vins, bluteries, farines,
- pétrins mécaniques, machines a fabriquer les pâtes....... 211
- § 1er. Féculeries. ......................................... 212
- § 2. Pétrins mécaniques. ................................... 218
- § 3. Presses à vermicelles, pâtes d’Italie et panification.. 220
- | 4. Clarification des vins................................. 222
- QUATRIÈME COMMISSION.
- DES INSTRUMENTS DE PRECISION ET DES
- INSTRUMENTS DE MUSIQUE.
- / ‘
- PREMIÈRE SECTION.
- Horlogerie § 1er. Horlogerie de précision S 2 Pendules. - .. . 224 ... 226 ï . . -232
- $ 3 Horloges publiques § 4. Horlogerie de fabrique • r* ... 239 .... 244
- SECTION IL
- ’ “ - % ’-r ; ’-i •, ** HT
- § 1er. Dynamomètres, grandes balances et mesures de capacité. 249 g 2. Balances de précision et instruments de physique divers.. 258 $ 3. Baromètres, thermomètres, instruments divisés sur verre, aréomètres.......................................... 26.4
- T. II.
- 34
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- 530
- $ 4. Optique..........................................
- $ 5. Instruments divisés..............................
- § 6. Globes terrestres et célestes, machines planétaires.
- 268
- 278
- 287
- SECTION III.
- Éclairage.......................................................... 289
- Première catégorie. Éclairage public spécial....................... 293
- Deuxième catégorie. — Éclairage domestique......................... 296
- * SECTION IV.
- Arquebuserie
- 312
- SECTION Y.
- Instruments de musique.................................. 327
- § 1er. Instruments à cordes................................ 330
- § 2. Instruments à cordés et à archet...................... 348
- § 3. Instruments à vent................................... 365
- § 4. Instruments à vent en cuivre.......................... 359
- § 5. Instruments acoustiques............................... 372
- § 6. Cordes d’instruments de musique....................... 373
- g 7. Cloches, timbres..............1....................... 375
- § 8. Boîtes à musique.......................,.............. ib.
- § 9. Appareils d’acoustique................................ 376
- CINQUIÈME COMMISSION.
- PREMIÈRE SECTION.
- Chimie....
- 377
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- 531
- g i«'\ Acides, alcalis, sels et autres produits chimiques. 378
- g 2. Préparation et conservation des substances alimentaires.. 402
- 5 3. Savons...................................*...........417
- g 4. Colles..............................................423
- g 5. Cires à cacheter.................................... 427
- g c. Pains à cacheter......................................430
- SECTION TI.
- Sucres et fabrication des couleurs, vernis, etc.
- g ie>.. Sucres............................................ 433
- g 2. Couleurs, vernis, peinture, encre d'imprimerie, cirage... 4 48
- SECTION III.
- Éclairage....,............................................ 47 i
- FIN DE LA TABLE DU DEUXIÈME VOLUME.
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TOME 3
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- EXPOSITION
- DES PRODUITS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE.
- RAPPORT
- DU JURY CENTRAL
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- en 1839
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- .Imprimerie de L. Buuciiard-IIuzakd, rue de l’Éperon, 7.
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-
- EXPOSITION
- DUS PRODUITS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE EN 1830.
- RAPPORT
- DU JURY CENTRAL.
- TOME TROISIÈME.
- t
- PARIS,
- CHEZ L. BOUCHAUD-HUZARD,
- rue de l’Éperon, 7.
- M DCCC XXXIX.
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- RAPPORT
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- ;, ; SUR LES PRODUITS •
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- DE .L’INDUSTRIE FRANÇAISE ,, ,l,
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- en 1839.
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- SIXIÈME COMMISSION:
- K-ooin*^ jï?o $
- i-ïOpnnonotvA h> îüooi
- .'r'.'T-’K” - '''Oi’ >0 y.ï:-’‘ij j / i; ; -y £ Jr-ïi s*i'| ’îiU'S'
- BEAUX-ARTS.
- 1 ? j f'* «': : » ?c,/ >> jf* -»£;:* h* *5 * / * -".K 1/
- : ji 5 MM. Fontaine, président, Bëutlin, Blânqui,1 Brdiignfeÿt,^lih-,;> Delaroche (Paul),ALaborde ( Léon de), Renouard et Sallandrouzel5.
- ijo -,:î; ; uül.:h' ' Y’’-. i'.î’iil'- Yi Av ’VvY'h 'Ai
- 1 ... .
- \ii ’.-roh liîs AhA iil \A ’USOZ Otinhfiti
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- PEINTURE S,UR5 VERRE ET EN VITRAUX DE COULEUR.;
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- 'OjSIPiU'.'H S S i üï< JSUOÀ ''!:T‘i:XUl>îîi fcfSOyofü ?'>Jj
- , M. Brongniart, rapporteur.* ' ,. , ., :
- ;'4 ; ’t : l •/, ? î iT fr"U.U'j f); .* *ïUŸf V, ,? fl SV U H H C >:*> Ti^f
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- ; ’* r ;1 •- 'Çôrisidérattonà l*gériëràîéè\< J)i ! "J
- -•» :-iii\ïv fe'Ui'H,'; i jfOn'IO'Ui.'v';'Ü 'ï*>}Oi>?‘Viq ’Hi
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- ‘ Il'yia^ dans Uexéciition des pièces en vitraux de couleur et*en verres peinls/dëuxAconsidërations très-importantes à1 établir/et a* séparér biën nettement A
- ' f ; f f •
- - L’une est relative à! l’indüstrie' proprement dite y
- ••J/»'? Ki> r.‘Ti.r>/S
- A-jÜAüA ’Tik» b hè”
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-
- à ce qui se puise clans les procédés chimiques et mécaniquesV à ce .'qui ,* une fois découvert, peut se communiquer, à ce qui seul, peut permettre d’éla-blir d es prix permanents et en rapport réel avec la perfection de l’industrie ; cette considération s’ap-plique , dans les vitraux , aux* qualités ' du verre blanc, aux couleurs vives et variées des verres colo-
- 1 J 1 ,
- rés, aux couleurs d’application, à leur variété, leur puissance, leur solidité, aux moyens (l’exécution des différentes décorations, aux procédés de cuisson, et enfin,aux moyens de réunir adroitementj solide-
- r* r . . / -f J | £ Jr ^ i
- ment et économiquement, les pièces "qui composent une fenêtre en vitraux colorés et peints.
- Le second point à considérer consiste dans la composition artistique;;des vitraux ,, danSf l’entente de l’effet qu’on i doit leur faire produire, en rmvo/2 de leur place, et dans leur exécution plus ou moins parfaite sous le rapport des arts du dessin.
- Les premiers résultats tie peuvent êtrè àtféintsque par des moyens industriels constants et transmis- * sibles : ils ne doivent pas avoir été obtenus par des efforts et des sacrifices momentanés, faits dans le but
- „ .'7 . » ' J . * ; < '7 V. \ i * * ; :> VV v ' 7 ’ •
- de présenter transitoirement des pièces remarquables qu’on ne serait pas;maître çle recommencer.
- bjans.le seeoncl cas, les qualités et le ;succès sont absolument passagers;, ils .dépendent des secours que le fabricant peut allerj chercher .momentanément près des plus habiles artistes compositeurs ou exé-
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- i
- cutéurs, et dans les sacrifices qii?il; consent à faire, soit' p6ur présenter à l’exposition un beau tableau, soit pour satisfaire un riche amateurl * 1 il-
- La commission n’a pu admettre que ces qùalités
- * i ; * C • v -
- transitoires dussent entrer en liceavécles moyens industriels ; elle a pensé que le choix dés artistes les plus habiles et les sacrifices pécuniaires lés plus grands, dans l’exécution d’un vitrail, seraient insuffisants; si! ^industrie rie fournissait à ces habiles
- * J * * • i. * *
- compositeurs et exécuteurs les - verres; lés couleurs, et les moyens de cuisson, qui constituent; de beaux et solides vitraux. : u s . "4 * '
- î ; • ; ‘ <
- Elle a conclù^de’ces considérations que , pour mériter une rëcoriipensë industrielle, il rie suffisait pas qu’un vitrail fût -béaii , corivenablërnent- coin-posé, et meme bien exécuté, sous le rapport de l’art et de ïe'poque h. laquelle on veut le rapporter, mais encore qu’iL était ^nécessaire qu’il yeut de la part de l’auteur ou de la fabrique qui le présentait, quèlqriè chose'dé neuf, soit dans les verres teints , soit dans les-couleurs* d’application, 'soit dans les procédés d’exécution , soit enfin dans les moyens de cuisson, de miseeii plomb, de monture , etc., etc.; c’est sous ce rapport que les commissions ,réunies
- dés beaux-arts et des verreries ont dû examineriet
- •*
- juger lés vitraux préserités à l'exposition.' ^ 1 ; M ; *
- Les vitraux teints et peints qui ont été exposés peuvent donc etre ranges dans deux categories :
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- 5. />
- peux où domine.,la partie sirtdustmlh,.4®,. peinture sur verre, et nous y rangeons dans l’ordre de mérite, mais souvent, à des: distances très** grandes s . , . ~ ?
- MM. Bontemps et Lormier de Choisy ; -
- M. Billiard, de Paris : : *•. . . ; ,
- . ;MM. Marrel et compagnie, de Chatou p . M. Wicklund, vitrier de Paris.,, si j2° Ceux daps desquels la partie,: artistique est dominante et qui ne présentent rien de remarquable .sous.le ^rapport industriel, ce, sont,; % ,..., ;
- M. Thévenot, de Clermont:
- , MM., Marchai et);Gagnon, de Metz. t: Hpus,allons .examiner,les productions, de cps exr posants .dans un autre ordre, dans celui des .distri-.butionsaccordées. : j . ;v . ,, * „
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- *•>! h-, ii mT^fltîJtïîP.U -.y !.v." ; 7’ \ ]'» y;u Î
- k ^ i 'S i ,
- »d • 7 ^ i " MÉDAILLE D’ORE S '• ^ a
- f•!} Ji.5p ‘J'.Mr.’iiis;! S H.; oo -»h i'n'vf
- tMMé Bontemks et Lprmier, proprietair.es et diiiecteursiide, la j<yërrerie ide Ghoisy,- it,
- : r t J- ‘ '5 •. î , .
- ’M Iis paraissen t* avoirf rempli pàrfaiteiheh t 'toutes les? <con-* ditions" énumérées5 dans' la premièrefconsidéràtionVllsfont pour eux, et: livrent' auj ’compiercedu*verre blanc assez bien approprié: à la peinture sur verre .par sa dureté pt son épaisseur. Ils ont présenté une palettp dçvenreç teints qui, par la yariétésde ses, tons, la richesse de quelques-uns,' est un des.plus complets cl des plus riches assortiinénls de
- « % ;f"s * ’* -'4îw‘ î') o j ; ï'j i» vi t ? i}‘ ».[ f S» «
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- verres de couleur que nous ayons encore vus en France et peiit-êtrc même en Bavière, où cettevariété de tons a été portée si loin. Quelques-uns de ces verres de couleurs sont doublés, ce qui permet de varier les effets au désir de l’àiv tiste le plus exigeant. ’
- 1 Ils n’ont pas présenté de palette séparée de couleurs d’application , mais l’execution des figures et des ornements qui entrent dans leur exposition; èn montrant une grande variété de couleurs et de tons, fait voir que cette verrerie n’est pas moins riche en couleurs de moufle ou d’application qu’en verres teints. - *
- La manière dont MM. Bon temps et Lormier ont mis en pratique les moyens î industriels qu’ils possèdent et qu’ils fournissent à toutes les personnes qui veulent établir des
- ateliers de peinture sur verre indique une très-bonne en-tente de l’emploi de ces moyens; mais lors même qu’il fût médiocre, que leurs figures fussent mal dessinées, que leurs ornements fussent^ de' mauvais"goût,*cëla 'ne leur ôterait rièn' dé leur mérité industriel; nbüs leur dirions : Faites quelques sacrifices pour T exposition, adressez-vous à tel artiste qui à dans ce moment là vogue cômmé compo--sileüi* d’ornements, à‘tel 'habile’ peintre qui entend, en outre, l’effet qu’où doit demandèr à des vitraux/' paÿêzlé prix^ élève que ces compositions ét dessins vous coûteront, et vous satisferez, avec cette volonté etï de l’argent, toutes les exigences. t ' - ’ =
- 1 Dr nous lié pourrions pas dire la méme'ch’oséà la plupart des autres exposants,'car la manufacture de Choisy où toute aùtre'du même genre leur fournissant leurs moyens industriels, il nejleur resté que'le mérite dé' l’exécùtion
- a- -,-h
- artistique.
- 3»;^A
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- Outré ces piétés nombreuses et variées de‘peinture''’sur
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- .Y,erre, la manufacture deChoisy a exposé des verres à vitre, des cristaux blancs et colorés, des cages de verre dont un autre rapporteur vous parlera.
- Le jury, sur les avis réunis de la commission des beaux-arts et de la commission des poteries et verreries,.décerne à MM. Bon temps et Lprmier, pour l’ensemble do leur fabrication, mais plus particulièrement encore pour 'les vi-.Irau.Xrpeints, la médaille d’or. , ......
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- m: The vignot, cle Clermont.
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- • t .* ** : ? : . . '• < ^ * v . ' -
- 4
- mTl a ,co.mposé, exécuté etsoumis.au jugement du jury, des .vitrauximportants par lcurgrandcur et Içqr destination,: un seul de ces vitraux a été mis dans les salles de l’exposition, cela .suffisait ; le jury a pu aller voiries autres dans leur place, c’est-à-dire dans la condition nécessaire pour qu’on puissefjugçr plus.exaclement leur mérite; car c’en est un
- grand pour.les vitraux que d’être faits pour la place qu’ils doivent occuper. . »
- Ce sont trois vitraux qui remplissent les trois grandes fenêtres.du chœur de l’église de Saint-Germain-l’Auxer-
- i >«,• ; »j i * î - • ° !. ‘ ;,. i. i ' i - ;
- rois; ils ont dû être faits pour- s’accorder avec l’époque de la fondation de .cette, église, époque si bien établie, par
- lestylpde son architecture; ils devaient présenter et présentent, en effet, des ligures exécutées de la manière la
- - * * : . à
- plus simple, en, couleurs vives, pour les vêlements, mais dont les plisîet les mouvements peu prononcés ne sont indi-
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- - -4;..;. V. i:V>U H-- r-'i'J /Vil ! U l<\:
- qnés que par des ombres à peine, nuancées/en couleurs pâles, presque d’un seul Ion cl.sans aucun modelé-pour les chairs. Ces figures sont placées dans des,espèces.de cartel à fond bleu, cnclnisscseux-mèmes dans une mosaïque en quadrilles bleiis et rouges:, ;;K!vri(n M. . u ;; , Ces..vitraux sont,; par cette : simplicité ;et le style des figures,.appropriés au monument donl.il font partie, et,
- • par conséquent, à une époque où l’art .ne possédait pas tous les moyens qu’il a, acquis: depuis leur exécution, sous le rapport technique ou industriel, offrail.donc.ee qu'il y a de plus simple> et peut-être de plus facilec’est-à-dire des couleurs de verre, peu variées et que toutes les verrez ries peuvent parfaitement fournir, à,^exception du.rougej des couleurs de moufle,.réduites à quelques gris et à quelques brunâtres. La découpure des verres, le dédoublage fort rarement employé du verre rouge,,n’of frent,.pas plusque les verres de couleurs et les couleurs d’application , rien qui ne soit parfailcmenLconnu et qui ne puisse être fait par toute personne ayant la plus simple notion de l’art.
- Outre ces fenêtres ,-M..Thévenql -a ajusté toutes les fenêtres en vitraux de couleur qui ornent la chapelle de la Congrégation de la rue de Sèvres,, 105; il n’y ? a que des fonds mosaïques cf des ornements, et le travail du vitrier l’emporte sur celui du peintre sur; verre ; mais ce travail, dirigé par M. Thévenot a tout le mérite,d’ajustement, de style el d’effet que l’on pouvait désirer. . s : • Le mérite que peuvent avoir ces grands vitraux, presque nul.smsle rapport industriel^,consiste uniquement dans la juste appréciation duearactèrç des vitraux de l’époque à laquelle on s’est,reporté,-et/ par conséquent, dans la science
- * p * * *
- archéologique cl dans son hcurèuse application,,de la part delà personne qui en a fourni les cartons; cette personne
- v
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- est M. Thévenot. C’est un mérite tout historique et tout artistique. Or la section des beaux-arts adjugé que Mv Thévenot s’était soumis aux conditions de roideur des figures, ; d’extrême simplicité de tons, d’effet chrôinique des fonds, que la science archéologique lui imposait, et à déclaré que M. Thévenot avait complètement atteint]’sous le rapport artistique; le'but qu’il avait du se proposer.
- Quoique cette considération puisse paraître étrangère à l’objet de l’exposition des produits de l’industrie, lës commissions réunies des beaux-arts et de la verrerie, vu les efforts constants et les sacrifices-qu’a faits M. Thévenot pour faire revivre et répandre la peinture en vitraux, en se reportant à une époque où Vextrême simplicité du travail permettait de faire de l'effet par un mode d’exécution peu dispendieuse ; vu les grands travaux qu’il a exécutés avec succès, ont proposé et le jury a décidé de décerner à cet artiste5une médaille d’argents r>i ;îi’ * ï
- «i mi MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM/ Marchal et Gagnon, à Metz,
- y f t l i * ? i V > * - • » .y . v V a - . ' i
- ',U
- . : Ont exposé deux fenêtres représentant; l’une une Vierge «et l’enfant Jésus, l’autre un évêque vu de profil ; ces fenêtres ont, au premier aspect, frappé tout le monde par l’effet que produisent nécessairement de grandes figures lumineüscs sur un' fônd'brun'. Or il est aisé d’obtenir de pareils/éffêts para des oppositions si-tranchées, si crues* Mais n’y a-t-il pas autre chose dànsN ces vitraux que cette exagération d’effet5 si facile à produire par des-couleurs
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- sombres employées sous une for le épaisseur? C’est'ce que nous avons dû chercher, et ndus n’avons trouvé'ici, comipé sur lés autres vitraux, que dès verres de couleurs fournis par des vèrrerieis ét dés couleurs, de moufle connues et faites par toutës les personnes qui fabriquent; ce genre dé couleurs.
- ^ . - * • • ’ 4 5 f V «. * * . I ^ ^ ^ r
- Néanmoins, en exàminàùt de près ces deux fenêtres, dont la commission dès beaux-arts est loin d’approuver lé
- j , f _ ’ * i \ t
- dessin, le modelé et l’effet, noiïs àvofis remarqué dans les: tons et passages des carnations, dans les gants violets dé l’évêque une puissance et une vivacité de couleur .qui font présumer que les auteurs ont obtenu, par eux-mêmes, quelques nuances de couleur qui leur seraient particulières, ou qu’ils oht su tirer des couleurs ordinaires, qu’ils lés aient faites ou.qu’ils lès aient achetées, des effets aséez remar-qu'àbles. Nous pensons que, vü la grandeur de ces Vitraux," et la manière assez large, quoique très-finie, dont lés figures qui les composent dfit été' traitées, ile’st convenable d’encourager pai une"distinction ce nouveau centré de peinture sür verre. ‘ 1 ' ,
- Le jury5 accordé; en conséquence, à MM. Marchai ét Gagnon une médaille de bronze.
- Les chefs des ateliers dans lesquels les vitraux précédents, à l’exception de ceux de Çhoisy, ont été peints et montés, ont pris leur verre de couleur dans dés verreries a vitres, la plupart dans la verrerie de Choisy, et le ,verre rouge toujours dans nette Verrerie. Ils ont presque tous acheté leurs couleurs vitrifiables d’applicàtion chez MM. Du-' bois-Mortelèque, Colleville, etc.; habiles fabricants; de cette sorte de couleur. „
- II
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- art bien plus facile que celui de la peinture sur porcelaine, la composition et le dessin, qui peuvent être beaux, admi râbles même, s’ils sont, habiles artistes, ou s’ils veulent
- t s . . i * j '
- payer à des hommes habiles, le prix exigé pour de telles compositions, puis la cuisson et enfin la mise en-plomb. Or les moyens d’application, de cuisson et de monture sont tous à peu près les mêmes, et nous n’avons trouve quelques procédés, soit nouveaux soit perfectionnés, dans chacune de cès trois opérations de la peinture sur. verre, que dans les produits des exposants que nous allons citer. ....
- M< Billard, à Paris, rue Neuve-Ménilmon-
- tant, i5.
- Nous avons remarqué, dans l’atelier de M. Billard; des moufles en fonte bien construites, un emmouflement et une conduite de feu qui lui permettent de cuire avec sûreté., et économie de très-grandes pièces de verre, du genre de décoration qu’on appelle,de la mousseline. Cet exposant a présenté, d’ailleurs, un assortiment de couleurs d’applica-, lion qui nous a paru varié et assez complet, offrant des tons assez beaux, qu’on n’obtient pas toujours facilement.
- Ènfin JV1. Billard, par quelques, procédés d’impression , par une coupe intelligente des verres, par une cuisson bien ménagée, sous le rapport de l’enunouflemcnt et de la conduite du feu, est arrivé à établir, des fenêtres à un prix aussi modéré que le comporte le mérite du.dessin et de la com?; position. , i , :
- Le jury, sur ces considérations, décerne à M. Billard une médaillé de bronze.
- ' t * V V . • 4 ' ' ' ' ”
- MM. Marrel et cxe, à Chaton. ;; ;
- V " >
- 11 s’csl élevé depuis peu à Chalou un établissement con-
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- sidérable de décoration de verres, et principalement de vitrage en couleurs vitrlfiablcs.
- Cet établissement, sous la désignation de société des vitrifications de MM. Marrcl cl compagnie, a mis à l’exposition trois fenêtres en vitraux peints, l’un avec une figure de saint Paul, qui nous a paru rendue avec la simplicité des vitraux les plus anciens, mais avec une perfection qui;, sans être en opposition avec cette simplicité, est en rapport avec l’époqüc de l'exécution, et deux autres fenêtres principalement en ornements divers, les uns en blanc dans le genre que l’on appelle mousseline ou dentelles, les autres en couleurs diverses. Les unes cl les autres sont exécutées avec une perfection et uuepurelé qui, jointes au bas prix de ces ornements, font tout de suite présumer qu’on n’a pu remplir ces deux conditions que par des moyens mécani-, ques; ces vitraux sont donc de vrais produits dune industrie perfectionnée.
- En effet, l’un de nous a visité eu détail la manufacture de MM. Marrel et compagnie; il a été frappé de la grande échelle, sur laquelle elle a été construite, de la. disposition commode et grandiose des ateliers, des.moufles de cuisson , au nombre de sept, des magasins et des galeries de montage et d’exposition dés vitraux tant en exécution que terr minés. , ^
- Quoique celtefabrique ait encore mis peu de choses dans le commerce (elle a garni de verres eu mousseline et tulle les salles du restaurant des,Frères provençaux, celles d’un autre reslaiurant, faubourg du Temple, et quelques maisons particulières), elle a beaucoup travaillé; sou magasin renferme pour environ 5,200 francs de vitres décorées et prèles à être livrées cl elle avait vendu pour 800 francs. Loin de présenter ses produits comme des essais, elle les
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- présenté comme des échantillons parfaits dé ce qu’elle fabrique habituellement.
- Le nombre des person nés qu’elle emploie est bien peu considérable; mais les procédés qu’elle suit, pour faire en verre péint toutes sortes d’ornements, depuis les plus simples jusr qu’aux plus composés, sont si exacts et si expéditifs,{que ces personnes suffisent et suffiront longtemps à ses travaux.
- La description de ses procédés exigerait des détails qui ne sont point dans nos attributions ; il nous suffira de dire que l’un de nous a vu décorer deux grandes vitres ornées d’un fond de tulles des plus compliqués, recouvert d’une broderie en couleur, à large1 dessin, et que cés deux opéré: (ions ont duré cinq minutes. Nous ajouterons que ces fonds de tulles et ces broderies faits par des procédés mécaniques, que les autres ornements terminés à la mainï, que tous lés accessoires enfin , présentent, une pureté de contour qui flatte la vue. L’établissement est en ine-siire d’établir depuis le vitrage d’appartement et de salles de réunion, destiné à être vü dé près, jusqu’à des .vitraux d’église qui doivént de loin faire un effet convenable. Les vitres ornées en plein sont portées suivant leur, richesse depuis 1 franc jusqu’à 3 le pied carré; la fenêtre dé Saint-Paul est de 500 francs. ‘
- Cet établissement ayant offert l’exemple d’une création tout à fait,industrielle, dans lequèl on peut faire tout ce que l’art demandera, le faire bien, beau et digne de ce siècle, suivant le talent de l’artiste qui conduit, lés travaux, enfin les faire bien et à un prix très-bas;
- Le jury, décerne à MM. Marrcf et compagnie une' médaille de-bronzé.
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- MENTION HONORABLE.
- M. Wirluisd, à Paris, rue Saint-Honoré, 99.
- Un vitrier de Paris, M. Wiklund, a annonce qu’il avait un procédé de mise en plomb cl de monture qui permettait de monter des vitraux avec plus de solidité, et eu même temps avec une assez notable diminution de prix. Nous nous sommes assurés de la réalité dé son assertion non-seulement en examinant les pièces qu’il a mises à l’exposition, mais encore en faisant visiter son atelier par le chef de l’atelier de peinture sur verre de la manufacture royale de Sèvres. ...
- Ce procédé consiste,
- 1° Dans la réduction à une seule opération des opérations ordinairement successives du soudage et de l’étamage des plombs; - . 1 ; ' f '
- 2° Dans l’emploi d’un fer cylindrique pour le soudagej et dans la manière de s’en servir; . , 1 r
- 3» Dans l’invention d’un instrument qu’il appelle tour-
- nette, et qui est un diamant propre non-seulement à cou-
- f • * * '
- per le verre, mais à le découper suivant les contours des ornements et figures à mettre en plomb. ; :
- Il paraît qu’avec ses procédés de soudage, d’étamage et de découpure du verre, M. AViklund peut monter, au prix de 4 à 5 francs le pied carré, un vitrail aussi compliqué que ceux de la Sainte-Chapelle. ,
- Le jury pense que M. Wiklund est digne, pour ces inventions, d’une mention honorable.'
- 0
- TOJ1E III.
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- SECTION IL
- BRONZES ET BILLARDS. M. Sallandrouze, rapporteur.
- BRONZES.
- Considérations générales,
- L’industrie des bronzes mérite un sérieux examen.
- Il n’est pas sans intérêt de suivre la marche de cette industrie, dont nous retrouvons lès traces dans la plus haute antiquité. Le bronze fut en usage chez les Hébreux, les Égyptiens et les Grecs; à Rome, on le retrouve en bas-reliefs sur les portes des temples, eh statues sur les places publiques; il devient le. dépositaire des lois : on le nomme le métal sacré ; puis il disparaît tout à coup avec la civilisation romaine pour reparaître à cette époque de renaissance des arts où Donatello, Ghiberti, Benvenuto lui confient les titres de leur grande renommée.
- C’est seulement vers 1624 que le bronze se naturalise eh France. Louvois établit alors les fonderies de l’arsenal; bientôt, vers la fin du règne de
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- Louis XV, Gonthière invente là dorure au m'at : le bronze prend lin nouvel1 essor, il devient un objet de luxe et d’ameublement ; ses progrès, en ce genre, sont rapides : la fabrique de bronze envoie à l’exposition de 1806 des produits qui la placent éü premier rang; depuis cetté ëpoquê, cette industrie,; toute française, ne connaît pas de rivale.
- • La fabrique de Paris produit annuéllement une valeur de vingt-cinq millions de francs et occupe 6,000 ouvriers ou apprentis qu’on peut ainsi repartir :
- Ouvriers fondeurs. . . , . V . 800*
- Tourneurs. . . . . . . . j . 600
- Monteurs ajusteurs. . . ... * 1 >800
- Doreurs, argenteurs, vernisseurs, metteurs au vert. . i * . . . . / 600
- Ciseleurs . . . . . ; . . . Sculpteurs modeleurs. . . . .; :v Ouvriers divers, hommes de peine. *
- 1,200
- 600
- ; ":£
- J v 6,000
- Voici les données sur lesquelles nous déterminons le nombre des ouvriers employés, en prenant pour base le chiffre de la production :
- Nous avons estimé le chiffre annüel dii commerce des broiizes à. . . . . . . 25,000,000 fr.
- Déduisons le bénéfice commër-
- ciai, estimé à 15 pour 100, reste à. 21,230,000
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- L’emploi d’or, valeur in tri usé-que estimée à un seizième, reste à 17,691,067 La valeur intrinsèque du cuivre, estimée à un seizième, reste a. . 14,959,723,
- L’horlogerie, les marbres, les cylindres, estimés à 2,000,000 f., reste à. . . , . T , . . 12,959,723
- Bois, charbons, sables, outils, chauffage, éclairage, estimés 1,000,000 fr., reste à. . . . 11,959,723 î
- Impôts, patentes et loyers, estimés à 500,000 fr., reste à. 11,459,723
- Les frais de modèle et bénéfice de fabrique, estimés à 25 pour " »
- 100, reste à. . . . . v . 8,594,793
- Et 6,000 ouvriers à 4 fr. par jour, journée moyenne, donnent par an de salaire. .. ,. .. . . 8,400,000
- Les principaux marchés sur lesquels les bronzes obtiennent faveur, sont l’Angleterre, la Belgique, l’Italie, l’Allemagne, la Russie.
- En présence de ce chiffre de 25,000,000 fr. de produits et du mouvement d’exportation qui en est la suite, si l’on considère que l’industrie,des bronzes se trouve répartie, à Paris, entre 200 ateliers, il devient évident que cette industrie tend à pénétrer dans les fortunes moyennes et à devenir un objet
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- de consommation ordinaire; c’est là que. sont le secret de sa fortune et la garantie de son avenir!
- N’est-on donc pas en droit de s’étonner que cette fabrication ne se montre pas à l’exposition sous ce point de vue, ét .que la question industrielle y soit presque entièrement sacrifiée aux produits d’art ou aiix produits de luxe?-
- Si l’on examine, en effet, avec quelque attention les bronzes exposés, on est amené à la nécessité de les diviser en trois catégories distinctes. .
- La première, catégorie comprendra la fonderie et les bronzes d’art. Nous jugerons les .bronzes d’art sous lé point de vue industriel; - ‘
- ; Ges bronzes, qui sont à proprement parler des éditions- d’œuvres d’artistes, sans aücürie prévision d’emploi, conservent, entré les mains dès fabricants^ leur caractère primitif; admis sous ce caîactère à l’exposition des arts, ils se sont adressés à leur public età leurs juges : leur rôle sest donc àccô'mpU en ce sens dans les salles du Louvre èt se neutralise en partie dans céllès dé l’exposition de l’iridustrié où ils viennent chercher un autre püblic et d’autres
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- juges; • ' 1 5‘ ! : v • *
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- - Là5 deuxième catégorie comprendra lès bronzes de luxe etd’amèublement. La question' ici se prë^ sénté toute différente : ces bronzes doivent, en effet, se juger sous le double' point de vue qui leur est
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- propre, de l’industrie manufacturière et de l’art industriel. ,
- La troisième catégorie comprendra les bronzes de manufacture qui s’adressent à la consommation moyenne. Il convient de signaler ici une lacune qui nous semblé méritér toute l’attention du jury cen-tral. Dans la première et la seconde catégorie, aucune des maisons qui pouvaient honorer cette industrie n’a manqué à l’appel, tandis que la troisième , la plus importante, la plus fécondé en résultats, en influence, y est à peine représentée. N’est-ce pas l’occasion de combattre une idée qui, malheureusement, semble avoir pris faveur parmi les industriels ? C’est que les objets expôséxdahs les salles de l’industrie doivent être produits en dehors de la fabrication journalière. Aussi la plupart des fabricants de bronzes, qui fournissent à la cqnsoirf-mation moyenne, ne se jugeant pas suffisamment artistes, se sgnt fermé volontairement les portes. de l’exposition, quoique , ce fut à titre d’industriels qu’on les y avait, appelés. C’est à ce titre, surtout, qu’ils ont droit de fixer l’attention du jury et de réclamer, son jugement.. ;î i * ï
- La prospérité de l’industrie des bronzes reposé sur l’emploi des procédés et sur la division du tra-yail; cependant, tout en signalant les; résultats et les grands avantages (de la science de la mise en œuvre,.nous sommes bien loin de vouloir prohiber
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- l’art en matière d’industrie ; l’art ne doit être qu’un des moyens actifs de la solution de la première partie du problème posé : perfection dans le produit,* mais il ne faut pas le séparer de l’exécution industrielle. Cette heureuse alliance n’est point une utoi pie impossible à réaliser. On en est convaincu,' en voyant les belles formes des vases étrusques, l’élégance des candélabres, grecs, toute cette beauté* tout ce bon goût des choses d’usage qtii touchaiènt à la vie. privée ; en rétablissant par la pensée le nombre des produits qui nous sont arrivés épars et incomplets, nous voyons combien le domaine de l’art était vaste dans l’antiquité, et si nous passons sous silence l’industrie des xve et des xvie siècles, c’est qu’elle était une industrie princière tout à fait appropriée à l’état socialexceptionnel de cette
- . * ' < i * x . •• * 4'-'
- époque.
- Puisque l’art -est utile au point de irmltiplier nos jouissances industrielles, puisque d’ailleurs on peut y atteindre sans excès de dépense, il fautle démander à l’industrie; il faut qu’elle s’y soumette, meme dans ses œuvres populaires. • ; ;
- En attendant ce résultat désirable, nous devons signaler les progrès faits depuis cinq ans par l’industrie des bronzes, sous le point ’ de vue ae l’art et dans la voie nouvelle qui lui avait été [signalée.
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- Dans 1!état actuel de cette industrie, et sauf un petit nombre d’exceptions, les fabricants ne-fondent
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- pas le mêlai, ils remettent leurs modèles à des fondeurs qui exercent spécialement ce genre d’in-dùstrie.
- - Le patronage sous lequel les artistes ont pris la fonderie depuis quelques années a été , pour cette dernière, l’occasion d’un progrès remarquable sous le.rapport de la perfection dans les produits; mais, pour se faire une juste idëee de l’importance nouvelle de la fonderie, il faut visiter les grands travaux , les monuments exécutés par MM. Soyez et Ingé, que le jury n’a pas hésité à placer au premier rang./ •*
- § 1ci'. FONDERIE, BRONZES d’aRT.
- MÉDAILLÉ D’OR.
- MM. Sovez et Ingé, à Paris, rue des Trois-
- ; * *
- !• Bornes, 28. . - i
- - En jugearit l’exposilion de ces hardis fondeurs, on peut apprécier le bon goût qui a présidé au choix des modèles, le mérite et le fini de l’exécution; mais, pour être mieux informe de la valeur réelle de cés fabricants, il. faut penser que, chaque jour, ils s’éloignent volontairement de la production des petits bronzes pour se livrer de préférence à la fonte des grands morceaux; nous rappellerons ici, comme ils l’ont fait ëux-mémes sur leur tableau d’exposition, les magnifiques travaux par lesquels ils se recommandent le plus à l’attention du jury.
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- Nous citerons la statue colossale d’Emmànuel-Philibert, un christ de Marochclli, le chapiteau delà colon ne de Juillet, la plus grande pièce qui ail été fondue d’un seul jet pesant 10,000 kil.. d’une circonférence de plus de 80 pieds et n’ayant que 4 lignes d’épaisseur.
- -Le jury, considérant la véritable importance des travaux de MM. Soyez et Ingc, leur décerne une médaille d'or.
- NOUVELLES MEDAILLES D’ARGENT.
- MM. Richard, Ecre et Durand, à Paris, rue des Trots-Bornes, if).
- Parmi les belles productions de ces habiles fondeurs, nous signalerons particulièrement , comme travail admirable de/fonte, le bas-relief dc M. Triqucli représentant la famille de Thomas Morus, les chambranles de la porte de la Madeleine, le grand vase à deux anses qui présentait au moulage des difficultés réelles si victorieusement surmontées. . . .. j , / ;
- Le jury, trouvant réunies, dans celle importante exposition , perfection de produits, exacte reproduction des modèles au moindre prix possible, décerne à MM. Richard, Ecke cl Durand, une nouvelle médaille d’argent.
- M. Quesnèl, à Paris, rue dès Amandiers-Popincourt, 22.
- Les produits de ce fondeur sont nombreux à l’exposition : nous signalonsoômmc plus dignes d’attention La Napolitaine de l)antan, !
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- <L?ImproYisateur de Duret,
- -, Le .Génie de lâ chasse de,Debay., ^
- • Nous parlerons* avec moins d’éloge/d’un candélabre-jet d’eaUi Son résultat de fonte nous a paru moins satisfaisant; mais en ces sortes de travaux, c’est juger s.témé-rairementque déjuger d’une manière absolue les produits, sans avoir égard au modèle qui a servi de point de départ et qui, peut-être, avait déjà quelque chose de cette indécision qu’on retrouve dans'le sürmoulé.
- En dehors des grandes pièces dont nous venons déparier, on peut encore remarquer la petite coupe de Benve-nuto, admirable produit de fonte, et un martin-pêcheur que M. Quésnel a eu l’heureuse idée d’exposer avec ses jets, tel qu’il sort du moule et soüs la couleur naturelle du Cuivre qui mon tre le produit .dans toutq sa vérité...
- Le jury, voulant récompenser les.constants progrès que M. Quesnel. fait faire à son industrie, lui décerne line nouvelle .médaille d’argent. , ; ; , :
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- i fi] ' V ^ î ' ' tU = ’ • V - >-
- M. Debraux d’Angluré, à Paris, rue Cas-3tiglione. ; >
- , h r/.i’-;*. * • • *! /r • ' /'* ' ‘u ?*'J * 3
- M. Debraux d’Angluré est, pour ainsi dire, éditeur de bronzes d’arts : le premier il est entré dans celte voie et la suit exclusivement.
- Nous remarquons à son exposition les deùx groupes de J.eckter, la réduction de l’Emmanuel-Philibert de Ma-rochètli, lé groupe des ours de Bary. , u
- Par le bon goût qu'il apporte au choix de ses modèles et
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- les soins qu’il donne à sa production, M. Debraux d’An-glure s’est rendu digne de la médaille de bronzé. . h *
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- § 2. BRONZES DE LUXE ET D’AMEUBLEMENT. .
- RAPPELS DÉ MÉDAILLES ï)’OÉ.
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- M. Denière, à Paris, rue d’Orléans, 9. ; ^
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- . ... f , ' .ùil .; ' -'l * J*. . . . ; .-!*>: ^ > î1 à-.i -"i
- Le jury de 1834 a placé M. Denière à la tête de la fabrication des bronzes : depuis la dernière exposition/ce fabricant a„fait de;constants efforts pour se maintenir au premier rang où nous le retrouvons encore aujourd’hui;
- Nous avons été. visiter, le magnifique établissement de M. Denière ; pour >nous rendre compte de* l’importance de sa fabrication : nous y avons trouvé deux cents ouvriers environ •, M. Denière nous a déclaré en occupera peu près le même nombre à l’extérieur. Seul entre tous les fabri-
- cants de bronze, il prend le modèlera son origine et complète som entière exécution dans Pin térièur de sés ateliers.
- Sa fonderie, dont le personnel est de quatre-vingts ouvriers, fournit ses produits àla petite fabricationj sesateliers de monture et de tournure sont en même temps aptes à la production des bronzes de luxe et des travaux de>prôcision. C’est ainsi qu’il exécute les échelles métriques pour le.ministère des finances et les étalons mesures de capacité pour
- le, ministère de d'intérieur.
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- .Son. exposition , par sa variété et sa richesse , i nous a paru donner une juste idée dé l’importance:réelle de sa
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- fabrication. Nous avons remarque particulièrement un grand plateau en style renaissance, un lustre à camées, un lustre à queue-,
- Une pendule d’un beau caractère;
- Un petit vase à animaux exécuté en manière d’orfèvrerie:
- ' - v . , ;.
- Un petit vase à diables en style grec;
- Enfin une coupe à têtes, chef-d’œuvre de ciselure.
- Ces diverses œuvres sont essentiellement distinctes par leur forme et leur mode de coloration; elles ont toutes, comme art, un point de départ différent) *
- Enfin nous avons retrouvé, dans l’exposition de M. Dc-nière, la haute expérience de ce fabricant, aidée par les efforts, constants de M. Denière fils, dont nous aurons probablement à récompenser bientôt l’intelligence et la capacité industrielle. i • ' •• •
- Le jury rappelle à M. Denière la médaille d’or dont il s’était déjà montré digne aux précédentes expositions.
- MM. Thomire, à Paris, rue Blanche, /|5. w
- MM. Thomire ont dignement soutenu la juste réputation que s’était acquise leur père dans la fabrication ‘des bronzes; leur exposition' en fait preuve et montré les progrès qu’ils ont fait faire à leur industrie depuis l’exposition ' de 1834. - -• •
- Entre toutes les pièces capitales qui nous ont »ôtô|prér senlées, nous avons remarqué ; ! 1 !";u-
- 1° Un grand candélabre, style renaissance, exécuté sür les dessins de M. E. Thomire : ce candélabre se distingue par la,hardiesse de la composition, le fini de l’exécution, la parfaite harmonie des détails; ,
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- 2° Un surtout de table qui nous a particulièrement frappés par son élégance efsa richesse : quatre figurines entourées de leurs attributs, représentant la chasse, la pèche, la-moisson et les vendanges, sont placées au-dessus d’une frise légère et ornent les quatre côtés du plateau; ces petites figures pleines de naïveté et'de grâce sont ducs à M. Cavelier, rorncmentalion est de M. Liénard.
- Une grande coupe, un lustre or moulu à enfants et chimères, orné de quelques cristaux, une pendule renaissance, une pendule Louis XV, se recommandent également par l’imitation vraie du style et la parfaite exécution.
- En un mol, le jury, trouvant réunis, dans la belle exposition de MM. Thomire, science de misé en oeuvre, soins minutieux d’exécution, hardiesse, nouveauté, variété dans les formes, rappelle à ces habiles industriels la médaille d’or dont leur maison s’est toujours montrée digne depuis l’exposition de 1806.
- . RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Ledüre, à Paris, rue d’Angoulême, 2D.
- • *-
- * -i. *
- M. Lcdure a exposé deux temples en style rénasisance, exécutés pour le roi sur les dessins de M. Viollct-Lcduc : ees deux temples sont convenablement montés et.ciselés; ils font honneur à M. Ledure, qui, du reste, a toujours occupé un des premiers rangs dans la fabrication, du bronze; u ’
- Le jury lui accorde le rappel dé la médaille d’argent.
- /
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- MÉDAILLÉ D’ARGENT.
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- M. Viteau, à Paris, rue Vivienne, 16. ,
- M. Yiteau a exposé une pendule renaissance exécutée sur les dessins de M. Harveuf,1 et sur les modèles de M. Klagmann : cette pendule sa distingue par sa forme et son originalité $ l’exécution'en est irréprochable, c’est même sous ce point de vue une des pièces les plus remarquables de l’exposition. ’
- Les plus grands soins ont été apportés à la monture et à la ciselure. *
- Le jury, estimant par cette preuve la bonne fabrication de M. Yiteau, lui décerne la médaille d’argenti
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. Chaumont et Marquis, Chapon, 2.3.
- * î , K u " - *
- à Paris,
- 5 . - ?
- rue
- M. Chaumont, par l’ancienneté, l’importance de sa fabrication, se place au premier rang dans l’industrie des Bronzes : entre autres objets exposés par ce fabricant, nous avons remarqué des candélabres style renaissance et une pendule or moulu représentant l’histoire,-Un grand lustre à enfants et chimères.
- Ces produits, d’une exécution moins soignée que les, précédents, ont cependant toute la perfection que comportent leur genre et la nécessité dclesélablir à des prix quii en facilitent la consommation., ; ; . < : > -
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- La fabrication de M. Chaumont; qui nous a paru dans de bonnes conditions de solidité et d’étonomie, lui mérite la médaille de bronze. -v ; ; «
- M. Serrurot, à Paris, rue de Richelieuj 89.
- M. Serrurot soutient la réputation que s’est acquise M. Galle dans la fabrication des bronzes.
- • 5 * ' - . * . ♦ / . ' . I * 4. ‘* i
- Entre autres pièces de son exposition, nous avons, remarqué , -
- Une pendule figure de vierge ;
- Une pendule à enfant jouant du chalumeau j
- Une grande pendule et deux candélabres or moulu style
- renaissance
- * . * ? ; v j t j ; r. > # : ^ : r
- Enfin un feu à levrette et à tête de loup dont le dessin nous a paru d’un goût pur et d’un bon style.
- Le jury décerne à M. Serrurot une médaille de bronze.
- § 3. BRONZES DE MANUFACTURE S’ADRESSANT A LA
- CONSOMMATION MOYENNE.
- ’ • : i * ‘ ^ : * •• •. c - ^ i
- MÉDAILLES D’ARGENT. ^ ^
- • j •• '• ^ V; * y ; : f,
- Mi Victor Paiilard, à Paris, rue de la Perle, 3. " ' ''"v ^-
- Les principaux produits exposés par ce fabricant-sont 1° Un grand candélabre qui, par sa forme.et son exécution, est la pièce éminente de l’exposition de M. Paillard: K , . ;
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- 2° Une pendule Vierge au chardonneret ; la figure duc à M. Feuchèreest d’une bonne manière de sculpture -, f 3° La petite pendule cariatide tout or moulu.
- Nous devons aussi signaler le fini d’un petit flambeau qui se recommande par sa forme, mais que son prix ne permet pas d’estimer à la même valeur que les autres articles de l’exposition de M. V. Paillard.
- Ces produits, appréciés au point de vue de l’exécution , sont tous également satisfaisants : la monture est dans do bonnes conditions de solidité et de pureté -, la ciselure est bien entendue, et l’on voit que l’esprit de la conservation du modèle a présidé à l’exécution du surmoulc; ces produits se peuvent d’ailleurs livrer à là consommation moyenne à des prix avantageux-, c’est par ce double motif que le jury considère l’exposition de M. V. Paillard comme une preuve industrielle qui témoigne de la capacité de son auteur, et lui décerne la médaille d’argent.
- M.Villemsens, à Paris, rue Sainte-A voie, 07.
- Il est facile de remarquer, dans l’ensemble des produits exposés par M. Villemscus, que la plupart d’entre eux s’adressent plus particulièrement aux églises. Ces produits sont, en général, d’une bonne fabrication mais la routine semble avoir consacré invariablement certaines formés «dont il serait heureux que le bon goût fit justice.
- Cependant le bas prix auquel ce fabricant est parvenu à établir ces objets nous a paru devoir fixer particulièrement l’attention du jury. x
- M. Villcmscns paraît avoir placé, non sans raison, toutes ses prédilections de fabricant sur une aiguière dorée
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- au mal, représentant le triomphe de Neptune, et dont il a donné lui-même les dessins.
- Plusieurs autres brouzes en partie modelés par ce fabri cantprouvent qu’après avoir obtenu en 1834.1a médaille de bronze, pour sa belle imitation de l’armure de François Ier, il s’est rendu digne, en 1839, de la médaille d’argent que le jury lui décerne.
- NOUVELLES MÉDAILLES DE BRONZE.
- M, Gagineau , à Paris, faubourg Saint-Denis, 17.
- M. Gagneau est en même temps fabricant de bronzes et lampiste : à ce double titre il a droit à nos éloges
- Nous citerons les pièces les plus remarquables de son exposition :
- 1° Une grande lampe suspendue à cinq becs $
- 2° Une lampe suspendue à un bec)
- 3° Une lampe à main à trois enfants ;
- 4° Une dite à trois figures, qui lui servent de piédestal. Ces quatre lampes sont toutes d’une silhouette agréable et d’un détail.précieux j la sculpture en est due à M.KIag-mann. Cependant celle à cinq becs nous semble très-char-gée de bronze, et comporte une dépense peu en rapport avec le résultat qu’elle présente comme éclairage.
- Ceci est encore plus vrai pour la lampe suspendue à un seul bec, dans laquelle lampe nous retrouvons encore le principal sacrifié à l’ornementation, qui est l’accessoire.
- Nous devons cependant féliciter M. Gagneau des progrès rapides qu’il a faits dans la fabrication des bronzes, T. ni. 3
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- cl qui certainement seront, pour la lainpislcrie, l’occasion d’une révolution bien désirable. '
- Le jury défcérne à M. Gagneau une nouvelle médaille de bronze. ’
- \ ..... * * .j
- M. Yallet-Cornier, à Paris, chaussée. des Minimes, 3.
- Présente des produits bien fabriqués, et qui, par la modicité de leur prix, ont une grande circulation.
- Les magasins de bronzé et de quincaillerie de Péris sont tous fournis de ses galeries, feux, porte-pelle et pincettes, qui, d’ailleurs, trouvent aussi dans la commission un débouché très-important. ; :
- Nous citerons la galerie sangliers, bronze et or,
- La galerie enfants, or;moulu,
- La galerie chiens épagneuls.
- Ce fabricant est de ceux qu’il faut apprécier parla multiplicité de leur production : c’est à ceditre que le jury lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- , . : -v; ..,rMÉDAïLLES.DE.BRONZJE.
- MM. Michel-Yalin et Ubaudi, à Paris, rue des Marais-duTTemple, 12.
- Le plateau, le lustre et lia grande pendule exposés par MM. Michel et Ubaudi1 sont d’un style1 mi-parti rocaille, ini-parti renaissance; leur coloration laissé peut-être quelque chose à désirer ; l’exécution 'mérite cependant'd’être signalée; elle prouvé qu’en peu dé temps M. Ubaudi deviendra parfaitement maîtrè de son att; : . •
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- Pour récompenser les efforts de MM. Michel cl Ubaudi, le jurj leur.décerne une médaille de bronze.
- M. Courcelle, à Paris, rue Beaubourg, 44*
- M. Courcelle a exposé quatre lustres :
- 1° Lustre en cristal de couleur destiné à l’exportation ;
- 2° Lustre bronze artistique et or moulu, à 36 lumières, stpe renaissance ;
- 3° Lustre à 24 lumières, sljle Louis XIY, or moulu ;<
- 4° Un lustre en cristal, 36 lumières.
- M. Courcelle.se livre spécialement à la fabrication des lustres, qui sont pour lui l’objet d’un grand commerce; ses lustres, livrés à très-bas prix à la commission, trouvent à l’étranger des débouchés faciles.
- Le lustre rocaille, surtout par sa bonne exécution, a fixé particulièrement raltention du jurj, qui décerne à M. Courcelle la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Catàert, à Paris, faubourg Saint-Denis, 25.
- Les produits de M. Cataert, également fabricant de lus très, sont destinés particulièrement à l’exportation.
- Cette fabrication présente des difficultés, et exige de grands soins d’exécution. ; ; >
- Les bronzes ne servent que de carcasse, ils doivent être disposés de telle façon que les cristaux qu’ils supportent jouent ü l’aise et sans chance de casse. .J
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- Calacrt est placé au premier rang dans ce genre de fabrication; nous regrettons, en passant, que la plupart des cristaux employés daus ces lustres soient d’origine allemande.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. Grignon, à Paris, rue d’Anjou, i3.
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- Nous parlerons peu de l’exposition des bronzes de M. Grignon; mais nous mentionnerons honorablement un nouveau procédé de dorure qui présente, comme prix, des avantages extraordinaires; il promet, d’ailleurs, de mettre un terme aux maladies qui résultent, pour les doreurs, de l’exercice de leur profession. A ce double titre, l’invention de M. Grignon mérite tout intérêt, et si les conditions du programme, économie, salubrité, sont remplies, lorsque le procédé sera mis en activité, on ne saura trop dignement récompenser l’inventeur.
- Nous regrettons que M. Grignon n’ait pu nous donner aucun renseignement qui pût nous mettre à môme de juger de la valeur réelle de son procédé.
- NOUS CITERONS FAVORABLEMENT :
- v \
- M. Morel-Savart, à Paris, rtieNeiive-Saint-Giiies, 14, : ; ; ;;
- Pour ses animaux au pâturage; .1
- M. George, à Paris, me Saint-Denis, 3^4? >
- Pour son imitation, en bois et zinc, des pendules dorées;
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- M. Tard, à Paris, rue des Amandiers-Saint-Jacques, i4, '
- r
- Pour son itnilalion de bronze en zinc;
- M.Cambray, à Paris, rue Saint-Martin, 22.3, Pour ses surtouts en carton doré;
- M. Toy et frères, à Paris, cliaussëe cPAntin,
- Pour leurs feuillages en bronze sans soudure.
- § 9. BILLARDS.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- »
- M. Bouhardet, à Paris, rue de Bondy, 66.
- M. Bouhardet, demeurant à Paris, rue de Bondy, 66, expose un billard en bois de palissandre avec incrustations de cuivre et maillechort sur écaille et orné de panneaux en porcelaine de Sèvres : ce meuble nous a paru très-remar-quablecommeexéculiou,ctlaforme,qui permetaux joueurs de circuler autour, en toute liberté, parfaitement appropriée à son usage. La tablé, en acajou, de 3 pouces 2 lignes d’épaisseur, est faite de manière à ce que les couches concentriques et excentriques du bois forment un seul tout, et constituent la permanence des niveaux.
- M. Bouhardet est aussi l’inventeur d’une nouvelle table faite en papier placé sur*champ et qui parait à Pabri de toute influence atmosphérique.
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- Pour récompenser les constants efforts de M. Bouhar-det et les progrès qu’il a fait faire à son industrielle jury lui décerne une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- b
- Madame Cosson, rueGrange-aux-Belles, 20,
- *
- Expose : 1° un grand billard, meuble de boule en ébène avec incrustation de cuivre sur les bandes; la table, en chêne, de 3 pouces d’épaisseur, est faiteà doubleasscmblage; 2° un petit billard en palissandre orné de peinture imitant parfaitement les incrustations. La forme de ce billard nous a semblé nouvelle ; les quatre pans ont été abattus pour donner de la facilité aux joueurs, les blouses ne sont pas apparentes. '
- Le jury, pour récompenser la bonne fabrication de madame Cosson, lui accorde une mention honorable.
- MM. Guillelourette et Thomeret, à Paris,
- rue des Marais-Saint-Martin, 47*
- MM. Guillelourette et Thomeret soutiennent la réputation que s’était acquise M. Chereau dans la fabrication des billards; ils exposent un billard en bois d’ébène orné de bronzes et supporté sur 4 pieds seulement : les blouses de ce billard ne sont point apparentes ; l’exécution en est parfaite dans tous ses détails. La table, très-soignée dans son ajustage, est faite en bois choisi de chêne de Hollande.
- Le jury leur accorde une mention honorable.
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- M. Desrayracj à 'Prris, rue de Malte, 12.
- M, Deskayracjexpose un billard de 10 pieds et demi, à pans coupés avec blouses invisibles; le bois, de palissandre, en est bien choisi pour faire ressortir les incrustations légères qui le décorent; la table est en chêne, de 3 pouces d’épaisseur, tout en bois de fil. -
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. B arthelmyj à Paris, rue Saint-Pierre-Amelot, 18.
- M. Barthelmy expose un billard en palissandre, incrustations de maillechort et cuivre,;pieds en bronze, table en ardoise, de 18 lignes d’épaisseur; celte table, par sa solidité et sa justesse invariables, a fixé particulièrement l’attention du jury, qui accorde à M, Barthelmy une mention honorable.
- M. Hubert Blondel, à Caen (Calvados).
- M. Hubert Blondel, de Caen, expose un billard en ébène avec incrustations de cuivre, étain cl nacre, ..supporté par un seul pied de fonte; celte forme nouvelle a fixé l’attention du jury, qui, pour récompenser les efforts constants de M. Hubert Blondel, lui accorde une'mention honorable.
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- CITATION FAVORABLE. . M.Plenel, à Paris, boulevard St-Martin, 8.
- Le jury accorde une citation favorable à M. Plenel pour son billard en palissandre et citron, dont les bandes sont recouvertes en bois pour l’économie et la propreté du drap.
- SECTION III.
- BIJOUTERIE DE BRILLANTS, PIERRES FINES, D’OR, PLATINE, ARGENT, ETC.
- M. le vicomte Héricart de Thury, rapporteur.
- Considérations générales.
- La bijouterie de Paris a , depuis longtemps, une haute supériorité sur celle de toutes les fabriques étrangères, pour le goût, la grâce, le fini du travail et la perfection des montures.
- Cette supériorité est tellement reconnue, elle est si bien établie, qu’à chaque renouvellement d’année, nos bijoutiers reçoivent de nombreuses et riches commandes pour l’étranger.
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- Ainsi l’Allemagne, la Russie, la Prusse, l’Angleterre même malgré la richesse de ses joailliers, ainsi le Levant et les Indes, ainsi enfin les deux Améri-qiies, tous les pays s’adressent à nos bijoutiers et joailliers dans toutes les occasions où de grands évé-? nements, de grandes solennités exigent de riches assortiments, de brillantes parures, et nous pourrions, à cet égard, citer les riches et nombreuses commandes en tous genres qui ont été faites pour les derniers couronnements en pays étrangers.
- La bijouterie française a fait, depuis la dernière exposition, de grands et immenses progrès. Elle est entrée dans une voie nouvelle qui rappelle les chefs-d’œuvre des xni% xive et xv° siècles, et dont les riches et admirables produits peuvent être comparés aux plus brillantes compositions des grands maîtres de ces temps.
- § 1*'. BIJOUTERIE.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- »
- M. Wagner-Mention, à Paris, rue des Jeûneurs, 4.
- M. Wagner, qui obtint, en 1834, la médaille d’or pour la riche exposition de ses produits d’or et de vermeil décorés de pierreries, d’émaux et d?arabesques dans le genre
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- des admirables nielles de l’Orient et d’Italje du xvc siècle, a présenté, celte année, des produits encore plus riches et plus remarquables,
- Dans ce nombre^ nous avons particulièrement distingué : *
- 1° La toilette de Psyché, magnifique camée qui exigeait une riche monture dans laquelle M. AiVagner a parfaitement réussi au moyen des émaux $_ v 2° Un vase émaillé dans le style byzantin ou du xme siècle, avec des sujets de la yie de Robert de Clermont et les portraits de Saint-Louis et de Marguerite de Provence, du comte de Clermont et de Beatrix de Bourgogne ;
- 3° Un vase émaillé avec des peintures faites dans l’émail qui a été poli par-dessus les peintures. Ce vase, qui est de la plus grande beauté, rappelle les plus beaux chefs-d’œu-r vre du xiuc siècle j •, :
- 4,° Une aiguière en argent repoussée avec les figures allégoriques déjà Tempérance, de l’Intempérance et celle de la Vérité sur l’anse de l’aiguière j
- 5° Une riche reliure décorée de peintures, de pierreries et d’émaux -,
- 6° Deux magnifiques sabres-cimeterres enrichis de pierreries et de ciselures ;
- 7J Un grand nombre de pièces de tout genre, en or, vermeil et platine, avec des dessins niellés faits par la gravure à la mécanique.
- L’emploi du platine dans la fabrication de la haute orfèvrerie est une des plus importantes et des plus utiles applications que cet art devra à M. Wagner, puisque, en lui offrant une immense réduction de prix sur la matière première, elle lui ouvré vin vaste champ pour la fabrication des grandes pièces, montées, enrichies de peintures, de
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- pierreries et d’émaux que l’argent ne pouvait supporter, et qui exigeaient l’emploi de l’or. '
- A sa riche fabrication, M. Wagner a ajouté la glyptique ou l’art de travailler, creuser, graver, sculpter les pierres précieuses, telles que les agates, les jaspes, les jades, etc., de manière à réunir, à sa volonté et suivant le besoin, tous les éléments qui sont nécessaires pour l’exécution immédiate des plus richescommandes.
- Le jury reconnaît que M. Wagner est le premier de l’art qu’il a reproduit, et qu’il est de plus en plus digne des honorables distinctions qui lui ont été accordées.
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- * %
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- MÉDAILLES D’OR.
- M. Marrel (Benoît), à Paris, passage Saul-
- nier, faubourg Montmartre, 6.
- Après avoir longtemps travaillé, comme simple ouvrier ciseleur, chez un joaillier, M. Marrel, bon dessinateur, pénétré des principes des plus grands maîtres, s’est associé avec M. Marrel son frère, pour créer un établissement de joaillerie-bijouterie, dans le genre des chefs-d’œuvre des artistes du seizième siècle. Dès son origine, leur établissement a été signalé par la richesse, la beauté, la pureté des formes, autant que par la délicatesse et le précieux fini de la ciselure des admirables produits sortis des ateliers t.e M. Marrel.
- Dans la riche et magnifique collection d’objets qu’il a exposés, le jury a particulièrement distingué
- 1° Une corbeille de fruits en vermeil, avec figures, rondes-bosses, bas-reliefs, arabesques émaillées, etc. ;
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- 2° Un vase de forme vénitienne enrichi de pierreries avec émail,«dans le genre des nielles du seizième siècle;
- 3° Un vase de forme florentine richement décoré en figurines, rondes-bosses, pierreries, émaux, etc.;
- 4° Un bassin contenant une Luire cl un gobelet en vermeil, de forme hexagone, et décoré de pierreries, émaux, sujets ciselés, arabesques ;
- 5° Unecoupe en argent, chef-d’œuvre de ciselure, de grâces, de bon goût et d’ingénieuses allégories en l’honneur des plus grands artistes du seizième siècle, tels que Michel-Ange, FiniguerraLorcnzo Ghinherli, Albert Durer, Ben-venuto Celliui et Bernard de Palissy (1) ;
- 6° Des théières dans le genre oriental; .
- 7? Des vases fibulines en vermeil avec pierreries et émail ;
- 8° Des flacons, des bagues, des bracelets, des manches de couteaux, etc., etc.
- Le jury décerne à M. Benoît Marrel la médaille d’or.
- M. Christofle (Ch.-H.) à Paris, rue Montmartre, 76.
- M. Christofle fait dans ses ateliers la bijouterie d’or et d’argent, les tissus brochés métalliques et les épaulettes métalliques. Les produits de sa fabrique, remarquables par la perfection du travail, sont particulièrement destinés pour l’exportation d’Amérique.
- M. Christofle est créateur des tissus mélalliques et de
- (1) C’est au sujet de cette admirable coupe que le Roi dit à M. Mar rel qu’il était le Benvenuto Geüini du xixe siècle.
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- leurs applications dans la confection des boulons, les garnitures de nécessaires, les ornements d’église, les tentures de palais, etc.,, etc.
- Le travail du filigrane et des tissus métalliques a amené la solution du problème que cherchèrent MM. Guibout et Marie Saint-Germain pour la fabrication des épaulettes métalliques bien supérieures à celles de la passementerie.
- Le chiffre des exportations de M. Ghrisloflc, prouvé par ses livres, s’élève annuellement à près de deux millions.
- Après avoir travaillé trois ans comme apprenti, un an comme ouvrier, et ensuite intéressé dans la maison Cal-mette, M. Chrislofle, à vingt-quatre ans, s’est trouvé à la tête de la plus grande manufacture de bijouterie de l’époque.
- Le jury décerne une médaille d’or à M. Christofte.
- Nota. M. Chrislofle a ciléM. Baratte, son premier ouvrier, comme auteur de plusieurs procédés et inventions introduits dans sa fabrication.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Froment-Meurice, à Paris,; rue Lobau, 2, hôtel de ville.
- La fabrique de M. Froment-Meurice, anciennement à l’arcade Saint-Jean, est une des plus anciennes de Paris; mais c’est à M. Froment qu’elle doit son illustration et le haut rang qu’elle occupe par les dispositions cl le genre de. Iravail.qu’il a introduit dans la fabrication, au moyen de bons modèles et de ciseleurs du premier mérite ; ainsi il a pris M. Richard pour fondeur et M. Eck pour cise-
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- leur, tout en faisant lui même une partie <lc ses dessins et modèles.
- Les produits exposés par M. Froment-Meurice sont remarquables par leur bon goût, leur fini et le gracieux des formes, la modération des prix; la même perfection sc dis-i lingue dans sa joaillerie et dans son orfèvrerie.
- Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Bernaud a (Henri-Charles), àParis, quai des Orfèvres, 3s.
- M. Bernauda s’est particulièrement attaché à la bijou-térie du platine, et au damasquinage de l’or sur le platine, qui présente de très-grandes difficultés dans , des, dessius aussi petits que ceux des bijoux exécutés par M. Bernauda.
- Il a exposé un riche assortiment de boites nécessaires, cassolettes, chaînes; bagues et autres objets de bijouterie en or et platine, parfaitement exécutés.
- Le jury lui décerne une nouvelle médaille de bronze, en considérant qu’il est le seul qui fait la bijouterie-joaillerie de platine; et qu’il la fait avec une perfection remarquable.
- MÉDAILLES DE BRONZE,
- M.li)ArMQUÈ,à Paris, meSaint-Martiny io3.
- # ï
- La fabrique de joaillerie cl de bijouterie de M. Dafriqué
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- est une des plus importantes de la capitale ; elle se distingue par le bon choix de Ses modèles cl le précieux fini de ses produits, qui sont copiés par les bijoutiers en faux, aussitôt qu’ils sont émis. M. Dafrique a èxècùlô pour Sa Majesté la reine un magnifique collier en or et en émaux i Le jury décerne une médaille de bronze à M. Dafrique.
- r . . .
- MM. Morize et Vatàrd, à Paris, riie Mau-conseil, i bis.
- MM. Morizc et Yatard ont créé une branche de bijouterie de fantaisie dans laquelle ils ont parfaitement réussi.
- Leurs peignes de parure en or et argent sont d’une très-grande beauté, faits d’après de bons modèles et très bien exécutés, leur fabrication est très-étendue, et comporte une très-grande branche d’expoflaiion pour les Indes et les Amériques. ' ' ' ’ î-^ î '7 ; i > ;
- Le jury leur accorde une médàilledc bronze; : ,
- MENTIONS HONORABLES.
- ;
- M. Marret, à Paris, rue Yi Vienne fi 6. -
- M. Marret, l’un de nos premiers joailliers-bijoutiers, a exposé un magnifique diadème ou guirlande de fleurs en brillants servant de coiffure, et se démontant par branches, à volonté. '
- Le jury lui décerne une mention honorable.
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- M. Delamare, à Paris, rue Saint-Honoré,
- v î A x r,. A U1 , ... '..i.-."
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- 270. j
- M. Delainarc tient un rang distingué dans la joaillerie
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- de Paris ; il ne sc distingue pas moins dans l’orfèvrerie. Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. Quevreux, à Paris, rue Sainte-Avoie, 6g.
- M. Quevreux a exposé un bouquet de pierres de couleurs monté en bijouterie d’or.
- Le jury le juge digne de la mention honorable.
- § 2. BIJOUTERIE DOUEE.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Lelong, rue du Temple, 49»
- La fabrique de bijoux dorés de M. Lelong est depuis longtemps connue avantageusement : elle a été distinguée aux dernières expositions. M. Lelong a, depuis, introduit divers procédés nouveaux et des perfectionnements importants dans sa fabrication.
- Le jury estime qu’il est de plus en plus digne de la médaille de bronze qu’il a obtenue en 1834.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Houdaille, rue Saint-Martin, 171.
- Breveté de Sa Majesté, M. Houdaille s’est distingué dans toutes les expositions pour les trois sortes de bijoux qu’il fabrique avec le plus-grand soin, savoir ; 1° l’imitation
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- de la bijouterie d’or, 2° la bijouterie de deuil h l’instar de Berlin, et 3° celle du jais.
- M. Houdaille a obtenu de la Société d’encouragement une médaille pour les divers perfectionnements qu'il a introduits dans sa fabrication , et qui le mettent à même de faire la bijouterie dorée avec une supériorité marquée.
- D’après l’immense extension que M. Houdaille a donnée à sa fabrication, qui est aujourd’hui une branche importante d’exportation, le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Langevin, à Parisj rue Jean-Robert, ig.
- La fabrique de M. Langevin est une des plus importantes pour la bijouterie dorée; elle fait un grand commerce avec l’Amérique, le Brésil, l’Allemagne, l’Italie, etc.; sa fabrication, suivant ses livres, s’élève à plus de 150,000 fr. annuellement. M. Langevin travaille avec une très-grande supériorité; il est généralement considéré comme un des premiers fabricants en ce genre.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Mourey, rue de FHomme-Armé, 2.
- M. Mourey est au premier rang des fabricants de bijoux dorés ; toute sa joaillerie est d’un fini remarquable et d’une ciselure parfaite : il est un de ceux qui ont le plus contribué à l’immense succès qu’obtient dans l’étranger notre bijouterie dorée ; aussi celle de M. Mourey est-elle particulièrement recherchée pour sa beauté, sa qualité et ses prix modérés.
- Le jury décerne à M. Mourey une médaille de bronzé.
- T. III.
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- M. Gondelier (Jean-Baptiste), passage du
- Caire, iio, et des Panoramas, 26.
- M. Gondolier fait avecuu très-grand succès la joaillerie et la bijouterie d’imitation : les produits de sa fabrique sont d’un très-beau travail et recherchés dans l’étranger. Le jury estime qu’il mérite une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- \
- M. Poiret (Étienne-Henri), rue Michel-Ie-. Comte, 3i.
- La bijouterie dorée doit à M. Poiret le bijou doublé d’or, fabrication encore peu connue et qui offre de grands avantages par sa solidité, sa durée et la modicité de son prix.
- La bijouterie de M. Poiret est d’une grande beauté, et ne peut réellement se distinguer du bijou d’or que par la marque du poinçon du fabricant, qui doit être; de forme carrée, et celui de l’or de forme losange.
- Le jury estime que M. Poiret mérite une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M, Gaussa^t-Saiyre , rue du Temple, 57.
- M. Gaussant fait la bijouterie dorée avec un grand succès.
- Scs chaînes sont admirablement faites; il est difficile
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- de les distinguer des véritables chaînes d’or : elles ont une grande supériorité sur celles de beaucoup d’autres fabriques.
- 1 «i
- Le jury estime que M. Gaussant-Saivre mérite une citation favorable.
- M. Raynaud, rue Grange-aux-Belles, impasse Sainte-Opportune, io.
- La bijouterie de M. Raynaud, ses vases, coupes et corbeilles, ses pendules et objets de fantaisie sont de bonne fabrication.
- Le jury estime que M. Raynaud niérite Une citation favorable.
- M. Husson , à Melun.
- La bijouterie de perles dorées et argentées fabriquée dans la maison de détention de Melun se fait avec du cuivre demi-rouge.
- La dorure et l’argenterie se font à Paris.
- § 3. BIJOUTERIE D’ACIER POLI, DE DEUIL.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Richard, à Paris, rue Grèriier-Saint-Lazare, 3i.
- M. Richard a obtenu une médaille de bronze pour sa fabrication de bijoux de.deuil.
- Il a, depuis, introduit dans sa fabrication divers procédés
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- qui l’ont mis à même de perfectionner et d’améliorer ses produits.
- Le jury confirme la médaille qu’il a obtenue en 1827.
- Acier poli.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Vautier? à Paris, rue clu Temple,
- M. Vautier soutient dignement la réputation de nos aciers polis et la concurrence des aciers anglais. Ses vases et flambeaux d’acier poli sont d’une très-grande beauté. Il avait obtenu, en 1834, une mention honorable ; sa fabrication a pris de grands développements.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Houdaille , à Paris, rue Saint-Martin, 171.
- M. Houdaille 11e se distingue pas mbins dans la fabrication delà bijouterie de deuil que dans la bijouterie dorée.
- Scs tissus d’acier sont remarquables par leur finesse, leur égalité et les différentes applications qu’il en fait. Il a été proposé une médaille de bronze pour l’ensemble de ses produits. (Voir page 48 du même volume.)
- —— 1 m m
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Viennot (Gabriel), à Paris, rue Neuve-Bourg-PAbbé, 2.
- La fabrication de bijoux de deuil de M. Viennot, en jais
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- et fer, à l’ioslar de Berlin, est remarquable par la belle qualité et la modicité de ses prix.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. de Puydt, rue des Bernardins, 7.
- M. de Puydt s’est spécialement attaché à la fabrication de la bijouterie d’acier damasquiné en or et autres métaux, avec lesquels il imite avec beaucoup de talent les insectes, les mouches, les papillons, etc. Cette bijouterie d’entomologiste a déjà été mentionnée honorablement en 1834, et le jury estime que cette mention doit être confirmée.
- § 4. BIJOUTERIE DE PERLES FAUSSES.
- L’imitation ou la fabrication des perles est une branche de commerce d’une haute importance pour la France, et particulièrement pour la ville de Paris. Nos fabriques priment toutes les fabriques étrangères -, elles ont sur elles une telle supériorité, que nos perles factices ont partout la préférence, et qu’elles sont demandées pour les Indes, l’Amérique, l’Angleterre, la Russie, l’Allemagne et tout le Levant.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Constant Valès, rue du Temple, 71.
- M. Constant Valès, qui obtint des mentions honorables en 1827 et 1834, présente aujourd’hui un riche assortiment de toutes les variétés de perles connues, imitées avec
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- une telle perfection et tellement vraieSjqu’il est impossible, à la simple vue, de les distinguer des véritables perles orientales, et que, dans beaucoup des plus riches écrins ou des plus belles parures, les rangs de perles sont souvent doublés ou triplés des perles de M. Constant Yalès, sans qu’on puisse établir entre elles aucune différence.
- C’est à M. Constant Yalès que la bijouterie doit la composition qui a jusqu’à ce jour le mieux réussi dans l’imitation des opales orientales, dont il est parlé ci-après dans l’article de la joaillerie de M. Bon.
- Le jury décerne à M. Constant Valés une médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- Madame Truchy, rue du Petit-Lion-Saint-Sauveur, 18.
- Madame Truchy a succédé à M. Rouger jeune, qui avait obtenu une mention honorable en 1834 pour ses imitations de perles, qui étaient d’une rare beauté. La fabrication de madame Truchy a fait de nouveaux progrès, et ses perles réunissent les caractères des perles fines au plus haut degré, leur teinte, variée de diverses couleurs, leur éclat velouté, leur translucidité opaline, et la demi-régularité de leurs formes, les plus grandes difficultés que présentait l’imitation des perles. Celles de madame Truchy sont très-recherchées par nos joailliers pour l’étranger.
- Le jury décerne à madame Truchy une médaille de bronze.
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- MENTION HONORABLE.
- Madame Mélanie-Victor Greer, à Paris, rue Saint-Martin, 19.3.
- Les perles artificielles de madame Greer sont d’une grande beauté et remarquables pour la vérité de leur éclat oriental, de leur forme et de leurs nuances.
- Le jury décerne une mention honorable à madame Mélanie-Victor Grcer.
- CITATIONS FAVORABLES.
- *>
- M. Ch. Haxlberg, à Paris, rue Neuve-Bourg-l’Abbé, 8.
- Belle imitation de perles fausses d’un beau choix et d’un prix très-modéré j fabrication importante pour la Franco et l’étranger.
- M. Hallberg mérite d’être cité favorablement.
- M. le Bedel (P.-A.), à Paris, rue Gît-ie-Çœur, 3.
- M. le Bedel a produit une machine propre à la fabrication des perles fausses, dans l’intention d’éviter aux ouvriers les inconvénients qui résultent de leur procédé habituel de souffler les perles à la bouche.
- Si l’expérience confirme les essais de M. le Bedel, il aura rendu un très-grand service à l’industrie des fabricants de
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- perles. Dans l’état actuel, le jury croit devoir'se borner à une citation favorable du procédé de M. le Bcdel.
- § ;5. BIJOUTERIE DE STRASS OU PIERRES FAUSSES, IMITATION DE BRILLANTS ET PIERRES FINES.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Bon (L.-A.), à Paris, rue de Vatican-son, 4-
- Ancien associé de M. Marion-Bourguignon, M. Bon a fondé, en 1835, une fabrique de joaillerie et d’imitations de pierres précieuses qui est aujourd’hui une de nos premières et de nos plus importantes. Les imitations de M. Bon se distinguent particulièrement par la pureté, la limpidité, la taille des pierres, et par l’élégance des montures. C’est au concours de M. Bon et de M. Constant Yalès, notre premier fabricant de perles, que l’art doit les opales artificielles dont quelques heureuses imitations rivalisent avec les plus belles opales orientales, compositions qui jusqu’à ce jour avaient fait le désespoir de tous les fabricants de pierres précieuses artificielles. M. Bon a établi les plus grandes relations avec l’Angleterre, la Russie, l’Allemagne, les Indes, les deux Amériques et toutes nos principales villes de France.*
- Le jury estime que M. Bon mérite la médaille d’argent.
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- M. Marion-Bourguignon (L.-A.), à Paris, passage de l’Opéra , galerie de l’Horloge, 19 et 20.
- M. Marion-Bourguignon avait obtenu, en 1827, une médaille de bronze pour ses pierres artificielles de toutes couleurs et sa joaillerie d’imitation.
- Depuis cette époque, M. Bourguignon n’a pas cessé de faire de nouveaux progrès ; ses parures sont encore plus belles et plus difficiles à, distinguer des véritables parures de diamant et de pierres précieuses, aussi son commerce s’étend-il aujourd’hui partout et jusque dans les Indes, où ses parures obtiennent le plus grand succès.
- Le jury estime que M. Marion-Bourguignon mérite une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MEDAILLE DE BRONZE.
- M. Barthélemy, à Paris, rue de Rivoli, 38.
- M. Barthélemy, après avoir obtenu la médaille de bronze en 1823, se représente au concours avec le même succès. Ses parures de strass sont admirables par la beauté, la pureté, la taille et le vif éclat des pierres.
- Le jury estime que M. Barthélemy mérite le rappel de la médaille de bronze qui lui fut décernée.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Maréchal, à Paris, rue de la Taclierie, 6.
- M. Maréchal, distingué aux dernières expositions pour ses belles et admirables parures de strass, se représente avec un nouvel éclat ; sa fabrication semble plus parfaite encore. Le riche assortiment qu’il expose est d’une telle beauté qu’il soutient la comparaison avec les plus beaux brillants. Ses pierres taillées à la mécanique sont d’une rare perfection, et cependant d’une grande modération dans les prix.
- Le jury estime que M. Maréchal mérite une médaille de bronze.
- M. Delamarre (J.-B.-N.), à Paris, rue des Fontaines, i5.
- La fabrication de M. Delamarre est très-belle et peut être comparée à celles de Bon, Marion-Bourguignou, Maréchal, etc., etc.
- Ses imitations de diamants et de pierres de couleurs sont d’une grande beauté.
- M. Delamarre fait particulièrement le commerce avec les colonies, les Indes et le nord de l’Europe.
- Lo jury estime que M. Delamarre mérite la médaille de bronze.
- M. Salin, fabricant de camées et de verres colorés, à Paris, rue Saint-Martin, 2o3.
- M. Salin fond en creux et en relief, avec le plus grand succès, ses compositions de verre fondu, toutes les pierres
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- gravées, les portraits, les médaillons et médailles, etc., etc.
- Il fabrique également les camées et les pierres colorées pour la joaillerie d’imitation.
- Le jury estime que M. Salin mérite une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. Anvès (Hippolyte), à Paris, rue Mau-conseil, 20.
- La fabrique de bijouterie en perles fausses et verroteries montées en cuivre doré deM. Anvès est depuis longtemps avantageusement connue pour la belle qualité de ses produits, dont la valeur s’élève à.plus de 200,000 fr.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- f»
- M. Noël-(N.-À-.), à Paris, rue Phélip-peaux, 32.
- M. Noël se livre particulièrement à la bijouterie des insignes de franc-maçonnerie en argent, cuivre doré, avec des pierreries d’imitation.
- D’après ses livres, l’exportation de cette bijouterie à l’étranger s’élève à plus de 80,000 fr.
- Le jury estime que M. Noël mérite une citation favorable.
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- § 6. TRAVAIL DE LA NACRE.
- MENTION HONORABLE.
- M. Geoffroy-Feret, à Beauvais.
- M. Geoffroy-Feret a établi à Beauvais une nouvelle branche d’industrie qui a rapidement pris les plus grands développements ; c’est le travail de la nacre, de l’ivoire, des dents d’hippopotame pour la bijouterie, la tabletterie, la fabrication des boutons, etc. Cette industrie s’étend aujourd’hui par les soins et les sacrifices de M. Geoffroy-Feret dans dix communes de l’arrondissement de Beauvais, dont elle occupe plus de deux cents ouvriers.
- Le jury, qui a distingué les produits de la fabrication de M. Geoffroy-Feret, le juge digne d’une mention honorable.
- § T. BIJOUTERIE DES CORAUX.
- La pêche et la bijouterie du corail furent longtemps une des plus importantes branches d’industrie commerciale de la ville de Marseille. Sous le régime impérial, il existait dans cette ville plusieurs fabriques qui travaillaient le corail avec le plus grand succès. Ainsi une seule maison, celle de M. César Megy Garambois, occupait plus de cinq cents ouvriers. Le travail ou la fabrication de la joaillerie du corail donne annuellement lieu à un mouvement de fonds de plus de cinq à six millions^ et l’exportation seule s’élevait à plus d’un million.
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- Depuis dix ans, cette belle industrie est successivement tombée -, elle est môme tellement déchue, qu’en 1834 il ne restait plus dans Marseille qu’une seule fabrique, et cependant nous sommes maîtres de l’Algérie, nous sommes maîtres des côtes où se fait la pêche du corail. Mais cette industrie est passée en Italie ; Naples nous a ravi la fabrication du corail, Naples se serait assuré le privilège exclusif de fournir la bijouterie de corail à la Russie, aux Indes, à l’Amérique, au monde entier, si quelques fabricants de Marseille, à force de sacrifices, n’avaient relevé chez tous cette belle et importante branche d’industrie.
- On compte aujourd’hui dans Marseille trois fabriques, dont deux seulement ont exposé des coraux. D’après les soins apportés par les fabricants dans le choix du corail, la taille, le poli, nous pouvons nous flatter de voir cette belle industriebientôt reprendre sonranget lasupériorilé qu’elle avait sur les fabriques italiennes, qui ne débitent généralement que des coraux d’un travail très-ordinaire. À cet égard, les fabricants de Marseille représentent qu’il suffirait d’accorder à cette industrie une prime comme celle qui est accordée à la pêche de la baleine et de la morue, la pêche du corail occupant plus de quatre cents matelots, dont le nombre serait promptement doublé et nous fournirait de bons marins.
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- Le jury du département des Bouches-du-Rhône a admis deux fabricants de corail, pour faire connaître l’état actuel de cette industrie, qui, indépendamment de la supériorité de son travail, présente encore dans le prix une baisse de prix d’environ 30 pour 100.
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- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Barbaroux de Megy, à Marseille.
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- M. Barbaroux de Megy, pour parvenir à relever l’industrie des coraux, a d’abord cherché à rétablir des relations avec les pays qui ont conservé le goût et le besoin des coraux 3 à cet effet, et suivant les usages et les demandes, il a établi, sous les auspices du général Allard, des comptoirs à Calcutta et Lahor pour les Indes orientales 3 et depuis il en a successivement formé en Afrique, au Sénégal, à la Gambie, dans la Guinée hollandaise et en Amérique à New-York, à la Nouvelle-Orléans, à Mexico, à Cayenne, etc., etc., en se réservant le commerce de l’Allemagne et de la Russie.
- Suivant le relevé des livres de M. Barbaroux de Megy, son exportation annuelle est de 700,000 francs.
- Il emploie 250 ouvriers tailleurs, graveurs, ciseleurs, lapidaires, polisseurs, etc.
- Au milieu du riche assortiment de pierres de tout genre qu’il a exposé, l’attention générale s’est fixée sur un jeu d’échecs en corail de la plus grande beauté, représentant l’armée des croisés et celle des Sarrasins. Ce jeu d’échecs, qui est du prix de 10,000 francs, a exigé deux années de travail du premier graveur de la fabrique de M. Barbaroux.
- . Le jury décerne à M. Barbaroux la médaille d’argent.
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- MÉDAILLE DE'BRONZE.
- .MM. Boeuf et Garandy, à Marseille.
- MM. Bœuf et Garandy ont puissamment contribué, par leurs travaux et leurs efforts, à relever, à Marseille, l’industrie de la bijouterie du corail.
- Leur établissement emploie plus de cent ouvriers lapidaires, graveurs, polisseurs, etc.
- Ils ont présenté une collection de tous les articles qui comportent les différents genres de coraux usités ou demandés dans les Indes orientales, le Levant, la Guinée, le Sénégal, le Brésil, etc.
- Le jury leur décerne une médaille de bronze.
- SECTION IV.
- M. Beudin, rapporteur.
- § Ier. SCULPTURE EN CARTON-PIERRE.
- La sculpture en carton-pierre est-elle d’invention moderne? est-ce par erreur qu’on a cru la rétrouver, à Fontainebleau, dans la salle des gardes, au Louvre dans la chambre de Henri II ? Sans juger le procès entre les anciens et les modernes, nous dirons que, lors de la restauration exécutée au Louvre et dans les palais de la couronne, on
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- a cru reconnaître que les sculptures étaient en feuilles de papier superposées, ou carton de poupée.
- Les artistes avaient reconnu, depuis longtemps, que la nature molle de ce carton ne permettait pas de rendre les finesses et les contours délicats des ornements d’architecture, et ne pouvait servir qu’à des surfaces unies dont les détails n’ont pas de dessous.
- Il fallait trouver une composition tout à la fois plus ferme et plus ductile,, s’introduisant facilement dans les creux destinés au moulage et capable de reproduire tous les effets de la véritable sculpture.
- Il y a soixante ans environ que M. Mézièrcs résolut le problème en se servant du carton-pierre, qui réunit parfaitement toutes les conditions du programme. Il ne manquerait rien à celte composition si elle était moins impressionnable à l’humidité, et si l’on pouvait la rendre tout à fait imperméable sans augmenter sa dureté ni son poids.
- Malgré cette imperfection, que de nouveaux essais sur la pâte parviendront sans doute à modifier, le carton-pierre répond admirablement à un grand besoin dé notre époque, et, dans ce siècle où chacun veut briller à bon marché, il met à la portée des classes moyennes tout le luxe des arts et de la sculpture. Il s’applique à tout, il reproduit avec un égal succès les statues de Canova et les statuettes de Dan tan ; les pendules et les lustres en bronze, les imitations de marbres et de bois sculptés.
- Mais son emploi le plus fécond , le plus varié et le plus utile, c’est son application à la décoration intérieure de nos appartements.
- Sous ce rapport, les produits soumis à l’exposition offrent de notables progrès. Autrefois les ornements se moulaient d’une pièce sans effet de dessous ni épaisseur, et, à
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- l’exception des chapiteaux, l’on ne voyait que peu d’objets en ronde bosse.
- Aujourd’hui, par des améliorations apportées dans le système des moulages, l’on est parvenu à reproduire les objets les plus détaillés, cl à satisfaire, par ce moyen, à tous les besoins de l’architecture.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Vallet cl Huber, à Paris, rue Bergère, 20.
- MM. Vallet et ITuber continuent avec succès l’exploitation de rétablissement fonde par M. Mézièrcs et continué par M. Hirsch. C’est à eux que l’art est redevable de beaucoup de perfectionnements dans le moulage. Les produits qu’ils exposent se distinguent par l’exécution sans réparage des sculptures les plus délicates. Ils présentent des ornements d’un bon goût cl d’une grande finesse, des médaillons rosaces d’un fini très-exact, et un lustre doré, imitant, sans trop de désavantage, la ciselure du bronze, et offrant une économie de 80 pour 100 sur le prix.
- Les travaux les plus remarquables exécutés par ces artistes habiles sont la décoration de la salle de l’Opéra, du Théâtre-Français, du Gymnase, du Cirque-Olympique, de l’Odèon, des théâtres de Lille, Strasbourg, Compïègne et Bruxelles, toutes les sculptures faites à Reims, ou à l’hôtel de ville pour les fêtes royales, et, enfin, la restauration des palais de Versailles, de Fontainebleau, des châteaux de Saint-Cloud, des églises de Meaux et de Nolrc-Dame-Bonne-N ouvelle.
- T. III.
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- Le jury n’a pas cru pouvoir accorder une récompense du premier ordre à une industrie secondaire dans le classement de nos produits industriels;'mais, en considération de l’importance des travaux du perfectionnement; de la fabrication et de l’habileté artistique de MM. Vallet et Hiu ber, le jury leur décerne une nouvelle médaille d’argent au lieu de leur rappeler celle qu’ils ont déjà obtenue en 1827 et 1834.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Romagnêsi aîné, à Poissonnière,
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- aris, rue Paraclis-
- M. Romagnêsi, qui s’est déjà fait remarquer aux expositions précédentes, présente, cette année, une fort jolie collection de statuettes ainsi que des imitations de. vieux métaux, de vieux meubles, de porcelaines et de terres antiques, d’armes et de bronze doré.
- Il a traité en artiste l’exécution.déliçate de ces figurines, qui peuvent se placer à côté de nos plus jolis bronzes..
- Nous, verrions cependan t avec regret celte maison se consacrer trop exclusivement à cet usage accessoire du carton-pierre. Le jury ne peut pas oublier que l’on doit à M. Romagnêsi les beaux, travaux de Notre-Dame-rde-Lo-rette et de la chambre des députés, et tout en ,applaudissant^ ses,efforts constants pour étendre,les limites de son industrie, il. a l’espoir de le voir toujours consacrer son activité et ses talents à la sculpture d’ornements dont il s’est occupé avec tant de succès. ;
- Le jury pense que M. Romagnêsi est toujours digne de la médaille d’argent qu’il a obtenue en 1834. : . ,
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- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MnTïRmRT; à Paris; impasse Cendrier, 4*
- M. Tirrart expose des ornemen ts des rosaces, des chapiteaux et médaillons exécutés avec beaucoup >de délicatesse et de précision. Cet artiste commence à faire usage dé moules en métal qui permettent d’estamper la pâte au< balancier. Il peut ainsi donner à bas prix les moulures obtenues par <ce procédé. .
- Mais il serait trop dispendieux d’en faire l’application aux dessins variés à l’infini par le goût ou le caprice des architectes. , . ; , s. i
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- On ne peut reproduire, par ce moyen, que les ornements d’un usage courant et généralement adoptés par les artistes. ;
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- Le jury doit cependant .mentionner ces essais d’une industrie intelligente, et il vote avec empressement le rappel de la médaille de bronze que M. Tirrart avait obtenue en lé é i ! - .
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Bernard, à Paris, rue du Goq-Saint-Honoré, 4*
- Comme son prédécesseur, M. Romagnési jeune, M; Bernard présente quelques statuettes d’un fini et d’un toucher remarquables, aiusi qu’une collection variée de modèles estampés sur les originaux du moyen âge et de là1
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- renaissance, tels que vieilles armures, casques, boucliers, armes, lampes , imitant le vieil argent, la vieille dorure, le bronze, le vieux bois, le vieux fer.
- Nous avons remarqué particulièrement l’heureuse application qu’il a faite du carton-pierre à la science. Sous la direction d’un habile professeur d’anatomie, et au moyen du moulage sur cadavres, il obtient la reproduction fidèle des procédés de dissection et des préparations anatomiques, •et peut ainsi rendre de grands services à la science et aux études.
- En engageant M. Bernard à continuer ces ingénieuses applications, le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. Cruchet, à Paris, rue Coquenârd, 54*
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- M. Cruchet, qui fait quelquefois usage du carton-pierre, offre, cette année, un produit remarquable en carton de papier. C’est un cheval de grande dimension et une armure moulée au musée d’artillerie.
- La pâle de poupée a l’inconvénient de se retirer un peu en séchant et de faire les arêtes moins nettes, ce qui la rend difficilement applicable aux petits objets. Mais cet inconvénient disparaît pour les grandes surfaces qui n’ont pas de forts reliefs; et, sous ce point de vue, l’exécution delà pièce exposée nous a paru satisfaisante.
- Le jury décerne à M. Cruchet une médaille de bronze.
- M. Halle, à Paris* rue Bailleul, 7.
- M. Hallé fait un usage exclusif du carton-poupée; il expose des armures, des casques cl des boucliers de théâtre, mais il parait s’être adonné particulièrement à la fabrication
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- des objets destinés à {'ornement des églises, tels que christ, vierge^ châsses, candélabres, lampes et chandeliers.
- Ces objets sont d’une légèreté telle qu’une vierge de 4, pieds de haut ne pèse qu’une trentaine de livres et peut être facilement portée en procession. ;
- Par un heureux emploi du fer, du bois et du carton, M. Halle est parvenu à fabriquer des mannequins qui ont quarante-huit articulations, et qui ne coûtent cependant que 250 fr. au lieu de 800 fr., prix ordinaire des mannequins fabriqués par les anciens procédés.
- Le jury, appréciant les utiles tentatives de M. Halle, lui
- décerne une médaille de bronze.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Lombard, à Paris, rue Thorigny, 5.
- Il présente une assez riche collection d’ornements en pâte moulée comme le carton-pierre.
- Cette matière plastique est très-favorable à la dorure.
- Le jury décerne la citation àM. Lombard.
- M. Jouin, à Paris, rue du Chaume, 3.
- Ce fabricant expose un lustre à tige et enroulements en fer recouverts de papier collé -, il applique, sur ce papier, des ornements de mastic-pierre assez semblable à la pâte dont M. Lombard fait usage. Ce lustre doré produit un effet satisfaisant. Nous avons aussi remarqué quelques pendules en zinc doré et bruni,
- Le jury lui accorde la citation favorable.
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- M. Guillaume, à Paris, rue Montorgueil, 1,4,
- Nous avons remarqué, dans son expositibri^ üii dressoir sculpté, imitation de vieux bois. Lés ornements sont en carton-pierre collé sur bois, i : ‘ ‘ ; :
- • Le jury lui accorde la citation. . • ^
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- § 2, ClJiyiîE ESTAMPÉ.YERNI,i î
- Le cüivre estampé verni est au bronze doré ce que le carton-pierre est à la sculpture, un procédé économique pour obtenir, à bon marché, les. effets brillants de l’or et de la ciselure. Il n’est donc pas étonnant que, depuis quelques années, cette industrie ait pris de grands développements, et nous devons ajouter que la fabrication a parfaitement répondu aü goût du public, et a fait» des progrès remarquables depuis l’exposition de 1834. #
- Le procédé de l’estampage, l’application et la solidité du vernis, le ton de la couleur èt l’imitation du inat et'du bruni de l’or ne laissent presque rien à désirer, et nous permettent maintenant de rivaliser avéc’ïes Anglais. '
- " Le cuivre estampé verni est devenu d’un usage presque général, pour les décorations du tapissier; et l’industrie des bois (forés a beaucoup souffert de celte redoutable concurrence. Le vernis fut d’abord composé transparent et chatoyant, pour imiter l’or en feuilles, tel qu’on le voit spr lés sculptures en bois doré; mais, depuis quclques^années, la concurrence étant devenue plus vive, chacun a voulu
- "U i*i* U . * ' a ^ { x \ •*- * -^ "1 ; '
- faire îiiicux, et imiter un nouveau genre de vernis mat anglais, à reflet de satin. _ . r , , .
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- , Ce vernis, que l’on obtient par les acides, est assez agréable à la vue, mais il n’a peut-être pas toute la,solidité désirable, et.nous craignons qu’il n’ait l’inconvénienj de noircir trop promptement. - - ...
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT. ;
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- M. Legocq, à Pari s 5 rue de Harlay, a, au :: Marais. - !:s '>s;i
- M. Lccocq expose un assortiment complet et varié de vases, pendules et ornements estampés, d’un très-bon
- goût.
- Le relief dé l’estampage, le brillant èt là solidité du vernis font remarquer les produits dercette fabrication. ' : M. Lecocq est chef d’une fabriqué importante / il est
- toujours digne de la médaille d’argcntqü’il a obtenue en 1834, et dont le jury lui vote le rappel. . ; x.{
- MÉDAILLE D’ARGENT.
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- M. Léopold Mars aux, à Paris, rue de là Perle, i/j.. .v >
- M. Marsaux est le successeur, de M. Bugnot, qui avait obtenu une médaille d’argent à l’exposition de 1834. Toute sa fabrication se fait chez lui, sans le secours des ouvriers du dehors. i 1 , ;• • ; •: .
- Nous avons remarqué une console estampée, divers thyrses de croisée et une riche et nombreuse collection de
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- patères. Ce dernier arlicle parait être une spécialité de la fabrication de M. Marsaux, et il nous a montré un seul modèle de patère, qui a été vendu à plus de deux mille douzaines.
- Ce succès est dù au bon goût et aux soins donnés aux matrices d’estampage.
- Une vente annuelle de 150,000 francs, une exportation progressive, malgré la concurrence des Anglais, sont des résultats qui ont fait penser au jury que M. Marsaux mérité la médaille d’argent, comme son prédécesseur, dont il a perfectionné les produits.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Gérard-Pinsonnière, à Paris, rue Vi-vienne, a.4*
- *
- M. Gérard-Pinsonnière expose une collection variée d’objets en cuivre estampé, remarquables par le vernis et la netteté de l’estampage.
- Ils sont toujours dignes de la médaille de bronze dont le jury leur vote le rappel.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Bauchery, à Paris, boulcvart Beaumarchais, 79.
- Si le progrès d’une industrie dépend de l’économie, de
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- la promptitude et du perfectionnement des moyens d’exécution, il est juste de mentionner ici lés matrices en bronze incrusté de M. Bauchcry'.
- Cet habile fabricant, ayant reconnu que les matrices en fonte de fer sont d’un mauvais usage, que celles en acier employées dans l’orfèvrerie sont trop dispendieuses, comme matière première, et comme travail de gravure, a confectionné des matrices en bronze incrusté fort mince dans la fonte de fer.
- La matrice est fondue au lieu d’élrc gravée, et reproduit, avec exactitude et à moitié prix de la gravure sur acier, les dessins les plus délicats, cl qui ont le plus de reliefs. Elle est incrustée dans la fonte de fer, qui a moins de dilatation, et elle acquiert par ce contact une dureté telle qu’elle peut résister à l’estampé du laminé, à un très-forlnuméro. ,
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- Ainsi l’économie de la matière, la promptitude d’exér cution et la fidélité de reproduction du modèle, sont les trois qualités qui recommandent le nouveau procédé de M. Bauchcry. _
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. Bordeaux, à Paris, rue Saint-Sauveur,
- 4. . i ‘ tr" ._. :•
- Parmi les objets en cuivre estampé verni exposés par M. Bordeaux, nous avons remarqué une imitation de crêtes et galons dorés pour franges et encadrements d’étoffes.
- Cet ornement offre un moyen fort ingénieux de remplacer la passementerie, en l’appliquant aux.rideaux, pentes et tentures. Ce galon estampé présente une grande éco-
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- nomie jil peut se nettoyer à peu ,dc frais, et se: conserver ainsi toujours brillant .
- Considérant la bonne fabrication des produits, ^intelligence, de. leur application et l’importance d’une vente annuelle de 200,00j0 francs, le jupy décerne à M. Bor-deaux la médaille de bronze., .
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- MENTION HONORABLE.
- M., Tournier, à Paris,,. rue SaintrSauvem*,
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- M^ Toürnier à fait ûne application remarquable du ‘cuivré5estampé'A:la' décoration des appariements, et nous citerons un panneau de velours fort habilement décoré par ces otnèments. M. Tournièr fait dans sa fabrique les matrices, l’estampage et lé vernis.
- Il mérite une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
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- MM. Poncet et cie, à Paris, rue des Fôssés-- durTemple, ibis.
- Ce fabrican t a le mérite de graver,lui-mémç ses matrices en fonte, d’estamper ses cuivres et de les vernir. Le cuivre entre en feuilles dans ses ateliers et s’y transforme en pendules, vases, cadres de toutes dimensions, depuis le tableau jusqu’à la miniature.
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- . ,Le vernis .mat ou or moulu est d’une, bonne imitation de dorure. Nous citons favorablement cette application de l’estampage do cuivre à tous les objets d’ame.ubletnent,
- .. ;>i n* H,: U':
- Moulures en cuivre étiré au banc.
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Lequart, à Paris, rue du Faubourg-SaintrAutoine, 58, ^ ,s \ , ^ ,4
- A c&te du cuivfe estampé, noii's pjâèërons Une industrie remarquable et d’une 'application'variée : les moulurés en
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- cuivre etire au banc.
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- M/Lequart présente des moulures montées sur bois, de tous profils, depuis 2 lignés de largeur jusqu’à 4 pouces et demi d’un seul morceau ; les moulures plus larges sont de plusieurs morceaux ajustes ensemble.
- Ces cuivres ainsi préparés penyent s’appliquer aux cadres, aux glaces, aux bâtons pour rideaux, aux devantures de boutiques, .aux étalages de magasin.
- •nV/* f £;V, PfU ? •.» ^ *•** mx.A . |
- * Ils offrent des à va n tagës i ncoutëstablesj la solidité, le poli, qui }ne craint aucun frottement, et le 'ne|toÿage, facile âu moyen d’un procédé qui augmente l’éclat" .du cuivre.' i
- M, Lequart paraît exploiter cette fabrication avec intelligence. L’apprêt du bois, lé laminage du cuivre, l’étirage ' au banc, tout se fait dans ses ateliers de Paris ou dans sa
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- fabrique établie en Picardie pour la confection du bois.
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- ^ Çctle fabrication est exploitée depuis trente-six ans de ,père en fils ; elle,occupe à Paris 50 ouvriers, soutient une
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- fabrique en Picardie, et fait annuellement 300,000 francs d’affaires.
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- Le jury décerne à M.Lcquarl une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. L acarrière, à Paris, rue Sainle-Ëlisa-betli, 3.
- M. Lacarrièrc présente un assortiment varié de moulures en cuivre, tringles, barres d’appui, étalages mobiles pour magasins de nouveautés, devantures de boutiques.
- Toutes ces applications ingénieuses annoncent une habile mise en œuvre du cuivre étiré au banc.
- M. Lacarrière mérite le rappel de la mention honorable qu’il a déjà obtenue en 1834.
- § 3. DORURE SUR BOIS.
- . La bonne dorure sur bois s’obtient par l’apprêt, le réparage et le bon emploi de l’or.
- L’apprêt consiste en 3 ou 4 couches légères de blanc appliquées sur lés ornements. On le répare ou plutôt on l’adoucit avec soin, sans toucher à la sculpture et l’on pose l’or.
- Mais des feuilles d’or, très-minces et presque transparentes, rapprochées et doublées à leurs points de jonction, donnent des inégalités d’épaisseur et de ton qui reflètent, pour ainsi dire, les cases d’un damier, et cet inconvénient
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- sc reproduit souvent, pour la dorure à l’huile, comme pour celle à l’eau. '
- La dorure à l’huile est plus solide cl beaucoup meilleur marché pour la main-d’œuvre, mais elle offre un effet brillant trop général qui fatigue l’œil par ses reflets.
- La dorure à l’eau est moins brillante et plus chère: on ne peut la laver saris enlever l'or; mais elle reçoit parfaitement le bruni, et c’est, sansdoute, par ce motif, que, dans les dorures de luxe, on dore à l’huile les parties mates et à l’eau les parties brunies cl brillantes.
- Le problème est donc de trouver une dorure solide, facile à nettoyer, qui puisse conserver le brillant du bruni, et prendre, au besoin, le ton calme du mat.
- Ce problème est encore à résoudre.
- MONTIONS HONORABLES.
- M. Semvaîs, à Paris, rue des Beaux-Arts, 9.
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- Parmi les objets remarquables sortis de ses ateliers, M. Servais présente un cadre doré, dont la composition élégante est parfaitement entendue.
- Les ornements sont sculptés avec un mastic dont il garantit la solidité, et qui reproduit la sculpture avec beaucoup de précision.
- La dorure est bien posée, d’un ton d’or très-égal, cl ne laisse pas apercevoir Injonction des feuilles.
- Les mats sont à l’huile et les brunis à l’eau.
- Celte bonne execution mérite la mention honorable que le jury lui décerne.
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- M. Boucarut, à Paris, rue de Cléry^ r5.
- ;M. Boucarut expose une collection remarquable dé bois dorés. ;
- Il a. fait l’application d’un procédé qui donne à-Ja dorure sur bois, le ton mat du cuivre sans nuire à .la solidité.
- Comme les doreurs russes, il passe.sur l’or un mat: préparé qu’il applique indistinctement sur la dorure à fhuile ou sur celle à l’eau. . : . r, \
- Ce procédé rend la dorure plus belle, plus rich.e de fond et de ton, et, par conséquent, plus durable., y :
- Si l’expérience avait bien constaté tous,ces avantages, la découverte de M. Boucarut,serait fort importante 5.mais, dès aujourd’hui, le jury doit citer avec intérêt ces ingénieux essais. —-- • ~
- Il décerne à leur auteur une mention honorable.
- 1.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M, Bre.sson,. à Paris, rue Saiat^I)§ni«,; 3-19?
- i :VÎ. ‘ ; • ; . i : t'i •• :• rt « •
- Il applique un procédé mécanique à la dorure des lignes droites, ce qui lui procure üné économie d'un .tiers sur la main-d’œuvre. Sa dorure est nette et brillante et d’un beau ton d’or. .
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- M. Jeanne, à Paris, passagé Ghoiseul, 66 et 68. ^ ^
- Il expose un cadre de grande dimension* et d’une par-
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- faite exécution de dorure. Nous avons remarqué une grande intelligence d’ajustage pour réunit les pièces de sculpture.
- § 4. PARQUETS ET MOSAÏQUES.
- Du temps dè nos pères>'les parquets étaient le partage exclusif de l’opuleUcè. A quelquës élus de la fortune, le point de Hongrie, le parquet à l’anglaise, lé parquet éh feuilles,3 à tous les autres, le plancher bu le carrelage en terre cuite. ; ;
- Mais, avec l’aisance > l’usage des parquèts est devenu plus général^ et maintenan t on trouve des parquets depuis le rez-de-chaussée jusqu’à là mansarde. '
- Tout le monde veut du parquet 5 on ne diffère que sur
- le prix. Le parquet a l’anglaise, le point de Hongrie sont restés, par leur prix modique, à l’Usage du plus grand nombre. Le parquet en feuilles s’est maintenu cher y et cependant on commence à le trouver trop simple s’il n’est point mélangé de bois exotiques et indigènes;*" w :
- C’est ainsi que l’on est‘arrivé aux parquets mosaïques, , aux marqueteries les plus riches en ' dessins ét *en1 bbis étrangers. /•••' :,i .v*-.
- Cette industrie , dont-il n’a pas été parlé-à l’exposition de 1834, a demandé place parmi les produits de 183?9‘, et de riches* parquets à dessins, à figures ou'arabesques, so n t venus se poser à Côté des lapis d’Aubusson;
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM . J. Petyt et cie, à Paris, petite rue de Keuilly, 3.
- Les produits exposés consistent en parquets, meubles et boiseries, en marqueterie obtenue par procédé mécanique^ au moyen d’une machine à vapeur.
- Une mécanique de l’invention de M. Petyt permet de couper les bois avec une précision mathématique sur tous sens, sur une longueur d’un pied et sur une épaisseur de 5 pouces, en sorte que les bois coupés n’ont plus besoin d’être retouchés, et qu’on peut, sans aucun autre travail, coller entre eux les nombreux prismes que la ma-chi ne fournit. Après le collage effectué dans des presses bien justes, on obtient ainsi une marqueterie plus ou moins fine, selon la variété des bois employés, et plus ou moins compliquée, selon le rapport et la disposition dé ces bois entre eux. ..
- Cette marqueterie, dont le dessiu traverse la masse dans toute son épaisseur de 4 à 5 pouces, est alors débitée en placage par la scie mécanique ordinaire, él on obtient autant de fois le même dessin qu’on veut tirer de feuilles dans le massif de 5 pouces d’épaisseur, ce qui varie de cinquante à soixante feuilles pour les placages et de quinze feuilles environ pour les parquets.
- Ces feuilles sont ainsi posées sur plateaux préparés pour recevoir la marqueterie, et appliquées ensuite sur lambourdes sans plâtre ou sur double plancher.
- Le prix de ces parquets est de 14 à 25 fr. le mètre, suivant la richesse du dessin. *
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- Lcjury espère que ces ingénieux essais seront heureux et pourront être plus généralement appliqués.
- Il décerne h IVi. Pclyt une médaille de bronze.
- MM. Dubois (François) et Noiron, à Versailles.
- Ils exposent des parquets en marqueterie de toute épaisseur, et, comme ils le prétendent eux-mêmes, d’épais* scur illimitée.
- /
- Ces placages s’obtiennent par un procédé à peu près semblable à celui que nous venons de décrire.
- Des bois debout de différentes couleurs, préparés à la main avec des rabots «à moulures, sont rapprochés, engagés et collés de manière à former un faisceau compacte qui présente à ses extrémités les dessins résultant des différentes couleurs des bois engagés.
- On coupe ensuilcen traversée prisme composé en laissant aux feuilles l’épaisseur demandée. Ces mosaïques sont ensuite collées sur les bois, qui se posent avec vis sur lestant* bourdes.
- En appliquant ce procédé avec intelligence, MM. Dubois (François) et Noiron sont parvenus à présenter des fleurs sur les faces d’un balustrc, et sur des eornichcsd’appartcmenls.
- La solidité du placage répond-elle au mérite du procédé? L’expérience et le temps pourront seuls répondre pour nous.
- Le jury accorde à MM. Dubois (François) et Noiron une médaille de bronze......
- M. J ois val, à Paris, passage Sain te-Groix-de-la-Brétonnerié, 5.
- A côté de l’ouvrier qui mot en œuvre, il faut, dans
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- toutes les industries, îplacer l’ouvrier qui fait les ap prêts. Le premier, quelque habile qu’il soit, ne peut rien sans le second, et c’est du prix et de la bonne qualité des apprêts que dépendent la perfection et l’économie de la fabrication.
- C’est par ce motif que nous avons examiné avec beaucoup d’intérêt la riche collection d’échantillons de mosaïqués en bois ef ivoiré pour meubles et menuiserie.
- M. Jonval fait des filets pour incrustations comme on fait des bordures découpées bu gaufrées pour cartonnages; il présente cinq cent soixante échantillons variés de filets et frises en bois de houx, palissandre, amarante, ébène et citron.
- Ces ornements, qui nous ont paru nets et réguliers, sont spécialement destinés aux bordures et encadremen ts ; mais ils peuvent s’appliquer facilement à la décoration des meubles bu de la belle menuiserie.
- Le jury, reconnaissant le progrès apporté dans la fabrication par ces procédés, et appréciant le secours efficace et économique qu’ils doivent donner â l’industrie des incrustations sur bois, décerne à M. Jonval une médaillé de bronze.
- M. Picot, à Châlons (Marne).
- .
- Comme M. Jonval, mais pour des services différents, M. Picot nous paraît aussi avoir bien mérité dé l’ébéniste^ rie et du placage. ... = î
- Il expose un tableau et un album composés de feuilles de bois de marronnier tellement minces qu’elles sont tirées à deux cent soixante-dix feuilles au pouce d’épaisseur.
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- Ces feuilles, qui peuvent .servir à la lithographie, au cartonnage et à la brosserie, quand elles .sont plus épaisses, sont tranchées par une mécanique à mouvemen t circulaire qu?un seul homme peut faire mouvoir sans effort et qui produit en une heure mille feuilles de 10 pouces sur 6, au prix.de revient de 1 fr. 0,5 le mille. r
- Trois feuilles collées ensemble à contre-sens du fil du bois forment une feuille très-solide qui n’a pas plus d’épaisseur qu’une carte à jouer et dont on fait des cartes de visite et des adresses.
- Nous avons aussi remarqué des filets en bois de marronnier assez régulier pour rivaliser avec la paille d’Italie.
- Enfin M, Picot, adaptant un tranchant aune machine à mouvement de va-et-vient, est parvenu à obtenir des feuilles de lra,30 sur 42 cent, de largeur avec économie de moitié sur les scieries ordinaires de bois des Iles.
- ’• ? t •». f « ' < . « : r J. \ ;
- Le jury, rendant hommage à tous ces heureux estais, qui doivent, en se développant par l’application, introduire dans le. placage de grands .perfectionnements et do notables économies, décerne à M. Picot une médaille,de bronze.'
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. Mazerou et.cie, à Paris, rue de Ménil-montant, 86.
- Le produit que ces messieurs exposent est un parquet-carrelage, véritable mosaïque, en bois composée de petits morceaux de.bois.deboutdo 9 lignes.carrées de surface sur 3 lignes d’épaisseur, et appliqués sur carreaux de briques par un collage inaccessible à toute humidité et d’une
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- adhérencc telle que le bois et la brique ne forment plus qu’un seul corps inséparable.
- Ces morceaux de bois, coupés mécaniquement, sont d’une justesse parfaite, très-favorable à l’assemblage et à la juxtapositionj ils sont, en outre, collés l’un contre l’autre et en sens inverse, poiir que les différences de température n’aient aucune action.
- Les carreaux debriques, ainsi recouverts de mosaïques, sont placés sur une aire de plâtre qui n’exige aucune autre préparation. La surface de la mosaïque est ensuite affleurée au rabot, raclée et cirée.
- On conçoit, d’ailleurs, que les bois employés, l’ébène, le citron, l’érable, le palissandre, l’amarante, le corail, offrent une variété de couleurs qui permet d’arriver à des dessins d’un effet riche et éclatant.
- Le prix de ces parquets est de 50 à 60 fr. la toise, prix très-modique si ces parquets peuvent réunir à l’élégance du dessin les qualités essentielles de la durée et de la solidité.
- Deux années nosuffisen t pas pour décider la question.
- Le jury décerne à MM. Mazcrou et compagnie la mention honorable^
- MM. A ngé etcie, à Paris, rüe Guénégand, 19.
- Nous avons remarqué leurs parquets en placage-mosaïque de dessins très-variés et d’une boune exécution.
- Quatre feuilles de bois différents sont exactement superposées et sciées en suivant les contours d’un dessin donné.
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- Les ornements ainsi découpés sont portés d’un bois sur l’autre él incrustés de manière à donner quatre mosaïques du même dessin, mais variées de couleurs par la transposition des bois.
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- Ces procédés, ingénieux: pour le dessin et le découpé de la feuille de placage, auraient sans doute un résultat très-important s’ils perfectionnaient la manière de plaquer le parquet et si l’on pouvait, par leur moyen, éviter les inconvénients de peu de solidité quelquefois’ reprochés au placage ou au collage par superposition.
- Le jury accorde la mention honorable à MM. Angé et compagnie.
- * CITATIONS FAVORABLES.
- M. Marchesi, à Paris, rue d’Angoulême, 25.
- Nous citerons favorablement M. Marchesi,'qui expose une riche collection de placages-mosaïque obtenus par des procédés sinon identiques, au moins très-analogues avec ceux de.MM. Angé.
- Les dessins sont nets et l’application bien faite.
- M. Çhassang, à Paris, rue du Cherche midi, 108.
- M. Çhassang a voulu baisser les prix du parquet en feuilles en simplifiantlcs procédés d’exécution; il supprime les lambourdes et pose son parquet sur plâtre en y adaptant une couche imperméable; il substitue des lames métalliques aux languettes ordinaires et un trait de scie aux rainures.
- Il y a sans doute économie, même sur l’épaisseur des bois; mais l’expérience seule et le temps pourront constater la solidité et la durée de ces nouveaux essais. Il faut donc attendre, en signalant cependant avec cloge ces tentatives de perfectionnement.
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- M. Haumont, à Paris, ruecjë Bourgogne, 12,
- Présente des parquets mobiles qu’il obtient par des châssis à clefs destinés à rapprocher les joints et à remédier aussi à l’influence des différentes températures.
- Il peut aussi, par ce moyen, supprimer le plâtre ordinairement employé au scellement des lambourdes.
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- M. Vouzy, à Paris, rue Cadet, 8.
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- Il donne le nom de pavés solidaires à des pavés de bois taillés de telle sorte que, dans leur assemblage, ils sé soutiennent mutuellement sans chevilles ni clous, et qu'ils forment un tout compacte dont aucune partie ne peuls’en-foncër isolément soiis la pression. -
- Cet assemblage se fait de manière qué la surface présente un parquet uni en losanges ou en quadrilatères contre-boulés, et d’une grande solidité, au moyen des points d’appui qu’ils trouvent sur chaque bord du pavage, . •
- La coupe est la même pour le bois employé debout ou de fil -} mais, dans ce dernier cas, il faut éviter de lui donner une largeur qui le fasse voiler.
- Cette préparation du bois se fait à la naécanique. L’épaisseur du pavé peut varier de 2 .à 20 centimètres) et peut coûter, à Paris, de 5 à 11 fr. le mètre.
- L’inventeur annonce que le pavé solidaire est destiné aux roules, ponts, chemins de fer, etc.
- M. Aniel, à Paris, faubourg Saint-Denis, 84.
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- Il expose un échantillon de parquets superposés à feuil-
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- lure, dont le mérite est d’étre aussi solides que les parquets ordinaires et de présenter une économie d’un sixième dans la consommation du bois:" ' t ^ •
- § 5. ORFEVRERIE D’ARGENT.
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- L’orfèvrerie, nous le disons à regret, est restée stationnaire depuis 1834 : point de procédés nouveaux pour diminuer la main-d’œuvre ou l’emploi delà matière première, peu d’efforts pour conserver ou môme inspirer le goût des beauxrarts. »
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- Nous, n’avons donc à enregistrer ici que des perfectionnements de détails, des dispositions plus ou moins ingénieuses, d’ajustage, et peut-être l’usage plus modéré et mieux entendu des ornements du seizième siècle. -
- Les formes anglaises, sans grâce et sans légèreté, nous ont paru moins en faveur, et l’on commence à comprendre qu’en orfèvrerie le confortable n’est pas tout, et ne doit pas faire oublier la forme et le dessin.
- Nous avons remarqué avec plaisir,..pour l’économie, que la fabrication consent à employer plus souvent le moulage et l’estampage, et si l’on pouvait toujours, faire l’application <îe ces procédés, sans nuire au dessin et à la ciselure, nous approuverions, sans réserve, tous les moyens qui permettront à l’orfèvre de lutter avec le plaqueur et de rester artiste. . ,, ' ......
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- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Durand, à Paris, rue du Bac, 58.
- Ce fabricant présente, cette année, une pièec remarquable par son exécution et son importance presque monumentale.
- C’est une fontaine à thé, pesant 260 marcs d’argent, coûtant 40,000 francs, et s’élevant en forme de pvramidc, à 3 pieds de haut environ.
- Cette fontaine csi portée par un plateau dont la bordure, div isée par des parties niellées cl entourées de ciselures, indique les seize places qui doivent recevoir les lasses.
- Au-dessus, et sur un bandeau d’argent, avec ornements en or, richement damasquinés, sont disposés huit plateaux arlistement embellis d’arabesques ciselées, et de nielles argent et or.
- Sur ces plateaux se posent quatre sucriers style florentin, avec intérieur vermeil, et quatre coupes pour gâteaux.
- -Au milieu s’élève une base ornée de bas-reliefs, avec parties avancées, portant des groupes'd’enfants destinés à recevoir les pots à crème.
- Sur cette base repose l’élévation architecturale, espèce de socle qui soutient le pied du vase, formant fontaine à quatre robinets.
- Au pied du vase viennent se rattacher des encorbellements gracieusement contournés, et servant de supporta quatre vasques qui porlentles quatre théières d’une forme élégante et nouvelle.
- Celle œuvre capitale peulèlre jugée sous plusieurs points de vue.
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- Comme ajustage, elle présentait de grandes difficultés, qui nous paraissent avoir été surmontées avec un rare talent; toutes les pièces sont montées avec une simplicité parfaite, et peuvent ainsi se nettoyer ou se réparer facilement.
- Comme travail,d’orfèvrerie, nous avons admiré la dé-, licatesse des ornements, l’élégance de la ciselure et le mélange heureux de nielles et incrustations d’or, qui rompent l’uniformité de l’argent et reposent agréablement la vue. Toute celte dernière partie est traitée à la manière des orfèvres florentins du quinzième siècle.
- Comme objet d’art, le jury n’a pas oublié qu’il doit être . industriel avant d’étre artiste. Il a dé regarder avec indulgence une œuvre inspirée par le goût du jour et l’entraînement de l’exemple. Il a pensé que, par son exécution, par sa richesse, et même par sa composition d’ensemble, cette pièce colossale était le produit d’une fabrication très-remarquable, et d’une énergie industrielle qui ne recule pas devant les sacrifices. . -
- M. Durand nous paraît avoir conservé l’honorable position qu’il occupait déjà en 1834, et le jury lui confirme, avec empressement, la médaille d’argent qu’il a obtenue aux précédentes expositions.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Lebrun, à Paris, quai des Orfèvres,
- M. Lebrun a eu l’heureuse occasion d’exposer un magnifique service de table et un the complet.
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- La mode a voulu que l’élégance et la pureté des formes fissent place à la richesse des détails, a la profusion des ornements et de la ciselure. M. Lebrun nous paraît avoir Satisfait à ces exigences avec beaucoup de goût et d’habi- . lelé, et les formés anglaises qu’il a combinées avec le'styîe de la renaissance forment un ensemble d’un très-bel effet.
- Nous avons remarqué une corbeille à gâteaux et un seau à glace, ét surtout un plateau embelli'par les plus gracieux dessins de ciselure.
- Rien de mieux ajusté et de plus parfaitement exécuté que les ornements'de toutes les pièces; et ce beau travail place M. Lebrun parmi les premiers maîtres de l’art de l’or-' févrerie.
- Le jury, rendant justice à cette élégante et intelligente fabrication, décerne à son habile directeur une nouvelle médaille d’argent. :
- MÉDAILLES D’ARGENT. .
- M. Langlet, à Paris, ruéBourg-PAKbë, 32.
- M. Langlet exécute lui-même le dessin, la sculpture et la ciselure des pièces qui sortent de ses ateliers.
- II s’est fait représenter à l’exposition par trois pièces de grosse orfèvrerie. ,,
- Un milieu dë table et corbeille pour Jlèùrs et fruits avec quatre bacchantes et enfants cueillant des raisins. Les figures et une grande partie des ornements sont en vermeil.
- Cette pièce, d’un genre grec, a peut-être été étonnée de se trouver à l’exposition de 1839; elle y semblait être vc-
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- nue pour protester contre l’invasion du moyen âge, mais elle y était seule.; . . . :
- Nous devons citer cette œuvre d’art, qui n’est pas irréprochable, mais qui a cependant des parties fort bien traité.es, et dont l’ensemble ne .manque pas de grâce.
- ,-Eilc est bien exécutée, et fait honneur au talent et au courage de l’artiste. . ,
- , A.côté de cette pièce de style antique, nous avons, remarqué une bouiiloireà thé, à bascule, avec réchaud moulé et ciselé, et le corps entièrement.repQussé. .
- ,Cet objet, dans le goût de notre époque, fait voir.que M. Langlet peut traiter tous les genres avec succès.
- Le jury, reconnaissant le mérite de celte fabrication, décerne à M. Langlet une médaille d’argent.
- M. Froment-Meurice, à Paris, rue de Lobau, 2.
- , M. Froment-Meurice est un bon dessinateur et un habile fabricant j il cherche à réunir le dessin, la ciselure et le bon marché;
- L’estampage, qui se retrouve toutes les fois qu’on veut de l’économie, ne se prête pas facilement à l’application de la ciselure, et M. Froment parait employer le moulage de préférence aux autres procédés économiques.
- Avec des modèles bien faits et des fondeurs habiles, il .obtient des surmoulés parfaitement nets, sur lesquels la ciselure n’a plus rien à faire. . ... I
- Nous citons .avec plaisir un service de thé, style du seizième siècle, avec des dispositions qui rappellent le genre oriental. . . - , 4 ...
- Les anses et le bec de la théière sont bien ajustés sous le galbe du vase. L’anse d’ivoire est ingénieusement recou-
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- verte en métal, et la dorure par immersion, essayée sur le sucrier et le pot au lait, est peut-être la première expérience de ce genre qui ait réussi complètement sur des pièces de celle dimension.
- Nous avons distingue des plats fort simples, mais ajustés avec des bords moulés, d’un genre et d’un dessin assez nouveaux;
- Un plateau pour dessert, obtenu par des procédés de moulage qui en rendent le prix très-modique.
- En présence de ces bons résultats de fabrication, le jury décerne une médaille d’argent à M. Froment, qui avait déjà obtenu une médaille de bronze en 1831.
- § 6. PLAQUÉ.
- Tout objet de luxe inventé pour les classes opulentes doit être imité pour les classes moyennes. Nous avons, en réalité, l’égalité desdroils, nous voulons, en apparence, l’égalité des fortunes, et si tous uc peuvent pas être riches, tous veulent au moins le paraître.
- Aussi trouve-t-on toujours, dans l’industrie, le strass à côté du diamant, le vernis à côté de la dorure, le cuivre à côté de l’or, le plaqué à côté de l’orfèvrerie d’argent.
- Le plaqué, importé d’Angleterre, encouragé par Louis XYI, perfectionné par M. Levrat, soumis au mandrin et au brunissoir par MM. Tourot et Jalabert, est parvenu, depuis quelques années, à un degré de perfection qui lui permet de lutter avec l’orfévreric d’argent.
- Tout ce qui peut se faire en or, en argent, en cuivre, en fer-blanc, s’exécute maintenant en plaqué. C’est indi-
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- qucr les^ immenses développements dont celle industrie est susceptible.
- Scs avantages sur l’orfèvrerie fine sont le prix de la matière première et la facilité de la fabrication.
- Le laminage de l’argent est duretroide; le laminage du doublé est plus ductile, et rend les procédés plus faciles et le travail beaucoup moins dispendieux. D'ailleurs, pour appliquer à l’orfèvrerie tous les procédés de la fabrication du plaqué, il faudrait faire des dépenses premières qui ne peuvent être compensées que par une grande consommation, à laquelle l’orfévrerie d’argent ne peut atteindre.
- L’orfévrcrie fine a toujours, il est vrai, une valeur intrinsèque réalisable à la fonte. Le doublé d’argent n’a que peu ou point de valeur. *
- A un litre trop bas, on ne le reprend pour aucun prix j mais lé bon plaqué n’est pas dans le môme cas, et nous avons rencontré des fabricants qui consentiraient volontiers à reprendre, après plusieurs années d’usage, le plaqué sorti de leur fabrique, pour moitié ou au moins un tiers de leur prix de vente.
- Depuis 1834, l’industrie du doublé n’a point fait de progrès, et nous regrettons do n’avoir pas à signaler un-seul de ses procédés’ nouveaux et économiques, qui donne un nouvel essor à l’industrie et qui permette de diminuer les prix sans nuire à la qualité.
- Les procédés de fabrication restant les mômes et étant connus de tous, le bas prix des produits ne peut donc s’obtenir qu’en baissant le litre du plaqué.
- Il faut désapprouver hautement ces moyens.
- Le mauvais plaqué a très-peu de durée, et s’il peut, à l’aide d’un faux poinçon de titré, tromper pendant quel-
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- ques jours l?œil de l’acheteur, on ne larde pas à reconnaître la fraudo.
- . La confiance disparaît, le poinçonnage du doublé n’est plus une garantie, et l’on soupçonne toujours,(e,t.quelquefois à tort) la loyauté du fabricant.
- C’est ce qui est arrivé à cette industrie, et c’cstlà, sans aucun doute, la cause première de la défaveur du plaqué français à l’étranger.
- Il est, dit-on, impossible de s’assurer de l’exactitude du poinçon de titre sur l’orfèvrerie en doublé. Une pièce de plaqué se composant de beaucoup de pièces rapportées, l’essai dû litre est impraticable après sa confection. Le laminage même n’est pas toujours égal et au même titre sur les bords ou au milieu de la feuille.
- En présence de ces difficultés, il serait à désirer que le gouvernement fît appel à la science et à l’industrie pour obtenir, s’il est possible, un contrôle efficace du poinçonnage; mais si, malgré ces recherches sérieuses , l’impossi-, bilité était bien constatée, le poinçon de titre, sans con? trôle et sans pénalité contre la fraude, serait:une déception pour l’acheteur et une cause de méfiance contre ;le fabri-r cant : il faudrait se bâter.de le supprimer. vî
- Malgré ces causes réelles de défaveur, la fabrication du doublé d’argent occupe à Paris 2000 ouvriers, ,et emploie un capital d’environ 8 millions de francs, dont-moitié pour l’exportation. . = , .
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Gandais, à Paris, rue du Ponceau,
- Cet habile fabricant présente, cette année,, plusieurs pièces d’un travail délicat, mais dont les formes laissent quelque chose à désirer.
- Nous avons distingué, non sous le rapport de l’art, mais pour la bonne exécution, un surtout de table à branches corail ciselées mat, une soupière coquille d’une grande richesse, et disposée de manière qu’eu retirant la timbale du milieu on peut y substituer une corbeille de fleurs et
- l’utiliser comme surtout de table.
- /
- M. Gandais continue à garnir en argent fin les bords, les anses et les poignées de ses pièces en doublé, et sa fabrication, qui a vingt années d’existence et qui occupe annuellement cent à cent vingt ouvriers,, conserve en tous points l’honorable position qu’elle a prise aux expositions précédentes.
- Le jury vote à M. Gandais le rappel de la médaille d’argent qu’il a déjà obtenue en 1834.
- M. Balaine, Paris, rue du Faubourg-du-Teniple, 9*3. ?
- M. Balaine paraît se consacrer exclusivement à la fabrication du plaqué fin (genre Shcffields); il ne fabrique pas à plus bas titre que le 40e, et garnit en argent fin les parties saillantes et les bords de toutes ses pièces.
- Nous avons distingué plusieurs pièces de service de table au 10e, un thé ciselé mat d’un assez bon goût et d’un fini remarquable. v
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- Ce service, composé de cinq pièces et plateau en doublé au 5e, est de 1,800 fr., et coûterait 8,000 fr. en argcnltin. Le prix de main-d’œuvre en plaqué est d’environ 600 fr.: il serait de 3,000 fr. en argent.
- Ces différences sont une nouvelle preuve que le plaqué a, sur l’orfèvrerie d’argent, l’avantage immense des procédés économiques de fabrication.
- Les produits de M. Balaincsont le résultat d’une fabrication consciencieuse. Les ciselures, qui seraient impossibles sur du plaqué mince, sont bien entendues, et les formes sont d’un dessin assez pur.
- Ce fabricant nous a paru toujours digne de la médaille d’argent dont le jurj lui vote le rappel avec empressement.
- M. Parquin, à Paris, rue Popincourt, 74.
- La manufacture de M. Parquin, successeur de M. Le-vrat, réunit trois industries distinctes.
- L’orfèvrerie plaquée est représentée à l’exposition par
- V'.
- deûx services à thé : l’un en doublé d'or, l’autre en double d’argent.
- Ce service, composé de cinq pièces avec plateau, est d’une grande richesse, qui n’exclut pas cependant une certaine élégance de formes.
- \ Lés produits en cuivre bronze florentin consistent en une riche collection de fontaines à thé , théières et flambeaux de formes variées, enrichis de ciselures et d’ornements de bon goût. Le prix de ces objets est très-modéré, et nous signalerons une paire de flambeaux 9 pouces, avec un joli estampé à la tige et des godrons au pied, pour le prix de 3 fr. 50 c.
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- Enfin nous citerons une chaudronnerie mince en laiton, et des flambeaux à 1 fr. la paire.
- M. Parquin est aussi l’inventeur d’un étamage perfectionné sur cuivre.
- L’étamage est posé après soudure,avant de finir la pièce, qui est ensuite placée sur le tour, ce qui,consolide l’adhérence de l’étamage.
- M. Parquin occupe à tous ces travaux deux cent cinquante ouvriers, dont cent cinquante sont employés dans la prison de Melun à ces objets de fabrication, si nécessaires à la classe pauvre.
- Le jury, appréciant le zèle industriel et les importants travaux de cet habile fabricant, lui confirme la médaille d’argent qu’il a déjà obtenue en 1827 et 1834 ,.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- * o
- MM. Yeyrat et fils, à Paris, rue de la Tout, io.
- Ces fabricants n’ont point voulu établir une pièce capitale pour l’exposition ; ils présentent, celte année, les modèles qu’ils font toujours, qn’ils vendent journellement, cl qu’on peut retrouver dans tous leurs magasins : leur -fabrication régulière est mise, par ses prix, à la portée des classes moyennes.
- C’est un motif de plus pour jeter un coup d’œil d’in-térét sur un établissement utile qui occupe beaucoup d’ouvriers, et qui réunit avec succès trois branches distinctes d’industrie.
- (
- T. III.
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- ' 1° L’orfévreric d’argent, qu’ils établissent légère, eu lui appliquant les procédés de main-d’œuvre du plaqué. Nous avons remarqué un service pour le thé de quatre pièces, sans plateau, au prix de 1,200 fr.$
- 2° L’orfèvrerie en doublé d’argent, qu’ils font d’une qualité moyenne et d’un prix modéré. Ils présentent le môme service à thé, plaqué au 10e avec bords d’argent, au prix de 500 fr.;
- 3° Le plaqué sur fer, par le procédé des éperonniers, c’est-à-dire le fer forgé, limé, poli,.étamé et recouvert d’une feuille d’argent laminé à épaisseur convenable.
- Ils exposent des couverts à lüel et des assiettes ainsi plaqués qui nous ont paru offrir un résultat satisfaisant. Maissi l’oxydation du fer n’est pas à craindre, comme celle du cuivre, le plaqué sur fer ne prendra des développements réels que si l’on cherche à obtenir du doublé de fer comme on obtient du doublé de cuivre, et si l’on parvient, à l’aide d’une force suffisante, à travailler ce doublé par les procédés de la. fabrication du plaqué. ; i /
- MM. Veyrat et fils, par l’importance de leur fabrique, par leurs exportations à l’étranger, par.la variété de leurs .produits et parles essais progressifs qu’ils ont tentés, sont dignes de la médaille d’argent que leur décerne le jury.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- ' M. Hardelet, à Paris, passageChoiseul, 34*
- . • v * ‘î -
- ' Ce fabricant expose des objets remarquables par la régularité et la pureté des formes.
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- Nous avons distingué des flambeaux d’un bon goût, un calice et des burettes d’une grande richesse de ciselure, et une jolie forme de pot à eau.
- Un nouveau réchaud-bouilloire [à esprit-de-vin, avec une combinaison intelligente des trous destinés à activer la flamme. Ce réchaud de table joint à tous les avantages du bain marie celui de conserver 80 degrés de chaleur pendant trois heures.
- Les parties estampées sont nettes, les formes simples et l’exécution bonne.
- M. Hardelet nous paraît avoir conservé les bonnes traditions, et le jury lui décerne à juste titre la médaille de bronze. ,
- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- M. 'Vin ken, à Paris, nie Saint-Honoré, 3i5!.
- M. Yinken expose des bouilloires et fontaines à thé en cuivre bronzé, et une cafetière pour faire le café à'la vapeur. Ce fabricant a perfectionné cet appareil, d’impor-tàtion allemande.
- Le jury lui confirme la mention honorable qu’il a déjà obtenue en 1834.
- H.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. Morel, à Paris, rue des Vieilles-Ail-driettes, 8,
- M. Morel paraît avoir fait l’application presque exclusive du plaqué à l'industrie des ornements d’église.
- Cette fabrication, presque généralement abandonnée depuis MM. Tourot et Favre, existe encore dans les ateliers de M. Morel, qui l’exploite avec succès.
- Nous avons remarqué des flambeaux de vingt-six pouces de hauteur, et une croix de procession de quarante-deux pouces, un eucensoir fait au tour et ciselé, un reliquaire composé de plus de six cents pièces de rapport, et quelques objets en laiton doré.
- Il est à désirer que cet habile fabricant puisse appliquer les procédés de l’estampe à toute sa fabrication, ce qui lui permettra', sans doute, de diminuer les prix de ses articles d’église et de les mettre à la portée des paroisses pauvres.
- Le jury décerne à M. Morel une mention honorable.
- M. Ballot, à Paris, rue du Grand-Chantier, 16. '
- M. Ilallol expose une nombreuse collection d’objets en plaqué d’argent, bien confectionnés et d’un prix très-modéré.
- Nous avons remarqué un service à thé en plaqué, avec plateau et lasses en vermeil.
- Cette fabrication n’est pas sans importance cl mérite là mention honorable que lui décerne le jury.
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- M. Jansse, à Paris, rue Bourg-l’Abbt;, 3a.
- La spécialité de cet exposant est la fabrication des articles d’église en bronze et en cuivre doré ou argenté.
- Nous avons remarqué des ostensoirs avec rayons en cuivre estampé; des lampes d’église, ciboires, calices, d’un dessin léger et élégant qui ne nuit pas à la sévérité des formes.
- Tous ces produits sé recommandent par une fort bonne exécution.
- Le jury décerne à M. Jansse une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. Barbereau, à Paris, rue Grange-aux-. Belles, 9.
- Ce fabricant, voulant remédier aux inconvénients de la porcelaine,qui se brise en tombant, ou de l’orfèvrerie, qui peut se bossuer, a inventé une orfèvrerie céramique qui peut tomber de hauteur d’homme ou"rouler à terre sans éprouver aucun dommage.
- Une lasse faite par ce procédé se compose, à la surface extérieure, d’une feuille d’argent très-mince, et, à la surface intérieure, d’une feuille de cuivre.
- Entre ces deux feuilles rapprochées, mais non adhérentes, il verse une pâte liquide qui durcit en séchant et soutient les deux faces de métal.
- Les flambeaux et girandoles sont faits plus simplement, en versant la pâte dans la feuille d’argent estampée*
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- Ce procédé, tout nouveau, n’a pas encore la sanction du temps et de l’expérience ; il a d’ailleurs besoin de quelques perfectionnementsj mais l’intelligenterccherchcde M. Bar-bereau mérite d’être citée favorablement.
- SECTION V.
- I
- TYPOGRAPHIE.
- M. Laborde ( Léon de ), rapporteur.
- I
- Consiclèràtiôns généra les.
- V i < . . - V ' ,
- Si le jtirÿ avait eu mission d’apprécier, dans lè’s produits de l’imprimerie, le mérite intellectuel ; si le volume présenté par l’imprimeur avait dû être èiaminé sous d’aütres rapports que sous celui des perfectionnements matériels, nul doute que sa tâche n’eût été aussi ingrate que difficile. Mais il ne s’agissait que de comparer les livres de 1839 aux livres de 1834, et de reconnaître la'supériorité que ceux, de cette exposition avaient acquise sur ceux de l’exposition précédente, au moyen de presses plus précises, d’un noir plus brillant, d’un papier plus uni, de types et de bois mieux gravés.
- Réduite à ce rôle tout industriel, l’imprimerie se
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- présente au jury avec des titres réels à son encouragement : son exécution est plus parfaite et ses prix sont moins élevés.
- Les presses que nous ne pouvons point examiner ici, mais dont nous devons apprécier les résultats, ont gagné en précision, et fournissent avec netteté, non-seulement le tirage du texte, mais encore celui des gravures les plus fines, jusqu’à un nombre presque indéfini. Le noir, qui s’était conservé si brillant dans les éditions du xve et du xviG siècle, avait tellement dégénéré dans le siècle dernier, que l’huile débordait en auréole jaunâtre autour de chaque lettre, et plus défavorablement encore autour des gravures, qui sont toujours empâtées d’encre. Aujourd’hui, les livres imprimés au moyen de l’emploi d’une huile meilleure, qui leur donne une teinte bleuâtre plus agréable, conservent constamment toute leur fraîcheur. Le papier, même dans les éditions du prix le plus modéré, est d’un très-beau blanc et d’une pâte très-unie. Nous laissons à une autre commission le soin d’apprécier les procédés qui lui donnent cette blancheur ; elle,nous dira si, quand l’abus des agents chimiques aura altéré ces papiers si brillants, l’avenir n’aura pas à demander compte à l’éclat du présent de sa lente détérioration. Lés caractères, enfin , de l’imprimerie ont gagné, moins dans le Adessin, qui ne présente qu’une assez fâcheuse variété de formes,
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- que dans la précision delà gravure, qui rend la mise en train plus facile.
- Tous ces perfectionnements n’ont pas profité seulement aux ouvrages de luxe ; ils ont été mis au service des éditions de livres élémentaires, au service des collections tirées à un très-petit nombre d’exemplaires réservés aux savants. Les classiques grecs, latins , français , les publications chinoises , persanes, arabes, hébraïques, ont pu se répandre dans le commerce, imprimés avec autant de perfection que des livres de choix, et cependant avec une réduction de prix telle que des collections entières ont reparu aux conditions de vente d’un seul volume des éditions précédentes.
- Le jury a vu avec plaisir Hgurer dans les salles d’exposition, à côté des plus grands noms de l’imprimerie, à côté des nouveaux éditeurs lés plus actifs, quelques imprimeurs des départements qui suivent attentivement les progrès de la capitale, et qui ont placé sans désavantage leurs publications auprès des publications de Paris.
- Mais l’imprimerie, qui s’est toujours appelée un art, prétend , avec raison, s’élever aux conditions de goût et d’invention qui légitiment ce titre. La gravure en relief, qu’on peut appeler gravure typographique, après avoir été négligée pendant deux -siècles, a repris toute son importance, grâce à l’appui d’artistes distingués, et l’imprimerie n’a re-
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- culé devant aucune des difficultés qu’offrait, à chaque page, la reproduction de ces petits tableaux dont il fallait rendre toute la netteté du dessin et toute la vigueur de l’effet, de manière à satisfaire au goût difficile et parfois capricieux des artistes, des graveurs, des auteurs et du public.
- Cet ornement n’a cependant point renchéri les éditions nouvelles, et pour la première fois, depuis trois siècles, elles ont offert l’exemple du luxe réuni à la modicité des prix. Tel livre qui, tiré à douze
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- cents exemplaires, dans les conditions où se trouvait l’imprimerie il y a vingt ans, aurait présenté à l’éditeur un prix de revient de 3,000 fr. à côtéd’un bénéfice possible de 2,000 fr., a été imprimé avec tant de richesse, sur un papier si beau et avec une telle profusion de gravures, que les frais d’édition se sont élevés à 200,000 fr. Tiré à douze cents exemplaires, il n’aurait pu se vendre, chaque exemplaire aurait valu prés de 200 fr. ; mais, imprimé à quinze mille , il entrait dans le commerce à raison de 20 fr. l’exemplaire, et l’édition rendait au libraire 100,000 fr. de bénéfice;
- C’est d’après ces bases qu’est devenue possible et qu’a été faite^ la publication du Testament, des Evangiles, de G il B las, de VImitation, de Paul et et Virginie , du Molière, du Don Quichotte , de Manon Lescaut, de VHistoire de 'Napoléon, de Béranger, de la Fontaine, et celle de tant de beaux
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- livres. C’est à ces conditions, conformes à la diffusion des lumières et à la division des fortunes, que d’immenses entreprises ont été tentées, que de larges dépenses ont été faites, que de grands béné>-fices ont été recueillis, et que l’imprimerie a acquis de nouveaux droits à l’attention du jury.
- Cette innovation, ou plutôt, comme nous venons de le dire, cette extension nouvelle donnée à l’emploi d’une ancienne association, a grandi le rôle de l’éditeur, et le jury devait apprécier les efforts qui ont été faits par plusieurs d’entre eux pour entraîner leurs confrères dans cette voie de progrès et d’améliorations.
- Le moyen âge a connu deux classes d’éditeurs, l’éditeur savant et l’éditeur artiste : l’un collation-
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- nait les manuscrits des ouvrages grecs et latins dont il se faisait gloire de publier la meilleure édition; l'autre s’adressait aux artistes, obtenait de ceux-ci des lettres initiales ornées, de ceux-là des entourages, des plus célèbres des sujets historiques, et ensuite il combinait avec Fauteur, avec l’imprimeur, avec le marchand de papier et, enfin, avec le graveur des estampages de reliures, le plus heureux ensemble de conditions d’art et d’élégance.
- Chaque année a vu rapidement disparaître les derniers représentants de la classe des éditeurs savants. Le petit nombre de ceux qu’on pourrait encore citer aujourd’hui semble ne résister à l’esprit trop
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- exclusivement mercantile de notre temps que pour nous inspirer plus de regrets. Mais l’éditeur artiste -qui, au seizième siècle, avait disparu par l’abandon de la gravure sur bois, renaît de nos jours avec sa première importance et avec une complète ressemblance : même activité, même esprit de combinaison, même goût d’arrangement, même utilité commerciale à l’égard du dessinateur comme à l’égard du graveur, à celui de l’imprimeur comme à celui du papetier ou du relieur.
- Le jury avait donc à examiner, dans la section d’imprimerie et en dehors de tous les autres mérites, celui de l’éditeur; et il devait aussi récompenser l’homme ingénieux, le capitaliste hardi, le Fabricant utile, car ce nom lui peut, être appliqué, qui mettait en œuvre tant d’industries diverses, lesquelles auraient peut-être langui, si son esprit spéculatif ne leur eût donné une heureuse activité. Le jury, cependant, n’en veut pas moins encourager ensuite, ei séparément, chacune de ces industries que l’éditeur, comme un architecte habile, emploie à l’érection de son monument.
- Je ne tracerai point le tableau des conquêtes de la' librairie. ïi serait trop pénible d’être obligé d’exposer en pendantle tableau de ses désastres. D’ailleurs, én ce qui concerne cette industrie, la statistique sera toujours en défaut dès qu’elle prétendra autre chose que constater des faits. Le temps présent prouve
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- qu’aucun chiffre ne peut- être adopté avec garantie de durée : la raison en est simple; l’imprimerie est soumise à des interruptions trop brusques et à des reprises trop lentes. Dans les temps prospères, elle . lutte contre des difficultés inconnues aux. autres branches de l’industrie ; dans les temps de crise, elle se trouve aussitôt acculée entre de lourdes obligations et des marchandises dont le prix est toujours fictif et qui n’ont aucune valeur positive.
- Mais c’est du moins un bonheur de penser que tant de dégoûts trouvent leur compensation dans l’élévation de cette industrie, qui touche à tous les points de l’intelligence humaine, et le jury s’associera de tout son pouvoir à ce qui doit l’encourager et la soutenir.
- . § 1. GRAVURE EN LETTRES.
- 11 était difficile et, cependant, il était indispensable de séparer la fonte de la gravure des caraclèrs. C’était d’au-taut plus difficile que toute grande fonderie joint à sa fabrication un atelier de gravure, qui donne aux directeurs le droit de s’intituler fondeurs et graveurs.
- C’était d’autant plus indispensable que, dans sa sollicitude des droits de tous, le jury devait aussi se réserver les moyens de récompenser le graveur, aujourd’hui, surtout, que les vignettes et les ornements sont venus donner à cette profession, d’abord restreinte, une importance d’art cl de goût dont il faut pneourager la bonne direction »
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- Comme dans tous les arts, l’invention matérielle occupe, dans la gravure des caractères, bien peu de place; c’est dans l’exécution qu’il en fauP chercher le perfectionnement. Depuis 1834, le jury reconnaît qu’en prenant en considération l’immense variété des caractères et des ornements, bétonnante rapidité avec laquelle on les produit, il y a dans leur fabrication, sinon plus d’habileté, une habileté au moins égale, cl surtout une habileté plus générale, plus répandue. Quand un art, comme celui de la gravure des caractères, est arrivé à la perfection où les Bodoni et les Didot boni porté, le progrès est dans son extension.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT DE 1827.
- Mf Léger, à Montrouge, avenue de la Santé,
- x8(i).-
- Les lettres de deux points de M. Léger ont conservé leur réputation, légitimée par la médaille d’argent que le jury lui a décernée dans trois expositions successives.
- MEDAILLE D’ARGENT.
- . V - * f
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- M. Legrand, à Paris, rue du Chercliemidi,
- 99-
- M. Marcelin Legrand méritait l’attention du jury par
- (i) En iSoi, le nom de M. Loger fut omis au rapport par erreir.
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- ses caractères ordinaires d’imprimerie ; il la mérilait encore par des caractères orientaux (1); les caractères hébreux gravés sur trois corps et sous la direction de M. Sil-veslre de Sacy; les caractères pehlvi et cunéiforme, gravés sous la direction dé M. Burnouf. Aujourd’hui M. Legrand se présente, à l’exposition, avec un nouveau titre, avec celui que lui donne la gravure du caractère chinois. Ce qu’aucun établissement n’avait encore exécuté, ce que rimprimerie royale n’avait pas ose tenter-, lui, simple particulier, il l’cnlrëprend à ses frais, risques et périls, et poursuit sans relâche la gravure de ce caractère, compose de 30,000 leltrcsau moins.
- Mais le jury a peut-être encore été moins frappé de la hardiesse de M. Legrand que de son adresse à rendre praticable ce qu’il avait jugé possible. D’abord, afin de s’éviter la, gravure dé 30,000 poinçons d’acier, il s’inspire .du système proposé par M. Marshmann, et décompose les 30,000 caractères chinois, qui forment le dictionnaire impérial, pour ne trouver que 9,000 poinçons nécessaires. Ensuite, pour rendre facile aux compositeurs la recherche de ces 9,000 caractères, il introduit dans le moule de la lettre, et sur sa largeur, au moment de la fonte, un numérotage qui permet de composer du chinois avec des chiffres sans même connaître les lettres de cette langue.
- Le jury juge ces efforts dignes de la médaille d’argent.
- (-1) Il a gravé divers corps de zend, un corps de tamoul, un corps de guzaralti, deux corps de persépolilain, un corps de tibétain, etc.
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Loeuilltet, à Paris, rue Poupée, 7.
- M. Lœuilliel est l’un de nos meilleurs graveurs. Les épreuves qu’il a mises à l’exposition le prouvent. Le jury a particulièrement remarqué une cursive allemande^ peut-être un peu maigre, mais, d’ailleurs, supérieure, en netteté et en précision, à ce qui avait été fait chez M. Jules Didot. ‘
- Le jury, qui avait accordé à M. Lœuilliet, en 1834, une mention honorable, lui décerne, celte année, une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- v > i ' -r . . ': . • > ‘ • ’ - » '
- M. Lombardat, à Paris, rue du Four-Sâiut-
- . M. Lombardat continue à mériter la mention honorable que le jury de 1,834 lui a accordée, , ’ ,
- CITATION FAVORABLE.
- M. Porthant, à Paris, rue du Cimetière-Saint-André, 16.
- Ce graveur a exposé quelques lettres ornées, dites de fantaisie. Le jury aurait désiré des Formes moins tour-
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- menlées. Son grec moderne et son anglaise offrent une exécution plus pure.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- § 2. GRAVURE EN RELIEF OU TYPOGRAPHIQUE.
- Le jour où le bois de bout fut attaqué par le burin de nos graveurs en creux, une révolution s’opérait dans l'imprimerie et dans la librairie. C’est à Bewick qu’est due l’introduction de ce changement important dans l’ancienne gravure sur bois de fil et au canif, qui, après avoir brillé pendant près de trois siècles, s’était vue presque complètement abandonnée au dix-neuvième.
- L’introduction de la nouvelle gravure en relief, eu France, fut très-lente. L’Angleterre avait déjà répandu, à très-bon compte, dans le commerce, des livres ornés de ces gravures, que nous en étions encore à quelques rares essais; il fallut même qu’un graveur habile de cette contrée vîut en France pour y rendre cet art populaire : ce graveur, c’est Thompson, que trois jurys successifs ont honoré de la médaille d’argent.
- Aujourd’hui Paris compte un grand nombre de graveurs en relief, et nos éditions illustrées ont non-seulement égalé les chefs-d’œuvre du genre produits par l’Angleterre, mais encore, transportées en pays étrangers, sous forme-de clichés, elles y sont accueillies avec faveur, et plus recherchées souvent que les œuvres nationales. Autant la gravure en creux est forcément restée dans les conditions élevées de l'art, autant la gravure en relief a su se prêter aux exigences industrielles de la spéculation : exécution rapide, prix modérés, applications multiples, tirage innombrable; elle a tout offert au commerce qui sait en profiler.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. BuEviÈREjà Paris, rue des Beaux-Arts, 3.
- M. Brevière apporte dans sa gravure une pureté d’outil, et dans son travail une fidélité consciencieuse, qui sont les deux conditions essentielles de la reproduction des dessins que les artistes tracent sur le bois. Les éditions illustrées possèdent, presque toutes,-quelques travaux de cet exposant; mais, ce qui le distingue, ce sont ceux qu’il a exécutés pour les grandes éditions de l’imprimerie royale. Vhistoirc des Mongols, le livre des rois sont là pour montrer avec quel goût et avec quel talent il a su vaincre de grandes difficultés, et rendre, par l’imprimerie, des dessins orientaux qu’on croyait jusqu’à présent réservés à l’ornement des plus riches manuscrits.
- Sous l’égide de son habile directeur, l’imprimerie royale se maintient ainsi àu niveau des perfectionnements , elle fait mieux, elle les devance, et peut servir de modèle aux établissements que l’industrie élève.
- MM. Andrew, Best, Leloir, à Paris, rue des Grands-Augustins, 21.
- L’association de ces trois graveurs, qui exposent ensemble, dure depuis plusieurs années. Ils ont fourni au commerce d’innombrables produits avec une rapidité et une modicité de prix qui rendent possibles les publications à bon marché qui paraissent chaque semaine. Il faut dire aussi qu’ils ont également exécuté, pour les plus remarquables ouvrages, quelques gravures très belles. Le jury doit surtout mentionner, comme un perfectionnement qui leur appartient, au moins dans sou exploitation, l’emploi du T. 111. B
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- cuivre, et la reproduction sur ce métal, moitié à l’eau-forte, moitié au burin, mais toujours en relief, des sujets d’histoire naturelle, des poissons, des coquilles, des minéraux, des détails anatomiques que M. Best a rendus, d’après ce système, avec une grande habileté.
- Le juryleur décerne une médaille d’argent. Le jury de 1834 leur avait accordé une médaille de bronze.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Lacoste, à Paris, rue du Coq-Saint-Honoré, i3.
- Les gravures que cet artiste a exposées, cette année, sont plus particulièrement destinées à l’ouvrage de Versailles de M. Gavard.
- Le jury accorde à M. Lacoste le rappel de la médaille de bronze qu’il avait obtenue en 1834.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Cherrière ( Prosper-Adolphe-Léon ), à Bièvre.
- Get artiste a gravé de nombreux sujets pour les éditions les plus remarquables de Paris. L’histoire dé Napoléon, le la Fontaine, le Voyage pittoresque en Russie, lé Béranger comptent^ au nombre de leurs gravures les plus belles et les plus fines, celles de M. Cherrière.
- Le jury lui décerné une médaille de bronze.
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- M. Barre, à Paris^, rue clés Marais-Saint-Germain, 14.
- La gravure sur acier est une spécialité de la gravure en relief. Cette spécialité est particulièrement utile aux grands établissements qui ont besoin de billets imprimés, d’autant plus difficiles à imiter qu’ils on t plus à lutter contre les tentatives de contrefaçon.
- Deux exposants, les seuls qui, à Paris, travaillent dans ce genre, se sont présentés.
- M. Barre, artiste distingué, très-connu par ses beaux médaillons, expose les billets de la banque de Lyon qu’il a lui-même composés, dessinés et gravés sur acier.
- Les billets delà banque de France sont surpassés ici par la fermeté de l’outil, et la difficulté de l’imitation est encore augmentée par la pureté du dessin et par la finesse des têtes. Malgré sa patience, le faussaire ne saurait saisir et reproduire celte composition sans un talent d’artiste qu’on ne peut luisupposcr, car, s’il le possédait, il lui offrirait des ressources moins dangereuses que ces coupables tentatives.
- La banque de France a commandé à M. Barre un nouveau modèle de billets de 500 et de 1,000 francs, au prix de 25,000 fr. chaque.
- MENTION HONORABLE.
- M. Saunier, au Petit-Montrouge, avenue de -la Santé, 01.
- M. Saunier a gravé un billet de banque d’après une composition de M. Lenormant, et il avait à lutter contre les difficultés d’ün dessin moins flatteur.
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- Le jury a remarqué, cependant, la pureté et la régularité de la lettre de son billet, et, lui tenant compte des difficultés de ce genre de travail, il lui décerne une mention honorable.
- RAPPEL DE CITATION.
- M. Chesle, à Paris, rue Saint-Jacques, 69.
- Déjà cité dans les rapports de 1827 et de 1834, M. Chesle a exposé, cette année, ses fers à reliure, qui n’ont présenté au jury qu’un petit nombre de formes nouvelles, exécutées cependant avec la môme habileté, et qui montrent qu’il est toujours digne de la citation qu’il a obtenue en 1834.
- § 3. FONTE DE CARACTÈRES.
- MÉDAILLE D'OR.
- M. TarbÈ , à Paris, rué de Madame.
- Le nom de Didot, qui se rattache à toutes les vastes branches de l’imprimerie, ferme aussi la liste desinventions qui ont été faites ou des perfectionnements qui ont été apportés dans la fonte des caractères de l’imprimerie. Depuis lors, le mérite du fondeur consiste surtout à exécuter avec plus de perfection', au moyen de moules et d’oulils qui n’ont pas varié.
- Il y avait cependant un titre nouveau à conquérir : celui d’une exploitation commerciale établie sur de plus larges
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- bases que tout ce qui a été fait jusqu’ici j c’est celui que M. Tarbé a présenté à l’exposition. Le jury a reconnu qu’il avait apporté, dans cette industrie, de nombreux capitaux, une intelligence rare, une persévérance, enfin, qui ne semble pas devoir se démentir.
- Après s’être formé un matériel de fonte assez important, après avoir fait construire, pour ses ateliérs, une maison tout entière, il a voulu y réunir tout ce que la fonte avait jamais produit de plus parfait-, il a acheté les caractères Didot, Ëverat, Mo'éj il a formé, à Saint-Germain,un nouvel atelier;et, aujourd’hui,ses établissements sont les plus considérables qu’on ait jamais vus, puisqu’ils renferment le matériel le plus complet et font marcher ensemble les fonderies les plus actives que le talent avait créés après de coûteuses expériences, et c^uele commerce faisait prospérer isolément.
- Le jury lui décerne une médaille d’or.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Laurent et Deberny, à Paris, rue
- des Marais-Saint-Germain, 17.
- Le mérite de MM. Laurent et Deberny est de ceux que le jury place au premier rang. Simples ouvriers, il y a vingt ans, ils se sont élevés, par leurs propres efforts et par leurs seuls capitaux, au niveau des plus grandes maisons. Leurs relations commerciales étendues, la variété et la perfection de leurs produits, danslouslesgenres delà fonderie en caractères, les recommandent à l’attention du jury, qui leur décerne une médaille d’argent.
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- M. àubanel (Laurent), à Avignon (Vau
- M. Aubanel a formé, à Avignon, la plus importante fonderie de nos départements : il fournit tout le midi de ses caractères et ne se contente pas d’exploiter cette industrie ; il cherche à la perfectionner. Le jury a remarqué une nouvelle combinaison de lettres d’affiches, supportées sur des cloisons qui leur donnent de la légèreté sans leur ôter de leur force.
- Le jury lui accorde la médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. Lyon et Laboulaye, à Paris, rue Saint-Hyacinthe.
- MM. Lyon et Laboulaye exécutent les lettres ordinaires avec beaucoup de soin; ils joignent à ce mérite des garnitures à jour, des blocs creux à combinaisons, des interlignes d’un point et d’un point et demi, des lettres sur métal dur (alliage de cuivre), et des polytypages, enfin, montés sur blocs creux.
- Le jury les juge dignes de la médaille de bronze.
- MM. Deschamps et Fessin, à Paris, rue des Boucheries, 19.'
- L’attention du jury s’est portée plus particulièremen t sur les filets mixtes en cuivre et en matière que MM. Des-
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- champs et Fessinont exposés etqui doivent remplacer avec avantage les filets de cuivre.
- Le jury a, en outre, remarqué les vignettes de M. Deschamps, vignettes à combinaisons, au moyen desquelles il est parvenu à représenter, d’une manière informe, la cathédrale de Milan, et qui peuvent servir plus utilement dans les encadrements de pages et de titres.
- Le jury leur décerne la médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. Colson ? à Clermont (Puy-de-Dôme).
- M. Colson est l’inventeur d’un alliage plus dur que la matière ordinaire et qui ne serait pas d’un prix plus élevé. Si ce problème était résolu, ce serait un grand service rendu à l’imprimerie $ mais on ne peut décider sur le mérite de la découverte de M. Colson, avant que des épreuves multipliées en aient fait autre chose qu’un essai.
- . Le jury, désirant encourager ses recherches, lui vote une mention honorable.
- § 4. IMPRIMERIE.
- La situation commerciale do l’imprimerie est, depuis deux ans, trop fâcheuse pour qu’un jury puisse louer ses développements et ses perfectionnements, sans mettre quelques réserves à ses encouragements. Cependant, si on n’envisage que les produits exposés, nul doute qu’il n’y
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- ait un progrès marqué dans la précision de la composition, la netteté de l’impression et la qualité du noir, et ee résultat est d’autant plus sensible que ce n’est plus le fait du talent d’un seul ouvrier, dans une seule maison, mais que tous y ont plus ou moins participé , et que les imprimeurs des départements ont pu concourir avec ceux de la capitale.
- M. Firmin Didot, à Paris, rue Jacob , 56. Typographie, papeterie, librairie, fonderie.
- Être à la fois retenu par une grande réputation et lié par des entreprises antérieures et, cependant, poursuivre sans relâche encore toutes les innovations, c’est le double caractère des anciennes et des nouvelles maisons dirigées par celle famille. C’est ainsi que MM. Didot ont su maintenir leur nom à la tète de la librairie française.
- O
- Fondeurs, imprimeurs, papetiers, libraires, ils ont réuni dans leurs ateliers toutes les branches de ce grand art qui, de toutes les puissances , est la seule qui ait toujours grandi.
- Comme souvenir de leur ancienne célébrité d’éditeurs savants, ils présentent le Thésaurus Etienne, les Classi-
- ques grecs, la Grammaire égyptienne, comme successeurs des éditeurs des grands ouvrages que publièrent les Choi-seul-Gounier, les Saint-Non, etc., ils entreprennent les plus vastes publications d’art et de voyages ; enfin, comme négociants , ils luttent avec toute l’activité de la jeunesse contre la crise du bon marché, des annoncés, du morcellement] des livres, et ils offrent à 4 sous les livraisons de VUnivers pittoresque, vaste entreprise qui se poursuit quand toutes ses rivales ont succombé en même temps.
- Leur industrie n’est pas seulement un progrès, c’est aussi une bonne œuvre. Ils font imprimer les Classiques grecs
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- au Mesnil, près de Dreux, par de petites filles qui reçoivent l’hospitalité du travail dans le vaste établissement qu’ils y ont fondé, et qui, chaque jour, envoient à Paris des feuilles de grec remarquables par une correction rare.
- Le jury rappelleen faveur de MM. Didot la médaille d’or, qui est toujours restée dans celte famille célèbre, l’honneur de la librairie parisienne.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Desrosiers , à Moulins (Allier).
- L’ancien Bourbonnais a fait une réputation légitime à cet imprimeur distingué. Il fallait plus qu’un concours de circonstances favorables pour mener à bien une entreprise aussi importante, il fallait une volonté ferme et l’amour de sa profession.
- Cette année , il se présente avec une continuation dé titres. L’impression dés douze dames de rhétorique, môme en noir, présente tout ce que comporte d’originalité la reproduction d’un ancien manuscrit : les vignettes surtout sont copiées sur cuivre avec une vérité digne d’éloge, et, lorsque le livre est rehaussé de peintures, il est comparable aux meilleures imitations des Rive, Bastard, etc.
- Le jury rappelle en sa faveur la médaille d’argent.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Lac rampe et cie, à Paris, rue Damiette, 2.
- La maison Éverat et compagnie ne pouvant être men-
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- tionnée dans le rapport du jury de l’exposition do l’industrie , l’association des imprimeurs faite sous le nom de Lacràmpe et compagnie prend le premier rang et mérite une distinction.
- En effet, leur exposition, et, plus encore, la connaissance que le jury a prise de leur établissement ainsi que de la composition de leur société, lui ont prouvé qu’ils se sont efforcés de répondre à toutes les exigences d’une bonne imprimerie.
- Après avoir atteint, dans plusieurs ouvrages illustrés, à une impression en noir, des gravures, aussi bonne que celles des meilleures imprimeries avec lesquelles ils rivalisaient, ils sont allés plus loin, et les premiers, en France, dans ces derniers temps, ils ont imprimé en couleur, au moyen de rentrées, et en or ou argent sur papier de couleur.
- Aujourd’hui, cette maison est la plus importante pour les impressions avec gravures intercalées dans le texte.
- Le jury leur décerne la médaille d*argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Péri aux, à Rouen (-Seine-Inférieure).
- La réunion de tous les moyens d’exécution, dans une grande ville comme Paris, rend facile ce qui présente à chaque pas, eh province, une difficulté nouvelle.
- Il faudrait donc savoir gré aux imprimeurs des départements d’une exécution même inférieure. Le jury est heureux de trouver, dans l’exposition deM. Périaux, des livres imprimés avec un luxe et une régularité remarquables.
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- Les Stalles de Rouen, par Langlois, VHistoire du château d’Arques, 1 croman de Brut sont des livres qui font honneur à la ville de Rouen.
- Le jury décerne à cet exposant la médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- MM. Martial-Ardant frères, à Limoges.
- La publication de bons livres et de manuels utiles, à très-bon marché, est un titre à l’attention du jury.
- Il accorde à MM. Martial-Ardant une mention honorable.
- § 5. TYPOGRAPHIE MUSICALE.
- Application de la typographie à Vimpression de la musique.
- MÉDAILLES DE BRONZÉ.
- M. Derriez.
- Lorsque le livre de chantpsaumes fut imprimé, à Mayence, après la Bible, on eût voulu y joindre la musique ; mais il fallut se borner à l’écrire à la main dans les espaces laissés en blanc. On songea plus tard à imprimer, en caractères mobiles, l’annotation; et l’on se servit d’une seconde forme qui imprimait, en encre rouge, les initiales et les portées, ainsi que cela se voit dans le psautier de 1490.
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- Ce système ne dura pas, l’an notation n’avait pas alors de règles fixes. On fat obligé de n’imprimer que les portées, sur lesquelles chaque acheteur inscrivait à la main les notes à sa guise : les psautiers de 1502 et de 1506 en sont la preuve.
- Mais la variété des systèmes d’annotation n’était pas un obstacle réel et durable contre lequel dût se briser longtemps ledésir d’imprimer la musique en caractères mobiles.
- La double difficulté à vaincre, la grande difficulté à combattre, c’étaient, d’un côté, l’irrégularité, de l’autre la cherté de cette impression. En effet, cette nécessité d’imprimer en deux fois les portées et les signes avait le double inconvénient d’augmenter beaucoup le prix du livre et de ne pas faire concorder asssez exactement les lignes avec les notes.
- Les portées étaient donc, depuis trois siècles, l’écueil véritable de celte impression, et le problème à résoudre consistait à découvrir le moyen d’imprimer d’un seul coup de presse, avec une môme forme, les notes et les portées.
- Pétrucci avança, mais n’acheva pas la solution de ce problème; il eut l’idée bien simple, dans un temps où les notes du plain-chant formaient toutes corps à part, de graver isolément chacune d’elles, en y. adjoignant la partie dcs'porlées sur lesquelles elle repose.
- Cette innovation fut simultanément imitée à Paris, à Rome et à Florence. A Paris, des imprimeurs obtinrent môme des privilèges pour l’impression de la musique en caractères mobiles, quoique leur système fût une copie servile du système de Pétrucci.
- Très-longtemps on a perfectionné ce procédé sans rien changer à sa base; on a varié ses formes d’application sans les renouveler. Il s’est modifié avec la complication tou-
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- jours croissante de l’annotation musicale; il s’est prêté à une division plus régulière de la force de chaque signe, mais là s’élait arrêté le progrès.
- Depuis longues années on n’avait rien changé à ce système de la typographie musicale} chaque note apportait avec elle sa part de portées, et jamais la portée n’a coïncidé exactement avec la note, ce qui formait une ligne interrompue, indécise et irrégulière.
- Eu 1832, M. Duvergcr tenta d’affranchir les publications musicales de ces frais et de ces retards 5 mais il tourna la difficulté sans la vaincre; il appliqua le polytypage à la musique, en supprimant la composition des portées. Son procédé donnait plus.de netteté et de régularité ; mais ce ne sont toujours pas la composition et l’impression simultanées des notes et des portées en caractères mobiles, cl l’économie, d’ailleurs, de ce système est perdue, dans un tirage à petit nombre d’épreuves, tirage restreint qui est presque toujours celui des œuvres de musique.
- M. Derriez seul a enfin résolu le problème : M. Derriez compose et imprime simultanément, en caractères mobiles, les notes et les portées de la musique, et offre sur la gravure une grande diminution de prix, qui n’est pas moindre de 50 pour 0/o à 1000 exemplaires, et de 30 pour 0/o à 500.
- Cette invention placerait M. Derriez au premier rang ; mais, aux yeux du jury, il lui manquait une sanction : celle de l’expérience. En l’attendant, M. Derriez a voulu prouver qu’il pratiquait toutes lesbranchcs de son art, et que dans chacune d’elles il savait introduire des perfectionnements : dans ses lettres, les formes sont moins tourmentés, le dessin est plus pur, les proportions sont mieux gardées; dans ses vignettes, au moyen de combinaisons d’angles
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- rentrant et sortant, et de pleins épais entourés d’un orne* ment léger, il est parvenu à former des entourages variés et d’un riche effet.
- Le jury, appréciant ce double titre d’inventeur et de praticien, lui décerne une médaille de bronze.
- MM. Fantenstein et Cordel, à Paris, rue > de la Harpe, 96.
- MM. Fantensteiu et Cordel ont une imprimerie et un matériel spécialement destinés à la publication des oeuvres de musique.
- Leur procédé diffère de celui de Breitkopf et de Fournier par les perfectionnements qu’ils y ont apportés, sans que toutefois ils aient réellement innové.
- La note apporte toujours sa part de portée et est soumise aux imperfections de ce système, imperfections souvent encore assez fréquentes pour les forcer à fondre des clichés et à tirer sur solide plutôt que sur mobile.
- Leur maison a déjà livré au commerce plusieurs volumes et continue d’être en activité : c’est la meilleure preuve de leur supériorité.
- Le jury leur décerne une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- f
- M. Busset , à Dijon (Côte-d’Or).
- *
- M. Busset mérite une mention honorable, et le jury (
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- l’accorde plutôt à ses efforts qu’à la réussite de sou entreprise: il semble avoir inventé ce qui fut réellement pratiqué longtemps avant lui ; on ne pourra juger son système que lorsqu’il aura abordé une musique plus compliquée dans ses signes, et qu’il aura soumis ses nouveaux types à l’exploitation commerciale. Jusqu’à présent, ce qui semble ressortir de son spécimen, c’est une simplification assez sensible dans la composition.
- Le jury, fidèle à son principe d’attendre, pour récompenser une invention, qu’elle ait déjà Subi la sanction de l’expérience, manifeste ses espérances en décernant à M. Busset une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. Schonemberger , à Paris, boulevard Poissonnière, io.
- M. Schonemberger obtient une citation favorable pour ses publications de musique à bon marché.
- § 6. IMPRESSION TYPOGRAPHIQUE EN COULEUR.
- Les impressions en couleur à la Congrève ont été remplacées avantageusement par un système de planches découpées, encrées séparément, et imprimées d’un seul coup de presse. On a donné au papier, non-seulement la couleur, mais le relief, et à des prix modérés. Le commerce
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- adopte généralement les cartes et les annonces ainsi fabriquées.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. Bauerkeller et cie, à Paris, rue Saint-Denis, 38o.
- Cette imprimerie, importée d’Allemagne par son propriétaire, s’est développée considérablement en France, et fait des affaires importantes. Aux annonces et aux cartes du commerce ont succédé les stores, les abat-jour, les cartonnages de toute.espèce, des plans enfin de Paris et de toutes les grandes villes de l’Europe avec un essai de représentation en relief du terrain.
- Le jury lui décerne une médaille de bronzev
- MENTION HONORABLE.
- &
- M. Fichtemberg, a Paris, rue des Bernardins, 3/j.*
- Les produits de cet industriel n’ont peut-être pas autant de précision que ceux de M. Bauerkellerj cependant ses ateliers sont remplis d’activité et d’intelligence, et le commerce les a adoptés.
- Le jury désire encourager scs efforts par une mention honorable.
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- 3*
- CITATION FAVORABLE.
- M. Thuvien, à Paris, rue de Coudé, 9.
- M. Thuvien esl inventeur d’une presse à rouleau pour l’impression des affiches de grandes dimensions ; il peut iijiprimcr d’un coup de presse des feuilles de sept*pieds de grandeur, cl offre ainsi à l’industrie un moyen d’annonce plus voyant encore que tout ce qui avait été employé. Sans entrer dans les considérations du plus ou moins d’utilité, du plus ou moins de moralité des affiches, le jury devait distinguer le mérite d’une extension donnée à la presse, et il a reconnu que M. Thuvien avait droit à une citation favorable.
- § T.. LIBRAIRIE.
- Représentée à l’exposition par les Didol, là librairie n’avait point à craindre d’y paraître avec désavantage* mais le jury devait regretter de ne pas voir se grouper, autour de celle maison respectable des noms dont Paris s’honore à juste titre. -
- La librairie, depuis i83i, a-t-elle pris des développements? ces développements sont-ils louables? sont-ils utiles au public? peuvent-ils être avantageux à la librairie? Ces questions nous entraîneraient trop loin pour les résoudre ici. Disons seulement que jamais époque ne fut aussi productive en impressions, réimpressions, illustrations que les cinq T. lu. 9
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- années qui viennent de s’écouler, que jamais on n’a autant et aussi promptement dévoré de capitaux, et que la librairie, enfin, ne se rappelle pas avoir été dans une situation pécuniaire aussi difficile. . *
- Si ce résultat était l’unique fin où dussent aboutir tant d’efforts et de sacrifices, il faudrait aussitôt rayer,du rapport du jury cette branche si importante du commerce parisien. Mais ce n’est pas là le jugement, qu’on doit porter sur la crise présente. = - . ;
- Quel que soit le résultat financier des. derniers développements de la librairie, les livres seront néanmoins mieux imprimés, le papier sera mieux fabriqué, les ornements seront mieux distribués, le goût des beaux livres sera, chaque jour, plus répandu, enfin une révolution heureuse se sera opérée, et le public pourra exiger dorénavant qu’un livre bien écrit soit jeté dans le commerce avec toute l’élégance qu’il mérite.
- Lorsque la librairie, revenue de la folie de certaines spéculations, aura reconquis le calme qui lui convient, il y aura plus d’éloges encore à donner à ceux qui nous auront valu un perfectionnement dont les premières conséquences seront oubliées. . .
- 4
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- RAPPEL DK MÉDAILLÉ D’ARGENT.
- f
- M, Panckoucre, à Paris, rue des Poitevins, 14.
- Le jury regrette de ne pouvoir trouver, dans les classiques latins exposés par M. Panckoucke, que des qualités qu’il ne doit pas apprécier : celles d’une entreprise de librairie grande, nationale, utile aux lettres et aux sciences.
- M. Panckoückc trouvera dans le gouvernement toute la reconnaissance qui est due aux services qu’il n’a cessé de rendre à son pays, depuis queson.père, l’éditeur de Y Encyclopédie de Diderot et de d’Alembert, lui a laissé la direction de sa librairie.
- Les Victoires et conquêtes des Français, la réimpression de l’ouvrage d’Égypte, le Dictionnaire médical, enfin les classiques latins sont dés ouvrages utiles. Le meilleur éloge qu’on puisse faire de ces grandes entreprises, c’est de lés appeler des entreprises nationales.
- Le jury bonfirmé la médaille d’argent qu’il avait obtenue à la précédente exposition.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- »
- M. Curmer, à Paris, rue de Richelieu, 49*
- Lcjury s’est souvent arrêté devant les belles publications de cet exposant j le public connaît déjà son nom. Parmi les éditeurs nouvellement entrés dans celle carrière,
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- M.Curmer esl celui qui a mis le plus de soin dans ses entreprises. Chacune d’elles surpasse celle qui la précède par quelque heureuse innovation. Toutes font honneur à la librairie parisienne.
- Chaque pays a contribué à enrichir ses éditions * ainsi, pendant que les plus habiles graveurs anglais exécutaient les dessins de nos meilleurs dessinateurs, pendant que les graveurs allemands rendaient avec pureté les compositions d’Overbeck, l’éditeur faisait broyer dans scs atelierssun noir de sa composition plus durable et plus pur, il commandait aux fabriques d’Annonay un papier plus souple et moins brûlé de chaux, il donnait de nouveaux dessins pour ses riches reliures * il combinait, enfin, l’ensemble d’une librairie progressive.
- Le jury lui décerne la médaille d’argent.
- M. Dubochet,. à Paris, rue cle Seine, 33.
- Non moins importante que celle qui précède* la librairie de M. Dubochet a publié des éditions qui sont devenues aussi populaires que les noms des auteurs qu’il mettait de nouveau au jour, avec un si grand luxe d’ornement* aujourd’hui, VHistoire de Napoléon est un nouveau litre aux encouragements que distribue le jury* c’estunc belle pensée d’illustrer, par la main de notre peintre le plus populaire, notre plus grande histoire nationale.
- Le jury décerne à M. Dubochet une médaille d’argent.
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- \ 33
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- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- * • • ' ' ' ' ' ' * * «. ^ <? *
- M. Aüdot, à Paris, rue du Paôn, 8.
- ; M.' Audot a continué la publication de ses ouvrages * à bon marché; le jury le trouve toujours digne de la médaille de bronze qu’il a obtenue en 1834. > ; ;
- ( V
- § 8. OBJETS D’ARTS ET DE FANTAISIE/
- RAPPEL DE MEDAILLE D’ARGENT.
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- M-. Giro ux, à Paris, rue du Coq-Saint-Honorë, 7.
- * -f
- Le jury a reconnu que, depuis cinq années,la maison Gi-roux, dirigée par M.Giroux fils, a donné plus de développements h sa fabrication; qu’elle a con tinue, en môme temps, a servir utilement par ses commandes, ses achats et ses expositions, la classe si nombreuse des artistes qui, pour pénétrer dans l’industrie, ont besoin d’un intermédiaire intelligent qui les guide dans une voie également rapprochée du bon goût et du goût à la mode ; d’un intermédiaire entreprenantypu consente à faire exécuter de grands Ira-
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- vaux, au risque de ne point rentrer dans ses dépenses; d’un intermédiaire assez riche, enfin, pour payer, à l’avance, des productions dont la vente est toujours lente, et dont le prix, cependant, est souvent attendu pour faire vivre les familles de leurs auteurs.
- Le jury a remarqué, dans l’exposition de M. Giroux, des échantillons de sa papeterie variée, de ses assortiments de couleurs, de crayons et d’ustensiles pour les ateliers; de ses reliures, de ses cadres et de ses nécessaires.- -4
- Le jury, reconnaissant que, dans celte réunion si utile de tant d’objets divers, une grande partie est fabriquée par les ouvriers de M. Giroux, qu’une autre partie, bien que fabriquée au dehors, l’est sur les modèles fournis par lui, qu’enfin cette exploitation industrielle dure depuis quarante ans, rappelle, en faveur de cet,industriel, la médaille d’argent qu’il a obtenue du jury de 1834.,
- • x -
- MÉDAILLES DE BRONZE.
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- i: \ \
- M, Susse, à Paris, place de là Bourse, 7 et 8*
- M.' Susse devait être rangé dans la mêmecatégorie que M. Giroux,, par la nature de son industrie et lés servi-: cês qu’il rend aux arts. 5
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
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- M. Pommateau, à Paris, me Ménilmon-r.
- tant, I 16. <( ? H : ;;t w '
- Simple ouvrier scalpfeur des ornements dè l’architec-
- | > f/Si* M •'* l, * >; ‘ ‘ - v'î('^
- ture, M. Pommateau emploie ses loisirs à sculpter d’après dès dessins de sa composition. Lafontaine en pierre de liais, qu’il a exposée, a frappé le jury jpar une disposition pleine d’originalité, ét par lin choix d(ornemënts pris dans la nature, et imités aussi fidèlemént qu’arrangés avec goût. L’addition dé la dorure ët de la couleur d’azur, dans le but,de faire ressortir les détails,, n’a pas paru heureuse. Le jury a conçu les meilleures espérances sur l’assistance que cet artiste peut, dès à présent, donner à l’industrie ; il lui décerne une médaille de bronze.
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- MENTION HONORABLE.
- M. Allix fils. à Paris, rue des Grands-
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- : . Augustins, 2.9., : rw[ - >;< :-w t: •••
- Le modelage èn cire est une dé ces industries placées défavorablement , parce qu’elle prétend aux régions des arts sans y atteindre*, et qu’elle n’offré" souventque la caricature de c,e qu’elle cherche à imiter. M, Àllix fils, qui exploite le moulage1 des figures ën'cirë (dites têtes à perruque) , ,a présenté cependant, ?à:l’exppsitjon, ,des figures de petites dimensions que le jury a remarquées. Elles sont môdèlêes1, d’après pâturé,' ‘avec une réèHérche’ âssez' heureuse du dessin et dés formés pour Taire èspércr quc les perfectionnements dont les figures :en ciré sont* suscép-
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- tibles trouveront, dans cet artiste, les ressources'nécessaires du talent et du zèle. -;
- Ce n’est pas une mission aussi peu importante qu’on le suppose que celle qui consisterait à réformer tous les objets informes, sculpture; modelage ou peinture, qu’on offre aux regards des passants. Cette mission sera à moitié remplie, si on parvient à diminuer ce qu’ils ont de défcc- » tueux ou ce qu’ils présentent de ridicule. ,l
- Le jury décerne à M. Allix fils une mention honorable.
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- M. Fichet, à Paris, rue du Faubourg-Pois-, sonnière, 11, •
- M. Fichet s’est appliqué à matérialiser tous les objets qui, jusqu’à présent, ont été démontrés dans l’enseignement industriel, au moyen de dessins faits sur tableau ; de cette manière, ril ,réussit à donner tà ses élèves une idée vraie des problèmes qu’ils apprennent souvent, dans les autres systèmes d’éducation, saus les comprendre. L’utilité de ces appareils est incontestable, et les résultats^ obtenus en sont la preuve. Mais le jury n’a pu admétlré l’exposition de M. Fichet, parmi les produits de l’industrie, qu’en considération des avantages que l’industrie en retire par les connaissances mieux raisonnées qu’acquièrent les ou-vriers qu’elle emploie.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. Faure, à Paris, rue Coquenard, 9.
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- On a perfectionné, chaque année, les mannequins, destinés aux études des peintres et des sculpteurs; on a cherr ché à leur donner toutes les formes humaines. Mais il
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- restait une qualité à atteindre, celle du bon marché, afin
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- dé mettre ce perféctioniïement à la portée des artistes;
- M. Faure est parvenu à donner à son squelette articulé plus que là facilité des mouvements, il lui a donné, par une application particulière de ressorts, la souplesse'des formes ; maintenant on peut les habiliër sans que lés vêtements prennent de la roideur, et ils remplacent le modèle vivant, dans beaucoup de cas où les draperies couvrent les formes et demandent une imitation longue et servile.
- Les prix de 500 fr. à 1,000 fr. paraissent moins élevés quand on se rappelle ce que coûtait, il y a dix ans, un mannequin pareil, ët quand on examine les pièces dW semblage si nombreuses dè ces imitations du corps humain.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- NON-EXPOSANT.
- CITATIONS FAVORABLES.
- • ; r ; * v *;• ; •, • l» . • ‘ ; * = • , • ; .• i.
- Mademoiselle de Chazaxles , à Paris , ruë du Bac, 91.
- Mlle de Cbazalles est auteur d’herbiers artificiels destinés à reproduire, avec la plus grande exactitude, les couleurs et la forme extérieure des plantes, de manière à servir de ' complément aux données déjà obtenues au moyen des mêmes plantes naturelles desséchées. Ces herbiers sont faits avec le plus grand soin, et paraissent devoir remplir le but proposé. Le jury reconnaît que c’est une innovation qui mérite de fixer son attention et d’être citée favorablement.
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- M. Moreau , à Paris, rue du Petit-rLion-Saint-Sauveur, i3. ?
- M. Moreau est cité favorablement pour ses produits sculptés en ivoire, gui surpassent , par leur finesse'et leur précision, tout ce gui a été présenté à Imposition. ' i5
- M. Jehl, à Paris, rue Notre-Dame-des-
- II dirigeait les travaux de M. Didotj depuis peu,1 il tra-
- * * ' > ’ ' ; f ’ . < , ^ t, *
- vaille pour son compte. La réputation dont jouit cet.ar-tisle lui donne des droits à une citation favorable.
- ~ , y.- . • r . . ^; i >.. r. î•' f :, v*'v-
- , § 9. RELIURE.
- Les perfectionnements 4e la reliure, n’ont peut-être pas répondu, comme ils l’auraient dû, au goût des amateurs, et l’on peut même ajouter à leur libéralité. .
- A une époque où, comme à la nôtre, on dépense plus 4’argcpt à la reliure qu’à l’acquisition, des livres, où. un volume broché de 12 fr. se vend 300 fr. quand il est relié, on devait s’attendre à quelques procédés nouveaux, a quelque invention remarqa^l6*' a... M
- Nous n’àvons à citer que l’emploi du caoutchouc, ih^
- vention'très-utile pour les'livres à figures, ainsi-que
- l’heureüséimitation des reliures les plus célèbres dû'temps'
- passé. , ü ; .-- .M; M-j -r.iV.-Ht
- -, - ; • . . . • -, ..
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Koehler, à Paris, rue de Grenelle-Saint-Germain, 59.
- Cet exposant s’est fait remarquer par le goût de ses re^ liures exécutées aux petits fers et au point, tant à l’intérieur que sur les plats. La précision de son travail vient en aide à l’élégance de ses dessins, dont les ornements et la disposition rappellent les plus belles reliures. Rien n’est à la fois plus gracieux et mieux conditionné que son volume dè maroquin Yert-olive contenant les cent histoires deTroyes, exécuté au prix de 200 fr. ; un volume en maroquin rouge, intitulé Meliadiis de Lionnoys, riche surtout sur les plats, exécuté au prix de 300 fr.; un Mystère, relié en maroquin bleu; le livre du Déeameron, en maroquin brun. On y oit avec plaisir ces ouvrages rares et précieux habillés de, nouveau avec tout le luxe de costume de leur temps...
- M. Kœhicr fait également la reliure ordinaire à bon marché. Le jury s’est assuré qu’il livrait au commerce des livres bien établis, aux prix ordinaires., ; .
- Cet artiste mérite le rappel de la médaille d’argent qu’il obtint en 1834. .. - > m
- M. Simier, à Paris, rue Saint-Honoré,
- ; Le jury aurait désiré trouver, dans lés reliüres présentées par M. Simier, quelque chose qui surpassât ce qu’il a présenté à la dernière exposition. La belle exécution des objets exposes par lui à cette époque rendait peut-être" la tâche trop difficile. " < > ^
- Tl est rèstô digne, de toute manière, de la médaille d’argent qu’il a reçue en 1834; le jury la rappelle en sa faveur. '
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Gohier-Desfontaines , à Paris , rue Feydeau, 28.
- Les Anglais sont inventeurs du procédé que les exposants ont importé en France. On induit de caoutchouc un côté des planches d’un volume, on les applique ensuite contre un morceau de peau ou de carton, et on obtient une reliure solide sans coutures, onglet, ni nervures.
- Le jury s’est assuré, par plusieurs expériences; que celte reliure était durable et qu’elle avait l’avantage de laisser les feuilles doubles1 sc développer entièrement à l’œil. 1
- L’application de ce procédé aux livres de texte in’est pas aussi favorable -, quoique l’expérience soit jusqu’à ce moment en sa faveur, il sera peut être bon d’attèndre encore avant de faire couper le dos de scs livres pour les donner à une reliure qui n’en comporte plus ensuite d’autres.
- Le jury décerne à M. Gohier-Desfontaines une médaillé -de bronze. ; î;f
- M. LABDiÈRE,à Paris, rue Loiiis-le-Grand,
- 35. N ^ - V
- La reliure, comme tout objet de luxe et de goût, on peut même dire, comme tout objet d’art, est soumise à la condition du prix. C’est donè un mérite industriel que de donner à bon, marché ce qui a l’attrait d’une élégance coûteuse. M. Lardière expose des reliures aux petits,fers de 18 et de 20 fr., qu’on pourrait facilement estimer le
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- double : les dessins, à la vérité, n’en sont ni très-purs, ni très-gracieux 5 mais la dorure en est riche, le maroquin solide, l’ensemble bien conditionné.
- Le jury décerne à M. Lardière une médaile de bronze.
- M. Roumestakt , à Paris, rue Montmorency, io.
- Deux applications différentes semblent devoir donner à ses registres toutes les conditions de solidité voulues. Les dos métalliques ont un mouvement plus facile et permettent de fermer les volumes sans plisser ou détacher les fcuillelsj ensuite, en cousant ces feuillets, l'exposant a soin d’enduire le dos de chaque; livre d’une couche de caoutchouc, qui, réunie au fil de la coulure, les empêche, môme après un long service, de descendre ou de monter, de perdre enfin leur alignement.
- Lejury accordeèi M. Roumestant uncmèdaillcde bronze.
- M. Reichmann, à Paris, rue Saint-Benoît,
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- Le jury de 183 L avait honorablement mentionné les reliures, mobiles. Les bibliothèques du roi, les cabinets de lecture, les grands clubs ont sanctionné celte innovation. Le jury a remarqué, celle année, les perfectionnements que M. Rcichmann a apportés à son invention. Les vis ne présentent plus, en dehors, de saillie gênante; elles sont introduites dans l’épaisseur du dos et rentrent en elles-mêmes.
- En en plaçant trois au lieu de deux, en introduisant des planchettes de bois dans l’intérieur, il a prévu les diffi^
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- cultes d’une reliure qui doit successivement serrer un seul feuillet ou une seule livraison dans un livre destiné à en
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- contenir plus lard une centaine.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M,.,Lebrun, à Paris, rue de Grenélle-Saint-Germain, 126.
- Élève et longtemps ouvrier de Sirnier, cet exposant s’est efforcé de prouver qu’en s’établissant à son compte il réunissait toutes les conditions d’un bon relieur.
- En effet, le jury a vu, avec plaisir, quelques livres où des difficultés de reliures et d’ornements à petits fers se trouvaient heureusement vaincues.
- M. Lebrun doit encore perfectionner son travail. Ses livres s’ouvrent difficilement, ses ornements doivent être dessinés avec un goût plus pur.
- M. Bruyer, à Paris, rue Saint-Martin.
- Cet exposant a perfectionné son procédé de couture pour la reliure.
- Le jury renouvelle sa citation favorable.
- M. Robert, à Paris, rue Saint-Martin, T 38-
- Le procédé du caoutchouc, dit reliure araphique, a été appliqué aux registres du commerce j mais l’expérience seule prouvera s’ils peuvent résister à la fatigue qu’on leur fait subir à toute heure en les fermant et en les ouvrant : plusieurs maisons en font l’essai j on peut citer
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- M. de Warru, à Paris, rue Lepelletier, 4;
- M. Jennisset, à Paris, rue du Sentier, 26$
- MM. Roussel, oncle et neveu, à Paris, rue des Fossés-Montmartre, 10;
- M. Pouquet, à Paris, rue des Fosses-Montmartre; 6:
- § 10. LITHOGRAPHIE.
- Sennefelder, l’inventeur de la lithographie, avait déjà prévu tous ses développements j il est mort à la técihe, et le procédé de l’impression en couleur dont il poursuivait la découverte, dans les dernières années de sa vie, ést resté un problème. Mais combien son invention, sortie de ses mains, incertaine, imparfaite et coûteuse, n’a-t-elle pas pris d’essor et acquis de développements ! de quelle utilité h’est-eile pas devenue dans les œuvrës d’art comme dans les produits de l’industrie !
- L’impression eh hoir est toujourscé qu’elle était, d’une fidélité parfaite. Le dessin sur pierre, que l’artiste avait peine à reconnaître dans l’épreuve qu’on lui rappbrtâit; est aujourd’hui rendu avec les finesses les plus légères et les teintes les plus vaporeuses. Les essais d’imitation de ma-nièrejioire, d’aqùatinte, de fouillis retouchés, et les essais inhabiles d’artistes qui n’ont jamais dësSinésur pierre; tout enfin vient avec netteté. La pierre doüiie au papier tout'ce qu’elle ai reçu. ; .
- Faisons toutefois remarquer que l’épreùvè ne vient pas mieux maintenant qu’elle ne venait, il y a cinq ans/ mais le progrès existé dans un succès toujours égal ët toujours assuré avec, de médiocres comme avec d’habiles imprimeurs.
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- Celle garantie nouvelle assure définitivement lu carrière de la lithographie, et son application à tous les genres d’impression en fait un élément désormais utile à l’industrie entière.
- En effet, on a successivement repris teus les procédés indiqués par Sennefelder, qui avait trouvé, daiisson esprit inventif, tous les germes des développements de sa découverte. Chacun de ces procédés, imparfait en lui-mèino, laissé imparfait par Sennefelder, a été perfectionné avec talent et succès.
- Nous citerons d’abord la gravure sur pierre à la pointe et au burin, la gravure des plans et des cartes; enfin le dessin à la plume et au pinceau, imitant la gravure.
- Les prix d’impression ont également baissé-, s’ils n’ont pas diminué davantage encore, cela lient à l’état d’imperfection de la presse lithographique, qui est restée ce qu’elle était au temps de l’inventeur, et a gardé tous les rouages qu'il lui a donnés.
- Le jury appelle l’attention du gouvernement et celle de la Société d’encouragement sur cette partie des moyens d’exécution de la lithographie. C’est vers cet unique perfectionnement, qui porte en lui tous les autres, qu’il importe aujourd’hui de diriger tous les efforts; c’est dans ço but que tous les prix doivent être décernés.
- Depuis l’exposition de l’industrie de 18âi, on a aussi développé trois procédés qu’on peut appeler nouveaux, tellement leur pratique est.devenue sûre et prompte, d’incertaine et de difficile qu’elle était. Ce sont l’impression en couleurs, l’impression à deux teintes, les reports d’anciennes et de nouvelles impressions.
- L’impression en couleurs ne sera résolue que le jour où plusieurs couleurs pourront être apposées, à la fois, sur la
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- pierre, et enlevées d’un seul et môme coup de presse. Le procédé de M. Engelmann a tourné, mais n’a pas vaincu la difficulté. Ce procédé consiste à dessiner sur chaque pierre les couleurs différentes, et à les imprimer exactement, au moyen de points de repère. Cependant cette extension donnée à un procédé connu, ce perfectionne-, ment d’un repérage déjà pratiqué, doivent être considérés comme une innovation utile, puisqu’ils offrent d’importantes ressources aux arts, aux sciences et à l’industrie.
- L’impression à.deux teintes est uuc invention récente. Seuuefclder connaissait le moyen d’enlever des blancs au grattoir sur une teinte unie, et de la repérer sur un dessin noir dont elle formait le fond et la lumière. On avait fait, depuis, de fréquentes applications de ce système. Des planches imitant d’anciens dessins avaient été publiées en Allemagne; Engelmann, en 1816, publia des essais, aiusi que Yillain, en 1820. Mais le procédé qu’emploie M. Hull-mandcl de Londres, et que M. Letronne a importé en France, était inconnu. Scs résultats sont des plus heureux. On peut citer les ouvrages de Harding, ceux de Roberts, ceux de Callermole comme une preuve de la supériorité du procédé de l’imprimeur anglais, supériorité qu’a atteinte M. Letronne dans le Voyage en Orient qu’il imprime pour le compte de la librairie Didot. '
- Lorsque Scnncfelder arriva à Paris, on parlait à peine de sa découverte, on refusait môme de croire à son importance. 11 s’adressa à la maison de librairie de MM. Treut-lel et Wiirlz, alors la plus importante de celles de Paris, et leur offrit son secret comme un levier destiné à aider puissamment à scs grandes entreprises.. « Voyez, » dit-il au chef de la maison,.« celle vieille page d’impression qui sert d’enveloppe à ce paquet, je l’emporte, et, demain ma-
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- T. Ht.
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- lin, je vous en rapporterai vingt épreuves. » Le lendemain, il tint parole; MM. Treuttel et Würtzlui donnèrent un atelier pour y continuer ses essais, et s’engagèrentà publier son manuel de lithographie.
- C’était déjà l’idée féconde de l’association des facilités que présentent les dessins sur pierre, et des avantages que procure la rapidité des compositions typographiques. On trouve plusieurs essais de ce genre dans l’album que Sen-nefelder publia en 1819 (1); mais l’incertitude et la difficulté de ce procédé le firent abandonner jusqu’à ce que la lithographie eût acquis, de nos jours, assez d'assurancédans sa marche pour qu’il pût être repris avec utilité.
- La lithographie devait être jugée par le jury dans ses diverses applications qui réunissent ses différents procédés :
- La lithographie en noir;
- La lithographie en couleur ;
- La lithographie appliquée aux cartes géographiques;
- Les reports d’anciennes gravures. ‘
- Lés cinq années qui viennent de s’écouler n’ont point été stériles pour la lithographie en noir. Là pierre a été attaquée de différentes manières, et souvent avec succès. Je citerai les efforts de M. Laplanle pour exécuter la grande gravure au burin; les essais de M. Bichebois pour remplacer, par un fond préparé, la double impression, dite à deux
- (1) Collection de plusieurs’essais en dessins et gravures pour servir de supplément à l’instruction pratique de la lithographie, par Alloys Serinefelder, 1S19. On trouve, dans ce cahier, deux transports d’impressions fraîches, prises,.l’une sur une taille de bois, l’autre sur une gravure en creux; puis un transport indiqué, comme étant d’un ancien livre, mais qui est évidemment retouché à la main.
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- teintes; les imitations de manière noire et d’aquatinte de M. Lessorc, qui méritent une attention toute particulière ; enfin les reports d’impressions récentes qui, par différentes applications utiles, sont devenues une conquête de ces dernières années.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Lemercier et Bénard, à Paris, rue de Seine-Saint-Germain, 55.
- L’imprimerie lithographique de MM. Lemercier et Renard est aujourd’hui la plus importante, autant par la beauté dé son établissement, le nombre de ses presses et dé ses ouvriers, que pat la supériorité marquée dé ses tirages.
- Le mérite de cette maison n’est pas seulement reconnu en France ; l’étranger lui confie aussi ses plus belles entreprises. Nous ne citerons aucun de ses travaux, parce qu’ils méritent tous de Pêtrè, sous le rapport de l’impression. Le jury a examiné avec soin les planches que MM. Lemercier et Bénard ont exposées, et s’est assuré qu’un tirage régulier, dépassant souvent le nombre le plus fort qu’on accordé à là lithographie; donnait Une suite d’épreuves égalés en pureté et en brillant. ‘
- Il a remarqué, en outre, dans la gestion de l’établissement, à côté de beàiicôup d’ordre et de régularité, une tendance continué à‘àccuèillir les nouveaux procédés, a ies développer, à encourager même les essais par des sacrificês.
- Le jury décerne à MM'. Lcmércier et Renard la médaille d’argent.
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- M. Thierry, à Paris, cité Bergère, i
- La maison Engclmann et Thierry est dissoute. Aujourd’hui MM. Thierry et compagnie, qui en out recueilli tout le materiel et toutes les bonnes traditions, exposent pour leur compte. Ils ont droit aux distinctions du jury, autant par les efforts qu’ils ont faits pour soutenir dignement leur nouvelle maison que par la part si active qu’ils avaient prise dans la maison ancienne, qui reçut alors la médaille d’argent.
- Celte année, ils se présentent à l’exposition avec de belles planches dessinées par Dauzats; l’impression rend fidèlement la légèreté unie à la vigueur, caractère particulier du crayon de ce peintre. Des portraits légèrement esquissés, des cartes géographiques gravées dans leurs ateliers, et enfin de la musique imprimée à très-bon marché, forment l’ensemble de leurs litres à l’attention.
- Il est inutile d’ajouter que l’industrie trouve chez eux, à des prix modérés, les cartes el les annouces dont elle a besoin.
- Le jury lui décerne la médaille d’argent.
- M. Simon fils, à Strasbourg. * ;
- M. Simon fils semble sc rappeler que l’Alsace fut une des premières à tirer parti de l’invention de Sennefelder, et comprendre qu’elle doit conserver, par des progrès constants, ses droits d’antériorité; il a envoyé, à l’exposition, des échantillons de grandes lithographies très-terminées, dont l’une, d’après M. L. Robert, est imprimée d’une manière très-remarquable, des lithographies en couleur sans retouches à la main, el représentant, avec une grande ressemblance, des plantes fossiles; il est impossible de rendre
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- mieux le Ion de la pierre et la finesse de la plante. Enfin le jury a admiré l’album de Midolle composé d’une suite de lettres et d’ornements imprimés sur fond de couleur nuancé. ,
- Le jury lui accorde la médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Delarue, à Paris, rue Notre-Dame-d.es-Yictoires, 16.
- L’imprimerie de cet exposant, plus particulièrement des tinée au petit commerce des cartes de visites et des annonces de débitants, a continué ses affaires actives. Le quatrième volume de l’isographie, qui vient d’étre mis en vente, est exécuté avec la même fidélité que les trois premiers.
- Le jury le juge toujours digne de la médaille de brouze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Villain, à Paris, rue de Sèvres, 29. -
- L’exposition de M. Villain porte, presque sur chaque planche, la date de l’année 1820, et on ne s’expliquerait pas cette anomalie sans l’interprétation suivante.
- . Sennefelder avait employé un procédé lithographique qui consistait à gratter des lumières sur une teinte unie qui, au moyen d’une seconde impression, servait de fond à un dessin en noir; il publia, en 1819, plusieurs essais, et, en 1820, M. Villain l’imita/cn appliquant ce procédé
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- aux différents sujets auxquels il convenait. Depuis, et tout dernièremènt encore, M. Letronne, qui ne figure pas parmi les exposants, importa d’Angletere un nouveau procédé qui consiste bien à produire ce même genre d’effet, mais qui, par d’ingénieux moyens, enlève les blancs de manière à leur donner, sur l’épreuve, l’apparence de blancs apposés, tantôt au pinceau, tantôt à la plume ou bien àl’es-tompe. C’est pour établir l’antériorité de son procédé que M. Yillain a exposé ces anciennes impressions) mais il y 3 évidemment erreur, car les moyens sont complètement différents.
- Au reste, l’imprimerie de M. Yillain est recommandable à d’autres titres, et a des titres déjà anciens.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze. ’
- M. Bob oeuf, à Paris, rue Cadet, 2.3,
- Obtenir le bon marché pour l’impression de la musique, qui se grave et s’imprime déjà à des prix si modérés, c’était encore rendre un service au commerce) M. Bobœuf mérite, à ce titre, une médaille de bronze.^
- M. Jnasco-Jobard.
- Son Voyage‘pittoresque en Bourgogne le place sur laligne de M. Desroziers, et le jury voit avec plàisir les progrès que l’imprimerie peut faire dans les conditions défavorables où elle se trouve en province, lorsque des hommes intelligents ne reculent ni devant les sacrifices, ni devant les difficultés.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
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- M. Hû.ublotjp, à Paris, rue Dauphine, 22.
- L’imprimerie de, M. Haubloup est ancienne. Un des premiers, il a exploité la réunion du texte typographique, transporté sur la pierre, e.t du dessin exécuté à la plume, à côté.
- Son Album, d’histoire naturelle, Muséum pittoresque, a été tiréà un.très-grand nombre d’exemplaires. ; *
- Il fait, en outre, le transport de l’autographie avec précision. Son recueil de lettres manuscrites, pour habituer les enfants à la lecture des écritures lesplus difficiles, est d’une bonne exécution j-l’idée en est ingénieuse, et peut devenir utile.
- Le jury décerne à M. Haubloup une médaille de bronze. Il avait obtenu, en 1834, une mention honorable.
- MM. Mabtenot et cie, à Paris, rüe de Riche-. lieu, 92.
- Les transports d’impressions récentes, exécutés par MM. Martenot et compagnie, avaient, en 1834, fixé l’attention du jury, qui lui vota upe mention honorable. Depuis celte époque, cette imprimerie lithographique a continué ses efforts ; elle se présente à l’exposition avec plusieurs planches d’une bonne exécution, parmi lesquelles nous avons distingué une carte de la France imprimée en quatre -copieurs, au moyen de quatre reports qui se repèrent avec exactitude. Quand cette carte sera gravée sur pierre, quand les couleurs, niieux distribuées, présenteront à l’œil, d’une manière plus saillan te, les parties importai! tes, ce sera Une publication utilej elle mérite cependant déjà des éloges, et le jury décerne à MM. Martenot et compagnie, pour l’ensenibîe <îe leurs travaux, la médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. Gihaut, à Paris, boulevard des Italiens, 5.
- Jusqu’à présent M. Gihaut avait plutôt été éditeur commissionnaire que fabricant; mais, depuis quelques années, il a monté une imprimerie lithographique, uniquement pour ses publications, et l’on a vu sortir de cet établissement les jolies planches de la collection deM. Raffet, et, tout dernièrement, le beau voyage pittoresque en Russie par ce peintre.
- Le jury désire encourager ses efforts; il lui décerne une mention honorable.
- M. Racinet, à Paris, place Saint-Gerniain-l’Auxerrois, 3i.
- A côté du luxe des grandes publications, il faut à l’imprimerie lithographique le bon marché des affaires courantes, tcllesquecartes, adresses, desssi ns d’objets nouveaux mis en vente.
- M. Racinet a plus particulièrement destiné son établissement à celte partie, et, par la bonne exécution de ses travaux aussi bien que par la modération des prix, il a rendu de véritables services au commerce.
- Le jury décerne à M. Racinet une mention honorable.
- M. Bijseteau, à Paris, rue des Maçons-Sorbonne, 3.
- L’imprimerie lithographique de M. Bineleau semble se
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- distinguer par la spécialité géographique qu’il cherche à lui donner; de bons transports de cartes gravées sur cuivre, et surtout deux caries murales, ont fixé l’attention du jury. .
- M. Barbat, à Châlons-sur-Marne.
- L’exposition de M. Barbat montre que son imprimerie est plus spécialement destinée à la papeterie. Il exécute, dans ce genre, avec goût et finesse, une multitude de vignettes en couleur, en or et en argent.
- Le jury le juge digne (i’une mention honorable.
- §11. LITHOGRAPHIE EN COULEURS.
- L’impression en couleurs est encore un problème : la lithographie ne l’a pas plus résolu que la gravure. Celte condition reste à remplir : encrer d’un coup de rouleau et imprimer d’un coup de presse. Sennefelder est mort en cherchant à vaincre la difficulté qu’il avait seul abordée de front; il avait composé des crayons assez minces et de toutes les nuances, avec lesquels il formait des dessins comme les mosaïstes italiens; il serrait ensuite cet assemblage dans un cadre, et, au moyen d’une essence qui dissolvait légèrement la surface de tous ces crayons de différentes couleurs, il obtenait, d’un seul coup de rouleau et d’un seul coup de presse, une épreuve d’uu dessin entier.
- Lorsqu’il mourut, cet essai était encore informe; il ne ' fut repris par personne, et toutes les tentatives formées depuis pour imprimer en couleur se sont réduites à obtenir, au moyen de points de repère, une précision plus
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- complète, dans le rapport entre elles, de plusieurs planches ou pierres chargées chacune d’une couleur différente.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Engelmann, à Paris, rue Citë-Bérgère, i.
- M. Engclmann père avait obtenu, en 1834 , une médaille d’argent pour son établissement lithographique, l’un des plus anciens et certainement le plus actif de Paris ; depuis cette époque,il se sépara de son associé, M. Thierry, et alla en Alsace. Son fils continue cette maison et exploite, à Paris, sa dernière invention : l’impression lithographique en couleurs.
- Cette invention n’a pas résolu le problème de l’impression en couleurs; mais elle rend cependant aux arts, aux sciences, au commerce, de si grands services, qu’elle mérite les encouragements du jury, qui décerne à M. Èngel-rnann fils une nouvelle médaille d’argent.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Garson , à Paris, rue de la Cité, 3i.
- Si le jury dc.l’industrie avait eu pour mission de constater les droits des inventeurs, il se serait enquis officiellement des litres de M. Garson à l’invention de l’impression en couleur, à laquelle il prétend; mais cette invention, qui , en elle même, n’est que là conséquence d’une série de
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- perfectionnements faits par différents imprimeurs, n’avait droit à une récompense de premier ordre que par une exploitation commerciale établie avec quelque développement: M. Garson n’a pas encore atteint ce résultat.
- ; Le jury décerne à ses efforts une mention honorable.
- M. Lessore, à Paris, boulevard Pigallé, 8.
- Si M. Lessore avait mis, dans le commerce, des produits de sa nouvelle imprimerie, le jury n’aurait pas hésité à lui accorder une médaille de premier ordre; mais, par une susceptibilité d’artiste aussi louable que rare, il ne veut rien publier jusqu’à ce qu’il ait atteint la perfection qu’il poursuit.
- Dans ces circonstances* et par un principe dont il ne s’est jamais départi, le jury ne peut accorder à cet exposant qu’une mention honorable.
- § 12. REPORTS D’ANCIENNES IMPRESSIONS.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Dupont frères, à Paris, rue de Gre-
- * - ' ?•
- nelle-Sai nt-Honorë.
- Si l’on faisait habituellement une distinction entre les découvertes et les inventions, ou serait moins exposé à disputer sur des mots, parce qu’en général on est d’accord sur le fond. Les découvertes, par cela seul qu’elles sont sans antécédents, prennent un caractère tranché quiper-met d’apprécier le mérite de leurs auteurs. Mais les inventions ne'sont que les perfectionnements successifs d’une
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- idée mère, et il est difficile d’établir une ligue de démarcation entre chaque progrès - ainsi, par exemple, l’impression fut une découverte : l’imprimerie et tous les genres d’impressions de la gravure qui en découlèrent furent des inventions. De même, la lithographie ou l’impression chimique est une découverte de notre époque, dont tout l’honneur appartient, sans contestations sérieuses, à Scnnefelder. Mais, du moment où l’on entre dans le vaste champ des perfectionnements appelés des inventions, les difficultés s’élèvent de toutes parts en même temps que les prétentions.
- Le jury avait à juger une question de ce genre : il avait à apprécier le mérite de plusieurs industriels qui ont envoyé , dans les salles de l’exposition, des reproductions d’impressions de toutes les époques, faites au moyen de reports sur pierre.
- Il avait le droit d’exclure du concours tout ce qui n’avait pas été soumis à son examen, de laisser en dehors de l’exposition tous ceux qui avaient voulu y rester, et de juger seulement, entre eux, les concurrents exposants. Sa tâche alors eut été facile -, mais il a voulu. non pas seulement s’acquitter de sa mission, mais s’en acquitter d’une manière qui fût utile à tous, et qui jetât la lumière dans la question qu’il abordait.
- Le résumé qui suit prouvera, en établissant les droits de chacun , que ce n’est qu’avec une entière connaissance que le jury a décerné des récompenses aux exposants qui se sont présentés à son jugement, et seulement après avoir apprécié le mérite de ceux dont il n’était pourtant pas tenu de s’occuper. -
- Le principe sur lequel est basée la découverte "de la lithographie ou de l’impression chimique est celui de l’at-
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- traction et de la répulsion des corps gras et de Peau 5 il entraîne avec lui, dans la pratique, le transport sur pierre de tout corps gras détaché*d’unc surface souple et spongieuse. Sennefelder avait passé de l’impression typographique sur la gravure en relief de ses pierres (1796) à l’impression chimique(1798), au moyen des transports ou décalques de la musique qu’il écrivait sur papier gommé. Le transport est donc aussi vieux que la lithographie, il est plus vieux qu’elle, puisqu’il la crée. En 1809, Sennefelder publia une annonce, cl, parmi les procédés dont il donne l’explication, il cite le transport des feuilles de livres et de journaux, mais il garde le silence sur le moyen qu’il emploie, et il justifie cette réserve par l’abus qu’on pourrait faire de ce moyen de reproduction. En 1819, il est plus confiant et public son procédé, qui vaut mieux, toutefois, que les deux spécimens qu’il donne et qui portent les traces de nombreuses retouches.
- Dès l’année 1820, on connaissait donc un moyen de reproduire le texte imprimé et les gravures.
- Si le jury n’avait pas dû se rappeler qu’il avait à juger les produits de l’industrie, et que l’exploitation commerciale d’un procédé était le premier titre aux récompenses qu’il décerne, il se serait laissé entraîner à suivre,pas à pas, les progrès qui ont été faits depuis cette époque, et les essais tentés, de côté et d’autre, avec plus ou moins de bonheur.
- Mais, laissant de côté cette investigation, il n’est remonté qu’à la dernière exposition de 1834, et n’a recherché que ce qui s’est fait depuis les dernières récompenses que le jury a distribuées.
- On se rappelle qu’en 1833 les procédés des reports étaient assez multipliés, que leur application était assez
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- perfectionnée pour qu’on essayât déjà de tous côtés de les employer à des publications. La Société d’encouragement sentit qu’il fallait donner plus 4’cssor encore à ces tentatives, elle proposa un prix. En 1833, M. Delarue obtint une médaille pour la perfection de plusieurs de ses transports, et> à l’exposition de 1834, M. d’Âiguebellc eut la; médaille d’argent, que lui méritèrent des transports d’impressions anciennes.
- Le progrès était donc évident. L’application seule était si longue et si incertaine, que ce procédé ne pouvait encore servir qu’à la curiosité, et restait inutile à l’industrie. Tous les imprimeurs déclaraient alors, ce qu’ils déclarent encore aujourd’hui, qu’ils ne s’en occuperaient pas, parce qu’ils n’entrevoyaient pas la possibilité de l’exploiter. Dans les transports d’impressions anciennes , les originaux étaient perdus ; dans les transports d’impressions modernes, le tirage était trop coûteux. •
- C’est au milieu de ces circonstances que MM. Dupont viennent prendre place parmi les lithographes, et qu’ils mettent en œuvre leurs nouveaux moyens; mais, avant de parler de leur exploitation, il faut admettre l’existence d’autres essais qui. n’ont aucun mérite aux yeux du jury, puisqu’ils n’ont pas été publiés, mais qui établissent ;dcs droits d’antériorité que son impartialité doit reconnaître.
- Déjà, en 1828, une société s’était formée entre MM.La-get, Haugck, Billard, Panckoucke et Mantoux pour le transport sûr pierre de textes imprimés, dans le butRemployée ce procédé à la publication d’un journal. L’acte fut passé entre les intéressés présents, et cette idée industrielle se trouvait ainsi déjà développée, quoique avec l’aveu d’essais à tenter et de moyens à perfectionner., Mais rien ne se fil, la société laissa passer le temps pendant lequel
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- ses membres étaient liés, sans rien produire; elle vit s’élever une concurrence et ne songea pas a s’y opposer, à faire preuve d’existence. *
- Ce fut M. Gudin, notre habile peintre de marine, qui vint', cette fois, aider; dé son talent et de son ardeur, cette application nouvelle d’un procédé qui n’avait encore été; pour ainsi dire, qu’effleuré. Associé avec MM. de Brc-
- mond et Wachsmulh, il s’empara du papier à décalque et
- • «... # *.
- de Pencre à transport de Sennefeldér. Soutenu dans ses tentatives par une longue habitude de la lithographie, il Obtient bientôt un papier meilleur et une encre inaltérable. Il forme alors un projet qu’on peut appeler gigantesque, tant l’idée en est généreuse, l’application facile, tarit la spéculation même en paraît avantageuse. Ce projet, c’est là publication d’un journal quotidien, ‘orné des dessins dé nos plus habiles artistes, qui, dé Paris, s’expédiera dans lé monde entier, sè reproduira partout, èt sè modifiera s’elon les lieux, te brevet qui décrit lé plan et les moyens d’exécütion de cette entreprise fut obtenu ch janvier Ï.838Ï Cette publication fut entravée pav diverses circonstances; mais la société est restée constituée, et l’on assure que le jOuriial va paraître. :
- Voilà le point ou en étaient les décalques des impressions sur pierre, lorsque MM. Dupont publièrent leurs premiers essais et apportèrent à l’exposition une collection curieuse de transports lithographiques, d’impressions de '•touteslès'èpoqutés. Cette collection fut présentée en concurrence avec lès transports de trois autres exposants : MM. d’Aiguebelle, Chastenet et Jacotier.
- Puisque l’invention môme du transport et l’idée dé cli-chès'chimiques appartenaient à d’autres, il ne s’agissait plus que dc dccider qui, des quatre exposants, transportait
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- le mieux et le plus rapidement, c’est-à-dire le plus ccono iniquement, les impressions qui ont depuis six mois jusqu’à trois siècles de date.
- Il 11e s’agissait plus que de se rendre compte de l’intérêt commercial de ce procédé et de son exploitation industrielle.
- Le jury était occupé de ce travail, lorsqu’il reçut une réclamation signée par quarante-six imprimeurs lithographes de Paris, contre les prétentions de MM. Dupont.
- Le jury ne voulut point ignorer ,celle protestation, d’autant plus qu*il avait un rapide cl facile moyen d’arriver à la vérité, un moyen qui devait convaincre en même temps les réclamants de l’impartialité du jury, et le jury delà valeur de la réclamation. Ce moyeu, c’était d’offrir, à chaque lithographe signataire, des conditions parfaitement égales àcclles qui avaient étéimposéesà MM.Dupont.
- Ces essais simultanés ont eu lieu et ont donné les résultats suivants : 1° le procédé de MM. Dupont diffère en partie de celui, de Senuefeldcr; 2° il est plus sûr et plus rapide qu’aucun de ceux jusqu’alors employés; 3° enfin les épreuves que MM. Dupont ont fournies sont imprimées des deux côtés du papier, sont plus pures et plus noires, plus près d’une complète réussite que les épreuves présentées par les autres imprimeurs.
- Le jury, après avoir établi celle supériorité, a du reconnaître, en outre, que MM. Dupont, favorisés par des circonstances qui leur sont particulières, ont été les premiers . à exploiter le procédé des transports d’une manière toute industrielle :
- 1” M. Auguste Dupont, en plaçant à la disposition de cette exploitation sou dépôt de pierres de Chàteauroux, particulièrement propres à ce genre d’impression;
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- 2° M. Paul Dupont, en soumettant à l’application de ce procédé tout ce qui, dans son imprimerie typographique, pouvait l’être avec avantage, et en formant un atelier d’imprimerie lithographique;
- 3° Les deux frères, enfin, en ne reculant devant aucun sacrifice de temps et d’argent pour donner, à cette spécialité de leur établissement, toute l’extension qui pouvait la rendre utile au commerce et profitable à leur association.
- Le jury avait encore à rechercher l’utilité de ce procédé et son avantage industriel; il a vu qu’on pourrait dorénavant donner, au prix de 3 ou 4 sous, à des artistes sans fortune, des gravures des xvc et xvic siècles, qui coûtent depuis 5 francs jusqu’à 200. Les gravures transportées ne sont point aussi parfaites que les origir naux; mais elles donnent le dessin et l’effet dans une pureté suffisante pour étudier le style de l’école et le talent du maître.
- Sous le point de vue commercial, le jury n’a pas adopté les idées avantageuses que se sont faites les exposants; mais il s’est assuré qu'un profit raisonnable se présentait dans une multitude d’occasions, et surtout chaque fois qu'il ne s’agissait que d’un tirage à petit nombre, par exemple, pour complément de volume ou de feuilles manquant à une édition entière, ou pour différentes autres applications.
- Le jury, d’après toutes ces considérations et sans méconnaître que de grands perfectionnements peuvent encore être apportés dans les procédés de transports, décerné à MM. Dupont frères une médaille d’argent.
- T. III.
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- MÉDAILLE DE BRONZE".
- M. Chatenet, à Angoiilêiîié (Charente).
- M. Chatenet met un zcle louable à rechercher des procédés nouveaux pour le transport des anciennes impressions : les épreuves qu’il a envoyées à. l'exposition,, la page Elzevir surtout, et la feuille Scandenberg du concours, sont très-bien venues; mais d’autres épreuves, la page des heures et le fragment de la, grande chronique entre autres, prouvent l’incertitude de son procédé. • Le jury lui décerne une médaille de bronze. : :.
- - ».
- M. Jacotiee, à Paris? rue de Buffon ? i5.. :
- Les recherches de M. Jacotier sont plus méritoires, bien que, Jusqu’à présent, elles soient moins'heureuses.; ;
- Le but qu’il s’est proposé est lé transport des anciennes gravures en creux ou en taillés-douces-,'à là pointe ou à l’eau-forte. Le décalque du transport-se fait assez facilement; mais il n’est pas encore parvenu à tirer des épreuves du dessin qu’il dépose sur la pierre. Dès qu’on veut encrer, tout s’empâte et s’estompe. M.'Jàcôtier nous a présenté une petite gravure; du xvn‘- siècle bien réussie, un Gallot très-bien venu, un Àlbert Durer (le petit courrier) imparfait. Tout prouve qu’il est sur la voie du succès, et qu’il ne lui faut que de la persévérance pour résoudre le problème.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
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- § 13. ZWCÔGrAPHIÈ.
- médaille de bronze.
- M. Kàépélîn, rue clü Croissant, 20.
- . .Seimefelder.connaissait le procédé du dessin et de l’impression chimiqucsur zinc : il Tint à Paris, en 1823, pour en exploiter les avantages ; mais, depuis, on avait abandonné en.France cette précieuse extension donnée à.l’impression chimique, et l’Angleterre s’était chargée d’en recueillir tous les, profits en perfectionnant la pratique. M. Kaepelin, qui possédait un brevet d’invenliOn pour l’impression sur zinc, fit un voyage dans ce pays et revint à Paris prendre un brevet de perfectionnement pour exploiter de nouveau ce mode .d’impression j ,les, différentes épreuves qu’il a présentées, dont deux d’une très-grande .dimension* ont bien réussi, et le jury s’est assuré qu’il a fait des sacrifices considérables pour dresser et grcner des feuilles de métal; à l’aide d’un moyen mécanique. M. Kaepelin imprime^ en outre, sur pierre et fait les transportsd’anciennesimpressions avecsuccès, au moyen de deux procédés différents. f ' - • - '
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- %
- § ? 1,4. CARTES GÉOGRAPHIQUES,
- De tous les genres .d’industries scientifiques , la géographie est la plus ingrate:la contrefaçon étant insaisissable,
- le mérite des travaux consciencieux devient problématique,
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- et c’est pourquoi l’on s’explique que, dans uu pays comme la’France, qui s’honore d'un nom comme celui de d’Anville, le nombre des géographes éditeurs soit aussi restreint. C’est qu'il est décourageant de travailler pendant une année à la rectification de quelque point inaperçu du globe, au redressement de quelques erreurs astronomiques, sur l’épreuve d’un dessin de carte, et de voir, à peine sa carte mise au jour,‘"le plagiaire la copier, et, parce qu’il l’a réduite de quelques lignes, s’arroger le droit d’y mettre son nom.
- Tel est le triste rôle du géographe; on doit se trouver heureux, dans des circonstances aussi défavorables, de rencontrer encore quelques hommes qui, tout en restant dans les conditions industrielles, travaillent à l’avancement de la science, en réunissant et en coordonnant les renseignements dés voyageurs.
- Sous le rapport matériel, la gravure des cartes a fait des progrès, la lithographie a continué à lui venir en aide par la gravure et le transport, et aujourd’hui lebon marché ôte toute excuse à l’ignorance.
- RAPPEL DE MÉDAILLE &’ARGENT.
- • ?
- M. Ajndriveau-Goujon, à Paris, rue du Bac, 6.
- M. Andrivcau-Goujon a continué à mériter la médaille d’argent que le jury de 1834 lui avait décernée; les publications qu’il a; mises au jour, pendant les cinq années qui se sont écoulées depuis la dernière exposition, lui ont con--
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- serve, Hans le commerce de la librairie, le rang qu’il y avait acquis. . -
- Le jury rappelle en sa faveur la médaille d’argent.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M; Picquet, à Pàrisj quai Conti, 17.
- M. Picquct aurait déjà mérité les récompenses acordées par le jury, s’il se fût présenté à la dernière exposition, car on aurait reconnu que cet industriel réunit la connaissance scientifique de la géographie à l’exploitation commerciale des caries et livres de géographie. Le jury mentionnera son atlas universel, une suite de cartes générales bien exécutées et dressées sur des données nouvelles, enfin des caries transportées sur pierres et livrées dans le commerce à bon marché.
- M. Picquet est jugé digne d’une nouvelle médaille d’argent. ;
- MENTION HONORABLE.
- j t ; . " : ï . T . v ; * - . r ; -f *
- M, Alex. Zarozewsri , à Paris , rue de Lille, 71. ' ' ;
- Cet artiste polonais emploie avantageusement la pointe de diamants a la gravure de la topographie sur pierre lithographique: on pourrait encore reprocher à ses travaux de la sécheresse ; mais ils offrent une netteté qui est souvent précieuse dans les détails. Ses prix sont modérés.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
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- , . . \ - f • 1 ’ -*<• • ' ^ :
- §15. GRAVURE EN CREUX.
- Gravure au burin.
- C t u>, t >'l
- '..t * * ;v v.
- Les jurys départementaux ont admis, à l’exposition, des objets qui devaient être examinés, par d’autres juges que ceux qui ont été désignés pour former le Jury de l’industrie. La gravure, proprement dite, est de ce riqmhrej cêpëndant l’utilité industrielle de certaines publications; nous a impojsé le devoir de les ranger parmi les produits qui méritaient d’être désignés à l’estime publique.
- ! * *
- MENTIONS HONORABLES.
- M. L. Bouchard-Huzard , à Paris, rue de rÊperon , 7. .
- ; r * • , *•
- ... \ i *.• . i . =. &
- * i
- Parmi les ouvrages d’histoire naturelle les mieux exécutés et les plus utiles, il faut citer; VHistoire du mais, dé M. Matthieu Bonafous. Le jury, mettant de côté les titres de l’auteur à la reconnaissance publique, ne s’est occupé que'cie l’exébutio,n matérielle du volume^ qui lui a paru digne d’éloges ; texte, planches coloriées, gravures impri? m'éès dans le texte, papier, tout lui a semblé réuni dans cet ouvrage pour "s’associer aux talents du savant auteur'
- if , \ - - y . t S , f x . ' . . 1 ,-j -. ' . f- '• f* <*
- et mériter une mention honorable;
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- M.. Lecomte, à Paris, rue Sainte-Anne, 5^ ;
- Cet éditéiir à réuni/ dans un rcueeil, une collection de dessins d’ornementation/ dont l’utilité est d’autant moins contestable qu’un plus grand nombre de fabricants de papiers peints, de parquets, d’étoffes, etc., etc., en ont lire parti et ont exposé les dessins publiés par ÎÆ. Lecomte , et mis en œuvre industriellement par eux. . ; ; „ ,, !.. ; Le jury espère encourager la continuation de cette, pu-•
- blication en décernant à M. Lecomte une mention
- V*'?:'- U ; « jr > i J » >' * ..'
- honorable.
- M. Lebouteiller , à Paris, rue de la Bourse. î
- L’album de l’industrie a pour but de propager, dans les ateliers, l’admission des formés les plus goûtées et des modèles les : plus à la mode, c’est surtout dans' l’exposition même que Fauteur a recherché ses objets de comparaison-Sans exprimer une opinion sur l’utilité d’une publicatiôh qui doit avoir pour règle la mode du jour, le jury a dû, cependant, remarquer L’exécution consciencieuse des dessins et la traduction habile des gravures -, il décerne à M. Le^ bouteiller une.mention honorable. • . i.i ; 1
- . Lussûn, à Paris, rue des Saints-Pères, i,3*
- L’architecture a ses phases d’oubli et d’engouement; le style gothique, après avoir été abandonné, .avait été môV connu, et, quand une disposition plus raisonnable d’éclec-
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- tisme artistique laissa plus d’essor à l’admiration pour tous les genres d’originalité, on trouva dans l’architecture gothique des beautés mêlées à tous ses défauts et l’on voulut refaire du gothique, mais les éléments manquèrent, on avait perdu les traditions, et les essais tentés furent plus que malheureux.
- Depuis quelque temps, les études sérieuses ont produit, dans cette voie, des publications utiles; celle de M. Lusson doit être rangée dans ce nombre , elle donne aux architectes des instructions pratiques qu’ils trouveraient difficilement ailleurs.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Schnetz, à Paris, rue Gît-le-Cœur, 5.
- Cet artiste s’est appliqué à imiter sur pierre différents genres fie gravures, il a exposé des sujets d’histoire naturelle, d’antiquité, etc., et l’on doit encourager ses efforts tout en lui recommandant une manière plus ferme dans l’exécution, plus nourrie dans les tailles et plus sentie dans le dessin.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. Vialon, à Paris, passage Colbert, escalier E.
- Pour ses gravures de titres et vignettes sur étain.
- M. Letokt, rue des Petits-Champs, 5a.
- /
- Pousses gravures de cachets et timbres.
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- § 16. NETTOYAGE DE GRAVURES.
- Les piqûres de vers, les taches d’humidité, de noir et de graisse, les déchirures sont autant de déchetspour les gravures et les livres les plus précieux. L’industrie qui consiste à doubler la valeur d’un objet d'art, en augmentant sa jouissance, mérite donc quelque encouragement. On sait quel prix on met, en Angleterre, pour obtenir ces restaurations bien faites; il est heureux que nous ayons aussi en France des personnes qui s’y consacrent entièrement.
- MENTION HONORABLE.
- M. Rémiot, à Paris, rue de P Arbre-Sec , 6.
- En l’absence de M. Simonin, qui u’a point exposé celte année, le jury a distingué les nettoyages des anciennes gravures opérées par M. Rémiot et surtout ses réemmar-gements qui leur rendent toute leur fraîcheur première.
- Le jury le croit digne d’une mention honorable.
- § 17. CALLIGRAPHIE.
- On continue à inventer des instruments pour faciliter les premières leçons de l’écriture; mais on les compliqué Vie telle façon que l’élude de leur emploi prend plus de temps qu’ils ne sont destinés à en épargner.
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- Le jury a donc cru devoir passer sous silence ces essais et attendre que l’expérience ait prononcé sur leur utilité!
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- f', :.l * '* 5
- RAPPEL DE MENTION HONORABLE
- ft.’';X’ÂüPpR? à Paris, rue,Montigny, Ki;:
- La méthode de M.; Taupier cohliuue' à maintenir sa supériorité sur les autres et à mériter la mention honorable que le jury de Ï834 lui â décernée. ? i i
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- §18. STORES ET ÉCRANS PEINTS ET IMPRIMES.
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- Le goût du luxe extérieur, du luxe d’apparat devait produire une ornementation brillante, en la promenant successivement sur les parquets, les murs et les meubles de nos appartements.
- L’artiste CkënâVârd* doué d’une disposition'spéciale a
- : ' ,i . f • y r ft : . ,* -, ; : V * ^ »' •. j / : 1
- rattacher les arts à l’industrie, s’aperçut'facilement du parti qu’on pouvait tirer des rideaux qui nous servent à intercepter, moins peut-être les rayons bien rares de notre pâle soleil que les regards de la curiosité, bien plus perçants encore que les clartés du jour.
- très furent ornées de rinceaux variés, d’écla tantes nio-' saïques, de fleurs ou de paysages, de copies de nos grands
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- U1
- maîtres, et les peintures étaient si bien combinées, qu'à, l’extérieur elles présentaient des tableaux, tandis qu’à, l’intérieur elles.développaient de brillantes transparences.;
- Depuis ^exposition de, .1^34> cette industrie s’est essén-, tiellemqut perfectiotnnée dans ses moyens, matériels d’exécution, mais non dans le goût qui prévaut généralement dans le style de ses ornements et de ses figures.
- On a employé de nouvelles couleurs, des gazes à la fois plus solides et plus transparentes, des vernis, plus inaltérables et moins cassàiits , on s’ést aidé de l’impression pour les ornements qui se répètent, on a atteint ainsi un prix très-modéré, cette condition dernière de tous les efforts dë l’industrie; mais, à côté de ces progrès, le dessin est devenu plus contourné, l’ornementation plus désordonnée par lè mélange dés styles et dès époques, les figures sê sont montrées plus tourmentées dans leurs poses et dans leurs àltitti-dés. Cë reproche, comniun à toutes lés industries, s’adressa d’autant plus a celle-ci qu’elle prétend davantage, cornnie peinture^ à ressortir dé Part.1 ; f ! ; *“ r u-
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- MM. L. Pluet etc1®, successeurs cPAtram-BLÉ, Briôt et de Gattigny. M
- Cette maison, après quelques vicissitudes, s’est relevée sous la direction dé M. Pluet, et a présenté à l’exposition les plus beaux stores. ...
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- Le jury a remarqué la belle exécution d’un sujet reli-
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- gieux, d’une imitation assez bonne de vitraux <lu xiiPsiëcle,.
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- et de quelques autres sujets aussi bien peints et plus convenables à leur destination,enfin d’un assortiment destores imprimés qui peuvent se livrer au commerce aux prix de 18 à 22 fr. dans des dimensions de 9 pieds sur 5 .
- Lejury décerne à M. Pluet une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Perret, à Paris, rue du Faubourg-Saint-' Denis, io5.
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- M. Perret a continué sa fabrication, qui date de 1827, et qui lui a valu, en 1824, une citation favorable; ill’aperfec-tionnée par l'emploi de nouvelles couleurs qui, commela laque de Mm# Gobert, donnent un grand éclat à ses ornements et par l’emploi d’une gaze qui, convient mieux à ce genre de transparents.
- Le jury a remarqué, parmi les produits qu’il a exposés, un vase de fleurs avec un paon d’un effet très-brillant etplu-sieurs sujets qué l’ëxposânt débite au prix moyen de 3 fr., le pied carré.
- M. Alphonse Leroy^ à Paris, quai Saint-Michel, 15.
- M. A. Leroy expose pour la première fois des stores d’une belle exécution, les uns composés par lui, les autres peiuts d’après les dessins qu’il a faits sur nature.
- Le jury désire encourager ses efforts en lui votant une mention honorable.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Savary, à Paris, rue de Bièvre, 33.
- Pour scs stores élégamment peints et imprimés.
- M. Marrel, à Paris, rue Phélippeaux, i5. Pour des écrans transparents à ressorts.
- SECTION VI.
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- ÉBÉNISTERIË ET TABLETTERIE.
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- M. Blanqui, rapporteur.
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- EBENISTERIE. i J •' r';’-
- Considérations générales.
- L’éhénisterie a fait des progrès notables depuis l’exposition de 1834. On remarque avec satisfac-
- ; » ,• , i't. ' f. ; * : * ' '• i -
- tion, cette annee, un commencement de retour aü bon goût, une recherche plus sévère de l’art, des
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- soins plus attentifs dans les détails d’exécution : vous en serez peu surpris si vous considérez que la fabrication des meubles est concentrée presque tout entière à Paris, où, depuis vingt-cinq .ans, .elle s’est organisée sur une vaste échelle dans le fau-bourg Saint-Antoine. Ce faubourg lui-même, avec
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- ses quaraütè mille habitants, semble ne former
- qu’une seule usine; dirigée par lés ma forés les plus intelligents, et servie par les ouvriers les plus habiles. Tout y est soumis au principe fécond de la division du travail. Les scieries mécaniques débitent le bois de placage en feuilles légères, en baguettes sveltes et déliées. Là hardiesse des découpeurs ne connaît plus de bornes : elle s’est emparée des métaux, dé l’ivoirè, de l’écaille naturelle et factice pour en faire des fleurs, des bordures, des ornements de toute espèce ; elle a même appelé la gravure à son àide, et les nombreuses incrustations dont les imitateurs des meubles de boule ont couvert leurs produits témoign&nt des efforts qu’ils ont faits pour appliquer à l’ébénisterie ce procédé tombé en désuétude.
- Votre commission des beaux-arts aurait voulu
- pouvoir vous annoncer que, du sein de notre grande manufacture d’ébénisterie, il était sorti quelques
- — <•»* _> ? * * % ' . * -î ï- 7. rt‘ C V ' : •/!# ,, /
- pièces dignes de fàire école, et de donner enfin un
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- caractère original à la fabrication française. Mal-,
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- gré les tentatives louables qui ont été faites a cet
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- égard, nous n’en sommes encore qu!à des imita-tiens. La mode a remis en honneur les formes du
- ... . ^ ^ . v* t 1 . '• * •*. r.' :
- moyen âge, et surtout celles,de la renaissance. Les vieux buffets, les vieux bahuts de nos aïeux, repa^
- ; j V ' O .'VJ; Vf
- râissent rajeunis par la main de nos artistes, dont la modestie nous aMige, puisqu’ils s’abstiennent d’innover, malgré leur supériorité d’exécution incon-
- .• .•» ' t * ’ ’ ' ' “ - • < ’ , \ • . •' , ' ' - v .* • ** '
- testable. A quoi bon persister dans le métier de lapisle quand on a reçu lé génie créateur? Vers la fin du xviii® siècle, nous avons été en proie au
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- genre bizarre et maniéré dont Boucher et Wateau étaient la personnification en peinture. La Révolution et l’Empire nous ont imposé le style grec et
- ’ # ' . - • • l i [ * * " * * - ' x. \r i-.i * *" . ’ V.
- romain, les meubles à colonnes ioniques, doriques
- • < . . r * •- -L' ' rf*f.-:' ti'.-JktiU
- et toscans: la Restauration a vu.nos pendules, nos
- : :T v •;* , < % - {T ' i ^ r': ' ' . * >-v >: ' r
- fauteuils et nos commodes se couronner d’ogiyes et simuler des cathédrales : auiourd’hui, .nous deve-
- .. -‘7 ? ( i) -r;‘-s; :
- lions Florentins et Byzantins: .quand donc serons-
- . . i v ' % * » -, « \'<r * * >. ' « • r**r\ -ti' « Vv- '• '*'» :>
- -, • • •- S •• i - . •* , i • ' ' s ' * • »
- nous Français ? ,•
- t, ; r J;^ *' *,> ' 1 y# ’* V j a i i ‘ $
- L’exposition de cette année peut se diviser, en cë
- 1 . -.-s-- «Fl '-î!j ! ^•• ï 7 »** : •.
- qui, concerne l’ébénisterie, en deux grandes càté-gôfies, celle qui comprend'les.meubles, de luxe , et celle des meubles de consommation courante : on y remarque aussi quelques inventions ingénieuses et utiles que nous signalerons, et une découverte!tout à fait hors de ligne, celle de M. Emile Grimpé, dont ,1a commission des beaux-arts vous doit,un
- qr - •• • K î J :
- compte particulier, comme .d’un fait capital de l’in-!, dustrie actuelle des bois.
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- L’acajou a cessé d’être le bois dominant, sans que, néanmoins, la tentative courageuse de quelques fabricants, pour restaurer les bois indigènes, ait été couronnée de succès. M. Wernet, l'apôtre de cette innovation patriotique, a persévéré dans.ses efforts. Un meuble en chêne vert, ressemblant au plus bel acajou moucheté, a fixé l’attention du public. Ce bois est d’une dessiccation très-difficile, et cependant il est à désirer que l’usage en devienne général; le département de la Corse en possède des forêts magnifiques, dont l’exploitation serait une grande source de richesse pour le pays. Mais le palissandre et l’ébène sont les bois le plus en faveur, à cause dé leur teinte sombre et unie qui fait mieux ressortir les incrustations. Le bois de courbaril, aux veines larges et satinées, commence à se répandre. Un habile facteur de pianos, M. Pape, a trouvé le moyen d’obtenir, par un procédé particulier de sciage, des feuilles d’ivoire d’une seule pièce de la plus grande longueur et d’une largeur inconnue jusqu’à ce jour. D’un autre côté, l’abaissement, de droit sur les bois exotiques a été fort utile à l’ébé-nistèrie. Cette industrie së trouve aujourd’hui, sous
- tous les rapports, dans les conditions les plus favorables, et l’on peut évaluer sa production annuelle à plus de quarante millions de francs.
- i 9
- Cette production ne pourra que s’accroître sous l’influence des procédés inventés par M. Émile Grimpé, et qui ont été présentés à l’exposition par
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- Ja société Gosse de Biily. Ces procédés furent exclusivement employés d’abord à la confection des bois de fusil pour l'armée. Bientôt M. Emile Grimpé imagina de les appliquer à la fabrication des moulures en relief et en creux, rectilignes et curvilignes; et les nombreux objets à formes simples ou sculptés qu’il a soumis à l’appréciation du jury ne laissent aucun doute sur l’entière efficacité de ses procédés,. Il est démontré, aujourd’hui, que l’on peut sculpter les bois mécaniquement et y produire, au prix du travail le plus simple, les effets les plus inattendus et les plus variés. La menuiserie et l’ébénisterie de M. Grimpé coûtent moins cher que l’ébénisterie et la menuiserie ordinaires : c’est l’art amené aux procédés économiques et expéditifs de la mécanique. Mais l’auteur ne s’est pas borné à faire de l’art mécaniquement, en reproduisant et variant au besoin les formes et les dimensions des statues, des bas-
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- reliefs et autres sculptures; il expose des tenons, des mortaises, des queues d’aronde, des languettes,
- 'i" ï », * • /
- rainures, feuillures, chambranles, traverses, battants, jets d’eau, panneaux, sièges, dossiers, tabou-rets, pilastres, bois de brosses, bois de cadres et de
- ' 1 • < ’ s
- nécessaires, de poulies de marine, d’arçon, saboterie et charronnage, tous confectionnés mécaniquement avec une rapidité extraordinaire et une économie qui varie, selon les difficultés du travail, de 20 pour 100 à 850 pour 100. Les expériences les plus authentiques sont faites à cet égard.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. Jacob Desmalter, à Paris, rué des Vinaigriers, a3.
- M. Jacob Desmalter est un des fabricants d’ébénislerie les plus anciens et les plus considérables de Paris. Ses produits ont toujours été signalés par leur excellente exécution > pair-leur variété, par leur importance commerciale ; ils justifient, sous tous les rapports, le rappel de la médaille d’pr: que M. Jacob Desmalter a obtenue aux expositions précédentes. . ..
- MEDAILLE D’OR.
- MM/ de Billy et çie, à Paris, rue de FAç-
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- La société Gosse de Billy a obtenu la médaille d’or pour l’exploitation des procédés mécaniques de M. E. Grimpé appliqués au travail des bois.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
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- M.' Bellange fils , à Paris, rue dès Mardis,
- faubourg Saint-Martin, 33. . :
- M. Bellangé fils s’est toujours fait remarquer par l’excellente confection de ses meubles , et par ses imitations exactes et conscieiicieusés des diverses écoles; il a présenté, cette'année, un véritable assortiménl de pièces capitales de plusieurs styles, en acajou, en ébène; en chêne/en incriis-
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- talions façon de boule, qui prouvent tout à la fois la sour plesse et la yigueur de son talent. Ces magnifiques meubles rendent M. Bellàngé fils de plus en plus digne de la médaille d’argent qu’il a déjà obtenue, et dont le jury lui accorde la confirmation.
- M. Bellangre, à Paris, passage Saulnier, 8.
- M. Bellangre a exécuté, pour le roi, des meubles façon de boule qui ont été généralement remarqués par leurs riches incrustations. Les autres objets exposés par ce. fabricant n’ont pas paru moins dignes d’éloges que ceux dont nous venons de parler. M. Bellangre continue de mériter la médaille d’argent qu’il a déjà obtenue.
- MM. Meynard père et fils, à Paris, passage de la Boule-Blanche , faubourg Saint-Antoine.
- V * < .
- MM. Meynard père et fils ont obtenu, en 1834, une médaille d’argent pour l’élégante simplicité d’exécution de leurs meubles, dont la fabrication occupe un grand nombre d’ouvriers dans le faubourg Saint-Antoine. Les objets qu’ils exposent, celte année, sont principalement dignes d’attention par le fini du travail et le choix irréprochable des matériaux. Ce ne sont point des tours de force> mais de simples échantillons d’une facture large et sévère, que le jury récompense par le rappel de la médaillé, d’argent.
- MM, Fischer père et fils, à Paris, rue Saint-Antoine, passage Guémenëe, 3.
- MM. Fischer père et fils occupent, dans la fabrication,
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- le même rang que MM. Meynard. Leur maison esl connue depuis longtemps par des essais hardis et heureux en ébé-nisterie. Aucun arlicle ne sort de leurs ateliers sans être achevé jusque dans ses moindres détails. Ils ont fait, celte année, un usage peut-être immodéré de l’écaille foncée en couleur j mais leurs meubles sont d’une si noble élégance, que ce léger excès, qui est d’ailleurs un excès de richesse, ne saurait atténuer en rien le mérite distingué de la fabrication. Le jury confirme à MM. Fischer la médaille d’argent qu’ils ont déjà obtenue.
- M. Werner, à Paris, rue de Grenelle-Saint-Germain , 108.
- M. Wernera fait de grands efforts pour naturaliser en France l’usage des bois français. Depuis plusieurs années, ce fabricant a exposé des meubles en .érable, en frêne, en olivier, sans se laisser décourager par l’indifférence des consommateurs, fidèles au bois d’acajou ou séduits par le palissandre, le courbaril, l’atigica, l’ébène et les autres bois de couleur qui ont la vogue aujourd’hui.Cette année, M. Werner a encore persévéré dans son vieux culte pour les bois indigènes ; il a exposé un meuble en bois de chêne vert desséché par des procédés particuliers, et de l’effet le plus agréable. La persévérance de M. Werner à mettre en consommation les bois de notre pays, ses recherches ingénieuses sur les meilleurs moyens de les employer, et, par-dessus tout, son habileté de fabrication, ont paru au jury des litres suffisants pour le rappel de la médaille d’argent.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Grohé , à Paris, rue c!e Varennes, bu.
- M. Grohé expose des meubles de différents genres en acajou et en ébène, un dressoir de salon dans le style de la renaissance, une bibliothèque de salon , un bahut en ébène, une table du plus beau style qui a été achetée par le prince royal, et plusieurs autres articles tous dignes de suffrage par l’heureux choix des ornements, par leurs formes ingénieuses et surtout par une exécution des plus louables. M. Grohé s’est placé au premier rang de nos ébénistes. Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. Durand fils, à Paris, rue du Harlay, 5, au Marais.
- M. Durand fils est un jeune fabricant de la plus belle * espérance; il a été étudier en Italie les grands modèles de l’art, et il a essayé de reproduire, dans une bibliothèque exposée par lui celte année, les saines traditions des maîtres de ce pays. Le jury n’a pas été moins frappé que le public de l'ensemble harmonieux et élégant de ce chef-d’œuvre d’ébénisterie, qui atteste dans M. Durand fils un talent très-distingué, un goût pur et une habileté de fabricant peu commune. Le jury lui accorde une médaille, d’argent.
- M. Jolly, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 38.
- M. Jolly est un des ébénistes les plus intelligents de ce
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- quartier général de la fabrication des meubles. Ceux qu’il a envoyés à l’exposition ne laissent rien à' désirer pour le fini de l’exécution, pour la délicatesse des découpures et la légèreté du dessin. On a surtout remarqué les panneaux d’une commode à tiroirs à l’anglaise qui n’avait point de rivale dans toute l’exposition. M. Jolly est aussi un des plus habiles incruslateurs. Sa belle table ovale, à pied d’ébène artistement travaillé, est revêtue d’un placage moitié cuivre, moitié bois, de l’effet le plus agréable. M. Jolly exporte d’ailleurs une très-grande quantité dé meubles, et l’importance commerciale de sa maison s’accroît tous les jours. Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Berg, à Paris, rue Saint-Antoine, 193.
- M. Berg a exposé plusieurs meubles en ébène et en imitation de boule, deux petites bibliothèques avec incrustations , plusieurs fauteuils et une table à compartiments d’uné exécution régulière et soignée. Les deux bibliothèques en ébène ont paru établies siir un bon plan et traitées, dans leurs moindres détails, avec une élégante simplicité. Lé jury accorde à M. Berg une médaillé de bronze.
- M. Barbier, à Paris, rue des Trois-Pavil-ions, 16.
- M. Barbier s’est distingué dans la confection d’un meuble dans le style de la renaissance, qui annonce de la part
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- de ce fabricant une grande facilité de travail et une sûreté d’exécution matérielle extrêmement remarquable. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Hoefer, à Paris, impasse Guémenée, 8.
- M. Hoefer a mérité l’attention du jury par la variété des produits qu’il expose, tous marqués au coin du goût et enrichis de combinaisons ingénieuses. On a principale-rïient distingué un petit secrétaire pouvant servir de table à jouer, qui se monte et démonte sans effort. Les meubles deM. Hoefer ne sont pas moins remarquables par le bas prix auquel ce fabricant les livre, Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M., Royer, à Paris, rue Saint-Antoine, 23.
- M. Royer obtient la médaille de bronze pour l’ensemble de ses produits, tous bien conçus, bien exécutés, en bonnes matières et d’une consommation courante. Ce fabricant ne pent manquer de s’élever à un rang encore plus distingué en persévérant dans la voie où il est entré.
- M. Kugel, ébéniste à Nancy.
- M. Kugel n*a exposé qu’un secrétaire à cylindre en palissandre, avec baguettes en cuivre; mais ce meuble a paru au jury d’un travail si complet et si régulier, qu’il a cru devoir accorder à ce fabricant une médaille de bronze, en témoignage de ce premier succès en ébénisteric obtenu par l’industrie départementale.
- M. Osmond , à Paris , boulevard Beaumarchais, Mi
- M. Osmond s’est consacré à la fabrication des meubles
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- en imitation des laques de la Chine; il en expose une grande variété : tables à thé, tables à‘ouvrage, paravents, chaises, bureaux, tous fort remarquables par une heureuse ressemblance avec les véritables laques chinoises. Cette fabrication a pris un grand essor et se répand de jour en jour davantage. Le jury accorde à M. Osmond la médaille de bronze.
- M. Baudry,-à Paris, rue Saint-Rocli, 10.
- M. Baudry est l’auteur d’une invention ingénieuse au moyen de laquelle il est parvenu à renfermer deux bois de lit garnis dans un seul. Il suffit de mouvoir un tiroir à .coulisse pour dresser le second lit contenu dans le premier, avec tous ses accessoires. M. Baudry a exposé aussi une échelle de bibliothèque articulée, qui se plie cl se replie «à volonté, et qui est renfermée dans une table. Le jury accorde à M. Baudry une médaille de bronze pour l’heureuse invention de ces meubles utiles.
- MM. Ringuet père et fils 5 à Paris, rue Neuve-cles-Petits-Ghamps, 36.
- MM. Ringuet père et fils se distinguent par la hardiesse d’exécution d’un meuble en ébène incrusté et orné dans le goût dominant de la renaissance, qui annonce chez ce fabricant une habileté capable de suffire à des travaux plus sérieux et plus étendus. Le jury leur décerne une médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. Bigot, à Paris, rue Saint-Lazare, i/p» M. Mainfroy , à Paris, boulevard Saint-Martin , 70.
- M. Carré, à Paris, rue du Faubourg-Poissonnière.
- M. Geiseler, à Paris, Place-Royale, 12.
- M. Dresciier , à Paris, rue du Roi-de-Sicile, 25.
- M. Aubin, à Paris, ruè Sainte-Apolline, 2.
- CITATIONS HONORABLES.
- M. Florange , à Paris , faubourg Saint-Antoine, 20.
- M. Boknié, à Paris, rue Caumartin, 8.
- M. Busnel, à Paris, rue du Petit-Thomas, 20.
- M. Pennequin , à Paris, rue de Lesili-guières, 3.
- M. Coulon, à Paris, rue Contrescarpe-Saint-Antoine, 70.
- M. Klein, à Paris, faubourg Saint-Antoine, 110.
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- 2,‘TAÏîLETfEÎÜE.
- Le jury sait l’intérêt qui s’attache aux petites in-
- dustries : elles sont comme ces filets d’eau qui entretiennent la vie et la fécondité partout où s’étend leur cours, et qui finissent par devenir des rivières* telle est particulièrement l’industrie parisienne qui s’exerce en chambre, sans grands ateliers, ni machines puissantes, et qui pourtant donne naissance à une production annuelle de plusieurs millions. La tabletterie joue, dans cette industrie toute domestique, un rôle assez important. C’est de Paris que se répandent sur la France et le monde ces cargaisons de nécessaires,, de portefeuilles ouvrés, de boîtes de toute espèce et d’objets de fantaisie pourvus <i’une valeur idéale, c’est-à-dire très-souvent au-dessus de leur valeur mercantile. La fabrication
- des tabatières en offre un exemple frappant, car le commercé du tabac n’offre pas seulement des a van-tâges a la régie, il procure des profits à une foule de petites industries où se font quelquefois de
- ^ V K V * *
- grandes fortunes. Il y a des tabatières qüi ne coûtent qu’un franc la"douzaine, et l’on en fabrique qui valent plus'de 10,000 francs la pièce, quand elles s’élèvent à la hauteur du présent diplôriîatique.
- L’attention du jury centrai ne s’ëst donc pas arrêtée sur la tabletterie avec moins de sollicitude que
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- sur les autres industries. Il n’est pas un seul objet exposé que le rsippOrteür chargé du travail n’ait examiné avec soin. Le seul progrès qu’il ait à si-* consiste dans le mérite général de l’exécu-
- tion de tous les articles et dans l’invention de quelques secrets ou procédés particuliers, soit dans la Construction des nécessaires, soit dans la disposi-
- lion des portefeuilles de bureau, de banque, de Voyage... '............ \ ~
- MEDAILLE D’ARGENT.
- M. Aucock, à Paris, rué cle la Pâix,/j. biSj
- A obtenu aux expositions précédentes une médaille d’argent pour l’excellente confection dé ses nécessaires de voyage et de toilette, depuis le prix de 200 fr, jusqu’à 1,000 fr. et au-dessus, tous remarquables par le, choix des diverses pièces dont ils se composent et par leur disposition ingénieuse. Sa maison est renommée depuis longtemps dans ce genre d’industrie, qui a pris un grand développe-, ment et qui a paru au jury central justifier la récompense accordée a M. Aucock.
- . ^ •• . - - n. . s ?
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- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Fenoux, à Paris, rue cle Grenelle-Saint-Honoré, 5ï,
- A exposé* une grande variété de portefeuilles de diverses formes, à secrets et à compartiments, tous d’une variété et d’une élégance remarquables. Plusieurs de ces portefeuilles sont de véritables nécessaires de voyage. Le jury a surtout distingué une trousse d’officier d’un prix modique et d’une exécution très-soignée. M. Fenoux a élevé son industrie au rang d’une fabrication importante par le choix consciencieux des matières et par le fini du travail qui s’exécute dans scs ateliers sur une assez vaste échelle. Le jury lui décerne le rappel de la médaille do
- bronze qu’il a obtenue en 1834.
- \
- M. Guérin, à Paris, boulevart Beanmar-chais, 29,
- A obtenu en 1834 une médaille de bronze pour l’exccl: lente confection de scs ouvrages exécutés au tour, corbeilles, rouets, dévidoirs et une foule d’autres semblables, tous d’un goût parfait et d’une solidité reconnue. Le jury a trouvé dans Jes produits de M. Guérin des preuves non équivoques du zèle qu’a mis ce fabricant à soutenir la bonne réputation de sa maison, et il l’a jugé digne du rappel de la médaille de bronze.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Colletta, à Paris, rue Mandar, 9,
- Est le vétéran de la fabrication des tabatières en boisj à imitation de nielles, dont il préscuteà l’exposition un assortiment considérable. Le jury a particulièrement distingué ses charnières en bois d’une délicatesse extrême ; et la variété inlinie des formes sous lesquelles il se joue de' toutes les difficultés de l’art du tabletier. C’est M. Colletta qui a donné l’impulsion la.plus prononcée à la fabrication des tabatières depuis plusieurs années. Le jury lui décerne une médaille de bronze comme récompense de ses efforts.
- M. Servais, à Paris, rue d’Engliien, i4»
- Est l’auteur des jolies peintures exécutées sur albâtre et recouvertes d’une glace, dont il a orné plusieurs petites tables présentées à l’exposition. Celte combinaison a permis d’obtenir des effets très-agréabîes, d’un genre de meubles qui semblait ne pas pouvoir s’y présenter, et qui mérite de devenir l’objet d’ue consommation de quelque valeur. Le jury décerne à M. Servais une médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- ^ . \ * 13 * .
- M. Quenesseu/ à Paris, rue Neuve-cLes-Pe-tits-Cliamps, 53.
- ». - ' . ‘ r •
- M. Joliet, à Paris, galerie d’Orléein^, i4*
- /
- M. Lagrange, à Paris, rue Saint-Antoine,
- i63. ; :
- M. GoEET,à Paris, rue-Micliel-le-Cnmle., 33.
- * ' ! ' •
- M. Petit, à Paris, rue de la Cité, 17. ! ;
- f \ ! •
- CITATIONS.
- M. Hayet, à Paris, rue Sainte-Avoie, 44*
- M* Castagnos, à Paris, rue Saint-Germain-1 des-Prés, 7.
- M. Année, à Paris, rue Chapon, 18.
- M. Goebel, à Paris, rue Micliel-le-Comte^
- 24.
- M. Simon, à Paris, rue Saint-Martin, 275.
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- APPAREILS CONTRE LES INCENDIES DES THEATRES.
- M. Pierre Cuiller, machiniste en chef du tlieâtre des Variétés, boulevard Mont-martre.
- M. Cuiller a présenté, à l’exposition, un modèle d’appareil pour préserver des incendies les cintres des théâtres. Cet appareil, de la plus grande simplicité, peut s’adapter facilement et à peu de frais à tous les théâtres, sans rien chan-. ger au jeu de leurs machines.‘Il suffit de couper un simple cordage, pour faire tomber, sur le théâtre, tous les cintres embrasés, de manière que le foyer le pliis animé est éteint immédiatement, en moins d’uné minute, et que la représentation peut même être aussitôt continuée.
- Sur la proposition de M. le préfet de police et le rapport d’une commission spéciale d’ingénieurs, architectes et hommes de l’art chargés, d’exapiiner l’appareil de M.- Cuiller, une ordonnance royale du 22 août dernier a enjoint à tous les directeurs de théâtre delà capitale de faire exécur ter, dans le délai d’un mois,.cet appareil, qui doit compléter les mesures de sûreté pour les théâtres.
- Le jury central, en regrettant que M. Cuiller ne lui ait présenté qu’un petit modèle de son appareil, qui est de là plus haute importance pour, arrêter instantanément les terribles effets des incendies des salles de spectacle, estime qu’il mérite de recevoir une mention honorable et d’être particulièrement signalé à l’attention du gouvernement.
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- SECTION VU.
- SCULPTURE STATUAIRE EXECUTEE PAR PROCEDES
- MÉCANIQUES.
- M. Amédce Durand, rapporteur.
- Considérations générales.
- Parmi les choses qui ont produit le plus d’étonnement au milieu du grand nombre des objets réunis dans les salles de l’exposition, aucune n’a été plus curieusement examinée que la sculpture statuaire obtenue par des procédés mécaniques.
- Il y en a eu de trois espèces : deux sont dues à des procédés qui, quoique différents entre eux, sont unis par des analogies évidentes; mais la troisième espèce résulte d’une manière de faire tellement étrange, qu’elle ne pouvait être prévue par personne, et elle est, en même temps, tellement parfaite dans ses résultats, que la main de l’artiste n’oserait tenter d’y concourir que là où l’action mécanique s’est trouvée entièrement annulée.
- Généralement on se fait, des procédés ordinaires employés pour ébaucher les statues en marbre, une
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- idée trés-fausse. Un procédé simple, facile, à la portée des intelligences les plus ordinaires, est celui qu’emploient ces sculpteurs praticiens qui n’opèrent jamais qu?entourés de compas et de fils à plomb, et qui placent sur le marbre une multitude de points dont la rigoureuse exactitude est merveilleusement, secondée par la facilité et la certitude de l’opération. Qu’on dégage cette opération de son prestige artistique, qu’on examine ce qui se fait, et on sera étonné de ne trouver qu’un travail mécanique que la main de l’homme est inhabile à produire aussi exactement que le ferait, une machine.
- De là est né le droit, pour la mécanique, de s’emparer de cette partie de la sculpture, qui constitue l’ébauche, et de la perfectionner jusqu’au point où elle devient travail parfait.
- L’exposition de 1839 aura eu la gloire de montrer ce résultat produit à un point qui dépasse toutes les espérances. : ^ r-
- •. MÉDAILLES D’ARGENT. r
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- M. Collas, à Paris, rue Notre-Dame-des-Ghamps.
- Parmi les productions nombreuses et en toutes matières qu’a exposées M. Collas, la copie de la Vénus de Milo tenait T. lit. 13
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- lepremier rang. Celle œuvre, déjà connue et admirée du public, aura ouvert la carrière qu’a conquise,la mécanique sur le terrain longtemps respecté de la sculpture statuaire. Là grande difficulté n’était pas de copier, en le réduisant, un bas-relief quelconque et d’en obtenir la copie en telle matière que ce soit, le tour à portrait donnait ce résultat. Elle consistait à copier, dans une dimension différente) la sculpture de ronde bosse. M. Collas a obtenu ce résultat en la transformant en bas-relief; pour cela, il a divisé son modèlepar portions de formes telles que chacune pût sortir d’un moule d’une seule pièce. Ces parties exécutées isolément ont ensuite été réunies et ont composé la statue réduite qui à été admirée à l’exposition.
- Pour arriver là, M. Collas a dû modifier le tour à portrait dans sa pièce qu’on nomme barre, et il l’a fait en mécanicien habile. Le mouvement horizontal alternatif trop rapide de cette barre, eu égard à sa masse, lui a été enlevé,
- » V * *
- et a été transporté à des organes accessoires d’une construction légère. De cette modification ont dépendu le succèsd#s travaux de M. Collas et la possibilité qu’il possède aujour
- d’hui de copier) en les changeant de dimension , tous les morceaux de la sculpture. Indépendamment de ces travaux/ M. Collas en suit d’autres qui ont pour résultat de copier, sans les diviser, les statues ou bustes de ronde bosse et d’en obtenir la copie en telle matière que ce soit. Le jury, qui a vu opérer devant lui les mécanismes variés, au moyen desquels ses copies sont exécutées dans les rapports de dimension avec là plus fidèle exactitude, se plaît à témoigner à cet habile mécanicien sa haute satisfaction en lui accordant la médaille d’argent.
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- M. Moreau, à Paris, Vue Notre-.Dame-d.es~ Champs, 4^. : *
- Quand il est question d’un art qui exige autaüt de pré-' cision que la sculpture exécutée en marbre, qui demande autant de délicatesse, de fermeté et de souplesse dans le faire et qu’il s’agit de rendre compte de ce résultât, obtenu, à l’état de perfection , par des moyens ou,F adresse dè la main n’entre pour rien et le sentiment de l’artiste pour moins encore, on peut éprouver de l’embarras en n’ayant pas à signaler un de cès chefs-d’œuvre de mécanique qui étonnent le monde.
- M. Moreau s’est chargé de nous apprendre qu’une autre voie existait pour arriver à ce terme-, dire comment M. Moreau a appris à faire mieux et plus rapidement qu’aucune machine connue n’est pas notre tâche, le peu de mots que nous pouvons en dire sera pour attestèr la réalité du moyen tout incroyable qu’il emploie; *
- Sous l’action de son procédé, le marbre rëçoit là forme qu’on lui destine comme s’il se moulait 5 c’est en effet par le moyen d’un moule en fonte de fer, incessamment frappé sur le marbre, pendant que du grès et de l’eau s’écoulent entre les deux corps, que la sculpture se trouve opérée.
- Si on cherche à se rendre compte de l’effet mécanique produit-, on peut considérer chaque grain de sable à l’instant où il reçoit le choc du moule en fer comme une pointe très-fine qui pénètre d’une quantité infiniment petite dans la matière, puis, pour ainsi dire, en même temps, comme se divisant par petits fragments dont chacun, en s’éloignant, exerce sur le marbre une action semblable à celle du grès sous la scie du scieur de pierre.
- T. III. "
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- lies deux effets répétés à chaque choc du moule , et ces chocs répétés six cents fois par minute, ont, en très-peu de temps, pour résultat un marbre sculpté avec une perfection qui ne pourrait admettre de retouche que dans quelques cas particuliers.
- . M. Moreau, dès le début, a montré, sans le secours d’aucun instrument de précision, que, par son moyen, il pouvait exécuter la sculpture de ronde bosse; les têtes for-
- *3 i , i
- mant consoles qu’il a exposées étaient produites sur trois de leurs faces , les lignes de raccordement étaient imper ceptiblés : dès lors, des statues peuvent être confiées au procédé, qui, toutefois, se trouve astreint à l’identité avec le modèle sans changement de dimension.
- . Bien d’autres choses encore, même dans les travaux purement industriels, pourront naître de la découverte de M. Moreau. En attendant que ces résultats immanquables se développent, et lui réservant une récompense plus élevée pour cette époque, le jury lui accorde la médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Du tel, a Paris, rite des Troi s-Bornes,
- d1*
- La sculpture qu’a exposée M. Du tel, sortant de ses appareils, est à l’état d’ébauche, mais accompagnée d’une précision suffisante quant aux masses. Ce genre de sculpture, obtenu plus particulièrement sur marbre, est produit par une fraise animée d’une grande vitesse.
- Cetinstrumcnt est soumis, dans sa translation, à un sys-
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- lème de parallélogrammes mobiles mis en rapport, à main d’homme, avec le modèle, par une touche-mousse, comme dans le tour à portrait. Le modèle et la, copie obéissent simultanément à un mouvement dérbtatiou lent qui vient
- présenter successivement à l’appareil tous les points de leurs surfaces. Tel est l’aperçu général qu’il est possible de présenter sur ce procédé dont les résultats récents encore n’ont pu être appréciés dans les avantages qu’ils pourront offrir aux artistes; ce sont les statuaires qui décideront du degré de mérite et d’importance que pourra avoir une ébauche très-avancée dans tonies ses parties, dans laquelle les erreurs sont impossibles, et qui ne sera pas bigarrée par des points noirs d’une précision quelquefois désolante et quelquefois aussi d’une infidélité irréparable.
- En attendant que ce jugement ait pu être porté, le mérite industriel de l’entreprise.formée par M. Dutel est trop incontestable aux jeux du jury pour qu’il ne s’empresse de le signaler comme digne de la médaille de bronze.
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- SEPTIÈME COMMISSION.
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- ARTS CÉRAMIQUES ET YITRIQUES (l).
- MM. Brongniart, président, Beudin, d’Arcet, Dumas, Gay-Lussac, Saint-Cricq, et lé baron Thénard.
- % ^ S
- PREMIÈRE SECTION.
- . ARTS CÉRAMIQUES.
- M. Brongniart, rapportéur.
- Considérations générales.
- La commission des poteries du jury central avait cru devoir établir, en 1823, d’une manière plus ex-
- (l) Jlyaliques serait peut-être mieux, mais ce mot paraît s’appliquer uniquement au verre transparent, et ne conviendrait pas à la totalité des industries qui se rapportent, comme nous l’entendons ici, k toutes les matières vitrifiées.
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- plicite qu’on ne l’avait encore fait, et rappeler en 1827, les différents principes qu’elle a adoptés pour former son opinion, et proposer au jury les décisions qu’il a prises. La commission des poteries de 1839 croit devoir suivre la même marche et profiter de la faculté qui lui est donnée de publier textuellement son rapport pour donner à ces principes et à la classification des objets soumis à son examen le dé-veiôppement et la publicité propres à faire apprécier
- *, 5 ' > t j
- ses jugémènts et leurs motifs. En conséquence, elle présentera une classification, la plus rationnelle possible, de tpus ces objets ; elle énumérera les qualités que doit posséder chacune des classes de cette industrie^ pour constituer la perfection désirable et possible, ei élle en déduira les règles qui l’ont dirigée dans la graduation des différentes sortes de distinctions qu’elle a proposé au jury d’accorder aux exposants dont les produits ont approché plus ou moins de cette perfection.
- . Nous devons commencer par exposer lés principes, c’est>à-dire les qualités qui constituent une bonne poterie, de bonnes couleurs et une bonne application de ces; coùleurs, afin d’avoir une mesure, un type auquel nous puissions rapporter les différents produits mis à l’exposition.
- Plusieurs des qualités exigées sont nécessairement différentes pour chaque sorte de poteries, pour chaque genre de perfection ; mais il én est quelques*
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- unes qui sont fondamentales et qui doivent être apprises comme principes généraux, sauf à faire connaître ensuite les qualités propres à chaque classe des produits céramiques et vitriques qu’on a soumis au jugement du jury. Les qualités des objets présentés peuvent être considérées sous quatre points de vue différents :
- 1° Sous celui de la fabrication proprement dite, se rapportant a la nature des matières employées, à lai manière plus ou moins ingénieuse, économique ou perfectionnée dont elles ont été employées, ayant, égard à la facilité de la fabrication, à la plus grande chance de succès, au mode de cuisson, à la durabilité des objets dans leurs usages, sous le rapport de leur résistance au choc, à l’usure, à la souillure et aux changements de température auxquels ils doivent être exposés.
- 2U Sous celui de la convenance des objets. Genre de mérite qui consiste à apporter dans les objets fabriqués les conditions propres à leur faire remplir, le plus commodément possible, l’usage auquel ils, sont destinés : c’est ainsi que le commerce rejette dans la faïence les pièces qui ne se manient pas facilement et sans risques, celles qui sont chargées de moulures inutiles, d’angles saillants, etc., tandis qu’il les admet dans les porcelaines. Un vase de cette dernière matière a beau être brillant et élégant, il est.
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- rejeté s’il verse mal, s’il n’est pas solide sur sa base, etc.
- r Cette qualité si généralement prisée en Angleterre est beaucoup trop négligée en France dans les arts céramiques. Il est du devoir du jury d’y ramener l’attention du fabricant par les éloges qu’il donnera aux productions qui les possèdent.
- 3° Sous le rapport de l’aspect, c’est-à-dire de , l’agrément qu’il offre à la vue, quel que soit la mode ou le goût dominant.
- Cette considération est nécessairement liée par la
- r *
- forme et par le genre de décoration, soit en peinture, soit en relief, aux arts du dessin et à ce qu’on appelle le bon goût,* elle est, par la vacillation de ses principes, par la funeste influence de la mode, ee fléau destructeur des beaux-arts, très difficile à apprécier. Le fabricant est dominé par le commerce qu’il faut satisfaire, il est arrêté par la dépense qu’en-. traînent la bonne composition et la bonne éxécütion de tout; ce qui est figure et ornement ; il n’a à sà disposition complète que les formes et certains ornements exécutables, sans grands frais, au moyen des procédés mécaniques de multiplication. > :
- Les formes sont à sa disposition, parce qu’il peut choisir et exécuter celles que les artistes habiles lui indiqueront comme les meilleures et cela sans qu’il lui en coûte plus que pour en exécuter de mauvaises. Il n’én est pas de même des figures et des ornements :
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- le talent individuel entre pour beaucoup dans leur mérite, et ce talent ne peut s’employer sans dépenses qui excèdent ordinairement les prix de yente que comportent la plupart,des produits céramiques commerciaux, La commission n’a donc pas du faire entrer en considération les riches et fastueuses décorations présentées par des fabricants; car, lorsqu’elles sont à bas prix, elles sont mauvaises; quand elles sont bonnes sous le rapport de la composition, et surtout de l’exécution, elles sont chères. Ce sont des exceptions, des chefs-d’œuvre propres à appeler l’attention des visiteurs;.mais cesne sont pas des objets industriels et commerciables.
- La quatrième considération, celle qui domine toutes les autres, est le prix. C’est le plus difficile à introduire, tant les éléments qui le composent sont variables et même incertains, tant il est difficile ici d’arriver,au vrai.
- Or tous les genres dp mérite dont nous venons de parler disparaissent ou plutôt deviennent, vains s’ils ne sont obtenus qu’à grands frais. Le prix des pièces exposées doit donc entrer comme .une partie importante du jugement à porter. Mais c’est, le prix réel et commercial qu’il faut.connaître et non celui de l’échantillon présenté.
- Le jury sait combien il est difficile d’arri ver ;à ce résultat, quels que soient les efforts qu’on fasse pour
- l’atteindre. La commission des poteries n’a pu faire
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- que comme les autres* elle a jugé en jury, e’est-à-dire d’après la conviction acquise par différentes voies. Elle a toujours consulté le commercé,- autant que,cela l\ii: a' été possible, pour savoir : 1° si les pièces exposées, étaient le résultat d’une véritable fabrication établie en grand et non pas celui de quelques essais; 2° si les pièces présentées étaiènt conformes à celles que produisait la fabrication actuelle des fabricants qui les avaient exposées; 3° si les prix cotés ou donnés étaient ceüx de son cbm^ méree habituel. La commission peut assurer qu’ëlle a pris ces trois sortes de renseignements sur presque tous les objets pour lesquels elle a eu l’honneur de proposer au jury quelque distinction.
- Quant aux autres conditions que les Objets céramiques çt vitriques doivent remplir pour approcher
- plus ou moins de la perfection, la commission, pour
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- juger ces qualités, a fait, sur les pièces depÛtérieS et de verre présentées, et qui en étaient susceptibles, quelques essais propres à en faire connaître la quantité. Ces essais Ont consisté à exposer ces pièces aux différentes influences qu’elles auront à éprouver dans l’emploi auquel elles doivent être Soumises. 11 serait trop long de les indiquer ici en détail; or il èn est de ces essais comme du prix : ori në peut jamais être parfaitement sûr de l’exactitude et de ln généralité des faits, qui en résultent; ils ne peuvènt proü-ver avec quelque certitude qu’une seule chose* la
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- mauvaise qualité ; car il n’est pas présumable qu'un manufacturier qui fabrique bien ait envoyé, à l'exposition; des pièces pourvues de défauts ordinairement étrangers à ses produits. Mais, quand les pièces de l’exposition ont résisté aux épreuves, cela ne prouve pas toujours que la fabrication générale soit bonne ; l’expérience seule peut fournir celte preuve. C’est donc encore l’opinion du commerce qu’il a fallu consulter quand cela a été possible, et c’est ce qu’a fait la commission.
- Il nous a semblé que, pour obtenir la moindre des distinctions, il fallait que les objets exposés présentassent , au moins, l’une des qualités que nous venons d’énumérer, et qu’ils les présentassent même avec une certaine supériorité sur ce que font, en général et communément, toutes les fabriques..
- Tels sont les principes et les réflexions qui ont rendu la commission des poteries, non pas avare et d’une parcimonie décourageante dans les propositions de distinctions qu’elle a soumises au jury,. mais qui l’ont rendue ménagère de ces distinctions*
- Elle a donc posé, pour règle générale de ses jugements, qu’une nouveauté ou une découverte ayant une grande influence sur l’art, soit en étendant ses moyens et son domaine, soit en apportant de grandes réductions dans les dépenses, devrait seule mériter, suivant sa plus grande importance, l’une des deux hautes distinctions;
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- Qu’un perfectionnement notable dans l’art ou dans une de ses principales branches serait distingué par la médaille du troisième ordre;enfin qua quelques perfectionnements dans des procédés déjà suivis qu’une fabrication constamment soigne'e et bien entendue, sous le rapport de la convenance et de l’aspeci, devraient être signalés par des mentions, ou des citations.
- La commission s’est donc fait ces questions chaque fois qu’il s’est agi de proposer au jury une distinction quelconque, fût-ce même la simple citation; jalouse de conserver ainsi à chacune de ces distinctions toute leur valeur et leur puissance morale.
- Si, dans quelques cas, elle a étè forcée de s’écarter, de ses règles, si on voit quelques distinctions accordées à des fabricants sans que leurs produitspuissent répondre à aucüné des questions précédentes, ces cas sont rares et appliqués à des distinctions peu élevées; ces exceptions ont été nécessitées par des
- circonstâncesr dominantes, qu’on n’aüràit pu faire
- »
- rentrer dans les règles sans causer plus dé tort à l’individu que l’exception n’en fera au principe.
- L’ordre à mettre dans les nombreuses sortes des
- *
- produits Céramiques est une chose nécessaire pour
- % ’ \
- rendre précis le jugement qu’on devait en porter; car chacune des classes et sections de cette industrie a des conditions très-dilférenles à remplir pour répondre aux quatre considérations que nous venons
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- \
- d’exposer. Il nous a donc paru nécessaire de faire connaître sous quels titres nous classons et à quels caractères nous reconnaissons les classés et leurs subdivisions, enfin quelle sera la qualité particulière
- à chacune de ces subdivisions.
- 1 m * * * *
- La commission a suivi, pour la distribution de ses travaux, les trois grandes divisions établies par le jury ; c’est principalement dans la première division, dans celle qui est intitulée potelées, qu’elle a cru nécessaire d’établir une classification rationnelle que nous devons' faire connaître sommairer ment avant d’entrer dans l’examen des produits exposés. -
- La septième commission, chargée de toutes les industries céramiques et vitriques, a divisé son tra*»; vail en trois sections. . ,
- La première renferme les poteries proprement
- dites, depuis la brique jusqu’aux porcelaines.
- , (M. IIrongniart, Rapporteur.) , ;
- La seconde, les couleurs yitrifiables, leur com^ position et leur application sur .toutes sortes cTexçb-
- pient. ; ..r;--',;'-.-; J
- (M. Brongniart, rapporteur.)^
- La troisième , la verrerie et toutes ses dépen-? dances. -, vr . ilro-s.
- (M. Dumas, rapporteur^).--y
- ? -, -i -1 *
- La peinture sur verre qui sejie aux beaux-rapts par son mode d’exécution, quoique placée dans lai
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- sixième commission, appartient aussi bien à l’industrie de la septième que les porcelaines^blanches et>
- translucides, décorées de fleurs, d’ornements / de
- figures et des plus riches couleurs (1).
- (M. Brongniart a été nommé rapporteur de cette subdivision.) . ,
- j ' • * • * * * * ,* • ~ ' • * »
- On peut, diviser les produits de la première, sec-
- 'i :• ; ; ; ^ • , •• 'i 4 - . - • * ' - ’ i • * î- '} > *
- tion, comprenant comme on vient de le dire, toutes les poteries, en classes et ordres,’ les définir et les caractériser comme il suit ; > ,
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- Classification technique des Poteries. ( ï
- 1re classe. -TT- Terres coites (briques, tuiles, plastique des anciens, etc. ) i ?
- . \ ' V
- 1 * i :1
- i5.; £
- « Pâte souvent hétérogène, à cassure terreuse et « texture poreuse , cuite à basse températures et « n’étant ordinairement recouverte d’aucun, enduit
- ? -yr* ^ , y _ f- y. y yycy , y? y .v * *
- « vitreux ou seulement d’une glaçure de plomb. »
- i =>. i y
- . 3-:UU.)OÜ: civ>
- PÔTERIÈ COMMUNE,
- ' y v» '-- . yyy ^ U'-'5 , V;
- « Pâte homogène, tendre, à cassure terreuse, à
- ..—“T*— *— —; ~f
- ... ,>—
- (l) On avait,, en 1834, apprécié cette analogie enÇaissanyï Ja secr
- tion de la verrerie les peintures sur verre et én vitraux colorés, ex-
- ±'*4*i.\îî:c * i-*' wn*! n vi •
- posées par la verrerie de ------
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- (f texture poreuse; opaque, de couleur sale; reeou-cr verte d’un vernis ou glaçure, translucide et « plombeuse. »
- 3e classe. — Faïence commune ou italienne.
- «Pâte opaque, colorée ou blanchâtre, tendre, « texture lâche, cassure terreuse ; recouverte d’un « émail opaque ordinairement stannifère. »
- 4e classe.—• Faïence fuse ou anglaise (terre de pipe, et improprement, porcelaine opaque, demi-porcelaine, etc.).
- « Pâte blanche, opaque> à texture line, dense; « sonore, assez dure ; recouverte d’un vernis cris-« tallin, plombifère, quelquefois boracique. »
- 5e classe. — Grès-cérame (grès, ou poteries de grés).
- (( Pâte dense, très-dure, sonore, opaque â grain « plus ou moins fin, de couleurs variées, ou sans « vernis, ou enduite, soit d’une glaçure salifére et « plombifère, soit d’une couverte terreuse. »
- 6e classe. — Porcelaine dure ou chinoise.
- « Pâte blanche, fine, dure, cassure subvilreuse, « translucidej là glaçure est une couverte terreuse, « dure, qui né fond qu’à une haute tempérai tire* »
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- 7e classe. — Porcelaine tendre ou française ( porcelaine tritée, porcelaine vitreuse).
- « Pâte fine, dense, à texture presque vitreuse,
- « dure, translucidey fusible à une haute tempéra-« ture; vernis vitreux, transparent, peu dur, plom-« bifère ou boracifère. »
- Comme il ne nous serait pas possible de suivre toujours exactement cette division dans le cours de ce rapport, parce que nous ne pouvons pas scinder les produits d’une même manufacture qui fabrique et expose des pièces qui appartiennent à plusieurs de ces classes, nous avons cru devoir présenter cette classification à la suite des considérations générales, quoiqu’elle n’appartienne qu’à la première division des objets qui font partie de la septième commission.
- Nous devons, avant de clore ces considérations, signaler les changements soit heureux, soit malheureux , ceux dont on doit se féliciter ou se plaindre, que l’art céramique a éprouvés depuis la dernière exposition.
- Les changements favorables, les vraies améliorations, portent principalement sur l’acquisition de couleurs plus variées et plus solides pour la décoration de la porcelaine.
- Ils portent, pour ce qui concerne la fabrication, sur des procédés de tournage et de moulage, mis en
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- T. III.
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- pratique, suivis et améliorés dans la fabrique de porcelaines de Chantilly, qui n’a pas exposé, sur des procédés d’encastage économique, publiés par la manufacture royale de porcelaine de Sèvres.
- Ils portent, dans la faïence, sur l’abandon que de grandes fabriques françaises ont fait de la terre de pipe, avec sa pâte perméable et ses vernis tendres, pour son remplacement presque général par des faïences à couverte dure, dont la composition a été importée d’Angleterre, composition nouvelle qui introduit dans la pâte de ces faïences le kaolin, un des éléments de la porcelaine, et dans la glaçure l’acide borique.
- Les changements dont on peut se plaindre.,, c’est souvent un abaissement de prix aux dépens de la qualité soit dans les formes , soit dans les compositions : que l’on compare des assiettes de porcelaine faites il y a trente ans , avec des assiettes faites èn 1838 et 39, on trouvera que celles-ci ont, il est „ vrai, diminué de prix de plus de 25 pour 100, et il n’y aurait, certes, qu’à s’en féliciter, si, en comparant entre elles les pièces de ces deux époques , on ne remarquait que celles de 1810 étaient, en général, mieux fabriquées que celles du temps actuel; si on ne voyait avec peine que c’est à une célérité qui ne permet aucun soin qu’on doit en partie cet abaissement de prix. Nous disons en partie, car il y a heureusement d’autres conditions plus durables qui ont
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- aussi contribué à cette réduction. Il en est de même de la dorure sur la porcelaine, si on a su en varier lestons d’üne manière agréable et assez nouvelle,, pn est arrivé faire la dorure ordinaire avec tant d’économie de feu et de matière, qu’elle n’a aucune solidité.
- Nous reviendrons, dans la suite de ce rapport, sur les changements en bien ou en mal qu’ont montrés, depuis 1834, les différentes classes de po-teries.
- § 1pr. TERRES CUITES, PLASTIQUE, BRIQUES, TUILES ET
- CARREAUX.
- Ces produits céramiques peuvent avoir deux sortes de
- mérites bien différents : l’un lient à leur nature et à la ma-
- * «
- nière dont le fabricant les a composés et cuits pour qu’ils conviennent à l’usage auquel ils sont destinés; l’autre mérite tient uniquement aux formes qu’on a données à ces ’ objets en raison de l’emploi qu’on en veut faire.
- , Il n’y a presque rien à dire sur la première considération -, toutes les terres cuites présentées sont d’une pâte ordinaire et qui parait propre à l’emploi auquel on les destine. Ainsi tes briques de M. Sargent, qui a eu autrefois une mention honorable, sont poreuses, parce qu’il regarde celte qualité comme plus convenable à certaines constructions, on lui rappellera cette mention.
- Quand les formes présentent des ornements, des imitations de la nature ou des figures, elles constituent l’art
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- auquel les anciens ont donné le nom tic plastique; iis l’ont pratiquée très en grand et avec succès. Outre les pièces citées par les écrivains, on a trouvé à Pompeia, à Rome, etc., des statues ou fragments de statues de grandeur naturelle; il y a peu de fabricants de faïence ou de terres cuites qui n’aient orné leurs magasins et les parcs de grandes pièces de ce genre. Cet art a donc été pratiqué de tous temps sur une très-grande échelle.
- NOUVELLES MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. Yirebepst frères, de Toulouse,
- Ont mis à l’exposition de 1834, sous le nom àeplmtho-tomie des pièces en terre cuite, et très-bien cuites, destinées à entrer dans les constructions et dans l’ornement des bâtiments; le jury leur a décerné alors une médaille de bronze.
- Depuis cette époque, ils ont considérablement étendu leur fabrication de plastique en l’appliquant à tous les ornements, aux figures même qui peuvent entrer dans la décoration d’un bâtiment. Ils ont mis à l’exposition de 1839 un tombeau fait ainsi et composé de parties très-grandes et d’une seule pièce, et pour rendre ces monuments plus durables ils ont imaginé de les composer de deux pâtes différentes superposées, dont l’une, plus grossière, sert comme de doublure à la pâle fine extérieure.
- Cette notable addition, faite à la fabrication de plastique de MM. Yirebent, suppose un talent particulier de moulage et une bonne composition de,pâte, et rend MM. Vi-, rebent dignes d’une nouvelle médaille de bronze. ,
- La plupart des autres exposants doivent être principalement considérés sous le point de vue de l’application
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- de leurs produits aux constructions; aussi avons-nous dû consulter un de nos collègues, architecte (M. Fontaine), pour savoir si le but proposé avait été atteint et s’il était nouveau.
- Parmi ce grand nombre d’exposants de briques, tuiles, carreaux, tuyaux et autres matériaux de construction en terre cuite (il y en a 21), nous croyons n’avoir à faire remarquer au jury que les noms suivants.
- J
- M. Gourlier.
- s
- M. Gourlier, qui a reçu, dans les expositions précédentes, une médaille de bronze pour ses tuyaux de cheminée construits avec des briques, formés et disposés avec beaucoup d’intelligence pour entrer dans la masse des murs sans les affaiblir, a ajouté à ses procédés de fabrication un moulin à deux chevaux qui coupe l’argile, passe les matières sèches qui doivent entrer dans la composition de la pâte, mêle les éléments de la pâte en remplaçant ainsi l’opération du marchagc, qui a ici des inconvénients assez graves, et la met enfin en état d’être moulée.
- Le jury décerne à M. Gourlier une nouvelle médaille de bronze pour son ancienne fabrication encore perfectionnée, et surtout pour le moulin que nous venons de signaler, en faisant remarquer que les fabricants assez nombreux qui font maintenant des cheminées en (erre cuite encastrées dans les murs n’ont fait qu’imiter, développer et peut-être un peü perfectionner le procédé dont M. Gourlier a eu le premier l’heureuse idée.
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- MENTIONS HONORABLES.
- MM. Courtois frères, d’une part, et M. Fourougc.de l’autre, sont venus après M. Gourlier et ont apporté quelr ques modifications à son procédé.
- M. Jean-Jacques Courtois, à Issy,
- Fait voir des tuyaux de cheminée èn brique dont les diverses parties sont disposées de mauièrè à permettre un
- dévoiement des tuyaux que MM. les architectes regardent comme une heureuse disposition, et qui n’ai pas, pour le ramonage, les graves inconvénients qu’on semblait craindre. Un rapport du conseil de la grande voirie, fait à l’occasion d’un procédé semblable proposé'par M. Foüroüge, nous paraît pouvoir s’appliquer à M. Courtois et détruire ces craintes. Le jury accorde àM. Jëan-Jacques Courtois Une mention honorable.
- AÎ. Jacques-Antoine Courtois, rue Saintr-Lazare, i/p,
- A présenté Une ingénieuse couverture eii tuile à febords, qui, plus légère que la couverture en tüile ordinaire, s’oppose très-efficacement à toutes les introductions dès éaùx - pluviales soit par le vent, soit par la capillarité.
- M. Courtois avait déjà fait connaître, en 1834, ttrië dis-' position particulière de tuile, pour des chaperons dé murs, qui lui a mérité une citation. Lé jury pense que ses nouvelles tuiles le rendent digne d’unè mention hono'rable.
- M. Fourouge, à Paris, rue Rousselet-Saiiiih Germain, i/j.»
- M. Fourouge a présenté des tuyaux de cheminée eu terre
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- cuite
- pour qu’ils aient toute la solidité et là commodité d’ajustement, dans l’épaisseur des murs, qu’on puisse exiger. Il parait être lé premier qui ait cherché à éviter les joints verticaux, qui, en s’ouvrant quelquefois, peuvent permettre la communication delafuméeentredeux tuyaux. Le nettoyage où ramonage à la corde s’èn fera aussi facilement que dans tous les tuyaux trop étroits pour don ner passage à un ramoneur^ la crainte d’accumulation de la suie dans les parties anguleuses a été détruite par une disposition particulière approuvée dans un rapport officiel de la grande voirie.
- Ces imitations, avec quelques perfectionnements, tels que le dévoiement, la suppression des joints verticaux, etc., sans lesquels elles inéritèraiènt peu d’attention, partant toutes dë l’idéè mère de M. Gourlier émise dès 1823; ne peuvent faire attribuer à leurs auteurs qu’une mention honorable, que le jury accorde à M. Fourouge.
- M.So’nltzener, à Paris, riiedeRichelieu, £>9.
- * A ï
- L’art de faire des planchers en terre cuite, en lés composant soit de parties qui se joignent exactement les unes aux autres, pour présenter des ornements ou même des sujets variés de forme et d’ornement, soit en les incrustant de pâte de diverses couleurs, rencontre d’assez grandes difficultés dans la fabrication, et ù’a pas de ces applications nomfirèùsés qui, seules, pèuvént soùtèuir une fabriqué; Ces sortes de décorations ne peuvent guère s’appliquer, dans les maisons riches, qu’à des rez-de-chaussée, car elles ne trouventpas, dans cette par lie, si souvent humide, làrivalité du parquet; mais, dans les étages supérieurs , ce genre de carrelage ne peut Remporter sur le parquet pour les per-
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- sonnes aisées, et il est trop cher pour celles qui, préférant l’économie à l’élégance, préfèren t alors de simples carreaux. On voit que ces causes ont dû considérablement réduire l’emploi de ce carrelage élégant, et qu’elles expliquent pourquoi ou a vu aux expositions tant de fabriques naissantes et si peu d’anciennes, tant d’échantillons présentés et si peu d’appartements ainsi carrelés.
- Néanmoins les échantillons exposés par M. Sonltzener ayant paru d’un bon emploi à M. l’architecte qui a bien voulu les examiner avec nous, la commission des poteries ayant reconnu qu’ils étaient d’une bonne fabrication , le jury accorde à M. Sonltzener une mention honorable.
- Il accorde de semblables mentions :
- *
- A M. Chevreüse, propriétaire de la tuilerie des Bordes, près Metz,
- Pour les améliorations qu’il a introduites dans la fabrication des tuiles et des briques, en faisant celles-ci par des procédés mécaniques fortsimples, etsurtouten remplaçant, pour leur cuisson, le bois parla houille, innovation récente aux environs de Metz et constatée par un certificat du maire.
- A M. Mothereau, à Paris, avenue de Saint-Ouen,
- Quia présenté des grands carreaux de terre cuite, creiix, pour cloison , ce qui donne aux cloisons plus de légèreté et.les rend plus sourdes; il fait aussi des briques par procédés mécaniques.
- A MM. Bodlets-Lacroix , à Bellevue-Beiv tangies (Somme),
- Pour les briques réfractaires qu’ils ont faites et qui, d’a-
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- t
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- près les attestations des usines qui les ont employées,jouissent éminemment de cette faculté.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Rôuveaux, à Paris, rueTransnonain,42?
- . (
- Pour ses poteries destinées à la construction des planchers. Il leur a donné une légèreté qui n’est pas aux dépens de la solidité, et une forme qui permet d’économiser une grande partie du plâtre dans la liaison ; il diminue notablement , par cette double combinaison', le poids des matériaux dans l’emploi de ces poteries.
- M. Valentin-Feau-Béchai^, à Orléans,
- Qui parait avoir apporté d’assez notables perfectionnements dans la fabrication des tuiles, en les rendantplus solides, plus légères, et leur donnant deux surfaces unies, ce qui permet d’en mettre toujours une à l’extérieur et d’obtenir ainsi tous les avantages qu’on trouve dans le poli des surfaces exposées à la pluie, contre la croissance des mousses.
- De tels perfectionnements mériteraient plus qu’une ci- , tation, si M. F. Béchard n’annonçait que ce ne sont que des essais en grand et que les tuiles envoyées sortent de sa première fournée.
- MM. Palmie et Peyraud, à Saint-Malo,
- Pour leur grande fabrication de briques faites avec les marnes des grèves près de la mer et pour une machine à'
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- battre, les tuiles; ils emploient cent ouvriers, font cinq cent mille briques ètde trente a cinquante mille tuiles.
- M. Girardot, à Briey (Moselle),
- Propriétaire et directeur d’une grande fabrique de tuiles et briques.
- M. Hubsch, à Sèvres, rue de Vaugirard,*
- *
- Qui a exposé sous le numéro 1367 des carreaux qu’il appelle mosaïques.
- Ce sont des carreaux, les uns marbrés de blanc jaunâtre et de rouge, les autres rouges, et d’autres noirs.
- Il les fait par des mélanges d’argiles, de marnes et de sables, diversement colorés ou prenant différentes couleurs au feu, et qu’il tire principalement des environs de Paris.
- Il les cuit au bois dans des fours disposés pour une cuisson égale et économique.
- Ces carreaux, di’un agréable aspect, sont principalement destinés à remplacer le carrelage en pierre de liais des salles à manger. Leur prix le plus élevé et de 24 fr. la toise (d’un tiers meilleur marché que le plus bas prix du carrelage en pierre, qui est de 36 fr.).
- Celte fabrique, établie très-grandement* est à sa naissance : cependant elle a déjà fait plusieurs fournées et carrelé plusieurs maisons.
- Elle mérite donc d’être encouragée par une citation favorable.
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- Creusets, eornues, tubes et autres instruments de chimie v en grès-cérame grossier.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Laurent Gilbert, à Orléans.
- , Nous avons dit plusieurs fois qu’il était extrêmement difficile dé juger lès qualités réelles et constantes d’une fabrication dé creusets ; outre qu’elles dépenden t des Usagés auxquels chaque sorte dé creuset est destinée., eflès p'rôviebnctit aussi du soin et de rhàbilèté de l’ouvrier qui a fait ïè mélange et qui tourne où moule ie creuset. Il n’y â donc qù’ùnè Ion gué expérience qui puisse donner dés notions certaines sur la véritable qualité dés créusèts ; nous n’durïÔns besoin, pour prouver cette assertion, que de comparer lé grand noïïibre ’dè fabriques si vantées qui ont fourni des creusets indestructibles, avec le petit nombre de ces fabriques qui existent encore; or, parmi le petit nombre de ces fabriques encore sur pied et qui ont mis leurs produits à l’exposition , nous devons mettre en première ligne celle de lM. Laurent Gilbert, à Orléans j si nous n’a-, vùns pas fait sur ses creuàets, etc., des expériences à peu près inutiles, nôùs possédons dès. témoignages plus certains de la bohné qualité des produits dé M. Laurent, qui sont :
- î° Aù sujet des formes à sucre, par une attestation dés plus claires du directeur de la raffinerie de M. Delesserî, qui doniïè depuis longtemps la préférence â M. Gilbert sur tous" lès au très1 fabricants •
- 2° Au sujet des creusets, cornués et matras, dans une céfiamaride considcràblô, accompagnée d’éloges de Mi Yi-mèùx, rue dp là Bàrillèrie, et de M. L. Fôùlléii, rué Saint-Màrtiù,
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- Nous pensons que M. L. Gilbert est très-digne de la médaille de bronze qui lui a été accordée en 1834.
- MENTION HONORABLE.
- M.Tesson, à Paris, rue Saint-Maur, 63 et 65.
- Nous devons mentionner honorablement M. Tesson, de Paris, qui a cherché à modifier ses creusets, en raison de l’usage auquel on doit les appliquer, en donnant, à ,ceux d’entre eux qui sont destinés à fondre des mélanges vitres-cibles, unegraude infusibilité, et, à ceux qui ont pour but de renfermer des matières métalliques fondues, une texture lâche au moyeu dé matières charbonneuses.
- Il fait, en outre, avec intelligence et succès, des moufles pour cuire les peintures sur porcelaine et des fourneaux de chimie.
- Pipes.
- Les pipes s’apprécient difficilement par la simple vue; on ne peut rien dire autre chose, si ce n’est qu’elles sont d’une bonne couleur bleuâtre, qu’elles paraissent d’une pâle fine, bien modelées, bien moulées, bien percées ; mais les fumeurs délicats s’inquiètent peu de ces qualités extérieures qu’il est d’ailleurs si facile d’obtenir, ils n’apprécient que les qualités qui se manifestent par l’emploi. Aussi les plus habiles fabricants déclarent-ils eux-mêmes qu’on ne peut reconnaître les bonnes qualités d’une pipe que par l’usage, et que les manufactures qui ont acquis ainsi leur réputation ont sur les nouvelles fabriquesunavanlageimmense.
- Les pipes, qui n’avaient point paru aux expositions précédentes, du moins d’une manière assez notable pour être citées, ont tenu à celle-ci cinq places.
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- Cette fabrication a pris, en effet, beaucoup plus d’extension et, par conséquent, plus d’importance depuis quelques années. On ne comptait guère, il y a moins de dix ans, que trois ou quatre fabriques de pipes en France, dont deux dans le département du Nord, et elles avaient bien de la peiuc à soutenir la concurrence avec celles de Hollande et de Belgique, malgré les droits d’entrée et les frais de transports-, on en compte à présent huit à dix au moius. Cinq de ces fabriques ont exposé, mais trois seules, par les qualités de leurs produits et l’importance de leur fabrication, méritent d’être citées.
- La première est celle qui est désignée sous les noms Hasslauer et L. Fiolet, â Givet-, elle paraît être supérieure h toutes les autres par l’étendue de son commerce dans toutes les parties de la France où ses produits vont le disputer sur le lieu même où sont des fabriques de pipes, avec les produits de ces fabriques ; ce qui établit la supériorité industrielle de cette manufacture et son importance. Le jury doit en faire une mention honorable et citer favorablement la manufacture de pipes de M. Courtois, à Forgcs-les-Eaux, celle de MM. Mèrat et Tavenot, à Montereau, qui emploie cent dix ouvriers, et celle de M. Olivier (Désiré), à Landerneau, dans le Finistère; il paraîtrait même, au dire des fumeurs, que cette fabrique vient immédiatement après celle de Givet.
- § 2. FAÏENCES , CRÈS-CÉRAMES DIVERS ET PORCELAINE
- TENDRE.
- y # Ce qu’on appelait généralement faïence était, il y a
- cinquante à soixante ans, une poterie parfaitement carac-
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- tériséc par sa pâte colorée et lâche, cl par son émail rendu opaque par de l’élain.
- Cette poterie a été attaquée et presque expulsée, en Angleterre, par la terre de pipe, que Wedgwood a créée, jet que lui et scs imitateurs ont parfaitement fabriquée pendant près de cinquante ans. C’est une poterie à pâte dure et h vernis transparent, que nous avons désignée par le nom de faïence fine; quand celte poterie a clé mal faite, elle est devenue si mauvaise, qu’on a cherché à en faire une autre dont la pâte, par conséquent l’émail, fût essentiellement dur comme l’est nécessairement celui de la faïence à émail
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- slannifère, et on a nommé, en Angleterre, celte nouvelje faïence terre ou poterie de fer (iron-stone).
- On a fait à peu près la môme chose en France, et le jury de 1834 a eu occasion d’en louer publiquement les auteurs, M. Lebœiif et M. de Saint-Cricq, en leur accordant à chacun une médaille d’or.
- On a donné à celte poterie le nom un peu ambitieux, un peu contradictoire, de porcelaine opaque ; car le caractère de la porcelaine est d’avoir de la transparence.
- Maintenant il n’est presqueplusquestion delà faïencéfine tendre, nommée terre de pipe: La fabrication de la faïence commune, à pâte grossière, poreuse et tendre, à émail blanc et épais, diminue aussi très-notablement j on n’en fait plus depuis longtemps en Angleterre : les fabricants qui veulent la soutenir encore comme étant une poterie plus solide que la terre de pipe, et moins chère que la prétendue porcelaine opaque, cherchent à l’améliorer, et nous mettrons à la tôle de ces intelligents fabricants M. Masson d’une part, et de l’autre M. d’Huart de No-thomb- mais, comme on va le voir, iis se présentent dans
- des positions bien différentes.
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- Nous diviserons donc les faïences en faïence commune .
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- faïence fine tendre (ou terre de pipe), et faïence fine dure (ironslone, porcelaine opaque).
- Nous n’aurons pas à nous occuper des terres de pipe, très-peu des faïences communes; mais beaucoup des faïences fines dures et des grès fins, qui en sont comme une annexe.
- Les premiers essais publics et bien constatés de la fabrication en France des faïences fines anglaises, à pâte sonore
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- et dense et à couverte dure (dites iron-stone et porcelaine opaque), et môme de la porcelaine tendre anglaise ; nous paraissent dus àM. de Saint-Amans; les registres et colleo lions de la manufacture de Sèvres, les bulletins de la Société d'encouragement reportent ces essais à 1824. En 1827, M. de Saint-Amans mit, à l’exposition des produits de l’industrie, des pièces d’essai assez nombreuses, qui firent beaucoup d’effet, et lui valurent, une médaille de bronze. Au 4er janvier 1829 et au 1er janvier 1830, M. de SaintrAmans mit, aux expositions des manufactures royales, un grand nombre de pièces de cette sorte de faïence et de grès, qu’il avait fabriquées dans la manufacture dé porcelaine de Sèvres; sous les yeux et presque avec le concours des chefs d’ateliers et du directeur de cet établissement. Or, dans ce temps, les établissements de Creil, de Montereau , de Ghoisy, de Toulouse, d’Arboras, de Bordeaux , ou n’existaient pas, ou n’avaiént encore rien produit de semblable.
- C’est un fait rappelé dans les rapports du jury- de l’exposition de 1834.
- On doit donc, au moins, présumer que c’està tout ce qu’a dit et écrit M. de Saint-Amans, à-,tout ce qu’il a fait debon ou de mauvais, à tout ce qu’il a déposé à Sèvres et montré
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- aux expositions publiques, qu’on doit l’essor qu’a pris la fabrication de la faïence fine à couverte dure, c’est-à-dire de la porcelaine opaque, du grès-cérame, etc.
- Nous bornons ici l’énoncé de noire opinion sur M. de Saint-Amans, nous n’avons pas à juger les produits auxquels il a pu concourir depuis 1834, puisqu’il n’est pas exposant 5 mais il est dans les attributions, dans les de-; voirs môme du jury, de faire l’histoire des progrès de l’industrie qu’il est chargé d’apprécier : or le concours de M. de Saint-Amans au perfectionnement des poteries que nous allons examiner est un point important dans l’his-toiredel’inlroductiondecegenredefabricaliôn en France.
- Faïence commune.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Masson, à Paris, rue de la Roquette, 3g.
- Nous venons de dire ce que nous entendons par ce nom : * c’est l’ancienne faïence à couverte stannifère, faite, pour la première fois en Italie, à Nevers, et en Anjou par Bernard Palissy. Celte faïence paraissait peu susceptible de ces perfectionnements qui pouvaient la faire paraître avec quelque distinction aux expositions ; et, en effet, à peine a-t-on pu, dans les expositions précédentes, lui donner quelques mentions honorables; mais entre les mains de M. Masson, faïencier à Paris et successeur d’Olivier, le faïencier qui s’était déjà distingué vers 1790, cet art s’est relevé. Non-seulement M. Masson a exposé des pièces en blanc faites avec beaucoup de pureté et de légèreté, et dont l’émail, également glacé, nous a paru dur et solide, mais encore des pièces en fond bleu, d’une vivacité et d’une
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- égalité de Ions, d’un glacé et d’une finesse de fabrication, qui le disputent à la porcelaine. II a présenté deux très-grands vases, faits presque d’un seul morceau, et couverts très-également de ce bel émail bleu, et nous avons trouvé les mêmes qualités dans ses immenses magasins. Nous avons vu chez M. Masson une grande fabrique montée de tous les engins propres à opérer avec célérité, certitude et économie sur la pâte ; tels qu’une machine à vapeur, un gàchoir préparant, mêlant et tamisant la pâle; une fabrique enfin, faisant pour 250,000 fr. d’affaires, employant environ quatre-vingts ouvriers, consommant pour 40,000 fr. de matières premières ; une fabrique où le maître prépare tout son émail et tout son bleu, qu’il lire directement du cobalt de Tunabcrg, etc.; par conséquent, une fabrique digne eu tout de l’attention du jury et de la médaille d’argent que le jury lui décerne.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Huart de Nothomb, à Longwy (Moselle).
- Quoique la faïence commune puisse craindre d’être détruite par les faïences fines dures, dites demi-porcelaines, une autre faïencerie, à Longwy, dans le département de la Moselle, prend aussi un nouvel essor, sous la direction éclairée de M. d’IIuart de Nothomb, qui a présenté à l’exposition des pièces qui annoncent les améliorations qu’il est en train d’apporter dans celle ancienne fabrique, en durcissant l'émail avec de l’acide borique, en cuisant dans un four à deux étages cl à dix allandiers à chaque étage, de manière à réduire notablement les frais de cuisson.
- Le jury accorde à celle fabrique une mention honorable.
- TOME III. 4 5
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- Si les grandes améliorations que M. d’Huart de No-thomb est en train d’opérer étaient toutes effectuées, et si les pièces mises à l’exposition n’étaient pas plutôt des pièces d’essai que des échantillons d’une fabrication sanc^ lionnée par l’expérience, M. d’Huart de No.lhomb pourrait mériter une plus haute distinction -, mais il est en train de produire, il réussira, nous n’en doutons pas -, cependant il n’a encore rien produit comme le jury l’entend : on ne peut donc, quel que soit son mérite individuel, le placer, même par une médaille de bronze, très près de M. Masson, qui a fait beaucoup et bien.
- MM. Barré et Boncoirant, à Nismes.
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- Le jury accorde également une mention honorable à MM. Barre et Boncoirant, fabricants de faïence commune et de terré de pipe à Nismes. Ces fabricants ont présenté, à l’exposition, des produits dont il n’est pas encore possible de faire l’éloge sous le rapport de leurs qualités durables ; mais ce que le jury connaît de cet établissement lui fait pressentir les services qu’il rendra au commerce de la poterie dans le midi dclaFrancé, par ceux qu’il a déjà rendus en repoussant du sol français pour près de 200,000 fr. de poteries génoises qui se répandaient sur le littoral des départements du Midi.
- Faïence fine durej grès •cérame et porcelaine tendre . .,
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- ' Nous réunissons ces trois, sortes de fabrication sous 1b même titre, parce qu’elles sont presque toujours faites, tant en France qu’en Angleterre, dans le même établissement, et que c’est leur ensemble, plutôt qu’une seule d’entre elles, qui a fixé plus spécialement l’atténlion du jury.
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- Nous avons dit que la faïence line tendre ou terre de pipe était presque abandonnée ; cependant M. Ulzschneider
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- a encore présenté des pièces de celte poterie, qui nous ôn paru avoir toutes les qualités qu’on peut lui demander.
- Mais c’est sur la fabrication des grès et de la faïence fine
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- dure ou. porcelaine opaque que s’élèvent le plus de concurrents.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR
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- Uïzschneider, à Sa r régné m i nes (Mo-.
- M. Utzschneiuer, de Sarreguemines, est toujours à la tête de ces fabrications : aux genres divers de poteries qu’il avait déjà exposés, il ajoute à cette exposition des pièces en faïence fine ordinaire de toutes les variétés de couleurs et de décorations désirables ; des faïences fines dures aussi belles qu’aucune de celles qui ont été présentées par d’autres fabricants 3 des grès-cérames de toutes les couleurs'et notamment ides pièces en grès brun foncé avec un émail blanc très-glacé dans l’in lé leur y des impressions faites avec une perfection trop peu appréciée par les consommateurs 5 enfin des grès opaques imitant le jaspe, le porphyre et les autres roches dures, dans lesquels il a incrusté avec habileté des ornements en pâte rougeâtre. î ,: j î £;
- Nous connaissons l’établissement de M. Utzschueider • nous savons avec quelle intelligence, quelle économie, quel ordre il est conduit, malgré la défaveur des localités; rions connaissons, ses moulins j nous avons vu le parti qu’il a su tirer de ses riioteurs pour polir ses grès durs et pouvoir les donner à un prix moins élevé que les premiers qu’il a exposés} enfin M. Ulzschneider vient d’emploj cr la houille
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- dans tous ses fours, ce qui est pour lui et pour le pays un très-grand avantage.
- Depuis la première exposition en 1801, on a épuisé pour M. Utzschneidcr tous les genres de distinction qu’il est au pouvoir du jury de décerner ou de demander; car il a reçu, en 1819, la croix de la Légion d’honneur.
- Nous pensons que le simple rappel de la médaille d’or, qui,certes, ne peulluiêtrcdispulô, est un faillie témoignage de la haute opinion que la commission des poteries professe pour M. Utzschneidcr; mais fidèle à son esprit de réserve dans l’emploi des médailles d’or,celle haute distinction, un rappel, le plus honorable et le plus motivé, est la seule distinction qu’il soit en son pouvoir de lui. décerner.
- M. Louis Leboeuf, à Montereau.
- La manufacture de Montereau, dont M. Louis Leboeuf est propriétaire, a mis un grand assortiment dé grès-cérame et de faïence line dure : la commission des poteries a remarqué des pièces offrant deux nouvelles pâtes de couleur :v l’une bleuâtre, et l’autre verdâtre, faites avec soin et succès. Là-commission n’ayant vu, d’ailleurs, ni dans les pièces exposées, ni dans celles qui composent les magasins de Montereau, aucun caractère extérieur qui dénotât une fabrication inférieure à celle de 1834 5 pensant que les reproches que les consommateurs ont pu faire à quelques produits de la manufacture de Montereau, depuis la dernière exposition, peuvent être attribués à des accidents ou à des causes transitoires, a jugé que cet établissement * était toujours digne de la médaille d’or qui lui a été dé-, cernée en 1834 . .
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. De-oaenj à Arboras et à Grigny.
- On a fait connaître, en 1834, en quoi la fabrication (le faïence (inc de MM. Decaen différait de celle qu’on faisait ordinairement, on a dit^comment ils avaient été du nombre des premiers fabricants qui avaient durci leur vernis par l’introduction de l’acide borique, qui étaient parvenus à raffermir leur pâte par le procédé ingénieux du vide-, à cuire au coke, etc. Ils présentent, cetle année, de nouveaux et beaux échantillons de leur fabrication de faïence fine dure (iron slone), élevée au litre de porcelaine opaque, des porcelaines tendres épaisses, à la façon de Tourna)7, enfin un des plus complets et des plus parfaits assortiments deporeelainé tendre anglaise; ils ont imité, avec raison, la perfection de celte poterie, en légèreté, en tenuité, en délicatesse des formes et des ornements, en glacé de la couverte, etc. 5 ils ont fait des fleurs en porcelaine, des corbeilles tressées, ctc.,maisils ont imitéaussi, et peut-être à tort; les Anglais dans l’imperfection de leurs formes grotesques.
- Les kaolins, qui entrent dans la confection de ces faïences et porcelaines, viennent de carrières découvertes par MM. Caen, dans les environs d’Arboras.
- La porcelaine tendre anglaise se fabrique à Grigny : la manufacture est en pleine activité ; elle occupe quatre-vingts ouvriers, et fait deux fournées par semaine. Les pièces envoyées à l’exposition sont le produit d’une pre-
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- mière fournée, et se sentent un peu, disent MM. de Caen, d’une fabrication accélérée par l’exposition.
- La franchise.de cet aveu est presque nécessaire pour voir les imperfections indiquées : nous ayons, au contraire, reconnu, dans la fabrication de MM. Decaen, la, plupart des qualités qui caractérisent cette sorte de porcelaine); qualités qui appartiennent'; également à la porcelaine dure, mais que le désir de faire à bon marché a fait abandonner, parce qu’on à cru que cét abandon ne serait pas remarqué des consommateurs : ils l’ont remarqué pourtant, et tellement qu’ils vont maintenant rechercher ces qualités,dans lâ porcelaine anglaise, et voilà qu’on est obligé, en France, où Ton avait une porcelaine nationale, d’aller dans les pays étrangers chercher une perfection qu’on ne trouve plus dans la porcelaine duré. On aùra perdu cette suprématie de fabrication, et c’est cri vain qu’on tâchera de la ressaisir,- cri imitant la porcelaine anglaise; les réputations de. localité rie s’acquièrent pas facilement; mais elles ne se détruisent pas non plus aisément, et, malgré les efforts de MM. Decaen et des autres fabricants français qui veulent faire dé la porcelaine tendre anglaise, il est douteux que là Financé, si elle perd sa supériorité dans la porcelaine diire, puisse la retrouver dans la fabrication de la porcelaine tendre anglaise.
- La commission dés poteries, vu la grande extension de l’industrie céramique de MM. Decaen, qui embrasse main-teriaht trois sortes de fabrications dans deux établissements, satoir : celle de la faïence line dure et de la porcelaine tendre à la maniéré déTournay, à Arboras, et celle de îa por: celàine tendre anglaise, à Grigny ; considérant aussi le service rendu à cette industrie par la cuisson complète de toutes ces poteries à la houille, par la découverte de
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- kaolins lalqucux aux environs (l’Arboras, et pouvant regarder des établissements qui font deux fournées par semaine comme étant en pleine activitéa proposé d’accorder, à MM. Decaen une médaille d’argent.
- Le jury leur décerne cette distinction.
- M. David Johnston, à Bordeaux.
- , Une nouvelle et grande fabrique de ces mêmes poteries vient de s’établir à Bordeaux par les efforts, par les soins et aux frais de M. Johnston, maire de cette ville : elle présente des faïences fines dures, fort belles et qui paraissent bonnes ; des grès variés, et de toutes les formes ; des porcelaines tendres anglaises déjà en assez grand nombre. Tous les ornements sont imprimés, et généralement assez bien ; on a tenté un mode d’impression nouveau, au moyen de !a lithographie, procédé qui permet plus de perfection dans les dessins, plus d’effets dans les compositions, et une notable économie. La manufacture de Bordeaux n’a ' exposé qu’une vingtaine de pièces imprimées par ce procédé ; mais elles sont grandes, et, malgré quelques imperfections, suite presque énévitable d’un nouveau genre d’opération, ce mode d’impression paraît promettre des succès.
- La manufacture de Bordeaux n’est pas encore entrée dans la lice commerciale; elle y entre : nous avons vu son dépôt à Paris, qui est grand etgarni d’un nombre immense de pièces, nous avons examiné ces pièces avec soin et avec les connaissances que nous donne la pratique; nous avons vu qu’elles étaient généralement bonnes, mais nous avons reconnu quelques rdéfauts qui lui donnent encore un peu
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- d'infériorité sur les fabriques qui ont déjà cinq ou sept ans d’expérience. Or elle est venue après elles -, elle a paru lorsque la faïence fine dure et les grès étaient déjà introduits à l’aide de l’inlatigable importateur, dont nous avons déjà parlé, et qui est venu encore ici, de l’aveu de M. Johnston, donner le premier mouvement à cette manufacture. L’expérience va prouver, nous n’en doutons pas d’après les essais que nous avons faits, que le vernis ou gla-çure est assez dur, assez bien lié avec la pâte pour n’élre altéré, ni par des rayures, ni par des tressa il Jures. Enfin le procédé de la lithographie, qui paraît propre à cette fabrication, n’a pas encore pour lui la sanction de l’expérience.
- Malgré ces restrictions, le. jury a pensé que, dans le but de protéger une importante manufacture, établie dans une position très-favorable au commerce, avec de grands efforts et de grands sacrifices de la part d’un haut fonctionnaire, qui voulait rendre un service à son pays, il était convenable de lui décerner, dès sa naissance, une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLÉ D’ARGENT ET NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. Fouque et Arnoux, à Saint Galiciens ( Haute-Garonne),
- Dont l’établissement considérable est situé à Valentine près Saint-Gaudens, département de la Haute-Garonne,
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- ont mis aux expositions précédentes des produits divers, qui leur ont constamment mérité les éloges et les distinctions du jury.
- Ils ont obtenu, en 183 i, une médaille d’argent pour l’ensemble d’une fabrication très-variée cl généralement bonne. Ils se présentent, en 1839, d’abord avec les mêmes produits plutôt supérieurs qu’inférieurs à ceux qu’ils avaient exposés en 1831, ils sont donc, sous ce rapport, toujours dignes de la médaille d’argent qui leur a été accordée; mais ils ont présenté, cette année, quelques applications nouvelles de leur porcelaine et de leur procédé de décoration qui méritent une nouvelle attention.
- L’une consiste dans l’emploi d’une pâte dure et imperméable , comme celle de la porcelaine, recouverte d’une glaçure feldspalhiquc, pour faire des tuyaux de conduite pour le gaz et pour les eaux minérales; ces tuyaux sont assez solides, assez inaltérables, assez durs pour résister aux puissantes actions chimiques ou mécaniques auxquelles ils peuvent être exposés et pour conduire au loin Ica eaux minérales sans laisser craindre ni l’addition d’aucun élément ni la perte d’aucun de ces principes si fugaces, dans lesquels réside peut-être l’efficacité de ces eaux.
- Celte fabrication n’eSt pas à sa naissance. Un rapport de l’Académie de Toulouse et une facture certifiée du
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- maire de Bagnères de Lucbon font connaître l’emploi déjà fait, sur une assez grande échelle, de ces tuyaux fabriqués avec tout les soins nécessaires pour qu’ils puissent se joindre solidement.
- La seconde nouveauté, présentée par MM. Fouque et Arnoux, est un procédé de décoration en couleurs, des faïences fines et des faïences communes au moyen de l’iin-pression à plusieurs planches, non pas avec des planches
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- de cuivre-, mais ayec des planches de bois, qui donnent des traits et des couleurs plus sentis et qui résistent, bien plus long temps que les planches métalliques, au ‘dur frottement des couleurs vitrifiables.
- Ils ont présenté enfin quelques échantillons d5uue poterie rougeâtre faite avec une argile plastique jaunâtre qui devient rouge par la cuisson et qui est vernie par une gladure qui ne contient point de plomb; ils assurent que celte solide et saine poterie peut se donner au même prix que les poteries communes, si grossières et si altérables.
- Parmi ces nouveautés, si les unes n’élaientque des applications variées de procédés déjà usités; si les autres (l’impression avec planches sur bois et la poterie rouge) avaient en leur faveur un développement commercial plus étendu et une plus complète sanction de la pratique, nous aurions proposé une nouvelle médaille d’argent pour ces fabricants; mais nous croyons qu’il suffit de leur rappeler avec distinction celle qu’ils ont déjà reçue et de leur décerner une médaille de bronze pour les trois nouvelles applications que nous venons de faire connaître , les tuyaux, l’impression avec planche de bois et la poterie commune sans plomb.
- Le jury admet ces propositions.
- MENTION HONORABLE.
- M. Touchard, à Paris, rue cle la MichoT dière, 13.
- Nous rapportons à la division des grès-cérames, quoique la pâte n’eri ail pas la dureté, les jolis vases et autres pbjetr
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- d’ornements en pètes rouges avec des ornements noirs et
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- de diverses couleurs, que M. Touchard,a exposés.
- Plusieurs fabriques et plusieurs amateurs se sont exercés à imiter les poteries rouges antiques tant grecques que romaines, telles sont la fabrique de Greil, celle de Sèvresj quelques établissements passagers, tels que ceux des frères Piranesi, de M. Pérès ; quelques illustres amateurs, tels” que M. de Parois, feu M. Artaud de Lyon , et enfin M. le duc de Luyncs qui a porté l’imitation jusqu’à l’illusion complète. f
- Mais nous n’avons vu rien de plus parfait, sous le rapport céramique, que les pièces exposées par M. Touchard : là finesse dé la pâte, son ton d’un rouge harmonieux et surtout le beau vernis noir si bien glacé, qu’on le prendrait pour, un vernis à l’esprit-de-vin, méritent ùne mention honorable êt mériterait peut-être une plus haute distinction si ces pièces sortaient d’une fabrique établie et livrant dc-r puis quelque temps ses produits au commerce. ‘
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- CITATION FAVORABLE.
- La manufacture de faïence fine de Gien.
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- • • * • A. ». *
- La manufacture de faïence fine de Gien, sous le nom de
- GuyOndeBoullen, a envoyé quelques écliantillonsen faïence fine qui nous oui paru avoir un peu trop de ressemblance avec l’ancienne terre de pipe, quoique Je rapport du jury départemental indique que cette fabrique emploie du kaolin
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- de Bayonne dans la composition de sa pâle et que son vernis est durci. Le prix de ses assiettes, qui est de 2 fr. 40 c. la douzaine, semblerait indiquer ce perfectionnement. Le jury décerne, comme encouragement, une citation à celte manufacture, qui emploie un assez grand nombre d’ouvriers.
- § 6. PORCELAfNE DURE, TANT BLANCHE QUE DECOREE.
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- La fabrication de la porcelaine, dans son entier, se compose de deux parties très-distinctes : l’une est la fabrication de ce qu’on appelle le blanc, c’est-à-dire de la porcelaine blanche, sans aucune coloration ni décoration; l’autre consiste dans la coloration ou la décoration de ce produit immédiat de la fabrication. Tantôt les deux parties S’cxt-culent dans le même établissement, tantôt elles sont faites dans deux établissements indépendants l’un de l’autre. Nous traiterons ou séparément, ou dans leur ensemble, ces deux opérations, suivant la marche des fabriquesdout nous examinerons les produits.
- La porcelaine blanche d’usage ordinaire, telle que les assiettes, les tasses et les plats, a diminué de prix d’environ 20 à 25 pour 100 depuis 1834. Si celte diminution
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- était généralement due à quelques procédés techniques plus parfaits, plus expéditifs et plus économiques, il y aurait lieu de louer sans restriction cet abaissement de prix, parce qu’il serait le résultat d’un perfectionnement réel ; mais on ne l’a, en grande partie, obtenu que par <$£s moyens qui ôtent à la porcelaine plusieurs des qualités qü^on avait regardées jusqu’à présent comme constituant la belle et
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- bonne porcelaine, dont la porcelaine de Saxe nous offre le type. Or c’est en général par une pâte transparente et plus vitreuse, d’une composition plus économique, mais aussi moins résistante aux changements de température ; c'est par une fabrication manuelle si rapide, que l’ouvrier ne peut apporter des soins suffisants pour conserver, aux pièces qu’il façonne, la pureté |de contour, la ténuité et l’égalité d’épaisseur qu’on désire y trouver *, c’est enfui par une couverte plus tendre et souvent ondulée ou coque d'œuf, qu’on cstarrivc.cn partie à.cette réduction de prix.
- Cependant elle n’est pas uniquement due aux causes blâmables que nous venons d’indiquer. Il y a eu de véritables améliorations, tels sont des changements heureux dans les dimeusions des fours, considérablement augmentés, et dans le mode d’encastage ; dans quelques procédés de moulage 5 dans l’emploi de certains tours, mandrins et calibres. Ce sont des progrès véritables, qui méritent des éloges; mais n’oublions pas que nous parlons de 1834, et que la plupart de ces améliorations ou existaient déjà à celte époque, ou étaient à leur naissance. Cependant il a suffi qu’elles parussent dans une fabrique, qu’elles permis-, sent à cette fabrique de baisser ses prix, pour que toutes les autres s’y trouvassent forcées; et c’est ainsi que cette, réduction a dû s’étendre sur toutes, mais d’une manière bien différente : chez les unes, c’est en recouraut aux moyens que nous avons signalés plus haut, et, chez presque toutes, c’est en forçant les ouvriers d’acquérir une célérité de façonnage qui pût équivaloir, mais avec beaucoup moins de profils cl de perfection, aux moyens mécaniques introduits dans les grandes fabriques. En général, ces causes de progrès sont faibles et en petit nombre; peu de personnes s’en prévalent, cl nous sommes obligés de
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- dire que là fabrication de ce que l’on appelle le blanc ayant fait très-peu de progrès depuis 1834, le jury n’a pu accorder aucune distinction notable à celte première partie de la fabrication des porcelaines.
- Néanmoins nous pourrons faire remarquer quelques établissements qui Ont mis à l’exposition des pièces dont l’exécution hardie et heureuse indique et plus de talent et plus de soin. 5
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Edouard Honoré , à Paris, boulevard Poissonnière, 4* : ^
- M. Édouard Honoré a présente une nouvelle preuve d’une fabrication éît général plus soignée que celle dé beaucoup d’autres manufactures ; cela se remarqué surtout
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- dans ses plats ovales, qui indiquent Une habileté et un succès dé moulage très-difficile dans cette sorte dé pièce.
- La décoration de ses porcelaines a aussi paru et mieux entendue et d’une bonne réussite 3 et si la pâte, qü’il confectionne lùi-mème, ne nous avait pas montré quelques défauts qu’il saura corriger dans la suite (1), nous ne nous serions pas contentés de le déclarer toujours digne-dè la médaille de bronze qu’il a obtenue dans les expositions préccdeutes. i -
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- . (l^ Depuis la clôture de r.exposition, notre présomption s’est réalisée. M. Éd. Honoré a découvert la cause de ces taches et les a évi-
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- M. Louault, à Villedieu (Indre). _
- Nous dirons à peu près la même chose sur la fabrique, de Villedieu, qui fait sa pâte clle-mêmé, aussi est-elle généralement meilleure, se prete-t-ellé mieux'au moulage net des ornements, offre-t-elle une couverte plus glacée que les pâles vitreuses qu’on fabrique et qu’on vend à Limoges. Le mérite de cette fabrication est toujours le même, et nous déclarons qu’elle continue de mériter la médaille de bronze qui lui a été décernée à plusieurs reprises. *
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- MEDAILLES DE BRONZE.
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- . J acob-Pétit, à Paris, rue de Bôncly, 26.
- - La fabrication deM. Jacob-Petit, à-Fontainebleau, â ‘, dans le commerce, une assez grande vogue, fondée "sur l’ihiaginalion inépuisable de ce fabricant pour faire lés pièces de fantaisie les plus variées i il sort tôùjôurs tfù nouveau de ses fours. Nous dirons que quand l’imagination n’est maîtrisée jiar'aucune réflexion sur ce qui ést approprié à l’objet qü’on prétend faire:, que lorsqü’btf'sé permet les formes et les ajustements les .plus grotesques:, il est facile de produire tous les jours du nouveau . Il est malheureux que la mode encourage un de! dévergondage dé formés et d’ajustements grotesques, et forcé pour ainsi dire le fâbricant à s’écarter de ce qu’il considère lui-mèmç comme meilleur. C’est donc une question de commercé5, et c’cst soüs‘ce premier point de vüé que lé jury doit d’abord envisager lafâbrication de M. Jacob-Petit; mais, s’il
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- l’examine sous le rapport réellement industriel, on remarquera que M. Jacob-Petit sait choisir; employer et diriger des ouvriers habiles, qui font réussir la plus grande partie de ces pièces si compliquées. On remarquera aussi des corbeilles, non pas moulées, mais tissées en baguettes de porcelaine, qui se sont prêtées à ce lissage, comme le ferait l’osier $ or ce travail de la porcelaine dure, qui imite si bien celui qu’on a déjà fait en porcelaine tendre , est nouveau pour nous, quoiqu’il ne le soit pas tout à fait pour la fabrication actuelle, puisque M- Margaine a présente aussi des petites corbeilles faites par le même procédé.
- Le jury accorde à M. Jacob-Petit, pour l’application de ce procédé et pour sa fabrication en général, une médaille de bronze.
- MM. Michel et Vallin , à Limoges.
- Ces messieurs nous ont montré, dans leur magasin, uu assortiment de pièces variées et bien faites, qui ne sont pas inférieures à ce qu’ils ont exposé dans les galeries j leur couverte est généralement bien glacée. C’est un établissement d’une grande importance, qui emploie plus de 200 ouvriers, et qui fait pour près de 300,000 fr. d’affaires par an : cès considérations portent le jury à décerner une médaille de bronze à ces fabricants.
- M. Dupuy , à Confiais, près Charenton.
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- M. Dupuy a une manufacture d’une assez grande importance, puisque dans les temps de grande activité il occupe un grand nombre d’ouvriers ; il fait pour près de 400,000 fr. d’affaires. , , . ,
- Il achète sa pâte à Limoges j mais, comme il choisit bien ses ouvriers, sa fabrication est généralement bonne. II s’est
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- prêté à plusieurs essais de cuissons, qui ayaient pour objet de cuire à la tourbe, de brûler la fumée, etc.; c’est pour le jury une note favorable; enfin, quoique la commission et le jury n’attachent pas une grande importance aux chefs-d’œuvre faits exprès pour l’exposition, cependant, quand ces pièces remarquables ne peuvent être que le résultat d’une intelligente fabrication ; quand, par conséquent, elle montre qu’un fabricant sent l’importance de cette condition si nécessaire au succès de toutes les industries, ces pièces peuvent être admises comme la preuve de cette qualité : c’est ce que nous avons pensé en examir nant de très-près la grande corbeille de mariage que M. Dupuy a exposée en blanc, par conséquent dépourvue du prestige et des ressources de la décoration.
- Le jury accorde à M. Dupuy une médaille de bronze.
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- Madame veuve Langlois, à Bayeux.
- La fabrique de porcelaine de Bayeux, dirigée maintenant par madame veuve Langlois, seule avec ses deux filles, a acquis depuis longtemps la juste réputation de faire une porcelaine qui est un peu moins blanche, mais moins vitreuse que les autres, et qui a, par cela même, la qualité de supporter, sans altération, l’action d’une forte chaleur, et sans fracture ni fêlure, les changements de température qui se présentent dans les usages domestiques. Madame Langlois, réfléchissant sur celte qualité encore, plus précieuse pour les opérations de chimie, a fait depuis longues années, avec celte même pâte, des cornues, des tubes, des capsules ; mais elle ,a beaucoup augmenté sa fabrication dans ce genre, et elle se présente, cette année, avec un assortiment très-complet de ces instruments.
- Les capsules employées par les chimistes, et soumises T. M. 16
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- encore'tout nouvellement à d’assez rudes épreuves, y ont parfaitement résiste: elles n’ont offert ni fêlure ni gerçure.
- Le jury décerne à madame veuve Langlois une nouvelle médaille de bronze pour la nouvelle application qu’elle a donnée à sa pâte de porcelaine,
- M. Barré-Puiffin , à Orchamps (Jura).
- Un fabricant du Jura, qui paraît pour la première fois aux expositions, M. Barré-Ruffin, d’Orchamps, a mis une porcelaine qui n’a pas la blancheur des porcelaines de luxe, mais qui a la qualité incontestable, vérifiéb par l’emploi qii’én ont fait depuis longtemps plusieurs personnes, et par celui que nous en avons fait nous-mêmes, de résister, sans se fêler, à toutes les opérations culinaires que l’on est dans le cas 4e pratiquer dans un ménage, Nous ne pourrions dire précisément à quoi tient cette qualité ; c’cst^'jiisqu’à présent, la seule fabrique, ayant continué la fabrication, commencée par Fourmi, de là porcelaine commune nommée hygiocérame, qui ait offert constamment cette utile qualité. M. Barré:Ruffin a voulu aussiemployer! sa’ pâte à faire dés instruments de chimie ; nous h’àvcms pu essayer que les capsules, et nous avons été étonnés dé trouver cés pièces, sous le rapport de la résistance aux changements de température, de beaucoup inférieures a
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- celles de Sèvres et de Bgyeux.
- Lé jury croit devoir distinguer l’utile et économique’
- fabrication de M. Barré-Ruffiri par une médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
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- M, Th ara ud, à Limoges.
- L’établissement de M, Tharaud.n’a pas la même impôt-' lance que ceux .de plusieurs de ses confrères de Limoges ; mais il fait de la porcelaine au moins aussi bonne’.et aussi; belle qu’eux, et il la vend aux prix courants du commerce. Gela ne suffirait pas pour mériter une distinction particulière de la part du jury, s’il n’avait tenté de faire, avec une pâte réfractaire composée de matières à porcelaine de second choix, dés tuyaux de conduite pour lè gaz, qui; en1 duits d’une8 couverte* de feldspath et cuits à une haute température, sont imperméables et très-solides. M. Galy* Cazalat les a essayés sous une pression dé dix-sept atmosphères, ils n’ont cédé qu’à celle de dix-huit;, ce sont donc de bons tuyaux $ mais on en'a déjà fait ailleurs/dont la bonne qualité a été confirmée par l’expérience : tels sont ceux que M. Rodiér a faits en 1838, ceux que MÎVf. Foù-que et Àrnoux ont fabriqués et livrés ent assez grande
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- quantité; ceux queM. Reichenecker.a faits en argile plastique^ à Ol tweiler, dans lé Haut-Rhin, et qui ont supporté ? u'ne pression' dé. quarante atmosphères • ^ènfm M.‘ Tha- * ràud 'né'présente énebre cès tuyaux* que comme pièces , d’essai; qu’il compté perfectionner, et dont il ne pciit
- môme établir le prix.
- Lè jury pense donc qu’on lie petit encore' accorder à M. Thâraud qu’une mention honorable, fondée sur la bonne réputation de sa' fabrication de porcelaine, et sur l’emploi qu’il cherche a donner aux kaolins et feldspath de qualités inférieures'du Limousin, eii en faisant des tuyaux ’ solides et iaiperméablcs.J l * = - ! ! ’ - ‘ ‘ ?,fl
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- M. Clauss, à Paris, rue Pierre-Levée, 8.
- Nous dirons à peu près la même chose de la fabrication de M. Clauss j il fait de bonnes porcelaines, d’assez joli biscuit, des mortiers, des moufles à cuire la porcelaine ; c’est un des plus anciens et des meilleurs fabricants parmi le petit nombre de ceux qui sont restés dans Paris.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- § 7. FABRICATION ET APPLICATION DES COULEURS VITRIFIABLES POUR LA PORCELAINE, ETC.
- Fonds de couleur sur porcelaine dits au grand feu. *
- Celle partie de la décoration , et de la décoration solide et brillante de la porcelaine, a fait de grands progrès depuis la dernière exposition : ces progrès s’appliquent, les uns à la variété des couleurs, les autres à la manière de les poser. ; ", ...
- On entend par fonds de couleurs au grand feu les couleurs.brillantes qui, cuites et identifiées,avec la couverte ou, vernis de la porcelaine, sont susceptibles d’être dorées aussi brillamment et aussi solidement que la porcelaine elle-r-mêmé. > ‘ ; .
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- On n’avait que deux belles couleurs de fonds au grand feu : le bleu de cobaltct scs, dérivés, et le vert de chrême; on possède, maintenant, huitcouleurs bien dislinctesde ces fonds, plus toutes lçs nuances qu’elles peuvent donner par leurs mélanges et par les différentes épaisseurs sous lesquelles on les rnei ; presque toutes ces nuances ont été ren- „
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- dues publiques pour la première fois, par la manufacture royale de Sèvres, à son exposition de mai 1838 : elles étaient dues, comme le livret d’exposition le constate, à MM. Bunel et P. Nouaillier -, les pièces qui les présentaient étaient en grand nombre et on a continué à les faire, autant qu’il en était demandé.
- M. Discry les a produites plus en grand et en a ajouté quelques-unes.
- M. Halot, dans le même temps, a aussi exécuté plusieurs couleurs au grand feu nouvelles et variées 5 mais la diversité des couleurs exposées par M. Discry l’emporte sur celle de son concurrent.
- Yoilà pour les couleurs, venons aux procédés de posage.
- Le procédé le plus ordinaire, celui qui, jusqu’à présent, a été suivi par toutes les manufactures européennes pour obtenir le bleu foncé, le bleu dit agate, le vert de chrême1 et le brun écaille, consiste à étendre ces couleurs, à l’état d’oxyde ou pur ou mêlé de feldspath, sur la couverte de la porcelaine déjà cuite, et à la repasser au grand feu. Il fallait donc, pour parfondre ces couleurs, un second feu aussi fort, aussi dispendieux que celui qui avait été déjà employé pour la cuisson de la porcelaine.
- MM.. Discry et Halot placent ces couleurs sur la pièce avant qu’elle soit cuite j ils la recouvrent de l’émail feldspa-thique et ils cuisent ainsi, par un seul feu, la porcelaine et la couleur, avec le vernis ou couverte.
- C’est un beau et bon procédé qui donne, en général, des fonds très-glacés, très-solides, assez égaux, et qui épargne un feu j mais ces deux fabricants arrivent au même résultat par des voies assez différentes ; les bornes d’un rapport né nous permettent pas d’exposer les détails de cette manipulation et les divers résultats qu’on peut obtenir en les va-
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- riant. Il nous suffira de dire que M. Discry plonge la pièce de porcelaine, qu’on appelle un dégourdi, clans lin émail de feldspath, coloré par un oxyde métallique, dont la coloration est susceptible de résister à une haute température, et que M. Halot, appliquant au pinceau là couleur métallique sur sa porcelaine dégourdie, qu’il a rendue susceptible de la recevoir, la plonge ensuite dans l’émail où couverte, qui, en se fondant,0 lui donne là fixité et l’éclat.
- Il y aurait des pages à écrire pour discuter là supériorité d’un procédé sur l’autre : ils sont assez différents,'c’est tout ce qu’il nous suffit d’admettre ; M. Discry à employé le sien plus en grand et d’une manière plus variée ; il a même combiné quelquefois, et quand cela lui à parti nécessaire, les deux procédés; la question de priorité de fonds
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- au grànd feu sous couverte, entre M. Discry et M. Hâlot, né nous senible donc pas nécessaire à poser, pûisqué lés procédés sont différents.
- Maintenant ii est de notredevôir dé faire l’histoire dé ce procedéet démontrer que ni ces coùleurs sous couvertes, ni le procédé de l’immersion où de la poseau pinceau, nesont entièrement nouveaux; qu’ils avaient été mis en pratique longtcthps avant ces messieurs, tant hors de France qti’en France, mais aveepeü d’exténsiôh; dé faire voir en même temps que, malgré ces premiers pas, c'es fabricants, et surtout M. Discry, ont tout le mérite de la variété de couleurs, des nuances, des Réserves et de l’exteiîsion commerciale
- que ce procédé a acquis.' ;
- Le procédé de posage sous couverte, employé par M. Halot, n’est que l’application de la décoration en bleu de cobalt des Chinois, des Saxons et dé presque toutes les manufactures allemandes, dés ornementsen vcrtde chrôme sons couverte de la manüfactùre de Meissen éri Saxe, do
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- celle de M. Nathusius, près Magdebourg; etc. Ce sont des oxydes, posés à limite sur lé dégourdi èt plongés dans ta couverte après qu’on a expulsé la mâtièrc grasse par ïc feu.
- Cette méthode a été étendue à ces mêmes coüîeurs et à quelques autres mises en fond pàt M. Paul Nôuaillier, poseur dé fonds de là manufacturé royale de Sèvres, et elle à été vendue pàr lui à M. Ilalot, comme lé constatent les pièces misés pair- le premier, èü 1836 et 1838, dans le mu-séé céramique de Sèvres étl’àctè passé entre lui etM. ïïatot. le 12 août 1837, acté qüë nous avons sous lès yéüx et qüe iVI.Halôt nê contesté pas; non-seulement ce dernier l’a mise commercialement en pratique, màis il à àjoüté dés nuances et des perfectionnements qüi ont fàil früctifiér èntrë ses mains son acquisition.
- Le procédé de l’immërsidn ést encore plus Connu et a été plus directement employé à la pose dès fonds âü grand féu, tant sur la porcelaine dure que sur la porcelaine tendre. Les bleüs, les verts de la poréeldiné tendre anglaise sont posés pàr ce procédé ; màis né qüittdns ni la France ni là porcelaine' dure.
- En 1830, M. Àllüàud, dé Limoges, fit avec là diôrité (rdChc amphibolique) dé très-beaux fonds brüns mis par immersion : il cii à déposé utte pièce dàrîs ïè rilûsée de Sèvres.
- En 1831, M. Ed. Honoré a placé aussi, datis le musée de Sèvres, comme échantillons, trois pièces de porcelaine, deux petits vases et une tasse, l’une en beau fond brun, les autres en fond vert de chrôrne posés par immersion ; il avait pris un brevet eh 1823 pour s’assurer là possession de ce procédé : il ne lui à donné ni la suite ni l’éxtèhsiôrî dont il paraissait susceptible, et nous n’avons'vu, dans ses magasins, que quelques pièces éti vert, éh bleu èt
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- en bleu pâle, mises en fonds au grand feu par ce procédé.
- M. Clauss fait voir des pièces dont le beau fond vert a été posé par le procédé de l’immersion mis en pratique d’après son dire, appuyé de ses'livres, en août 1836.
- Enfin le même musée de Sèvres possède et montre des pièces en brun de chrôme, en vert de chrôme et en bleu de cobalt, mises en fonds par immersion en 1831 par M.Bunel, fonds qui ont été faits avec plus d’extension et de variété en 1838, et qui ont paru en grand nombre à l’exposition des manufactures royales du 1er mai de celte année, comme le constate, par une énumération et une description de-taillée, le livret imprimé et publié alors.
- Mais il y a dans le procédé de pose de ces fonds une particularité qui est encore plus remarquable et d’une application plus nouvelle.
- C’est l’emploi qu’on a fait d’un corps gras, soit pour appliquer la couleur sur le dégourdi avec une certaine égalité, soit pour empêcher, dans l’immersion, la couverte colorée de s’attacher sur certaine partie de la pièce et pour fournir ce qu’on appelle des réserves destinées à recevoir ou une autre couleur ou des peintures diverses. MM. Dis-cry et Halot ont exposé un très-grand nombre de pièces offrant toutes les variétés imaginables de ces réserves.
- Le corps gras qu’on emploie depuis longtemps, et partout, pour empêcher la couverte de se placer sur les parties de sculpture et d’ornements qu’on veut conserver en biscuit, est de l’huile -, mais les contours de ces réserves ne sont pas nettement limités, tandis que le corps et le procédé employés par les exposants donnent des cartels et des dessins aussi limités que la couleur le permet.
- Nous ne voulons pas ôter, par toutes ces citations, ni à M. Halot ni]à M.Discry surtout, le mérite de l’application
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- plus variée, plus perfectionnée, plus étendue de ces pro- . cédés j mais nous avons dû , sous peine d’être taxés de partialité ou d’ignorance, présenter cette.histoire des fonds au grand feu et citer les personnes qui avaient concouru plus ou moins efficacement à leurs progrès.
- Revenons maintenant aux deux exposants qui ont droit à des distinctions pour les progrès qu’ils ont fait faire à cette partie des arts céramiques.
- MÉDAILLE D'OR.
- M. Dis£ry-Talmours , à Paris, rue de Po-pincourt.
- M. Discry s’étant emparé, par un travail assidu et avec une grande intelligence, dés trois parties de l’opération des fonds au grand feu : la composition de ces fonds, la pose par immersion et la formation des réserves payant montré, par une pratique en grand, avec quelle rapidité il pouvait colorier ainsi richement, solidement et économiquement des porcelaines qu’on n’ornait autrement qu’avec lenteur et dépense; nous ayant fait voir, tant à l’exposition que dans ses magasins, qu’il pratiquait ce procédé très en grand et avec un succès presque constant (1) ; ayant montré par là la différence énorme qui existait entre la certi-
- (I) Nous poumons dire constant, car plusieurs d’entre nous, et. le rapporteur particulièrement, ont assisté à des détournements dans la manufacture de M. Discry, et ont été frappés du petit nombre de pièces défectueuses, plutôt encore par accident que par reflet du pro- * cédé, qui se présentaient en comparaison du grand nombre de' pièces qui avaient toutes les qualités qu’on pouvait désirer.
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- tudc d’exécution de ses procédés et ee .qu’avaient produit avant lui quelques personnes qui n’avaient pour ainsi dire qu’essayé ce procédé :
- . Lcjurjj sur ces considérations, décerne une médaille d’or à M. Discry-Taimours.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Halot, à Montreuil-sous-Bois (Seine).
- M. Halot a présenté aussi des fonds au grand.feu, variés et brillants, accompagnés de réserves et cuits à un seul feu; mais ses résultats sont moins étendus, son procédé est nécessairement et plus lent et moins nouveau.
- Le jury croit devoir néanmoins en reconnaître le mérite en lui accordant une médaille de bronze.
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- Fonds et couleurs de moufles.
- Après les tons éclatants, solides et durables qué donnent les couleurs de fonds au grand feu viennent lès couleurs
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- dites de moufles, qui ne peuvent cuire à une bieu haute température ni par conséquent être aussi éclatantes, aussi dures que les précédentes; elles ne peuvent, en général, recevoir aucune dorure susceptible d’acquérir un beau poli sous le brunissoir; mais elles sont très variées, et il faut qu’elles le soien t pour fournir au peintre tous lés tons dont il a besoin-, il faut qu’elles puissent se mêler, sans
- s’altérer, pouf donner toutes les nuancés fïnês, appréciables
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- seulement par l’artiste qui peint, ou par celui qui juge le mérite d’un tableau.
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- Ce sont donc, dans celle partie de l’art, de nouvelles exigences, et de nouvelles difficultés à vaincre pour y satisfaire ; nous sommes obligés de réunir, dans celte catégorie, l’application des couleurs avec leur fabrication.
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- RAPPELS DE MEDAILLES D’ARGENT.
- M. Dubois-Mortëlèqûë, à Paris, rue du , Fàuboürg-Saint-Martin, i58.
- Nous rappellerons d’abord M ; Dubois-Mortelèque, qui, ayant pris l’établissement de M. Mortelèque, son beau-père, mérite dé recueillir tous les éloges qui ont été donnés si souvent à cet habile compositeur de couleurs pour les diverses porcelaines et pour le verre. Le jury lui rappelle la médaille d’argent qui lui a été donnée en 1834.
- MM. Hachette et Hittorf, à Paris,; rue Saint-Martin, n5,
- M. Mortelèquea fourni à MM. Hachette et Hittorf les couleurs vitrifiàbles, qu’ils ont employées pour peindre sur lave, mais c’est sous leur nom qu’ont été exposés, tant en 1834 qu’en 1839, les objets en lave de Yolvic que nous avons vus à ces deux expositions ; nous avons dit, dans le temps, et nous redironsaujourd’hui, coque nôuspensonsde ce genre de peinture, si propre à toutes les décorations, âlous les tableaux, originaux ou copiés, qui doivent être placés dans des lieux humides, ou rester exposés à toutes les intempéries atmosphériques; ils auront très-probablement
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- l’inaltérabilité de la mosaïque faite en petits cubes d’émail, mais ils seront plus solides et surtout infiniment meilleur marché que ce mode de peinture si long et si dispendieux. On peut, avec, ce moyen, revêtir d’une peinture inaltérable les plus grandes surfaces et cacher, mieux qu’en mosaïque, les lignes de réunion. Il est étonnant que ce procédéet son emploi soient restés comme stationnaires; le jury ne peut donc que rappeler à MM. Hachette et Hittorf la médaille d’argent qui leur a été décernée en 1834.
- Nous arrivons maintenant à un des progrès notables, à une de ces nouveautés qui se présentent rarement dans la composition et l’application des couleurs vitrifiables.
- Nous rappellerons ce que nous avons dit au commencement de cet article, sur les inconvénients des couleurs de moufle employées en fond.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Rousseau, à Paris, rue Ménilmontant, 108.
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- M. Rousseau a exposé une suite nombreuse de ces fonds de couleurs, variés et brillants, et sur lesquels il a pu appliquer des ornements en dorure , larges, très-solides et parfaitement brunis, ce qui prouve leur solidité,
- Ces fonds portent le nom de fonds demi-grand feu, parce qu’il faut employer, pour les cuire, une température supérieure à celle qui est nécessaire pour cuire les fonds de moufles ordinaires.
- La puissante couleur de ces fonds résultant de l’épaisseur sous laquelle on peut les mettre, leur variété et le
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- brillant des dorures qui les enrichissent ont frappé les praticiens comme les gens du monde. Ils ne sont pas cependant absolument nouveaux, car y a-t-il maintenant; en industrie, quclqué procédé dont on n’ait déjà eu l’idée? Les Chinois en possèdent plusieurs, quelques décorateurs sur porcelaine en ont approché ; enfin M. Rousseau ne les fait pas réellement, il les obtient par un mélange approprié de couleurs que lui fournissent MM. Colville, Desfossés et compagnie et par le degré de cuisson qui leur convient; néanmoins, leur application en grand, leur parfaite et presque constante réussite, leur introduction dans le commerce de la porcelaine lui appartiennent et le rendent digne de la médaille d’argent que le jury lui décerne.
- Yiennenl ensuite des fabricants de couleurs vilrifiables, recommandables, en général, par la qualité de leurs pro-. duils, et en particulier par certaines couleurs.
- M, Colville, à Paris,, rue des Vinaigriers, 24.
- On ne peut guère juger le mérite des coùleurs à la moufle en les voyant, même lorsqu’elles ont réussi, mises en palette sur une seule plaque. Cependant ce mode d’échantillonnage est préférable à tout autre, car il apprend si les couleurs cuisent également à une même température, première condition à remplir ; viennent ensuite les tons et la solidité des mélanges : M. Colville ne les a fait connaître qu’en les faisant employer dans les différents tableaux qu’il a présentés comme échantillons de l’emploi de ses couleurs ; enfin résistent-elles à plusieurs feux sans s’écailler, les essais que nous avons faits de ses couleurs sur la por-' cclaine de Sèvres, plus dure que celle de Limoges; et surtout la bonne réputation deM. Colville, nous on t appris qu’elles possédaient cette importante qualité. , r , j j
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- *’ Nous croyons que çc fabricant habile, qui a présenté^ en outre, un bleu Thénard que la section de chimie a déclaré parfait, qui n’a eu, en 1831, qu’t»né mention non6-, rablc, est digne, à cette exposition,’ de la médaille d’ar-
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- gent que le jury lui décerne.
- . .MENTION HONORABLE. ^-i *; MM. Desfossés frères, à Paris, rue cle Bondy,
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- 72.
- MM. Desfossés, fils d’un chimiste qui a dirigé pendant quelque.temps, à Sèvres , la fabrication'et la cuisson des couleurs, vi tri fiables, se présentent (pour la première fois à l’exposition j ils ne nous ont montré,que des échantillons! isolés, et des pièces faites avec leurs couleurs,. t$ntréfonds demi-grand-feu quç de peinture. , ^
- Nous avons remarqué, parmi ces fonds, un verf de chrême et un bleu turquoise de moufle très-beaux, * et'que les ,décorateurs en porcelaines estiment beaucoup; aussi four^issen Ails, d’après leur déclaration, pour. 12,000 fr. do ; couleurs par. an à la plupart des décorateurs de porcelaine; ï et môme,de faïence. . . ^
- Le jury accorde une mention honorable à MM. Desfos-sés:frères* ; r* •' •• '.u -
- ,, _ ..1 * .j - . , . ' “J . .. ,. ;. ; - . ; ,
- Sîj,, ... " : f Décoration sur porcelaine. ; . ; . v, t, r
- -Nous avons peu de choses à signaler dans' la partie iri- ' dustrielleïlo la décoration sur porcelaine. Quant a ce qui concerne le mérite et le goût de l’exécution; le premier appartient entièrement à l’habileté de l’artiste qui a'exécuté les pièces, etLau pfix qu’a bien voülù y mettre celui*'
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- qui l’a commandé ; pour le goût, il est si variable, si indéfinissable, que c5est à la section des beaux-arts à dire ce qu’elle pense de ces décorations grotesques qui couvrent la plupart des porcelaines de l’exposition, Les décorateurs les font ainsi, parce qu’on les leur demande, et qu’ils n’ont aucun pouvoir pour diriger le goût du public, lors même qu’ils le croient mauvais.
- ; RAPPELS DE METTIONS HONORABLES. ^
- y:. k ; ' <yï ‘ y « ; ; !• ‘ '< ,i y ïti y” .y* *'*9; • * il
- M. Chaeeijle , à.Paris y rue thr Faubourg**; Saint-Denis, 19. ^ -
- Le jury rappelle à MT Chapelle la mention honorable qui lui fut accordée, en 1834, pour l’ensemble et la bonne réussite de ses décorations'sur porcelaine et dé ses dorures’ sur cristal. :
- : . X »
- Ce décorateur^ qui a chez’lût de vastes ateliers, et qui fait un commerce très-considérablej a senti la nécessité dé broyer ses couleurs autrement que sur la glace ; il a donc" établi un moulin à broyer, qui apporté économie et célérités dansses actifs travaux. ' ; ;; ;
- >• Kv K;;.
- M. ‘Jülién]ne-Moüi\emj , à Pari s, rue du
- -r;n -rnn'rr-rry <• •>.y IC'*- r 7 v y?'*
- Bac, 5o.
- -- ; t - if f""? J
- nLe jury rappelle à M. Julienne-Mouréau la mention honorable qui lui fut accordée, en 1834’, ‘pourüne nouvelle idée d’application des couleurs rouge > noire et blanche et des dessins de vases grecs, à la porcelaine. Il présente, cétte fois, des cristaux ornés en^platine, métal plus difficile à appliquer sur la porcelaine ef sur le cristal j mais qùi n’a pas, comme l’argént> Pinconvéniënt de noircir à l’air*
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. Vion, à Paris, rue de Bondÿ, 10.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Yion, d’abord pour l’application de ce même métal (le platine) en fonds sur porcelaine, ensuite pour ses fonds d’or demi-mat. Ce ne sont pas des choses absolument neuves, mais l’une et l’autre sont difficiles à obtenir avec l’égalité qu’on remarque surtout dans le demi-mat des fonds d’or de M. Yion ; ensuite pour le mérite de ses décorations en imitation des couleurs épaisses, brillantes et solides des porcelaines chinoises.
- Il s’est offert à cette exposition un assez nouveau mode de.décoration de porcelaine et faïence que les auteurs appellent émail ombrée et qui consiste à placer, par immersion, un fond de couleur de moufle brillant et transparent, sur des plaques de biscuit de faïence fine qui a reçu, en creux, l’empreinte d’un relief, d’une médaille ou d’un bas-: relief. Le plus ou moins d’épaisseur de la couleur, déterminée par la profondeur des cavités, forme les ombres; les parties les plus saillantes forment les lumières, et produisent par renvoi l’effet que là lithophanie produit par transmission. ’ "
- Les pièces faites par ce procédé sont exposées sous le nom de M. Dulremblay; elles sont très-variées de couleurs, d’effet, et quelques-unes même sont faites à deux couleurs. : : r ... -
- L’application de ce procédé doit être fait avec choix, il n’est pas propre à tout ; le paysage, les sujets de figurés ne semblent pas lui convenir, mais il paraît propre, aux or;ne-
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- mcnls riches et larges, et .à faire des faïences de poêle et de cheminée; des placages d’appartement, etc.
- Ce procédé n’est pas encore répandu dans le commerce. Les auteurs ont mis à l’exposition les premières pièces qu’ils ont faites, il faut attendre son exploitation eu grand, la sanction que lui donnera le publie consommateur, les divers emplois que scs prix permettront d’en faire, pour lui assigner une plus haute distinction que la menliou honorable que le jury lui accorde pour scs premiers produits.
- APPENDICE.
- Chefs d’ateliers, contre-maîtres, ouvriers.
- NON-EXPOSANT.
- La commission des poteries et verreries n’a eu qu’une proposition à faire dans celle catégorie; elle concerne M. Régnier.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Régnier , 'chef des ateliers des pâles, façons‘et fours à la manufacture royale de porcelaine de Sèvres,
- Adonné de grands perfectionnements et une grande extension au procédé de fabrication, par coulage, de certaines pièces de porcelaine, procédé déjà mis en pratique, tant à Tournay, pour la porcelaine tendre, qu’à la ma-t. m. „ M
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- nufaclure de M. Loqucrai, à Paris, il y a environ 50 ans, pour la porcelaine dure :
- 1° En fabriquant, par ce procédé, différents instruments
- /
- de chimie, tels que des cornues, et sur tout des tubes qui, parce moyeu, sont exempts de collages et de coutures, et acquièrent une légèreté et une égalité d’épaisseur très-favorables à leur emploi : leur prix a pu être, en outre, réduit d’environ 5/6 ; ,
- 2° En coulant des plaques de porcelaine d’un peu plus de 13 décimètres de côté, parfaitement égales d’épaisseur, parfaitement planes et lisses, et sur lesquelles on peut faire et on a fait, avec toute la perfection désirable, des tableaux ou copies de tableaux d’une très-grande dimension.
- M. Régnier a nouvellement introduit à la manufacture de Sèvres, pour des pièces creuses qui peuvent s’emboîter, un procédé d'encastage qui permet d’en mettre presque le double dans le même espace, qui diminue la chance des grains tombant sur les pièces d’environ 25 pour 100, etqui donne, tout compensé et calculé au plus bas, au moins 36 pour 100 de bénéfice sur la cuisson des pièces.
- Ce procédé a été publié par l’administration de la manufacture de Sèvres, décrit et figuré dans le n°422, année 1839 du Bulletin de la Société d’encouragement, p. 308.
- Le jury décerne à M. Régnier une médaille d’argent pour l’ensemble de ses travaux.
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- M.
- : SECTION II.
- M. Dumas, rapporteur. *
- •..... . - N : S
- f ; ' :
- VERRERIE;
- Considérations générales.
- Parmi les produits de l’industrie nationale, quelques-; uns, de* ceux que nos verreries ont envoyés à l’exposition ont fixé, l’attention pnblique d’une manière tout à fait particulière. C’est que l’art du verrier, déjà si perfectionné en France, s’est enrichi, depuis peu, de procédés nouveaux pour nous, qui se sont mis en.évidence en exposant des produits dont l’éclat et l’élégance, sous le rapport de la couleur et sous celui de la forme, se,sont concilié tous les. suffrages. ; r : /
- Jusqu’ici la Bohême avait le privilège de fournir ; au commerce un verre d’une fusion difficile, propre à reçèr voir des décors colorés ou métalliques, et,propre également, aux travaux du chimiste. C’est , elle qui produisait aussi, ces objets 'de gobclèlerie colorée dont les couleurs vives, éclatantes et riches autant que variées, faisaient l’admiration des amateurs. L’exposition vient de .prouver que la Bohême n’avait .plus rien à nous apprendre, et que nous : étions en mesure de lutter avec elle sous ces deux rapports.
- Il faut le reconnaître, ce double résultat est dû, en grande partie, aux efforts éclairés de la Société d’encouragement, qui, en proposant d’un seul coup plusieurs prix importants relatifs à l’art du verrier, a imprimé à celle' belle industrie une çommotiou soudaine et durable.
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- Non-seulement c’est à la Société d’encouragement que la France doit la fabrication dé la gobelètcrie colorée ou décorée que chacun a pu admirer à l’exposition -, mais c’est encore à ses efforts que sont dus les résultats obtenus dans la fabrication des vitres de couleurs, et en particulier des vitres pourpres. C’est par elle aussi que uous avons obtenu les verres peu fusibles qu’on livre aujourd’hui au commerce et dont les chimistes tirent si bon parti.
- Ce ne sont pas les seuls services que cette association patriotique et éclairée ait rendus à l’art du verrier. Des prix importants qu’elle à proposés, et qui ne sont pas encore décernés, sont yenus réveiller les efforts dirigés vers la découverte et le perfectionnement des verres destinés à l’optique.
- On sait combien est difficile la préparation de ces verres, qui doivent être parfaitement.purs , exempts de stries, de fils, de bulles 5 dont la densité doit être tout à fait uniforme^ et qui, néanmoins, ont besoin d’être obtenus en masses volumineuses et épaisses.
- D’heureux résultats sont venus prouver que le secret de la fabrication des verres destinés à l’optique, bien loin d’être perdu, comme on.avait pu le craindre, s’était perpétué, au contraire, entre les mains de quelques personnes parmi lesquelles il s’en trouve de très-capables d’eii'tirer parti dans l’intérêt de la science et de l’industrie. L’expo-' silion prouve que tous les besoins de l’optique peuvent être Satisfaite sous le doublé rapport de là grandeur des pièces et du bas prix des verres de fabrication courante.
- La fabrication des glaces a fait des progrès qui, pour être plus cachés, n’en sont pas moins réels. Sous le rapport de la pureté et de la finesse,r le verre qu’elle emploie ne laissait ricn-àsdésirer, mais on pouvait demander à celle industrie quelques efforts pour remplacer, par des'moyens
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- mécaniques plus éffieaees, ceux quelle a mis en usagé dès. son origine. Ces efforts ont pté accomplis avec un entier,
- SUCCèsVcC > " -i • • r 1 7 . j > .• • .
- Toutes les branches de l’art du verrier se sont, d’ailleurs, perfectionnées depuis cinq ans, soit en ce que le prix dès
- objets livrés au consommateur s’est abaissé, soit eu ce que leur nature elle-même a éprouvé ides* améliorations. G’est ainsi que les cristalleries ;, qui ne peuvent guère obtenir une perfection plus grande de la matière, se sont attachées à produire à meilleur marché. C’est ainsi queje verre à bouteille, tout en conservant ses prix et sa matière, a cherché dans ses moyens de fabrication la solution d’un problème important, l’arCde faire des bouteilles propres à résister aux fortes pressions que leur font subir le vin dé Champagne et l’eau de-Seltz. f ; > : •>;
- L’exposition a montré d’une manière incbnlestablè que l’art dé là peinture sur verre avait repris faveur, et que, dès,à présent, il était pratiqué sur plusieurs points du royaume avec succès, C’est un résultat désormais parfaitement acquis à ^industrie ; il prouve qu’il faut bien peu de temps pour que lès questions industrielles les plus difficiles à traiter passent du domaine de la spéculation théorique dans celui de la pratiqué dès ateliers commerciaux.
- On se rappelle> en effet,qu’il y a*quelques années à peine que la manufacture de Sèvres a fait .ses premiers es-
- sais de peinture sur ve'rrci • ; ixtanO
- . L’art du .verrier, marche donc dans toutes les directions
- ** ' ' * _ * r * * * * t? ' * t * ' * $ * #
- vers le beau- et le -bon. Il améliore sa matière par une-application judicieuse des règles de la chimie.; il perfectionne ses moyens dç travail par l’adoption de machines puissantes., ou par.l’invention de procédés et de tours, de main
- et étend
- ingénieux, Enfin.il abaisse tpus les-jours ses prix
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- ainsi le cercle de lacônsommntion aüdclà detoute espérance. ‘ V:- ’ : -
- Certes, s’il est un spectacle propre à montrer combien,il y. a de puissance dans l’époque actuelle en.matière d’industrie, c’est bien celui que nous présente Par t;du Verrier* considéré dans, ses diverses branches j car cet art * .vieux comme la civilisation elle-même et de qui l’on, pouvait à peine' exiger quelques détails .nouveaux, a fait, en quelr ques années, des progrès importants, qui, à toute autre époque, eussent voulu des siècles pour se réaliser.-,; - j .. 'Une de ses branches laisse à résoudre; toutefois; un problème qui mérite Pélre indiqué, c’est la fabrication,du verre à vitre. On parviendra, sans nul doute, à. réunir le brillant des vitres-anglaises étendues en l’air par, l’effet de la force centrifuge, à la grande dimension des vitres françaises étendues au rabot sur la sole d’un four. Il.fau-drait étendre les manchons de nos verreries à vitre sans
- J-N VV7rV ‘ . • “ : f v.- ' _ - 't ' ' - . 7 i : .7 < V . '
- toucher aux surfaces du verre et en respectan t leur poli j c’ést-à-dire qu’il faudrait étendre les manchons en l’air, comme on le pratique pour les vitres à l’anglaise. Indiquer ici ce problème, c’est en assurer la solution pour la prochaine exposition. ' , ,
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
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- M. Godard , à Baccarat (Meurthe)........ i
- * La'belle cristallerie de Baccàrataêxposé/cetle année, des
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- cristaux blancs , des cristaux-colorés dans la masse ou à deux*'couches* des cristaux décorés par là dorure; : l } :<J -#• Le cristal blanc de Baccarat mérited’étrë regardé comme le type dit beau cristal blanc.,Là taillé^ les moulures qu’il reçoit dans cette usine sont d’une perfcctibn achevéë. '
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- Les cristaux de couleur constituent, à Baccarat, une fabrication nouvelle et décèlent cependant Une mai ft exercée ; les teintes en sont si pures, qu’elles peuvent rivaliser avec les produits les plus beaux de ce genre. La verrerie de Baccarat expose des pièces d’une couleur orange obtenue par l’or, couleur qui est nouvelle et que l’on doit regarder comme une acquisition heureuse. \
- La dorure des cristaux de Baccarat est parfaitement belle.
- ’ 11 est évident, d’après ces détails, que l’usine de Baccarat, sous la haute surveillance de MM. Godard père et fils, a fait de grands efforts et obtenu d’heureux résultats en ce qui concerne la partie purement chimique de ses travaux. V: . U''
- Mais il ne l’est pas moins quand on examine ses magnifiques ateliers que l’usine de Baccarat est soumise â là direction d’un ingénieur habile, M. Toussaint, ancien élève de l’école polytechnique. G’està lui qu’on doit, entre autres créations, celle d’un four à dessécher les billettes, d’une conception simple et ‘Savante* et d’une exécution sanctionnée déjà par une longue expérience. M. Toussaint s’est placé d’ailleurs depuis longtempsau rang-des plus habiles verriers de la France. , < ; > »-
- Le jury central déclare que la cristallerie de Baccarat se montre de plus en plus digne de la médaille d’ôr qui lui fut décernée eu 1823 et confirmée en 1827 et 1834.
- x... . , ; ,
- Compagnie des verreries Saint-Louis, can-. ton de Bitche (Moselle).. rü- -
- ‘ Administrée par M. Seiler et dirigée par1 M. Lorin, celte belle et vaste verrerie continue à se placer au'rang des plus habiles en ce qui concerne la fabrication'du cristal; •" ;; * ; •=- - -v; s • J» • !'•- 'li ^
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- Le cristal blanc et le cristal coloré, qu’elle a soumis à l'attention du jury, lui ont paru d’une rf»re perfection.: Les cristaux taillés et les pièces moulées de cette manufacture importante ne laissent rien à désirer, et le jury a vu avec intérêt les essais de moulure à larges tailles qui figuraient dans l’exposition de Saint-Louis.
- Il a remarqué en particulier une belle table en verre à deux couches, d’une dimension considérable et d’une pureté d’exécution parfaite.
- Le jury déclare que la verrerie de Saint-Louis est toujours très-digne de la médaille d’or qui lui a été décernée en 1834.
- NOUVELLES MEDAILLES D’OR.
- Manufactures (le Saipt-Quirin , Cirey et , Montlternié.
- , La compagnie qui exploite ces trois grands établissements livre aujourd’hui au commerce des glaces coulées , des vitres et des glaces soufflées, façon de Nuremberg.
- Déjà hautement distinguée par le jury de 1834 pour la fabrication des glaces coulées, cette compagnie obtint alors la médaille d’or. .
- * Elle se présente aujourd’hui avec une amélioration remarquable. Lorsquejes glaces sont coulées , on leur fait subir une première opération mécanique, qui a pour objet d’en dresser les deux surfaces et de les ramener à une épaisseur convenable; ensuite on les polit pour les livrer «à la consommation. Pour dresser les deux surfaces, de la glace avec régularité, précision et économie, il fallait une machine spéciale.
- . . Dans la fabrication des glaces, les deux opérations les plus importantes sontla fusion et le travailpar lequel on dégrossit
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- les glaces brutes.; Ce sont là les-opérations coûteuses et essentielles : la fusion, par sa durée, le combustible-qu’elle consomme et les qualités qu’elle donne ou qu’elle ôte au verre; le dégrossi, par la quantité de travail qu’il exige et par les qualités ou les défauts que les glaces en reçoivent, selon que leurs deux surfaces en sortent plus ou moins exactement planes et parallèles.
- La compagnie de Saint-Quirin et Cirey, non contente
- d’avoir obtenu un verre à glace très-blanc et bien affiné, »
- a voulu porter dans le dégrossissage des glaces toute la perfection qu’on pouvait désirer.
- Elle y est parvenue à force d’essais. Les pièces d’une machine spéciale ont été construites dans les ateliers dé la compagnie et sur ses propres plans. Ces pièces assemblées et montées à Cirey ont fourni une machine puisT santé, capable dé dégrossir toutes les glaces que cet éld: blissemenl produit et bien davantage. Les dispositions de la machine avaient été si bien calculées, que dès le premièr jour elle a fonctionné de la manière la plus satis-faisante. On remarquera que cette machine est à la,fois d’invention et d’exécution françaises, tandis que jusqu’ici on ne possédait en ce genre que des machinés d’invention et d’exécution anglaises. Elle dégrossit et doucitlesglaces, et elle exécute ce travail avec une régularité si parfaite, qu’une glace de la plus grande dimension pourrait y être amenée à l’épaisseur d’une feuille de papier, sans que les deux surfaces eussent cessé d’être exactement planes et parallèles;
- fi*
- La compagnie de Saint-Quirin s’est acquis, sans doute, par là un instrument précieux et puissant ; mais elle a consacré à cette création neuf ans de travail et au moins 600,000 fr. de capital, sans autre garantie que désossais
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- sur Une petite dimension qui pouvaient laisser des inquiétudes sur le succès de ce vaste appareil.1 *
- . Parmi les nouveautés que la compagnie de Saint-Quirin présente à l’exposition , on a remarqué ses glaces-miroirs, façon de Nuremberg ; industrie nouvelle en France, que celte compagnie avait offerte en 1834 et qu’elle a développée aujourd’hui, dans sa verrerie de Monthermé.1 ‘
- La France est aujourd’hui sans rivale en, Europe, pour sa fabrication des grandes glaces, tant sous le rapport des dimensions que sous celui de la qualité, de la couleur et du bon marché. (
- Une seule branche de cette industrie ^existait pas en France, celle des miroirs dits de Nuremberg, à l’usage de la petites propriété, à celui de plusieurs industries secon-, daircs, telles que le cartonnage, les nécessaires, les meubles de toilette, etc., etc.^ jusqu’à ce jour, nous étions restés tributaires de l’Allemagne pour cette espèce de glaces.
- La compagnie des verreries de Saint-Quirin, Cirey et Monthermé a voulu en affranchir la France et offrir en
- môme temps aux amateurs des beaux vitrages, des glaces , qui, par leur solidité, leur légèreté et leur brillant, remplaceront et surpasseront en beauté les anciens verres dits, de Bohême, dont on a presque cessé de faire usage, et qui offriront, pour couvrir les estampes, des verres .à bas prix
- ét d’une perfection inconnué jusqu’à ce jour. En effet,.les verres de Bohême ou les verres blancs présentent toujours j quelque bien dressés qu’ils soient, des ondulations à leurs, . surfaces; les glaces de Nuremberg, n’étant dégrossies et dépolies que d’un seul côté, ont le même inconvénient, tandis que les glaces que Monthermé verse dans le commercé, étant travaillées des deux côtés, réunissent, sous co rapport; tous les avantageâmes glaces épaisses au bon mar-
- ché des verres soufflés.
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- Les machines ingénieuses que la compagnie possède lui permettent de balancer le bas prix de la main-d’œuvre) du combustible et des matières premières de l’Allemagne*; elle n?a donc pas hésité, après de nombreux essais faits dans ses établissements de Sainl-Quirin, à créer à Mon-thernié, à l’aide des magnifique^cours d’eau qu’elle*y possède et‘sur une vaste échelle, dès ateliers à dresser, polir et étamer le verre cet établissement est spécialement destiné à la fabrication de cës miroirs dits de Nuremberg.
- Le jury central prenant en considération la beauté dés glaces qui font la fabrication courante de Cirey et Saint-Quirin, le succès obtenu par cette compagnie dans la construction de sa puissante machine à doucir et enfin le service qu’elle a rendu au pays par l’introduction de la fabrication des glaces de Nuremberg, lui décerne une nouvelle médaillé d’or. ^ ' '* ‘
- M. IIqntems , directeur de., la verrerie de Choisy-le-Roi. .>
- Rîén de plus varié que la production de cette belle verrerie 5 rien dé jplus parfait que certains de ses produits.
- En effet,1a verrerie de Choisy fabrique des verres à vitre blancs et colorés, des verres bombés, du cristal, dés verres pour l’optique'5 enfin des vitraux peints. ^
- Tous ces produits s’y font sur une grande échelle , et entrent pour une forte part dans la consommation de Paris.- it- --v : i'\ J:
- Pour les vitres, la verrerie de Choisy n’a pas à signaler 4Îé grands progrès depuis 1834, au moins en ce qui concerne les vitres blanches.eRclalivemenl-auX'vitres colorées dont il sera question plus loin , la verrerie de Choisy s’est placée hors de ligne par la variété de ses tons et leur parfaite-exécution. 1 * ^ ^ i * J
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- Pour les verres bombés, la yerreriç de Choisy continue à se servir avec succès du . procédé qu?ellc a employé Jà première, et qui consiste à aider l’action de la bouche par celle d’un soufflet qui s’ajuste à volonté sur la canne , au moyen d’un tuyau flexible. * w
- Comme cristaux , indépendamment des cristaux blancs d’une belle qualité que Choisy fabriquedepuisJ|longtemps,on a.remarqué, dans les produits que cette verrerie a présentés au jury, des vases de formean tique, d’ungalbe très-correct obtenu par le soufflage seul -, des cristaux jaunes d’une nuance nouvelle obtenue à l’aide de Purancj enfin des. verres filigranés, façon de Venise , qui prouvent que celle fabrication sera reprise avec succès quand on «voudra. , M.. Bonlems expose également des verres pour l’optique } il s’attache à produire les objectifs de-consommation couraule. Son flint est d’une haute densité, et son crown ne présente ni stries, ni points de dévitrification.
- Peu de fabricants ont poussé au mêmie degré que M. Bontems cet amour de leur art, qui les porte à l’en-visagei* sous tous ses aspects et à s’occuper de toutes ses branches. Aussi ne trouverail-ou, dans aucune de nos
- 3 * V
- verreries, celle variété de produits, tous bien fabriqués, que l’on voit sortir des ateliers de Choisy-le-Roi. . .J Le jury décerneà M. Bon temsunenouyellemédaillc d’or.
- ' ' v. . .• ' ; . . * r -
- * . ' * , *• . - ' ,\ ... . H-
- *
- MÉDAILLES D’OR.
- M. le baron de Kling'lïn , à Plain-cle-Valcli et Valerystbal, près Sarrebourg (Meurtlie). ; ' , ,
- Il y a peu d’années , la verrerie de Plain-de-Valçh
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- livrait au commerce de la gobelèterie commune et sc classait parmi nos verreries les plus ordinaires. Grâces à l’activité et aux soins de M. le baron de Elinglin, et du directeur actuel de la verrerie, M. dé Fontenay, ancien élève dé l’école centrale des arts et manufactures, la verrerie de Plain-de-Yaleh a pris rang parmi nos établissements les plus importants. Il a fallu étendre sa production, et la verrerie de Valerysthal a été fondée.
- Les produits de ces deux verreries consistent
- 1° En verre commun,
- 2° En cristal sans plomb,
- 3° En verre peu fusible,.
- 4° En gobelèterie colorée et décorée.
- La fabrication du verre commun à Plain-de-Yalch est bonnej elle se ressent maintenant du mouvement général que l’usine a reçu, mais elle ne saurait motiver aucune récompense spéciale.
- Il n’eh est pas de'môme du cristal sans plomb ; c’est uni produit créé par celte verrerie et adopté par le com-- mercej c’est un verre sans plomb, en effet, dont la fabrication est très-soignée, auquel on donne les formes du cristal, soit par le soufflage, soit par le moulage et la taille, et qui entre dans la consommation à 20 p. 0/0 au-dessous des prix du cristal lui-même.
- A la vérité, il n’en a jamais l’éclat, mais il est plus léger et plus solide.
- Du reste, en considérant le cristal sans plomb comme une classe de verre à part, ce n’est pas moins une heureuse acquisition pour l’art du verrier en France -, d’autant plus heureuse, qu’en voyant ce que l’on peut faire avec de l’attention et des soinsj nos verreries en gobelè-leric commune se laisseront aller peut être à un sentiment
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- d’émulation qui élcvera peu à peu leurs produits à un rang plus distingué.
- En -modifiant ses compositions, la verrerie de Plairn de-Yalch est parvenue à livrer régulièrement au commerce un verre dur et peu fusible, parfaitement appro*-prié aux besoins de la chimie et d’un grand secours pour les expériences délicates dont elle s’occupe. Les tubes de cetté verrerie sont, en particulier, l’objet d’une consoiu-, malion importante et sont, jusqu’ici, demeurés sans rivaux.
- C’est à l’aide d’un verre analogue bien'affiné que la verrerie de Plain-dc Yalch est parvenue à fournir au commerce une gobelèlerie capable de recevoir des couleurs de moufle ; les secours que les 'ateliers de Sèvres lui ont prêtés l’ont mise en état de préparer les couleurs de moufle convenables, et, dès ses premiers essais, Plain-dc-Yalch a pu produire des gobelèteries, décorées à la moufle et d’un fort bon effet. Aujourd’hui elle peut rivaliser, à cet égard, avec les verreries de la Bohême, qui ont l’avantage très-réel, pourtant, d’une plus longue expérience. , :
- Enfin c’est encore à la verrerie de Plain-de-Valch que l’on doit les premiers essais et les premiers succès en, ce qui concerne la fabrication de là gobelèlerie colorée à deux couches: non-seulement elle a été lapremière à s’en occuper, la première à réussir, mais elle ne le cède à aucune des verreries qui l’ont suivie dans cette routepour la pureté des nuances et pour la légèreté des formes.
- Il a fallu , que la direction de la verrerie de Plain-de-Yalch fût confiée à un homme éclairé et persévérant, pour qu’en si, peu d’années tous ces résultats aient été. obtenus et consacrés par le commerce. M. le baron de Klinglin, propriétaire des verreries de Plain-de-Valçh; et
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- do. Valerysthal, a bien mérité du pays en suivant cette direction nouvelle, et tout le monde s’empressera de rendre justice à sa loyauté quand nous ajouterons qu’il désire que les honneurs auxquels son exposition lui donnerait des droits si incontestables soient entièrement attribués à M. Fontenay, directeur de ces deux verreries.
- Voici comment s’exprime M. le baron de Klinglin dans un mémoire qu’il a adressé au jury ceulral :
- « Toutes ces améliorations sont particulièrement dues aux connaissances théoriques et pratiques de M. E. de Fontenay, ancien élève de l’école centrale des arts et manufactures, et directeur de la verrerie de Plainde-Yalch depuis 1833. Ce jeune industriel s’est appliqué, avec le plus grand zèle et la plus grande persévérance, à utiliser ses connaissances au profit de l’établissement et du progrès de l’art du verrier. C’est donc sur lui que je dois particulièrement appeler l’attention du jury 5 car je regarde comme lui revenant de droit toutes récompenses qui pourraient être décernées à l’établissement, dont je suis, propriétaire. » ,
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- Le jury central décerne la médaille d’or à la verrerie de Plain-de-Yalch.
- M. Guinand, rue Mouffetard, n° 183. Paris.
- Fils de l’artiste bien connu qui a livré au commerce du flint-glass en même temps que M. Utzschneider de Munich,-M. Guinand s’est occupé sans relâche, depuis la mort de son père, à retrouver et à perfectionner les procédés de celui-ci ; il y est parvenu d’une manière complète et très-digne d’un encouragement élevé. Tous les opticiens dé Paris se sont empressés de rendre justice aux efforts et au succès de M. Guinand.
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- L’Academie des sciences, sur la proposition de sa section d’astronomie, lui a décerné le prix d’astronomie de l’année dernière, en récompense des services que sa découverte peut rendre à cette science par la perfection qu’elle ajoute aux instruments.
- M. Guinand fabrique, en effet, du flint-glassparfaitement doué des qualités que les opticiens recherchent. Sa recette de composition lui est propre. Il a hérité de son père la connaissance d’un moyen qui permet de débarrasser le flint-glass de stries, mais il en a perfectionné l’application. Il a découvert, en outre, un procédé simple et ingénieux pour chasser de la masse vitreuse toutes les bulles d’air, ce qu’on n’avait pas fait avant lui.
- Les procédés de M. Guiuand sont également applicables à la fabrication du flint-glass et à celle ducrown-glass, ainsi qu’il l’a prouvé en livrant au commerce, depuis peu, quelques fontes de crown.
- Quoique M. Guinand ne soit pas l’inventeur du procédé qui fait la base de celte fabrication intéressante, comme il peut revendiquer personnellement des perfectionnements frès-réels pour le flint-glass et qu’il a déjà livré du crown au commerce, le jury central lui décerne une médaille d’or.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D'ARGENT. Madame Yc Guinand, à Laç (Doubs).
- Madame Guinand continue la fabrication du flint-glass sur les mêmes bases que son mari ; elle fabrique pour 20 ou 25,000 francs de produits qui se consomment soit en France, soit en Prusse et en Angleterre.
- Le jury lui accorde le rappel de lu médaille d’argent.
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- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Bijrgun-Walter , Beu cer et compagnie, à Gœtzembruck (Moselle).
- Celte ancienne verrerie», fondée cri 1721 pour la fabrication de la gobcletcric, commença, en 1761, à produire quelques verres de montre. Bientôt, en 1788, elle se livra exclusivement à ce genre de production, qu’elle n’a pas cessé de perfectionner jusqu’à présent.
- Aujourd’hui elle occupe 560 ouvriers, et elle ne fabrique pas moins de 45,000 verres de montre par jour, quantité vraiment énorme, mais qui se comprend quand on sait que la verrerie de Gœtzembruck exporte de grandes quantités de produits.
- En 1834, celte verrerie a été jugée digne de la médaille d’argent -, aujourd’hui elle se présente avec deux améliorations remarquables : l’une consiste dans la substitution du cristal au verre ordinaire qu’elle employait jadis, et qui attirail l’humidité d’une manière fâcheuse, comme on sait.
- La seconde consiste en une baisse de prix très-forte et d’autant plus remarquable, que le prix du verre a clé augmenté par cette substitution du cristal au verre commun.
- Le jury décerne une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. de Violaine, à Pré mont ré et Vauxrot (Aisne).
- Les verreries de MM. de Violaine, par l’ensemble,de leur production, se placent dans un rang très distingué parmi les établissements verriers de la France.
- T. ni.
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- En effet, MM. de Violaine fabriquent, àPrémonlrè, des glaces coulées, ainsi que des verres à vitre blancs et colorés, et, àVauxrot, ils produisent des bouteilles et des cloches à jardin en quantité considérable.
- La fabrication des glaces de MM. de Violaine ne date que de quatre années. Ils produisent déjà environ 30,000 pieds de surface par année, et leurs glaces sont d’assez bonne qualité. Jusqu’ici ils ont obtenu peu de produits de grandes dimensions ; ils n’ont fait que des glaces petites et moyennes.
- D’abord un peu verte, la teinte des glaces de MM. de Violaine s’est beaucoup améliorée, et, sous ce rapport, elles sont aujourd’hui bien fabriquées.
- Les machines à polir de la manufacture de MM. de Violaine diffèrent complètement de celles qui sont employées dans les autres fabriqués. Il en sera de même de leur machine à doucir, qui se construit sur des principes nouveaux.
- MM. de Violaine ont exposé des glaces de couleur d’une nuance bien égale et t*rès-pure. C’est un produit de l’art du verrier qui pourra trouver place dans la fabrication des vitraüx peints.
- Parmi les produits des verreries de MM. de Violaine, il faut distinguer leurs Verres à vitre blancs, qui, par leur force et leur régularité constante, ont acquis dans le commerce une juste réputation : ils en fabriquent, par an, 15,000,000 de pieds de surface.
- A Vauxrot, prés Soissons, ils fabriquent des bouteilles en grande quantité; ils en produisent deux million par an. Ils ont cherché à fournir au commerce des bouteilles solides, propres à la conservation du vin de Champagne et de l’eau de Seltz, et ils y ont réussi. Enfin ils produisent environ 60,000 cloches à jardin par an.
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- Il y a un vrai mérite dans tous les produits exposés par MM. de Yiolainej mais il ne faut pas se dissimuler que ceux qui frappent leplusl’altention, que les plusimporlants sont précisément les glaces, c’est-à-dire le produit d’une fabrication qui, relativement aux autres objets dont ils s’occupent, est une fabrication naissante. Si celle-ci eut été plus ancienne, plus développée, nul doute que le jury aurait placé MM. de Violaine au rang le plus élevé.
- Dans l’état des choses, il leur décerne une médaille d’argent.
- M. Hutter et Ge, à Rive-de-Gier.
- La fabrique de M. Hutter et Cic, au Grand-Terrier, à Rive-de-Gier, livre au commerce des cylindres, des vitres, de la gobclètcric, des bouteilles} elle crée tous çes objets sur la plus grande échelle.
- L’importance de l’établissement, le bas prix de ses produits, la perfection de quelques-uns d’entre eux, et, en particulier, des cylindres toujours fabriqués avec du verre très-fin, très-blanc, avaient déjà fixé l’attention du jury en 1834. A celte époque, la verrerie de Rive-de-Gier avait été jugée digne d’une médaille de bronze.
- Le succès croissan t de la fabrication et le bas prix de scs produits mérite, celte année, la médaille d’argent que le jury central lui décerne.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
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- M. Pochet-Deroche, à Montmiiaii (Loir-et-Cher).
- M. Pochet-Deroche a exposé des vases de chimie de tout genre, parmi lesquels se trouvaient des appareils de graude dimeusiou et d’une fort bonne exécution} il a ex-
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- posé également des .flacons de Woulf, munis d’un grand «ombre de tubulures, et parfaitement propres à démontrer qu’il pourrait vaincre, en ce genre, toutes les difficultés.
- Cet exposant a, d’ailleurs, soumis à l’attention du jury des étiquettes vitrifiées pour la pharmacie ou les laboratoires de chimie. Il s’occupe de celle utile application des couleurs vi tri fiables avec zèle et succès. Il est parvenu à réduire beaucoup le prix de ce genre de produit.
- Le jury central lui décerne la médaille de bronze.
- M. de Poïi/ly, à Foüenibray (Aisne).
- L’usine de Folembray, exclusivement appliquée à la fabrication des bouteilles cl des cloches à jardin, exploite ces produits sur une échelle très-considérable, car elle ne produit pas moins de 8,000,000 de bouteilles et de 100,000 cloches à jardin par an.
- Elle occupe neuf cents ouvriers et possède quatre fours de fusion.
- L’excellente qualité de ses produits a déterminé le jury à lui décerner une médaille de bronze.
- M. Blum, à Epinac (Saôné-et-Loire).
- Les bouteilles d’Epinacsont fort estimées en Bourgogne, pour les vins mousseux qu’on y fabrique maintenant en assez grande quantité; c’est dire qu’elles réunissent des qualités importantes. La verrerie d’Êpinac est, du reste, bien placée et bien disposée.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. de Villepin, à Masnières (Word). .
- La verrerie de Masniéres fabrique des bouteilles et des vitres sur une grande échelle ; elle s’occupe à la fois des bouteilles propres à la consommation de Paris, de la Nor-
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- mandie, du Bordelais cl à celle de la Champagne. Pour les vins mousseux elle fabrique des bouteilles très-résistantes.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. Rozain, à Marseille.
- La manufacture de M. Rozan a envoyé du verre de qualité préférable à celui qui sort des usines analogues de la Lorraine, du nord et de l’ouest de la France ; elle consomme toute sa production dans le Midi.
- On doit des encouragements à ce fabricant, et il faut qu’il persévère dans la bonne direction où il paraît s’ôtre placé.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- MM. Marchai, et Berger, àBitclie (Moselle).
- Celte compagnie s’occupe avec succès de la fabrication des verres de montre; elle mérite, par les résultats qu’elle a déjà obtenus, les encouragements des consommateurs.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. de Colne i, à Quicangrogne, commune Winjy (Aisne).
- La fabrique des bouteilles de Quicangrogne mérite d’être remarquée; elle opère sur une échelle considérable, et ses produits sont bons.
- Le jury lui accorde une mention honorable. CITATION.
- MM. Rouyer et Maes, au pont de Sèvres.
- La cristallerie de MM. Rouyer et Maës, qui n’a guère que deux années d’existence, li vre au commerce une assez grande quantité de cristal, qu’elle exporte eu partie.
- Elle se recommande par le bon marché de ses produits.
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- HUITIÈME COMMISSION.
- ARTS DIVERS.
- MM. Chevreul, président, Barbet, Bosquillon, Carez, Clément Desormes, Dumas, Laborde (Léon de), Legentil, Meynard, Payen, Petit, Renouard et Schlumberger.
- PREMIÈRE PARTIE.
- PRÉPARATION DES MATIÈRES TINCTORIALES.—BLANCHIMENT. —APPLICATION DES MATIÈRES COLORANTES SUR LES ÉTOFFES. —RÉPARATION DES TISSUS GATES PAR L’USAGE. — APPRÊT HYDROFUGE DES TISSUS.—PAPIERS PEINTS.
- M. Chevreul, rapporteur;
- La diversité des objets que ce titre rappelle est trop grande, le nombre dè ceux qui peuvent rentrer dans une mêmé dénomination est trop considérable pour qu’il ne soit pas utile de présenter sous la forme de tableau Pordre
- d’après lequel sont classées les matières comprises dans le rapport qui nous a été confié.
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- I e DIVISION. PRÉPARATION DES MATIÈRES TINCTORIALES.
- Ire SOUS-DIVISION. PREPARATION PAR DES PROCEDES MÉCANIQUES.
- IIe SOUS-DIVISION. PRÉPARATION PAR DES PROCÉDÉS CHIMIQUES.
- IIe DIVISION. BLANCHIMENT DES ÉTOFFES.
- IIP DIVISION. APPLICATION DES MATIÈRES COLORANTES SUR LES ÉTOFFES.
- Ire SOUS-DIVISION. APPLICATION DES MATIERES COLORANTES SUR LES ÉTOFFES EXCLUSIVEMENT PAR IMMERSION.
- IIe SOUS-DIVISION. APPLICATION DES MATIERES COLORANTES SUR UN TISSU PAR UN PROCÉDÉ QUELCONQUE QUI DONNE LIEU A UN DESSIN.
- IrB section. Impressions ou dessins sur tissus de coton ou de Un.
- IIe section. Impressions sur tissus de laine, soit pure, soit mélangée de coton ou de soie.
- IIIe section. Impressions sur tissus de soie.
- IV* section. Application des matières colorantes ou dessins, par impression en relief sur étoffe.
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- IV DIVISION. RÉPARATION DES TISSUS GÂTÉS PAR L USAGE.
- Ve DIVISION. APPRÊT IIYDROFUGE DES
- TISSUS.
- VIe DIVISION. PAPIERS PEINTS.
- lr0 SOUS-DIVISION. PAPIERS PEINTS POUR TENTURE.
- IIR SOUS-DIVISION. PAPIERS PEINTS POUR USAGES DIVERS.
- Iro DIVISION: PREPARATION DES MATIERES
- TINCTORIALES.
- Los malièros colorantes qui font partie de l’exposition sont dos produits d’opérations mécaniques ou des produits do l’action chimique; de là deux catégories de matières tinctoriales. .
- lr<‘ SOUS-DIVISION. PREPARATION DE MATIERES TINCTORIALES PAR DES MOYENS MECANIQUES.
- *
- Plusieurs matières colorantes propres à la teinture étant déposées, par la végétation, sur les parties ligneuses, et ces parties insolubles dans l’eau pouvant avoir une ténacité très forte, il en résulte que, si un bois de teinture n’est pas divisé suffisamment , l’eau dans laquelle on le mettra, afin de préparer un bain colorant, ne pourra agir que très-.
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- difficilement sur la matière qu’elle doit dissoudre pour la céder ensuite à l’étoffe qu’on veut teindre. Dès lors, si l’on veut enlever à la partie ligneuse toute sa matière tinctoriale, on se trouvera dans la nécessité de prolonger beaucoup l’action du liquide. On voit donc qu’une division mécanique qui a pour effet de donner à la matière soluble la plus grande surface possible est extrêmement favorable aux opérations de teinture par l’économie qu’elle apporte dans la durée de la main-d’œuvre et dans la dépense du combustible, car c’est presque toujours h chaud qu’on traite les bois de teinture.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Charles Valléry_, à Saint-Pnnl-snr-Risle (Eure).
- M. Vallery expose des bois de campêchc, de Lima, de santal, du bois jaune réduits, au moyen d’une machine de son invention, en feuillets si minces dans le sens perpendiculaire aux fibres ligneuses, que le moindre effort suffit ensuite pour qu’ils tombent en poudre. Les bois de teinture, amenés à cet étal, sont donc dans la condition la plus favorable à être attaqués par l’eau, en même temps qu’il serait difficile de les falsifier, du moins d’une manière avantageuse pour le fraudeur. La consommation des bois ainsi divisés est très-grande, puisqu’elle s’élève, dit-on, annuellement à 3,000,000 de kilogrammes. Les certificats que nous avons sous les yeux témoignent que les teinturiers du département de la Seine-Inférieure en apprécient la bonne qualité; cependant, comme on pouvait
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- craindre que la matière tinctoriale de ces poudres fût gâtée soit par la chaleur développée pendant l’opération, soit par le mélange du fer que le frottement aurait détaché de la machine, nous avons essayé de teindre comparativement avec ces poudres et des bois des mêmes espèces qu’elles, de la meilleure qualité et divisés en copeaux sous nos yeux. Les étoffes teintes avec les poudres étaient, au moins, aussi belles que celles qui l’avaient été avec les copeaux, et cependant il avait fallu un poids plus grand de ces derniers que des poudres pour porter les étoffes au même ton de couleur. Nous ferons remarquer que, si l’on ne devait se servir des poudres que longtemps après leur préparation, il faudrait les soustraire au contact de la lumière et de l’atmosphère, parce qu’elles s’altéreraient bien plus vite, à cause de leur division même, par l’action simultanée de ces agents, que les bois non divisés.
- Tout en reconnaissant la bonne qualité des bois de teinture pulvérisés par M. Vallery, nous pensons que c’est surtout comme inventeur de la machine qu’il a employée pour parvenir à effectuer celle division qu’il doit être jugé; en conséquence, nous nous bornons à dire que le jury de 1834 lui décerna une médaille d’argeiit pour ses poudres. (Voir l’article de M. Vallery.)
- CITATIONS.
- M. - XJruty , à Rouen (Seine-Inférieure). Bois de teinture tritures. , ,
- . Ces bois sont triturés d’après un procédé de l’invention de M. Rowcliff.
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- M. 'Remonrl Baudouin , à Rouen (Seine-
- Inférieure). Bois de teinture triturés.
- Ces bois sont triturés au moyen d’une machine de l’invention de M. Rémond-Baudoin.
- IIe SOUS—DIVISION. PRÉPARATION DE MATIERES TINCTORIALES PAR DES PROCÉDÉS CHIMIQUES* t?
- Les préparations de cette catégorie sont l’orseille,. matière colorante, qu’on développe dans plusieurs lichens en transformant,.sous l’influence de l’humidité de l’ammoniaque et de l’oxygène atmosphérique, un de leurs principes immédiats naturellement incolore -, enfin des matières colorantes extraites des bois de teinture au moyen de l’eau. ; • ‘ .
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Peter, à Lyon.(Rhône). ... •«.
- ,.M, Bourget s’est livré, depuis 1808, avec succès à la préparation des orseilles dites épurées et du cudbeard ; il a préparé des quantités considérables de ces,, produits en employant les lichens indigènes et sans recourir, à l’urine. Depuis six; mois environ, M. Bourget a cédé sa maison à M. Péter, son élève ; les produits exposés sous le nom de ce dernier donnent à penser que la réputation de l’établis-
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- semonl de M. Bourget sera dignement soutenue par son successeur ; eu conséquence, le jury rappelle la médaille d’argent que M. Bourget obtint en 1827.
- MEDAILLES DE BRONZE.
- Panay, à Puteaux (Seine).
- M. Pana}' a été un des premiers qui se soit livré avec succès à l’extraction de la matière colorante des bois de teinture, de façon à la réduire en extrait sec ou en solution plus ou moins concentrée. Les préparations de M. Panay sont employées surtout dans l’impression des étoffes de laine et de soie, et, quoique faites avec soin, cependant elles sont livrées à un prix peu élevé au consommateur ; c’est ce que reconnaissent un grand nombre d’imprimeurs qui les emploient depuis plusieurs années.
- Au reste, une preuve du soin et de l’habileté qu’apporte M. Pànay à la préparation de ses produits, c’est la matière qu’il a exposée sous le nom dhémaline cristallisée, qu’il dit pouvoir livrer au commerce au prix de 6 fr. le kil.
- D’après toutes ces considérations, le jury décerne une médaille de bronze à M. Panay.
- M.Jannet, à Paris, ruedesTrois-Bornes, 17.
- Ce qui recommande le produit de M. Jannct, c’est que depuis 1834 il se sert des lichens d’Oran et d’Alger pour ses préparations, qui sont d’un bon usage, d’après notre propre expérience.
- Le jury décerne à M. Jaunet une médaille de bronze.
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- MENTION HONORABLE.
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- M. Michel, à Puteaux (Seine). .
- Les ateliers de M. Michel ont été montés par M. Panay; les préparations qui en sortent, sous la forme d’extraits ou de solutions aqueuses, sont d’un bon usage.
- Le jury accorde à M. Michel une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. Besseyre, à Paris, rue des Acacias, 5.
- M. Besseyre a exposé des extraits de campèche de Brésil, de Sainte-Marthe, de bois jaune, de fustet, de curcuma,de garance; mais il n’a point encore élevé de fabrique. Quoi qu’il en soit, les preuves qu’il a données publiquement de son instruction chimique sont un garant de ce qu’il est capable d’cxécu'.er comme fabricant de préparations tinctoriales.
- Le jury accorde à M. Besseyre une citation favorable.
- 11e DIVISION. BLANCHIMENT DES ETOFFES.
- Une seule personne a exposé des étoffes blanchies par un procédé particulier qu’elle n’a pas publié; celle personne est madame Mercier.
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- Blanchiment des toiles ècrues.
- Madame Mercier, à Paris, rue Sainle-Anne, 10.
- Il ne faut pas confondre le blanchissage du linge avec le blanchiment des tissus écrus. La première operation peut être exécutée au.moyen de l’eau de savon tiède ou chaude, des lessives alcalines portées à l’ébullition, soit directement, soit au moyen de la vapeur, ainsi que le fait madame Mercier dans un établissement qu’elle a fondé à Port-Marly. Elle ne se présente point à l’exposition comme exerçant celte industrie, mais bien comme inventrice d’un procédé au moyen duquel elle dit blanchir, en huit jours, les toiles de lin écrues, sans recourir ni au chlore, ni à l’exposition sur le pré. La toile qu’elle a mise sous nos yeux n’a qu’un demi-blanc, elle n’est donc pas complètement blanchie. Nous craignons qu’il n’y ail quelque illusion de la part de madame Mercier sur l’cflicacitô de son procédé.
- IIIe DIVISION. APPLICATION DES MATIÈRES COLORANTES SUR LES ÉTOFFES.
- Le grand,nombre des produits concernant l’art de la teinture, la diversité des aspects sous lesquels ils se présentent, soit qu’on prenne,en considération la nature diverse des étoffes et les procédés auxquels ces étoffes sont soumises pour recevoir les couleurs les plus variées, soit enfin que l’on considère l’ensemble d’industries très-différentes qui peuvent concourir à leur fabrication, nous obligent à les
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- placer dans deux sous-divisions : l’une comprend les produits que nous devons examiner comme présentant l’application directe de la matière colorante dissoute dans un bain, sur une étoffe convenablement préparée qu’on y plonge et qui se colore sur toute sa surface, qu’elle soit en fil ou en tissu -, la seconde sous-division renferme les tissus sur lesquels la matière colorante est disposée de manière à offrir un dessin qui est du fait même de l’art de la teinture, par conséquent un damas formé de laineet de coton qui, à sa sortie d’un bain de teinture, offre à la vue un dessin résultant de ce que la laine s’est teinte à l’exclusion du coton, appartient à la première sous-division, tandis qu’un tissu sur lequel on a fait des dessins, soit au moyen d’une réserve, soit au moyen d’un rongeant, soit au moyen d’une matière colorée, se place dans la seconde sous-division.
- lru SÔUS-DIVISION. APPLICATION DES MATIERES COLORANTES SUR LES ÉTOFFES EXCLUSIVEMENT PAR IMMERSION.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. Vidalin, à Lyon (Rhône).
- M. Yidalin, qui obtint une médaille d’argent a •l’exposition de 1834, principalement parce que le jury du Rhône l’avait signalé comme le teinturier auquel la fabrique^ de Lyon devait, à celle époque, le rang qu’elle avait pris dans la confection des étoffes mélangées de soies et de laines teintes uniment, ayant exposé, celle
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- aimée, des étoffes dont la soie, teinte par lui, présente les couleurs les plus variées, les plus belles et les plus unies, le jury, prenant en considération toute l’influence qu’il a eue comme teinturier pour élever les étoffes de Lyon au degré où elles sont placées dans l’estime du commerce, lui décerne une médaille d’or.
- MM. M erle? Malartic et Pokcet, gérants de la Société du bleu de France à Saint-Denis (Seine).
- L’application du bleu de Prusse sur le coton et la soie a présenté bien moins de difficulté que l’application qu’on en a faite à la laine; aujourd'hui mémo il n’est pas un teinturier médiocrement exercé qui ne sache teindre en bleu de Prusse lesdeux premières étoffes, tandis qu'il n’y en a qu’un petit nombre qui sachent bien teindre la laine avec celle matière colorante, et nous désignons particulièrement les étoffes de laine feutrées.
- A une époque où la concurrence commence à s’établir réellement entre l’indigo et le bleu de Prusse, il ne sera pas inutile de faire quelques remarques générales relatives aux avantages et aux inconvénients de chacune de ces matières tinctoriales.
- Toutes les fois qu’il s’agira d’étoffes de coton qui devront être souvent lavées au savon, comme cravates, mouchoirs et robes, l’indigo sera préférable au bleu de Prusse. Le contraire aura lieu pour des étoffes de soie, qui, n’étaut point exposées à passer au savon , doivent conserver le brillant qui est propre à leur matière constituante, et, dans ce cas, non-seulemen t le bleu de Prusse est plus brillant que l’indigo, mais il est encore plus solide.
- Le bleu de Prusse est encore préférable à l’indigo pour
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- les bleus légers et les bleus de ciel sur étoffe de laine destinée à l’ameublement et aux vêtements de femme, à cause de l’éclat et de la pureté de la couleur; pour vêtements d’bommcen étoffes feutrées, la question qu’on peut élever, quant à la solidité des tons clairs ou peu foncés du bleu de Prusse, n’est pas résolue. .
- S'il s’agit d’étoffes feutrées bleu de roi, le bleu de Prusse, quoique n’étant pas solide à la manière de l’indigo, . peut entrer en concurrence avec lui daus l’usage (car nous’ ne parlons point ici des prix respectifs des deux sortes de teinture); mais voici les qualités et les défauts des deux matières.
- L’étoffe toiule en bleu de Prusse a un reflet incomparablement plus beau que l’étoffe teinte à l’indigo ; mais, en les regardant autrement qu’au rollel, la première estplus plombée que la seconde.
- Peut-être les étoffes teintes au bleu de Prusse blanchissent elles moins sur les coutures que les étoffes teintes «i l’indigo ; mais les premières sont plus exposées à être tachées par l’usage que les secondes. Ainsi la sueur , les matières alcalines, une forte insolation, des acides qui n’ont aucune action sur les étoffes teintes à l’indigo, peuvent en avoir une, quoique faible, sur les étoffes teintes en bleu fonce avec le bleu de Prusse.
- Ce fut à l’exposition de 1823 que parurent les premiers draps teints au bleu de Prusse. M. Raymond, fils de l’auteur du procédé généralement suivi aujourd’hui pour teindre la soie et le coton en bleu de Prusse, reçut du jury une médaille d’argent pour avoir teint plusieurs coupons de drap avec cette matière colorante; des essais du même geure valurent.uue médaille de brouze à M. Souchou. Il obtint une médaille ^d’argent én 1827, T. tu. U)
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- et le rappel de cette médaille en 1834 pour des draps teints en bleu de Prusse, et le jury dit qu’il mériterait la médaille d’or s’il parvenait à établir son procédé en grand. Enfin, à cette exposition de 1834, le jury, après avoir cité honorablement MM. Merle et Malartic qui avaient exposé des draps de cette espèce, ajouta qu’il attendrait des succès de fabrique obtenus sur une échelle étendue pour donner une haute récompense à leur procédé.
- Le jury, en décernant en 1839 la médaille d’or à MM. Merle, Malartic et Poncet, agit donc conséquemment aux actes des jurys antérieurs , puisqu’il est bien constaté aujourd’hui que l’atelier de Saint-Denis fournit au commerce non-seulement des étoffes minces, telles que mousselines de laine, mérinos, lasting, mais encore des étoffes feutrées teintes en bleu de Prusse qui entrent en concurrence avec les draps teints à l’indigo , ce qui, sauf les remarques générales que nous avons faites , sont d’un bon usage.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
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- M. Le veillé, à Rouen (Seine-Inferieure).
- M. Leveillé a exposé de nombreux échan tillons de coton filé, de teinture grand teint pour toutes les nuances désirées, de la garance et de l’indigo. Son établissement est, dans son espèce, le plus considérable du département de la Seine-Inférieure. Ses produits ont bien soutenu, les essais auxquels nous les avons soumis. Le jury accorde uue médaillé d’argent à M. Leveillé.
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- I1EDAILLE DE BRONZE.
- Teinture et apprêt sur laines M. jean Béchard, à Passy (Seine).
- Depuis la dernière exposition, M. Jean Béchard a transféré ses ateliers de Paris à Passy. ïl occupe de 30 à 40 ouvriers. Il teint le mérinos, le satin-laine, les tissus de laine et de soie, et les tissus de laine et de coton ; jl travaille à des prix très-bas et ses travaux sont dirigés avec intelligence.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- CITATION.
- Draps en pièce teints en bleu de cuve.
- V i 'À' ' * f :
- M. Vigourel à Carcassonne (A-ude).
- . Ces,draps teints par un procédé secret, n’ayant paru qu’à la fin de.l’exposi.tion, le jury est dans l’impossibilité; de les. juger et de prononcer sur la valeur de ce procédé.
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- IIe SOUS-DIVISION. APPLICATION DES MATIERES COLORANTES SUR UN TISSU PAR UN PROCEDE QUELCONQUE QUI DONNE ‘LIEU A UN DESSIN.
- Les produits de celte sous-division, bien plus nombreux que les précédents, peuvent présenter, daus une seule pièce, une grande diversité de couleurs, et si l'application d’une seule matière colorante est du ressort de l’art de la teinture, et rentre, sous ce rapport, dans les procédés fondés sur les actions chimiques, au moyen desquels on fixe les couleurs sur les produits de la première sous-division, la réussite dans la confection des produits que nous allons examiner ne dépend plus seulement de l’application des connaissances exclusivement chimiques, mais elle exige encore l’emploi de moyens mécaniques, parmi lesquels on doit signaler des machines à imprimer, telles que les rouleaux, laperroline, l’application des arts du dessin et de la gravure, enfin les connaissances qui se rattachent à l’art d’assortir les couleurs pour en tirer le meilleur parti possible.
- Les toiles de coton ont été les premiers tissus imprimés qui aient donné lieu, en Europe, à de grands établissements ; les tissus de soie et de laine imprimés n’ont été l’objet d’une grande industrie que dans ces dernières années. Enfin, si l’invention des impressions en rclièf sur les étoffes de laine remonte à cinquante ans environ) il n’y a guère qu’une vingtaine d’années qu’elle a pris quelque développement, comme art.
- Les tissus qu’on imprime aujourd’hui sont nombreux ; non-seulement il faut distinguer les impressions sur tissus
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- de colon, do lin, do laine, de soie, mais encore sur des lis-sus composés de colon et de soie, de colon et de laine, de soie et de laine. Quant aux lissus qui conviennent à l’impression en relief, il n’y a guère que ceux de laine feutrée el le velours qui y soient essentiellement propres.
- Aujourd’hui le même établissement pouvant faire des impressions ou dessins sur différents tissus, nous prévenons que, dans la classification suivante des produits de la seconde sous-division, nous avons cherché, autant qu’il est possible de le faire en pareille matière, à distribuer, dansdiffôrentes sections, les établissements qui ont exposé, en mettant dans une même section tous ceux qui nous ont paru le plus remarquables sous un même rapport. Par exemple, lorsqu’un établissement où l’on imprime des tissus de coton, de soie, et même de laine, nous a particulièrement frappés par les impressions qu’il fait sur coton, nous l’avons rangé dans la section qui comprend les impressions ou dessins sur colon, sans méconnaître pour cela l’attention que peuvent mériter les autres produits qu’il élabore.
- Jre section. Impressions ou dessins sur tissus de coton
- ou de lin.
- L’impression sur tissus de coton est parvenue à un degré de perfection remarquable non-seulement à cause du concours de la mécanique, de’la physique, de la chimie et des arts du dessin, mais encore parce que ce concours s’est rencontré dans un môme,établissement, et qu’une direction unique a présidé à l’exécution de procédés fort diffé-
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- rents auxquels la même pièce de tissu est soumise depuis le blanchiment jusqu’au dernier apprêt qu’elle reçoit avant d’être livrée au commerce. Certes, si le blanchiment, l’impression, les apprêts eussent été exécutés dans désétablissements différents, indépendants les uns desautres, Tim-pression sur toile de colon ne se serait point élevée, du moins aussi rapidement qu’elle Ta fait, au degré où elle est parvenue de nos jours.
- Au premier aspect, Texposition des tissus de coton imprimés n’a point paru, à plusieurs personnes, avoir le môme éclat que celui qui les avait frappées dans des expositions précédentes; ce résultat tient à deux causes : l’une est inhérente à la fabrication elle-même, et l’autre est accidentelle. La première cause résulte du degré de perfection même où l’art est arrivé aujourd’hui; de sorte que la fabrication moyenne de tous les établissements qui élaborent les tissus de coton les plus chers, aussi bien que celle de tous les établissements qui élaborent les tissus de coton les moins chers, se sonjt élevées sans que les extrêmes soient très-éloignés. Et, malgré ce progrès de la fabrication moyenne, il y a eu un abaissement notable dans les prix des tissus communs, aussi bien que dans les prix des tissus fins. La seconde cause provient de la concurrence établie entre les impressions sur coton, d’une part, et, d’une autre part, les impressions sur soie, et sur laine principalement ; concurrence qui a eu pour résultat que beaucoup de fabricants de toile de coton du premier ordre, ayant dirigé leurs efforts sur l’impression, de la soie et de la laine, ont dû détourner leur attention de l’impression sur colon, du moins pendant un certain temps ; enfin la richesse des tissus de laine et de soie imprimés, qui a frappé tous les yeux, parce qu’elle dépassait réellement ce qu’on avait vu jus-
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- que-là, a contribué encore à affaiblir l’effet dés tissus de coton imprimés.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MM. Gros, Odier, Roman et cie,'à Wesser-ling (Haut-Rhin).
- Celte fabrique, l’une de celles qui, par l’importance et la perfection des produits, font le plus d’honneur à la France, est aussi l’une des plus anciennes du royaume -, son origine remonte à 1760, et. depuis 1783 elle est un bien de famille pour les propriétaires actuels. *
- C’est dé 1803 que date l’époque des progrès dont ce grand établissement a donné l’exemple-, on établit alors la première filature, les premiers métiers à tisser à la navette volante, on fit marcher la première machine à imprimer au rouleau. Il n’existait alors aucun établisse-
- ment aussi complet dans le département du Haut Rhin.
- Une seconde filature fut montée en 1826, et une troisième le fui, sur une plus grande échelle, en 1836.
- Aujourd’hui vingt-cinq à vingt-six mille broches sont en activité, elles produisent par an 260,000 kil. de fil .des nos 15 à 10Ô ; elfes ne suffisent pas encore pour alimenter les cinq cent soixante-dix métiers mécaniques et les quàtorzë cent cinquante métiers à la main, qui fournissent quatre-vingt mille pièces de 32 à 35 aunes métriques, dont trente miîié pour la vente en blanc et cinquante mille pour l’impression. Indépendamment de ces cinquante mille pièces de ca-
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- licot, on imprime annuellement cinq à six mille pièces de mousselines organdis cl jaconals, huit à dix mille coupes de mousseline de laine. Le blanchiment s’opère sur environ dix mille pièces de (issus de colon et dix mille coupes de mousseline-laine.
- II y a dans l’établissement huit roues hydrauliques équivalant ensemble à la force de cent quatre-vingts chevaux et cinq machines à vapeur de la force de cent chevaux.
- Les produits de Wcsscrling sont renommés partout où l’on fait usage de l'indien ne, par la qualité irréprochable des tissus, la richesse, la variété, la solidité des couleurs, par le soin scrupuleux qui préside à tous les détails de leur confection.
- Le nombre des ouvriers employés dans les différentes branches de la fabrique est annuellement de quatre mille trois cents. Une direction toute paternelle préside à leurs travaux : aussi est il rare de voir un ouvrier quitter Wcsscrlingj où trouverait-il, ailleurs, des chefs plus soigneux de leur bien être matériel et moral ?
- La société a fait établir à ses frais
- 1° Une école pour les petits enfants des deux sexes ;
- 2° Une école pour les enfants d’un âge plus avancé, dans laquelle on enseigne l’allemand, le français, le calcul, le dessin, la géographie, l’histoire : cette école fournit d’excellents employés à la fabrique;
- 3° Une caisse d’épargne qui, par l’esprit d’ordre et d’économie qu’elle développe dans les ouvriers, ne leur est pas moins utile qu’elle l’est à l’établissement même.
- Enfin un médecin attaché à la fabrique donne des soins aux malades, et une pharmacie a été mise à sa disposition.
- Cet établissement a obtenu la médaille d’or en 1819 ,
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- et un rappel en 1831 -f le jury le proclame aujourd’hui de plus en plus digne de celle haute distinction.
- MM. Hartmann et fils, à Munster.( Haut-Rhin).
- Les produits de celte importante fabrique ont toujours été au premier rang dans l’estime des consommateurs -, et ils le doivent à la qualité des tissus, au fini de la gra-. yure, au goût des dessins, à la beauté des nuances, surtout des teintes fines, telles que celle du rose, dans laquelle la fabrique de Munster a toujours excellé. Un mérite particulier aux mousselines façonnées, jaconats et organdis imprimés ou écrus,, exposés par cette maison , c’est leur execution par des métiers mécaniques construits originairement pour calicots par M. André Kœchlin et compagnie de Mulhouse, et rendus propres, dans les ateliers de MM. Hartmann, à la confection de ces différents tissus-fins qui, auparavant, n’avaient été produits que par des métiers à bras. Cette innovation a permis de fabriquer plus promptement et plus régulièrement les tissus en même temps qu’elle a amélioré le sort de l’ouvrier tisseur en rendant son travail moins pénible et en élevant son salaire d’un tiers eu sus de celui qu’il gagnait par le tissage a la main.
- Le lissage de cette fabrique se compose de huit cent cinquante métiers mécaniques, mus* ainsi que les machinés préparatoires, par une roue hydraulique et une pompe à vapeur travaillant simultanément et représentant une force totale de soixante chevaux.
- Les ateliers de tissage fournissent annuellement cinquante mille pièces de calicot, percale, jaconas et mous-
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- soline, qui sont împrîniées à l'a main oit mécj\niqüemeht. On a commencé, depuis quelque temps, h tisser et à imprimer sur laine.
- Le nombre des ouvriers employés est d’environ quinze cents.
- Les produits se vendent principalement dans les deux dépôts de Paris et de Lyon, et, par exportation, enBelgique, eu Hollande, èn Allemagne, en Italie, en Espagne et aüx États-Unis d’Amérique.
- Celte maison a obtenu , en 1834, la médaille d’or ; le jury s’empresse de lui en voter le rappel.
- MM.. Dollfus, Mieg ét cie, à Mulhausen (Haut-Rhin).
- Cet établissement est toujours au premier rang dans la fabrication des toiles peintes. Non-seulement son étendue, le nombre des ouvriers qu’il occupe, le font remarquer, mais encore le goût des dessins et des couleurs qui rehaussent l’excellente qualité de ses produits. Les pièces qui étaient à l’exposition ont témoigné de la possibilité dé s’éle-* ver aux plus beaux effets, sans recourir, à des dessins compliqués ou recherchés, ni à la multiplicité des couleurs. Aussi, depuis plusieurs an nées, lesproduits de MM. Dollfus, Mieg et compagnie ont-ils été adoptés par la mode, et là vogue qu’ils ont leur a-t-elle constamment procuré des débouchés considérables dans des moments où leurs rivaux luttaient péniblement contré la crise qui pesait sur l’industrie.
- Le goût et là perfection d’exécution, qüe nous avons déjà signalés, se trouvent ici avec l’importance de la production ; ce double mérite dénote une habile direction et Une administration bien organisée.
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- Les divers établissements de celte maison se composent 1 1° D’une filature de 20,000 broches, mucparune{)Olnpe à vapeurdéla force (le 70 chevaux, produisant 325,000 kih de coton filé ; 1
- 2° D’un tissage mécanique de 300 métiers et de 20 machines à parer, fournissant 2,600,000 aunes métriques de tissus ;
- 3° De 1,500. métiers de tissage à bras j
- 4° D’une blanchisserie qui suffit au blanchiment de 150,000 pièces de toile par an;
- 5° D’une manufacture de toiles peintes, de laquelleilsort; annuellement, 2 millions d’aunes de (issus imprimés.
- Ces établissements occupent 4,200 ouvriers, et consomment 6 millions de kilog. de houille.
- Les produits qu’ils confectionnent se sont vendus en France, en Allemagne, en Italie, en Belgique, en Hollande, en Angleterre, dans le Levant, aux États-Unis d’Amérique et au Mexique.
- MM. Dollfus, Mieg et compagnie ont obtenu la médaille d’or en 1819 , qui leur aété confirmée en 1834 ; le jury, s’empressant (le les reconnaître 3e plus en plus dignes de cette haute récompense, leur en vote le rappel.
- MM. Haussmann, Jordan, Hirn et cîc7 au Logeïbacli (Haut-Rhin). } ^
- , u; Cet établissement se compose d’une -indienncrie proprement dite, datant de 1775, d’un tissage établi.cn 1820, enfin d’une filature de 32,000 broches fondée en 1825.
- Les.impressions à quatre rouleaux, faites à l’aide d’une machine construite par M. Haussmann, des impressions au double, au triple, au quadruple rouleau, faites simulta-
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- némont, témoignent que les propriétaires de ce bel établissement sont toujours animés d’un zèle égal pour perfectionner leurs produits, et qu’ils sont digues du rappel de la médaille d’or. /
- MM. ScHLUMBERGER, KOECHLIN, à Mulliail-sen (Haut-Rliin).
- Lie jury de 1834, endonnantà cetlo maison la médaille d’or, avait signalé la perfection avec laquelle elle exécutait les toiles imprimées pour meubles. Cette supériorité sur ses concurrents de l’Alsace, cette fabrique la conserve encore et personne ne la lui conteste.
- Elle imprime avec un égal succès des tissus de laine pour meubles.
- Ses impressions pour robes sur calicot et sur mousseline-laine ont également une grande réputation. Elle possède une filature fort estimée, qui entretient un tissage de calicots important et recommandable par la force et la régularité des toiles. Elle imprime une partie de ces tissus et vend l’autre pour le blanc.
- Celle fabrique se soutient avec distinction au premier rang des grands établissements de l’Alsace, et le jury lui vote le rappel de la médaille d’or.
- M. Grosjeatv lils, à Mulhausen (Haut-Rhin).
- La perfection des produits sortis de cette maison valut, en 1834, à son chef, M. Grosjcan, la médaille d’or, ainsi que la décoration de la Légion d’honneur. Aujourd’hui, sous la direction de M. Grosjcan fils, elle se soutient honorablement, et le commerce a recherché les mousselines-laines qu’on y imprime depuis 1838.
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- Le ju 17.accorde à cet établissement le rappel de la médaille d’or obtenue par le père de M. Grôsjcan.
- MM. Adrien Jatuis et Jean-Baptiste Japuis, à Claye (Seitie-et-Marne).
- Cet établissement dont la fondation remonteâ 1775, a été, jusqu’en 1836, lesculdcson espèce dans le département de Scine-ct-Marne : toujours dirigé avec une rare intelligence, il présente ce fait remarquable, que tous les travaux y sont exécutés par des femmes au nombre de 300 environ} et, pour apprécier l’influence qu’il a exercée sur le bien-être de plusieurs communes, il suffira de dire que, depuis dix-huit ans environ que l’établissement a pris une nouvelle extension, le prix delà journée agricole, qui était de 60 c., est aujourd’hui, pour ces mêmes femmes, de 1 fr. à 3 fr., suivant leur habileté.
- » j»
- Le caractère essentiel de cette fabrique est dans la perfection des étoffes pour meubles, et ailleurs on n’a jamais dépassé Je degré où l’on y est parvenu pour la pureté et l’éclat des rouges de garance.
- Une indienne destinée aux meubles, à dessins rouges et roses dégradés, sur fond vert, a fixé, cette année, les regards de tous les connaisseurs} et l’emploi qu’on a fait, pour la teindre, de la garance cultivée en Seine-ct-Marnc par M. Baterçau-d’Anet est une preuve de l’excellent esprit qui dirige l’établissement de Claye.
- Le jury rappelle à MM. Japuis la. médaille d’or qu’ils ont obtenue en 1834.
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- MÉDAILLES D’OR.
- MM. Kettinger et fils, à Lescure (Seine-Inférieure).
- Cette fabrique, fondée il y a déjà 80 ans à Bolbec par le père et le grand-père de MM. Kettinger et fils, a été transportée depuis six ans à Lescure, près de Rouen ; elle compte aujourd’hui 250 ouvriers fabriquant annuellement de 35,000 à 40,000 pièces.
- On sait que la fabrication rouennaise des toiles peintes se distingue particulièrement par l’abondance des objets qu’elle confectionne et leur bon marché -, eh bien, le cachet spécial de la fabrication de MM. Kettinger et fils est dans la nouveauté des produits ; dès qu’ils sont imités, ils s’occupent d’en faire de nouveaux. Si là nouveauté les rend un peu plus chers que la plupart des objets analogues de l’industrie rouennaise, cependant le prix n’en est point élevé, si on a égard à la bonne qualité des tissus, à là belle fabrication des fonds et à la réussite des couleurs soit de leurs indiennes, soit dé leurs cravates. Ils excellent surtout dans l’impression des fonds unis, et peuvent défier, sous cerapporty la concurrence de l’Alsace.
- Les nombreux articles faits par MM. Kettinger et fils depuis la dernière exposition^ où ils avaient obtenu une médaille d’argent, a déterminé le jury à leur accorder aujourd’hui une médaille d’or.
- MM. Girard et cic, à Déville (Seine-Inférieure).
- La fabrique de MM. Girard et compagnie est le type de
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- la fabrication rouennaise, lorsqu’on prend en considération les 84,000 pièces qu’elle livre annuellement au commerce et la modicité des prix : car le prix de l’impression, varie de 20 cent, à 60 cent, les 12 décimètres, et cependant les produits sont de bonne qualité, et plusieurs couleurs se font remarquer par leur beauté, entre autres le violet fait à la garance. Enfin M. Girard se livre, avec un zèle digne d’éloge, à appliquer, sur la toile, les préparations de garance queM. Lagier fabrique en grand d’après les indications qu’il a puisées auprès de M, Robiq.uet, un des auteurs de la découverte de l’aiizarine, principe colorant qui, tôt ou lard, nous paraît appelé à jouer un rôle important dans l’impression des tissus.
- Le jury décerne une médaille d’or à MM. Girard' et compagnie.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT,
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- MM. Schlumberger jeune et cie, à Tliann (Haut-Rhin). . ^
- Les produits que MM. Schlumberger jeune et compagnie* ont exposés soutiennent parfaitement la réputation que leur a faite l’exposition précédente.
- Leur variété et leur bonne exécution attestent Ta cou-naissance approfondie de M. Schlumberger dans les diverses branches de; sa profession ; il fait avec un égal succès les impressions sur coton, de tous genres, pour.robes et pojir meubles. * >
- Son établissement peut être cité comme, un modèle de
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- bonne organisation ; toutes les opérations s’y exécutent avec une précision, une régularité et une économie de temps et de main-d’œuvre remarquables.
- Les succès déjà obtenus par celte maison en présagent de plus marquants dans l’avenir.
- Le jury, la trouvant de plus en plus digne de la médaille d’argent qu’elle reçut en 1834, lui en vole le rappel.
- MM . Liebach-Hartmantn: et cUÎ? à Tliann (Haut-Rhin).
- La maison Liebach-Hartmann et compagnie jouit d’une réputation justement acquise par son habileté à imprimer sur calicots, jaconas, mousselines de coton , cl sur les étoffes de soie et de laine. Ses impressions au rouleau sont fort estimées dans le commerce par le fini de la gravure et la beauté des nuances; ses roses surtout peuvent soutenir la comparaison avec tout ce qui se fait de mieux dans ce genre.
- Elle avait obtenu la médaille d’argent en 1834 -, le jury lui en vote le rappel.
- M. Daniel Schlumberger y à Mulliausen (Haut-Rhin).
- Créé en 1807, cet établissement a continué jusqu’ici sous la même raison sociale, mais en prenant de l’extension.
- Il imprime annuellement de quarante à quarante-cinq mille pièces de calicot et jaconas qu’il tire des départements du Haut et du Bas-Rhin. On y trouve une roue hydraulique de quinze chevaux et une machinera vapeur de même force; il occupe de sept cent à sept cent cinquante ouvriers.
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- Les indiennes de celle maison, soit à fond blanc, soit surtout de genres demi-fond et foncé, sont fort goûtées dans le commerce. ' .
- Elle a obtenu la médaille d’argeut en 1819 et son rappel en 1834. Le jury reconnaît qu’elle mérite toujours cette honorable distinction et lui en vole le rappel.
- M. Rondeau-Pouchet (Seine-Inférieure)..
- Celle fabrique réunit à un degré éminent les mérites qui distinguent l’industrie de la Seine-Inférieure : l’im-porlauc'c de la production, l’économie de temps et de main-d’œuvre dans l’exécution et, comme conséquence, le bon marché , aussi ses produits sont vendus aussitôt qu’achevés, sans courir les chances et les frais d’emmagasi-nage.
- Le jury a remarqué, parmi les nombreuses pièces exposées, les mignonnettes, les rongés rouges, les algériennes et les fonds blancs. Toutes ces indiennes, d'une grande variété et d’une exécution très-satisfaisante, se vendent depuis 60 c. jusqu'à 1 fr. l’aune métrique. Avec, des conditions aussi favorables, cette maison trouve un placement facile de ses produits, non-sculemenl dans l’intérieur de la France, mais encore dans les pays étrangers, où ils peuvent: soutenir la concurrence de nos rivaux.
- M. Rondeau avait obtenu, en 1834, la médaille d’argent, il se montre toujours digne de celle honorable distinction, et le jury lui en vote le rappel. <
- M. Pimont aîné, à Rouen ( Seine-Inférieure). ;4 r ;
- Ce fabricant jouit, depuis longues aunées, de la meilleure
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- réputation pour l’impression sur toiles de cotoii, des cravates- et des châles j il réussit parfaitement dans les enluminures, et surtout dans les lapis. . ,
- Il a créé à Rouen les impressions pour'meubles, et il s’est placé au premier rang par la richesse et l'élégance de ses dessins> par l’éclat et la vivacité do ses couleurs. " L’exposition de M. Pimont aîné, si riche et si variée, atteste-les connaissances approfondies qu’il possédé dans sa professionnel confirme l’opinion du commerce, qui le compte parmi les fabricants les plus distingués de la Seine-Inférieure. ; , i .j. ,
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- Il avait obtenu, à ces divers titres, la médaille d’argent en 1834 -, le jury lui en vote le rappel; . ;
- M Pimont (Jean), à Rouen ( Sëine-ïnfé-rieure). ... -.<
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- Gét’ëxposant imprime sur coton et sur laine"des dessins pour’cravatés, châles, robes et meublés. ’ * 1
- Il fabriqué ëgalémehV dés drapV pour lés rouleaux: et pour lès tablés d’impression. . : s '
- Des genres si variés prouvent l’habilete de cet industriel ils lui avaient’Valu la médaille d’àrgén t en 183.4 j le jury lüi en vote le rappel.
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- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT, a i
- M. Néron jeune , à Déville - lès - Rouen (Seine-Inférieure). i ^
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- M. Néron iniprimc non-sculcineril des’cravates et des
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- mouchoirs de coton, mais encore des foulards de l’Inde avec une habileté incontestable. Ses produits,, d?uu bon usage, se; vendent à des prix peu élevés; il est auteur d’un procédé pour lequel il a pris un brevet, et qui est, remarquable par la simplicité avec laquelle il exécute des dessins blancs sur des toiles de coton , et des des^ sins orangés sur des tissus de soie, qui préalablement ont été passés en cuve d’indigo. - j ,
- M‘. Néron obtint une médaille d’argent en 1813; elle fut rappelée en 1827 ainsi qu’en 1834 pour ses impressions sur* foulards de soie ; le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argent, particulièrement pour le procédé précité. ' • i
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MjM. Blech-Fries, à Mulliàuseu ( Haut^
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- Cet établissement comprend une filature dedouze mille sept cents broches, mise en mouvement par une machine à vapeur, dont lë produit est de 150,000 kil. de coton filé par an ; une partie de ces fils font des calicots à l’usage-, d’une manufacture d’indiennes qui produit annuellement vingt-six mille pièces de calicot imprimées et teintes, et six mille cinq cents pièces de..mousseline-daine ,à d’aide d’une machine de trente chevaux, i-i ' i?
- Le nombre des ouvriers-employés dans les deux usines est de huit cent quinze; k .
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- Les produits s’écoulent en France et à l’étranger.
- Le jury, prenant en considération l’habilelc de ces fabricants, la variété et l’iinporlance de leur production, leur décerne une médaille d’argent.
- M. Robert Roulet, à Thann (Haut-Rhin).
- Cette fabrique imprime avec un égal succès sur calicots, mousselines, jaconas et sur mousselines-laine -t elle doit surtout sa réputation à scs impressions au rouleau, que le commerce recherche,comme des types de perfection d’un., genre qui offre tant de produits à la consommation.
- La vogue bien méritée des tisssus imprimés de cette fabrique date déjà de plusieurs années.
- Le jury lui décerne la médaille d’argent.
- M. Japuis (Jean-Marie), à Claye (Seine-et-Marne).
- M. Japuis, ancien associé de MM. Adrien Japuis et Jean-Baptiste Japiÿs, a puisé à cette excellente école les connaissances qu’il met en pratique dans l’établissement qu’il a formé seul. Ses impressions pour robes et pour meubles se recommandent par la richesse et la variété des nuances.- •
- Le jury lui décerne la médaille d’argent. > r • >
- * N
- M. Eugène Bazile , h Bapaufne (Seine-Inférieure).
- M. EugéneBazile, qui, de 1832 à 1835, fut associé avec -MM. Kctlinger et fils, fonda en 1835, à Bapaumc, un établissement où il se livra aux articles de nouveautés, comme le font MM. Kctlinger; en 1838, il établit une
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- blanchisserie à Ma rom me, où il irai le les calicots pour impressions sur une grande échelle ; ces produits sont extrêmement recherchés à cause de la perfection du décreusage.
- D’après ces considérations, le jury décerne une médaille d’argent à M. EugèneIîazilc.
- MM. Hazard frères, à Saint-Aubin-lès-Rouen.
- Ces fabricants impriment sur tissus de coton et sur mousselines en laine pure ou à chaîne de coton. Leurs produits se font remarquer par une excellente exécution dans leur ensemble, qui place les exposants parmi les industriels renommés de la Seine-Inférieure.
- Le jury leur décerne la médaille d’argent.
- MM. André Charvez et Fevez , à Lille ! (Nord).
- Cette fabrique, connue depuis longtemps par sesimpres-sions sur calicots et jaconas, a ajouté à son industrie l’impression sur mousselines-laine. Les succès qu’elle obtient dans ces divers genres ont d’autant plus de mérite pour elle que, loin des grands centres de la production des indiennes, elle est , sous le rapport de la main-d’œuvre, des bons modèles, des procédés et des moyens de fabrication, dans une position moins favorable que sesrivaux ,• en soutenant honorablement leur concurrence, elle fait preuve d’une habileté manufacturière que le jury se plaît à récompenser en lui votant la médaille d’argent.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. Landmann, à Saintë-Marie-aux-Minés (Haut-Rhin).
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- MM. Landmann ayant obtenu à l’exposition de lé3i
- une médaille de bronze pour des cotons teints en rouge turc ,et pour des impressions sur toile, le jury _a pensé que les produits qu’ils ont exposés en 1839 sont dignes du rappel de cette médaille.
- NOUVELLES MÉDAILLES DE BRONZÉ.
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- MM. Hofer frères, à Mulhausen (Haut-Rhin). ; . ;
- Celle fabrique, qüi s’occupe exclusivement de l’impression sur tissus de cbton, excelle par la richesse et la variété de ses nuances dans les tissus enluminés. Sa production est importante. ^
- Le jury lui décerne la médaille de brorize. • s
- . - *
- M. Hofer (Josuë), à Mulhausen (Haut-Rhin),
- <Ce fabricant se livre avec un égal succès à l’impression des tissus de coton et dé lai ne ; il verse annuellement dans le commerce de vingt à trente-cinq mille pièces imprimées, et il occupe de quatre cents à quatre cent cinquante ouvriers.
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- Tl fait preuve de goût et d’habileté dans les différentes sortes d’impressions qu’il, exécute. Le jury lui décerne la médaille de bronze. . ; ,
- M. J.-A. Roechlin ? à Darnetal (Seine-Inférieure).
- Cette maison est connue pour l’impression des indiennes à bon marché, qui cependant sont remarquables par une bonne exécution.
- Son expositionoffredesiridiennes unies, àfond, à double rouleau, au prix de 50 centimes le mètre ; des indiennes avecrentrureetenluminagede80 à 92 cent., qui ne laissent rien à désirer pour la réussite, eu égard aux prix.
- « Le jury lui décerne la médaille de bronze. * ! ;
- M. Bataille, à Rouen (Seine-Inférieure).
- i Ce fabricant se livre exclusivement à l’impression des calicots, des châles et mouchoirs ; les cravates qu’il a exposées, à 7 fr. 50 c. et 8 fr. 50 c. la douzaine, sont remarquables à la fois par leur bonne exécution et leur bon marché. Il fait usage de tables mécaniques à impression, et avec assez d’avantage sur le prix de la main-d’œuvre, pour pouvoir,livrer ses produits à un cours très-favorable, qui en facilite la vente à l'intérieur et à l’étranger.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- Mademoiselle Sophie Dupont et c‘% à Y a-lence (D rôme). ^ '
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- J t \ •• ^ t > *
- Mademoiselle Sophie Dupont a exposé des mouchoirs de toile de lin imprimés en couleurs vives et bièn assorties; elle .occupe une centaine d’ouvriers qui fabriquent annuel-
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- lement plus de dix mille douzaines de mouchoirs imprimés que le commerce recherche extrêmement.
- Le jury décerne une médaille de bronze à mademoiselle Sophie Dupont.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Stackt.er, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Le jury cou firme de nouveau la mention honorable que M. Slackler a obtenue aux expositions de 1827 cl de 1834; il l’encourage à continuer ses essais sur l’application de l’extrait de garance, il doit surtout s’efforcer de faire disparaître la teinte lie de vin que présente la pièce qu’il a exposée.
- M. Dorgebray , à Kingersheini, près Mul-hausen (Haut-Rhin).
- MM. Barbé et cle, au Vieux-Thahn (Haut-Rhin). '
- Ces deux fabricants, dont les établissements sont récents, se livrent exclusivement à l’impression sur calicots. Par la qualité des tissus et l’exécution de l’impression, leurs produits sont intermédiaires entre ceux des premières maisons de l’Alsace et les calicots imprimés, communs, de la Normandie.
- M. Manoury-Lamyj à Bolbec (Seine-Inférieure).
- Ce fabricant imprime sur colon pour meubles dans le
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- genre simple et à bon marché; il se sert de rouleaux et de perrotine : son exécution, très-satisfaisante, est en rapport avec les prix de 80 c. à i fr. 20 c. l’aune métrique.
- M. Lemaiginain, à Bolbec (Seiiie-Ioférieure).
- Lés produits de cette maison se recommandent par le bon marché et la bonne exécution, qui font le mérite des produits de la fabrique de Bolbec.
- IP section. Impressions sur tissus de laine soit pure y soit mélangée de coton ou de soie.
- Le degré de perfection auquel l’art de l’impression sur tissu de laine est parvenu, depuis la dernière exposition, doit arrêter notre attention ; car on ne peut plus douter de' la possibilité de produire sur cette espèce de tissu les mêmes effets que sur ceux de coton, si l’on a regardé avec quelque attention l’ensemble des impressions sur laine, qui étaient un des ornements de l’exposition. L’essor aussi grand que rapide de cet art nouveau, considéré dans sa cause, forme un des beaux chapitres de l’histoire des applications des sciences, et, considéré dans ses effets, il fait pressentir l’immense influence„que celte industrie exercera ün jour sur le pays en restreignant beaucoup l’usage du coton dans toutes les contrées froides ou humides, ou bien encore de température variable. Enfiu cette considération, liée intimement avec celle de l’influence que les toiles de lin doivent exercer par la grande consommation qu’on en fera certainement de plus en plus, à mesure que le prix s’en abaissera, donne à penser qu’un
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- temps viendra où il se passera chez nous, pour le colon, quelque chose d’analogue à ce qui arrive de nos jours au sucre exotique.
- Si, depuis quatre ans, l’impression sur laine a fait tant de progrès, ce serait une erreur de croire qu’il n’y a pas eu de difficultés vaincues : de très-grandes l’ont été mais, pour cela, il a fallu le concours des sciences physico-chimiques, en même temps que l’art de l’indienneur, qui, comme nous l’avons dit, s’est élevé, depuis plusieurs années, à un tel degré, qu’il sera difficile de le dépasser, s’il ne se présente pas quelque circonstance inattendue, S0* a prêté à la nouvelle industrie toutes les lumières de sa vieille expérience. Nous ne croyons point inutile d’entrer à ce sujet dans quelques détails propres à servir de base au jugement du jury, en même temps qu’ils pourront .être de quelque utilité à ceux qui voudraient se livrer avec succès à l’impression des tissus de laine. , .
- Parlons d’abord du principe qui sert de base à l’impression sur laine. Lorsqu'un tissu de cette nature a reçu par impression quelque matière colorée ou susceptible de le devenir, il faut que celle-ci reste invariablement à la place où elle a, été mise, et qu’elle y soit ensuite fixée au moyen de la chaleur. Pour que cette.double condition; soit remplie, la matière imprimée doit être, pendant le fixage, humectée au point de pénétrer légèrement dans l’étoffe, sans s?étendre au delà des endroits où^l’impression a été faite; enfin le degré de chaleur doit être convenable pour que la matière imprimée, abandonnant l’eau d’humectation, puisse s’unir à l’étoffe. On voit donc que le succès dépend d’un juste milieu assez difficile à saisir.
- Une autre cause de difficulté provient du soufre, un
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- des éléments essentiels d’une matière qui est intimement associée à la laine. Ce soufre a* le grave inconvénient d’être susceptible de s’unir à plusieurs matières métalliques qui peuvent se trouver en contact avec la laine, et de donner naissance à des sulfures qui colorent cette étoffe en noir, en brun ou en couleur de rouille : eh bien, cette difficulté ne se rencontre jamais avec la soie et le coton, exempts qu’ils sont de soufre, élémentaire.
- Les sels , et les oxydes de cuivre ne peuvent être frappés par la chaleur, lorsqu’ils sont en contact avec la laine plus, ou moins humectée, sans produire avec elle une couleiir de rouille qui ne se développe pas sur la soie et sur le coton, exempts qu’ils sont de matière sulfurée. s
- Enfin nous ferons remarquer que l’impression sur laine ayant été exécutée, dans l’origine, sur une très petite échelle et parades industriels qui se bornaient a l’impression et au fixage par la vapeur, il en est résulté des accidents de fabrication dont la cause a été longtemps cachée, par la raison surtout que les opérations nécessaires pour confectionner une.étoffe imprimée étaient exercées successivement par des mains indépendantes les unes des autres; il y a donc eu une condition plus favorable de succès à l’époque où ces opérations ont été subordonnées dans un même établissement à une direction unique, comme le sont les opérations auxquelles on soumet les étoffes de coton dans les grandes fabriques d’indiennes ou de toiles peintes.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
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- M. Ci larles Depouilly, à Puteaux (Seine).
- M. Charles Dcpouilly obtint, en 1819, une médaille d’or pour des étoffes de soie variées, et en 1823 le rappel de celle médaille pour des étoffés analogues. Depuis plusieurs années il a fondé, à Puteaux, un grand établissement où l’on exécute toutes les opérations auxquelles sont soumis les tissus de laine et de soie écrus destinés à l’impression. Les produits de cet établissement, de bonne qualité, se font remarquer surtout par l’uni de la teinte des fonds. Enfin la mode est généralement disposée à adopter les fruits de l’imagination active de M. Depouilly : le jury accorde un rappel de médaille d’or à cet industriel.
- MÉDAILLES D’OR.
- MM. Piot, Jourdan frères et cie, à Trois-Villes, près de Cambrai (Nord).
- L’établissement de MM. Piot, Jourdan frères et compagnie, fondé à Trois-Villes, près de Cambrai, à une époque où les salaires des ouvriers occupés au tissage du coton étaient devenus insuffisants pour les faire vivre, eut l’avantage d’améliorer le sort d’une nombreuse population, en même temps qu’il témoigna de. l’excellent esprit des fondateurs qui donnèrent à leur nouvelle industrie les développements nécessaires pour l’élever le plus rapide-
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- ment possible au plus haut point de perfection. Ainsi on exécute dans leur établissement toutes les opérations auxquelles les tissus de laine sont soumis, comme le blanchiment, la teinture en fond quand elle est nécessaire, l’impression et les apprêts. D’un autre côte, si de simples, ouvriers campagnards exécutent ces travaux lpin.de la capitale, les dessins qu’ils retracent par l’impression ont clé créés à grands frais à Paris, centre du goût et de la. mode, et l’on est étonné de la perfection avec laquelle sont reproduits, non-seulement les dessins que l’on fait couramment, mais ceux, encore, qui se composent départies si nombreuses et de couleurs si variées, qu’en les voyant sur des tissus on pourrait méconnaître dans ces derniers la qualité commerciale.
- Des renseignements authentiques prouvent que, du 10 juillet 1837 au 7 juillet 1838, MM. Piot, Jourdan frères et compagnie ont confectionné complètement vingt-deux mille neuf cent quatre-vingt-dix-sept pièces, et que, du 10 juillet 1838 au 7 mai 1839, ils en ont con* feetionné vingt-neuf mille trois cent trente-six.
- Le jury décerne une médaille d’or à MM. Piot, Jourdan, frères et compagnie. , ; , , . ; :
- M. Paul Godefroy, à Saint-Denis (Seine).
- L’établisscmèn t de M. Paul Godefroy est borné à l’impression, et les produits qu’on y confectionne son t loin d’atteindre le chiffre de ceux qui sortent des deux maisons précédentes, puisque la fabrication annuelle de M. Paul Godefroy est limitée de (rois mille à quatre mille pièces, de trois mille à quatre mille châles, de trois mille à quatre mille écharpes et de six mille à dix mille colliers et lichus ; mais tous les produits de sa fabrication, d’une exécution
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- soignée, présentent des couleurs brillantes généralement' bien assorties et fondues quand le sujet le demande; et lés formes qu’elles revêtent ont un relief-remarquable.’ Ces qualités se retrouvent à un haut degré dans un dessin arabe sur fond bleu, ainsi que dans le dessin que M. Paul Godefroy a désigné par la dénomination de forêt vierge.
- Les impressions sur soie sont tout aussi belles que les impressions sur laine. ' — * M
- Le jury décerne une médaille d’or à M. Paul Godefroy.’
- M. -Caron-Langlois fils, à Beauvais (Oise).»
- M. Caron-Langlois se livre'à plusieurs branches d’indùs ' trie. Sa fabrique de tapis de foyer, sés impressions sur drap et sur peluche pour tapis de table, lui valùréht, aui expositions de 1827 et de 1834, deux médaillés d’argent; et, à cettemêmeexposilion de 1834, il reçut encore une médaille d’argetit poùr ses toiles demi-Hollande et sés impressions à double face sur mouchoir dé fil à l’imitation des'foulards. M; Caron-Langlois s’est présenté à'l’exposition de 1839 non-seulement avec des produits du genre de ceux que nous venons de nommer (excepte les toiles demi-Hollande), mais encore avec de nombreuses impressions5 sur.laine'et sur soie, pour robes, manteaux, châles, etc,, genre, d’industrie qu’il a fondé à Beauvais en 1834. Les succès obtenus par un seul homme dans plusieurs sortes de fabrications qu’il a lui-même établies hors du département de la Seine,•l’heureuse influence qu’elles ont eue sur la classe ouvrière, on G déterminé le jury à accorder une médaille d’or à M. Caron- > Langlois; •- :v ;
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- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. T rotry-Latouche, à Paris, et Chaton (Seine^et-Oise).
- M. Trolry-Latouehe dirige toujours le grand établissement,de bonneterie orientale, qui lui valut, en 18*23, une; médaille de bronze, en 1827 une médaille d’argent j enfin, en 1834, le rappel de cette dernière-médaille...,*
- Il a exposé, cette année, non-seulement des produits de cet établissement, mais encore .des étoffes feutrées pour, descentes.d’escalier et pour grands lapis, de pied, qui ont été complètement fabriquées dans un établissement qu’il a' fondé à Chatou (Seine-et-Oise). Ce que ce genre* d’in : dustric présente de spécial, c’est la pénétration profonde dans une étoffe feutrée assez épaisse, pour servir de tapis^ de pied, de; matières colorantes par ta voie de l’impression.. Cetté industrie ne faisant que.de naître,-on-peut espérer que' M. Trolry-La touche lui fera faire les progrès dont elle .paraît susceptible. Il évalue que le mètre 'de scs grands’tapis de pied, suivant la forces et. la qualité; de la laine, .pourra être livré au consommateur de 5 à 10 francs*
- . Le jury rappelle, pour ensemble; des travaux de M. Tro-try-Latouche, la médaille d’argent qu’il obtint en 1834 .s (Voir ce.qui.aétédibàla Bonneterie^ î h - r’.vïi
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- NOUVELLES MÉDAILLES -D’ARGENT.
- M. Thomann, à Puteaux (Seine).
- 11 imprime sur laine, soie et coton, et il teint en pièces. Depuis plusieurs années scs teintures unies sur colon, en bleu d'indigo de cuve, en couleur de rouille, en gris inaltérable préparé par un procédé qui lui est propre, sont renommées dans le commerce. On a distingué, parmi scs impressions, plusieurs petits dessinsd’unc netteté parfaite. Les prix de M. Thomann sont très-modérés, et une des causes de. l’abaissement de ses prix pour l’impression est l’usage raisonné des perrotines qu’il a fait, un des premiers, dans le département de la Seine. Il occupe un grand nombre d’ouvriers. '
- Le jury lui décerne une médailie'd’argcnt.
- M. Léon GodefroYj à Sure nés (Seine).
- Impression sur. étoffes de laine, de laine et soie, de laine et coton, de foulards de soie, de batiste tout fil.
- M. Léon Godefroy s’èst principalement appliqué, comme 31. Thomann, à faire jouir le consommateur d’une réduction de prix assez considérable, par l’emploi des moyens mécaniques. La moyenne du prix de ses façons, depuis deux ans, est dé 60 cent, par aune ; en, 1834 et 1835, elle était de 1 franc 50 cent. Il fabrique de 16,000 à 20,000 pièces.
- Le jury accorde à 31. Léon Godefroy la médaille d’argent.
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- MENTION HONORABLE.
- M. Gomin, à Paris, quai Bourbon, /p*
- Impressionsen or surétoffes de soie de laine et de colon.
- Celle impression consiste à fixer l’or en feuilles sur une matière que l’étoffe a reçue par impression, matière qui a été appliquée én couche excessivement mince et assez flexible cl lenacc pour que l’or, une fois fixé, ne se détache pas, ou que très-difficilement,.du tissu.
- Cette impression pourra être utile aux fabricants de rubans qui ne recherchent pas le relief dans un dessin.
- En accordant à M. Gonin une mention honorable, le jury aime à rappeler qu’il est un de ceux qui ont le plus contribué, par de coustants efforts, à porter la teinture au point où elle est actuellement. Dans sa longue carrière, il a imaginé ou amélioré plusieurs procédés : nous citerons, entre autres, ses roses de cochenille/et son procédé pour blanchir la soie. >
- CITATION. ;
- MM. Làvril et Larsonnïer, à Paris, rue tlu
- ' ’ ' v ‘ j : , \
- Gros-Chenet, 8.
- Impression sur laine, sur soie et sur laine et soie. • Nous citerons favorablement la maison Lavril et Larson nier pour l’ensemble des produits de leur exposition, et la part qu’ils ont eue dans les dessins de leurs étoffes imprimées.
- 21
- T. lit.
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- ///• section. Impressions sur tissus de soie.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. Jean-Louis Durand,, à Saint-Just-sur-Loire (Loire).
- M. Jean-Louis Durand a fondé, il y a une douzaine d’années, un établissement à Saint-Justsur-Loire, qui occupe maintenant de 500 à 600 ouvriers, dont les sept huir tièmes sont du pays et ont été formés par lui.
- Les produits de rétablissement de M. Durand se disr tinguent par la variété, le nombre, la bonne qualité et le bon ^marché y plusieurs sont le résultat de procédés qu’il a
- imaginés. , ...
- Il imprime sur châles de faine y il imprime sur la chaîne de soie, d’après un procédé de son invention, afin de faire à bon marché des châles, des écharpes, des colliers, des rubans. Nous rappelons encore qu’il est auteur d’un moyen de teindre avec places résfervées, qui consiste à comprimer, entre deux cadres de bois, les parties du tissu qui ne doivent pas prendre la couleur du bain de teinture. La fabrique de Saint-Étienne ne pouvant conserver à ses rubans, sur les marchés intérieurs et extérieurs, la vogue de la.mode, sans varier souvent les couleurs et les dessins de ces produits, elle tire un grand avantage du concours d’un teinturier qui sait satisfaire à l’exigence dugoutpour laivariété, en allantsouvent mêmeau-devant : sous ce rapport, elle doit beaucoup à l’exposant.
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- Sï. Durand ayant obtenu une médaille d’argent en 1834, le jury lui décerne une médaille d’or pour l’eilèn-sioiï éclairée qu’il a donnée à sa fabriqué.
- IV* section. Application des matières colorantes par impression eh relief sur étoffe.
- . Afin qu’une étoffe se prèle convenablement à l’impression en relief, elle doit avoir de l’épaisseur et une force suffisante pour conserver les impressions qu’elle recevra. Telle est la raison pour laquelle il n’y a que les étoffes feu-trèes et le velours qui soient réellement susceptibles de prendre des reliefs. Non-seulement celte condition est une limite
- • 1 . , ^ • ; y , J V ’ V «. ‘f
- à la production des étoffes imprimées en relief, mais dusage même qu’on en fait la restreint encore; car elles sont soumises au caprice de la mode, et lorsque celle-ci les re-cherche, leur durée s’oppose à ce qu’elles soient frçquem-
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- ment renouvelées par un même consommateur ; enfin l’emploi raisonné qu’on en fait en limite encore la production en ceci qu’elles ne conviennent que dans les casoù elles ne seront point exposées,à être foulées, ou, si elles le sont, ce ne sera que rarement^ autrement elles pourraient perdre leur relief. Celte industrie est déjà ancienne, car elle remonte à l’année 17$8; en 1815, elle fut transférée à
- Saint-Oucn, chez M. Ternaux, par le fils de l’inventeur Bonvallet, qui, à cette époque, reçut une médaille d’argent dé la Société d’encouràgémént. Quoique plus ancienne que l’impression sur tissu mince fixée par la vapeur, elle est loin d’àVqii\pris la même extension, soit relativement au nombre dès personnes qui l’exercent, soit relativement à
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- la grandeur des établissements ; les considérations précédentes en expliquent suffisamment la raison.
- Les étoffes imprimées en relief, qui ont été exposées cette année, laissaient, en général, à désirer sous le rapport du dessin, et surtout sous celui des couleurs. Il ne faut jamais oublier que des étoffes épaisses sont rarement d’un effet agréable, lorsque les dessins qu’elles présentent en relief n’ônt pas une certaine proportion entre leurs parties, et que les couleurs y sont nombreuses et vivement contrastées. Les efforts que l’on a tentés pour se rapprocher des dessins variés et vivement colorés des étoffes à impressions fixées par la vapeur ne nous semblent point heureux, quelles que soient les difficultés vaincues. On a pu se convaincre en regardant deux tapis à dessins noirs en relief, sur fond bleu de Prusse, qui avaient été exposés par MM. Merle, Malartic et Poncet, qu’on atteint le but en ne recourant qu’à une seule couleur. Onpeut encore rester dans le beau en faisan l des dessins d’une seule couleur dégradée ou meme nuancée; mais, nous te répétons, les contrastes de couleurs vives neconviennentpasàce genre d’impressions.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Bonvallet et c!°, à Batignolles-Mon-ceanx.
- M. Bonvallct, petit-fils de l’inventeur, a exposé plusieurs pièces remarquables, parmi lesquelles on distinguait des velours d’Ulrcchtet des velours de soie. Lespreiniers.se recommandent parla solidité du tissu, l’éclat de la couleur et
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- le prix modéré de la façon, tandis que le prix élevé des seconds les classe parmi les étoffes de luxe. Ces deux sortes de velours ont été imprimées pour la première fois dans les ateliers de M. Bonvallet.
- Le jury lui accorde une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
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- M. Lhotel, à Paris, rue Sainte-Foix, 8.
- Les étoffes de M. Lhotel sont bien exécutées, elles soutiennent la réputation qu’il s’est faite âla dernière exposition de 1834, où il obtint une médaille de bronze. Par un senljment qui l’honorc, il reconnaît la part qu’un graveur, M. Larant, a eue dans l’exécution de plusieurs ouvrages qui ont joui de la faveur de la mode. En effet, M Larant, au moyen d’une gravure ciselée en cuiVre, donne aux dessins en relief un modelé qu’ils n’auraient pas sans cela'.'
- Le jury décerne une nouvelle médaille de bronze à M. Lhotel. • - ; ; '
- M. Carre, rue Simon-le-Franc, à Paris.
- Impression en relief modelé.
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- Il a le grand avantage d’être lui-même ^graveur sur métaux, de sorte qu’il est dans la condition la plus favorable pour bien exécuter le relief modelé que l’on a remarqué pour là première fois dans les tapis de M.' Lhotel. M. Carré comménce sa carrière.d’imprimeur par exécuter des dessins très-remarquables ; nul doute que son établis-
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- sement ne prenne plus d’importance qu’il n’en a aujourd’hui.
- Le jury accordé une médaille de bronze à M. Carré.
- MM. Fanfernot et Dûeac , à Belleville (Seine).
- Impression en relief sur étoffes et fabrique de tapis.
- La fabrique de MM. Fanfernot ét Dulac est une des plus considérables de Paris. Ils succèdent à M. Lucian, qui, à l’exposition de 1834> obtint une médaille de bronze.
- Le jury décerne une médaille de bronze à MM. Fanfernot et Dulac.
- MENTION HONORABLE.
- M. RHEiNS.et elc, à Paris, rue Saint-Martin,
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- Impression en relief sur, étoffe et fabrique de calottes grecques. \ \ ,
- L’établissement de, M. Rheins est . assez considérable. Le jury lui accorde une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. Morand, à Paris, rue Bàillët, 3.
- Impression en relief sur! étoffes et articles divers de fantaisie, sacs, cabas, tapis, etc. c
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- IVe DIVISION. REPARATION DES TISSUS GÂTÉS PAR L’USAGE.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M."Klein, teinturier, à Paris, rue Saînt-Honoré, 36i. Remise à neuf des vieux cllâles.. >,.V ->-V':. - o*
- MV Kl ei nteinturiér-âpprê teiar, à troiivé une excéïién te rôserveau moyen de laquelle il peut., en teignant le fond des vieux châles de cachemire^ préserver les palmes et les bordures de l’action’dü bain colorant, une fois que dès parties du châle ont été couvertes de sa réserve* par le raison qu’elle est aussi inattaquable à la température d’un bain bouillant delà part des mordants, des acides, de l’eau de savon, d’une eau alcaline que J’étoffe elle-même, enfin
- ^ ^1, ^ ^ -i t.
- qu’elle est facile à séparer du châle retiré du bain de teinture et refroidi. ,
- Là Société' d’encouragement, après avoir fait constater par unec commission les bons effe ts s dé la réservé de M. Klein, adécernéàson auteurune médaille d’argent en juillet 1837.
- M- Klein a reteint une cinquantaine de châles de cachemire par son procédé ; il prend de 120 à f'ôOrr.J '
- Il occupe ùiié trentaine d’ouvriers dkns son’ àtèlier de teinture et d’apprêt ) c’est un teinturier habilë'et soigneux.
- ’ Le jûrydui décerne une médaille d’a'rgent.! ‘'l ‘1
- '“Nous'donnons là recette du procède, qtié M. Klein nous9 à^remise ^généreusement pour la rendre publiquè. "«Délayer', dâfts une partie d’albumine,4 die iâ craie en
- r jt i,\ ;; ; " f 1 ' \ • T / 1 ’ 1 'v A1.» I i : ^ * J v. j. ( ï \ i i *'7 • À
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- quantité suffisante pour que je tout forme une pâte ferme ; y ajouter une dissolution de gomme arabique qui aura dû être préparée d’avance dans la proportion de 5 hect. pour 1/2 litre d’eau. La quantité de dissolution de gomme à ajouter à celle pâte doit être environ de la moitié du volume de l’albumine. »
- « Lorsque le tout sera délayé, y ajouter de l’eau jusqu’à ce que l’on ait donné à, la réserve la consistance voulue (à peu près celle de la peiuture à l’huile). »
- « On applique celte réserve au pinceau; en peu d’instants elle est sèche : pour obtenir une réserve complète sur une partie brochée, il faut en mettre des deux côtés de l’étoffe. » « L’enlevage de la réserve s’obtient en lavant l’étoffe à grande eau et en frottant légèrement entre les mains les parties réservées. »
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Diër, tailleur, à Paris, rue Saint-Honoré, 129. Remise à neuf des vieux
- habits.
- M. Dier a une habileté vraiment remarquable pour remettre à neuf les vieux habits ; un grand nombre de personnes connues lui en ont fait faire plusieurs fois l’expé rience, et leur étonnement a toujours été extrême en comparant le drap remis à neuf avec ce qu’il était auparavant. M. Dior conserve les couleurs, et il assure donner de la solidité au bleu d’indigo des draps qui blanchissent à l’usage; enfin il prétend que les vers ne se mettent plus
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- dans les draps soumis à son procédé. Il prend de 20 à 25 fr. pour remettre à neuf un vieil habit. ' i
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Dier.
- MENTION HONORABLE.
- M. Frick, teinturier-dégraisseur, à Paris,
- rue de la Paix, 9, et rue Saiut-Merry, 10.
- M. Frick mérite bien une mention honorable par le soin qu’il met à nettoyer les tissus les plus précieux, tels que les vieilles tapisseries des Gobelins et de Beauvais, les étoffes de soie à bouquets sur fond blanc, etc., etc. r '
- - ' ' CITATIONS.
- * / * ' ,
- , ’ " • A . / 0 -,
- Madame Lepaige (nee Clerc), à Paris, cour du PaIais-de-J11 si ice, 16. , ü ;, ^
- Blanchissage des blondes et dentelles. : . :
- Madame Picot, à Paris, rue et carré Saiot-Martin j 291. aa ;;
- Nettoyage des soieries, crêpes de Chine j cachemires, mousselines de laine et toute espèce d’étoffes. '
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- Ve DIVISION. APPRÊT HYDROFUGE DES
- TISSUS.
- MENTION HONORABLE.
- Société de Papprêt hydrofuge.
- Les étoffes que la société hydrofuge a exposées consistent en une pièce de drap, des coupons de diverses couleurs et quelques habillements rendus imperméables par un procédé de l’invention de M. Jean-Pierre Becker.
- Les étoffes préparées ne diffèrent guère par l’aspect de celles qui ne. l’ont pas été; cependant elles sont sensiblement moins souples que ces dernières, et, le draj? écarlate a perdu quelque chose de son feu. Des rapports que nous avons sous les yeux du colonel du 16e régiment léger, du colonel du 53e, du colonel du 1er régiment de lanciers, s’accordent à dire que quelques soldats de leurs régiments respectifs, auxquels on a donné des vêtements rendus im-
- perméables par M. Becker, se, sont très-bien trouvés de leur usage; deux soldats les ont'porlés pendant huit mois^ souvent ils ont été exposés à la pluie, et dans tous lés cas ils ont préféré le drap apprêté au drap ordinaire. Le général d’Houdelot, après une expérience d’une année au
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- moins faite par lui-même, témoigne du mêmé fait dans
- une lettre uu’il a écrite à M. Becker.
- D’après ces renseignements, le jury accorde à la société hydrofuge une mention honorable.
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- VI* DIVISION; PAPIERS PEINTS
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- Ir* SOUSrDlVISION. PAPIERS PEINTS pour tenture.
- S’il serait difficile de prouver que, depuis la dèrniére exposition, la ..fabrication des papiers peints pour tenture a fait des progrès, par suite de l’invention de quelques prôr cédés nouveaux de fabrication, ou du perfectionnement apporté soit àla préparation, soit à l’emploi des matières colorées qu’on applique sur lé papier, il est incontestable que la moyenne de là fabrication s’est perfectionnée, et qu’une baisse notable dans lés prix a' eu lieu pour les papiers même les plus soignés.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM. ZiUbér et cie, à
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- M. 3. Zuber, qui a eu tant d’influence sur les progrès de l’art de fabriquer les papiers pour tenture, a expose un décor remarquable par l’excellent goût du dessin et 'de r-l’harmonie des-couleurs ; il a tous lès droits possibles au . rappel de la médaille d’or qui lui fût décernée à.l’exposition " de 1834. •' ^
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- RAPPEL DE MEDAILLE D’ARGENT.
- M. Jean-Pierre Cartulat-Simon, à Paris, rue de la Chaussée-d’Antin, 3.
- Le jury, après avoir examiné les papiers de M. Carlùlât, se borné à rappeler qu’en 1831 il obtint une médaille d’argent;
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- Madame veuve Mader et fils aîné, à Paris, rue de Montreuil, i, faubourg Saint-Antoine. ; ,
- De trois décors exposés par cette maison, deux se sont fait remarquer par la pureté des dessins, le choix des couleurs et l’effet général de la composition ; le troisième nous a paru moins heureux à cause de, la crudité du roüge et du blanc. Madame veuve Mader a présenté encôré une rosàce; pour plafond,- d’une bonne exécution ; elle fabrique toujours des papiers imitant les bois d’ébénisterie, qui,ont été signalés par le jury de,18.34- -,::m . > :
- , Madame veuve Mader s’est montrée digne d’une nou-s velle médaille d’argent.
- M. Étienne Délicourt et c,e, à Paris, rue de Charenton, iz5 ter.
- L’exposition de M. E. Délicourt est très-variée : nous y
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- avons particulièrement distingué un décor composé de plusieurs panneaux, qui a clé extrêmement recherché par le commerce; des papiers imitant fidèlement les étoffes les plus riches cl les bois d’ébénistçric avec incrustations ; deux devants de cheminée en grisaille à la manière anglaise. Nous avons été frappés du bel effet de l’un d’eux, la dîme à Ï slbbaye, en même temps que nous avons été étonnés de la modicité de son prix (4 f. 50 c.). Cette maison, qui n’existe que depuis quelques années, se place, dès son début, assez haut pour mériter la médaille d’argent que le jury lui accorde.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. Lapeyre et cie, à Paris, rue Beau-veau, 10.
- Cette maison a exposé, quatre panneaux d’un décor, dit style de la renaissance, qui présente dans un fond cramoisi des ornements où la cbuleur de bois contraste avec le bleu; un plafond dans le genre des peintures d’Hercu-lanum, des papiers imitant le cachemire, des devants de cheminée, etc.
- Si les papiers peints de M. Lapeyre. laissent quelque chose à désirer sous le rapport de l’harmonie des couleurs et des sujets même, leur bonne exécution détermine le jury à lui décerner une médaille de bronze.
- M. François-Louis Bonnot, à Paris, rue Bèautreillis, 4> et riieNeuve-Saint-Paul, 3.
- Les papiers de toute dimension imitant les agates, les
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- marbres et les bois, queM. Bonnot fabrique, sont peints à la main ; l’exécution en est bonne et l’effet agréable, La toise superficielle coûte de 1 fr. à 3 fr.
- Le jury accordé une médaille de bronze à M. Bonnot.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Louis Faÿen et cie (Isère).
- M. Louis Fàyen a fondé celte fabrique à ,Grenoble, dans les premiers jours de l’année 1838. Les papiers communs de 75 cent, à 1 fr. le rouleau sont préférables à ceux d’un prix élevé.
- M. Dandrieu, à Paris, place Saint-Michel, 8.
- Papiers marbrés peints à la main et pouvant se laver, à 5 fr. le rouleau.
- Cette fabrication ne fait que de naître >
- IIe SOUS-DIVISION. PAPIERS PEINTS fcOUR USAGES DIVERS.
- T MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Jean-Baptiste Prevost-Wenzel, à Paris,, rite Saint-Denis, 244? et passage Bourg-
- l’AKbé. -
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- Papiers en feuille et étoffes de couleur pour fleuristes et cartonniers.
- | Les produits de celle fabrique ayant toutes les qualités désirables dans leur espèce, le jury décerne une médaille de bronze à M. J .-B. Prevost-Wenzel.
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- MENTION HONORABLE.
- M. Girault de Saint-Farge^ud, à Paris, rue Saint-Guillaume, 20.
- M. Girault a exposé des papiers qui sont imprimés a la presse en taille-douce, de manière que d’un même coup on peut imprimer des gravures du plus grand fini avec des dessins de plusieurs couleurs ; les couleurs imprimées sont à l’huile et pèchent un peu par l’éclat; le papier auquel on les incorpore éprouvant une forte pression, il en résulte, suivant M. Girault, qu’il acquiert, par là, la propriété d’être imperméable à l’eau ; enfin M. Girault pense qu’en imprimant par son procédé les deux faces d’une feuille de papier il rendra celle-ci extrêmement propre à, la fabri-: cation des cartonnages solides et particulièrement à la reliure des livres.
- L’établissement deM.. Girault étant à sa naissance, nous ne pouvons que l’engager à continuer des. essais qui sont dignes assurément d’une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Gauss (J.-M.), à Colmar (Haut-Rhin).
- Papiers marbrés pour la reliure des livres.
- M. Clanceau, à Paris, faubourg Saint-Antoine, 128.
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- M. Clanceau a exposé des papiers peints collés sur étain et des impressions faites immédiatement sur des feuilles de ce métal. Le mètre carré du premier coûte 3 fr., et le
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- mètre carre du second 7 fr. M. Clanccau pense que les fouilles d’étain une fois appliquées, sur un mur humide empêcheront cette humidité de se répandre dans les intérieurs des,maisons ; cela peut être vrai, niais celte fabrication est trop récente pour que le jury puisse apprécier la valeur de celte tenture métallique dans l’usage général,
- NON-EXPOSANTS.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Bailly, contre-maître teinturier chez M. Vidalin de Lyon.
- Le jury du département du Rhône ayant recommandé au jury central M. Bailly, pour avoir coopéré aux travaux par lesquels M. Vidalin a perfectionné la teinture, particulièrement celle des étoffes de laine mélangées de soie, ainsi que l’art des apprêts, le jury central lui a décerné une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. Krug , contre-maître teinturier chez M. Paul Godefroy.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Krug, qui est signalé par M. Paul Godefroy comme un homme très-intelligent et toujours disposé à communiquer à ceux qui le consultent les notions qu’une pratique éclairée de son art lui a fait acquérir.
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- DEUXIÈME PARTIE.
- PAPETERIE, PEAUX ET CUIRS. M. Dumas, rapporteur.
- § ltl. PAPETERIE.
- Considéra lions généra les.
- La fabrication du papier a subi, depuis quelques années; une transformation presque complète. Le blanchiment du chiffon par le chlore s’est introduit successivement dans toutes les fabriques, et a remplacé partout les moyens de blanchiment plus lents et bien moins énergiques, auxquels on avait recours autrefois. Le collage dé la pâte, au moyen d’un savon résino-alumiueux et de la fécule, s’est substitué, pour la plupart des papiers, au collage à là gélatine qui s’opère sur les feuilles déjà faites, et qui entraîné une main-d’œuvre considérable. Enfin on sait que la fabrication lente du papier à la forme a fait place,,en général, à l’emploi dès belles machines qui produisent lerpapier continu. •' > : iu't
- - Cependant cette invasion rapide des procédés chimiques et mécaniques, dans une industrie formée à d'autres mé-. lliodcs par une pratique très ancienne, n’a pas pu répondre de suite à toutes les nécessités de la consommation. Le papier à la formé, battu sur presque tous les points, s’est ré-T. m. 22
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- fugié dans quelques spécialités où, jusqu’ici, il conserve une incontestable supériorité.
- Ou peut donc trouver dans le cbmmcrce deux sortes de papiers :
- 1° Le papier à'la mécanique, collé à l’aide (l’un savon résino-alumineux et de la fécule -,
- 2° Le papier à la main, collé à l’aide de la gélatine et de l’alun.
- Le premier se recommande par son homogénéité, son bas prix et la perfection de son collage.
- Le second se fait remarquer par sa ténacité, sa résistance aux agents de destruction, et par l’expérience séculaire qui en garantit la durée.
- Il est bon que ces deux systèmes de fabrication demeurent en présence quelque temps, encore.. Le papier méca-nique:, par son bas prix, oblige le papier à la forme à chercher des moyens de fabrication qui le rapprochent de son rival. Le papier à la forme, à son tour, offre aux papeteries mécaniques un ty,pe dont elles doivent toujours chercher à se rapprocher sous le rapport de la ténacité, de la résistance et de la durée. , . .
- Les méthodes de fabrication nouvelles atteignent rarement du premier coup toute leur perfection ; leur énergie mêmeidevient une source d’erreurs ou d’abus; Il devait en être ainsi des procédés, nouvellement appliqués à la fabrication du papier ^ et qui, par leur adoption presque univers selle, exigent de notre part une sérieuse attention. ;M .<
- Ainsi , rien de plus commode, sans doute, que le blanchiment par; le chlore -, mais aussi rien de plus capable de détruire la.ténacité du papier, quand l’application en est faite sans prudence. Beaucoup de nos fabriques sont encore loin d’élrc.irréprochables à cet égard, et livrent au com-
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- mcrce des papiers qui exhalent l’odeur du chlore, c’est-à-dire dés papiers qui portent èn eux-mênies un germé dé dèslructibn énergique qu’un lavage plus parfait attrait'fait disparaître. L’éssai par la teinture de tournesol, déjà familier aux im‘primêürs4ithographës> restreindra éet abus , quand il sera plus répandu et quand tous lès consommateurs dé papier seron t bien convaincus que des papiers retenant du chlore sont dës papiers mai lavés, dont la cohérence se détruira d’elle-même àu bout de peu de temps. ‘
- Mais, tout ,ën lavant très-bien la pâte de ses papiers, une fabrique peut encore.abuser dû ehloré, quand elle fait dé cét agent énergique un usage mal raisonné. Aiusi , lorsque lé blanchiment se fait àù moyen du chlofe gazéux, dans dès caisses ou le chiffon trituré est entassé en plaques hti-inides, on peut affirmer qùé la partie supérieure des tas étt blanchiment est complètement énervée, âvaiit que les couches inférieures soient pénétrées dë chjorë à leur tour. Le fabricant 4e papier qui emploie lé chlore gazéux doit chercher par tous lës moyens possibles à modérer son action. En général, celle opération se fait trop vite, sur de trop grandes masses à la fois, avec du chloré trop pur, et On â tort de n’y point appliquer le principe de distribution méthodique qui doit présider à la disposition dés appareils usités pour mettre en présence deux agents destinés à s’épuiser réciproquement.
- Lé problème à résoudre pour le blanchiment dü papier, né lé perdons pàs de vue, ne consiste pas uniquement à fàirè dUpapier trës-blahc, mais à le faire blanc, en lui cbnsërvant toute sa ténacité.
- Bien que le collage dupapier paraisse ùne opération simple dans son but, elle demande,aussi quelques réflexions de la part du fabricant. Le collage a poür objet d’empêcher
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- l’encre de pénétrer dans le papier d’une manière trop facile; mais il ne doit pas être poussé au point d’empêcher tout à fait cette pénétration. Trop faible, le collage laisse l’encre s’étendre par capillarité autour du trait formé par
- la plume, et celui-ci se trouve dénaturé ; trop fort, le co,l-lagc arrête l’encre à la surface du papier, et un simple la^ vage à Peau peut effacer les traits de l’écriture, ce'qui rend les faux d’une extrême facilité.
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- Il faut que l’encre pénètre le papier, et qu’elle 11e le pénètre pourtant pas trop aisément. Un bon collage constitue donc l’un des mérites les plus essentiels du papier, l’un des plus délicats à obtenir; et, quoique le nouveau procédé de
- collage en pâle soit généralement connu , rien n’est plus
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- tnégal que le résultat qu’il fournit entre les mains des,divers fabricants qui l’emploient. ' . ; ; /]
- Une dernière observation se présente, quand on examine l’état actuel de la fabrication du papier : elle est grave. On a reconnu que le papier destiné au tirage des dessins recevait certains mérites de l’introduction d’une faible pro^
- portion de matières minérales. On est parti de là .pour mettre, dans la pâle du papier, des substances minérales blanches, du plâtre en quantité considérable. Celles-ci rendent le papier moins tenace, plus perméable à l’air, plus accessible à l’humidité atmosphérique, en un mol plus propre à subir une destruction spontanée. C’est une pratique qui doit cire proscrite, et il serait à désirer que, dans tous les marchés'importants, on prît soin d’imposer, au,fabricant de papier des conditions formelles à cet égard, cl qu’on lui prescrivît de fournir des papiers exempts de ces matières minérales blanches que la fraude y introduit. .
- Il serait à désirer que les administrations publiques/,les ministères, l’imprimerie royale, etc., donnassent à cet
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- égard un salutaire exemple. Les papiers présentés aux soumissions ouvertes par ces établissements devraient tous être jugés par des chimistes avant.d’ôlra admis j et on de-yrait prohiber sans pitié tout papier contenant du chlore libre, ce qui annonce'une fabrication imparfaite, et tout papier renfermant du plâtre ou des matières analogues, ce qui est Pi ndicc d’une véritable fraude.
- Ces réflexions expliquent comment il se fait, que les procédés nouveaux, eu abaissant le-prix du papier, en lui donnant une blancheur, un éclat qu’il n’offrait jamais autrefois, ont eu néanmoins l’immense inconvénient,d’intro-duirè, dans la consommation, des papiers si peu durables,, qu’on ne peut s’empêcher de regretter que nos lijrçs actuels s’impriment sur,une matière aussi inférieure, sous ce rapport, aux papiers à la forme qu’elle a remplacés.
- Faire un papier d’impression,solide,, à bon marché et d’un tou '.convenable, c’est} un problème à résoudre et l’un des plus importants que l’industrie du papier .puisse se proposer. s j -, - , _,r .... . . ..
- - En résumé, si la fabrication ,du papier mécanique s’est emparée de la., consommation presque, entière par üue production belle et à bon marché, il faut maintenant qu’elle s’applique à produire des,papiers ^tenaces,. nerveux et durables, tout en conservant les qualités qui .lui sont propres.
- Quant à la fabrication du papier à la main, elle doit plus que jamais s’attacher à conserver a ses produits les qualités solides qui leur assurent la préférence .pour certains usages. Pour elle, le blanchiment au chlore doit être conduit avec la plus grande, circonspection1,ié^côllagê fait avec un soin extrême et- la fabrication surveillée d’une manière très-attentive, car ses moindres défauts s’exagèrent
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- par lai comparaison âvÇç le papier mécanique, toujours plus régulier, ' ' ‘ '
- Parmi le§ trente fabricants qui pnt envoyé des papiers à i^éxpositibü, il eh est béâtiéoUp qui font du papier mécanique ; les papiers à la main sont peu nombreux.
- Mais, en dehors de ces deux systèmes de fabrication, l’exposition est riche éh produits qüi intéressent l'industrie du papier, ce sont des* essais faits dans le but de remplacer le chiffon par d’autres matières $ ces essais révèlent là pènuriè dé chiffons toujours crpissahte pour les pays cônime le nôtre, où la consommation du papier augmenté tous les jours, par l’effet naturel dè la liberté de là presse et par la rapidité avec laquelle l’instrùctioü élémentaire se répand, grâces à nos nouvelles institutions, dans lés parties de la population qui en étaient privées jusqu’ici.
- Le jury à donc eu a cxatiiiner des papiers à la mécanique,1 des, papiers à la forme et des matières propres à remplacer le chiffon. Lés considérations qui précèdent feront comprendre que son rôle consistait à démêler, parmi lès produits ^qui étaient soumis à sôn examen, ceux qui joignaient aux qualités extériéüres les taérites plus cachés qu’tin éXaraen approfondi peut seul révéler et qui sont à là fois ün gage de durée pour le papier et une conséquence de sa bonne fabrication.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- Société, anonyme dos papeteries du Marais îjj etjde> Sainfe^Marie (Seine:et-Marne)5 tlë-pot à Paris j rué (Christine, 5* "»»*>>.f :
- tjëitê"Vâstè entreprise à aû|mehté sés moyens dé pro*
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- duction depuis la dernière Exposition ralors elle possédait trois machines, aujourd’hui elle en a cinq en activité,; en outre, elle est pourvue de plusieurs cuves propres à fabriquer des papiers à la main pour des besoins spéciaux J n Les papiers que cette société livre au commerce, ceux qu’elle a exposés, la placent toujours aux premiers rangs et la rendent toujours digne de la médaille d’or qui lui fut décernée en 1834* î;v i, m
- Société anonyme‘d’Ectiarcon près Mennecÿ (Seine-et-Oise) déppt. à Paris, • rue . dû Mail, 29. • -'-f 4
- ” Cette belle usine, qui livre au cômmerce500 à 600,000 kilog. de papier par'an, a'perfectionné ses :moyens d’apprêt depuis 1834, et, tout en suivant-la baisse des1 prix; a trouvé le moyen d’améliorer sa fabrication sur tous1 les points. V '' ; '' ! *"•’ l>ti h
- On lui doit d’heureux essais pour la fabrication dii pa-
- ? * * # i \ % * r ,* y ^
- pier de Chine.’ Il est à regretter qu’elle n’âit pas livré au commerce les produits qu’elle’a obtenus en ce genre à l'occasion du concours ouvert par la Société"d’encouragé-
- Elle fabriqùe un papier d’enteloppe imperméable et à bas prix; Ellè fait du pajîier dé varech, du papier de bois-
- elle a sôümis à des essais réguliers toutes lés matières anï-
- * “ . ~ *
- males à1 bas prix, la tourbe le goudron, et elle est1 en itfesuré de /fabriquer les papiers les/plus variés par leur moyen. 1,: '
- La Société d’Echarcoiï, tout" en.maintenant sori’ràhg parmi lés premières papeteries de la'Frànce pour la fabrication des papiers de consommation, se prépare/cdmmé oii toit, déSressôürcés £>oü? des cas imprévüs'pàr Une étude
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- savante el approfondie dos moyens que l’art peut s’appror
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- prier.
- Elle nous parait plus que jamais digne de la.médaille d’or qui lui fut décernée en 1834.
- M. Montcolfjer, à Àrmonay (ArJèclie).
- M; Montgolfier possède d<ux usines importantes à Aiir nonày, celle de Sainl-Marcel-Iès-Annonay et celle de Grosr bçrty-lès-Anuonay. En outre, il est un des propriétaires de la fabrique de papier établie à Saint-Maur, près Paris, pour la fabrication des papiers communs.
- Les papiers que M. Mon tgolfier a exposés sont ceux de ses fabriques d’Annonay, qui produisent 1,000,000 de hilogr., et où se trouvent réunis le travail des machines continues el celui des cuves à la main. Les papiers les plus variés se trouvent donc réunis dans les produits de ces deux fabriques, depuis les plus beaux papiers pour dessins jusqu’aux rouleaux de tenture les plus ordinaires.
- Parmi les produits de M. Mon tgolfier, le jury a remarr que ses papiers à calquer, objet d’une exportation importante, et préférés en France à tous les papiers analogues ; les papiers de couleur à la main, dans lesquels les artistes trouvent les tons chauds, variés et gradués qu’exige la composition d’un album ou l’encadrement d’une estampe ; Jes papiers de couleur à la machine, qui embrassent une cinquantaine de teintes d’une fabrication très-distinguée j enfin les cartons superfins collés et sans colle, et les cartons de couleur, produit nouveau d’une fabrication diffi-cile ct déjà fort employé pour .cartes d’adresse, billets, cartonnage, où ils remplacent un carton formé de feuilles superposées.
- pans la fabrication de ses papiers blancs à la main ou, à
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- la machine, M. Montgolfier se montre digne de son nom el de sa réputation par la beauté de ses produits, leur bonne fabrication, et par l’importance de ses opérations.
- Le jury,, à tous ces titres, juge que M. Montgolfier mérite de plus en plus la médaille d’or qui lui fut décernée en 1801.
- NOUVELLES MÉDAILLES D’OR.
- MM.’ Blanchet frères, et Kléber de Rives ' (Isère
- La fabrique de Rives est depuis, longtemps renommée pour ses papiers à la main j elle date du seizième siècle, et possède aujourd’hui encore cinq cuves à la main, d’où sortent des papiers d’une qualité, tellement supérieure pour registres, que pendant longtemps MM. Blanchet frères,-sont demeurés sans rivaux, et qu’aujourd’hùi encore ils,., occupent, sous ce rapport, le premier, rang. MM. Blanchet n’ont pas voulu se borner néanmoins au genre de fabrication qu'ils exploitaient dès,longtemps avec tant de succès, et ils ont ajouté àJoursL cuves. à la main deux machines à papier continu qui lcurpermetlcnt.d’of-frir au commerce des papiers de tout genre.
- .. Ils occupent.300 ouvriers, consomment 500,00.0 kilog. de chiffons, et produisent à peu près pour 800,000 francs de papier.
- .La,fabrique de Rives a surtout fixé l’attention du jury, par la production de ses papiers à {a.main,.qui non-seule-mcnt, se répaudent dans toute la France, mais qui s’exportent, en outre, dans toutes les parties de l’Europe. Les
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- registres du commerce sont presque tous faits avec du papier de Rives. .
- En 1823, celte fabrique obtint une médaille de bronze ; en 1827, elle n’exposa pas; en 1834, elle fut jugée digne de la médaille d’argent. /
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- Depuis cette époque, la fabrique de Rives a fait de constants efforts pour maintenir sa supériorité. Ses papiers à registres sont plus blancs, sans être moins solides. Il y a eu progrès pour la blancheur, mais ce progrès a été ce qu’il devait être, c’est-à-dire scrupuleux à l’excès, car la première condition à observer dans la fabrication de cette sorte de papier, c’est de lui conserver sa résistance entière.
- Le collage des papiers de Rives peut servir de modèle comme collage à la gélatine. Quant à la fabrication elle est exécutée avec une attention et des soins qui ne laissent rien a désirer.
- MM. Blançhet frères se placent au premier rang dans leur spécialité; cette spécialité est importante, car il s’agit ici de papiers solides, durables, d’une nécessité absolue pour la conservation/des transactions commerciales, et dont une expérience universelle ét de chaque jour contrôle et vérifie les qualités. » ’*• .
- MM. Blançhet frères ont su conserver leur industrie au milieu du mouvement de rénovation qui vient de bouleverser toute la fabrication du papier. S’ils ont modifié leuès procédés, c’est avec une telle réserve et un tel succès qu’ils sont demeurés en possession de fabriquer un papier digne d’être présenté comme le type du papier solide et durable, qu’il serait à désirer de voir produire à bon marché, au moyen'dés machines continues. ! ' ‘
- Lé jury central décerné une médaille d’or a MM. Blan-chet frëi'és pour leur papier à la forme. '
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- MM. L;ACRôtx/fères et GoËtJRî, à Âiigôûlènié tiàrënte); depot, rue Dauphine,, »o. ,
- Ètt 1834,/ MM. Lacroix frères et Laroche avaient exposé des papiers à la formé bien glacés'èt avaient, "à cé titre , obtenu * une médaille dé bronzé; Aujourd’hui, MM; Lacroix frères et Gœurv ont soumis à l’attention .dit jury des produits d’une industrie plus perfectionnée; ce soûl des papiers à la'mécanique et particulièrement des papiers-coquille de la plus belle fabrication! ;; "
- Ces papiers sont très-nerveux, d’un collage excellent et d’ünê 'fabrication très-soignée. Leur teinté’ est égale, leur épaisseur’bien uniforme; ôn’A’y remarque ni gàudës ni clairs.
- - • Leurs papiers blancs sont d’une blancheur parfaite et très-bien lavés, par conséquent exempts de chloré. 1 ' ’ ‘ !Leürs papiers de couleurs ont dés' tons francs, purs^et sont;-d?üné nuance bien uniforme. w >
- iVLa fabrication dé MM; Lacroix frères et Gœury emploie Uhe machine et 'deux cuves \ elle occupe cent ouvriers èt produit'environ' 200^000 kil.de papier par an. M '
- MM. Lacroix frères et Gœury se sont placés aux pre-
- * t v- . _•» . 'T * V * } 7
- miers rangs parmiles fabricants dé papiers par la beauté constante de leurs produits ; par leur excellente et consciencieuse fabrication. Ils ont suivi une route tracée, mais ils l’ont suivie avec une habileté très-remarquable.
- Le jury léür décerne la médaille d’br.
- MM* Dijrandêau-Lacombë et Cie, à Ângou-lême (Charente) j dépôt à|Paris. § (.
- Les papiers de TSsM, Diirandeau et Lacombe sont de la
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- plus belle fabrication. Leur usine possède une machine sortant des ateliers de M. Chapelle et huit-cylindres. Elle emploie cent cinquante ouvriers et produit environ pour i00;00bfr. de papier. >
- . De même que MM. Lacroix frères et Gœury, les fabricants dont il s’agit ont commencé, depuis peu d’années, le genre de fabrication auquel ils se livrent, et de même qu’eux ils l’on t porté tout d’un coup au plus ha.u h degré de perfection. ,
- Leurs papiers sont d’un très-beau blanc ; ils sont forts et nerveux; la pâte en est pure et bien lavée ; la fabrication eu est irréprochable à tous égards. - . ,, ' u ; ,,.r;
- . Le collage de ces papiers est fait avec le plus grand soin et supporte toutes les épreuves. Leur azur est de la plus grande beauté. ; ^ ?
- , Certes, il faut prendre en considération , dans l’appréciation du mérite d’une usine nouvelle, les secours qu’elle puise dans l’expérience de ses aînées et dans l’habileté des constructeurs de machines, Mais, quand ces circonstances sont les mêmes pour tous, il est impossible de méconnaître le talent dont fait preuve celui qui livre du premier coup au commerce des produits de la plus haute qualité,sous ton? les rapports. , , : , ? . J'f
- : Le jury, central décerne une médaille d’or-à MM. Du--randeau-Lacombe et compagnie.- ...r, .... ; ^ ^ v,
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Gallaud, Bélisle, Sazérac et C'B, à
- Yeuze (Charente)^ • r
- Ces habiles fabricants possèdent deux usines qui em-
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- trois machines à papier et deux cent dix ouvriers. Leurs produits se consomment non-seulemcul en France, mais aussi à l’étranger cl même en Angleterre, ,11s ont exposé clés papiers-coquille très-beaux ; des papiers pour; lithographie de fort belle qualité.
- - Ils méritent toujours la médaille d’argent qui. leur fut accordée en 1834.
- MM. Latune et Cie, de Grest (Drôme). 1
- AÏM. Laluuc et compagnie avaient obtenu, eu 1834, une médaille d’argent pour la fabrication du papier à la forme J depuis lors, ils ont remplacé leurs cuves à la main par une machine.
- Le jury trouve MM. Lalune et compagnie toujours dignes de la médaille d’argent qui leur fut décernée eu 1834.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
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- MM. Ménet et Cic, à Essonnes ( Seinè-et-
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- La papeterie.d’Essonnés est le berceau de la papeterie mécanique. Transformée en filature,, il y a quelques années, elle a repris sou ancienne destination en 1835. ^
- Elle possède aujourd’hui seize cylindres, deux machines à papier, occupe deux cent trente ouvriers, et produit au. mbins'500,000 kilogr. de papier. . , . -
- M. Ménet a exposé des papiers d’un beau blanc,, bien collés, et d’un apprêt remarquable obtenu sur la machine à papier elle-même par un procédé de salinage nouveau de son invention. La construction des cylindres qu’il exige, offrait des difficultés graves que M. Ménet a surmontées
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- par une combinaison fort ingénieuse. L’apprêt se donne au papier sans frais, sans manutention, pendant qu’il est encore chaud ét humide.
- M. Ménet a, d’ailleurs, introduit dans ses machmes côh^ tinues quelques dispositions de détail qui ont de l’importance. V ,
- Malgré son ancienneté, l’usine d’Ëssônnes ést une usine nouvelle, eu égard à la forme qu'elle a prisé âü moment où M. Ménet en a refait une papeterie $ elle a fait déjà de grands efforts, et peut s’élever encore, car elle possède une puissance mécanique qui dépassé ses besoins, et peut 'pfodi-guér l’èau dans toutes ses opérations. ’
- Le jury central, exprimant le vif désir que M. Ménet mette toutes les parties de son usine au niveau de ses opérations mécaniques) lui décerne Une médaille d’argent.
- M. Griffon, à Wizernes, près Saint-Omer (Pas-cle-Calais).
- Le papier pour dessins, plans, lavis, constitue pour M*. Griffon une spécialité; 11 possède six cuves, cl il emploie cent cinquante ouvriers. Ce papier se fabrique donc à la main.
- M. «Griffon, malgré fous ses soins, n’est pas encore pairvenü à maîtriser la concurrence anglaise j il trouvé sur nos marchés des papiers anglais destinés aux mêmes usages (pie les siens. Il faut espérer que, bientôt la qualité de sés produits s’amélioran t, l’importation des papiers‘ anglais cessera tout à fait. Quelques maisons importantes de Paris accordent déjà. la préférence aux papiers de M. Griffon. ‘
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- Là fabrication de ces papiers est très-soignée ) le collage en est excellent) il est parfaitement blanc.
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- En continuant avec les mêmes soins, en mettant à profit avec prudence les améliorations dont la fabrication du papier s’enrichit, il est certain que M. Griffon parviendra à produire dés papiers dignes, à leur tour, de la préférence que les papiers anglais ont longtemps obtenue. Il fait aussi bien que nos rivaux en industrie ; il faut faire mieux.
- Le jury central décerne à M. Griffon la médaille d’argent.
- MM, Laroche , Ducher le jeune, Jt An-go ulénie (Charente).
- Ces fabricants se montrent très-dignes de figurer parmi les papetiers de la Charente. Tous leurs papiers sont d’une qualité excellente pour le blanchiment > le collage et la ténacité. Ils fabriquent à la machine,
- Indépendamment des papiers de consommation courante qu’ils ont exposés et qui sont tous fort distingués , ces messieurs ont adressé au jury des cartons pour dessin et lithographie, qu’ils ont mis des premiers dans le commerce et qui sont d’une très -bonne fabrication. „ . f
- Le jury, décerne à MM. Laroche, Ducher le jeune, la médaille d’argent.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE,1;
- MM. Muller , Drouard et compagnie , à Gueures (Seine-Inférieüre).
- La fabrique de Gueures a obtenu , en 1834 , une médaille de bronze sous le nom de MM. Muller, Bouchard , Oudin ét compagnie; elle se présente aujourd’hui avec .de nouveaux produits imitant la toile cirée, et avec des. pa-
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- piers blancs d’une fabrication soignée et faits à la machine.
- Le jury confirme à MM. Muller, Drouard et compagnie la médaille de bronze qui fut décernée à leur usine en 183 i.
- M. Béchetoile , à Bourg-Argentai., près Saint-Etienne (Loire).
- Par leur bas pris les produits de M. Béchetoile sont dignes d’intérêt-, l’impression et les affiches les cousom-' meut pour la majeure partie. Leur établissement occupe une centaine d’ouvriers.
- Le jury confirme la médaille de bronze accordée à M. Béchetoile eu 1834.
- NOUVELLES MÉDxULLES DE BRONZE.
- MM. Breton frè rrs et compagnie, à
- Pont-de-Oaix (Isère).
- La fabrique de MM. Breton frères est mise en mouvement par des turbines de M. Fourncyron ; elle compte quatre cylindres, et possède une machine continue avec séchoir apprêteur.
- Elle produit 100,000 kilog. de papier, provenant de 125 ou 130,000 kilog. de chiffons.
- MM. Breton fabriquent à peu près tous les papiers , et leurs produits sont faits avec soin et succès.
- Le jury central a remarqué les papiers de Chine sortant de leur fabrique-, la seule qui ail jusqu’ici versé ce genre de produit dans le commerce'; il espèrè que cette
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- fabrication se développera , et que bientôt nous pourrons nous passer du papier venu de la Chine pour le tirage des gravures ou lithographies.
- Le jury central décerne à MM. Breton la médaille de bronze pour leur papier de Chine.
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- MM. Taverisier , Obry et compagnie , à Prouzel (Somme).
- L’usine de Prouzel fabrique des papiers de tout genre, à l’aide d’une machine à papier continu; elle livre au commerce des papiers-coquille , des papiers pour registre et pour lavis.
- Mais c’est surtout par la fabrication de ses papiers noirs qu’elle se fait remarquer. Ces papiers, destinés au paquetage des linons, batistes et mousselines, ont l’avantage de ne pas déteindre et de faire ressortir, par leur belle couleur, la blancheur des étoffes qu’ils renferment.
- L’usine de Prouzel fait ce papier eu grande quantité pour la France; elle en exporte même, tant sa supériorité à cet égard est reconnue.
- Le jury décerne à MM. Tavcrnier, Obry et compagnie une médaille de bronze pour leurs papiers noirs.
- Madame veuve Bécoulet et Vàissier , à Arcier (Doubs).
- L’usine d’Arcier possède une seule machine , mue par une roue hydraulique ; elle occupe 45 à 50 ouvriers, et produit environ 200,000 à 240,000 kilog. de papier par an.
- Les produits de cette usine ne se font remarquer ni par leur importance, ni par aucune destination spéciale; mais,
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- T. III.
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- en les examinant avec attention , le jury central leur a reconnu un genre de mérite auquel il attache un grand prix, c’est un collage d’une rare perfection.
- Le jury central décerne à madame veuve Bécoulet et Yaissier une médaille de bronze pour leur collage.
- M. Gardon, à Buget (Loiret).
- La fabrique de Buget, fondée en 1790, s’est renouvelée en 1834 ; elle produit, à l’aide d’une machine continue et de soixante ouvriers, des papiers de tout genre.
- Mais cette usine possède une spécialité : à l’aide des vieux cordages de marine, elle fabrique une grande quantité de papier goudronné, qui s’emploie au doublage des navires, aux emballages et, eu particulier, à celui de la coutellerie et de la quincaillerie, qu’il préserve de la rouille.
- En Angleterre, où il est plus connu qu’en France, on s’en sert pour envelopper les draps et les étoffes de laine, que sou odeur préserve des attaques des insectes.
- Le papier goudronné de M. Cardon est adopté par la plupart des papeteries pour leurs emballages. C’est un produit qui a de l’avenir.
- Le jury décerne à M. Cardon une médaille de bronze pour son papier goudronné.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. Kiener frères, à Colmar (Haut-Rhin).
- Leur établissement est mis en mouvement par une chute
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- d’eau de la force de quarante-cinq à cinquante-cinq chevaux ; il occupe cent trente à eent quarante ouvriers.
- M. Niyet aîné et cic, à Vraichamp (Vosges).
- L’usine de Vraichamp possède tous les éléments d’une fabrication importante ; établie depuis un an au plus, elle compte déjà deux machines en activité, à l’aide desquelles elle livre au commerce des produits de tout genre.
- Ses papiers sont coupés à la machine ; ils sont três^bien collés. '
- L’usine de Vraichamp occupera un rang important parmi nos papeteries quand ses procédés chimiques auront reçu la perfection qu’une plus longue expérience peut leur faire acquérir.
- M. Court, à Renage (Isère).
- L’usine de Renage, fondée en 1835, occupe quatre-vingts ouvriersj elle possède une machine continue : scs papiers pour impression, pour dessin sont bien fabriqués; ses papiers ordinaires sont faits avec soin.
- Son carton est d’une qualité remarquable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. May, à Paris, rue Sainte-Croix-d’Antin,
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- n 7.
- L’industrie du papier voit avec intérêt tous les essais dirigés en vue de lui procurer des matières premières à bon marché et de bonne qualité. Les essais de M. May,
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- faits, avec les filaments de bananier, à la papeterie du Marais, méritent son attention.
- Ce papier peut s’obtenir très-blanc et très-tenace.
- M.H erigoyeNj à Oradour-sur-Glancl (Haute-Vienne).
- M. Hérigoyen a exposé du papier fait avec la paille de seigle dans sa couleur naturelle; il en fabrique à la main environ 500,000 kilogrammes par an pour remballage. Celle fabrication peut s’améliorer.
- § 2. PEAUX ET CUIRS.
- Considérations générales.
- La préparation des peaux et celle des cuirs ont pour objet de rendre ces substances imputrescibles et de leur communiquer, en outre, un certain degré de cohésion, de ténacité qui leur assure une longue durée à l’emploi.
- Deux méthodes principales ont été, dès les temps les plus reculés, mises à profit pour la préparation des peaux et des cuirs sous ce point dé vue. La première, fondée sur l’emploi des sels alumineux, est mise en pratique dans l’art du mêgissier; la seconde, et la plus importante par l’étendue de ses applications, embrasse toutes les opérations du tanneur, dans lesquelles la préservation des cuirs s’obtient par la combinaison de leur matière animale avec le tannin de l’écorce de chêne ou celui du sumac.
- L’industrie du mêgissier a des applications trop spéciales
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- et trop restreintes pour qu’elles paissent occuper ici une place bien importante.
- H n’en est pas de même de l’art du tanneur, proprement dit- Les sacrifices auxquels on se résigne pour amener une peau fraîche à l’état sous lequel un tanneur soigneux la livre au commerce donnent de suite la mesure de l’importance qu’on met à se procurer des cuirs bien préparés. Dans les procédés habituels, en effet, un cuir fort a subi des préparations successives dont la durée atteint presque deux années, avant de passer de l’abattoir dans l’atelier du cordonnier.
- La lenteur de cette opération, la nécessité où elle met le tanneur d’enfouir de grands capitaux dans ses fosses, la perte d’inlérél qui en résulte, ont dès longtemps frappé l’attention des esprits actifs j et, en bien des occasions, on a cherché à rendre celte opération sinon plus simple, du moins plus courte, en accélérant les réactions auxquelles le cuir se trouve soumis.
- De nos jours, il s’est fait, à cet égard, une grande et fâcheuse expérience, qui a pesé longtemps d’une manière funeste sur le commerce des cuirs de Paris. Tout le monde sait que M. Séguin avait proposé des procédés nouveaux pour le tannage rapide des cuirs pendant le cours de la révolution *, mais ce qu’on sait moins, c’est que sa manière d’employer l’acide sulfurique pour gonfler les cuirs et les préparer à un tannage accéléré est restée en pratiqué dans nos tanneries de Paris, au grand détriment de leur production , jusque dans ces dernières années.
- Grâce à quelques tanneurs éclairés et hardis, une révolution heureuse s’est accomplie, et le retour aux bonnes méthodes de fabrication est désormais assuré.
- Tandis que les cuirs de Paris, chassés peu à peu de mar-
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- ché, en marché, avaient fini par se trouver restreints à des consommations de pacotille, ceux que livrent aujourd’hui les bonnes maisons de Paris alimentent la consommation de cette ville, s’expédient avec succès dans tout l’intérieur de la France et trouvent même des débouchés à l’exportation.
- Il faut donc consigner ici des éloges mérités pour les hommes loyaux et courageux qui n’ont pas craint de risquer de grands capitaux à une opération hasardeuse et morale, à celle qui avait pour objet de ramener la fabrication des cuirs aux méthodes que la probité avoue, et qui n’y laissent pas une surcharge d’eau nuisible de toutes les façons. Mais, tout en proclamant le bienfait qui leur est dû, il ne faut pas jeter le découragement dans l’esprit de ceux qui chercheraient, de leur côté, à doter l’industrie du tannage de procédés nouveaux.
- . Dans une fabrication aussi importante que cëlle des cuirs tannés, il est un point dont il ne faut jamais s’écarter et qui consiste à faire des produits de bonne qualité. Toute modification, pour être utile, doit respecter cette condition fondamentale.
- Le jury a donc cherché, avec le plus grand soin, à classer les fabricants qui ont exposé des cuirs tannés dans l’ordre relatif à la qualité de leurs produits, sans attacher d’importance, pour le moment, à leur prix, persuadé qu’à Paris du moins le progrès le plus réel à obtenir consistait à replacer la fabrication sur un bon pied pour la qualité.
- Mais cette base posée, le jury n’a pu voir, sans un vif intérêt, tous les efforts tentés en vue de placer le tannage dans des conditions meilleures sous le rapport de la durée, de ses opérations, et> sans s’exagérer ce qui est possible à cet égard-, il conserve la confiance qu’une chimie éclairée
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- pourra, sans altérer la qualité des produits , parvenir à opérer le tannage en un temps plus court que celui qu’il exige aujourd’hui.
- En effet, les opérations du tannage comprennent 1° le débourrage, 2° les bassements, 3° le refaisage, 4°le tannage proprement dit.
- Le débourrage s’obtient au moyen d’une légère altération qui détruit toute l’adhérence de la racine du poil, et qu’il est très-facile de produire au moyen des alcalis, au moyen de la chaleur, ou par l’action de liqueurs chargées d’acide.
- Le procédé de l’échauffe,-qui consiste à soumettre les peaux à l’action de la chaleur dans une étuve, jusqu’à ce que le poil puisse s’en détacher, est celui qu’on emploie de préférence pour les gros cuirs. Cependant oa voit encore dans beaucoup de fabriques les .gros cuirs eux-mêmes préparés par le lait de chaux, comme on le fait généralement d’ailleurs pour les peaux plus petites. L’emploi de la chaux est sujet à bien des inconvénients, et surtout tel qu’il est pratiqué ; aussi a-t-on cherché à remplacer la chaux par un autre alcali doué d’une propriété plus convenable. Les résultats de cette modification sont remarquables ; en effet, la chaux, formant des combinaisons peu solubles, reste dans le tissu delà peau sous forme de sel calcaire; elle n’en peut sortir qu’à l’aide d’opérations purement mécaniques très-répétées.
- Dans ces derniers temps, des essais intéressants ont été faits par diverses personnes dans le but de remplacer la chaux par un alcali plus énergique et surtoutplus soluble. Ces essais ont fixé très-vivement l’attention du jury.
- Ils rendent le débourrage plus facile et le tannage plus prompt; mais la peau y gagne quelquefois un excédant
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- de poids qui étonne et dont il faut examiner la cause avec le plus grand soin; car, s’il était dû à de l’humidité emprisonnée, ce serait un grave inconvénient.
- Deux personnes ont soumis au jury des produits obtenus dans cette direction. Le jury n’a pas voulu se prononcer sur le mérite de leurs essais; il a pensé qu’en une matière aussi grave la prudence la plus grande lui était commandée. Dire que ces essais ne réussiront pas serait une témérité loin de sa pensée et peu conforme à ses propres vœux ; leur assigner dès à présent une récompense, ce serait substituer à l’expérience qui nous manque une opinion théorique préconçue dans une matière qui ne peut pas se discuter par le raisonnement seul, et où l’expérience doit être le juge souverain.
- L’une des personnes qui ont présenté des produits débourrés par ces nouveaux procédés, M. Boudet, chimiste d’un mérite hautement reconnu, nous a initiés à tous les détails de ses opérations. Elles s’exécutent en grand dans une launerie considérable des environs de Paris. Nous les avons suivies avec un vif intérêt et nous avons pu nous convaincre que le tannage en ôtait réellement accéléré au point qu’il était souvent réduit à la moitié du temps qu’il exige ordinairement.
- D’un autre côté, des corroyeurs, des tanneurs, des fabricants de cuirs vernis que nous avons consultés nous ont donné une opinion favorable sur la qualité de ces produits.
- Aussi, tout semble annoncer que ces nouveaux procédés ont de l’avenir; mais quelle que soit l’opinion personnelle du rapporteur, il sent que ce serait entraîner le jury hors de ses attributions que de lui demander sur des preuves encore incomplètes un jugement qui ne doit porter que sur des faits consacrés par une expérience commerciale
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- plus étendue et qu’il faut lui laisser le soin de prononcer plus tard en toute connaissance de cause.
- Après nous être expliqués sur le débourrage à la chaux, à la soude, il est indispensable d’ajouter que l’Exposition actuelle a mis en évidence les excellents effets d’un mode de débourrage employé depuis longtemps à Montbéliard et introduit à Paris par M. Delbut; Il est obtenu par une échauffe de vingt quatre heures à la vapeur j la peau se débourre alors avec facilité, et, après avoir passé en rivière, entre dans les passements sans avoir reçu ni alcalis, ni acides, ce qui esf certainement la meilleure condition de toutes à en juger par les résultats obtenus chez MM. Delbut et Slerlingue.
- Après avoir subi les préparations précédentes, la peau entre vraiment en tannerie. Elle est mise en contact avec des liquides acides chargés de tannin. Ces liquides, faibles d’abord, vont en augmentant de densité. Leur graduation a été l’objet de recherches précieuses dont le jury a pu constater les heureux résultats dans nombre d’usines. C’est, de toutes les parties de leur travail,celle que les tanneurs ont, en général, le plus étudiée.
- Vient ensuite le refaisage, où la peau est mise dans des cuves avec de l’eau et des écorçons de chêne.
- Enfin la peau est mise en fosse avec du tan grossier et se combine lentement avec le tannin que celui-ci lui cède.
- Le travail des fosses a été l’objet de quelques améliorations peu importantes.
- Mais on ne saurait passer sous silence les efforts nombreux qui ont eu pour objet de faciliter le tannage par des procédés mécaniques.
- Ici, on prend la peau débourrée à la chaux comme à l’ordinaire j mais, en la soumettant à de9 pressions qui en
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- dégorgent le jus de tan et à des immersions dans ce jüs, on parvient, par des méthodes assez simples, à rendre le tannage exclusivement rapide.
- M, Imbs, de Marseille, a exposé une peau préparée de la sorte, qui ne laisserait rien à désirer. Mais comment juger une pareille fabrication sur une peau?
- M. "Vauquelin, à Paris, a exposé des peaux obtenues par des moyens analogues. Elles ont fixé l’attention du jury, qui, après mûr examen, a cru, cependant, devoir s’abstenir de prononcer un jugement sur un procédé qui est encore eu essai, et qui, par conséquent, n’a pu jusqu’ici être apprécié par le commerce et par les consommateurs.
- Enfin, M. d’Aiguebelle a soumis également au jury des essais faits assez en grand, et dans lesquels un tannage très-accéléré produirait, néanmoins, des résultats remarquables sous le rapport de la conservation des qualités du cuir. Mais M. d’Aiguebelle n’ayant pas versé ses cuirs dans le commerce, et le jury ne connaissant pas ses procédés, il lui serait impossible de formuler une opinion sur cet exposant.
- Ge que le jury conclut de cette discussion, c’est qu’il faut bien se garder de compromettre de nouveau, par une précipitation téméraire, un commerce, une fabrication qui sont une des richesses de la France de Paris en particulier. Ce qu’il faut conserver avant toute chose, c’est la bonne réputation de nos peaux, de nos cuirs ; c’est l’ensemble des qualités qui la justifie.
- Sans doute, les procédés actuels de tannage sont longs, coûteuxj sans, doute, on peut espérer raisonnablement qu’on les abrégera par des recherches attentives et suivies. Mais il en est des expériences en tannerie comme des expériences en agriculture, il faut beaucoup de temps pour
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- les accomplir j il faut de grandes dépenses. Aussi les êxpé-riencês en ce genre sont-elles bien méritoires, et ne faut-il pas oublier celles que des circonstances récentes ont conduit à exécuter.
- Pour le moment, ce qu’il y a de clairement acquis à la situation de la tannerie, c’est le retour aux bonnes méthodes ; c’est l’amélioration de la place de Paris due aux soins, aux sacrifices, à la hardiesse deM. Sterlingue, et de ses principaux confrères de Paris. Dans ce concours d’efforts, M. Delbut, de Saint-Germain, prend sa part aussi et mérite d’être signalé d’une mauière particulière à la reconnaissance publique.
- Les questions dont il s’agit ici sontsi grandes, qu’on lira avec intérêt les réflexions soumises au jury par un des plus habiles tanneurs de Paris, M. Sterlingue.
- « Les guerres dcl’Empire, en augmentant considérablement la consommation des cuirs taiinés, ont naturellement amené à la capitale un grand nombre de fabriques, il fallait alors produire beaucoup et promptement pour suffiré aux besoins j il n’était pas possible de se montrer trop difficile sur la qualité des marchandises dont l’emploi était pressant et soutenu} aussi fut on conduit, pour aider au développement des cuirs et à la promptitude du tannage, à employer de fortes doses d’acide sulfurique. Cet agent, en outre de son action dans la préparation, avait encore pour effet, lorsque les cuirs étaient fabriqués, de déguiser la quantité d’humidité qu’ils contenaient lorsqu’ils étaient livrés à la consommation ; les surfaces du cuir par la double action de l’air et de l’acide séchaient et durcissaient rapidement, tandis que le cœur conservait beaucoup d’eau.
- « La Restauration vint ramener à l’état normal la con-
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- sommation des cuirs, mais l’usage de l’acide était adopté et le fabricant qui trouvait à vendre avec bénéfice ne s’apercevait pas qu’il était engagé dans une fausse route.
- « Les choses devaient se continuer ainsi jusqu’à ce que ce système vicieux de fabrication poussé à l’extrême eût amené la répulsion du produit et la ruine du fabricant, et cela s’explique, si l’on réfléchit combien sont difficiles et dangereuses les innovations en tannerie. Il faut dix-huit mois pour bien tanner un cuir et opérer sur une certaine échelle, pour juger du mérite d’une expérience; aussi la plupart de ceux qui ont voulu innover n’ont fait que hâter leur ruine.
- « La fabrique de Paris a donc continué, pendant plus de vingt ans après la Restauration, à opérer sur des bases fausses; son bénéfice reposai l uniquement sur une surcharge d’eau et de chair que nous pouvons hardiment évaluer à 15 livres par cuir; aussi de proche en proche les provinces et les bottiers de régiments les ont successivement repoussés, on ne pouvait expédier des cuirs à vingt lieues de distance sans éprouver des perles de poids de 6 à 8 livres par cuir. Enfin, à mesure que la consommation s’est trouvée restreinte à Paris seul, les cuirs restant et s’échauffant en magasin ont été reconnus ce qu’ils étaient au fond, cassants, creux, et s’imprégnant facilement d’humidité; de là, cette opinion généralement adoptée, que Paris ne pouvait pas produire de bons cuirs.
- « Cependant Paris est le centre naturel de l’industrie du tanneur; son énorme approvisionnementy amène, de toutes les parties de la France, les bœufs de la plus belle espèce, qui fournissent les meilleures peaux.
- « Paris seul offre aux cuirs manufacturés un débouché immense.
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- « Les éeorees nécessaires au tannage y arrivent des départements, voisins en abondance et par caii.
- « A tous ces avantagés naturels, si l’on ajoute ceux qui doivent résulter des améliorations dont la tannerie a été l’objet, on peut espérer voir résoudre ce problème resté jusqu’alors insoluble, Paris fournira les meilleurs cuirs tannés et à meilleur marché que toute autre localité. ' '
- « Mais, pour cola, il faut produire des cuirs serrés et liants, d’une belle couleur, d’un emploi facile et d’un bon usagej les livrer au commerce parfaitement secs, bien ccharnés, débarrassés de toutes les parties qui ne peuvent être employées : de telle sorte que nos cuirs puissent être transportés dans toute la France et à l’étranger sans rien perdre de leur poids-, qu’ils puissent vieillir sans nullement s’altérer, s’il arrive que l’acheteur veuille en faire des approvisionnements et les conserver en magasin -, de manière enlinque, dans nos cuirs, rieu ne soit perdu pour le consommateur, n’y laissant nous-mêmes que ce qui peut servir. »
- Cuirs.
- MÉDAILLE D’OR.
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- M. Sterlingue et cie, à Paris, rueMouffe-tarcl, 321.
- Les considérations qui précèdent font comprendre avec quel intérêt le jury central a cherché à se rendre compte des résultats obtenus par M. Slerlinguc dans la fabrication
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- des cuirs. Indépendamment de toute considération de détail, il y avait, dans la position de M. Slerlingue, deux faits saillants qui devaient fixer l’attention du jury. Le premier, c’est que M. Sterlirigue fabrique vingt-cinq ou trente mille cuirs par an, c’est-à-dire près du triple de ce que font ceux de ses confrères qui possèdent les établisse-' ments les plus étendus, et qu’il vend toute cette masse de cuirs à un prix supérieur au prix des cuirs ordinaires de Paris. Le second, c’est que M. Sterlingue a obtenu une médaille d’or des corroyeurs de Paris, qui ont voulu par là rendre hautement témoignage aux améliorations que la tannerie de Paris devait à ses soins.
- Ainsi, dire que M. Sterlingue fait plus que les autres, qu’il peut vendre plus cher qu’eux, et que la corroierie lui a décerné une marque éclatante de gratitude, c’est dire que sa fabrique se présentait au jury central sous les auspices les plus favorables.
- Si un examen attentif était nécessaire, c’était surtout pour se mettre en garde contre les illusions que de pareils précédents auraient pu excuser. Cet examen a été favorable de tout point à M. Slerlingue.
- La fabrique qu’il dirige est montée sur la plus grande échelle : tous les ateliers y sont distribués et disposés avec une convenance qui décèle à la fois l’ingénieur habile et le tanneur expérimenté.
- À leur arrivée dans l’établissement, les peaux sont entassées et légèrement salées -, elles séjournent deux ou trois jours en tas et passent ensuite dans l’échauffe : celle-ci reçoit la vapeur perdue de la machine à vapeur ; de sorte que, sacs aucuns frais, les peaux reçoivent.la température convenable et éprouvent l’action de l’humidité, qui les gonfle et en altère l’épiderme de façon àreudrcle poil facile à enlever.
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- En sortaut de l’échauffe, les peaux sont débourrées, passées en rivière, écharnées, puis portées dans la basserie,.où elles éprouvent des bassements bien gradués; on leur fait subir ensuite un refaisage et enfin elles sont mises en fosse.
- Le travail de M. Sterlingue ressemble donc beaucoup au travail des anciens tanneurs ; il faut pourtant y remarquer trois points.
- Premièrement, l’emploi de l’échauffe à la vapeur.
- L’emploi du procédé de l’échauffe, pour préparer les peaux au débourrage, semble préférable à celui des mè* thodes qui sont fondées sur l’action des acides ou sarcelle des alcalis; car les acides, en se combinant avec la peau, la rendent plus altérable, et les alcalis, en réagissant sur le tannin, modifient ses propriétés d’une manière fâcheuse^ Mais le procédé de l’échauffe, quand il est conduit avec irrégularité, peut causer des altérations dans les peaux, et, de tous les moyens de le rendre exact et régulier, le chauffage à la vapeur était certainement le plus efficace. Aussi, chez M. Sterlingue, comme cbez M. Delbut, ce procédé rend-il de véritables services.
- Quand le tannage des cuirs forts est terminé, on est dans l’usage de le battre au marteau, de manière à régulariser son épaisseur, à augmenter sa densité et à lisser sa* surface. Cette opération, sans avoir une grande importance , est assez coûteuse quand on l’exécute à la main, comme on l’a fait jusqu’ici. M. Sterlingue a établi chez lui deux marteaux en bronze mus par la vapeur, qui font une économie de près de 20,000 fr. par an, tout en produisant des cuirs si bien battus, qu’aujourd’hui le commerce refuse ceux qui ont été battus à la main et qüe toutes les maisons importantes de Paris sont obligées de recourir à des procédés analogues.
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- Une troisième et très-importante amélioration est due aux soins de M. Sterlingue. Elle peut avoir les conséquences les plus sérieuses pour le commerce des cuirs et pour l’exploitation des forêts. Elle consiste dans l’invention d’un appareil à vapeur mobile, qui peut se transporter aisément dans les forêts et aller de place en place, pour y découper les écorces, de manière à diminuer leur volume et à permettre de les mettre en sac, pour les transporter ensuite par des bateaux pontés. Ce moyen met les écorces à l’abri des pluies, et les amène à la tannerie dans le meilleur état de conservation.
- La machine à vapeur qui effectue ce travail est disposée sur une charrette traînée par un seul cheval -, le fourneau est d’uue installation simple et commode. Le hachoir, que la machine met en mouvement, coupe par heure cent bottes d’écorce de trente livres. La chaudière est chauffée par des bourrées, qu’on trouve à bas prix sur place.
- M. Sterlingue s’occupe activement d’un système de dessiccation artificielle de ses tannées, qui aura pour résultat de livrer à la consommation un combustible à bon marché, tout en permettant au tanneur d’emmagasiner ses tannées et de les mettre en réserve quand il n’en trouvera pas le placement.
- * Enfin il a mis en activité un foulon au moyen duquel il assouplit rapidement les Buenos-Ayres et les prépare ainsi aux opérations du tannage, qui s’exécute ensuite avec la même facilité que sur les peaux fraîches.
- Indépendamment-des 25,000 cuirs forts qui sortent de l’usine de M. Sterlingue, cet habile industriel livre au commerce 16,000 cuirs hongrovés.
- L’importance de celte belle fabrique, la beauté des produits qu’elle livre au commerce, la nouveauté de quelques-
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- uns dés procédés qu’elle emploie, justifient de la manière la plus éclatante la médaille d’or que le jury lui décerne.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
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- M. Brizou fils aîné, à Rennes.
- M. Brizoufils a exposé des cuirs forts tannes à la jusée. Ils sont de belle qualité. • , ,, . i ; >
- Il a exposé également des .peaux de veau tannées par les moyens ordinaires, et d’une bonne fabrication. , • ;•>
- :. Cetteusine, qui existe depuis quarante ans, et qui a conservé les anciennes méthodes, mérite, par le soin qu’elle porte à ses travaux, le rappel de la médaille d’argent qui lui fut décernée en 1834. ; , , ; ; , : 3
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
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- M. Delbut, à Saint-Gérmain-en-Laye. .
- Déjà distingué par le jury,central en 1834, M.: Delbut fut honoré d’une médaille de brqnze à, : l’occasion des cuirs de Buenos-Ayres, qu’il livrait depuis peu au commerce en concurrence avec Pont-Audemer.
- Depuis celle époque, cet habile manufacturier a considérablement agrandi le cercle de ses opérations ; il opère maintenant sûr 4,000 cuirs de la~ boucherie'de' Paris et sur 1,500 de Buénos-Ayres, en tout 5,500 peaux. ; -
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- M. Delbut appartient à ce petit nombre de tanneurs qui put accepté.courageusement la mission dé,relever le t. m. «, 24
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- commerce dû cuir 'de Paris de sa dégradation. Un bon système de travail a sété'installé chez lui j etiPüc'liVrë'au commerce que des cuirs d’une très-bonne qualité.
- Il est incontestable que c’est M. Delbut qui, le premier, a fait usage, dans le ray onde Paris,, d’une éphauffe à la vapeur. Cette amélioration importante date de 1836.
- Le jury central lui décerne une médaille d’argent. .
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- MM.;!Gillard frères,, à Stirck (Moselle).
- Les connaisseurs ont remarqué, à l’exposition, Une demi-peau de cuir fort sbus le numéro 2021 ; elle était y en effet, très-digne d’atterilion par-sa bèllë !ëoülëur èt ?sa bonne "préparation : 5à! la 'fin de’ l’éxpdsitièn , ‘elle était aùssisdroite et pas plus gondolée1 qu’au commencement.
- * C’était donc-là un beau ’et bon produit. MM. ’Gillard frères sont parvenus à travailler avec cette'perfection en modifiant la disposition des passements ; ils les ont établis par étages, de manière que, les peaux entrant par la cuve inférieure et remontant de l’une à l’autre, les jus descendent, au contraire, et se perdent quand ils sont épuisés.
- MM. Giilard frères occupent douze ou treize ouvriers, et produisent environ 3 ‘OÔÔ cuirs de Buenos-Ayres, qu’ils 'livrent au commerce éh croûte. ' ; f i : - : >
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- ’Lë jury central leur’ décerne'ùnë^üiédâillc d’argent.
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- j RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- M. Rouet, à Saînt-Aignan, (Loir-et-Cher).
- ! “Les cuirs exposés par ëe* fabricant'continuent de me-
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- riler la mention honorable qu’il a reçue eu 1834 et que le jury lui confirme. : ;
- M. Larguèze aîné, à Montpellier (Hérault).
- Ce fabricant a exposé des cuirs Buenos-Ayres don t les qualités sont toujours dignes de la mention honorable qu’il a obtenue en 1834 et que le jury lui rappelle.
- '' MENTIONS HONORABLES. ^
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- M. Louette - Lefebvre , à Saint -.Saélis (Seine-Inférieure). ..
- Il .a exposé des cuirs. Bucnos-Ayres^ le jury les regarde commede bonne qualité et encourage ce fabricant à développer son industrie.
- M. Michel Lebret-oæj , 4 Quimper.
- Il a soumis à l’attention du jury des cuirs divers : jutés, lissés en croûte, cirés ét corroyés, qui sont d’une très-bonne fabrication. Celte fabrique, assez considérable^, nieporte tune grande partie denses produits. v ;
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- MM. Hardy fils et Bienvenu, à Çhâteau-Renault (Indre-et-Loire).
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- Ils ont exposé des cuirs de bœuf et de vache‘bien préparés. lièuritahnepie est assez importante,;car elle opère^sur 4,000 peauxenviron, dont '3,!000 viennent de Paris, et
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- quLconsistent en 2,400«peauxde bœuf, T,fl00 peaux de vache et 800 cuirs de Buenos-Ayres.
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- Leurs cuirs sout de bonne qualité et le prix en est très-modéré. ' • - ':s- rK!i.
- M. Renou, à Paris, rue Mouffetard, 29. •
- M. Renou s’est fait remarquer, à l’exposition, par'ses cuirs sans couture, par ses peaux tannées à l’aide de nouveaux procédés qui évitent l’emploi de la chaux. ;
- M. Renou, quia été jugé digne d’une mention honorable eu 1834, aurait mérité, cette année, une récompense plus élevée, si on avait vu son industrie prendre un développement qui lui manque encore.
- M. Malespine , de Saint-Etienne.
- Déjà examiné par le jury pour ses enclumes, M. Males-pine mérite d’être cité pour les cuirs forts qu’il a exposés.
- Peaux. . ; 1
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- MÉDAILLE D’OR.
- M. Durand-Chancerel , , à Paris , rue de Loureine, 9. _r
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- La famille Durand jouit, dans la tannerie, d’une célébrité méritée ; les produits qu’elle a exposés sont nombreux et importants., Vi ' Y-.*:;;Y-,Aï
- Par l’étendue de leur fabrication en cuirs forts, lés tanneries de M. Durand-Chancerel se placent immédiatement après celles deM. Sterlingue. : elles produisent 10 à 42,000 peaux, occupent 120. ouvriers, et livrent au commerce
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- pour 7 à 800,000 francs de ce genre de produits. On trouve chez M. Durand-Chançerel une fabrication soignée et probe, qui assure à ses produits un rang élevé dans le.. commerce. Mais ses procédés n’ont rien de particulier , si ce n’est l’emploi d’un moyen de remplacer le battage des cuirs par l’action d’un lissoir cylindrique, qui va êtré 'mis incessâinmen t en activité, ët dont ôn peut ap-préciër déjà lès effets jusqu’à un certain point. ' ! - iHY'
- " Mi Durarid-ChanceM produit ^ indépendamniënt de ses cuirs forts, une quantité considérable de veaux de tannerie, qu’il livré au commerce àü nombre de 20 ou 25,000 par an, au moins. Cette branché de sa fabrication a plus particulièrément fixé l’attention du jury.
- " Gefr atelier i, iplàcc sous la direction d’un tanneur très-habile, M; Paul, produit des veaux fins et ras d’uné souplesse'parfaite, qui ont paru* réunir toutes les qualités d’une fabrication très-distinguée. : '
- ' Il faudrait, à propOs de M. Durarid-Chàhcerel > répéter quelques-unes des observations' qui ont été produites à l’ocèasioii dé M. Sterlinguei En effet, MM. Sterlingûe et'Durand étaient associés à l’époque où leurs plans d’amélioration ont commencé à recevoir leur exécution : Depuis qu’ils se sont séparés, ils ont suivi la même marche; ‘ 5
- En outre, comme on vient de le dire, M. Durand-Chan-cerel possède une réputation spéciale et méritée pour ses veaux, qu’il produit sur une très-grande, échelle et dont les belles qualités ont déterminé le jury à lui décerner une médaille d’or.- „ ' r
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- médaille d’argent.
- MM. Reulos et BüDiNj à Paris, rue Gen-'/' siér, ïi. ^
- . Ces. habiles tanneurs se.sont attachés à une spécialité qui trouve un. aliment assuré dans les abattoirs de Paris, c’est le tannage et le corroyage des peaux de chevaux : leur fabrication, qui date à peine de deux années, s’est simplement agrandie, qu’elle absorbe maintenant plus de là moitié des peaux que îa ville de Paris fournit. ,,
- MM. Reulos et Budin portent à leur fabrication ces soins minutieux et de chaque instant qui assurent le succès d’un établissement et la beauté de ses .produits, C’est dans le parfait enchaînement des opérations,«dans leur à-propos, dans le soin,avec lequel elles sont exécutées, que réside le secret des, bonnes qualités que possèdent leurs produits, On remarque chez eux une.bonne disposition de la basserie et un excellent système, de corroyage. .
- Le jury central décerne à MM. Reulos et Budin une médaille d’argent. ,, , . , , / .
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. L’Hoste, à Corbeil.
- M. L’hoste exploite, à Corbeil, une tannerie importante qui se livre spécialement, ou à peu près, au tan» nage des veaux $ elle renferme quatre-vingts fosses et
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- soixante passements j elle profite, d’ailleurs, de la Seine pour le transport des écorces et,des marchandises, et{de la rivière de l’Essonne pour la fabrication elle-même.
- Les menues peaux qui sortent dë cette-tannerie sont distinguées. Les procédés suivis dans lai i fabrication expliquent leur bonne, qualité ; car, sans avoir riën deî nouveau, ils reposent sur les données d’unè pratiqué éclairée.
- Le jury central décerne à M. L’hoste une médaille de bronze.
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- M. Durand Pierre ? tanneur à Bully, dé-! parteiiiènt du Calvados. ^ ^
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- , Il a.exposé un^. peau de veau tannée en croûte. Sa fabrique est considérable et très-ancienne ,: elle .occupe
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- beaucoup*d’ouvriers , et confectionne>,40 ou ,50 mille veaux par au. Ses produits sont connus sous lé nom de veaux de Vassys et sont employés pour la reliure, la sellerie, la carde et le vernis. La maison Nys et compagnie , qui en est le principal acheteur, a depuis longtemps reconnu leur supériorité sur toutes les autres espèces de veaux tannés. Aussi .sont-ils toujours retenus d’avance par les corroyeurs, les peaussiers et les vernis-seurs, et vendus 25, pour 0/0 plus cher que (les produits des autres fabriques.
- La qualité et la beauté des produits de cette fabrique contribuent puissamment à l’exportation de nos articles de chaussure, sellerie et vernis: f J ; ! - ° [ v
- ' II. faut attribuer une partie du mérite des veaux de
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- Vassy -à 4a localité. M. Durand travaille bien -, mais, comme il peut faire-mieux^ le jury central, ën'exprimant le désir qu’il mette à profit tous ses avantages ,1 lui] dé* médaille de-koimv 'vu;’vs*
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- MV Méllieji, à Paris, rue Sa Ïnt-Ni colas,'
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- faubourg Saint-Martin ;
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- i ! Son usine , fondée en. 1814, opère sur une assez grande écliellé. Il ; à exposé du cuir pour la fabrication des cardes d’uiié belle qualité. - ••• • ;;>' ir-'-r-.a .uv-i
- Le jury central lui décerne une médaille de bronze. •
- M* Debeyme, à Paris, rue Saint-Sauveur, 33.
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- Sa corroierie prépare des veaux imperméables.,, au moyen d'un apprêt particulier -, mais c’est surtout pour les revèrs dé bottés que M. Debeyme a fixé l’attention du jüry. Ces revers son t'obtenus avec une rare perfection . “ '
- ’ lie jury central lui décerne itiié médaille de bronze 1"'’ "
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- Corroierie.
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- MÉDAILLE D’OR.
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- M; Ogebeaü, à Paris, rue de Buffon, 5: "
- ,.;i La maison de M. Ogereau date de plus de vingtiannées, mais elle n’a pris l’extension qu’elle présente aujourd’hui qu'en 1830, époque où elle s’est installée rue de Ruffon., daus un local vaste et bien approprié à son genre d’opérations. La distribution des ateliers , le bon enchaînement des opérations variées et compliquées qui s’y effectuent, en font un établissement très-remarquable.. ; , :
- Pour donner une idée de leur importance, il suffit :de
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- dire qu’il y a en> ce moment, chez Mv Ogereau, en peaux brutes, en. peaux en cours de.fabrication oU,en peaux terminées;, près de,90,000 pièces detout genre., - ui! 1 -, La variété de scs:produits est ,:d’ailleûrs;> extrême,; car M. Ogereau livre, par année, au commerce 5,000 cuirs forts de l’abat de Paris, 3,000 cuirs forts de Buenos-Ayres, 3,000 vaches de Hambourg et Hollande, 40,000 veaux et 1,500 chevaux, ! ^ •; -a
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- Il fabrique des veaux à revers, des veaux à carde. La maroquinerie se fait dans son établissement sur une assez
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- grande échelle, car il opère chaque année sur 80,000 peaux
- environ.'
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- O-* Sa corroierie prépare toutes les peaux qui sortent de sa tannerie:; -et y: en outre, 40j à 50,000.peaux .tannées qu’il tirededa province et de la Bretagne cuparticulier. '
- : C’est: sur elle que le jury a; spécialement; fixé sbiratr tention. Il a vu qu’à cet;égard M; Ogereau.s’était mis horsdigue; et il a voulu marquer tout l’intérèt qu’il porte à «la. fabrication des cuirs, , en. étendant ses récompenses à toutes les opérations.qui en dépendent. ;> * î
- . »jM. Ogereau possède un appareil pour remplacer faction du marteau sur les cuirs forts, par l’action d’un cylindre en bronze qui les comprime avec ênergiè.! v.»> !;nufb C’est, un de ces tanneurs que le 'commerce de-Paris compte parmi ceux qui ont contribué a relever ladannerie de sori abaissement; .car, M. Ogereau, sans avoir porté;des améliorations qui lui soient propres dans les procédés, s’pst appliqué, avec le plus grand zèle, à se rendre maître dés méthodes de fabrication reconnues commeétant les meilleures. Sa tannerie de, gros cuirs travaillé d’après les méthodes de Pont- Audemer j. pour des. veaux, il suit > les; procédés de Milhau, etc. Si ^ensemble de la fabrication de Mv Oge-
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- reau présente une importance très-grande, on voit que les détails y- ontété l’objet d’une étude approfondie. *
- Le jury central décerne à M. Qgereau une médaille d’or spécialement motivée sur la perfection de son corroyage.
- MÉDAILLE DE BRONZEi
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- MM. Prxns et cîe, à Nantes.
- MM. Prins et compagnie s’occupent de corroierie. Les produits qu’ils'ont envoyés à ^exposition consistent en veaux corroyés ; et cirés y dont la belle préparation et la bonne.qualité ont réuni tous les suffrages. Une fabrique capable de produire des-peaux aussi belles, même pour échantillon y serait déjà une fabrique bien gouvernée; mais, de plus, le jury a pu s’assurer que les livraisons faites au commerce par MM. Prins et compagnie ne s'éloignent pas des produits qu’ils ont exposés. ü:
- ! -dette corroieriez n’emploie * aucun procédé nouveau, mais'elle-met-le plus grand soin à se procurer des peaux d’une qualité spéciale pour chaque lieu d’exportation, soit en faisant venir ces peaux elles-mêmes des pays qui les produisent y-soit en leur donnant, par le travail; la forme sous laquelle le consommateur est accoutumé à les recevoir. : ; : • < z;;; .,
- C’est ainsi qu?en quelques années M. Prins a pu s’ouvrir d’importants débouchés avec le Portugal, l’Espagne, l’Italie, >le‘Brésil, Ja Havane, Maurice et Bourbon, les mers du Sud , etci Cette maison livre à la consommation
- an> dont k ntajeufo partie pouf io
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- commerce extérieur. Cependant quelques-uns de ses produits viennent 'se consommer à Pains. { : ‘
- .Nantis est si,bien placée com.mecenlrede production des matières et comme ville maritime pour l’exportatipu, des produits, que tout porte à penser que le commerce des cuirs et peaux s-y développera. > ^ h * ; h, > .j . Ces considérations ont déterminé le jury central à ré-compenser les efforts et les succès obtenus parApi* Pjiqs et compagnie en leur décernant une médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
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- M. Lai-Lamotte , à Saint;-Malo.
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- Il a exposé divers produits d’une application* spéciale j des cuirs .pour la,marine,, apprêtés, au goudron et capables de résister fortement â l’humidité ; des séaüx àin-
- pçndie, etc..., (i. ....-./si’*.:»..-< '-b . us:
- Ces divers cuirs sont apprêtés avec soin et intelligence j ils remplissent bien leur but. -
- M. Cole-John , à /Gningamp.
- Le jury central a vu avec intérêt les produits de M. Cole-John, qui consistaient en cheval ét génisse corroyés. Leur travail est très-beau et peut soutenir la comparaison avec les meilleurs produits dè ce genre, . ^
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- M. Merlant jeune, à Nantes. , ; ( .
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- . Ils,-ont exposé de» échantillons descuirs corroyés de belle qualité et très^dignes de Pattentiuii du jury:
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- M. Michel Georges, à Aniane (Hérault).. (;
- li Lescuirs corroyés qu’ils ont exposés ont été jugés dignes d’üne mention honoiablé. ; . ^
- M. Cheyillotte Alexandre, à Brest. ; j > ; ,
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- Çùifs.dé veaux cirés , blancs , tiges noires . cirées, qui sôiit d’uné'boq'ne.îaÉirication. . !
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- M. Roullin , à Pontivy,
- A exposé un cuir de bœuf bien préparé. Il exerce son industrie sur des cuirs du pays, j ses produits sont estimés.
- M. Étienne Giraud, à Aniane (Hérault).
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- Il a adressé à l’exposition une peau de veau. Sa fabrique est a son début ; elle peut se développer. ;
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- M. TIoques, à Montpellier.(Hérault).
- Peaux de mouton et de brebis tannées au chérie vert et dé bonne qualité.' i ; f '
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- RAPPEL DE: MEDAILLE D’OR.
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- MM. Dàlican, sucbésseur dé Mattler‘fils, rue Censier, i3.
- La fabrique de maroquins exploitée aujourd’hui par M. Dalican est une des premières qui aient été établies àParis. - ;
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- C’est celle de M. Mailler père, qui, en 1793, commença à s’occuper de ce genre de fabrication à peu près à l’époque dü Mv Faüler a établi ses propres ateliers. Elle occüpeau-joûrd’hürcinquante à soixante ouvriers, et opère, par an;, siir‘quatre à cinq mille douzaines de peaux de chèvres en croûte, et trois à quatre mille douzaines de peaux dé moutons aussi en croûtes ; ces péaüx viennent presque toutes deMarseille et dès environs/ Elles arrivent toutes
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- tannées au' sumac, ce qui est d’une bonne économie^ car il faudrait tirer du Midi les peaux et le sumac nécessaire à leur tannage. Elle fabrique également trois ou quatre céiitè douzaiues de peaux de veau fraîches.
- ' Tous ces produits sont employés pour la chaussuié/ là carrosserie, la sellerie} mais c’est surtout pour là reliure que M. Dalican travaille. Paris consomme uné: grande partie de ses produits} le resté s’éxporte enHollândé^ en Belgiqdé, en Italie et dans les deux Amériques.* C’est à
- M. Mattler père qu’on doit le procédé pour mettre les peaux en rouge à l’aide du tonneau} ce procédé procure non-seulement une économie d’un tiers dans l’emploi de la cochenille, mais il offre encore l’avantage de teindre cent peaux à la fois, en une heure, et de les obtenir toutes de la même nuance.} aussi a-t-il été; adopté par. tous les fabricants.
- C’ést aussi M. Mattlèr père qui est l’inventeur de la mécanique servant à lustrer les peauxi •! ; - s ; !
- Le,jury de l’exposition de 1819 appréciant les avantages de ces deux .procédés, a^décerné | à -M., Mattler pèreda médaille d’or} cette récompense a été confirmée à toutes les expositions suivantes.! i ;
- C’ést en, 1835 queM. Dalican, a succédé à M. Mattler
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- fils j à celte époque, la fabrique n’occupait que quinze à vingt, ouvriers,, ce nombre s’est tripfô en trois années,..., ’M. Dalican s’occupe essen tiellement delà fabrication des peaux maroquinées.de luxe^ .comme .celles qu’emploie la reliure, la fabrication tdes portefeuilles, les peaux jchagri-nées. etc. . ... , : ;... . •
- , Il a imaginé une,machine nouvelle et qui.. ouvre,.un systènie.de fabrication particulier:pour le maroquin, G’est une machine à faire le maroquin chagriné, qui produit par, jour cent cinquante peaux très-bien;,chagrinées,, au moyen de deux ouvriers..
- Pour le noir, M. Dalican obtient une préférence trjès-marquée. Elle, est due non à la beau té de son noir;, qui, à cet égard, n’a rien de supérieur aux ^autres,, mais à sa solidité qu’une longue expérience,a consacrée. r. * : ; r
- Lequry central déclare que M. 'Dalican mérite toujours la médaille dlor. décernée à son prédécesseur, M. Mailler. <
- MÉDAILLE D’OR.
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- •La fabrique de maroquins îétablie â Oboisy-le-Ddi eu 1796, sous la raison socialeEauler, Remph^et compagnie, est la;première qui ait 'exploité en ‘France céttè industrie, qui, jusqu’alors, ÿ était â peu près ihconnuep et pour la-
- quelle rnous étions ^tributaires <de l’étranger j ses produits furent admis à l’exposition de 1804' ef Uni ^alùrefrtuinb désdouze£lnédaillesd?ordécerhéCs,A cette époque^àd’inâus-
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- trie,,et cette récompense leur a été confirmée à toutes ries expositions suivantes. <
- ; Depuis 1828, cet établissement ‘est exploité • par MM. Fauter frères, fils-de l!un des fondateurs., .qui v, :à force de'recherches et de soins, sont enfin 'parvenus*à obte-nir, sur la peau, des nuances aussi variées que sur :1a soie et sur toutes, les étoffes. Cette, application'présentait de -graves difficultés, surtout.,dans les*gris, pour obtenir des nuances unies, à cause des différences que la; peau présenté dans sa texture, qui, resserrée sur le dos et les patte», est ordinairement ouverte et spongieuse sur le ventre set dans les parties faibles. ^ uîp
- Quelques innovations ;ont :èncore été tentées aveci Succès .par, MM. Fauler *: les mafoqümsfflu Levan t, recherchés par les amateurs, manquaient <à la consommation, là rev liure, en particulier, réclamait-, pour les : volumes :d’un grand format, une peau qui, par la 'qualité, la solidité du -grain, fut en rapport avec la dimension -des firvrés, et qui, surtout*, pût ‘résister aux rayages du temps'; des -grains du Levant sortis^deleurs ateliersutdeStinés à:couvtfir lës-immenses volumes de l’ouvrage-sur l’Égypte,- offert-à la chancellerie d’Angleterre par la chambre des pairs:,!at-testent qu’ils sont parvenus, en peu de-temps, à donnér à Jèurs ‘maroquins des? qualités qui «font-rechercher ceux'du Levant, et à les surpasser parla beauté dugrain, la vivacité >et la-fixité de ta couleur.- r ^ ; -H ïq
- Leurs maroquins chagrinés1,- emplbyéspbur la Reliure, laigainerie et lé portefeuilIe, ne Mirent rien ià désirer .pour? leur qualité et poürlarégularité* du grain. ^ >-s ' |f
- fCes innovations, et lèsi^erfécfionnemeuts apportésd’ans ’ toute la fabrication,-'Ont singulièrëmerit ^contribué>à *ac-
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- croître la consommation du maroquin ; la fabrique de Choisy-le-Roi, qui occupait autrefois vingt-cinq à trente ouvriers, en emploie aujourd’hui jusqu’à cerit trente, et livre annuellement au commerce pour près d’un million dé produits; elle fabrique, à elle seule, plus de deux cent mille peaux par année. : : *
- La fabrication du maroquin, presque nulle il y a quarante ans, est arrivée aujourd’hui à un tel degré de perfection, que la France, qui était autrefois tributaire des étrangers, les force maintenant à employer ses prodùits^ qu’elle est aussi parvenue à fabriquer à 'meilleur compte que toutes les autres nations. i
- Depuis longtemps nous alimentons les marchés de Néw-Yôrk, le Mexique, leBrésil, Buenos-Ayres et toutes les co-lonies.de l’Amérique ; nous expédions, jusque dans PInde; nous avons enlevé tous ces placements à l’Angleterre, qui, elle-même, malgré son esprit de nationalité, n’a pu s’empêcher de reconnaître notre supériorité en consentant à employer nos maroquins malgré des droits énormes de 25 ou 30 pour 100 dont ils sont frappés à leur entrée. MM. Fau-ler sont pour beaucoup dans ces résultats si dignes d’in-* térét. - .. 'u -, Î--
- Quaud on étudie avec attention les ateliers deMM. Fauler frères, on reconnaît bien vile la causé dé la supériorité incontestée:de leurs produits, dans les soins extrêmes qu’ils mettent a donner à chacuné, de léurs opérations toute la perfection dont elle; est susceptible. y* •
- C’est.ainsi que MM. Fauler, n’ont pas hésité, il y a quelques années,, à remplacer les; cylindres en buis employés à lisser leurs peaux par, des cylindres em cristal dé roche, qui .coûtenttrente fois plus cher, mais dont da. iduretéj est
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- telle que le frottement des cuirs ne les use pas, et qu5i!s prm duisenl un effet plus complet et plus constant.
- La substitution des cylindres de quartz aux cylindres de buis, dans cette industrie, est une heureuse acquisition; elle a été adoptée dans tous les ateliers de ce genre.
- Il ne suffit plus de déclarer que MM. Fauler frères sont dignes d’hériter de la médaille d’or qui a été décernée à leur père en 1801. Depuis cette époque, leur fabrique occupe toujours le premier rang ; depuis dix ans, elle a pris un développement considérable. Comme on l’a vu, c’est elle qui a créé toutes ces nuances de fantaisie qui ont ouvert au maroquin des débouchés sans limites, et que l’art de la teinture en peau ne possédait pas. Leurs opérations mécaniques se sont enrichies de procédés de lissage nouveauxj de moyens particuliers pour imiter les grains des peaux du levant.
- A tous ces litres , le jury central décerne à MM. Fauler frères une médaille d’or.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
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- MM. Emmerich et Goerger fils, à Strasbourg.
- Déjà honorée, en 1823, d’une médaille d’argent, cette fabrique en a mérité le rappel dans les expositions de 1827 çt 1834. Aujourd’hui elle n’emploie pas moins de quatre-vingts ouvriers qui produisent environ soixante-dix mille peaux. Elle tire les trois quarts des peaux qu’elle façonne de T Allemagne ; le reste est fourni par la France.
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- Le jury central déclare que MM. Emmerieh et Goerger se montrent toujours clignes de la médaille d’argent qu’ils ont obtenue en 1823.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. L. Lanzejnberg et cie? de Strasbourg.
- Leur établissement fut créé en 1811. A cette époque, les maroquins ne s’employaient pas encore en grandes quantités, aussi la fabrique de M. Lanzenberg était-elle peu importante; mais, à mesure qu’elle s’est enrichie de produits nouveaux, elle a pris de l’extension. En y comprenant les ouvriers de sa parcheminerie, M. Lanzenberg emploie de quatre-vingts à cent ouvriers ; il travaille environ soixante mille peaux de chèvres en poils, par année, qui lui viennent en grande partie de l’Allemagne. Avec le même nombre d’ouvriers, il pourrait faire un tiers de plus en achetant des peaux, déjà tannées, qui viennent de Marseille.
- Ses produits se placent en grande partie dans le pays, M. Lanzenberg ne pouvant concourir, pour le prix, avec les fabricants de l’Allemagne, qui non-seulement n’ont aucun droit à payer, mais qui ont encore la main-d’œuvre et les drogues tinctoriales à des prix plus bas. Cependant une partie de ses produits est achetée par l’étranger -, nos maroquins sont préférés, et peuvent être vendus, à cause de leur belle qualité, à des prix bien plus élevés que ceux de fabrication allemande.
- Le noir de M. Lanzenberg est beau, solide, vif, très-
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- souple, et gagne en intensité en restant quelque temps en magasin.
- Son rouge est nourri en couleur et bien vif.
- M. Lanzenberg est sans rival pour les peaux bronzées et vert doré ou cantharides; rien n’égale l’éclat et la solidité de ses peaux. Le vert-doré est une nuance de son invention qu’il est encore le seul à exploiter.
- Ces couleurs à reflet métallique ont déjà la sanction d’une assez longue expérience pour qu’on puisse affirmer que l’usage s’en conservera.
- Les produits connus sous le nom de peaux d’âne forment une sorte de complément à la fabrication du maroquin.
- Cet article se fait avec des peaux de chèvre et de mouton de qualité inférieure.
- Les fabricants de maroquin n’ont ordinairement pas d’emploi avantageux pour cette sorte de peaux, qu’ils vendent à très-bas prix; M. Lanzenberg les utilise dans cette fabrication.
- L’ensemble delà fabrication de M. Lanzenberg est trés-digne d’intérêt : æs peaux à reflets métalliques sont certai ncment supérieures à tout ce qui se fait en ce genre.
- Le jury central décerne à M. Lanzenberg une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE MM. Cruel-Trempé et Bernheim, à la Vil—
- Ont exposé des chevreaux en mégie mis en couleur, en noir, en bronze doré pour la chaussure. C’est un article dont ils fout une exportation considérable.
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- Le jut*y centrai déclare qu’lis méritent loitjoun* la nié*' daillc de bronze qui leur fut décernée en 1831, sous le nom de Trempé aîné.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Gauthier, à Belleville (près-Paris.
- 11 a exposé des veaux vernis de couleur bien fabriqués, des vaches grenées et surtout des maroquins vernis.
- Ce dernier article, qui est nouveau, a fixé l’àttenliou du jury, qui a reconnu dans sa fabrication des soins recommandables et dans ses qualités les éléments d'une fabrication de nature à se développer.
- Le maroquin verni est, en effet, bien moins cher que le veau verni : à la vérité, il n’a pas les qualités du veau verni, tout comme il ne conserve pas les qualités propres au maroquin ; mais le jury central y a vu un produit nouveau de nature à recevoir diverses applications.
- Il décerne à M. Gauthier une médaille de bronze. -
- M. Deglesne, à Paris, me du Petit-Garreau,
- ib.
- Les peaux de chevreau dorées et noir lissé, que ce fabricant a exposées, montrent qu’il possède les moyens de fabrication convenables aces sortes d’objets.
- Ce que le jury central a remarqué dans son exposition, ce sont les produits qu’il a obtenus en mettant à profit les peaux de chevreau que la ganterie rejette,- à cause des défauts que présente la fleur. En faisant, à leur aide, des
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- chevreaux vernis pour chaussure, M. Dcglesne en a tiré parti.
- Le jury central lui décerne une médaille de bronze.
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- erœ.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
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- M. Guillaume-Dur a à Paris, rue Marie
- Stuart, 8,
- Expose des buffles pour l’équipement militaire.
- Ses fabriques sont situées :
- Une à Saint-Germain-lès-Couilly, département de Seine - et-Marne, et l’autre à Beausséré près Gisors.
- Il fabrique annuellement en buffles, qui sont employés pour baudriers, porte-giberne et bretelles de havre-sacs, douzeà quinze millecuirs Buenos-Ayres, Batavia etindi-gènés, qui ont une valeur d’environ 30 fr. pièce.
- Ses fabriques sont montées sur une grande échelle, de manière à pouvoir satisfaire à tous les besoins de l’armée et de la garde nationale de France.
- Depuis quelques années, il a perfectionné cette fabrication de manière à ne laisser rien à désirer. La frise de son buffle est fine et belle, son cuir conserve une bonne fermeté sans être dur; il est dégraissé à fond, de manière à ne jamais repousser le blanc ; il est tel, du reste, qu’il se vend en grande partie pour l’étranger, et notamment pour la Belgique, la Suisse, la Sardaigne et l’Amérique.
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- Cette industrie est importante ; elle est difficile. Les progrès qu’elle a faits méritent un nouvel encouragement.
- Le jury central décerne une nouvelle médaille d’argent à M. G. Durand.
- * Mégisserie.
- La fabrication en mégie des peaux de chevreaux de lait, pour la ganterie fine, acquiert chaque jour, à Annonay, une nouvelle importance ; il s’expédie, chaque année, de celte ville, environ quatre millions de peaux de chevreaux mégissées en blanc, représentant une valeur de sept à huit millions de francs.
- Les peaux brutes y viennent de tous les pays du monde, mais principalement du midi de la France et des versants des Alpes suisses et sardes ; l’Italie et l’Espagne fournissent également une grande quantité de peaux, mais la chaleur du climat, en précipitant l’accroissement de l’animal, nuit singulièrement à la qualité du cuir.
- L’industrie de la mégisserie fait vivre, à Annonay, plusieurs milliers de personnes, dont douze cents ouvriers environ travaillent directement et uniquement à mégisser la peau dans quatre-vingt-quatre fabriques. Plus de cent ' maisons de commerce s’occupent de cette fabrication, ou de l’importation des peaux brutes et de la réexportation, en Angleterre, à Paris, à Grenoble, des peaux mégissées d’Annonay, qui font la majeure partie de l’approvisionnement de la ganterie dans ces villes.
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- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Gannal, à Paris, rue des Grands-Augus-tins, a3.
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- M. Gannal est l’inventeur d’un procédé de conservation des cadavres et généralement des matières animales, auquel l’académie des sciences a décerné un des grands prix Mon-tyon. Le procédé de M. Gannal, fondé sur l’emploi d’uné injection de sulfate simple d’alumine, permet de conserver un cadavre, sans décomposition, pendant un ou deux mois à l’air. Avec une liqueur de sulfate simple, marquant où on plonge deux fois par semaine le cadavre injecté, la conservation serait sans limites ; les travaux de l’anatomiste en reçoivent un degré de facilité et de sécurité remarquable et éprouvé.
- M. Gannal a appliqué son procédé à la conservation des objets d’histoire naturelle : il simplifie singulièrement l’art de conserver lesanimauxj mais, sous ce rapport, son invention demande une plus longue expérience pour qu’on puisse en porter un jugement définitif.
- M. Gannal a appliqué son procédé à l’embaumement j il a pris un brevet d’invention à ce^ égard, et il est de notoriété qu’il a déjà embaumé un grand nombre de cadavres.
- Par la nature de la matière préservatrice qu’il emploie, le procédé de M. Gannal se rattache à l’art du mégissier.
- En considération des services rendus par M. Gannal à l’étude de l’anatomie, le jury central lui décerne une médaille d’argent.
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Lioud et c10, à Annonay (Ardèche).
- Les ateliers de ces fabricants occupent vingt-six hommes et préparent annuellement de cent dix à cent vingt mille peaux de chevreaux de toute nature et de toutes provenances.
- L’époque fixée par le jury départemental (1er février), pour la livraison des objets à exposer, a nécessité l’exposition des produits fabriqués en hiver et, par conséquent, dont le blanc est moins beau que celui des fabrications de printemps; mais la souplesse et la beauté de la fleur ont paru au jury central ne rien laisser à désirer.
- En conséquence, il décerne une médaille de bronze à M. Lioud et compagnie.
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- Cuirs vernis.
- Quand il s’agit d’une industrie qui existait à peine à l’avant-dernière exposition, qui, aujourd’hui, malgré son importance commerciale, excite peu l’attention publique, il semble extraordinaire, au premier abord, que le jury central l'ait élevée jusqu’à ses plus hautes récompenses.
- Mais c’est que l’industrie des cuirs vernis s’est fait sa place elle-même par la beauté de ses produits, leurs bonnes qualités, l’importance de sa consommation et le succès toujours croissant de ses opérations.
- Depuis la dernière exposition, le nombre des fabriques est au moins triplé. Au lieu de quatre exposants, nous en comptons dix.
- Le cuir verni a donc un succès assuré, durable, et dont
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- il n’est pas difficile de se rendre compte en considérant ses diverses, nombreuses et fort importantes applications.
- S’agil-il de la chaussure des femmes et de celle des hommes eux-mêmes, qui ne comprend tout l’avantage d’une chaussure que le vernis rend imperméable, qui demeure toujours propre et baillante, et qui, loin d’êtro usée plus vite, reçoit de son vernis des garanties et des conditions de durée?
- S’agit-il de sellerie, de la carrosserie, les cuirs vernis s’y appliquent sous toutes les formes, et rien ne saurait les remplacer. Les cuirs souples, les cuirs roides trouvent également leur emploi dans celte industrie, qui réclame du fabricant de cuirs vernis des objets assez divers pour rendre nécessaires de sa part des efforts continuels et une intelligence très-active.
- Enfin, vient-on à considérer ses applications dans la fabrication des coiffures militaires ou autres, on voit encore le cuir verni jouer, dans ces, occasions, un rôle qu’une autre substance s’approprierait difficilement.
- Le cuir verni possède des qualités qui justifient un tel succès. Il est brillant, toujours propre, car un simple lavage suffit pour le nettoyer. Il est imperméable à l’eau. Quand il est bien préparé, on peut le froisser, le plier, sans que le vernis se détache ou s’écaille. Le cuir verni duré plus longtemps, et conserve bien mieux sa fraîcheur que le cuir ordinaire.
- Mais tous ces résultats ne sont vrais qu’autant qu’il est question d’un cuir verni d’excellente qualité. Si le vernis en est mal préparé, s’il est mal appliqué, le cuir verni devient alors une production très-médiocre. Il s’écaille aisément, se gerce, se déchire, et bientôt les objets qui en sont fabriqués son t hors dé service.
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- L’industrie des cuirs vernis, exécutée, comme elle l’est en France, mérite les plus grands encouragements. Longtemps inférieurs aux cuirs étrangers, nos cuirs vernis s’exportent aujourd’hui en grande quantité, et dans des circonstances fort dignes d’intérêt, comme on va le voir.
- Mais, avant de faire connaître les résultats obtenus par les divers exposants en objets vernis, il est nécessaire de bien faire comprendre que ces divers exposants sont rarement comparables entre eux, car la seule chose qui leur soit commune, c’est l’emploi d’un vernis, tandis que la nature du vernis, la manière de l’appliquer, la nature du corps sur lequel on l’applique, et l’usage auquel il est destiné, tout cela diffère d’une fabrique à l’autre.
- Aussi, dans l’appréciation des services rendus par les divers fabricants d’objets vernis, a-t-il fallu dégager soigneusement l’objet principal de chaque fabrication, celui qui en fait la spécialité, des objets accessoires que chacun produit comme assortiment obligé. Nous spécifierons donc avec soin la nature précise de produit que le jury a voulu récompenser.
- MÉDAILLES D’OR.
- M. Nys, et cie, à Paris, rue de FOrillon, 27.
- En 1828, M. Nys et compagnie achetaient la fabrique de cuirs vernis déjà estimée de M. Longagne. Cette usine leur fut vendue 30,000 francs, matériel et clientèle, tout compris. Elle occupait neuf à dix ouvriers ; elle fabriquait quatre cents douzaines de petits veaux,, deux cents douzaines de grands veaux et trois cents vaches, représentant srisemtrie Une valeur de ftGÿOOO fnmeth
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- En 1830, par suite de diverses améliorations intérieures, cette fabrique employait trente ouvriers, et produisait pour 200,000 francs de cuirs vernis. Jusque-là, leur consommation se bornait à la France.
- Eu, 1834, la fabrication s’élevait à 470,000 francs, et un quart des produits se plaçait en Angleterre.
- M. Nys, demeuré seul en 1835, redoubla de zèle et d’intelligence dans la direction de sa vaste entreprise,, et il est parvenu, l’année dernière, à produire pour 840,000 francs de cuirs vernis, dont les trois quarts sont consommés par l’Angleterre ; la France et l’Italie se partagent l’autre quart.
- Si, d’un côté, on aime à voir notre industrie des cuirs vernis, longtemps inférieure à celle de l’Angleterre, lui faire aujourd’hui, sur son propre terrain, une aussi sérieuse concurrence, d’autre part on ne peut s’empêcher de regretter que la consommation des cuirs vernis soit comparativement si faible en France, car elle indique ces habitudes d’un luxe solide et éclairé, qu’il serait si nécessaire de développer parmi nous.
- Du reste, si l’on veut juger ce qu’est devenue, entre les mains de M. Nys, celte usine qu’il payait 30,000 francs il y a douze ans, il faut ajouter que, par suite de diverses acquisitions, elle s’est agrandie au point qu’elle représente aujourd’hui une valeur de 400,000 francs, qu’elle occupe près de deux cents ouvriers, et que sa production est calculée maintenant sur le taux de trois millions par an. Que pourrait-on ajouter à de pareils résultats!
- M. Nys, ne tanne pas lui-même ses peaux $ il achète des peaux déjà tannées, qu’il soumet néanmoins de nouveau à une opération de tannage, et auxquelles, après leur avoir fait subir m corroyage irès-soipêj il applique son vernis*
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- La majeure partie de ses produits consiste en vernis noir : cependant il fabrique aussi, au besoin, des cuirs vernis de couleur^ mais ce dernier produit n’est, jusqu’ici, qu’une industrie fort bornée. Il y a, dans les cuirs vernis de cou-leur, un ton lourd qui contraste d*unc manière désagréable avec la transparence et les brillants reflets du cuir verni noir.
- La haute position industrielle de M. Nys, la supériorité incontestée de ses produits le signalaient d’avance au jury central comme très-digne de la médaille d’or qu’il s’empresse de lui décerner.
- M. Plummer , à Pont-Auclemer (£ure).
- Le succès obtenu par M. Nys dans la fabrication du cuir verni pour la chaussure, M. Plummcr l’obtient de son côté pour la fabrication du cuir verni pour la sellerie et la carrosserie.
- Son usine, établie à Pont-Audemer, n’emploie pas moins de cent ouvriers, qui sont occupés à tanner, corroyer et vernir les peaux; car M. Plummer prend les peaux dès leur mise en fabrication, et leur fait subir lui-même toutes les opérations qu’elles exigent.
- Il fabrique pour 500,000 francs de produits pour Paris seulement;
- Et, en outre, il en livre à la province*ou à l’étranger pour 900,000 francs environ.
- M. Plummer possède une de ces machines ingénieuses au moyen desquelles on scie les cuirs de façon à les dédoubler et à utiliser chacune des moitiés de la peau divisée de la sorte.
- Cette opération s’exécute sur des peaux de 5 à 6 pieds de long sur 5 à 6 (le large.
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- M. Pluniftief père avait déjà obtenu la Médaille dbtf-genl à l’exposition de 1806= La même distinction fut ae-cordée à son fils en 1834. C’est donc une belle et bonne fabrication constatée pendant une période de près de qua* rante ans.
- D’ailleurs, il est constant que M. Piummer a, depuis cinq ans, agraudi le cercle de ses opérations et amélioré ses produits.
- Le jury central lui décerne une médaille d’or. .
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Baudouin frères j rue de la Tombe-Issoire, n° s3.
- L’établissement de MM. Baudouin frères, créé en 1835, s’est développé rapidement, il produit des cuirs vernis, des toiles cirées, des toiles imperméables, des toiles vernies, et enfin des peaux mégies en poils pour sacs militaires.
- Dans la fabrication des toiles cirées, MM. Baudouin se, montrent fabricants habiles et au niveau de ïeurscoufrèrcs.. Il en est de môme de leurs peaux mégies, de leurs toiles vernies ou imperméablesde leurs couvre-shako, .etc.
- Dans leurs cuirs vernis, on remarque la beauté du noir. MM. Baudouin donnent un soin particulier à la fabrica-, tion des veaux vernis pour colliers.
- La fabrique dont il s’agit fait pour 800,000. francs de produits et occupe environ 200 ouvriers.
- Le jury lui décerne une médaille d’argent.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- ' . i ‘ s ‘ •
- M. Lauzîn fils, à Belleville.
- Cet exposant produit des moutons vernis pour la sellerie, pour garde-crotte f il fait aussi des cuirs pour la chaussure. Sa fabrication s’est améliorée depuis la dernière exposition.
- Il est donc toujours digne de la médaille de bronze qui lui fut décernée en 1823.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Javal, à Paris, rue clu Faubourg-Saint-Martin, 82.
- La fabrique de M. Java! ne compte que trois années d’existence. L’industrie des cuirs vernis doit être regardée, à son égard, comme une industrie secondaire, qui promet d’heureux résultats pour l’avenir, mais qui n’a pas encore atteint un chiffre de production important. M. Javal fabrique environ 3,000 peaux de veaux ou vaches par année.
- Mais il produit, au contraire, avec succès et en grande quantité, la toile vernie nécessaire poiir les coiffes à shakos, pour les couvre-giberne de l’armée française, etc. A en juger par l’importance des demandes qui dépassent 100,000 pièces, et par la satisfaction exprimée par les conseils d’administration des régiments, les fournitures de M: Javal présentent les bonnes qualités qui recommandent lcséchau-
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- tillonsqu’ila exposés, savoir une belle couleur noire, une grande souplesse et une ténacité bien conservée.
- Le jury décerne à M. Javal la médaille de bronze , en l’encourageant à développer les applications de ces toiles vernies, qui sont encore en essai chez lui.
- M. Heulte, à Paris, rue Pastourelle, 5.
- M. Heulte fabrique des cuirs et des peaux vernis, mais c’est surtout dans la production des feutres vernis que M. Heulte se présente avec une supériorité réelle ; ces feutres sont employés pour coiffures militaires , chapeaux de roulier, casquettes de chasse, et, à en juger par leur belle fabrication et leur bas prix, l’usage déjà considérable doit encore s’en étendre : en effet, M. Heulte livre un chapeau en feutre verni à moins de 2 francs, et, il en produit déjà au moins 20,000 par an.
- M. Heulte s’est attaché à produire des feutres revêtus d’un vernis beau, souple et solide, et à donner à ses coiffures des formes élégantes et de bon goût, tout en baissant de plus en plus ses prix de vente.
- M. Heulte a exposé aussi des toitures en feutre imperméable.
- Le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- CITATIONS FAVORABLES.
- * , » * i . !
- M. Déployé, à Belleville, barrière de la Çhopinette,
- A exposé des cuirs vernis qui sont bien fabriqués. Il a
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- '{présenté des essais en cuirs vomis avec fonds tnétalîl» ques. Les peaux ainsi préparées sont d’une fabrication soignée ; mais les cuirs vernis de fantaisie sont une affaire démodé, qu’il n’appartient qu’à la consommation de juger en dernier ressort.
- M. Mic®ud, à Paris, rue Saint-Martin, 271:.
- Déjà cité favorablement, en 1834, pourses chaufferettes en cuir imperméable résistant à l’eau bouillante, cet exposant présente nombre d’objets de la même fabrication, tels que scaphandres, bouteilles, outres, etc.
- M. Guillois fils, à Beau- Gre nelle (près Paris).
- Sa fabrique, établie depuis six mois, parait être fondée sur de bons procédés, à en juger par les produits exposés, qui consistent en cuirs vernis et tiges imperméables au caoutchouc.
- M. Soyer, à Paris, rueRiclier, 17.
- La fabrique de cet exposant est dans le môme cas que celle de M. Guillois.
- TISSUS IMPERMÉABLES.
- Tout le monde connaît les résultats intéressants, à tant de litres, qu’une industrie nouvelle, fondée sur les propriétés du caoutchouc, «offerts au public depuis quelques années, soit en Angleterre, soit en France, par les soins de MM. Guibal et Ralier, et de leurs nombreux imitateurs, Le caoutchouc est, eu effet, une substance merveilleusement douée, qu’aucun des liquides habituellement eu
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- *4(M
- rapport avec nous n’attaque, ne dissout ; qui ploie, s’allonge, s’étend et revient sur elle-même avec toute l’obéissance d’une enveloppe qui ferait partie du corps même sur lequel on l’applique.
- On est parvenu à le couper eu lames minces, à le refendre en fds, à remettre en masse les débris ou les parties impures; on sait lui ôter son élasticité et la lui rendre à volonté ; eniin on le coupe, on le soude en cent façons et avec une facilité qui se prête à tous les caprices de la fabrication. ,
- ' 4 . ï
- Celte partie de l’industrie du caoutchouc ne mérite que des éloges. •
- Mais il en est uue autre, qui est moins avancée, quoiqu’elle soit aussi pratiquée depuis longtemps et qu’elle le soit sur une grande échelle. On veut parler de la fa-r bricalion des tissus imperméables doubles ou simples, à l’aide du caoutchouc dissous par les huiles essentielles. ' Dans ce procédé, la substance est toujours un peu modifiée ; elle retient une certaine quantité d’huile, qui lui donne de l’odeur et qui la ramollit.
- Le problème à résoudre pour rendre le caoutchouc liquide n’est pas de le dissoudre par des essences dont on ne peut jamais le débarrasser entièrement, mais de le rendre liquide en Ramenant à l’état d’émulsion , c est-à-dire à l’état où il découle des arbres qui le fournissent.
- Celte industrie a néanmoins fait en France des progrès notables ; les étoffes doubles ou simples en” caoutchouc ayant bien moins d’odeur qu’elles n’en répandaient il y a quelques années. . :
- T. lit.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM. ^Guibal et (Îü/tier, à Paris3 rue des Fossés-Montmartre, 4*
- Ces habiles fabricants ont encore trouve moyen de faire de grands progrès dans l’industrie qu’ils ont créée en France. En 1834, le jury central leur a décerné la médaille d’or, en se fondant essentiellement sur leur fabrication de tissus élastiques, qui s’effectue au moyen de fils de caoutchouc, à qui on ôte leur élasticité par une tension prolongée, qu’on recouvre d’un tissu à l’aide du métier à lacet, et à qui on rend enfin l’élasticité par l'action d’un fer chaud. Cette fabrication a pris une très-grande importance, non-seulement entre leurs mains, mais aussi dans celles de leurs nombreux imitateurs ou contrefacteurs. Mais, a l’extension près, cette industrie est, en général, au point où elle était en 18 34.
- Chez MM. Guibal et Ratier, au contraire, une disposition nouvelle a permis de tirer du métier Jacquard, pour fabriquer ces fils des tissus élastiques, un parti bien plus avantageux que par le passé. La quantité de travail qu’un ouvrier peut produire est plus que doublée, en certains cas, par celte disposition.
- Mais, au moment meme où celte industrie prenait des développements inespérés, elle a été frappée dans sa source, lès arrivages de caoutchouc n’ayant pas répondu aux idées qu’on s’en était faites, et une fraude active s’ètant glissée dans la préparation des poires queleslndiens en fabriquent.
- Les trois quarts, au moins, des poires que nous apporte le commerce sont si mal fabriquées, et d’une texture si
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- feuilletée, si peu homogène, qu’on ne saurait en l’aire usagedireclementpour les découper en lames. MM. Guibal et Ratier ont monté, dans leur usine, un systèmed’apparcils propres à,remettre le caoutchouc en ruasse*, ils le découpent ensuite en lames, en bandes, en fils, et le font ainsi rentrer dans la fabrication des tissus élastiques, d’où il semblait exclu.
- MM. Guibal et Ratier ont beaucoup amélioré leur dissolution j elle a bien moins d’odeur, bien qu’elle en ait encore, et ils méritent des éloges, quoiqu’à cet égard on puisse espérer de nouveaux et d’importants progrès.
- Dans la fabrication de MM. Guibal et Ratier, on remarque un nouvel article : c’eSt un tissu simple rendu imperméable par une couche extérieure de caoutchouc. Son bas prix le rend accessible à toutes les fortunes, et cependant sa bonne qualité est garantie par une expérience déjà fort étendue. Le seul inconvénient de ces tissus réside dans leur ressemblance avec les toiles vernies, qui les déprécie pour l’emploi que nous appellerons bourgeois ; mais les manteaux militaires, ceux de voyage, de chasse, etc., s’en accommodent parfaitement bien.
- On a pu remarquer, à l’exposition, des essais qui ont de l’intérêt, et qui auraient pour résultat de faire, à l'aide d’une seule opération, un très-grand nombre de lapis du dessin le plus compliqué. Ce problème est résolu à l’aide du caoutchouc, et, quoique cette industrie singulière n’existe encore qu’en germe, on ne saurait douter qu’un jour ou l’autre elle ne prenne une forme pratique.
- Parmi les améliorations qu’il faut remarquer chez les habiles fabricants dqnt nous nous occupons, la baisse importante que leurs prix ont subie n’est pas la moindre. Elle est d’autant plus digne d’attentiou, qu’elle coïncide
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- avec une augmentation considérable du prix du caoul-chouc. !
- L’industrie du caoutchouc s’exerce aujourd’hui sur 400,000 francs de caoutchouc brut qu’elle convertit en une masse de produits divers dont, le prix s’élève aune somme dont on appréciera l’importance quand on saura que l’Amérique reçoit de nous pour quatre millions de produits en caoutchouc en échange des 400,000 francs de matière brute qu’elle nous envoie.
- L’extension donnée par MM. Guibal et Ratier à leur industrie, le développement qu’elle a pris entre les mains de toutes les personnes qui mettent à profit leurs procédés, la perfection de leurs moyens de recomposition de la gomme divisée ou impure, et surtout les perfectionnements qu’ils ont fait subir au métier Jacquard, motivent le rappel le plus honorable de la médaille d’or que le jury s'empresse de voter à ces habiles fabricants.
- MEDAILLES DE BRONZE.
- M. Champion, à Paris, rue du Mail, 18.
- Connu depuis longtemps pour la fabrication de scs mesures linéaires en rubans imperméables, qui lui ont valu, en 1819, une médaille de bronze, cet ingénieux fabricant livrait au commerce beaucoup d’objets produits par les memes procédés, et applicables à des destinations hygiéniques ou à la conservation des métaux.
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- On à remarqué, à l’exposition actuelle, des vêtements imperméables très-légers, très-souples, peu volumineux et fort convenables pour les militaires, les voyageurs ou les personnes qui habitent la campagne. Mais l’aspect luisant ou. gras des étoffes vernies les exclut de tout emploi dans les villes, ce qui en limite singulièrement l’application.
- Néanmoins , le jury, considérant les divers progrès faits par M. Champion dans sa fabrication, lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- M. Meynadïer, à Montrouge (Seine).
- Cet ingénieux fabricant prépare les tissus de manière h les rendre imperméables. Il opère sur tous les genres d’étoffe avec le même succès, et il peut fournir des tissus simples, imperméables en taffetas ou percalines, et, à plus forte raison, des tissus plus épais.
- Ce que M. Mey nadier a surtout cherché, et avec raison, c’est de rendre son étoffe imperméable sans lui donner un aspect gras ou verni, c’est de lui conserver toute sa souplesse. Il a presque réussi sous ces deux rapports. Du reste, ses étoffes n’ont pas d’odeur bien sensible.
- Elles ont dès longtemps trouvé leur application dans la fabrication des cols noirs, dans celle des manteaux de voyage.
- Il est à désirer que cette industrie se développe.
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Meynadier.
- M. Gagin, à Clignancourt (Seine).
- M. Gagin a exposé diverses applications de ses toiles
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- imperméables, qu’il applique essentiellement aux besoins du soldat. Des outres , une tente, un manteau-bivouac, des blouses, des bâches pour voiture, etc., ont été mis sous les yeux du jury, et soumis à un examen attentif.
- M. Gagin prépare aussi des chaussures imperméables, qui ont été l’objet d’expériences longues et bien faites en Afrique j le résultat en a été très-favorable, comme on le voit par un rapport dù colonel Marey.
- Lès toiles pour tentes et abri-bivouac ont été essayées, au camp de Gompiègne, par M. de Gourtigis avec un succès complet.
- Le jury central décerne à M. Gagin une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Ledoux, à Neuilly (Seine).
- M. Ledoux fabrique des tissus doubles imperméables par les procédés connus $ mais ces tissus ont peu d’odeur.
- Il fait une grande quantité de buses recouverts d’un tissu imperméable qui les préserve de la rouille : cette application du caoutchouc est devenue déjà d’un usage assez commun.
- M. Cocu, à Paris, rue Ménilntiontant, 86.
- Produit des tissus de caoutchouc avec beaucoup de succès. Ses tissus épinglés sont remarquables par leur belle et bonne fabrication »
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- MM. Galîbèrt et Sarraut, rue J.-J. Rousseau, i,
- Livrent au commerce des tuyaux eii caoutchouc naturel fort bien faits et susceptibles d’applications intéressantes.
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- M. Bouillant, a Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 325,
- S’occupe avec succès de la fabrication des tissus en caoutchouc.
- M. Marouzi de Aguire, rue d’Antin , 3.
- Il a fabriqué divers objets en chanvre comprimé, rendu imperméable et verni. Ses produits pourront recevoir d’utiles applications.
- M. Beker, à Paris, rue de Grenelle-Saint-Honoré, 3g;
- Il rend imperméables, par des procédés chimiques, toutes les étoffes, sans altérer leur souplesse ni leur couléur, et sans leur ôter leur perméabilité pour l’air.
- Il est à désirer que les procédés de M. Beker ou des procédés analogues deviennent d’une application générale.
- § 3. TOILES CIRÉES.
- La fabrication des toiles cirées a fait de grands progrès depuis peu de temps. Des procédés mécaniques sont venus à son aide, et, remplaçant la pose des fonds à la main, ainsi que le ponçage> ont réduit de 80 pour 100, terme
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- moyen, le prix fie re travail, qui entre pour beaucoup dans le prix définitif des toiles cirées.
- Les méthodes d’impression se sont perfectionnées. On imprime aujourd’hui à volonté avec ou sans relief. Nous ne parlons pas de l’art de produire des effets sur les fonds de ces toiles, art bizarre qui sera toujours plus riche en moyens d’exécution que ne l’exigerait le goût du consommateur le plus exigeant.
- MÉDAILLE D’OÏL
- MM.( Couteaux, à Joinville-le-Pont (Seine).
- Déjà, récompensés en 1834. par une médaille d’argent, MM. Couteaux père et fils ont augmenté depuis lors leur fabrication, et l’ont enrichie de procédés nouveaux et remarquables.
- Ils fabriquent des cuirs vernis pour sellerie et chapellerie, au moyen des procédés anglais. C’est à cette fabrication qu’ils ontdù la médaille d’argent en 1834. Us se présentent aujourd’hui avec les mômes procédés, mais ils ont ajouté à leur travail une machine spéciale pour scier les cuirs, machine d’invention anglaise et fort digne d’attention par ses résultats. En effet, die enlève, en une feuille entière et très-propre à tous les usages où l’épiderme n’est pas nécessaire, cette portion intérieure de la peau que le drayage ordinaire fait tomber en copeaux inutiles.
- Comme ils fabriquent beaucoup de visières, chacune des parties de la peau y a trouvé son application parlicu lière. Ainsi les visières bombées, vernies.d’un seul.coté,
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- sont fabriquées avec la partie de la peau qui porte l'épiderme.
- Les visière» plates, vernies des deux côtés, sont, au eonr traire, obtenues aü moyen de la partie intérieure de la peau détachée par le sciage et conséquemment dépourvue d’épiderme. Ces cuirs vernis peuvent subir tous les efforts et se plier de toutes les manières sans que leur vernis s’éraille, ce qui n’arrive pas aux visières munies de l’épiderme.
- Les cuirs vernis pour chaussure sont obtenus par MM. Couteaux, à l’aide de procédés qui leur sont partir culiers.
- Ils s’occupent activement de la fabrication des toiles cL rées, en partie par les procédés anciens, en partie par des moyens nouveaux et remarquables.
- En effet, dans leurs ateliers se trouve une machine qui donne à la toile une couche de peinture de chaque côté sir multauément. En quelques miniites, une pièce de 34 aunes reçoit ses deux couches et se rend d’elle-même dans uno
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- étuve disposée pour recevoir cinquante-deux pièces semblables,
- Trois hommes font, à l’aide de cct appareil et du suivant, le travail de soixante ou quatre-vingts ouvriers.
- En effet, chez MM. Couleàux, nou-sculementla pose du fond se fait à la machine, mais le ponçage lui-même s’exécute par un procédé mécanique de là plus grande simplicité.
- L’économie de main-d’œuvre, produite par ces deux appareils, est immense. Ils fonctionnent d’ailleurs l’un et l’autre avec une parfaite régularité.
- Enfin MM. Couteaux se livrent à la fabrication de tous les objets en caoutchouc, qui ne sont pas exclusivement ré-
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- serves à d’autres fabriques par des brevets. Dans leurs ate liers, on recompose les masses de caoutchouc, on les découpe en lames, et on emploie celles-ci pour faire des tissus doubles imperméables. On s’occupe également de la dissolution du caoutchouc et même de la préparation des huiles que cette dissolution exige. La dissolution est employée pour produire des tissus doubles imperméables, comme les lames elles-mêmes.
- Ainsi, dans l’usine de MM. Couteaux père et fils, on peut voir en activité, 1° le corroyage des cuirs, leur sciage, leur vernissage pour diverses destinations et la fabrication des visières ; 2° leurs ateliers de toile cirée par l’ancien et par lë nouveau procédé ; 3° la purification des huiles pour dissoudre le caoutchouc, la dissolution de celui-ci et l’application du caoutchouc dissous à la confection des tissus imperméables ; 4° et enfin le remaniement des débris de caoutchouc pour en refaire des masses ; le sciage de celles-ci en lames et l’emploi de ces lames pour des coussins à air et autres objets analogues.
- MM. Couteaux emploient plus de cent ouvriers; ils disposent d’une machine à vapeur puissante. Ils font pour 5 à 600,000 fr. de produit par an.
- L’ensemble de leur fabrication, son importance et les procédés nouveaux qu’ils ont appliqués à la fabrication de la toile cirée, rendent MM. Couteaux père et fils très-dignes de la médaille d’or que le jury central leur décerne.
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- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Seib, à Strasbourg. 1 "
- ; • v ,, > ' , • * f.
- r. La fabrication, des toiles et percales cirées, à la saxonne est due aux soins de M. Seib , qui continue à s’occuper de la fabrication de tous les objets en toiles et taffetas cirés avec un grand succès. , ; ;
- La fabrique de M. Seib est montée sur, une grande échelle. Les produits qu’elle fournit jouissent, dans le commerce, d’une grande estime due à leurs qualités éprouvées;
- L’art du fabricant de toile cirée est redevable à M. Seib de plusieurs perfectionnements importants dans les moyens mécaniques par lesquels on imite la marbrure. C’est lui qui le premier a tiré parti de la lithographie dans la décoration de ces toiles.
- Lé jury lui décerné une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
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- M. Bonjour , rue des Fossés-du-Temple,
- n° 77-i > ; :
- % v : 1.
- M. Bonjour expose pour la première fois. Sa fabriqué, située à Bercy, emploie 40 ouvriers et peut s’accroître. Il produit des toiles cirées par l’ancien procédé pour meubles, tapis, etc. Il a inventé un nouveau procédé ; depuis dix-huit mois il en a fait usage, et il a déjà produit, à son aide, de 6 à 8,000 pièces, qui ont été versées dans le commerce. Dans ce nouveau procédé, le dessin est sans relief | il
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- est fondu et uuancé de manière à imiter les laques de Chine. ' ,
- M. Bonjour fait un emploi des métaux qui est dirige avec goût etintelligence.
- Par ce procédé, le prix des toiles est un peu plus élevé ; mais eomme il y a brevet, et qu’un tapis de 10 francs n’en coûte que 11 au plus, on peut dire que;par la suite, l’équilibre se rétablira. ’ ;
- Ce procédé a été appliqué aux toiles destinées à la tenture des bateaux à vapeur, etc.
- Le jury central décerne à M. Bonjour une médaille de bronze.
- M.'- Dutf.rtre, à la Chapelle-Saint-Déni s, près Paris.
- La fabrique de M. Duterlre a exposé des produits en toiles cirées imprimées qui décèlent une entente parfaite de la fabrication, et dont les dessins sont composés avec une habileté extrême pour mettre à profit toutes les qualités de la toile cirée et pour dissimuler tous ses défauts.
- M. Duterlre a également exposé des taffetas cirés très-remarquables par leur parfaite exécution.
- Le jury central décerne à M. Duterlre une médaille de bronze. - . . .
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- TROISIÈME PARTIE.
- INDUSTRIES DIVERSES.
- M. Schluinberger (Charles), rapporteur.
- § 1er. CHAPELLERIE.
- Chapeaux de feutrej de soie. Chapeaux de paille.
- C’est en 1820 que la chapellerie de Paris l’emporta définitivement sur celle de Lyon, qui avait jusqu’alors conservé le monopole de cette fabrication. Tous les chapeaux' se faisaient alors en feutre, ceux en soie n’avaient fait que paraître et avaient alors été repoussés de la consommation. Par un nouvel apprêt, inventé par MM. Malard etCham-bry, en 1827, on a pu donner plus de légèreté aux chapeaux, et une perfection a été apportée à la fabrication par l’emploi de cet apprêt dans les chapeaux feutrés.
- Depuis plusieurs années, les perfectionnéments obtenus dans la fabrication des tissus en peluches de soie > dans celle des apprêts et des carcasses, ont [de nouveau fait arriver les chapeaux de soie, et cette fois, ils ont pris la part la plus large dans la consommation. .
- Sans avoir des chiffres précis sur le nombre des fabriques et sur leurs produits, nous savons qu’elles donnent à peu près les résultats suivants :
- Il existe à Paris cent ou cent vingt fabriques.
- La confection des chapeaux occupe de quatorze à quinze cents ouvriers. :
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- Ils produisent à peu près douze à treize cent mille chapeaux, dont : . ; ; i ‘ *
- Quatre-vingt à cent mille en feutre, d’une valeur de 15 fr. à 30 fr. pièce.
- Le reste en chapeaux de soie ou soie et colon, valeur de 6 fr. à 16 fr. pièce.
- Sur le nombre des chapeaux,
- Sept cent mille sont livrés au détail de Paris,
- Quatre cent mille dans la province,
- Et le surplus pour l’exportation.
- • Les chapeaux de Paris sont aujourd’hui très-perfec-lionués ; leur élégance, leur légèreté et leur bon marché les font rehercher par tous les consommateurs.
- La fabrication des chapeaux de paille ou de tressés a également fait des progrès remarquables,, tant sous le rapport des matières employées que sous celui de la bonne confection des tissus.
- . ? . : ... ; '-.il s •
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
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- M. Jày, à Paris, rue clés Fossés-Montmartre.,
- En 1834, cet habité fabricant obtint une médaille d’argent pour les produits remarquables qu’il1 avait exposes! Ceux de cette année ne laissent rien à désirer pour le fini1 du travail et pour la modicité des prix; le jury confirme à M. Jay Ta médaillé qu’il avait obtenue. '
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- MÉDAILLE D’ARGENT.
- ; - îh-.-s-*'
- M. Poinsot, à Paris, rue Sainte-Avoie, 5r].
- Ce fabricant, frappé de l’importance des importations faites en France dé chapeaux de paille bu eh tresses diverses , a eu l’heureuse idée de chercher à faire arriver en France les feuilles de palmier comme matières ‘premières pour faire gagner la main-d’œuvre à nos ouvriers. Après bien des essais dispendieux et malgré l’abaissement des droits d’entrée sur les produits fabriqués en Amérique, il a réussi dans cette entreprise. Les matières, premières sont tirées de Cuba, où elles sont très-abondantes ; < elles arrivent en France et sont ensuité dirigées sur Limoges et Riom, où M. Poiusot a formé deux vastes ateliers dans les maisons centrales de détention de ces deux villes où plus de six cents ouvriers trouvent de l’occupation à ce travail dont les opérations sont toutes manuelles. ,
- Le produit annuel est d’environ cent vingt mille chapeaux ou cabas, dont la douzaine, enqualitéordinaire, est du prix de 20 fr., tandis qu’en qualité supérieure les prix ^peuvent monter jusqu’à 60 et 200 fr. la pièce. - t, s
- On estime, dans les articles communs, la feuille pour un huitième du prix de revient, dans les articles demi-fins pour un vingtième, et dans'les articles-fins pour moins d’un centième. t :> ^ ;
- Loin de craindre la concurrence, M. Poinsot"espère qu’elle viendra lui aider à nous affranchir du tribut que nous payons encore à l’étranger pour une grande partie de
- Les chapeaux viennent ensuite à Paris pour recevoir la dernière main et Panuret dans les ateliers du fabricant.
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- produits aualogues, Le jury décerueù M. Poinsot une médaille d’argent pour ses produits et pour le service qu’il a rendu à notre industrie.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Huault (Benoît), à Paris, rue des Ménétriers, 6.
- Les produits de ce fabricant avaient été distingués par le jury en 1834$ ceux qu’il expose, cette année, prouvent qu’il conserve toujours la même supériorité $ le jury lui confirme la médaille de bronze qu’il obtint en 1834.
- MM. Chenard frères, à Paris, rue Sainle-Avoie^ 4ï,
- Exposent des chapeaux de toute espèce d’une très-bonne confection $ leurs produits sont toujours estimés dans le commerce $ le jury leur confirme la médaille de bronze obtenue en 1834.
- >
- MM. Raï frères, â Paris, rue du Plâtre-Sainte-Avoie.
- Ils exposent des chapeaux de feutre, lièvre, soie, et peluches pures $ tous ces produits justifient la médaille de bronze qu’ils ont obtenue en 4834 et que le jury leur confirme.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. Gibus, à Paris,, rue Vivienne, 20.
- ' } •
- Déjà, en 1834, ce fabricant avait exposé le modèle.d’un mécanisme appliqué aux chapeaux pour pouvoir les réduire à un petit volume ; depuis lors, il a perfectionné sa première invention d’une manière remarquable. En effet, tel qu’il est exécuté aujourd’hui, ce mécanisme léger et solide peut être varié si bien dans ses formes, qu’il s’applique à toutes les coiffures. Les modèles exposéspar M. Gibus ne laissaient rien à désirer par leur excellente confection. Les prix un peu élevés de ces chapeaux en ont seuls empêché jusqu’à présent un usage plus général, maisl’iu-vëiiteur à pris lés mesures nécessaires pour pouvoir les confectionner à meilleur marché.
- M. Gibus fabrique également toutes les autres sortes de chapeaux : il a contribué au perfectionnement des tissus en poils de lièvfè mélangés à la bourre de soie, qui ont donné line graudé économie dans la fabrication .des chapeaux feutrés. -
- La Société d’encouragement, ayant examiné plusieurs fois les produits de M. Gibus, en a toujours fait des éloges dans scs rapports. ^ u
- Le jury mentionne honorablement les produits de M.'Gibus.' r
- M. Hamel, à Brest (Finistère), )
- Expose des chapeaux en peluches de soie, des chapeaux vernis, d’un prix modéré et qui ne gercent pas; le jury lui accorde une mention honorable, comme il l’avait reçue déjà en 1834. ;
- tome m. 27
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- M. Benini (Roch), à I^ris, galerie Colbert, 18.
- Ce fabricant a exposé des chapeaux en paille qui sont très-bien fabriqués; les efforts qu’il fait pour perfectionner en France cette industrie lui méritent une mention ho-
- • ' t . - : ; * ' • -f - ' ; \ ' «
- norable. : ,
- M. Alan-Migout, à Paris, avenue des Champs-Elysées, 64.
- Déjà cité en 1834 pour ses chapeaux, ce fabricant a dépuis lors, beaucoup perfectionné ses produits ; ceux qu’il a exposés en noir et en gris, au,prix de 15 fr;, sont d’une solidité parfaite,et très-bien feutrés : le problème du beau à -bon marché a été résolu par M. Alan-Migout. . *
- M. Legras, à Gôuville (Manche),
- s f 1 • 4
- Expose un chapeau de paille pour femme fait avec une grande perfection ; il est à désirer qu’il puisse donner de l’extension à cette fabrication.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. P aïs an t, à Paris, grande galerie des Pa* noramas, 22, ^
- . . , . f < > \ i. *' -,
- A exposé des chapeaux en feutre et en soie qui sont parfaitement soignés et à des prix modérés.
- M. Carrier, à Paris, passage Peçcpiet, 11,
- A exposé des chapeaux légers et bien faits qui sont
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- rendus imperméables au moyen d’un apprêt dont il est l’inventeur j c’est un perfectionnement dont l’utilité a été appréciée par le commerce.
- M. Monier, à Paris, rue Montesquieu, 8,
- Expose des chapeaux feutrés, en peluches et déchets de soie : l’expérience a besoin de confirmer le bon emploi des chapeaux de cet inventeur.
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- tu.;:. § 2.. CHAUSSURE. fjv,
- t 'T: • >'.}!( uv;, •>. •- = ' * .... . T-T ..-t
- -i: Boiterie, cordonnerie, sabots, socques. ; ,<..•
- La confection des chaussures ne s’exécute pas dans de grands établissements; les maîtres et les ateliers sont disséminés, mais cette industrieemploie un nombre considérable d’ouvriers qu’il ne serait possible d’évaluer que très-approximativement.
- Pour former avee avantage de grands ateliers, il faut pouvoir y fabriquer en quantité des produits toujours les mêmes, et cette première condition n’existe pour la chaus-; sure que dans certains genres tout à fait spéciaux. Le goût et la mode, avec ses caprices, changent à chaque instant les formes qui ont besoin d’être déjà si diverses par la grande variété des pieds et des accidents qui peuvent leur arriver. : .
- En général, de grands perfectionnements ont été apportés dans la confection des chaussures ; l’élégance des coupes, les coulures, la légèreté sont autant d’améliorations qui font aujourd’hui distinguer l’habileté de nos ouvriers.
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- On peut compter, pour les bottes, le prix de 16 francs comme prix moyen, car on fait aujourd’hui beaucoup dé bottes à 12 et à 14 fr. la paire. ;
- Le prix de façon se paye à l’ouvrier de 4- à 8 fr. la paire; il peut, pour certaines parties, se faire aider par sa femme, et par cette raison il préfère faire une paire de bottes plutôt qu’une paire de souliers.
- Le prix moyen des souliers doit être entre 4 et 7 fr. la paire, sur lesquels l’ouvrier reçoit 2 fr. de façon.
- Quelques essais que l’expérience a besoin de consacrer ont été faits par plusieurs fabricants pour rendre les cbrussures imperméables ; ce serait une véritable perfection, si on arrivait à la solution de ces essais d’une manière complète et économique.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Michels-Maire, à Metz (Moselle),
- Avait déjà été distingué à la dernière exposition pour, la bonne confection de ses chaussures et leur bon marché. Il a exposé une collection de bottes et de souliers qui sont parfaitement confectionnés et dont les prix sontexlré-mement modérés comparativement à ceux de Paris.-Il est toujours digne de la médaille de bronze qu’il a reçue en 1834, et que le jury lui confirme.
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. Jacquet et cie, à Paris, rue Saint-Denis, 425 et rue (le Charonne, 88,
- - Qnt établi une véritable fabrique de chaussures; c’est un perfectionnement remarquable, et qui a donné à ses auteurs bien des difficultés à surmonter.
- ; Une partie des travaux se font mécaniquement, tels que la coüpe des cuirs, leur battage et leur perçage.
- Cet établissement pourrait confectionner jusqu’à trente mille paires de souliers par mois au prix de 4 fr. à 4 fr. 50 : l’armée et la marine en ont déjà employé près de quarante mille paires, qui ont été reconnues de bonne qualité; mais malheureusement l’organisation actuelle du service militaire empêche d’y apporter des changements qui donneraient dans cette partie de notables économies.
- . MM. Jacquet et compagnie font également avec perfection une grande quantité de chaussures pour les usages ordinaires; ils s’occupent de nouveaux perfectionnements: le jury leur décerne une médaille de bronze.
- ï f . • * - ' *
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Modor, à Paris, passage Choiseul, 33
- Depuis quelques années, ce fabricant s’est appliqué à la confection des souliers et chaussons en gomme élastique naturelle ou préparée. Ces chaussures, par la variété qu’il a su leur donner, peuvent être employées à tous les
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- usages ordinaires, principalement pour la campagne, où elies peuvent remplacer en partie les sabots : les prix n’en sont pas trop élevés.
- M. Bridard , à Paris , rue Neuvé-Saint-Marc, 7.
- Il a confectionné des bottines et souliers-guêtres pour la chasse, de manière à empêcher le sable ou la terre d’entrer dans l’intérieur des chaussures, la guêtre faisant corps avec le soulier. Par l’application d’cine dissolution de caoutchouc de son invention, il assure qu’il peut ren-r dre ses chaussures tout à fait imperméables. Ce dernier perfectionnement s’applique également aux bottes ordinaires, que M. Bridard confectionne très-bien.
- MM. Jurisch et c'e, à Paris, rue de Su-rênes, 23.
- Ce fabricant confectionne d’une manière très-soignée des semelles ordinaires simples ou chevillées ; elles se rapportent au moyen de quelques vis sous les semelles des bottes et souliers, et, lorsqu’elles sont usées, il suffit de les dévisser pour les remplacer par une autre semelle. Nous croyons que cette innovation continuera d’avoir le succès qu’elle a eu jusqu’à présent.
- M. Roux, à Paris, rue du Roule, 4*
- Il fabrique très-bien toute espèce de chaussures, et il a exposé un genre perfectionné par lui ; ce sont des bottes pour homme et bottines pour dame, en chevreau chamoisé et cambrées d’une seule pièce, évitant, par conséquent, les coutures : cès objets nous ont paru parfaitement exécutés et d’une grande solidité.
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- M. Devaux, àParis;, galerie dés Variétés, i51
- C’est à ,M. Devaux qu’on doit , la plus grande partie des perfectionnements qui ont été successivement apportés dans la confection des socques. Ceux qu’il fabrique aujourd’hui sont d’une exécülion parfaite et à des prix modérés; ils jouissent, à juste titre, d’une grande vogue parmi les consommateurs. Déjà mentionné par le jury de 1834-, nous ne pouvons que confirmer la distinction qu’il a obtenue.
- M. Suser, à Nantes,
- i x , ,
- Expose des peaux préparées par des procédés particuliers qui leur donnent une grande souplesse et une bonne qualité; les souliers confectionnés avec ces peaux sont très-bien faits et les prix très-modérés en raison de la bonne qualité des produits. Le jury fait une mention honorable de M. Süser pour l’ensemble de ses produits.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Sîgny, à Paris, rue Nenve-des-Petits-Champs, t5.
- Par une disposition d’élastiques placés des deux côtés de ses bottes ou bottines, il évite la nécessité de les lacer
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- et donné aussi plus de souplesse à la chaussure.
- M. Evrat, à Paris, rue Saint-Jacques-la-Bbucherie^ r5,
- * : * '7 ' ï -, » ^ **
- Fabrique dés souliets biën confectionnés ; il à, pour la
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- chasse,des souliers-guêtres très-solides et à des prix modérés. M. Bochet, à Paris,-rue Quincampoix,H.
- Il confectionne des bottes pour la pêche, la chasse et le service des égouts : c’est une fabrication toute spéciale, à laquelle il donne tous ses soins. ;
- M. Hébert, à Paris, rue Saint-Louis, 9 (au ' Marais), ,. ;!V
- S’occupant spécialement delà confection des chaussures pour soulager les infirmités, il a perfectionné d’une manière assez remarquable cette, partie.
- M. Barié, à Paris, rue Saint-Germain-PAuxerrois, 44*
- Il a perfectionné le travail des chaussures corioclaves au moyeu de chevilles en buis j il s’est appliqué aussi à la confection cl à l’amélioration des bottes pour la cavalerie, la chasse et la pèche, ainsi que des bottes dites paracrollcs. Tous ces produits sont très-bien exécutés.
- M. Etiévant, à Paris, rue de Richelieu, 100.
- Il confectionne très bien toute espèce de chaussures j il est parvenu à rendre imperméables même les plus délicates. Celles qu’il a exposées nous ofit paru mériter l’attention des amateurs de belle chaussure.
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- M. Rigolet, à Paris, rue Hautefeuille, 5,
- Est inventeur d’un compas rapporteur servant à prendre les mesures pour la chaussure* Inexpérience cotisa*
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- crera, sans doute, l’emploi de cet instrument* qui nous a para remplir parfaitement son but.
- M. Dufort aîné , à Paris, rué de Grenelle-Saint-Honoré, 19.
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- Pour éviter l’inconvénient d’employer des cuirs trop minces pour là chaussure ou la ganterie, sans cependant ' nuire à la flexibilité des peaux:, ce fabricant'a eu l’idée de rayer celles-ci avec un outil spécial et qui forme alors une espèce.d’ondulation souple et flexible.
- <rll expose également des bottes à tiges mobiles ; ses produits sont d’une bonne exécution.
- MM., Auvray frères, à la Forêt-de-Gavray . (Manche), - • ; : . ^
- Fabriquent une quantité considérable de sabois, surtout pour la campagne-, les prix dé 60 fr. à: 30 fr, les cent paires de sabots ordinaires sont un véritable prodige dé bon marc hé.
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- M. Aubert,-à Paris,‘ faubourg. Saint-Antoine, i45,
- À exposé des* sabots élégants et de formes variées; ces perfectionnements n’ont pas influé sur les prix, qui sont très-modérés.
- M.- Morisseau, à Paris, rue des Fon-
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- ' taines, 17.' ' ' • ‘
- Les,sabots de, ce, fabricant sont parfaitement exécutés;
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- leur prix parait peut-être un peu élevé, mais, leur, bonne qualité fait disparaître cet inconvénient*
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- § 3. BRETELLES ET JARRETIERES.
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- : MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Flamet, à Paris, rue des Arcis, 25.
- M. Flamet est auteur de plusieurs perfectionnements importants apportés à la fabrication des bretelles et jarres tières; ses produits sont depuis longtemps connus dans le commerce, et il fabrique avec la même perfection céux à bon marché que ceux des prix les plus élevés; Ses tissus en gomme élastique nalurëlle ont une grande élasticité, sans avoir l’odeur désagréable du caoutchouc préparé. Il à imaginé, pour les bretelles, une garniture métallique remplaçant les boutonnières5 l’expérience viendra, sàns doute,, constater l’avantage de ce procédé.
- En sus des nombreuses ouvrières du dehors, ce fabricant emploie 60 à.80 ouvriers dans ses ateliers; il produit annuellement 5 à 6,000 douzaines de paires de bretelles,; et près de 8,000 douzaines de paires de jarretières. Une bonne partie de ses produits se vendent pour l’exportation.
- Déjà récompensé par la médaille de bronze en 1834, pour l’importance de sa fabrique, le jury lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- ÎÆ. Bellamy, à Paris, rue Saint-Denis, 271*
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- Ce fabricant s’est , appliqué à la confection des bretelles bon marché; il en a en coton, depuis 14 à 20 cent, la paire,'et pour militaire, garanties deux ans de durée, à 30 c. la pàiré.
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- ,; Celles en gomme élastique sont du prix de 55 jusqu’à 70 cent, lapaire, et, par i’ornèment, peuvent monter jusr qu’à 10 francs la paire. Il emploie, tant à Rouen qu’à Paris, dé â‘50' à 300 ouvriers qui consomment de'80Ôrà 1,000 livres de coton par mois. Outre sa vente à l’intérieur, M., Bellamy exporte une forte partie, de ses produits qui sont tofus très-bien confectionnés. . ,,r>r
- Le jury décerne à ce fabricant une médaille de bronze,
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- M. Lamotte, à Paris, rue Saint-Dénis, 3o3.
- Cefabricant sé livre spécialement à la fabrication soignée des bretelles en peaux de toute espèce; les produits qu’il .expose sont parfaitement établis. Les bretellesav.ee tissu en gomme élastique sont venues faire une grande concurrence aux premières, mais ne les ont pas remplacées,
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- et beaucoup de consommateurs reviennent aujourd’hui à celles en peau. M. Lamotte fabrique également les jarretières, les cols simples et cols-cravates, et partout il apporte les mêmes soins, la même perfection de travail ; sa marque est une de celles qui ont le plus’de* vogue dans le commerce.
- Il occupe un très-grand nombre d’ouvriers- et d’ouvrières, et une partie de ses produits est livrée ;pour l’exportation.
- Lé!jury décerne à M. Lamotte Unie médaillé dé bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Duhamel, à Paris, rue Bourg-l’Abbé, 3b, Fabrique une grande quantité de bretelles de toute
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- espèce, qt par cela même procure du travail à beaucoup d’ouvriers; ses produits sont généralement bien fabriqués.
- M. Demarne, à Paris, rue Croix-des-Petits-Champs, 6g.
- Déjà mentionné en 1834, ce fabricant mérite encore^ cette fois, la même distinction ; il a donné une grande éxtension à sa fabrication, et'ses produits sont remarquables par leur travail et leur bon marché.
- M. Mayer, à Paris, passage Ghoiseul, 3a,
- A été distingué par le jury de 4834, pour la confection de ses cols; il continue celte fabrication avec le même succès, et il n’est pas moins habile dans le travail de ses chemises, faites avec un grand soin et à des prix modérés.
- CITATIONS FAVORABLES.
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- M. Lesouef de Petigny, à Paris, rue Neuve-
- ;
- des-Petits-Champs, io,
- Continue de fabriquer avec succès les cols ordinaires et cols-cravates de toute espèce; leur bonne confection leur mérite la même citation qu’ils avaient obtenue en 1834.
- Guêtres.
- Mi Drouileau, à Paris, rue de Chartres, 7, A expo&é des guêtres de diverses formés, qui sont très*
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- bien faites; depuis longtemps les produits de eelte maison ont acquis uue bonne renommée. ; , G
- . , § 4. GANTERIE. ;
- La ganterie française jouit toujours d’une grande vogue, et elle forme un des principaux articles de notre commerce d’exportation. : i : ;v
- Le bon choix des peaux, leur préparation, la coupe élér gante et la coulure parfaite, ceniribuent à ce succès mérité; -
- La fabrication des gants procure du travail à un nombre considérable d’ouvriers et d’ouvrières, qui tend tous les jours a s’augmenter.
- Paris à jusqu’ici tenu le premier rang pour cette partie; mais des perfectionnements apportés au travail général, et les soins donnés à toute la fabrication, commencent à faire de nos fabriques de province des rivales à celles de la capitale, Parmi elles citons Grenoble, qui avaitperdude son importance, et qui, depuis quatre ans, a repris un grand essor et une grande perfection de produits.
- Le jury regrette de n’avoir pas vu; à l’exposition, les produits de quelques fabricants distingués des autres de-parteménts, ainsi que ceux de plusieurs fabricants de Paris.' •• :
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- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Ducastel, à Paris, rue du Hasard, 8.
- La fabrique de M. Ducastel est restée l’une des plus importantes de la capitale; ses produits, qui sont bien confectionnés, s’exportent pour tous Tes pays. ! : - !
- Le jury confirme à M. Ducastel la médaille dé'Bronze, qu’il a reçue en 1834, et dont il est de plus en plus digne. ' • ? ; •: ‘ ; !1 ‘
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- M. Chouillou lils, à Paris, rue Saintr-HoT
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- Possède également une fabrique très-renommée, etdont les produits sont ..estimés, pour l’élégance, la beauté; des peaux et la confection soignée des gants. , . ,
- . Le jury lui confirme, la médaille sde bronze obtenue en 1834. ... ... ... :
- MrSpiEGHELHALTER, à Paris, place Veh^’ dôme, 26,
- S’occupe'Spécialement des articles en peau de dam, pour lesquels il a une supériorité reconnue : ceux-qu’il expose cette année, ainsi que ses autres articles de ganterie, méritent toujours la médaille de bronze obtenue en 1834, et que le jury lui confirme.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
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- M.. .Ma.tt.qn (Auguste), à Grenoble, .
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- À exposé des gants qui peuvent rivaliser avec ce qui se fait de mieux à Paris j le bon choix des coûïëurs, des peaux et leur préparation, la coupe et les coutures méritent des éloges. Ce fabricant occupé beaucoup d’ouvriers j il est un de ceux qui ont relevé l’importance de la fabrication de Grenoble.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze. ; <
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- Mv J«ouyiN (Xavier), à Grenoble. • ,7
- Ce fabricant a apporté de la perfection daüsTénseniblé des opérations j il fait une grande quantité dé gants, et ses produits sont estimés dans le commerce ; il emploié beaucoup d’ouvriers. , :
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
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- MM. Primat et cie, à Grenoble (Isère).
- Il n’a exposé que quelques paires de; gants qui peuvent donner une bonne idée de sa fabrication courante : il oc-
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- cupe egalement beaucoup d’ouvriers, et ses produits sont vendus pour l’exportation.
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- M. Perr ucat, à Grenoble.
- Ce n’est qu’en 1835 que sa fabrique a été mise en ac- ' tivité, et déjà il produit de 4 à 5,000 douzaines de paires de gants, qui trouvent facilement leur écoulefnéntenFrance ou au dehors. Scs produits sont bien confectionnés, et sont appelés à jouir d’un bon succès.. . , r >
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Boudard, à Paris, rue de la Chapelle, 7,
- A exposé des gants très-bien confectionnés; il à perfectionné la coupe au moyen d’instruments très-ingénieux ; sa fabrique est une de celles qui doivent obtenir du succès.
- M. Mulot, à Paris, rue Vivienne, 18,
- A exposé un assortiment de gants qui sont supérieurement fabriqués; peut-être pourrait-on leur reprocher leur cherté, mais la beauté des produits en atténue les prix.
- M. Dardier, à Paris, rue JNeuve-des-Petits-Champs, 95,
- A exposé une collection de gants qui montre ce qu’on . peut fairedebeàü et de bien fait dans celte partie. La bonne vente de ses produits lui est assurée.
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- § 5. OBJETS DE SELLERIE. MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. Liegard frères, à gout-Saint-Paul, 19.
- Paris, rue de FÈ-
- Ces fabricants ont établi un grand atelier pour la confection de tous les objets de sellerie. Depuis les articles les plus simples jusqu’à ceux décorés avec luxe, tout est établi avec la même perfection et à des prix qui peuvent entrer en concurrence avec ceux des objets analogues que nous faisions venir du dehors. Dans leur exposition , on a remarqué entre autres le grand harnais garni eh fer argenté cl plaqué, qui est d’une exécution parfaite, et qui présentait des difficultés de fabrication : à son prix de,3,000 fr., il serait plus de 30 pour 100 meilleur marché qu’en Angleterre, où il serait, assurc-t-on, payé 4,500 à 5,000 fr. Cette différence de prix s’obtient surtout sur la main-d’œuvre, plus habile en France. Les autres articles offrent des différences moins fortes, parce qu’ils sont le résultat d’une fabrication courante; cependant elle est encore très-sensible: ainsi une selle anglaise unie, avec bride, tout équipée, est cotée chez eux 32 fr., et en Angleterre 50 fr. pour la même qualité; une selle fine matelassée, équipée, 80 fr. au lieu de 140 fr.; une bride, fine, mors en acier, 16, 20, 25 fr., au lieu de 22, 28 et 33 fr.; enfin les harnais de cabriolet, noirs, simples, 75, 90 et 100 fr., au lieu de 100, 115 et 125 fr. Toutes ces différences sont dues à la bonne répartition du travail et à la direction bien entendue des ouvriers, qui peuvent cependant gagner de 4 à
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- 8 fr. par jour. On n’emploie que des cuirs de France. MM. Liégard ont rendu un véritable service à la consommation générale, en poussant la fabrication de la sellerie dans la voie du progrès; ils confectionnent, dans leurs ateliers, tous les objets relatifs à cette partie, et,qu’il serait trop long d’énumérer. L’importance de la fabrication est déjà de plus de 500,000 fr. par an : nous espérons que l’extension des ateliers, croissant avec le succès commercial, fera bientôt arriver en première ligne ces habiles fabricants. Le jury leur décerne une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Battandier, à Paris, quai Voltaire, 5.
- M.’Battandier a exposé une collection d’objets de sellerie d’une bonne exécution ; ses malles sont faites avec soin et solidité, et les prix en sont modérés. M. Battandier a reçu, en 1834-, la médaille de bronze ; le jury lui confirme cette distinction.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Godillot, à Paris, rue Saint-Denis, 278.
- Ce fabricant a cherché à mettre, dans peu de place, le plus d’objets possible, et, sous ce rapport, ses malles, ses sacs de nuit et ses étuis à chapeaux sont des petits prodiges; leur bonne confection et leur qualité sont également à remarquer.
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- M. Amiard , à Paris, rue clu Jardin-clu-Iloi,
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- Ii a perfectionné d’une manière notable les objets de bourrelerie, et notamment les colliers de chevaux, qui, par routine ou prévention, continuent encore, pour certains attelages, à se faire d’une lourdeur ridicule.
- Ceux exposés par M. Amiard sont légers et solides ; ils donneront une grande économie aux consommateurs, et l’expérience en a consacré l’usage.
- M. Peyrels, à Paris, rue cle Provence, 52.
- M. Peyrels fait très-bien tous les objets de sellerie -, il a cherché et a réussi à perfectionner la fabrication des sellea en faisant des arçons en cuir, de manière à ne plus employer de bois dans les selles, ce qui les rend souples et empêche le cheval d’être blessé.
- La selle pour dames, exposée par M. Peyrels, est très-bien confectionnée, et le perfectionnement qu’il y a apporté eû rendra l’usage plus sûr et plus commode..
- Layeterie et emballages.
- CITATIONS.
- M. Fanon, à Paris, rue Montmartre, 170,
- Cité déjà en 1834, M. Fanon continue de mériter cette distinction ; les boîtes d’emballage variées qu’il expose sont très-bien confectionnées et doivent être fort commodes pour tous les usages auxquels on les destine.
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- M. Nezot, à Paris, rue Saint-Augustin, 34*
- M. Nezot fabrique des carions ovales, en bois, de toute dimension j ils sont très-solides et durent fort longtemps ; les dames, pour le voyage et pour serrer les objets de mode, les trouveront commodes et utiles.
- M. Pérot , rue de Paris, à Saint-Denis (Seine).
- M. Pérot a exposé un assortiment très-varié de malles en bois, qui sont toutes bien fabriquées, et dont les prix son tirés-modérés ; il en confectionne une grande quantité, et procure, de celte manière, du travail aux prisonniers.
- M. Gravelleau, à Paris, rue de la Grande-Truand erie^ 14.
- Les malles, sacs de nuit et autres objets fabriqués chez M. Gravelleau, sont bien soignés dans toutes leurs parties, et, proportionnellement, il les vend à bon marché.
- M. Bohin, menuisier à l’Aigle (Orne).
- Ce fabricant occupe une quinzaine d’ouvriers, qui confectionnent par an près de 150,000 petites boîtes de toute espèce, et à si bon marché, qu’il en a jusqu’à 35 centimes la douzaine. Elles sont très-bien faites et solides.
- M. Étard, à Paris, rue Pagevin, 4*
- M. Étard fabrique des boîtes fort commodes pour le voyage, les articles qu’il expose sont bien faits et paraissent remplir très-bien le but auquel ils sont destinés ; les prix en sont très-modérés.
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- § 6. PARAPLUIES.
- La fabrication des parapluies occupe, à Paris, un très-grand nombre d’ouvriers. Depuis la dernière exposition, plusieurs améliorations ont été apportées dans le montage; mais, en général, les étoffes employées ne sont pas d’une assez bonne qualité, et les parapluies finissent par devenir un meuble assez cher, quand on est obligé de le renouveler souvent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
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- M. Cazal , à Paris, boulevard Montmartre, io.
- Ce fabricant peut être cité comme un de ceux qui donnent les plus grands soins à la confection des parapluies; la légèreté, l’élégance et le bon choix des tissus, ne nuisent en rien à la solidité. Le coulant, qui sert à fermer et ouvrir le parapluie, est le plus simple et le plus solide qui ait été fait. À des prix très-modérés, en raison de leur bonne confection , les parapluies les plus ordinaires, jusqu’aux ombrelles élégantes, sont fabriqués dans les ateliers de M. Cazal, qui occupe beaucoup d'ouvriers, et ses produits, montant à une valeur de plus de 100,000 fr. par an, sont en partie vendus pour l’exportation. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
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- MENTION HONORABLE.
- M. Marot, à Paris, rue Saint-Denis, 33i.
- Ses produits ont déjà été mentionnés en 1834., et ils continuent de mériter cette distinction pour leur construction solide et le bon choix des tissus.
- CITATIONS.
- M. Faullain de Banville, à Paris, rue du Four-Saint-Bonoré, 33.
- M. Faullain de Banville a exposé des parapluies à canne brisée d’une construction simple et solide, qui pourront obtenir du succès dans la pratique.
- M. Robouam, à Paris, place des Victoires, 7.
- M. Robouam fabrique des parapluies de bonne qualité, et qui méritent d’être cités.
- M. Loth fils, à Paris, rue Saint-Honoré, 95.
- M. Loth fils est un de nos bons fabricants de parapluies; ses produits sont bien confectionnés, solides, et leur mécanisme est très-simple.
- M. Hamelaerts , à Paris, rue Saint-Sauveur, 24.
- M. Hamelaerts fait fabriquer une grande quantité de
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- parapluies, principalement pour l’exportation ; ses produits sont tous bien confectionnés.
- Instruments de pêche et de chasse.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Krestz, à Paris, quai de la Mégisserie, 34.
- Ce fabricant, par les soins qu’il apporte à la confection de tous ses produits, a déjà été distingué aux expositions de 1827 et 1834. Le jury ne peut que lui confirmer la mention honorable qu’il avait précédemment reçue.
- M. Deloge-Montignac, à Paris, rue Saint-Honoré, 44.
- A la dernière exposition, il n’avait apporté que les prer miers essais de ses travaux, qui furent alors cités par le jury 5 depuis , ils ont été perfectionnés, et tous ceux qui font usage de ses produits se plaisent à leur rendre justice, pour leur bonne confection dans toutes les parties, et leur solidité à toute épreuve. Le jury fait mention honorable des produits de M. Montignac.
- M. Triaire (Jean-François), à Ganges (Hérault).
- M. Triaire envoie l’échantillon d’un filet fait mécani-quément, et dont les mailles et les nœuds imitent parfaitement ceux faits à la main*11 annonce qu’il pourra fabrL
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- quor les filets de toute espèce et de toute dimension. Le jury espère que le succès couronnera les efforts du sieur Triaire, et qu’à la prochaine exposition il pourra envoyer son métier perfectionné : en attendant, pour encourager ses efforts, il fait une mention honorable de son travail.
- CITATIONS.
- M. Savouré, à Paris, rue Saint-Denis, a/|3.
- Sa maison est depuis longtemps connue comme une de celles qui fournissent les meilleurs articles en son genre; les produits exposés sont tous bien confectionnés, ils sont l’échantillon de la fabrication courante.
- M. Montées* à Paris, au Pont-aux-Huîtres.
- M. Mon tels a exposé des filets de pêche bien faits, et qui paraissent devoir remplir parfaitement le but auquel ils sont destinés.
- § T. OBJETS DE PAPETERIE.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Robert, à Paris, rue Saint-Martin, i38.
- Déjà distingué, en 1834, pour la fabrication des registres, M. Robert a fait de nouveaux progrès; il a exposé des registres reliés d’après un procédé de son invention, et qui,
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- s’ouvrant parfaitement dans toutes leurs parties, donnent la facilité d’écrire jusqu’au bout des lignes. Ses registres ne coûtent pas plus cher que ceux ordinaires ; ils sont solides et bien faits. Déjà employés par un grand nombre de négociants, l’usage en consacrera, sans doute, la bonté; le fabricant pourra dire alors qu’il a résolu une difficulté qu’on avait tenté de vaincre, jusqu’ici, sans succès. M. Robert fabrique aussi le papier toile cirée, qui sert à beaucoup d’usages; ce papier se vend par rouleau de
- 12 mètres au prix de 40 c. le mètre.
- • 1
- M. Cabany-Saint-Maurice, à Paris, rue Sainte-Avoie, 5^.
- M. Cabany continue la fabrication des registres de toute espèce, avec cette perfection qui lui a mérité, depuis longtemps, une grande renommée dans le commerce; le jury ne peut que lui rappeler la mention honorable qu’il a reçue en 1834.
- M. Chaulin, à Paris, rue Saint-Honorë, ai8,
- Est à la tète d’une des premières maisons de papeterie de la capitale, tousses produits sont remarquables par leur bonne fabrication. Il expose un encrier qui a eu un grand succès dans le commerce, parce qu’il remplit parfaitement le but auquel il est destiné; les personnes qui l’ont employé lui rendent pleine justice. M. Chaulin en a varié les formes et les prix de manière à le mettre à portée de toutes les bourses.
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- CITATIONS FAVORABLE
- M. Brtjyer, à Paris, rue Saint-Martin, 259.
- Déjà distingué en 1834, ses produits lui méritent cette fois la même citation; ils continuent d’être bien confectionnés.
- M. Laine, à Paris, rue Michel-le-Comte, 34.
- Les cartons pour bureaux, exposés par M. Laîné, ne laissent rien à désirer par leur bonne confection ; il n’est pas douteux qu’il ne reçoive de nombreuses commandes de ses produits.
- MM. Boquet et cie, à Paris, rue Richelieu, 1,
- Exposent un encrier à pompe d’une grande simplicité, qui se trouvera parfaitement placé sur tous les bureaux; l’encre s’y conserve très-limpide.
- M. Thibaudet, à Paris, rue Saint-Jacques,
- 33,
- Expose des tampons pour timbres et griffes, qui ont l’avantage de ne pas se dessécher ni se durcir : il a apporté des perfectionnements dans le travail général, et ses tam pons sont très-bien confectionnés. Il est fournisseur de plusieurs administrations, qui toutes se plaisent à rendre justice à la bonté de ses produits.
- M. Weynen, à Paris, rue Yivienne, 2.
- Déjà cité, en 1834* pour la bonne préparation des plu*
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- mes, il a perfectionné encore cette partie, et il fabrique très-bien tous les objets de papeterie.
- M. , Tronchon, à Paris, rue Montmartre,
- I42*
- Il fabrique très-bien tous lés articles de papeterie, et il a donné une grande extension à la fabrication des papiers de fantaisie. Le registre-presse à copier deM. Tronchon, par sa simplicité, pourra servir dans beaucoup de circonstances.
- Papiers de fantaisie.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Angrand, à Paris, rue Meslay, 59.
- 1 ' f '
- Cette maison, dont les produits sont connus depuis longtemps dans le commerce, occupe toujours le premier rang dans la fabrication des papiers de fantaisie ; les objets exposés par M. Angrand sont remarquables par la fraîcheur, le bon goût et la variété des dessins; ils montrent qu’il est de plus en plus digne de la médaille qu’il a reçue en 1834, et que le jury lui confirme.
- MENTIONS HONORABLES.
- M, Yilbaeys, à Paris, rue des Coquilles, 2, A exposé des papiers de fantaisie d’une très-bonne exé*
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- cution ; la diversité des dessins, leur bon goût et la collection variée de ce fabricant doivent lui amener beaucoup de commandes.
- Madame Réguikot, à Paris, rue Chapon, 5.
- Il est presque impossible de pousser plus loin lé travail du cartonnage riche, car les prix, déjà un peu chers, de ces jolies choses finiraient par être comparativement trop élevés. Délicatesse, fraîcheur,bon goût et solidité dénotent que tous ces ouvrages sont faits par des mains fort habiles. Madame Réguinot fabrique également des cartonnages ordinaires très-bien exécutés.
- M. Dehais, à Paris, rue delà Croix, i5,
- Expose des papiers de fantaisie et des cartonnages gaufrés. Ces papiers percés sont remarquables par la netteté et la régularité des jours : tous scs produits sont bien fabriqués.
- M. Marion, à Paris, cité Bergère, 4*
- Distingué déjà en 1834, M. Marion a donné une grande extension à sa fabrication} tous ses produits sont parfaits, et ses papiers à lettres peuvent figurer sur tous les bureaux élégants.
- M. Sayet, à Paris, rue des Noyers, 4^,
- Est inventeur de plusieurs procédés ingénieux, appliqués à la fabrication des papiers de fantaisie qu’il fabrique avec soin : ceux qu’il expose montrent l’habileté et le bon goûtdu fabricant.
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- M.Düranüj à Paris, rue du Petit-Thouars,
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- A exposé une collection de papiers gaufrés d’une exécution parfaite : la variété et la beauté des couleurs démontrent les bons soins apportés par M. Durand à tous les détails de sa fabrication.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Chavant, à Paris, rue de Cléry, 9,
- Expose des papiers réglés pour la mise en carte des dessins d’étoffes, ainsi que des papiers de fantaisie ; tous ces produits sont très-bien fabriqués.
- M. Salleron, à Paris, rue des Blancs-Manteaux, 22.
- Lcsproduits.de ce fabricant sont bien confectionnés; on a distingué surtout la beauté de ses papiers d’or et d’argent., qui sont d’une grande vivacité.
- Brosse et pinceaux.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- Madame A. Saunier, à Paris, quai de la Mégisserie, 08.
- Elle a donné une grande extension à sa fabrique, et scs
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- produits continuent à. jouir d’une vogue méritée parmi nos artistes. Ceux qu’elle a exposés mon Iront que madame Saunier est toujours digne de la médaille de bronze qu’elle aVait obtenue en 1834, et que le jury lui confirme.
- M. Drains, à Paris, rue des Fossés-Saint-
- Germain-FAuxerrois, 26.
- Mentionné déjà en 1834, ce fabricant a perfectionne ses pinceaux d’une manière remarquable; ceux qu’il a exposés sontbien faits, solides et généralement d’uneexcel-1 lente fabrication. Il fabrique tous les genres avec un égal succès.
- Le jury décerne à M. Drains une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES;
- Madame Gochery, à Paris, me Dauphine, 12.
- Les pinceaux de madame Gochery sont très-bien établis; elle fabrique tous les genres, et donne tous ses soins à la bonne confection de scs produits.
- Le jury en fait mention honorable, comme déjà l’avait fait celui de 1834.
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- M. Saunier fils, à Paris, rue Bourg-PAbbé, 5o.
- Les bons principes pris par M. Saunier dans la fabrique de son père, qui avait obtenu la médaille de bronze que nous avons rappelée ci-dessus, l’ont mis à mêmed’établir pour son compte une fabrication de pinceaux qui sont très-bien établis et qui méritent une mention honorable.
- Madame Font an a, à Paris, rue des Marais-du-Tempîe, i3,
- A exposé une collection de pinceaux parfaitement bien établis 5 les prix en sont très-modérés, etils jouissent d’une bonne renommée parmi les consommateurs.
- CITATION FAVORABLE.
- M. Dagneau, à Paris, rue de la Vieille-Draperie,, i,
- Expose une collection de pinceaux d’une bonne qualité, bien établis et à des prix modérés.
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- § 8. ËOUÏONS.ÈT PEIGNES. ÉCAILLE FACTICE.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Pinson, à Paris, rue du Poüceau, 12*
- On a cherché depuis longtemps à composer une matière qui puisse remplacer l’écaille, dont le prix élevé restreignait beaucoup l’usage.
- Sous le nom d’écaille factice, M. Pinson a exposé des feuilles d’une grande dimension , avec lesquelles on peut fabriquer tous les objets qui se font aujourd’hui en écaille, et ceux exposés ont fait voir que, pour la perfection , le poli et l’aspect, ils ne le cèdent en rien aux autres -
- Les imitations d’ivoire et d’ébène sont également très-bien faites, mais elles n’ont pas encore atlein^ la perfection de l’écaille factice ; cependant un grand nombre d’emplois ont déjà été faits de ces deux matières. Le prix de l’écaille de tortue, pour peignes, est de 50 à 60 fr. la livre en feuilles brutes, donnant moitié déchet, tandis que l’écaille factice ne coûte que 10 fr. la livre, sans déchet sensible, et peut s’obtenir dans des dimensions où il serait
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- impossible d’arriver avec le premier.
- Par ses applications variées à l’ébénislerie, à la confection des peignes, des boîtes , coupes et articles de nouveauté, cette fabrication pourra prendre un grand développement; on peut en juger, en sachant que M. Pinson a fabriqué, en 1838, 6,200 livres d’écaillc, et 2,000 livres d’ivoire, et que les six premiers mois de 1839 ont donné un excédant de 2,000 livres sur la même époque en 1838.
- Ces feuilles ont communément huit décimètres de côté.
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- Un inconvénient qui pourra, sans doute, être évité par le fabricant, c’est le ramollissement que la matière prend quand elle tombe dans l’eau, ou quand celle-ci séjourne sur les objets.
- La fabrication et la vente de l’écaille, de l’ivoire et de l’ébène factices forment l’industrie spéciale de M. Pinson; mais il fait également confectionner chez lui, avec ces divers produits, tous les objets de nouveauté et de tabletterie courante qui lui sont commandés.
- Le jury décerne à M. Pinson une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. Cauvard, à Paris, rue Saint-Denis, 211.
- M. Cauvard a exposé des peignes en écaille et en buffle qui sont d’une perfection remarquable. Tous scs produits ont une bonne renommée dans le commerce, justifiée par le bon choix des matières et par les soins donnés au travail.
- M. Massue, à Paris, rue Aumaîre, 33.
- Il est presque impossible d’arriver à une perfection plus grande dans la fabrication des peignes d’ivoire et de buis ; ceux exposés par M. Massue ont montré avec quel soin et quelle habileté il dirige sa fabrication.
- M. Poncet-Mercier, à Oyonnax (Ain).
- Il a exposé une collection d’objets de tabletterie dont les bas prix sont extraordinaires en raison de la bonne t. m. 29
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- confection des objets. Ses peignes sont surtout très-bien fabriqués; il en livre une grande quantité au commerce.
- CITATIONS.
- M. Langlois, à Paris, rue Grenétat, 29.
- M. Langlois fabrique des boutons en cuivre et en soie ; il a adapté à ces derniers des queues flexibles qui leur donnent plus de solidité.
- M. Puget, à Paris,, rue des Francs-Bourgeois,
- Frappé par l’inconvénient des épingles noires employées pour la coiffure des dames., M. Puget, parfaitement compétent dans cette partie, a imaginé une collection de peignes en métal léger, qui, pouvant prendre toutes les formes, permettent de les employer aux coiffures les plus variées.
- M. Bassot, à Paris, rue du Temple, 22.
- Les boutons en corne exposés par M. Bassot sont d’unç exécution parfaite; ils imitent les, boutons en étoffe et sont plus solides. Cette fabrication doit avoir du succès.
- M. Berce , à Paris, rue Mauconseil, 18.
- ]\L Berce expose des, boutons pour uniformes et livrées très-bien faits. ; c’est un article spécial fabriqué avee perfection chez M. Berce.
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- M. Tïujghy, à Paris, rue de Jouy, 19.
- Les. boulons en soie et en cordonnet fabriqués par M. Trucfiy sont d’une exécution parfaite; les dessins en sont variés et les prix très-modérés.
- § 9. OBJETS DIVERS.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- Institution royale des Jeunes aveugles.
- Aux expositions précédentes, cette, institution a obtenu une médaille, de bronze pour l’ensemble des objets coofec? tionnés par les jeunes aveugles : ceux quelle a pxpos^ cette année, sont tous bien exécutés, $ méritent que la médaille de bronze spit confirmée à çette institution, dopt les chefs et les employés, sont dignes d’éloges pour les soins qu’ils mettent à adoucir le sort de leurs malheureux élèves*
- jllkmtçtte.s.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- Madame MERCREL,àParis,rue du Bouloy,24*
- Elle a exposé la série de briquets la plus complète et la plus ingénieuse qu’il soit possible de voir. On peut se faire
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- une idée de la variété des modèles, quand on sait que le prix des boîtes simples est de 10 c., et que les différentes transformations et les ornements peuvent les faire monter jusqu’à 60 fr. et au delà. Le modèle qui a paru un des plus ingénieux est le magicien, tournant sur lui-môme et vous présentant une bougie allumée.
- La fabrication de tous ces objets se fait, chez madame Merckel, sur une grande échelle $ elle a monté des ateliers de ferblanterie, de cartonnage et de fabrication d’allumettes.
- La Société d’encouragement a fait visiter différentes fois cette fabrique, et elle a rendu un compte très-avantageux de tous les procédés qui y sont employés.
- Madame Merckel vient d’imaginer un mécanisme fort ingénieux, s’appliquant aux lampes ordinaires, afin qu’elles puissent s’allumer par la simple pression d’un ressort, et sans qu’il soit besoin d’ùter le verre : l’expérience a besoin de consacrer ce dernier procédé.
- C’est à madame Merckel qu’on doit une ingénieuse machine pour la fabrication des allumettes.
- Déjà mentionnée par le jury en 1834, madame Merckel a, depuis lors, augmenté beaucoup sa fabrication toute spéciale, et une notable partie de ses produits sont vendus pour l’exportation.
- Le jury décerne à madame Merckel une médaille de bronze pour l’ensemble de ses produits.
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- Matelas en liège. ,
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. Colleau, à Paris, faubourg Saint-Denis,
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- M. Collcau a exposé un nouveau système de matelas et sommiers, avec intérieur en liège on en baleine, dont les avantages ont besoin d’être consacrés par une plus longue expérience pour être appréciés à leur juste valeur. En attendant , le jury mentionne honorablement les essais tentés par M. Colleau.
- Enseignement de Y écriture.
- M. Taupier, à Paris, rue Monsigny, 6.
- Déjà mentionné, en 1834, pour son système d’écriture, cet habile professeur a perfectionné encore sa méthode, qui nous a paru mériter des éloges pour les nombreux résultats obtenus.
- M. Pinet, à Paris, rue du Dragon, 33.
- M. Pinet est , auteur d’un système particulier pour apprendre facilement à écrire j les divers exemples exposés par le professeur montrent une méthode simple et facile à comprendre par les élèves.
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- Caleçons de sauvetage.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Masson, à Paris,, rue Neuve-des-Petits-Ghaiiips, 4?*
- M. Masson a exposé des caleçons et corsets pour la natation et le Sauvetage; ils sont très-bien confectionnés, légers, et paraissent devoir remplir parfaitement le but auquel ils sont destinés. Le prix de 60 à 90 fr., pour ceux qui étaient exposés* n’en permettrait pas un usage général* mais M. Masson trouvera, sans doute, le moyen de les confectionner à meilleur marché.
- Plantes en, métal.
- M. Villard, à Lyon (Rhône).
- Les plantés ërt tnétal exposées par M. Villard sont très-remarquables par leur bonne confection * si les prix de ces jolis objets ne sont pas trop élevés, ils pourront donner lieu à une fabrication assez étendue.
- Plumeaux.
- M. Loddé , à Paris, rue Sainte-Avoie, /jh-
- Déjà cité, en 1834* pour la bonté de ses produits; ce fabricant a perfectionné encore ses procédés. Les divers genres de plümeàUx qu’il a exposés, cette année, né laissent rien à désirer par leur parfaite exécution.
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- QUATRIÈME PARTIE.
- OBJETS D’ANATOMIE ET DE CHIRURGIE.
- M. Laborde ( Léon de ), rapporteur.
- § 1er. INSTRUMENTS DE CHIRURGIE
- Considérations générales.
- La fabrication des instruments de chirurgie eût été peut - être accueillie moins favorablement par le jury dé l’industrie, si à ses perfectionnements dans l’éxecution et aux services qu’elle rend à l’humanité dans la pratique elle n’avàit pas joint lin titré de plus, celui de l’èxploitation commerciale en grand et de la réduction du prix dans lé détail.
- Aujourd’hui, de grands ateliers sont ouverts, de nombreux ouvriers ont été formés, et une exportation importante, qui lutte favorablement contre celle de l’Angleterre, pétmét à la coutellerie chiirurgicalé de réclamer plus que lés éloges dé l’Académie de médecine, èllé a encore droit a l’altéritiori du jury dé l’industrie et a ses rècoinpenses.
- Le résultat le plus sensible de celte extension donnée à la fabrication a été la perfection apportée dans l’exécution, la rapidité misé dans l’adoption des modèles étrangers, et enfin la facilité offerte aux chirurgiens, par la nid-
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- clicité des prix cl la simplicité du mécanisme, de se procurer et d’employer la variété des instruments si nécessaires dans les opérations compliquées de la chirurgie (l).
- MÉDAILLE D’OR.
- M. Charrière, à Paris, rue de FÉcole-de-Mëdecine, 9.
- Afin d’apprécier les titres que M. Charrière peut avoir à la bienveillance du jury, il est nécessaire d’examiner les instruments qu’il a exposés sous le double rapport de l'application de l'industrie à la science et de l’industrie au commerce.
- Relativement au premier point, le jury a pensé qu’on doit mettre en première ligne le désintéressement digne d’éloge avec lequel cet artiste s’est toujours prêté à exécuter toutes les idées des chirurgiens, soit pour le perfectionnement des instruments anciens, soit pour les inventions nouvelles.
- (l) M. Léon de Laborde, chargé de l’examen des instruments de chirurgie, demanda, dans la séance générale du 12 juillet, l’autorisation de s’adjoindre M. le professeur J. Cloquet. Cette autorisation ayant été accordée, cet habile praticien, sur l’invitation de M. Thénard, président, se mit à la disposition de la commission des beaux-arts, et le rapport qui suit a été rédigé d’après ses conseils et sur les notes qu’il a bien voulu communiquer au rapporteur. Dans sa séance du 30 juillet, le jury a prié son président de se faire l’interprète de ses remer-dmenls. {Note du rapporteur.)
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- La méthode suivie par ce fabricant pour le perfectionnement de son industrie mérite d’être signalée. M. Charrière a pensé avec raison que., s’il était des modifications heureuses à apporter à la partie mécanique de l’art chirurgical, c’était seulement en étudiant l’usage des instruments, en cherchant à apprécier leur jeu pendant les opérations; depuis lors, on le voit constamment dans nos hôpitaux, assistant aux opérations, suivant avec soin l’action des instruments sur les tissus, les défauts qu’ils présentent dans la pratique et les meilleurs moyens d’y remédier.
- Quoique nous soyons, pour la fabrication des instruments de chirurgie, supérieurs aux étrangers, cependant M. Charrière a compris combien il était important d’être au courant de leurs productions, et le premier, peut-être, il s’est procuré tous les atlas, tous les catalogues et tous les modèles de coutellerie étrangère, afin de reproduire ce qui pouvait enrichir notre arsenal.
- Un voyage fait en Angleterre en 1836 par cet artiste l’a initié à tous les secrets de la fabrication anglaise : il est résulté de ce voyage quelques modifications dans le manuel dè fabrication en général : par exemple, une simplicité plus grande dans la trempe des ciseaux, modification qu’il a indiquée aux ouvriers de Nogent et qui est mise en usage dans presque tous les ateliers de cette ville.
- Parmi les instruments nouveaux exposés par ce fabricant, le jury croit devoir mentionner, 1° la collection d’instruments de lithotritie déjà présentée à l’Académie des sciences ; 2° la scie à molette et trépan s’engrenant par la circonférence des lames; 3° l’appareil à extraire les corps étrangers, qui fut en quelque sorte improvisé pour extraire une baguette de fusil implantée dans l’omoplate d’un lieutenant, et fut modifié depuis de manière à être
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- appliqué à l’extraction detousles corps étrangers implantés dans les os; 4° l’appareil à fracture du bras, construit pour monseigneur le duc de Nemours ; 5° une caisse magnifique d’instruments de chirurgie commandée par la reine; 6° un assortiment complet d’instriiments d’ophthalmo-logie exécuté avec une précision remarquable ; 7° une nouvelle espèce de pompe qui a l’avantage de fournir, sans réservoir d’eau, un courant régulier; et remplacera avantageusement les seringues à injections dans l’économie domestique et dans les hôpitaux.
- Le jury doit signaler encore l’importante application faite par M. Charrière de l’ivoire ramolli à différents appareils; et surtout aux biberons et aux bouts-de sein, qui offrent maintenant pour la mère et pour l’enfant des conditions hygiéniques meilleures, et, sous le point de vue économique, une durée plus grande, un nettoyage plus facile et un prix moindre.
- Il serait inutile de citer des tubes flexibles sous le rapport acoustique et toutes les applications ingénieuses qu’en a faites M. Charrière depuis qu’il les a importés en France; mais, sous le point de vüe chirurgical, depuis longtemps déjà ce fabricant a remplacé par ces tubes la sonde œsophagienne, les conduits des appareils à irrigation, de la sonde à double courant, du siphon, et enfin on rappellera les recherches auxquelles s’est livré M. Charrière pour remplacer l’argent par le maillechort et pour obtenir dans l’emploi des aciers français et anglais la trempe nécessaire aux instruments "de chirurgie.
- Sous le rapport de l’application de l’industrie au commerce, le jury placera en première ligne la diminution de prix qu’ont produite, depuis quelques années, les perfectionnements apportés dans la fabrication et surtout les
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- exportations nombreuses de nos instruments à l’étranger.
- Ainsi les forceps, qui se vendaient 35 fr. il y a douze ans, se vendent 20 fr. aujourd’hui et 17 fr. seulement dans lè commercé. Les instruments de lithotritie, qui coûtaient, il ÿ a neuf ans, 1,000 fr. et 500 fr., furent perfectionnés et réduits graduellement par M. Gharrière, qui fournit aujourd’hui pour 70 fr. l’appareil indispensable. Les bistouris en écaille à ressort, véndus il y à dix ans è fr., coûtent aujourd’hui 4 fr. Les bistouris eh corné, vendus autrefois 2 fr., furent mis, par M. Gharrière, le premier, à i ïr., etc., etc.
- Les spéculum brisés, que M. Gharrière a été le premier à exécuter, coûtaient, il y a cinq ans* 25 fr.> aujourd’hui il les livre à 10 fr. daus le commerce.
- Le jury pourrait citer encore là sbi'ë à chaînions, dont l’invention appartient aux Anglais, et qui est livrée, par M; Gharrière, àün prix tel que les Anglais éiix-mertaes l’achètent chez nous.
- tl y a dbuze ails, il n’y avait pas, à Paris, plus de trente à quarante ouvriers en coutellerie chirurgicale : M. Ghâr-tiére en ocbupé lui seul pluS dé cent cinquante, dont soixante dans l’atelier attenant à Son magasin ; et, comme chaque ouvrier peut se liVrer à une fabrication spéciale, ils gagnent 3, 5 et 7 fr. par jour.
- M. Charrière a donné à la vente des instruments de chirurgie une extension qui doit être profitable à la science et au commerce en général. La vente est chez lui, terme moyen, de 400,000 fr. par an, dont moitié, au moins, est payée par l’étranger : l’Egypte sfeule en a pris poiir 83,000 fr. en cinq ans ; et, si l’on en excepte celles de l’Angleterre, presque toutes les grandes universités du
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- monde ont commandé, chez ce fabricant, des collections pour leurs musées.
- La plupart des grandes villes de province, qui étaient autrefois privées de toute ressource pou r la coutellerie chirurgicale, ont reçu d’habiles ouvriers sortant des ateliers de M. Charrière, chez lequel le gouvernement égyptien a placé plusieurs jeunes gens qui ont reporté dans leur pays le progrès et la prééminence de notre industrie dans ce genre de fabrication.
- En résumé, M. Charrière a exécuté avec beaucoup d’habileté, d’après les idées des chirurgiens, plusieurs inventions et modifications d’un haut intérêt; il a lui-même importé ou créé plusieurs instruments très-utiles; il a donné au commerce d’exportation d’instruments de chirurgie une immense extension ; enfin il a contribué puissamment à la grande diminution qui existe aujourd’hui dans le prix deces instruments. Les éloges que le jury donne aujourd’hui à M. Charrière sont confirmés par les témoignages des hommes les plus distingués dans l’exercice de la chirurgie et parmi lesquels il nous suffira de citer MM. Jules Clo-quet, Marjolin, Roux, Bérard, Velpeau, Sanson, Guersant, Amussat, etc., etc., etc.
- Le jury lui décerne une médaille d’or.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. Auzoüj à Paris, me du Paon, 8.
- M. Auzou, en remplaçant les corps humains réels par des corps humains fictifs, a puissamment travaillé, sinon
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- au progrès, du moins à la vulgarisation de l’anatomie. On conçoit, en effet, que la vue d’un cadavre soit un obstacle à l’amour de la science chez des hommes que leur profession n’oblige pas à la supporter. Mais l’heureuse invention de M. Auzou détruit cet obstacle sans lui en substituer un autre, et désormais l’homme du monde lui-même pourra étudier saus dégoût l’anatomie, étudier la structure intérieure du corps de l’homme dans toutes ses parties, avec autant de fruit que sur un cadavre même et avec beaucoup moins de répugnance.
- Cette composition solide et flexible, que M. Auzou substitue à la nature, l’imite, en effet, à merveille -, toutes les diverses parties du corps apparaissent distinctement avec leur forme et leur couleur : il n’est pas jusqu’à l’organisation du cœuf et du cerveau que l’on n’y puisse admirer dans tous ses détails les plus curieux.
- Du reste, cette invention continue à recevoir l’approbation des corps savants et à être accueillie avec faveur par l’étranger.
- Depuis l’exposition de 1834, M. Auzou a encore perfectionné le coloriage de plusieurs organes -, il a construit un petit modèle d’écorché qui ne coûte que 1,000 fr., tandis que les grands modèles reviennent toujours à 3,000 fr., et il a donné à la partie commerciale de son industrie une grande extension.
- Le jury rappelle en sa faveur la médaille d’or.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
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- M. Thibert, à Paris, rue du Cherche-Midi, ioo.
- M. Thibert, en ayant l’idée démouler sur nature, puis de couler en carton-pierre les cas nombreux d’anatomie pathologique, a rendu un véritable service à la science. Ces pièces, qui représentent si fidèlement les formes de la nature, sont fixées sur des tablettes de, même matière, et coloriées avec un soin extrême. Nous avons remarqué, avec un vif intérêt, une série de pièces destinées à faire cpnnaître les lésions déterminées par la morve dans les fosses nasales du cheval, les horribles ravages que cette même affection peut produire chez l’homme, pour lequel elle paraît être contagieuse ; une collection des altérations de la membrane muqueuse des voies digestives dans diverses affections, et spécialement dans les cas d’empoisonnement; et, sous ce dernier point de vue, ces pièces seront très-utiles à l’étude de la toxicologie.
- Les tubercules, les excroissances, les tumeurs, les ulcérations (le diverse nature sont représentés avec une affreuse vérité pour les personnes étrangères aux sciences médicales, mais bien précieuse pour les gens de l’art. La solidité des préparations deM. Thibert les rend, en quelque sorte, inaltérables, et, sous ce rapport, leur donne une grande supériorité sur les pièces en cire; la facilité de multiplier les épreuves permet aussi de les livrer dans le commerce à bien meilleur marché : ainsi, chacune de ces préparations revient à 15 fr., terme moyen.
- Ces pièces seront d’une grande utilité dans l’enseigne-
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- ment, et deviendront indispensables dans les universités de médecine. M. Thibert a bien mérité de la science et de Part : il a fait pour l’anatomie pathologique ce qpe M. Auzou avait exécuté pour l’anatomie normal^; il est digne des mêmes encouragements.
- Le jury, considérant que l'exploitation industrielle des procédés plastiques de M. Thibert ne fait que de naître et qu’elle peut espérer un grand développement, lui décerne une médaille d’argent.
- M. Samson, à Paris, rue de PÉcole-de-Mé* decine, 3o.
- D’abord simple ouvrier coutelier dans les ateliers (Je Sirhenry, M. Samson, par son industrie et son activité , est parvenu à monter un établissement connu très-avantageusement pour la confection des instruments et la trempe des bistouris. Le bras mécanique qu’il a exposé a déjà été le sujet de l’examen du jury en 1834.
- Le jury de cette année a spécialement remarqué, parmi les objets exposés par M. Samson , une scie à molette de nouvelle invention, des bistouris à coulisse, un instrument ingénieux du docteur Toirac pour la résection des amj&“ dates, des spéculum, et une boîte de secours adoptée par le conseil de salubrité de la préfecture de police.
- Le jury le juge digne de la médaille d’ar&ent.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Greiling, à Paris, quai de la Cité, 33.
- M. Greiling se distingue toujours pour la bonne confection de ses instruments de chirurgie.
- Sa tenaille à couper les dents est le seul instrument nouveau que le jury ait remarqué parmi les objets exposés par ce fabricant.
- Ses instruments de lithotritie lui ont paru ingénieux, mais leur valeur réelle ne pourra être appréciée qu’après des expériences qui servent à la constater.
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze.
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- M Noël, à Paris, rue du Temple, ior.
- M. Noël se fait toujours remarquer par la fabrication de ses yeux d’émail qui portent les paupières, et qui remplacent les paupières naturelles lorsqu’elles ont été détruites.
- Cet artiste est digne du rappel de la médaille de bronze.
- M. Lafond, à Paris, rue Vivienne, 23.
- , M. Lafond est avantageusement connu, depuis de nombreuses années, par les chirurgiens, pour la bonne confection de ses bandages herniaires, et pour plusieurs modifications utiles qu’il leur a fait subir.
- Quant à ses pelotes creuses, percées de petits trous, par où s’échappent les substances médicamenteuses dont l’auteur les remplit, pour favoriser la cure radicale des hernies, l’expérience n’en a pas encore suffisamment démontré tous les avantages, pour qu’on puisse les signaler ici.
- Le jury rappelle à M. Lafond la médaille de bronze qu’il avait obtenue à la précédente exposition.
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- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- Madame Breton, à Paris, boulevard Saint-Martin, 3.
- ♦
- Madame Breton a trouvé un procédé plus simple et plus économique pour préparer les tetines des vaches, dont elle se sert dans la fabrication de ses bouts de sein artificiels.
- Chaque bout de sein peut durer un mois ou six semaines, et l’exposante peut livrer à un franc, à égale qualité, des articles qui valaient, il y a quelques années, 3 et 4 fr. Elle distribue gratuitement un grand nombre de ses bouts de sein artificiels aux nourrices indigentes.
- Le jury lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Valérius, à Paris, rue du Coq-Saint-Honoré5 7.
- Cet habile mécanicien a présenté à l’exposition plusieurs appareils ingénieux qui ont mérité l’attention des membres du jury, et dont les principaux sont,
- 1° Un corset-lit destiné à remédier aux courbures vicieuses de la colonne vertébrale, et aux difformités de la taille, qui en sont le résultat.
- Soixante-deux malades ont déjà été soumis à l’action de cet appareil dans les communautés des Dames-Augustines, de Picpus, des Oiseaux et du Sacré-Cœur, et sur ce nombre on a déjà obtenu de remarquables guérisons.
- T. m. 30
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- 2° Des appareils contre les luxations du col du fémur ;
- 3° Un nouveau module d’urinal en tissu imperméable , qui s’adapte très facilement, et avec lequel les malades peuvent marcher, monter à cheval ou aller en voiture.
- Le liquide pénètre aisément dans la cavité de cet instrument, sans pouvoir ressortir par sa partie supérieure.
- 4° Les ceintures abdominales contre l’onanisme pour les deux sexes, des mécaniques contre les difformités des jambes, des bandages herniaires, des corsets mécaniques à tuteurs.
- A ces titres, qui le rendaient dignes des encouragements, M, Yalérius joint celui non moi ns précieux d’étre plein de zèle pour seconder les efforts que font les chirurgiens pour le perfectionnemept de jeur art.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- RAPPEL m MENTION HONORABLE.
- M. Dabbo, à Paris, passage phoiseuj, 86.
- M. Darbo, qui, en 1834,_a obtenu une mention honorable pour ses biberons, en est resté digne ; le jury la lui rappelle.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. Wickam et Hart, à Paris, rue Saint-Honoré, 2
- Lorsque la paiit fuj, conclue entre la France et l’Anglp-
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- terrp, Jf. Wickam obtint (fu goqyprneinefi{ çijri brevet d’importation pour bandages nouveaux Inventés par ses parents- Ges bandages, dits anglais, qui présentent, jans
- bien des circonstances, des avantages réels qu’on ne pourrait méconnaître, ont été encore perfectionnés par M. Wickam.
- En 1817, cet habile bandagiste prit un autre brevet pour un nouveau genre de bandages, dont les ressorts, au lieu d’être en acier plat, sont en acier rond ou ovale, tirés à la filière, moyen très-expéditif et qui apporte une grande diminution dans le prix de la main-d’œuvre.
- M. Wickam a inventé un appareil ingénieux pour connaître la force de pression de chaque bandage, et un autre instrument auquel l’auteur a donné le nom de kélomètre, et qui a surtout fixé notre attention.
- Ce dernier instrument sert à mesurer les tensions diverses des hernies réduites, et pour déterminer le degré de force élastique nécessaire pour les maintenir convenable-
- ment dans cet état de réduction.
- M. Wickam est encore l’inventeur d’un grand nombre de bandages et d’appareils pour des pas spéciaux.
- L’industrie de M. Wickam est devenue toute française depuis son établissement à P^ris, çt le jpry lui acpprdefjne mention honorable.
- M. Hattute, chirurgien-dentiste, à Paris, galerie Yivienne, 5.
- Après quatorze ans de recherches et d’expériences, M. Hattute est parvenu à donner, aux dents artificielles fabriquées avec la pâte de porcelaine dure émaillée, les • teintes les plus variées, et de pouvoir ainsi imiter parfaitement les dents naturelles.
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- Les préparations qu’il a exposées ont paru au jury remplir parfaitement le but qu’il s’était proposé.
- M. Hattute est digne d’une mention honorable.
- M. Guérin, à Paris, rue cle l’École-de-Médecine, 9.
- La préparation des squelettes, et les diverses coupes pratiquées sur un os dans le but de faire connaître leur structure et leur mode de développement, nous ont paru faites avec soin.
- Cette branche d’industrie commence à prendre une favorable extension dans le commerce.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. Robert, à Dole.
- M. Kobert a eu l’idée de représenter en plâtre les diverses régions sur lesquelles on pratique les principales opérations chirurgicales, et il s’est montré digne d’une mention honorable.
- M. Ottin, à Paris, rue Dauphine, 4°«
- M. Ottin livre au commerce les différentes préparations relatives à la phrénologie, à des prix très-modérés et inférieurs à ceux auxquels elles avaient été vendues jusqu’à présent.
- Le jury a, de plus, examiné les figures de géométrie, qu’il livre aussi à des prix bien inférieurs à ce qu’elles coûtaient auparavant, et qui sont toujours exécutées avec beaucoup de soin. M. Ottin mérite des encouragements.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
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- M. Verdier, à Paris,, rue Neuve-des-Petits-Champs, 6.
- Le jury a trouvé que les instruments en gomme élastique exposés par ce fabricant étaient préparés avec soin : il a, par des procédés qui lui appartiennent, employé la gomme élastique à la confection de divers instruments -, ses bandages herniaires sont connus et appréciés depuis longtemps par les praticiens de Paris et des départements, et parles chirurgiens des hôpitaux de la marine, dont M. Verdier est le bandagiste herniaire.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. ManiNj à Paris, rue Mauconseil, 4*
- Les sondes en gomme élastique présentées par M.Manin, et surtout ses sondes à courbures permanentes, nous ont paru être de bonne qualité et confectionnées avec soin, ainsi que divers bandages herniaires.
- Le jury a remarqué, parmi ces derniers instruments, des pelotes creuses en caoutchouc qui peuvent, à volonté, être remplies d’air et plus où moins distendues. Cette confection des pelotes les rend précieuses dans beaucoup de cas de hernies.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- MM. Burat frères, à Paris, rue Mandar.
- MM. Burat frères, bandagistes-mécaniciens, sont connus depuis longtemps par leur habileté dans la confection des bandages et appareils qui leur sont demandés par les chirurgiens.
- Ces habiles artistes ont exposé un grand nombre de bandages, dont plusieurs peuvent être considérés comme un
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- perfectionnement dans la fabrication de ee genre d’appareils.
- Le jury leur décerne une mention honorable.
- Mi Cresson-Dorval, à Paris* rue Mont' martre, i5.
- Lès Bandages de cet exposant ont paru au jury bien confectionnés : il â imaginé de distendre plus ou moins lès pëiëtës ëü gommé élastique de ses bandages avec une petite ponipë foulante, au lieu dé les assouplir par là sim-pie insufflation faite au moyen d’un tube d’àéier, comme cela se pratiquait auparavant.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M; P: Bergëron* à Paris, passade du Grand-Cerf, 44.
- K
- M. Bergeron est inventeur de plusieurs mécaniques et corsets d’une ingénieuse construction, qui servent à rc- *
- t ' * r
- dresser les courbures vicieuses de la colonne vertébrale et à corriger les difformités de la taille.
- Ce mécanicien orthopédiste a présenté, à l’exposition* urt grand nombre de ces appareils, qui ont paru au jury confectionnés avec soin, et devoir très-bien remplir les indications thérapeutiques pour lesquelles ils ont été établis.
- M. Petit-Colin, à Paris, rue de Cléry, 78.
- M. Petit-Colin est connu des chirurgiens par sa bonne confection de boiigies emplastiques en cire.
- Depuis la dernière exposition, ses prix ont baissé.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
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- Madame Mantois, à Paris, rue du Pot-de-
- Fer-Saint-Ge main , i
- 4
- Lé coloriage dés gravit re£ peut difficîlèméiil être cbü* sidëré comme un art; il faut, du cbritrairë, le ràttgër parmi les industries, ët il gagne eh importance quand il est appliqué avec gbiït â des gravurës utiles ; ët èxéciité cependant a bon marché. Ces conditions se trouvent réunies dans les grandes planches d’ànàtomië colofiéës par madame Mantois, qui a consacré sbh talent à cëttb spécialité, et lé jury lui dééérne une mention honorable.
- * . ... - . ' ~ j
- Mi ChappÉe^ à Paris, rue Saint-André-des-Arcs, 4.
- Le jury a examiné les produits de cet exposant, et ils lui ont pairü être de qualité süpérièure;
- Les variétés si grandes dans le volume, la forme, la coloration des yeux dans les différentes classes d’ahjniaüx, sont imitées par lui avec une rare perfection.
- M. Chappée èSt parvenu, par lés àméliofatibns qu’il a introduites dans sa fabrique, à pouvoi# fournir les yeux de toute espèce à un prix quatre fois moins élevé.
- Depuis deux ans ce fabricant fournit le muséum d’histoire naturelle, et l’abaissement du prix des produits de son industrie a permis de remplacer, par les yeux d’émail, les yeux de verre pei nts qu’on avait adoptés pour les grands mammifères empaillés.
- Lé jury lui décerne une mention honorable.
- M. Corriol, à Paris, rue de Sèvres, 2.
- Le sac médico-chirurgical d’ambulance, confectionné par M. Corriol, pharmacien, nous a paru devoir être d’une
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- grande utilité pour les armées de terre et de mer, dans les voyages et dans les expéditions lointaines.
- Il renferme 130 articles, savoir : les principaux instruments de chirurgie, les différents appareils à fractures, les pièces de pansements, et les médicaments les plus usités, divisés eu 1,200 doses diversement graduées et disposées de manière à ne pouvoir être altérées par l’humidité.
- M. Gaymard fait l’éloge le plus complet de ce sac, avec lequel il a traversé, en 1838, toute la Laponie et la Suède, du cap Nord à Stockholm.
- Les chirurgiens d’armée ou de campagne pourront, en mettant ce sac, qui ne pèse que 40 livres, sur le dos d’un infirmier, aller établir une ambulance sur les lieux les plus escarpés, et y faire toute espèce d’opérations et de pansements.
- Le prix de ce sac, au grand complet, n’excède pas 500 fr.
- Le jury ne peut que donner son assentiment à la confection du sac médico-chirurgical.
- Il décerne à M. Corriol une mention honorable.
- « _____________
- CITATIONS FAVORABLES.
- _ p *
- M. Zwang, à Paris, rue de F Eco! e-de-Méde-
- cine, 4-
- Ses préparations anatomiques en cire ont paru au jury faites avec soin.
- M. Payot, à Paris, rue des Lombards, 28.
- La pharmacie portative propre à la marine et aux voya-
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- ges, confectionnée par M. Payot, a offert beaucoup de ressemblance avec celles qu’on voit en usage dans les arsenaux de la marine et à bord des bâtiments de guerre anglais.
- Elle est commode, méthodiquement disposée, et les pièces qui la composent peuvent supporter facilement les fatigues d’un voyage.
- M. Blatin, à Paris, rue Guénégaud, n.
- Cet exposant a présenté à l’examen du jury un appareil qu’il nomme rigocépbale, et quf est destiné à la réfrigération de la tête dans plusieurs affections de cette partie ; une biberette pour faire boire les malades sans changer de position -, des brosses à peau formées de petits cylindres de drap ; un clinotherme pour baigner les malades dans leur litj des bas imperméables et du liège en poudre pour la confection de cataplasmes avec des liquides mucilagineux.
- Plusieurs de ces inventions pourront recevoir d’utiles applications.
- M. Langevin, rue Fonderie, 6, à Grenelle. Biberons.
- Les biberons de M. Langevin, qui ne coûtent que 6 fr., et pour lesquels l’auteur a reçu des encouragements de la part de l’Académie royale de médecine, à laquelle il les avait soumis, ont paru au jury mériter de sa part les mêmes encouragements.
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- § 2. GYMNASTIQUE.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- «
- M. le colonel Amoros , à Paris, rue Jean-Goujon, 6.
- Le coionët Amoros s’ëst acquis une juste réputation par l’application en grand de la gymnastique à l’éducatiou. Déjà en 1827 et 1834 le jury avait reconnu les services rendus par cet homme actif et laborieux, dont l’esprit inventif a toujours été soutenu par un dévouement philanthropique; Il est donc inutile de revenir sur l’ensemble de ses travaux, nous nous contenterons de parler des objets qu’il a exposés cette année.
- Nous avons d’abord remarqué la collection presque complété des machinés et instruments dont le colonel se servit pour instruire et exercer les troupes du camp de Saint-Omer en 1834, et qu’il improvisa en peu de jours, avec dés moyens très-limités fournis par les magasins dü génie et de l’artillerie, et se composant principalement des pièces de bois connues sous les noms de madriers, de lombardes, dé gîtes et de blindes ; lës heureux résultats d’un assaut simulé donné avec ces machines, sous les remparts de Saint-Omer, furent constatés par le général comte Rognât.
- Nous avons remarqué 1° différents genres d’échelles de cordes ou de bois, munies de crochets dits amorosiens, dont les pointes d’acier servent à les fixer solidement sur les murailles pour monter à l’assaut ou porter des secours dans les cas d’incendie ;
- /
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- 2° M. le colonel Amoros a présenté le modèle d’un brancard à galerie légère et mobile* pour transporter les malades et les blessés avec facilité* et par deux brancardiers seulement, sans que ces malades puissent éprouver d’accidents ;
- 3“ Une échelle à incendie à laquelle s’adapte un long sac de grosse toile* sorte de dënii-cànàl ou gouttière, dans laquelle on peut faire glisser et descendre, par une pente oblique (celle de l’échelle), les personnes que l’on secoürt dâhs lésiricéhdies j
- 4° Un sac en foiùne dé hotte , en grosse toile, que les pbmpiëës peuvent placer derrière leur dos pour sauver les ehfants; >
- 5° Une inachittë pour éxërber à la fois vingt-quatre pëfsbnnës aüx mouvements de la hatàUbh. Cette machiné représente une sorte de jeu de bagues, aiix raÿoiis dtiqüel sont suspendues de larges sanglés qui supportent lës élèves, et les tiennent dans là position Horizontale, belle tjuè nécessite lé modë lë plhs habituel dé natation.
- Tous ces produits, présentés par AU lë cëiôhbl Àmoros, lie peuvent cjti’âjoutcf a l’opinion Hvofablé exprimée par les préëédeuts jüfys sur sés invëhtioiis, et sur lës services qu’elles ont rendus à l’humahilé.
- Le jùry dé 1839 lui rappelle la médaillé de bronze .qu’il a obtenue à l’ëxpôsition précédente.
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- § 3. DESSINS.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Amédée Couder, à Paris, rue Cadet, il
- Le sieur Couder, dessinateur-compositeur pour les manufactures de tapis, de châles, d’étoffes brochées, damassées, imprimées, et, en général, pour toutes sortes de fabrications, est le plus habile et le plus fécond des artistes qui consacrent leur talent aux dessins de fabrique. Son goût sûr, ses conceptions variées et ses connaissances particulières en fabrication le rendent très-utile, et nécessaire même, aux fabricants.
- Le jury central a particulièrement remarqué, dans les expositions d’un grand nombre de fabricants, la multiplicité des compositions de M. Couder, entre autres les tapis de Sallandrouze, le châle de Gaussen dit la Fête des fleurs, les impressions de P. Godefroy, les ameublements de Félix Tiset, ceux des fabricants de Roubaix, et les papiers peints de Lapeyre et compagnie.
- Le talent de cet artiste, les services qu’il rend à l’industrie, et surtout les soins qu’il donne à l’établissement, école spéciale de dessin industriel, qu’il a fondé à Paris, le placent au premier rang parmi les exposants 5 le jury lui décerne une médaille d’argent.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. Guichard, dessinateur, à Paris, rue clés Jeûneurs, i bis.
- Le jury central a remarqué des cadres renfermant des dessins de broderie de M. Guichard, exécutés par des manufactures des villes de Tarare et de Saint-Quentin. Ce jeune dessinateur excelle, en outre, dans plusieurs genres, tels que le papier peint, les étoffes pour meubles, les étoffes imprimées. *
- En se représentant à une prochaine exposition avec des productions plus nombreuses, il aura plus de droits à une récompense du jury qui lui accorde une mention honorable.
- M. Rypinski et cie, à Paris, rue Bourbon-Yilleneuve, 5.
- Ce dessinateur a exposé plusieurs genres de dessins pour les foulards, pour les tissus en impression.
- Polonais réfugié, il met à profit les talents qu’il possède ; ses productions sont favorablement accueillies des impri-' meurs.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. Fleury-Chavant ? à Paris, rue de Cléry, t9
- Le jury a examiné plusieurs genres de papiers réglés formant un assortiment de toutes les combinaisons de la mise en carte.
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- M. Fleury-Chavant, parla multiplicité de ses planches gravées, est parvenu à établir les papiers nécessaires à tous les fabricants et dessinateurs pour étoffes, et au prix de 20 et 30 fr., ce qu’avant lui le commerce trouvait difficilement à 40 et 60 fr. -
- Le jury central lui accorde une mention honorable.
- M. Collière., à Paris, rue de Trevise, 2.
- M. Cpllière a présenté un cadre de diverses dispositions de dessins pour l’impression; ils sont remarquables par le goût et le soin d’exécution.
- M. Breysse (Xavier), aii Puy (Haute-Loire).
- Get exposant a présenté un cadre de carions piqués mécaniquement pour la dentelle; il peut les reproduire avec une parfaite exactitude, ce qui n’a pu encore être que très-imparfaitement exécuté jusqu’à ce jour.
- Le jury, n’ayant pas la possibilité de reconnaître les faits avancés, constate ce progrès, déclaré tel par le jury départemental de la Haute-Loire ; et, dans la persuasion que ce procédé pourra atteindre, par uueapplicationusuelle, le but que l’inventeur s’est proposé, le jury central lui accorde une mention honorable.
- § 4. FLEURS ARTIFICIELLES.
- Les industries représentées à l’exposition doivent être considérées sous deux points de vue, sous celui de leur utilité absolue et sous celui de leur utilité relative.
- Produit de luxe, les fleurs artificielles u’ontpas d’utilité-
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- absolue, niais leur utilité relative est très-grande ; elles comptent dans les importations de la France pour quatre millions, et ce chiffre leur assigne dans le commerce une place honorable. Ce résultat, du reste, appartient tout entier à la fabrication de Paris, qui, seule, a eu jusqu’à pré? sent le monopole de ce goût et de celte élégance qu’il faut eqmpter au nombre des premiers éléments de succès de celte branche de ^industrie.
- Qn avait, jusqu’à ce moment, fabriqué les fleurs artificielles en toiles de toute espèce, mais seulement en toiles, et ce n’est que par curiosité qu’on avait essayé ces imitations de la nature avec d’autres matières. Ainsi les plumes, la gélatine, la baleine, la pâte des pains à cacheter, les coquilles ont servi quelquefois, avec succès, à des épreuves de ce genre, plutôt dans un but d’amusement que dans une espérance d’exploitation.
- Mais aujourd’hui, une nouvelle matière vient en aide à la fabrication des fleurs artificielles, et cette matière, qui se prête mieux à l’imitation, c’est le papier. La modicité du prix, réunie maintenant à la facilité de l’exécution, fera de ce produit, dans le commerce, une branche importante, et, dans les salons, un loisir agréable.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. Chagot frères, à Paris, rue du Ponceau, 25. ' .
- Dans la fabrication des fleurs artificielles destinées à l’expprtalion, MM. Chagot frères figurent, à eux seuls,
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- pour un dixième. Ces négociants ont compris que, pour conserver à la fabrique de Paris sa réputation et sa prospérité, que pour lutter avec succès contre l’Angleterre,
- dont la rivalité commence à se faire sentir, il fallait s’ef-
- forcer de satisfaire les goûts de chaque contrée, au lieu d’imposer indistinctement celui de la capitale. Ils.ont aussi compris qu’à tous les perfectionnements possibles il fallait encore ajouter la modicité du prix. Ce sont là les conditions qu’ils ont cherché à remplir, et leurs efforts ont été couronnés de succès.
- MM. Chagot frères ont présenté au jury un assortiment de fleurs artificielles, parmi lesquelles il a particulièrement distingué des bouquets de bal, depuis 2 fr. 50 c. la douzaine jusqu’à 40 fr. pièce ; des collections complètes de fleurs d’un goût particulier et différent pour chaque pays, ainsi qu’un vase de fruits et de fleurs.
- Le jury décerne à MM. Chagot frères une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- Madame Clavel, à Paris, rue de FUniyer-
- sité, n6,
- *
- Elève de Redouté, créatrice d’un atelier nombreux, madame Clavel n’emploie plus aujourd’hui que le papier dans la fabrication des fleurs artificielles. Le jury reconnaît avec plaisir qu’elle'a sanctionné l’avantage de cet économique et nouveau procédé.
- Quelques pivoines, des tulipes, des œillets, quelques
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- roses qu’il eût été impossible de rendre avec autant d’éclat en batiste, apparaissent ici avec une illusion complète.
- Le jury décerne à madame Clavel une mention honorable.
- M. Dubouloy, à Paris, me Saint-Denis, 276.
- Parmi ses fleurs artificielles en plume, le jury a particulièrement remarqué un cactus d’une imitation parfaite, et des roses blanches. L’exposant fait aussi le commerce des plumes, et a présenté au jury un boa en têtes de marabout très-bien dressé, de la plus grande finesse , et qu’il s’engage à blanchir plusieurs fois sans le détériorer. Il possède un procédé particulier pour teindre solidement toute espèce déplumés.
- CITATIONS FAVORABLES.
- MM. Charpeaux et Gérard, à Paris, rue Pelletier, 23.
- Les fleurs en batiste imprégnée de cire, présentées par 1mM. Charpeaux et Gérard, ont un grand mérite de ressemblance : leur coloris est d’uné durée plus grande que dans les fleurs de toile et de papier; mais leur prix est beaucoup trop élevé, et la fabrication de MM. Charpeaux et Gérard - trop restreinte, pour que le jury leur accorde plus qu’une citation favorable.
- O/U t* I
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- Madame Veny, à Paris, rue dû Marche-Sairit-Honoré, 26.
- Imitation consciencieuse de la nature, et application de couleurs durables.
- Mademoiselle Faure de Montigny, à Paris, rue de Bondy, 43.
- ’ Le jiiry a remarqué des bouquets de roses mêlées d’avoine en fleurs, exécutés èn petites plumes, et imitant l’original avec une rare perfection.
- Mademoiselle Aime, à Paris, rue des Saints-Pères, 26.
- Pour l’heureuse imitation de la nature dans ses fleurs artificielles, qui sont bien exécutées.
- I
- M. Sana, à Paris, rue Saint-Denis, 3^4*
- Pour des fleurs artificielles en papier, cet exposant avait déjà été ci té en 1834,et le jury lui rappelle cette distinction.
- 1 § 5. OBJETS D’HISTOIRE NATURELLE.
- v, ' . : ' :n
- MÉDAILLE DE BRONZE. ;
- /
- MM. Verreaux et filSÿ à Paris, boulevard Montmartre, 6. ?
- ' t . 4 - . ; . ,
- L’industrie doit rendre des services à la science, en échange de ceux qu’elle en reçoit si fréquemment. L’étude
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- de la zoologie, par exemple, serait incomplète si quelques hommes de talent ne s’appliquaient pas à étudier les animaux dans leurs habitudes et leurs mouvements naturels, pour les reproduire ensuite sous les yeux des élèves.
- Mais ce mérite s’augmente encore de toutes les difficultés dont il est entouré, quand le préparateur des objets d’histoire naturelle poursuit ses études au delà des mers, dans des contrées éloignées.
- MM. Yerreaux fils, associés à leur père, ne se sont pas contentés de jouir de la réputation qu’il s’est acquise par une longue pratique, et les nombreux objets qu’il a exposés dans tous les cabinets, ils ont encore voulu l’augmenter en se mettant à même, par leurs travaux, de saisir toutes les instructions des savants, de les aider même de leur expérience.
- Bons dessinateurs, préparateurs habiles, au fait, par leurs études spéciales, des lacunes à remplir dans les. collections, ils sont partis pour le Cap et les Indes. Après plusieurs années de séjour dans ces contrées, si riches par • la variété des espèces, ils sont revenus avec les dessins de ce qu’ils ue pouvaient rapporter, avec les peaux des animaux qu’ils n’avaient pu prendre vivants, et enfin, ce qui ajoute tant de prix à leurs collections, àvec la connaissance des formes et des allures de tous les animaux qu’ils empaillent et expédient aujourd’hui à tous les cabinets d’histoire naturelle de l’Europe.
- Le jury leur décerne une médaille de bronze.
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- MENTION HONORABLE.
- M. Parzudary, à Paris, rue du Bouloy, 2.
- tf
- Le jury décerne une mention honorable à M. Parzudaky pour ses préparations d’objets d’histoire naturelle.
- 1
- 1
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- TABLE DES MATIERES.
- »
- DEUXIÈME VOLUME.
- Chauffage..............................................493
- Distillation. .............................................. 521
- Machines à papier....,....... f.... ................... 526 bis.
- TROISIÈME VOLUME.
- : -,
- SIXIÈME COMMISSION.
- BEAUX-ARTS.
- PREMIÈRE SECTION.
- Peinture sur verre et en vitraux de couleur..... 5
- SECTION II.
- g 1 .er. Fonderie, bronzes d’art .................... 24
- g 2. Bronzes de luxe et d’ameublement................ 27
- $ 3. Bronzes de manufacture s’adressant à la consommation
- V tr
- . . moyenne------...... ............................. 3i
- g,4. Billards.......................................... 37
- "....... ........SECTION III.
- g l«i. Bijouterie............ . i. ............... 41
- g 2. Bijouterie dorée ........................................... 48
- g 3. Bijouterie d’acier poli; de deuil........................... . 51
- g 4. Bijouterie de perles fausses................................ 53
- g15. Bijouterie de strass ou pierres fausses , imitation de bril - <
- lants et pierres fines.....,............................ 56
- g 0. Travail de la nacre......................................... 60
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- - -480
- SEÇTION IV.
- g l«r. Sculpture en carton-pierre..
- § 2. Cuivre estampé verni..........
- g 3. Dorure sur bois.............
- g 4. Parquets et mosaïques.........
- g 5. Orfèvrerie d’argent...........
- g^6. .Plaqué..............!........
- SECTION Y.
- fiô
- 70
- 78
- 79 87 92
- g 1er. Gravure en lettre.......................... 108
- g 2. Gravure en relief ou typographique........... 112
- g 3. Fonte de ^caractères... ..................... 116
- g 4. Imprimerie................................... il9
- g 6. Typographie musicale ........................ 123
- g 6. Impression typographique en couleur.......... 127
- g 7. Librairie.................................... 129
- g 8 : Objets d’arts et de fantaisie. .....»....... 133
- g 9. Reliure. .................................... 138
- g 10. Lithographie............................. 143
- g 11. Lithographie en couleur.......... ;......... 163
- g 12. Reports d’anciennes impressions............. 155
- g 13. Zincographie.163
- g 14. Cartes géographiques................ ïb.
- g i b. Gravure en creux.................... 166
- g 16. Nettoyage de gravures......'................ 169
- g 17. Calligraphie................................ ïb»
- g 18. Stores et écrans peints et imprimés.. f 170
- SECTION YI.
- § 1er. Ébénisterie..................................... 173
- § 2. Tabletterie............................................... 186
- Appareils contre les incendies des théâtres.................... 191
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-
- » SECTION VII.
- Sculpture statuaire exécutée par procédés mécaniques.,....... ï92
- SEPTIÈME COMMISSION.
- i ; *
- ARTS CÉRAMIQUES.
- PREMIÈRE SECTION.
- . •< i ...... . . . ' ' ' '
- g 1er. Terres cuites, plastique, briques, tuiles et carreaux...... 211
- g 2. Faïences, grès-cérames divers et porcelaine tendre...... 221
- g s. Porcelaine duré, tant blanche que décorée..........236
- g t. Fabrication et application des couleurs vitrifiables pour la
- porcelaine, etc........................1........244
- SECTION II.
- Verrerie................................................ 259
- ; ’ -..y- ... M.. *
- HUITIÈME COMMISSION. >
- l . .
- r . ^ . y : : ; ,y. j
- ARTS DIVERS^
- PREMIÈRE PARTIE.
- F® division. — Préparation des matières tinctoriales....280
- il® division. — Blanchiment des étoffes..................285
- me division.—Application des matières colorantes sur les
- étoffes................................. 286
- ive division. — Réparation des tissus gâtés par l’usage. 327
- ve division. — Apprêt hydrofuge des tissus.............. 330
- Vf® division. — Papiers peints......................... 331
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-
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- 438
- DEUXIÈME PARTIE.
- g 1er. Papeterie..................'.......... ;U.!-':,33î
- § 2. Peaux et cuirs.................................. 356
- g 3. Toiles cirées................................... -167
- TROISIÈME PARTIE.
- g 1er. Chapellerie........................................... 41 g
- § 2. Chaussures.............................................. 419
- ; *: - : ' , •, . '• * ‘ •
- g 3. Bretelles et jarretières.. ................42e
- g 4. Ganterie................................................429
- g 5. Objets de sellerie................................. 433
- g G. Parapluies............................................ 437
- g 7. Objets de papeterie.................................. 440
- § 8. Boutons et peignes. Ecaille factice..... 448
- § 9. Objets divers.............................i......... 451
- QUATRIÈME PARTIE.
- ... • . . ......................................
- 5 lor. Instruments de chirurgie...................... 455
- g 2. Gymnastique. ... .fV.................................... 474
- $ 3. Dessins......1.......................................... 4îG
- § 4. Fleurs artificielles.................................... 478
- g 5. Objets d’histoire naturelle. U . .*..................... 482
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- . FIN DR LA TABLE DU TROISIÈME VOLUMF..
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- 480
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- TABLE ALPHABÉTIQUE
- DES FABRICANTS ET DES AUTISTES
- RECOMPENSES
- PAll LE JURY CENTRAL DE L’EXPOSITION
- de 1839.
- ABRÉVIATIONS.
- R. M. O. Rappel de médaille d’or.
- M. 0. Médaille d’or.
- R. M. A. Rappel de médaille d'argent. M. A. Médaille d’argent.
- R. M. B. Rappel de médaille de bronze. M. B. Médaille de bronze.
- R. M. II. Rappel de mention honorable. M. H. Mention honorable.
- R. C. F. Rappel de citation favorable. C. F. Citation favorable.
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- 490
- Tom. Pag.
- A.
- Abat, Morlière et comp. Acier. R. M. A. I. 390
- — Limes. R, M. A. I. 397
- Abbey. Orgue. M. B. II. 356
- Acquier (François) et ccunp. Chandelles. C. F. II. 481 Adler. Basson. M. B; II. 369
- Administration des mines de Bouxviller. Produits
- chimiques. M. O. II. 382
- Agniel-Lafont et comp. Bonneterie. M. B. I. 339
- Agneray. Machine à cintrer les bandages de roues.
- M. H. II. 120
- Aimé-Jacob. Objets d’horlogerie. R. M. A. II. 228
- Aimé (Mlle). Fleurs artificielles. C. F. III. 482
- Alan-Migout. Chapellerie. M. H. III. 4*8
- Alexandre. Filature de soie. M. B. I. 181
- Alexandre. Machines. M. B. II. 68
- Allain. Pendule. C. F. II. 23g
- Allart (Leclerc). Flanelles. M. A. I. 107
- Allier. Charrue. M. B. II. 176
- Allix fils. Modelage en cire. M. H. III. i35
- Allyye-Boubon. Dévidage de la soie. M. B. II. 207
- Arnaud. Machines à tisser. M. A. II. 44
- Àmblet. Soieries. M. B. I. 214
- Amelot (marquis), de Chaillou. Soie. C. F, I. 187
- Voyez Y Errata du troisième volume.
- Amiard. Bourrelerie. M. H. III. 435
- Amiel. Cordages. M. II. I. 3o8
- Amoros (colonel). Appareils de gymnastique. R. M. B. III. 474
- André. Fonderie de fer. M. A. I. 383
- André-Jean. Charrue. M. A. d’ensemble, II. 173 et i85 Andrew, Best et Leloir. Gravure sur bois. M. A. III. 113
- Andriveau-Goujon. Caries géographiques. R. M. A. III. 164
- Angé et comp. Parquets en placage-mosaïque. M. II. III. 84
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-
- 491
- Tom. Pag.
- Angot-Garnier. Draperie. M. H. I. 98
- Angot-Levrard. Draperie. M. H. I. 98
- Angrand. Papiers de fantaisie. R. M. B. III. 44^
- Aniel. Parquets superposés à feuillure. C. F. III. 86
- Année. Tabletterie. C. F. III. 190.
- Anonyme. Soie grége. M. H. I. 186
- Antoine. Dessiccation des bois. M. B. II. 5o6
- Anvès (Hippolyte). Bijouterie en perles fausses et
- verroteries. , III. 5g
- Appert (Prieur). Conservation des substances alimentaires. R. M. O. II. 4o3
- Armand-Clerc. Outils d’horlogerie. M. H. I. /\qô
- —Barattes enfer. C. F. II. i46
- Armbruster. Limes. M. II. I. 4°3
- Armengaud. Dessins de machines. M. B. II. 72
- Arnheiter. Taillanderie. R. M. B. . I. 47^
- Arnould (Jean-Louis). Châles. M. O. I. 148
- Arnoux. Chemins de fer. M. A. II. 101.
- Aroux (Félix). Draperie. R. M. A. I. 71
- Arquxllière et Mouron. Soieries. M. A. I. 208
- Aubanel-Delpon. Laine filée. C. F. I. 4^
- Aubanel (Laurent). Fonderie de caractères. M. A. III. 118
- Aube frères. Draperie. M. A.. I. 78
- Auber (Louis). Tissus de laine, ras cl brochés.
- R. M. O. I. 109
- Auberger. Laines. M.‘ A. I. 24
- Aubert. Sabots. Ç. F. - III.
- Aubigny (<F). Procédé pour fixer la peinture sur pierre.
- M. H. IL 466
- Aubin. Meubles. III. r85
- Aubry. Etaux. C. F. I. 4°7> H* J4^
- Aucock. Nécessaires de voyage. M. A. III. 187
- Audin. Bonneterie. R. M. II. I. 341
- Audot. Librairie. R. M. B.
- III.
- 133
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- 402
- Ton». Pag.
- Augé. Soie. C. F. I. 188
- Auger. Serrurerie. M. II. II. i5y
- Auloy-AIillerand. Linge ouvré. M. À. I. 3oo
- Auvray frères. Sabols. G. F. III.
- Auzou. Corps humains fictifs. R. M. O. III. 46o
- Avril (d’). Étagères pour magnanerie, M. II. II. 2°9
- Ayraud. Toiles. AI. II. I. 296
- B.
- Babonneau. Outils divers. M. A. II. 1 25
- Bâche , Mallet , Djetz et Comp. Toiles. C. F. I. 297
- Bachelot (Léon). Châles. M. B. I. i54
- Bacot. Couvertures. R. AI. A. I. 100
- Badin , père et fils , et Lambert. Draperies. M. O. I. 70
- Badon (docteur). Grès. C. F. I. 525
- Bailly. Etoffes teintes. M. B. ' ' ' III. 336
- Bainée. Cisailles et lits en fier. AI. B. II. 133
- Balaine. Plaqué. R. AI. A. III. 95
- Balay fils jeunes. Rubans. AI. A. I. 218
- Baragnon et comp. (Alaximin). Soieries. R. AI. B. I. 229
- Barbaroux de Megy. Bijouterie en corail. III. 62
- Barbat. Lithographie. M‘. H. .III. i53
- Barbé et comp. Impressions sur tissus. AI. H. III. 3i2
- Barbeau. Cheminées en fonte. C. F. II. 5i4
- Barbereau. Orfèvrerie céramique. C. F. III. 101
- Barbier, Meuble renaissance. AI. B. III. 182
- Barbier , aîné. Draperie. AI. II. I. g5
- Barbier (Victor). Draperie. AI. A. I. 76
- Barbot et Fournier. Draperie. M. A. 1. 84
- Bardel (Eugène) et Noiret jeune. Tissus de crin.
- M. A. I. 349
- Barié. Chaussures corioclaves. C. F. III. 4-4
- Barnouin et Bureau. Châles. R. AI. A. I. 162
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-
-
-
- Baron* (Joseph). Pièces d'horlogerie. C. F»
- Barot. Soie grége. M. H.
- Barral frères. Soie ouvrée. R. M. A.
- Barre. Gravure sur acier. M. B.
- Barré et Boncoirant. Faïencerie. M. H.
- Barré et comp. Fonte malléable. M-. H. Barré-Ruffin. Porcelaine. M. B.
- Barthélemy. Parures de strass. R. M. B. Barthelmy. Billard en palissandre. M. H.
- Barthez (Sylvestre). Draperie. R. M. B.
- Basile (Maurice). Laines. M. A.
- Bassot. Boutons encorne. C. F.
- Bastie et Donadille. Soie. C. F.
- Y. Y Errata du troisième volume.
- Bataille. Instruments d’agriculture. M. H. Bataille. Impressions sur tissus. M. B.
- Batelot jeune (veuve). 'Faillanderic. M. H. Battandier. Sellerie. R. M. B.
- Baube. Couleurs anoseniques. R. C. F.
- Bauciieky. Matrices en bronze incrusté. M. B. Baudouin frères. Cuirs vernis. M. A.
- Baudouin (Rémond). Bois de teinture triturés. C. F. Baudry. Usines à fer. M. H.
- —Aciers. M. O.
- Baudry. Meubles. M. B.
- Baudy. CoutellerieC. F.
- Bauerkeller et comp. Impression en couleur. Bazile (Eugène). Impressions sur tissus. M. A. Beaucheron-Pirmet. Arquebuseric. M. H.
- Beaud aîné (François-Hippolyte). Bonneterie. C. F. Beaudat. Machine à scier l’ivoire. M. B.
- Beauvais. Laines. M. II.
- Beauvais (Camille)- Vers a soie. M. O.
- Beauvais (Mesdemoiselles). Broderies. M. 11.
- Tflffl. Pag*
- i. 49^ I. i85
- I. 178 III. 115 III. 226
- I. 488
- III. 242 III. 57 III. 39 I. 86 I. 24 III. 45o
- I. 186
- II. 180 III. 3i 1
- I. 478 III. 434
- II. 469
- III. 72 III. 397 III. 283
- 1 377 I. 389
- III. 184 I. 475 III. 128 III. 3o8 II. 325 I. 347 II. 117 I. 27 I. 174 I. 321
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-
- 494
- Beauvallet. Sucre indigène, M. H.
- Béchard (Jean). Teinture sur laine. M. B. Béciietoile. Papeterie. R. M. B.
- Bécoulet et Yaissier. Papeterie. M. B.
- Becquet. Tréfderie. C. F.
- Bédel (P.-A. le). Perles fausses. C. F.
- Bègue. Filature du lin. M. H.
- Bégué fils. Linge ouvré. M. A.
- Beker. Etoffes imperméables. M. H.
- Beleurgey. Outils divers. M. B.
- Bellamy. Bretelles. M. B.
- Bellamy frères. Bonneterie. M. H.
- Bellangé fils. Meubles. M. A.
- Yoy. Y Errata du troisième volume. Bellangër père et Nourrisson. Tapis. Bellanger. Meubles. R. M. A.
- Y oyez Y Errata du troisième volume. Bellat. Tapis. M. A.
- Belleme. Coutils. R. M. B.
- Belz-Sicarï). Draperie. M. H.
- Bénard. Cheminées diverses. C. F.
- Bénard et comp. Plomb. M. H.
- Benini (Roch). Chapellerie. M. H.
- Benoist. Machine à mèches. M. B.
- Benoit. Pressoirs. M. A.
- Benoit jeune. Coutellerie. M. H.
- Benoit et comp. Horlogerie. M. O.
- Benoit ( Auguste ). Bonneterie. R. M. B. Berce. Boutons d’uniformes. C. F.
- Bérenger et Petit. Limes. R. M. B.
- Berg. Meubles en ébène. M. B. Berger-Deleinte. Toiles.Ml. A.
- Bergeron ( P. ). Appareils d’orthopédie. M. II. Beringer. Arquebuserie, M. B.
- Tom. Pas;,
- II. 447
- III. 291 III. 352 III. 353
- I. 447 III. 55
- I. 291
- I. 2QQ
- III. 4o7
- II. 128
- III. 426 I. 342
- III. 178
- I. 327 III. I79
- I. 325
- I. 3o4 L 96
- II. 5i3
- I. 410
- m. 418
- II. n8 II. 205
- I. 473
- II. 245 I. 337
- III. 453
- I. 399 III. 182
- I. 294 III. 479
- II. 3i8
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-
-
- 495
- Berna-Sabran. Soieries. R. M. O.
- Bernard. Pierres lithographiques. C. F.
- Bernard. Carton-pierre. M. B.
- Bernard( Albert). Arquebuserie. M. A.
- Bernard (Charles). Enclumes. M. H.
- Bernard (Léopold). Arquebuserie. M. B. Bernardel. Instruments de musique. M. B.
- Yoy. VErrata du troisième volume. Bernardet-Boisme. Machines à tailler les écrous.} M. B.
- Bernauda (Henri-Charles). Bijouterie. M. B. Bernet. Lampes. M. H.
- Bernhart. Pianos. M. B.
- Yoy. Y Errata du troisième volume.
- Bernier père. Laines. M. B.
- Bernoville (Fréd. etEd. ). Mousseline-laine. M. A, Berolla. Pendules. M. B.
- Berrier et Brisson. Draperie. M. H.
- Bertèche , Bonjean jeune et Chesnon. Draperie.
- M. O.
- Berthaud fils. Draperie. M. B.
- Berthelot ( Nicole ). Lit mécanique. M. B. Bertholon-Souchon. Rubans. M. A.
- Bertrand et Feydeau. Conserves alimentaires. M. A. Bertrand (Julien) et Eugène Gaymard. Marbres. M. A.
- Bertrand et Vidil. Broderies. M. B.
- Beslay. Chaudière de machine à vapeur. M. A. Besseyre. Extraits de matières tinctoriales. C. F. Bex (veuve). Stucs. M. H.
- Beyer (Jacques). Toiles fines. R. M. B.
- Bézenger. Encre. M. H.
- Biais. Ornements d’église. R. M. B.
- Tom. Pag.
- I. 198
- I. 53o III. 67
- II. 317
- I.
- II. 322 II. 35i
- II. i34 III. 46 II. 3og II. 344
- I. 26 I. 119 II. 236 I. 95
- I. 66 I. . 90
- II. 115
- I. 220
- II. 4°7
- I. 5io
- I. 319
- II. 63
- III. 286 I. 525
- I. 295
- II. 464 I. 319
- p.495 - vue 495/568
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-
-
- 406
- ïoffl. Pag*
- Biènbar, Machine à triturer les graines oléagineuses.
- 6. F. If. ,95
- Biet. Instruments de physique. C. F. II. 263
- Biétry. Fils de cachemire. R. M. O. I. 127
- Bignon. Outils de bottier. C. F. II. i45
- Bignon. Vernis. M. B. II. 460
- Bigot. Meubles. M. H. III. i85
- Bigot et comp. Draperie. M. B. I. 91
- Billant. Instruments de physique. M. H. II. 262
- Billard. Cheminées-poeles.M. H. II. 5io
- Billard. Peinture sur verre. M. B. JII. 14
- Billiet. Laine filée. M. II. I. 42
- Billon (Jacques). Toiles fines. M. B. I. 295
- Billy (de). Sculpture des bois à la mécanique. M. O. III. 178 Binet. Couleurs. M. B. II. 459
- Binet. Bougie stéarique. M. B. II. 491
- Bineteau. Lithographie. M. II. III. 15?,
- Blaise. Quincaillerie. M. H. I. 491
- Blaise (Armand). Cotons filés. C. F. I. 249
- Blanc. Cordages. C. F. I. 3o9
- Blanchard. Taillanderie. M. B. I. 478
- Blanchet frères. Aciers. M. B. I. 392
- Blanchet frères et Kléber. Papeterie. M. O. III. 345
- Blanchin. Machines à tisser. M. B. II. 47
- Blandin. Vinaigre de betteraves. M. II. II. 447
- Blatin. Appareil rigocéphale. C. F. IM. 473
- Blecii-Fiues. Impressions sur tissus. M. A. III. 307
- Blondeau. Pièces d'horlogerie. R. M. B. II. 235
- Blondel (Hubert). Billard e.n ébène. M. H. III. 3o
- Blouet et comp. Meules de mouli i. M. H. I. 535
- Blum. Verrerie. M. B. III. 276
- Bobée et Lemire. Vinaigre de bois. M. O. II. 384
- Bobilier (Célestin). Faux. R. M. B. II. îqj
- Mobilier (Jean-Claude). Faux. C. F. II. 192
- p.496 - vue 496/568
-
-
-
- ïorn« Pag»
- BôûofüF. Lithographie. M. B. îîï, i5o
- Boche. Arquebuserie. M. B. II. 319
- Bochet. Bottes fortes. C. F. 111. 424
- Bodeau. Scie circulaire. C. F. II. 1 ^5
- Bodeur. Barothermomètres. M. H. II. 266 •
- Bodlets-Lacroix. Briques réfractaires. M. H. III. 216
- Bqeringer frères. Instrument de géodésie. M. B, II. 283 Boeuf et Garandy. Bijouterie en corail. M. B. III. 63
- Bohiiv. Layeterie. C. F. III. 436
- Boigues et cornp. Usines à fer. R. M. O. I. 36i
- — Fonderie de fer. M. II. I. 384
- Boigues frères, Hochet et le comte Jaubert. 7 ’ré-
- filerie. M. A. I. 44^
- Boilvin-Marie et neveu. Alênes. R. M. A. I. 458
- Boisselot et Gis. Pianos. M. A. II. 34o
- Boisset et Gaillard. Bougies stéariques. M. H. II. 478
- Boutin. Limes. R. M. O. I. 396
- Boland. Essai des farines. M. H. II. 222
- Bompard et comp. Fissus de coton. M. A. I. 262
- Bon (L.-A.). Bijouterie fausse. M. A. III, 56
- Bonamy de Conninck et comp. Savons et bougies.
- M. B. II. 420
- — Bougies stéariques. M. II. II. 478
- Bonjour. Toiles cirées. AI. B. III. 4**
- Bonnet. Lampes. C. F. II. 3u
- Bonnié. Meubles. C. F. III, j85
- Bonnot (François-Louis). Papiers peints. M. B. III. 333
- Bonnot et Moreau. Châles. M. B. I. 159
- Bonraisin, Tjllault et comp. Draperie. M. H. I. 98
- Bontems. Verrerie. M. O. III. 267
- Bontemps etLoRMiER. Peinture sur verre. M. O. III, 8
- Bonvallet et, comp. Impressions sur velours. M. A. III. 324
- Boquet et comp. Encrier à pompe. C. F. III. 442 -
- Bordeaux. Cuivre estampé. M. B. III. fi
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-
-
-
- 498
- Tom. Pag.
- Boromé-Delepïne. Mouvements de montres. M. H. II. ?48 Bostmambrun (Philippe), oncle et neveu. Coutellerie.
- R. M. A. I. 467
- Boucarut. Bois dorés. M. H. III. 78
- Bouchard. Cordages. M. H. I. 3o8
- Bouchard-Hozard (L.). Gravures d'histoire naturelle.
- M. H. III. 166
- Boudard. Ganterie. C. F. III. 4^2
- Boudet aîné. Draperie. M. H. I. 99
- Boudet-Drelon. Pâtes alimentaires. M. B. II. 4°8
- Bouet et Ribes fils. Châles. R. M. B. I. i63
- Bouhardet. Billard en palissandre. M. B. III. 37
- Bouillant. Tissus en caoutchouc. M. H. III. 4°7
- Boulland. Limes. C. F. I. 4©4
- Boullenois. Filature de soie. C. F. I. 187
- Bour. Fils de coton. M. H. I. 247
- Bourbonne (Mrae). Savons. R. M. B. II. 420
- Bourbouze. Instruments de physique. C. F. II. 203
- Bourcier (Jules) et G. Morel. Filage de la soie. M. B. II. 207 Bourdin. Montres. M. H. ' II. 238
- Bourdon. Dentelles. M.. A. I. 3i6
- Bourdon (Eugène). Grandes machines. M. A. II. 62
- Bourg. Garde-robes. M. H. II. 18
- Bourgeois-Duchez. Draperie. M. H. I. 99
- Bourgogne. Préparations d’obiels microscopiques.
- C. F. II. 276
- Bourguignon. Marbrerie à la mécanique. M. B. I. 532
- Bourguignon et Schmidt. Draperie. R. M. H. I. 94
- Bourlier et Morey. Machines à tisser. M. II. II. 5o
- Bocrlier, père et fils. Outils d’horlogerie. C. F. I. 4Ç)3
- Bournet. Serrurerie. M. H. II. i58
- Bournhonet. Châles. M. B. I. i55
- Bourré. Appareils pour les sucreries indigènes. M. B. II. 445 Bousquet-Dupont. Soieries. R. M. B. I. 228
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-
-
- 499
- Boussar». Lampes mécaniques. M. H. Tom. Pag. II. 302
- -— Arquebuseric. C. F. II. 3a6
- Bousseroux. Fourneaux de cuisine. G. F. 11. 5i4
- Boüthey, Valengin et Rith. Quincaillerie. M. H. I. 489 '
- —- Horlogerie. M. H. II. 248
- Boutineau (Paul). Châles. C. F. I. i56
- Boutté. Serrurerie. M. H. II. i56
- Boyer aîné. Draperie. R. M. H. I. 94
- Boyer aîné. Soieries. M. B. I. 212
- Boyriven-Gelot et comp. Châles. I. i58
- Bresqüignan., Taillanderie. M. H. 1. 478
- Bresson. Huile de pépins. M. H. 11. 399
- Bresson. Dorure du bois. C. F. m. 78
- Bresson aîné. Cotons jilés. M. B. I. 248
- Breton. Balances de précision. M. H. IL 261
- Breton. Marbres. C. F. I. 520
- Breton (Mme). Bouts de sein artificiels. M. B. III. 465
- Breton frèt es et comp. Papeterie. M. B. III. 352
- Breuzin. Lampes mécaniques, M. B. II. Soi
- — Eclairage à l'alcool. M. H. IL 488
- Brevière. Gravure sur bois. M. A. & III. 113
- Breysse (Xavier). Cartons piqués pour la dentelle.
- M. H. III. 478
- Bricard et Gauthier. Quincaillerie. M. B. I. 486
- Bridard. Chaussures. M. H. III. 422
- Bridon et comp. Filature du lin. M. H. I. 292
- Brisbart-Gobert. Clefs de montres. M. B. II. 248
- Brisset. Presse cylindrique. M. H. II. 120
- 'Brissot-Thivars. Tonneau d'arrosement. M. H. II. 1 51
- Brizou fils aîné. Cuirs forts. R. M. A. III. 369
- Brocot. Pendules. M. A. II. 234
- Brod. Hautbois. M. B. IL 367
- Brosson frères. Produits chimiques. M. B. II. 392
- Brouillet. Poterie d’étain. C. F. I. 438
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- 500
- Torti* Pag.
- BaüGüiicRE et Boücoiran. Soie à coudre. M. A. I. 18g-
- Brünant. Cordages. C. F. I. 3og
- Bruneau. Chronomètre, etc. M. H. II. a3i
- Brunet. Châles. M. B. I. i55
- Brunneu. Cercle répétiteur. M. A. II. 279
- Brunon frères. Arquebuserie. M, A. II. 3i5
- Bruveb. Reliure. C. F. III. 142
- - Objets de papeterie. C. F. III. 442
- Bru ver (de). Fer-blanc. R. M. O. I. 44°
- Bucaille. Bougies stéariques. M. H II. 478
- — Bougies diaphanes. M. H. II. 483
- Budv Etain. M. A. I. 4^5
- Buffard. Soieries. M. H. I. 54<>
- Buffet jeune Clarinettes, Jlâles, etc. M. B. ‘ II. 365
- Buffet fils. Flûtes, clarinettes, etc. M. H. II. 365
- Buffet-Perin, oncle et neveu. Casimirs. M A. I. 108
- Buhart. Ustensiles en zinc, C. F. I. 4^3
- Buisson. Charrue. M. H. II. 179
- — Instruments aratoires. CF. II. 183
- Buignier. Poinçons. M. B. II i3i
- Bunten. Baromètre portatif. R, M A. II. 264
- Buran et coinp. Produits chimiques. M. O. II. 383
- Burat frères. Bandages et appareils de chirurgie.
- M. H. III. 469
- Burel frères. Soieries. R. M. A. I. 207
- Burgun-Walter, Berger et conip. Verrerie. M A. III. 273
- Buron. Lunettes marines. M. A. II. 273
- Busnel. Meubles. C. F, III. i85
- Busset. Typographie musicale, M. H. III. 126
- Busson. Pianos. M. B. II. 344
- Buthod. Instruments de musique. M. B. II. 351
- Butteau et conip. Tissus de colon. C. F. I. 263
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- 501
- c. Tom. Pag.
- Cabane (Alexandre). Bonneterie. 3VI. B. I. 340
- Cabany-Saint-Maurice. Fabrication de registres.
- M. 11. CP III. 44 »
- Cabasse. Tissus de colon. C. F. I. 264
- Cabeu. Lampe. M. H. II. 3io
- Cadou-Taillefer. Aiguilles. M. 0. I. 454
- Cafler. Marbres. M. B. I. 5i5
- Cagnard. Tissus de coton. M. A. I. 268
- Caille. Laines. M. A. I. 24
- Caillet. Pompe à incendie. M. H. II. i3
- Cailleux et Launoy (veuve). Alépine. M. A. I. 115
- Cailly. Mouvements de montres. M. H. II. 248
- Cahouet. Moules à chandelles .M. H. II. »4»
- Calixte (frère). Machine planétaire. M. H. II. 288
- Calla. Fonderie de fer. M. 0. I. 381
- — Machines diverses. M. H. II. 200
- Callaud. Pendules. M. B. II. 236
- Callaud. Appareil distillatoirc. C. F. II. 323
- Callaud-Bellisle (G.). Ciment rçmain. C. F. I. 531
- Callaud , Bélisle , Sazérac et Comp. Papeterie. •
- R. M. A. III. 348
- Callaud (cousins). Farines, Minotcr'e. M. A. II. 4o6
- Cambon (Antoine). Bonneter'e. M. H. I. 343
- Cambray. Instruments aratoires. R. M. A. II. i 7'3 et ; 214
- Cambray. Surtouls en carton doré. C. F. III. 31
- Campbell. Montres marines. M. B. II. 280
- Camu fils et Croutellf. neveu. Laine filée. M. 0. I. 33
- Camus. Cuivre. C. F. I. 424
- Camus. Bitumes. M. H. I. 523
- Camus. Outils. R. M. B. II. 126
- Capdeville-Lillet. Huilerie mécanique. M. B. II. 392
- Capplet. Potasse. M. B. 11. O O •«T
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- 502
- Cardon. Papeterie. M. B.
- Carlier et comp. Bonneterie. C. F.
- Caron. Arquebuserie. M. H.
- Caron-Langlois fils. Impressions sur tissus. M. O. Caron-Marlio. Mousseline. C. F.
- *
- Carpentier. Ustensiles en zinc.. C. F.
- Carpentier. Cheval-modèle et armures. M. B. Carré. Meubles. M. H.
- Carré. Impression en relief modelé sur étoffes. M. B Carreau. Lampes mécaniques. M. A.
- Carrier. Chapellerie. C. F Carrière et Reidon. Soie grége. M. A.
- Cartier et Armengaud. Machines. M. B.
- Cartier et Grieu. Produits chimiques. M. B. Cartulat-Simon ( Jean-Pierre ). Papiers peints.
- , R. M. A.
- Çastagnos. Tabletterie. C. F.
- Castéra. Appareils de sauvetage. M. H.
- Cataert. Bronze. M. H.
- Catez. Lampes. M, H.
- Cauvard. Peignes en écaille. M. H.
- Cavaillé-Coll, père et fils. Orgue. M. B.
- Cazal. Parapluies. M. B.
- CAZALis.et Cordier. Machines à 'vapeur. M. O. Cazes. Bonneterie. M. B. — -
- Celis. Brunissoirs, etc. M. IL Cellier-Blumenthal. Distillation des vins. M. O. Cellier-Rigaux. Quincaillerie. M. B.
- . Cerbelaud. Calorifères. M. B.
- Cessier. Arquebuserie. R. M. B.
- Chabalier et Ponçon. Bonneterie. C. F.
- Chabrier. Lampe à cascade. M. H.
- Chabrières. Draperie. M. H.
- CiiAGor frères. Fleurs artificielles. M. B.
- Tom. Pag.
- III. 354 I. 347
- II. 3a5
- III. 318 L 279
- l. 433
- II. j 16 III. i85 III. 3a5
- II. 297
- III. 418 I. i8d
- II. 68
- II. 394
- III. 332
- III. 190 H. 89 III. 35
- II. 388
- III. 449 IL 357
- III. 437 IL 58 I. 338
- I. 538
- II. 521
- I. 487
- II. 5o2 II. 318
- I. 346 *ÏI, 3c>4
- L 97
- m. 479
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- Tom. Pag.
- Chaillot. Harpes. M. B. II. 353
- Chaize et comp. Rubans. M. H. I. 223
- Chambellan et Duché, aîné. Châles. R. M. À. I. i5o
- Chambon (Louis). Soie. M. O. I. 176
- Chameroy. Bitumes. M. H. I. 524
- Chamouton. Enclumes, étaux. M. A. I. 4°5
- Champion. Fossets pour jutailles. M. H._ II. 120
- Champion. Tissus imperméables. M. B. III. 4o4
- Chanot. Instruments de musique. M. A. II. 351
- Yoy. Y Errata du troisième volume.
- Chanterie (delà). Garde-robes. M. H. II. ig
- Ciiappée. Yeux d’émail. M. H. III. 471
- Chapelle. Décorations sur porcelaine. R. M. H. III. 255
- Chapelle. Machines à papier. M. O. II. 526 bis.
- Chapon. Serrurerie. M. H. II. j68
- Chardin. Soies à coudre. R. M. B. I. igo
- Charles et comp. ( J.-B. ). Soieries. M. A. I. 212
- Charpeaux et Gérard. Fleurs artificielles. C. F. III. 481
- Charpentier (Mademoiselle). Laine filée. M. B. I. 41
- Charrier - Barbette frères. Angélique confite.
- M. H. II. 414 et 447
- Charrière. Instruments de chirurgie, M. O. III. 456
- Charrut ( Hippolyte ). Ciseaux excentriques. *
- M. H. II. x 3^ et 209
- Chartron , père et fils. Soieries. R. M. O. I. 171
- Charvet. Draperie. R. M. A. I. ^
- — Coutils. M. A. I, 3o4
- * Charvez et Fevez (André). Impressions sur tissus.
- M. A. III. 3q9
- Chassang. Pose simplifiée des parquets. C. F. III. 85
- Chastel et Rivoire. Soieries. M. B. I. 213
- Chatelard et Perrin. Peignes à tisser. M. B. II. ^
- Chatenet. Transport des anciennes impressions. M. B. III. 1 Çhauffriat. Enclumes. M. H. I, 406 et II. 142
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-
- Chah lin. Objets de papeterie. M. H. III. 44*
- Chaumont. Ustensiles en zinc. . C.F. I. 433
- Chaumont et Marquis. Bronzes. M. B. III. oo
- Chaussenot. Usines à sucre indigène. M. A. II. 442
- Chaussenot jeune. Calorifère. M. A. II. 49^
- Chaussenot. Moyens de sûreté pour les chaudières
- à vapeur. M. II. II. 73
- Chauvin. Arquebuserie. C. F. II. 326
- Chavant. Papiers de fantaisie. C. F. III. 445
- ChavepeyrE. Chaudières à vapeur. M. B. II. 70
- Chayaux frères. Draperie. R. M. 0. I. 61
- Chazalles (Mademoiselle de). Herbiers artificiels.
- C. F. III. 137
- Chefdruc et Chauvreulx. Draperie. R. M. 0. I. 61
- Cheguillaume et comp. Laine filée. M. B. I. 4t
- Chemin. Balances de précision. M. II. II. 262
- Chenard frères. Chapellerie. R. M. B. III. 416
- Ciiennevières (Delphis). Draperie. M. A. I. 72
- Chennevières ( Th. ). Draperie. M. 0. I. 63
- Cherrière (Prosper-Adolphe-Léon ). Gravure sur
- bois. M. B. III. 114
- Chesle. Fers a reliure. R. C. F. III. 116
- Chevallier. Appareils de chauffage. C. F. II. 513
- Chevalier (Charles). Microscopes achromatiques.
- R. M. 0. II. 271
- Chevalier (Vincent). Microscopes. R. M. A. II. 274
- Chevalier- Curt, aîné. Fourneaux de cuisine ."M,. B, . II. 5o3
- Chevalier-Curt jeune. Fourneaux de cuisine.
- M. B. II. 5o3
- Chevillotte Alexandre. Corroierie. M. H. III. 38o
- Chevreuse. Tuilerie. M. II. III. 216
- Chemelat. Coutellerie. M. H. I. 472
- Chero'r et Comp. Toiles à voiles. M. H. 1. 3o8
- Chevalier. Taillanderie. C. F. I 48o
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- Chijllaru. Fécule. 1VI. II. II. 4*3
- Chinard. Châles. C. F. I. i56
- Chochina. Pâtes de pomme de terre. M. H. ... II. 4*3
- Chomeau. Machine à vapeur. M. B. II. «71
- Chouillou fils. Ganterie. R. M. B. III. 43o
- Christofle. T’oilcs métalliques. M. H. I. 4^3
- Christofle (C.-H.). Bijouterie. M. ü. III. 44
- Giceri. Peinture sur pierre. M. H. I. 5n5
- Cinier et Fatin. Soieries. R. M. A. I. 206
- Clair. Modèles de magnanerie. M. B. II. 208
- Glanceau. Étain. M. B. I. 436
- Clanceau. Papiers peints. C. F. III. *36
- Claudet. Machines à couper les cylindres en verre.
- M. H. II. 142
- Claudin. Arquehuscrie. M. B. II. 320
- Clauss. Porcelaine. M. H. ' III. 2.44
- Glavel (Madame). Fleurs artificielles. M. H. III. 460
- Clément (veuve). Soieries. C. F. - I. 216
- Clérambault. Mousseline. R. M. O. I. 2^3
- Cliquot. Outils pour bijoutiers. M. B. II. i3o
- Cluesman. Pianos. M. H. II. 344
- Clugny (marquis de). Limes. M. H. I. 4°1
- Coad. Machine à clous. M. II. II. 121
- Cocü. Tissus de caoutchouc. M. II. III. 406
- Cochery (Madame). Pinceaux.M. H. III. 446
- Cocheteex (Florentin). Étoffes pour meubles. M. A. I. 116
- Cochot. Éateaux à vapeur en fer, etc. M. O. II. 85
- Coessin. Lampes. M. H. II. 309
- Coffe. Guitares. R. M. B. IL 354
- Coignet et comp. Bitumes. M. B. .1. 522
- Colardeaü-Düheaume. Baromètres, etc. R. M. A. II. 2.65
- Colas. Charrue. M. II. , . II. 169
- Colcomb-Bourgeois. Couleurs. M. 11. II. 463
- Cole-John. Corroicric. M. H. III. 379
- m
- t. m.
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- •' ' Tom. Pat.
- Collas. Sculpture à la mécanique. M. A. III. Vcf3
- Colléaü. Matelas en liège. M. II. III. 453
- Colletta. Tabletterie. M. B. HI. 189
- Colliau et eomp. Tréfileriè. M. A. I. $44
- Collier (Madame). Machines à tisser. R. M. O’. II. !3o
- Collière. Dessins pour V impression des tissus. M. H. III. 478
- Collin. Ustensiles en zinc. C. F. I. '433
- Collineau-René. Canevas. M. H. T. 352
- CôlnÈt (de). Fcrreric. M.H. III.*'2*77
- Colomb (Pierre). Bonneterie. R. M. II. I. 341
- • ? ,
- Colondre (Jean) et Prades. Châles. M. A. T. 162
- Colot1 fils. Linge damassé. M. II. î. 3oi
- Colson. Fonderie de caractères. m; h. m. 119
- Colville. Couleurs vitrif ables. M. A. III. 253
- Combié-Rossel. Soieries. R. M. B. I. 228
- Compagnie de l’Aveyron. Usines à fer. M. O. I. 366
- —Fonderie de fer'. M. H. I. 385
- Compagnie de Framont. Usines à fer.Al. A. I. 373
- —Fonderie de fer. M. H. I. 385
- Compagnie du Migliacciaro . Usinés à fer. M. H. I. 876
- Compagnie de Rimogne. Ardoises. M. B. I. 535
- Compagnie de Ronchamp. Usines a fer. M. H. I. 375
- Compagnie Saint-Louis. Ferrerie. R. M. O. III. 263
- Constant (François). Châles. M. B. I; 164
- Constant-Goupille. Toiles.'Al. A. I. 294
- Constantin, père et fils. Presses'a pâtes. Al. H. II. 220
- Contamin. Mécaniques diverses. M. B. II. 117
- Conte (Antoine). Châles. R. M. B. I. 763
- Coquillard. Machine à boucher les bouteilles. M. H. ’II. 121
- Corbière-Villalongue. Soie. C. F. I. 786
- Cordonnier (veuve).*Casimirs: M. H. 7. i’25
- ÇdRLiÉù. Poterie d’étain. C. F. ' I. *438
- CoRMouLS (Ferdinand). Draperie. M. B. X 90
- .Cornud. Filature de soie. M. B. I. ‘181
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- 507
- T om. JPag.
- Çorrège. Tarares. M. À. ,11. igg
- ,, -—Beffroi de meunerie. M. A. d’ensemble. , IL 201
- Corriol. Sac d’ambulance. M. H. III. 4.71
- Cosnuau. Quincaillerie. G. F. I. 494
- Cosnier (Prosper). Laine filée. M. JB. I. 41
- Gosson (Madame). Billards. M. II. * III. 38
- Côte. Pianos. M.JB. II. ,343
- Couder=( Amédée). Dessins de fabrique. M. A. III. ,476
- .Çouderc ( Antoine) et .Soucaret fils. Toiles.à bluter.
- . M. A. I. .317
- Coulaux aîné et comp. Aciers.. C. F. I. 3g4
- —Quincaillerie. R. M. O. , L.,48?
- —Faux , etc. R. M. O. II. 18g
- Co.ulier. Outillage pour placer les œillets métalliques.
- MH. ‘ IL i38
- Coulon. Meubles. C. F. III. i85
- Coumert-Carreton et Gharbonnaud. Châles. M.,A. I. ,i65
- Couprte (Michel) et comp. Draperie. M. B. ,I. ,89
- Courcelle. Bronzes. M. B. III. ,35
- Courmont. Fils de<eo ton. M. B. I. 246
- Cournier. Organsins. C. F. J. ,187
- Courot-Bigé. Aciers. R. M. B. I. .391
- -Court. Papeterie. M. H. III. 355
- Courtois. Pipes. C. F. III. 221
- Courtois (Jacques-Antoine). Tuilerie. M. H. III.214
- Cqurtois (Jean-Jacques). Tuyaux de cheminée en brigue. M. H. .III. 214
- Couteaux, père et fils. Toiles cirées. jM. O. III. 408
- Cox-(Edouard) et comp. Fils de coton. M. O. I. 241
- Crémières et Briand. Limes. M. A. I. 3g8
- ;Crepet aîné. Fils de coton. M. A. J. ,246
- Cresson-Dorval. Bandages herniair.es. M. IL III. ,470
- Crétenant. Outils de forge. C.F. 1. 4°7
- . r Qutils divers. M. H. IL i3£
- / \ ‘ '
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- 508
- Toni. Pag-
- Croco (F.) et comp. Tissus ras. ft. M. A. 1. 114
- Cronan (Germain). Vernis. C. F. II. 470
- Croust. Emporte-pièce et gaufroir. M. H. II. i35
- Crüchet. Cheval et armure en carton de papier. M. B. III. 68 Cruel-Trempé et Bernheim. Peaux de chevreaux.
- B. M. B. III. 387
- Cuiller (Pierre). Appareils contre les incendies des
- théâtres. M. H. III. jgi
- Cunin-Gridainepère et fils. Draperie. Hors concours. I. 5g Curmer. Librairie. M. A. III. i3i
- Curnier et comp. Châles. R. M. O. I. 160
- Cuvellier. Savons. C. F. II. 422
- D
- Dacheux. Buttoir. M. H. II. 178
- Dafrique. Joaillerie, bijouterie. M. B. III. 46
- Dagneau. Pinceaux. C. F. III. 447
- Daldringhen et Mathev. Voitures. "N.. B. II. i4g
- Dalican. Maroquins. R. M. O. III. 38o
- Dambrun frères. Tissus de coton. M. B. I. 277
- Dannet frères et comp. Draperie. R. AI. O. I. 60
- Damiron. Châles. R. M. A. I. i58
- Dandeville. Mousseline. M. B. I. 277
- Dandrieu. Papiers peints. C. F, III. 334
- Danger. Baromètres, etc. C. F. II. 267
- Danzès. Chandelles. C. F. IL 481
- Darbo. Biberons. R. AI. IL III. 486
- Darciie (veuve). Poêles économiques. C. F. IL 5i2
- Dardier. Ganterie C. F. III. 432
- Dathis. Coutils. AI. IL I. 3o5.
- Daublaine. Laines. AI. IL I. 26
- Daublaine, Caltnrt et comp. Orgue. AI. IL IL 358
- Daudet aîné et comp. Soieries. AI. IL I. 22g
- Daudet jeune et Chabaud. Soieries. AI. A. I. 227
- Dauimun. Machine planétaire. AI. H. IL 288
- p.508 - vue 508/568
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- 509
- T<uh. Pag.
- Dauphinot-Pérard. Mérinos, M. A. I. xig
- Daürey, Granit. C. F. . 53g
- Daurignac. Filières à tarauder. C. F. II. i44
- David. Tonnellerie. fH. A. . II. xog
- David (André et Jules). Mousseline-laine. M. B. I. 122
- David (J.-B.). Rubans. M. A. I. 220
- Davin—Defresne. Tissus de coton. M. A. I. 275
- Daydé-Gary. Draperie. M, H. I. g6
- Débatiste. Foreries. M. H. .11. 122
- Debeine. Toiles à sacs. fil. B. I. 307
- Debergue, DESFRiÉciiEet Gillot in. Peignes à tisser.
- M. A. II. 40
- Debergue et Spréafico. Machines à tisser. M. A. II. 3g
- Debeyme. Peaux. M. B. III. 376
- Deboürges. Ternis. M. H. II. 467
- Debras (Joseph). Châles. M. A. I. i53
- Debraux-d’Anglure. Bronzes d’arts. M. B. III. 26
- Debray et comp. Goudron minéral. M. H. I. 523
- De.brie et Malespine. Aciers. M. B. I. 3g3
- Debuchy (Désiré). Coutils. R. M. B. I. 3o5
- Debuciiy (François). Coutils. M. O. I. 802
- Decaen frères. Faïence fine. M. A. * III. 229
- Decourt. Lampes. M. H. II. 3o4
- Defontaine et Cuvelier. Coutils. M. B. I. 3o5
- Defrémicoürt. Draperie. M. H. I. g5
- Deglesne. Peaux de chevreaux. M. B. III. 388
- Degousée et comp. Instruments fie sondage. M. A. II. 22
- Degrand. Dessiccation de substances alimentaires. M. H. IL 4l° Degrand (Mme). Coutellerie. C. F. I. 47 5
- Dehais. Cartonnage. M. H. III. 444
- , Dejean (Cyprien). Naturalisation de la vigne de Tohai.
- M. II. II. 4i5
- Delaborne. Instruments d’optique. M. H. II. 275
- Dfxacretaz. Produits chimiques. M. A. II. 38g
- p.509 - vue 509/568
-
-
-
- 510
- T«m* Pas.
- — Acide stéarique. G, F. , II. 479
- Delacour. Voiture inversai le. C- F. ' II* i53
- DeLagé frères. Toiles métalliques. M. A; I. 4^2
- Delamàrche. Globes terrestres et célestes. M. B. II. 287 DëLamare. Joaillerie. M. H* ÏII» 47
- Dëlamarre ( J.-B.-N. ). Bijouterie de pierres art if- '
- déliés. M. H. III. 38
- Delarbre-Aigoin. Soie grége. M. A. I. 178
- Delarue. Lithographie. R. M. B. III. 149
- Delarue ( Alphonse ). Draperie. M.A. I. 78
- Delarue frères ( Augustin). Draperie. R. M. A. ï. 72
- Delarue et Gautier. Taillanderie. M. B. I. 477
- Delaruelle et Leuansour ( veuve ). Couleurs.
- M. H. II. 463
- Delattre (Henri). Tissus en laine. M. O. I. lia
- Delaunay et comp. Céruse. R. M. B. II. 391
- Delaûnay , Vildieu , Goüturïer et comp. Soude.
- M, A. II, 387
- Delbourse. Arquebuserie. R. M. B. II. 3i8
- Delbut. Cuirs. M. A. III. 36g
- Deleuil. Balances de précision. M. A. ‘ . II. 25g
- — Appareils d’acoustique. M. H. II. 376
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- M. A. ni. 332
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- chasse. M. H. III. 439
- Delporte. -Coutellerie. R. M. H. I. 471
- Delvigne. Arquebuserie, :M. A. ' II. 3i3
- Demarne. Bretelles. M. H. ' III. 4^8
- Demarson et comp. Savons. M. B. II. 42o
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- 511
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- indigènes. M. O.
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- I. 447,
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- 1. 4‘o3 t .n n
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- II. 321
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- IT. 136 III. 121
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- III. 249 I. 36
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- III. 298 II. 3o4
- II. 353
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- III. 312 II. 469
- II. 2.48 I. 521
- III. 446 I. 321
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- Dumaine. Filature de soie, M. B. I. i83
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- Dumérin. . Charrue. M. B. II. 17^
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- Durand. Orfèvrerie. R. M. A. IJI. 8,8
- Durand. Papiers gaufrés. M. H. JH. 44^
- D.urand aîné. Garde-robes. M. H. II. 17
- Durand et Caille. Draperie. M. H. , I. 98
- Durand-Chancerel. Peaux. Bt. O. III. 3u2
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- D.urand (Charles). Usines à fer. R. M. A. I. 369
- DjURAND fils. Èbènisterie. M. A. JII. 181
- Durand (Guillaume). Bujfleterie. M. A. III. 389
- Durand (Jean-Louis). Impressions sur laine. M. O. III. 322
- Durand (Pierre). Peaux. M. B. III. 3^5,
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- Dusouich et Lorin. Appareils pour les sucreries indigènes. C. F. v II. 448
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- Dutfoy. Couleurs. M. H. II. 4^3
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- E.
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- Emmerich et Goerger fils. Peaux. R. M. A. IIL 385
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- v EnGelmann. 'Mthographie. M. A. IIL i54
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- Ernst. Balances de précision. M. A. • II. 258
- Éslanger. Pianos. M. H. ' ~ ’• • '•• • IL 345
- Espériqüette. Outils de sondage. ‘M. B. IL a3
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- Esprit. Remises à mailles mobiles. C. F,.
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- Estuagnat. Tissus de coton. M. B.
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- Evrat. Chaussures. C. F.
- Eïmard-Drevet et comp. Soieries, M. A» Eymiecx. 'Soie. R. M. A.
- Tom. Pag.
- II. 5i II. 424
- II. 4a5 I. 420
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- III. 436 III. 424 III. 423
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- Fabrègue-Nourrv et Nourry frères. Soieries. M. B. I. 182
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- Fabrique d’Epinal. Produits chimiques. M. A. II. 38g
- Faoès (Jpau-Louis). Draperie. R. M. O. I. 64
- Faguer. Te ntures de vanille et de benjoin. C. F. II. 526
- Falatieu (baron). Fer-blanc, R. M. O. I. 44°
- — Trèfle rie. II. M. O. I. 442
- . Falçon. Dentelle. M. A. I. 316
- Fanfernot et Dulac. Impressions en relief sur étoffes.
- M. B. III. 326
- Fanon. Layelerie. C. F. III. 435
- Fantenstein et Cor»el. Typographie musicale.
- M. B. III. 126
- Fanz-Voll. Moulures en bois. M. B. II. 127
- Fauré frères et Rivière. Soie. C. F. I. 186
- Farconnet (Régis). Appareils de magnanerie. M. B. II. 208
- Farcot. Machine à vapeur. R. M. A. II. 5g
- Fasbender. Tissus métalliques. C. F. I. 454
- Fastier. Conserves alimentaires. M. H. II. 4*5
- Faullain »e Banville. Parapluies. C. F. III.r‘438
- Fauler frères. Maroquins. M. O. III. 382
- .. .Fauçuet-LemaItue. de coton. R. M. O. I. 240
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-
-
-
- Faure. Mannequins pour les peintres et les sculpteurs-.
- M.H. III. 136
- Faure (Ernest). Soie grége. M. A. I. 179
- Faure frères. Rubans. M. 0. I. 217
- Faure (Louis). Céruse. R. M. H. II. 3g8
- Faure de Montigny (Mlle). Fleurs artificielles. C. F. III. Faürie. Fourneaux de cuisine. C. F. II. 5i5
- Favrel. Platine, or. M. A. I, 4^9
- — Or, platine, argent en feuilles oit en poudre.
- M. A. II. 390
- Fayen (Louis) et comp. Papiers peints. C. F. III. 334
- Fazola. Couvertures. Mi H. I. to3
- Feldtrappk. Machines à tisser. M. A. II. 4*
- Fenoux. Portefeuilles. R. M. B. III. 188
- Feray (E.) et comp. M. O. I. 289
- Fergcsson et Borneqoe. Tissus de coton. M. A. I. 26c
- Ferrand. Couleurs. M. B. II. 4^7
- Ferry. Instruments à vent. M. H. II. 367
- Fe
- Eeugé-Fessart. Couvertures. M. B. I. 102
- , . i ; *
- Fëuillatre. Garde-robes. M. B. II. 19
- Fevez d’Estrée et comp. Alépine. M. A. I. 116
- Fichet. Serrurerie. R. M. B. II. 164,
- Fichet. Appareils pour Venseignement industriel.
- M. H. III. i36
- Fichtemberg. Impression,en couleur. M. H. III. 128
- Fiévet. Fils à dentelles. M. H. I. 2.g3
- Fimbel. Toitures. M. B. II. 148
- Fion (J.). Mousseline brodée. M. II. I. '278
- Firmenich. Colle forte. M. H. II. 4^8
- Fischer père et fils. Êbénisterie. R. M. A. III. 179
- Flachat (Eugène). Chauffage des usines. M. A. I. 499
- Flaissier. Tapis. M. A., I. 326
- Flam.lt. Bretelles. M. B. ifl. 4^6
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-
-
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- Fleuret (veuve) et fils. Serrurerie. M. H. IL .i5r]
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- dessinateurs pour étoffes. M. H., III. ^77
- Florange. Meubles. C. F. - III. i85
- FLORiN (Carlos). Laineflée. M. À. I. 36
- Fonrouge. Tuyaux de cheminée en terre cuite.fi. H. III. 214 Fontaine, l'ours et outils. M. H. II. 139
- Fontaine. Pétrin. M. A. II. 218
- Yoy. Y Errata du troisième volume. ,
- Fontana (Mœe). Pinceaux. M. H. III. 447
- Fontenelle. Machine à battpe. M. B. II. 198
- Forbin-Janson (de). Sucre indigène. .M. H. lï. 44^
- FoRGE-(de la) fils. Soufflets. M. B. . lï. i5
- Fortier. Châles. M. O. I. 1^8
- . . — iEloffes pour meubles. M. H. I. n3
- Foubert. Coutellerie. M. H. . , I. 472
- Fouque et Aknous. Faïencerie. R..M. A. et 5YI. B . ÏÏI. 282
- Fouquet aîné. Châles. M. A. I. i5z
- Fouquet jeune. Epingles., M. A. I. 4^4
- . —Tréfilerie. M. A. .. .... I. ®
- —-Clouterie. C. F.-
- 'Fourché et Salmon. Couvertures. M. H. I. i‘o3
- FouRÉetcomp. (Ch.). Draperie. M. A. 1.
- -Fournel (Victor). Soieries.'M. A. . Ï. 211
- --Fournet. Mètres pliants. M. II. 'II. 285
- Fournet-Brochaye. Draperie, M..'H. I. g.7
- Founeyron. Turbine. M. O. . II. qo
- Fournier. Soie. C. F. I. 188
- Fournier , Lamotte et Dufay. Linge ouvre. M. B. I. 3oi
- Foye. [Tapis. M. H- . I. 329
- Fraisse aîné. Marbres. M. A. I. 512
- Y .rV Errata du troisième volume.
- Francheville (colonel, comte de). Soie..CY. I. 187
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-
-
- Tom. Pag.
- Franchot. Machinés. G. F'. II. 77
- Fran£ôIs. Phkres'. ‘R. 'Mv'Â. II . -2 7 7
- François et Arnal. Encré d’impririterië. M. H. II. 466
- Frasez (François). Tissusdits siôffs. M. Aa ; ' F. *118
- "FrÈche. Mesures de capacité. C.F. TI. 258
- Fregefon. Bonneterie. M. H. I, 344
- Frerejean (Victor). Cuivre. R. M. 0. I. 416
- FrestiIl. Coutellerie. M. B.
- Fiùet-. Machines ’a vapeur. M.' B. ^ II; 76
- FiiCK.’Remise à neuf des vieilles tapisseries. 4M. H. III. 329
- Froid. Limes. M. H. 1. -403
- Fromenteau (Hippolyte). Drapeiie. G. F. ^ I. roi
- Froment-Meurice. Bijouterie. M. ;A. III, *45
- . V * . ; •—Orfèvrerie. M. A. fil. *91
- Froment. Cifdgës.M. H. II. 468
- Fumieres. Machines à tisser. M. B. TI.1 49
- Fusz. Ressorts à, double pincette. C.F.: II. i58
- G.
- Gabert fils aîné etGENiN. Drapcrie. M.'A. H* • 00 0
- Gabion. Arquebuserie. C. F. II. 326
- Gàgin. Toiles imperméables. M. B. III. 4o5
- Gâgneàu. Bronzes. M. B. - III. 33
- Gagnôn et Culhat. Châlès.'M.'A. I. i5i
- “Gaidan 'frères. Soieries.'M/A. I. ^126
- Gàido’n jeune. Pianos. M.'B. II. 34i
- Gaigneau. Lampes mécaniques. M. B. 11. 299
- Gaïgneau frères. Laine filée." M. A. F' 39
- Gaillard frères. Toiles métalliques. '*1. 4 51
- Gaillet et comp: Thoçolàt/brûfés^a'la' mééâh iquë. : ’
- M. H. TI. 412
- Galafent. Machine à vapeur. M/H. • ’ II. -!j$
- Calais. Toiles. M. H. r. 2^6
- p.519 - vue 519/568
-
-
-
- Gallet et Bigot. Bougies stéariques. M. H. II. 478
- Galxbert etSARRAOT. Tuyaux en caoutchouc. AI. H. III. 4°7
- Gax.t-Ca7.alat. Soupape de sûreté. M. H. II. 7 3
- Galleran et Letourneau. Horlogerie fne. M. A. II. 2.46
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- Gannal. Embaumement. M. A. III, 391
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- i
- GarielüIs (F.). Draperie. M. A. I.
- Garnache. Outils d’horlogerie. M. II. I. 490
- Garnache (Lucien) Outils d’horlogerie. AI. II. I. 49t
- Garnaciie-Barthod frères, Clément et Juvénal.
- Outils d’horlogerie. C. F. I. 4g4
- Garnier. Horlogerie. R. M. A. Il, 232
- Garrigou. Aciers. AI. A. I. 391
- Garrisson, oncle et neveu. Draperie. M. A. I. 84
- Garson. Lithographie. M. II. III. i5l\
- Gascoin. Moulures en fer. C. F. I. 448
- Gateau et Déon. Cornets acoustiques. AI. II. II. 3^2
- Gauche. Arquebuscrie. AI. II. < II. 325
- Gaumont. Régulateur. C. F. II. 289
- Gauss (J.-AI.). Papiers marbrés. C. F. III. 336
- Gaussant-Saivre. Bijouterie dorée. G. F. III. 5o
- Gaussen aîné et comp. Châles. R. M. O. I. 146
- Gautheron. Tôle. C. F., I. 447
- Gauthier. Jaune de Naples. C. F. II. 469
- Gauthier. Maroquins vernis. AI. B. III. 388
- Gauthier et EwBRy. Ustensiles pour les sucreries
- indigènes. C. F. II. 447
- Gava RD. Diagraphe. R. AI. A. II. 281
- G*veaux. Machines à lisser. 1\. Al. A. II. 89
- p.520 - vue 520/568
-
-
-
- 1. 187
- Gaymard (Emile). Soie grège. C. F.
- Gayrard et LagrÈze. Essence d'anis et d’absinthe.
- C. F. U. 5a6
- Geiseler. Meubles. M. H. III. i85
- Genevois. 7'issus de crin. M. B. I. 351
- Gennevois (Jean-Baptiste). Bonneterie. C. F. I. 346
- Geoffroy. Cotons filés. C. F. I. 3.49
- Geoffroy-Feret. Bijouterie en nacre et ivoire. M. H. III. 60
- George. Pendules en bois et zinc. C. F. III. 36
- Gérard et Miélot aîné. Limes. R. M. A. I. 3q8
- Gérard-Pinsonnière. Cuivre estampé. R, M. B. III. 72
- Gerin fils. Soie grege. M. H. I. 184
- Germain (Auguste). Draperie. M. B. I 90
- Germain (Pierre). Bonneterie. M. A. I. 333
- Géruzet. Marbres. M. O. T. 5o8
- Gervais. Fils de coton R. M. B. f. 246
- Ceryais. Calorifères. M. B. II. 5oo
- CiKuyaïsk. Linge damas sé. C. F'. I. 3oa
- Ge.si.in (François). Toiles. C. F. I. 09-
- Géyei.ot. Amorces. M. B. II. 322
- Gibact. Pianos. M. H. II. 345
- Gibeuton et comp. Filature du lin. M. H. I. 292
- Gibus. Chapellerie. M. H. III. 417
- Gihaut. Lithographie. M. II. ' III. i5a
- Gii.bert (f aurent). Ustensiles de chimie en grès-
- cérame. R. M. B. III. 219
- G n,lard frères. Cuirs. M. A. III. 370
- Giixet fils. Coutellerie. R. M. A. I. 467
- Gilouin fils. Pierres meulières. M. B. I. 534
- Girard. Châles. R. M. O. I. i45
- Girard et Acary. Couvertures. M. H. I. io3
- Girard-Bobilier et comp. Cuivre. R. M. B. I. 4^3
- Girard et comp. Impressions sur tissus. M. O. III. 3o2
- Girard neveu. Soieries. M. A. T. 208
- p.521 - vue 521/568
-
-
-
- Gxrardin. Taillanderie. C. F. I. 481
- Giraudon. Machine à vapeur. M. H. II. 75
- Girardot. Tuilerie et briqueterie. C. F. III. 218
- Giraud (Etienne). Corroierie. M. H. III. 38o
- Girault de Saint-Favgeau. Impressions en couleur.
- M. H. III. 335
- Giroûd père. Usines à fer. R. M. A. - I. 36g
- Giroux. Objets d’arts et de fantaisie. R. M. A. III. i33
- Gisclard fils. Essences d’anis et autres. M. B. II. 324
- Givelet-Assy et H. Rollin. Tissus. M. A. I. 108
- Glachet. Eclairage public. M. H. II. 294
- Gloriod (François-Joseph). Tour à buriner. M. H. I. 49°
- Gobelet (Jean-Baptiste). Aciers. C. F. I. 3g4
- Gobert (madame). Laques de garance. M. A. II. 449
- Godain d’Abbecourt. Viandes desséchées. C. F. II. 4*6
- Godard. Verrerie. R. M. O. III. 262
- Godard et Decreps. Draperie. C. F. I. 99
- Godillot. Sellerie. M. H. III. 4^4
- Godin aîné. Laines. R. M. A. I. 23
- Goddet et Alkin. Arquebuserie. C. F. II. 326
- Godefroy aîné. Flûtes, clarinettes, etc. M. B. II. 364
- Godefroy (Léon). Impressions sur tissus. M. A. III. 320
- Godefroy (Paul). Impressions sur tissus. M. 0. III. 317
- Godemar et Meynier. Mach'ncs à tisser. M. 0. II. 37
- — Soieries. M. O. I. 2ô5
- Goebel. Tabletterie. C. F. III. 190
- Gohier-Desfontaines. Reliure. M. B. III. i4o
- Goinard. Chandelles. R C. 1 II. 481
- Goldenberg et comp. Aciers. C. F. I. 3q4
- — Quincaillerie. M. A. I. 484
- — Faux. R. M. A. II. 190
- Gondelier (Jean-Baptiste). Joaillerie et bijouterie
- d’imitation. M.'B. III. 5o
- Gonin. Impressions en or sur étoffes. M. H. III. 321
- p.522 - vue 522/568
-
-
-
- 5*23
- Gorce-Verra. Coutils. M. H. "" Tom. Pag. I. 3o5
- Goret. Tabletterie. M. H. III. 190
- Gotten. Lampes mécaniques. M. B. II. 3oo
- Goudchaux-Picard frères. Draperie. M. B. I. 89
- Goudchaux-Picard (les fils). Draperie. M. B. I. 88
- Gouhet. Cisailles et filières à tarauder. M. H. II. 143
- Goüré jeune. Châles. R. M. B. I. 153
- Gourdin. Pressoir. G. F. II. 206
- —• Horloge publique. M. B. II. 243
- Gourion fils. Limes. R. M. B. i- 399
- Gourju. Aciers. M. B. I. 392
- —- Tréfilerie. R. M. B. I. 466
- Gqurlier. Briqueterie, M. B. III. 213
- Goyon. Nettoyage des métaux. R. M. H. I. 398
- Granger. Lampes mécaniques. M. H. II. 302
- Grangier frères. Rubans. M. B. I. 222
- Grangoir. Serrurerie. M. B. II. l64
- Grand frères. Soieries. R. M. 0. I. 200
- Grandel (de). Stoffs et damas-laine. M. B. .. I. 121
- Grandeury frères. Pâtes alimentaires, M. B. II. 4o8
- Grandin (Victor). Draperie. R. M. 0. I. 62
- Gratien. Toiles à voiles. M. H. I. 3o8
- Graux. Laines. M. A. I. 25
- Gravelleau. Malles de voyage. C. F. III. 436
- Gravier-Delvalle. Broderies. M. H. I. 321
- Greer (Mme Mélanie-Victor). Perles artificielles. III. 55
- Greiung. Instruments dé chirurgie. R. M. B. III. 464
- Grenier. Fourneaux et poêles. M. H. IL 5io
- Grenier père et fils. Draperie. M. B. I. 89
- Grenier et Kuntzer. Draperie. M. H. I. 96
- Grenet fils. Colle. R. M. A. II. 424
- Griffon. Papeterie. M. A. III. 35o
- Grignon. Bronzes. M. H. III. 36
- Giullet aîné. Châles. M. 0. I. i57
- p.523 - vue 523/568
-
-
-
- Tom. Pag,
- Grimes. Marbres. M. A. I. 5it
- Yoyez Y Errata du troisième volume.
- Griolet. Laine filée. H. C. I. 33
- Grivard. Lampes mécaniques. M. H. II. 3o3
- Grohé. Ebénistcrie. M. A. III. 181
- Grondard. Tubes en laiton. R. M. 13. I. 44®
- Gronnier. Chauffage des usines. M. B. I. 5oi
- Gros, Odier , Roman et comp. Impressions sur tissus.
- R. M. O. III. 295
- Grosboz. Soieries. M. H. I. 2i5
- Grosjean fils. Impressions sur tissus. R. M. O. III. 3oo
- Groult. Substances alimentaires. M. B. II. 410
- Gruas. Instruments d’horlogerie. M. H. II. 122
- Grus. Pianos. M. H. II. 345
- Güénard. Soie. M. II. I. 184
- Guenin. Machine à pastilles. M. H. II. 1i9
- Guéret et Heryis. Herses tricycles. C. F. II. 182
- Guérin. Pompe à incendie. M. A. II. 7
- Guérin. Ouvrages au tour. R. M. B. III. 188
- Guérin. Préparations anatomiques. M. II. __ III. 4®9
- Guérin et Pailler. Bonneterie. M. B. I. 33g
- Gueuvin-Bouchon et comp. Pierres meulières. M. B. I. 533
- Guibal (Jean-Pierre-Julien). Draperie. R. M. O. I. 64
- Guibal et Ratier. Tissus en caoutchouc. R. M. O. III. 4°2
- Guichard. Clavicor et trompette à rallonge. M. II. II. 361
- Guichard. Céruse. M. B. IL 396
- Guichard. Dessins de broderie. M. H. III. 477
- Guiffroy , Janet et comp. Marbres. M. B. I. 5i6
- Guillaume. Carton-pierre. C. F. III. 70
- Guillelouretteet Tiïomeret. Billards. M. II. III. 38
- Guillemin frères. Pains à cacheter. M. B. II. 431
- Guillemot. Galons. R. C. I. 353
- Guillois fils. Cuirs vernis. C. F. III. 400
- Guillot aîné et Auguste Chapoï. Draperie. M. B. I, 9o
- p.524 - vue 524/568
-
-
-
- 525
- l
- Tom» Pag,
- . Gelmjet. Outremer. R. AI. 0= II. 378
- Gdîn et eomp. Bonneterie. M. H. I. 344
- Guinand. Peignes à tisser. M. A. II. 46
- Guinand. Flirit-glass et croivn-glass. M. O. III. 271
- Guinand (veuve). Flint-glass. R. M. A. III. 272
- Guinier. Garde-robes. M. H. ' ' II. 18
- Guion-des-AIoulins. Marbres. C. F. I. 5ig
- Guislain-Dupont. Charrue. M. B. II. 177
- Guitton. Cirages. C. F. II. 470
- Guny frètes. Taillanderie. C. F. 1. 481
- H.
- Hache-Bourgeois. Cardes. R. AI. 0. II. 3a
- Hachette et Hittore. Porcelaine. R. M. A. III. ?,51
- Haxze. Pétrin mécanique. R. Ai. B. II. 21g
- ÏIalary. Trombones et cornets à pistons. AI. B. II. 36i
- Haï,l (John), Powell et Scott. Machine à Jouler les . draps. AI. II. II. 4g
- Hallberg (Cli.). Perles fausses. C. F. III. 55
- IIaelé. Objets d’arts en carton-pierre. AI. B. III. 68
- Hallot. Orfèvrerie de plaqué. AT. II. III. 100
- Halot. Porcelaine. AI. B. III. afio
- Hamard. Plomb. AI. A. I. 408
- Hamel. Chapellerie. M. H. III. 4*7
- Hamelaerts. Parapluies. C. F. III. 438
- IIameun. Soies à coudre. AI. A. I. 188
- IIanriot. Pièces d'horlogerie. AI. B. II. 287
- Harel. Ustensiles de chauffage. R. AI. A. II. 4g5
- Hareng. Charrue-semoir. C. F. II. 186
- Hardelet. Orfèvrerie. AI. B. III. g8
- Harding. Plaques de cardes. C. F. II. 5r
- Hardy fils et Bienvenu. Cars. AI. II. III. 371
- Hartmann (Jacques). Fils de coton. R. AI. 0. I. a,3g
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-
-
-
- T#ra, Pag.
- Hartmann et fils. Impressions sur tissus. R. M. O. III. 297
- Hasslauer. etL. Fiolet. Pipes. M. H. III. 221
- Hattute. Dents artificielles. M. II. III. 467
- Hatzenbuhler et Faure. Pianos. M. B. IL 343
- Haubloup. Lithographie. M. B. III. i5i
- Haumont. Parquets mobiles. C. F. III. 86
- IIaussmann, Jordan, Hxrn et comp. Impressions sur
- tissus. R. M. O. III. 299
- Hauvert fils, Ducros et Saussine. Soieries. M. H. I. 229 IIavard. Garde-robes. M. H. . II. 18
- Hayet. Tabletterie. C. F. III. 190
- Hazard et Bienvenu. Draperie. C. F. I. 100
- Hazard frères. Impressions sur tissus. M. A. III. 309
- Hebert. Chaussures. C. F. III. 424
- Hebert (F.) et comp. Châles. R. M. O. I. 147
- Heller. Linge de table. C; F. I. 3o2
- Henriot fils. Flanelles. M. O. I. 106
- Henriot frères, sœur et comp. Flanelles, mérinos.
- R. M. O.
- Henry. Horloge de luxe. M. A.
- — Phares. M. A. d’ensemble.
- Henry aîné et fils. Etoffes pour meubles. R. M. Henry fils aîné. Marbres. M. B.
- Hennecart. Gaze à bluter. M. O.
- — Appareils pour bluteries. M. II.
- Herbin. Cire à cacheter. R. M. B.
- Herbinot.. Setrurerie. M. H.
- Hérigoyen. Papier de paille de seigle. C. F. Hermann. Broches à tisser. M. B.
- Hermann. Grandes machines. R. M. A. Hérouard frères. Flûtes, clarinettes. M. H. Héruville. Machine à impriiher les étoffes. C. F Herz. Pianos. M. H.
- Herzog (Antoine). Fils de coton, M. O. -
- 1. 104 11. 240
- II. 277 et 293 A. I. 114
- I. 5i6 I. 315
- II. 218
- II. 428
- II. 157
- III. 356 II. 48
- II. 14 et 60 II. 366 IL 5i IL 345 I. 240
- p.526 - vue 526/568
-
-
-
- 527
- Tom, Pag
- Heslin. Lits en fer. M. B. II. i55
- Hesse (veuve). Colle forte. R. C. II. 427
- Heuck.ee. Tapis. C. F. v I. 329
- Heülte. Cuirs vernis. M. B. - III. 399
- Hildebrand. Cloches y timbales. R. M. B. I. 438
- — Cloches. R. M. B. II. 375
- Hindenlang fils aîné. Tissus-cachemire. R. M. O. I. 127 Hoefer. Meubles. M. B. III. i83
- Hofer frères. Impressions sur tissus. M. B. III. 310
- Hofer (Heni’i). Fils de coton. M. A. .1. 243
- Hofer (Josué). Impressions sur tissus. M. B. III. 3io
- Honorai et Bessay. Arquebuserie. M. H. II. 326
- Honoré (Édouard). Porcelaine. R. M. B. III. 238
- Horrer-Martin et Rozal. Tissus de coton. C. F. I. 203 Hoitot (M™Marie). Blonde. R. M. B. I. 3i8
- Houdaille. Bijouterie dorée. M. B. III. /fô
- *— Acier poli, bijouterie de deuil. M. B. III. 52
- Hoüdin. Outils d’horlogerie. M. H. II. 238
- Houdin (Robert). Pendules..M. B. II. 237
- Houel et comp. Pierres lithographiques. M. B. I. 529
- Houel (veuve). Couleurs lucidoniques. M. B. II. 4^9
- Houlès père et fils. Draperie. M. A. I. 82
- Houssin. Marbres. M. H. I. 5i8
- Houteville. Laines. M. A. I. 25
- Houyau. Meules. M. B. II. 202
- Houyau (Victor). Meules de moulin. M. B. I. 534
- Houzeau-Muiron et Velly. Produits chimiques.
- R. M. A. II. 386
- Huard frères. Horlogerie. R. M. B. II. 247
- Huari de Nothomb (d’). Faïencerie. M. H. III. 225
- Huault (Benoît). Chapellerie. R. M. B. III. 4*6
- Hubert et Gérard. Outils divers. M. H. II. i36
- IIubsch. Carreaux mosaïques. G. F. III.,‘218
- IIuck. Pompe rotative. M. B. IL 12
- p.527 - vue 527/568
-
-
-
- 528
- Tom. Pag.
- Hue. Tréfderie. R. M. A. I. 446
- Huette. Baromètres marins. C. F. II. 267
- Huguenin et Ducommun. Machines à tisser. M. B. II. 4$ Hugues. Semoirs. M. A. II. 184
- Hulot. Sels ammoniacaux. M. B. II. 3g5
- Hürzinger. Instruments à réflexion. M. B. II. 283
- Huret. Lits en fer. R. M. A. II. i54
- — Serrures à cùmbinaisons. R. M. A. II. 162
- Hurp.z. Cheminées-calorifères et autres. R. C. IL 5ii
- Husbroq. Poudre à dorer. M. II. I. 439
- Hussok. Bijouterie de perles dorées et argentées. III. 5i Husson et tilles. Broderies. M. B. I. 320
- Hut-in. Brunissoirs et molettes. M. B. I. 53-j
- Hutter et comp. Verrerie, M. A. HT. 275
- I.
- Iahn. Cor à pistons et trombone-alto. M. H. II. 36?,
- Ixasco-Jobard. Lithographie. M. B. III. i5o
- Institution royai.e des jeunes aveugles. R. M. B. III. 45f
- J.
- Jackson frères. Aciers. R. M. O. I. 387
- Jacob et comp. Dextrine. M. A. 11. 444
- Jacob-Petit. Porcelaine. M. B. III. 23o
- Jacotier. Transport des anciennes gravures. M. II. III. 162 Jacquand père et fils. Cirages. M. B. II. 461
- Jacquf.mart-Lagard. Serrurerie. M. H. II. i56
- Jacquet. Pendules. M. H. II. 238
- Jacquet et Comp. Chaussures. M. B. III. 421
- Jacquot (Xavier). Cuivre. C. F. I. 424
- JaMet et comp. Rubans. M. II. I. 224
- Jametel. Fours aérothermes. M. A. If, 497
- p.528 - vue 528/568
-
-
-
- ,v>n
- Tarn.. Pag.^
- Jaminet et. Cornet. Fontaines filtrantes, M. H. II. ai
- Jau ( François ) et Sepet. Soie. C. F. I. 186
- \. Y Errata du troisième volume.
- Jandraud. Clefs de montre. M. H. II. 248
- Jannet. Orseille de l'Algérie. M. B. III. a84
- Jannin Beatrix. Quincaillerie. R. M. B. I. 4$5
- JaNSse. Orjcvrerie d'église. M. H. III. 101
- Japüis (Adrien) et Japüis (Jean-Baptiste). Impressions sur tissus. R. M. O. Ilf. 3oi
- Japüis ( Jean-Marie). Impressions sur tissus. M. A. III. 3o8 Japy frères. Fer-blanc. R. M. O. I. 44°
- — Fis. M. A. J. 449
- — Quincaillerie. R. M. O. L 4&2
- — Mouvements d'horlogerie. R. M. O. II. 245
- Jaquinet et Graux. Cheminée à foyer, tournant sur
- pivot. C. F. IL 5i2
- Jardin ( Charles). Mousseline-laine. M. B. I. 123
- Jarrin. Lampes. M. H. II. 3io
- Jarrin et Trotton. Châles. M. B. I. 166
- Jauun-Dusentre. Instruments d'agriculture. II. j”5 et 186
- .Taval. Cuirs vernis. M. B. III. 398
- ,1aval ( Brutus ). Draperie. B. M. B. I. 85
- Jay. Chapellerie. R. IM. A. III. 4'4
- Jean-André. Soie. M. H. I. i85
- Jeanne. Dorure du bois. C. F. III. 78
- Jecker. Épingles. M. B. I. 4^4
- Jehl. Objets d'arts. C. F. III. i38
- Jeunesse. Mosaïques. C. F. I. 533
- Jeunet. Feilleuses. C. F. 11.520
- Johnston ( David). Faïences fines. M. À. III. 231
- Jouet. 7Issus de crin. R. M. B. I. 35o
- Jouet. Tabletterie. M. H. III. 190
- Joly. Horlogerie. M. II. II. 238
- Joly fils «aîné. Toiles à voiles. M. B. I. 3on
- p.529 - vue 529/568
-
-
-
- 530
- Tom. Pag*
- Joui. y. Êbénisterie. M. A. III. ï8i
- i
- J ou. y (Eugène). Menue quincaillerie. M. H. I. 491
- Jolly et Godard. Batistes. M. B. I. 298
- Jonard et Magnin. Pâtes, semoules. M. A. II. 4°4
- Jonval. Incrustations sur bois. M. B. III. 81
- Jossy. Ferblanterie. G. F. I. 442
- Jouannaud. Taillanderie. M. H. I. 479
- Joüanne. Lampes. R. M. B. II. 3o5
- JouBERx-BoNNAiREetcomp. Toiles à voiles. R. M. A. I. 3o6
- Jouïn. Mastic-pierre. C. F. III. 69
- Jourdain, frères et fils. Draperie. R. M. O. I. 59
- Jourdan fils et comp. ( C. ). Soieries. M. A. I. 227
- Jourdan, Morin et comp. Tissus de cachemire.
- R. M. O. I. 110
- Journet. Appareil à'échafaudage. R. M. A. II. 98
- Jouve. Rouge de carthame. G. F. II. 4^9
- Jouvin (Xavier ). Ganterie. M. B. III. 4^i
- Joyeux (Emile) et comp. Bonneterie. R. M. H. I. 34*
- Joyeux fils aîné. Bonneterie. M. H. I. 343
- Juhel-Desmares. Draperie. R. M. B. I. 87
- .Tuhel-Pondegrenne. Draperie. M. H. I. 9rj
- Julienne-Moureau. Dêçoratious sur porcelaine.
- R. M. H. III. 255
- Julin et Achard. Cardes. M. H. II. 5o
- Julliard. Bonneterie. C. F. .1. 347
- Jçllien (veuve). Clarification des vins. R. M. A. II. 222
- Junot. Pont-bascule. C. F. II. 257.
- Junot (Hippolyte). Châles. R. M. B. I. i54
- Jurisch- et comp. Chaussures. M. H. III. 42?<
- K.
- i
- * 1
- Kaepelin. Zincographie. M. B. ; III. 1.63
- Rayser et comp. Tissus de.coton. R. M. A. 1. .264
- p.530 - vue 530/568
-
-
-
- 531
- - * Tom. Pag.
- Kermarec. Pont de bateaux et appareils contre Vincen-
- die. R. M. A. II. 88
- Kestner , père et fils. Produitschimiques. M. A. II. 887
- Kettingêr et fils. Impressions en couleur. M. O. III. 3oa
- Kiéner frères. Papeterie. M. H. 1ÏI. 354
- Klein. Meubles. C. Fi III. i85
- Klein. Remise à neuf des vieux châles. M. A. III. 32ÿ
- Klemmi Machine à vapeur. C.F. II. 77
- Klemm et Torasse. Hydromètre. M. B. II. 11
- Klinglin ( baron de ). Verrerie. M. O. III. 268
- Koechlïn. Toiles. M; H. ,1. 296
- Koechlïn et comp. (André). Machines diverses.
- M. O. II. 33
- Koechlin-Dollfüs et frères. Fils de coton. R. M. A. I. 243
- Koechlïn (J.-A. ). Impressions sur tissus. M. B. III. 31 i
- Koehlér. Reliure. R. M. A. III. i3g
- KoeniG. Tarares. M. Bi II. 200
- Koenig (David). Tissus de coton. M. A. I. 260
- Koska. Pianos. M. B. II. 342
- Krafft. Cylindres gravés, pour Vimpression des étoffes. M. H. II. 5o
- Kress (Charles). Pompe à incendie. M. B. II. 10
- Krestz. Instruments de pèche et de chasse. M. H. III. 4^9
- Kriegelsxein et Plantade. Pianos. M. A. II. 338
- Rrvq. Etoffes teintes. M. H. III. 336
- Krüines. Microscopes. R. M. B. II. 27Ô
- Kügel. Ébénisterie. M. B. III. i83
- Kulmann frères. Produits chimiques. M. A. II. 388
- L.
- LARBAŸE père. Cors sans piston. M. H. II. 36i
- Labbaïe fils. Ophicléide. M. II. II. 36i
- p.531 - vue 531/568
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-
-
- \0)
- Labbk. Machines à vapeur. M. H, Tom. Pn£. II. 76
- Labbé. Arquebuserie. M. H. IL 325
- Labrosse-Béchet. Draperie. M. 0. I. 67
- Lacarrière. Moulures en cuivre. M. H. III. 76
- — Cuivre. M. B. I. 42 3
- Lachapelle et Levarlet. Laine filée. M. A. I. 37
- Lacompard , Laurent et comp. Quincaillerie. M. H. I. 49l
- Lacoste. Gravure sur bois. R. M. B. m. 114
- Lacote. Guitares. M. B. 11. 354
- Lacrampe et comp. Imprimerie. M. A. m. 121
- Lacroix frères et Goeüry. Papeterie. M. 0. iii. 347
- Laeond. Bandages herniaires. R. M. B. III. 464
- Lafont-Yaisse. Draperie. M. A. I. 83
- Lagasse(A. ) et Muunier. Soie. C. F. I. 186
- Lagoutte. Savons. C. F. IL 423
- Lagrange. Tabletterie. M. H. III. 190
- Lahérard et comp. Filature du lin. M. H. ' L 291
- Lai-Lamotte. Cuirs. M. H. m. s79
- Laignel. Chemins de fer. M. A. IL too
- Laine. Arquebuserie. M. H. II. 324
- Laine. Cartons pour bureaux. C. F. III. 442
- Lalizel. Fils de coton. C. F. I. 247
- Lalizel aîné. Fils de,coton. M. B. I. 347
- Lambert-Blanchard. Mousseline-laine. M. B. I. 123
- Lambert-Franchet et comp. Soieries. M. H. I. 215
- Lamotte. Garde-robes. M. H. II. 18
- Lamotte. Bretelles. M. B. III. 427
- Lamy. Ustensiles en zinc. C. F. I. 433
- Landini (Victor). Colles. M. B. II. 425
- Landmann. Impressions sur tissus. R. M. B. III. 3io
- Lange-Desmoulins. Couleurs. R. M. A. 11. 448
- Langeyin. Bijouterie dorée. M. B. III. 49
- Langeyin. Biberons. C. F. III. 47'3
- Langeyin et comp. Soieries. M. 0. I. 173
- p.532 - vue 532/568
-
-
-
- ïom. Pag*
- Langeasse. Outils de carrossier. C. F. II. 145
- Langlet. Orfèvrerie. M. A. III. g0
- Langlois. Bottions en cuivre et en soie. C. F. III. f5o
- Langlois. Couleurs. M. B. II. 458
- Langlois (veuve). Porcelaine. M. B. III. 241
- Lanne. Coutellerie. M. H. I. /J72,
- Lannier. Broderies. M. H. I. 321
- Lanzenberg et comp. Maroquins et peaux à reflets
- métalliques. M. À; III. 386
- Lapeyre et comp. Papiers peints. M. B. III. 333
- Laporte. Coutellerie. M. B. I. 469
- Laporte frères. Draperie. M. H. I. gg
- Larabare. Ustensiles en zinc. C. F, I. /j3?.
- Larachée (de). Jrquebuserie. M. B. IL 320
- Larauza. Clouterie. C. F. I. 448
- —Machine à clous. M. H. II. 121
- Larbière. Reliure. M. B. III. i^o
- Larbin frères. Laine fiée. R. M. A. I. 36
- Larguèze aîné. Cuirs. R. M. H. III.
- Laroche et Dücher jeune. Papeterie. M. A. III. 35i
- Laroche (Madame). Fourneaux. R. M. H. II. 5o8
- Larreillet (Dominique). Usines à fer. M. A. I. 370
- Lascôls et comp. Draperie. M. B. I. 92
- Lassale. Cheminées mobiles. R. M. B. II. /J99
- Latte. Appareil pour les embrayages. M. B. II. H 3
- Latünp. et comp. Papeterie. R. M. A. III. 349
- Laudeaü frères. Marbres. M. B. I. 5iq
- Laugier. Jppareildistillatoire. M. A, II. 5a2
- Lacmâillier et Froidot. Cotons filés. M. B. I. 248
- Laure et comp. Broderies. Ml H. I. 321
- Laurent etDERERNY. Fonderie en caractères. M. A. III. 117
- Lauret frères. Bonneterie. M. A. I, 336'
- Lauzin Gis. Cuirs vernis. R. M. B. III. 3g8
- LaV'ril et Larsonnier. Impressions sur tissus. C. F. III. 3a i
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-
-
- 534
- Tom. Pag.
- Lazar-Aron. Draperie. M. H.
- Lebas. Élévation de l’obélisque de Luxor. R. M. O Lebihan. Serrurerie de luxe. M. B.
- Leblane. Dessins et plans de machines. M. B. Leboeuf (Louis). Faïencerie. R. M. O. Lebouteiller. Album de P industrie. M. H. Lebreton (Michel). Cuirs. M. H. - *
- Lebrun. Orfèvrerie. M. A.
- Lebrun. Reliure. C. F.
- Leclerc. Mélopkone. M. A.
- Leclerc (Piei're-Auguste). Usines à fer. M. H. Leclerre-Didus. Tissus de coton. C. F.
- Lecocq. Cuivre estampé. R. M. A.
- Lecomte. Balances d’essai. M. B.
- Lecomte. Dessins d’ornementation. M. H. LECOQrGuiBÉ. Mousseline. R. M. O.
- Lecouvey. Poterie d’étain. C. F.,
- Lecreux (Victor). Tissus, faine et soie. M. B. Lecun. Tapis. M. B.
- Lecyr-Fruger. Arquebuserie. M. H.
- Ledoux. Tissus imperméables. M. H.
- Ledure. Bronzes. R. M. A.
- Lefaucheux (Casimir). Système d’enrayage. C. F,. Lefaucheux (Maison). Arquebuserie. M. B. Lefaure. Arquebuserie. M. H.
- Lefébure. Pâle augustine, R. C. F.
- Lefébure (E.). Tissus de coton. M. B.
- Lefèvre et coxnp. Clarinettes. M. H.
- Lefèvre et comp. (Théodore). Céruse. M. A. Lefèvre-Horent. Coutils. M. A. -Lefort. Tissus de coton. R. M. A.
- Lefranc frères. Couleurs. M. A.
- Léger. Fonderie de caractères. R. M. A. Léger-Francolin. Drflpcric. M* B.
- L 97 . II. 98
- IL 166
- IL 72
- III. 228
- III. 167
- III. 37 i
- m. 89
- m. 42
- IL 370 I. 376 I. 263 III. 71 IL 261 III. 167 I. 327 . I. 438 I. 122
- I. 327 II. 323
- III. 406 III. 29 II. 123 II. 319 II. 325
- II. 401
- I. 263
- II. 366 IL 386 I. 3o4 I. 274 IL 453
- III. 109 I loi
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-
-
-
- 535
- Toju. Pag.
- Legey. Dépressiomèire. K. M. A. II. 282
- Legrand. Serrurerie. C. F. IL 160
- Legrand. Gravure de caractères chinois pour l’im-
- pression en lettres. M. A. III. 109
- Leguand-Lemor, LECAuxeteomp. Châles. R. M. A. I. i5o
- Legras. Chapeaux de paille. M. H, III. 4i8
- Léguillette et Teissier. Serrurerie. C. F. II. ,160
- Lejeune. Quincaillerie. M. H. I. 492
- Lejeune et comp. Laine filée. I. .40
- Lelieur. Poterie d’étain. C. F. I. 438
- Lélogé. Fontaines filtrantes. M. B. II. 20
- Lelion. Arquebuserie. R. M. B. II. 3i8
- Lelong. Bijoux dorés. R. M. B. III. 48
- Lemaignan. Impressions sur tissus. M. H. , III. ,3i3
- Lemaire. Serrurerie. C. F. II. i59
- Lemarchand. Outils de tour. M. B. IL ï33
- Lemercier. ^Quincaillerie. M. B, I. 486
- Lemercier et Bénard. Lithographie. M A. III. »4?
- Lemire-Dauguin et comp.' Soieries. R. M. 0. I. , 2o3
- Lemoine. Machines. M. B. II. 72
- Lemonnier. Tissus de coton. M. B. I. 270
- Lemoyne. Sucre indigène. C. F. II. 448
- Lenseigne. Outils divers. M. A. II. 1 12
- Léon. Ferais. M. B. II. 460
- Léonard. .Machine à battre. M. H. IL Ï94
- Lepage fils. Arquebuserie. M. A. IL 3i5
- Lepaige née Clerc (madame). Blanchissage, des V
- blondes et dentelles. C. F. III. 329
- Lepaul. Serrurerie. M. B. " *„ «A . II. i65
- \ J ^ Lépinois. Charrue. M. H. i IL 178
- Leplant. Cheminées calorifères. M. H. r II. 310 X
- Lepoutre-Roussel (veuve). Couvertures. C. F. I. .104
- Leparquois. Draperie. R. M. H. I. 94
- Lequarx. Boutons en cuivre. M. H. I. 447
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-
-
-
- Tom. jPag*
- Lkquart. Moulures m cuivre étire au banc. M. B. III. 76 Lerebours, père et fils. Instruments d'optique.
- R. M. O. II. 268
- Le Roi-Picard. Draperie. M. A. _ I. 75
- Leroux. Salicine. R. M. A 11/ 385
- Leroux aîné. Instruments à vent. 1VI. II. II. 366
- Leroux-d’Arcet. Sirop de fécule, C. F. II. 417
- Leroy. Araire. C. F. II. 181
- — charrue. C. F. II. i83
- Leroy. Objets d’horlogerie. AI. A. II. 235
- Leroy. Aréomètres. C. F. II. 267
- Leroy (Alphonse). Stores peints et imprimés. AI. II. III. 172 Lesage. Filières à tarauder. AI. B. II. 11£
- Lesgent-Oriac. Poterie d’étain. C. F. I. 438
- Lesouef de Pétigny. Cols. C. F. III. 4^8
- Lespinasse. Four à cuire le pain. AI. 13. II. 5oo
- Lessore. Lithographie. Al. H. III. i55
- LestourniÈre. Herse-râteau. AI. H; II. 181
- Lesueur et comp. Marbres. R. AI. O. I. 607
- Lété. Orgues. AI. B. II. 357
- Letestu. Serrurerie. C. F. II. 168
- Letort. Gravure de cachets et timbres. C. F. III. 168
- Leutner. Mousseline. R. AI. O. I. 272
- Levasseur. Outils divers. AI. H. II. 141
- Leveillé. Peinture de coton filé. M. A. III. 290
- Levraüd. Consetves alimentaires. M. B. II. 409
- Lhabitant et Güinet. Batistes. AI. B. I. 297
- L’Hoste. Peaux. AI. B. III. 874
- Luotel. Impressions en relief. AI B. III. 325
- Lhuilier. Pompe à incendie. AI. B. II. 11
- Liebach-Hartmann et comp. Impressions sur tissus.
- R. AI. A. III. 3o4
- Liégard frères. Sellerie. AI. A. III. 433
- LlÉ.\ARD-pLAïS. Coutils. 3W. H. I. '3o6
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-
-
-
- Limage-Pinçon. Tapisseries. M. H. I. 329
- Linas (de). Marbres. M. B. I. 5i6
- Lioud et comp. Soieries. R.M. O. I. 192
- Lioud et comp. Mégisserie. M. B. III, 392 '
- Livacue (Joseph). Toiles. C. F. 'I. 297
- Llanta. Charrue. M. B. ’ II. 17^.
- Loddê. Plumeaux. G. F. III. 4^4
- Loecielet. Gravure en lettres. M. B. ' III. 111
- Loiseaü. Instruments de physique. C. F. ' II. 263
- Lombard. Pâte moulée. C. F. III. 69
- Lombardat. Gravure en lettres. M. II. III. m
- Longchamps, Macle et comp. Couleurs. M. H. .IL. 463. Loriot. Machine abattre. M. II. II. 194
- Lot h fils. Parapluies. C. F. III. 438
- Loüaült. Porcelaine. R. M. B. 111. 269
- Louette-Leiebvre. Cuirs. M. II. III. 371
- Louyoïs (marquis de). Barrages et écluses. M. H. IL g3 Lucas. Toiles de chanvre. M. H; III. 309
- Lucas frères. Laine filée. M. O. I. 35
- Lucy-Sedillot. Mousseline et tulle brodés. M. IL I. 279 Ludoyer-Guéliot. Cotons filés. C. F. I. 249
- Luquin frères. Châles. R. M; B. I. 159
- Lusson. Gravures d’architecture gothique. M. H.. III. 167 Luynes (duc de). Aciers. G. F. ' I. .094
- Lyon et Laboulaye. Fonderie de caractères, M. B. III. 118
- M.
- Màbire Tissus de coton. M. B. .. I. 270
- Mabire. Règles divisées. M. H. II. 285
- Mader (Mme) et fils aîné. Papiers peints. M. A. III. 33a
- Magnin père et fils. Rubans. M. B. .1. 223
- IVIainfroy. Meubles. M. H. III. i85
- v ? ’
- Mainot. Peignes à lisser. M. B. II. 48
- T. 111. 35
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-
-
-
- 538
- Ton». Pag.
- Maire (Charles). Acétate de plomb. C. F. II. 401
- Maitre (Joseph). Laines. R.. M. A. I. 22
- Malard et Barré. Tapis. M. H. I. 329
- Mallat. Objets d'horlogerie. M. H. II. 231
- Malespine. Enclumes. R. M. B. I. 4°5
- Malespine. Cuirs forts. M. H. III. 372
- Malmazet. Cardes. R. M. A. II, 520 quater.
- Malo (Benoist) et comp. Tissus mérinos. R. M. A. I. 107
- Manin. Sondes en gomme élastique. M. II. III. 469
- Mantois (Mrae). Planches d'anatomie coloriées. M. II. III. 471 Manoeuvrier. Coutellerie. C. F. , I. 474
- Manoury (Arsène). Bonneterie. M. II. - I. 342 *
- ' Manoury-Lamy. Impressions sur tissus. M. H. III. 3i2
- Manuel et Dry. Châles. M. H. I. i56
- Manufacture de Gien. Faïence fine. C. F. III. 235
- Manufactures de Saint - Quirin , Cirey et Mon-
- thermé. Glaces. M. O. III. 264
- Maraval (Isidore). Soie grège. M. II. I.' 184
- Marcel (Louis). Draperie. M. A. I. -j4
- Marchal et Berger. Verrerie. M. II. III. 277
- Marchal et Gagnon. Peinture sur verre. M. B. III. 12
- Marchesi. Placages-mosaïque. C. F. III. 85
- Marchon. Machines diverses. C. F. II. 201
- Marcot, Thiriet et comp. Draperie. M. II. I. g5
- Margoz. Tours. M. B. II. 12g
- Maréchal. Parures de strass. M. B. III. 58
- Marie et Charpentier. Dessiccation des bois de travail. M. B. II. 507 >
- Marion. Objets de papeterie. M. II. III. 444
- Marion-Bourguignon (L.-A.). Bijouterie de pierres - artificielles. M. A. III, 57
- Marloye. Règles, équerres. C. F. II. 286
- Marloye. Acoustique. M. H'/ II. 376
- Marmier. Marbres. M. II. T. 5i8
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-
-
-
- 539
- Yom. Pag.
- Maron et Damoiseau. Couvertures. M. H. I. io3
- Marot. Parapluies. M. H. III. 438
- Marouzide Aguire. Tissus de chanvre imperméables.
- M. H. III. 407
- Marque frères. Limes. M. H. I. 402
- Marquiset (Achille). Clouterie. C. F. I. 443
- Marquiset. Machines à lisser. AI. II. II. 49
- Marrel. Ecrans transparents. C. F. III. 173
- Marrel (Benoît). Joaillerie-bijouterie. M. O. III. 43
- AÏ arreu et comp. Vitraux peints. M. B. III. 14
- Marret. Joaillerie, bijouterie. M. II. III. 47
- Marsax. Us 'nes à fer. M. A. I. 372
- Marsaux (Léopold). Cuivre estampé. AI. A. III. ,71
- Martenot et comp. Lithographie. M. B. III. i5i
- ,AIartial-Ardant frères. Imprimerie. AI. H. III. 123
- Martin. Flûtes, clarinettes, etc. R. AI. B. II. 364
- AIartin (veuve). Broderies. AI. H. I.. 321
- Martin et comp. Rubans. M. A. I. 219
- Martin (Emile) et comp. Fonderie de fer. AI. O. I. 379
- Martin et Reymondon. Dynamomètres. AI. A. II. 251
- AIarvéjouls (Frédéric). Aciers. G. F. I. 894
- — Faux. M. H. II. 192
- Mary. Toiles fines. M. B. I.. 298
- Masquelez. Ebouage des roules. M. H. II. io3
- Massin. Laines. R. M. A. I. 21
- Massing frères, Huber et comp. Peluches. AL. O. I. 23o
- Masson. Faïence. M. A. III. 224
- Masson. Caleçons de sauvetage. C. F. III. 4^4
- AIassue. Peignes d’ivoire et de buis. AI. H. III. 449
- Mathevon et Bouvard. Soieries. R. M. O. I. 202
- AIathieu. Éclairage au gaz. M. B. II. 435
- AIatton (Auguste). Ganterie. M.. B. III. 431
- Mauriér et Ant. Bernard. Soieries. AI. O. I. 204
- Maurin. Vernis. M. B. II. [fin
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-
-
-
- Mauvielle. Blutoirs. M. H.
- May. Papier de bananier. C. F.
- Mayer. Chaudières à 'vapeur. M. U.
- Mayer. Cols. M. II.
- Mayet-Vallon. Coutellerie. II. M. B.
- Mazeline. Machine à mater. M. H.
- Mazerou et comp. Parquet-mosaïque. M. H. Mazille-Perrier, Linge ouvré et damassé. M. H. Mellier. Peaux. M. B.
- Melzessard. Serrurerie. M. B.
- Ménet et comp. Papeterie. M. A. -
- Mengal. Lampes mécaniques. M. H.
- Ménier. Préparation et conservation des substances alimentaires. M. A.
- Menoud. Régulateur. C. F.
- Mérat et Tavenot. Pipes. C. F.
- Mercier. Soie grège. M. H.
- Mercier. Pianos. M. B.
- Voy. Y Errata du troisième volume.
- Mercier (madame). Blanchiment des toiles écrites.
- II. 217
- III. 355
- n. 74
- III. 428 I. 46q II. 89 III. 83
- I. 3oi III. 376 IL A 55 III. 349
- II. 3o3
- II. 4°4
- II. 238
- III. 221
- I. i85
- II. 34i
- C. F. - III. 286
- Merckel (madame). Allumettes. M. B. III. 4^1
- Merland jeune. Corroierie. M. H. III. 379
- Merle Malarxic et Poncet. Étoffes teintes en bleu , '
- de Prusse. M. O. III. 288
- Mermet. Pianos. M. B. II. 34a
- Mero dt Curault. Essences et huiles essentielles.
- M. B. IL 5a5
- MÉROLHON-d’ANCHEL. Produits chimiques. M. B. . II. 896 Mesmin aîné. Cuivre. M. A. I. 419
- Mesnager frères. Rubans. M. B, I. 222
- Mesnil (du). Lampes de sûreté. M. II. IL 26
- Mesny et Favart. Savons. M. IL , IL 42i ,
- Metcalre. Cardes. R. M. A. II. 4^
- Yov. VErrata du tr- is’èine volume.
- V
- p.540 - vue 540/568
-
-
-
- 541
- Tom« Pa£.
- Mecgnioï. Charrue. C. F. II. 18?.
- Meunier Jocrnoud et comp.. Limes, M. H.. I. 4°2
- Meüret. Charrue. M. H. II. 179
- Meyer frères et coinp. Métiers à tisser. M. H. II. 5o
- Meynadier. Acétate de cuivre. C. F. . II. ^01
- Meynadier. Tissus imperméables. M. B. III. ^o5
- Meïnard père et fils. Meubles. R. M. A.. III. 17g
- MÉynard cadet. Bonneterie. R. M. A. -I. 33a
- Micaud. Cuir imperméable. C» F. III. 400
- Michel. Arquebuserie. M. H. , II. 326
- Michel. Extraction de la matière colorante des
- bois de teinture. M. II. III. a85
- Michel-Georges. Corroierie. M. H. III. 38o
- Michel et Vallin. Porcelaine. M. B. _ III. 24a
- Michel-Valin et Ubaudi.. Bronzes. M. B. III. 34
- Michelez fils aîné. Cotons filés. R. M. A. .. I. 248
- Michels-Maire. Chaussures. R. M. B. IIT. 420
- Micolon et Couchond. Bonneterie. M. H. I. 345
- Migeon et fils. Tréfilerie. M. A. I. 444
- , — Fis. M. A. . I. 449
- Mignard-Billinge. Tréfilerie. R. M. A. I. 44*5
- — Cordes d’instruments de musique. R. M. A. II. 3^3 Miguel. Aiguilles. M. B. I. 4^7
- Milius frères et comp. Chrômate de potasse. M. B. II. 3g4 Miller-Thiry. Marbres. M. H. ‘ I. 5ig
- Millet et Jaquin-Millet. Calorifères, etc. M. H. II. 5o8 Millet, Robinet et madame Millet. Filature de
- soie. M. B. I. 182
- Mille (de). Bougies stéariques, savons, etc, M. O. II. 4)3 Milon-Marquant. Foilesde laine. M. H. ' ]. 124
- Milorî. Couleurs. M. A. 1 II. 4^4
- Mirabaud et comp. Châles. M. B. I. 164
- MiriaL (Scipion). Soie. C. F. I. 187
- Miroude, Machines à. tisser. AI. A, Iï. 4^
- p.541 - vue 541/568
-
-
-
- 542
- Tom. Pa«.
- Modor. Chaussures en gomme élastique. M. H. III. 4aI
- Mohler frères. Tissus de coton. M. B. I. 267
- Molher. Modèles d’instruments d'agriculture. G. F. II. i83
- Mondher et le Capitaine. Couleurs. C. F. II. 468
- Mongin. Quincaillerie. M. B. I. 4^5
- Monginot. Dessins de machines. C. F. II. 77
- Monier. Chapellerie. C. F. III. 4*9
- Moniguet et Rigat. Draperie. M. H. I. g5
- Monmonceau (frères). Limes. R. M. O. I. 396
- Monnot-le Roy. Laines. R. M. A. I. 22
- Monpelas. Savons. R. C. II: 4^2
- Montagnac-Fabreguettes. Toiles métalliques. C. F. I. 4^4 Montels. Filets de pêche. C. F. III. 44°
- Montfort. Cirages. M. H. II. 488
- Montgolfier. Papeterie. R. M. O. III. 344
- Montier-Huet. Tissus de coton. M. B. I. 269
- Montrelay. Platine. M. H. I. 489
- Morand. Impression en relief sur étoffes. C. F. III. 3a6 Moras et Dauphin. Châles. M. A. I. i58
- Morel. Plomb. C. F. I. 410
- Morel. Orfèvrerie de plaqué. M. H. III. 100
- Morel-Beer. Draperie. M. B. I. 88
- Morel-Savart. Bronzes. C. F. III. 36
- Moreau. Sculpture en ivoire. C. F. III. i38
- Moreau. Sculpture à la mécanique. M. A. III. ig5
- Moreau (Félix). Marbreries à la mécanique. M. A. I. 532
- Morin. Dynamomètres. M. O. II. 249
- Morin et comp. Draperie. M. A. I. 80
- Morin-Jolly. Charrue. M. II. II. 180
- Morisseau. Sabots. G. F. ' III. 4^5
- Morize. Coutellerie. C. F. I. '474
- Morize. Serrurerie. M. II. II. i58
- Morize et Yatard. Bijouterie. M. B. III. 47
- Morizot. Moulures. M. H. II. i3g
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-
-
-
- 543
- Moser et Marti. Mouvement de montre. M. H. Motel. Chronomètres. R. M. O.
- Motheau. Serrurerie. M. H.
- Mothereau. Carreaux de terre cuite. M. H. Mothes frères. Machine à battre. R. M. A.
- —Hache-paille. M. H. s
- Mouchot frères. Appareils de panification. M. H. Mouilli (Pierre). Draperiê. M. H.
- Mouisse (Jean-François). Draperie. M, A. Mourëy. Bijoux dorés. M. B.
- Moussier. Poterie d’étain. C. F.
- Mouton et Josseaume. Mousselines brodées. R. M. Mozart. Taillanderie. C. F.
- Muei>-Doublat. Usinés à fer. M. O.
- —Tréfilerie. M. A.
- — Clouterie. C. F.
- Muel (Gustave). Usines à fer. M. B.
- Muel (Pierre-Adolphe). Fonderie dé fer. M. A.
- Mugnier. Tissus de crin. M. H.
- *
- Mugnier (Etienne). Clouterie. R. M. B. Muhlberger. Feuilles métalliques. M. B.' Muller. Orgues expressives. R. M. B.
- Muller , Drouard et comp. Papeterie. R. M. B. Mullier. Coupe-paille et coupe-racines. C. F. Mulot. Outils de sondage. M. A.
- Mulot. Ganterie. C. F.
- Muret de Bord. Draperie. M. O.
- Muret, Solanet et Palangik. Draperie. M. B.
- Y. XErrata du premier volume.
- Musser. Toitures. C. F.
- Musset. Serrurerie. M. H.
- Tora. Pag.
- I. 489 II. 226
- II. 168 III. 216
- II. 192 II. 204
- II. 221 I. 98 I. 78
- III. 49 I. 438 3. I. 3i8 I. 480 I. 365 I. 445
- i. 448
- I. 374 I. 383 I. 352
- !• 449
- I. 452 IL 359
- * m. 351
- II. 204 ÏI. 22
- III. 432
- I. 69 I. 91
- II. i53 II. i58
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-
- Tnm, Pn;.
- N.
- Naeoely etcomp. (Charles). Fils de coton. M. O. I. 242 Naüdin. Quincaillerie. M. H. I. 492
- Navarron-Dumas. Coutellerie. C. F. J. ^5
- Navarron (Etienne). Coutellerie. C. F. I. 476
- Navarron-Jury aîné. Coutellerie. R. M. H. I. 47*
- Naveau. Cordes d'instruments de musique. M. H. JI. 3q?.
- Néron jeune. Impressions sur tissus. M. A. 1IÏ. 3o6
- Neitber. Machines à graver et autres. M. H. II. 284
- Neveex-Godar. Bonneterie. R. M. H. I. 342
- Nezot. Boîtes pour emballage. C. F. III. 436
- Nicoo (François-Constant). Faux. R. M. B. II, 191
- Nili.üs. Outils divers. M. H. II. 180
- —Machines pour les sucreries coloniales. M. A. II. 44^
- Niot. Horloge publique. R. M. B. II. 243
- Nivet aîné et comp. Papeterie. M. II. III. 355
- Noël. Poudre d’or. R. M. H. I. 43g
- Noël, d'ours. M. H. II. 140
- Noël. Yeux d'émail. R. M. B. III. 4t>4
- Noël (N.-A.). Bijouterie, de franc-maçonnerie. C.F. III. 5y
- Normand. Horlogerie. C. F. II. 23y
- Noülibos. Linge ouvré. M. A. I. 299
- Noyer frères. Organsins. R. M. B. I. 181
- Nüma-Conte. Pendules. M. B. II. 287
- Nys et comp. Cuirs vernis. M. O. III. 3y4
- O.
- Ocagne (d’). Tissus de coton. R. M. A. I. 274
- Odiot. Draperie. M. A. I. 73
- Oger. Savons. R. M. A. II. 4*9
- Ogereau. Corroieric. M. O. III. 376
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-
-
-
- Tom.
- Ou Vier-(Désire). Pipes, C. F. III. .221
- Ollat et Desverkat. Soieries. H. M. O, , . I.200
- Orléans (d’). Horloge publique. C. F. II. a44
- Osmond. Meubles en laques. M. B. III. 184
- Oxtin. Préparations phrcnologiques; M. H. III. 469
- OüBRiOT. Charrue. M. II. II. 179
- .Oodisoï. '/'issus de crin. M. R. I. 351
- Ouiller-Blanchard. Arqucbuseriç. M. II. . / II. 3a5
- Ourscamp (filature d’). Fils de coton. M. A'. ' I. 244
- Ouvrier. Poterie d'étain. C. F. I.: 4$8
- P.
- Paoèze de Laveen-ède. Antimoine. M, H. _ I. 4il
- Paoezv et fils. Couvertures. M. A. . I.. 101
- Pages Baligot. Etoffes à gilet. M. B. - . I. 120
- Pagès et comp. (Cb.). Châles. M. B. ^ I. i5g
- Pagès fils et comp. Bonneterie. M. A.; . I. 335
- Paichereau (veuve). Usines à fer. M. H. -, . I. 876
- Paignon et comp. (Charles)/Usines à fer. . . , ^ I. 377
- Paignon et comp. Aciers. k. ' t . I. 390
- Paillard (\ictor). Bronze. M. A. III. 3i
- Paillasson. Bougie royale. M. A. II. 476
- Paillette. Soufflets. M. H.,.; II. 16
- Painciiaüt. Appareil pour la tension des, cordages.
- M. B. . a v. II. 88
- Pair.i (demoiselles Anne et Antoinette Bonneterie,
- C. F. v . I. 348
- Paisant. Chapellerie. C. F. ' . III. 4*8.
- Paliopv et comp. Antimoine. M. II. . X. 4*£
- Pâli,a et comp. Plomb. R. M. A. I. 4°8
- Palmie et Pevraüd. Briqueterie. III. 217
- Panai-. Extraction de la matière colorante des bois de.
- teinture. M. B. III. 284
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- 546
- Tom. Pag.
- Pànckoücke. Librairie. R. M. A, III. i3i
- Panier. Broyage des couleurs à l'eau. M. A. II. 4^6
- Papavoine et Chatel. Machines à tisseri M. A. II.
- Pape.- 'Pianos. R. M. O. II. 335
- Paret (Marius). Draperie. M. A. I. ^5
- Pârfu'. Coutellerie. G. F. • I.'
- Paris. Charrue. M. H. II. 178
- Paris.’ Arquebuserie. M. H. II. 325
- Paris. Accordéon-hautbois. M. H. 11. 368
- Paris frères. Tapis. M. A. I. 325
- Parot J.-A. ). Outils divers. M. H. II. 137
- Parquin. Chaudronnerie. R. M. A. I. 421
- Parquin. Plaqué. R. M. A. III. 96
- Parzudaky. Préparation d’objets d’histoire naturelle.
- M. H. III. 484
- Pascüal-Rübio. Chronomètre. M. H. ,11. 231
- Passerieüx. Instruments acoustiques. M. H. II. 372
- Pauban. Serrurerie. M. H. ' II. 167
- Paur. Boites à musique. M. H. II. 375
- Pauwels. Grands mécanismes. M. A. II. 61
- Payan (Madame ). Broderies. M. A. I. 316
- Payot. Pharmacie portative. C. F, ' ‘ III. 472
- Pecatte. Instruments de musique. M. H. II. 351
- Yoy. Y Errata du troisième \oluriie.
- Pechiney. Étain. Mï A. ; I. 435
- Pecqueur. Grandes machines. R. M. O. II. 54
- — Ustensiles de sucrerie indigène. R. M. O. II. 434
- Viask.A'rquebuserie. M. H. II. 325
- Péligot et Alcan. Emploi de l’acide oléique. M;A. II. 49°
- Pelle. S oie. M. H. I. i85
- Pelletan. Appareils\ pour la fabrication du sucre de
- betterave. M. A. II. 66 et 439
- Pelletier , Delondres et Levaillant. Sulfate de , quinine. M. O. II. 382
- p.546 - vue 546/568
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- Toi*. Pa;.
- Péltier et comp. Aiguilles. R. M. B. I. 4*7
- Pennequin. Meubles. C. F. , III. i85
- Peqûin. Laine filée. M. H. I. 43
- Perard et comp. Huile de pied de bœuf. R. M. H. IL 398
- Périaux. Imprimerie. M. B. . III. 122
- Pér'ot. Malles de voyage. C. F. III. 436
- Perrault de Jotemps et Girod de l’Ain. Laines.
- Hors conc. I. 20
- Perrée. Bonneterie. M. H. I. 3^4
- Perrelet. Pièces d’horlogerie. R. M. 0. II. 220
- Perret. Stores peints et imprimés. M-. H. ni. I 72
- Perreye. Calorifères. M. B. il. 5oi.
- Perrin-Lepage. Arquebuseric. R. M. B. il 3i8
- Perrochel ( comte de ). Toiles. M.’ H. i. 296
- — Marbres. M. H. i. 5ig
- Perrot. Machines à tisser. M. 0. il. 36
- Perrucat. Ganterie. M. H. ni. 432
- 0 1 / «_ — Pétar. Orseille tinctoriale. R. M. A. m. •283
- Petit. Laine filée. M. B. . i. 4o
- Petit. Cheminéès calorifères. M. H. il. 609
- Petit. Tabletterie. M. H. m. 190
- Petit ( A. ). Pompe d’arrosement. M’. B. il I 1
- Petit-Colin. Bougies emplastiques. M. H. m. 479
- Petit et.MABiRE. Ustensiles en zinc. C. F. i. 433
- Petigny. Arquebuserie. M. H. il 326
- Petyt et comp. (J. ). Parquet et boiseries. M. B. m. 80
- Peugeot et comp. Machines à tisser. M, A. IL 44
- • Peugeot frères. Quincaillerie. M. A. I. 483
- Peyrels. Sellerie. M. H. III. 435
- Pfeiffer. Pianos. R. M. A. II. 337
- Philippe. Modèles de machines. R. M. 0. II. 55
- Philippot jeune. Marbres. C. F. I: 520
- Pian et comp. Cirages. C. F. II. 47°
- Piat. Outils divers. M. B. IL i3o
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-
-
-
- 8
- Picard. Ferblanterie. C.F.
- P1CARD7BALLEREAU. Sardines à T huile. M. H. ,
- . ' # „ 4 r ''X . , .
- Picard frères. Draperie. M. H.
- Picard jeune et fils. Mousseline. R. M. A.
- Pichon et comp. Coutellerie. R. M.III.
- . Pjchot. Dessins sur ivoire. C. F.
- ^Picoï. Appareil pour, diviser le bois en feuilles.
- M. B. \ : J ‘ ' 1
- Picot (Madame). Nettoyage de toute espèce d’èlof-, fes. C. F. , ,, ...
- Picqüet. Cartes géographiques. M. A.
- Pieren. Étain. MSB. '
- Pierquin-Grandin. Flanelles. M. B.
- Pigeault. Cirage. C. F. v N
- •Pihan. Cirage. M. H.
- Pihet et coinp. Machine à rainures. R. M. .0. d’ensemble.
- —» Machines à tisser. R. M. O.
- ]?moKT àiné. Impressions sur tissus. R. ~M. A. . Pimont (Jean). Impressions sur tissus. R. M. À. Pinet. Enseignement de Vécriture. M. H.
- Pinson. Écaille factice. M. B.
- Piot, Jourdan frères et comp* Impressions sur, r v laine. M.. 0. . <
- • Piquot-Deschamps. Fils de coton. M. A.
- Piret. Charrue,. M. H.
- Pirmet. Arqucbuserie. M. A.
- Pitancier et Martin. Bonneterie,
- Pitat. Ferais. AI. H.
- l’i ta y et eomp. (H). Bougies stéariques. M. B. Place. Ustensiles en zinc. C. F. ^
- Planel. Soieries. AI. II.
- Plantier. Châles. M. H.
- Plénel. Billard en palissandre. C. F.
- *
- Tom. P a 3.
- I. 14?.
- II. 4.11 I. 95
- '1-^74
- l. 471 1. 494
- m. 82
- III. ,3a9 III. i65
- I. 437
- I. i°9
- II. 4?° II. 468
- II. io9
- II. 3i
- III. 3o5 vIII. 3o6
- III. 453 III. 44S
- r v " a;
- III. 316
- I. 244
- II. 177 II. 317
- ’ I. 334 II. 4B7
- II. 477 I. 43a
- I. i85 I. 166
- m. f 40
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-
-
-
- 549
- • Toni. i*»8.
- Pllïll. Pianos. R. M. 0. II. 336 *
- Plomdeur. Arquebuserie. M. H. il 3?.5
- Pluet et comp. (L.). Stores cl écrans peints cl
- imprimés. M. B. m. 171
- Plu aimer. Cuirs vernis. Df. 0. m. 896
- r / t * Pluquet (Edouard). Couvertures. M. B. i. 103
- Pochet-Deroche. Verrerie. M. B. m. 375
- Poilly (de). Verrerie. M. B. m. 276
- Poinsot. Couleurs. M. B. ii. 458
- Poinsotj. Chapeaux de feuilles de palmier. ,'m. a. m. 4i5
- Poirée. Barrage mobile. M. 0. h. .92.
- Po'iuet (Etienne-Henri). Bijouterie dorée. m.'h. ni. 5o
- Poirier. Presses à copier les lettres. M. B. il 114
- Poissant. Pétrin mécanique. R. M. B. n. 230
- Poissenet et comp. Produits chimiques. R . M. Â. h. 385.
- Poisson-Livorêl. Mousseline. M. B. • i. 278
- Poitevin fils. Draperie. M. 0. i. 65
- Poitevin fils et comp. Fils pour la marine . M. H. i. 3o8
- Poix-Coste etI>ERviEux. Draperie. M. A. i. 95 *
- Polîgnac (comte Hérode de). Laines. R. ! M. 0. i. 20
- Polqnceau fils (Camille). Charpente fer et bois.
- M. H. n. 9e
- Pommateaü. Pierre de liais. M. H, i. 526
- Pommateac. Objets d'arts et de fantaisie. M. B. ni. 1.35;
- Pompon. Bronzes étirés. M. B. ' J . V. i. 423.
- Poncet et comp. Estampage du cuivre. C, . F. m. . 74
- Poncet-Mercier. Tabletterie. M. H. ni. 449
- Ponciie-Bellet. Etoffes laine et soie. M. B. i. 121
- Pongeois. Cadrans indicateurs. C. F. n. 124
- Pons. Machine à battre. M. H. n. *94
- Pons. Horlogerie de précision. R, M. 0. il 244
- Ponsart (docteur). Laines. M. H. ' i. 26
- Popelin-Ducarre. Broderies. M. B. . - i. 3i9.
- Po()cet. Cordages. C. F. i. 3°9
- s
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-
-
-
- 550
- ?
- Toi». Pag.
- Porthant. Gravure en lettres. G. F. ,, , JII. m.
- Possot. Fils de cachemire- R. M. A. > I. 128
- Potalier-Cousin. Tissus pourgilets. M. H. ‘ I. ia5 Poï-de-Fer. Enclumes., étaux. M.A. I. 4<>4
- Potier (général comte de). Soie. C. F. I. 188
- Potton et Crozier. Soieries. M. O. I. 2o3
- Poupinel. Couvertures. *R. M. A. I. 100
- Pourchasse.' Fis. C. F. I. 45o
- Pouyer-Hellouin. Fils de coton. M. A. I. 2^5
- PradierJ Soie grcge. M.. B. , I. 182
- Pradier. Coutellerie. R. M. A. I. 468
- Pradier-Gilet et Migemont. Clouterie. C. F. ' I. 448
- Pramondon. Mousseline. JV3. B. I. 277
- Prevel. Fermillon. C. F. ' ' - II. 469
- Prévost. Laine filée. M. O. “ I. 33
- Prevost-Wenzel (Jean-Baptiste). Papiers pour fleuristes et cartonniers. M. B. III. 334
- Primat et comp. Ganterie. M. H. III. 43ï
- Prins et comp. Corroierie. M. B. 1 'III. 878
- Prodon-Pouzet. Coutellerie. M. H. 1 I. 473
- Prud’homme. Boulons. M.B. î . j ^g0
- Prudhon et comp. Rubans. M. H. - ' I. 224
- Prugneaux. Chevalet mécanique. C/F. II. 123
- Prus-Grimonprez. Étoffes pour meubles. R. M. B. I. 120 Puget. Peignes en métal. C. F. ' III. ^5o
- Puget (Antoine). Soieries. M. A.- • . I. 226
- Pupil. Limes. M/B. ! I. 4°°
- Purée (Hubert). Compas^ M*. H. II. 285
- Puydt (de). Bijouterie d’acier. R. M. H. III, 53
- A; Q. •
- \ t ' ^ ^ w.
- QxtàuLT (Pierre). Outils d’horlogerie. M* ïl. ^ ; - I, 490
- QçTOaib. Charrue. M. H. ' —
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-
-
-
- 551
- Tom. Pag.
- Qijenedey (mademoiselle). Feuilles de gélatine.
- R. M. B. II, 43i
- Quenesseu. Tabletterie. M. H. III. 19°
- Qüesnel. Fonte en bronze. M. A. , III. a5
- Quévreux. Bijouterie. M. H. III. 4^
- Quinet. Presse lithographique. M. B. II. Ii5
- ' ‘ R. -
- \ %
- Rabourdin. Charrue. G. F. * II.. 182
- Racinet. Lithographie. M. H. III. i52
- Raffin (de) et comp. Enclumes. M. II. I. 4°6
- Raffin(de). Machines aratoires. M. A. II. 172
- Raimbert, Couvertures. M. H. I. 102
- Raimond. Machine à vapeur. M. A. . II. 65
- Raoul. Cotons filés. C. F. I. 249 .
- Raoul. Limes. M. B. I. 399
- Raoux. Instruménts à vent. M. A. ' . II. 36i
- Rastier fils. Draperie. M. B. . I. 87
- Ratier. Soie. C. F. I. 188
- Ratisse au. Machines à broyer. M. H. . „ IR 76
- Raultn. Voilures. M. B. M II. ..149
- Ray (frères). Chapellerie. R. M. B. III. 4*6
- Raybaud. Savons, etc. M. A. -t , II. 4°^ !
- Raynaud. Bijouterie. C. F. .. _ . III. 5ik
- Reber et comp. Tissus decoton. M. A. I. 267
- Rédarès (Victor et Antoine). Tapis. R. M. B. I. 327
- Regardin et comp. Marbres artificiels. C. F. - I. 525
- Régnault. Plomb. M. H. I. 4IQ
- Régnier. Bougies du Phare. C. F. II. 479
- Régnier. Porcelaine. M. A. III. 257
- Réguinot. Cartonnage. M. H. III. 444
- Reichmann. Reliures mobiles. M. B. III. .141
- Reignier et comp. Usines à fer. M. A* I. 871
- p.551 - vue 551/568
-
-
-
- Reinhart. Moulinés et meules. M. II. II. 2o3
- Rémiot. Nettoyage de gravures. M. H. \ III. 169
- Renaud et comp. Parfumerie. R. M. A. ' II. 4l9
- Renaudier. Coutellerie. R. M. H. ’ I. 472
- RenaudiÈre. Mousseline et tulle brodés. M. R. I. 278
- Renaudot. Plomb. C. F. ' I. 4io
- Renaudot. Garde-robes. M. H. II. 18
- Renard. Coutellerie. C. F. -I.
- Renard. Outils de graveurs. M. R. II. i3i„
- RÉnet et Gastine. u4rquebuserie, Ml A. II. 316
- Renodier. Rubans. M. H. I. 22$
- Renou. Cuirs. M. H. ' III. 372
- Reûlos et Budin. Tannage des peaux de chevaux.
- M. A. III. 374
- RÉVEiLHACet fils. Cuivre en feuilles. R. M. B. I. 420
- Revel aîné. Laine filée. C. F. , 1. 4^
- Révillon. Pressoir. R. M. A. II. 2o5
- *
- Reverchon. Charrue. C. F. IL 182,
- >
- Reymond. Montres. C. F. 1 ,11. 239
- Rheins et comp. Impression en relief sur étoffe. M. H. *111. 326, Ribeaucourt-Notte. Casimirs-laine. M. H. I. 125
- Ribov. Outils. M, B. , . II.. 128 ...
- Ribouleau frères. Draperie. M. A. I. 73
- Ricard et Zacharie. Soieries. M. A.' ’ ' I. 210
- T ‘ I * - , # ‘ 7
- Richard. Bijoux de deuil. R. M. B. ‘ -III. 5i
- Richard, Ecre et Durand. Fonte en bronze. M. A. III. * 25 Richard frères. Bonneterie. M. A. I. 337
- Richer frères. Vis micrométriques. R'.' M. A. II. 280 ,
- Rieussëc. Montre chronographe, R. M. B. , II. 236
- Rigaux. Métier à bas mécanique. C. F'. ' . ... ,, II. 5i
- Rigolét. Compas-mesure pour la chaussure. C. F. , ^ III. 424 Rtnguét. Meuble en cbènc. M. B. . III. 184
- UislÈr (Mathieu). Garnitures de con/cs. M. B. II. 49
- Rivals (Armand). 5We. C. F; I. 186
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-
-
-
- K
- Toiii . Pi,-.
- Rivemale (Pierre). Draperie. M. H. I. gy
- Rivière-Lefer T. Etamine-laine. M. H. I. 12,4
- Rivière-(Jean-Pierre). Soie. C. F. -1. 186
- Roard et couip. Produits chimiques. R. O. II. 37g
- Robert. Pièces d’horlogerie. C. F. II, 232
- Robert. Eclairage domestique. M. A. ' II. 296
- Robert. Reliure araphique. C. F. • III. i4a
- — Fabrication des registres. M. H. III. 44°
- Robert (Henri). Chronomètre. M. A. II. 22g
- Robert-Thomas. Quincaillerie. M. H. I. 4^9
- Robichon et comp. Rubans. M. A. I. 219
- Robin. Serrures à combinaisons. M. A. II. 163
- Robinet. Appareil pour mesurer la force des fils de
- soie. M. H. II. 51
- Robouam. Parapluies. C. F.’ • III. 438
- Rochefoucauld-Liancourt (clac de la). Machines à
- cardes. R. M. A. II. 3g
- Roger. Tréfilerie. M. R. I. 447
- Roger. Pianos. M. H. II. 346
- Roger. Calorifère. C. F. II. 5i3
- Rohard père et lils. Couvertures. C. F. I. 104
- Rollé et Schwilgué.Pompes. R. M. A. II. i4
- — Grandes balances. R. M. A. II. 255
- Roller et Blanchet. Pianos. Rf-'M. O. . II. 336
- Romagnési aîné. Carton-pierre. R. M.,A. III. 66
- Romilly (Etablissement de). Cuivre. R. M. O. . I. 416
- Rondeau-Pouchet. Impressions sur tissus. R. M. A. III. 3o5 Roques. Corroierie. M. H. III, 38o
- Rosé. Machines aratoires. R. Al. A. II. 1 j/j.
- — Machine à battre. R. M. A. II. ig3
- — Eclairage public. R. M. A. II. 2g5
- Rosellen. Pianos. M. H. I. 346
- Rossin. Instruments d’optique. R. M. O. . ‘1 13* 270
- TOME III. 36
- \
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-
- 554
- Tom. Pa^.
- Roswag. Toiles métalliques, R. M. O. ï. 45i
- Rottée. Machine à diviser et tailler les dent sel’ engrenage. ' II. i3
- Rouen et comp. Lampes. M. B. ' II. 3o6
- Rouet. Cuirs. R. M. II. III. 370
- Rôuffet. Outils. R. M. B. ‘ II. 126
- f * ^
- Rouffèt (Achille) fils. Machine à vapeur. M. B. II. 6g
- Rouget. Appareil de sauvetage. M. II. II.' gg
- Rouget-Delisle. Tapis. M.: "B. I. 828
- Roulet (Robert). Impressions sur tissus. M. A. III. 368 Rouillier et comp. Couvertures. M. B. I. 162
- Roullin. Corroierie. M. II. III. 38o
- Roumestant, Reliure de registres. M. B. III. 14.1
- Roumestant (V.) jeune. Cires ci cacheter. M. B. II. 429 Rousseau. Toiles fines. M. B. ‘ I. ag5
- Rousseau. Porcelaine. M. A. ’ III. 262
- Roussel et comp. Bonneterie. M. H. I. 345
- Roussel frères. Bonneterie. M. B. ' I. 338
- Roussel frères et Réquillart. Tapis. M. A. I: 325
- Roussellet (A.). Draperie. M. A. I. 74
- Rousse ville. Etain. M. II. I.437
- Roussy. Soieries. M. A.'n •' ’ I. 54o
- Rouveaux. Poteries pour planchers. C. F. III. 217
- Rouvière-Cabane et comp. Bonneterie. M. II. 5 I.‘ 343
- Rouvière frères. Soies à coudre. ’M. B. " I. ig’o
- Roux. Chaussures. M. H. ’ ’ ’ ' ' III. ' f\22
- Roux et comp. Bitumes.'M. H. ^ Ii‘524
- Roux frères. Châles. R. M. A. '' I. 1,61
- Roüy‘. '"Clouterie, C. F. 1. 44^
- _ t
- Rouyer et Maes. Verrerie. C. F. -, III. 277
- Royer. Meubles. M. B. • ' III. i83
- Rozan. Verrerie. M. H. III. 277
- Rüef et Bricard. Draperie. I. g6 •
- Ruiti-Jussel. Broderies. M. H. I. 318
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-
-
-
- 555
- Tum. Paÿ.
- Rypinskï et comp. Dessin pour tissus en impression.
- M. H. III. 477
- S.
- !
- Sabatier. Coutellerie. M. A. 1. 458
- Sabran frères. Châles. M. O. I. 160
- Sagnier. Balances-bascules romaines. M. B. II. 255
- Saint-Étienne, père et fils. Bluteur à fécule. M. B. II. 2i5 Saint-Florin (veuve de). Stoffs. M. H. I. 125
- Saint-Gobain (fabrique royale de). Produits chimiques. M. O. II. 38o
- Saint-Marc , Portieu et Tetiot aîné. Toiles à
- • voiles. R. M. A. i . I. 3o6
- Saint-Paul et, fils ( veuve). Toiles, métalliques* i
- ”. R. M. A. ,0 . /. . i: . • I. 4^2
- Salin. Camées et verres colorés. M. B. • : : : III,:i 38
- Sallandrouze (Alexis). Tapis. M. B. ! I. 327
- • Salleron. Papiers.d’or et d’argenti'Q. F,. III., 44^
- • (Sallés jeune et comp. Soieries. C.'F, >1. 216
- iSALMoN(A.). Mousseline. R. M. B. v, - > - I.- 275
- Sàmson. Instrument de chirurgie. M» A. . III. 483
- Sana. Fleurs artificielles. R. C. F* . : III,- 4.82
- Sangfort ,et Yarral. Machines à.papier. M. A. II. 526 ter. Saniewski. Gruaux de sarrasin. "M.. II. II.. 4*2
- SarrÀde. Toiles métalliques. M. H.. . 1 'I* 4^3
- Saunier aîné. Machines. R. M. O. .H N , II* -54
- Saulnier (Jacques-François).% Machines. M. O. H. 56
- Saolnier. Gravure sur acier. M. II. , III., i,i5
- Saunier fils. Pinceaux. M. H. III.. 447
- Saunier (madame.A,). Brosses et pinceaux. R. ,M. JB. III. 44$ Sautelet jeune et comp. Fonderie de fer. M. H. I.- .384 'Sautreuil fils. Bois façonné à la mécanique. M. H. II. i4o
- Sauveau. Linge ouvré. C. F. I , I. 3,02
- Savaresse. Cordes à boyaux. R. M* B* - ! II* 374
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-
-
-
- oou
- Tout* Pag.
- Savahy. Stores peints et imprimés. C. F.' * III. 173
- Savouré. Instruments de chasse et de pêche. 0. F. . 111. 44° Savoye. Soieries. M. À. ' • I. 210
- Sayet- Papiers de fantaisie. M. H. III. 444
- Scheibel et Loos. Machines a tisser. M. B. II. - 47
- Schiertz. Tapis. M. ' 1 I. 329
- Schlumberger (Daniel). Impressions sur tissus. R.
- M. A. IIL 3o4
- Schlumberger jeune et comp. Impressions sur
- lis sus. "K. M.. h., III. 3o3
- Schlumberger et comp. (Nicolas). Machines à filer
- le lin. M. O. II. 35
- Schlumberger et comp. Fils de coton. R. M. O. I. 238
- Se h lu m ber ge r-Koec h li n et comp. Iinpressions sur
- tissus. R. M. O. III. 3oo
- Schlumberger-Schwartz.* Linge damassé. ' I. 3oi
- Schmaltz. Soieries. M. B. I. a3i
- Schmid et Saltzmann. Tissus dè càton. fil. A.' ' I. 266
- Schmidt. Limes. R. M. A. -1. • 397
- Schmitt. Enclumes y étaux. MJ Br I. 4^6
- Schneider frères et comp. Usines à jer. M. O. I. 367
- ' *—Fonderie de fer. M. H. : I.-* 385
- ~ Locomotive et autres grandes machines. M. O. ' II. ' S'] — Bateaux à vapeur enfer, fil. H. '• II. ”86
- ’ Schnetz. Gravure sur pierre. C. F/ - >' • III.' 168
- Schoen. Pianos. M. B. II. 342
- Schonemberger. Gravure de musique. C. F. . 'III.* 127
- Schwickardi. Solives en feuilles defer. M.*H. ' ' IL' *96
- Seib. Toiles cirées. M. A. * . • , * à ; ,IH; 411
- Seilliere, PROVEnsÀLetcomp.i<V/s</eco/o/i. R. M. A; I. à42 Selligue. Bitumes. M. II. ' - ' r : 1. ' I. 523
- — Eclairage au gaz. M. H. ’ ' " . II. 4^6
- , Séraut (Louis-Ambroise). Équarrissoirs. C. F.- - I. 494 Serre (Franc.). Cric à double noix. C. F. ' ' IL 124
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-
-
- W* pr- r+s
- i)5<
- Tom. Pag.
- Serrurot. Lampes hydrostatiques. K. M. B. II. 365
- Serrurot. Bronzes. M. B. III. 3i
- Servais. Dorure sur bois. M. H. III.: qÿ
- Servais. Peintures sur albâtre. M. B. III. 189
- Servant et Ogier. Soieries. R. M. A. I.J 207
- Serveillé aîné. Chemins de fer. M. H. r ' II. io3
- Signy .‘Chaussures. C.F. ‘ III. 423
- Sigoret (Auguste). Colles fortes. M. fe; II. ;4'25‘'
- Silvant. Lampes hydrostatiques. M. H; IL 3o8‘
- Simier. Reliure. R. M. A. - ‘ v III. 139
- Simon. Tabletterie. C. F. f III. 190 ‘
- Simon et comp. (Albert). Châles-, M; A. I.; VS?.
- Simon fils. Lithographie. M.. A. III. 148
- Simonin et Toquaine.’^ülfate de magnésie. C. F. II.1402 ^ Sirhenry et comp. Coutellerie'. R. M. A. • I. 487
- Sivel etJîerbin. Châles. M. H. • - I. i'56
- Société de l’apprêt hydrofuge. Draps imperméables. !
- M. Hv
- III. 33o
- Société (I’Echarcon. Papeterie. R. M. O. . III. 343
- Société (I’Imphy. Cuivre. R. M. O. I. 4^4
- Société du marais et de sainte-marie. Papeterie.
- r. m:o. v m. 342
- Société de la vieille-montagne. Zinc. M. A. ; - T. 432
- Société anonyme des vosges1;Marbres. M. A'. ' I. 5oq
- Soehnée frères. Gomme-laque blanchie, vernis, etc. •
- M. A.
- Soisson. Serrurerie. M. H. ’ y . Soleil fils. Appareils d’optique. M. H.
- Sommier ( mademoiselle ). Soie grêgc.. G. F. SoMPAYRAC aîné. Draperie. M. A.
- Soultzener. Planchers en terre cuite, M. H. Sorel. Zinc. M. O.
- r— Moyens de sûreté des machines à vapeur,
- M, H;
- II. 455 II. 167
- II. 275 I. 188 I. 81
- III. 2l5
- I. 425
- ?3
- IL
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-
-
- 558
- Soubas aîné et comp. Tapis. M. A.
- Soüchü. Toiles. C. F.
- Soufleto et comp. Pianos. M. A. .
- Sourd , père et fils. Laine filée. M. A.
- Souvton. Fils de chancre. C. F.
- Soyer. Limes. M. B.
- Soyer. Cuirs vernis. G. F.
- Soyez et Ingé. Fonte en bronze. M.- O. Spiegelhaller. Ganterie.1k. M. B.
- Stackler. Impressions sur tissus. M. H.
- Stéhélin et Huber. Locomotive. M. O. Sterlingue et comp. Cuirs. M. O.
- Stolz. Clouterie. C. F. . ' .
- Stoltz et comp. Pompe rotative. R. M. A.
- Stolz fils. Machine à clous. M. B.
- —- Râpe à pomme de terre. M. B.
- SusER. Chaussures. M. H. ,
- \ *
- Susse. Objets d'art et de fantaisie. M. B.
- T*t
- Tachet. Règles et équerres. C. F.
- Taillade. Machines à filer. M. A. . Taillepied de la Garenne (mademoiselle). Outils à polir. M. II.
- Talabot et comp. Aciers. R. M. O.
- Talabot et comp. (Léon). Faux-limes. R. M. O. Tallard. Soie. C. F. .. _ .
- Tan GRE. Toiles métalliques. Cl. F. 1 Tarbé. Fonte de caractères. M. O.
- Tard. Zinc imitant le bronze. C. F.
- Taule r. Fonte du suif? M. H.
- Taupier. Calligraphie. R. M. H.
- Tavernier , Obry et comp. Papiers noirs, M. B.
- TOM. Fftg,
- I, 3*6
- I. 297
- II. 338, I. 37 I. 29É
- I. 4°°
- m. 400 iii. 24
- III. 43o III. 312
- II. 57 III. 365
- I. 448 IL 14
- II. 116 >11. 216 III. 428, III, 134
- II. 286 II. 43
- II. 134 I. 388 II. 187 I- 187 I. 454 III. 116 III. 3,7 IL 480 III. 170 III. 353
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-
-
- 559
- Tom. Pag.
- Teissié-Dumottet» Arquebuserie. M. H. ...... II. 326
- Ternynck frères. Coutils M. A. . , . J._3o3
- Tessb*Petit. Fils de coton. R%M. Â. I, 243
- Tesson. Colle-forte. R. M. H. , . .. IL .426
- Tesson. Creusets. M. H. III. 220
- Tettard et Métayer. Tissus de coton. C. F. . I. 264
- Teyssier-Ducros. Soieries. R. M. O. * I. 172
- Tezenas-Balay. Rubans. M. B. I..222
- Tharaud. Porcelaine. M. H. . . r III. 243
- Thévenin. Charrue. C. F. ,11. 181
- Thévenot. Peinture sur verre. M. A. ,, III. 10
- Thibaodet. Tampons pour timbre. C. F. -.III. 44?
- Thibault frères, Cires à cacheter. R. M. H. II. 429
- Thibault ( Germain ). Tissus légers de laine. R. M. A. I. 113 Thibert. Pièces d'anatomie pathologique en carton-pierre. M. A. <. III. 462
- Thiboumery ,et Dubosque. Sulfate de quinine. M. B. II. 3^3 Thiébault. Pompes. R, M. A. II. i5
- Thiébaut. Cuivre. M. O., I. 4*7
- Thierry. Lithographie. M. A. , III. 148
- Thilorier. Lampes. M. H. . > IL 368
- Thirion .Alênes. R. M.,B. ,. I. 458
- Thomann. Impressions sur tissus. M. A. III. 320
- Thomas-Laürens et IÎufournel., Chauffage des (
- usines. M. A. ». >1. ^9(5
- Thomire. Bronzes. F. M. O. „ III. 28
- Thonnellier. Presses monétaires. R. M. A. II. 58
- Thouron et comp. Coutellerie. R. M. B. I. 4^9
- Thoury. et comp. Usines à fer. M. B. , I. 875
- Thouvenin et Bertiiois. Châles. M. H. • v Li56
- Thuvien. Presse pour affiches de grandes dimensions
- C. F. u’
- 129
- Tillavcourt (de). Soie. C. F.- L 187
- Tilloy-Béiurd, Prussiate de potasse. M. B. II. 3g5
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-
-
-
- / Tom. Pag»
- Tiret et comp; (Félix). Châles. R. M. A. I. i5o
- ' '— Etoffes pour meubles. I. ii3
- Tirrart. Carton-pierre. R. M. B. -III. 6*j
- Tissier et Beugé. Serrurerie. M. B. II. 160
- Tixier-Goyon. Coutellerie. Th.. M. H. I. 471
- Touchard. Poteries en grès. M. H. III. a34
- Touchard et Martin. Arquebuserie. M. H. II. 324
- Tournier. Cuivre estampé. M. H. ' III. 74
- Tourzel. Soie. C. F. " I. 188
- TouzÂ. Fleurets. C. F. II. 145
- Toy et frères. Bronzes. C. F. III. 37
- Tresca. Bougies diaphanes. M. H. II. 483
- Tressa et Eboli. Bougie de l’Eclipse. M. A. II. 476
- Triaire (Jean-François). Filets de péché et de chasse.
- M. II. > - III. 439
- Tribouillet et comp. Savons. M. H. II. 399
- Trîcotel et Ciiapuis. Peinture à l’hydrâulienne. M. H. II. 463
- Triebert. Hautbois, cors anglais.'R. M. B. II. 367
- Tronchon. Objets de papeterie. C. F. III. 443
- Tronquoy. Dessins de machinés. M. B. > ' II. 72
- Trotrot fils aîné. JJraperie. R. M. B. • I. 85
- Trotry-Latouche. Bonneterie. R. M; A. I. 332
- — Impressions sur tissus. R. M. A. - III. 3*9
- Troubat et comp. (Louis). Châles'. M. A. I. i65
- Troupel fils. Bonneterie. AI. B. ' I. 3.jo
- Trodpel-Tur et Favre. Draperie. Pour menu ire. I. 126
- ' — Soieries. AI. B. ~ I. 2<4
- Truchy. Boulons en soie. C. F. III. 451
- Truchy (madame). Perles fausses. AT. B. III. 54
- Trupel. Treuil à levier. C. F. II. 12,4
- Ttjlou. Fiâtes. R. AI. B. II. 364
- Tussand. Fis, AI. H. I. 450
- p.560 - vue 560/568
-
-
-
- 561
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- Urüty. Bois de teinture triturés. C. F. Utzschneider. Faïencerie. R. M. O.
- V.
- Toro. Pag.
- . a :l
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- in. 282
- III; 227
- x
- .< ' î
- I, 38
- I. 3a8
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- ii. Ï29
- Vachon et comp. Laine filée. M‘. À.
- Vaison frères: Tapis. M. H.
- Valdek. Filières et tarauds. M. B.
- Valentin-Feau, Bechard et comp. Bonneterie.
- R. M. A. ^ : 1. 333
- • ’ — Tuilerie. C. F. , III. 217.
- Yalérius. Appareils de chirurgie. M. R. ;ÏII. 465
- Vaiès (Constant). Perles fausses. M.. À. III. ‘53
- Valés (Léon) et Bouchard. Laine filée. / ' I. 'fo,
- . V 1' • • ., ’ \ \ *t
- Vallée-Lerond (veuve)..Tissus’de colon. II. M.B.‘ " L 262 Vallery. Machine à 'broyer les bois de teinture.
- M. O. d’ens. . .. . . '
- . ' > r. . .
- — Préparation de matières’tinctoriales par des moyens mécaniques. R.M. A*.
- Y aller y. (j renier mobile. M. O. cl’ens,
- YallEt-Cornier. Bronzés.' M. B.
- II. 24
- v.a;>î t
- III. 281
- 11: 196
- m. 34
- Vallet et Huber. Carton-pierre. M. A’. ' ' \ 1IÎ. ‘65
- Vallier. Draperie. M. B. * ‘ I. 92
- Yande et Jeanray. Mesures linéaires en citwre. M. B. I. 446 Vantillard (Yic;or). Aiguilles. M. A. ' I. 456
- Yantroyen-Cuvelier et comp. Fils de coton. R. M. O. I. 240 Vasseur. Usines àfier. M. B. ' t I, 373
- 1— Fonderie de fier. M. H. I. 385
- Vaussard fils. Fils de coton. M. A. . 1. 245
- Vaussin-Chardanne. Célérimètre. C. F. , II. 286
- Vaut hier. Coutellerie. M. B.' I. 470
- Yauwr. Tissus de coton. M, B, ..... “ F 268
- p.561 - vue 561/568
-
-
-
- 562
- Tarn, Pa»,
- Vautier. Acier, poli. M.B. . III. 52
- Vatson. Tapis. M. O. I. 325
- Vent (Mmc). Fleurs artificielles. C. F. III. 4$2
- Verdier. Instruments de chirurgie en gomme élastique.
- M. H. III. 469
- Vérité. Pendules. M. B. II. 235
- Vernier. Appareils pourféculerie. M. A. II. 214
- Verreaux. Ustensiles de zinc.,G. F. , I. 432
- Verreaux et fils. Préparation d’objets, d’histoire natu-1 <
- relie. M. B. M III. 483
- Verstaen. Serrurerie. C. F. , r II. 15g
- Vétillart père et fils. Toiles. M. À. I. 293
- Veyrat et fils. Orfèvrerie. M. A. III. 97
- Vue (Auguste) fils. Aciers, M. II. I. 393
- yikï.0^.,Gravure sur étain, C,; F. III. 168
- . * . t. £ ' * ' ‘ ' . v . t t r
- Vidal. Ustensiles pour les sucreries indigènes. M. H. II. 44^
- Vidalin. Étoffes teintes. M. O. III. 287
- Viennot (Gabriel). Bijoux de deuil. M. H. III. 52
- Viesneg. Lampes. C. F. II. 3n
- Vignat-Chevot. Rubans. M. O. I. 218
- Vigourel. Teinture sur laine. C.F. , . III. 291
- Vigoureux. Cric à vis. C.F. II. 124
- VilbÂeys. Papiers de fantaisie. M. H. III. 443
- Vilcooq. Tarares. M. H. II. 200
- Villard. Plantes en métal. C. F. ‘ . III. 454
- Villain. Lithographie. M. B. , III. 149
- VillaÎn-Jams (Mlles). Broderies. M. H. : I. 321
- VillÈmsens. Bronzes. M. A. III. 32
- A '' l 1
- Villeneuve (de). Dessiccation de substances alimentaires. M. II. , II. 4.14
- Villeneuve (de) et Tochi. Ciment hydraulique. AÏ. II. I. 53o
- Villepin (de). Verrerie. M. H.. III. 276
- Villèroi. Presse lithographique. M. B. IL ii3
- Vincènti et comp. Blancs de pendules. R. M, A, ! II. 246
- p.562 - vue 562/568
-
-
-
- VinèeN, Orfèvrerie en cuivre bronzé, R. M. H.
- VïôîtAi^Ë (de). Vèfreriè. M. A. ’
- Vîolart. Blondes. M. B.
- Violet. Savons. M. H.
- Viôn. 'Décorations sur porcelaine. M. H. III. à56
- Vïqoesnel. Tissus de coton. M. B. ^ I. 269
- VirebEnt-Monevaux (Auguste) et cômpi Albâtres.
- Fûg»
- m. 99 ïîî. 271&
- I. 319
- II. 421
- Vf
- M. B.
- ViREBENT frères. Plastique. M. B.
- VlSNEÜX'. Cric à vis. C. F.
- Viteaü. Bronzes. M. A.
- Viviès fils et Andoze. Draperie. R. M. B. „ Voinet. Quincaillerie. C. F.
- Voisin etcomp. Plomb. M. B.
- VoiTELAiN• Cheminées diverses. C. F.'
- VbüZY. Pavés de bois dits solidaires. C. F. Vdcher, Régnier et Perrier. Soieries. M. B. Vuillaume. Instruments de musique. M. O. Voy. Y Errata du troisième volume.
- W.
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- ni. 212.
- ii. 123: ni. 3o I. 86
- I. 493
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- II, 5l2. ÏII. 86
- I. 2l3 II. 351
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- A. -*
- Wacrenier-Delvenquier. Damas. M. A. - -
- Wagner. Horloges publiques. R. M.A.
- Wagner: neveu. Grandes horloges. M. A.
- —- Horlogerie. M. A.
- Wagner-Mention. Bijouterie. R. M. O.
- Wawrin. Tapis. M. H.
- Weber (veuve Laurent) et comp. Tissus de coton.
- I. "il 7 ïï. a30 II. 24V II. 254 ni. 41 I. 328
- M.A. ‘ v 'a, I.265
- Weisgerber frères et J. Kayser. Tissus de coton. M. A. I. 266 Werner. Meubles en bois indigènes. R. M. A. III. 180
- Wetzel. Pianos. R. M. B. II. 34o
- Weynen. Objets de papeterie. C. F. III. 442
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-
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- 564
- Wickam et Hart. Bandages herniaires. M. H.
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- Wiklünd. Ustensiles en zinc. C. F. J. 433
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- — Procédé pour la monture des vitraux peints..
- M. H. . III. i7
- ‘Winnen. Basson. R. M. B. - II. 369
- Winnerl. Montres marines. M. O. - , II. 227
- Witz-Steffan-Oswalb frères et comp. Tréfile rie.
- m. k.. • • ,. 1. 443.
- Wolfel et Laurent. Pianos. M. A. . II., 338.
- Wolliamy. Laine filée. M- A. I. 38.
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- Yemeniz. Soieries* R. M. O. I. 200
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- Yon (Adolphe). Cotons filés. M. B. ........ I. 2.49
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- Zakozewski (Alex.). Cartes topographiques. M. H. IN. i65 Zegelaar. Cires à cacheter. M. H. II. 43o
- Ziegler et comp. Tissus de coton. M. A. I. 261
- Zimmer. Balances-bascules. M. H. ; ,11., 2,57/•
- Zubf.r et comp. Papiers peints. R. M. O. III. 331
- Z Wang. Préparations anatomiques en cire. C. F. . III. 472
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- FIN DE LA TABLE GENERALE.
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- ERRATA GÉNÉRAL.
- PREMIER VOLUME.
- Pag. lig.
- 47, 9, m lieu de consommation en laine de 28,000,000 kilogr., lisez 2,800,000 kilogr.
- 52, 22, l’aune de 20 centimètres, lisez 120 centimètres.
- 54, 19, seize cents métiers, lisez seize mille métiers.
- 106, 23, pour l’Est, lisez pour Pété.
- 137, dimension de 180 à 195 centimètres carrés, lisez une dimension carrée de 180 à 195 centimètres.
- 139, il, 195 centim. carrés, lisez un carré de 195 cent.
- 142, l, châle de 135 centimètres, lisez un châle carré de 135 cent. 179, 26, le lissage des satins, lisez tissage des satins.
- 181, 24, des manteaux d’organsin, lisez matteaux d’organsin.
- 186, 18, MM. Jan frères, lisez Jau (François).
- /<ü., 20, MM. Rassié et Donadille, Usez Bastié.
- 187, 9, M. le maire Amelot, lisez le marquis Amelot de Chaillon. 199, 6, consommation de Paris, lisez du Pérou.
- /d., 31, 1837, lisez 1827.
- 236, 12, 35 cent, la broche, lisez 35 fr. la broche.
- 292, dernière ligne, au lieu de Mull-Jenny, lisez Mulquinerie.
- 473, il, bien habilement, lisez habilement.
- 476, 18, dans le mérite de l’invention, lisez l’exécution.
- 478, 20, et à celui du bâtiment, lisez de la maçonnerie.
- 492, dans le titre, supprimez ouvrage de forge et les mots qui suivent. 511, M3Ï. Grimes et Fraise sont portés, par erreur, à la médaille de bronze ; ces messieurs ont reçu, chacun, du jury une médaille d’argent.
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-
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- DEUXIÈME VOLUME.
- Pag. lig.
- 43, M. Metcalfe a obtenu un rappel de médaille et non pas une médaille d’argent.
- 119, 19, avec un grand intérêt celte intéressante machine qui, lisez avec un juste intérêt cette machine qui.
- 121, 2, mérite d’une exécution, lisez d’exécution.
- 126, 6, de ses instruments, Usez de ces.
- 127, 3, neufs, lisez nouveaux.
- Id., 5, pignons, lisez peignes.
- 134, '30, à ces messieurs, lisez à ces auteurs.
- Id., dernière ligne, action définitive,.lisez action rotative.
- 135, 6, de grès et de, Mses de grès ou de.'
- 138, 1, placés dans la! trémie, lisez placés sous la trémie.
- 140, 6, et fournissant, lises en fournissant,' ‘ 1 !'V
- 142, 18, M. Houot, lisez M. Gouet.'Jf 147, 30, devenue plus générale, lisez chaque jour plus répandue. 149, dernière ligne, le véhicule élastique,'Mm la substance élastique. M. Delacour, lisez M. Delacoux. ]
- M. .Heslinj, lisez M. Geslin.
- 155, 24, utile dans les navires, lisez usité dans les navires..'
- 158, 7, des bois,' lisez dubois. . ‘ , <
- 159, 17, d’attaque, lisez d’àtteinté. * ' ' ....
- 162, 17, particulière que la, lisez particulière à la.
- Id., 18, après le mot Huret, ajoutez qu’elle soit irréprochable!
- 163, 5, démontre, lisez démontra. ' ' ' ' ' - '
- Id., 19, à l’infini, lisez à l’infini; composée de pièces détachées, elle. Id., avant-dernière lig., renouveler chaque, lisez,renouveler à chaque.
- 166, Bengé, lisez Beugê:
- Id., 14, par lè fait dé, lisez par tact de.
- 167, M. Pàublau, lisez M. Paublan.
- 3 41,4 MV Mercier'demeure boulevard Bonne-Nouvëlie, 31:
- 344,'M. Bernhart, rue' Buffault, 17.
- 357, M. Vuillaume, rue Croix-des-Petits-Champs, 46.
- » M. Chanol, me de Rivoli, 26.
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-
-
-
- 56?
- Pag. lig. ! V '
- » M. Bernardel, me Croix-des-Petits-Champs, 43. \ * -< •
- » M. Pecatte, me d’Angevilliers, 18. 1 '•‘‘'•"V- • "*
- 218, 31. Fontaine, rue de Charonne, 119. ; - v '
- 49, au lieu de M. Marquisot, lisez M. Marquiset. >
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- '> f* ,àï ,r- „
- TROISIÈME VOLUME.
- 135, M. rue des Grands-Augustins, 29, lisez rue Hauteville, 33.
- 175, 9, lapiste, lisez copiste.
- Id., 15, toscans, lises toscanes.
- 178, ai. Bellangé fils, rue des aiarais. C’est par erreur qu’il est
- porté aux rappels de médailles, il a obtenu une médaille d’argent.
- 179, ai. Bellangre, lisez Bellanger.
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- TABLE GÉNÉRALE.
- 490, 13, ALAN-aiiGOüT, lisez Alan-Migont.
- 491, 9, ajoutez ai. H.
- Id., 12, ajoutez après cette ligne Arnaud. Machines à tisser.
- M. A. II. 44.
- Id., 26, ajoutez M. H.
- 492, 20, ajoutez ai. A. !
- 493, 27, ajoutez M. B.
- 494, 15, ajoutez R. ai. B.
- 495, 9, Bernardet-Boisme, lisez Bernard et Boisme.
- 505, 5, Chouillou, Usez Choüillon.
- Id,, 11, Clanceaü, lisez Clancau.
- 507, 28, Édouard, lisez Edmond.
- 508, 21, Dandeville, lisez Daudeville.
- Id., 24, Danzès, lisez Danrès.
- 511, 26, ajoutez M. B.
- 516, 24, Fauré, lisez Faurié.
- 518, 7, Fonroüge, lisez Fourouge.
- 529, 20, ajoutez ai. B.
- 531, 14, R. M. A., lisez ai. A.
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- 5(58
- Pag. lig.
- 53s, 9, ajouté* M. B. 545, 17, ajoutez M. H. Jd., 29, ajoutez C. F. 548, 27, ajoutez M. A. 544, 33, ajoutez M. H. 550, 10, ajoutez M, H.
- FIN.
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