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La République orientale de l'Uruguay (Amérique du sud) à l'Exposition de Vienne
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- V ,0)2
- dédiée
- ADOLPHE VA ILLANT
- MONTEVIDEO
- Imprimerie a vapeur de La Tribuna me du 25 Mai num. 124
- 1873
- A L’ EXPOSITION DE VIENNE
- À L’ASSOCIATION RTRALR DE TTTVGUAT
- PAR
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- AANs/GA-ale 7477
- RÉPUBLIQUE ORIENTALE
- 8 0Caz197
- DE L’URUGUAY
- (Amérique du Sud)
- A T93ZPO8TTI0YT DE VIZITTE
- MONTEVIDEO
- Imprimerie de La Tribuna, rue 25 de Mai num. 124
- 1873
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- Montévidéo, le 12 Mars 1873.
- A Mr. Jean R. Gomez, Président de L’Association Rurale de
- P Uruguay,
- Monsieur le Président :
- En me chargeant de la confection de la notice statistique de la République Orientale dont la rédaction m’a été confiée par l'Honorable Corporation que vous présidez, j’ai eu soin de faire remarquer l’insuffisance des données et renseignements sur lesquels je pouvais compter personnellement pour confectionner ce travail, et le 16 janvier dernier j’ai demandé à V Association de me procurer ceux dont j’avais besoin, selon les notes que je lui ai fournies.
- L'Association Rurale n’a pas réussi à se procurer tous les renseignements demandés par moi; mais avec ceux qui m’ont été remis par diverses administrations de l’Etat et ceux non moins importants que m’ont procuré divers membres de l'Association Rurale et le Gérant de la Commission d’immigration, j’ai entrepris mon travail; s’il n’est pas aussi complet que je l’aurais désiré, l'Association Rurale, qui connait les difficultés quej’ai rencontrées, excusera sans doute l’insuffisance que je lui signale en faveur de l’intention qui m’a guidé.
- J’avais le dessein de présenter un état général de la situation économique, financière et administrative de la République Orientale, mais les données et documents officiels que j’ai pu me procurer étant incomplets ou insuffisants, j’ai dû me borner à l’appréciation de ceux qui ont été mis à ma disposition.
- A défaut d’un recensement moderne de la population et d’une statistique officielle, j’ai dû procéder parla méthode d’induction, en m’appuyant sur les états annuels des di verses branches de l’administration et sur les données qui inspirent le plus de certitude, états et renseignements dont j’ai eu soin d'indiquer l’origine en expliquant les raisons sur lesquelles se basent mes calculs, afin d’éviter toute erreur et tout reproche, et sans me laisser entraîner non plus par un optimisme complaisant que la statistique condamne autant que l’exagération contraire.
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- Je n’ai cherché qu’à compulser des chiffres; ces chiffres je les ai demandés aux sources officielles, ils dérivent donc des faits, et si les déductions qui ressortent de mes calculs sont le plus souvent satisfaisantes et flatteuses, c’est parce qu’elles se sont présentées ainsi comme des résultats mathématiques et logiques que rien ne peut contredire.
- Comme Mr. Diego G. de la Fuente, directeur et rédacteur du Premier recensement de la République Argentine (1), je puis dire:
- «Les chiffres de la statistique découvrent, à ceux qui savent les interpréter, des conditions organiques, physiques et morales, sociales et politiques, pleines de révélations, pour le gouvernement des peuples—parceque chaque chiffre représente des faits existants, des conditions individuelles, des phénomènes sociaux, qui entrent comme ressorts et ont leur rôle dans le mécanisme actif et tout solidaire de la collectivité.
- «Et, bien que dans certaines occasions, ces chiffres se ressentent d’exagération ou d’insuffisance, ils ne s'en compensent pas moins pour cela les uns les autres, parceque les rapports des faits entre eux restent presque toujours les mêmes, et c’est là précisément ce qu’il importe le plus de connaître.»
- C’est à ce résultat que je crois être arrivé. Je n’ai pas cherché à flatter la République Orientale, parceque la statistique n’est pas une œuvre de sentiment, mais j’ai dû lui rendre la justice qui lui est due, quand les chiffres ont parlé en sa faveur, les analyser et les interpréter quand ils lui ont été défavorables.
- Persuadé qu’en agissant ainsi j’ai rempli les vues de l'As-socialion Rurale, qui est toute composée de nationaux et d’étrangers unis dans un même but, et à laquelle je dédie mon travail, l’estime qu’elle en fera sera la plus douce récompense qu’ambitionne celui qui a l’honneur d’être, Mr. le Président, votre très humble et dévoué serviteur.
- Adolphe Vaillant.
- (Auteur de la Notice statistique et commerciale sur la République Orientale, publiée en 1863 en espagnol et traduite en français dans les Annales de la Marine française.)
- (1) Primer Censo de la Repûblica Argentina. Buenos Aires 1872.
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- L A
- REPUBLIQUE ORIENTALE
- DE L’URUGUAY
- (Amérique du Sud)
- I
- Situation géographique, territoire et climat
- «La République Orientale de l'Uruguay, appelée Bande Orientale avant la déclaration de l’Indépendance, est située dans l’Amérique Méridionale entre les 30° 57 et 35° de latitude Sud et les 56° 15’ et 60° 45‘ de longitude Ouest du méridien de Paris. Elle a pour limites, au S. le Rio de la Plata, au S. E. l’océan atlantique, au N. les rivières Yaguarào et Cuareim et une ligne intermédiaire conventionnelle qui la séparent du Brésil, à 1’0. enfin le Rio Uruguay qui lui donne son nom et la sépare de l'Entre-Rios, province de la République Argentine.
- « Le Parana et l’Uruguay réunis forment le fleuve de la Plata, immense estuaire que les premiers navigateurs prirent d’abord pour un golfe, mais qui est un véritable fleuve, portant à l’océan le prodigieux volume des eaux versées par un bassin qui n’a pas moins de 170,000 lieues carrées d’étendue, et qui occupe presque un quart de l’Amérique du Sud.
- « Le fleuve de la Plata commence par 34° latitude Sud, à la réunion du Parana, qui vient du Nord-Ouest, avec l'Uruguay, lequel descend directement du Nord. Les deux
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- rivières, en mêlant leurs eaux, forment un courant d’eau douce qui a, dès l’abord, une largeur de 8 lieues et va s’élargissant successivement jusqu’à ce qu’enfin, 70 lieues plus bas, entre les caps Sainte Marie ( 34° 37’ ), et Saint Antoine (36° 19’ ) il se confond avec l’Océan. L’espace compris entre les deux caps est donc de 35 lieues, diamètre de l’embouchure de cet énorme fleuve, le plus large qui existe au monde.
- «La largeur de la Plata à Montevideo, en tirant une ligne sud-ouest perpendiculaire à la rivière jusqu’à la pointe del Indio, est de 16 lieues marines; elle se rétrécit à mesure qu’on la remonte, mais de peu, puisque entre Buenos Ayres et la Colonia cette largeur est encore de 10 lieues, et de 8 entre la rive du Parana-de-las-Palmas et la côte orientale, de l’autre coté de l'île de Martin-Garcia. C’est là que commence la Plata proprement dite.
- «La direction générale de l'estuaire de la Plata est, Est-Sud-Est et sa forme celle d’un cône tronqué à son éxtrémi-té supérieure (1).
- Un sol, dont les reliefs les plus considérables dépassent à peine 800 mètres au dessus du niveau de la mer, de nombreux cours d’eau qui arrosent son territoire avec des rivières assez importantes comme le Rio Negro, le Yi, &, un terrain ondulé qui offre une grande variété d’exposition pour toute espèce de culture, de vastes plaines où paissent librement des millions de bœufs, vaches et moutons, un développement de plus de 100 lieues de côtes sur l’Océan et de bons ports sur la Plata, une extension de plus de 80 lieues de navigation fluviale sur l’Uruguay, des chemins de fer construits et en construction dans les principales directions, telles sont les ressources naturelles qu'offre ce pays à l’agriculture, au commerce et à l’industrie.
- Ily a dans la république deux rivières qui ont des propriétés thérapeutiques: le Rio Negro et le Santa Lucia. Les eaux du Rio Negro, plus spécialement, appartiennent à la classe générale des eaux sulfureuses ou plutôt des eaux sul-fo-hydriques sulfurées. Diverses autres sources et cours d’eau peuvent encore avoir certaines propriétés spéciales, mais leurs eaux n’ayant pas été analysées, on ne peut pas les indiquer ici.
- (1) Description géographique et statistique de la Confédération Argentine pay V, Martin de Moussy.—Paris, 1860,
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- sa
- La géologie de l’intérieur du pays est peu connue. Cependant, selon l'opinion de Mr. P. Giralt, auteur d’une petite Géographie physique de la République, après l’examen des principales chaines de montagne qui le traversent, on peut dire que ce territoire appartient en grande partie à la période de cristalisation, comme l’indiquent en général les masses composées appelées plutonniques qu'il renferme; les vallées dans les terrains bas appartiennent à la période d'allu-vion moderne et les plaines sont formées d’une forte couche de terre végétale semée de bancs de roche ératique travaillés par les eaux et sans direction bien marquée. Tl résulte de cette composition favorable du terrain, que le sol des plaines et des coteaux est très apte à toute espèce de culture et de production, et que l’on rencontre dans les régions boisées et particulièrement le long des rivières des matériaux propres à la construction, à l’ornement des jardins et à l’industrie, ainsi que dans les monts des départements de Minas et de Tacuarembo toutes sortes de minéraux comme le cuivre, le plomb argentifère, le fer et même l’or, qui, exploités avec le temps par la science, formeront une nouvelle branche de sa richesse naturelle.
- Le climat, dans toute la république, est bénin, doux et sain; on n’y connait pas les misères d’un froid rigoureux ni les ardeurs’d’une chaleur tropicale. A Montévideo, dont le climat est marin, les saisons y sont encore moins extrêmes que dans l'intérieur du pays. Dans la campagne, ainsi que l’observe le Docteur Martin de Moussy, dans un excellent ouvrage qui a pour titre: Description Géographique et statistique de la Confédération Argentine (1), dans la campagne et à certaine distance de la capitale, comme dans les provinces circonvoisines, sous une latitude égale, les chaleurs de l’été sont plus fortes, et quelquefoisle thermomètre y monte au dessus de 30 à 35°, quand, en hiver, il descend jusqu’à 2 et 3°. Il est vrai que les gelées durent peu, parce qu’elles sont produites plutôt par la diffusion des rayons solaires que par la baisse de la température ambiante.
- L'observation a établi qu’en terme moyen, dans la zone du littoral, le thermomètre ne descend guère au dessous de 3° au dessus de zéro et ne monte pas au dessus de 41° centigrades, sinon très rarement et pendant quelques instants,
- (1) 3 vol chez Firmin Didot frères Paris, 4860,
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- Nous ne l’avons vu qu’une seule fois, dit Mr. Martin de Moussy, montera 41°, c’était le 17 janvier 1847. Dans l’intérieur, au contraire, avec un temps tranquille, au sein des plaines arides ou exposées à un soleil presque perpendiculaire, ce maximum se voit quelquefois.
- L’hiver est si doux sous ce climat qu’en réalité l’année se partage plutôt en deux saisons qu’en quatre: celle de la chaleur, depuis Novembre jusqu’à Avril, et la saison fraîche depuis le mois de mai jusqu’en Octobre. Le mois le plus frais est généralement celui de juillet qui correspond par la température et les phénomènes météorologiques, au mois d’avril sous le climat de Paris.
- Dans tous les états de la Plata l'aspect du ciel est généralement pur. Le terme moyen de l’année donne à Monté-video 244 jours sereins, 86 couverts et 35 de pluie. Cette proportion, qui est considérable en faveur des jours de beau temps, augmente encore à mesure qu‘ on remonte les rivières de l’Uruguay et du Parana. Cependant la quantité d’eau qui tombe à Montévideo est de 1106 millimètres par an, quand elle n’est à Paris que de 506 millimètres.
- En réalité, la Plata est le pays du soleil, et ce n’est pas sans raison que les Républiques Orientale et Argentine font figurer cet astre dans leurs armes.
- Voici le tableau météorologique de la ville de Montévideo confectionné par le docteur Martin de Moussy, et qui est le résumé des dix années d’observations scientifiques pratiquées par lui-môme, durant sa résidence dans cette capitale:
- Météorologie de la ville de Montévidéo
- années 1843 A 1852 incluses.
- EPOQUES
- Eté..................
- Automne...................
- Hiver................
- Printems...... Mois d’Octobre à Avril....... Mois de Mai à Septembre...,
- QUANTITÉS EN
- TERME MOYEN
- Termometre
- Barometre
- Higrometre
- 761.9 8501
- 763.0 89°8
- 763.9 8901
- 761.8 85°0
- 762.0 85°3
- 763.4/893
- NOMBRE DE JOURS
- 3. E. 3.4 0.5
- Tarie 4.4 0.6 dem 4.0 0.8 . E. 4.2 1.1
- S. E. 9.0 1.9
- Varie 7.0 1.1
- Couverts
- | QUANTITÉ D’EAU | EN MILLIMETRES
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- II
- Superficie, division territoriale et politique
- La superficie du territoire de la République Orientale, selon les calculs du Général du Génie, Josè M. Reyes, est de 7036 lieues géographiques carrées et 3200 cuadras carrées, ou 217,187 kilomètres carrés, ou 63,324 milles géographiques carrés.
- Le territoire est divisé en 13 départements, savoir : 3 au Nord, 1 à l’Est, 4 au Sud, 2 à l'Ouest et 3 au Centre.
- Voici la dénomination des villes et villages principaux qui composent ces départements, avec la superficie qui correspond à chacun.
- Departements.
- Villes, bourgs et villages.
- Superficie en kilom.
- N. SALTO ( Le Salto ) 1 San Eugenio f Santa Rosa I Belen 1 \ Constitue!on / .... 27,863
- N. TaCUAREMBO 4 ' Tacuarembô... .... i I San Gregorio | | Libertad | Ribera j.... 35,837
- N. CERRO- ’ LARGO... Cerro-Largo ou Melo | | Artigas.......... | | San Servando..... | Treinta y Tres.... .... 25,833
- E. MALDONADO .( Maldonado........) San Carlos ] Rocha........: ( Solis Grande..... ( San Vicente. .... 1 Castillos 600 / 17,661
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- Départements.
- 10
- Villes, bourgs et villages.
- Superficie en kilom.
- Montevideo.... 1
- La Union........ 4
- El Cerro...... .... 772
- Atahualpa.........
- 1 Paso ciel Molino.. )
- Canelones...... \
- Pando.........
- Santa Lucia1
- Sanceiedras... .... 5,521
- Tala.......... I
- Solis Chico) Miguez......../
- San José.......• ) Porongos...... .... 13,340 San Gregorio.....)
- La Colonia.... \
- Nueva Palmira ou 1
- Higueritas.. 1
- Rosario.....
- Carmelo ou Las Va- ).... 6,602 cas..............
- Viboras........
- Nueva Helvecia... La Paz........../
- (Sorian... )
- O. SORIANO ... . Mercedes........ .... 10,717 Dolores........)
- 1' Paysandû...... )
- Fray-Bentos ou In- .... 25,240 dependencia.... 3
- Arroyo Grande... ?
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- Départements.
- Villes, bourgs et villages.
- Superficie en kilém.
- C. LA FLORIDA.
- La Florida.......
- Chamiso ..
- |... 14,067
- Minas.......: )
- Cebollati......... .... 17,102
- Averias.
- Durazno.....)
- Tapes............. .... 10,632 Sarandi...........
- Superficie totale 7.036 lieues ou kilôm. 217,187.
- Les ports de la République, sur le Rio de la Plata, sont Maldonado,! Montévidéo et la Colonia; sur l’Uruguay, les principaux sont: Nueva Palmira, Fray-Bentos, Paysandu et Salto.
- A Montévidéo, il y a deux docks pour nettoyer et réparer les navires, à la Colonia il y en a un.
- La forme du gouvernement Oriental est celle d’une République démocratique représentative régie par une Constitution qui a été sanctionnée en 1829 et qui est aussi libérale que celle des Etats-Unis.
- Le Pouvoir Législatif réside dans une Assemblée Généra-le composée de deux chambres, une de Représentants de la Nation avec 43 membres nommés par le suffrage universel, et l’autre de Sénateurs avec 13 membres élus par un petit nombre d’électeurs nommés également par le peuple.
- Le Président de la République est nommé tous les 4 ans le 1er. mars par l’Assemblée Générale des Sénateurs et des Représentants, à la majorité absolue des suffrages.
- La race qui occupait ce pays au temps de la conquête était celle appelée Guarani-Brésilienne, ayant de grands rapports par l’idiome avec celle des Caraïbes. Elle est remplacée aujourd’hui par la race Indo-Européenne dans toute l'étendue de la République, où il n’existe plus un seul Indien.
- La langue nationale est l’espagnol; mais la ville de Montévidéo présente le même aspect cosmopolite que Marseille et Gênes, &, où l’usage des langues les plus con-
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- nues est assez général, comme le français et l’Italien, et même le Basque, l’anglais et l'allemand..
- Les indigènes sont généreux, hospitaliers, patriotes, sobres et vaillants; leur intelligence est vive et ils sont aptes à embrasser toute espèce de carrière industrielle et scientifique. Ils aiment le beau, ont du goût et sont amis du progrès. .
- La Constitution qui est la loi fondamentale de la Republique contient, entre autres, les articles suivants que nous croyons utile d’enregistrer ici:
- Art. 130 Les habitants de l’Etat ont droit a être protégés dans leur vie, leur honneur, leur liberté, leur sécurité et leur propriété. Personne ne peut étre prive de ces droits que conformément à la loi.
- Art. 131 A l’avenir personne ne naitra esclave sur le territoire de l'Etat; le trafic et l’introduction des esclaves dans la République est désormais prohibé.
- Art, 132 Tous les hommes sont égaux devant la loi, qu’elle soit préceptive- pénale ou intuitive, et il n’est pas reconnu d’autre distinction entre eux que celle des talents et des vertus.
- Art. 141. La communication de la pensée par paroles, écrits privés ou par la presse est entièrement libre en toute matière, sans aucune censure préalable; seulement, l’auteur est responsable de ses écrits, et au besoin l’imprimeur, pour les abus qui pourraient étre commis.
- Art. 146. Tout habitant de l’Etat peut se dédier au genre de travail, de culture, d’industrie ou de commerce qui lui plaira, en tout ce qui ne s’opposera pas au bien public ou a celui des citoyens.
- Art. 147. L’entrée de tout individu sur le territoire de la République est libre, ainsi que son séjour et sa sortie en emportant ce qui lui appartient, pourvu qu il observe les lois de police et sans préjudice des intérets d’autrui.
- ni
- Population, mortalité, mariages
- Il est difficile de déterminer exactement le chiffre de la population dans la République Orientale: 1.° faute d’un recensement officiel, 2.° parce qu’il n’y a pas ici de régis-très d’état civil. On peut seulement calculer approximativement le nombre des habitants dans le département de la capitale, au moyen des états annuels de mortalité dressés avec le plus grand soin et avec méthode par la municipalité, mais pour les 12 autres départements, nous n’avons que des états incomplets et des renseignements vagues qui ne permettent pas de fixer un chiffre appuyé sur des données certaines.
- Selon le recensement effectué en 1852, la population de
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- la République Orientale montait alors à 131,969 habitants ainsi répartis: (1)
- 103,383 Orientaux ...... .==78.4 D.8 28,586 Etrangers ...=21.6 «
- Huit ans plus tard, en 1860, le recensement officiel présentait le résultat suivant :
- 221,248 habitants dans tout le territoire de la Républi-que, dont:
- 144,193 Orientaux.................=65.18 p.8
- 77,055 Etrangers........=34.82 «
- Augmentation: 69 p.% en 8 ans = 39 p.8 de plus pour la population nationale, 61 p.8 de plus pour celle étrangère; cette dernière est, comme on le voit, celle qui augmente le plus rapidement par l’effet de 1’ immigration.
- En 1860, la population du département de Montévidéo, selon le même recensement, montait à 57,861 habitants, dont •
- 30,187 Orientaux............==52 p.o 27,674 Etrangers.......... =48 «
- La proportion des étrangers est relativement beaucoup plus grande à Montévidéo que dans l’intérieur.
- Les états de mortalité dressés en 1860 à Montévidéo accusent 1673 décès, y compris les mort-nés. Ce chiffre donne une proportion de un décès pour chaque groupe de 34.58 habitants, ou 28.91 décès par 1,000 habitants, ou 1,000 décès par an pour 34,585 habitants. Ainsi la mortalité est de 2.90 p.% par an sur le nombre total de la population fixe et flottante.
- Tel est le point de départ qui nous sert de base dans les appréciations que nous avons faites à diverses reprises sur la mortalité des années postérieures à 1860, pour calculer le nombre auquel peut monter la population de Montévi-
- (?) Des renseignements officiels publiés en Juin 1829, il résulte que la république comptait au plus alors 74,000 habitants. ( Notice sur la République Orientale, par D. Andrés Lamas. Paris 1854. )
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- déo, parceque, depuis lors, il n’a été fait aucun recensement, si ce n’est l’essai infructueux de l’année 1865.
- Comme point de comparaison pour justifier notre calcul, nous avons le recensement de la République Argentine, qui s’est effectué avec la plus grande régularité en 1869, recensement dont il résulte qu’à Buénos Aires les décès sont de un pour 36.74 habitants, c’est à dire de 2.77 p.% par an, ou en d’autres termes qu’il y a annuellement 27.74 décès pour 1,000 habitants.
- A New-York, en 1870, la proportion était de un décès pour 34.67 habitants; ce chiffre est presque égal à celui de Montévideo qui nous sert de base.
- A Paris, le terme moyen des décès annuels est de un pour 36.20 habitants; en Bavière il est de 1 pour 36; en Prusse, 1 pour 35.70; en Sardaigne, 1 pour 33.78; à Vien-ne, en 1870, on compte 1 décès pour 33.59 habitants.
- A défaut d’un recensement plus récent, la base que nous avons adoptée pour calculer la population de Montévideo, ne peut donc s’éloigner beaucoup de la vérité, surtout quand nous nous référons, comme nous le faisons ici, au terme moyen de deux périodes de cinq années et à celui d’une autre période plus rapprochée de trois ans.
- Voici le résumé annuel des états de mortalité dressés par la municipalité pour la période décénale de 1860 a 1869 et pour les trois années qui suivent, avec la division de la population du département—1.° en population urbaine, qui comprend la ville de Montévidéo avec les districts y annexes du Cordon et de la Aguada; 2.° en population rurale, qui se compose des divers autres districts, avec le bourg de La Union, ceux du Cerro, du Reducto et du Paso del Mo-lino.
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- MORTALITÉ DU DÉPARTEMENT DE MONTÉVIDÉO
- Années POPULATION Total
- Urbaine. Rurale
- 1860 1,470 203 1,673
- 1861 1,443 202 1,645
- 1862 1,543 334 1,877
- 1863 1,874 403 2,277
- 1864 1,825 477 2,302
- 10 période ..... 8,155 1,619 9,774
- 1865 2,875 530 3,405
- 1866 2,836 384 3,220
- 1867 2,460 423 2,883
- 1868 4,539 1,054 5,593
- 1869 2,553 424 2,977
- 2° période ..... . 15,263 2,815 18,078
- A déduire les victimes du choléra :
- 1868 1,405 542 1,947
- 13,858 2,273 16,131
- 1870 2,544 515 3,059
- 1871 3,646 734 4,380
- 1872 2,946 696 . 3,642
- 3° période.... 9,136 1,945 11,081
- Terme moyen des 3 périodes:
- preiniere • 1 631 394
- seconde 2,772 454 - ,000 2 006
- troisième 3,045 648 0,260 3,693
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- os
- —Durant la première période de 1 860 a 1864, il y a sur 100 décès :
- 59 individus du sexe masculin et 41 du sexe féminin ;
- 65 orientaux et 35 étrangers,
- 83 blancs et 17 de couleur,
- 39 enfants des deux sexes au dessous de 2 ans et 61 au dessus,
- 50 enfants et adolescents, 26 mariés et veufs et 24 célibataires.
- —Durant la seconde période de 1865 a 1869, il y a sur 100 décès :
- 64 individus du sexe masculin et 36 du sexe féminin,
- 56 orientaux et 44 étrangers,
- 86 blancs et 14 de couleur,
- 31 enfants des deux sexes au dessous de 2 ans et 69 au dessus,
- 48 enfants et adolescents, 24 mariés et veufs et 28 célibataires.
- —Durant la période des trois années de 1870 a 1872, il y a sur 100 décès:
- 60 individus du sexe masculin et 40 du sexe féminin,
- 67 orientaux et 33 étrangers,
- 93 blancs et 7 de couleur,
- 42 enfants au dessous de 2 ans et 58 au dessus,
- 55 enfants et adolescents, 23 mariés et veufs et 22 célibataires.
- D ans la catégorie des enfants sont compris aussi les mort-nés.
- Ici,- es adolescents sont considérés comme tels jusqu’à l’âge de 12 ans pour les filles, et de 14 ans pour les garçons.
- La disproportion notable qu’il y a dans les décès entre les deux sexes provient de ce que l’immigration se compose en grande partie d’individus du sexe masculin, comme on le verra ci-après.
- Les divers éléments de mortalité, dans les trois périodes ci-dessus, conservent une proportion assez régulière entre eux. La plus grande différence qu’on remarque dans l’analyse qui précède se trouve d’abord parmi les gens de couleur dont la race tend chaque jour à disparaître, à cause de
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- son petit nombre et aussi parce qu’elle constitue une espece de population flottante surtout dans les temps de guerre et de révolution où tous sont soldats; ensuite parmi les enfants et adolescents, parceque les années de 1870 à 1872 ont été plus fatales que les précédentes pour les enfants.
- Quant aux mort-nés, ce n’est que depuis ces deux dernières années que le bureau d'enrégistrement de la mortalité a pris note de cette catégorie négligée jusqu’alors. En 1871, on compte 138 mort-nés sur 4,380 décès, ou 3 P8, et en 1872, 174 sur une mortalité de 3,642, ou 5 p8.
- Les cas de fièvre jaune que nous avons eus durant les mois de mars, avril et mai de l’année dernière, en même temps que la petite vérole exerçait des ravages non moins cruels, quoique dans une bien moindre proportion encore que durant l’antérieure, nous ont permis de faire les observations suivantes :
- La fièvre jaune, pendant la sus dite période, a fait 142 victimes, et la petite vérole pendant le premier semestre de l’année, 301.
- La proportion de ces décès, pour la fièvre jaune, est de 77.47 p8 pour les étrangers, et de 22.53 p8 pour les naturels du pays; pour la petite vérole, elle est au contraire de 68.76 p.% pour les naturels du pays et de 31.24 pour les étrangers.
- En 1871, sur 4380 décès, il y en a eu 127 7 de petite vérole, dont 72 p.8 orientaux et 28 pg, étrangers. Quant aux âges, nous remarquons ces proportions: enfants au dessous de 2 ans 29 % pg, idem de 2 à 10 ans 29 % p8, idem de 11 à 15 ans 7 Jpg, de 15 ans et au dessus 34 p8, fesant observer qu'il y a eu entre autres 4 décès de petite vérole chez des individus de 51 à 60 ans, et 2 de 61 à 70 ans.
- Les victimes de la petite vérole se classent encore ainsi: Population urbaine, sur 3646 décès, il y en a eu 1087 de petite vérole. Proportion 29.81 p. 0{0.
- Population rurale, sur 734 décès il y en a eu 190 de petite vérole. Proportion 25.88 p.0[0.
- Malgré le defaut d'assistance médicale qui a été noté dans les districts ruraux, les ravages de la petite vérole ont été encore moindres à la campagne qu’en ville.
- * *
- C’est ici le lieu de faire observer que la mortalité de Mon-
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- té vidéo,en rapport avec la population selon la proportion que nous avons tirée du recensement de 1860, de 1 décès pour 34.58 habitants, n’est pas absolue et ne doit pas être prise comme indication de l’état sanitaire du pays, attendu que cette proportion se rapporte autant à la population flottante, qui est considérable ici, qu’ à la population fixe. Par exemple, nous avons les malades des navires mouillés dans le port qui entrent à l'hopital, nous avons les pauvres infirmes et les militaires qui y sont envoyés aussi des départements; nous avons encore un asyle de mendicité, un hospice d’enfants trouvés, une maison des fous, le tout établi dans la capitale ou aux environs, et qui fournissent un fort contingent à la mortalité.
- Voici, en résumé, la mortalité qu’il y a eu dans ces divers établissements durant les cinq années qui viennent de s’écouler, et que nous extrayons des états officiels.
- 1868 1869 1870 1871 1872
- Hôpital de Charité.. 354 367 389 335 433
- Maison des fous..... 15 10 18 6 4
- Enfants trouvés 64 56 80 90 71
- A. de mendicité 12 10 13 14 16
- Totaux 445 443 500 445 524
- Rapports avec la mortalité totale p° 8, 15, 16, 10, 14.
- Les décès survenus en 1872 à l’hopital de Charité montent à 433, dont 118 sont orientaux et 315 étrangers. Nous avons donné ci dessus le rapport de la mortalité entre les naturels du pays et les étrangers, il est à peu près de 63 orientaux pour 37 étrangers; ici nous avons au contraire 12 Orientaux pour 31 étrangers; la proportion est renversée et elle prouve évidemment que ces décès proviennent en grande partie des équipages des nombreux navires qui sont mouillés dans notre port.
- Ici, comme dans toutes les capitales et les ports de mer, la mortalité se trouve surchargée par un excédent qui doit être attribué à la population flottante; de sorte que la base de notre calcul, qui est de 1 décès pour 34,58 habitants en général, devrait être reportée sans doute, en ce qui touche
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- la population fixe, à 1 pour 36, 38 ou 40 habitants. Mais les éléments que nous fournissent les divers relevés des administrations publiques, à défaut d’un recensement et des registres d’état civil pour les naissances, sont insuffisants et ne nous permettent pas de présenter un calcul aussi exact que nous l’aurions désiré.
- * *
- D’accord avec la base que nous venons d’expliquer, nous avons calculé le nombre auquel nous croyons que la population de Montévidéo peut monter. Ce calcul nous donne, en terme moyen, le résultat qui suit pour les périodes auxquelles il se rapporte.
- NOMBRE D’HABITANTS A MONTÉVIDÉO
- Années POPULATION Total
- Urbaine Rurale
- Année 1860 1860 à 64. habit. 1865 « 69. « 1870 « 72. « 56,407 95,856 105,296 11,199 15,722 22,408 57,861 67,606 111,578 127,704
- La population du département de Montévideo montait en 1860 à 57,861 habitants;
- Augmentation en 1864..................... 16.86 p.8
- « en 1869,période de dix ans... 92.93 «
- « en 1872.................. 120.00 «
- La population à donc plus que doublé en 10 ans.
- La proportion de l’accroissement de la population de Mon-tévidéo a été de 93 p.8 durant la décade de 1860 à 1869, quand elle n’a atteint durant la période de 1850 à 1859 dans la République Argentine que celle de 39 p.g et durant la période de 1860 à 1869 celle de 33 p.g. La guerre du Paraguay et le choléra, comme le fait observer avec raison 1 auteur du dernier recensement argentin, ayant contribué
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- beaucoup a la diminution qui se note durant la dernière décade, comme on vient de le voir.
- Il est vrai que la seule province de Buenos Aires a éprouvé un accroissement beaucoup plus rapide que les autres, puis qu’il est monté à 5.30 p.8 par an dans la période de 1854 5 1869. Aux Etats-Unis, depuis leur émancipation, l’accroissement a constamment oscillé autour de 3.40 p.8 par an.
- Nous avons donc les proportions suivantes:
- Département de Montévidéo, accroissement en 10
- ans......................................... 93 p.8
- Province de Buénos Aires id. en id........... 53 «
- République Argentine « « .............. 39 «
- Etats-Unis « « ................. 34 «
- POPULATION DE LA RÉPUBLIQUE
- L'Association Rurale, dans le but de remplir le vide laissé par le manque d’un recensement officiel de date récente, s’est adressée aux Préfets des départements, en leur donnant des instructions et des modèles tout préparés et les priant de vouloir bien dresser un recensement approximatif de la population et de lui fournir divers renseignements sur la production et les établissements industriels de leur juridiction.
- Jusqu’à présent, tous n’ont pas encore remis leur travail à l'Association. Les états fournis par trois départements nous ont permi de faire le calcul approximatif de la population qu’ils renferment, et dont nous donnons ici le chiffre total mis en comparaison avec ceux de l’année 1860 ; les voici :
- Départements HABITANTS
- En 1860 En 1872
- Salt. 0 6 0 0 • 15,821 32,602
- Paysandü..... 14,201 33,052
- Colonia............... 13,169 22,508
- Total.. 43,191 88,162
- Augmentation en 12 ans............. 104 p.%
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- Les divers renseignements que nous avons reçus de la campagne nous confirment dans cette idée que depuis l’année 1860, l’augmentation de la population a suivi à peu près partout, la proportion d’un 100 p.8 quand elle a été de 120 p.8 à Montévidéo, comme nous venons de le voir.
- En résumé, nous avons dans le dépar-
- tement de Montévideo............... 127,704 habitants
- En 1860, il y avait 163,387 habitants
- dans les 12 départements, ce qui,
- avec l’augmentation de 100 p.8, nous donne............. 326,774 «
- Total...........454,478 «
- Selon cette appréciation, et malgré l’avis de ceux qui estiment le nombre des habitants de la République Orientale à 500,000, nous sommes convaincu que l’on peut, sans exagération, la calculer en nombre rond a
- 450,000 âmes.
- Terme-moyen de la densité de la population: 2,07 habitants par kilomètre carré, ou 7,10 par mille carré ou 64 par lieu carrée.
- Selon le dernier recensement de la République Argentine, le terme moyen de la densité de la population dans ce dernier Etat est de 0.43 habitants par kilomètre carré, mais il est de 63 habitants par lieue carrée dans la province de Buenos Aires.
- La densité de la population au Brésil est de 0.67.
- Celle du Chili est de 6 habitants par kilomètre carré, quand elle est en Belgique de 151 habitants, en Hollande de 94, en Angleterre de 88, en Italie de 80, en France de 68.
- La République Orientale est donc relativement plus peuplée que celle Argentine et que le Brésil, mais le Chili l’est davantage.
- Cependant nous devons établir la différence qui correspond au département de Montévidéo, afin d’en déduire la proportion qui revient en réalité aux autres départements.
- Il en résulte que nous avons 165 habitants par kilomètre carré dans le département de Montévidéo, et seulement 14 dans les 12 autres départements.
- Les états de la Plata ne sont pas peuplés !
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- Tel est le secret de la rapidité avec laquelle se développent dans ces pays tous les éléments de richesse et de prospérité, en ce sens qu’il suffit de les peupler pour y voir augmenter la production comme par enchantement. Voilà ce que les Nord-Américains, avec le bon sens pratique qui les caractérise, ont parfaitement bien compris.
- Selon le recensement de la République Argentine effectué au mois de septembre de l’année 1869, il y avait à BuénosAires 15,206 Orientaux. On peut calculer que la moitié d'entr'eux étaient des émigrés politiques qui rentrèrent presque tous dans leur patrie au commencement de 1872, après le traité de paix signé entre les partis dissidents.
- Quant à la proportion de la population étrangère dans la République Orientale, les chiffres du recensement de l’année 1860 qui figurent au commencement de ce chapitre démontrent qu’il y avait 348 étrangers pour 652 Orientaux dans toute la République et 480 pour 1000 habitants à Montévidéo.
- Aujourd’hui, cette proportion, loin de diminuer, doit avoir augmenté encore avec l’immigration arrivée d’Europe.
- Dans la République Argentine, cette proportion, selon le recensement de 1869, est de 121 étrangers pour 1000 habitants; mais à Buénos Aires, spécialement, elle est de 305 pour 1000, tandis qu'au Chili il n’y avait en 1866 que 13 étrangers pour 1000 habitants.
- MARIAGES
- Pour donner une idée des mœurs qui règnent dans la société de Montévideo, il suffira de présenter ici l’énumération des mariages contractés durant les trois dernières années sur lesquelles nous avons des données certaines émanées des registres des paroisses. Voici les mariages y enregistrés :
- Année 1869. 1008 catholiques, 9 protestants. Total 1017 « 1870. 867 « 6 « « 873
- « 1871 . 877 « 9 « « 886
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- Nous avons donc en 1869, pour le département de Mon-tévidéo, 1 mariage pour 110 habitants, et en 1870 et 1871, en terme moyen, 1 mariage pour 145 habitants.
- La diminution qui apparait dans les deux dernières années est due à la guerre civile qui régnait alors.
- Les mariages célébrés en 1868 dans toute la République et entre catholiques montent à 3,052, non compris les mariages entre protestants.
- En voici la classification :
- 1,085 à Montévidéo, entre 236Jhommes ORIENTAUX et 487 femmes id.
- et 849 " ETRANGERS et 598 «
- 1,967 Départements, entre 897 « et 1,070 « ORIENTAUX et ETRANGERS et 1,333 « 634 “
- 3,052 3,052 3,052
- Cette population de 6,104 nouveaux mariés se divise quant à la nationalité, de la manière suivante :
- Nationalité A Montévidéo Départements Total
- Orientaux 723 Etrangers 1,447 2,230 1,704 2,953 3,151
- Cette division faite entre les hommes seulement présente les résultats suivants :
- Orientaux......... 236 897 1,133
- Etrangers......... 849 1,070 1,919
- La proportion, pour les étrangers, est donc de 62,88 p.% dans toute la République, 78,25 p.8 à Montevideo, et 54,39 p.% dans les départements.
- Il en résulte que proportionnellement au chiffre de la population relative, il y a beaucoup plus de mariages parmi les étrangers que parmi les nationaux, mais cela tient aussi au nombre relativement plus considérable d’adultes du sexe masculin existant parmi les étrangers, dont les enfants nés dans le pays, sont considérés par la loi, comme Orientaux.
- Du premier des trois petits états qui précèdent il résul-te d'ailleurs que la population masculine est beaucoup plus considérable que la féminine parmi les étrangers, dans la
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- proportion de 19 hommes pour 12 femmes, tandis qu’au contraire on compte parmi les Orientaux 11 hommes seulement pour 18 femmes. Les relevés de la mortalité de Mon-tévidéo nous donnent, comme on l’a vu, 6 individus du sexe masculin pour 4 du sexe féminin.
- Voici l’énumération des mariages contractés en 1868 dans toute la République, sans compter les protestants qui sont peu nombreux, comme nous l’avons dit; il est dressé par ordre d’importance dans le nombre des mariages :
- MARIÉS NATIONALITÉ FEMMES HOMMES
- 2953 Orientaux....... 1820 1133
- 828 Espagnols.......... 283 545
- 885 Italiens 366 519
- 455 Français 177 278
- 530 Brésiliens... 258 272
- 218 Argentins........ 93 125
- 34 Portuguais......... 2 32
- 45 Suisses 16 29
- 55 Africains........ 25 30
- 37 Anglais. 7 30
- 27 Paraguayens... 2 25
- 24 Allemands 3 21
- 7 Nort-Américains....... ---------- 7
- 9 • Hollandais .......... —- 3
- 2 Belges.............. — 2
- 1 Chilien —— 1
- 6104 Totaux......... 3052 3052
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- Immigrants et Colonies
- Le nombre des immigrants et passagers venus d'Europe et arrivés munis de passeports à Montévidéo, durant les années de 1867 à 1871,monte à 93,743 et ceux arrivés en 1872 à 11,516, suivant le relevé ci-dessous que nous copi-
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- ons du rapport annuel de la Commission Centrale d’immigration:
- Années Immigrants arrivés Idem demandant du travail Idem logés Demandes d’immigrants Placés par la Commission
- 1867 17356 1913 187 2586 1802
- 1868 16892 2479 261 4179 2325
- 1869 20435 1861 87 2261 1661
- 1870 21148 1305 110 2136 1210
- 1871 17912 743 22 2555 714
- 93743 8301 667 13717 7712
- 1872 11516 916 41 6133 877
- Tous ces immigrants ne sont pas restés dans le pays, comme le démontre la différence qui existe y a entre le nombre de ceux entrés dans le port et celui des arrivants qui se sont présentés à la Commission demandant du travail. On calcule que le quart à peu près a pu rester dans le pays, c’est à dire environ 25000 pendant les 5 premieres années, et 3000 en 1872, le plus grand nombre ayant suivi pour Buénos-Aires.
- Voici la classification des 8301 immigrants qui se sont présentés à la Commission demandant de l’occupation, pendant la période quinquennale ci-dessus:
- 3018 sont Italiens, 2310 Espagnols, 1169 Français, 625 Anglais, 399 Allemands, &; 7080 adultes du sexe masculin, 674 idem du sexe feminin, 547 enfants;
- 7103 sont catholiques et 1198 protestants.
- La guerre civile qui a troublé l’ordre public dans la campagne durant les années 1870 et 1871 est la seule cause qui a paralysé le mouvement de l’immigration durant ces deux dernières années, mais il est curieux de remarquer que si, en effet, le nombre des arrivants a diminué, ainsi que celui des immigrants placés par les soins de la Commision et de ceux demandant du travail, il n’en n’est pas de même des demandes adressées de la ville et des départements, demandes qui en 1871 ont excédé le chiffre de l’année 1869 et en 1872 dépassent de 50 p8 celui de 1868, tant est grand
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- le besoin de bras utiles dans toutes les branches de l’in-dustrie rurale et urbaine !
- Voici la relation des demandes faites en 1872 au bureau de la Commission d'immigration:
- 3,408 hommes de peine et journaliers pour toute espèce de travaux; 769 cultivateurs et jardiniers, 388 artisans divers, 261 enfants de 10 a 14 ans pour le service intérieur, 257 cuisiniers, 198 domestiques mâles, 151 employés de commerce et de magasin, 64 bergers.
- Pour faciliter le débarquement et le placement des immigrants dès leur arrivée, il a été créé à Montévideo une Commision Centrale d’immigration qui sert d’intermédiaire entre ceux-ci et le public, et qui, sans agents spéciaux en Europe et sans exercer une propagande exagérée et sou-vant trompeuse, s’est bornée uniquement à recevoir et protéger les nouveaux arrivés, en leur indiquant les maisons ou entreprises et fermes qui peuvent les occuper, en procurant un logement aux malades et à ceux qui arrivent privés de toute ressource, ainsi que tous les renseignements dont les travailleurs peuvent avoir besoin sur le prix des salaires et la valeur des terrains propres à l'agriculture.
- Aux familles d'agriculteurs qui veulent s'établir à leur compte et rester au moins 4 ans dans le pays, le gouvernement concède gratis des terrains de 30 a 40 cuadras (22 à 30 hectares) de superficie, dans les environs des chefs-lieux des départements. Après ce terme de 4 ans, les terrains mis en rapport par les occupants leur sont acquis en toute propriété. C’estici le moment de faire remarquer que les frais de premier établissement sont peu considérables dans la cam pagne, vu qu’on y trouve partout ce qu’ilfaut pour y bâtir une habitation en forme de chaumière, et que la terre cultivée rend immédiatement de quoi nourrir surabondamment ceux qui travaillent, pour peu qu’ils aient de la conduite.
- Le bétail coûte peu ici; un cheval vaut de 30 à 40 francs, un bœuf ou une vache de 40 à 55 francs, un mouton de 5 à 6 francs. Les familles de laboureurs ou d’agriculteurs qui émigrent d’Europe apportant avec eux quelques centaines ou milliers de francs, peuvent compter ici sur un bel avenir, car étant bien renseignées comme elles peuvent l’être dès leur arrivée par la Commission d’Immigration et l’Association Rurale, elles ne courrent nullement le risque d’être exploitées ou trompées.
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- Voici les salaires sur lesquels les travailleurs peuvent compter, dès leur arrivée, qu’ils sachent ou non la langue espagnole, car il est facile de se faire entendre ici, vu que dans toutes les maisons on y parle une ou deux langues étrangéres:
- Les bergers gagnent de 12 a 16 S (c’est-à dire de 62 à 85 francs par mois) logés et nourris; les laboureurs autant ou plus; les agriculteurs et jardiniers, selon leurs connaissances et capacités.
- Les domestiques des deux sexes, sachant faire un peu la cuisine, laver, repasser, ou propres au service intérieur des maisons particulières, comme bonnes d’enfants, femmes de chambre, gagnent facilement autant. Les enfants de 10 a 14 ans, pour le même office, gagnent de 30 à 40 francs par mois.
- Les ouvriers de tout état, comme maçons, menuisiers, charpentiers, carrossiers, serruriers, peintres, tailleurs, cordonniers etc., les paveurs, terrassiers, servants de maçons les hommes de peine etc. gagnent généralement de une et demie a2§ (francs 7.50 à 10.50) par jour, et les bons ouvriers peuvent gagner le double.
- Enfin tous les travailleurs sont sûrs de gagner ici leur vie avec beaucoup plus de facilité qu’en Europe, et d’y faire en peu de tems,avec de l’ordre et de la conduite, des économies qui leur permettent au bout de quelques années de s’établir aussi à leur tour et d’acquérir une petite propriété.
- Depuis environ 15 ans nous avons trois colonies établies dans le département de La Colonia, et dont les progrès et la prospérité croissante démontrent les grands avantages qu’on pourrait tirer de ces établissements, en les augmentant ou en les fondant sur une plus grande échelle.
- Voici les renseignements que nous trouvons publiés à ce sujet dans le rapport annuel de la Commission d'Immigra-tion (année 1872) par Mr. Ruperto de las Carreras, Gérant de la Colonie Piémontaise, et dont nous nous bornons à extraire ici, comme étant les plus exacts et les plus propres à donner une idée de ce que l’on peut attendre de pareilles entreprises dans ce pays, sous le point de vue des intérêts deslimmigrants eux mêmes:
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- La Colonie Agricole appelée Piémontaise s’est établie au Rosario en 1858.
- La société a acheté 4 lieues carrées de terrain sur les bords de la rivière du Rosario, à 2 lieues de son embouchure dans la Plata, et sur lequel cette Colonie a été installé.
- Sachant qu’il y avait dans les environs de La Florida un certain nombre de familles vaudoises qui désiraient changer de résidence et se réunir pour former un centre agricole, le Président de la Société proposa aux propriétaires de ces terrains de faire un échange avec elles et à ceux qui ne possédaient aucune terre, a leur en céder dans la proportion de 36 cuadras (26 hectares) par famille, exigeant d’eux en compensation l’abandon du tiers de leur récolte au profit de la société.
- Dès le commencement de l’année 1869 environ, 40 familles vaudoises étaient réunies dans la nouvelle colonie du Rosario, 12 d’entre elles étant propriétaires de 14 chacras ou fermes de 36 cuadras chacune, et 28 ayant accepté la participation qui leur avait été offerte.
- Cela dura environ deux ans. En 1861, la môme société vendit une lieue carrée de terrain pour l’établissement d’une Colonie Agricole suisse, et plus tard, en 1863, elle vendit encore une lieue et demie de terrain à la même entreprise.
- Les Vaudois venaient très peu, chaque année 8 à 20 familles ayant payé leurs passages. La société leur avançait des bœufs, des vaches, des charrues et autres objets de peu de valeur.
- La base principale du contrat était celle-ci: labourer en 4 ans ou plus le double en étendue du terrain qu’on leur cédait et y cultiver du blé, du maïs, des pommes de terre, etc.; en échange, le colon avait à remettre à la société le tiers de sa récolte, et après les 4 années révolues il devenait le propriétaire des 36 cuadras qui lui étaient adjugées.
- Dès l’année dernière (1871) tous les colons sont devenus propriétaires des chacras prises par eux aux deux tiers de la récolte, et plusieurs en possèdent même 1, 2 ou 3 de plus qu’ils ont acquises ensuite par le même moyen, en prenant des journaliers a leur compte.
- Les récoltes de blé leur ont rendu de 14à 20 pour 1. Cel-les du maïs, des pommes de terre, des haricots &, ont tou-
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- jours rendu plus que le nécessaire pour la consommation des habitants.
- Dans les premières années, tous les colons avaient fait leur maison en terre et avec un toit de chaume; maintenant ils ont tous des maisons de briques ou de pierres avec des toits en tuiles ou à terrasse.
- Dès la fondation de la colonie, les plans d‘ un village appel-lé La Paix ont été tracés, et des maisons de détail, des artisans de toutes sortes s’y sont établis; les propiétairesde ces mêmes maisons sont des colons qui ont donné leur champ à cultiver à de nouveaux arrivés qui leur donnent pour tout loyer le tiers de la récolte.
- Il y a dans la colonie un moulin à vapeur, un à vent, diverses meules mues par des mules; 2 écoles primaires pour les deux sexes, et un temple protestant en construction.
- Un propriétaire, M. J. Victorica, avait un terrain de 2.800 cuadras (2066 hectares) avoisinant ceux de la colonie, il le partagea en chacras et en vendit une partie aux colons qui se trouvaient déjà à l’étroit et aux nouveaux immigrants arrivés en 1868 et 1869, au prix de 10 à 12 $ (55 à 66 francs) la cuadra (73 ares 78 cent.) carrée. La même chose est arrivée avec les terrains de Mr. Jean P. Ramirez, voisin du premier. Avant dix ans, cette localité qui a 16 lieues carrées de superficie sera toute occupée par des agriculteurs.
- Toutes les chacras sont divisées entre elles par des haies et des fossés, et elles sont plantées de peupliers et d’arbres fruitiers qui en rendent l’aspect des plus agréables.
- Les antres colonies sont tracées sur le même plan, excepté la Suisse dont les chacras sont de 2 cuadras sur 10, ou 20 cuadras carrées (14 hectares 75 ares).
- —La colonie Suisse appelée Nouvelle Helvétie a commencé, à se former en 1861, et en 1864, elle comptait 234 familles.
- Les commencements de cette colonie ont été difficiles parceque la majeure partie des colons n’étaient ni laboureurs, ni agriculteurs. La société primitive se divisa et elle fut bientôt remplacée par une autre établie sur des bases plus solides. Toutes leschacras se sont vendues alors de $4 à 7 (22 à 31 francs) la cuadra carrée (7 ares 78 cent, ou 2 acres environ); aujourd’hui ces chacras valentde $ 14à 30 la cuadra, c’est à dire quatre fois le prix qu’elles ont été payées il y a 8 ans.
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- Actuellement la colonie Nouvelle Helvélie compte environ 160 familles, lesquelles sont toutes propriétaires des cha-cras qu’elles occupent.
- Chaque année les terrains de ces deux colonies augmentent de valeur, et ceux de la colonie Piémontaise ne se vendent pas aujourd’hui à moins de S 20 la cuadra.
- Ces prix avantageux prouvent au moins que ces établissements agricoles progressent et prospèrent.
- Avec l’affermissement de la paix dans la République et la construction des chemins de fer, il se formera de grandes entreprises de colonies ou d’établissements agricoles qui transformeront le pays en peuplant ses campagnes désertes.
- Au Cerro-Largo, chef lieu du département du même nom sur la frontière du Brésil, il s’est formé une société anonyme au capital de $ 25,000 qui a pour objet de contribuer par ses opérations au développement de l’agriculture et des industries rurales dans les terrains communaux qui environnent la ville.
- Cette société a pour objet d’acquérir les terrains nécessaires pour y installer des familles d’agriculteurs, dans la proportion de une famille par 30 hectares de terrain, et pour chaque mille piastres du capital souscrit.
- Dans ce but, la société s’engage à fournir à chaque famille les fonds nécessaires pour leur premier établissement, moyennant l’intéret de 6 p.° l’an, taux modique dans un pays où l’intéret légal est de 12 p.§ et l’intéret courant souvent de 18 p.g. La moitié des terrains remis aux colons pour les cultiver leur est cédée en toute propriété, et la société s’engage à leur vendre le reste àla fin du contrat ou avant s’ils se trouvent en état de le payer.
- Dans tous les départements, il y a de grands propriétaires ou fermiers qui sont tout disposés à favor iser l’immigration par des moyens semblables, et quelque Compagnies sont déjà en voie de formation dans le but de créér de grands établis sements agricoles comme celui récemment formé dans le département de Paysandù par M. Mrs. Wendelstadt qui viennent de recevoir une grande charrue à vapeur, la première qui ait été introduite encore dans le pays—et di-
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- verses entreprises de colonisation sont aussi en voie de se constituer.
- Avec les colonies et la multiplication des établissements ruraux, la production augmentera vite ainsi que la consommation, et le commerce prendra alors un développement extraordinaire.
- L’IMMIGRATION A BUENOS AIRES
- En outre de Montévidéo, nous avons aussi dans la Plata le port de Buénos Aires, où le mouvement d’immigration est encore beaucoup plus considérable qu’à Montévideo; de manière que les immigrants qui ne trouvent pas à se placer ici à leur convenance, peuvent suivre à bord du même navire jusqu’à Buenos-Aires, situé sur l’autre rive de la Pla-taà 40 lieues de Montévidéo, où ils trouvent facilement aussi de l’occupation.
- Voici le nombre des immigrants arrivés d’Europe et débarqués à Buénos-Aires durant les dernières 16 années :
- En 1857 sont arrivés...., 4,951 immigrants
- 1858 « ..... 4,658
- 1859 « .... 4,735 «(
- 1860 « ..... 5,656 ((
- 1861 « .... ...... 6,301 ((
- 1862 « .... 6,716 ((
- 1863 « .... 10,408 «
- 1864 « ..... ... 11682
- 1865 « .... 11,767 ((
- ' 1866 « ..... .. ... 13,696 «
- 1867 « ..... ..... 17,046 «
- 1868 « ..... 29,234 «
- 1869 « ..... 37,934 «
- 1870 « ..... ..... 41,058 «
- 1871 « 21,758 «
- 1872 ...... 32.740 «
- En 15 ans il est donc entré dans le port de Buénos-Aires 260,340 immigrants provenant d’Europe dont la plupart se sont établis dans la République Argentine.
- La République Argentine, comme la République Orien-
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- tale, offre dans chacune de ses 13 provinces tous les éléments désirables de travail et de richesse.
- De nombreuses colonies sont deja établies sur son territoire ; une de ses provinces, celle de Santa-Fé, la plus favorisée de toutes sous ce rapport, en compte, déja 31.
- Du rapport publié tout récemment sur l’Etat actuel des colonies agricoles de la République Argentine, par l’Inspecteur National, Mr. G. Wilcken (1), il résulte que les 35 colonies dont il donne les plans et les états occupent une superficie de 153 lieues carrés, et contiennent ensemble 3185 familles composées de 16,678 individus, dont 2364 sont Argentins, 5857 Suisses, 4157 Italiens, 1889Français, 1483 Allemands, 486 Anglais, 215 Espagnols, 82 Nord Américains, et 145 de diverses autres nationalités.
- Il y a dans ces colonies 8 églises catholiques, 5 temples protestants, 22 écoles publiques dans lesquelles s instruisent 1,120 enfants des deux sexes; 15 moulins à vapeur, 15 paires de meules mues par des mules, 19 fours à briques et 3,605 maisons dont 511 en bois et 2,073 couvertes en chaume. .
- Tous ces colons réunis possèdent 11,767 bœufs de labour, 33,561 vaches, 11,958 chevaux et mules, 4,625 moutons et 5,457porcs.
- L’on peut donc dire que le courant d'émigration qui depuis quelques années se dirige d’Europe vers la Plata est définitivement établi, dès qu’il peut compter sur de semblables éléments de succès .
- Le terrain propre à l'établissement des colonies agricoles est considérable dans des pays aussi peu peuplés que ceux de la Plata, et où la propriété est encore si peu fractionnée. Dansla République Orientale il ne manque plus qu une bonne loi sur les terres publiques, comme celle rendue aux Etats-Unis en 1862 et appelée homestead law, pour donner aux entreprises de colonisation une grande impulsion qui sera aussi favorable au pays qu’ avantageuse pour les immigrants.
- IMMIGRATION ET ÉMIGRATION
- En Europe, les gouvernements, à l'instigation des grands propriétaires cherchent à arrêter le courant d'émigration qui
- 1) Buénos Aires 1873. Un volume grand in 8.0
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- se manifeste parmi les classes pauvres, comme s’il s’agissait vraiment d’une traite des Blancs organisée dans un intérêt mercantil. C’est là une erreur que la politique doit avoir quelque intérêt à propager dans un but que nous n’avons pas à examiner ici.
- La vérité est que c’est l’émigration qui a fourni aux Nord-Américains les éléments principaux de leur grandeur et de leur prospérité, et que cette immense population étrangère venue d'Europe et qui monte déjà à plus de 7 ou 8 millions d’habitants est arrivée à contribuer aujourd’hui à la constitution de l’une des plus grandes nations du monde, en même temps qu’elle a servi à élargir dans des proportions énormes le cercle des affaires, du commerce et de la navigation du vieux monde.
- La même chose est arrivée pour tous les états de l’Amérique du Sud, et en particulier pour ceux de la Plata dont les marchés étaient à peine connus et exploités par le commerce européen il y a une cinquantaine d’années.
- Bien n’est plus facile à démontrer que cette vérité, comme nous l’avons déjà fait nous même il y a quelques années dans les colonnes du Siglo de Montévideo. Il suffit pour s’en convaincre de consulter la statistique du commerce d’Angleterre, de France, d’Italie, d’Allemagne; on y verra quelle a été l’augmentation prodigieuse de ce commerce depuis l’année 1810, où il était presque insignifiant et se faisait sur une très petite échelle avec l’Amérique du sud et presque exclusivement par les navires espagnols, jusqu’à nos jours où il alimente des miliers de navires à voiles et à vapeur, comme on le verra plus loin, jusqu’au point d’en faire, par exemple, pour la France, le premier marché du monde après l’Angleterre pour ses vins de Bordeaux, et pour la navigation à vapeur, la ligne la plus prospère après celle de l’Inde.
- Comme le dit fort bien le vice-Président de l'Association Rurale dans un article que nous avons sous les yeux : « Les bénéfices de ce trafic sont avantageux pour tous : — pour les Européens, parce qu’il leur a servi à augmenter considérablement les produits de leur agriculture et de leurs fabriques, leur marine marchande et leurs forces économiques—pour les Américains, parce que ceux-ci ont vu s’élever considérablement les prix de leurs produits, peupler
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- leurs déserts, augmenter leur richesse et qu’ils ont pu procurer plus de bien être a tous.
- « Favoriser F émigration en Europe, c'est laisser plus de place à ceux qui restent, c'est augmenter la consommation des produits agricoles et manufacturés, parce que ceux qui partent et par ce moyen savent se créér une position meilleure au delà des mers augmentent la demande en proportion des moyens qu’ils acquièrent pour se donner une plus grande somme de bien être; c’est élever les salaires en Europe et diminuer le coût des articles les plus nécessaires à la conservation de l’existence et à l'accroissement des forces productrices du travail.»
- En un mot, l’émigration des travailleurs pour ces terres promises de l’Amérique où tous sont sûrs de trouver une bonne rémunération, de se créér un riant avenir, de devenir propriétaires, c’est la juste répartition de la terre, c’est la meilleure organisation du travail qu’il soit possible de réaliser au profit de tous, c’est la solidarité rêvée par ceux qui cherchent à établir l’équilibre entre les aspirations du prolétaire ct les droits acquis de ceux qui possèdent, entre le travail et le capital, entre le consommateur et le producteur.
- L’émigration quand elle est spontanée, raisonnée, est un élan des populations pauvres ou déshéritées vers un avenir meilleur, élan que les gouvernements ne doivent pas chercher à arrêter, dans l’intérêt même de l’humanité.
- Mais il faut bien distinguer et ne pas confondre l’émigration des travailleurs, ( c’est de celle-ci que nous parlons), avec celle des gens sans aveu, sans profession, ou des paresseux, car cette dernière ne vaut rien, et les gouvernements d’Europe en la prohibant, rendraient service à la fois à ces malheureux eux mêmes et à l’Amérique qui ne les reçoit qu’avec répugnance, jusqu’au jour où sans doute elle leur interdira son territoire.
- Tous ceux qni savent unmétier ou qui sont propres à toute espèce de travaux demandant de la force, de la constance ou de l’intelligence, sont assurés de gagner très bien leur vie dans la Plata—mais les paresseux et les vicieux ne s’y trouveront guère mieux qu'ailleurs; ensuite, les musiciens ambulants, les décrotteurs de bottines, les mendiants, ne constituent certes pas un élément d’immigration ni de colonisation; ils pullulent déjà trop dans l’Amérique et ne
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- Go
- tarderont pas a y mener une vie aussi misérable qu’en Europe;
- Ce n’est pas de la propagande d’émigration que nous faisons ici, mais une simple réflexion dictée par l’observation des faits par un étranger, ancien négociant et publiciste, qui réside dans ces pays depuis l’année 1840.
- V
- Commerce
- IMPORTATION ET EXPORTATION
- Les derniers états statistiques de la douane sont de l’année 1864, depuis lors, l’administration n’en a pas publié d’autres, et pour apprécier l’importance du commer-ce d’importation et d’exportation, nous n’avons pas autre chose que les états de comptabilité de l’administration rendant compte mensuellement des droits perçus, avec un résumé annuel assez scrupuleusement établi pour qu’il soit ‘facile de chiffrer le rapport des droits perçus avec la valeur importée et exportée.
- Ensuite, nous nous servons ici d’une statistique du commerce d’importation et d'exportation de l’année 1869 dressée par les soins de Mr. Jules Doazan, Chargé d’affaires de France, qui a été traduite par nous en espagnol et publiée ici l’année dernière.
- Quant à l’exportation, nous avons pour toutes les années des données exactes qui sont tirées des relevés faits sur les manifestes de sortie des navires, et qui nous permettent d’apprécier exactement chaque année l’importance de ce commerce.
- Chaque année l’administration des douanes nous fournit la valeur officielle du commerce d’importation et d’exportation, calculée en masse sur le produit d’un droit fixe extraordinaire qui est imposé à l’importation et à l’exportation, mais ce droit n’étant perçu qne sur les articles qui sont passés en douane, il en résulte que nous n’avons ainsi que la valeur des articles destinés à la consommation ou au commerce intérieur, et non pas celle de ceux in-
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- troduits de l’extérieur dans nos dépôts de douane; c’est à dire que dans cette appréciation n’est pas comprise la valeur des marchandises restées en dépôt ni celle du commerce de transit.
- Voici le tableau de la valeur de ce commerce pendant les années 1866 à 1872; nous y ajoutons celle du commerce de 1862 comme point de comparaison:
- Commerce 186% ISGG 1862 1868
- D’importation... D’exportation g 8.151,802 8.804,443 14.608,091 10.665,040 17.657,918 12.077,795 16.102,475 12.139,720
- Total $ 16.956,215 25.273,131 29.735,713 28.242,195
- Commerce 1869 1870 1821 182%
- D’importation D'exportation......... Total $ 15.830,678 13.930,027 15.003,342 12.779,051 14.864,217 13,334,224 18.859,724 15.489,532
- S 30.760,705 27.782,393 28.198,471 34.349,256
- La valeur officielle de notre commerce extérieur maritime durant les cinq années de 1866 a 1870 monte aux sommes suivantes :
- Importation..................$ 80.202,504
- Exportation............................ •. « 61.591,633
- S 141.794,137
- Sans compter le commerce de transit ni l’exportation terrestre et de bestiaux par la frontière du Brésil. On peut calculer ce dernier, sans exagération, pour les cinq années à•............................. « 15.000,000
- Total en 5 ans.. .......... $ 156.794,137
- Près de 34 millions de livres sterlings et plus de 862 millions de francs, valeur officielle ; c’est à dire près de 7 millions de livres sterlings ou 173 millions de francs par an.
- Pour mieux comparer la différence qui existe entre le
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- mouvement commercial des deux dernières années et celui des années antérieures, nous allons mettre en présence les résultats de ces deux années avec le terme moyen des cinq années précédentes et ceux de l’année 1862 ( sans compter l’exportation terrestre ). En voici le tableau :
- Périodes Importation Exportation Total
- Année 1862 1866 à 1870 ) Terme moyen ) Année 1871..... 1872 8.151,802 16.040,501 14.864,247 18.859,724 8.804.443 12.318,327 13.334,224 15.489,532 16.956,245 28,35 8,828 28.198,471 34.349,256
- Pendant la période de 1866 a 1870, nous avons eu une année (celle de 1868 ) de paralisation presque complète, avec la crise des banques, et une autre, celle de 1870, d'agi-tation politique, ainsi que celle de 1871.
- Quoiqu’il ensoit, on voit que dans le court espace de dix ans, le commerce maritime de la République a plus que doublé dans cette proportion : 131 p.g de plus sur les importations et 76 p.8 de plus sur les exportations.
- Après la pacification de la République en 1865 et grâce au mouvement extraordinaire créé par la guerre du Paraguay, les affaires ont pris un grand développement, mais l’ordre ayant encore été troublé plus tard, les années 1870 et 1871 s’en sont ressenties et présentent, une diminution de 5 p.8 sur les trois années antérieures.
- Cependant la vitalité du pays est telle que, malgré les circonstances que nous venons de signaler, le terme moyen des années 1866 a 1870 présente une augmentation de 67 p.8 sur l’année 1862, augmentation qui se partage ainsi : 96 p.8 sur les importations et 40 p.8 sur les exportations.
- En 187 i, le résultat total est presque égal au terme moyen de 1866 à 1870, avec cette différence que, comparé avec cette dernière période, il y a une diminution de 74 p.8 sur les importations et une augmentation de 8 p.% sur les exportations.
- L’année 1872, comparée avec la période de 1866 à 1870, présente une augmentation de 21 p.% ainsi partagée: 17 % p.8 sur les importations et 26 p.8 sur les exportations.
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- Le mouvement des deux dernières années est donc relativement plus favorable à l’exportation, c’est-à-dire à la production—fait économique que nous verrons se repro duire successivement avec la conservation de la paix et la réorganisation administrative du pays, parce que la guerre civile fait plus encore que paralyser le commerce, elle détruit par ses excès une grande partie de la production en faisant cesser le travail dans la campagne.
- En résumé, il résulte évidemment que les années de guerre civile voient diminuer l’actif de la République en épuisant ses ressources, quand au contraire les années de paix voient cet actif augmenter dans une proportion étonnante et la prospérité renaître comme par enchantement.
- COMMERCE DES ETATS DE LA PLATA
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- La proximité des marchés de la République Argentine avec les nôtres, et la similitude des articles que consomment et produisent les deux pays font que, bien souvent, on confond en Europe notre place avec celles de Buénos-Aires, du Rosario &. sous la dénomination des Etals de la Plata, sans les distinguer l’une de l’autre, comme nous l’avons vu dans divers relevés statistiques.
- En effet, 40 lieues seulement séparent les deux ports situés tous les deux, l’un sur la rive droite, l’autre sur la rive gauche du Rio ou du fleuve de la Plata. Cette distance, les vapeurs qui font tous les jours ce service, la parcourent en moins de dix heures; on part de Montévidéo tous les soirs à 6 heures, et l’on arrive dès le matin à Buénos Aires.
- Enfin, l’identité d’origine et de traditions, de mœurs, de langage, d’institutions politiques et d’aspirations sociales, rend d’autant plus étroits les liens fraternels qui unissent les deux Républiques, dont les deux places principales servent mutuellement de marché l’une à l’autre pour les articles qui peuvent abonder d’un côté et manquer de l’autre. Cette communauté établit pour le commerce extérieur une grande facilité d’opérations qui tourne au profit de tous. Telle est la raison pourquoi la majeure partie des navires à voiles se dirigent d'abord à Montevideo pour suivre ensuite à Buénos Aires, si ce dernier marché leur offre plus d’avantages, ayant les moyens de communiquer instantanément entre les deux ports par la voie du télégraphe sous-
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- marin dont le fil électrique s’étend jusqu’à tous les ports riverains de la Plata, de l'Uruguay et du Parana, jusqu'au Paraguay et jusqu’au Chili, à travers la cordillère des Andes. Tous les navires des lignes transatlantiques touchent aussi premièrement à Montévidéo et suivent ensuite jusqu’à Buénos Aires, excepté ceux des lignes du Pacifique qui ne vont pas à Buénos Aires.
- Il n’est donc pas sans intérêt de connaître aussi quel est le mouvement commercial de la République Argentine.
- Selon la Statistique Générale du commerce extérieur de la République Argentine, la valeur officielle de ce commerce durant les années 1870 et 1871 monte aux chiffres suivants :
- Commerce extérieur 1870 1831
- D’importation g 46.624,766 44.157,258
- D’exportation 29.248,146 26.125,937
- République Argentine.... 75.872,912 70.283,195
- République Orientale.... 27.782,393 28.198,461
- La Plata. $ 103.655.305 98.481,656
- En francsfr 570.104,177 541.649,163
- En Livres sts..... 22.054,320 20.953,543
- (Les piastres fortes de Buénos Aires valent 4 p.g de moins que les piastres courantes de la République Orientale. )
- Voici quel a été le mouvement de ce commerce durant l’année 1870:
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- COMMERCE DE BUENOS AIRES EN 1870
- Pays de provenance et de destination Importation Exportation Total
- Angleterre $f. 12.193,014 6.644,758 18.837,772
- France 12.666,374 5.493,007 18.159,381
- Belgique.... 1.274,354 6.537,335 7.811,689
- Etats-Unis 2.837,549 3.827,530 6.665,079
- Brésil 3.334,293 490,711 3.825,004
- Espagne 2.174,492 816,708 2.991,200
- Italie 1.676,425 884,791 2.561,216
- Répub. Orientale.. 2.080,262 394,572 2.474,834
- Allemagne 1.573,695 225,749 1.799,444
- Chili ............ 1.369,772 243,058 1.612,830
- Hollande 1.289,080 139,679 1.428,759
- Les Antilles 215,704 779,920 995,624
- Autres 669,641 182,074 851,715
- Total $f. 43.354,655 26.659,892 70.014,547
- En $ orientales... 41.620,469 25.593,496 67.213,965
- En livres sterlings 8.855,419 5.445,424 14.300,843
- En francs........ | 228.912,579 140.764,228 369.676,807
- Le commerce extérieur de la République Argentine en 1870 est de 142 p.% plus considérable que celui de la République Orientale, ou une fois et demie plus important que ce dernier.
- Commerce de la Repurlique Orientale en 1869
- Selon l’état général dressé par Mr. Doazan, Chargé d'affai-res de Franceet dont nous avons publié la traduction en langue espagnole, le commerce général des ports dela République Orientale de l'Uruguay, y compris l'exportation de bétail, durant l’année 1869, monte à $ 41,601,912, valeur de place.
- En voici l’état détaillé:
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- immel.
- Pays de provenance et de destination IMPORTATION EXPORTATION TOTAL
- France..... $ 6.470,187 8.501,264 14.971,451
- Angleterre ...... 5.508,016 1.558,715 7.066,732
- Brésil .... » 1.718,758 3.142,108 4.860,866
- Etats-Unis........ 1.361,192 2.175,322 3.536,514
- Belgique........ 694,961 3.129,168 3.824,129
- Espagne et Cuba.. 2.037,304 487,802 2.525,106
- Allemagne : 1.684,451 1.684,451
- Italie .... ....... 780,532 170,614 951,146
- Chili .......... . 888,018 24,272 912,290
- Hollande.. 544,728 544,728
- Rép. Argentine... 444,312 444,312
- Portugal........ 111,307 111,307
- Inde..... 52,912 52,912
- Autres pays 1,968 114,000 115,968
- Total...... 22.298,646 19.303,266 41.601,912
- En francs.... 122.742,553 106.163,963 228.810,516
- En Livres stgs. 4.744,393 4.107,077 8.851,470
- Les calculs antérieurs sont faits sur les valeurs que les articles ontsur place, tandis que ceux tirés des états de la douane au commencement de ce chapitre sont faits sur les valeurs officielles des déclarations de douane. De là résulte la différence qu’on notera entre les deux appréciations, cette dernière se rapprochant beaucoup plus de la valeur réelle.
- En voici la démonstration.
- Suivant la statistique dressée par Mr. le Chargé d’affaires de France, nous avons pour l'année 1869 en valeur de place ou réelle :
- Importation........... $ 22,298.646
- Exportation........... « 19,303.266 41,601.912
- Suivant le calcul de l’administration des douanes orientales, nous avons :
- Importation........... $ 16,830.678
- Exportation............... « 13,930.027 30,760.705
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- G
- Différence.................... $ 10,841.207 oins l’exportation terrestre du bétail qui n’est pas comprise dans les états de la
- douane.......................................2,500,000
- testent........................ $ 8,341,207
- Ce qui représente un excédent de 27 p.g sur la valeur officielle, excédent qui correspond assez exactement à la différence des valeurs sur lesquelles ces calculs ont été faits.
- Les articles qui alimentent l’importation ci-dessus sont les suivants que nous classons ici por ordre de leur importance : ARTICLES IMPORTÉS EN 1869
- Tissus divers.............................. $ 4.107,885
- Boissons et liquides....................... « 4.102,050
- Sucre, yerba-mate, thé et épices........... « 2.548,222
- Farine et céréales...........................« 1.449,412
- Comestibles en général..................... « 1.325,925
- Effets confectionnés, chapeaux, gants.. ... « 1.361,876
- Mercerie, quincaillerie, parfumerie................. « 1.115,487
- Ferronnerie et machines..................... « 1.099,810
- Charbon de terre et bois à brûler......... « 974,658
- Matériaux de construction.................. « 594,466
- Drogues et médicaments. ................ « 585,485
- Tabac et cigarres.......................... « 463,116
- Chaussures.......... « 386,388
- Sellerie et peaux préparées.......... « 342,246
- Divers articles de ménage et d’utilité...... « 275,342
- Bijouterie.................................. « 265,600
- Porcelaine, cristaux et faïence............. « 249,213
- Librairie, papeterie , articles de bureaux, types d’imprimerie. « 236,804
- Meubles, pianos et billards............... « 212.846
- Articles de marine.......................... « 195,266
- Armes, poudre, munitions........... « 97,575
- Articles pour chemin de fer, gaz et thélégra-phes électriques. « 84,157
- Matières premières.........-............... « 28,098
- Articles divers non spécifiés............... « 147,440
- Total .......... $ 22.298,646
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- Le classement par nationalité qui figure au tableau de la page 41 correspond seulement à la provenance et à la destination des articles importés et exportés, mais elle ne se rapporte pas exactement à l’origine réelle des premiers ni à la destination définitive des derniers.
- C’est ainsi que l’Angleterre, au moyen de ses nombreuses lignes de bateaux à vapeur, apparait comme introductrice des produits naturels et manufacturés d’Allemagne, de Belgique et Hollande, de France même et de Suisse, qui sont importés ici comme provenant d’Angleterre; la même chose arrive aussi pour divers articles provenant d'Alle-magne, de Belgique, de Suisse qui sont introduits ici par navires français. Enfin, la Belgique reçoit par le port d’Anvers de grand es quantités de produits du pays en laines, cuirs &. qui suivent en partie pour l’Allemagne, la Hollande et le Nord de la France ou y sont achetés pour la consommation de ces divers pays.
- De ces faits il résulte, par exemple, que le chiffre du commerce de l’Allemagne n’est pas porté ici à sa véritable valeur et que l’exportation pour la Belgique devrait être attribuée en grande partie à d’autres pays.
- Nous pourrions dire la même chose de la France, l’Angleterre, l’Italie et plus particulièrement de la Suisse dont le commerce ne figure pas dans nos tableaux, faute d’une statistique raisonnée qui nous permette d’apprécier plus exactement le mouvement commercial des diverses nations avec la République Orientale. Le Brésil qui importe aussi des articles d’Europe et du Nord-Amérique, se trouve dans le même cas.
- Quant à l’ensemble des différents articles ci-dessus détaillés, l’examen du travail confectionné par Mr. le Chargé d’affaires de France démontre ce qui suit:
- Tissus. L'Angleterre seule importe sur nos marchés la moitié de ceux y introduits, pour une valeur de $ 2,013,192.
- Ensuite vient la France pour $ 1,302,143. l’Allemagne pour $ 408,191, la Belgique pour $ 202,020, &.
- Poissons. La moitié de toute cette importation est fournie par la France pour $ 2,084,430, puis par l’Espagne dont le chiffre est de $ 665,780, etc.
- Sucre, yerba-mate, café, épices. Le Brésil est la nation qui figure pour près de la moitié dans l’importation de ces artu
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- 1
- S11
- cles, à cause surtout de l’introduction de la yerba-mate et du sucre.
- Ensuite viennent l'île de Cuba pour $ 273,300, la France pour $ 223,400, la Hollande pour $ 186,360, l'Allemagne pour $ 163;830, etc.
- Céréales et farines.—Le Chili figure ici pour plus de la moitié, ou $ 827,030. Puis l'Italie pour $ 183,624, et les Etats-Unis par la voie du Brésil pour $ 132,345, etc.
- Comestibles.—Près des trois quarts de ces articles sont importés par les pays suivants:
- Espagne $ 354,127. France $ 301,543. Italie $ 221,558, etc.
- Effets confectionnés, etc. —Plus de la moitié de ces articles sont importés de France pour $ 768,930, puis d’Angleterre pour $ 347,544, etc.
- Mercerie, quincaillerie, parfumerie.—Les trois quarts de ces articles sont importés, de France pour $ 445,365, d'An-gleterre pour $ 301,498 et d’Allemagne pour $ 137,138, etc.
- Ferronnerie et machines. — L’Angleterre seule importe presque les trois quarts de ces articles.
- Charbon de terre.—Toute cette importation est exclusive de l'Angleterre.
- Tabac et cigarres.—Plus de la moitié de cette importation provient du Brésil pour $ 175,164, et de la Havane pour $ 102,323. Ensuite viennent la Hollande et la Belgique pour $ 61,966, l’Allemagne pour $ 54,551, les Etats-Unis pour $ 34,528, etc.
- Chaussures.—Près de la moitié des chaussures importées provient de la France qui figure ici pour $ 180,328. Puis d’Allemagne pour $ 81,700, d’Angleterre pour $ G8,320, etc.
- Semelles, peaux préparées, sellerie.—La République Argentine d’où proviennent la majeure partie des cuirs tannés pour semelles et quelques autres peaux préparées , figure pour plus de la moitié dans cette importation, S 172,116, et la France pour $ 106,146, etc.
- Porcelaine, cristaux, faience.—Les sept huitièmes de cette importation proviennent d’Angleterre qui est exclusive pour la faïence et figure pour $ 1 18,474. La France pour $ 53,962, la Belgique pour $ 45,226, etc.
- Librairie, papeterie, types d'imprimerie.—Les trois quarts de cette importation proviennent de France et se chiffrent
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- en $ 86,478. L’Italie figure pour $ 47,150, l’Espagne pour $ 27,382.
- Meubles, pianos, billards,— Près des trois quarts de cette importation vient de France pour $ 72, 334, d’Allemagne pour 66,090 et des Etats-Unis pour $ 38,543, etc.
- ARTICLES EXPORTS EN 1869
- 29.034,240 kil. laine en suint.... $ 6.933,328
- 298,000 » id. lavée 69,832
- 573,820 » crin mélangé.......... » 315,600
- 637,774 cuirs de bœufs et de vaches secs » 2.284,768
- 499,981 » id. salés 2.890,271
- 41,121 » de veaux secs.......... » 63,412
- 5,120 id. salés....... p o...... » 10,538
- 9,602 » de chevaux secs... » 11,516
- 24,414 » id. salés... 44,828
- 5.497,024 kil. peaux de moutons avec
- laine...... « .. )) 937,870
- 9,200 » plumes d'autruches..... » 26,400
- 7.499,000 » suif et graisse.... » 1.158,436
- 32.425,944 viande salée » 1.311,430
- 211,680 huile de pieds de bœufs.. » 43,000
- — extractum carnis » 400,000
- 57,000 kil. peaux de chèvres » 44,420
- 29,130 id. veaux mort nés » 5,630
- cornes et onglons 26,881
- 5,785 ton. os et cendre d’os... 92,767
- — vieux chiffons. » 1,120
- 9,243 mules et chevaux » 114,000
- divers produits... » 17,220
- $ 16.803,267
- 200,000 bœufs et vaches exportés
- par la frontière au Brésil » 2.500,000
- Total........ 19,303,267
- Nous notons que, suivant l’état détaillé que nous venons de résumer ici ; pour l'exportation des laines et peaux de mouton, les marchés de la France occupent le premier rang, ceux de la Belgique le second; viennent ensuite ceux
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- de l’Angleterre—Pour les cuirs de bœufs et de vaches, la France est en première ligne, les Etats-Unis en seconde, la Belgique en troisième—Pour le crin, l’importance des marchés suit le même ordre que pour les laines—Pour le suif et la graisse, c’est la même chose—Pour la viande salée, les deux marchés uniques sont le Brésil et l'île de Cuba— Pour l’extrait de viande, les os et la cendre d’os, l'Angle-terre est le marché presque exclusif.
- EXPORTATION DES ANNÉES 1866 A 1869
- Voici le tableau de l'exportation des produits principaux du pays durant les 4 années de 1866 à 1869 que nous donnons ici en globe avec la dénomination des ports où ils furent expédiés :
- DESTINATIONS Cuirs secs et sales SUIFS LAINES balles CRIN balics
- Pipes Caisses
- Havre 1.008,800 30,121 3,900 80,660 2,846
- Bordeaux.. 58,442 4,610 1,297 20,997 112
- Marseille et Génes 1,701 4,971 12.845 183
- Nantes 10,98 988 12
- Bayonne O 1,135 1,054 747
- Saint-Malo 16,798 ' 40 50
- Liverpool 175,098 17,250 1,440 25,426 1,430
- Londres 5,916 867 708 '28
- Falmiouth, a ordre 355,651 11,865 in 1,653
- Anvers . 205,914 2,553 455 57,145 301
- Drontheim 14,706 ' 34
- New-York 1.488,739 5,250 837
- Boston 2,890
- Baltimore 3,601
- En 4 années 3.940,939 71,052 12,183 208,417 5,737
- Les cuirs secs et salés de ce résumé se composent de 2.108,795 cuirs secs et 1.832,144 salés; les laines de 183,230 B. laine en suint et lavée et de 25,187 B. peaux de mouton.
- Il y a encore à ajouter à cet état: 219,260 cuirs de chevaux salés et 27,977 idem secs, 30,865 tonneaux d’os et cendre d’os et 775 pipes graisse de jument, ainsi que la viande salée expédiée au Brésil et à l’ile de Cuba.
- Pour les 4 années réunies, la proportion ci-dessus énon-
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- cée et qui se rapporte à 1869 seulement, varie quant au suif et au crin, où l’on voit l’Angleterre occuper le second rang au lieu de la Belgique.
- L'exportation des années 1870 et 1871 résulte des deux états publiés par Mr. J. Corta, vice-Président de l'Associa-lion Rurale, et que nous avons réunis en un seul; le voici:
- EXPORTATION DE MONTEVIDEO EN 1870 ET 1871.
- 1820 1821 —
- 715,454 881,440 Cuirs de bœufs et vaches secs
- 372,380 396,733 Idem idem salés
- 24,126 25,970 Idem de chevaux secs
- 28,029 49,235 Idem idem salés
- 5,749 % ? Peaux de veaux marins
- 48 a ? B. peaux de veaux mort-nés et diver-
- ses autres peaux
- 35,844 9,844 44,585 B. de laine
- 9,959 « peaux de mouton
- 1,460 1,298 « crin mélangé
- 495 a ? « rognures de cuirs
- 341,725 346,100 Quint, viande salée
- 850 1,082 C. extrait de viande
- 14,356 13,424 P. suif et graisse
- 3,137 3,129 C. huile de jument et de pieds de
- bœufs
- 6,735 7.060 Ton.cendre d’os
- 88 % ? C. plumes d’autruches
- 708 % ? Mille cornes
- 2,430 & ? Dzes. langues salées
- 1,374 i ? Mille tibias
- 65 % ? Quint, guano artificiel
- 88 a ? B. vieux linges
- 3,797 2,700 Mules
- 2,831 1,914 Bœufs et vaches
- 9,483 14,900 Moutons
- L’exportation de 1872, suivant l’état remis à la Commis-sion d’Immigration par Mr. le Consul des Etats-Unis Sir Donaldson Long, est représentée comme suit:
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- EXPORTATION DE MONTEVIDEO DURANT L’ANNÉE 1872
- Destinations Cuirs de B. et de V. secs Cuirs de B. et de V. salés Cuirs secs de chevaux Cuirs s alés de chevaux Graisse pipes Laine balles Peaux de mouton balles Crin balles Viande salée quintaux
- Etats-Unis..... 464,407 O 0 O 0 « o 0 c 8,266 2,271 270
- ! Angleterre 4,932 70,935 5,431 11,745 2,035 7,009 2,686 215
- co France........ "Espagne I Nord du Conti- 109,965 11,726 161,937 19,002 200 23,225 7,204 16,320 3,941 641
- nent Européen 9,646 44,153 944 3,869 391 24,723 923 250
- Méditerrannée.. 179,724 45,345 502 0 0 0 0 144 725 1,059 96
- Havane et Brésil 1,724 • • • • • « •. 0.00 ..... • • • • % 0 0 • ©0 263,166
- Totaux.... 782,124 322,379 26,079 38,839 9,774 57,042 10,880 1,472 263,166
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- Ce dernier tableau ne contient pas les nombreux articles d’une importance secondaire que nous exportons, comme on le verra en le comparant avec l’antérieur.
- En outre même de ceux-là, il a été exporté encore une certaine quantité de farine du pays, de fruits de toutes sortes, des œufs, des volailles, du poisson etc. dont nous ne pouvons pas indiquer les chiffres à défaut de renseignements exacts, le tout expédié à destination du Brésil et de la République Argentine, sans compter les quantités considérables qui s’embarquent à bord des navires à voiles et à vapeur comme provisions. Depuis peu d‘ années aussi, l'ex-portation des moutons sur pieds pour la consommation de Rio Janeiro augmente prodigieusement.
- De F examen détaillé des trois états d'exportation qui précèdent, on en déduit les observations suivantes :
- De 1870 à 1872 F exportation des cuirs de bœufs et de va-chesa augmenté de 13 p.8 sur les 4 années antérieures ; celle des laines, en terme moyen, est presque égale pendant les deux périodes, ainsi que celle du crin, et l’expor-tation de la graisse et suif en pipes a diminué de 25 p.§
- Mais il résulte aussi qu'en 1872 il a été éxporte 78,500 cuirs de bœufs et de vaches et 4,116 pipes de graisse de moins qu'en 1870 et 1871, et 1,236 cuirs de chevaux, 16,514 B. de laine, 979 B. peaux de mouton et 93 B. de crin de plus que durant les deux années antérieures.
- Vexportation pour les Etats-Unis a été beaucoup plus active durant Farinée dernière que durant les précédentes, comme le prouve le tableau qui précède, et pour donner une idée plus complète des divers produits et articles que nous exportons, nous copions ici, sur l’état détaillé du même Consulat, la liste de ceux qui ne figurent pas dans l’état général ci-dessus, et qui ont été expédiés pour les Etats-Unis ; les voici :
- 1,788 peaux de carpincho ( espèce de sanglier ).
- 52 B. peaux de loutre.
- 2 « « deguanacoset de chèvres.
- 81 « rognures de cuirs.
- 106 « vieux chiffons.
- 20 « vieux tapis.
- 4 pipes suif
- 902 ton. os et cendre d’os.
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- 264 « vieux fer.
- 20 chevaux
- 32 B. ipecachuana ( produit du Paraguay ).
- La valeur de l’exportation pour les Etats-Unis en 1872 est calculée par le même Consulat à $ 3.959,064 53. C’est 84 p.g de plus que celle qui figure dans le tableau de 1869. Il faut dire aussi que cette augmentation est due à la baisse des anciens tarifs protecteurs des Etats-Unis.
- COMMERCE AVEC L'ESPAGNE
- Nous avons sous les yeux divers états adressés au Gouvernement Oriental par Mr. le Consul Général de la République à Malaga et qui donnent une idée exacte et parfaite du mouvement commercial de l’Espagne avec les ports de la République. C’est un excellent travail que tous les Consuls Orientaux à l’étranger devraient imiter, et dont nous extrayons les renseignements qui suivent.
- Les états d’importation et d’exportation relevés année par année donnent le résumé suivant:
- Importance du mouvement commercial entre les Ports d'Espagne et de la République Orientale.
- Années Exportation Importation Total
- 1847 à 1849.... $ 659,971 541,099 1.201,070
- 1850 a 1859.... 7.065,615 1.722,047 8.787,662
- 1860 à 1869.... 10.490,552 14.913,997 25.404,549
- 1870 a 1872.... 4.432,577 6.053,312 10.485,889
- Terme moyen par année:
- 1847 a 49...... 219,990 . 180,366 400,356
- 1850 a 59...... 706,561 172,205 878,766
- 1860 a 69...... 1.049,055 1.491,399 2.540,454
- 1870 a 72 1.477,526 2.017,770 3.495,296
- Ce mouvement commercial est 9 fois plus considérable
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- dans la période de 1870 a 1872 que durant les années de 1847 a 1849, et c’est surtout depuis l’année 1855 qu’il a pris le plus de développement.
- Depuis l’année 1860 seulement, notre commerce d’exportation en Espagne et à l’ile de Cuba a pris l’importance qu’il a aujourd’hui, à tel point qu’il offre une augmentation en faveur des produits de la République qui monte à ^ 442,344 durant la période de 1860 à 1869 et à $ 540,244 durant celle de 1870 à 1872.
- Cependant, il esta remarquer que l’importation ici des articles d’Espagne et de Cuba a atteint durant les 3 dernières années sur les dix années antérieures une augmentation de 41 p.8, quand, durant la même période l’exportation de nos produits n’a augmenté que de 35 pg.
- Enfin, nous devons faire observer ici que tous les articles qui figurent dans l’importation d’Espagne et de Cuba pour avoir été dirigés à notre port, ne sont pas entrés dans la consommation, vu qu’une partie de ces chargements a été dirigée ensuite d’ici pour Buénos Aires ou le Rosario, comme cela arrive fréquemment.
- Voici les provenances des chargements expédiésd' Espagne et de l’ile de Cuba pour notre port pendant l’année 1872 avec le tonnage des navires et leur valeur:
- PORTS NAVIRES ET TONNAGE VALEUR
- Barcelona . . . . Cadix Malaga Coruna Tarragona.... Valencia. ... Porvendre.... Vigo 57 jaugeant 15,214 ton. 66 « 72,996 « 9 « 2,110 « 3 « 875 « 3 « 870 « 2 « 313 « 1 « 208 « 1 « 416 « % « « « « (( « 660,000 253,143 129,444 36,768 33,869 23,904 1,152 480
- Ile de Cuba... 242 jaugeant 93,002 ton. 26 « 4,773 « % 1.138,760 536,535
- Total 268 « 97,775 ton. (( 1.675,295
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- — 52 —
- Ces 268 navires ont embarqué également 4,008 immigrants ou passagers pour la Plata.
- Les principaux articles qui constituent ce commerce d’importation ici sont les suivants :
- D'ESPAGNE
- 19,020 arrobes esprit de vin,
- 25,493 « vin sec,
- 421,970 « « rouge,
- 1,632 « « doux,
- 53,596 « huile,
- 12,725 « olives,
- 30,299 « raisins secs, et 872 id. figues sèches pois (garbanzos),
- 5,644 «
- 2,660 « amidon, et 1,925 id. vermicelle,
- 49,224 lastres sel de Cadix,
- 2,208 cajas papier,
- 7,637 « fruits secs, &,
- DE L'ILE DE CUBA
- 186,920 arrobes eau de vie de canne,
- 187,316 « sucre,
- 984 mil cigarres, cigarrettes et tabac pour idem.
- 1,000 arrobes
- L'exportation de la République Orientale pour les mêmes destinations durant l’année 1872 monte à $ 2.131,172, en voici le détail :
- Pour l'Espagne, ports de Malaga, Vigo et La Coruna :
- 30,337 cuirs de B. et V. secs 300 « de chevaux. ...
- Valeur............. $ 148,671
- Pour l'Ile de Cuba, ports de La Havane et Matanzas : 2.219,971 quint, viande salée ou tasajo
- 4,000 cuirs B. et V. secs..............
- Valeur................ $ 1.982,501
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- Il en résulte que ce commerce général avec la République Orientale se partage ainsi:
- Exportation Importation Total
- Espagne 1.138,760 148,671 1.287,431
- Cuba 536,535 1.982,501 2.519,036
- Totalg.... 1.675,295 2.131,172 3.806,467
- Le mouvement du commerce de la République avec l’Espagne ne monte donc, comme ou le voit, qu’à la moitié de celui qui a lieu avec l’île de Cuba, cette île étant un marché très important pour les viandes salées de la Plata qui n’ont pas d’autre débouché que cette île et le Brésil.
- L’état qui précède démontre aussi que nous recevons en articles d’Espagne 8 fois plus que ce que nous y exportons, mais que nous exportons à l’île de Cuba 4 fois plus que nous n’en recevons.
- Il y a donc compensation, car en général c’est le produit de la vente des articles d’Espagne qui sert à solder les chargements de viande qui s’exportent d’ici pour La Havane.
- COMMERCE AVEC LA FRANCE
- Voici le résumé des articles exportés de France pour la République Orientale en 1868 et que nous copions de la publication officielle faite par la Direction Générale des douanes, avec les valeurs que nous avons réduites ici en $ de notre monnaie :
- 213,580 hect. vin rouge et blanc...... J
- Effets confectionnés, chemises, lingerie.. .
- Tissus, passementerie et rubans de laine..
- Articles de peaux et de cuirs...........
- Mercerie et boutons.. ..................
- Tissus, passementerie et rubans de soie....
- « « decoton..
- à reporter............... $
- 2.869,797
- 1.007,318
- 766,037 423,207 355,117 293,935 272,786
- 5.988,197
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- Or A
- Report...............
- 550 hect. cognac et liqueurs.. ......,
- Parfumerie.......................
- Outils et ouvrages de métal.........
- Chapeaux de feutre et de soie.........
- Papier, carton, livres et gravures........
- Peaux préparées......................
- Sucre raffiné.........................
- Meubles de toutes sortes. .........
- Potterie, verrerie et cristaux.....
- Matériaux de construction........
- Voitures............................
- Poissons de toutes sortes..............
- Bijouterie...................... Médicaments composés...................
- Chapeaux de paille......... 43,600 kilog. tabac....................
- Tissus de fil.........................
- Jouets et articles de bois.............
- Armes et munitions de guerre...........
- 86,512 kilog. fromages.................
- 105,674 « viande salée et conserves... Fruits, amendes et noisettes...........
- Peintures...........................
- Instruments de musique.................
- Modes et fleurs artificielles.......
- Acides........................
- Machines et mécaniques...........
- Horlogerie.............................
- Paniers.............................
- Divers autres articles.................
- Total.....................
- 5.988,197 172,451 158,181 155,353 153,078 145,011 140,485 130,169 113,764 101,322 100,369
- 69,669 67,630 63,676
- 59,977 54,011 43,599
- 38,839 35,940 34,421
- 30,994 28,532 27,465 23,743 23,312 23,236 21,456 19,244 19,025
- 18,115
- 249,303
- 8.310,566
- Les proportions de cette importation en général sont les suivantes:
- Vins et liquides...........
- Articles de différentes industries......
- Tissus en général.........................
- Confections, chapeaux, modes.............
- Comestibles..........................
- Matériaux de construction,médicaments,tabac Articles non spécifiés ici./................
- 36.62
- 22.86
- 16.50
- 14.89
- 3.42
- 2.71
- 3.00
- D.8
- «
- «
- «
- «
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- Selon les états détaillés ci dessus, la consommation des vins français dans la République équivaut environ à 60 litres et à $ 7 de dépense par an et par habitant, sans compter ce qui se consomme encore en vins d’Espagne, d’Italie et d’autres provenances.
- La consommation en étoffes et tissus français est de S 3,40 par an et par habitant; celle des articles confectionnés est de $ 3,10, enfin celle des produits des différentes industries françaises est de S 4,20 par an et par habitant.
- Ces chiffres suffisent pour démontrer que les habitants de la République Orientale en masse font une aussi grande consommation d’articles français que les mêmes habitants de la France en France même.
- Voilà un argument mathématique que nous recommandons aux adversaires de l’émigration en France qui prétendent que ses progrès dans les départements du Sud-Ouest ont des conséquences fâcheuses pour l’industrie.
- Selon les relevés annuels des douanes de France et d’Angleterre, les importations de la France à Montévidéo en 1868 excèdent de $ 3.655,650 celles de l’Angleterre. C’est à dire que nous recevons ici pour S 20 d’articles français par an et par habitant quand nous ne recevons que pour $ 11 d’articles anglais.
- Commerce avec Le Brésil
- L’importation du Brésil dans la République Orientale, durant l’année commerciale de 1868 à 1869, selon les publications officielles de l’Empire, se compose des articles suivants:
- 66,174 hectolitres eau de vie de canne
- 4.373.968 kilogrammes sucre...........
- 30,747 «
- 96,720 «
- 851,210 «
- 58,872 «
- 4.644,006 «
- 5.135,126 «
- 1.463,688 «
- riz.....................
- •café moulu ............
- « en grains....... confitures........ yerba-mate.......... farine de mandioc..
- tabac..............
- 926,436 647,035
- 2,152 54,550
- 144,705 25,023
- 464,399 180,886 409,841
- à reporter........ $ 2.855,027
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- Report................ $ 2.855,027
- 210,845 « guayave......... 92,771
- 56,276 « gomme.................... 4,501
- 81,89 7 « graisse de porc.......... 2 7,025
- 588,500 buches de bois........................ 1,765
- 1.280,515 kilogrammes maïs.................... 1,274
- 2,275 douzaines madriers..................... 30,653
- 8,928 centaines voliges......... <........... 26,784
- 5,899 douzaines planches .................... 15,970 1.065,290 kilogrammes lard.................. 112,098
- 9,606 douzaines poutres...................... 66,500
- Total................,. $ 3.234,368
- Du relevé qui précède il résulte que chaque habitant de la République consomme annuellement en articles du Brésil seulement une valeur de $ 8 environ, et spécialement; 23 fl desucre et 5 de café, 24 ff de yerba-mate et 26 de farine de mandioc, 8 U de tabac et 6 de lard.
- Le tout sans compter la consommation des articles similaires d’autres provenances qui est considérable, comme le sucre par exemple.
- * *
- En général, la consommation en toute espèce de denrées, boissons et articles de tous genres [est prodigieuse dans ce pays, et l’on ne peut s’en faire une idée que par des démonstrations du genre de celles que nous venons d’exposer dans ce chapitre. C'est ce qui fait de notre place un marché très important pour le commerce étranger.
- Nous citerons encore ici un autre exemple.
- La quantité de bois (en planches et madriers) introduite des Etats-Unis seulement, dans la Plata, durant l’année 1869, monte au nombre énorme de 63.822,000 pieds. C’est donc 175000 pieds de planches et de madriers qui sont entrés par jour dans les ports de Montévideo et de Buénos Aires, sans compter les arrivages du Brésil et du Nord de l’Europe.
- * *
- Pour se rendre compte de la valeur commerciale des ré-
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- publiques de la Plata il faut comparer le mouvement commercial de chaque pays américain entre enx. La statistique du Commerce extérieur de la France déjà citée nous permettra d’en donner une idée.
- Le résumé des valeurs exportées de France en 1868 pour divers pays, présente en millions de francs les totaux suivants:
- Rio de la Plata (République Argentine)..... 79.1
- Uruguay (Idem Orientale).................... 41.6
- Les Etats de la Plata............................ 120.7
- Etats-Unis........................................ 162.1
- Brésil............................................. 76.1
- Chili..................................... .34.6
- Nouvelle Grenade.......................... 28.0
- Pérou....................................... 27.8
- Vénézuela................................. 4.4
- Guatemala. ................................. 1.5
- Equateur............................,........ 1.4
- Bolivie..................................... 0.0
- Ensemble.............................. 97.7
- Comme on le voit, le commerce d’exportation de France pour la Plata est de 60 p.% plus important que celui pour le Brésil et de 25 p.8 de plus que celui pour les 7 états réunis du Pacifique dont les noms précèdent, observant que l’exportation de la France pour la République Orientale seulement dépasse encore de 20 p.8 celle de la même puissance pour le Chili tout entier.
- En vins seulement, les Républiques de la Plata consomment en quantité le double de ce que consomme l’Angleterre, 4 fois plus que les Etats-Unis, 7 fois plus que le Brésil !
- COMMERCE DE TRANSIT
- Le commerce qui se fait avec le Brésil par la frontière ne peut guère être apprécié ici, non plus que le transit avec les provinces argentines et même le Chili, faute des données officielles qui devraient être fournies par les douanes.
- La seule exportation du gros bétail pour la province de Rio Grande peut servir à nous donner une idée de ce com-merce qu’on calcule à 24 ou 3 millions de piastres ( 15 mi-
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- liions de francs ) par an. Les notes des Consuls de l’empire du Brésil, au Salto et au Cerro Largo, que nous avons pû compulser dans les publications officielles, nous autorisent à élever encore ce chiffre à 50 p.% de plus, car nous lisons dans un rapport du mois de septembre 1863 que l’exportation du Brésil à la République Orientale en l’année commerciale de 1862-63 par les frontières fluviales et terrestres se compose des articles suivants:
- Frontiè res du département du Salto:
- Yerba-mate 78,870 arrobes (1.157,812 kilogrammes) parla douane, et environ 100,000
- ( 1.468,500 kil. ) en contrebande, valeur.... $ 659,145
- „Laine, 600 arrobes (88,110 kil. )......... 718
- Pierres agathes 1,600 arrobes... 19,200
- Crin..................................... .7,412
- Total.................... $ 686,475
- Suivant ce Rapport l'exportation des frontières du département du Cerro-Largo au Brésil, durant les mois de Janvier à Mai seulement, a été la suivante :
- 66,095 bœufs et vaches.....•............. $ 411,507
- 1,035 chevaux ............................. 5,704
- 97 mules ..................................... 339
- 972 moutons................................... 486
- Total... ................ $ 418,036
- Voilà plus que justifiée l'appréciation qui nous fait estimer le commerce d'exportation par terre au Brésil de 24 à 3 millions de piastres, car le même Rapport observe encore que « l'exportation d'animaux par les frontières des départements de Tacuarembo et de Maldonado, non moins riches en bestiaux que celui du Cerro-Largo, doit être considérable. »
- Et cependant, la plupart de ce commerce d’importation du Brésil ( près de un million el demi de kilogrammes de yerba-mate passé en contrebande ), et cette exportation de
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- bestiaux, ne figurent pas dans les relevés officiels de notre douane.
- Ce même commerce d’échange donne lieu aussi à un commerce de transit en articles importés d’Europe dont nous ne pouvons pas apprécier la valeur.
- Quant au commerce de transit avec la République Argentine, la Statistique Générale officielle de ce dernier pays nous fournit également de renseignements préc ieüx.
- Par exemple, nous y voyons figurer en 1869, l’importation de la République Orientale aux différents ports de la République Argentine pour $ f. 2,080,262 et l'exportation pour $ f. 394,572; ensemble $ f. 2,474,834. ou, en notre monnaie $ 2,375,840; tandis que, dans'les états ci-dessus publiés, ce commerce ne figure que pour la valeur de S 444,312. Différence près de 2 millions de piastres, que nous devons attribuer, soit au commerce de transit, soit à la contrebande.
- La même chose arrive pour l’exportation, ainsi nous avons lu dans le journal La Nacion de Buenos Aires du 29 aôut 1872 l’entrefilet suivant: « Dans le courant de ce mois on a vendu 9200 th de plumes d’Autruches dont 2700 th proviennent de la République Orientale, et le reste de la province d'Entre-Rios, de Bahia Blanca et de la Patagonie».
- La preuve de l’importance du commerce de transit et de la contrebande qui se fait sous diverses formes dans nos ports, nous la trouvons encore dans la statistique comparée:
- Dans la publication officielle du Commerce
- Général de la France pour l’année 1868, l’exportation pour la République Orientale yfigure pour fr. 41.552,832 ou........ $ 8.310,566
- Selon le Times, la valeur de l’exportation
- de l’Angleterre pour la République Orien-
- tale en 1868 monte à € 930,983............. « 4.654,915
- Des relevés officiels de l’empire du Brésil, il
- résulte que l’exportation pour ce pays en
- la même année monte à.................... « 3.232,268
- $.16.197,749
- Nous devons ajouter ici 20 p.8 en plus pour équilibrer les valeurs des pays de provenance avec les nôtres, soit................ « 3.239,549
- Total............... S 19.437,298
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- 6
- Cependant les données officielles de l’administration des douanes ne portent l’importation totale de l'année qu'à .............. ....................... $ 16.102,475
- L’importation des trois pays sus nommés forme en moyenne les deux tiers de l'importation totale. Dans cette proportion nous aurions donc en 1868 pour la France, l'An-gleterre et le Brésil une valeur de...... $ 18.734,983
- Au lieu de la valeur officiele de......... « 10.734,983
- Il en résulte que nous avons déja, pour le commerce de ces trois nations seulement, une différence en moins de $ 8,702,315-—valeur qui doit avoir été invertie dans le commerce de transit ou qui aura été passée en contrebande.
- Si nous prenons la môme proportion dans le commerce d'importation des autres nations, comme cela est logique, il en résultera que le commerce de transit ( et celui de contrebande ) peut être calculé pour l'année 1868 à piastres 13.053,471, c'est à dire à 81 p.8 en sus du chiffre officiel de l'importation totale.
- Maintenant, si l'on nous demandait quelle est la part qui doit être portée au compte du commerce de transit, et quelle est celle qu'on peut faire à la contrebande, nous serions bien embarrassé de répondre.
- MOUVEMENT DE LA DOUANE
- Le nombre des colis de toutes sortes entrés à la douane de Montévidéo et sortis durant les années 1870 et 1871, résulte du résumé suivant que nous relevons des états mensuels publiés par l’administration :
- 1869 Colis existant en dépôt........ 210,994
- 1870 « entrés dans l'année. ........... 885,190
- Total...................• 1.096,184 «.« sortis dans l'année.. 826,887
- « « existant à la fin de l’année...... 269,297 1871 « entrés dans l’année 1.386,867
- Total............ 1.656,164 « « sortis 1.411,295
- « « existant au 31 Décembre dansles
- dépots............ 244,869
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- 4.
- EN Nul win
- Il y a donc eu en 1870 un mouvement de 1.712,077 colis entrés et sortis, ou de 5.707 par jour de travail et dans Vannée 1871 il y a eu 2.798,162 colis entrés et sortis ou 9,327 par jour.
- COMMERCE INTÉRIEUR
- Malm
- Les renseignements nous manquent pour présenter un simple aperçu de ce trafic; nous nous limiterons donc ici a deux ou trois spécialités qui pourront en donner une légère idée, et nous les choisissons parce que les données en sont certaines.
- Voici le relevé des produits du pays venus par terre, provenant des départements, et qui ont été vendus ou livrés sur les marchés de Sarandi, 20 février, et Trois Croix, suivant les états publiés par les bureaux de révisation en 1869, 1870, 1871 et 1872.
- Années Charrettes entrées Cuirs de boeufs et. V. Cuits de chevaux Peaux de mouton Crin arrobes
- 1869 22,654 260,821 10,909 1.553,302 26,804
- 1870 16,161 187,203 12,420 698,692 33,690
- 1871 16,547 307,904 15,796 987,899 27,639
- 1872 25,903 266,326 16,717 1.302,209 26,956
- 81,265 1.022,254 55,842 4.542,102 115,089
- Années Suif arrobes Laine arrobes Blé fanegues Mais fanegues
- 1869 24,957 1.068,898 47,880 47,544
- 1870 12,214 344,853 110,903 26,621
- 1871 26,032 957,606 41,296 18,421
- 1872 7,245 855,420 272,837 26,478
- 70,448 3,226,777 472,916 119,064
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- Es n
- IT.
- h
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- Le nombre de charrettes indique les véhicules employés à ce trafic, ou plutôt le nombre de voyages auquel celui-ci se rapporte.
- La valeur de ce commerce peut s’estimer à 24 ou 34 millions de piastres par an; la diminution qu’on remarquera pendant les années 1870 et 1871 est uniquement due à la guerre civile qui troublait alors la campagne. On notera principalement l’augmentation du blé arrivé de l’intérieur pendant l’année 1872.
- Le bétail entré pendant les mêmes années mérite également de figurer ici, la plupart de ces animaux étant destinés aux établissements de saladeros et de graisseries qui environnent la capitale, et aux abattoirs pour la consommation de la ville. En voici le résumé:
- Ans. Bœufs et V. Chevaux Moutons Chèvre» Porcs
- 1869 308,237 10,952 87,297 12,157 1,051
- 1870 358,351 12,942 99,752 5,146 1,661
- 1871 359,377 24,420 100,614 a ? 4 ?
- 1872 276,103 22,842 87,356 4 ? % ?
- La valeur de ce commerce peut être estimée à 5 ou 6 millions de piastres par an.
- Nous pouvons apprécier aussi la valeur du commerce de pierres à chaux qui proviennent en grande partie des départements de Minas et de Maldonado, sachant par exemple que nous avons dans le département de Montévidéo 15 établissements avec 23 fours à chaux dans lesquels on fabrique 4600 fanègues ( 12,600 hectolitres ) de chaux par jour et dont la production annuelle peut s’estimer à 400,000 fanè-gues(1,100,000 hectolitres.) C’est une valeur d’environ $ 600,000.
- Enfin F exportation du bétail par les frontières du Brésil et qui provient des 4 départements limitrophes, peut être estimée, comme ou l'a vu, à 2% ou 3 millions de piastres, au moins.
- Tout ce commerce, joint à celui de cabotage, donne nécessairement lieu à un trafic d’une valeur au moins égale en articles d’importation étrangère et d’industrie locale qui sont envoyés en échange sur tous les points de la Ré-
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- o 0
- publique, mais dont nous ne pouvons pas estimer l’impor-tance à défaut de renseignements positifs sur les diverses autres branches de production, comme nous l’avons dit au commencement de ce paragraphe.
- VI
- Navigation
- Le mouvement de navigation a pris dans le port de Mon-tévidéo un accroissement extraordinaire qui est dû 1.° au développement du commerce dans les états de la Plata, 2.° à la situation topographique de notre port qui est le meilleur dans toute l'étendue de la côte Sud de l'Amérique Méridionale, après celui de Rio Janeiro.
- Situé à l’embouchure du Rio de la Plata qui sert d’affluent aux deux grandes rivières de l’Uruguay et du Para-na, lesquelles sont sillonnées aujourd’hui par de nombreux bateaux à vapeur qui remontent, par la première, jusqu’au Salto, ville orientale non distante de la frontière du Brésil, et par la seconde jusqu'au Paraguay et à la province brésilienne de Matto-Grosso ; le port de Montévidéo est destiné par sa position à être un jour le plus important de toute l’Amérique du Sud ; il sert aujourd’hui d’escale à tous les vapeurs transatlantiques qui se dirigent aux ports de l’Océan Pacifique par le détroit de Magellan.
- Le périmètre de la baie qui est de forme circulaire mesure environ 10 kilomètres 600 m.
- Elle donne accès à l’entrée des navires qui calent de 15 à 17 pieds, et les navires de plus fort tonnage trouvent un excellent mouillage dans la rade qui leur offre uu abri sûr.
- Pour se faire une idée de l’accroissement successif de la navigation dans le port de Montévidéo, il faut connaître quel en a été le mouvement à une époque peu reculée. Voici le résumé des navires entrés dans le port (provenant d’outre mer et des rivières ) durant les 7 années qui suivent, résumé que nous copions des états de la commandan-ce du port:
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- An 1836.... 335 navires entrés jaugeant 61,148 ton.
- « 1837.... 374 « « « 68,516 «
- « 1838.... 495 « « « 92,982 «
- « 1839.... 512 « « « 89,662 «
- « 1840.... 700 « « « 127,000
- « 1841.... 789 « « « 145,696 «
- « 1842.... 824 « « « 158,652 «
- Terme moyen 576 « « « 106,251 «
- A dater de 1844, ce mouvement a été paralysé à cause de la guerre qui désolait ce pays et du siège de 8 ans que supporta la capitale de Montévidéo.
- Dès l’année 1852 commença une période de transition, et le mouvement maritime de l’année 1860 se chiffre ainsi:
- NAVIRES ENTRÉS D'OUTREMER
- An 1860.. 636 navires jaugeant 162,383 tonneaux
- IDEM DE CABOTAGE
- Idem 951 navires jaugeant 34,258 tonneaux
- Total.... 1,587 « « 196,641
- Sans compter deux vapeurs qui faisaient déjà le service de Buénos Aires à Montévidéo et vice versa et qui ont transporté dans l’année 28,046 passagers d’une rive à l’autre.
- Selon les états de la commandance du port, le résumé des navires entrés dans le port, sans compter ceux qui n’y ont point fait d’opérations commerciales ni les bateaux à vapeur, pendant les 6 années qui suivent, présente les résul-tats que voici:
- 1867.. .. 947 navires entrés 309,166 tonneaux
- 1868.. .. 886 « « 309,995 «
- 1869.. .. 941 « « 325,292 «
- 1870.. ..710 « « 250,236 «
- 1871.. 677 « « 235,249 «
- 1872.. .. 774 « « 271,585 «
- Terme. m. 822 « 283,587 «
- Il est à remarquer que la navigation à vapeur qui augmente chaque année dans la Plata diminue nécessairement
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- 2R C
- celle des navires à voiles. Cependant les 3 périodes ci-dessus présentent une augmentation considérable dont voici les proportions:
- De 1842 à 1860, différence 53 p.8 de plus
- De 1860 à 1872, « 75 p.8 «
- Augmentation dans le cours de 29 années, 170 p.8, ou 5,86 p.8 par an.
- NAVIGATION DE L’ANNÉE 1869
- Selon le travail statistique dressé par Mr. le Chargé d’a-ffaires de France, déjà cité au chapitre précédent, le mouvement général de la navigation d’outremer, de transit et de cabotage, à voiles et à vapeur, chargés ou sur lest, peut se calculer comme suit, (entrée et sortie réunies :
- Année 1869. .6168 navires jaugeant 1.587,957 ton.
- Idem 1868..7791 « « 1.418,475 «
- Différence en 1869..1623 navires de moins et 169,482 tonneaux de plus.
- Ce mouvement général se divise ainsi:
- 1869. A voiles.... A vapeur Vavigalion de long cours . 2329 navires jaugeant . 281-Steamer «
- 653,506 ton.
- 313,551 «
- 1868 Total 2610 navires . 2368 « 967,057 « 783,026 «
- Plus en 1869 . 242 « 184,03 «1
- 1869. A voiles... Navigation de Cabotage . 2460 navires jaugeant 90,026 ton.
- A vapeur.... . 618 « « 323,048 «
- 1868 Total 3078 « « . 5112 « « 413,074 « 483,224 «
- Moins en 1869.... : 2034 « « 70,150 «
- 1869 A voiles... Navigation de transit ; 480 navires jaugeant 207,826 ton.
- 1868 « « ... . 311 « « 152,225 «
- Plus en 1869 5 . 169 « « 55,601 «
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-
- co co
- La navigation à voiles de cabotage est très importante a Montevideo; elle est ainsi composée:
- Pavillon Oriental et
- Argentin........... 2,055 navires jaugeant 71,442 ton.
- Id. Etranger...... 405 « « 18,584 «
- 2,460 « 90,026 «
- Plus du tiers de ces navires étrangers sont italiens.
- Nous reproduisons ici pour plus de clarté le tableau de la navigation à voiles des navires au long cours, dans lequel ne sont pas inclus ceux entrés en rade sans y faire d’opérations dans le port, ni les bateaux à vapeur dont le mouvement est compris dans le résumé antérieur, mais qui contient les navires entrés sur lest et sortis du port avec chargement total ou partiel et vice versà.
- PROVENANCE ET DESTINATION ENTRES SORTIS TOTAL
- Navires Tonneaux Navires Tonneaux Navires Tonneaux
- Angleterre .... 356 113,577 93 21,726 449 135,303
- France 138 49,419 122 39,810 260 89,229
- République Argentine 54 11,932 267 73,666 321 85,598
- Espagne et Cuba. 230 63,181 66 20,268 296 83,449
- Brésil 132 28,146 187 44,621 319 72,767
- Etats-Unis 90 27,984 81 29,682 171 57,666
- Belgique 18 3,355 111 28,663 129 32,018
- Italie 81 19,642 11 2,195 92 21,837
- Chili et Pérou.. 30 8,379 24 9,118 54 17,497
- Allemagne 46 10,736 17 4,127 63 14,913
- Hollande 39 7,136 14 3,124 53 10,260
- Inde... • • 24 9,735 24 9,735
- Paraguay Portugal 12 2,694 27 5,329 27 12 5,329 2,694
- Ports non désignés 4 911 55 14,300 59 15,211
- Totaux..... 1,230 347,142 1,099 306,364 2,329 653,506
- Total de l'année 1868..................• 2,186 686,388
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- 6
- Différence, en faveur de 1869....Navires 143
- « « de 1868 .... Tonneaux 32,882
- Les navires entrés sur lest mais sortis du port avec un chargement, ou bien ceux so rtis sur lest mais entrés avec un chargement, et qui sont compris dans ce tableau se partagent ainsi :
- Entrés sur lest.... 133 navires jaugeant 40,101 ton.
- Sortis id............ 390 « « 130,616 «
- Total.............. 523 « « 170,717 «
- navigation DE 1870, 1871 et 1872
- Des états dressés ici par les divers Consulats étrangers, il résulte que le mouvement maritime de long cours durant l’année 1870 dans le port de Montévidéo, inclus les bateaux à vapeur transatlantiques et du Brésil, est ainsi représenté :
- ANNÉE 1870
- Pavillons Entrés Sortis Total
- Anglais 433 269,039 456 281,468 889 550,507
- Français 181 128,172 196 135,817 377 263,989
- Italiens 277 87,873 287 91,308 564 179,181
- Espagnols 224 52,695 224 52,836 448 105,531
- Etats-Unis 59 36,299 65 40,303 124 76,602
- Allemands 131 35,810 123 33,128 254 68,938
- Brésiliens 96 33,307 75 28,219 171 61,526
- Norwègiens. ... 37 11,273 47 14,448 84 25,721
- Suédois 34 10,985 29 11,248 63 22,233
- Argentins 236 13,637 103 6,735 339 20,372
- Hollandais .... 60 6,740 58 6,446 118 13,186
- Danois 19 3,599 21 3,853 40 7,452
- Portugais 14 2,641 14 2,641 28 5,282
- Belges 6 1,350 6 1,350 12 2,700
- 1807 693,420 1704 709,800 3511 1,403,220
- Ces 1,807 navires sont entrés avec 34,458 hommes d’équipage.
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- ANNÉE 1871
- Pavillons Entrés Sortis Total
- Anglais 356 323,893 350 319,992 706 643,885
- Français....... 189 129,620 181 123,920 370 253,540
- Italiens 146 70,038 148 71,315 294 141,353
- Espagnols 252 57,303 243 56,332 495 113,635
- Brésiliens 97 37,556 83 34,403 180 71,959
- Allemands 101 31,431 112 36,928 213 68,359
- Etats-Unis .... 55 33,263 44 23,900 99 57,163
- Suédois 27 11,088 30 10,911 57 21,999
- Argentins 170 12,210 127 7,102 297 19,312
- Norwègiens... 20 7,280 16 6,036 36 13,316
- Portugais 26 5,150 22 4,476 48 9,626
- Hollandais ... . 39 4,916 32 3,276 71 8,192
- Belges 3 800 2 613 5 1,413
- Danois 2 295 3 530 5 825
- 1483 724,843 1393 699,734 2876 1.424,577
- Ces 1,483 navires sont entrés avec 32,243 hommes d’équipage à leur bord.
- Voici le résumé annuel des navires au long cours—(entrées ET SORTIES RÉUNIES) — INCLUS LES BATEAUX A VAPEUR, DURANT UNE PÉRIODE DE 4 ANNÉES :
- Année 1868.....
- « 1869.....
- « 1870.....
- « 1871.....
- 2,368 navires jaugeant 783,026 ton
- 2,610 « « 967,057 «
- 3,511 « « 1.403,220 «
- 2,876 « « 1.424,577 «
- Le terme-moyen des deux dernières années offre une augmentation de 60 p-g sur les deux précédentes, augmentation qui est due presqu’exclusivement à celle de la navigation à vapeur qui à l’heure où nous écrivons ( mars 1873 ) est encore plus grande, car nous avons en ce moment 24 lignes régulières: 11 anglaises, 8 françaises, 3 italiennes. 1
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- Anglo- Allemande, 1 brésilienne, qui mettent notre port en communication presque journalière avec l’Europe et le Brésil. En outre, il circule encore les prospectus de deux lignes dont une Anglo-Espagnole et une Belge qui doivent s’établir prochainement.
- Il est bien vrai aussi que tous ces bateaux à vapeur desservent en même tems que notre port celui de Buénos Ayres et ceux du Brésil, c’est à dire que leur tonnage ne peut pas être pris comme l’expression du trafic commercial de notre place, mais seulement comme celle du mouvement maritime.
- Ce qui favorise encore la navigation à vapeur, c’est que ces bâtiments sont exempts des droits de port ou de tonnage que paient les navires à voiles, et qu’ils ont le privilège de procéder à leur déchargement et chargement sans aucune perte de temps.
- Le mouvement maritime de l’année 1872 comparé à celui des deux années antérieures, a augmenté encore, ainsi que cela résulte des états annuels des Consulats étrangers qui nous ont été communiqués.
- Pour rendre plus claire cette démonstration, nous présentons ici le tableau comparatif de ce mouvement ( entrées et sorties réunies) pour les trois dernières années, en nous référant seulement aux 7 états que nous avons eus sous les yeux:
- Navires 1820 1821 187%
- Anglais tonneaux.... 550,507 643,885 768,685
- Français « 263,989 253,540 295,288
- Italiens « 179,181 141,353 246,202
- Espagnols « 105,531 113,635 120,983
- Allemands « 68,938 68,359 84,115
- Etats-Unis « 76,602 57,163 48,693
- Brésiliens « 61,526 71,959 88,107
- Total. 1.306,274 1.349,894 1.652,073
- Augmentation en 1872 sur le terme-moyen des deux années précédentes, 24 p.8. Les navires américains sont les seuls qui ont éprouvé une diminution de 13% p. 8, tous les autres présentant au contraire une augmentation qui varie entre 10* et 53 p.8.
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- 6
- NAVIGATION DE CABOTAGE EN 1872
- Selon les états de la comptabilité du port, la navigation de cabotage de l’année 1872 se résume ainsi:
- Entrée. 1,885 navires à voiles. « 439 « à vapeur.
- Total 2,324 navires jaugeant 306,183 tonneaux et portant 21,833 hommes d’équipage.
- Tous ces navires, et plus particulièrement les vapeurs qui font le service régulier deBuénos Ayres et du Rio Uruguay, ont amené dans ce port 21,758 passagers—sans compter les vapeurs qui font la navigation du Parana jusqu’au Rosario et au Paraguay.
- La Sortie présente seulement 1,716 navires jaugeant 75,896 tonneaux lesquels représentent seulement la navigation à voiles.
- Voici le détail des navires entrés :
- Argentins 375 navires jaugeant 94,602 ton.
- Orientaux 1,364 « 90,486 «
- Anglais 148 « « 47,107 «
- Italiens 256 « « 31,419 «
- Espagnols 70 « « 13,203 «
- Brésiliens 40 « « 10,912 «
- Français 18 « « 6,911 «
- Nord-Americain s .. 16 « « 3,501
- Divers 37 « « 8,042 «
- Provenances :
- De Buenos Aires.. 435 « « 174,471 «
- Salto Oriental 101 « « 19,064 «
- Paysandù id 186 « « 14,313 «
- Fray-Bentos id.... 149 « « 10,729 «
- Rosario Argentin... 36 « « 9,586 «
- Colonia Oriental... 102 « « 9,247 «
- Nueva Palmira id.. 274 « « 8,681 «
- Maldonado id 111 « « 7,886 «
- Paraguay 40 « « 7,729 «
- Mercedes Oriental.. 151 « « 7,719 «
- Rosario id ' 183 « « 4,043
- Parana Argentin... 28 « 3,139 «
- Carmelo Oriental... 58 « « 3,104
- Divers.......... ; 470 « « 21,712 «
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- E
- I
- Naufrages et avaries
- Selon les relevés faits par le journal El Telegrafo Marili-mo, les naufrages et avaries survenus dans les eaux de la République pendant la période des 5 années de1867 à 1871 se résument comme suit :
- MOIS 1867 1868 1869 1870 1871 TOTAL en 5 ans.
- Janvier 3 4 4 13 1 — 25
- Février 2 1 5 4 1 — 13
- Mars 5 13 4 8 13 — 43
- Avril 3 3 1 — 3 — 10
- Mai - 1 -------- 2 — — 3
- Juin 4 3 2 2 — — 11
- Juillet 5 2 3 4 2 — 16
- Aôut 3 5 3 4 5 — 20
- Septembre 6 5 5 2 6 — 24
- Octobre 2 5 11 — 3 — 21
- Novembre 3 1 10 6 — 20
- Décembre 8 1 30 1 2 — 42
- Sinistres 44 44 68 50 42 248
- Y compris : Pertes totales 15 12 25 12 12 76
- Naufragés morts.... 16 23 56 14 140 249
- Le terme moyen des sinistres maritimes est donc de 50 paran , dont 15 avec perte totale et 35 avec avaries seulement.
- Le mouvement général de navigation au long cours et de cabotage ( entrées et sorties réunies) représente le chiffre de 6,168 navires à voiles et à vapeur.
- Nous avons donc eu, l’un dans l’autre, 8 sinistres sur 1000 navires navigant dans nos eaux de la Plata et de l’Uruguay; 2% pertes totales pour mille navires, 5| pour mille ayant éprouvé des avaries plus ou moins considerables.
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- Mil de 15
- VII
- Phares de la Plata
- La superficie du fleuve de la Plata peut être évaluée, selon le Deur. Martin de Moussy (1) à 1,400 lieues carrées et son parcours a 70 lieues, depuis la réunion du Rio Parana qui vient du N. O. avec le Rio Uruguay qui descend directement du N. et par 34° latitude S., jusqu’aux caps Sainte Marie (34° 37‘)et Saint Antoine (36° 19), où les eaux de ces deux rivières viennent, se confondre avec 1’ Océan. L’espace compris entre les deux caps est de 35 lieues, diamètre de l’embouchure de cet énorme fleuve, le plus large qui existe au monde; en tirant une ligne S. O. perpendiculaire à la rivière, depuis le port de Montévideo jusqu’à la pointe de l'Indio, ce fleuve a encore 16 lieues marines de largeur; à mesure qu’on le remonte, il se rétrécit, mais de peu, puisque entre Buénos Ayres et la Colonia, cette largeur est encore de 10 lieues, et de 8 entre la rive du Parana-de-las-Palmas et la côte de la république Orientale, de l’autre côté de l'île de Martin-Garcia, où commence la Plata proprement dite.
- «Malheureusement sa profondeur ne répond point a sa largeur, et des bancs nombreux fournis par les vases et les sables que charrient les deux grandes rivières qui forment cet estuaire, gênent et rétrécissent son cours, et obligent à naviguer avec beaucoup de prudence dans ces canaux.
- Jusqu’ à Montévidéo, le canal est même assez profond pour que les vaisseaux et les grands vapeurs viennent mouiller en grande rade. Mais à partir de Montévidéo, il faut redoubler de précaution, soit que l’on suive le canal ‘du Nord, soit que l’on prenne celui du Sud. Du reste, les deux ports de Buénos Ayres et de Montévideo ont de nombreux et habiles pilotes, anciens capitaines au long cours la plupart, qui conduisent les navires à l’entrée depuis les approches de l’île Lobos où on les trouve généralement, et qui ont établi aussi un poste à 5 milles Sud de celui qui porte le fanal de la pointe de l’Indio pour les
- (!) Description géographique et atastistiqud de la Confédération Argentine, par V, Martin de Mouday, PArze, 1060.
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- navires qui se dirigent directement à Buenos Ayres. La profondeur est extrêmement variable suivant le vent, mais il y a toujours assez d’eau dans le canal du Sud, même pour de grands bâtiments: celui du Nord n’est accessible qu’à des navires qui ne tirent pas plus de 3m. 50.
- Les principaux écueils à redouter sont d’abord le banc Anglais, non loin de l'île de Lobos (ou des loups marins), sur lequel un certain nombre de navires se perdent chaque année, parceque les courants y portent constamment. Sur l’accore N. O. existe un phare et au S. une bouée avec unecloche pour en prévenir l'approche. L’année dernière le Gouvernement a concédé à une entreprise particulière la construction de divers phares dont nous parlerons plus loin, et en outre celle d’un nouveau phare en maçonnerie sur le banc Anglais avec un feu fixe de premier ordre du système Fresnel qui remplacera celui existant actuellement. Ce feu sera visible à 25 milles de distance, l'éléva-tion de la tour sera de 40 mètres an dessus du niveau de la mer, et un hôpital y sera construit pour donner asile aux naufragés et passagers.
- A 1’0. N. O. du banc Anglais et à courte distance est le . banc d'Archiméde, qui est beaucoup moins dangereux.
- A partir du méridien de l’embouchure du Rio Santa Lu-cia, au dessus de Montévidéo, commence le grand banc Or-tiz, dont les prolongements partagent les deux principaux canaux de la rivière. Le prolongement Sud oblige les navires qui partent de Montévideo pour Buénos Ayres à aller chercher sur la rive méridionale, la pointe de l'Indio et à suivre le canal du Sud.
- « La rive septentrionale de la Plata est tantôt rocheuse, tantôt sablonneuse. A partir du cap Sainte Marie, c’est une suite de plages assez basses sur lesquelles la mer vient du large avec beaucoup de force et qui ont vu plus d’un naufrage, alors que les navires se laissent drosser vers la terre par les vents du Sud-Est qui dominent à l’entrée.» C’est sur la pointe de ce cap que l’entreprise dont nous avons parlé construit en ce moment un phare de premier ordre sur une tour élevée de 38 mètres au dessus du niveau de la mer, et dont le feu sera visible à 22 milles de distance. En attendant, l’entreprise y a placé un phare de 4e. ordre, dont le feu blanc et fixe est visible à 8 milles de distance.
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- A 9 milles seulement de Maldonado se trouve l’ile de Lobos, ilot rocheux entouré d’un banc de sable, où l’on doit également établir un feu. L'ile de Flores, à 15 milles Est de Montévidéo, porte également un phare depuis l’année 1828.
- Le Cerro, morne isolé formé de roches primitives qui s’éleve au N. O. de la ville et constitue la pointe 0. de la baie, porte un feu tournant qui se voit à 20 milles au large.
- Voici la position géographique des phares principaux dans la Plata, selon Mr. le Deur. Martin de Moussy. Méridien de Paris:
- Cap. Sainte Marie.. 34° 37‘ Lat. S.
- Ile de Flores...... 34° 56‘ « «
- Cerrode Montévidéo 34° 54‘ « «
- Pointe de l'Indio.. . 35° 16‘ « «
- Ile Lobos............ 350 3‘ « «
- 56° 52‘ Long. Occ.
- 58° 16‘ « «
- 58° 37‘ « «
- 59° 30 « a
- 57° 15 « «
- Pour compléter ces renseignements nous produisons ici une note dirigée au gouvernement français par le Chargé d’affaires de France, Mr. Jules Doazan, qui a bien voulu nous en faciliter une copie.
- Si l’établissement de ce Phare (celui du Cap Sainte Marie) était isolé, je m’arrêterais au simple avis qui précède, mais comme il se rattache à un système d’éclairage qui embrasse toute la Rivière de la Plata depuis l’embouchure jusqu’à la hauteur de la Boca del Guazù, il me parait que cette condition nouvelle de la navigation dans le fleuve mérite un exposé complet des concessions faites définitivement par le gouvernement Oriental et à la veille d’être consenties par le Pouvoir Exécutif de la République Argentine.
- Le Tableau qui suit indique le nombre des Phares qui existent actuellement, et aussi ceux qui vont être cons-
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- truits en maçonnerie ou rester flottants, mais tous devant recevoir un appareil d’éclairage d’aprés le système Fres-nel.
- DESIGNATION des PHARES PROJECTION des Feux en milles PHARE TAXES par TONNEAU PHARE OBSERVATIONS
- Ancien Nouveau Ancien Nouveau
- Cap Sainte Marie.... — 16 4 18 0 04 En maçonnerie
- Pointe de L’Est 16 16 0 04 0 01 idem
- Ile de Flores 12 4 14 12 4 14 — - idem
- Banc Anglais 7.4 8 20 4 22 0 04 0 04 Flottant, a remplacer par une tour.
- Montévideo, Cerro... 20 4 25 18 4 20 — — En maçonnerie
- Panela..... 7â8 10 4 12 0 05 0 02 Flottant a remplacer par un en fer.
- Pointe de L’indio... 8 4 10 8 4 10 0 03 0 01 Flottant.
- Petit banc Ortiz 8 8 4 10 —. 0 01 idem
- Canal du milieu 6 4 7 8 4 10 0 03% 0 01 idem
- Colonia 10 4 12 12 0 04 — En maçonnerie
- Douane de Bs. Aires. 4 10 ------ ---- «
- Feude la granderade 6 8 4 10 — — Flottant.
- Globo — 8 4 10 «
- Martin Garcia — 10 4 12 — 0 01 En maçon. 4 construire. Flottant 4 l’entrée du Gua-zu.
- Codillo — 8 4 10 —
- Lobos — 8 4 10 — — A construire.
- TOTAL - 0 23% 0 15 Par Tonneau.
- NOTA — Les trois Phares de Globo, Martin Garcia, et Codillo servent aux eaux de l’Uruguay aussi bien qu‘ à celles du Parana.
- La carte ci jointe donnera avec les indications du Tableau qui précède une idée complète de la distribution de ces Phares. Ils sont au nombre de seize dont huit dans les eaux Orientales, et huit dans les eaux Argentines, sans compter deux autres que la Compagnie s’oblige à établir sans retribution, un à Patagones et l’autre à Bahia Blanca, deux ports de la Province de Buénos Ay-res, sur la côte de L'Atlantique.
- De ces dix huit Phares, dix seront en maçonnerie et huit flottants. Les Phares existants sont au nombre de dix, mais la plupart n’ ont pour tout éclairage qu’une lanterne; ils sont entretenus, les uns par L’Etat, les autres sont l’objet de concessions spéciales pour chaque feu.
- Les sept phares Orientaux sont concédés définitive-
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- ment, ceux du Cap Sainte Marie et du Banc Anglais par une loi spéciale du 25 Octobre 1869, les autres en vertu d’une loi remontant au 15 Janvier 1855.
- La concession est pour vingt ans; mais la Compagnie s’engagera à établir un phare sur l'Ile Lobos, un des plus nécessaires aux navigateurs, sans remunération, à la condition toutefois que la Législature augmentera de cinq ans au lieu de vingt ans la durée de la concession primitive.
- Il résulte du Tableau qui précède que les taxes pour les dix Phares éclairés actuellement, sont de 23 et 4 cen-tavos par tonneau (1 F. 20) tandis qu’elles ne seront que de 15 centavos (75 cs.) pour les dix huit Phares à répartir comme suit.
- Phares Orientaux « Argentins Somme égale Taxes actuelles Idem futures
- $ 0.17 « 0.064 0.13 0.02
- $ 0.234 0.15
- Le cabotage payeraJune patente annuelle comme suit:
- Par navire de 10 à 50 Ton. 20 Piastres or ou fr. 105 « de 50 à 100 « 30 « « 157
- Au dessus de 100 « 40 « « 210
- Les paquebots de la rivière paieront par voyage, aller et retour, 04 centavos par tonneau.
- Les Paquebots des Messageries Maritimes françaises et du Royal Mail anglais sont comme les bâtiments de guerre exempts de toutes taxes.
- La concession est donc avantageuse pour la navigation qu'elle éclairera d'un plus grand nombre de feux avec plus de régularité, en réduisant les taxes, et pour les Gouvernements Oriental et Argentin qui seront déchargés des dépenses que leur cause l’entretien des phares.
- L'initiative de l'unification du système des feux dans
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- la Plata revient à un de nos compatriotes M. le Comte Albert de Dax qui s’est associé comme bailleur de fonds Mr. le général argentin Gelly y Obes. M. de Dax voulant donner à son pays les avantages de son entreprise se rend en France pour y acheter son matériel.
- Signé: Jules Doazan.
- BALISAGE
- Pour mieux déterminer l’entrée du port de Montévidéo, l’autorité a procédé l’année dernière au placement des bouées nécessaires pour signaler les écueils que présente Son approche, tels que le récif appelé Buen viage qui est annoncé par trois bouées, deux au S., une à l'extrémité O., dont une avec cloche. La position de cette dernière est comme suit:
- Latitude S. 34° 57’
- Longitude 0. 56° 05’ 20” du méridien de Greenwich.
- Une autre bouée à cloche a été placée sur l’écueil qui se détache du Cerro de Montévidéo au Sud du phare et qu’on appelle Piedras Blancas (Pierres blanches) ou Punta de Lobos, laquelle est mouillée à 22 pieds de profondeur, par une marée régulière, et à distance de cinq encablures de la côte.
- En 1846, le capitaine Sullivan du brick anglais Philoméle a fait l’hydrographie de l’Uruguay jusqu’à Paysandù, et celle du Parana jusqu’à Corrientes.
- Le balisage des canaux de la Plata, dans le voisinage de Martin Garcia, a été fait une première fois par les Brésiliens en 1851, et la marine anglaise l’a fait de nouveau par suite d’arrangements pris en 1855 avec le gouvernement argentin.
- Le Waterwich, petit vapeur des Etats-Unis qui vers 1854 remonta l’Uruguay jusqu’an Salto, a fait aussi des relevés et études hydrographiques.
- Enfin, le gouvernement oriental a passé un contrat en janvier de l’année dernière avec Mr. Henri Dauber pour le balisage complet des passes principales du Rio Uruguay qui sont les suivantes: la passe de Marquez, les Taranta-nas et le canal des Anglais. Pour rémunération de ce travail et l’entretien des bouées Mr. Dauber a été autorisé à percevoir un droit de tonnage qui est de 2 centimes de
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- piastre par tonneau pour les navires de cabotage (aller et retour) et de 7 centimes par tonneau (entrée et sortie) pour les navires d’outremer.
- La Légation américaine ayant manifesté au gouvernement le désir d’examiner l'espace compris entre le parallèle du 35° de latitude S. et la côte N. de l’estuaire de la Plata entre les méridiens de l’île de Flores et de la pointe Brava, «espace qui n'a jamais été bien examiné,» le gouvernement a autorisé le commandant du vaisseau américain Ticonderoga à procéder aux études hydrographiques qu’il signale, et qui permettront de faire de nouveaux relevés surles cartes destinées à la navigation.
- VIII
- La ville de Montévidéo
- La ville de Montévidéo, bâtie sur une langue de terre dont la pointe rocheuse qui s’avance dans la Plata forme avec celle du Cerro l’entrée de la baie du même nom, a été fondée en 1726, 45 ans plus tard que celle de La Colonia qui est située en face de Buénos Ayres et où les Espagnols firent leur premier établissement dans la Plata. C'est donc une ville toute moderne, car la consécration de sa principale église — La Malriz — ne date, comme la construction de son Hôtel de ville ou Cabildo, que de l’année 1804, et la pose de la première pierre de l’hôpital actuel de la Charité ne remonte aussi qu’à l'an 1825.
- Les 50 premières familles qui ont peuplé cette ville ont été transportées de la province de Galice (en Espagne) et des îles Canaries, auxquelles se sont réunies bientôt un certain nombre d’autres familles venues de Santa Fé (littoral du Parana) et de Buénos Ayres.
- «Et pour qu’on puisse peupler les deux sus dits et importants postes de Montévidéo et de Maldonado — dit textuellement l’ordre royal adressé d’Aranjuez le 16 avril 1725 au gouverneur de Buénos Ayres — j’ai donné les ordres nécessaires pour qu’on vous envoie par les navires indiqués 50 familles, dont 25 du royaume de Galice et 25 des îles Canaries.... Voyez aussi de votre coté à atti-
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- rer le plus de familles que vous pourrez, afin de peupler ces deux localités en leur fournissant les moyens suffisants.»
- La ville de Montévidéo a été d’abord une place forte, et selon le journal du lieutenant-colonel Bruno Mauricio de Zabala, gouverneur de Buénos Ayres, quand il arriva en 1724 pour obliger les Portugais à se retirer de la position que ceux -ci occupaient alors, ce chef commença à construire la batterie de l’Est où il existe encore un fort, et après avoir repoussé les indiens Tapes, il travailla au tracé des autres fortifications dont nous voyons encore quelques restes.
- Cette prise de possession a été bientôt suivie du partage des terres et de la création du Cabildo de la ville de Saint Philippe et port de Montévidéo pour former son «Gouvernement politique et économique» , ainsi que le constate le rapport rédigé par Don Pedro Millan en date du 24 décembre 1726.
- La possession de la Banda Orientale a été disputée longtemps entre les couronnes d’Espagne et de Portugal,et plus tard par le Brésil et l’Angleterre, jusqu’à l’époque où l’indépendance proclamée dans la Plata dès l’année 1810 lui rendit la liberté en 1829. Depuis lors seulement la ville commença à s’agrandir par la démolition des murailles à travers lesquelles on ouvrit dès 1834 et 1836 de nouvelles rues,en prolongement de celles du Porton (aujourd’hui du 25 mai), et du Rincon qui avaient alors pour limites la rue du Cerro avec le porton qui etait alors établi au coin de l’ancienne maison Lamas.
- Les limites de la ville s’étendaient à peine en 1839 au delà du Cubo, où l’on bâtit bientôt le temple protestant ou des Anglais, et du Cabildo avec la rue actuelle de Juncal; en dehors de ces rues il n’y avait alors que quelques maisons isolées, des ravins et des roches disséminées à fleur de terre, terrains accidentés au milieu desquels les anciens habitants de Montévidéo se rappellent avoir chassé la perdrix, et qui sont aujourd’hui tout bâtis, croisés par de larges rues et couverts de maisons aussi élégantes que celles de la vieille ville.
- A la fin du siècle dernier, on avait établi un cirque de taureaux au sein même de la vieille ville et sur un terrain vague (despoblado) situé entre la caserne des dragons et la
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- chapelle des Exercices, quartier actuel de l’hôpital de la Charité. Plus tard, ce cirque a été transporté à 2000 mètres de là, près du cimetière actuel.
- Enfin le cirquea dû être transporté en 1852 au village de La Union, à une lieue et demie de la ville.
- Le cimetière qui en 1837 éxistait encore sur un emplacement qui est tout proche du nouveau Marché, a été transporté sur la côte sud à la même distance que le cirque dont nous venons de parler, il occupe une superficie de 46,656 vares carrées (34 ares 42 cent.), il est couvert de monuments de marbre avec une chapelle au milieu et planté d’arbres magnifiques, mais il est déjà insuffisant pour la population et d’ailleurs tout entouré de maisons bâties qui ne permettent pas de l’agrandir de ce côté. En conséquence la Municipalité a résolu de construire un nouveau cimetière au Buceo, plus éloigné des centres de population et qui se trouve à une lieue et demie de distance de la ville.
- Nous avions bien raison de dire au commencement de ce chapitre que Montévidéo est une ville toute moderne, une ville nouvelle pour ainsi dire, dont l’agrandissement successif depuis 1838 est dû à l’immigration européenne qui depuis lors a commencé à peupler et bâtir la nouvelle ville, en creusant des carrières partout, en comblant les ravins et nivelant les chemins et en couvrant de maisons élégantes et bien construites des terrains immenses que nous nous rappelons avoir vu nus et dépeuplés en 1840.
- Selon des documents dignes de foi, la population de Montévidéo en 1818 pouvait se calculer à 3 ou 4,000 habitants et en 1829 à 9,000. (1)
- Ainsi que l'observe l’auteur de la même notice qui nous fournit les renseignements ci-dessus, «un seul éxemple fera comprendre l’énormité de la progression de l’immigration:
- En 1836 il est entré 998 Français et 512 Italiens; total 1,510;
- En 1842, il est entré 5,218 Francais, et 2,515 Italiens; total 7,733.
- En l’éspace de 6 ans l’immigration européenne à Monté-vidoé avait quintuplé.
- (1) Notice sur la République Orientale, par D. Andres Lamas. Paris 1851.
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- QC —
- «Les immigrants européens, en quelques années, avaient en quelque sorte changé la face du pays», comme le dit le Baron Deffaudis dans une brochure par lui publiée à Paris- «Ils avaient plus que doublé l’étendue de Monté-vidéo, après avoir entièrement couvert de maisons tout le terrain resté vacant dans l’enceinte de la ville; ils avaient construit hors de cette enceinte une ville nouvelle, dont certaines rues seraient estimées belles à Paris.» (1)
- «Jusqu’en 1839,comme le fait observer judicieusement le Deur. Martin de Moussy, l’Europe ne connut guère de ces pays que les deux villes du littoral, Buénos Ayres et Mon-tévidéo» et encore ne les a-t-elle connues que très imparfaitement et de nom seulement, en les confondant souvent l’une avec l’autre.
- Le siège de Montévidéo en 1843, et la guerre de 8 ans qui l’a suivi, ont arrêté cette immigration qui s’est toute reportée alors sur Buénos Ayres. Mais dans des pays comme ceux-ci, où tout esta faire et à créer, où la demande excède toujours l’offre, où le manque de bras est presque universel, les périodes de transition sont de peu de durée, et bientôt de nouvelles fortunes s’élèvent au milieu des ruines d’un passé plein de revers, parceque la terre y donne en abondance ses trésors à qui sait les chercher, et que le travail y est toujours bien rémunéré.
- Les villages du Cordon et de la Aguada, qui formaient auparavant les environs de Montévidéo, font maintenant partie intégrante de la ville avec leurs rues tirées au cordeau, leurs places et leurs maisons bien bâties. Le village de La Union est de création toute moderne, puisque sa fondation ne date que de l’époque du siège de Montévidéo. Le village du Cerro, de l'autre côté de la baie, doit son existence à l’établissement des saladeros dont les usines bordent toute la côte, et les élégants édifices, les maisons de campagne, les villas qui embellissent les environs de Montévidéo sont tout modernes aussi, ainsi que les bourgs et bourgades du Paso del Molino, d’Ata-hualpa, du Reducto, de Marona, de la Aldea, etc.
- La ville de Montévidéo, est dotée d'égouts qui ont dé-ja une extension de près de 20 milles, et qu’on a commencé à construire seulement en 1855. Leur cons-
- (1) Emigration et Colonisation, par M. Arsène Isabelle, Montevideo, 1850.
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- truction laisse certainement à désirer, mais il sera facile de les améliorer une fois qu’on aura adopté un système général mieux combiné avec les nécessités d’une grande ville aussi bien située que celle-ci.
- En 1856 a été inauguré le théâtre Solis qui contient 1,800 spectateurs; en 1866 s’est ouverte la bourse de commerce, un des édifices les plus élégants de la capitale; en 1867 a été inauguré le cable sous-marin entre Montévidéo et Buénos Ayres qui parcourt en outre 4 des départements de la République; en 1869 a été inaugurée la première ligne de chemin de fer, celle du chemin Central, et en 1871 la population reconnaissante a fêté l’inauguration des Eaux Courantes, dont l’usine construite sur les rives du Rio Sainte Lucie, à 11 lieues de Montévidéo, est sans contredit l’édifice le plus remarquable qu’il y ait dans la Plata.
- Montévidéo est donc vraiment une ville nouvelle, dont les âges respectifs d’accroissement peuvent se compter par le nombre d’habitants, qu’elle a eu aux différentes époques de son histoire.
- Dans ce but nous donnons ici le tableau de ce mouvement:
- Habitants. En ville. Dans le départem.
- Année 1818.... 3,500 ?
- « 1829.... 9,000 14,000
- 1835.... ? 23,000
- « 1843.... 31,189 Siège de Montévidéo
- « 1852.... Fin du siège 33,994
- « 1860.... 49,543 57,861
- « 1864.... 56,407 67,606
- « 1869.... 95,836 111,578 127,704
- « 1872.... 105,296
- En 50 ans seulement, la population de Montévidéo a atteint 30 fois le nombre qu’elle avait en 1818.
- Notre siècle est celui des progrès rapides, comme doit l’être celui des chemins de fer et du télégraphe électrique; l’accroissement de la population de Montévidéo et l’agrandissement de la ville out suivi la marche des villes Nord-Américaines de San Francisco, Chicago, etc.
- Mais anciennement, il n’en était pas de même, parce-
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- que les progrès matériels sont toujours en rapport avec les progrès de la science et le développement de la civilisation.
- C’est ainsi qu'il a fallu à la ville de Paris rien moins de 12 siècles pour voir augmenter sa population dans la même proportion que celle de Montévidéo. Par exemple, il y avait à Paris en l’an 373, sous le règne de l’empereur Julien,8,000 habitants,et ce n’est qu’en 1605, sous le règne du roi Henri IV, que ce nombre est arrivé à 260,000, c’est à dire a 30 fois plus.
- Dans le monde tout est relatif et tout s’équilibre, au moral comme au physique, sous le rapport scientifique comme sous le rapport social.
- La ville de Montévidéo est bâtie en échiquier et, suivant le plan levé dernièrement par l’ingénieur Don Pablo San-tias, elle se compose de 361 carrés ou manzanas bâtis de 10,000 vares carrées (7,378 mètres carrées) chacun qui sont ainsi répartis:
- Carrés ou Manzanas
- La vieille ville a dans sa largeur du Nord au
- Sud-Est qui est toute entourée par la mer, de 8 à 9 carrés ou manzanas, et dans sa longueur de l’Ouest a l’Est 15 environ. Total 124 Les rues de cette vieille ville ont 12 vares (10 met. 30) de large.
- La nouvelle ville qui suit immédiatement, sans solution de continuité,et dont les rues principales ont 17 mètres de largeur, a de 13 à 14 carrés ou manzanas de 1’0. àl’E.et 14 du N. au S. E. qui forment en tout.... 163 Le Cordon, faubourg de la ville et qui en forme aujourd’hui l’un des quartiers, a.... 48 La Aguada, autre faubourg de la ville dont elle forme aussi l’un des quartiers a en maisons bâties et compactes.. 26
- Total.......... 361
- Plus des deux tiers de ces 361 carrés ont été bâtis pos-
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- térieurement à l’année 1838, ce qui prouve bien que la ville actuelle de Montévidéo est toute nouvelle.
- MAISONS BATIES
- Le bureau des contributions directesqui dépend de la Junte Economique Administrative du département (la Municipalité) a dressé un intéressant tableau statistique des propriétés bâties et terrains existant dans le périmètre de la ville jusqu’à la rue de l’Ejido, ancienne limite qui ne comprend nullement les faubourgs du Cordon et de la Aguada qui la suivent immédiatement.
- De ce tableau et du mémoire qui l’accompagne, nous extrayons les renseignements suivants :
- 1° La vieille ville, jusqu’ a la rue de la Ciudadela et à la hauteur du vieux marché, contient aujourd’hui 126 carrés ou manzanas sur lesquels sont bâties 2538 maisons (dont 1388 sont à étages), 28 grands magasins de dépôt de marchandises (barracas), 123 idem sans être couverts (corralones), 23 maisons en construction et 23,070 mètres carrés de terrains non encore bâtis.
- 2.° La nouvelle ville contient aujourd’hui 162 carrés ou manzanas sur lesquels sont bâties 2,800 maisons dont 711 à étages, 55 grands magasins ou barracas, 308 idem sans être couverts (Corralones), 82 maisons en construction et 241,313 mètres carrés de terrains non encore bâtis.
- Nous avons donc dans ce périmètre:
- Maisons bâties en briques et pierres................ 5,452
- Grands Magasins (barracas).............................. 81
- Dépôts non couverts (corralones)....................... 431
- Total................... ..... 5,964
- A ce nombre, il convient d’ajouter les maisons bâties sur les 74 carrés ou manzanas des faubourgs du Cordon et de la Aguada que nous estimons à plus de 1,200. En suite et pour compléter ce tableau, il faut encore ajouter les maisons de la Union et du Cerro,les maisons de campagne et autres qui bordenttoute la route du Paso del Molino et de l'Arroyo Seco, de Atahualpa,du Reducto, de la Figuri-ta, de Larragnaga, du Pantanoso, du Miguelete, del Paso
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- dela Durana, de las Tres Cruces, de la Aldea, de los Poci-tos, de Marona, etc. et que nous pouvons calculer sans exa-gération à plus de 2000.
- Nous avons donc en nombre rond plus de 10.000 maisons bâties dans le département de Montévidéo, et toutes avec une population assez dense.
- La ville de Buenos Ayres avec ses faubourgs, suivant le recensement de l’année 1869, a 16,920 maisons bâties en briques, et 2389 en bois ou couvertes de chaume; total 19,309.
- Vienne, capitale de l’Autriche, n’avait en 1864 que 9711 maisons avec une population de 550,733 habitants.
- Berlin, à la même époque, n’avait que 21,919 maisons. Selon d’autres renseignements, en 1815 il y avait à Berlin 40,588 habitations, et en 1872 ce nombre s’était élevé déjà à 180,000.
- En 1866 il y avait à Paris 57,686 maisons formant ensemble 612,465 logements distincts, et en 1861 il y avait à Londres 362,800 maisons.
- * *
- Pour apprécier mieux les phases de l’agrandissement de Montévidéo, il faut consulter le tableau officiel des permis de bâtir qui sont délivrés par la municipalité avant qu’on puisse procéder à tous travaux de construction. En voici le relevé :
- ANNÉES Nouvelles bâtisses Reconstructions Total
- 1835 à 38 • • • • • • • • •• • • • • • ••••• • 269
- 1839 à 42 292
- 1859 et 60 183 93 276
- 1865 et 66 445 253 698
- 1867 369 263 632
- 1868 687 361 1048
- 1869... 694 253 947
- 1870 594 71 665
- 1871... I 462 89 551
- Maisons bâties. • 5588
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- Sans compter celles des années 1843 à 1858 y de 1861 à 1864 sur lesquelles nous n’avous pas de renseignements.
- Le terme moyen annuel des maisons bâties à Montévidéo se résume comme suit :
- De 1835 à 1842, Par an 125 maisons -En 1859 et 1860, « 138 id. De 1866 à 1867, « 443 id. De 1868 à 1871, « 803 id.
- Si nous ajoutons au chiffre qui résulte des états précédents celui des maisons bâties de 1843 à 1858 et de 1861 à 1864, nous arriverons bien près du chiffre de 7000, et il restera démontré alors que les trois quarts des maisons existant actuellement ne remonte pas au delà de l’année 1835,etque la moitié environ ne date au plus que des années 1865 et 1866.
- Montévidéo est donc bien une ville nouvelle, et pour peu que la paix se consolide dans le pays, bientôt cette nouvelle ville deviendra une grande ville.
- Toutes les rues de Montévidéo sont pavées et forment un développement qu’on peut estimer à 60 kilomètres; en outre tous les chemins qui suivent à l’extérieur les diverses directions de l’Est, de la Union, du Cerrito, du Reducto, du Paso del Molino, etc., dans un rayon de plus d’une lieue et demie aux alentonrs, sont macadamisés au centre et pavés sur les côtés dans une extension de plus de 20 kilomètres. Il y a donc bien 15 ou 16 lieues de rues et de chemins pavés ou macadamisés dans Montévidéo et ses environs, et tous ces travaux on tété éxécu-tés par la municipalité en grande partie depuis les années 1860 et 1866.
- MAISONS DE COMMERCE, MAGASINS DE DÉTAIL ET INDUSTRIE
- Les progrès réalisés dans Montévidéo et l’augmentation de la population peuvent encore se montrer d’une manière évidente par l’examen comparé des maisons de commerce, magasins de détail et différentes industries établis successivement à Montévidéo et dans les départements, examen qu'il est facile de faire au moyen du relevé des patentes
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- délivrées chaque année par l’administration.
- Voici le résumé des relevés annuels des patentes que nous avons eus sous les yeux :
- Années A Montévidéo Départements Total
- 1836 • • 9 • 962
- 1842 3,281
- 1858 2,197 2,257 4,454
- 1859 2,620 2,435 5,055
- 1860 2,773 2,660 5,433
- 1861 5,928
- 1867 2,843
- 1868 4,166 3,459 7,625
- 1869 9,989
- 1872 6,337
- Voici la nationalité des propriétaires de ces diverses
- maisons de commerce et magasins :
- Dans to utela République :
- Orientaux Etrangers Total
- 1861 1,597 4,331 5,928 9,989
- 1869 1,963 8,026
- A Montévidéo :
- 1860 652 2,121 2,773
- 1872 919 5,418 6,337
- Le nombre de toutes ces maisons de commerce, industries et magasins de détail était en 1869 dix fois plus considérable qu’en 1836. Dans toute la république,l’augmentation est de 124p.g en comparant l’année 1858 à celle de 1869,et à Montévidéo spécialement ce nombre a triplé en 14 ans.
- L’augmentation ne peut pas être aussi considérable proportionnellement dans les départements qu’ à Montévidéo, à cause des troubles et des guerres civiles qui nuisent tant aux affaires et même à la production.
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- La proportion de ces maisons, magasins et industries par nationalité est la suivante :
- Dans toute la Dépublique
- En 1861. Nationaux 27 p.g Etrangers 73 pg.
- En 1869, id. 20 « id. 80 «
- A Montevideo
- En 1860. Nationaux 24 p.8 Etrangers 76 pg.
- En 1872. id. 15 « id. 85 «
- Voici comment se distribuent tout ce commerce et l’industrie par Département, suivant les états de 1869 :
- Montévidéo, Patentes payées 5,663
- Canelones idem .... 767
- Paysan dû idem .... 640
- Salto idem ...... .... 575
- Colonia idem .... 364
- San José idem ....... .... 314
- Cerro-Largo idem .... 313
- Maldonado idem . .... 289
- Soriano idem 243
- Tacuarembô idem . .... 243
- Durazno idem ....... ... 228
- Florida idem ....... .... 182
- Minas idem .... 168 4,326
- Total 9,989
- Il y a donc 43 individus payant patente dans les 12 départements réunis pour 57 dans celui de Montévidéo seulement. Voilà ce qui explique le grand développement, les progrès et l’accroissement de la capitale de la République Orientale.
- Pour donner une idée plus exacte de l’accroissement du commerce et de l’industrie durant ces 15 dernières années, nous’reproduisons ici les états comparés des patentes délivrées à Montévidéo pendant les années 1858, 1868 et 1872.
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- Patentes délivrées
- Magasins de comestibles et bois-
- sons, en gros.....................
- Idem en détail....................
- Meules à blé...................
- Scieries à vapeur..............
- Banques........................
- Entrepôts particuliers (Barracas) ...
- Billards.......................
- Débits de boissons..............
- Pharmacies et drogueries..........
- Ouvrages en cuivre................
- Cafés.............................
- Fours à chaux.....................
- Menuisiers et charpentiers........
- Maisons de consignation...........
- Fabricants et mds. de cigarres....
- Confiseurs......................
- Gies. d’assurances................
- Tanneries..............*** *......
- Bateaux faisant le trafic du port....
- Sculpteurs .......................
- Fabriques de vermicelle et d’ami-
- don................................
- Idem de voitures...........•......
- Id. de bière, vinaigre et liqueurs..
- Id. de chocolat, confitures et gâ-
- teaux..-. ........ ...............
- Id. de balais, nattes, paniers et
- brosses ..........................
- Id.de sabots et sandales..........
- Id. de billards...................
- Id. de verre........................
- Id. de cages.... .................
- Artificiers........................
- Voiliers.......................... Fonderies......................... Photographies .....................
- 1838 1868 1829
- 43 69 68
- 69 42 143
- 76 32 3
- — -------- 3
- 2 8 8
- 31 64 80
- 40 100 188
- 70 200 240
- 20 35 47
- 1 5 5
- 11 42 114
- 4 4 9
- 82 219 243
- 55 88 123
- 29 41 52
- 26 35 33
- ----- 4 4
- 9 12 13
- 217 219 616
- — — 5
- 11 10 11
- 2 7 10
- 6 18 18
- 1 8 6
- — 6 12
- 7 12 26
- • — 2
- ---- 1 2
- -,—• — 2
- — — 1
- ----- — 3
- — 3
- 5 11 17
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- - :
- 2
- ====================================
- -===-=====================
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- Patentes délivrées
- Restaurants, traiteurs et hôtels
- Graisseries et salaisons de cuirs ....
- Tours à briques ..................
- Serruriers et forgerons..........
- Ferblanteries....................
- Orfèvreries et bijouteries.......
- Librairies...............................................
- Merceries..........................-.
- Moulins à vapeur et à vent.........
- Machines à moudre...............
- Marbreries.........................
- Epiciers et Mds. de vin..............
- Boulangeries.......................
- Presses pour emballer..............
- Pilotes des rivières...............
- Horlogeries.......................
- Chapelleries.........-............
- Saladeros pour la viande et les
- cuirs...............................
- Tourneurs..................•......
- Teintureries....................
- Théâtres........................
- Treillageur.....................
- Cordonniers et bottiers...........
- Tailleurs et Magasins de confec-
- tions.............................
- Selliers et bourreliers...........
- Magasins de nouveautés............
- Divers..............................
- Totaux..............
- Ce h 0 @D © 0 m @D 0D pa
- 8
- 16
- 31
- 19
- 1
- 7
- 15
- 8
- 7
- 2
- 42
- 35
- 6
- 43
- 8
- 15
- 7
- 4
- 5
- 2
- 86
- 38
- 13
- 143
- 809
- 2197
- 17 58
- 6 3
- 47 52
- 76 92
- 41 52
- 18 27
- 9 23
- 32 46
- 21 24
- 4 17
- 7 9
- 752 867
- 74 93 .
- 34 38
- 35 38
- 7 20
- 21 38
- 9 9
- 7 6
- 6 11
- 3 6
- — 1
- 132 136
- 74 107
- 14 16
- 203 245
- 1225 2193
- 4166 6337
- L’analyse de ces états comparés prouve d’abord que le nombre des magasins en gros n’a pas augmenté de 1868 a 1872 quand celui des magasins de détail, qui avait diminué en 1868, a plus que triplé ensuite; il y a là une anomalie peu explicable; il est vrai que, par compensation.
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-
- co ëmà
- le nombre des maisons de consignation qu’on peut confondre avee les premières, a augmenté durant la même période de 28% p°., sans compter les maisous de détail qui reçoivent directement d'Europe leurs assortiments.
- La diminution, et l’on peut dire la désaparition des meules à blé mues par les animaux s’explique parfaitement par l’augmentation des moulins à vapeur qui leur sont substitués depuis plusieurs années.
- L’augmentation du commerce et de l’industrie est du reste très notable. Par exemple, nous avons en 1872, 3 scieries à vapeur, 70 fabriques diverses, 4 tanneries, 4 ateliers d’ouvrages en cuivre, 5 fours à chaux, 36 idem à briques, 7 marbreries, 3 fonderies et 2 saladeros de plus qu’en 1852;nous avons aussi 50 entrepôts (Barracas)deplus, 6 Banques, et 4 Cies. d’assurances.
- En 1858 nous n’avions que 35 boulangeries; nous en avons maintenant 93 qui travaillent même sur une plus grande échelle que les premières. En 1858 nous avions 216 établissements débitant des boissons, aujourd’hui nous en avons 1397; il n’y avait que 8 restaurants et hôtels, il y en a maintenant 58. Nous avons aujourd’hui presque le double de magasins de nouveautés, tailleurs, cordonniers et chapelliers qu’en 1858, trois fois plus de menuisiers et charpentiers, de serruriers, de ferblanteries et de fours à briques; presque le double de fabriques et marchands de ci-garres, plus du double de pharmacies et de drogueries; le nombre des billards est quatre fois et demie plus considérable qu’en 1858, enfin le nombre des bateaux pour le trafic du port a triplé.
- Ces comparaisons authentiques justifient pleinement nos appréciations antérieures sur l'augmentation du commerce d’importation et d’exportation et de la navigation.
- En résumé, nous avons aujourd’hui à Montévidéo une boulangerie pour 1362 habitants (à Londres il y en a une pour 1200), un débit de boissons pour 9' habitants; un magasin de nouveautés et d’étoffes, un tailleur, un cordonnier et un chapellier pour 242 habitants; un billard pour 679,et un café pour 868 habitants.
- Ces proportions sont déjà assez considérables, et si elles ne répondent pas toutes aux aspirations des partisans d’une sobriété exemplaire, elles s’expliquent du moins par la. facilité avee laquelle le travailleur gagne de l’argent ici, et
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- par l’aisance dont tout le monde jouit, presque sans exception. Du reste, nous voyons qu’en France il y a 382,206 restaurants, traiteurs, cafés, épiciers, Mds. de vin, etc. ce qui fait un débit de boisson pour 94 consommateurs; il y a aussià Paris 3735 cafés et 12,000 billards, ce qui fait un café pour 484 habitants et un billard pour 152, et si les débitant de boissons paraisent, ici dans une proportion à peu près égale qu’à Paris, c’est que nous avons compté dans cette catégorie les almacenespor menudeo et les pulpe-rias, quoique ces établissements ne soient pas spéciaux pour le débit des boissons comme le sont les Mds. de vinàParis.
- En outre des magasins et industries payant patente, nous avons encore les professions libérales qui n’en paient point et qui sont les suivantes :
- 12 imprimeries dont 5 à vapeur, et 8 lithographies, à Monté vidéo.
- 25 ingénieurs civils.
- 127 médecins et chirurgiens dans toute la république.
- 38 Sages-femmes et dentistes idem.
- 54 avocats, 23 procureurs matriculés, et 45 notaires qui font ici les fonctions d’huissiers.
- 17 architectes maîtres-maçons.
- 9 Chantiers de construction de navires.
- 5 entreprises de messageries ou diligences; 4 Cies. de bateaux a vapeur pour le service des rivières,les entreprises des eaux-courantes, du gaz, du chemin de fer central, des 3 lignes ferrées à traction de chevaux ou trenways, des 3 docks de Montévidéo et de la Colonia et une foule d’autres entreprises de moindre importance.
- VOITURES PUBLIQUES ET PARTICULIÈRES
- C’est à dessein que nous n’avons pas parlé dans le paragraphe précédent des différents véhicules qui circulent dans la ville et les environs, atte ndu que le nombre en est facile à déterminer par les patentes qu’ils payent et dont nous avons les relevés depuis l’année 1860.
- Ces voitures sont distribuées en 3 classes: 1.° Les charrettes, camions et autres voitures de trafic; 2.° les tilburis, cabriolets et autres véhicules à deux roues; 3.° les fiacres,landaus, voitures de maîtres et toutes sortes de voitures à quatre ro ues.
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- En 1840, il y avait tout au plus une vingtaine de voitures dans tout Montévidéo et 300 ou 400 charrettes pour le trafic.
- En 1860, selon le Mémoire de la Junte Economique Administrative, ily avait seulement 158 voitures de toutes sortes et 819 charrettes, total 977.
- En 1865, le nombre total s’est élevé à 1300.
- Voici maintenant le nombre des voitures de toutes classes qui ont payé patente durant les trois dernières années.
- Ans le. classe 2e. 3e. Total
- 1870 1871 1872 Moyenne.... 2764 2273 2406 68 46 42 466 375 397 3296 2694 2845
- 2481 51 413 2945
- La diminution de l’année 1871 est due aux effets de la guerre civile, etla réaction qui se fait déjà sentir en 1872 constate une reprise dans le mouvement général causée parle rétablissement de la tranquillité publique après la paix survenue au commencement de l’année.
- Le relevé du produit des patentes payées depuis l’année 1860 donne une idée exacte de l’augmentation successive de ce mouvement:
- Année 1860 Produit $ 10,236.85
- « 1861 Id « 11,507.80
- « 1362 Id « 11,875.73
- « 1863 Id.. « 13,440.26
- « 1864 Id « 13,983.16
- Moyenne de ces 5 années........ $ 12,208.77
- Année 1865 Produit $ 15,341.22
- « 1866 Id « 18,866.18
- « 1867 Id « 23,051.00
- « 1868 Id « 26,845.98
- « 1869 Id « 31,690.16
- Moyenne de ces 5 années g 23,158.91
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- Année 1870 Produit............ « 45,983.64
- « 1871 Id.................... « 36,701.56
- « 1872 Id..................... « 37,435.82
- Moyenne de ces 3 années................. $ 40,040.34
- Durant la 2e. période, l’augmentation est de 90p8. et la 3e. comparée à la première présente une augmentation de 230p8-
- VOYAGEURS PAR LES VOIES FERRÉES ET DILIGENCES
- Pour donner une idée plus complète du mouvement de la capitale avec les environs et les départements, nous allons présenter ici le résumé officiel du trafic publié par les diverses entreprises de voies ferrées et de diligences durant les 3 dernières années, faisant observer que nous n’avons pas pu obtenir le résumé de 1872 pour le trenway de la Union et que celui des diligences autres que les Messageries Orientales est approximatif.
- VOYAGEURS PAR 1820 1821 182%
- Trenway de la Union... Id. du Paso del Molino. Id. de l'Est.... Chemin de fer Central.. Diligences des M. O. Id. autres Totaux.. 453,457 352,160 39,969 14,093 14,000 387,744 464,389 650,000 110,090 12,328 12,000 1,098,136 1.458,784 184,646 11,392 12,000
- 873,679 1.636,551
- Le trafic de l’année 1871 équivaut à quatre fois le nombre total de la population de la république, à 13 fois celui des habitants de Montévidéo et au mouvement de 4483 voyageurs par jour.
- Le trafic de l’année 1872 peut être calculé, sans exagération, au double de celui de 1871 et représente alors un mouvement équivalent à 8 fois le nombre total de la po-
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- pulation de la république et à 9000 voyageurs par jour.
- Il està remarquer que les nombreux voyageurs qui se rendent chaque jour à Buénos Ayres el dans les divers ports de l’Uruguay par les vapeurs des lignes fluviales n’entrent pas dans le calcul ci-dessus.
- CONSOMMATION DE LA VILLE
- La ville de Montévidéo n’a pas d'octroi, mais tous les animaux qui sont destinés à l’abattoir pour la consommation et les usines des saladeros pour la salaison des cuirs et de la viande qui s’exportent en grande quantité, paient un droit municipal qui est perçu sur le marché même où se vendent les bestiaux, ce qui permet de connaître assez exactement le nombre d’animaux abattus pour ces deux destinations et l’exportation.
- La perception de ce droit est parfaitement organisée et administrée, et ce sont les états et les notes de cette administration qui nous servent de guide pour les appréciations qui suivent.
- Voici le nombre des bœufs et vaches vendus sur le marché et abattus pour la consommation de la ville durant les huit dernières années, comparées avec celle de 1860 :
- 1860 Consommation.... . 47,850 bœufs et vaches.
- 1865 Id . 56,176 augmentation 17 p.8
- 1866 Id . 77,931 Id- 38 «
- 1867 Id , 86,693 Id. 11 p.g
- 1868 Id . 91,320 Id. 5 «
- 1869 Id . 97,345 Id. 64 «
- 1870 Id 90,106 diminution 7 «
- 1871 Id 88,369 « 2 «
- 1372 Id 94,746 augmentation 7 «
- Il résulte donc que, depuis l'année 1860, la consommation de la viande de boucherie a augmenté d’année en année dans une proportion qui suffit pourdémontrer en mêmetems l'augmentation de la population. Quant à la diminution des années 1870 et 1871 elle est justifiée suffisamment par la guerre civile dont les effets se firent sentir jusqu’aux portes mêmes de Montévidéo, quoique la proportion réelle
- il
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- 1
- veniees - —
- 2 •
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- soit encore moindre de ce qu’elle apparait ici, comme nous le verrons plus bas en notant que la consommation de la viande de mouton augmentait considérablement en même temps que celle de la viande de bœuf diminuait.
- Mais en 1872, après la paix faite, la consommation du gros bétail est vite remontée au dessus du chiffre des années antérieures comme on le verra par le tableau suivant des bœufs, vaches et moutons abattus pour la consommation de la ville dans les cinq dernières années, tableau auquel nous avons ajouté le poids des animaux calculés l’un dans l'autre à 14 arrobes (160 kil. 70) de viande pour les bœufs et les vaches, et à 2 arrobes (23 kil.) pour les moutons.
- Années Boeufs etv. Poids en kil. Moutons Poids en kil. Total en kil.
- 1868 1869 1870 1871 1872 En 5 ans Moyenne .., 91,320 97,345 90.106 88,369 94,746 16.437,600 17.522,100 16.619,080 15.906,420 17.054,280 63,037 61,808 74,806 73,019 66,205 1.449,851 1.421,584 1.720,538 1.679,437 1.522,715 17.887,451 18.943,681 18.339,618 17.585,857 19.027,195
- 461,886 92,377 83.539,480 16.707,896 338,875 67,775 7.794,125 1.558,825 91.783,805 18.356,761
- . 12
- En estimant à 120,000 âmes le terme moyen de la population du département de Montévidéo pour les 5 années, nous avons ici une consommation de 153 kil. de viande de bœuf et de mouton par an et pour chaque habitant, ou de 420 grammes (près d’une livre) par jour.
- Il est à remarquer encore qu’une partie de la population du Cerro se nourrit de la viande des animaux abattus dans les saladeros et qui ne figurent pas dans les tableaux ci-de-ssus, et que la plupart des habitants des limites du département de Canelones ne prennent pas part non plus à cette consommation.
- A Buénos Ayres, selon les renseignements puisés dans le Mémoire du Ministre des finances de la Province, la consommation aété en 1870 de 238 kil. de viande par habitant ou de 652 grammes par jour, proportion aux environs de laquelle nous arriverions aussi si nous prenions en considération les observations que nous venons de faire à l'égard des consommateurs du département de Montévidéo.
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- Selon MMrs. Payen et Martin de Moussy (1), en France, chaque habitant consomme en viande de toute sorte (y compris le porc, le gibier, les volailles, le poisson etc.) la quantité de 57 grammes par jour; dans les villes au dessus de 10,000 âmes, cette consommation s’élève à 146 grammes; à Paris elle est de 263 gr. par jour.
- Suivant M. Legoyt (2), la consommation en viande de boucherie, par habitant et par jour, est calculée comme suit dans les quatre capitales ci-dessous:
- en
- Londres...
- Vienne....
- Paris.....
- Berlin....
- 298 grammes par jour,
- . 238 .*206 . 145
- id. id. id.
- id. id. id. id. id. id.
- Enfin selon l'Annuaire de Paris (3) la consommation de la viande de bœuf et de mouton n’était à Paris en 1869 que de 187 grammes par jour et par habitant.
- Les habitants de Montévidéo consomment donc trois fois plus de viande que ceux de Berlin, deux fois plus que ceux de Paris, 76p% de plus que ceux de Vienne, et 58p8. de plus que ceux de Londres.
- La consommation des autres sortes de viandes est très considérable aussi par leur abondance, mais nous ne pouvons pas la déterminer ici, parce que ce commerce étant libre, il n’en est pris note nulle part.
- Il se consomme une grande quantité de charcuterie et de conserves, le gibier et la volaille sont abondants, et l’on peut dire hautement que le vœu du bon roi Henri IV est réalisé ici, car il n’est pas de paysan et d’ouvrier qui ne puisse mettre la poule au pot au moins une fois ou deux par semaine.
- Du reste, dans la campagne, tout le monde, jusqu'aux plus malheureux, mangent tous les jours de la viande qui est aussi la nourriture habituelle et celle qui coûte le moins.
- Le poisson, qui est excellent et figurerait avec honneur surles tables aristocratiques de Paris, abonde tellement que durant le siège de 8 ans il a suppléé suffisamment la viande
- (1) Viandes et poissons, brochure. Paris 1867.
- (2) La France et l'étranger. Etudes de statistique comparée. Paris 1870.
- (3) Paris, 1872.
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- de boucherie qui était rare et chère, et les vapeurs des lignes de Buénos Ayres et de l’Uruguay en approvisionnent chaque jour les villes du littoral;c’est au point que le Courrier de la Plata, journal français qui se publie à Buénos Ayres, disait dans un de ses derniers numéros que «Mon-tévidéo contribue en grande partie à l’approvisionnement du marché de Buénos Ayres et que le jour où, par hasard, il n’ y arrive pas de paquebot, le poisson y manque tout-à-fait.» Il n’est pas jusqu’aux volailles, œufs, fruits, etc. qui ne soient envoyés en grande quantité des côtes de la Répübli-que Orientale à Buénos-Ayres, et il est très certain que, se lon la prédiction d’un agent diplomatique brésilien, la République Orientale de l’Uruguay est appelée à être un jour le grenier du Brésil comme la Sicile l’a été anciennement pour Rome, et le grand marché où s’approvisionneront aussi la plupart des villes de la Plata,duParana et du Paraguay, en volailles, œufs, poisson, fruits et légumes, comme la France l’est pour l’Angleterre.
- Dix années de paix seulement assureraient ce résultat.
- HÔPITAL, ENFANTS TROUVÉS, MAISON d’ALIÉNÉS ET ASILE
- DE MENDICITÉ.
- «Presque toutes les grandes choses que connait le monde ont commencé à s’établir sur de bien minces fondements,» a dit en 1780 le syndic procureur de la ville, et l’un des fondateurs de la confrérie de Saint Joseph et de la Charité, don Mateo Vidal, en s’adressant au Cabildo (Conseil municipal) de Montévidéo, pour lui démontrer la nécessité de l’établissement d’un hôpital et les moyens à employer pour y arriver.
- En effet,le premier établissement de l’hôpital de la Charité dont l’édifice existant aujourd’ hui occupe les trois quarts d’un carré de 86 mètres de coté ou Manzana, a été des plus modestes.
- En 1871, on acheta une demi cuadra (3690 met. carrés) de terrain à l’extrémité de la rue SaintPierre (aujourd’hui 25 mai), sur lequel a été bâti plus tard l’hôpital primitif et ensuite celui existant actuellement. Le terrain a coûté 5 500, ayant été évalué par les experts à $ 11 la fraction de
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- une vare de face sur 50 de fond» (1), c’est à dire 17% centi-mes de piastre la vare carrée qui vaudrait aujourd’hui plus de $ 32! Voilà un terrain qui vaut déjà 182 fois ce qu’il a coûté il y a 90 ans.
- Mais le terrain étant acheté, l’hôpital ne se bâtissait pas, faute de fonds. C’est alors que le philanthrope don Francisco A. Maciel, surnommé le père des pauvres, créa en 1783 un asile avec 12 lits dans le grand magasin d’une maison qu’il possédait rue Saint Michel (aujourd’hui de Las Piedras, où se trouve l’hôtel de la Paix) pour y recevoir et y soigner des malades pauvres.
- C’est ce même citoyen généreux qui avança aussi plus tard à la Confrérie les fonds nécessaires pour la construc-tion de l’ édifice sur le terrain acheté en 1781, édifice qui consistait seulement en une grande salle pour hommes, et en une autre grande pièce destinée au service de l’hôpital. C’est le 17 juin 1788 que les malades recueillis dans la maison de don Francisco Maciel furent transportés à cet hôpital.
- En 1811 et en 1818 l’hôpital fut agrandi; une salle pour femmes y fut ajoutée, et l’on résolut, qu’en attendant la création d’une Maison d’enfants trouvés, il y serait ouvert un tour et que les enfants y déposés seraient élevés à l’hôpital. Telle est l’origine ici de la Maison des Enfants trouvés pour lesquels l’un des premiers curés de la Cathédrale le Père Laragnaga, avait été durant de longues années un autre Saint Vincent de Paul.
- En 1821, la Confrérie de Saint Joseph et de la Charité, qui s’était fait charge de l’hôpital depuis son origine, éleva à 100 le nombre de lits mis à la disposition des malades.
- Le 14 décembre 1824 la démolition de l'ancien édifice fut décidée; le 24 avril 1825 eut lieu la pose de la première pierre du nouveau batiment qui fut inauguré deux ans plus tard, ainsi que le nouveau local pour les fous, et deux écoles primaires pour les enfants trouvés.
- A compter de 1829, date de la proclamation de l’indépendance de la République, de nouvelles améliorations furent encore introduites dans cet établissement, auquel l’ancien hôpital militaire fut adjoint.
- (1) Memovia historien del hospital de Caridad por D. Isidore De-Maris.
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- En 1844,1’administration de l’hôpital Général passa à une Commission de Charité nommée par le Gouvernement, et par décret du 29 mai 1852, elle fut confiée à la Junte Eco-nomique Administrative (la Municipalité) qui augmenta et compléta encore l’édifice.
- Les dames de la ville, constituées en une Commission de Charité et de Bienfaisance, se chargèrent de surveiller l’administration des enfants trouvés et des malades de leur sexe ainsi que des folles,et le 15 juin 1858,elles installèrent une école gratuite pour les orphelines et les filles de parents pauvres. Dans toutes les époques de calamité publique, les dames de Montévidéo ont été une vraie Providence pour les malheureux.
- Le 1er. décembre 1856 ont été installées à l’hôpital les premières Sœurs de Charité venues d’Italie et auxquelles est confié depuis lors le soin des malades.
- Le 19 juin 1860, les fous ont été transportés à l’asile qu’ils occupent encore aujourd’hui dans les environs de la capitale, à la quinta ou maison de campagne de Vilarde-bô, le Charenton ou le Bedlam de Montévidéo. En 1863, les orphelines ont été transportées également dans une propriété sise dans les faubourgs de la ville au Cordon.
- L’Asile de Mendicité a été fondé en 1860 dans un vaste édifice appartenant àl’Etat et qui est situé au bourg de La Union.
- L’hôpital de la Charité est un vaste édifice à deux étages dont la façade occupe une cuadra tout entière, 100 vares ou 85 m. 90 sur la rue du 25 mai, 75 vares de fond à l’Ouest et 26 à l’Est.
- En 1863 il y avait 11 salles avec 327 lits, plus une autre avec 43 lits pour les orphelines, et les logements nécessaires pour 16 sœurs de Charité et 24 gardes-malades ou domestiques, sans compter 50 employés divers, les médecins et pharmaciens.
- En 1872, le nombre de lits a été augmenté encore; il s’élève h 408, plus .120 lits portatifs qu’on pourrait encore dresser en cas de besoin dans différentes salles, et le personnel des infirmiers et domestiques s’est élevé à 48.
- Les frais ordinaires et extraordinaires des différents services de l’hôpital s’élèvent, suivant le Mémoire de la Junte Economique Administrative de 1867, à $ 139,600 par an ou frs. 735,000.
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- Le mouvement de l’hôpital, à compter du 1er. mars 1855 jusqu’à fin mai 1858, soit une période de 38 mois, présente les résultats suivants:—entrés 4982 malades, sortis 3888, décédés 839, existant en traitement 255. Dans ce nombre sont compris 445 malades de fièvre jaune (en 1857) dont 228 décédés et 217 guéris. La mortalité a donc été de 48 p. g pour les malades de fièvre jaune et de 13 p. g pour les autres maladies.
- En 1861, le nombre des malades existant et entrés dans l’année était de 2520; sortis 2083; décédés 277.—Mortali-té 11 p.g.
- Voici le mouvement annuel des années 1865 à 1872:
- Années \ Entrés Sortis Décédés Existence
- 1865 a 67 9,698 8,070 1,033 —
- 1868 3,727 3,075 354 298
- 1869......... 4,636 3,985 367 285
- 1870.... 5,006 4,284 389 336
- 1871 4,531 3,909 335 287
- 1872 4,655 3,990 338 327
- Total.... 22,555 19,239 1,783 1,533
- Terme moyen 4,511 3,848 356 306
- En outre, 451 cholériques ont été soignés séparément dans un hôpital spécial en 1868, sur lesquels il y a eu 315 décès et 136 sont sortis guéris.
- La mortalité dans ces deux périodes a été de 10 1 p.g de 1865 à 1867 et de 8 p. g de 1868 à 1872. La proportion des décès dans les hôpitaux va donc en diminuant chaque année, grâce aux améliorations apportées dans l’organisation du service par l’administration et aux mesures hygiéniques adoptées par le corps médical.
- CLASSIFICATION DES MALADIES ET AUTRES CAUSES DE DÉCÈS
- Pour compléter lesrenseignements fournis sur la mortalité dans le chapitre III de ce livre, et sans nous limiter aux tableaux de mortalité de l'hôpital, nous donnons ci dessous
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- 1—*
- O
- 1
- 1
- le résumé d’un état général publié par la Commission d^Im-migration sur les diverses maladies qui ont produit les décès de l’année 1871:
- Petite vérole....................• Décedés 1087
- Phtysie (tuberculosis etc-)....... « 251
- Mort-nés.......................... « 120
- Blessures......................... « 110
- Pneumonie......................... « D9
- Affections de la gorge, angynes gangreneuses, croup.................... « 92
- Appoplexie.......................• « 72
- Enteritis et entero-colitis....... « 70
- Meninguitis....................... « 67
- Fièvres typhoïdes............*.... « 62
- Gastro-enteritis.................. « 55
- Affections organiques du cœur..... « 53
- Noyés............................. « 51
- Congestion cérébrale...... « 29
- Maladies du foie.................. « 27
- Vieillesse, sénilité.............. « 24
- Lésions violentes................. « 22
- Bronchites........................ « 21
- Consomption des enfants........... « 20
- Dentition......................... « 17
- Convulsion chez les enfants....... « 16
- Tétanos neonaturum................ « 14
- Ascitis........................... « 14
- Dyssenterie....................... « 14
- Syphilis.......................... « 12
- Paralysie générale................ « 12
- Gastrite.......................... « 12
- Coqueluche........................ « 12
- Rhumatismes....................... « 11
- Fièvre eruptive.....•............. « 11
- Id. cérébrale..................... « 11
- Laryngites ......................, » 12
- Cancer, a 9
- Tétanos traumatique...111918€*3981 « 9
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- Encesalitis................................... « 9
- Diverses autres maladies...................... « 413
- Total...................... « 2940
- Plus, maladies non classifiées............. « 1440
- Total de la mortalité.................................. 4380
- Un médecin homéopathe, le Dr. Wonner, dans un travail qui a été publié au mois de janvier 1872 dans le journal de Los Debates, présente le résumé et la classification suivante de la mortalité de la même année :
- Maladies nerveuses et qui affectent le tête........ 334
- Idem des organes digestifs............................. 312
- Idem des organes respiratoires........................ 492
- Idem de la petite vérole............................. 1087
- Autres maladies..................................... 1422
- Idem non spécifiées.................................. 1733
- «La maladie qui a occasionné le plus de victimes, fait observer le même Docteur, est la phtysie; cela n’est pas seulement dû aux fréquentes variations de la température qu’on éprouve ici, mais encore à l’affluence des nombreux malades des départements qui viennent en ville pour s’y faire soigner, soit chez eux, soit à l’hôpital, car on peut calculer que la moitié au moins de ces malades appartient aux départements.
- «Mais il est bien consolant de voir qu’il n’y a que 4 décès de delirium tremens, 2 d’appoplexie alcoolique, 12 de syphilis et 14 de scrofules, toutes maladies qui, lorsqu’elles sont représentées dans les statistiques par des chiffres élevés, sont une preuve de relâchement et de démoralisation dans la société,ou de l’insalubrité du pays où elles se prononcent avec excés.»
- MOUVEMENT DE L'HOSPICE DES ENFANTS TROUVÉS
- Voici le mouvement de cet hospice, depuis la création du tour à Montévidéo en 1818 jusqu’au 15 mai 1826 (1);
- (1) Qbeewwaolones sobre al hospital de Carldady notas} estadisticas ofrecidag à la Gomision de Carldad por J. R. domez,=Montovideo, 1858.
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- Entrés .... 148 garçons 134 filles. Total 282
- Adoptés... 16 « 9 « « 25
- Décédés... 79 « 73 « « 152
- Existence.. 53 « 52 « « 105
- Mortalité moyenne 7p.g par an.
- En 1864, il est entré 33 enfants et il en est mort 15.
- Le mouvement du 1er. mars 1855 à fin février 1858 est le suivant :
- Entrés............... 90 garçons, 65 filles Total 155 Adoptés..........................................30 id. 19 id. « 49 Décédés.............. 32 id. 29 id. « 61
- Mouvement de l’année 1862 :
- Existence.............. 48 garçons, 52 filles — 100
- Entrés.................. 47 id. 42 « — 89
- Adoptés................. 10 id. 9 « — 19
- Décédés................. 19 id. 17 « — 134
- Voici le mouvement annuel de 1868 à 1872 :
- ANNÉES Entrés Adoptés Décédés Existence
- 1867 217
- 1868 109 23 64 239
- 1869 94 27 56 250
- 1870 104 30 80 244
- 1871 113 29 90 238
- 1872 144 43 76 268
- Totaux ... 564 152 361 1,239
- Terme moyen.. MOUV 113 EMENT DE 30 S ALIÉNÉ 72 s 248
- Suivant le même Mémoire cité ci-dessus, le mouvement des fous et aliénés des deux sexes à l’hôpital de la Charité,
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- avant leur translation à la quinta de Vilardebo, depuis le mois de mars 1855 jusqu"’ à fin mai 1858, résulte de l’état suivant :
- HOMMES FEMMES TOTAL
- Existence en Février 1855 2 7 9
- Entrés 84 48 132
- Sortis. 62 21 83
- Décédés 15 13 28
- Existence en 1858 9 21 30
- Ces 252 aliénés ont été traités pendant 45,171 jours, c’est à dire,en terme moyen, 230 jours pour chacun.
- Voici le mouvement des années 1865 à 1871, hommes et femmes réunies, suivant les états de l’administration :
- ANNÉES Entrés Sortis Décédés Existence en Décembre
- 1865 155 42 11 102
- 1866 193 53 13 127
- 1867 206 48 34 124
- 1868 202 50 15 137
- 1869 231 57 10 164
- 1870 270 76 18 176
- 1871 247 60 6 181
- (Dans la colonne des entrées est Comprise l’existence de l’année antérieure.)
- L’état de la maison des fous du sexe masculin seulement, pour l’année 1872, présente le résultat suivant :
- Existence au 1er. janvier 112,entrés dans l’année 67.......................
- Sortis guéris.................... 55
- Se sont enfuis 4, sont décédés 4, trans
- porté à 1 hôpital 1........... 9
- Existence au 1er. janvier 1873....
- 179
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- Nationalité de ces aliénés:—28 italiens, 23 espagnols, 20 orientaux, 17 français, 6 brésiliens, 6 portugais, 5 africains, 4 allemands, 3 argentins, 2 anglais, 1 Nord-américain.
- Les fous et aliénés sont traités par le pathique.
- système homéo-
- MOUVEMENT DE L’ASILE DE MENDICITÉ
- 1871. Existence
- Entrés.........
- Sortis.........
- Décédés........
- Existence......
- 1872. Entrés..
- de 1870 1 Hommes ( Femmes.
- Hommes.......
- Femmes.......
- Hommes.......
- Femmes.......
- Hommes.......
- Femmes.......
- Hommes.......
- Femmes.......
- Hommes.......
- Femmes.......
- 89
- 23 112
- 73 29 102
- 67
- 5
- 8
- 6 86
- 87 41 128
- 54
- 56 110
- Sortis
- Total Hommes Femmes.
- 38
- 28
- 66
- 238
- , J Hommes
- Décédés....-I Femmes.
- 10
- 6 16 82
- Existence 31 Décembre..............
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- BIENFAISANCE PUBLIQUE
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- Montévidéo. Les principales sont les suivantes:
- La société de Bienfaisance des Dames de Montévidéo, la plus ancienne de toutes— la Société française de secours mutuels-La. Société Philanthropique créée en 1857 par les Franc-Maçons et qui entretient une école primaire gratuite de garçons qui a 240 élèves—la Société espagnole de secours mutuels—Une autre italienne—la Société française de bienfaisance—le Club anglais—le Tir et le Club suisse—la Société de secours pour les pauvres, créée en 1868—la Société Amis de l’é-ducation qui a fondé et entretient 3 écoles gratuites à Montévidéo—plus 11 Loges de Franc-Maçons.
- Toutes ces sociétés réunies, grâce au concours que leur prête la population, ont pu répandre leurs bienfaits partout et plus spécialement durant les épidémies de 1857, 1868 et 1873, soulager bien des maux, secourir bien des malheureux, recueillir tous les orphelins et arracher bien des victimes à la mort.
- A ces sociétés de bienfaisance, à cet esprit charitable qui a su mettre en pratique ici le principe moderne de la solidarité bien entendue,Montévidéo doit d’avoir été délivrée du triste spectacle qu’offre partout une ville en proie aux angoiss es d'une épidémie.
- LA PRISON CENTRALE DE MONTÉVIDÉO
- Nous ne pouvons pas chercher même à essayer de tracer dans ce livre l'exquisse du mouvement de la criminalité dans la République,parce que tous les renseignements nous manquent sur ce sujet.
- D'abord, ceux que nous fournit la Police de Montévidéo sont insuffisants comme on le verra plus loin. Ensuite ceux des Polices des départements sont incomplets ou manquent tout à fait.
- Par exemple, les états que nous avons sousles yeux ne relatent ni les sexes, ni les âges, ni le degré d’instruction desaccusés, ni même les cas de récidive qui sont si com-muns ici,
- Et puis, nous aurions à prendre en considération aussi le manque presque absolu des moyens de répression qui en-
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- courage l’impunité, ainsique les considérations particulières qui en temps de guerre civile paralysent complètement l’action de la justice, et le caractère même de l’institution judiciaire qui ne permet les poursuites et la mise en jugement qu’en cas de flagrant délit. Il faut dire aussi que la crainte du scandale ou de se voir exposé aux vengeances d’un accusé bientôt remis en liberté, une certaine générosité instinctive qui excite les sentiments humanitaires en faveur même des malheureux condamnés, laissent souvent des crimes et délits ensevelis dans l’ombre,ou encouragent trop la clémence des jurés, et laissent impunis bien des abus et des infractions à la loi qui, partout ailleurs, seraient sévèrement réprimés.
- On ne peut donc établir aucune espèce de comparaison à ce sujet entre les républiques de la Plata et les autres pays, et pour le faire en conscience, il faudra attendre les réformes que les chambres et le gouvernement se proposent de faire dans l’administration de justice et dans celle de la police.
- Cependant, nous devons le dire en toute sincérité, il n'y a peut être pas de pays au monde, étant données les conditions que nous venons d’énumérer, où il s’exerce relativement moins d’attentats contre les personnes et la propriété, si l’on en excepte ceux qui ont la politique et la guerre ci vile pour cause; les assassinats pour vol, les vols audacieux par effraction; les attaques dans les rues des villes ou les chemins de la campagne y sont vraiment très rares, malgré la facilité avec laquelle ces crimes et délits pourraient être commis dans un pays comme celui-ci, où la police commence à peine à s’organiser, et où l’on prend si peu de précautions.
- Tout cela s’explique facilement. Ici toutle monde peut gagnersa vie honorablement, le travail ne manque pas à qui veut s’occuper, il n’est pas excessif et il est bien rétribué; la vie y est donc facile, les mauvais instincts n’y sont pas excités par la misère, voilà ce qui rend meilleures que partout ailleurs les conditions morales de la population.
- Après ces observations faites en forme de réserves, nous reproduisons ici les deux états extraits des livres de police et qui représentent le mouvement de la prison centrale de Montévidéo, durant les trois années auxquelles ils se rapportent:
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- PRISONNIERS ENTRES POÜR 1868 1870 1871 Total
- Scandales 659 685 48 1392 693
- Disputes 339 323 31
- Vagabondage 305 86 6 397
- Vols 294 239 18 551
- Blessures.... 193 195 143 18 406 338
- Emploi d’armes prohibées.. 190 5
- Accusés de vol 152 221 7 380 143
- Désertion 102 35 6
- Fous. 94 35 4 133 93
- Mendiants »... 49 42 2
- Tentatives d’assassinat...... 33 136 12 181 17
- Vol de bétail 17
- Assassinats 7 16 1 24
- 2434 2156 158 4748
- nationalités
- Orientaux • 269 324 39 632
- Français 279 237 9 525
- Italiens 573 531 436 34 1138
- Espagnols 285 33 754
- Argentins 267 128 12 407
- Anglais'... 179 277 7 463
- Nord-Américains . 166 43 2 211
- Brésiliens.... 159 47 10 216
- Portugais - 86 28 5 119
- Africains 64 29 1 94
- Allemands 45 32 1 78
- Paraguayens 35 5 1 41
- Chiliens 27 11 1 39
- Autrichiens............... 6 1 7
- Péruviens 3 3
- Grecs ............. 7 7
- Mexicains 3 3
- Hollandais................ 2 2
- Belges................... 2 2 4
- Suisses... 5 5
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- Nous terminerons ce chapitre par les mêmes observations dont le Gérant de la Commission d’immigration, Mr. Lucio Rodriguez, accompagne la publication de ces états: «la di-minution des entrées de prisonniers en 1871,ou des arrestations effectuées par la police, s’explique par ceci: que presque tous les individus de mauvaise conduite ont été enrôlés cette année là dans l’armée, et leurs délits punis dans les casernes; l’assujétissement à la discipline militaire uni à la solde satisfaisante qu’ils reçoivent pour leur service rend ainsi les délits moins nombreux.»
- LES ENVIRONS DE MONTEVIDEO
- Les environs de la capitale ont participé depuis 1852 aux mêmes progrès d’embellissement que la ville, et ils se sont peuplés dans une proportion peut-être plus grande encore, comme nous avons été à même de le reconnaître dans nos diverses appréciations sur les éléments de la mortalité entre la population urbaine et la population rurale.
- Cela saute du reste à la vue par les nombreuses quintas, maisons de campagne, villas, petits châteaux et parcs créés et construits à grands frais et même avec luxe dans tous les environs.
- Au nombre de ces quinlas, il faut d’abord citer celle de Mr. Agustin de Castro, la mieux plantée peut-être, avec la petite rivière qui l’arrose, la plus riche en plantes et collections rares, telle qu’il n’en existe ni à Rio Janeiro ni à Ruénos Ayres; l’ancien parc ou propriété de feu Mr. J' Ruschental, transformé aujourd’hui en promenade publique sous le nom de Prado et qui est comme le Longchamp ou le Bois de Boulogne de Montévidéo; les magnifiques quintas de MMrs. Pancho Gomex, Estevès, Raffo, Carlos de Castro, Dona Gregoria G. de Bottini, Thomas Tomkinson, &, celle de Mme, Vve. Jackson avec sa chapelle gothique bâtie par un architecte français, Mr. Rabut, avec son couvent où plus de GO jeunes filles orphelines ou filles de parents pauvres reçoivent une bonne éducation gratuite,et milleautres encore qui embellissent l'ave-nuedu Paso delMolino et celle de La Union,les rives du Mi-guelete, les coteaux du Cerrito et les diverses stations du chemin de fer, comme si Montévidéo n’était peuplé que de capitalistes, de riches négociants et de commerçants aisés,
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- ayant tous les moyens d’avoir un pied à terre ou une villa à la campagne, ce qui du reste est assez vrai.
- Toutes ces quintas, ces jardins, ces parcs ont été bâtis et construits comme par enchantement; et les habitants qui n’ont pas plus de 30 années de résidence se rappellent les avoir vu naître et se former sur des terrains vagues et sans habitations ni culture, mais que la nature avait admirablement préparés pour cet objet.
- Avant 1840 F horticulture était à peine connue à Monté-vidéo et les quelques quintas qu’il y avait étaient peu variées et peu plantées d’arbres.
- Depuis lors, tout a changé et la transformation qu'ont éprouvée les maisons de campagne avec les quantités d’arbres d’agrément, d’arbres à fruits et d’eucalyptus qui les embellissent est due en grande partie à Mr. Pierre Margat, fils d’un horticulteur de Versailles, arrivé ici en 1838 avec des collections d’arbres, de fleurs et de plantes qu’il a propagés partout, et dont l’établissement, qu’il à créé au Reducto, ferait honneur aux plus grandes villes d'Europe.
- «Mr. Margat, comme le dit La Tribuna dans un de ses numéros du mois de mai, fondateur d’un établissement modeste à son origine, et converti aujourd’hui en un vaste parc d'horticultu.e, arendu de grands services à toutes nos quinlas ainsi qu’à celles de Buénos Ayres et même du Brésil,en contribuant aussi puissamment qu’il l’a faità l'em-bellissement des maisons de campagne, à l’acclimatation et reproduction d’arbres et de plantes auparavant inconnus parmi nous, et à-l'ornementation de nos promenades publi-ques.»
- Cet établissement qui a prospéré admirablement est dirigé maintenant par les fils mêmes de Mr. Margat, nés ici et qui ont fait leurs études en France.
- Les trenways qui s’étendent jusqu’à une lieue et demie de la ville et le chemin de fer Central ont contribué beaucoup depuis quelques années à l’extension de ces progrès, en étendant leur réseau jusqu’aux environs peuplés de quintas et de maisons de campagne, et ce mouvement tend encore à augmenter tous les jours,grâce aux facilités que les bonnes voies de comunication procurent aux habitants d'une ville. N
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- Les Départements
- Les 12 départements occupent une superficie de 7,011 lieues carrées ou de 217187 kilom. c., et ont une population d’environ 322,300 habitants qui résident en grande partie dans les diverses villes, bourgs et villages énumérés dans le chapitre II de ce livre, et en partie aussi dans les estancias et divers établissements disséminés dans la campagne.
- La république orientale de l’Uruguay est accidentée, et présente dans tout son territoire des collines successives et de nombreux cours d’eau qui la rendent propre à toute sorte de culture et assureront sa prospérité quand on y fera de l’agriculture pratique, c’est à dire quand l’agriculture et l’élevage des bestiaux suivront les règles de la science et de l’expérience au lieu de celles de la routine,et qu’on appliquera les diverses cultures aux conditions des différents terrains qui se prêtent merveilleusement à tous les genres d’exploitation agricole,selon leur position, la qualité des terres, leur exposition, le climat etc.
- Ainsi, suivant les notes de Mr. Arsène Isabelle, qui nous ont été communiquées depuis la publication de l’édition de ce même ouvrage en langue espagnole, il y a dans la République Orientale 28 grandes collines qui ne méritent pas le nom de montagnes, dont la principale chaîne appelée la Cuchilla Grande traverse toute la République depuis Mon-tévidéo jusqu’au Cerro-Largo et étend ses ramifications sur plusieurs points, donnant naissance à de nombreux cours d’eau; il y a 148 cerros, mamelons isolés qui s’élèvent au milieu de la campagne comme ces monts fameux où en Europe les anciens feudataires bâtissaient leurs châteaux, et l’on compte en tout 3600 rivières, ruisseaux et cours d’eau qui repandent la fertilité dans les riches vallées qu’ils arrosent durant la saison des pluies, mais qui restent la plupart à sec en été.
- Parmi ces rivières, il faut citer le rio Cebollati qui débouche dans le lac Mérim sur la frontiére du Brésil, le Santa Lucia qui a son embouchure dans la Plata; l'Arapey, le
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- Dayman, le Queguay, le San Salvador qui se jettent dans l’Uruguay; le Yi et le Tacuarembô qui se jettent dans le Rio Negro; le Rio Negro lui même, qui est la principale artère de la République Orientale, l’Olimar Grande qui se jette dans le Cebollati etc.
- La vraie richesse, l’industrie presque exclusive de la campagne Orientale consiste dans l’élevage des bestiaux: bœufs et vaches, chevaux, mules et moutons, dont les grands établissements ou fermes prennent le nom d'estan-cias. L’agriculture est encore peu répandue. Aussi la cam-pagne est-elle peu peuplée—46 habitants par lieue carrée ou 1 % par kilom. carré. Mr. Arsène Isabelle, déjà cité, a calculé que du jour où la population arriverait à avoir dans ce pays la densité qu’elle a en France la République de l’Uruguay aurait alors 12.710,560 habitants, au lieu, des 450,000 qu’elle a aujourd’hui.
- Nous avons peu de renseignements certains sur la population, la production, le commerce et la consommation de la campagne: sur 12 départements, 4 seulement ont répondu a l’appel qui leur a été fait par l’Association Rurale, et encore aucun d’eux n’a présenté un travail ou des notes aussi complètes que celles fournies par M. Lucas Urrutia (1) sur le district du bourg des Trente Trois (département du Cerro Largo), ou au moins des renseignements aussi intéressants que ceux publiés par Mr. J. Miguel Diaz Ferreira (2) sur le département de Soriano.
- Nous allons passer en revue chacun de ces départements, en nous limitant aux notes que nous avons pu recueillir.
- DEPARTEMENT DE LA COLONIA
- La ville, chef-lieu du département auquel elle a donné son nom, est située sur la Plata en face de Buénos Ayres. Elle a un bon port et est bâtie sur une pointe de roches qui forme une sorte de demi-cercle et abrite les na vires du côté du S. E., tandis que l'île Saint Gabriel et une ligne d’écueils la défendent des vents du N. O. et de 1’0. qui sont très violents dans ces parages.
- (1) Informe de la Comision auxciliar de Treinla y Très à la Junte E. A. deldepar. lamento del Cerro Largo. Montevideo, 1873,
- (2) Necesidades del departamento de Soriano. Montevideo 1871.
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- As.
- La superficie de ce département est de 214 lieues carrées, et sa population de 22,508 habitants.
- Près de 200 lieues carrées de ce territoire sont employées à l’élevage des bestiaux, dont voici le nombre approximatif:
- 361,900 Bœufs et vaches,
- 30,617 Chevaux, juments, et mulets,
- 3.771,741 Moutons et brebis,
- 1,198 Chèvres, et 1344 pourceaux,
- Il n'y a guère que 16 lieues carrées employées àl'agricul-ture dans tout le département: 10 au Rosario, dans le district où sont établis les deux colonies dont nous avons parlé au chap IV, 3 au Carmelo, 2 à La Colonia, et 1 à Nueva-Palmira où Mr. Jean Cominges vient d’établir une Ecole Centrale d'agriculture autorisée par décret du gouvernement en date du 24 août 1871.
- Voici les produits de la récolte de 1872:
- 20,585 fanègues—28,242 hectolitres Blé
- 12,463 « ..... Maïs
- 1,212 « ..... Orge
- 957 « .... Pommes de terre
- 120 arrobes — 1,378 kilog. Tabac.
- Il y a dans ce département 15 carrières en exploitacion, dont la plupart des pierres extraites sont exportées à Bué-nos Ayres, 3 moulins à eau, 1 à vapeur, et 4 à vent.
- C’est à La Colonia qu’a été construit le premier dock existant dans la Plata pour la réparation des navires, il appartient à une société Nord-Americaine, et peut recevoir des navires de 600 à 1000 tonneaux de jauge.
- La Société Amis de l'Education Populaire a fondé 2 écoles primaires gratuites dans ce département: une à Nueva Palmira qui a 80 élèves inscrits; une au Carmelo qui en comp-e 70.
- Le port de La Colonia, ainsi que celui de Higueritas ou Nueva Palmira, sont appelés à être un jour les grands ports de cabotage de toute la république, uue fois construit le chemin de fer projeté qui doit les lier avec le port de Mon-tévidéo.
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- «La côte orientale de l’Uruguay, dit le docteur Martin de Moussy, est traversée par de jolis ruisseaux dont quelques uns, comme celui de Las Vacas, peuvent admettre des goë-lettes. Elle est déjà assez peuplée, et les avantages qu’elle offre y appelleront un jour de nombreux habitants, car la nature y a tout disposé pour cela: beauté du ciel, salubrité des eaux, excellence de la terre,facilité des communications ...On remarque sur cette côte le joli bourg de Las Vacas ou Carmelo, sur la petite rivière de ce nom, à deux lieues au dessus de l'île de Martin Garcia; puis celui de Las Hi-guerilas ou Nueva Palmira, à 7 lieues au dessus de Carme-lo, sur la berge même de l’Uruguay, dans une situation charmante. Iln’y avait là qu’une maison en 1833; c’est aujourd’hui un gros bourg très peuplé, et les terrains y ont pris une valeur considérable.»
- Le Deur. Martin de Moussy qui écrivait ces lignes en 1860 ne s’est pas trompé, car depuis lors Nueva Palmira et le Carmelo ont grandement prospéré, et le Carmelo qui n’était habité il y a 40 ans, en 1833, que parune seule famille,compte aujourd’hui 6357 habitants.
- DÉPARTEMENT DE SORIANO
- Le département de Soriano, situé sur les côtes de l’Uruguay et du Rio Negro; qui est aussi une grande rivière navigable, a 347 lieues carrées de superficie, 39 à 40 lieues de côtes navigables, et un territoire arrosé par un grand nombre de petites rivières et ruisseaux.
- Sa population est d'environ 21,403 habitants.
- Mercedes, son chef-lieu, situé sur les rives du Rio Negro, a 6000 habitants; son port est accessible aux navires d’un tirant d’eau de deux môtres. En 1870, il y est entré 287 goélettes de cabotage et 33 navires d’outremer, jaugeant ensemble 13,586 tonneaux. Les deux tiers environ de la production du département s’exportent par ce port; on calcule celle de la laine à 300,000 arrobes, près de 34 mi-lions de kilogrammes. En outre, cette ville, qui est nouvelle, est un grand centre de réunion pendant la saison des bains, car les eaux du Rio Negro sont reconnues par leur efficacité pour la cure des maladies cutanées et syphiliti-
- ques.
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- Soriano, le plus ancien bourg de la république, est situé sur les rives de la même rivière à 2 lieues de son embouchure dans l’Uruguay, avec un port aussi profond que celui de Mercedes, mais de moindre importance à cause de sa situation; on y compte environ 1000 habitants.
- Dolores, autre bourg situé sur les bords de la rivière de San Salvador qui se jette dans l’Uruguay, a un port de cabotage où le mouvement est plus actif qu’à Soriano, et sa population est de 2800 habitants environ.
- On compte dans le département de Soriano 6 saladeros, dont 3 à Mercedes, 2 à Dolores et 1 à Soriano. Le nombre des animaux abattus en 1870 dans ces saladeros s'est élevé à 44,740 bœufs et vaches, 7,500 chevaux et 74,200 moutons.
- A Dolores, il y a un grand moulin à eau; les fours à briques sont nombreux dans tout le département; il y a diverses carrières en exploitacion, deux desquelles fournissent de la pierre à chaux en abondance.
- Il y a dans le département un grand établissement agricole, l’estancia de la Nativité, appartenant au citoyen oriental Don Alfredo Herrera, où l’agriculture fait de grands progrès, grâce à l’introduction des machines modernes, faucheuses et moissonneuses de Wood, qui ont coupé cette année plus de 200 cuadras (147 hectares) de blé.
- DÉPARTEMENT DE PAYSAND
- Ce département situé sur la rive gauche de l’Uruguay et sur la droite du Rio Negro, a 817 lieues carrées de superficie.
- En 1862, Paysandù a été élevé au rang de ville ou population de premier ordre, et en 1866 son port a été enrichi d’un magasin de dépôt pour les marchandises qui y sont débarquées, «dans les mêmes conditions que celles acordées à la douane de Montévidéo.»
- Le village de Fray-Bentos, l’un des plus industriels et des plus prospères de la république, bâti au coude que fait le fleuve Uruguay vers I'E. a aussi un bureau de douane qui dépend de celui de Paysandù, et qui a été établi là pour être ce point important «le mouillage indispensable d’un grand nombre de navires et de goélettes, et dans le but de
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- protéger les intérêts du commerce établi au nord du Rio Negro.»
- Le port de Paysandu est relié à la ville au moyen d’un trenway qui en facilite le mouvement.
- Selon les renseignements fournis par le Préfet du département, la population est ainsi répartie:
- Pavsandù et ses environs 14,808 âmes.
- Fray-Bentos id. 4,121 «
- Les districts de campagne 14,123 « Total...33,052.
- La population étrangère est relativement très nombreuse dans ce département. En 1870, le Dr. Petich (1) calculait le nombre des italiens seulement à 5,000.
- Voici le nombre des maisons:—à Paysandu 2,019;à Fray-Bentos 213; dans la campagne 1,449. Total 3,681.
- Il y a dans tout le département: 14 saladeros et graisse-ries,
- 1 Fabrique d'extrait de viande, système Liebig,
- 2 Moulins, 1 à vapeur, 1 à eau,
- 1 Tannerie,
- 3 Fours à chaux et 7 carrières de pierres,
- Un seul saladero, celui de la 2e. section, a abattu 74,114 têtes de bêtes à cornes, en 1872.
- Il y a dans le département 21 écoles municipales et particulières, dont 13 à Paysandù, 1 à Fray-Bentos, et 7 dans les divers districts de campagne; 13 de ces écoles sont primaires et gratuites, les autres 8 sont particulières. Le nombre d’enfants qui assistent à ces écoles est de 783 garçons et 441 filles.
- Le bétail existant dans le département est calculé comme suit:
- 640,104 Bœufs et vaches,
- 47,478 Chevaux, juments, ânes et mulets
- 1.372,595 Moutons,
- 5,101 Pourceaux, et 837 chèvres.
- (1) Pavana y \Urugwy, corrientes de inmigracion italianc.
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- C’est le département qui, suivant les états de l’adminis-tration du marché aux bestiaux à Montévidéo, fournit le plus de mules pour l’exportation.
- On calcule a 5,298 le nombre de cuadras (3,909 hectares) cultivées dans le département, et la production de l’année 1872 à 28,800 fanègues de blé et 12,300 de maïs, faisant observer que les notes manquent sur la production agricole de la 2e. section.
- A Paysandù, il y a un hôpital et 3 imprimeries.
- Plusieurs établissements importants méritent d’appeler l’attention dans ce département.
- D’abord, et en première ligne, nous citerons la grande fabrique d'extrait de viande fondée par une société anonyme : Extract of meat Company Limited près de Fray Bentos, à 8 lieues de Mercedes, et dont les produits sont connus dans le monde entier.
- Le développement rapide qu'a pris le village de Fray-Bentos est dû en grande partie au mouvement créé par cette usine qui entretient un nombreux personnel et donne lieu a un grand commerce d'animaux.
- Durant la campagne de l'année 1872,cet établissement a abattu la quantité de 174,000 têtes de gros bétail, et il serait arrivé au chiffre de 200,000 si les jeunes animaux de 3 ans ne lui avaient pas fait défaut.
- On calcule qu’en moyenne, 35 livres nettes de viande sans os produisent une livre d’extrait de viande, ce qui équivaut a 3 kilog. d’extrait pour 1000 de viande.
- Dans le but de donner plus d’extension a sa fabrication, la Cie. vient de faire construire un bac a vapeur sur le Rio Negro pour faciliter le passage du bétail qu’elle peut acheter de l’autre côté de la rivière afin d’augmenter ses approvisionnements. Elle vient d'ajouter aussi à son usine, la fabrication du guano artificiel.
- Messieurs Wendelstadt ont fondé aussi dans ce départe-mentun grand établissement agricole qui peut être considéré comme l’un des premiers de la république;ils ont reçu dernièrement tout un chargement de machines et instruments d'agriculture, dont une charrue à vapeur, la première qui a été introduite dans le pays, et dont l’action dépasse celle de 20 charrues de l’ancien système.
- L’établissement de Mr. le Baron de Maua à Roman, et dont les échantillons de produits agricoles et de viande
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- conservée ont été envoyés aussi à P exposition de Vienne, mérite également de fixer l’attention.
- Nous ne saurions donner une meilleure idée de la richesse de ce département qu’en citant ce que le R. C. Dr. Pétich dit à ce sujet: «du mois de janvier au mois de juin de l’année dernière, il a été abattu dans ce département 410,000 têtes de gros bétail, quant à Montevideo tous les saladeros réunis n’en ont pas abattu davantage. En calculant le prix moyen d’un bœuf à frs. 60, la ville de Paysandù a donc produit en 6 mois et dans cette seule branche d'in-dustrie une valeur de 24 millions de francs.» Ce calcul représente une richesse proportionnelle de fr. 729 (ou S 146) par habitant.
- DÉPARTEMENT DU SALTO
- Ce département est le plus étendu de tous ceux de la République après celui de Tacuarembo, il a 903 lieues carrées de superficie.
- Al’ouest, l’Uruguay le sépare de la province argentine de l'Entre-Rios; au nord le Rio Cuareim, qui apporte à l’Uruguay un volume d'eau considérable, le sé-paye du Brésil; à l'est la colline de Haedo lui sert de limite avec le département de Tacuarembo, et au sud c’ est la rivière Daiman et la colline du même nom qui le sépare de celui de Paysandu.
- La ville du Salto, fondée en 1817 et élevée au rang de ville par décret du 8 juin 1862, tire son nom des sauts (sal-tos) cordons de roches qui barrent la rivière aune lieue environ au dessus de la ville et dont beaucoup, lors de l'étiage, montrent leur tête noire au dessus des eaux, mais ces roches laissent entreelles des espaces au milieu desquels les embarcations moyennes peuvent naviger. Ce n’est qu’à 4 lieues plus haut, quand la rivière est très basse, qu’il y a une chute qui peut avoir 2 mètres de haut et dont le bruit s’étend alors jusqu’aux villes du Salto et de la Concordia qui est située presque en face. Mais tout les ans, lors des grandes crues, les navires peuvent encore franchir ces obstacles et remonter jusqu’a la Uruguayana, grand bourg de la province brésilienne de Rio Grande, situé à 40 lieues du Salto; là encore l’Uruguay a plus de 3000 mètres de largeur.
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- C’est le commerce seul qui a donné au Salto l’importan-e qu’il a acquise, car «cette ville est devenue, par sa position, le dépôt commercial de toutes les régions du haut Uruguay—théâtre des anciennes missions des jésuites—et d’une partie de la province brésilienne de Rio Grande; c’est au Salto que sont établies les principales maisons qui envoient les marchandises et assortiments nécessaires à la consommation de ces régions, et reçoivent en retour, par la voie terrestre, les produits du pays qu'elles chargent ensuite pour Montévidéo. Ce commerce de transit produit naturellement un grand mouvement maritime et terrestre qui alimente la navigation, et qui entretient le transport par charrettes sur les routes du haut Uruguay et des frontières du Brésil.» (1)
- Les états envoyés par la préfecture du Salto, nous fournissent les renseignements suivants:
- Nombre d’habitants au Salto..... 10,573
- Idem dans la campagne........ 22,029 32,602
- Nombre des maisons en ville..... 1,482
- Idem dans la campagne............ 2,308 3,790
- Il y a dans le département:—2 saladeros et graisseries, 1 tannerie, 2 banques, 13 carrières de pierres, 1 chantier de construction, et 1 fonderie à vapeur; on y construit une nouvelle église et un temple protestant.
- On calcule la superficie des terrains cultivés à 1619 cua-dras carrées (1,195 hectares) seulement dans tout le département, l’industrie consistant presque exclusivement dans celle des exploitations pour l’élevage des bestiaux.
- Suivant les notes qui nous ont été communiquées par le Consulat français, voici quelle est l’existence du gros bétail dans ce département:
- 850,000 vaches et 450,000 bœufs et taureaux, total 1.300,000 têtes.
- (1) Datas geograficos y estadisticos sobre el departamento del Salto. 1872.
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- La production annuelle est calculée à dont voici l’emploi:
- 325,000 têtes,
- Exportation pour saladeros................ 200,000 têtes
- Idem pour le Brésil......................... 40,000 «
- Consommation dans les estancias...... 40,000 «
- Idem dans les ville et villages............. 25,000 «
- Mortalité........ ........................ 20,000 «
- On abat par an, environ 40 à 42000 têtes de gros bétail, dont 26,000 dansles saladeros, et 16,000 dans les à battoirs ou boucheries du département.
- Le bétail se vend au Salto dans les prix suivants:
- Pour saladeros, de $8 à 10—francs 45 à 55. Les salade-ristes du Brésil achètent la fleur du bétail et le paient plus cher que les saladéristes du pays;
- Pour la consommation, on paie les animaux de $ 12 à 25 —fr. 60 à 125—et les veaux $ 8—fr. 40.
- * *
- La ville du Salto est très progressiste et entreprenante; c’est son commerce qui a donné la première impulsion à la navigation à vapeur dans l’Uruguay, et si elle est favorisée aujourd’hui par un chemin de fer en construction, qui va la mettre en communication rapide avec la frontière du Brésil, c’est à l’initiative de ses habitants qu’elle le doit encore, car ils ont consenti à prendre un certain nombre d'ac-tions au pair pour en faciliter l’entreprise.
- Au nord de la ville et sur les rivesmêmes de l’Uruguay, Mr. Saturnin Bives, fils de français et l’un des industriels les plus intelligents et actifs du département, vient d’établir le chantier de construction et la fonderie à vapeur y existant actuellement; c’est un établissement magnifique qui fonctionne admirablement, et d’où sont sortis déjà quelques petits vapeurs construits dans ces ateliers.
- Il s’est formé également une société par actions pour la fondation d’une colonie agricole dans les environs du Salto et qui s’appellera Nouvelle Minorque.
- Enfin, ce département est riche en pierres de toutes sortes qui sont exportées en Europe et qui peuvent donner une idée de la composition des terrains. Nous reproduisons ci
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- après ce que dit à ce sujet un homme très compétent en cette matière, Mr. le Docteur Martin deMoussy,dans son ouvrage déja cité sur la Confédération Argentine:
- «Cette région de l’Uruguay offre, au point de vue minéralogique, un phénomène très remarquable: c'est l’abondance des quartz cristallisés qui figurent aujourd’hui dans toutes les collections, et qui offrent de si beaux cristaux d’améthystes, des agates, des calcédoines, des cornalines de si brillant aspect. Ces magnifiques cristallisations se trouvent ordinairement au milieu du terrain détritique qui compose les berges de quelques ruisseaux et ravins; on les en extrait en creusant un peu le sol. D’autres cristallisations, en cailloux, en boules d’aspect noirâtre, offrent lorsqu’on les brise, de superbes géodes disposées en couches concentriques. C’est aussi dans ces mêmes endroits, que se trouvent des trones d’arbre complètement cilicifiés, bien qu'ils conservent un aspect parfaitement naturel.
- «Quant au lit de l’Uruguay, ajoute le même auteur, il renferme peu de sable dans cette partie, mais des cailloux roulés très petits, et qui se composent principalement de formations quarzeuses cristallines très abondantes: cristal de roche usé etarrondi sur ses bords, mais transparent: cornalines d’un rouge éclatant, agates irisées, etc. On peut faire, dans ces galets, des collections fort remarquables au point de vue de la couleur et du brillant.»
- Du reste, il n’est pas d'habitant de Montévidéo qui ne possède des échantillons plus ou moins nombreux de ces belles pierres, ni d’étrangers qui n’en emportent quelques unes en Europe, où elles sont d’ailleurs bien connues.
- DÉPARTEMENT DE TACUAREMBO
- Ce département a pour limites, au S. et à l’E. le Rio Negro qui le sépare des départements du Cerr® Largo et du Durazno, a 1’0. et au N. O. la rivière Salsipuedes et les cimes de la cuchilla de Haedo qui le séparent des départements de Paysandù et du Salto, enfin au N. et au N. E. les frontières du Brésil; il a 1161 lieues carrées de superficie; c’est le plus étendu et aussi le moins peuplé de tous les départements de la république.
- Le département de Tacuarembo est riche en bétail de race bovine et chevaline; il est trè? montueus et accidenté.
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- abondant en quartz aurifère dont des échantillons sont envoyés à l’exposition de Vienne, et la plupart de ses cours d’eau charient de l’or et donnent lieu à des lavages sans art ni méthode qui procurent toujours des ressources aux pauvres habitants qui se livrent à ce travail; le fer y est aussi assez commun, et une fois ce pays doté de bonnes voies de communication, les explorations seront plus communes et rendront plus facile l’exploitation de ses richesses naturelles:
- Le grand bourg de Rivera, de création moderne, sur la frontière du Brésil en face de Santa Ana do libramento, a déjà acquis de l'importance et est en voie de prospérité, le commerce de transit qui s’est établi sur ce point étant assez considérable-
- DÉPARTEMENT DU CERRO LARGO
- Ce département limitrophe du précédent, a pour limites avec le Brésil au N. et à l’E. le rio Yaguaron et à 1’0. le lac Mérim, il a 837 lieues carrées de superficie et la ville du Cerro Largo, son chef-lieu, fondée en 1797, s’appelle aussi Melo, en souvenir du vice-roi de ce nom qui y établit alors un fort qui a servi de ‘centre à la population qui s’y est établie ensuite.
- Au commencement du siècle, la paroisse de Melo avait déjà 820 habitants; aujourd’hui la ville du Cerro Largo a une population de 5200 âmes. La ville est entourée de champs, ou chacras, dans lesquels on a semé ces années dernières plus de 400 fanègues de blé, selon le rapport des propriétaires du moulin à vapeur établi dans cette contrée et qui, on peut l’assurer, aseul donné naissance à l’agriculture dans les environs du Cerro Largo. Du reste, la terre est de de très bonne qualité et n’est pas chère, les terrains s’y vendent à une piastre (fr. 5.40) la cuadra ou le carré de 86 mètres de côté.
- Dans une lettre en date du 9 mars 1870 écrite par un cultivateur, J. B. Lockett, et publiée parle Standard de Buénos Ayres, on lit les renseignements suivants:
- «Quatre acres de haricots m’on donné une bonne récolte, ils valent de $ 8 à 10 la fanègue, et les pommes de terre dont ou peut faire deux récoltes par an $ 8.—-Les me-lons et les pastèques viennent très bien. J'ai en ce mo-
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- ment 16 cuadras semées de maïs qui promettent. J’ai vendu l’an passé le blé à S 3 la fanègue, aujourd’hui il en vaut 4.—Je vends le beurre à 5 réaux (fr. 2.70) la livre, les œufs à 2 réaux (1 franc) la douzaine, les poules à 6 réaux chacune. Une vache laitière vaut $ 12 (fr. 65) un veau $ 6.
- «La viande est la meilleure que j’ai mangée dans tous les pays où je suis allé. Quant à la terre, on ne peut pas souhaiter mieux, et ce climat est même préférable à celui de la Californie. On paie les travailleurs de $ 12 à 20 par mois (fr. 65 à 104) et [nourris, et encore a-t-on beaucoup de peine à s’en procurer.»
- Le département du Cerro Largo est essentiellement pasteur et les deux sociétés)Mini et la Pastoril, formées par actions pour l'exploitation de quelques estancias, ont donné de très bons résultats. La société Mini possédait en septembre dernier de 15 à 16,000 têtes de gros bétail et 12,000 moutons.
- Un rapport,récemment publié au nom de la Commission Auxiliaire du district des Trente Trois par Mr. Lucas Urrutia et adressé a la Junte Économique Administrative du département, nous fournit des renseignements intéressants dont nous nous empressons de profiter, quoiqu’ils ne se rappor-tentqu’à une partie du département, le tiers environ, mais ils sont du moins assez complets pour remplir l’objet que nous nous proposons.
- Le bourg ou le village des Trente Trois est tout nouveau, il a été fondé en 1853, et déjà en 1866, l’un des fondateurs de cette population, don Lucas Urrutia, l’auteur même du Mémoire que nous avons sous les yeux, de concert avec divers propriétaires de l’endroit entreprenait de l’émanciper de la tutèle du chef-lieu du département, en lui donnant une administration municipale judiciaire, propre et indépendante, ce qu’il obtint l’année suivante après beaucoup de contrariétés et d’oppositions, comme tout acte d’émancipation en rencontre partout. A cet effet, il avait dû faire le relevé de la population du bourg qui prétendait à une semblable faveur, et il trouva qu’il y avait alors dans le village même et ses environs 1184 habitants.
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- La juridiction de ce nouveau district s’étend sur une superficie de 280 lieues carrées et contient 373 suertes de estancia (1) dans lesquelles paissent environ 170,000 bœufs et vaches, sans compter le menu bétail.
- En 1872 il y avait dans le village etle rayond’une lieue qui lui est assigné par la loi, 1804 habitants, lesquels occupaient 127 maisons bâties en briques et 115 chaumières.
- La valeur territoriale des terrains occupés par cette population s’élevait déjà à $ 303,650, ce qui représente un capital de $ 168 ou fr. 900 par habitant, sans compter la valeur des bestiaux.
- Suivant le relevé fait parle même auteur du Mémoire que nous analysons ici, cette population se compose de 1506 Orientaux, 128 Espagnols, 76 Brésiliens, 29 Français, 27 Italiens, 28 de diverses autres nationalités; 1537 sont blancs ou issus d’Indiens et 267 de couleur; 529 savent lire et écrire, 282 savent lire seulemeut, et 993 ne savent ni lire ni écrire. Il y a 390 enfants de 7 à 14 ans, dont 183 garçons et 207 filles.
- L’école municipale de garçons est fréquentée par 73 élé-ves inscrits, dont 1 adulte et 11 au dessous de 7 ans, l'as-sistence moyenne par mois étant de 45. L’école de filles est fréquentée par 61 elêves dont 2 adultes et 8 au dessous de 7 ans d’âge, l’assistence moyenne à l’école étant de 39 par mois. Il y a en outre 13 garçons et 21 filles qui font leur éducation dans un collège particulier. Total des enfants desdeux sexes allant à l'école 168, dont 134 de 7 à 14 ans, c’est à dire le tiers de ceux qui sont en âge d’y assister.
- Ily a dans ce bourg 36 maisons de commerce et industries patentées, dont 5 appartiennent à des Orientaux et 31 à des étrangers. La valeur du commerce d’échange fait dans l’année, monte à $ 493,076, y compris la consommation de $ 13,250 en vin seulement et celle de $ 21,160 en farine.
- Il n’y a qu’une paire de meules à blé dans le village et qui fournit à peine aux besoins de la sixième partie de la population, c’est ce qui explique le peu de progrès fait par l’agriculture dans ce district.
- (1) Ce qu'on appelle une suerte d’estancia est un champ qui comprend une su-perficie de 2700 cuadras carrées, ou 1992 hectares 27 A. 87 cent.
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- Î1 a été baptisé 779 enfants à la paroisse des Trente Trois; on y a célébré 63 mariages, et 68 inhumations seulement ont été pratiquées dans le cimetière. Mr. Urrutia fait remarquer avec juste raison la disproportion énorme qui existe entre ces deux chiffres: 779 baptêmes et 68 décès constatés, et il l’explique par la mauvaise habitude qu’ont les habitants de la campagne d’enterrer un peu partout les décédés, vu la distance où se trouve pour beaucoup le seul cimetière qui existe dans le district, «à tel point, dit-il, que nos champs offrent souvent l’aspect d’un vaste cimetière où se trouvent à chaque pas des cadavres enterrés.»
- Il aurait pu ajouter aussi, que, quant aux baptêmes ils n’ont aucune signification statistique vu qu’ils se font rarement dans la campagne dans la première année de l’âge des enfants.
- Voilà parfaitement justifiée la raison qui nous a toujours fait considérer comme incomplets et inéxacts les états de mortalité et de baptême que nous fournissent les paroisses des départements. On n’arrivera à remédier aux inconvénients qui résultent de ce manque absolu de renseignements sur le mouvement de la population, qu’en créant les Registres d’Etat Civil tels qu’ils existent en France et en dictant une loi sévère qui en règle l’organisation et la mise en vigueur.
- Les propriétés municipales du village consistent en plusieurs édifices, celui de l’église à laquelle est annexée la maison du curé et une école de filles, la sous-préfecture, l’école de garçons et le cimetière, dont la valeur totale est estiméeà $ 50,100—fr. 275,000.
- DÉPARTÊMENT DE MINAS
- Ce département a pour limites ceux du Cerro-Largo, la Florida, le Durazno, Maldonado et Canelones, il communique par le rio Cebollati avec le lac Merim et par celui-ci avec la province brésilienne de Rio Grande. Il a 554 lieues carrées de superficie et environ 20,335 habitants.
- Son nom même: Minas (mines), indique les richesses minérales que suivant la tradition et les explorations faites à diverses époques son territoire garde daus son sein.
- C’est une contrée presque montagneuse et l’on y trouve
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- en effet des indices de mines de plomb argentifère, de cui-vre, d’antimoine et même de charbon de terre.
- Ce qu’il y a de certain, c’est qu’il y a une vingtaine d’années une société anonyme se forma pour l’exploitation des mines de cuivre appelées del soldado, que certaine quantité de minerai fut envoyée en Angleterre où il se vendit, et que cette entreprise est tombée faute des capitaux nécessaires pour en poursuivre l'exploitation sur les lieux mêmes. Enfin une société appelée Minière Orientale, s’est formée aussi dernièrement pour l'explotation d’une mine de charbon de terre située dans le parage apellé le Cerro-alio près de la ville même chef-lieu du département, et qui a été dénoncée par Mr. Mario Isola, dans les termes et conditions voulues par la loi.
- En outre, ce département, comme celui de Maldonado, présente des couches calcaires très étendues et profondes qui offrent divers états de combinaisons, tels que sulfates et carbonates,et quidonnent lieu depuis quelque temps déjà à de grandes exploitations qui font la richesse du département : 1.° en pierres à chaux, 2.° en diverses sortes de marbre dont les belles pierres font l’ornement de divers édifices à Montévidéo et dont il a été envoyé des échantillons à l’exposition de Vienne.
- Enfin les terrains de ce département sont propres aussi à la culture des végétaux de la zone tempérée, depuis les céréales jusqu ’ à la vigne; en même temps que, suivant leur situation, ils y voient croître des plantes d'un autre ordre, tel que l’arbre qui fournit la yerba-maté, de la famille des ilicinées, qui y est originaire.
- Le bétail de toutes sortes y est aussi très abondant.
- DÉPARTEMENT DE MALDONADO
- L’étendue de ses côtes sur la Plata et l’Océan ainsi que sur le lac Mérim et le rio Cebollati, promettent à ce dépar-tement un riche avenir.
- Les récoltes en blè, maïs, orge, patates douces et fruits de toutes sortes y sont abondantes, on y cultive avec succès le lin et le chanvre, la vigne et l’olivier y viennent très bien, de nombreux bois de palmiers ont donné lieu à la fa-
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- brication d’une eau de vie très estimée dont l'exploitation formera quelqne jour une grande branche d’industrie.
- Ses productions minérales sont les mêmes que celles du département de Minas qui borne au Nord celui de Maldo-nado; les carrières y sont tellement abondantes qu’elles ont seules suffi à la fabrication de la chaux pour la consommation des villes de Montévidéo et de Buénos-Ayres jusqu’à il y a peu d’années que de nouvelles carrières ont été éxploitées dans d’autres départements.
- Les côtes de ce département fournissent d’excellent poisson, et dans quelques unes des îles qui les bordent la pêche des phoques ou loups-marins y a été éxploitée dès le siècle dernier avec succès par différentes Cies., sans quenous puissions en calculer la valeur, pour avoir été toujours affermée à des entreprises particulières qui y ont gagné de l’argent mais n’ont jamais rendu compte des produits qu‘ elles en retiraient.
- Le département de Maldonado a 572 lieues carrées de superficie et sa population peut être calculée à plus de 18,750 habitants.
- En 1773 le poste de Maldonado fut fortifié par les Espagnols, et plus tard ceux-ci établirent encore des batteries à Castillos, au port de la Paloma sur le cap Sainte Marie et à l’île de Gorriti, soit pour mettre cette contrée à l’abri d’un coup de main des ennemis, soit pour assurer la police du fisc contre les contrebandiers de Rio Grande. Il existe encore sur la côte de l’Océan les restes d’un fort appelé de Santa Teresa dont une ancienne copie calquée sur le plan original nous a été offerte par un ami à titre de présent. (1)
- La côte du département sur l’Océan a plusieurs ports peu ou point fréquentés jusqu’à présent mais qui lui offriront de nouveaux débouchés quand les voies de communication dans l’intérieur, et les chemins de fer y auront développé l’agriculture et l’industrie en le peuplant. Suivant une relation publiée en 1859 dans La Repu-blica par un de ses correspondants, les principaux ports dontil s’agit ici sont les suivants, en partant de la frontière du Brésil.
- (1) Plano lopogràfice clel istmo y fortificacion de Santa Teresa
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- «Le port de la Coronilla ou de Castillos chico situé à unë demi-lieue de la forteresse de Santa Teresa et à 6 lieues environ de la frontière;
- «Le port de Castillos, à 18 lieues de distance du précédent, et qui est formé par le promontoire de Bella-Vista (visible à plus de 20 lieues), l’île Séche, et la barre de Ba-lizas.
- «En ce même endroit, il existe une communication formée parle canal appelé le ruisseau (arroyo) de Balizas, entre le lac de San Carlos et l’Océan.
- «Le port de Polonio, situé à 2 lieues au Sud du précédent; il est formé par une ligne de récifs qui s’avancent de plus de 2 milles dans l’Océan, et est souvent fréquenté par de petites goélettes;
- «Le port de la Paloma, au cap Sainte Marie même, qui est formé par l’île de la Tuna et celle de la Paloma. La distance entre l’île de la Tuna et le cap, est de cent et quelques mètres environ. Ce port sera dans F avenir d'une grande utilité pour la ville de Rocha qui est bâtie à 4 lieues de là et pour cette partie presque isolée du département dont la frontière du Brésil n’est éloignée que de 20 lieues.»
- Cette simple relation prouve que tout est à faire dans ce pays. Ainsi, il y a deux ans des industriels avaient sollicité du gouvernement un privilège pour établir des salines sur ces côtes, et nous n’en avons plus entendu parler. Il est pourtant certain que c’est là une entreprise très réalisable et qui promet d’excellents résultats, surtout dans un pays comme celui-ci où la consommation du sel est si grande. On peut la calculer de 60,000 à 100,000 tonneaux par an et sa valeur de $ 600,000 à un million, 3 à 5 millions de francs par an, ce qui donnerait certainement lieu à une exploitation lucrative. Voici qu’elle a été l'ex-portation du sel pour la Plata dans le seul port de Cadix:
- En 1870 — 28,444 laslres (de 2 tonneaux)
- « 1871 — 31,113 idem
- « 1872 — 53,118 idem
- Le département de Maldonado est celui qui fournit la plus grande quantité de chevaux,et l’un des deux qui four-
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- nissent le plus de bœufs et de vaches aux saladeros et à la consommation de Montévidéo.
- DÉPARTEMENT DU DURAZNO
- Ce département occupe le centre de la République; il a 837 lieues carrées de superficie et une population calculée approximativement à 16281 habitants.
- Suivant un état présenté à VAssociation Rurale le 20 mai par le Préfet, il y a dans ce département:
- 4 fonderies de suif, et 1 tannerie,
- 5 fabriques de chandelles et de savon,
- 8 carrières de pierres, 2 fours à chaux et 1 mine de fer récemment dénoncée par Mr. David de Larrondo.
- Le bétail existant est calculé comme suit: 415,198 bœufs et vaches, 42,948 chevaux, 826,640 moutons, 2,133 porcs et chèvres.
- On ne compte guère que 841 cuadras carrées (620 hectares) de terrain cultivé, et la dernière récolte a produit:— 690 fanègues de blé, 50 d’orge, 1816 de maïs, 214 de haricots et 80 de pommes de terre.
- En raison de sa position centrale, c’est de tous les dé- ' partements celui qui fournit le plus de bœufs et de vaches à • la consommation de Montévidéo.
- L’élevage du bétail est donc ce qui constitue encore la plus grande industrie du département, mais aussitôt que le chemin de fer en construction arrivera aux portes du chef lieu de ce département situé sur le Yi, et cela avant la fin de l’année, l’agriculture et les industries rurales s’y développeront, et sa richesse augmentera avec la population dans une proportion considérable, ainsi que nous le voyons déjà pratiquement sur tôute la ligne du chemin de fer central.
- DÉPARTEMENT DE LA FLORIDA
- Voilà encore un département central mais plus rapproché de la capitale.
- Son chef-lieu qui porte le même nom est un village his-torique. C’est en ce lieu que s’est réunie en 1825 la première Assemblée Nationale qui a préparé la liberté et l’indépendance de la république Orientale.
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- Ce département a 455 lieues carrées de superficie et sa population est calculée à 19,900 habitants environ.
- C’est encore un départemeut pasteur; jusqu’à présent l'agriculture y a fait peu de progrès; cela est du en grande partie aux préjugés religieux de la population qui n’a pas su conserver la colonie de Vaudois qui s’était établie à une autre époque dans ses environs, et qui dut abandonner la place aux sugestions hostiles que lui avait créées un curé fanatique; ce sont ces mêmes colons qui furent transportés en 1858 au Rosario, et qui ont servi de noyau à la colonie dont nous avons parlé au chapitre IV.
- Mais depuis, le fanatisme a diminué, la tolérance religieuse a gagné les esprits, et il n’est pas douteux que l'aspect de cette belle contrée changera avant peu, grâce au chemin de fer qui va ouvrir sa station principale à La Florida au mois d’octobre, et la mettre en communication journalière avec la capitale.
- Ici, comme aux Etats-Unis, ce sont les chemins de fer et les télégraphes électriques qui transformeront le pays en le peuplant et en l'enrichissant.
- DÉPARTEMENT DE CANELONES
- Celui-ci est le département le moins é tendu mais le plus peuplé de tous, après celui de Montévidéo dont il est limitrophe. Il n’a que 178 lieues carrées de superficie et environ 38,000 habitants. Sa population spécifique est donc de 213 habitants par lieue carrée, quand celle du département de Tacuarembo, par exemple, n’est que de 19 habitants.
- Le département de Canelones est aussi le plus agricole de tous, et c’est à cela qu’il doit la prospérité dont il jouit et l’accroissement des villages qui le peuplent, comme Canelones chef-lieu du département, Santa Lu-cia, petite ville de bains sur la rivière du même nom, Pando qui est appelé à devenir un grand centre de population, Las Piedras bâtie sur les confins du département de Montévidéo, Le Tala, village créé en 1860, et diverses autres bourgades qui ne tarderont pas à s’élever sur le parcours de la ligne du chemin de fer Central.
- Dans ce département, le paste ur cède tous les jours la
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- place à l’agriculteur, les chacras ou fermes agricoles y remplacent les eslancias de bestiaux, et une fois cette population en possession des instruments perfectionnés d’agriculture, la production en céréales augmentera considérablement. Déjà, deux grands propriétaires: MMrs. Koncke et Evans, ont pris l’initiative et ont introduit dans leurs champs la moissonneuse américaine ainsi que la bateuse à vapeur qui bat 200 fanègues de blé par jour et ne consomme que 3 quintaux de charbon en 10 heures. C’est en suivant cet exemple que les agriculteurs de Canelones pourront produire facilement 10 et 20 fois plus que ce qu’ils produisent aujourd’hui.
- Aune lieue et demie de Santa Lucia s'élève la magnifique usine des Eaux Courantes qui fournit à la ville de Mon-tévidéo et sur tout le parcours de ses canaux souterrains une bonne eau potable. C’est un édifice remarquable sous tous les rapports, et dont nous rendrons compte dans le chapitre suivant. Sur le fronton de l’édifice, entiéremnet bâti en pierres de taille, on lit l’inscription suivante:
- EAUX COURRANTES DE MONTEVIDEO. — PROPRIETAIRES:
- LEZICA, LANUS ET FYNN.
- Si l’on en excepte l’usine de la fabrique d’extrait de viande de Fray-Bentos, il n’y a pas dans toute la Plata un établissement dont les travaux et machines hydrauliques puissent se comparer à ceux-ci qui font l’admiration de tous les étrangers qui les ont visités.
- DÉPARTEMENT DE SAN JOSÉ
- Ce département, qui a pour limites au N. la rivière de l'Yi et le rio Negro, au S. la Plata, et à 1’ 0. la rivière de Santa Lucia, a 432 lieues carrées de superficie et environ 20,114 habitants.
- C’est aussi un département presque entièrement dédié à l’élevage des bestiaux, quoique depuis quelques années
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- — 133 —• l’agriculture commence à s'y répandre, et c’est celui qui fournit le plus de moutons aux abattoirs et aux saladeros de Montévidéo, puisque des 645,303 têtes y introduites durant les années de 1867 a 1872, le département de San José en a fourni à lui seul 278,171, plus des 2 cinquièmes.
- Un établissement important a été fondé récemment dans ce département sous le nom de La Trinidad,par MMrs. Lucas Herrera y Obes et Cie., sur les rives de la rivière de San José, pour la fabrication de la viande conservée d’après le systême adopté en Australie, qui n’est autre que celui inventé par Mr. Appert, et pour celle de l’extrait de viande, à l’instar du systême Liebig perfectionné. Dans cet établissement, on abat de 40 à 50 bœufs et vaches par jour,et l’on produit de 130 à 150,000 livres de viande conservée et de 6 à 8000 livres d’extrait de viande par mois. On y fabrique aussi de la colle forte avec les débris des cuirs, de l’albumine pour l’industrie avec le sang des animaux, du guano artificiel avec les résidus, et de la, cendre d’os.
- La viande envoyée en Angleterre a obtenu l’année dernière les prix de 6 à 8 pences la livre,et l'extrait de viande a été vendu cette année à fr. 11.1e kilogramme
- La ville de San José, chef lieu du département, est assez étendue, bien bâtie, elle a une des plus belles églises de la république, et promet d’être un jour l’un des plus grands centres de population de l’intérieur.
- Pour compléter les renseignements incomplets qui précèdent, et pour donner une idée plus exacte de la richesse du pays en troupeaux de toutes sortes, nous donnons ici le résumé de l’état de l’administration des abattoirs et marchés de bestiaux de Montévidéo où sont inscrits scrupuleusement tous les animaux envoyés sur notre marché pour y être vendus, en faisant observer cependant que dans cet état ne figurent point les animaux abattus dans les villes des départements, ni ceux vendus aux saladeros du littoral de l’Uruguay et aux établissements de Fray-Bentos etc., ni ceux exportés par les frontières du Brésil.
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- snad
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- BESTIAUX VENDUS SUR LES MARCHÉS DE MONTÉVIDÉO, DURANT LES ANNÉES DE 1865 A 1872 INCLUSIVEMENT, AVEC LEUR PROVENANCE
- DEPARTEMENTS PRODUCTEURS BESTIAUX INTRODUITS
- B. ET VACHES CHEVAUX MULES MOUTONS
- Durazno. ..... 518,498 36,039 3,554 61,780
- Minas..... .... 455,286 42,597 1,583 33,081
- San José....... 375,859 18,095 2,663 278,171
- Florida........ 333,797 18,262 1,922 89,493
- Tacuarembo.... 325,360 12,237 2,156
- Maldonado..... 262,942 20,656 1,116
- Cerro-Largo.... 203,212 3,868 2,793
- Soriano... 120,524 736 2,418 53,195
- Salto.......... 108,167 363 3,135
- Paysandù 107,775 2,351 4,389 5,596
- Colonia........ 96,306 3,524 1,837 68,318
- Canelones...... 90,377 9,426 532 37,882
- Montevideo.... 8,237 51 12,904
- Total en 8 ans 3.006,340 168,205 28,098 640,420
- Terme moyen,
- par an...... 375,792 21,026 3,521 106,737
- Le terme moyen des moutons introduits ne porte que sur 6 années, faute de renseignements exacts sur les deux premières.
- X
- Production, Industrie et grandes entreprises
- LE BÉTAIL
- La disposition topographique et le climatdu pays,la bonne qualité et l’abondance des pâturages naturels et des cours
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- d’eau,tout enfin convie dans ce pays-qui rappelle un peu la campagne de Rome décrite dans les Géorgiques de Virgile-à la vie pastorale,et contribue à l’accroissement prodigieux de la reproduction du bétail dans ces plaines désertes et fertiles où les troupeaux paissent librement. On s’explique donc parfaitement que cette industrie facile, peu coûteuse et quia besoin de très peu de bras, ait appellé l’attention des propriétaires du sol, comme elle continue à l’appeller et l’appellera encore pendant quelque temps, jusqu’au jour où l’augmentation de la population rendra plus nécessaire le développement de l’agriculture, amenant le parcelle-ment de la grande propriété, et dirigera tons les efforts vers l’exploitation de la culture des terres et les autres branches de l’industrie rurale.
- Cette période de transformation a déjà commencé, elle fait des progrès dans tous les esprits, et la construction des chemins de fer, à travers un pays privé de bonnes voies de communication, achèvera l’œuvre.
- Avant la conquête, il n’y avait dans la Plata, ni un bœuf, ni un cheval, ni un mouton.
- C’est Nuno Chaves qui amena du Pérou, en 1550, et à travers les déserts du Chaco, où il sut découvrir des routes oubliées depuis,les premières chèvres et brebis d’europe qui firent souche dans les états de la Plata, et dont la race fut améliorée au commencement de ce siècle par les types amenés directement d’Europe.
- En 1542, l’adelantado Alvar Nunez Cabeza de vaca (Tête de vache) étantparti de la colonie de San Vicente près du port actuel de Santos au Brésil, était arrivé au Paraguay en franchissant 400 lieues de pays inconnus qui séparent ce port de l’Assomption. C’est par cette route que onze ans plus tard, en 1558, les frères Goës amenèrent huit vaches et un taureau, origine première, suivant les historiens de l’époque, de la race bovine qui couvre aujourd’hui les pâturages de la Plata. Des chevaux et des juments arrivèrent à peu près à la même époque, tant par la voie que nous venons d’indiquer que par les navires qui remontaient alors le Parana et le Paraguay. Au bout de quelques années, tous les colons avaient des bestiaux. Avant la fin du siècle déja, bœufs et chevaux étaient devenus assez nombreux pour former des troupeaux errant à l’état sauvage dans toute l'étendue des plaines de la Pampa et de l'Uru-guay.
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- Ce bétail a prospéré d’une manière admirable dans la Plata et donna bientôt lieu à une exploitation industrielle qui permit l’exportation annuelle des cuirs,viande sèche et salée, laine etautres matières animales énumérées au chapitre V.
- Félix de Azara, dans ses Voyages à travers l’Amérique du Sud depuis 1789 jusqu’en 1801, donne l’état des exportations durant les cinq années de 1792 à 1796 dont voici les chiffres: 758,117 cuirs de bœufs et de vaches, 2,745 arro-bes de laine, 25,332 idem suif, 143 idem crin, 39,231 quintaux viande salée pour la Havane, et divers autres articles provenant du Chili et du Pérou.
- La valeur des importations et exportations réunies, durant les dites cinq années, est estimée par Azara à $ 1.575,792 par an, 8 millions et demi de francs.
- Les salarieras, grandes usines où l’on prépare la viande sèche et où, l’on sale les cuirs pour l’exportation, existaient déjà, comme on le voit. Selon que le constate Don Izidoro de Maria, dans son Abrégé de l’histoire de la république orien-tale déjà cité, des essais avaient été faits dès l’année 1754 à Montévidéo pour la préparation des viandes sèches par une société formée entre MMrs. Perafan de la Rivera et Luis Herrera; en 1786 don Francisco Medina instala un autre saladero au Colla, a l’instar de ceux du Nord, et dès cette époque cette industrie se propagea avec le plus grand succès par l’établissement du saladero de don Francisco Maciel sur les bords de l'arroyo Seco, petite rivière, qui se jette dans la baie de Montévidéo.
- Les progrès de cette industrie furent si grands, et la reproduction du bétail si considérable, que l’exportation prit bientôt de grandes proportions, comme le prouvent les états de la douane des années 1840 à 1842 (1) qui donnent la moyenne suivante par année :
- 1.244,301 Cuirs de bœufs et de vaches,
- 54,601 Idem de chevaux
- 2.890,460 Kilog. Graisse, Suif et huile de juments,
- 444,400 Idem Crin,
- 989,742 Idem Laine,
- 4,329 dzes. Peaux de moutons, 367,715 Quintaux Viande salée,
- (1) Montevideo, apuntes historicos de la defensa de la Republica. 1845.
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- La valeur officielle de ces exportations est estimée à $ 5.974,313, plus de 32 millions de francs.
- La laine n’avait pas donné lieu jusqu’alors à de grandes exploitations dans la république, ou pour mieux dire, cette exploitation commençait récemment à naître, mais sur une petite échelle.
- En effet: «dès 1832, dit Mr. Benjamin Poucel, (1) on voit notre grand et célèbre industriel, Mr. Ternaux, inaugurer dans la Plata l’élève du mérinos de France par l’envoi d’un fort lot de ses propres moutons, sous la conduite de Mr. Dapple, praticien distingué. Celui-ci a dû à l’intelligent accueil du respectable Mr. Juanico, de pouvoir soigner ce précieux dépôt dans sa propriété de Canelones, qui reçut les mérinos Ternaux.
- «Mais comme à peu près tous les innovateurs, il a succombé à la peine avant d’avoir retiré le prix de ses labeurs; Toutefois, ce bienfait de la France n’a pas été sans fruit pour le Rio de la Plata, car, après la mort de Mr. Dapple, Mr. Juanico fit, dit-on, transporter le troupeau Ternaux dans son estancia de l’hervidero, où par un métissage heureux et suivi on était parvenu à obtenir, par la tonte d’un troupeau de 40,000 brebis, plus de 100 balles de laine, au moment où les désordres de la guerre civile, ou plutôt de la guerre d’invasion, vinrent amoindrir et retarder indéfiniment les succès de ce bel établissement.
- «Le décès de Mr. Dapple avait lieu peu après l’époque où une autre entreprise collective introduisait en 1838, et pour la première fois dans la Plata, le type mérinos français de Naz, en un lot de 300 têtes extraites des bergeries de MM. Girod (de l’Ain)»
- Ce que ne dit pas l’ouvrage que nous extrayons ici, c’est que l’auteur lui même, Mr. Benjamin Poucel, formait partie de cette entreprise qu’il représenta à Montévidéo. «Ces 300 sujets formèrent la base des bergeries de Pichinango (département de la Colonia), si malheureusement bouleversées huit ans après leur fondation, et, depuis lors, restaurées sept ans après leur ruine, au profit de capitalistes anglais.»
- Les bergeries se multiplièrent, et presqu’à la même époque, quelques propriétaires introduisirent aussi des
- (1) Rapport sur le Registro Estadistico de la République Argentine, par Mr. Benjamin Poucel, Marseille, 1868,
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- montons de race saxonne appelés Negretti qui donnèrent de très bons résultats.
- Enfin vers l’année 1858, Mr. Giot, fils d’un agronome distingué de France, introduisit une quantité de montons mérinos de Rambouillet et forma un grand établissement rural au Pantanoso, à 3 lieues de Montévidéo, établissement dont les terrains ont acquis depuis peu une grande valeur que son propriétaire vient de liquider, et qui va disparaître pour faire place à un grand village tout planté d’eucalyptus, sous le nom de Villa Colomb.
- Dans la république argentine, l’initiative de l’introduction du type mérinos est due à don Bernardino Rivadavia, l’un des présidents les plus illustres de la république argentine, comme le constatent les registres de Rambouillet où l’on trouve l’annotation des six sujets de ce troupeau acquis par lui en 1823, et qu’il a transportés à Buénos Àyres.
- L’accroissement de la production de la laine dans la république argentine se démontre visiblement par les états d’exportation que nous tirons du Registro estadisiico, et qui présentent les chiffres suivants:
- Exportation en 1832 ..................... 944 Balles id......................1840................. 3,577 « id......................1850................. 17,069 « id......................1855................. 27,677 « id......................1860................. 38,442 «
- id. 1864 91,381 «
- id. 1872 ............. 130,000 «
- Dans la république orientale, la progression n’a pas été moindre, comme le prouvent les résumés suivants :
- Exportation de 1840 à 1842, terme mo-
- yen, paran........................... 2.154,425 livres
- Idem de 186 9 à 18 71 ......,........ 44.4 71,700 «
- Idem en 1872......................... 51.337,800 «
- Voici quelle est la production de la laine dans le monde entier, suivant les publications faites dans divers journaux économiques d’Europe, le tout en livres :
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- Q
- &
- FS
- Angleterre France.... Russie.... Espagne... Allemagne. Autriche .. Autres pays
- 150,969,000
- 91.158,000
- 90.760,000
- 74.433,000
- 58.218,000
- 31.175,000
- 64.762,000 561.475,000
- Amérique du Nord, Afrique et Asie
- Etats-Unis.............•
- Australie............
- Cap de Bonne Espérance Nouvelle Zélande ....... Inde Orientale..........
- 177,000,000
- 159.200,000
- 38.100,000
- 28.875,000
- 18.799,000 421.974,000
- Dans la Plata
- République Argentine, selon
- Ernest Oldendorff (1870). 160.714,275
- République Orientale, de 1869 à 1871 ............... 44.471,700
- 205,185,975
- Total.
- 1:188.634,975
- Dont 471 p.§ en Europe, 353 p.8 aux Etats-Unis, Afrique et Asie, 174 p.% dans la Plata.
- Les états de la Plata fournissent donc aux marchés européens— 174 p.%—plus de laine que les Etats-Unis qui n’en exportent que 14, p.8, l’Australie 13% p.8, le Cap de Bonne Espérance 34 p.°, et la Nouvelle Zélande
- 2 Po-
- La production de la République Argentine seulement est plus grande que celle de l’Angleterre, presqu’ égale à celle des Etats-Unis, et exactement celle de toute 1‘ Australie.
- La production de la République Orientale est égale à la moitié de celle de la Russie, égale à toute celle de la Nouvelle Zélande et de l’Inde Orientale réunies, et plus grande que celle de toute l’Autriche.
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- Enfin la production de la Plata est presque égale à toute celle de la France, de la Russie et de l’Autriche réunies, comme elle est égale aussi à toute celle de l’Australie, de la Nouvelle Zélande et de l’Inde Orientale réunies.
- Mr. Robert Davison (fils), dans un excellent travail qu’il a publié dans les Annales de la Société Rurale de l’Uruguay, démontre, au moyen de tableaux statistiques dressés par lui sur les variations du prix de la laine en Europe, que les deux seules places du Hâvre et de Anvers — qui sout les deux meilleurs marchés pour les laines de la Plata — ont reçu en 1871 les quantités de laine qui suivent :
- 1.° De la République Argentine.... 142.243,250 livres
- 2.° De la République Orientale.... 31.515,400 «
- 3.° D’autres provenances............. 71.984,800 «
- Total................... 245.743,450 livres
- Les laines exportées de la Plata sur ces deux marchés en 1871 sont donc entrées dans la consommation dans la proportion de 71 p.8, et celles d’autres provenances dans celle de 29 p.% seulement.
- La quantité de bestiaux existant dans la République Orientale de l’Uruguay en 1860, selon le Registre statistique officiel (tout imparfait qu’il soit) dressé à cette époque, se résume ainsi.
- 5.218,700
- 741,857
- 12,300
- 2.594,833
- 15,268
- Bêtes à cornes, Chevaux et juments, Anes et mules, Bêtes à laine, Chèvres et porcs.
- La valeur de ce bétail, selon les déclarations officielles faites dans les bureaux de Contribution Directe, était estimée à $ 30.096,995.
- Le manque de renseignements certains ne nous permet
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- pas de calculer ici le nombre de bestiaux existant aujourd’hui dans la République, parce que l’irrégularité de la perception de la contribution directe dans les départements depuis une dizaine d’années ne nous fournit à cet égard aucune donnée.
- Mais nous pouvons faire sur ce point un calcul approximatif qui ne s’éloignera certes guère de la réalité, en nous basant sur les états de l’administration des abattoirs et marchés de bestiaux que nous avons sous les yeux, et sur les observations dont les accompagne le percepteur, don Simon Zubillaga :
- Durant les huit années de 1865 à 1872, il s’est vendu sur les marchés de bestiaux de Montévidéo 3.009,913 bœufs et vaches, dont 2.287,191 pour les saladeros, 680,113 pour la boucherie, 40,129 qui ont été réexpédiés dans les départements,et 2,480 pour les vacheries et travaux d’agriculture.
- La base du calcul des existences se déduit de la vente annuelle faite dans tous les départements réunis pour les saladeros, la consommation des habitants et l’exportation, vente qu’on estime en général au cinquième des animaux existant, parceque la règle admise parmi les estancieros ou propriétaires des fermes à bétail est qu’on doit se défaire tous les ans du cinquième des animaux existant, proportion à laquelle est estimée la production. Selon ce calcul, le terme moyen des ventes ci-dessus étant de 376,239 têtes de bétail par an, il s’en suit qu’il représente uue existence de 1.881,195 bêtes à cornes.
- La consommation annuelle des boucheries de Montévidéo est en terme-moyen, pour ces 8 années, de 85,014 têtes de gros bétail. Nous n’avons pas les états correspondant aux départements pour pouvoir calculer leur co nsom-mation, mais étant donné qu’on consomme beaucoup plus de viande dans la campagne, comme cela est public et notoire, on peut estimer la consommation des 12 départements à 314,986 animaux, total 400,000 qui représentent une existence de deux millions de têtes de gros bétail.
- Le nombre des bêtes à cornes abattues dans les saladeros autres que ceux de Montévidéo, dans la fabrique d’extrait de Fray-Bentos et autres du même genre, est estimé a 450,000 têtes,ce qui représente une existence de 2.250,000 animaux.
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- On calcule à 200,000 têtes le nombre des bestiaux exportes sur Pied au Brésil par les frontières, ce qui représen. te encore 1.000,000 d’animaux. ‘ 1 -. On peut donc estimer approximativement le nombre des botes a cornes paissant dans les champs de la république, au total de...... .....................7.131,195 têtes.
- Voici un autre calcul démonstratif et plus concluant: , nombre de cuirs secs et salés exportés en 1872 monte a 1.104,503 selon 1 état publié au chapitre V. Suivant la meme appréciation que ci dessus, ce nombre multiplié par 5 représente bien l’existence de 5.522,515 — exportation au Brésil............ 1.000,000
- Les, cuirs employés dans le pays à différents usages et pour l’industrie, et les peaux de veaux expédiées en balles se calculent à 121,736 qui représentent alors..................... 608,680
- animaux
- Total égal.......... 7.131/195
- id
- têtes
- Don Juan G. Corta, Vice-Président de l’Association-H u-rale, dans un article publié dans le n.°2 du journal du meme nom, fait observer que l’exportation des années 1866 a 1871 représente une existence de 7.910,325 bêtes a cornes qui paisseut dans les plaines de la république; 1 fait remarquer cependant que, par suite de la guerre civile, les existences ont dû diminuer dans les départements situés au Sud du Bio Negro, et qu’en conséquence ou ne peut pas en calculer le nombre a plus de 7 millions de têtes.
- Notre calcul n'est donc pas exagéré, car depuis lors la paix s est faite, les estancias se sont repeuplées, et la reproduction ne tardera pas à être beaucoup plus profitable aux interets des propriétaires.
- En 1872,la république de l’Uruguay a exporté 57,042 ba-des de laine en suint et lavée, dont le poids moyen est cal-
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- culé à 900 livres chaque balle ce qui fait 51.337,800 livres, ou 23.564,050 kilogrammes.
- On peut compter que chaque mouton donne l’un dans Vautre 3 livres de laine par an.
- Selon ce calcul, nous aurions 17.112,600 bêtes à laine, auxquelles il faut ajouter encore 1.566,720 animaux que représentent les 10,880 balles de peaux de moutons exportées dans la même année, et cela sans compter la laine consommée dans le pays, et les bêtes qu’on ne tond pas. Total 18.679,320 bêtes à laine.
- Voici un autre calcul qui est en usage dans les es-lancias.
- On estime généralement le rendement de la laine à 100 arrobes pour mille moutons.
- L’exportation de l’année 1872 est de 2.053,512 arrobes (de 25 livres,) ce qui représente alors 20.535,120 bêtesà laine.
- Nous pouvons donc calculer à 20 millions de têtes le nombre des bêtes à laine qui paissent dans les plaines de la république.
- Quant aux autres bestiaux, il est très difficile d’en calculer le nombre, et c’est seulement pour compléter notre cadre que nous adoptons ici les chiffres que nous ont indiqués les personnes les plus compétentes en cette matière.
- VALEUR DU BÉTAIL
- La valeur des bestiaux existant actuellement dans la république Orientale de l’Uruguay,au prix de coût dans les es-lancias, peut se calculer comme suit:
- 7.200,000 Bêtes à cornes à 7 50.400,000
- 20.000,000 Id. à laine « 1.20 24.000,000
- 1.600,000 Chevaux « 6 9.600,000
- 120,000 Anes et Mules « 15 1.800,000
- 100,000 Porcs « 8 800,000
- 60,000 Chèvres « 1.50 90,000
- Valeur en 1872... 86.690,000
- Idem en 1860.............. 30.096,995
- Augmentation en 12 ans........... 56.593,005
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- C’est-à-dire 188 p.8 de plus en 1872 qn'en 1860.
- Le général Reyes calculait en 1860 qu’il n y avait dans la république que 4,936 lieues carrées de terrain en exploitation, sur les 7,036 lieues de superficie qu’elle compte. Depuis lors cette proportion a pu augmenter, nous l'estimerons à 5,500 lieues.
- En vue de ce calcul, voici les quantités de bestiaux qu’il y a par lieue carrée de terrain en exploitation dans toute la république, avec la valeur correspondant à chaque espèce.
- 1,309 Bêtes à cornes..................... $ 9,163
- 3,636 id. à laine........................ « 4,363
- 291 Chevaux et juments........... « 1,746
- 22 Anes et mules......................... « 330
- 29 Porcs et Chèvres....................! « 160 50
- Valeur par lieue carrée en exploitation..... $ 15,762 50
- Ou bien, si l’on veut répartir cette richesse sur toute la superficie de la république, on trouve que sa valeur est de $ 398, —fr. 2,150. — par kilomètre carré.
- Voici maintenant la proportion de cette richesse en rapport avec le nombre des habitants:
- 16 Bêtes à cornes..................... $ 112 «
- 44 Idem à laine............................... « 52 80
- 3% Chevaux.................................... « 21 «
- Anes, mules, porcs, chèvres............... « 6 «
- Valeur qui correspond à chaque habitant $ 191.80 — ou -41 — ou fr. 1055.
- Sous ce dernier rapport, il n’y a aucun pays dans le monde qui puisse être comparé à la République Orientale.
- *
- * *
- Aux Etats Unis, suivant le recensement de l’année 1870, la valeur du bétail de toute espèce est estimée à la somme de $ 1:524.271,714.
- C'est 17 fois et demie celle de la République Orientale de l’Uruguay.
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- E A UE
- Mais il faut considérer aussi que la superficie des territoires des Etats-Unis est 35 fois plus grande que celle de la république orientale, ou 22 fois seulement si l’on ne compte pas les territoires occupés par les Indiens.
- En outre, la population, sans compter non plus celle des Indiens, est 84 fois plus considérable que celle de la Républiquede l’Uruguay.
- Voici donc la valeur comparée de la richesse en bestiaux dans les deux pays :
- PAR hiL. C. PAR HAB.
- Aux Etats-Unis..... $ 202 « 39 «
- Id. sans compter les territoires.... 320 « 40 «
- République Orientale de l’Uruguay 398 « 192 «
- Plus dans la République Orientale.. 24 p.8 385 p.8
- PRODUCTION AGRICOLE
- C’est avec l’élevage des bêtes à laine que la république Orientale a vu augmenter sa production et sa richesse, depuis environ une trentaine d'années; maintenant c’est avec l’agriculture qu’on pourra voir doubler, tripler en peu de temps cette même richesse, une fois entré dans la voie des réformes à apporter dans l’outillage et le système routinier de nos campagnes.
- C’est vers ce but que tendent toutes les aspirations des amis du progrès et de la prospérité du pays; c’est à cet objet que l'Association Rurale, fondée au commencement de l’année dernière, dédie tous ses efforts.
- L'agriculture proprement dite, et l’industrie rurale sont encore dans l’enfance dans ces pays, et voilà pourquoi leurs produits ne figurent ici que comme une branche secondaire de la richesse nationale. Nous étonnerons même beaucoup nos lecteurs d’Europe, quand nous leur dirons que dans un pays où les vaches sont si abondantes et coûtent si peu, le beurre frais y est rare et très cher (une piastre ou fr. 5.40 la livre), qu’on y fait peu de fromage, qu’il est difficile de s’y procurer de bonne viande
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- de veau, et de porc, et que c’est d’Europe et des Etats-Unis que nous recevons le beurre, le fromage et la graisse de porc qui se consomment dans le Pays; il en est de même de beaucoup d’autres articles de consommation, comme les pommes de terre, les haricots, etc., car la production du pays est loin de suffire à ses besoins, vu le peu de bras qui se livrent à la culture de la terre, par cette seule raison qu’ils trouvent plus commode de s’employer à tout autre travail, et qu’il n’y a pas encore danc le pays de grands établissements ou centres agricoles où ils puissent être dirigés et trouver immédiatement de l’occupation, sinon à l’époque de la récolte des blés et pour une période de 15 jours ou un mois environ, comme dans une autre branche d’industrie, à l’époque de la tonte des moutons. C’est bien dire qu’il n’y a pas même d’industrie rurale ici,et qu’il y aurait quelque chose de mieux àfaire dans la campagne des environs de Montévidéo, et surtout de plus lucratif, que y bâtir des quintas, ce serait d’y installer de petites fermes, des jardins potagers, des industries productives et utiles, dont la réussite ne serait pas douteuse.
- Comme le prouvent nos notes sur les départements,il nous eut été impossible de donner une idée de la production agricole du pays sans le concours de l’un des membres de U Association Rurale, don José Ortega, négociant eu céréales qui a acquis une grande expérience dans cette branche à laquelle il s’est consacré spécialement depuis nombre d’années,et qui nous a remis un état statistique avec des notes sur la production en blé et maïs, qui nous permettent au moins de fournir des renseignements qui seront certainement consultés avec intérêt.
- Voici d’abord l’état qui se rapporte à la période des 19 dernières années:
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- Production du blé et du maïs dans la Retyublique Orientale de l’ Uruguay/, depuis Vannée 1855jusqu‘d celle de 1873, avec les quantités exportées et consommées, exprimées en fanégues, et leur prix moyen.
- BLÉ
- Ans Production Exportation Consommation Prix Production Exportation Consommation Prix
- 1855. 200,000 20,000 180,000 S 8 80 fanègue 100,000 20,000 80,000 3 4 40 fanègue
- 1856.. 250,000 25,000 225,000 « 6 20 « 125,000 25,000 100,000 « 2 80 «
- 1857.. 300,000 30,000 270,000 « 5 40 « 130,000 30,000 100,000 « 3 60 «
- 1858.. 350,000 30,000 320,000 « 4 00 « 140,000 35,000 105,000 « 4 40 «
- 1859.. 380,000 35,000 345,000 « 3 60 « 150,000 40,000 110,000 « 4 40 « I
- 1860.. 390,000 40,000 350,000 « 4 40 « 155,000 30,000 125,000 «1 80 « S
- 1861.. 120,000 10,000 110,000 « 9 20 (1) « 160,000 35,000 125,000 « 2 00 « =
- 1862.. 400,000 420,000 50,000 350,000 « 5 40 « 135,000 140,000 30,000 105,000 « 2 40 « V
- 1863.. 40,000 380,000 420,000 « 5 60 « 20,000 120,000 « 4 00 «
- 1864.. 450,000 30,000 « 5 80 « 150,000 20,000 130,000 « 2 80 «
- 1865.. 480,000 490,000 20,000 460,000 « 5 60 « 180,000 10,000 170,000 « 3 00 «
- 1866.. 25,000 465,000 « 5 20 « 190,000 5,000 185,000 « 2 20 «
- 1867.. 500,000 80,000 420,000 « 6 00 « 150,000 5,000 145,000 « 5 00 «
- 1868.. 520,000 70,000 450,000 « 6 50 « 190,000 40,000 150,000 « 4 80 «
- 1869.. 350,000 35,000 315,000 « 5 50 « 200,000 ----- 200,000 « 3 20 «
- 1870.. 600,000 30,000 570,000 « 4 80 « 205,000 — 205,000 « 4 00 «
- 1871.. 500,000 20,000 480,000 « 4 80 « 210,000 ----- 210,000 « 3 80 «
- 1872.. 800,000 30,000 770,000 « 4 80 (3) 150,000 —. 150,000 « 4 20 «
- 1873.. 500,000 (1) Récolte pe ? rdue ? « 5 00 (2) (2) « Demi ri 500,000 colte ? ? (3) Réc « 1 60 (3) « olte abondante
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- Considérations. «La fanègue de blé pèse en moyenne 105 kilog. et celle de maïs 102. Dans la colonne Exportation nous avons inclu la farine exportée comme si c’était du blé. Les années de 1867 et 1868 sont celles où il y a eu le plus d'exportation, en conséquence de la guerre du Paraguay. En général, les prix du blé, de la farine et du maïs sont déterminés par le plus ou le moins d'exportation; ils éprouvent peu de variation quand il s’en exporte peu, parce que la production excède toujours la consommation. L’exportation de blé a lieu pour Buénos Ayres, et celle de la farine pour le Brésil. Actuellement, l’exportation du blé est insignifiante à cause des droits élevés que nos tarifs lui imposent, et aussi parce que l’agriculture a fait de grands progrès depuis quelques années dans la république argentine,et plus spécialement dans les colonies qui se sont fondées dans la province de Santa-Fé.
- Cependant, nous devons consigner ici en lettres d’or que le meilleur blé de toute l’Amérique Méridionale est celui de Montévidéo. Celui du Chili a une très belle vue, mais il manque de saveur et de force, qualités qui sont une spécialité dans le blé de Montévidéo.
- La terre, qui ici ne reçoit pas d'engrais, transmet au grain une plus grande portion de gluten que dans les autres pays. Bien qu’il soit évident que l’agriculture a fait quelques progrès, on peut juger de ceux qu'elle est appelée à faire par les considérations suivantes : — Les progrès seraient plus rapides,
- 1 .° Si l'agriculture n’était pas livrée comme elle l’est à l'empirisme isolé de chaque agriculteur;
- 2 .° S’il y eut eu quelque société protectrice de l'agricul-ture avant la formation de l'Association Rurale de l Uruguay qui ne date que de l'année dernière;
- 3 .° Si l’on n’eut pas grevé l’exportation du blé avec des droits que nous qualifierons d'anti-économiques;
- 4 .° Si les bras n’étaient pas aussi chers qu’ils le sont, car pour la moisson, on est obligé de payer ceux qui y prennent part, de fr. 8 à 10 par jour, plus la nourriture;
- 5 .° Si l’emploi des machines agricoles s’était généralisé parmi nous, comme au Brésil, au Chili,et même dans la République Argentine.
- 6 .° Enfin, sans les obstacles que la nature vierge de ces campagnes oppose encore à l’agriculture et au commerce
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- intérieur, par le manque de bonnes routes et de ponts sur les nombreuses rivières qui débordent avec les pluies, et rendent ainsi les transports difficiles et coûteux, et les lois fiscales rétrogrades qui surchargent inconsidérément la production du sol, sous les noms de Contribution Directe et de Droit Départamental.»
- Autres considérations: «Notre intention avait été, au commencement, de borner nos renseignements à l’année 1872, mais d’autres considérations nous ont conduit à y ajouter ceux de cette année même, parce que la récolte de 1873 offre un exemple éloquent et décisif qui est de nature à encourager l’agriculteur.
- Dans ce pays, il n’y a pas eu, et il est probable qu’il n’y aura jamais de récolte de blé et de maïs complètement perdue, quelque mauvaise que soit l’année: d’abord, à cause de la configuration accidentée du terrain, avantage que n’a pas Buénos Ayres, d’où il résulte que si l’année a été trop sèche, les blés semés dans la partie élevée sont exposés à se perdre, tandis que ceux semés dans les bas coteaux sont sauvés; il n’y a pas d’agriculteur parmi nous qui ne sache cela; ensuite, si l’année a été très pluvieuse, il est certain que la récolte de blé sera très compromise dans les terrains bas, mais en revanche,celle du maïs sera très abondante, et c’est précisément ce qui est arrivé cette année. L’agriculteur n’a donc pas à craindre ici une perte totale de ses récoltes, même dans les plus mauvaises années.»
- Montévidéo, le 21 avril 1873.
- José Ortega.
- Aux renseignements qui précèdent, et pour les compléter, il convient d’ajouter ceux qui suivent, et qui proviennent de la même source:
- On élabore dans l’année et seulement dans le département de Montévidéo la quantité de 386,500 fanègues de blé environ, lesquelles représentent 28.214,500 kilogrammes de farine.
- Cette élaboration a lieu au moyen des moulins suivants qui sont tous situés dans le département:
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- Moulins qui élaborent Par jour Par mois Par an
- 7 à vapeur.. fanègues de blé 1,450 24,400 268,500
- 20 à vent.... « 200 6,000 66,000
- 3 à eau « 30 Paires de 80 2,000 22,000
- meules « 120 3,000 30,000
- Total en fanègues..... 1,850 35,400 386,500
- Produit en farine, kilog... 135,050 2.584,200 28.214,500
- * *
- La production de blé et maïs dans les 19 dernières années se résume en terme moyen comme suit :
- Années Fanégues Hectolitres . Valeur
- 1855 à 59.... Blé 296,000 405,520 $ 2.539,600
- 1860 à 69.... « 412,000 564,440 « 2.364,300
- 1870 à 73.... « 600,000 822,000 « 2.905,000
- 1855 à 59.... Maïs 129,000 176,730 « 508,800
- 1860 à 69.... « 162,500 222,625 « 517,000
- 1870 à 73.... « 266,250 364,762 « 752,000
- En comparant la dernière période avec la première,c’est à a dire dans l’espace de 12 ans,l’on voit que la production du blé et du maïs a doublé en quantité, et que la valeur de la production a augmenté de 88 p.0 pour le blé, et de 48 p.° pour le maïs. Enfin la valeur totale de cette production,dans ces 3 dernières années, est montée à S 3.657,000 par an.
- Nous n’avons pas de renseignements sur la production du fourrage, qui est considérable, ni sur celles des plantes légumineuses et maraîchères, des fruits, du bois et du charbon, mais nous pouvons la fixer sans exagération à un million et demi ou deux millions de piastres par an, ce qui porte la valeur totale de la production agricole à cinq millions et demi de piastres, ou fr. 29,700,000 par an.
- Cette production annuelle répond à une rente de $ 12,ou fr. 64,80 par habitant.
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- Cela est peu, mais une fois l’agriculture plus répandue,et le pays plus peuplé, cette production s’élèvera à 10 et 20 fois ce qu’elle est aujourd’hui,
- Pour s’en convaincre, il suffit de voir ce qui se passe en Californie et au Chili.
- En 1869, le Chili a produit pour l'exportation 460,614 hectolitres de blé, quand l'Uruguay n’en a exporté que 30,000. En 187 2, l'excédent de la production dans la Californie s’est élevé à 5 millions de fanègucs, les prix de vente sur la place se sont maintenus à $ 3.20, et une grande partie de ce blé a été exporté pour l’Angleterre.
- Ce que font le Chili et la Californie, l’Uruguay peutle faire avec plus d’avantages, car les frets y sont bien moins élevés, la navigation plus facile, et la distance beaucoup plus courte. Il ne faut pour cela qu’une période de paix et de tranquillité dans le pays, l’amélioration des procédés et instruments d’agriculture, la formation d’entreprises de colonisation ou d’immigration agricole, et la construction de chemins de fer dans les directions de l’Est, du Nord et de l’Ouest—toutes choses auxquelles on travaille en ce moment, et que nous pourrons voir se réaliser en peu d'années.
- En outre du blé, du maïs et des fourrages, on récolte encore, mais sur une petite échelle parce que l’on s’en occupe peu, du lin, du tabac, des patates douces, du miel et de la cire vierge, et même des olives, des fruits de toute espèce en grande cuantité et de très bonne qualité dont il a été envoyé des échantillons à l’exposition de Vienne, ainsi que du vin et de l’huile fabriqués dans les environs de Montévidéo, de la soie indigène, et quantité de plantes textiles et médicinales.
- Quoique le pays soit entièrement dépourvu de forêts, les bords de l’Uruguay, du Rio Negr o et de toutes les rivières qui l'arrosent n’en sont pas moins très boisés, et des échantillons tirés des essences les plus remarquables ont été envoyés aussi à l’exposition de Vienne.
- Du reste, tous les arbres d’Europe et même quelques plantes des zones tropicales se sont reproduits admirablement ici, et le boisement de certaines contrées donnera lieu un jour à des exploitations qui seront du plus grand rapport.
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- PROPRIÉTÉ TERRITORIALE ET BATIE
- Selon le Régistre Statistique de l’année 1860, dix départements ont fourni les états détaillés de la perception de la Contribution Directe, 2 les ont donnés incomplets, un n’en a pas présenté.
- Dans une brochure publiée par nous en 1863 sous le titre de : Apuntes estadisticos y mercantiles sobre la Republica Oriental del Uruguay, nous avons complété ces états, et en avons formé un tableau général qui présente les résultats suivants, quant aux valeurs déclarées :
- Terres de labour et de pâturage Propriétés urbaines et rurales... Total Montévidéo Départements. Total
- $ 473,296 13.682,705 26.302,074 12.803,471 26.775,370 26.486,176
- 14.156,001 39.105,545 53.126,546
- En somme,la valeur des propriétés bâties est égale à celle des terres en exploitation, et nous soulignons ce dernier mot parce que les terrains incultes ne payent aucune contribution.
- Dans ces chiffres, le département de Montévidéo seul représente 26% p.g de la valeur totale (plus du quart) et les 12 départements réunis 73% pg.
- Nous avons sous les yeux les états de perception correspondant à l’année 1866 mais in globo,ce qui ne nous permet pas d'établir la même classification que dans l’état antérieur; nous pouvons en comparer seulement les résultats, dont voici la démonstration :
- Années Montévidéo Départements TOTAUX
- 1866 1860 Différence.... Plus en 1866... $ 24.162,766 18.355,551 81.040,234 72.445,980 105.203,00 0 90.801,53.
- 5.807,215 314 p.8 8.594,254 12 p.8 14.401,469 154 p.
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- L’augmentation proportionnelle à Montévidéo est, comme on le voit, plus rapide que dans les départements où, il faut bien le dire aussi, la perception de la Contribution Directe est beaucoup plus irrégulière.
- En 1869, selon les cotes de la Contribution Directe, les valeurs déclarées dans le département de Montévidéo montent à $ 71.940,970 ainsi réparties :
- Propriétés bâties et terrains............. $ 51.710,902
- Sur capitaux de placement................. « 4.890,068
- Sur l'importation......................... « 15.340,000
- Sur les déclarations de l’année 1866 comparées avec celles de 1869, l'augmentation est déjà de 200 p.8 et sur celles de l’année 1860 elle est de 290 p8.
- Notre but étant de rechercher quelle est la valeur de la propriété territoriale et bâtie, nous nous limiterons ici aux cotes de contribution qui ont cette branche pour objet. Ainsi nous avons dans le département de Montévidéo les valeurs déclarées suivantes pour les années y exprimées :
- En 1860 valeurs déclare'es $ 14.156,001
- En 1869 idem « 51.710,902
- En 1872 idem « 74.140,670
- Augmentation en 9 ans (de 1860 à 1869) 265 p.8, et en 12 ans (de 1869 à 1872) 424 p8.
- Voici l’accroissement de la population et du commerce démontré par des chiffres qui ne peuvent laisser le moindre doute dans les esprits. Mais ces valeurs, qui procèdent des déclarations faites au fisc par les propriétaires, sont loin d’exprimer la vérité, et pour l’obtenir, nous pouvons sans exagération en élever le chiffre de 50 pg. En conséquence, nous pouvons dire que la propriété territoriale et bâtie dans le département de Montévidéo représente une valeur de $ 111,211,005, Savoir:
- Dans l’ancienne ville ............. $ 42.355,335
- Dans la nouvelle ville.............. « 35.352,254
- Dans le reste du département..... • « 34,503,416
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- Du reste, l’augmentation de la valeur de la propriété à Montévidéo et dans ses environs ne date pas de longtemps, et personne n’ignore ici que des terrains qui il y a 15 ou 20 ans se vendaient de $ 2 à 3 ou de $ 6 à 8 la vare carrée en valent aujourd'hui S 12 à 32 ou 36; comme ceux qui valaient de 1 à 2 réaux en valent 50,100 et même plus. Voilà qui explique l’augmentation des rentes de la contribution directe et le grand nombre de masions construites depuis quelques années.
- Quant aux départements, le calcul de la richesse territoriale et de la propriété bâtie est beaucoup plus difficile à faire, car le tableau des cotes de contribution qu'on trouvera au chapitre XII est encore plus irrégulier et incomplet pour les départements que celui des cotes de la capitale. Cependant nous y notons pour les années 1866 et 1868 une augmentation de 200 p.% sur l’année 1860, malgré l’absence presque complète de fiscalisation, et pour les années suivantes, les données certaines nous manquent, vu que la Contribution Directe n'a été perçue qu’en partie en 1869 et 1870, et qu’elle a été nulle dans le deux dernières années par suite de la guerre civile. D’autre part, nous ne pouvons pas faire moins que de prendre en considération les améliorations faites et les progrès réalisés dans la plupart des chefs lieux des départements, dans les estancias et dans les nouveaux établissements industriels ou agricoles qui s’y sont formés, et dont on peut se faire une idée par ce fait connu de tout le monde, que la suerte de estancia (un champ de 2700 cuadras carrées, ou 1992 hectares) qui se vendait couramment, il y a une quinzaine d’aunées, de $ 2000 à 4000, ne vaut pas moins aujourd’hui de $ 6 à 15,000, selon la position et la qualité des terres. On peut donc estimer la valeur territoriale et la propriété bâtie dans les 12 départements, à la somme de $................................ 25 0.000,000.
- Valeur totale en chiffre rond, de la propriété personelle à Montévidéo et dans les départements $ 360.000,000
- Cette richesse, répartie entre tous les habitants de la
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- république, représente un capital de $ 800 —« ou fr. 4,320 par tête.
- Aux Etats-Unis, suivant le recensement de l’année 1870, «la propriété réelle et personnelle» était estimée au commencement de 1861 à.................. $ 16:500.000,000
- Et en 1871 à.......................... « 31:000.000,000
- Augmentation en dix ans............... $ 14:500,000,000
- Environ 90 p.% de plus.
- Cette propriété «réelle et personnelle» répartie entre tous les habitants de la grande république américaine, constitue une richesse personnelle de $ 814 par habitant.
- C’est la même proportion que celle qui correspond à la république orientale.
- Mais cette dernière a eu pendant la même période une augmentation relativement beaucoup plus grande qu^aux Etats-Unis, puisque, selon les déclarations officielles des propriétaires eux-mêmes, cette valeur est en 1868 dans les départements de 200 p.8 au dessus de celle de 1860, et en 1872 a Montévidéo de 424 p.g au dessus de celle de 1860.
- Le développement de la richesse dans les états de la Plata est donc tout aussi rapide et non moins extraordinaire qu’aux Etats-Unis,comme le prouvent cet exemple ainsi que celui cité plus haut de la richesse en bestiaux.
- Mais c’est là un fait qui n'est pas connu universellement, comme il devrait l’être, et que nous croyons de notre devoir de faire remarquer.
- La faute en est au pays qui, jusqu’à présent, a fait peu de chose pour se faire connaître, car ce n’est que depuis quelques années seulement que la statistique commence à s'organiser sur de bonnes bases dans la république argentine, sous la direction habile de MMrs. Damian Hudson et Diego G. de la Fuente — et dans la république orientale, la statistique est encore dans l’enfance, comme le prouve ce modeste essai.
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- GRANDES INDUSTRIES ET ENTREPRISES
- Nous nous occuperons d’abord dans cette section des saladeros, grands établissements industriels où l’on prépare la viande salée qui est exportée au Brésil et à l'île de Cuba pour la nourriture des esclaves, en même temps que le suif, la graisse et les cuirs salés qui sont expédiés en Europe, et qui constituent l’industrie principale et la plus ancienne de ces pays, comme nous l’avons expliqué au commencement de ce même chapitre. Cette industrie, à laquelle les républiques de la Plata doivent en grande partie le développement de leur commerce, a amélioré beaucoup son mécanisme et ses procédés depuis quelques années et tend chaque jour davantaje à se transformer encore, comme cela est arrivé avec la fabrique d’extrait de viande (syztème Liébig) établie à Fray-Bentos et dans divers autres établissements comme ceux du Baron Maua et de don Lucas Herrera y Obes, qui se proposent de préparer la viande conservée, à l’instar de ce qui se fait en Australie.
- D'ailleurs, la consommation de la viande salée étant limitée à deux seuls marchés dans le monde, la production ne peut pas dépasser certain chiffre, et puis l’on doit prévoir l'époque, plus ou moins rapprochée, où les populations du Brésil et de Cuba, avec l’abolition de l'escla-vage, ne se contenteront plns de cette nourriture. Les viandes conservées sont donc appelées à remplacer les viandes salées dans ces contrées.
- SALADEROS
- Ces établissements, qui sont de vraies usines à saler les viandes et les cuirs, sont parfaitement installés dans la Plata et exigent l’emploi de capitaux considérables, pour leur installation d’abord et ensuite pour l’exploitation, vu que le bétail ne se vend sur place qu’au comptant.
- C’est à la fin du printemps, vers les mois de novembre ou décembre, que commence le travail dans les saladeros, jusqu’en avril ou mai, et cette période ou saison s’appelle la faena (époque du travail). Chacun de ces établissements abat de 12 a 36,000 têtes de bêtes à cornes par an, et le nombre des animaux abattus dans tous les
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- saladeros de la république monte annuellement et en moyenne à plus de 600,000 têtes.
- On abat aussi dans plusieurs de ces établissements une certaine quantité de juments, dont on extrait de la viande l’huile qu’elle contient et dont on sale aussi les cuirs pour l’exportation. Depuis quelques années, on y abat aussi beaucoup de moutons dont la graisse est extraite de la même manière.
- Les saladeros sont les établissements où l'on tue les animaux pour l’exportation de la viande, du suif, de la grai-se, des cuirs, des os qu’on brûle et réduit en cendre, et des debris de toutes sortes. Les maladeros ou espèce d’abattoirs publics et particuliers, sont ceux où l’on tue les animaux pour la consommation, et dont les cuirs sont étendus, séchés et mis en état pour être exportés.
- Selon le résumé de l’Administration générale des abattoirs et marchés aux bestiaux de la capitale, on a abattu dans les saladeros du département de Montévidéo, durant les années de 1865 à 1872, la quantité de 2.287,191 bêtes à cornes, environ 285,899 par an; on peut calculer à près de 300,000 celles abattues dans les saladeros des autres départements, sans compter les animaux tués dans l’établissement de Fray-Bentos et autres du même genre.
- Le terme moyen du poids sur pied d’un animal vendu pour saladero ou pour la consommation est calculé comme suit :
- Bœuf de 2 ans........
- « de 3 « ...........
- « de 4 « ..........
- « de 5 «
- « de 6y7 ...........
- ARROBES KILOGRAMMES
- 12 a 14 138 a 161
- 16 à 18 184 a 207
- 24 à 30 276 a 315
- 34 à 35 391 à 412
- 40 à 45 460 â 617
- Chaque 100 kilog. de viande sur pied donne à peu près 55 kilog. de viande nets, d'après un calcul exact fait sur place et inséré dans les notes du consulat français. Le poids de la graisse qu’on tire de l’animal est ordinairement de la moitié du poids qu’il rend en suif.
- Voici le coût des bêtes à cornes et les frais qu’elles occasionnent dans un saladero, suivant l’état que nous a commu-
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- niqué le propriétaire d’un de ces établissemets et qui fixera nos lecteurs sur la valeur réelle du bétail dans ce pays;c‘est la moyenne de toute une saison; les prix sont en piastres et millièmes de piastre, cette subdivision étant nécessaire pour l’exactitude du calcul :
- CAMPAGNE DN 1871 A 1872
- Prix d’un Bœuf.. Id. d’une vache
- $ 12.253
- « 9.650
- Frais. Sel par tête..................
- Futs vides..........................
- Droits de douane et de marché.. Place au marché......•......... Courtage................
- Embarcations................... Service et manutention......... Frais généraux.................
- Coût réel d’un bœuf, avec les frais
- Idem d’une vache
- id
- 0.433
- 0.089
- 0.810
- 0.200
- 0.064
- 0.300
- 1.545
- 0.29 2 3.7 3 3
- $ 15.986
- 13.383
- Les droits de douane, perçus à l’exportation sur le cuir, la viande, le suif et tous les autres produits de l’animal, montent par tête à $ 1.043.
- Voici maintenant quel est le produit réel, en terme moyen, de chaque bête à cornes abattue dans les saladeros, le tout exprimé en livres de 459 grammes:
- Le cuir pèse..............
- La viande.......•..........
- Le suif........................
- Cornes........ ............
- Cendre, os et muscles. Pèsent....
- Le crin pèse............•.........
- Les nerfs.........................
- L’huile de pieds de bœufs.........
- Langue, peaux de veaux mort-nés, tripes etc...................
- Les rognures de cuirs........
- Boeufs Vaches Térme moyen
- 70_4L 151 54-24 10 0 100
- 33,%
- 2 2
- — 47.16 31 10 0
- —. 100 %
- . 30
- — - 19 10 0
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- or
- Il y a dans la république 21 saladeros, dont 9 à Monté-vidéo, 2 dans le département de Soriano, 7 dans celui de Paysandu, 1 dans celui du Salto et 2 au Cerro-Largo. Dans la province de Buénos-Ayres il y a 14 saladeros, dans les provinces d'Entre-Rios et de Santa-Fé il y en a 10, plus 73 fabriques de suif à vapeur. Dans la province brésilienne de Rio Grande il y a 31 saladeros.
- Voici quelle a été la production de viande salée dans la République pendant les 6 dernières années, suivant les états publiés par MMrs. Matta et Cie. courtiers de cette place, les quantités y sont exprimées en quintaux de 100 livres==kilog. 45.94 :
- Total
- 1867, 1868 1869.
- 1870 1871 1872
- Années.
- Pour le Brésil. Pour Cuba.
- 517,100 — 330,100 ==
- ; 338,900 — 414,600 ==
- 461,200 — 266,400 =
- ) 531,600 — 410,800 — : 445,400 — 330,500 == 308,100 = 320,200 —
- 847,200 803,500 727,600
- 862,100 718,900 765,600
- Voici maintenant l’état général de l’exportation en viande salée de toute la Plata, depuis l’année 1860 jusqu’en 1872, que nous empruntons aux mêmes circulaires :
- Années Angleterre Brésil Cuba Total
- 1860.... 495,186 623,457 1.118,643
- 1861.... — 528,285 429,874 958,159
- 1862.... — 596,992 653,145 1.250,143
- 1863.... 18,250 656,488 701,805 1.376,537
- 1864.... 56,330 580,246 752.385 1.388,963
- 1865.... 4,000 750,190 758,300 1.513,210
- 1866.... 828,600 704,000 1.532,600
- 1867.... 830,700 746,000 1.576,700
- 1868... . — 555,900 941,700 1.497,600
- 1869.... 183.900 693,700 1.507,600
- 1870... . 897,700 861,270 1.758,970
- 1871... . 786,700 620,300 1.407,000
- 1872.... ---- 843,200 696,600 1.539,800
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- La comparaison de ces deux états prouve que la production de la viande salée dans la république orientale de l’Uruguay est égaleà celle de la république argentine. Ce qui le prouve encore c’est cet autre renseignement que nous tirons des mêmes circulaires :
- BETES A GORNES ABATTUES EN 1870
- Dans les saladeros de Montévidéo.... 273,746
- Idem du litoral de l’Uruguay (1).... 389,000 662,746
- A Buénos Ayres..................... 555,000
- Dans l'Entre-Rios.................. 195,000 750,000
- Total........ 1.412,746
- Cette production se partage donc ainsi: 53,09 p. % dans la république argentine et 46.91 p. % dans la république orientale de l’Uruguay.
- Le nombre des animaux abattus dans les saladeros de Rio Grande, de 1869 à 1872, monte en moyenne a 503,000 têtes par an environ.
- On peut se rendre compte de l’importance de ces établissements par la valeur de leur production qui est, pour la république orientale de l’Uruguay, de 9 millions de piastres par an.
- Le personnel est assez considérable, et l’on calcule le nombre des employés et travailleurs occupés dans tous les saladeros de la république à plus de 6000 individus.
- Le village du Cerro, situé aux bords de la baie, en face de Montévidéo, doit son existence et son développement aux saladeros qui sont presque tous établis sur cette côte, en vue des avantages qu'elle leur procure pour l’embarquement et le débarquement.
- Pour se faire une idée de ce que sont ces grandes usines, il faut consulter la belle lithographie de MMrs. Hecquet et Cohas frères qui représente les vues des différentes sections de ces établissements et le travail qui s’y élabore. Une de ces vues a été envoyée à l’exposition de Vienne.
- (1) Non compris l’établissement de Fray-Bentos et autres où l’on prépare les viandes conservées.
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- VIANDE CONSERVÉE
- La conservation des viandes fraîches par un procédé nouveau, est un problème quia occupé et occupe encore divers industriels et inventeurs, comme le prouvent les divers essais faits depuis quelques années, et les nouveaux échantillons envoyés à l’exposition de Vienne. Jusqu’à présent, aucun de ces procédés n’a réussi, car, ainsi que le fait observer le Deur. Martin de Moussy, «le problème qui subsiste, c’est de faire préparer la viande et la conserver à bon marché, dans les régions très riches en bétail», et le procédé Appert, qu’ont employé plusieurs établissements du Cap, de Natal, d’Australie, est encore le seul pratique et celui que plusieurs grands industriels, comme le Baron Maua, don Lucas Herrera y Obes etc. cherchent à implanter ici avec quelques modifications et de grandes chances de succès. Quant aux extraits de viande, comme ceux fabriqués à Fray-Bentos, le problême est résolu, car c’est là un produit qui est entré maintenant dans la consommation universelle.
- Une fois que cette industrie de la conservation des viandes sera entrée dans le domaine de la grande exploitation, la Plata deviendra un entrepôt inépuisable de viande pour l’Europe.
- Le 12 juillet de cette année, divers échantillons de viande conservée ont été soumis à l’examen public dans les salons de l'Association Rurale de l‘ Uruguay, et ces échantillons ont été comparés avec les viandes australiennes envoyées de Londres par Mrs. Andrew et Cie.
- Voici les conclusions du procès verbal qui a été dressé à cette occasion par la Commission;
- «Les viandes provenant des établissements de MMrs. Lucas Herrera y Obes et du Baron Maua, fabriquées dans le pays, mises en boîtes comme les australiennes, ont été trouvées meilleures que celles-ci; elles sont moins cuites, plus consistantes, plus chargées de matières adipeuses et d’albumine, circonstances qui leur permettent d’être diluées dans une plus grande quantité d’eau, et de se prêter à une multitude de combinaisons dans l’art culinaire.
- «En conséquence, l’Association Rurale de V Uruguay déclare: que parmi les viandes conservées soumises à son
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- examen, elle assigne à celles de MMrs. Herrera obes et Cie. et du Baron Maua, la première mention entre celles préparées par la méthode australienne, et leur décerne le N° 1 qui leur correspond, afin qu’ils puissent le faire valoir en tant que de droit; et aux viandes de l’Australie, elle assigne le N° 2, en la même forme.»
- Signé : Juan R. Gomez, Président—D. Ordonana, secrétaire.
- EXPORTATION DU BÉTAIL SUR PIED
- Quelques essais de transport de bêtes à cornes vivantes ont été faits pour l’Europe, mais les résultats n’en ont pas été très satisfaisants, comme spéculation. Cependant nous savons qu’il vient de se former en Angleterre une nouvelle entreprise ayant cette opération pour objet, ainsi que l’annonce une correspondance adressée de Londres au Journal d'Agriculture de France, dans laquelle nous lisons que «les constructeurs Scott et Cie. de Grenock ont résolu le problême de la construction de navires- étables dans lesquels le bétail sera embarqué avec soin, pouvant résister aux plus mauvais temps sans être incommodé, et sans que le service puisse être interrompu un seul instant.»
- En effet, cette entreprise nous parait sérieuse, car ses iniciateurs se sont déjà présentés à Buénos Ayres en demande d’un privilège exclusif qui leur a été accordé en raison des dépenses qu’occasionneront les premiers frais d’installation. Ces navires-étables seront mus par la vapeur.
- Enfin, des nouvelles de Rio de Janeiro en date du 14 novembre annoncent l’arrivée dans ce dernier port du vapeur North, l’un de ceux construits expressément pour le transport du bétail de la Plata en Europe.
- L’exportation du bétail sur pied n’est pas une nouveauté dans la Plata, puisqu’elle s’effectue depuis longues années par navires à voiles pour les Antilles et pour l’île Bourbon.
- Dans un rapport sur la production et le commerce de bestiaux adressé à son gouvernement en juin 1871 par Mr. Jules Doazan, chargé d’affaires de France, nous lisons qu’en 1870 quatre navires français sont partis de Montévi-déo avec un chargement de bœufs et de vaches, 3 pour les
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- S3
- Antilles, 1 pour Cayenne. L'un, le Mirliton, avait 30 bœufs à bord, le voyage fut de 40 jours, les animaux arrivèrent en bon état et furent vendus au débarquement à fr. 400 chacun, ce qui est déjà un bon prix. L'Anna et Juliette, qui allait à Cayenne, fit une longue traversée, les animaux arrivèrent dans un état d’amaigrissement complet et se vendirent a bas prix. Mais les deux autres navires arrivèrent bien, comme le premier, et vendirent leurs animaux de fr. 400 à 600 chacun. La spéculation est donc très bonne.
- Or, une traversée d’ici en Europe par bateaux à vapeur n’est pas aussi longue que celle d’ici aux Antilles par navires à voiles; en conséquence nous croyons très réalisable l’entreprise montée a Londres pour le transport des animaux vivants.
- L'exportation des mules et même des chevaux sur pied pour les îles Maurice et Bourbon, constitue depuis nombre d’années un commerce suivi qui est entrepris presque exclusivement par les navires français avec succès, et il en part chaque année de Montévidéo et de Buénos Aires plus de 20 chargements.
- Nous croyons donc que le transport des bêtes à cornes pour l’Europe ne doit pas rencontrer des sérieuses difficultés.
- Depuis peu d’années, il s’exporte également un certain nombre de montons sur pied pour le Brésil ; il y a des mois où il s’en expédie jusqu’ à 2 et 3000 têtes.
- L’industrie del’élevage des bestiaux dans la Platane manque pas de débouchés, comme on le voit, et une fois l’amélioration des races mise en pratique dans les établissements, cette industrie deviendra encore plus productive.
- =
- Les EAUX Courantes
- L’entreprise la plus importante qui ait été fondée dans la Plata jusqu'à présent, l’entreprise la plus utile au pays, est sans contredit celle des Eaux Courantes, initiée e t exécutée par MMrs. Lezica, Lanuz et Fynn, ses propriétaires.
- Il est à remarquer aussi que cette grande entreprise a été formée avec les capitaux propres de ses propriétaires, et sans recourir au moyen des sociétés par actions, comme cela arrive partout quand il s’agit d’exploitations de cette impor-
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- tance; cela prouve la confiance que l’avenir du pays inspire naturellement à ces capitalistes; déja le succès a répondu à leur attente, car l’usage des eaux-courantes s'est généralisé dans tout Montévidéo, et même dans une grande partie du département de la capitale et de celui de Canelones qui sont traversés par la canalisation des eaux.
- Cette entreprise est d’une si grande importance que nous croyons utile d’en donner une relation détaillée qui nous a été fournie par une personne des plus compétentes.
- A- La prise d’eau est située sur la rive gauche de la rivière de Santa Lucia, à 4 milles S. O. du village de ce nom, à 19 lieues de son embouchure dans la Plata, et à 11 lieues de Montévidéo.
- La rivière de Santa Lucia a un courant rapide, des eaux abondantes coulant sur un fond de roche granitique et de gneiss qui en garantissent la bonne qualité. Le point choisi pour l’établissement de l’usine est précisément situé sur le haut d’une colline qu’entoure une vallée de 7 milles d’étendue, ce qui assure à la colonne d’eau produite par les pompes un écoulement régulier.
- Pour établir la prise d’eau, on a construit un canal à 200 pieds environ de la berge et un aqueduc qui passe sous le lit de la rivière jusqu’ à une distance de 60 pieds.
- Un tube, muni d’un flotteur à mouvement articulé automatique, reçoit l’eau à deux pieds au dessous du niveau de la rivière, acquérant ainsi un niveau constant avec les pompes, en même temps que l’eau parvient à l'aqueduc dans les conditions les plus favorables de pureté*
- A partir du tube automatique, l’aqueduc parcourt une distance de plus de 160 mètres jusqu’ au bâtiment où se trouvent les machines installées dans un édifice construit tout en pierres de taille, et d’une solidité à toute épreuve.
- B. Le bâtiment qui contient les machines ,a les dimensions suivantes prises à partir du sol: 90 pieds (anglais) de long, 32 de large et 54 de hauteur.
- La profondeur des dépôts d’eau pour les pompes est de 47 $ pieds en dessous dusol, qui ont employé 1500 mètres cubes de maçonnerie.
- Il y a place dans l’édifice pour 12 générateurs.
- Les cheminées sont établies sur une surface de 14X14, égale 196 pieds carrés, qui leur sert de base, et elles ont 100 pieds de hauteur au dessus du sol. Leur di-
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- mension intérieure est de 6XX6, c’est à dire de 36 pieds carrés. Elles sont construites en béton, avec les angles en pierres de taille.
- La pierre employée à la construction de ces bâtiments est une pierre rouge cilicée sablonneuse, tirée des environs mêmes, qui est facile à tailler en sortant de la carrière, et qui durcit promptement à l’air.
- C. Les machines à vapeur sont du système Woolf; trois sont en place et fonctionnent, et la quatrième est prête à être montée. Les cylindres à haute pression ont 28 pouces de diamétre, et ceux à basse pression en ont 54. Chaque volant a 20 pieds de diamètre et pèse 15 tonneaux.
- Les pompes ont été calculées pour fournir 1100 galons (4185 litres) d’eau chacune par minute, et fonctionnent à raison de 12 coups de piston par minute. Chaque pompe a un récipient accumulateur de la capacité de 450 pieds cubes.
- Il y a 7 générateurs pour les 3 machines en mouvement, ayant chacune 6 pieds de diamètre. Elles sont du systême Cornish.
- MD». Les terrains par où passe la ligne principale des conduites d'eau sont très ondulés; aussi tous les points de la plus haute déviation de l’inclinaison normale des tuyaux sont-ils armés, les uns de ventouses automatiques pour permettre la sortie de l’air, les autres de tuyaux de dégagement pour le nettoyage des conduits principaux.
- Les conduits principaux ont un diamètre de 24 pouces anglais (61 centimètres) jusqu’au dépôt de service placé au sommet de la route parcourue entre l’usine et Montévidéo. A la sortie du dépôt, les tuyaux n’ont plus que 21 pouces de diamètre, puis 18, et enfin 15 pouces jusqu’à la ville même. 11 y a des tuyaux de 12 pouces de diamètre qui desservent la vallée du Miguelete et les environs de la capitale.
- Les tuyaux de service dans la ville même ont 3, 4, 5 et 7 pouces de diamètre selon les quartiers, et toute la canalisation, depuis l’usine jusqu’ à la ville, occupe un développement total de 95 milles anglais, ou 177 kilomètres.
- A chaque coin de rue,on a placé une clé facile à ouvrir en cas d’incendie; l’eau qui en jaillit pourrait atteindre facilement le toit des maisons les plus élevées.
- La différence de niveau entre le point de départ à Santa Lucia et le dépôt de Las Piedras est de 245 pieds anglais-74 mètres 48 centimètres.
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- La cuvette régulatrice à la sortie du dépôt de Las Pie
- dras est la suivante, étant calculée à zéro la pression hydrostatique dans les quartiers ci après :
- Place de Cagancha........................... 130 pieds
- Id. de la Constitution ou de la Matriz.... 158.75 «
- A la douane ................................ 219.20 «
- A la barraca de MMrs. Fynn frères......... 227.15 «
- Comme l’eau est fournie par les machines sans interruption, la ville se trouve parfaitement pourvue en cas d’incendie.
- F. Le dépôt situé à Las Piedras, à 2 milles environ du village de ce nom, a une capacité de 30,000 pipes, ou 3 millions de galons, ou 114,150 hectolitres. La base sur laquelle il est construit s’élève à 160 pieds ou 48 mètres 64 au dessus du niveau de la place de la Constitution à Mon-tévidéo.
- R. Selon le tableau analytique qui suit, on peut s’assurer que l’eau de Santa Lucia répond à toutes les conditions réclamées par l'hygiène.
- C’est au reste ce que constate le rapport présenté par MMrs. Parodi et Isola, chimistes,chargés par la Commission de Salubrité d’en faire un examen scrupuleux: «Les eaux de Santa Lucia courent, disent-ils, sur uu lit de terrains primitifs composés de granits, de gneiss, de feldespathes etc, ce qui explique les petites quantités de substances minéra-les et organiques qu’elles contiennent.
- «Nous opinons que la ville de Montévidéo possède avec les eaux de Santa Lucia un élément puissant pour le bien-être général, et pour la conservation de la santé publique si l’on sait en profiter.»
- G. Voici le tableau comparatif des Eaux Courantes de diverses villes d'Angleterre comparées avec celles de Mon-tévidéo :
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- Villes IMPURETÉ Densité (Clark) Observations
- Grains par galon (A)
- Solide Organique Total
- Birmingham.. 37’70 1’65 39’35 15’5 \
- New Castle... 22’55 95 23’50 19'5
- Wakefæld ... 22’55 1’34 23’59 16’0
- York 19'08 80 19’88 14’3 (1) Rapport des Deurs.
- Liverpool ... 14'64 55 15’19 9’6 Lesheby etüdling et du professeur Abel, a la
- Edinburgh... 10’30 57 10’87 7'0 CommissionRoyale sur ia provision de l’eau
- Sheffield .... 5’90 50 6’40 2’0 à Londres, 1869.
- London (1).. 19'48 98 20’46 13’3 (11 Glasgow. Provi-sion Gorbais.
- Glasgow 1... 5’94 63 6’57 2’9 (2) idem id. Katrine.
- Id. 2... 1’90 30 2'20 1’0
- Manchester.. 4’17 25 4’42 2’5 /
- Montevideo 1 4’62 7 0 5’32 2’0 Analise Dr. Odling.
- Id. 2 5’53 93 6’46 3’5 1 Eaux basses 2 Lors des crues.
- (A) Le galon contient 70,000 grains.
- L’ingénieur civil qui a tracé les plans et conduit les travaux de cet établissement est Mr. Tomas Newman.
- Le capital employé à ces travaux de construction et d'installation est de 3 millions de piastres, plus de 15 millions de francs.
- Les travaux ont commencé en avril 1870, et le 18 juillet 1871 les Eaux Courantes étaient inaugurées solemnelle-ment à Montévidéo.
- Voici le tarif de l'administration :
- Avec compteur... »............ Par 500 litres
- Consommation de 1 à 1000 litres par jour... $ 0.20 Idem de 1000 à 2000 litres.............. « 0.15
- Idem de 2000 et au dessus................ « 0.10
- Sans compteur : conventionnel.
- Pour irrigation à la campagne, avec un robinet perma-Ment) $ 0.05 pour chaque 100 galons (380 litres).
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- ne
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- En outre, et suivant les termes du contrat de concession, l’eau est distribuée gratuitement aux pauvres au moyen de bornes-fontaines placées sur divers points de la ville.
- MM. Lezica,Lanuz et Fynn ont enfin réalisé avec cette entreprise l’idée manifestée en 1800 au Cabildo (Corps municipal) de Montévidéo par l’un de ses gouverneurs, Mr. Bus-tamante y Guerra, quiavait proposé alors de doter la population d’eaux courantes qui seraient conduites du Buceo par un acqueduc,ayant fait remarquer qu’on dépensait alors plus de $24,000 par an pour la provision d’eau que fournissaient les puits de la Aguada, à raison de 3 canecas pour un demi réal.
- Voilà un grand progrès qui ne s’est réalisé qu’au bout de 70 ans; ce qui prouve combien il faut de temps, même aux meilleures idées, pour arriver à devenir pratiques.
- ENTREPRISE DU GAZ
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- 4 '
- L’éclairage au gaz de la ville de Montévidéo à été inauguré en 1854 et initié par un italien, Mr. Demetrio Isola, qui est allé en Angleterre, et en a apporté le matériel avec le-quel il a établi la première usine sur les terrains de la rue du Cerrito. .
- Après l’épidémie de 1857, l’autorité a ordonné la translation de l’usine dans un parage plus éloigné des centres de la population.
- Après les diverses modifications qu’elle a éprouvées,cette entreprise est passée dans diverses mains;la Compagnie s’est reconstituée sur d’autres bases en augmentant son capital, l’exploitation s’est étendue,et Mr. le Baron Mauâ, banquier brésilien, est devenu le propriétaire de l’usine qui a été construite a nouveau sur les terrains qu’elle occupe aujourd’hui a l’extremité de la rue Florida, sur les bords de la mer.
- L’édifice est construit en pierres; l’usine est considérable et bien distribuée avec des dégagements pour les divers services,et le charbon de terre qu’elle reçoit pour sa consommation, est débarqué dans le dock récemment construit par le Baron Mauâ aux a bords mêmes de l’usine, et transporté dans ses dépôts au moyen d’un chemin de fer aérien.
- Selon les renseignements fournis par le Directeur de l’ad-ministration. Don José Maria Munoz, il y avait en Juillet
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- 1872, 2528 maisons éclairées au gaz dans Montévidéo (sans compter les théâtres) et il y avait 2292 becs pour le service des rues et places publiques. On peut estimer à 20,000 le nombre de becs dans toute la ville et ses environs.
- Les tuyaux placés dans les diverses rues parcourent une ligne de 54 milles de développement, ou 111 kilomètres.
- Le prix de l’éclairage pour le public est de $ 5 les mille pieds cubes anglais.
- LE DOCK GOUNOUILHOU
- En outre des divers chantiers où se construisent et se réparent les goélettes et petites embarcations, un français Mr. D. Gounouilhou, a le premier,créé et construit un dock d’une certaine importance sur des terrains à lui apparte-nant à l'éxtrémité Ouest de la rue du 25 Mai, et situés sur la pointe même où commence 1‘ entrée du port.
- . Ce dock avance jusqu'à une centaine de mètres dans la mer, ce qui est plus que suffisant pour que les navires soient introduits facilement dans les chantiers. Il a été inauguré en 1870, et la plus grande activité y règne constamment.
- LE Dock MAUA
- La première intention de son propriétaire, avait été de creuser en cet endroit un dock particulier pour faciliter le débarquement du charbon nécessaire à la consommation de l’usine à gaz, comme nous l’avons déjà dit; mais le succès de l’entreprise, au prix de grands travaux et de grandes dépenses—car ce dock a été creusé dans la roche vive et sous l’eau—encouragea le Baron Maua, qui conçut alors l’idée d’agrandir son œuvre et de construire en même temps un dock de premier ordre pour y recevoir les navires de fort tonnage qui ont des avaries à réparer dans notre port.
- On fit venir d'Angleterre le matériel nécessaire et 4 grues à vapeur pour hisser les pierres arrachées du fond de l’eau à l’aide de mines pratiquées dans la roche; pour la première fois ou vit à Montévidéo les machines à vapeur appliquées aux grands travaux hydrauliques.
- Ces travaux ont commencé en 1867, employant d’abord 50 ouvriers et plus tard 100 par jour.
- La profondeur à l'entrée du dock est de 17 pieds anglais
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- au moins, et il y est entré des navires de 275 pieds de long, 45 de large et calant 12 pieds d’eau. Ainsi les grands navires sont sûrs désormais de pouvoir réparer leurs avaries dans notre port» •
- LE CHEMIN DE FER CENTRAL DE L'URUGUAY
- Les gouvernements qui se sont succédé au pouvoir depuis une dizaine d’années, ne se sont guère occupés, il faut bien le dire, à procurer au pays les grandes voies de com-munication rapides et sûres dont il a tant besoin. La prolongation de la guerre civile d’abord, et ensuite certaine crainte puérile d’augmenter les charges de l’Etat avec les garanties demandées par les Compagnies, voilà ce qui a retardé la sanction par les Chambres de la concession de 2 ou 3 lignes de plus qui sont réclamées avec urgence par les intérêts bien entendus du pays.
- Le seul chemin de fer en exploitation aujourd’hui, c’est le Chemin de fer Central, de Montévidéo au Durazno, concédé en 1866 avec la garantie d’intérêt de 7 pg sur un capital de : 10.000 par mille anglais.
- Le 5 Avril 1871,la construction de cette ligne à été négociée à Londres à une Compagnie qui a émis 15,940 actions de J. 50 au taux de 70p8.
- Cependant la première compagnie avait commencé les travaux de construction avant la négociation dont nous venons de parler, et la premier Janvier 1869 elle avait livré à la circulation la lre. section entre Montévideo et Las Pie-dras, mais sans avantages,!0, parce que la station de départ était trop éloignée de la ville, à Bella-Vista; 2° parceque le village de Las Pvedras n’est pas un centre de communications et n’offre aucun attrait champêtre.
- Après la négociation faite à Londres, les travaux de construction marchèrent avec rapidité, et quand la station de Canelones, et plus tard celle de Santa Lucia furent ouver-tes au public, alors le trafic augmenta considérablement.
- Voici, en résumé, le mouvement des voyageurs et le produit de la ligne dans les 4 premières années:
- 1869 Voyageurs 40,815. Produit 38,821
- 1870 idem 39,969. id. « 36,282
- 1871 idem 110,090. id. « 60,591
- 1872 idem 184,646. id* 167,826
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- L’augmentation que signale l’année 1871 provient de l'ouverture de la section de Santa-Lucia.
- Voici l'état détaillé du produit de la dernière année, suivant le Mémoire présenté aux actionnaires par le Direc-toire de la Cie :
- Transport des voyageurs ............. $ 139,521 83
- Id. des marchandises................. « 18,226 39
- Bagages.................: ...... « 4,235 51
- Voitures.............................. « 413 30
- Bestiaux.............................. « 1,980 44
- Chiens.............................. « 464 80
- Service télégraphique.................. « 200 10
- Id. spécial....................... « 2,784 01
- Total............ $ 167,826 38
- Les frais généraux'se sont élevés à.... « 127,419 92
- Bénéfice net............. $S 40,406 46
- Ce résultat présente une augmentation de 74,556 voyageurs et de S 107,235.55 sur l’année antérieure, c’est à dire 67 po. de plus sur le mouvement des voyageurs et 177 p". de plus sur le produit total.
- Les frais d'exploitation se partagent comme suit :
- Frais généraux................... $ 23,641 97
- Id. de trafic................. « 30,901 93
- Id. des machines.............. « 38,754 41
- Id. du matériel roulant....... « 5,952 39
- Id. des ateliers.............. « 4,952 78
- Entretien de la voie............ « 23,216 44
- Total....... $ 127,419 92
- Le Directoire attribue l'élévation de ces frais à la position exceptionnelle dans laquelle se trouve cette ligne, au mauvais état de la voie dont la construction a été mal dirigée dans plusieurs sections: et aux frais extraordinaires faits pour augmenter le matériel roulant. Cependant, nous devons dire ici qu'on a trop négligé les moyens propres à augmenterle trafic, quand nous voyons par exemple les
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- stations principales privées d’entrepôts pour y recevoir la marchandise, et que faute du matériel nécessaire, la Cie. n’a pu transporter la moitié du blé expédié de Canelones à Montévidéo.
- Le trajet parcouru par les locomotives durant l’année 1872 est de 193,969 kilomètres.
- Le matériel roulant en exploitation a consommé ce qui suit:
- Charbon................................ 1,817 Tonnes
- Huile .......................... .. 11,255 Livres
- Suif...... ................. 10,198 «
- Etoupe................................. 5,836 «
- Cordes goudronnées.........................150 «
- Tarif des places 1re. classe 2e. classe
- Jusqu’à las Piedras, 4 lieues S 0.80 — 0.60
- Id. Canelones, 9 « « 1.50 — 1.10
- Id. Santa Lucia, 12 « « 2.00 — 1.50
- Il est fait une remise de 25 p.% sur les billets d’aller et retour.
- Enfin le capital de la Cie. monte à la somme de $ 1 mil-lion 513,683.73.
- La section de La Florida, à 24 lieues de distance de Montévidéo, sera livrée au public le 1er novembre de cette année—et celle du Durazno, distance 44 lieues, en janvier ou février de l’année prochaine.
- CHEMINS DE FER EN CONSTRUCTION
- 1 .° Celui du Haut Uruguay, partant du Falto jusqu’à San-ta-Rosa, frontière du Brésil, concédé à Mr. Arthur Marcoar-tû en décembre 1868, avec la garantie de 7 p.8 sur un capital de £ 10,000 par mille anglais.
- La construction de cette ligne a été négociée aussi à Londres; les travaux marchent avec activité, et la première section sera inaugurée cette année.
- 2 .° Un chemin de fer qui part de la plage de La Aguada et va jusqu’à Marogna, petit village situé près de celui de
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- La Union, à 6 kilomètres de Montévidéo, concédé à don Bernardo Dupuy fils, sans garantie d’intérets ni aucun privilège, avec la condition d’être exproprié quand l’Etat le jugera convenable et sans indemnité.
- CHEMINS DE FER CONCÉDÉS
- 1 .° Le chemin de fer de l’Est, de Montévidéo à Pando, Minas, Solis Grande, San Carlos, Maldonado et Rocha, concédé à Mr. Adolphe Vaillant par le Gouvernement et le Corps Législatif en juillet 1870.
- Postérieurement à cette date, le concessionnaire a sollicité la garantie d’intérets de 7 p. g dans les termes de celle accordée au Chemin de fer Central et à celui du Haut-Uruguay, et s’il n’a pas été statué encore sur cette demande par les Chambres qui en sont saisies, et qui l’ont prise en considération à la date du 5 mai dernier, c’est parce que la session ordinaire a clos ses travaux au moment même où les antécédents réclamés par les chambres venaient de leur être envoyés par le Gouvernement.
- A l'ouverture de la session prochaine, au mois de mars, cette affaire sera résolue définitivement;
- 2 .° Un chemin de fer qui partira du port de Santa Teresa (Département de Maldonado) sur la côte de l’Océan qu’il reliera avec le lac Mèrin, vers le point le plus rapproché des frontières du Brésil, concédé à Mr. Albert Donzel, sans garantie d’intérets, mais avec certains avantages spéciaux qui conviennent à F entreprise d'un chemin de fer d’intéret local.
- 3 .° Une ligue de Montévidéo à la Colonia, concédée par les Chambres en 1868 a Ollave Wells et Cie;
- 4 .° Une ligne de Maldonado au Cebollati, concédée par les chambres en 1868 à Olave Wells et Cie;
- LIGNES A CONCÉDÉR
- La concession de diverses autres lignes a été demandée au Gouvernement, et les Chambres auront à statuer l’année prochaine sur ces demandes, entre autres sur celle du Chemin de fer du Nord se dirigeant jusqu’à la frontière du Brésil par le Cerro-Largo et Artigas, concession demandée par Mr. Leon Domecq, et que le Gouvernement a prise
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- en considération,en vertu du rapport favorable du Procu-reur fiscal et de la Direction des Travaux Publics, et qui à été remise aux Chambres par le Pouvoir Exécutif avec recommandation spéciale, vu l’importance de la ligne.
- L’auteur d’une brochure publiée au commencement de l'année sous ce titre: Les chemins de fer de la République de V Uruguay au point de vue stratégique et économique, en examinant les lignes qu’il est de l’intérêt de l'Etat de concéder au plus tôt, fait remarquer avec raison qu’il importe beaucoup au pays que le réseau suivant soit adopté, avec les quatre grandes lignes principales qui lui correspondent, partant chacune séparément de Montévidéo:
- 1 .° La ligne du chemin de fer Central en exploitation, partant de Montévidéo et se dirigeant par Las Piedras, Ca-nelones, Santa Lucia et LaFlorida jusqu’au Durazno; cette ligne poura se prolonger jusqu’à Tacuarembô et à Rivera, frontière du Brésil, avec un embranchement dans la direc-cion du Salto, s’ily a lieu.
- 2 0 La ligne de l’Ouest, partant de Montévidéo et qui se dirigerait par la barre de Santa Lucia et la ville de San José jusqu’à la Colonia et Hïgueritas (Nueva Palmira) avec un embranchement de San José à Mercedes.
- 3 .° La ligne du Nord, qui est en instance devant les Chambres, devra partir de Montévidéo se dirigeant par le bourg de San Ramon (eutre Las Piedras et Pando) jusqu’au Cerro-Largo et Artigas, avec un embranchement au bourg de Trente Trois, un autre du Cerro-Largo à la frontière du Brésil en face de Bagé, et qui devra se mettre en communication avec la Cie du chemin de fer des mines de charbon de terre de Candiota, au Brésil, pour faciliter le trafic avec Yaguarao, Pelotas et Rio-Grande.
- 4 .° La ligne de l’Est, concédée à Mr. A. Vaillant,laquelle partira de Montévidéo en se dirigeant par Pando, avec un embranchement sur Minas, à Solis-Grande et Chico, San Carlos, Maldonado et Rocha, et devra se prolonger jusqu’à Santa Teresa et Santa Victoria, sur la frontière du Brésil, en combinaison avec la ligne brésilienne du Cebo-llati.
- 5 .° Enfin, la ligne du Haut-Uruguay en construction, qui part du Salto et se dirige à Santa-Rosa, frontière du Brésil.
- Tel est le réseau dont le tracé embrasse les centres prin-
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- cipaux de production et d’activité de la République et qui, en répondant à tous les besoins, répandra partout l’abondance, les capitaux et la richesse, peuplera la campagne et contribuera plus efficacement que les brigades de police à assurer la tranquillité dans l'intérieur et à rendre la sécurité aux habitants.
- Depuis la publication de notre première édition en espagnol, nous avons appris que la Direction des travauxpu-blics a présenté au Gouvernement son rapport sur l’étude de la question, et qu’elle conclut à l’adoption du réseau des 4 grandes lignes que nous venons d’indiquer, partant séparément de Montévidéo, et auxquelles l'Etal devra accorder la garantie d’intérêt de 7 p.8, en faisant observer que cette garantie est indispensable pour en assurer la prompte éxé-cution.
- Ce rapport officiel, émanant d’un corps compétent dans la matière, vient d’être envoyé aux Chambres par le Gouvernement. C’est donc une question résolue, et dans leur prochaine session les Chambres statueront définitivement sur les concessions de l’Est et du Nord, auxquelles il ne manque plus que la sanction de la garantie d’intérets pour les rendre effectives, et sur celle de l’Ouest, qui est réclamée par divers concessionaires
- Alors les travaux de construction de ces lignes commenceront immédiatement.
- LES TRAMWAYS
- Nous avons en ce moment à Montévidéo trois lignes de Trenways ou voies ferrées à traction de chevaux qui parcourent les rues principales et les chemins vécinaux des alentours et qui ont chacune une éxtension de3à 6 kilomètres; ce sont les lignes de La Union, du Paso del Molino et de l'Est; en outre, nous avons encore trois nouvelles lignes en construction, dont l’une, celle du Reducto et du Paso de las Duranas fonctionne également depuis le 1er. novembre.
- Ces" entreprises qui sont très lucratives, fonctionnent avec la plus grande régularité, et sur deux de ces lignes les départs se succèdent de dix en dix minutes.
- Dans le chapitre VIII, nous avons présenté le mouvement annuel des voyageurs par les voies ferrées; ici nous nous
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- occuperons spécialement du produit et du trafic des tram-ways depuis leur établissement.
- La ligne de La Union aété inaugurée le 1er. juin 1868. Elle a donné un produit net, dans les deux premières années, de $ 87,447 02 et payé $ 72,500 de dividendes aux actionnaires, ce qui représente un intéret de 14 % p.8 par an sur le capital versé.
- Le produit de la 3e. année est monté à $ 35,012 32 et les dividendes payés aux actionnaires à $ 32,500 ce qui repré-sente un intérêt de 15 p.% l’an.
- La ligne du Paso del Molino a été inaugurée le 1er. janvier 1870.
- Le compte rendu de l'administrati on qui correspond à l’année 1872 nous permet de présenter un état complet de la situation de cette Cie.
- Le capital souscrit et versé se divise en 480 actions de $ 500 chacune. Total$ 240,000. — ou Fr. 1.300,000.
- Produit du trafic en 1872............. — $ 117,018 57
- Frais...»............« 76,475 03
- Bénéfice net (16.90 p.8)............... « 40,543 54
- Lenombre des voyages ou départs s’est élevé à 49,264; les wagons ont parcouru un trajet de 73,850 lieues, ils ont employé 240 chevaux et transporté 1.098,136 voyageurs. Terme-moyen par jour, l’un dans l’autre: 134 wagons qui ont parcouru ensemble un trajet de 202 lieues et transporté 3009 voyageurs, c’est à dire plus de 22 voyageurs par wagon et par jour.
- Chaque wagon a produit par jour et par voyage $ 2.37 (fr. 12.80), et les 134 vagons ensemble la somme de $ 320.60, ou fr, 17 31.25*
- Voici le détail du compte de frais de l’année:
- Employés............................• $ 18,988 75
- Ecuries, matériel roulant, harnais etc.. « 14,244 98
- Blé, orge etfoin...................... « 27,957 06
- Exploitation........................... « 5,065 68
- Entretien de la voie................... « 3,320 32
- Frais généraux......................... « 5,857 12
- Gratifications......................... « 1,041 12
- Total....... g , 76,475 03
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- Nous n’avons pu obtenir des renseignements détaillés sur le tramway de l’Est inauguré en 1872, dont le mouvement de voyageurs a été plus considérable que celui de la ligne du Paso del Molino, mais les notes qui précèdent suffisent pour en donner une idée.
- TÉLÉGRAPHES ÉLECTRIQU S
- En 1867, on a inauguré le premier câble et télégraphe électrique établi entre Buénos Ayres et Montévidéo.
- L’entreprise, initiée par un commerçant anglais, Mr. F. Proodfout, est administrée par une compagnie par actions formée à Londres.
- Le bureau télégraphique, établi à Montévidéo, communique avec les départements de Canelones, de San José et de la Colonia, et de là, par un câble sous-marin de dix lieues de parcours, avec Buénos-Ayres, d’où il s’étend, dans la République Argentine, jusq’au Rosario et à Cordova.
- Le tarif des dépêches jusqu’à Buénos Ayres et vice- versa est de une piastre (fr. 5,40) ponr les dix premiers mots (non compris la direction) et de $ 0.50 ou fr. 2.70 pour chaque dix mots en plus.
- Suivant les journaux de Buénos Ayres, le dernier semestre de l’année dernière a produit aux actionnaires undivi-dende de 14 p,g.
- Voilà une entreprise dont les actions doivent avoir une grande valeur à Londres.
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- * *
- Un autre grand réseau est en construction et fonctionne même déjà jusqu’au Durazno. Il a été concédé à MMrs. Lamas.
- Cette ligne a pour objet d’établir les communications télégraphiques 1.° entre Montévidéo et toutes les villes et bourgades de la République et vice-versa,2.° entre Montévidéo, les frontières du Brésil et la république argentine et vice-versa, 3 ° entre toutes les villes et villages de la république orientale de l’Uruguay et tous ceux de la république argentine et vice-versa, 4.° enfin, entre les républiques Orientale et Argentine avec le Chili en combinaison avec 12
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- ie télégraphe qui traverse la cordillère des Andes et vice-ver sa.
- C’est, comme on le voit, un des plus grands réseaux télégraphiques connus.
- LE PORT DE MONTÉVIDÉO
- I/entreprise du nettoyage du port a été concédée par le gouvernement en 1871 à Mr. Xavier Alvarez, et elle a été négociée à Londres à une Compagnie qui s’est formée, au capital de £ stgs. 100,000 (2 millions et demi de francs) divisé en 5000 actions de =€ 20 chacune.
- Une grande partie du matériel est déjà arrivée,et bientôt les dragues fonctionneront.
- A cette occasion, divers projets d’agrandissement du port out été présentés au gouvernement — l’un par l’ingénieur anglais, Mr. J. F. Bateman, l'autre par Mr. Tuson, mais aucune résolution ne sera prise avant d’avoir étudié la question avec soin.
- Enfin, trois projets de lazarets ont été également présentés, dans le but de régulariser le service des quarantaines imposées aux navires provenant des ports où règne quelque épidémie, vu que l’on a reconnu que le lazaret établi à l'ile de Flores ne répond pas à toutes les conditions de garantie exigées en pareil cas ,et qu’il ne présente pas non plus les commodités désirables pour les voyageurs.
- L’un de ces projets place le lazaret à l’ile de Gorriti, près de Maldonado, c’est celui que la Junte d’hygiène a recommandé le plus, l’autre à la pointe Yegua, située près du Cerro de Montévidéo; le 3e. enfin, à l’ile de Martin Garcia, pour les navires qui remontent la Plata jusqu’ à Buénos Ayres sans s’arrêter a Montévidéo.
- ENTREPRISES DE DILIGENCES
- Celle appelée Les Messageries Orientales, la plus ancienne et la plus considérable, présente le mouvement suivant pour l’année 1872:
- Nombre de voyageurs 22,392.
- Produit des places et bagages $67,042.36.
- L’entreprise exploite 10 lignes différentes. La plus Ion-
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- gue est celle de Santa Ana, 125 lieues de distance, dont le voyage se fait en 6 jours et coûte $ 21 (fr. 113.40); vient ensuite celle d’Artigas, trajet de 120 lieues, le voyage est de 4 jours et coûte $ 12 (fr. 64.80). Mais il est à remarquer que, dans ce pays, les diligences ne marchent pas pendant la nuit.
- — Les Messageries Commerciales aussi ont un service régulier dans presque toutes les directions de la République.
- Il y a encore trois autres entreprises qui sont spéciales pour divers points sur lesquels est organisé un service régulier, et toutes ces entreprises réunies ont un mouvement général de voyageurs qui est au moins égal à celui des Messageries Orientales.
- TRAVAUX PUBLICS
- La municipalité a dans son sein une Commission des Travaux Publics qui peut être considérée comme une grande entreprise, à cause des travaux importants qu’elle dirige et fait exécuter chaque année.
- Ainsi, du 15 octobre 1871 jusqu’à la fin de décembre 1872, elle a fait paver 98 cuadras ou une lieue et demie de rues d'une largeur moyenne de 10 mètres, et macadamiser une étendue de 36 cuadras ou 3100 mètres de chemins dans les environs; elle a fait construire 8 ponts sur diverses petites rivières et ruisseaux, élevé des jardins publics sur les places de Cagancha et du Général Flores, et fait planter 1914 arbres dans le nouveau cimetière et diverses places publiques.
- C’est la municipalité qui est chargée également des travaux rendus nécessaires pour la salubrité de la ville et de surveiller ceux des entreprises particulières, comme celle des égouts, de la voierie, des cimetières,de l’hôpital etc, ce qui permet de la comparer, dans ces attributions spéciales, à une grande entreprise de travaux publics.
- COMPAGNIES DE BATEAUX A VAPEUR
- Nous avons 18 lignes de paquebots transatlantiques avec leurs agences établies à Montévidéo et qui nous mettent en communication presque quotidienne avec l’Europe et le Brésil.
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- En outre, diverses entreprises nationales ont établi des bateaux à vapeur sur les lignes de l’Uruguay, de Buenos Ayres et du Parana, et ont organisé un service régulier avec les différents ports de la république argentine et du Paraguay.
- Tous les jours nous avons au moins un départ pour Bué-nos Ayres et il y en a 3 ou 4 par semaine pour le littoral de l’Uruguay et du Parana. Le voyage d’ici à Buenos Ayres se l'ait en une nuit Les prix de passage de Ire. classe sont de $ 8 pour Buénos Ayres, $ 14 pour Mercedes, $ 16 pour Paysandu et $ 20 pour le Salto; ceux de 2e. classe ne payent que la moitié des prix ci-dessus, et il s’établit en ce moment une nouvelle ligne sur Buénos Ayres à prix réduits de moitié.
- XI
- Instruction Publique, Tribunaux, Postes,
- Culte, Pouvoirs publics et armée
- INSTRUCTION PUBLIQUE
- La première école gratuite a été fondée à Montévidéo en 1794 par do • Ensebio Vidal et son épouse doua Maria Clara Zabala. En 1826, l’administration de l’hôpital créa deux écoles primaires pour les enfants trouvés des deux sexes. Mais en réalité, ce n’est qu’en 1860 que la Junte Economique Administrative (la Municipalité), chargée par la Constitution de «surveiller l’éducation primaire», fonda diverses écoles gratuites à Montévidéo, exemple que les départements imitèrent plus tard.
- Une année auparavant, la Société Philanthropique, instituée par les Franc-Maçons, avait déjà fondé à Montévidéo une école primaire gratuite dont le nombre d’élèves ma-triculés montait en 1859 à 167.
- Plus tard la Société de St. Vincent de Paul fonda également une école gratuite
- Le nombre des ecoles établies par la Municipalité en 1860 était de 14,qui étaient fréquentées par 1228 élèves,dont 845 garçons 383 filles.
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- Voici le nombre et la distribution des écoles municipales en 1866:
- 20 de garçons.... 1,842 élèves (présents..... 1,453 18 de filles.... o .2,077 inscrits en .... 1,431
- 3 d‘ adultes.... 136 « (classe....... 82
- 41 Ecoles........4,055 « présents 2,966
- Nous avions donc en 1866, 29 écoles et 2827 enfants y assistant de plus qu’en 1860. Augmentation 44 p.% en six ans.
- La propagande en faveur des écoles gratuites gagna du terrain d’année en année,et vers la même époque il se for-ma à Montévidéo, sous le nom des Amis de l'Education Po-pulaire, une société qui fonda deux écoles nouvelles à Montévidéo et plus tard deux autres dans le département de la Colonia. Cet exemple trouva des imitateurs dans les départements; dans celui de Paysandu, un riche fermier anglais, Mr. Richard Hughes, établit à ses frais une école primaire dans son établissement, comme dans le départa-ment de Maldonado il se forma une Société protectrice de l'Education populaire, grâce a l’initiative prise par une dame, la senora Adela M. de Pintos.
- En 1782, le nombre des écoles municipales a atteint le chiffre de 48 et celui des élèves s’est élevé a 2,381 garçons et 3,329 jeunes filles,sans compter une école d’enfants en bas âge ayant 95 enfants des deux sexes.
- Nous avons donc en 12 ans la progression suivante, dans les écoles municipales:
- 1860 — 14 écoles, avec 1228 élèves înscrist.
- 1866 — 41 « « 4055 « «
- 1872 — 49 « 5805 (( «
- Les élèves présents en 1866 montaient à 2966, et en 1872 à 4085. Augmentation 268 p.8 en 12 ans.
- * *
- Les régistres de l’Ecole de la Société Philanthropique qui sont tenus avec la plus grande régularité permet-
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- teut de se rendre compte à la fois du mouvement de l’établissement et des progrès et mutations de chacun des élèves en particulier,et nous fournissent l’occasion de présenter ici quelques renseignements qui ont de l’intérêt.
- Les classes ont été ouvertes en 1872 avec 220 élèves inscrits (dont 86 dans la Ire. section et 134 dans la 2e.) il en est entré 101 de plus dans l’année, et 79 en sont sortis. Le nombre des élèves a la fin de l’année, époque des examens, était donc de 242 .
- Voici la direction qu’ont prise les 79 élèves sortis dans l’année: 16 ont été placés dans le commerce, 14 dans divers métiers et industries, 4 sont entrés à l’Université, 2 dans d’autres collèges, 9 ont été placés pour divers services domestiques, 26 sont partis de Montévidéo avec leurs parents, 6 ont été renvoyés et 2 sont décédés.
- Parmi les 101 entrés dansl’année: 56 ne savaient pour ainsi dire rien, 33 connaissaient l’alphabet ou commençaient à épeler, 12 commençaient à lire, écrire et compter.
- Voici les âges des 242 élèves inscrits à la fin de 1872. Il yen a 47 de 7 ans, 55 de 8, 28 de 9, 29 de 10, 30 de 11, 34 de 12, 17 de 13 et 2 de 14 ans.
- La moyenne des absences à l’école est de 361,27 par mois, ce qui équivaut à 14 % par jour de classe ou à 1 1 par élève; aucun n’a moins de 5 absences dans l’année, quelques-uns en ont jusqu’à 76, mais celles-ci sont été occasionnées par les maladies ou autres motifs excusables,parce-que le s inexactitudes suivies et non justifiées ne sont pas tolérées dans cette école.
- ll est difficile de connaître exactement le nombre des écoles primaires existant dans la République; l'Institut nous a fourni un tableau de toutes celles des départements, en faisant observer que, faute de renseignements reçus de Canelones et de Fray-Bentos, ce vide a été rempli par des chiffres approximatifs, et, quant aux écoles particulières, l’inspecteur même des écoles publiques nous a déclaré n’en connaître pas bien le nombre, et encore moins celui des élèves.
- Voici les tableaux qui résultent des divers états et renseignements obtenus:
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- DÉPARTEMENT DE MONTÉVIDÉO
- ECOLES PUBLIQUES PRIVÉES Garçons Filles Total
- Ecole Eleves Ecole Eleves
- Junte E. Administrative.. 48 5,710 — 2,381 3,329 5,710
- Id. d’enfants bas-age. 1 95 — — 95 — 95 242
- Société Philanthropique. 1 212 — — 242 —
- S. Vincent de Paul 1 15% —- — 152 — 152
- Amis de l'Educ. Popul. 2 158 — — 158 — 158
- Idem <1 la Paz 1 55 — — 40 15 55
- Soeurs de Charité 2 146 —- — 70 76 146
- Couvent de las Salesas. — — 1 40 •— 40 40
- Id. de Jackson 1 60 — — — 60 60
- Annexe de l’Institut. .•. 1 70 — — 70 "- 70
- Ecoles de Garcons...... — — 29 2,000 2,000 — 2,000
- id. de filles. — — 24 1,320 — 1,320 1,320
- — — — — — —
- 58 6,688 54 3,360 5,204 _ 4,840 10,048
- LES 12 DÉPARTEMENTS
- ECOLES PUBLIQUES PRIVEES Garçons Filles Total
- Ecole Eleves Ecole Eleves
- Depart. de Maldonado... 9 509 8 179 3418 340 688
- Id. la Colonia 7 476 7 234 441 269 710
- Id. Salto 11 545 10 464 501 508 1,009
- Id. Soriano 5 349 8 304 294 359 653
- Id. Paysandu (1) 7 517 7 307 459 365 824 483
- Id. San José 5 317 4 166 274 209
- Id. Durazno. 3 234 7 129 136 227 363
- Id. Canelones 9 600 0 200 460 340 800
- Id. Tacuarembô 7 303 — —. 157 146 303
- Id. Cerro-Largo 6 452 .— — 231 221 452
- Id. Minas 3 134 2 110 144 100 244
- Id. Florida 2 168 1 41 122 87 09
- Total dans les Départe-ments 74 4,604 59 2,134 3,567 3,171 6,738
- A Montevideo 58 6,688 54 3,360 5,204 4,840 10,048
- Total général 245 éco- 8,771 8,011 16,786
- les 132 11,292 113 5,494
- (1) Un état nouvellement publié dans le journal de l’Association Ru-rale du 30 Octobre donne la note détaillée des écoles existant dans le département de Paysandu au mois de septembre dernier. En voici le résumé:
- 5 Ecoles municipales: 4 à Paysandu, 1 à Fray Bentos; 8 Ecoles populaires: 2à Paysandu, 6 dans les districts de campagne; 8 Ecoles privées à Paysandu. Total 21 écoles avec 1224 élèves, dont 783 garçons et 441 filles.
- Les calculs du tableau que nous avons publié sont bien inférieurs, comme on le voit, à ces chiffres.
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- En résumé, nous avons 246 écoles avec 16,786 élèves y inscrits dans toute la République, c’est à dire 1 école pour 1837 habitants et 1 élève inscrit par chaque groupe de 26 habitants. En d’autres termes, nous n’avons que 37 écoliers par 1000 âmes; c’est peu.
- Mais cette proportion se partage de la manière suivante:
- 1 .° Dans le Département de Montévidéo:—1 école pour 1,140 habitants et 1 élève pour 12.71 ou 78 écoliers par 1.000 âmes.
- 2 .° Dans les départements: — 1 école pour 2.423 habitants et 1 élève pour 47, ou 21 écoliers par 1.000 âmes.
- La cause de cet abandon dans les départements se trouve dans les distances considérables qui séparent souvent les habitations des gens de la campagne des localités oùsont établies les écoles, distances qui sont souvent de plusieurs lieues, aussi voit-on les écoliers arriver des environs, presque tous à cheval. Mais dans l’hiver et même dans le printemps avec la crue des rivières, ce moyen de locomotion ne peut guère être employé sans danger pour les enfants.
- Pour apprécier mieux ces chiffres il faut les comparer d’abord avec ceux des pays limitrophes.
- Nous lisons dans le Premier Recensement de la République Argentine, année 1869, «que sur une masse de 1.800,000 habitants, 360.683 ont déclaré savoir lire et 312.011 savoir écrire. Il est probable, ajoute le rédacteur de ce travail, que la vérité est encore plus désolante, et que ceux qui ne savent ni lire ni écrire sont encore plus nombreux que ces chiffres ne l’annoncent.. .Nous avons donc un million d’habitants environ qui se trouvent privés de toute espèce d’instruction.»
- Cette proportion est de 54 pg.
- Nous n’avons aucune donnée qui nous permette de faire un calcul semblable pour la République de l’Uruguay, mais nous sommes convaincu que si nous pouvions le faire nous n’arriverions pas à établir une proportion meilleure.
- Quant à Buénos-Ayres, il résulte du Rapport fait par le département des Ecoles (1) au gouvernement, qu’il y a dans la province de Buénos-Ayres 440 écoles primaires publiques et privées auxquelles assistent 22,395 élèves, ce qui fait 1
- (1) Buenos-Ayres, 187%,
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- école pour 1125 habitants et un élève pour 193, ou 51 écoliers par 1,000 âmes.
- Cette proportion est plus satisfaisante que celle qui résulte de nos tableaux pour la République Orientale en masse, mais elle est moins flatteuse que celle du Département de Montévidéo.
- Au Chili, le chiffre des enfants inscrits dans les écoles monte à 75,131 sur une population de plus de 2 millions, ce qui donne la proportion de 1 élève pour 26 habitants, et le nombre des écoles dans les villes se trouve être dans la proportion de 1 pour 1840 habitants.
- La République Argentine et le Chili se trouvent donc,sous le rapport de l’éducation, à peu près dans la même situation que la république orientale de l’Uruguay.
- Au Brésil, l'enseignement est encore moins satisfaisant, car nous lisons dans un travail qui a été publié dans les journaux de Rio Janeiro, que le rapport entre le nombre d’enfants assistant à l’école et la population, est, dans les deux provinces les plus favorisées (Alagoas et Ceara,) de 1 à 47 et 49, dans la province de Rio Janeiro de 1 à 86, et dans les provinces les moins bien pourvues (Piahuy et Go-yaz) de 1 à 191 et 208.
- Il y a beaucoup à faire, dans l’Amérique du Sud, comme on le voit, pour arriver sous ce rapport à la hauteur des Etats-Unis où l’on compte plus de 200,000 écoles publiques ce qui fait une école pour 180 habitants, et où l’on peut évaluer à plus de 7 millions le nombre des élèves auxquels elles sont gratuitement ouvertes (1) ce qui fait 1 élève pour 5 % habitants; mais de nouveaux progrès ne tarderont pas à se réaliser aussi dans la Plata, comme l'annoncent déjà les dispositions prises par le gouvernement argentin, et le projet de loi sur l’instruction publique présenté à la dernière session législative de la république de l’Uruguay par le député, don Agustin de Vedia.
- Le programme des examens pour les instituteurs primaires sanctionné le 18 avril 1873 par l’Institut d’instruction publique est le suivant:—Catéchisme de la doctrine chrétienne—Eléments d’histoire sainte—Lecture—Calligraphie —Grammaire espagnole et exercices de composition—
- (1) L'instruction publique aux Etats-Unis^ par C. Hippeau. Paris 1872
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- Arithmétique—Système métrique décimal—Notions de géométrie—Dessin linéaire et arpentage—Eléments de géographie générale et géographie de la République—Notions d’agriculture—Principes d’éducation et méthodes d’enseignement—Enseignement pratique - Notions sur les leçons de choses, méthode Calkins.)
- Les institutrices sont examinées surles mêmes matières, moins celles de dessin, d’arpentage et d’agriculture, mais elles doivent donner des preuves de leur habileté en cou-ture, broderie et tous les travaux d’aiguille.
- L’enseignement supérieur se compose des matières suivantes qui sont enseignées gratuitement à l’Université par des professeurs spéciaux, ainsi qu’il résulte de la matricule de l’année dernière dont voici l’état avec le nombre d’élèves inscrits dans chaque classe:
- Ecole de procédure.... 1e. et 2e.
- Id. de droit civil et commercial................ 1e. 2e. et 3e.
- Id. de droit des gens.. 1e. et 2e.
- Id. de droit cannonique «
- Id. d’économie politique......................... «
- Id. de droit constitutionnel..................... « Id. id. « pénal..........................« Id. de philosophie...........« Id. de chimie..................................« Id. de physique et de mathématiques..................................« Id. de latin................ « Id. de géographie générale..... ................ «
- Id. de français........ «
- Id. d’anglais......... «
- Id. de dessin.............. « Id. d’histoire Univer-
- selle... .......... 1°. 2e. et 3°.
- année 14 Elèves
- « 22 «
- « 14 «
- « 15 «
- « 13 «
- « 9 «
- « 7 «
- « 20 «
- « 57 «
- « 142 «
- « 101 «
- « 63 «
- « 85 «
- « 52 «
- « 50 «
- « 96 «
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- Les frais des écoles primaires de Montévidéo qui sont à la charge de la municipalité montent à $ 103,848 60 par an, y compris les loyers des maisons louées pour les écoles, ce qui fait S 8654 par mois pour chaque école. L’éducation des élèves revient donc à S 18.20 par an ou $ 1.50 (fr. 8.10) par mois.
- Les frais d'instruction publique inscrits au budget sont les suivants:
- Ecoles publiques, à Montévidéo............... $ 108,820
- Idem dans les départements................,.. « 140,753
- L’Université................................. « 40,776
- L’institut d’instruction publique ........ « 6,280
- Ecole normale (non encore installée)......... « 5,200
- Pensionnaires en Europe..................... « 10,000
- Bibliothèque et Musée...................... « 9,420
- Total $ 321,249
- C’est une proportion de $0.71 par habitant.
- Aux Etats-Unis, les 37 Etats de l’Union dépensent annuellement pour les écoles publiques, la somme de 90 millions de $. C’est une proportion de $ 2.37 par habitant— Trois fois plus que dans la république orientale de l'Uru-guay.
- BIBLIOTHÈQUES ET MUSÉE
- Suivant les notes que nous a fourni le Directeur de la Bibliothèque, don José A. Tavolara—la Bibliothèque Nationale instituée par testament du Deur. J. M. Perez Castella-nos a été fondée par décret du 14 novembre 1833, ajoutant à la donation du sus dit docteur les éxistences de celle qui avait été établie par le gouvernement de la province en 1816.
- La bibliothèque contenait au commencement de cette année: —5639 volumes, 2247 brochures et 365 tomes de journaux reliés.
- Les livres et diverses publications sont classés selon la méthode que Mr. Brunet conseille d'adopter dans son Ma-nuel du libraire.
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- Le nombre des visiteurs à la bibliothèque a été, l’un dans l'autre, de 3 par jour; dans les 6 premiers mois de cette année ce nombre s’est élevé à 10.
- Pour augmenter le nombre de livres existant, le Directeur a adopté le moyen en usage dans beaucoup de pays, en établissant avec tous les états américains l’échange réciproque de toutes les publications officielles et autres ouvra-ges.
- Le Musée, dont l’entretien est confié à un naturaliste italien, Mr. L. Panizzi, n’est pas encore bien pourvu, mais il s’enrichit tous les jours avec de nouveaux objets qui lui sont envoyés des départements et remis par des particuliers amis du progrès et de la science.
- Ses existences actuelles consistent en—1116 monnaies d'or, d’argent et de cuivre—107 médailles d’argent, de composition et de cuivre—81 tableaux à l’huile, tous originaux et au nombre desquels on remarque ceux du peintre Oriental don Juan M. Blanes, qui s’est acquis une grande réputation dans l’Amérique du Sud,3 grands tableaux calligraphiques qui ont mérité une médaille d’or à l'exposition de Paris, et divers autres de fantaisie —21 drapeaux et étendards 84 mammifères préparés—33 phénomènes et fétus -976 oiseaux préparés-. 187 poissons idem et conservés dans l’alcool 159 reptiles idem—Diverses boîtes d'in-sectes—1733 échantillons de minéralogie et 7 de bois du pays—sans compter une infinité d’autres objets dont l'énu-mération serait trop longue.
- Le nombre des visiteurs du Musée les dimanches et jours de fêtes est de 40 environ par jour.
- Nous avons en outre diverses autres bibliothèques—celle des «mis de l'Education Populaire, avec 2400 volumes— celle de l'Université avec 1500 volumes et qui va être augmentée cette année avec de nouvelles acquisitions récemment faites en Europe—celle du Club de l’Université avec 1000 volumes et 800 brochures—celles de l'Association Rurale et des clubs Anglais, Allemand, celui de la Liberté et le Casino du Commerce etc. Enfin il se forme aussi des bibliothèques populaires dans plusieurs chefs-lieux des départements.
- LA PRESSE
- Voici la liste des journaux qui se publient dans la. Ré-publique:
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- A Montévidéo—Le Telegrafo Maritimo, avec presse mécani-que à vapeur, c’est le plus ancien; le Siglo, fondé en 1863 par l’auteur même de cet ouvrage et vendu en 1868 à ses propriétaires actuels, avec presse mécanique à vapeur, une fonte de types et atelier de reliure ajouté récemment à l’établissement; la Tribuna, fondée en 1865 par son propriétaire actuel don José C. Bustamante, avec presse mécanique à vapeur—Les presses et machines à vapeur de ces 3 établissements typographiques ont été importées de France- La Democracia avec presse mécanique, le Ferro-Carril idem, la Revista Mercantile Patria,V Hispano Americano. Tous ces journaux sont quotidiens, mais suivant l’usage adopté dans le pays, ils ne paraissent pas les lundis ni les jours qui suivent ceux fériés.
- Il se publie encore:—Le Mensajero del pueblo, journal religieux, 2 fois par semaine, l'Acacia, journal maçonnique et scientifique, chaque semaine; la Revista espirilista, idem; la Asociacion Rural bi-mensuelle; la Ortiga et la Escoba, journaux hebdomadaires de caricatures.
- Dans les départements, il se publie 6 journaux quotidiens et 7 hebdomadaires.
- Nous calculons à 18,000 le nombre d’exemplaires mis tous les jours en circulation par ces différents journaux dans toute la République,ce qui fait un exemplaire pour 26 habitants, ou 14 exemplaires par an pour chaque habitant.
- Cette proportion peut paraître réduite, quand on sait qu'aux Etats-Unis il s’imprime 1200 millions d’exemplaires de journaux par an, ce qui fait 30 exemplaires par habitant, mais elle s’explique par la grande circulation qu’ont parmi nous divers journaux étrangers, com-me l'Eco hispano-Americano, le Correo de Ultramar, l'Améri-cano et quantité d'autres journaux illustrés, littéraires et financiers de Paris, Londres et Madrid, d’Italie, d’Allemagne, des Etats-Unis et du Brésil, sans compter les journaux de Buénos Ayres qui ont de nombreux souscripteurs dans tout le littoral de l’Uruguay.
- En effet, tous les journaux, ouvrages et publications littéraires, scientifiques, artistiques et classiques nous viennent d’Europe; c’est à cette source que s’abreuve notre jeunesse et les gens studieux, et voilà ce qui explique le succès des journaux et des livres étrangers dans la Plata
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- ainsi que le nombre relativement réduit des journaux qui s’y publient.
- A ce sujet, nous répéterons ce que disait il y a peu un écrivain Nord-Américain, en remarquant que le Vieux Monde remet aux Etats-Unis 60 p. g d’imprimés de plus que ceux-ci ne lui en envoient, et faisant observer que «l’infériorité littéraire des Etats-Unis, comparés à certains pays d'Europe, résulte évidemment de ces chiffres», nous répéterons avec lui: —«L’Europe est plus pauvre, mais elle est plus savante.»
- LA POSTE
- Selon le Mémoire de l’Administration Générale des pos-tes de l’année 1868, il a été expédié 2496 courriers qui ont parcouru 101,280 lieues dans l’année, sans compter les villes du littoral de l’Uruguay qui sont desservies par les lignes de bateaux à vapeur, et non compris les malles remises aux diligences porteurs de la correspondance adressée aux divers points de leur destination.
- Les bateaux à vapeur portent également la correspondance adressée aux districts brésiliens qui bordent le Haut-Uruguay, à la province argentine d'Entre-Rios, à Buénos-Ayres, tout le littoral du Parana, au Paraguay et même au Chili par terre.
- L'échange des correspondances d’outremer a augmenté considérablement avec les nombreuses lignes de paquebots transatlantiques nouvellement établies depuis quelques années, y compris celles de l’Océan Pacifique qui touchent toutes à Montévidéo.
- Le produit de la rente des postes est inscrit au premier budget de la République (1) en 1829 pour la somme de $ 1027, 2 monnaie ancienne-—^ 821,80 de la monnaie actuelle.
- Sans nous arrêter aux années subséquentes sur lesquelles nous n’avons pas de données certaines, ‘ nous nous bornons à l’examen de l’époque qui a suivi la levée du siège de Montévidéo.
- Le produit des postes est inscrit aux budgets de 1854 à
- (1) Estado general comprobado del producto de las renias y su inver-sion en cl ano 1829, Montevideo, imprenta del Universal.
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- 1856, pour la somme annuelle de 16,000 17,486 40
- En 1858, le produit a été de
- En 1859 idem « 22,997
- En 1860 idem « 34,892 30
- En 1861 idem « 39,658 40
- En 1865 idem « 46,467
- En 1866 idem « 61,986
- En 1867 idem « 73,539
- En 1868 idem « 84,676 56
- En 1869 idem « 106,449 26
- En 1870 idem « 82,007 14
- En 1871 idem « 72,273 50
- En 1872 idem « 86,530 90
- L’accroissemeut du produit de cette rente est bien remarquable,car en 1859 il est déja 27 fois plus considérable qu’ en 1829; en 1869 il atteint 130 fois la somme de cette dernière année, quant à la diminution des années 1870 et 1871, elle est occasionnée par la guerre civile qui a interrompu les communications de la campagne et paralisé tous les services publics, mais avec la paix célébrée au commencement de 1872 le mouvement de la correspondance a repris son cours habituel comme le prouve l’état suivant, qui explique aussi que la différence du rendement de l’année 1872, comparée avec celle de 1869, provient plutôt d’une variation dans les prix du tarif que d’une diminution dans la circulation.
- Voici le mouvement des lettreset journaux durant les années 1857 a 1872.
- Années LETTRES reçues et expédiées Dépêches officielles Paquets de journaux; reçus et expédiés
- 1857.... ... 113,304 ? 17,227
- 1858 156,299 2,336 26,206
- 1859 235,509 2,753 39,276
- 1860 281,317 3,828 41,679
- 1861 241,486 12,526 7,254 85,731
- 1865 279,781 390,150
- 1866 440,019 13,009 418,360
- 1867........ 498,510 9,256 497,508
- 1868.... •• 535,579 10,255 762,767
- 1869 709,387 754,864 11,879 713,141 753,497
- 1870........ 10,397
- 1871........ 680,581 7,731 766,437
- 1872. 740,422 13,763 818,081
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- 11 a été reçu et expédié par la poste l’année dernière 740,422 lettres, sans compter les plis officiels, c’est à dire que chaque mille habitants a reçu et éxpédié 1645 lettres pendant toute l’année — six fois plus que 13 ans auparavant, en 1857.
- Quant au mouvement des journaux, dont l’augmentation est certainement beaucoup plus considérable que celui de la correspondance, nous ne pouvons pas l’apprécier aussi mathématiquement, parceque les unités dont il est pris note par la poste. ne sont pas des exemplaires mais des paquets de journaux dont il est impossible de déterminer le nombre. La poste des Etats-Unis a adopté une méthode facile, elle détermine le mouvement des imprimés au poids, ce qui permet d’établir la comparaison.
- À Buénos Ayres le nombre des lettres reçues et expédiées a atteint en 1867 le chiffre de 1.201,605, ce qui fait 2416 lettres par chaque mille habitants de la province. C’est 46p8. de plus que dans la république orientale de 1’ Uruguay;mais il convient d’observer que dans ce nombre entrent nécessairement celles des autres provinces argentines, ce qui détruit tout point de comparaison entre les deux pays.
- Les ports de lettres, pour l’intérieur de la République, le littoral de la Plata, du Parana et du Paraguay, sont de 5 centime de piastre (0.05) par 74 grammes, et pour l’Europe, le Brésil et l’Océan Pacifique, de 10 centimes de piastre. L’affranchissement est obligatoire. Le prix des lettres chargées est de 40 centimes de piastre par 7% grammes.
- CULTE ET ÉGLISES
- L’article 5 de la Constitution dit expressément que «La religion de l‘Etat est la catholique, apostolique et romaine», en même tems que l’article 14! déclare «la communication de la pensée entièrement libre en toute matière. »
- Le fait est qu’en vertu de la libéralité des lois et de l’esprit d’examen qui anime les habitants, l'exercice des différents cultes reconnus est toléré dans la République, ainsi que le prouvent l’existence du Temple Protestant anglais bâti à Montévidéo il y a plus de 30 ans, celle d’une Eglise évangélique à la colonie suisse du Rosario et la
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- construction d’un nouveau Temple protestant qu’on bâtit en ce moment au Salto.
- Voici le tableau de l'état ecclésiastique de la République avec le nombre des églises et chapelles catholiques et de leurs desservants dans tout le territoire:
- Evêque : Monseigneur de Mégara, don Jacinto Vera;
- Vicaire Général, Don Francisco Castello;
- Procureur fiscal ecclésiastique, Don Victoriano Conde;
- Secrétaire du Vicariat, Don Rafael Yeregui.
- VICARIAT APOSTOLIQUE
- Départements
- Montévidéo. Canelones..
- San José...
- Colonia ....
- Soriano .... Paysandû...
- Salto ......
- Tacuarembo
- Cerro-Largo
- Maldonado
- Durazno ...
- Minas......
- Florida ....
- Total..
- i Eglises 1 et chapelles Parroi- sses Curés Pretres dans les parroisses
- 13 7 7 15
- 8 6 6 9
- 2 2 2 2
- 4 3 3 9
- 3 2 2 3
- 2 1 1 3
- 3 2 2 2
- 2 1 1 3
- 3 2 2 2
- 3 3 3 4
- 2 1 1 2
- 1 1 1 1
- 1 1 I 1
- 47 32 32 49
- Il y avait en outre, selon le tableau que nous transcrivons ici,69 prêtres sans destination ou occupation fixe,dont 60 résidant à Montévidéo.
- Il y a donc dans toute la République, 150 prêtres—1 pour 3000 habitants.
- Les cultes ne figurent au budget que pour la somme de $ 8,320.
- Il y a 4 couvents dans toute la République ils sont de création moderne et leur personnel est peu nombreux.
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- TRIBUNAUX
- L’administration de justice est exercée: 1.° par des officiers de paix appelés Tenientes-Alcaldes, des Juges de paix et Juges de lre. instance appelés Alcaldes ordinaires, 2.° par des juges matricules au tableau des avocats, et un Tri-banal Supérieur ou Cour d’appel et de cassation.
- Les délits de presse sont jugés par un Jury composé de citoyens tirés au sort parmi ceux qui sont inscrits sur une liste formée par le Tribunal Supérieur.
- Les causes qui correspondent à la juridiction ‘ecclésiastique sont jugées en 1re. instance par le Proviseur Général, en 2.® par le Curé de la cathédrale de Montévidéo, et en 3.e instance par l’Evêque.
- Celles qui correspondent à la juridiction militaire sont soumises au Conseil de Guerre dont parlent les ordonnances militaires.
- Les questions sur contrats d’immigrants ou de colons sont soumises aux juges de paix.
- En matière civile, toutes les causes qui se produisent sur une valeur de $ 20 et au dessous sont jugées par les Tenientes-Alcaldes, celles qui dépassent cette somme jusqu'à $ 200 sont de la compétence des Juges de paix, celles au dessus de $ 200 jusqu’a $ 3000 sont jugées par les Alcaldes ordinaires, et celles au dessus de cette dernière somme par les Juges matriculés qui forment ce qu’on appelle les Tribunaux civils.
- Toutes les affaires et questions mercantiles entre commerçants, sont de la compétence du Juge spécial de commerce.
- Jusqu’en 1865, les ordonnances de Bilbao régissaient la République en matière commerciale. Dès lors un Code de Commerce fut rédigé d’après celui de France, avec des modifications libérales, et ce code fut promulgué le 30 avril 1857.
- Divers Jurisconsultes' furent chargés ensuite de la confection d’un Code Civil, qui fut [rédigé sur le même modèle de ceux d’Europe, et qui a été sanctionné par les Chambres le 28 Juillet 1868.
- On s'occupe également depuis quelques temps de la rédaction d’un Code de Procédure, dont l’urgence se fait généralement sentir, et d’un Code Rural.
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- Voici le résumé officiel des affaires expédiées dans l’an-née 1872 par le Juge de commerce.
- Causes pendantes qui proviennent des années antérieures 271
- Causes initiées cette année.................... 494 765
- Affaires terminées dans l’année.......... 273
- Causes pendantes.... .................. 421
- Idem abandonnées par les parties........... 71 765
- Nous ne présentons pas les résumés des autres tribunaux, jugeant ce renseignement sans intérêt.
- LES POUVOIRS PUBLICS ET L’ARMÉE
- Les pouvoirs publics constitués sont exercés dans la République, au moment où nous écrivons ce livre, par les cito-yens dont les noms suivent:
- Président de la Bepublique : Mr. le docteur José Ellauri, élu pour 4 ans par l’Assemblée Législative le 1er. Mars 1873.
- Ministres d’état: Le Deur. don Saturnino Alvarez,ministre de l’Intérieur—Le Deur. don Gregorio Perez Gomar, ministre des affaires étrangères—Don Juan Penalba, ministre des finances—Don Eugenio Fonda, ministre de la guerre et de la marine.
- Corps Législatif —• Don Pedro Varela, président du Sé-nat — Don Alejandro Chucarro fils, Président de la chambre des Représentants.
- Tribunal Supérieur et'd'appel : — le Deur don Conrado Rucker, Président.
- Les différents corps qui composent l’armée nationale, y compris les forces de Police, les serenos ou crieurs de nuit et les Gardes et rondes du port, forment un total d'une di-zaine de mille hommes dont voici la composition :
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- Corps actifs Chefs Officiers Troupe Total
- Artillerie ........ 5 34 400 439
- Infanterie........ 34 360 5,100 5,494
- Cavalerie. 50 350 3,670 4,070
- 89 744 9,170 10,003
- Il y a donc dans la République, un militaire par 15 habitants, sans compter l’Etat Major Passif, les pensionnaires et les invalides, et parmi les militaires, 1 chef ou officier pour 11 individus de troupe.
- XII
- Recettes et Dépenses. Budgets. Revenus et Contributions. La dette publique. Les banques. La Bourse. Poids et mesu-res.
- L'augmentation constante et rapide des revenus de la République depuis la proclamation de l’independance en 1829 jusqu’en 1842 a été interrompue par la guerre et le siège de Montévidéo après l'année 1843, pour reprendre son essor une fois la paix faite en 1852; dey uis lors, ni les agitations politiques, ni les révolutions,ni la crise financière de l'année 1868, ni les épidémies de 1857 et 1868, ni les altérations faites à la loi de douane, rien n’a arrêté le cours des progrès du commerce et de l’accroissement de la r chesse, comme nous l’avons démontré déjà, et comme l'examen des budgets comparés le prouve d'une manière non moins évidente.
- BUDGETS DES RECETTES ET DÉPENSES
- Nous avons sous les yeux un exemplaire du premier budget de la Nation se rapportant à l'année 1829, budget bien modeste, dont voici le résumé en piastres anciennes de 8 réaux chacune :
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- 197 ==
- Ministère de l’intérieur.............. Sa. 186,999 54
- id. des finances.................. « 115,775 5
- id. de la guerre.................. « 599,111 18
- id. des affaires Etrangères.... « 10,524 1
- Total des dépenses....................SA. 912,410 58
- Idem en piastres actuelles............ « 729,928
- Produit des recettes.................. « 751,040
- Alors, la République avait a peine 80,000 habitants.
- Pendant les 4 années suivantes, «époque d’essais et d’épreuves pour les administrateurs et les administrés, dans un pays nouvellement initié à la vie politique», ainsi que le fait observer avec raison Mr. A. Lamas dans sa Notice déjà citée, les revenus restèrent presque les mêmes; mais à compter de 1834 et 1835, ils commencèrent a augmenter d’un quart environ, et suivirent ce mouvement ascendant jusqu’en 1840 où ils arrivèrent au double et jusqu'en 1842 où les recettes avaient augmenté de plus de 200 p. 8.
- Cette prospérité disparut avec la guerre qui éclata à la fin de l’année 1842 avec la Confédération Argentine, guerre qui eût pour résultat le siège de Montévîdéo et qui dura 8 ans.
- Depuis lors, l’administration se réorganisa, les finances se rétablirent, la plupart des dettes anciennes se payèrent, et les revenus continuèrent a augmenter d’une manière vraiment extraordinaire, comme le prouve le tableau suivant, extrait des notes que l’administration nous a fournies:
- Années ! Revenus Dépenses
- 1829 751,040 1810 1.502,000 1854 à 1858, terme moyen.. 1.693,071 1862a 1864, idem 3.016,862 1865 à 1868, idem 3.766,049 186°, Budget sanctionné 4.418,228 1870, idem ........... .... 5.105,521 1871 y 1872, idem......... 5.085,800 18 7 3, idem présenté 6,7 96,009 729,928 1.459,000 1.872,807 3.199,949 4.882,295 5.432,587 5.623,486 6.298,989 6.623,758
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- Les droits additionnels perçus par la douane,et qui depuis leur création sont appliqués exclusivement au service de la dette publique, ne sont pas inclus ici dans la colonne des revenus, ni les sommes payées pour les intérêts et l’amortissement de la dette ne figurent dans la colonne des dépenses, parceque ce service a toujours formé l’objet d’une comptabilité à part et indépendante; il en résulte donc que les budgets ci-dessus ne représentent pas exactement la somme totale des recettes et des dépenses.
- Néanmoins, et malgré les désastres de la guerre de 8 ans, les revenus comparés à ceux de 1829, présentent en 1856 une augmentation de 126 p.8; en 1865,ils avaient quintuplé, et en 1869 sextuplé, et si nous ajoutons aux recettes de l’année 1873 le produit des droits de douane additionnels perçus à l’importation et à l’exportation, nous trouverons qne les revenus de la République sont aujourd’hui 14 Fois plus considérables qu’en 1829.
- Voilà donc une augmentation démontrée par des chiffres indiscutables, qui suffit pour expliquer celle de la population et de la richesse du pays.
- Pour faire apprécier mieux la situation financière de l’Etat nous reproduisons ici le projet de budget pour 1874 présenté au Corps Législatif par le ministre des Finances, 1° avec lesressources et dépenses ordinaires et le déficit qui en résulte, 2° avec les additions proposées par le Ministre au moyen d’un nouvel emprunt à contracter en Europe —additions et emprunt qui, depuis la publication de notre édition en espagnol, ont été votés par les Chambres.
- Voici le Budget, qui a été rectifié comme on le verra plus loin:
- DÉPENSES
- Corps Législatif.....................
- Ministère des Affaires Etrangères....
- idem de l’intérieur..................•
- Municipalité de Montévidéo...........
- Budgets des départements.............
- Ministère de la guerre...............
- idem de2 finances....................
- Obligations à payer en 1874..........
- § 272,306.39
- 34,270.00
- « 676,790.32
- « 488,796.00
- « 994,583.20
- « 2.214,078.98
- g 996,138,08
- 255,200. 1.251,338.08 5.932,162.97
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- 6. 63 w=
- RECETTES Rendement de 1872 Calcul pour 1874
- Rentes Générales de la douane...... 3.340,000 3.520,000
- Idem du papier timbré et des patentes, déduction faite du service de la dette Franco-anglaise 193,000 200,000 100,000
- Idem des postes 85,000
- Idem du port Timbre, la partie destinée aux Rentes Generales 4,000 4,000
- 13,500 15,000
- Inpot des crieurs de nuit . 60,000 60,000
- Dcation du Vieux Marché 36,000 36,000
- Inpots et amendes de police Contribution Directe, dans les départements 18,000 18,000
- 300,000 330,000
- Autres impols idem 200,000 200,000
- Idem municipalité de Montévidéo 5'17,800
- Idem idem, non compris la Contribution Directe 488,796
- Contribution Directe dans le Dép. de Montévidéo 450,000
- location du Marché principal 70,060
- Retenues aux employés civils S 36,000.00 dem id. militaires « 26,900.00 62,900 62,900
- Valeur à réaliser de la Junte de Crédit public 150,000
- 4.860.200 5.704,696
- Le budget qui précède contient la note suivante, qui présente le véritable état de situation des finances de l’année :
- Total des recettes..................................... $ 5.704,696
- A déduire pour le service des dettes consolidées à prendre des Rentes Générales de la douane:
- 1°. Emprunt de Pacification de le. et 2e. série (1871) 900,000
- 2 .° Consolidés de 1872.................. 270,000
- 3 .° Dette Fundada 2e. série bis.......... 235,950
- 4 .° Rachat des terres publiques, moins la rente servie................................ 162,600
- 5 .° Dette Brésilienne, 1871.............. 469,886
- 6 .° id. Italienne id ...................... 72,000 « 2.110,43G
- Reste disponible........... ..............$........... 2.594,260
- Déficit sur le Buget de 1874..............• " ........ 2.337,902
- Total égal à celui des dépenses.......... « ..... 5.932,162
- On appelle Rentes Generales celles qui n’ont pas d’application spéciale pour le service de la dette publique et qui sont par conséquent disponibles pour le service du Budget.
- Ce déficit, ainsi que le fait observe le Ministre des finances dans sa note de communication aux Chambres, dépasse
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- No C ©
- encore de $ 1.124, 721. celui du budget de l’année cou-rante.
- «La progression, ajoute-t-il, dans laquelle augmente d’année en année le déficit du budget, en ou re de créer pour le gouvernement une situation difficile et précaire, rend chaque jour plus impossible encore le rétablissement de l’ordre et de l’équilibre dans les finances de l'Etat. La création de nouveaux impôts ou d’emprunts locaux pour solder ce déficit, ainsi qu’on l’a fait jusqu’à présent, ne ferait qu'ajourner les difficultés en les augmentant encore au préjudice des intérets du fisc et du crédit de l'Etat.»
- En conséquence, le ministre des finances a cherché le moyen d’arriver à une solution qui débarrassât complète-ment la situation, et dans ce but,il a proposé aux Chambres 1.° un projet d'emprunt à Londres de £ 5.732,300 ($ 26.941,810.) ou environ 145 millions de francs, à 6 p.8 d’intérets et 1 p. 8 d’amortissement par an, dont le pro-duit sera employé spécialement au rachat de 7 des dettes publiques actuellement en circulation, cinq desquelles jouissent d'un intérêt annuel de 12 pg. et dont le service pèse sur les Rentes Générales disponibles, et deux autres dettes qui jouissent d’un intérêt de 12 et de 9 p.8, dont le service est garanti par les droits additionnels que la douane perçoit à l’importation et à l’exnortatiou, ce qui consti-tuera pour le trésor une économie de un million et demi de piastres par an, ou peut être plus, selon le taux de la négociation à Londres.
- A cette occasion, le ministre fait observer avec raison que «le produit des droits de 6p.8 sur l’importation qui est appliqué à l'Emprunt Extraordinaire, et ‘excédent que laisseront les droits de douane qui garantissent l'Emprunt de V Uruguay qui est reversible sur l'Emprunt Extraordinaire de la 2e série, seront plus que suffisants pour garantir le service du nouvel emprunt, et qu’il restera sur le produit des droits de douane une somme de $ 1.568,550 disponible pour le gouvernement, qui pourra les employer alors pour solder les dépenses du budget.»
- 2 .° Le ministre présente un autre projet de loi appelé de Réforme Militaire, dont la mise à exécution produira une autre économie de $ 200,000 par an.
- 3 .° Un troisième projet qui a pour but la consolidation de toutes les dettes de l'Etat reconnues et liquidées jus-
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- 1. brmè
- qu’au 31 décembre 1873, au moyen d’une émission de titres de Fonds publics de l'Uruguay qui seront donnés en paiement aux intéressés, selon la liste que le Ministre joint à l’appui de son projet. Ces dettes montent à
- $ 5.799,826 61 suivant l'état ci-dessous que nous copions du projet de loi présenté à la Chambre des députés le 19 novembre de cette année par la Commission des Fi-
- Dances :
- Réclamations en règle pour fournitures.. $ 122,881 07
- Reste des titres de la Dette Exigible.... « 22,759 57 Id. des certificats arriérés...... « 107,25 5 63
- Liquidations pour provisions et fournitu-res.......................... ...... . .. « 130,185 G4
- Id. pour soldes de chefs et officiers de la Garde-Nationale de cam-pagne. ........... ........ « 111,080 93
- Id. pour expropriation de'terrains.... « 165,030 30
- Reste des certificats de pacification.... « 26,222 37
- Crédit Lino Herosa pour achat de fusils. « 18,000
- Rachat des Bons créés parla loi du 3 juillet 1854..............'.............. ... « 3.133,006 32
- Dette française (qui date du siège de
- Môntévidéo, en 1845)........................ « 1.963,404 78
- Total...... $ 5.799,826 61
- De cette manière il ne restera plus a régler que quelques réclamations pendantes sur divers objets et qui peuvent s’élever a $ 330,000 environ.
- Depuis la publication de notre 1r°. édition en espagnol, l’emprunt proposé par le ministre a été voté par les Chambres, et des commissaires ont été nommés par le Gouverne » ment pour aller le contracter à Londres; ce sont MMrs. le docteur G. Perez Gomar, ministre des affaires étrangère de la République et publiciste distingué, et le docteur P. Bustamante, ex-professeur d’économie politique à l'Uni-versité. Membre du Tribunal Supérieur de justice et de la Chambre des représentants; ils sont partis pour Londres le 15 novembre à bord du paquebot anglais Douro.
- Maintenant, voici le Budget que présente le Ministre, d’accord avec les projets que nous venons d'énumérer, et
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- que les chambres approuveront sans doute, sauf quelques modifications de peu d’importance, dès le moment que l’emprunt est déjà voté :
- Corps Législatif..................................... $ 272,306 39
- Ministére des Affaires Etrangères........................... 34,270 00
- Idem de l’intérieur..................................... 676,790 32
- La Municipalité de Montévidéo.............................. 488,796 00
- Budgets des départements................................. 994,583 20 Ministère de la guerre et delà marine...g 2.214,078 98 A déduire l’Etat Major P. réformé..........530,388 00 1.683,690 98
- Ministère des finances...................$ 996,138 08
- Obligations à payer, moins la dette française servie par la douane........................ 250,200.00 1.246,338 08 g 5.396,774 97
- Intérêts et amortissement de la Reforme Militaire......
- Idem de la dette Brésilienne...........................
- Idem id. Italienne.....................................
- Idem sur $ 2.996,820 de crédits convertis en Fonds pu-
- blics de l’Uruguay.....................................
- Idem sur S 3.133,006:32 de Bons de 1854 convertis en
- fonds publics......................... ...... .........
- Total des dépenses.....................................
- Reste disponible........................................
- 350,000 00
- 469,886 00
- 72,000 00
- 209,777 40
- 125,320 24 $ 1.226,983 64
- $ 6.623,758,61
- « 172,250 39
- S 6.796,009 00
- RECETTES
- Celles qui résultent du Budget antérieur.,. Excédent que laissera le rachat des dettes remboursées en 1874 correspondant 4 leur amortissement en 1873..........................................
- $ 5.704,696 00
- « 1.091,313 00
- $ 6.796,009 00
- Voilà donc les finances de l’Etat remises en ordre, et l'é-quilibre du budget établi pour la première fois depuis nom-bre d’années, car les intérêts et l’amortissement des dettes publiques qui ne figurent pas ici, comme nous l'ex-pliquerons plus loin, sont servis par la Junte de Crédit Public au moyen des droits de douane additionnels qu’elle encaisse directement, et qui ne sont pas portés non plus dans le budget des recettes.
- Il en résulte que les budgets de la République ne repré-sentent pas, comme nous l’avons fait remarquer déjà, l’état exact des recettes et des dépenses. Pour établir la véritable situation financière du pays et pouvoir la comparer avec celle des autres nations, il convient donc d’ajouter aux recettes et dépenses ci-dessus, celles qui proviennent des droits additionnels perçus à la douane,ainsi que les sommes
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- payées pourle service des dettes publiques. C’est ce que nous allons faire.
- Droits de douane. Le produit total des droits perçus en 1872, selon les états officiels de l’administration, s’élève à............................. ..... $ 7.207,907 56
- Dans le budget des recettes, il ne figure que celles qui sont disponibbles pour le gouvernement sous le titre de Rentes Générales, pour.... « 3.3 40,000 00
- Différence qui représente la somme destinée au service de la dette......... « 3.867,907 56
- Papier timbre et patentes. Le produit de l’année 1872 s’est élevéà.................................. « 441,469 75
- Et'il ne figure au budget (déduction faite du service de la dette franco-anglaise) quepour « 193,000 «
- Différence appliquée au service de la dite dette.................. « 248,469 7 5
- Timbres. Il n’est porté au budget que la partie destinée aux rentes générales, le reste étant appliqué au service de la dette pour rachat des terres publiques et dont nous igno-rons le chiffre.
- Divers autres impôts perçus par le port, la Junte d’hygiène, la municipalité, la police etc. ne figurent pas ici non plus; ils sont de peu d’importance, mais nous pouvons les estimer tous ensemble à................... $ 350,000
- Toutes ces différences réunies forment une somme de............................. .......... « 4.500,000.
- Laquelle, ajoutée au total du budget des recettes qui est de................... « 5.704,696.
- Forme un total de ......................... $ 10.204,696.
- Le budgetdes dépenses, qu’on peut calculer à peu près à la même somme, monte donc dans l’année às 10.200,000 c’est à dire à £ 2.170.000 environ ou plus de 55 millions de francs.
- Nous avons vu au commencement de cc chapitre que ce budget ne s'élevait en 1829 qu'à $ 729,928; l'augmentation
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- est donc bien, comme nous l’avons dit, de 14 fois de plus en 43 ans. En 1862, ce même budget ne représentait que le tiers de la somme de celui de cette année. Voilà qui prouve bien l’augmentation du commerce et de la richesse, en même temps que celle de la population, lors même que nous n’aurions aucune donnée qui le démontrât d’une manière plus évidente.
- * *
- Après avoir établi le montant des revenus de la Répu-blique, nous avons recherché qu'elle est la part contribu-tive qui correspond à chaque habitant, dès le moment que ces revenus proviennent tous d’impôts et contributions perçus sur la propriété, le travail, la production et les mar-chandises importées de l’étranger.
- Voici le résumé récapitulatif que nous avons fait à ce sujet:
- Années Impots et Contributions Population Par habitant
- 1829 751,040 1.693,071 2.823,071 10.204,696 74,000 131,969 221,248 450,000 $ 10.15 « 12.83 « 12.81 « 22.70
- 1854 à 55.. 1862 (1). . 1873
- Chaque habitant paie donc ici $ 22.70 ou fr. 122.58 de contribution par année.
- A Buénos Ayres, la part contributive correspondant à chaque habitant est presque égale. Selon le Mémoire du Ministère des finances présenté au Congres National en 1871, chaque habitant de la République Argentine paie S f. 8. (S 7.68) d’impôts par an à la nation—et selon le Mémoire du Ministère des finances de LA province de Buénos Ayres, les revenus perçus en 1872 montent à la somme de $ f. 7.262,267 70 qui constituent un impôt de $ f 14.66 ou $ 14.07 de notre monnaie pour chaque habitant. Total de la part contributive par tête, dans la province de Buénos-
- (1) Notes stalistiques et mercantiles sur la République Orientale de l'Uruguay, par A. Vaillant. Montévidéo 1863,
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- Ayres, $ 21.75 ou fr. 117,45 par habitant. C’est environ 4 p.8 de moins que dans la République Orientale.
- Au Chili, les recettes ordinaires et extraordinaires de l’année 1870 s’élèvent à la somme de $ 18.376,174. La part contributive est donc de $ 9.63—ou fr. 48 par habitant.
- Aux Etats-Unis, le budget des recettes de l’exercice de 1871-1872 s’élève à $ 359.142,601, dont la part contribu-tive est de $9.50—ou fr. 51.30 par habitant.
- Nous n’avons pas sous les yeux les budgets détaillés de ces deux derniers pays, alors nous ne pouvons pas nous assurer s'ils contiennent le rendement des rentes munici-pales et de police, comme ceux des républiques Argentine et de l'Uruguay — ce qui expliquerait l’écart que nous trouvons ici entre ces divers pays.
- En Angleterre, la part contributive est de $ 12—-fr. 64.80, par habitant; en France, elle est de S 12.60— fr. 68.
- Ainsi que nous le faisions déjà remarquer dans nos Notes statistiques et mercantiles publiées en 1863, si la République Orientale de l'Uruguay occupe un des premiers rangs parmi les nations, comme valeur commerciale et en richesse territoriale, par rapport au nombre de ses habitants, c’est aussi l’un des pays où l'on paie proportionnellement le plus de contributions.
- Mais il ne faut pas oublier, ainsi que le fait observer très judicieusement un économiste distingué, Mr. Horn, que «la facilité avec laquelle on paie les contributions dans chaque pays est toujours en rapportavecle degré de bien-être dont jouissent ses habitants en général et avec le développement économique de la richesse, et qu’il est évident, par exem-ple, que les habitantsde l’Angleterre supportent mieux une contribution annuelle de S 12 que ceux de la Russie une de $44» Voilà précisément ce qui arrive ici, où les contributions ne paraissent pas excessives.
- Ensuite, il faut remarquer que la plus grande partie de ces contributions, plus des deux tiers, proviennent des droits de douane, et que ceux-ci ont été augmentés suc-cessivement depuis l’année 1860 jusqu’en 1871 dans une proportion presque double du montant des droits primitifs; cette augmentation provenant des droits additionnels s'éle-vait l'année dernière à la somme de $ 3.340,000 destinée
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- au service de la dette publique, ce qui fait déjà une part contributive annuelle de $ 7.42—fr* 40 par habitant. La part contributive en droits de douane de toute nature est de $ 15 32—fr. 82,73. Toutes les autres contributions réunies ne s’élèvent donc par tête qu'a $ 7,38 ou fr 39,85.
- RECETTES ET CONTRIBUTIONS
- Droits de douane'. Les revenus de la douane, importation et exportation réunies, ont suivi la progression qui résulte du résumé suivant:
- 1829 Première année de l’Indépendance. Produit de la
- douane................................ $ 582,584
- 1843 à 1851. Siège de Montévidéo..................
- 1854 Calcul du budget................. « 1.380,000 1855...............................idem .................. « 1.544,000 1856...............................idem ................................................. « 1.360,000
- En moyenne........................... $ 1.428,000 Augmentation, comparée avec 1829..... « 145 p.% 1861 Produit de la douane........... « 1.5 7 7,890 08 1862 idem, y compris les droits additionnels........................... « 1.489,300 1863...............................idem.............................id......................................................................... « 1.968,000 1864...............................idem.............................id........................... « 1.608,343 43
- En moyenne.............................. $ 1.660,883 55 Augmentation, comparée avec 1829. 185 p.8 Idem avec 1854 à 1856.................. 16 « 1866 Produit, y compris les droits additionnels.................................................................................................... « 3.59 8,7 7 8 06 1867..................................idem.............................idem ........................................................ « 4.305,17 7 15 1868..................................idem.............................idem .......................... « 4.204,962 44 1869..................................idem.............................idem ........................... « 4.770,693 79
- En moyenne.....................•...... $ 4.219,902 86 Augmentation sur 1829.......... 624 p.%
- Idem sur 1861 à 1864.................... 154 «
- 1870 Produit, avec les droits additionnels « 4.538,353 81
- 1871 idem idem ...................... « 5,312,317 85
- 1872 idem idem ....................... « 7.207,907 56
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- Le produit de l’annéc 1872, comparé avec celui de 1861 a 1864, présente l’augmentation de 333 p.%; comparé avec celui des années 1866 à 1869, l’augmentation est de 70 p.8 et si nous remontons à l'année 1829 nous trouvons une augmentation de 26% p % par an, l'un dans l’autre. Voilà certes une preuve évidente du développement successif des affaires, de la consommation, de la production, et par con-séquent de la population dans la République, ce qui justifierait toutes nos appréciations, lors même qu’elles n'au-raient pas d’autres bases.
- Ces droits de douane sont perçus: 1° par la douane de Montévidéo, 2° par les divers bureaux de douane du littoral de la Plata et de l’Uruguay et des frontières du Brésil, voici dans quelles proportions:
- Années Douane de Montévidéo Bureaux de douane
- 1870 Produit 1871 « ........ 1872 « ......... $ 4.009,190 94 4.797,946 82 6.417,811 80 $ 529,162 87 514,371 03 790,095 76
- Total en 3 ans........ Moyenne Proportion. 15.224,949 56 5,074,983 18 89,25 pg. 1.833,629 66 611,209 88 10.75 pg.
- Enfin, les droits perçus sont de diverses natures et leur produit appliqué à divers services, comme nous le démontrons dans le tableau suivant:
- Drois perçus 1870 1871 1872
- Importation. Rentes générales Idem. Service des dettes publiques Exportation idem Idem terrestre et de bestiaux Tonnage. Port de MontévidéO... Quais. Bureaux de douane : Èlingage, magasinage, réembarquement, certificats (Rentes Générales) Contribution Directe. 4 pour mille sur l'im-portation............................. g 2.479,138 1.092,360 663,746 26,770 50,725 4,827 160,764 60,023 $ 2.432,293 1.882,482 728,638 2,874 39,475 6,663 160,187 59,705 $ 3.005,818 2.804,233 1.100,311 5,998 52,353 2,925 160,388 75,881
- S 4.538,353 $ 5.312,317 $ 7.207,907
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- Le premier article de ce tableau, celui qui est relatif aux droits d’importation qui constituent le revenu disponible pour le service du budget (Rentes générales}, est le seul qui peut servir de point de comparaison pour apprécier la valeur relati ve de ce mouvement, année par année,parce que la base du produit de ces droits proportionnels est fixe et toujours la même; il en est autrement des droits assignés au service des dettes publiques, dans le second article, à cause des variations qu’ils ont éprouvés à diverses époques et dont la différence est due en grande partie à l'augmen-tation des droits de douane, plutôt qu’à celle du mouvement commercial.
- L’examen du premier article de ce tableau prouve que l’importation de l’année 1871 est égale à celle de 1870, et qu’il y a eu en 1872 une augmentation de 23y et de 211 p.8 sur les deux années précédentes.
- Quant aux droits d’exportation, dont le produit est assigné au service de la dette publique,!’augmentation, comme nous l’avons déja dit, ne peut être attribuée uniquement à celle du mouvement commercial, étant produite en grande partie par les nouveaux droits, décrétés à différentes époques sur l’importation et l’exportation.
- La proportion des droits de douane qui sont assignés au service de la dette publique sur le total perçu chaque an-née, est de 38 % p.S en 1870, de 49 p.8 en 1871 et de 54 p.8 en 1872, ce qui provient des nouveaux droits addition-nels décrétés dans les deux premières années, et prouve que l’Etat destine aujourd’hui la moitié du produit des droits de douane au service de la dette.
- La diminution de l'exportation terrestre et de bestiaux, qui résulte de la comparaison de ce produit, n’est qu’apparente et provient de l'état d’agitation où s’est trouve le pays en 1870 et 1871, ce qui n’a pas permis au Gouvernement d’administrer, et encore moins de fiscaliser les bureaux de douane des frontières.
- Les droits de tonnage qui avaient baissé de 22 p.% en 1871 ont regagné en 1872 après la paix le chiffre de 1870 qu'ils ont même dépassé de 3 p.8.
- Enfin, les droitsde douane perçus durant les trois dernières années se partagent en trois catégories principales 1.° ceux d'importation, y compris la cote de la contribution directe de 4 pour mille, 2.° ceux d'exportation maritime,
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- 1 6 I
- terrestre et de bestiaux sur pied par la frontière, 3.° ceux d’élingage, magasinage, de tonnage et autres frais qui sont occasionnés par le transit et le mouvement des colis en douane. En voici la distribution:
- à Droits perçus
- € 7 ® p
- • G0 & •
- • @D % 09
- D’importation D’exportation, Divers........
- 3.631,521
- 690,516
- 216,316
- 4.374,480
- 731,512
- 206,325
- 5.885,932
- 1.106,309
- 215,666
- Avant l’année 1860, l’exportation était libre de droits; on commença à établir un droit de 2 p. 8 dont le produit fut appliqué au service de la dette publique, et plus tard ce droit fut encore augmenté pour le même objet.
- Tous les droits d’exportation et les droits additionnels d’importation ont pour origine les mesures financières pri-ses pour acquitter les dettes de l’état, c’est ce qui les excuse.
- A Buénos Ayres, les droits de douane ont produit en 1870 la somme de $ 11.643,362; c'est 156 p.8 de plus que dans la république orientale de l’Uruguay; en 1871, ce produit n’a été que de $ 8.995,5 78, c’est 69 p.% de plus qu’ici, et en 1872 ce produit s’est élevé à $ 13.578,287, différence 88 p.-o de plus que les droits perçus dans la république orientale.
- Au Chili, les droits de douane ont produit en 1870 la somme de $ 6.180,598, laquelle comparée avec celle perçue dans la république orientale présente une différence de 36 p.8 en plus. Il convient de remarquer ici que le Chili a une population 4 fois plus considérable que celle de la république de l'Uruguay, et un territoire qui a 60 p.8 de superficie de plus que celui-ci.
- Contribution Directe. Primitivement, la contribution directe, qui est perçue sur la propriété et sur le capital, n’était que de 2 pour mille, elle fut portée plus tard à 3, et depuis 1870 elle a été établie sur l’échelle suivante:
- «Les propriétés urbaines, les terrains sans exception et toutes sortes d’édifices et de constructions, les maisons de campagne ou jardins, les terres labourables et les capitaux en mouvement payent 4 pour mille; les articles d'importa-
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- Ci
- tion payent la même taxe en passant en douane; les champs destinés à l’élevage du bétail et toute espèce de bestiaux payent 4 1 pour mille; les céréales en général payent 2 centimes de piastre por fanègue récoltée.
- La loi exempte du paiement de la contribution directe: les propriétés dont la valeur est au dessous de $ 600, à moins que le même propriétaire n’ait d’autres biens qui calculés ensemble arrivent à ce chiffre, ainsi que les jardins potagers dans les fermes destinées a l’élevage du bétail.
- Voici le résumé des états de perception de la Contribu-tion Directe durant les 17 dernières années:
- années A MONTÉVIDÉO DÉPARTEMENTS TOTAUX
- 1856..... 32,023 23 21,112 24 53,135 47
- 1857..... 28,174 92 20,420 09 48,595 01
- 1858..... 28,304 57 28,049 94 56,354 51
- 1859..... 31,340 54 39,920 36 71,260 90
- 1860..... 30,960 10 93,369 12 124,329 22
- 1861..... 5 6,426 5 4 285,988 34 342,414 88
- 1862 51,014 91 273,392 56 324,407 47
- 1863..... 57,565 37 164,645 36 222,210 73
- 1864 66,144 60 64,113 30 130,257 90
- 1865... 70,000 71,152 74 141,152 74
- 1866.... 94,000 278,671 11 372,671 11
- 1867..... 114,000 290,269 32 404,269 32
- 1868..... 130,000 277,277 99 407,277 99
- 1869..... 215,000 191,961 83 406,961 83
- 1870..... 360,023 03 166,634 77 526,657 80
- 1871..... 395,100 62 395,100 62
- 1872. 395,485 74 395,485 74
- L' examen de ce tableau donne lieu aux mêmes observations que nous avons déjà faites relativement à la diminution des revenus a certaines époques; par exemple,la baisse qu’on remarque pour les années 1863 à 1865 a été causée par les troubles qui régnèrent alors, et celle des années 1871 el 1872 a été occasionnée également par les soulèvements des années 1870 el 1872 qui ont fait exempter les départements du paiement de la Contribution Directe-
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- Quanta l’augmentation progressive, elle suit la même progression que nous avons déjà remarquée dans diverses autres branches des revenus publics; le produit total de 1’ année 1870 est dix fois plus considérable que celui de 1’ année 1856: pour les départements, la moyenne des an-nées1866, 1867 et 1868, qui correspond à une époque nor-male,est égale a 14 fois le produit de l’année 1857, et pour Montévidéo, la moyenne du produit des années 1870 à 1872 est égale à 13 fois celle des années 1856 à 1858.
- *
- * *
- PAPIER TIMBRÉ ET PATENTES
- Ces deux classes d'impôts, qu'on ne devrait pas confon-dre l’une avec l'autre, sont réunies depuis bien des années et leur perception confiée à une seule et même administration, qui dans les comptes-rendus qu’elle publie,se borne à donner le produit total, sans indiquer la somme qui provient d’un impôt ni celle qui provient de l’autre.
- Le budget de 1829 avait cependant établi cette différence, car nous y lisons que le papier timbré avait produit $ 9,185, et les patentes $ 17,505.
- Voici quel a été le produit des patentes durant les années 1836 à 1842:
- Année 1836... $ 27,897 Année 1839... $ 40,662
- « 1837..... « 34,022 « 1840....... « 68,836
- « 1838...... « 39,290 « 1842. « 78,766
- Cette dernière année, comparée à celle de 1829, présente une augmentation de 350 p8.
- Dès l’année 1843, époque du siège de Montévidéo, le produit de cet impôt baissa considérablement; en 1843 il ne produisit plus que $ 28,663, et en 1844 $ 14,211—19 p8. de moins qu’en 1829!
- Mais après la paix de 1851,les services se réorganisèrent, et l'impôt des patentes et du papier timbré ne tarda pas à excéder les sommes qu’il avait rapportées en 1841 et 1842.
- Voici quél a été le produit de ces deux impôts réunis en 1859 et 1860 et de 1865 à 1872.
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- Années
- Produit
- 1 to
- Années
- Produit
- 1859........
- 1860........
- 1865........
- 1866........
- 1867........
- $ 213,311
- « 226,185
- « 227,956
- « 321,518
- « 383,894
- 1868.........
- 1869.........
- 1870.........
- 1871.........
- 1872.........
- $ 396,746 « 420,626 « 458,613 « 365,740 « 441,470
- Nous avons donc en .1872 un produit 16 fois plus considérable qu’en 1829, et nous voyons qu’en huit années, de 1865 à 1872, le rendement de cet impôt a doublé.
- Partout, nous retrouvons la même progression, et dans toutes les branches des revenus publics, nous retrouvons aussi des diminutions sensibles aux époques agitées par la guerre civile ou les révolutions, comme ici en 1871, année où l’on ne put pas percevoir l’impôt des patentes dans la plupart des départements, et comme en 1865 dont le produit est presque égal à celui de l’année 1860, à cause de la guerre civile qui agita le pays en 1863 et 1864.
- Le produit de l’impôt des patentes et du papier timbré est spécialement assigné au service de la dette Anglo-française, comme nous l’avons déja vu.
- Abattoirs et marché aux bestiaux. Tous les bestiaux amenés aux abattoirs pour la consommation publique ou vendus sur le marché pour les saladeros, les fabriques de suif et l'ex-portation, sont assujétis à un droit municipal, qui, suivant la loi du 14 mai 1856, est à Montévidéo, pour chaque bête à cornes, de $ 1.20—fr. 6.48, pour chaque bête à laine, de $ 0.20—fr. 1.08, et dans les départements de $ 0.80— fr. 4.32 pour chaque bête à cornes.
- Les bœufs, vaches et chevaux abattus dans les saladeros et les fabriques de suif paient encore $ 0.20 par tête pour droit de marché, les moutons 2 centimes, et les animaux abattus dans les abattoirs un droit de machine qui est de 16 centimes de $ pour les vaches et les bœufs ,et de 8 centimes pour les veaux.
- Les chèvres et les pourceaux amenés sur le marché paient également un droit d’abattoir depuis l’année 1868
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- seulement, mais ce droit ayant été affermé en 1870 par le gouvernement, il en résulte que l’administration n’a pas connaissance du mouvement de ce petit bétail depuis la dite année, parce que l’entreprise à laquelle cette cession a été faite n’en passe aucune note.
- Voici le produit de ces droits, administrés par la municipalité, durant les 8 dernières années :
- 1865 Produit
- 1866 «
- 1867 «
- 1868 «
- $ 86,103 « 125,816 « 151,057 « 157,441
- 1869 Produit
- 1870 «
- 1871 «
- 1872 «
- $ 161,591
- « 151,255 « 150,935 « 154,461
- Malgré l’irrégularité que nous venons de signaler, nous avons encore ici en 1872 un produit presque double de celui de l’année 1865, avec la diminution causée par les années agitées de 1870 et 1871.
- Nous ne nous occuperons pas ici des autres impôts, parce qu’ils sont de bien moindre importance; seulement, nous ferons remarquer qu’ils présentent tous la même progression ascendante, ce qui prouve une fois de plus en faveur de l’exactitude de nos calculs sur la population, la production et la richesse publique, source directe de tous les impôts.
- On pourra reprocher au pays ses budgets officiels qui soldent tous depuis nombre d’années par un déficit; mais ce n’est là qu’une faute d’ordre et de méthode, car ces déficit, ont toujours fini par se solder, en capital et intérets, parce que les revenus de l’Etat ont toujours dépassé toutes les prévisions.
- C’est ce même résultat final qui a inspiré dernièrement au Courrier de la Plata, journal français qui se publie à Bué-nos Ayres, les réflexions suivantes :
- “Notre ministre des finances vient de présenter au Congrès le bud- • get de 1874 soldant en déficit par quatre millonsde piastre fortes, auxquels il faudra ajouter les frais de la guerre d’Entre Rios, soit une di-xaine de millions en tout qu‘ on demandera a Londres.
- “Les économistes d’Europe doivent commencer a s’habituer à voir les républiques de l’Amérique du Sud prospérer avec un déficit annuel.
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- Nous n’insisterons donc pas sur cette singulière situation qui est devenue pour ainsi dire normale. L’an passé, le déficit était de 15 millions sur un chiffre de 27 a 28 millions. Cette année, grâce a la disparition de l’emprunt brésilien qui est soldé, le budget-des dépenses est de 23 millions. Celui des recettes n’atteindra pas 19 millions.
- «Le développement de la richesse publique, l’augmentation rapide de la matière imposable expliquent et excusent cette apparente inconduite financière. Le problème consiste à emprunter chaque année une somme dont l’intérêt soit inférieur à l’augmentation du revenu public. L’intérêt de l’emprunt est payé par cet excédant, et comme il y a toujours un amortissement affectéà ces emprunts, il se trouve que le trésor argentin opère a peu près comme la ville de Paris sous le second empire, amortissant avec le revenu donné par l’oeuvre qui en est sorti.
- “Ce système est plus acceptable ici qu’à Paris, mais il ne faudrait pas comme â Paris le pousser jusqu’à l’exagération.»
- C’est absolument ce qui se passe ici. Mais cette anomalie va disparaitre promptement au moyen du nouvel emprunt de $ 26.941,810 que les Chambres viennent d'auto-riser, et dont le produit rétablira l’équilibre du bud-get.
- LA DETTE PUBLIQUE
- L’organisation de la dette publique a été un travail très laborieux.
- En 1859 seulement, et en vertu d’une convention célébrée à Rio Janeiro, entre l’Envoyé Extraordinaire et Ministre Plénipotentiaire de la République, don Andrés Lamas, et Mr. le Baron de Mauâ, tant en son propre nom que comme représentant de plusieurs possesseurs de titres des dettes appelées Consolidée et Exigible, les Chambres sanctionnèrent une loi qui créa les titres de la dette fundada 1re. Série, ainsi appelée parce qu’elle a été refondue avec les titres des sus dites dettes Consolidée et Exigible qui ne jouissaient d’aucun intéret, et qui n’avaient d'autre valeur que celle que la spéculation et l’agio leur donnaient sur place.
- Cette dette est la première qui ait été établie régulièrement dans la République, avec des revenus spécialement affectés au service des intérêts et de l’amortissement qui ont été payés avec la plus scrupuleuse exactitude.
- Si cette mesure avait été prise plus tôt, l’Etat n’aurait pas eu à payer les sommes considérables qu’il a dû recon-
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- naître plus tard. «Malheureusement, comme l’a dit l’ex-ministre des finances actuellement Contrôleur Général de la comptabilité, Mr. Thomas Villalba (1), cette affaire de la dette a été ajournée par tous les gouvernements qui se sont succédé, à cause sans doute de la disproportion que représentait l’importance de son chiffre avec les ressources naissantes qu’offraient les revenus de l’Etat. Il est certain cependant qu’on a perdu d’excellentes occasions qui auraient permis de la réduire de beaucoup,et que F ajournement indéfini d’un règlement général a été la cause de l’augmentation de la dette par l'accumulation des intérêts échus, par divers incidents désagréables survenus au moment de ce règlement, et enfin par les conventions et arrangements partiels faits avec les plus heureux ou les plus forts, arrangements dans lesquels la justice distributive, l’ordre administratif, et l’état économique du pays ont été sacrifiés.»
- Un autre Ministre des Finances, D. Antonio M. Perez, dit également dans un Mémoire ministériel de l’année 1862: «On peut dire avec toute certitude que le montant de la dette publique est dû à nos égarements passés; espérons qu’ils nous serviront de leçon pour nous engager à déposer à l’avenir toutes nos mauvaises aspirations sur l’autel de la patrie, et travailler tous au maintien de la paix.» Telle est l’origine de la dette publique dans l’Uruguay, et telle est la cause de la somme importante à laquelle elle est arrivée en peu d’années, comme le prouve encore l'emprunt récemment sanctionné par les Chambres, et qui a pour objet de régler des créances qui datent de plus de 25 ans, telles que la dette du gouvernement français, celle du Brésil, les réclamations italiennes et quelques autres encore.
- L’enfantement de cette première opération de crédit a été très difficile à cause du peu de confiance qu’ on avait alors,—nous ignorons pourquoi, •— dans la fidèle exécution des engagements pris par l’Etat; aussi les titres de cette dette rencontrèrent-ils peu d’acheteurs au commencement; mais les opérations de la 2e. année commencèrent sous de meilleurs auspices, ainsi que le fait remarquer Don Thomas Villalba dans le Mémoire ministériel déjà
- (1) Mémoire présenté à l’Assemblée Législative en 1861.
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- cité, «la confiance s’augmente graduellement, dit-il, car les titres (6 p.8) qui ne se cotaient au commencement qu’à 32 % p.g sont demandés aujourd' hui (en 1861) à 40 avec tendance à la hausse.» En effet, ces mêmes titres sont arrivés à valoir plus tard 60, 70, 80p. 8 et ont fini par s’amortir au pair.
- Le règlement des créances de l’Etat n’avait été que partiel, et le bon résultat obtenu, la valeur soutenue des titres de la dette publique, encouragèrent les gouvernements successifs a adopter le même moyen. Il ne s’agissait pour cela que de créer de nouveaux droits additionnels sur l’importation et l’exportation, c’était facile, on en usa et on en abusa. Aussi, le ministre des finances actuel, Don Juan Penalva, s'est-il montré sage et prévoyant, en donnant à son emprunt nouveau une nouvelle base, qui, sans augmenter les droits de douaneni aucun impôt,procure au gouvernement de nouvelles ressources.
- La dette publique ne s’élevait encore en 1861 qu’a $ 3.354,870.80 en capital; au 1er janvier 1867, elle était arrivée â la somme de $ 12 380,873:12 et au 1er. janvier 1868 a $ 19.938,788.90. Au 1er. janvier de l’année suivante la dette n’était plus que de S 18.811,950.69 mais il se créa de nouvelles dettes très importantes,et malgré les amortissements réalisés avec la plus grande ponctualité, la dette publique s’élevait en capital au 1er. janvier de cette année au chiffre de $ 41.481,255.67, tel qu’il ressort de l'é-tat officiel de la Junte de Credit Public dont nous donnons plus loin le résumé.
- L’augmentation de la dette publique, loin d’affecter en quoi que ce soit le crédit de l’Etat, n’a fait que le consolider a l’extérieur, en vue des garanties offertes par lui,chaque fois qu’il s’est agi de créer une nouvelle dette, garanties qui ont eu pour but d’assurer la plus grande régularité dans le service des intérêts et de l’amortissement. On sait que les premiers emprunts d’Etat présentent toujours quelques difficultés, comme cela est arrivé avec l’emprunt Uru-guay négocié à Londres, et dont le produit a servi pour solder la dette anglaise, pour racheter les emprunts Pla-tense et Argentin, et pour la conversion en or des billets de banque garantis par l’Etat; mais ces difficultés n’existent plus,le crédit de la République Orientale de l’Uruguay est trop bien établi aujourd’hui pour n’être pas coté au même
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- taux que celui de la République Argentine et du Chili, et nous comptons que le nouvel emprunt se fera aux conditions les plus favorables du marché de Londres.
- Nous ne ferons pas l’historique des diverses dettes publiques qui forment, dans leur ensemble, le montant du passif de la république, et nous nous limiterons à confectionner ici, sur les états officiels que la Junte de Crédit Public nous a communiqués, un tableau du mouvement de la Dette depuis sa création, comprenant les sommes payées pour intérêts, commission et primes, d’une part, et pour amortissement d’autre part, année par année, avec quelques notes explicatives à la suite, et finalement le tableau synoptique de la dette existant au 1er. janvier 1873.
- SERVICE DE LA DETTE PUBLIQUE DEPUIS SA CRÉATION EN 1859 jusqu’en 1872
- Les lettres alphabétiques correspondent suivent le tableau.
- aux notes explicatives qui
- Années PAYÉ POUR TOTAL Payé Montant des titres amortis.
- Amortissem Intér. et Com.
- 1859 A.... 16,000 96.506 27 112,506 27
- 1860 .... 32,000 202,260 21 234,260 21
- 1861 .... 160,108 20 206,278 25 366,386 45 379,200
- 1862 B.... 1415,555 40 242,263 39 387,818 79 291,360
- 1863 C... 270,395 384,264 82 654,659 82 348,000
- 1864 .... 312,033 705,303 30 1.017,336 30 486,360
- 1865 D. . . . 375,633 40 679,197 80 1.054,831 20 549,640
- 1866 B. . . . 513,638 694,000 66 1.207,638 66 755,160
- 1867 F... 716,117 31 689,468 75 1.405,586 06 802,961
- 1868 G.... 736,506 50 1.052,392 40 1.788.898 90 968,110
- 1869 .... 469,456 61 1.069,491 18 1.538,947 79 712,361
- 1870 .... 473,680 96 833,999 59 1.307,680 55 771,208 31
- 1871 U.... 360,172 25 1.801,266 36 2.161,438 61 593,670 76
- 1872 1. . . . 1.222,109 24 2.541,363 54 3.763,472 78 1.44/1,076 45
- 500,000 70.842 93 570,842 93 500,000
- K. . . . 502,000 104,89 5 66 606.895 66 502.000
- L . . . 2.500,000 428,812 2.928,812 2.500,000
- M. . . . 1.000,000 351,348 1.351,348 1.000,000
- En 14 ans.... 10.305,405 87 12.153,955 11 g 22.459,360 98 S 12,604,107
- N. En outre,les titres de l’emprunt Montévidéen-Eu-ropéen substitués par ceux de l’Uruguay............. 373,650
- Et l’amortissement des titres qui garantissaient l’é-
- mission des billets de banque............6o.... 6.565,167 27
- Valeur nominale des titres amortis .................$ 19.542,924 79
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- A. En 1859, a commencé le service de la dette Fundada (refondue), la seule existant dans les deux années suivantes,et qui est éteinte maintenant, ayant fini par être amortie au pair.
- B. En 1862, a commencé le service de la dette Interne 1e. série, auquel ont été assignés 3 p.% de droits additionnels sur l’importation, 2 p.% sur l’exportation et les droits de tonnage.
- C. En 1863,a commencé le service de la dette Franco-Anglaise auquel est spécialement affecté l’impôt des patentes et du papier timbré.
- D». Le service de l'emprunt Montévidéo-Européen a commencé en 1865.
- E. En 1866, a commencé le service des intérêts de la dette Rachat des terres publiques auquel est affecté le produit du timbre; quant à l'amortissement, il se fait au moyen de la vente de ces mêmes terres.
- F. En 1867, a commencé le service de la dette Interne Re. série, créée au moyen de nouvelles assignations qui n’affectent en rien le service des dettes antérieures.
- G. En 1868, a commencé le service de l’emprunt appelé Commercial qui est éteint maintenant, ainsi que la 2e. série du même emprunt (année 1870), dont le mouvement récapitulatif se trouve inscrit sous les lettres J. et K.
- H. Le service de l'Emprunt Extraordinaire et celui de la dette Fundada 2e. série bis, ont commencé en 1871.
- I. En 1872, a commencé le service de la nouvelle dette Extraordi-naire et des nouveaux emprunts Pacification le. série et de V Uruguay.
- E. Cet article représente le mouvement général de l’emprunt Platon-se qui a commencé en décembre 1870 jusqu’en mai 1872, où il a été remboursé au pair.
- D. C’est le mouvement général de l’emprunt Argentin, qui a été remboursé au pair ainsi que le précédent, avec le produit de l’emprunt de U Uruguay.
- N. Ces deux articles représentent les sommes amorties, non en espèces, mais en titres d’autre nature ou par voie d’extinction.
- On voit maintenant par cette simple relation, comment les dettes publiques se sont agglomérées d'année en année, pour arriver à former la somme à laquelle elles montent aujourd’hui.
- Le tableau qui précède représente à la fois l’augmentation successive de la dette publique et son amortissement ou extinction, ou rachat, ainsi que les intérêts et commissions payées chaque année.
- Le tableau qui suit, présente la situation actuelle de la dette publique, avec le montant primitif de chacune, le montant aux 1er. janvier 1872 et 1873, les nouvelles émissions créées en 1872, et la somme des amortissements et rachats faits en 1872 :
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- N
- TABLEAU SYNOPTIQUE
- «Des dettes publiques servies par la Junte de Crédit Pu-«blic ou par son intervention—au 1er. Janvier 1873.»
- Intérets Montant id. au 1er. émissions Amorti. Montant au
- par an primitif janvier 1872 en 1872 ou rachat en 1872 ter. janvier 1873
- 1.°.. , 6% pay. par ( semestre . 1.675,000 1.032,000 — 151,000 881,000
- 2... } Idem 4.700,000 4.127,540 — 3.753,800 (1) 373,650
- 3.0.. 12% ; trimestre § 1.910,796 22 1.605,871 19 — 870 37 1.605,000 82
- 4... 12% ; semestre j 1.888.791 75 1.754,791 75 — 1.754,791 75 —
- 5.0 6% pay. par j semestre f 6.640,286 95 5.633,796 88 — 1.239,753 84 4.394,043 04
- 6.°.. 5% pay.par 1 semestre 1 3.200,000 2.558,000) — 95,600 2,462,400
- v.. 12% payable / par mois f 4.500,000 4.489,000 — 324,000 4.165,000
- 8.°.. 6% pay. par ; semestre i 3.000,000 3.000,000 - 148,039 44 2.851,960 56
- 9.0.. 12% depuis ) 1873pay.par ( semestre ) 1.573,000 1.514,000 — 60,500 1.453,500
- 10.. 12% pay.par ) mois ) 2.000,000 — 2,000,000 64,250 1.935,750
- 11.. 6% ) 16.450,000 — 16.076,350 417,418 75 15.658,931 25
- 12..4 12% pay.par 1 mois ( 3.000,000 — 3.000,000 — 3.000,000
- 13.. | 9% pay.par ) trimestre ! 2.700,000 — 2.700,000 — 2.700,000
- 53.237,874 92 25,71/4,999 82 23.776,350 8.010,114 15 41.481,235 G
- Du tableau synoptique qui précède, il résulte que le montant primitif des différentes dettes publiques s’élève à la somme de.... ....................... $ 53.237,874 92
- Que celui de la dette existant au 1er.
- janvier 1873 est de.....« 41.481,235 67
- En conséquence, les titres amortis montent à....................... $ 11.756,639 25
- (1) Le montant de l’emprunt Montevideo-Européen est inclus dans les 16.450,000 piastres de l'emprunt de l’Uruguay (n ‘11). La partie émise de ce dernier emprunt réunie à celle du premier circulant à Lon-dres (4 373,640) forme la somme totale.
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- O C CS
- A cette somme, il faut encore ajouter les dettes amorties ou rachetées qui ne figurent pas dans le sus dit tableau, comme étant éteintes; ce sont les suivantes: e. et •. Emprunt Commercial le. et 2e. Série $ 102,000 L. Emprunt Platense... « 2.500,000
- M. Id. Argentin....... « 1.000,000
- A. Solde de la dette Fundada 2e. Série... « 3.490,081 « 8.092,081
- $ 19.848,720 25
- Moins, l’amortissement de la dette Ra-chat des terres publiques qui figure dans ce résumé (lettre E.) mais dont le service n’est pas fait en espèces.............. « 305,795 46
- Valeur amortie, égale au total de l’état du service de la dette... « 19.542,924 79
- Voici la dénomination des dettes qui figurent au tableau synopti-que:
- N.° 1 Dette Interne, Ire. série.
- a 2 Emprunt Montévidéen-Européen.
- U 3 Dette Rachat des terres publiques.
- “ 4 “ Fundada 2e. série.
- “ 5 « Interne, idem.
- “ 6 « Franco-Anglaise.
- 11 7 Emprunt Extraordinaire.
- U 8 Dette idem
- « 9 “ Fundada, 2e. série bis.
- & 10 Emprunt de Pacification.
- “ 11 id de l’Uruguay, négocié à Londres.
- “ 12 « de Pacification, 2e. série.
- “ 13 & Consolidés de 1872.
- Les dettes nums. 1, 2, 3, 5 a 8 et 11, montant au 1er. Janvier 1873 à $ 32.391,985:67 ont des revenus spécialement assignés sur la douane, sur l’impôt des patentes et papier timbré, sur le timbre, etc, pour le service des inté-rets et de l’amortissement.
- Les dettes mums. 9, 10, 12 et 13 montant à la même date à la somme de $ 9,089,250 n’ont pas de revenus spéciaux assignés pour leur service, lequel est fait au moyen des Rentes Générales, avec la même régularité,et par la Junte de
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- 1 N
- Crédit Public qui prélève sur les recettes les sommes nécessaires pour y faire face.
- L’amortissement de toutes ces dettes est de 1 p8 par an accumulatif pour celles désignées par les nums. 1, 2, 5, 8 et 13; pour les dettes nums. 3, 7 et 10, il est limité à l’excédant du revenu assigné pour les intérets; pour la dette num. 6, il est de 2 pg par an pour les 5 premières années, et de 3 p8 pour les suivantes; il est de 3 pg par an pour la dette num. 9, de 2% pg pour celle nums. 11, et de 6 pg accumulatif pour celle num, 12.
- Le service de toutes ces dettes est déterminé par des lois spéciales; l’amortissement est annuel pour les unes, ou se fait chaque semestre ou trimestre pour les autres; le paiement des intérets a lieu aussi par semestre ou par trimestre pour la plupart,et même par mois comme il arrive pour l’emprunt de Pacification 2e. série.
- TAUX DE L'AMORTISSEMENT ET COTE DES DETTES.
- Pour donner une idée du mouvement et de la valeur des titres des diverses dettes sur la place, nous donnons ici deux tableaux relevés des publications officielles et cotes de la Bourse; le premier qui présente le taux d’amortissement de deux des principales dettes depuis leur création jusqu’ à l’année dernière: le second qui donne les prix de ces valeurs suivant les cotes de la Bourse des mois de juillet et d’août de la présente année.
- Voici le premier:
- Taux d'amortissement des dettes Fundada et Franco-An-glaise:
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- ANNEES DETTE FUNDADA l.a SERIE 6 por 100 FRANCO-ANGLAISE 5 ponr 100
- 1859... à 331 p.g » 36; p.0 de 40% à 43 « 441 « 491 « 70 « 80 « 83 « 84 « 73% « 78 « 723 « 74 « 90 « 90,% au pair de 523 a 60 « 50 « 513 « 50.85 51.75 « 52.70 58.40 « 67 « « « 65 a 67 « 67 « 67% « 66 « 67 « 66 « 69
- 1860..
- 1861...
- 1862
- 1863.
- 1864.......
- 1865
- 1866
- 1867
- 1868.......
- 1769.......
- 1870.......
- 1871 .
- 1872.
- ‘ Il est à remarquer que les taux d’amortissement comme les cotes de la Bourse suivent le mouvement économique de l’époque, du jour môme où l’opération se fait, haussant ou baissant selon les circonstances et les conditions du marché, parce que la rareté ou l’abondance du numéraire et le taux de l’intérêt sur place influent nécessairement beaucoup sur les prix de toutes les valeurs, etici plus que partout ailleurs, vu qu’on y est très impressionable.
- Enfin le taux régulier de l’intérêt de l’argent qui est en général de 12 à 15 p.8, et monte jusqu’ à 18 et 24 p.8 l’an justifie pleinement le taux des amortissements qui précèdent et les cotes que présente le tableau qui suit, car il est évident que les prix d'amortissement ou de vente doivent se trouver en rapport avec le taux de l’intérêt sur place; cependant, si l’on compte bien, on verra que la dette publique a atteint parmi nous un prix qui est relativement élévé pour les capitalistes de notre place, qui peuvent placer leur argent au taux que nous avons dit, mais qui serait très avantageux pour des placements de capitaux étrangers.
- Voici les cotes auxquelles nous nous référons:
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- C Cl 01
- Dettes publiques Valeur nominale des titres. Dernier amortissement Dernière cote au comptant
- Dette Interne, 1e. S.—6.p.%... Emprunt Montévidéen-Européen— id. Dette Rachats de Terres 12 D.% Dette Fundada, 2.a série 12p% 500 $ myc. 4708 or (100 liv. stg. 500 S m[C. 500 « or 500 « myc. Série A 1,000 $ « B 500 « « C 200 « « D 100 « 500 g or 500 « or 79% à 88 78 92 91% 60
- Dette Interne, 2.a série, 6 p.% 67 à 69
- Dette Franco-Anglaise 5 p.% 67.87 65
- Emprunt Extraordinaire 12% 95.87 a 97.50
- Dette idem,6p% 65 à 691 99% 99% 947 au sort 95 80 a 81 59
- Dette Fundada, 2.1 série (bis) 12p%. . Emprunt de Pacification,!.1 série 12% Idem de l’Uruguay, 1871 —6°yo.... Idem de Pacification, 2.a S. 12p%. Consolidés de 1872 9p% 500 « or Série A 100 $ or « B 250 « « « C 500 « « 100 livs. stg. Série D 100 $ or « E 250 « « « F 500 « « « A 100 « « 911 94 76% 77% 94% 77
- « B 500 « « « G 1,000 « «
- AMORTISSEMENT DE LA DETTE
- Ainsi que nous l’avons démontré plus haut, la valeur nominale de la dette amortie, rachetée ou éteinte depuis sa création jusqu’au 1er. janvier 1873, monte à la somme
- de................................. ..$ 19,542,924 79
- Qui font ............ X. 4,158,069 ou fr. 105,531,793.
- Un tiers environ de toutes les dettes publiques créées et émises, durant ces 14 années, a donc été amorti ou rem-boursé; mais il faut remarquer aussi que plus des trois quarts de la dette existant aujourd’ hui $ 33.223,000, d'après le tableau ci-dessus ne remontent pas plus loin qu’à l’année 1870; il ne reste donc des dettes antérieures en circulation que S 8.258,235, c’est à dire un 20 p,8 seulement de la somme primitive.
- L’examen de ces tableaux,et le mouvement qu’ils démontrent nous permettent d'appliquer à la République de l’Uruguay les propres paroles qu’à une autre époque adressa sir R. Dudley Raxtex au ministre des États unis, et de dire en imitant son langage: 11 est très remarquable qu‘ une nation aussi jeune ait pu payer, en moins de 14 ans, 19 millions et demi de piastres de sa dette nationale, plus 12 millions d'intérêts.
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- total 31 millions et demi de piastres (ou - 6.700,000 ou 170 millions de francs) ce qui équivaut au double de la valeur de son commerce d’importation et d’exportation de l’année 1862, et à une proportion de $ 77 par habitant
- Ce que la République de l’Uruguay a réalisé au moyen de ses ressources pendant cette courte période de temps, n’est certes pas moins digne de remarque que ce que les Etats-Unis ont fait pour amortir leur dette.
- Tels sont les faits qui suffiront à l’avenir pour établir solidement à l’étranger le crédit de la République Orientale de l’Uruguay.
- DETTES COMPARÉES
- Selon le Mémoire présenté au Congrès National de l’année 1872 par le Ministre des Finances de la République Argentine: «le montant de la dette publique consolidée intérieure et extérieure, était au 31 décembre 1871 de $ fortes 74.164,351 (qui font $71.197,780 de notre monnaie) «près de cinq fois le chiffre du budget des recettes de la même année.»
- Le montant de la dette publique consolidée de la République de l’Uruguay, équivaut à quatre fois seulement le chiffre du budget des recettes de l’année.
- Au Chili, la dette publique (extérieure et intérieure) monte à $ 32.214,420 (en 1870); c’est environ trois fois le chiffre du budget des recettes ordinaires.
- Quant au rapport de la dette publique avec le nombre des habitants, il est évident que la proportion est en faveur des républiques Argentine et du Chili, même en ajoutant a celles-ci les dettes provinciales et départementales dont nous n’avons pas les relevés sous les yeux.
- Voici comment se distribue la dette publiqne, par tête d’habitant, suivant les dernières publications dans les pays désignés ci-aprés:
- Costa-Rica.................. par habitant $ 120.«
- France................ ...... « 116.«
- Angleterre....................• « 113. «
- Hollande............. « 104.« République de l'Uruguay...... « (1) 92.«
- (1) Y comprises les dettes des municipalités et des départements.
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- 16 Cl Ci
- !
- Espagne..........• .. « 85.«
- Portugal................ « 69.«
- Italie ..............................« 68.«
- Pérou........................... « 62.«
- Honduras.......................... « 59.«
- Etats-Unis.......................... « 58.«
- République Argentine............ « (1) 44.«
- La proportion de $ 92 qui correspond à chaque habitant de la République de l’Uruguay, cesse de fixer l’attention quand on voit que cette même population a parfaitement payé sans le moindre effort une cote de $ 77 pendant les 14 dernières années pour le même objet.
- Avec la paix, une bonne administration, et la sanction des réformes financières proposées par le Ministre des finances, cette contribution sera supportée sans embarras, et la dette publique diminuera d'ici à peu d'années.
- En effet, le nouvel emprunt de - 5.060,000 ( piastres 26.320,000) récemment sanctionné par les Chambres, ayant pour objet le rachat des dettes Emprunt de pacification le. et 2e. série, Fundada 2e. série bis, Consolidés de 1872. Em-prunt Extraordinaire le. et 2e. série et Rachat des terres pu-bliques, qui montent ensemble à $ 18.859,250, ainsi que la consolidation de divers autres crédits exijibles, le nouvel emprunt, disons-nous, ne surchargera pas le trésor, puisqu’il procurera au contraire à l’Etat une économie annuelle de un million et demi de piastres, économie qui suffira pour équilibrer le budget. La situation des finances de la République est donc aujourd’hui assez satisfaisante, et l’augmentation de ses revenus lui permettra bientôt de favoriser largement la construction des chemins de fer dans tout son territoire, ce qui contribuera beaucoup à augmenter ses richesses.
- LES BANQUES
- L’établissement des banques d’émission dans la République remonte à peu d’années.
- C'est par un décret du 2 juillet 1857 que la création de
- (1) Non comprises les dettes importantes des municipalités et des provinces.
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- la Banque Maua et Cie. a été autorisée, et celle de la Banque Commerciale par un autre décret du 17 juillet 1858.
- La Banque Maua et Cie. a été créée avec un capital de $ 960,000; la banque Commerciale a commencé à fonctionner avec un capital de $ 480.000
- En février 1865, le capital réalisé de la banque Maua et Compagnie s’élevait à 2 millions de piastres, et son émission en circulation à $ 3,532,000.22; le capital réalisé de la banque Commerciale était de S 942,400 avec une émission en circulation de $ 794,756.70
- En 1865, s’établit une succursale de la banque fonction-nant déjà à Buenos Ayres sous le titre de Banque de Londres Buénos Ayres et Bio de la Plata, avec un capital de $470,000 (- 100,000), et l’année suivante, elle se constitua aussi en banque d’émission, augmentant son capital et agrandissant son cercle d’opérations, d’année en année.
- A la même époque, la banque Navia et Cie. s’est constituée également en banque d’émission.
- Diverses crises ont troublé les affaires et paralysé le crédit en 1866, 1868 et 1873; cependant, la plus forte, celle de l’année 1868, ne fut pas aussi désastreuse qu’on pouvait le craindre après deux cours forcés décrétés imprudemment en faveur des banques particulières (car nous n’avons pas de Banque d'Etat), parce que le Gouvernement, compromis par une semblable mesure, prit la résolution de couvrir le crédit des Banques qui n’avaient pas pu faire face à la conversion décrétée en juin 1868,et il garantitle remboursement de leurs billets en circulation.
- Ce remboursement s’est effectué en effet; d’abord par des amortissements opérés par voie d’extinction périodique déterminés par la loi, et finalement au moyen de l'emprunt négocié à Londres avec la maison Thomson Bonar et Cie.
- L’émission que la Nation avait pris à sa charge s’élevait à la somme de..,.................. $ 7.357,365 23
- On a amorti d’abord en 1871, conformément à la loi du 4 mai 1870 ............ $ 709,118 50
- Depuis le 11 Novembre 1872, jour où la conversion en or s’est ouverte, jusqu’ à la fin de l'année....... « 3.136,123 48
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- Et depuis le 2 jan-
- vier jusqu’au 9 août
- de cette année...... « 2.116.619 85 « 5.961,861 75
- Reste en circulation et à convertir à présentation (1)......................... $ 1.395,503 48
- Le Gouvernement a donné àcette occasion un grand exemple de moralité qui l'honore, puisqu'il a préféré surcharger le trésor d’une nouvelle dette de 7 millions de piastres, plutôt que de sacrifier les intérêts publics, en abandonnant les banques qui avaient été encoura-gées dans la fausse voie où elles étaient entrées par les deux cours forcés décrétés en 1866 et 1867; il est à remarquer que la conversion définitive a été ouverte quand ces billets circulaient dans toute la République presque au pair de l’or.
- A partir de cette époque, les banques d’émission sont entrées dans une nouvelle ère, sans aucune responsabilité de la part de l’Etat, et la conversion en or et à vue de leurs billets est en définitive la loi qui les régit.
- On peut juger de l’importance des banques d'émission par le résumé suivant de leurs balances de fin de mois en juillet 1873; mais nous ferons observer que ces mêmes balances ont présenté dans les années antérieures un mouvement beaucoup plus considérable.
- Etat de situation des banques d’émission :
- BANQUES Caisse Comptes-débiteurs
- Maua et G 0 1.861,743 10.875,559
- Commerciale 1.606,575 4.225,841
- Londres etRio de la Plata 1.280,413 6.996,911
- Navia et G.° 613,963 2.047,405
- Actif... - • 5.362,694 24.145,716
- (1) Depuis cette époque jusqu'au 22 novembre, on a encore amorti la somme de $ 290,119.85 à ajouter à celle ci-dessus.
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- co Cl Gi
- CAPITAL
- EMISSION
- C. créditeurs
- Maua ...........
- Commerciale... ......
- Londreset R. de la Plata
- Navia et C.a........
- 2.500,000 1.542,088 1.396,364 600,000
- 2.150,000 911,270 1.155,000 515,000
- 8.087,302
- 3.379,058
- 5.725,960
- 1.546,368
- Passif.
- 9 S © 9 2 U% N P | 1
- 6 C
- 3
- 00 o 00 CO
- En outre de l’émission des Banques s'élevant à $ 4.731,270, il y a encore en circulation, en billets garantis par l’Etat, la somme de $ 1.395,503; notre circulation fiduciaire s’élève donc en ce moment à la somme de $ 6.126,773, ce qui fait une proportion de $ 13.61 par habitant.
- A Buénos Ayres, selon le Mémoire du ministre des finances de la province, l’émission des billets de la Banque de la Province y compris celle du Bureau de Change, montait au 31 décembre 1871 à $21.828,774. Cette circulation fiduciaire correspond dans la province de Buénos Ayres à une proportion de $ 44 par habitant.
- Mais il faut dire aussi que la monnaie de papier de Buénos Ayres est assez répandue dans quelques unes des autres provinces de la République Argentine.
- En France, la circulation des billets de banque s’élevait au mois de janvier à $ 529,373,939, ce qui fait $ 14.65 par habitant.
- En Autriche, la circulation fiduciaire est de 260 millions de piastres et en Italie de 200 millions, ce qui donne une proportion de S 7.50 par habitant dans le premier pays et de $ 7.25 dans le second.
- L'époque où nous nous trouvons actuellement est celle d’une crise, ici comme à Buénos Ayres; aussi tout s’en ressent, les banques ont restreint le crédit, et la circulation de leurs billets est beaucoup moindre que dans les époques normales. .
- En 1867, l’émission des billets en circulation s’élevait à $ 7.610,374-en novembre 1868 à $ 11,097,017.12-en 1870
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- (y comprise l’émission garantie par l'Etat) à $ 10.709,365 et au commencement de 1873 à $ 10.056,164.
- Aujourd’hui l’émission en circulation n’est que de $ 6.126,773. C’est près de 4 millions de moins en 6 mois.
- Il est vrai que nous avons sur place un stock en métallique plus abondant que jamais, cependant l’or ne remplace pas la monnaie fiduciaire avec la même libéralité dans les transactions de crédit, et la diminution de l’émission des banques prouve évidemment que les effets de la restriction du crédit se sont fait sentir assez généralement Cet état de crise se dissipera certainement avant la fin de l’année, avec les capitaux que la nouvelle production en laine, cuirs, viandes et céréales, remettra en mouvement, et la constitution de nouvelles banques d’émission pourra changer avantageusement la situation, en étendant le ce r-cle des opérations et facilitant les escomptes et le crédit.
- En outre des établissements de crédit sus indiqués, nous avons encore diverses banques et comptoirs d’escompte qui se livrent à des transactions très importantes et qui méritent d’être signalés. Tels sont par exemple:
- La banque Mercantile du Rio de la Plata, Directeur Gérant F. Wanklin, constituée au capital souscrit de$ 4.700,000 (un million de Livres sterlings);
- PLa banque Allemande -Belge du Rio de la Plata, Gérant F. Davison, constituée avec un capital souscrit de 10 millions de thalers (37.500,000 francs.)
- La banque Herrera, Eastmann et Cie.
- Enfin, nous avons aussi les comptoirs de Mr. Eugène Legrand, de don Francisco Esteves,de Mr. Auguste Hoffmann, de Mr. J. Mayan, de don Enrique Platero, &a., qui peuvent être comparés à des maisons de banque, par l’importance des affaires qui s’y traitent.
- La société de Crédit hypothécaire présente à son actif, dans son état de situation du mois de juillet, une somme de $ 610,405 en hypothèques constituées, et à son passif une somme de $ 325,366 en obligations hypothécaires qui sont en circulation.
- LA BOURSE
- L’édifice de la Bourse est vaste et contient dans l’intérieur de nombreux bureaux qui sont loués aux courtiers
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- assermentés; c’est un magnifique monument qui a été bâti sur les plans et sous la direction d’un habile architecte français, Mr. Victor Rabut, et qui est la propriété d'une société anonyme formée par actions.
- La Bourse a son gérant nommé par la société, et elle est régie par une Chambre syndicale élue par les courtiers réunis.
- Le mouvement des valeurs qui s’y négocient est considérable, ainsique le prouvent les cotes officielles publiées tous les jours par la presse. En général les transactions en titres de la dette publique et autres valeurs s'éle-vent à plus de 100 millions de piastres par an.
- Pour compléter la liste des diverses entreprises dont nous nous sommes occupé dans le chapitre X, nous donnons ici celle des actions et obligations qui se négocient à la Bourse, moins les titres de dette publique que nous avons déjà fait connaître, et ceux de quelques établissements et industries qui restent dans les mains de leurs possesseurs.
- Titres et actions.
- Valeur nominale
- Actions de la Bourse de Montévidéo........« $ 300
- « Banque Commerciale.................... « 400
- « Crédit Hypothécaire................... « 500
- « Cie. du Gaz........................... « 200
- « Société de la plage......... « 100
- « Cie, Immobilière.................... « 100
- « Société L'avenir...................... « 100
- « « Progrès Oriental................ « 100
- « « id. Urbain................. « 100
- » « Fomento Montévidéen...... « 100
- « « La Fortune..................... « 100
- Titres Maua et Cie...................... « 100
- Tramway à la Union............... « 100
- Idem au Paso del Molino................. « 500
- Chemin de fer Central del’Uruguay....... « 235
- Moulin Américain......................... « 200
- Cie. Saltègne de navigation............. « 100
- Théâtre Solis.......... « 500
- Obligations du Crédit Hypothécaire.,.....,, « 1000
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- POIDS, MESURES ET MONNAIES
- Le système métrique décimal français a été adopté dans toute la République par une loi de l’année 1864. Cepen-dant l’usage consacre encore les anciennes mesures comme on l'a vu dans le cours de cet ouvrage, malgré les prohibitions légales.
- En conséquence, nous donnons ci-après l’équivalent des anciennes mesures métriques, ainsi que des monnaies qui ont cours légal dans la République.
- poids et MESURES anciennes Equivalent.
- 1
- 1
- 1
- 1
- 1
- 1
- 1
- 1
- 1
- 1
- 1
- 1
- 1
- 1
- 1
- 1
- 1
- Lieue.............................mètres. 5,154. «
- Cuadra de 100 varas.............mètres 85.900
- idem carrée.............mèt. car. 7,378. «
- Vare (vara).....................mètres 0.859
- Pied.............................. « 0.286
- Pipe de 192 frascos.............litres 455.424
- frasco.............................. « 2.372
- Galon (anglais)................... « 3.805
- Fanègue de maïs en épis........ « 274.544
- idem id. en grains............. « 137.272
- Tonneau.........................kilog. 918.800
- idem cendre d'os................... « 1.008.84
- Quintal (100 livres)............... « 45.94
- Arrobe (25 livres)................ « 11.485
- livre............................. « 0.459
- Pesée (40 livres) de cuirs secs... « 18.376
- idem (75 livres) de cuirs salés.... « 34.455
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- MONNAIES
- Qui ont cours légal dans la République :
- Monnaies d’or
- L’Once espagnole et américaine.......S 15.36 La Monnaie brésilienne de 20,000 reis. .... 10.56
- L’Aigle des Etats Unis......•................. 9.66
- Le Condor du Chili..................... 8.82
- Le Doublon espagnol de 100 réaux de vellon. . 4.80
- Le Souverain anglais, ou £.................... 4.70
- La monnaie allemande de 20 marcs............... 4,60
- La monnaie de 20 francs,française, suisse, belge, italienne................................. 3.73
- Monnaies d’argent:
- La piastre espagnole, mexicaine et le patacon brésilien....................................... 1.00
- La piastre métallique (1) de Buénos Ayres..... 0.96
- Le dollar des Etats-Unis........................ 0.96
- Les pièces de 5 francs, française, italienne, suisse et belge................................. 0.96
- (1) Ne pas confondre avec la piastre papier qui est la monnaie courante dans la province de Buénos Ayres et dont 25 égalent une $ forte argent ou 400 une once d’or
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- TABLE DES MATIERES
- CHAPITRES PAGES
- Introduction et dédicace.............................
- S Situation géographique et climat..................... 5
- Météorologie delà Ville de Montévidéo................... 8
- IÏ Superficie, division territoriale et poli-tique. 9
- IIS Population. Mortalité. Mariages.............. 12
- Population en 1852 et en 1860 .....................- 13
- Mortalité du département de Montévidéo, de 1860 à
- 1872....................................... 15
- Mort-nés..................................... 17
- Fièvre-jaune et petite vérole.......................... 17
- Mortalité à l’hôpital et dans les hospices............. 18
- Nombre d’habitants à Montévidéo........................ 19
- Population de la République............................ 20
- Mariages............................................. 22
- IV Immigrants et Colonies....................... 24
- Commission Centrale d’Immigration...................... 26
- Colonie agricole Piémontaise.......................... 28
- Idem Suisse (Nouvelle Helvétie) ....................... 29
- Société de colonisation au Cerro-Largo.............. 30
- L’immigration à Buenos Ayres.......................... 31
- Immigration et émigration.............................. 32
- V Commerce......................................
- Importation et Exportation, de 1862 à 1872............. 35
- Commerce des républiques de la Plata....................38
- Commerce de Buenos Ayres en 1870....................... 40
- Id. de la Rép. Orientale en 1869....................... 41
- Id. id. articles importés id........... 42
- Id. id. « exportés id................... 45 Id. id.............Exportation de 1866 à 1869........ 46
- Id. id. « de Montévidéo en 1870 et 1871................................ 47 Id. id..............................id. en 1872............................•........................ 48
- Id. id. Exportation aux Etats-Unis en 1872................................... 49 Id..........................................id...................Commerce avec l’Espagne 50 Id..........................................id..........................« avec la France 53
- Id. id. « avec le Brésil....... 55
- Commerce comparé des Etats de l’Amérique du Sud et des Etats-Unis avec la France.............. 57
- Commerce de transit,....................... 57
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- CHAPITRES PAGES
- Mouvement de la douane..... ........................... 60
- Commerce intérieur................................. 61
- VI Navigation........................................ 63
- Statistique de la navigation en 1869................... 65
- Idem en 1870, 1871 et 1872............................ 67 Navigation de cabotage en 1872............... .70
- Naufrages et avaries, de 1867 à 1871................... 71
- VIS Phares de la Plata................ ............. 72
- Le Rio delà Plata, ses écueils et ses feux........... 73
- Rapport de Mr. le Chargé d’affaires de France sur les Phares.............................. •. 74
- Balisage de la Plata, de l’entrée du port de Monté-vidéo et de l’Uruguay............... ....... 77
- VIII La ville de Montevideo. ...................... 78
- Sa fondation. Création delà maison de ville. Son agrandissement. Les villages des alentours. Les égouts. Le théâtre Solis. Sa population de 1818 à 1872. Division de la ville en carrés ou manza-nas................................... 79a 83
- Nombre des maisons bâties................................84
- Idem des maisons de commerce, magasins de détail et industries...-. ...... ...................... 86 Idem des voitures publiques et particulières...................92 Voyageurs par les voies ferrées et diligences.. ....94 Consommation de la ville...................................................... 95
- L’hôpital de la Charité. Sa fondation et son fondateur, son agrandissement, son organisation, ses dépenses. Mouvement de 1855 à 1872................. 98
- Classification des maladies et autres causes de décès à Montévidéo.=................................... 101 Mouvement de l’hospice des enfants-trouvés........ 103 Idem des aliénés................................................................................................... 104 Idem de l'Asyle de Mendicité..................... 106 Bienfaisance publique.......................... 106 La prison centrale de Montévidéo, classification des délits et nationalité des prisonniers............. 107 Les environs de Montévidéo............... ............. 110
- IX Les départements...... ........................... 112 Collines, mamelons, rivières et ruisseaux............................... 112 Département de La Colonia—Carmelo,Nueva-Palmi-ra (Higueritas). Le dock de La Colonia......................................•..................................113 Idem de Soriano—Mercedes,Dolores. Laestancia Na-tividad............................................................ •.115
- Idem de Paysandû. Etablissements de Fray-Bentos, du Baron Mauâ et de MMrs. Wendelstadt. 116
- Idem du Salto. Leschutes de l’Uruguay. Ses quartz cristallisés, agates, etc, Chantier de construction et fonderie à vapeur d e Mr. S. Ribes........... 119
- Idem de Tacuarembô. Quartz aurifère et mines de
- Idem du Cerro Largo. Statistique du district des
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- Ko CJ SX
- I
- CHAPITRES PAGES
- Trente Trois.................................:123
- Idem de Minas. Mines qu’il renferme. Pierre à chaux 126
- Idem de Maldonado. Pierre à chaux. Carrières de marbre. Ports sur l’Océan. Consommation du
- sel dans la Plata.......................... 127
- Idem du Durazno. Mine de fer................... 130
- Idem de La Florida............................. 130
- Idem de Canelones—Santa Lucia, Pando,Las Piedras Le Tala. Agriculture .Edifice des eaux-couran-tes........................................ 131
- Idem de San José. Etablissement de La Trinité ... 132
- Nombre d s bestiaux vendus sur le marché de Mon-tévidéo de 1865 à 1872, avec leur provenance... 134
- X Production, Industrie et grandes entre-prises.......................................... 134
- —Le bétail. Introduction des premiers moutons, vaches et bœufs et des chevaux dans la Plata. Création des saladeros (usine où l’on sale les cuirs et la viande)....................... .... 134
- Exportation de la Plata pour l’Europe. 1792 à 1798 136
- Idem de Montévidéo, années 1840 à 1842......... 136
- Introduction des mérinos Ternauxdans la République Orientale, Mr. Dapple et Mr. Juanico. Idem des mérinos français de Naz. Mr. Benjamin Pou-cel et les bergeries de Pichinango. Introduction des moutons de la race saxonne Negretti par les allemands et des mérinos de Rambouillet par Mr. Giot. Introduction des mérinos Rambouillet à
- Buénos Ayres par don Bernardino Rivadavia.... 137 Laine exportée des Républiques Argentine et Orientale 138 Production de la laine dans le monde entier 139 Importation de laine au Hâvre en 1871 140
- Bêtes à cornes existant dans la République en 1860 et en 1872.................................. 140
- Bêtes à laine, idem................-....................... 142
- Valeur du bétail existant sur pied....................... 143
- Comparaison avec les Etats-Unis........................... 144
- —Production agri ole....................................... 145
- Récolte annuelle de blé et de mais, de 1855 à 1873 147
- Les moulins et leur production............................. 150
- Production du blé au Chili et en Californie.............. 151
- Valeur de la propriété terrritoriale et bâtie à Monté-vidéo........................................ 15%
- Idem dans les départements............................... 154
- Comparaison avec les Etats-Unis........................... 155
- —Grandes industries et entreprises........................ 156
- Les saladeros,usines où l’on sale la viande et les cuirs 156
- Poids des bœufs et vaches.....................- ......... 157
- Leur coût dans les saladeros............................. 158
- Rendement d’un animal..................................... 158
- Production de la viande salée, dans la république, de
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- CHAPITRES PAGES
- 1867 à 1872........................................... 159
- Idem dans la Plata, de 1860 à 1872...................... 159
- Bètes â cornes abattues en 1870........................ 160
- —Viande conservée.................................. 161
- —Exportation de bestiaux sur pied........................ 162
- —Les eaux-courantes...................................... 163
- —Entreprise du Gaz....................................... 168
- —Le dock Gounouilhou.................................. 169
- —Le dock Mauâ..........................................• 169
- —Le Chemin de fer Central de l’Uruguay. Trafic, frais, tarif.............................. 170
- Chemins de fer en construction........................... 172
- Idem concédés............................... 173
- Idem à concéder............................. 173
- Les tramways. Trafic et frais............................ 175
- Télégraphes électriques.................................. 177
- Le port de Montévidéo................................ 178
- Entreprises de diligences............................... 178
- Travaux publics.......................................... 179
- Cies. de bateaux à vapeur............................... 179
- XI Instruction publique. Tribunaux. Postes
- Culte. Pouvoirs publics. Armée...... 180
- Instruction publique............... ..................... 180
- L’école de la société philanthropique.........,.......... 181
- Les écoles de Montévidéo............................... 183
- Id. des départements................................... 183
- Id. dans la république argentine, au Chili et au Brésil..................................... 184
- L’Université de Montévidéo............................... 186
- Bibbliothèque et Musée................................... 187
- La presse................................................ 188
- La poste................................................. 190
- Mouvement de la correspondance et des journaux... 191
- Tarif des ports de lettres............................... 192
- Culte, et églises....................................... 192
- Etat ecclésiastique de la République..................... 193
- —Tribunaux............................................. 194
- —Les Pouvoirs publics.................................... 195
- Armée active........................... ................ 196
- XII. Budgets. La dette publique. Les Ban ques. La Bourse. Poids et mesures... 196 Budgets des recettes et dépenses, de 1829 à 1872.... 197
- Idem récapitulatif pour 1874........................... 198
- Règlement de la dette flottante......................... 201
- Budget définitif........................................ 202
- Chiffre réel des recettes et dépenses annuelles........ 203
- Part contributive par habitant........................... 204
- Idem comparée................................... . 205
- Revenus de la douane, de 1829 à 1872..................... 206
- Classification des droits de douane perçus en 1870, 1871 et 1872.............................. 207
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- CHAPITRES PAGES
- Droits de douane comparés avec ceux de Buenos-
- Ayres et du Chili.......................... 209 —Produit de la Contribution directe depuis 1856... 210 Idem du Papier timbré et des patentes depuis 1829.. 211
- Idem des abattoirs et marché aux bestiaux........ 212
- Déficit des budgets Sud-Américains............... 213
- —La Dette publique, sa création.......................... 214
- Service des dettes publiques depuis 1859................ 217
- Tableau synoptique des mêmes.............................. 219
- Valeur amortie......................................... 220
- Amortissement des dettes Fundada et Franco-An-
- glaise...................................... 222
- Cote des dettes à la Bourse............................... 223
- Importance de l’amortissement........................... 223
- Dettes comparées......................................... 224
- —Les Banques.............................................. 225
- Conversion de l’émission des banques garantie par
- l’Etat................................... 226
- Balance des banques d'émission.... ..................... 227
- Circulation fiduciaire................................ 228
- Etablissements de crédit.................................. 229
- —La Bourse................................................ 229
- Titres et actions cotés à la Bourse....................... 230
- —Poids, mesures et monnaies............................... 231
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- OUVRAGES PUBLEÉS
- PAR
- L’Association Rurale de l’Uruguay
- A MONTEVIDEO
- ASOCIACION RURAL DEL URUGUAY
- Revue dédiée à la défense des droits et intérêts ruraux et a la propagation des connaissances utiles dans toutes les branches de l'agriculture.
- Paraissant tous les 15 jours.
- Directeur : Don Juan Ramon Gomez, Président de l'As-sociation Rurale.
- DOMINGO ORDENANA — Zootécnica especial. Cabras Cachemiras y Angoras. Ventajas de su propagacion en el Rio de la Plata, con especialidad en el Uruguay. (Dona-cion). In 8.° 1868.
- DOCUMENTOS relatives à la fundacion de la Asociacion Rural del Uruguay. In-8.° 1871.
- EUGENIO GLAIRIAN—Tratado y curacion de la sarna de las ovejas en la Repùblica Oriental del Uruguay. In-8.° (873.
- ADOLEO VAILLANT—La Republica Oriental del Uruguay en la Esposicion de Viena. In-8.° 1873.
- ERNESTO GIBERT—Enumeratio Plantarum sponte nas-centium agro Montevidensi cum synonimis Selectis. — Catalogue des plantes de la République Orientale de l’Uruguay. In-12.° 1873.
- AVIS
- L’auteur recevra avec reconnaissance un exemplaire de toutes les publications statistiques ou d’économie politique que leurs auteurs ou éditeurs voudront bien lui adresser et dont il rendra compte, suivant leur importance, dans les journaux de Montévidéo.
- S’adresser à l’auteur directement, par la poste — rue de las Camaras num. 41, à Montévidéo.
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