Rapport sur l'industrie sucrière
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- PRESENTE
- A Al. LE MINISTRE J)E L'AGRICULTURE ET DU COMMERCE,
- S U I!
- PAR M. NORBERT L KM A RIE,
- MEMBRE l)IÎ I.A l)lh.É(UTIO\ OUVRIÈRE.
- PARIS.
- IMPRIMERIE NATIONALE.
- \i ne ne iaïvii.
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- RAPPORT
- SUR
- L’INDUSTRIE SUCRIÈRE.
- Monsieur le M ini sire.
- Lors de l’Exposition do 1867, nommé par les ouvriers rafïi-neurs du département de la Seine, pour étudier les progrès accomplis dans notre industrie, nous jugeâmes nécessaire de faire précéder notre rapport d’une courte notice historique sur le sucre ; notre but était alors de faire connaître à nos camarades, auxquels ce rapport était exclusivement destiné, l’histoire du sucre depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours. Aujourd’hui, cette partie de notre travail n’a pas de raison d’être : des plumes plus autorisées et plus compétentes que la nôtre ont dit, mieux que nous ne saurions le faire, tout ce qu’il convenait sur ce sujet. Nous nous contenterons donc de raconter le plus succinctement possible ce que nous avons vu à l’Exposition de Philadelphie et aux Etats-Unis, concernant notre industrie.
- LES SUCRES À L’EXPOSITION.
- Nous avons été profondément déçu dans nos visites à Fairmout Fark, nous espérions y trouver des échantillons de la production sucrière de tous les pays du globe. Hélas! nous n’avons aperçu que quelques maigres spécimens des produits de notre industrie, éparpillés dans l’Agricultural Hall.
- Nous sommes heureux néanmoins de pouvoir dire que la France
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- laissait bien loin derrière elle les quelques pays concurrents qui avaient jugé utile de concourir.
- La raffinerie C. Say, de Paris, était seule pour représenter l’industrie sucrière française, mais la qualité remplaçait avantageusement la quantité.
- Cette maison, dont la réputation justement méritée est aujourd’hui universelle, avait exposé une vingtaine de pains de sucre d’une blancheur éblouissante; nous n’avons rien vu, ni à l’Exposition ni ailleurs, qui puisse soutenir la comparaison avec ces sucres.
- L’exposition française des matières alimentaires était véritablement remarquable, et aucun pays ne pouvait lui être comparé sous ce rapport; mais en fait de sucre, nous n’avons vu cpie les produits mentionnés plus haut, et des bonbons et autres articles de confiserie exposés par la maison Ciienü , de Paris, plus connue sous le nom du Fidèle Berger, ainsi que des fruits glacés et confits de MM. J. Nègre, de Grasse, et Escoffier, de Nice.
- Tous ces produits étaient superbes et tenaient dignement leur rang, mais nous craignons que nos compatriotes ne retirent aucun profit de cette exposition, leurs vitrines étant restées constamment abandonnées, sans un agent pour répondre ou pour renseigner les visiteurs. Le seul résultat qu’ils obtiendront consistera simplement dans la satisfaction de pouvoir ajouter une médaille de plus sur l’en-tête de leurs factures.
- La Russie possédait aussi une seule vitrine dans laquelle deux ou trois de ses raffineurs avaient exposé leurs produits, mais ces sucres étaient loin d’atteindre à la perfection des nôtres, et ne pouvaient pas leur être comparés. Nous ne voulons pas dire que les raffineurs russes soient en retard sur 1867, attendu que ceux qui ont exposé à Philadelphie ne sont probablement pas les mêmes que les exposants de 1867. Mais nous constatons (pie les sucres raffinés russes exposés au Champ de Mars en 1867 étaient bien supérieurs à ceux de Philadelphie.
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- La raffinerie de Porto (Portugal) avait exposé des sucres raffinés en poudre, qui laissaient, beaucoup à désirer comme blancheur.
- Nous ferons la même observation au sujet des raffinés exposés par le Brésil.
- Quant à nos hôtes, les Américains, pas un seul fabricant ou planteur de la Louisiane, pas un seul raffineur de New-York, de Philadelphie ou de Boston, n’avait cru devoir se déranger. Cette abstention est d’autant plus inexplicable, que dans les visites que nous avons faites aux raffineries de ces différentes villes, nous avons pu nous convaincre que leurs produits, sans atteindre à la perfection des raffinés français, pouvaient cependant lutter avantageusement et même victorieusement avec les autres pays exposants.
- En somme, la France a eu peu de peine à remporter la victoire; il n’y avait pas d’adversaires capables de lutter avec elle.
- MACHINES ET APPAREILS.
- Le bâtiment des machines, ou Machinenj Hall, était à coup sûr ce qu’il y avait de plus curieux à étudier et à visiter dans l’Exposition. Il y avait là des échantillons de tout ce que le génie humain a découvert depuis un demi-siècle.
- La durée entière de l’exposition eût été trop courte pour examiner en détail cet immense amoncellement de machines merveilleuses aux destinations si diverses et si variées; mais là,.encore une fois, nous avons éprouvé une déception. Nous n’avons, en effet, rien trouvé concernant notre industrie, si nous en exceptons toutefois un moulin à broyer la canne à sucre, et deux turbines,système Watson, de Glascow (Ecosse). • '
- Ces turbines sont employées dans les raffineries américaines', ou nous les avons vues fonctionner, et nous devons déclarer quelles sont supérieures à celles que nous employons encore dans nos raffineries.
- Industrie sucrière.
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- La maison J. F. Gail, de Paris, est, nous a-t-on dit, concessionnaire du brevet des turbines Watson,pour la France, et il est probable que cette maison a fait adopter ce système de turbines dans les dernières fabriques de sucre qu’elle a montées en France.
- Le principal avantage de ces turbines consiste dans la facilité avec laquelle on les vide, cette opération se fait moitié plus rapidement qu’avec les anciennes turbines et beaucoup plus proprement.
- En résumé, notre industrie était pauvrement représentée à Philadelphie, aussi bien sous le rapport des produits que sous celui des appareils, outils ou machines.
- Nous avons rapporté de notre voyage aux Etats-Unis une grande quantité de documents intéressant notre industrie, parmi lesquels nous citerons : le rapport de la Chambre de commerce de New-York, sur la production, l’importation et la consommation du sucre aux Etats-Unis; des états comparatifs du mouvement des sucres dans le port de New-York avec les autres ports américains; un état de la moyenne de la production du sucre de canne pendant les dix dernières années, dans tous les pays du globe; la production du sucre de betteraves pendant la même période; le tableau des droits sur le sucre aux États-Unis et dans les principaux pays du monde; la liste des principales raffineries des Etats-Unis.
- Tous ces documents trouveront leur place dans une annexe que nous publions à la suite de ce rapport.
- LES RAFFINERIES AMÉRICAINES.
- Les principales raffineries des États-Unis sont établies à Boston, Baltimore, Philadelphie et New-York. Mais elles sont surtout très-nombreuses dans ces deux dernières villes.
- Au moment de notre séjour en Amérique, un grand nombre de raffineries étaient fermées, surtout parmi celles qui ne travaillent que les mélasses et les sirops. Quant aux usines qui fonctionnaient
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- encore, elles ne produisaient guère que le tiers de leur production habituelle.
- La plus belle et la plus importante raffinerie de Philadelphie est sans contredit celle de MM. Harrisson, Havemeyeb et G0 ou Franklin Sugar Refmery.
- Cette magnifique usine est construite sur les quais de la Dela-ware, et les navires chargés de sucre et de charbon viennent s’amarrer devant sa façade. Elle se compose de deux immenses corps de bâtiment occupant ensemble une superficie de plus de 90,000 mètres-carrés.
- Le cadre de ce rapport ne nous permet pas de donner une description détaillée de ce bel établissement: nous dirons seulement, pour donner une idée de son importance, que cette usine est montée et outiiléepour raffiner de 3oo,oooà 35o,ooo*kilogrammesde sucre par jour, et nous n’avons en France que la raffinerie C. Say, de Paris, qui puisse lui être comparée comme importance. (La raffinerie C. Sav ne dépasse pas 960,000 kilogrammes de sucre par jour.)
- Les bâtiments de la raffinerie de Franklin sont élevés de dix étages. On estime la superficie de ces étages à environ 60 acres (l’acre des Etats-Unis représente environ ho ares), cela donne près de 9/10,000 mètres carrés de planchers.
- Du haut de la terrasse qui forme le toit de ces gigantesques bâtiments, le visiteur est saisi d’admiration à la vue du splendide panorama qui s’offré à ses regards de tous les points de l’horizon. D’un côté, la ville de Philadelphie avec ses milliers de maisons à façades de briques rouges. Sur ce fond se détachent les masses de verdure des arbres des jardins et des squares, ses monuments, ses nombreuses églises ou temples, dont les clochers jaillissent de tous côtés, et les innombrables cheminées de ses usines lançant dans les airs leurs panaches de fumée. Le long des quais, des trains de chemins de fer circulant à toute vapeur, à côté d’une multitude de tramways et de voitures de toute espèce; c’est un
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- fouillis indescriptible. D’un autre côté, la magnifique rivière la Delavvare, avec ses docks bâtis sur pilotis et s’avançant dans l’eau , laissant entre eux des bassins où sont amarrés une foule de navires chargeant ou déchargeant des marchandises ou des voyageurs. Sur cette immense nappe d’eau, ressemblant plutôt à un bras de mer qu’à une rivière, des centaines de navires à vapeur montant ou descendant le courant, de magnifiques navires à voiles dont les hautes mâtures sont chargées de voiles, glissent majestueusement sur la surface de l’eau, et les Ferry-Boats, avec leurs machines à balancier, se détachent de la rive tous les quarts d’heure, transportant de l’autre côté des centaines de voyageurs à chaque voyage. C’est un spectacle grandiose, nos grands ports de commerce peuvent à peine nous donner une idée d’un pareil mouvement. C’est avec regret que uous nous arrachons à la vue de ce merveilleux tableau.
- La vapeur nécessaire au fonctionnement de la raffinerie est fournie par deux chauffages composés de i5 générateurs de 100 chevaux chacun, c’est-à-dire pouvant donner une production totale de 3,ooo chevaux-vapeur.
- Le reste du matériel est nécessairement dans les mêmes proportions gigantesques : chaudières à fondre ou à clarifier, pompes à eau ou à sirops, filtres décanteurs, filtres à noir, appareils à cuire, turbines, etc. Il y a un matériel colossal admirablement monté, surtout dans les parties qui concernent les bas produits et la révivification du noir en grain. Pour la partie qui concerne le travail des sucres en pains, nos raffineries sont mieux installées, mais nous ne sommes pas à leur hauteur en ce qui concerne le travail des poudres.
- Les raffineurs américains ont fait des dépenses considérables pour la révivification de leur noir en grain dont ils font, du reste., une consommation énorme. Ils emploient une quantité de noir représentant 100 p. o/o du sucre fondu, tandis qu’en France nous dépassons rarement 5o p. o/o,
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- La raffinerie de MM. Havemeyer et Elder, de New-York, est au moins aussi importante que celle de Franklin, à Philadelphie; elle occupe même un espace plus considérable que celte dernière, mais elle n’est élevée que de sept étages.
- L’agencement et l’installation sont, à peu de choses près, les mêmes qu’à Franklin. Ce vaste établissement est construit sur le bord de la rivière de l’Est, à Brooklyn, près de l’endroit oii doit aboutir le gigantesque pont suspendu que les Américains sont en train de construire, et qui doit relier Brooklyn à la Cité.
- Le tablier de ce pont sera établi à une hauteur qui permettra aux navires dont la mâture est la plus élevée de passer au-dessous.
- La raffinerie de MM. Havemeyer et Elder peut traiter un million de livres de sucre par jour.
- 11 est de notre devoir de signaler ici la bienveillance avec laquelle nous avons été accueilli par les chefs de ces magnifiques établissements, et l’empressement qu’ils ont mis à nous en montrer les moindres détails.
- Notre visite à la raffinerie de MM. Havemeyer et Elder n’a pas duré moins de neuf heures, et pendant tout ce temps le directeur 11e nous a pas quitté, et n’a cessé de nous fournir les renseignements que nous lui demandions, avec la plus parfaite urbanité. Du reste, nous déclarons que partout, dans toutes les usines, dans tous les établissements publics ou privés, nous avons reçu le même accueil sympathique.
- Que les magistrats municipaux de New-York et de Philadelphie, que tous les industriels et commerçants qui nous ont accueilli, reçoivent l’expression de notre reconnaissance, pour nous avoir facilité ainsi l’accomplissement de notre mission.
- Les produits des raffineurs américains ne peuvent certainement pas lutter avec ceux des raffineurs français, mais s’ils ne font pas aussi bien que nous, ce n’est pas parce qu’ils ne le peuvent pas ni parce qu’ils sont moins bien outillés, mais uniquement parce
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- que les consommateurs américains sont moins difficiles que les nôtres.
- En effet, aux Etats-Unis, la majeure partie du sucre est consommée à l’état de poudre blanche, brune ou blonde. Dans les meilleures maisons bourgeoises, on ne sert sur la table que du sucre en poudre.
- Le sucre en morceaux provenant de pains raffinés ne se sert guère que dans les calés, hôtels ou restaurants. Les raffineurs américains ne font que le-tiers de leur fabrication en pains, et encore ils ne les livrent à la consommation qu’après les avoir sciés ou cassés en blocs carrés ou cubes, concassés en petits morceaux ou broyés en poudre ; le reste est simplement épuré à la turbine, puis séché et livré ainsi à la consommation.
- Il résulte de nos observations que les raffineurs américains sont des adversaires que nous ne devons point dédaigner, et la concurrence qu’ils sont venus nous faire sur le marché anglais depuis deux ans en est la meilleure preuve. |
- Ne nous endormons donc pas dans une fausse sécurité, et travaillons sans relâche à rechercher les moyens les plus économiques de fabrication, afin de soutenir avantageusement les luttes de l’avenir.
- Nous avons trouvé là-bas certains détails de fabrication que nous croyons bons à appliquer en France; la description de ces procédés est trop compliquée pour que nous la donnions dans ce rapport, mais nous nous mettons à la disposition des fabricants.de sucre et des raffineurs que cela pourrait intéresser; peut-être même publierons-nous plus tard un travail dans lequel nous donnerons ces renseignements.
- PRODUCTION, IMPORTATION, CONSOMMATION.
- La production du sucre a beaucoup diminué aux Etats-Unis depuis la guerre de sécession. Les Etats du Sud, où l’on cultive la canne, ont été écrasés d’impôts, et l’abolition de l’esclavage a
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- ruiné ies propriétaires de plantations, forcés de les abandonner, faute de bras pour les cultiver.
- D’après l’Annuaire de la Chambre de commerce de New-York, la production du sucre de canne ne dépasse pas 60 millions de kilogrammes daps les Etats du Sud; cependant la dernière campagne a été meilleure, elle a atteint 15o millions de livres dans la Louisiane.
- La production du sucre tiré de la sève de l’érable est difficile à évaluer au juste, mais, d’après nos informations, la dernière récolte a été de i4,ooo tonnes. Ces sucres ne viennent guère sur les marchés; ils sont consommés à l’état brut, dans les contrées où ils sont récoltés.
- La récolte du sorgho a été très-abondante l’année dernière, surtout clans les Etats du Sud et du Sud-Ouest, mais on a fait peu de sucre avec le jus de cette plante, sa culture étant exclusivement destinée à la fabrication des sirops.
- La fabrication du sucre de betteraves augmente doucement, mais elle n’a pas encore une grande importance, elle se réduit à deux fabriques établies en Californie.
- L’importation de sucres étrangers est considérable aux Etats-Unis, la production atteignant à peine le huitième de la consommation.
- Les rafïineurs américains ne trouvant pas chez eux l’énorme quantité de sucre brut nécessaire à l’alimentation de leurs usines, ils en fout venir de Cuba, de Demerara, des Barbades et des Antilles françaises, de Porto-Rico, de Sainte-Croix, de la Trinité et des autres îles anglaises, du Mexique, du Brésil, des Philippines et de Java.
- La Chine alimente les ports du Pacifique, et San-Francisco a reçu 16 millions de livres de ce pays en 1 8y5.
- Le total des importations a été, en 1875, de 669,000 tonnes, contre 652,000 tonnes en 187/1.
- Les sucres de betteraves provenant d’Europe entrent, pour une bonne proportion dans ces chiffres.
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- La consommation du sucre brut et raffiné est énorme aux Etats-Unis, quoique, par suite d’une augmentation de 25 p. 0/0 sur les droits en mars 1875, elle ait un peu diminué. Elle est aujourd’hui, d’après les statistiques, de ko livres par tête, c’est-à-dire trois fois plus forte qu’en France, où nous ne consommons encore que 7 kilogrammes 5oo grammes par tête et par an.
- La consommation, en 1876,0 atteint le chiffre de 800 millions de kilogrammes de sucre raffiné ou en poudre.
- RÉGIME DES SUCRES AUX ÉTATS-UNIS.
- Les sucres bruts sont classés d’après l’étalon hollandais de couleur, et payent les droits suivants à leur sortie d’entrepôt :
- Sucres bruts au-dessous du n° 7 : 2 cents 3/i6 la livre, soit, aux
- 100 kilogrammes................................. a3f 07°
- Sucres bruts du n° 7 au n° 10 inclus : 2 cents i/4 la
- livre, soit, aux 100 kilogrammes. . ............ 26 87
- Sucres bruts du n° 10 au n° i3 inclus : 2 cenls 13/16 la
- livre, soit, aux 100 kilogrammes............ 29 67
- Sucres bruts du n° i3 au n° 16 inclus : 3 cents 7/16 la
- livre, soit, aux 100 kilogrammes................ 36 26
- Sucres bruts du n° 16 au n° 20 inclus : k cents 1/16 la
- livre, soit, aux 100 kilogrammes................ 42 85
- Sucres blancs au-dessus du n° 20 : 5 cents la livre, soit,
- aux 100 kilogrammes............................. 5o 76
- Les sucres raffinés payent les mêmes droits que les sucres blancs. C’est un tiers de moins qu’en France.
- La façon dont on applique le droit, en se basant sur la couleur du sucre et non sur sa richesse saccharine réelle, laisse une grande marge aux raffineurs américains. Nous avons fait analyser des échantillons représentant la moyenne du chargement, et le résultat. nous a démontré qu’en faisant l’abandon d’une partie du bénéfice (pie leur donne le drambavk sur le sucre destiné à l’exportation,
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- les raftineurs américains peuvent aisément venir nous faire une concurrence redoutable sur les marchés de l’Angleterre.
- LES OUVRIERS EN AMÉRIQUE.
- Les ouvriers employés dans les raffineries américaines sont presque tous Allemands ou Irlandais; leur salaire varie entre i dollar a5 cents et î dollar 5o cents par jour, soit environ 45 à 5o francs par semaine.
- Avant la guerre franco-allemande de 1870, dont les effets se sont fait sentir aux Etats-Unis, les salaires étaient plus élevés, mais depuis cette époque ils ont baissé de 20 à 2b p. 0/0.
- Malgré cela, à New-York, à Philadelphie et dans les grandes villes, quoique la vie soit plus chère que dans l’intérieur des terres, un ouvrier peut vivre avec son salaire, mais il lui est bien difficile de faire des économies, surtout s’il a de la famille.
- Les denrées alimentaires s,ont meilleur marché qu’en France. La viande, les légumes, les fruits, le pain, les salaisons, tout est moins cher que chez nous. Le vin est plus cher, mais on trouve une bière délicieuse qui est vendue très-bon marché.
- Les loyers, par exemple, sont à un prix exorbitant, et surtout à New-York, où il est difficile à un ouvrier de trouver à se loger à moins de 1 1/2 dollar à 2 dollars par semaine.
- Les ouvriers exerçant une profession, tels que maçons, charpentiers, tailleurs, chapeliers, etc., sont en général mieux rétribués que les journaliers ou hommes de peine, et ceux d’entre eux qui n’éprouvent pas de chômage ou qui ne perdent pas de temps volontairement, peuvent aisément faire quelques économies. Ces ouvriers reçoivent en effet un salaire variant de 1 2 à 16 francs par jour.
- Mais le système des patrons américains, qui consiste à exécuter vivement tous les travaux qui leur sont commandés, occasionne de fréquents chômages, dont les effets sont désastreux pour les ouvriers. Ainsi, par exemple : en France, une commande est exé-
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- entée en un mois, avec 20 ouvriers; l’Américain, lui, embauche 8o, t oo ouvriers s’il les trouve et termine son travail en huit jours. Mais si une nouvelle commande ne survient pas, il renvoie tous ses ouvriers sans en conserver un seul. Pour tous les genres de travaux il en est ainsi; aussi n’est-il pas rare de voir une usine, un chantier ou un atelier comptant 2,000 ouvriers, n’en compter que ho ou 5o du jour au lendemain, et même fermer entièrement. Tous ces hommes, qui vivaient de leur travail, sont sur le pavé. En France, les patrons tiennent davantage à assurer du travail à leurs ouvriers, et ils ont surtout le soin d’en conserver pour le noyau, composé d’hommes sur le concours desquels ils sont eux-mêmes sûrs de compter quand le travail presse.
- Depuis la crise de 1878, ces chômages sont très-fréquents, et nos compatriotes se plaignent amèrement de cet étal de choses.
- Ceux qui ont pu réaliser quelques économies pendant les heures de travail, les voient diminuer chaque jour, et quant aux malheureux qui n’ont rien pu mettre de côté, ils sont plongés tout à coup dans la plus affreuse misère, sans autres ressources pour ne pas mourir de faim, que les secours accordés par les sociétés de bienfaisance.
- Les sociétés de secours et de bienfaisance sont très-nombreuses à New-York, mais malgré tout le zèle et le dévouement des membres qui les dirigent elles sont impuissantes pour soulager toutes les infortunes.
- Aussi croyons-nous accomplir un devoir d’humanité en disant aux ouvriers français qui, trompés par des récits exagérés, seraient tentés de s’expatrier pour aller à l’étranger tenter la fortune, qu’ils agiront sagement en s’abstenant de le faire.
- Nous avons consulté nos compatriotes établis ou travaillant aux Etats-Unis, à ce sujet. Ils nous ont raconté l’histoire de leurs débuts sur la terre étrangère; et il résulte de leurs déclarations que, pour un qui réussit , quarante ont à endurer les misères les plus atroces jusqu'au moment où ils peuvent comprendre et parler la
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- langue du pays. Ce n’est qu’après plusieurs années de souffrances et de privations qu’ils sont enfin parvenus à se créer une position. Mais combien ont succombé à la peine, combien encore (moins malheureux ceux-là) qui, voyant, après un séjour de quelques mois, qu’ils n’arriveraient à rien, sont revenus désillusionnés dans la patrie après toutefois avoir dépensé le petit pécule qu’ils avaient emporté.
- Ce n’est que lorsqu’on en est éloigné que l’on ressent toute la force du lien qui nous attache au sol natal. Ce sentiment de l’amour du pays est si fort que l’on voit des hommes, qui ont acquis là-bas de hautes positions de fortune, pleurer comme des enfants quand ils se séparent d’un camarade qui s’embarque pour rentrer en France. Nous en avons eu un touchant exemple lors de notre départ de New-York.
- Les braves ouvriers français qui nous avaient si cordialement accueilli lors de notre arrivée, et dont le concours dévoué et désintéressé nous a été si précieux pendant notre séjour, avaient tenu à nous accompagner jusque sur le paquebot qui devait nous ramener.
- Au moment de nous séparer, en nous serrant une dernière fois la main,.nous voyons briller des larmes dans leurs yeux. «Vous êtes bien heureux ! — nous disaient-ils,— vous allez bientôt revoir notre France bien-aimée! La reverrons-nous jamais, nous autres? » Et ces rudes travailleurs laissaient couler ces larmes qui les étouffaient. Et ma foi, en voyant cette douleur poignante, nous pleurions aussi, en étreignant nerveusement ces loyales mains françaises.
- Chers concitoyens! Vous avez chez nous des ressources que vous ne trouverez nulle part! Vous êtes mieux protégés, vous avez plus de sécurité que partout ailleurs, et nous ajoutons même, sans crainte d’être démenti par personne, que la France n’a rien à envier, sous aucun rapport, à aucun pays du monde, pas même à la grande République Américaine.
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- Restez donc chez vous, ne vous expatriez pas volontairement, si vous ne voulez pas le regretter plus tard avec amertume.
- La France traverse en ce moment une crise redoutable, et elle a besoin du concours de tous ses enfants pour l’aider à en sortir, ü faut que chacun de nous, dans la mesure de ses forces et de ses connaissances, contribue à la réédification de l’édifice social.
- Notre malheureux pays, si éprouvé par les révolutions successives qui l’ont bouleversé depuis près d’un demi-siècle, a besoin de paix et d’union ; il est du devoir de tous les hommes de bonne volonté de s’unir pour rechercher les moyens de ramener l’harmonie entre les partis qui le divisent.
- Nous n’avons songé jusqu’à présent qu’à nous reprocher mutuellement les fautes que nous avons commises. A quel résultat peut nous mener une telle conduite? — Ce ne peut être qu’à de nouveaux bouleversements, de nouvelles révolutions, de nouveaux désastres.
- La discorde ne peut que nous affaiblir, tandis que la concorde nous donnerait la force dont nous avons tant besoin dans l’état actuel de l’Europe. Si nous étions unis, il n’y aurait pas de puissance au monde qui osât nous attaquer.
- Ne nous servons donc plus entre nous de ces appellations que ceux qui les profèrent considèrent comme une injure, quand ceux qui en sont l’objet s’honorent de les mériter. Cessons enfin de nous traiter ou de nous intituler : légitimistes, bonapartistes, orléanistes, radicaux, intransigeants, etc.; ne nous rappelons que le seul titre que nous devons tous ambitionner, celui de Français! Soyons prêts à faire tous les sacrifices pour la France, et que sa grandeur, son indépendance et sa prospérité soient notre seul but!
- C’est par cet appel à la conciliation que nous avons voulu terminer notre rapport. C’est ainsi que nous avons entendu traiter la question sociale, car nous sommes persuadé que la solution de ce grave problème ne sera trouvée que lorsque tous les Français, unis
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- dans un même sentiment, auront oublié les querelles qui les divisent-, pour ne songer qu’à travailler d’un commun accord au nouvel édifice social, en s’appuyant sur les bases inébranlables de la justice, de la science et du travail.
- Nous avons fait tous nos efforts pour remplir la mission qui nous'était confiée, nous serions heureux si notre modeste travail pouvait être de quelque utilité à nos concitoyens.
- Daignez recevoir, Monsieur le Ministre, l’expression des sentiments de profond respect avec lesquels nous avons l’honneur de nous dire,
- de Votre Excellence,
- le très-humble serviteur,
- N. LEMAR1É.
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- ANNEXE.
- REVUE ANNUELLE 1)1 COMMERCE DU SUCRE AUX ÉTATS-UNIS'.
- La consommation du sucre ayant augmenté dans une proportion considérable en 187/1, ^es négociants en sucre, dans la prévision d’une demande encore plus considérable en 1876, ou du moins aussi importante, firent des préparatifs en vue d’une grande importation. Aussi les arrivages de sucre dans les ports furent plus grands en 187a qu’en 187/1 et que pendant toutes les années précédentes. -
- Cette immense importation ne donna pas aux spéculateurs le résultat qu’ils en attendaient. La baisse qui atteignit toutes les branches de commerce pendant l’année écoulée, se fit sentir également sur le sucre, et nous avons à nous rappeler qu’il y eut une diminution très~grande de la consommation propre au pays, bien que la moyenne du prix des matières de consommation ne fût pas plus élevée. Le cours du sucre resta le môme que p*endant l’année précédente malgré une augmentation de 25 p. 0/0 sur les droits, qui élevait le prix d’un demi-cent par livre. Il est fort probable que si la prime d’exportation allouée par le Gouvernement sur le sucre raffiné et qui eut son effet à partir d’avril, n’eût pas été aussi avantageuse pour nos raffineurs, la situation des sucres bruts eût été bien moins favorable. Cette action du Gouvernement a été très-profitable : la demande pour les sucres raffinés d’exportation a été grandement stimulée, aidée. Par une réunion de circonstances exceptionnelles, le sucre brut étant relativement meilleur
- 1 Extraits «le VAnnual-Report «le la Chambre de commerce de New-York pour 187b-1876.
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- marché chez nous qu’eu Europe, les frets étant à prix réduits, une haute prime sur For prévalant pendant une portion considérable de l’année, tout a concouru pour un grand mouvement d’exportation.
- Ces circonstances favorables peuvent ou ne peuvent pas se rencontrer cette année, mais la probabilité est contre un tel état de choses. Jusqu’ici, dans nos compilations annuelles, nous n’avons point fait mention de l’exportation des sucres ralFinés, les quantités exportées pendant les années précédentes ayant été jusqu’alors insignifiantes. Cependant le mouvement extérieur ayant pris des proportions importantes, nous avons jugé qu’il était digne de figurer dans nos statistiques.
- On verra, en consultant les tableaux ci-annexés, que les importations de sucres étrangers dans les États-Unis (non compris les États du Pacifique) pour l’année finissant le 31 décembre 187 5 ont été de 662,672 tonnes contre 652,596 tonnes en 187/1, c’est-à-dire une augmentation d’un peu plus de 1 p. 0/0, et que la consommation du sucre cl’origine étrangère, en déduisant les exportations de sucre raffiné ainsi que de sucre brut, a été de 621,852 tonnes contre 661,869 tonnes en 187/1, s°if une diminution de 6 p. 0/0 environ. On voit que le mouvement d’exportation est venu à propos au secours de nos marchés.
- Ainsi les arrivages de sucre ont été plus forts en i’87 5 qu’en 187/1, tandis que la consommation intérieure a été plus faible, et cependant, au 31 décembre 187 5, le stock général de sucre étranger dans le pays était de 3,319 tonnes de moins qu’au 3i décembre 187/1, soit une différence de 6 5/8 p. 0/0 laissant ainsi l’article dans une bonne situation. Si à présent nous ajoutons à la consommation du sucre étranger en 1875 la production du sucre de canne cultivé chez nous, nous trouvons que les chiffres se tiennent à 685,352 tonnes contre 710,369 tonnes en 187/1, so^ ^ P- °/° en moins pour 1875.
- La quantité de sucre fabriqué avec les mélasses en 1875 n’a pas sensiblement varié avec l’année précédente, l’augmentation
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- pour tous les ports ne dépassant pas 5 p. o/o. Le changement eût été plus grand, mais pendant les six derniers mois la plupart des rafïîneurs furent obligés de cesser leurs travaux faute de matière première.
- Le résultat des affaires de l’année n’a pas été satisfaisant. Pendant les six premiers mois, les mélasses venant de Cuba avaient été traitées à de hauts prix qui ne laissaient aux rafïîneurs que des profits très-minces, et pendant les derniers mois, quoique les achats eussent été faits à des prix plus favorables que ceux faits à Cuba, le résultat ne fut pas plus avantageux.
- Nous estimons la mélasse prise par le raffinage des cinq ports, Portland, Boston, New-York, Philadelphie et Baltimore, à 21 5,ooo tonnes à 3 livres 1/2 par gallon : c’est un rendement de hti,65o tonnes contre 210,000 tonnes en 1874, ayant donné un rendement de h3,600 tonnes.
- A l’égard de la récolte du sucre d’érable (Maple sugar), on 11e peut définir rien de certain, pour des raisons qui sont évidentes. Ces sucres étant consommés dans le pays, les estimations sont comme d’habitude assez larges, mais d’après les meilleures informations que nous ayons pu obtenir, nous croyons que la dernière récolte a été plus faible que celle de 187/1, et nous l’estimons à 1/1,000 tonnes environ.
- La fabrication du sucre de betteraves augmente doucement, si toutefois elle augmente, et se trouve encore confinée en Californie. Notre correspondant de San-Francisco nous avise que les sécheresses de la dernière saison ont été très-défavorables 5 la culture de la betterave et que les deux établissements qui travaillent cette plante produiront tout au plus 3oo tonnes.
- La récolte du sorgho a été exceptionnellement abondante, mais néanmoins peu de sucre a été fait avec le jus de cette plante, sa culture étant presque exclusivement faite en vue de la fabrication dés sirops.
- La récolte de la Louisiane en 1 87/1—1 H7 5 a été plus consi-
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- durable que celle de l’année précédente. [Nous voyons d’après la précieuse compilation-annuelle de M. L. Bouchereau, de la iNou-velle-Orléans, que la production pour la dernière récolte a été de 11 6,867 hogsheads contre 89,498 hogsheads en 1873-187/1 ; la récolte prochaine promet encore de meilleurs résultats, les estimations flottant entre i5o,ooo et 1 65,000 hogsheads. Si ces prévisions se réalisent, il y aurait une demande moins grande pour les ports atlantiques, depuis la région du Mississipi.
- La consommation du sucre brut a été plus faible dans les Etats du Pacifique en 1875 qu’en 1874; nous sommes redevables à MM. Williams Blanchard et C,e, de San-Francisco, du tableau suivant.
- ÉTAT DES IMPORTATIONS DE SUCRE BRUT À SAN-FRANCISCO PENDANT LES ANNEES 1 87 A ET 1875, ET CONSOMMATION.
- Provenance. 1874. 1875.
- Iles Philippines 34,5io,7(jo livr. 2 6,2 44,080 livr
- Indes orientales 2,063,986 837,072
- Chine 16,342,791 6,175,552
- Iles Hawaï 13,577,522 • 17,912,904
- Amérique centrale 5,o4i,2i8 3,io4
- Pérou 1,097,343 12,455
- Total . 72,633,65o 51,185,4 73
- Stocks aux ier janvier.. 9,670,000 i5,000,000
- Totai 82,3o3,65o 66,185,473
- Stocks aux 3i décembre. 15,000,000 5,687,822
- Consommation. . . 67,3o3,65o 60,497,651
- La diminution de la consommation pendant Tannée 1870 a été plutôt apparente que réelle; cela tient à ce que nos raffineurs avaient fait des marchés avec les planteurs Hawaïens et que presque tout le sucre reçu de ces îles pendant la dernière moitié de l’année est entré dans les raffineries et a rendu rare le sucre d’épicerie (cassonade).
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- La demaïuie de lu consommation a cependant été librement fournie par les raffineries de New-York, qui ont exporté leurs raffinés et livré leurs vergeoises blondes à la consommation. Le haut prix de l’or pendant les mois d’automne a favorisé les transactions des importateurs.
- D’après les renseignements puisés à des sources si diverses, nous donnons ci-dessous le tableau de la consommation approximative du sucre aux Etats-Unis.
- Tonnes.
- Sucre de canne, consommé Liais de l’Atlantique. . . 685,352
- Sucre de canne, consommé Etals et Territoires du
- Pacifique....................................... 27,500
- Sucre provenant des mélasses............................ 44,65o
- Sucre d’érable (maple sugar)............................ i4,ooo
- Sucre de betteraves, sorgho, etc......................... i,5oo
- Totai......................... 773,002
- Consommation en 187/1...,............ 801,015
- Différence en moins en 1875.......... 28,013
- (Soit 3 1/2 p. 100.)
- Dirigeant maintenant notre attention plus particulièrement sur notre port, nous trouvons que nous n’avons pas maintenu, l’année passée, la longue avance que nous avions conquise dans cette course commerciale en 187/1.
- Les importations à New-York étant de 62 3/8 p. 0/0 de l’importation totale des Etats-Unis en 1875, tandis qu’en 187/1 notre port comptait G6 p. 0/0, Philadelphie, Baltimore, la Nouvelle-Orléans et les ports du Sud ont également importé moins, tandis que Boston, Portland et les autres ports de l’Est ont eu une importation plus grande cette année qu’en 187 A.
- Les tableaux ci-annexés montrent que les arrivages de sucre. indigène et étranger ont été de A23,273 tonnes en 1 875 contre A3(),358 tonnes en 187/1, tandis que les envois à la consomma-
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- —24 ).ç-j—
- tion, et pour suppléer aux besoins des villes voisines, ont été de ^05,398 tonnes contre 433,155 tonnes en 1874, soit une diminution de 37,817 tonnes ou 6 5/8 p. 0/0, laissant néanmoins le stock dans une situation favorable, puisqu’il était de 1 8,644 tonnes au 31 décembre 1875 contre 3 0,10 3 tonnes au 31 décembre 1874.
- Les exportations de sucre raffiné de ce port ont été de 21,594 tonnes en 1875.
- Malgré une récolte plus considérable en 1875, les arrivages de Cuba furent plus faibles que ceux de l’année précédente. Ceux de Demerara furent moitié plus faibles en 1875.. L’importation des Barbades et des lies Françaises fut également moins considérable, et les cargaisons venant des ports de l’Europe n’eurent pas non plus l’importance de l’année précédente, nos raffineurs n’ayant importé qu’une très-petite quantité de sucre de betteraves.
- D’un autre côté, les arrivages de Porto-Rico furent plus importants en 1875; ceux de Sainte-Croix furent doublés; il y eut également une plus grande importation de sucre de la Trinité, des autres îles anglaises, du Mexique, du Brésil, des îles Philippines et de Java.
- Le montant des droits de douane pour les sucres importés par le port de New-York s’est élevé, en 1875, à la somme de 41,539,196 dollars en or, environ 208 millions de francs.
- TABLEAU DES ENTREES I)E SUCRE DANS l.lî PORT DE NEW-YORK DEPUIS 2 4 ANS.
- Annéea.
- i85a î 853
- 1854
- 1855
- 1856
- 1857
- 1858
- 1859
- 1860
- 1861
- Tonnes.
- 1 4 4,4 3 9 15o,g8o 148,028 159,326 171,616 i47,8io 185,801 190,135 213,37 5 183,855
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- Années.
- 1862 . .
- 1863 ..
- 1864..
- 1865..
- 1866 ..
- 1867 . . 1868. .
- 1869 . .
- 1870 . .
- 1871
- 1872 . ,
- 1873 . . 187/1.. 1875 .
- Tonnes.
- 219,330 1 95,l63 142,047 2i3,568 227,134 220,437 24o,555 254,579
- 267.265 393,785 331,025 356,i 10
- 435.265 426,932
- Les cours du marché n’ont pas eu de grandes lluctuations en 1876, l’écart entre les prix extrêmes n’a pas dépassé î/a cent par livre (c’est-à-dire environ 5 francs par 100 kilogrammes).
- Malgré une augmentation de 2 5 p. 0/0 sur le prix des droits à l’importation appliquée au commencement de l’année, le prix moyen des principales marques de consommation a été plus bas en 187b que pendant le cours de l’année précédente.
- DIFFÉRENCE DES PRIX MOYENS DES SUCRES PENDANT LES ANNEES 1 87 4 ET 1876.
- Par 100 livres.
- Beaux raffinés de Cuba, plus bas en 1875, de......... 1 cent.
- Sucre du Brésil, plus bas en 1875, de................ 3
- Sucre blanc de la Havane, plus bas en 1875, de....... 23
- Mélado, plus bas en 1875, de........................ 41
- Raffinés de Porto-Rico, plus élevés en 1875, de...... 2 4
- Havane, nos 10 à 12, plus élevé en 1875 de........... 4
- Manille, plus élevé en 1875.......................... 2
- Les cours les plus élevés furent atteints en mai et les plus bas en février. Cuba, cependant, après avoir baissé en mai revint aux mêmes prix en décembre, tandis que le Brésil fut plus cher en décembre que pendant le reste de l’année.
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- En résumé, l’année que nous examinons fut pleine de désappointement et de tristesse pour les grands intérêts de l’importation et du raffinage. Le marché, pendant une partie considérable de l’année, fut surchargé de sucre cher et il fut difficile de quitter les stocks avec des chiffres sur le côté droit du tableau.
- Pour la campagne qui s’ouvre actuellement, on espère de meilleurs résultats.
- Il est utile, au commencement de la saison, d’être renseigné et de prévoir avec exactitude la récolte des îles des Indes occidentales.
- Mais on ne peut malheureusement faire que des conjectures à ce sujet. Nous avons, néanmoins, consulté les meilleures autorités et nous résumons les informations qui nous sont parvenues.
- Les renseignements sur Cuba sont un peu contradictoires : ainsi de quelques parties de l’île on nous avise que le manque de pluie au moment où elle est nécessaire à la canne, amènera un déficit dans la récolte, tandis que dans d’autres localités on compte sur une bonne récolte moyenne; des avis particuliers rapportent que ces jours derniers les bandes insurgées ont détruit une grande plantation dans les lignes espagnoles.
- Enfin les estimations générales sont qu’il y aura un déficit de 10 à 12 p. o/o sur la récolte de 1875.
- Tonnes.
- / de 1875 a été de............ 690,000
- de 1874 a été de............ 645,000
- de 1873 a été de............. 716,000
- de 1872 a été de ............. 63o,8oo
- A Porto-Rico, on s’attend à une récolte moyenne, celle de 1875 a été de 75,000 tonnes contre 72,000 tonnes en 187/1.
- Des petites Antilles, les renseignements sont défavorables; la Jamaïque et Sainte-Croix prévoient une récolte moyenne. La Martinique et la Guadeloupe ont fait, en 187b, une récolte sans précédent: le rendement pour ces fieux îles a été de 1 qo.ooo ballots
- La récolte
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- de 5ou kilogrammes chacun, mais par suite du mauvais temps el de la sécheresse qui règne cette année pendant la période critique de la canne, la récolte future sera considérablement réduite.
- De. Trinitad on nous écrit : «Une saison continuelle de temps sec a empêché la culture de la canne, une récolte réduite est prévue.»
- Barbade nous avise : «Le grand manque de pluie dans la saison convenable a nui à la canne et aura pour effet un abaissement du rendement de la récolte. »
- Saint-Vincent rapporte : «Avec un temps très-défavorable pour la récolte en terre, le rendement sera faible. 55 Les renseignements que nous recevons d’Antigua sont les mêmes.
- Les avis de la Guyane anglaise sont défavorables. Les lettres de Demerara, au contraire, établissent que les pluies ayant été considérables au moment où la canne en avait besoin, la récolte présente une bonne apparence.
- En 187/1-1876, le Brésil a fait une belle récolte évaluée à a 00,000 tonnes environ ; on prévoit que la récolte qui pousse sera un peu moindre. Pernambouc exportera à peu près la même quantité que l’année dernière; mais Bahia éprouvera un déficit que l’on évalue à environ 10,000 à 12,000 tonnes. Les ports au sud de Pernambouc auront également un déficit d’environ i5,ooo tonnes cette année.
- En allant maintenant dans les eaux asiatiques, nous trouvons que Java et ses dépendances nous promettent une récolte encore plus faible que celle de l’année dernière, qui était pourtant très-réduite. Mais les îles Philippines espèrent une récolte moyenne; le broyage y commence de bonne heure, en décembre. Les exportations de ces îles, du 1"' janvier au 3i décembre 1876, ont été de 1 io,235 tonnes, dont 39,/i3/i tonnes à destination des Etats-Unis, contre 89,979 tonnes et 32,51 à tonnes pendant l’année 187/1
- Des autres contrées productrices de la canne, il ne nous reste
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- à noter que les îles de Maurice et de la Réunion, dont les récoltes ont plutôt une signification européenne qu’américaine. A Maurice, on espère une récolte de 100,000 tonnes contre 83,ooo tonnes l’année dernière; à la Réunion, 3ô,ooo à 35,000 tonnes contre 31,000 tonnes en 187/1-1875.
- D’après les autorités les plus compétentes, la production du sucre de betteraves, en Europe, sera plus considérable pendant la campagne 1875-1876 que pendant la campagne 187/1-1875, qui a été de i,o5ô,o55 tonnes contre 1,110,166 tonnes en 187 3—187/1. On estime que la récolte actuelle atteindra le chiffre de i,2o5,ooo tonnes.
- Si ces attentes se remplissent, ce sera une augmentation de i5o,ooo tonnes sur la dernière saison et de 62,000 tonnes sur toutes les saisons précédentes.
- Le stock de tous les ports d’Europe, en sucre de canne et de betteraves, au icrdécembre 1876, était de 36o,836 tonnes contre 335,192 tonnes en 187 k et 3 7 h,5 7 9 tonnes en 1873, à la meme époque.
- Les déductions que l’on peut tirer des investigations qui précèdent semblent indiquer que, tandis que les pays producteurs de sucre de canne ne fourniront, pendant la campagne 1876, qu’une récolte moyenne et même faible, la récolte du sucre de betteraves en Europe (un facteur important dans la somme de production du monde) sera assez considérable pour compenser la petite différence qui pourra se trouver dans la production du sucre de canne cette année et, sans des complications politiques étrangères, les industries des deux hémisphères étant encore dans une position gênée et à moitié abattue, il n’est pas probable que le prix du sucre sur les marchés des Etats-Unis soit plus élevé en 1876 qu’en 1878.
- Dans le tableau suivant, nous donnons les prix en papier-monnaie (currency) des différentes qualités de sucre à New-York, pendant les quatre dernières années.
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- PRIX DES DIFFERENTES QUALITES DE SUCRE EN PAPIER-MONNAIE À NEW-YORK DEPUIS QUATRE ANS.
- (Le prix indique le coût de la livre américaine.)
- Année 1875.
- MOIS. CUBA. PORTO-RICO. 41 . HAVANE BLANC. HAVANE ROUX. MANILLE. BRÉSIL. MÉLADO.
- Cents la livre. Cents la livre. Cents la livre. Cents la livre. Cents la livre. Cents la livre. Cents la livre. |
- 1 Janvier 8 à 8 1/2 7 i/4 à 8 1/3 9 1/3 à 10 1/3 8 i/4 à 8 3/4 7 3/8 à 8 71/a 4 8 1/8 4 i/a 4 6 i/4 g
- S Février 7 i/a à 8 6 7/8 à 8 1/8 9 3/8 à 10 i/4 73/4 à 8 1/3 6 7/8 à 7 5/8 7 t/8 4 7 7/8 4 i/4 4 6 3/4 g
- I Mars ’. ... 7 5/8 à 8 7 à 8 1/8 9 î/a à 10 3/8 7 7/8 à 8 i/a 71/8 à 7 5/8 '71/447 7/8 4 1 /a 4 6 3/4 8
- ! Avril 7 7/8 à 8 5/i6 7 i/4 à 8 3/8 10 à 10 3/8 8 1/8 à 8 3/4 7 3/8 à 8 71/3481/8 • 4 î/a 4 6 3/4 g
- g Mai 8 à 8 i/a 7 î/a à 8 5/8 10 î/a à 10 3/4 8 1/8 à 8 7/8 7 3/8 à 8 î/a 7 5/8 4 8 3/8 4 3/4 4 6 7/8 I
- B Juin 7 7/8 à 8 3/8 7 1/a à 8 3/8 10 1/8 à 10 3/8 8 1/8 à 8 3/4 7 3/8 à 8 7 5/8 4 8 i/4 4 1/8 4 6 7/8 1
- g Juillet 7 13/i6 à 8 i/4 7 î/a à 8 i/4 10 1/8 à 10 î/a 8 1/8 à 8 5/8 7 i/4 à 7 7/8 7 3/4 4 8 i/4 4 4 6 1/3 1
- g Août 8 à 8 3/8 7 î/a à 8 1/3 10 1/8 à 10 1/3 8 1/8 à 8 5/8 71/447 3/4 7 3/4 4 8 i/4 4 è 6 î/a 1
- 1 Septembre 7 3/4 à 8 i/4 7 i/4 à 8 i/4 10 à 10 3/8 8 à 8 î/a 7 à 7 5/8 71/a 4 8 1/8 3 î/a 4 6 g
- B Octobre . 7 3/4 à 8 1/8 7 i/4 à 8 1/8 10 à 10 3/8 7 7/8 à 8 1/3 6 7/8 à 7 5/8 7 3/8 4 8 3 1/3 4 6 i/4 g
- B Novembre 7 3/4 â 8 i/4 7 i/4 à 8 i/4 10 à 10 i/4 7 7/8 à 8 i/a 6 7/8 à 7 3/4 7 3/8 4 8 1/8 3-î/a 4 6 3/8 [
- g Décembre 8 à 8 1/3 7 t/4 à 8 î/a 10 à 10 3/4 ! 8 à 8 3/4 7i/4à8 7 î/a 4 8 î/a 4 î/a 4 6 1/3 4 !
- Moyenne de l’an- 1
- née 7,97 cents. 7,81 cents. 10,19 cents. 8,33 cents. 7?5o cents. 7,83 cents. 5,35 cents, g
- «•( 66 )<*
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- PRIX DES DIFFÉRENTES QUALITES DE SUCRE EN PAPIER-MONNAIE A NEW-YORK DEPUIS QUATRE ANS.
- (Le prix indique le coût de la livre américaine.)
- ÀRKÈE 1874.
- MOIS. CODA. PORTO-RICO. HAVANE BLANC. HAVANE ROUX. 1 1 MANILLE. ! BRÉSIL. ! MÉLADO. I t
- T Cents la livre. Cents la livre. Cents la livre. j Cents la livre. ! Cents la livre. I | Cents ta livre. i Cents la livre.
- Janvier 7 1/2 à 8 61/2 4 8 95/84101/4 7 1/2 4 8 3/8 6 3/4 471/2 71/4 4 8 4 1/4 4 5 3/4
- Février 7 1/2 à 8 1/8 61/2481/2 9 7/8 410 3/4 7 5/8 4 8 1/2 67/847 5/8 7l/4 4 8 l/8 4 1/4 4 5 7/8
- Mars 7 3/8 à 7 3/4 61/847 3/4 9 3/4 4 10 1/8 7 i/4 4 8 1/8 6 3/4 4 7 3/8 7 47 3/4 4 3/4 4 6 1/8
- Avril | 73/847 3/4 61/2 47 3/4 9 3/4 410 71/248 i/4 6 3/A 47 1/2 7 47 3/4 5 4 6 i/4
- Mai ! 7 5/8 à 8 6 5/8 4 8 io 1/8 4 10 5/8 ! 77/848 3/8 7 475/8 7 3/8 4 8 5 4 6 3/8
- Juin 7 3/4 à 8 1/8 6 3/4 4 8 1/8 i 10 i/4 4 10 3/4 8 4 8 5/8 71/847 3/4 71/2 4 8 3/4 5 i/4 4 6 5/8
- Juillet j 7 3/4 à 8 t/8 7 4 8 1/8 10 1/8 4 10 3/4 8 4 8 5/8 7 i/8 4 7 3/4 7i/4 4 8 3/4 5 1/2 4 6 5/8
- Août j 77/848 t/4 7i/8 4 8 3/8 j 10 1 /4 4 10 7/8 1 8 1/8 4 8 3/4 71/448 7 3/8 4 8 i/4 5 1/2 4 6 3/4
- Septembre i 8 1/8 4 8 3/4 ^3 OO O OO 101/2 à 11 i/4 8 3/8 4 9 1/8 7 5/8 à 8 3/8 ! 7 5/8 4 8 3/4 5 5/8 4 7
- i Octobre 8 1/2 4 8 3/4 7 5/8 4 8 7/8 io 3/4 4 11 i/4 8 5/8 491/8 7 7/8 4 8 3/8 ! 1 8 4 8 3/4 5 3/4 4 7
- Novembre 1 77/848 5/8 7i/8 4 8 i/4 10 4 11 1 jh 8 1/8 4 9 71/4481/8 j 7 5/8 481/2 5 '4 6 3/4
- Décembre 8 4 8 3/8 | 7 à 8 î/a j ! 9 1/2 a t ! 8 i/4 4 8 3/4 | 7 3/8 4 7 7/8 | ! 71/248 3/8 1 4 1/2 4 6 3/8- i
- Moyenne de l'année i I i i i 7,98 cents. ! 7,57 cents. i j io,42 cents. 1 i f | ! j 8,29 cents. i 1 ! ! 1 : i j 7,68 cents, i | j ! 1 ! i i 1 i 7,85 cents. 1 :. ! 5,76 cents. * i f
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- PRIX DES DIFFÉRENTES QUALITES DE SUCRE EN PAPIER-MONNAIE A NEW-YORK DEPUIS QUATRE ANS.
- (Le prix indique le coût de la livre américaine.)
- Année 1873.
- i MOIS. CUBA. PORTO-RICO. . HAVANE BLANC. HAVANE ROUX. 1 i MANILLE. 1 BRÉSIL. MÉLADO.
- Cents îa livre. Cents la livre. Cents la livre. i Cents la livre. Cents la livre. j Cents îa livre, j Cents la livre.
- Janvier 9 à 9 t/4 8 à 9 j/4 11 à 12 9 i/4 à 9 3/4 7 3/4 à 8 1/2 8 l/4 à 9 1/2 5 à 6 3/4
- Février ! 8 i /a à g i /8 7 »/a à 9 ‘/8 11 à 11 3/4 87/839 1/2 7 1/2 à 8 1/2 8 à9 5 à 6 3/4
- Mars 8 à 8 8/8 7 à 8 5/8 10 i/4 à 11 i/4 8 1/2 à 9 i/4 7 3/8 à 8 i/4 7 3/4 à 8 5/8 4 3/4 à 7
- Avril : 7 1/2 à 8 5/8 6 1/2 à 8 5/8 10 à 10 3/4 7 3/4 à 9 6 3/4 à 8 7 i/4 à 8 i/4 4 1/2 à 6 5/8
- Mai 1 7 3/4 à 8 1/8 6 3/4 à 8 i/4 9 7/8 à 10 5/8 8 à 8 1/2 7 à 7 3/4 7 à 8 1/8 4 1/2 à 6
- Juin ! t 78/4 à 8 1 /8 6 3/4 à 8 i/4 9 3/4 à 10 3/8 8 à 8 5/8 7 à 7 3/4 7 à 8 4 1/2 à 6
- Juillet ! | 7 5/8 à 8 1/8 6 3/4 à 8 1/4 9 3/4 à 10 1/2 7 7/8 à 8 5/8 7 873/4 7 à 8 4,1/2 à 6
- Août j 7 7/8 à 8 3/8 7 à 8 3/8 10 à 10 3/4 8i/4 à 8 7/8 7 t/4 à 8 7 1/2 à 8 3/8 4 1/a à 6 i/4
- Septembre > 7 7/8 à 8 3/8 7 à 8 i/4 10 1/8 à 10 3/4 8 i/4 à 8 7/8 7 3/8 à 8 71/2 à 8 3/8 4 3/4 à 6 t/4
- Octobre j 7 i/4 à 8 1/8 6 3/8 à 8 1/8 9 3/4 à 10 5/8 7 1/2 à 8 5/8 6 3/4 à 7 3/8 6 1/2 à 8 1/8 4 3/8 à 6 t/4
- Novembre 6 5/8 à 7 5/8 5 7/8 à 7 5/8 9 à 10 7 à 8 6 t/4 à 7 1/2 6 t/4 à 8 t/4 4 à 5 1/2
- Décembre i 1 7 * à 7 7/8 i 6 i/4 à 8 7/8 9 1/2 à 10 i/4 7 1/2 à 8 i/4 6 t/2 à 7 7/8 6 3/4 à 7 7/8 4 t/4 à 5 t/2
- Moyenne de l’an- 1 •
- née 8,05 cents. 7,63 cents. io,38 cents. 8,44 cents. 7,05 cents. 7,80 cents. 5,72 cents.
- 1
- v i
- i
- Ctt
- i
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-
-
-
- PRIX DES DIFFÉRENTES QUALITES DE SUCRE EN PAPIER-MONNAIE À NEW-YORK DEPUIS QUATRE ANS.
- (Le prix indique ie coût de la livre américaine.)
- Année 1872.
- MOIS. : CUBA. PORTO-RICO. HAVANE BLANC. HAVANE ROUX. MANILLE. BRÉSIL MÉLADO. I
- Cents la livre. Cents la livre. Cents la livre. Cents la livre. Cents la livre. Cents la livre. Cents la livre.
- Janvier 9 i/a à 9 V2 8 1/8 à 91/2 113/4 4121/2 8 i/4 4 9 1/8 8 4g 8 3/8 4 9 5/8 4 1/2 à 6 1/2
- Février 9 à 9 1/2 8 491/2 113/4 4121/2 8 1/8 à g 1/8 7 i/2 4 9 8i/4 4 9 5/8 41/247
- Mars .. . 8 5/8 à 9 i/8 7 3/4à 9 i/4 115/8 4121/4 8 4 8 3/4 7 ‘1/2 4 8 1/2 8i/4 4 9 i/4 41/247
- | Avril 8 i/4 à 9 7/8 71/34 9 11 3/8 à 12 i/4 7 3/4 à 8 3/4 7 3/8 4 8 1/2 8i/4 4 9 1/8 4 1/2 4 6 3/4
- Mai 8 1/3 à 9 1/8 7 5/8 4 9 i/4 11 5/8 4 12 3/8 8 49 7 3/4 481/2 8 4 9 i/4 A’i/a 4 7
- Juin 8 5/8 à 9 7 3/4 à 91/8 11 3/4 4 12 i/4 8 1/8 4 8 7/8 7 3/4 4 8 i/2 8 3/8 4 9 i/4 * 4 3/4 4 7
- Juillet 8 3/8 à 9 7 i/a à 91/8 ‘ ni/4 4 12 3/8 8 4 8 7/8 71/2481/2 7 3/4 4 9 i/4 4 1/2 4 7 8
- Août 8 1/2 à 9 7 5/8 4 91/8 11 i/4 à 12 3/8 8 4 8 7/8 7 5/8 4 8 3/8 7 i/8 4 9 i/4 4 1/2 4 6 3/4 S
- Septembre 8 5/8 à 9 i/4 7 5/8 4 .9 3/8 Il l/4 4l2 1/2 8 1/8 4 9 1/8 7 5/8 4 8 5/8 71/24 9 3/8 4 1/2 4 6 3/4 B
- Octobre 8 7/8 à 9 5/8 7 7/8 4 9 5/8 11 1/2 4 12 5/8 8 3/8 4gi/4 7 7/8 4 8 3/4 7 3/4 4 91/2 4 1/246 3/4 1
- Novembre 9 1/2 à 10 8 1/2 à 10 1/8 n3/4 4 i3 8 3/4 4 9 3/4 8 i/4 à 9 3/8 8i/4 4 10 i/4 5 47 1-/4 !
- Décembre 9 à 9 3/4 8 49 3/4 11 4 12 1 /a i 81/4491/2 73/449 1/2 ! 8 i/4 4 1.0 i/4 5 47 I
- Moyenne de l’an-
- née 9,03 cents. 8,61 cents. 11,97 cents. 8,61 cents. 8,22 cents. 8,32 cents. 5,75 cents. 8
- 1
- OC
- A
- p.32 - vue 32/38
-
-
-
- 33 )< i --
- LISTE
- DES PRINCIPALES RAFFINERIES DES ÉTATS-UNIS.
- Les principales raffineries des États-Unis sont établies à Philadelphie, New-York et Boston; voici les adresses que nous avons pu nous procurer.
- MlVI. Durand and C°.
- Havemeyer and Eider, à New-York.
- Havemeyer and Eartwick, à New-York.
- Havemeyer Brothers and G", à New-York.
- Moller and Sierck, à New-York.
- Wintjens and Harms, à New-York.
- Donner and de Castro, à New-York.
- Dick and Meyers, à New-York.
- Booth and Edgar, à New-York.
- Mathiezen et Wiechers, à New-York.
- New-York Steam Sugar Refmery, à New-York.
- Hudson River Sugar Retinery, à New-York.
- Globe Sugar Retinery, à New-York.
- Fulton Sugar Retinery, à New-York.
- Atlantic Sugar Refmery, à New-York.
- North River Sugar Retinery, à New-York.
- Standard Sugar Retinery, à Boston.
- Revere Sugar Refmery, à Boston.
- Continental Sugar Retinery, à Boston.
- Harisson, Havemeyeri and G°, à Philadelphie.
- p.33 - vue 33/38
-
-
-
- PROVENANCES DES SUCRES BRUTS ENTRES DANS
- LE PORT DE NEW-YORK EN 1876 ET 187/I.
- PROVENANCES.
- Cuba..........................................
- Porto-Rico....................................
- Demerara......................................
- Barbades.....................................
- Sainte-Croix..................................
- Martinique et Guadeloupe......................
- Trinitad, Jamaïque et lies anglaises des Antilles
- Mexique.......................................
- Brésil........................................
- Manille et Philippines..'.....................
- Java..........................................
- îles des Tndes orientales.....................
- Ports d’Europe...............................
- 1875.
- QUANTITÉS.
- Tonnes.
- 981,816
- 19,717
- 3,955
- A, 909
- 1,756
- 1/1,6/19
- 3,679
- 3,89/1
- 19,708
- 31,898
- i3,473
- 93A
- 9,663
- Mélado
- Texas.................................
- Louisiane.............................
- Autres ports intérieurs...............
- Total des réceptions, Stock au ier janvier 1875....
- 394,567
- 18,834
- Ai3,4oi
- 167
- 3,568
- 6,137
- 493,973
- 3o,io3
- Total génébal............
- A déduire l’exportation au Canada
- 453,376
- 7,798
- Reste...........................
- A déduire le stock au 1" janvier 1876...
- Total de la consommation en 1876
- 445,578
- 18,646
- 496,939
- PROVENANCES.
- Cuba.........................................
- Porto-Rico...................................
- Demerara.....................................
- Barbades.....................................
- Sainte-Croix.................................
- Martinique et Guadeloupe.....................
- Trinitad, Jamaïque et Iles anglaises des Antilles
- Mexique......................................
- Brésil.......................................
- Manille et Philippines.......................
- Java.........................................
- îles des Indes’orientales....................
- Ports d’Europe...............................
- Mélado
- Texas.... .........................................
- La Louisiane.......................................
- Ports de l’intérieur...............................
- Total des réceptions..............
- Stock au 1" janvier 1874...................
- Total gékl'bal....................
- A déduire l’exportation au Canada..........
- Reste.............................
- Reste au stock au 1" janvier 1875..........
- Total de la consommation en 187/1
- 1874.
- QUANTITÉS.
- Tonnes.
- 3o5,709 n,o53 6,545 5,079 839 19.654 i,q63 889 18,oo3 16,689 9,808 1,696 17,511
- 415,354 15,961
- A3i,3i5
- 196
- 1,689
- 6,935
- ?i3g,358
- 35,399
- 474,687
- 9-3i9
- 465,368
- 3o,io3
- 435,965
- *876......................................................................... 4a6,939 tonnes.
- 1874......................................................................... 435,965
- Différence en moins en 1876........................... 8,333
- p.dbl.34 - vue 34/38
-
-
-
- ENTRÉES DE SUCRES BRUTS
- AUX ÉTATS-UNIS EN 1 87 5 ET 1 8 7 A.
- LIEUX DE RÉCEPTION. 1857 QUANTITÉS. j : LIEUX DE RÉCEPTION. i 1874. QUANTITÉS.
- Tonnes. ! !
- New-York 4l3,4oi . • Tonnes.
- i i 0 New-York Zi3l,3i5
- Portland et autres ports de l’Est 19,182 6Q,ft7ü
- Philadelphie 34,3o6 Philadelphie 38,854
- Baltimore 63,43o
- New-Orléans l8,22 1 Baltimore 70,201
- ) ,27/1 New-Orléans 27,1/11
- ! Autres ports 15,6o6
- Total des entrées 062,672
- A ajouter le stock au icr janvier 1875 5o,i33
- 652,696
- Stockau 1" janvier 187/1 dans les ports 71,461
- Total général : 712,865
- A déduire les sucres exportés pour le Canada ou en transit pour cette des-
- tination 1/1,669
- Total générai 724,0/17
- A déduire les sucres exportés au Canada i2,o45
- 698,236
- A déduire le stock au i"1 janvier 1876 46,81/1
- 712,002
- A déduire le stock au 1" janvier 1876 5o,i33
- Total de la consommation en 1876 65i,422
- A déduire les sucres raffinés exportés au Canada. 29,670
- Total de la consommation en 187/1 661,869
- 621,862
- Consommation eu 1876 692,726
- Consommation en 1874 661,869
- «
- Diminution en 1876 4 0,017 Anom^ntnfinn- on iRrh 69,14 4
- p.dbl.36 - vue 35/38
-
-
-
- - 38 )*C 1---
- DROITS À L’IMPORTATION DANS LES PRINCIPAUX PAYS D’EUROPE ET I) AMERIQUE, SUR LES SUCRES BRUTS ET RAKEINI5S.
- UNIT É S UNITÉS
- ÉTRANGÈRES. FRANÇAISES.
- DÉSIGNATION. —n.
- Bases. Droits. Bases. Droits.
- ANGLETER HE.
- „ ( brut Il oxem pi. Il //
- 1 raliine h exempt. II a
- ! ALLEMAGNE.
- tlialers.
- ( brut f|uinlal. h OO iook 3of 00e
- ( raffiné de toute sorte quintal. 5 oo 100 37 5o
- AUTRICHE.
- n. 1< r.
- | brut cassonade pour les raffineries... . quintal. 6 3o 1 00 3i 5o
- Sucre < brut cassonade, autre quintal. 9 Æo 1 00 /17 2.5
- ( raffiné quintal. i l! 15 1 00 (if) 75
- RELGIQCE.
- ' raffiné 1 00k n 1 00 //
- 4 raffiné candi 1 00 5 h i o 1 00 5 b 70
- Sucre / raffiné en pains 1 00 5i i3 I 00 51 i3
- I brut au-dessus du n" i 8 1 00 5i i3 100 51 13
- brut au-dessous du n" 18 1 00 exempt. 1 0 0 exempt.
- ESPAGNE.
- pes. c.
- „ ( brut iook a3 (55 1 0 0 a,5r 5i°
- Sucre 1 _
- ( raffine 1 00 3a a5 1 0 0 3/1 83
- GRÈCE.
- <1. lept.
- _ L en pains ou en poudre Sucre ’ _ ocquo. // 2 5 1 0 0 17 58
- ( non raffine ; ocqup. // 15 1 0 0 10 513
- | ITALIE.
- i brut 1 ook 20* 8oc 1 00 2 0 80
- Sucre l
- ! raffiné 1 I 00 28 85 1 00 a 8 8 D
- p.38 - vue 36/38
-
-
-
- DÉSIGNATION.
- SUÈDE ET NORWÉGE.
- en pains candis lumps. .
- Sucre { blanc.........
- jaune ou brun.
- Nota. — Est réputé sucre blanc tout sucre plus clair que le type transmis aux bureaux de la Douane par le département de la Douane et qui se rapproche le plus du type d’Amsterdam n" 8.
- PAYS-BAS.
- Les sucres ne payent pas de droits de douane, mais ils sont passibles de droits d’accise fixés comme suit :
- Sucre raffiné et sucre assimilé au raffiné mêlés, lumps, sucres cassés, pilés en poudre ou passés à la turbine, au-dessus du n° ao Java. . .
- Candis
- Sucre
- brut.
- iroclasse, de i8 à i5...............
- ac classe, de 14 à 10...............
- 3° classe, de 9 à 7.................
- 4e classe, au-dessous de 7..........
- Classe exceptionnelle au-dessus de la 1"', de 19 à 20.....................
- Sucres bâtards et vergeoises, même division que pour les sucres bruts....................
- Mélado. — Cette dénomination comprend tous les sucres, sirops et mélasses bruts, qui renferment plus de 10 p. 100 de sucre par les concrets principalement composés de trains de sucre, ou qui à l’état liquide contiennent plus de 5o p. 0/0 de matière saccharine.. .
- UNITES UNITES
- ÉTRANGÈRES. FRANÇAISES.
- ——
- Bases. Droits, Bases. Droits.
- sp. sk.
- livre. // SJ 1 ook 5if 00e
- livre. " 5 1 1 00 5i 00
- livre. " à i 1 00 39 9°
- !?• c-
- 1 oo' 27 00 100 57 2/1
- 100 28 89 100 (5i 25
- 100 25 38 100 53 80
- 1 00 a3 76 1 00 5o 37
- 100 21 60 100 /i5 79
- 1 00 18 09 1 00 38 35
- 100 2 5 92 1 00 5â 95
- 100 II »
- fl. c.
- 1 0 0 18 09 1 0 0 38 35 1
- p.39 - vue 37/38
-
-
-
- /|0 )•€-»------
- i! UNITÉS UNITÉS
- S! - ÉTRANGÈRES. FRANÇAISES.
- I DESIGNATION. ,— - t
- Bases. Droits. Bases. Droits.
- Glucose en masse, granule, et sucre en poudre provenant de l’amidon 1 00* tl. c. 18 0() ioo\ 38f 35e
- Nota. — Les sucres bruts et bâtards intermédiaires entre deux classes sont réputés appartenir h la classe inférieure. L’article 3 de la loi du a8 juin 1868 a réduit au taux fixé pour les sucres bruts de la irc classe l’accise sur les sucres bruts et bâtards de la classe exceptionnelle, quand ils sont déclarés pour la consommation intérieure. PORTUGAL. ( brut . . Sucre < ^ kilog. reis. , 80 kilog. 0 5o
- ( rainne . kilog. 1 9 5 kilog. 0 78
- RUSSIE. / n° 1 non raffiné, ainsi que tout sucre [ en poudre ne contenant pas de blocs 1 ou morceaux, par mer.......... poud. roubles. 3 00 1 ook 78 96
- 1 par terre poud. 9 5o 1 ook Ci o5
- Sucre < no a raflxné, mêlé, lumps et* sucre J candi en blocs, en morceaux et en f pains, par mer poud. h 5o 1 00 109 88
- \ par terre poud. h 00 1 00 97 r,7
- SUISSE. Sucre de toute espèce quintal. •) f " c 3 ;>o 100 7 00
- TURQUIE. Sne.pps val.oflic. 8 P- 7. val. offic. 8 p. %
- ÉTATS-UNIS. (Voir au cours du rapport.)
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