Rapport du jury central
TOME 1
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- & A
- EXPOSITION
- DES PRODUITS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE.
- RAPPORT
- DU JURY CENTRAL
- en mil.
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- y Je**
- EXPOSITION
- DES PRODUITS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE EN 1844.
- RAPPORT
- DU JURY CENTRAL.
- TOME PREMIER.
- Rue Racine, 28, près de l’Odéon.
- M DCCC ALIV.
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- EXPOSÉ SOMMAIRE DES FAITS
- RELATIFS
- A L’EXPOSITION DES PRODUITS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE
- EN 1844.]
- La dixième exposition de l’industrie française, ouverte le 1er mai 1844, a été close le 30, juin ; les travaux du jury se sont terminés le 25 juillet suivant; aucune autre Savait donné lieu à la réunion d’un aussi grand nombre d’exposants, et, ce nombre toujours croissant à chaque.exposition •nouvelle, une seule exceptée ,* est .devenu, dans l’intervalle de quarantersix ans, trente-six fois plus considérable qu’il n’était .d’abord.
- La première exposition remonte à 1798, elle ne compta que. . 110 exposants.
- La 2e réunit 220 exposants en 1801,
- La 3e_______ 540 . _____ 1802,
- La 4e ___1422 ... . . . 1806,
- La 58 . . . 4662 . ,.... 1819,
- La 6* . . . 1648 ....... 1823,
- La 7e . . . 1795 ....... 1827,
- La 8° . . . 2447 ...... 1834,
- La 9e . . . 3381 ...... 1839,
- La 10“ . . . 3960 ....... 1844,
- i. «
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- VI
- Depuis l’exposition de 1839, de grands progrès se sont encore réalisés en France : on pourra s’en faire une idée en lisant le discours du président et la réponse du roi. Les rapports spéciaux du jury central permettront d’apprécier dans les principales branches de la production nationale les améliorations relatives aux matières premières mises en œuvre, aux moyens nouveaux de fabrication , aux prix et qualités des produits.
- Nos manufacturiers habiles, toujours empressés de connaître les conditions de succès de leurs industries, trouveront en tête de chaque rapport des considérations générales dans lesquelles leurs véritables intérêts sont présentés en harmonie ' avec l’intérêt public ; ils ne sauraient mettre en doute les sentiments de haute bienveillance qui ont inspiré ces utiles conseils. Après ces considérations sur l’ensemble des principales industries, on lira les motifs à l’appui des décisions du jury central.
- Nous présenterons- d’abord, suivant l’ordre chronologique, les faits relatifs à.ce grand concours , le plus brillant de tous.
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- VII
- ORDONNANCE DU ROI.
- Le 3 septembre 1843.
- LOUIS-PHILIPPE, roi des Français,
- A tous présents et à venir, salut.
- Sur le rapport de notre ministre secrétaire d’État au département de l’agriculture et du commerce ;
- Vu notre ordonnance du 4 octobre 1833, qui statue que l’exposition publique des produits de l’industrie aura lieu tous les cinq ans ;
- Vu la loi du 24 juillet 1843, portant fixation du budget des dépenses de l’exercice 1844,
- Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
- ARTICLE PREMIER.
- Une exposition publique des produits de l’in-
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- dustrie française aura lieu., à Paris, en 1844, dans le grand carré des jeux des Cbamps-Élysées.
- Elle s’ouvrira le 1er mai et sera close le 30 juin suivant.
- ART. 2.
- Un jury nommé fans chaque département, par
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- le préfet déterminera les produits qui seront admis à l’exposition.
- ART. 3.
- Les frais du transport des produits, du chef-
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- ijeu de chaque département à Paris, et de Paris au chef-lieu de chaque département, seront à la charge de 'l’État.
- art. lu
- Un jury central, dont les membres seront désignés par notre ministre secrétaire d’État au département de l’agriculture et du commerce, appréciera le mérite des produits exposés, et nous nous réservons, après son rapport, de décerner, à titre de récompense, dés médailles d’or, d’argent et de bronze aux fabricants qui en auront été juges dignes;
- art. .5.
- Les jurys départementaux, en prononçant l’admission des produits présentés pour l’exposition, signaleront au Gouvernement les. industriels qui, par la fondation d’établissements ou par des inventions ou des procédés nouveaux non susceptibles d’être exposés , auraient contribué aux
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- progrès des arts et manufactures depuis l’exposition de 1839; ces industriels pourront avoir part aux récompenses.
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- ART. G.
- Notre ministre secrétaire d’État au département de l’agriculture et du commerce est chargé de l’exécution de la présente ordonnance.
- Fait au château d’Eu, le trois septembre mil huit cent quarante-trois.
- LOUIS-PHILIPPE.
- Par le Roi ;
- Le Ministre Secrétaire d’État au département de Vagriculture et du, commerce,
- L. CUNINrGRIDAINE.
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- CIRCULAIRES
- LE MINISTRE DE L’AGRICULTURE
- ET DU COMMERCE.
- PREMIÈRE CIRCULAIRE.
- Paris, le G octobre 1843.
- Monsieur le Préfet, une ordonnance royale do S septembre dernier a décidé qu’une exposition publique des produits de l’industrie nationale Unirait lieu à Paris le 1er mai 1844 ; je vous adresse ci-joint plusieurs exemplaires de cette ordonnance , et je vous prie d’y donner la plus grande publicité possible.
- C’est pour la dixième fois depuis quarante-cinq ans que la France est appelée à ces réunions solennelles dont elle a donné l’heureux exemple, et l’industrie s’y porte avec une ardeur toujours croissante. L’exposition de 1827 comptait 1,795 exposants; celle de 1834 en a eu 2,447 ; celle de 1839, 3,381. Le maintien de la tranquillité au dedans, la conservation de la paix au dehors, en favorisant le développement de toutes les forces productives du pays, ont donné de l’essor an
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- travail et garantissent à l’exposition de 1844 des résultats non moins remarquables.
- Aux termes de l’article 1er de cette ordonnance, l’exposition ouverte le 1er. mai sera close le 30 juin suivant. Cette durée de deux mois, durée ordinaire des expositions, suffit, sans épuiser la curiosité publique, pour la complète appréciation des produits exposés, et permet au jury central, ainsi que l’énonce son rapport particulier de 1839, d’apporter dans ses travaux la maturité nécessaire pour donner toute autorité à ses propositions.
- L’article 2 de la même ordonnance institue un j ury dans chaque département et délègue aux préfets le soin de le composer. Investis du droit de prononcer l’admission ou le rejet des produits présentés, chargés, en outre, de signaler les industriels qui ont contribué aux progrès des arts et manufactures, ces jurys ont à remplir une mission assez belle pour exciter l’ambition des hommes les plus recommandables de votre département, et, en même temps, assez délicate et assez difficile pour exiger de leur part aptitude et dévouement : le discernement que vous apporterez dans vos choix, et le sentiment du bien à faire et du devoir à remplir, suffiront, j’en suis convaincu , pour assurer l’un et l’autre.
- Quant à la composition de ces jurys et à leurs
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- attributions;, je .vous? adresserai séparément des instructions spéciales. .
- Pour le moment , vous avez ; Monsieur le Préfet, .à préparer, par un avertissement général, le concours^ actif de ; votre département à la prochaine exposition. , Le.Gouvernement du Roi. est fier à trop- de, titres- des progrès de l’industrie-française, pour*ne pas tenir à;honneur.de.voir le pays répondre dignement à son appel.
- Nos expositions-, d’ailleurs, ne sont pas seules ment un spectacle .plein de-grandeur et d’intérêt ; la France, en montrant aux étrangers; et en voyant ainsi-réunis dans une seule et même enceinte les* témoignages si éloquents du travail national, enseigne aux autres et apprend elle-même à connaître sa; véritable .valeur industrielle ; l’industrie, à*son. tour, puise dans cette, école d’observation ces leçons pratiques qui généralisent le progrès, et nos abricants, après avoir concouru au développement de la fortune publique, trouvent-, dans les récompenses décernées par le Roi, un noble prix de'leurs travaux et de puissants motifs d’encouragement et ; d’émulation. r
- Le jury; il y a quatre ans , se glorifiait, au nom du pays, des progrès effectués depuis la précédente exposition; qu’il,me soit permis de le prédire aujourd’hui, en devançant le jugement du
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- jury, rexposition de 1844 constatera des. progrès non moins importants, des conquêtes non moins utiles. Il vous appartient, Monsieur le Préfet', secondé par le jury que vous allez composer, de' réunir les éléments de cette nouvelle épreuve : le Gouvernement compte à cet égard sur la sollicitude que doivent vous inspirer' les intérêts et le renom du département que vous administrez.
- Recevez, Monsiéur le Préfet, l’assurance de ma-considération la plus distinguée.
- Le Ministre de Vagriculture et du commerce,
- Signé : L. CUNIN GRIDAINE.
- DEUXIÈME CIRCULAIRE,
- Paris, le 8 octobre 1843.
- Monsieur le préfet, l’article 2 de l’ordonnance royale du 3 septembre dernier, relative à l’exposition publique des produits de l’industrie qui doit avoir lieu en!844, vous charge de constituer, dans votre département, un jury spécial pour l’examen et l’admission des produits destinés à cette exposition. Il importe que vous vouliez bien vous occuper, dès ce moment, de la constitution de ce jury> Vous connaissez^ Monsieur le préfet, l’extension toujours croissante que prennent les expositions:
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- le grand intérêt qui s’attache à ces concours, puissamment secondé parle développement de l’industrie nationale, rend compte de ce progrès, que le Gouvernement du Roi constate avec bonheur, mais qui, sous un point de vue particulier, mérite toute son attention.
- Les premières expositions furent peu nombreuses: c’était le début de l’institution et, d’ailleurs, les circonstances politiques et l’état de l’industrie, à cette époque , y étaient peu favorables; les expositions de 1819 et de 1823 marquèrent avec éclat les premiers pas de la France dans la carrière que la paix venait de lui rouvrir ; celle de 1827, sous la restauration, et celles de 1834 et 1839, depuis la révolution de juillet, firent prévoir, par leur immense développement, que bientôt l’espace manquerait pour recevoir, sans distinction , les productions de toutes les industries.
- Cette prévision s’est réalisée, Monsieur le préfet; déjà, depuis quelque temps, l’opinion publique signalait la convenance de réserver les honneurs de F exposition aux produits de nos grandes industries manufacturières ; le jury de 1839, dans son rapport particulier, s’est rendu l’organe de ce vœu ; la nécessité l’impose aujourd’hui au Gouvernement : sans cette restriction, les expositions générales seraient désormais impossibles.
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- Cette observation est importante, M. le préfet, au moment où vous allez vous occuper de composer, dans votre département, le jury chargé de l’admission des produits. De la bonne composition de ce jury, de son discernement dans l’accomplissement de sa tâche, dépend le succès de la prochaine exposition. Vous devez donc vous appliquer à n’y appeler que des personnes qui, avec les connaissances spéciales nécessaires, présentent toute garantie d’aptitude et d’indépendance.
- Déjà vous avez près de vous des hommes que leurs études spéciales et leur position signalent à votre choix: l’ingénieur en chef des ponts et chaussées, l’ingénieur des mines; dans quelques arrondissements du littoral, les ingénieurs des constructions maritimes ; partout, l’architecte du département; mais vous ne perdrez pas de vue que l’industrie ne peut être mieux jugée que par ses pairs, et vous devez réserver place dans le jury pour les membres du conseil général des manufactures, pour les présidents des conseils des prud’hommes, pour les présidents et un certain nombre de délégués des chambres de commerce et des manufactures.
- Le nombre des membres du jury est nécessairement subordonné à l’importance et à la variété des industries du département : l’ordonnance
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- royale vous laisse toute latitude pour la détermi-
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- nation de ce nombre. Vous resterez également juge de la convenance de réunir ses membres en une seule commission centrale, ou de les subdiviser en sections; locales qui se chargeraient de préparer le travail dans les arrondissements..
- Le jury doit être placé sous votre présidence personnelle et sous la vice-présidence, d’un membre désigné par lui-même : le jury doit de même désigner son secrétaire,mais il sera utile que vous vouliez bien lui adjoindre un employé actif et intelligent de votre préfecture.
- Aussitôt que le jury aura été constitué, et il doit l’être avant la fin de ce mois, vous m’adresserez le. procès-verbal de ,sa constitution. Dans
- rinterelîê 5 je ildMmëÜrài dés instfuciiôSf -- 1/
- pour régler là marche de ses travaux, et il pourra entrer en fonctions dès le l;er novembre prochaink Veuillez m’accuser réception de cette circulaire et assurer son exécution.
- Recevez, Monsieur le préfet, l’assurance de ma Considération la plus distinguée.
- Le ministre de Vagriculture et du commerce,
- Signé: L. CUNIN-GRIDAINE.
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- TROISIÈME CIRCULAIRE.
- Paris, le 15 décembre 1843.
- Monsieur le préfèt, mes lettres des-6 et 8 octobre dernier vous ont fait connaître l’intention du Gouvernement de ne rien négliger pour donner a la prochaine exposition des produits de l’industrie tout l’éclat que comporte cette grande -solennité;
- Depuis cette époque, je me suis occupé de la disposition des bâtiments nécessaires pour l’exposition ; les travaux de maçonnerie, que les gelées pouvaient empêcher ou interrompre , sont achevés depuis un mois ; les autres travaux, adjugés en totalité, sont en cours d’exécution ; une superficie de près de 20,000 mètres, entièrement couverte j recevra les produits du travail national, et déjà le degré d’avancement des travaux et l’activité avec laquelle ils se- poursuivent me donnent la certitude qu’aucun obstacle n’en prolongera l’exécution au delà de l’époque fixée pour leur achèvement.
- deviens aujourd’hui, Monsieurle préfet; vousen-trêtenir de la direction à imprimer aux opérations des jurys chargés de l’admission des produits.
- Le droit de travailler est un droit garanti à tous par nos lois modernes , et le travail l’origine la plus -noble de la propriété,; chacun peut donc se
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- glorifier à juste titre de ses œuvres et prétendre à l’honneur de les exposer. Mais les jurys ne doivent pas perdre de vue que les expositions de l’industrie, comme l’indique leur titre, ont une spécialité marquée dans les limites de laquelle les admissions doivent être rigoureusement renfermées. Au début de l’institution, tous les produits purent être admis indistinctement. La France n’avait pas encore conquis parmi les peuples manufacturiers le rang que sa richesse, son intelligence et son activité lui assignent, et les expositions n’étaient encore alors, pour ainsi dire, qu’un appel au génie des arts industriels.
- Depuis,T industrie a grandi sous la protection des institutions du pays et sous l’influence de la paix et de l’ordre intérieur ; la science a éclairé sa marche; la mécanique a centuplé ses forces, et le travail national exploite aujourd’hui en grand toutes les branches de la production.
- Ce résultat, que je suis heureux de constater, commande au Gouvernement de réserver les honneurs de l’exposition aux produits qui occupent, dans la consommation, une place assez notable pour mériter véritablement l’intérêt et l’attention publique. Cette mesure contribuera à donner à cette belle et nationale institution le caractère sérieux et digne qui convient à la grandeur de la France et à l’importance de son commerce. Les
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- jurys comprendront, en outre, la nécessité de n’admettre que des objets recommandables par leur bonne fabrication.
- Si le but de nos expositions n’est pas d’offrir à la curiosité publique le vain étalage de stériles chefs-d’œuvre, il n’est pas non plus de recevoir sans choix les produits de toute nature qui peuvent être présentés : l’un et l’autre inconvénients doivent être évités avec le même soin.
- Tous les arts industriels qui fournissent aux besoins de l’homme contribuent au bien-être de la société et concourent au développement de la richesse publique ; leur utilité seule donne la mesure de leur valeur relative, et cette base est la règle la plus sûre que le jury puisse adopter pour l’appréciation des produits qui lui seront soumis.
- En effet, un produit isolé, fût-il un chef-d’œuvre de patience ou d’adresse, un modèle de richesse ou d’élégance, s’il n'a été obtenu qu’à prix de travail ou d’argent, n’a pas, par lui-même, une valeur industrielle qu’on doive particulièrement encourager ; souvent même de pareils travaux sont pour leur auteur une cause de mécompte et de ruine. Mais il n’en est pas de même d’un produit en réalité plus modeste, s’il satisfait à un besoin commun, si sa bonne fabrication en assure le bon usage, si son bas prix en généralise
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- remploi. Ce produit a une véritable valeur industrielle, et sa place est marquée à l’exposition.
- Les jurys auront donc à considérer :
- La nature des produits ;
- Leur qualité ;
- Leur valeur industrielle et commerciale.
- T. Les objets qui appartiennent à la science et aux beaux-arts doivent être écartés avec soin. Je rangerai particulièrement dans cette catégorie les objets'd’art proprement dits, les systèmes planétaires et autres, les méthodes d’enseignement, les appareils médicaux, les pièces anatomiques, etc... D’autres expositions leur sont ouvertes, et ils ont1 leurs juges dans les sociétés savantes et dans les académies des arts et des sciences.
- 11 en est de même de ces spécimens d’invention ou de perfectionnement dont les. résultats, purement théoriques, sont encore sans applications matérielles, et qui n’ont reçu aucune sanction de la pratique. Il convient d’attendre, à leur égard, que le temps les ait 'fait passer du domaine de’la science dans celui de l’industrie.
- D’un autre côté, le jury central de 1839, en signalant la convenance d’interdire aux exposants la distribution de toutes cartes, adresses et prospectus, a demandé qu’on cessât d’admettre certains objets qui, aux dernières expositions, occu-
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- paient une place considérable, et qui appartiennent plutôt à la confection qu’à la fabrique: je veux parler des vêtements, corsets, perruques, r souliers, socques,, etc. ; et,. en second lieu , des préparations alimentaires, boissons, cosmétiques, médicaments, etc. Toutefois, je dois expliquer que cette exclusion ne saurait s’appliquer,, à l’égard des substances alimentaires et des cosmétiques, qu’aux produits qui n’ont été, en dernier lieu, que l’objet d’une manipulation accessoire ou d’une simple mise en forme.
- Enfin, Monsieur le Préfet, je n’ai pas besoin de vous rappeler que les j urys départementaux ne doivent ni admettre, ni laisser expédier aucuns produits chimiques ou autres, qui seraient susceptibles de s’enflammer spontanément, soit dans le transport, soit sous la température élevée des salles de l’exposition. On ne saurait, à cet égard, déployer trop de sévérité pour prévenir les accidents.
- IL La bonne qualité des produits est une des conditions essentielles pour leur admission; mais, par là, je n’entends pas exclusivement ces qualités recherchées par les classes riches de la société , et que seules elles peuvent payer convenablement; ce n’est là qu’une exception. La qualité qu’on doit exiger est celle qui résulte de l’emploi intelligent des matières, de la régularité de la
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- fabrication, ^de ia pureté ides'formes ou des .des-
- sins ,5 de la> solidité descouleurs'ou des apprêts.* Quelques fabricants ^aurlieu d’envoyer à l’exposition* les*types*^ordinaires de leur fabrication,
- • se- croienbobligés de faire exécuter ;à. grands frais, pour <cette époque ,-des 'produits exceptionnels, des pièces d'exposition. - En* cela ils/méconnaissent le but de* d’institution, ' quim’estf’point' d’établir un concours ^ entre les* fabricants ?sur,j laaseüle
- • comparaison des ; objets Jexposés,, mais;de,, faire connaître l’état vrai des différentes branches de
- la fabrique. D’un * autre côté, en se présentant avec des- produits exécutés ien dehorsdes'.conditions normales., on.se met en contradiction avec la notoriété publique et on court la chance d’être mal classé : ce<qu’on fail le mieux, eneffet^c’est ce qu’on fait journellement,. et, .en visant .à F extraordinaire, won) perd ,1e bënéfieede sa;spé-cialité.
- III. Le jury de l’exposition de 1839 s’est.préoc-
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- cupé particulièrement, dans F appréciation! des objets exposés, de ia valeurindustrie lleiet commercialedes ^produits, il a considéré, avec, toute'raison, que de-prix* est. un dés principaux! éléments de la perfection, comme Futilité est la mesure la plus vraie de la valeur réelle des choses.
- Les jurys départementaux sont composés d’hommes trop-positifs pour-ne pas tenir le plus
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- rgrand compte ée*cette considération. iLa-réduc-dion «dans les,prix., lorsqu’elle n’jest achetée par aucune altération de la qualité, constitue , un progrèsrvéritable ; æt ce .progrèsen mettant la marchandise à la portée d’un >plus> grand inombre ;de consommateurs, est favorable au développe^ ment du travail., par -d’augmentation de production quben est la conséquence.
- Lors? des ; dernières expositions , mes prédécesseurs avaient'demandé que1 le prix de (Chaque .article fût! soigneusement indiqué. Le jury central avait vivement appuyé!cette mesure. Jevousdn-vite, Monsieur le Préfet, à Insister .particulièrement sur ce point. Sans la ^connaissance, exacte des prix, de mérite-relatif des produits et deur véritable .valeur commerciale ne peuvent être sainement appréciés, et le^jury central se trouvant, ci leur égard, sans-moyens de remplir là mission qui lui est confiée, pourrait être obligé déniés mettre hors de concours. ;
- Telles sont,, Monsieur le Préfet, les recommandations .générales que jë vous prie ide soumettre au jury constitué dans vôtre-département : placé sur les lièux ,> connaissant de longue date l’importance des établissements, la nature et la qualité -de leurs produits, il‘peut avec, sûreté .en faire l’application, ?et son témoignage, donné sans esprit.de localitécommè sansfaveur, ne^peut
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- manquer d’être, pour le jury central, un élément précieux d’appréciation. Veuillez, en outre, avertir le jury de votre département que, comprenant toute la difficulté de sa mission et voulant donner force à ses décisions et le défendre lui-même contre les influences qui pourraient entraver l’accomplissement de sa tâche, j’ai décidé que le jury central pourrait refuser l’exposition des produits qui n’auraient pas été soumis à son examen préalable, ou qui, par une cause quelconque , ne se trouveraient pas dans les conditions que je viens d’énumérer.
- A la réception de cette lettre, vous aurez, Monsieur le Préfet, à faire ouvrir, à votre préfecture et dans chaque sous préfecture de votre département, le registre d’inscription des déclarations des fabricants et industriels qui se proposent d’exposer; ces déclarations devront indiquer :
- Le nom du fabricant, la nature de son industrie , son domicile, le siège et la date de fondation de son établissement, le nombre d’ouvriers , qu’il emploie dans ses ateliers et lé nombre de ceux qu’il fait travailler en dehors, la nature'et la force de son moteur, le nombre de ses métiers, feux, fours, forges, etc.; la quantité de matières premières qu’il met en œuvre; l’importance annuelle en quantité et en valeur des produits qu’il
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- livre, soit au commerce intérieur, soit à l’exportation ; les avantages que présente l’établissement pour la localité ; les médailles ou récompenses honorifiques qu’il a pli obtenir.
- De son côté , le jury, à mesure que ces déclarations lui seront remises, constatera, autant que possible, l’exactitude des renseignements consignés dans ces déclarations , et recueillera toutes les informations nécessaires pour l’examen des produits de chaque établissement et pour la rédaction de la note qui devra en accompagner l’envoi.
- Vous savez, en outre, Monsieur le Préfet, qu’aux termes de l’article 5 de l’ordonnance royale du 3 septembre 1843, les jurys départementaux n’ont pas seulement la mission de prononcer sur l’admission des produits présentés pour l’exposition ; ils ont encore à signaler au Gouvernement les industriels qui, par la fondation d'établissements ou par des inventions ou des procédés nouveaux, non susceptibles d'être exposés, auraient contribué aux progrès des arts et manufactures depuis la dernière exposition. Les jurys, je » *
- n’en dôute pas, apprécieront toute l’importance et l’intérêt de cette partie de leur tâche , et en ne négligeant rien pour déterminer les grands établissements à prendre au prochain concours la part que leur rang leur assigne, ils seront heu-
- i. h*
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- reux de pouvoir signaler les noms des industriels,
- chefs- d’atelier ou simples ouvriers qui, par des
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- perfectionnements pratiques ou des procédés ingénieux , auraient rendu des services à l’industrie : ce sont là des titres honorables à* la recon-naissance du pays, et le Gouvernement, sur le rapport du jury central, saisira avec empressement l’occasion de mettre ces titres sous les yeux du Roi.
- Veuillez, Monsieur le Préfet, m’accuser réception de cette circulaire, et recevoir l’assurance de ma considération la plus distinguée.
- Le Ministre Secrétaire d’État de l’agriculture et du commerce 3
- . Signé: CUNIN-GRID AINE.•
- , QUATRIÈME CIRCULAIRE. ,
- 4 ‘ Paris, le 1er mars 1844.
- Monsieur le Préfet, au moment où,.les opérations du jury de votre département, chargé de l’examen des produits destinés à la prochaine exposition, touchent à leur terme, vous avez à vous occuper de leur expédition et de la rédaction des pièces qui doivent les accompagner.
- Comme aux précédentes expositions, les objets
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- expédiés doivent être détaillés dans uii bordereau indiquant?le nom et le domicile* de chaque fabricant, le nombre et la nature de ses articles,, les
- médailles et récompenses‘honorifiquesqu’il a pu déjà obtènir. ' ' rl v rr ' r
- Voustrouverez ci-joint, Monsieurle Préfet ,
- un modèle dé ce bordereau ; if ne dévra être rempli qu’au fur* et à mesure des expéditions, et il ne devra comprendre que lès produits effectivement expédiés. Ce bordereau me sera* adressé directèment, par la poste, en triple exemplaire, et de manière à ce1 qu’il me parvienne toujours avant l’arrivée-des colis.
- Un de ces exemplaires est destiné au jury central de» F Exposition; à cet exemplaire sera joint, pour chaque exposant, un - bulletin individuel' contenant les divers renseignements réclamés-par ma circulaire du 15 décembre dernier ; on y inscrira, en,outre, les observations et annotations particulières du jury*départemental, propres à faire connaître l’importance réelle des établissements et les titres des fabricants aux récompenses nationales. Ge ^témoignage, émanant d’hommes si compétents', sera pour le jury central un utile élément d’appréciation. On devra joindre au bulletin lés notes et documents quraùront pu être fournis- par chaque exposant. J’ajoute que si un fabricant présentait4en même temps des-objets
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- d’une nature complètement différente, il serait nécessaire de lui affecter un bulletin distinct pour' chaque nature de produits. ' ^
- Le second exemplaire du bordereau est destiné à l’administration centrale. Il m’est nécéssaire pour la correspondance avec lés préfectures, avec le jury central et avec l’inspecteur de l’exposition. Dans la colonne d’observations de ce bordereau seront reproduites les notes du jury départemental inscrites sur le bulletin individuel.
- Enfin, le troisième exemplaire du bordereau est indispensable pour le service de l’inspecteur ; ce bordereau 11e reproduira pas les annotations du jury, mais il devra ètrè accompagné, pour chaque exposant, d’une carte dont le modèle est, ci-joint, et qui servira pour la répartition et le classement des produits dans les différentes divisions de l’exposition. Il est bien entendu que, comme pour les bulletins individuels, il devra
- être fait autant de cartes qu’il y" aura de produits
- )
- d\me nature différente.' '
- Les produits pourront être reçus, à l’exposition à partir du 25 mars courant ; ils devront tous être arrivés avant le 15 avril prochain. Ils seront adressés à l’inspecteur de l’exposition, aux Champs-Élysées, et chaque envoi devra être accompagné d’une lettre de voiture timbrée, indiquant le nombre, les numéros, et le poids des
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- colis, la nature des objets;, ainsi que le prix du transport et la durée de la route. Il ne devra être ajouté au prix du transport aucuns frais à rembourser. Un duplicata, sur papier non timbré, de la lettre de voiture, sera joint à l’exemplaire du bordereau destiné à l’inspecteur de l’exposition. Les voituriers arriveront exclusivement par le quai de la Conférence ; la lettre de voiture devra en faire mention. Enfin la voie du roulage ordinaire ou celle de la navigation devront être exclu-
- i
- sivement adoptées. • r. ,
- Je vous rappelle d’ailleurs, Monsieur le préfet, que certains produits bruts, tels que les minerais, granits, marbres et autres objets analogues, ne doivent être envoyés que par échantillons. Je dois vous avertir en outre que le Gouvernement ne répond pas des pertes ou dommages résultant, soit pendant la route, soit dans le cours de l’exposition , des vices d’emballage, de la détérioration naturelle des produits ni des accidents ou événements- de force majeure, môme de celui d'incendie. Les exposants doivent en être expressément informés, afin qu’ils puissent faire assurer leurs produits, s’ils le jugent convenable, ou rester leur propre assureur. Toutes les précautions ont d’ailleurs été rigoureusement prises contre les risques du feu, et, à ceU égard, je vous rappelle, Monsieur le préfet, la recommanda-
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- tion que je!vous aï-faite^,1 de ne laisser'admettre aucune substance* susceptible de » s’enflammer spontanément ou par le simple choc;
- Ma circulaire du 15 décembre’demiér a-recom-
- mandé aux jurys de signalèr particulièrement à 1?attention du Gouvernement les industriels qui , par des inventions ou des procédés nouveaux, ont contribué ; depuis la dernière exposition, aux progrès des1 arts et manufactures. Leurs noms devront être inscrits, avec le rapport du jury, à la suite de ceux des exposants, sur les deux exemplaires du bordereau destinés au jury central et à mon département.
- Enfin, Monsieur le préfet; je vous* prie de
- faire remettre sous vos yeux les instructions adressées à votre préfecture les 9 octobre 1838'et 18 janvier 1839, lors de la dérnière exposition, et je vous invite à vous-y conformer avec-soin pour tout ce qui* concerne les mesures d’ordre propres à prévenir 'dans l’admission et l’expédition des produits F encombrement et la confusion.
- Veuillez, Monsieur le préfet, m’accuser-'exactement réception de la présente circulaire, et recevoir l’assurance ' dè ma considération la plus distinguée.; •
- " , ; Le ministre secrétaire'd'Etat de l'agriculture
- et du commerce
- Signé : L. CUNIN-GRIDAINE.
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- XXXI
- MEMBRES DU JURY CENTRAL
- NOMMÉS PAR L’ORDONNANCE DU ROI ET l’aRRÈTÉ MINISTÉRIEL.
- MM.
- D’Arcet, membre de l’Académie royale des sciences, du conseil de la Société d’encouragement, de la Société royale et centrale d’agriculture, du conseil de salubrité.
- Ar lès-Dufour, négociant à Lyon (Rhône).
- Barbet, député, manufacturier à Rouen (Seine-Inf. ), membre du conseil général du commerce.
- Berthier, membre de l’Académie royale des sciences, professeur à l’École royale des mines.
- Beudin, négociant.
- Blanqui, membre de l’ Académie des sciences morales et politiques, professeur au Conservatoire royal des arts et métiers.
- Brongniart, membre de l’Àcad. royale des sciences, du conseil de la Société d’encouragement, directeur de la Manufacture royale de Sèvres.
- Chevalier (Michel), conseiller d’État, membre du conseil supérieur du commerce, ingénieur en chef des mines, professeur au collège de France.
- Chevreul, membre de l’Académie royale des sciences, directeur des' teintures à la Manufacture royale des Gobelins. ' .
- Combes, ingénieur en chef des mines , professeur à
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- XXXII
- V École royale des mines, membre du conseil delà Soc. d’encouragement et duconseilde salubrité.
- Delamorinière, membre du Comité consultatif des arts et manufactures.
- Deneirouse, manufacturier, à Paris.
- Denière, fabricant, membre du conseil général des manufacturés.
- Didot (Firmin), imprimeur, membre du conseil général des manufactures.
- Dufaud, manufacturier à Fdürchambault^{Nièvre), membre du conseil général dés manufacturés.
- Dumas ; membre de l’Académie royale des sciences, vice-président de la Société d’encouragement, doyen de la Faculté des sciëncès, professeur à la Faculté de médecine et à l’École centrale des arts et manufactures.
- Dupin (baron Charles), memb. de FAcad, royale des sciences, pair de France, memb. du conseil supérieur du commerce, inspecteur général du génie maritime et président du conseil des colonies.
- Amédée-Durand, ingénieur-mécanicien, membre du conseil de la Société d’encouragement.
- Feuchère ( Léon), architecte.
- Fontaine, architecte , membre de F Acad, roy ale des beaux-arts.
- Gambeij, membre de F Acad, royale des sciences.'
- Girod de l'Ain (Félix), député, copropriétaire du troupeau de Naz (Ain). ' .
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- XXXIII
- Goldenberg, manufacturier au Zornhoff, près Sa-yerne (Bas-Rhin).
- Griolet, manufacturier à Paris, mémbredu conseil général des manufactures. ;
- Guibal-Anne-Veaute, manufacturier à Castres (Tarn),, membre du conseil général des manufactures.
- Hartmann,- député, manufacturier à Munster (Haut-Rhin).
- Héricart de Thnry (vicomte), membre libre de l’Académie royale des sciences ^ inspecteur général des mines, président de la Société royale et centrale d’agriculture, membre du conseil de la Société d’encouragement. >
- Keittinger, manufacturier à Rouen (Seine-Infér.%
- Kœchlin (André), député, manufacturier à Mulhouse (Haut-Rhin). « -
- Laborde (comte Léon de), membre de l’Acad. royale des inscriptions et belles-lettres, du Comité des monuments publics. . '
- Legentil, négociant, président du conseil général du commerce, membre du Comité consultatif des arts et manufactures, membre du conseil de la Société d’encouragement.
- Legros, ancien négociant, membre du conseil général du département de la Seine.
- Mathieu, memb. de l’Acad. roy. desscienc., député.
- Meynard, député , membre du conseil généra! des manufactures.
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- XXXIV
- Mimerel, manufacturier à Roubaix ^Nord^, président du conseil général des manufactures*
- Mimerel, ingénieurde ,1a marine. * . ;.
- Moll, professeur au Conservatoire royal desnrts et métiers,, memb.de laSoc.froyale et centrale? d’a-jgriculture, memb.de la Soc. d^encouragement.
- Morm£Artlnir)j, membre de l’Académie royale -des sciences, de la Société d’encouragement, professeur au Conservatoire<royal des artsstmétiers.
- Mouchel, manufacturier à l’Aigle (Orne), membre du-conseil général des manufactures,, de la Société 'd’encouragement. : ; , ; ;r .
- Noé (le comte de), pair de France,.
- Olivier, professeur au Conservatoire royal des arts et/.métiers, à F École, centrale des arts et manufactures, membre du conseille la Société d’encouragement.
- Payën, membre de l’Académie,royale 4e.ssciences, de la Société royale et .centrale d’agriculture, du eonseiljdeia Société d’encouragement, du conseil de . salubrité, professeur -au ,Conser-vatoire royal des arts et métiers, et à l’École centrale des;arts etananufactures.
- Péligot, professeur au 'Conservatoire royal des arts et métiers et, à l’École centrale des f arts et
- manufactures, membre du conseil-de la Société d’encouragement. :
- Petit, ancien négociant.
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- XXXV
- Picot, peintre d’histoire, membre de l’Académie royale des beaux-arts.
- Pouilleiy membrë de d’Acad. royale des •sciences, député, professeur-administrateur au Conservatoire royal des arts et métiers, membre du conseil de la-Société d’encouragement.
- Reverchon, manufacturier, à Lyon (Rhône.).
- * ' ; \ A { • i ' : ; .
- Sallandrouze-Lamornaix, manufacturier à Aùbüsson (Creuse"), membre du conseil général des manufactures,' de la "Société 'd’encouragement.
- Scwcirt, membre du Comité consultatif des arts et manufactures.
- Schlumberger ( Charles), ^secrétaire du Comité consultatif des* arts et manufactures.^
- Séguier (baron Armand), membre libre de F Acad.
- royale des sciences, conseiller àda Cour royale, ,memb. duConseil général du départ.;de la Seine, memb.dmComité consultatif des arts..et manufactures, de la Soc/royale et centrale d’iagricul-ture, du conseil de la Soc. d’encouragement.
- Thénard (le baron), membre de l’Académie royale des sciences, pair de France, membrefhfCon-
- .seil royal de l’instruction publique, président de la Société d’encouragemënt, membre du Comité consultatif des arts et manufactures.
- Yvart, inspecteur général'des Ecoles vétérinaires, membre de la Société royale et centrale d’agriculture.
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- XXXVI
- 'r ' v
- CONSTITUTION DU JURY CENTRAL.
- v
- TRAVAUX PRÉPARATOIRES.
- - \ * .
- Le jury central a tenu sa première séance au ministère de l’agriculture et du commerce, sous la présidence de M. le ministre, et s’est constitué en formant son bureau, élu au scrutin ; ont été nommés :
- MM. le baron Thénard,, président.
- le baron Ch. Dupin, vice-président.
- I ayen, j gecr£tajres>
- Morin , \
- * * T ♦.
- Immédiatement après, le jury, pour faciliter l’examen et l’appréciation des produits, s’est divisé en huit commissions spéciales composées de la • manière suivante :
- lre Commission des tissus : MM. Legentil, président, Arles-Dufour, Barbet, B langui, Chevreul, Deneirouse, Girod (de l’Ain), Griolet, Guibal-Anne-Veaute, Hartmann, Keiltinger, Legros, Meynard, Mimerel (du Nord), Moll, Petit, Be-verchon, Sallandrouze-Lcimornaix, Schlumberger, Yvarl.
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- XXXVII
- 2e Commission des métaux et autres substances minérales : MM. le vicomte Héricart de Tliurtj, président -, D'Ar cet, Ber ihier, Chevalier (Michel), Chevreuil Combes, .Deniere, Dujaud, Dumas, Amédée - Durand , Goldenberg, Mimer el (ingénieur), Morin, Mouchel, Péligot, Pouillet, baron Séguier.
- 3e Commission des machines : MM. le baron Charles Dupin, président, Chevalier (Michel), Combes, Delamoriniôre, Amédée-Durand, Gambey, Griolet, vicomte Héricart de Thunj, Kœchlin (André), Mimer el (ingénieur), ilfo//, Morin, Olivier, Payeti, Pouillet, baron Séguier, Yvarl.
- 4° Commission des instruments de précision ; MM. Pouillet, président, Delamorinière, Gambey, Mathieu, Olivier, Savart, baron Séguier.
- 5e Commission des arts chimiques : MM. le baron Thénard, président, D'Arcet, Berthier, Bron-gniart, Cltevreul, Combes, Dumas , Payen, Péligoî, Pouillet.
- 6e Commission des beaux-arts: MM. Fontaine, président , Barbet, Beudin, Blanqui, Brongniart, Chevreul, Denière, Didot (Firmin), Amédée-Durand, Feuchère, Héricart de Thury, de La-borde, comte de IVoé, Picot, Sallandrouze-Lamor-nahr.
- T Commission des poteries : MM. Brongnutrt, pre-
- i.
- 6*
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- XXXVIII
- sident, D’Ârcet, Beudin, Chevreut, Dumas, De/a-borde, Péligot, baron Thénard.
- 8e Commission des arts divers : MM. Ckevreul, président, Blanqui, Denière, Didot, Dumas, Feu-chère, Goldenberg, vicomte Héricart de Thury,
- ' de Laborde, Mouchel, comte de iYoé, Payen, Pé-Schlumberger (Charles).
- Les commissions s’étant ensuite réunies à part, chacune d’elles s’est subdivisée en plusieurs sous-commissions, et a désigné les rapporteurs pour chaque nature de produits ; ce travail a fourni les résultats suivants :
- LISTE DES RAPPORTEURS.
- PREMIÈRE COMMISSION.
- Tissus.
- MM.
- Girod de l’Ain..........Amélioration des laines.
- Griolet.................Filage de la laine et du cachemire.
- Legentil, Legros, Guibal-\
- Anne-Veaute et Mime- [Tissus de laine. rel (du Nord).........‘
- Dbneirouse et Legentil. ! Cht^les de cachemire et leurs imita-
- • t tions.
- Meynard..................Soies grèges et ouvrées.
- Arles-Dufour et Rever-[Soieries, rubans, peluches de soie , chon.....................I tissus de crin.
- ScniUMBERGEnetLEGENTIL. ( M l“*1*e d“ Hn et d“ cllim-
- Mimerel (du Nord). . . . Filature et retordage du coton.
- Keittinger........... Tissusdecotonblancs,decouleur,etc.
- Petit....................Bonneterie, tricot et passementerie.
- Blanqui [Tapis , dentelles, broderies, tapis-
- Barbet et Schlumberger. Tissus imprimés.
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- XXXIX
- 2e COMMISSION.
- Métaux et autres substances minérales.
- MM.
- Héricart de Tiiüry (lel Marbres, grès, ardoises, pierres li-
- vicomte)..............J Ihogiaiuques, etc.
- Berthier et Mocchel. . . Métaux divers.
- /Galvanoplastie, dorure, argenture,
- Dumas................... . . j par les procédés électro-chimi-
- v ques.
- Chevalier (Michel). . . . Fers, fontes, tôles , etc.
- Goldenberg...............jAciers limes, faux, quincaiile-
- 1 rie , etc. . .
- Amédée-Dcrànd............Serrurerie, quincaillerie, etc.
- 3e COMMISSION.
- Machines.
- Moll...................
- Morin. .............
- Combes.................!
- Pouillet. . . .........|
- Gambey.. ... . . . . . .
- Griolet.............. .
- Olivier................:
- Amédée-Durand. 4 . . . .
- Delamorimère...........
- Chevalier (Michel). . . .
- Ch. Dupin (baron)......
- Mimerel (ingénieur).. . .
- Instruments aratoires.
- Moteurs hydrauliques.
- Machinés à élévërréaü, pompes, etc.
- Locomotives et chemins de fer.
- Machines à vapeur fixes, chaudières, apparei’ls’dë sûreté'.
- Machines à imprimer et à fabriquer les tissus , à bouter les cardes.
- Cardes, pëi'gflès,•machines à fouler.
- Métiers à tisser, serrurerie de précision.
- Presses d’imprimerie et autres , outils et mécanismes divers.
- Machines-outils.
- Instruments .de sondage, ponts, écluses , barrages , etc.
- Navires et' bateaux à vapeur.
- Constructions navales, cordages.
- h6 commission;
- Instruments de précision.
- Séguier (le baron )......Horlogerie.
- . Instruments de précision (.physique
- Pouillet............« .J et optique), phares, balances pour
- \ te commerce, lampes.
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- XL
- MM.
- Gambev.. ..............'
- Savart et Del amorinière. OuVJEB.. . . .........
- Instruments de précision (mathématiques, astronomie, etc.), machines à graver, à tailler, à diviser, daguerréotypes.
- Instruments de musique.
- ; Cartes, globes terrestres et célestes. ; etc., arquebuserie, fourbisserie,
- 5e COMMISSION.
- D'Arcet. Dcmas. . PÉLIGOT..
- Païen. . Cbevredl
- PouiLLET. Combes. .
- Arts chimiques.
- (Substances alimentaires, savons. ’ * \ colles et gélatines.
- j Couleurs, caoutchouc, conservation ’} des bois, tissus imperméables. (Produits chimiques, cirages, ver-* * \ nis , cires à cacheter, glu marine.
- I Sucres, huiles, féculerie, boulangerie , engrais, bougies , distillation, etc.
- (Matières tinctoriales, blanchiment * des étoffes, teintures et apprêts.
- ! Chauffage des grands édifices, calorifères, appareils culinaires, cheminées , Blanchiment, lessivage, dessiccation, etc.
- f Tuyaux de conduite , appareils de ‘ * ‘ 1 filtrage. •
- 6* COMMISSION.
- Beaux-arts.
- Denière. ......... Orfèvrerie.
- , /r. . i Bronzes, ornements dorés, moulés,
- bedchere (Leon). [ sculplés > cuivres estampés.
- Beudin |Ébénisterie, marquetterie, tablet-
- Héricart be Tiicry. . . . Bijouterie, stucs, etc.
- /Fonderie de caractères , gravure sur
- Firmin-Didot.............J bois, pierre, métaux, imprime-
- ' rie, librairie, reliure.
- Chevreui.................Papiers peints
- (Lithographie > mannequins, écor-
- Picor....................j chés, brosses et pinceaux pour
- * peintres, taxidermie, etc. SAELANDROLïE-i.A.xoRNAtx. Dessins de fabrique.
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- XLI
- 7e COMMISSION.
- MM.
- Brongniart.. . . Dumas..........
- Poteries.
- /Terre cuite, grès, faïences, porce-. \ laines , décors sur porcelaine, 1 émaillage, vitraux peints.
- ; Verrerie, cristallerie,glaces, émaux.
- 8e COMMISSION.
- Arts divers.
- Dumas et Didot............Papiers, cartons, flotres.
- ni,WiC ( Cuirs et peaux, cuirs vernis, maro-
- * AS......................| quins, toiles cirées.
- -Gants, chaussures, papeterie, re-Schlumberger (Charles). . j gistres, gauffrage, gaînerie, bou-( tons , sellerie, literie, etc.
- DcMASetGoLDENBERQ. . !Chir“r«ie- ba”dS-
- M'vicmiUTcr T'“".ï (lel Fleurs’arliflcieUes.
- xr . - , . , ( Chapellerie, brosserie, cannes el
- N . (comte de)............\ parapluies, corsets, perruques.
- Sur la demande des commissions, le jury a prié plusieurs savants ou artistes de vouloir bien lui prêter le concours de leurs lumières : la commission des instruments de musique a consulté MM. Auber, Galay et ITabeneck aîné. La commission des instruments de chirurgie, MM. Clo-quet (Jules) et Yelpeau.
- L’inauguration de l’exposition a été faite le A mai par le roi, accompagné de la reine et des princes de la famille royale. Dans cette première
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- visite, Leurs Majestés, accompagnées de M. le ministre du commercé et des membres du jury central , parcoururent d’abord le développement
- >
- entier des galeries, au milieu des vives acclamations de l’immense réunion d’industriels qui remplissait les salles. Cette première reconnaissance générale ne fut que le prélude des longues visites
- dont le roi et la reine vinrent successivement.
- # *
- tous les lundis, honorer chacune des industries en particulier et encourager de leur suffrage
- » « i . •
- éclairé, de leurs conseils bienveillants, de leur munificence, les exposants heureux de voir leurs efforts si favorablement accueillis et si bien appréciés.
- Madame la duchesse d’Orléans', accompagnée du comte de Paris, prit part’ à plusieurs de ces visites, et recueillit de tous l’hommage du respect et de la sympathie qu’elle inspire, ainsi que le jeune prince , espoir de la patrie; ;
- * , ' * » . * ; . r
- TRAVAUX DU JURY ET ANALYSE DÉ SES DÉCISIONS '
- GÉNÉRALES.
- Les premières séances du jury central ont eu pour objet de statuer sur un grand nombre de réclamations qui lui étaient adressées, pour prononcer en connaissance de cause et le plus promptement possible : il fut arrêté que toute
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- réclamation serait d’abord examinée par la commission compétente, qui en ferait un rapport à l’assemblée générale, laquelle prendrait ensuite une, décision. - :
- La plupart de ces réclamations étant purement personnelles, il n’est résulté des décisions du jury, que fort peu de résolutions qu’il puisse être utile de faire connaître ; nous nous bornerons à rappeler celles qui offrent un intérêt général.
- Plusieurs commerçants en détail, qui vendent des objets d’art ou autres, qu’ils ne fabriquent pas eux-mêmes, qu’ils font parfois exécuter sur des modèles et des dessins achetés' à dés artistes, ont émis la prétention d’être considérés comme producteurs et admis à ce titre à l’exposition. Le jury central, après de longues discussions, a déclaré que, malgré son désir dé reconnaître les services que le commerce rend à l’industrie , il ne devait pas perdre de vue cju’il était principalement institué pour apprécier les résultats des efforts et du talent des producteurs, que c’était à ceux-ci seulement que les récompenses pouvaient être décernées, et que la participation des commerçants non fabricants à ce grand concours aurait pour résultat nécessaire et fâcheux, d’en écarter souvent le producteur obscur qui se trouverait dans leur dépendance. En conséquence, il a décidé que chacun serait
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- XLIV
- admis à exposer seulement ses propres produits et que l’on ne considéraitpas comme tels des objets fabriqués sur des modèles, dessins, etc., acquis, mais non exécutés par celui qui vend ces objets, ômmàmies'ou iury central ayant remarqué la tendance de ïfma1sonsPder<ïuelques commerçants à exploiter à leur profit les
- îanc“lïi?3mai).succès dus au talent des producteurs, a décidé :
- Que tous les écriteaux par lesquels on indique que les objets exposés ont été commandés ou achetés par des maisons de commerce de détail, seront enlevés, ainsi que ceux qui rappelleraient des fournitures, commandes, faites à des établissements publies ou particuliers ; cette disposition ne devant pas être appliquée aux achats ou commandes des membres de la famille royale.
- 'ndicaiions Les teinturiers qui concourent si puissamment
- iNatives à la
- tei u“sus'.les aux succès de la fabrication des tissus éprouvaient dans beaucoup de cas des difficultés de divers genres pour faire connaître la part qu’ils y ont prise ; le jury a décidé que dans les expositions de tissus ou autres objets teints, on permettrait d’indiquer par des écriteaux particuliers, le nom du teinturier, en faisant savoir qu’il a été admis par le jury départemental, lorsque cette partie du travail n’aura pas été exécutée dans l’établissement de l’exposant principal, et qu’il sera spécialement exprimé sur l’écriteau, que le tissu exposé est admis comme œuvre de teinturier.
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- XLV
- Pour limiter à un usage convenable la faculté -Mj*5$J]£î4de* qui devait être laissée à chaque exposant d’expli-r quer et de montrer le jeu de; ses machines ou appareils, le jury a décidé que chaque commission prendrait à ce sujet les mesures d’ordre qu’elle croirait convenables pour éviter les accidents, l’encombrement et les autres inconvénients que l’abus pourrait faire naître.
- Différentes réclamations ayant mis le jury cen-tral dans le cas de modifier plusieurs décisions,nedu prises par les jurys départementaux, une discussion longue et sérieuse s’est engagée sur la manière dont le jury central devait user de la faculté qui lui est donnée, à ce sujet, par la circulaire ministérielle du 15 décembre 1843.
- Le jury central, reconnaissant toute l’importance du concours des jurys départementaux, la confiance que leurs décisions devront inspirer et la nécessité de leur donner la plus grande autorité possible, voulant en.conséquence apporter toute la réserve convenable dans cette révision, a pris la décision suivante : « Chaque commission » examinera les circonstances particulières dans » lesquelles on aurait demandé de réformer la dé-» cisipn d’un jury départemental, et fera un rap-» port au jury central qui, après une délibération » spéciale, statuera sur les conclusions du rap-» port. »
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- XL VI
- Happeis-denié- Le jury, frappé des nombreux inconvénients et
- ’lions acacordées' des graves-abus qu’entraîneraient la mention, l’an-
- pasavanicscôucs nonce ou l’exposition desmédailles, récompensés,
- industrie] les i • ir t
- o-ance du 18 approbations, etc., accordées par des sociétés sa-
- mai;.
- vantes ou industrielles, quelles qu’elles fussent (Voyez page lxiii), a décidé que ces mentions seraient rigoureusement interdites dans les galeries, et que-tout signe apparent qui y serait relatif devait être enlevé.
- Quant aux récompenses accordées par les jurys précédents, il a arrêté que la mention en serait autorisée après la vérification et le contrôle de M. le directeur de P exposition.
- indication des Relativement à l’annonce des brevets d’inven-
- brevets (séance
- du îs mai), tion obtenus par les-exposants, le jury a décidé qu’elle serait tolérée, mais avec l’obligation d’indiquer l’objet spécial pour lequel le brevet a été obtenu, et de justifier de la possession sur la demande du directeur de l’exposition ou des membres du jury.
- Prolongation de Sur la proposition de plusieurs membres, M; le
- i exposition pour #
- l'achèvement de président du îury écrivit a M. le ministre du commerce pour demander que, malgré la clôture de l’exposition, les objets exposés restassent en place pendant une sémaine dë plus, en insistant pour que toute circulation de personnes étrangères ' au jury fût interdite dans les galeries. 1 •
- Texamcn des commissions ( séance du 28 juin).
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- XLYII
- Le ministre, par sa lettre du 1er juillet,, consentit à autoriser cette mesure qui fut en effet prise, elle eut toute T utilité, qu’on en avait conçue. .
- Lè jury, après une discussion prolongée, a émis q^ïSieÇur l’opinion qu’il était convenable de conserver la ( séance du 23 période quinquennale admise pour les dernières j,ullel expositions. •
- Le jury central a cru devoir, pour l’exposition de 1844, avoir égard aux précédents établis par l’usage, et ne refuser que rarement et pour des cas en quelque sorte exceptionnels, le rappel des récompenses accordées aux expositions précédentes, et la seule réserve qu’il ait mise dans ce rappel a été relative au mode de rédaction des rapports. Mais frappé des inconvénients de ces rappels de récompense qui se perpétuent en quelque sorte à des établissements malgré des changements de propriétaires et quelquefois m^med’industrie, le jury, après une discussion approfondie, sans prétendre lier par son vote les j urys futurs, a émis l’opinion que les mesures suivantes éviteraient les principaux inconvénients.
- 1° Il ne conviendrait pas d’accorder à un exposant ou à un établissement, plusieurs rappels successifs ou le rappel de récompenses remontant au delà de la précédente exposition.
- 2° Lé rappel d’une récompense obtenue à la précédente exposition pourrait être accordé à un,
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- XL VIII
- Indication du prix des produits (séance du 25 juillet,.
- Imposants tombés on faillite £t non réhabilités (Séanee du 25 juillet).
- identité des produits et limite de l'admission aux paieries séance <du 25 juillet.)
- Récompenses à accorder pour an ensemble de produits divers ( séance du 25 juillet).
- établissement qui continue à exploiter la même industrie.
- 3° Le jury conserverait la faculté d’accorder ou de refuser le rappel de la récompense accordée à la précédente exposition.
- Le jury a déclaré à ce sujet qu’il conviendrait d’exiger aux prochaines expositions, l’indication du prix de vente, sur les objets admis.
- Le jury a émis l’opinion que les faillis non réhabilités auxquels la Bourse est fermée, devraient être exclus du concours aux récompenses de l’exposition.
- Pour apporter un terme aux abus des admissions tardives et de produits qui n’auraient pas été soumis aux jurys départementaux et reçus par eux, le jury central a émis l’opinion que les produits devraient porter la marque de l’admission par le jury départemental, et qu’ils ne pourraient pas être introduits dans les galeries de l’exposition après l’ouverture constatée par la première visite du jury central, à moins d’une autorisation spéciale de M. le ministre du commerce accordée pour des cas de force majeure.
- Le jury, ayant reconnu l’abus qui est fait des récompenses d’un ordre élevé accordées à un ensemble de fabrications diverses et que l’intérêt fait quelquefois attribuer à des produits qui n’èn
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- XLIX
- eussent pas été dignes par eux-mêmes, a émis l’avis que chaque espèce de produit devait être jugée séparément et que dans, le texte des rapports , un renvoi devait servir à passer d’un produit à un autre.
- Le jury central désirerait que MM. les préfetsi^‘,1V®^départe-fussent invités à l’avenir à distribuer au jury de (séance11^ leur département, les déclarations des exposants, 2j ju'llet)' quinze jours avant sa réunion, afin que les membres du jury eussent le temps de vérifier les faits, de motiver les admissions et de recueillir des données positives, pour les transmettre au jury départemental.
- Pour empêcher que le même objet ne pût Marques à place*
- A x sur les objets
- être représenté à plusieurs expositions succès-sives, le jury adopterait le moyen suivant :
- Le jury pourra, s’il le juge convenable, placer une marque distinctive sur les objets qui auront servi de base immédiate au jugement et aux récompenses décernées.
- Le jury central, reconnaissant l’abus des expo- Abus des expositions particu-
- sitions faites, à des titres divers, par des sociétés '^es^séance ou entreprises particulières, a pris la décision suivante :
- M. le ministre sera prié de demander à M. l’in-tendant-général, administrateur de la liste civile, de refuser à l’avenir la disposition de la galerie du Louvre , aux sociétés qui font des expositions
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- particulières, qui simulent l’exposition nationale et induisent le public en erreur.
- S“ôance 3ü P°u'r faciliter les moyens d’apprécier plus sû-^5juillet^. ,rement les progrès de notre industrie, le jury
- central a émis l’avis que le gouvernement ferait une chose utile aux progrès de notre industrie et au développement de notre commerce, s’il envoyait en Angleterre, en Allemagne et en Belgique , des agents très-capables, chargés de recueillir des documents et des échantillons propres à éclairer nos manufacturiers, et s’il confiait à ces agents la mission d’examiner les produits admis à figurer prochainement dans les expositions de Berlin et de Vienne; enfin de lui faire un rapport sur ces expositions.
- CLASSIFICATION ET DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES.
- Le jury a suivi, pour la gradation des récompenses, l’ordre précédemment adopté, savoir, et par ordre de mérite :
- La médaille d’or.
- La médaille d’argent.
- La médaille de bronze.
- La mention honorable.
- La citation favorable.
- Le rappel des récompenses précédemment obtenues a été accordé toutes les fois que l’industrie
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- avait été continuée avec succès, mais on a eu soin d’indiquer, par la rédaction des rapports, si ce rappel était, en quelque sorte, une nouvelle récompense accordée à des travaux et à des succès persévérants, ou simplement une concession à un usage dont le jury central a reconnu l’abus et auquel il a cherché à porter remède pour l’avenir, à l’aide des mesures nouvelles ci-dessus indiquées.
- Lorsque des progrès notables ont été faits par des industriels déjà récompensés, le jury, quand il n’a pas cru pouvoir les faire parvenir à une récompense supérieure, leur a accordé une nouvelle récompense du même ordre, qu’il a considérée connue une preuve d’estime supérieure au rappel.
- Le jury, conformément aux précédents et aux instructions ministérielles, accorda des récompenses à des personnes qui avaient rendu à l’industrie des services non susceptibles d’être représentés par des produits exposés en leur nom.
- Quant aux fabricants qui font travailler les prisonniers des maisons de détention, le jury, tout en reconnaissant, d’une part, le mérite de leurs produits, et de-l’autre, le service qu’ils rendent à la société' eh contribuant à F amélioration des détenus, n’a pu les placer sur la même ligne que les autres industriels qui emploient
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- des ouvriers libres, par suite de la différence des salaires. Il s’est vu forcé de se borner à leur accorder la mention honorable, sans vouloir pour cela préjuger la qualité de leurs produits, auxquels le texte des rapports rend d’ailleurs justice.
- Après trente et une séances générales, le jury central a clos ses opérations le 25 j uillet, et a arrêté la liste des récompenses.
- Le 29 juillet, eut lieu dans le palais des Tuileries , la distribution des récompenses accordées à l’industrie.
- Le Roi et la Reine, entourés de LL. AA. RR. madame la princesse Adélaïde, monseigneur le duc de Nemours, monseigneur le duc de Mont-pensier, et accompagnés de M. le ministre de l’agriculture et du commerce, se sont rendus à une heure dans la salle des Maréchaux, ou MM. les membres du jury étaient rassemblés. MM. les exposants ayant ensuite été introduits, M. le baron Thénard, président du jury, s’est placé au centre et a adressé au Roi le discours suivant :
- « Sire ,
- « Les expositions de 1834 et de 1839 ont laissé de profonds souvenirs dans les esprits; celle de 1844 en laissera de plus profonds encore : elle
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- surpasse les hautes espérances que les deux premières avaient fait concevoir.
- » L’industrie poursuit donc sa marche progressive: ne pas avancer, pour elle serait rétrograder ; elle le sait, et redouble sans cesse d’efforts pour faire de nouvelles conquêtes toujours pacifiques et fécondes.
- » Presque aucun art n’est resté stationnaire ; un grand nombre ont fait de remarquables progrès ; quelques-uns même en ont fait de considérables ; d’autres tout nouveaux ont été créés ; la plupart des produits ont baissé de prix.
- » Les savants rapporteurs du jury feront, avec l’autorité qui s’attache à leurs noms, le tableau des nombreux perfectionnements, de toutes les découvertes qui signalent l’exposition nouvelle; qu’il me soit permis seulement d’en tracer l’esquisse.
- » Les marins ne manqueront plus d’eau dans les voyages de long cours. Le foyer qui, sur nos vaisseaux, sert à la cuisson des aliments, opère en même temps la distillation de l’eau de mer, et la transforme en une eau douce qui ne laisse rien à désirer. Ainsi, les sciences ou les arts auront rendu en peu de -temps quatre grands services à la marine ; ils lui auront donné des aliments toujours frais, de l’eau toujours en abondance, d’excellents chronomètres à bas prix,
- la vapeur pour remonter les courants les plus
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- rapides, et naviguer au milieu des écueils et des tempêtes.
- » La production de la fonte a presque quadruplé depuis vingt-cinq ans ; son affinage s’opère avec plus d’économie; la chaleur perdue a été utilisée ; de nouveaux procédés de chauffage ont été créés ; tout ce qui tient, en un mot, à la fabrication du fer a éprouvé de grandes améliorations , et cependant la théorie en prévoit beaucoup d’autres encore qui devraient être un sujet de continuelles recherches.
- » La pile voltaïque, qui a tant agrandi le domaine des sciences , vient d’être appliquée de la manière la plus heureuse à l’art de dorer et d’argenter les métaux. Un jour peut-être elle servira de base à l’exploitation des minerais d’or, d’argent et de cuivre.
- » Des disques de flint-glass de plus de 60 centimètres de diamètre , et d’une parfaite pureté, se font aujourd’hui sans aucune difficulté ; déjà même la dimension d’un mètre a été atteinte. Tout porte à croire que l’astronomie aura bientôt des objectifs d’une grandeur inespérée, qui lui permettront de pénétrer plus profondément dans l’immensité de l’espace, et d’y faire des découvertes imprévues.
- » Tout est mis à profit par les manufacturiers qui joignent la théorie à la pratique.
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- » Les uns condensent jusqu’à la Aimée si incommode du bois ; ils savent en extraire du vinaigre pour les arts et môme pour les tables les plus somptueuses, un fluide qui ressemble à l’esprit- de-vin, une huile qui rendra de grands services à l’éclairage.
- » D’autres puisent une nouvelle source de richesses dans les eaux mères des salines, restées toutes jusqu’ici sans emploi ; ils les conservent, et le froid de l’hiver, par une réaction que la chaleur de l’été ne saurait opérer, en précipite une quantité de.sulfate de soude, de sulfate et de mu-riate de potasse, assez grande pour suffire bientôt aux besoins de la France, et la délivrer d’un lourd tribut qu’elle paye à l’étranger.
- » D’autres encore s’emparent des débris, des détritus, des immondices, végétaux et animaux, et les convertissent en riches engrais qui s’exportent au loin pour fertiliser le sol.
- » De nouveaux marbres d’une grande beauté ont été découverts et viennent ajouter à l’exportation considérable de nos riches carrières.
- » Les bonnes méthodes de chauffage commencent à se répandre ; elles ne s’appliquent pas seulement au foyer domestique; elles s’étendent, en se modifiant, aux grands édifices, aux hospices, aux églises, aux palais. Un seul appareil suffit le plus souvent pour y maintenir une douce tempe-
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- rature par le froid le plus rigoureux. C’est l’eau qui produit cet effet si salutaire; c’est elle qui, circulant sans cesse à travers mille canaux, comme le sang dans les artères, va partout déposer la chaleur dont elle est imprégnée et revient ensuite au point de départ pour s’échauffer et circuler de nouveau.
- » La construction de nos phares a été portée à un haut degré de perfection. La manœuvre en est si facile, les verres en sont si bien taillés, la lumière en est si vive, si brillante, projetée si loin dans toutes les directions utiles, que partout ils sont préférés.
- » L’un des agents chimiques les plus actifs, l’acide sulfurique, dont la consommation s’élève annuellement à plus de 20 millions de kilogrammes, pourra désormais se fabriquer au sein des habitations et se livrer à plus bas prix. Les vapeurs corrosives qui se dégagent au moment de sa formation seront absorbées complètement, et diminueront par leur emploi les frais de l’opération qui les aura produites : de nuisibles qu’elles étaient, elles vont donc devenir très-utiles.
- » Ce n’est plus de Hollande que nous tirons la eéruse nécessaire à notre consommation. Nos fabriques pourraient en exporter; et, ce qui est plus précieux encore, l’opération peut être pratiquée presque sans danger.
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- Quelques centièmes d’alun suffisent pour donner au plâtre la dureté de la pierre, et le rendre propre à recevoir le poli du marbre.
- » Le tir à la carabine a acquis tout à la fois plus de justesse et plus de portée à moindre charge.
- » Il était à désirer que la pâte, sans perdre de sa qualité, pût être pétrie autrement qu’à bras d’homme, et que la cuisson du pain, pour être égale, pût être faite toujours à une température déterminée. Les pétrins mécaniques perfectionnés et les fours aérothermes résolvent ce double problème.
- » De grandes améliorations ont été apportées à l’extraction et au raffinage du sucre.
- » La production de la soie est toujours l’objet des efforts les plus soutenus. Des mûriers sont plantés de toutes parts. Les magnaneries continuent à se perfectionner. Le dévidage des cocons, si important et beaucoup trop négligé jusqu’ici, s’exécute avec le plus grand succès dans quelques ateliers. Aussi la récolte de la soie ne s’élèvera-t-elle pas à moins de 160 millions de francs en 18hh. Bientôt la France n’en tirera plus de l’étranger.
- » La filature du lin prend un développement qui promet les plus heureux résultats ; elle n’a besoin que d’une sage protection pour atteindre un haut degré de prospérité. Dès à présent elle produit
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- des fils do la plus belle et de la meilleure qualité.
- « Un grand pas a été fait dans l’art de la teinture : plus de vingt fabriques enlèvent à la garance les matières qui l’altèrent, et la livrent au commerce cinq fois plus riche en couleur qu’elle n’était d’abord. Sa puissance tinctoriale, révélée par l’analyse chimique , pourra devenir quarante fois plus grande encore.
- » La palette du peintre s’est enrichie de belles couleurs qui joignent l’éclat à la pureté; elles donnent les teintes qu’on admire dans les tableaux des grands maîtres de la renaissance. Plus de cinq ans d’épreuve semblent en constater la solidité.
- ». L’agriculture a fait une véritable conquête dans le troupeau de Mauchamp. Les laines qui en proviennent possèdent des qualités précieuses qui les rapprochent de la laine de Cachemire, et leur permettent souvent de rivaliser avec elle.
- » Mais, Sire, de tous les arts, c’est celui de la construction des machines qui s’est élevé le plus haut par ses progrès, et qui, par son importance, mérite le plus de fixer tous les regards. Cette opinion sans doute ne saurait prévaloir tout d’abord. La magnificence de nos soieries, la finesse de nos tissus, la légèreté de nos châles, avec leurs vives couleurs et leurs mille dessins, la limpidité
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- et la taille de nos cristaux, la beauté de nos vitraux, l’élégance de nos meubles, la richesse de nos tapis, la perfection de nos dentelles, les belles formes de nos bronzes, nos vases d’or et d’argent dont la ciselure rehausse encore, le prix, nos bijoux qui brillent de tout l’éclat des pierres précieuses , doivent émouvoir, séduire l’imagination et l’entraîner au delà du vrai. A la vue de tant de choses merveilleuses, on se croirait dans un palais enchanté ; l’œil ne cesse de regarder l’objet qu’il admire que pour se porter sur un autre qui lui semble plus admirable encore.
- » Mais lorsqu’on quitte ces lieux éblouissants de magnificence et de richesses, pour pénétrer dans la vaste enceinte qui renferme les machines,, et qui n’offre presque partout que du fer, encore du fer, toujours du fer, l’illusion s’évanouit, la vérité se fait jour, et l’esprit éclairé est tout à coup saisi de la grandeur des effets que ces instruments muets, silencieux, produiraient s’ils venaient à s’animer ou se mouvoir. C’est que le fer est l’agent de la force; c’est que la puissance des nations pourrait se mesurer jusqu’à un certain point par la quantité de fer qu’elles consomment.
- » Dans cette enceinte si sévère et si bien ordonnée , se trouvent :
- » Des outils qui permettent de forer le sol j us-
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- qu’à plus de 500 mètres de profondeur, et d’en faire sortir des eaux en jets puissants qui s’élancent dans les airs à une grande hauteur ;
- » Des instruments de précision qui attestent l’habileté et la sagacité de nos artistes ;
- » Des instruments aratoires qui proviennent de toutes les parties de la France, et qui prouvent que partout on fait des recherches agricoles dignes d’éloges ;
- » Un marteau, du poids de 9,000 kilog., qui fonctionne avec la régularité d’une machine de précision, et dont les effets excitent l’étonnement ;
- » Un métier propre à tisser deux châles à la
- fois, qu’une ingénieuse machine sépare ensuite
- en coupant le fil qui les réunit ;
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- » Un barrage mobile dont les faciles manœuvres assurent en tout temps la navigation des rivières , même dans les eaux les plus basses ;
- » Un sifflet flotteur qui signale le trop peu d’eau que contiendrait une chaudière à vapeur et les dangers qui en seraient la suite ;
- » Une presse monétaire qui, mue par la vapeur, frappe et cordonne tout à la fois les monnaies d’une manière constante et précise;
- » Une machine qui taille les engrenages dans le bois et les métaux avec une perfection qu’on ne saurait trop louer ;
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- » Une autre machine destinée à la construction des chaudières, et dont le travail est si parfait que la main de l’homme ne pourrait l’égaler.
- » Vient ensuite un système complet d’outillage, sans lequel rien de parfait, rien de grand , ne saurait être fait dans les usines.
- » Ici, ce sont des tours de dimension variable ; là, des machines à diviser; ailleurs, des machines à raboter ; plus loin, des machines à buriner ; plus loin encore, des machines à aléser, à percer, à faire des écrous, toutes d’une rare perfection, toutes utiles, toutes nécessaires, surtout pour la construction des grands mécanismes.
- » Enfin apparaissent ces moteurs de force diverse, d’une puissance quelquefois gigantesque, qui sont la merveille des temps modernes, moteurs que la France produit maintenant à l’égal de l’Angleterre, et dont la destinée sera peut-être un jour de changer la face du monde en opérant dans les mœurs publiques la révolution la; plus grande et la plus heureuse.
- » N’est-il pas probable, en effet, que la rapidité avec laquelle les distances seront franchies établira entre les peuples des relations fréquentes , des liens de confraternité que > resserreront encore les intérêts mieux compris ; et n’est-il pas permis d’espérer que la guerre, qui n’est hono-
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- rable qu’autant qu’elle a pour objet la défense de la patrie ou de l’honneur national, fera place à la paix qui devrait toujours régner, du moins entre les nations civilisées?
- » Telle est, Sire, l’esquisse rapide des principaux progrès qui font de l’exposition nouvelle la plus belle , la plus mémorable dont la France ail à se glorifier.
- » Aussi quel empressement, quelle foule pour la voir et l’admirer! C’était un spectacle extraordinaire, inouï, qui avait quelque chose de prophétique , que d’observer tant de citoyens, français, étrangers, mêlés et confondus, dont les figures diverses, dont les traits mobiles, dont les attitudes variées peignaient tour à tour la surprise, l’étonnement, le plaisir, l’admiration, et que de les entendre ensuite, unis en un concert de louanges, exprimer à l’envi, dans leurs langues natales, tous les sentiments qui les animaient.
- » Nous sommes heureux, Sire, nous sommes fiers d’avoir cet éclatant hommage à rendre à l’industrie.
- » Placée si haut dans l’opinion publique, guidée par les sciences, avec lesquelles elle a fait une intime alliance, secondée plus que jamais par les sociétés savantes, surtout par la société d’Encouragement qui, depuis plus de quarante
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- ans , rend de si éminents services aux arts (1), l’industrie, loin de descendre du rang élevé qu’elle a conquis, voudra grandir encore : déjà elle égale ou surpasse souvent les industries rivales ; elle voudra désormais leur servir de modèle.
- » Mais, pour accomplir cette noble tâche, il ne faut pas seulement qu’elle continue son essor rapide ; elle doit s’efforcer encore de reconquérir cette antique renommée de loyauté qu’elle avait jadis méritée, renommée si grande et si pure , que les colis expédiés de France étaient toujours acceptés sans être ouverts.
- ( 1) La société d’Encouragement a toujours pour 150 à 100,000 fr. de prix au concours. Maintenant elle en a meme pour 234,000 fr. qui doivent être décernés dans les années 1844, 1845, 1846, 1847.
- Lorsqu’un prix est remporté, il est ordinairement remplacé par un autre.
- La société décerne en outre , tous les ans, au mois de juin , des médailles d’encouragement aux inventeurs et à ceux qui perfectionnent les procédés. De 1839 à 1844 , elle a décerné vingt et une médailles d’or, vingt-quatre médailles de platine , quarante-huit médailles d’argent, trente-sept médailles de bronze.
- Tous les quatre ans, elle décerne aussi à chaque contre-maître, à chaque ouvrier qui s’est distingué par sa moralité et par des services rendus à l’établissement où il travaille, une médaille de bronze à laquelle elle joint des livres pour une somme de 50 fr.
- Enfin elle a créé des bourses qu’elle donne au concours, à l’école d’agriculture de Grignon, aux écoles vétérinaires et à l’école centrale des arts et manufactures.
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- i Les événements qui se sont succédé, trop souvent même des falsifications réelles, l’ont altérée profondément dans l’esprit des peuples. Nos relations commerciales en ont été troublées ; elles en souffriront longtemps. Le soupçon s’éveille facilement et ne se détruit qu’avec peine. Mais rien ne doit être impossible quand il s’agit de l’honneur du nom français. Que les hommes honnêtes se liguent, et le triomphe de ceux qui manquent à la foi promise ne sera pas de longue durée ; leurs coupables manœuvres seront bientôt déjouées.
- » Notre industrie, Sire, doit donc avoir foi dans le brillant avenir qu’elle s’est préparé. Depuis longtemps elle est l’un des plus fermes appuis de la France ; elle en deviendra bientôt l’une des principales gloires.
- » Vous même, Sire, dans ces visites multipliées où votre présence et celle de votre auguste famille causaient des émotions si douces et provoquaient des acclamations si spontanées, vous-même et, à votre exemple, S. A. R. le duc de Nemours, vous avez encouragé tous ses efforts, vous avez applaudi à tous ses succès : et pour lui prouver en quelle haute estime vous la teniez, vous avez convié ses plus dignes représentants à une fête toute royale, dans ce palais si riche en souvenirs et tout plein encore de la grandeur de
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- Louis XIV ; c’est là, c’est dans ces lieux consacrés aujourd’hui par vos soins à toutes les gloires nationales , que vous avez voulu recevoir tant d’honorables citoyens qui, dévoués tout entiers à l’avancement des arts utiles, ont acquis des droits sacrés à la reconnaissance publique % leur montrant , au milieu de ce musée, votre ouvrage, de ce monument unique dans les annales du monde, les noms, les effigies de leurs plus illustres devanciers, et proclamant ainsi qu’eux-mêmes un jour par leurs services pourraient aspirer à cet insigne honneur.
- » C’est à vous, Sire, que l’industrie reconnaissante doit rendre hommage de tout ce qu’elle a fait d’utile, de durable , de grand. C’est vous qui Lavez sauvée des mauvais jours dont elle était menacée. La guerre lui eût été mortelle : vous avez su lui conserver la paix au milieu de tant d’orages qui devaient la troubler. Par vous, les factions ont été vaincues au dedans, nos institutions respectées au dehors. Depuis quatorze ans vous régnez par les lois et par la sagesse. La divine Providence, qui a veillé sur vos jours tant de fois attaqués , nous les conservera longtemps encore. Yous vivrez avec une Reine, modèle de toutes les vertus, que, dans sa bonté, le ciel vous a donnée pour adoucir et partager vos peines.
- » Vous formerez votre petit-fds pour le trône,
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- comme vous aviez formé le prince que nous avons tant pleuré ; nous lui porterons le même amour ; il grandira sous l’égide tutélaire de sa mère bien-aimée, à l’ombre de la mémoire de son père à jamais révérée, et deux fois ainsi vous aurez sauvé la France, qui, dans sa reconnaissance profonde, gardera l’éternel souvenir de votre règne et de vos bienfaits. »
- Le Roi a répondu :
- « Nul n’a joui plus que moi du magnifique » spectacle que l’industrie française vient de don-» ner à la France et à l’Europe , par la brillante » exposition de ses produits.
- » Vous savez avec quel soin, quel zèle, quel » plaisir, je me suis empressé d’en étudier tous » les détails, et combien j’ai regretté que le temps » m’ait manqué pour rendre mon examen encore » plus complet. J’attendais avec impatience cette » occasion de vous remercier des sentiments dont » vous m’avez entouré dans mes nombreuses vi-» sites, avec lesquels vous avez accueilli la Reine, » mes fils, mon petit-fils et tous les miens. Mon » cœur en était pénétré, et c’est une nouvelle sa-» tisfaction pour ma famille et pour moi de vous » témoigner à tous personnellement combien nous » y sommes sensibles.
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- LXV1I
- » J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt le brillant » tableau que le président du jury vient de retra-» cer des produits de notre industrie nationale. » Je reconnais avec lui que l’exposition de 18kk a » dépassé les autres, et qu’elle a été la plus glo-» rieuse de toutes. Cependant elle ne conservera » ce titre que pour cinq ans; j’ai la ferme con-» fiance que l’exposition de 18/|9 l’éclipsera comme » celle-ci a éclipsé les expositions qui l’ont précé-» dée. C’est, en effet, un besoin pour la France » que son industrie suive une marche progressive : » il faut que la rapidité de ses progrès égale la » rapidité du temps, afin d’ajouter encore à cette » prospérité dont l’essor a procuré tant d’avan-» tages à la France.
- » C’est par la paix, par la tranquillité intérieure » que les arts peuvent fleurir, que l’industrie peut » prospérer, et que la France peut croître en ri^ » chesse, en bonheur et en gloire, en cette gloire » pacifique qui ne coûte de sacrifices ni de larmes » à personne ; aussi mes efforts ont-ils eu constam-ment pour but de préserver mon pays du fléau de * la guerre, car j’ai toujours eu pour principequ’on » ne doit se résoudre à la guerre, que lorsqu’il y » a nécessité de la faire pour défendre l’honneur, )> l’indépendance de la patrie et ses véritables in-» térêts ; mais lorsque cette nécessité impérieuse » n’existe pas, il faut savoir résister à ces vaines
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- », illusions qui, sous de spécieuses apparences ,
- » entraînent trop souvent les États et les peuples » dans l’incertaine et dangereuse carrière de la » guerre, et les portent à sacrifier à des craintes » ou à des espérances également chimériques les » bienfaits réels de la paix ; bienfaits qui sont pour » le pays la meilleure garantie de la prospérité pu-» blique, comme ils sont, pour les familles, celle ». de leur repos et de leur bonheur intérieur. »
- ( Ici le Roi est interrompu par de vives acclamations, )
- »
- Sa Majesté poursuit :
- « Heureux de me trouver au milieu de vous,
- s
- » j’aime à vous redire combien je jouis de la con-» fiance que vous n’avez cessé de me témoigner. » Gette confiance n’est pas seulement un -soutien » pour moi dans la grande tâche que j’ai à rem-» plir, elle est aussi, comme vous l’avez si bien dit » tout à l’heure, un adoucissement à toutes les « amertumes que j’ai dû supporter. S’il pouvait » y avoir une véritable consolation pour les mal-» heurs de famille qui m’ont accablé, je la trou-». verais dans le sentiment général dont vous venez » de me renouveler l’expression d’une manière » qui m’a vivement ému. Mais croyez que rien » n’ébranlera mon entier dévouement à la France. » Elle me trouvera toujours prêt, moi et tous » les miens, à répondre à son appel et à consacrer
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- » nos jours et nos vies à la préserver des maux » dont elle pourrait être menacée. Grâce à Dieu!
- » nous avons traversé les temps de crise et d’a-» larmes, et nous n’avons qu’à remercier la Provi-» dence du repos et de la prospérité dont j’ai le » bonheur de voir jouir la France. »
- Ces paroles du roi ont été accueillies avec enthousiasme, aux cris répétés de vive le roi ! vive la reine! vive la famille royale ! . .
- Lorsque le silence a été rétabli, M. le ministre du commerce a procédé à l’appel des personnes désignées pour recevoir des récompenses; Sa Majesté les leur remettait de sa main et se plaisait à adresser à chacun des paroles de bienveillance et d’encouragement.
- A six heures, un banquet de deux cent cinquante couverts a réuni, dans la grande galerie du Louvre, le Roi et la famille royale, MM. les ministres du commerce, de l’intérieur et dés finances, plusieurs notabilités civiles et militaires, MM. les membres du jury et MM. les exposants qui avaient reçu des mains du Roi la croix de la Lé-gion d’honneur ou des médailles d’or.
- Au dessert, le Roi s’est levé et a porté un toast en ces termes :
- « Honneur à /’exposition de 1844!
- » Prospérité à Pindustrie française ! »
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- Ces paroles ont été saluées des plus vives acclamations, les ministres du commerce et des finances ont à leur tour porté la santé du Roi et celles de la reine et de la famille royale, au milieu des applaudissements de toute l’assemblée.
- Après le dîner, le Roi, la reine et la famille royale sont rentrés aux Tuileries, suivis de tous les convives qui avaient été invités par Leurs Majestés à assister avec elles, des fenêtres du palais, au concert et au feu d’artifice.
- Ainsi s’est terminée cette noble et touchante cérémonie, qui tiendra sa place dans les annales de l’industrie nationale, comme un de ses plus beaux jours de fête.
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- LISTE
- DES EXPOSANTS, DES ARTISTES ET DES SAVANTS
- AUXQUELS
- LE ROI A DÉCERNÉ LA DÉCORATION DE LA LÉGION D’HONNEUR
- DANS LA SÉANCE SOLENNELLE DU 29 JUILLET 1844.
- MM.
- André , fondeur, au Val d’Osne (Haute-Marne).
- Bacot (Frédéric), fabricant de draps, à Sedan (Ardennes).
- Bonnet ( Claude-Joseph), fabricant de soieries, à Lyon (Rhône).
- Bontemps, fabricant de verreries , à Choisy-le-Boi (Seine).
- Bourdon , directeur des forges et fonderies du Creusot (Saône-et-Loire).
- Bourkardt (J.-J.), constructeur de machines, à Guebwiller (Haut-Rhin).
- Buron , fabricant d’instruments d’optique , à Paris.
- Cail (J.-F.), constructeur de machines, à Paris.
- Camu fils, filateur de laine, à Reims (Marne).
- Ch arrière , fabricant d’instruments de chirurgie, à Paris.
- Chennevièrk (Théodore), fabricant de draps, à Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Dbbuciiy ( François ), fabricant de tissus de lin , de laine et de coton, à Lille (Nord).
- Faiiler aîné, fabricant de maroquins, à Choisy-le-Roi (Seine).
- Faure (Etienne), fabricant de rubans, à Saint-Etienne (Loire).
- Frèrejean , maître de forges, à Vienne (Isère).
- Girard, imprimeur sur tissus, à Rouen (Seine-Inférieure).
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- LXXÏÏ
- MM.
- Godard fils, fabricant de cristaux, à Baccarat (Meurtlie).
- Grillet aîné, fabricant de châles, à Lyon (Rhône).
- Gros (Jacques), fabricant de tissus de coton , à Wesserling (Haut-Rhin).
- Lacroix (Jean-Justin), fabricant de papiers, à Angoulême (Charente).
- Lefebvre (Théodore), fabricant de céruse, aux Moulins-lès-Lille (Nord).
- Lemire , fabricant de produits chimiques, à Choisy-le-Roi (Seine).
- Massenet, fabricant d’acier et de faux , à Saint Etienne (Loire).
- Milliet, fabricant de porcelaine, à Montereau (Seineet-Marne).
- Ogereau , tanneur, à Paris.
- Pecqueur, constructeur de machines , à Paris.
- Roller, facteur de pianos , à Paris.
- Roswag (Augustin), fabricant de toiles métalliques, à Schelestadt (Bas-Rhin).
- Schattenmann, directeur de la compagnie des mines de Bouxwiller (Bas-Rhin).
- Thénard, ingénieur en chef des ponts et chaussées, à Abzac (Gironde).
- WiNNERL , fabricant d’horlogerie, à Paris.
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- DU JURY CENTRAL
- Sun LES. PRODUITS
- DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE
- i>
- EN 1844.
- PREMIÈRE COMMISSION.
- TISSUS.
- Membres de la Commission.
- MM; Legentil-, président, Arles Dufour , Barbet, Blanqui, Ciievreul , Deneirouse , Girod (de l’Ain), Griolet, Guibal-Anne-Veaute, Hartmann, Kettjnger, Legros,, Meynard, Mimerel (du Nord ), Moll, Petit, Reverciion , Sallandrouze-Lamornaix, Sciilumberger , Yyart.
- PREMIERE PARTIE.
- LAINES ET LAINAGES.
- PREMIÈRE SECTION. .
- AMÉLIORATION DES LAINES;
- M. Girod (de l’Ain) j rapporteur.
- Considérations générales;
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- Conformément aux distinctions établies dans les précédents rapports du jury central, nous continuerons à classer la laine, considérée comme
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- matière première, en trois sortes principales, savoir : 10 la laine à carde destinée à la fabrication des étoffes foulées, ou de la draperie proprement dite ; 2° la laine à peigne qu’emploient les fabriques à'étoffes rases, ou non foulées ; 3° la laine commune, qui sert à la confection des matelas et à la fabrication des tapis, couvertures et autres étoffes communes, ainsi qu’à la bonneterie et à la passementerie.
- Les intéressantes statistiques publiées par le ministère de l’agriculture et du commerce et qui donnent le nombre des bêtes à laine que nourrit chaque département, ne classent pas ce nombre par races distinctes et n’indiquent pas, par conséquent , les proportions relatives dans lesquelles la France produit ces trois sortes de lainage ; cette distinction, cependant, serait importante, mais on ne peut se dissimuler qu’elle serait très-difficile à établir, en ce qui concerne surtout la ligne de démarcation à tracer entre les races qui produisent la laine à carde et celles qui produisent la laine à peigne : en effet, nos fabriques d’étoffes rases, qui semblaient demander surtout les laines longues, lisses et brillantes, dont l’Angleterre possédait le type, sont parvenues à tirer un excellent parti des laines mérinos ou métisses, dites laines intermédiaires de France, que l’on était accoutumé à considérer seulement comme laines à
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- carde, et l’on voit les laines de Brie, de Beauce, et autres lieux qui naguère s’employaient principalement à Elbeuf, prendre aujourd’hui les routes de Reims et d’Amiens.
- C’est là un fait digne de remarque et dont l’agriculture française doit se féliciter, car il atténue en partie les fâcheuses conséquences qu’entraîne la nécessité de plus en plus impérieuse , dans laquelle se trouvent nos manufactures de draps, d’aller chercher, au delà du Rhin, les laines fines dont elles ne peuvent se passer, et que la France est bien loin de produire en suffisante quantité.
- Nos fabriques d’étoffes rases trouvent, en effet, dans les laines intermédiaires produites en grande quantité par les nombreux troupeaux mérinos, ou métis, que nourrissent les départements les plus voisins de la capitale, des qualités assez propres à leur genre de fabrication, pour qu’elles ne sentent pas encore le besoin d’aller s’approvisionner au dehors; il est à craindre sans doute qu’elles n’y soient bientôt obligées, les laines fines d’Allemagne l’emportant toujours par la douceur sur la généralité de celles de France ; mais quant à présent, du moins, elles emploient
- principalement nos produits nationaux. Malheu-
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- reusement il n’en est pas ainsi de la part de nos plus importantes manufactures de.draps et à l’é-
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- gard des laines à carde qui les alimentent : déjà on a constaté que Sedan, qui employait annuellement pour une valeur de plus de 12 millions dé laines françaises, n’en achète plus que pour moins de 500 mille' francs ; tout le surplus de son approvisionnement est en laine d’Allemagne; Elbeuf, qui consomme pour plus de 30 millions de laine, chaque année, ne demande plus à la France que la moitié à peine de cette valèûr ; l’autre moitié est également tirée de l’Allemagne, qui, en 1839, ne fournissait qifun cinquième environ de cette consommation (1) ; Louviers, qui achète annuellement pour à à 5 millions de laine, en reçoit aussi d’Allemagne pour plus de 3 imitions; ces trois villes, à elles seules, portent" donc chaque année à-l’étranger une somme de plus de 30 millions, au détriment de notre agriculture, et cét état de choses tend rapidement à s’empirer : c’est qu’en effet, à part un très-petit nombre de propriétaires de troupeaux fins, dont les produits peuvent rivaliser avec les plus belles laines électorales et qui luttent encore, avec une louable persévérance , contre la tendance générale, nos éleveurs semblent avoir complètement
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- renoncé à l’amélioration de la toison, sous le
- (1) V. l’intéressant rapport de M. Legentil ( Rapport du jury central de 1839 , p. 47
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- rapport de la finesse ; ils ne se sont pas même maintenus au point de perfectionnement qu’ils avaient atteint ; ils ont rétrogradé. C’est là un
- état de choses fâcheux- et dont les -conséquences ne peuvent manquer de préoccuper laipllicitude si éclairée de M. le Ministre de l’agriculture et
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- du commerce. Quand nos prodücteürs<verront se fermer pour eux l’unique et précieux débouché que leur offraient nos manufactures nationales,
- ils ne manqueront pas de réclamer la protection
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- des douanes déjà ils demandent à grands cris que le droit d’entrée soit .reporté à l’ancien taux de 33 pour 100; mais serait-ce là un remède ? il est(au moins permis d’en douter. En effet, si
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- le droit était assez élevé pour empêcher, ou seulement restreindre dans une notable proportion, l’entrée des laines étrangères , la prospérité .de
- nos manufactures en recevrait une atteinte
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- grave dont F agriculture elle-même ne tarderait pas à ressentir le contre-coup,; si, au contraire, l’élévation du droit ne produisait qu’une baisse proportionnelle sur le prix des laines au dehors, le but serait manqué , car les laines .étrangères achetées à meilleur marché entreraient au moins
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- en aussi grande quantité que par le passé, et si, d’ailleurs, une amélioration quelconque dans .le cours se manifestait à l’intérieur, elles seraient les premières à en profiter. On l’a dit cent fois
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- et on ne saurait trop le répéter : C’est par la qualité, et par la qualité seulement, que nous pouvons nous défendre. Il est impossible de forcer nos fabriques à employer des matières premières qui ne leur conviennent plus; si l’agriculture française ne veut ou ne peut pas leur fournir celles dont elles ont besoin, il faut bien qu’on leur permette de les aller chercher au dehors ; elles ne demanderaient pas mieux que de les recevoir des producteurs français. A qualité égale, les produits nationaux auront certainement la préférence ; mais si les éleveurs ne font aucun effort d’amélioration, s’ils n’apportent aucuns °.oins à la tenue de leurs troupeaux, ils ne peuvent être que mal venus à réclamer la protection des douanes.
- Or, quelles peuvent être les causes qui s’opposent à ce qu’ils s’engagent dans les voies de cette amélioration si désirable ? Le sol, le climat de la France s’opposent-ils à ce qu’elle produise de la laine aussi belle qu’on la fait ailleurs? Non, certainement; car partout où l’on a essayé de la faire, on y est parvenu sans peine, et les toisons mêmes, qui figurent à l’exposition actuelle, comme celles qu’on a pu voir aux expositions précédentes, prouvent que la France pourra, quand elle le voudra, rivaliser pour cette importante production avec la Saxe elle-même.
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- Est-ce donc qu’elle ne trouverait aucun profit à le faire? Pour répondre à cette question d’une manière sûre et péremptoire, il faudrait faire le compte exact de chaque éleveur, suivant les conditions de sa localité; or, c’est là qu’est la difficulté :
- Selon la situation particulière dans laquelle il s’est trouvé placé, chaque propriétaire de troupeaux dut se demander à quels besoins ou exigences il lui convenait le plus de satisfaire; or, ces exigences sont principalement de trois sortes : 1° celles du boucher ; 2° celles du fabricant qui emploie la laine à peigne; 3° celles du fabricant qui emploie la laine à carde.
- Le premier dit à l’éleveur : faites-moi de gros moutons qui donnent, proportionnellement à leur poids, la plus forte quantité de viande et de suif.
- Le second attache assez peu d’importance à la finesse; il veut surtout des mèches longues, lisses et soyeuses.
- Le troisième enfin lui demande des toisons à mèches courtes et aussi douces, aussi fines, aussi élastiques que les laines de Saxe.
- Certaines localités ont permis de satisfaire à la fois les exigences du boucher et du fabricant qui emploie des laines à peigne. Ainsi, partout où l’abondance et la qualité nutritive des fourrages
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- et paccages pousse naturellement à l’élévation de la taille des animaux, et particulièrement dans les dix ou douze départements qui entourent la capitale et qui sont formés des anciennes provinces de Y Isle-cle-France, de la Picardie, de Y Artois, de la Normandie, de la Touraine et d’une partie de la Champagne et de la Bourgogne, on a trouvé avantage à produire de gros moutons et des laines à peigne, et on a décidément repoussé les races de moyenne ou petite taille, qui donnent les plus beaux lainages : obtenir les animaux les plus gros et les toisons les plus, lourdes, voilà quel a,été Tunique but qu’on s’est proposé dans toute cette
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- partie du territoire , celle qui précisément nourrit le plus grand nombre de troupeaux mérinos ou métis ; là on n’a visé qu’à la quantité, sans trop se soucier de la qualité, c’est-à-dire de la finesse, et l’on a absolument renoncé à obtenir les deux choses à la fois, en essayant de nourrir, avec les mêmes ressources, un poids équivalent d'animaux plus petits.
- Ainsi, d’un côté, le besoin de laines propres au peigne, précisément dans les contrées où existent à la fois nos plus nombreux troupeaux et nos plus importantes fabriques d’étoffes rases ; de l’autre, la prédilection exclusive des bouchers pour les gros moutons, prédilection fondée d’ailleurs en partie sur le mode de perception du
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- droit d’octroi par tête, sont les causes principales , qui portent les éleveurs de cette région de la France à persévérer dans le système qu’ils ont adopté; et, en vérité, s’il leur est bien prouvé qu’il y a bénéfice pour eux à marcher dans cette voie, et qu’il y aurait perte, au contraire , à agir autrement, on ne peut ni les blâmer ni leur conseiller une autre marche.
- Mais, en est-il partout de même? Non, certainement; car, à parties provinces qu’on vient de citer, et qui nourrissent, environ 5 à.6 millions de bêtes à laine, il est reconnu que, presque partout ailleurs, on essayerait en vain de donner à la taille des animaux ce développement excessif qui s’oppose naturellement à l’amélioration de la toison. Dans Y Est, le Centre, 1 e Midi, et une grande partie de l'Ouest de la France, se trouvent beaucoup de localités qui sont dans ce dernier cas; les statistiques nous montrent que ces quatre régions nourrissent. plus de 25 millions de moutons, sur les 31 millions existant sur toute l’étendue du territoire ; or, si la nature elle-même semble favoriser, dans ces vastes contrées, les efforts de l’amélioration en maintenant les animaux dans une taille moyenne; si elle s’oppose à ce qu’on y fasse de lourdes toisons, pourquoi ne pas essayer, au moins, de les faire plus fines?
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- Se pourrait-il qu’il y eût, dans ces localités-là, perte réelle à métamorphoser des toisons indigènes ou grossières, dont la valeur est si minime, en toisons de valeur plus grande? Non, cela n’est pas possible ; non, la France ne doit pas renoncer à produire les laines fines dont elle a besoin; les races de moyenne et de petite taille, qui les fournissent, peuvent être en même temps, et tout aussi bien que les grosses races, engraissées pour la boucherie ; si elles donnent, sur chaque animal, moins de viande et de laine, chaque animal, aussi, a coûté beaucoup moins à nourrir...; cela ne peut pas être'contesté. La France peut nourrir beaucoup plus de bêtes et produire beaucoup plus de laine qu’elle ne le fait, et, après avoir satisfait aux besoins de ses propres manufactures, pourquoi n’aurait-elle pas la prétention d’exporter certaines quantités de laine en Angleterre et en Belgique, pays d’immenses fabrications, qui tirent du dehors et de si loin leurs matières premières, et qui sont à sa porte ?
- Mais, sans porter, quant à présent, nos vues jusque-là, il faut du moins reconnaître que, si on ne veut pas condamner la France à demander, à tout jamais, à l’agriculture étrangère une quantité toujours croissante de matière première, dont la valeur se comptera bientôt par cinquantaine de millions, il faut, sans plus tarder et par
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- les moyens les plus efficaces, encourager et pro -pager l’éducation des races ovines dans tous les départements où nul obstacle ne s’oppose à leur perfectionnement.
- Il ne nous appartient pas d’indiquer à l’administration ceux de ces moyens qu’elle peut avoir à sa disposition ; nous n’avons pas même besoin d’appeler, sur l’urgence et l’importance de cette question, son attention particulière ; nous savons qu’elle s’en préoccupe, et, bien que son intervention soit, en ce qui touche surtout à l’industrie agricole, beaucoup moins efficace qu’on ne le pense, nous ne doutons pas plus de son désir de porter remède au mal signalé, que de son zèle à en rechercher le moyen.
- Déjà des expériences intéressantes ont été entreprises et suivies par les ordres et sous les auspices de M. le ministre de l’agriculture et du commerce, dans la vue de la production et de l’amélioration de certains types de laines à peigne et de laines à carcle, soit à Mauchamp et à Laye-vaux, soit à Alfort et à Naz.
- Le nouveau type de laine à peigne, qui avait déjà attiré l’attention particulière du jury central, en 18Si et en 1839, et mérité à M. Graux de Mauchamp, d’abord une mention honorable, et ensuite la médaille d’argent; ce nouveau type, disons-nous, si remarquable par la longueur, le
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- brillant et le soyeux de la mèche, se multiplie à Mauchamp et dans la bergerie royale de Laye-vaux, en acquérant la fixité qui caractérise une race constante.
- A Àlfort et à Naz, on a essayé le croisement des races de Naz et de Rambouillet, les deux races les plus anciennes que possède la France, et les résultats de cette expérience sont déjà de nature à éclaircir d’intéressantes questions : ainsi, on a pu constater que l’influence toute-puissante du mâle tend à ramener à son propre type, non-seulement sous le rapport du lainage, mais encore sous celui de la conformation et de la taille, la race des femelles qui lui sont données, quelque ancienne que soit cette race. En effet, l’alliance du bélier de Naz avec la- brebis de Rambouillet ayant pu être poussée déjà jusqu’au troisième croisement, c’est-à-dire la mère, la fille et la petite-fille ayant donné des extraits du même père, on a pu voir, 1° que, dès le premier croisement, une amélioration notable, due à la supériorité de finesse de l’étalon de Naz, se faisait remarquer dans la toison, en même teriips qu’un changement peu sensible dans la taille et la conformation; 2° qu’au second croisement, et d’une manière encore plus marquée au troisième, les extraits se rapprochaient de plus en plus du- type du père, autant par l’abaissement de leur taille
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- que par la finesse de leur toison ; de telle sorte qu’on pouvait prédire d’avance, qu’en poursuivant l’expérience, d’après les mêmes errements, on finirait par. métamorphoser la race de Rambouillet en race de Naz.
- La première conséquence qu’on puisse tirer de ce résultat, qui, d’ailléurs, pouvait être prévu, c’est que, dans les troupeaux où l’on tient, avant
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- tout, à maintenir l’élévation de la taille, on doit s’abstenir d’employer le bélier de petite taille, surtout au delà du premier croisement. On a vu, en effet, que de ce premier croisement, si la toison s’améliorait, la taille tendait déjà à diminuer; resterait, maintenant, à apprécier la plus value de la laine en qualité, et à mesurer l’influence qu’aurait l’extrait mâle de ce premier croisement, si on l’employait comme étalon, dans les mêmes troupeaux de grande taille.
- La seconde conséquence du résultat obtenu, c’est que l’emploi de l’étalon superfin de moyenne taille peut être, non-seulement sans inconvénient, mais encore avec avantage, continué aux croisements subséquents, dans tous les troupeaux dont la taille se trouve égale à celle de l’étalon lui-même, ou plus petite. En effet, cet étalon devant ramener à son propre type les races avec lesquelles on l’allie, il. ne changera rien à la taille, qui est la même que la
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- sienne propre, et il élèvera celle qui lui était inférieure.
- Nous ne pousserons pas plus loin nos réflexions sur ce sujet; il nous suffira d’ajouter que les résultats de l’expérience dont il s’agit, ont démontré la fausseté des allégations qui tendaient à faire croire que la super finesse de la laine ne s’obtenait qu’au moyen d’un régime débilitant, et sur des races chétives et maladives : il a été prouvé que les étalons superfins employés aux expériences de croisement étaient, au contraire, remarquables par leur vigueur, leur ardeur à la lutte et leur parfaite santé.
- Il serait fort à désirer que l’on pût se rendre un compte plus exact qu’on ne l’a fait jusqu’ici, du prix de revient et du produit net de chacun des principaux types de bêtes à laine que nourrit la France, et qu’on pût dire, par exemple, combien , avec une quantité donnée de nourriture, on peut entretenir de moutons, soit de grande, soit de moyenne, soit de petite taille; combien rapporte cette quantité donnée de nourriture changée en laine, en viande, en suif et en fumier, lorsqu’elle est consommée par telle race, ou par telle autre ; enfin, quelle est la quantité comparative, ou le poids réel après lavage,. et la différence de valeur approximative des laines recueillies, sur un même poids d’animaux de diverses tailles; mais ces
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- questions si importantes ne peuvent être résolues que par les éleveurs eux-mêmes, et suivant les conditions de chaque localité ; nous nous contenterons donc de les signaler à leur attention. L’institution de quelques prix à décerner, chaque année, aux meilleurs manuels sur ces questions, et, en général, sur l’éducation des bêtes à laine, ne manquerait pas d’exciter le zèle de nos agronomes les plus instruits. D’un autre côté, la substitution , dans les principaux foyers de consommation, du droit d’octroi au poids, à celui par tête, la création, dans des localités bien choisies, de quelques bergeries d’expériences; l’exploration et l’étude des diverses localités de France réputées les plus propres à la production des laines fines, dans la vue d’attirer l’attention des éleveurs sur le parti qu’ils pourraient tirer des ressources offertes par un grand nombre de ces localités, lesquelles sont loin de nourrir une quantité de bétail proportionnée à la masse des fourrages qu’elles pourraient aisément produire, tout cela pourrait imprimer à l’amélioration une heureuse impulsion, et il est permis de croire que le pays aurait bientôt à se féliciter de voir des provinces entières qui, jusqu’ici, n’ont que peu participé aux progrès de l’agriculture, trouver dans l’éducation et la multiplication des races améliorées de bêtes à laine, les mêmes'avantages
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- qu’y trouvèrent nos plus riches départements, lorsque l’introduction simultanée des mérinos et des prairies artificielles opéra, il y, a moins de quarante ans, une si heureuse révolution dans leur bien-être, en décuplant leurs produits.
- Mais ce ri’est pas seulement en ce qui touche à la production de nos lainages que le perfectionnement est désirable, c’est aussi en ce qui regarde leur lavage et leur traitement avant et après la tonte: le jury central ri’a pu voir, sans intérêt, les efforts qui ont été tentés récemment dans cette vue, et particulièrement pour substituer le lavage à dos ou à froid après la tonte,. à l’ancien. lavage à chaud; les inconvénients de ce dernier paraissent enfin avoir été compris, et tout annonce qu’il sera bientôt abandonné ; les bergeries royales elles-mêmes donnent l’exemple, en faisant laver et dos leurs produits de cette année. Si cet exemple est généralement suivi, les cultivateurs n’auront plus aucun intérêt à s’efforcer, au grand préjudice de la qualité de la laine, d’augmenter, outre mesure, le poids de leurs toisons. Des machines, plus ou moins ingénieuses, ont été inventées, notamment par M. Desplanquès, pour le lavage à froid des laines en toisons ; leur usage n’est pas encore assez généralisé pour qu’on puisse invoquer en leur faveur les témoignages d’une suffisante expérience; mais l’on ne peut
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- qu’applaudir à ces essais, et faire des vœux pour leur complète réussite.
- Les laines à carde et à peigne sont les seules représentées à l’exposition; il était à désirer, cependant], qu’on pût y voir au moins des échantillons des diverses variétés de laines communes les plus recherchées ; on sait que nos nouvelles possessions d’Afrique en fournissent déjà, en notable quantité, de plusieurs sortes très-distinctes, parmi lesquelles certaines se font apprécier par de précieuses qualités.
- Le nombre des éleveurs exposants, qui fut de 18 en 183A, et de 19 en 1839, n’est plus que de 15 en 18l\h ; on peut voir dans cette décroissance un nouveau symptôme du peu d’importance que nos propriétaires de troupeaux attachent à l’amélioration des laines ; il est particulièrement ,à regretter que, parmi les éleveurs auxquels de jury central s’est plu, lors des précédentes expositions, à décerner ses récompenses les plus honorables et ses éloges les plus encourageants, plusieurs se soient retirés de la lice, et ne se soient fait remarquer que par leur absence ; six anciens exposants se sont seulement représentés, les neuf autres exposent pour la première fois.
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- PREMIÈRE DIVISION.
- LAINES A CARDE.
- EXPOSANTS HORS DE CONCOURS.
- MM. GIROD (de l’Ain) et PERRAULT DE JO-TEMPS, co-propriétaires du troupeau de Naz, arrondissement de Gex (Ain) ; 2,000 bêtes.
- Médaille d’or en 1823 ; rappel en 1827 ; liorsde concours en i834, 1839 et 1844, M. Félix Girod (de l’Ain) étant membre du jury central.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. GODIN aîné, à GMtillon (Côte-d’Or).
- Ce propriétaire éclairé, après avoir puisé dans le commerce des laines des connaissances spéciales, s’associa en 1828 à M. Joseph Maitre, pour introduire, dans l’arrondissement de Châtiîlon-sur-Seine, un troupeau de race saxonne: depuis, les associés ayant séparé leurs intérêts, le troupeau fut divisé en deux parts, dont les produits furent exposés, pour la première fois, en i834; MM. Godin et Maître obtinrent, alors, chacun la médaille d’argent; en 1839, cette récompense leur fut confirmée; aujourd’hui le troupeau de M. Godin se compose de ij200 bêtes; les toisons qui en proviennent montrent que cet éleveur a su faire de nouveaux progrès dans la voie du perfectionnement; elles sont aussi remarquables par leur finesse que parleur bonne qualité; les laines de M. Godin sont fort appréciées à Sedan, où elles trouvent, chaque année,
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- leur placement à des prix avantageux; l’importance de son établissement et les succès incontestables qu’il a obtenus lui méritent la médaille dor que le jury central se plaît à lui décerner.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. MONNOT-LEROY, à Pontru (Aisne),
- Les beaux produits qu’exposé M. Monnot-Leroy et qu’il a obtenus par l’introduction du bélier de Naz dans son troupeau, né sont point inférieurs à ceux qui lui méritèrent, en i834, la médaille d’argent, et en 1839 la confirmation de cette même récompense. M. Monnot-Leroy, qui peut être cité parmi les producteurs les plus éclairés et les plus zélés des départements situés au nord de la capitale, continue, presque seul", au milieu de tous ses voisins , à poursuivre le but de la superfinesse, et ses produits, sous ce rapport, comme sous celui de la bonne qualité, peuvent être placés en première ligne; cependant" pour arriver à ce point de perfectionnement, il ne s’est point cru obligé de maintenir son troupeau dans une trop grande infériorité de taille ; ses extraits mâles engraissés se vendent au prix de 25 à 28 fr. chacun, prix que sont bien loin d’atteindre, dans la plus, grande partie de la France, les animaux à laine plus ou moins grossière , qui ne sont élevés que pour la boucherie. Le troupeau de Pontru ne le cédant au précédent que sous le rapport de son importance, c’est-àrdire, du nombre de bêtes qui le composent, le jury central n’hésite pas à confirmer, avec de nouveaux éloges,
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- à M. Monnot-Leroy, la médaille d’argent, qu’il avait déjà si bien méritée aux deux dernières expositions.
- M. Joseph MAITRE, à la Villole (Côte-d’Or).
- Ce n’est également que par le nombre de bêtes composant son troupeau que M. Joseph Maitre est resté inférieur à son ancien associé M. Godin; les toisons qu’il expose attestent la continuité de ses efforts et de ses succès, et lui donnent de nouveaux droits à la médaille d’argent, qui lui fut décernée en i834 et rappelée en i83q et que le jury centrai lui confirme de nouveau.
- M. AUBERGER, à Mal assis (Seine-et-Marne).
- M. Auberger expose 12 toisons dont quatre sont lavées à dos; les toisons se font remarquer par leur grande finesse, laquelle a été le résultat, d’abord , de l’emploi du bélier de ÜNaz et, ensuite, du choix fait, avec soin, d’étalons reproducteurs dans le troupeau lui-même; le troupeau est composé de 1,000 bêtes. M. Auberger déclare qu’il vend sa laine environ 1 fr. 20 c. le 1/2 kilog. : il est à croire qu’il en obtiendrait, eu égard à leur finesse, un prix plus élevé, s’il pouvait apporter un peu plus de soins à la tenue de son troupeau, sous le rapport essentiel de la propreté des toisons.
- Le Jury central confirme à,M. Auberger la médaille d’argent qui lui|fut décernée en 1839.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
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- M. BOUCHU, à Longuay (Haute-Marne).
- M. Bouchu est un ancien élève de l’école agricole
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- de Roville; il possède un troupeau de 4oo bêtes, dont les toisons ont été portées à un degré de finesse très-remarquable, par l’emploi de béliers de Naz et de la race saxonne introduite par MM. Go-din et Maitre. M. Bouchu expose sept toisons et des échantillons d’une cinquantaine de bêtes; les succès qu'il obtient lui donnent de véritables titres à la médaille d’argent que le jury lui décerne.
- M. PORT AL, de Moux (Aude).
- M. Portai possède un troupeau de 4^o bêtes, dont l’origine remonte à l’année 1807, époque à laquelle le noyau de ce troupeau fut tiré de la bergerie royale de Perpignan. Depuis, il a été amélioré par l’emploi du bélier de Naz ; il passe pour l’un des plus beaux troupeaux du midi; et les étalons qu’il fournit sont recherchés par les éleveurs de cette partie de la France; M. Portai a exposé une toison très-fine et trois échevaux de laine filée; les succès qu’obtient M. Portai, et les services qu’il rend autour de lui en propageant les meilleures méthodes d’éducation et d’amélioration, lui méritent la médaille d’argent que le jury central lui décerne.
- M. TERRASSON DE MONTLEAU, aux Andreaux, arrondissement d’Angoulême (Charente).
- M. Terrasson de Montleau expose six toisons très-remarquables par leur finesse et leur bonne nature ; son troupeau, dont l’origine remonte à l’année 1811, et qui a été amélioré par l’emploi de béliers de Naz, n’est que de 25o bêtes ; c’est le seul troupeau
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- fin qui existe dans le département de la Charente. Le degré de perfectionnement qu’il a atteint, malgré la position désavantageuse dans laquelle le placent son isolement et son éloignement de nos manufactures, montre que, dans cette partie de la France, aussi, on pourrait produire de belles laines; celles qui proviennent du troupeau des Andreaux, trouvent à Sedan un débouché facile et avantageux ; il serait à désirer que l’exemple donné par M. Ter-rasson de Montleau fût imité par ses voisins ; mais la persévérance de ses efforts n’en est pas moins ne d’éloges. Propriétaire aussi zélé qu’éclairé, il est un des membres les plus utiles de la société d’agriculture de la Charente, et mérite, autant par ses propres succès que par les services qu’il rend, la médaille d’argent que le jury central lui décerne.
- DEUXIÈME DIVISION.
- LAINES A PEIGNE.
- MÉDAILLE D’OR.
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- M. GRAUX DE MAUCHAMPS, à Juvincourt et Damary (Aisne).
- Les tentatives faites parM. Graux, pour fixer et multiplier le type qui apparut dans son troupeau il y a environ \\ ans, et qui offrit à un degré si remarquable la réunion des qualités recherchées dans la laine à peigne, ont été couronnées de succès ; cet éleveur intelligent répondant aux encouragements que l’administration supérieure et le jury
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- central s’étaient plu à lui donner, a poursuivi avec persévérance le but qu’il s’était proposé, et aujourd’hui il est parvenu à métamorphoser, pres-qu’en entier, son ancien troupeau en un troupeau de nouvelle race, dont la constance est désormais assurée. Ce troupeau se compose de 427 bêtes, lesquelles portent ces toisons à longues mèches, lisses, brillantes et soyeuses, dont chacun a pu admirer les échantillons exposés cette année. M. Graux a eu l’heureuse idée d’ajouter à son exhibition deux béliers vivants, encore revêtus de leurs toisons, afin qu’on pût juger de la taille et de la conformation des animaux, ainsi que des particularités caractéristiques que présentent leurs toisons. Les expériences de croisement de cette nouvelle race avec la race mérinos, montrent que l’influence du bélier, peu marquée au premier croisement, devient de plus en plus grande dans les croisements suivants.
- La laine actuellement connue sous le nom de Mauchamps a été mise en oeuvre par plusieurs de nos plus habiles fabricants et notamment par M. Bietry, soit pure, soit mélangée avec d’autres laines à peigne, et, en particulier, avec le duvet de cachemire : l’on a pu voir à l’exposition de M. Bietry les résultats de cette fabrication; les tissus obtenus, au moyen du mélange de la laine de Mauchamp avec le duvet de cachemire, ont surtout attiré l’attention des connaisseurs ; leur finesse, leur souplesse et leur soyeux ne laissent rien à désirer.
- Le jury central décerne à M. Graux de Mauchamps la médaille d’or.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. BEÀUYAIS (Jean-Armand), à Gastins, canton de Nangis (Seine-et-Marne).
- M. Beauvais possède, depuis plus de 25 ans, un troupeau de mérinos, qu’il élève avec soin, et qui a été amélioré par l’emploi de béliers de Naz ; il expose trois toisons remarquables par leur finesse , leur douceur, leur tassé, leur bonne nature et leur propreté. Il est du petit nombre des éleveurs des environs de Paris, qui poursuivent et obtiennent de véritables succès dans les voies d’amélioration.
- Le jury central lui décerne la médaille d’argent.
- M.' GUENEBAULT, à Laperrière, commune de Poiseul-la-Yille (Côte-d’Or).
- Les huit toisons en suint, qu’expose M. Guene-bault, se font remarquer par leur douceur, leur bonne nature, et un degré de finesse qui les rend très-propres à la fabrication, comme laines à peigne; son troupeau est bien tenu et jouit, aux environs de Ghatillon-sur-Seine, d’une réputation méritée; les étalons qu’il a présentés aux expositions de cette ville, lui ont valu plusieurs médailles d’encouragement.
- Le jury central décerne à M. Guenebault une médaille d’argent.
- M; DURAND (Constant), à la Maison-Rouge (Seine-et-Marne).
- Des trois toisons qu’expose M, Durand, deux se distinguent par leur finesse et leur bonne nature,
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- et une par sa douceur, ainsi que par le caractère lisse et propre au peigne de la mèche ; toutes les trois offrent un tassé remarquable. Le troupeau de M. Durand, si on en juge par les trois toisons, est très-bien tenu. Le jury central lui décerne la médaille d’argent.
- MEDAILLES DE BRONZE.
- M. PLUCHET, à Trappes (Seine-et-Oise).
- M. Pluchet expose plusieurs toisons provenant du croisement d’un bélier Dishley, avec des brebis mérinos: ces toisons sont très-volumineuses; elles laissent sans doute à désirer sous le rapport de la finesse ; mais la longueur de la mèche les rend très-propres au peigne. Le troupeau de M. Pluchet est de 1,000 bêtes; il se loue des produits que lui donne la sous-race qu’il élève et qui n’a qu’un quart de sang anglais et trois quarts de sang mérinos; il annonce que cette sous-race, tout en restant très-propre à l’engraissement, se nourrit à moins de frais et est plus robuste que les races indigènes métissées mérinos.
- Le jury central décerne à M. Pluchet la médaille de bronze.
- M. LADREY, à la Fermeté (Nièvre).
- M. Ladrey fit, en Angleterre, en 1S25, l’acquisition de quelques béliers et brebis de la race de Dishley, qui formèrent le noyau de son troupeau , aujourd’hui composé de 4oo bêtes. Des trois toisons qu’il expose, une est la dépouille d’un bélier pur Dishley, une provient du croisement du bélier an-
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- glais avec la brebis mérinos, et la troisième du même croisement avec la brebis berrichonne. M. La-drej élève ses animaux en plein air; les efforts qu’il a faits pour introduire et propager la race anglaise dans le Berry, méritent d’être encouragés par le jury central, qui lui décerne la médaille de bronze.
- M. DUFFOUR-BAZIN, à Bazin, commune de Lectoure (Gers).
- M. Dufîour-Bazin, qui est signalé par le jury départemental du Gers comme un agriculteur zélé et instruit, possède un troupeau de 5oo bêtes; il expose cinq toisons, dont une de pur mérinos, deux pur New-Kent et deux provenant cfun premier croisement entre ces deux types.
- Le jury central accorde à M. Dufîour-Bazin une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. MARESCAUX, à Salperwick (Pas-de-Calais).
- M. Marescaux expose quatre mèches provenant de bêtes anglaises pures et de croisements anglo-mérinos et anglo-artésien, et quatre échantillons de laine peignée. Il a fait une étude particulière des races anglaises et du régime qui leur convient, et s’efforce d’en propager l’éducation autour de lui.
- Le jury central accorde à .M. Marescaux une mention honorable.
- M. DESPLANQUES (jeune), à Lisy-sur-Ourcq. M. Desplanques ne se présente pas comme pro-
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- ducteur de laine, mais comme laveur et inventeur d’une machine destinée à remplacer la méthode du lavage à dos. Il expose, un grand nombre d’échantillons de laines de diverses qualités, lavés par différents procédés. M. Desplanques fait preuve de zèle et d’intelligence dans la recherche, très-digne d’encouragement, des meilleures méthodes de lavages; ses efforts pourront contribuer efficacement à la substitution si désirable du lavage à froid à l’ancien lavage à chaud, qui ne dispensait pas du dégraissage à fond et, par conséquent, avait le grand inconvénient de soumettre inutilement la laine à une opération dont l’effet était de la durcir et d’en altérer considérablement la douceur. .
- La commission des tissus ne pouvant apprécier la machine inventée par M. Desplanques sous le rapport de sa construction et de son mécanisme plus ou moins compliqué, laisse à la commission des machines le soin de proposer au jury central la récompense qu’elle croira méritée par cet industriel.
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- DEUXIÈME SECTION,
- FILAGE DE LA LAXISTE ET DU CACHEMIRE.
- M. Griolet, rapporteur.
- PREMIÈRE DIVISION.
- LAINE PEIGNÉE.
- Filage de la laine peignée pure ou mélangée.
- Les établissements de filature de laine peignée conservent, par la supériorité de leurs produits, le premier rang qu’ils ont toujours occupé en Europe.
- En France, avec les mêmes laines, on file mieux et plus fin ; c’est par ce motif et par l’habileté avec laquelle nos fabricants tirent parti de ces laines, que nos tissus, remarquables par leur beauté et leur bas prix, apparaissent sur tous les marchés, sans redouter la concurrence étrangère.
- Nos machines, nos procédés et nos moyens d’exécution ont été exportés en assez grand nombre par des constructeurs français, sans que les peuples qui les ont acquis soient encore parvenus au degré de perfection de filage où nous sommes arrivés.
- Une crise commerciale a entravé pendant deux années environ le filage de la laine peignée, crise occasionnée en partie par l’élévation du tarif des
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- États-Unis d’Amérique, qui a frappé de droits considérables les étoffes de laine peignée et qui eut pour effet de réduire à la somme de 10 millions, en 1842, l’exportation des tissus non foulés, tandis qu’elle était de 15 millions en 1839.
- L’encombrement qui.est résulté de ce manque d’exportation a fini par cesser, et l’activité est revenue dans tout le travail de la laine peignée, depuis les premiers mois de lShk : cette industrie continuera sans doute à prospérer comme avantla crise.
- L’emploi de petites bobines appelées canettes, que le rapport de 1839 a fait connaître, comme devant faciliter ie tissage, se trouve avoir réalisé en partie les espérances conçues, et trouvera sans doute par la suite à se développer beaucoup plus encore. L’industrieuse Alsace s’en sert pour tisser mécaniquement des mousselines en trame laine peignée sur chaîne coton.
- La facilité que les fabricants trouvent à tisser avec les canettes en laine sur leurs métiers mécaniques à calicot, en a déterminé un grand nombre à établir des mousselines chaîne coton avec trame laine peignée, qui ont un très-grand succès à la consommation. Cet accroissement à la vente tient au meilleur marché, comparativement avecle travail manuel, ainsi qu’à la plus grande régularité dans l’étoffe. On peut apprécier l’importance de cette nouvelle consommation en disant que cer-
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- tain fabricant de l’Alsace produit par an vingt mille pièces mousseline mi-laine destinées à l’impression.
- La consommation des fils de laine peignée augmente tous les jours par suite des nouvelles applications qu’on en fait à une grande variété d’articles pour broderie, bonneterie et passementerie.
- Depuis la dernière exposition le nombre des filateurs de laine peignée s’est beaucoup accru, et plusieurs contrées de la France se sont enrichies de cette industrie qu’elles ne connaissaient pas il y a quelques années.
- En 1839, il y avait 16 exposants : 24 figurent à l’exposition de 1844.
- Pour la première fois on voit Mulhouse, Bordeaux, Angers., Saint-Jean-de-Luz, envoyer à l’exposition les produits des filatures établies dans ces localités et entrer en lice pour lutter avec Paris et Reims; leur création dans ces contrées si diverses indique que cette industrie trouve partout les moyens de se développer et de fournir à des consommations très-différentes ; on a remarqué avec intérêt que le département des Hautes-Alpes ait aussi voulu montrer ses progrès en industrie, en envoyant le produit des laines du pays, peignées à Gap.
- On doit aux connaissances que la pratique amène, ainsi qu’à l’habitude du travail et aux
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- perfectionnements industriels dans le filage, depuis 1839, d’avoir produit une baisse de 10 pour 100 dans les prix de revient, sans diminuer le salaire des ouvriers.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. PREVOST, filateur et fabricant, de tissus de
- laine, rue Saint-Maur-Popincourt, 26 et 30, à . Paris,
- Expose des fils de laine peignée en chaîne et en trame d’une très bonne confection.
- Ce sont des bobines de chaîne n° 92 m/m jusqu’à io5 m/m au kilo et des trames jusqu’à 125] m/m qui ont servi à confectionner les beaux tissus mérinos de diverses couleurs qui figurent à son exposition.
- Les mérinos dits draps d’été de ce fabricant sont d’une grande régularité. Il en exporte une partie en Amérique.
- Le jury de 1839 appréciant son mérite lui a décerné une médaille d’or que le jury de 1844 se plaît à lui rappeler.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. TRANCHARD-FROMENT, à Ncuville-les-Was-signy, près Réthel ( Ardennes ),
- Expose des fils en laine peignée, en chaîne, et trame de toutes les qualités qui sont d’un placement habituel. On y remarque de la chaîne n° 90 m/m
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- au kil. qui a toute la résistance nécessaire pour un bon emploi. Ce filateur a voulu montrer ce qu’il serait en état de produire , si la consommation le réclamait, en exposant des trames filées au n° 210 mètres au kil.
- M. Tranchard-Froment a commencé son établissement en 1820. Depuis cette époque il l’a constamment agrandi et porté jusqu’à 12,000 broches. Aujourd’hui c’est la plus importante filature de laine peignée de la localité, qui est une de celles de France où l’on s’occupe le plus de cette fabrication. La bonne confection des fils a suivi chez M. Tranchard la progression du bon marché, ce qui a considérablement aidé les fabricants de Réthel dans l’abondante production des étoffes de laine peignée.
- Pour récompenser les divers mérites de ce filateur, le jury lui décerne la médaille d’or.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. SOURD frères, à Tenay (Ain).
- Ces- filateurs exposent une grande variété de fils en laine peignée, thibet, cachemire, bourre de chameau , dont la consommation a lieu dans la fabrique de Lyon.
- Leurs produits sont estimés dans le commerce par leur bonne fabrication et attestent de leur part beaucoup de soins et d’habileté.
- Le jury vote le rappel de la médaille d’argent, décernée à l’exposition de 1839 , à MM. Sourd père et fils, société industrielle dont MM. Sourd frères faisaient partie.
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- M. VULLIAMY, à Nonancourt (Eure),
- Expose des fils doublés et retordus pour la broderie et pour la passementerie, de diverses qualités.
- La bonté des produits de ce filateur les fait rechercher dans le commerce qui les apprécie beaucoup.
- A l’exposition de i83q le jury lui a décerné une médaille d’argent.
- Le jury de 1844 luien vote le rappel.
- MM. GAIGNEAU frères, à Essonne (Seine-et-Oise).
- Ont obtenu àl’exposition de 183g la médaille d’argent pour la bonté de leurs filés et les progrès qu’ils avaient faits depuis l’exposition de . 1834- Les ,produits qu’ils exposent cette année sont d’une grande perfection.
- Depuis 1839 ces exposants ont établi une teinture pour leurs fils.
- Ils ont en activité cinq grandes machines à carder la laine produisant un ruban vulgairement nommé cardé-peigné.
- Leurs métiers continus pour filer la laine sont au nombre de 12 et 8 pour doubler et retordre.
- Ils s’occupent en ce moment d’établir le filage mécanique de la bourre de soie sans la couper comme on le pratique généralement.
- Ces habiles manufacturiers sont possesseurs d’une nouvelle machine brévetée pour débourrer les chapeaux des cardes à coton, que les principaux filateurs de coton s’empressent d’adopter.
- Le jury de 1844 vote le rappel de la médaille
- d’argent en faveur de MM. Gaigneau frères.
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- NOUVELLES MÉDAILLES D’ARGENT,
- M. CARLOS-FLORIN, à Roubaix (Nord),
- Expose une très grande variété de fils de laine peignée, tous d’une grande netteté et d’une régularité remarquable.
- il présente i° des laines de Kent filées en trame au n° 64 m/m au kil.
- 20 des laines mérinos jusqu’aux nos 165 à I70m/m au kil.
- 3° des alpaga noirs au n° 5o m/m et des marrons aux nos 65 à 68 m/m au kil.
- En 1889, M. Carlos-Florin avait 3,000 broches en laine; depuis il a transformé toute sa filature de coton en métiers à laine peignée, ce qui la porte actuellement à 5,600 broches.
- Pour la bonté de ses produits le jury de la dernière exposition lui avait accordé une médaille d’argent; le jury de 1844 > pour récompenser les efforts et les progrès de cet habile industriel qui réussit si bien dans le filage de matières diverses, lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- MM. J. J. DOBLER et fils, à Tenay ( Ain ),
- Exposent un assortiment de fils.de laine peignée en chaîne et trame dans diverses qualités propres à la confection des étoffes mousselines, etc.
- Leurs fils en laine blanche et beige, tant simples que doublés et retordus pour la bonneterie, sont bien établis.
- Tout en présentant une bonne confectionnes produits de MM. Dobler et fils, soit en fils de laine, soit en fils thibet, se font remarquer par une grande
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- modération dans les prix; aussi leurs débouchés leur ont-ils permis de fonder leur établissement sur des bases qui l’ont rendu le plus considérable de ceux des environs de Lyon en ce genre.
- Le jury de 1827 avait décerné à MM. Dobler et Ronchaud la médaille d’argent pour la filature des fils thibet dont les jurys de 1834 et 1839 ont voté le rappel. Le jury de i844> désirant récompenser les efforts de MM. Dobler et fils pour le filage de la laine, leur accorde une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. RISLER-SCHWARTZ et Cie, à Mulhouse ( Haut-Rhin ).
- Pour la première fois, aux expositions nationales , on voit paraître des fils en laine peignée provenant du département si industriel du Haut-Rhin.
- C’est à MM. Risler-Schwartz et Cie que cette contrée est redevable de l’établissement de la première filature en ce genre, et il a fallu toute l’habileté et la persévérance dont sont doués ces industriels pour surmonter les difficultés inséparables de l’implantation d’une nouvelle industrie dans une localité quelconque.
- Les ouvriers peigneurs de laine leur manquaient; ils y ont suppléé par des machines à peigner (système Collier) auxquelles ils doivent avoir apporté de grands perfectionnements pour en tirer aussi bon parti qu’ils le font.
- Les fils exposés sont tous confectionnés avec des laines peignées mécaniquement dans leurs ateliers ;
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- leur bonté et leur bonne confection sont remarquables dans tous les numéros et qualités.
- Leurs canettes en laine peignée sont très-bien confectionnées, et les tissages mécaniques de ce pays les emploient avec succès pour la fabrication des mousselines et satins chaîne-coton.
- Pour récompenser ces filateurs habiles le jury leur décerne la médaille d’arsent.
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- MM. LAROQUE frères, fils et JACQUEMET, à Bordeaux (Gironde),
- Exposent une grande variété de produits :
- i° des fils laine peignée en 2 jusqu’à 8 brins légèrement retordus pour tricots, broderie et passementerie ;
- 20 des fils en laine cardée en 2 et 4 bis retordus ;
- 3° des couvertures de laine, tant pour la vente à l’intérieur que pour l’exportation;
- 4° des tapis dits jaspés d’un prix très-modéré.
- L’établissement de ces exposants fondé depuis plus de soixante ans, dit le jury départemental, sur des bases d’abord très-modestes, a augmenté l’étendue de sa fabrication à mesure que s’offraient de nouveaux débouchés.
- Aujourd’hui c’est la plus importante manufacture de Bordeaux et à son exemple se sont élevés d’autres filatures de laine.
- Ces manufacturiers se renferment dans la production des articles de grande consommation, par conséquent de prix peu élevé.
- Leur fabrication, quoique variée, est très-soignée dans tous les genres.
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- Le jury appréciant les efforts qu’ont dû faire MM. Laroque frères fils, et Jacquemet pour obtenir des produits aussi bien confectionnés, leur décerne pour l’ensemble de leur fabrication la médaille d’argent.
- M. ORIOLLE fils, à Angers (Maine-et-Loire),
- Présente à son exposition une grande variété de fils en laine peignée et cardée et des étoffes de laine.
- Ses fils sont teints de diverses nuances, moulinés en deux jusqu’à huit bouts selon la destination de l’article qu’ils sont appelés à produire, et trouvent des débouchés dans une partie des provinces méridionales de la France.
- La confection de ces filés est très-bonne pour la spécialité dont s’occupe principalement M. Oriolle, ce qui explique ses nombreux débouchés.
- Sa fabrication d’étoffes communes pour vêtement des femmes de la campagne en général se fait remarquer par des prix peu élevés.
- Ce manufacturier a réuni dans le même établissement filature de laine peignée, cardée et teinture des laines qu’il emploie; le jury départemental indique qu’il occupe 35o ouvriers dans ses ateliers et 200 au dehors pour le tissage. C’est le plus grand et le plus important atelier de la ville d’Angers et des environs.
- Le jury appréciant tous les efforts qu’a faits M. Oriolle depuis quatorze ans, pour fonder et conduire cette manufacture, ainsi que pour perfectionner ses produits, lui décerne la médaille d’argent.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. LEJEUNE et 0% à Roubaix (Nord),
- Présentent à leur exposition : i° Des fils en laine peignée dans diverses finesses jusqu’aux nos les plus élevés en laine peignée; 2° Des fils en laine longue doublés et retordus pour chaîne ;
- 3° Des fils alpaga en n° 45 mlm‘,
- 4° Des fils en laine cardée.
- Les produits de MM. Lejeune et Cie avaient été appréciés par le jury de i83q qui les avait récompensés de la médaille de bronze, dont le jury de 1844 s’empresse de voter le rappel.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Alexandre LEBLANC, à Turcoing (Nord).
- Cet exposant a été un des premiers à s’occuper dans sa filature de laine peignée, qui date de 18415 du filage de l’alpaga peigné, ce qu’il a fait avec succès ; il en a envoyé à l’exposition une grande variété dans tous les nos.
- Ce filateur est aussi constructeur de machines, et sa filature se compose de 5ooo broches.
- Voulant récompenser l’habileté deM. A. Leblanc pour le filage de la laine et de l’alpaga peignés, le jury lui décerne la médaille de bronze.
- MM. Léon VALLÈS et BOUCHARD, rue Saint-Maur-Popincourt, A, à Paris,
- Avaient obtenu la mention honorable en 1889.
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- Depuis cette époque ces exposants ont beaucoup augmenté leurs affaires en fils de laine peignée et laine cardée.
- Les fils peignés de leur établissement rue Saint-Maur-Popineourt sont très-variés et d’une bonne confection.
- Pour récompenser le mérite de ces exposants le jury leur accorde la médaille de bronze.
- MM. BURGADE père et fils, à Bordeaux (Gironde),
- Ont envoyé à l’exposition des fils de laine peignée préparés pour les tricots, la broderie en plusieurs couleurs.
- Les produits de ces exposants, dont l’établissement n’a été mis en activité qu’il y a deux ans à peine , sont bien confectionnés et témoignent en faveur de leur intelligence et de leurs connaissances en fabri-
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- cation.
- Pour récompenser leurs efforts et leur succès dans le filage de la laine, le jury leur décerne la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. FRANC père et fils et MARTELIN, à Saint-Rambert (Ain),
- Ont exposé des fils laine peignée purs et mélangés desoie qui sont bien confectionnés.
- Ces manufacturiers ont réuni depuis peu entre leurs mains t les deux filatures qui existaient dans cette localité.
- Espérant encourager leurs efforts et voulant leur
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- offrir une récompense pour leurs nouveaux progrès le jury les mentionne honorablement.
- M. DANIEL (Louis), à Pontfaverger (Marne),
- Expose des fils en chaîne, et trame, laine peignée qu’il a obtenue du peignage mécanique Collier. Pour prouver le bon résultat de ses fils il en a fait confectionner des tissus mérinos en diverses qualités qui se trouvent à son exhibition. Son établissement se compose de deux machines à peigner et de 1920 broches avec les accessoires.
- Afin de récompenser les efforts de ce filateur, qui déjà a fait des progrès dans la fabrication, et l’encourager dans ses tentatives, le jury le mentionne honorablement.
- M. ROUSSEAU, àTremerolles (Seine-et-Oise).
- Cet exposant réclame pour son directeur, M.Feau-veau, tout le mérite de la bonne confection des fils de laine peignée qu’il a envoyés à l’exposition.
- Cet établissement de filature a 2000 broches en activité, ses produits sont très-bien confectionnés; en conséquence , le jury les mentionne honorablement.
- MM. PLANQUE et Cie, à Saint-Jean-de-Lu z ( Basses-Pyrénées),
- Ont envoyé des fils de laine peignée, moulinés en quatre bouts, et des traits de laine peignée.
- Pour un commencement d’organisation dans un pays où il a fallu former les ouvriers , les laines peignées etles fils exposés ont paru bien confectionnés. "V oulant encourager les efforts de M M .Planque et Cie
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- et récompenser leurs progrès, le jury leur accorde la mention honorable.
- M. CAULLIEZ-PETILLON, à Turcoing (Nord),
- A envoyé à l’exposition des fils en laine peignée et des canettes de même laine teinte avant le filage que le tisserand met dans sa navette, ce qui est avantageux et économique pour son travail.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- MM. LABORDE, DEZEYMERIS et LAFOND, à Trugey, commune de Floirac, près Bordeaux , (Gironde ),
- Exposent divers échantillons en rubans de laine peignée, tous d’une confection très-remarquable par la pureté et le dressage de la matière.
- Le jury départemental dit dans son rapport qu’a-près avoir entendu sa sous-commission décrire les avantages nombreux de la machine à peigner la laine qu’elle avait vue fonctionner pendant quelques -heures dans l’établissement de MM. Laborde, De-zeymeris et Lafond, situé à Trugey près Bordeaux, il avait désiré qu’une expérience spéciale, faite en présence de sa sous-commission, constatât plus particulièrement la réalité des assertions de ces manufacturiers.
- Le 11 février dernier, cette sous-commission se transporta à Trugey et procéda à une expérience pour comparer le rendement du peignage mécanique avec celui fait à la main.
- Une certaine quantité de laine de Poitou fut dégraissée pour servir aux deux procédés.
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- La laine livrée au peignage mécanique en sortit parfaitement propre et d’un aspect satisfaisant dans un délai tel qu’en 12 h. de travail, la machine aurait pu produire 147 kil. sans que le déchet dépassât 4 i/5 pour 100 environ.
- Le peignage à la main fait par un ouvrier habile avait rendu dans les proportions suivantes :
- 68 1/2 pour 100 de cœur (laine soignée).
- 27 de blousse ou peignon.
- 4 r/2 d’évaporation.
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- En présence de différences aussi remarquables, le jury départemental ajoute qu’il avait cru devoir émettre des doutes sur l’emploi à la filature de cette laine peignée ; à cette objection il avait été répondu par la présentation d’un certificat de deux filateurs de Bordeaux qui déclarent que la faine vendue par MM. Laborde, Dezeymeris et Laf’ond, avait été aussi bien filée que les laines peignées à la main et sans plus de déchet.
- Lejury central doit, à cet égard, admettre les faits constatés par le jury départemental.
- Quant aux produits exposés, ils lui paraissent d’une perfection telle qu’ils ne laissent rien à désirer.
- Mais comme les peignés de ces manufactures' n’ont pu être encore appréciés que par deux ou trois filateurs seulement, et que cet établissement ne peut être considéré qu’àp’état d’essai, puisqu’il n’occupe encore que quatre homme et huit enfants, lejury fait des vœux pour le succès de cette belle et intéressante découverte et dans la vue d’encourager et de récompenser!les efforts de MM. Laborde,
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- Dezeymeris et Lafond, leur décerne la mention honorable.
- MM. ROGERfrères, à Trie-Château (Oise).
- On trouve à leur exposition des fils de laine peignée très bien-confectionnés, ainsi que les tissus mérinos qui ont été fabriqués avec ces fils.
- Ces manufacturiers viennent de réorganiser leur établissement sur de nouvelles bases.
- Le jury espère qu’ils sauront conquérir le rang que semble promettre la beauté des produits qu’ils ont exposés, et les mentionne honorablement.
- RAPPEL DE LA CITATION FAVORABLE..
- M. Achille AUBANEL - DELPON, Sommières (Gard),
- Expose une grande variété de traits de laine peignée en blanc ou couleur naturelle ; son établissement occupe toujours un grand nombre d’ouvriers dans la localité, et les environs.
- Ce manufacturier avait obtenu la citation favorable en 1839, le jury de 1844 trouve toujours digne de cette distinction.
- CITATIONS FAVORABLES.
- MM. H. D. EHRMANN et Cie, à Bitschwiller (Bas-Rliin),
- Exposent une collection de traits de laine peignée depuis le prix de 9 fr. 5o jusqu’à 35 fr. le kilo. Toutes ces laines peignées, très-bien confection-
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- nées, sont obtenues par le peignage à la main et par le système du travail àla griffe qui, permettant de charger beaucoup le peigne, en obtient des traits plus longs.
- Pour former les 200 ouvriers qu’ils ont clansleur atelier, ils ont fait venir des ouvriers peigneurs de l’Allemagne et ont doté le département du Bas-Pihin d’une industrie importante.
- Le jury leur décerne la citation favorable.
- M. CRETENIER (Pierre-Alexandre), à Épernay (Marne),
- Présente divers échantillons de laine peignée, qu’il annonce avoir obtenus sans peignage, par conséquent sans blousse ou peignons; il présente également les fils obtenus de la laine ainsi travaillée.
- M. GAILLET-BARONNET, àSomme-Py (Marne).
- Son exposition se compose de trois sortes de fds de laine peignée, fi e à la main, dont le plus fin en chaîne est de 75 m/m au kil.
- MM. VINCENT (Pierre), de Meyrueis (Lozère), ARNAUD (Isaac), de Nismes (Gard), CALLANDRE (Jean - Jacques), de Gap ( Hautes-Alpes ),
- Sont cités favorablement pour leurs laines peignées à la main.
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- DEUXIÈME DIVISION.
- LAINE CARDÉE.
- Filage de la laine cardée.
- Le filage de la laine cardée a vu paraître depuis la dernière exposition un nouveau système par lequel on obtient sur la carde finisseuse un certain nombre de fils continus qu’il ne s’agit ensuite que de soumettre à des Muljenny disposés à cet effet pour en obtenir le numéro que l’on désire.
- Chacun a pu voir à l’exposition les cardes de ce système qu’on appelle cardes fileuses : elles ont l’avantage de n’avoir plus besoin du travail des enfants qui sont nécessaires dans l’ancien système pour rattacher les loquettes. Le travail de ces cardes laisse encore quelque chose à désirer sous le rapport de la régularité ; il faut espérer que la pratique parviendra à remédier à ce qu’il y a de défectueux sous ce rapport.
- Le nombre des métiers Muljenny, de 2 à 300 broches avec le chariot conduit au moyen d’une vis en spirale, s’accroît de jour en jour ; l’économie qu’il procure le fera peu à peu adopter par tous les filateurs, en remplacement du métier à la chasse.
- Le filage de la laine cardée a également fait des progrès depuis 1839 ; on file plus fin et plus régulièrement, ce qui a permis de fabriquer des
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- étoffes plus légères dont on a vu plus d’un exemple à l’exposition.
- On prépare la laine au moyen de cardes à plusieurs tambours sur lesquels la matière passe successivement jusqu’au dernier cylindre pei-gneur, pour en sortir en ruban continu.
- Ce ruban nommé cardé peigné par les uns, et par les autres simplement peigné quand le car-dage a été bien fait, a également pris un plus grand développement.
- Le produit de la carde ainsi combiné passe à des préparations pour fixer le brin de laine en long ; puis soumis aux machines à travailler la laine peignée, on en obtient des fils très-bons pour les articles de bonneterie, broderie, passementerie et même beaucoup de tissus.
- Cette méthode de travailler la laine peut jusqu’à un certain point suppléer au peignage, mais jamais le remplacer totalement.
- La grande facilité de filer la laine par tous ces moyens a permis aujourd’hui de remplacer' le cardage et le filage à la main, et il n’est presque pas de département qui n’ait plusieurs filatures de laine cardée.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MM. CAMU fils et T. CROUTELLE neveu, à Pont-Givart, près Reims,
- Soutiennent ayec succès la position qui leur a valu la médaille d’or en i83q.
- Leur exposition se compose d’une grande, variété de fils laine et cachemire cardés, d’une grande régularité.
- Afin de montrer que l’emploi des fils dans les nos élevés était possible, ils ont fait confectionner le tissu laine qu’on trouve à leur exhibition avec de la chaîne n° ^2 m/m et de la trame n° 100 m/m*
- Ces manufacturiers sont aussi inventeurs d’une machine qu’ils nomment Ploqueuse, pour laquelle ils ont pris un brevet; cette machine rajoute les Joquettes de laine, que la carde produit, et remplace le travail des enfants, dont la fonction est de les rajouter sur la bely (métier à filer en gros).
- Il est à désirer que cette machine puisse remplir le but auquel elle est destinée et que ses résultats la fassent adopter par les filatures de laine cardée.
- Le jury de 1344 ? appréciant les efforts constants de MM. Camu fils et Croutelle neveu, pour améliorer leurs produits, vote en leur faveur le rappel de la médaille d’or.
- MM. LUCAS frères, àBazancourt (Marne),
- Exposent des fils en laine peignée, remarquables parla solidité, en raison de la finesse à laquelle ils ont été tirés.
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- Leurs fils, dans tous les numéros, sont d’une grande régularité.
- On y voit des fils de chaîne du n° 96 ®/m au k. et des numéros 186 m/m en trame.
- Les beaux tissus mérinos de MM. Dauphinot et Caillet que l’on trouve à l’exposition, proviennent de fils confectionnés à façon par MM. Lucas frères.
- Ces filateurs consacrent la majeure partie de leur important établissement à la filature de laine cardée.
- Dans les deux genres, ils se tiennent au premier rang et ne négligent aucun moyen pmir introduire
- dans leur belle filature toutes les améliorations
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- possibles.
- En 1839, messieurs Lucas frères avaient obtenu la médaille d’or que le jury de 1844 leur rappelle.
- MÉDAILLE D’OR.
- MM. BERTHERAND-SUTAINE et Cie, à Reims ( Marne ),
- Exposent: i° des fils simples en trame du n° 25 ml au k. et du n° 120 ; 20 des chaînes n° 28 à 34; 3° des demi-chaînes nos 78 à 95 ; 4° des fils doublés et retordus, de couleurs variées, dont la confection leur est spéciale d’après l’indication du jury départemental, qui les a signalés d’une'manière toute particulière. .
- M. Bertherand-Sutaine a mis des premiers en activité des machines mécaniques à carder et filer la laine. Dès 1811, il était en possession de celles .qui ont été introduites en France parM. Gockerill.
- Aujourd’hui messieurs Bertherand-Sutaine et
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- compagnie possèdent le plus vaste établissement de filature de laine cardée de Reims et des environs, qui met en cuve annuellement 200,000 k. de laine; ils ne le cèdent à-aucun autre pour la bonne organisation et la bonne tenue des ateliers. Tous les perfectionnements qui peuvent apporter des améliorations dans la bonne confection ’des produits sont adoptés par eux avec empressement; aussi leur fabrication est tellement appréciée, que leurs ateliers ont constamment de l’occupation dans les moments difficiles, et la prepve incontestable de la supériorité de leurs produits, c’est qu!ils en obtien7 nent toujours un prix supérieur à celui que peu-’ vent réaliser leurs confrères. Le jury leur décerne la médaille d’or.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. LACHAPELLE et LEYARLET, à Reims (Marne), . *
- Exposent des fils laine peignée , depuis les numéros les plus ordinaires jusqu’aux plus fins, d’un emploi journalier.
- Leur chaîne ne 75 a 77 m/m au kilog. et leur trame io5 m/m, ont l’élasticité et la force nécessaires à un bon emploi.
- Leurs fils cardés, dont ils ont une grande variété, sont d’une régularité remarquable.
- Comme on le voit par leur exposition, ces fila— teurs confectionnent pour leur compte les fils peignés auxquels ils consacrent 3,000 broches, et lès fils cardés qui emploient 10,000 broches réparties entre leur bel établissement de Reims et celui deSt-Brice.
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- T. I.
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- Le jury de i83q leur avait accordé une médaille d’argent, dont le jury de i844 vote rappel.
- M. DUBOIS, à Louviers.
- Ce filateur expose un assortiment de fils de laine cardée de différentes finesses, qui sont d’une grande régularité et d’une grande netteté.
- Sa vente a lieu à Elbeuf et à Paris pour les articles de nouveautés et pour le broché des châles.
- Le jury de i83g accorda à i\I. Dubois une médaille d’argent pour la bonne confection de ses fils ; le Jury de 18J4 en vote Ie rappel.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. DESCOINS, à Mouy (Oise),
- A exposé une série de fils en laine, cardés en gras et dégraissés, depuis le n° 4° jusqu’au 88 m/m au kil ces fils sont très-bien confectionnés.
- Cet exposant est depuis longtemps connu comme habile manufacturier d’étoffes de laine, aussi les succès qu’il obtient comme filateur sont-ils très-naturels.
- Dans la localité qu’habite cet industriel, on s’occupe peu du filage de la laine en nos élevés, le mérite de M. Descoins n’en est que plus grand. Pour le récompenser, le jury lui décerne la médaille de bronze.
- MM. Albert MENAGE et Cie, à Elbeuf (Seine-Inférieure) ,
- Exposent des échantillons de fils fins laine cardée, qui ont servi h la confection des tissus nouveautés, que des fabricants d’Elbeuf ont exposés.’
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- Le jury départemental dit que l’établissement de MM. Albert Ménagé etCie doit être encouragé, en ce qu’il est le seul qui soit spécial dans cette ville, pour fournir les fils fins nécessaires à la fabrication des tissus légers.
- Le jury décerne la médaille de bronze à MM. A. Ménagé et C,e.
- M. PEQUIN (Jean), à Cugand (Vendée),
- A obtenu une citation favorable en i834> une mention honorable en 183g. Depuis lors cet établissement a pris un nouvel accroissement, il possède en ce moment huit assortiments de filature de laine cardée, dont les produits figurent à l’exposition et témoignent d’un bon marché qui a favorisé dans le pays le développement de la fabrication des étoffes de laine; et le jury départemental dit que cest en partie à la bonne confection cle ses fils que Von doit la faveur dontjouissent les étoffes de Cugand.
- Le jury décerne à M. Pequin la médaille de. bronze.
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- M. PARPAITE aîné, à Carignan ( Ardennes)y
- A un établissement de filature en laine cardée* de 6,670 broches,occupé au filage à façon, pour la fabrique des environs et principalement de celle de Reims.
- Les fils qu’il a envoyés à l’exposition sont très-bien confectionnés.
- Cet exposant a pris un brevet pour un système de renvidage mécanique, applicable ans
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- anciens métiers à la chasse pour la filature de la laine cardée.
- L’application de cette invention dans d’autres filatures prouve son utilité.
- Pour récompenser M. Parpaite aîné, le jury lui décerne la médaille de bronze.
- CITATIONS FAVORABLES.
- MM. DUVILLIER frères, à Turcoing (Nord),
- Ont exposé des fils laine cardée.
- M. GOFFINET-SALLE, à Reims (Marne).
- Pour ses fils de laine cardée pure et mélangée de diverses couleurs.
- TROISIÈME DIVISION.
- FILAGE DU CACHEMIRE.
- Ce duvet, qui nous arrive depuis quinze années dans des proportions presque invariables, tant pour les quantités que pour les prix de revient (75 à 77 m. k., valant de 7 à 9 fr. le Ml. ), n’a pas permis de donner de plus grands développements au filage de cachemire.
- Si quelques établissements de filature les plus anciens ont délaissé cet article ou n’ont pu continuer son emploi, d’autres manufacturiers plus industrieux les ont remplacés.
- L’habitude du travail et les perfectionnements
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- dans les procédés du filage, ont fait obtenir de nouvelles améliorations dans le prix de vente des fils, qu’on estime être de 10 à 12 pour 100. Depuis 1839, cette baisse de prix s’est fait ressentir sur les tissus cachemire français dans une proportion équivalente.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. BIETRY, à Yillepreux (Seine-et-Oise).
- Les fils et tissus cachemire qu’il présente à l’exposition, sont d’une très-belle confection, cî’une régularité et finesse remarquables.
- Cet habile manufacturier continue à se maintenir au premier rang qu’il a su conquérir par ses persévérants efforts.
- Simple ouvrier, il a su par son intelligence et son esprit d’ordre, former un établissement qu’il a successivement agrandi, et chaque exposition depuis 1828, a vu récompenser les progrès qu’il a faits en tous genres, jusqu’à la médaille d’or que le jury de 1844 lui rappelle.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. POSSOT, rue des Yinaigriers, 19 bis, à Paris,
- Présente à Imposition des fils en chaîne et en trame, qui réunissent à une grande régularité une netteté parfaite ; on reconnaît dans tous les produits de ce filateur, la perfection la plus grande apportée dans toutes les opérations du filage.
- Ses tissus cachemire se ressentent de la bonne
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- confection des filés, ce qui lui assure de faciles débouchés.
- M. Possota obtenu la médaille d’argent en i834, et un rappel en 1839, que le jury de 1844 se feit un plaisir de lui rappeler.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. GIMBERT, rue des Marais, 35, à Paris,
- A exposé une grande variété de fils cachemire et de laine cardée, qui, sont très-bien confectionnés. Ce manufacturier a déployé une intelligence remarquable pour la bonne confection des fils cachemire employés dans les châles de la fabrique de Paris et de Lyon, dont il est le plus grand fournisseur.
- Sa filature est la plus importante dans ce genre, elle se compose d’environ 6,000 broches.
- On a pu remarquer à son exposition les tissus, soit à carreaux, soit imprimés, qu’il a confectionnés avec ses filés cachemire, qui ont un grand succès dans le commerce, et dont il ne peut en ce moment porter au delà la production par le manque de matière cachemire convenable.
- Pour remédier à cette pénurie, il emploie delà laine très-fine cardée.
- Pour récompenser les efforts constants de cet habile et intelligent filateur, ainsi que pour la perfection de tous ses produits, le jury lui décerne la médaille d’argent.
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- TROISIÈME SECTION.
- TISSUS DE DAINE.
- PREMIÈRE DIVISION.
- ÉTOFFES DRAPÉES ET FOULÉES.
- M. Legentil, rapporteur.
- Considérations générales.
- Une industrie, dans la première période de son développement, a devant elle un vaste champ à défricher et à féconder. Ses progrès alors sont rapides et faciles à constater ; mais, lorsqu’elle a grandi, qu’elle compte de longues années de travaux et de succès non interrompus, lorsqu’elle a demandé à la science, aux arts, à la mécanique, leur concours pour rajeunir sa vieille expérience ; qu’ardente à s’approprier toutes les découvertes qui se produisent en France et à l’étranger, elle a tout expérimenté, tout approfondi, il lui faut des efforts constants pour se soutenir à sa hauteur, disons mieux, pour faire encore quelques pas en avant. En effet, il n’est pas permis à l’industrie de s’arrêter ; il faut qu’elle marche toujours, à peine de reculer. Une ressource lui est ouverte, c’est de tenter des voies inconnues, de séduire le consommateur par l’attrait de la nouveauté, de varier ses créations.
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- La variété a tant de prise sur nous, que le consommateur n’y résiste guère.
- Cette nécessité, la fabrique de draps l’a parfaitement comprise. Déjà, en 1839, le jury central lui avait dû rendre Cette justice. Il avait constaté que sur 5,000 métiers battants à Elbeuf, plus de la moitié étaient employés à la fabrication des draps-nouveautés et fantaisies pour paletots et pantalons, et que tous les autres centres de production avaient à l’envi suivi cet exemple. L’exposition actuelle en fournit de nouveau la preuve. Sans parler de Louviers et surtout de Sedan, qui sont, à cet égard, en possession de donner plutôt que de recevoir l’exemple, il n’est pas de fabrique qui n’ait tenté les mêmes genres avec succès. Le Midi n’est pas resté en arrière dans cette carrière d’innovation; ses produits, s’adressant en général à des consommateurs moins riches, il n’a pas cherché à lutter de finesse, mais il a su approprier avec goût et intelligence ses nouveaux produits aux besoins qu’il était appelé plus spécialement à satisfaire. Plusieurs de ses plus habiles industriels ont pu même venir sur le marché de Paris, faire concurrence à leurs rivaux du Nord, et lorsqu’au début de la vogue des paletots, nos élégants semblaient avoir emprunté au cocher anglais son vêtement large, lourd et épais, quelques fabricants ont pu s’éton-
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- ner et se réjouir en voyant l’honneur qu’on faisait à leurs produits , qui remplissaient bien d’ailleurs les conditions du genre. On reproche souvent à la mode cl’être inconstante, nous serions tentés quelquefois de lui adresser le reproche contraire. En effet, le costume des hommes est d’une uniformité désespérante. Le noir, rien que le noir ; c’est la seule recherche de la toilette. L’homme d’affaires et l’homme de loisir n’ont rien qui les distingue, et l’on peut descendre de la voiture de deuil pour s’asseoir au banquet nuptial ou figurer au bal sans rien changer à son habillement. Qu’en est-il résulté? C’est que du nord au midi, de l’est à l’ouest, les fabriques se sont organisées à l’envi pour faire du drap noir. Les unes qui, de temps immémorial, excellaient dans ce travail, comme Carcassonne pour les draps communs, Sedan pour les draps fins, ont redoublé d’efforts pour maintenir leur réputation. Les autres, fières de leurs succès dans des genres analogues, confiantes dans leur habileté éprouvée, se sont mises à l’œuvre avec ardeur pour disputer la supériorité à leurs devanciers et partager leur clientèle.
- Elbeuf, entre touteè les villes, s’est distingué dans cette lutte. Ses premiers essais avaient été timides ; ses fabricants, achetant souvent des draps en blanc dans les fabriques secondaires, et
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- notamment à Mouy, se contentaient de les teindre et de les apprêter, et la consommation les accueillait à la faveur du nom qu’ils portaient. Encouragés par ces premiers succès, les fabricants d’Elbeuf n’ont pas tardé à exploiter plus largement ce nouveau genre. Ils ont fabriqué des draps noirs de toutes pièces, et sans se borner aux qualités communes ou moyennes, ils ont attaqué les qualités les plus fines. Il n’est pas de fabricant habile qui n’ait complété ses assortiments de draps de couleurs par quelques draps noirs; quelques-uns même se sont livrés exclusivement à cette fabrication, et l’élan a été si général, le succès si complet, qu’Elbeuf peut se flatter aujourd’hui d’entrer pour un cinquième dans la consommation générale des draps noirs en France.
- La ville de Sedan, qui compte dans son sein des maisons puissantes, dirigées par des hommes du premier mérite, ne s’est point alarmée de la rivalité qui surgissait contre elle ; dans un siècle de développements et de progrès industriels comme le nôtre, elle a compris que la concurrence était une nécessité qu’il fallait franchement accepter; que, lorsqu’elle était loyalement exercée, elle contribuait à améliorer les produits , en même temps qu’elle en diminuait le prix, et avait pour résultat d’en étendre la con-
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- sommation, qu’ainsi chacun trouvait sa place au soleil. La fabrique de Sedan a donc redoublé d’efforts pour maintenir la supériorité, qui lui est depuis si longtemps acquise, et qu’elle n’est pas disposée à se laisser ravir.
- Louviers aussi a reconnu que le prestige d’un nom ne suffisait pas pour maintenir une réputation , qu’à notre époque la palme appartient, non au plus ancien, mais au plus habile. Ses fabricants voyaient tout p#rès d’eux cette ruche industrieuse, c’est ainsi que l’empereur avait caractérisé Elbeuf, se peuplant chaque jour de nouveaux travailleurs plus ardents et plus intelligents ; son bourdonnement laborieux ne leur permettait pas de s’endormir. Force a donc été à ces habiles manufacturiers de mettre en jeu toutes les ressources de leur talent et de leur longue pratique pour soutenir leür beau renom. En môme temps, sentant bien que les qualités très-fines n’ont qu’une consommation limitée, et qui se restreint encore quand elle est disputée, plusieurs d’entre eux, pour profiter des avantages qu’offre leur belle localité, et y maintenir la vie et l’activité, se sont livrés à la fabrication des qualités ordinaires : imitant leurs adversaires d’Elbeuf, ils sont venus les attaquer sur leur terrain. Ils n’ont eu qu’à se louer de cette nouvelle direction donnée à leurs travaux ; de nou-
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- veaux débouchés se sont ouverts pour eux, et le pays verrait avec plaisir, dans l’intérêt de la classe ouvrière, que cet exemple eût des imitateurs.
- Ce mouvement général d’amélioration, d’innovations, de progrès, ne s’est pas, ainsi que nous l’avons déjà dit, limité aux principaux centres de production que nous venons de signaler. Il s’est étendu aux fabriques de l’Est, du Midi et du Centre du royaume. Celles du Haut et du Bas-Rhin, par exemple, nous ont offert des draps parfaitement bien traités, dans les qualités moyennes, pouvant soutenir toute concurrence avec les qualités correspondantes d’Elbeuf. Nous pouvons faire le même éloge de la fabrique de Yire, dans le Calvados. Vienne, dans l’Isère; Mazamet, dans le Tarn ; Limoux, dans l’Aude, nous ont également présenté, avec leur bonne et solide draperie, des nouveautés et des fantaisies traitées avec goût et avec habileté. Quelques fabriques, presque ignorées jusqu’à ce jour, se sont révélées à l’attention du pays par des produits vraiment remarquables. Nous citerons la ville d’Orléans , dont un fabricant a exposé des draps bleus que le consommateur saura apprécier pour la modicité des prix et la bonne confection.
- Nous le voyons avec intérêt, l’élan se propage sur toute la surface de notre patrie ; par-
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- tout les bonnes méthodes chassent les vieilles ' routines ; les mécaniques, qui abrègent et accélèrent le travail en le perfectionnant, s’établissent dans toutes les contrées. Les étoffes grossières et communes voient leur consommation se limiter de plus en plus à quelques localités peu avancées ; elles sont remplacées par des tissus où la modicité du prix n’exclut pas le goût et le soin dans la fabrication. Le drap cati, qui fut longtemps exclusivement réservé au riche, habille aujourd’hui la classe moins aisée ; c’est ainsi que l’industrie a su satisfaire à ce besoin d’égalité si universel dans notre pays, et que tous les citoyens français égaux devant la loi le sont aussi devant le monde.
- La fabrication, poussée par ce besoin d’innovation dont nous avons constaté les résultats, a cherché à étendre son domaine ; elle n’avait pour clients que les hommes, elle veut avoir aussi les dames ; elle a déjà fait plusieurs essais heureux en robes et en châles : elle espère que ses tissus moelleux, souples et chauds, appropriés avec goût à leur destination, offriront au beau sexe un heureux préservatif contre les rigueurs des hivers et les variations des saisons. Reste à savoir ce qu’en dira la mode.
- Innover n’est pas toujours améliorer, et le progrès ne mérite ce nom que lorsqu’il ajoute,
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- sans rien retrancher, à la richesse nationale; sous ce rapport, l’industrie dont nous nous occupons n’a mérité que nos éloges, et ne nous a laissé aucun regret. L’ancienne fabrication du drap cati, le vrai type du genre, l’élément solide de sa gloire, et de sa prospérité, loin d’avoir été négligée, a continué d’être cultivée avec soin; elle a même reçu de notables perfectionnements. Le commerce lui reconnaissait déjà ce mérite; l’exposition nous a mis à même de le constater. A aucune époque, ses produits ne se sont montrés aussi beaux, ni même aussi nombreux. El-beuf mérite la plus grande part de ces éloges; La perfection, le fini du travail ne sont plus l’apanage de quelques manufacturiers d’élite ; tous excellent dans la connaissance et la pratique de leur industrie, et le jury, lorsqu’il a eu à faire un choix entre les plus habiles pour décerner les récompenses, n’a éprouvé qu’un regret, c’est d’avoir été forcé d’en limiter.le nombre.
- Cette perfection que nous reconnaissons dans la fabrication du drap, est due aux concours intelligent de tous les agents de la production ; filateurs, tisserands,, teinturiers, apprêteurs, tous, à l’envi, y ont apporté leur contingent. Parmi tous ces éléments de succès, il en est un que les fabricants eux-mêmes nous ont particulièrement signalé, c’est l’usage des foulons à
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- l’anglaise dont la commission des machines a
- su nous faire apprécier le mérite. Ces foulons
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- domestiques permettent à chaque fabricant de faire chez lui, par lui-même, l’opération délicate du feutrage, de l’augmenter, de la diminuer, de la modifier suivant les besoins du tissu qui y est soumis. La toile pressée entre les cylindres , acquiert plus d’égalité, plus de fermeté, que lorsqu’elle est livrée à l’action des piles ; elle résiste mieux aux apprêts, et est exposée à moins de tares que par l’ancien procédé.
- La fabrique a recueilli le fruit de ses efforts persévérants ; non-seulement elle a maintenu et même augmenté ses débouchés à l’intérieur, mais encore elle a réhabilité à l’étranger le beau nom de la draperie française. Une révolution heureuse tend à s’opérer dans nos exportations. Trop longtemps nous n’avons envoyé dans les pays lointains que de la marchandise de pacotille ; ce que l’on ne pouvait plus vendre en France s’expédiait au loin, et l’on n’était pas toujours très-scrupuleux sur les moyens de réaliser ces soldes. Aujourd’hui l’exportation réclame en général des marchandises bonnes, bien faites, réunissant toutes les conditions qui peuvent satisfaire le consommateur. Elle offre même avec confiance et succès aux marchés étrangers les qualités les plus renommées de notre pays. Ainsi un fabricant
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- de Sedan, dont les produits résument tous les genres de perfection qu’on peut désirer, nous a justifié qu’il avait exporté dans l’année 1843 une valeur de 350,000 fr. ; en 1838, ses exportations n’atteignaient pas 100,000 fr. C’est sur l’Amérique du Nord, et spécialement sur New-York, où ce fabricant a créé un comptoir, qu’il dirige ses expéditions. Une autre maison de la même ville, qui tient sans contredit le premier rang parmi tous les exportateurs de draperie, nous a donné les mêmes renseignements sur cette nouvelle tendance du commerce avec l’étranger. A cette occasion, nous devons vous signaler un fait qui sera accueilli avec intérêt dans un moment où tous les yeux sont tournés vers le céleste empire , où le gouvernement y envoie à grands frais une mission d’exploration commerciale. Cette même maison, tout le monde l’a déjà nommée, ce sont MM. Bertèche, Bonjean jeune etChesnon, a fait, dans l’année 1843, trois expéditions en Chine,montant ensemble àlasommede340,000f. Les types des draps qui composaient ces expéditions ont été exposés dans la case de ces messieurs et dans celle de M. Randoing,d’Abbeville. Les premiers ont fabriqué les draps noirs et de couleur teints en pièces ; le second a livré les draps teints en laine. Nous avons eu l’occasion de parler au négociant qui a réalisé dans le pays même
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- ces cargaisons, et il nous a assuré que toutes les conditions de largeur, de longueur, de couleur, de qualité, avaient été remplies avec tant d’exactitude et d’intelligence, que les naturels avaient acheté ces draps avec empressement; et il ajoutait qu’avec des produits aussi consciencieusement exécutés, on pourrait soutenir facilement la concurrence étrangère, et même celle des Anglais. Que faudrait-il donc pour que de pareils exemples trouvassent des imitateurs ? Un peu plus de confiance, un peu plus d’audace chez nos manufacturiers. Ce que le pays surtout appellerait de tous ses vœux, ce serait de voir s’augmenter le nombre des négociants exportateurs qui, familiarisés avec les besoins et les usages des pays lointains, pussent donner à nos manufacturiers des directions utiles, se charger du placement de leurs produits , et en trouver un écoulement facile, si, opérant sur une grande échelle, ils pouvaient se contenter de bénéfices modérés. En Angleterre, cette classe si utile d’intermédiaires entre le pays et l’étranger, est largement constituée , on la rencontre sur toutes les places du dehors; ses connaissances, son expérience et ses capitaux lui donnent presque le monopole de tous les marchés. La lutte sans doute est difficile, mais l’exemple prouve qu’elle n’est pas au-dessus de nos forces. En France, notre organisation indus-
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- trielle et commerciale ne permet à personne, sauf d’heureuses exceptions, de disposer de grands capitaux ; mais ce que nous ne pouvons faire individuellement, des efforts collectifs peuvent le réaliser. Pourquoi, dans les centres de nos principales fabriques , . bon nombre des premières maisons ne se réuniraient-elles pas pour faire un fonds commun destiné à alimenter les débouchés au dehors ? Il ne manquerait pas d’hommes sûrs, intelligents, capables, pour donner au travail une bonne direction et opérer les placements. Conduites avec prudence, des opérations de cette nature devraient obtenir des résultats utiles, mais dussent-ils rester au-dessous de nos espérances, les fabricants ne trouveraient-ils pas la compensation d’un sacrifice individuel, toujours peu important, puisqu’il serait divisé, dans l’avantage d’occuper les bras pendant les temps de chômage, d’éviter l’encombrement du marché, et de maintenir les prix qu’un trop-plein , si minime qu’il soit, suffit souvent pour avilir.
- La fabrication des couvertures qui fait partie de cette section nous offre peu de choses à dire. Bans cet article, le prix de la laine entre pour la plus grande partie dans celui du produit. L’article permet peu d’innovation ; nous devons reconnaître toutefois que, comme toutes les autres étoffes foulées, la couverture a profité des amé-
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- liorations que nous avons signalées dans la filature et dans les apprêts. Les pays qui sont les plus favorisés par le bon marché de la matière première, exploitent ce genre avec le plus de succès. Sous ce rapport, le Midi mérite d’être cité, et il y a dans cette contrée tel fabricant distingué que nous regrettons de ne pas voir à l’exposition, dont les produits s’exportent par masses considérables dans l’Amérique, et notamment à la Nouvelle-Orléans , où les balles, sans être ouvertes, sont acceptées sur les marques du fabricant, et trouvent un écoulement facile et assuré.
- Paris, pour les couvertures de luxe, conserve le rang qu’il a su prendre depuis longtemps.
- L’industrie dont nous venons de parler est une de celles qui contribuent le plus à la richesse nationale, par le service qu’elle rend à l’agriculture en employant ses produits, par le* nombre de bras qu’elle utilise, par la somme descapitaux qu’elle fait fructifier. On évalue sa production annuelle à plus de 300 millions. Nous n’entrerons pas dans des détails statistiques, que: le temps ne nous a pas permis de compléter, et que nous craindrions d’ailleurs de ne pas pouvoir' présenter avec certitude. Nous dirons seulement que trois fabriques fournissent à elles seules environ le tiers de cette'somme. Elbeuf y contribue
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- pour 55 à 60 millions, Sedan pour 20, Louviers pour 9.
- Trente-sept départements ont répondu à l’appel du Gouvernement, et nous ont envoyé 142 exposants , qui viennent chercher le prix de leurs travaux et de leurs succès dans les récompenses que le jury est heureux de leur décerner.
- Draperie fine et Draperie de l’est et du centre.
- 31. Legros , rapporteur.
- EXPOSANT HORS DE CONCOURS.
- MM. CUNIN-GRÏDAINE père et fils, de Sedan (Ardennes).
- Cette maison avait obtenu la médaille d’or en iÔ23, le rappel en 1827. Hors de concours en i834, parce que son chef était membre du jury de l’exposition, hors de concours également en i83p par la haute position où l’avait appelé la confiance royale, l’exposition de 1844 retrouve M. Cunin-Gridaine ministre de l’agriculture etdu commerce.
- Le jury exprime de nouveau son vif regret de ne pouvoir accorder à cette maison le témoignage éclatant d’estime que lui méritent ses produits si finis et si variés et de n’être pas à même de récompenser le concours actif et éclairé de MM. Cunin-Gridaine fils, dont le brillant avenir industriel est assuré par l’application qu’ils mettent à suivre les errements de leur père.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MM. Fréd. JOURDAIN et fils, de Louviers (Eure).
- Si chaque exposition précédente a toujours été pour cette fabrique l’occasion d’un triomphe nouveau, l’exposition de 3844 ne constate pas moins la supériorité quelle a conservée par son importance commerciale et la beauté de ses produits, tant en draps lisses qu’en nouveautés dont le goût est remarquable.
- Les draps de qualités basses et ordinaires, de 8 fr. 5oà22fr., confirment l’habileté de cette maison à traiter les diverses qualités de laine avec le plus grand succès. Le jury a remarqué les draps numéros 33575 vert et 33581, bleu-militaire, en laine de Naz, portant 5,000 fils enchaîne et présentant cependant un tissu très-ferme , serré, garni et d’un grain très-fin. C’est en introduisant avec constance de nouveaux perfectionnements dans la fabrication que MM. Jourdain et fils se soutiennent au rang honorable qu’ils ont conquis. Le jury leur vote le rappel de la médaille d’or.
- MM. DANNET frères, de Louviers (Eure).
- Cette fabrique a obtenu la médaille d’or aux expositions de 1823 , 1834 et I83g; on ne peut en faire un plus grand éloge que de constater qu’elle a bien suivi les progrès que fait chaque jour l’industrie. Le jury en a reconnu la preuve dans les produits de deux espèces qu’elle expose : i° les draps lisses, dont M. Hector Dannet dirige la fabrication, fins, serrés et parfaitement apprêtés; 20 les nouveautés, dont s’occupe spécialement M. Charles
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- Dannet, d’une exécution et d’un goût dignes des éloges les mieux mérités.
- Un drap bronze d’Athènes notamment, portant le n° 1i358, a été admiré par les connaisseurs.
- L’importance de leur fabrication s’est constamment accrue.
- Le jury vote k ces honorables exposants le rappel de la médaille cl’or, obtenue en 1823, 1834 et 1839.
- MM. POITEVIN et fils, de Louviers (Eure).
- La perfection constante et régulière des produits exposés par MM. Poitevin justifie bien la récompense de la médaille d’or qui leur fut décernée à la dernière exposition. Leurs fabrications, que toujours ils améliorent en même temps qu’ils agrandissent le cercle de leurs opérations, et dont tous les travaux se font dans l’établissement même , soutiennent l’ancienne et bonne réputation de Louviers pour les draps fins.
- Le jury leur rappelle la médaille d’or obtenue à la dernière exposition.
- MM. Paul BACOT et fils, de Sedan (Ardennes).
- Cet établissement, l’un des plus importants de Sedan, sest toujours fait distinguer par la beauté et la bonne qualité de ses tissus. A chaque exposition où ils se sont présentés, nouveau triomphe pour ces habiles fabricants; aussi chaque année a vu grandir leur importance manufacturière au point de tripler leur production de i838 à i843. Outre la perfection de leurs tissus, ce résultat est dû à une grande activité et à une louable hardiesse qui n’a
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- pas craint de fonder un comptoir à New-York, en concurrence avec les Belges et les Anglais, et, de cette manière, a ouvert dans l’Amérique du Nord d’importants débouchés à la draperie française.
- A ces titres s’en joignent d’autres qu’approuve une philanthropie éclairée. Amis intelligents de l’humanité, MM. P. Bacot et lils ont fondé dans leur fabrique une caisse de secours mutuels et cleprévoyance des ouvriers dont la destination est de fournir aux besoins de ceux qui tomberaient malades ou deviendraient infirmes; ils président l’association et concourent à la formation d’un fonds de réserve, eu versant mensuellement k la caisse une contribution égale à la moitié de celle des ouvriers. Cette institution , qu’il serait si heureux de voir créer dans tous les établissements industriels, mérite les plus grands éloges à ses fondateurs.
- Le jury vote k messieurs Paul Bacot et fils le rappel de la médaille d’or, dont ils sont de plus en plus dignes.
- MM. Frédéric BACOT et fils, de Sedan (Ardennes).
- Ce nom, honorable dans l’industrie drapière, est parfaitement soutenu par MM. Frédéric Bacot et fils. Leur exposition, aussi belle que variée, est un type heureux de la fabrication de Sedan. Plein , moelleux, fin de grain et très-brillant, le numéro 27960, drap A, lisse, première qualité, a bien reçu tous les apprêts qui exigent les efforts persévérants, le temps et les connaissances réelles du fabricant, et assurent k la belle draperie de Sedan une longue durée sans que l’étoffe perde de sa beauté. Le dnp croisé' E, deuxième qualité, un
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- satin noir, fort, et un Casimir zéphir, ont également fixé l’attention clu jury, qui ne peut s’empêcher de citer aussi les draps couleurs de distinction , pour le beau choix des matières et l’éclat des couleurs.
- La grande importance de cet établissement s’augmente journellement, et les demandes nombreuses qui lui sont adressées prouvent qu’il suit .avec succès la voie du progrès.
- Le jury vote avec satisfaction à MM. Frédéric et Bacot fils, le rappel de la médaille, obtenue en commun avec son frère, sous la raison Bacot et fils.
- MM. BERTÈCHE, BONJEAN jeune, et CHES-NON, de Sedan (Ardennes).
- Cette maison, arrivée, en i83g, au premier rang par son mouvement industriel et commercial, a encore donné une nouvelle extension à ses débouchés par des envois en Chine qui ont, en iôzp, dépassé plusieurs cent mille francs. La fabrique de Sedan, dirigée par MM. Bertèche etBonjean, produit pour trois millions d’étoffes lisses et croisées et notamment ces belles nouveautés restées sans éga» les et toujours très-recherchées par la consommation. La maison de Paris, chargée de l’écoulement et dirigée par M. Çhesnon, ajoute une somme égale de troismillions.provenant des approvisionnements faits dans toutes les fabriques de France. Fa-bricantshabiles,ilssavent confectionner avecun égal succès les étoffes les pl us fines et les plus communes, et y appliquer avec .discernement les apprêts convenables à chaque sorte; leur exposition, où le jury a remarqué une pièce d’étoffe destinée à l’habille-
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- ment des sœurs de charité; les draps écarlates, violets, boutons d’or, etc., destinés à être expédiés en Chi ne, des casimirs, blancs, bleus et garances, d’une qualité extra-fine, est la meilleure preuve de cette grande entente de la fabrique qui les distingue et atteste leurs progrès soutenus.
- Ces actifs industriels ont fondé , depuis peu , à Bazeilles, près Sedan, un établissement spécial pour l’application d’un nouveau principe de fabrication pour l’implantation sur et dans toute espèce de tissus, de matières , soit animales, soit végétales. Cette industrie est trop nouvelle, et les échantillons cl’essai qui nous ont été soumis ne sont pas suffisants pour asseoir un jugement, mais nul doute que la réussite rendrait d’immenses services aux classes pauvres, en permettant de transformer des étoffes d’été, de fil ou de coton en étoffes d’hiver, chaudes et à très-bas prix.
- Le jury vote, avec éloges, à MM. Bertèche, Bonjean jeune et Chesnon, le rappel delaméclaille d’or.
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- M. Jean-Bapt. RANDOING, d’Abbeville (Somme).
- Cette maison jouit depuis longtemps d’une grande réputation dans la fabrication du drap cati. Le jury a distingué, dans sa nombreuse exposition, ses draps dits cachemires, d’un tissu moelleux, serré, qui sont bien appréciés par la consommation. Il a été surtout frappé de la collection de draps teints en laine que cet exposant présente comme les types d’une commission importante qui a été exécutée pour la Chine. Le jugement favorable que le jury
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- en a porté se trouve heureusement confirmé par l’empressement avec lequel ils ont été accueillis dans les pays lointains où ils ont été exportés. Ce fabricant s’applique avec succès à reconquérir le beau renom de la draperie française dans les pays étrangers. La France ne peut qu’applaudir à des travaux que couronnent.de pareils résultats.
- Cette fabrique, fondée en 1665, par Van-Robais, a toujours tenu le premier rang parmi les plus importants établissements de son genre. Elle réunit clans son enceinte tous les éléments de la fabrication, occupe 5oo ouvriers de tout âge et de tout sexe. Elle est desservie par une machine à vapeur de la force de 20 chevaux et par un moteur hydraulique de 4o. Sous la raison Lemaire et Rancloing. elle avait obtenu la médaille d’or en 1834- M. Ran-doing était déjà à la tête de la fabrication dont il dirigeait tous les détails; il en est devenu depuis le seul propriétaire. Le jury, reconnaissant que M. Randoing est de plus en plus digne de la médaille d’or, s’empresse de la lui rappeler.
- MM. CIIEFDRUE et CHAUYREULX, d’Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Plus de vingt ans se sont écoulés depuis que cette maison a commencé, à Elbeuf, la fabrication de la nouveauté. A bon droit, elle peut aussi revendiquer la création de plusieurs genres d’étoffes qui ont contribué à la prospérité de cette ville. De grands sacri-lices, inévitables dans l’origine, n’ont point découragé ces habiles fabricants. Le succès a couronné leurs efforts; ils ont vu chaque année leur importance commerciale s’accroître, et chaque exposition,
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- depuis 1823, constater les progrès de leur industrie. En i834, ils ont obtenu la plus haute récompense, elle leur a été rappelée en 1 83q. Au milieu d’une exposition dépassant 80 coupes, et composée d’une très-grande variété d’articles, draps lisses, croisés et nouveautés, unis et'mélangés, d’une fabrication parfaite, le jury a distingué un drap extra-fin bronze doré à .3o fr., remarquable par son lainage et la perfection des apprêts; un satin garance drapé d’une grande force, sans exclure le moelleux, et enfin des écossais tatoués et rayés d’un excellent goût.
- Le jury reconnaît que MM. Ghefdrue et Chau-vreulx, sont du petit nombre des industriels qui, ayant épuisé la série des récompenses nationales, savent encore dépasser la hauteur à laquelle ils avaient atteint, et leur rappelle la médaille d’or obtenue en 1834 et i83qi
- M. Louis-Robert FLAYIGNY aîné, d’Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Cette maison justifie par la perfection de ses produits la réputation méritée dont elle jouit depuis longtemps. Sa draperie, constamment suivie, est parfaitement belle et de bonne qualité, ses apprêts bien traités, et ses mélanges de goût, d’une fraîcheur remarquable. Le jury lui rappelle la médaille d’or, déjà obtenue aux précédentes expositions.
- M. Charles-Robert FLAYIGNY jeune, d’Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Cet établissement continue à produire sur une grande échelle des draps et surtout des nouveautés et satins drapés, qui justifient de plus, en plus la
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- réputation dont il jouit. Les prix de ces nouveautés son modérés, eu égard à leur perfection; il en est de même des draps unis et mélangés, qui sont parfaitement fabriqués.
- En général, il y a dans cet établissement le mérite d’une innovation permanente et en progrès.
- Le jury lui rappelle la médaille d’or.
- M. Théodore CHENNEVIÈRE, d’Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Cet intelligent industriel, auquel le jury de 18^9 décernait la médaille d’or, a encore, depuis cette époque, développé à un plus haut degré et au milieu d’une concurrence active, l’industrie de la nouveauté, à laquelle il avait précédemment donné une si grande impulsion; c’est lui qui fait aujourd’hui les affaires les plus importantes de la place d’Elbeuf et qui occupe le plus grand nombre d’ouvriers. Il se livre avec succès à tous les genres, et se fait remarquer par le goût, le choix, la diversité de ses dessins; ses prix modérés, sont à la portée de toutes les classes de consommateurs. Son ardeur pour le progrès de l’industrie semble avoir encore été stimulée par la récompense qu’il a reçue en 1839, et le jury, lui reconnaissant des droits si bien justifiés, lui rappelle la médaille d’or.
- MÉDAILLES D’OR.
- M. Antoine ROUSSELET, de Sedan (Ardennes).
- Cet industriel avait obtenu la médaille de bronze en i834, et lorsqu’en 1839, le jury lui décernait la médaille d’argent, il le signalait comme ayant
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- souvent étonné les acheteurs par le bon marché auquel il établissait ses produits. M. Rousselet a continué à fournir à la consommation ses articles bien fabriqués et à des prix très-modérés , qui, toujours recherchés, lui ont permis, en donnant du développement à son usine, d’augmenter sa fabrication. Cet intelligent fabricant débutait en 1023 avec 10 ouvriers; ses ateliers en renferment aujourd’hui 4oo. Toutes les opérations de fabrique se font dans son établissement, dont le moteur hydraulique lui procure une économie de frais, comparé aux usines à vapeur, et où il existe aujourd’hui quatre machines à fouler. A sa fabrication ordinaire, il a joint avec succès l’article nouveautés. Ses draperies h io et n fr., ses casimirs et satins à 6 fr. 5o et 8 fr., témoignent qu’en augmentant sa production, il n’a point cessé de bien soigner ses produits. Artisan d’une fortune acquise par le travail, créateur d’un vaste établissement, M. Antoine Rousselet mérite la récompense de ses efforts et de ses progrès. Le jury lui décerne la médaille d’or.
- M. Adolphe RENARD, de Sedan (Ardennes).
- Fondateur d’un établissement considérable et complet dans le village de Pouilly, duquel il a repoussé la misère pour la remplacer par l’aisance que procure le travail industriel, M. Renard a su comprendre les besoins de la consommation. Elle abandonnait le Casimir pour adopter le satin; il s’est livré sur une très-grande échelle à la fabrication de cette étoffe, dont les apprêts présentent de très-grandes difficultés, et une réussite complète a cou-
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- ro'nné ses efforts; on peut s’en convaincre en admirant les satins bleus et noirs qu’il a exposés; et qui sont appréciés et très-recherchés par le commerce. Le reste de son exposition, composé de draps noirs lisses et croisés, ainsi que de draps de couleur de distinction, est d’une belle fabrication et ne laisse rien à désirer pour le fini. L’empressement des acheteurs, si bien justifié parla beauté des produits, ne peut laisser aucun doute sur l’avenir toujours croissant de cet utile établissement.
- Le jury vote à M. Renard la médaille d’or.
- M. Delphis CIIENNEVIÈRE, de Louviers (Eure).
- Établir des tissus réunissant la solidité au bon. marché, tel est le but que s’est proposé d’atteindre M. D. Chennevière, depuis l’origine de son établissement à Louviers. Pour réussir, il fallait beaucoup de courage et de persévérance, car il était indispensable de produire en grande quantité. Ce but a été atteint par cet habile manufacturier qui, en donnant un développement considérable à la fabrication des étoffes destinées à la classe moyenne, a procuré de l’ouvrage à un grand nombre d’ouvriers, et a rendu ainsi un service réel à la fabrique de Louviers, dont précédemment les produits étaient en général destinés à la classe aisée, et qu’il a fait entrer avec succès dans une voie nouvelle.
- En 1839 il reçut la médaille d’argent, son établissement qui réunit tout ce qui est utile à la fabrication et aux perfectionnements, qui reçoit la toison et rend le drap confectionné, a pris depuis lors un essor plus grand, favorisé par un écoulement
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- prompt et facile de ses produits. Le jury, après avoir reconnu la bonne qualité de ses draps lisses, le bon goût et la variété de ses nouveautés, et s’être assuré que les prix favorables indiqués sont ceux qu’il établit pour la consommation, lui décerne la médaille d’or.
- M. DUMOR-MASSON, d’Elbeuf (Seine-Inférieure).
- L’exposition de M. Dumor-Masson soutient bien le caractère de bel ensemble que présentait celle de 18S9, et réalise les espérances données alors. En examinant ses tissus, on reconnaît facilement les soins apportés dans tous les détails par cet habile industriel, aux diverses qualités qu’il produit. Un satin garancé, un bronze-faisan ont particulièrement fixé l’attention du jury. On ne saurait trop louer ses efforts pour arriver à la perfection, et fabriquer le drap fin avec avantage , efforts heureux qui lui ont mérité la confiance des maisons de consommation les plus importantes et les plus honorables. Nous'pensons ne pouvoir, mieux terminer qu’en citant la note textuelle du jury départemental.
- « Le jury de la Seine-Inférieure a reconnu una-» nimement, que cet habile manufacturier doit y être placé k la tête des manufacturiers de draps » de première qualité à Elbeuf ; et il le recommande » tout spécialement au jury central. »
- Pour reconnaître la perfection soutenue des étoffes de M. Dumor-Masson , dans le genre le plus difficile, le jury lui décerne la médaille d’or.
- M. J. P. CITARVET, d’Elbeuf.
- Ce fabricant, dont l’établissement remonte k
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- i8i6, a toujours été l’un des premiers à se livrer aux innovations qui, dans cette ville, ont donné un si grand essor à l’industrie drapière. En 1834, pour la beauté et la variété de ses nombreux produits, il obtint la médaille d’argent; ses ventes s’élevaient à 400,000 fr. En 1839 , le bon goût et la bonne fabrication de son exposition, notamment ses progrès soutenus dans le genre nouveautés pour pantalons, et manteaux de dames, lui méritèrent le rappel de la médaille d’argent ; son chiffre de production était alors 780,000 fr. L’exposition de 1844 * voit apparaître M. Charvet avec 76 coupes servant d’échantillons aux produits qu’il fournit habituellement à la consommation. Parmi tous ces tissus, vraiment remarquables par la variété et le fini du travail, le jury signale celui dont l’exposant est le créateur, et auquel il a donné le nom d’articulé, étoffe extrêmement élastique, sans emploi du caoutchouc, et qui n’a pas cessé d’être demandée depuis 5 ans, malgré l’inconstance de la mode. «Sa fabrication, » dit le jury départemental, « est au premier rang de celles du même genre, elle tend à progresser, et l’on peut ajouter que M. Charvet a fait preuve d’un mérite incontestable, en élevant sa maison au point de réputation où elle est arrivée. » En effet, M. Charvet livre aujourd’hui pour 1,200,000 fr. de ses produits à la consommation , et cependant il ne peut suffire aux demandes qui lui sont journellement adressées.
- En raison de ses progrès si bien constatés, le jury lui décerne la médaille d’or.
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- MM. Armand DURÉCU et Cie, à Elbeuf ( Seine-Inférieure).
- Cet exposant débutait presque, en i83g, et prenait aussitôt un rang distingué, qui lui présageait de plus grands succès. Cette attente n’a pas été trompée, et son exposition, miroir fidèle des produits qu’il livre à la consommation, se distingue par la fraîcheur, le fini, et une grande variété de très-belles étoffes, connues sous le nom de nouveautés. Ses tartans pour robes cfe chambre d’hommes, sont très-recherchés par le commerce intérieur et extérieur, et l’on remarque dans ses piqués façonnés pour pantalons, la pureté des nuances, et l’exécution des armures. La progression ascendante de cette fabrique qui emploie aujourd’hui un très-grand nombre d’ouvriers, sans qu’il en résulte d’encombrement dans ses magasins, prouve les heureux résultats obtenus par ses efforts. A tous ces mérites, l’exposant joint celui qui ne lui est pas contesté même par ses rivaux, d’avoir enrichi la fabrique de plusieurs créations en nouveautés, que la mode a acceptées avec empressement, et qui ont fait naître beaucoup d’imitateurs.
- Le jury décerne la médaille d’or à MM. Armand Durécu et Cie.
- M. Félix AROUX, d’Elbeuf (Seine-Inférieure).
- M. Aroux expose cent quatre-vingt pièces de tissus, composées de six genres bien distincts. Ses ouates présentent une idée heureuse, et méritent d’être accueillies par le consommateur pour vêtements d’hiver.
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- Cet habile manufacturier qui a eu la médaille d’argent en 1834 » et rappel en i83g, travaille sur une grande échelle, présente une grande variété et décèle beaucoup de goût : il n’a jamais reculé devant aucun sacrifice, pour introduire dans ses ateliers les machines nouvelles, et contribuer constamment h faire progresser l’industrie drapière.
- Le jury lui vote la médaille d’or.
- MM. BEUCK et Cie, de Bühl (Haut-Bhin).
- Cet établissement fut en 1812, fondé par M. Martin Thys, sur une très-grande échelle. Après avoir vaincu de nombreuses difficultés dans un pays pauvre et isolé, en 181 g il obtint la médaille de bronze, la médaille d’argent en 1828, et le rappel en 1827.
- M. Beuck, collaborateur de M. Martin Thys, est resté seul possesseur et directeur de cette fabrique, depuis plusieurs années ; ses soins et son activité lui. ont donné un nouveau développement; 700 ouvriers dont le salaire s’élève à 20,000 fr. par mois, emploient annuellement 100,000 kil. de laine, et produisent 2,400 pièces de draps d’un placement assuré.Toutes les opérations, y compris la teinture, se font dans rétablissement. Les produits très-recherchés du commerce, sont vraiment remarquables pour leur bonne qualité, le soin des apprêts et le bon marché. Le jury a remarqué un drap rubis à 10 fr., un bronze à 11 fr., un vert-russe à 12 fr. et un adélaïde à i4 fr., qui ont été reconnue par les acheteurs pour être bien le type de la fabrique, pour les prix et les qualités, et qui ne laissent rien à désirer.
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- Pour reconnaître leurs efforts et leurs progrès, le juiy décerne à MM. Beuck et Cie la médaille d’or.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. LEROY (Picard), de Sedan (Ardennes).
- Son exposition de produits très-variés, draps noirs et de couleurs, de 14 à 3o fr., casimirs et satins de 8 fr. 5o cent, ou i3 fr. 5o cent., atteste que ce fabricant n’est pas resté en arrière du progrès. Il se distingue toujours par une excellente fabrication , ne laissant rien à désirer pour la matière et le soin apporté dans les apprêts. Il avait obtenu la médaille d’argent en i83g ; il en est de plus en plus digne. Le jury se plaît à la lui rappeler.
- M. Marius PARET;, de Sedan (Ardennes).
- Ce fabricant déploie toujours une grande activité ; il a exposé une variété d’étoffes et de couleurs, qui ont frappé le jury par leur bon goût et leur bonne fabrication; draps noirs lisses et croisés, draps bleus et de couleurs de distinction, draps-castor, cuirs-laine, casimirs noirs et de couleur, satins et nouveautés; il est difficile d’attaquer plus de genres divers, et pourtant tout est bien soigné. Le jury rappelle à M. Marius Paret la médaille d’argent qu’il avait obtenue en i83g.
- M. Ferdinand-Joseph RIBOULEAU, de bouviers (Eure).
- Ge fabricant expose des draps de différentes qualités , depuis 9 fr. jusqu’à 25, qui sont d’une bonne confection, et parfaitement traités dans les apprêts,
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- et clés écossais à 8 fr. 5o c., de bonne qualité et de bon goût. Cet ensemble atteste les efforts et les succès de M. Ribouleau, et le jury lui rappelle avec éloge la médaille d’argent qu’il a obtenue en 1889.
- M. Louis MARCEL, de Louviers (Eure).
- Cette maison continue avec persévérance et succès la fabrication des draps destinées à la grande consommation. Les produits de 8 fr. 78 c. et 10 fr., qui figurent à l’exposition, sont bons et très-bien confectionnés relativement à leurs prix. Le jury rappelle à M. Marcel la médaille d’argent qu’il a obtenue en i83g.
- M. Yictor BARBIER, d’Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Cet établissement comprend deux genres, les draps et les nouveautés; ces derniers produits sont remarquables surtout par leur variété et leur bonne exécution. Il y a principalement des castors, des twines et des étoffes d’hiver fabriquées avec des laines naturelles qui ont frappé l’attention du jury par leur qualité et la modération des prix. Les draps, dans leur ensemble, sont d’une fabrication très-satisfaisante. Le jury rappelle à M. Yictor Barbier la médaille d’argent obtenue en 1889.
- M. Charles FOURÉ, d’Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Ce fabricant se consacre principalement à la fabrication du drap lisse et croisé; sa nouveauté est d’un très-bon goût et de bonne qualité. Le jury a remarqué surtout les draps fins de son exposition , draps pleins, bien garnis, et d’apprêts parfaitement soignés. C’est vraiment l’ancien type de la bonne
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- fabrication Elbeuvienne avec les perfectionnements que le temps lui a fait subir, et que les consommateurs recherchent toujours.
- Le jury rappelle avec éloge à M. Fouré la médaille d’argent qu’il lui a décernée en 1839.
- M. Augustin DELARUE, d’Elbeuf (Seine-Inférieure) .
- Ce manufacturier expose des draps de billards, des draps lisses et croisés, et des nouveautés de printemps. Ce dernier genre est satisfaisant eu égard aux prix; les draps ordinaires lisses et croisés sont bien faits, et le jury a distingué les draps de billards qui sont fort moelleux et bien tondus. Il reconnaît que M. Delarue conserve la bonne tradition dans ce genre, et lui rappelle la médaille d’argent déjà obtenue en i834 et i83g.
- MM. SEYAISTRE aîné et LEGRIX, d’Elbeuf ( Seine-Inférieure ).
- Ces fabricants qui avaient obtenu la médaille d’argent en i834, n’ont point exposé en i83q. Leur fabrication est importante et les produits qu’ils exposent ont paru remarquables au jury à plus d’un titre. Les draps fins sont d’une belle qualité; les nouveautés ont un fini et un brillant qui les distinguent, et les mettent en rivalité avec les meilleurs fabricants. Leurs étoffes dites draps-caoutchouc ont paru joindre à la beauté des couleurs l’élasticité qui en fait le principal mérite.
- Le jury rappelle à MM. Sevaistre et Legrix la médaille d’argent obtenue précédemment, et se plaît à reconnaître qu’ils la méritent de plus en plus.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. E. de MONTAGNAC, de Sedan (Ardennes).
- Ce fabricant expose principalement des nouveautés pour pantalons ; ces articles sont d’un très-bon goût et d’une bonne fabrication; ils réunissent à un haut degré les mérites propres à ce genre de draperie , et nous ont paru bien justifier la concurrence qu’ils soutiennent contré les principales fabriques. Un satin blanc, un écarlate, un cramoisi et un garance, ont fixé l’attention du jury. Son drap noir de 23 fr. prouve que tous les secrets de la fabrication lui sont parfaitement connus, et lui présage un brillant avenir. Le jury lui décerne la médaille d’argent.
- M. Alphonse TOUZÉ, d’Elbeuf (Seine-Inférieure).
- L’ensemble de son exposition, composée de cuirs-laine, castors, zéphyrs et draps lisses, présente une grande variété d’excellentes qualités et des apprêts parfaitement soignés. Cet industriel est un de ceux qui excellent dans la fabrication des draps fins. Les n° 11,124 bleu-vif, 11,122 bleu-nègre, et 1 i,o4-9 brun-musc, ont surtout paru remarquables par la solidité de la toile, la finesse du grain, la douceur et le moelleux de l'étoffe. Pour le mérite réel et distingué de M. Touzé, le jury lui décerne la médaille d’argent.
- MM. FLAMANT et Cie, d’Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Ce fabricant exploite spécialement la draperie à l’usage des officiers de l’armée. Nulle autre maison, à Elbeuf, n’avait jusqu’à ce jour donné un aussi
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- grand développement à cette branche d’industrie qui présente des difficultés réelles pour la réussite des couleurs distinctives, telles qu’écarlate , bleue, jonquille, etc. Le succès a couronné ses efforts, ses relations se sont promptement étendues,, et lui ont en peu d’années, pour l’importance, assigné un rang très-distingué. Dans l’ensemble si varié des produits qu’il expose , et dont les nuances et qualités sont très-remarquables , le jury a distingué un satin garance de im,6o de large ; ce tissu annonce une très-grande solidité, et les apprêts en sont parfaitement réussis. Le jury, reconnaissant toutes les difficultés qu’a dû vaincre M. Flamant et sa bonne fabrication , lui décerne la médaille d’argent.
- MM. Mathieu MIEG et fils, à Mulhouse (H.-Rhin),
- A un siècle d’honneur et de probité, cette maison joint l’activité qu’exige le progrès ; elle occupe un grand nombre d’ouvriers.qu’elle ne laisse chômer en aucun temps. Son exposition se compose de draps noirs pour habillements, et de draps épais pour l’impression au rouleau, employés également dans les manufactures de toiles peintes, les filatures de laines peignées, les tissages mécaniques, etc. Ce dernier article a principalement fixé l’attention du jury; il réunit h une grande force une égalité de tissu très-difficile à obtenir. MM. Mathieu Mieg et fils avaient obtenu une médaille de bronze en i834; le jury leur vote aujourd’hui la médaille d’argent.
- M. J. KUNZER, de Bitschwiller (Haut-Rhin).,
- Cet établissement qui a obtenu une mention honorable en i83q, sous la raison Grenier et
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- Kunzer, est aujourd’hui dirigé par M. Kunzer seul. Homme de progrès, il a établi en 1842, à Rits-chwiller, la première machine à vapeur appliquée aux draps. D’autres ont suivi son exemple; les premiers essais de tissage à la mécanique ont été faits également dans ses ateliers. Deux cuirs-laine faisant partie de son exposition ont été tissés par ce nouveau système. Ils sont parfaitement réussis; cette fabrique réunit la solidité du tissu à des apprêts très-bien entendus; des prix avantageux lui assurent des débouchés faciles. Pour ses efforts et ses progrès, le jury lui décerne la médaille d’argent.
- M. Alexandre LENORMAND, de Vire (Calvados).
- Ce fabricant, établi depuis peu d’années, a su se faire remarquer, dès son début, par une bonne fabrication à des prix très-modérés. Ses produits, très-recherchés des acheteurs, sont parfaitement représentés par deux pièces de bleu , de 11 et 12 fr., qu’il a exposées. Toiles bien serrées et bien dégraissées , apprêts brillants, telles sont les qualités qui ÏOs distinguent. Toutes les opérations se font dans rétablissement de M. Lenormand, auquel le jury accorde la médaille d’argent.
- MM. MONBQRGNE fils et LEROY, de Mouy (Oise).
- Cet établissement, le plus important de la ville de Mouy, présente à l’exposition une variété de tissus vraiment extraordinaire : draps écarlates, cramoisis et d’autres couleurs pour impressions, verts pour tapis de table, zéphyrs noirs et marrons,
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- draps noirs et bleus pour habillements, twines, flanelles unies et à carreaux en im,35 pour manteaux de dames, écossais lisses et flanelles-damas pour robes de chambre, pantalons croisés, écossais teints en laine, etc. Tous ces produits sont de bonne qualité, et les prix très-modérés leur font obtenir de grands débouchés. Si en général ils n’exigent pas à un très-haut degré la science des apprêts , on ne peut cependant refuser d’accorder un mérite réel à la réussite dans une aussi grande variété d’étoffes qu’approuve le bon goût et que recherchent les consommateurs. Le jury, pour récompenser MM» Mon-borgne fils etLeroy, leur décernela médailled’argent.
- M. HAZARD père, d’Orléans (Loiret).
- Cette fabrique, dans laquelle s’emploient principalement les laines de Beauce, a surgi très-importante dans Orléans, où il n’en existait point encore. Elle présente un ensemble complet de tout ce qui est nécessaire à la fabrication du drap, depuis le lavage de la laine jusqu’aux derniers apprêts. Les huit pièces de draps présentées à l’exposition ont paru très-remarquables parla bonne confection, l’apprêt , la qualité de la teinture , le moelleux du tissu et la modération des prix, qui permettent à M. Ha-zard de rivaliser avec les anciennes fabriques. Le jury lui décerne la médaille d’argent.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. B. J AVAL et J. MAY, d’Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Les articles à bas prix, nouveautés à io fr. 5o c.,
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- tartans à 6 fr., twines à 9 fr., draps lisses de 10 fr. 5oc. à 16 fr., exposés par ces fabricants, justifient, parla qualité et la solidité, eu égard à la modicité des prix, l’accroissement ’de leurs débouchés. Le jury leur rappelle la médaille de bronze qu’ils ont déjà obtenue.
- M. RASTIER fils, d’Elbeuf (Seine-Inférieure).
- M. Rastier fabrique presque exclusivement des draps et satins noirs de diverses qualités, de 11 à 28 fr. le mètre. Ses produits ont paru au jury d’une fabrication très-satisfaisante, et il lui confirme la médaille de bronze qui lui a été décernée en 1889.
- MM. Michel COUPRIE et Cie, d’Elbeuf (Seine-Inférieure). *
- Cette maison présente à l’exposition des draps fins d’un beau lainage, d’une toile serrée et régulière ; elle se livre beaucoup à la fabrication du drap noir.
- Le jury rappelle à M. Couprie la médaille de bronze qui lui fut décernée en 1889.
- M. JUHEL-DESMARES, de Vire (Calvados).
- Les laines employées par M. Juhel-Desrnares sont toutes de qualités supérieures; ce sont des laines de moutons mérinos, achetées directement chez les propriétaires, et qui sont lavées, teintes, cardées, filées, etc., dans son établissement. Le jury a, en outre , remarqué que ses draps sont fort bien fabriqués et leurs prix modérés. Il lui rappelle la médaille de bronze qui lui a été décernée aux deux précédentes expositions.
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- M. GAUDCHAUX - PICARD fils , de Nancy (Meurtlie).
- Les draps qui sortent de la fabrique de MM. Gaudchaux-Picard , sont d’une bonne qualité et d’un prix qui les met à la portée d’une classe nombreuse de la société. Les prix varient de 6 fr. 75 c. à 14 fr. le mètre.
- Le jury rappelle à ces exposants la médaille de bronze qu’ils ont eue aux précédentes expositions.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. MOREL-BEER, d’Elbeuf (Seine-Inférieure),
- Se livre à deux genres de fabrication bien distincts : draps lisses et nouveautés; les premiers, d’une qualité moyenne, d’une bonne fabrication et de prix modérés. Les nouveautés se distinguent par la variété du dessin et la souplesse du tissu ; le jury a particulièrement distingué parmi ces dernières, les nos 17,845 et 16,811, écossais-moirés, et l’article portant le n°j 17,813, dit chinois, dont les pareils ont été goûtés par les étrangers. Le jury accorde à M. Morel-Beer une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. BLANPAIN frères, de Sedan (Ardennes),
- Exposent des draps noirs lisses et croisés, des draps de hautes couleurs, des satins blanc, bleu et noir, ainsi que divers casimirs. Ces produits ont paru au jury d’une bonne fabrication, et les prix en rapport avec les diverses qualités ; le jury leur accorde la médaille de bronze.
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- MM. REGNAULT et PELLIER, d’Elbeuf (Seine-
- Inférieure).
- Fondé depuis peu d’années , cet établissement se livre spécialement à la fabrication des draps fins et superfins de 17 à 28 fr. le mètre; ses produits, d’un tissu délié , bien garnis, serrés et tenants, méritent sous tous les rapports d’être distingués. Le jury leur accorde la médaille de bronze.
- M. Philippe DECAUX, d’Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Ce fabricant expose des draps types de ses fournitures à la garde municipale; ils sont remarquables par leur bonne fabrication , et la quantité de matière qui y est entrée , relativement aux prix auxquels il les livre. Il est parvenu, par suite d’un excellent dégraissage , à obtenir une teinture si bien fixée, que les étoffes, même les bleus de toutes nuances, ne blanchissent, pour ainsi dire, plus sur les coutures. Lejury lui décerne la médaille de bronze.
- MM. J. BOISGUILLAUME et fils aîné, d’Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Leur exposition se compose de nouveautés et de draps pour billards. Les nouveautés sont faites avec goût et d’un prix modéré. Nous mentionnerons surtout les deuxpièces n°32,o 44 et 32,o54* Les draps de billards, corsés et souplesàlafois, sontbien apprêtés.
- Le jury leur décerne la médaille de bronze.
- MM. OSMONT et BOISMARD, d’Elbeuf (Seine-Inférieure ).
- Cette fabrique, établie depuis peu d’années,
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- expose pour la première fois. Ses nouveautés et ses draps paraissent bien traités , notamment les draps, qui méritent d’être appréciés pour leur bonne confection et le soin des apprêts. Le jury, persuadé que MM. Osmont et Boismard acquerront, d’ici à la prochaine exposition, des droits à une récompense plus élevée , leur accorde., en ce moment, la médaille de bronze.
- MM. GOULDEN etCie, de Bitschwiller (Bas-Rhin).
- Cette fabrique , déjà ancienne, expose cinq pièces de draps et cuirs-laine, qui répondent à toutes les conditions d’une bonne fabrication : ils sont solides et grand teint, et les prix en. sont très-modérés. Le jury leur accorde la médaille de bronze.
- MM. BOURGUIGNON, SCHMIDT et SCIIWEBEL, de Bitschwiller (Bas-Rhin).
- Sous la raison Bourguignon et Schmidt, cette fabrique avait obtenu en i834 une mention honorable et le rappel en i83g ; en s’adjoignant le sieur Schwebel elle a pris une nouvelle activité et a donné à ses produits une plus grande perfection, ce qui est parfaitement justifié par les draps noir et écarlate qu’elle présente à l’exposition, et par l’accroissement de ses débouchés. Le jury leur décerne une médaille de bronze.
- MM. RUEF et BICARD, de Bitschwiller (Bas-Rhin),
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- Ont exposé une pièce de drap noir, une vert-russe et un cuir-laine; la solidité du tissu paraît être toujours le but que se propose avant tout cette fabrique. Ses apprêts se sont améliorés ; l’établisse-
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- ment renferme aujourd’hui tout ce qui est nécessaire à ]a fabrication du drap, et leur permet d’établir des prix favorables à la consommation. Le jury, pour reconnaître leurs progrès marqués depuis la dernière exposition, où ils avaient obtenu une mention honorable, accorde à MM. Ruef et Bicard la médaille de bronze.
- M. J. F. CHAMPIGNEULLES jeune, à Yarize (Moselle).
- Cette fabrique, complètement isolée, et, dans son genre, une des plus importantes du département de la Moselle, emploie tous les ouvriers et habitants peu aisés de plusieurs communes, et par là, aide à y répandre l’aisance.
- Son exposition consiste en deux coupes de flanelle de 2 fr. 4o c. et 2 fr. 80 c. le mètre ; elles sont bonnes et prouvent les progrès que fait journellement cet établissement, dont les produits se placent avec avantage sur les marchés du nord de la France.
- Le jury décerne à M. Champigneulles la médaille de bronze.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- M. BRISSON, d’Elbeuf (Seine-Inférieure).
- Mentionné en i83g sous la raison Berrier et Bris-son. Leurs draps, d’une qualité ordinaire, paraissent convenablement fabriqués.
- M. ANGO-LEYARD, de Saint-Lô (Manche).
- Fabricant de droguets, mentionné en i83g, le jnry lui rappelle cette mention honorable.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. LAGNY-PASTOR, cle Sedan (Ardennes).
- Les draps et satins qu’il expose ont paru au jury de bonne confection et bien en rapport avec les prix indiqués.
- M. Jules THILLARD, d’Elbeuf (Seine-Inférieure),
- Expose pour la première fois des draps qui , surtout dans les qualités supérieures, ont paru d’une fabrication soignée , en rapport avec leurs prix.
- MM. FERRY et ZÉDER, à Metz (Moselle).
- Autrefois, cette fabrique, sous le nom de .Ferry Barthélemy, ne fabriquait que des espagnolettes et flanelles. La nouvelle société , formée au commencement cle i843, a ajouté une nouvelle branche d’industrie : celle des castorines et cuirs-laine. Le jury départemental s’est plu à rendre hommage aux persévérants efforts de ces jeunes industriels, pleins d’activité et d’avenir. Le jury central leur accorde une mention honorable.
- MM. COUSIN frères, d’Amiens (Somme).
- Cet établissement, de création récente, expose des étoffes à pantalon très-élastiques, dans lesquelles le caoutchouc entre pour une portion de la chaîne. Les échantillons exposés sont de bon goût et paraissent présenter toute la solidité convenable. Le jury pense que le temps consacrera cette innovation, et qu’ils acquerront, d’ici à la prochaine exposition, des droits à une récompense plus élevée.
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- CITATION FAVORABLE.
- MM. SCHMALZER-WEÏSS, de Mulhouse ( Haut-Rhin),
- Fabricants de draps, flanelles drapées, finettes drapées et droguets, exposent une pièce de drap pour rouleaux à impression, et une pièce de drap pour cylindres.
- Draperie moyenne et commune.
- M. Guibal-Anne-Yeaute, rapporteur.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MM. MURET DE BORT et Cie, à Châteauroux (Indre),
- Présentent à l’exposition, des draps de différentes qualités et de diverses nuances, qui réunissent toutes les conditions d’une excellente fabrication. La grande manufacture de M. Muret de Bort, fondée en 1817, rivalise avec les plus importantes fabriques du Word; elle occupe 600 ouvriers, elle emploie 200,000 kilogrammes de laine ; ses produits, toujours estimés et toujours recherchés par les consommateurs, maintiennent à M. Muret de Bort le haut rang qu’il s’est acquis .depuis longtemps. Occupé principalement h fournir les draps propres à l’habillement de l’armée et les draps nécessaires aux douanes, M. Muret de Bort expose les types de cette fabrication. Pour récompenser les efforts constants, les progrès incontestables de son industrie, le jury central, en i83q, avait décerné la
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- médaille d’or k M. Muret deBort; le jury de 1844 confirme ce jugement et rappelle k cet exposant la médaille d’or qu’il a si bien méritée.
- MM. BADIN, LAMBERT et Cie, à Vienne (Isère).
- Les produits présentés par ces exposants sont parfaitement bien traités; leur variété, le bon choix des matières, et la perfection de la fabrication, témoignent des soins et de l’expérience de ces intelligents manufacturiers. Cette maison se présente avec distinction k chaque solennité industrielle; elle reçoit toujours les récompenses dues à ses efforts constants, couronnés de succès. Parmi les articles présentés par ces exposants, le jury central a distingué une nouvelle étoffe drapée, fabriquée au moyen du tricot élastique. Cette étoffe est belle, souple et soyeuse, l’élasticité , que le feutrage ne lui a pas enlevée, la rend très-propre k être employée pour pantalons. MM. Badin, Lambert et C,e, fabriquent eux-mêmes cette nouvelle étoffe ; ils ont établi k grands frais les métiers propres k ce genre de tissage. Le jury central a également remarqué le tissu tricot-serpentin, qui présente une grande difficulté vaincue. Toujours placés k la tête de l’industrie de leur département, MM. Badin, Lambert et Cie, soutiennent la haute réputation qu’ils ont acquise et qu’ils ont méritée dans une période de près d’un siècle. Le jury leur rappelle la médaille d’or qui leur fut décernée en i83q.
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- MÉDAILLES D’OR.
- MM. HOÜLÈS père et fils, à Mazamet (Tarn).
- C’est la maison la plus importante du département du Tarn, dans l’industrie manufacturière. Ayant formé de grands établissements qui réunissent le matériel le plus complet d’une très-grande fabrication , ces industriels n’ont cessé de déployer, dans leur exploitation, un zèle et une activité peu commune. Le succès a toujours couronné leurs efforts. Appréciant le mouvement imprimé à la consommation par l’introduction des nouveautés, ces manufacturiers se sont placés, dans le midi de la France, au premier rang pour ce genre d’articles, si difficile à réussir, à cause de la variété qu’il exige. Paris reçoit et consomme une très-grande partie de leurs produits; or, c’est un mérite dont il faut leur tenir un grand compte, que de pouvoir soutenir avec succès, sur le marché de la capitale, la concurrence des fabriques du Nord. La fabrique de Mazamet doit à leur exemple et au mouvement par eux imprimé, une partie de la prospérité dont elle jouit.
- Le jury central de 1889, pour récompenser les premiers succès de ces exposants, leur avait décerné la médaille d’argent; le jury de 1844? appréciant les progrès soutenus de ces habiles manufacturiers, qui ont su, pendant la période quinquennale, marquer leur place parmi les premiers dans leur industrie , les élève à la médaille d’or.
- MM. MORIN et Cie, à Dieulefit (Drôme).
- Après avoir fondé une grande manufacture de draps, dans une contrée où la population ouvrière,
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- assez nombreuse, réclamait du travail, MM. Morin et C,e, ont été des premiers à pourvoir aux besoins d’habillement de la classe moyenne et de la classe ouvrière. Ils ont fourni à la consommation de très-bons draps, de très-bons articles d’une excellente fabrication, et toujours h bas prix. Pour être doublement utiles à leur pays,. ils ont établi leur fabrication sur l’emploi de laines indigènes. Ils n’ont pris en dehors que les matières plus fines qu’on ne produisait pas chez eux. Ainsi, ces manufacturiers ont répandu, dans leur contrée, l’aisance avec les moyens de travail, en même temps qu’ils ont exercé une influence utile sur l’agriculture. Le jury central, appréciant le grand développement de l’industrie de MM. Morin et Cie, reconnaissant les efforts faits par eux pour maintenir toujours à des prix modérés les bons articles qu’ils livrent à la consommation , considérant tout l’intérêt qui s’attache à des succès constants obtenus dans ce genre de, fabrication , leur décerne la médaille d’or.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Jean-François MOUISSE, deLimoux (Aude).
- Cet exposant a soutenu la réputation qu’il s’est acquise dans une fabrication variée. L’introduction des nouveautés pour pantalons, à l’époque où la draperie de Limoux était en souffrance, a ramené le travail et donné une nouvelle importance à cette fabrique. C’est à M. Mouisse que l’on doit cette heureuse révolution ; le jury de 1839, reconnaissant le mérite de cet exposant, lui décerna la médaille
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- d’argent; le jury central de 1844 lui rappelle cette médaille, en récompense de ses constants efforts pour perfectionner la fabrication des articles qu’il livre à la consommation.
- M. Guillaume-Luc SOMPAIRAC aîné, de Cenne-Monestiès (Aude).
- Cette maison se recommande par la variété, le nombre et le bas prix de ses produits ; depuis longtemps elle fournit à la consommation de la classe ouvrière de bons articles, et en introduisant la nouveauté dans sa fabrication , elle a pu conserver l’étendue de ses affaires. Elle donne du travail à une population considérable , car elle emploie dans ses ateliers 45o ouvriers, et au dehors, 400 ouvriers trouvent encore le travail qui leur est nécessaire. M. Som-pairac possède, au plus haut degré, le talent d’allier plusieurs qualités de laines de peu de valeur, pour produire à bas prix de bonnes étoffes. Il y a de l’industrie dans tout ce qu’il produit, et les consommateurs, même à Paris, sont satisfaits de la bonté et de la solidité de ses tissus. Le jury central accorde à ce manufacturier intelligent et laborieux le rappel de la médaille d’argent qui lui a été décernée en 1889.
- MM. GABERT frères, à Vienne (Isère).
- Ces exposants, qui ont reçu en 1889 la médaille d’argent pour la bonne fabrication de leurs articles usuels, présentent cette année de nouveaux produits : des coatings, remarquables sous le rapport de la confection, du choix des matières et du prix; des draps noirs soyeux et très-bien fabriqués ; des draps
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- de couleur irréprochables, eu égard à leur prix. Ils sont actifs et tout à fait dans le progrès , le jury se plaît à leur rappeler la médaille d’argent.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. GARRISSON oncle et neveu, à Montauban ( Tarn-et-Garonne ).
- Cette maison est du petit nombre de celles que n’a pas frappées la décadence de Montauban; elle a trouvé dans son énergie, dans sa persévérance, le moyen de donner du travail à la classe ouvrière. S’appliquant à produire à bas prix les articles d’une consommation usuelle, elle a pu rivaliser avec les fabriques de Mazamet, Lisieux, Crest et Dieulefit, et si son exemple et ses conseils étaient suivis, Montauban pourrait reprendre le rang qu’elle occupait parmi les villes industrielles du midi de la France. Elle fabrique toujours les cadis, royales et molletons, articles recherchés et nécessaires à la consommation des départements de l’ouest, et n’emploie que les laines françaises. La perfection quelle donne à ses produits lui procure de nombreux placements. Elle a joint à sa fabrique des ateliers considérables pour teindre et apprêter plus de 2,000 pièces quelle achète brutes dans les départements du Tarn, de l’Aveyron , des Hautes et .Basses-Pyrénées; elle présente à la consommation, toujours dans sa spécialité, des articles qui ont de la vogue; c’est ainsi qu’elle a fourni, même à Paris, l’article twines. Une pièce de ce genre, présentée à l’exposition, a paru réunir toutes les conditions
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- d’iine bonne fabrication. MM. Garrisson oncle et neveu ont obtenu la médaille d’argent en 1839. Le jury central, voulant encourager et récompenser d’une manière plus marquée ces fabricants, qui donnent l’exemple d’une rare persévérance à poursuivre les perfectionnements de leur industrie, leur décerne une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Ferdinand CORMOULS, de Mazamet (Tarn).
- La bonne fabrication de tous les articles présentés par cet exposant, la variété des produits et la grande amélioration portée dans la fabrication des tartans, ont attiré particulièrement l’attention du jury central , qui se plait à attester que ce fabricant est plein d’intelligence et de goût. L’établissement de M. Cor-mouls est un des plus importants du Midi ; plus de 4oo ouvriers y trouvent constamment dû travail, et plus de 40,000 kilogrammes de laine y sont mis en œuvre. Cet exposant, par une activité incessante, a contribué à l’impulsion qu’a reçue la fabriqué de Mazamet, il a hâté les progrès de l’industrie manufacturière de cette ville. En récompense des efforts que cet exposant ne cesse de faire, et pour l’encourager à persévérer dans la bonne voie où il est entré, le jury central lui accorde la médaille d’argent.
- MM. VITALIS frères, de Lodève (Hérauit).
- Ces exposants présentent la série des draps nécessaires à l’habillement des troupes dé terre et de mer, et quelques draps pour la consommation de l’intérieur et pour l’exportation. La fabrique de
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- MM. Yitalis frères est très-importante, elle met en œuvre plus de 100,000 kilogrammes de laine, et 45o ouvriers trouvent chez elle Un travail assuré toute l’année; 100,000 mètres d’étoffes sont livrés à la consommation, et ces étoffes réunissent les conditions de la boiine fabrication et du bas prix. Lodève, dans sa spécialité, ne reste pas en arrière du progrès, et la maison Vitalis frères peut revendiquer, à juste titre, une grande part dans ce mouvement ascendant de l’industrie. Pleins de zèle et d’activé, ces manufacturiers dirigent tous les travaux de leur fabrique, et, par des soins incessants, par une connaissance parfaite de leur état, ils obtiennent la solution du problème économique lé plus important : la perfection et le bon marché. De tels résultats doivent être récompensés, le jury central accorde à MM. Vitalis frères la médaille d’argent.
- MM. VERNA20BRES jeune et Cie, de Bédarieux (Hérault).
- C’est pour la première fois que ces manufacturiers Së présentent au concours industriel ; les draps qü’ils ont exposés, vrais types de leur fabrication \ sont dignes d’élO^es; lè drap écarlate est parfait, en qualité et en nuanCe, eu égard au prix^ qui at paru très-modéré. L’établissement de MM. Verna-zobresjeune' et Oe, est un des plus considérables de Bédarieux, de même qu’un dés plus anciens, car il date dé 1798. Il occupé 360' ouvriers, met en œuvre 34,000 kilogrammes de laine, et livre à la consommation 46,000 mètres d’étOfïè. Cette maison a toujours prêté son puissant concours au dévelop*»
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- pement de l’industrie de son pays. Les améliorations dans les moteurs hydrauliques, pour utiliser les petites chutes , les améliorations dans le foulage des draps, par l’introduction des piles à fouler au système Benoit, les nouveaux appareils de filature à loquets continus, pour soulager le travail des enfants, toutes ces améliorations sont dues à ces intelligents manufacturiers. L’importance de cette maison, les beaux produits qu’elle présente, les efforts qu’elle ne cesse de faire pour le progrès industriel dans leur pays, ont déterminé le jury à accorder à MM. Ver-nazobres jeune et Cie, la médaille d’argent.
- MM. FOURCADE frères, à Saint-Chinian (Hérault).
- Ces fabricants, qui,exposent pour la première fois, présentent des draps de couleur pour l’exportation dans les échelles du Levant, dans l’Amérique du Sud , et des draps pour la consommation de l’intérieur. Ces articles ont paru bien fabriqués pour les prix auxquels ils sont livrés. Placés dans un pays où le sol, peu fertile, refuse de nourrir ses habitants, MM. Fourcade frères contribuent puissamment, par un travail constant, à soutenir la population et à donner des moyens d’existence à la classe ouvrière. Cette manufacture, qui reçut, dans le siècle dernier, le titre de manufacture royale, remonte à 1620; plus de 600 ouvriers y sont employés, et l’on y met en œuvre de 70 à 80,000 kilogrammes de laine. MM. Fourcade frères, dont les produits sont très-appréciés dans le Levant, se préparent à en exporter en Chine. On ne saurait trop récompenser les manufacturiers qui vont au loin faire ap-
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- précier la fabrication française. Ces expéditions lointaines, toujours chanceuses, exercent une heureuse influence sur l’industrie nationale, et méritent la reconnaissance du pays. Le jury central se plaît à rendre justice au mérite de MM. Fourcade frères, et il leur accorde la médaille d’argent.
- MM. PORTAL père et fils, de Montauban ( Tarn-et-Garonne).
- Ces exposants jouissent à juste titre d’une haute réputation dans le commerce; leur établissement a été fondé en i^63. Il s’est toujours maintenu. Et la maison Portai, comme celle de MM. Garrisson, oncle et neveu, a, par des efforts constants, soutenu l’industrie de son pays. Les étoffes présentés par elle au concours, sont remarquables par leur bonne qualité, leur solidité et leur excellente confection. C’est le type de cette ancienne fabrication qui avait fait la réputation de la ville de Montauban. Dans les contrées parcourues par MM. Portai père et fils : la Gironde, les deux Charente, la Vienne, l’Indre et Loire, leurs placements sont importants. Ils joignent à leur fabrication, la teinture et l’apprêt des marchandises brutes qu’ils achètent dans les départements voisins. Le jury central a examiné avec attention les produits de ces exposants; il a .apprécié leur bonne fabrication , et pour récompenser les efforts incessants de ces manufacturiers, il leur décerne la médaille d’argent.
- MM. GRIOLET père et fils, à Sommières (Gard).
- Cette maison, déjà ancienne dans l’industrie, se
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- présente pour la première fois au concours. Son établissement, fondé d’abord pour la fabrication des couvertures, s’est successiveriient accru. Il est aujourd’hui très-considérable ët rënfermë une grande filature de laines cardées. MM. Griolét pière et fils occupent dans ce moment 25o ouvriers : ils emploient une force de 3o chevaux, et mettent en œuvre 180,000 kilogrammes de laine. Le jury a remarqué les couvertures exposées par cés manufacturiers; elles lui ont paru d’une bonne fabrication. L’étoffe, dite limousine, destinée aux manteaux des rouliers, est solide et atteint bien son but. MM. Griolet père et fils ont exposé aussi des fils provenant de leur filature , et propres à la fabrication des châles du Midi, des tapis, des tartans. Ils ont donné un grand développement à l’industrie de leur pays, et le travail qu’ils procurent à la population, rend la misère inconnue dans la ville de Sommières. Le jury central se plaît à reconnaître l’influence heureuse qu’exerce leur industrie dans cette localité, et leur décerne la médaille d’argent pour l’ensemble de leurs produits.
- MM. CHÉGUILLAÜME et Cie, à Cugand (Vendée).
- Cette maison , fondée en 1829, a obtenu en 1839 la médaillé de bronzé, elle marché' toujours dans lâ voie dii progrès; elle possède Une filature de laine, et les fils qu’elle emploie attestent ses succès dans ce senre de travail; elle â créé une fila-titre de colon qu’elle dirige avec intelligence , et dont les produits s’écoulent dans le pays; enfin, elle s’est mise à la tête d’une fabrique d’étoffes pn>
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- près à la consorfimation lqdale. La solidité dé ces étoffes et leur bas prix, ont fixé l’attention du jury central, qui, considérant les succès obtenus par ces intelligents manufacturiers dans plusieurs genres d’industrie, et voulant récompenser des travaux persévérants , dont le résultat est si utile pour leur pays, leur vote, pour l’ensemble de leurs produits, la médaille d’argent.
- Bernard ROGER aîné, de Lastours, près Carcassonne (Aude).
- Cet exposant, laborieux et actif, présente à l’exposition des draps noirs bien fabriqués et à des prix très-bas, eu égard aux qualités. Il a fondé k Lastours, petit village au pied de la montagne Noire, un établissement complet qu’il dirige lui-même. Il occupe 200 ouvriers, e’est-k-dire presque tous lés bras que la population de ce pays peut fournir. La ville de Carcassonne, après la perte de son commerce dans le Levant,-se livra k la fabrication des draps noirs. Emule de Sedan, elle ne prétendit point’ devenir sa rivale, elle se proposa de remplir l’échelle des prix décroissants. M. Roger aîné est un des manufacturiers de Carcassonne qui a bien compris l’industrie de son pays; Il a introduit chez lui le foulage au nouveau système k pression. Le drap noir de 7 fr. 10 c. le mètre qu’il expose, est le type d’uné bonne fabrication k bon marché. En récompense des efforts que fait ce manufacturier pour soutenir la réputation des bons draps de son pays, le jury central lui accorde la médaille d’argent;
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- MM. P. FOUARD et A. BLANCQ, à Nay (Basses-Pyrénées).
- Ces fabricants présentent à 1 exposition les produits de leur industrie, qui consistent en tricots et bonneterie, et en bérets, coiffure des Basques, de temps immémorial. Tous les articles de cette maison sont bien confectionnés, solides, et remplissant parfaitement l’objet pour lequel ils sont destinés. La variété des produits, la bonne confection des étoffés, l’étendue de l’établissement, et le grand nombre d’ouvriers qu’il emploie, placent ces manufacturiers à la tête de l’industrie du département des Basses-Pyrénées. C’est au talent et à l’activité du chef de cette maison, venu d'Elbeuf, son pays natal, où il exerçait la profession de mécanicien , qu’est dû le grand développement de cette manufacture. Par l’introduction de la filature de la laine , à la mécanique, la fabrication des bérets a pris un grand essor. L’invention d’une tondeuse pour tondre les bérets, n’a pas été moins utile au pays qui venait de l’adopter, d’autant plus que l’inventeur n’a pas voulu prendre de brevet pour cette machine , et qu’il en a doté son pays. En considération de l’industrieuse activité de ces exposants et des services qu’ils rendent à leur pays, le jury leur décerne la médaille d’argent.
- M. PRATaîné, àOloron (Basses-Pyrénées).
- Cet exposant se présente au concours industriel pour la première fois. C’est à Oloron qu’est le siège de son établissement, fondé en i83o, et qui occupe , dans ce moment, i5o ouvriers. La ville d’O-
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- loron, située au débouché de la route d’Espagne, est le centre d’un commerce de laines important. Ces laines étaient travaillées, depuis des siècles, à Oloron par une population laborieuse; les manufactures de cette ville fournissaient à la consommation du pays de bons articles; les changements survenus dans le goût et les habitudes des populations ne laissèrent plus de débouchés à la majeure partie de ces étoffes. M. Prat aîné , jeune , intelligent et actif, a compris qu’il fallait changer l’industrie de sa ville, pour ne pas laisser sans travail la classe ouvrière. Au lieu de cadis, droguets et autres étoffes communes, Oloron fournit avec succès, en France et en Espagne, des tricots pour pantalons, des gilets, des cravates et des écharpes, et même les ceintures rouges qu’emploient les Béarnais et les Basques , et les populations des provinces limitrophes. M. Prat, répondant ainsi, par ses efforts, aux goûts et aux besoins du moment, a doté son pays d’une source nouvelle de travail lucratif. Le jury a vu avec beaucoup d’intérêt les produits de ce fabricant, et pour prix de ses efforts et de ses progrès industriels, il lui décerne la médaille d’argent.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. BERTHAUD et PERTUS frères, de Tienne (Isère).
- Ces exposants s’occupent toujours de la fabrication des draps cuirs-laine dans les prix moyens. Ils font avec succès les mêmes articles en nouveautés, pour se conformer au goût des consommateurs
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- Leurs produits se distinguent par toutes les qualités qui constituent une bonne fabrication qui ne reste pas en arrière des progrès de l’industrie. Le jury central rappelle à ces exposants la médaille de bronze qui leur a été décernée en 1839.
- M. TALBOT fils, de Saint-Denis-hors-Amboise (Indre-et-Loire).
- Cet exposant, qui faisait partie de la maison Bigot et Cey à laquelle fut décernée en 1889 une médaille de bronze, est chef, aujourd’hui, de la manufacture établie à Saint-Denis-hors-Amboise. M. Talbot fils a continué le même genre de fabrication, et il présente à l’exposition des castorines et autres étoffes de laine, destinées à la consommation de la classe moyenne ou pauvre. Les prix sont bien en rapport avec cette destination, puisqu’ils varient de 1 fr. 70 c. à 2 fr., et à 2 fr. 5o c. en petite largeur. Ces étoffes sont bien fabriquées pour leur genre et leur bon marché. Le jury central rappelle à cet exposant la médaille de bronze qui avait été donnée à la maison dont il faisait partie en 1809.
- M. Silvestre BARTHÈS, à Saint-Pons (Hérault).
- Cet exposant présente une grande variété d’articles dans les nouveautés, analogues à celles des fabriques de Mazamet, et à des prix très-modérés: 7 fr. 5o c. le mètre. M. Barthès a introduit ce genre de fabrication à Saint-Pons ; le jury central lui rappelle la médaille de bronze qu’il avait obtenue aux précédents concours.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Pascal LIGNIÈRES, de Carcassonne ( Aude ).
- Cet exposant s’occupe de la fabrication des draps noirs dans les bonnes qualités moyennes, et dans les prix de 6 fr. 5o c. et 7 fr. 5o c. le mètre. Les deux pièces présentées par lui ont paru réunir toutes les conditions d’une bonne fabrication. Il occupe 200 ouvriers, met en œuvre 3o,ooo kilogrammes de laine, et livre à la consommation 4o,ooo mètres de draps. C’est à son activité et à sqn intelligence, qu’il doit les succès qu’il obtient et la bonne réputation qu’il s’est acquise dans la fabrication des draps noirs. Le jury central lui décerne la médaille de bronze.
- M. Augustin DOUX jeune, à Villalier, près Carcassonne (Aude).
- La fabrication des draps noirs est la seule occupation des manufacturiers de Carcassonne. M. Am gustin Doux jeune se distingue parmi eux par son habileté. Les deux pièces de drap noir è 9 fr. 5o c. le mètre qu’il expose, ont paru au jury central d’une exécution soignée : cet exposant a créé, aux environs de Carcassonne, une usine importante qu’il dirige lui-même et où il emploie 200 ouvriers. Le jury central lui décerne la médaille de bronze.
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- MM. Alexis GABARRON et ses fils, à Limoux (Aude).
- Ces exposants se présentent au concours pour la première fois ; ils ont adopté pour spécialité le
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- genre nouveautés dans les très-bas prix. Leur maison a pris une grande extension. Si la ville de Li-moux a repris le rang qu’elle avait parmi les villes manufacturières du Midi, c’est à l’introduction de la fabrication des nouveautés qu’elle le doit, et M. Gabarron et ses fils peuvent revendiquer à juste titre une grande partie de ce service rendu à leur pays. Le jury central leur décerne la médaille de bronze.
- JosephPONCHON, à Vienne (Isère).
- « Cet exposant est considéré comme ayant le plus contribué au perfectionnement de la fabrication de Vienne. » C’est ainsi que s’exprime le jury départemental dans les notes qu’il a fournies. Le jury central, dans l’examen qu’il a fait des produits de M. Ponchon, a trouvé qu’ils étaient remarquables et pouvaient soutenir toute comparaison avec leurs similaires. M. Ponchon paraît pour la première fois au concours industriel. Il suit le progrès par des innovations heureuses, et est un de ceux qui contribuent le plus à améliorer la fabrication viennoise. Le jury central lui accorde la médaille de bronze.
- M. RIGAT, à Vienne ( Isère).
- Cet exposant dirige avec succès une fabrique de draps cuir-laine ; les draps qu’il fournit au commerce sont appréciés et recherchés pour leur bonne confection. Cet établissement a été fondé en 1822 : 160 ouvriers y trouvent toute l’année du travail et un salaire convenable. M. Rigat emploie 28,000 kil.
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- de laine , et livre à la consommation 3o,ooo mètres de draps. Une mention honorable lui a été accordée en 133g. Le jury central, appréciant s»es efforts persévérants pour perfectionner ses produits, lui accorde la médaille de bronze.
- M. MANIGUET, à Tienne (Isère).
- C’est encore du drap cuir-laine que présente à l’exposition M. Maniguet : ses draps ont paru bien confectionnés, et soutiennent la réputation de la fabrication viennoise. Son établissement a été augmenté, on y emploie maintenant 25,oook. de laine, qui donnent du travail a 72 ouvriers. Ses produits sont reçus avec faveur dans le commercé. Une mention honorable a été votée à M. Maniguet en 1834 et 1839; en récompense des efforts soutenus faits par lui pour arriver à la perfection du drap cuir-laine, article si convenable à la classe économe, la médaille de bronze lui est accordée.
- MM. COURTEY frères et BARON, à Périgueux
- (Dordogne).
- Ils présentent à l’exposition quatre pièces d’étoffes de laine de couleur, remarquables par le prix extrêmement bas auquel cet article est offert. Le jury départemental assure que les qualités et les prix sont conformes à ceux livrés journellement à la consommation. La classe la plus nombreuse et la plus pauvre aura ainsi une excellente étoffe, en remplacement des lainages imparfaits que l’on confectionne dans les campagnes. MM. Courtey frères et Baron ont rendu un grand service à leur pays 1. 8
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- en présentant à la consommation une bonne étoffe de 60 centimètres de large au prix de i fr. 5o c. le mètre. La fondation de leur établissement est sous tous les rapports un bienfait pour le pays non moins qu’un progrès industriel. Le jury central accorde à MM. Courtey frères et Baron la médaille de bronze.
- MM. BRICHE et YANBAYINCHOYE, à Saint-Omer (Pas-de-Calais).
- Ces manufacturiers se présentent à l’exposition pour la première fois. Leurs produits sont spécialement destinés à la confection des vêtements de femmes ou de marins. Ils sont d’une grande utilité dans un pays humide comme le département du Nord, et dans les ports qui avoisinent Saint-Omer. Us se recommandent par la modicité du prix en rapport avec les besoins qu’ils sont destinés à satisfaire , et avec leur qualité. L’établissement de MM. Briche et Yanbavinchove est le seul qui existe maintenant k Saint-Omer, il doit donc être encouragé , car il est d’un puissant intérêt pour la localité. Le jury central accorde à ces exposants la médaille de bronze.
- Mmc veuve BORDEAUX-FOURNET et fils, à Lisieux (Calvados).
- Maison importante pour la fabrication de la grosse draperie et des molletons connus sous le nom de frocs qui servent de vêtements aux femmes dans les départements de l’Ouest. Les articles présentés par ces exposants réunissent toutes les con-
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- clitions d’une bonne fabrication. Cette fabrique importante a été fondée en i834, elle occupe 3oo ouvriers, met en oeuvre 100,000 kil. de laine, et livre à la consommation 6,000 pièces. C’est donc un établissement des plus importants ; il est aussi des plus intéressants pour le pays, par le travail qu’il donne aux ouvriers. Le jury central décerne à ces manufacturiers la médaille de bronze.
- Mme veuve LAPORTE et fils, à Limoges (Haute-Vienne),
- Présentent des flanelles rayées, fil et laine, article pour vêtements de femme d’une bonne fabrication. Les développements que cette industrie locale a pris depuis quelquës années sont dus au concours intelligent et laborieux de plusieurs fabricants, parmi lesquels le jury se plaît à désigner la maison veuve Laporte et fils. C’est à eux que l’on doit cette fabrication qui ne se fait pas moins remarquer par le tissage que par la qualité des matières employées ; elle trouve son écoulement sur plusieurs points de la France. 3oo ouvriers sont attachés à cette maison, et 4>ooo pièceis dedroguets et flanelles sont livrées à la consommation. Le jury central lui décerne la médaille de bronze.
- MM. BOYER frères, à Limoges (Haute-Vienne).
- Cette maison peut revendiquer à juste titre l’introduction de la flanelle perfectionnée pour vêtements de femmes, article qui forme une des grandes industries de la ville de Limoges. En 1820, à l’époque où la famille des exposants créa un établis-
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- sement propre à donner une grande extension h cette industrie, 4 ou 5 maisons produisaient h peine 5 à 6,ooo coupes : aujourd’hui, Limoges livre à la consommation plus de 35,ooo pièces par an. La maison Boyer frères emploie 3oo ouvriers, et ioo métiers sont occupés à leur production. Depuis vingt-quatre ans que ces exposants travaillent, leurs produits ont toujours été distingués. Le jury central leur accorde la médaille de bronze.
- MM. RIYES (Ulysse) et Cie, de Mazamet (Tarn).
- Cet exposant se présente pour la première fois; son établissement a été fondé en 1025. Il emploie 200 ouvriers, tant en dedans qu’en dehors, et il fournit à la consommation de très-belles espagnolettes blanches, et des flanelles dans les qualités superfines. Les échantillons qu’il expose ont été trouvés bien fabriqués et bien réussis pour le blanc, opération qui exige des soins et du savoir-faire. Le jury central accorde la médaille de bronze à MM. Rives (Ulysse) et Compagnie.
- M. Jean-George DAYDÉ-GARY, de Cenne-Mo-nestiès (Aude).
- Ce manufacturier, qui s’applique à produire de bonnes étoffes de qualités moyenne et commune , a fait des progrès dans l’industrie qu’il exerce : ses draps croisés et lisses ont paru bien faits, d’un bas prix qui doit leur procurer un placement facile. Cette maison sage et laborieuse a un bon cours d’affaires. M. Daydé Gary a reçu une mention honorable en 1839. Le jury de 1844 lui a voté la
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- médaille de bronze pour récompenser ses progrès industriels.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- M. LE PARQUOIS, à Saint-Lô (Manche).
- Cet exposant a présenté à l’exposition deux échantillons d’étoffes de sa fabrication qui ont paru réunir les conditions d’une bonne fabrication. Cette maison continue toujours le même genre d’articles, ses produits sont d’un tissage plus serré et présentent les conditions de la solidité et du bon marché. Le jury central rappelle à M. Le Parquois la mention honorable qu’il a obtenue aux précédentes expositions.
- MM. BONDET fils aîné et Cie, de Limoges (Haute-Vienne). •
- Cette maison a exposé une série d’échantillons de droguets et flanelles, produits de son industrie; la fabrication én est régulière et soignée. L’emploi de la navette volante a permis à ces fabricants de n’employer que des femmes dans leurs ateliers, pour le tissage, et d’utiliser des bras jusque là sans travail. Les produits de ces exposants s’adressent à toutes les classes; ils réussissent également dans les flanelles d’un prix élevé et dans celles d’un prix modique. Le jury leur rappelle la mention honorable qui a été faite d’eux en i83g.
- MM. J. BONRAISIN, TILLANT et Cie, de Nantes ( Loire-Inférieure),
- Ont envoyé des flanelles et des coutils sur laine
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- bien fabriqués. Leur établissement a peu d’étendue) mais ses produits sont bien appropriés aux besoins des habitants de la Bretagne qui veulent des étoffes durables. Il prépare lui-même les matières qu’il emploie. Le jury lui rappelle la mention honorable qui lui fut décernée en 1889.
- M. DUBOIS, de Fougères (Ille-et-Vilaine),
- Expose des flanelles d’une fabrication soignée. Il y a amélioration dans la teinture et plus de régularité dans le tissu. Ces étoffes sont d’un bon usage, et elles se recommandent par la modicité des prix. En 1839 M. Dubois a été mentionné honorablement, le jury lui rappelle cette distinction.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. ANCEL-ROY, de Lyon (Rhône).
- Cet exposant est mentionné parmi les fabricants de drap, il confectionne des tricots élastiques drapés pour pantalons. M. Ancel-Roy a imité cet article des Anglais; afin d’en développer la consommation , il faut trois conditions : le soyeux de la matière, la variété du dessin et le bon marché. M. Ancel-Roy remplira plus tard, sans doute, ces trois conditions, et il trouvera dans cette nouvelle industrie perfectionnée le prix de ses efforts et de ses soins. Le jury central, voulant offrir à cet exposant une récompense, et témoigner l’intérêt qu’il prend au développement de ce nouvel article, vote une mention honorable à M. Ancel-Roy.
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- M. Claude PATOULIAD, à Vienne ( Isère).
- Cet exposant, indépendamment de ses draps cuir-laine, présente à l’exposition des draps-tricot, façon d’Angleterre, et du drap-tricot satiné que l’on doit citer pour son élasticité. Les prix de M. Pa-touliad sont très-modérés, ce qui favorisera le placement de cet article encore peu connu. Le jury, pour récompenser ce manufacturier, qui s’occupe avec zèle de perfectionner son industrie, lui accorde la mention honorable.
- M. THIOLIER aîné, de Vienne (Isère),
- Expose des draps cuir-laine bien confectionnés. Les soins apportés dans le choix de la matière et dans la confection des étoffes, prouvent que cet exposant s’occupe consciencieusement de sa fabrication. Ses draps noirs ont beaucoup de propreté, qualité essentielle en ce genre de produits. Le jury lui accorde la mention honorable.
- M. Urbain ROCH, à Carcassonne (Aude).
- Maison nouvellement établie, appelée à prendre de l’essor,‘‘parce que sa fabrication est bien entendue et bien soignée. Les trois pièces de draps noirs présentées par elle dans des qualités diverses, remplissent les conditions d’une bonne fabrication. La mention honorable est accordée à M. Urbain Roch.
- MM. THUYAU et TURPAULT, à Mortagne (Vendée).
- Présentent des flanelles et un échantillon de laine filée. Le jury a reconnu l’emploi de matière
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- premières de bonne qualité. Cette fabriqué est de création récente, mais on peut déjà apprécier les avantages qu’elle présente pour la localité; des femmes et des enfants, jusque-là sans travail, y trouvent une occupation appropriée à leurs forces. Le jury décerne la mention honorable à ces manufacturiers.
- MM. FERRARY (Florimond) et ALRERT, à Saint-Sauveur ( Hautes-Alpes),
- JN’exposent qu’une seule pièce de castorine, de bonne qualité et d’un bas prix. Le jury regrette qu’ils n’aient pas fourni une variété d’échantillons de couleurs plus arrêtées. Il mentionne honorablement MM. Ferrary (Florimond) et Albert.
- M. Jules CHARPAL, à Mende (Lozère).
- Ce fabricant présente des flanelles et des escots façonnés, d’un bon travail, d’un bon goût, d’un bon usage, et d’un prix modéré. Il a ajouté à son ancienne production, qui commençait à languir, ces nouveaux articles de fantaisie, ce qui prouve son intelligence. La mention honorable est accordée à M. Jules Çharpal.
- M. CAYREL-BOURGEOIS, à Beauvais (Oise),
- Expose des draps et des couvertures de laine d’une bonne fabrication. Cet établissement est assez considérable; et ses produits méritent une mention honorable, que le jury s’empresse de leur accorder.
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- M. DUVILLIER - DELATTRE, de Turcoing (Nord).
- Cet exposant offre une série d’échantillons de molletons rayés, propres aux vêtements de femmes; d’étoffes mélangées de laine et fil et laine et coton. Ces produits sont bien faits. Le jury central mentionne honorablement ce manufacturier.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Jean BARBE père, de Carcassonne ( Aude ).
- Quatre pièces de draps noirs; modeste maison, dont le chef, honnête et laborieux , a compté parmi les ouvriers de sa fabrique.
- M. Alexis - Marthe BOUSMART, de Turcoing (Nord).
- Echantillons de molletons bien fabriqués.
- MM. Henri et Baptiste CARCENAC frères, de Rodez (Aveyron).
- Cette maison , en raison de son importance , aurait pu recevoir une récompense plus élevée, mais elle a négligé son exposition, et le jury central n’a pu la juger définitivement.
- M. CARLIER, directeur du dépôt de mendicité de Montreuil (Aisne).
- Quelques échantillons d’étoffes de coton, fabriqués avec de vieilles matières de coton.
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- M. BONIN (Joseph), de Cugand (Vendée).
- Serges croisées et kalmouks. Bonne qualité et bonne fabrication.
- M. FROMENTAULT (Hippolyte), à Poitiers (Vienne).
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- Etoffes drapées. Le jury regrette de n’avoir que des renseignements incomplets sur cet exposant.
- MM. VASSEUR et Cie, à Turcoing (Nord).
- Molletons. Le jury se plaint de manquer de renseignements complets sur cet exposant; les produits qu’il a présentés sont bien fabriqués.
- M. GLORIEUX - LORTHIOIS, de Turcoing (Nord).
- Un seul échantillon de molleton. Le jury n’a pu baser un jugement définitif sur cet exposant.
- M. MOUILLÉ (Pierre), à Cugand (Vendée).
- L’absence de données certaines sur rétablissement de cet exposant, n’a pas mis le jury à même d’apprécier son importance.
- Couvertures.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. POUPINEL jeune, à Paris, rue Galande, 57.
- Ge fabriquant expose des couvertures en laine et en coton, d’un tissu fin et régulier et d’une perfection parfaite; le jury central se plaît à reconnaître l’activité et l’habileté qui ont valu à M. Poupinel
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- la médaille d’argent à l’exposition de 1889, et il se fait un devoir de rappeler cette médaille en témoignage des progrès faits par cet habile manufacturier.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. BUFFAULT, TRUCIION et DEYY, à Paris , rue Tliibautobé, 16,
- Présentent un assortiment varié, en qualité et en nuances, de couvertures de laine ou de coton; la matière en est soyeuse, le tissu remarquable, la fabrication très-soignée, et le bon goût préside à leur confection. Ces exposants soutiennent la réputation que s’était faite la maison A. Bacot, à laquelle ils ont succédé. La médaille d’argent a été donnée et rappelée plusieurs fois à leurs devanciers. MM. Bufïault, Cruchon et Devy ont augmenté leurs affaires et perfectionné leur travail; ils méritent une nouvelle récompense. Le jury central, pour prix de leurs efforts et de leurs progrès, leur décerne une médaille d’argent.
- MM. F. BOUILLIER et Cie, à Condamine-la-Doye (Ain).
- La manufacture de MM. Bouillier et compagnie, fondée en 1835 , a pris un accroissement assez considérable ; elle occupe 80 ouvriers, emploie une force de 3o chevaux et met en œuvre 45,000 kil. de laine. Elle a présenté à l’exposition dix couvertures en diverses qualités qui sont remarquables autant par la beauté de leur fabrication que par leur bonté
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- et la modération des prix. Les progrès faits par cette maison depuis 1839 , doivent être récompensés, le jury lui accorde la médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. LÉGER-FRANCOLIN, à Patay (Loiret).
- Les couvertures présentées par cet exposant et fabriquées en laine du pays, sont toujours faites avec beaucoup de soin.
- M. Léger Francolin s’occupe avec zèle de perfectionner son industrie; il trouve aisément le placement de ses produits. Le jury central lui rappelle la médaille de bronze qui lui a été donnée en 1839.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. LEVASSEUR frères, à Paris, rue Saint-Victor, 116.
- Ces exposants, qui paraissent pour la première fois, ont présenté des couvertures en laine et en coton qui ne laissent rien à désirer pour leur bonne fabrication, le choix de la matière, la régularité et la force du tissu. MM. Levasseur frères occupent 180 ouvriers, ils livrent à la consommation intérieure .3o,ooo couvertures et 5,000 à l’étranger. Us emploient 60,000 kil. de laine ou de coton. De pareils établissements méritent d’être encouragés; le jury central reconnaît le mérite de ces exposants, il apprécie leurs produits et il leur accorde la médaille de bronze.
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- M. BEUDON, à Paris , rue Saint-Victor, 161.
- Cette maison , très-ancienne dans son industrie , présente divers échantillons de ses produits qui ont paru d’une excellente fabrication dans toutes les qualités. Les couvertures en laine-mérinos ou en laine de Pologne demi-fines, moyennes ou ordinaires, peuvent convenir à toutes les classes de consommateurs; il en est de même des couvertures de coton. M. Beudon exporte environ le tiers de sa production. Son établissement est important, car il met en œuvre 75,000 kil. de laine et de coton et livre à la consommation 20,000 couvertures. Le jury accorde la médaille de bronze à M. Beudon.
- Mme veuve ACCARY et fils, de Montluel ( Ain ).
- Ils exposent des couvertures blanches et de diverses nuances dont le bas prix a fixé l’attention du jury central. Ces couvertures variant de prix, depuis 5 fr. jusqu’à 24, sont à la portée de toutes les fortunes, avantage qui peut compenser ce qui leur manque, peut-être, à d’autres égards. La maison veuve Accary et fils a pris une grande extension , et, pour travailler plus sûrement à perfectionner ses produits, elle a réuni toute la manutention de la fabrication, la teinture et les apprêts. Le jury lui vote la médaille de bronze.
- MM. LÉGER jeune et PARÉ, à Patay (Loiret).
- Ces industriels ont une fabrique bien établie; leurs couvertures sont d’un bon lainage et d’un bon travail. Le jury central a remarqué les couvertures à carreaux rouges et bleus, à pois et à petits semis,
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- qui peuvent servir de couvre-pieds pour la classe ouvrière. Les prix de MM. Léger et Paré sont modérés. Pour récompenser leur industrie, le jury central leur accorde la médaille de bronze.
- M. MARCHAND-LECOMTE, à Patay (Loiret).
- Les couvertures de ces exposants sont fabriquées en laine du pays. L’assortiment en est varié et les produits se font remarquer par leur moelleux, la finesse et la solidité du tissu, la modicité du prix. Le jury accorde à M. Marchand-Lecomte la médaille de bronze.
- M. PARENT aîné, à Lyon ( Rhône ).
- Les articles de M. Parent se font remarquer par la finesse du tissu et la pureté des nuances. Ils sont offerts à des prix qui favorisent la grande consommation. Le jury a remarqué une couverture fond orange , avec dessins autour en grand teint. Le prix de 25 fr., pour cette couverture, a paru modéré. La médaille de bronze est décernée à M. Parent aîné.
- MM. FORT et Cie, à Saint-Jean-Pied-de-Port ( Rasses-Pyrénées).
- Cette maison se présente pour la première fois au concours. Le jury l’accueille avec intérêt, car MM. FortetC'6 peuvent, à bon droit, revendiquer le mérite d’avoir rappelé l’activité dans une fabrique qui languissait. En créant un établissement sur une grande échelle, en organisant le travail dans cette localité, ils ont été vraiment utiles à leur pays.
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- Leurs produits sont bien faits, de prix modérés, et très-appréciés dans le commerce. Le jury, considérant les utiles travaux de MM. Fort et Cie, dans une industrie qu’il a jfallu presque créer., leur décerne la médaille de bronze.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- MM. FOURCHÉ et SALMON, au Mans (Sarthe).
- Le jury leur rappelle la mention honorable qu’ils ont obtenue , en i83g, pour leurs couvertures. Ils continuent la fabrication de ces sortes de produits, avec le même soin. Ils méritent le rappel qui leur ' est accordé.
- M. FÀSOLA, à Paris, rue Yilledot, 5.
- Cette maison présente un assortiment très-varié de couvre-pieds, qui ont paru, au jury central, d’une bonne confection. La mention honorable obtenue en i83g par M. Fasola, lui est rappelée en témoignage de son application pour soutenir la bonne réputation des articles qu’il livre en France et à l’étranger.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. CH ASPOT ^ FERRANT et Cie, de Lyon (Rhône).
- Ces exposants présentent à l’exposition des couvertures façonnées , en laine, d’une bonne fabrication. La mention honorable est accordée, par le jury central, à ces fabricants, qui se trouvent pour la première fois au concours.
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- M. GIROUD, à Serezin-du-Rhône ( Isère ) ,
- Expose pour la première fois; les couvertures offertes par lui à l’examen du jury, sont belles comme matière ; le travail en est soigné et le prix modique. Le jury mentionne honorablement M. Gi~ roud.
- M. BOUYRY, à Orbec (Calvados).
- Sa fabrique de frocs est considérable, et les produits en sont d’une bonne qualité. Le jury accorde la mention honorable à ce manufacturier, qui se présente également pour la première fois.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. DORMOY, à Paris, rue Saint-Denis, 16,
- Présente des couvertures en laine et coton, d’une bonne confection. Le jury cite favorablement M. Dormoy.
- M. DUPUIS jeune, à Châteauroux (Indre),
- Est cité favorablement pour la bonne fabrication de ses couvertures en laine et en coton.
- MENTION POUR ORDRE.
- MM. DEPOULLY, GONIN et Cie, à S.uresne (Seine). STEHELIN (Ch. et Ed.), à Bitschwiller (Haut-Rhin),
- Ont exposé des draps feutres. Cette fabrication, d’importation assez récente, n’a pas encore tenu
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- toutes les promesses qu’elle avait faites, ni répondu aux espérances que son apparition avait fait naître; jusqu’à présent, elle n’a trouvé d’emploi que pour draps de table propres à l’impression ou pour tapis, lorsque, comme dans l’exposition de MM. De-pou lly, Gonin et Cie, ces étoffes sont couvertes de dessins imprimés, convenables pour cet usage.
- Nous devons, toutefois, nous empresser de signaler une innovation qui nous paraît de nature à faire entrer plus largement cette espèce de produits dans la consommation. Un industriel intelligent, M. Mazeron, secondé par M. Desbrosses, a trouvé le moyen de diviser le drap feutre dans son épaisseur, et de faire ainsi deux pièces d’une seule. La surface intérieure du drap, bien unie, offre une espèce de velours de laine, qui prend très-bien toutes les nuances de l’impression, et qui a frappé tous les regards par l’éclat et la netteté des couleurs. Ces étoffes, ainsi traitées et ornées, conviendront parfaitement à l’emploi des tentures et des portières. Par un procédé de gauffrage qui lui est propre, M. Desbrosses donne à cette étoffe l’apparence d’une tapisserie au petit point, et lui procure ainsi un nouveau placement pour la couverture des meubles. M. Desbrosses n’ayant point exposé en son nom, nous regrettons de ne pouvoir lui donner la récompense que son invention aurait pu lui mériter. Quant à MM. Depoully, Gonin et Çie, et Stehelin, ils sont exposants à d’autres titres, et recevront chacun la récompense qui leur est due, dans la partie du rapport qui traite de l’industrie dans laquelle ils se distinguent plus spécialement.
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- DEUXIÈME DIVISION.
- ÉTOFFES NON FOULÉES EN LAINE ÇURE OU MÉLANGÉE.
- MM. Legentil et Mimerel, rapporteurs.
- Considérations générales.
- L’indusirie du tissage répand ses perfectionnements avec une telle rapidité qu’on trouve dans bien des localités diverses toutes les variétés d’un même produit, et que les fabrications spéciales se confondent, s’effacent et disparaissent.
- Aussi, diviser aujourd’hui en catégories distinctes les tissus de laine non drapés serait obscurcir et multiplier sans utilité le travail du jury. Laine légèrement foulée, laine non foulée, laine mélangée de soie ou de coton, tout cela se trouve partout dans les mêmes mains, dans les mêmes ateliers.
- C’est que le tissu de laine en variant ses formes a été réclamé par toutes les classes et dans toutes les saisons ; il se drape en effet avec élégance et richesse dans nos beaux mérinos, et pare toujours la classe la plus aisée : il s’assouplit dans le stuff destiné à l’usage le plus général, et devient si léger dans la balsorine, que l’été il prend la place qu’autrefois le tissu de coton pouvait seul occuper.
- C’est Paris, c’est Rouen, c’est Mulhouse, ce sont
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- Reims, Amiens et l’arrondissement de Lille, dont Roubaix est le centre manufacturier, qui s’occupent le plus spécialement de ces produits, dont la valeur totale s’élève aujourd’hui à 180 millions. Quelques nuances cependant séparent les uns des autres les tissus de ces différentes villes : ces nuances tiennent plutôt à des habitudes locales qu’elles ne constituent des différences réelles. Nous les signalerons, en disant quelques mots sur les principaux lieux de fabrication, c’est-à-dire sur Paris, Reims, Amiens et Roubaix.
- fAEIS.
- Paris, la métropole des arts, où la mode trône en souveraine, donne à toute sa fabrication le cachet du goût et de la nouveauté ; Paris ne peut lutter de bon marché avec les fabriques excentriques , aussi s’attache-t-il de préférence aux articles qui empruntent leur principale valeur au sentiment artistique de l’inventeur et à l’habileté de l’ouvrier : exceller dans l’exécution n’est pas tout, varier sans cesse est encore une nécessité.
- « U nous faut du nouveau, n’en fût-il plus au monde ! »
- Tel est le cri unanime du consommateur parisien. Aussi, créer du neuf, pu plus souvent rajeunir du vieux, voilà l’étude constante du fabricant, et souvent aussi son écueil. Il est vrai que les ma-
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- tériaux ne lui manquent pas : les modèles abondent sous ses yeux ; mais il faut beaucoup de tact et de discernement pour ne pas se fourvoyer dans cette route périlleuse. Il est vrai encore qu’il a pour guides et pour collaborateurs une classe nombreuse de dessinateurs qui ont souvent commencé par rêver la gloire dans l’exercice de leur art, et viennent ensuite demander à l’industrie une récompense plus modeste et plus solide de leurs travaux ; mais il faut qu’il contienne les écarts de leur imagination.
- La fabrication de Paris est sans rivale pour mélanger la laine, la soie et le coton. Quelle dame résiste à la séduction de ces tissus légers, aériens? soit qu’ils se présentent à son choix ornés de carreaux et rayures satinées, de bandes à jour imitant la dentelle, ou qu’ils brillent des mille couleurs que nos imprimeurs des environs de Paris savent si bien nuancer.
- La soie en fournit généralement la chaîne, la trame se lance en laine sans mélange, surtout quand elle doit recevoir l’impression: écharpes, châles, fichus, robes, tout ce qui constitue la toilette des dames, se façonne dans ce vaste atelier. C’est l’arsenal où la mode vient prendre les armes qu’elle distribue à la femme du monde et à la modeste beauté : tous les âges, toutes les conditions , toutes les situations de la vie y trouvent
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- celles qui savent leur plaire, et le bon marché n’exclut jamais l’élégance. La gaze de soie, qui ne semblait destinée qu’à des usages frivoles, a trouvé un emploi plus sérieux : un fabricant a dérobé à la Hollande le secret des gazes à tissu noué et serré pour la bluterie, et les produits de cette nature , manufacturés dans deux maisons, sont recherchés avec empressement.
- Les hommes ont aussi leur bonne part dans les travaux de la fabrique parisienne. Longtemps ces belles étoffes à gilets, tissées en poil de chèvre sous le nom de valencias, ou en laine douce sous le nom de cachemire, étaient par contrebande introduits de l’Angleterre. Aujourd’hui, ces mêmes produits nous les envoyons à nos voisins et nous trouvons des consommateurs là où nous n’avions que des vendeurs.
- Une fabrication qui a pris encore une grande importance, c’est celle des étoffes pour ameublements. Elle la doit aux progrès de l’aisance et au retour du goût vers les formes, les dessins et les tissus même du moyen âge. Ces étoffes en laine pure ou mélangée de bourre de soie, tissées avec ou sans envers, composées dans le style des tentures vénitiennes, épaisses si elles doivent servir de portières , moins lourdes, mais toujours solides quand elles doivent être tendues ou tomber en rideaux , ont obtenu la vogue. Aussi oc-
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- cupent-elles un grand nombre de métiers ; elles sont d’un aspect moins riche que la soie, elles sont aussi moins chères.
- Si, pour ce genre d’articles, Paris donne l’impulsion par la création, la variété et surtout la richesse de ses dessins, l’importance des produits appartient aux autres fabriques. Nous en avons dit la cause. ,
- Sans parler des manufactures du Nord, sur lesquelles nous aurons occasion de revenir, la Seine-Inférieure compte plusieurs fabrications en ce genre. L’une d’elles surtout a la première ouvert la voie : on a pu l’y suivre, jamais la dépasser. Le Bas-Rhin applique aussi, avec succès, l’habileté traditionnelle de ses fabricants à cette nature de produits.
- La fabrique de Paris n’est pas généralement organisée comme celles des départements. Elle compte peu d’ateliers où elle réunisse tous les genres d’opérations. Elle n’a qu’un nombre assez restreint de métiers dans son enceinte ; elle se borne à avoir à côté de ses ateliers de vente, ses ateliers de dessin, de mise en carte, de lecture. Elle fait tisser au dehors ; la tête qui dirige est dans la capitale, les bras qui exécutent sont dans l’Aisne ou le Nord.
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- REIMS.
- La statistique de la production rémoise a été mise, il y cinq ans, par le jury, sous les yeux de la France. Nous ne la redirons pas aujourd’hui, mais nous ferons remarquer que Reims emploie surtout des laines françaises et que dès lors ses tissus sont plus précieux par leur douceur et leur souplesse que par leur éclat et leur brillant.
- Reims , qui excellait autrefois dans la fabrication des gilets et des étoffes pour pantalons établis sur chaîne coton, voit un peu tous les jours ces genres mélangés de matières diverses lui échapper. Mais en même temps cette ville fait chaque jour de nouveaux progrès dans le tissage des étoffes pure laine ; progrès que facilite une filature grandement développée, aussi grandement perfectionnée.
- Reims est sur le point d’accomplir dans les procédés de fabrication un de ces changements qui sont de nature à en bouleverser les résultats.
- Le tissage mécanique qui, appliqué d’abord au coton, l’est par exception encore aux tissus de lin, s’empare des étoffes de laine douce.
- C’est dans une des maisons les plus considérables de cette ville manufacturière que s’exécute un changement dont les suites peuvent être si décisives.
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- Ce n’est pas seulement un tissu exceptionnel, ce sont tous les tissus lisses, croisés, foulés, non foulés, le mérinos, la flanelle, et jusques au molleton et la napolitaine qui deviennent sujets du métier mécanique.
- Des essais longtemps infructueux, soit en France , soit en Angleterre, ont enfin amené des résultats pratiques dont Reims aura tout l’honneur , car on peut bien regarder comme tels des travaux qui donnent déjà une production annuelle de 500,000 fr.
- Toutefois ces résultats sont encore dans la seule main de l’inventeur, et pour être définitivement appréciés et consacrés, la propagation leur manque. Elle leur est indispensable.
- Toujours est-il qu’à mesure qu’une concurrence active et inquiète fait tomber pour la ravir une des pierres de la couronne que l’industrieuse cité de Reims porte avec 'honneur depuis si longtemps, tout aussitôt une autre pierre plus précieuse la remplace, et cette couronne ne voit jamais s’obscurcir son éclat.
- AM1EHS.
- Serait-il vrai que l’image de la considération attachée à la vie modeste des gens d’étude, que le contact de tous les jours avec un haut clergé, une haute magistrature, de savants professeurs,
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- de nombreux avocats que F estime publique entoure , que la société recherche, que l’instruction distingue, serait-il vrai que ces avantages réels, s’ils sont trop haut et trop généralement appréciés dans une ville d’industrie, puissent réagir d’une manière fâcheuse sur la production qui doit pourtant ses plus beaux moyens de développement à la science et à l’étude ?
- Serait-il vrai que l’exemple du loisir et du repos sans ambition, que peut être le culte des arts et des lettres si riche de jouissance et de véritable bonheur, fussent facilement contagieux et modérassent l’activité nécessaire à la marche de l’industrie, dont un labeur incessant, une préoccupation exclusive peuvent seuls assurer les succès dans ce siècle de lutte acharnée ?
- Serait-il vrai que l’industrie ne fleurit que là où elle ne reçoit pas trop d’ombrage étranger, et qu’elle ne pousse de profondes racines qu’à la condition de tout couvrir de ses rameaux?
- Ces réflexions nous arrivent en comptant le petit nombre des exposants d’Amiens.
- Cette ville où Colbert introduisit les fabriques, que des eaux magnifiques vivifient, qu’une population nombreuse, intelligente, exercée, devrait si utilement exciter, ne paraît plus partager cette agitation fébrile qui tourmente nos autres lieux de production.
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- En effet, huit manufacturiers seulement se présentent à l’exposition.
- Loin de nous la pensée de dire qu’Amiens ait en rien déchu. Mais cette ville progresse-t-elle à l’égal des villes rivales? Sur cette question le doute s’empare de.plus d’un esprit attentif.
- Amiens possède et retient quelques articles de fonds toujours utiles, toujours recherchés, où nul n’essaye de l’égaler. 'Ce sont les moquettes, les velours de laine, les velours de coton, l’alé-pinè et l’escot. Ami'ens s’honore à juste titre de plus d’une maison dont les travaux et le nom suffiraient à l’illustration d’une cité ; mais suit-on à Amiens, d’un œil assez investigateur, la marche rapide de la mode? Ÿoyez ses articles de nouveauté, ils sont composés de très-belles ma-tières : c’est de la soie en chaîne, de la très-belle laine pour trame. Les étoffes ont un admirable reflet, le tissagè en est parfait. Mais le dessin a-t-il cette pureté de goût, ce cachet d’invention, qui ne se définit pas, qui s’apprécie pourtant, puisque seul il assigne la valeur, puisque seul il détermine la vogue?
- On serait tènté de croire que sous ce rapport la fabrication laissât à désirer, quand on remarque que ces produits si beaux, la France les achète peu et qu’ils sont surtout accueillis par la consommation étrangère, ce qui semblerait montrer
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- qu’Amiens est toujours peuplée d’excellents ouvriers, mais que, peut-être, le chef est détourné de sa mission et n’y satisfait plus complètement.
- Cependant le commerce avec l’étranger, s’il est incontestablement un très-utile auxiliaire, olfre-t-il ces chances égales et régulières de prospérité que donne la consommation intérieure? L’exportation, il faut l’exciter et l’encourager sans doute ; mais y a-t-il prudence, quand le choix est si facile, à foncier avant tout et presque exclusivement, sa prospérité sur les relations avec les peuples lointains? Actives aujourd’hui, elles s’éteignent demain. Pendant un temps donné les demandes abondent; c’est le jour, c’est la nuit qu’on travaille; puis après, les ordres n’arrivent plus; l’atelier chôme, l’ouvrier languit dans la misère. N’est-ce pas là l’exemple trop fréquent que présente, en opposition avec Roubaix et Rouen qui l’entourent, la fabrication Amiennoise ?
- ROUBAIX.
- Roubaix, pour là première lois, apparaît dans tout son éclat. Soixante fabricants se présentent au concours national.
- Cet éclat d’aujourd’hui, les éléments en sont-ils dès longtemps acquis ?
- Doit-il avoir de la durée?
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- Quelques supputations d’époques nous l’apprendront.
- L’amour du travail manufacturier est dans l’air à Roubaix. Enfant on l’y respire, adulte c’est la seule vie. C’est encore la vie du vieillard.
- Cet amour du travail l’âge passé l’a transmis.
- Au XVe siècle, sous Charles le Téméraire, Roubaix ne comptait peut-être pas 10,000 habitants, et le souverain y instituait un bureau d’aunage public pour les draps qui s’y fabriquaient alors.
- En 1786 Roubaix comptait 5 à 6,000 âmes de population; on y fabriquait des calmendes, des camelots, toutes étoffes produites avec les laines qu’on tirait de la Hollande.
- Sous l’empire, en 1806, la population était de 10,000 habitants. La fabrication avait été révolutionnée : la laine était oubliée, on ne tissait que des. étoffes de coton.
- Les choses allèrent ainsi jusqu’en 1830; alors et depuis 1806, le coton avait baissé des deux tiers de sa valeur, et malgré cela, Roubaix voyait croître le chiffre de sa production : ce chiffre s’élevait à 15 millions de francs et la population était approximativement de 15,000 âmes.
- En 1830 et 1831, une crise terrible et ruineuse amena une nouvelle révolution industrielle.
- Les tissus de coton se vendaient avec peine, et la fraude introduisait de l’Angleterre quelques
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- staffs, tissus de laine que la consommation française paraissait adopter : Roubaix entreprit cette fabrication , et après quarante années reparurent les premiers essais de filature et de tissage de laine.
- Ces entreprises languirent jusqu’en 1833; mais dès cette époque le mouvement se manifesta, et la fabrication-de la laine prit une importance chaque jour plus considérable.
- Les tissus venus d’Angleterre étaient pour la France trop roides, trop durs d’aspect et de toucher. Roubaix et Tourcoing modifièrent les machines de filatures, et assouplirent les laines de l’Angleterre.
- En 1830, il y avait à Roubaix 50 filatures de coton ; on n’en compterait pas 10 aujourd’hui.
- Toutes les filatures de coton sont devenues filatures de laine.
- Contrairement à ce qui passe à Reims, Roubaix n’emploie que des laines étrangères, parce que Roubaix ne fait que des tissus brillants : c’est la Hollande, c’est l’Allemagne, c’est surtout l’Angleterre qui lui fournit ses matières premières.
- Dans leur préparation, Roubaix est admirablement secondé par Tourcoing où sont sont toutes les peigneries, où sont aussi beaucoup de filatures.
- Tourcoing est une ville de l’importance de
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- Roubaix ; deux kilomètres seulement les séparent l’une de l’autre.
- C’est ainsi que ces deux villes, ces deux sœurs émules et non rivales, se tendent la main et contribuent à leur mutuelle prospérité.
- On tisse encore du coton à Roubaix, mais c’est la filature de Rouen qui supplée à ce qui manque en gros numéros. Roubaix et Lille filent les numéros fins utiles aux nouveautés.
- La population, qui était de 15,000 âmes en 1830, était de 25,000 en 1841 ; elle est peut-être et probablement de 30,000 aujourd’hui.
- Et la production, qui était de 10 millions en 1806, de 15 millions en 1830, est, en 1844, de plus de 35 millions de francs, dont :
- 4 millions étoffes de coton,
- 14 millions étoffes de laine,
- 17 millions étoffes mélangées de coton et de laine, de coton de laine, et de soie, de fil et de coton.
- Si les matières premières avaient la même valeur qu’en 1830, la production de Roubaix serait de 60 millions, c’est-à-dire qu’elle est depuis cette époque quadruplée en importance, sinon en valeur.
- Il y a aujourd’hui à Roubaix 4 fabrications bien distinctes :
- L’étoffe pour meubles,
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- Vétoile pour gilets,
- L’étoffe pour robes,
- L’étoffe pour pantalons.
- Ces diverses fabrications occupent environ 240 chefs manufacturiers et 40,000 ouvriers.
- Quelques-uns des chefs sont établis à Lille et à Tourcoing.
- Cette fabrication, implantée à Roubaix de temps immémorial, l’a été en quelque sorte malgré la nature, malgré la civilisation.
- En effet, Roubaix n’a pas de cours d’eau.
- En 1824, Roubaix n’avait pour aller à Lille qu’un chemin vicinal non pavé, c’est-à-dire que, l’été seulement, le chemin était praticable, et Roubaix est à 12 kilomètres de Lille. A cette même époque, Roubaix n’avait pas de bureau de poste aux lettres.
- Roubaix n’a pas de poste aux chevaux.
- Roubaix, habile à créer, l’est plus encore à imiter.
- On voit à l’Exposition, et à 3 fr. 50 c. le mètre, des copies des plus belles nouveautés d’Elbeuf et de Sedan, dont le prix est deux fois plus élevé ; on voit des baréges à 75 cent., qui à dix pas produisent l’effet de la soierie ; et les étoffes pour meubles, exposées par Roubaix, ont presque tout l’éclat des étoffes de Lyon, quoiqu’elles n’aient que le tiers de la valeur de ces étoffes.
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- Nous l’avons dit en commençant : à Roubaix,« on ne connaît que le travail manufacturier; il commence avec le jour, il finit après que la nuit est venue, et le dimanche ést un jour, non de plaisir, mais de repos en famille; ce jour paraît long quelquefois, mais il rend plus faciles et toujours plus agréables les occupations de la semaine. Ces occupations sont communes au mari, à la femme, aux enfants; personne n’est oisif: l’oisiveté ne se supporterait pas. Dans cette ville, il n’est qu’une pensée, une étude : produire et vendre. Partout règne l’aisance : chez le maître, chez l’ouvrier ; la situation de celui-ci est la plus heureuse qu’on puisse imaginer : logement, vêtement , nourriture, rien ne lui laisse place à de légitimes désirs.
- Heureuse la cité, si avec la fortune elle ne voit pas trop de luxe entrer chez elle. Le luxe, qui ' remplace l’aisance de tous par l’éclat de quelques-uns et la misère de beaucoup d’autres ; le luxe , qui chasse devant lui l’amour du travail et la moralité qui l’accompagne : c’est là l’écueil à redouter ; en l’évitant, Roubaix verra sa prospérité croître et croître encore. C’est à fermer la porte au luxe que doivent donner leurs soins ceux qui portent intérêt et amour au développement industriel de cette ville, aujourd’hui l’une des gloires de la France.
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- Les étoffes de Roubaix se distinguent particulièrement par la variété , le bon goût et le bas prix.
- Roubaix donne au riche son vêtement négligé, Au pauvre sa parure.
- PARIS.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM. EGGLY-ROUX et Cie, à Paris, rue Saint-Màur, 17.
- Le jury de 1844 ne Peut que répéter les éloges que celui de i83g donnait à ces exposants; c’est toujours le même cachet de goût, la même perfection d’exécution qui les distingue dans tous leurs produits ; mérinos simple ou double, cachemire d’écosse:, mousseline-laine pure ou sur chaîne de coton , tissus variés de laine, coton et soie, tous ces articles, qu’ils soient unis ou façonnés, teints ou imprimés, rayés ou à carreaux, sont parfaitement accueillis de la consommation. Il n’est pas de saison où quelques-uns d’eux ne jouissent de la vogue. MM. Eggly-Roux et compagnie excellent à varier le genre écossais, et les impressions qu’ils font exécuter sur leurs dessins ont souvent assez de succès pour donner à leur genre le nom de la maison.
- Cette fabrique, dont la fondation date de 1822 , occupe de 3oo à 35o ouvriers, et emploie de 33o à 4oométiers. Honorée delà médaille d’or, en i834, de la confirmation de la même médaille, en i83g;
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- elle se soutient toujours à la hauteur qui lui a mérité ces distinctions honorables, et le jury s’empresse de lui confirmer de nouveau le rappel de la médaille d’or. ___________
- MENTION POUR ORDRE.
- M. FORTIER, rue Neuve-Saint-Eustache, à Paris.
- M. Fortier est honorablement connu dans l’industrie des châles; il a exposé aussi des étoffes, laine et soie, pour ameublements. Fabricant industrieux et intelligent, il a su comprendre la nouvelle direction donnée aux dessins d’étoffes. Il l’a presque devancée, et entrant hardiment danscette nouvelle carrière, il a prouvé qu’il n’y a de témérité que là où il n’y a pas de goût. On remarque l’heureuse disposition de ses couleurs, la hardiesse de ses dessins, la largeur de son style, l’originalité de ses conceptions, dont quelques-unes rappellent, sans copier servilement, les belles tentures des grands maîtres vénitiens, ou les riches tapisseries de l’Orient. Le jury, tout en appréciant à sa juste valeur le talent de M. Fortier, ne le mentionne ici que pour ordre. Cet exposant trouvera, dans le rapport consacré aux châles de cachèmire, la juste récompense de ses efforts et de ses succès.
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- MÉDAILLE D’OR.
- MM. Germain THIBAUT et CHABERT jeune, à Paris, rue Neuve-Saint-Eustache, 30.
- Cette fabrique s’occupe exclusivement des arti-
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- clés à l’usage des dames, c’est-à-dire qu’elle se distingue par le goût et la variété. C’est en mélangeant avec une rare habileté le coton, la laine et la soie; en façonnant les tissus de mille manières, en les diaprant de carreaux écossais, en les chinant ou en les enrichissant de rayures ou de larges bandes satinées en soie, qu’elle produit une quantité de fichus, châles, écharpes, robes, dont l’aspect séduit, et qui étonnent souvent par leur bon marché. C’est une tâche difficile pour un fabricant que d’être obligé de faire du nouveau à chaque saison; la fabrique de Paris ne doit ses succès qu’à cette condition, qui n’est remplie par personne mieux que par ces exposants, car ils sont au premier rang pour l’importance de leurs affaires. Indépendamment des articles qu’ils tissent en blanc ou en couleur, ils fabriquent aussi une grande quantité de tissus écrus, qu’ils font imprimer sur leurs dessins dans les usines des environs de Paris.
- Les travaux de ces habiles fabricants trouvent leur récompense, non-seulement dans les débouchés que leur offre la consommation intérieure, mais encore dans les ventes considérables qu’ils font pour l’étranger.
- En i834, ces exposants avaient obtenu la médaille d’argent, elle leur fut confirmée en i83q. L’importance croissante de leurs affaires, leur mérite de fabrication, les succès qu’ils obtiennent dans tous les genres qu’ils exploitent, déterminent le jury à leur voter la médaille d’or.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. CROCO (François), à Paris, rue de Cha-ronne, 165.
- Ce fabricant distingué doit sa réputation à l’habileté avec laquelle il traite l’article h gilets. Ses ateliers ont servi d’école à plusieurs de ses concurrents actuels. Les genres cachemire et écossais lui ont dû souvent le succès que la mode leur a donné. La nature de ces produits exige beaucoup de ressources d’invention et une grande science de fabrication ; il faut varier sans cesse les dispositions du tissu, car nos élégants ne sont pas moins exigeants que les dames.
- Il fabrique en outre des étoffes à tentures, à chaîne-fantaisie , tramées en laine et soie h trois et quatre couleurs, d’un effet original.
- Sous le rapport de la fabrication, on ne peut que donner des éloges à tous ces produits; au point de vue de la composition et du goût, la consommation leur donne son suffrage en les adoptant. Sur une valeur de 5oo,ooo fr. que ce fabricant livre annuellement au commerce, un tiers se vend pour l’étranger.
- M. Crocoa obtenu la médaille d’argent en i834, son rappel en 183q, il se montre de plus en plus digne de cette distinction , et le jury s’empresse de la lui confirmer de nouveau.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. LAMBERT-BLANCHARD, à Paris, rue Neuve-Saint-Eustache, 36.
- Cette fabrique est une des plus importantes par-
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- mi celles qui font des tissus en laine pure ou mélangée desoie et de coton, destinés à la teinture ou à l’impression. Le chiffre de ses affaires dépasse un million, dont la moitié environ pour l’exportation. Elle emploie tous les produits d’une filature de laine qui travaille exclusivement pour elle; cette importance se justifie par la bonne qualité des produits, leur variété et les prix auxquels ils sont établis. Cet exposant avait obtenu la médaille de bronze en 1839; l’extension qu’il a donnée à sa fabrication, la réputation dont jouissent ses produits dans le commerce, déterminent le jury à lui décerner la médaille d’argent.
- SABRAN (Véran) et G. JESSÉ, à Paris, rue St-Josepli, 3.
- Fondée seulement en 1839, cette maison s’est, tout de suite, placée au premier rang par l’importance, la variété, le bon goût de ses produits ; c’est aux dames qu’ils sont destinés. Ces tissus où la laine, la soie et le coton se combinent de mille manières différentes, leur offrent le choix le plus heureux de fichus, châles légers, écharpes et robes. La plus grande partie de ces produits sont vendus pour la teinture et pour l’impression.
- Connaissant à fond tous les procédés du tissage, et très-habiles à tirer le meilleur parti de la combinaison des matières, MM. Sabran et Cie ont souvent livré au commerce des articles de leur création qui, imités par d’autres, ont été largement exploités.
- Les succès qu’ils ont obtenus, l’habileté qu’ils ont. déployée, le mouvement qu’ilsimprimentà toute la production dans leur genre, donnent à MM. Sabran
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- et Cie des droits à la médaille d’argent que le jury s’empresse de leur voter.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. H. MOURCEÀU etCio,àParis, rueduMail,25.
- Le genre spécial de ces fabricants est l’article pour meubles, tissé sur chaîne-fantaisie, et tramé en laine sur i5o et ij5 centimètres de large. Leurs belles étoffes présentent des dessins à effet, bien appropriés à leur destination. Celles qui sont sans envers, n’ayant pas besoin d’être doublées, conviennent surtout pour l’usage de portières. Bien qu’elles s’adressent à des emplois de luxe, ces étoffes cependant sont de prix fort abordables, puisque, dans les genres simples, ayant i5o centimètres de large, elles commencent à i o fr. et que les étoffes à dessins plus riches, ayant de i5o à 175 centimètres de laize, se vendent de 16 à 26 fr.
- L’intelligence déployée par ces fabricants, et les succès qu’ils obtiennent dans le commerce, leur méritent la médaille de bronze que le jury ne balance pas k leur décerner.
- MM. SIMONDANT, A. BONNET et Cie, à Paris, rue du Gros-Chenet, 23.
- C’est aussi comme fabricants d’étoffes à meubles, tissées en laine et bourre de soie, que ces exposants se présentent au concours. Leurs produits se font remarquer par leur richesse et leur bonne confection. On a distingué dans leur nombre des imitations de moire et de points de tapisserie obtenues par la Jacquard, et d’un excellent effet. Ces fabricants se
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- distinguent par le goût et la connaissance parfaite des procédés de fabrication. Le jury leur décerne la médaille de bronze.
- MM. FAVRE et BECHET, rue des Petits-Hôtels, 23, à Paris.
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- Les étoffes à gilets qu’ils exposent offrent une
- heureuse variété de dessins et de tissu. Les poils de chèvre, dits valencias à rayures ou carreaux, et les fonds cachemire sont traités avec goût et intelligence. Les produits de cette fabrique, fondée en 1837, se sont bien classés dans la consommation; ils emploient de 60, à 70ouvriers, et font battre 45 métiers. Pour le genre qu’ils exploitent, cette production n’est pas sans importance, et elle détermine le jury à voter à ces fabricants la médaille de bronze.
- MM. KAZNER et DUBOIS, rue Saint-Maur-Po-pincourt, 14, à Paris.
- Etablis seulement depuis 184 s, ces fabricants, élevés à bonne école, n’ont pas tardé à se bien classer parmi leurs concurrents. Leurs poils de chèvre rayés et à carfeaüx écossais, léurs étoffes cachemire offrent une grande variété et de jolies dispositions pour l’usage des gilets. Us ont exposé un échantillon en velours jaspé, fait en bourre de soie, dont ils se disent les inventeurs, et sur lequel ils fondent des espérances quand ils l’auront, perfectionné. Leurs produits dénotent à la fois de l’habileté et du goût, et l’extension qu’ils ont donnée
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- à leur fabrication justifie cet éloge, puisqu’ils annon* cent occuper i3o ouvriers et 80 métiers.
- Le jury leur accorde la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. MILLOT fils, rues Lafayette, 59, et de Cléry, hh, à Paris.
- Ce jeune fabricant, qui fait des étoffes destinées à l’ameublement en laine et soie, donne beaucoup à espérer pour le goût des dessins et la bonne exécution du tissage.
- Nous avons remarqué entre autres une étoffe bleu-clair , dont une rayure imite le moiré , ei une autre présente un dessin riche d’une seule couleur, d’un ton d’or. Bien qu’il fasse remonter la date de son établissement à 183g, en réalité, il ne fait que commencer à se monter d’une manière un peu importante, et la moitié à peine de ses métiers sont en activité. Le jury ne doute pas que M. Millot ne sache prendre bientôt un rang fort honorable parmi ses concurrents, et, quant à présent, il lui vote une mention honorable.
- M. TOUREL, place des Victoires, à Paris.
- On connaît dans le commerce le velours desoie, le velours de coton, le velours de laine ou de poil de chèvre pour meubles : M. Tourel a eu l’idée de faire du velours avec du cachemire. Les pièces de diverses nuances qu’il a exposées et qui ont été fort bien leintes et apprêtées par M. Rouquès, de Clichy, font espérer que son idée aura un heureux
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- résultat. Le velours de cachemire, s’il peut, comme l’annonce le fabricant , . se vendre avec bénéfice à un prix intermédiaire entre celui du velours-de coton et celui du velours de soie, aura une bonne place à prendre dans la consommation. On appréciera le mérite d’un tissu solide, bon teint, et ne miroitant pas par le frottement ou la pression, avantage précieux pour beaucoup d’usages, et surtout pour les robes de nos dames. Cette fabrication ne fait que débuter, et, en attendant que le fabricant réponde aux espérances qu’il peut .faire concevoir, le jury se contente de le mentionner honorablement.
- MM. BAUMIER et Cie, rue des ; Marais-Saint-Martin , 49, à Paris.
- MM. GARNIER et Çie, rue des Trois-Bornes, 17, à Paris.
- Ces deux fabricants établis, le premier en 1842 et le second en 1843, se livrent au tissage des étoffes nouveautés pour gilets. Les poils de chèvre et les étoffés cachemire qu’ils présentent méritent nos éloges et font bien espérer de leur avenir. Ces exposants dénotent à la fois du goût et l’intelligence delà fabrication. Le jury se plaît à les mentionner honorablement.
- MM. SANGOUARD, père et fils, rue des Fossés-Montmartre , 14, à Paris,
- Ont exposé des châles damassés laine et soie en couleur et tout laine, et un service damassé en fil. Le jury mentionne honorablement ces fabri-
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- cants, favorablement connus dans le commerce pour d’autres produits.
- CITATIONS FAVORABLES.
- MM. DUMONT, ORIOL et RIYOLIER, rue de
- l’Orillon, 48, à Paris.
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- Echantillons de velours de laine en couleur à larges raies et à carreaux écossais.
- MM. RIGAUX fils et Cie, rue Neuve-de-Lappe, 3, à Paris;
- Châles de laine damassés fond bleu.
- ROUEN, ALEKiÇON , MÏÏLHAUSEN.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MM. L. AURER et C‘% à Roueh*(Seiiie-Inférieure)i
- Le jury de 183g, en détaillant tous les titres de cette maison aux honorables récompenses qu’elle a reçues, ne nous laisse que les mêmes éloges à répéter. La collection des étoffes qu’elle expose pour robes, manteaux, ameublements, tapis de table, justifie bien le premier rang qu’elle a eu le mérite de conquérir, et le mérite plus difficile peut-être de conserver. Obl igée de composer des nouveautés pour chaque saison, son génie inventif n’est jamais en défaut; personne n’entend mieux à tirer parti du mélange dé la laine et du coton pour offrir aux femmes une grande variété d’articles qui réunissent à l’élégance la modération des prix. Leurs tissus pure laine ne se font pas moins distinguer par leur bon goût que par l’heureux choix des ma»
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- tières, et leurs créations servent souvent de modèles à l’ingénieuse fabrique de Roubaix. L’une des premières,si cen’estla première, cette maison a enrichi notre industrie du damas pure laine, laine et coton, laine et soie. C’est dans ces articles surtout quelle fait briller son habileté de fabrication. La mise en carte, savamment étudiée, donne aux dessins une pureté de couleurs et une finesse d’ombré qui semble défier la gravure ; elle a appliqué avec succès le métier à la Jacquart à la fabrication des tartans. La laine peignée ou cardée, le coton, la bourre de soie, sont les éléments de sa fabrication; elle les emploie et les mélange avec une grande intelligence pour produire la diversité des articles que le commerce accueille toujours avec empressement. M. Auber fils, digne successeur de son père, a trouvé dans l’ancien associé de la maison, M. Coussin, un collaborateur habile, et la maison primitive , entreleursmains,a bien soutenu sa belle réputation.
- La médaille d’or avait été décernée à M. Auber en 1834 ; elle fut confirmée à ses successeurs en 1839; le jury leur en vote le rappel,
- M. Ch. CLÉRAMBAULT, à Alençon (Orne).
- En 1827, M. Clérambault recevait la médaille d’or pour avoir naturalisé en France la mousseline brodée pour meubles, que la Suisse fournissait jusqu’alors exclusivement. En 183g, il obtenait le rappel de cette haute distinction, comme récompense du service qu’il avait rendu à son pays en y apportant la fabrication des mousselines de laine. Aujourd’hui, l’exposant se présente encore avec de
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- nouveaux titres à la reconnaissance de ses concitoyens. Non-seulement il continue à fabriquer sur une échelle toujours croissante, ces beaux tissus de laine, connus sous les noms de mousseline, batiste et cachemire d’Ecosse, et à donner à ses produits une perfection telle, quelle n’est égalée par personne; mais il peut encore, à bon droit, revendiquer le mérite d’avoir puissamment contribué à ressusciter la belle industrie de la dentelle, connue sous le nom de point d’Alençon. Dans un asile, dit de la Providence, il a fondé une école de jeunes filles qui y apprennent à travailler cette dentelle, la plus belle et la plus solide de toutes, et la mode paraît la reprendre sous sa protection ; ce genre de travail est d’un grand secours pour le bien-être et la moralisation de la jeunesse.
- M. Glérambault continue aussi à tisser des mousselines en coton qu’il livre en blanc ou en écru, dont partie est destinée à la broderie pour meubles.
- En considération de l’ensemble de ses produits et des services qu’il rend à l’industrie, le jury se fait un devoir de voter pour la seconde fois le rappel de la médaille d’or à M. Glérambault.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Ch. ADOLPHE et BENNER, à Mulhausen (Haut-Rhin).
- Cette maison, fondée en i836, s’est classée bien vite parmi celles qui fabriquent avec le plus de succès le damas laine et soie pour ameublement. Elle en a exposé 32 coupes qui sont toutes d’une
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- bonne exécution, d’un dessin distingué et d’un effet de couleurs heureux; elle sait donner à la soie qu’elle emploie un brillant qui aideau succès de ses étoffes.
- La mise en carte, le lisage des dessins, la teinture des matières, toutes ces opérations se font dans l’établissement qui contient, pour le tissage, 4o métiers à la Jacquart, et occupe 80 ouvriers.
- Les produits de ces exposants, et l’accueil que leur fait le commerce, les rendent dignes de la médaille d’argent que le jury leur vote.
- M. GAUDRAY-LOISIEL, à Rouen (Seine-Infér.).
- Damas tout coton, damas laine et coton, damas laine et soie, toutes les variétés de ces articles consacrés à l’ameublement sont traitées par ce fabricant avec goût et habileté. Ses produits peuvent soutenir la concurrence avec tous ceux qui obtiennent le plus de faveur dans le commerce. Ses qualités sont régulières, ses matières bien choisies,.et les fonds unis couvrent bien la chaîne. Sa production est des plus importantes pour ce genre d’étoffes, il déclare quelle atteint le chiffre de 5oo,ooo fr. et qu’elle réclame les bras de 200 ouvriers.
- Le jury, prenant en considération les divers mérites que nous venons de signaler, décerne à M. Gaudray-Loisiel la médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. YIMAL-YIMAL fils aîné, à Ambert ( Puy-de-Dôme),
- A exposé cinq pièces d’étamines pour pavillons
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- de différentes couleurs. Cette fabrication n’est pas sans importance, puisqu’elle produit annuelle^ nient, suivant la déclaration de l’exposant, de 3 à 4oo,ooo mètres du prix de 55 à ^5 centimes le mètre. Il doit fournir durant l’année 1844? Pour Ie port de Toulon seulement, 120,000 mètres. Son établissement fait vivre4o familles qui n’ont, dans l’hiver, d’autres ressources que le travail qu’il leur procure. Depuis dix ans, tout en améliorant les qualités, il est parvenu à réduire les prix de 8 à 10 pour 100.
- L’importance de cette fabrique, et son utilité dans le pays où elle est exploitée, la modicité des prix marchant de pair avec l’amélioration des produits, ont déterminé le jury à accorder à M.Vimal-Vimal fils aîné la médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. LERAT, à Rouen (Seine-Inférieure),
- A exposé des damas laine et soie à deux couleurs d’une Sonne fabrication, réunissant bien pour la qualité et le nuancé tous les mérites de ce genre d’étoffes.
- Le jury le mentionne honorablement.
- CITATION FAVORABLE.
- MM. SECOND, FORTOÜL et Cie, à Mende (Lozère).
- Plusieurs pièces d’escot blanc, noir et façonné, ont frappé l’attention du jury pour leur bonne fa-
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- brication, et il a regretté qu’une production aussi faible que celle de 12,000 fr. par an, ne lui permît pas de faire pour les exposants plus que de les citer favorablement.
- REIMS.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MM, HENRIOT frères, sœur et C‘% à Reims (Marne).
- Le nom Henriot à Reims est placé au plus haut dégré de considération : cette famille a un long héritage d’honneur.
- Parmi les membres qui la composent, ceux qui ont fondé et ceux qui exploitent aujourd’hui la maison Henriot frères, sœur et Ci0, étaient et sont encore au premier rang, soit par l’importance de leurs affaires, soit par le complet de leurs ateliers de fabrication, soit par la perfection de leurs produits.
- Aussi dès longtemps prennent-ils part aux récompenses que le jury décerne :
- En 1819 c’est une médaille de bronze.
- En 1823 une médaille d’argent.
- En 1827 une médaille d’or.
- En i834 un premier rappel.
- En 1839 un second rappel.
- Tel est le prix que le jury a attaché à des efforts constants, à des progrès non interrompus.
- Les produits exposés cette année disent assez qu’un troisième rappel de la médaille d’or est justement acquis à MM. Henriot frères, sœur et Cle, et le jury le leur décerne.
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- MM. HENRIOT fils et DRIEN, à Reims (Marne).
- C’est le fils qui succède au père, c’est aussi le neveu qui succède à l’oncle.
- Un môme nom , de mêmes traditions commerciales, conduisent facilement aux mêmes récompenses.
- En i834, la maison Henriot fils avait eu la médaille d’argent, et en 1839 la médaille d’or.
- « Les tissus présentés à l’exposition prouvent,* » dit le jury départemental, que MM. Henriot » fils et Drieu suivent les traces de leur habile » devancier. » Et le jury central, s’associant à la déclaration du jury départemental, vote à MM. Henriot fils et Drien le rappel de la médaille d’or, qu’en 1889 il avait accordée à M. Henriot fils.
- MÉDAILLE D’OR. _
- M. DAUPHINOT-PÉRARD, à Isles-sur-Suippes (Marne).
- M. Dauphinot-Pérard est créateur de son établissement, de sa fortune, de sa position sociale. Il était simple ouvrier en 1809, et le voilà grand manufacturier
- Un ouvrier qui, sans secours aucun, s’élève, est hautement apprécié par les hommes de cœur et de raison.
- M. Dauphinot-Pérard doit cette élévation à son application soutenue pour perfectionner ses produits.
- Exclusivement livré à la fabrication du mérinos, M. Dauphinot en expose depuis 4 fr. 25 c. jusqu’à
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- 20 fr. 5o c. le mètre; c’est partout une perfection relative qu’on ne saurait dépasser.
- Aussi le jury départemental déclare-t-il que « la » manufacture de l’exposant, établie dans les » meilleures conditions d’économie, est dirigée » avec une intelligence telle qu’il ne peut y avoir » de concurrence fâcheuse pour lui. » II, eût pu ajouter ce que tout le monde proclame, que M. Dauphinot est resté simple et bon avec ses ouvriers, et qu’il n’use de sa position vis-à-vis d’eux que pour les protéger.
- Sa production annuelle est de 2200 pièces : elle représente, assure-t-il, une valeur de 800,000.
- Ce n’est pas la première fois que M. Dauphinot-Pérard expose : il a reçu la médaille de bronze en 1884, la médaille d’argent en 1839.
- Tant d’années de progrès constants et de succès par le travail, sont des titres de valeur aux yeux du jury, qui décerne à M. Dauphinot-Pérard la médaille d’or.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. BENOIST-MALOT et Gie, à Reims (Marne).
- Fabriquer la nouveauté, c’est s’imposer l’obligation d’une étude et d’une recherche constantes des caprices de la mode : c’est s’imposer l’obligation d’une mobilité extrême dans la fabrication.
- Faire de la nouveauté à bas prix, c’est prendre Rengagement de ne jamais produire d’articles de mauvais goût; car la perle qui en résulterait à la vente surchargerait d’autant les produits plus heureusement créés, et le bas prix n’existerait plus.
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- « Un heureux choix de matières, des couleurs » vives disposées avec goût, font rechercher leurs » produits qui se recommandent par la modicité » des prix. »
- Çet éloge nous est transmis par le jury départemental.
- MM. Benoist-Malot et Cie, qu’une longue expérience recommande, ont obtenu la médaille d’argent en i834 et un rappel en 1889; qu’ils reçoivent, comme marque de satisfaction, le deuxième rappel que le jury leur accorde.
- MM. BUFFET-PERIN oncle et neveu, à Reims (Marne).
- Fabrication correcte et soignée, qui dénote une vigilance constante, une intelligente application: telle est l’opinion que donne l’examen attentif des articles offerts au concours par ces exposants.
- Ce sont des satins pour pantalons, des coatings pour robes de chambre, des casimirs; ce sont de ces articles de draperie qui semblent si bien faits pour la fabrication légère et élégante de Reims.
- MM. Buffet-Perin ont trente années d’existence
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- commerciale. Ils occupent 4oo ouvriers. Ils produisent pour 800,000 fr.
- Une médaille de bronze en i834> une en argent en 1839 , attestent que le jury a déjà apprécié toute la valeur de la maison Buffet-Perin. 11 leur vote avec des félicitations le rappel de la médaille d’argent.
- MM. LECLERC-ALLARD et fils, à Reims (Marne).
- Se livrer à un seul genre de fabrication, c’est en faciliter le perfectionnement, soit qu’il vienne par
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- une meilleure confection de l’étoffe, soit qu’il résulte de l’abaissement des prix.
- C’est là le mérite de MM. Leclerc-Allard et fils, qui, au milieu de tant d’articles livrés aux entreprises des maisons de Reims, ne fabriquent que des flanelles, mais ils les fabriquent bien, et leurs prix de i fr. 5o à 5 fr. 5o montrent assez qu’ils méritent cette mention du jury départemental, que « dans ce » genre de fabrication, MM. Leclerc-Allard sont >) au premier rang. »
- Le jury, appréciant le mérite des étoffes soumises par MM. Leclerc-Allard et fils, leur avait décerné une médaille d’argent en 1889; ils sont restés dignes de cette récompense et le jury leur en vote le rappel.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M, CROUTELLE neveu, à Reims (Marne).
- M. Croutelle neveu est le modèle de l’activité commerciale *, après s’être livré longtemps à l’achat des articles de Reims, il ne pouvait rester insensible au mouvement qu’imprime la vie industrielle. Il en soupçonnait les labeurs, mais il en voyait et en appréciait la gloire, et pour avoir des droits à y prétendre il fut l’un des fondateurs de la belle filature de Pont-Givars.
- Placé au premier rang dans la filature, encouragé par la haute récompense que son établissement reçut du jury en 1889, M. Croutelle rêva d autres succès et essaya de tisser mécaniquemént la laine douce.
- C’était une entreprise hardie, elle avait échoué
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- en France, elle avait échoué en Angleterre, elle fut longtemps difficile et infructueuse clans les mains de l’exposant qui vit alors, qu’en industrie, les succès sont souvent précédés par bien des sacrifices.
- Mais enfin, après de nombreuses tentatives, et par un procédé qui lui est propre, M. Croulelle parvint à affermir ses fils, et résolut ainsi le problème objet de ses recherches.
- Aujourd’hui il expose des tissus très-variés sortis de ses métiers mécaniques. Tous sont d’une qualité, cl’une régularité qui indiquent que véritablement la difficulté est vaincue.
- Mais pour que le succès soit complet, il ne faut pas qu’une production annuelle de 5oo,ooo fr., qu’accuse aujourd’hui l’exposant, soit le résultat unique de tant d’efforts.
- Que M. Croulelle propage son invention; que par cette propagation il arrive à faire baisser pour tous le prix des tissus de laine, à les rendre plus accessibles à la classe ouvrière.
- C’est alors que M. Croutelle aura fait quelque chose de véritablement utile, de véritablement digne d’attirer sur lui la reconnaissance du pays.
- Jusque-là cependant, il le faut reconnaître, la découverte de M. Croutelle est un incontestable progrès qui peut et doit révolutionner la fabrication des tissus de laine. Ce n’est plus un essai, c’est une mise en pratique réelle qui s’étendra, qui portera ses fruits, parce que tout ce qui est vrai et bon se propage.
- Pour récompenser plusieurs années d’efforts chez
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- l’exposant, pour le décider à ouvrir à tous la voie qu’il s’est difficilement ouverte à lui-même, le jury décerne à M. Groutelle neveu la médaille d’argent.
- M. Ch. PATRIAU, à Reims (Marne).
- Reims semblait avoir besoin d’une nouvelle impulsion , Reims surtout avait perdu son ancienne supériorité dans l’art de tisser le gilet et la nouveauté sur chaîne-coton.
- M. Patriau entreprit de régénérer cette fabrication, et ses heureux efforts ont eu du succès.
- L’entreprise montrait de la résolution, car s’il est difficile de vivifier un pays, le ramener à des habitudes oubliées est bien plus difficile encore.
- Et ces habitudes, Reims depuis plusieurs années devait en regretter l’absence.
- Les étoffes exposées par M. Patriau, soit en étoffés pour gilets, soit en nouveautés pour pantalons, prouvent que cet industriel peut avec de la persévérance et de l’étude accomplir la mission qu’il s’est imposée. Il y a dans ses produits du goût et une très-bonne exécution.
- Ce n’est pas à la fabrication de Reims que M. Patriau a borné ses efforts, il a fait aussi tisser des piqués dans le département de l’Aisne.
- C’est dans ce genre que M. Patriau a le plus approché de la perfection.
- On peut facilement admettre que les Anglais, si habiles dans ce tissage, ne produisent rien de plus beau.
- Pour l’ensemble des étoffes qu’il expose, M. Patriau a bien mérité la médaille d’argent que le jury lui décerne.
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- MM. FORTEL et LARBRE, à Reims (Marne).
- Donner l’impulsion à la fabrication par une bonne direction, est un mérite sans doute ; donner l’impulsion par une vente active est un mérite aussi incontestable et plus rare peut-être à cette époque où l’acheteur manque toujours aux produits.
- MM. Fortel et Larbre ont ce double avantage ; de bons produits secondent chez eux une ardeur au travail, un entrain pour les affaires qui se traduit chaque année en une fabrication de 800,000 fr.
- Ce sont des gilets, des étoilés pour manteaux, pour châles. Ces tissus se recommandent par la modicité des prix et par la bonne exécution.
- C’est ainsi qu’en jugent à la fois et le jury départemental et le jury central qui décerne à MM. Fortel et Larbre, établis depuis i836, mais qui n’avaient pas encore exposé, une médaille d’argent.
- M. CAILLET - FRANQUE VILLE, à Bazahcourt (Marne).
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- La création du mérinos a été depuis longtemps et sera longtemps encore l’honneur de la ville de Reims: à quelque vicissitude qu’ait été soumis cet article par sùite des changements dans les modes, il a pourtant toujours tenu une place importante dans la consommation. Le mérinos d’un prix ordinaire s’est toujours bien vendu. Le mérinos fin a toujours été bien porté.
- Mais i! a fallu du courage aux fabricants pour lutter contre les articles nouveaux que la mode préférait et ne pas laisser perdre les habitudes de bien faire en cessant de fabriquer.
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- M. Caillet-Franqueville est du nombre de ceux qui ont le mieux et le plus victorieusement lutté.
- « La beauté de la matière, la perfection de là » filature, la finesse et la régularité des tissus, dis-» tinguent les produits de cet habile fabricant et » l’ont depuis longtemps placé au premier rang. » Toutes ces qualités se trouvent dans les mérinos » présentés par M. Caillet pour être envoyés à l’ex-» position comme elles se trouvent dans tous ceux » de sa fabrication. « (
- Un jugement aussi élogieux du jury départemental, et que confirme pleinement l’inspection des tissus exposés par M. Caillet-Franqueville, détermine le jury central à récompenser l’exposant par la médaillé d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE. %
- MM. PIERQUIN-GRANDIN et fils, à Reims (Marne).
- M. Pierquin-Grandin compte trente années d’établissement : il fabrique plus particulièrement des flanelles, et le chiffré dé sa production annuelle est d’environ 200,000 fr.
- La qualité des marchandises de M. Pierquin-Grandin est remarquablement bonne et les. prix des étoffés qu’il exposé sont modérés*.
- MM. Pierquin-Grandin et fils sont donc dignes en tout poirtt du rappel de la médaille de bronze qu’ils ont obtenue en 1833, et le jury leur décerne ce rappel.
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. LECLERC-BOISSEAU et Cie, à Reims (Marne).
- Notre industrie est aujourd’hui généralement si avancée que le classement des industriels devient bien difficile, il n’en est pas un qui ne mérite, il n’en est pas un qui, il y a quelques années, n’eût mérité beaucoup.
- La maison de M. Leclerc-Boisseau est fondée depuis 70 ans, mais l’établissement industriel n’est fondé que depuis 18 ans. Filature de laine cardée, filature de laine peignéee, machine hydraulique, 700,000 fr. de production, peignage de la laine, teinturerie , grand nombre d’ouvriers, certes, voilà tout ce qui constitue un établissement important.
- MM. Leclerc-Boisseau livrent à bas prix à la consommation les tissus les plus recherchés et les plus varié.
- MM. Leclerc-Boisseau n’ont pas exposé jusqu’ici et n’ont conséquemment reçu aucune récompense : pour encourager leurs efforts, pour leur faciliter la route de la première exposition, le jury leur décerne avec satisfaction la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- Le jury mentionne honorablement
- M. NAZET-BUIRETTE, à Reims (Marne).
- Etabli seulement depuis 1842, il présente de très-bons produits, types de sa fabrication habituelle.
- M. CHAFFNER-GUYOTIN, à Reims (Marne),
- Fabricant depuis 1848, qui expose des tissus
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- d’une très-bonne qualité, tels que cachemires, satin rayé et uni.
- AMIENS.
- MÉDAILLE D’OR.
- MM. H. LAURENT et fils, à Amiens (Somme).
- Cette maison est depuis longtemps considérée comme la plus active et la plus habile d’Amiens ; en perfectionnant ses produits elle a agrandi ses établissements et formé une excellente pépinière d’ouvriers.
- Qui n’admirerait les velours de laine pour meubles dont les couleurs si nettes, si tranchées, si riches, sortent des ateliers de teinturerie des exposants? Ces velours vont si bien à la consommation que tous les jours on la voit s’accroître.
- Et ces tapisseries si artistement peintes par le tissage?
- Pour compléter ces belles productions, arrivent les moquettes dont la plus brillante compose ce tapis à palmes où les plus étincelantes couleurs sont répandues avec profusion, sans cependant qu’elles se confondent entre elles.
- Médaille de bronze en 1823 et 1827,
- Médaille d’argent en i834 >
- Telles sont les récompenses obtenues par M. Laurent.
- Mais quand les crises n’arrêtent jamais un établissement, quand 5oo ouvriers y produisent chaque année pour un million ; quand par son exemple et ses conseils le chef de cet établissement en-
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- (retient et veut propager dans sa ville le feii industriel qui dès longtemps était son partage, est-il alors une récompense à laquelle un citoyen aussi recommandable ne puisse aspirer?
- Le jury ne l’a pas cru et décerne à MM. Laurent et fils la médaille d’or.
- RAPPEL t)È MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. FEVEZ-DESTRÉ, à Amiens (Somme).
- La fabrique d’Amiens avait en Espàgrië des débouchés importants. Les révolutions successives auxquelles ce pays futèribuite, fermèrent kAmièns ce débouché si utile.
- Il fallut en chëichèr d’autres. L’Amérique était là, elle reçutles comptoirs des fabriqués qui avaient l’intelligence la plus active.
- M. Fevez-Destré fut du nombre. Il expose des tissus de laine et de soie, et des tissus de laine pure variés de composition, de couleurs et de dessin.
- Ces articles sont presque tous destinés a l’exportation , et sont d’une exécution satisfaisante.
- Félicitons Amiens, alors que cette ville n’avait pas toutes les habitudes de la consommation intérieure, d’avoir conservé cette bonne et loyale fabrication qui lui a acquis la confiance dés peuples étrangers.
- M. Fevez-Destré a obtenu la médaille d’argent eh 1839, la' confirmer en 1844-? es^ ûn acté de justice que le jury accomplit avec èrripressément.
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- MÉDAILLE D’ARÇENT.
- MM. BERLY et Cie, à Amiens (Somme).
- Des moquettes, des velours de poil du Levant, tels sont les objets exposés par MM. Berly et Cie.
- Amiens excelle dans ces articles immuables que la consommation n’a jamais abandonnés, parce que la consommation les a toujours trouvés ce qu’elle les attendait, solides et loyalement fabriqués.
- MM. Berly et Cie sont restés dans cette voie de probité industrielle qui assure l’avenirde la production : pour gagner davantage, ils n’altèrent pas la qualité; de cette manière ils vendent et gagnent toujours.
- MM; Berlÿ et Cie produisent pour 456,ood à 5oo,ooo f. Ils occupent 270 ouvriers.
- Parmi les objets envoyés par MM. Berly, on remarque un velours en coton de très-grande largeur ; il y a là une difficulté vaincue, qui devrait rendre plus commode et plus avantageux l’emploi des
- velours à4 là confection des meubles. La fabrication
- _ * *
- de MM. Berly est très-bonne et îtiiportantë; ëlle
- est digne d’encouragements et de récompense.
- Le jury décerne la médaille d’argent à MM. Berly et Cie.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. MOLLET-WARMÉ frères, àimiëns (Somme).
- MM. Mollet-Wàrmé comptent 5 anriéés d’existence industrielle, et présentent une production assez importante qu’ils réalisent avec 100 ouvriers. G’est que leurs étoffes sont toutes du prix de 4
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- à 6 fr. MM. Mollet-Warmé ont de l’ardeur, ils ne craignent pas d’aborder un obstacle pour le vaincre : l’examen de leurs étoffes suffirait pour donner cette pensée : leur conception est compliquée, leurs dessins riches , leurs couleurs variées.
- Que MM. Mollet-Warmé s’attachent à bien connaître ce qui plaît en même temps qu’à produire ce qui est beau.
- Ces fabricants jeunes et intelligents ont fixé l’attention du jury qui leur accorde la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- La jury central mentionne honorablement
- MM. HENRIOT fils et Cie, à Amiens (Somme).
- Leur établissement date du icr juillet i843, et produit des nouveautés pour robes.
- MM. DÜFAU et DUPONTRUÉ, à Belloy-sur-Somme (Nord).
- Ils produisent avec 3o ouvriers pour 86,4oo fr. de velours d’Utrecht.
- ROUBAIX.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- M. F. DEBUCHY, à Lille (Nord).
- M. Debuchy a déjà parcouru une longue carrière commerciale. En 1823, il montait son tissage; en 1826sa teinturerie; en i834 sa blanchisserie. C’est
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- ainsi qu’armé de toutes pièces il se présenta au concours et obtint la médaille de bronze.
- De i834 à 1839, il tenta d’autres succès. Les Anglais fournissaient seuls au monde élégant les coutils-fil pour pantalons; après avoir contribué plus que personne k les remplacer sur le marché français, M. Debuchy les poursuivit sur les marchés étrangers et leur fit plus d’une fois céder la place.
- C’est là un mérite toujours apprécié en France, aussi M. Debuchy obtint la médaille d’or en 1839.
- Il est en M. Debuchy un autre mérite non moins apprécié; c’est qu’il est fils de ses oeuvres. Fortune, considération personnelle, il a tout demandé au travail, à l’ordre, à l’économie, et rien ne lui a été refusé.
- M. Debuchy a appris aux habitants de Roubaix que ce n’était pas seulement les besoins de la classe indigente qu’ils pouvaient satisfaire, et que, s’ils voulaient créer et perfectionner k la fois, ils arriveraient aussi aux classes les plus aisées, aux produits les plus beaux et les plus lucratifs.
- M. Debuchy est le chef d’une bonne école : les produits qu’il expose, en fil, en coton, en laine, disent assez qu’il n’a pas dégénéré, et le jury lui rappelle la médaille d’or qu’il lui a décernée en 1839.
- M. H. DELATTRE , à Roubaix (Nord).
- Cet industriel hardi et créateur est arrivé pour la première fois k l’exposition en 1839, et sans autre précédent, il mérita et obtint la médaille d’or.
- Cette récompense si bien donnée n’a pas été stérile. M. Delattre a su maintenir le rang élevé auquel il s’était placé dans la fabrication de Roubaix.
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- Ses stuffs pour robes ont toujours un éclat, une netteté d’effet qui indiquent que, chez M. Delattre, filature et tissage sont soumis à une attention et à des soins assidus; et ses étoffes en laine peignée pour pantalons ne sont surpassées par aucune des expositions rivales de Roubaix.
- M. Delattre transforme en étoffes, chaque année, 100,000 kilogrammes de laine , qui présentent un chiffre de production de 1,200,000 fr. il occupe 45o ouyrierset une machine de 20 chevaux donne le mouvement à ses ateliers.
- C’en est assez pour légitimer en faveur de M. Delattre le rappel de la médaille d’or.
- MÉDAILLES D’OR.
- M. COÇHETEUX, à Templeuve, près Roubaix (Nord).
- , Les galeries de tissus ne sont pas celles qui ont le privilège de fixer le plus l’attention des nombreux visiteurs de l’exposition : elles ont généralement un aspect monotone et sévère qui pique peu la curiosité. Quel est pourtant l’étranger qui ne soit resté avec admiration devant l’exposition des étoffes pour meubles de M. Çocheteux? Quelle richesse d’aspect, quelle variété de dessins et de coloris.
- Le juge sérieux ne se laisse pas entraîner par cette impression générale; mais s’il aperçoit que les plus beaux effets s’allient à l’économie; que par une double chaîne on multiplie les nuancés sans beaucoup augmenter le prix, que la mise en carte est calculée sur l’usage dernier auquel l’étoffe est destinée; il applaudit alors à la véritable intelli-
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- gence manufacturière et se sent porté à la récompenser.
- Telles sont les qualités qui distinguent les tissus de M. Cocheteux; il employait en i83g 140 métiers à les confectionner, il en emploie aujourd’hui 700 et près de 1000 ouvriers. Le chiffré annuel de production qu’il atteint est de 1,200,000 fr.
- C’en serait assez pour fixer l’attention : mais si l’on apprend que M. Cocheteux, en plaçant ses fabriques clans des localités que le tissage manuel de la toile abandonnait, a rendu à de nombreuses populations les moyens de vie et d’aisance qui allaient leur manquer, de sorte qu’à un travail ancien chassé par la mécanique, il ait substitué un travail nouveau qui longtemps encore sera le partage de l’homme, alors il faut s’empresser de reconnaître que les établissements deM. Cocheteux sont un véritable bienfait pour les campagnes où il lésa implantés.
- C’est à ces divers titres, c’est pour la beauté des tissus, la bonne intelligence qui préside à leur fabrication, pour l’aisance que les établissements qui les produisent répandent sur la classe ouvrière que le jury, qui avait accordé à M. Cocheteux une médaille d’argent en 1839, lui donne aujourd’hui la médaille d’or.
- 1 t
- Mme veuve LEFEBVRE-DUCATTEAU, à Roubaix (Nord), et SOYER-YASSEUR, à Lille'(Nord).
- Madame Lefèvre Ducateau expose aux regards clu public 2^3 coupes de gilets, dont les prix varient depuis 2 fr. 60 jusqu’à 14 fr. le mètre.
- Les gilets sont fabriqués à Roubaix dans les ate-
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- liers de madame Lefèvre : ils embrassent tous les genres, toutes les consommations, et soit par leur prix modéré, soit par la perfection du tissu, soit encore par le bon goût du dessin, ces objets si variés et si jolis trouvent placement dans toute la France, et par les maisons de Paris arrivent même sur le marché de l’Angleterre.
- Madame Lefebvre a une fabrication si certaine , si parfaite, que depuis plusieurs années une seule maison de Lille s’est emparée de tout ce qu’elle produit en gilets et en monopolise la vente : c’est M. Soyer-Vasseur qui, comme propriétaire des étoffes exposées, prend rang parmi les exposants, de concert avec madame Lefebvre.
- Cette fabrication si belle, s’élève annuellement au chiffre de 1,200,000 à i,3oo,ooo fr. Elle occupe 2Ûo métiers à la Jacquart et près de 5oo ouvriers, qui trouvent toujours dans leur travail un salaire abondant. Au mérite d’une excellente fabrication, madame Lefebvre joint celui de n’avoir pas de chômage, de ne jamais congédier d’ouvrier faute de débouché, et, aidée de ses fils, elle n’a besoin pour la direction de ses affaires et des détails de son tissage, ni de*contre-maîtres, ni de dessinateurs. C’est ’ une exploitation industrielle d’autant mieux soignée, que c’est une exploitation de famille, et que rien n’est fait d’important que par les chefs eux-mêmes.
- Tant d’assiduité au travail et de succès ont fixé d’une manière spéciale l’attention du jury, qui décerne avec satisfaction la médaille d’or à madame Lefebvre-Ducatteau.
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- MM. TERNYNK frères, à Roubaix (Nord).
- Le jury de 1839 venait de décerner une médaille d’or à M. Debuchy, et en en votant une d’argent à MM. Ternynk frères , ce jury disait :
- « Les coutils exposés par ces fabricants sont d’une » grande variété. MM. Ternynk rivalisent avec » M. Debucliy pour la bonne direction qu’ils ont » donnée à leur établissement; ils feront faire de » nouveaux progrès à l’industrie. »
- La prévision du jury s’est réalisée : depuis 183g, MM. Ternynk ont marché, et marché vite; ils font aujourd’hui pour 800,000 fr.de produits, et 100,000 sont destinés à l’exportation.
- Dans leurs belles étoffes, le coton est mêlé à la laine, le fil au coton, ou bien encore la laine et le fil sont employés sans mélange d’autres matières.
- Pureté de goût-, netteté d’exécution, harmonie de couleurs, fraîcheur, élégance, tout se trouve réuni dans la fabrication de MM. Ternynk, et des prix modérés font rechercher leurs produits à ce point, que pour les vendre, ils se rapprochent le plus possible du consommateur lui-même.
- Les tissus de MM. Ternynk sont incontestablement ce qu’il y a de mieux fini, dans ce.genre, -à l’exposition de 1844 5 aussi le jury remplace-t-il là médaille d’argent de 183g pàr la médaille d’or.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. F. FRASEZ, à Roubaix (Nord).
- Les récompenses n’ont de prix qu’alors qu’une main sage et économe les donne : mais cette règle
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- de prudence laissé souvent des regrets au moment où il lui faut obéir.
- M. Frasez est un de ces fabricants utiles qui donnent tous leurs soins à la fabrication en grand d’un article, et qui arrivent à le produire dans les meilleures conditions et de manière à défier toute concurrence.
- C’est sur le stufî à bas prix que M. Frasez a porté son application : faire un tissu léger, mais régulier, apparent, joli et pourtant assez solide, arriver par là à mettre le vêtement de laine à la portée du peuple, tel a été le but des efforts de M. Frasez, et il y a si bien réussi, que nul ne peut lutter avec lui.
- 11 fait battre 4oo métiers à la Jacquart, produit pour i,5oo,ooo fr. de stuffs, châles, tabliers, et vend toujours sa fabrication avec une facilité qui en atteste le mérite.
- Personne à Roubaix ne produit autant que M. Frasez : c’est là la supériorité de l’exposant; mais quand tous ses concurrents réunissent la filature au tissage, M. Frasez n’a qu’un tissage; c’est là son point d’infériorité : toutefois, en présence de moins nombreux prétendants, M. Frasez serait arrivé aux plus hautes récompenses; mais en face d’une aussi nombreuse concurrence, le jury, limité dans de justes bornes, rappelle avec empressement la médaille d’argent qu’il a donnée en i 83q à M. F. Frasez.
- M. H. CHAR VET, à Lille (Nord).
- M. H. Charvet se recommande aussi par une grande, bonne et belle fabrication.
- Tl occupe au tissage 600 ouvriers, produit pour 800,000 fr., et l’on ne voit pas qu’on puisse présen-
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- ter un ensemble meilleur de produits, une collection qui annonce plus de soin et plus de goût.
- Mais M. H. Charvet combat dans une armée où tous, quoique habiles à devenir chefs, ne peuvent pourtant être proclamés tels.
- M. H. Charvet débutait en i838, il eut la médaille d’argent en 1839; le jury la lui rappelle avec une entière satisfaction.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. DERVAUX (Alexandre), à Roubaix (Nord).
- M. Alex. Dervaux produisait pour 600,000 fr. en 1839; il n’avait pas de filature, et le jury lui décerna la médaille d’argent pour la bonne exécution de ses tissus.
- M. Dervaux est aujourd’hui un fabricant en première ligne : s’il accepte une commission sur un échantillon donné, comptez que les pièces fournies vaudront plus que ce qui avait été promis; aussi les commissions sont-elles toujours abondantes chez M. Dervaux.
- Ce n’est plus comme en 1839 une production de 600,000 fr., c’est 1,200,000 fr. de tissus qu’il livre chaque année à la consommation ; il n’avait pas de filature, et celle qu’il possède suffit à 2000 kilogrammes de laine par semaine.
- M. Dervaux a donc fait d’incontestables progrès : il fabrique le pantalon , il fabrique la robe en laine, en laine et coton, et tout cela avec goût et sûreté.
- Si les récompenses sont proporlionriéès aux efforts et aux progrès, ceux qui ont applaudi à l’obtention de la médaille d’argent, donnée en i83q à M. Der-
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- vaux, jugeraient sans doute qu’une récompense plus élevée lui est due en i844-
- Mais, resserré dans des limites étroites, le jury décerne à M. Dervaux une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Paul DEFRENNE, à Roubaix (Nord).
- M. Paul Defrenne paraît pour la première fois à l’exposition : filature de coton, filature de laine, double moyen qui suffit à tous les besoins d’une fabrication importante, telle est l’escorte de l’exposant.
- Sa production est de 800,000 fr., ses ouvriers sont au nombre de 5oo.
- Ses tissus sont classés par le commerce, les premiers dans la qualité courante : on peut juger de leur qualité par l’examen des deux pièces camelot nos 1 et 2 qui figurent à l’exposition : rien de mieux fait que cette étoile qui, du domaine d’Amiens, passe successivement dans celui de Roubaix, et qui semble avoir été créée pour mettre en relief le brillant et le soyeux des laines de l’Angleterre.
- Le jury, satisfait de l’importance, delà régularité de la fabrication de M. Paul Defrenne et des éléments précieux qu’il possède pour produire avec économie et supériorité, lui décerne la médaille d’argent.
- M. Julien LAGACHE, à Roubaix (Nord).
- « Les produits de ce fabricant sont généralement
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- » remarquables pour leur bonne exécution et le » bon marché. »
- Telle est la note remise par le jury du Nord, si avare pourtant de notes apologétiques.
- C’est en 183o que M. Lagache a fondé sa fabrication, et il l’a rendue l’une des plus considérables du pays. Sa production est de 800,000 fr., le nombre de ses ouvriers de 5oo.
- Ses tissus de fil et coton sont du prix de 1 fr. 5o
- Ceux en fil atteignent à peine 3 fr.
- Et ceux mélangés de laine et de coton n’atteignent pas ce chiffre.
- Presque aucun autre ne lui est supérieur en exécution, en qualité, en bon goût : aucun, à qualité égale, ne l’approche pour la modicité du prix.
- Pour être le premier récompensé, il ne manque peut-être à M. Lagache que de ne pas être le dernier arrivé.
- Mais qu’il soit le bienvenu : qu’il continue et qu’il revienne au prochain concours, avec de nouveaux progrès.
- Pour l’encourager et le récompenser, le jury lui décerne la médaille d’argent.
- Mmc veuve D. DEBUCHY. à Tourcoing (Nord).
- Une femme tombe en veuvage, son mari lui lui laisse une fortune modeste, un atelier de filature, un atelier de tissage; ce sont là ses seuls moyens d’existence, le seul moyen de maintenir la position sociale de sa famille.
- La veuve le sait et ne se décourage pas.
- Sa fabrique est située loin du marché principal : prescjue toutes les entreprises du même genre ont
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- été forcées au déménagement, et très-peu sur les lieux mêmes ont prospéré: délaissées par l’acheteur, elles ont langui.
- La veuve le sait, et elle reste.
- Elle travaille avec intelligence, avec assiduité. A mesure qu’ils sont propres au travail , elle y forme ses enfants, et voilà que les tissus produits par cette fabrique , sont recherchés à ce point, que, tous les jours, et plusieurs fois par jour, on les vient demander du marché principal, que jamais ils ne chôment, et que souvent ils manquent.
- Debuchy avait eu une médaille de bronze en 1827, un rappel en 1834-
- La médaille de bronze avait été rappelée une seconde fois pour sa veuve en i83g.
- Satisfait des produits si variés, si beaux qu’elle expose en 1844> le jury lui vote avec éloge la médaille d’argent.
- MM. E. GRIMONPREZ et Çie, à Roubaix (Nord).
- Plus l’on considère l’exposition de Roubaix, plus on est frappé de ce grand nombre de maisons inconnues jusqu’ici, qui se produisent avec un chiffre annuel de fabrication qui varie de 600,000 à 1,200,000 fr. Presque chacun des chefs réunit la filature au tissage, et forme ainsi un établissement complet qui ne dépasse pas les bornes d’une fortune modeste , mais qui fait supposer dans chaque rnain une accumulation d’au moins 5oo,ooo fr. ; somme considérable quand on remarque que si la ville est nouvelle, les enfants dans chaque famille sont nombreux.
- C’est à une de ces familles qu’appartient M. E.
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- Grimonprez : c’est à son travail qu’il doit, jeune encore, le droit de paraître dans la lice avec un des plus complets établissements du pays
- Sa production est approximativement d’un million, sa filature est bien conduite, et les produits exposés en sont beaux : les tissus ont toutes les qualités qui les peuvent recommander : M. Grimonprez est l’un des créateurs de la filature de la laine anglaise à Roubaix; il s’exerce notamment dans la fabrication des étoffes pour châles, et il y réussit au gré des consommateurs.
- M. E. Grimonprez a paru digne au jury de la médaille d’argent.
- M. Auguste CLARO, à Lille (Nord). '
- M. Ciaro vise moins à faire beaucoup qu’à très-bien faire, et depuis 12 ans qu’il a essayé la fabrication , il a incessamment grandi, et il arrive aujour-: d’hui à une production approximative de 400,000 fr.
- Pour les tissus de laine légèrement foulés, personne à Roubaix ne conteste à M. Çlaro le premier rang. Ses étoffes sont souples , bien colorées , douces à l’œil comme à la main, et on peut, affirmer que si l’exposant a déjà fait faire des progrès à la fabrication du pays, il est appelé à lui en faire faire de plus grands encore.
- Si M. Ciaro est au premier rang dans les tissus foulés, il est loin d’être en retard dans les tisspsv mélangés : ses mille côtes, laine et coton, ont particulièrement fixé l’attention. r ç v A ' 1 *
- Le jury, pour récompenser et encourager M. Ciaro ? lui décerne la médaille d’argent* , .
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- M. WIBEÀUX-FLOPJN, à Roubaix (Nord).
- Voici venir la plus importante fabrication de coton à Roubaix, c’est 56o,ooo m. de tissus pour pantalons d’ouvriers : ils valent de 95 c. à 1 fr. /\o le mètre.
- Le même producteur est le créateur de l’article de nouveautés, c’est-à-dire article pour robe en chaîne coton ou soie et trame laine : le prix de ces robes si légères commence à \go c. et n’excède pas 2 fr.; en même temps qu’il est créateur de cette fabrication, M. Wibeaux-Florin en est le plus grand producteur.
- Pour fabriquer ses étoffes-pantalons, M. Wibeaux a une filature de coton de 8,000 broches dont il teint chez lui tous les produits.
- Sa réputation de fabricant, soit quelle s’applique au pantalon, soit quelle s’applique à la robe, le place dans un rang distingué.
- Il occupe 1000 ouvriers et 408 métiers de tissage. Cette analyse suffit pour faire apprécier le mérite industriel de M. Wibeaux-Florin.
- Les articles, au nombre de 112, qu’il a exposés, justifient la bonne réputation acquise à M. Wibeaux.
- Pour récompenser dignement le chef qui, par son travail, assure l’existence de si nombreux ouvriers, le jury décerne à M. Wibeaux-Florin qui se présente pour la première fois au concours, la médaille d’argent.
- M. SCREPEL-LÉFEBVRE, à Roubaix (Nord).
- Si nous récompensons l’industriel qui a acquis de l’expérience et perfectionné les produits auxquels il
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- s’appliquait, nous n hésiterons pas à récompenser en même temps celui qui, avant de transmettre à à ses enfants le fruit de ses économies, leur a transmis son amour pour le travail, ses habitudes d’ordre, de soin, ses talents, son expérience, de telle sorte que sa maison a été tout à la fois une excellente école théorique et pratique de fabrication.
- M. Screpel-Lefebvre était simple tisserand, lors-qu’en 1799 il commença pour son compte une très-petite fabrication ; elle était soignée, û réussit et accrut sa production.
- Quelques années après, il eut une filature de coton dont il corisommait les produits dans son tissage; ses produits étaient, soit sous le rapport de la filature, soit sous celui des tissus, d’une perfection telle, que plus sa fabrique' grandissait, plus la clientèle arrivait.
- La laine prit faveur, M. Screpel joignit une filature de laine à sa filature de coton, et tout cela marche à l’aide d’un moteur de 12 chevaux.
- M. Screpel se fit aider par les enfants qui se succédaient chez lui; il leur donnait ainsi des leçons, et ces leçons profitèrent si bien, que nous allons voir paraître trois de ces élèves qui viendront prouver qu’eux aussi sont dignes de nos encouragements.
- M. Screpel expose des tissus fabriqués i° avec de la laine et du coton, 20 avec delà laine peignée.
- Tous ces produits sortent de la filature et du tissage de l’exposant.
- Ces tissus sont faits avec la perfection qu’a toujours mise à sa fabrication M. Screpel-Lefebvre.
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- Partout on y peut remarquer l’attention et les soins d’un chef éclairé.
- Le jury vote à M. Screpel-Lefebvre la médaille d’argent.
- M. ROUSSEL-DAZIN, à Roubaix (Nord).
- Comme presque tous les fabricants de Roubaix , M. Roussel Dazin présente des produits variés, bien faits , dignes des éloges de tous ceux qui connaissent et apprécient les difficultés de la fabrication.
- M. Roussel-Dazin emploie, comme tant de ses concurrents, le fil, le coton, la laine, la soie.
- Il livre à la consommation 55o,ooo mètres d’étoffes qui représentent une valeur de 700,000 fr.
- Il occupe environ 800 ouvriers qui s’exercent sur 3o métiers à filer et à retordre la laine, 80 métiers h la Jacquart et 3oo à tisser à la marche.
- Faire beaucoup et vendre beaucoup, c’est prouver qu’on produit d’une manière utile pour la consommation.
- Le jury, toujours jaloux de récompenser ce mérite , but principal de son institution, accorde à M. Roussel-Dazin la médaille d’argent.
- M. REQUILLART-SCREPEL, à Roubaix (Nord).
- Nous l’avons dit: en i83o on ne fabriquait que du coton à Roubaix5 peu après, le coton faisait place à la laine.
- L’exposant s’établit en i83o, et fabriqua comme tout le monde des pantalons en coton pour la classe ouvrière.
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- Mais, comme tout le monde, il ne quitta pas le coton ; loin de là,il s’y donna exclusivement.
- C’est qu’il le fabriquait avec supériorité. Les tissus de M. Requillart-Screpel se vendent depuis 85 c. le mètre sur 70 centimètres de large, en coton pur, jusqu’à 1 fr. 5o, mélangés de coton et de laine.
- Il en fabrique annuellement un poids total de 1 10,000 kil.
- C’est une valeur de 4 à 5oo,ooo fr.; c’est l’existence de 5oo ouvriers.
- Retenir une industrie qui veut s’en aller, la rajeunir, la fixer de nouveau, c’est un mérite plus difficile et plus grand qu’amener une industrie nouvelle. Il n’y a d’ailleurs que les industries véritablement utiles qu’on parvienne à garder. En effet, les tissus de M. Requillart sont ce que la classe ouvrière peut trouver pour son vêtement de plus résistant et de meilleur marché. Or, bien vêtir et à bon marché la classe ouvrière, c’est rendre service au pays : sous ce rapport, M. Requillart-Screpel en a bien mérité, et le jury lui décerne la médaille d’argent.
- MM. DELFOSSE et MOTTE, à Roubaix (Nord).
- M. Del fosse avait longtemps dirigé la fabrique de M. Delattre et formait un établissement, quand M. Delattre reçut en 1839 la médaille d’or.
- M. Del fosse porta dans sa nouvelle maison les bonnes traditions prises dans l’ancienne ; il y porta les soins qu’il avait donnés avec tant de zèle chez son patron.
- Aussi les tissus de MM. Delfosse et Motte paraissent-ils la fidèle reproduction des tissus de M. Heur
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- Delattre: c’est presque le même reflet; c’est presque la même netteté de dessin ; c’est la même école et bientôt le même résultat.
- MM. Delfosse et Motte, secondés par un capitaliste, ont tout de suite donné de l’élan à leurs affaires. Après le stuff, ils ont produit le satin : Rouen avait le premier donné cet article à la consommation, mais la modicité des prix et la bonne qualité de MM. Delfosse et Motte, forcèrent bientôt Rouen à compter avec la concurrence.
- Les tissus de MM. Delfosse et Motte sont d’une rare perfection. Leur production est importante, et, par ces divers motifs, le jury leur vote la médaille d’argent.
- M. SCREPEL-ROUSSEL, à Roubaix (Nord).
- Si MM. Delfosse et Motte se sont posés comme rivaux de M. Delattre pour la robe, M. Screpel-Roussel a eu la même prétention pour le pantalon, et plus d’un connaisseur consulté a reconnu que, dans leur genre, MM. Delfosse et Motte étaient restés un peu au-dessous et l’exposant un peu au-dessus peut-être du but qu’ils voulaient atteindre.
- Tant il est vrai de dire qu’une récompense bien donnée enfante d’utiles progrès !
- Ce n’est pas assez pour M. Screpel-Roussel de faire vivre par son travail 4^o ouvriers et de produire dans sa filature les moyens de confectionner ses tissus; M. Screpel-Roussel a pensé que le premier bonheur que donne la prospérité est de p er-mettre de tendre la main à l’homme auquel il ne manque qu’un peu d’aide pour arriver.
- Il y avait à Roubaix un dessinateur dont la ca-
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- pacité était reconnue ; il alimentait cinq à six tisserands , pendant que lui-même vivait de son art. M. Screpel a été à lui, l’a muni d’un capital, et aujourd’hui le dessinateur monte une grande industrie et a produit à l’exposition des tissus parfaits dont il sera ultérieurement parlé.
- Faire bien, très-bien soi-même, aider les autres à faire mieux, voilà le double mérite de M. Screpel-Roussel, et le jury le récompense par la médaille d’argent.
- M. PRUS-GRIMONPREZ, à Roubaix (Nord).
- C’est souvent chez le fabricant le plus modeste qu’on trouve le principal auteur de la prospérité d’une ville. C’est ainsi que M. Prus-Grimonprez a le mérite d’avoir introduit à Roubaix le métier à la Jacquart, qui a opéré dans cette ville la plus complète et la plus heureuse révolution.
- M. Prus expose des damas laine, laine et coton, laine et alpaga, et plusieurs coupes de stuffs.
- Les tissus sont bien fabriqués, et la production de M. Prus est considérable.
- M. Prus-Grimonprez a obtenu la médaille de bronze en i834: elle lui a été rappelée en 1839; le jury lui décerne la médaille d’argent.
- M. E. DEFONTAINE, à Lille (Nord).
- M. Defontaine exposait, en 1889, sous la raison Defontaine-Cuvelier. Il reçut la médaille de bronzé.
- Aujourd’hui M. Defontaine expose de nombreux tissus, et, s’il faut en croire l’exposant, ces tissus proviennent de 3o métiers mécaniques qu’il a fait
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- venir d’Angleterre, qu’il a perfectionnés, et qui donnent les avantages du métier à la Jacquart sans en présenter les inconvénients ; on trouverait encore l’économie de la main-d’œuvre qui résulterait de ce tissage.
- C’est surtout sur les résultats annoncés de ce tissage que l’exposant appelle et sollicite l’attention du jury.
- Mais tous les tissus exposés par M. Defontaine peuvent être faits sans le secours du métier à la Jacquart. Le tissage mécanique pourrait donc les avoir produits sans qu’il eût pour cela les avantagés qu’on lui attribue.
- Reste l’économie. Mais les tissus de l’exposant sont cotés aux prix des autres tissus similaires, et si le propriétaire du tissage mécanique répond à cette observation, qu’il se réserve le bénéfice de son importation et de ses perfectionnements, ne sem-ble-t-il pas dès lors que ces perfectionnements, qui ne' sont utiles qu’à lui seul, ne puissent être encore pour lui une source de récompenses nationales.
- En fait, M. Defontaine possède 3o métiers mécaniques.
- Il ne les montre à personne, et, dans un pays de concurrence active et éclairée, personne ne cherche à en avoir de semblables: Depuis 1842 j il n’y a aucune propagation des perfectionnements qu’invoque M. Defontaine.
- Tous ces motifs ne permettent pas au jury de juger du mérite des métiers mécaniques de M. Defontaine, et, quelles que soient ses sympathies
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- parles importations utiles > ilestobligé sur ce point de s’abstenir.
- Restent les tissus.
- Sous ce rapport, le jury rend justice complète à M. Defontaine; ses tissus sont d’une bonne fabrication et de dispositions heureuses, soit pour le grain de l’étoffe, soit pour les couleurs et dessins qui les couvrent. M. Defontaine est un fabricant soigneux, appelé à arriver un jour au premier rang. Le jury ne croit pas qu’il y ait encore pris place, mais il le croit digne de la médaille d’argent qu’il lui décerne.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. BRUNEEL frères, à Lille (Nord).
- MM. Bruneel frères exposent des linges de table et des coutils en fil ; ils exposent aussi des nouveautés en laine.
- La fabrication de ces articles est bonne, et ne laisse aucune prise à la censure.
- MM. Bruneel ont le mérite d’avoir les premiers fabriqué les coutils de fil; dès avant 1828, ils correspondaient avec l’autorité supérieure pour obtenir l’établissement d’un droit qui facilitât en France cette fabrication. Cette priorité de fabrication est signalée par le jury départemental.
- MM. Bruneel frères ne donnent pas de détails sur l’importance de leur fabrication : on voit seulement qu’elle occupe 160 ouvriers et à peu près 100 métiers à tisser.
- Ces industriels , dignes à tous égards de l’attention bienveillante du jury, n’ont pas exposé depuis
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- 1827 ; ils avaient alors obtenu la médaille de bronze; le jury récompense leur zèle en leur votant une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. JOSEPH-POLLET, à Roubaix (Nord).
- M. Josepb-Pollet est loin d’être étranger aux progrès du pays qu’il habite. Personne, mieux que lui, ne fait le tissu laine pour paletots et pantalons, et personne avant lui n’avait eu l’heureuse idée de substituer dans ces tissus, pour en effacer le brillant, une partie de laine-mérinos et une partie de laine anglaise. Par ce moyen, on donne au tissu de la douceur et un aspect drapé qui, pour l’usage indiqué, est une véritable qualité.
- M. Pollet a une filature et un tissage, il occupe 25o ouvriers, il est très-bon fabricant, les produits qui sont dans les galeries en font foi.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. DUHAMEL-HOUSEZ, à Roubaix (Nord).
- Grande fabrique de nouveautés pour robes, connue pour le bon goût avec lequel elle conçoit, la fidélité avec laquelle elle exécute.
- Bonne qualité, prix modérés, voilà les mérites qui distinguent les produits exposés par M. Duhamel.
- Il semble qu’il ait craint de révéler au jury tout le brillant de sa fabrication habituelle et de dire quelle est son importance ; aucune note n’existe à cet égard dans la déclaration de l’exposant.
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- Mais le jury sait que M. Duhamel tait beaucoup. Il voit, par ce qu’il expose, qu’il fait bien; on assure qu’il fait mieux que ce qu’il soumet à l’examen du public.
- Le jury, prenant en considération chacune de ces circonstances, décerne à M. Duhamel-Housez la médaille de bronze.
- Mmc veuve CORDONNIER, à Roubaix (Nord).
- Sa fabrication est intelligente : il y a de la vie et du goût dans les tissus pour pantalons qu’elle expose. Les nuances sont variées et douces. Les qualités sont bonnes , et les prix très-modérés.
- Son industrie s’exerce sur cent métiers et sur 3o,ooo kil. de laine cardée et de coton.
- En persistant à faire fouler à Elbeuf les étoffes qu’elle produisait, cette maison a déterminé à Roubaix 1’établissement de foulons. Sous ce rapport, elle a rendu un véritable service au pays.
- Le jury, qui l’avait mentionnée honorablement en 1839, lui vote avec satisfaction une médaille de bronze.
- M. A. GRIMONPREZ fils, à Roubaix (Nord).
- M. Grimonprez fabrique des stuffs et des châles en qualité commune, qui ont la vogue et qui mettent le tissu de laine à la portée des plus petits consommateurs.
- Il a une machine à vapeur, une filature et un tissage. Il exerce son industrie sur 40,000 k. delaine, qui représentent une production de 400,000 fr.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
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- MM. BULTEAU frères, à Roubaix (Nord).
- MM. Bulteau frères ont comme fabricants’trois années d’existence : ils occupent 3oo métiers, 400 ouvriers, et confectionnent les robes avec delà soie, du coton et de la laine.
- Il y a du goût et.de l’invention dans leurs dessins, de l’harmonie dansl’assemblage de leurs couleurs : c’est une maison qui promet beaucoup, et qui ne manque pas de promptitude à suivre et saisir les caprices de la mode.
- Les tissus exposés sont brillants d’aspect, et ré» g u 1 i è r e m e n t. fa briqués.
- Le jury, en les engageant à persévérer dans la voie où ils sont entrés, accorde è MM. Bulteau la médaille de bronze.
- M. JOURDAIN-DEFONTAINE, àTurcoing (Nord).
- Cet exposant varie beaucoup ses tissus , soit par le grain, soit par la couleur; sa fabrication est soignée, et si ce n’était aujourd’hui le mérite de tous les exposants, M. Jourdain tiendrait assurément un rang très-distingué.
- Il fait battre 15o métiers, et emploie le fil, le coton et la laine ; il marie ces matières différentes avec une incontestable intelligence.
- Son établissement date de i83q.
- L’exposition de 1844 est la première à laquelle il ait pu paraître.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. Louis DEFRENNE, à Roubaix (Nord).
- M. Louis Defrenne donne des produits estimés,
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- d’une qualité soutenue, et qui plaisent à la grande consommation.
- Ce sont des stuffs pour habillements de femmes. Ses tissus absorbent les produits de sa filature, et sa production annuelle est de 600,000 fr.
- Dans cette maison, le travail est toujours également réparti : les crises n’y voient pas les ouvriers sans moyens d’existence.
- Le jury décerne à M. Louis Defrenne, la médaille de bronze.
- M. Alphonse DEFRENNE, à Roubaix (Nord).
- L’exposant a de l’activité, et cette activité assure l’existence de nombreux ouvriers.
- La consommation'accueille ses stuffs comme type d’une bonne fabrication courante : il en produit pour 700,000 fr. chaque année.
- Ceux qu’il a exposés sont d’une bonne qualité; eu égard à l’importance de sa production, et à la bonne qualité de ses produits, le jury décerne la médaille de bronze à M. Alphonse Defrenne.
- M. TETTELIN-MONTAGNE, à Roubaix (Nord);
- Fabrique de stuffs importante, qui donne l’existence à 4oo ouvriers, met en œuvre annuellement 70,000 kil. de laine, et arrive à une production de 7 à 800,000 fr.
- Prix modérés, bonnes qualités, toujours recherchées , toujours facilement vendues,semblables en tout à celles qu’offre l’exposition ; tels sont les titres de M. Tettelin-Montagne.
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- Le jury, les appréciant, lui décerne la médaille de bronze.
- MM. DELEPOULLE frères, à Roubaix (Nord).
- Propriétaires d’une filature importante dans l’ar-rondissemeut d’Avesne, MM. Delepoulle y filent avec supériorité le poil d’alpaga, qu’ils emploient avec avantage dans leurs tissus, et qu’ils vendent d’ailleurs aux fabricants de Roubaix.
- Les étoffes exposées par MM. Delepoulle frères dénotent de l’intelligence en fabrication ; on remarque surtout leurs tissus moirés pour meubles, qui depuis un an ont pris une assez grande place dans la consommation.
- Le jury attend beaucoup de ces fabricants, et leur vote la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. PIN-BAYART et Cie, à Roubaix (Nord).
- Le jury central a examiné avec une attention satisfaite les beaux tissus de MM. Pin Bayart et Cie, et plus particulièrement ceux en alpaga.
- Si le jury n’avait eu égard qu’aux tissus exposés, MM. Pin-Bayart et Cie eussent été haut placés.
- Mais, habiles dessinateurs, ils ne figuraient pas du tout, ily a un an, pour l’importance de leur fabrication.
- Depuis lors, des capitaux ont secondé leur intelligence, et MM.Pin-Bayart etC,e prendrontsans doute un rang distingué parmi les fabricants de Roubaix.
- Pour y arriver il leur suffit de continuer comme ils ont commencé.
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- Le prix de leurs efforts ne saurait leur échapper. Le'jury ne peut, quant à présent, assigner de rang positif à l’établissement ni aux produits de MM. Pin-Bayart et Cle.
- En donnant tous ses éloges aux tissus exposés, il se borne à mentionner très-honorablement ces manufacturiers.
- Le jury mentionne honorablement en outre les fabricants dont les noms suivent :
- MM. JULIEN-BAYART,
- César SCREPEL,
- CYRILLE-FERL1É,
- Henry SIX,
- L. WATTINNE.
- Ces jeunes gens, à peine établis, ont offert h l’exposition des produits qui font présager qu’ils seront un jour l’honneur de la fabrique de Roubaix. Les deux premiers surtout, méritent les félicitations du jury.
- Le jury central accorde encore la mention honorable à
- MM. RIBAUCOURT-NOTTE, à Roubaix.
- CASTEL frère et sœur, à Roubaix.
- Joseph FLORIN, à Roubaix.
- HERBO et BONNIER, à Templeuve.
- F. WATTEL et Cie, à Roubaix. LEPOUTRE-PARENT, à Roubaix.
- F. PLOYETTE, à Roubaix.
- LAURENT frère et sœur, à Turcôing. DEPLANQUE et de BLOCK, à Lille.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- Il cite favorablement :
- MM. BAYART-LEFÈVRE fils, à Roubaix. Gustave BOUCHERY, à Roubaix.
- J. B. DUPISRE, à Roubaix. BÉNY-AGACHE, à Roubaix. DERREVAUX-DELFORTRIE, à Roubaix. DUT1LLEUL-L0RTHI01S, à Roubaix. GRIMONPREZ-LAURIE, à Roubaix, le chevalier de PRÉVILLE, à Roubaix. ODOUX-BOURGEOIS, à Turcoing.
- QUATRIÈME SECTION.
- CHALES DE CACHEMIRE ET LEURS IMITATIONS.
- MM. Deneirouse et LegentiJ, rapporteurs.
- Considérations générales.
- Lorsque le jury de l’exposition est appelé à constater le développement des forces productives de la France, à faire, pour ainsi dire, l’inventaire de ses richesses industrielles, il est heureux toutes les fois qu’il peut signaler à son pays une de ces industries qui font son orgueil, en même temps que le désespoir de ses rivaux, qui ne craignent à l’étranger ni la concurrence, ni même l’imitation. La fabrique de châles est
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- de ce nombre, elle doit sa supériorité incontestable et incontestée, non-seulement au mérite du goût, au sentiment de la forme et de l’harmonie des couleurs, mais encore à l’extrême habileté du fabricant et de l’ouvrier.
- La machine Jacquart a fait faire sans doute un pas immense aux procédés du tissage, mais dans sa simplicité primitive, elle eût été impuissante à produire les merveilles que nous avons sous les yeux. Il a fallu, pour atteindre ce but, mille combinaisons ingénieuses, une pratique longue et intelligente, une connaissance approfondie de toutes les ressources du métier.
- Pendant longtemps, le châle n’avait présenté qu’un semis de petits bouquets ou palmettes , encadré d’une bordure étroite, lorsqu’en 1823 un fabricant qui poursuivait l’imitation du châle indien vint révéler le secret de son véritable croisé. Ce fut un trait de lumière qui frappa un de ses concurrents. Ce dernier conçut tout de suite
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- toute la portée du nouveau système, et en appliqua le principe au lancé. Il créa le procédé signalé par le jury de 1827, sous le nom de nouvelle armure; à l’aide du papier pointé, les moyens d’acr tion de la machine Jacquart furent doublés , et les frais de lisage diminués de moitié. De ce point de départ datent tous les progrès.
- Le développement du dessin ne dépassait pas
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- alors Z|.0 centimètres, on a pu lui donner un mètre 60 centimètres, sans augmenter les frais du lisage , ni les difficultés du travail.
- Les expositions de 183â et de 1839 semblaient pour la richesse des compositions et les difficultés vaincues avoir atteint la limite du possible, et ne laisser aux successeurs que le mérite de les imiter. L’exposition actuelle n’accepte point ce rôle modeste, elle signale elle-même de nouveaux progrès dans la fabrication, et marquera bien sa place dans les Annales de notre histoire industrielle.
- Jusqu’à ce jour, sauf de rares exceptions, le dessin de châle se composait de quatre parties semblables qui étaient répétées, en sorte qu’il suffisait de lire le quart du dessin et de faire jouer à l’aide de retours ménagés par la mécanique, quatre fois le meme rôle à chaque carton; cependant, malgré cette économie, le jury de 1839 avait constaté qu’un des châles de l’exposition ainsi fabriqué avait demandé plus de 101,000 cartons.
- Tous avez aujourd’hui sous les yeux plusieurs châles dont le dessin embrasse toute la largeur, et n’a pu ainsi être répété qu’une fois dans la longueur. Il a donc fallu doubler le nombre des cartons employés, et doubler également les moyens d’action de la mécanique ; cette innovation ouvre
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- un champ plus vaste aux combinaisons des formes et des couleurs, ajoute à l’effet et donne ainsi plus de prix au produit.
- Les châles de cachemire n’ont pas moins gagné en finesse ; la plus grande réduction du compte ne présentait pas 34 fils de trame par centimètre; vous en pouvez compter jusqu’à 60 sur plusieurs châles exposés.
- Ce ne sont pas là de ces tours de force qu’avec tant de raison M. le ministre du commerce a voulu exclure du concours. Sans doute, les nouveaux produits n’ont pas été créés sans efforts et sans sacrifices ; mais comme ces résultats ne sont dus qu’à l’emploi de la mécanique, une fois obtenus , ils deviennent acquis à l’industrie ; l’habitude , et la simplification des moyens qui vient à sa suite, rendent bientôt usuelle une fabrication qu’on regardait comme exceptionnelle, et l’industrie a fait encore un pas ; car il faut que l’industrie, et surtout celle des châles, marche toujours en avant, c’est la condition de son existence. S’adressant aux consommations de luxe, elle en subit les exigences ; pour y satisfaire, elle est forcée de varier à l’infini ses moyens d’exécution. Elle est heureusement secondée par la classe modeste des ouvriers et des contre-maîtres qui renferme dans son sein des praticiens consommés à qui l’on doit souvent les plus utiles
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- inventions. Nous avons regretté que le silence des jurys départementaux ne nous ait pas permis d’en signaler quelques-unes à la reconnaissance publique. Le mécanicien, le filateur, le teinturier méritent aussi leur part d’éloges pour leur concours intelligent, et c’est par la réunion de tous ces éléments de sùccès, que cette belle industrie peut être ajuste titre considérée comme la grande école du tissage en France, et qu’elle a le droit de revendiquer en grande partie le mérite des perfectionnements dont il s’enrichit chaque jour.
- Si tous les essais ne sont pas également heureux , tous attestent au moins cette ardeur d’innovation ou d’amélioration que nous avons signalée.
- Une fabrique de Lyon, déjà connue par d’éclatants succès dans la fabrication des étoffes façon-
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- nées, a inventé un nouveau montage qui offre une économie notable, tout en conservant le jeu ' et l’éclat des couleurs. A l’aide de son procédé, elle annonce pouvoir se passer de doubles mécaniques, et obtenir avec une seule de 600 crochets un résultat qui exige ordinairement une mécanique de 1,200. Un autre fabricant de la même ville, pour avoir des fonds purs et éviter la nuance douteuse que donne la chaîne quand elle est recouverte par une trame de couleur diffé-
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- rente, a imaginé de monter son châle sur deux chaînes. La chaîne rouge travaille quand on lance la navette de couleur, et la chaîne blanche, quand on lance le fond. Le coloris en acquiert plus de vivacité, et le fonds plus de netteté.
- Un fabricant de Paris, qui est en outre l’un de nos imprimeurs les plus distingués, a exposé une chaîne imprimée par un procédé fort simple. L’impression suit tous les contours des palmes et des galeries, en sorte que la teinte se trouve égale sur toutes les parties coloriées. Ce procédé est, dit-on, déjà pratiqué à Lyon pour les étoffes; son application aux châles n’est pas moins heureuse.
- Il est une nouvelle fabrication qui a frappé à la fois les gens du monde et les hommes du métier. Elle est, à la vérité, encore à l’état d’expérimentation, mais elle paraît promettre des résultats importants pour l’avenir. Deux fabricants de Paris se sont appliqués à faire deux châles à la fois, l’un en dessus, l’autre en dessous, tenant ' ensemble par toute leur superficie. Ils emploient ainsi la laine qui serait perdue par le découpage du châle, à en brocher un second. Leur dessin est combiné de manière à faire servir la laine qui flotte sur l’envers dé l’un, à faire la fleur de l’autre. La grande difficulté n’était pas de fabriquer ces deux châles jumeaux, elle avait déjà été plu-
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- sieurs fois vaincue, et les expositions précédentes en avaient offert des exemples ; mais il fallait les séparer, et leur adhérence est telle qu’il semblait impossible d’y parvenir sans altérer l’un ou l’autre. Ce problème a été résolu par les deux fabricants , avec cette circonstance particulière que, soit pour le montage du métier, soit pour la séparation des châles, chacun a employé des moyens différents. Votre commission des machines aura à vous rendre compte de la mécanique de MM. Barbé-Proyart et Bosquets MM. Boas frères n’ont point exposé la leur, mais nous l’avons vue fonctionner chez eux, et nous en avons été complètement satisfaits. Cette fabrication bien exploitée doit donner un jour une économie sur la matière et la main-d’œuvre ; nous ne pouvons à priori en apprécier le montant, mais nous ne serions pas éloignés d’ajouter Maux fabricants qui assurent qu’elle peut être de 25 et 30 p. 100 sur les prix de revient.
- Ce procédé pourra-t-il s’appliquer avec succès au châle riche dont l’heureuse harmonie des nuances fait presque tout le prix ?s Pourra-t-on obtenir cette harmonie sur les deux châles à la fois avec la nécessité de faire alterner les couleurs , de telle sorte que celle qui vient de jouer en dessus est remplacée par une autre en dessous? Il faut attendre, pour se prononcer, le résultat
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- de l’expérience ; mais dût ce procédé se limiter à la confection des châles ordinaires pour la consommation courante, il mériterait encore tous nos éloges.
- Quelque ingénieuse que soit une machine, ses moyens d’action sont toujours limités, et ils se contentent souvent de trancher plutôt que de dénouer la difficulté. Ne peut-on pas appliquer cette observation à la fabrication du châle de cachemire français? Le châle indien se travaille comme une tapisserie, au fuseau ; chaque fil de couleur ne fait qu’une passée à la fois, et suit sans interruption la fleur qu’il doit nuancer. Le châle français se fabrique au contraire par la navette volante. Le fil de trame qu’elle porte s’enlace du même coup à tous les points de la chaîne où la couleur doit figurer sur la même ligne. La partie du fil qui n’a pas d’effet à produire reste t flottante à l’envers, et cette partie inutile est très-considérable, à tel point qu’un châle qui, sortant du métier, pèse 3 kilog., est réduit par le découpage à 0,750 grammes. Le travail indien, et nous avons pu en acquérir une nouvelle preuve par un métier du pays même qui nous a été montré dans une des cases d’un exposant, c’est l’enfance de l’art; il n’a de secrèts pour personne, et tous les fabricants qui ont voulu l’exécuter dans sa simplicité y ont réussi ; mais à quelles conditions ?
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- à force de temps et de main-d’œuvre. On peut faire bon marché dans l’Orient de ces deux éléments du prix, mais il n’en est pas de même en France. Toute la difficulté consiste donc dans l’économie du temps et du travail. C’est à la vaincre que s’est appliqué l’un de nos plus habiles fabricants. Par un procédé nouveau, un enfant peut exécuter rapidement, avec une grande facilité , les dessins les plus compliqués. Les fuseaux se présentent à sa main méthodiquement rangés. Il les passe et les classe avec une vitesse qu’on a peine à suivre des yeux; quinze jours suffisent pour son apprentissage, et il peut faire l’ouvrage de trois ouvriers indiens. Ces détails, qui nous ont été fournis par l’auteur même du procédé, se confirment par le résultat obtenu ; nous avons vu un châle rayé ainsi fabriqué qui fait partie d’une commission qui s’expédie pour une des principales villes de l’Orient. Ce fait est assez significatif et peut nous faire concevoir de justes espérances pour l’avenir. D’autres merveilles ont frappé nos regards et ceux du public, ce sont un châle fond blanc, long, d’un dessin riche et d’une grande variété de couleurs, et une écharpe rayée, fabriqués l’un et l’autre au fuseau et sans envers. Le châle est tissu de cachemire, et l’écharpe de la laine du troupeau de Mauchamps. Ce genre de travail, on le sait, est depuis longtemps pratiqué
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- en Russie, et même en France, dès 1827, il a été essayé, sans qu’on y ait donné de suite. Nous ne pouvons que louer ces nouvelles tentatives d’autant que leur produit est vraiment remarquable. Le châle blanc surtout est d’une souplesse et d’une finesse de tissu qui peut rivaliser avec ce ' que l’Inde nous envoie de plus beau. Si ces essais ne constituent pas une industrie organisée, ils peuvent mettre sur la voie de nouvelles découvertes, et trouver des applications très-intéressantes, et à ce titre ils ont droit à l’attention publique.
- Le principal mérite du châle de cachemire indien , c’est de briller par l’éclat, la variété et l’harmonie des couleurs ; mais le dessin en est souvent bizarre, et presque toujours uniforme. Nos fabricants ont quelquefois tenté de sortir d’une imitation trop servile, c’est ainsi qu’il y a quelques années, plusieurs avaient cru devoir substituer aux formes fantastiques de l’Inde, les fleurs naturelles. Leur vogue n’a pas duré longtemps, il a fallu en revenir au type oriental ; mais faut-il toujours le calquer servilement? Ne peut-on pas, en conservant le caractère et la richesse du nuancé, en varier la composition, lui donner plus d’élégance, la rajeunir par le goût français ? C’est ce qu’ont pensé plusieurs de nos fabricants les plus renommés. Ils ont demandé au pinceau
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- de notre habile dessinateur, M. Couder, ces belles esquisses que l’on a vues sur le papier, dans son exposition, et qui, exécutées avec une grande perfection, ont fait le principal ornement de l’exposition entière des châles. Le succès qu’ont obtenu quelques-unes de ces hardies conceptions en peut faire présager de nouveaux, et offrir des éléments précieux à la fabrication.
- Ce n’est pas seulement par ses châles riches que se recommande la fabrique de Paris, elle aborde tous les genres, du plus cher au plus commun. Ses châles cachemire-indou , ses châles laine-pure, ou sur chaîne fantaisie, s’offrent pour des prix très-modérés à la moyenne, comme à la petite propriété, car l’on peut obtenir des châles-laine d’un carré de 180 centimètres dans les prix de 25 à 30 fr. Ils sont nuancés de quatre à cinq couleurs, et très-satisfaisants pour leur bonne exécution, sans que l’apparence soit acquise aux dépens de la qualité.
- La fabrique de Lyon peut, à juste titre, s’appliquer la plupart des éloges que nous venons de donner à celle de Paris; si elle n’a pas cru jusqu’à ce jour devoir aborder le cachemire pur, carie seul fabricant lyonnais qui s’en occupe avec succès est venu prendre rang parmi ceux de la capitale, elle réussit admirablement dans le châle cachemire-indou et le châle de laine : elle a dé-
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- daigné et abandonné le châle bourre de soie pure. Ses produits se distinguent par la science de la fabrication , l’entente et l’éclat des couleurs ; aussi trouvent-ils un placement régulier, non-seulement sur la place de Paris et dans la France entière , mais surtout à l’étranger.
- Nîmes vient ensuite avec ses produits tout démocratiques, car elle a atteint la limite extrême du bon marché ; que peut-on demander à une fabrique qui livre des châles carrés de 150 centimètres de côté au prix de 8 à 9 fr. ?
- Il est dans son sein quelques fabricants qui ne craignent pas de s’attaquer corps à corps avec leurs rivaux de Lyon, et de leur faire une bonne et sérieuse concurrence; mais en général cette fabrique vise avant tout à livrer à la consommation des articles séduisants à l’œil et non moins attrayants par leur bas prix. Elle excelle dans ce genre avec une habileté étonnante ; c’est surtout en vue de l’exportation qu’elle travaille, et elle soutient bien sa vogue, par la variété et l’intelligente exécution de ses produits, sur tous les marchés étrangers et notamment dans l’Amérique Méridionale.
- La revue que nous venons de faire atteste que
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- la fabrique de châles n’a point cessé d’être en progrès. C’est la loi de toute l’industrie , mais c’est plus spécialement celle de l’industne des
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- châles qui, comme nous l’avons déjà dit, est la grande école de toutes les industries analogues. Ce progrès que nous aimons à constater n’est pas seulement dû à la perfection du travail ; il se manifeste également dans l’économie des prix, et nous pouvons avancer avec quelque certitude qu’à qualités égales, depuis cinq ans, les prix sont descendus de 20 à 25 p. 100.
- CHALES DE PARIS.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- M. Frédéric HÉBERT, fabricant, à Paris, rue du Mail, 13.
- M. Hébert, exact et intelligent imitateur du type indien, est toujours resté fidèle à un genre qui lui a valu de si éclatants succès. Ses châles longs et carrés, de nuances diverses, se recommandent tous par les mêmes mérites : pureté dégoût, bonne entente des couleurs, connaissance profonde des procédés de fabrication, exécution soignée et consciencieuse; tout justifie le premier rang qu’il tient dans son industrie.
- Le jury lui renouvelle le rappel de la médaille d’or qu’il avait obtenue en i834 et qui lui avait été confirmée en 1839.
- MM. GAUSSEN aîné etC'% à Paris, passage des Petits-Pères ,2.
- M. Gaussen , père de l’exposant, était distingué
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- parmi les plus habiles ^bricants de Paris; son fils s’est proposé la tâche difficile de combler le vide que la mort si regrettable de son père a laissé dans leurs rangs. Il était déjà son associé en 1839, il s’est montré son digne successeur.
- Les châles longs et carrés, et les écharpes qu’il a exposés, joignent à la hardiesse de la composition, une réduction superfine et une grande richesse de coloris. Ils prouvent que le talent est héréditaire dans la famille.
- On a admiré surtout un châle long, blanc, d’une composition originale, et un carré dont le fond est composé de deux grandes palmes opposées. Les dessins de ces deux châles sont lus par la moitié seulement, et n’ont qu’une répétition. Ces belles pièces, tout en conservant le caractère indien, sont sorties du cercle étroit de l’imitation, sans que leur originalité ait rien coûté au bon goût.
- Cette maison a joint à sa fabrication en cachemire celle des châles indous, et a su leur donner ce cachet de distinction et de perfection qui lui est propre.
- Le jury central se plaît à rappeler à l’exposant la médaille d’or quela maison primitive avait obtenue en 1827, et qui fut confirmée en 1834 et en 1839.
- MM. GAUSSEN jeune et MAUBERNARD, à Paris, rue Yide-Gousset, 2. •
- Ces fabricants, associés d’abord à l’ancienne maison Gaussen aîné etCie, sont restés seuls possesseurs de tout le matériel après sa dissolution, arrivée en 1839.
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- Ils ont su conserver et augmenter même la haute position qu’ils avaient su conquérir, l’un comme fabricant distingué, l’autre comme dessinateur habile.
- M. Gaussen jeune est, sans contredit, l’un des hommes les plus versés dans la science de la fabrication; il était le plus utile appui de son frère dans leur société, l’exécuteur intelligent de toutes les améliorations et innovations du génie inventif de ce dernier.
- Cette maison se distingue par la sagesse et la sûreté de son goût, par l’entente du coloris, par le fini de l’exécution. Tous ses produits méritent les mêmes éloges, car sa fabrication est des plus régulières.
- Comme quelques-uns de leurs concurrents, MM. Gaussen et Maubernard ne craignent pas d’aborder les plus grandes difficultés et de se lancer dans le nouveau et l’original; mais avec ce sentiment exquis qui leur est propre, ils peuvent beaucoup oser sans craindre d’écarts fâcheux. Le châle long, fond blanc, qu’ils ont exposé en est la preuve : c’est une des plus belles, parmi les pièces les plus remarquables.
- Le jury, en rendant cette justice aux exposants, n’est que l’écho de l’opinion publique.
- En conséquence, il leur vote le rappel de la médaille d’or qu’ils ont méritée en 1839, en société avec MM. Gaussen aîné et Cie.
- MM. HEUZEY et MARCEL, à Paris, rue des Fossés-Montmartre, 16, et fabrique à Corbeil (Seine-et-Oise).
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- Ces fabricants, associés dès
- i83q à la maison
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- Deneirouse et Gie, sont restés seuls possesseurs de
- cette fabrique.
- Aux traditions de leur habile devancier, et soutenus même de son concours pour quelques-uns de leurs produits exceptionnels, ils ont donné une grande extension à leurs affaires, en adjoignant à la fabrication des cachemires, celle des châles indous, dans les qualités supérieures.
- Ce sont eux qui ont exposé un châle espouliné rayé, type de la commission qu’ils expédient dans l’une des principales villes de l’Orient; ainsi qu’un châle long , blanc , et une écharpe rayée espoulinée également, mais sans envers. Nous avons rendu compte de ces produits, vraiment remarquables, dans la notice qui précède.
- Par ces considérations, le jury vote, au profit de ces fabricants, le rappel de la médaille d’or qu’ils avaient obtenue en société avec MM. Deneirouse et Cie.
- M. ARNOULD, à Paris, rue des Fossés-Montmartre, 7.
- Cet exposant se livre avec succès à la fabrication des châles longs et carrés, en cachemire pur et en cachemire indou.
- Ses produits se font remarquer et bien accueillir des consommateurs, par la richesse, la variété et la hardiesse des dessins.
- M. Arnould les exécute souvent sur des esquisses qu’il fait venir à grands frais de Lahore même, et il fournit ainsi à la fabrique tout entière, des modèles qui contribuent à maintenir la belle imitation des phâles de l’Inde,
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- Deux châles longs et deux carrés, d’une réduction remarquable, qu’il a exposés, ont mérité les suffrages du jury et du public.
- Il avait obtenu la médaille d’or en 1839, le jury lui en vote le rappel.
- M. FORTIER, à Paris, rue Neuve-Saint-Eusta-che, 36.
- M. Fortier a su , depuis longtemps , se placer au premier rang pour la fabrication des châles indous. Une parfaite entente du coloris, et une grande habileté d’exécution, lui ont permis de réaliser l’un des premiers, dans cette fabrication, de notables économies. Faire bien et à bon marché, c’est un résultat que chaque fabricant doit se proposer, et nul ne résout ce problème économique plus heureusement que cet exposant, qui offre aujourd’hui, à la consommation , à 35 et 4° fr-> des châles qui en valaient 5o et 55 il y a cinq ans.
- Il excelle également dans la fabrication des châles plus riches, de 100 à i5o fr.
- Il a eu l’heureuse idée de faire trois châles longs, blancs, très-riches, et d’une grande finesse, sur le même dessin et avec des matières différentes.
- L’un est en pur cachemire, l’autre en laine de Saxe, et le troisième en laine du troupeau de M. Graux de Mauchamps.
- Ces trois châles, d’une grande finesse, et également bien exécutés, nous ont offert une comparaison fort importante. Son résultat a été, que, pourla souplesse et la douceur, la laine dite de Mauchamps l’emportait sur celle de Saxe, et se rapprochait
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- beaucoup du cachemire pur. Ce jugement est intéressant pour l’avenir de cette nouvelle laine.
- M. Fortier a exposé, en outre, des étoffes en laine et soie, pour meubles, portières et tentures, d’un dessin large > hardi, où il fait jouer avec beaucoup d’effet les couleurs qu’il emploie.
- Le jury, appréciant le mérite réel de ce fabricant,'le reconnaît, de plus en plus, digne delà médaille d’or qu’il a obtenue en 1839, et lui en vote le rappel.
- MÉDAILLE D’OR.
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- RJ. DUCHÉ aîné, à Paris, rue des Petits-Pères, 3.
- Ce manufacturier, doué d’un esprit actif et novateur, a su donner une si grande impulsion à sa fabrication , que sa maison est aujourd’hui, dans son genre, la plus importante de Paris. C’est surtout en ramenant la fabrication à des réductions plus fines, à l’emploi des matières mieux choisies, qu’il a su relever la vente des beaux châles de Cachemire-; c’est une justice que la fabrique tout entière se plaît à lui rendre.
- xAucun, avant lui, n’avait osé employer le cachemire de fond pour brocher, et faire des réductions de soixante coups au centimètre. Il a montré, par ses châles carrés vert et blanc, tout ce qu’on pouvait obtenir de plus fin en ce genre.
- Son esprit actif ne se borne pas à ce seul article ; il les embrasse tous à la fois, depuis le châle de 5o fr, jusqu’à celui de 1200 fr.
- On a pu remarquer un châle long; présentant,
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- dans le fond, un ombré dans les tons rouge, vert et bleu , qui a demandé l’emploi de cent vingt nuances différentes.
- En considération de son importance, de la perfection de ses produits, et du mouvement heureux qu’il a communiqué k son industrie , le jury lui décerne la médaille d’or.
- MENTIONS POUR ORDRE.
- MM. GODEMARD et MEYNIER, à Paris, rue Neuve-Saint-Eustache, 5.
- Ces exposants, qui ont une maison k Lyon, déjà honorée des premières récompenses pour la fabrication de l’étoffe façonnée, y ont joint celle des châles cachemires. Pour l’exploitation de cette seconde industrie, ils sont venus se fixer au milieu même de la fabrique parisienne, comptant sur le succès de leur procédé nouveau, pour soutenir la concurrence. L’expérience a prouvé qu’ils n’avaient pas trop présumé de leurs forces , et, quoique nouveaux encore, ils se sont tout d’abord placés en première ligne. Nous avons parié de leur procédé en commençant ce rapport; nous ajouterons qu’ils ont porté, dans la fabrication du châle, ce sentiment du dessin, cette entente du coloris, cette habileté pratique si familière aux Lyonnais. Ils sont en voie de donner un grand développement k leur nouvelle industrie. Toutefois, comme elle est encore jeune et qu’elle a tout k espérer de l’avenir, le jury se réserve , lorsqu’il s’occupera des soieries, de leur décerner lu récompense qu’ils méritent.
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- M. Paul GODEFROY, à Paris,
- A exposé des châles indou s et pur cachemire, qui ont fixé l’attention des connaisseurs et du public, par la hardiesse qu’il a su déployer dans la composition des dessins.
- On a distingué surtout un châle long à fond varié, rehaussé d’or et d’argent, d’une exécution et d’une finesse de tissu admirables.
- Nous avons remarqué une chaîne imprimée par un procédé nouveau de sa création, qui lui permet de fixer une couleur rouge, sur le fond de la chaîne, en guirlande ou de toute autre manière, suivant les contours et l’exigence des dessins, afin de donner, par ce moyen, plus de richesse de coloris et de vivacité aux châles.
- Ce fabricant a déjà été honoré de la médaille d’or, comme imprimeur sur étoffes. Il expose encore aujourd’hui à ce titre,
- Sa fabrication des châles promet beaucoup, sans doute, pour l’avenir, et nous fait concevoir les plus belles espérances; mais, comme elle est encore récente, le jury pense que la récompense à accorder à cet exposant sera mieux placée à la partie du rapport qui s’occupera de l’impression.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
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- M. FOUQUET aîné, à Paris, rue des Fossés-Montmartre, 10.
- Ce fabricant, qui a tissé l’un des premiers un châle long, cachemire, à la tire, sur chaîne soie,
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- lorsqu’il était simple ouvrier dans l’ancienne maison Bellangé et Dumas Descombe, doit à un travail long et honorable , la bonne position qu’il a su acquérir parmi ses concurrents.
- Sa fabrication de châles indous, carrés et longs, se distingue par une exécution soignée et la modicité des prix ; aussi est-elle bien accueillie par la consommation.
- Le jury se plaît à rendre justice au mérite de ce fabricant, et lui décerne le rappel de la médaille d’argent qu’il a obtenue en 1839.
- M. DEBRAS, à Paris, rue des Fossés-Montmartre, 19.
- M. Debras a été, tour à tour, ouvrier, dessinateur et fabricant. Il a exécuté lui-même un châle espouliné, à une époque où on ne connaissait pas encore parfaitement le travail indien.
- Par ses connaissances en fabrication, et par une économie bien raisonnée , dans la conformation des dessins, il est parvenu , à l’aide d’un pivotage des cartons habilement combiné avec le dessin, à réduire d’un tiers, et même quelquefois de moitié, le nombre des cartons nécessaires à la confection d’un châle.
- Ses produits doivent, à l’économie de ses procédés, non moins qu’à leur bonne exécution, la faveur dont ils jouissent dans la consommation. C’est un mérite que le jury Se plaît à reconnaître, en votant, au profit de ce fabricant, le rappel de la médaille d’argent.
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- MM. GAGNON et CULHAT, à Paris, rue Neuve-Saint-Eustaçhe, 23.
- Ces exposants ont présenté des châles indous d’une fabrication très-soignée; ils soutiennent leur réputation de bien produire, avec goût, intelligence et bon marché.
- Le jury leur accorde le rappel de la médaille d’argent qu’ils ont obtenue en i83<).
- MM. SIMON et NOURTIER, à Paris, rue des Fossés-Montmartre, 2.
- Cette maison se distingue par plusieurs genres cle produits : le châle cachemire, le châle indou et plusieurs articles de nouveautés.
- Ils ont aussi fabriqué des châles où ils ont admis for et l’argent dans le tissage des fleurs du dessin, à l’imitation de quelques étoffes recherchées en Orient, où ils ont su se créer des débouchés importants.
- Le jury leur accorde le rappel de la médaille d’argent qu’ils ont obtenue en i83g.
- M. CHAMBELLAN, à Paris, rue des Fossés-Montmartre, 8.
- M. Chambellan obtint une médaille d’argent en société avec M. Duché aîné. Il continue seul, avec succès, la fabrication des châles cachemires et indous.
- Le jury lui accorde le rappel de la médaille d’argent.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. BRUNET, à Paris, rue Neuve-Saint-Eustache, 44.
- M. Brunet, qui s’est livré très-jeune à l’étude des procédés de fabrication, les dirige avec une habileté rare; sa production habituelle est le châle indou-laine, dont il accroît la vogue par une excellente confection.
- Il a obtenu une médaille de bronze en i83g; depuis lors il a augmenté de beaucoup sa fabrication dans les châles bon marché. .
- Le jury, appréciant le mérite réel et distingué de ce fabricant, l’élève à la médaille d’argent.
- MM. BARBÉ-PROYART et BOSQUET, à Paris, rue de Cléry, 42.
- Indépendamment des articles de leur fabrication courante, ces manufacturiers ont exposé plusieurs châles faits doubles par le procédé que nous avons décrit en tête de ce rapport. Cette innovation nous a frappés, à juste titre, et nous a paru devoir exercer, pour l’avenir, une influence utile sur le prix de revient des châles.
- La séparation des deux pièces jumelles était la grande difficulté de la question , elle a été bien résolue par la machine de l’invention des exposants, et dont votre section de mécanique aura à vous rendre compte. C’est d’accord avec elle, et dans la confiance que lui inspire ce nouveau mode de fabrication, que le jury ne balance pas à voter, à ces exposants, la médaille d’argent.
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- MM. BOAS frères, à Paris, rue de Cléry, 27.
- Nous ne pouvons que répéter, pour ces exposants , ce que nous venons dire de MM. Barbé-Proyart et Bosquet. Comme ces derniers, ils fabriquent deux châles à la fois sur le même métier ; et, comme eux aussi, ils ont inventé une machine pour les séparer. Il est vrai qu’ils ne l’ont pas exposée, mais nous l’avons vue fonctionner, et nous avons pu reconnaître quelle atteint parfaitement son but.
- Leurs procédés de montage des métiers et de séparation des châles, sont tout à fait differents de ceux de leurs concurrents ; il n’entre pas dans les attributions du jury de déterminer leur mérite comparatif, mais comme le problème est résolu de part et d’autre, il leur décerne également la médaille d’argent.
- MM. GOURÉ jeune et GRANDJEAN, à Paris, rue Neuve-Saint-Eustache, 28.
- M. Gouré obtint en i834 une médaille de bronze, qui fut honorablement confirmée en i83q, pour ses châles cachemire et indou-laine.
- Les débouchés de cette maison se sont considérablement accrus depuis 183g. Ces fabricants ont, depuis cette époque, établi de bonnes relations avec l’Allemagne et l’Italie, où ils exportent une grande partie de leurs produits,
- Les châles qu’ils exposent cette année attestent leurs nouveaux efforts pour produire de bonnes qualités à des prix modérés.
- Le jury leur décerne la médaille d’argent.
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- MM. JOURDAN et C‘% à Paris, rue Neuve-Saint-Eustache ,5. .
- MM. Jourdan et Cie ont su prendre une place distinguée parmi les fabricants de cachemire et indou-laine. Les produits qu’ils ont exposés sont remarquables par tous les genres de mérite qui constituent une bonne fabrication : coloris harmonieux , finesse de réduction, élégance et bon goût du dessin. Ils peuvent soutenir la comparaison avec ce qui se fait de mieux en ce genre et sont bien appréciés par les consommateurs.
- Le jury leur décerne la médaille d’argent.
- MM. L. CHAMPION et C. GÉRARD, à Paris, rue Neuve-Saint-Eustache ,15.
- Ces fabricants, successeurs de M. Léon Bachelot, qui obtint une médaille de bronze en 1839, ont su prendre un rang distingué pour la fabrication des châles indous.qu’ils établissent à des prix favorables à la consommation; ils ont ajouté à leurs produits les châles pur cachemire.
- Ils ont exposé, entre autres châles, un carré présentant deux dessins différents séparés diagonale-ment, ce qui, â l’usage, produira le même effet que deux châles tout à fait distincts.
- Ces fabricants se sont classés fort honorablement parmi leurs rivaux; le jury, appréciant leur mérite, les élève à la médaille d’argent.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. BOURNHONET, à Paris, rue des Fossés-, Montmartre, 2.
- Ce fabricant a présenté à l’exposition des châles longs et carrés, indou-laine et cachemire d’une fabrication courante.
- . Nous avons remarqué un châle long blanc dune exécution superfine très-riche de dessin et de coloris. Ce produit tout exceptionnel pour ce fabricant nous fait regretter qu’il n’ait pas donné une plus grande extension à ce genre de fabrication.
- Le jury lui accorde le rappel de la médaille de bronze.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Hippolyte JUNOT, à Paris, rue Neuve-Saint-Eustache, 6,
- Fabrique avec succès le châle cachemire et le châle indou. 11 a exposé, entre autres, un châle long noir qu’il nomme triface, dont le dessin est combiné de manière qu’il représente, dans un sens, un châle long à bas de palme, dans l’autre sens, un châle long à galerie, et dans le troisième sens, un carré à galerie seulement.
- Le jury, tout en rendant justice à l’habileté de ce fabricant , regrette que son importance manufacturière ne soit pas à la hauteur de son mérite. Il a déjà eu le rappel de la médaille de bronze en 1839; le jury lui décerne une nouvelle médaille
- de bronze en 1844*
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. SIVEL-CARON et Cie, à Paris, rue Neuve-Saint-Eustache, 25.
- Ces exposants se sont placés promptement au nombre des bonnes maisons qui fabriquent les châles indous. Leurs produits se distinguent par leur bonne confection et le choix heureux des dessins.
- MM. Sivel et Herbin avaient obtenu une mention honorable en 1839. Le jury central de i844> prenant en considération les progrès qui ont été faits depuis cette époque par leur nouvelle maison, leur décerne la médaille de bronze.
- MM. BOUTARD-VIGNON et Cie, à Paris, rue des Fossés-Montmartre, 25.
- Ces fabricants, établis depuis peu de temps, ont exposé des châles indous qui soutiennent avantageusement la comparaison avec ceux des anciennes maisons pour la qualité et pour le prix. Leur fabrication les place, dès leur début, au niveau des habiles producteurs.
- Le jury se plaît à reconnaître le mérite distingué de ces exposants et leur décerne la médaille de bronze.
- MM. LION frères et Cie, à Paris, place des Petits-Pères , 9.
- Ces industriels, récemment établis, étaient auparavant dessinateurs dans une des premières fabri-
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- ques. Ils ont fait preuve de bon goût ; leurs châles ont le cachet des produits les plus recherchés. Le long châle noir à grande galerie qu’ils ont exposé, ne le cède en rien , pour l’exécution et le coloris, à ceux de nos premiers fabricants.
- Ces débuts ont paru au jury assez remarquables pour mériter à ces exposants la médaille de bronze.
- MM. CHINARD fils etCie, à Paris, rue deCléry, 9,
- Ont exposé des châles indous bien fabriqués et des écharpes en chenilles sans envers.
- Leurs produits ont paru au jury assez remarquables pour qu’il se soit empressé de décerner à ces exposants la médaille de bronze.
- M. BÀRRIER, à Paris, rue Saint-Joseph, 10 bis.
- Ce fabricant a exposé des châles indou-laine â des prix modérés et qui font beaucoup d’effet.
- M. Barrier a déclaré se servir d’un procédé qui lui permet de varier le fond de chaque palme sans qu’il en coûte plus de frais de main-d’œuvre.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- MM. DACHÉS etDUYERGER, à Paris, rue Neuve-Saint-Eustache, 7.
- Ces exposants ont présenté, pour la première fois, leurs produits : ils fabriquent des châles indou-laine à des prix très-modiques, et d’une parfaite exécution.
- Le jury leur accorde la médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. RQSSET, à Paris, rue Yivierme, 48 ,
- Expose cette année, pour la première fois, des cliâles indou-laine et cachemire pur, remarquables par la richesse des dessins et la bonne fabrication. Ses produits sont de nature k le classer fort honorablement parmi ses concurrents: mais comme sa fabrique est nouvellement établie, le jury a cru devoir attendre que l’expérience ait réalisé les espérances que ses débuts font concevoir. En conséquence, il se contente rie le mentionner honorablement.
- M. FABRE-BOSQU1LLON, à Paris, rue Neuve-Saint-Eustache, 24,
- Dont l’établissement date de six mois seulement, a exposé des châles qui signalent un fabricant intelligent qui sort d’une bonne école.
- M. LIGNIÈRE, à Paris, rue de Cléry, 13,
- Expose des châles indous â des prix très-modiques, exécutés avec soin et très-variés de dessin.
- MM. BONFILS-MICIIEL et Cie, à Paris, rue Neuve-Saint-Eustache, 32 ,
- Exposent des châles indous variés d’une bonne exécution.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. FRESSART, à Paris, rue Neuve-Saint-Eustache , 32 ,
- Exploite le châle indou avec avantage.
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- M. FRETILLE, à Paris, rue de Cléry, 26,
- Pour une collection de châles longs et carrés en pur cachemire, bien variée.
- M. BAROUILLE, à Paris, rue Neuve-Saint-Eustache, 18,
- Pour sa collection variée de châles indous.
- CHALES DE LYON.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. GRILLET aîné, à Lyon (Rhône).
- M. Grillet est en même temps dessinateur, fabricant, mécanicien et négociant. Le goût, la variété, la bonne fabrication de ses produits et l’importance de ses affaires le prouvent.
- Le jury a surtout remarqué les châles blancs fabriqués avec deux chaînes par un procédé de l’invention de M. Grillet.
- Ce fabricant occupe 25o à 3oo métiers qui font travailler de j5o à 900 ouvriers.
- Il produit environ pour i,5oo,ooo fr. de châles , dont moitié à peu près pour l’exportation.
- C’est la troisième fois que M. Grillet expose , et chaque fois le jury en constatant de nouveaux progrès lui a donné une récompense supérieure. *
- En i834, à son début, la médaille d’argent.
- En i83g, la médaille d’or.
- En 1844 ? Ie jury a voulu lui donner un rappel, et il le lui donne avec les plus grands et les plus justes éloges.
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- RAPPEL PE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. DAMIRON frères, à Lyon (Rhône).
- Cette maison , par l’excellente fabrication de ses châles et par l’importance de ses affaires, tant à l’intérieur qu’à l’étranger, mérite le rappel de la médaille d’argent qu’elle a reçue en i834* Le jury central lui confirme de nouveau cette récompense.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. PAGÈS, BLIN et Cie, à Lyon (Rhône).
- Les châles carrés et longs, laine ou indou, qu’ils exposent, sont établis à des prix qui expliquent l’importance des affaires que font ces fabricants. En deux ans seulement, ils sont parvenus, à force d’intelligence et d’énergie, à soutenir et à vaincre sur les marchés d’Allemacme et d’Italie, la concur-rence des fabriques de Vienne en Autriche.
- Le chiffres de leurs affaires s’élève à près d’un million, dont les deux tiers au moins pour l’exportation.
- Ils ont obtenu la médaille de bronze en iSig, et les progrès qu’ils ont faits depuis, méritent la médaille d'argent que le jury leur accorde.
- MM. JARR1N et TROTTON, à Lyon (Rhône).
- Ces fabricants exposent des châles carrés et longs en laine indous et cachemire.
- Leurs prix sont modérés; leur fabrication est très-bien entendue pour produire de l’apparent, même du riche à bon marché.
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- Les grandes relations qu’ils ont formées k Texte* rieur, leur ont permis de développer avec énergie leurs moyens de production. Leurs affaires s’élèvent de 6 à 700 mille francs, dont deux tiers pour l’exportation.
- Le j ury leur décerne la médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. J. M. GOUJON, à Lyon (Rhône).
- Ce fabricant expose, pour la première fois, des châles indous très-variés de dessin, et d’une parfaite exécution. Il prend, dès son début, un rang distingué dans la fabrique, qui lui présage, pour l’avenir, de plus grands succès.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. JÀILLET jeune, à Lyon (Rhône).
- Très-connu à Lyon par les 'perfectionnements qu’il a apportés dans diverses parties de la fabrication des châles, comme liseur et mécanicien, le sieur Jaillet a entrepris, depuis peu, la fabrication des châles de cachemire.
- Ce qui paraît surtout avoir frappé cet industriel, c’est la possibilité de multiplier, sans nouveaux frais, les tons des couleurs, en les employant tantôt seules, tantôt mélangées entre elles.
- Les châles exposés par lui prouvent que ses essais ne sont pas restés sans résultats, et dénotent, de la part du sieur Jaillet, une connaissance profonde de l’art du tissage.
- Ges articles n’ayant pas encore acquis une grande
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- importance commerciale, le jury récompense ce fabricant en lui décernant la médaille de bronze.
- CHALES DE NIMES.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM. Pierre CURNIER et Cie, à Nîmes (Gard).
- Cette maison , qui a changé de chef, n’a pas changé de raison commerciale; MM. Curnier fils et Brunei, son cousin, ont conservé la raison sociale Honorée par tant de succès.
- Initiés depuis longtemps à la connaissance de la fabrication, ils ont déployé le goût, l’habileté, le mouvement, qui avaient distingué leurs prédécesseurs dans la direction de leur maison, ils ont même sensiblement augmenté l’importance de leurs affaires.
- On distingue dans leur collection un châle long vert et un bleu céleste , dont la disposition et le goût ne le cèdent à aucune fabrique.
- Leurs divers genres de châles à carreaux et imprimés sont aussi d’un très-bon effet.
- Le jury, en raison de l’activité toujours croissante de ces industriels, leur accorde de nouveau le rappel de la médaille d’or.
- MÉDAILLE D’OR.
- MM. DEVEZE fils et Cie, à Nîmes ( Gard).
- Ces fabricants, qui obtinrent la médaille de bronze en i834, n’exposèrent pas en 1839. Depuis lors ils ont acquis de nouveaux titres à la récom-
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- pense du jury, et ces titres se sont accrus d’autant plus que, sans négliger la consommation courante de l’intérieur, qui était dans le temps leur seule ressource, ils ont su se créer des débouchés considérables à l’extérieur, principalement dans l’Amérique du Sud, où ils exportent les cinq huitièmes de leurs produits.
- Outre les châles de qualité moyenne qu’ils ont exposés, et parmi lesquels on remarque un châle long noir et un bleu de France, qui réunissent au plus haut degré le double mérite de l’excellente exécution et du bon marché, ils fabriquent aussi des châles longs rayés, destinés à la consommation du Levant.
- Le jury, en considérant le grand développement que ces exposants ont donné à leur fabrication, l’importance de leurs débouchés à l’extérieur, les trouve dignes de la médaille d’or qu’il leur décerne.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. COLONDRE et GE V AUD AN, à Nîmes (Gard).
- Une médaille d’argent fut décernée en i83y au nom de Golondre et Prades.
- La nouvelle maison mérite , par son importance et la bonne fabrication de ses produits, le rappel delà médaille d’argent que le jury lui décerne de nouveau.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. F. CONSTANT et fils, à Nîmes (Gard).
- M. Constant, excellent fabricant et dessinateur très-distingué, s’occupe principalement de la fabrication des châles dans les qualités supérieures, qui peuvent rivaliser avec les fabriques de Paris et de Lyon. C’est à ce genre spécial, auquel il se livre avec zèle et intelligence, qu’il doit les succès que ses produits obtiennent dans le commerce.
- Le jury, appréciant les services qu’il rend à cette industrie , en ce qu’il entretient, par ses soins persévérants , le type du goût et de la bonne fabrication, lui décerne avec satisfaction la médaille d’argent.
- MM. PRADES et FOULC, à Nîmes (Gard).
- M. Prades, associé d’abord avec M. Colondre, obtint en 1839 une médaille d’argent. Depuis lors M. Prades a formé une nouvelle'société avec M. Foule, et a mis en pratique, avec beaucoup de succès, l’expérience qu’il avait acquise dans sa première société.
- Ces industriels ont donné une grande extension à leur fabrication , par les relations qu’ils ont établies avec la Hollande et la Belgique, où ils exportent les deux tiers de leurs produits. Ils ont su, par leur activité et leur intelligence, satisfaire au goût dominant de ces contrées, et entretenir, par ce moyen , une fabrique considérable où ils occupent un grand nombre d’ouvriers.
- En raison de leurs efforts et de leurs succès, le jury leur décerne la médaille d’argent.
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- MM. FABRE et BIGOT, à Nîmes (Gard).
- Ces exposants, établis depuis i838, sont déjà profondément initiés à tous les secrets de la fabrication ; on reconnaît dans leur production, l’intelligence et les soins les mieux entendus.
- Ils ont établi des dépôts à Paris et à Bruxelles, et ont envoyé des représentants en Allemagne et en Hollande , où ils font des affaires considérables.
- Ces fabricants se présentent pour la première fois au concours, et le jury central, en considérant le grand développement de leur fabrication et leur habileté industrielle, leur vote la médaille d’argent.
- RAPPELS 1)E MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. J. BOUET, à Nîmes (Gard).
- Les châles thibet de cet exposant ont fixé l’attention des connaisseurs par leur bonne exécution et leur bas prix. Il nous fait regretter qu’il n’ait pas donné une plus grande extension à sa fabrication.
- Le jury n’a donc pu que renouveler à ce fabricant le rappel de la médaille de bronze qu’il lui avait accordée en 1839.
- MM. M1RABAUD etCie, à Nîmes (Gard).
- Ces fabricants ont exposé des châles de laine et principalement des kabyles.
- Ces articles, exécutés avec soin, sont livrés à la consommation à des prix très-modiques. Ces qualités remarquables déterminent le jury central à confirmer à MM. Mirabaud et Cie, le rappel de la médaille de bronze qu’ils ont obtenue en 1839.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. L. SERRES, à Nîmes (Gard).
- Ce fabricant expose pour la première fois des châles thibet remarquables par la modicité de leur prix. 11 occupe un grand nombre d’ouvriers. Les deux cinquièmes de ses produits sont livrés à l’exportation , et envoyés principalement en Espagne.
- M. Serres, par l’extension qu’il a su donner à sa fabrication , par l’abaissement de ses prix, par le rang qu’il a pris dans les affaires, a droit à la médaille de bronze que lui décerne le jury central.
- MM. REYNAUD père et fils, à Nîmes (Gard).
- Ces exposants se présentent, cette année, pour la première fois ; ils ont envoyé des châles de qualités moyennes, à des prix modérés, qui leur assurent de bons débouchés.
- Le jury central reconnaît que ces fabricants sont dans une voie de progrès, par la production d’articles fabriqués à bon marché, et leur accorde une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. AUDEMARD et BRÉS fils, à Nîmes (Gard),
- Fabriquent les qualités ordinaires dont la consommation se trouve en France, en Hollande et en Allemagne.
- MM. BERTRAND et PRADAL, à Nîmes (Gard). Ils se renferment dans un genre de châle sur
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- fond couleur de mode, pour Paris et pour l’exportation.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. GAVANON fils, à Nîmes ( Gard).
- Les produits de ce fabricant s’appliquent généralement à la consommation moyenne.
- M. MALHIAN aîné, à Nîmes ( Gard).
- Ses produits sont- appréciés par les soins qu’il donne k sa fabrication de châles ordinaires.
- MM. PONGE et fils, à Nîmes (Gard).
- Ces fabricants exploitent avec avantage un genre de châle fond blanc qui leur est très-demandé.
- EXPOSANT NON FABRICANT.
- M. ECK, à Paris, rue du Chantre Saint-Honoré, 24.
- Quoique cet industriel ait exposé quelques articles exécutés par lui, le jury n’a pu l’accepter comme véritable producteur : il doit plutôt être rangé dans la classe des industriels ou artistes dont le jury a la mission d’apprécier les mérites, bien qu’ils ne soient pas fabricants. Il est bien vrai qu’en 1823 , M. Eck, en société avec M. Isot, avait obtenu la médaille d’argent. Depuis, il a cessé de travailler pour son compte ; mais, dans la nouvelle position qu’il a prise, il n’a cessé de s’occuper de la fabrication, d’en suivre et d’en faciliter les progrès. C’est
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- à lui que la fabrication des châles doit les premiers essais du véritable croisé des châles des Indes.
- Cette découverte a exercé la plus utile influence sur la fabrication des châles, elle a été l’origine de tous les perfectionnements; c’est une justice que lui rend l’opinion publique. Le jury, en considération de la constance des travaux de M, Eck, et des services très-importants qu’il a rendus à la fabrication des châles, vote à son profit la médaille d’argent.
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- DEUXIEME PARTIE.
- SOIES ET SOIERIES.
- PREMIÈRE SECTION.
- SOIES GRÈGES ET OUVRÉES.
- M. Meynard, rapporteur.
- L’appel que le jury faisait aux mouliniers et filateurs de soie, dans ses rapports de 1834 et 1839, a été entendu ; il a excité leur zèle, et l’exposition de 1844 s’est enrichie de leurs différents produits : si les exposants ne sont pas encore nombreux, du moins ils représentent cette année leur importante industrie dans toutes ses parties, depuis la formation et les variétés de graines, la filature et ses procédés divers, le moulinage en trames, en organsins, rondelettes, floches, etc. ; les connaisseurs trouvent à cette exposition la représentation de toutes les transformations que subit cette précieuse matière avant de former les riches tissus qui honorent la fabrication française.
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- C’est avec bonheur que nous signalons les progrès de cette industrie, non-seulement dans ses
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- procédés, mais dans sa marche générale ; les petites filatures disparaissent chaque année ; de grands établissements avec des procédés perfectionnés se forment et les remplacent, et par cette heureuse substitution, la qualité des soies grèges s’améliore et s’élève ; les mouliniers deviennent filateurs; ils ont senti que c’était le seul moyen d’avoir des organsins ou des trames régulières, d’un brin toujours égal et net, et d’assurer à leurs marques un débit facile et avantageux ; aussi nous pouvons dire avec assurance, sinon pour tous, du moins pour beaucoup d’entre eux, que leurs ouvraisons sont supérieures à toutes les ouvraisons connues; il y a à peine 20 ans que les organsins du Piémont jouissaient d’une supériorité incontestable ; ils se vendaient de 10 à 12 fr. par kilog. en sus du prix de ceux de France, soit 12 à 15 pour 100 de la valeur; aujourd’hui les produits français obtiennent la préférence sur ceux de l’étranger, et la différence du prix vénal est en sens inverse. Nous sommes loin de l’époque où les fabricants de Lyon sollicitaient et obtenaient du Roi Louis XIV dés lettres-patentes pour les autoriser à employer, dans certaines étoffes, les soies nationales interdites alors à cause de leur infériorité.
- Il est juste de remarquer que ces heureuses innovations ne doivent pas être uniquement at-
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- tribuées aux mouliniers ; les fabricants peuvent à bon droit en revendiquer une large part. Jadis le système de moulinage était uniforme ; on employait indistinctement dans tous les tissus, satins , peluches, rubans, etc., les soies ouvrées d’une même manière ; l’expérience est venue en aide à la fabrique, a diversifié les emplois suivant la diversité des étoffes; ainsi, pour le satin , on met en œuvre des organsins à deuxième apprêt très-lâche au titre de 26/30, n’ayant que 360 à 380 torsions par mètre ; pour les peluches, même ouvraison à 300 ou 320 torsions seules ment ; pour les rubans satinés au contraire, des organsins à fort apprêt au titre de 18/22; ces variations d’ouvraison sont devenues des spécialités, et des transactions directes se sont ouvertes entre les deux industries. Le moulinage qui n’était naguère qu’une occupation mécanique et presque infime, s’est élevé au rang d’une profession industrielle distinguée.
- Le gouvernement n’est point resté étranger aux divers perfectionnements de la production et de la fabrication sérigène ; il pousse aux progrès par des encouragements et des sacrifices; une amélioration sensible que ce noble commerce lui doit se trouve dans l’application du nouveau système de conditionnement, qui règle d’une manière équitable et certaine la dessiccation des
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- soies. Qu’il nous soit permis d’appeler son attention sur un perfectionnement non moins important, non moins vivement réclamé, nous voulons parler de la régularisation du titrage de la soie ; cette précieuse matière est si ténue, si délicate, que l’œil le plus exercé ne peut juger de sa finesse à la simple inspection ; la grége offre tant de disparate et pour le titre et pour le résultat du dévidage, qu’une manutention préliminaire peut seule en faire apprécier la bonne confection ; un essai est indispensable pour diriger l’acheteur ; aussi, à Lyon comme, dans toutes les villes de fabrique, les essayeurs se sont multipliés au delà des besoins réels, ils ont donné lieu à de nombreuses plaintes sur leur incurie, sur le défaut de leurs connaissances pratiques et même sur l’exactitude de leurs épreuves, circonstance grave qui porte la perturbation dans les transactions; vendeurs et acheteurs réclament l’intervention du gouvernement pour réglementer cette industrie accessoire et la transformer en établissement public, comme le conditionnement des soies; nous croyons devoir appeler l’attention du ministre du commerce sur ce point si important , et nous avons lieu d’espérer que son active sollicitude se préoccupera utilement de la satisfaction attendue par d’aussi grands intérêts.
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- Les progrès que nous signalons comme accomplis et ceux que nous appelons de tous nos vœux nous donnent la confiance que la fabrique française pourra soutenir avec avantage la concurrence des produits étrangers, et se maintenir dans le haut rang qu’elle occupe depuis deux siècles; de toutes parts la rivalité s’établit et s’étend; en Suisse, en Italie, en Allemagne, en Prusse, en Russie ; l’introduction des métiers à la Jacquard facilite l’établissement du tissage des étoffes
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- de soie, et l’exportation de produits similaires des fabriques de Zurich et d’Elberfeld se fait déjà sentir dans la masse de la fabrication nationale. C’est par l’augmentation de notre production séricicole, par le perfectionnement de la matière première, par l’emploi de nos soies indigènes, supérieures aux soies étrangères dans quelques-unes de nos provinces, que nous parviendrons à triompher dans cette pacifique lutte, et à conserver cette supériorité que nos avantages naturels et l’habileté de nos fabricants assurent à la provenance française.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. Louis CHAMBON, à Alais ( Gard ).
- Depuis 1816, M.Chambou occupe un des premiers rançs dans l’industrie des soies : filateur et mouîinier, ses produits sont aussi variés que per-
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- fectionnés ; dans ses divers ateliers il fabrique les organsins pour satin, les soies pour tulles, les grenadines, zéphirs, etc.; ils répondent par la beauté de la matière et la supériorité de l’ouvraison, aux besoins les plus délicats et les pins variés. Chaque année amène dans les ateliers de M. Chambon quelque perfectionnement nouveau ; l’industrie de la filature lui doit le procédé qui purge la soie du mariage des fils,* le moulinage a reçu de lui l’application du mécanisme nouveau pour le tournage à la vapeur. Dans sa fabrique du Martinet, il a le premier mis en pratique le système de dévidage en bobines, de telle sorte que la soie, en sortant de la bassine, passe au doublage et au tarse, sans l’intermédiaire du tavelage qui entraîne toujours un déchet considérable dans la soie.
- C’est par ses procédés et son zèle pour le progrès de cette noble industrie que M. Chambon est parvenu à donner à ses produits une supériorité incontestable. Le jury prenant en considération l’importance des établissements de M. Chambon et le perfectionnement de ses systèmes, lui décerne avec éloges le rappel de la médaille d’or qu’il a obtenue en 1839.
- MM. LANGEYIN et Cie, à La Ferté(Seine-et-Oise).
- Cet établissement, uniquement destiné à la manutention des bourres de soie et à la production des filés dits fantaisies, est le premier et le plus considérable de France pour ce genre de fabrication: il fournit plus du dixième de la consommation de nos fabriques de châles-Thibet ; il file tous les numéros, depuis 60 jusqu’à 3oo, et ses produits n’ont
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- rien à redouter de la concurrence anglaise, ni pour la qualité ni pour le prix; par les perfectionnements qu’a introduits cet habile industriel, ils égalent leurs similaires d’outre-mer. La conquête de cette fabrication formée avec des machines introduites à grands frais, est un véritable service rendu à l’industrie nationale; elle trouve en France la matière première qui l’alimente et assure à nos fabriques de châles une portion considérable de leur consommation; introduite à l’aide d’une protection presque insignifiante, elle a vécu et grandi en présence d’une concurrence incessante, et déjà elle est en possession du marché français.Une telle épreuve, si dangereuse pour les industries créées dans des conditions forcées et inopportunes, est le gage de la durée et du développement des ateliers de Laferté-xYleps . et le jury rappelle la médaille d’or qui lui a été décernée en 1839.
- M. TEISSIER-DUCROS, à Yalleraugue (Gard).
- Depuis 1823, les soies de M.Teissier-Ducros figurent avec une distinction particulière dans toutes les expositions qui se sont succédé ; il obtint alors une médaille d’argent qui fut le sujet d’un rappel en 1827, et reçut la médaille d’or en i834, rappelée en 1839. Disons que c’est à bon droit que ces récompenses ont été données; cet honorable industriel en était digne par ses constants efforts pendant 47 ans à perfectionner la filature des soies, base unique de toute belle fabrication, mais industrie qui était fort arriérée alors qu’il commença à s’y livrer. M. Teissier-Ducros s’est retiré des affaires depuis trois ans; en lui succédant, ses fils ontcon-
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- serve la raison sociale de leur père, comme un hommage de respect et de reconnaissance filiale.
- Les établissements de MM. Tcissier-Ducros ont pris depuis 1839 un nouveau développement; ils viennent de créer un second atelier de moulinage; leur filature suit cette progression ; dans l’une et l’autre manutention ils mettent en œuvre les procédés les plus perfectionnés.
- Les grèges qu’ils ont exposées sont d’une rare perfection ; leur titre varie depuis 3 jusqu’il ffî cocons; elles sont sans mariages et à bouts noués • leur pureté, leur régularité, le degré de nerf et d’élasticité qu’elles possèdent en rendent le dévidage facile ; quelques fabricants les emploient pou r chaîne à fil simple et sans aucune ouvraison; les derniers numéros servent à la confection des toiles h bluter ; féchantillon à 48 cocons est un modèle de perfection ; il est produit par le concours de deux fdeuses, dépouillant chacune dans une bassine séparée quatre groupes de six cocons; les brins se réunissent premièrement en deux fils de 12, puis de 24, et enfin après une forte croisure, ils forment la réunion de 48 cocons, en conservant la même régularité que les titres les plus fins. C’est un chef-d’œuvre en filature.
- Le jury rappelle en faveur de la maison Teissier-Ducros la récompense de premier ordre qui lui a été décernée en i834-
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- MÉDAILLES D’OR.
- M. Louis BLANCHON, à Saint-Julien-en-Saint-Alban (Ardèche).
- C’est pour la première fois que M. Louis Blan-elion expose les produits de son industrie; nous les jugerons par un seul mot: ils sont la perfection même; sans assigner de limites au progrès, nous doutons que dans aucun temps il soit permis d’es* pérer que ce degré soit dépassé.
- C’est à cet habile industriel que la France doit la supériorité de ses organsins; c’est par ses soins constants, par ses efforts incessants, par son zèle infatigable pour le perfectionnement de l’organsinage, la bonne confection et la régularité delà soie grége que cette industrie a d’abord soutenu la concurrence étrangère, et qu’elle a fini'par surpasser sa rivale.
- C’est à M. Blanchon que nous faisions allusion dans notre avant-propos ; nous devons le signaler à l’attention publique comme l’auteur, le propagateur de toutes ces améliorations qui ont porté le moulinage français à ce haut point de supériorité sur le moulinage du Piémont ; que ses confrères suivent son exemple; qu’ils s’efforcent d’agrandir cette carrière de perfectionnement dans laquelle il marche avec une distinction si louable, et cette honorable lutte hâtera le triomphe désormais assuré de l’industrie nationale.
- Le jury décerne à M. Blanchon îa médaille
- d’or,
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- M. MEYNARD, à Yalréas (Vaucluse).
- Cet exposant a succédé à son père qui obtint à l’exposition de i834 la médaille d’argent. Par ses heureuses découvertes, par son zèle et son désintéressement pour leur propagation, M. Meynard marche à côté de M. Blanchon, et ses trames possèdent la même supériorité que les organsins de ce dernier; dans nos grands foyers de consommation comme à l’étranger, leur réputation méritée leur assure non-seulement la préférence sur les similaires des autres mouliniers, mais une faveur de prix de 5 à 6 fr. par kilog. Cet industriel est l’auteur breveté du procédé de moulinage qu’il .emploie ; en sortant de la bassine, au lieu de se porter sur un asple à grande circonférence, la soie se dévide sur des bobines, après avoir traversé un large cylindre chauffé à la vapeur qui la débarrasse de l’humidité et empêche le collage des brins. Un tournage lent facilite la régularité des fils, et le dévidage simultané dispense du tavelage, opération longue et dispendieuse, qui fait éprouver à la grége un déchet de 2 jusqu’à 5 et 6 pour ioo. Ce système , qui ne compte que quelques années d’existence, se propage dans nos régions séricicoles, il produira une économie de matière qu’on peut évaluer à plusieurs millions.
- M. Meynard emploie à d’utiles expérimentations les moments que lui laisse le soin de son importante industrie. Depuis plusieurs années il a entrepris une seconde éducation de vers à soie, en automne; ses essais ont constamment réussi; conservant la graine dans une glacière, il opère l’éclosion
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- vers la fin de septembre. Jusqu’au troisième âge les vers sont nourris avec la feuille multicaule dont la pousse n’est arrêtée que par les gelées; après le troisième âge, c’est-à-dire vers le io octobre, la feuille du mûrier ordinaire alimente les vers, et quoique macérée, durcie par les vents, elle est dévorée par ce vivace insecte jusqu’au pétiole. Par ce procédé, le mûrier ne souffre aucune atteinte, car sa seconde feuille ne lui est enlevée qu’au moment de sa chute naturelle, et l’arbre néprouve aucune altération dans sa production future. Le rapporteur a suivi avec attention l’éducation seéonde faite par l’exposant en 184B; il l’a examinée dans toutes ses phases, et le succès constaté a dépassé toutes ses espérances ; c’est avec le produit de cette seconde récolte que M. Meynard a confectionné les grèges, les organsins et les étoffes qu’il a exposés ; ils ne le cèdent à aucun autre pour le moelleux du tissu et le brillant de la couleur. Il a conservé un kilogramme de graine qu’il se propose de distribuer à ses confrères pour propager cette seconde éducation. Si cette expérience en grand confirme, comme tout porte à le croire, la réussite des essais antérieurs, une grande rénovation s’apprête dans la production de la soie; l’agriculture et l’industrie en retireront un bienfait immense, et la reconnaissance publique se reportera sur son auteur.
- Le jury accorde à cet exposant là médaille d’or.
- MM. AIGOIN-DELARBRE et Cie, à Ganges ( Hérault ),
- Possèdent un des plus grands établissements de
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- France en filature et moulinage 5 il se compose de 2i3 bassines en organsins ou trames; ils produisent 10,000 kilog. de grége dont la valeur arrive à près d’un million de francs; leur industrie réunit la quantité à la qualité.
- Les échantillons qu’ils ont soumis à l’appréciation du jury central sont d’une grande beauté : couleur, pureté, régularité, élasticité, ces soies déploient toutes les perfections qui distinguent les soies des Cévennes; aussi jouissent-elles dans nos grands centres de consommation de la faveur qui leur est due à tant de titres.
- MM. Aigoin-Delarbre et G10 se livrent avec intelligence et succès à tous les perfectionnements que leur suggère une pratique habile; ils ont propagé la culture du mûrier dans la contrée qu’ils habitent et que leur industrie enrichit ; la production générale des soies s’est portée en peu d’années de i3,ooo kilog. à 40,000; c’est une richesse qu’ils ont créée en partie et qui mérite la réconnaissançe universelle.
- Le jury, en reconnaissant dans MM. Aigoin-Delarbre et Gie des industriels sur la première ligne dans une production qui est sans contredit l’une des plus magnifiques de la France, leur décerne la médaille d’or.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Ernest FAURE, de Saillans (Drôme).
- Depuis la dernière exposition, les produits de cette fabrique ont pris un grand développement et éprouvé une sensible amélioration ; M. Faure est
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- un filateur distingué et un habile moulinier ; ses organsins à apprêts variés, pour satin, pour peluches, pour rubans satin , décèlent une application et une intelligence remarquables; encore un pas, et ce recommandable industriel se placera au premier rang. Déjà sa marque jouit à Saint-Etienne et à Lyon d’une faveur justement méritée.
- Le jury se plaît à rappeler la médaille d’argent qu’il lui a accordée en 1889.
- M. Ferdinand CARRIÈRE, à Saint-André-de-Yalborgne (Gard).
- Les soies blanches et jaunes de 4/5 à 9/10 cocons exposées par M. Carrière sont filées avec soin et à bouts noués. Elles sont d’une nature supérieure, nerveuse et élastique à la fois, avantages qu’elles doivent à la qualité des cocons que produit cette terre privilégiée des Cévennes. Elles servent principalement aux étoffes mélangées de laine, et s’emploient à fil simple. Il serait à désirer que cet industriel appliquât à sa filature les procédés économiques aujourd’hui en usage, et que, parla rénovation de la graine, il cherchât à améliorer la couleur de ses blancs; il trouverait dans ce progrès le double avantage d’un débouché plus facile et d’une vente plus lucrative.
- Le jury rappelle en sa faveur la médaille d’argent accordée en 1889 à la maison Carrière et Reidon dont il était l’un des chefs.
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- M. Émilien REIDON, à Saint-Jean-de-Valerisque ( Gard).
- Ancien associé de M. Carrière, il a participé en 1839 à la récompense que le jury décerna à ces deux industriels. Aujourd’hui M. Reidon se présente comme filateur et moulinier, cette dernière industrie est chez lui un essai qui donne des espérances, et ses organsins pour satin méritent des éloges; ses grèges sont bien filées et soutiennent la comparaison avec les filatures de premier ordre.
- Le jury rappelle en faveur de cet industriel la médaille d’argent donnée en 1839.
- MM. BRUGUIÈRE et BOUCOIRAN, à Nîmes (Gard).
- Comme en i834 et 1839, MM. Bruguière et Boucoiran ont exposé une série d’échantillons de leurs nombreux produits : soies plates, soies perlées, floches, cordonnets , fantaisies, rondelettes, écrues et teintes, forment cet assortiment qui témoigne de leur goût et de leurs efforts; depuis la dernière exposition ils ont ajouté à leur établissement un atelier de teinture uniquement destiné à leurs besoins personnels, et l’inspection de toutes les variétés de leurs couleurs est un témoignage des avantages que ces adjonctions, trop rares dans la fabrication des soieries de tous genres ; procureraient aux commerçants qui les créeraient ; la teinture isolée est une occasion de pertes nombreuses pour les fabricants, il serait inutile d’en détailler les effets.
- Ces industriels ne bornent pas leur production à la consommation intérieure : ils exportent une
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- portion notable de leurs produits à l’étranger, et travaillent avec activité à se procurer des débouchés nouveaux; cette maison est ancienne et jouit d’une confiance méritée; aussi n’a-t-elle à redouter aucune allusion personnelle, lorsque nous exprimerons ici nos doléances sur les causes qui ont amené la stagnation des anciennes relations, la restriction des débouchés que cette fabrication trouvait dans les régions transatlantiques. Naples et la Suisse ont élevé depuis quelques années une concurrence mortelle à nos produits français de soie à coudre et cordonnets, et il faut bien reconnaître que ce n’est pas à nos matières premières ni à l’infériorité de notre fabrication que cet échec doit être attribué ; les transactions commerciales ne durent que par la loyauté et la sincérité ; si quelques industriels avaient négligé ces principes, leur intérêt leur ferait une loi d’y revenir.
- Le jury rappelle en faveur de MM. Bruguière et Boucoiran la médaille d’argent de i83q, comme récompense de leurs efforts et de leur intelligence.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Jean-Baptiste HAMELIN, aux Andelys (Eure) et à Paris.
- Il serait difficile de décrire toutes les variétés de soies à coudre et à broder, ombrées et chinées, mélangées d’or et d’argent, cordonnets, etc., que M. Hamelin a adressées à l’exposition : elles se composent de plus de 200 articles; aussi nous empresserons-nous de reconnaître que sa fabrication
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- est la plus diverse et la plus complète par les différentes natures de matière première et par la multiplicité des nuances; cet industriel opère le dévidage, le retordage et le doublage des soies qu’il emploie, et qui s’élèvent annuellement à 18,000 kilog., dans ses ateliers qui occupent plus de 200 ouvriers. Une industrie si développée est une véritable richesse pour le pays, et rend un éclatant témoignage des efforts et de l’intelligence de son chef.
- Ses succès et le perfectionnement de ses produits remarquables par leur pureté , l’éclat de leur couleur et leur parfaite confection , ont engagé le jury à lui décerner, comme récompense, une nouvelle médaille d’argent.
- M. Jules BOURCIER, à Lyon (Rhône).
- A exposé quelques échantillons de soie filée par un procédé spécial qui consiste à diviser en deux opérations le dépouillement des cocons au moyen d’une double bassine et de deux fileuses; l’une bat les cocons, les purge et les file jusqu’au premier huitième environ ; alors elle casse le fil et en fixe le bout sur un support intermédiaire ; l’autre fileuse les reprend, les dévide jusqu’au moment où ils arrivent à une transparence prononcée qui annonce l’épuisement du tissu, et à l’instant les transmet à la première fileuse qui en termine le dépouillement. Il est aisé de concevoir que ce genre de filature donne deux qualités desoies, l’une secondaire formée par le dessus et le dessous de l’enveloppe , l’autre en première qualité, produite par la portion
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- la plus saine et la mieux élaborée par le ver. M. Bourcier assure, dans ses notes, que ce mode de filature donne une économie considérable dans les produits, et que, tandis que par le procédé ordinaire on dépense i3 à i4 kilog. de cocons pour i kilog. de soie, 9 à 10 kilog. suffisent par l’emploi de son système.
- Nous ne contesterons pas ce résultat, quoiqu’au-cune preuve ne soit produite; nous le croyons possible, et nous ne doutons pas qu’il n’ait été obtenu par M. Bourcier dans les expériences nombreuses qu’il a faites ; un mémoire soumis par M. de Lapeyrouse de Tessan, sous le n° 74/h et <îue nous passerons sous silence, attendu que le jury n’est appelé à se prononcer que sur des produits matériels et non sur des formules théoriques, annonce des résultats à peu près semblables et par un mode identique.
- Mais toutes ces épreuves ont eu lieu sur une petite échelle, et en quelque sorte comme expérience de laboratoire ; l’application en grand nous manque, et seule elle peut donner la mesure du mérite de ce procédé et en constater la possibilité et la facilité d’exécution.
- Le jury a cependant pensé qu’il devait tenir compte à M. Bourcier de ses efforts continuels pour le progrès de l’industrie à laquelle il a voué son temps et son intelligence, par la création d’une magnanerie modèle, par la culture de toutes les variétés de mûriers, et par ses essais en mécaniques appliquées à la filature des soies. En conséquence, il lui accorde la médaille d’argent.
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- MM. DELACOUR et fils, à Tain (Drôme).
- La filature de M. Delacour et fils est une des plus anciennes et des plus estimées de la Drôme ; leurs soies unissent la régularité à la légèreté, qualités si précieuses pour la fabrication des crêpes et des tissus légers, et qui leur donnent la préférence sur les similaires de la Briance et de la filature royale de Naples. L’établissement de ces honorables industriels a pris un développement que leur intérêt leur commandera d’augmenter encore; ils filent près de 2,000 kil. de ces précieuses grèges.
- Dans le but de reconnaître ces perfectionnements et de récompenser leurs efforts, le jury leur accorde la médaille d’argent.
- MM. LAPIERRE père et fils, à Yalleraugue (Gard).
- Ces exposants ont soumis au jury les produits de leur filature, pour la première fois; ils consistent en grèges jaunes et blanches, dont le titre est échelonné depuis 3 jusqu’à 16 cocons dans les deux couleurs ; leurs soies blanches surpassent en nuance les produits indigènes des Cévennes, mérite acquis par le croisement de l’espèce milanaise avec celle de Roquemaure. Les soins qu’ils donnent à la formation de cette variété de graines, l’empressement qu’ils mettent à la propager par la grande quantité qu’ils produisent, sont dignes d’éloges et devraient avoir, dans l’intérêt de l’amélioration des races, de nombreux imitateurs.
- Les soies de MM.Lapierre père et fils sont filées avec soin; elles ont toutes les qualités des grèges supérieures. Elles servent plus particulièrement à la fa-
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- brication des tulles, blondes et dentelles. Ces industriels sont dignes de la médaille d’argent que le jury leur donne.
- M. Casimir ROUSSY, à Ganges (Hérault).
- C’est aussi pour la première fois qu’expose M. Roussy, et nous le regrettons d’autant plus qu’il file des soies avec une très-grande perfection; on peut à bon droit les placer aux premiers rangs des soies françaises, qui pour certains cantons ne connaissent pas de rivales en Europe. M. Roussy développa l’établissement qu’il tient de ses auteurs et qui est un des plus anciens du Midi; par l’adoption des procédés les plus récents et les plus perfectionnés, il est appelé à soutenir et à accroître la réputation et le mérite réel des soies de Ganges que ses ancêtres ont contribué à établir dans ces parages. Sa marque est prisée au niveau des premières filatures, ce qui lui assure un débit avantageux; son zèle pour lapropagation des bonnes espèces de graines et pour la formation desquelles il a établi un atelier spécial qu’il soigne par lui-même mérite les plus grands éloges ; le jury lui donne la médaille d’argent comme récompense de son zèle.
- MM. MILLET et ROBINET, et madame MILLET, à Poitiers (Vienne) et à la Catodière, près de Châtellerault.
- Ce n’est point comme producteurs et industriels que nous jugerons ces exposants. L’industrie de la soie leur est redevable d’une autre nature de ser-
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- vices; ils se font distinguer par des recherches et des expérimentations remarquables ; ils ont créé une magnanerie modèle départementale, où les différentes méthodes sont soumises à une pratique exacte pour en apprécier le mérite et les inconvénients.
- M. Robinet s’est dévoué depuis plusieurs années au progrès de la science sérigène ; il s’efforce de répandre les saines théories par un cours public et gratuit; il a publié différents mémoires sur la production des soies, sur le battage des cocons, sur les maladies de l’espèce bombycienne, sur la culture du mûrier et les variétés de sa famille, etc. Sans partager toutes ses opinions, nous devons reconnaître dans ces productions un savoir réel et un grand zèle pour l’amélioration de l’industrie séricicole.
- Une des principales pratiques employées par MM. Millet et Robinet consiste dans le mouillage de la feuille destinée à l’alimentation du ver; ils en constatent les résultats les plus avantageux; nous n’avons aucun motif pour les contester; mais nous ne saurions recommander ce procédé avant qu’il ait été appliqué dans une grande magnanerie et sous le soleil méridional; il exige un délitement habituel et une alimentation fréquente, pour éviter la fermentation de la feuille et de la litière ; l’expérience en décidera.
- Ces exposants ne se bornent pas à l’enseignement théorique; ils se livrent aussi à la partie mécanique afférente à cette industrie: ils ont fait fabriquer des tours avec va-et-vient perfectionné, brise-mariages et croiseurs à tours comptés; dotant ainsi le centre de
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- la France des moyens d’actions qui lui manquaient, ils obtinrent en 1839 la médaille de bronze.
- Mais la partie de leurs travaux la plus incontes-blese rencontre dans leur application au croisement et au perfectionnement des races de vers à soie; ils ont exposé une série de cocons d’une beauté rare, la variété sina et surtout la variété cora surpassent tout ce que la F rance possède de plus parfait pour la contexture, la force et le velouté du cocon; améliorer la graine des vers à soie, c’est améliorer cette industrie tout entière. Nous appelons l’attention des éleveurs sur les produits de MM. Millet et Robinet, en leur décernant la médaille d’argent, comme un témoignage de leurs succès.
- M. L. SOUBEYRAND, à St-Jean-du-Gard (Gard),
- Est un des grands filateurs des Cévennes, où il a transporté son industrie, qu’il exerçait précédemment dans l’Ardèche ; il occupe i5o bassines, file et ouvre 12 à 15,000 kilogrammes de grèges annuellement; ses organsins sont bien traités ; il est dans les conditions du progrès par la réunion de la filature et du moulinage; nous ne saurions trop encourager ses confrères à imiter un semblable exemple.
- Nous ne pourrions que répéter ici ce que nous avons déjà avancé sur des expositions analogues. Le jury a pensé que M. L. Soubeyran était digne de la médaille d’argent.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. ALLIRE-BOUBON, à Chatte ( Isère).
- Le jury de i83q avait accordé à M. Allire-Bou-1. ‘ 17
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- bon une médaille de bronze, pour l’invention d’un purgeoir en verre. Il soumet aujourd’hui à notre appréciation un nouveau modèle d’une fabrication plus facile et d’un usage plus assuré : ce purgeoir ainsi perfectionné a été adopté par beaucoup de mouliniers.
- Cet exposant s’est livré, depuis 1889, à l’industrie du moulinage des soies; il ouvre des organsins qui paraissent bien traités. Entré récemment dans cette carrière, ses produits sont encore peu connus. En pareille matière l’expérience seule peut donner la certitude d’une appréciation exacte. Le jury rappelle en sa faveur la médaille de bronze qu’il a obtenue en 1889.
- M. Noël CHAMPOISEAU, à Tours (Indre-et-Loire).
- Cet exposant est devenu le chef d’une de nos plus anciennes maisons dans le commerce des soies ; ses efforts soutenus ont puissamment contribué à perpétuer en Touraine la production et la manutention de cette précieuse matière. Il a conçu et exécuté l’idée d’appliquer l’eau d’un puits artésien aux besoins de l’industrie. L’établissement qu’il a créé pour l’ouvraison des soies est mis en mouvement par ce moteur. M. Champoiseau a exposé des poils sans apprêts, des trames à deux bouts à différents apprêts et des soies à coudre dites grenades de Tours; tous ces produits proviennent des soies de Touraine et ne laissent rien à désirer sous le rapport de la bonne ouvraison et de la régularité du brin.
- Le jury rappelle en faveur de M. Champoiseau la médaille de bronze qu’il a reçue en 1827.
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- M. Xavier DUMAINE, à Tournon (Ardèche).
- Cet exposant file avec soin et ouvre en organsin des soies de trois à quatre cocons, qui se distinguent par leur légèreté et leur netteté ; nous applaudissons à ses efforts pour perfectionner ses produits déjà recommandables et généralement estimés ; nous rappelons ici, à titre de récompense, la médaille de bronze qu’il a obtenue à la dernière exposition.
- MM. NOYER frères, à Dieu-le-Fit ( Drôme).
- Ces exposants reçurent, en i834, la médaille de bronze qui fut rappelée en 1889; les organsins pour satin et les trames à deux bouts qu’ils exposent, cette année, sont assez bien traités; nous eussions désiré pouvoir signaler un perfectionnement notable dans leurs produits, perfectionnement que l’aptitude et l’application connues de MM. Noyer frères semblaient promettre à cette industrie et que nous regrettons de voir se produire trop lentement peut-être. Le jury rappelle la médaille de bronze accordée à ces exposants en 1839.
- MM. ROUYIÈRE frères, à Nîmes (Gard).
- Ils réunissent dans leurs ateliers le dévidage et le moulinage, à la fabrication des soies à coudre, cordonnets, floches, etc., qui forment la base de leur industrie; leur consommation en doupions, perses, brousses et mestoups, s’élève à 4,$00 kilogrammes ; les échantillons des cordonnets et migre-nades se font remarquer par leur bon confectionne-ment et la solidité des couleurs; ils rivalisent avec
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- les produits analogues de Paris, et leurs prix sont avantageux pour les acheteurs de la localité. Le jury rappelle la médaille de bronze décernée en i83g.
- MÉDAILLES DE BRONZE. ’ .
- MM. ANDRÉ-JEAN et le major BRONSKI, au château de Saint-Selve, arrondissement de Bordeaux (Gironde).
- Ce n’est point par l’importance de leur établissement ni par la quantité de leurs produits que se distinguent ces exposants; jusqu’à présent leur production se borne à quelques kilogrammes., premier résultat des belles plantations de mûriers, opérées par eux au château de St-Selve, canton de la Brècle, mais cette soie est d’une pureté si rare, d’une blancheur si éclatante, d’une qualité si bonne, que nous ne craignons pas de la proclamer comme l’échantillon le plus parfait qui nous ait été soumis. Ces exposants, en portant leur industrie dans une contrée où le mûrier se rencontre rarement, ont voulu se borner à leurs propres plantations; c’est donc cette première amélioration du produit industriel, que nous devons apprécier dans leur exposition ; nous leur ferons observer que la faible quantité de soie qu’ils donnent se perd dans la production générale; qu’ils modifient l’emploi de leurs cocons, et, qu’au lieu d’en faire de la soie, ils en tirent de la graine, la rémunération sera bien plus grande et ils auront mérité la reconnaissance de la France séricicole; nous recommandons à tous les
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- éducateurs la graine des vers-à-soie de MM. André-Jean et du major Bronski, comme supérieure en couleur et en qualité à toutes les espèces connues jusqu’à ce jour.
- Le jury se plaît à décerner à ces exposants la médaille de bronze.
- MM. BUISSON-JUGLAR et Eugène ROBERT » à Manosque (Basses-Alpes).
- Depuis l’année dernière , ces exposants ont établi à Manosque une filature de 60 bassines chauffées par la vapeur; les tours sont mis en mouvement par le même moteur, ils sont armés d’un brise-mariage ; ces procédés réunis donnent une économie dans la dépense tout en dotant la soie d’un brillant et d’un nerf qui ne se rencontrent pas dans l’ancien système.
- Ges exposants ont rendu un véritable service à la vieille Provence en créant un établissement aussi perfectionné dans ces contrées où le progrès arrive si lentement et où la routine règne encore en souveraine; tandis que l’Hérault, le Gard, l’Ardèche et la Drôme s’empressent à l’envi d’améliorer l’éducation des vers et la filature des cocons, les départements des Bouches-du-Rhône, des Basses-Alpes et de Vaucluse, à quelques honorables exceptions près, restent stationnaires , et leurs produits n’acquièrent que lentement ce degré de perfection auquel la nature du sol et l’activité de ses habitants leur permettraient d’atteindre. Nous désirons que l’exemple qui vient de leur être donné excite leur émulation, et il nous sera agréable de constater leurs progrès.
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- Les soies que MM. Buisson-Juglar et Robert ont exposées, sont d’une bonne confection et d’une excellente nature; elles se distinguent par leur légèreté et leur netteté.
- Le jury accorde la médaille de bronze à ces exposants.
- MM. GÉRIN fils et ROSSET, à Chabeuil (Drôme ).
- Ces exposants sont au nombre de ceux qui con -tribuent à réaliser le progrès des ©livraisons par la réunion de la filature et du moulinage; leurs organsins pour satins et pour peluches sont recherchés par le commerce à cause de leur confection régulière et soignée; leur établissement est monté sur une assez grande échelle et leur marque avantageusement connue ; les produits qu’ils ont exposés sont l’image fidèle de leur fabrication ordinaire et ils justifient complètement la réputation dont ils jouissent.
- Le jury leur accorde la médaille de bronze.
- MM. GIBELIN et fils, à Lasalle (Gard).
- Les échantillons de grèges blanches et jaunes qu’ils ont exposés depuis les titres de 3, 4? 5, jusqu’à 12 cocons, sans mariages et à bouts noués, accusent une filature soignée et un produit de qualité supérieure; ce sont des soies d’un emploi assuré, nerveuses, régulières; les fabricants qui surveillent de près l’emploi de leurs matières premières doivent les rechercher pour leurs fabrications les plus délicates.
- Une médaille de bronze leur est accordée.
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- M. Hippolyte BRESSON, à Bruges, près de Bordeaux,
- Ses efforts pour la propagation des produits séri-cicoles sont dignes d’éloges; M. Bresson a planté 1,600 mûriers dans sa propriété où il a créé une magnanerie modèle, établie d’après les meilleurs et les plus nouveaux procédés, et une filature de 15 bassines chauffées d’après le système Gensoul. C’est un établissement complet qui est appelé à devenir une ressource pour la classe ouvrière de la localité.
- Nous n’avons pu juger d’une manière exacte et consciencieuse l’échantillon de soie présenté par cet exposant; il ne se compose que de deux flottes, et il est facile de reconnaître, à sa couleur fanée, qu’il a déjà passé par bien des mains; cependant la nature de la soie nous a paru bonne. A titre de récompense le jury donne la médaille de bronze à M. Bresson.
- M. SIDNEY DE MEYNARD, à Orleix, près de Tarbes (Hautes-Pyrénées).
- Ce que nous venons de dire sur M. Bresson, sur ses plantations, sa filature, peut s’appliquer à M.Sidney de Meynard ; ils ont procédé de la même manière, l’un dans la Gironde, l’autre dans les Pyrénées; tous deux ils ont transporté cette précieuse industrie dans leur contrée, où elle était presque inconnue, ils seront la providence de ces localités, leurs efforts ont égalé leurs sacrifices ; le jury leur doit une égale reconnaissance et une récompense de même ordre : la médaille de bronze lui est décernée.
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- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- M. BARROT, à Petit-Bourg, à la Guadeloupe.
- Produits identiques à ceux par lui exposés en 1839. Absence de renseignements sur l’importance de l’industrie de l’exposant. Il serait à désirer que le gouvernement donnât des encouragements à la production des soies dans nos colonies; les échantillons exposés par M. Barrot sont une preuve que leur fertile territoire est propice à cette industrie.
- M. PLANEL aîné, à Saillans (Drôme).
- Nous exprimons ici le regret déjà manifesté en 1839 T116 cet exposant ne fournisse aucun détail sur l’importance de son établissement; les échantillons qu’il a soumis au jury de ses cardettes communes et fines, de ses fantaisies simples et doubles du n° 25 à 120 sont confectionnés avec soin.
- MENTIONS HONORABLES.
- Le jury mentionne honorablement les exposants dont les noms suivent :
- M. Théodore ADAM, à Moulin-lez-Metz (Moselle).
- Il a exposé des cocons et des échantillons de soie de provenance messine; emploi des procédés Camille Beauvais; soie nerveuse et régulière dont toutes les qualités prouvent que tout le sol français est éminement propice à la production séricicole.
- M. D’AUDEMARD, àAnduze (Gard).
- Filateur pour compte de M. Gaudin et C% de
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- Loriol (Drôme), titre de 3/4 et 5/6 cocons, sans mariage; la provenance et la main-d’œuvre sont en première ligne dans ce canton privilégié.
- M. Nicolas ANGÈ, à Perpignan (Pyrénées-Orientales).
- Déjà cité à l’exposition de i83g. Échantillons produits par trois éducations successives dans la même année au moyen de l’espèce trevoltini et du mûrier multicaule. Éducation forcément restreinte, système inapplicable avec les plantations existantes dans nos grandes provinces productrices. Échantillons bien filés, bonne nature de soie.
- M. BONFILS, auPègue (Drôme).
- Sept matteaux de trame ; ouvraison faible, soie in* colore; moulinage créé depuis trois ans; nous espérons que cette mention soutiendra les efforts de l’exposant et l’engagera à perfectionner ses ouvraisons.
- M. le baron de CHASStRON, à Paris, rue Neuve-des-Mathurins, 53.
- Planteurzélé, ami de l’industrie séricicoîe, il a propagé la culture du mûrier dans la Charente; les plantations qu’il a fait exécuter dans ses propriétés lui donnent déjà une certaine quantité de soies et celles qu’il a exposées méritent les éloges du jury.
- MM. BENOIT et FOURNIER, à May (Seine-et-Marne ).
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- Cités en i83g ; ils produisent des échantillons de soies jaune et blanche obtenues des cocons
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- qu’ils récoltent dans leurs propriétés; magnanerie à la Darcet, filature h vapeur.
- M. COMBIER, à Charenton-St-Maurice (Seine),
- A exposé une collection d’échantillons de soies à coudre et à broder, par lui fabriquées et d’après un procédé spécial et breveté ; les détails nous manquent pour apprécier les résultats sous le rapport de l’économie et du bon marché , mais les produits sont bien traités et nous devons les signaler aux consommateurs.
- M. Achille DUYAL, à Bourg-Argental (Loire).
- Les belles flottes de soies blanches exposées par M. Duval dénotent leur origine au premier coup d’œil; c’est en effet à Argentai que se filent les plus belles soies blanches que recherchent les fabricants de blondes et de tulles. Nous n’avons pas de renseignements précis sur l’importance de l’industrie de cet exposant.
- M. ENARD-FÉLIX, à Paris, rue St-Denis, 206,
- Expose des chenilles de soie ; goût remarquable dans le choix des couleurs et la variété des façons. Industrie digne d’éloges.
- M. le comte de FRANCHEYILLE, au château de Fruscat (Morbihan).
- Planteur, éducateur et fileur, M. de Franche-ville a rendu et est appelé à rendre encore un immense service à la Bretagne; en propageant'une production dont le succès est assuré dans cette province , si l’on en juge par les cocons et les soies ex-
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- posés par lui, et qui réunissent toutes les qualités qui distinguent les natures de premier ordre.
- M. François GUIGON, àNyons (Drôme).
- Outre un échantillon de trame, ce moulinier présente au jury des essais de soie mi-perlée et floche qui se font remarquer par leur bon conditionnement; la citation est une récompense pour cet exposant dont les ouvraisons ordinaires jouissent d’ailleurs d’une réputation méritée.
- M. Régis LEGAT, à Montélimart ( Drôme).
- Soie filée à 5 cocons dont la nature paraît bonne, mais qui manque de couleur ; nous espérons que la mention favorable de cette filature engagera son propriétaire à perfectionner encore ses produits qui ont par leur quantité une certaine importance.
- M. RUAS et Cie, à St-André-de-Valborgne(Gard).
- Filature de grèges à 4 et 5 cocons, blanches et jaunes, bouts noués, bien croisées et d’un emploi assuré ; ces exposants donneraient du prix à leurs produits s’ils amélioraient la couleur de leurs blancs qui manque d’éclat, défaut commun à la généralité des soie» des Cévennes.
- M. de TILLANCOURT, à Paris, rue du chemin de Versailles, 15.
- Un des principaux fondateurs de la filature centrale des Champs-Elysées ; nous regrettons que cet établissement n’ait pas une activité assez grande pour permettre d’apprécier les procédés et la direction; les produits exposés par M. de Tillancourt paraissent
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- assez bien traités, mais ces éléments sont insuffisants pour porter un jugement définitif sur un établissement d’une nature si compliquée et dont le mérite dépend de la réunion de conditions si diverses : nous reconnaissons cependant que la réalisation du projet de la filature centrale est un bienfait pour tous les départements environnants; les propriétaires de mûriers trouvent dans cet établissement un moyen économique d’utiliser leurs produits, et le jury se fait un devoir d’en témoigner sa reconnaissance à M. de Tillancourt dans l’intérêt de la production sérici-cole.
- M. Charles TORNE, à Puiseux ( Oise).
- Ses échantillons de soies à coudre et à broder, chinées et ombrées, se font remarquer par la variété et la délicatesse des nuances;, nous aurions pensé que c’était par les succès en teinture de ses produits, que l’exposant se distinguait principalement , s’il ne nous assurait, dans un mémoire, qu’à force de patience et par une série de perfectionnements, il était parvenu à transformer les soies les plus communes en soies de qualité supérieure , et à leur donner, presque sans déchet, la régularité, la pureté et l’élasticité des provenances de premier ordre.
- Le jury mentionne honorablement les échantillons de M. Torne, et attend que l’expérience, en constatant un si grand succès, permette de lui donner une récompense plus élevée.
- MM. LAFONT et ABAUZ1T, à Nîmes (Gard),
- Présentent à l’exposition des
- fantaisies cardées.
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- Ils sont depuis deux ans entrepreneurs de la maison centrale de Nîmes. Ils y occupent annuellement 400 détenus à la manutention du cardage et de l’étirage des déchets de soie.
- Leurs produits sont bien confectionnés, et leur bon marché les fait écouler facilement.
- Le jury mentionne honorablement MM. Lafont et Abauzit.
- M. J. A. GRANAD fils, à Trèbes (Aube).
- Cet exposant présente un croiseur mécanique à tours comptés, de son invention, pour la filature de la soie.
- Ce croiseur, très-simple et d’un emploi facile, apporte dans la soie une grande régularité de torsion.
- Il possède depuis iSiq, à Trèbes, une filature de soie à laquelle il donne tous ses soins pour le perfectionnement de ses produits.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Granad fils.
- CITATIONS.
- M. BISCOMTE, à Toulouse (Haute-Garonne).
- Pour deux flottes de soie grége, produit de ses essais en filature et moulinage; M. Biscomte se recommande par son zèle héréditaire pour la propagation de l’industrie séricicole.
- Madame veuve HENRY, à Briey ( Moselle).
- Cocons et quelques écheveaux de soie, mûriers.
- M. PÉRICHON, à l’île Bourbon.
- Quatre flottes de soie sans couleur, mais d’une
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- bonne qualité intrinsèque et d’un dévidage facile; l’essai qui en a été fait justifie les éloges du jury et sollicite ceux du gouvernement et en particulier ceux de M. le ministre de la marine.
- M. PERRIN-DUGRIYEL, à Tournus (Saône-et-Loire).
- Une flotte de soie jaune, plantation de mûriers; le zèle de M. Perrin-Dugrivel, pour la propagation de cette riche production, mérite l’approbation du jury.
- M. PERRIS, directeur de la filature centrale, à Mont-de-Marsan ( Landes ).
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- Echantillons de grèges blanches et jaunes à 5/6 cocons parfaitement traités, et par les meilleurs procédés.
- M. PERROTET, à Pondichéry.
- Echantillon de soie grége avariée par l’eau de la mer.
- M. RAT1ER, à Say, près de Nemours ( Seine-et-Marne).
- Récolte croissante en cocons, échantillons de soie jaune et blanche; progrès dans la filature.
- M. DAYRIL, à Paris, rue Cimetière-St-Nicolas, 12 et 14.
- Une coconnière, invention ingénieuse, mais dont l’utilité n’a pu encore être définitivement constatée.
- M. BLAIN, à Chabeuil (Drôme).
- Papier percé par un procédé mécanique, pour
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- remplacer les filets servant au délitement des vers à soie.
- M. BRUYER, à Paris, rue Saint-Martin, 259.
- Papiers filets, servant au même emploi.
- M. COLLINEAU, à Tours (Indre-et-Loire).
- Coconnière composée de rameaux naturels, recouverts en canevas , servant au délitement et au boisement des vers, au moment de leur montée. Essai peu praticable dans les grandes magnaneries à cause de la dépense et de l’encombrement que ces coconnières entraîneraient pour leur conservation.
- Nota. Notre travail était terminé, l’exposition était fermée, lorsque M. le ministre du commerce a fait remettre au jury central une caisse qui arrivait de l’île Bourbon et qui contenait six flottes de soie blanche, envoyées par M. Périchon de Ste-Marie, filées à Salazie (ile Bourbon) par les élèves créoles de madame Boieldion.
- M. Périchon a déjà été cité dans notre travail pour des grèges exposées cette année sur le n° 3929. Ces soies appartenaient^ la récolte de 1842, et nous devons attribuer à leur ancienneté le défaut de couleur que nous leur avons reproché; il est juste de reconnaître que ces nouveaux échantillons réunissent l’éclat du blanc à la pureté de la matière; qu’ils sont filés avec un grand soin et beaucoup de perfection ; s’ils nous étaient parvenus plus tôt, nous aurions dû proposer au jury une récompense en faveur de M. Périchon de Ste-Marie.
- {Note du rapporteur.')
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- DEUXIÈME SECTION,
- TISSUS DU SOIS.
- MM. Arlès-Dufour et Reverchon.
- Considérations générales.
- Depuis l’exposition de 1839, l’industrie des soieries ne s’est pas arrêtée dans sa marche ascendante , et le nombre des métiers de Lyon, qui était alors évalué à 40,000, atteint aujourd’hui celui de 50,000.
- Sans vouloir faire ici l’histoire de cette belle branche de la richesse nationale, nous croyons qu’il est à propos de donner le nombre des métiers de sa grande métropole relativement aux principales phases de sa vie industrielle.
- Avant la révocation de l’édit de Nantes, de 1650 à 1680, le nombre des métiers, à Lyon, variait de. . . 9,000 à 12,000 De 1689 à 1699, peu d’années après la
- révocation, il était réduit à........4,000
- En 1750, les maux causés par l’intolérance étant momentanément réparés, le nombre des métiers atteignit de
- nouveau. .................12,000
- De 1780 à 1788, apogée de Lyon avant la
- révolution, il fut porté à..........18,000
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- De 1792 à 1800, conséquences du siège et des guerres, il est retombé à. . . . 3,500
- De 1804 à 1812, temps glorieux, mais temps de guerre, apogée de Lyon sous l’empire , le nombre des métiers se
- releva sans jamais dépasser..........12,000
- Dès 1815 et 1816, grâce à la paix qui permit les échanges , il monta rapidement à.............................. 20,000
- De 1825 à 1827, apogée de Lyon sous
- la restauration, il atteignit....... 27,000
- En 1835, malgré les tristes événements de novembre 1831 et d’avril 1834, mais toujours grâce à la paix générale, il
- était de............................ 40,000
- Et nous ne craignons pas d’exagérer en l’évaluant pour 1844 à................ 50,000
- En dehors du cercle de Lyon, on compte encore à Nîmes, Avignon, Paris, dans la Picardie et dans les départements de la Moselle et du Nord, environ 20,000 métiers tissant la soie pure en étoffes ou passementerie, et environ 15,000 métiers tissant la soie mélangée avec d’autres matières , en diverses étoffes et passementerie. Dans le ressort de Saint-Étienne et de Saint-Chamond on compte 20,000 métiers employés à la ruban-nerie de soie. En ne prenant les 15,000 métiers à mélanges que comme 10,000 métiers de soierie
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- pure, on trouve 100,000 métiers, qui, d’après des calculs exacts et scrupuleusement contrôlés, tissent, en moyenne, les chômages considérés, 30 kilog. de soie par an, donnant en étoffe une valeur de 3,000 fr. par métier, ou ensemble 300 millions.
- En prenant pour base l’évaluation des tableaux de douanes des cinq dernières années, de 1838 à 1843 (les tableaux ne vont pas plus loin), on trouve que la moyenne des exportations de tous les produits manufacturés de la France s’élève à 498 millions, parmi lesquels les soieries et rubans figurent pour 150 millions, ou près du tiers. La production des soieries se partagerait donc en 150 millions pour l’exportation et 150 millions pour la consommation intérieure.
- Cette somme de 300 millions se compose elle-même d’un tiers pour main-d’œuvre diverse et bénéfices, et de deux tiers pour matière première.
- Malgré les progrès remarquables de la France dans la production de la soie, l’étranger contribue encore pour 57 millions, ou plus du quart, à nos approvisionnements; mais c’est toujours la somme énorme de 143 millions que l’agriculture française livre à l’industrie des soieries, 143 millions d’un produit qui se crée en cinq semaines !
- Et il y a vingt ans à peine qu’au lieu de four-
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- nir les trois quarts des soies à l’industrie des soieries , notre agriculture ne lui en fournissait qu’un quart, tout au plus pour 50 millions.
- Nous avons vu qu’il n’y a guère plus d’un siècle que les fabricants de soieries demandaient au roi la permission d’employer les soies de France dans une certaine proportion. Elles étaient alors considérées comme inférieures aux soies d’Italie et de Chine. Aujourd’hui elles leur sont bien supérieures.
- Nous avons dit que depuis cinq ans le nombre des métiers, du ressort de Lyon, s’est augmenté d’environ 10,000, et cependant la somme des exportations ne s’est pas élevée ; mais c’est la consommation intérieure qui, sous l’influence de la paix et du bien-être général, s’est accrue dans les cinq dernières années dans une proportion vraiment étonnante.
- Indépendamment des nombreuses améliorations et innovations de détail introduites dans la fabrication des soieries par les fabricants, les chefs d’ateliers et les ouvriers, nous signalerons :
- L’invention des métiers-mécaniques pour le tissage des peluches, à pièces doubles qui, tout en élevant le salaire de l’ouvrier, diminue considérablement la façon et par conséquent le prix du tissu.
- L’invention du métier Janin pour le tissage du
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- velours à pièces doubles, qui élève aussi le salaire de l’ouvrier, tout en réduisant le prix du velours.
- L’application à la condition publique des soies d’un nouveau système d’une certitude telle qu’il permet d’apprécier exactement, et quel que soit l’état hygrométrique de l’atmosphère, la quantité d’humidité que contient la soie. Ce procédé remarquable, dû aux savantes recherches de M. Léon Talabot, apporte, dans les transactions commerciales auxquelles donne lieu le commerce de la soie, une régularité, une sincérité relativement au poids, qui les simplifient et les facilitent en les moralisant.
- L’exemple donné par Lyon a été ou va être suivi par Saint-Étienne, Milan, Turin, Crefeld et Elberfeld.
- Un procédé qui tend aussi à moraliser d’importantes transactions, et par conséquent à faire progresser l’industrie des soieries, s’est grandement propagé ; nous voulons parler du procédé Arnaud, au moyen duquel on constate facilement, et avec la plus grande exactitude, le rendement
- des filaments confiés à la teinture ou à l’ouvrai-
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- son.
- L’établissement de nouveaux ateliers à métiers mécaniques pour le tissage des étoffes de soie mérite aussi d’être signalé.
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- Il est probable que l’industrie de la soie est appelée à subir la transformation en ateliers que subissent successivement les industries du coton, de la laine et du lin.
- Cependant la grande valeur de la matière première retardera cette fatale transformation. Nous disons, fatale, parce que, tout en reconnaissant qu’elle est probablement inévitable, nous doutons qu’elle soit avantageuse au plus grand nombre de ses agents.
- Notre intention n’est pas d’examiner ici cette grave question, aussi sociale qu’industrielle, mais nous croyons devoir la signaler à l’attention et à l’étude des hommes sérieux.
- Dans les cinq dernières années, la branche si importante des étoffes façonnées a beaucoup souffert de l’élévation du tarif américain et aussi de la concurrence des fabriques étrangères qui, par le développement et le perfectionnement de leurs moyens de fabrication, copient avec rapidité les nouveautés que produisent sans cesse les nôtres.
- Néanmoins, quelques parties de cette branche ont eu de beaux moments et se sont beaucoup développées.
- Nous citerons surtout les châles de soie qui, pendant les années 1839,1840,1841 et 1842, ont donné lieu à de grandes affaires :
- Les gilets et les cravates de soie qui ont péné-
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- tré dans la grande consommation et sont appelés à s’étendre encore.
- Si l’article façonné, qui s’adresse plus particulièrement à l’étranger, a souffert, l’uni au contraire et surtout le bel uni, qui va plus spécialement à la consommation française, a prospéré, et ses progrès ont surtout été sensibles dans les velours, les satins, les étoffes larges en couleurs puce et caméléon que le jury a admirées.
- Ainsi que nous venons de le dire, cette grande et belle industrie des soieries n’est pas, comme on voudrait le croire, sans concurrence sérieuse ; il suffit pour s’en convaincre de jeter un coup d’œil sur l’Europe industrielle.
- On verra que l’Angleterre qui, en 182A, comptait à peine 35,000 métiers de rubans et de soieries répartis entre Coventry, Spittafields et Manchester , en compte aujourd’hui presque autant
- I
- que la France, environ............... 80,000
- Le canton de Zurich en a près de. . 15,000
- Le canton de Bâle en a plus de.......10,000
- La Prusse Rhénane, l’ancienne Prusse
- et la Saxe plus de.............. * . 25,000
- La Russie entre Pétersbourg et Moscou
- de...........................12 à 15,000
- Enfin, l’Autriche et l’Italie au moins . . 25,000
- Depuis longtemps nous trouvions la concurrence des soieries suisses et allemandes sur les
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- marchés d’Europe et d’Amérique; mais depuis peu nous commençons à y rencontrer aussi la concurrence des soieries anglaises.
- La grande flexibilité du goût des fabricants français, leur incessante création de dessins et de genrës, expliquent comment, malgré ces rapides progrès de la concurrence étrangère et les droits élevés qui frappent partout nos soieries, nos exportations n’ont pas faibli.
- Nous terminerons ces observations générales en résumant la position de l’industrie des soieries.
- Elle occupe en France environ 100,000 métiers; elle emploie pour 200 millions de soie, dont 143 millions proviennent de l’agriculture française; elle livre pour300millions de produits manufacturés, dont 150 pour la consommation intérieure, et 150 pour l’exportation. Ces 300 millions se composent de 200 millions de matière première, et de 100 millions de main-d’œuvre diverse et de bénéfices.
- Et si l’on considère que ces magnifiques résultats sont obtenus sans aucun moyen artificiel, sans primes ni prohibitions, en laissant les Français libres de vendre et d’acheter les soies et les *
- soieries à l’étranger s’ils y trouvent avantage, on reconnaîtra que cette industrie appartient bien réellement au pays, et que ce travail est bien un véritable travail national.
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- § 1. SOIERIES DE LYON.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MM. OLLAT et DESYERNAY, de Lyon (Rhône).
- Par son intelligence, son activité et son esprit créateur, cette maison se maintient toujours au’pre-mier rang pour la production des articles de goût et de nouveautés qui conservent à l’industrie lyonnaise sa supériorité sur les fabriques étrangères.
- Le jury a remarqué des articles d’une grande richesse pour turbans et écharpes,.les imitations de fourrures, les fichus, les cravates et le tissu poil de chèvre pour robe, créé par cette maison.
- En lui rappelant la médaille d’or qu’elle a obtenue en 1827 et que les jurys de i834 et 1839 lui confirmèrent, le jury se plaît à reconnaître qu’elle est de plus en plus digne de cette haute récompense.
- M. Nicolas YÉMÉNIZ, de Lyon (Rhône).
- Aux expositions de 1819, 1827 et 1839, les produits de M. N. Yéméniz ont mérité les éloges et les récompenses du jury qui, cette fois encore, est heureux de constater de nouveaux progrès dans la fabrication de cet habile industriel. Une exécution parfaite , l’originalité et le bon goût des dessins distinguent les produits de M. Yéméniz.
- Ses damas, ses brocatelles, ses lampas et surtout ses étoffes en dorure bosselée, justifient sa réputation.
- Le jury rappelle à M. N. Yéméniz la médaille d’or, dont il se montre de plus en plus digne.
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- MM. GRAND frères, de Lyon (Rhône).
- Exposent des étoffes d’une véritable richesse pour meubles et pour ornements d’église. Le jury a surtout remarqué un lambrequin surmontant deux rideaux en damas du plus bel effet; un velours broché or, dont l’exécution a dû présenter des difficultés réelles.
- L’exposition de cette maison, dans son ensemble et dans ses détails, prouve qu’elle sait se maintenir au rang élevé qu’elle occupe depuis si longtemps.
- Elle obtint en#i8i9 la médaille d’or qui lui fut rappelée aux expositions de 1823 et 1839. Le jury de 1844 lui confirme encore avec grande satisfaction cette haute récompense.
- MM. MATHEVON et BOUVARD frères, de Lyon (Rhône).
- Cette maison, qui s’était déjà distinguée aux expositions précédentes, a fait de nouveaux et incontestables progrès. Tout en se maintenant au premier rang des fabriques d’étoffes pour meubles, MM. Mathevon et Bouvard ont donné plus de développement aux articles nouveautés pour robes et pour gilets. La richesse et le bon goût de ces articles ont attiré l’attention générale. La moire unie, or et argent, a enlevé tous les suffrages. Le grand panneau damas cramoisi, destiné au palais de justice de la ville de Lyon, est aussi un bel échantillon de la fabrication de cette manufacture.
- En rappelant à MM. Mathevon et Bouvard la médaille d’or, obtenue par eux en 1834 et <ïui leur a déjà été rappelée en 1839, le jury se fait un
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- devoir de confirmer et de répéter les éloges donnés par les jurys précédents à ces honorables industriels.
- MM. LEMIRE père et fils, de Lyon (Rhône),
- Ont exposé une grande variété d étoffes pour ameublement et pour ornements d’église, parmi lesquelles on remarque les dorures, les damas et les brocatelles qui sont établis à des prix très-modérés, et dont l’exécution ne laisse rien à désirer.
- Depuis la dernière exposition , M. Lemire a pris ses fils pour associés, et ses affaires ont reçu de leur concours une nouvelle activité.
- Cette honorable maison a obtenu la médaille d’or en 1827, et le rappel en 1884 et 1889.
- Les progrès réels faits par MM. Lemire père et fils méritent un nouveau rappel de la médaille d’or.
- MM. POTTIN, CROZIER et Cie, de Lyon (Rhône).
- Les produits exposés, parmi lesquels se font remarquer des articles pour robes, dont les prix varient de 3 fr. 65 c. à 12 fr. le mètre, donnent une juste idée de l’importance de la fabrique. Elle marche à la tête des fabriques d’étoffes façonnées, et les trois quarts de sa production s’exportent en Amérique, en Allemagne, en Angleterre et en Russie.
- Malgré l’aggravation de droits qui, depuis 1889, frappe, dans certains pays, les produits de nos fabriques, cette maison a augmenté le chiffre de ses affaires pour l’exportation.
- Lessuççèsobtenus parMM.Pottin,Crozier et Cie,
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- loin de les porter au repos, n’ont fait que stimuler leur intelligence et leur ardeur.
- C’est donc avec une grande satisfaction que le jury leur rappelle la médaille d’or qui leur fut décernée en 1839.
- MM. GODEMARD et MEYNIER, de Lyon (Rhône).
- Par son exposition de cette année, cette maison conserve le rang qu’elle a su prendre dès 1839. Elle ne s’est pas arrêtée à l’application intelligente du battant-brocheur de son invention, elle a continué à faire descendre clans la consommation les articles riches que l’élévation de leurs prix rendait seulement accessibles aux grandes fortunes.
- On admire autant le goût des dessins que la hardiesse et l’harmonie des couleurs.
- Cette maison, dont il a été favorablement parlé dans le rapport sur les châles cachemire de Paris, mérite des éloges pour les progrès incessants qu’elle fait faire à l’industrie.
- Le jury s’estime heureux de rappeler, pour l’ensemble de leurs produits, à MM. Godemard et Meynier, la médaille d’or qu’ils ont obtenue en 1839.
- MÉDAILLES D’OR.
- M. Claude-Joseph RONNET, de Lyon (Rhône).
- Ce grand industriel, sorti des rangs des ouvriers, s’est placé sur la première ligne par son intelligence et son travail.
- Doué cl’une grande persévérance et d’un remarquable penchant au perfectionnement, M. Bon-
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- net ne s’est pas seulement appliqué à la fabrication des étoffes, il a voulu aussi s’occuper de la filature, du moulinage des soies et de toutes les opérations préparatoires qui sont la base d’une fabrication régulière et économique.
- Pressentant la prochaine transformation de l’industrie des soieries, il a fondé, dans le village du département de l’Ain qui l’a vu naître, un établissement modèle tant sous le rapport de la perfection des travaux que sous celui des habitudes d’ordre et de moralité que les ouvriers y prennent, et qui doit, avec le temps, réagir heureusement sur les populations voisines.
- Il est de notoriété publique que l’industrie lyonnaise doit à M. Bonnet la supériorité qu’elle a conservée sur les fabriques étrangères dans la production du satin noir.
- Depuis i83o, M. Bonnet n’a jamais fait moins de 3 millions d’affaires en satin et taffetas noir, dont moitié au moins pour l’extérieur, y
- Le jury, appréciant tous ces titres, décerne à M. Claude-Joseph Bonnet la médaille d’or.
- M. C.-M. TEILLARD, de Lyon (Rhône),
- Expose des velours unis, des étoffes caméléon, unies et moirées remarquables par leur parfaite fabrication, la beauté et l’harmonie de leurs nuances.
- Dans la fabrication de ces belles étoffes, la supériorité de M. Teillard est incontestée, et le chiffre de ses affaires qui a doublé depuis io ans, et qui atteint aujourd’hui 3,000,000 fr.,est la meilleure preuve de ses progrès.
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- Les hommes habitués aux industries à grands ateliers, où la division du travail, parfaitement établie, laisse au chef un certain loisir, peuvent difficilement comprendre ce qu’il faut à un fabricant lyonnais de soins minutieux et incessants, de travail intellectuel et aussi de travail presque manuel pour produire plus de trois millions d’étoffes.
- Et les étoffes de ce fabricant sont si parfaites, qu’on peut dire que la France et l’étranger se les disputent.
- C’est aussi par son travail et son intelligence que M. Teillard, qui a commencé sans aucune fortune, s’est élevé au premier rang. //
- Le jury est heureux de lui décerner la médaille d’or.
- M. HECKEL aîné, de Lyon (Rhône),
- Expose de très-beaux satins unis, blancs, noirs et couleurs diverses.
- M. Heckel occupe la première place dans la fabrication de satins unis et de couleur, et ses efforts ont puissamment contribué à conserver à la fabrique lyonnaise sa supériorité pour cet article qui a une si grande part dans le chiffre de nos exportations.
- Ce que nous avons dit de M. Teillard s’applique aussi à M. Heckel.
- Comme lui et comme M. Bonnet il est l’artisan de sa fortune.
- C’est à son infatigable activité, à la persévérance de ses soins, à sa loyauté dans toutes les transactions, qu’on doit attribuer la belle position qu’a su prendre cet industriel, qui fait plus de 3 millions d’affaires, dont moitié pour 1 etranger.
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- Le jury, pour, récompenser M. Heckel de ses heureux efforts, lui décerne la médaille d’or.
- M. Louis GIRARD neveu, de Lyon (Rhône).
- Son exposition se distingue surtout par la beauté des velours unis. Ce fabricant qui occupe aujourd’hui l’une des premières places dans l’industrie lyonnaise, et qui fait pour plus d’un million d’affaires, a débuté dans la carrière industrielle par être simple ouvrier.
- Il faut connaître les difficultés de détail qui entourent la direction d’une fabrique, dont les opérations sont encore isolées, dont les métiers sont dispersés, pour apprécier ce qu’il a fallu de travail, d’intelligence et de soins à M. Girard , pour arriver de simple ouvrier à créer une fabrique des plus importantes, dontles produits jouissent, sur le marché de Paris, de la première réputation. ,/
- Déjà, en 1839, le jury le récompensa par la médaille d’argent. Les progrès accomplis par M. Girard , depuis la dernière exposition, méritent la plus haute récompense, que le jury se plaît à lui donner en lui décernant la médaille d’or.
- MM. Paul EYMARD et C'% de Lyon (Rhône),
- Exposent une très-grande variété d’articles qui donnent une juste idée du génie vraiment créateur de cette maison.
- En effet, dans ces articles on trouve beaucoup d’essais, soit de matières nouvelles heureusement mélangées à la soie, soit de nuances obtenues par des procédés nouveaux, qui indiquent mieux que tout ce que nous pourrions dire l’esprit de recher-
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- ches et d’innovation qui anime ces fabricants et qui les rend si utiles à l’industrie lyonnaise.
- En 1839, le jury, reconnaissant les services rendus par cette maison, sous la raison sociale Eymard, Drevet et Cie , lui donna la médaille d’argent.
- Lejury actuel ayant constaté de nouveaux efforts, de nouveaux services et de nouveaux succès, lui décerne la médaille d’or.
- M. Claude CINIER, de Lyon (Rhône) ,
- Expose des châles de soie dits indiens, destinés aux mers du Sud ;
- Des étoffes brochées pour le Levant ;
- Des étoffes pour meubles et des ornements d’église.
- Tous ces articles témoignent d’une grande intelligence de la fabrication. Les ornements d’église présentent surtout un véritable progrès. M. Cinier s’est appliqué à réduire leur prix, pour les mettre à la portée des paroisses les plus modestes.
- Il a réussi, en combinant le dessin de manière à rendre chaque pièce de l’ornement indépendante, tout en perfectionnant l’ensemble de l’exécution. „
- M. Cinier a obtenu en i834 une médaille d’argent, que lejury de 1839 lui rappela avec les plus grands éloges.
- Les progrès accomplis par M. Cinier depuis 1889 décident le jury à lui décerner la médaille d’or.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Firmin SAYOYE, de Lyon (Rhône),
- A exposé des étoffes pour robes, unies et façonnées, dont le jury a remarqué l’excellente fabrication. Ses velours unis, par leur beauté et leur fraîcheur, ont aussi mérité les plus grands éloges.
- En perfectionnant et en développant, ainsi qu’il l’a fait, sa fabrication, M. Savoye a acquis de nouveaux titres à la récompense qui lui fut décernée en i83q; et le jury fait acte de justice en rappelant la médaille d’argent à M. Firmin Savoye.
- M. Victor FOURNEL, de Lyon (Rhône).
- Ce fabricant distingué expose de beaux châles et des écharpes en soie; mais l’article capital de son exposition est un service de table, en soie blanche, pour 12 couverts.
- Sans doute, pour obtenir un tissu d’un aussi beau blanc, pouvant, sans s’érailler ni jaunir, supporter un blanchissage fréquent, M. Fournel a dû vaincre de grandes difficultés, mais le prix élevé de ce linge-soie (5oo fr. le service de 12 couverts) en restreindra l’usage à une consommation exceptionnelle.
- Néanmoins ce produit révèle, chez le fabricant qui l’a exposé, un infatigable esprit de recherches qui est la condition de tout progrès. J&aloux de reconnaître et de récompenser cette tendance autant que la perfection des produits de l’exposant, le jury lui rappelle la médaille d’argent dont il s’était déjà rendu digne en i83q.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. BALLEYDIER, REPIQUET et SYLYENT, de Lyon (Rhône),
- Ont exposé un très-grand assortiment d’étoffes soie et velours , façonnées pour gilets;
- Des velours fond-plein, dessin épinglé pour robes;
- Un panneau de tenture, fond velours plein avec un écusson en velours épinglé à plusieurs couleurs. L’exécution de ce dernier travail a dû présenter de grandes et coûteuses difficultés.
- Les produits de cette maison, qui d’ailleurs est au premier rang dans la fabrication des gilets, se distinguent par le goût, la richesse des dessins autant que par la bonne fabrication.
- Le jury est heureux de le reconnaître, et il décerne à MM. Balleydier, Repiquet et Sylvent, la médaille d’argent.
- MM. YERZIER , BONNART et Cie, de Lyon (Rhône).
- L’exposition de cette maison est l’une des plus variées.
- Outre un bel assortiment de châles de soie pour l’exportation , et des mouchoirs, écharpes et cravates d’un choix très-varié , le jury a remarqué ses étoffes pour meubles, ses satins, gros de Naples, foulards, reps, etc. pour robes.
- Cette maison a également exposé des portraits tissés, imitant la gravure en taille douce. Ce produit considéré jusqu’ici comme un objet de coûteuse fantaisie, descend aujourd’hui dans les der-
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- niers rangs de la consommation, grâce au bas prix auquel MM. Verzier, Bonnart et Gie l’ont réduit.
- Cette exposition donne une juste idée de l’intelligente activité de cette maison et expliqué l’importance de ses affaires, qui s’élèvent au delà d’un million et demi, f
- Le jury décerne la médaille d’argent à MM. Verzier, Bonnart et Cie.
- MM. André CHAYENT et Cie, à Lyon (Rhône).
- MM. André Chavent et Cie, ont exposé un grand assortiment d’étoffes pour robes en soie façonnée.
- Ces produits sont très-remarquables par le bon goût des dessins, la perfection de leur mise en carte et l’heureuse disposition des couleurs. Ces qualités précieuses dénotent l’heüreuse association d’un fabricant habile, et d’un dessinateur de grand mérite.
- Le jury central juge la maison André Chavent et Cie digne de la médaille d’argent.
- MM. CHASTEL et RIYOIRE, à Lyon (Rhône),
- Exposent une grande variété d’étoffes soie façonnée pour robes et d’une excellente fabrication. Leurs prix modérés résultent généralement de combinaisons intelligentes, de procédés ingénieux qui font honneur à ces fabricants.
- , Depuis la dernière exposition où ils obtinrent ^ une médaille de bronze, MM. Chastel et Ri voire ont perfectionné et développé leur fabrication qui s’élève aujourd’hui à près d’un million, dont plus de moitié pour l’exportation.
- Le jury leur décerne la médaille d’argent.
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- MM. FORNIER, JANIN et FALSANT, à Lyon (Rhône),
- Exposent des velours soie tramés coton , qualité courante, tous fabriqués en pièces doubles, tissées et divisées par un nouveau procédé de leur invention.
- Ce procédé a le rare mérite d’être d’une application facile, peu dispendieuse, et d’une simplicité si grande, qu’elle permet d’employer, sans nouvel apprentissage, tous les bons tisseurs d’étoffes unies.
- Son importance ressort de la comparaison de la main-d’œuvre.
- Le velours simple, 32 portées , fabriqué par l’ancien procédé avec les fers, se paye de 3 à 3 fr. 5o c. le mètre, et l’ouvrier n’en fait généralement qu’un demi-mètre, soit 1 fr. 73 c.
- ' Le velours fabriqué par le nouveau procédé se paye seulement 2 fr., mais l’ouvrier en fait 2 mètres et demi, soit 5 fr-, et de plus sa tâche est moins fatigante.
- L’extension de ce procédé aux métiers de velours ou de peluches de la Moselle et des environs de Lyon, permettra certainement à notre industrie de concourir avantageusement avec la Prusse Rhénane pour la production des velours légers dont la consommation est si importante en France et à l’étranger.
- Le nombre des métiers Janin, fonctionnant dans divers ateliers de Lyon , est aujourd’hui de 60, et s’accroît journellement. Ce chiffre 11’est cependant pas encore assez considérable pour constater un grand succès pratique qui motiverait une plus haute récompense, mais il l’est assez pour justifier la mé-
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- daille d’argent que le jury est heureux de décerner à MM. Former, Janin et Faisant.
- MM. YUCHER, REYNIER et PERRIER, à Lyon (Rhône).
- Cette maison expose une grande variété d’articles et entré autres :
- Des mantelets et écharpes, en velours , en gaze
- et en satin façonnés :
- » /
- Des colliers, fichus, cravates et châles imprimés sur chaîne et façonnés ;
- Des tissus divers et articles de nouveautés.
- Le jury de 1889 jugea cette maison digne de la médaille de bronze. Les progrès de sa fabrication , progrès que le jury de 1844 est heureux de constater et de reconnaître, la rendent digne d’une récompense plus élevée. Le jury décerne à MM . Vucher’ Reynier et Perrier la médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. Réné S AU Y AGE etCie, à Lyon (Rhône).
- Cette maison a exposé des pouts-de-soie noirs moirés, des taffetas pour meubles et un velours uni jaspé, fabriqué par un nouveau procédé fort simple et fort ingénieux.
- L’effet de dessin ou de jaspure est obtenu par un seul fer, sans cartons, sans mécaniques à la Jacquard, sur un métier de velours uni, au moyen d’un rabot particulier, dont ils réclament l’invention.
- Le jury pense que ce procédé pourra s’étendre b la fabrication des velours façonnés pour gilets et
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- pour robes, et acquérir ainsi une certaine importance.
- Mais l’œuvre du temps ne saurait, être préjugée, et le jury est d’avis que, par rapport à l’application actuelle de ce procédé, la médaille de bronze sera pour MM. Réné, Sauvage et comp. un honorable encouragement.
- MM. GUSTELLE et MONNET, à Lyon (Rhône),
- Ont exposé une collection d’étoffes pour gilets en soie, soie et laine, soie et cachemire; de plus, un assortiment de châles de soie à dessins riches variés pour l’exportation. Les châles de cette maison ont acquis dans les mers du Sud une réputation et un débouché considérables. Elle est du reste en première ligne, depuis longtemps, pour la fabrication de cet article.
- Les gilets au contraire sont destinés en grande partie à la consommation intérieure, pour laquelle ils ont à soutenir l’énergique concurrence des fabriques de Paris et du nord de la France.
- Cette maison, quoique ancienne, expose pour la première fois.
- Le jury pour la récompenser et encourager ses efforts intelligents, lui décerne la médaille de bronze.
- MM. DOUX, ROCHE et DIME, à Lyon (Rhône),
- Ont exposé des mouchoirs, des écharpes, des mantelets, des châles et nouveautés en soie façonnée, brochée et chinée.
- La variété de ces articles, leur bon goût, la ri-
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- chesse de leurs dessins, font honneur au fabricant et au dessinateur.
- Le jury pense que les louables efforts de cette maison ont mérité une récompense; en conséquence il lui décerne la médaille de bronze.
- MM. LORRAIN et GUILLET, de Lyon (Rhône),
- Ont exposé des châles, robes et nouveautés en soie d’une grande variété, et d’une bonne fabrication.
- Cette maison, qui expose pour la première fois, marche sur les traces des premières fabriques. Le jury désire vivement que la médaille de bronze, qu’il lui décerne, soit pour elle un puissant motif d’encouragement.
- M. CARQUILLAT, maître ouvrier, àLyon (Rhône),
- A tissé un tableau représentant la visite faite dans son atelier par M. le duc d’Aumale à son retour d’Afrique.
- Ce tableau reproduit fidèlement treize personnages . d’après une toile de M. Bonnefond, directeur de l’école de dessin et de peinture de Lyon.
- L’exécution de ce travail a nécessité la création d’un métier à cinq mécaniques Jacquart, beaucoup d’intelligence, desoins et d’argent. Rien n’a arrêté M. Carquillat et le succès a couronné ses efforts.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- MM. HECKEL et MONTET, à Lyon (Rhône),
- Exposent des satins unis en couleur qui ne laissent rien à désirer sous le rapport de la fabrication comme sous celui des nuances. Il est vrai que M. Heckel a longtemps partagé les travaux deM. Heckel aîné, et il paraît devoir marcher sur ses traces.
- Cette maison n’étant établie que depuis très-peu de temps, le jury, tout en reconnaissant le grand mérite de ses produits , ne peut que la mentionner honorablement.
- MM. LANÇON et Ci<?, à Lyon (Rhône).
- Cette maison expose des étoffes de soie pour ornements d’église, en damas satin broché soie et or faux , mi-fin et fin.
- Ces articles se recommandent surtout par la modicité de leur prix qui les,met à la portée des plus pauvres paroisses.
- Le jury, pour encourager les efforts de MM. Lançon et comp., leur décerne,la mention honorable,
- MM, V. LAFABRÈGUE et fils et VINCENT, à Lyon (Rhône).
- Les écharpes en velours, et les velours glacés, caméléon, pour robes, exposés par ces messieurs sont très-bien fabriqués. Les velours glacés, surtout, présentent des effets nouveaux dus à une fabrication intelligente. Le jury a remarqué le goût et le soin qui ont présidé à l’ensemble de cette exposition, et il est heureux de donner à MM. Lafabrègue et fils et Vincent la mention honorable.
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- — 296 — CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement :
- MM. NALTÈS, PROTLON et THIERRIAT , de Lyon (Rhône),
- Pour les étoffes pour gilets façonnés et brochés qu’ils ont exposées.
- MM. DURET et Cie, de Lyon (Rhône),
- Pour leurs foulards de soie imprimés qui dénotent d’intelligents efforts.
- M. DOUILLET, de Lyon (Rhône),
- Pour leurs bannières soie peintes et dorées que leur bas prix met à la portée des plus pauvres paroisses.
- § 2. RUBANS.
- L’industrie des rubans a suivi à peu près les phases de l’industrie des soieries.
- Ses grands développements, dans les villes de Saint-Étienne et Saint-Chamond, datent de 1600 à 1680, époque qui vit s’élever à 10,000 le nombre de ses métiers.
- La révocation de l’édit de Nantes, en poussant à l’étranger le génie industriel de la France, porta aussi une rude atteinte à la rubannerie française, qui trouva dès lors une énergique concurrence dans les fabriques de Bâle. De 1700 à 1760 elle
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- végéta, et ce ne fut que vers 1760 qu’elle prit une nouvelle vie, grâce à la respectable maison Du-gas frères de Saint-Chamond, qui importa de Bâle et répandit dans nos fabriques les métiers mécaniques dits à la zurichoise, et connus aujourd’hui sous le nom de métiers à la barre.
- En 1788, apogée de la fabrique des rubans avant la révolution, le nombre des métiers de tout genre s’éleva à 15,000.
- En 1800, par suite dés troubles et des guerres, il n’était plus que de 13,800, et il ne paraît pas que sous l’empire, il ait dépassé le nombre de 13,850.
- Aujourd’hui on peut sans exagération l’évaluer à 20,000, qui, vu la grande proportion des métiers à la barre et les perfectionnements apportés aux métiers à lisse, représentent réellement un nombre bien plus considérable comparativement aux époques antérieures,
- Ce qui distingue la rubannerie française, et ‘maintient sa supériorité à l’étranger, c’est le goût que Paris inspire et imprime à ses fabricants, c’est la création permanente de couleurs, de dessins, de dispositions que les fabriques étrangères suivent et copient d’aussi près qu’elles peuvent, mais de trop loin pour satisfaire à la passion fébrile et toujours croissante de la consommation pour la nouveauté. Pour Saint-Étienne comme pour Lyon, créer sans cesse est la condi-
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- tion essentielle de la vie* Le repos serait la mort.
- Malgré la rude concurrence de Bâle et de Co-ventry, l’exportation des rubans est en progrès, et nous ne craignons pas d’exagérer en l’évaluant à 35 millions. La production générale dépasse aujourd’hui 60 millions de francs , dont presque moitié est main-d’œuvre ou bénéfice, et moitié matière première.
- RAPPELS DE MEDAILLES D’OR,
- M. Étienne FAURE, à Saint-Étienne (Loire).
- La maison Faure frères, dont M. Etienne Faure a été l’assoeié et est aujourd’hui le continuateur, occupe depuis vingt ans le premier rang dans l’industrie des rubans façonnés.
- Sa brillante exposition prouve que loin de s’arrêter , M. Etienne Faure travaille avec énergie à étendre les affaires de sa maison et sa bonne et belle réputation. Il occupe mille ouvriers, et fait pour un million d’affaires.
- Le jury lui confirme avec les plus grands éloges, la médaille d’or qu’il a obtenue en 1839.
- M. VIGNAT-CHOVET, à Saint-Étienne (Loire).
- Le goût, la richesse et l’originalité des rubans exposés par ce fabricant justifient pleinement sa bonne et ancienne réputation.
- M. Vignat-Chovet marche toujours au premier rang des fabricants de façonné, non-seulement pour le goût et la bonne exécution, mais encore pour l’importance de ses produits.
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- Il emploie environ 700 métiers et fait un million d’affaires, dont moitié pour l’exportation.
- Le jury lui rappelle la médaille d’or qu’il a obtenue en 183g et dont il se montre de plus en plus digne.
- MÉDAILLES D’OR.
- MM. ROBICHON et Cie, à Saint-Étienne (Loire).
- Il suffit d’examiner les rubans exposés par cette maison pour reconnaître qu’elle est au rang de celles qui soutiennent le mieux la supériorité de la rubannerie française à l’étranger.
- MM. Robichon et Cle se signalent depuis longtemps par la perfection autant que par l’importance de leur fabrication ; mais c’est surtout depuis la dernière exposition que leurs progrès, sous ces deux rapports, ont été sensibles.
- Ils obtinrent une. médaille de bronze:en i834 et une médaille d’argent en 183p.
- Ces récompenses ont stimulé le zèle et les efforts de MM. Robichon et Cle, auxquels, pour leurs nouveaux succès, le jury décerne la médaille d’or.
- M. Jules BALAY, à Saint-Étienne (Loire).
- A côté des riches expositions des fabriques de rubans façonnés, l’exposition de M. Jules Balay paraît bien modeste, car elle ne se compose que de rubans de satin unis des, qualités les plus courantes.
- Mais ces articles occupent une grande place dans la consommation, et Saint-Étienne doit à M. Jules
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- Balay la conservation de l’un des plus importants.
- Nous voulons parler des rubans satin fabriqués avec la soie grége et teinte en pièce.
- M. Jules Balav soutient sur les marchés d’Alle-
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- magne, à force d’intelligence et d’énergie, la rude concurrence des fabriques de Bâle.
- Il occupe plus de 1,200 ouvriers et fait de i,3oo,ooo à i,5oo,ooo fr. d’affaires dont les sept huitièmes avec l’Allemagne et les Amériques.
- En 1839, M. Jules Balay obtint la médaille d’argent, et pour le récompenser de ses persévérants efforts et de ses nouveaux succès, le jury lui décerne la médaille d’or.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. MARTIN etCie, à Saint-Étienne (Loire).
- Les rubans exposés par MM. Martin et Cie sont dignes de cette maison, dont le chef est considéré comme très-habile fabricant et comme un grand artiste.
- Cette maison occupe environ 3oo métiers et fait de 5oo à 55o,ooo fr. d’affaires, dont près de moitié pour l’exportation.
- Le jury se plaît à rappeler à MM. Martin et Cie la médaille d’argent obtenue par eux en 1839.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. GRANGIER frères,à Saint-Chamond (Loire).
- Depuis l’exposition de 1889, MM. Grangier
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- frères ont enriclii l’industrie des rubans de plusieurs inventions pour lesquelles ils ont pris des brevets.
- Leur métier à battant brodeur a surtout donné naissance à des articles qui ont eu et ont encore une grande vogue.
- Les rubans exposés par MM. Grangier frères donnent une juste idée du goût et de l’originalité de leur fabrication.
- Leurs alfaires s’élèvent à 600,000 fr.; dont plus de moitié pour l’exportation.
- Ces habiles fabricants ne négligent rien pour améliorer et étendre leur industrie.
- Le jury est heureux de leur décerner la médaille d’argent.
- M. DEBARY-MÉRIAN,à Guebwiller (Haut-Rhin).
- Cette maison est la suite de celle de J. De Bary et Bischoff de Bâle, qui importèrent en France, en i8o5,la fabrication des rubans taffetas.
- Jusqu’en i832 , elle a travaillé sur les errements en usage dans le canton de Bâle, donnant à tisser aux ouvriers dispersés dans les campagnes; mais, depuis lors, entraînée par l’exemple de l’ancienne industrie alsacienne, elle a transformé toute son organisation et monté des ateliers spéciaux, à métiers mécaniques, avec la division du travail et tous les perfectionnements de l’industrie la plus avancée.
- Toutes les préparations, depuis la teinture jusqu’à l’apprêt, se font dans l’établissement, qui emploie 200 ouvriers et go métiers mécaniques. Son chiffre d’affaires s’élève de 525,000 à 600,000 fr., selon le cours de la matière première employée.
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- Les rubans taffetas noir et couleur et lès galons*-croisés que MM. DeBary et Mérian exposent, n’ont rien de brillant pour l’apparence, mais, au fond, ils ont un immense mérite que le jury apprécie.
- Us sont très-bien et très-économiquement fabriqués, et la consommation les préfère aux articles de Bâle, qu’ils remplaceront tout à fait lorsque l’établissement pourra répondre à toutes les démandes.
- Pour implanter dans une province de France, étrangère aux préparations, comme au tissage delà soie, l’industrie des rubans de Bâle, il a fallu que MM. De Bary et Mérian déployassent une intelligence et une persévérance dignes des plus grands éloges.
- Le jury, pour les récompenser et les encourager, leur décerne la médaille d’argent.
- M. C. BARALLON., à Saint-Étienne (Loire),
- Expose des étoffes et des rubans unis et ombrés, tissés en soie grége et teinte ou ombrée après le tissage.
- Ce fabricant, l’un des premiers qui aient réussi dans la fabrication des rubans en soie grége, est celui qui, en perfectionnant le plus cet article, a aussi le plus contribué à le conserver à Saint-Étienne.
- Il est l’inventeur d’un procédé pour ombrer, après tissage, les rubans et étoffes dans les couleurs les plus variées.
- Il occupe ioo métiers et fait pour 4^0,000 fr. d’affaires, dont i5o,ooo avec l’intérieur et 3oo,ooo avec l’étranger.
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- Rien ne prouve mieux le mérite de ce fabricant que la sommé de ses exportations dans un article très-courant et très-bon marche, pour lequel Bâle était réputée sans rivale.
- Le jury, pour récompenser et encourager M. Barallon, lui décerne la médaille d’argent.
- M. Mathieu PASSER AT, à Saint-Étienne (Loire).
- Cette fabrique est une des plus importantes pour l’article courant, surtout en satin.
- Son chef, M. Passerat, est un fabricant distingué qui, sorti des rangs des ouvriers, a su, à force de travail et d’intelligence, placer sa maison en première ligne.
- Le chiffre de ses affaires dépasse un million, dont plus de la moitié pour l’exportation.
- C’est la première fois que M. Passerat expose, et cependant le jury le reconnaît digne de la médaille d’argent qu’il lui décerne.
- MM. TEYTER aîné et Cie, à Saint-Étienne (Loire).
- Cette maison, qui expose pour la première fois, a déjà pris un rang distingué parmi les fabriques de rubans façonnés.
- Elle occupe a3o métiers et fait plus de 5oo,ooo francs d’affaires , dont une très-grande partieavec l’Angleterre.
- Ses produits se distinguent surtout par la richesse des dessins et des dispositions.
- Le jury lui décerne la médaille d’argent.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. DUTROU fils, à Paris, rue St.-Denis, 345.
- Ce fabricant expose un grand nombre de rubans, la plupart pour ceintures et pour ordres.
- Etabli à Paris pour répondre aux besoins d’une consommation exceptionnelle, M. Dutrou y rencontra la redoutable concurrence de Saint-Etienne qu’il soutint cependant avec une grande et honorable persévérance.
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze.
- MM. MESNAGER frères, à Saint-Étienne (Loire).
- Cette maison fait beaucoup d’afïaires, tant en rubans de sa fabrique qu’en rubans qu’elle achète sur place.
- Elle a récemment importé à St-Etienne la fabrication des soies à coudre, qui sera pour le pays une nouvelle source de travail et de richesse.
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. CANEL-CHAPELON et Cie, à Saint-Étienne (Loire).
- Les rubans façonnés exposés par cette maison, témoignent d’une très-bonne fabrication.
- Sa production, qui s’élève de 3oo à 35o,ooo fr.,se partage entre la consommation intérieure et l’exportation .
- Pour récompenser MM. Canel-Chapelon et Cie, le jury leur décerne la médaille de bronze.
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- M. CARRIÈRE-VIGNAT, à St-Étienne (Loire)'.
- Les rubans gaze façonnés que cette maison expose donnent une juste idée de sa fabrication, qui est excellente, tant pour l’exécution que pour le goût et la variété.
- Depuis un an surtout M. Carrière-Vignat a donné une grande impulsion à sa fabrique, et le succès a couronné ses efforts.
- Il a porté ses affaires à plus de 600,000 fr., chiffre considérable dans cet article.
- Le jury, pour récompenser M. Carrière-Yignat, qui expose pour la première fois, lui décerne la médaille de bronze.
- MM. RICHONDetGie, à Saint-Étienne (Loire).
- Cette maison a exposé des rubans façonnés très-variés, qui donnent une juste idée de l’importance de sa fabrication, dont le chiffre s’élève à près de 700,000 fr.; plus de la moitié de ses produits vient faire concurrence à l’étranger aux fabriques de Bâle et de Goventry.
- Le jury décerne à M. Richond et comp. la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. JAMET et CHARRAT aîné, à Saint-Étienne (Loire).
- Leur fabrication est assez importante puisqu’elle dépasse le chiffre de 5oo,ooo fr., dont les deux tiers s’exportent.
- Le jury donne à MM. Jamet et Charrat aine la
- mention honorable.
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- MM. RENODIER père et fils, à St-Étienrie'(Loire).
- Cette maison fabrique surtout les rubans unis et velours pour la mercerie et pour la consommation intérieure.
- Elle réussit clans sa fabrication, et le jury se plaît à la mentionner.
- CITATION FAVORABLE.
- M. J.-C. ROCHE, à Saint-Étienne (Loire),
- Fabrique divers genres de rubans, et, entre autres , les rubans satin-grége qu’il réussit bien.
- Le jury le cite favorablement.
- § 3. SOIERIES ET ARTICLES DE NÎMES ET AVIGNON.
- Considérations générales.
- L’industrie nîmoise a, comme l’industrie lyonnaise , subi et suivi l’influence des événements politiques.
- Elle a souffert, comme elle, des guerres étrangères et surtout des guerres civiles, et comme elle aussi sa constitution énergique a résisté aux crises terribles qui semblaient devoir l’étouffèr.
- Si loin qu’on remonte dans l’histoire du pays Nîmois, on trouve des traces de l’aptitude de ses habitants pour les travaux manufacturiers; mais ce" n’est cependant que depuis sa réunion au royaume de France, au XIIIe siècle, qu’on peut suivre les
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- mouvements ét les développements de son industrie.
- Les règlements qu’on trouve dans les annales des XIVe et XVe siècles concernant les arts et métiers, les apprentis et les compagnons, prouvent que le travail des manufactures en général et même pour les soieries avait déjà acquis une certaine importance. Ce ne fut cependant qu’au XVI9 siècle que la ville de Nîmes obtint des lettres patentes et statuts royaux qui là placent au nombre des quatre villes de France, Paris, Tours, Lyon et Nîmes, ayant privilège d'exercer le commerce, art et fabrique du drap dor, d'argent et de soie, et autres étoffes mélangées.
- Les règlements généraux donnés par Colbert, au XVII0 siècle, aux manufactures et fabriques du royaume, en désignant nominativement presque toutes les villes et tous les villages du pays Nîmois et des Gévennes, témoignent de leur grand développement manufacturier.
- C’est vers cette époque que le métier à bas, importé par Cuvillier, créa une nouvelle source de travail et de richesses à ces laborieuses populations.
- La révocation de l’édit de Nantes apporta une grande perturbation dans toutes les branches des manufactures de la France, et l’industrie nîmoise en souffrit plus qu’aucune autre ; néanmoins elle
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- se releva, et la révolution de 1789" la trouva dans la plus grande prospérité.
- Cette révolution et les premières guerres del’Em-pire lui portèrent un coup funeste, dont elle ne se serait pas relevée sans la souplesse de son génie.
- C’est alors qu’elle sut avec üne rare intelligence s’approprier une matière nouvelle pour elle, le coton, quelle mélangea de mille manières avec la soie.
- Les troubles civils et religieux qui agitèrent encore Nîmes et les Cévennes, en 1815, arrêtèrent le mouvement que la paix devait imprimer à leur industrie ; mais une fois l’ordre rétabli et la paix assurée, le temps perdu fut vite regagné et le mal réparé.
- C’est surtout depuis 1830 que l’industrie nî-moise a progressé. Les produits qu’elle expose en 18hk, et parmi lesquels on remarque des soies, des lacets, de la filoselle, de la passementerie, de la bonneterie, des foulards, des soieries, des nouveautés , des châles et des tapis, prouvent quelle n’a-jamais été plus forte, plus vivace et plus souple.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM. THOMAS frères, d’Avignon (Yaucluse).
- Cette maison a exposé des étoffes soie tissées par par des métiers mécaniques, soit :
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- Des florences, des marcelinettes, des gros de Naples, des foudrosiennes.
- Depuis plusieurs années, Avignon a vu ses fabriques de florence, si florissantes autrefois, fléchir tant sous le rapport de l’importance que sous celui de la perfection des produits. Non-seulement Avignon n’exporte plus à l’étranger, mais on a vu Zurich importer ses florences à Paris, malgré le droit de i5 à 16 pour cent qui les frappe.
- Le produits exposés par MM. Thomas frères, doivent à leur tissage mécanique, une régularité qui permet d’espérer pour eux des débouchés à l’intérieur et même à l’extérieur.
- Si, comme tout porte à le croire, le tissage mécanique est le seul moyen de rendre à Avignon son ancienne supériorité pour le florence et les tissus légers en général, MM. Thomas frères auront rendu un immense service à cette industrie, service pour lequel ils n’ont épargné ni le zèle, ni les capitaux. MM. Thomas frères ont obtenu en i834 la médaille d’or, le jury est très-heureux de rappeler en leur faveur cette éclatante récompense.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Michel DHOMBRES et Cie, de Nîmes (Gard),
- Présentent à l’exposition des foulards et des châles thibet imprimés, d’une bonne exécution ; le tissu des foulards est fabriqué et imprimé par MM. Michel Dhombres et Cie. La fabrique de Tarare leur fournit les tissus thibet, sur lesquels ils appliquent l’impression avec beaucoup de succès.
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- Cette maison a aussi un atelier de teinture. Le jury leur rappelle la médaille d’argent, qu’ils avaient obtenue en i834 et qui leur fut confirmée en 183g.
- M. Antoine PUGET, de Nîmes (Gard),
- A exposé des foulards, des.gros de Naples, des levantines à dispositions et des florences unis.
- Ces articles sont bien traités et établis à des prix modérés, ce qui en rend le placement facile autant à l’intérieur qu’à l’extérieur.
- Cette maison occupe depuis longtemps à la maison centrale de Nîmes, un atelier de soixante-dix métiers, indépendamment des ouvriers qu’elle emploie dans le. dehors.
- Le jury, jugeantM. AntoinePuget toujours digne de la médaille d’argent qu’il a obtenue en i83g, lui en vote le rappel.
- MM. GAIDAN frères, de Nîmes (Gard).
- Cette maison qui obtint en i83g une médaille d’argent pour la beauté de sa fabrication et de l’impression de ses foulards, continue à exploiter cette branche d’industrie avec succès, elle a aussi exposé des cravates en gros de. Naples et taffetas noirs, articles d’une grande consommation en France et à l’étranger.
- Ces différents produits sont d’une, bpnne, fabrication e,t à des.prix qui déterminent une grande vente.
- ' Le jury rappelle à MM. Gaidan. frères la médaille d’argent.
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- M. Claude JOURDAN et fils, de Nîmes (Gard) ,
- Ont exposé des mouchoirs, des foulards, des écharpes et des ceintures pour l’Algérie.
- Cette maison, appréciant tous les débouchés que pourrait offrir à là France notre colonie d’Alger, s’est spécialement occupée de la fabrication d’articles appropriés au goût et aux usages de ce pays. Ses efforts ont été couronnés de succès, et un grand nombre de métiers sont actuellement employés à tisser ces étoffes, où l’or, la soie, la laine et le coton sont adroitement mélangés.
- Le jury, appréciant les efforts intelligents de MM. Jourdan et fils, leur rappelle la médaille d’argent qu’ils ont obtenue en 18J9.
- MM. DAUDET jeune et ARDOUIN-DAUDET, de Nîmes (Gard).
- Cette maison qui obtint en i83g une médaille, d’argent, sous la raison sociale Daudet jeune et Chabaud, expose cette année des fichus et des foulards imprimés, d’une belle exécution.
- Les tissus sont fabriqués par elle et imprimés dans ses ateliers. Les soins que ces habiles manufacturiers apportent dans toutes les parties de la fabrication , ont puissamment contribué à augmenter l’importance de leurs affaires. Le jury rappelle à MM. Daudet jeune et Ardouin Daudet la médaille d’argent. ,
- M. Auguste CHABAUD, de Nîmes (Gard).
- Associé de la maison Daudet jeune et Chabaud, qui obtint en i83g la médaille d’argent, M. Au-
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- guste Chabaud présente à l’exposition des foulards de poche dont l’impression et le tissu sont bien exécutés, et les dessins variés ; il expose aussi des cravates en taffetas noir, bien réussies et à des prix qui lui en procurent un placement facile, soit à l’intérieur, soit à l’extérieur.
- Cette maison qui a ses ateliers d’impression, de dévidage, d’ouvraison et de tissage, présente une bonne organisation.
- Le jury reconnaît que M. Auguste Chabaud se montre toujours digne de la médaille d’argent et lui en vote le rappel.
- M. COUMERT, CARRETON et CHARDOUNAUD, de Nîmes ( Gard),
- Ont exposé des châles cachemire d’Ecosse imprimés; des châles damassés et brochés qui offrent une grande variété ; du damas laine et soie pour meubles. Ces articles sont variés et bien exécutés, et à des prix très-modérés. Cette maison a aussi exposé des tapis de pied remarquables par leur bon marché.
- Le jury, appréciant le mérite de MM. Coumert, Carreton et Chardounaud, vote en leur faveur le rappel de la médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. CHARDON, successeur de feu DAUDET aîné et Glp, de Nîmes (Gard),
- Présente à l’exposition un grand assortiment d’étoffes en soie pour robes, des foulards en tout genre,
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- des taffetas écossais, des cravates en satin noir uni, façonné et écossais, des fichus, etc.
- Tous ces articles, dus à l’active intelligence de M. Chardon, sont généralement bien entendus, d’une bonne fabrication et d’un prix avantageux. Cette maison, qui avait obtenu une mention favorable à l’exposition de i834, sous la raison sociale Daudet aîné et Gie, se trouve aujourd’hui placée sur la première ligne, autant par l’importance de ses affaires, que par le nombre, la variété et le bon goût de ses produits; et le jury se plaît à le reconnaître, en décernant à M. Chardon une médaille d’argent.
- M. DAUDET-QUEIRETY, de Nîmes (Gard),
- A exposé des foulards imprimés, la plus grande partie pour mouchoirs de poche.
- Cette maison, qui obtint en 1834 une médaille de bronze, n’a pas exposé en 1839. Depuis quatre ans elle s’occupe exclusivement de l’article foulards imprimés, qu’elle fait avec beaucoup de perfection et de succès. Pour parvenir à ce résultat M. Daudet-Queirety a fondé un établissement complet , qui comprend l’ouvraison et le dévidage des soies, l’impression et l’apprêt des étoffes.
- Le jury, appréciant les efforts de M. Daudet-Queirety, et reconnaissant qu’ils ont été couronnés de succès, lui accorde la médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. TROUPEL-FAYRE et GIDE, d’Embrun (Hautes-Alpes).
- Entrepreneurs généraux des services de la mai-
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- son centrale d’Embrun, ces fabricants ont envoyé à l’exposition :
- Des draperies communes;
- De la fantaisie cardée en rame,;
- Des tissus-bourette en filoselle ;
- Des toiles-fil, dites de ménage ;
- Divers articles de soierie unis et des velours soie. Ces nombreux articles ont été, généralement, trouvés dans de bonnes conditions de fabrication. Les draps se consomment dans le. pays même,; les soieries sont pour le compte de maisons de. Lyon. Les détenus de la prison centrale sont ainsi rér-
- partis entre les divers travaux :
- Pour l’industrie de. la laine............. i o5
- Aux diverses préparations de la bourre,
- de soie....................................... 290
- Au tissage des soieries et des toiles. . . 88
- A la fabrication des velours de soie (récente dans la maison)........................... 62
- Total............. Ü45
- Le jury applaudit aux efforts que MM. Troupe,!, Favre et Gide, ont fait pour utiliser les travaux des détenus et leur apprendre des, professions qui pourront leur fournir des moyens d’existence après l’expiration de leur peine.
- C’est pour récompenser ces Messieurs que le jury rappelle en leur faveur la médaille de bronze qu’ils obtinrent en 183*9.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. SAGNIER-TEULON, de Nîmes (Gard ),
- A exposé des écharpes ou turbans algériens en soie et or; des robes et autres étoffes destinées à la consommation de l’Algérie.
- Ces articles sont d’une bonne exécution et d’unf goût approprié à la consommation qu’ils doivent satisfaire.
- Le jury voit avec plaisir les efforts faits par M. Sagnier-Teulon pour s’emparer d’une consommation qui doit naturellement appartenir à la France, et lui accorde une médaille de bronze.
- MM. BLACHIER et MASSER AN, de Nîmes (Gard).
- Ces fabricants, qui exposent pour la première fois, ont envoyé lin assortiment de cravates, à dispositions gracieuses, en soie pure ou mélangée, qui sont destinées à la vente, intérieure,; ils présentent encore une collection d’articles pour la consommation algérienne.
- Un vif intérêt doit s’attacher à ces commencements de rapports entre la métropole et la colonie. Le jury décerne à MM. Blachier et Masseran
- une médaille de bronze.
- \ *
- M. Alexis QUIBLIER, de Nîmes ( Gard),
- Présente à l’exposition un grand assortiment de châles de différents.genres, en chaîne fantaisie e,t, trame laine peignée ou cardée. Ces, articles, qui, sont en grande partie pour la consommation d’été, sont d’une bonne fabrication et bien entendus.
- Le jury accorde à M. Alexis Quiblier une médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- Madame veuve VEYRUN, née DUMONT, et Cle, de Nîmes (Gard),
- Exposent des châles imprimés, thibet et grenadine , dont le bas prix procure un grand écoulement, tant en France qu’à l’étranger,* les tissus de soie sont fabriqués et imprimés par eux; les thibet leur sont fournis par la fabrique de Tarare.
- Le jury accorde à Madame veuve Veyrun, née Dumont, et Cie, une mention honorable.
- MM. LEVAT frères, de Nîmes (Gard),
- Exposent des châles grenadine imprimés, en diverses largeurs. Cette fabrique, qui s’occupe spécialement de cet article, le fait avec succès. L’Espagne et fltalie reçoivent la plus grande partie de ses produits.
- Le jury accorde à MM. Lovât frères üne mention honorable.
- M. Frédéric BOUSQUET, de Nîmes (Gard),
- Présente à l’exposition des châles et des fichus de soie, qui sont d’une fabrication bien entendue pour être vendus à bas prix, ce qui procure à M. Frédéric Bousquet un placement facile de ses produits.
- Le jury, appréciant ce mérite, le mentionne honorablement.
- MM. Louis BESSON et G‘% de Nîmes (Gard),
- Exposent des châles en laine, en soie et laine, en laine et coton damassés et brochés, à des prix avantageux : la fabrication en est bien entendue.
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- Le jury accorde à M. L. Besson .une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- Le jury cite favorablement
- Madame veuve ARNAUD-GAIDAN, de Nîmes
- (Gard),
- Qui a exposé des buratins et des étoffes en fleuret pour robes d’une bonne fabrication.
- !
- § 4. PELUCHES DE SOIE.
- Considérations générales.
- La fabrication de cet article a pris un si grand développement depuis la dernière exposition, qu’il est convenable d’entrer dans quelques considérations générales, avant d’apprécier le mérite Se chaque exposant.
- Depuis 20 ans environ, la peluche-soie tend à remplacer le feutre, mais aussi longtemps que sa fabrication a été chère et imparfaite, ses progrès dans la consommation ont été lents.
- Les fabriques de Berlin et de la Prusse Rhénane ont, pendant quelques années, joui du privilège de fournir cet article à l’Europe et à l’Amérique.
- Aujourd’hui, non-seulement la France ne tire plus ses peluches des fabriques d’Allemagne, mais
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- elle leur fait une rude concurrence sur lès marchés étrangers et même pour les qualités supérieures sur les marchés allemands.
- En 1839, l’industrie de la peluche pour chapellerie était représentée à l'exposition par deux exposants.
- Aujourd’hui, après cinq ans seulement, douze exposants se présentent au concours. 11 y a quinze ans, la France ne comptait que quelques métiers de peluche à Lyon et dans le département de la Moselle, aujourd’hui, on compte dans le département du Rhône environ 600 métiers, la plupart à double pièce, produisant 2 millions et demi, dont moitié à l’exportation, et dans la Moselle 2,500 métiers qui livrent 5 millions 500 mille fr., dont un tiers à l’exportation. Il y a de plus 400 métiers dans les maisons centrales, produisant 900 mille francs; ce qui donne un chiffre de 3,500 métiers et de 9,000,000 de produits.
- La consommation classe généralement les peluches en deux catégories ; elle préfère celles du département du Rhône pour les basses et moyennes qualités et celles de la Moselle pour les qualités supérieures.
- Cela tient à ce que, dans lé Rhônè, lès procédés de tissage sont plus économiques, surtout depuis l’introduction, par MM. Rfisson frères et J.-R. Martin, des métiers mécaniques à double
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- pièce qui, tout en donnant à l’ouvrier unè journée supérieure, produisent une grande réduction de façon. Mais jusqu’ici le procédé pour couper le poil des pièces en les séparant, ne produit pas la même régularité dans le poil de la peluche que l’ancien procédé appliqué aux métiers ordinaires. C’est une des raisons qui expliquent la préférence accordée aux peluches de la Moselle dans les prix élevés. On doit aussi reconnaître que les teintures de la Moselle, établies à l’instar de celles de Berlin, ont acquis, pour le noir, une supériorité marquée sur celles du Rhône.
- Mais tout fait supposer que cette différence entre les produits des fabriques du Rhône et de la Moselle s’effacera bientôt; car, d’une part, les fabricants du Rhône établissent aussi des ateliers de teinture spéciaux et perfectionnent journel-nellement le métier mécanique à pièces doubles, et d’autre part, les fabricants de la Moselle ne manqueront pas de s’approprier aussi les procédés d’un tissage plus économique.
- La propagation des métiers de peluche dans les villages de la Moselle , a eu pour résultat de donner du travail et de l’aisance à une partie de la population des campagnes qui vivait misérablement du tissage de la toile et de quelques travaux agricoles très-mal rétribués. La journée qui était autrefois de 50 à 75 cent, s’est élevée à
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- 1 fr, 50 cent, et même 2 fr., et cette hausse ne s’est pas arrêtée aux ouvriers occupés du tissage de la peluche, elle a nécessairement réagi sur toutes les mains-d’œuvre.
- C’est de l’importation de la teinture du noir de Berlin dans la Moselle que datent les grands progrès de l’industrie de la peluche, et il est bon de faire observer que ce fut un teinturier français établi à Berlin qui perfectionna la teinture de ce noir au point de lui donner une supériorité incontestée.
- Les fabricants de la Moselle ont exposé des velours façon Crefeld très-bien fabriqués.
- Le jury pense que s’ils appliquaient à la fabrication de cet important article, l’intelligence et la persévérance dont ils ont fait preuve, ils réussiraient comme ils ont réussi dans la fabrication des peluches.
- Dans cette vue il leur recommande le métier h pièces doubles pour peluche et le métier Janin à pièces doubles pour velours. Les récompenses nombreuses que le. jury décerne aux. exposants de peluches, sont la meilleure preuve de l’intérêt qu’il porte à cette industrie.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM. MASSING frères, HUBER et Ci0, de Putte-
- lange (Moselle).
- Cette maison a exposé des peluches noires en
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- soie pour chapeaux d’homme, depuis 4 h*. 78 c. le mètre jusqu’à 12 fr. L’importance et la qualité de ces produits maintiennent cette fabrique au rang élevé qu’elle a su conquérir depuis longtemps.
- Récompensés par la médaille d’or en i83q, les chefs de cette maison n’ont cessé d’apporter à la teinture et aux autres procédés de fabrication des améliorations importantes. Heureux de constater d’aussi louables efforts, le jury se plaît à rappeler à MM. Massing frères, Huber et CIC la médaille d’or.
- MÉDAILLE D’OR.
- MM. SCHMALTZ et THIBERT, de Metz (Moselle),
- Ont exposé des peluches en soie noire pour chapeaux d’hommes, de 5 fr. 5o à 10 fr. le mètre, et du velours tout soie, façon Grefeld, à 10 fr. le mètre.
- Les peluches sont remarquables par la beauté et la pureté de leur noir.
- Le velours est très-bien fait, et le jury, ne saurait trop recommander à MM. Schmaîtz et Thibert d’appliquer leur persévérante intelligence à développer la fabrication de cet important article. Nul cloute qu’ils ne réussissent complètement à rivaliser avec succès les produits analogues de la fabrique rhénane.
- Ces messieurs sont également cités comme très-habiles teinturiers.
- Leur système de fabrication diffère entièrement de celui delà plupartcle leurs confrères, en ce que tous les ustensiles propres à la fabrication leurap-1. 21
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- partiennent et que leurs ouvriers ne quittent jamais le métier pour les travaux des champs. C'est ce qui explique comment, avec 35o métiers, ces fabricants font environ un million d’affaires, dont un quart à l’intérieur et trois quarts à l’extérieur, tandis que pour atteindre le même chiffre d’autres maisons occupent presque un nombre double de métiers.
- 11 était difficile de justifier plus pleinement les bonnes notes du jury départemental et les renseignements fouruis par les consommateurs eux-mêmes , qui placent ÏY1M. Scbmaltz et Thibert à côté de MM. Massing frères, Thiber et compagnie.
- Récompensés en i83q , à leur début, sous la raison Scbmaltz, par la médaille de bronze, les progrès de MM. Schmaltz et Thibert ont dépassé les espérances qu’ils avaient fait naître alors et le jury est heureux de leur décerner la médaille d’or.
- MÉDAILLES D'ARGENT.
- MM. BARTHE et PLICHON, de Sarreguemines (Moselle),
- Ont exposé des peluches noires en soie pour chapeaux d’hommes, de 5 Ir. à 8 fr. 25 le mètre.
- Cette maison, dont l’établissement remonte à l’année i833, expose pour la première fois. Elle occupe dans l’arrondissement de Sarreguemines 4 à 500 métiers et elle livre à la consommation pour un million de francs de ses produits, répartis par moitié entre l’extérieur et l’intérieur.
- De même que les meilleures fabriques de la Moselle, elle a son atelier de teinture.
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- Ses efforts, pour perfectionner les procédés de fabrication, la beauté et l’importance de ses produits, ont été remarqués parle jury central qui, pour récompenser cette maison, décerne à MM. Barthe et Plichou la médaille d’argent.
- MM. NANOT et Cie, de Sarreguemines (Moselle),
- Ont exposé des peluches noires en soie pour la chapellerie , de 4 fr. 5o c. à 12 fr. le mètre.
- Ces fabricants, qui ont pris la suite des affaires delà maison Walter et Joyeux, la plus ancienne fabrique de peluches de la Moselle, quoique établis depuis 1829, exposent cette année pour la première fois.
- Leur fabrication est importante puisqu’elle occupe 4 è 5oo métiers répartis dans plus de 3o villages.
- Les produits qu’ils livrent au commerce jouissent, à l’intérieur surtout, d’une excellente réputation.
- Depuis leur établissement, ils 11’ont épargné aucun soin , aucune peine pour améliorer les procédés de fabrication. Le jury se plaît à le reconnaître, et, pour récompenser dignement leur intelligente activité , il décerne à MM. Nanot et compagnie la médaille d’argent.
- MM. BRISSON frères et Cie, de Lyon (Rhône).
- Cette maison, l’une des plus anciennes de Lyon, s’est vouée spécialement depuis quelques années à la fabrication des peluches en soie pour chapellerie.
- MM. Brisson frères, pour vaincre les difficultés que rencontre toujours une industrie nouvelle
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- comme l’était celle à laquelle ils se sont livrés, ont fait de grands sacrifices parmi lesquels le plus important et le plus utile a été l’établissement d’ateliers à métiers mécaniques. Ces métiers tissent deux pièces à la fois, ce qui apporte une très-grande économie dans la production , tout en élevant la journée de l’ouvrier qui, par ce nouveau procédé, fait deux fois plus de travail dans le même nombre d’heures.
- Récemment encore, afin de remédier aux inconvénients qui résultent des teintures banales, pour un article qui ne peut se passer de la certitude de solidité et de l’uniformité de nuance, MM. Brisson frères et Ce ont aussi créé leur atelier de teinture.
- Leur production, qui a déjà atteint le chiffre d’un million, fait chaque jour, sous une direction intelligente , de remarquables progrès.
- Le jury se fait un devoir de reconnaître l’habile activité de MM. Brisson frères, et pour récompenser leurs efforts il leur décerne la médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- Madame veuve WALTER aîné, de Metz (Moselle).
- Cette maison réclame l’honneur d’avoir été la maison-mère des fabriques de peluches de la Moselle, alors qu’elle était dirigée par MM. Walter et Joyeux.
- C’est dans ses ateliers que se sont formés MM. Massing, Schmaltz, Thibert, Nanot, etc., passés maîtres aujourd’hui.
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- Madame veuve Walter aîné s’efforce de rendre à cette maison, demeurée languissante pendant plusieurs années, son ancienne réputation, et déjà elle compte environ 200 métiers.
- Les peluches quelle a exposées cette année ne le cèdent en rien à celles de ses concurrents, et bientôt sans doute l’importance de ses affaires autant que la perfection de ses produits, replaceront cette maison au rang qu’elle occupa jadis.
- Le jury en conserve l’espérance, et voulant récompenser ses efforts dans cette direction, il lui décerne la médaille de bronze.
- M. Joseph GAILLARD, de Lyon (Rhône),
- Expose des peluches noires pour chapellerie de 3 fr. 5o c. à 9 fr. le mètre.
- Il est l’un des premiers qui se soient occupés de la fabrication de cet article; c’est en 1822 qu’il monta ses premiers métiers. Il en compte aujourd’hui plus de 200 dont la production s’élève annuellement à 700,ooo .fr.
- Les peluches exposées par ce fabricant sont remarquables par leur bonne fabrication autant que par la modicité de leur prix.
- Le jury récompense M. J. Gaillard en lui décernant la médaille de bronze.
- M. Jean-Baptiste MARTIN, de Tarare (Rhône).
- Ce fabricant a exposé des peluches noires en soie pour chapellerie de t\ fr. 40 c. à 10 fr. le mètre.-
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- Longtemps associé de MM. Brisson frères, M. Martin en fondant son bel établissement a pu immédiatement y introduire tous les perfectionnements les plus récents, comme les métiers mécaniques à pièces doubles, l’atelier de teinture et toutes les opérations accessoires, et le jury qui connaît l’intelligence et l’activité de M. Martin ne doute pas, en voyant ses produits actuels, qu’il n’élève bientôt au premier rang la maison qu’il vient de fonder.
- Le jury a voulu le récompenser en lui décernant la médaille de bronze.
- MM. DON AT, ACHARD et Cie, de Riom (Puy-de-Dôme).
- Cette maison expose des peluches noires en soie pour chapellerie. Ses produits sont bien fabriqués, à des prix avantageux, et ils font une active concurrence aux produits des fabriques rhénanes.
- MM. Donat-Achard et C,e occupent dans la maison centrale de Riom 200 métiers servis par 260 détenus. Dans les campagnes ils en occupent 2 à 3oo, suivant les besoins de la consommation.
- Leur production varie de 800 à 900,000 fr. dont un tiers pour la consommation intérieure, et deux tiers pour l’exportation.
- Le jury croit devoir récompenser les efforts actifs de MM. Donat-Achard et Cie, en leur donnant la médaille de bronze.
- M. RAVIER, de Sarreguemines (Moselle).
- Ce fabricant a peu cherché jusqu’ici à étendre le cercle de sa production, mais il a cherché avec succès à la rendre aussi parfaite que possible.
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- Les peluches noires qu’il a exposées varient de 6 à i5 fr. le mètre; elles sont fort belles et jouissent parmi les consommateurs d’une excellente réputation.
- M. Ravier occupe environ i65 métiers répartis dans diverses communes de l’arrondissement de Sarreguemines. .
- Le jury félicite M. Ravier sur la beauté de ses produits et lui donne la médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. SERPOLET, à Paris, rue Culture-Sainte-Catherine, 48.
- Ce fabricant a exposé des peluches pour chapellerie, en coton, tirées à la carde, de i fr. 25 cent, à 3 fr. 5o cent, le mètre; des peluches chaîne coton , tramées bourre de soie, également tirées à la carde, de i fr. 5o cent, h 5 fr. le mètre.
- Ces étoffes, destinées à la chapellerie commune, occupent une place assez importante dans la consommation générale.
- Lej ury, pour récompenser les utiles travaux de M. Serpolet, lui accorde une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- MM. POREAUX et Gie, à Paris, rue de Richelieu, 92.
- Cette maison expose des velours peluches en coton et fantaisie, tirés à la carde et imprimés pour robes de chambre et gilets.
- Elle expose en outre des étoffes soierie piquées
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- façon ouate pour doublure et garniture d’habillement.
- Cet établissement, récent encore, a droit à des éloges publics, et le jury se plaît à citer favorablement MM. Poreaux et Cie.
- § 5. TISSUS DE CRIN.
- Considérations générales.
- Depuis l’exposition de 1839, l’industrie des tissus de crin n’a pas fait de progrès bien sensibles, mais grâce aux efforts des fabricants, et malgré la concurrence d’autres étoffes introduites dans la confection des meubles communs, cet article est toujours recherché, surtout pour la consommation étrangère. Des efforts couronnés de succès ont aussi été faits pour l’application du crin à divers autres produits.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. DELACOUR, à Paris, rue Vieille-du-Tem-ple, 51.
- Successeur de la maison Bardel et Noiret jeune qui obtint en i83g une médaille d’argent, M. De-lacour expose des tissus de crin noirs et de diverses couleurs, façonnés pour meubles. Ces tissus dont les fonds satins ont beaucoup d’éclat et de brillant, sont bien entendus et les dessins en sont de bon goût. M. Delacour soutient dignement la réputation de ses prédécesseurs.
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- Aussi trouve-t=il un placement facile de ses produits en France et à l’étranger, où il fait des affaires assez importantes.
- Le jury lui décerne le rappel de la médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- Madame veuve GENEVOIS, à Paris, rue Grenier, 5.
- Cette maison qui a obtenu en 1839 une médaille de bronze pour sa belle collection d’étoffes en crin et en soie végétale pour meubles, expose cette année des tissus de crin damassés, deux couleurs, à bouquets et rosaces, dont la belle exécution prouve que Mme Ve Genevois est toujours digne de la médaille de bronze que le jury lui rappelle.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. OUDINOT-LUTEL, à Paris, rue St-Joseph, 3,
- Expose des tissus de crin pour cols, pour gilets, pour chapeaux de femme, pour robes de dessous, pour tamis, et enfin pour garniture d’habits d’hommes.Ces divers tissus sont bien appropriés aux différents usages auxquels ils sont destinés, et prouvent que M.Oudinot-Lutel cherche avec persévérance à perfectionner une industrie à laquelle il s’est entièrement dévoué.
- Lè jury lui accorde en récompense de ses efforts une nouvelle médaille de bronze.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement :
- M. JOURDAN, à Paris, rue deCharonne, 169.
- Pour ses tissus de crin et soie végétale imprimés pour meubles.
- M. ZERR, à Paris, galerie Colbert, 8 et 10.
- Pour des brodequins et des souliers confectionnés avec des tissus de crin.
- § 6. SOIERIES DE TOURS.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. MEAUZÉ-CARTIER et C'% à Tours (Indre-et-Loire).
- Cette maison avait déjà une réputation très-étendue pour la fabrication de la passementerie, lorsque M. Pillet, dontle père avait eu la médaille d’or en 1826, comme fabricant d’étoffes de soie, vient, en s’associant avec M. Meauzé-Cartier, son beau-père , lui apporter l’industrie dont il avait hérité.
- Depuis lors, la maison des exposants a pris une nouvelle extension et s’est placée au premier rang.
- L’exposition de MM. Meauzé-Cartier et Cie a pré? senté les échantillons de la double industrie qu’ils exploitent. Ce sont d’abord les damas soie, les bro-catelles, les tissus soie mélangée pour voitures, et ensuite une grande variété d’articles de passementerie.
- Le tout est traité avec un excellent goût et une grande intelligence de la fabrication.
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- Cette maison, pour combattre la concurrence de Lyon, s’est organisée en ateliers et elle réunit dans son bel établissement, non-seulement le tissage, mais encore la teinture, le dévidage, l’ourdissage et enfin toutes les opérations qui constituent la fabrication.
- Pour établir une si belle organisation, il fallait que MM. Meauzé-Cartier et Ci0 fissent de grands sacrifices et de grands efforts, et le jury, pour les récompenser , leur décerne la médaille d’or.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. FEY-MARTIN et Cle, de Tours (Indre-et-Loire).
- Cette jeune fabrique expose des étoffes en soie pour ameublement. Ses damas et brocatelles sont remarquables par le bon goût des dessins, la pureté et l’harmonie des couleurs, la bonne fabrication des tissus.
- C’est après avoir fait dans la fabrique lyonnaise un long et sérieux apprentissage, que MM. Fey-Martin et Cie ont fondé leur établissement à Tours où, dès leur début, ils ont pris place à côté de l’honorable maison Meauzé-Cartier.
- Le jury est heureux d’exprimer cet éloge et de décerner à MM. Fey - Martin et C,e la médaille d’argent.
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- TROISIÈME SECTION,
- BONNETERIE, TRICOT ET PASSEMENTERIE*
- M. Petit, rapporteur.
- § 1. BONNETERIE.
- Considérations générales.
- La bonneterie ordinaire est toujours en voie d’amélioration; il s’y fait journellement des progrès sensibles, relativement à la qualité et à la modicité des prix.
- La bonneterie qui façonne les articles de luxe, tels que les bas de soie, première qualité, unis, à jour et brodés, n’est pas moins progressive malgré les obstacles qu’elle rencontre; car, il faut bien le reconnaître, cette partie importante souffre beaucoup du caprice de la mode qui la délaisse depuis longtemps, et il est certain que ses progrès auraient été plus grands si la consommation lui eût été plus favorable; cependant cette industrie, si elle a vu se limiter sa consommation intérieure par l’abandon de la mode, ne continue pas moins à conserver sa supériorité sur les marchés étrangers.
- Cette fabrication emploie la soie, la bourre de soie, le coton et la laine. Cette dernière matière n’est appliquée qu’à des bas communs d’une longue durée, et qui sont d’une vente facile.
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- La bourre de soie est la principale matière première des fabriques de Nîmes et d’Uzès. Ses produits peu variés sont d’un bon usage, mais s’ils n’atteignent jamais l’élégance, ils sont du moins consommés dans presque toutes les classes.
- La soie par son prix ne peut pas se prêter aux fabrications communes; mais le coton s’étend depuis les articles les plus simples jusqu’à ceux du luxe le plus recherché : aussi trouve-t-on des bas de coton pour femmes depuis h fr. jusqu’à 72 fr. la douzaine. Ce n’est que depuis peu que cette limite du bon marché a été atteinte ; on le doit à l’adoption du métier circulaire qui produit des pièces d’étoffes en tricot, dans lesquelles on taille des bas, des bonnets, des jupes, des caleçons et des gilets.
- Sauve, Sumène et le Yigan, ont adopté ce genre économique. Ces deux dernières villes fabriquent aussi des bas de soie et de coton de qualités supérieures que l’on trouve aussi à Saint-Hippolyte, à Anduze et à Saint-Jean-du-Gard.
- Il se fabrique aussi à Nîmes quelques belles qualités de bas, mais principalement les objets de goût qui lui sont spéciaux. Le métier à maille fixe, seul ou combiné avec la mécanique à la Jacquart, se prête à une infinité de créations nouvelles. C’est l’aide de ces moyens que l’on fabrique des mitaines, des châles, des écharpes et des voi-
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- les, et qu’on les enrichit de chinés de différentes couleurs et dé jolis dessins imitant la dentelle. Le principal débouché de ces articles se trouve à l’étranger , et principalement dans les états de l’Amérique du Sud.
- La fabrique de Ganges, dont les produits en bonneterie se sont perfectionnés depuis 1839, fournit à la grande consommation de l’Espagne et du Portugal. La beauté des matières qu’elle emploie et la finesse de ses métiers font rechercher par l’Angleterre ses bas de soie blancs et noirs unis ; les bas de soie des fabriques anglaises ne pouvant rivaliser avec les siens, attendu l’irrégularité des soies qu’elles mettent en œuvre.
- Il se fabrique aussi à Ganges des bas de soie et de coton retors, à jour, avec une telle perfection de goût dans la broderie , une si grande pureté de «blanc, et à des prix si modérés, qu’aucune fabrique étrangère ne peut soutenir la concurrence. Il s’y fait en outre des mitaines et des gants ainsi que des chaussettes, qui par leur bonne qualité et leur belle fabrication ne crai-, gnent aucune rivalité.
- La Picardie est dans ce moment le pays où la bonneterie se fabrique en plus grande quantité et en plus belle qualité. Il s’y fait des bas de laine noire de différents genres et de divers prix qui ont un grand débouché en Italie , et dans beau-
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- coup d’autres pays étrangers. On y fabrique aussi de la flanelle pour robes, jupes, gilets, pantalons et autres articles , pour lesquels les fabricants peuvent soutenir toute concurrence.
- Troyes, avec ses environs, est le pays où la bonneterie en coton a pris le plus d’extension et a fait les plus grands progrès, soit pour la beauté de la fabrication, soit pour la modicité des prix*, aussi obtient-elle la préférence dans les marchés étrangers sur l’Angleterre et la Saxe.
- Les fabricants de la bonneterie destinée à l’usage des orientaux, ont apporté de nouveaux perfectionnements dans les qualités de leur teinture , et ils continuent à soutenir avec avantage la concurrence des fabriques de l’Italie et du Levant.
- Caen a aussi des fabriques de bonneterie d’une grande importance, principalement celle deM. Bellamy. Il est à regretter que les articles qu’il a envoyés à l’exposition se soient égarés ; on aurait pu juger des progrès de cette belle fabrique, qui d’après sa réputation aurait eu droit à l’attention toute particulière du jury central.
- Nous dirons la même chose de M. Dillon aîné, de Xivray près Saint-Mihiel (Meuse) : le seul échantillon qu’il eût envoyé ne s’est pas retrouvé.
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- MÉDAILLE D’OR.
- MM. LAURET frères, à Ganges (Hérault).
- La fabrique de bas de soie de MM. Lauret frères, date de plus de 5o ans; elle se transmet par succession dans la famille. Ses produits sont arrivés au plus haut degré de perfection. Us se distinguent aujourd’hui par une pureté et une netteté dans les blancs qui ne leur sont disputées par aucun de leurs* concurrents.
- La grande supériorité de leurs produits est due à l’attention soutenue que ces industriels apportent dans la filature de leurs soies.
- Les matières qu’ils emploient proviennent d’une filature qu’ils ont dans leur établissement et qu’ils peuvent approprier h chaque besoin que les articles de leur fabrication réclament.
- Ils occupent près de quatre cents ouvriers et constamment 3oo, auxquels ils procurent un travail lucratif, faisant confectionner outre les articles pour l’exportation, des objets de luxe qui ordinairement sont très-ouvragés; les dessins des broderies riches , et des jours qu’ils font exécuter sur leurs bas, sont d’une élégance et cl’un fini qui ne laissent rien à désirer.
- Leur exposition de bas et gants de soie unis, à jour et brodés offre un ensemble de produits variés, habilement fabriqués et dont les prix sont bien en harmonie avec les qualités ; ils en ont un grand débouché tant pour la consommation intérieure que pour l’exportation.
- MM. Lauret frères, exposent aussi des gants
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- sans coutures dont la fabrication ne mérite que des éloges. ;
- C’est par la création d’articles nouveaux et de fantaisie que ces fabricants sont parvenus à augmenter le nombre de leurs métiers et de leurs ouvriers, et à donner plus d’extension à leurs affaires dont le chiffre se monte annuellement de sept à huit cent mille francs.
- Cette maison est toujours au premier rang des fabriques des Cévennes, par la perfection de ses bas de soie et la variété de ses produits.
- En i83g, MM. Lauret frères ont obtenu une médaille d’argent. Le jury, en considération des progrès incontestables de leur industrie, leur décerne la médaille d’or.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. MEYNARD Cadet, à Nîmes (Gard).
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- Cet industriel, l’un des plus anciens fabricants de Nîmes, a exposé des mitons, des mitaines et des gants de soie à jour et en fil damassé, remarquables par la variété et le bon goût des dessins et leur perfection.
- Il occupe ioo ouvriers, soit dans ses ateliers soit au dehors.
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- Son esprit inventif lui procure lés moyens de. renouveler chaque année la forme et les dispositions des divers articles de sa fabrication, ce qui lui en facilite la vente et augmente l’importance de ses affaires.
- Ses produits sont à des prix modérés, et il en a un grand débouché pour l’exportation.
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- Le j ury se plaît à reconnaître que M. Meynard soutient sa réputation de bon fabricant et est'toujours digne de la médaille d’argent quil a obtenue en i834 et qui lui a été rappelée en 1839. Il lui en confirme de nouveau le rappel.
- M. VALÈNTIN -FÉAU-BÉCHARD , à Orléans (Loiret).
- M. Yalentin-Féau-Béchard a exposé des bonnets turcs destinés au commerce du Levant.
- Sa fabrique, fondée en l'y58, est connue depuis cette époque sous les rapports les plus avantageux.
- Il occupe en Beauce 1200 tricoteuses , femmes et enfants, dont le salaire s’élève de 3o à 60 centimes par jour, suivant leur dextérité et leur activité.
- Une centaine d’ouvriers travaillent journellement
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- dans ses-ateliers où se trouvent réunies toutes les machines nécessaires aux diverses préparations de la laine.
- Ce fabricant a apporté une grande amélioration dans la teinture de ses bonnets, dont la couleur rouge est plus belle et plus solide que celle des plus beaux bonnets de Tunis.
- Cette maison obtint en 1819 la médaille d’argent sous la raison Benoit* Mérat et Desfrancs. On lui eç a fait le rappel en 1823, 1827 et i8,3g. Le jury trouve que M. Valentin-Féau-Béchard a acquis de nouveaux titres à la médaille d’argent, et il la lui confirme.
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- M. TROTRY-LATOUCHE, àParis, rue Chapon,5,
- A exposé comme en i83g, des bonnets de laine pour le commerce du Levant. Il fabrique aussi des bonnets en drap imprimé pour la marine et les colonies, des tapis de pied, des bonnets et des cabas en drap imprimé en relief et des ceintures en tricot dites antirhumatismales, fabriquées avec une laine dans laquelle on a laissé une partie du suint. Tous ces produits se font remarquer par leur bonne fabrication, la pureté des couleurs et lamo-dicité de leur prix.
- M. Trotry-Latouche a fondé depuis 1814 une fabrique à Chatou. Il y a établi 6 foulons et une machine h vapeur de la force de 12 chevaux; il y réunit la filature de la laine et le tissage, le foulonnage et l’impression sur drap. Il occupe 200 ouvriers dans ses ateliers et 7 à 800 au dehors, pour la confection de ses divers produits dont il a un grand débouché pour l’exportation.
- Gette maison soutient bien son ancienne réputation. Le jury trouve que M. Trotry-Latouche est de plus en plus digne de la médaille d’argent qu’il a obtenue en 1827, qui lui fut rappelée en i834 et en 1839, et il la lui confirme.
- M. Henri LOMRARD jeune, à Nîmes (Gard),
- A exposé un assortiment de gants,des mitaines, des chaussettes et des bonnets de soie chinés, d’une fabrication généralement bien soignée. Il a aussi exposé des gants, des mitaines, des écharpes et des mantelets en filet de soie damassé, de diverses dispositions d’un bon goût.
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- L’adjonction de la machine à la Jacquart, au métier à maille fixe, lui procure des effets de couleurs qui imitent et remplacent la chinure. Depuis i5 ans ce fabricant exploite ce procédé dont il présente aujourd’hui les résultats perfectionnés par son expérience, qui lui facilitent une grande consommation de ses produits dans les divers Etats de l’Amérique du Nord.
- Cette maison a obtenu en 1827 la médaille d’argent, sous la raison sociale H. Lombard et Grégoire aîné; le jury la trouve toujours digne de cette récompense, et il la confirme à M. H. J. Lombard jeune.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. ANNAT aîné et COULOMB, au Vigan et à Sauve (Gard),
- Ont exposé un assortiment de chaussettes de coton de 2 fr. à 5 fr. la douzaine; des bas de coton de 4 ^r* 25 cent, à 7 fr. la douzaine et des bonnets de coton de 3 fr. 5o cent, à 5 fr. 75 cent, la douzaine. Us ont aussi exposé un pantalon de tricot au prix de 24 fr. la douzaine ainsi qu’un gilet de tricot à 32 fr. la douzaine, et un échantillon de coton 2 fils n° 11 à 2 fr. 90 cent, le kilog. Tous ces articles sont à des prix modérés, d’une bonne fabrication et d’une vente prompte et facile.
- Cette maison possède à Coularan près le Yigan, une manufacture importante qui se compose d’une filature de coton produisant par jour 3oo à 35o kilog. de filés n° 11 à 18. Cette partie de l’établis-
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- sement existe depuis 25 ans. Pour 1 écoulement de ses productions elle y a joint depuis 4 ans une fabrique de grosse bonneterie, qui comprend 5i me • tiers tricoteurs horizontaux et 24 métiers circulaires. Tout ce système ainsi que la filature sont mis en mouvement par un moteur hydraulique; outre cela elle possède un second atelier où 4o mé-tiers horizontaux sont conduits à bras d’homme d’après l’ancien système.
- La maison de Sauve est plus particulièrement destinée à la vente, 5oo ouvriers, hommes, femmes et enfants trouvent un travail continu dans ce vaste établissement qui renferme des ateliers considérables de couture et de confection.
- Le quart des produits de ces industriels trouve un écoulement facile pour l’exportation.
- Le jury central considérant l’importance de la fabrique de MM. Annat aîné et Coulomb, et le grand développement qu’ils ont donné à leur industrie, leur décerne la médaille d’argent.
- Madame veuveRUEL et fils, et DUMAS, à Quis-sac (Gard),
- Voici encore une manufacture complète. Il s’y fabrique des bas et des bonnets confectionnés avec des laines ordinaires du pays.
- Jusqu’à présent la consommation intérieure en a toujours absorbé la production avec un empressement qui ne lui a pas fait sentir le besoin de chercher des débouchés à l’étranger. Cet empressement s’explique par le bas prix et la bonne confection de leurs produits, qui s’élèvent annuellement de 3o
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- à 4° mille douzaines de bas ou de bonnets, et s’expédient dans toutes les villes de France.
- Ces fabricants ont présenté à l’exposition des bas de laine de 8 fr. à 12 fr. la douzaine, et des bonnets de 10 à i3 fr. la douzaine. Le matériel de leur fabrique se compose de 25o métiers à bras, répandus dans les communes de Quissac, Sauve, Cor-conne, Brouzet et Durfort, et de 10 métiers circulaires dans leur atelier à. Sauve. Ils occupent ordinairement plus de 700 ouvriers tant hommes que femmes, pour la fabrication et la confection de leurs bas et de leurs bonnets.
- Les salaires varient pour les hommes suivant les emplois,de 1 fr. 5o cent, k'j fr.,etpourlesfemmes de 60 cent, à 1 fr.
- Le jury se plaît à reconnaître que ces fabricants rendent un grand service à la classe ouvrière et qu’ils dirigent leur établissement avec une intelligence remarquable. D’après ces considérations , il leur décerne lli médaille d’argent.
- RENVOI A LA COMMISSION DES MACHINES.
- M. DESHAYES, à Paris, rue Bleue, n°2,
- A exposé une collection de bourses en filet de soie d’une grande variété de dessins et de différentes couleurs bien nuancées. Gés bourses sont fabriquées sur un métier très-ingénieux qu’il a perfectionné et qui exécute les dessins les plus compliqués avec autant de vitesse que de régularité.
- Le jury aura encore occasion de parler de M. Deshayes, lorsque la commission des machines
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- rendra compte de son métier; c’est alors qu’en réunissant l’ensemble des titres de l’exposant, il lui sera accordé la récompense à laquelle il a droit.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. HËLÉTOILLE-COCQUEL , à irras (Pàs-dè-Calais),
- A exposé des chaussettes et des bas de fil, de coton de laine et de cachemire. Ces divers articles se distinguent par leur bonne confection et les belles qualités des matières premières.
- Le placement de ses produits au fur et à mesure de la fabrication, ést d’ailleurs fa meilleure preuve que leur qualité répond à leur prix qui sont très-modérési C’est une amélioration que la consommation apprécie, d’employer trois mailles, au lieu de deux, pour former le talon et le pied des bas, et d’ajouter ainsi à leur solidité.
- M. Delétoille-Cocquel emploie ouvriers dans ses ateliers et près de 600 au dehors pour la confection de.ses produits, et il livre annuellement à la consommation 15,000 douzaines de bas
- Le jury reconnaît que ce fabricant recommandable soutient sa bonne réputation, et il lui confirme la médaille de bronze qu’il a obtenue en i834*
- MM. TKOUPEL et BARAGNON, à Montpellier ( Hérault ), entrepreneurs dé la Maison cen-
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- Présentent à l’exposition des bas, des chaussettes et des bonnets de bourre de soie, des mitai-
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- nés et des mitons en soie écossais et brodés, destinés à l’exportation, ainsi que des fantaisies cardées èt filées. Tous ces produits sont remarquables par leur bas prix et leur bonne fabrication.
- Ces industriels occupent la majorité des détenus de la maison centrale de Montpellier, où la matière première arrive brute et subit toutes les opérations du cardage, de la filature et de la fabrication de leurs articles.
- Cet établissement pour l’ensemble de ses produits bien confectionnés a obtenu, en 1839 , la médaille de bronze, sous la raison Troupel fils. Le jury la confirme à MM. Troupel et Baragnon.
- M. YAUTIER fils, à Caen (Calvados),
- Présente à l’exposition un bel assortiment de bas de coton et en fil d’écosse, unis et brodés ; ces articles sont remarquables par leur bonne confection, la beauté des matières, le bon goût des broderies et leur bon marché. Ils sont très-recherchés dans le commerce.
- M. Vautier est un industriel intelligent, qui s’occupe avec zèle et activité de la fabrication de la bonneterie, et donne tous ses soins à l’amélioration de ses produits.
- Il occupe journellement 4o ouvriers, tant dans ses ateliers qu’au dehors.
- • Cette, maison se montre par ses efforts et ses succès toujours digne de la médaille de bronze quelle a obtenue, en i834, sous la raison Vautier (Victor). Le jury la confirme à M. Vautier fils.
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- MÉDAILLES DE BRONZE. .
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- Madame veuve FLORY et AUDIBERT, au Vigan (Gard).
- Cette fabrique expose des chaussettes et des bas de coton et de bourre de soie unis de diverses qualités bien confectionnés et à des prix modérés. Parmi les bas exposés il y en a dont le talon sans couture est réuni, par une chaînette qui se fait avec les diminutions sur le métier. Ce moyen appartient à cette maison, qui l’applique sans augmentation de prix aux bas fins et aux bas communs.
- Cet établissement, fondé il y a 25 ans, a une seconde maison à Saint-Jean Dubruel (Aveyron), pour la fabrication des bonnets et des bas de laine. Elle y occupe 4o à 5o ouvriers, qui n’ont pas d’autres moyens d’existence pendant l’hiver. Il s’y confectionne près de 2,000 douzaines de bas ou de bonnets de laine.
- La maison du Yigan occupe plus de 200 ouvriers, et les produits qu’elle livre à la consommation se recommandent par leur bonne confection et leur bon marché.
- Le jury se plaît à reconnaître que madame veuve Flory et Audibert, dirigent leur fabrique avtec intelligence et activité, et il leur décerne la médaille de bronze.
- M. MALLEZ (Jules), à Lille (Nord).
- Cet exposant présente divers articles de bonneterie confectionnés, tels que bas de femmes et d’enfants, chaussettes et brodequins, robes et manteaux
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- d’enfants de différentes formes et variés de diverses couleurs, et de diverses dispositions.
- Tous ces articles sont d’un bon goût et parfaitement fabriqués. Il en a une vente facile non-seu-leriientdans l’intérieur, mais aussi en Allemagne, en Belgique , en Hollande et en Angleterre.
- Il occupe 56 métiers, ët il emploie 80 ouvriers dans ses ateliers, et 160 au dehors pour lai confection de tous ces articles de fantaisie. Ceux qui travaillent à la bonneterie fine gagnent de 4 fr* 4 7 fr. par jour, et les autres de 1 fr. 5o c. à 3 fr.; les femmes et les enfants gagnent de 5o cent, à 2 fr.
- Cet établissement présente l’avantage de fournir du travail à un grand nombre d’ouvriers, et à des mères de famille qui peuvent améliorer leur sort sans se déranger de leur ménage.
- M. Mallez a une très-grande consommation de ses produits, tant pour l’intérieur que pour l’exportation. La perfection de ses produits atteste lé soin qu’il donne à sa fabrique pour l’améliorer. Le jury, pour l’en récompenser, lui décerne la médaille de bronze.
- M. DEMOREUIL ( Dominique ) , 4 Hàngest (Somme),
- Présente à l’exposition des bas de laine noirs; pour femme, fabriqués au métier circulaire, à 1 fr.
- la paire ; des cravates zébrées et écossaises, une robe d’enfant et umgilet eiï tricot, üne veste dite moravienne et une autre peluchée fantaisie. Tous ces articles sont d’une fabrication soignée et à des prix très-modérés. { , r
- Ce fabricant possède 3o métiers, et il occupe
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- près de 200 ouvriers, tant dans ses ateliers qu’au dehors.
- Il a une filature de laine, et il met en œuvre annuellement 13,ooo kil. de laine et de coton.
- Il a un grand débouché de ses articles en Espagne et en Portugal.
- La perfection des produits de M. Demoreuil atteste les soins qu’il donne à sa fabrique pour l’améliorer.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. JACQUIN (Julien), à Troyes (Aube),
- A exposé des tissus en tricot de coton et de bourre cachemire, unis et à carreaux, pour bas et bonnets, ainsi que divers articles confectionnés, tels que jupons, camisoles et robes d’enfants de différentes couleurs et variés de dessins à carreaux gauffrés.
- M. Jacquin possède a5 métiers, et il occupe 100 ouvriers, dont 60 au dehors.
- Il livre annuellementà la consommation 40,000 k. de tricot de coton, qui trouvent leur placement, tant pour l’intérieur que pour l’exportation.
- Tous ses produits sont d’uhe qualité et d’une perfection qui ne laissent rien à désirer, et ils sont très-recherchés dans le commerce.
- Le jury trouve M. Jacquin digne de la médaille de bronze, et il la lui décerne.
- M. JOYEUX fils aîné, à Nîmes (Gard) *
- A exposé des mitons , des mitaines et des gants de soie à jour et chinés d’une exécution parfaite; il a aussi exposé des bas mi-soie pour femme, d’une
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- bonne fabrication. Tous ces articles sont à des prix très-modérés et d’une vente facile pour l’exportation.
- Cet industriel a emprunté, il y a une douzaine d’années, à la fabrique de Champagne, l’emploi du métier à côte mécanique, dit anglais, et par l’addition qu’il a fait de la machine de Berlin, il a pu créer des effets nouveaux à ses divers articles de fantaisie, et, par ce moyen, augmenter la consommation de ses produits. Les 20 métiers qu’il possède de ce genre peuvent produire annuellement 3,ooo douzaines de mitons qui se vendent partie pour la consommation intérieure et partie pour l’exportation, et particulièrement pour les deux Amériques.
- Il possède 3o à 4o métiers et il occupe 100 ouvriers au dehors.
- M. Joyeux a obtenu à l’exposition de 1839 une mention honorable. Le jury, prenant en considération la perfection de ses produits et .son talent industriel, le trouve digne de la médaille de bronze qu’il lui décerne.
- M. VALENTIN (Ferdinand), à Nîmes (Gard),
- Présente à l’exposition des bas de soie rayés à jour et brodés ainsi que des chaussettes et des bas chinés. Tous ces produits se font remarquer par le bon goût, la bonne confection et la modicité de leur prix. Us sont particulièrement destinés à la vente pour le Brésil et le Chili, et les demandes en sont assez suivies pour donner de l’activité à cette industriel.
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- L’établissement deM. Valentin date de 1820. Il possède 20 métiers et il occupe 60 ouvriers dans ses ateliers et 40 au dehors.
- Le jury, pour reconnaître les soins queM. Valentin apporte à l’amélioration de son industrie, lui décerne la médaille de bronze.
- M. MORIZE aîné, à Paris, rue des Mauvaises-Paroles, 12,
- Expose des gants de tricot de diverses couleurs et en blanc dont il a une grande consommation pour les gens de livrée et pour la troupe.
- Il a exposé aussi des gants de cachemire qui sont remarquables par leur bonté et leur solidité.
- Il a un débouché assez facile de ses articles pour l’exportation et particulièrement pour les colonies espagnoles.
- Tous ces produits sont parfaitement fabriqués et à des prix très-modérés.
- Il a trois coupeurs et cinquante coupeuses occupés journellement dans ses ateliers.
- Le jury, prenant en considération la spécialité de l’industrie de M. Morize aîné, là bonne direction de son établissement et son importance, lui décerne la médaille de bronze.
- M. DOUINE, à Troyes (Aube).
- Ce fabricant présente k l’exposition des tissus et des bonnets de coton sans couture, et d’une fabrication soignée et d’un prix très-modéré.
- Il est propriétaire d’une filature importante dont les produits sont employés à la fabrication de ses tricots et se vendent sur la place de Troyes.
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- Il a 3a métiers circulaires qui marchent au moyen d’un moteur hydraulique ; c’est présentement à Troyes le seul établissement de métiers circulaires qui marche ainsi; par ce moyen la main-d’œuvre d’un kilogramme de tricot qui coûtait il y a 3 ans 3 fr. ne revient aujourd’hui qu’à 25 c.
- M. Douine occupe plus de 6o ouvriers; il met annuellement en œuvre 20 mille kilog. de coton filé, et il livre à là consommation intérieure 24,000 douzaines de bonnets de coton sans couture de 1 fr. 90 c. à 7 fr. 60 c. la douzaine.
- Le jury appréciant les progrès que M. Douine a fait faire à la fabrication de la bonneterie, en amenant une réduction sensible dans les prix, lui décerne la médaille de bronze.
- M. BOUNIOLS aîné, au Yigan (Gard).
- Cet industriel a exposé des chaussettes de coton de 2 fr. 5oc. à 13 fr. la douzaine, des bas d’enfants à 3 fr. la douzaine, des bas fillettes de 5 fr. à 6 fr. 5o c. la douzaine, des bas pour homme et pour femme de 9 fr. 5oc. à 2*7 fr. la douzaine, et à jour de 8 fr. 5o c. à 18 fr. la douzaine, ainsi que des bonnets de coton,sans couture de 2 fr. c. à 12 fr. la douzaine. Tous ces articles de bonneterie sont à des prix bien modérés, parfaitement confectionnés, et d’une vente facile.
- Cette maison qui expose pour la première fois existe depuis environ trente ans; elle lutte avec avantage pour l’exportation de ses produits contre ceux de la Saxe et de l’Angleterre, surtout en ce qui concerne ses demi-bas, pour hommes, à 2 fr. Soc. la
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- douzaine, ses bas à jour, pour femmes, à 8 fr. 5o la douzaine, ses bonnets noirs sanscouturé, à 2 fr. 85 c. la douzaine, et ceux en laine, soie et mi-soie, dont la souplesse et l’élasticité sont le résultat d’un système particulier de fabrication qu’il emploie depuis à peu près deux ans.
- Il a une grande consommation de ses articles, tant à l’intérieur que pour l’extérieur.
- Le jury pensant que l’on doit récompenser les efforts de M. Bouniols aîné pour l’amélioration de ses produits, et l’extension de ses affaires, lui décerne la médaille de bronze.
- M. CAMBON (Cadet), à Sumène (Gard),
- A exposé des mitons, des gants et des pantalons de soie avec un assortiment de divers articles en coton , tels que bas, chaussettes, gilets, pantalons, caleçons, maillots et robes d’enfants. Tous ses produits sont d’une bonne confection et à des prix bien en rapport avec leur qualité.
- Ce fabricant applique tout à fait son industrie à la création d’articles que l’on ne trouve que chez lui.
- Une partie des bas qu’il fabrique est destinée à des usages particuliers et faite par des procédés nouveaux. Il possède 4o métiers, il occupe 120 ouvriers, et il met en œuvre annuellement 9 à 10,000 kilog. de matières premières.
- M. Cambon a obtenu, en i83q, une mention honorable. Le jury pour récompenser les efforts qu’il fait afin d’améliorer ses produits, lui décerne la médaille de bronze.
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- MM. COLLARD et BELZACQ, à Paris, rue des Lavandières-Sainte-Opportune, 22,
- Ont exposé des lacets de laine et de coton en couleur mélangée, et des chaussons confectionnés avec ces lacets.
- Leurs produits sont d’une exécution remarquable, d’un prix modéré et d’un débouché facile.
- Ces fabricants emploient 200 métiers mis en mouvement par trois moteurs hydrauliques , et occupent près de 3oo ouvriers, dont la majeure partie travaillent dans leurs ateliers à Mouy, à Saint-Félix, et à Mello, département de l’Oise.
- Us mettent en œuvre annuellement 25,000 kilog. de laine et 3,000 kilog. de cuir.
- Us livrent à la consommation 11,600 pelotes de lacets et i3o,ooo paires de chaussons.
- Us fabriquent aussi des bas et des gilets de laine dans les qualités ordinaires, dont ils ont un grand débit.
- En considération du grand développement que MM. Collard et Belzacq donnent à leur industrie; et pour les en récompenser, le jury leur décerne une médaille de bronze.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- M. JOYEÜX (Émile), à Nîmes (Gard),
- A exposé des bas et des gants en laine cachemire faits à maille fixe et foulés, des mitaines, des gants et des bonnets de femmes en réseau de soie damassé et façonné, il fabrique sur le métier à maille fixe
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- une étoffe en tricot de laine dont il s’est réservé la propriété. Il présente à l’exposition des mantelets, des robes, des petits bonnets et des manchons d’enfant confectionnés avec ce tissu.
- Ses genres de fabrication sont très-multipliés et la plupart lui sont spéciaux. Tous ses articles sont d’une exécution parfaite et les prix en sont très-modérés.
- M. Joyeux (Emile) a obtenu en i834 une mention honorable, ainsi qu’en i83g; le jury la lui confirme.
- MM. ROUVIÈRE-CABANE et C“, à Nîmes (Gard).
- Ils présentent un seul des objets qu’ils fabriquent, ce sont des bonnets en réseau pour femmes et fillettes, avec ou sans garniture. La modestie de cette exposition n’exclut pas le mérite delà production à bon marché qu’elle signale.
- Ces fabricants possèdent 20 métiers et occupent 80 ouvriers dont 20 dans leurs ateliers et 60 au dehors.
- Leurs produits sont d’une bonne exécution et la plus grande partie est destinée pour l’exportation.
- MM. Rouvière, Cabane et C'e, ont obtenu une mention honorable en i83g ; le jury la leur confirme.
- M. MANNOURY (Arsène),'à Caen (Calvados).
- Ce fabricant a exposé des bas et des chaussettes de coton de différentes couleurs unis et jaspés. Tous ses produits se fonl remarquer par leur belle qualité et la modération de leur prix et ils sont susceptibles d’un grand débouché.
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- Cette fabrique de bas jouit d’une bonne réputation dans le commerce.
- M. Mannoury (Arsène), a obtenu, en 1839, une mention honorable; le jury la lui confirme.
- M. FABRE-ABDON, à Prats-de-Mollo (Pyrénées-Orientales).
- Les bonnets catalans en laine rouge que ce fabricant a exposés sont la coiffure ordinaire du plus grand nombre des habitants de la campagne et de quelques paysans de la plaine des Pyrénées-Orientales. Il fallait pour cet usage un article solide, bien teint et d’un prix très-modéré. La fabrique de M. Fabre-Abdon, depuis bien longtemps réunit ces conditions et ses produits ont la préférence sur ceux de la Catalogne. Il espère étendre bientôt la consommation de ses produits à Gênes où ils sont aussi en usage parmi les habitants du littoral, et déjà quelques envois d’essai ont réussi.
- Le prix de ses bonnets est de 3 fr. 5o c. la première qualité , et de 3 fr. la deuxième.
- Cette maison, sous la raison André Fabre, a obtenu une mention honorable en 1827; le jury de 1844 la confirme à M. Fabre-Abdon.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. GAMALIER fils et Cie, à Nîmes (Gard),
- Ont exposé des gants et des mitaines en soie, en tulle de soie et en filet à jour et brodés soie et or.
- Ils ont propagé dans le département et principale-
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- ment dans le canton de Vauvert la confection des gants filet au fuseau.
- La consommation de cet article s’est soutenue dans les deux Amériques, étant particulièrement appropriée à leurs besoins.
- Une préparation habile du cordonnet, qui admet les soies les plus communes, leur permet de soutenir toute concurrence, et, comme cette fabrication s’exécute tout à la main, ils emploient un grand nombre d’ouvriers à Vauvert et dans les villages environnants.
- Leurs produits sont perfectionnés et de bon goût.
- Ces exposants ont obtenu, en 1839, une citation favorable.
- Le jury leur décerne une mention honorable.
- M. MAZAURIN fils, à Saint-Hippolyte (Gard),
- A exposé des chaussettes, des bas de soie unis, à jour et brodés, d’une bonne qualité, et établis à des prix modérés. Il est, sous ce rapport, très-avantageusement placé, parce que les matières qu’il emploie proviennent de sa filature qu’il dirige spécialement pour fournir à sa fabrication.
- On remarque dans son exposition une paire de bas de soie, blanc mat, pour homme, dont la bonne qualité et la bonne exécution doivent satisfaire aux conditions d’une très-longue durée.
- Ce fabricant procure du travail à près de 100 personnes des deux sexes.
- Le jury reconnaît que M. Mazaurin est dans une voie de progrès, et il lui décerne une mention honorable.
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- M. MAYSTRE (Édouard), au Yigan (Gard).
- C’est le seul des fabricants de bas de soie du Yigan qui se présente à l’exposition. Il expose des bas, des bonnets, des mitaines et des gants de soie à jour et brodés, avec des bracelets élastiques, ainsi que des mitons en fil et brodés.
- Ses produits sont de qualité moyenne, mais d’une confection bien soignée qui atteste l’attention qu’il donne à sa fabrication.
- Son établissement date de 1834 et jouit depuis cette époque dans le commerce d’une réputation méritée.
- Le jury décerne à M. Maystre une mention honorable.
- M. GILLY-PAGÈS, à Nîmes (Gard),
- A exposé des mitons, des mitaines et des gants de soie de diverses couleurs, unis, damassés et brodés. Cette collection est très-soignée et se compose des qualités les plus recherchées.
- Ce fabricant a heureusement appliqué le métier à maille fixe à l’exécution des bonnets qui lui sont demandés pour l’Algérie.
- Ses produits sont à des prix modérés et il en livre la moitié pour l’exportation.
- Le jury décerne h M. Gilly-Pagès une mention honorable.
- MM. TROUPEL (Octavien) et Cie, à Nîmes (Gard),
- Ont exposé des bas de coton blancs et de fantaisie; des bas, des gants et des bonnets, mi-soie, noirs.
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- Tous ces articles sont à bas prix et d’une bonne confection.
- Ils ont aussi exposé des échantillons de fantaisie filés. Leurs opérations embrassent une triple industrie. Elles commencent par le cardage des déchets de soie qu’ils font exécuter dans plusieurs maisons de détention dont ils sont les entrepreneurs. Une partie de ces produits est employée â alimenter la fabrique de bonneterie qu’ils possèdent à Nîmes , le reste est livré à la vente à Nîmes et à Lyon, pour les étoffes communes et lés châles, et à Paris pour la chapellerie.
- Outre leur fabrique de bonneterie, ils possèdent une filature de fantaisie à Nîmes et une au Vigan, et ils occupent i5o ouvriers dans leurs divers ateliers.
- Le jury leur décerne une mention honorable.
- M. RONDEAU, à Estissac (Aube),
- A exposé des bas d’enfant, en laine mérinos, de diverses couleurs, de 14 fr. à 16 la douzaine; des bottines de 17 fr. à 19 la douzaine.
- Ces bas et bottines sont fabriqués sur le métier uni, dit français; les dessins en sont variés, la laine en est douce et la doublure intérieure en même matière, fabriquée aussi sur le métier, a l’avantage d’augmenter la solidité du tricot et produit une chaleur salutaire aux jeunes enfants auxquels cet article est destiné.
- Le sieur Rondeau est un fabricant actif, laborieux et intelligent qui, depuis plusieurs années, a fait des efforts constants pour arriver à l’amélioration de ses produits.
- De jury lui décerne une mention honorable.
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- M. DAUTREVILLE, à Châlons-sur-Marne.
- Ce fabricant se présente pour la première fois k l’exposition avec des bas de laine mérinos, en noir et en blanc de différentes qualités , d’une fort belle fabrication et en très-jolie matière.
- Ses produits sont établis à des prix modérés et il en a le débouché pour la consommation intérieure.
- Lej ury décerne une mention honorable à M. Dau-treville.
- M. BOZONET, à Paris, rue des Mauvaises-Pa-roles, 5,
- A exposé des bas de soie unis, à jour et brodés, des mitaines et des gants de soie brodés soie, brodés or et soie et brodés argent et soie.
- Ses produits sont d’un bon goût, d’un effet agréable et d’une fabrication parfaite; il en trouve la consommation pour le commerce intérieur et pour l’exportation.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Bozonet.
- M. LEVRIEN, à Paris, rue du Chaume, 19 et 21,
- A exposé plusieurs pièces de tricot obtenues sur des métiers circulaires, divers articles confectionnés, tels que vestes et pantalons, des brassières, des bonnets et des robes d’enfant. Il présente aussi, à l’exposition, des tapis de pieds imitant la mousse.
- Tous ces articles sont d’une fabrication soignée et à des prix modérés.
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- Lejury décerne une mention honorable à M. Le-vrien.
- M. PR AT aîné, à Oloron (Basses-Pyrénées),
- Présente, à l’exposition, des tissus et des jupons de tricot, des gilets et des pantalons en flanelle, des écharpes bleu uni, et des ceintures rouge uni et écossaises destinées pour l’Aragon. Tous ces articles sont fabriqués avec soin et bon goût.
- M. Prat a beaucoup amélioré et perfectionné ses produits. La consommation en a beaucoup augmenté, et le bas prix en facilite l’exportation.
- Le jury décerne une mention honorable à M, Prat aîné.
- MM. PETITJEAN frères, à Nîmes (Gard),
- Présentent, à l’exposition, des gants, des mitaines et des mitons en soie de diverses couleurs, unis et à jour, des bonnets et des collerettes en réseau.
- Cette collection de leurs articles est aussi variée que de bon goût. Ils en ont un grand débouché pour l’exportation, les prix en étant très-modérés.
- Le jury, prenant en considération la perfection de leurs produits, décerne une mention honorable à MM. Petitjean frères.
- CITATIONS FAVORABLES.
- MM. CADENAT et JOURNET, au Vigan (Gard),
- Présentent, à l’exposition, des bas de coton de il à 27 fr. la douzaine, des chaussettes de 4 fr* 5o c. à 14 fr. la douzaine, à bords élastiques, des
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- bits à jour de 20à 24 fr. la douzaine, etdesealottes pour militaires â 2 fr. 5o c. la douzaine.
- Tous ces articles sont à des prix modérés, et destinés à la consommation intérieure et à l’exportation.
- Ils livrent sans augmentation de prix, des bas dont le talon et les pointes, garnies par un moyen de leur invention, en assurent la durée.
- Le jury décerne une citation favorable à MM. Cadenat et Journet.
- M. JOURNET (David), àuYigan (Gard),
- Présente, à l’exposition, des bas de coton de 4 à i5 fr. la douzaine, et des calottes pour militaires à 2 fr. 5o c. la douzaine.
- Ces produits sont remarquables sous le rapport de la qualité et du bas prix.
- Le jury cite favorablement M. David Journet.
- MM. SCOT et DELACOUR, à Caen (Calvados),
- Ont exposé 2 châles et l\ paires de mitaines angora. La fabrication d’angora est particulière à la ville de Caen.
- L’exposant faisait autrefois confectionner des bas , des gants, des châles et autres objets de luxe, qui trouvaient un grand débouché, non-seulement en France, mais encore en Allemagne, en Angleterre, aux Etats-Unis d’Amérique, et surtout en Italie.
- Cet article est moins recherché depuis quelque temps, ce qui est d’autant plus à regretter que la matière première se trouvait dans le pays et procurait de l’occupation à beaucoup d’ouvriers.
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- MM. Scot et Delacour ont amélioré leurs produits en y introduisant de nouveaux dessins d’un effet fort agréable.
- Le jury leur décerne une citation favorable.
- M. BERTRAND fils, au Vigan (Gard),
- A exposé des bas bourre de soie à i3 fr. la douzaine; des bas de coton gris, pour femme, à 4 fr. 26 cent, la douzaine, et des bas de coton noirs, bon teint, façon filoselle, à 3 fr. 5o cent, la douzaine.
- Tous ces produits, bien confectionnés et à très-bas prix, doivent satisfaire aux besoins de la classe peu aisée de la campagne.
- Le jury cite favorablement M. Bertrand fils.
- M. WARÉE, à Paris, rue de Crussol, 11,
- A exposé un assortiment de bourses en filet de soie à point nouveau, qui sont remarquables par leur bonne confection et leur bon goût.
- Les produits de M. Warée sont principalement destinés pour l’exportation.
- Le jury lui décerne une citation favorable.
- M. DESTORS, à Gonesse (Seine-et-Oise),
- Présente à l’exposition une pièce de tissu de coton, des camisoles, des gilets et des pantalons confectionnés avec ce tissu.
- Ses produits sont remarquables par leur bas prix et leur bonne qualité.
- Le jury cite favorablement M. Destors.
- M. BOUDOU jeune, à Bergerac (Dordogne),
- A exposé différents articles en drap feutre, tels
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- que berrets, bonnets, gilets, pantalons, bas, guêtres , brodequins et tuyaux de pompes à incendie et à irrigation.
- La fabrication des vêtements et des tuyaux sans couture peut être une chose très-utile ; elle est susceptible de perfectionnement et d’applications variées.
- Le jury juge M. Boudon jeune, digne d’une cita-tation favorable, et il la lui décerne.
- M. LASNIER-PARIS, à Saint-Martin-ès-Vignes (Aube),
- A exposé des jupons et camisoles de tricot de coton sans couture dont le tissu est fait sur un métier circulaire. Ils sont de divers dessins gaufrés, et de diverses rayures d’un effet très-agréable.
- Il a aussi exposé un couvre-pied en coton façonné et bien confectionné.
- La bonne qualité des produits de ce fabricant, atteste les soins constants qu’il apporte à leur perfectionnement.
- Le jury trouve que M. Lasnier-Pâris est digne d’une citation favorable, et il la lui décerne.
- M. FOLMER, à Paris, rue aux Fers, 20,
- Présente, à l’exposition, des tissus de tricot de coton brodés, pour housses de meubles, et des tissus de tricot fil d’écosse brodés, pour rideaux.
- Ses produits sont remarquables par leur bonne exécution.
- Le jury le trouve digne d’une citation favorable et il la lui décerne.
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- M. SEIGNEURGENS, à Paris, rue Saint-Antoine,
- 110 bis.
- Cette maison présente à l’exposition des pantalons et des vestes en tissu tricot feutré et tiré h poil, ainsi que des bas de laine pour enfants, variés de dessins de diverses couleurs.
- Tous ces articles sont d’une bonne fabrication et d’une grande solidité.
- Le jury décerne une citation favorable à M. Sei-gneurgens.
- MM. DELACOUR (Théodore) et fils, à Yillers-Rretonneux (Somme).
- Ces fabricants présentent & l’exposition des bas de laine à carreaux dits écossais; des gilets et des caleçons de flanelle de diverses qualités.
- Tous ces articles sont établis dans de bonnes conditions et à des prix modérés.
- Le jury décerne une citation favorable à MM. Théodore Deîacour et fils.
- M. RRÀCONNIER, à Paris, rue d’Arcole, 3,
- Présente à l’exposition des tissus tricot en laine, couleurs mélangées, de différentes dispositions, ainsi que plusieurs articles confectionnés avec ce tissu, tels que bas, guêtres, souliers , bonnets et robes d’enfant, mitaines, écharpes et pantoufles pour femmes.
- Ces produits sont bien soignés, établis à des prix modérés, et en grande partie consommés pour l’exportation.
- Le jury cite favorablement M. Braconnier.
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- M. OBRY-BOULANGER, à Villers- Bretonneux (Somme).
- Ce fabricant de bonneterie présente à l’exposition des bas de coton, à fleurs, à 22 fr. la douzaine, et des bas de coton écossais, pour enfants, à 3 fr. la douzaine.
- Tous ces produits sont confectionnés avec le plus grand soin.
- Le jury cite favorablement M. Obry-Boulanger.
- MM. GREFFULHE et G10, ( J. et E. ), au Yigan (Gard),
- Présentent à l’exposition des bas de coton de 4 fr. à 7 fr. la douzaine et des bonnets écrus à 2 fr. 5o c. la douzaine.
- Ces produits sont bien confectionnés et à des prix très-modérés. Leur fabrique répond aux qualités à bon marché qui se font dans ce pays et les classe honorablement parmi leurs confrères.
- Le jury cite favorablement MM. Greff’ulhe etC9.
- § 2. PASSEMENTERIE.
- Considérations générales.
- L’industrie de la passementerie a atteint une grande perfection dans toutes ses parties. Elle procure les moyens d’embellir et d’enrichir les ornements d’église, les uniformes militaires et les costumes de tout genre, ainsi que les ameublements , les livrées et les voitures.
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- Les modistes ont employé, l’hiver dernier, avec succès, la passementerie en or et en argent dans la coiffure des femmes, pour bals et soirées.
- La France a toujours une grande supériorité sur l’étranger par la variété, le bon goût et l’élégance de ses produits dans cet article.
- La fabrication des lacets et cordonnets a marché à grands pas depuis la dernière exposition. A cette époque, on comptait, dans le département du Gard, 230 métiers, et aujourd’hui il en existe 500; ils ont donc plus que doublé. Il en est de même dans les fabriques de lacet du département de la Loire. Cette marche rapide et satisfaisante est due à la perfection de ces articles, et aussi à l’invention des lacets élastiques, qui outre leur application à divers usages, ont trouvé un emploi très-considérable comme bracelets accessoires des gants de tricot.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. CAPRON fds aîné, à Darnetal (Seine-Inférieure),
- Expose des tissus divers pour bretelles et des bretelles confectionnées.
- Les produits de cet industriel, faits à la mécanique , sont extrêmement remarquables et se fabriquent en très-grande quantité, pour la consommation intérieure et pour l’exportation; c’est
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- un nouveau genre d’industrie dont les produits s’écoulent facilement par la modicité de leur prix.
- M. Capron emploie dans cet établissement une machine à vapeur et un moteur hydraulique de la force de 20 chevaux. Il possède 140 métiers et il occupe 620 personnes. Il produit journellement 18,oo'o mètres de tissus, représentant 11,200 paires de bretelles dont les prix varientde 12 c. 1/2 la paire à 8 fr. La consommation mensuelle est de 7,5oo kilog. de coton; 5oo kilog. de caoutchouc et 200 kilog. de soie. Il soutient avec avantage la concurrence sur les marchés étrangers, il en résulte un mouvement d’alfaires de plus d’un million.
- Ce fabricant intelligent, d’ouvrier modeste, s’est élevé en peu de temps au rang de fabricant distingué.
- Le jury, considérant l’importance de cette fabrication de création nouvelle et la perfection de ses produits, juge M. Capron fils aîné digne de la médaille d’argent et il la lui décerne.
- M. GUIBOUT, à Paris, rue Saint-Denis, 121,
- A exposé des articles de passementerie en or, argent, soie, laine et fil pour ornements d’église, uniformes militaires, ameublements et articles de mode, des franges en or et argent pour ameublements riches avec guipure mate et diamantée, et des épaulettes métalliques pour officiers. Tous ces articles sont remarquables par leur perfection.
- Pour éviter l’incommodité de la hauteur des boîtes en carton pour serrer les épaulettes; M. Gui-bout a conçu l’idée de faire des épaulettes d’officiers,
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- à jupes mobiles , par un procédé mécanique.. Il couche à plat dans un carton de cinq centimètres de liautlesdeux corps d’épaulettes. Il a, depuis peu, appliqué aux coiffures riches, pour les femmes, le travail d’un point d’Espagne confectionné en guipure or et argent, mélangé de chenille; les effets en sont riches et élégants ; ils imitent le travail de la broderie.
- Dans les ameublements riches les broderies, crêtes et franges en or et en argent, sont appliquées et cousues ordinairement sur l’étoffe et se ternissent promptement ; M. Guibout obvie à cet inconvénient en faisant une broderie mobile qui peut se placer et se déplacer à volonté; ce même système est applicable aux franges.
- En 1808, cet industriel a fondé une fabrique de galons àNoisy-le-Grand (Oise). Il y possède 70 métiers et occupe 4o à 5o ouvriers. Cet établissement procure de l’ouvrage aux enfants de cette commune et y répand l’aisance.
- Indépendamment de cette fabrique, M. Guibout occupe à Paris 80 à 100 ouvriers et ouvrières en galons, franges, agréments et enjolivures. L’Angleterre, les Etats-Unis et l’Allemagne font une grande consommation de ses produits.
- Cet établissement est un des plus considérables de ce genre.
- Le jury appréciant les améliorations remarquables que M. Guibout a introduites dans la passementerie lui décerne la médaille d’argent.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. GUÉRIN (Samuel), à Nîmes (Gard).
- Ce fabricant expose des lacets de soie unis et façonnés, des lacets, des bracelets et des jarretières élastiques, ainsi que des cordons de soie et de poil de chèvre pour divers usages.
- M. Guérin a le premier importé la fabrication des lacets à-Nîmes, et particulièrement de ceux qui s’appliquent aux corsets et brodequins.
- Ses produits s’étant améliorés, tant pour leur fabrication que pour leur régularité, sont aujourd’hui très-recherchés. Us se vendent en France ainsi qu’à l’étranger qui demande surtout ses lacets en soie façonnés et élastiques.
- Il a récemment inventé le lacet élastique dont il a une grande consommation, ces lacets étant devenus d’un usage général pour les gants , les bas et divers articles de bonneterie confectionnés.
- Son établissement, qui a pris de l’accroissement depuis la dernière exposition , produit 3o à 36,ooo mètres de lacets par jour. 11 est mis en mouvement par une machine à vapeur de la force de 10 chevaux. 11 a ioo métiers, il occupe 45 ouvriers dans ses ateliers et il met en œuvre annuellement 9,600 kilog. de matières premières.
- Cette maison a obtenu, en 1839, la médaille de bronze sous la raison Guérfn et Pailler; le jury reconnaît qu’elle soutient sa bonne réputation et il confirme cette médaille à M. Guérin (Samuel).
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. GAILLARD et SIMON, à Saint-Chamond (Loire).
- Leur établissement, fondé en 1839,a Pr^s en Peu d’années une grande extension , qui est due à la bonne confection des produits et au perfectionnement de plusieurs procédés de fabrication.
- Ces industriels présentent à l’exposition une série d’échantillons de lacets et de cordons en soie, en bourre de soie et en coton de diverses largeurs, unis et chinés. Parmi leurs cordonnets, on distingue ceux qui sont destinés aux bordures de robes et de gilets, et dont la chaîne chinée rappelle les couleurs variées des étoffes.
- Les machines de leur établissement sont mises en mouvement par un moteur hydraulique de la force de 35 chevaux, appliquée au jeu de 5oo métiers à lacets qui consomment annuellement 3o,oookilog. de matières premières. Ils occupent près de 100 ouvriers dans leurs ateliers et 200 à 25o au dehors ; leurs produits ne craignent la concurrence ni de l’Allemagne ni de l’Angleterre.
- En considération du grand développement que MM. Gaillard et Simon donnent à leur industrie, le jury leur décerne la médaille de bronze.
- M. YAUGEOIS, à Paris, rue Mauconseil, 1,
- A exposé des épaulettes d’officier pour tous les pays, des broderies pour uniformes militaires, des galons d’or et d’argent et divers autres articles de broderie dont les dessins sont très-nouveaux et d’un bon goût ; il a 40 à 5o métiers et il occupe de
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- 5o à 70 ouvriers dans ses ateliers, et de 100 à 110 au dehors.
- 111 ivre annuellement à la consommation 3,000 k. de passementerie. Ses produits sont d une bonne fabrication. La majeure partie de ses affaires se font à l’étranger où elles ont pris un très-grand développement depuis plusieurs années.
- La perfection de ses produits atteste les soins qu’il apporte constamment à sa fabrication pour l’améliorer.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MM. JURT fils et TARDIF, à Ambert(Puy-de-Dôme),
- Présentent à l’exposition plusieurs rouleaux de liens et tresses, en tissus fil et laine et fil et coton pour tirants de bottes, pour jarretières et pour divers autres usages. Ces produits bien fabriqués sont à bon marché.
- Cet établissement, qui date de 1815, occupe 52 métiers faisant chacun 20 pièces à la fois, et environ 4 douzaines de pièces de 3o mètres, par jour. Trois ouvriers sont employés à chaque métier. Ils ont en outre 25 ouvriers au dehors et 15 à l’intérieur pour la préparation des matières et le pliage des articles fabriqués. Ils exportent la majeure partie de leurs produits â l’étranger et particulièrement en Suisse.
- Cette industrie soutient l’existence des pauvres familles dans un pays peu fertile et peu commerçant.
- Le jury pense que ces résultats sont dignes de
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- récompense* et il décerne la médaille de bronze à MM. Jury fils et Tardif.
- MM. GUILLEMOT frères, à Paris, rueNeuve-des-Mathurins, 88.
- On trouve à leur exposition, ûri grand assortiment de galons désôié, de tissus laine et laine et coton pour ameublements, livrées et voitures. Tous ces articles sont remarquables par leur bonne confection et le bon effet de leurs dessins variés.
- Ces industriels viennent d’améliorer leurs métiers en y ajoutant un appareil qui leur facilite les moyens de fabriquer, en même temps , plusieurs pièces de rubans épinglés ou veloutés, ce qui diminue considérablement la façon et donne les moyens d’établir leurs produits à des prix beaucoup plus modérés.
- Leur établissement date de 1700$ et a continué de père en fils depuis cette époque. Us ont 36 métiers et ils emploient 5o ouvriers. Ils livrent leurs produits particulièrement à l'intérieur,*et apportent tous leurs soins k faire exécuter des marchandises parfaites sous tous les rapports.*
- MM. Guillemot frères ont obtenu,- en 1827, une citation favorable et le rappel en 1864 et i836. Le jury considérant la perfection de leurs produits et leur bonne réputation commerciale leur décerne tmé médaillé1 dé bronzé.
- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- M< LAURENT* à Paris, rue Saint-Denis, 227,
- A exposé des boutons à queue flexible dont le
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- dessus est en étoffe dite lasting, des galons de diverses couleurs et de dessins variés, et des agréments pour modes en soie et en soie et argent; fous ces articles sont d’une bonne confection et d’un excellent usage.
- M. Laurent a obtenu en i834 une mention honorable; le jury de 1844 la lui confirme.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. BLERYE, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, 24,
- Présentait à l’exposition divers articles de passementerie, des cordons et des agréments en soie pour ameublements et coiffures de femme, des rubans façonnés et des mantelets fond satin et fond
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- filets de soie garnis d’agréments-
- Tous ces articles sont d’un effet agréable, d’un bon goût, d’une fabrication soignée et très-reclier-cbés par le commerce intérieur.
- M. Blerye possède 36 métiers, et il occupe 5o ouvriers tant dans ses ateliers qu’au dehors.
- Son établissement date de i83a, et, depuis cette époque, M. Blerye a apporté tous ses soins à perfectionner la fabrication de la passementerie. Le jury
- décerne une mention honorable à M. Blerve.
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- MM. MERCIER(Joseph) et Cie , à Saint-Etienne (Loire).
- MM. Mercier ont importé, il y a deux ans, à Saint-Etienne , la fabrication des galons veloutés pour voitures, meubles et livrées.
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- Les échantillons de diverses largeurs qu’ils ont ex-» posés en soie, laine et coton, sont exécutésavec soin ; les dessins et les couleurs en sont bien entendus. Le bas prix auquel ils les cotent, prouve que cette industrie sera convenablement placée dans une ville où se trouvent réunis tous les moyens d’une grande et rapide exécution.
- Cette maison a sa fabrique à Firminy, près Saint-Etienne; elle possède 80 métiers et occupe 90 ouvriers dont 70 au dehors. Leur salaire est de 90 c. à 1 fr. 25 c. dans la montagne, et de 1 fr. 75 c. à 2 fr. dans les ateliers.
- Cette fabrication, nouvellement introduite dans la localité, est susceptible d’acquérir des développements considérables.
- Le jury s’empresse de mentionner honorablement MM. Joseph Mercier et compagnie.
- M. PUZIN, à Paris, rue Saint-Denis, 135,
- A exposé un assortiment de galons pour livrées et pour voitures, qui sont remarquables par leur bonne fabrication; on distingue parmi ses produits des galons pour voitures, à deux fonds différents; les bords sont brochés et le milieu est une imitation de reps. Il a aussi perfectionné les galons pour livrées par l’emploi du métier à la Jacquart.
- Cet établissement date de 1750, et s’est transmis par succession dans la famille qui a toujours conservé sa bonne réputation. La marchandise qu’il livre est d’une exécution parfaite.
- Le jury décerne à M. Puzin une mention honorable.
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- M. DESPRAT (Jeap), ,ap JPpy (HpptÇTjLpirp),
- Présente, à l’exposition, des pattes de bretelles de divers genres.
- Cette fabrication toute nouvelle et unique dans le département de la Haute-Loire, y a été importée par M. Desprat, qui dirige lui-même son établisse.-ment; ses produits réunissent toutes les conditions d’une bonne confection.
- Le tannage des peaux, leur mise en œuvre, as^ surent leur bonne qualité et leur bas prix, expli-r-quent la grande consommation que ce fabricant obtient de ses produits. 11 emploie près de 200 ouvriers, il livre annuellement an commerce 35,ooo grosses de pattes de bretelles.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Desprat.
- MM. RICHARD (Benoît) et C", à Saint-Étienne (Loire).
- La fabrication des tissus de caoutchouc mélangés de soie et de cotpn, a pris, .depuis quelques aih nées, une certaine importance à SaintrEtienne, M. Richard, en les exécutant sur un m(étjer à plusieurs pièces, a trouvé le moyen d’y ajouter des brochés de différentes couleurs, qui enrichissent ces tissus sans en augmenter beaucoup l,é prix. Çe fabricant a exposé des bretelles de -2 fr, 60 ç. à 4 fr. Il en a aussi exposé de plus ordinaires à 1 fr, 10 c. et 1 fr. 3o c.
- Cet établissement, formé à Saint-rEtienne depuis le icr avril i8zp, .est susceptible d’une grande .extension.
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- Le jury décerne une mention honorable à MM. Benoît Richard et Cle.
- M. BOÜRGOIN, à La Tulette, commune d’Ansae (Charente).
- La fabrique de lacets du sieur Bourgoin est récemment établie. Elle produit des lacets parfaitement bien ferrés et à très-bas prix. Il en a exposé de roses en coton , ferrage blanc, de 120 centimètres de longueur, à 1 fr. 65 c. la grosse , et de noirs en fil retors à ferrage jaune, à 2 fr. 70 c. la grosse, de la même longueur.
- Sa fabrique est très-bien entendue, et il occupe des ouvriers dans une contrée où il y a peu d’industrie.
- Cet établissement mérite des éloges, car les produits de bonne qualité et à bon marché sont toujours dignes d’intérêt.
- Le jury décerne à M. Bourgoin une mention honorable.
- M. BISSON, à La-Ferté-Macé (Orne),
- A présenté à l’exposition des coutils en coton , dits satin-cuir, destinés à être vernis pour la confection des chaussures de luxe, et des rouleaux de tresses en fil et coton pour la fabrication des tirants de bottes et des bretelles ; il a aussi exposé des mèches pour lampes.
- Ces produits sont remarquables par leur finesse, leur parfaite confection et leur solidité.
- Cet établissement est nouveau et paraît avoir de l’avenir.
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- Le jury décerne à M. Bisson une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. BORREL, à Paris, rue Neuve-St-Merry, 13,
- A exposé des épaulettes et des pompons en laine pour l’armée.
- Ces articles sont confectionnés avec le plus grand soin, et se font remarquer par la pureté des couleurs.
- Le jury cite favorablement M. Borrel.
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- TROISIÈME PARTIE.
- FILS ET TISSUS DE COTON.
- PREMIÈRE SECTION.
- FILATURE ET RETORDAGE.
- M. Mimerel (duNord), rapporteur.
- Considérations générales.
- Disons quelques mots sur l’industrie cotonnière, et plus spécialement sur le filage du coton.
- Moyen d’échange important avec les États-Unis, moyen puissant d’alimenter notre navigation, l’industrie cotonnière serait peut-être, de toutes celles que nous possédons, la plus fructueusement exploitée pour le pays, si nos échanges se balançaient, si la navigation française prenait au moins une part notable dans les transports que ces échanges nécessitent.
- Mais, tandis que nos importations des États-Unis vont toujours croissant, et s’élèvent pour la commerce spécial de 1842, au chiffre de 135 millions de francs, nos exportations, pour ces lointaines contrées, diminuent par suite de la législation qui y surcharge nos produits.
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- Ainsi, durant cette même année 1842, notre commerce spécial n’a envoyé que pour 48 millions, et les Américains ont eu, en quelque sorte, le monopole des transports.
- Quoi qu’il en soit de ce premier aperçu, sur lequel nous aurons le devoir de revenir, jetons un coup d’œil rapide sur la naissance, le développement successif et l’état actuel de l’industrie du filage du coton.
- Progrès et ses causes.
- Née en France avec le siècle, cette industrie mettait en œuvre,
- En 1814 (1)............ 8 millions de kil.
- En 1824,............... 28 »
- En 1834,............... 38
- En 1844 (2),........... 58
- Le prix du coton filé ne peut être constaté
- avant 1816, à cause du droit énorme (3) qui, sous l’Empire, grevait la matière première ; mais en 1816 (4), le kil. de chaîne filée, n° 30, valait............................. 12 fr. 60 c.
- en 1824, en 1834, en 1844,
- 6 40 5 60
- 3 60
- (1) Voir l’Enquête de 1834 , t, 111, p. 30.
- (2) Tableau du commerce de la France , 1842 , p. 137.
- (3) 8 fr. le kilogramme.
- (4) Enquête de 1834 , t. III, p. 354.
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- Ce progrès si remarquable accompli depuis dix ans, deux causes qui se confondent l’ont amené.
- L’extension des établissements, la perfection des machines, et une meilleure entente de leur mise en activité.
- Extension des Établissements.
- En 1834, l’Alsace possédait 56 filatures, comprenant ensemble 700,000 broches ; c’était 12,500 par établissement (1).
- Dans le Nord et dans la Seine-Inférieure, les établissements étaient en moyenne de 4,000 broches ,(2).
- 39 filateurs, venus de toutes les parties de la France, se présentent à l’exposition; l’ensemble des broçhes qn’ils possèdent est de 684,000, C’est, pour chaque filature, 17,500 ; de ces filatures, la plus importante compte 60,000 broches ; la plus petite, 1,000 seulement,
- Ces établissements se divisent ainsi 3 aurdessous de . . . 5,000 broches.
- cl{3 •••••••♦• 5 à 10,009
- 8 (I ç • * • f * • • • • 1Q à 15,000
- 6 de ........ . 15 à 25,000
- 7 de 25 à 40,000
- 3 d.6 ••••••»•• 40 à 60,000
- (1) Enquête de 1834, t. III, p. 347.
- (2) /d., p. 184 et 270.
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- Et si ces 39 établissements, qui réunissent le 5e des broches que possède la filature française,' sont l’image fidèle des autres manufactures du même genre, on est amené à conclure que, dans la période décennale qui vient de s’écouler, les filatures de coton ont bien plus que doublé d’importance.
- En effet, elles étaient, en Alsace, de 12,500 br.
- Elles seraient aujourd’hui (1) de 29,700
- Dans la Seine-Inférieure et dans le
- Nord, c’était..................... A,000
- Ce serait aujourd’hui, dans le premier département..................... 16,000
- Dans le deuxième.................. 10,000
- En face d’une aussi notable extension, quelques esprits spéculatifs ont pris l’alarme ; ils se sont dit : « Est-ce une bonne chose en soi que l’agran-» dissement des usines, la concentration en » quelques mains de toutes les forces productives » sociales? Cette concentration n’a-t-elle pas » pour résultat final une notable diminution de » cette classe moyenne qui, de tout temps, a fait » la force de la France ; et quand le Code civil a » pour effet de diviser incessamment la propriété » immobilière, n’est-il pas regrettable de voir la » propriété mobilière se réunir, s’agglomérer,
- '1) Voir le tableau à la fin du rapport.
- \.
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- » ne faire qu’un tout indivisible que quelques-» uns seulement sont appelés à posséder? »
- Si, pour un moment, ces vues plus théoriques que pratiques se faisaient jour, si on allait jusqu’à prétendre que les établissements agrandis amènent une moins bonne distribution de la richesse produite, du moins on ne saurait nier que la création de cette même richesse n’ait été facilitée et développée, à mesure que les manufactures sont devenues plus considérables. L’agrandissement des filatures, en effet, a amené une meilleure division du travail ; chaque force, chaque valeur d’intelligence a été plus spécialisée, et par leur réunion en moins de mains, les capitaux ont vu croître leur puissance : telle a été la première cause du progrès dans le filage du coton.
- Perfectionnement des machines.
- Cette richesse plus activement, plus abondamment créée, a-t-elle, d’ailleurs, été jusqu’ici distribuée de telle sorte que, dans son partage, on ait vu s’accroître la part des propriétaires d’usines, et diminuer celle de la classe ouvrière? Non sans doute; et, sans prétendre juger de l’avenir par le passé, mais en ne tenant compte que des faits accomplis, nous établissons que c’est un résultat tout contraire qui s’est produit chez nous.
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- Eli éffet, en 1834, 3 millions dë brochés transformaient, en fil, 38 millions de kil. dë coton.
- En 1839, c’était non plus 3 millions, mais 3,400,000 broches qui,* mieux conduites, demandaient 52 millions' de kil. (1).
- En 1844, c’ëst 3,600,000 brochés qui réclament 58 millions de' kil. de matière à mettre en œuvre.
- Ainsi, les 3,400,000 brochés de 1839 produisaient comme auraient fait 4,000,000 broches en 1834.
- Et les 3,600,000 brochés produisent aujourd’hui comme auraient fait, il ÿ a dix ans, 4,500,000 broches.
- Ce prodigieux accroissement, de 38 à 58 millions de kil., dans le court espacé de dix années, la consommation ne le réclamait pas, entièrement du moins. De là, encombrement du marché, avilissement du prix ; mais de là aussi, recherche constante de l’ouvrier qui, produisant plus dans le même espace de téittps, arrivait encore, malgré la baissé du produit, à voir augmenter son prix de journée. Tel qui gagnait 3 fr., reçoit aujourd’hui 3 fr. 50’ c., et les- enfants- ont vu monter à 75 c. la journée qu’ils donnaient autrefois pour 50 c.
- (1) Rapport du jury sur l’exposition de 1839 , 1. 1, p, 235 et 236.
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- Heureuse conquête sans doute, si elle n’avait été trop souvent acquise par la ruine du chef d’atelier et la diminution du capital industriel. Un broche de filature, qui a coûté 40 fr., et que la dépréciation régulière n’a pas abaissée même à 25 fr., se vendrait à peine 15 fr., tant ont été difficiles , depuis 1836, et sauf un heureux intervalle de deux années, les résultats de l’industrie du filage du coton.
- Or, il y a perte pour tous, si le chef d’industrie ne voit pas son travail récompensé: car le travail est une richesse détruite, si elle n’est pas rendue par la valeur du produit.
- C’est une perte pour tous, si le capital employé dans l’usiné ne se conserve pas à l’aide d’une dépréciation- régulière que doit fournir le bénéfice annuel; car le capital de l’usine est une partie de la richesse publique.
- Quoi qu’il en soit,, en filature, les machines produisent plus et mieux, le travail de l’ouvrier est largement rémunéré.
- La rémunération du chef est beaucoup plus problématique, et la valeur’ des usines disparaît chaque jour.
- Tel est l’effet produit jusqu’ici par le perfectionnement des machines, et une meilleure entente de leur mise en activité ; telle est la deuxième cause du progrès signalé.
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- Progrès décennal.
- Supposons la consommation en équilibre avec la production, et l’industrie du filage revenue à son état normal; le progrès décennal incontestablement acquis sera celui-ci:
- Les produits sont généralement plus beaux, plus réguliers. Les progrès dans la filature du coton fin sont surprenants, surtout chez quelques producteurs ; voilà pour la qualité.
- 51 millions de kil. de coton filé sont donnés, en 1844, pour le capital qui représentait, il y a dix ans, 36 millions de kil. de même produit ; voilà pour le prix.
- Coton d’Alger.
- Nous avons dit en commençant, que l’industrie du coton devait être à la fois un moyen d’échange et un puissant encouragement à la navigation, et nous avons montré que ce double résultat n’était pas atteint.
- Nous aurions droit de nous alarmer d’un semblable état de chose, si l’avenir ne faisait entrevoir d’autres et plus heureuses conséquences.
- On devine que nous arrivons à parler des essais de plantation de coton qui ont été faits dans notre colonie d’Alger.
- Le succès de ces essais importe beaucoup ; car cueillir du coton dans l’Algérie, c’est y multi-
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- plier nos exportations; et en même temps que nous fournirons plus à la colonie, nous ne fournirons pas moins à l’Amérique, puisque nous pourrons toujours facilement nous payer, par ses produits, de ce qu’elle aura acheté chez nous. En multipliant nos échanges avec Alger, nous contribuons encore à la prospérité de la marine, car les transports coloniaux sont réservés, et les Américains sont impuissants à s’en saisir.
- Tout concourt donc à nous faire désirer'que la culture du coton prospère dans notre colonie ; mais déjà ce désir n’est-il pas presque une réalité , c’est au moins ce que semblent annoncer les faits que nous allons vous exposer.
- Le gouvernement de l’Algérie avait envoyé, dès 1839, un échantillon de coton qui avait été filé en Alsace: il renouvela à deux reprises ces envois depuis un an.
- Le ministre de la guerre en remit d’abord là kil. à son collègue du*commerce, qui à son tour les adressa à la chambre de commerce de Rouen, avec invitation de les faire convertir en fil.
- Arrêter ses machines pour entreprendre des essais sur là.kil., c’est du temps et du produit perdus ; c’est conséquemment une perte d’argent: c’est encore une étude sérieuse, que celle d’une matière nouvelle ; c’est une responsabilité, qu’as-
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- signer à l’avance la part que cette matière pourra prendre dans la consommation.
- Les filateurs de Rouen se montrèrent peu empressés à répondre à l’appel que leur fit la chambre de commerce. Un seul, qui ne calcule jamais quand il s’agit d’un intérêt national, se présenta, c’est M. Crépet fils aîné.
- Ses machines, créées pour la filature des gros numéros, étaient insuffisantes pour le coton d’Alger : les essais péniblement faits, mais poussés cependant jusqu’au n° 58, suffirent pour indiquer que ce coton était supérieur aux sortes de la Louisiane et de la Caroline, et devait être classé dans les cotons L. S.
- Ce résultat obtenu, il fut facile de voir que le deuxième envoi de coton devait être adressé à la chambre de commerce de Lille, puisque, antérieurement, des essais sur ce même produit avaient été faits en Alsace. C’est, en effet, ce qui eut lieu. La chambre de commerce de Lille» comprenant l’importance du résultat à obtenir» confia la filature de l’échantillon envoyé, à ud de ses membres, au dévouement duquel on n’a jamais eu vainement recours. Il était distingué par sa science théorique, distingué par sa science pratique, et capable entre tous de résoudre le problème et d’assigner sa véritable place, sa véritable valeur au coton d’Afrique,
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- L’essai ne se fit pas attendre. L’aspect du coton d’Alger n’est pas flatteur : il n’a pas d’éclat, pas de brillant, pas de longue soie ; en revanche, le brin est fin et fort. Bref, la matière brute, soumise à l’appréciation du commerce, avait été estimée à 1 fr. le demi-kil.
- Le fil que M. Th. Barrois rapporta à la chambre , et qui figure à l’exposition, atteint le n° 140 pour le premier échantillon, 161 pour le deuxième; il est égal en force, en finesse, en régularité, à celui qu’on obtient des G. L. S. de l’Amérique, et qui valent 3 fr, le demi-kil,
- Ce résultat est immense : pour produire le coton fin, une seule sorte de filament existe, le Géorgie longue soie, dont la récolte moyenne n’excède pas 3 millions de kil. ; de là, le prix toujours élevé de cette matière.
- Que, dans notre colonie, la culture du coton se propage ; tant de tissus, faits aujourd’hui avec le coton d’Égypte, gagneront beaucoup en beauté, fabriqués qu’ils seront avec une matière semblable à celle qu’indique le nouveau produit colonial : ainsi, notre industrie sera dotée d’un nouvel élément de prospérité, et Alger donnera avec grand avantage à sa métropole, des produits de tout autre nature que ceux que la métropole peut lui envoyer,
- Trions donc le gouvernement d’appeler l’atten-
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- tion des colons sur la culture du coton. Qu’aux graines de la Louisiane, qui ont produit, dit-on, les essais envoyés, on substitue les graines de G. L. S. qu’enverra facilement le commerce de Charlestown et de Savannah ; qu’on connaisse le climat et la nature du terrain, les moyens de cueillir, de préparer et d’emballer, et nul doute, que le gouvernement n’ait bientôt à annoncer à la France une conquête agricole et industrielle qui devra la payer de bien des sacrifices.
- MM. CRÉPET fils aîné, à Rouen (Seine-Inférieure), et Th. BÀRROIS, à Lille (Nord).
- Le jury n’a pas pu comprendre dans les récompenses qu’il décerne, MM. Crépet fils aîné de Rouen, et Th. Barrois de Lille : ils ne présentent en coton filé, que celui qui provient des cultures de la colonie d’Afrique : ce coton n’est pas entré dans la consommation, et le jury ne récompense que les services rendus aux consommateurs ; c’est là sa seule mission, et il n’a pas cru, même par exception, ' pouvoir s’en écarter.
- Il regrette vivement que MM. Crépet et Barrois, connaissant mal les limites naturelles imposées au jury, aient cru faire acte.d’exposant, et n’aient pas envoyé, en même temps que des cotons d’Alger, des produits de leur fabrication habituelle. Ils devaient le faire avec d’autant plus de confiance, que le premier de ces honorables citoyens avait obtenu la médaille d’argent en 1839, et que le n° 140
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- exposé par le deuxième est d’une perfection telle qu’il aurait kbon droit fixé l’attention et serait resté sans, doute classé au premier rang.
- Le jury rend une complète justice au dévouement de MM. Crépet et Barrois. Mais il n’a pas le droit d’apprécier et de récompenser leurs efforts et leurs succès.
- HORS DE CONCOURS.
- MM. HARTMANN et fils, de Munster (Haut-Rhin).
- M. Hartmann père faisant partie du jury.
- MM. Th. Legrand ; Wibeaux-Florin ; Doîfus-Mieg; Pouyer-Quertier et Palier; Gros, Odier, Roman etCie; Forel frères etBureau, employantes produits de leur filature, seront jugés comme fabricants de tissus.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MM. YANTROYEN et MALLET, à Lille (Nord),
- Exposent des fils simples et doublés, sous les nos 200 k 3oo métriques : ces filateurs ont le rare mérite d’avoir contribué k affranchir nos fabricants de tulle de la nécessité de s’approvisionner en Angleterre des nos qu’ils emploient au-dessous de 200.
- C’est lk un véritable service rendu, que le jury s’empresserait de récompenser, s’il lui restait quelque chose k faire en faveur de MM. Yantroyen et Mallet : mais ces exposants, qui travaillaient autrefois sous la raison Yantroyen, Cuvelier et Cie, ont obtenu la médaille d’or en 1834, un rappel de cette médaille en 183g ; et quoique depuis cette époque
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- des progrès incontestables de qualité, l’accroissement d’un tiers de leur établissement, semblent de nouveaux titres à de nouvelles faveurs, le jury ne peut que rappeler une deuxième fois, mais avec une satisfaction non douteuse, la médaille d’or que MM.Van-troyen et Mallet n’ont pas cessé de mériter.
- MM. Ed. COX et Cie, à la Louvière, près Lille (Nord),
- Exposent des n°s i3o à 400 métrique, des fils doublés pour dentelle du n° 200 au n° 5oo anglais, produits admirables , dont la ténuité échappe à l’œil et qui semblent ne plus laisser de place au progrès. Produits auxquels rien d’analogue ne peut être comparé.
- Le jury rappelle avec une entière conviction à MM. Ëd. Cox etCie, la médaille d’or qu’ils ont obtenue à l’exposition de i83q.
- MM. Nie. SGHLUMBERGER et Cie, à Guebwiller (Haut-Rhin).
- Ce nom est en honneur dans l’industrie, si MM. Schlumberger ne sont pas appelés à fournir des produits aussi fins que les manufacturiers du Word, auxquels de moins vastes établissements permettent des soins de détail plus minutieux, MM. Schlumberger, en échange, ontle difficile avantage de bien et parfaitement diriger plusieurs établissements; filature de coton, filature de lin, ateliers de construction; rien ne leur est étranger, et leurs produits offrent un ensemble tel, qu’ils s’achètent de confiance, et que cette confiance n’est jamais trompée. Le jury se plaît à rappeler, pour la 2e
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- fois à MM. N. Schlumberger et Cie, la médaille-d’or qu’ils ont reçue en 1834-
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- M. Ant. HERZOG, au Logelbach, près de Colmar (Haut-Rhin).
- Une médaille d’argent dès 1819, deux rappels successifs en 1823 et i834, une médaille d’or en 1839; telles sont les récompenses obtenues depuis 25 ans par l’exposant, et qui témoignent de sa constance, en même temps qu’elles viennent prouver, que pour arriver lentement, on n’arrive pas moins sûrement. On voit peu de carrière industrielle aussi soutenue, aussi constamment progressive. Les fds exposés par M. Herzog étaient de nature à lui faire occuper le premier rang dans l’industrie qu’il exerce, si, déjà, il ne s’en était emparé. Le jury lui vote le rappel de la médaille d’or.
- M. FAUQUET-LEMAITRE, à Rolbec (Seine-Inf.).
- Cet industriel est toujours le chef des filateurs de coton dans la Seine-Inferieure. Quantité de broches , qualité de produits ; personne sous ces deux rapports ne prétend marcher son égal.
- C’est 6,000 balles de coton que consomment annuellement ses 60,000 broches. Et cette quantité n’est jamais acquise aux dépens de la qualité. La médaille d’or en 1834 ? le rappel de la médaille en i83q disent assez que le jury ne peut plus rien pour M. Fauquet-Lemaître. Il peut cependant rappeler à la France industrielle, que M. Fauquet-Lemaître reste toujours un modèle à imiter, et il remplit ce devoir en votant à cet industriel un second rappel de la médaille d’or. , '
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- MM. FÉRAY et Cîe, à Essonne (Seine-et-Oise).
- L’habileté industrielle est héréditaire dans cette famille, et M. Féray serait à bon droit l’orgueil de son aïeul M. Oberkampf, si ce remarquable manufacturier existait encore.
- M. Féray, décoré bien jeune encore, a obtenu en 1839 la médaille d’or pour la filature du lin. S’il ne nous appartient pas d’en proposer le rappel en parlant des filatures de coton, on ne. nous contestera pas, en célébrant les gloires de cette dernière industrie, de déclarer que M. Féray y occupe un premier rang, et que pour être cité aussi honorablement que lui, il faudrait comme lui, fournir des produits toujours égaux, toujours marqués d’un cachet de perfection, qu’on peut difficilement atteindre.
- MÉDAILLES D’OR.
- M. PICQUOT-DESCHAMPS, à Rouen (Seine-Inf.),
- Présente à l’exposition des produits très-beaux, sortis des filatures qu’il a fondées en 1822, i83o, 1837 et 1842, lesquelles comprennent ensemble 36jOoo broches.
- 5403000 kil. de coton filé sortent annuellement de ces établissements, et le jury départemental déclare que commefilateur, «M. Picquot-Deschamps » s’est placé en première ligne, et que ses fils jouis-» sent d’une réputation très-distinguée. »
- En i839M.Picquota obtenu la médaille d’argent.
- Depuis lors, il afondé son 4‘ établissement; pour récompenser tant de persévérance et de succès, le
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- jury décerne à M. Picquot-Deschamps la médaille d’or.
- MM. Henry HOFER et Cie, à Kaysersberg (Haut-Rhin),
- Ont fondé en 183g une filature de 21,000 br.
- Dès la mise en activité de leur établissement, MM. Hofer et Cie envoyèrent leurs produits à l’exposition , et quoiqu’ils n’eussent pas encore de réputation acquise, le jury leur décerna une médaille d’argent.
- Aujourd’hui, d’excellentes chaînes 5o à 70 : de jolies trames jusqu’au n° 110, sont soumises à l’appréciation du jury.
- Dans les fabriques d’Alsace et de St.-Quentin, ces produits son placés au premier rang , et aucun autre ne vient prétendre à la supériorité.
- Des succès prompts et soutenus ont paru au jury dignes des plus hautes récompenses. Il décerne la médaille d’orà MM. Hofer et Cie.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. PLATARET et Cie, à Paris, rue Pavée-Saint-Antoine, 7, 9,11,13 et 15.
- M. Plataret a 3 filatures : les produits qui en proviennent, mélangés de laine, de soie, de coton, de cachemire, servent à confectionner des tissus et des articles de bonneterie.
- Ainsi arrive au bout de l’année un chiffre de production de 1,200,000 fr. Ainsi est assurée l’existence d’un grand nombre d’ouvriers.
- La médaille d’argent fut décernée en i834 à
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- MM. Plataret et Payen. Le jury en vote le rappel k MM. Plataret et C5e.
- MM. KCECHLIN-DOLLFUS et frères, à Mulhouse (Haut-Rhin).
- 11,000 broches en coton, 4>ooo en laine peignée. Tel estl’ensemble de l’établissement des exposants. Une production bonne, égale, suivie d’une vente de l’importance de 11 à 1,200,000 fr., tels sont les titres de MM.Kœchlin-Dollfusetf'rèresà l’attention du jury.
- Ces industriels ont, depuis i83g, ajouté à leur filature de coton une filature de laine : à cette époque , ils avaient été proclamés dignes d’une médaille d’argent. Le jury, pour récompenser leurs efforts, leur en vote le rappel.
- MM. E. SEILLIÈRE et Cie, à Senones (Yosges).
- Depuis 20 ans cette maison présente ses produits à l’exposition.
- Médaille de bronze décernée en 1823 à M. Seillière; médaille d’argent en 1834, sous la raison Seillièré et Provençal,
- Rappel en i83g sous la même raison,
- 1170 employés et ouvriers,
- 26,000 broches de filature,
- 332 métiers de tissage,
- i,5oo,ooo fr. de production annuelle,
- Bons produits, prix modérés, tels sont les titres de M. E. Seillière et Cie .
- Peu d’établissements ont plus d’importance, et le jury décerne k MM. E. Seillière et C,e un second rappel bien mérité de la médaille d’argent.
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- M. TESSE-PETIT, à Lille (Nord).
- Cefilateur présente à l’exposition des cotons très-fins, qui témoignent à la fois de progrès très-importants réalisés chez lui, de progrès importants» réaliser encore pour que M. Tesse-Petit égale ses devanciers en perfection. Encore quelques pas et l’exposant prendra place au premier rang. Il a obtenu la médaille d’argent en i834, le rappel en 1889; il est incontestablement digne du deuxième rappel que le jury lui décerne comme récompense.
- M. POUYER-HELLOUIN, à Rouen (Seine-Inf.).
- « Cette filature donne de très-bons produits qui » conviennent surtout aux tissus grand teint. » Cette note si explicite du jury départemental est confirmée par l’examen attentif qui a été fait des produits de M. Pouyer-Hellouin.
- Aussi le jury n’hésite pas à le déclarer digne du rappel de la médaille d’argent qu’il a obtenue en 1889.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. SCHLUMBERGER et HOFER, à Ribeau-villé (Haut-Rhin),
- Exposent des fils, série de 4o à 120.Ces produits sont bons, réguliers, et proviennent d’un établissement conduit avec intelligence et soin.
- Une médaille d’argent a été décernée en 1827 à MM. Heilmann frères, alors propriétaires de l’établissement que MM. Schlumberger et Hofer exploitent aujourd’hui. Cette médaille fut rappelée
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- en i834 aux mêmes MM. Heilmann. Aujourd’hui, et eu égard à la bonne qualité de leurs produits, le jury décerne une médaille d’argent àMM. Schlum-berger et Hofer.
- M. DELAMARE-DEBOUTTEVILLE, à Fontaine-le-Bourg ( Seine-Inférieure ).
- « Cefilateur exploite trois établissements dans le » département; il fournit des produits remarqua-» blés qui doivent être classés au premier rang, et » qui sont très-recherchés. »
- Ainsi s’exprime le jury de la Seine-Inférieure, ainsi diront tous ceux qui ont inspecté les produits de M. Delamare.
- Certes, si M. Delamare avait déjà exposé; s’il avait fait de plus longues preuves dans l’industrie, il aurait des droits aux plus hautes faveurs : mais il arrive, et quelle que soit sa supériorité, le jury croit récompenser ses succès et l’encourager à persévérer dans la voie qu’il s’est ouverte en lui accordant la médaille d’argent.
- M. J.-B. COURMONT, à Wazemmes-lès-Lille (Nord).
- C’est un modeste et intelligent ouvrier qui, aidé des capitaux et des conseils d’un des grands industriels du Nord, fonda en i833 une filature de coton.
- Cette filature a été augmentée d’un tiers depuis 1839, et pour se frayer bonne route M. Courmont ne connaît pas d’obstacle.
- Il exposait en 1839 des numéros 200 à 228. Il expose aujourd’hui des numéros i44 ^ 200. M. Courmont ferait mieux encore s’il montrait au
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- jury les produits qu’il livre le plus à la consommation et qui sont très-recherchés dans la série de 90 à 120.
- Mais le coton 144 exposé par M. Courmont , présente netteté et force, et le jury, qui en 18^9 avait décerné une médaille de bronze à cet industriel, récompense aujourd’hui ses efforts et ses progrès en lui donnant la médaille d’argent.
- M. MASSON aîné, à Roanne (Loire).
- Cette maison arrive pour la première fois au concours avec un matériel de 3o,ooo broches, une production de 1 million de francs, et une attestation du jury départemental qui déclare les produits de l'établissement remarquables à la fois parleur beauté et leur prix modéré.
- Les prix et qualité des objets exposés justifient l’opinion du jury départemental.
- Une bonne filature de coton est chose très-utilement placée à Roanne : le jury veut récompenser les heureux efforts de M. Masson en lui accordant la médaille d’argent.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. GERYAIS, à Caen (Calvados).
- A obtenu en 1839 le rappel de la médaille de bronze qui lui a été décernée en 1834-Tout justifie le nouveau rappel que le jury lui décerne.
- M. LALIZEL aîné, à Barentin (Seine-Inférieure).
- Depuis i83q M. Lalizel aîné a augmenté d’un
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- tiers son établissement. Ses produits sont à juste titre recherchés. Les filés qu’il expose ont paru au jury mériter le rappel de la médaille de bronze décernée à M. Lalizei lors de la dernière exposition.
- »
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. FESSÀRD, à Maromme (Seine-Inférieure).
- Filature de i5,ooo broches, production estimée à 800,000 fr., qualité bonne, quoique ordinaire et ayant cours régulier dans le commerce.
- Le jury décerne à M. Fessard une médaille de bronze.
- MM. NEVEU et MARION, à Malaunay ( Seine-Inférieure).
- Filature de 10,000 broches, 5oo,ooo fr. de (production, « fils remarquablement bons et d’un pla-» cernent facile. » Cette dernière note émane du jury départemental.
- L’examen des produits de MM. Neveu et Marion, qui n’avaient pas encore exposé, détermine le jury à leur accorder la médaille de bronze.
- M. Henry WITZ, à Cernay (Haut-Rhin).
- Établissement de 8,4oo broches qui donne l’existence à i5o ouvriers. Produits estimés qui se vendent sur les lieux mêmes et qu’emploient les maisons les mieux famées pour la beauté de leurs tissus.
- M. H. Witz n’a pas encore exposé. Ses fils sont solides et réguliers. Cet industriel mérite la médaille de bronze et le jury la lui décerne.
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- M. LUSSAGNET et Comp., à Nay, près Pau (Basses-Pyrénées).
- C’est dans le midi, dans les Basses-Pyrénées, que MM. Lussagnet et Cie ont fondé en 1837 une filature de coton, entreprise difficile et hardie, dans un pays où le climat est loin de favoriser le travail industriel, mais où il est bien utile cependant de répandre l’aisance par le travail. 6,000 broches, une roue hydraulique de 3o chevaux, forment déjà un établissement important. De semblables essais veulent être encouragés, c’est le désir du jury départemental. Les produits de MM. Lussagnet et sont bons; ils ont un débit facile dans le pays.
- Le jury leur décerne une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- Le jury mentionne honorablement :
- M. LALIZEL (François), à Malaunay (Seine-Inférieure), déjà mentionné en 1839.
- M. SELLIER, à Gonneville (Manche), déjà mentionné en 1827.
- Il mentionne encore honorablement :
- MM. DUPRÉ et CHAISE-MARTIN jeune, de Limoges (Haute-Vienne),
- Qui alimentent le midi et une partie de l’ouest des produits de leur filature.
- M. BONNET, de Cuhjac (Dordogne).
- M. Bonnet, deCubjac, qui a introduit une filature dans un pays où l’industrie n’existe pas et où son développement a besoin d’être encouragé.
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- CITATION FAVORABLE.
- Le jury cite favorablement M. BOURDEAU, à Gouvieux (Oise).
- RETORDAGE DU COTON.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. MICHELEZ fils aîné, à Paris, rue de Sèvres, 159.
- M. Michelez retord annuellement 60,000 kil. de coton. i ,
- Dès longtemps placé au premier rang dans son industrie, M. Michelez a obtenu la médaille d’argent en 1827 et le rappel en 1 889. La perfection soutenue de ses fils retors indique qu’un nouveau rappel ne saurait lui être contesté et le jury le lui accorde. -,
- MÉDAILLÉ D’ARGENT.
- M. BRESSON aîné, à Paris, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, 106.
- M. Bresson est aujourd’hùi le principal retordeur de coton:. C’est sur 120,000 kil. qu’il exerce son industrie. Il possède un matériel considérable qu’une machine à vapeur met .en mouvement. Il occupe un grand nombre d’ouvriers et produit pour plus d’un million. Le fil d’Irlande qu’il livre au commerce lui a fait une réputation incontestée. Depuis 1889 son établissement a beaucoup augmenté d’importance. A cette époque le jury lui avait donné une médaille de bronze, aujourd’hui il lui décerne la médaille, d’argent. •
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- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. LAUMAILLER et FROIDOT, à Coye (Oise).
- Ces exposants présentent des cotons pour lisses et des cotons retors dont la qualité est hors de censure. L’importance de leur retorderie est d’environ 4o>ooo kil. par an. La qualité de leurs produits justifie le rappel de la médaille de bronze qu’ils ont obtenue en i83q. Le jury leur vote ce rappel.
- MENTIONS HONORABLES.
- Le jury mentionne honorablement :
- MM. GOMBERT père et fils, à Paris, rue de Sèvres, 102, déjà mentionnés en 1827 ;
- M. YIMOR-MEAUX, fabricant de cotons retors et de ouates, à Perpignan (Pyrénées-Orient.).
- CITATION FAVORABLE.
- Il cite
- Mme veuve SIEUR IN, fabricante de ouates, à Paris, rue Saint-Yictor, 49.
- i.
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- TABLEAU
- DES FILATURES DONT LES PRODUITS SONT EXPOSÉS.
- DÉPARTEMENTS.
- Courmont...........
- E. Cox et Gie......
- .Vantroyen etMalIet.
- Tesse-Pelit........
- [Th. Barrois.......
- Lecomte............
- Wibeaux-Florin . . .
- Kœchlin-Dollfus et frères. N. SchlumbergeretCie
- H. Witz..............
- H. Hofer et Gie......
- Schlumbergeret Hofer.
- A. Herzog............
- Ernest-Seillière etCie. Hartmann et iils. . . . Gros, Oüier. Roman et Cie. Dolifus , Mieg et Cie . .
- Gervais........... .
- Sellier...............
- Delamare Deboutteville
- Vaussart. . ..........
- Crépet................
- Neveu et Marion.......
- Pouyer-Quertier et Pelier.
- Forel frères..........
- Lalizel aîné..........
- Pouyer-Hellouin.......
- Lalizel jeune. . ... . Picquot-Peschamps.. . Éauquet-Lemaitre. • •
- Fessart...............
- Ch. Legrand...........
- Masson aîné. .........
- Lussagnetet Cie ... .
- Bourdeau..............
- Dupré etChaise-Martinjeune
- Plalaret........
- Bonnet..........
- Féray et Cie.. . .
- Vosges.
- Haut-Khin.
- Id.
- Calvados.
- Manche.
- Seine-Inférieure.
- Id.
- Loire. Basses-Pyrénées. Oise.
- Haute-Vienne.
- Seine.
- Dordogne.
- Seine-et-Marne.
- 5,000'
- 10,000
- 10,000
- 10,000
- 12,000
- 15,000
- 11,000 56,000 8,000 2l,000|
- 17,000 f 29,700 en îo établ, 40,000/ 2,970.
- 28,000*
- 60,000
- 5,000 4,000 20,000 24,000 8,0001 9,000
- 111!!! I 256,000 en 15 établ.
- 16,000.
- 10,000 \ 7,000/ 6,0001 5,0001 36,000 I 50,000 \ 15,000 30,000 J
- I
- 27,000 \
- 7,00° I 80 500 en 7 établ. .,000 > 11,500. 15,000 à ’
- 1,000 1
- 23,000 /
- 683,500 en 39 établ. 17,500
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- DEUXIÈME SECTION.
- TISSUS DE COTOIE UNIS, ÉCRUS ET BLANCS, TISSUS DE COULEUR , TISSUS CLAIRS ET LÉGERS UNIS , BROCHÉS OU BRODÉS.
- M. Keittinger, rapporteur.
- Considérations générales.
- L’industrie des tissus de coton a subi, depuis 1839, bien des alternatives. Il y avait alors encombrement et suspension d’une partie du travail ; ce n’est qu’après avoir langui jusqu’à la fin de 1840 et après l’écoulement du trop-plein, que les établissements ont pu reprendre de nouveaux développements et ont, pour produire à meilleur marché , en diminuant leurs frais généraux , augmenté le nombre des métiers à tisser mécaniquement, et les ont perfectionnés. Cette augmentation s’est à la fois produite en Alsace et en Normandie. En Alsace, le nombre, des métiers qui, en 1839, était d’environ 13,000, dépasse aujourd’hui 18,000 ; en Normandie il s’est élevé de 6,000 à près de 9,000 , et la production de ces: métiers ne s’est pas seulement accrue dans la proportion du nombre, mais encore dans une moyenne de 15 pour 100 en plus pour chaque métier. Ce résultat doit être attribué aux perfection-
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- nements des métiers , à la meilleure qualité des cotons filés et surtout à T-habileté des ouvriers due à une plus longue pratique.
- Toutes ces causes font que la production, qui était en Alsace, en 1839, d’environ 65,000,000 de mètres, dépasse aujourd’hui 100,000,000 ; et que la Normandie, qui n’en produisait à peine que 28,000,000, en livre au commerce plus de 52,000,000.
- Cette augmentation a eu lieu graduellement pendant la période des cinq années qui se sont écoulées depuis T837, et surtout en 1841 et 1842, époque de reprise d’affaires pour le tissage du coton; alors la production des métiers ù bras était encore considérable. Ce n’est qii’en 1843 que le nombre en a sensiblement diminué par la concurrence des métiers mécaniques, et parce que, dès cette époque, contrairement à la tendance signalée en 1839, la mode s’éloignait de la forme, c’est-à-dire de tout ce que fournit à l’imagination , la nature dans ses fleurs, T architecture dans ses ornements, pour se porter vers les carreaux et les rayures tissées; cette tendance a été fatale aux toiles peintes, et par suite aux tissus écrus qui leur sont destinés.
- A ces causes sont venues s’en joindre d’autres qui n’ont pas moins contribué à déterminer la crise qui frappe en ce moment l’industrie coton-
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- nière en général : d’abord l’adoption, par la consommation , des étoffes de laine de toute sorte et des mousselines-laine, chaîne coton, imprimées, et ensuite 1’abaissement dii cours des toiles de fil, qui a opéré un revirement en leur faveur aux dépens du coton longtemps favorisé par les prix élevés de ces toiles.
- Le tissage mécanique des calicots pour1 l’impression présente-, dans la Seine-Inférieure-, un progrès de perfection et de bonne qualité, obtenu depuis 1839. Ce progrès a évidemment contribué à la vogue marquée dont jouissent les' indiennes de Rouen.
- En Alsace l’amélioration s’est principalement portée sur les tissus destinés à la vente en blanc, dont la fabrication utilise les deux tiers des moyens de1 production et livre au commerce des produits qui la placent au premier rang. Sës madapolams depuis 70 jusqu’aux percales-lWpor-tées, ses cretonnes, ses croisés, ses jàconas', organdis , etc. =, sont presque sans rivaux sur1 nos marchés. Une nouvelle branche de tissage fait dans ce moment de grands progrès en Alsace, c’est celle des mousseline-laine1, chaîne coton1; elle occupe déjà près de 2,000 métiers mécaniques et est fortement stimulée par les fabriques d’impression dé la localité, qui, en obtenant de plus en plus de véritables succès dans ce genre,
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- assurent à ces tissus un écoulement facile et avantageux.
- Le tissage à la main est réduit à la fabrication des articles très-ordinaires, dont une grande partie est destinée à faire des soutiens pour doublures, et à quelques tissus grandes largeurs de toutes qualités : aussi la classe des tisseurs à bras, si nombreuse en Alsace, dans les Vosges et en Normandie, soufFre-t-elle cruellement, son salaire n’étant plus en rapport avec ses besoins. Cette position est d’autant plus difficile pour cette classe d’ouvriers , que beaucoup, par des habitudes sédentaires, perdent l’énergie et même la force nécessaires pour se livrer aux travaux des champs et de terrassement. Espérons toutefois que ce n’est qu’un état transitoire, qui cessera bientôt par le développement généralement prédit aux industries des tissus de fil et de laine, et que hâtent de tous leurs vœux les amis de l’humanité et de la prospérité nationale.
- La tendance, signalée plus haut, du goût pour les carreaux et les rayures, a favorisé le développement, ralenti en 1839, des tissus de coton de couleurs, dont la fabrication occupe beaucoup d’ouvriers; plus de 1,500 métiers à bras fonctionnent à Sainte-Marie-aux-Mines et dans toute
- l’Alsace, et produisent des cotonnades des quali-
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- tés les plus Unes. Bien de plus séduisant que les
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- tissus légers pour robes et cravates exposés par quelques maisons de ces contrées; elles ont aussi, depuis la dernière exposition, considérablement augmenté leurs moyens de fabrication par les plus heureux mélanges de la: soie et de la laine avec le coton.
- Rouen est toujours le grand centre de production de la cotonnade dite rouennerie. On compte, dans cette ville et dans le pays de Caux, plus de 500 fabricants qui occupent près de 120,000 métiers à bras , tant dans le département de la Seine-Inférieure que dans les départements de là Somme et de l’Eure. La prospérité de cette intéressante fabrication dépend de la diversité de ses genres , qui s’adressent surtout à la grande consomma-* tion, satisfont aux goûts stationnaires des habitants des campagnes, et des villes auxquelles ils offrent à bon marché des imitations des articles que la mode consacre lorsqu’ils paraissent dans des étoffes d’un prix plus élevé.
- La fabrication des cotonnades, dont les principaux foyers de production sont la Normandie, l’Alsace et Roanne, réunit de nombreux éléments de prospérité générale; elle est exploitée par de nombreux patentés qui apportent aux revenus de l’État un contingent très-important ; elle occupe un très-grand nombre d’ouvriers, parce que tout y est produit par la force humaine. La Nor-
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- mandie seule fournit à cette industrie plus de 200,000 tisseurs, ourdisseurs., trameuses, etc;, sans compter les nombreux établissements de filature et de teinture qui sont exclusivement créés pour l’alimenter.
- Le jury regrette de ne pas voir figurer à Imposition les. produits de la fabrique de Troyes, dont les futaines et autres doublures occupent une si large place dans la consommation du pays et méritent à tous égards la faveur dont elles jouissent.
- Parmi les. fabriques de tissus de coton serrés, il en est une qui,, depuis quelques années,, a pris un grand développement ; c’est celle de Fiers., pour la literie : ses coutils, destinés à cet usage, se livrent à des prix vraiment étonnants par leur modicité. Aussi son marché a-t-il pris une grande extension, et le jury n’aurait pu qu’accueillir avec intérêt des représentants de cette fabrique, si quelques-uns avaient répondu à l’appel que le Gouvernement a fait à toutes les industries.
- Tarare, est toujours la fabrique par excellence pour les mousselines unies, claires- et mi-doubles , et pour les organdis. Elle doit sa supériorité, non-seulement à. l’habileté, de ses tisserands, mais encore à la perfection des apprêts. Le mérite de, leur réussite peut être en partie revendiqué par un industriel très-distingué qui est venu fon-
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- der dans ses murs un grand établissement, où il1 met en pratique les procédés anglais et écossais..
- La fabrique de Tarare ne nous laisse plus rien à envier aux étrangers ; elle réussit parfaitement : elle a enlevé à la Suisse ses mousselines claires ou serrées ; à l’Angleterre ses beaux organdis, et ne s’est laissé ravir par aucun ces mousselines si fines, si transparentes, connues sous le nom de tarlatane ; les Anglais eux-mêmes leur rendent justice, et ils nous achètent souvent ces tissus, après nous avoir fourni les fils extra-fins dont ils sont composés. L’Allemagne et l’Amérique les accueillent également avec faveur. Ce n’est pas seulement dans ces produits d’une beauté exceptionnelle qu’excelle cette fabrique : toutes les qualités de mousseline*, depuis 0,15 c. le mètre jusqu’à 10’et 12 fr., occupent ses nombreux ateliers; elle livre surtout au commerce une grande quantité de mousselines serrées dites jaconas, dans les bas prix, pour l’usage des doublures..
- Elle a su donner à ses organdis un attrait nouveau, en les ornant de rayures , de carreaux, de bouquets, soit blancs, soit en laine et soie de couleurs, qu’elle façonne souvent à l’aide de la machine Jacquart.
- Le jury de 1839 avait déjà signalé la nouvelle conquête de Tarare sur la. Suisse, en félicitant
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- cette ville d’avoir naturalisé et développé en France, sur une grande échelle, la fabrication des mousselines brodées pour meuble. Nous sommes heureux de constater les développements constants de cette industrie, qui occupe un grand nombre de femmes dans les campagnes environnantes. Le goût français, en variant les dessins de la broderie , en substituant aux semis de fleurs détachées des dessins plus riches, a produit des compositions qui couvrent toute la superficie d’un rideau.
- L’industrie de Saint-Quentin, qui déjà en 1839 exploitait exclusivement la fabrication des mousselines brochées tissées à la Jacquart, est toujours sans rivale ; elle a pris de nouveaux développements , perfectionné ses produits et les offre dans toutes les qualités à meilleur marché. Elle continue aussi le tissage, à la marche et à la Jacquart, des percales et jaconas façonnés, qui sont aussi remarquables par la finesse de la toile que par la perfection du dessin. Ces diverses fabrications pour ameublements et vêtements n’ont rien à envier à l’industrie étrangère, qu’elles ont complètement remplacée en France.
- Si le tissage des calicots et percales unies a été presque enlevé à Saint-Quentin par l’Alsace et la Normandie, centres de la fabrication des toiles peintes où s’emploient ces sortes de produits, ce
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- pays industrieux n’a pas laissé ses moyens de production longtemps inactifs; il a promptement réorganisé le travail, en joignant à l’important tissage des j a conas pour doublure, qu’il a toujours fabriqués, celui des mousselines-laine et des chaînes coton, qui sont très-recherchées par l’impression parisienne.
- Nous terminerons cet exposé sur les tissus de coton en général en faisant mention de leur position relativement au commerce extérieur. Jusqu’en mai 1843, les exportations ont généralement diminué d’importance , par suite des dissensions de l’Espagne, de la crise des États-Unis , des grands sinistres et de la position déplorable de nos colonies ; mais depuis cette époque la situation s’améliore, des demandes plus importantes ont eu lieu, et notre colonie d’Alger y est comprise pour une notable part, et surtout en calicots écrus. Le jury espère que la fabrique des tissus de coton, encouragée par cette reprise d’affaires, fera de nouveaux efforts pour établir des relations durables également profitables à cette fabrication et au pays.
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- PREMIÈRE DIVISION.
- TISSUS SERRÉS UNIS,. ÉCRUS ET BLANCS.
- MM. GROS, OBIER, ROMAN et Cie, à Wèsser-ling (Haut-Rhin).
- L’établissement de tissage fondé en i8o3 à Wes-serling , par la respectable maison Gros, Odier, Roman et Cie, a pour moteur une chute d’eau et une pompe à feu, ensemble de la force d’au moins 60 chevaux ; il contient i,o33 métiers mécaniques, 900 à bras, Zi machines à parer; 2,143 ouvriers y sont occupés avec cette organisation on convertit annuellement en tissus très-variés 4I0>000 kilog. coton filé et 7,500 kilog. laine filée, provenant de leur filature.
- En 1809 cette maison avait seulement 670 métiers mécaniques, aujourd’hui ce nombre est presr que. doublé ; il a été augmenté; dans la. proportion a peu près égale à la suppression des métiers à bras qui était de 1400.
- Cette augmentation considérable de métiers mécaniques a été favorable à la production et à la perfection des produits; elle a permis à MM. Gros, Odier, Roman et Cie d’élever considérablement le chiffre des marchandises qu’ila fabriquent pour, la vente en blanc qui, de 34,000 pièces en 1839, s’élève h 5o,ooo pièces.
- Sur une fabrication totale de 84,000 pièces, en y comprenant les calicots d’impression, cette maison livre au commerce plus de 60 articles de blanc depuis les madapolams, 70 portées jusqu’aux per-
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- cales i4o portées, scretonne , croisé, brillantes, jaconas, organdi, etc., et 2,000 pièces mousseline laine ; tous ces articles, fabriqués sous la direction de M. Jacques Gros qui est à la tête des fdatures et des tissages de Wesserling, sont d’une supériorité remarquable et occupent le premier rang dans la consommation.
- L’impression étant la principale brandie de la maison Gros, Odier, Roman et Cle, ils trouveront à l’article qui les concerne, au chapitre des impressions, la récompense que leur mérite l’ensemble de leurs produits.
- MM. DOLLFUS, MIEG et Ci0, à Mulhouse (Haut-Rhin) ,
- Exposent 10.pièces tissus de coton, de laine, de' laine et coton, balsorine laine et soie, gaze ouvragée à la Jacquart, fabrication distinguée destinée à devenir dans leurs ateliers d’impressions de charmantes nouveautés fort recherchées par les consommateurs français et étrangers.
- Leur établissement de tissage est mu par une machine à vapeur de la force de 24 chevaux, il contient 3oo métiers mécaniques et occupe 335 ouvriers.
- La production annuelle des tissages de MM. Doll-fus, Mieg etCc, est de 3o,ooo pièces dont la fabrication est très-soignée et remarquablement belle.
- Comme MM. Gros, Odier, Roman et Çi0 et MM; Hartmann et fils, MM. Dollfus, Mieg et Gie trouveront à l’article des impressions, leur principale branche, la désignation de la récompense qui leur est accordée pour l’ensemble de leurs produits.
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- MM. FÉRAY et Cie, à Essonne (Seine-et-Oise).
- MM. Féray et Gie exposent 12 pièces calicots madapolams, percale, jusqu’à izjo portées d’une fabrication remarquable en ce qu’elle réunit à une extrême finesse la force qui constitue une bonne et solide qualité ; ces pièces sont le type de la plus grande perfection dans leur genre, et occupent le premier rang dans la consommation comme tous les articles de la fabrication de cette maison recommandable, qui trouvera aux chapitres de filature de coton et de fil de lin l’indication de la récompense qui lui est attribuée.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Pierre FERGUSON, à Ronchamp (Ilaüte-Saône).
- M. P. Ferguson, associé et le premier en nom de la maison Ferguson, Bornèque et C‘e de Bavil-lers, qui a obtenu en 1839 une médaille chargent, a formé depuis à Ronchamp un établissement de tissage mécanique dont il expose les produits, des calicots, des madapolams, des façonnés et des brillantes d’une belle fabrication qui constatent cl’une manière évidente le mérite de ce fabricant.
- Le jury lui vote le rappel de la médaille d’argent décernée en 1889 à la maison Ferguson et Bornèque.
- M. DUFORESTEL-LEFEBYRE, à Rouen (Seine-Inférieure) ,
- Expose 3 pièces calicot, types de sa fabrication
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- ordinaire, qui est de plus en plus recherchée par la fabrique d’indienne de Rouen.
- Son établissement, mu par une force de 15 chevaux , compte 3oo métiers mécaniques ; il produit par année 2,000,000 de mètres de calicot.
- M. Duforestel-Lefebvre est un des plus anciens fabricants de cotonnade du département delà Seine-Inférieure; il a , un des premiers, fondé un établissement de tissage mécanique pour la fabrication des calicots, qui lui a valu la médaille d’argent en 1839; depuis il n’a pas seulement suivi les progrès de son genre d’industrie, mais il s’j fait remarquer en première ligne par la perfection et les qualités constantes de ses produits.
- Il donne l’exemple d’un ordre remarquable dans ses ateliers et des soins les plus attentifs pour la moralité et la santé de ses ouvriers. Il tire ses cotons filés des meilleurs établissements de la Seine-Inférieure.
- Le jury lui confirme la médaille d’argent qu’il a reçue en 1839.
- M. YÀUSSARD fils, à Bondeville ( Seine-Inférieure) ,
- Expose deux pièces de calicot pour l’impression. L’établissement de M. Yaussard fils, fondé à Bondeville en 1889, est l’un des plus importants et des premiers qui, sur une grande échelle, ont donné l’impulsion de ce genre de fabrication dans le département de la Seine-Inférieure; il file tous les cotons qu’il emploie dans ses tissages mécaniques qui comptent 400 métiers ; ses produits sont
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- bons pour l’impression et s’écoulent sur la place de Rouen.
- Le jury le reconnaissant toujours digne de la médaille d’argent qu’il a obtenue en 1839, lui en vote le rappel.
- ^ % MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Xavier JOURDAIN, à Altkirch (Haut-Rhin).
- Cet établissement, fondé en 1828 à Altkirch par M. Xavier Jourdain , possède un moteur hydraulique de la force de 3o chevaux, 45° métiers à tisser mécaniquement; occupe 333 ouvriers,'et produit annuellement 43,000 pièces.
- M. Xavier Jourdain expose 5 pièces calicot lisse, 3 pièces calicot croisé, 1 pièce mousseline coton et 1 laine et coton.
- Cette maison fabrique principalement des qualités ordinaires et à bas prix ; elles sont remarquables par leur régularité et se vendent facilement.
- Cet intelligent manufacturier a apporté d’ingénieux perfectionnements aux métiers mécaniques, il a adapté à son moteur un système de régulateur qui contribue à la perfection de ses tissus.
- Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. Théodore LEGRAND, à Rouen ( Seine-Inférieure ).
- M. Th. Legrand produit chaque semaine près de 10,000 kilogrammes de coton filé, dans les numéros 28, à 34,000 mètres, qu’il convertit dans ses ateliers de tissage, teinture et apprêts, en tissus
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- très-variés, en calicots lisses et croisés de toutes laizes ; ces ateliers contiennent 4^o métiers mécaniques.
- Il y a quelques années, il teignait en bleu et apprêtait presque toute cette fabrication , qu'il vendait pour la côte de Guinée et le Sénégal 5 mais depuis, ces débouchés nous ayant été enlevés par la concurrence anglaise, M. Legrand s’est livré à la fabrication des calicots pour l’impression ; ses produits se vendent bien sur la place de Rouen. Depuis quelques mois il a entrepris de fortes commandes pour l’Algérie. M. Legrand a, dans tous les temps, cherché et souvent réussi à exporter une notable partie de sa fabrication.
- On remarque, dans son exposition, des calicots teints, pour doublure , du prix de 25 c. le mètre.
- M. Legrand expose pour la première fois. Le jury, considérant l’importance de son établissement, n’hésite pas , à lui décerner une médaille d’argent.
- MM. PELLOUIN et BOBÉ, à Rouen (Seine-Inférieure),
- Exposent des toiles de coton pour ménage, d’une excellente qualité, qu’ils ont les premiers établies mécaniquement, et dont le grain imite parfaitement celui des toiles de lin et de chanvre, qu’elles remplacent avec avantage, par leur bas prix, pour l’usage des classes pauvres.
- Les laizes de cet article varient de ^5 à 120 centimètres , et les prix de 52 c. à 1 fr. Il est très-recherché et s’écoule facilement.
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- Ils exposent aussi des calicots pour l’Algérie.
- L’établissement de MM. Pellouin et Bobé, mû par une force de 55 chevaux, occupe 700 ouvriers dans ses filatures et son tissage mécanique.
- Le jury décerne une médaille d’argent à MM. Pellouin et Bobé.
- MM. POUYER-QUERTIER et PALIER, h Fleu-ry-sur-Andelle (Eure).
- MM. Pouyer-Quertier et Palier exploitent à Fleury-sur-Andelle une filature de coton et un lissage mécanique de 25o métiers, le tout mû par une force de 40 chevaux.
- Les produits de leur filature ont paru à la commission des fils de coton, très-bien filés; ils sont tous convertis en calicots dans leurs ateliers.
- Ils exposent deux pièces calicot, type de leur fabrication, qui sont convenables pour l’impression , et qui sont classées en première ligne sur la place de Rouen.
- Le jury a aussi remarqué une pièce de calicot pour l’Algérie, dont la qualité est supérieure, û prix égal, à tout ce qui lui a été présenté pour cette contrée ; il décerne une médaille d’argent à MM. Pouyer-Quertier et Palier.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. ROUSÉE, à Darnétal (Seine-Inférieure).
- Les ateliers-de ce fabricant contiennent 120 .métiers mécaniques. M. Rousée expose trois pièces calicot dont la qualité est excellente, et qui
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- rivalisent avec ce qu’il y a de meilleur sur la place de Rouen.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MM. DEBU père et fils, à Rouen ( Seine-Inférieure),
- Exposent deux pièces de calicot, une écrue et une blanche, qui sont le type de leur fabrication ; des premiers, à Rouen , ils ont donné l’exemple d’une grande perfection; ils se soutiennent au premier rang, et leurs produits sont très-recherchés.
- Leur établissement contient seulement 120 métiers mécaniques ; le jury leur décerne une médaille de bronze.
- MM. Fernand DELOYS, PELLETIER et Cie, à Rouen ( Seine-Inférieure ),
- Exposent des calicots pour l’impression et l’Algérie, et des toiles fortes pour ménage. Ces diverses qualités conviennent à leurs destinations ; elles sont fabriquées avec des cotons de leur filature.
- Leur établissement contient seulement i3o métiers mécaniques.
- Le jury leur décerne une médaille de bronze.
- MM. Antoine COLLIN et Cie, à Saulx (Vosges ),
- Exposent deux pièces calicot écru d’une bonne fabrication, dont les prix et la qualité sont convenables pour l’impression.
- Cet établissement, créé en 1835, contient 400’
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- métiers à tisser mécaniquement, et occupe 35o ouvriers.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. PROVENSAL, à Moussey (Vosges),
- Expose des calicots blancs et écrus, des mada-polams de très-bonne qualité et des échantillons de brillantés, types d’une belle fabrication dans ce genre.
- Cet établissement, fondé en i836, contient 2o5 métiers mécaniques.
- Le jury décerne à M. Provensal une médaille de bronze.
- A
- MM. Jean-Baptiste LOMBRÉ et fils aîné, àNay
- ( Basses-Pyrénées ),
- Exposent huit pièces tissus de coton, calicot, percale, croisé, satin rayé, une pièce toile fil et des serviettes de table ouvrées en coton.
- Ces tissus, très-variés, sont de bonne qualité, et s’écoulent dans le midi de la France et en Espagne.
- Cet établissement, fondé en .1839, contient 170 métiers mécaniques marchant à l’aide d’un moteur hydraulique, et produit annuellement 760,000 mètres de tissus.
- Appréciant les obstacles que MM. Lombré et fils aîné ont dû rencontrer pour introduire une industrie ae cette importance dans un pays privé de moyens de fabrication, le jury leur décerne une médaille de bronze.
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- M. LEBLOND-DANSETTE, àArmentières (Nord),
- A fondé en 1816 un établissement de tissage de calicots qui contient 110 métiers mécaniques, qu’il entretient avec des cotons provenant de sa filature.
- Il expose des calicots éerus qui se vendent pour l’impression sur la place de Lille, des cretonnes et des calicots blancs tissus et croisés, des tissus dits langotes, teints en bleu et en gris, dont la qualité est bonne et avantageuse pour la consommation.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. LECOMTE, à Rupt (Yosges),
- Expose une pièce calicot écru lisse et une pièce croisée ; elles sont bien fabriquées.
- La production de cette maison est de 6,000 pièces, dont seulement une partie est. tissée mécaniquement.
- Le jury lui décerne une mention honorable. '
- M. LECOMTE , à Ourscamp (Oise).
- Cet établissement a. été fondé, en i832, par une société en commandite par actions. .
- Cette maison se présente pour la première fois à l’exposition avec 8 pièces calicots lisses et croisés de plusieurs laizes ; leurs qualités , sont très-convenables et recherchées pour la vente en blanc.
- Le jury accorde à M. Lecomte une mention honorable.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- M. CHENYIÈRE aîné, à Melun (Seine-et-Marne).
- Expose 4 pièces calicot de très-bonne qualité, types de 24,600 mètres qu’il fait tisser annuellement dans la maison centrale de Melun.
- Le jury le cite favorablement.
- DEUXIÈME DIVISION.
- TISSUS EN COTON DE COULEUR.
- FABRICATION DE L’ALSACE.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. Xavier KAYSER et Cie, à Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin).
- Cette maison occupe dans ses ateliers de tissage et de teinture, et au dehors, plus de 5oo ouvriers *, elle produit plus de 400,000 mètres de tissus de coton, laine et coton, soie et coton, soie et laine ; elle expose 58 échantillons de ces diverses fabrications. Environ moitié de sa production est destinée à la consommation intérieure ; on y remarque des cravates soie et coton, des balsorines, des écharpes frangées d’un très-bon goût, et dont l’effet est séduisant; l’autre moitié, d’articles spéciaux pour les colonies d’Amérique, èt particulièrement pour les Philippines; ils luttent avec avantage pour la qualité et quelquefois pour le prix avec les produits similaires anglais.
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- MM. Xavier Kayser et compagnie ont obtenu la médaille d’argent en 1827, deux rappels en i834 et i83g ; le jury leur décerne de nouveau cette distinction.
- Madame veuve LAURENT-WEBER et Cie, à Mulhouse (Haut-Rhin).
- Cette fabrique, fondée à Mulhouse en 1816, est une des plus considérables de l’Alsace pour la production des tissus de couleur en coton, laine, fil de lin et soie, et mélanges de ces diverses matières; le jury départemental porte sa production à 3o,ooo pièces, soit 85o,ooo mètres par an, et à goo ouvriers le nombre qu’elle occupe dans ses ateliers cle tissage de teinture et d’apprêts, et 600 au dehors.
- Rien de plus varié que cette fabrication ; ces habiles industriels s’attachent surtout à suivre le goût ; ils le devancent même en étant quelquefois les inventeurs de gracieuses nouveautés.
- O
- Ils exposent 32 coupes très-variées, parmi lesquelles on remarque des étoffes dites fils d’Êcosse pour robes et pour cravates, dont le tissu est d’une grande finesse, d’un charmant apprêt; quelques coupes pure laine et croisé laine méritent également d’être citées.
- Le jury leur rappelle la médaille d’argent qu’ils ont obtenue en i83g.
- MM. BLECH frères, à Sainte-Marie-aux-Mines
- (Haut-Rhin).
- Cette maison, une des premières qui’ait entre-
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- pris sur une grande échelle la fabrication des tissus de couleur, à Sainte-Marie-aux-Mines, expose 66 coupes représentant les types très-variés de sa fabrication, qui est très-belle et très-soignée. Cette maison livre au commerce intérieur des nouveautés pleines de goût, dont les couleurs, très-vives, sont parfaitement calculées, et d’un heureux effet.
- On remarque , dans leur exposition , de fort jolies cravates satinées, et des écharpes en soie gros grain.
- MM. Blech frères exportent une notable partie de leurs produits, qui trouvent à l’étranger un facile écoulement; le chiffre de leurs exportations est important.
- Ils occupent dans leurs ateliers 3oo ouvriers et 3oo au dehors , et produisent 23,ooo pièces.
- Le jury leur rappelle la médaille d’argent qu’ils ont obtenue en i834*
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. A. MOHLER et Cie, à Obernai (Bas-Rhin).
- M. A. Mohler faisait valoir, en 1839, sous la raison Mohler frères, une fabrique de cotonnades et de nouveautés à Sainte-Marie-aux-Mines, cette maison obtint alors une médaille de bronze.
- A cette époque l’industrie des cotonnades étant souffrante et les ouvriers qu’elle emploie très-malheureux, M. A. Mohler s’est décidé à fonder, à Obernai, un établissement qui lui permît de
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- sortir de cette rivalité industrielle. Cet établisse-, ment, élevé et conduit avec une grande intelligence, est bientôt devenu très-important, et produisit, en i8437 des articles nombreux en tapis de laine, en couvertures de lit, en châles tartans, ma-, dras, et plus de 4000 pièces de cotonnades variées; cette fabrication, généralement en coton, emploie aussi la laine et la soie ; elle est fort bien traitée, et favorise la consommation par des prix convenables pour les positions les plus modestes, et pour l’exportation.
- Le moteur de cet établissement est une chute d’eau ; les moyens de productiqn, 60 métiers à la Jacquart et 35o ordipàires, presque tous dans les. ateliers. Le jury départemental constate que cette maison occupe déjà 529 ouvriers, tisserands, teinturiers , dévideurs, et termine en signalant à la reconnaissance publique M. A. Mohler, à cause de la sollicitude qu’il montre pour le bien-être de ses ou-t vriers, qu’il a mis à l’abri du besoin en créant une caisse de secours au profit des infirmes et des malades.
- Le jury décerne une médaille d’argent à M. A. Mohler.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Napoléon KGENIG, à Sàinte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin),
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- Expose 100 coupons variés en tissus: de coton, pour robes, mouchoirs et cravates, qui sont des types dè sa fabrication, dont la| production est
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- d’une importance secondaire à Sainte-Marie-aux-Mines, mais dont le succès présage de prompts développements. Les articles de M. Napoléon Kcenig sont d’un bon courant, fort bien traités et d’un prix modéré ; ils sont très-recherchés pour le commerce intérieur.
- Cette maison expose pour la première fois. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. Médard SCHLUMBERGER, à Mulhouse (Haut-Rhin) ,
- Expose 4 pièces étoffes à la Jacquart, pour ameublement, dont 2 pièces laine et soie , 7 pièces tout coton, 2 pièces damassé blanc et 2 pièces mousseline brochée blanche pour tenture ; ces dernières pièces sont une nouvelle production pour l’Alsace. En général, la fabrication de M. Médard Schlum-berger est bonne et d’un prix modéré ; il montre beaucoup d’intelligence dans l’emploi du métier à la Jacquart.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. J.-D. URNER jeune, à Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin). .
- Les coupes exposées par M. Urner jeune ont un cachet de nouveauté et de distinction ; on remarque surtout des cravates mousseline organdi fine et d’autres satinées soie qui sont d’un fort bon goût. M. Urner se présente pour la première fois au
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- concours; le jury lui décerne une mention honorable.
- TROISIÈME DIVISION.
- FABRICATION DE ROUEN.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. CAI GNARD, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Les articles de rouenneries exposés par M. Cai-gnard sont d’une bonne fabrication, et sont très-recherchés par les consommateurs. On remarque des toiles à carreau du prix de 80 c. les 120 centimètres, qui valaient 96 c. en 1839; M. Caignard 11'a point obtenu cette diminution de prix aux dépens de la qualité; il comprend les véritables besoins dé la consommation et la sert consciencieusement.
- Ce manufacturier distingué est, pour la fabrique de Rouen, souvent un conseil éclairé, ét toujours un bon exemple.
- Le jury lui rappelle la médaille d’argent qu’il a obtenue en 1839.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. TRICOT jeune, à.Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Tricot se livre avec beaucoup de goût à la fabrication des articlès qui conviennent à l’exportation, et particulièrement au commerce de troque pour la côte d’Afrique; il y réussit d’une manière remar-
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- quable; aussi est-il regardé par les exportateurs comme un des hommes qui, en France, comprennent le mieux les besoins de leur commerce, et qui ne reculent devant aucun effort pour y satisfaire.
- Ses pagnes, ses hamacs si variés ne séduisent pas seulement les populations sauvages auxquelles ils sont destinés, ils ont élé admirés à l’exposition par les personnes de goût, comme des productions exceptionnelles , et présentant un véritable cachet artistique; nos dames regardaient presque avec un ceil d’ envie les écharpes aux vives couleurs qui doivent parer les noires africaines.
- On remarque souvent dans la fabrication de M. Tricot des articles dont la création spontanée révèle chez ce modeste fabricant l’intelligence des besoins du commerce.
- M. Tricot expose pour la première fois ; le jury, pour récompenser ses efforts et ses succès, lui décerne une médaille d’argent.
- M. CHATAIN fils, à Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Chatain fils occupe dans les départements de la Seine-Inférieure et de la Somme près de 600 ouvriers.
- Il expose des cotonnades et des tissus laine et coton; ses produits sont remarquables par leur bon goût et leur perfection, et sont fort recherchés par les acheteurs.
- Les succès dus à l’intelligence de ce jeune fabricant , et l’importance de sa fabrication , ont déterminé le jury à lui décerner une médaille d’argent.
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- MM. RAFFIN père et fils, à Roanne (Loire).
- La fabrique de MM. Rafïin père et fils, fondée à Roanne en i83o, a pris bientôt un rapide essor et a grandement contribué à la réputation dont jouit, dans le commerce, la fabrique de cotonnade de cette ville. Pour donner des soins plus assidus à leur fabrication, ces habiles industriels ont réuni i5o métiers dans des ateliers de tissage; ils en entretiennent 180 dans les environs de la ville ; ils teignent tous les cotons qu’ils emploient.
- MM. Rafïin père et fils, ont exposé 15 coupes de tissus de coton de 120 centimètres de largeur, du prix de 1 fr. 16 c., qui sont des types de bonne fabrication dans leur genre ; leurs dessins pour robes sont heureux ; on remarque la qualité de 2 pièces carreau bleu qui s’emploient dans tous les ports de la Méditerranée pour faire des chemises à nos marins ; il est impossible de mieux servir la consommation que ne le fait la maison Rafïin père et fils.
- Le jury leur accorde une médaille d’argent.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. YISQUESNEL, à Rouen (Seine-Inférieure),
- Expose i3 coupes mouchoirs en coton, en diverses largeurs, dont la fabrication est très-soignée et les prix avantageux. On remarque, dans l’exposition de M. Yisquesnel, des mouchoirs rouge et blanc, et des rouges fantaisie, dont les nuances sont parfaites, ainsi que des deuils lilas. Les prix
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- de ces articles sont très-favorables pour les consommateurs.
- Le jury, appréciant l’ensemble des produits de M. Yisquesnel, s’empresse de lui voter le rappel de la médaille de bronze qu’il a reçue en i83g.
- M. LEMONNIER jeune, d’Yvetot (Seine-Inférieure ).
- On remarque dans les produits exposés par M. Lemonnier jeune, des toiles dites Rouenneries, de 120 centimètres de largeur, au prix de 65 c., des mouchoirs k 70 c. la douzaine, qui étaient cotés à l’exposition de 1839, à 85 c. ; les couleurs de ces mouchoirs sont bon teint.
- Le jury, reconnaissant que M. Lemonnier jeune est toujours digne de la médaille de bronze qui lui a été accordée en 183g, s’empresse de la lui rappeler.
- M. MONTIER-HUET, à Bolbec (Seine-Inférieure),
- Expose 12 paquets mouchoirs, du prix de 4 à 9 fr. la douzaine; ils sont les échantillons d’une fabrication bien classée dans le commerce de rouen-nerie, et dont la qualité et le prix sont avantageux pour les consommateurs.
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze qu’il a obtenue en i83g.
- M. YAUTIER, à Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Yautier occupe 100 ouvriers dans ses ateliers, à fabriquer des tissus de coton pour parapluies ; ces tissus sont d’une très-bonne qualité et d’un teint
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- parfait ; ils sont, par leur bas prix , à la portée d’un grand nombre de consommateurs qui ne peuvent atteindre aux parapluies de soie.
- Le jury rappelle la médaille de bronze qui a été accordée en i83g à M. Vautier.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Ch. BLUET, à Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Ch. Bluet succède, depuis peu de temps, à son père, qui était un des bons fabricants de Rouen. Il expose i5 coupons de cotonnades, remarquables par leur beau travail et leur bonne qualité. L’agencement des couleurs décèle chez ce jeune fabricant un goût distingué qui devra, plus tard, lui attirer des récompenses d’un rang plus élevé, lorsqu’il aura donné plus d’extension à sa fabrication ; dès à présent le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. QUESNEL-MASSIF, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Les marchandises exposées par M. Quesnel-Massif se recommandent par leur bonne fabrication et la modicité de leur prix. Le jury a remarqué des carreaux rouges grand teint, de 120 centimètres de largeur, à 85 c., qui conviennent pour la côte d’Afrique, ainsi que des toiles à chemises, pour les Antilles, qui ont 90 centimètres de largeur et ne coûtent que 55 c. ; ses étoffes fantaisies à 70 c. ne sont pas moins avantageuses.
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- Le jury, reconnaissant combien cette fabrication est intéressante pour les consommateurs nombreux auxquels elle s’adresse, décerne une médaille de bronze à ce jeune fabricant.
- Madame veuve GLATIGNY, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Madame veuve Glatigny établit, avec 4° métiers à la Jacquart, des étoffes pour meubles en laine, et d’autres en laine et coton, toutes de bon goût et à des prix modérés; et avec 100 métiers au dehors, des rouenneries qui représentent le type de l’ancienne et belle fabrication rouen-naise.
- Les pièces exposées par madame Glatigny sont d’une bonne fabrication; leur prix, quoique plus élevé que tout ce qui se fait dans ce genre, ne l’est pas relativement à la qualité.
- Le jury décerne une médaille de bronze à madame Glatigny.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. GOUET, à Rouen (Seine-Inférieure),
- Expose 8 coupons damiers pour ameublement, qui sont parfaitement fabriqués; ces articles se vendent facilement.
- Cette fabrique est plus remarquable par la perfection des produits que par l’importance de la production.
- Le jury lui vote une mention honorable.
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- MM. DECHELETTE frères et LAPOIRE , de
- Roanne (Loire).
- :Dans une proportion beaucoup moins importante que MM. Raffin père et fils, de là même ville, MM. Dechelette frères et Lapoire fabriquent des cotonnades à peu près dans les mêmes prix et dont les qualités sont satisfaisantes. Le jury â remarqué une pièce croisée à i fr. 3o c. qui lui a paru d’une bonne fabrication: il décerne une mention honora-
- , 1 \ ... ’ j
- ble à MM. Dechelette frères et Lapoire. -
- M. MOREL, à SaintTPierre-Église' (Manche),
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- A exposé 13 échantillons de cotonnade quadrillée violet et paliaca et mouchoirs de poche ; le tout d’une qualité compapne, mais très-bonne et de couleur solide ; ce.tte marchandise convient pour la consommation locale, où elle s’écoule fàcilèment.
- , ILe jury lui décerne une mention honorable. -
- QUATRIÈME DIVISION.'
- TISSUS DIVERS.
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- MÉDAILLE D’ARGENT. ’
- r * J ' t^ J? * ? f ^ ^ | ^ \ .j * *
- M. RÜREAU jeune, à Nantes (Loire-ïnférieure),
- ..rf*,'<» 'K.'îu 'dj ‘dur’
- A créé .en it825, à Nantes*, un établissement qui a bientôt pris une assez grande, importance,, sous la, direction de cet intelligent et laborieux .fabricant.
- Il expose des pièces,dijtesjfin^ettes et; dres futaines de retors, en blanc, écrues, et quelques pièces ternie 28
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- tes; ces types lie la fabrication-de M.;Bureau’jeune, sont d’une qualité parfaite et bien entendue dans l’intérêt du consommateur. Il file les cotons ^employés dans son établissement et teint ses étoffes. Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- rappel' de médaille de bronze. !
- ! s. •/ ! i ' Vis .
- M. FEÜGÉ-FESSARD, à Troyes (Aube),.
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- Expose '2 couvertures de coton avec fourrure et doublure à fleurs et à carreau , dont la fabrication est très-soiemée.
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- Ve jury lui rappelle la médaille de bronze qu’il a obtenue en i83q. • -
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- > 1 ' MÉDAILLES'DE BRONZE.
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- M. L. CHAPERON, a Nantes (Loire-Inférieure),
- Expose 8 pièces futaines écrues, blanches.et teintes qui sont d’une fabrication très-soignée, et dont quelques pièces superfines, signalées par le jury départemental, sont réellement remarquables.
- Il file une partie de ses cotons et teint ses étoffes. « ; * : : r:
- Le jury lui décerne une médaille dejbronze.
- M. A. P. BERTIN, à Nantes (Loire-Inférieure),
- ji-rydo.i ; «••••.:» -7 é t onuoi ïi fïi
- 'Expose 3 coupons de toile de coton pour ménage
- et 2 coupons futaine ; le tout-fabriqué avec de bas numéros filés1 par M. •* Ber tin i et d’un prix avantageux pour lés consommateurs. ; 5! 1 :î ^ ^ uî>
- Le jury lui-accorde une médaille de bronzé..
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- - MENTIONS1 HONORABLES’.'1' '* ’ " A\ ; '•
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- M„ HENRY aîné, à Paris, rue Poissonnière, 43.
- M. Henry aîné a obtenu en 1827 une médaillé d’argent qui lui a étérappelée en 1834 et 1839 pour sa fabrication fort remarquable d’étoffes de laine et soie pour ameublement; depuis, cédant ses affaires à somfils; cet homme capable et industrieux, par vocation, a voulu consacrer ses loisirs à l’industrie en fabriquant des couvre-pieds en coton, dont il expose quelques-uns, ainsi que des échar— pesen fil: ces objets sônt'bien faits et heureux dans dans leur genre. . i . . ;
- -On ne peut trop louer le génie inventif de M. Henry aîné qui, dans toute sa carrière, a' contribué au développement de l’industrie:
- Le jury s’empresse de lui décerner une mention très-honorable, ro ; ü : -
- Mit
- M. VIMOR-MAUX, à Perpignan (Pyrénées-Orien-tal
- . * ?.. f
- Expose une couverture en fil et' coton et des rubans de coton pour esparclilleV^une partie’ de çës rubans s’exporte en Espagne et l’autre Se vend dans les1 montagnes du Roussillon !poiir‘ la: ligature des espardilles - én> usagé dans’ce pays ,*• qui lés1 tirait d’Espagne avant la création de rétablissement de M, Yirnor-Maux. ,7... .* _rr.Tr| -r
- X^jury lui décerne une mention honorable*
- •' J no;r«tr.O(M)
- M. tCüyRU-BXII,TEAU. , à Roubaix .(Nord) ^ ,;j
- ' ‘ ‘ 4 'J ^ ^ . i
- ‘ -Exposé 1*5 foèu|>es tissus de coton pour pantalons
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- â i fr. 5o le mètre ; ces articles sont -d?un prix très-modéré et sont très-recherchés.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Cu-vru-Bulteau. . 7
- M. CLIQUET (Florimond), à Roubaix (Nord),
- Expose 8 coupes étoffes de coton tissé blanc pour pantalons; elles se recommandent par leur bonne fabrication. . ; . ; ; > <
- Le jury lui décerne une mention.honorable.
- M. DEFRENNES-DUPLOU Y, à‘ Lannoy ('Nord) ,
- Expose une courte-pointe, un couvre-berceau et trois jupons, dont le prix est avantageux aux consommateurs. , • I
- Cet établissement, fondé en i843;, est encore peu important.
- Le jury décerne une mention, honorable à M. Defrennes-Duplouy.
- ’ * V J
- M. GITTARD-SAINNEYILLE, à Amiens (Somme),
- Expose 6 coupons,velours de ,coton qui ont 180 centimètres de largeur. ; ; ;
- . , Le jury, considérant la difficulté résultant de la largeur de ces.tissus, leurtbonne fabrication, etleur prix, accorde,à M. Gittard-Sainneville une mention honorable. M , / ; . ;
- MM. ADÉODAT, LEFEBVRE et CiV, à Amiens (Somme).
- * f r \ 'T * , ç ‘
- L’assortiment de velours de coton' présenté à l’exposition par, MM. Adéodat, Lefebvre et Cje est
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- très*varié ; il est le type d’une fabrication utile à consommation.
- Ces fabricants occupent 45. ouvriers.
- Le jury leur décerne une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES. .
- M. J. B. DEBUIGNY, à Amiens (Somme),
- Expose 8 coupes velours, coupés par un procédé qui lui est propre.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- MM. ROBERT-WERLY et Cie, à Bar-le-Duc (Meuse),
- Exposent 3 coupons de tissus à rondes bosses ? propres à la confection des corsets.
- Le jury leur accorde une citation favorable.
- MM. Auguste FOLLIOT et KNIGHT, à Roubaix (Nord).
- 4 voilettes en tissus de coton.
- Ces voilettes ont paru au jury des échantillons non encore à l’état de fabrication ; il ne peut que les citer favorablement.
- Madame veuve DELÀNNOY, rue Neuve-des-Pe-tits-Champs, 69, à Paris,
- Expose 4 jupes en tissus de coton.
- Citation favorable. ; 1
- M. BLIN , de Pondichéry, >
- , Expose des toiles à voiles en coton. ' ^
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- Le jury ne peut que citer cette fabrication, sur laquelle il n’a et ne peut se procurer auçunj'ensei-gnement. • ; , , , 5
- CINQUIÈME DIVISION.
- TISSUS DE COTON CLAIR ET LÉGER BROCHÉS ET BRODÉS.
- : RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR. J ‘
- M. LECOQ-GLIIBÉ, à Alençon (Orne),
- Expose des mousselines de coton unies, écrues et blanches, qui réunissent à une grande finesse la perfection du tissàge, et des mousselines brodées, dont les dessins sont élégants et d’un'travail'remarquable. Cette maison se tient au premier rang et est toujours digne de la médaille d’or qu’elle a reçue en 1827, sous la raison Clérambâult et Lecoq-Guibé, et qui lui a été rappelée en i834 êt i83g. Le jury s’empresse de lui en voter, de nouveau , le rappel.
- i MÉDAILLE D’Oll. ? ’
- MM. LEHOULT et'Gie,‘à Saint-Quentin (Aisne).
- MM. Lehoult et C‘Y dont l’établissement a été fondée en 1804, à Saint-Quentin, ont obtenu en 1819 une médaille d’argent qui leur a été rappelée en i823; depuis, cette maison ne s’est pas présentée au concours, elle n’a cependant cessé,d’être en Y.oie de progrès. Aujourd’hui son importance est considérable : le jury du département de l’Aisne constate qu’elle entretient 1200 métiers et occupe
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- — 439 ^
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- 2,^00 ouvriers "dans ses -ateliers de filature; et de tissage. „ Vor ^ :jlTn
- Ces habiles fabricants exposent 28 échantillons de leurs produits, du prix de 1 fr. 12 c. à 3 fr. ^o c; le mètre.. On trouve, parmi ces types de leur fabrication, des applications sur; tulles;, pourç stores et rideaux, qui sont d’un très-bel effet et d’une grande perfection, et des brillantés d’un tissage remarquable par la finesse de la toile et l’exécution^ pure du dessin. , . , . ,:î, - -, / , ;
- Le jury, reconnaissant les longs "et incessants services rendus par, cette honorable maison, qui à toujours marché à la tête de, l’industrie de Saint-Quentin , s’empresse de lui décerner une médaille d’or. -, ; , • M :
- > -'MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Jules FION, de Tarare (Rhône).
- ’ > O . 1 . I v : '• i / i 1 '• f v > • ' ; ’ = *•
- La maison Jules, Fion, de Tarare, est une des plus considérables pour la production des articles
- meubles brodés au crochet sur tulles et sur mous-
- \ ________________________
- selines. Dès 1884 elleldonnait à.Tarare l’élan qui devait assurer à la France cette fabrication que nous fournissait la Suisse, et dont nous sommes aujourd’hui complètement affranchis. , î .
- ,sM. Jules* Fion,-qui avait obtenu en 1839 une mention honorable, a depuis donné de grands développements ià sav fabrication de broderies ; les échantillons qu’il expose sont d] lion* et d’un goût distingué. 1
- Le jury, considérant l’importance de cette mai-
- une
- .1.1
- 4 V
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- m
- son et les services qu’elle a rendus à l’industrie française, lui décerne une médaille d’argent.
- M. DAUDEVILLE, à Saint-Quentin (Aisne).
- L’établissement dé M. Daudeville, fondé en 1827, fabrique toujours les mousselines brochées et les bandes brochées en blanc et en couleur, qui lui valurent en 1839 la médaille de bronze.
- Depuis cette époque sa fabrication a pris une grande importance et ses produits une perfection qui les font de plus en plus rechercher par les consommateurs auxquels le génie inventeur de M; Daudeville offre constamment de charmantes nouveautés.
- Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- MM. J. JACQUEMIN et HUET jeune, à Saint-Quentin (Aisne),
- Ont envoyé à l’exposition une grande quantité d’échantillons de leur fabrication ; ceux-ci présentent une grande variété, sont d’une belle exécution et de prix relativement fort modérés. On remarque des mousselines brochées, avec bouquet à la Jacquart, dont l’effet est très-heureux ; des rideaux de tulle brodés au crochet, des bandes brochées, brodées au crochet et au plumetis.
- Cette maison se sert avec beaucoup d’intelligence du métier à la Jacquart.
- Le jury lui décerne une médaillé d’argent.
- M. ESTRÂGNAT fils aîné, à Tarare (Rhône).
- On remarque dans l’exposition de M. Estragnat
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- fils aîné des robes tarlatanes et gaze, à bordures et k volants brodés en blanc et en couleurs , dont les dessins sont charmants, et beaucoup d’autres produits d’un goût distingué et d’une exécution réellement très*remarquable.
- La fabrication de M. Estragnat fils aîné, suivant la note du jury du département du Rhône, occupe 2 k 3oo ouvriers k la fabrication des mousselines unies, et plus de 1,800 brodeuses.
- Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. André PRAMONDON, à Tarare (Rhône).
- On remarque dans les nombreux produits exposés par M. André Pramondon des organdis et tarlatanes de diverses couleurs , et des laines ombrées jaune, bleu, ponceau, d’un goût gracieux ; leurs vitrages, meubles et rideaux mousseline brodée sont aussi remarquables par leur bonne exécution.
- Cette maison achète sur la place de Tarare une notable partie des produits qu’elle livre au commerce.
- Le jury lui vote le rappel de la médaille de bronze.
- MM. SALMON (Alexandre) et DUYAL, à Tarare (Rhône), . •
- Ont exposé 16 échantillons de leur fabrication de mousseline brodée, qui sont remarquables par la vivacité des nuances et les heureux effets du battant brocheur en soie sur lancé blanc et avec laine sur
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- — m —
- couleurs; leurs organdis à carreaux écossais‘sont aussi fort gracieux. ,
- Cette fabrication, peu importante, présenté des innovations qui font honneur au goût de MM. Sal-mon et Duval.
- Le jury leur vote le rappel de la médaille de bronze qu’ils ont obtenue en 1834-
- M. RENAUDIÈRE, à Paris.
- >
- Les rideaux exposés par cette maison sont d’un très-bon goût et d’une exécution soignée.
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze quelle a reçue en 1839.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. LUCY-SÉDILLOT, à Tarare (Rhône), et à Paris, rue des Jeûneurs, 10 ,
- A établi en i836, une maison à Tarare. Elle fait broder dans la montagne des mousselines unies qu’elle achète à Tarare, et dont le jury du Rhône estime le chiffre annuel à 10,000'pièces d’une valeur de 200,000 fr. Les rideaux et pièces mousseline brodée exposés par cette maison sont très-remarquables par l'heureux choix des dessins et par la perfection des broderies, qui est on ne peut plus soignée. ;
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MM. LESUR frères, à Saint-Quentin (Aisne).
- , MM. Lesur frères, dont: l’établissement ne date que de 1842, exposent des broderies appliquées sur tulle qui sont, d’une élégance remarquable et d’un goût distingué qui présage un avenir brillant
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- à cette fabrique lorsqu’elle aura pris plus jde développement. . . •- u'I) y . r-?'- •
- Le jury lui accorde une médaille, de, bronze. 5
- M. Auguste MARLIÈRE, à Saint-Quentin (Aisrie).
- M. Auguste Marlière, dont l’établissement date de 1837, expose des tissus plissés, rayés, brodés et unis, fort bien exécutés, et qui présentent une nouveauté de fabrication pour laquelle ils sont brevetés depuis une année.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- MM. Édouard MASSÉ et fils, à Saint-Symphorien (Loire).
- Cette maison, particulièrement recommandée par le jury départemental, expose des mousselines unies d’une belle fabrication et des tissus brodés dont le travail est très-soigné.
- Le jury leur décerne une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. BRUN frères, fils et DÉNOYEL, à Tarare (Rhône) j
- Exposent 12 pièces mousseline brodée dont les dessins pour stores et rideaux sont gracieux; la fabrication est bien exécutée et les prix modérés.
- Le jury leur décerne une mention honorable.
- M. LEPELLETIER-DAMAS, à Bonnot (Doubs).
- L’établissement fondé en 1838 par M. Lepelletier-Damas occupe un grand nombre d’ouvriers.
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- Les vitraux et rideaux qu’il expose sont bien fabriqués et heureux dans leurs dispositions; én général , la production de cètte maison dénote l’intelligence des besoins du commerce.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. MARTIN MATAGRIN, à Tarare (Rhône).
- Le jury acorde une citation favorable à cette maison pour les divers articles mousseline brodée qu’elle expose.
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- TISSÀGË DES TOILES UNIES, TOILES À VOILES, BATISTES, LINGE DAMASSÉ, COUTILS; TUYAUX SANS COUTURE.- ' ,,r*i •' V;
- M. Schlumberger ( Charles ), rapporteur,
- . \ > , , ’ t V • , ri ' * -
- - : Considérations générales, c
- Lorsque le jury, en 1839, signala les progrès naissants de la filature mécanique du lin et du chanvreil émit le vœu de la voir grandir rapidement et se fixer sur toute la surface de la France.
- A-t-elle réalisé ces prévisions.?, son développement répond-il,à tous les besoins du pays ? Nous
- ne pouvons malheureusement répondre affirma-
- tivement.
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- 3
- ,*î, à. l’Ouest,
- > : ; c • u * < o
- au Midi,- * :
- au Centre
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- nos rivaux possèdent, et insuffisant de beaucoup en présence de notre production considérable de matières textiles.
- Un temps5 d’arrêt' se manifeste'dans la formation d?établissements nouveaux, les capitaux ne s’y engagent qu’avec une extrême; timidité ; c’est qu’en réalité les résultats obtenus jusqu’à ce jour n’ont rien qui puisse tenter lès spéculateurs.
- Quelles sont les causes’ de ce peu de succès ? Elles ne viennent pas du défaut de capacité de nos filateurs, car nous comptons parmi eux des hommes qùi' ont fait leürs preuves et* qui sont des plus habiles dans l’art d’expérimenter et
- <'• ' >11 \' j » < y
- dé tirer tout le parti pratique des machines. On ne peut les attribuer non plus aux machines elles-niêmes, car poutre qu’un grand nombre de nos ateliers sont montés avec des métiers anglais perfectionnés, nous comptons en France des con-
- ’ • ; ' ; f J : y v Ï r . . , “ { *
- structeurs du premier mérite qui, pour la ‘construction"des‘machinés à nier, rie 'craignent.aucune comparaison. Elles sont tout autres Y leur détail excéderait les bornés légîtimes^de ce rapr port, et il engagerait d’ailleurs des questions économiques' dont- ïè débat1 ri*est pas’ de notre ressort. Notre mission Æst de constater les faits :; aux pouvoirs constitués d’en* tirer les consé-
- ’ ri •• 1 . t ’ » J !--'*» j> "
- quences.
- Il est un fait surtout que nous devons signaler,
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- parce qu’il est de nature à exercer une influence fâcheuse sur notre production générale; La loi est déjà intervenue deux- fois pour protéger notre industrie contre là concurrence étrangère elle supposait dans ses calculs que cette conciir-
- * s *
- rence serait franche loyale, et s’exërcerait à armes égales ; il n’en est pas ainsi. L’Angleterre inonde notre marché de mauvais fils faits avec
- des basses matières ; tantôt c’ëst du phormium, te-naæ, tantôt on fait entrer T étoupe mélangée avec du cœur de lin dans les fils.
- Qu’en résulte-t-il ? Les tissus de ces matières
- ♦ *
- sont d’un mauvais usage, lé fil de phormium se détériore rapidement à l’eau ; lés toiles faites avec des fils d’étoupes deviennent ' au lavage pelucheuses et creuses. Ces faits sont fâchèux, car la toile se recommande principalement par sa solidité, son long lisage ; ce sont ces propriétés'qui en font le prix pour d’acheteur : on désire surtout, dans certaines contrées, pouvoir conserver
- un certain^ approvisionnement de linge -, il se transmet : comme un héritage. Nul produit n’est donc* plus1 impérieusement appelé à remplir des conditions de bonne quàlitê'ef-de* longué durée.
- Nous nous empressons de reconnaître^ à la louange de • nos filatêurs,1 qu’ils ont résisté au mauvais exemple ; ils ont 4 maintenu les bonnes méthodes* ont toujours pratiqué dlesJ principes
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- m
- d’une bonne et consciencieuse fabrication. Aussi les fils français obtiennent-ils sur nos marchés des prix supérieurs aux fils anglais ; et cependant ces prix sont souvent insuffisants pour une légitime .rémunération ; trop souvent encore nos fils sont-ils délaissés, car le bas prix est un terrible-antagoniste. Et pourtant, que les fabricants de tissus y prennent garde ; ce serait une mauvaise spéculation pour eux que de courir après un ou deux bénéfices faciles peut-être à réaliser, si, ensuite l’infériorité de leurs produits les faisait, délaisser par la consommation. Ce sont eux surtout qui doivent donner à la filature française le meilleur encouragement, en fie s’attachant qu’à des produits faits avec de bonnes matières et :.consciencieusement travaillés ; qu’ils se persuadent bien que le bas ;prix n’est désirable qu’autant qu’il n’est pas obtenu aux, dépens de la, qualité , autrement ce n’est qu’un ,leurre dont le consommateur n’est pas longtemps la dupe. ;; . ;
- J
- La France a le plus grand intérêt à, s’approprier la filature du chanvre par machines ; nous la voyons avec plaisir se propager, et nous avons à d’exposition, de ses produits qui sont remarquables. ;io, ’ V-*-.!
- . Le chanvre. croît en abondance dans ^plusieurs de nos-contrées, et acquiert ,dans quelques-unes des qualités supérieures. ,Sa filature .présentait
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- plus de difficulté que celle du lin ; la force, la dureté, la longueur de ce filament étaient de très-grands obstacles à vaincre. Plusieurs machines ingénieuses ont été inventées pour broyer, assouplir et couper cette matière rebelle ; elles donnent aujourd’hui de beaux et excellents produits employés principalement pour l’importante fabrication des toiles à voile, mais qui trouvent aussi leur emploi pour les toiles ordinaires et de ménage.
- Nous avons pensé qu’il ne serait pas sans intérêt d’entrer dans quelques détails de statistique sur la position de la filature mécanique en France et à l’étranger; ils peuvent donner la mesure de ce que nous avons déjà fait, de ce qui nous reste à faire, et fournir quelques renseignements utiles à ceux qui s’occupent de cette industrie au point de vue théorique ou pratique (1).
- D’une enquête faite en 1840 , en Angleterre, il résulterait que le royaume-uni (l’Angleterre, l’Écosse et l’Irlande) possédait alors près d’un million dé broches. On a pris, pour trouver la quantité de fils fabriqués , le numéro
- (1) On peut, pour plusieurs détails intéressants , consulter l’ouvrage de M. Chohnet. Un volume in-8°, 1841. A la librairie industrielle de Mathias, .
- 20
- i.
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- Il 50
- moyen 30 anglais (18,000 mètres au kil. ), et pour produit dans cette grosseur, h0 kil. par broche par 300 jours de travail.
- Ce calcul, comme on voit, donne une production de 40 millions de kilogrammes. Les chiffres des exportations pris sur les documents anglais viendraient d’ailleurs confirmer ce calcul.
- Fils exportés en 1841 . . . 11,500,000 kilog.
- Fils en toiles............ 20,000,000
- Resterait pour la consommation intérieure. . .
- 31,500,000 kilog. 8,500,000
- Ce dernier chiffre serait en effet très-bas, puisque l’Angleterre n’importe pas de fils ; mais d’une autre part elle importe une assez forte quantité de toiles diverses qu’il est impossible de donner en poids, et que nous devons nous borner à citer textuellement.
- !
- t
- 1841. — Importations dans le Iloyaume-uni.
- Batistes et mouchoirs en pièces . . .
- Linons............................
- Tissus damassés..................
- Coutils et piqués..................
- Toiles à voiles..................
- Les mêmes à la valeur............
- Toiles unies et ouvrées...........
- Id. id...............
- Id. %d. .... . », i
- Autres tissus de fils..............
- 34,525 pièces.
- 5,784 yards carrés.
- 6,986 id.
- 1,858 id.
- 24,755 id.
- 690 livres sterling. 10,688 yards carrés.
- 268,300 aunes.
- 11,792 pièces.
- 7,853 livres sterling.
- En Belgique, la filature mécanique n’a encore ^l’une importance secondaire, mais elle tend
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- chaque jour à prendre du développement ; on estime aujourd’hui que 55,000 broches sont en activité dans huit filatures.
- D’une autre part, l’habileté des fileuses à la main, le bas prix de la main-d’œuvre et les encouragements du gouvernement pour cette industrie des campagnes, font produire encore une très-forte partie de fils à la main qui doivent combler l’insulïisance des fils mécaniques, tant pour l’exportation que pour la consommation intérieure, qui est relativement plus grande en Belgique qu’en Angleterre et en France.
- 1842. — Exportation de Belgique.
- En fils simples . . . 810,936 kilog. |
- En toiles...... 3,630,000 > ’ 1
- La filature mécanique ne produisant que deux millions de kilog., le surplus et toute la consommation intérieure a été fourni par la filature à la main : l’importation étant presque nulle (l/ï.2,000 kil. en 18A3 ).
- La situation est inverse en France ; notre exportation est peu importante en présence d’une' importation dont le chiffre alarme si souvent nos producteurs.
- Yoici le tableau que nous fournissent les do>~ cuments officiels des douanes.
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- — 452 — FILS DIVERS.
- IMPORTATIONS AVEC DISTINCTION DES PRINCIPAUX PAYS DE PROVENANCE.
- ( Commerce spécial. )
- PAYS DE PROVENANCE. 1*10. 1*41. 184». 1843.
- Angleterre. . . . kil. 6,164,068 kil. 9,149,341 kil. 10,696,236 kil. 6,490 060
- Belgique. .... 587,505 646,001 545,774 1,079,550
- Autres pays . . . 93,850 122,460 68,708 60,380
- Totaux . . . 6,845,423 9,917,802 11,310,718 7,629,990
- TOILES.
- TOILES UN [IES ÉCRUES , BLANCHES , i ET IMPRIMÉES MI-BLANCHES , TEINTES
- ANNÉES* Angleterre. Belgique. Association allemande. Autres pays. Totaux.
- 1840 kil. 943,095 kil. 2,513,934 kil. 119,315 kil. 187,010 kil. 3,763,354
- 1841 1,630,682 3,184,126 118,945 145,952 4,679,705
- 1842 1,822,257 2,343,696 100,382 129,977 4,496,212
- 1843 549,131 2,083,565 53,583 48,338 2,766,007
- En prenant la valeur officielle des importations en moyenne de 3 fr. 50 c. le kil. pour les fils, et de 3 fr. 75 c. pour les toiles, on arrive encore à la somme de 37,077,450 fr. pour 1843.
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- »
- Si nous savons tirer parti de la richesse de notre sol, ne pourrions-nous pas lui faire produire cette valeur énorme que nous demandons à l’étranger?
- Les chiffres statistiques de l’enquête répondent à cette question. Nous cultivons annuellement :
- 158,300 hectares ensemencés en chanvre, qui donnent 65,315,000 kil. 90,200 id. id. en lin.................. . 34,820,000
- Nous avons importé i Chanvre 8,600,000 en 1842 : vLin. . . 3,840,000
- 100,135,000
- 12,440,000
- Dont il faut déduire....... 1,000,000 d’exportation.
- Reste . . , 11,440,000
- Ensemble 111,575,000
- On admet que la marine , la navigation intérieure et différents autres usages, emploient à peu près...... 40,000,000
- En sorte qu’il reste encore à mettre en œuvre. . . . 71,575,000
- Pour connaître approximativement la quantité de fils employés à divers usages, il faut d’abord déduire 20 pour 100 pour déchet de peignage et autres : resterait donc 57,260,000 kil. fils de longs brins et étoupes.
- Nos filatures mécaniques, avec 120,000 broches , produisent au minimum : .
- En chanvre, lin et étoupe, environ. . . ....... 6,000,000 kilog.
- Le surplus doit être filé à la main........... 51,260,000
- Et nous importons en outre en 1843 :
- En fils divers. . . 7,629,900 j Ensembie 10,395,900
- Entoiles. ..... 2,766,000 ) ____________ >
- Consommation. . . 67,655,900
- Le produit de nos filatures n’est donc encore
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- que la onzième partie de la consommation générale.
- Ces filatures, au nombre de 58, sont réparties dans plusieurs localités, et particulièrement là où elles viennent alimenter de nombreux métiers de tissage et de tordage : Lille et Amiens sont les grands centres de production, ainsi que nous l’avons vu plus haut.
- Comme le rapport de 1839 l’avait déjà fait remarquer, deux systèmes de filature sont toujours employés : la filature à préparation mouillée et étirages courts pour les fils fins, et la préparation sèche et à longs étirages pour les fils plus gros en lin ou en chanvre.
- . 1° Le plus grand nombre de broches (98 à 100,000) produisent les fils de lin et d’étoupes >par le système mouillé ; on ne descend guère au-dessous de 9,000 mètres au kilog. (n° 15anglais). La moyenne de la production varie entre les nos 12 et 2à,000 mètres ; quelques filateurs vont à 36,000 mètres, mais peu au delà.
- Ainsi que nous l’avons dit en commençant, les fils sont généralement beaux, bons, réguliers, et luttent pour la perfection avec les bonnes filatures étrangères. Les tisserands jaloux de leur bonne réputation, et qui tiennent à conserver l’honneur de leurs fabriques, s’adressent avec confiance à nos filateurs, même avec avantage,
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- parce qu’ils sont sûrs d’avoir des fils de purs longs brins sans mélange d’étoupes.
- Quelques filateurs, comprenant d’avance une partie des observations faites plus loin sur le tissage , ont ajouté à leurs établissements des blanchisseries d’après la méthode irlandaise, soit pour lessiver les fils employés au tissage, soit pour blanchir entièrement ceux destinés à la rubanne-rie, à la passementerie et aux coutils.
- 2° Le surplus des broches (18 4 20,000) sont employées aux fils à sec ; mais il faut remarquer ici que ces 20,000 broches produisent autant et peut-être plus que les 100,000 autres, puisque dans certaines filatures et dans les plus gros numéros , une broche file plus d’un kilog. de fil par jour. De très-beaux produits de ce genre de travail ont figuré à l’exposition.
- Ces fils étant étirés dans la longueur presque entière de la fibre, conservent plus de force que les fils mouillés; ils se tissent facilement et trouvent un excellent emploi dans les toiles de ménage, des chaînes de tapis, emballages, sacs, doublures, draps de lit et chemises de soldats f tentes, et dans les toiles à voiles.
- Puisque nous citons les toiles à voiles, disons de suite qu’une grande question. s’agite à leur égard ; savoir : les toiles à voiles en fils de lin valent-elles mieux que celles en fils de chanvre?
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- Gomme dans toutes les questions de cette nature» l’intérêt privé, la routine, et ajoutons une conviction , défendent de chaque côté la supériorité. Jusqu’à présent les toiles en fils de lin ont un succès commercial très-certain ; mais se sont-elles trouvées vis-à-vis des toiles en chanvre dans les mêmes conditions ? Nous ne le pensons pas ; et dans des questions aussi graves, le jury ne peut s’en rapporter qu’aux deux grands juges, le temps èt l’expérience comparative prolongée.
- Il faut seulement bien poser la question : Les fils de lin et les fils de chanvre, filés et tissés par les mêmes procédés, dans les mêmes grosseurs et comptes, donneront-ils des toiles à voiles qui, employées ensemble dans les mêmes circonstances , seront égales en qualité ou supérieures l’une à l’autre ? Les expériences sont encore à faire.
- Nous disions au commencement de cette notice, en faisant la part des circonstances dans lesquelles se trouve la filature, que les capitalistes sont froids et peu disposés à lui ouvrir leurs caisses ; c’est qu’aussi il faut des avances considérables pour fonder un établissement de quelque importance. À nombre de broches égales, une filature de lin ou de chanvre coûte infiniment plus qu’une filature de coton. La force motrice qu’elle dépense est quatre ou cinq fois plus grande : ainsi un cheval de force ne peut mener que 70 ou 80 broches en fil
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- mouillé et 35 à 50 en fil sec ; les mécaniques et les métiers sont également bien plus dispendieux. L’expérience du fondateur, des avantages de localité, une bonne organisation peuvent donner quelques économies de premier établissement; mais le grand art est de produire beaucoup pour diminuer les frais généraux. Les Anglais excellent à atteindre ce but ; nos plus habiles s’évertuent et réussissent quelquefois à obtenir les mêmes résultats.
- En résumé, les 120,000 broches que nous possédons aujourd’hui produisent annuellement 6 millions de kil. de fils divers. Le capital engagé est évalué à 30 millions. 4,500 à 5,000 ouvriers et contre-maîtres sont employés, et les salaires de tout genre montent à près de 5 millions. La force motrice employée peut être estimée à 2,000 chevaux vapeur.
- Du Tissage.
- Que dirons-nous du tissage qui n’ait pas été répété plusieurs fois déjà dans les rapports précédents,, à savoir : Que les filés de toute espèce se perfectionnant successivement viennent aider de plus en plus nos habiles tisserands à produire de magnifiques étoffes en tous les genres.
- Dans la partie qui nous occupe , que l’on com»* mence par la forte et solide toile à voile.pour finir
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- à la fine et légère batiste, qu’on examine avec soin les beaux linges damassés et les coutils variés , ne sera-t-on pas étonné de voir les nombreuses transformations que l’ouvrier intelligent fait subir à un simple fil de trame, qui vient croiser et lier sa chaîne en tous sens ?
- Quelques perfectionnements sont cependant à signaler depuis 1839.
- Le tissage mécanique, qui n’en était qu’aux essais, s’est décidément emparé d’une partie de la fabrication, et déjà quelques centaines de métiers produisent des toiles de bonne qualité et bien estimées par les administrations auxquelles elles sont particulièrement destinées.
- Le linge de table damassé et ouvré, déjà si beau en 1839, a fait de nouveaux progrès. Une intelligence plus exercée de la mise en carte a donné plus de relief au dessin, en le faisant ressortir par des ombres bien ménagées. Ce mérite se fait surtout remarquer chez un de nos premiers fabricants, qui a le privilège d’exceller dans tout ce qu’il entreprend. Il est parvenu, par un procédé qui lui est propre, à obtenir un dessin bien détaillé et heureusement ombré. Les contours de ses fleurs sont découpés par un seul fil ; son métier n’a pas de lisse, et il obtient ces effets par la lecture et la mise en carte du dessin. La facilité de se procurer des fils mécaniques dans tous les
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- numéros, l’habitude surtout, qu’ont acquise nos ouvriers, de se servir du métier à la Jacquart et de se jouer avec toutes ses difficultés, ont amené une réduction très-sensible dans le prix de cette sorte de linge de table, et en ont en même temps répandu la fabrication sur tous les points de la France. Ces prix sont même au-dessous de ceux de la Saxe, et l’économie n’est pas le seul avantage que nous ayons sur ce pays ; nous l’emportons encore par le mérite du travail ; le satiné des fonds est^plus uni, les fleurs se dessinent mieux sur un tissu plus serré, et l’aspect général est plus séduisant.
- Réservé autrefois pour la table du riche, le linge damassé est abordable aujourd’hui à l’aisance la plus ordinaire, et il faut espérer que la consommation, sortant de ses vieilles habitudes, adoptera largement ce linge fleuri, si solide en même temps qu’il est si agréable à l’œil.
- De tous les tissus unis en fils, la batiste sera toujours le plus beau, le plus brillant, celui dont la France a le plus droit de s’enorgueillir, car il lui appartient exclusivement ; il ne peut prospérer que sur le sol français qui l’a vu naître. Toutes les tentatives faites pour le naturaliser à l’étranger ont échoué, et la Belgique elle-même, si habile dans le tissage du fil, n’a pas été plus heureuse que les autres. Cependant c’est à sa porte,
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- sous ses yeux, dans quelques arrondissements du département du Nord, que s’exerce cette belle fabrication, qu’elle nous envie sans pouvoir nous l’enlever ni même la partager. Ce caractère exclusif et national a maintenu cette belle fabrication. Nous voudrions pouvoir dire qu’elle prospère , mais nous sommes obligés de reconnaître qu’elle ne prend pas de développement, bien que la beauté, la supériorité de ses produits soient irréprochables. Elle conserve toujours des débouchés importants pour l’Angleterre, l’Amérique, et surtout pour la Havane ; elle les doit en partie au goût et à la belle exécution des vignettes imprimées dont elle enrichit les mouchoirs. Le tableau des douanes constate que, pour l’année 1842, l’exportation de la batiste s’élève à 52,000 kilog., valeur de 8,324,900 fr.
- La fabrication de la toile unie n’a rien à attendre de l’invention ; elle ne peut que perfectionner le tissu par la régularité, la finesse et la force. Plusieurs fabriques font avec succès des efforts pour atteindre ces conditions de qualité sans lesquelles , pour la toile, il n’y a pas de salut.
- Bien choisir et assortir les qualités des fils de chaîne et trame, en ne mettant point entre eux une trop grande différence de finesse, est un point essentiel. Il en est un qui peut influer encore davantage sur la qualité de la toile, c’est la prépara-
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- tion et le lessivage des fils avant le tissage : cette opération, faite quelquefois sans soin et sans précaution , a occasionné de fréquents dommages.
- Avec la facilité de se procurer en fils mécaniques la quantité justement nécessaire en chaîne et en trame pour monter une toile, le simple ouvrier qui a quelques cents francs devant lui se fait fabricant pour son compte. Croyant économiser l’argent et le temps, il veut lessiver ses fils lui-même et, pressé par le désir de réaliser, il abandonne les procédés anciens et longs, mais inoffensifs , de lessivage ; il va au plus vite, trempe ses fils dans des bains de chlore et d’acide dont il ignore l’emploi et qui, lui donnant des résultats Immédiats, lui font négliger les précautions nécessaires pour éviter l’altération future des fils ainsi traités.
- En effet, la résistance du fil n’est pas tout d’abord sensiblement diminuée, mais elle s’altère peu à peu, et lorsque la toile, livrée au blanchiment, passe par de nouvelles opérations chimiques, elle en sort quelquefois toute détériorée, de telle sorte qu’au bout de quelques mois de magasin , elle se déchire comme du coton, les fils se cassent à la couture, elle n’est plus en réalité que d’un fort mauvais usage. ;
- Pour prévenir ces dangers, dont la répétition fréquente serait si funeste à toute la toilerie, nous
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- ne pouvons qu’encourager nos filateurs à joindre à leur établissement le blanchiment des fils : en suivant ces opérations avec intelligence et la connaissance raisonnée des agents chimiques employés , ils livreront aux fabricants de toiles des fils bien préparés, lessivés ou blanchis, dont la ténacité aura été convenablement ménagée. C’est pour la filature le moyen le plus sûr de combattre le préjugé que rencontre dans quelques esprits la toile faite avec du fil mécanique; préjugé auquel les fabricants peuvent opposer avec raison les expériences qui se font journellement aux administrations de la guerre et de la marine, et qui prouvent que les toiles ainsi fabriquées résistent aux épreuves dynamométriques les plus fortes, qu’elles en sortent comparativement victorieuses, quand d’ailleurs elles sont bien tissées.
- Le coutil de fil pour la literie nous a été longtemps fourni par la Belgique presque exclusivement; aujourd’hui le nom de Turnhout ne figure presque plus que dans les annales industrielles. La fabrique d’Évreux a recueilli l’héritage étranger et l’a fait fructifier. Remplaçant les éternelles barres bleues par des rayures variées et souvent même par des dessins, elle a su donner l’attrait de la nouveauté à un article qui, par sa destination , paraissait peu susceptible de ce genre de mérite. Ses coutils, en fil pur ou mélangé de co-
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- ton, blancs ou rayés, remplissent bien toutes les conditions que réclame la consommation et en sont bien accueillis.
- La fabrique de Laval, qui avait vu lui échapper la toile de fil, avait trouvé une compensation dans le coutil pour pantalon : pendant quelques années, cette fabrication avait été importante et trouvait ses débouchés non-séulement en France, mais encore à l’étranger. Cette source de travail s’est ralentie pour elle ; mais ce qq’elle a perdu, Roubaix l’a gagné, et ses intelligents manufacturiers, en appliquant à cette fabrication le goût qui leur est propre, l’ont variée et mélangée de mille manières , l’ont appropriée à toutes les bourses, l’ont fait accepter souvent par la mode, et lui ont donné ainsi une grande extension.
- PREMIÈRE SECTION.
- TEXX.X.AGE BU XiIKT ET BU CHANVRE.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. ROUXEL (Frédéric), à Saint-Brieux (Côtes-du-Nord).
- M. Rouxel a formé un.atelier pour la préparation et le teillage du chanvre et du lin ; il a importé une machine pour perfectionner ce travail.
- Il opère déjà sur 25o à 3oo,ooo kilogrammes de lin en bois.
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- De pareils établissements méritent d’être encou ragés, et beaucoup de propriétaires devraient suivre cet exemple.
- Le jury fait une mention très-bonorable des travaux de M. Rouxel, et espère que son établissement prendra de l’extension.
- M. GUESNON, à la Chapelle-Yvon (Calvados).
- Il a établi, avec un moteur hydraulique de 15 chevaux, un atelier pour le travail des chanvres et lins en branches; cet atelier, qui ne date que de i8zp, peut opérer sur 600,000 kilogrammes de matières premières.
- M. Guesnon a donné un bon exemple, le jury souhaite récompenser ses efforts à la première exposition , et dès aujourd’hui il lui vote une mention honorable.
- DEUXIÈME SECTION.
- FILATURE.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MM. E. FÉRAY et Cie, à Essonne (Seine-et-Oise).
- Malgré la création de plusieurs filatures nouvelles, ces fabricants, distingués sous tous les rapports, sont restés en première ligne pour la perfection des filés et le bon choix des matières premières. Tous les tisserands que nous avons consultés ont assuré qu’ils donnaient toujours la préférence aux fils de M. Féray, même en les payant un prix plus élevé.
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- Tant à Essonne que dans la filature de Palleau, à l’exploitation de laquelle M. Féray est associé, 6,5oo broches produisent par jour 600 kilogrammes fil de lin, dans le n° 28 “/m au kilogramme, et 35o kilogrammes fil étoupes, n° 18 m/m au kilogramme, aux prix moyens de 5 fr. 60 c., 3 fr. s5 c. le kilogramme.
- Une grande partie des fils est toujours employée, à Essonne, à la fabrication des linges damassés, et, en i83g, on croyait qu’il serait impossible de faire mieux cet article ; cependant, par d’ingénieuses combinaisons de tissage, MM. Féray ont obtenu des fils plus parfaits encore, et les prix ont successivement diminué depuis la dernière exposition.
- L’ensemble de ces produits justifie bien la médaille d’or obtenue en i83g, et dont le jury les juge de plus en plus dignes.
- M. FAUQUET-LEMAITRE, à Rouen ( Seine -
- Inférieure).
- M. Fauquet, de Bolbec, honoré depuis longtemps des premières récompenses pour ses produits en filature et tissage du coton , a créé une filature de lin qui doit être successivement accrue jusqu’à 7,000 broches, et dont 2,5oo sont déjà en activité.
- Les fils de lin envoyés par M. Fauquet à l’exposition montrent que dans cette fabrication il saura se mettre comme dans les autres en première ligne, et justifier ainsi le rappel de la médaille d’or qui lui est votée dans le rapport sur la filature du coton.
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- MM. Nicolas SCHLUMBERGER et Cie, à Gueb-willer ( Haut-Rhin ).
- Ces fabricants distingués ont été des premiers à monter un atelier spécial pour la construction des machines à filer le lin et le chanvre.
- Pour se tenir au courant des perfectionnements, ils ont établi à côté de leur atelier de construction une filature de 1,400 broches, dont 1,200 pour fils au mouillé et 200 en fils secs.
- Les produits de cette filature sont très-estimés et trouvent des débouchés faciles parmi les tisserands du pays.
- MM. N. Schlumberger ont obtenu en 1889 une médaille d’or pour leurs machines à lin; elle leur est rappelée dans le rapport de la commission des machines; mais nous devons les mentionner ici pour signaler la manière distinguée avec laquelle ils s’occupent de plusieurs industries.
- MÉDAILLES D’OR.
- MM. SCRIYE-LABBÈ et Édouard SCRIVE, à Lille (NorçU.
- Dès 1882, M. Scrive-Labbè importait en France des métiers perfectionnés à filer le lin. Cette filature a été successivement accrue sous la -direction de ces habiles fabricants, et cet important établissement se compose aujourd’hui de 9,8,00 broches de filature produisant tous les numéros de fils pour le tordage et le tissage, et les produisant avec toute la perfection désirable. Le nombre d’ouvriers oc-
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- cupés est de 5oo ; trois machines à vapeur, ensemble de la force de 120 chevaux, mettent les machines en mouvement. Les progrès obtenus par MM. Scrive sont d’autant plus méritoires qu’ils ont été faits dans le centre même de la redoutable concurrence étrangère, et dans une ville où il faut être très-habile fabricant pour tenir la première ligne.
- Le jury signale ces progrès remarquables par lesquels MM. Scrive-Labbè justifient les récompenses honorables qui, plusieurs fois, leur ont été décernées , et il vote, en faveur des propriétaires de cette belle filature, la médaille d’or.
- SOCIÉTÉ ANONYME POUR LA FILATURE DU LIN ET DU CHANTRE, à Amiens (Somme).
- Fondé en i838, cet établissement modèle a puissamment contribué à la création de ceux qui se sont successivement formés à Amiens et dans les environs. Les premières machines ont été importées d’Angleterre , et chaque fois qu’un perfectionnement a paru dans ce pays, la société d’Amiens a su se le procurer. Presque tout le matériel de la filature a été ensuite construit dans les ateliers mêmes de l’établissement. Le lin et le chanvre sont filés à Amiens. 8,5oo broches y sont mises en activité par un moteur hydraulique de 60 chevaux, qui emprunte encore le secours de deux machines à vapeur de 140 chevaux de force. Six à sept cents ouvriers y sont occupés.
- Le produit journalier est de plus de 4,000 hilogr.
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- «dans toutesles finesses, mais principalement au numéro moyen 9,000 mètres au kilogramme.
- Les deux systèmes de filature sont employés à Amiens et donnent dans tous les numéros des produits très-estimés par les tisserands du pays même, du nord de la Bretagne et de la Normandie : une grande partie est vendue à la fabrication des rubans de fil.
- Pour faciliter l’emploi des fils à toiles et à rubans, la société d’Amiens a joint à la filature une grande blanchisserie de fils d’après le système irlandais; elle donne d’excellents produits dont les échantillons exposés sont une preuve.
- Le jury, en considérant l’importance delà filature d’Amiens, ses produits beaux et variés, la perfection de son organisation et l’habileté delà direction, lui décerne la médaille d’or.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- -M. J.-J. DUPASSEUR, à Gerville, près Fécamp ( Seine-Inférieure ).
- La filature de Gerville date de i838; elle possède .2800 broches ; les produits sont de belle qualité et h bon marché. Les lins employés proviennent en grande partie des environs du Havre, où on les cultive très-bien.
- La filature occupe i5o ouvriers dans les ateliers «t 5o tisserands au dehors, mais le nombre de ceux-ci doit être successivement accru.
- La force du moteur est de 3o chevaux, be produit est de 5 à 600 kilogr. de fil par jour.
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- Un lessivage avec blanchiment du fil est en activité dans la fabrique.
- Le jury décerne à M. Dupasseur une médaille d’argent pour l’ensemble de sa fabrication.
- MM. CAILLIÉ, CATERNAULT, MAREAU et MATIGNON frères, à Mortagne (Vendée).
- Cette filature, commencée en 1840, a été mise tout de suite en activité, et à mesure de l’achèvement complet des machines, elle a donné des produits qui ont été estimés par les consommateurs. Les échantillons envoyés à l’exposition sont très-bien filés, et le jury départemental assure qu’ils sont semblables aux produits en magasin.
- La filature se compose de 5,000 broches ; elle occupe 270 ouvriers.
- On y emploie les lins du pays, et plus tard on y filera également les chanvres.
- Le jury décerne à la filature de ces fabricants une médaille d’argent.
- COMPAGNIE POUR LA FILATURE DU CHANVRE, à Alençon (Orne).
- La filature d’Alençon a été fondée en i83g sur la proposition de M. Mercier ; elle se compose aujourd’hui de 2,800. broches mues par force hydraulique et machine à vapeur.
- Deux cent quatre-vingts ouvriers sont employés dans les ateliers ou au tissage, et le produit de la filature est de g5o à. 1,000 kilogrammes par jour.
- Le numéro moyen du fil est de 12,000 mètres au kilogr., on le livre au prix de 2 fr. ^5 c. le kilogiv
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- Le jury, en considérant que la filature d’Alençon pour le chanvre a été fondée l’une des premières en France, quelle a de l’importance, et que ses produits trouvent un placement avantageux dans le commerce, lui décerne une médaille d’argent.
- M. LAINÉ-LAROCHE, à Angers (Maine-et-Loire).
- M. Lainé possède une machine pour assouplir et préparer le chanvre; les matières qu’il emploie dans sa filature proviennent de la vallée de la Loire, entre Angers et Ancenis ; elles sont d’une qualité supérieure. Ces chanvres sont triés et divisés avec soin de manière à ce que chaque partie de la plante soit filée suivant l’application qu’elle doit recevoir plus tard.
- Les beaux fils exposés par M. Lainé proviennent du premier choix; ils sont surtout destinés au tissage des toiles à voiles de la marine royale.
- La filature d’Angers est établie depuis 1841.
- 120 ouvriers y sont employés.
- 55o broches, filant à sec, produisent par jour 5oo à 600 kilog. de fil.
- Le moteur à vapeur est dë 10 chevaux.
- Le prix des fils est de 2 fr. 20 c. le kilog. n° 2,000 mètres au kilog., 2 fr. 5oc. len° 5,000 mètres, 3 fr. le n° 10, 3 fr. 4<> c. le n° i/\.
- M. Lainé-Laroche fait aussi confectionner dans ses ateliers des courroies en fil de chanvre, qui sont d’une grande force et qui trouveront d’utiles applications. Elles sont faites en diverses largeurs, à deux ou quatre bandes : nous citerons quelques-uns de leurs échantillons :
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- Deux Bandes.
- Largeur. Force. Fils en chaîne. Poids du mètre. Prix du mètre,
- 0m,15c* 5,000k- 450 450&r* 3f- 25<n
- O J K» O 3,400 280 320 .2 80
- 0m,05 1,600 150 160 2 30
- • Quatre Bandes. l V
- 0m,25 16,000 1,400 1,550 8 50
- 0m,10 6,800 580 640 5 60
- M. Lainé-Laroche expose pour la première fois; mais ce début fait présager tous les succès qui pourront être obtenus par cet habile fabricant. Le jury lui vote une médaille d’argent.
- MM. MALIYOIRE et Cie, à Liancourt ( Oise).
- Ces fabricants ont établi à Liancourt une filature de 1,000 broches. Un moteur hydraulique de 12 chevaux, remplacé au besoin par une machine à vapeur de 10 chevaux, met les métiers en mouvement.
- 13o ouvriers y sont employés.
- Outre les fils de tissage, ces messieurs se livrent à une fabrication toute spéciale ; celle des fils propres à la chaussure et à la sellerie qui étaient auparavant tous importés d’Angleterre.
- Ces fils sont bien fabriqués et parfaitement appropriés à l’emploi auquel ils sont destinés.
- Le jury vote à MM. Malivoire et compagnie une médaille d’argent pour l’ensemble de leurs produits, et pour avoir introduit dans le pays une industrie spéciale. > ' !
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. DUTUIT (Adolphe), à Barentin (Seine-Inférieure).
- La filature de Barentin a été fondée en 1839 ; elle se compose aujourd’hui de 1,200 broches, mues par une machine à vapeur de 14 chevaux.
- 80 ouvriers y sont occupés.
- Les fils exposés sont bien faits et d’un bon choix de matières.
- Le jury décerne à M. Dutuit la médaille de bronze.
- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- M. FIÉVET-MAHIEUX, à Boué (Aisne).
- M. Fiévet mérite la confirmation de la mention honorable qu’il a reçue en 1839, pour la perfection de ses fils à dentelles, qui sont toujours très-bien filés et d’une surprenante finesse.
- MENTIONS HONORABLESu
- MM. de ROSTAING et Cie, à Fontaine-les-Ribouts ( Eure-et-Loir).
- Depuis un an seulement cette filature est en pleine activité, et déjà les produits qu’elle a envoyés à l’ex-position lui marquent une bonne place dansl’avenir.
- Elle se compose de 5oo broches à lin et de 45o à étoupes. La production courante est de 200 kilogr. par jour.
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- Elle occupe 60 ouvriers, et possède un moteur hydraulique.
- Le jury mentionne très-honorablement la filature de MM. Rostaing et compagnie.
- MM. SARVY et L. MOLÉON, à Saint-Esprit, près Bayonne (Basses-Pyrénées).
- Cette filature, qui n’a pas encore un grand développement, est mue par une machine à vapeur de i5 chevaux.
- Elle occupe i io ouvriers.
- Les fils exposés sont hien filés, et promettent de l’avenir à cette filature placée dans une localité dont les tisserands jouissent d’une bonne réputation.
- Le jury vote à MM. Sarvy et Moléon une mention honorable.
- MM. LEBLÀN et Cie, à Pérenchies, près Lille (Nord).
- Çet établissement eut des débuts difficiles : des obstacles sans cesse renaissants avaient fait craindre un instant qu’il ne pût supporter l’active concurrence étrangère. Mais depuis quelque temps, sa direction éclairée par le temps est devenue plus habile , les 3,6oo broches que possède la filature sont en activité, les produits sont bons, la vente est facile et assurée pour plusieurs mois à l’avance.
- Le jury espère que l’établissement de MM.Leblan et Gie, s’ils persistent dans la voie nouvelle où ils sont entrés, arrivera aux premières récompenses. Aux 3,6oo broches qui fonctionnent, d’autres doivent
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- être ajoutées, un puissant moteur les attend. Si les faits que nous citons avaient une plus longue durée, ils fixeraient dès à présent l’attention sérieuse du jury; mais pour éviter un classement dont l’expérience montrerait peut-être l’exagération ou l’insuffisance, le j ury vote à MM. Leblan et compagnie une mention honorable.
- MM. BÉRARD fils et Cie, à LaMembrolle, près Tours (Maine-et-Loire).
- ^Auprès des beaux fils de toute espèce exposés, ceux de cette filature paraissent nécessairement grossiers et communs ; cependant il faut bien reconnaître] que la matière première employée est de toute dernière qualité, et que les plus gros fils coûtent seulement 85 c. le kilog., puis i fr. 55 c. le n° 4,000 mètres, i fr. 35 c. le n° 3 et demi, 2 fr. 3o c. le n° 9.
- Ils ne peuvent pas être plus chers, car ils sont destinés aux chaînes grossières des tapis de pied ; cependant ils pourraient être un peu mieux soignés dans leur confection.
- La filature date de 183q ; elle occupe 4o ouvriers, emploie les chanvres et lins communs du pays, et avec 4oo broches, mues par un moteur hydraulique de 8 à 10 chevaux, elle produit 85 à 90,000 kilog. de fils par an. Le jury vote une mention honorable à MM. Bérard fils et compagnie.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- Mme veuve SAYREUX, à Paris, rue des Moulins, 9,
- A exposé des fils à dentelles d’une prodigieuse
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- finesse, que le jury cite favorablement en raison surtout de l’habileté de la fileuse qui a produit ces fils remarquables.
- a* A
- TROISIÈME SECTION.
- TISSAGE.
- § 1er. TOILES OUVRÉES OU DAMASSÉES.
- MM. FERAY et Cie, déjà cités à la filature.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. P.-F. BÉGUÉ, à Pau (Basses-Pyrénées).
- Cet habile fabricant continue avec persévérance le tissage des linges damassés et ouvrés, ainsi que celui des toiles unies et des mouchoirs. De même qu’il a importé dans la contrée le métier Jacquart, il est toujours le premier à introduire dans sa fabrication les méthodes perfectionnées pour lutter avec les grands centres de production. Les divers services de linge exposés cette année sont beaux et à des prix modérés. Le jury a remarqué avec intérêt le service entièrement fabriqué avec des fils français qui proviennent de lins cultivés et filés à Castres.
- M. Bégué possède également une blanchisserie renommée dans le pays. Le jury, pour récompenser les constants efforts et les succès de M. Bégué, lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
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- — 476 — MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. LE FOURNIER-LAMOTTE père et fils et DUFAY, a Condé-sur-Noireau (Calvados).
- Ces fabricants ont obtenu, dès leur début, en 1839, une médaille de bronze; depuis lors ils ont donné une grande extension à leur établissement, et ils ont joint à la fabrication du linge de table celle des étoffes d’ameublement en damas de laine et coton. Tous les articles présentés cette année à l’exposition sont très-bien fabriqués et montrent que les études du tissage ont été faites à la bonne école. MM. Le Fournier-La motte occupent 280 ouvriers, dont plus de moitié dans leur établissement; ils ont près de cent métiers Jacquart. Le jury leur décerne une médaille d’argent pour l’ensemble de leur fabrication.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. DUHAMEL frères, à Paris, rue des Deux-Boules, 11.
- MM. Duhamel exposent des linges de table damassés et ouvrés d’une belle fabrication ; mais ils excellent surtout dans la fabrication des linges ordinaires, connus sous le nom de damiers et œils de perdrix qui sont fabriqués avec le plus grand soin et très-appréciés dans le commerce. MM. Duhamel occupent 40 métiers Jacquart. Le jury leur décerne une médaille de bronze.
- M. DANDRÉ , à Paris, rue Bertin-Poirée, 19,
- A exposé des tissus unis et damassés en coton et
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- en lin très-bien exécutés : on a remarqué une nappe d’une très-grande largeur. Sa fabrication est très-variée en tous les genres : il occupe un grand nombre d’ouvriers.
- Le jury vote une médaille de bronze à M. Dandré.
- M. G. SCHLUMBERGER-SCHWARTZ, à Mulhouse (Haut-Rhin).
- Ce fabricant, déjà distingué par le jury en i83g, continue avec persévérance la fabrication du linge de table. Les services qu’il envoie cette année sont d’une bonne fabrication. Bien placé dans une localité tout industrielle, M. Sciilumberger ne pourra que prospérer davantage encore et augmenter successivement ses ateliers.
- Les services exposés sont beaux et surtout solides. Le jury, en reconnaissant les efforts faits par M. Sehlumberger-Schwartz, lui vote une médaille de bronze.
- M. Auguste DECOSTER, à Lille (Nord).
- Les linges damassés et ouvrés de M. Decoster sont bien fabriqués; en exposant une pièce de 20 serviettes tissées en sujets différents sur la même chaîne extra-fine, il a voulu montrer tout ce qu’il pouvait faire en fabrication.
- M. Decoster fait fonctionner une quarantaine de métiers ; ce nombre pourra augmenter encore si dans sa fabrication il continue d’apporter les mêmes soins que ceux qui furent employés pour obtenir les échantillons exposés.
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- Le jury décerne à M. Decoster une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. DENEUX-MICIIAUT, à Hallencourt, près Abbeville (Somme).
- La fabrication principale de M. Deneux était la toile à carreaux et la toile unie ; il y a, depuis trois ans, ajouté celle du linge de table , et les produits qu’il expose promettent un bel avenir à cette partie de sa fabrication.
- 11 occupe déjà 55 ouvriers; il a 12 métiers Jae-quart. Le jury mentionne honorablement les produits de M. Deneux-Michaut.
- M. COLLOT-BRUNO, à Saint-Rambert (Ain).
- Ce fabricant expose des linges de table qui ne sont pas très-brillants comparativement avec les autres tissus du même genre; mais la qualité en est bonne et les dessins assez bien réussis.
- M. Jean-Toussaint MYET, à Fahy-les-Autrey (Haute-Saône).
- M. Myet expose un assortiment de tissus damassés bien exécutés, à des prix qui peuvent concourir avec ceux des autres fabriques; les dessins de ce fabricant sont d’un bel effet.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury accorde des citations favorables à MM.
- Charles BAYART, à Armentières (Nord),
- Pour son linge de table d’une bonne fabrication courante et d’un prix peu élevé.
- WATTIER-GASTEL, à Lille (Nord),
- Pour sa fabrication de toiles à matelas, à laquelle il a ajouté celle du linge de table.
- SINEY père et fils, à Saint-Lô (Manche) ,
- Pour les deux échantillons en fil écru envoyés par eux : le jury exprime le regret que ces fabricants n’aient pas envoyé de tissus blanchis, afin de mieux faire connaître leur fabrication.
- MÈUNIER-BOURDAT, à Yoiron (Isère),
- Pour des linges damassés bien fabriqués.
- § 2. BATISTES, TOILES FINES ET MOUCHOIRS.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. CHÉDEAUX et Cie, à Paris, rue Notre-Dame-des-Yictoires, 36,
- Présentent une collection variée de produits en batiste blanche et imprimée qui montrent l’habileté de ces fabricants.
- Ils occupent un grand nombre d’ouvriers et produisent pour une somme importante de tissus;, ils ont obtenu en 1827 une médaille d’argent, un rap-
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- pel en i834« Le jury les juge toujours très-dignes de cette médaille qu’il leur rappelle.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Auguste GODARD, à Bapaume (Pas-de-Calais) et à Paris, rue de Cléry, 40.
- M. Godard continue avec succès la fabrication des batistes écrues, blanches et imprimées. Le jury lui confirme la médaille de bronze qu’il avait obtenue en 183g.
- M. Louis MARY, à Saint-Rimault (Oise).
- Ce fabricant se distingue par la persévérance qu’il met à continuer la belle fabrication des toiles fines dites demi-hollande; celles qu’il expose sont conformes k ce qu’il livre journellement au commerce, et lui méritent la confirmation de la médaille de bronze qu’il a obtenue en 183g.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. BOULARD et Cie, à Cholet (Maine-et-Loire).
- MM. Boulard et Cie font tisser des toiles genre batiste et des mouchoirs en toile fine. Ils ont monté une blanchisserie, un atelier de teinture et d’apprêt que le jury départemental signale comme rendant des services dans la localité.
- Les mouchoirs et toiles exposés par MM. Boulard et Cie sont très-bien fabriqués et k des prix modérés.
- Le jury vote une médaille de bronze k MM. Boulard et Gie pour l’ensemble de leur fabrication.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. Alexis CRESPIN, à Cambrai (Nord).
- M. Crespin est successeur de MM. veuve Delloye et fils ; il fabrique les mêmes articles que ceux dont s’occupait cette maison ; les produits qu’il expose prouvent qu’il continuera avec succès à maintenir l’ancienne réputation de ses prédécesseurs.
- Le jury mentionne honorablement M. Crespin qui, pour la première fois, se présente en son nom.
- MM. MISTIYIERS et HAMOIR , à Valenciennes (Nord),
- Exposent deux pièces de batiste d’une bonne fabrication qu’ils ont déclaré avoir été tissées sous leur direction par l’ouvrier Antoine Manez de Saint-Pi thon. .
- Le jury leur vote une mention honorable.
- MM. LUSSIGNY frères , à Valenciennes (Nord).
- MM. Lussigny exposent des batistes très-belles , écrues, blanches et imprimées parmi lesquelles se trouvent des articles à bon marché, et très-bien fabriqués.
- Le jury mentionne honorablement MM. Lussigny frères qui procurent du travail à un grand nombre d’ouvriers.
- MM. DENOYELLE frères, à Valenciennes (Nord) ,
- Exposent de très-belles batistes qui méritent également une mention honorable.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- A M. Jean PELLERIN, à Andrezé (Maine-et-Loire).
- Pour des toiles et mouchoirs d’une bonne fabrication.
- A M. MACHARD, à Fougères (Ille-et-Yilaine).
- Pour des coutils et mouchoirs qui sont une fa-r brication nouvelle dans le pays.
- § 3. TOILES UNIES ORDINAIRES ET COMMUNES. :
- MÉDAILLE D’OR.
- MM. E. LELIÈYRE et Cie, à Cambrai (Nord).
- L’établissement de MM. Lelièvre, qui date de 1838, se compose :
- D’un atelier de lessivage et blanchiment des fils; d’un atelier de dévidage, cannetage et parage mécaniques; d’un atelier de i5o métiers à tisser qui doit être porté à 200; enfin d’une blanchisserie de toiles par les procédés les plus perfectionnés. 35o à 4oo ouvriers sont occupés à ces différents travaux. Une machine à vapeur de 36 chevaux met les métiers en activité. Dans les circonstances difficiles que cet établissement a été obligé de traverser pour sa création complète et par les succès qu’il obtient aujourd’hui, on doit reconnaître toute l’habileté des chefs qui en ont la direction.
- Le produit est de 15 à 1,600,000 mètres de toiles de toute espèce, écrues, demi-blanc ou blanches, qui, se vendant depuis 85 c. jusqu’à 2 fr. le
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- mètre, représentent une production de 2 millions de francs.
- Le commerce a su bientôt apprécier les produits de cette fabrique; les administrations de la guerre et de la marine en ont employé déjà avec un avantage marqué ; et c’est un mérite qui parle haut en faveur de leur fabrication que de voir accepter d’importantes fournitures sans rejets.
- Le jury décerne une médaille d’or à MM. Lelièvre et compagnie, non-seulement pour l’importance de leur établissement et leur bonne fabrication, mais aussi pour avoir, par leur persévérance, créé un établissement modèle de tissage des toiles.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. YÉTILLART et fils, à Pontlieue (Sarthe).
- MM. Vétillart continuent à s’occuper des différentes améliorations qu’il est possible d’apporter dans l’industrie des toiles; ils ont ajouté à leur établissement une blanchisserie de fils d’après le meilleur système anglais que M. Vétillart fils a été étudier lui-même dans le pays. Les fils blanchis envoyés à l’exposition sont bien traités pour l’emploi auquel ils sont destinés, et il est à désirer, comme nous l’avons dit déjà , que de semblables blanchisseries se montent dans les principaux centres de tissage. Comme tisserands, la réputation deMM.Vétil-lart est faite depuis longtemps, et les toiles envoyées à l’exposition prouvent qu’ils continuent démériter leur réputation.
- MM. Vétillart ont déjà obtenu en 1S39 la rué-
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- -daille d’argent; mais en raison des services qu’ils ont rendus à l’industrie delà localité par l’établissement de leur blanchisserie, le jury leur décerne une nouvelle médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. GOUPILLE et VERDIER, àFresnay (Sarthe).
- Us ont envoyé à l’exposition une collection de toiles qui montrent la bonne fabrication et le bon choix des fils. Les prix de ces toiles sont très-modérés en raison de la bonne qualité des tissus. Une toile, en 'jS centimètres de largeur, à 2 fr., une, en 90 centimètres, à 6 fr. 5o c., et une, en 120 centimètres, à 4 fr., sont belles et bonnes.
- Ces fabricants ont joint à leurs toiles des échantillons de très-beaux fils à la main, filés par la femme Fontaine, de Fresnay.
- Ces produits annoncent que cette maison est toujours digne de la médaille d’argent qui lui a été décernée en 1889, lorsqu’elle était dirigée par M. Goupille seul : et le jury la lui confirme.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. LEMAITRE-DEMEESTERE, à Halluin (Nord).
- Ce fabricant expose plusieurs pièces de toile qui dénotent une bonne entente de la fabrication des tissus. Son exemple et son influence ont fait développer cette industrie dans la localité.
- Il occupe jusqu’à 5oo ouvriers, dont i3o dans ses ateliers; etil'fabrique des toiles unies, du linge
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- de table, des toiles à matelas et du calicot pour une valeur de près de 700,000 fr.
- Lejury, considérant l’importance de cet établissement, la variété et la qualité de ses produits, vote à M. Lemaitre-Demeestere une médaille d’argent.
- M. MAHÏEU-DELANGRE, àArmentières (Nord).
- M. Mahieu expose des échantillons de sa grande fabrication de toiles et de linge de table ; ces produits sont d’une qualité de grande consommation, mais en raison des prix ils sont très-bien fabriqués. Leur apprêt pourtant devrait être un peu moins dur.
- M. Mahieu a monté également une filature de 1,200 broches, et il en monte en ce moment une autre de 3,000 broches. Il occupe un très-grand nombre d’ouvriers.
- Lejury vote en faveur de M. Mahieu-Delangre, pour l’importance et l’ensemble de sa fabrication, une médaille d’argent.
- M. ROUSSEAU père et fils, à Fresnay (Sarthe).
- Ce fabricant expose des toiles de différentes largeurs, qui sont bien fabriquées et estimées par le commerce; il emploie généralement des fils français, et d’après la régularité de ses toiles, on voit qu’il achète dans nos bonnes filatures.
- M. Rousseau a obtenu en i834 une médaille de bronze; l’extension qu’il a donnée depuis à sa fabrication, et surtout le soin qu’il met à ne faire que de bonnes et belles toiles, lui méritent la médaille d’argent que le jury lui décerne.
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- M. BANCE, à Mortagne (Orne).
- Lorsqu’en 1839 , M. Berger Deleinte exposa des toiles à tableaux de 4 et 5 mètres de largeur, on fut étonné qu’un tissage aussi régulier pût se faire sur de si grandes laizes. M. Bance, habile fabricant de toile, qui a pris la suite des affaires de M. Berger, a voulu présenter quelque produit aussi de sa création , et, à cet effet, il a bâti sous le nom de métier une véritable construction en charpente scellée dans la pierre de taille, sur un emplacement de 10 mètres en carré, et cela pour tisser une pièce de toile; la pièce envoyée à l’exposition a plus de huit mètres de largeur, et est certainement un prodige de tissage, à tel point que beaucoup de connaisseurs n’ont cru à la réalité du fait que lorsqu’ils ont vu fonctionner la maison-métier de M. Bance.
- Cette pièce n’est pas présentée seulement comme chose extraordinaire; le fabricant a déjà reçu descommandes pour des pièces semblables; elles sont en cours de fabrication.
- Les autres toiles de M. Bance sont aussi très-bien fabriquées, et le prix n’en est pas trop élevé.
- Le tissage des toiles à tableaux se faisait autrefois en Belgique, mais on ne livrait que des largeurs moindres; en donnant en France de l’extension à cette spécialité, M. Bance a rendu un véritable service à l’industrie et aux artistes, qui ont tous admiré les belles toiles de son exposition.
- Le jury vote en faveur de M. Bance une médaille d’argent.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Jacques BOYER, à Fresnay (Sarthe).
- M. Boyer est un des tisserands distingués du dé*, partement de la Sarthe; il a, sous la direction de M. le Vtede Perrocliel , fait adopter plusieurs perfectionnements dans cette industrie. Le jury lui vote le rappel de la médaille de bronze qu’il a reçue en i834 et i83g, et dont il est toujours digne.
- MM. BILLON père et fils, à Fresnay (Sarthe),
- Ont exposé des toiles très-bien faites. Les qualités sont bien en rapport avec les prix : on y reconnaît un bon choix de fils français.
- MM. Billon père et fils sont toujours dignes de la médaille de bronze qu’ils ont obtenue en 1839.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. HAROUARD et LAYA, au Mans (Sarthe).
- MM. Harouard et Laya cherchent à perfectionner les produits ordinaires en toiles; ils ont établi une petite filature de 36o broches pour employer le chanvre de la Sarthe, qui est d’une très-belle qualité, à en juger par l’échantillon qu’ils ont envoyé.
- Ils pourront donner une extension considérable à cette fabrication ainsi qu’au tissage, puisqu’ils s’annoncent comme possesseurs d’une force hydraulique de 80 chevaux. Les toiles à emballages, celles à sacs sont bonnes relativement à leur prix; les toiles à voiles ne sont pas dans d’aussi bonnes conditions, et
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- l’on aurait tort d’y mettre du fil d’étoupes comme dans la pièce N° 956.
- Le jury vote une médaille de bronze à MM. Ha-rouard et Laya pour l’ensemble de leurs produits.
- MM. BACHEMALLET, BARNICAUD et DIETZ, à Saint-Ymcent-des-Yergnes (Puy-de-Dôme).
- Ils ont établi, près Blanzat, un tissage mécanique qui doit être porté à 120 métiers, et cela est facile puisqu’ils possèdent une force de 56 chevaux employée pour mettre en activité quarante métiers. L’échantillon envoyé à l’exposition prouve une bonne fabrication.
- Quatre-vingt-dix ouvriers sont occupés dans la fabrique et quatre-vingts au dehors, pour le tissage à la main.
- Le jury décerne à ces fabricants la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. le comte de PERROCHEL, à Saint-Aubin (Sarthe).
- Le jury, qui déjà dans plusieurs de ses rapports s’est empressé de mentionner honorablement les efforts de M. le C‘° de Perrochel pour propager et développer dans son département les bonnes méthodes agricoles et manufacturières, lui donne ici de nouveau un témoignage de haute considération et d’estime pour le noble usage qu’il fait de sa fortune.
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- M. BARON-DU-TAYA, à l’Hermitage, près Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord).
- M. Baron expose des toiles faites en fil k la main ; ces toiles sont belles et fines, mais le tissu en est clair et peu régulier comparativement avec les belles toiles delaSarthe.il serait mieux de filer un peu plus gros et de produire un tissu ayant plus de main. Les prix de ces toiles sont au reste peu élevés et peuvent soutenir la concurrence avec les produits d’autres fabriques. Ces observations ne sont faites ici que dans la vue d’exciter de nouveaux efforts de la part de M. Baron- du-Taya pour maintenir et encourager la filature du lin dans son département. On voit d’ailleurs dans le rapport du jury départemental, avec quel désintéressement et quel courage M. Baron cherche à conserver du travail à l’intéressante population ouvrière qui l’entoure.
- Le jury central mentionne delà manière la plus honorable les travaux de M. Baron-du-Taya.
- M. DEMEESTERE-DELANNOY, àHalluin(Nord).
- Ce fabricant occupe un grand nombre d’ouvriers qui tissent les toiles de lin, le linge de table et le calicot; mais comme il est impossible déjuger la qualité des produits sur une seule pièce, et le bulletin du jury départemental ne donnant point de renseignements sur cette manufacture, le jury ne peut qu’offrir une mention honorable à ce fabricant pour l’importance de sa production.
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- MM. SCRIYE frères (Désiré, Jules et Henri), à Lille (Nord).
- Ces fabricants ont monté à Lille un tissage mécanique de 5o métiers, avec machine à vapeur de 12 chevaux. Ils ne font encore qu’une qualité de toile dans les largeurs 87, 95 et 110 centimètres. Ces produits sont estimés dans le commerce.
- Cet établissement, confié à une habile direction, prendra certainement du développement.
- Le jury, dans cette espérance, signale les nouveaux travaux de MM. Scrive frères, en renvoyant au rapport de la commission des machines, qui devra juger leur importante fabrication de cardes.
- M. Louis DESMARCHELIER, à Halluin (Nord),
- Envoie à l’exposition une seule pièce de toile ; il emploie moins d’ouvriers que M. Demeestère-De-lannoy ; mais les 100 ouvriers de cette usine occupent des logements dans la propriété de M. Desmar-chelier. Le jury accorde à ce fabricant une mention honorable.
- M. François GESLIN, à Fresnay (Sarthe).
- M. Geslin a été distingué déjà en i83g; il expose des toiles bien tissées, très-régulières et à bon marché.
- Le jury lui vote une mention honorable.
- MM. CORNILLEAU-LEFERYRE et CHARRUN, au Mans (Sarthe).
- Ces fabricants font peigner chez eux une assez forte quantité de chanvre qui est consommée en par-
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- tie par la marine royale. Ils fabriquent également des toiles d’emballage bien tissées et à bas prix.
- Le jury donne une mention honorable à ces fabricants pour l’ensemble de leurs produits.
- M. LIMON-DUPAREMEUR, à Quintin (Côtes-du-Nord),
- Expose des échantillons de ses produits en fils à la main et fils mécaniques ; les toiles sont bien tissées, mais trop légères. La pièce de nappes n° 26 est d’une bonne fabrication, imitant la cretonne ; en soignant ce genre de toile de diverses largeurs, on doit arriver à de bons résultats : il faut surtout s’adresser aux bonnes filatures pour avoir des fils de purs brins sans mélange d’étoupes.
- Le jury mentionne très-honorablement les travaux de M. Limon-Duparemeur.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. Joseph LIYACHE, à Fresnay (Sarthe),
- A exposé des toiles d’une bonne fabrication et dont les fils sont bien assortis.
- M. Nicolas GESLIN, à Fresnay (Sarthe).
- M. Geslin a déjà été distingué en 1839; ses produits méritent de nouveau d’être cités comme bien fabriqués.
- M. BEAULIEUX, à Fougères (Ille-et-Yilaine),
- Fabrique des toiles de ménage en chanvre et en lin, à des prix très-modérés.
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- M. Pierre RENARD, à Fresnay (Sarthe).
- M. Renard expose de belles toiles qui ont été appréciées par le jury.
- M. RENOUT fils, à Fresnay (Sarthe).
- Les échantillons exposés par M. Renout donnent une preuve de son habileté copine tisserand.
- § 4. TOILES A VOILES.
- MÉDAILLE D’OR.
- MM. MALO-DICKSON et Cie, à Coudekerque-Branehe-lès-Dunkerque (Nord).
- Nous avons parlé dans les observations générales de la fabrication des toiles à voiles en fils de lin; ce sont MM. jMalo, Dickson et Cie qui, en 1807, ont importé \et commencé- ce genre de tissage : ils faisaient d’abord 3o,ooo mètres ; l’ensemble dépasse au-jourd’hui/popoo mètres, d’une valeur de 700,000 fr., produits par 120 métiers à tisser. Ces toiles sont fabriquées avec, une perfection remarquable comme régularité de tissage et de lisières. Les fils emplo}7és sont filés à sec, lessivés ensuite avec soin, et tissés sans aucune espèce de parement.
- Ces habiles fabricants confectionnent eux-mêmes les fils qu’ils emploient; ils possèdent 2,600 broches qui alimentent leur atelier, et dont l’excédant de production est vendu à divers tisserands, qui ont trouvé avantageux d’employer les procédés de tissage en usage chez MM. Malo-Dickson et Cie.
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- Deux machines à vapeur, ensemble de 60 chevaux , mettent en mouvement leurs nombreuses machines.
- 45o ouvriers sont employés dans cette usine.
- Le jury laissant d’ailleurs à l’expérience comparative le soin de prononcer entre les toiles à voiles de chanvre et les toiles en lin, a voulu constater le succès commercial obtenu dans les fournitures de toiles de la marine marchande : dès à présentai peut prendre en considération les progrès d’un établissement de premier ordre, et récompense par la médaille d’or les services rendus par MM. Malo-Dickson et Cie à une importante industrie.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. JOUBERT, BONNÀIRE et Cie, à Angers (Maine-et-Loire).
- Cette fabrique de toiles à voiles est une des plus anciennes de France ; ses produits restent toujours estimés par le commerce et par la marine royale. Le jury leur confirme en conséquence la médaille d’argent qu’ils ont obtenue.
- Veuve SAINT-MARC, PORTEU et TETIOT aîné, à Rennes (Ille-et-Vilaine).
- Cet établissement réunit toutes les opérations depuis la préparation du chanvre jusqu’à la confection de la toile. Il continue d’approvisionner la marine royale et le commerce d’excellentes toiles à voiles. Le jury confirme à ces fabricants la médaille
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- d’argent obtenue en i834> rappel dont le jury de 1839 les avait également jugés dignes.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. A. CHÉROT aîné et Cie, à Nantes ( Loiîe-Inférieure).
- MM. Chérot aîné et Cic exposent des toiles à voiles fabriquées avec des fils de chaîne un peu déprimés : l’essai de ce tissage, commencé en 1838, paraît avoir donné quelques résultats avantageux, mais qu’un seul certificat ne suffit pas pour constater.
- Les toiles, au reste, sont très-belles; elles sont tissées à sec sans encollage, et sont fabriquées d’ailleurs avec des fils mécaniques qui sont bien faits et doivent être d’un bon usage.
- La filature se compose de 1,000 broches, mues par une machine à vapeur de 18 chevaux ; elle produit 4 ^ 5oo kil. de fils de chanvre, et occupe i5o ouvriers, sans compter les tisserands au dehors.
- Le jury décerne à MM. Chérot et Cie une médaille d’argent.
- MM. TRUDELLE frères et LECLERC frères, à Angers (Maine-et-Loire).
- MM. Trudelle sont de très-anciens fabricants de toiles à voiles, et les produits qu’ils exposent prouvent une longue pratique et une bonne connaissance de la fabrication. Leurs toiles sont d’une grande régularité et à belles lisières. Ils occupent i5o ouvriers et un très-grand nombre de fileuses. Leur fabrication est de 200,000 mètres, dont la marine
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- royale, qui estime principalement les toiles de cette maison, consomme annuellement pour près de 3oo,ooo fr.
- Le jury décerne une médaille d’argent à ces habiles fabricants.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. DUCHEMIN aîné, à Dinan (Côtes-du-Nord),
- Expose des toiles à voiles assez bien fabriquées. Il occupe beaucoup d’ouvriers dans un pays où il est utile de maintenir l’industrie des campagnes. Le jury lui vote une mention honorable.
- MM. Charles HOMON et DESLOGE, à Morlaix (Finistère),
- Exposent des toiles k voiles qui sont belles de couleur, mais qui laissent à désirer sous le rapport de la régularité et des lisières : défauts qui existent seulement dans quelques parties. Ces fabricants occupent un assez grand nombre d’ouvriers ; ils blanchissent et apprêtent les toiles. Le jury leur vote une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Des citations favorables sont accordées :
- A M. PORTEU fils aîné, à Rennes (Ille-et-Vilaine) ,
- Pour l’importance de son usine et lès dispositions de la blanchisserie et du lavoir.
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- Â M. Guillaume LEROUX, à Landivisiau (Finistère) ,
- Pour ses toiles à voiles assez bien fabriquées, mais qu’il devrait se dispenser de lisser pour en aplatir le grain.
- A M. YIMOR-MAUX, à Perpignan (Pyrénées-Orientales).
- Ce fabricant a fait des essais de toiles à voiles en fil de lin et coton pour navires et bâtiments légers : une plus longue expérience est nécessaire pour juger l’emploi de ces produits. Il est déjà cité au tissage du coton et à la filature.
- A MM. BLIN et Gie, de Pondichéry,
- Qui envoient des essais de toiles en coton et en lin, bien que leur qualité laisse à désirer.
- § 5. COUTILS.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Louis-Henri TAILLANDIER, à Évreux (Eure).
- M. Taillandier est du nombre des fabricants qui conservent les bonnes traditions et s’appliquent à obtenir surtout les belles et solides qualités. Ses coutils ont, dans la consommation, une réputation méritée, et le jury départemental les a recommandés d’une manière particulière à l’attention du jury central. Nous avons dit, dans nos considérations géné-
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- raies, que les coutils d’Évreux avaient remplacé complètement ceux qui nous étaient fournis par la fabrication étrangère. M. Taillandier a puissamment contribué à ce succès commercial : il occupe d’ailleurs un grand nombre d’ouvriers, et les produits qu’il expose sont d’une parfaite fabrication.
- Par ces considérations, le jury vote à M. Taillandier une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. TELHIÀRD et Cie, à Évreux (Eure).
- Ce fabricant a exposé une belle collection de coutils de toute espèce, bien fabriqués , parmi lesquels on remarque un coutil en chaîne-coton et trame-soie , qui pourra recevoir d’utiles applications. Il emploie beaucoup d’ouvriers dans le pays ; ses produits variés sont estimés, et il en fabrique une quantité considérable.
- MM. Telhiard ont pris la suite des affaires de M. Belleme , ancien fabricant d’Evreux. Leur première exposition montre ce qu’entre leurs mains, cette industrie peut devenir par la suite. Le jury leur vote une médaille de bronze.
- MM. MARIE et Cie, à Laval-Avesnières (Mayenne).
- Les tissus de ces fabricants sont bien fabriqués , bons et solides, et le prix en est parfaitement en rapport avec la qualité. MM. Marie se défendent autant que possible contre la terrible concurrence de Roubaix, en produisant bien et à bon marché; ils oc-cupentdu reste beaucoup d’ouvriers dans la localité, i. 32
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- Le jury décerne à MM. Marie et Cie la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. FRILOUX, à FlersJ(Orne), et à Paris, rue du Sentier, 17.
- Les coutils rayés et façonnés de M. Friloux sont d’une bonne fabrication, et les prix peuvent en être cités comme exemple de bon marché 5 savoir :
- i3ocentim. de largeur, de 70 c. à 1 fr. 20 c.le mètre. i4o id. ire qualité, à 1 fr. 90 c. le mètre.
- Le jury vote une mention honorable à M. Friloux.
- M. CHAUVIN-GEORGET, à Laval (Mayenne).
- Les coutils de ce fabricant soutiennent la réputation de Laval ; ils sont d’un bon tissu, bien fabriqués et solides.
- LejuryaccordeunementionhonorableàM. Ghau-vin-Georget.
- § 6. TUYAUX SANS COUTURE.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. DEBEINE, rue Mercier, 2, à Paris.
- M. Debeine fabrique avec perfection, des tuyaux sans couture, des sacs de plusieurs genres et des tapis d’escaliers très-bien faits.
- Il fournit au commerce de 28 à 3o,ooo sacs et 8 à 10,000 mètres de tuyaux tous les ans.
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- La perfection de ses produits montre qu’il est toujours digne de la médaille de bronze obtenue en 1839, et que le jury lui confirme.
- MENTION HONORABLE.
- M. TOUZE, à Essonne (Seine-et-Oise),
- Envoie des échantillons de tuyaux qui sont d’une bonne exécution ; la bonté en a d’ailleurs été constatée dans des expériences faites à Brest par une commission de la marine.
- M. Touze fabrique 6,ooo mètres de tuyaux par an. Le jury lui accorde une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. DEMOISEAU, rue de Lorillon, 14, à Paris.
- Les tuyaux de M. Demoiseau sont de bonne qualité , ils sont forts et bien régulièrement fabriqués.
- M. VILLION, à Montrouge, près Paris,
- Fabrique des tuyaux sans couture et des sacs; ses produits sont estimés par le commerce.
- M. François NION, à Dieppe (Seine-Inférieure),
- Expose des seaux à incendie qui sont bien fabri-
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- TISSUS IMPRIMÉS.
- MM. Barbet et Schlumberger ( Charles ), rapporteurs.
- Considérations générales.
- L’industrie des impressions sur tissus comporte des connaissances très-étendues. Le manufacturier est obligé d’emprunter aux sciences de la mécanique , de la chimie et du dessin les procédés ingénieux qu’il emploie ; les étoffes de coton, de laine, de soie et de lin que la grande consommation ou la mode si variable lui demandent, l’obligent, à chaque instant, à changer ses procédés de fabrication et à en chercher de nouveaux mieux appropriés ou plus économiques. Aussi les capitaux engagés dans une manufacture d’impressions sont-ils considérables; car, outre la dépense de premier établissement, en bâtiments, moteurs, machines et fonds de roulement, les perfectionnements nouveaux qu’on est obligé d’adopter pour ne pas être dépassé, entraînent à des dépenses imprévues en frais de construction et d’expériences entreprises trop souvent en pure perte.
- Malgré la concurrence toujours croissante des étoffes tissées, l’impression sur tissus est encore
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- augmentée depuis 1839; l’exportation a eu une influence notable sur cet accroissement.
- Nous sommes pour tous et partout les arbitres de la mode : aussi cette exportation en articles de nouveautés est-elle importante ; elle n’exclut pas les indiennes courantes, qui sont recherchées pour la beauté de l’impression, la solidité des couleurs, comparativement à ce qui se fait à prix égal chez nos voisins.
- Il y a peu d’années encore, les étoffes étrangères imprimées étaient demandées dans nos magasins de nouveautés de la capitale par une certaine classe de consommateurs : aujourd’hui nos mousselines, nos jaconas, nos étoffes légères en laine ou en soie imprimées brillent et sont recherchées dans les riches magasins de toutes les grandes villes de l’Europe et de l’Amérique ; espérons que les populations chinoises y prendront goût.
- Depuis 1839 des changements ont été opérés dans cette industrie. A cette époque la laine imprimée n’avait encore qu’une place, peu importante dans la consommation ; cette fabrication
- - était presque exclusivement réservée à Paris et à
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- ses environs.
- Aujourd’hui les établissements de Paris ont doublé leurs produits ; en Alsace, les impressions sur laine et sur laine-coton ont pris une très-
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- grande extension. L’importance des impressions sur coton y a diminué d’autant, et la fabrication de l’indienne courante et à bon marché se concentre aujourd’hui de plus en plus à Rouen.
- Les prix ont généralement diminué, suivant les genres, de 15 à 20 pour 100. Cette diminution n’a pas été obtenue au détriment de la qualité, ni par l’abaissement des salaires ; c’est aux procédés de fabrication mieux entendus qu’elle est due.
- Mais il faut le dire aussi, ces diminutions successives laissent aujourd’hui si peu de différence entre les prix d’achat du tissu et celui de la vente en imprimé, que souvent les bénéfices ne viennent pas rémunérer dans une proportion raisonnable toute une année de travail et de soins : aussi y a-t-il eu des moments difficiles à passer depuis cinq ans, et la prudence seule des fabricants, en diminuant leur production, a-t-elle permis de sortir de cet état de malaise.
- L’amélioration dans la situation est sensible aujourd’hui; espérons que les prix pourront se relever un peu ; cette circonstance aiderait les fabricants, et n’affecterait pas la consommation.
- Depuis la dernière exposition, plusieurs machines nouvelles ont été appliquées à l’impression ; les rouleaux à deux, trois et quatre couleurs fonctionnent avec facilité dans presque tous les établissements. Le fixage des couleurs par la vapeur
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- a été perfectionné d’une manière remarquable.
- On a introduit à Rouen un procédé de blanchiment des tissus pour impression, au moyen de la vapeur employée sous une pression de quatre ou cinq atmosphères : les résultats en sont avantageux par la promptitude et la régularité de l’opération, qui réussit toujours entre les mains d’un ouvrier attentif. A la vérité, la dépense première est un peu élevée, 30,000 fr. pour un appareil blanchissant 200 pièces de 80 mètres en vingt-quatre heures.
- Mentionnons enfin l’emploi général de la garan~ cine, qui, à Rouen en particulier, s’est propagée dans toutes les fabriques depuis trois ans. Le rapport sur la teinture constatera les avantages qui sont résultés de l’emploi de ce produit et l’avenir qui l’attend. Il rendra à M. Lagier la j usticè qui lui est due, en disant combien il a fallu de soins, de sacrifices et de persistance de sa part, pour faire substituer ce produit à la garance, toujours si variable dans sa qualité et souvent dans son emploi.
- EXPOSANTS HORS DE CONCOURS.
- MM. HARTMANN et fils, à Munster (Haut-Rhin).
- Honoré de la médaille d’or en 1834,et d’un rappel en 1839, M. Hartmann est, cette année, membre du jury : cette circonstance nous interdit touUéloge sur
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- l’établissement de Munster, dont le nom est d’ailleurs depuis longtemps en honneur dans l’industrie.
- MM. KEITTINGER et fils, à Lescure, près Rouen ( Seine-Inférieure ).
- Honoré de la médaille d’or en 1889, M. Iieittin-ger fait aujourd’hui partie du jury central et se trouve hors de concours.
- M. Henry RARRET et Cie, à Rouen (Seine-Inférieure ).
- M. Barbet étant membre du jury central, il se trouve également hors de concours.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MM. DOLLFUS, MIEG et Cie, à Mulhouse (Haut-Rhin ).
- Le goût et la perfection d’exécution, la belle simplicité des dessins se réunissent pour faire, des impressions de cette maison, des articles presque hors ligne, qui forcent la mode à les adopter et que la vogue fait ensuite rechercher dans tous les pays étrangers.
- Dire que ces produits sont d’une fabrication remarquable, signaler l’immense étendue de l’établissement, c est répéter ce qui a été constaté à toutes les expositions. Nos rapports sur la filature et le tissage des cotons ont fait connaître l’importance des ateliers de MM. Dollfus, MiegetCie; leurs impressions occupent 1,100 ouvriers, qui produisent 65 à 70,000 pièces en tous les genres de fabrication.
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- Honorés de la médaille d’or en 1819, du rappel de cette médaille en i834 et 18^9 , le jury vote à MM. Dollfus, Mieg et Gie un nouveau rappel de la médaille d’or.
- MM. J. GROS, ODIER, ROMAN et Cie, à Wes-serling (Haut-Rhin).
- Par son importance, la variété dé ses produits et leur bonne confection, cette maison soutient toujours au premier rang sa bonne et ancienne renommée. Aussi ses tissus imprimés trouvent-ils en France et dans tous les pays un facile débouché.
- Parmi les produits de sa fabrication courante qu’elle expose, il serait difficile de discerner le plus remarquable : il faut les1 citer tous, car tous sont exécutés avec une rare perfection.
- Le rapport sur les tissus de coton a fait connaître l’importance de sa fabrication en tissus unis et façonnés pour l’impression ou la vente en blanc.
- L’impression occupe 1,200 ouvriers; les machines sont mises en mouvement par une machine à vapeur de 36 chevaux; 55 à 60,000 pièces en coton, laine et articles divers sortent annuellement des ateliers de MM. Gros, Odier, Roman et Cie.
- Honorés de la médaille d’or en 1819, cette distinction leur a été confirmée en i834 et 1839 : c’est avec la plus vive satisfaction que le jury vote encore la confirmation de la médaille d’or.
- MM. KCECHLIN frères, à Mulhouse (Haut-Rhin).
- Ce fut en 1746 que Jean Kœchlin père fonda la
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- première fabrique d’indiennes à Mulhouse. Depuis lors chacun des membres de cette grande et belle famille est venu rendre des services signalés à l’industrie, et la maison Nicolas Kœcblin frères a porté sa réputation dans tous les pays civilisés. Devenus trop nombreux , les établissements ont dû se partager : la fabrique d’indiennes a été prise par deux des frères, Ferdinand et Daniel Kœcblin. De grands travaux d’utilité publique ont appelé plus tard toute l’attention de Ferdinand, et Daniel est resté possesseur de l’ancienne fabrique d’indiennes.
- M. Daniel Kœchlin, qui a fait des découvertes importantes qu’il a généreusement abandonnées au domaine public, fabricant distingué dont la carrière commerciale peut servir d’exemple aux jeunes manufacturiers, philanthrope éclairé cherchant sans cesse à améliorer le sort de la classe ouvrière, est le chef de la maison Kœchlin frères. Secondé de dévouement et d’intérêt par deux de ses fils et par sou gendre, cette association devait rester et reste encore au premier rang parmi ses nombreux et habiles concurrents.
- Après les détails qui précèdent il est presque superflu d’ajouter que les produits de ces exposants jouissent à juste titre d’une bonne réputation en France et à l’étranger, et qu’un grand nombre d’ouvriers trouvent du travail dans leur belle fabrique.
- Le jury est heureux de donner ici une marque d’estime et de considération à MM. Kœchlin, en votant le rappel de la médaille d’or obtenue déjà à plusieurs expositions.
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- MM. SCHLUMBERGER, KOECHLIN etCie, à Mulhouse (Haut-Rhin).
- Cette maison s’est livrée presque exclusivement à l’impression des toiles pour l’ameublement; elle ne redoute aucune concurrence dans ce genre qu’elle exécute avec une rare perfection.
- Dans les dessins exposés cette année, on a pu particulièrement remarquer une chasse à l’éléphant, un vase de fleurs avec bordures pour stores, et un dessin fleurs naturelles nuancées de diverses couleurs.
- Ces fabricants possèdent aussi une filature importante et un tissage mécanique, dont les produits viennent alimenter en partie leurs ateliers d’impression. Ces deux établissements sont spécialement dirigés par M. Sehlumberger ; c’est à M. Joseph Kœ-chlin qu’on doitles belles impressions qui font depuis plusieurs années la haute réputation de la société.
- Deux moteurs à vapeur mettent les machines en mouvement ; 55o ouvriers sont employés dans l’établissement ; 3o,ooo pièces de tous genres y sont imprimées chaque année.
- La médaille d’or leur a été décernée en i834; rappelée en 1839, le jury ne peut que leur voter de nouveau le rappel de cette médaille.
- MM. Adrien JAPUIS et Jean-Baptiste JAPUIS, à Claye (Seine-et-Marne).
- Fondée dans le département de Seine-et-Marne,. cette fabrique produit spécialement les étoffes sur colon pour ameublement, stores, portières, etc., imprimées. Depuis plusieurs années on a joint à ce genre l’impression sur laine.
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- Nous avons remarqué et nous nous plaisons à constater que cette maison ne livre au commerce que des produits très-soignés qui la mettent au premier rang pour ce genre d’industrie.
- Parmi les nombreux articles qui ont été exposés, nous citerons particulièrement des dessins à colonnes double rouge, double lilas et double bleu : il est impossible de voir une dégradation plus parfaite. Il en est de même pour un meuble dessin fleurs naturelles à sept ou huit couleurs.
- Nous mentionnerons aussi des impressions sur laine et sur velours, dont le fond est très-intense.
- Dans cet établissement, on occupe 3oo ouvriers qui produisent 10 J» i i,ooo pièces.
- En i834, il a été décerné une médaille d’or à ces habiles manufacturiers ; en i83q, elle a été confirmée. Le jury leur vote de nouveau le rappel de la médaille d’or.
- MM. GIRARD et Cie, à Déville, près Rouen ( Seine-Inférieure ).
- La fabrique de toiles peintes de MM. Girard et O, fondée à Déville en 1818, est depuis longtemps la plus considérable du département de la Seine-Inférieure; elle produit annuellement, plus de 5o,ooo pièces, dont plus d’un sixième s’exporte. MM. Girard et Cie fabriquent toujours avec succès les indiennes fonds blancs. On remarque, dans leur exposition, des lilas garancés dont les nuances sont parfaites, et des oranges métalliques qu’ils réussissent également bien. Ces fabrications, de 20 à 25 c. de façon le mètre, sont d’autant plus avantageuses
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- pour les consommateurs, quelles sont d’un teint parfait. Ils exposent aussi des meubles riches imprimés à la planche, à plusieurs couleurs garancées, dont la fabrication est très-soignée et d’un prix modéré.
- M. Girard, chef de cette importante maison, plus qu’octogénaire, est le doyen des fabricants d’indiennes de Rouen ; il est arrivé par son mérite personnel à ce haut degré qu’il occupe aujourd’hui dans sa spécialité. L’industrie des toiles peintes lui doit plusieurs machines qui ont rendu et rendent encore des services : c’est lui qui a donné à Rouen l’élan pour la production à bon marché, si favorable aux consommateurs et pour l’exportation. Aussi les marchandises de MM. Girard et G10 trouvent-elles d’importants débouchés sur les marchés étrangers.
- Le jury s’empresse de décerner à MM. Girard et Cie le rappel de la médaille d’or qu’ils ont reçue en 1839.
- MM. DEPOULLY et Cie, à Puteaux (Seine).
- M. Depoully, homme de goût artistique par excellence , habile fabricant qu’aucune difficulté n’arrête, continue avec succès l’impression sur tous les genres d’étoffes en laine, laine-coton et soies pures ou mélangées. Ses châles sont d’un grand effet et d’une belle fabrication. Les feutres imprimés pour tapis donnent un nouvel aliment aux imprimeurs et un article solide et bon marché pour la consommation. Toutes les étoffes exposées montrent que MM. Depoully et Cie sont toujours très-
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- dignes de la médaille d’or que le jury leur confirme.
- M. GODEFROY (Paul), à Saint-Denis (Seine).
- En i83g, ce fabricant a obtenu la médaille d’or pour la perfection de ses produits. Ceux qu’il expose montrent que les difficultés d’exécution sont toujours heureusement surmontées par lui. Son esprit inventif lui fait rechercher chaque jour de nouveaux procédés, il les simplifie et les applique d’une manière heureuse à la fabrication. Les étoffes en laine, velours, soie pure ou mélangée, les châles imprimés , ne laissent rien à désirer ; sa mousseline fond violet fondu est remarquable.
- Le rapport sur les châles a signalé un moyen perfectionné par M. Godefroy, pour l’impression des chaînes destinées à la confection des châles tissés , qui doit aider à l’effet et à la beauté des couleurs.
- Le jury vote en faveur de M. Godefroy (Paul) le rappel de la médaille d’or, pour l’ensemble de ses produits.
- M. CARON-LANGLOIS fils, à Beauvais (Oise).
- Plusieurs industries sont exploitées par ce fabricant avec l’habileté, la bonne direction et le génie inventif des procédés qui lui ont valu des distinctions à plusieurs expositions. Les tapis de foyer, les draps imprimés, les impressions sur laine pure ou mélangée, soies et articles de fantaisie , sont exécutés avec beaucoup de soin : on reconnaît le bon fabricant dans l’exécution des étoffes, le bon négociant dans la création et le
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- choix des articles divers destinés à répondre aux demandes si variables du commerce.
- L’établissement de M. Caron est monté d’ailleurs sur une grande échelle; il occupe beaucoup d’ouvriers.
- Récompensé par la médaille d’or en 1839, le jury la lui confirme comme en étant toujours très-digne.
- MÉDAILLES D’OR.
- MM. Jean SCHLUMBERGER jeune et Cie, à Thann ( Haut-Rhin).
- Fondé en 182.5, cet établissement prit dès son début une place honorable parmi les nombreuses fabriques d’Alsace ; il soutient toujours ce rang distingué.
- La production des toiles de coton imprimées, bon teint, est continuée dans cette fabrique avec beaucoup de succès et de soin; l’impression sur laine pure et sur laine et coton a été portée, depuis deux ans, à une grande perfection.
- Près de 400 ouvriers sont employés aux divers travaux de la fabrique, un moteur hydraulique de 3o chevaux de force met les machines en mouvement, la production annuelle est de 3o à 35,000 pièces de tissus divers.
- Doué de l’intelligence et de l’activité industrielles , M. Schlumberger jeune se tient au courant des progrès ; il cherche souvent à les prévoir et à faire le premier l’essai, toujours dispen-, dieux, des procédés nouveaux : aussi a-t-il importé en Alsace, laperrotine, les grilles perfec-
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- tionnées pour foyer, là tondeuse appliquée aux calicots , l’hydro-extracteur, et enfin le stéréotypage de la gravure pour l’impression, procédé sans lequel il n’eût pas été possible de suffire économiquement aux grandes gravures nécessitées par l’emploi de la perrotine.
- Distinguée à l’exposition de i834 par la médaille d’argent, et par un rappel de cette médaille en 183q, cette fabrique a fait, depuis, de nouveaux progrès, et le jury, en réunissant tous les titres de MM.Schlum-berger et Cie, leur vote la médaille d’or.
- M. PIMONT aîné, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Nulle exposition, plus que celle de M. Pimont aîné, n’atteste les connaissances variées et positives du manufacturier habile; en effet, les genres qu’il expose ne sont pas de ceux où l’on improvise un succès avec un dessin, une idée simple, réalisée aussitôt qu’elle est conçue ou copiée; ses châles et ses meubles au rouleau et à la planche, imitent, à bon marché, les étoffes qui réunissent les plus brillants et les plus nombreux assemblages de couleurs ; ils sont fabriqués en couleurs solides sur coton, dans les fabrications les plus difficiles, et dont l’exécution réclame des soins de tous les instants.
- Au milieu des produits les plus variés, on remarque , dans cette exposition , des meubles genre lapis de la plus belle réussite, et dont les couleurs présentent un ensemble parfait.
- M. Pimont est presque sans rival dans cette fabrication, qui est, chez lui, favorisée par une demande
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- suivie et occupe sans chômage beaucoup d’ouvriers imprimeurs, ce qui est, malheureusement pour cette classe d’ouvriers, une exception fort rare. Plus qu’aucun autre fabricant, M. Piniont arrête peu ses ateliers: il ne craint pas de produire, sans commande et à l’avance, des genres qui s’adressent surtout à la classe nombreuse des habitants des campagnes et particulièrement du midi de la France; ceux-ci préfèrent au changement la certitude d’avoir des vêtements et des ameublements réunissant à une grande vivacité et variété de couleurs, la solidité qui. en assure la durée.
- M. Pi mont aîné n’exploite pas uniquement les anciens genres, qu’il a su presque seul conserver à la consommation ; il suit aussi tous les progrès de la fabrication des toiles peintes ; toutes les innovations dues à la chimie moderne sont utilisées par lui comme elles le sont par ses confrères qui font lès indiennes le plus à la mode. Et s’il a , comme le lui attribue le rapport de 1839, introduit le premier, à Rouen, l’article meuble , il ne néglige aucun moyen pour rester à la tête de ce genre, en y appliquant les améliorations qui, chaque jour, déterminent la vogue des autres productions rouen-naises, ce qui est évidemment constaté parles beaux meubles résiste blanche et rouge qu’il expose; cette fabrication garancière n’a rien à envier aux autres articles analogues.
- Les produits de M. Pimont se vendent aussi pour l’exportation. Il a obtenu en . 1834 la médaille d’argent, en 1839 le rappel de cette médaille; le jury, lui décerne une médaille d’or.
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- M. GODEFROY (Léon), à Puteaux (Seine).
- M. Godefroy est un de nos plus habiles imprimeurs d’étoffes, sa fabrication embrasse tous les genres *, ses tissus de laine pure, laine et coton, laine et soie, foulards, baréges, batiste de fil, lasting, réussissent également bien, et jouissent dans le commerce intérieur et d’exportation d’une grande vogue bien méritée.
- L’établissement de Puteaux comprend : une machine à vapeur de 18 chevaux, deux machines à imprimer, une planche plate , cent tables d’impression , et cinq perrotines mues par la machine à vapeur. Le nombre d’ouvriers est ordinairement de 3oo à 35o.
- M. Godefroy a le premier imprimé les mousselines laine en bleu de France. Les gravures sur rouleaux ont été perfectionnées par ses essais hardis, qui ont donné l’impulsion à plusieurs genres d’impression.
- Récompensé en 1839 par la médaille d’argent, le jury vote une médaille d’or à M. Godefroy, pour son excellente fabrication.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. Édouard ROBERT, à Thaiin (Haut-Rhin).
- Les produits de cet établissement ont toujours été estimés dans le commerce. La perfection de ses impressions au rouleau lui ont toujours mérité des éloges. Ainsi que plusieurs fabriques d’Alsace, celle-ci a joint à sa fabrication courante d’indiennes, les impressions sur laine pure ou mé-
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- langée : elle les réussit bien. Un moteur de 20 chevaux met les machines en mouvement, 270 ouvriers sont employés, la production est de 16,000 pièces en tissus de tout genre.
- Le jury confirme à M. Robert la médaille d’argent qu’il a obtenue en 1839, sous le nom de Roulet-Robert.
- M. Jacques FAUQUET, à Bolbec (Seine-Inférieure).
- M. Jacques Fauquet exploite à Bolbec, sur une grande échelle, une fabrique d’indiennes dont les produits sont bien fabriqués et s’écoulent très-facilement.
- Parmi les marchandises exposées par cette maison recommandable, on distingue des indiennes lapis et des meubles,rouge résiste d’une grande vivacité, et des fonds blanc, petit dessin, variés, imprimés au rouleau à une et plusieurs couleurs , dont les prix sont très-avantageux et favorisent l’exportation.
- L’ensemble de la production de cette fabrique , dépasse 25,000 pièces.
- Le jury décerne à M. Jacques Fauquet, le rappel de la médaille d’argent qu’il a reçue en 1834.
- MM. HAZARD frères, à Malaunay, près Rouen (Seine-Inférieure) ,
- Ont exposé des toiles peintes , type de leur production , qui est très-estimée. Ils se livrent particulièrement à la fabrication des articles garancines, qu’ils traitent avec perfection. On remarque, dans
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- leur exposition, des carreaux puce lisses fond blanc, dont l'effet est des plus heureux et la réussite très-soignée.
- Cette maison a reçu , en 1839, la médaille d’argent : elle était alors établie à Saint-Aubin-Epinay; en 1841, elle a transporté son établissement à Malau-nay ; déjà sa production, qui s’élève à 25,000 pièces, est une des plus recherchées sur la place de Rouen.
- Le jury lui vote le rappel de la médaille d’argent.
- MM. André CHAR VET et FEVEZ, à Lille (Nord),
- Exposent un grand assortiment de tissus bien imprimés, et qui montrent que', malgré l’éloignement des grands centres de production, on peut arriver, avec des soins et l’entente de la fabrication, à produire des tissus rivalisant avec les articles similaires.
- Distingués en i83q par la médaille d’argent, le jury leur confirme cette récompense.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. BLECH, STEINBACH et MANTZ, à Mulhouse (Haut-Rhin).
- Les produits exposés par cette maison sont fabriqués avec beaucoup de goût, aussi ont-ils été généralement appréciés par la consommation. Les couleurs en sont vives, les dessins d’un bel effet, on remarque surtout les ombrés sur laine pure et sur
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- chaîne coton : ses impressions en couleurs fixées'à la vapeur sont parfaitement réussies.
- Ces fabricants ont également fabriqué des indiennes en petit teint; ils ont satisfait en cela aux demandes des consommateurs séduits par le meilleur marché et l’éclat des couleurs, mais il serait à regretter qu’une trop grande extension fût donnée à des produits de ce genre.
- L’établissement se compose d’une filature et d’une fabrique d’impressions; il emploie un très-grand nombre d’ouvriers, deux, machines à vapeur y servent de moteur. Le produit est de 5o,ooo pièces en tissus divers.
- Successeurs d’une ancienne maison, MM. Blech, Steinbach et Mantz exposent en leur nom pour la première fois, le jury leur décerne une médaille d’argent.
- M. Josué HOFER, à Mulhouse ( Haut-Rhin).
- Cet établissement date de i83i. Un des premiers il a donné la grande impulsion à fimpression des mousselines laine chaîne-coton ; la fabrication en est très-bonne, les produits sont recherchés par la consommation , et il est à constater que cette maison a été toujours au premier rang dans ce genre d’impressions. Un grand nombre d’ouvriers sont employés dans cette fabrique; un moteur de i5 chevaux anime les machines. Le produit annuel est de.^5,ooo pièces sur tissus divers.
- En 1839, M. Hofer a obtenu une médaille de bronze ; le jury reconnaissant qu’il a augmenté
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- et perfectionné sa fabrication, lui décerné une médaille d’argent.
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- M. P. BATAILLE, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Cette maison expose un grand assortiment de cravates et de foulards, types de sa fabrication, qui est aussi remarquable par la variété que par le bon marché de ses produits.
- Pour séduire les consommateurs, M. P. Bataille entreprend tous les genres de foulards ; il imprime les cartes géographiques et les traits les plus mémorables de notre histoire ; il propage les belles actions; tout ce que le pays admire, vénère et aime, est retracé dans ses nombreux dessins.
- La production de cette fabrique s’élève annuellement à près de 2 millions et demi de cravates et foulards dont la valeur est d’environ i,5oo,000 fr.; son établissement est parfaitement organisé, aucune invention utile ne s’y fait attendre, il ne recule devant aucun sacrifice pour diminuer le prix de ses produits et en rendre l’écoulement facile : aussi les a-t-il vraiment popularisés; il est en même temps parvenu à établir une branche importante d’exportation.
- Cet ingénieux manufacturier a obtenu, en 1889, la médaille de bronze ; le jury lui décerne la médaille d’argent.
- M. STACKLER, à Rouen (Seine-Inférieure).
- L’établissement de M. Stackler, fondé en 1821, a pris de grands développements depuis la dernière exposition; ses produits ont obtenu uue vogue sui-
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- vie et méritée; par une fabrication exceptionnelle et d’une réussite constante. , , :,,
- Les articles fofrdnoir’ avec enl,evage.qu il expose le placent au premier rang dans ce geure auquel il a su donner un cachet particulier qui plaît, et que seul il a pu atteindre ; on doit, pour lui rendre pleine justice, ajouter que son noir offre aux consommateurs une solidité remarquable relativement à tout ce qui se fait dans cette fabrication.
- M. Stackler réussit parfaitement l’article meuble;, les pièces qu’il expose sont d’une très-bonne fabrication, et justifient pleinement la faveur qu’il obtient près des consommateurs.
- M. Stackler a reçu, en i83q, une médaille de bronze; le jury, appréciant ses efforts et ses succès, lui décerne une médaille d’argent.
- MM. DALIPHARD et DESSAINT, à Radepont (E tire) ,
- Ont fondé en 1820 às Radepont (Eure) un établissement de toiles peintes qui n’a cessé de progresser; il est aujourd’hui très-considérable, et, après celui de M. Girard et compagnie, livre le plus de marchandises àü commerce dé Roüen.
- MM., Dalipbard et Dessaint occupent 4°o ouvriers, et produisent annuellement 4o>ooo pièces , dont 12,000 pour l’étranger ; cette maison ne cherche pas seulement l’exportation pour écouler son trop-plein; plus que toute autre, elle fabrique exprès , a des dispositions qui ne .conviennent que pour telle ou telle, contrée ; cette; manière de tra-
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- vailler est utile pour le pays, elle est malheureusement encore trop rare.
- Les marchandises de MM. Daliphard et Dessaint sont d’une bonne qualité courante bien soignée; les prix en sont avantageux, aussi se vendent-elles très-facilement.
- Yu l’importance de la fabrication de cette maison et ses efforts pour satisfaire aux demandes des exportateurs, le jury lui décerne une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. J. A. KOECHLIN, à Darnetal ( Seine-Inférieure).
- La maison A. Kœchlin, de Darnetal, continue de fabriquer des indiennes dont les prix varient depuis 42 c. le mètre jusqu’à ^5 c. ; elles sont bien fabriquées et se vendent facilement, le prix en étant en rapport avec la qualité.
- Le jury rappelle à M. A. Kœchlin la médaille de bronze qu’il a reçue en 1839.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. SCHEURER, GROS et Cie, à Thann (Haut-Rhin).
- Ces jeunes et habiles fabricants ayant pris la suite d’un des principaux établissements d’Alsace, il n’est pas surprenant que, dès leur première exposition, ils viennent montrer des marchandises très-
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- bien fabriquées en tous les genres. Leurs indiennes, et tissus de laine pure ou mélangée sont appréciés des consommateurs ; ils trouvent leur placement en France et pour l’exportation.
- Près de zjoo ouvriers sont employés aux travaux divers ; une force de 20 chevaux les aide dans leurs travaux; 20,000 pièces de belles marchandises sortent annuellement de la fabrique.
- MM. Scheurer, Gros et compagnie exposent pour la première fois ; le jury leur décerne une médaille de bronze.
- M. DECHANCÉ, à Rouen (Seine-Inférieure),
- Expose un bel assortiment de fonds unis en couleurs très-variées avec enlevage; ces marchandises sont d’une fort belle exécution, et sont très-recherchées par les consommateurs, auprès desquels elles jouissent d’une faveur marquée.
- Les enlevages sont la branche principale de la fabrication de M. Dechancé; le jury a cependant aussi remarqué dans leur exposition des cravates fantaisies, qui sont très-soignées, comme tout ce qu’entreprend cette maison.
- M. Dechancé expose pour la première fois; le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. Charles STEINER, à Ribeauvillé (Haut-Rhin).
- Avoir conservé et perfectionné une fabrication difficile et toute spéciale qui a fait longtemps la base des affaires et la réputation de quelques maisons
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- d’Alsace; produire des articles très-bien fabriqués, et dont le jury départemental, composé d’hommes spéciaux, a reconnu la perfection , tel est le mérite de M. Steiner.
- Ses tissus imprimés sur rouge andrinople , ses meubles, ses châles, joignent à l’éclat, à la beauté des couleurs, un très-bon goût de dessins, qui les fait rechercher en France et à l’étranger.
- Un moteur hydraulique met en mouvement les machines; i3o ouvriers sont employés ; ils produisent i45,ooo mouchoirs et 2 ou 3,000 pièces d’étoffes diverses, évalués à plus de 400,000 fr.
- Le jury vote à M. Steiner une médaille de bronze pour sa bonne et belle fabrication.
- MM. DELAMORINIÈRE, GONIN et MICHELET, à Paris, quai de Béthune, 2.
- Dans l’exposition de ces jeunes fabricants on reconnaît les traditions utiles et la bonne école où ils ont puisé toutes les connaissances pratiques de la fabrication des tissus imprimés. Leurs étoffes se distinguent par la bonté, l’harmonie et l’éclat des couleurs, et l’impression très-soignée des dessins. Établis depuis peu, ils occupent déjà un grand nombre d’ouvriers, et leurs ateliers prennent journellement du développement.
- Pour récompenser un tel début, le jury leur décerne une médaille de bronze.
- MM. FRIES et CALLIAS, à Guebwiller ( Haut-Rhin).
- Ils possèdent une fabrique d’indiennes et une
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- blanchisserie de calicots ; un moteur hydraulique. i5o ouvriers sont employés. L’importance des affaires est estimée à 5oo,ooo fr.
- Les produits du blanchiment sont très-estimés ; ceux de la fabrique d’indiennes sont destinés à la consommation courante.
- Le jury vote à MM; Fries et Gallias une médaille de bronze pour l’ensemble de leurs produits.
- MM. CÉAS et CHAUMOUILLÉ, à Bourg-lès-Va-lence (Drôme),
- Exposent une collection de mouchoirs imprimés à deux faces sur tissus de lin ; les couleurs en sont vives et bien nuancées, et les mouchoirs de cette maison trouvent un placement facile dans la consommation.
- Ces fabricants achètent leurs fils et font tisser les
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- toiles dans, les qualités convenables pour l’impression.
- Ils occupent un grand nombre d’ouvriers et leur fabrication est importante.
- Le jury leur vote une médaille de bronze.
- MM. RÉYILLIOD et Cie, à Vizille (Isère),
- Exposent des impressions sur soie ou laine, pure ou mélangée , et sur mousseline tarare. La plupart de ces étoffes forment des dessins obtenus par les impressions faites d’avance sur chaînes. Elles sont d’une bonne exécution et estimées par les fabricants de Lyon, qui en font imprimer une grande partie par M. Révilliod.
- V* .Beaucoup d’ouvriers sont employés dans cette
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- usine, qui jouit d’ailleurs d’une ancienne réputation méritée.
- MM. Révilliod et C‘e; exposent pour la première fois en leur nom; le jury leur,] accorde une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. COLOMBE et LALÀN, à Suresne (Seine).
- Ils impriment des tissus de laine pure ou mélangée et des châles; leurs produits sont d’une bonne exécution et recherchés dans le commerce. Le jury leur vote une mention honorable.
- M. PAUL aîné, à Bourg-lès-Yalence (Drôme).
- La variété des couleurs, le bon goût des dessins, et l’impression des deux côtés, sont les qualités signalées par le jury départemental en faveur de ce fabricant.
- Le jury central, reconnaissant les qualités de ces produits, vote une mention honorable à M. Paul aîné.
- M. Jean - Hyacinthe BOISMARD, à Rouen
- ( Seine-Inférieure ),
- Expose des meubles au rouleau dont la fabrication est bonne et les prix très-modérés, aussi sont-ils recherchés par les consommateurs, que cette maison sert très-consciencieusement.
- Lejury accorde une mention honorable à M.Bois-mard.
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- MM. BROQUETTE et LECOMTE, à Paris, rue de l’Échiquier, 46,
- Exposent des étoffes imprimées par un procédé qu’ils assurent être tout nouveau. Le choix des étoffes, la délicatesse des dessins et la vivacité des couleurs ont fait remarquer ces tissus. Ces fabricants impriment aussi les tissus de laine et laine coton. Leurs produits sont généralement bien exécutés.
- Cette maison ayant reçu depuis peu une nouvelle organisation, le jury lui vote une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- A M. FÂUCILLON, à Saint-Denis (Seine),
- Pour des châles en soie, laine et cachemire, imprimés avec soin et avec de belles couleurs.
- A MM. DEBIEUX frères, à. Saint-Denis (Seine), rue du Port, 15,
- Pour des étoffes et châles imprimés, d’une bonne fabrication.
- M. BONAYION (Pierre), à Avignon (Yaucluse),
- Fabrique des mouchoirs et des indiennes ; il expose également un échantillon de garance et de garancine.
- M. I1EMET et Cie, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Le jury accorde une citation favorable aux impressions sur fils de coton de M. Hemet et compagnie.
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- ÉTOFFES IMPRIMÉES EN RELIEF.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. LHOTEL, à Paris, rue Sainte-Foy, 8.
- La fabrication d’étoffes en relief a toujours été très-soignée chez M. Lhotel; il possède un atelier dans lequel il peut obtenir des étoffes de tout genre au moyen d’une machine à vapeur de l\ chevaux qui fait mouvoir 10 presses hydrauliques. M. Lhotel est de plus en plus digne de la médaille de bronze qu’il a obtenue en i83g; le jury la lui confirme.
- M. CARRÉ, à Paris , rue Beauregard, 42,
- A été distingué, en i83g, pour la bonne gravure de ses planches et l’exécution soignée de ses impressions. Il a perfectionné encore ses produits ; on a remarqué dans son exposition un tapis fond noir à dessins blancs produits par le procédé des rongeants, comme essai. Le jury lui confirme la médaille de bronze obtenue à si justes titres en 1839.
- MM. FANFERNOTet DULAC, à Belle ville (Seine),
- Exposent une collection variée de leur fabrication, sur une grande échelle, d’étoffes en relief pour tables, tapis, pianos et couvertures de meubles.
- ‘Ces étoffes sont bien exécutées ; elles présentent les échantillons des produits journellement livrés à la consommation, qui apprécie la bonne fabrication de cette manufacture.
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- Le jury vote à MM. Fanfernot et Dulac le rappel de la médaille de bronze obtenue en i83g.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. RHEINS, à Paris, rue Saint-Martin, 223.
- Il a obtenu une mention honorable en 183g ; depuis lors une grande extension a été donnée à ses ateliers, dans lesquels une machine à vapeur de 8 chevaux met en activité ^5 presses de différents genres. M. Rheins a perfectionné les impressions en relief, en pouvant imprimer les fonds en couleur pour varier les effets.
- Il fabrique également des tissus imitant la tapisserie et le point de marque ; il les livre avec une grande diminution de prix.
- Les étoffes imprimées en relief de toute nature, elles produits qu’il expose montrent quilles fabrique avec soin et solidité.
- Le jury vote à M. Rheins une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. GOBERT, à Paris, rue Saint-Jacques, 13,
- Expose des tissus imprimés en relief qui sont bien exécutés et de bonne couleur; une mention honorable avait été donnée, en 1839, à M.Gobert: le jury lui accorde de nouveau celte récompense.
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- M. DESPRÉAUX , à Versailles (Seine-et-Oise),
- Expose une collection très-bien exécutée d’étoffes de soie gravées en relief, et de cuirs vénitiens ; cette fabrication, plusieurs fois essayée déjà , a été reprise et perfectionnée par ce fabricant : on peut espérer que ses efforts seront couronnés de succès.
- Le jury lui vote une mention honorable.
- OMISSION A LA PAGE 91.
- DRAPERIE.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. VIMONTfrères,àElbeuf (Seine-Inférieure),
- Exposent des articles de diverse nature, qui ont paru d’une fabrication distinguée; le jur}^ a principalement remarqué des draps castors surfoulés, une pièce drap noir n° 13436 et une pièce garance croisé quatre laines n° 13526, dont la qualité est fort belle.
- Le jury leur décerne la médaille de bronze.
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- SIXIÈME. PARTIE. TISSUS DIVERS.
- M. Blanqui, rapporteur.
- PREMIÈRE SECTION.
- TAPIS.
- La fabrication des tapis.ne s’est pas étendue, depuis la dernière exposition, hors des points, qu’elle occupe sur notre territoire. Aubusson, Felletin, Tourcoing, Nîmes, Abbeville en sont toujours les foyers principaux ; mais ces foyers ont acquis une importance plus considérable, destinée à s’accroître encore, il faut l’espérer. Une production de tapis qui ne s’élève pas à plus de 8 millions de francs, pour suffire aux besoins d’une consommation comme la nôtre et à ceux de l’exportation , en vérité c’est bien peu, et il est permis de supposer que nos habiles fabricants dépasseront bientôt ce chiffre trop modéré. Les efforts qu’ils ont faits pour arriver à ce but sont fort louables : non-seulement ils ont cherché à perfectionner leurs procédés et à varier leurs dessins, mais quelques-uns d’entre eux ont tenté de s’ou-ju 34
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- vrir des voies nouvelles, en apportant un soin particulier à la confection des tapis ras pour tentures , portières et ameublements.
- Ces efforts annoncent toutefois que la vieille industrie des tapis rencontre des obstacles difficiles à surmonter, soit dans les habitudes des populations, soit dans le prix élevé des produits, soit peut-être dans leur peu de durée. Il s’est répandu depuis quelques années , dans la consommation , une variété de tapis dits écossais, qui ne sont pas cliers, assurément, mais qui durent si peu, que leur prix, quelque borné qu’il soit, est encore for t au-dessus de leur valeur. Les consommateurs sont très-disposés à appliquer à tous les genres de tapis les reproches fondés qu’on adresse au tapis écossais, grossier tissu qui déconsidère tous les autres, et dont le jury n’entend pas encourager la production à leur détriment. Les tapis ras d’Aubusson et les moquettes représentent seuls aujourd’hui la véritable fabrication française, toujours très-capable de livrer au commerce de magnifiques veloutés, mais qui en fait peu , à cause de leur prix élevé. C’est dans ces deux sortes de tapis que se sont manifestés à l’exposition les progrès les plus remarquables. Sans parler ici des œuvres si riches et si élégantes du premier de nos fabricants, qui siège dans le jury, tout le monde a été frappé de l’exécution admirable des
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- portières présentées par M. Castel, qui a si dignement représenté et soutenu, après M. Ch. Sallan-drouze, l’honneur de la fabrique d’Aubusson. La ville de Tourcoing et celle de Nîmes ont exposé des moquettes de différents styles, très-recherchées des étrangers, et qui ont valu à notre industrie d’importantes commandes.
- Le caractère général des améliorations obtenues consiste dans un meilleur choix des matières, dans la vivacité des couleurs et dans la variété des dessins, plus que dans l’abaissement des prix. Le système de la fabrication est demeuré, à peu de chose près, tel qu’il était au commencement de ce siècle, et notre supériorité relative, c’est-à-dire celle que nous avons sur le reste de l’Europe, dépend surtout du goût de nos artistes, comme dans l’industrie des impressions sur étoffes. Le tapis dit de la forêt vierge, exposé par M. Ch. Sal-landrouze et qui a été acheté par le roi de Prusse, en est un exemple frappant : c’est un simple tapis ras ; mais l’harmonie des couleurs en est si belle, le déssin si pur et l’originalité si heureuse, qu’on a fait peu d’attention à l’exécution, quoiqu’elle fût parfaite. Nous en dirons autant des moquettes de Tourcoing et de Nîmes, dans lesquelles la solidité s’unit toujours à tant de goût. Les fabricants de tapis français sont, avant tout, des artistes : tout ce qu’on leur achète pour l’étranger est œuvre d’art,
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- Il faut oser leur dire que ce n’est là, pourtant, que la moitié de leur tâche, et qu’ils ne seront des fabricants complets, des fournisseurs de la grande consommation, que lorsqu’ils auront concilié la beauté de leurs produits avec le bon marché qui en assure l’écoulement certain. Dans l’état actuel des affaires, la plus forte production individuelle ne dépasse pas 800,000 fr. par année , et la plupart des fabricants n’atteignent pas le taux de 300,000 fr. De pareils chiffres annoncent bien clairement que la fabrication des tapis, en France, n’a pas encore dit son dernier mot.
- Sans vouloir soulever à ce sujet aucune question de théorie, peut-être est-il permis de demander si la double influence, en sens inverse, du tarif de 22 pour 100 sur les laines et des droits énormes qui pèsent sur les tapis étrangers, n’a pas constitué à la fabrication des tapis français une position trop artificielle. Le droit sur les laines est à la valeur ; celui des tapis est au poids : qui sait ce qu’une telle combinaison a pu produire jusqu’ici sur le mouvement et sur les habitudes de la consommation? Il y a certainement plus d’une cause à étudier dans ce phénomène étrange d’une production aussi médiocre pour une population de oh millions d’hommes, qui s’enrichit tous les jours ; surtout lorsqu’on voit que cette production semble chercher un refuge dans la
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- fabrication des tentures, et se créer un avenir si différent de son passé.
- En attendant, le jury ne saurait trop encourager les efforts qui ont été faits pour maintenir l’industrie des tapis au rang qu’elle occupe et pour lui ouvrir des débouchés nouveaux. Le jury a de l’ambition pour cette belle industrie plus qu’elle ne semble en avoir elle-même, et il espère que la libéralité de ses récompenses saura l’exciter à de plus énergiques tentatives. / 11 est à désirer que les fabricants se vouent principalement au culte de l’utile, et qu’ils fortifient leurs tapis ras, leurs moquettes et leurs jaspés, tout en les embellissant. Aujourd’hui leurs frais généraux sont énormes, eu égard à la modeste consommation chargée d’y faire face ; aussitôt que celle-ci s’accroîtra, les produits baisseront de prix, et les profits croîtront avec les salaires. Toute la question est là. Il faut que les fabricants de tapis fassent ce qu’ont fait les imprimeurs sur étoffes, les filateurs , les fabricants de drap. N’a-t-on pas vu, depuis quelques années, augmenter avec une rapidité extrême la demande des foyers, des descentes de lit, des petits tapis haute laine , parce qu’ils étaient bien confectionnés et pas trop chers? Le jury se flatte qu’une ère semblable ne tardera pas à s’ouvrir pour les tapis grand format de tout genre, et c’est dans cet
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- espoir qu’il a décerné les récompenses qui
- suivre.
- EXPOSANT HORS DE CONCOURS.
- M. Charles SALLANDROUZE-LAMORNAIX , à Aubusson ( Creuse ) , et à Paris , boulevard Poissonnière, 23,
- A exposé cette année, comme aux expositions précédentes, les plus beaux tapis qui soient sortis des ateliers de Felletin et d’Aubusson. Hors de concours par sa position de membre du jury, comme il le serait par la supériorité de ses produits , M. Ch. Sallandrouze n’en a pas moins voulu contribuer à l’éclat de l’exposition de i844> où son magnifique tapis de l’Hôtel-de-Vilîe et celui qui a produit une si vive sensation sous le nom de Forêt vierge, ont occupé le premier rang. M. Sallandrouze a aussi exposé des portières d’un fini exquis, des moquettes remarquables par leur éclat et leur solidité, des veloutés, des tapis haute laine, et généralement tout ce qui compose le plus bel assortiment en ce genre.
- Le jury lui exprime sa haute satisfaction pour sa persévérance à maintenir l’industrie des tapis dans la bonne voie, par la puissance de l’exemple et par l’excellente direction qu’il n’a cessé de lui imprimer.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM* YAYSON et Cie, à Abbeville (Somme).
- M. Vayson a obtenu la médaille d’or en 1809 et
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- îa médaille d’argent aux expositions précédentes. Les produits qu’il a exposés cette année, fort admirés des connaisseurs, ont dignement soutenu la réputation de M. Vayson et justifié de tout point la haute récompense dont ce fabricant distingué a été Fobjet.
- Le jury» lui décerne le rappel de la médaille d’or.
- MÉDAILLES D’OR.
- M. Émile CASTEL, à Aubusson (Creuse),
- Qui expose pour la première fois, s’est élevé, dès son début d’exposant, aux premiers rangs de la fabrique. Ses produits se distinguent particulièrement par l’excellent choix des matières, par la finesse et par la perfection dans l’exécution. Les quatre portières qu’il a exposées n’ont rien laissé k désirer : heureuse harmonie des couleurs, sujet bien entendu, tissu fin et solide, admirable effet de l’ensemble, rien n’y manquait, et le fabricant qui a produit pour son coup d’essai des produits d’une telle valeur mérite d’être proclamé digne du premier rang qu’il a su occuper.
- Le jury lui décerne la médaille d’or.
- M. Henri LAURENT , à Amiens (Somme),
- Est un de nos plus habiles fabricants de tapis. Tout le monde connaît l’heureuse impulsion qu’il a donnée à cet article, la bonne qualité de ses tapis ras, le goût exquis de ses moquettes, et surtout le zèle consciencieux qu’il apporte dans les moindres détails de sa fabrication. Le jury central qui lui a
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- décerné une médaille d’or pour d’autres succès non moins légitimes, signale ici pour mémoire les services rendus par cet honorable fabricant, dont l’intelligence et l’activité suffisent à toutes les affaires.
- MM. FLAISSIER frères, à Nîmes (Gard).
- L’industrie des tapis a fait de grands progrès à Nîmes depuis quelques années, grâce au zèle et à l’esprit inventif de cette ville, en tête desquels l’opinion générale a placé MM. Flaissier frères. Ces honorables industriels ont débuté, en 1837, par la fabrication des tapis écossais qu’ils jugèrent bientôt insuffisants, et ils introduisirent, en i838, dans la ville de Nîmes le travail des moquettes, jusqu’alors concentré dans les manufactures du centre et du nord. Le jury récompensa, en 1839 , cette tentative hardie par une médaille d’argent, et depuis lors, MM. Flaissier frères n’ont cessé de multiplier leurs efforts. C’est ainsi qu’ils ont ajouté à leur fabrication les étoffes pour portières, tentures et meubles, laine et soie, où ils excellent, les tapis moquettes pour meubles , les moquettes bouclées ou veloutées dites impériales, des tapis veloutés haute laine, fabriqués par un procédé particulier, dont nous avons pu apprécier la belle qualité sur un petit échantillon. Leurs tapis, dits français, imitant la tapisserie à la main, ont eu beaucoup de succès. En un mot, MM. Flaissier frères sont doués de l’esprit d’invention, d’activité et de persévérance qui caractérise les grands fabricants; le jury leur décerne une médaille d’or.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. PARIS frères, à Aubusson (Creuse),
- Ont obtenu la médaille de bronze en i834 et la médaille d’argent en 1839. Ils ont exposé cette année deux tapis très-bien exécutés et quelques devants de canapé, haute laine, de la plus belle confection et d’une excellente qualité.
- Le jury décerne le rappel de la médaille d’argent à ces habiles et modestes fabricants.
- NOUVELLES MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. BELLAT aîné, à Aubusson (Creuse),
- Dont l’établissement remonte à 1819, possède 12 métiers, entretient 35 ouvriers et fabrique des tapis pour une valeur de 60 mille fr. par année; le jury lui a accordé, en 1839, une médaille d’argent. Le jury de 1844 lui en accorde une nouvelle, justifiée sous tous les rapports, par la bonne qualité et le bon goût des produits que M. Bellat a exposés cette année.
- MM. ROUSSEL , RÉQUILLART et CHOCQUEL, à Tourcoing (Nord),
- Entretiennent 100 métiers consacrés à la fabrication des moquettes supérieures et ordinaires, et des tapis de foyers. Ils sont très-avantageusement connus pour la bonne qualité de leurs produits, fort répandus etgoûtés dans la consommation. Ceux qu’ils ont exposés cette année se recommandaient par des qualités plus remarquables encore qu’aux
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- expositions précédentes. Le jury leur décerne une nouvelle médaille d’argent comme un témoignage de sa satisfaction pour leur persévérance dans la voie du progrès.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. LECUN frères et Gie, à Nîmes (Gard).
- Après MM. Flaissier frères et presque sur la même ligne, la ville de Nîmes compte parmi ses plus ingénieux fabricants MM.Lecun et compagnie qui ont obtenu , en i83g, une médaille de bronze. MM. Lecun exécutent dans leurs ateliers tous les travaux préliminaires qui se rattachent à la fabrication des tapis, préparation de la laine, filature, teinture, etc. Leur établissement de teinture a beaucoup contribué au développement de l’industrie Nîmoise. MM. Lecun se sont livrés avec succès à la fabrication des tapis jaspés, et ils ont abordé avec la même distinction le travail des moquettes. L’importance de leur établissement, si vaste, si varié, si complet; l’atelier de teinture dont ils ont doté les premiers la ville de Nîmes, et la haute intelligence avec laquelle ils le dirigent ont paru au jury des titres dignes de la médaille d’argent qu’il leur décerne.
- M. J.-J. SALLÀNDROUZE, àÀubusson (Creuse),
- Expose des tapis écossais, des tapis ras et des jaspés très-bien exécutés et d’une fabrication courante, à des prix modérés. Ce fabricant s’est constamment efforcé de répondre aux besoins de la
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- consommation par une production régulière, soi-gnée dans îes détails et dans le choix des matières. Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. Alexis SALLANDROUZE, à Aubusson (Creuse),
- A obtenu en 1834 une médaille de bronze. Il a exposé cette année un tapis ras, sujet oriental, dont les accessoires ont été exécutés avec soin, et font le plus grand honneur à son habileté.
- Le jury lui décerne le rappel de la médaille de bronze.
- MM. BELLANGER père et Cie,- à Tours ( Indre-et-Loire),
- Ont obtenu en 1839 rappel de la médaille de bronze pour la bonne confection et le prix modéré de leurs produits. Ceux qu’ils exposent cette année ont paru dignes d’attention au jury, qui accorde à MM. Bellanger père et Cie le rappel déjà décerné en 1839.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. RÉDARÈS frères, à Nîmes (Gard),
- Ont contribué pour une bonne part au développement que la fabrication des tapis a pris dans cette ville. Us se livrent au travail des tapis écossais et des moquettes. Ils ont pris, depuis quelque temps, un brevet d'invention pour la fabrication d’un tapis qu’ils nomment linewool, mêlé, selon certains procédés, de fil et de laine, et dont l’effet est agréable
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- à l'œil. Le jury décerne à MM. Rédarès frères une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. DEMY-DOINAUD et Cie, à Aubusson (Creuse),
- IN 'ont fondé leur établissement à Aubusson qu’en ï843. Ils étaient jusque-là d’habiles négociants, dont l’intelligence et l’activité servaient d’une manière très-efficace les intérêts de la fabrication des tapis. La grande expérience qu’ils ont de cet article, dont leur maison de Paris possède d’immenses assortiments, a dû nécessairement contribuer au succès de leur manufacture, encore peu développée aujourd’hui, mais appelée à s’étendre. Le jury décerne à M. Demy-Doinaud une médaille de bronze.
- M. TABARD aîné, à Aubusson (Creuse),
- Dont la fabrique est. fort ancienne, expose pour la première fois. Le nombre de ses métiers n’est pas très-considérable; mais ses produits sont très-recherchés à cause de leur beauté, de leur éclat et surtout de leur bon marché. Le jury décerne à M. Tabarcl aîné une médaille de bronze.
- MM. YAYSON, PORET et Cie, à Paris, rue du faubourg Saint-Jacques, 53,
- Ont exposé des tapisseries fabriquées par un nouveau procédé importé d’Allemagne, depuis un an environ.
- Le jury, voulant récompenser les efforts et les perfectionnements qu’ils ont apportés dans cette
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- nouvelle industrie, accorde à ces fabricants une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. COUMERT, CARRETON et CHARDON-NAUD, à Nîmes (Gard),
- Exposent pour la première fois des tapis. Le genre auquel ils se sont voués est une étoffe exactement semblable à celle des tapis riches d’Aubus-son, et fabriquée sur le métier ordinaire, au lieu d’être le produit de la haute lice. La chaîne et la trame de cette étoffe présentent une grande solidité. Le broché relié à l’envers la fortifie beaucoup et peut dispenser de l’emploi des tliibaudes. Le jury accorde à MM. Coumert, Carreton et Char-donnaucl une mention honorable.
- Il accorde également une mention honorable à MM.
- f
- BARBAZA et Gie, à Bellon-sur-Somme (Somme) ; Frédéric GOULET, à Nîmes (Gard) ;
- Antoine GAUSSINEL, à Clermont - F Hérault (Hérault) ;
- HATTAT, à Paris, rue Richelieu, 81;
- LAVAL et SAUREL, à Nîmes (Gard) ;
- Pour la bonne qualité de leurs produits. Le jury espère que les établissements de ces honorables fabricants, de fondation très-récente, acquerront bientôt des développements dignes cî’une plus haute récompense.
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- CITATION FAVORABLE.
- M. DENNEBECQ, à Paris, rue Saint-Nicolas-
- d’Antin, 66,
- Sait raviver les couleurs des vieux tapis de la savonnerie, des tapis veloutés, des tapis haute laine, et les remet à neuf par un procédé dont il n’est pas l’inventeur, mais qu’il exploite avec beaucoup d’intelligence. 11 a exposé des échantillons dont une partie demeure frappée de vétusté, tandis que la partie restaurée brille de tout l’éclat de la nouveauté.
- Le jury accorde une citation favorable à M. Den-nebecq.
- DEUXIÈME SECTION.
- TAPISSERIES AU MÉTIER ET A L’AIGUILLE.
- Cette modeste industrie reprend faveur. On peut la diviser en deux parties bien distinctes : les tapisseries au métier et les tapisseries à la main. Les premières n’ont pas seules de l’importance pour les procédés plus expéditifs de leur exécution , et si l’on en jugeait par le nombre des exposants, la tapisserie à l’aiguille remporterait sur sa rivale. Celle-ci a pris une extension qui tend à s’accroître par le perfectionnement des instruments du travail, tels que métiers à broder, finesse et bon teint de la laine, variété des modèles, etc. La tapisserie à l’aiguille est
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- plus chaude, plus douce et aussi solide que la tapisserie au métier, et quoiqu’elle paraisse être exécutée le plus souvent par des personnes appartenant aux classes aisées, elle offre néanmoins des ressources importantes aux femmes pauvres qui sont chargées de commencer sur le canevas la tâche qui s’achève par des mains plus fortunées.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. ROUGET-DELISLE, à Paris, passage des
- Petites-Écuries, 15 et 20,
- A obtenu une médaille de bronze en ï 83g pour ses utiles travaux sur les couleurs, d’après la théorie de M; Chevreul. Il expose cette année des tapisseries fabriquées selon ce système et d’un elfet très-agréable.
- Le jury lui a décerné, à l’occasion du rapport sur les machines, le rappel delà médaille de bronze.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. DEMY-DOINAUD et Cic, à Paris , rue Vi-vienne, 16, et à Aubusson (Creuse),
- Ont reçu en 183g, pour leurs divers produits, une mention honorable, que le jury a remplacée cette année par une médaille de bronze pour leurs belles tentures. Les tapisseries figurent aussi au premier rang parmi les produits exposés par ces messieurs. Le jury rappelle cette circonstance comme
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- un nouveau titre pour MM. Demy-Doinaud à la décision honorable dont ils ont été l’objet.
- Mademoiselle CHANSON et Cî0, à Paris , rue Sainte-Anne, 51 bis,
- Est l’auteur d’un métier à tapisseries très-simple et très-ingénieux, à l’aide duquel le canevas peut être fixé et tendu dans tous, les sens d’une manière égale et solide, par la seule action d’une vis placée à portée de l’ouvrière. La manœuvre de ce métier est très-facile, et il en résulte une grande économie de temps et une grande perfection de travail. Mademoiselle Chanson a trouvé également un nouveau moyen de reproduire toutes les fleurs sur un canevas, sans recourir aux dessins quadrillés qu’on tirait précédemment de Berlin. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- Le jury accorde une mention honorable à MM.
- PÉRILLIEUX-MICHELEZ, à Paris, rue des Lombards , 41,
- En raison de l’excellente exécution de ses tapisseries et surtout du riche assortiment de ses produits ;
- Et BUCHER, à Paris, boulevard Montmartre, 15.
- CITATIONS FAVORABLES.
- À Mademoiselle GÉRARD, à Paris , rue Saint-Honoré, 333.
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- AM. HELBRONNER, à Paris, rue de la Paix, 10, Et à M. JOLY, à Paris, rue Saint-Denis, 381.
- TROISIÈME SECTION.
- DENTELLES , TULLES, BRODERIES.
- Les dentelles, les tulles et les broderies ont vivement frappé l’attention publique, à l’exposition de cette année. Ces élégants produits y figuraient en grand nombre et avec une variété remarquable tout à la fois sous le rapport dù goût et de l’exécution. Aucun département n’a manqué à l’appel, et nous avons vu avec plaisir reparaître le point d’Alençon qui semblait oublié, les Valenciennes et plusieurs autres dentelles spéciales, dont la cherté croissante avait jusqu’à ce jour considérablement restreint la consommation. Cependant, le fait capital de l’exposition, en ce qui concerne cette gracieuse industrie, c’est l’invasion du tulle et la transformation rapide des dentelles de fil en dentelles de coton. L’originalité française a fait place à Vimitation,. et l’exposition regorgeait d’imitations d’Angleterre , d’imitations belges, d’imitations et $ applications de tout genre, et même d'imitations françaises. Est-ce un Rien? est-ce un mal? L’avenir seul décidera. Les affaires de l’industrie ne
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- se gouvernent pas par les mêmes règles que celles de l’art : toutes les fois que, par une cause quelconque, la consommation change de route, la tâche du fabricant est de suivre ses traces et de sauver les intérêts du travail, sur quelque matière qu’il s’exerce. Quelque supériorité que les belles dentelles de fil aient sur les dentelles de coton, si les Valenciennes et les points d’Alençon qui reparaissent heureusement venaient à disparaître , il faudrait bien se réfugier dans la production du tulle, et s’applaudir d’avoir trouvé un asile pour nos ouvrières déshéritées.
- Telle est, en effet, la tendance actuelle des
- choses, en dépit des efforts habiles et persévé-
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- rants de nos fabricants de dentelles. Grâce aux progrès de la filature, les cotons retors sont aujourd’hui si parfaits dans les numéros appropriés, que leur apparence est égale à celle des plus beaux fils de mulquinerie, et qu’ils servent à produire des réseaux d’une perfection égale à
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- celle des plus riches dentelles. L’œil exercé des femmes ne peut les distinguer qu’à l’aide d’une attention minutieuse; l’aspect est absolument le même, et comme il ne s’agit point d’un tissu qui serve de vêtement, la matière importe peu, dès que la vue, j’ai presque dit la vanité, est satisfaite. Si l’on considère, en outre, qu’à l’aide du coton on peut fabriquer, au prix de dix à
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- quinze francs le mètre, des tulles assez richement brodés pour remplacer les dentelles de fil de cent francs et même de cent cinquante francs le mètre , on comprendra la vogue désormais assurée des imitations de tout genre et le remplacement général des fils de mulquinerie qui coûtent cinq mille francs le kilogramme, par les retors de coton, beaucoup plus aisés, d’ailleurs, à travailler. Les blondes de soie ne se sont pas relevées de l’abandon où elles sont tombées, et l’on n’en fabrique plus guère que pour l’exportation.
- Affirmons donc hardiment, sans en faire de reproche à personne, mais aussi pour éviter une erreur volontaire, que les fils de coton se sont glissés partout, même dans les dentelles jusqu’à ce jour les plus intègres, telles que le point d’Alençon et les belles Valenciennes. Il ne faut pas s’en plaindre : elles dureront moins et on en fera davantage. Le blanchissage les empêchera de se transmettre de siècle en siècle avec les héritages, et les ouvrières de nos jours ne seront pas privées de travail par la perfection du travail de, leurs mères. Qu’il nous suffise de dire que la fabrication des tulles s’élève aujourd’hui à plus de dix millions de francs par année, c’est-à-dire à plus du triple de celle des dentelles. Elle prend de jour en jour une extension plus considérable et plus rapide. Le tulle se fabrique sur une lar-
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- geur de quelques centimètres et sur une longueur de plusieurs mètres ; on le brode, on le broche, on le façonne avec une grande facilité, et l’heureuse application du métier à la Jacquart, sans parler des métiers spéciaux, permet d’obtenir le réseau avec la rapidité de la toile, aux prix les plus modérés.
- Tout en s’applaudissant du mouvement qui règne dans cette industrie d’importation récente, le jury a vu avec satisfaction la reprise de certains articles de fabrication éminemment française , tels que le point d’Alençon, les Valenciennes , les dentelles de Bayeux dont plusieurs exposants ont envoyé de magnifiques échantillons. Peut-être même faut-il attribuer cette recrudescence à l’invasion des tulles, car nous ne croyons pas que le strass ait nulle part remplacé le diamant ni altéré sa valeur. Nous nous félicitons qu’il reste encore un peu de travail individuel au foyer domestique, et que les dentelles de fil offrent de nouvelles ressources aux filles et aux femmes qui craignent le séjour des grands ateliers en commun. Nous en dirons autant du progrès des broderies, constaté cette année par de ravissantes productions, peut-être plus admirées des étrangers que de nous-mêmes, et qui donnent lieu chaque jour à des commandes importantes. Le mouvement de nos affaires s’est accru, en ce
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- genre, dans des proportions inouïes, et nous pourrions citer tel fabricant de broderies qui dépense plus de trente mille francs par an, rien qu’en enveloppes de carton pour expédier ses produits en Amérique, produits qui consistent en robes, en collerettes, en ficlius brodés où le travail est tout et la matière première presque rien. Le jury n’a pas accordé à ces utiles industriels des récompenses de l’ordre le plus élevé ; mais les médailles plus modestes qu’il décerne à plusieurs fabricants, de dentelles., de tulles et de broderies, témoignent hautement de sa sollicitude et de sa sympathie pour leurs efforts.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- M. CLÉRAMRAULT, à Alençon (Orne),
- A obtenu en 1839 le rappel de la médaille d’or qui lui avait été décernée en 1827 pour l’ensemble de ses produits, parmi lesquels figuraient des dentelles dites points d’Alençon. Les sept pièces qu’il a exposées cette année sont remarquables par la finesse, l’extrême régularité et la solidité du fonds. Le jury décerne à M. Clérambault le rappel de la médaille d’or.
- MM. LEFÉBURE et sœur et PETIT, à Bayeux
- (Calvados),
- Ont obtenu, sous le nom de madame veuve Carpentier, la médaille de bronze en 1819, celle
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- d’argent en 1823, celle d’or en 1827 pour les^pro-grès constants de leur fabrique de dentelle de fil et de blondes de soie. Les objets nombreux qu’ils ont présentés au concours de i844> nommément une aube et une robe en dentelle de fil, ont été fort^ad-mirés, ainsi qu’une châle noir et une mantille du plus beau travail. Cette maison soutient dignement la réputation de la fabrique de Bayeux. Le jury lui décerne le rappel de la médaille d’or.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. D’OCAGNE, à Alençon (Orne),
- A obtenu en 1819 une médaille d’argent qui lui fut rappelée à toutes les expositions suivantes. Il expose cette année dix échantillons de point d’Alençon, qui sont très-distingués par des qualités diverses et surtout par la modération de leurs prix. Le jury décerne à M. d’Ocagne le rappel de la médaille d’argent.
- M. Théodore FALCON, au Puy (Haute-Loire),
- A obtenu en 183q la médaille d’argent pour avoir créé dans le département de la Haute-Loire une fabrique de dentelles dont il s’attache à étendre tous les jours l’importance et à varier les produits. Celles qu’il a présentées cette année attestent de plus en plus l’esprit inventif de ce fabricant distingué, l’un de ceux qui ont le plus contribué au succès des dentelles dans ces derniers temps. Le jury lui décerne le rappel de la médaille d’argent.
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- NOUVELLE MEDAILLE D’ARGENT.
- M. le baron MERCIER, à Alençon (Orne),
- A obtenu plusieurs médailles d’argent aux diverses expositions précédentes, et il a puissamment contribué - dans ces derniers temps à la reprise de faveur dont jouit en ce moment le point d’Alençon, qui n’avait pas paru aux expositions depuis 1823. Le jury décerne à M. le baron Mercier une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. YIDECOQ et SIMON, à Alençon (Orne),
- Ont exposé des dentelles point d’Alençon, d’une élégance, d’un goût et d’une vigueur d’exécution fort remarquables. Le jury leur accorde une médaille d’argent.
- M. LEBOULANGER, à Bayeux (Calvados), et à Valenciennes (Nord),
- A exposé un manteau en dentelle de fil remarquable par le bon goût du dessin et la richesse de l’exécution. Tous ses articles se font distinguer par la réunion des qualités les plus recherchées dans ce genre de travail, auquel M. Leboulanger occupe environ 800 ouvrières. Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. YIOLART, à Courceulles (Calvados),
- Aussi habile artiste que sérieux fabricant, est un
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- des hommes qui ont lutté avec le plus d’énergie dans les mauvais jours de l’industrie des dentelles, et il a puissamment contribué à relever cet article du discrédit où il était tombé. Il expose cette année des produits très-variés, très-riches et très-beaux, dentelles de Bayeux , imitations de Bruxelles , châles, voiles et robes en dentelle noire, applications d’Angleterre, qui proviennent de sa fabrique de Courceulles, et qui, malgré leur belle confection, n’ont pas été fabriquées pour l’exposition. M. Violart avait obtenu, en i834, la médaille de bronze; le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. DOGNIEN, à Lyon (Rhône),
- Est le premier fabricant de cette ville dans sa spécialité, et surtout par la variété et l’originalité de ses produits, toujours appropriés au goût des consommateurs, gracieux, élégants, agréables à la vue et remarquables par un caractère qui leur est propre. Le jury a distingué son tulle, dit de France, qui est la première application de la mécanique Jacquart au métier anglais de tulle bobin; il décerne à M. Dognien une médaille d’argent.
- MM. HERBELOT fils et GENET-DUFAY, à Calais (Pas-de-Calais),
- Sont à la tête de l’industrie calaisienne des tulles, qui a pris une si grande extension depuis quelques années. Les produits qu’ils ont exposés, exécutés avec une grande netteté, dans des proportions hardies et à des prix très-modérés, ont paru dignes de Sa médaille d’argent.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- Madame Marie HOTTOT etCie, à Paris, place de la Bourse, 12,
- A exposé des dentelles et des blondes. En 1839, le jury a accordé h madame Marie Hottot le rappel d’une médaille de bronze décernée en i834; il s’empresse de lui renouveler aujourd’hui ce rappel.
- M. HULOT, à Paris, rue du Dauphin, 10,
- A exposé des dentelles et des imitations sur tulle. Le jury confirme à M. Hulot la médaille de bronze qui lui a été décernée en 1823, et rappelée en 1827 sous la raison Hulot, Larminat et Prat.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. CHAMP AILLE, à Calais (Pas-de-Calais),
- A exposé une voilette et une écharpe fort belles, et des pièces de tissus pour robes. Ce fabricant est un des plus habiles de la ville de Calais, cette métropole des tulles. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. PEARSON, à Calais (Pas-de-Calais),
- A envoyé à l’exposition une caisse assortie de tous les produits de sa fabrique, imitations de Valenciennes, guipures, tulles brodés, admirablement confectionnés. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. DUPAS KOËL, à Mirecourt (Vosges),
- L’un des fabricants les plus distingués de la ville de Mirecourt : il a beaucoup contribué à redonner
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- de l’élan à la fabrication, et les produits qu’il a exposés ont été généralement remarqués pour leur finesse, leur belle exécution, le bon choix des matières.
- Le jury décerne à M. Dupas Koël une médaille de bronze.
- M. AUBRY-FABVREL, à Mirecourt (Vosges),
- A exposé divers échantillons qui témoignent des progrès que cet honorable industriel a fait faire à la fabrique.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. TORCAPEL, à Caen (Calvados),
- Expose pour la première fois des tulles brodés de la fabrique de Caen, du goût le plus pur. Les connaisseurs ont particulièrement remarqué la grâce et la légèreté de ses dessins, la régularité des mailles, l’aspect avantageux du réseau.
- Le jury accorde à M. Torcapel une médaille de bronze.
- M. GEFFROTIN, à Paris, rue de Cléry, 13,
- A envoyé à l’exposition divers objets, tels que robes, écharpes, châles, mantelets, aubes, parfaitement exécutés et qui témoignent de son habileté dans les divers genres dontse compose soninduslrie.
- Le jury accorde à M. Geffrotin une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- Le jury décerne une mention honorable à MM. AUBRY frères, à Mirecourt (Vosges),
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- JOUVET-PARDINEL, à Yiverols (Puy-de-Dôme), SÉGUIN , au Puy (Haute-Loire),
- Mesdemoiselles YILLAIN, à Caen (Calvados),
- M. RENAUDET-COGNAC, à Chatellerault (Yienne).
- ..Broderies.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. WISNICK, DOMAIRE et ARMONVILLE, à Paris, rue Richelieu, 10A,
- N’ont exposé que de simples échantillons tirés de leurs riches magasins, tels que châles brodés à l’aiguille, écharpes, robes de mousseline, mouchoirs brodés, etc. lytais ces produits ne laissent rien à désirer. Ils en exportent pour plus de 5oo,ooo fr. par année, et ils en fabriquent pour plus de i million. Le jury leur décerne une médaille d’argent.
- M. LINARD, à Paris, place des Victoires, 12,
- Est l’auteur de ce beau châle brodé sur crêpe de Chine, qui est regardé par tous les hommes compétents comme un chef-d’œuvre de fabrication. Les autres articles de M. Linard ne sont pas moins remarquables et motivent la récompense dont ce fabricant est l’objet. Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M, RIAIS, àParis,rueduPot-de-Fer-St-Sulpice, h,
- A obtenu, en 1839, une médaille de bronze dont le jury lui vote le rappel.
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- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE,
- M. DREUILLE,àParis, rue Grange-Batelière, 17,
- A obtenu, en 183g, une médaille de bronze pour le développement qu’il avait donné alors à l’industrie des broderies. L’importance que sa maison a acquise détermine le jury à lui accorder une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. PERSON, à Paris, rue Montmartre, 95,
- A exposé des broderies fort remarquables aussi par leur belle exécution. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- Mesdemoiselles BEAU VAIS et Gie, à Paris, rue Yivienne, 57,
- Ont fait de grands progrès depuis 1839 dans leur industrie, nous allions dire dans leur art. Le manteau de cour qu’elles ont exposé, les trois robes bro~ dées, et divers autres échantillons ont paru admirablement exécutés. Le jury accorde à mesdemoiselles Beauvais une médaille de bronze.
- Mesdames WOTOUSKI et MAUFUS, à Aubusson (Creuse),
- Ont fondé à Aubusson une véritable école de broderie qui est destinée à acquérir une grande extension et dont les produits ont paru parfaitement exécutés. Le jury leur décerne une médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- Le jury accorde une mention honorable à
- Mademoiselle Léonie HORRER, à Nancy (Meur-the) ;
- M. BEUQUE et sœurs, à Lyon (Rhône) ;
- MM. DRAPS et GOUDENOVE, à Paris, rue Yivienne, 31.
- QUATRIÈME SECTION.
- GAZES ET TISSUS DE SOIE POUR BLUTERIE.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. HENNECART, à Paris, rue de Provence, 16,
- A obtenu, en 183g, une médaille d’or pour ses gazes de soie à bluter les farines. Le jury lui en décerne le rappel.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. COUDERC (Antoine) et SOUCARET fils, à Montauban ( Tarn-et-Garonne),
- Déjà récompensés pour le même produit. MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. BONNAL et Cie, à Montauban ( Tarn-et-Garonne) ,
- Se présente avec des produits dignes d’intérêt, mais dont la création en France appartient à ses prédécesseurs. Le jury décerne à M. Bonnal une médaille de bronze.
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- CINQUIÈME SECTION.
- TISSUS DE TERRE.
- NOUVELLE MENTION HONORABLE.
- MM. DUBUS (Théodore) et Cie, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, 190,
- A obtenu une mention honorable, en 1839, pour ses tissus dits de verre, imitant le brocard de soie. Le jury avait cru devoir garder sur la valeur de cette fabrication une sage réserve ; il accorde à M. Dubus une nouvelle mention honorable.
- NON-EXPOSANTS.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. Jean-Antoine ARNAUD, mécanicien, à Lyon (Rhône).
- Le jury du Rhône recommande d’une manière toute spéciale cet habile mécanicien pour l’invention du procédé qui porte aujourd’hui son nom. Le procédé Arnaud est un grand service public rendu non-seulement à l’industrie lyonnaise, mais encore à toutes les industries qui emploient la soie ou tout autre filament.
- Ce procédé a pour but d’apprécier et de constater avec la plus grande exactitude le rendement des filaments confiés à la teinture ou à l’ouvraison, et par conséquent de prévenir ou de reconnaître les soustractions qui pourraient avoir lieu.
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- Pour faire apprécier l’importance de cette découverte, il suffit de rappeler que la soie peut, k la teinture, perdre 3o pour 100 de son poids, ou prendre jusqu’à 85 pour ioo de surcharge.
- Cette grande marge dans le rendement à la teinture de cette précieuse matière a , de temps immémorial, été la source de graves et coupables abus. Pour en donner une idée, nous ne croyons pouvoir mieux faire que de citer l’extrait suivant d’un mémoire rédigé en 1772 par les syndics, maîtres-gardes , inspecteur s-royaux et contrôleurs jurés de la grande fabrique d'or, d'argent et de soie de la ville de Lyon au sujet d'un fait de piquage d'once.
- « Le piquage d’once, y est-il dit, coûte chaque » année plus d’un million au commerce. Ce n’est » rien encore, mais il discrédite absolument nos >> manufactures par la défectuosité dans la fabrica-» tion et la couleur des étoffes faites avec des soies » restreintes et inégales. »
- Si en 1772 , avec environ 10,000 métiers , le piquage d’once s’élevait à un million, on peut sans exagération l’évaluer aujourd’hui, avec nos 5o,ooo métiers, avec nos progrès en chimie et l’insuffisance des moyens de répression, à plus de 6 millions pour les fabriques de Lyon seulement. A quel chiffre ces coupables soustractions 11e l’élèveraient-elles pas si on pouvait faire pour les fabriques de Saint-Etienne, Saint-Chamond, Mmes, Avignon, Paris et la Picardie l’appréciation approximative qui vient cl’être faite pour celles de Lyon ?
- Pour combattre cette plaie hideuse, une société
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- de fabricants s’est constituée à Lyon; elle a pris pour base de ses opérations le procédé Arnaud dont elle a déjà pu constater l’heureuse influence.
- Malgré la simplicité, l’économie, et surtout à cause de l’efficacité de son procédé, il a fallu à cet artisan honorable, douze ans de lutte énergique contre l’indifférence, les préventions et les coupables manœuvres des intérêts qu’il venait attaquer.
- Toutefois on est heureux de faire observer ici que beaucoup de teinturiers honnêtes ont accueilli avec joie le procédé Arnaud, parce qu’il les délivre non-seulement d’une ruineuse concurrence, mais aussi du soupçon qui pesait sur l’industrie de la teinture en général.
- Depuis un an seulement, à l’époque de l’organisation de la société de garantie contre le piquage d’once, Arnaud reçut d’elle une rémunération , et cependant le brevet qui lui garantit la propriété de so.n procédé expire dans deux ans.
- Le jury croit faire un acte de haute justice en décernant à Jean Arnaud la médaille d’or.
- Il désire que l’éclat de cette récompense contribue à la propagation de son procédé dans toutes les fabriques de France.
- M. ROUSSY, chef d’atelier, à Lyon (Rhône).
- Pour le récompenser des utiles inventions dont il avait doté l’industrie des soieries, le jury lui décerna en i83g une médaille d’argent.
- Depuis lors M. Roussy ne s’est pas arrêté; le jury du Rhône signale avec les plus grands éloges les nou-
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- veaux procédés inventés par lai, et entre autres le compensateur, mécanisme simple et ingénieux qui facilite et allège le travail de l’ouvrier sur les métiers lourds et compliqués. Le jury du Rhône termine en ces termes son rapport sur M. Roussy : <c Homme honorable et habile ouvrier, Roussy doit » à son caractère et à sa conduite autant qu’à sa ca-» pacité de siéger depuis dix ans au conseil des » Prud’hommes , où il a su se concilier l’estime » des fabricants et des ouvriers. »
- Le jury central, heureux d’honoreret de récompenser en M. Roussy la classe si utile et si intelligente des chefs d’atelier de Lyon, lui décerne la médaille d’or.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. CHASSAGNE, directeur de fabrique, à Au-busson (Creuse),
- Déjà recommandé à la dernière exposition par le jury départemental de la Creuse, a rendu de grands services à l’industrie des tapis par la création de plusieurs procédés importants, appliqués à la fabrication des jaspés, des tapis double-droits, écossais et autres.
- Le jury , considérant que M. Chassagne s’est élevé du rang de simple ouvrier , par la seule protection de son talent, à la position qu’il occupe aujourd’hui, lui décerne une médaille d’argent.
- M. BON, apprêteur, à Lyon (Rhône).
- A côté clés deux grandes opérations de la tein-< i. 36
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- ture et du tissage, il en est une troisième, l’apprêt, dont l’importance s’accroît chaque jour.
- L’art de donner ou de rendre à la matière ouvrée l’éclat, le moelleux , l’uni, qui font surtout le mérite des tissus de soie, est devenu d’autant plus essentiel que, depuis quelque temps, l’industrie s’est appliquée à mélanger avec la soie, le coton, la laine, le lin, etc.
- M. Bon est, de tous les apprêteurs de Lyon, celui qui, depuis dix ans surtout, a le plus contribué aux progrès de l’apprêt de toutes les étoffes. Aucun sacrifice ne lui coûte pour venir en aide aux fabricants lyonnais que leur génie porte à varier sans cesse leurs produits.
- Des hommes, comme M Bon, sont éminemment utiles dans une grande industrie où toutes les spécialités se prêtent une active et mutuelle assistance, où toutes concourent au but commun de la perfection et du bon marché des produits.
- Telle est l’opinion exprimée par le jury départemental sur les efforts de ce laborieux industriel ; le jury central se plaît à le récompenser, en lui décernant la médaille d’argent.
- M. MARTINON, chef d’atelier, à la Croix-Rousse, à Lyon (Rhône ),
- A siégé longtemps au conseil des Prud’hommes de Lyon et siège aujourd’hui au conseil municipal de la Croix-Rousse.
- L’esprit d’ordre et de progrès qui préside à la direction de son atelier, le rang honorable qu’il tient dans l’estime publique, les services qu’il n’a
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- cessé de rendre à l’industrie en général, le mettent en première ligne parmi les chefs d’atelier de Lyon; et le jury central, sur les recommandations du jury du Rhône, lui décerne la médaille d’argent.
- * MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. DUFOUR, chef d’atelier, professeur de théorie, ancien prud’homme, à la Croix-Rousse, à Lyon (Rhône),
- Se recommande par les nombreux perfectionnements qu’il a introduits dans les moyens de fabrication des étoffes et des châles de soie.
- Cette opinion du jury départemental s’accorde avec le jugement du jury central qui vote à M. Dufour la médaille de bronze.
- M. GERYAZY, chef d’atelier, aux Erotteaux, à Lyon (Rhône).
- L’excellente tenue de ses ateliers, les soins et l’intelligence qu’il apporte dans le montage de ses métiers et dont il a particulièrement fait preuve en établissant le métier sur lequel a été tissé le grand panneau de tenture exposé par MM. Malhevon et Bouvard, ont recommandé M. Gervazy à l’attention du jury du Rhône.
- Le jury central est heureux de décerner à ce chef d’atelier la médaille de bronze.
- M. GUINARD fils aîné, chef d’atelier, à Lyon (Rhône).
- Le jury départemental signale ce chef d’atelier
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- comme un homme modeste, laborieux et habile. Toujours prêt à seconder le fabricant dans ses innovations, il est entouré de l’estime et de l’afiêction des chefs et des ouvriers.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- RECOMMANDATION SPÉCIALE.
- M. HUBERT, à Paris, rue Saint-Nicolas-d’Antin, 55.
- M. Hubert est un des plus anciens manufacturiers de France; sorti du service militaire, il créa en 1796, une filature cle^coton et tissage de velours à Dieppe : l’année suivante, une filature au rouet dans l’hospice des orphelins de la même ville.
- En 1806, il est nommé directeur de la filature d’Aubenton (Aisne).
- En 1809, directeur de la filature et tissage de Saint-Michel (Aisne).
- En 1814, il a rendu des Services à l’arrondissement de Vendus, pendant l’occupation des troupes alliées.
- En 1815, directeur cle la filature et tissage de Lenglé (Loiret).
- En 1817 , administrateur des forges et fonderies de Cliaillot.
- En 1821 , administrateur de l’établissement des forces et fonderies de la Gare.
- En 1824, fondateur de l’agence générale des manufactures à Paris.
- Les chefs de tous ces établissements ont tous
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- donné les plus grands éloges sur le zèle, la loyauté et les connaissances de M. Hubert.
- Depuis i83o jusqu’à ce jour, M. Hubert s’est occupé de travaux industriels; il a également cherché à fonder des prisons modèles pour les jeunes détenus, de longues correspondances ont eu lieu à ce sujet entre lui et les administrations de l’intérieur et de la justice, beaucoup de ses propres idées sont mises aujourd’hui en pratique.
- Des malheurs et des revirements de fortune ont successivement accablé M. Hubert; parvenu à l’âge de 'y5 ans, son activité et son zèle ne l’ont point abandonné ; mais, à un âge aussi avancé, où trouver un emploi ? Nous savons que le désir de M. Hubert serait de trouver un asile où il pût reposer après tant d’infortunes. Le jury recommande, en conséquence, M. Hubert à M. le Ministre, pour ses longs et nombreux services.
- KUSElSBl*»*
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- DEUXIÈME COMMISSION.
- MÉTAUX ET AUTRES SUBSTANCES MIMER AEES.
- Membres de la Commission.
- MM. le Vicomte Héricart de Tiiury président, d’Arcet , Berthier, Chevalier (Michel), Ciievreul, Combes, Denière, Dufaud, Dumas, Durand (Amédée), Goldenberg, Mimerel ingénieur, Morin, Mouchel, Péligot, Pouillet,
- le baron Séguier.
- SECTION PREMIÈRE.
- SUBSTANCES MINÉRALES.
- M. le vicomte Héricart de Thury, rapporteur.
- § 1. INDUSTRIE DES MARBRES.
- On admire la beauté des marbres, des granits et des porphyres que les Romains ont employés dans la construction et l’ornement des temples et des monuments qu’ils ont élevés dans les Gaules. On regrette de ne pas connaître les carrières d’où ils ont tiré ces admirables, roches. On dit qu’elles viennent d’Asie, d’Égypte, d’Afrique; d’autres supposent ces carrières épuisées, et généralement on ignore qu’elles sont, pour la plupart, situées aux portes ou à peu de distance des
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- villes dans lesquelles ces marbres ont été employés par les Romains qui connaissaient mieux que nous ne les connaissons, les carrières où ils ont puisé les précieux matériaux des magnifiques monuments dont nous voyons tant de vestiges à Lyon, à Tienne, à Aix, à Arles, à Nîmes, à Avignon, à Toulouse, à Narbonne, à Limoges, à Autun , etc., etc.
- Quelques-unes de ces carrières, à l’époque de la construction de nos grandes basiliques, furent remises en exploitation, comme d’autres le furent plus tard et successivement par Charlemagne , François Ier, Henri IY, et particulièrement par Louis XIY, lorsqu’à l’exemple de Henri 1Y, il écrivit aux intendants de toutes les provinces de lui désigner les carrières de marbre qui pouvaient lui fournir des colonnes et des blocs pour ses palais de Marly, Meudon, Trianon, Versailles, etc., etc.
- Dans un état des dépenses faites pour les bâtiments du roi de 1675 à 1715, on voit, en effet, que Louis XIY pour encourager les exploitants des carrières de marbre du royaume, fit faire des colonnes de six, sept et huit mètres,
- 1° Dans les carrières de Campan-d’Antin et de Serrancollin (Hautes-Pyrénées);
- 2° Dans celles des vallées d’Aspe et d’Ossau ( Basses-Pyrénées ) ; .
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- 3° Dans celles des Corbières (Pyrénées-Orientales) ;
- 4° Dans les carrières de marbre blanc statuaire de Saint-Béat, vallée d’Arau ;
- 5° Dans celles de marbre griotte de Caunes et rouge de Languedoc ;
- 6° Dans celles des vallées de Sallat et de Biros ou de Bordes (Ariége) ;
- 7° Dans celles de Sainte-Baume et d’Apt ou du Tolonnet ;
- Et 8° dans celles de Flandre ou du Nord.
- On doit facilement juger quel put être Feffet de telles commandes et de l’activité qui dut être apportée dans l’exploitation des carrières de marbre désignées par Louis XIV.
- Les magasins de la couronne furent abondamment approvisionnés. On y comptait plus de six cents colonnes de toutes grandeurs et des milliers de blocs de marbre de toute espèce. Aussi est-il bien difficile de se rendre raison des motifs qui, sous Louis XY, firent donner la préférence à certains marbres étrangers et négliger nos carrières qui furent bientôt abandonnées; mais le magasin du gouvernement avait été si bien approvisionné par Louis XIY, que, plus d’un siècle après, l’Empereur y trouva encore de riches et précieuses ressources qui servirent à la décoration de l’arc du Carrousel, du palais du Sénat,
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- de la salle de la Chambre des députés, du palais de Compiègne, de celui de Saint-Cloud, etc. ; mais, prévoyant l’épuisement prochain du magasin du gouvernement, Napoléon, en 1809, demanda à son ministre de rintérieur, de faire dresser par les ingénieurs des mines un état général des carrières de marbre de tous les départements, et d’en envoyer des échantillons, dont il serait fait une collection avec un catalogue descriptif de chaque carrière, travail qui fut fait et remis à l’Empereur, et dont malheureusement on n’a retrouvé aucune trace. Napoléon en avait cependant témoigné hautement sa satisfaction et il en avait si bien apprécié les détails, que dans le nombre des palais, édifices et monuments qu’il avait résolu d’élever, il ordonna que le palais du roi de Rome qui devait être construit sur la montagne de Sainte-Marie de Chaillot, vis-à-vis le Champ-de-Mars, serait tout en marbre des carrières de France, qu’il désigna d’après ceux des galeries de Versailles.
- Par de tels moyens, les exploitations de nos marbrières devaient infailliblement reprendre promptement la grande activité qu’elles avaient eue sous Louis XIV ; malheureusement les circonstances ne permirent pas de donner suite au projet de l’Empereur; le gouvernement s’est trouvé dans l’impossibilité de soutenir les exploi-
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- tâtions; elles furent abandonnées, oubliées et plusieurs considérées comme épuisées , tandis que des blocs et des colonnes ébauchées restaient sur les chantiers, attestant encore les masses qu’on pouvait y mettre en œuvre.
- Tel était, il y a peu d’années, l’état de notre industrie marbrière, abandonnée à elle-même, et ne se. soutenant que par les efforts, la persévérance et les sacrifices de quelques exploitants, jusqu’au moment où nos grandes expositions, ouvertes à leurs produits, sont venues ranimer leur zèle, et donner une nouvelle impulsion à cette industrie. Sous ce rapport, les médailles qui ont été décernées à plusieurs de ces exploitants, soit par le jury central, soit par la société d’encouragement, ont produit les plus heureux résultats; à chaque exposition nous avons vu de nouvelles entreprises, nos anciennes exploitations prendre les plus grands développements , et les propriétaires de nos usines marbrières, par l’application des principes de la mécanique , perfectionner leurs engins et moyens, de manière à marcher rapidement de progrès en progrès, et arriver à un degré de prospérité qu’il sera facile au gouvernement de soutenir désormais , par des demandes de fournitures de marbres pour ses monuments publics.
- L’exposition de nos marbriers a été, cette
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- année, à tous égards, plus remarquable que toutes les précédentes, quoique quelques jurys d’admission, d’après la circulaire du Ministre de l’agriculture, n’aient pas permis aux industriels d’envoyer tous les produits qu’ils avaient préparés pour l’exposition.
- Nous avons à regretter de n’avoir pas vu y figurer les roches granitiques, porphiriques et syénitiques 1° du département des Côtes-du-Nord et du Finistère, dont M. le comte delà Fruglaie avait envoyé une belle collection à M. le ministre de l’intérieur, pour le tombeau de l’Empereur dans l’église des Invalides, et 2° du département des Vosges, également proposées par M. Va-relle de Servance. Ces roches auraient prouvé que nous possédons en ce genre tout ce que les monuments des anciens nous présentent de plus remarquable, et que’ nous trouverons en France tout ce que nous pouvons désirer, sans avoir besoin de recourir aux pays étrangers, dont nous ne devrons plus à l’avenir être tributaires sous ce rapport.
- T. Marbriers exploitant des marbrières.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. GÉRUZET ( Aimé ), à Bagnères-de-Bigorre
- (Hautes-Pyrénées).
- Par ses grandes et nombreuses exploitations de
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- carrières de marbre des Hautes-Pyrénées , et par sa belle usine de Bagnères-de-Bigorre, M. Géruzet s’est placé en tête de l’industrie des marbres de France et particulièrement des Pyrénées, à laquelle il a donné une puissante impulsion. Cette impulsion a depuis déterminé l’ouverture de plusieurs carrières nouvelles et l’établissement de plusieurs usines dans lesquelles on travaille le marbre avec succès.
- Celle de M. Géruzet, la plus importante de toutes, est située sur une dérivation de l’Adour. Elle së compose : i °d’une grande scierie à eau, à cinq roues ordinaires, de la force de 64 chevaux, et faisant marcher dix châssis armés chacun de 20 lames qui débitent annuellement de 800 à 1000 mètres cubes de marbre, en tranches de diverse épaisseur; 20 d’une scierie à refendre les tranches ; 3° d’une scierie à refendre les blocs ; 40 d’ateliers de vingt-deux tours et machines diverses pour creuser, arrondir, faire les moulures, les rosaces, etc., mis en mouvement par une roue à la Poncelet de la force de dix chevaux; 5° d’un pantographe ou machine à sculpter , etc.
- Dans le bâtiment de l’administration est un grand et riche magasin de tous les marbres confectionnés. Ce magasin est décoré d’une belle collection de grands échantillons ou panneaux de tous les marbres qui ont été travaillés dans cette usine. M. Géruzet fait recueillir et placer dans cette collection , tous les faits géologiques et tous les fossiles que présentent les marbrières des Pyrénées.
- Cette usine qui emploie plus de quatre-vingts
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- ouvriers, livre annuellement au commerce intérieur 400,000 fr. de marbre et 200,000 fr. à l’exportation. On y exécute en ce moment douze colonnes de 4m»5o de longueur en marbre campan vert, rouge brun , qui ont été demandées pour le palais de Berlin. Chaque colonne est confectionnée sur le tour en ^5 heures.
- Parmi les objets que M. Géruzet a exposés, le jury a particulièrement distingué, i° une cheminée en stalactite à consoles et griffes de lion.
- 20 Une grande plaque de stalactite de la plus rare beauté ;
- 3° Une console étagère avec un verre d’eau complet qui ont été choisis par le Roi ; une colonne creuse de 3 mètres de hauteur, des chandeliers et un barillet, le tout exécuté en marbre amarante cachemire, ^ainsi nommé par S. A. R. Mgr. le Prince Royal, qui avait manifesté à M. Géruzet une prédilection très-prononcée pour ce marbre qu’il venait de découvrir : S. A. R. lui avait commandé cette étagère et le verre d’eau pour les offrir à S. M. la Reine.
- La grande plaque de stalactite est une pièce unique, vraiment remarquable et digne du Muséum d’histoire naturelle , où il serait à désirer qu’elle fût placée par le gouvernement; ce vœu a été émis par le jury central conformément à l’avis de la commission.
- M. Géruzet a déclaré au jury d’admission des Hautes-Pyrénées qu’il devait en grande partie la prospérité de son établissement, et la plupart des mécanismes de ses usines, h M. François Tapie,
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- son contre-maître, habile mécanicien, qui s’est formé de lui-même et qui, par ses sentiments, ses principes, sa bonne conduite et ses connaissances théoriques et pratiques, s’est élevé au-dessus de tous ses ouvriers, dont il est l’exemple , le meilleur modèle et le directeur. Le jury d’admission a, sous ces divers rapports,recommandé M. François Tapie au jury central ; la commission des substances minérales a rappelé ces circonstances en rendant hommage au zèle éclairé de cet habile contremaître.
- M. Géruzet avait obtenu, en 1834 ? médaille d’argent. En i836, il a reçu la décoration de la Légion d’honneur, èn 1839, il a obtenu la médaille d’or.
- Les grands développements que depuis cinq ans M. Géruzet a donnés à son usine de Bagnères-de-Bigorre, usine modèle, par sa division méthodique du travail, la beauté de ses machines, et surtout les nouvelles carrières de marbre qu’il a découvertes et mises en exploitation, ont décidé la commission à proposer et le jury central à voter une nouvelle médaille d’or à M. Géruzet.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. FRAISSE (François), à Perpignan (Pyrénées-Orientales).
- A l’exposition de 1839 M. Fraisse obtint une médaille d’argent pour les marbres des carrières de
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- Baixas, Estagel, Tautavel et Tech, dont il avait présenté plusieurs échantillons travaillés dans son usine de Perpignan. Il a depuis, entre autres travaux, exécuté pour l’église Saint-Mathieu de cette ville, un grand maître-autel monumental, dont les colonnes, jaune et rose, ont l\. mètres de hauteur, et dans l’ornementation duquel il a employé vingt-huit échantillons de marbres d’une grande beauté.
- Le jury ayant constaté que M. Fraisse est de plus en plus digne de la médaille d’argent, lui vote le rappel de cette récompense.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. LAYERLE-CAPEL (Jean), à Toulouse (Haute-Garonne).
- Doyen de nos marbriers, M. Layerle-Capel est celui de tous nos exploitants qui a montré le plus de persévérance dans ses efforts et ses sacrifices pour soutenir l’exploitation des carrières de marbre des Pyrénées. C’est à ses recherches, à ses études et à ses travaux que nous devons la connaissance des belles carrières, exploitées jadis, dans le département de la Haute-Garonne et qu’il aurait remises en exploitation , s’il n’avait été arrêté par le défaut de chemins et les difficultés de transport.
- M. Layerle-Capel, qui possède à Toulouse une grande marbrerie , a présenté à l’expositition dix échantillons de marbre des carrières qu’il exploite, savoir :
- i° Le blanc statuaire penteloïde de St-Béat ;
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- 2° La brèche rosée spathique;
- 3° La brèche de Survielle ;
- 4° Le marbre noir de Cier-de-Rivierre ;
- 5° Le nankin rosé ;
- 6° Le nankin granité ;
- 7° Le rouge d’argent d’Essès ;
- 8° La brèche véritable de Barbazan;
- 9° La brèche chinoise de Sauveterre;
- i o° La brèche du Lac.
- M. Layerle-Capel avait en outre préparé pour l’exposition un bloc de marbre blanc statuaire de première qualité, de 3tn,,y5 de longueur sur om88 de largeur, et om,5,y d’épaisseur cubant im,88, que malgré sa belle qualité, le jury de la Haute-Garonne n’a pas cru pouvoir admettre et expédier pour l’exposition à raison de son volume et de son poids. Le jury ajoute qu’en ce moment un magnifique bloc est extrait de la carrière de St-Béat pour la statue équestre du général Gobert, confiée au ciseau de M. David d’Angers; mais les difficultés des communications et le mauvais état du pont de Cierp-de-Luchon en retardent l’expédition , et les frais de transport entraînent une dépense considérable (i).
- M. Layerle-Capel avait obtenu, en i83y, une médaille d’argent qui a été rappelée en 1834. Le jury déclare que cet exploitant, a tout fait pour soutenir l’industrie des marbres, et reconnaît ses droits à une nouvelle médaille d’argent qu’il lui décerne.
- (1) Ce bloc de marbre vient d’arriver à Paris.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. A. TARRIDE fils et Cie, à Toulouse (Haute-Garonne).
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- M. Tarride, au village du Pont-de-îa-Taule, arrondissement de Saint-Girons, département de 1 Ariége, exploite plusieurs carrières de marbre qui donnent :
- t . des griottes rouges ;
- 2. des griottes vertes ;
- 3. des marbres cervelas ;
- 4* des marbres Isabelle,;
- et 5. des marbres jaunes de Fonsaintes.
- L’exploitation la plus importante de M. Tarride, est celle de la carrière de noir-antique découverte à Aubert, près de Saint-Girons, après quatorze mois de déblayement de plus de 2,000 rpètres cubes de terres, au milieu desquelles on a découvert des blocs à demi-détachés et des tronçons de colonnes laissés par les ouvriers sur le chantier. Une médaille de Jules César a été trouvée avec divers outils dans les décombres de cette carrière, dont M. Tarride a envoyé pour échantillons i° une grande table de 2 mètres sur 1 mètre ; 20 une cheminée à consoles,, et 3° des colonnes travaillées dans son usine où.' sont employées 126 lames de scie, mises en mouvement par une roue hydraulique de la force de i5 chevaux.
- Le jury décerne à M. Tarride une médaille d’argent.
- 1.
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- MM. LANDEAU-NOYERS et 'Gie, à Sablé (Sar-the ).
- L’industrie marbrière a pris, depuis quelques années, une très-grande importance dans le département de la Sarthe, par les soins et les efforts de MM. Landea u-Noyers et Cie, qui ont découvert de nouvelles carrières de marbre de couleur d’une très-bonne qualité, sur lesquelles il a été fait un rapport à l’Académie des sciences, le 12 mars 1842, et dont les exploitants ont présenté de belles tables de deux mètres carrés à l’exposition.
- MM. Landea u-NoyerS et Gie ont établi, autour de Sablé, quatre usines hydrauliques de 36o lames, dont la force motrice est de i3o chevaux.
- Une de ces usines de iy5 lames, est remarquable, dit le jury départemental, par la précision de ses appareils, et particulièrement par l’emploi d’un régulateur très-ingénieux qui y est établi.
- Le beau marbre noir de Sablé est connu depuis longtemps, mais les gris panachés, le rose en juge-raie, et le serrancolin de l’ouest , sont des marbres nouveaux très-fins et d’une belle qualité, dont le succès est assuré.
- Le jury décerne à MM. Landeau-Noyers et Cie une médaille d’argent.
- MM. LEROY DE LA FERTÉ et Cie, à Paris, rue
- Grange-aux-Belles, k2>.
- MM. Leroy de la Ferté et Cie exploitent, dans la chaîne du Jura, un marbre jaune rubané très-fin, qu’ils ont employé avec le plus grand succès
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- pour'des "meubles, «des vases,* des coupes et divers objets d’ornements.
- L’établissement de MM. Leroy de la Ferlé et Cie, à Paris, consiste dans une usine qui possède une machine'hydraulique de 4o chevaux, dis travaillent tous les marbres du commerce avec une.rare perfection.
- Le jury leur décerne une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- Madame veuve HENRY, de Laval (Mayenne).
- Madame veuve Henry, propriétaire d’une usine hydraulique contenant 200 lames, sur la Mayenne, exploite avec succès les marbres noirs et de couleur du département delà Mayenne, dont plusieurs ont été découverts par madame Henry, et peuvent fournir des blocs et des colonnes dans les plus grandes dimensions.
- Le jury pense que l’usine de madame veuve Henry et ses exploitations méritent le rappel de la médaille de bronze qui lui fut décernée en 1839.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. GALINIER, à Montpellier (Hérault). .
- Distingué à l’exposition de i834 pour la belle qualité et le poli de ses marbres, M. Galinier a présenté cette année, comme échantillon de ses travaux, une table ronde de marbre vert et, une table ronde de marbre blanc 'avec incrustation de
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- marbres de toutes couleurs, d’une très-belle exécution.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. PHILIPPOT (Jean), à Perpignan (Pyrénées-Orientales).
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- Encouragé par la mention honorable qu’il avait obtenue en îôiq, M. Philippot, tout en se livrant à scs travaux de marbrerie, a découvert dans la commune de Couat, arrondissement de Prades (Pyrénées-Orientales), de belles carrières de marbre brèche, de griotte brune , de griotte grise et dé griotte rouge à nautilites, dont il a envoyé , à l’exposition , de beaux échantillons. Ces marbres, qur sont très-fins et très-beaux, doivent avoir le plus grand succès.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MM. CABARRUS et GRADIT, à Engomer, arron-. dissement de Saint-Girons (Ariége).
- L’usine de MM. Cabarrus et Gradit est placée avantageusement pour travailler les marbres de l’Ariége, qui y sont très-nombreux et d’une grande beauté. Le jury a vu avec intérêt la table mosaïque des marbres de l’arrondissement de Saint-Girons, de MM. Cabarrus et Gradit, auxquels il décerne une médaille de bronze.
- M. BERNARD, à Grenoble (Isère).
- L’établissement de M. Bernard est très-ancien et connu avantageusement par la belle exécution de sa
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- marbrerie. M. Bernard travaille avec le plus grand succès tous les marbres du département de l’Isère. Les échantillons qu’il a présentés ont été distingués par le jury, qui lui décerne une médaille de bronze.
- M. PERRONCEL, à La Mure (Isère).
- L’établissement de M. Perroncel, à la Mure, ne date que de 1841 , mais il se signale par une admirable perfection dans le travail et par la qualité supérieure des marbres qu’il exploite.
- La console de marbre noir de Sainte-Luce, et le guéridon de serpentine verte des Hautes-Alpes, qu’il a envoyés à l’exposition, sont de la plus grande beauté.
- Le jury décerne.à M. Perroncel une médaille de bronze.
- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- M. MILLER-THIRY, à Nancy (Meurthe).
- M. Miller-Thiry obtint une mention honorable en 1839; le jury du département de la Meurthe dit que les pavés bitumés qu’il présente, ne sont qu’un accessoire de sa marbrerie, qui emploie plus de cent ouvriers, et dont les marbres proviennent des carrières de Schirmeck, que M. Miller-Thiry exploite avec le plus grand succès depuis huit ans. .
- • Le jury rappelle la mention honorable qui lui fut décernée en 1839. ,
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- MENTIONS HONORABLES.
- MM. VIREBENT-DOAT (Auguste) et Cie, à Toulouse (Haute-Garonne).
- MM. Yirebent (Auguste) et Cie ont établi, à Toulouse., une grande marbrerie pour la mise en œuvre des marbres et stalactites qu’ils exploitent dans la chaîne des Pyrénées.
- Les marbres travaillés par M. Yirebent sont d’une, belle exécution et d’après de bons, dessins ou des modèles choisis.
- Parmi les divers objets qu’ils ont exposés, le jury, a distingué leurs cheminées de marbre vert des Grésillons de la vallée d’Aure, dans les Hautes-Pyrénées, et celles de stalactite pseudo-orientale de la caverne de Montbrun, dans la Haute-Garonne.
- Le jury décerne à MM. Yirebent-Doat et Cie une mention, honorable.
- MM. BELHOMME et DUCOS (Léon), à Toulouse (Haute-Garonne).
- M. Belhomme, conservateur des archives départementales de la Haute-Garonne, découvrit en i835, dans le ravin de Càyroule-Hautainboulé, dans la montagne Noire, arrondissement de Castres, département du Tarn, une grotte profonde creusée dans une masse de marbre blanc lamèlr-laire, qui fut reconnu par Ml Gàffîé, habile marbrier de Toulouse,, pour un marbre statuaire de première qualité.
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- Associé avec:Mi Duc,os ( Léon)’ dis la chambrede commerce1 de Toulouse, M. Belhomme, ayantobtenu du gouvernement la permission d’exploiter cette ancienne carrière, en fit extraire quelques blocs. Les premiers se trouvèrent veinés, mais en entrant plus avant dans la masse on découvrit du marbre statuaire de qualité supérieure, et qui fut assimilé au plus beau, Paros,. * r
- MM. Belhomme et Ducos avaient présenté un bloc pour l’exposition,, mais l& jury, à raison de son. volume, ne jugea pas pouvoir l’expédier, et MM; Belhomme et Ducos se virent réduits à faire prélever sur les faces dé ce bloc trois échantillons, pour mettre, le jury central à même d’apprécier la qualité de ce marbre, dont la carrière, dite de Saint-Bruno, nêst qu’à une-journée du canal du Midi.
- D’après la beauté et la qualité des échantillons présentés par MM*. Belhomme et Ducos, le jury central, considérant que la découverte' de la carrièrè de Saint-Bruno est d’une haute importance pour la statuaire, pense que cette découverte-doit être mentionnée honorablement, en attendant que ^extraction ait fait connaître le développement qu’elle pourra prendre.,
- MM. GARIEL et HÉLIE, ài Gours-dès-Noyers (Yonne). v ..
- MM. Gariel et Hélie ont entrepris, à Cours-des-No} ers, arrondissement de Tonnerre , ^exploitation dmne carrière de marbre jaune-serin -, nuancé-de jaune-bistre ou café, susceptible d’un très-beau
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- poli, qui fait partie de la grande masse du beau calcaire de Tonnerre. Les travaux de MM. Gariel et Hélie ont été jugés dignes d’une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
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- M. CORBIER' (Élie), à Anduze (Gard).
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- M. Corbier (Elie) a mis en exploitation une carrière de marbre noir près d’Anduze.
- Le chemin de fer de la vallée du Gardon, qui a donné, dans l’arrondissement d’Alais, une si grande impulsion à l’industrie minérale, et particulièrement aux mines de houille et aux fonderies, y fera faire, indubitablement, des découvertes importantes qui donneront lieu à de nouvelles exploitations.
- La marbrerie de M. Corbier est un exemple qui mérite d’être encouragé par une citation favorable.
- > ’ ' i
- 2. Marbriers mettant en œuvre les marbres du commerce.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. SEGUIN, à Paris, rue d’Assas, 12.
- La marbrerie de M. Seguin est incontestablement aujourd’hui l’usine de Paris la plus remarquable, par le travail des marbres dans tous les genres. Elle se divise en deux parties.distinctes, savoir : i° les ateliers de mise en œuvre ou de mar-
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- brerie de tous genres, et 2° les ateliers de sculpture et gravure à la mécanique.
- Dans sès ateliers de marbrerie M. Seguin travaille également et indistinctement les granits, les porphires, les marbres, les albâtres et les pierres, dans tous les genres, depuis le genre égyptien et le grec le plus pur, la renaissance, le Louis XIY, le Louis XV, enfin le moderne avec les caractères de chacun , leurs sculptures, leurs moulures, leurs figures, leurs cariatides, leurs chimères, leurs animaux , leurs coquilles , etc., etc.
- Mettant à profit les études qu’il a faites de l’art chez les anciens et les modernes, M. Seguin s’est livré à la restauration des monuments des temps passés, dégradés ou mutilés pendant les guerres et les révolutions, et il a réussi dans cette grande et importante entreprise avec un succès complet.
- Parmi les nombreux produits' des ateliers de M. Seguin, le jury a particulièrement distingué ses belles cheminées de marbre de différents styles, ses bas-reliefs, ses médaillons, ses sculptures, ses mosaïques, ses marqueteries, enfin et ce qui lui est propre, ce qui est nouveau et vraiment remarquable, ses inscriptions monumentales faites et gravées à la mécanique, de manière à produire ces inscriptions dans les plus beaux caractères de nos premières fonderies de caractères d’imprimerie.
- Le jury central prenant en considération les différentes parties dans lesquelles M. Seguin s’est placé au premier rang, savoir : i° la haute marbrerie; 2° la restauration des monuments en marbres; 3° les mosaïques et marqueteries; et 4° Ie
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- travail des marbres à la mécanique pour les bas-reliefs, les sculptures, les ornements et la gravure des inscriptions., a décidé qu’il lui serait décerné une médaille d’argent et qu’elle serait rappelée pour chacune, des spécialités auxquelles il se livre avec le plus grand succès.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. ROCLE, marbrier, à Paris, boplevard Beaumarchais, 43.,
- L’établissement de M. Rocle est connu depuis longtemps pour la supériorité de ses sculptures, le fini du travail, la beauté de son poli. De nombreux perfectionnements sont dus à cet habile marbrier, qui fait et exécute avec le plus grand succès tous les genres anciens et modernes pour la marbrerie civile et monumentale. Ses ateliers sont parfaitement organisés, le travail y est suivi progressivement d’une manière vraiment remarquable. M. Rocle travaille avec le même succès tous les marbres, en s’attachant à en faire ressortir toute la beauté. Ses magasins sont richement approvisionnés et peuvent toujours répondre à toutes les demandes. Parmi les huit belles cheminées qu’il avait faites pour l’exposition, le jury central a particulièrement distingué»une grande et superbe chemi-née de marbre blanc, style Louis XV, d’un admirable travail.
- Le jury décerne à M. Rocle une médaille de bronze.
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- M. MUDESSE,, marbrier, rue des Fossés-du-Temple, 6.
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- M. Mudesse, un de. nospeemiers marbriers,, aeréé en marbrerie une industrie nouvelle,,,la marbrerie plaquée sur zinc , pour les cadres, les piédestaux, les pendules, etc. Les avantages que présente ce placage ne furent pas appréciés dans le principe; et tout autre que M.,Mudesse se serait infailliblement découragé, par suite, des oppositions qu?il rencontrait; mais il sut persévérer,, il perfectionna ses moyens d’exécution, il, simplifia ses; procédés,, il organisa ses ateliers d’une manière vraiment remarr* quablepourla division de chaque branche de travail et, l’ordre qui y règne ,t quelque, nombreux? que soient ses. ouvriers, à la» tête desquels .on: est, toujours sûr de le trouver.
- Ses encadrements de glaces, en marbre blanc, vert, noir, etc., ornés de bronzes dorés ou florentins, sont de la plus grande beauté et très-recherchés. Ses piédestaux, ses socles et. toutes ses garnitures sont admirables pour leur travail, leur assemblage; et leur précieux, poli.
- Le jury, central,décerne une. médaille de bronze à M. Mudesse,. qui. a eu la. satisfaction de:voir LL. MM. et LL.»AA. RR, apprécier ses ouvrages, et ordonner qu’il leur fût fait un choix de ses;plus beaux encadrements.de marbre blanc et de, marbre noir.
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- MENTION HONORABLE.
- FOURNIER DE SAINT-AMANT (Pierrè-Prosper), Ateliers de marbrerie de la maison de détention d’Yssès, près Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne).
- Quoique les ateliers de marbrerie de la maison de détention d’Yssès doivent être placés dans la catégorie des établissements de détention et de correction, le jury pense cependant, à raison de sa spécialité et de sa haute importance, devoir en faire ici une mention spéciale.
- Ces ateliers qui avaient été établis, en 1889, par M. Duverger, sont aujourd’hui dirigés par M. Fournier de Saint-Amant, qui y emploie i58 détenus, et compte les porter incessamment à 200. Tous les marbres français ou étrangers y sont travaillés avec le même succès, ainsi que le prouvent les beaux produits exposés.
- Le jury appréciant tout le bien que M. Fournier de Saint-Amant fait aux détenus de la maison d’Yssès, en leur faisant connaître le prix du travail, qui les relève de l’état dans lequel les avait entraînés l’oisiveté, source de tous les crimes, décerne à M. Fournier de Saint-Amand une mention honorable toute spéciale, et le félicite sur les succès extraordinaires et vraiment remarquables qu’il est parvenu à obtenir d’individus jusqu’alors entièrement étrangers à ce genre d’industrie, et quelquefois à toute espèce de travail.
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- § 2. ALBATRES.
- Le travail des albâtres est le même que celui
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- des marbres, dont l’albâtre calcaire des stalactites et des stalagmites a la dureté, la propriété et tous les caractères, tandis que l’albâtre gyp-seux de chaux sulfatée en diffère essentiellement.
- 1. Albâtre calcaire.
- Le jury a vu avec un vif intérêt la belle cheminée et la grande plaque d’albâtre de Stalactite exposées par M. Géruzet. Il a même émis le vœu que cette plaque d’albâtre fût achetée par le gouvernement pour être placée soit dans la collection de géologie du muséum d’histoire naturelle, soit dans celle de l’école royale des mines.
- 2. Albâtre de chaux sulfatée.
- Deux sortes d’albâtre de chaux sulfatée ont été exposés, 1° l’alabastrite ou chaux sulfatée anhydre , et 2° la chaux sulfatée (albâtre gypseuæ).
- 1. Alabastrite anhydritique.
- MENTION HONORABLE.
- M. SÀPEY, membre de la Chambre des Députés, à Yizille, près Grenoble (Isère),
- A présenté une cheminée et un plateau d’alabastrite anhydritique de Saint-Firmin-de-Vizille,
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- près de Grenoble, substance qui pour sa dureté, son éclat, sa contexture et son aspect extérieur, ressemble beaucoup à certains marbres-blancs cristallisés, mais dont elle diffère cependant essentiellement, quant à ses principes constituants.
- D’après sa dureté, et sa blancheur, l’alabastrite de Saint-Firmin peut être employée avec succès pour la statuaire et la sculpture, mais des intérieurs des édifices seulement et à l’abri de l’humidité.
- M. Sapey en a fait venir un bloc de plus de deux mètres cubes, de la plus grande beauté, qu’il a proposé d’employer comme marbre blanc dans la crypte du tombeau de l’empereur.
- Lejury décerne à M. Sapey une mention honorable.
- 2. Albâtre de chaux sulfatée.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. LE MESLE, à Paris, rue duChemin-Yert, 21,
- A exposé une série d’échantillons bruts et préparés.d’albâtre gypseux ou de chaux sulfatée, provenant de ses exploitations des carrières de Lagnÿ ( Seine-et-Marne).
- Cet albâtre, à raison de ses effets de couleur et de cristallisation, a souvent été employé dans la marbrerie, mais il a le grave inconvénient d’être tendre et cassant.
- Son principal usage, lorsqu’il est pur, est pourla fabrication du stuc et pour celle du plâtre aluné, dit ciment anglais de M. Savoie.
- Lejury reconnaît que les produitsdeM. Le Mesle méritent une médaille de bronze.
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- § 3. SUBSTANCES MINÉRALES EMPLOYÉES DANS LES ARTS.
- I. Pierres:à lisser, Molettes et Brunissoirs.
- Nos doreurs, bijoutiers et orfèvres, nos relieurs, papetiers, cartonniers, etc., etc., ont été longtemps obligés de se fournir des pierres à lisser, des molettes et brunissoirs apportés d’Allemagne , et de prendre ces outils et instruments tels qu’on les apportait, sans pouvoir souvent trouver ceux qui convenaient précisément à leur état. Établir cette fabrication en France, et l’établir suivant les besoins et les demandes, ou dans les proportions nécessaires et convenables à chaque profession, était leur rendre un service important, et le jury apprendra avec intérêt que deux artistes intelligents se sont attachés à nous affranchir du tribut que nous payions à l’Allemagne pour ces instruments, en les fabriquant au gré et suivant les demandes des ouvriers des diverses professions qui en font usage.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. HUTIN (Désiré-Joseph), à Paris, boulevard
- Beaumarchais, 101,
- A établi, en 1827, une petite usine au moyen de la force d’un demi-cheval, transmise par une courroie qu’il a placée sur une roue hydraulique, dans une dérivation du canal de l’Ourcq, à l’écluse de la Bas-
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- tille. Cette usine comprend une scierie mécanique, avec des meules et tables de polissage , au moyen desquelles il débite, travaille, et confectionne les agates, les jaspes, lessilex, les hématites sanguines, etc., pour en faire des pierres à polir, des molettes, des brunissoirs, dans toutes les formes et toutes les dimensions demandées.
- Le succès obtenu par M. Hutin, l’a décidé à travailler également les agates, les cornalines, les sardoines, les jaspes, les jades, etc., etc., pour la joaillerie, la bijouterie, les musées et les collections de minéralogie, dans lesquels on distingue plusieurs belles tables et plaques de jaspes, d’agates et de bois agatisés, travaillées dans son usine avec une grande perfection.
- Le jury lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. CÉLIS (Pierre-Théodore), faubourg du Temple, 50.
- Depuis plusieurs années M. Célis a entrepris la fabrication des brunissoirs de sanguine ou hématite, à l’usage des doreurs, bijoutiers, orfèvres, etc., etc. Ses lissoirs, ses dents, doubles-dents et molettes, sont très-recherchés par nos artistes, qui les prennent et choisissent de préférence aux brunissoirs d’Allemagne, M. Célis les leur fournissant à leur gré et suivant leurs demandes, dans les formes et dimensions exigées par le genre de travail auquel ils se livrent.
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- Le jury décerne à M. Célis une médaille de bronze.
- II. Meules de grès artificiels.
- Les aciéristes, les taillandiers, les couteliers, etc., se plaignent souvent de l’inégalité du grain et de la dureté des grès molasses de leurs meules à aiguiser.
- En effet, sans aucun caractère apparent, ces grès passent quelquefois subitement du très-dur au tendre et même au très-tendre, au point que les meules s’usant promptement d’une manière irrégulière dans leur contour ou circonférence, ne peuvent plus servir et sont souvent rebutées après quelques jours d’essai, comme défectueuses et incapables d’aucun service.
- Toutes les meules et les pierres à aiguiser, repasser ou affûter, ne sont heureusement pas d’aussi mauvaise qualité, mais le grave inconvénient des grès molasses est qu’ils ne présentent pas toujours le degré de dureté que demande le genre ^de travail auquel elles sont destinées, outre le grave inconvénient de produire dans les ateliers une poussière dangereuse et très-funeste pour les ouvriers. Sous ce double rapport les anciennes meules laissaientbeaucoupàdésirer,
- aussi plusieurs fabriques de grèsserie ont-elles i. 38
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- cherché à faire des meules et des pierres de grès artificiels de différents degrés de grains et de dureté. Quelques-unes ont obtenu des résultats assez satisfaisants, mais aucune jusqu’à ce jour n’était parvenue à en obtenir d’aussi parfaits que MM. Perrot et Malbec exposants sous le n° 2716.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. PERROT et MALBEC, à Paris, rue de la Barillerie, 1.
- Parmi les produits présentés par ces fabricants, le jury a particulièrement distingué :
- i° Leurs meules de grès siliceux de diamètre et d’épaisseur variés ;
- 2° Les meules de grès en émeri pour service horizontal on vertical ;
- Et 3° des pierres plates en émeri, servant à dresser les lames ou outils, et à leur donner tous les profils nécessaires pour la confection des moulures.
- Le jury, considérant que par la composition de leurs meules, MM. Perrot et Mal bec ont remédié iux graves inconvénients de la poussière dont se plaignaient les ouvriers des manufactures d’armes, et que leurs meules ont été adoptées par les manufactures du Gouvernement dont les ouvriers n’atteignaient pas le temps de leur retraite, par suite des maladies qu’ils contractaient, décerne à MM. Perrot et Malbec une médaille d’argent.
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- III. Émeri et ses préparations.
- L’émeri, longtemps considéré comme un minerai de fer siliceux, et, depuis les analyses de Vauquelin et de Tennant, reconnu être un sable adamantaire ou deTélésie, la pierre la plus dure que l’on connaisse, est d’un usage essentiel et indispensable dans la plupart des arts pour user, scier , planir, percer, polir, etc., les substances dures telles que les cristaux, les agates , les jaspes, les marbres, et les métaux. D’après la nature et la dureté de ces différentes matières, il est évident que l’émeri doit être également de différents degrés de dureté et de finesse, et là sont les difficultés ; rarement on trouve précisément les émeris qui conviennent à telle ou telle profession. Ils sont d’ailleurs souvent altérés par des mélanges de diverses matières plus ou moins dures, qui les font distinguer sous les noms d’émeri de Naxos, de Jersey et Guernesey, d’Al-maden, de Pologne, de Saxe, de Suède, de Perse, de Ceylan, etc., etc.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. ItOJON, à Paris, rue de la Tannerie , 35.
- La fabrication des émeris, d’après leur extrême durete, ne peut s’opérer saus difficultés, ainsi que
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- leur préparation. Le jury saura donc gré à M. Rojon , de Paris, exposant sous le n° 2552, de s’être particulièrement livré à cette importante fabrication, dans laquelle il est parvenu à faire i° des poudres d’émeri parfaitement pures, très-recherchées pour l’usage de l’optique et de la mécanique;
- Et 2° des poudres de ponce et de tripoli à polir les plaques de daguerréotype.
- Le jury décerne à M. Rojon une médaille de bronze.
- M. BLAZY (François), àLouviers (Eure),
- A exposé, sous le n° 2028, des plaques et rouleaux d’émeri, encollés par un procédé de son invention, qui empêche les gerçures et maintient la substance dans le service des machines à carder.
- L’invention de M. Blazy peut présenter des avantages importantsfpour les machines à carder, le jury la récompense en lui décernant une médaille de bronze.
- M. FRÉMY, à Paris, rue Beautreillis, 21.
- À exposé des papiers et toiles préparés avec des poudres d’émeri et de verre pulvérisé, qui sont très-recherchés par diverses industries.
- Le jury central décerne à M. Frémy une médaille de bronze.
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- IV. Meules de pierre meulière, Meules de moulin.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. GUEUVIN-BOUCHON , à La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne).
- L’exploitation de pierres meulières de M. Gueu-vin-Bouchon pour la fabrication des meules de moulin est de i,oooà 1,200 par an, et de 80,000 carreaux, dont un tiers environ pour l'exportation.
- C’est la plus importante de toutes les exploitations des environs de La Ferté-sous-Jouarre.
- Ancien officier d’artillerie, M. Gueuvin -Bouchon s’est fait praticien pour connaître tous les besoins de cette industrie, et c’est par suite des études qu’il en a faites qu’il y a successivement introduit tous les perfectionnements que lui doit cette industrie, jusqu’alors abandonnée à la simple pratique des ouvriers,
- xAussitôt que M. Gueuvin a eu connaissance du procédé de ventilation de M. Train, il s’est empressé de traiter avec lui de ce procédé pour l’appliquer à ses meules, et c’est encore un des principaux perfectionnements qu’il a introduits dans la fabrication de ses meules, qui obtiennent de jour en jour plus de succès.
- Le jury accorde une médaille d’argent à M. Gueu-vin-Bouchon.
- M. le comte de NAYLIES, à Paris, rue du Chemin-Vert, 7.
- Les exploitations du bois de la Barre de M. le
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- comte de Naylies présentent la même activité que celles de M. Gueuvin-Bouchon. Il fait annuellement environ 1,000 meules et plus de 40,000 carreaux de pierre à meule, dont plus de moitié pour l’exportation. Les meules de M. de Naylies sont de première qualité et très-estimées. Plus de 100 ouvriers sont occupés dans les carrières de la Barre.
- Le jury ne pouvant établir de différence entre les meules de M. de INaylies et celles de M. Gueuvin-Bouchon, et trouvant les deux exploitants dans les mêmes conditions pour le nombre des meules et leur bonne qualité, accorde à M. de Naylies une médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. ROGER fils, à La Fer té-sous- Jouare ( Seine-et-Marne),
- A entrepris en 1S36 l’exploitation et la fabrication des meulières de La Ferté pour la fabrication des meules de moulin. Il en fait annuellement 600, dont 100 pour l’exportation, avec un millier de carreaux. Il occupe de k 100 ouvriers. Ses meules sont de bonne qualité. M. Roger fils avait fait l’application du premier système aérifère de M. Train, mais il annonce qu’il a cru devoir y renoncer, et qu’il essayera les nouveaux perfectionnements qui ont été depuis proposés et qui paraissent ne pas avoir les inconvénients du premier qui manquait de solidité.
- Le jury accorde une médaille de bronze à M. Roger fils.
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- CITATION FAVORABLE.
- M. DÉFIS, à Paris, rue de la Croix-Saint-Martin , 6 bis.
- A exposé une meule montée sur un nouveau système, qui demanderait à être éprouvé pour que le jury pût porter un jugement sur ses avantages. Aussi se borne-t-il à citer favorablement M. Défis pour ses essais.
- § h. ARDOISES.
- Anciennement considérées comme couverture de luxe, les ardoises deviennent chaque jour d’un usage plus commun et plus général, malgré l’emploi du plomb, du cuivre, du zinc, de la tôle galvanisée e même celui des tuiles; mais pour qu’elles puissent soutenir la concurrence avec ces différentes matières, les exploitants ne sauraient apporter trop de soin et d’attention dans la confection des ardoises, ainsi surveiller le choix des masses et éviter les schistes pyriteux, les masses tendres et quelquefois inégales et terreuses , enfin ne pas tolérer l’effeuilletage abusif des schistes ardoisés, qui , s’il donne l’avantage de faire des ardoises légères, a d’autre part le grave inconvénient de produire des ardoises tellement minces et légères qu’elles deviennent fra-
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- giles, ne peuvent résister aux coups de vent, aux ouragans, à la grêle, au plus léger choc, et qu’elles donnent fréquemment lieu à un déchet considérable entre les mains des couvreurs.
- Les ardoisières d’Angers, exploitées depuis bien des siècles , ont été longtemps les seules dont les produits parvinssent à Paris; la difficulté des transports ne permettait pas l’arrivage des ardoises du Nord, mais l’ouverture des canaux a facilité leur emploi dans les départements voisins, d’où elles se sont successivement répandues peu à peu jusqu’à Paris, où elles entrent aujourd’hui en concurrence avec celles d’Angers.
- MÉDAILLE D’OR.
- SOCIÉTÉ DES ARDOISIÈRES d’Angers ( Maine-et-Loire).
- Elle a, clans ces derniers temps, apporté de grandes améliorations dans l’exploitation des carrières, qui ont reçu un immense développement; conduite avec méthode et d’après les meilleurs principes, l’extraction a été poussée à une plus grande profondeur. Les anciens engins ont été remplacés par des agents mécaniques plus perfectionnés, et même par des machines à vapeur, qùi permettront de poursuivre les effondrations dans les parties inférieures des schistes ardoisés , réunissant la finesse du grain à la densité, et fournissant les ardoises lisses, souples et souvent de première qualité.
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- Lesaméliorationsonteu pour résultat: î^’acerois-sement, rapide et progressif d’année en année, de la fabrication ; et 2° l’écoulement de tous les produits par la réduction des prix de vente : ainsi dans les quatre dernières années, la fabrication et la vente ont atteint le chiffre de 47^,000,000 d’ardoises , savoir :
- Années. Fabrication. Vente.
- 1. En 1840............ 1 11 millions. ... 98 millions.
- 2. En 1841. . . . . 116 » 94
- 3. En 1842........... 121 » 134
- 4. En 1843........... 127 » 149 »
- Les ardoisières d’Angers, au nombre de onze, emploient 3,362 ouvriers, 17 machines à vapeur, représentant 23o chevaux-vapeur, 3oo chevaux et 5o ânes.
- Les produits exposés par la commission administrative sont tous du plus beau choix et de première qualité , ce sont :
- Le mille.
- 1. Des échantillons de lre carrée fine, taillée au doleau. 25 fr.
- 2. idem, de lre carrée forte , idem,........25
- 3. idem, de l,e carrée fine, rondie à la méca-
- nique, quatre cornières...........30
- 4. idem, de lre carrée fine , rondie à la méca-
- nique, épaulée................... 26
- 5. idem, de lre carré forte, rondie à la méca-
- nique , épaulée...................26
- 6. Ardoise coffine , taillée au doleau irrégulièrement.. . 30
- 7. idem 2e carrée fine, taillée au doleau...........18
- 8. idem 3e idem, idem...................... 9
- 9. idem 4e idem, idem...................... 8
- 10. Grande écaille, rondie à la mécanique............60
- 11. Petite écaille , idem..........................10
- 12. Carreaux de schiste, carrés, losanges , octogones , polis.
- 13. Tablettes de schiste ardoisier polies.
- 14. Table de schiste ardoisier polie.
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- Le jury, en considération des améliorations importantes apportées dans l’exploitation des ardoisières d’Angers, décerne à la compagnie une médaille d’or.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- SOCIÉTÉ ANONYME DES ARDOISIÈRES de Rimogne et de Saint-Louis-sur-Meuse (Ardennes).
- L’exploitation de ces ardoisières a pris depuis quelques années une très-grande extension, elles emploient 45o ouvriers, l’exploitation se fait au moyen de 2 machines à vapeur et de 3 machines hydrauliques, représentant une force de plus de 200 chevaux-vapeur. Les ardoisières produisent plus de 45,ooo,ooo d’ardoises par an, répondant à une valeur de 54o,ooo fr.
- Les échantillons exposés sont :
- 1. Des ardoises carrées à 20 fr. les 1050.
- 2. — du grand Houin à 10 fr. les 1050.
- 3. — du grand Barras à 14 fr. les 1050.
- 2 bis. — du grand Houin taillées à la mécanique.
- 3 bis. — du grand Barras idem.
- 4. Des mêlées veinées à 11 fr. les 1050.
- 5. Les flamandes à 12 fr. les 1050.
- 6. Les communes à 6 fr. les 1050.
- Ces ardoisières fournissent les départements des Ardennes, du Nord, du Pas-de-Calais, de l’Aisne, de l’Oise, de Seine-et-Marne, de la Saône, etc.
- Les ardoises de Rimogne et de Saint-Louis sont d’excellente qualité. Les vieux châteaux et les églises des Ardennes présentent des couvertures faites, il y a plusieurs siècles, avec ces ardoises qui ont très-
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- bien résisté aux injures des temps, et qui sont dans un parfait état de conservation.
- Le jury a reconnu que la Cie anonyme de Ri-mogne et de Saint-Louis, qui avait obtenu une médaille de bronze en 1839, mérite une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. DEBRY (André-Joseph), exploitant l’ardoisière de Monthermé (Ardennes),
- A présenté à l’exposition : i° une table d’ardoise mosaïquée de 4>5oo pièces, de diverses variétés d’ardoises de chaque exploitation de ce département, du prix de 400 fr. ;
- 20 Un tableau d’ardoises à l’usage des écoles, à fournir à 10 fr. le mètre carré;
- 3° Six ardoises encadrées pour mémorial jour* nalier ;
- 4° Six ardoises lisses pour l’enseignement.
- M. Debry a donné une grande extension à sa fabrication qui comprend, indépendamment des objets présentés comme échantillons, toutes les ardoises de couverture, de carrelage, de tablettes, etc., etc.
- La bonne qualité des ardoises de M. Debry , qui avait obtenu une mention honorable en 1834» décide le jury à lui décerner une médaille de bronze.
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- § 5. PIERRES LITHOGRAPHIQUES,,
- La France possède plusieurs gisements importants de pierres lithographiques. Les concours de la Société d’encouragement, ses prix, et la médaille accordée à ceux qui en ont entrepris l’exploitation, ont fait constater que plusieurs de ces gisements pouvaient produire des pierres au moins égales à celles de Munich. Il ne peut rester aucun doute aujourd’hui à cet égard, et la France est assurée de trouver des pierres de première qualité, soit dans ses masses de calcaire liasique, soit dans celles de l’étage moyen du calcaire ooli-tique. Ces pierres s’y trouvent en couches horizontales plus ou moins régulières, d’une facile exploitation, et pouvant donner des masses de très-grandes dimensions.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. DUPONT (Auguste), à Châteauroux (Indre).
- L’exploitation des pierres lithographiques, entreprise k Châteauroux par M. Dupont (Auguste), commencée en 1023 , a depuis été distinguée dans tous les concours, où elle s’est montrée avec supériorité , d’un mérite égal pour certains travaux, et préférable pour d’autres aux pierres d’Allemagne. Le rapport du jury central de 1889 constatait leur bonne qualité, qui, d’après le prix inférieur à
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- celui des pierres de Munich, la leur ferait préférer. L’exploitation de M. Dupont se soutient avec activité. Il en extrait des pierres et des cylindres de toutes dimensions et du plus beau choix. La grande usine qu’il a établie, de la force de i5o chevaux, consistant en une scierie mécanique de 80 lames, et deux dressoirs-polissoirs de la force de 3o chevaux , lui donne les moyens de répondre à toutes les demandes de pierres pour l’impression des étoffes , les impressions lithographiques, le satinage et généralement tous les travaux manufacturiers.
- M. Dupont (Auguste), avait obtenu en i83q une médaille d’argent, le jury s’empresse de la lui rappeler, en déclarant qu’il est de plus en plus digne de cette distinction.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. PETIT, à Paris, rue du Pont-de-Lodi, 6, chez M. Deleuil,
- A fait connaître, en avril iS/p, à la société d’encouragement, une carrière de pierres lithographiques, qu’il avait découverte dans la commune de Mirecourt, département des Vosges. Les premiers essais de ces pierres, ayant paru satisfaisants, M. Petit a fait extraire des pierres plates et des cylindres qu’il a présentés à l’exposition. Ces pierres qui appartiennent au calcaire, du système oolitique, ont été essayées par M. Kœppelin, auquel la lithographie doit d’importantes améliorations, et qui en a constaté la bonne qualité. M. Pe tit peut fournir des cylindres de i, 2 et 3 mètres
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- de largeur sur om,4o de diamètre, parfaitement homogènes dans toute leur masse et sans aucun défaut.
- Le jury accorde à M. Petit une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. DONADIEU aîné, auVigan et à Nîmes (Gard). MM. ABRIC et Cie, idem.
- M. le comte d’ASS AS, idem.
- MM. BERTRAND et GUY, idem.
- Ont tous les quatre exposé des pierres lithographiques du Mont-Dardier, arrondissement du Vi-gan, Nîmes, département du Gard. Ces pierres sont identiquement les mêmes ; elles appartiennent à la même masse. Elles paraissent toutes de même nature et même qualité; enfin elles présentent toutes les conditions désirables d’une bonne pierre lithographique.
- Des contestations se sont élevées sur la priorité de la découverte des pierres lithographiques du Mont-Dardier : le jury central n’est point appelé à juger cette question , il doit rester étranger à toutes discussions entre les exposants; mais, sans rien préjuger sur la question, il reconnaît seulement que la société d’encouragement a décerné dans sa séance du 29 mai 1844? un prix de i>5oo fr. à M. Donadieu aîné , pour la découverte et l’exploitation d une nouvelle carrière de pierres lithographiques dans le département du Gard, qu il avait annoncée au mois de juin 1840.
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- Le jury central devant se borner à constater la qualité des produits exposés, sans rien préjuger sur les droits respectifs de MM. Donadieu aine, Abric, le comte d’Assas, Bertrand et Guy, leuren faisantmême à chacun toute réserve, et reconnaissant que les pierres exposées , quelles que soient les circonstances de la découverte de leur gisement, sont de bonne qualité, et qu’elles réunissent toutes les conditions désirables d’une bonne pierre lithographique, mais que jusqu’à ce jour les travaux d’exploitation des carrières du Mont-Dardier du Yigan ne sont encore qu'à leur début, et, suivant les bulletins du jury d’admission du département du Gard, des établissements récents commençant à peine et des compagnies sur le point de se constituer, accorde une mention honorable à MM. Donadieu aîné, Abric, comte d’Assas, Bertrand et Guy, comme ayant présenté à l’exposition des pierres lithographiques reconnues de bonne qualité.
- I 6. PLASTIQUE PAR INCRUSTATION ET CONCRÉTION CALCAIRES.
- Depuis longtemps la propriété des eaux de la source du faubourg Saint-Alyre de Clermont, de déposer le carbonate de chaux qu’elles contiennent sur tous les corps qu’elles rencontrent dans leur cours était connue et le pont naturel qu’elles ont formé sur le ruisseau de Saint-Alyre avait donné la mesure du degré de cette propriété, dont
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- quelques habitants de ce faubourg, à l’instar de ceux de Sancto-Philippo,en Toscane, avaient profité pour établir sur cette source une petite fabrique de plastique par incrustation, sur des moules de médaillons, de bas-reliefs, d’animaux, de nids d’oiseaux, déplantés, de fruits, etc., etc., qu’ils vendaient aux curieux, aux voyageurs et aux étrangers qui visitaient le pays ou qui se rendaient aux eaux du Mont-d’Or, et qui ont donné à la source de Saint-Alyre la même célébrité que celle dont jouissent les eaux de Sancto-Philippo, en Italie.
- Le succès de la petite fabrique du faubourg Saint-Alyre, a peu à peu éveillé l’attention des habitants du pays et bientôt ayant reconnu la même propriété dans diverses autres sources de l’arrondissement de Clermont, plusieurs d’entre eux ont formé des établissements semblables pour exploiter cette propriété que possèdent également beaucoup d’autres sources de France et notamment celle d’Arcueil, près de Paris, dont on trouve dans quelques collections des produits non moins dignes d’intérêt que ceux des fabriques du Puy-de-Dôme et de Sancto-Philippo.
- Le jury d’admission du département du Puy-de-Dôme a envoyé à l’exposition les produits de trois de ces fabriques, savoir : 1° ceux de M. Cle-mentel de Saint-Alyre de Clermont ; 2° ceux de
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- MM. Laussedat, Percepied-Maisonneuve ; et 3* ceux de MM. Mandon frères.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. CLÉMENTEL , à Saint-Alyre-de-Glermont (Puy-de-Dôme).
- Le jury d’admission du Puy-de-Dôme dit que M. Ciémentel, propriétaire des bains de Saint-Aiyre, est le premier qui ait exploité la propriété ineruj.tante de la source de Saint-Alyre, qu’il est recommandable par l’ancienneté de sa fabrication, et qu’il livre depuis longtemps au commerce en France et à l’étranger une foule d’objets qui ont fait la réputation de cette source.
- Dans le nombre des objets exposés par M. Clé-mentel, et indépendamment de ses médaillons le jury a distingué debellesincrustations d’animaux, d’oiseaux, de nids, de plantes, de fleurs et de fruits pour lesquelles il lui décerne , à titre d’encouragement et comme premier fondateur de cette industrie de plastique naturelle, une mention honorable.
- MM. LAUSSEDAT et PERCEPIED - MAISONNEUVE, à Saint-Nectaire (Puy-de-Dôme).
- MM. MANDON frères, à Saint-Nectaire (Puy-de-Dôme).
- MM. Laussedat et Percepied-Maisonneuve, d’une part, et MM. Mandon frères, d’autre part, ont nouvellement établi sur les sources minérales de St-Nec-taire deux fabriques d’incrustation. Le dépôt calcaire de ces sources, plus fin, plus serré et plus com-i. 39
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- pacte que celui delà source de Saint-Alyre, plus favorable à la plastique d’incrustation , assure le plus grand succès à ces deux fabriques.
- Après lépuration préalable des eaux , on les dirige sur des moules de soufre, avec lesquels on a pris les creux ou empreintes des bas-reliefs et médailles qu’on veut reproduire. On fait d’abord déposer dans les moules une couche de carbonate calcaire mince, très-fine, blanchâtre à demi transparente, à laquelle on donne de la solidité par une couche d’un dépôt moins fin, plus incrustant et plus ou moins épais suivant les sujets.
- Lorsqu’on juge l’incrustation suffisamment épaisse et solide, par un coup sec donné à propos sur sa tranche, on la détache du moule, dont elle donne l’empreinte avec un fini, un poli et une vérité que le plus habile mouleur ne donnerait que difficilement à la plastique la plus pure.
- Les produits des deux fabriques de Saint-Nectaire sont également remarquables par leur beauté, et le jury en mettant en première ligne celle de MM. Laussedat et Percepied-Maisonneuve, parce qu’elle a présenté un plus grand nombre de sujets, croit de toute justice devoir décerner aux deux fabriques de Saint-Nectaire une mention honorable qui leur paraît également méritée par MM. Man-don frères.
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- 5 7. SUBSTANCES MINÉRALES COMBUSTIBLES.
- I. Plombagine (crayons de plombagine artificielle).
- Longtemps tributaire de l’Angleterre et de l’Allemagne pour les crayons de plombagine (fer carburé, improprement appelé mine de plomb), la France ne peut oublier que c’est au génie inventif et inépuisable du célèbre Conté, surnommé par le général en chef de l’armée d’Égypte, avec autant de raison que de justice, le pourvoyeur général et mieux encore la seconde providence de l’expédition, qu’elle doit la fabrication de ses crayons indigènes, vainement tentée longtemps avant Conté, et par lui portée aussitôt sa découverte à un tel degré de perfection, qu’il nous affranchit aussitôt du tribut que jusqu’alors nous, avions payé à l’étranger, auquel fournissent au contraire aujourd’hui les diverses fabriques établies d’après les principes et les procédés de Conté.
- Depuis la première exposition des produits de l’industrie française en l’anix, dans laquelle le gouvernement décerna à Conté une médaille d’or pour cette importante fabrication qui fit époque dans les arts, Humblot-Conté, son gendre, par ses recherches et ses travaux , a tellement perfectionné la fabrication de la plombagine artifi-
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- cielle, que non-seulement il est parvenu par la préparation et les proportions des matières premières à faire des crayons parfaitement homogènes et répondant à tous les degrés de tons et de dureté demandés dans les premières qualités de crayons anglais, alors les plus estimés et les plus recherchés par les artistes et les dessinateurs , mais même à établir et à soutenir dans tous les pays étrangers la concurrence de ses crayons avec ceux qui y étaient fabriqués en plombagine naturelle de première qualité.
- Depuis la publication des procédés de fabrication de Conté et de Humblot-Conté, plusieurs fabriques de plombagine artificielle se sont élevées en France et se sont fait distinguer dans nos expositions par la bonne qualité de leurs crayons.
- Cette année trois fabriques se sont présentées : 1° M. Desprez-Guyot, à la gare d’Ivry, près Paris ; 2° M. Gilbert, de Givet (Ardennes) ; et 3° M. Ber-thier, pour la maison de détention de Poissy, département de Seine-et-Oise.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. DESPREZ-GUYOT, à Paris, Boulevard Saint-Denis, 24,
- À créé à la gare d’Ivry, près et au-dessus de Paris, un grand établissement pour la fabrication des
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- crayons de plombagine artificielle d’après les principes de MM. Conté et Humblot-Conté, dont, par suite de ses études et de ses recherches, il a modifié les procédés de préparation des matières premières. Ses nombreux ateliers, et tous les moyens mécaniques , sont mis en mouvement et secondés par la vapeur.
- M. Desprez-Guyot produit par jour ioo grosses de 12 douzaines, ou i^,^oo crayons à dessin et linéaires, à l’usage de tous les états et professions, dans les diverses tonalités des numéros d Humblot-Conté.
- Cette importante fabrique, dont les crayons se distinguent de ceux de toutes les autres par la forme ronde ou cylindrique de la plombagine, et par le procédé de son enchaînement dans le bois , fournit l’Italie, la Hollande, la Belgique, les colonies, et même l’Angleterre, qui a dû renoncer à son monopole, à raison du bas prix et de la bonne qualité des crayons de la fabrique d’Ivry.
- Le jury décerne à M. Desprez-Guyot, celui de nos fabricants qui paraît avoir le mieux comprisles besoins de l’époque, la bonne qualité et le bon marché, une médaille d’argent.
- M. GILBERT et Cie, à Givet (Ardennes).
- L’établissement de M. Gilbert, créé en 1823 par MM. Pivet et Lefebvre, de Liège, pour la fabrication des crayons ordinaires et communs d’Allemagne, a pris, depuis i856, entre ses mains les plus grands développements. Cette fabrique se compose aujourd'hui de 20 ateliers, 4 scieries mécaniques,
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- et de 9 machines mises en mouvement par la vapeur, de la force de 8 chevaux.
- On y fabrique avec le plus grand succès tous les numéros des crayons fins de Humblot-Conté pour la ligne et le dessin.
- Leur bonne qualité les fait rechercher par les artistes et dessinateurs. Elle prouve les soins que prend M. Gilbert pour le choix, les préparations et les proportions de matières premières alliées à la plombagine.
- Sa fabrication annuelle est de 25,ooo grosses de 12 douzaines de crayons de toutes les qualités, parmi lesquels la commission a particulièrement distingué les nos i, 2, 3, 17, 18, 19 et 20, indépendamment des crayons communs à l’usage de toutes les professions.
- M. Gilbert fabrique également les plumes métalliques et la cire à cacheter dans toutes les qualités et avec le même succès.
- Le jury central décerne à M. Gilbert une médaille d’argent.
- MENTION HONORABLE.
- M. BERTHIER, en la maison de détention de Poissy (Seine-et-Oise).
- La fabrication des crayons de plombagine artificielle a été introduite dans la maison de détention de Poissy par les soins de M. Bertbier, avec celle des plumes métalliques , des dés à coudre , etc.
- La bonne qualité et le bas prix des crayons de tous les numéros fabriqués par M. Bertbier lui en garantissent le succès.
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- Le jury central, en le félicitant d’avoir établi dans la maison de répression de Poissy des ateliers de charité, dans lesquels les détenus, en se livrant au travail, apprennent les règles du devoir et à devenir meilleurs, décerne à M. Berthierla mention honorable réservée aux fondateurs de ces sortes d’établissements.
- II. Houille (charbon de terre) mise en œuvre.
- Les Anglais ont depuis longtemps employé la belle qualité de houille en ornements de deuil. Ils en ont fait des vases et divers objets dont on trouve de beaux exemples dans les collections.
- En France, le travail du jais ou jayet était Fobjet d’une industrie spéciale pour la bijouterie de deuil, mais la houille n’avait pas encore été mise en œuvre.
- MENTION HONORABLE.
- M. ORY, à Paris, rue des Gravilliers, 28.
- M. Ory, l’un de nos plus habiles tourneurs, a essayé sur le tour divers échantillons de houille des mines du département du Nord, et d’après les succès qu’il a obtenus de ses premiers essais, il a exécuté avec une rare perfection divers objets qu’il a présentés à l’exposition, et parmi lesquels le jury central a particulièrement distingué : i° Deux grandes lampes ;
- 2° Des candélabres ;
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- 3° Des flambeaux;
- 4° Des cadres de diverses grandeurs;
- 5° Des vases, des coupes, des patères, etc. ;
- 6° Des encriers.
- Le jury estime que les objets de houille tournés, présentés par M. Ory, méritent d’être mentionnés honorablement à raison de leur belle exécution et de la beauté du poli.
- III. Des Bitumes, Goudrons, et de leurs applications.
- L’exploitation des mines de bitume, qui semblait , il y a quelques années, prendre un essor qui paraît aujourd’hui incroyable et même fabuleux , est actuellement rentrée dans l’état normal de toutes les exploitations des substances minérales. L’impartialité de l’expérience a fait promptement justice de toutes les inventions de bitumes artificiels et de leurs applications aussi éphémères que malheureuses, dont il ne reste plus que des victimes pour tous vestiges.
- Sagement administrée, l’exploitation des bitumes naturels est et sera toujours une bonne industrie, et même une industrie avantageuse par les développements dont elle est susceptible ; mais elle a besoin d’être dirigée avec prudence et discernement dans les combinaisons qu’elle exige, comme dans ses applications.
- Au reste, il n’est personne qui n’ait applaudi et qui n’applaudisse tous les jours, et particulière-
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- ment dans les temps de pluie et de dégel, au bon emploi que l’administration municipale en a fait faire sur nos promenades des boulevards, des Chainps-Élysées, sur les trottoirs, sur nos places publiques et particulièrement sur la place Louis XV.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. DU MÉNY et Cie, à Paris, boulevard Poissonnière, 23.
- M. Du Mény continue avec succès l’exploitation des mines de bitume de Pyremont et Seyssel, qui emploient plus de 3ooouvriers, tant pour l’exploitation que pour les préparations et applications de bitume; la quantité de matières premières est de 1,200,000 kil. dont moitié pour l’exportation; la préparation mécanique des matières se fait k l’aide d’une roue hydraulique de la force de 4° chevaux.
- Le jury avait décerné, en 1839, une nouvelle médaille de bronze à la Compagnie de Seyssel, il s’empresse de déclarer que cette Compagnie se montre de plus en plus digne de cette distinction.
- MM. DOURNAY et Cie, à Lobsann (Bas-Rhin), et à Paris, rue Neuve-Saint-Jean, A bis.
- La mine de Lobsann, avantageusement connue par la qualité de ses bitumes et leur bonne application, continue ses opérations avec succès. La fabrication est de plus de 1,200,000 kilog. de bitume, mastic dont M. Dournay a présenté des échantii-
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- Ions; son papier bitumé est d’un bon emploi dans la fabrique.
- Le jury estime que MM. Dournay et Cie sont de plus en plus dignes delà médaille de bronze qui leur avait été accordée pour ses applications.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. DEBRAY, à Bastennes (Landes), et à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, 93.
- M. Debray a présenté des échantillons de la mine de bitume de Bastennes, département des Landes, qui employé zfoo ouvriers. La fabrication du mastic bitumineux de M. Debray est de 800,000 à 1,000,000 de kilos de mortiers préparés pour les applications de mastic asphaltique.
- Le bitume de Bastennes est de bonne qualité et employé avec succès ; le jury lui accorde une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. LABARRAQUE, à Graville-1’Heure, près le Havre (Seine-Inférieure).
- M. Labarraque a établi à Graville-l’Heure une usine où il prépare, pour Je calfatage des navires, un brai composé de bitume de la Trinité, des Barbades, du Mexique, de la Grèce, de l’Egypte, avec des huiles de baleine et des oxydes métalliques, suivant un brevet pris au nom de M. Chauffard.
- Des essais ont été faits avec succès sur plusieurs bâtiments et vaisseaux. Mais les applications du
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- brai Chauffard n’ayant lieu que depuis 1842 seulement, le jury, tout en reconnaissant les avantages que parait offrir l’emploi du brai Chauffard, accorde à M. Labarraque une mention honorable.
- MM. BADON et Cie, aux Belles-Loges ( Seine-el-Marne).
- M. Badon, au moyen d’immersion bitumineuse, a cherché à donner aux grès friables de Fontainebleau et aux briques tendres et sableuses, la dureté qui leur manquait.
- L’irabibition du bitume dans les grès tendres et dans les briques paraît leur donner en effet de la consistance et de la ténacité, ainsi que l’ont constaté MM. les ingénieurs des ponts et chaussées et les architectes des travaux publics. Ces matières qui étaient autrefois rebutées à cause de leur friabilité et de leur prompte altération par les gelées, sont aujourd’hui reconnues propices pour les constructions hydrauliques et l’assainissement des lieux bas et humides.
- Le procédé de M. Badon étant encore une nouvelle découverte, le jury, en attendant que de grandes applications constatent tous les avantages qu’elle pourrait présenter, accorde à M. Badon une mention honorable.
- MM. CAMUS et TINDEL (Maurice), à Gujan (Gironde).
- MM. Maurice Camus etTindeî ont, comme M. Labarraque, mais par un procédé différent, cherché à fournir à la marine et à l’industrie un goudron
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- préparé avec différentes matières alcalines et métalliques au moyen desquelles ils ont un goudron noir inflammable des vernis et des couleurs solides et incombustibles.
- Ce goudron dans les essais qui en ont été faits au chemin de fer de Bordeaux, à la Teste, a parfaitement réussi, ainsi qu’il est prouvé par les attestations de MM. les administrateurs de cheminsde fer. Il résulte également des certificats de diverses administrations que des charpentes, des menuiseries et des câbles qui avaient été peints avec le goudron de MM. Maurice Camus et Tindel ne se sont point enflammées au milieu des incendies qui ont dévoré les bâtiments où on avait employé ce goudron.
- L’établissement ne date que de 1842 seulement, mais le jury central reconnaissant que le goudron de l’usine de Gujan promet de très-grands avantages pour la marine, les chemins de fer, et en général pour toutes les constructions, accorde à MM. Maurice Camus et Tindel, une mention honorable, assuré que cette nouvelle et importante fabrication aura le plus grand succès et méritera, à la prochaine exposition, une récompense de premier ordre.
- MM. LASSERRE frères et Cie, à Paris, boulevard Bonne-Nouvelle, 25.
- MM. Lasserre frères font des applications de bitume avec succès; leur mastic est bien préparé. Ils emploient de 600 à 800,000 kilog. de mine brute pour obtenir de 5oo à 600,000 kilogr. de
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- bitume raffiné, dont un tiers pour l’exportation.
- Le jury estime que MM. Lasserre frères méritent une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. COYILLION, à Cognac (Charente).
- Parmi les nouvelles applications de bitume, celle de M. Covillion pourra devenir très-importante si, comme tout porte à le croire, l’expérience confirme les résultats avantageux que promet sa découverte, à laquelle le jury accorde uue citation favorable.
- M. LEGOUX, à Bayeux (Calvados).
- Les tuyaux , les gouttières , les pavés infiltrés de bitume exposés par M. Legoux ont été éprouvés et présentent l’avantage de résister dans telle ou telle circonstance où les tuyaux de terre s’altéraient et se décomposaient promptement. On connaît déjà les essais dépavés de grès bitumés.
- Le jury central estime que les essais de M. Legoux méritent une citation favorable.
- MM. MONNOT et Y1TU, à Dijon (Côte-d’Or).
- MM. Monnot et Yitu ont exposé des rosaces mosaïques en bitume d’un travail soigné et parfaitement exécuté qui mérite d’être cité favorablement.
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- SECTION II.
- MÉTAUX DIVERS.
- MM. Berthier et Mouchel, rapporteurs.
- § 1. PLOMB.
- MÉDAILLE D’OR.
- Les concessionnaires des mines de plomb et argent de Pontgibaud (Puy-de-Dôme), représentés par MM. PALLU et G!e.
- On compte, en France, trente-neuf concessions de gîtes de plomb et argent, mais la plupart de ces gîtes sont depuis longtemps délaissés ou non tété qu’à peine explorés, et ces concessions n’ont d’ailleurs donné naissance qu’à trois établissements qui aient de l’importance, savoir : l’établissement de Poallaouen (Finistère), l’établissement de Vialas (Lozère), et l’établissement de Pontgibaud (Puy-de-Dôme). Les deux premiers sont anciens, celui de Pontgibaud est nouveau et à peine achevé, mais il est déjà le plus considérable des trois.
- Les mines de Pontgibaud sont connues depuis longtemps. Le célèbre métallurgiste Jars avait entrepris de les exploiter sur la fin du dernier siècle, mais les troubles de la révolution l’ont obligé de renoncer à son projet. M. le comte de Pontgibaud en ayant demandé et obtenu la concession, il y a une vingtaine d’années, s’est aussitôt appliqué à les mettre en valeur : il a consacré des sommes con-
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- sidérables pour exploiter les principaux gîtes, il a construit une laverie, une fonderie, et il a même livré quelques produits au commerce. Mais l’expé-rience lui ayant montré que l’entreprise ne pourrait avoir de succès, qu’autant qu’elle recevrait un très-grand développement, il a cédé ses droits à une société anonyme, dont il est d’ailleurs resté l’un des plus forts actionnaires. Cette société qui a choisi M. Pallu pour gérant, était déjà en possession des mines de Pontgibaud en 183^, et c’est encore elle qui se présente cette année à l’exposition, à laquelle elle a envoyé des échantillons de ses divers minerais, ainsi que des échantillons du plomb et de l’argent qu’elle en extrait, et de la litharge qu’elle prépare avec le plomb.
- Les mines de Pontgibaud consistent en filons de galène plus ou moins argentifère, et qui est souvent accompagnée de blende. La richesse de la galène est très-variable : le plomb que l’on en extrait en grand contient depuis î 5o grammes jusqu’à 42° grammes d’argent au quintal métrique : cette dernière teneur est très-considérable, et si elle se maintient, comme tout porte à le croire, l’établissement lui devra sa prospérité. Les filons sont en très-grand nombre, on en exploite actuellement treize, et il en est dans lesquels on rencontre jusqu’à 5 mètres de minerai natif. Ces filons constituent deux groupes, qui se trouvent à peu de distance de la petite ville de Pontgibaud : le groupe de Pranal et Barbencot, et le groupe de Roure et Rozier.
- L’exploitation du premier groupe a présenté de grandes difficultés, en raison des émanations de gaz
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- acide carbonique qui se manifestent de toutes parts à travers les fissures de la roche, et qui viciaient l’air des excavations souterraines jusqu’à le rendre irrespirable; mais les exploitants sont parvenus avec un plein succès à vaincre cet obstacle à l’aide de puissants ventilateurs, qui agitent l’air et le renouvellent jusqu’à une dis ance de 5oo mètres. Les différents centres d’exploitation de ce groupe sont reliés entre eux par un chemin de fer qui a i ,35o mètres de développement. La profondeur des travaux atteint 90 mètres. On en extrait 1,000 à 1,200 mètres cubes d’eau par vingt-quatre heures.
- Le groupe de Roure et Rozier n’a été exploité sérieusement que depuis 1839. On y a pratiqué une galerie de recherche qui traverse plusieurs filons dont la longueur est de 600 mètres, et deux puits dont le plus profond a ^5 mètres. Un chemin de fer de 800 mètres relie les diverses parties de ce groupe. On y installera incessamment une forte machine à vapeur, à défaut de moteur hydraulique.
- Avant de fondre le minerai métallique, il faut le séparer de sa gangue pierreuse, et lui faire subir ce que l’on appelle la préparation mécanique. La compagnie a construit, à cet effet, tous les ateliers nécessaires; ces ateliers renferment 3 bocards à 12 pilons, 5 tables à secousse, des cribles, des tables dormantes, des tables à tombeau et tous leurs accessoires. La préparation mécanique est exécutée, à l’aide de ces appareils , suivant le mode qui est actuellement jugé partout le meilleur. M. Pallu y a môme introduit des perfectionnements notables, en substituant aux bocards à grilles des bocards ouverts, conve-
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- nablement disposés, et qui ont l’avantage de produire moins de sable fin, ce qui, comme on sait, est d’une grande importance ; en outre il recueille les bourbes très-riches qu’entraînent les eaux provenant du lavage.
- Après avoir subi la préparation mécanique, les minerais sont portés à la fonderie. Celle-ci renferme 3 fourneaux à réverbère doubles, servant au grillage, 3 fourneaux à manche, i fourneau de coupelle, un fourneau écossais, un bocard à sec et un bocard à eau pour broyer les scories, des cubilots et des ateliers pour confectionner et réparer les machines. Les bonnes dispositions adoptées par M. Fallu , lui permettent de tenir ses fourneaux à manche, en feu pendant trois ou quatre mois consécutifs , tandis que dans la plupart des usines on est obligé de les réparer tous les mois et quelquefois même plus souvent.
- Le torrent de gnz qui s’échappe des fourneaux, entraîne avec lui en quantité très-notable des particules de minerai extrêmement ténues et des vapeurs métalliques, et il en résulterait une perte sensible en plomb et en argent si l’on ne cherchait pas à les recueillir. On connaît pour cela divers moyens, mais ces moyens sont tous embarrassants et imparfaits. M. Fallu a cherché à faire mieux, et pour cela il aspire les vapeurs à l’aide d’un ventilateur, clans l’intérieur duquel il détermine la condensation, au moyen d’un filet d’eau qui arrive par l’axe de l’appareil : il a obtenu ainsi quelques bons résultats, mais ce moyen laisse encore h désirer. On doit néanmoins lui tenir grand compte de scs efforts.
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- La compagnie de Pontgiband dispose d’un moteur hydraulique considérable qui lui est fourni par la Sioule. Pour utiliser ce moteur, elle a creusé un canal de 2,200 mètres de longueur qui distribue l’eau sur dix-sept roues. La puissance mécanique de ces roues équivaut à la force de 200 chevaux.
- Le nombre des ouvriers de tous rangs employés dans l’établissement est aujourd’hui de plus de quatre cents. Les produits marchands, argent, plomb et litbarge , ne sont pas encore arrivés au chiffre qu’ils doivent atteindre : tout se trouve disposé pour un produit annuel de la valeur de 5oo à 600 mille fr. : en 1842 cette valeur n’était encore que de 200,000 fr., et depuis 1 83q elle ne s’est élevée au total qu’à 900,000 fr.; mais elle s’accroît depuis quelque temps avec une grande rapidité.
- La compagnie est devenue récemment propriétaire d’une mine d’anthracite, qui se trouve à une petite distance dePontgibaud, et elle a le projet d’employer ce combustible pour chauffer sa machine à vapeur, et, si cela est possible, pour alimenter ses fourneaux.
- La création de l’établissement de Pontgibaud a exigé une mise de fonds considérable : on évalue le capital engagé à 3,000,000, et cela ne paraît pas exagéré.
- Il ressort de ce qui vient d’être exposé, que la compagnie Pallu a rendu un service éminent au pays et à l’industrie en fondant l’établissement de Pontgibaud , et en donnant à cet établissement tout le développement dont il était susceptible. La France consomme une quantité considérable de plomb : elle en a reçu, en 1842, de l’étranger plus de
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- 18,000,000 de kilogrammes, valant 7 à 8 millions; et sa production intérieure dépasse à peine une valeur de 3oo,ooo fr. On ne saurait donc trop encourager les entreprises qui ont pour objet la mise en valeur des mines de ce genre que son sol recèle.
- Ajoutons que la compagnie de Pontgibaud administre son établissement d’une manière toute paternelle, et qu’elle s’est acquis l’estime générale de la contrée par la manière dont elle se comporte avec tous ses employés. Elle a fondé une caisse de prévoyance qui a pour but de secourir les ouvriers dans leurs maladies, en payant les frais du médecin et des médicaments, et en fournissant aux malades, quelle que soit la cause de leur maladie, une indemnité de 5o c. par jour, pendant tout le temps de leur inactivité. En outre, un fonds de réserve qui s’accroît annuellement formera, plus tard, un capital destiné à fournir des secours aux infirmes, aux veuves et aux orphelins.
- Le jury du Puy-de-Dôme insiste beaucoup, dans son rapport, sur le mérite de la compagnie de Pontgibaud et de son gérant, et il recommande fortement l’un et l’autre à la justice et à la bienveillance du jury central.
- Le jury central, appréciant l’importance de l’établissement de Pontgibaud , les difficultés de tous genres qu’il a fallu vaincre pour le créer, les chances défavorables qu’il a fallu courir, et reconnaissant que la réussite est due aux efforts et à la persévérance de la compagnie, et à l’intelligente activité de M. Pallu, son gérant, décerne une
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- médaille d’or aux concessionnaires des mines de Ponîgibaud , représentés par MM. Paliu et Cie.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. SIMON (Jules) etGi0, à Paris, rue de Bercy-Saint-A.ntoine, 10, successeurs de MM. Hamard et Gie,
- Continuent à laminer du plomb et du zinc; ils ont ajouté à leur fabrication la préparation des tuyaux de plomb par pression et sans soudure.
- Ils sont parvenus à réduire, à volonté, l’épaisseur des lames de plomb à 1 /20e de millimètre, et donnent à ceux-ci jusqu’à i5 mètres de longueur sur ara,75 de largeur.
- Ils peuvent donner aux tuyaux de plomb préparés par pression une longueur indéfinie. Le plus long de ceux qu’ils ont présentés à l’exposition avait 133 mètres. Le diamètre de ces tuyaux varie entre 2 et 110 millimètres. La disposition qu’ils ont adoptée pour leur fabrication est excellente et rend le travail très-régulier et très-rapide. C’est une presse hydraulique , mise en mouvement par une machine à vapeur, qui pousse le plomb, entretenu à l’état de demi-fusion , de bas en haut à travers la filière, et le tuyau, à mesure qu’il s’élève, s’enroule de lui-même sur un moulinet d’un diamètre convenable.
- Le jury, ayant égard à l’extension qu’a reçue la fabrication dans l’usine de MM. Simon et Cie, et prenant en considération les perfectionnements qu’ils y ont introduits, principalement en instal-
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- lant une fabrication régulière et bien entendue des tuyaux de plomb par pression, leur décerne une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. CAYAILLIER (Antoine-Léonard), à Marseille rue Montébello, kO (Bouches-du-Rhône).
- M. Cavaillier a exposé : i° un alliage de plomb et d’arsenic , destiné à la préparation du plomb de chasse; 2° du plomb dur laminé; 3° de l’étain affiné-
- Le jury des Bouches-du-Rhône dit dans son rapport que le plomb arsénié est maintenant généralement employé è la place du sulfure d’arsenic pour la fabrication du plomb de chasse, que M. Cavaillier est parvenu è en rendre la composition plus constante et qu’il en a beaucoup diminué le prix.
- Le plomb durci par la trempe est destiné par M. Cavaillier à faire des feuilles pour toitures et pour doublage des vaisseaux ; mais l’expérience n’a pas encore prononcé sur les qualités de ce plomb.
- L’étain affiné parM. Cavaillier est employé avec avantage dans les faïenceries. M. Cavaillier lui applique des marques anglaises pour surmonter, dit-il, les préjugés des consommateurs, mais il affirme qu’il l’obtient avec les étains bruts du Pérou, et on peut l’en croire puisqu’il le vend à 10 p. °/0 au-dessous du cours.
- M. Cavaillier est un ancien militaire de la vieille
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- garde ; l’établissement de son usine date de l’époque delà restauration; il a exposé le premier des tuyaux de plomb sans soudure en 1819, et il a obtenu pour cela une mention honorable. En 1823 il lui a été décerné une médaille de bronze ; ayant reparu à l’exposition de i834, il paraît que son nom a été altéré, et il a été accordé une mention honorable à un sieur Cavalier qui n’existe pas et que l’on croyait être son concurrent. Aujourd’hui M. Ca-vaillier demande le redressement de cette erreur, et il sollicite le maintien de la récompense qu’il avait reçue en 1823.
- Le jury croit qu’il est de toute justice de lui accorder le rappel de la médaille de bronze qui lui a été décernée à cette époque.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. DUFOUR et DEMALLE, à Paris, rue Neuve-Saint-Augustin , 32, successeurs de MM. Voisin et Cie,
- Ont continué à fabriquer des feuilles de plomb de grandes dimensions par coulage; et leur production annuelle s’est élevée à 8 ou 900,000 kilogrammes. Le jury leur accorde une médaille de bronze.
- MM. LAGOUTTE et fils, à Paris, quai de Billy, 8,
- Sont les premiers qui aipnt installé en France la fabrication des tuyaux de plomb et d’étain par pression, sous la direction de l’inventeur de ce procédé.
- Le jury leur décerne une médaille de bronze.
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- MM. LOYSEL et HUBIN, à Paris, rue Saint-
- Louis, 9, au Marais,
- Possèdent, à Montivillers, une fabrique dans laquelle ils produisent annuellement 400,000 kilogrammes de plomb laminé, en occupant seulement 4 à 5 ouvriers; à Paris ils préparent des tuyaux repoussés à l’aide d’une machine.
- Le jury leur accorde une médaille de bronze.
- « MENTION HONORABLE.
- M. POULET, à Paris, rue Fontaine-au-Roi, 16,
- À exposé des échantillons de fils de plomb de diamètres variés, dont on se sert avec avantage pour attacher les espaliers.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. MABIRE, au Havre (Seine-Inférieure),
- Pour sa fabrication de plomb de chasse.
- M. KENT-PÉCRON (Alfred), à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais),
- Pour sa fabrication de couverts en alliage et de divers objets de plomberie.
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- § 2. CUIVRE ET CHAUDRONNERIE.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- LA COMPAGNIE DES FONDERIES DE CUIVRE , de Romilly (Eure),
- A présenté, à l’exposition, divers objets en cuivre rouge et en cuivre jaune de la plus belle exécution. On doit citer particulièrement un foyer de locomotive, une barre ronde forgée du plus gros diamètre que l’on ait encore vu, des clous forgés pour le doublage des navires, et fabriqués à l’aide d’une machine qui en produit 70 par minute, et enfin des épingles de divers numéros, d’une seule pièce, faites à la mécanique, et qui peuvent être vendues aux mêmes prix que les épingles de première qualité à têtes rapportées. Cette dernière fabrication n’est installée à Romilly que depuis peu de temps.
- La compagnie a, depuis peu de temps, aussi établi dans son usine des fourneaux dans lesquels elle traite des minerais de cuivre qu’elle fait venir de diverses contrées de l’Amérique méridionale et principalement de Coroeoro en Bolivie.
- Le jury lui rappelle la médaille d’or qui lui fut décernée dans les précédentes expositions.
- M. FRÈREJEAN (Victor), à Vienne (Isère),
- Fabrique dans son établissement de Pont-l’Evêque pour une valeur de plus de deux millions d’objets en cuivre de toutes sortes et des plus grandes dimensions , à l'usage de la marine et du commerce.
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- M. Frèrejean (Victor) possède, en outre, d’autres grandes usines dans lesquelles on traite des minerais de fer de nature variée où l’on affine la fonte, et qu’iî dirige lui-même avec beaucoup d’habileté. Il a été rendu compte de l’état de ces usines à l’article du fer. Nous nous contenterons de rappeler ici que c’est dans son établissement, et grâce à sa complaisance et à sa coopération, que M. l’ingénieur des mines Ebelmen a pu effectuer ses importantes recherches sur la transformation des combustibles solides en gaz oxyde de carbone.
- M. Frèrejean (Victor) s’est placé par ses travaux au premier rang des métallurgistes français. Aussi est-ce avec le plus grand empressement que le jury lui rappelle la médaille d’or qui lui a été décernée dans les expositions précédentes.
- M. THIÉBAUT, à Paris, rue du Faubourg-St-Denis, 152.
- L’établissement de M. Thiébaut est du premier ordre. On y prépare des objets de toutes sortes en cuivre et en bronze, depuis les plus volumineux jusqu’aux plus délicats. On remarquait à l’exposition des viroles en cuivre jaune et des cylindres en cuivre rouge d’une parfaite exécution, et qui sont actuellement très-recherchés par les manufactures de toiles peintes.
- G est dans l’usine de M. Thiébaut qu’ont été fondues toutes les grandes pièces en cuivre qui furent nécessaires pour l'établissement des bateaux à vapeur transatlantiques.
- M. Thiébaut ne laisse d’ailleurs échapper au-
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- eune occasion de perfectionner son outillage et d’étendre sa fabrication.
- Le jury s’empresse de lui rappeler la médaille d’or qui lui a été décernée en i83g.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. ESTIVANT frères, à Givet (Ardennes),
- Ont réuni aux usines qu’ils possédaient il y a cinq ans celles qui appartenaient à M. Mesmin , savoir : la fonderie de Ripelle, la batterie de FJo-hival, le laminoir et la tréfilerie de Floliimont, le laminoir de Fiimen et la batterie deLandréchamps, qui sont toutes échelonnées sur le même cours d’eau.
- En i843 ils ont employé 55o,ooo kilogrammes de cuivre rouge et 3oo,oot> kilogrammes de zinc, sans compter les vieilles mitrailles, et ils ont vendu pour une valeur de 1,900,000 fr. d’objets manufacturés.
- MM. Estivant frères ont perfectionné le tombac, dont la fabrication est nlus difficile que celle du laiton ordinaire, et dont on fait actuellement un grand usage pour fabriquer, par estampage, des objets d’ornement pour les appartements , etc.
- Le jury leur decerne une médaille d’argent.
- MM. MATHER et C‘\ à Toulouse (Haute-Garonne).
- L’usine de MM. Mather et Cic est avantageusement située sur la Garonne, près de l’embouchure
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- du canal de Languedoc, par lequel elle reçoit ses matières brutes et expédie ses produits manufacturés. La chute d’eau qui met ses machines en mouvement a une force de 80 chevaux. On affine dans cette usine divers cuivres de l’Amérique méridionale, particulièrement ceux du Chili, et du plomb de diverses localités. Elle renferme deux fourneaux d’affinage, deux fourneaux à recuire, deux forges, deux laminoirs) un martinet et un bocard. On y met en œuvre 200,000 kilogrammes de cuivre et 4o,ooo kilogrammes de plomb; et la vente annuelle s’élève à 5§o,ooo fr.
- MM. Mather et Cie rendent ainsi les plus grands services à l’industrie et au commerce du midi de la France. Le jury leur décerne une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. REVEILHAC fils et Cie, à Paris, rue de la Roquette, 2.
- Ils laminent du cuivre dans une usine qui est avantageusement située à Essonne, et travaillent beaucoup à façon.
- Le jury leur rappelle la médaille de bronze qu’ils ont obtenue en 18.39.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. HYON, à Paris, rue des Fontaines, 17.
- Son usine est située sur le canal de Saint-Maur et prend chaque jour plus d’extension. On y fabrique
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- des feuilles de cuivre qui sont bien laminées , et des bandes de divers alliages.
- Le jury accorde à M. Hyon une médaille de bronze.
- M. LEBAS, à L’Aigle (Orne),
- Fabrique des anneaux, des dés à coudre, des bagues et œillets pour la marine. Il a importé d’Allemagne la fabrication des dés dits verges de tailleurs, qui ne se font encore , en France, que chez lui. Il emploie annuellement 60,000 kilogrammes de cuivre.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. ROBERT (Alexandre) et Cie, à La Yillette, quai de la Marne, 26.
- M. Robert a exposé du cuivre provenant du traitement d’un minerai d’Améiique; du cuivre provenant des pièces démonétisées du Mexique; de l'étain affiné de toutes les qualités réclamées par le commerce et des alliages provenant de la réduction des scories d’étain, qui sont employés pour la composition des bronzps.
- L’usine dans laquelle il prépare ces métaux existe depuis 1839. Elle renferme plusieurs fourneaux à réverbère qui sont très-bien disposés. C’est M. Robert , lui-même , autrefois simple ouvrier, qui les a établis.
- Le minerai de cuivre que l’on traite actuellement
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- dans cette usine vient des mines de Corocoro, qui sont situées dans les montagnes de la Bolivie, à plus de 3oo kilomètres de la côte. Ce minerai est d’une grande richesse et consiste en un mélange de très-petits grains de cuivre natif et de petits grains de quartz à l’état de sable. L’établissement emploie 19 ouvriers et produit annuellement 12,000 quintaux métriques de métaux affinés.
- Le jury récompense M. Robert par une mention honorable pour la bonne entente de ses travaux devenus déjà si importants.
- M. GAUBERT-BOUCHER, à L’Aigle (Orne),
- Fabrique des vases d’airain fourrés, et fait concurrence à l’usine de Givet.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. MARIA, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 58,
- A succédé à M. Lequart pour la fabrication des tringles et moulures d’appartements recouverts de cuivre jaune. Il occupe 35 à 4o ouvriers. Ses produits sont très-estimés. Le jury lui accorde une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. GARNIER, à Paris, rue Basse-Saint-Pierre-Popincourt,
- A établi, tout nouvellement, à Tierceville, près de Gisors, une usine dans laquelle il lamine du cuivre et du zinc.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
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- Plaqué.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. GRISET, à Paris, rue Ménilmontant, 77,
- Est le seul fabricant de plaqué brut d’argent sur cuivre; celui qu’il livre au commerce est très-solide et a des titres qui varient à volonté de un cinquième à un deux-cent-quarantième.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- § 3. ZINC.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- LA SOCIÉTÉ DE LA VIEILLE - MONTAGNE , ayant pour gérant M. LARRABURE, à Paris, rue Richer, 14,
- Possède des usines, à Houz et à Bray, dans lesquelles elle fabrique une masse extrêmement considérable de zinc laminé de bonne qualité, et des objets moulés et estampés, en zinc, de toutes les formes.
- Le jury lui rappelle la médaille d’argent qu’elle a obtenue aux précédentes expositions.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. CHAUVITEAU et Cie, à Paris, rue du Havre, 5,
- Laminent 800,000 kilog. de zinc par année, et
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- ont ainsi élevé contre la société de la Vieille-Montagne une concurrence utile aux consommateurs. Le jury leur accorde une médaille de bronze.
- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- M. LAMY, à Paris, boulevard Beaumarchais, 63,
- Continue à fabriquer divers objets en zinc qui sont bien confectionnés.
- Le jury lui rappelle la mention honorable qu’il a obtenue en 1834.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. CHÉRET jeune, à Paris, rue de la Fidélité,
- Fabrique divers objets en zinc. Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. CH1BON fils, à Paris, rue de Charonne, 51,
- Fabrique divers objets en zinc. Le jury lui accorde une citation favorable.
- MM. PLACE et LETALEC, à Paris, rue du Temple, 76,
- Expose divers appareils pour cabinets d’aisance, couvertures, etc., en zinc et en fonte.
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- Fer galvanisé.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM. SA1NT-POL et Cie, à Paris, rue d’Àngou-lême - du - Temple, 40, ayant pour conseil M. Sorel.
- C’est maintenant la compagnie St-Pol qui exploite le procédé de galvanisation ou de zingage du fer inventé par M. Sorel et pour lequel le jury de i83g a décerné à celui-ci une médaille d’or.
- La compagnie a exposé cette année du fer et de la fonte zingués sous toutes sortes de formes et appropriés à une multitude d’usages.
- L’invention de M. Sorel a fructifié, et les prévisions du jury de i83g ont été pleinement confirmées. Depuis cette époque , la fabrication du fer galvanisé a plus que doublé. L’usine de la rue d’Angoulême produit actuellement à elle seule pour plus de i ,200,000 fr. d’objets divers par année, et en outre la compagnie ayant cédé son droit pour de certaines contrées à plusieurs personnes ou associations, il s’est établi en France et à l’étranger un certain nombre de fabriques dont la production paraît être déjà considérable.
- Les qualités utiles du fer zingué ne sont plus contestées aujourd'hui. Les consommateurs ont eu le temps de s’en convaincre par l’usage, et les expériences multipliées qui ont été exécutées dans l’arsenal du port de Brest, d’après les ordres de M. le ministre de la marine, et par une commission nommée par lui, ont levé tous les doutes qui pouvaient exister à cet égard.
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- Cette commission, instituée le 29 septembre 1839, a commencé un premier travail le i3 décembre suivant, et elle a repris ce travail sur une plus grande échelle, du 14 mai au i5 août 1840, avec l’assistance d’un officier désigné par M. le ministre de la guerre. Elle a soumis à la galvanisation 20,000 kil. de fer ouvré de façons très-di-verses, et le 3o avril 1841 elle a rendu compte du résultat de ses expériences à M. le ministre de la marine. Elle dit dans son rapport : i° qu’elle n’a pas hésité à reconnaître que sous le rapport de la conservation du fer le procédé de galvanisation a donné le résultat le plus satisfaisant, que partout où dans le zingage la surface du fer avait été recouverte par la couche galvanique, il a été impossible de découvrir la plus petite trace d’oxjdation ; qu’exposées aux influences atmosphériques, les surfaces se recouvrent bientôt d’une légère efflorescence blanchâtre, mais qu’au bout de i5 à 18 mois cette couche très-mince se trouve transformée en une croûte de carbonate de zinc continu , adhérente au. métal et d’une assez grande dureté pour le préserver de toute altération ultérieure ;
- 20 Que les objets soumis h la galvanisation acquièrent une augmentation d’épaisseur de omill',i88 à omiU , 196, et que l’adhérence de la couche galvanique avec le fer est assez grande pour qu’elle ne s’en, détache ni par le battage ni par l’écrouissage;
- 3° Que la galvanisation diminue notablement la force de résistance du fer réduit en fil; mais qu’il ne paraît pas quelle altère d’une quantité appréciable, la résistance des pièces en fer forgé lorsque
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- leurs dimensions sont un peu considérables; qu’à cet égard cependant il serait nécessaire de multiplier encore les expériences;
- 4° Que la tôle zinguée peut remplacer le zinc ou le fer-blanc dans la confection des couvertures, des gout tières, des tuyaux de descente pour les eaux, et même des tuyaux de poêle, pourvu qu’on s’arrange de manière à ce qu’elle ne soit pas en contact direct avec la flamme.
- Le i5 décembre 1842 une nouvelle commission a été nommée par M. le ministre de la marine pour continuer et mener à fin les expériences commencées par la première. Cette seconde commission a fait connaître au ministre le résultat de son travail le i3 avril i843. Elle a confirmé de tous points ce qui avait été dit par la première commission , et de plus elle a ajouté que l’on parvenait facilement à conserver au boulet dans la double opération du décapage et duzingage, les dimensions et le poids renfermés dans les limites du règlement, et que prenant en considération la grande valeur que représente dans l’espèce l’approvisionnement de la guerre et de la marine, comme aussi les pertes immenses résultant du fait seul de l’oxydation, et l’avantage que procurerait au trésor l’adoption d’un moyen efficace de conservation, elle n’hésiterait pas à proposer d’adopter le procédé du zin-gage, si elle ne croyait devoir indiquer qu’il serait convenable d’expérimenter auparavant les boulets zingués, pour reconnaître si à raison du changement moléculaire qu’ils éprouvent peut-être par le zingage, ils sont toujours susceptibles de ré-
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- sister aux chocs auxquels ils doivent être exposés.
- En juin 1842, le conseil des bâtiments civils a émis l’avis « que le procédé de M. Sorel et les différentes applications qui en ont été faites méritent en général d’être approuvés et recommandés par M. le ministre des travaux publics et MM. les architectes, comme pouvant être d’une grande utilité dans les constructions civiles et particulières. »
- Enfin, le 12 février dernier, M. le ministre de la guerre, après avoir consulté le comité des fortifications, a adressé une circulaireàMM. les colonels du génie, par laquelle il les engage à saisir les occasions qui pourront s’offrir de faire , toutes les fois que les frais de transport ne seront pas trop considérables, une utile application des procédés de zin-gage à la menue féronnerie des édifices militaires exposés aux effets de la rouille, et à appeler sur ces objets l’attention des chefs du génie sous leurs ordres.
- Les expériences dont il vient d’être rendu compte, ainsi que la notoriété publique, établissent maintenant d’une manière incontestable que le fer galvanisé peut être employé avec un très-grand avantage dans la plupart des circonstances où le fer nu serait exposé à être rapidement détruit par la rouille. Il reste peut-être encore quelques doutes sur un seul point, celui de savoir si l’opération du zingage, qui exige que le fer soit soumis alternativement à l’influence de degrés très-différents de chaleur, n’altère pas la ténacité de ce métal en modifiant sa contexture ; mais en attendant que des épreuves précises aient été faites à cet égard, 011 peut affirmer dès à
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- présent que cette altération , si elle est réelle, n’a dans la plupart des cas que très-peu d’importance.
- Depuis 1839, les ouvriers employés dans les fabriques de la compagnie Saint-Pol ont acquis par la pratique plus d’habileté, d’où il résulte que les produits qui sortent actuellement de leurs mains sont mieux préparés qu’ils ne l’étaient à cette époque, et que cependant on peut les vendre moins cher.
- M. Sorel, qui fait partie de la compagnie à titre d’inventeur et de conseil technique, a d’ailleurs introduit plusieurs perfectionnements dans la fabrication.
- lia tellement amélioré son système de chauffage des chaudières, que les objets à zinguer en sortent maintenant parfaitement nets et exempts des tâches d’alliage de zinc et de fer qui s’y trouvaient autrefois.
- En 1839, on décapait les pièces avec de l’acide sulfurique étendu d’eau. Cette eau acidulée avait plusieurs inconvénients, et avait principalement pour effet fâcheux de mettre beaucoup de carbone à nu lorsqu’on laissait les pièces un peu trop longtemps dans la liqueur : l’application du zinc sur le fer devenait alors très-difficile et souvent même impossible sur des fontes très-grises. Aujourd’hui il se sert avec un succès complet des eaux acides qu’on obtient comme résidu dans l’opération de l’épuration des huiles â brûler. Ces eaux acides possèdent la propriété précieuse pour l’industrie du zingage, de décaper le fer, en dissolvant l’oxyde qui peut se trouver â sa surface, sans attaquer ce métal, soit libre soit combiné avec le carbone. M. Sorel a
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- même remarqué que les pièces à décaper pouvaient rester des mois entiers dans ces eaux sans qu’il se dissolvît rien; grâce à cette heureuse observation on galvanise actuellement les fontes grises avec la même perfection que le fer forgé , tandis qu’autre-fois on ne pouvait y parvenir qu’en passant plusieurs fois au bain de zingage un grand nombre de pièces qui étaient incomplètement recouvertes du métal conservateur.
- L’industrie de la galvanisation du fer inventée par M. Sorel, est maintenant définitivement établie et parfaitement consolidée, ses produits sont reçus avec confiance par le public, et employés avec avantage dans une multitude de circonstances.
- Le jury pense en conséquence qu’il est de toute justice d’accorder à la compagnie Saint-Pol, et à M. Sorel, le rappel de la médaille d’or qui fut décernée à M. Sorel en 183g.
- § LAITON.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. JOLLY, à Paris, rue Albouy, 5,
- Est un ouvrier actif et ingénieux qui paraît être un des premiers qui se soient occupés à confectionner par l’emboutissage, combiné à l’estampage et le repoussé, les becs à gaz , les cadenas, clefs, cachets, coulants de bourse, les petites boîtes et étuis à aiguilles, les porte-plumes, les œillets à corsets et autres petits objets d’une utilité journalière.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
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- M. MALLAT, à Paris, rue Neuve-Saint-François, 5, au Marais.
- Fabrique deux sortes de plumes métalliques, qu’il qualifie d’inaltérables et qui ont réellement une longue durée; les unes sont à pointes de rubis,etlesautres à pointe d’osmiure d’iridium, consolidées par un tuteur qui a pour effet, i°de soutenir le bec et de prévenir le croisement des branches; 2° de maintenir dans la plume une quantité d’encre suffisante pour que l’on puisse écrire pendant longtemps; 3° et d’éviter que la plume crache et répande de l’encre sur le papier.
- Le jury récompense M. Mallat par une citation favorable.
- § 5. ÉTAIN, ÉTAMAGE, OR FAUX, BRONZE EN POUDRE,
- CLOCHES.
- Étain.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. PIEREN , à Paris, rue Quincampoix, 17.
- M. Pieren a exposé de la poterie d’étain, et particulièrement des théières qui imitent parfaitement les théières anglaises.
- Le jury, en considération du perfectionnement que M. Pieren a apporté dans sa fabrication, lui rappelle la médaille de bronze obtenue en i83g.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- M. ROUSSEYILLE, à Paris, rue St.-Martin, 155, Continue à fabriquer avec succès de: la poterie
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- d’étain et dès couvercles en alliage. U renouvelle ses formes et les améliore chaque jour.
- Le jury lui accorde le rappel de la mention honorable obtenue en 1839.
- M. CAHOUET, à Paris, rue de Pontoise, 10.
- M. Cahouet a exposé 36 moules à cierges, plusieurs mandrins en acier et une machine qui sert à percer les cierges.
- La fabrique de M. Cahouet existe depuis 1829; elle emploie 1 o ouvriers et elle produit 80 à 100,000 moules par année. On en exporte à l’étranger pour une valeur de 80,000 francs. Ces moules, qui sont en étain et d’une seule pièce , ont déjà attiré l’attention du jury en 1839, et ont mérité à M. Cahouet une mention honorable. Le jury lui rappelle cette mention.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. ROUSSEAU et POISSON, à Paris, rue de Bondy, impasse de la Pompe, 13.
- MM. Rousseau et Poisson ont succédé à M. E. Clancau , qui avait obtenu une médaille de bronze en i83g. Ils fabriquent, comme faisait celui-ci, de l’étain battu pour la mise au tain dès glaces et des feuilles d’étain allié de bismuth, de zinc et de plomb, et enduites sur une de leur face d’un vernis gras. Us présentent ces feuilles métalliques comme propres à être collées sur les murailles pour préserver les appartements de l’humidité et empêcher la dégradation des papiers de tenture ; c’est sur cet
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- objet spécialement qu’ils appellent l’attention du jury; l’expérience paraît avoir effectivement démontré l’efficacité de l’emploi des feuilles métalliques de MM. Rousseau et Poisson , car on en fait actuellement une consommation assez considérable ; puisque la production annuelle est de 40,000 feuilles; ces feuilles se vendent au pïix de 2 francs le mètre carré, et plus du tiers passent à l’étranger. Cette fabrication occupe i5 ouvriers.
- Le jury accorde à MM. Rousseau et Poisson une mention honorable.
- MM. ROBERT et C'% au Petit-Poigny, près Rambouillet (Seine-et-Oise),
- Fabriquent des feuilles d’étain pour l’étamage de glaces, pour servir d’enveloppes et pour fermer les bouteilles; d’autres feuilles aussi en étain, dites papier métal, sont destinées à préserver les murs de l’humidité.
- Le jury leur accorde une mention honorable.
- M. VAULOT, à Paris, rue Saint-Martin, 222,
- Est un bon fabricant de poterie d’étain qui s’adonne principalement à la confection des comptoirs.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. CORNILLARD, à Paris, rue delà Croix-Saint-Martin , 15,
- Prépare en très-grande quantité de l’étain en feuilles de bonne qualité.
- Le jury lui accorde une mention honorable,
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- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement :
- M. BROUILLET, à Paris, rue Aubry-le-Bou-cher, 28.
- M. BARGÈS, à Paris, rue Àumaire, 13,
- M. CORLIEU, à Paris, quai du Marché-Neuf, 24,
- Pour leur poterie d’étain bien confectionnée.
- Étamage de la fonte.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. A. BUDY, à Paris, quai Pelletier, 42.
- En 1839 M. Budy a obtenu une médaille d’argent pour avoir découvert un moyen d’étamage plus durable que l’étamage ordinaire, et applicable particulièrement aux ustensiles en fonte, sur lesquels on n’avait pas pu réussir jusqu’alors à fixer l’étain d’une manière satisfaisante. M. Budy a parfaitement répondu aux encouragements que lui a donnés le jury de 1839 : il a développé son industrie et aujourd’hui sa fabrication personnelle roule sur une somme annuelle de plus de 100,000 francs, indépendamment de ce que fabriquent dans les départements et à Paris même, les personnes auxquelles il a cédé son droit. Ses ustensiles de fonte étamée sont maintenant employés dans tous les hôpitaux de Paris, et la marine en fait un grand usage. Ses procédés de fabrication ont reçu de l’ex-
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- périence une pleine sanction ; mais néanmoins il a cherché à les perfectionner encore, et il y est parvenu d’une manière si heureuse , que depuis deux ans, il a pu réduire tous ses prix de moitié , en maintenant la bonne qualité de son étamage, et ce qu’il y a encore de satisfaisant, c’est que, tout en arrivant à ce résultat, il a pu cesser d’employer le nickel, métal dont auparavant il faisait une assez grande consommation et qu’il était obligé de tirer en totalité de l’étranger ; il ne se sert plus maintenant pour allier à l’étain que de métaux qu’il trouve en France.
- Le jury félicite M. Budy de ses efforts persévérants et de ses succès ; il lui rappelle avec empressement la médaille d’argent qui lui a été décernée en i83g.
- Or faux, Bronze en poudre.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. DELAHAYE et C16, à Paris, rue de Reuilly, 3.
- On évalue à plus de 2 millions la valeur de l’or faux en feuilles et du bronze en poudre que l’on consomme annuellement en France. Malgré les tentatives que l’on a faites à diverses époques, la préparation de ces matières est restée jusquà ces derniers temps entre les mains des étrangers, et des Bavarois principalement. MM. Delahaye et Gi0 ont entrepris depuis un an de la naturaliser chez nous, et ils paraissent avoir déjà obtenu quelque suc-
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- cès. Ils ont fait établir une machine à vapeur de la force de huit chevaux, qui doit servir à faire mouvoir un laminoir et à battre les feuilles métalliques. Ils occupent actuellement quarante ouvriers et ils ont fabriqué dix mille paquets d’or faux et sept cents kilogrammes de bronze en poudre en un an.
- La préparation de ces matières présente deux difficultés principales : premièrement la confection des alliages et secondement le recuit des poudres.} Les alliages se composent de cuivre, de zinc et d’un peu de plomb; mais on prétend qu’il y a peu d’ouvriers qui puissent à volonté les faire tels qu’ils aient une certaine couleur déterminée. Quant au recuit que l’on fait subir aux poudres de bronze, il doit avoir pour effet de leur communiquer de certaines teintes tout en leur conservant le plus haut reflet métallique possible, et cela tient à un tour de main qui est en possession d’un petit nombre d’ouvriers seulement.
- MM. Delahaye et Cie se croient dès à présent maîtres de leur fabrication. Il paraît du moins qu’ils sont dans la bonne voie ; mais il leur reste encore à subir l’épreuve du temps. Le jury récompense leurs premiers succès en leur accordant une mention honorable.
- M. GILLEBERT, à Paris, rue Folie-Méricourt, 38.
- r' ; ' , ‘ ' t •
- M. Gillebert a présenté à l’exposition du bronze en poudre de toutes les nuances ; il en prépare actuellement 2,000 kilogr. par an , dont la valeur est
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- d’environ 100,000 fr. Sa fabrique existe depuis l’année i838. Il n’occupe que quatre ouvriers, parce que ses meules à broyer, qui sont au nombre de quatre, sont mises en mouvement par une machine à vapeur. Cette machine est à haute pression et de la force de quatre chevaux.
- M. Gillebert emploie comme matière première les débris et déchets d’or faux, qu’il se procure par la voie du commerce; mais il ne prépare ni l’alliage ni les feuilles. Ses produits ont déjà une bonne renommée dans le commerce, et il en exporte une assez grande quantité.
- Les efforts de M. Gillebert pour introduire la fabrication -du bronze en poudre paraissent être les prèmiers qui aient été fructueux. Le jury le récompense en lui accordant une mention honorable.
- Cloches.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. HILDEBRAND, à Paris, rue Saint-Martin,
- 202,
- Continue à fabriquer des cloches qui sont très-bien faites.
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze qu’il a précédemment obtenue.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M, BOLLÉE (Ernest), au Mans (Sarthe), Fabrique des cloches qui sont bien faites et or-
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- nées avec goût. Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement :
- M. GALLOIS, à Paris, rue Saint-Martin, 3A9.
- Pour ses cloches.
- MM. BARÀBAN frères, à Nancy (Meurthe).
- Pour leurs cloches.
- M. PELLETIER, à Paris, rueRoyale-Saint-Martin, 17.
- Pour leur assortiment de timbres qui sont destinés à remplacer les sonnettes, et pour le mode d’échappement qu’il a imaginé, et qui est aujourd’hui généralement adopté.
- § 6. BATTAGE DE l’OR.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. FAYREL, à Paris, rue du Caire, 27.
- M. Favrel a présenté cette année, comme aux expositions précédentes, de l’or, de l’argent et du platine en feuilles et en poudre. Sa fabrication prend chaque jour de l’extension; il opère actuellement sur 35ô kilogrammes d’or fin et ioo kilogrammes d’argent. Il livre annuellement au com-
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- merce 25 à 28 millions de feuilles métalliques dont le cinquième passe à l’étranger. Sa vente s’élève à plus de i,5oo,ooo francs, et il fournit à lui seul à plus du tiers de la consommation. 11 occupe 135 ouvriers dans ses ateliers et 26 au dehors.
- M. Favrel s’est placé à la tête de son art et hors ligne. Il travaille sans relâche au perfectionnement de ses procédés. Il est parvenu depuis quelques années à amener l’or à une telle minceur, qu’avec 10 grammes il prépare 1000 feuilles qui peuvent ensemble couvrir la surface d’un carré de sept mètres de côté. Il réduit actuellement le platine en feuilles tellement minces qu’elles adhèrent assez fortement aux corps sur lesquels on les applique pour qu’on puisse leur donner un bruni qui leur fait prendre l’éclat de l’acier, ce que l’on 11’avait pas encore pu obtenir. Il gaufre l’or et le platine dont les dentistes ont besoin.
- Il a simplifié ses presses à vapeur et il a organisé mécaniquement ses moyens de refroidir les baudruches.Il brûle toutes les balayures de sesateliefs, qui sont riches en or et en argent, dans un fourneau disposé d’une manière particulière, de telle sorte que les fumées parcourent une suite de tuyaux dans lesquels se déposent toutes les particules métalliques entraînées par les gaz, qui se perdaient autrefois.
- Enfin il a inventé et exécuté une machine à l’aide de laquelle il peut remplacer les bras des hommes, pour battre l’or et l’argent. Cette machine fonctionne bien et donne des feuilles d’aussi bonne qualité que celles fournies par les ouvriers ordinaires,
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- mais cependant l’expérience a fait voir qu’elle ne peut encore atteindre la perfection des ouvriers trés-habiles.Cet appareil est mis en mouvement par une macliine à vapeur de la force de quatre chevaux, qui fait marcher en même temps trois laminoirs, trois ventilateurs et deux moulins à moudre les cendres et à les tourner avec du mercure.
- M. Favrel porte maintenant toute son attention sur la préparation des outils (livrets de feuilles de baudruche entre lesquelles on place l’or et l’argent pour les soumettre aux coups du marteau). Les étrangers ont eu jusqu’ici l’avantage sur nous à cet égard. L’art du batteur d’or n’aura atteint sa perfection, en France, que quand nous leur aurons enlevé cet avantage. La persévérance et l’habileté de M. Favrel doivent nous faire espérer un prompt succès.
- La fabrication de l’or battu est lente et extrêmement minutieuse : on s’en fera, une idée quand on saura qu’avant de pouvoir être livrée au commerce, les feuilles sont soumises au recuit un très-grand nombre de fois, et qu’elles doivent recevoir environ dix-huit mille coups de marteau. M. Favrel a décrit cette fabrication, avec tous ses détails, dans un mémoire qu’il nous a communiqué ; ce mémoire est écrit avec une netteté et une clarté parfaites : il serait à désirer qu’il fût rendu public par la voie de l’impression.
- On ne saurait trop louer l’ordre et la bonne tenue qui régnent dans les ateliers de M. Favrel. Il traite ses ouvriers avec une justice pleine de bienveillance, et il en est récompensé par l’atta-
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- chement qu’ils lui portent tous et par les soins empressés qu’ils mettent à le satisfaire. On doit dire encore, à la louange de M. Favrel, que quoiqu’il prime son industrie , il n’excite nullement l’envie, et qu’au contraire tous ses rivaux le considèrent comme un guide et comme un ami.
- M. Favrel avait obtenu une première médaille d’argent, en i834* Il lui en a été décerné une seconde, en 1839. Le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argent avec le pl us grand empressement.
- MENTION HONORABLE.
- M. BOTTIER, à Paris, rue Saint-Jean-de-Beau-vais, 30.
- M. Bottier est batteur d’or; mais il se présente cette année à l’exposition comme fabricant d’outils ou de moules. On appelle ainsi les livrets de feuilles de baudruche, qui sont destinés à contenir les lames d’or, d’argent ou de bronze, que l’on soumet au battage. La préparation de ces outils présente des difficultés et est encore imparfaite en France. M. Bottier s’efforce avec autant d’activité que de persévérance de ravir leur secret aux étrangers. Il croît y être parvenu depuis quelques mois, et effectivement, il a déjà livré au commerce un certain nombre d’outils qui , au témoignage de M. Favrel, se sont trouvés aussi bons que les meilleurs de ceux que l’on fait venir de l’Angleterre. La découverte de M. Bottier a besoin de la sanction du temps; mais dès à présent le jury s’empresse de lui accorder une mention honorable.
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- § 7. TRÉFILERIE. FER-BLANC. CLOUTERIE. PEIGNES
- A TISSER.
- Tréfilerie.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM. FESTUGIÈRES frères, aux Eyzies (Dordogne),
- Ont ajouté une tréfilerie à leur grande usine 5 1er, et fabriquent d’excellent fil ; c’est un nouveau motif pour leur rappeler la médaille d’or qu’ils ont obtenue en 1839. {Voyez h l’article Fers.)
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. MIGNARD-BILLINGE et fils, à Belleville, boulevard de la Chopinette, 26,
- Fabriquent du fd de fer et de cuivre de tous calibres, des tubes sans soudure pour les presses hydrauliques, des fils d’acier pour les instruments de musique, etc. Ils confectionnent aussi des fils d’acier fondu, qui servent à faire des pivots et des pignons d’horlogerie, et pour ces derniers objets ils n’ont pas enccre de concurrents.
- Le jury s’empresse de leur rappeler la médaille d’argent qu’ils ont précédemment obtenue.
- P MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. E. BOUCHER, à Paris, rue Grange-aux-fE Belles, 21,
- Fabrique avec le fer de Fourchambault, du fil
- t ÆO
- I.
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- qui est sans défaut. Ses élastiques pour meubles et ses boucles sont très-estimés dans le comme ce.
- Il occupe 5o ouvriers, et emploie annuellement 4oo,ooo kilogrammes de fer et 3o,ooo kilogrammes de cuivre.
- Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M, CAPITAIN et Cie, à Abainville (Meuse),
- A fait de grands efforts et a dépensé beaucoup d’argent dans la vue d’arriver à préparer du fer cy-lindré propre à être transforme en fil avec promptitude et économie, et il a si bien réussi qu’il peut actuellement, avec deux tréfileries, réduire en fils la plus grande partie de 1,800,000 kilogrammes de fer rond de 5 millimètres de diamètre, qui sortent annuellement de ses machines à cylindrer.
- Le jury lui a déjà décerné une médaille d’argent. ( Voyez à l’article Fers.)
- MM. BOUGUERET, COUVREUX, LANDEL etCie, à Châtillon-sur-Seine (Côte-d’Or),
- Fabriquent dans leur grande usine, du fer rond de 5 millimètres de diamètre, pour la préparation du fil de fer, comme à Abainville, mais leurs produits sont un peu moins recherchés; ils possèdent 86 bobines et la quantité de fil qu’ils produisent s’élève à 2 millions de kilogrammes par année. {Voyez, pour la médaille, à l’article Fers.)
- 0
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. ROGER, à Paris, place du Panthéon,
- Fabrique à la filière des pièces en acier et en qui-
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- vre de toutes formes, rondes , plates, pleines ou creuses; il est le seul ouvrier qui fabrique les métiers de Lyon dits battants. On lui doit un indicateur qui fait connaître la tension de la vapeur dans les machines à haute et à basse pression. C’est un ouvrier très-habile , et le jury lui accorde avec empressement le rappel de la médaille de bronze qui lui a été décernée en i83g.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. SIRODOT (Victor), MOUCHET et Cie, A Oloron (Basses-Pyrénées),
- Ont fondé depuis trois ans, sur une chute d’eau considérable , un établissement dans lequel ils occupent déjà quarante-cinq ouvriers et fabriquent annuellement 200,000 kilogr. de fil de fer, de chaînes et de pointes. Cet établissement est appelé à rendre de grands services dans la localité.
- Le jury a trouvé juste de les récompenser en leur décernant une médaille de bronze.
- MM. PANCERA, DUCHAVANY et Cie, à Chava-noz, près Lyon (Rhône),
- Ont succédé à MM. Yillette frères, et fabriquent comme ceux-ci du trait faux d’or et d’argent qui est bien préparé.
- Le jury leur accorde une médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. FALÀTIEU jeune, à Bains (Vosges),
- Fabrique clans son usine à fer du fil qui est d’excellente qualité.
- (Voyez à l’article Fers.)
- MM. LABBÉ et LEGENDRE, à Gorcy (Moselle),
- Ont récemment établi dans leur usine à fer une tréfilerie qui renferme trente-huit bobines, et qui produit 6^5,000 kilogr. de fer.
- Cette fabrication est toute nouvelle et mérite déjà d’ôtre récompensée par une mention honorable.
- MM. BOUILLON jeune et Cie, à Limoges (Haute-Vienne),
- Ont établi sur une chute d’eau, de la force de cent quatre-vingts chevaux, une usine considérable qui occupe cent cinquante ouvriers, et dans laquelle ils produisent pour une valeur de 4fio>ooo fr. de fil d’excellente qualité et très-ductile, des pointes, des chaînes, etc.
- Le jury leur accorde une mention honorable, dont ils sont déjà très-dignes, quoique leur établissement soit tout nouveau.
- M. T. BOISSET, à Saint-Sulpice-sur-Rille, près L’Aigle (Orne),
- Fabrique du fil de laiton de toutes grosseurs pour toiles métalliques et pour la confection des fleurs artificielles, le tout de très-bonne qualité. Il occupe sept ouvriers.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement :
- M. PALMER, à Paris, rue de Montmorency, 16,
- Pour ses étirages en cuivre, fer et acier.
- M. PÀROT, à Saint-Germain-en-Laye ( Seine-et-Oise),
- Pour ses outils servant aux lamineurs et aux tréfileurs.
- Clouterie.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. SIROT père, à Trith-Saint-Léger, près Valenciennes (Nord),
- Fabrique pour une valeur de 200,000 fr. de chevilles en fer et en cuivre, qui sont très-estimées des cordonniers. Il occupe cent ouvriers qui travaillent à soixante-douze métiers, et il dispose d’une chute d’eau de la force de douze chevaux.
- M. Sirot est un mécanicien habile. Le jury s’empresse de lui décerner une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. GANGLOFF, à Ippling, canton de Sarregue-mines (Moselle),
- A commencé en février i843 à fabriquer des clous à monter, en acier, par un procédé qu’il a importé de l’étranger. Ses clous, à l’usage des cordonniers, ont paru parfaitement faits, et bien que son
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- établissement soit tout nouveau, le jury a cru devoir lui accorder une mention honorable.
- MM. P ARE AU et Cie, à Montbéliard (Doubs),
- Fabriquent annuellement 200,000 kilogr. de clous d’épingle tant à la main qu’à la mécanique.
- Leur usine est récemment formée. Le jury leur accorde une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement :
- M. BUXMANN, àParis,rueNeuve-de-Nazareth,36,
- Pour ses enseignes en zinc et en fer battu.
- M. MONTROZIER, à Chatonnay (Isère),
- Pour sa fabrication mécanique de pointes de Paris,
- Grillages.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. TRONCHON, à Paris, avenue de Saint-Cloud, près la barrière de l’Étoile,
- Fabrique, à l’aide d’une machine, des grillages et des treillis en fil de fer pour les jardins , et dont l’utilité paraît être bien constatée.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. J.-A. PAROD, àYernonet,prèsVernon (Eure),
- Fabrique, à l’aide d’une machine, des treillages
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- qui sont bien confectionnés à l’usage des constructeurs de chemins de fer.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- Câbles en fil de fer.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. VÉGNY et C'% à Paris, rue Grange-aux-Belles, 7,
- Fabriquent des câbles en fils métalliques qui sont très-bien confectionnés. Ces câbles sont employés dans les exploitations de mines et dans les carrières. On s’en sert aussi pour les machines à vapeur fixes des chemins de fer. MM. Yégny en ont livré 10,000 mètres en cinq pièces, sans nœuds ni reprises , à la compagnie du chemin de la Loire.
- Le jury leur accorde une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. PIVERT jeune, à Paris, rue de l’Universitéj 29,
- Fabrique des câbles en chanvre et en fil de fer. Le jury lui accorde une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- Le jury accorde une citation favorable à
- M. LE JUIF ( Auguste ), à Rouen ( Seine-Infé rieure),
- Pour ses câbles en fil de fer
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- Peignes à tisser.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. DEBERGUE, DESFRÈCHES et GILLOTIN , à Lisieux (Calvados),
- Ont été déjà signalés dans les expositions précédentes pour l’excellente confection de tous leurs produits, qui consistent principalement en peignes à tisser et à étirage pour la filature du lin. Ils sont sans rivaux sur le continent, et ils ne laissent échapper aucune occasion d’introduire des perfectionnements dans leur fabrique.
- Le jury s’empresse de leur rappeler la médaille d’argent qu’ils ont obtenue aux expositions précédentes.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. CIIATELARD et PERRIN, à Lyon (Rhône),
- Qui sont depuis longtemps si favorablement connus pour leur fabrication de peignes d’acier, ont encore perfectionné leurs produits et sont parvenus à donner aux peignes deux cent dix dents sur une longueur de 27 millimètres.
- Le jury leur décerne une nouvelle médaille de bronze.
- § 8. TOILES ET TISSUS MÉTALLIQUES.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM. A. ROSWAG et fils, à Sclielestadt ( Haut-Rhin), et à Paris, rue Saint-Denis, 321.
- Ce sont MM. Roswag qui ont introduit les pre-
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- miers en France la fabrication des toiles métalliques, et nul ne les a.surpassés tant pour l’importance de la fabrication que pour la qualité des produits. Ils fournissent au commerce toutes les variétés de toiles qui leur sont demandées, et ils sont parvenus à en confectionner qui sont tellement fines qu’elles portent cinq mille mailles sur une surface de 3 centimètres carrés.
- La qualité des toiles métalliques dépend en partie de, ia qualité des fils cle cuivre ; on ne saurait nier que ceux qui sortent de nos fabriques aient laissé jusqu’ici quelque chose à désirer sous le rapport de la ténacité ; mais tout porte à croire que bientôt nous ferons aussi bien que l’Allemagne et l’Angleterre, et alors nos toiles métalliques auront atteint leur plus haut degré de perfection.
- M. A. Roswag père a obtenu la médaille d’or h toutes les expositions. Le jury n’a pointhésité à lui en décerner le,rappeî.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- Madame veuve SAINT-PAUL et fils, à Paris, boulevard des Filles-du-Galvaire,
- Fabriquent des toiles métalliques qui sont recherchées pour faire des tamis.
- Le jury leur rappelle la médaille d’argent obtenue dans les expositions précédentes. .
- MM. DEL AGE et LAROCHE puîné, àLacouronne ^ (Charente),
- Sont connus depuis longtemps comme de très-
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- habiles fabricants, et leurs toiles métalliques non-seulement sont employées dans les papeteries des environs, mais encore dans toute la France en concurrence avec les toiles de Scbelestadt; elles sont en outre exportées en Belgique.
- Le jury s’ empresse de leur rappeler la médaille d’argent qu’ils ont obtenue en 1889.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. TROUSSET fils, CATALA et Cie’, à Angou-lême (Charente),
- Font concurrence à MM. Delâge et Laroche puîné. Ils sont inventeurs d’une toile vélin, dite toile Catala, dont la trame est d’un fil beaucoup plus fort que la chaîne, et qui dure plus longtemps que les toiles ordinaires ; 20 d’une autre toile qui est destinée à la fabrication par machines du papier vergé.
- C’est la première fois que ces fabricants paraissent à l’exposition. Le jury leur décerne une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. H.-G. STAMMLER, à Strasbourg (Bas-Rhin),
- Fabrique depuis longtemps , en fils de fer et de cuivre, un grand nombre d’objets de fantaisie très-remarquables par leur élégance, tels que portefeuilles, paniers, bourses, bracelets, et qui sont bien reçus par le commerce. Sa vente s’élève annuellement à 120,000 fr.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
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- CITATION FAVORABLE.
- Le jury cite favorablement :
- M, TANGRE, à Paris, rue Saint-Maur, 47,
- Pour sa fabrique de tamis métalliques.
- § 9. AIGUILLES.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. YANTILLARD (Yictor) et Cie, à Mérouvel» près L’Aigle (Orne).
- La fabrique d’aiguilles de Mérouveldate de 1819; mais pendant les onze premières années quatre compagnies successives qui en avaient entrepris l’exploitation s’y sont ruinées. M. Victor Van tillard, qui était entré dans cette fabrique dès l’âge de douze ans, entreprit de la relever par ses propres efforts, et presque sans ressources. Il travailla d’abord sur une très-petite échelle ; il s’occupa à former des ouvriers parmi les habitants du pays, et à force de soin et de persévérance il a obtenu un succès complet. Aujourd’hui sa fabrique occupe près de deux cents ouvriers, qui sont tous Français, et il en sort chaque année pour 25o,ooo fr. d’aiguilles.
- Ces aiguilles ont été jugées de bonne qualité, et propres à soutenir la concurrence étrangère.
- Il ne manque plus à la France qu’une seule chose pour que la fabrication des aiguilles s’y trouve portée au plus haut degré de perfection, c’est l’établissement de la fabrication du fil d’acier fondu , du moins à des prix modérés : jusqu’à présent on est obligé de tirer ce fil de l’étranger, et l’on n’est pas
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- toujours assuré de s’en procurer du meilleur. On ne saurait fixer trop fortement l’attention de nos métallurgistes sur ce sujet. .
- M. Victor Vantillard avait obtenu une médaille d’argent en 1839. Le jury, en considération des nouveaux progrès qu’il a fa^t faire à sa fabrique, lui en décerne une nouvelle.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. H.-J. NEUSS fils, àVaise, près Lyon (Rhône),
- Est venu d’Aix-la-Chapelle, depuis peu d’années, pour établir à Vaise un grand atelier dans lequel il fabrique des aiguilles-, des épingles, des broches , des fils de fer et d’acier. Il occupe déjà cent cinquante ouvriers, et sa. production s’étend chaque jour. Ses aiguilles sont très-bonnes, et, selon le jury du département du Rhône, il peut les livrer à des prix qui sont moindres d’un cinquième que celui des aiguilles d’Aix-la-Chapelle.
- Le jury se plaît à signaler le mérite de M. Neuss fils, et quoique la création de son établissement soit toute récente; il lui décerne une médaille de bronze.
- MM.;MASSUN et fils, à Metz (Moselle),
- Sont venus aussi d’Aix-la-Chapelle pour importer en France l’industrie de la fabrication des aiguilles. Ils se sont établis à Metz en août 1842; déjà ils emploient soixante-dix ouvriers et possèdent trente métiers à aplatir et percer les têtes d’aiguilles^ et une machine de la force de dix chevaux ; ils produisent 5 à 600,000 aiguilles par semaine au prix]de 3 fr. à ï5 fr. le mille, et leur fabrication
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- totale s’élève à i3o,ooo fr. par an. Ils font venir d’Aix-la-Chapelle le fil qu’ils emploient.
- Le jury leur décerne une médaille de bronze.
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- SECTION III.
- APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ.
- M. Dumas, rapporteur.
- MM. CIIRISTOFLE et Cie, à Paris, rue de Bondy,
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- M. Christofle expose à divers titres, savoir :
- i° Comme bijoutier, ayant déjà obtenu en i83g une médaille d’or; mais, il ne peut être question d’apprécier des produits de ce genre dans cette partie du rapport; elle concerne la commission des beaux-arts ;
- 2° Comme doreur au trempé, exploitant le brevet pris par M. Elkington, et livrant au commerce cette dorure légère qui, appliquée sur le bronze, le laiton et le cuivre, a pris une extension si considérable depuis quelques années ;
- 3° Comme doreur par voie humide, au moyen de la pile , exploitant les brevets pris par. MM. Elkington et de Ruolz, et fournissant au commerce des produits destinés à rivaliser avec la dorure au mercure;
- 4° Comme argenteur par voie humide, exploitant les brevets de MM. Elkington et de Ruolz, et produisant des objets divers de décoration bu d’usage en bronze, maillechort ou fer argenté, dont la fabrication constitue une nouvelle industrie.
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- M. Christofle s’est donc chargé, comme bijoutier, d’exploiter en grand des brevets pris par MM. Elkington et de Ruolz; il n’a aucun droit personnel à l’inventiondesprocédesqu’ilmeten pratique.
- Aussi, le jury doit-il surtout apprécier les résultats que M. Christofle a mis sous ses yeux, au point de vue du mérite absolu , indépendamment de l’invention elle-même.
- La dorure au trempé, déjà pratiquée à Paris, depuis longtemps, par les associés de M. Elkington , n’a reçu depuis qu’elle se pratique dans les ateliers de M. Christofle, aucun perfectionnement notable. Elle s’y exécute avec tous les soins qu’une pareille opération exige; mais, sous le rapport de la perfection relative des produits, comme sous celui de l’économie du travail, la longue expérience de M. Elkington et son habileté bien connue n’avaient presque rien laissé à faire à ses successeurs.
- La dorure électrique offre sur la dorure au trempé un avantage inappréciable. Tandis que la dorure au trempé permet seulement de déposer à la surface de la pièce une pellicule d’or excessivement mince, sans qu’on puisse en augmenter l’épaisseur au delà d’une limite très-restreinte, la dorure électrique permet d’augmenter,'au contraire, l’épaisseur de la couche d’or à volonté sur les objets soumis à cette méthode de dorure. C’est ainsi, que la dorure électrique se trouve amenée à remplacer la dOrure ancienne au mercure, dont elle peut à volonté, atteindre ou même dépasser beaucoup les avantages, souslerapportdei epaisseurdela couche.
- En effet, la dorure électrique s’obtient en pion-
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- géant la pièce bien décapée dans une dissolution d’or, après l’avoir mise en communication avec le pôle négatif de la pile. La quantité d’or, déposée sur la pièce, est sensiblement proportionnelle au temps de l’immersion. Son épaisseur ne connaît donc pas d’autre limite que celle que l’acheteur entend y mettre lui-même.
- L’appareil de dorure adopté par M. Christofle a paru, au jury, vraiment manufacturier, d’un emploi facile, simple dans ses dispositions et régulier dans sa marche. A mesure que l’or est soustrait au liquide par les pièces qui s’en recouvrent, un artifice très-simple le lui restitue, en grande partie du moins.
- On a fait à ce procédé de dorure diverses objections : on a dit que l’or n’adhérait pas aux pièces; qu’il noircissait avec le temps; qu’il n’était pas possible de se rendre compte du poids de l’or déposé sur une pièce donnée ; que la couche d’or était inégalement répartie sur la pièce ; que le procédé n’était pas plus salubre que l’ancien ; qu’il n’était pas plus économique.
- L’adhérence de l’or appliqué par la pile sur une pièce bien décapée, se démontre par une foule de faits incontestables. Il existe maintenant dans la circulation des pièces dorées, au moyen de couches de métal assez mince, pour que l’usure de l’or soit complète sur certaines parties de la pièce. Dès lors, on a pu facilement se convaincre que l’or adhérait jusqu’à la dernière pellicule ; qu’il s’usait, peu à peu, sans se détacher par lamelles.
- Les pièces dorées par la pile peuvent recevoir
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- tous les tons que la dorure au mercure sait depuis longtemps communiquer à ses produits.
- La mise au mat s’effectue sans difficulté particulière; mais, théoriquement, personne n’aurait voulu assurer qu’à la longue, la lumière, l’air ne peuvent pas exercer sur la dorure électrique une action un peu différente de celle qui se produit sur la dorure au mercure. Les pièces dorées au mercure, en effet, laissent reparaître bien souvent au bout de quelques années des tâches mercurielles dont rien ne faisait dès l’abord soupçonner l’existence. Si le temps avait révélé quelque particularité de ce genre, inhérente à la dorure galvanique , on peut espérer que l’industrie aurait su j trouver remède. Mais, jusqu’ici, des bronzes dorés, depuis deux ans, n’ont pas souffert.
- Les pièces exposées par MM. Odiot ont clix-huit mois de fabrication. Divers objets dorés, depuisdeux ans, abandonnés sur des planches , à l’air et à la poussière, ont repris tout leur éclat par un simple lessivage.
- On peut se rendre compte de la quantité d’or déposée sur la pièce par la durée de l’immersion ou par la pesée des pièces. Le premier procédé n’est applicable qu’à des pièces d’une surface connue. Le second offre diverses difficultés qui exigeront qu’on accorde une certaine tolérance au doreur. ,La pièce étant généralement très-lourde, quand il s’agit d’un bronze d’art, et la couche d’or très-légère, toutes les erreurs des pesées portent sur l’or et constituent des quantités du poids total de l’or déposé sur la pièce qui pourraient devenir
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- importantes. Mais, comme il est certain que la pièce immergée dans le bain ne perd rien de sa propre matière et ne gagne que de l’or, toute la question se réduit à la peser avant et après l’opération, avec une balance d’une sensibilité suffisante; c’est ce que pratique M. Christofle.
- L’inégale répartition de l’or sur la pièce est inévitable dans tous les procédés de dorure, et si ce défaut atteignait des proportions, qui en rendissent la correction essentielle, il serait certainement plus facile de l’obtenir par la dorure galvanique qui se prête si bien à l’emploi des réserves. L’expérience apprend, d’ailleurs, que par une circonstance qui est favorable à la résistance aux frottements, les aspérités se chargent plus que le fonds. C’est le contraire dans les procédés au mercure.
- La salubrité du nouveau procédé demeure évidente pour quiconque a essayé d’en étudier la pratique; d’ailleurs, en suivant les conseils de M. d’Arcet, les appareils de décapage, qui dans cet atelier, comme dans les ateliers au mercure, donnent des vapeurs nitreuses, ont été ventilés avec un plein succès. La salubrité est donc évidente en fait et en raison.
- On peut affirmer qu’il en est de même de son économie relative.
- Voici, du reste, une pièce importante dans cette discussion ; elle est signée de M. Hossaüer, orfèvre du roi à Berlin, qui pratique le nouveau-procédé depuis deux ans.
- « Je regrette de ne pouvoir vous exposer le ré-» sultat, comme économie de temps, d’or, de matières » premières et de charbon, que je trouve dans l’em-i. 43
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- » ploi du procédé galvanique appliqué à la dorure » sur différents métaux dans ma fabrique.
- » Ce sera pour moi le sujet d’un rapport que je » compte vous adresser sous peu.
- » Mais j’ai trouvé que les résultats à cet égard » dépassaient de beaucoup mes espérances. »
- Chez M. Christofle 3 ouvriers et i commis suffisent pour déposer 2,5oo grammes d’or ou d’argent. — Tandis que 4 hommes par l’ancien procédé ne déposeraient que 128 grammes.
- L’application de l’argent sur le cuivre, le laiton, le bronze, le packfong, le fer, etc., constitue véritablement une industrie nouvelle, qui répond à certains besoins auxquels ne satisfont ni le plaqué, ni les procédés imparfaits d’argenture mis autrefois en usage.
- Les couverts de maillechort ou packfong argenté que M. Christofle livre au commerce en quantité considérable, /\oo par jour, et qui contiennent 60 grammes d’argent par douzaine, contribueront à répandre l’usage d’une vaisselle propre, agréable et salubre chez les consommateurs nombreux qui ne pourraient pas aborder l’argenterie proprement dite. Douze couverts de packfong argenté pris au hasard chez M. Christofle, et à son insu, ont été employés dans un ménage où on s’en servait tous les jours, pendant plus d’une année, sansqu’on ait pu y découvrir le moindre inconvénient. M. le ministre du commerce a voulu lui-même qu’un essai en fût fait dans une des écoles qui relèvent de son ministère. Le résultat obtenu peut s’apprécier, k la .simple vue du couvert revenu de fécole de Châlons
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- et mis sous les yeux du jury par les soins de M. le ministre du commerce. Cette épreuve, répétée dans un grand nombre d’institutions, a obtenu partout le même succès.
- L’argenture, appliquée sur des bronzes d’art, peut rivaliser de solidité maintenant avec la dorure. Ses défauts tiennent tous à la nature même de l’argent; métal exposé, comme on sait, à brunir sous l’influence des émanations d’hydrogène sulfuré. Mais, cela n’a rien qui soit spécial à l’argenture galvanique.
- Le nouveau procédé s’applique d’une manière très-favorable à la restauration du vieux plaqué. Il a obtenu beaucoup de succès à cet égard. Il est évident que rien n’empêche de l’appliquer aussi souvent qu’on le juge nécessaire à la restauration générale ou partielle des pièces qui ont déjà été soumises elles-mêmes à l’argenture voltaïque et où l’on se propose de réparer les points altérés par l’usage.
- L’argenture voltaïque constitue donc une branche d’industrie nouvellé, qui, exploitée déjà sur une grande échelle, prendra, on peut le prédire, un rang très-élevé dans la consommation, à mesure qu’elle sera mieux connue.
- Le jury central a été frappé des excellentes dispositions prises par M. Christofle pour assurer à sa nouvelle et délicate industrie la production régulière et loyale qui garantit la confiance et la faveur des consommateurs éclairés, La comptabilité est tenue de telle manière que le poids de l’or ou de l’argent est garanti par M. Christofle, et que le mode de vente qu’il a adopté repose sur cette base.
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- Il a vu avec intérêt, chez cet habile industriel, la réunion de trois procédés qui se complètent mutuellement, la dorure au trempé, la dorure galvanique et l’argenture galvanique , et qui tous les trois sont exploités sur une grande échelle.
- Il décerne à M. Christofle une nouvelle médaille d’or.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. BOQUILLON, à Paris, rue Saint-Martin, 208.
- M. Boquillon expose divers objets, obtenus par les procédés galvanoplastiques. La commission les a examinés avec intérêt. Elle s’est assurée que cet exposant a pris part d’une manière active à la plupart des inventions ou des perfectionnements dont l’emploi de l’électricité dans les arts métallurgiques a été l’objet depuis quelques années.
- Pour reconnaître le zèle et l’intelligence déployés par M. Boquillon dans les études auxquelles il s’est livré, touchant l’emploi industriel de l’électricité, le jury lui décerne une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. NOUÀLHIER et BOQUET, à Sèvres ( Seine-et-Oise),
- Ont exposé des vases de verre ou de porcelaine couverts d’un enduit métallique à l’extérieur. Cet enduit plus ou moins épais à volonté est appliqué par la pile de Yolta. Ordinairement, il est en cuivre rouge. Son effet principal consiste h soustraire le vase aux chances d’une rupture qu’on lui fait
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- courir en l’exposant brusquement à l’action du feu.
- Sous ce rapport, certains vases culinaires, nombre d’appareils de chimie, peuvent trouver dans les procédés de MM. Noualhier et Boquet des moyens de préservation que l’économie domestique, que l’industrie et la science sauront mettre à profit. On ne serait pas surpris de voir appliquer ces procédés aux vases destinés à la distillation des acides, à celle de l’acide sulfurique en particulier. En effet, on peut dire que les procédés de MM. Noualhier et Boquet permettent de produire des vases de cuivre revêtus à l’intérieur d’un enduit de verre ou de porcelaine, inaltérable aux acides concentrés.
- Cette application des procédés galvaniques est récente; on ne peut pas juger encore de son importance industrielle ; le jury central décerne à MM. Noualhier et Boquet une médaille de bronze.
- M. HULOT, à Paris, passage de Venise , 2,
- Expose des reproductions de médailles obtenues par les procédés galvanoplastiques, et qui sous tous les rapports ont paru aux artistes d’une exécu-, tion irréprochable.
- Les procédés de M. Hulot, tout en reposant sur le principe général mis en pratique par M. Jacobi, renferment quelques tours de mains qui lui sont propres. Ils offrent de grands avantages pour la reproduction à bon marché des médailles rares, dont ils pourraient servir à répandre des copies d’une identité absolue avec l’original.
- Le jury central décerne à M. Hulot une médaille de bronze.
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- Plaques métalliques propres à la photographie.
- Ces plaques sont en doublé d’argent de différentes grandeurs et à différents titres. Le titre varie depuis le 5e jusqu’au 60% et même jusqu’au 80e ; mais le 30e et le 40e sont le plus générale-mentemployés. La grandeur varie depuis la plaque entière, qui a 0n%165 sur 0m,22, jusqu’au 8e de plaque, qui n’a que 0m,06 sur 0m,04; le 8% le 6e et le quart de plaque s’emploient surtout pour le portrait ; la demi-plaque et la plaque entière, pour les vues et les monuments.
- On reconnaît une bonne plaque à l’homogénéité de l’argent, à l’égalité de son planage, et à Fabsence de gerçures ou de fissures qui pourraient mettre le cuivre à nu, ou devenir un obstacle à son nettoyage. Les plaques au 30e et au 40e peuvent servir de dix à quinze fois.
- Lors de la découverte de la photographie, les plaques métalliques étaient fournies par les fabricants de plaqué, et on s’aperçut bientôt que la beauté et la netteté des épreuves ne pouvaient être obtenues que sur une plaque recouverte d’<une couche bien homogène , et dont le titre permît de faire servir les plaques plusieurs fois.
- Les photographes ne pouvaient faire un choix dans les plaques livrées par le commerce ; de là l’établissement de fabriques spéciales de plaques propres à cet art.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. MICHEL, à Paris, quai de l’Horloge, 47,
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- Un des premiers s’adonna d’une manière spéciale à la fabrication de plaques pour la photographie. Ses produits ont été, dès l’abord, l’objet d’une préférence qu’il a su conserver.
- M. BELFIELD-LEFËVRE, à Paris, place de la Concorde, 8,
- Frappé des difficultés de se procurer des plaques qui réunissent toutes les qualités désirables, a cherché si la galvanoplastie ne lui fournirait pas les moyens d’obtenir du plaqué. Ses expériences ont été couronnées de succès, et il a mis sous les yeux du jury des épreuves obtenues sur plaques ainsi préparées , et qui sont comparables aux plus belles épreuves connues.
- Plusieurs membres cle la commission ont vu opérer cet artiste, et ont remarqué son mode de polissage, et ses moyens d’obtenir des épreuves d’une teinte voulue.
- De nouvelles expériences sont cependant nécessaires pour constater les avantages qui ressortent de ces modifications.
- M. VILLEROI, à Paris, rue Mazarine, 29.
- En mettant tout ses soins à la préparation des plaques photographiques, M. Yilleroi est parvenu à obtenir de bons produits. Le jury central lui accorde une mention honorable.
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- SECTION IY.
- FERS , FONTES, TÔLES , FERS-BLANCS , FONDERIES ,
- ARTS DIVERS.
- M. Michel Chevalier , rapporteur.
- Considérations générales.
- Le fer est de tous les métaux celui dont la consommation donne le mieux la mesure du développement et de l’avancement des arts utiles. Sous ce rapport, les accroissements rapides de la quantité de fer nécessaire à la France donnent une idée bien favorable du progrès de cette branche de la civilisation. Il y a vingt cinq ans, en 1819, lorsque, pour la première fois, l’administration recueillit des renseignements sur l’importance des usines à fer du royaume, les relevés officiels accusèrent une production de 112,500 tonnes (de 1,000 kilog.) de fonte. Les derniers états qui concernent l’année 1842 indiquent une production de 899,456 tonnes. La progression est dans le rapport de 100 à 358. Dans le môme délai on est passé, pour le fer forge, de 74,200 tonnes à 284,824. Ici la progression est plus rapide encore, car elle est exprimée par le rapport du simple au quadruple (exactement de 100 à 384).
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- Lors de la dernière exposition l’on possédait les renseignements relatifs à l’année 1837. Nous allons mettre en regard ceux de l’exercice 1842, les derniers qui aient pu être publiés.
- 1837. 1842.
- Hauts-fourneaux au combustible végétal. . 433 418
- Hauts-fourneaux au coke seul ou mélangé de
- houille et de charbon de bois 34 51
- Nombre total des hauts-fourneaux actifs . . 467 469
- Minerai employé, tonnes de 1,000 kilog, . 973,333 1,128,911
- Fonte au combustible végétal id 268,937 297,174
- Fonte au combustible minéral id 62,741 102,282
- Total de la fonte produite 331,678 399,456
- Nombre total des ouvriers des hauts-four-
- neaux 6,991 4,782
- Fer affiné au charbon de bois 101,080 99,830
- Fer des forges catalanes, ou méthode directe 8,916 9,965
- Fer affiné à la houille, méthode anglaise et
- méthode champenoise, fer de riblon . . . 114,617 175,029
- Produit total en fer forgé 224,613 284,824
- Nombre total des ouvriers des forges .... 9,099 11,040
- Nombre total des ouvriers de l’industrie de
- la fonte et du fer 15,980 15,822
- Le nombre total des ouvriers employés pour l’extraction et la préparation des minerais, la fabrication de la fonte et la fabrication du fer en
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- barre s’est élevé, en 1837, à 33,356 et en 1842 à 32,616.
- On le voit, le nombre des appareils pour la fusion des minerais n’a pas sensiblement augmenté ; mais la production s’est accrue dans la proportion de 100 à 120 ; pour une période de cinq années c’est assez peu. La production du fer en barre a augmenté dans un plus grand rapport, celui de 100 à 127. Il est digne d’attention que le personnel des hauts-fourneaux ait diminué dans une forte proportion. Ce résultat, s’il est parfaitement constaté, provient certainement de l’adoption de moyens mécaniques plus perfectionnés.
- Les diverses méthodes de fabrication ne se sont pas étendues dans une égale proportion.
- La fonte au bois n’a pas diminué ; elle a même un peu augmenté. Cependant elle représente aujourd’hui une fraction un peu moindre de la production totale. Elle ne s’est accrue, en effet que de 10 pour cent, dans l’intervalle des cinq années de 1837 à 1842 , tandis que sur la fonte au coke la progression a été de 63 pour cent..
- Ainsi la fabrication de la fonte au combustible minéral gagne du terrain : elle vient d’apparaître, par exemple, dans le Berry, où d’excellents minerais s’offrent à bas prix sur les bords du canal encore inachevé qui porte le nom de cette province , et, selon toute apparence, elle s’y déve-
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- loppera beaucoup, car moyennant ce canal, le minerai et le combustible se trouvent très-rap-prochés l’un de l’autre.
- La production du fer forgé à la houille s’accroît d’une manière encore plus accélérée : pour ne parler que du fer obtenu par la méthode anglaise proprement dite , c’est-à-dire où le fer affiné à la houille s’élabore entre des cylindres étireurs ou lamineurs, on en obtenait, en 1837, 82,855 tonnes. En 1842, c’était 142,600, soit près du double, et chaque jour cette fabrication s’étend, à mesure que des voies de transport économiques s’achèvent et permettent aux charbons de nos nombreux bassins houillers de pénétrer dans les régions multipliées en France, mais rarement pourvues de combustible minéral, qui recèlent les minerais en abondance. Sous ce rapport comme sous beaucoup d’autres, on peut affirmer que la question du progrès des forges françaises se confond avec celle du prompt établissement des voies de communication économiques. De combien d’autre industries ne peut-on pas en dire autant ?
- La méthode dite champenoise où le fer, affiné à la houille, s’élabore sous les marteaux des anciennes forges, tend à être absorbée par la méthode anglaise proprement dite. La méthode champenoise était excellente pour une transition ;
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- mais elle ne possède qu’une valeur transitoire. Plusieurs des établissements qui l’avaient adoptée , ont remplacé par des laminoirs leurs marteaux et se sont classés ainsi parmi les forges à l’anglaise. En 1834, la méthode champenoise était à son apogée. Elle fournissait 3/i,855 tonnes. Par une baisse continue,elle était tombée, en 1840, 4 24,547. Elle s’est relevée, en 1842, à 27,411; mais on doit s’attendre à la voir s’amoindrir de plus en plus.
- Pendant le même intervalle, de 1837 à 1842, l’affinage au charbon de bois éprouvait une imperceptible diminution. Depuis 1825, la quantité de fer obtenu par le seul combustible végétal est à peu près stationnaire. En 1825 , elle s’élevait à 102,479 tonnes; elle était, en 1834, de 102,087; en 1837, de 109,996; en 1842, de 109,795. Il semble que la tendance des forges françaises soit de réserver le combustible végétal pour la production de la fonte et d’opérer la conversion de la fonte en fer forgé au moyen du combustible minéral, toutes les fois qu’elle peut s’en procurer à des prix qui ne soient pas excessifs. Dans la Haute-Marne et la Meuse, on est parvenu à faire subir à l’industrie des fers cette transformation, même en payant de 50 à 60 fr. la tonne de houille qui vaut de 3f,50 à 4f,50 dans les forges de l’Aveyron et dans celles du pays de Galles, et qu’en
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- Angleterre les maîtres de forges payent rarement au delà de 10 fr. Il est vrai que dans la Haute-Marne et la Meuse on opère raffinage de la fonte en économisant la houille a un degré qui n’est égalé nulle part.
- En 1839, les améliorations les plus apparentes dans les procédés des forges consistaient dans l’emploi de l’air chaud pour les hauts-fourneaux et môme pour les feux d’affinerie au charbon de bois ; dans la substitution du bois à demi carbonisé , dit charbon roux, ou même du bois vert au bois parfaitement carbonisé ; dans la construction d’appareils qui permettaient de se servir de la flamme du gueulard ou des feux d’affinerie , ou de celle des fours tant à puddler qu’à réchauffer, pour la production de la vapeur nécessaire aux machines motrices, pour agir sur des produits qui attendaient une élaboration nouvelle, tels que la gueuse qui doit subir l’affinage , le fer qui doit être battu sous le marteau, la tôle qui doit recevoir de nouveau la compression du laminoir, les feuilles de fer qu’il faut convertir en fer-blanc, ou le fil de fer qui est à recuire.
- L’usage du charbon roux et du bois, tant desséché que vert,a commencé en 1835. Cette innovation avait fait concevoir des espérances qui ne se sont pas complètement réalisées à beaucoup près.La marche des hauts-fourneaux ainsi chargés,
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- a été moins régulière, et le surcroît de frais qu’a alors entraîné le transport, a absorbé la majeure partie du bénéfice obtenu par l’économie du combustible. Depuis 1839, le nombre des hauts-fourneaux où l’on travaillait avec du bois à ces différents états, mélangé ou non de charbon, a été en diminuant. Il était alors de 53; c’est le maximum qui ait été atteint. En 1842, il n’y avait plus que 34 fourneaux qui travaillassent ainsi, et encore la dose de charbon associée au bois était-elle devenue plus forte.
- L’emploi de l’air chaud dans les hauts-fourneaux remonte à peu près à la même époque que celui du bois cru, ou semi-carbonisé. Il existe particulièrement dans les établissements où les hauts-fourneaux s’alimentent de combustible minéral ou de bois en tout ou en partie. Ainsi, sur 51 hauts-fourneaux qui brûlaient du combustible minéral, en 1842, 39, les quatre cinquièmes chauffaient leur air. Sur les 34 hauts-fourneaux chargés en partie avec du bois cru ou à demi carbonisé, 26, les trois quarts, recouraient au même moyen. Au contraire, sur les 384 hauts-fourneaux au charbon de bois, 52 seulement, soit 14 sur cent, en faisaient usage. Cette pratique ne s’est pas répandue également dans toutes les parties du territoire. Dans la Côte-d’Or, beaucoup de hauts-fourneaux au combustible végétal
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- travaillent à l’air chaud ; ailleurs on s’en tient généralement à l’air froid. L’air chaud donne des résultats fort différents suivant les différentes destinations de la fonte. La fonte de moulage obtenue à l’air chaud est beaucoup plus douce ; mais la fonte qui résulte de l’emploi de l’air chaud est plus difficile à affiner ; elle exige pour l’affinage des tours de main qui restent à découvrir ou qui sont peu connus.
- Une innovation plus récente encore, en tant qu’on ne la ferait remonter qu’à l’époque où elle est entrée dans la pratique générale des forges, est celle qui consiste à utiliser la chaleur jusqu’alors perdue. Déjà, antérieurement à 1814, des expériences en grand avaient eu lieu à ce sujet, et des appareils fonctionnant régulièrement avaient été établis pendant quelque temps dans les usines de M. Aubertot près de Yierzon ; les gaz sortant du gueulard avaient été utilisés par M. Aubertot pour des usages multipliés. Cet habile manufacturier, qu’on peut à bon droit appeler le Nestor des maîtres de forges français ( car il a cessé à peine, à 84 ans, de diriger en personne ses établissements), avait employé les gaz du gueulard non-seulement pour la cuisson de la chaux, qui au surplus avait été déjà pratiquée de cette manière, mais pour des opérations métallurgiques plus importantes , plus
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- compliquées et plus délicates. Entre ses mains, la chaleur produite ainsi, au moyen des gaz du gueulard ou de ceux des foyers d’affinerie, avait été suffisante pour cémenter des aciers, pour réchauffer des fers destinés à passer de nouveau sous le marteau, et même pour porter des boulets et d’autres grosses pièces de fonte à des degrés de chaleur voisins de la fusion, accidentellement à celui de la fusion même. Ces améliorations remarquables qui semblaient ouvrir une carrière nouvelle à l’art des forges, avaient été perdues de vue, quoique M. Aubertot les eût libéralement divulguées. Un très-petit nombre de maîtres de forges, en France et en Allemagne, en avaient conservé la tradition et l’avaient consacrée par le maintien de quelques appareils. A Yierzon même, à la suite de changements temporairement survenus dans l’administration, les innovations de ce genre introduites par M. Aubertot avaient été abandonnées.
- Ce fut vers 1835 que ces idées préoccupèrent de nouveau les maîtres de forges. La science joignit ses efforts aux leurs. Elle rendit un meilleur compte des opérations qui se passaient dans le ventre des hauts-fourneaux et dans les appareils d’affinage. Elle éclaira particulièrement la théorie de la réduction du minerai ; elle analysa les produits de la combustion, spécialement dans
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- les fourneaux à courant d’air forcé, tels que les hauts-fourneaux. Elle montra que non-seulement l’oxyde de carbone, gaz réducteur, y domine l’acide carbonique duquel il n’y a plus aucune action à attendre, mais que même, excepté dans le voisinage de la tuyère et au sommet du fourneau , l’acide carbonique n’existait pas en quantité appréciable, et que tout le carbone s’y présentait’ à l’état d’oxyde propre à donner de bons résultats. Elle s’appliqua à évaluer exactement l’effet utile qu’on retirait du combustible. On peut maintenant évaluer, grâce aux travaux récents de M. Ebelmen sur plusieurs hauts-fourneaux, que, dans les hauts-fourneaux au charbon de bois, la chaleur perdue s’élève aux six dixièmes ou aux deux tiers. Dans les hauts-fourneaux au coke la perte dépasse les quatre cinquièmes; de sorte qu’il y aurait un plus grand profit encore à attendre de l’application d’appareils propres à utiliser les gaz du gueulard dans les établissements qui possèdent des hauts-fourneaux au coke que dans ceux où les hauts-fourneaux s’alimentent de combustible végétal. Il résulterait aussi des recherches du même ingénieur que les gaz du gueulard des hauts-fourneaux au coke sont exempts des éléments sulfureux dont il était naturel d’y redouter la présence.
- Dans les fours à réverbère le gaspillage du
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- combustible est plus énorme encore que dans les fourneaux à courant d’air forcé.
- De même on a obtenu une mesure plus exacte de la température qu’il était possible d’attendre régulièrement de la combustion des gaz qui s’échappent des gueulards des hauts-fourneaux ; d’accord l’une avec l’autre, la théorie et la pratique ont établi que cette combustion devait donner et donnait en effet une chaleur suffisante pour faire entrer la fonte en parfaite fusion et pour l’affiner.
- L’attention des maîtres de forges s’étant tournée de ce côté, et le haut prix des bois les ayant contraints à ne rien négliger de ce qui serait propre à rendre utile une si grande quantité de chaleur jusqu’alors consommée stérilement, on a vu naître une grande variété d’appareils pour utiliser les gaz du gueulard, ceux des foyers d’affinerie, et la flamme des fours à reverbère. Cette puissance calorifique qui venait d’être révélée, a été appliquée à produire de la vapeur pour alimenter les machines motrices, à chauffer l’air, à cuire de la chaux ou des briques, à griller les minerais, à chauffer les fours où le fer est préparé pour recevoir une compression nouvelle sous les marteaux ou entre les cylindres, à recuire les fils de fer, à cémenter l’acier. Ces procédés nouveaux marchent de pair avec des dispositions mieux
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- combinées pour le bon emploi du charbon dans les hauts-fourneaux et les feux d’afïinerie, et, aujourd’hui, on peut dire que toutes celles des forges françaises qui sont habilement dirigées, et le nombre en est grand, tirent un parti bien meilleur qu’autrefois de leurs combustibles, soit que l’emploi de la flamme, naguère perdue, ait donné lieu à une épargne considérable, soit que les appareils soient mieux disposés pour obtenir directement et du premier coup un meilleur résultat. Sous ce rapport, il y a lieu de penser que, présentement, les bonnes forges françaises n’ont rien à envier à celles des autres pays.
- Enfin, depuis la dernière exposition, une opération métallurgique, délicate et difficile, l’affinage de la fonte, a été produite au moyen des gaz du gueulard des hauts-fourneaux.
- Dès 1836, un métallurgiste français, M. Sire, de Lure (Haute-Saône), prit un brevet d’invention pour un haut-fourneau et des fours à la suite, propres à la fusion du minerai de fer et à la fabrication du fer en barres, avec la chaleur de la flamme et des gaz combustibles qui sortiront du fourneau. Ce brevet est demeuré sans application. En 1837 s’organisèrent, sous la direction de M. Robin, dans les forges du Bas-Rhin, appartenant à la famille de Dietrich, dont le nom est anciennement connu dans l’art'des forges, des ex-
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- périences qui furent suivies, en 1838, à l’usine de Jœgerthal (dépendante des forges du Bas-Rhin), et qui démontrèrent que la solution du problème de l’affinage par les gaz était possible. Ces expériences ne cessèrent à Jœgerthal que parce qu’on n’y possédait pas, près du haut-fourneau, une force motrice suffisante pour opérer le cinglage et l’étirage. Vers la même époque (quelques personnes ont dit que c’était antérieurement, mais même en admettant que cette assertion soit fondée, on doit regarder comme constant que les forges du Bas-Rhin n’en avaient pas connaissance ), on poursuivait le même but dans l’usine royale de Wasseralfmgen en Wurtemberg.
- Pendant plusieurs années l’affinage au gaz a occupé avec une ardeur soutenue plusieurs métallurgistes en France et en Allemagne. On s’est livré à des tentatives variées. Des obstacles imprévus se présentaient sans cesse ; il a fallu en triompher. La vie même des hommes était mise en péril par les explosions de gaz inflammable qui se produisaient; il y avait à conjurer ce danger formidable et on y a réussi. Aujourd’hui enfin le problème doit être considéré comme résolu complètement. L’affinage au gaz est devenu un procédé manufacturier. Il se fait sans porter dommage à la fabrication de la fonte dans le haut-fourneau. Le mérite de cette heureuse dé-
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- couverte qui promet une grande économie à l’industrie du fer, et une forte baisse de prix au consommateur, revient à des maîtres de forges français. Car les renseignements que le jury a pn réunir paraissent établir positivement que les établissements étrangers où cet objet si désirable était poursuivi, avec beaucoup de zèle et de lumières cependant, n’étaient point parvenus, malgré le savoir' et l’expérience des hommes qui les dirigeaient, à une fabrication régulièrement satisfaisante , lorsqu’en France on avait enfin atteint ce terme.
- Cette acquisition de l’art des forges est l’un des progrès les plus remarquables que le jury ait eu à constater dans l’Exposition.
- JL’emploi des gaz sortant du gueulard et de ceux des foyers d’afïinerie a conduit à une autre innovation qui donne déjà des résultats pratiques et à laquelle un grand avenir semble réservé : c’est celle qui consiste à produire de l’oxyde de carbone dans des appareils spéciaux , en faisant passer un courant d’air au travers de combustibles de rebut ou de peu de valeur, téls que des fraisils, des débris de toute espèce et -àes tourbes, ou à engendrer, par un procédé quelconque, des gaz réducteurs. On conçoit que cette' idée , considérée en elle-même indépendamment de toute application, est fort large, et
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- qu’elle est susceptible de se prêter à des usages multipliés, sauf à recevoir la sanction de l’expérience. On se sert avec succès de gaz ainsi créés dans l’usine d’Audincourt, pour donner des chaudes portées jusqu’au blanc soudant à des fers destinés à prendre entre des cylindres lamineurs une figure assez complexe. Ces essais qui remontent manufacturièrement à 1842, et dont la réussite paraît complète, méritent d’être hautement signalés, et le jury exprime le regretque les propriétaires d’Audincourt n’aient pas adressé à l’Exposition des échantillons des produits ainsi obtenus.
- Sous d’autres rapports, depuis cinq ans un progrès signalé a été accompli dans les forges françaises. Le travail mécanique y a été perfectionné à un degré remarquable. Beaucoup de forges se sont montées pour fabriquer des rails, et les fabriquent présentement de manière à n’avoir qu’un faible rebut, même en les soumettant à l’acceptation de juges sévères. Les tôles françaises étaient beaucoup plus chères que les tôles étrangères ; elles ont éprouvé une forte réduction de prix sans perdre de leur qualité, et quelques établissements se sont soigneusement appliqués à conserver la spécialité de tôles tout à fait supérieures. Pareillement, une grande amélioration s’est fait sentir dans la production du
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- feuillard. De même des fils de fer et des essieux.
- L’art de la fonderie, en première fusion surtout, n’a pas moins avancé, et les fondeurs de la Champagne, entre tous les autres, ne craignent le parallèle avec personne.
- A tous égards enfin l’industrie des fers a mis admirablement à profit les cinq années qui viennent de s’écouler. Elle excelle dans toutes les variétés de la fabrication, et l’on peut dire aujourd’hui qu’elle n’attend plus que le perfectionnement de la viabilité du territoire et particulièrement l’achèvement des lignes navigables et leur mise en bon état d’entretien et d’exploitation, pour livrer ses produits aux consommateurs à des prix analogues à ceux auxquels est tombée, chez les peuples les plus favorisés, cette matière première que réclament toutes les branches du travail des sociétés.
- § 1. INDUSTRIE DES FERS.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- M. FRÈREJEAN, à Tienne (Isère).
- L’établissement de Vienne est un des plus con-. sidérables du midi. Le travail du cuivre y est réuni, sur une grande échelle, à celui du fer. (Voyez à l’article cuivre.)
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- M. Frèrejean a fait faire des pas à la métallurgie : tout récemment il vient d’introduire , dans l’une de ses usines, à Pont-l’Evêque, le mazéage au moyen des gaz perdus d’un haut-fourneau au coke. C’est le premier exemple de la mise en valeur des gaz du gueulard d’un haut-fourneau au combustible minéral. Les résultats de cet emploi des gaz d’un haut-fourneau au coke, s’il avait été plus étendu et que l’efficacité en eût été positivement constatée par une plus longue expérience, justifieraient seuls la plus haute distinction dont le jury puisse disposer.
- Une médaille d’or a été décernée en 1827 à M. Frèrejean. A toutes les expositions le jury s’est empressé de lui en donner le rappel.
- Le jury reconnaissant les elforts que n’a cessé de faire M. Frèrejean pour l’avancement des arts métallurgiques , et pour créer du travail aux populations, lui accorde avec une vive satisfaction le rappel de la médaille d’or antérieure.
- MM. FESTUG1ÈRES frères, maîtres de forges, à Ans, aux Eyzies, à la Forge-Neuve et au Banquet (Dordogne).
- MM. Festugières frères possèdent trois hauts-fourneaux auxquels fut jointe, en 1829, une usine à l’anglaise de huit fours à puddler. Leurs établissements se sont accrus, en 1842 , d’une tréfilerie. Ils livrent au commerce du fer en barres, des fils de fer, des clous et des pointes. Leur production est de 2 millions de kilogrammes de fer à ces différents états. Ils occupent dans l’intérieur de leurs ateliers 310 ouvriers et environ 400 au dehors.
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- Les produits fabriqués par MM. Festugiéres jouissent depuis longtemps d’une bonne réputation qui se soutient. Les fils de fer qu’ils ont exposés sont d’une qualité digne d’être citée.
- Le jury leur accorde le rappel de la médaille d’or. (Voir à l’article Tréfîlerie.)
- NOUVELLES MÉDAILLES D’OR.
- M. BOIGUES et Cie, à Fourchambault (Nièvre).
- Cet établissement créé en 1821 obtint à l’exposition de 1823 une médaille d’or qui fut rappelée en 1827, i834 et i83g.
- En 1827, une seule machine à vapeur y était établie, et la fabrication ne dépassait pas trois à quatre mille tonnes.
- En i83g, deux machines à vapeur y fonctionnaient, et les produits pouvaient s’élever à six mille tonnes.
- Maintenant cinq machines à vapeur y sont établies pour la mise en mouvement de tous les engins nécessaires aux fabrications très-variées qu’y subit le fer, et les produits s’élèvent à la quantité de dix à douze mille tonnes, tant en fer à la houille qu’en fer au charbon de bois. Tous les générateurs de vapeur sont chauffés par les gaz des fours et ne coûtent pas un centime de combustible.
- Depuis 183g, on a ajouté aux moyens de production six feux d’afïinerie au charbon de bois. Ces feux sont construits de manière à économiser le combustible à un degré remarquable. La gueuse y
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- est échauffée par la chaleur perdue, et le foyer est clos d’une manière très-avantageuse. La production de 1,000 kilog. de fer, qui absorbait autrefois ^hectolitres de charbon pesant de 3o à 35 kilog., n’en requiert plus que 3o. Le fer obtenu dans ces feux d’afïinerie est destiné à former des étoffes pour la confection des essieux d’artillerie, de messageries, de locomotives et de wagons de chemins de fer. Les essieux de Fourchambault sont à juste titre renommés pour ces divers usages.
- A Fourchambault maintenant les bandages pour roues de locomotives et de wagons se confectionnent par un procédé nouveau. Ils se préparent au marteau pour être terminés au laminoir. Ces bandages réunissent à la ténacité une grande dureté sur leur surface extérieure.
- Les hauts-fourneaux annexes de ce vaste établissement produisent annuellement vingt mille tonnes de fonte, et leur travail a été assez amélioré pour que maintenant i kilog. io de combustible en moyenne suffise à la production de i kilog. de fonte. En 1827 ce terme moyen était de 1 kilog. 4° 1 en j83q de 1 kilog. 3o. On a donc acquis, par lessoins et perfectionnements apportés à la réduction du minerai depuis i83q, une économie réelle de i5 pour 100.
- La production des hauts-fourneaux dépendant de Fourchambault en fonte moulée s’élève à 2 millions de kilog. au moins.
- On peut considérer Fourchambault comme un établissement modèle, tant par la perfection de la fabrication et la qualité des produits que par la
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- sage administration et la bonne tenue des ouvriers qui y sont employés. Les enfants et les adultes y reçoivent dans une école spéciale fondée par les propriétaires, l’instruction nécessaire à de bons chefs d’ateliers. Aussi les ouvriers de Fourcham-bault jouissent-ils d’une bonne renommée et sont-ils fort recherchés par les maîtres de forges.
- Le jury départemental de la Nièvre s’exprime ainsi sur Fourchambault :
- » Les avantages que présente cet important » établissement sont immenses ; progrès toujours » croissants dans la fabrication ; modèles offerts » aux exploitations françaises de la même indus-» trie; entretien de 3,ooo familles qui représentent » au moins 10,000 individus; valeur donnée aux » bois de la localité et à toutes les matières brutes » qui resteraient enfouies dans le sein de la terre » sans l’existence d’un aussi grand centre de con-» sommation. »
- L’usine de Fourchambault dès son origine s’est placée à la tête des forges françaises, et, depuis, elle n’a cessé de conserver son rang en grandissant toujours de manière à ne pas être dépassée.
- L’établissement de Fourchambault, par suite des progrès immenses qu’il a réalisés et de la bonne réputation de ses produits, s’est rendu digne d’une nouvelle médaille d’or.
- LA COMPAGNIE DES HOUILLÈRES ET FORGES DE L’AYEYRON.
- Les forges de l’Aveyron sont un grand et bel
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- établissement, concentré tout entier à Decazeviile, qui se livre aujourd’hui avec succès à la fabrication de toute espèce de fer, sous la direction habile de M. Cabrol, à qui revient le mérite de les avoir construites, à l’origine, sur un plan qui est justement admiré dans l’ensemble et dans les détails. La compagnie de l’Aveyron exploite actuellement, outre ses six hauts-fourneaux au coke, situés dans l’Aveyron , un grand nombre de hauts-fourneaux au bois placés dans la Dordogne et autres départements voisins. En combinant dans diverses proportions les fontes au bois avec les fontes au coke, qui pourtant forment plus des quatre cinquièmes de la consommation de ses ateliers d’aflinerie, elle est parvenue à obtenir une grande variété de produits d’une qualité parfaitement appropriée à leurs divers usages. Les forges de l’Aveyron dont, à l’origine, les fers étaient très-médiocrement estimés, livrent maintenant au commerce d’excellent feuillard et de la tôle fort appréciée, ainsi que des barres de tout échantillon. La façon extérieure donnée à ces produits est tout à fait remarquable. La principale production des forges de l’Aveyron consiste en rails de chemins de fer, fabriqués exclusivement avec la fonte au coke. La majeure partie des fers en barres provient de même de fontes au coke. La compagnie n’emploie d’autres fontes au coke que celles qui proviennent de ses propres hauts-fourneaux de Decazeviile.
- En 183g, la production des forges de l’Aveyron était de 6 à 7 millions de kilogr. Elle est doublée aujourd’hui. Tout annonce qu’elle s’ac-
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- croîtra encore. Ces forges sont situées au milieu d’un gîte inépuisable de charbon et de fer. La navigation du Lot, qui s’achève, leur permettra bien-tôt d’effectuer des mélanges de minerais fort avantageux. En ce moment la compagnie joint à ses forges un grand atelier de construction de machines. C’est l’un des établissements métallurgiques delà France qui sont appelés au plus grand avenir, et son influence sur le marché se fait déjà sentir, au profit du consommateur, par une baisse de prix. Les fers en barres de l'Aveyron , malgré 70 fr. de transport, se vendent aujourd’hui couramment 3oo fr. les 100 kilogr. à Paris.
- La compagnie des houillères et forges de l’Aveyron occupe trois mille ouvriers.
- En 1839, le jury lui décerna une médaille d’or.
- Depuis 1839, les conditions économiques de cet établissement ont subi une transformation complète. Ce résultat n’est pas dû seulement à de vastes travaux accomplis dans les mines de charbon et de fer, et justement signalés par l’administration des mines dans ses comptes-rendus , et à un vaste ensemble de chemins de fer d’exploitation établi avec une rare sagacité; il faut l’attribuer, pour la majeure part, au progrès intrinsèque de la fabrication. Naguère la situation de la compagnie de l’Aveyron était précaire; elle est florissante aujourd’hui, malgré la baisse des prix.
- Par ces motifs, le jury décerne à la compagnie des houillères et des forges de l’Aveyron, une nouvelle médaille d’or.
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- MÉDAILLES D’OR.
- MM. le comte D’ANDELARRE et de LISA, maîtres de forges, à Treveray (Meuse).
- MM. le comte d’Andelarre et de Lisa ont obtenu des fers affinés au moyen des gaz du gueulard des hauts-fourneaux. C’est la première fois que ces produits paraissent à l’exposition de l’industrie nationale. A cause de l’importance qu’aurait cette application des gaz du gueulard, par suite de l’économie de combustible qui en serait la conséquence, le jury avait à examiner cette innovation métallurgique avec une attention particulière, et à constater soigneusement :
- i° Le degré d’ancienneté de ce mode de procéder dans 1’établissement de MM. d’Andelarre et de Lisa ;
- 2° L’état actuel de cette fabrication ; si elle est ou non passée à l’état manufacturier, c’est-à-dire si elle est encore à l’état d’expérience ou si au contraire elle est pratiquée d’une manière régulière et si elle donne des produits acceptés par le consommateur;
- 3° Si c’est à Treveray que cette fabrication a été organisée à l’état manufacturier et courant, pour la première fois, du moins en France.
- Quant au degré d’ancienneté, il résulte des pièces officielles ou officieuses qui étaient jointes au dossier de MM. d’Andelarre et de Lisa, ou qui postérieurement ont été produites , qu’à partir de l’été de 1841 , l’on n’a pas suivi d’autre mode d’affinage du fer dans l’usine de Treveray.
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- Quant à la qualité, il ressort des renseignements recueillis parle jury que d’abord les produits furent de qualité irrégulière, tantôt bons, tantôt mauvais. L’opération était difficile à conduire; elle fatiguait les hommes, les exposait même à des explosions très-dangereuses, et les marchands de fer, par l’effet de la crainte qu’inspire toujours un procédé nouveau, étaient en méfiance contre les fers ainsi obtenus ; mais en ce moment cette méfiance est dissipée. Pour les uns, elle l’est récemment, depuis quelques mois seulement ; pour les autres, elle l’est depuis un délai plus considérable. Les produits de Treveray ' sont présentement d’une qualité non-seulement égale, mais sensiblement supérieure à ce qu’ils étaient lorsque dans la même usine on affinait le fer par la méthode champenoise, et ils sont reconnus pour tels. Il est de plus constant que le déchet éprouvé dans le puddlage par ce procédé est moindre que par l’ancienne méthode. Le jury départemental de la Meuse estime que le bénéfice sous ce seul rapport est d’un septième environ de la quantité de fonte qui subit le puddlage.
- Ces faits ont été établis par des certificats nombreux qu’ont présentés les exposants; ils résultent également des renseignements officiels publiés par l’administration dans le compte rendu des travaux des ingénieurs des mines en 1842 et 1843, et des déclarations qu’ont recueillies les membres du jury spécialement chargés de cet examen , près de diverses personnes parfaitement dignes de foi et convenablement placées pour que leur témoignage fût décisif.
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- Restait une troisième question, celle de savoir si cest à Treveray que ce procédé a été pratiqué en France pour la première fois manufacturièrement, c’est-à-dire, répétons-le , d’une manière régulière et en donnant des produits régulièrement acceptables par le consommateur. Sur ce point la réponse n’est pas moins affirmative. Jusqu’à ces derniers temps le seul établissement où l’on ait manufacturièrement affiné des fers au gaz en France est Treveray. En ce moment même ce procédé ne subsiste à l’état manufacturier qu’à Treveray, aux forges de M. Riant en Bretagne et à Bigny dans le Cher. Dans ces deux derniers établissements on travaille d’après les errements de Treveray , d’accord avec MM. d’Andelarre et de Lisa.
- Il y a même tout lieu de croire que , hors de France , l’établissement de Wasseralfingen en Wurtemberg, celui de tous dont on a le plus parlé à l’occasion de l’affinage au gaz, et qui avait devancé Treveray dans les tentatives à ce sujet, est arrivé plus tard que Treveray à résoudre le problème de l’affinage au gaz, en supposant même que ce problème fût pleinement résolu à Wasseralfingen au commencement de l’année courante.
- Lorsqu’il s’est agi de déterminer la récompense qu’il était juste d’accorder à MM. d’Andelarre et de Lisa, le jury n’a point eu à rechercher à qui appartenait l’initiative des diverses idées qui avaient pu être émises ou essayées au sujet de l’afiinage au gaz. Circonscrivant son examen et se renfermant, ainsi qu’il convenait, dans les strictes limites de ses
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- attributions, il s’est seulement posé la question de savoir à qui revenait le mérite des résultats manufacturiers. Or, ainsi qu’il vient d’être dit, la conclusion de l’investigation attentive du j ury est qu’en effet c’est bien à Treveray , dans l’usine de MM. d’An-delarre et de Lisa, que l’affinage au gaz a été opéré pour la première fois manufaeturièrement sur le sol français ; le jury se regarde même comme fondé à penser que l’honneur de cette importante découverte revient à notre patrie.
- Ainsi MM. d’Andelarre et de Lisa, les premiers en France et selon toute apparence en Europe, ont fait des gaz du haut-fourneau l’emploi qui présentait le plus de difficulté et auquel on doit assigner le plus d’importance. Ils ont rendu h l’industrie ce service signalé, non-seulement en supportant de lourds sacrifices pécuniaires, mais en courant personnellement des périls pendant des essais où des explosions de mélanges de gaz combustibles et d’air atmosphérique se manifestaient d’abord fréquemment. M. d’Andelarre particulièrement a fait preuve, dans ces circonstances, de beaucoup de résolution et de dévouement, en même temps que d’une rare persévérance et d’une intelligence remarquable.
- D’après ces motifs le jury décerne, avec une haute satisfaction, à MM. d’Andelarre et de Lisa, une médaille d’or.
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- MM. BOUGUERET, COUYREÜX, LANDEL et Cie, maîtres de forges, à Châtillon-sur-Seine ( Côte-d’Or).
- L’établissement de Châtillon-sur-Seine date de 1822; c’est la première fois qu’il expose des produits de sa fabrication courante.
- MM. Bougueret et Cie font valoir, tant dans la Côte-d’Or que dans les départements voisins, vingt-deux hauts-fourneaux et trente-huit feux de forge au charbon de bois, une forge à la houille composée de douze fours à puddler et huit fours à réchauffer, et quatre tréfileries comprenant 86 bobines; ils livrent annuellement au commerce 9 millions de kilogrammes de fer laminés, et 3 millions de kilogrammes de fer martelé au bois et de fil de fer : total, 12 millions de kilogrammes de fer marchand, c’est-à-dire les deux tiers environ de la production de la Côte-d’Or.
- Par les soins de MM. Bougueret, Couvreux, Landel et Cie ou par ceux de leurs habiles prédécesseurs, MM. Maître, Louis, Basile, Humbert et Cle qui, eux-mêmes, succédaient à M. le duc de Ra-guse, ces usines ont successivement reçu toutes les améliorations que recommandait la théorie et que sanctionne aujourd’hui la pratique; ainsi, tous les hauts-fourneaux et les feux d’affinerie sont soufflés à l’air chaud ; les gaz combustibles, qui s’échappaient en pure perte du gueulard des hauts fourneaux , sont maintenant recueillis et employés à chauffer l’air des souffleries, à recuire le fil de fer et à produire de la vapeur; les flammes perdues
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- des fours à puddler et à réchauffer sont aussi appliquées aux mêmes usages économiques ; enfin une amélioration récente, qui a pris naissance dans le Chàtillonnais, consiste dans l’application du ventilateur à force centrifuge au soufflage des fours à réchauffer.
- En même temps que les procédés métallurgiques étaient perfectionnés dans ces usines, on y mettait en vigueur un système de primes, sagement conçu, déjà pratiqué ailleurs avec succès et qui, en augmentant le salaire des bons ouvriers, donne un puissant moyen d’améliorer la qualité des produits.
- Le jury, prenant en considération l’importance de la fabrication de MM. Bougueret, Couvreux, Landel et Cie, ainsi que les perfectionnements de toute espèce qui ont été introduits dans leurs usines, leur décerne une médaille d’or.
- MM. SERRET, LELIÈYRE et C‘% maîtres de forges, à Denain (Nord).
- L’usine de Denain date de 1834- EMe est I’ua des fruits de l’esprit industriel qui, depuis douze ans, s’est manifesté, avec tant de puissance, dans le département du Nord et particulièrement dans l’arrondissement de Valenciennes. On y travaille, exclusivement, au combustible minéral; elle se compose de deux hauts-fourneaux au coke, dix-huit fours à puddler, dix fours à réchauffer. Elle occupe 454 ouvriers à l’intérieur et en tout 702. Les houilles qu’elle emploie sont celles de la localité ; ses minerais sont tirés de l’arrondissement
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- d’Àvesnes et des environs de Boulogne. Ces derniers sont enchéris parles transports, à un degré fâcheux, et il serait bien à désirer qu’on parvint à découvrir sur les lieux une certaine quantité du minerai qui est associé si souvent au charbon. Quoique la production du seul de ses hauts-fourneaux qui fût en feu au Ier mai soit élevée ( i4 à i5 tonnes par jour), l’usine de Denain est loin de suffire à la consommation de la forge, qui va toujours croissant d’une manière rapide. De 1,200,000 kilogrammes de fer qu’on obtenait en i835 et i836, on est arrivé, en 1843, à 7 millions de kilogrammes de fer, indépendamment d’une certaine quantité de mouleries. On subvient aux besoins de la forge au moyen de fontes belges au coke et d’un peu de fontes au bois de Couvain. L’amélioration des produits a marché de pair avec l’étendue de la fabrication. De-nain livre aujourd'hui des tôles et des feuillards de bonne qualité, et de la meilleure apparence, à des prix modérés. Au moyen de mélanges intelligents, et par une bonne entente du travail, on est parvenu, sous le rapport de l’économie, comme sous celui de la valeur intrinsèque des produits, à d’excellents résultats. L’établissement qui était en souffrance, il y a cinq ans, lorsqu’il vendait, à Paris, ses fers ordinaires 3g francs, travaille avec avantage aujourd’hui que la concurrence le force de les donner à 33 francs.
- MM. Serret, Lelièvre et C‘e ont utilisé la flamme perdue des fours à puddler pour la production de la vapeur qui leur sert de moteur. Onze chaudières sont chaufféesau moyen des gaz provenant de treize
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- fours à puddier et de trois à réchauffer. Elles produisent la vapeur nécessaire à trois machines à basse pression, d’une force totale de \/\o chevaux. La force totale des machines de l’établissement est de 3o4 chevaux.
- La situation prospère dans laquelle se trouve aujourd’hui l’établissement de Denain , malgré la baisse qu’ont subie les fers depuis l’origine, doit être attribuée principalement au directeur actuel, M. Adcock. Le jury se plaît à lui rendre ce témoi-gnage.
- En considération des progrès des forges de De-nain , de la grandeur sur laquelle la fabrication y est montée, et de la qualité qu’ont acquise rapidement les produits, malgré les difficultés que rencontre toujours une création nouvelle, le jury décerne à MM. Serret, Lelièvre et Cie une médaille d’or.
- Forges du Bas-Rhin, veuve de DIETRICH et fils, maîtres de forges, à Niederbronn ( Bas-Rhin).
- Les établissements compris sous la dénomination de Forges du Bas-Rhin se composent de cinq usines distinctes, savoir : la forge de Jæger-thaï, la forge de Rauschendwasser, l’usine de Niederbronn, la forge de Zinswiller et l’usine de Reichshoffen. Jœgertlial, Rauschendwasser, Niederbronn et Zinswiller réunissent quatre hauts-fourneaux, neuf foyers d’afïinerie , trois foyers de martinets, une fonderie, un train de laminoirspour les cercles et les petits fers, plusieurs ateliers de fonderie alimentés par les hauts-fourneaux et par trois cubilots. Reichshoffen est un atelier de con-
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- struction où ont été montés des bateaux à vapeur destinés à la navigation du Rhin. La maison d,e Dietrich vient d’acquérir les forges voisines de Mut-terhausen et dé Mertzwiller.
- Les hauts-fourneaux marchent ordinairement au charbon de bois seul, et quelquefois avec un mélange de charbon de bois, de bois cru et d’un peu de coke.
- Les forges du Bas-Rhin tirent des minières de la contrée leur principale consommation; ce sont des minerais en grains assez pauvres auxquels on ajoute aujourd’hui les minerais très-riches du grand duché de Nassau.
- Qn y produit des fontes brutes d’affinage qui sont traitées dans les usines mêmes, des fontes moulées de première fusion, des fontes brutes de moulage que l’on traite dans les cubilots et auxquelles on ajoute une proportion plus ou moins grande de fontes écossaises depuis qu’on peut se procurer celles-ci à bon marché.
- Les forges du Bas-Rhin fournissent, en outre, à la consommation, des fers forgés de tous les échantillons, jusqueset y compris les petits fers martinés, des petits fers laminés, des cercles et des fers à fiches.
- Pendant la dernière campagne, elles ont vendu environ i,25o,ooo kilog. de fontes moulées de première et deuxième fusion, évaluées à environ 445,ooo fr., et en fers de toutes qualités, environ 820,000 kilog., estimés à 442>°00 fr- La production totale a été ainsi de 2,070,000 kilog. valant près de 900,000 fr.
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- Les forges du Bas-Rhin occupent environ 5oo ouvriers en tout.
- L’acquisition des propriétés delà société de Mut-tetliauseu double à peu près les forces productives de MM. de Dietrich; les relevés ci-déssus ne comprennent ni les produits, ni les ouvriers de ces dernières usines.
- Les moulages des forges du Bas-Rhin sont depuis longtemps en réputation; ils se distinguent surtout par la netteté et la régularité des formes. Le jury s’en est convaincu en examinant le fourneau gothique, la grande rosace, les balustres , la jardinière, ainsi que les autres pièces de luxe et d’ornementation qui figuraient à l’exposition. Les diverses roues dentées qui ont été exposées offrent des exemples de difficultés d’un autre genre vaincues avec beaucoup de bonheur. C’est aux forges du Bas-Rhin qu’il convient d’attribuer, pour la majeure part, l’amélioration des projectiles et surtout celle des projectiles creux qui a été réalisée il y a un petit nombre d’années.
- Aus-.i longtemps que les forges du Bas-Rhin se bornaient à l’emploi des minerais généralement pauvres exploités dans le département, leurs fers passaient pour bons métisla fabrication d’ailleurs en a toujours été soignée. Depuis que l’on traite dans quelques-uns des hauts-fourneaux des minerais fort riches tirés d’Allemagne, la qualité des fontes s’est beaucoup améliorée et les fers qui en proviennent peuvent être classés parmi les fers forts.
- Par l’adjonction des forges de Mutterhausen,
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- MM. de Dietrich ont acquis un atelier d’affinage de la fonte suivant le procédé anglais. Les huit barres laminées envoyées à l’exposition sortent de cette forge. Jusqu’à ces derniers temps les fers à la houille de Mutterhausen avaient peu de réputation ; .mais ils peuvent être améliorés. Il y a lieu de penser que l’intelligence et l’activité de MM. de Dietrich ne manqueront pas de réaliser des progrès sous ce rapport.
- Les forges du Bas-Rhin sont au nombre des établissements du nord-est de la France où l’on se tient le mieux au courant des nouveaux procédés de fabrication , et où ces procédés sont appliqués avec le plus d’intelligence.
- Cet établissement s’est signalé par ses efforts en faveur de l’amélioration de l’industrie des fers. Les gaz sortant des hauts-fourneaux y servent actuellement à chauffer l’air de la soufflerie et les chaudières. C’est là que, pour la première fois, on a tenté d’affiner la fonte au moyen des gaz du gueulard des hauts-fourneaux, sous la direction de M. Robin.
- Les usines à fer de MM. de Dietrich se recommandent sous le rapport de la bonne fabrication, de la qualité des produits , de la modicité des prix. Elles se distinguent aussi, à d’autres titres. L’action bienfaisante que la famille de Dietrich exerce, depuis cent cinquante ans, sur la population nombreuse à laquelle elle fournit du travail, est bien connue dans toute l’Alsace.
- En 1827 , la maison veuve de Dietrich et fils obtint une médaille de bronze.
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- Le jury décerne à MM. de Dietrich une médaille d’or.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. CHARRIÈRE, à Allevard (Isère).
- L’usine d’Allevard comprend deux hauts-fourneaux , un feu d’afïinerie et quatre taillanderies. Elle est très-ancienne; la qualité de ses produits est renommée. Jusqu’en 1839, elle n’a produit que des fontes pour les aciers et pour les usages de l’artillerie; maintenant elle se livre à la production des fers forgés, et ceux qu’elle fournit sont d’une ténacité et d’un nerf bien remarquables. Elle produit 1,200,000 kilogrammes de fonte et 200,000 kilogrammes de fer. Elle emploie 3oo ouvriers y compris ceux du dehors tels que les charretiers, muletiers et charbonniers.
- M. Charrière est parvenu, par un meilleur emploi des matières, à abaisser modérément, il est vrai, le prix de ses fontes à acier, quoique le combustible ait renchéri autour de lui. Il est à désirer que la production des fontes à acier s’étende à Allevard. Les minerais de la localité semblent éminemment propres à cette production importante.
- Parmi les objets qu’a exposés M. Charrière, les plus dignes d’attention sont deux essieux de locomotives. Ces essieux ont été soumis, en présence du jury départemental, à des épreuves poursuivies à outrance, qui ont eu des résultats fort satisfaisants, consignés dans un rapport spécial de l’ingé-
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- nieur en chef des mines du département, M. Gaymard.
- Le jury émet le vœu que la pratique sanctionne ces expériences et s’estime autorisé à en exprimer l’espoir positif; quant à présent, il accorde avec satisfaction , k M. Eugène Charrière, le rappel de la médaille d’argent, décernée en i834 , à l’établissement, dirigé par lui, sous la raison sociale Giraud père, et qui a été rappelée en 1839.
- NOUVELLES MÉDAILLES D’ARGENT.
- COMPAGNIE DES FORGES DE FRAMONT (Vosges).
- L’usine de Framont est fort ancienne. On en fait remonter la fondation à six cents ans. Elle se compose aujourd’hui de deux hauts-fourneaux au charbon de bois, produisant de la fonte moulée et de la fonte destinée à l’aüinage, six feux d’afiinerie avec leurs marteaux et martinets; deux fours à puddler et un four à réchauffer pour la tôlerie. Elle a un atelier spécial pour la fabrication des ^grosses pièces en fer, telles que arbres de machines, essieux de wagons et de locomotives. Les essieux de Framont, fabriqués avec des fontes à l’air froid, sont d’une très-grande ténacité. C’est un produit supérieur.
- La compagnie de Framont s’attache à fournir des tôles de la meilleure qualité. Eu égard à l’extension que prennent la navigation à vapeur et l’usage des machines k vapeur en général, on conçoit
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- combien il importe d’avoir des tôles d’un mérite éprouvé, et combien il est avantageux qu’une partie des fabricants résiste à la tentation de la fabrication à bas prix. A Framont, fou n’a rien négligé pour s’assurer cette production spéciale. Les tôles de Framont résultent d’un corroyage, opération qui augmente, on le sait, la ténacité du fer dans une forte proportion. On réunit en un paquet quatre à cinq plaques, épaisses chacune de l\ à 5 centimètres, larges de 3o et longues de 5o. Le paquet ainsi obtenu est chauffe au blanc et battu sous les marteaux. On le lamine ensuite entre les cylindres.
- La production est de 600,000 kilog. de fonte moulée et de 900,000 kilog. de fer ou de tôles. Elle occupe, tant dans les ateliers que dans les mines, qui donnent lieu à une exploitation régulière et profonde par puits et galeries, 33o ouvriers, et pour l’exploitation des bois et le service des transports, 3oo à 4oo personnes.
- Les fers de Framont jouissent de temps immémorial d’une réputation excellente.
- En i834, le jury décerna à M. Champy , alors propriétaire de Framont, une médaille de bronze. En 1839, la compagnie actuelle de Framont, qui date de i834, a obtenu une médaille d’argent.
- Le jury, considérant les efforts qu’elle a faits avec succès pour l’amélioration des produits , lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
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- FORGES DE VIERZON (Cher), MM. GRE-NOUILLET, LUZARCHES, DESYOYES et Cie.
- Les forges de Yierzon sont composées de deux hauts-fourneaux, indépendamment d’un troisième situé dans le département de l’Indre, huit feux d’af-finerie, treize fours à puddler, à réchauffer et à travailler le riblon, deux fourneaux de fusion, l’un à réverbère, l’autre à la Wilkinson, un train de laminoirs auxquels on en joint d’autres maintenant,et un équipage de marteaux et de martinets. Elles produisent i million de kilog. de fer travaillé exclusivement au charbon de bois, 3,5oo,ooo à 45ooo,ooo de kilog. de fer obtenu à la houille et 5oo,ooo kilog. de fonte de première et de seconde fusion. Total 5 millions à 5 millions et demi de kilog. estimés à 2,200,000 fr. au moins.
- Les fers des usines de Yierzon sont reconnus pour être d’excellente qualité, particulièrement ceux qui proviennent du travail au bois. Ils servent pour la fabrication des câbles de marine ; les essieux sont remarquables par leur nerf.
- Les feuillards méritent une mention particulière.
- Le modèle de pendule en fonte de première fusion mis sous les yeux du jury est d’une très-bonne exécution.
- Les prix cotés sur leurs envois à l’exposition par MM. Grenouillet, Luzarches, Desvoyes et Cie sont modérés.
- Les améliorations introduites dans l’industrie des fers depuis une dizaine d’années ont été mises en pratique à Yierzon. Une machine à vapeur de 5o
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- chevaux pour les souffleries a ses chaudières chauffées par la flamme perdue des feux d’aflinerie et d’un four à réchauffer. Une machine nouvelle de 80 chevaux destinée à mettre en mouvement trois laminoirs, dont l’un pour la fabrication des rails, va de même être alimentée à l’aide des flammes perdues de huit fours à puddler ou à réchauffer. Ces améliorations et l’adoption de la fabrication à l’anglaise datent de i82g.
- C’est aux forges de Yierzon qu’ont eu lieu, à une époque déjà reculée de plus de trente ans, les premières tentatives pour utiliser le calorique perdu. Elles y furent couronnées de succès et ne furent abandonnées que par l’effet de circonstances accidentelles.
- L’établissement de Yierzon a obtenu deux médailles d’argent, l’une à l’exposition de 1823 , l’autre à celle de 1827. Le jury décerne à MM. Gre-nouillet, Luzarches, Desvoyes et Cie une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. CÀPITAIN et G'% dans la Haute-Marne et la Meuse.
- M. Capitain est simultanément à la tête de trois sociétés qui exploitent ensemble quinze hauts-fourneaux , tous travaillant au bois, situés dans la Haute-Marne et la Meuse, avec vingt-trois feux d’aflinerie et dix-sept fours à puddler. Ces usines sont distribuées à peu près symétriquement autour de Joinville , le centre d’administration est à Rimaucourt
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- près de Chaumont. Le bel établissement d’Abain-ville qui compte six fours h puddler est l’un de ,ceux qui sont aussi dirigés par M. Capitain ; mais il y a deux ans à peine qu’Abainville est passé des mains de M. Mue! , qui avait fait les plus grands sacrifices pour le porter à un haut degré de perfection , aux propriétaires actuels. L’ensemble de ces établissements fournit toutes les variétés de fer qui sont réclamées par le commerce, des tôles , du feuiilard, des bandes pour scier la pierre, des essieux en quantité considérable, beaucoup de fils de fer, et toute espèce de moulerie courante. M. Capitain a livré des portes d’écluses en fer pour le canal de Troyes. Le nombre des ouvriers qui travaillent dans l’intérieur de ces ateliers est de i,5oo; et le nombre total de ceux qui travaillent au dehors et au dedans s’élève à 4,5oo La production est d’environ i5 millions de kilog. d’objets livrés au commerce, tant en fonte qu’en fer; sur quoi il J a présentement 1,800,000 kilog. de fils de fer et une masse très-forte cl’essieux à fusées étampées, qui trouvent du débit même A l’étranger.
- M. Capitain s’est particulièrement occupé d’abaisser le prix de plusieurs articles d’une consommation usuelle, en simplifiant la fabrication parla suppression de quelques-unes des opérations partielles par lesquelles passaient les produits. Ces tentatives ont été opérées avec intelligence et résolution; cependant elles sont trop nouvelles encore pour qu’on puisse dès à présent se prononcer positivement sur le mérite des effets obtenus.
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- Les fils de fer et les essieux de MM. Capitain et Cie sont ainsi à bas prix. On a pu réduire les prix de vente des fils de fer de ioo fr. par t,ooo kiîog.
- Dans presque toutes ces usines et notamment à Abainville, on tire maintenant un bon parti des gaz, qui autrefois s’échappaient en pure perte par les gueulards des liauts-fourneaux et par les cheminées des feux d’afïinerie. On les utilise pour chauffer les chaudières des machines à vapeur, ou pour diverses opérations métallurgiques, particulièrement pour le recuit des fils de fer.
- Le jury reconnaît les efforts industrieux de M. Capitain et se plaît à les signaler. Il exprime l’espoir que ses tentatives en faveur de la production k bon marché seront couronnées d’un plein succès. Il doit cependant tenir compte de ce que Abainville, qui est de beaucoup le plus important et le plus perfectionné des établissements qu’administre ce maître de forges, n’est entre ses mains que depuis moins de deux ans, et qu’il était parvenu au point d’avancement qui le distingue aujourd’hui, avant de passer sous la direction de M. Capitain.
- En conséquence, le jury décerne à MM. Capitain et Cie une médaille d’argent.
- MM. GIGNOUX et Cie, maîtres de forges, à Cuzorn (Lot-et-Garonne).
- L’usine de Cuzorn était autrefois une forge catalane. En 1827, l’autorisation fat accordée de la convertir en haut-fourneau; un four à puddler y fut joint en 1840; mais on conserva le marteau afin de travailler par la méthode champenoise. C’est à
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- grand’peine et à grands frais que le procédé de l’affinage par la houille a été ainsi introduit dans le pays, où il était complètement ignoré. On l’y a porté à un remarquable degré de perfection. L’usine de Guzorn donne du fer au marteau de la meilleure façon, de très-bonne qualité et de toute dimension.
- La production est de 4oq,ooo kilogr.
- Le jury ayant égard aux sacrifices de MM. Gi-gnoux pour acclimater une méthode perfectionnée dans leur département où l’esprit manufacturier est très-peu développé, et tenant compte des heureux résultats auxquels ils sont parvenus, leur accorde une médaille d’argent.
- NOUVELLES MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. DOË frères et C'% maîtres de forges, sur le canal de Saint-Maur, à Charenton-Saint-Mau-rice (Seine).
- L’usine de Saint-Maur se compose de six fours à puddler et quatre à réchauffer; elle a trois trains de cylindres. Elle a pour annexes deux hauts-fourneaux situés dans l’arrondissement de Yassy (Haute-Marne), ceux de Ghamouilley-Haut et de Brousseval. Elle utilise, en outre, i million de kilogr. de débris de fonte que lui fournit Paris, et 100,000 kilogrammes de ferraille. Elle produit environ 3,5oo,ooo kilogr. de fer. Par sa proximité de Paris elle est d’une utilité fort réelle qu’on éprouve à tout instant. 5oo ouvriers, soit à Saint-Maur, soit à Brousseval et à Chamouilley, en comptant les travaux accessoires, y trouvent de l’emploi.
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- MM. Doë frères ont obtenu une médaille de bronze en 183g. Depuis lors, leur établissement a pris du développement, autant sous le rapport de la quantité produite qui a été doublée, que de la variété des articles. Il a sensiblement amélioré ses qualités. Le jury leur accorde une nouvelle médaille de bronze.
- MM. POLI et Cie, maîtres de forges, à Grenelle (Seine).
- M. Poli fabrique des fers de ferrailles en opérant une classification de matières qui lui permet d’obtenir une quantité assez considérable de fers de qualité supérieure. C’est ce qu’il appelle le corroyé Jerraille. Ensuite vient le fer deux-chaleurs , puis le fer ébauché, qui doit recevoir une façon de plus afin d’être converti en grosses pièces de fers, et enfin le fer ordinaire de riblon. L’établissement de Grenelle.utilise non-seulement la ferraille ordinaire qui se présente dans une grande ville comme Paris, mais beaucoup de débris de bon fer qui résultent du travail de grands ateliers de mécanique et de construction, situés à Paris et même au dehors.
- Les mécaniciens, les constructeurs de voitures, les grandes messageries, emploient les fers de M. Poli. C’est une fabrication intéressante qui n’a pu réussir que moyennant de grands soins, et une direction pleine de vigilance.
- La production de M. Poli est de 1,600,000 kilogrammes, et occupe soixante-dix ouvriers. En 1839, la forge de Grenelle, alors aux mains de MM. Thoury et C% a obtenu une médaille de 1. 46
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- bronze. Le jury, en considération des efforts de M. Poli et des nouveaux résultats qu’il a obtenus, lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- (MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. BERTRAND-GEOFFROY, maître de forges, à Saint-Paul-lès-Dax (Landes).
- Cette usine, de date assez récente, est assez grande et assez complète. Il s’y trouve deux hauts-fourneaux, des feux d’affinerie, des fours à puddler, des laminoirs, des marteaux, une fonderie. On y a appliqué divers perfectionnements qui avaient été constatés ailleurs. M. Bertrand-Geoffroy a introduit dans le pays des fabrications qui y étaient inconnues. Il est le premier qui y ait fait de la tôle. Avec les rognures des tôles il obtient des pièces de fer pour la carrosserie, qui se distinguent par leur solidité et leur bon marché. La production des forges de Saint-Paul est estimée à 600,000 kilogr. de fer de toute espèce.
- Le jury, en considération de ces titres, accorde à M. Bertrand-Geoffroy une médaille de bronze.
- MM. BOURGEOIS et Cie, maîtres de forges, à Sionne (Vosges).
- Les établissements de MM. Bourgeois et Cie se composent de cinq hauts-fourneaux , dont quatre en roulement; quatre feux d’affinerie au bois, six fours à puddler ou à réchauffer. Le nombre des ouvriers dans l’intérieur des ateliers est de cent vingt
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- à cent trente. Le nombre total est de trois cents à quatre cents. Les moteurs sont une machine à vapeur de quarante chevaux et douze roues hydrauliques , ensemble de cent soixante chevaux. La forge à l'anglaise date de 1835. On y fabrique des fers martelés et laminés, des essieux et de gros fers ronds. La production totale est de 2,25o,ooo kiiogi\ représentant une valeur d’un million de francs.
- MM. Bourgeois ont acquis, depuis i83g, le hautfourneau qui appartenait à M. Gustave Mue!, et dont les produits avaient été remarqués à la dernière exposition.
- Le jury décerne une médaille de bronze à MM. Bourgeois et Cie.
- LA SOCIÉTÉ DES FORGES DE PAIMPONT, à Paimpont (Ille-et-Vilaine).
- Les forges de Paimpont, dont l’existence est ancienne , se composent aujourd’hui de deux hauts-fourneaux au charbon de bois, six feux d’afïinerie, deux fours à puddler , avec le matériel dit à l’anglaise, aussi bien que d’anciens marteaux. Tous les ateliers sont mis en activité par des moteurs hydrauliques. La force motrice s’augmente en ce moment d’une machine à vapeur de quarante chevaux. Gent ouvriers y travaillent au dedans et deux cents environ sont occupés au dehors. En 1848,d’importantes améliorations y ont eu lieu. La méthode Wallonne a été remplacée, pour falïinage au bois, parle procédé en usage dans le Berry, et iepuddlage à la houille a été introduit. La fabrication a été ainsi beaucoup agrandie, et les prix de vente ont
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- pu être réduits sans que la qualité des fers, qui est estimée, en ait souffert.
- Les forges de Paimpont livrent aujourd’hui au commerce 1,200,000 kilogr. de fer.
- Le jury a remarqué le fer feu illard, les essieux et le fer en barre , première qualité, exposés par cet établissement.
- En considération des améliorations que la société de Paimpont vient d’apporter à ses forges , le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. DEMIMUID , maître de forges, à Longeville (Meuse).
- Les fers de M. Demimuid sont nerveux et propres au carrossage et à la mécanique. Depuis peu, M. Demimuid s’est mis à travailler des fontes importées des bords du Rhin, indépendamment de celles qu’il produit lui-même.
- Le jury accorde à cet exposant une mention honorable.
- M. FALATIEU jeune, près de Bains (Vosges).
- M. Falatieu fabrique des fers fins d’un mérite reconnu. Il suit lesprogrès de l’art. Son établissement est fort ancien. Quarante ouvriers y sont occupés intérieurement, une centaine est employée au-de-liors. La production est de 35o,ooo kilogr. de fer provenant de 5oo,000 kilogr. de fonte de Comté.
- Le jury mentionne honorablement M. Falatieu jeune.
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- M. FALATIEU, à Pont-du-Bois (Haute-Saône).
- ( Voir aux Aciers, )
- MM. SIMON-VERNAY et G10, de Bérard, près Saint-Étienne (Loire).
- MM. Simon-VernayetC10 exposent des spécimens des produits qu’ils obtiennent à la forge par eux montée auprès de Saint-Etienne, en 184 2. Cette forge comprend cinq fours à puddler, trois fours à réchauffer, dix paires de laminoirs. Elle livre au commerce des fers analogues à ceux qui se fabriquaient déjà dans les forges de l’arrondissement de Saint-Etienne, des rails, du fer en barres, de la verge ronde ou plate, des essieux. On y emploie des fontes de diverses origines, et on en retire 1,600,000 kilog. de fer de toute espèce.
- L’établissement est convenablement monté, il s’est créé aussitôt une chentelle. Le jury se plaît à lui accorder une mention honorable.
- M. BARBAZÀN (Jules), maître de forges, à La-grénerie, commune de Salons (Corrèze).
- Les forges de Lagrénerie se composent d’un haut-fourneau et de trois feux d’affinerie. Elles donnent depuis longtemps des fers d’excellente qualité; elles ont le privilège d’approvisionner, depuis un grand nombre d’années,la fabrique royale d’armes de Tulle. M. Barbazan qui les exploite depuis trois ans y a introduit un changement heureux. Le minerai et la castine, qui auparavant étaient amenés delà Dordogne, à dos de mulets ou dans des chars à bœufs, par des chemins imprati-
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- cibles une partie de l’année, sont maintenant tirés de communes plus accessibles situées pour la plupart dans la Corrèze, où ils sont répandus à la surface du sol. Il occupe ainsi beaucoup de femmes et d’enfants d’une population nécessiteuse. En cela M. Barbazan rend un service local tout à fait digne d’être pris en considération, et donne un exemple qui concourra peut-être à exciter l’esprit industriel fort peu développé dans le département. Le roulage ordinaire amène ensuite ces matières aux forges, ce qui procure à celles-ci un approvisionnement régulier, sans atténuer en rien la qualité des fers.
- Le jury accorde à M. Barbazan une mention honorable.
- MM. TRÀXLER etHUILLIER, àBessous (Haute-Vienne).
- MM. Traxler et Huillier ont exposé des fers provenant de l’usine de Bessous ( Haute-Vienne ), appartenant à MM. Humblot, Oudart et Huillier, à l’appui d’un procédé dont ils se déclarent les inventeurs pour l’alfinage au gaz.
- Quelques-uns des membres de l’association qui exploite Fusiue de Bessous sont venus de la Champagne s’établir dans le Limousin , où l’art des (orges est peu avancé, et ils y ont apporté avec eux l’esprit d’amélioration dont les maîtres de forges sont animés dans la Haute-Marne et la Meuse.
- Il résulte des informations qui ont été rassemblées que des essais en grand pour l’affinage au gaz ont été faits à Bessous, depuis deux ans, et qu’ils
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- sont tout à fait propres à faire concevoir des espérances. Il en résulte aussi que le procédé n’y a point encore été entièrement porté à l’état manufacturier.
- En conséquence, le jury se borne à signaler, par une mention honorable, les produits qui ont été présentés à l’exposition.
- M. LACOMBE (Étienne), à Avalatz, commune de Saint-Juéry (Tarn).
- Cet établissement, consacré principalement à faire du fer de riblon, n’existe que depuis 1843. M. La-combe s’applique à produire du fer nerveux pour les câbles de marine.
- Le jury, prenant cependant en considération les bons renseignements qui lui sont parvenus, accorde à M. Lacombe une mention honorable.
- M. PREVOT aîné, maître de forges, aux Féniè-res, commune de Jumilhac (Dordogne).
- L’établissement des Fénières est fort ancien. Il se compose d’un haut-fourneau, de trois feux d’af-finerie, d’un atelier de moulage. Il produit du fer en barres qui est de très-bonne qualité et de la poterie.
- Le jury accorde à M. Prévôt aîné une mention honorable.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- MM. YVERNAUD frères , maîtres de forges, à Crozon (Indre).
- Les fers exposés par MM. Yvernaud sont de bonne qualité.
- Le jury cite favorablement ces exposants.
- M. RIBEYROL, maître de forges, à Jaumelières, commune de Javeilhac (Dordogne).
- L’établissement de Jaumelières est formé de deux hauts-fourneaux et de deux feux d’affinerie. On y travaille, comme dans les autres forges de la Dordogne, au charbon de bois exclusivement. M. Ri-beyrol a exposé deux échantillons de fer en barres méplates pour les bandages de roue. C’est du fer de très-bonne qualité.
- Le jury accorde à M. Ribeyrol une citation favorable.
- M. LALLEMAND, maître de forges, à Uzemain (Vosges).
- M. Lallemand a trois feux d’affinerie, livre au commerce 600.000 kilcg. de fer en barres et en verges de peu d'apparence, mais d’excellente quali té; il occupe l\o ouvriers intérieurement et \^o au dehors pour les charrois, la carbonisation, etc. Cet établissement est fort ancien et la réputation de ses produits est depuis longtemps faite.
- Le jury cite favorablement M. Lallemand.
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- M. LEMONNIER-JULLY, mécanicien, à Chatillon-sur-Seine (Côte-d’Or).
- M. Lemonnier a perfectionné l’égrappoir destiné à faire subir au minerai oolitique la dernière préparation mécanique avant la fusion, en le débarrassant des noyaux calcaires et des coquillages fossiles, dont il est mélangé encore au sortir des patouillets.
- L’égrappoir de M. Lemonnier est devenu d’un emploi général dans les forges du Cliâtillonais. Il a plus de durée que l’ancien égrappoir, en accomplissant au moinsaussibien son objet, et cependant il est moins cher.
- Le jury cite favorablement M. Lemonnier-Jully.
- M. GIRARDOT, maître de forges, à Fougerolles (Haute-Saône).
- Cet exposant a présenté des fers ronds, carrés et plats, fabriqués au marteau et obtenus par le seul combustible végétal.
- En considération de la bonne qualité de ces produits, le jury cite favorablement M. Girardot.
- § 2. TÔLES ET FERS-BLANCS.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MM. FÀLATIEU et Cie, à Bains (Vosges).
- L’établissement de Bains date de 1^33. Il se compose de cinq feux d’affinerie, cinq fours à
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- réchauffer où l’on utilise la flamme des feux d’affi-nerie; plusieurs trains de cylindres lamineurs et étireurs, un cubilot et divers appareils accessoires pour la fabrication du fer-blanc et pour tourner, quand il y a lieu, les fontes moulées. La principale production est du fer-blanc, dont on livre au commerce 58o,ooo kilog., le reste montant à 120,000 kdog. est formé de fer en plaques, de tôles, de fers en barres de tout calibre, et de fcuillard et quelques fontes coulees.
- Les fers-blancs de Bains sont appréciés depuis longtemps par les consommateurs. Ils subissent sans se gercer les épreuves les plus variées de l'emboutissage. Les autres fers cle Bains sont de même excellents. L’établissement s’est toujours maintenu au niveau des progrès réalisés par la métallurgie.
- En 183g, le jury a accordé à MM. Falatieu le rappel d’une médaille d’or, décernée en 1827 et rappelée en 1884* H renouvelle aujourd’hui ce rappel.
- M. DE BUYER, à la Chaudeau (Haute-Saône).
- M. de Buyer se livre depuis longtemps h la production des tôles et fers-blancs. Son établissement a été monté avec beaucoup d’intelligence et est dirigé avec un très-grand soin. L’échelle de la fabrication y a été successivement agrandie. On y a mis à profit les perfectionnements révélés aux arts métallurgiques, pour l’élaboration du fer et pour l’économie du combustible. Les produits de la Chaudeau sont excellents, ils s’élèvent à 12,000 caisses de fers-blancs et i5o,ooo kilog. de tôles et
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- fers noirs; 164 ouvriers sont occupés h l’intérieur, 65o environ à l’extérieur. L’établissement emploie 1,000,000 kilog. de fonte.
- Le jury a accordé à M. de Buyer une médaille d’or qui a été rappelée en ïb34 et en 1839. Le jury s’empresse d’en accorder le rappel.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. HILDEBRÀND (André), à Sémouse, commune de Xertigny (Vosges).
- L’établissement de M. Iliîdebrand, qui était, ancien (1676), a été reconstruit et considérablement agrandi par le propriétaire actuel en 1839. Il comprend aujourd’hui quatre feux daffinerie, quatre fours à réchauffer, trois trains de laminoirs, un martinet et une étamerie; 125 ouvriers y trouvent de l’emploi, sans compter 70 personnes qui sont occupées au dehors. Les diverses améliorations dont la métallurgie s’est enrichie y ont été mises en pratique. On y emploie l’air chaud pour l’affinage de la fonte; dans la même opération on se sert de bois vert et de tourbe mélangée au charbon de bois; on a recours à la tourbe sur une grande échelle pour divers usages. M. Hildebrand a pu ainsi réduire ses frais en conservant à ses produits tout leur mérite. Les fers de la taillanderie, les tôles et les fers-blancs de Sémouse sont de première qualité. Les fers-blancs sontd’un éclat remarquable et d’une malléabilité encore plus digne d’attention.
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- La consommation de Sémouse est de i ,000,000 de kdog.de fonte de Franche-Comté. La production est de 12,000 caisses de fers-blancs, 80,000 kilog. de fer en barres, 110,000 kilog. de tôles Unes. On l’estime à 55o,ooo fr.
- M. Hildebrand expose pour la première fois.
- Le jury accorde à M. Hildebrand une médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. MÉTAIRIE, à Pont-Saint-Ours (Nièvre).
- Cet établissement est un démembrement des usines de l’ancienne société de Pont-Saint-Ours, qui avait été hautement distinguée par le jury, en
- 1823.
- M. Métairie se consacre à la fabrication des tôles de très-bonne qualité, et conserve ainsi l’excellent type, dont d’importantes industries ne peuvent se passer. Il en livre au commerce 3oo,ooo kilog. qui résultent de 520,000 kilog. de fonte achetée au dehors.
- Le jury décerne à M. Métairie une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- MM. FALAT1EU et CHAVANNE, à Mailleron-court-Saint-Pancrace (Vosges).
- C’est seulement depuis le 1er janvier que cet établissement est détaché de celui de Bains, dont il dépendait. Il produit comme auparavant des tôles.
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- Depuis qu’il a une existence séparée, il fournit des tôles d’acier, dont on fait l’éloge, au moyen d’aciers de Pont-du-Bois (Haule-Saône ). L’établissement est en bon état. Il est bien monté. Il y a deux feux d’affinerie, dont la flamme perdue entretient deux fours de chaufferie. La production en tôle de fer est de 23o,ooo kilog. Pour le passé, l’usine de Mailleroncourt est en droit de revendiquer en partie le mérite des distinctions accordées à l’établissement de Bains. Pour le présent, le jury, eu égard au court espace de temps pendant lequel elle a été séparément en activité, se borne à la mentionner honorablement.
- § 3. FONTES.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM. MARTIN (Émile) etCie, fondeurs et constructeurs, à Fourchambault-Garchezy (Nièvre).
- L’établissement de MM. Émile Martin et Ci6 se divise en deux parties bien distinctes employant ensemble 35o ouvriers :
- i° La fonderie de fonte et de cuivre;
- 2° Les ateliers de forges et d’ajustage du matériel des chemins de fer.
- La fonderie est la plus considérable de France, par la masse et l’importance de ses produits. Eu égard à la nature même de ces produits, aucune autre fonderie ne peut lui être comparée. M. Emile Martin s’est créé une spécialité dans laquelle il n’a
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- pas encore d’imitateur : celle des grandes constructions en fonte. Depuis 1839, le développement donné par M. Emile Martin à cet ordre de travaux lui a fait doubler ses moyens de production. Il produit aujourd’hui quatre cent cinquante mille kilogrammes par mois, quantité non-seulement hors de proportion avec ce que livre tout autre établissement français, mais même supérieure à ce que produisent les grandes fonderies anglaises du même genre. La production du mois de mai de la présente année a été de 628,000 kilog. En 1827 , l’établissement de M. Emile Martin, déjà réputé considérable pourtant, produisait annuellement 1,000,000 de kilog. seulement.
- Pour donner une idée juste de la puissance productive de cet établissement, nous dirons que vingt fermes du pont en cinq arches de la Mulatière, du poids d’environ 36,000 kilog. chacune, commencées le ier avril dernier , ont été terminées le ierjuin, et cela sans que les travaux habituels en aient été ralentis ou gênés.
- En ce moment, M. Emile Martin se dispose à exécuter deux ponts en fonte uniques en leur genre, qui seraient destinés au chemin de fer d’Avignon à Marseille, et doivent être jetés, l’un sur la Durance, l’autre sur le Rhône, à moins de changements adoptés avant la mise en œuvre, chacun d’eux aurait sept arches de 65 mètres d’ouverture avec une flèche de 4”-5o seulement. Le seul ouvrage semblable est le pont de Soutliwark à Londres, sur la Tamise, dont les arches ont aussi 65 mètres d’ouverture, mais où la flèche est de 6“.5o, ce qui atténue la
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- difficulté. Les ponts de chemins de fer exigent bien plus de rigidité et de solidité que les autres, et cependant chaque arche de ces deux ponts, tels que les projette M. Emile Martin, ne pèserait que 5oo,oookilog., tandis que sur le pont de Southwark cest de g5o,ooo. Nous donnons ces détails, quoiqu’il ne s’agisse encore que d’un projet, pour donner la mesure de la puissance de la fonderie française et de la perfection à laquelle elle est arrivée.
- L’introduction , dans les travaux publics, de ponts en fonte à arches d’une aussi grande ouverture, mérite d’être signalée. On conçoit quels avantages elle offre à la navigation, et, dans la plupart des cas, elle présentera une économie notable.
- Les ateliers de forges, ajustage et montage établis sur une grande échelle depuis l’exposition de 183g, par M. Émile Martin, dans le but spécial de la fabrication du matériel des chemins de fer, forment une création nouvelle et unique en France jusqu’à ce moment, au moins par ses proportions; on y a exécuté en tout ou en majeure partie le matériel des chemins de fer de Saint-Germain, de Versailles (rive droite et rive gauche) , de Nîmes à Beaucaire, de Montpellier à Nîmes, de Bordeaux à la Teste, de Paris à Orléans; c’est-à-dire de toutes les lignes du Midi et de celles qui touchent à Paris, à l’exception de celle de Rouen, dont le matériel a été confectionné par la compagnie anglo-française des Chartreux (près de Rouen), et par des moyens anglais.
- Les nouveaux ateliers de M. Émile Martin sont appelés à rendre de grands services , au moment où un grand développement se prépare pour les che-
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- mins de fer en France. La perfection et le bon marché des articles du matériel des chemins de fer ne peuvent être obtenus que par une fabrication répétée en grand nombre par les mêmes mains. Tel est le secret de la perfection et de l’économie qui distinguent les constructeurs anglais. C’est par là aussi que M. Emile Martin s’est mis en position de faire bien et de faire à bon marché. Il a fabriqué, par exemple, environ 5,ooo roues en fer.
- M. Émile Martin n’a profité de l’espèce de monopole dont son établissement a joui jusqu’à présent, que pour perfectionner sa fabrication et pour baisser successivement ses prix, à mesure que l’expérience et le travail lui en ont fourni les moyens. Ainsi, le prix des roues en fer montées sur leur essieu qui était, au début, de i fr. 4o c. le kilog., a été réduit par lui successivement et sans concurrence à o fr. 95 c. le kilog. pris à l’usine pour le chemin de fer de Marseille à Avignon.
- La confiance que M. Émile Martin a inspirée aux ingénieurs des chemins de fer, est fondée sur l’étude suivie à laquelle il s’est livré, en Angleterre , du matériel et des moyens d’exécution, et sur l’application qu’il a su faire, à cette fabrication, des principes de simplicité et d’uniformité adoptés par l’administration de la guerre pour le matériel de l’artillerie. C’est ainsi qu’il a composé un atlas, dans la forme de tables de Gribeauval, qui a été adopté par l’administration des ponts et chaussées pour le chemin de fer de Montpellier.
- Les renseignements qui suivent sont de nature à montrer les progrès de l’établissement de M. Emile
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- Martin et les développements qui y ont été apportés, depuis cinq ans, à la fabrication du matériel des chemins de fer.
- En 1827, sa fonderie livrait environ 1 million de kilog. d’objets moulés.
- De i834 ^ J 839 la fabrication de la fonderie fut moyennement de i,i5o,ooo kilog., valant au prix de l’époque 520,000 fr. Il y joignait vers la fin de cette période une production de 100,000 fr. en matériel de chemins de fer.
- Pendant les trois années i83g, 1840, i84i,ht production moyenne de la fonderie fut de 2,160,000 kilog. d’une valeur de 760,000 fr. et de 525,000 fr. en matériel de chemins de fer.
- Pendant les années 1842 , i843, et le premier semestre de i844> la production rapportée à l’espace d’un an a été :
- Pour la fonderie, de 3,000,000 kilog. estimés à 960,000 fr.—Pour le matériel des chemins de fer, de 1,100,000 fr.
- Le premier semestre de 1844 a donné, pour la fonderie, une valeur de 864,000 fr. — Pour les ateliers du matériel des chemins de fer, 745,000 fr.
- M. Emile Martin a obtenu , en 1839, pour ses travaux de fonderie, une nouvelle médaille d’or.
- Le jury, prenant en considération, tant les grands développements donnés par M. Emile Martin à sesv travaux de fonderie, depuis la dernière exposition, que les ateliers spéciaux qu’il a élevés sur une grande échelle, depuis 1839, pour la fourniture du matériel des chemins de fer, lui eût décerné une troisième médaille d’or, s’il y avait eu un seul pré-.
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- cèdent d’une distinction semblable. C’est avec la plus vive satisfaction qu’il lui vote le rappel des deux médailles d’or qui lui furent décernées en
- i834 et
- MÉDAILLE D’OR.
- M. ANDRÉ, au Val d’Osne (Haute-Marne).
- La fonderie de M. André jouit d’une excellente réputation dans le commerce. Ses produits peuvent être évalués moyennement de [,200,000 à i,5oo,ooo kilog. 215 ouvriers sont employés dans ses ateliers, sans compter un nombre très-variable qui est occupé au dehors et qui s’élève quelquefois à 4oo. C’est ce fabricant qui a introduit dans la Champagne les bons procédés de moulage qui y étaient ignorés.
- La carrière de M. André, comme fondeur, se divise en deux périodes distinctes :
- D’abord simple adjudicataire de la fourniture des tuyaux de la ville de Paris, sans avoir d’établissement qui lui appartint, il fit exécuter ces tuyaux par des ouvriers sous-entrepreneurs dans les hauts-fourneaux de la Champagne, et quoique alors il fût étranger à l’art du fondeur, il sut, à force d’activité et d’mtelligence, se procurer les moyens d’organiser les meilleurs procédés de moulage, ce qui, outre la perfection des produits, amena de grandes économies dans la fabrication. M. André put ainsi opérer une baisse de prix qui força ses compétiteurs à adopter ses méthodes. Par là fut rendu un service signalé aux fonderies de première fusion qui, jus-
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- qu’alors, en Champagne, n’avaient que des procédés lents, imparfaits et coûteux. Ce fut plus utile encore aux consommateurs qui purent se procurer les objets en fonte moulée à un prix beaucoup moindre.
- Plus tard, en 1835, M. André créa sa belle fonderie de première et seconde fusion du Yal d’Osne. Là, il a déployé toutes les ressources de son esprit industrieux, et sa fonderie a acquis une très-grande extension, surtout depuis trois ans. M. Andréa pris à tâche d’appliquer chez lui, sans délai et sans reculer devant la dépense, toutes les innovations dont l’efïicaché est constatée. Ainsi c’est lui qui a donné en Champagne l’exemple du bon emploi de la chaleur perdue : il s’en sert pour la force motrice, pour chauffer l’air et pour l’étuvage des moules. Aussi est-il considéré comme occupant incontestablement le premier rang parmi les fondeurs de la Champagne.
- Quand M. André a commencé à s’occuper des mouleries, les grilles de balcons valaient, à Paris, ï fr. le kilog. ; les tuyaux, 45 cent. Les grilles sont tombées à 4o ou 5o cent. ; les tuyaux a 26 ou 27. Il est hors de doute que personne, autant que M. André, n’a contribué à ce résultat.
- Les produits exposés par M. André sont remarquables par la pureté des formes, l’élégance du dessin, et le fini des surfaces au sortir du moule* Ils attestent, à l’honneur de l’industrie nationale, un grand état d’avancement dans la moulerie des ornements de la plus grande proportion et particulièrement des figures.
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- M. André a annexé à l’établissement du Val d’Osne une école gratuite que les apprentis sont astreints à fréquenter. Il y a fondé aussi une caisse d’épargne et une caisse de secours.
- M. André a obtenu , en 1839, la médaille d’argent. Le progrès dont il a continué d’être le promoteur depuis cette époque, la masse, la belle exécution et la variété de ses produits, l’importance du marché de Paris qu’il dessert et où il a occasionné une baisse de prix remarquable, toutes ces circonstances réunies lui méritent la plus haute récompense dont le jury puisse disposer.
- En conséquence, le jury lui décerne une médaille d’or.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. MARSAT, à Angoulême (Charente).
- M.Marsat possède autour d’Angoulême plusieurs établissements comprenant ensemble trois hauts-fourneaux, six feux d’afîinerie, deux fonderies. Il y a fort longtemps qu’il en dirige l’exploitation. La production en est considérable, eu égard aux dimensions habituelles des usines dans cette partie de la France. Il livre à la consommation 2 millions 3oo,ooo kilog. de fers et de fontes. Il fournit des fontes en gueuse à la fonderie de Ruelle qui appartient à la marine royale. Il produit d'excellents fers et de bonnes fontes moulées en première fusion. A Ruelle, ses fontes ont résisté aux épreuves les plus rigoureuses. Récemment dans son usine de Lamothe, M. Marsat a installé une machine à vapeur dont
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- 3a chaudière est chauffée avec les gaz qui s’échappent du haut-fourneau.
- En 1839, M. Marsat a obtenu une médaille d’argent.
- Le jury reconnaissant les efforts de M. Marsat , le bon esprit dans lequel ses établissements sont conduits, la qualité de plus en plus recommandable de ses produits , lui accorde le rappel de la médaille d’argent qui lui fut décernée à l’exposition précédente.
- NOUVELLE MÉDAILLE D'ARGENT.
- MM. DE RAFFIN et Cie, fondeurs à la Pique (Nièvre).
- L’établissement de MM. de Raffin et Cie se compose d’une fonderie produisant annuellement 800,000 kilog. de fonte moulée et d’ateliers de forges où se confectionnent 3oo,ooo kilog. de grosse serrurerie, et de chaînes-câbles, tant pour le service de la marine que pour d’autres destinations. Dans cette production sont compris beaucoup d’instruments aratoires. Cet établissement vient de confectionner une chaîne de six mille cinq cents mètres pour le remorquage des bateaux sur le Rhône. On peut juger, d’après un bout exposé par ces fabricants, de la régularité et de la bonne exécution de cette chaîne. 180 ouvriers sont employés dans leur usine.
- La perfection des objets qui en sortent et leur prix très-modéré méritent d’être signalés.
- MM. cle Raffin et Cie ont obtenu à la dernière exposition une médaille d’argent pour la bonne
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- confection de leurs instruments aratoires, et une mention honorable pour leurs enclumes et étaux.
- La fabrication de MM. de Rabin et Cie a pris une grande extension dçpuis cette époque, dans toutes ses parties. La somme des ventes annuelles des instruments aratoires de tout genre dépasse seule 100,000 fr. MM. de Rabin ont rendu de grands services à l'agriculture non-seulement de la Nièvre , mais d’une partie étendue du royaume, car ils expédient leurs produits au delà de Paris, en fournissant très-promptement, à un prix peu élevé, sur de bons modèles, tous les instruments aratoires qu’elle pouvait réclamer.
- En considération de l’importance ascendante de cet établissement, de la bonne confection de ses produits et des services journellement rendus à l’agriculture, le jury décerne à MM. de Rabin et Cie, pour l'ensemble de leur production, une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. YIYAUX frères, à Dammarie, près Ligny (Meuse).
- L’établissement de MM. Vivaux se compose d’un haut-fourneau et de deux cubilots. Il occupe intérieurement i5o ouvriers, indépendamment de ioo environ à l’extérieur, et la production en est grande. La chaudière de la machine à vapeur qui met en mouvement la soufflerie est alimentée par les gaz du haut-fourneau.
- Cette fonderie est principalement consacrée à la
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- production de la poterie. Les ustensiles qu’on y fabrique sont remarquables par leur légèreté, et leur exécution régulière. Elle ne l’est pas moins par la douceur du métal. Une marmite présentée à l’exposition a été percée à froid au poinçon , d’une très-grande quantité de trous. Le couvercle et le fond ont été sciés sur plusieurs poiuts avec la plus grande facilité, sans laisser apercevoir aucune défectuosité et sans que la moindre fente ait été produite par cette épreuve délicate.
- Cette douceur extraordinaire de la fonte est due à l’emploi de l’air chaud lancé dans le creuset du haut fourneau à un degré particulier de température, et au soin extrême avec lequel l’établissement est dirigé dans toutes ses parties.
- MM. Vivaux frères exposent pour la première fois
- Le jury justement frappé de la supériorité des produits de MM. Vivaux frères, et de l’économie avec laquelle ils travaillent, leur accorde une médaille d’argent.
- MM. MOREL frères, à Charleville (Ardennes).
- MM. Morel frères exposent une assez grande quantité d’objets en fonte de première fusion : ce sont principalement des marmites de toute grandeur, des fourneaux, des plaques de cheminées, etc. Ces objets sont surtout remarquables par les bas prix auxquels ils sont cotés. Les articles de poterie ont un degré d’épaisseur supérieur à ce qui est en usage dans d’autres fonderies très-renommées, mais dont le consommateur du pays fait une loi et qui doit être motivé par la nature de la fonte.
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- Les établissements de MM. Morel embrassent quatre hauts-fourneaux, douze feux d’affinerie, quatre fours à puddler, des laminoirs, des fours de chaufferie, des ateliers de moulage. On y fabrique de la fonte moulée, des fers en barres, des tôles, des clous ; la production totale est de g millions de kilog. 1,180 ouvriers y trouvent l’emploi de leurs bras, soit au dedans, soit au dehors.
- MM. Morel se sont fait remarquer par leurs efforts pour diminuer la consommation du combustible. En i836, on consommait dans leurs hauts-fourneaux 25 stères de bois par 1,000 kilog. de fonte grise de moulage. Cette consommation est aujourd’hui réduite à 17. Ils ont perfectionné tous leurs appareils; ils ont tiré un meilleur parti des forces motrices, ont mieux organisé leurs souffleries. Ils se montrent sous tous les rapports animés de l’esprit d’amélioration.
- Le jury leur décerne, pour l’ensemble de leur fabrication, une médaille d’argent.
- MM. PINA.RT frères, maîtres de forges à Marquise (Pas-de-Calais).
- L’établissement de Marquise date de quatre années. Il se compose de deux hauts-fourneaux au coke, produisant de la fonte de moulage et de la fonte d’affinage, à raison de 10,000 kilogrammes* par fourneau par jour, et de deux cubilots pour la seconde fusion. La fonte de Marquise est un produit nouveau dans le Pas-de-Calais. On connaissait depuis longtemps des minerais de fer dans le Boulonnais , mais leur nature les rendait d’un traite-
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- ment difficile, et on ne pouvait les fondre seuls. Tout ce qu’on en extrayait était transporté dans le département du Nord, où on le mélange avec les minerais d’Avesnes. MM. Pinart, à force de recherches, parvinrent à découvrir, k proximité, d’autres minerais propres à former un bon mélange avec les anciennes mines. Dès lors î’industriè du fer a été fondée dans le Boulonnais, et aujourd’hui d’autres établissements se sont élevés auprès de celui de MM. Pinart.
- Les fontes de première fusion de Marquise sont remarquables par leur ténacité, ainsi qu’on a pu le constater k l’occasion des fournitures faites par MM. Pinart pour les travaux des chemins de fer.
- Les chaudières des machines à vapeur qui mettent la soufflerie en mouvement sont chauffées avec les gaz du gueulard.
- Le jury, considérant que l’établissement de MM. Pinart est une création, que la fabrication y est soignée et que les produits y sont de bonne qualité, décerne une médaille d’argent k MM. Pinart frères.
- M. YORUZ, fondeur de fonte et de cuivre, à Nantes {Loire-Inférieure ).
- Tous les objets envoyés à l’exposition par M. Voruz sont d’une bonne exécution. Il emploie i5o ouvriers. Il produit annuellement 800,000 kilogrammes de fonte moulée et 76,000 de fonderie de cuivre, en mécanismes divers, dont plusieurs sont destinés à la marine. L’établissement com-
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- prend trois cubilots et un four à réverbère. La valeur delà production dépasse 700,000 fr.
- Parmi les objets fournis par M. Yoruz, on signale les cylindres des bateaux à vapeur, dits inexplosibles, comme des pièces remarquables par leur légèreté.
- Le jury départemental s’étant transporté dans les ateliers de M. Yoruz , déclare qu’il a été satisfait, non-seulement de la fabrication, mais plus encore de l’ordre parfait qui règne dans le travail, de la bonne organisation qui y préside, et de l’habileté avec laquelle M. Yoruz est parvenu à intéresser chacun de ses ouvriers à bien faire.
- Le jury accorde à M. Voruz une médaille d’ar-
- Sent- ” __________
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. DUCEL fils, fondeur, à Paris, rue des Quatre-Fils, 22.
- M. Ducel fils a exposé beaucoup d’ornements en fonte,d’assez grande dimension : une vasque, une croix, des fonts baptismaux, un bas-relief, une descente de croix, deux pieds de bancs de jardin, un lion, une cuvette à bascule, des balcons de croisée, etc.
- L’établissement de M. Ducel fils emploie 4^0 ouvriers, et fournit des quantités considérables de fontes moulées de toute espèce, et principalement en ornements. Le moulage d’ornements de M. Ducel est suffisamment net.
- M. Ducel n’a pas exposé en i83g.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
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- MM. BESQÜENT (Jules) et Cie, à Trédion (Morbihan).
- MM. Jules Besquent et Cie exposent divers échantillons de poteries de fonte et des boites de roue, etc. Ils y ont joint quelques échantillons de fer fabriqués à la Basse-Indre avec leurs fontes brutes.
- L’établissement se compose d’un haut-fourneau et d’un cubilot. Il emploie 80 ouvriers et produit 5oo,ooo à 600,000 kilogrammes de fonte.
- MM. Jules Besquent et Cie se montrent empressés à améliorer la fabrication et à réaliser les perfectionnements relatifs à l’économie du combustible. D’après le .dernier rapport annuel de l’administration des mines (pag. 63), les gaz perdus , dont on se servait déjà pour chauffer les chaudières de la machine à vapeur de la soufflerie, ont été appliqués au chauffage d’un appareil à air chaud, dont l’emploi a eu pour résultat de diminuer de 10 à 12 pour cent la consommation du combustible, d’augmenter la production journalière, et de donner des fontes plus grises, plus douces à la lime, plus propres au moulage; ces mêmes fontes se sont montrées d’abord plus difficiles à traiter dans le four à puddler, mais avec de la persévérance, on est parvenu à en retirer des produits de bonne qualité.
- Le jury accorde à MM. Jules Besquent et Cie une médaille de bronze.
- MM. BLANCHON et BOISBERTRAND, maîtres de forges, à La Ghapelle-St-Robert (Dordogne).
- L’établissement de la Chapelîe-Saint-Robert se
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- compose de deux liauts-fourneaux au charbon de bois, et de deux feux d’affinerie. Il date de 1836. Il produit de la fonte, dont la qualité tout à fait supérieure a été constatée dans la fonderie de Ruelle, qui s’en alimente en partie, et des fers très-nerveux.
- En considération de cette qualité des produits, le jury accorde à MM. Bîanchon et Boisbertrand, une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. PAIGNON, à Bizy (Nièvre).
- M. Paignon produit, dans deux hauts-fourneaux au bois, i ,5oo,ooo kilogrammes de fonte de bonne qualité, dont une partie est affinée de manière à produire 140.000 kilogrammes de fer et environ 5o,ooo kilogrammes d’acier. Le reste de la fonte de M. Paignon est vendue pour alimenter des fonderies de seconde fusion.
- M. Paignon est un manufacturier habile qui se conforme aux progrès de son art. Il a obtenu, en i834, une médaille d’argent pour ses aciers , et, en 1839, un rappel de cette médaille avec une mention honorable pour ses fontes.
- Le jury, à l’occasion de ses fontes, lui accorde une nouvelle mention honorable (voiries Aciers).
- M. LEMOINE , à Corbelin, près Yarzy (Nièvre).
- M. Lemoine produit, dans deux hauts-fourneaux, 1,800,000 kilogrammes de fonte, dont une partie est convertie en i5o,ooo kilog. d’acier.
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- Le reste est vendu pour alimenter des fourneaux de deuxième fusion et des aciéries. La fonte pour la deuxième fusion est fabriquée à l’air chaud; la fonte à acier s’obtient à l’air froid.
- Le commerce se loue des produits deM. Lemoine.
- Le jury accorde à M. Lemoine, pour ses fontes, une mention honorable (voir les Aciers).
- MM. GUÉRIN et Gie, maîtres de forges, à Mont-luçon (Allier).
- Cet établissement se compose d’un haut-fourneau aujourd’hui en activité, et d’un autre haut-fourneau en construction. La soufflerie est mue par une machine à vapeur de 60 chevaux. Ses produits servent, en petite quantité, à des mouleries de première fusion qui se font dans rétablissement ; la majeure partie se vend aux forges des départements voisins, à Fourchambault, à Vierzon, ainsi que dans la Haute-Vienne et le Puy-de Dôme, pour y être convertie en fer ou pour être moulée en seconde fusion.
- Obtenus avec les minerais du Berry, dont la supériorité est connue, et avec le coke de Commen-trj, ces produits sont déjà remarquables. Les mouleries et les fers provenant de la fonte de Montluçon sont d’une bonne qualité.
- Le haut-fourneau de Montluçon a été mis en feu en novembre 1842. Pendant l’année 1848 il a donné près de 3,800,000 kilogrammes de fonte.
- Un grand avenir semble réservé aux usines à fer de Montluçon. Elles ont sous la main d’excellents minerais et de bons charbons. Leurs communica-
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- lions sont assurées par le canal du Berry, le canal latéral à la Loire, et la Loire elle-même. Déjà leur heureuse influence s’est fait sentir par une baisse de prix marquée sur les fontes brutes. Enfin une direction intelligente préside à ce nouvel établissement, et ne contribuera pas peu à mettre en valeur les éléments de prospérité qui s’y trouvent réunis.
- Le jury, considérant la date récente de cette création, se borne, quant à présent, à lui accorder une mention honorable, en exprimant l’espoir qu’à une exposition prochaine il y aura lieu à lui décerner une récompense d’un ordre plus élevé.
- M. P. BRISOU fils aîné, à Rennes (Ille-et-Vilaine).
- L’établissement de M. Brisou se compose d’un haut-fourneau et d’un cubilot. M. Brisou expose des fontes moulées de première fusion , dites poteries. Ces articles ont de bonnes formes, mais laissent à désirer sous le rapport de la légèreté.
- Le haut-fourneau date de 1822, et c’est seulement en ]843 que M. Brisou y a ajouté un atelier de seconde fusion, ce qui lui permet de varier davantage sa fabrication.
- Récemment il a pris soin de renouveler ses modèles.
- La production de M. Brisou est de 4^0,000 kilogrammes de fontes moulées, tant en première, qu’en seconde fusion.
- Le jury départemental signale la modicité relative des prix de ce fabricant.
- M. Brisou expose pour la première fois.
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- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M LEPET-DESUÈDE, fondeur, à Douai (Nord).
- Cette fonderie, de deuxième fusion, date de 3820. Elle emploie 3o ouvriers.
- M. Lepet-Desuède expose des ornements en fonte de fer, d’une exécution remarquable.
- Le jury lui accorde, avec satisfaction , une mention honorable.
- M. ELMEREING (Bernard-Gustave), fondeur à Louviers (Eure).
- Cette fonderie, établie en i836, est susceptible d'un grand développement, étant placée au centre de grands établissements industriels qui emploient beaucoup de machines.
- M. Eîmereing a exposé seulement une cheminée en fonte.
- Le jury le mentionne honorablement.
- CITATIONS FAVORABLES.
- MM. PRENEY (Gabriel) et BALLARD, fondeurs, à Perrigny (Jura).
- La fonderie de MM. Preney et Ballard date de 1840. Elle occupe 8 ouvriers seulement. Ces fondeurs ont exposé un fourneau en fonte, coulé d’une seule pièce, destiné à un bain-marie, qu’ils disent économique.
- Le jury n’a pu vérifier le dire de MM. Preney et Ballard, au sujet du degré d'économie que procure leur fourneau. Mais il a reconnu qu’ils avaient
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- vaincu une difficulté réelle, en lecoulant d’uneseule pièce. Ce Fait annonce une fabrication intelligente.
- Le jury accorde à MM. Preney et Ballard une citation favorable.
- M. METFREDERQUE, à Paris, rue de la Pépinière, 23.
- A exposé divers objets en fonte, des corbeilles, un christ, etc. Le jury, considérant la bonne qualité de ces produits , accorde à M. Metfrederque une citation favorable.
- § II. ARTS DIVERS.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- Câbles de marine.
- M. DAVID, fabricant de chaînes et câbles en fer pour la marine, au Havre (Seine-Inférieure).
- M. David a monté son usine en i83i. Ses produits sont fort estimés. Il emploie les meilleurs matériaux et donne un soin particulier au soudage de ses anneaux. Il rend ainsi de véritables services au commerce maritime. La supériorité de ses câbles a été éprouvée dans des coups de vent survenus au mouillage de l’île Bourbon. Des bouts de chaîne en fer, de 34 millimètres de diamètre, ont montré une ténacité de 27 kilogrammes par millimètre carré , dans des essais faits par ordre de l’administration de la marine.
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- M. David expose pour la première fois.
- Le jury, reconnaissant l’importance des efforts deM. David, et des services qu’il rend, lui décerne une médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- Objets en fonte malléable.
- MM. ELLIOT (Thomas) et SAINT-PAUL, fabricants d’objets en fonte malléable, à Paris, rue Fontaine-au-Roi, 39.
- Ces fondeurs ont exposé divers objets de quincaillerie en fonte adoucie et rendue malléable.
- MM. Elliot et Saint-Paul n’emploient que la fonte anglaise de premier choix. Us la fondent dans des creusets qu’ils fabriquent eux-mêmes , et la coulent dans des châssis en fer où l’empreinte des modèles a été obtenue avec soin dans du sable deFontenay.
- Après que les bavures et coulées ont été enlevées avec soin des objets coulés, on les place dans des creusets avec un cément particulier. Ces châssis sont lutés et placés dans un four où ils sont exposés à une température assez forte pour que le cément produise l’effet désiré. Après cette opération, la fonte, de cassante qu’elle était après le coulage, se trouve avoir acquis beaucoup de ténacité et se ploie comme du fer forgé. Les essais faits dans un étau prouvent qu’elle a acquis ainsi une malléabilité* remarquable.
- Cette fonderie fournit une grande quantité d’articles pour la fabrique de serrurerie d’Escarbotin,
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- ce qui doit amener une baisse de prix dans cet article. La fabrication est de 5o,ooo à 60.000 kilog. par an. Deux autres fonderies appartenant aux mêmes fabricants existent à Pont-Audemer. La valeur réunie de la production de MM. Elliot et Saint-Paul représente une somme de 200,000 fr.
- C’est une fabrication qui mérite d’être encouragée. Il est regrettable cependant qu’elle se porte quelquefois sur des articles qui réclament une très-grande solidité et où la présence d’une soufflure peut occasionner des accidents graves. Ainsi, on confectionne avec la fonte malléable des objets de sellerie, des mors, des étriers. Il serait prudent de s’interdire la fabrication de ces articles.
- Quoique cette industrie ne soit pas nouvelle , et quelle ait été abandonnée par quelques fabricants anglais, après avoir été montée chez eux sur une grande échelle, le jury considérant que MM. Thomas Elliot et Saint-Paul l’exploitent en ce moment de manière à rendre des services à plusieurs branches de travail qui tiennent à la quincaillerie, et paraissent être les seuls dans ce cas, juge opportun d’encourager MM. Thomas Elliot et Saint-Paul, et 1 eur accorde, en conséquence, une médaille de bronze.
- RAPPEL DE MENTION HONORABLE. Couverts en fer étamê.
- M. BERGAIRE, de Darney (Vosges).
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- CITATIONS FAVORABLES.
- Couverts en fer èlamè.
- M. AULON, de Darney (Vosges).
- M. MÀTHEY (Humbert), de Darney (Vosges).
- Ce genre de fabrication étant destiné h la classe peu aisée, et lui offrant l’avantage de la propreté, présente, à ce titre, de l’intérêt, et doit être encouragé.
- Trois fabricants des Vosges ont exposé :MM. Ber-gaire aîné, Claude Aulon et Mathey.
- Le premier emploie 3o ouvriers, le second i5. Aussi la fabrication du premier est-elle double de celle du second.
- M. Bergaire aîné livre à la consommation 18,000 douzaines de couverts par an. En i834, il lui fut accordé une mention honorable. M. Claude Aulon ne produit que 9,000 couverts par an.
- Le prix de la douzaine de couverts est de 2 fr. 90 cent., ce qui les met à la portée de tout le monde.
- Lorsque les travaux de la campagne sont terminés, et que l’Iiiver commence, les manœuvres du pays, accoutumés à ce genre de travail, y trouvent de l’occupation, et comme ce sont alternativement les mêmes ouvriers qui travaillent pour le compte de MM. Bergaire et Aulon, il s’ensuit qu’il y a parité dans la confection des objets exposés par fuit et par l’autre de ces fabricants.
- Le troisième exposant, M. Mathey ( Humbert), a 11 ne production moindre : il nefournitque 1 ,Ooodou-zainesde couverts aux mêmes prix que les précédents.
- Le jury confirme et renouvelle la mention honorable accordée, en 1884, à M. Bergaire, alors
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- sous la raison Bergaire et Langay, et cite favorablement MM. Claude Aulon et Mathey.
- NON EXPOSANTS.
- MÉDAILLE D’OR.
- MM. THOMAS et LAURENS, ingénieurs civils, à Paris , rue de TUniversité, 26.
- MM. Thomas et Laurens se sont présentés devant le jury avec les titres suivants :
- i° Une nouvelle distribution de la force de la vapeur pour les usines à fer, consistant à multiplier les machines, au lieu d’en avoir une seule qui mette en mouvement, par des engrenages ou d’autres transmissions de mouvement, les divers équipages de cylindres, et les autres mécanismes de ces grands ateliers. Dans ce système, la génération de vapeur, Ja pompe à air et le condenseur, sont communs à toutes les machines. Les machines, elles-mêmes, sont simples, à cylindre couché, et marchent à grande vitesse ;
- 2° L’emploi dans quelques arts chimiques de la vapeur sur-ckauffee, c’est-à-dire chauffée dans un appareil spécial, après être sortie de la chaudière où elle a été engendrée. Ce système a été appliqué avec succès, par MM. Thomas et Laurens, à la revivification du noir animal pour les radineries ;
- 3° Des méthodes soignées de construction , pour tirer parti de la chaleur perdue des gaz des hauts-fourneaux , et de la flamme des fours à réverbères. MM. Thomas et Laurens se sont attachés à répan-
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- dre ces appareils utiles. Depuis i83q, ils ont chauffé des chaudières pour une force de 55o chevaux, et ils sont en train d’établir leur système pour une force de près de 4oo chevaux ;
- 4° Une grande participation aux travaux qui ont eu lieu pour arriver à l’alïinage de la fonte, parle moyen des gaz du gueulard des hauts-fourneaux. Ce résultat important a été enfin obtenu, et est passé à l’état de fabrication régulière dans l’établissement de Treveray (Meuse), par les soins d’une association formée entre MM. d’Andelarre et de Lisa, maîtres de forges, et MM. Thomas et Lau-rens, ingénieurs civils.
- Le jury n’a pas examiné si MM. Thomas et Lau-rens sont en droit de revendiquer l’initiative des idées sur lesquelles sont fondées les améliorations précédentes, ou même s’ils ont été les premiers qui aient établi quelques appareils destinés à obtenir ces divers effets. Ainsi, les machines à vapeur à grande vitesse étaient en usage, avant MM. Thomas et Laurens, dans les locomotives des chemins de fer, et sur les bateaux à vapeur de l’Ohio et du Mississipi. Ainsi il paraît qu’avant eux l’idée de sur-chauffer la vapeur avait été émise. Ainsi, encore avant eux , d’autres avaient utilisé pour divers usages les gaz des hauts-fourneaux ou des foyers d’affinerie, et les flammes des fours à réverbère; ainsi, enfin, d’autres avaient antérieurement essayé d’affiner la fonte par le moyen des gaz perdus.
- Mais il n’en reste pas moins à MM. Thomas et Laurens, le mérite de grands services rendus à l’industrie manufacturière.
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- i° A l’égard de la nouvelle distribution delà force de la vapeur dans les usines, et l’emploi de machines partielles à grande vitesse , sans engrenages ou sans transmissions de mouvement destructives de la force , avec communauté de génération, ou au moins de pompe à air et de condenseur, ils en ont pris l’initiative dans les usines à fer ;
- 2° Pour la vapeur sur-chauff'ée , c’est eux qui font appliquée à la revivification du noir animal dans les raffineries;
- 3° A l’égard de l’emploi de la chaleur perdue pour la génération de la vapeur, ils ont amélioré les fourneaux, et ils ont beaucoup contribué à répandre dans l’industrie métallurgique ce mode économique de chaufïage ;
- 4° En ce qui concerne l’affinage au gaz, il est constant que cette grande amélioration a été acquise aux forges françaises, dans l’usine de Tré-veray, et la grande part qu’y ont eue MM. Thomas et Laurens est incontestable. On ne peuts’empêcher de reconnaître que cette amélioration est destinée à marquer d’une manière saillante dans les annales de l’industrie des fers.
- Ainsi, MM. Thomas et Laurens ont contribué, par les dispositions qu’ils1 ont imaginées, et par leur activité personnelle, à plusieurs perfectionnements importants dans l’industrie nationale. A ce titre, le jury leur décerne une médaille d’or. En 1889, MM. Thomas et Laurens avaient obtenu une médaille d’argent.
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- SECTION Y.
- ACIERS, LIMES, FAUX, OUTILS DE FORGES, QUINCAILLERIE , VIS A BOIS , ETC. , COUTELLERIE.
- 4 M. Gustave Goldenberg, rapporteur.
- § 1. ACIERS.
- Considérations générales.
- Cette matière a été l’objet de nombreuses et savantes recherches, mais malgré tout ce qui a été fait à cet égard, la théorie de la fabrication est encore très-incomplète, et bien des questions sont restées à l’état d’hypothèses. La pratique surtout laisse encore beaucoup de points obscurs et de problèmes non résolus, et cela se conçoit aisément, puisque l’application même des principes connus doit se compliquer de modifications nombreuses et difficiles à saisir, quand il s’agit d’un produit dont la nature est sujette à tant de variétés.
- La qualité d’un acier est souvent bien imparfaitement représentée par son apparence, et les plus habiles connaisseurs peuvent s’y tromper : ainsi la quantité de carbone contenue dans divers aciers, peut varier dans bien des proportions , et motiver pour chacun de ces aciers un traitement particulier, sans qu’il soit
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- possible au coup d’œil le plus exercé, de reconnaître les traces de ces différentes proportions de carbone sur le grain de chacun.
- Il est donc de la plus rigoureuse nécessité que le fabricant et le consommateur se rendent un compte exact de la nature de l’acier qu’ils produisent ou qu’ils travaillent ; car la consommation de cette matière est immense, et son emploi est tel, qu’une barre se fractionne souvent en petites parcelles réparties sur un grand nombre d’objets qui sont d’un prix quelquefois élevé, et dont la bonté peut-être compromise par une mauvaise qualité d’acier.
- Pour parvenir à ce but, il faut donc recourir à d’autres moyens, et pour être bien fixé sur les diverses propriétés d’un acier, il faut les étudier et s’en rendre compte par les opérations qu’on lui fait subir ; car dans cette fabrication, comme dans beaucoup d’autres, le système le plus rationnel est de reconnaître la cause par son effet, et très-souvent des procédés de fabrication sont dans le cas d’être modifiés d’après la nature des résultats obtenus.
- Les essais doivent être multipliés et conduits avec une grande précaution ; le plus ou moins de forge, le plus ou moins de chaleur, etc., qu’on donne à l’acier, peuvent opérer de grandes modifications dans la finesse ou la blancheur de son
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- grain, ou dans sa dureté, et si l’on ne sait faire la part de toutes ces circonstances, on risque de se tromper, l’essai est inutile, ou ce qui est pire encore, il est erroné.
- Des expériences sur une plus vaste échelle, s’opèrent d’elles-mêmes par la consommation, qui est le juge en dernier ressort du fabricant, et c’est elle encore qui doit l’éclairer. Mais elle peut aussi dans certains cas l’induire en erreur ; c’est ainsi qu’on veut souvent faire supporter à l’acier les conséquences d’un traitement maladroit, ou qu’on exige de lui un autre emploi que celui auquel il est destiné, ou qu’on apporte dans son appréciation, des préjugés et des considérations étrangères; et comme en se fiant à ce qu’on appelle la réputation, on tombe facilement dans l’erreur, l’art consiste ici à reconnaître la vérité et à se fixer d’après les résultats généraux.
- On peut distinguer généralement trois espèces d’aciers: les aciers naturels, les aciers cémentés, et les aciers fondus ; mais chacune de ces grandes espèces comporte de nombreuses sous-divisions résultant, soit des différences de procédés dans la fabrication, ou de la matière première qu’on emploie, soit du plus ou moins de dureté et de nerf qu’on rencontre dans chacune d’elles.
- Comme les différentes propriétés des aciers déterminent l’emploi particulier de chacun, et
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- par suite font connaître la part qui lui revient dans la consommation, il importe ici, pour nous rendre compte de cette industrie en France , et des ressources qu’elle offre, d’examiner la nature des aciers que nous fabriquons, et d’en faire la comparaison avec ceux de l’étranger.
- La France produit et fabrique les nombreuses variétés des aciers naturels, des aciers cémentés et des aciers fondus. Nous donnerons successivement quelques détails sur ces trois diverses espèces, savoir:
- 1° Aciers naturels.
- Les aciers naturels s’obtiennent par l’alFinage de la fonte, ou par l’affinage immédiat des minerais. Nous employons pour la fabrication des premiers, soit les fontes blanches, que nous tirons de la Prusse ou de la Savoie, soit les fontes blanches et grises françaises.
- L’acier que nous fabriquons avec les fontes spathiques du Rhin, et d’après la méthode allemande , est tout à fait pareil à celui qui se fait en Prusse. Il est à la fois dur et nerveux, et d’un emploi très-avantageux pour les outils tranchants, et de taillanderie, les limes au paquet, les scies, etc.
- Un autre genre d’acier naturel est celui que nous produisons avec les fontes blanches françaises. Il se fabrique particulièrement dans PI-
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- sère avec celles du Dauphiné ; mais pour obtenir la première qualité d’acier, il est nécessaire de mélanger ces fontes avec celles de la Savoie, qui les surpassent en dureté.
- Par le concours de ces deux espèces de fontes, et à l’aide d’un raffinage convenable, on obtient un acier qui est d’un très-bon usage, pour tout article exigeant beaucoup de nerf. Aussi les manufactures d’armes lui donnent-elles la préférence sur tous les autres aciers français : il est un peu moins vif que celui d’Allemagne ; mais par cette raison môme, il se laisse mieux travailler à F état brut, et c’est ainsi que la coutellerie de Thiers et celle de Saint-Étienne en font une grande consommation.
- Enfin la troisième espèce d’acier naturel se fabrique avec les fontes grises françaises. Nos principaux établissements de ce genre sont dans la Nièvre, les Vosges et la Haute-Saône. L’acier brut qu’ils fournissent s’emploie généralement pour les outils aratoires ; étant raffiné, il est consommé pour les objets de coutellerie, les armes blanches, etc. On doit cependant remarquer qu’il a moins de dureté et de nerf que celui d’Allemagne.
- La fabrication des aciers naturels par l’affinage immédiat des minerais, n’est en usage que dans les Pyrénées; on y produit l’acier indistinctement avec le fer dans les fours à la Catalane, la pro-
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- duction en est fort irrégulière et souvent accidentelle. Cet acier, d’une qualité inégale, ne s’emploie guère que pour certains outils : il est peu répandu dans le commerce.
- Indépendamment des aciers naturels, nous fabriquons encore :
- 2° Les aciers cémentés.
- Leurs prix modérés sont très-abordables à différents genres de consommation, aussi sont-ils d’un usage répandu , et ceux dont la production a le plus augmenté depuis cinq ans. Nous employons pour leur fabrication, à la fois les fers français, et ceux de la Suède, et de la Russie. Le bon choix de ces fers est une condition nécessaire de la qualité de l’acier cémenté, et bien que des progrès sensibles aient été réalisés depuis quelques années, nous ne sommes pas encore parvenus à lui donner toutes les qualités qui le rendraient capable de remplacer celui d’Allemagne, comme cela est arrivé en Angleterre; et puisque l’obstacle ne réside pas dans le manque de dureté, il semblerait que le choix d’un fer très-nerveux, joint à une fabrication soignée, devrait nous conduire nécessairement au même
- résultat. Il est inutile de parler des conséquences qu’aurait cette application.
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- La bonne fabrication de l’acier cémenté tire du reste une nouvelle importance ; de ce qu’elle est en grande partie la base de celle de l’acier fondu, dont il nous reste à parler.
- 3° Aciers fondus.
- Leur principal centre de production est à Saint-Étienne , où ils se fabriquent de deux manières différentes : 1° à l’aide des fers qui sont cémentés, pour cet usage ; on emploie ordinairement ceux de l’Ariége et quelques fers de Suède; 2° en l’obtenant immédiatement au moyen de la limaille.
- Le premier de ces procédés est celui qui est le plus généralement pratiqué5; parce qu’il a donné jusqu’à présent les seuls résultats satisfaisants sous le rapport de la qualité.
- Le second est plus prompt et moins dispendieux , car de cette manière l’acier s’obtient immédiatement de la limaille de fer ou de riblons, auxquels on ajoute du charbon pilé et qu’on coule ensuite dans un creuset. Aussi cet acier se vend-il à un très-bas prix ; mais sa qualité inférieure et fort inégale s’est opposée jusqu’à présent à l’extension de sa consommation.
- Vacier fondu étant d’un grain plus fin que les aciers naturels et cémentés, ainsi que d’une nature plus homogène, est aussi celui qui peut ac-
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- quérir le plus de dureté à la trempe, et qui présente la surface la plus nette après le polissage ; ces | différentes propriétés recommandent son emploi pour tous les objets qui exigent une forte trempe et un beau poli ; par contre il a moins de nerf que d’autres aciers, et quoiqu’on soit parvenu à fabriquer des aciers fondus très-tendres, on n’a pas encore réussi à les rendre aussi nerveux que les aciers naturels.
- Cependant si l’acier fondu est réduit à de petites dimensions, il conserve plus de dureté et d’élasticité que l’acier naturel. C’est ainsi que pour établir des ressorts d’une certaine épaisseur comme ceux des pendules, lampes, etc., qui exigent un fort nerf, l’acier naturel est le seul convenable; d’un autre côté cet acier est impropre à la fabrication des ressorts de montres, et pour cet objet, l’acier fondu seul peut être employé; car l’acier naturel étant déjà moins dur que l’acier fondu, perdrait encore beaucoup de sa dureté par les différentes chaudes auxquelles il faudrait le soumettre pour le réduire à une épaisseur aussi faible, et par cette raison il ne présenterait plus l’élasticité nécessaire.
- Tels sont les différents genres de productions que nous réunissons, et sous ce rapport la France est peut-être le seul pays qui possède une fabrication d’acier aussi variée. L’Allemagne ne produit
- «
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- que l’acier naturel, elle fabrique fort peu d’acier fondu et presque point d’acier cémenté. Les Anglais au contraire ne s’occupent que de la fabrication des aciers cémentés et fondus, et pour établir les bonnes qualités il leur faut recourir aux fers de Suède et de Russie, puisque leurs propres fers ne peuvent servir que pour les aciers tout à fait inférieurs.
- Nous devons cependant faire connaître un fait regrettable et qui mérite d’être étudié. Malgré la grande variété d’aciers que nos fabricants livrent au commerce, ils ne sont pas encore parvenus à répondre à tous les besoins de la consommation ; c’est ainsi que nous devons recourir à la Stÿrie quand il s’agit d’obtenir des produits doués de beaucoup de nerf, et à la Prusse pour les objets qui demandent à la fois du nerf et de la dureté.
- Il en est de même des qualités supérieures d’acier fondu; pour la fabrication de cet acier, les Anglais ont eu soin de s’assurer par des marchés à long terme les premières marques de fers de Suède, parce qu’une expérience centenaire leur a prouvé la supériorité de ce fer sur tous les autres fers de l’Europe, et l’acier fondu qui en résulte réunit à un plus haut point que les autres aciers fondus, le nerf à la dureté; c’est pour ce motif qu’il est recherché pour bien des usages.
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- Il serait donc à désirer que nous pussions réussir à combler les lacunes que présente notre fabrication, afin de nous affranchir du tribut que nouspayons encore à l’Allemagne et à l’Angleterre.
- En ce qui concerne les aciers naturels, les principales difficultés que nous aurons à vaincre ont leur source dans la nature même de notre minerai; car les premières qualités d’aciers naturels supposent des minerais riches en manganèse , qui sont très-rares, surtout en France ; les seuls que nous ayons sont dans le Dauphiné et dans les Pyrénées, encore n’est-on point parvenu à produire des fontes miroitantes comme en Prusse.
- Les fontes de l’Isère et de la Savoie ont beaucoup d’analogie avec celles de la Styrie, on évite dans ce pays de produire des fontes miroitantes et l’on préfère les fontes blanches radiées ou grenues pour la fabrication de l’acier, parce que l’affinage en est moins long et moins difficile.
- La différence que nous remarquons entre les fontes de la Prusse et celles de la Styrie explique celle qui existe dans les aciers; ceux de Styrie ont plus de nerf que les aciers de Prusse et sont d’un excellent emploi pour les faux et certains ressorts, tandis que les derniers qui sont plus vifs et d’un grain plus fin conviennent mieux à la taillanderie.
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- Il est donc probable qu’en adoptant la méthode allemande pour \affinage des fontes du Dauphiné et delà Savoie, on arrivera à produire les mêmes aciers que la Styrie. Il sera plus difficile d’obtenir avec nos minerais des aciers semblables à ceux de la Prusse, parce qu’il existe une différence notable entre ses fontes et les nôtres. Il est possible cependant qu’on atteigne ce but par le raffinage en mélangeant convenablementles aciers bruts de l’Isère avec des fers cémentés de première qualité de la Suède.
- Le succès de ces diverses combinaisons” ne manquerait pas de devenir la source d’une grande richesse pour le Dauphiné, et les fabricants de cette contrée trouveront sans doute dans cette considération des motifs puissants pour stimuler leurs efforts. Si les essais sont conduits avec méthode, nous pensons qu’ils ne manqueront pas d’amener d’heureux résultats.
- Enfin en ce qui concerne les aciers fondus et pour rivaliser à ce sujet, de qualité avec les Anglais, nous devons chercher à tirer directement comme eux des fers de Suède aux premières marques
- Hoop L Double ballet G and L.
- G and F.
- qui sont fabriqués avec les minerais de Danne-
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- mora et dont la production totale a. été livrée jusqu’à présent exclusivement à la maison Sykes de Hull.
- Il est probable que si notre gouvernement veut s’intéresser à cette affaire comme elle le mérite, il obtiendra des fabricants suédois la cession d’une partie de ces fers, et dans ce cas nous serions à meme de suffire au moins à notre propre consommation qui est aujourd’hui la plus importante de tous les pays, tandis que notre production ne forme que le tiers de la fabrication anglaise ou allemande.
- . Ce serait encore un beau problème à résoudre que de trouver le moyen de fabriquer avec nos. propres fers de l’acier fondu, d’aussi bonne qualité que celui qui se fait avec les meilleurs fers-de Suède; et le jury appelle l’attention des industriels et surtout des métallurgistes, sur un sujet qui peut avoir des conséquences aussi importantes.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MM. JACKSON frères, à Assailly, près Saint-Étienne (Loire).
- La fabrique d’aciers de MM. Jackson est une des plus considérables de ce genre que nous ayons en
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- France. Elle se compose de deux principaux établissements, dont l’un est situé à Assaiily , près Rive-de-Gier, et l’autre à la Bérardière, près Saint-Etienne.
- Le premier renferme :
- 7 grands fours de cémentation,
- 38 fours doubles pour la fusion des aciers,
- 23 fours h coke,
- Laminoirs,[marteaux de forge et d’étirage. Le second renferme :
- 14 fours doubles pour la fusion des aciers, i4 fours à coke,
- Marteaux de corroyage et d’étirage.
- La totalité de leurs produits est d’environ :
- 900,000 kilogr. acier fondu,
- 5oo,ooo « acier pour ressorts,
- 100,000 » acier corroyé,
- 3o,ooo » . aciers divers.
- Soit... i,53o,ooo kilogr. ou une valeur de près de 2,000,000 fr.
- Cette maison, en s’appliquant à la fabrication d’une grande variété d’aciers, a rendu des services réels à beaucoup d’autres industries, qu’elle a mises à même de se procurer des matières premières à bon marché et d’une qualité convenable. Depuis la dernière exposition elle a encore attaché son nom à la fabrication des faux en acier fondu. Cet article avait été jusqu’alors établi en acier cémenté parce qu’on trouvait l’acier fondu trop cher et trop dur.
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- MM. Jackson sont parvenus à lui donner une qualité propre à lui (aire subir toutes les opérations qu’exige la fabrication des faux , et à le fournir en même temps h un prix très-peu élevé, qui permet de l’employer avantageusement.
- A l’exposition de 1823 ils ont obtenu une médaille d’or, rappel de cette médaille en 1834 et i83g, et la croix d’honneur.
- Le jury confirme à MM. Jackson frères la médaille d’or qu’ils méritent à tant de titres.
- M. BAUDRY, à Athis-Mons (Seine et-Oise).
- M. Baudry fabrique à Athis-Mons des aciers de cémentation et des fers. Pour la fabrication des aciers il emploie les fers de Suède et de Sibérie, dont il améliore encore la qualité par un corroyage qu’il leur fait subir avant la cémentation. Cette opération augmente naturellement ses prix de revient; mais elle augmente aussi la qualité de ses aciers, qui sont aujourd’hui très-recherchés et qui ne craignent aucune comparaison.
- L’usine d’Atliis se compose d’une presse et d’un laminoir pour le puddlage,dedeux trains de cylindres pour l’étirage, de deux fours à puddler, de trois fours à réchauffer, de deux fours de cémentation et d’un martinet pour le corroyage des aciers.
- Son moteur consiste dans une roue hydraulique et dans deux machines, dont la vapeur est produite avec la flamme perdue des fours à réchauffer.
- Sa production annuelle est de 200,000 kilogr. aciers et de 1,800,000 kilogr. fers.
- M. Baudry a obtenu la médaille d’or en i83g;
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- aujourd’hui le jury l’en regarde comme toujours digne et lui en fait le rappel.
- M. DEQUENNE fils, à Sainte-Hélène, prèsRaveau (Nièvre).
- L’établissement de M. Dequenne s’occupe de la fabrication des aciers cémentés avec les fers de Suède et ceux du Nivernais. Il en produit annuellement 160,000 kilogr., qui représentent une valeur de 25o,ooo fr.
- Ces aciers sont très-estimes pour ressorts de voiture, coutellerie, etc., etc.
- Depuis quatre ans M. Dequenne a ajouté la fabrication des limes à celle des aciers, et ce nouveau développement ne peut qu’augmenter l’importance de ses forges, puisque l’une de ses fabriques est alimentée par les produits de l’autre.
- Le jury cite les honorables antécédents de cette maison qui a obtenu la médaille d’or en 181g, et des rappels en 1828, i834 et i83g. Comme M. Dequenne lui paraît toujours digne de cette distinction, le jury la lui rappelle de nouveau.
- M. RUFFIÉ (Alexandre), à Foix (Ariége).
- Les échantillons exposés par M. Ruffié sont des aciers cémentés fabriqués avec les fers de l’Ariége, et des aciers pour outils aratoires provenant de la fonte directe au procédé catalan du minerai de fer de Rancier.
- Sa production est d’environ de 320,000 kilogr. fers et 275,000 kilogr. aciers.
- Une grande partie de ses aciers sont convertis par
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- lui en faux, dont la production s’élève à environ 5o,ooo pièces.
- Ce fabricant a reçu en 1819 la médaille d’argent, en i8^3 la médaille d’or, rappel de cette médaille en 1827 et â834 ; il a de plus été décoré de la croix de la Légion d’honneur.
- Le jury se plaît à lui rappeler de nouveau lia médaille d’or.
- MM. COULAUX aîné et Cie, à Molsheim ( Bas-Rhin).
- MM. Coulaux aîné et Cie fabriquent les aciers naturels avec les fontes blanches du Rhin. La qualité de ces aciers est absolument la même que celle des aciers d’Allemagne. (Voir pour les récompenses l’article Quincaillerie.)
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. PAIGNON (Charles), à Bizy, commune de Parigny-les-Vaux ( Nièvre ).
- M. Paignon expose des aciers naturels bruts , dont la qualité est très-convenable pour les outils aratoires. Leur prix varie de 5o à 54 fr. les 100 kilogrammes.
- Ce fabricant a obtenu la médaille d’argent en i834, son rappel en 1839 pour les aciers, et une mention honorable pour'ses fontes.
- Le jury, appréciant les progrès que M. Paignon a fait faire à l’art métallurgiquelui rappelle la médaille d’argent pour l’ensemble de ses produits.
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- M. LÀMARQUE (Victor) et Cie, à Saint-Paul-de-Jarrat (Àriége).
- M. Victor Larnarque a succédé à la société anonyme qui exploitait cette usine sous la direction de M. Garrigou.
- L’acier cémenté est aujourd’hui le principal objet de sa fabrication. Cet acier jouit d’une bonne réputation, et son laminage est très-bien exécuté.
- Les scies pour marbre que cet établissement fabrique en acier brut simplement laminé, et découpé à une longueur déterminée, sont très-recherchées, et forment un produit important des usines Saint-Antoine.
- Le jury rappelle à M. Victor Larnarque la médaille d’argent , que M. Garrigou , son associé et son prédécesseur, avait obtenue en i83g.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. FALATIEU jeune (Joseph-Louis), à Pont-du -Bois (Haute-Saône).
- M. Falatieu jeune possède à Pont-du-Bois des forges qui ont près d’un siècle d’existence; il y produit annuellement environ :
- 600,000 kilogrammes de fers ;
- 180,000 — d’aciers naturels;
- 5o,o00 — d’aciers cémentés pour
- ressorts de voitures ; d’une valeur totale de 55o,ooo f.
- Les fers de cette usine sont travaillés au bois, et se font remarquer par leur nerf et leur pureté, aussi
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- la majeure partie se convertit en tôle pour machines à vapeur.
- Les aciers naturels fabriqués avec les fontes grises sont de bonne qualité et s’emploient avantageusement dans leur état brut pour outils aratoires, et quand ils sont raffinés on les recherche pour la coutellerie et la quincaillerie. Il n’est pas sans intérêt d’ajouter que, pendant longtemps, cet établissement fournissait exclusivement tous les aciers nécessaires à la fabrication de nos armes blanches.
- Le jury considérant l’importance et le mérite des usines de M. Falatieu, lui accorde pour l’ensemble de ses produits la médaille d’argent. Il avait obtenu la médaille de bronze en 1827.
- M. GOURJU (Alphonse), à Beaupertuis (Isère).
- M. Gourju emploie à la fabrication de ses aciers naturels les fontes de l’Isère, de la Savoie et de la Prusse.
- Depuis quelques années il a introduit dans le département de l’Isère l’affinage de l’acier à la méthode allemande, qui donne un acier plus fin et plus dur que l’ancienne méthode. De* essais analogues avaient déjà été faits par M. Milleret, et il est à souhaiter que la persévérance de M. Gourju le conduise à de meilleurs résultats.
- Si ce fabricant parvenait à obtenir, par l’emploi seul de la fonte de France, des aciers naturels égaux en qualité aux aciers naturels d’Allemagne, il en résulterait un doub'e avantage, celui du bas prix et celui d’attirer en France une fabrication pour les
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- besoins de laquelle nous sommes encore les tributaires de l’étranger.
- Le jury, pour reconnaître les efforts intelligents que déploie ce fabricant dans l’intérêt de l’industrie des aciers, lui accorde la médaille d’argent.
- M. LEMOINE, à Corbelin, près Yarzy (Nièvre ).
- Les aciers de l’établissement de M. Lemoine à Corbelin sont faits avec les fontes de la Nièvre, ces aciers naturels bruts sont très-goûtés dans le département, et leur usage est avantageux pour les instruments aratoires.
- M. Lemoine fabrique encore annuellement «,800,000 kil. de fonte noire et grise. Les fontes noires sont recherchées par les fonderies de seconde fusion, en raison de leur excellente qualité et de leur prix modéré (170 fr.), et les fontes grises fournissent l’acier naturel.
- Le jury accorde à M. Lemoine une médaille d’argent pour l'ensemble de ses produits.
- MM. GRANJON et Cie, à Lyon (Rhône).
- Leur établissement ne date que depuis 18^0, et dans ce court espace de temps il a grandement développé son importance, car il est aujourd’hui à même de livrer au commerce tous les échantillons d’acier fondu désirables, soit en barres, en tôle ou en fil.
- Le zèle que ces fabricants ont déployé dans la voie qu’ils se sont tracée, a déjà trouvé sa récompense dans l’honorable appréciation de leurs produits par les consommateurs, et leurs aciers sont
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- en tous points dignes de la réputation dont ils jouissent.
- Le jury appréciant les efforts de MM. Granjon , et les beaux échantillons qu’il ont exposés, leur accorde la médaille d’argent.
- MM. J.-L. DESSERRES et Cie, usine de Saint-Louis, à Saverdun (Àriége).
- Les aciers fabriqués par cette maison s’obtiennent par la cémentation des fers de l’Ariége. Une grande partie de ces aciers est convertie en faux dans le même établissement.
- Les échantillons exposés sont d’un travail correct et d’un étirage très-soigné.
- (Voir, pour la récompense, l’article Faux.)
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. SCHMIDRORN et Cie, à Sarralbe ( Moselle).
- MM. Schmidborn et Gie fabriquent les aciers naturels avec les fontes blanches du Rhin. Leur établissement central est à Goffontaine (Prusse). Celui de Sarralbe, dont nous avons à examiner les produits, n’en est qu’une succursale. 11 se compose d’un feu d’affinerie, et de deux feux de raffinerie.
- Les aciers de ces fabricants jouissent d’une réputation méritée et le jury leur décerne pour leurs produits de Sarralbe la médaille de bronze.
- M. GRASSET, à Saint-Aubin (Nièvre).
- M. Grasset fabrique dans les forges de Ladouée
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- les aciers naturels bruts des fontes grises. Ces aciers jouissent depuis longtemps d’une bonne réputation , qui leur a valu et leur vaut encore une préférence marquée dans le commerce.
- M. Grasset vend ses aciers au prix de 54 lr. les iookil.,et en fabrique annuellement i25,oook.
- Le jury se plaît à lui décerner la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. DESPRET (Antoine), à Anor (Nord).
- Les aciers exposés par M. Despret sont en fer cémenté, dont il convertit une grande partie en limes. Son établissement ne date que de deux ans, et produit déjà 5o,ooo kil. aciers de différentes espèces, et 3o,ooo paquets de limes.
- Le jury lui accorde la mention honorable.
- M. TOURNIER, à Renaye (Isère).
- Ce fabricant a exposé des aciers naturels de l’Isère, qui sont obtenus avec les fontes du Dauphiné et de la Savoie.
- Ces aciers réunissent le bon marché à une qualité convenable pour des emplois très-variés.
- Le jury lui accorde la mention honorable.
- M. LASNÉ DU COLOMRIER, à Mignard, commune de Narcy (Nièvre).
- M. Lasné a exposé des aciers naturels bruts, faits avec les fontes grises. Us sont comme tous les aciers
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- de la Nièvre d’un très-grand emploi pour les outils aratoires.
- Son établissement produit annuellement 70,000k. Le jury accorde à cet exposant une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. LEGOUX, à L’Aigle (Orne).
- M. Legoux a exposé des aciers propres pour filières de fil de fer et de laiton, qui sont d’un usage assez répandu.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- § % LIMES.
- Considérations générales.
- Ce produit important et d’une si grande consommation par suite de son indispensable utilité pour le travail des métaux, présente de grandes difficultés dans sa fabrication. La simple vue d’une lime suffit du reste pour s’en convaincre, puisque le tranchant de cet instrument, se compose d’une infinité de petits grains d’acier, qui doivent avoir chacun une qualité et une disposition parfaites, pour résister sous une forme aussi frêle au rude contact des métaux.
- Il suit de là, que l’emploi et le traitement con-
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- venable des aciers, la forge, la taille et la trempe sont des opérations d’une haute importance dans cette fabrication, qui n’est conduite à bonne fin que par leur réussite simultanée.
- Si l’on considère que tout ce travail est manuel et que tont dépend du tact et de l’habitude de l’ouvrier, on comprendra facilement, combien il faut d’expérience et de soin, pour donner à cette grande variété de tailles et de formes, une régularité presque parfaite ; car on exige que les limes de même forme et grandeur, soient non-seulement de bonne qualité et droites; mais encore bien semblables entre elles, du même poids et de la même finesse de taille ; et c’est sans contredit l’un des articles dans l’achat duquel le consommateur se montre le plus défiant et le plus craintif.
- Il n’est donc pas étonnant que certains établissements soient parvenus à donner à leur marque une très-grande valeur, et cette réputation était surtout acquise aux Anglais, parce qu’ils étaient les premiers et pendant longtemps les seuls, qui tissent usage des aciers fondus, dans la fabrication des limes; cet acier est en effet supérieur, par sa plus grande dureté et son grain plus homogène.
- Quant à la lime commune ou au paquet, une préférence analogue existait en faveur des Aile-
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- mands qui fabriquaient ce produit, avec l’acier naturel des fontes spathiques du Rhin : sous le rapport de l’usage et de la qualité, cette lime est inférieure à celle en acier fondu ; mais elle a l’avantage du meilleur marché, et se vend à peu de perte après son usé , pour l’aciérage des outils de taillanderie. Cette dernière considération est d’une grande influence sur la vente de cet article.
- Nos fabriques de limes ont donc à lutter , à la fois contre ces deux concurrences, et malgré tous leurs efforts, les importations annuelles sont encore de trois à quatre mille quintaux métriques, sans compter ce qui est introduit par fraude.
- Cependant après avoir examiné soigneusement les limes de F exposition, et fait la comparaison de ces produits avec ceux de l’Angleterre et de l’Allemagne, nous sommes heureux de constater que nos fabricants établissent aujourd’hui cet article aussi bien que l’étranger. Les progrès obtenus depuis cinq ans sont très-importants surtout pour ce qui concerne les grandes dimensions. Quant à la petite lime,, nous la faisons depuis longtemps avec perfection ; le goût et l’intelligence: apporté dans cette fabrication, surtout dans celle des limes de dentiste et d’horlogers valent à nos fabricans des exportations en Allemagne et même en Angleterre, ainsi que
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- nous avons été à même de nous en convaincre.
- Nous pouvons donc déclarer sans crainte d’être démentis, que l’engouement qui existe encore en faveur des limes étrangères, n’est plus qu’un préjugé, souvent long à déraciner, quand il s’agit d’un objet si difficile à produire, et surtout si l’on considère avec quelle répugnance le consommateur se prête à l’essai et à F adoption des nouvelles marques.
- Ce préjugé pourrait du reste se prolonger encore longtemps, si la consommation continuait à forcer plusieurs fabricants à faire usage d’aciers inférieurs pour établir des limes à bas- prix ; car il faut bien se pénétrer qu’il est absolument impossible d’obtenir de bons résultats dans ce genre, avec de mauvaises matières premières.
- Ainsi pour rivaliser avec les Anglais dans la lime fine, ou à la douzaine , l’emploi d’un bon acier fondu est d’une rigoureuse nécessité, encore faut-il que cet acier soit fait avec les meilleurs fers de Suède. Il est essentiel , d’un autre côté, d’employer les aciers naturels dos fontes du Rhin, pour donner les qualités voulues à la lime commune; à moins qu’on ne trouve un acier cémenté, raffiné, équivalent à l’acier d’Allemagne pour l’usage de la taillanderie.
- Si l’on parvenait à ce résultat au moyen de l’acier cémenté, nul doute que tout l’avantage
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- ne restât de son côté, puisque toute autre considération mise à part, cet acier serait plus propre que l’acier naturel à la fabrication de la lime commune, en vertu de sa plus grau de d~ reté et de sa nature plus homogène.
- Actuellement que les limes françaises peuvent lutter de qualité avec les produits étrangers, le devoir du fabricant est de publier cette vérité; continuer à cacher ses produits sous une marque étrangère, c’est prolonger à l’infini les fâcheuses défiances de la consommation, c’est fuir la difli-culté, au lieu de la vaincre. Si des obstacles restent encore à écarter, ces mêmes obstacles portent en eux des éléments de succès futurs; car les causes qui retardent la réputation d’une marque, forment sa sauve-garde, une fois qu’elle est parvenue à se faire jour.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- M. MONMOUCEAU, à Orléans (Loiret).
- Par f intelligente direction qui préside à son établissement, ce fabricant a beaucoup contribué à éloi gner la lime anglaise des marchés de la France.
- Les limes et râpes qu’il fabrique continuent à mériter la confiance dont ellesjouisssent généralement, et se distinguent par leur belle confection, jointe à une qualité convenable et à des prix modérés.
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- Aussi, le jury se plaît-il à lui rappeler la médaille d’or, accordée en i8iq et rappelée en 1823, 1827, 1804 et i839.
- M. DEQUENNE fils, à Saint-Hélène, près Ra-veau (Nièvre),
- . A réuni depuis la dernière exposition la fabrication des limes â celle des aciers qu’il exploite avec distinction depuis trente ans.
- Les échantillons de limes râpes, et carreaux que ce fabricant a exposés se font remarquer par leur forme convenable et leur belle taille.
- (Voir, pour la récompense, l’article Acier i)
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. GÉRARD ( Charles ), à Breuvanne ( Haute-Marne).
- Les limes et râpes en acier fondu et corroyé de M. Gérard sont d’une qualité soignée , et se recommandent par leur grande variété de formes et de dimensions, et le bas prix auquel ces produits sont offerts aux consommateurs.
- La fabrique de limes de Breuvanne, fondée par M. Dessoye, exploitée ensuite par MM. Gérard et Miélot, a beaucoup contribué au développement de cette industrie en France.
- Le jury lui rappelle la médaille d’argent accordée en 1827 et rappelée en 1834 et 1839.
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- M. MIÉLOT aîné, à Breuvanne (Haute-Marne).
- La fabrique de M. Miélot forme la moitié de l’ancien établissement Gérard et Miélot. Ces deux associés ont opéré ce partage à l’amiable, et continuent chacun séparément à exploiter leur établissement.
- Les limes et râpes de M. Miélot se distinguent parles mêmes qualités que le jury reconnaît aux produits de M. Gérard; aussi rappelle-t-il à ce fabricant la médaille d’argent décernée en 1827 et rappelée en 1834 et 1SJ9.
- M. SCHMIDT, à Belleville, Chaussée de Ménil-
- montant, 24.
- Ce fabricant continue toujours à faire de très-bonnes limes, et la confiance qu’elles inspirent est le résultat d’une fabrication soignée.
- Le jury se plaît à lui rappeler la médaille d’argent dont il est toujours digne.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. GOURJON fils, àNevers (Nièvre).
- M. Gourjon , père, a oblenu une médaille de bronze à l’exposition de 1827 pour ses limes, et ses aciers cémentés en fer du Nivernais. Cette récompense a été confirmée en i834, et rappelée en faveur de son fils en 1839.
- Cet établissement est conduit avec intelligence et économie, et ses produits sont livrés en grande
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- partie aux établissements royaux, ainsi qu’aux principales usines du département.
- Le jury rappelle à M. Gourjon la médaille de bronze.
- MJ SOYER, à Nevers (Nièvre),
- Fabrique principalement ses limes avec l’acier cémenté. Une qualité convenable et des prix modérés onFmis^ce fabricant à même de développer son industrie, et aujourd’hui il se trouve à la tête de|25^ouvriers et d’un établissement en pleine activité.
- Le jury se plaît à lui rappeler la médaille de bronze déjà obtenue en i83g.
- NOUVELLES MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. RAOUL aîné, à Paris, rue Popincourt, 12.
- M. Raoul® aîné] continue à suivre dignement l’exemple que lui a tracé son père, et ses produits portent le cachet d’une belle exécution ; ses petites ïimes|surtout se distinguent par une délicatesse extrême dans le travail.
- Le jury se plaît à accorder à M. Raoul aîné une nouvelle médaille de bronze.
- M. PUPIL, à Paris, rue des Bourguignons, 23.
- Depuis• longtemps les limes];de M. Pupil sont honorablement connues dans le commerce, et les échantillons exposés par ce fabricant ne peuvent que confirmer la bonne réputation dont elles jouissent.
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- Le jury se plaît à lui donner une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. DÉROLAND, à Paris, rue de Charonne, 25.
- M. Déroland fabrique toutes espèces de limes, et les succès qu’il a obtenus nous font espérer que les préjugés existant encore en faveur des marques étrangères trouveront un adversaire redoutable dans ce fabricant intelligent.
- Le jury pour encourager ses efforts lui accorde une médaille de bronze.
- M. FROID, à Paris, rue du Faubourg-Sain t-Martin, 50.
- L’objet principal de sa fabrication est la petite lime, surtout la lime pour dçntiste, et la.supériorité qu’il s’est acquise dans cette spécialité est reconnue même à l’étranger.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. TABORIN, à Paris, rue Amelot, 52,
- Fabrique toutes espèces de limes, mais principalement celles de grandes dimensions pour les établissements de construction. La bonne qualité d’acier qu’il emploie, et les soins qu’il donne à sa fabrication ne manqueront pas de donner de l’extension à sa vente.
- C’est la première fois que M. Taborin expose, et le jury se plaît à lui décerner la médaille de bronze.
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- MM. BOULLAND et fils, à Paris, rue du Fau-bourg-Saint-Denis, 123,
- Fabriquent des limes en acier fondu, et en acier cémenté, qui sont généralement estimées par le consommateur.
- Le jury reconnaît la bonne confection des échantillons exposés, et décerne à MM. Boulland la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- ,MM. SIBILLE et Gie, à Liancourt (Oise).
- Le jury accorde aux produits de MM. Sibille et Cie une mention honorable.
- M. PICHOT, à Paris, rue du Faubourg-Saint-An-toirie, 8A.
- M. Picliot fabrique particulièrement la lime au paquet en acier fondu , qui est recherchée par nos établissements de construction.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- MM. PAINCHAUT et LE TESSIER, à Guilers, près Brest (Finistère).
- Leur établissement est encore à ses débuts; les échantillons exposés donnent une idée avantageuse de leur fabrication, et leur méritent une citation favorable.
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- $ 3. FAUX.
- Considérations générales.
- On ne fabrique généralement que deux espèces de faux : l’une est affûtée à coups de marteau, et F autre s’affûte à la meule.
- La première est la seule dont on se serve en France. Elle exige l’emploi d’un acier très-nerveux, afin de pouvoir encore supporter le martelage après la trempe, sans se criquer ; car si elle avait trop de dureté, elle risquerait de se fendre, à moins qu’on ne lui donnât un recuit tel, que l’effet de la trempe serait pour ainsi dire détruit.
- La seconde espèce de faux est en usage en Angleterre, et dans quelques contrées de l’Amérique. Son affûtage se fait à la meule, et elle acquiert par là un tranchant très-fin, qui est en même temps plus vif que celui des faux affûtées à coups de marteau ; cette différence s’explique facilement, car la faux n’étant pas exposée à l’opération fatigante du martelage, on peut sans aucun risque employer, à sa fabrication des aciers plus durs auxquels on donne une trempe plus forte qu’aux premières. Elle se fabrique, soit en fer soudé d’acier cémenté, soit en acier fondu laminé, et dans ce dernier cas, sa lame est rapportée à un dos en fer à l’aide de rivets.
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- La faux affûtée au marteau se fait généralement d’une seule pièce et d’une même nature d’acier;, mais nous la fabriquions en France avec de l’acier cémenté, qui pendant longtemps laissait à désirer, tandis que les Allemands emploient pour cet article les aciers naturels; ceux-ci, d’une nature plus nerveuse, peuvent recevoir une trempe plus dure et néanmoins se laisser affûter au marteau aussi facilement que les autres. C’est pour cette raison que l’importation des faux de Styrie est restée toujours très-considérable, malgré leur prix élevé.
- Nous sommes également parvenus à établir des faux en acier fondu, et cette fabrication a déjà donné de beaux résultats. Jusqu’à présent , on trouvait cette qualité d’acier trop dure, et les faux qu’on en fabriquait se cassaient à la trempe, ou ne supportaient pas le martelage , à moins qu’on ne les détrempât pour ainsi dire complètement; le prix trop élevé de cet acier, formait du reste un autre obstacle à son emploi.
- Ces deux genres de difficultés n’existent plus aujourd’hui : on a réussi à fabriquer à bon marché un acier fondu plus tendre, qui supporte parfaitement toutes les opérations qu’exige la fabrication de cet article. Les faux établies à l’aide de cet acier s’affûtent au marteau aussi bien que
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- celles de Styrie, auxquelles on commence à les préférer, parce qu’on leur trouve une qualité plus égale; aussi la vente de cet article a-t-elle pris un grand développement, ainsi que le prouve le chiffre toujours croissant de la production des trois dernières années.
- Depuis quelque temps on fabrique également les faux en acier naturel des fontes spathiques; comme cet acier a beaucoup d’analogie avec la nature de l’acier de Styrie, son emploi doit donner des résultats avantageux, et contribuer à nous affranchir de la concurrence étrangère.
- 11 y a longtemps qu’on fait ce genre de faux dans le Jura, mais en fer soudé d’acier. Cette faux, tout en étant de bonne qualité, n’était jamais très-répandue, et la production se vendait presque entièrement dans la localité, probablement à cause de sa différence d’aspect, de façon et de travail, avec la façon allemande.
- La fabrication des faux laminées à dos rapportés, qui s’était développée pendant quelque temps, a grandement diminué depuis deux ans; parce que ces faux, par suite de leur prix plus élevé, ne peuvent soutenir la concurrence avec les autres.
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- MÉDAILLES D’OR.
- MM. MASSENET, GÉRIN et JACKSON frères, à Saint-Étienne (Loire).
- M. Massenet, gérant de cet établissement, est digne, k plus d’un titre, de la reconnaissance du pays par les services qu’il a rendus k l’industrie nationale.
- Ancien élève de l’école polytechnique , il s’est retiré du service militaire en iB15, après six ans de grade de capitaine de génie, et neuf années de campagnes. De concert avec M. Garrigou, il a fondé à cette époque la première fabrique de faux en acier cémenté.
- Plusieurs fabriques importantes de ce genre se sont élevées depuis, mais l’établissement de Toulouse, dirigé par M. Massenet, resta toujours placé au premier rang.
- En 183g, il est revenu k St-Etienne pour y créer une fabrique de faux en acier fondu, qui est aujourd’hui l’une des plus considérables, puisque sa vente annuelle s’est élevée k 25o,ooo pièces.
- La bonne réputation qui est acquise k la faux en acier fondu nous fait espérer qu elle remplacera bientôt la faux en acier de Sty rie, dont l’importation a diminué d’une manière sensible l’année dernière. Ce qui nous fortifie dans celte opinion, c’est que MM. Massenet, Gérin et Jackson commencent k les exporter en Suisse, où elles se vendent avec succès, quoique à un prix plus élevé de 3o p. o/o.
- Le jury, en constatant à la fois les efforts et les
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- succès de M.Yi. Masscnet, Gérin et Jackson, se plaît à leur décerner la médaille d’or.
- M. RUFFIÉ (Alexandre), à Foix (Ariége).
- Les faux en acier cémenté de M. Rufiié sont connues avantageusement dans le commerce, et les soins apportés dans leur fabrication ont valu à l’exposant des débouchés considérables pour cet article.
- Les échantillons exposés sont d’une très-belle exécution. (Voir, pour la récompense, à l’aniclc A cier. )
- MM. COULAUX. aîné et 0% à Molsheim (Bas-Rhin).
- L’ancienne manufacture d’armes blanches de Klingenthal ayant été vendue par le gouvernement, qui a transporté cette fabrication à Cha telle-rault, MM. Coulaux aîné et Cie ont acheté les usines qui la composaient, et afin de les rendre à leur ancienne activité, ils y ont tout récemment établi la fabrication des faux en acier naturel. L’acier qu’ils emploient pour cet article est celui qu’ils fabriquent avec les fontes du Rhin, et comme par sa qualité nerveuse il s’approche le plus de l’acier de Styrie, qu’il surpasse par la finesse du grain, il est probable que cette fabrication aura un grand succès, surtout en ce qui concerne la faux affûtée au marteau, qui est celle que nous employons en France.
- Les échantillons exposés sont d’une très-belle confection et ne laissent rien à désirer.
- Cette maison fabrique également les faux en
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- acier fondu forgées, et celles laminées à dos rapporté. (Voir, pour la récompense, à l’article Quincaillerie. )
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. J.-E. DESSERRES et Cie, usine de Saint-Louis, à Saverdun (Ariége).
- Cet établissement, qui produit les aciers et les faux , a été fondé en 18Ù9, mais ce n’est que depuis quelques mois que M. Desserres s’en est rendu l’acquéreur et en a entrepris la gestion. Malgré ce court espace de temps, il a réussi à faire connaître les produits de cette fabrique d’une manière très-avantageuse, et l’activité et les soins qu’il ne cesse de donner à sa fabrication ne pourront manquer de lui assurer de nombreux débouchés.
- Les faux exposées par cette maison sont d’une belle confection, et le jury se plaît à lui décerner la médaille d’argent pour l’ensemble de ses produits.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. BORILLIER (François-Sylvain), au-dessus de la fin des Gras (Doubs).
- La fabrique de M. Bobillier fournit annuellement 6000 faux à la consommation, dont i/5 est exporté. Ces faux sont fabriquées en fer et acier, d’une bonne confection, et d’un mérite généralement apprécié.
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze, accordée en 1834*
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. PELLETIER (François-Joseph), successeur deM. Billod, à Laferrière-sous-Jougne (Doubs).
- Les produits de cette maison se recommandent par une bonne qualité, et jouissent dans la localité d’une réputation méritée. Leur prix modéré les admet même sur les marchés de la Suisse.
- Le jury accorde à M. Pelletier la médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- MM. POURCHET frères, à Maisons-du-Bois (Doubs).
- Les faux en fer et acier exposées par M. Pourchet font preuve d’un travail soigné.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- § 4. OUTILS DE FORGES, ENCLUMES, ÉTAUX, SOUFFLETS.
- Considérations générales.
- L’immense développement de notre industrie métallurgique, a donné une grande importance à la fabrication des outils de forge, et l’on peut estimer à plusieurs millions les produits qu’elle fournit annuellement à la consommation.
- Les enclumes exposées sont généralement
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- d’une belle forme et d’un fini parfait ; mais leur table d’acier laisse encore beaucoup à désirer. On y remarque souvent des pailles, des gerçures et des inégalités de trempe.
- Gomme la bonne exécution de la mise d’acier est une condition essentielle de réussite, nous devons appeler à cet égard l’attention des fabricants.
- Les imperfections que nous venons de signaler, résultent de la manière défectueuse qu’on a généralement adoptée dans Y aciérage de cet outil. La pl ) art des fabricants d’enclumes prennent de l’acier cémenté trempé, qu’ils font casser en petits morceaux d’un cube de 20 à ZtOm/m, et qu’on pose ensuite l’un à côté de l’autre sur un châssis de fer d’environ 16c/m carrés ; on fait subir à ces châssis une chaude soudante afin que les morceaux collent ensemble, puis on les soude sur le bloc d’enclume ; il faut ordinairement quatre de ces châssis pour former la table.
- Cette méthode donne lieu à plusieurs inconvénients. D’abord celui qui résulte du raffinage fatigant et incomplet de l’acier dans une petite forge, ensuite les coups de marteau portant presque toujours sur le plat côté de ces morceaux , tendent plutôt à les écarter qu’à, les réunir. En effet si l’on examine attentivement la table d’une enclume trempée, on reconnaît, pour
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- ainsi dire, les contours de chaque morceau d’acier: elle a l’air d’un damier, et ceci indique un soudage vicieux ou incomplet ; de là aussi, bien des pailles et des places tendres.
- En Allemagne on procède d’une manière plus rationnelle :
- L’acier brut qu’on destine à l’enclume est d’abord parfaitement raffiné dans an martinet, et subit plusieurs corroyages; de cette manière on obtient un acier bien soudé et d’une nature très-homogène ; on l’étire en barre à la largeur de l’enclume, on coupe ces barres en morceaux plus ou moins longs selon la dimension de la table et on soude ces plaques très-facilement et sans aucun inconvénient.
- Il résulte de ce procédé que les tables sont non-seulement d’une trempe parfaite et égale, et ne présentent pas de solutions de continuité dans l’acier, mais qu’elles prennent encore un poli brillant, si on les frotte avec du grès.
- L’essentiel est, de n’employer que des aciers bien raffinés et d’une bonne qualité, et sous ce rapport on doit recommander les aciers naturels produits avec les fontes miroitantes, parce qu’ils prennent une bonne trempe et supportent bien le feu. C’est aussi l’acier qui est généralement employé en Allemagne, et on obtient par là des produits supérieurs aux nôtres quant à la qualité.
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- Les tas cl'orfèvres ou de ferblantiers, dont nous remarquons plusieurs échantillons, auraient depuis longtemps déjà dû ouvrir les yeux à nos fabricants d’enclumes, puisqu’on les acière avec une plaque d’acier bien raffiné, par un procédé analogue à celui que nous avons décrit. Ces tas ou bigornes sont d’une belle confection et d’une bonne trempe ; ils n’auraient cette dernière qualité que d’une manière bien imparfaite, si on les avait aciérés comme les enclumes.
- Nous espérons qu’à la prochaine exposition ce grave défaut aura entièrement disparu, et qu’on saura joindre une amélioration de qualité à ce fini de travail et de façon que nous sommes à même de constater dès à présent.
- Plusieurs espèces de soufflets sont exposées et se font remarquer par une bonne disposition. Nous croyons qu’il serait imprudent d’établir des préférences à cet égard, parce que la forme convenable d’un soufflet dépend beaucoup de l’habitude de l’ouvrier et du genre de fabrication auquel il est destiné.
- Les étaux sont généralement bien établis et dans de justes proportions pour l’usage qu’on en exige. L’emploi d’un bon fer est pour cet article de la plus grande nécessité, et la qualité de cette matière ne doit jamais être sacrifiée au bon marché.
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- On a apporté quelques perfectionnements dans cette fabrication : le plus important se remarque dans l’étau adopté par la marine, et consiste à donner un prolongement à la vis au delà de la boîte ; de cette manière si l’étau est ouvert de toute sa largeur, la vis reste beaucoup plus engagée dans la boîte que dans l’ancien modèle.
- Nous avons encore à signaler les grandes améliorations qui ont eu lieu dans les prix de ces divers articles. Les enclumes qui se vendaient il y a quinze ans à 2/j.O francs les 100kil- sont offertes aujourd’hui à 100 francs. Il en est de même des étaux; leur prix, de 240 francs, est descendu à 130 francs. C’est donc une différence très-considérable avec les anciens prix et qui mérite d’être appréciée. Les soufflets ont également subi une forte baisse.
- RAPPELS DE MEDAILLES D’ARGENT.
- M. CHAMOUTON, à Paris, rue François-Miron, 13.
- Cette maison dont la fondation remonte à 1792, s’est maintenue constamment au premier rang puisa belle et bonne fabrication. Ses enclumes, étaux , bigornes, se distinguent par leur belle forme et leur fini parfait.
- Aussi le jury s’empresse-t-il de rappeler à
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- M. Chamouton la médaille d’argent accordée eo 1839.
- M. POTDEFER, à Nevers (Nièvre).
- Les produits de ce fabricant actif et capable jouissent depuis longtemps d’une réputation méritée. Qualité constante, prix modérés, voilà ce qui distingue sa fabrication.
- Il est encore à remarquer que M. Potdefer est le seul fabricant de la Nièvre qui ait exposé depuis 1806, sans aucune interruption.
- Le jury lui rappelle avec satisfaction la médaille d’argent, qu’il lui avait accordée en i83q.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. MALESPINE, à Saint-Étienne (Loire).
- L’établissement de M. Maiespine est un des plus importants pour la fabrication des outils de forge. Il produit annuellement
- 700,000 kilogr. fer, essieux et grosses pièces de forge.
- 1,5oo pièces enclumes.
- 1,200 étaux.
- 200 bigornes.
- 3oo soufflets.
- 4oo filières.
- 3o,ooo kilogr. pelles à terre.
- Les produits exposés par ce fabricant se recommandent par leur bonne exécution et leur prix très-modéré; les essieux de wagons surtout, sont d’un beau travail.
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- Depuis la dernière exposition il a établi une forge pour puddler lui-même ses fers; il en obtient un double avantage, celui d’avoir des fers propres à l’usage auquel il les destine, et celui d’j produire avec plus de facilité et d’économie les grosses pièces de forge qu’on|lui demande.
- Les succès obtenus par M. Malespine sont d’autant plus méritoires, qu’il a commencé sa carrière comme simple ouvrier forgeron.
- Le jury, pour ^lui exprimer sa satisfaction, se plaît à lui décerner la médaille d’argent.
- Il avait obtenu la médaille de bronze en 1834 et son rappel en 1889.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M, SCHMITT, à Paris, rue de la Tannerie, 12.
- La fabrique de M. Scbmitt est depuis longtemps avantageusement connue dans le commerce; les enclumes et les étaux qu’elle produit sont d’un travail soigné.
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze, qui lui fut décernée en 1839.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- Mo DELAFÔRGE, à Paris, rue de Pontoise, 12.
- Les forges portatives de ce fabricant se distinguent par leur belle exécution et leurs prix modérés (de 120 à 170 fr. pour une forge toute en fer et son soufflet).
- Il a obtenu en i8a3 la citation favorable, la
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- mention honorable en 1827, et la médaille de bronze en i834*
- Le jury, appréciant les progrès notables que M. Delaforge a réalisés dans sa fabrication, lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. FUSELLIER, à Nevers (Nièvre).
- La fabrication de M. Fusellier est depuis longtemps très-appréciée par la consommation. Cet établissement présente beaucoup d’avantages k la localité, sous le rapport des moyens qu’il possède de satisfaire à tous les besoins, en ce qui concerne le forgeage et l’ajustage du fer.
- L’ancre pour l’artillerie de terre et l’enclume exposées par ce fabricant sont fort bien exécutées.
- Le jury, pour récompenser ses efforts intelligents, lui accorde la médaille de bronze.
- M. RICHÀRD-DORIYÀL, à Balan (Ardennes).
- Quoique fort ancienne, cette maison se présente pour la première fois k l’exposition , mais accompagnée d’honorables antécédents.
- M. Richard a créé en 1806 la fabrication de ces outils dans les Ardennes. En 1829 son fils lui succéda, et depuis cette époque seulement cet établissement a livré à la consommation plus de 12,000 enclumes et 5,5oo étaux, ce qui prouve le mérite de ses produits.
- Le jury se plaît à décerner k ce fabricant la médaille de bronze.
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- MM. CHÀUFFRIAT et BARON, à Saint-Étienne (Loire).
- Les étaux, enclumes et pelles exposés par MM. Chauffriat et Baron sont bien fabriqués, et d’un prix modéré.
- Leur vente s’est grandement développée, grâce aux soins et à l’activité que ces fabricants déploient dans la gestion de leurs affaires.
- Il est seulement à regretter qu’ils n’aient pas jugé convenable d’épargner au gouvernement les frais de transport de leur énorme enclume de i,Ô25 kih, qui ne présente point l’utilité qu’on désire trouver dans les objets admis à l’exposition.
- On a accordé à MM. Chauffriat la mention honorable à l’exposition de 1839; aujourd’hui le jury leur décerne la médaille de bronze.
- MM. DOREMUS et ENFER, à Paris , rue de Malte, 32.
- Ces fabricants ont exposé des forges portatives et des soufflets circulaires sans emploi de bois ; les soufflets sont d’une grande puissance, ce qui a permis d’en réduire les dimensions presqu’à moitié de grandeur des anciens, ils sont encore très-faciles à manier; les cuirs sont montés sans clous, au moyen de cercles à vis, et sont par conséquent moins susceptibles de réparation.
- Le jury décerne à MM. Doremus et Enfer une médaille de bronze.
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- M. PAILLIETTE, à Paris, rue de la Montagne-Sain te-Geneviève.
- M, Pailliette a exposé un soufflet carré à vent continu qui lui a valu la mention honorable en i83g.
- La faveur avec laquelle ce soufflet a été accueilli par la consommation depuis la dernière exposition décide le jury a décerner cette fois à M. Pailliette, une médaille de bronze.
- M. THOMAS (Louis), à Nevers (Nièvre).
- M. Thomas a fondé en 3 835 à Nevers une fabrique d’étaux, enclumes et autres outils de forge. Cet établissement conduit avec activité et économie ne peut manquer d’acquérir de nouveaux développements.
- Le jury accorde à M. Thomas une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. VILLEMOITE, à Metz (Moselle).
- Les étaux et bigornes exposés par M. Yillemoite sont fabriqués dans des proportions convenables.
- Le jury se plaît à lui accorder une mention honorable.
- MM. MEURANT frères, à Charleville (Ardennes).
- MM. Meurant sont d’habiles serruriers dont les produits sont très-estimés.
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- Les crics et étaux exposés par ces fabricantsfsont d’un bon travail, et leur valent de la part du jury la mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. LERICHE-MEURANT, à Charleville ( Ardennes).
- Le jury accorde une citation favorable à ce fabricant pour sa forge portative d’une construction simple et économique.
- § 5. QUINCAILLERIE.
- Considérations générales.
- La quincaillerie se rattache à presque toutes les autres industries par la grande variété d’outils qu’elle est appelée à leur fournir. Cette considération donne la mesure de son importance, et en même temps de la gravité de sa mission, surtout si l’on admet combien la perfection d’une main-d’œuvre dépend de l’instrument qui a servi à l’exécuter.
- La date encore peu ancienne (1817), à partir de laquelle la quincaillerie a commencé à marquer comme industrie importante, est celle de l’organisation de grands centres de fabrication ;
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- Des difficultés de plus d’un genre s’opposèrent à leurs premiers développements : la multitude d’articles à établir, dont le plus grand nombre n’avait pas été jusque-là fabriqué en France , et pour lesquels on était obligé de faire venir des ouvriers étrangers, l’incertitude sur le choix des matières premières le plus convenables, la peine qu’on éprouvait à former de bons ouvriers français, puisque les ouvriers étrangers s’y opposaient autant que possible, toutes ces causes réunies devaient compliquer la tâche des fabricants.
- On avait non-seulement à vaincre les difficultés de fabrication intérieure, mais il fallait encore lutter contre une fabrication étrangère dont la réputation était bien établie. Aussi pendant longtemps les progrès ont-ils été peu sensibles, et les produits français ne pouvant réunir de prime abord, toutes les qualités qu’on trouvait dans les produits étrangers, il en résulta une prévention fâcheuse contre la quincaillerie française. Il s’agissait donc de détruire une mauvaise réputation pour en acquérir ,une bonne, et sous ce rapport les efforts des fabricants ont amené d’heureux résultats; il ne reste plus aujourd’hui que quelques articles qui soient encore demandés de préférence aux étrangers, et que nous n’avons pu établir faute de matières premières eonvena-
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- blés, ou parce que nous ne possédons pas encore pour quelques spécialités, des ouvriers assez expérimentés.
- La quincaillerie s’occupe peu d’articles de luxe, mais principalement d’articles de première nécessité, et dont la majeure partie est consommée par les classes les moins aisées. Il suit de là que le principal mérite d’un outil consiste dans une qualité régulière, jointe à une forme convenable, ainsi que dans une juste proportion entre son prix et le degré d’usage qu’il peut faire.
- Il convient donc de bannir de cette fabrication les ornements et complications qui ne serviraient qu’à augmenter le prix sans aucune utilité.
- En envisageant sous ces trois points de vue les articles exposés, nous avons à constater des améliorations réelles ; car les fabricants se sont appliqués avec persévérance à perfectionner leurs produits, tant sous le rapport des formes extérieures, que sous celui de la qualité. Les diminutions de prix sont moins sensibles, en raison des exigences légitimes de la grande majorité des consommateurs qui n’admettent plus dans ces articles la médiocrité, par la raison qu’un bon outil abrège leur travail et le rend meilleur, tandis qu’un mauvais leur fait perdre leur temps et leurs peines.
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- On se ferait du reste une idée incomplète du grand développement que la quincaillerie a acquis en France, si l’on admettait comme base unique le nombre des exposants ; car en dehors des établissements les plus importants et les plus connus, il existe un grand nombre de fabricants et d’ouvriers, répandus sur tous les points de la France, s’occupant chacun d’articles spéciaux, ou travaillant pour les besoins de sa localité; leur sphère d’activité, quoique plus restreinte, n’en est pas moins digne d’intérêt, et réunis, ils forment un ensemble de travail imposant qui est à considérer dans l’appréciation générale de cette industrie.
- Ainsi que nous venons de le dire, la quincaillerie, par suite même de l’immense variété de ses produits, occupe un très-grand nombre d’ouvriers; la plupart de ces ouvriers travaillent à la pièce et se trouvent dans une bonne position sociale, peu troublée par les crises qui affligent souvent d’autres populations industrielles. Cette considération jointe à tant d’autres rend la quincaillerie digne de la sollicitude du Gouvernement.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM. COULAUX aîné et Cie, à Molsheim ( Bas-Rhin).
- La maison Coulaux, par la grande variété de sa fabrication et l’importance de ses usines, est une des premières dans son genre.
- Elle fabrique l’acier, les limes, les faux , les scies laminées, les vis à bois et tous les outils composant la grosse quincaillerie.
- Quand on connaît les difficultés inhérentes à chacune de ces branches d’industrie, on est à même d’apprécier ce qu’il faut de soin et d’activité pour donner à tous ces produits la perfection de travail et de qualité qui se fait généralement remarquer dans les articles de la fabrique de MM. Coulaux.
- A l’exposition de 1823 cette maison a obtenu la médaille d’or, etlerappel de cette médaille en 1834 et 1839. MM. Coulaux aîné et Cie, faisant toujours honneur à cette récompense de premier ordre, le jury leur confirme la médaille d’or avec la même satisfaction.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. PEUGEOT aînés et JACKSON frères, à Héri-moncourt (Doubs).
- Depuis la dernière exposition MM. Peugeot frères ont partagé leur établissement. MM. Peugeot aînés se sont associés à MM. Jackson, et continuent, sous l’intelligente direction de M. Fritz Peugeot, l’exploitation des usines qui leur sont tombées en partage. Us ont ajouté depuis, de nou-
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- velles constructions ; de sorte que cette maison est aujourd’hui comme auparavant à même de satisfaire aux demandes du commerce.
- La réputation que MM. Peugeot frères se sont acquise dans la fabrication des scies laminées est maintenue honorablement par MM. Peugeot aînés et Jackson, et le jury se plaît à leur décerner une médaille d’argent.
- M. SALIN ( Jacques-Maillard ) , à Valentigny (Doubs).
- Cette maison fabrique les scies laminées, les aciers de ressorts, et différents articles de quincaillerie. Ses produits, qui sont établis avec l’acier fondu de sa propre fabrication , jouissent d’un placement avantageux, et sont généralement estimés.
- Cet établissement, quoique ancien, expose aujourd’hui pour la première fois depuis sa séparation avec MM. Peugeot. Le jury accorde à M. Maillard-Salin la médaille d’argent.
- M. GAUTIER, à Paris, rue François-Miron, 6.
- La fabrique de taillanderie de M. Gautier a été fondée en 1790, et depuis cette époque elle a constamment suivi les perfectionnements progressifs de l’industrie.
- Les produits de ce fabricant actif et expérimenté se font remarquer par leur belle confection, et leur excellente qualité.
- Cet établissement avait obtenu aux précédentes expositions des médailles de bronze, aujourd’hui le jury le juge digne de la.médaille d’argent.
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- M. MERCIER - BLANCHARD, à Paris , rue des Gravilliers, 37.
- Les articles exposés par M. Mercier se composent d’environ 4oo outils divers pour selliers, bourreliers, carossiers, relieurs, papetiers, peintres et cordonniers; tous ces outils se font généralement remarquer par leur bonne exécution et leur qualité.
- Aussi leur mérite est-il généralement apprécié, «t a permis à M. Mercier de donner de nouveaux développements à son établissement qui est aujourd’hui un des premiers dans son genre.
- Le jury se plaît à accorder la médaille d’argent à M. Mercier-Blanchard, qui avait obtenu une médaille de bronze en i839.
- M. MONGIN , à Paris, rue des Juifs, 11.
- La fabrique de scies de M. Mongin soutient toujours sa vieille réputation. Les scies pour scieurs de long de ce fabricant, ainsi que celles pour scieries mécaniques sont surtout très-recherchées par les consommateurs.
- M. Mongin a obtenuplusieurs médailles de bronze. Aujourd’hui le jury, pour récompenser le zèle et l’intelligence de ce fabricant, se plaît à lui accorder la médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. CAMUS fils, à Paris, rue de Yiarmes, 33,
- A exposé des outils pour menuisiers, machines à
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- plomber, tas polis et haches, qui sont le résultat d’une-bonne fabrication.
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze accordée en 183/f*
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. ARNHEITER, à Paris, rueChildebert, 13.
- Les échantillons qu’il a exposés se font remarquer par leur grande variété et souvent par leur ingénieux perfectionnement.
- Les instruments d’agriculture et de jardinage de ce fabricant, jouissent d’une bonne réputation , et les améliorations qu’il ne cesse d’apporter dans ses produits méritent d’être cités.
- M. Arnheiter a obtenu la médaille de bronze en 1834 , son rappel en i83g. Aujourd’hui le jury lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. SOMBORN et Cie, à Boulay (Moselle).
- La fabrique de grosse quincaillerie de M. Som-born est conduite avec intelligence et économie, et ses produits trouvent généralement en France un écoulement facile, par suite de leur façon convenable et de leurs prix modérés.
- C’est la première fois que ce fabricant paraît à l’exposition, et le jury s’empresse de lui décerner la médaille de bronze.
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- Madame veuve BATELOT, à Blamont (Meurthe).
- L’importance de sa fabrication d’outils aratoires et de taillanderie a augmenté par suite de la bonne qualité de ses produits et leurs prix modérés.
- Une mention honorable a été accordée à son établissement en 1839. Aujourd’hui le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. CHEVALIER, à Paris, rue Ménilmontant, 9,
- A exposé une belle collection d’outils de taillanderie dont la qualité et la bonne fabrication sont généralement appréciées.
- Aussi son établissement peut-il être classé parmi les principaux dans son genre, et le mérite de ce fabricant est d’autant plus grand, qu’il y a vingt ans il était encore ouvrier et sans aucune fortune.
- M. Chevalier emploie pour sa fabrication , principalement des matières premières des usines françaises.
- Il a obtenu une citation favorable en i834 et i83q. Aujourd’hui le jury se plaît à lui décerner la médaille de bronze.
- M. GÉRARD , à Paris, rue Saint-Antoine, 195.
- Pour faciliter la fabrication de ses outils de menuisiers et d’ébénistes, M. Gérard a introduit dans ses ateliers plusieurs machines d’une conception aussi simple qu’ingénieuse.
- Les outils, qu’il a. exposés se recommandent par une confection bien raisonnée pour l’usage auquel ils sont destinés.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
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- MM. BERNIER aîné et frères, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 91.
- Leurs outils de menuisiers et d’ébénistes ont été reconnus d’un travail très-soigné. Depuis longtemps cëtte maison s’occupe avec succès de ce genre de fabrication, et la bonne réputation que M. Klun s’était déjà acquise, est maintenue honorablement par ses successeurs.
- Le jury leur accorde la médaille de bronze.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- M. KLEIN, à Paris, rue Montmartre, 118,
- A exposé un établi d’ébéniste garni de ses outils, d’une parfaite exécution.
- 11 a encore exposé des formes mobiles, d’une combinaison ingénieuse, pour élargir les chapeaux.
- Le jury se plaît à lui rappeller la mention honorable accordée en 1834*
- M. LEVASSEUR, à Paris, rue des Ursins, h.
- Le jury rappelle en sa faveur la mention honorable qui lui fut accordée en i83p pour ses outils d’affûtage, et le fait avec d’autant plus de satisfaction que M. Levasseur s’en est rendu plus digne par le perfectionnement qu’il a apporté à ses outils. Son procédé consiste dans une plaque de métal qu’on peut facilement faire avancer ou reculer, et hausser ou baisser. Par ce moyen, il empêche la détérioration de leurs lumières.
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- M. RRESQUIGNAN, à Paris, rue des Gravil-liers, 29.
- Dans la série d’outils de selliers qui se recommandent par leur bonne fabrication, le jury a remarqué avec intérêt son couteau mécanique et son régulateur.
- Il rappelle à ce fabricant la mention honorable, qu’il n’a cessé de bien mériter depuis i83g.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. ROBERT-THOMAS, à Givonne (Ardennes).
- Ce fabricant continue à maintenir la bonne réputation qu’il s’est acquise pour ses produits en fer platiné, tels que bassines, casseroles, pelles à terre ; et le jury s’empresse de lui accorder la mention honorable.
- M. GRANGER (Auguste), à Saint-Étienne (Loire).
- M. Granger a exposé des outils de menuiserie, dont il a commencé la fabrication à St-Etienne, il y a deux ans.
- Le jury, appréciant les efforts que ce fabricant a dû faire pour introduire une industrie aussi difficile dans une contrée qui ne possédait pas cette spécialité, lui accorde la mention honorable pour les résultats déjà obtenus.
- M. DESPRATS (Joseph-Vincent), à Gand (Haute-Garonne),
- A exposé 3o pelles à terre dont la confection et
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- le prix modéré lui ont mérité de la part du jury une mention honorable.
- M. CAMUS, à Paris, rue de Yiarmes, 18.
- Les marteaux de moulin, pièces à plomber, tôles piquées , brouettes et balances à bascule exposés par cette maison sont d’une belle et bonne fabrication. Le perfectionnement que ce fabricant a apporté aux bascules consiste à fixer le plateau au1 moment où l’on y pose la charge, par deux crochets de sûreté ,
- • qui sont adaptés au levier. Par ce moyen on empêche l’usure des couteaux, qui résulte ordinairement de la vacillation du plateau.
- Le jury lui accorde la mention honorable.
- M. BOURLIER (David), à Montéchéroux (Doubs).
- M. Bourlier a exposé un assortiment complet d’outils d’horlogerie, dont la fabrication est très-étendue à Montéchéroux. Le beau travail qui distingue généralement les produits de cette localité est d’autant plus remarquable que ce sont des cultivateurs qui s’appliquent à cette industrie dans les moments où l’agriculture ne réclame pas leurs bras.
- Le jury se plaît à accorder une mention honora-cle à M. David Bourlier.
- M, LENOIR neveu, à Chaudron, (Maine-et-Loire ).
- M. Lenoir a fondé depuis un an une fabrique d’outils aratoires. Il a exposé quatre, pelles en fer, carrées, qui se recommandent par leur prix modéré. Le jury lui accorde une mention honorable.
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- M. BERNARD, à Paris, rue Saint-Jacques, 218,
- A exposé un assortiment d’instruments d’horticulture fabriqués avec soin et intelligence.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. GONORD-ROSSE, à Cintray, près Breteuil (Eure ).
- Les échantillons de sa fabrication de tenailles, marteaux, tire-fonds, se recommandent par leurs prix modérés.
- Le jury lui accorde la mention honorable.
- M. DUMAY, à Paris, rue Jean-Robert, 22.
- Le jury accorde à M. Dumay une mention honorable pour les instruments de selliers, carrossiers, papetiers, etc., qu’il a exposés. Les produits sont généralement très-bien fabriqués, et se recommandent par leurs prix modérés.
- CITATIONS FAVORABLES.
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- M. LARENONCULE, à Paris, rue des Gravilliers, 29.
- Le jury accorde une citation favorable à ce fabricant pour les outils de ferblantier qu’il a exposés, et qui se recommandent par leur bonne fabrication.
- M. PHILIPPE, à Paris, rue de Charonne, 32.
- M. Philippe s’occupe de la fabrication des outils
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- pour ferblantier. Le grand assortiment qu’il a exposé a été jugé d’une belle confection et d’une bonne qualité.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. FRANÇOIS, à Versailles (Seine-et-Oise).
- Les outils aratoires de M. François sont bien fa-
- *
- briqués et trouvent leur débouché principal dans nos colonies.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. DUBOUCHÉ ( Jean-Baptiste ), à Limoges (Haute-Vienne).
- Le jury accorde une citation favorable à M. Du-bouché pour son outil à battre les faux.
- M. BOURDEAUD, à Excideuil (Dordogne).
- Le jury accorde une citation favorable à M. Bour-deaud pour son appareil à battre les faux.
- M. LAVAUX, à Paris, rue de Charenton, 38.
- Le jury cite favorablement M. Lavaux pour ses outils aratoires.
- § 6. VIS , BOULONS, CHARNIÈRES, FERS ESTAMPÉS*
- Considérations générales.
- Les produits de cette industrie, quoique de peu de valeur pris isolément, ne laissent pas que d’avoir une grande importance par les quantités
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- énormes qui sont livrées annuellement à la consommation.
- Par suite du bas prix auquel on est parvenu à les établir, la vente en a augmenté d’une manière prodigieuse. II. y a quarante, ans nous, consommions à peine annuellement 10 millions de pièces de vis à bois, et nous les achetions à l’étranger; aujourd’hui nous produisons dans le même espace de temps au delà de cent millions,, et nous pouvons les vendre à l’extérieur, partout où les douanes n’y mettent pas obstacle.
- Nous devons ces résultats aux perfectionnements des machines ; car la vis qui se forgeait et
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- se taraudait à la main est aujourd’hui découpée, emboutie et taraudée à la mécanique, qui nous la fournit à meilleur marché et mieux faite.
- Tout récemment encore on est parvenu à terminer la pointe de manière à pouvoir engager immédiatement la vis dans le bois, sans le secours préalable de la vrille. Cet article a subi il y a peu de temps une nouvelle baisse de prix : espérons qu’elle est le résultat de procédés de fabrication plus avantageux et non d’une diminution du salaire des ouvriers, qui pour le travail mécanique sont généralement peu rétribués.
- L’extension que tend à prendre l’industrie des ipachines, devra donner de nouveaux développements à la fabrication des boulonsy le bon
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- choix du fer employé pour cet article, est la principale condition de sa qualité : il faut donc éviter de faire usage de fers cassants, qui ne lui donneraient pas la résistance nécessaire et qui en rendraient même l’emploi dangereux dans bien des cas.
- Les charnières s’obtenaient également par un procédé mécanique qui semblait ne laisser rien à désirer ; cependant cette fabrication vient de recevoir un nouveau perfectionnement qui, en diminuant le prix de cet article , ne jpourra manquer d’augmenter encore l’importance de sa consommation.
- L’industrie des ustensiles en tôle étamée, nommée communément fer battu, quoique d’une date récente, a déjà eu un énorme développement, et la vogue dont jouit cet article va chaque jour en augmentant. La maison Japy dans laquelle cette industrie a pris naissance vend déjà à elle seule 5 à 600,000 kilogrammes par an.
- Ces ustensiles sont fabriqués au moyen du mouton ou du balancier, qui permettent de donner à la tôle toutes les formes et dimensions désirables, depuis la poissonnière et la marmite jusqu’au sucrier. Et pour que rien ne soit perdu, on emploie les chutes qui résultent de cette fabrication pour les ferrures de meubles, cadenas, jouets d’enfants, etc.
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- Ces ustensiles ont sur ceux en fonte l’avantage d’être plus légers et de se chauffer plus facilement, et par conséquent d’une manière plus économique; ils sont encore d’un usage moins dangereux pour la santé que ceux en cuivre, et d’un prix beaucoup moins élevé.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’OR.
- MM. JAP Y frères, à Beaucourt (Haut-Rhin).
- Le mérite de cette maison s’appuie sur une réputation d’un demi-siècle d’existence, et qu’elle a maintenue jusqu’à ce jour avec la plus grande distinction ; des faits pareils sont rares dans le commerce et donnent la mesure de l’habileté et du zèle que ces fabricants ont dû déployer pour enrichir l’industrie des inventions si remarquables qu’elle leur doit.
- L’importance de ses établissements, et le nombre de ses ouvriers (3,ooo), joints à la multiplicité et à la perfection de ses produits, doivent placer leur maison au nombre des premières de France.
- Les principales branches de leur fabrication sont les mouvements de montre, la serrurerie, les vis, les boulons, les charnières, les ustensiles en fer battu, ainsi qu’une foule d’autres articles. Pour faire connaître l’importance de ces industries , il suffit d’indiquer la vente annuelle de cette maison, qui s’élève à la somme de 3 millions. Il est peu d’établissements qui présentent un pareil chiffre , surtout quand il s’agit d’une fabrication, non de matières
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- premières, mais purement d’objets façonnés, et qui sont en grande partie d’une minime valeur. Bon nombre de leurs produits sont exportés en Suisse, en Italie, et dans le Levant, ce qui est d’autant plus remarquable que les matières premières qu’ils emploient leur coûtent plus cher que dans les pays où ils exportent les articles manufacturés.
- Une médaille d’argent a été décernée à MM. Japy en 1806. En 1819 ils ont obtenu la médaille d’or, qui leur a été rappelée en 1828, 1827, i834 et i83g. M. Japy jeune a reçu en outre la décoration de la Légion d’honneur.
- Le jury, considérant les nombreux services que ces fabricants ont déjà rendus à l’industrie, et qu’ils rendent encore journellement, ne peut exprimer trop fortement à leur égard sa satisfaction, aussi s’empresse-t-il de leur accorder une nouvelle médaille d’or.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. MIGEON et fils, à Morvillars (Haut-Rhin).
- MM. Migeon et fils ont créé en 1828 une fabrique de vis à bois et. articles analogues. Cet établissement occupe aujourd’hui 800 ouvriers et produit annuellement pour une somme de 55o,ooo francs.
- Cette maison possède en outre à Morvillars des forges où elle produit des fils de fer dont la plus grande partie est employée à sa fabrication de vis à bois.
- Les articles fabriqués par MM. Migeon sont d’une bonne qualité et d’une confection régulière;
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- et les soins particuliers que ces Messieurs ne cessent d’apporter dans les moindres détails de leur fabrication ne peuvent qu’augmenter l’importance de leur établissement.
- MM. Migeon et fils ont obtenu en 183g la médaille d’argent; depuis ils ont grandement développé leur vente et leurs moyens de production , et le jury se plaît à leur voter une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. J AP Y ( Louis ), à Berne ( Doubs).
- M. Louis Japy a fondé en 1838 un établissement à Berne, où il fabrique les ustensiles de ménage en fer étamé, la grosse et la petite horlogerie, les pignons , les lampes mécaniques, et divers autres articles.
- Les connaissances spéciales qu’il possédait dans cette fabrication, et les soins habiles qu’il y apporte, lui ont valu une réputation bien méritée, surtout pour ce qui concerne ses ustensiles en fer battu, qui se distinguent parmi tous les autres par leur fini et leur brillant étamage.
- La commission des instruments de précision rendra compte des produits d’horlogerie et de la lampe exposés par ce fabricant..
- Le jury, tout en restant fidèle à sa mission, s’empresse de signaler dans ses rapports toute bonne organisation que le fabricant introduit dans l’intérêt de la classe ouvrière , et il se trouve heureux de constater que M. Japy a fondé, et qu’il entre-
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- tient à ses frais une école primaire pour lès enfants de ses ouvriers.
- C’est la première fois que M. Louis Japy expose, et le jury se plaît à lui décerner la médaille d’argent pour l’ensemble de ses produits.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. PRÜDHOMME, à Bercy ( Seine ).
- Les boulons de M. Prudhomme. se distinguent par leur bonne qualité et leur confection soignée. Il fabrique cet article dans toutes ses variétés, pour carrossiers, mécaniciens, fiîateurs, etc.
- M. Prudhomme a obtenu la médaille de bronze en 1839. Le jury la lui rappelle avec éloge.
- M. YARLET, à Paris, rue du Faubourg Saint-Antoine, 3.
- Les produits estampés que M. Yarlet a exposés, comme réchauds , grilles, brûloirs, poêles, chaufferettes, etc., sont en général d’une bonne fabrication, et d’un prix avantageux.
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze accordée en i834.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. LEJEUNE fils, à Paris, rue de Charenton, 83.
- Les produits de la fabrique de M. Lejeune jouissent depuis longtemps d’une réputation bien méritée dans le commerce, et ce fabricant intelligent
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- vient d’y acquérir de nouveaux droits par un perfectionnement important qu’il a introduit dans la fabrication des charnières, et qui consiste à les découper sans déchet, ce qui lui procure une grande économie dans le prix de revient de cet article et le met à même de le vendre à meilleur marché qu’on ne l’a fait jusqu’à présent.
- Les moulins exposés par le meme fabricant se distinguent par une belle exécution.
- Le jury, appréciant l’importance de l’établissement de M. Lejeune et les perfectionnements qu’il a introduits dans sa fabrication, lui décerne la médaille de bronze. M. Lejeune avait obtenu la mention honorable en 1889.
- MM. PÉCHENARD-NANQUETTE et Cie, à Pied-Celle, près Fumay (Ardennes).
- MM. Péchenard-Nanquette et C'e ont fondé depuis quatre ans une fabrique d’ustensiles en fer battu et étamé.
- Cet établissement, malgré la date récente de sa fondation , s’est déjà signalé par des progrès réels, puisqu’il est parvenu à faire une grande variété de pièces, tout en employant les tôles des Ardennes, qui sont d’une qualité inférieure à celles du Berry et de la Franche-Comté. Ce résultat est dû à la perfection des machines , et notamment de celle qui sert à l’emboutissage, pour laquelle cette maison est brevetée.
- MM. Péchenard et Cie occupent 200 ouvriers et produisent pour 400,000 fr. de fer battu.
- Le jury pour reconnaître leurs efforts et les ré-
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- sullats déjà obtenus leur accorde une médaille de bronze.
- M. BLOCH, à Versailles ( Seine-et-Oise ),
- Ancien contre-maître d’une fabrique de boulons, se présente pour la première fois à l’exposition avec les produits de l’établissement qu’il a fondé lui-même à Versailles il y a six ans.
- A force de travail et d’économie il est parvenu à donner les boulons qu’il fabrique, 10 à i5 p. 100 au-dessous des anciens prix, et ce résultat a été obtenu sans altération de la qualité, ni diminution du salaire des ouvriers.
- Le jury décerne à M. Bloch une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. ROWCLIFFE frères et Cie, à Rouen (Seine-Inférieure) ,
- Viennent de créer une fabrique de vis à bois. Cet établissement se trouvant au centre d’une grande consommation et possédant des machines perfectionnées, doit avoir de grandes chances de succès. Les produits exposés par cette maison parlent en sa faveur, et le jury s’empresse d’accorder la mention honorable à ces fabricants.
- M. COQUERET, à Paris, place Royale, 26.
- M. Coqueret s’est appliqué avec zèle et intelligence à la fabrication des vis cylindriques, et ses'
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- efforts ont été couronnés cle succès, car son établissement occupe aujourd’hui le premier rang, et ses produits sont généralement estimés.
- Aussi le jury se plaît-il à lui accorder la mention honorable.
- M. VITASSE, à Montey-Saint-Pierre ( Ardennes ).
- Les boulons de ce fabricant se font remarquer par leur prix modéré et un travail régulier. M. Virasse se présente pour la première fois à l’exposition, et le jury lui décerne une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. BOTTOLIER, à Paris, rue Geoffroy-Lange vin.
- Le jury accorde une citation favorable à M. Bot-tolier, pour les vis cylindriques qu’il a exposées.
- § 7. COUTELLERIE.
- Considérations générales.
- Il y a cinq ans M. Amédée Durand a parfaitement indiqué dans son rapport sur la coutellerie, les conditions dans lesquelles se trouve cette industrie. Comme il n’est pas survenu de change-
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- ments notables à cet égard, nous n’aurons aujourd’hui à nous occuper que de quelques détails de fabrication et à examiner les progrès qu’elle a réalisés et ceux dont elle est encore susceptible.
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- Il serait difficile de juger de l’ensemble de cette industrie, par les* seuls articles envoyés à l’exposition, puisque toutes les branches n’y figurent pas, et dans ce nombre il faut citer l’une des principales fabriques, celle de Nogent, à moins: qu’on ne veuille admettre comme ses représentants les couteliers de Paris-, qui demandent à la vérité un grand nombre de ses produits, afin de les monter eux-mêmes, à l’exception toutefois' de& ciseaux et quelques autres- articles qu’ils vendent tels qu’ils les reçoivent.
- Par l’indication de ce fait, nous sommes loin de vouloir diminuer le mérite que le coutelier parisien s’est acquis dans cette fabrication ; car indépendamment des lames qu’il confectionne lui-même, c’est lui qui indique à Nogent les modèles et les perfectionnements à introduire ; c’est entre ses mains que l’argent, la nacre et l’ivoire reçoivent ces formes gracieuses et de bon goût qui distinguent nos montures, et font de notre coutellerie de luxe un objet artistique; c’est enfin grâce à ses efforts éclairés que cette branche a réalisé les progrès-étonnants, qui lui ont valu la vogue universelle dont elle-jouit.
- On voit donc par ce; qui précède que1 les relations intimes qui existent entre ces deux fabriques sont fondées sur des avantages réciproqües, et Paris qui demande à Nogent une grande partie
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- de ses lames , est à même de lui fournir des manches bien fabriqués et d’ajouter un nouveau lustre à l’excellente fabrication de Nogent.
- Il est vraiment fâcheux qu’une industrie aussi importante que celle de la Haute-Marne et à laquelle le gouvernement accorde la plus grande protection qu’il puisse donner, ne soit représentée que par des intermédiaires dans la solennité qui réunit tant d’autres industries, et que des considérations d’intérêt personnel aient empêché le fabricant de Nogent d’occuper la place qui lui eût été si bien acquise dans les cadres de la coutellerie.
- Toutefois., bien que des échantillons spéciaux nous aient fait défaut, nous ne devons pas moins constater les nombreux perfectionnements auxquels cette fabrique a su atteindre ; ses produits réunissent une qualité supérieure à des formes agréables et variées et jouissent d’une réputation distinguée; et tout en améliorant les qualités, elle a diminué les prix d’une manière sensible; sur beaucoup d’articles cette réduction s’élève à environ 10 p. 0/0 depuis cinq ans.
- Les efforts qui ont dû être faits pour atteindre ce résultat sont d’autant plus remarquables, que les obstacles de fabrication sont plus nombreux à Nogent que partout ailleurs, par suite de la rareté des usines hydrauliques, et de la nécessité
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- où l’on se trouve de recourir à des agents plus dispendieux pour faire marcher les aiguiseries. En effet beaucoup de meules sont mises en mouvement soit par la main de l’homme, soit par le concours des chevaux; si l’on joint à cela le prix très-élevé de la houille et des autres matières premières on pourra apprécier ce qu’il a coûté de peines pour surmonter d’aussi grandes difficultés.
- A côté des fabriques de Paris et de Nogent vient se ranger celle de Thiers. Cette localité offre une situation des plus heureuses pour la fabrication de la coutellerie. Le bon marché des matières premières, l’abondance des aiguiseries mues par l’eau et le bas prix de la houille lui assurent de nombreuses chances de succès ; et si le génie manufacturier parvient à tirer tout le parti possible de ces ressources, nul doute que Thiers n’arrive au rang des premières fabriques de l’Europe.
- Ce qui distingue principalement ses produits, ce sont les prix très-modérés auxquels ils sont établis, et à cet égard nous ne croyons pas qu’il soit convenable d’aller plus loin ; nous pensons au contraire que cette tendance, honorable et utile du reste, est peut-être tombée dans quelques exagérations, surtout s’il fallait admettre que le bon marché n’ait pu être obtenu que par des prix de fabrication trop restreints.
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- Quoi qu’il en soit, c’est aussi vers un autre but que le fabricant de Thiers doit diriger toute son attention, et puisqu’il a résolu d’une manière aussi complète le problème du bon marché, il ne voudra pas perdre de vue la question tout aussi importante de la bonne fabrication. S?il y apporte la perfection voulue, s’il s’attache à produire de belles qualités ainsi que plusieurs exposants en ont déjà donné l’exemple, il lui sera permis d’augmenter ces prix de vente et les salaires de ses ouvriers.
- Le bas prix de la coutellerie commune de Thiers est encore surpassé par celui des couteaux de Saint-Étienne, et YEnstache, qui était déjà renommé sous ce rapport, a subi une nouvelle baisse d’un demi-centime ; mais quand on songe que l’ouvrier qui s’applique à cette fabrication, gagne à peine de quoi mener une triste existence, le bon marché du couteau Eustache perd de son prestige.
- Tels sont les principaux genres de celte industrie, d’autant plus importante, qu’il est impossible de la suivre dans toutes ses fractions ; car elle étend son réseau sur toute la France, et a son représentant dans la moindre localité. Ses développements ne peuvent du reste aller qu’en croissant en raison des progrès obtenus et de ceux qui se préparent. Déjà notre coutellerie commune
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- est parvenue à lutter sur les marchés de l’extérieur avec la concurrence allemande et anglaise. Quant à celle de luxe, ainsi que nous avons eu occasion de le remarquer, elle jouit aujourd’hui d’une supériorité marquée sur toutes les autres.
- Nous n’ajouterons que quelques mots sur la coutellerie en fonte qu’on commence à introduire en France. 'Cette fabrication a fait de grands progrès en Angleterre et en Allemagne , principalement celle des ciseaux •d’exportation. Il va sans dire que‘les articles ainsi produits , tout en ayant beaucoup d’apparence, ont fort peu de qualité; il serait donc à désirer que ces produits ne pussent cacher leur infériorité sous une marque qui annoncerait une qualité supérieure, ainsi que cela a déjà eu lieu dans d’autres pays, en frappant le nom acier fondu sur des ciseaux en fonte de fer.
- Nos lois punissent du reste très - sévèrement ces sortes de délits, et nos fabricants et nos magistrats comprennent trop bien tout le préjudice qui pourrait résulter, pour notre industrie en général, d’un abus pareil, pour ne pas veiller attentivement à ce qu’il ne soit jamais toléré en France ; car la bonne foi est l’àme du commerce, et il faut éviter que la déloyauté de quelques individus ne puisse compromettre la bonne renommée de toute une fabrication.
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- Les instruments de chirurgie forment, sans aucun doute, la partie la plus intéressante de la coutellerie ; nul autre instrument ne peut recevoir une destination aussi noble et aussi utile, et ne demande un travail plus rigoureusement soigné; sur nul autre ne pèse une aussi grave responsabilité.
- C’est en effet une haute mission que celle de fournir à la chirurgie des auxiliaires aussi puissants et aussi indispensables, et nous devons reconnaître avec une vive satisfaction que nos fabricants français l’ont dignement comprise.
- Les perfectionnements très-importants qu’ils ont apportés dans cette fabrication, sont les ré • sultats, non-seulement d’un travail manuel, mais encore de conceptions scientifiques.
- Certes la partie matérielle ou pratique de cette fabrication offre déjà une tâche assez compliquée, elle exige des soins aussi intelligents que minutieux pour donner à ces instruments cette grande précision de formes, et cette qualité à toute épreuve, qu’ils doivent réunir au plus haut point, puisque quelques grammes d’acier mal travaillés ou mal façonnés peuvent souvent compromettre le succès d’une opération chirurgicale.
- Cependant il s’est trouvé des hommes guidés par des intentions généreuses qui, non contents d’exécuter habilement les modèles qu’on leur
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- présentait, ont voulu créer à leur tour, et concourir à perfectionner Fart de l’opérateur par celui du fabricant.
- Pour atteindre ce but, c’est dans la science môme qu’ils devaient puiser leurs inspirations ; car ce n’est qu’en visitant les hôpitaux, qu’en assistant aux diverses opérations, qu’ils ont pu étudier l’usage de chaque instrument, et qu’ils ont appris à connaître toute l’importance de leur travail.
- Nulle ville comme Paris ne pouvait du reste offrir plus de facilité à leurs nobles efforts, par cette concentration de sciences et de lumières, et par cette réunion de professeurs distingués, dont le nom et l’art sont devenus européens, et dont les conseils éclairés ont pu les aider puissamment.
- C’est ainsi que tout se réunissait pour favoriser leur zèle dans la voie de perfectionnement qu’ils s’étaient tracée, et de là résulte que la fabrication des instruments opératoires a secondé avec intelligence et souvent avec bonheur les efforts de la chirurgie , et qu’elle a pris part, quoique d’une manière indirecte et secondaire, aux progrès d’un art dont le but est de servir F h uinanité.
- Récompenser une telle industrie est donc non-seulement faire acte de justice mais encore faire
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- une chose utile, en attirant des hommes instruits et supérieurs dans une carrière qui n’avait-guère compté jusqu’à présent que des ouvriers capables à peine de comprendre les indications et les besoins auxquels ils étaient appelés à satisfaire.
- Aujourd’hui que la supériorité de nos instruments de chirurgie est incontestable, que nous en exportons dans tous les pays, nous recommandons à nos fabricants de contrôler et d’essayer très-sévèrement tous leurs produits ; afin de maintenir la bonne réputation dont ils jouissent. Il serait même à désirer qu’on pût appliquer des épreuves générales, auxquelles on soumettrait chaque pièce avant de l’offrir à l’acheteur ; car il nous semblerait fâcheux que des objets propres à une tout autre destination fussent soumis à des expériences plus sévères par nos manufactures d’armes, que ceux qui touchent aux intérêts les plus précieux de l’humanité.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. CHARRIÈRE, à Paris, rue de l’École-de-Mé-decine, 6.
- Le rapport du jury de l’exposition de 1839, qui accordait à M. Charrière une médaille d’or, se terminait ainsi : « En résumé M. Charrière a exécuté » avec beaucoup d’habileté, d’après les idées des chi-
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- » rurgîens, plusieurs innovations ou modifications » d’un haut intérêt; il a Lui-même importé ou » créé plusieurs instruments utiles; il a donné au n commerce d’exportation d’instruments de chi-» rurgie une immense extension; enfin il a con-» tribué puissamment à la grande diminution qui » existe aujourd’hui dans le prix de ces instru-» ments. »
- Nous avions à rechercher: i° si, depuis cette époque, le fabricant s’était présenté à l’exposition de 1844 avec des inventions nouvelles ou des modifications intéressantes, si sa fabrique avait suivi une voie d’accroissements et de progrès ; 2° si son commerce d’exportation s’était agrandi , si en un mot son industrie avait acquis une importance graduelle et évidente.
- La fabrication des instruments de chirurgie suit nécessairement les progrès de la science. Ainsi, depuis i83g , une opération nouvelle a été introduite en chirurgie, c’est celle qui a pour but de guérir le strabisme. A cette opération nouvelle, il a fallu de nouveaux instruments, et la collection exposée par M. Charrière est remarquable. Elle comprend les instruments propres à toutes les méthodes et h tous les procédés.
- M. Charrière a modifié d’une manière avantageuse le scarificateur, en le rendant plus léger et plus facile à armer.
- Nous avons examiné avec intérêt les instruments de sauvetage, imaginés par M. Charrière, et surtout les appareils destinés à donner des secours aux asphyxiés et aux noyés.
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- M. Charrière a exposé les divers modèles de gibernes-trousses, de caisses d’instruments, qui lui ont été commandés pour le service de l’armée et de la marine ; tous ces objets nous ont paru fabriqués avec des soins extrêmes.
- Enumérer seulement les instruments nouveaux fabriqués, inventés ou modifiés par M. Charrière, nous entraînerait au delà des justes limites; nous ne ferons que signaler un porte-ligature de l’arrière-bouche ; différents compresseurs de tumeurs érectiles, plus de 20 instruments nouveaux destinés aux opérations qui se pratiquent sur les yeux, d’autres pour les maladies de l’oreille et de la bouche; 20 instruments nouveaux ou avantageusement modifiés pour les maladies des voies génito-urinaires de l’homme et de la femme.
- Pour la pratique des accouchements, des forceps, des céphalotribes, des compas pelvimètres d’un nouveau modèle. Les modifications apportées aux forceps résultent surtout des procédés employés dans la trempe , qui ont heureusement perfectionné les.instruments à pression.
- Nous avons aussi remarqué avec intérêt le nouveau système de pompes à ventouses exposé par M. Charrière; l’innovation de ce fabricant consiste dans l’application d’un piston à double parachute, qui donne à l’instrument une liberté et une facilité d’action qui le préserve de toute chance de dérangements possibles.
- En envisageant les produits exposés par M. Charrière, sous le point de vue commercial et industriel, nous reconnaissons d’abord que la fabrication des
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- instruments de chirurgie est devenue par les soins de M. Charrière, une fabrication fort importante. Si, dès 1839, l’Angleterre, tant vantée pour ce genre d’industrie, ne possédait pas, ce dont nous nous sommes assurés, des ateliers comparables à ceux de M. Charrière , l’extension qu’il leur a donnée depuis enlève toute chance à la concurrence étrangère.
- M. Charrière a fait construire depuis peu dans un vaste local tous ses ateliers dans lesquels il n’emploie pas moins de 80 à 90 ouvriers gagnant depuis 3 jusqu’à 9 fr. par jour. Au dehors, et principalement à Nogent, i5o à 200 ouvriers sont encore occupés par M. Charrière.
- A la fabrication des instruments de chirurgie, dont les ateliers, pour ce genre d’industrie, n’ont rien decomparable en Europe, M. Charrière a réuni, depuis peu de temps, des ateliers pour la fabrication des appareils et machines d’orthopédie et de bandages herniaires. C’est aussi dans son établissement que se fabriquent aujourd’hui la plupart des instruments destinés à la médecine vétérinaire, parmi lesquels nous avons remarqué avec intérêt un nouvel instrument imaginé par M. Derissieu pour fixer la bouche des chevaux lors des opérations qui se pratiquent dans cette cavité.
- M. Charrière évalue à 5oo,ooo fr. par an le produit des ventes faites par lui, dont les deux tiers pour l’exportation.
- Le jury vote à M. Charrière le rappel de la médaille d’or dont il le regarde comme déplus en plus digne.
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- MÉDAILLE D’OR.
- M. SAMSON, à Paris, rue de l’École-de-Méde-cine, 30.
- Parmi les fabricants d’instruments de chirurgie nous avons dû distinguer M. Samson, auquel le jury a déjà accordé une médaille de bronze lors de l’exposition de i834, et une médaille d’argent à celle de 1839.
- M. Samson a présenté à l’exposition une belle collection d’instruments de chirurgie fabriqués dans l’établissement qu’il a créé en i83o, établissement où il n’occupait alors que trois ou quatre ouvriers, et où il en occupe aujourd’hui près de cinquante.
- INous avons été satisfaits des soins apportés dans les diverses parties de sa fabrication. Parmi les instruments qu’il a améliorés, nous avons remarqué surtout une scie à chaîne très-facile à démonter et un rachitome à lames mobiles, jouissant d’une grande force d’action et devant rendre très-facile l’ouverture du canal vertébral pour l’étude de la moelle épinière et de ses maladies dans les autopsies cadavériques.
- Depuis la dernière exposition, M. Samson a considérablement étendu sa fabrication et ses relations commerciales. Les plus honorables témoignages lui ont été donnés par les commissions chargées d’examiner ses instruments dans diverses fournitures qu’il a faites aux administrations;de la marine , aux forges royales et à la faculté de médecine de Stras-
- M. Samson doit être regardé comme l’un de nos
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- meilleurs fabricants d’instruments de chirurgie, et mérite de la part du jury !a médaille d’or.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. CLERC-S1RHENRY, à Paris, place de l’École*
- de-Médecine, 6.
- Les instrumentsprésentés par M. Clerc-Sirhenry sont fabriqués avec beaucoup de soins et dignes de là réputation que s’est acquise cette maison. Nous avons remarqué surtout une belle lame de damas que M. Si rhenry est connu pour préparer d’une manière supérieure.
- M. Clerc est gendre de M. Sirhenry auquel il a succédé, et il continue d’apporter dans la fabrication des instruments les soins qui ont valu d’hon-norables récompenses k son beau-père.
- Le jury rappelle à M. Clerc la médaille d’argent, accordée à M. Sirhenry.
- M. SABATIER, à Paris, rue Saint-Honoré, 84.
- M. Sabatier, possédant un magasin h Paris et une fabriqueàTbiers,aété à même d’introduire plusieurs perfectionnements dans la coutellerie de son pays.
- Les produits par lui exposés réunissent les avantages d’une belle qualité à des prix très-modiques.
- Le jury rappelle à M. Sabatier la médaille d’argent, accordée en 1839 à son père.
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- M. GILLET, à Paris, rue de Charenton, 41 et 43.
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- L’article rasoirs est sa spécialité, et sa fabrication jouit d’une très-bonne réputation.
- M. Gillet père a obtenu en 1806 une citation favorable, la mention honorable en 1819, en 1823 la médaille de bronze, et la médaille d’argent en 1834; son rappel en 1839, en faveur de son fils.
- Le jury lui accorde encore cette fois le rappel de cette même médaille.
- M. LANGUEDQCQ, à Paris, rue Saint-Honoré, 138.
- M. Languedocq a succédé à M. Gavet auquel on accorda déjà une citation favorable en 1806, la mention honorable en 1819, la médaille d’argent en 1823 et 1827, et le rappel de cette médaille en 1834.
- Ce fabricant s’occupe spécialement de la coutellerie de table et de luxe, et les beaux échantillons qu’il a exposés lui ont valu de la part du jury le rappel de la médaille d’argent.
- MM. BOSTMAMBRUN, oncle et neveu, à Saint -Remy, près Thiers (Puy-de-Dôme).
- Ces fabricants ont exposé plusieurs couteaux de table, de cuisine, et couteaux fermants. Quoique leur établissement soit aujourd’hui peu considérable, le jury leur rappelle la médaille d’argent accordée en 1823, et rappelée aux expositions suivantes.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. VIGUIÉ et Cie, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin , 84.
- MM. Viguié et Cie ont exposé de la coutellerie fabriquée à la mécanique. Les machines qu’ils ont inventées pour découper, amincir et monter les couteaux sont à la fois simples, ingénieuses et d’une bonne exécution.
- Nous pensons que les nouveaux moyens cie fabrication employés par cette maison auront une grande influence sur cette industrie et pourront devenir un puissant auxiliaire à la coutellerie en
- Lejury, reconnaissant les efîorts persévérants de MM. Viguié et Cie, leur décerne la médaille d’argent.
- M. LAPORTE, à Paris, rue des Fiiles-Saint-Tho-mas, 20.
- Ce fabricant intelligent continue à soutenir avec honneur la bonne réputation qu’il s’est acquise en France et même à l’étranger. La coutellerie de luxe lui a de grandes obligations, car c’est lui le premier qui a décidé nos grandes maisons d’orfèvrerie au placement de nos couteaux de table, qu’elles préfèrent aujourd’hui à ceux d’Angleterre.
- Les soins minutieux qu’il apporte dans sa fabrication le mettent à même de ne livrer au commerce que des produits d’une qualité parfaite.
- M. Laporte a déjà obtenu deux médailles de bronze.
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- Le jury se plaît à lui accorder la médaille d’argent, comme étant bien méritée.
- RAPPEL DE MÉDAILLE. DE BRONZE. .
- M. FR ESTEL, à Suint-Lô (Manche).
- Les couteaux et rasoirs de ce fabricant se distinguent par leur belle confection.
- Le jury lui fait rappel de la médaille de bronze accordée en 1839.
- NOUVELLES MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. GUERRE (Jean-Baptiste), à Langres (Haute-Marne).
- M. Guerre est le seul exposant qui représente-la coutellerie de Langres.
- Ses produits réunissent à la fois les avantages d’une belle fabrication et d’un prix modéré.
- Ce, fabricant jouit du, reste depuis longtemps d’une réputation honorablement acquise.
- U ai obtenu la médaille de> bronze en 1.830, et depuis il n’a plus exposé. Le jury lui accorde une nouvelle médaille de bronze.
- M. PARISOT, à Paris, rue Richelieu, 113..,
- M. Parisot a succédé à M. Touron-, dont les produits jouissaient d’une excellente réputations. Elevé dans la fabrication de la coutellerie, et familier avec tous ses avantages, et ses difficultés:, il saura soutenir dignement le nom de sa maison.
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- M. Touron avait obtenu une médaille de bronze en 1827 et son rappel en 1B34. É*e jurJ accorde aujourd’hui à M. Parisot une nouvelle médaille de bronze.
- M. VÂUTHÏER, à Paris, rue Dauphine, 40.
- M. Vaulhier est un des meilleurs fabricants de coutellerie de Paris. Ses produits se distinguent par leur forme élégante et leur qualité. Il avait obtenu la médaille de bronze à l’exposition de i83t). Le jury, appréciantle mérite de M. Vauthier dans la fabrication des couteaux fermants, lui accorde une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. LÜER, à Paris, rue del’École-de-Médecine ,
- 12.
- Nous avons examiné avec l’attention qu’ils méritent les instruments de chirurgie de cet habile fabricant, et nous avons pu constater les soins avec lesquels ils sont exécutés ; la trempe, le poli et le tranchant en sont parfaits.
- M. Lüer a apporté surtout une extrême délicatesse dans la fabrication des instruments destinés aux opérations qui se pratiquent sur les yeux; et nous pouvons dire que M. Lüer est h la hauteur des bons fabricants en instruments de chirurgie.
- Le jury décerne avec une vive satisfaction h M. Lüer, qui expose pour la première fois, h médaille de bronze.
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- M. BOURDEÀUX aîné, à Montpellier (Hérault).
- Cet habile coutelier travaille de la manière la plus intelligente, et exporte beaucoup à l’étranger, dans le Levant, l’Italie et l’Espagne. Ses instruments de chirurgie sont fort appréciés des premiers chirurgiens de Montpellier.
- Les ateliers deM. Bourdeaux occupent environ trente-cinq ouvriers; il vend annuellement 200 à 3oo grosses de rasoirs, et 2 à 3ooo articles divers de coutellerie.
- Le jury décerne à ce fabricant une nouvelle médaille de bronze.
- M. NAYARON-DUMAS, àThiers (Puy-de-Dôme).
- Les rasoirs exposés par ce fabricant sont en acier fondu. Ceux cotés à 6 fr. 5o la douzaine ont surtout fixé Pattentien du jury, qui a vu dans ce fait un progrès sensible. En effet, pour fournir à l’exportation cet article à bon marché, on employait des aciers tellement inférieurs en qualité que le rasoir devenait tout à fait impropre & l’usage auquel il était destiné. Ceux de M. Navaron sont à la vérité encore plus chers que les rasoirs dont nous parlons, mais en revanche leur qualité est infiniment supérieure.
- Le jury se plaît à accorder la médaille de bronze à ces fabricants.
- M. PRODON-POUZET, àThiers (Puy-de-Dôme).
- Les couteaux fermants sont la spécialité de M. Prodon-Pouzet. Les échantillons qu’il expose
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- sont jugés d une belle confection et se distinguent par l’élégance de leurs formes.
- Ses produits jouissent dans le commerce d’une excellente renommée, et sa direction intelligente apporte chaque jour de nouveaux perfectionnements à son industrie.
- Pour l’encourager encore davantage dans cette voie honorable, le jury s’empresse de lui décerner la médaille de bronze.
- M. GUILLEMOT-LAGROLIÈRE, à Thiers (Puy-de-Dôme).
- Cette maison est très-honorablement connue dans le commerce, etles produits qu’elle a envoyés à l’exposition n’ont fait que confirmer le mérite de sa réputation.
- Les couteaux en acier ordinaire et les ciseaux de fer cémenté sont cotés à des prix fort modérés. Les rasoirs surtout sont bien fabriqués et d’une bonne trempe.
- Le jury se plaît h accorder à M. Guillemot-Lagro-lière la médaille de bronze.
- MM. CHATELET jeune et fils, à Thiers ( Puy-de* Dôme).
- Les articles qu’ils ont exposés se composent d’une série de couteaux de formes variées, et de prix très-modiques.
- C’est la première fois que M. Châtelet expose, et le jury lui décerne la médaille de bronze.
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- NOUVELLES MENTIONS HONORABLES.
- M. LANNE, à Paris, rue du Temple, 42,
- S’occupe spécialement de la fabrication des rasoirs , qu’il poursuit avec succès et intelligence. Parmi les échantillons exposés, le jury a remarqué avec satisfaction une boîte recouverte d’acier, renfermée dans un étui, et contenant deux bons rasoirs au prix de 2 fr. 2 5 c.
- M. Lanuea obtenu une citation favorable en 1804, une mention honorable en 1809. Aujourd’hui le jury lui accorde une nouvelle mention honorable.
- M. RENODIER, à Saint-Étienne (Loire).
- M. Renodier a envoyé à l’exposition des couteaux fermants et des couteaux de table, des serrures et quelques objets de quincaillerie, qui se font généralement remarquer par leur confection simple et facile , et surtout par leur bas prix.
- Ce fabricant a obtenu la mention honorable en i834 et son rappel en 1839. Le jury lui accorde de nouveau la mention honorable.
- M. DELACROIX, à Paris, passage Choiseul, 35.
- M. Foubert, son prédécesseur, avait obtenu une citation favorable en i834, et une mention honorable en 1839.
- Le jury accorde une nouvelle mention honorable à M. Delacroix pour la bonne coutellerie qu’il a exposée.
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- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- M. CHEMELAT, à Paris, rue de la Vieille-Bouderie, 5,
- Expose des rasoirs en acier fondu français.
- Le jury, reconnaissant la très-belle confection de ces produits, rappelle à M. Chemelat la mention honorable accordée en 1839.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. DAPiAN, à Paris, rue Gît-le-Cœur, 4.
- Les instruments de chirurgie fabriqués par M. Daran sont d’une bonne confection et lui méritent de la part du jury une mention honorable.
- M. LARIVIÈPvE aîné, à Nancy (Meurthe).
- M. Larivière a exposé des sécateurs d’une confection raisonnée et dont les prix sont très-modérés. Ceux en acier raffiné, blanchis à la lime, valent de 2 fr. 5o à 3 fr., selon leur grandeur ; ceux en acier fondu, très-bien poli, coûtent de 6 à 7 francs pièce.
- Ses daviers élévatoires, destinés à l’extraction des dents, méritent également d’être cités.
- Le jury décerne à M. Larivière, qui expose pour la première fois, la mention honorable.
- M. TIXIER-GOYON, à Thiers (Puy-de-Dôme).
- M. Tixier-Goyon a exposé une série de 221 modèles cotés à des prix très-réduits. Cette fabrique se
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- fait remarquer par la grande variété de ses formes et l’assortiment complet quelle offre à la vente.
- Le jury décerne à cette maison la mention honorable.
- M, PICAULT, à Paris, rue Dauphine, 52.
- M. Picaulta exposé des couteaux qui sont taillés sur un côté comme une lime, et qu’il désigne sous la dénomination de couteaux à tranchants de scie.
- Le jury ne pense pas que ce surplus de main-d’œuvre soit une amélioration réelle: néanmoins il reconnaît avec plaisir les efforts que ce fabricant fait pour perfectionner ses produits, et lui décerne la mention honorable.
- M. HACHETTE ( Louis - Auguste ), à Rugles ( Eure ).
- Le jury a remarqué entre autres objets de coutellerie bien fabriqués une lancette à ressorts pour saiguer les chevaux. Cet instrument est d’une exécution convenable, et se vend à des prix modépés.
- Le jury accorde la mention honorable à M. Hachette.
- M. André BEAUJEU, à Château-Gaillard, près Thiers (Puy-de-Dôme).
- Ses rasoirs sont bien faits, d’une bonne trempe et sans défauts.
- Le jury accorde à M. Beaujeu la mention honorable.
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- M. MARMÜSE, à Paris, rue du Bac, 28,
- A exposé un assortiment de coutellerie qui a le
- mérite d’une belle confection jointe à des prix modérés.
- Le jury accorde la mention honorable àM. Mar-muse, qui avait obtenu deux citations favorables en
- 1834 et 1889.
- RAPPELS DE CITATIONS FAVORABLES.
- M. MORIZE, à Paris, rue Saint-Antoine, 13.
- Le jury rappelle à M. Morize la citation favorable déjà obtenue en 1834, et qu’il mérite encore davantage.
- M. BÀUDY, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin , 26.
- Le jury lui rappelle la citation favorable accordée en 1809 pour sa serpette sécateur.
- MM. MANŒUVRIER père et fils, à Limoges (Haute-Vienne).
- Le jury rappelle en faveur de ces fabricants la citation favorable qu’il a accordée, en 1839, à M. Manœuvrier aîné.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- M. SANDOZ, àJParis, place Dauphine , 1.
- M. Sandoz a présenté un nouveau scarificateur
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- qu’il a exécuté d’après les conseils du docteur Blatin. Cet instrument nous a paru plus léger, plus sim-pie et plus facile à nettoyer que les scarificateurs allemands dont on se sert habituellement. Cet instrument, sur lequel les sociétés savantes auxquelles il a été soumis n’ont pas encore fait de rapport, a besoin de l’expérience pour sanctionner ces avantages.
- Le j ury accorde à M. Sandoz une citation favorable.
- M. PETIT, à Nontron (Dordogne),
- A produit des couteaux dits de Nontron. Cet article, quoique de modeste apparence, est bien exécuté.
- Le jury accorde k M. Petit une citation favorable.
- AI. MANOEUVRIER jeune, à Limoges (Haute-Vienne).
- Ce fabricant a exposé une série de rasoirs qui se recommandent par leur belle fabrication et leurs prix modérés.
- Le jury lui vote la citation favorable.
- MM. CHAVANNE, DESCOS etCie, à Saint-Étienne (Loire).
- Le jury accorde une citation favorable à ces fabricants pour leurs couteaux fermants qui sont coté* k des prix fort réduits.
- MM. VERCIIËRE et ARTHAUD, à Thiers ( Puy-de-Dôme).
- Le jury accorde Une citation favorable k ces fa-
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- bricants pour les ciseaux en fonte qu'ils ont exposés.
- M. MAYET, à Paris, place Maubert, 1.
- Le jury accorde une citation favorable à ce fabricant pour les rasoirs qu’il a exposés.
- M. ALLARD, à Paris, rue des Deuxri?ortes-Saint-Sauveur, 27.
- Les couteaux tranchets de M. Allard sont en acier fondu et d’une belle fabrication.
- Le jury lui accorde la citation favorable.
- M. STOLTZ, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis,.'58.
- Le jury lui accorde une citation favorable pour ses ciseaux de tailleur.
- M. MAYOUT (Pierre), à Limoges (Haute-Vienne).
- Le jury cite favorablement le tranchet mécanique pour redresser les souliers, exposé par-ce fabricant.
- LE MAIRE de Saint-Jean-du-Marché (Vosges), au nom de ses compatriotes.
- Le jury accorde une citation favorable aux habitants de la commune de Sairit-Jean-du-Marché qui ont exposé des couteaux de leur fabrication, â un prix très-modéré.
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- SECTION YI.
- SERRURERIE , QUINCAILLERIE , ETC. M. Amédée-Durand, rapporteur.
- § 1. MOYENS DE FERMETURES. CRÉMONES, ESPAGNOLETTES.
- Considérations générales.
- Les espagnolettes ont quelques inconvénients auxquels on a cherché à remédier en important le genre de fermeture connu sous le nom de crémone et en le variant à l’infini, tantôt par un retour vers les types primitifs qui se trouvaient particulièrement en Belgique et en Italie, et même chez nous, tantôt en y appliquant toutes les variétés de transmissions de mouvement que la mécanique emploie. Par un autre genre de combinaisons «encore, on a marié la crémone à l’espagnolette, soit en appliquant chacun' de ses éléments à chacune des extrémités d’une'fenêtre, soit en faisant mouvoir l’espagnolette par un genre de bascule qui semblait devoir lui. rester étranger, soit enfin en faisant une poignée qui se place pour tenir l’espagnolette fermée, comme elle se plaçait pour la tenir ouverte. Beaucoup d’efforts ont été faits : de bons résultats ont été obtenus.
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- Ainsi, presque tous les fabricants se sont préoccupés de corriger le gauchissement des fenêtres par des moyens de rappel ; d’autres encore ont pensé que, pour que le poids d’un châssis vitré ne faussât pas ses équerres , la crémone devait, en le fermant, le suspendre a la traverse supérieure du bâti. Par suite de tous ces travaux, beaucoup de prétentions se croisent pour la possession d’inventions plus ou moins réelles. Le jury tiendra compte de cette circonstance dans ses appréciations , en les rendant les plus brèves possible..
- Les espagnolettes présentaient une facilité dont les crémones ordinaires sont dépourvues, c’est celle de maintenir une fenêtre entrebâillée au moyen de sa poignée , engagée seulement par son bouton dans son crochet, et de permettre ainsi à l’air de pénétrer dans un appartement. L’un des exposants a procuré cet avantage à sa crémone, et il en sera fait mention. Un autre s’est placé en dehors des crémones et des espagnolettes, il a créé un système de fermeture tout à la fois simple , commode, élégant et nouveau ; qui d’ailleurs a l’avantage de pouvoir s’adapter aux portes dont l’ouverture dépend du tirage d’une corde, quels que soient la grandeur et le poids de ces portes.
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. CONTAMINE, à Paris, rueGeofFroy-TAsnier,
- 18.
- Les fermetures de fenêtres exposées par M. Contamine , se sont fait remarquer par le goût de leurs ornements et le fini parfait de leur ciselure. Le mécanisme en est simple et solide. Une bascule agissant dans un plan vertical, et devant imprimer un mouvement de rotation à une espagnolette, appelait directement l’emploi de deux segments de roue d’angle; aussi est-ce là le mécanisme employé par M. Contamine, pour produire un moyen de fermeture d’une élégance trcs-remarquable et d’une certitude complète. Ce fabricant est de ceux dont les produits sont en même temps des préceptes. Ciseleur liabile et constructeur entendu, c’est à ses seules ressources qu’il demande ce qu’il expose. A ce qui vient d’être cité il convient d’ajouter la mention d’une fabrication de râpes pour la sculpture sur marbre , et le témoignage dû à la bonne forme et à la qualité de ces outils.
- Le jury décerne à M. Contamine une médaille de bronze.
- MENTION POUR ORDRE.
- M. FÉRAGUS, à Paris, rue de Bréda, 27.
- M. Féragus, dont les travaux en crémones remontent à l’origine de l’emploi de ce genre de fermeture , ne peut être cité ici que pour mémoire et comme témoignage de la qualité soutenue de ses
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- produits, ses grands travaux de construction en fer devant être le sujet d’un autre rapport.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. JACQUOT, à Paris, rue Saint-Roch-Poisson-nière, 14.
- Le mode de fermeture qu’a exposé M. Jacquot, repose sur une idée nouvelle. Si on suppose un pignon armé d’un très-petit nombre de dents, cinq par exemple, et qui éprouve, sans tourner sur lui-même, un mouvement de translation dans un plan parallèle à son axe; si dans ce mouvement une de ses dents , placée dans un plan inférieur k cet axe, vient k rencontrer l’un des fuseaux d’une lanterne fixe, le mouvement du pignon autour de son axe aura lieu, et la dent immédiatement supérieure viendra s’engager dans ce fuseau. Si le pignon vient à être fixé dans cette position, tout retour vers sa station première est impossible , parce qu’il y a accrochement. Mais si l’obstacle au mouvement rétrograde de révolution vient à cesser, aussitôt le pignon, en tournant sur lui-même, se dégagera et redeviendra libre comme avant. C’est ce système qu’a réalisé M. Jacquot. Un bec k deux dents, dont l’une conduit à l’autre, accroche, s’engage dans une forte broche fixée dans le dormant de la fenêtre. Au moment où cette fermeture s’accomplit, un lin- -guet pénètre dans la pièce engagée et s’oppose k tout mouvement rétrograde; par ce moyen on ferme une fenêtre avec la plus grande facilité, et
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- uniquement en la poussant. Veut-on l’ouvrir, un léger mouvement de rotation , un quart de tour au plus, est imprimé à un bouton , et la croisée est ouverte.
- Plusieurs avantages résultent de ce mode de fermeture : d’abord une facilité très-grande de manœuvre, ensuite la possibilité de fermer successivement le haut et le bas d’un châssis gauche, puis enfin de se prêter mieux à la décoration , puisqu’il suffit d’un simple bouton tournant, et qu’aucune partie frottant extérieurement, ne présente, comme dans les crémones, des places dépouillées de leur peinture.
- Ce genre dé fermeture, qui est d’une grande solidité , peut s’appliquer aux portes-cochères et y remplacer, avec une grande économie, les espagnolettes, forcément d’un prix élevé.
- Le jury regrette que le mode de fermeture de M. Jacquot n’ait pas pour lui la sanction d’une longue expérience ; il se bornera , par celte considération , à le mentionner honorablement.
- M. CHARBONNIER, à Paris, rue des Francs-Bourgeois , 6, au Marais.
- Les crémones de cet exposant s’ouvrent et se ferment par l’emploi d’un bouton tournant qui décrit une demi-révolution. La construction en est simple , solide; les organes qui en constituent le mouvement sont d’un petit volume. Un bouton de manivelle se meut dans une fente horizontale pratiquée dans une petite pièce circulaire rapportée sur la crémone même. Les deux points morts qu’at-
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- teint dans son jeu ce bouton de manivelle, produisent les deux états d’ouverture et de fermeture de la fenêtre.
- Une particularité de cette crémone est qu’elle donne le moyen de maintenir la fenêtre entre-baîl-lée pour la circulation de l'air.
- Une mention honorable est décernée à M. Charbonnier.
- M. DECHANY, à Paris, rue Pierre-Levée, 15.
- Les crémones de M. Deehany sont disposées particulièrement pour rapprocher les croisées qui seraient déjetées à leur partie supérieure ; l’ensemble des variétés de ferrures de ce genre, exposées par ce fabricant, est d’une bonne exécution, qui est attestée par le débit qu’il leur procure.
- Le jury le juge digne de la mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. CUDRÜE, à Paris, rue du Faubourg-du-Temple, 56.
- La grande simplicité et le bon marché de quelques-uns des modèles de crémones de M. Cudrue , méritent à cet exposant une citation favorable.
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- § 2. MEUBLES EN FER.
- Considérations générales.
- La fabrication des meubles en fer prend chaque jour un développement plus étendu, soit par le nombre, soit par la variété de ses produits, soit par leur constitution. Ainsi, les uns n’admettent que du fer plein , d’autres présentent une combinaison de fer plein et de fer creux, d’autres admettent en proportion notable la fonte de fer et même le cuivre. L’ornementation varie à l’infini et a une fâcheuse tendance à l’imitation du bois, qui a des propriétés spéciales qui ne peuvent appartenir aux métaux, et dont ils ambitionneraient vainement l’aspect et le toucher. Quant aux applications de cette industrie, il semblerait qu’aucun genre de meubles ne doit lui rester étranger : lits, sièges de toute espèce, tables, guéridons, étagères, bureaux, bibliothèques, berceaux, tables de nuit, vases de décoration, lavabos, consoles, il n’est rien que nos fabricants n’entreprennent. L’exportation offre des débouchés notables à cette production, dont les résultats conviennent parfaitement aux pays chauds, qui exposent l’ébé-nisterie à des accidents nombreux, sans parler de la guerre que lui font les insectes dans les régions tropicales. Un avantage particulier attaché aux lits en fer employés dans les maisons particu-
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- lières est la facilité de leur démontage et de leur transport. A cet égard, nos fabricants ont montré une fécondité et une intelligence très-dignes d’éloges. C’est une chose très-curieuse que cette variété de combinaisons au moyen desquelles un lit se démonte, se replie sur lui-même, pour entrer dans un étui à peine comparable, pour le volume , à une valise. Nul doute que la fabrication de ces objets , qui généralement sont d’une solidité suffisante, ne prenne un grand développement et ne satisfasse à des conditions difficiles à rencontrer dans les mêmes meubles en bois quand ils sont d’un prix peu élevé.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. HURET, à Paris, boulevart des Italiens, 2.
- Parmi les lits qu’expose M. Huret, et qui de fr. s’élèvent jusqu’aux prix qui appartiennent au luxe, il en est un , entre les plus modestes, qui est d’une simplicité d’exécution fort remarquable, ainsi que d’une grande facilité de placement quand il est plié. La combinaison en est telle que les deux chevets se repliant sur lui-même il se trouve strictement réduit h. la longueur de la couchette. Tous ces lits jouissent de la faculté d’être allongés ou accourcis de 10 centimètres, pour s’accommoder à toutes les convenances. Des berceaux à filets qui, pliés sur eux-mêmes , sont contenus dans une boîte qui n’a pas plus de om,o8 d’épaisseur, sont en même
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- temps d’une élégance remarquable. M. Huret, l’un des plus anciens et des plus habiles constructeurs de serrures à combinaisons, a appliqué presque exclusivement sa capacité éprouvée , à la construction de meubles variés en fer, dont le bon aspect et les dispositions intelligentes ont attiré l’attention du public.
- Le jury rappelle à M. Huret la médaille d’argent que ses serrures lui avaient méritée, et qui a été constamment rappelée depuis 1819.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. BAINÉE, à Paris, rue des Boulangers, 22.
- Le plus ancien des constructeurs de lits en fer, M. Bai née, se maintient toujours à la tête de cette industrie, par une exécution consciencieuse et raisonnée. Nulle part dans ses produits on ne trouve le fabricant spéculateur ; mais partout on rencontre le mécanicien familier avec les bonnes combinaisons. Ses modes d’assemblages lui sont particuliers et peuvent être cités comme des modèles. M. Bainée ne s’est pas contenté de fournir d’excellents produits, il a donné un bon exemple, eu prouvant par la prospérité de son entreprise que la fortune ne fuit pas l’homme honnête etintelligent qui nela poursuitque par des moyens honorables. L’atelier de M. Bainée , qui renferme aujourd’hui 4o ouvriers et une machine à vapeur de 4 chevaux, ne fut animé clans ses premiers jours que par les seuls bras de son maître, qui doit trouver dans ce rapprochement son premier titre à une juste considération.
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- Deux cisailles d’un grand modèle, d’une bonne exécution, et d’un service éprouvé depuis longues années dans les établissements de quincaillerie, font aussi partie de l’exposition de M. Bai née.
- Le jury se plaît à lui décerner une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. LÉONARD, à Paris, rue des Trois-Couronnes, 30.
- M. Léonard a exposé des meubles en fer de genres très-variés; dont beaucoup, tels que guéridons, tables, jardinières, étagères, chaises, sont principalement construits en tôle avec une remarquable habileté. Leurs formes se rapprochent beau coup de celles qu’on donnait aux meubles de ce genre, il y a un siècle. L’emploi du fer pour leur construction serait un contre-sens, si ces meubles n’étaient destinés à être exportés dans les Antilles, oùles insectes détruisent les produits de notre ébéuisterie. Cette partie n’est qu’un accessoire dans les grandes entreprises que fait M. Léonard. Son atelier, qui contient plus de ioo ouvriers et qu’anime une machine à vapeur de 20 chevaux, est particulièrement employé aux grandes fournitures de lits, soit pour les hôpitaux, soit pour le casernement. Une telle entreprise, conduite avec activité et intelligence, constitue une ressource importante par le travail qu’elle procure à de simples manœuvres, et par la consommation de matières premières qu’elle emploie à la confection de produits dont une partie considérable s’écoule par l’exportation. L’établis-
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- seraient de M. Léonard étant d’üne date eucore récente, le jury se centente de lui accorder la médaille de bronze.
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- M. GESLIN, à Paris, rue Basse-dü-Rempart, 36.
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- M. Geslin est l’un des plus anciens et des plus ingénieux fabricants de meubles en fer. On remarquait parmi les objets, qu’il avait exposés un fauteuil , dit à balançoire, parfaitement approprié de forme à sa destination et à l’emploi de la matière, le fer, qui le compose; un autre fauteuil se transformant graduellement en. lit, et dans cet état recevant une enveloppe suspendue et formant tente imperméable à la pluie. Ces deux objets pesant 10 kilogrammes sont, ensemble, du prix de 5o fr. On remarquait en outre un lit dans lequel une toile , dite treillis , repliée sur elle-même,était tendue par un moyen mécanique simple et puissant, de manière à tenir lieu tout à la fois de sa»ngle et de sommier. Divers autres objets qui figuraient à l’exposition, attestent l’esprit ingénieux deM. Geslin et son entente dé la bonne fabrication.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. TRAVERS fils, à Paris, rue du Faubourg Poissonnière ,122.
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- M. Travers fils a exposé quatre modèles en petit de serres-chaudes., orangerie et galerie. L’emploi du fer, substitué au bois , dans les constructions de ce genre, est un sujet d’études digne , par son importance , d’attirer l’attention des constructeurs. De grands progrès ont été opérés dans ce genre, d’autres se font encore désirer ; c’est d’hommes expéri-
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- mentes, comme l’est M. Travers fils, et disposant comme lui de puissants moyens d’exécution, qu’on doit les attendre.
- Le jury lui accorde la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. BATAILLE, à Paris, rue de la Pépinière, 74.
- Les meubles,en fer qu’aexposés M. Bataille, appartiennent à cette bonne fabrication qui â toujours distingué son établissement, l’un des plus anciens en ce genre. On a remarqué une armoire ayant des tiroirs comme une commode, et à sa partie supérieure des rayons comme une bibliothèque. Ce meuble à double paroi est construit dans Pinten-tion de préserver les objets qu’il renferme des atteintes du feu. Ce but serait d’autant mieux atteint qu’on aurait mieux ménagé par le haut et par le bas des ouvertures qui permissent le renouvellement de l’air. D’autres meubles, très-variés de formes et d’ornements, ont attiré l’attention du public.
- Le jury décerne à M. Bataille une mention honorable.
- M. DUPONT, à Paris, rue Neuve-St.-Augustin, 3.
- Les lits qu’a exposés M. Dupont ont été considérés comme le résultat d’une fabrication qui, par son étendue, méritait d’être mentionnée. Le jury a remarqué différents petits meubles qui sont d’un aspect agréable.
- Le jury accorde h M. Dupont une mention honorable.
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- M: LAMBERT, à Paris, rue du Buisson-Sainl> Louis, 16.
- Parmi les objets exposés par M. Lambert ôn remarquait un châssis sanglé en feuillard, ou fer mince, dont chaque bande s’agrafiait à un ressort roulé en spirale et fixé au corps du lit. Un pareil fond de lit jouit d’une élasticité et d’une solidité convenables. En outre ce coucher se transforme facilement en divan.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Lambert.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. BÏSSON, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, h 5.
- Le modèle de chambranle de lucarne en fonte qu’a exposé M. Bisson, réalise une idée utile qui mérite d’être citée favorablement.
- M. LEMOITRE, à Paris, rue de la Planche, 9.
- M. Lemoitre a exposé des lits en fer d’une bonne exécution, ainsi que des sièges dont le fond est en feuillard mince.
- Ces objets sont cités favorablement.
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- | 3. SERRURERIE ET QUINCAILLE&IÈ PROPREMENT DITE.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. BRICARD et GAUTHIER aîné, à Paris, rue Pavée-Saint-Sauveur, 3.
- La maison Bricard et Gauthier aîné jouit de la j uste considération qui s’attache à une fabrication considérable et dirigée avec une intelligence qui se tient k la hauteur de tousles progrès des constructions mécaniques. Ainsi on remarque dans ses produits en serrurerie, des pièces qui ont éprouvé d’importants perfectionnements. Sous cette habile direction, la fabrication de Picardie a éprouvé de grandes améliorations; les pièces découpées en fer doux qui lui sont livrées sont très-bien étudiées dans leurs divisions; les moyens d’opérer, qui consistent dans l’emploi, soit du découpoir, soit de la machine à raboter, soit de la filière au banc, ont eu pour résultat de livrer à la consommation, outre beaucoup d’objets divers, des serrures de bâtiment et mêrne de précision , qui, à de nombreux perfectionnements d’ensemble et de détail, joignent l’avantage d’une réduction très-notable sur les prix, depuis la dernière exposition.
- Le jury se plaît à rendre justice aux efforts et à reconnaître les progrès nouveaux de cette maison , ën lui décernant une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. BOUTTÉ, à Paris, rue Saint-Honoré, 290.
- L’ensemble des articles de quincaillerie exposés
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- par M. Boutté atteste une bonne et grande fabrication. La série des objets en cuivre et en bronze établis pour les besoins de la marine est très-nombreuse et d’une exécution fort recommandable. L’importance de ces articles, les fournitures qui ont été faites, pour des services publics, par suite d’adjudications, assignent à la maison Boutté un rang distingué dans l’industrie.
- Le jury s’empresse de lui décerner la médaille de bronze.
- M. BOULANGER fils, à Paris, quai Jemmapes,
- 160.
- M. Boulanger fils est un très-habile forgeron qui s’est donné pour tâche d’imiter les ferrures des XIe et XIIe siècles, que l’opinion vulgaire regardait comme des œuvres d’une reproduction presque impossible. Il est parvenu à son but par l’emploi du moyen connu des étampes et des soudures à chaude portée, mises en œuvre avec une intelligence très-remarquable. Un mérite, qui n’est pas le moindre dans ce genre de travail, c’est qu’il s’obtient à des prix qui permettent de le rendre usuel, circonstance qui n’est pas sans intérêt, maintenant que le goût régnant est un retour vers les choses du moyen-âge.
- Le jury, en considération de l’exemple donné par M. Boulanger fils, lui accorde une médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. BOURNET, à Fontainebleau (Seine-et-Marne).
- Les deux serrures à bec de canne et à bouton double, qu’a exposées M. Bournet, présentent des dispositions nouvelles et avantageuses. Toute serrure de ce genre nécessitait que deux trous fussent percés dans la porte qui la recevait. D’après le système de M. Bournet il n’en faut plus qu’un, et c’est celui du bouton, parce qu’en même temps il sert par sa tige de canon pour l’introduction de la clef. Une autre propriété de ce genre de serrure, c’est qu’il peut se fermer à l’intérieur sans avoir recours à la clef.
- Le jury accorde à M. Bournet la mention honorable.
- M. CHAPON, à Paris, rue Saint-Maur, 88,
- A exposé une assez grande quantité de serrures de genres variés, et attestant toutes une bonne fabrication.
- Le jury se plaît k reconnaître ce mérite en décernant k M. Chapon la mention honorable.
- M. SERRE, serrurier-mécanicien, à Saint-Mi-hiel (Meuse),
- Continue avec un soin soutenu la fabrication des crics, qui, en i83p, lui valut une citation favorable.
- A l’envoi de ce genre de produits il a joint des serrures, du système de Schubb, dans lesquelles il a introduit un changement qui repose sur l’idée
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- qu’avait si heureusement appliquée M. Robin, de Rocliefort, lors de la dernière exposition. Ce système de serrure offre pour moyen desûreté, de changer l’ordre dans lequel se trouvent les gorges,. et de donner les moyens de mettre le panneton de la clef en rapport avec cette disposition nouvelle. A cet effet, la clef se compose d’éléments mobiles , dont chacun répond aux dimensions de l’une des gorges, et on fait correspondre l’ordre dans lequel se placent ces différents éléments avec celui qui a été assigné aux gorges.
- Le jury accorde à M. Serre la mention honorable.
- M. SOISSON, serrurier, à Paris, rue de Lille, 20.
- Les serrures à soupape de M. Soisson offrent des garanties sérieuses contre l’introduction dans les serrures, de tout agent ayant pour objet d’en étudier la construction. C’est une difficulté ajoutée à toutes celles que les, recherches des serruriers ont eu pour objet d’opposer aux tentatives des voleurs.
- Le jury accorde à M. Soisson la mention honorable.
- M. PIERROT-GRISARD, à Mouzon (Ardennes).
- Les produits en ferronnerie exposés par M. Pier-rot-Grisard, consistent en pelles et pincettes en 1er guilloché et poli. Cette fabrication est de celles qui n’ont de valeur que par leur ensemble, et le jury départemental l’a trouvée fort intéressante, par les services qu’elle rend aux populations des Ardennes.
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- Le jury accorde à M. Pierrot-Grisard la mention honorable.
- M. VALLET, à Paris, rue Fontaine-au-Roi, h.
- La fabrication des oadenas, à laquelle se livre M. Vallet,a été vue avec intérêt. Indépendamment du mérite relatif d’une bonne exécution , on y rencontre un bon marché très-remarquable : ainsi il y a tels de ces articles qui se livrent à moins de 16 centimes la pièce.
- Le jury accorde à M. Vallet une mention honorable.
- M. JUGIER, à Paris, rue Saint-Nicolas-Saint-Antoine, 20.
- Les serrures pour meubles que fabrique M. Ju-gier sont d’une exécution très-satisfaisante pour ce genre d’article, qui trouve à Paris de si grands débouchés, et en même temps une si active concurrence.
- Le mérite que présente cette fabrication est récompensé par la mention honorable.
- M. CAMION-P1ERRGN % à V^ifuesraux-Bois, près
- Sedan (Ardennes).
- Les charnières et fiches h vases de M. Camion-Pierron sont d’une bonne exécution. On y a remarqué que les parties sur lesquelles s’exerce le frottement dû aux poids des portesprésentent des surfaces plus étendues et, par conséquent,'plus résistantes qu’autre foi s, sans que la lame ait eçssé
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- d’être mince, ainsi qu’il convient pour pénétrer dans le bois. La brasure employée pour fixer les vases constitue un perfectionnement qui se faisait désirer.
- Le jury se plaît à mentionner honorablement cette fabrication.
- MM. JACQUEMIN frères et BAUD, a Morez ( Jura ).
- Les produits modestes de ces utiles fabricants reçoivent un intérêt particulier des circonstances au milieu desquelles ils sont obtenus. Des mètres pliants en cuivre, des calibres et des montures de lunettes, généralement d’une exécution très-ordinaire, résultent du travail de pauvres populations que les neiges retiennent une partie de l’année sous leurs habitations. Ces objets trouvent en grande partie leur placement à l’étranger. Tous les intérêts se réunissent donc pour que le jury témoigne à MM. Jacquemin frères et Baud sa satisfaction en leur décernant une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- MM. PIGNÉ et PIGACHE, à Paris, rue Saint-Denis , 93.
- Les trois cylindres en acier destinés à recevoir des dessins et ornements qu’ont exposés ces fabricants ont paru d’une exécution digne d’être citée favorablement.
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- M. RENARD, à Paris, rue Sainte-Avoye, 58.
- La collection de petites serrures qu’a exposée ce fabricant et dont la destination est la gainerie, a été jugée digne d’être citée favorablement, tant sous le rapport d’une bonne exécution que sous celui de l’ajustement des différentes parties qui composent chacun de ces articles.
- M. TOURNEUX, à Vendôme (Loir-et-Cher),
- À exposé une serrure qu’il appelle serrure à double pêne en tous sens, dont le caractère principal consiste dans la propriété de se placer soit à droite soit h gauche, par la transposition de plusieurs des pièces qui la composent. L’idée réalisée par cette disposition n’est pas nouvelle; mais l’ajustement général de la serrure est bien entendu.
- M. MARTIN, à Rochefort (Charente-Inférieure).
- L’idée d’une serrure symétrique pouvant s’adapter à toutes les portes, en quelque sens qu’elles s’ouvrent , a reçu bien des réalisations dans ces derniers temps, celle qu’a exposée M. Martin est bien entendue et mérite d’être citée favorablement dans le rapport du jury.
- M. PREVOST fils, à Vervins ( Aisne).
- La serrure exposée par M. Prévost est à bec de canne et pêne dormant, la transposition dé ces deux éléments permet de poser cette serrure, soit à droite, soit à gauche, suivant le besoin. Cetajus-
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- lement, sans être nouveau, quant au fond, a reçu dans le cas présent, une bonne disposition.
- § 4. MOULURES EN CUIVRE.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. LACARRIÈRE, à Paris, rue Sainte-Élisabeth, 3 bis.
- Ce fabricant a exposé des produits très-variés appartenant tous à une industrie peu ancienne, et qui s’est proposé de satisfaire à toutes les convenances d’installation des boutiques et magasins. Ainsi l’exposition de M. Lacarrière se composait, entre autres choses, de moulures en cuivre pour devantures de boutiques, de petits appareils d’étalage pour toute espèce d’objets, comme lingerie, chapellerie, bijouterie, horlogerie, etc., de lustres à gaz composés de cuivre et de fonte de fer dorée, admettant toutes les dispositions du plusgrand luxe. On y remarquait un calorifère en forme de vasque de forme très-élégante, des feux, des candélabres, des conduits è gaz apparents, ainsi qu’ils sont prescrits actuellement, et disposés pour former ornements sur les plafonds.
- M. Lacarrière, créateur de son établissement qui peut entretenir près de 100 ouvriers, l’est aussi de sa fortune. Ses travaux embrassent, en outre, des produits mentionnés plus haut, des objets d’une fabrication plus précise et plus élevée, parmi lesquels nous citerons un robinet à gaz adopté par la
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- préfecture de police, et qui a 1’avantage de maintenir distincts et indépendants les droits des usines à gaz et ceux des particuliers.
- Le jury félicite M. Lacarrière sur les développements nouveaux qu’il a donnés à son établissement et lui décerne une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. GRONDARD, à Paris, rue Jean-Robert, 17.
- Sa fabrication de tubes et moulures en cuivre, qui, dès 1834, fut l’objet d’une médaille de bronze, continue à tenir honorablement le rang qu’elle s’était fait. Le nom de M. Grondard dès longtemps estimé dans l’industrie , se trouvera rappelé à l’occasion de la construction d’engins puissants dont il est chargé. Le jury se plaît à reconnaître que la maison Grondard soutient honorablement son ancienne réputation et se montre toujours digne delà médaille de bronze qui lui fut décernée.
- MEDAILLE DE BRONZE.
- M. BECQUET, à Paris, rue Dupetit-Thouars, 23, au Marais.
- La fabrication de M. Becquet se recommande non-seulement par la qualité de ses produits, mais par l’intelligence très-particulière qui la dirige. Les preuves s’en trouvent dans cette variété d’objets nouveaux qui s’appliquent, soit aux convenances
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- des magasins élégants, soit aux commodités de la vie. Ainsi, en dehors des moulures très-variées et des tubes en cuivre qui sont de fabrication courante; le jury a distingué un porte-livre qui fixe convenablement les feuillets et s’adapte parfaitement à une baignoire; des sièges en tubes de cuivre d’une solidité éprouvée et qui se renferment dans une canne de volume ordinaire, des charnières à noeuds perdus pour les parties ouvrantes des rampes ou mains courantes ; un tablier de cheminée dans lequel les contre-poids, si sujets à se déranger, sont supprimés et remplacés par un simple frottement faisant équilibre au poids des trappes ; des châssis de montres, h tirage d’une entente remarquable et beaucoup d’autres objets qui recommandent très-hautement l’atelier de cet exposant. Le jury s’empresse de décerner à M. Becquet une médaille de bronze.
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- TABLE DES MATIÈRES.
- Exposé sommaire des faits relatifs à l’exposition des produits de l’industrie française , en 1844. . . . Pag. v
- Ordonnance du Roi................................ vu
- Circulaires de M. le Ministre de l’agriculture et du commerce .....................................• . • * x
- Membres du jury central nommés par l’ordonnance du Roi
- et l’arrêté ministériel. .........................xxxi
- Constitution du jury central...................... . xxxvi
- Liste des rapporteurs . ........................ xxxvm
- Travaux du jury et analyse de ses décisions générales. . xlh Classification et distribution des récompenses. .... l
- Discours de M- le baron Thénard.................. lu
- Réponse du Roi...................................... lxvi
- Liste des exposants, des artistes et des savants auxquels le Roi a décerné la décoration de la Légion d’honneur. lxxi
- PREMIÈRE COMMISSION.
- TISSUS.
- PREMIÈRE PARTIE.
- LAINES ET LAINAGES.
- Première Section. — Amélioration des laines...........1
- Première division. — Laines à carde . . ..... 4 8
- Deuxième division. — Laines à peigne...................22
- Section II. — Filage de la laine et du cachemire . ... 28
- Première division. — Laine peignée....................28
- Deuxième division. — Laine cardée......................45
- Troisième division. — Filage du cachemire..............52
- Section III. — Tissus de laine . .................... . 55
- Première division. — Étoffes drapées e^t mélangées ... 55
- Draperie fine et draperie de l’est et du centre.......68
- Draperie moyenne et commune . ......... 96
- Couvertures ..........................................422
- Deuxième division. — Étoffes non foulées en laine pure ou mélangée . . ...................................... 130
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- Étoffes de Paris.................................Pag. 445
- Étoffes de Rouen , Alençon , Mulhouse . ............4 54
- Étoffes de Reims.....................................'ISS
- Étoffes d’Amiens......................................469
- Étoffes de Roubaix....................................472
- Section IV. — Châles de cachemire et leurs imitations. . 4 98
- Châles de Paris.....................................24 0
- Châles de Lyon......................................227
- Châles de Nîmes.....................................230
- DEUXIEME PARTIE.
- SOIES ET SOIERIES.
- Première Section. — Soies grèges et ouvrées. .... 237
- Section II. — Tissus de soie.................. 272
- § 4. — Soieries de Lyon.............................280
- § 2.—Rubans. .........................................296
- § 3. — Soieries et articles de Nîmes et Avignon.....306
- | 4. — Peluches de soie.............................317
- § 5. —Tissus de crin................................328
- § 6. — Soieries de Tours............................330
- Section III.—Bonneterie , tricot et passementerie . . . 332
- § 4. — Bonneterie.....................................332
- § 2. — Passementerie....................< . . . 364
- TROISIÈME PARTIE.
- FILS ET TISSUS DE COTON.
- Première Section.—Filature et retordage................377
- Filature du coton..................."...............389
- Retordage ..........................................400
- Tableau des filatures dont les produits sont exposés . . . 402
- Section II. —Tissus de colon unis, écrus et blancs, tissus de couleur, tissus clairs et légers unis, brochés ou brodés. 403 Première division. — Tissus serrés unis , écrus et blancs. 412 Deuxième division. — Tissus en coton de couleur. . . . 422
- Troisième division. — Fabrication de Rouen............427
- Quatrième division. — Tissus divers...................433
- Cinquième division. — Tissus de coton clair et léger, brochés et brodés........................................438
- QUATRIÈME PARTIE.
- Préparation du lin et du chanvre , Filature , Tissage des Toiles unies , Toiles a voiles , Batistes , Linge damassé, Coutils, Tuyaux sans couture.................445
- Première Section. — Teillage du lin et du chanvre. , . 463
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- Section II. — Filature .........................Pag. 464
- Section III.—Tissage.................................475
- § 1. — Toiles ouvrées ou damassées...................475
- §2. — Batistes, toiles fines et mouchoirs............479
- § 3. —Toiles unies, ordinaires et communes...........482
- § 4.—Toiles à voiles.................................\ 492
- § 5. — Coutils............................................ 496
- ÿ 6. — Tuyaux sans couture..................................498
- CINQUIÈME PARTIE.
- Tissus imprimés.............................................500
- Étoffes imprimées en relief.............................526
- Omission à la page 91 : Draperie........................528
- SIXIÈME PARTIE.
- TISSUS DIVERS.
- Première Section. — Tapis...............................529
- Section II.— Tapisseries au métier et à l’aiguille . . . 542
- Section III. — Dentelles, tuiles, broderies.............545
- Dentelles et tulles.....................................549
- Broderies...............................................555
- Section IV. — Gazes et tissus de soie pour bluterie . . 557
- Section V. — Tissus de verre............................558
- Non-exposants...........................................558
- Recommandation spéciale.................................564
- DEUXIÈME COMMISSION.
- MÉTAUX ET AUTRES SUBSTANCES MINÉRALES.
- Première Section. — Substances minérales................566
- § 1. — Industrie des marbres............................566
- 1. Marbriers exploitant des carrières.............571
- 2. Marbriers mettant en œuvre les marbres du commerce 584
- § 2. — Albâtres....................................589
- 1. Alabastrite anhydritique.......................589
- 2. Albâtre de chaux sulfatée......................590
- § 3. — Substances minérales employées dans les arts . . 594
- I-. Pierres à lisser , molettes et brunissoirs......594
- II. Meules de grès artificiels.....................593
- III. Émeri et ses préparations.....................595
- IV. Meules de pierre meulière, meules de moulin . . 597
- $ 4.— Ardoises.....................................599
- f 5. —Pierres lithographiques............................ 604
- § 6. — Plastique par incrustation et concrétion calcaire. « 607
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- § 7. Substances minérales combustibles .... Pag. 611
- I. Plombagine (Crayons de plombagine artificielle ) . . 611
- II. Houille mise en œuvre..................... . . . 615
- III. Des bitumes, goudrons , et de leurs applications ( et
- vol. Il, arts chimiques)..........................616
- Section II.— Métaux divers..............................622
- §1.- Plomb........................................ ... 622
- § 2. — Cuivre et chaudronnerie..........................632
- Plaqué..................... . . .....................638
- § 3. — Zinc.................................... 638
- Fer galvanisé........................................ 64-0
- § 4. — Laiton..............................................645
- § 5. — Étain, étamage de la fonte, or faux, bronze en
- poudre, cloches.........................................646
- § 6. Battage de l’or....................................653
- ÿ 7. Tréfilerie, fer blanc, clouterie., peignes à lisser . . 657
- *§ 8. — Toiles et tissus métalliques.......................664
- § 9. — Aiguilles................,.......................667
- Section III. — Applications de l’électricité...............669
- Plaques métalliques propres à la photographie .... 678
- Section IV.— Fers, fonles, tôles, fers-blancs , fonderies,
- arts divers............................................ 680
- § 4.—Industrie des fers....................................695
- § 2.— Tôles et fers-blancs.................................729
- ^ 3. —Fontes............................................. 733
- § 4. — Arts divers.........................................752
- Non-exposants...........................................756
- Section V. — Aciers, limes, faux, outils de forges, quincaillerie, vis à bois, etc., coutellerie...................759
- § 4. —Aciers...............................................759
- § 2. — Limes...............................................780
- 3. —Faux................................................790
- §4. — Outils de forges, enclumes, étaux, soufflets . . 796
- $ 5. — Quincaillerie.......................................806
- §6. — Boulons, charnières, fers estampés . . . . . 819
- §7.—Coutellerie ...........................................828
- Section VI. — Serrurerie, quincaillerie, etc. . | . . . 854 ÿ 4. — Moyens de fermetures, crémones , espagnolettes . 854
- § 2. — Meubles en fer......................................860
- §3. — Serrurerie et quincaillerie proprement dite . . . 867
- § 4. — Moulures en cuivre..................................874
- FIN DE LA TABLE DU PREMIER VOLUME.
- (Voyez Y Errata général à la fin du troisième volume. )
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TOME 2
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- EXPOSITION
- DES PRODUITS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE.
- DU JURY CENTRAL
- EN 1844.
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- EXPOSITION
- DES PRODUITS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE EN 1844.
- RAPPORT
- Dl! JURY CENTRAL.
- TOME DEUXIÈME.
- PARIS.
- IMPRIMERIE DE FA1N ET THUNOT ,
- hue Racine , 28, près de l’Odoon.
- M DCCC XL1V. ,
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- DU JURY CENTRAL
- SUR LES PRODUITS
- DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE
- * *1
- en 1844.
- TROISIÈME COMMISSION.
- MACHISTES.
- Membres de la Commission.
- MM. Dupin (Baron Charles), président; Chevalier (Michel )., Combes, Delamorinière, Durand (Amédée), Gambey, Griolet, Héricart de Thury (Vicomte), Koeciilin (André), Mimerel , ingénieur; Mole, Morin, Olivier, Payen, Pouillet, Séguier (Baron), Yvart.
- SECTION PREMIÈRE.
- § 1er. MACHINES ET INSTRUMENTS SERVANT
- A l’agriculture.
- M. L. Moll, rapporteur.
- Considérations générales.
- Les instruments aratoires participent tous plus ou moins du caractère de l’industrie à laquelle ils sont consacrés. Ils n’ont rien qui plaise aux
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- yeux, rien qui frappe l’imagination. Même les mieux faits offrent encore les apparences d’une construction grossière, dénuée de ces applications scientifiques, de ces combinaisons ingénieuses qu’on admire dans les machines industrielles. Pour en apprécier l’importance, il faut se rappeler Y immense intérêt qui s’y rattache , la population qu’ils font vivre, les produits qu’ils créent, le capital qu’ils mettent en valeur. Pour en juger la construction, il faut connaître les difficultés que présentent la culture des diverses natures de terres et les nombreuses conditions qu’ils doivent remplir. Il faut se rappeler que si la fabrication en est encore trop généralement entre les mains de la classe ignorante des charrons et des maréchaux de campagne, la science, même appuyée sur la pratique, n’a pas toujours réussi à faire beaucoup mieux, et qu’on a vu des hommes d’un grand savoir échouer dans la construction de ces machines en apparence si simples et si grossières. ..
- Mais, si le perfectionnement de ces instruments présente' des difficultés plus grandes qu’on ne le suppose'généralement, et si,, malheureusement, dans nos idées actuelles, on y attache peu de valeur, précisément à cause de leur apparente simplicité, ces difficultés et plus encore' l’importance des résultats en font incontestablement un
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- des objets les plus dignes d’occuper les hommes de science et d’intelligence. Tout est gigantesque dans l’ensemble de l’agriculture, tout s’y résume en sommes énormes. Le savant rapporteur de .1834, en parlant de la charrue, faisait remarquer que nous lui devons annuellement pour une valeur de plus de 2 milliards en céréales seulement. Ajoutons que les instruments aratoires en général contribuent pour une large part à ce chiffre de 6 milliards qui constitue la valeur de la production annuelle de l’agriculture en France. Ajoutons également que lorsqu’on agit sur des éléments pareils , les moindres améliorations ont des effets immenses du moment où elles se généralisent. On évalue à 1 million environ, le nombre des charrues fonctionnant en France, et à 250 francs en moyenne, laMépense occasionnée par une bête de trait, cheval, mulet ou bœuf. Que par des perfectionnements que la science et F expérience ont déjà fait connaître, on puisse, sur un dixième de ce nombre , économiser une bête, et l’on aura réduit de 25 millions le chiffre des dépenses occasionnées par la culture. Et, certes, ce résultat n’est*pas impossible, car il a déjà été atteint et même dépassé sur beaucoup de points. Et ce n’est là encore qu’un des côtés de la question. Les grattages irréguliers et superficiels remplacés par des labours réguliers et
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- profonds, et, comme conséquence, la possibilité de cultiver, dans le sol ainsi traité, beaucoup de plantes qui n’y réussissaient pas auparavant, notamment les fourrages artificiels et les récoltes-racines, base de la culture perfectionnée, la puissance productrice de la terre augmentée, la production générale accrue, et surtout rendue moins dépendante des circonstances atmosphériques, tels sont les résultats du seul perfectionnement de la charrue. S’il était possible de les traduire en données numériques parfaitement exactes, on obtiendrait sans doute des chiffres qui seraient de nature à modifier singulièrement les idées généralement admises sur l’importance relative des diverses branches de la fortune publique.
- Que l’on étende ce raisonnement aux autres machines si variées qu’emploie l’agriculture et l’on ne s’étonnera pas de la part que le jury a cru devoir accorder dans ses récompenses à cette belle et grandiose industrie qui occupe et fait vivre 24 millions de Français, subvient pour la. plus large part aux dépenses de l’État, lui fournit la majeure partie de ses défenseurs pendant la guerre, ses travailleurs les plus pacifiques, les plus laborieux, les plus moraux pendant la paix ; qui est, enfin, la base fondamentale delà prospérité et de la puissance de la France.
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- Si un examen superficiel ne laisse rien apercevoir de saillant, parmi les machines agricoles exposées cette année, une étude approfondie fait voir plusieurs perfectionnements, minimes en apparence, mais importants en réalité, en ce qu’ils tendent à rendre pratiques ou à faire accepter par des populations routinières, des instruments qu’elles repoussaient jusque-là. On aperçoit enfin le progrès presque partout, même dans des machines évidemment défectueuses, mais qui témoignent chez leurs auteurs, simples maréchaux ou charrons de campagne * d’une tendance manifeste à sortir des vieilles voies de la routine.
- Ajoutons ici que malgré l’état arriéré de l’agriculture dans beaucoup de parties de la France, l’ensemble de notre pays est néanmoins un des plus en progrès pour les machines agricoles, et n’ést dépassé, sous ce rapport, que par l’Angleterre et la Belgique.
- Charrues.
- C’est, comme on sait, l’instrument aratoire par excellence. Dans certaines contrées, malheureusement encore trop nombreuses en France, la charrue est même le seul instrument employé à la culture du sol.
- Si le progrès tend à remplacer, dans beaucoup
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- de circonstances, le travail lent et coûteux de cette machine par le travail plus économique et plus rapide de quelques autres instruments dont il sera question plus loin, la charrue n’a cependant rien perdu de son importance. Comme nous venons de le dire, le perfectionnement en est intimement lié au progrès général de l’agriculture.
- Étant donnée une surface de terrain d’une certaine épaisseur, découper ce volume de terre par bandes de. la longueur du champ et d’une largeur donnée, et les retourner sens dessus dessous : tel est le problème du labour, tel est le travail que doit exécuter la charrue.
- La première condition d’une bonne charrue est naturellement de faire un bon labour. Pour que cette opération puisse êtreconsidérée comme telle, il est indispensable que l’instrument détache la tranche de terre par une section verticale et par une section horizontale, que cette dernière soit complète et à plat, ou plutôt parallèle à la surface ; que la charrue fasse faire à la bande de terre une révolution de 130 à 140° ayant une de ses faces pour axe, le tout sans la comprimer, mais au contraire en l’ameublissant.
- Une autre condition également fort importante, c’est d’exiger le moins de tirage possible.
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- Une troisième çondition, c’est de permettre de varier, dans des limites assez étendues, la profondeur et la largeur de la bande de terre, sans cesser défaire un bon labour.
- Enfin, une bonne charrue doit être solide, d’une construction simple et peu coûteuse, d’une réparation facile, et n’exiger de la part du laboureur ni trop de force, ni trop d’habileté.
- L’exposition de 18/iA n’est pas restée, pour les charrues, en arrière des précédentes. S’il est quelques-uns de ces instruments qu’on s’étonne à bon droit d’y voir figurer, et que le respect seul pour les décisions des jurys départementaux a pu y maintenir, il en est beaucoup d’autres qui, soit dans leur ensemble , soit dans des détails plus ou moins essentiels, présentent des perfectionnements dignes de l’attention du jury.
- Établissements ou Ateliers de construction d’instruments
- aratoires , charrues.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. de RAFFIN et Cie, propriétaires de la fonderie et fabrique d’instruments aratoires de la; Pique, près Nevers (Nièvre),
- Ont l’un des établissements les plus considérables de France pour la construction des machines.
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- agricoles. Les nombreux instruments qu’ils livrent à l’agriculture se distinguent en général par des prix très-modérés, une grande solidité et une construction soignée. MM. de Railin ont exposé, entre autres objets, deux charrues qui diffèrent de celles qu’ils construisaient précédemment : ce sont des araires un peu modifiés, unis à l’avant-train Bressol. La vogue qu’ont aujourd’hui ces charrues dans la Nièvre et les départements voisins, prouve les avantages de cette combinaison.
- Honorés d’une médaille d’argent en i83q, MM. de Rafïin etC10, ont paru toujours dignes de celte distinction dont le jury s’empresse de leur accorder le rappel.
- M. ANDRÉ-JEAN, agriculteur au château de Saint-Selves, arrondissement de Bordeaux (Gironde) ,
- A présenté de nouveau sa charrue pour laquelle le jury de i83q lui décerna une médaille d’argent. Cette charrue est trop connue pour qu’il soit nécessaire d’en donner ici une description. Il suffit de dire que M. André-Jean a apporté plusieurs perfectionnements dans la jonction de l’âge avec l’avant-train, dans la transmission du tirage, de manière à donner encore plus de fixité à l’instrument, et surtout dans la forme du versoir qui ; aujourd’hui, paraît devoir offrir beaucoup moins de résistance que précédemment, au passage de la bande- de terre.
- Ce ne sont pas là du reste les seuls titres de M. André-Jean 5 cet agronome éclairé se recommande
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- par de grands et importants travaux de défrichements et d’amélioration foncière dans la Charente-Inférieure et dans la Gironde. Il vient enfin, avec son associé, M. le major Bronski, un de nos plus habiles éducateurs de vers h soie, de doter la France d’une nouvelle race de vers, dont les produits exposés cette année ont excité l’admiration du jury et du public.
- Le jury n’hésite pas à accorder à M. André-Jean le rappel de la médaille d’argent.
- NOUVELLES MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. MOTIIES frères et Cie, mécaniciens, à Bordeaux ( Gironde ),
- Ont exposé une machine à battre le grain, un hache-paille simple, un coupe-paille-racines et une charrue à défricher.
- La machine h battre, quoique empruntée au système de Meikle, s’en éloigne cependant plus que toutes nos autres machines françaises. L’appareil de battage se compose d’un axe horizontal autour duquel sont fixés cinq batteurs parallèles dont on peut, par une combinaison ingénieuse, modifier la forme en les rendant anguleux, plats, arrondis, suivant le degré d’énergie que l’on veut donner au battage. Cette faculté rend cette machine plus propre que les autres aux départements méridionaux oùl’on tient h briser la paille, de même qu’au battage de Forge dont on veut séparer les barbes. Le contre-batteur, au lieu d’être une surface fixe, cannelée et concave, est un plan à peu près horizontal, for-
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- niant tangente au cercle décrit par le batteur. Il est à bascule et réglé par un contre-poids qui lui permet de se rapprocher ou de s’éloigner du batteur suivant l’épaisseur plus ou moins grande de la couche de grain introduite par les cylindres alimentaires. Cette disposition a pour effet de rendre à peu près impossibles les accidents si fréquents qui résultent de la fixité du contre-batteur dans les machines ordinaires; elle a en outre pour effet, concurremment avec l’ingénieux secoueur adopté par MM. Mo-thes, de conserver la paille et de la rendre presque en aussi bon état que pourrait le faire le fléau. Cette machine, quoiqu’elle ne soit pas à proprement parler portative, est néanmoins disposée de façon à pouvoir être facilement enlevée, y compris le manège, transportée sur une charrette et installée promptement dans une grange quelconque ou sous un hangar.
- Sanschanger de système, les auteurs ont apporté de notables perfectionnements à leur machine depuis 1889. Des expériences faites sous les yeux du jury, dans une grande exploitation des environs de Versailles, où depuis un an on se sert exclusivement de cette machine, et les attestations de plusieurs agriculteurs honorables qui en font également usage, ne laissent plus de doutes à cet égard.
- Le prix de 1800 fr. pour la machine à deux chevaux figurant à l’exposition, a paru élevé. Ajoutons néanmoins que 112 de ces machines livrées à l’agriculture depuis une dizaine d’années, et le nombre croissant de commandes que reçoivent MM. Mo-
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- thés, tendent à prouver que les avantages compensent ce prix.
- Le hache-paille construit sur un système nouveau est sans contredit l’un des meilleurs instruments de ce genre que nous possédions. Par le moyen d’un simple écrou, il offre la faculté de varier à l’infini la longueur à laquelle on veut couper la paille, ce qui le rend plus propre qu’aucun autre pour la première préparation à donner à l’ajonc. La pièce principale est un couteau tranchant des deux côtés et fixé obliquement sur un cadre vertical placé devant la gaine où est renfermée la paille. Par suite du mouvement vertical de va-et-vient imprimé au cadre, le couteau coupe en montant et en s’abaissant toute la portion de paille qui dépasse le seuil de la gaine. Des dispositions simples et ingénieuses font avancer cette paille et la compriment au moment oùle couteau l’entaille.
- Gomme un volant est nécessaire à cette machine, MM. Mothes ont eu l’idée d’en tirer parti pour établir sur le même bâti un coupe-racines. Leur volant est donc un disque en fonte muni de quatre lames, découpant en tranches ou en paraliélipi-pèdes les racines contenues dans la trémie placée au-dessus de la gaine à paille. Les deux appareils marchentsimultanément ou séparément, à volonté.
- La charrue qu’ils ont exposée est, comme celle de M. Lebachellé, construite sur le système Moll. Mais l’application en est un peu différente en raison du travail spécial que cet instrument est appelé à exécuter ; c’est une charrue destinée au défrichement et aux défoncements. Elle a fait ses preuves
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- dans plusieurs grands défrichements de landes entrepris aux environs de Bordeaux. Suivant des renseignements tirés de sources non suspectes, on aurait pu faire, avec cet instrument, ce que l’on considérait comme impossible jusque-là dans le pays : défricher de vieilles landes d’ajoncs sans le secours de la pioche et de la tournée, par consé-r quent avec une notable économie.
- MM. Mothes fabriquent en outre des manèges isolés, des tarares, des concasseurs de grains, etc. Toutes ces machines sont d’un prix qui n’a rien d’exagéré, et présentent, sinon beaucoup de fini dans l’exécution, du moins une grande solidité; Ces mécaniciens emploient moyennement 40 et quelques ouvriers et 4 chevaux. Ils mettent en oeuvre annuellement 5o milliers métriques de métaux, fer, fonte et cuivre, et livrent pour une valeur de 80 à 100 mille francs de produits.
- Honorés d’une médaille d’argent en i834, d’un rappel de cette même médaille en 1889, ils ont mérité , pour l’ensemble de leurs travaux, par leurs persévérants efforts et les perfectionnements réels qu’ils ont apportés à la plupart de leurs produits, une nouvelle médaille d’argent que le jury s’estime heureux de leur décerner.
- M. CAMBRAY père, fabricants d’instruments aratoires, à Paris, rueSt.-Maur-du-Temple, 47,
- A exposé une série de machines relatives à l’agriculture, et qui la plupart se distinguent par une confection soignée. Le jury a surtout remarqué une machine du prix de 220 fr., renfermant dans le
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- même bâti hache-paille et concasseur pour le grain ; une autre machine du même prix offrant le hache-paille et le coupe-racines réunis; une machine destinée à la préparation de l’ajonc épineux, et composée d’un hache-paille à lame en hélice à la partie supérieure et de deux paires de cylindres cannelés, superposées l’une à l’autre. Les deux cylindres de chaque paire se meuvent en sens contraire et avec des vitesses différentes, de manière à produire non pas seulement un effet de laminage* mais encore un frottement très-énergique dont on peut espérer un bon résultat pour la destruction des pointes acérées de l’ajonc. Cet instrument est du prix de ^oo fr. M. Cambray a exposé en outre des coupe-racines â disque pour découper les racines et tubercules en parallélipipèdes, des hache-paille en hélice , des moulins à concasser la drêche des brasseurs, une râpe à pommes de terre, un tarare; enfin un buttoir et quatre araires de dimensions et de formes diverses pour les différentes espèces de sols et de labours. Il fabrique aussi de bonnes machines pour égrainer le maïs, des manèges de force variée, des machines à battre, etc.
- M. Cambray a, depuis 1819 , la plus importante fabrique d’instruments aratoires de Paris. Il occupe une trentaine d’ouvriers dans ses ateliers et une vingtaine au dehors. Il reçut en i834 la médaille d’argent, en i83q le rappel de cette même médaille; le jury de 1844 n’hésite pas à lui décerner une nouvelle médaille d’argent, en récompense de ses nouveaux et persévérants efforts.
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- MM. ROSÉ et Cie, mécaniciens, rue de Lancry, 20, à Paris.
- Parmi les mécaniciens qui s’occupent de machines agricoles, M. Rosé est un des plus intelligents et des plus actifs. Sa charrue est, après celle de M. de Dombasle, la plus connue et la plus répandue de toutes les charrues perfectionnées, en même temps qu’elle est une des moins chères. Il a le premier introduit en France le soc américain, si simple et si avantageux, et il est l’inventeur du support simple et ingénieux qui donne à ses charrues les avantages des charrues à avant-train sans les priver de ceux inhérents aux araires. Plusieurs autres instruments aratoires lui doivent également des perfectionnements réels. Ses buttoirs entre autres peuvent être rangés parmi les meilleurs.
- Il a exposé deux charrues faites d’après son ancien système, une machine à un cheval pour battre les grains, construite sur le système des machinés en travers, propres à conserver la paille; un hache-paille et un coupe-racines à disque. Tous ces objets se distinguent par une bonne confection et par des prix modérés. Le coupe-racines, par la disposition et la forme des couteaux, a paru de nature à diminuer la résistance.
- A l’exposition de i834, M. Rosé, alors associé de M. de Rafïin, reçut, concurremment avec celui-ci , une médaille d’argent, et en i83g le rappel de cette même médaille. Le jury , en considération de ses derniers travaux, lui accorde une nouvelle médaille d’argent.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. BODIN, directeur de l’école d’agriculture de Rennes ( Ille-et-Vilaine ),
- A exposé un scarificateur et deux charrues simples. L’une, du prix de 75 fr., est une charrue de défrichement de la plus forte dimension, sur le système Dombasle. La seconde, du prix de 45 fr., est une charrue moyenne, système américain à ver-soir plus court, mais mieux contourné. Toutes deux se distinguent par une remarquable solidité, parla longueur plus grande des mancherons et par la modicité de leur prix.
- Le scarificateur est un des plus simples que nous ayons. 11 peut remplacer avec avantage les scarificateurs plus compliqués, pour tous les travaux légers. Il ne coûte que 90 fr., et présente toutes les dispositions qui distinguent les bons instruments de ce genre, si ce n’est qu’il manque de supports par derrière, ce qui, dans certains terrains, pourrait avoir pour résultat de le faire pénétrer trop avant. Le jury considérant les avantages que présentent ces trois instruments , considérant surtout les services signalés rendus à l’agriculture du département par M. Bodin, depuis onze ans, lui accorde une médaille d’argent.
- M. de LENTILHAG aîné, directeur de la ferme modèle de Sallegourde ( Dordogne),
- A exposé trois charrues de diverses forces et une herse roulante. Ces trois charrues sont faites sur le système américain modifié. Soc et corps présen-
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- tent, clans les trois charrues, une surface qu’on a reconnue bonne dans certaines terres, mais défectueuse dans d'autres. Approprié aux charrues légères, l’appareil régulateur adopté par Fauteur offre des inconvénients dans celles destinées aux labours profonds. Ces trois instruments se distinguent du reste par une construction simple, solide et surtout par les prix remarquablement bas de 60, 5o et 35 fr.
- Quant à la herse roulante du prix de i3o fr., si le principe n’en est pas neuf, l’application qu’en a faite l’auteur lui appartient, et paraît avoir rempli d’une manière heureuse la plupart des conditions qu’on exige d’un instrument de ce genre.
- Le jury, prenant en considération le mérite de ces quatre instruments et surtout leur prix peu élevé, ainsi que les services rendus par l’auteur comme directeur de la ferme-modèle de Salle-gourde, lui décerne une médaille d’argent.
- M. LEBACHELLÉ, agriculteur, à Livry, près Paris ( Seine-et-Oise ),
- A exposé une charrue.
- Depuis les essais infructueux du président Jefferson, d’Arbuthnot et de Hachette, pour déterminer géométriquement la forme à donner au corps de la charrue, on paraissait avoir abandonné cette voie de perfectionnement, du moins aucune tentative de ce genre n’avait reçu de publicité, MM. de Yalcourt et Lambruschini n’ayant encore rien fait connaître de leur système, lorsque M. Le-bachellé, agriculteur habile et qui depuis longtemps
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- avait senti l’imperfection que présentent, sous ce rapport, même les charrues les plus renommées, après beaucoup de tâtonnements, ayant eu connaissance du système proposé par M. Moll pour la génération de la surface du versoir, résolut de l’appliquer, quoique ce système n’eût pas encore reçu la sanction de l’expérience.
- Guidé par les indications de la pratique et aide des conseils de l’auteur, M. Lebachellé est parvenu à perfectionner le système et à lui donner toutes les conditions voulues.
- Yoici en quoi consiste cette construction : le corps de la charrue, soc et versoir compris, constitue une surface gauche composée de deux portions distinctes; la partie supérieure est une surface réglée dont les génératrices sont horizontales, et dont les directrices sont la gorge et l’arête postérieure du versoir. Dans la portion centrale et inférieure , la droite mobile qui engendre la surface, s’incline dans certaines proportions, en s’appuyant sur la partie moyenne de l’arête postérieure du versoir, et sur toute la portion restante de la gorge ainsi que sur le tranchant du soc.
- Tel est le principe général au moyen duquel on a pu ramener la génération de la surface du versoir et du soc à la génération des deux demi-coins qui composent normalement le corps de la charrue, et obtenir une surface qui, dans toutes les positions et les mouvements de la bande de terre, présentât toujours à celle-ci les éléments d’un plan incliné.
- Quant aux détails d’application, ils ne sont point déterminés d’avance : longueur, hauteur, écarte-
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- ment du versoir, largeur du soc, courbures de l’arête postérieure, du versoir et de la gorge, tous ces points, fort essentiels du reste, peuvent varier à l’infini et donner lieu à autant de variations dans la forme du versoir, condition indispensable pour qu’un système puisse être appliqué à toutes les natures de sol, k tous les besoins si divers delà culture.
- La charrue exposée par M. Lebachellé a reçu la pleine sanction de l’expérience. Depuis près de deux ans qu’il en fait usage à l’exclusion de toute autre, il a pu réduire notablement ses frais de culture. Le rapporteur d’une commission nommée par la Société royale et centrale d’agriculture, a visité à plusieurs reprises la belle exploitation de M. Lebachellé , et a trouvé celui-ci occupé à défricher des luzernes avec deux chevaux, tandis que cette opération en exige quatre avec la charrue du pays et au moins trois avec les meilleures charrues perfectionnées. Dans l’automne de i843, M. Lebachellé a pu dédoubler ses attelages et faire près de 3oo hectares de labour avec ses charrues attelées d’une seule bête. Les certificats les plus explicites, délivrés par les meilleurs agriculteurs du voisinage et légalisés par le maire de Livry , ne laissent plus le moindre doute sur l’excellence de cet instrument.
- En présence de ces faits, le jury n’a pas hésité k décerner k M. Lebachellé une médaille d’argent.
- M. TROCHU, propriétaire-agriculteur, à Belle-Isle-en-Mer ( Morbihan ),
- A exposé un istrument qu’il appelle Charrue-Omnibus. Cette charrue qui, k l’état normal, a la
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- forme d’un buttoir, c’est-à-dire, un soc en triangle isocèle et deux versoirs, au moyen de plusieurs dispositions , dont quelques-unes fort ingénieuses, peut servir successivement à labourer en billons, à labourer à plat, à butter, sarcler et biner les récoltes en lignes.
- Le caractère général du progrès, en agriculture comme en industrie, a été toujours bien moins d’approprier la même machine à un grand nombre d’emplois divers, de faire des instruments à fins multiples, qu’à créer, pour chaque genre de travail , des machines spéciales. C’est le principe si avantageux de la division du travail appliqué aux machines, et l’on sait que ce n’est que par l’observation de ce principe que la grande culture peut lutter contre la petite, car c’est le seul moyen d’avoir des machines exécutant un travail avec perfection et économie, en un mot, parfaitement appropriées à l’usage auquel on les destine.
- De là il résulterait que la charrue-omnibus est un instrument dénué d’utilité. Il n’en est cependant pas tout à fait ainsi. Sans doute cette machine exécute la plupart des opérations citées plus haut d’une manière moins parfaite que les instruments construits ad hoc. Mais partout et toujours il faut prendre les choses au point où elles en sont, et c’est surtout en agriculture que le mieux est souvent l’ennemi du bien. Si la charrue-omnibus ne saurait être recommandée dans les pays de bonne et riche culture, il n’en est pas de même dans les pays à culture arriérée. Ici elle peut favoriser l’introduction de certaines récoltes, de certains assole-
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- ments, en un mot, d’innovations constituant un progrès véritable et que le cultivateur ajournerait, peut-être, indéfiniment, s’il fallait, au préalable et comme première condition, acheter un certain nombre d’instruments nouveaux. En attendant que l’esprit d’association, en se répandant parmi les cultivateurs, permette à la petite et à la moyenne cultures d’employer des instruments perfectionnés, la machine de M. Trochu pourra leur être également fort utile, soit, comme on vient de le dire, en favorisant des innovations heureuses, soit en réduisant les frais de production.
- La charrue-omnibus coûte ioo fr. et peut, au besoin, remplacer 3 ou 4 instruments coûtant le double ou le triple.
- Ainsi donc , comme acheminement, comme moyen de transition vers un état de choses plus parfait, cet instrument présente, pour beaucoup de localités du royaume, un caractère réel d’utilité.
- Quant aux semoirs qui accompagnent la charrue, la nouveauté du système sur lequel ils sont construits impose au jury l’obligation d’attendre les résultats d’une plus longue expérience avant d’émettre une opinion.
- Du reste, fidèle à tous ses antécédents, le jury ne s’en est pas tenu, relativement à l’auteur, aux objets présentés par lui à l’exposition. Il a eu égard aux grands et importants travaux exécutés par M. Trochu dans sa vaste propriété de Belle-lsle-en-Mer, travaux dont les heureux résultats ont contribué pour beaucoup aux progrès de la culture jadis si arriérée, dans cette île, à l’accroissement de
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- la richesse publique, à l’augmentation énorme de la valeur des terres,,
- Prenant en grande considération cet ensemble de travaux si utiles, le jury n’hésite pas à décerner à M. Trochu la médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. DUCROT, à Garchizy-Fourcliambault (Nièvre),
- A exposé une charrue Dombasle qui se distingue par son prix très-modéré (55 fi\), et une modification assez bonne du régulateur; ainsi qu’une charrue à avant-train, système Pluchet modifié, qui paraît donner à l’instrument presque autant de stabilité que le système Granger, et permet en outre de faire varier l’enrayure. Elle coûte i io fr. Le jury reconnaissant des mérites à ces deux instruments, qui d’ailleurs sont assez répandus dans le département de la Nièvre, accorde à l’auteur le rappel de la médaille de bronze déjà obtenue par lui en 1839.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. ALLIER (Edouard), à Gap (Hautes-Alpes).
- La charrue de M. Allier est destinée à faire des labours à plat, labours dans lesquels la bande de terre est renversée constamment vers le meme point de l’horizon. Ces labours, d’une exécution plus facile que ceux dits en billons, nécessaires d’ailleurs sur les pentes rapides, ou lorsqu’il s’agit de
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- disposer un terrain pour l’arrosage, présentent un inconvénient fort grave, la forme essentiellement vicieuse des charrues destinées à les effectuer. M. Allier a réussi à donner k sa charrue tourne-oreille, sinon toute la solidité, du moins toutes les autres qualités que présentent les charrues à ver-soir fixe, et cela au moyen d’un soc en triangle-rectangle tournant dans des pitons de manière à présenter son tranchant alternativement à droite et à gauche, et de 2 versoirs estampés, ayant la forme des versoirs Dombasle, mais dont l’un verse k droite, l’autre k gauche. Une petite place ménagée entre les deux mancherons sert k porter celui des deux versoirs dont on n’a pas besoin, car il n’y en a jamais qu’un seul employé k la fois.
- L’idée de M. Allier n’est pas neuve, mais il a su l’appliquer d’une manière plus simple et plus ingénieuse* qu’on ne l’avait fait jusque-là.
- Une autre particularité de sa charrue, c’est la régulation pour la profondeur, placée à l’étançon postérieur qui est une tige de fer méplate, percée de trous servant à fixer l’âge dans la position convenable, au moyen d’un clavette. Ce système n’est pas plus neuf que l’autre, mais là encore M. Allier a su éviter en partie le manque de solidité qu’il présente d’ordinaire et qu’on avait pu remarquer dans la même charrue figurant k l’exposition de i83g. La supériorité de la charrue actuelle sur celle de 1839 résulte de la forme meilleure des versoirs, et de l’amélioration générale de la construction. Partout la fonte est remplacée par le fer, ce qui rend la charrue plus légère, plus solide et les répara-
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- tions plus faciles, conditions indispensables dans le pays pauvre et arriéré auquel' est destiné cet instrument. Cette circonstance explique et justifie le prix de ioo fr. auquel il est coté.
- Ajoutons ici que M. Allier, comme directeur de la ferme modèle des Hautes-Alpes, a rendu des services réels à l’agriculture de ce département. Le jury lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. LÉBERT, à Pont, commune de Bailleau-sous-Gallardon ( Eure-et-Loire ),
- A présenté un scarificateur et deux charrues. L’une d’elles, dite Charrue-Fourche, avec avant-train, offre une disposition ingénieuse, au moyen de laquelle le laboureur peut faire varier l’entrure sans . arrêter, et sans que la solidité de la charrue puisse en souffrir, le tirage s’effectuant, noii pas sur l’âge supérieur mobile, mais sur un petit âge fixe placé au-dessous. '
- La seconde charrue qui est un araire à support, possède la même faculté, mais par une autre disposition : une tringle de fer parallèle à l’âge, ayant à l’extrémité postérieure une manivelle à portée du laboureur, et à l’extrémité antérieure un pignon qui engrène avec une crémaillère portant la petite roue de devant. Les deux charrues présentent, en outre, une particularité qui a fixé l’attention du jury, c’est un petit soc fixé par une forte tige an talon du sep, à un niveau inférieur à celui du
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- corps de la charrue. Ce soc est destiné à remuer le fond de la raie sans ramener la terre à la surface.
- Le scarificateur présente, quant aux moyens de régulation, la même disposition que la charrue à avant-train. Les pieds sont de simples dents de herse, un peu plus fortes et plus recourbées que d'ordinaire, mais qu’on remplace k volonté par des pieds d’extirpateur ou de scarificateur. Au total, les instruments de M. Lébert, malgré quelques imperfections et leur prix un peu élevé, ont paru au jury dignes de mériter à Fauteur une médaille de bronze.
- M. le comte DOYNEL DE QUINCEY, à Avranches
- ( Manche),
- A exposé une charrue dite Néo-Belge, dans la construction de laquelle il s’est attaché à conserver les formes en général très-bonnes de la charrue du Brabant, tout en modifiant certaines pièces, le soc, par exemple, qui, dans cette dernière charrue, est d’une exécution très-difiicile et revient k près de 4o fr. L’auteur, en adoptant le soc américain en acier, et en substituant la fonte au fer forgé, pour le versoir, le sep et lesétançons, a pu réduire k ^5 fr. sans lui rienôterdesa solidité et de ses autres avantages, le prix de cet instrument qui était jusque-lk de 125 fr. Quoique le système belge de régulation, au moyen du sabot et du rallongement ou raccourcissement des traits, ne soit bon qu’entre les mains d’un laboureur intelligent, le jury reconnaissant de l’utilité k l’adoption plus générale de ce système et appréciant les avantages des modifica-
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- lions apportées à la charrue belge par M. le comte Doynel cle Quincey, lui décerne une médaille de bronze.
- M. LACAZE, fabricant d’instruments aratoires, à Nîmes ( Gard ),
- A exposé une charrue dite Vigneronne, destinée, comme l’indique son nom, à la culture de la vigne qui, dans tout le Midi, se plante en lignes régulièrement espacées. La culture de la vigne par les instruments attelés, n’est pas chose neuve dans ces contrées; mais l’araire employé jusqu’ici à cet usage, est un instrument .si défectueux, qu’on est obligé de multiplier les façons, et de suppléer, en outre, à leur imperfection par de coûteux travaux de main-d’œuvre. M. Lacaze, en appliquant à sa vigneronne les principes reconnus rationnels dans la construction de la charrue, tout en les modifiant de manière à rendre l’instrument particulièrement propre au but qu’il se proposait, a rendu un service signalé à toutes les contrées où la vigne se cultive à la Languedocienne, car il a permis de réduire de moitié le nombre des façons et les travaux de main-d’œuvre.
- La vigneronne de M. Lacaze est une petite charrue très-légère, et néanmoins fort solide, à soc en triangle rectangle, à versoir en tôle, et dont la face de terre, au lieu d’être dans le même plan que l’axe de l’âge, se trouve reportée à o,i5 mètre à gauche, de façon à permettre de cultiver le sol jusqu’aux pieds des ceps, sans endommager ces derniers.
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- M. Lacaze ne s’est pas borné là. Il a travaillé également et avec succès pour l’agriculture proprement dite. Grâce à lui, les bons instruments qu’il a su approprier aux circonstances locales, se sont répandus rapidement dans le Gard et les départements voisins. Grand nombre de bons ouvriers qu’il a formés, disséminés aujourd’hui dans le département, y favorisent l’adoption des bonnes machines en donnant les moyens faciles de les réparer et même en en construisant de nouvelles. Si la société d’agriculture de Nîmes, l’une des plus zélées du royaume, a contribué puissamment à ces résultats, le jury n’en reconnaît pas moins qu’une large part doit en revenir à l’auteur, auquel il accorde, pour la vigneronne, une médaille de bronze.
- NOUVELLE MENTION HONORABLE.
- MM. PARIS et BOCQUET, à Paris, rue du Cadran,
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- Ont exposé une charrue double, une charrue simple et un scarificateur. La première, du prix de 160 fr., destinée aux labours à plat, est la charrue jumelle de M. de Dombasle, à laquelle M. Paris a ajouté un avant-train offrant plusieurs dispositions ingénieuses et qui donne à l’instrument une grande stabilité.
- La charrue simple a un avant-train à peu près semblable à celui de la première, et la même stabilité , circonstance avantageuse dans quelques cas. Ces deux charrues se distinguent par des versoirs fortement concaves qui?, dans certaines terres et
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- pour des labours peu profonds peuvent offrir de la supériorité sur les autres.
- Le scarificateur, du prix de 260 fr., et qui se compose d’un châssis triangulaire monté sur quatre roues, a cela de remarquable que les dents placées sur deux rangées et munies d’arcs-boutants, sont en deux pièces, tige et soc, ce dernier se boulonnant sur la tige et pouvant varier de grandeur suivant le genre de culture à donner, avantage réel, qui néanmoins est peut-être compensé par un manque de solidité, et par la difficulté de ces changements après un certain temps de service. Le jury reconnaissant les efforts de l’auteur qui a déjà reçu une mention honorable en i83q, lui accorde une nouvelle men-tion honorable.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. WILLOCQUET (Alexandre), à Orchies (Nord),
- A exposé une charrue Valcourt, dite dos à dos, modifiée en ce sens qu’au lieu d’un âge double, forçant à dételer les chevaux au bout de chaque raie, il n’y en a qu’un seul qui tourne sur un fort pivot placé au point de jonction des deux corps, et qui permet ainsi de le faire servir alternativement pour l’un et l’autre de ces derniers. L’appareil qui sert à fixer l’âge dans l’une ou l’autre de ces positions est simple et parait suffisamment solide pour les cas ordinaires. L’instrument est tout en fer, les versoirs en tôle, de même que la pyramide renversée qui leur sert de prolongation; les socs, ainsi que le sabot, sont de forme brabançonne. Le prix de 98 fr.
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- a paru modéré au jury, qui considère cet instrument comme une des bonnes charrues pour labourer à plat, et qui accorde en conséquence à l’auteur une mention honorable.
- M. CHABROLLE, à Maray (Loir-et-Cher),
- A présenté une charrue dans laquelle on retrouve, à côté de certaines dispositions de la charrue américaine, l’âge long, le sabot et l’appareil régulateur de la charrue belge. Soc et versoir sont assez bien faits. La disposition générale de l’instrument est bonne, et le prix de 55 fr., auquel il est coté, le met à la portée du simple paysan. Le jury, reconnaissant dans cet instrument un progrès notable sur la charrue du pays, accorde avec empressement à l’auteur une mention honorable.
- M. BOUTET, à Maray (Loir-et-Cher),
- A exposé une charrue, qui ne diffère de celle de M. Chabrolle que par des dimensions un peu plus grandes et parla substitution d’une petite roue au sabot. Ce dernier changement est loin d’être un perfectionnement dans les sols compacts, mais il est souvent exigé par les cultivateurs qui, dans une grande partie de la France, repoussent le sabot. Le prix de 60 fr., auquel le constructeur vend cette charrue, n’a pas semblé trop élevé, et le jury, reconnaissant un progrès réel dans cet instrument, accorde à l’auteur une mention honorable.
- M. DENIS, maréchal-serrurier à Trécy-sur-Serre (Aisne),
- A exposé une charrue multiple ou polysoc à qua-
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- tre corps, lesquels sont fixés sur un châssis analogue à celui de plusieurs scarificateurs. Cet instrument, malgré quelques imperfections de détails, telles que la forme des socs, etc., a attiré l’attention du jury par sa disposition générale qui permet de le croire à peu près exempt de l’inconvénient principal que présentent les polysocs, d’être jeté à gauche. On peut, à priori, le considérer comme très-propre à exécuter les labours légers et surtout la re-couvraille des grains ; ce que, du reste, l’expérience parait avoir confirmé. En conséquence, le jury accorde à l’auteur une mention honorable.
- M. BÀILLET, cultivateur à Fouilloy (Somme),
- A présenté une charrue à trois socs , destinée aux labours k plat. Le corps du milieu, qui est en arrière, a la forme d’un buttoir , dont les deux ver-soirs peuvent s’enlever alternativement en glissant dans une coulisse. La charrue de gauche verse à gauche, celle de droite verse à droite 5 ces deux charrues latérales, basculant sur une espèce de mancheron, peuvent être soulevées de manière à ne pas agir lorsqu’on n’en a pas besoin. Pour labourer à droite on lève la charrue de gauche, ainsi que le versoir de gauche de la charrue du milieu. L’instrument fait alors deux raies en renversant les bandes à droite. Arrivé au bout du champ on abaisse la charrue de gauche, on relève celle de droite, ainsi que le versoir de droite de la charrue du milieu , et l’on reprend de nouveau deux raies, mais en versant à gauche. Cet instrument est ingénieux ; mais il paraît un peu compliqué et manquer de so-
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- îidité. La charrue du milieu ne peut d’ailleurs faire qu’un labour irrégulier quel que soit le côté où elle verse. Néanmoins, comme cette machine peut offrir de l’avantage pour les cultures superficielles partout où on laboure à plat, que d’ailleurs, elle présente une idée neuve et ingénieuse, le jury accorde à l’auteur une mention honorable.
- M. ESTAMPES (Jean), fabricant d’instruments aratoires, à Toulouse (Haute-Garonne),
- A exposé une charrue à laquelle, tout en lui conservant les formes et l’aspect de celle du pays, condition essentielle pour la faire adopter par les cultivateurs, il a apporté des perfectionnements notables, tels qu’un soc en triangle rectangle, beaucoup plus large que celui du pays, et un versoir en tôle mieux approprié pour renverser la terre sans effort. La charrue, au lieu d’être jetée à droite comme celle du pays, marche d’aplomb, et est disposée de manière à pouvoir effectuer des labours très-profonds, chose avantageuse partout, mais surtout importante dans le midi. Sans être exempt de défauts, cet instrument a semblé être au jury un progrès réel sur la charrue locale, aussi n’hésite-t-il pas.à accorder à fauteur une mention honorable.
- M. BÉLÉGUIC (J.-G.), à Douarnénez (Finistère),
- A présenté deux charrues à avant-train, dont l’une simple et l’autre double. Constructeur de navires, M. Béléguic paraît s’être inspiré , dans la construction du corps de ses charrues, des principes
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- observés dans la construction de la coque des navires. Le soc et le versoir présentent en effet une surface sur laquelle la terre doit glisser avec facilité, et qui, dans les sols compactes, doit présenter une supériorité réelle sur plusieurs autres charrues fort bonnes du reste. L’avant-train bas et fort simple, pêche néanmoins par légalité des roues et par une transmission du tirage qui ne remplit pas toutes les conditions désirées, défaut qu’il serait facile de corriger. — La charrue double a deux corps placés sous le même âge, par conséquent dans le même plan vertical, mais à un niveau différent; elle est destinée à faire un double labour, culture excellente, mais peu connue en France. La charrue antérieure manque de solidité ; il serait facile d’obvier à cet inconvénient. Au total, le jury considère ces deux instruments comme utiles, et quoiqu’il n’ait pu vérifier leur mérite sur le terrain, et malgré un prix qui lui a semblé élevé ( 70 et 15o fr. ) eu égard à la simplicité, et, il faut le dire , au peu de fini de ces instruments, il n’a pas hésité à accorder à l’auteur une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. PIRET, à Neauphle-le-Château (Seine-et-Oise),
- A exposé deux charrues dont l’une n’a sans doute été reçue que par inadvertance. L’autre est faite sur le système un peu modifié des charrues dites du parc de Versailles, système défectueux sous beau-
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- coup de rapports. Toutefois la charrue exposée offrant quelques perfectionnements et se distinguant d’ailleurs par son bas prix ( 45 fr. ), le jury par ces motifs accorde une citation favorable à l’auteur qui, en i83g, a déjà reçu, pour d’autres objets, une mention honorable.
- M. MAURIN, à Saint-Médard (Charente),
- A exposé une charrue, système américain, ayant le corps placé à gauche, le régulateur à l’extrémité postérieure de l’âge, de manière à pouvoir faire varier l’entrure sans arrêter, et un versoir mobile. Sans attacher une grande importance à cette dernière particularité, le jury, appréciant la bonne confection et le bas prix (5o fr. ) de cet instrument, accorde à l’auteur une citation favorable.
- M. LEMAIRE, mécanicien à Fresnes-les-Montau-ban (Pas-de-Calais),
- A présenté quatre instruments. La forme et le prix ne permettent d’en mentionner qu’un seul, une charrue dos à dos ou Valcourt, avec âge tournant sur un pivot. Cette charrue, tout en fer, et qui a beaucoup de ressemblance avec la charrue Willocquet déjà mentionnée, paraît aussi solide et exécutée avec autant de soins que cette dernière, mais le prix en est double. Le jury accorde à l’auteur une citation favorable.
- MM. BRIGAUDEAU et GUÉNIN, fabricants d’instruments aratoires àLuccenay (Côte-d’Or), Ont exposé une charrue qui, sans rien présenter
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- de neuf, offre néanmoins un perfectionnement réel sur la charrue du pays. Le jury accorde en conséquence aux auteurs une citation favorable.
- MM. GODEFROY et SOÜCHIÈRES, à Arles (Bouches-du-Rhône),
- Ont exposé un instrument qu’ils nommentpo-lysoc autorecteur, composé de quatre corps de charrue fixés sur un châssis, lequel repose sur trois roues. Cet instrument, à part plusieurs dispositions fort ingénieuses, mais malheureusement très-compliquées, au moyen desquelles les auteurs ont cherché à éviter les inconvénients que présentent toutes les charrues multiples, a de plus cela de remarquable que les quatre corps de charrue sont privés de ceps et ont des versoirs héliçoïdes, construits sur le système de M. Lambruschini, système qui n’a pas encore reçu la sanction de l’expérience, mais qui est digne d’être l’objet d’essais comparatifs. L’instrument tout entier manque pareillement de cette même sanction ; aussi le jury, sans rien préjuger de son mérite, et tout en faisant remarquer que ce po-lysoc a été construit pour la Camargue, pays de grandes plaines, à sol uni, léger et exempt de pierres , regrette de ne pouvoir accorder aux auteurs qu’une citation favorable.
- M. QUENTIN-DURAND, fabricant d’instruments aratoires, rue du Faubourg-Saint-Denis, 189, à Paris,
- A exposé un assez grand nombre d’instruments aratoires, parmi lesquels lejury en a remarqué plu-ii. 3
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- sieurs qui,.sans offrir rien de.neuf, se distinguent néanmoins soit par quelques perfectionnements de détail, soit: par des prix:modérés. Tels sont un petit manège en fonte et en fer, avec patin en bois, du prix de 35o fr. pour un cheval ; un petit hache-paille à lame de faux, à mâchoire.à ressort, et. qui peut également servir pour la feuille de mûrier. Cet instrument ne coûte que 4° fr* j une houe à cheval qui, sauf les couteaux postérieurs, a paru bonne; une ratissoire dont la lame peut être fixée.à diverses inclinaisons; enfin, plusieurs barattes faites sur le système Yalcourt.
- Le jury accorde une citation favorable à M. Quentin-Durand, qui, depuis longues années, s’occupe de la construction des instruments aratoires.
- § 2. EXTIRPATEURS. SCARIFICATEURS. HERSES.
- Considérations générales.
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- A mesure que l’agriculture s’est perfectionnée et que, par suite, il est devenu nécessaire de multiplier davantage les façons données au sol, on a senti vivement le besoin de machines plus énergiques que la herse, plus expéditives que la charrue, et pouvant remplacer cette dernière toutes les. fois qu’il ne s’agit pas de retourner la terre, mais seulement de l’ameublir et de l’approprier : tel est le but des extirpateurs et des scarificateurs, les premiers destinés particulière-
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- ment à la destruction des mauvaises herbes, comme l’indique leur nom, les seconds à l’ameublissement du sol, au' hersage des vieux sainfoins et luzernes' et des prés mousseux.
- L’introduction de Ces instruments, en France, qui remonte à peine à une vingtaine d’années,
- s
- a été d’un puissant secours à notre grande culture et lui a permis de lutter, sans trop de désavantage, contre1 la petite1, en diminuant les frais de façonnage du sol1 en même temps qu’elle rendait les façons plus rapides et permettait de les exécuter toujours à temps opportun.
- Les principes qui règlent la construction de ces instruments sont aujourd’hui parfaitement connus. Les seuls points sur lesquels- il puisse’ y avoir encore des variations et par conséquent des perfectionnements, sont des points de détail tels que, distribution des dents ou socs, mode d’attache-de ceux-ci, forme et matériaux du châssis, disposition pour la transmission du tirage , appareil régulateur, etc;
- L’exposition de cette1 année est assez riche en instruments dé ce genre, venus de diverses parties de la France et sortant la plupart des ateliers de simples charrons de village. C?estlâ un signe manifeste des progrès que fait notre agriculture, sur tous les points du territoire, progrès accomplis sans bruit, sans fracas, auxquels la so-
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- ciété accorde à peine quelque attention , et dont elle n’acquiert la connaissance que par les avantages immenses qu’elle en retire.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. LLANTÀ-SATURNIN , agriculteur à Perpignan (Pyrénées-Orientales),
- A exposé deux instruments : un extirpateur combiné et un araire buttoir, ayant tous deux un âge long, pouvant par conséquent s’adapter au joug des bœufs ou des mulets, suivant la coutume du pays.
- * L’extirpateur combiné est une espèce de houe à cheval à trois socs, dont l’un sur l’âge, les deux autres sur une traverse percée de plusieurs trous, de manière à permettre de varier l’écartement de ces socs. Le second instrument est un buttoir destiné k remplacer l’araire ou dental du pays, et qui semble plus parfait que ce dernier, mais auquel on peut cependant reprocher le peu de largeur du soc. Les deux instruments présentent une disposition ingénieuse au moyen de laquelle ou peut faire varier la profondeur sans arrêter l’attelage.
- D’autres titres recommandent encore M. Llanta à l’attention du jury. Agriculteur habile, il s’est occupé avec succès de l’amélioration de plusieurs autres instruments, et s’est toujours montré l’un des plus progressifs et des plus zélés de son département , si riche en bons agriculteurs.
- Le jury de 1834 lui accorda une médaille de bronze. Le jury de 1844 n’hésite pas à lui en décerner une nouvelle.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. GRÀTIEN-DESÀYOYE, à Rieux-Hamel (Oise),
- A exposé un scarificateur tétracycle. Cet instrument, tout en fer, se distingue des autres instruments de ce genre par la distribution des dents qui, placées au nombre de neuf, sur quatre traverses, ne s’engorgent jamais. Les traverses accouplées deux à deux forment deux herses séparées qu’on lève et renverse avec facilité pour conduire l’instrument aux champs. La disposition des parties par lesquelles se transmet le tirage et se règle l’entrure est bonne; l’instrument parait simple, solide, et le prix de 35o fr. n’a pas semblé trop élevé au jury, qui décerne à l’auteur une médaille de bronze.
- M. YALLÀ, fabricant d’instruments aratoires à Mmes (Gard),
- A présenté trois instruments. Le premier, appelé granhumateur, destiné principalement à recouvrir les semailles, est le polysoc à petits corps de charrue, essayé fréquemment et avec peu de succès, mais que M. Valla a perfectionné en y adaptant une traverse et deux roues qui paraissent devoir corriger en grande partie le défaut que présentait jusqu’à ce jour cet instrument de ne pas marcher d’aplomb. Cet inconvénient évité, le granhumateur de M. Valla serait la meilleure machine pour recouvrir les semailles à la volée, et offrirait surtout de grands avantages dans les contrées où l’on est habitué à enterrer les grains à la charrue.
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- Le second instrument, appelé viniteur, est une espèce d’extirpateur ayant quatre petits socs à un seul versoir (deux à-droite et deux à gauche) et un soc central disposé ,en buttoir. Cet instrument est destiné à .cultiver l’intervalle qui règne entre les lignes de Æeps et ,à rechausser ceux-ci, tandis que le troisième instrumentexposé, la, charrue vigneronne, sert à les déchausser. Cette charrue,, imitée,de la vigneronne de M. Lacaze, a le corps placé beaucoup .plus,à gauche, ce .qui doit permettre d!arri,ver plus près des souches ; mais peut, en revanche, diminuer la solidité et la stabilité de l’instrument.
- Les machines exposées par M. Yalla sont bien confectionnées, simples, d’un prix modéré, et paraissent devoir tenir ce qu’on en attend ; toutefois il leur manque encore la sanction d’une plus longue expérience ; le jury accorde à l’auteur une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. CALLANiD et PASQUIER, fabricants d’instruments aratoires à Laferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne),
- 'i
- Ont présenté *u,n instrument dit. charrue-herse-JPasquier, espèce de scarificateur de très-forte dimension ^ composé d’un 'avant-train à deux roues ayee brancards, et d’un châssis sur lequebsont fixés des pieds, et qui se rattache à ravant-train par un âge en fonte, à col de cygne, dont l’extrémité antérieure, pei'céed’un trouv est traversée par une tige en fer rond , fixée sur l’avant-train. Le châssis
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- porte-socs est monté sur deux roues dont les fusées sont fixées sur des tiges verticales taillées en crémaillères, qui permettent de les hausser ou baisser à volonté, moyen préférable aux vis, qui, dans les instruments aratoires, s’encrassent et usent promp- * tement les écrous. Une vis de rappel à l’extrémité postérieure du col de cygne permet de faire varier, tout en marchant, le niveau de l’une ou de l’autre des deux rangées de pieds. Ceux-ci ont une forme qui en fait des intermédiaires entre les dents de scarificateurs et les socs d’extirpateur, forme qui les rend propres à un grand nombre d’usages. Les auteurs font en outre des dents d’une forme particulière pour les cas spéciaux, tels que le scarifiage des prés, luzernes, etc. Le mérite de cet instrument est aujourd’hui bien constaté par une expérience de plusieurs années, dans les départements environnant Paris ; aussi le jury, tout en regrettant que le prix (35o fr.) n’en soit pas plus modéré, accorde à l’auteur, M. Pasquier, une mention honorable.
- M. MANSSON-MICHELSON, mécanicien, successeur de M. Bataille, rue du Faubourg-Saint-Denis , 186, à Paris,
- À exposé une herse-Bataille, avec avant-train monté sur quatre roues, pour les cas où une grande stabilité est nécessaire, et une charrue jumelle avec avant-train Paris modifié. Le premier de ces in-strumentss est depuis longtemps connu et apprécié dans le nord de la France , et a été l’objet d’une mention honorable à l’exposition de i83q. Le second a déjà été décrit plus haut. Le jury n’a donc
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- à signaler ici que l’excellente confection de ces instruments et les deux modifications mentionnées qu’on peut considérer comme des perfectionnements; en conséquence, il accorde à l’auteur une 'mention honorable.
- M. CHARPENTIER (Louis-Augustin), fabricant d’instruments aratoires à Ormoyvillers (Oise) ,
- A présenté un scarificateur, façon Bataille, qui se distingue par un avant-train monté sur quatre roues, par certaines dispositions de tirage, la forme des dents et surtout par la faculté d’adapter au même châssis des socs d’extirpateur, ou au même avant-train, un châssis portant de ces socs. Cet instrument est bon ; le prix de 260 fr. n’en a pas paru trop élevé. Aussi le jury accorde-t-il à l’auteur une mention honorable.
- M. Gustave RIYAUD, directeur de l’École d’agriculture du Petit-Rochefort, près Angoulême (Charente),
- A exposé un extirpateur à trois socs de grande dimension et tels qu’ils conviennent dans les terrains légers. Cet instrument se distingue par une construction soignée et par une disposition des socs, sinon neuve, du moins fort propre à en assurer la solidité. Le jury, tout en regrettant que le prix en soit élevé, accorde à l’auteur, qui a déjà rendu et est à même de rendre encore des services réels à l’agriculture du département, une mention honorable.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- M. MAUMENÉ (Cyr), cultivateur à Mailly-Raine- » val (Somme),
- A exposé un instrument qu’il nomme binoteur-extirpateur. Cette machine, toute en fer, se compose d’un châssis monté sur trois roues, portant au milieu une espèce de grille, mobile sur un axe, et sur laquelle sont fixées, en sens inverse l’une de l’autre, deux séries de pieds d’une forme particulière. Ce sont de fortes plaques de tôle fixées sur des tiges en fer et recourbées dans le bas de manière à faire en même temps l’office de socs et de corps de charrue. Une desséries est disposée pour versera droite, l’autre pour verser à gauche. Un mécanisme simple et ingénieux permet de changer de série à volonté.
- Cet instrument est trop nouveau ; il diffère trop complètement de tout ce qui a été fait jusqu’ici, dans ce genre, pour que le jury puisse en apprécier le mérite. Il reconnaît toutefois, dans cette machine, des dispositions ingénieuses et qui lui paraissent de natureà la rendreparticulièrement propre à l’ameublissement régulier de la couche superficielle du sol, à la destruction des mauvaises herbes, et à l’enfouissement de la semence. Les nombreuses récompenses obtenues par l’auteur, dans divers comices, viennent confirmer la bonne opinion dû jury central qui accorde au sieur Maumené une citation favorable.
- M. Thomas MARAIT, fabricant d’instruments aratoires à La Charité (Nièvre),
- A présenté un buttoir avec rabot de raie, des-
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- tiné à rabattre le petit relèvement de terre formé de chaque coté delà raie par le buttoir. L’un et l’autre instrument n’offrent rien de neuf,, .mais <de même que tout ce qui sort des ateliers de M. Ma-rai t, ils sont bien confectionnés, solides et d’un prix modéré (60 fr. le buttoir); aussi le jury accorde-t-il à l’auteur une citation favorable.
- M. GODIN (François), àfGranvillers (Oise),,
- A exposé un scarificateur d?une forme nouvelle. L’instrument est tout en fer. Pieds, châssis, et appareil régulateur paraissent remplir les conditions nécessaires. La solidité des traverses sur lesquelles sont fixés les pieds et Ta disposition des parties par lesquelles se transmet le tirage sont Tes seuls points qui* laissent encore quelques doutes. Le jury’, tout en regrettant que ces deux points n’aient pas été résolus d’une manière satisfaisante, et que le prix de l’instrument ( 5oo fr. ) le mette hors delà portée de beaucoup d’agriculteurs, accorde à l’auteur une citation favorable.
- § <3. SEMOIRS.. PLANTOIRS. HOUES A CHEVAL. RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. HUGUES, à Bordeaux (Gironde),
- Â exposé le semoir qui porte son nom. Cet instrument, le plus connu de tous les semoirs, en France;, tant par sa supériorité- 'que par l’infatigable activité qu’a développée-l’auteur pour le répandre, a déjà yalu à M. Hugues deux médailles d’argent aux expositions de 1834 et 18I9.
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- DçpuisiCette dernière époque, et .malgré les succès de son instrument, M. Hugues.a travaillé :à le perfectionner encore:; il a augmenté de quatre de nombre des séries d’alvéoles, pour les graines très-fines et très-grosses:; les pieds portant les tubes distributeurs ont été placés alternativement sur deux lignes demanière à éviter l’engorgement par des mottes , des pierressou du fumier long ; les crochets recouvreurs ont été munis de ressorts de pression servant à en augmenter l’énergie et qu’on peux enlever à volonté. La fixation et l’entrure des socs et le moyen de faire varier la distance entre les lignes ont été également perfectionnés. Enfin, M. Hugues ajoute h son.semoir un marqueur Xvdi-çant la ligne qu’on doit suivre, au trait suivant, et unlevier au moyen duquel on soulève .à volonté l’arrière-train de la machine pour da conduire au champ etlla faire tourner sans que l’appareil distri-buteur de la,‘semence fonctionne.
- Le jury, reconnaissant l’utilité de ces diverses modifications, et appréciant lesstrès-bons effets du petit instrument également inventé et exposé ipar M. -Hugues sous le nom de b.ineur, accorde ,à ce zélé et intelligent agronome le rappel des deux médailles d’argent.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
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- M. TURGK (Amédée), directeur de la ferme modèle de. Sainte-Geneviève., tprès. Nancy (Meur-the ),
- A exposé un planteur et un arracheur de pom-
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- nies de terre. Le premier, composé d’une auge de ira,5o de longueur porte 3 forts pieds de rayonneur auxquels viennent aboutir autant de tubes évasés par le haut et fixés derrière l’auge. Celle-ci contient les tubercules qu’y prennent les enfants chargés de les déposer à chaque pas dans les tubes. L’instrument a deux mancherons, et un petit âge destiné à s’adapter à un avant-train-Dombasle qui le supporte par devant, tandis qu’il repose, en arrière , sur deux roues dont les fusées sont placées sur des leviers coudés, glissant dans des coulisses percées de trous, de manière à pouvoir faire varier l’entrure. La longueur des fusées permet d’utiliser ces roues comme marqueurs.
- L’arracheur est une espèce de buttoir à gorge large et convexe, et privée de ses deux ailes, forme qui, après beaucoup d’essais de la part de l’habile inventeur, paraît avoir le mieux rempli le but. Le planteur a pour effet de rendre la plantation des pommes de terre plus régulière et plus rapide (on emblave de 3 à 4 hectares par jour). Il en est de même de l’arracheur qui, en outre, pénétrant au-dessous des toquéesy ne coupe pas les tubercules, comme le font la bêche et le crochet. Le jury considérant l’utilité de ces instruments, par suite de l’importance toujours croissante de la culture des pommes de terre, considérant surtout les grands et importants services rendus par l’auteur à l’agriculture du département de la Meurthe,, s’estime heureux de pouvoir lui décerner une médaille d’argent.
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- M. SAYOYE père, fabricant de semoirs, à Ber-laymont (Nord),
- A exposé un semoir qui offre des dispositions tout à fait neuves et des avantages réels sur la plu- part des autres semoirs. L’appareil distributeur de la graine est une espèce de poulie sur les arêtes aplaties de laquelle sont placés des boutons tournants à quatre faces creusées, chacune, d’un alvéole de dimensions variables, à l’instar des cuillers. La gorge, séparée en deux par une cloison, présente de chaque côté de celle-ci des cavitésou récepteurs dans lesquel ! es vient tomber la graine saisiepar les alvéoles des boutons. Un ressort plat et large, qui vient s’appliquer contre les récepteurs, empêche que la graine, par suite du mouvement de rotation de la poulie, ne s’échappe de ceux-ci, avant qu’ils soient parvenus au-dessus du tube conducteur, qui la dépose dans la raie ouverte par le pied de rayonneur.
- Les avantages de cette disposition paraissent être: une régularité plus grande que dans les semoirs à cuillers, pour la quantité de semence à répandre, régularité indépendante ici de la marche de l’instrument; l’absence d’usure, si considérable dans les semoirs à brosses. Enfin, les graines quelque ténues qu’elles soient, ne peuvent y être écrasées , comme cela arrive dans les semoirs à coulisse. L’instrument exposé est de la plus, grande dimension. Il coûte 600 fr. et fait 9 raies à la fois à om, 18 d’intervalle, ou 7 raies à om,2d,ou 5 à om,36, ou 4 4 on,,4^* Il exige deux à trois chevaux et fait presque
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- autant de besogne que la herse employée à recouvrir les grains semés à la volée. M. Savoye en fabrique aussi de 7 raies à 5oo fr. et de 5 raies à 4oo fr.
- Quoique travaillant k ce semoir depuis r833, ce n’est qu’à partir de l’année dernière que l’ayant amené au degré de perfection voulu, il a commencé à le vendre.
- Ce semoir a paru être au jury un des instruments de ce genre les plus perfectionnés que nous ayons; mais une expérience suffisammentprolongée pourrait seule justifier une récompense plus élevée que la médaille de bronze décernée aujourd’hui à l’auteur.
- M. COLOMBEL, cultivateur à Claville (Eure),
- A exposé un instrument dit sondeur ou fouil-leur Colombel. Cette machine, fort simple, se compose d’un âge ordinaire, muni d’une petite roue et de deux mancherons, et à l’arrière duquel est fixée une traverse courte, mais forte. U11 pied central d’exlirpateur ou de scarificateur est placé sur l’âge, un peu en avant de la traverse sur laquelle sont fixés deux autres pieds du même genre, par des brides qu’on assure au moyen de coins en bois, méthode connue, mais encore trop peu employée pour les instruments aratoires.
- Le fouilieur-Colombel sert en même temps de houe à cheval et de fouilieur pour remuer le fond de la raie ouverte par la -charrue, sans en ramener la terre à la surface, double emploi également utile et auquel il paraît également bien convenir, en somme, cet instrument a paru essentiellement
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- pratique et offrir le, caractère clé simplicité et de solidité qu’on doit rechercher dans les machines agricoles. Le jury n’hésite pas à décerner à.l’auteur une médaille de bronze.
- RAPPEL - DE MENTION^ HONORABLE.
- M. DAVENNE, propriétaire agriculteur à Monta-zeau (Dordogne),
- A exposé un semoir construit sur le système fcdes semoirs à cylindres. Cet instrument, qui trace et sème trois lignes à-la fois, est simple, assez solide et parait devoir fonctionner d’une manière satisfaisante. Le jury de 1334 accorda une mention honorable à l’auteur. Plusieurs perfectionnements qu’il a apportés depuis à son semoir engagent le jury de 1344 ^ ^ rappeler cette même,-mention honorable.
- MENTION HONORABLE.
- M. BAILLY, à Château-Renard (Loiret),
- À exposé une houe à cheval. Résultat d’une expérience de i5 années clans la culture des récoltes sarclées, sur un sol compact et caillouteux cet instrument méritait l’attention particulière du jury. Il se distingue de la plupart des autres houes à cheval par une disposition qui lui assure plus de régularité dans la marche et une plus grande solidité. Les pieds, dont la forme paraît fort co,nvenar ble, sont fixés sur des bras parallèles h l’âge, et mobiles sur des traverses auxquelles on les fixe
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- par des chevilles. L’âge est assez allongé pour assurer la stabilité de l’instrument qu’augmente encore une petite roue placée à* l’extrémité de cette pièce. Le jury, en considération des avantages que présente cet instrument, pour lequel il n’a, été pris d’ailleurs aucun brevet, considérant en outre les importants services rendus à l’agriculture du département par l’auteur, l’un des plus habiles agriculteurs du Loiret, lui accorde une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. WASSE, cultivateur , à Cagny-lès-Amiens (Somme),
- A présenté une charrue-semoir. La charrue n’offre rien de remarquable. Quant au semoir, qui est le semoir à capsules ou à baril, il a reçu une modification que l’on peut considérer comme un perfectionnement très-réel : ce sont des godets à bascule fixés devant chacun des trous dont ^est garni le pourtour du baril, de telle sorte qu’il^recouvre ces trous et les ferme pendant le temps où, par suite du mouvement de rotation de la capsule, ils se trouvent au-dessous du niveau de la graine renfermée dans celle-ci. Pour comprendre l’utilité de ces godets, il faut se rappeler que dans les semoirs ordinaires de cette espèce, la graine continue à sortir de la capsule, lors même que l’instrument est arrêté. Les godets sont disposés de telle façon, qu’il ne sort que la graine qu’ils contiennent. Or, un moyen des plus simples, un bouchon, qu’on
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- liausse;ouJ-baisse ,, permet d’en'faire varier lar capa? cité. Le-jury reconnaissant ce * que cette addition æ d’ingénieux et peut, avoir , d’utile,,accorde à l’au-i teur une citation favorable.
- § 4. MACHINES A BATTRE LE GRAIN.
- Considérations générales.
- Les avantages que- présentent les. machines à battre le grain, sont aujoiird’.hui: reconnus géné-ralementi La force, des? hommes, remplacée, en grande partie par celle* des animaux;, un.travail pénible,, rebutant,, insalubre, rendu, facile et exempt de dangers pour, la santé des ouvriers:;, les fraudes nombreuses auxquelles donnait lieu le battage à bras, désormais'évitées ; un battage beaucoup plus parfait et beaucoup plu s rapide ; l’absence de-poussière et de terre;dans la pailler et sur le grain, telssontdésavantagés qui.donnent une si haute importance à ces machines.
- Quoique beaucoup plus compliquées* que les autres instruments servant à. l’agriculture, les machines à. battre ont été perfectionnées plus rapidement et* plus* complètement1 que ceux-ci* Sans doute la complication-rnême de ces machines' et leur prix élevé ont du stimuler d’habiles constructeurs ; mais, il faut, aussi reconnaître que.,,
- destinées.4 agir sur désolantes coupées,, c’est^à-
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- dire sur des matières à peu de chose près toujours identiques, elles rentrent tout à fait dans la classe des machines industrielles et offrent par conséquent, sous certains rapports, moins de difficultés que les instruments aratoires proprement dits.
- Aujourd’hui on est à peu près d’accord sur les principes d’après lesquels doivent être construites les machines à battre. Il n’en existe pas moins de grandes différences dans les détails de construction et dans l’effet de diverses machines.
- Ajoutons ici qu’après l’Angleterre, la France est le pays où ces machines se sont le plus multipliées et où elles paraissent avoir obtenu le plus de succès.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. F. LEQUIN et B. LAURENT, au Châtelet, commune de Barville (Yosges),
- Ont exposé une machine à battre le grain, construite d’après le système suédois, mais présentant plusieurs particularités qui ont appelé l’attention du jury. Toutes les pièces qui composent cette machine sont en fer forgé ou fondu, ce qui en assure la solidité. Au moyen d’une disposition déjà connue, mais trop rarement appliquée dans les manèges, les chevaux peuvent s’arrêter subitement, sans que la machine cesse de marcher, par conséquent sans qu’il en résulte d’accident. Partant de
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- ce principe dont la justesse paraît être aujourd’hui bien démontrée, que c’est surtout par la vitesse qu’agit le tambour-batteur, ils ont disposé les en* grenages de façon à lui faire faire 200 à 3oo tours par minute, vitesse encore insuffisante, eu égard au faible diamètre du tambour, pour obtenir le maximum d’effet, mais qu’on ne pourrait augmenter, sans tomber dans l’inconvénient qu’ont cherché à éviter les auteurs, lorsqu’ils ont réduit les dimensions de la grande roue du manège.
- Le tambour de om,65 de diamètre n’a que six barres batteuses en fer méplat, fixées de champ sur quatre cercles également en fer. La surface cannelée concave en fonte, se trouve placée en dessous, comme dans toutes les machines suédoises; mais elle n’enveloppe le tambour que sur un sixième environ de sa circonférence et au lieu d’être fixée d’une manière invariable, elle est montée sur des ressorts qui permettent l’abaissement de cette surface et par conséquent le passage d’une couche de grain d’épaisseur très-variable et même de corps durs tels que pierres, etc., sans qu’il en résulte d’accident.
- Cette machine, mue par deux chevaux, bat de 80 à 100 gerbes à l’heure (1). A la vérité , elle ne sépare point le grain de la paille; mais plusieurs faits sembleraient indiquer que cette opération est une de celles qui se font mieux et plus économiquement à bras, qu’avec les moyens mécaniques employés jusqu’à ce jour. •
- Enfin, cette machine, dont le poids en fonte et
- (1) Dans l’est où la paille est, en géne'ral, moins longue.
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- en fer est d’environ. 75o kilogrammes, et, dont l’exécution , sans présenter le fini qu’on remarque dans d’autres machines, n’en est pas. moins:suffisamment soignée pour le bon emploi ,.ne< co.ûtè.que
- 4po fr.
- . Cette dernière circonstance a paru d’une* haute importance an jury,. En-réduisant le prix de. leur machine à un, chiffre aussi, mini nie qui la met à. la portée des petites et moyennes fermes ,,dontle.nom-bre s’accroît journellement en, France aux dépens des grandes, MM. Lequin et Laurent ont.résolu un problème,d’un haut,intérêt.,Devant ce résultat obtenu, disparaît en quelque sorte le mérite plus ou.moins grand de la machine, car il est devenu évident pour le jury, que, si celle-ci laisse, encore à désirer, les .changements cle détail qu’elle réclame pour remplir toutes les conditions des. meilleurs batteurs mécaniques pourraient être exécutés sans augmentation de prix,,, ou avec une augmentation très-faible. Beaucoup de ces machines fonctionnent déjà' depuis plusieurs années et, avec, plein succès dans les Vosges, dans les départements voisins et, jusqu’auprès de Lyon. Le jury, en conséquence1, accorde la médaille de bronze, à MM. Lequin et Laurent qui se recommandent d’ailleurs parles services qu’ils ont rendus à leur localité, comme agriculteurs. •
- MENTION HONORABLE.
- M. MÏTTELETTE, serrurier-mécanicien à Sois-sons (Aisne),
- A exposé une machine à battre le grain. Elle
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- est du genre de celles dites en travers /particulièrement propres, comme on sait, aux localités voisines des grandes villes où. Ton vend la paille, que l’on tient, dès lors, à conserver intacte le plus possible, dans le battage. Cette machine se distingue par une exécution soignée et par plusieurs améliorations de détail qui ne laissent pas que d’être assez importantes. Contrairement à ce qui a lieu, dans la plupart des machines de ce genre, le batteur se meut ici avec une assez grande vitesse ; il fait de zfoo à 5oo tours par minute ; et afin cl’en faciliter le mouvement et d’éviter l’usure , M. Mittelette a fait reposer l’axe sur des galets de om,20 de rayon. Le manège transmet son mouvement à la machine par une courroie sans fin, moyen qui, dans les machines à battre, présente, à côté de quelques inconvénients, un avantage réel, en ce que le passage d’un corps dur ou d’une quantité trop considérable de grain y l’arrêt subit des chevaux , ou les coups de collier n’offrent plus les dangers qui résultent des transmissions de mouvement par engrenage. Le secoueur opère hien. Il en est de même du tarare.
- Gomme toutes les machines en travers faites jusqu’à ce jour, celle cle M. Mittelette est d’uii prix assez élevé ( 2,5oo fc.) et ne bat qu’une quantité médiocre de grain (environ 70 gerbes par heure, avec deux chevaux); mais, dans une expérience faite sous les yeux clu jury, la paille a paru aussi bien conservée et mieux battue qu’elle ne Test dor-dinaire avec ces sortes de machines. Le jury, reconnaissant que la machine de M. Mittelette offre plu-
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- sieurs perfectionnements utiles, accorde à l’auteur une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. BOULET, à Oisy-le-Verger (Pas-de-Calais),
- A présenté une machine à battre le grain construite sur le système du hocardage. Ce système a été souvent essayé et toujours sans succès. Celui que parait avoir obtenu la machine de M. Boulet, non-seulement dans des essais de courte durée, mais encore dans l’emploi prolongé auquel l’a soumise un habile agriculteur des environs d’Arras, serait une preuve de plus que la réussite d’un système dépend souvent de quelques détails d’exécution, en apparence insignifiants.
- L'appareil batteur se compose de madriers, au nombre de deux, quatre, six et plus, suivant les dimensions de la machine, fixés invariablement les uns aux autres, mais de manière à laisser un intervalle de quelques centimètres entre deux; ces madriers se meuvent autour d’un axe qui les traverse à l’arrière, tandis que leurs têtes, qui dépassent de om,io environ le bâti de la machine, reçoivent le choc de bas en haut de quatre traverses fixées sur la circonférence de deux volants en fonte, et faisant ici l’office de cames. Deux paires de cylindres cannelés, placées l’une à droite, l’autre k gauche de la machine, servent, la dernière à amener le grain à battre sur la planche où il subit l’action des madriers, et l’autre à l’en expulser.
- Le jury a fait manoeuvrer la machine sous ses
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- yeux. Il a acquis la conviction qu’elle bat sans écraser le grain, ce qui semblait peu probable; qu’enfin elle conserve la paille mieux encore que ne pourrait le faire le fléau. Mais ce n’est pas sur des essais de ce genre, ni même sur le fait encore isolé signalé plus haut, que le jury pourrait asseoir un jugement définitif; il doit donc se borner à donner à l’auteur une citation favorable.
- M. LAGRANGE, à Paris, rue du Faubourg du Temple, 81,
- A exposé une baratte et un modèle de machine à battre le grain. Quoique n’offrant rien de neuf, ces objets, par leur bonne exécution, méritent une citation favorable.
- M. GODART, de Rennes (Ille-et-Vilaine),
- A présenté une machine qu’il appelle crible-batteur, composée d’un émotteur, d’un sasseur et d’un cylindre en tôle percé de trous et traversé par un arbre en fer armé de 4o batteurs. Le blé, versé dans une trémie, arrive à l’éniotteur, qui en extrait les pierres, la terre, etc., et d’où il tombe sur le sasseur, qui, après en avoir séparé les corps étrangers d’un plus petit volume, l’introduit dans l’intérieur du cylindre. Celui-ci, de 2 mètres de longueur sur om,62 de diamètre, est incliné d’un dixième et fait environ 5o tours par minute, tandis que l’arbre qu’il renferme en fait 25o en sens contraire. Le grain est ainsi projeté avec force par les bras en tôle percés en façon de râpe, contre les parois intérieures du cylindre percées de la même ma-
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- nière. Get instrument rempli t donc‘à peu prèsl’of--fice des bons tarares ; et, en outre , il débarrasse Je gçain de la poussière<qui adhère -à isa surfaeéæt qui en diminue si notablement la valeur. Le jury regrette que lefhaut prix de cet instrument ai ,600 fr.), le mettant liors de la portée des cultivateurs et «de beaucoup de meuniers, .et d’absence d’une .expérience prolongée, empêchent «d.’accorder à son «auteur une récompense plus élevée qu’une citation favorable.
- Emmagasinage et conservation des grains.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM. THOMAS et YALLERY, à Paris, rue de l’Entrepôt, 11,
- Ont exposé l’appareil inventé par ce dernier,1 et connu sous le nom àegrenier mobile.
- Il serait superflu d’insister ici sur le grand,intérêt qui se rattache h la .bonne conservation des grains. Quoique aujourd’hui, grâces aux progrès accomplis par Tagriculture, l’importance des céréales •ne soit plus tout,à fait la même que dans les siècles précédents, elle test encore immense et la bonne conservation de ce premier des produits de notre sol, de ce premier élément de notre alimentation, est sans contredit l’objet le plus digne, à tous égards, des méditations et des travaux des savants, .car il y a ici pluSfquTine question de commercent d’argent, il y a .une question d’humanité.
- Près de sept ans se sont écoulés depuis .que deux ,savants<que le jury s’honore de compter parmi ses
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- membres, furent chargés , l’un par l’Académie des sciences , l’autre par la Société d’encouragement et par la Société royale et centrale d’agriculture,, de rendre compte de l’appareil Vallery; depuis , tous les faits énoncés dans leurs intéressants rapports et les espérances qu’une étude approfondie et des essais consciencieux leur avaient permis d’exprimer , se sont confirmés. Des expériences prolongées et faites en,grand, ont en effet prouvé d’une manière indubitable que cet appareil, non-seulement assure la conservation parfaite du grain , en expulsant les insectes granivores, surtout les charançons, et en s’opposant à leur rentrée ainsi qu’en le desséchant, ce qui en empêche la fermentation , mais encore qu’il améliore très-notablement les grains ayant déjà un commencement d’altération.
- Le seul point qui laissât encore quelque doute, le chiffre des frais de conservation s’est trouvé pareillement démontré par les calculs basés sur les expériences en grand , et d’où résulterait une réduction de plus c!e moitié dans ces frais ; et mieux encore, par la proposition qu’ont faite MM. Thomas et Vallery, au ministre delà guerre , de se charger de la conservation des grains dans les établissements des subsistances militaires, en faisant toutes les avances de construction des appareils, et ne réclamant d’autre indemnité que l’équivalent de l’économie qu’ils réaliseront sur les frais qu’entraînent les moyens ordinaires de conservation.
- L’appareil Vallery est moins une machine agricole qu’une machine destinée au commerce et aux administrations qui font de grands approvisionne-
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- ments de céréales, et à cette occasion le jury appréciant les avantages que doivent en retirer ces dernières, sous le rapport pécuniaire et sous le rapport plus essentiel de la salubrité, s’empresse d’en recommander l’emploi, particulièrement à l’administration delà guerre. Toutefois il est h croire que les grandes exploitations trouveraient également profit dans l’emploi de ces appareils, non-seulement comme moyen de conserver le grain, mais surtout comme moyen de dessécher celui qui est humide et de débarrasser des insectes celui qui en est envahi.
- MM. Thomas et Yallery ont apporté, depuis l’exposition de 1839, d’importantes améliorations de détail dans la construction du grenier mobile.
- Le jury de i83g a décerné une médaille d’or à l’auteur. Le jury de 1844 s’estime heureux de pouvoir accorder le rappel de cette haute récompense à MM. Thomas et Yallery.
- § 5. PRESSOIRS. ÉGRAPPOIRS.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. PÀYN et madame veuve BENOIT, à Troyes (Aube),
- Ont exposé le pressoir bien connu sous les noms de pressoir-Benoît ou Troyen.
- Ce pressoir, qui a déjà mérité à l’inventeur, feu M. Benoît, une médaille d’argent en 1839, a reçu, depuis cette époque, de notables perfectionnements. Sans accroître les dimensions du bâti, on a aug-
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- mente d’environ un tiers de mètre cube la capacité de la cage à claire-voie qui contient le marc, en allongeant les arbres verticaux des deux grandes roues de 70 dents, de façon à ce que celles-ci se trouvent placées sous la cage. Afin de prévenir un danger qui existait déjà, mais qui devenait plus imminent encore par l’effet de l’augmentation de longueur des arbres, la torsion et la rupture de ceux-ci , ou au moins l’écartement des roues, on fixa la tête de ces arbres d’une manière invariable dans des crapaudines établies sur une traverse en fonte, soutenue elle-même par une forte pièce de bois.
- Pour éviter la torsion entre les roues et les pignons que portent ces mêmes arbres, à la partie supérieure, on renforça chaque arbre d’un manchon cylindrique en fonte, fixé solidement, d’une part à la roue, de l’autre au pignon. Ces pignons, qui sont en fonte, massifs, de même que celui du centre qui commande les deux grandes roues, ont remplacé les lanternes qui existaient en 1839 * et dont les fuseaux se faussaient et se brisaient fréquemment. Enfin, l’ensemble de la machine a été rendu plus solide au moyen d’équerres en fonte fixées aux quatre angles, de même que par un accroissement dans l’épaisseur de la moise, ou traverse porte-système, dont les lèvres recouvrent la tête des jumelles au-dessus et au-dessous.
- Malgré ces perfectionnements qui occasionnent une augmentation assez considérable dans les frais de construction, le prix de ce pressoir est resté au même taux qu’en 1889, c’est-à-dire à 2,000 fr. ;
- Le jury a cru devoir se borner à indiquer ici
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- très-sommairement les.améliorations àpportéesde-puis<eetteépo,que à >ce pressoir. Gette -excellente -machine est aujourd’hui trop répandue (il en a déjà été vendu près'de 170), pourvue des avantages quelle présente ne soient pas parfaitement connus, avantages résultant de l’exiguïté dë remplacement c|u’ellë\exige, de l’extrême.solidité et de la simplicité des moyens diction, ainsi que de l’ensemble ,du pressoir , «des moyens de transmission, de mouvement qui permettent à . deux hommes agissant sur des manivelles d’exercer sur le marc un effort de près de i5o,ooo kilogrammes; enfin de la disposition de la cage qui. formée de parois à claire-voie, présente partout la plus grande facilité à l’écoulement du liquide, et rend à peu près inutiles ces bêchages et ces pressurages réitérés du marc, qui prolongent'd’une façon si fâcheuse la fabrication du vin.
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- Le jury., appréciant .les importantes améliorations signalées plus haut, accorde à M.iPayn.et à Madame veuve Benoît le rappel de ,1a .médaille d’argent. ; ,
- MÉDAILLE-DE BRONZE. -
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- MM. YILLESÈQUÉ et MËRIC frères;, à Perpignan (Pyrénées-Orientales),
- Ont présenté une machine destinée à la vendange et qu’ils appellent égrappoir-fouloir. Gette* machine se compose d’une trémie communiquant par un tube vertical court^et large, placé à3!’une des extrémités, avec un manchon cylindrique horizontal,
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- en tôle de cuivre, percé de trous à la partie infé rieure r et renfermant un axe sur lequel sont implantées en hélice un grand nombre de chevilles en bois. Ce cylindre est ouvert à la base opposée au, tube qui le fait communiquer à la trémie. Par-dessous se trouve une paire de cylindres en bois à cannelures circulaires, qui se meuvent l’un contre l’autre, mais avec des vitesses différentes. Le raisin jeté dans la trémie est poussé par un enfant vers le tube par lequel il arrive dans le cylindre creux. Là il subit l’action très-énergique de l’hélice à chevilles qui se meut avec une grande rapidité, et qui a pour effet de séparer les baies de la rafle. Les premières, en partie écrasées, en partie entières, passent au travers des trous dont est percé le manchon , et tombent entre les deux cylindres en bois qui, placés à quelques millimètres de distance l’un de l’autre, les écrasent complètement sans attaquer les pépins, tandis que la rafle est projetée avec force hors du cylindre par l’hélice dont l’inclinaison est calculée de manière à ce que cet effet n’ait lieu qu’après que la rafle a été privée de tous ses grains, et, pour ainsi dire, desséchée.
- Le foulage de la vendange est une opération indispensable à la confection du vin. Elle s’exécute de diverses manières plus ou moins imparfaites, mais le plus communément par le moyen des pieds, nus ou armés de sabots, des ouvriers. L’égrappage , c’est-à-dire l’enlèvement d’une portion ou de la totalité des rafles, sans être indispensable, est utile, au moins dans une certaine proportion ,, presque partout. La machine de M. Yillesèque
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- s’applique donc à un objet d’une haute importance; et comme d’après des essais faits dans diverses localités, sous les yeux de commissaires nommés ad hoc, elle paraît atteindre ce but d’une manière complètement satisfaisante, et, servie par trois ouvriers, faire avec beaucoup plus de perfection le travail de quinze à dix-huit, le jury, tout en regrettant le prix élevé de l’instrument (325 fr.), accorde aux exposants une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. MARTIN-PERRET et DELÀCROIX-DUVOI-SIN, à Jargeau (Loiret),
- Ont exposé un pressoir mobile. Ce pressoir se distingue des pressoirs ordinaires à étiquet par plusieurs dispositions ingénieuses : la vis verticale en fer est immobile, taraudée seulement dans sa partie supérieure, et traverse la claire-voie qui forme le fond du coffre, ainsi que la pièce de bois très-forte ou porte-fond qui la soutient, ce qui prévient tout danger d’effondrement. Au-dessous se trouve le barlong ou espèce de cuve garnie en plomb, et dans laquelle tombe le moût. Le cabestan, qui est placé sur le même train que le pressoir, au lieu d’être mû par un bras de levier, l’est par une vis sans fin qui engrène avec une roue dentée fixée à la partie inférieure du cabestan. Cette disposition a pour résultat de réduire considérablement l’espace nécessaire pour la manœuvre. Enfin, au moyen de quatre chaînes fixées à demeure au fond mobile de
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- la cage, et qu’on attache au mouton par le moyen de crochets, on peut, une fois la pressée terminée, soulever le marc par-dessus le bord de la cage, et dès lors l’enlever très-facilement en faisant tourner la poulie en sens contraire, après que les chaînes ont été attachées au mouton. Ce pressoir, propre à presser d’une fois le marc de 25 à 28 hectolitres, coûte, mobile, 1,400 fr., fixe, 1,000 fr. Ce prix n’a rien d’exagéré, et les dispositions ingénieuses déjà mentionnées, jointes à la pression considérable qu’il permet d’exercer, engagent le jury à accorder aux auteurs une mention honorable.
- M. le Comte de PERROCHEL, propriétaire-agr culteur à Saint-Aubin-de-Locquenay (Sarthe),
- A exposé un modèle de pressoir. C’est le pressoir à percussion de Révillon, c’est-à-dire , avec volant placé sur l’arbre de la vis, et faisant office de manivelle, d’abord, et de balancier ensuite, quand on est arrivé jusqu’au refus par le premier moyen. Il se distingue néanmoins du pressoir Révillon par plusieurs modifications de détail, qui ne laissent pas que d’être assez importantes. La vis est horizontale et le volant est en dehors de l’intervalle compris entre l’écrou et le mouton, de sorte qu’on n’est pas forcé d’en restreindre le diamètre à l’intervalle qui existe entre les jumelles. De même que dans plusieurs autres pressoirs, les parois latérales de la cage sont extérieurement pleines, intérieurement à claire-voie, et on peut établir des séparations dans le marc au moyen de claies mobiles d’une surface égale à la section de la cage. La dis-
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- position du mouton parait encore laisser à désirer. Néanmoins, le jury reconnaissant plusieurs perfectionnements dans cette machine, qui paraît êlre déjà répandue dans le département de la Sarthe , décerne à M. de Perrochel, bien connu d’ailleurs pour lés services de tout genre qu’il a rendus à l’agriculture de son département, une mention honorable.
- M. Laurent RÉBERT, serrurier-mécanicien, à Colmar (Haut-Rhin),
- A exposé un pressoir et un égrappoir. Le premier offre plusieurs particularités. La cage, en fonte, percée de trous, se place dans le barlong même. La pression a lieu au moyen d’une vis horizontale et les moyens de transmission de mouvement sont de nature à permettre un effort considérable. Mais ce qui distingue avant tout ce pressoir, c’est la division facultative de la cage en deux, trois ou quatre compartiments, par le moyen de cloisons mobiles formées de deux feuilles de tôle percées de trous et maintenues à i centimètre environ de distance l’une de l’autre par des tasseaux en bois placés dans le sens de la longueur. La disposition de la cage permet de se passer entièrement de béli-neaux et de madriers. Le mouton presse directement sur le marc. Il en résulte qu’on charge avec une grande promptitude. Mais, en outre, les cloisons permettent de recharger trois fois le pressoir avant d’être obligé d’enlever le marc. En effet, lorsque, à la première pressée, on est arrivé au refus, le marc ne remplit plus que le quart ou tout au
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- plus le tiers de la cage, on enlève le couvercle, on ramène le mouton au point de départ, on met une cloison mobile contre le marc, puis on remplit l'intervalle qui reste entre la cloison et le mouton, on replace le couvercle et on recommence à presser.
- Cette disposition, en rendant la manœuvre plus rapide permet de réduire les dimensions de la machine dont le prix a, du reste, paru modéré. Le modèle exposé qui cube 0,216 mètre cube et peut servir à presser en une fois 4 à 5 hectolitres de raisin coûte 5oo fr., y compris la cuve et l’égrappoir. En résumé, le jury a vu un progrès dans l’invention de M. Rébert, et il lui accorde une mention honorable.
- M. DANNE , serrurier-mécanicien, à Essonne (Seine-et-Oise),
- A exposé un pressoir portatif avec un cassoir à bras pour écraser les pommes destinées à la confection du cidre. C’est un pressoir à vis verticale en fer, portant à l’extrémité inférieure une grande roue dentée qui pose directement sur le mouton et s’élève ou s’abaisse avec ce dernier. Il en est de même du pignon qui commande cette roue, et qui glisse sur un arbre vertical portant à sa partie inférieure une roue qui engrène avec une vis san» fin. Le marc est enfermé dans une cage à parois latérales faites en tringles de fer. Elle est placéç sur une maie pleine, et est entourée de la rigole ou béron. Cette machine/’ employée depuis plusieurs années aux environs d’Essonne, sans offrir rien de neuf, est
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- simple, solide, d’un prix modéré. En conséquence, le jury accorde à l’auteur une mention honorable.
- GlTÀTIONr FAVORABLE.
- MM. GOTTLOB et DOUILLARD, à Dijon (Côte-d’Or) ,
- Ont exposé un pressoir qui ne se- distingue du pressoir Benoît qu’en ce qu’il est de moindre dimen*-sian, portatif', qu’il a deux vis au lieu de crémaillères, que la transmission de, mouvement s’y fait, dès lors., d’une manière un peu différente, et qu’en fin , il y a, outre le mouton, un plateau de-pression qui s’applique directement sur le marc; lorsqu’on est arrivé jusqu’à l’extrémité des vis , avant le pressurage complet, on rappelle le mouton , et on place dans l’intervalle, entre celui-ci et le plateau , deux pièces de bois servant d’entretoise. Cette- disposition, fort simple, et qui permet de réduire- la longueur des vis, a déterminé le jury à donner aux auteurs une citation favorable.
- § 6. CONCASSEURS , HACIIE-PAILLE , COUPE-RACINES. MENTIONS HONORABLES.
- M. DENIZOT , plombier - pompier , à Nevers (Nièvre),
- Expose une machine à extraire la graine de trèfle. Elle se- compose de deux systèmes de cylindres en lùle , superposés l’un à l’autre.
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- Chaque système consiste en deux cylindres, dont l’un fixe, l’autre mobile placé dans l’intérieur du premier', tous deux percés de trous de façon à ce que lès bavures se regardent et resserrent encore ïè très-petit intervalle qui règne entre les deux cylindres. La graine de trèfle, mise dans une trémie passe du système supérieur au système inférieur. Dans l’un et l’autre, elle- est soumise à l’action de la double râpe formée par les bavures et résultant du mouvement de rotation du cylindre intérieur.
- Cet instrument qui coûte i5o fr. a déjà reçu la sanction de l’expérience. Un homme peut extraire’ de i5 à 25 kilog. de graine par jour. Le jury appréciant l’importance du but auquel est destinée cette machine, et la considérant comme un perfectionnement très-réel, accorde à l’auteur une mention honorable.
- MM. DUMONTHIER frères, à Houdan (Seine-eU Oise),
- Ont exposé un hache-paille et un moulin dit moulin-concasseur: Le premier est le hache-paille ordinaire à lames en hélice; il ne se distingue que par dés dimensions un peu plus considérables que de coutume, et par une construction soignée.
- Le moulin, outre la trémie d’usage et lès criblés pour la séparation des pierres et de la poussière, a. comme appareil concasseur, un cylindre armé de denticules en roèliets, placées circulairemeilt, mais par séries obliques à l’axe. Le gîte est uiiesurfacé concentrique, taillée en peigne, entre les dents duquel passent les rockets du cylindre. Cette machine,
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- du prix dé4oo fr., mue parla force d’un homme, concasse environ 60 litres de grain par heure.
- Le hache-paille, du prix de 3oo fr. et mû également par un homme, coupe, en brins de 5 à 6 millimètres de longueur, une hotte de paille de i2kilog. en 10 à 12 minutes. Plusieurs grandes exploitations emploient avec avantage ces deux instruments, et le jury, tout en regrettant que le prix n’en soit pas moins élevé, accorde aux auteurs une mention honorable.
- MM. DESCOTTES et Cie, à Saint-Malo ( Ille-et-Yilaine ),
- Ont présenté deux instruments, l’un pour hacher l’ajonc , l’autre pour écraser les pommes destinées à la fabrication du cidre.
- L’ajonc constitue l’une des meilleurs nourritures d’hiver pour les bestiaux. Malheureusement les piquants qui garnissent cette plante , nécessitent une préparation longue, difficile, et qui, jusqu’à présent, s’est faite avec un maillet, dans une auge de pierre ou de bois. Beaucoup de machines ont été essayées; aucune ne paraît encore avoir remplacé avec avantage le travail direct de l’homme. La machine de MM. Descottes est-elle plus efficace? Placés sur les lieux mêmes où s’emploie l’ajonc, ces habiles industriels ont pu apprécier mieux que personne les difficultés de l’opération. Disons cependant, à regret, qu’ils n’ont pas fourni des preuves suffisantes du bon emploi de leur instrument.
- Quant au cassoir, il se compose de deux couples de cylindres cannelés,5 superposés l’un à l’autre ,
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- système qui a été reconnu comme le meilleur, mais qui n’appartient pas exclusivement k MM. Descottes et Cie. Le jury leur accorde néanmoins une mention honorable.
- M. VUAILLAT, à Dole (Jura),
- A présenté un coupe-feuilles pour la préparation de la feuille de mûrier. Cet instrument est ingénieux ; il se compose d’une trémie au-dessous de laquelle sont deux cylindres armés de molettes tranchantes qui, en tournant, coupent la feuille dans un sens, tandis que quatre couteaux fixés sur le pourtour d’un manchon conique placé sous les cylindres la coupent en travers. Suivant un éducateur qui en a fait usage , ce coupe-feuilles, mû par une personne, peut préparer près de ioo kilogrammes de feuilles en un quart d’heure. Des essais faits sous les yeux du jury sont venus confirmer la bonne opinion qu’il avait conçue de l’instrument. Aussi, et quoiqu’une expérience prolongée puisse seule décider du mérite d’un instrument de ce genre, le jury n’hésite pas à accorder à l’auteur une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. DEFFRY, menuisier, à Bourgogne (Marne),
- A exposé un moulin propre k concasser les grains destinés k la nourriture des bestiaux, composé de deux paires de cylindres cannelés, placées l’une au-dessus de l’autre, et dont la paire supérieure porte des cannelures plus fortes que celles de la paire in-
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- ferieure : cet instrument peut également servir, suivant l’auteur, à la mouture domestique. Sans se prononcer sur ce dernier emploi, et malgré le prix élevé de cette machine (45o fr. ), et une certaine complication que ne justifie pas suffisamment le but principal, le jury, considérant plusieurs perfectionnements de détail et les soins apportés dans la construction de ce moulin par l’auteur, accor.de à celui-ci une citation favorable.
- M. CONYERSET, à Châtillon-sur^Seine ( Côte-d’Or) ,
- A exposé un coupe-racines à disque,, dont les huit couteaux sont à dents de bouvet, de façon à découper les racines en morceaux minces et étroits; et un haclie-paiîle, système anglais, à quatre couteaux droits, avec mâchoire à ressort disposée de manière à comprimer fortement la paille et â faciliter l’action des couteaux, effet important, obtenu dans beaucoup de hache-pailles par d’autres dispositions non moins efficaces, mais que celle-ci remplit d’une manière satisfaisante. Le jury, considérant la bonne confection de ces instruments, accorde à l’auteur une citation favorable.
- § 7. INSTRUMEïS'TS d’horticulture, etc. RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- M. DÉSORMES, à Paris, rue du Roi-de-Sicile ,
- A présenté un modèle déf rucher, un modèle de
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- laboratoire pour la manipulation du miel et de /la cire , et trois espèces de ruches qui paraissent offrir plusieurs dispositions ingénieuses. Honoré d’une mention h l’exposition de i83c), l’auteur a paru au jury digne encore de -cette distinction.
- MENTIONS IIONOïUTÎLT’S.
- M. GUYARD, à Noisy-le-Roi (Seine-et-Oise):,
- À exposé une série de pièges pour la destruction des animaux nuisibles à l’agriculture, depuis les pièges à ourS'jusqu’aux pièges à taupes. Ces instruments n’offrent rien deneuf, mais ils se distinguent par une excellente confection et un prix modéré, résultant deeette circonstance que l’exposant en a fait.sa spécialité. En conséquence, le jury lui accorde une mention honorable.
- M. CLERC, directeur d’un atelier d’horlogerie pour les orphelins, à Paris, rue du Buisson-Saint-Louis , 16,
- A exposé plusieurs instruments servant à l’agriculture, entre autres deux hache-paille à main, des barattes système Valcourt , des coupe-légumes de diverses formes, etc. L’nn des hache-paille a une lame en acier fondu laminé , :tendue:sur un-archet et glissant dans une coulisse. Cette disposition paraît devoir faciliter le travail. L’axe des barattes a reçu une embase au moyen de laquelle on évite toute fuite. Le jury, considérant la bonne confection de ces instruments et les services que rend journellement l’auteur par son utile établissement, lui accorde une mention honorable.
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- M. REY (Victor), président de la Société d’agriculture d’Autun (Saône-et-Loire),
- A exposé un instrument qu’il nomme cueille-trèfle, destiné à la récolle de la graine de trèfle. Cet instrument se compose d’un peigne à dents de fer fixé sur le rebord d’une espèce de boîte sans couvercle, fermée de trois côtés et munie en arrière d’une poignée,*et en haut d’une anse. Un homme tenant l’anse de la main gauche et la poignée de la main droite, et faisant mouvoir rapidement l'instrument de droite à gauche à une hauteur convenable, enlève, au moyen du peigne, toutes les têtes de trèfle qui sont prises entre les dents de celui-ci, et qui tombent ensuite dans la boîte. Cet instrument a déjà reçu la sanction de l’expérience. Il est simple, d’un prix très-modique ( 5 fr.) et parait constituer un progrès réel. Le but qu’il est destiné à remplir est important et le devient de jour en jour davantage; aussi le jury accorde-t-il à l’auieur, bien connu d’ailleurs pour les services qu’il a rendus à l’agriculture, une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. AGARD, à Paris, rue de l’Arcade, 26,
- A présenté plusieursobjetsd’horticulture, tels que des jardinières en fonte et en zinc d’uue forme élégante, des arrosoirs disposés de manière à en faciliter l’emploi, de petites pompes de jardin, etc. Le jury, reconnaissant des perfectionnements dans la confection de ces objets, accorde à l’auteur une citation favorable.
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- M. D1JARD, à Tliomery (Seine-et-Marne),
- A exposé plusieurs instruments de jardinage, une série de sécateurs et une ratissoire à couteaux dentelés de rechange. Ces instruments se distinguent par une bonne exécution. Le jury accorde à Fauteur une citation favorable.
- M. François ESCURE, cultivateur à Sérandon (Corrèze),
- A exposé le modèleréduit d’une machine de son invention, destinée à faire ouvrir et fermer d’eux-mêmes les réservoirs servant à l’irrigation. Cette machine , composée de flotteurs et de leviers, présente des combinaisons fort ingénieuses, et paraît de nature à remplir d’une manière satisfaisante le but important que s’est proposé Fauteur. Elle révèle une remarquable intelligence chez ce dernier, simple cultivateur, étranger aux notions les plus élémentaires de la mécanique; malheureusement elle n’a encore été appliquée que chez lui. Tout en ne considérant cette machine que comme une première ébauche, le jury croit pouvoir accorder au sieur Escure une citation favorable.
- M. BOUFFON, à Sauxillanges (Puy-de-Dôme),
- A exposé une machine à battre les faux. Elle se compose d’un petit marteau sur lequel presse un ressort, et que soulèvent, à intervalles égaux, les dents d’une roue que fait tourner l’ouvrier au moyen d’une manivelle. Le tranchant de la faux, mis à plat sur une petite enclume, reçoit les coups de force toujours égale du marteau. Quoique Finstru-
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- ment laisse encore à. désirer., le jury, il ùi>. reconnaissant des avantages, accorde à l’auteur une citation favorable.
- SECTION IL
- '§ icr. MOTEURS ET MACHINES'HYDRAULIQUES. M. .Morin , rapporteur.
- Considérations générales.
- Le sol de <la ‘France, partagé en un grand nombre de bassins principaux et de vallées secondaires qu’arrosent de nombreux cours d’eau, offre à l’industrie manufacturière de trop grandes et trop fécondes ressources., pour que Tart de construire les moteurs hydrauliques n’ait-pas suivi les progrès des autres arts mécaniques.
- Les lois du mouvement des eaux étudiées et réunies en corps de doctrine par M. Navier, et surtout par M. Poncelet qui, aux préceptes théoriques a'su joindre les résultats des expériences les plus complètes et les plus précises qui-aient -été exécutées’jusqu’à ce jour , les recherches expérimentales entreprises sous la direction de M. Daubuisson par feu M. Castel, ont rendu les règles de l’hydraulique familières à un grand .nombre d’ingénieurs.
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- L’application de théories pins exactes jointe
- de nombreuses recherches expérimentales a conduit à mieux apprécier l'effet" des anciens .mo-; teurs,, à les améliorer, et .à v obtenir .des .cours .d’eau ;des effets utiles beaucoup plus considérables querpar le :passé. Aussi,'peu à <peu a-t-oai vu -substituer .aux anciens moteurs hydrauliques de .nouvelles roues dont l’effet, utile, deux ou trois foiscplus considérable, augmentait dans le même rapport les moyens de production de l’industrie.
- C’est ainsi que les roues à aubes planes ,,recevant à leur partie* inférieure l’eau qui agissait par choc, disposition si'défectueuse et cependant si généralement employée, ont été successivement remplacées, soit par les roues il .aubes courbes de M. Poncelet, soit par des roues à aubes planes emboîtées dans un coursier circulaire sur presque tou le la hauteur de la chute et dont l’ établissement a,été rendu facile par la publicationde plusieurs ouvrages pratiques. D^autres 'améliorations nous sont encore promises pour les roues à augets à grande vitesse si utilesaux forges ; mais de tous les moteurs (hydrauliques celui sur lequel se sont '.portéesavec le plus de .constance ,et de variété les tentatives de perfectionnement, ce sont lesroues à axe vertical, si anciennement^connues etcepen-dant si défectueuses jusqu’à ces derniers temps.
- On sait qu’il existe, de temps immémorial, dans
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- le Dauphiné, dans la Provence, dans le Languedoc, dans la Bretagne, dans la Lorraine, et jusqu’en Algérie, des roues à axe vertical employées à la mouture des grains. Ces roues, dont les moulins des villes de Toulouse, de Montpellier, de Metz et d’autres offrent encore des exemples, sont partagées en deux classes principales. Les unes dites à rouet volant, recevant, dans leurs ailes ou aubes en forme de cuiller, le choc d’une veine fluide, qui y est versée par une buse pyramidale avec une vitesse considérable, produisent un effet utile qui, d’après les expériences de MM. TardyetPiobert, officiers d’artillerie, s’élève au plus, mais rarement, à 0,30 ou 0,35 du travail absolu dépensé par le moteur. Des roues à cuillers, d’une forme analogue, recevant le choc d’un courant dont l’un des bords est tangent à leur circonférence extérieure, sont décrites dans l’ouvrage intitulé : Diverse artificiose machine, del capitano Agostino Ramelli. —Parigi 1588. Les autres, nommées roues à cuve, sont renfermées dans des cuves cylindriques en pierre ou en charpente, dans lesquelles l’eau est amenée par un canal ou coursier, qui se rétrécit depuis le réservoir jusqu’à la cuve à laquelle il est à peu près tangent. Le liquide arrive ainsi à la surface supérieure de la roue, tourbillonne dans la cuve, s’y élève à une hauteur considérable et s’échappe par les aubes
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- courbes qu’il traverse sur tout le pourtour de cette roue. L’effet utile de ces moteurs grossiers ne s’élève qu’à 0,15 ou 0,20 du travail absolu dépensé par le cours d’eau.
- Frappés des défauts de tous les moteurs de ce genre, en même temps que des avantages des roues à axe vertical, les ingénieurs et les savants se sont depuis longtemps occupés de rechercher les moyens de les améliorer. On trouve dans le Traité de Physique de Désaguliers, traduit de l’anglais, en 1751, par le jésuite Pezenas, la description d’une roue à réaction à axe vertical, recevant l’eau par-dessus au moyen d’un tuyau cylindrique (1). Ségner, en 1750, dans ses Exer-citationes hydraulicœ, proposa une roue dont Euler rechercha la théorie, dans les mémoires de l’Académie pour l’année 1754 (2). Cette roue, à axe vertical , portait des aubes ou conduits courbes distribués sur une zone annulaire autour de son axe, et qui recevaient l’eau par des tuyaux convenablement inclinés, auxquels le savant géomètre proposa de substituer des diaphragmes contigus disposés de manière à verser l’eau à la fois sur tout le pourtour annulaire et horizontal de la couronne occupée par les aubes. Cette disposition est indiquée très-clairement par une figure jointe
- (1) Physique expérimentale de Désaguliers, 2e vol. p. 537, 1751.
- (2) Ce volume est de 1753, quoiqu’il porte la date de 1754.
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- à un mémoire d’Albert Euler, qui obtint, en 1-7.52,, le prix proposé par la; Société, royale des sciences. deGoettingue;; etidàns laquelle la chute est partagée à peu près en deirx parties égales, dont l’une pour le réservoir et les.courbes directrices, et-l’autre pour la roue*
- On trouve dans les- Transactions de la Société-philosophique Américaine* ( tome Ill j page. 185, publié en 1793i) s un- mémoire, lu ,, le 21 septembre 1792,. à cette société par- AI. W; Waring, sur une roue ou volant à réaction attribué par l’auteur au. docteur Barker, et perfectionné par Alt James Ramseyt Ce moteur, qui reçoit l’eau en-dessous , est tout à fait analogue, à celui que Alt Afanoury-d’Ectot.a proposé plus tard sous le nom de volant hydraulique.
- Ce n’est qu’en 180A que Al. Alanoury-d’Ectot établit ' dans, plusieurs moulins du département de l’Orne , sa- roue à- réaction. Cette roue, à axe’ vertical, est composée de-palettes planes, verticales, trèsrininces, toutes inclinées dans le même sens sur lac circonférence intérieure, et formant, dit Carnot ; dans son-rapport à l’Institut en date du 21- juin 1813, une espèce de jalousie circulaire', au milieu de laquelle est un espace: vide’ où. l’eau est amenée en dessous par un gros tuyau ou canal. Elle tournait immergée et recevait l’eau de dedans en dehors, par tout le
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- pourtour, vertical de son contour intérieur. Plu-sieurs ifu-rentî exécutéesn dans! le département: dè F Orne et. donnèrent; desi résultats; assez- satis-
- faisants? pour qu’elles aient été conservées jusqu’à ce jour; Mais la<.mort.prématurée*. de> Mi Ma-nouryrd’Ectot arrêta les; progrès qu’il avait‘fait
- faire aux roues;à axe;vertical'et kréactionv.
- Vers, 1816, M. Petit, professeur, à l’École polytechnique, inséra dans les Annales de Physique et de Chimie un mémoire sur les roues à réaction. En 1819jÿ M. Navier, dans ses savantes notes sur l’architecture hydraulique de Bélidor, examina de* nouveau, la théorie des roues à réaction de divers genres à axe vertical ; il s’occupa particulièrement d’une roue à aubes courbes.semblables
- à celles qui sont construites actuellement> par M4L Kœchlin et Fontaine; il. indiqua^ aussi», d’après' Euler’, l’emploi des directrices disposées de manière à. distribuer l’eau sur;tout le; pour-
- tourrde la roue.
- Malgré ces travaux scientifiques?, on s’occupait peu des roues à axe vertical,, lorsqu’en 1822' M. Burdin, ingénieur des mines', présenta à l’Académie des sciences un mémoire- intitulé': Des Turbines., ou Machines hydrauliques rotatoires à grande vitesse. Le nom de Turbin s donné aux. roues à axe vertical date de cette époque et a été mis en usage pour la première fois par M. Bur-
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- din. Dans ce mémoire, l’auteur s’est proposé de déterminer les conditions d’établissement des roues hydrauliques de manière à satisfaire dans tous les cas et quelle que fût la rapidité de leur marche, à ces deux conditions fondamentales d’introduire l’eau sans choc et de la faire sortir sans vitesse. Avant le rapport fait sur ce mémoire, le 19 avril 1824, par MM. de Prony et Girard, l’auteur avait déjà construit une roue de son système remplaçant une roue à augets. Une autre roue du même auteur fut établie en 1826 au moulin de Pontgibaud, département du Puy-de-Dôme ; son axe était vertical et quoiqu’elle ne reçût l’eau que sur une portion de l’espace annulaire compris entre ses enveloppes extérieure et intérieure, un procès-verbal signé par une commission d’ingénieurs prouve que M. Bur-din avait déjà songé à appliquer la distribution sur tout le pourtour, comme Euler l’avait conseillé.
- Confiant dans les résultats de ses premiers essais et dans les principes dort il avait développé l’application, M. Burdin, pmtôt homme de science et de cabinet que d’exécution, songea à s’associer pour la réalisation de ses idées un constructeur qui acceptât sa direction : il fit avec M. Fourneyron, son ancien élève, un traité en date du 2 février 1823, par lequel il choisissait ce dernier pour collaborateur dans la pose des
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- nouvelles roues. C’est à cette association de la science et de l’art de l’ingénieur-constructeur que nous devons ‘ la première, turbine qui ait donné des résultats très^favorables.
- En effet, une première roue de la force de 40 chevaux environ projetée parM. Burdin pour l’usine du moulin du pont, près Yillers-Sexel, (Haute-Saône), n’ayant pu être exécutée par des circonstances indépendantes de la volonté de ces ingénieurs, ils convinrent, dès le 6 mars 1823,
- d’établir une roue d’essai. Cette roue à axe ver-
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- tical, à aubes courbes, destinée à recevoir l’eau de l’intérieur à l’extérieur, devait être employée avec une chute de 2™, 70. Le modèle en fut fait en 1823 ; mais de nouveaux obstacles s’opposèrent encore à son installation, et ce ne fut que quatre ans après, en avril 1827, queM. Fournéyron monta cette même turbine d’essai au moulin* de Pont-sur-l’Ognon avec une chute de lm,40 environ.
- Vers la même époque, en 1827, M. Burdin présentait à la Société d’encouragement un- mémoire dans lequel un croquis représentait une roue à axe vertical avec des directrices courbes en petit nombre placées sur’ un fond fixe et dont les aubes étaient en grande partie planes ; ce qui semblerait indiquer qu’il voulait modifier là forme dès aubes de la roue projetée en 1823. Là turbine de Pont-sur-l’Ognon ëst décrite dans' lé
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- mémoire adressé en 1832 par M. Fourneyron à la Société d’encouragement et lui valut le prix proposé par cette société au commencement de 1832, pour l’amélioration des roues à axe vertical. Ce mémoire est publié dans le Bulletin de la Société, n° 33, année 1834. On y voit que la roue est à aubes courbes, semblable à celle de M. Poncelet placée horizontalement, qu’elle reçoit l’eau de dedans en dehors par tout son pourtour intérieur, comme la roue à réaction de Mannoury-d’Ectot. La direction convenable est assurée aux filets fluides par des directrices fixes en tôle placées sur un fond immobile, d’après les principes indiqués par Euler , mais pour une autre disposition des aubes.
- Cette première roue n’avait pas de vanne ' propre, mais dans une autre roue de ce genre établie en 1832 au fourneau de Dampierre , dépendant des forges de Fraissans, M. Fourneyron a introduit l’usage d’une vanne cylindrique en fonte, interposée entre la roue et les directrices fixes, et à l’aide de laquelle il règle le volume d’eau dépensé par la roue. L’eau, guidée par les directrices et par le fond fixe, n’éprouve pas de contraction sensible sur les côtés inférieurs et verticaux de l’orifice; mais, en outre, des tasseaux arrondis fixés à la vanne du côté du réservoir et analogues à ceux que M. Poncelet avait
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- adaptés aux côtés verticaux des orifices de ses roues à aubes courbes, diminuent les effets de la contraction sur le côté supérieur de l’orifice. De plus, par un mode heureux de graissage, M. Fourneyron a empêché l’usé trop rapide des pivots; enfin l’observation et des expériences au frein lui ont montré plus tard la nécessité de fractionner la hauteur de la roue par des diaphragmes horizontaux.
- On sait quels ont été les beaux résultats obtenus par cette turbine à laquelle l’habile ingénieur a donné son nom. On voit, par ce qui précède , qu’ils sont dus à la fois à une application heureuse et intelligente des principes remis en lumière et développés par M. Burdin, et au grand talent de construction, à l’esprit ingénieux et inventif de M. Fourneyron. g La science; a dignement récompensé les travaux de M. Burdin en'lui accordant le titre de membre correspondant de l’Institut; le jury central de 1839 a décerné à M. Fourneyron la médaille]d’or, le roi l’a décoré de la Légion d’honneur, et F industrie a largement récompensé sa constance et ses talents.
- Ces succès ont naturellement engagé à entrer dans la même carrière beaucoup d’autres esprits inventifs ; le nombre des turbines nouvelles s’est accru d’année en année, et c’est pour parvenir
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- à distinguer ce qui dans chacune d’elles présente une idée, une disposition plus ou moins nouvelle, que nous avons été entraînés dans cette discussion historique, pour laquelle quelques documents importants nous ont malheureusement manqué.
- Ce n’est pas ici le lieu de parler des recherches scientifiques et expérimentales de l’un des membres du jury, ni de la roue à aubes courbes et à axe vertical proposée, dès 182G, parM. Poncelet dans ses leçons à l’école de Metz et qui reçoit à volonté l’eau de l’extérieur à l'intérieur, surtout ou partie de son pourtour.
- Enfin , le jury ne peut porter aucun jugement sur la turbine exposée par la maison André Kœ-chlin, dont le chef est un de ses membres.
- Nous croyons devoir faire remarquer en terminant que les exposants de moteurs hydrauliques ou autres se croient trop généralement dispensés de fournir à l’appui de leurs assertions des résultats d’expériences authentiques. Faute de semblables documents, le jury se trouve obligé d’ajourner son jugement et de passer sous silence des machines qui ne sont cependant pas sans mérite. Mais on concevra que cette réserve lui est surtout imposée, quand il s’agit de moteurs dont l’effet peut exercer line si grande influence
- sur tous les développements des autres industries.
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- MÉDAILLE D’ARGENT.
- Turbine Fontaine-*Baron.
- M. FONTAINE-BARON, à. Chartres (Eure-et-Loir).
- Cette turbine est une roue à aubes courbés, analogue à celle qui est décrite dans l’architecture hydraulique de Bélidor, édition de M. Navier, p. 451. L’eau est amenée sur les aubes par des courbes directrices semblables aussi à celles qui sont indiquées dans cet ouvrage ; mais l’écoulement est réglé par de petites ventelles verticales, en nombre égal à celui des directrices, et disposées de manière à atténuer en partie les effets de la contraction et à assurer aux filets fluides une inclinaison finale peu différente de celle des directrices. Toutes ces ventelles s’élèvent et s’abaissent simultanément au moyen d’un cercle assemblé avec trois tiges à vis.
- Par une disposition ingénieuse et particulière à la turbineFontaine-Baron, le pivot sur lequel tourne son arbre creux est hors de l’eau , facile à visiter et à graisser, ce qui rend l’installation de celte roue commode et peu dispendieuse.
- Des expériences au frein authentiques et exécutées avec soin d’une manière contradictoire par d’habiles observateurs, au moulin de Vadenay, près de Châlons-sur-Marne, ont montré que l’effet utile de cette roue s’élevait à om,68 ou om,7i du travail absolu dépensé par le moteur. Il y aurait encore à rechercher si cette roue convient aussi bien aux grandes, chutes qu’aux chutes moyennes, et quelle est la meilleure proportion entre la hauteur de la
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- roue et la différence dii niveau d’amont et d’aval.
- Par ses effets avantageux, par la facilité de son installation et de son entretien, et par l’économie de sa construction, cette roue, déjà adoptée avec Succès dans beaucoup d’établissements, doit être regardée comme l’un des meilleurs moteurs hydrauliques de ce genre.
- Le jury accorde à M. Fontaine-Baron une médaille d’argent pour sa turbine hydraulique.
- [MENTIONS HONORABLES.
- Turbine Passot.
- M. PASSOT, à Paris, rue des Postes, 15,
- Expose plusieurs modèles de turbine à réaction, sur l’effet desquelles il est difficile de formuler une opinion précise, attendu que l’auteur persiste, malgré l’opinion de tous lès mécaniciens, à se refuser à l’application du frein dynamométrique, si généralement employé avec succès pour apprécier l’effet utile des moteurs. En l’absence d’un moyen précis d’estimation des résultats obtenus avec cette roue, M. Passot présente au jury un procès-verbal d’experts relatif à celle qu’il a établie au moulin de la Chaîne à Bourges. Ces experts, au nombre desquels figurent deux ingénieurs en chef des ponts et chaussées, ont conclu que cette roue ne rendait pas moins de 60 p. o/o du travâil absolu dépensé par les moteurs. Cette conclusion, basée sur l’observation des quantités de blé moulu, a été admise dans
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- un rapport fait à l’Académie des sciences, le octobre 1843, dans les termes suivants:
- « En résumé, le rapport des experts de Bourges » ne permet pas de douter que la roue hydraulique » de M. Passot ne soit utilisable dans l’industrie et » que son rendement évalué en mouture, n’attei-» gne 60 p. 0/0 du travail dépensé. »
- Sans prétendre se montrer plus exigeant que l’illustre société, le jury exprime néanmoins le vœu que des expériences plus précises et surtout des résultats plus faciles à rapporter d’une manière certaine aux estimations ordinaires du travail mécanique lui permettent de déterminer dans tous les cas lé rapport de l’effet utile de cette roue au travail absolu dépensé par le moteur, avant de se prononcer sur sa valeur relative.
- ^Néanmoins en ayant égard aux efforts persévérants de M. Passot pour l’amélioration des roues à réaction, le jury lui accorde une mention honorable.
- M. le vicomte de TRAVANET, à Paris, rue d’Enghien, 38,
- Expose sous le nom de balancier hydraulique un modèle de manège de maraîcher, dans lequel l’action du cheval est transmise directement par des cordes à trois seaux qui élèvent alternativement l’eau d’un puits, sans que la direction de la marche du cheval doive être changée, comme dans les manèges ordinaires du même genre ; cette disposition simple et économique peut être utile, et a déjà été appliquée avec succès pour des épuise-
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- menls, des irrigations où l’on tire l’eau de petites profondeurs et notamment à un grand étang salé appartenant à la compagnie du chemin de fer des salines de Citis , en Provence.
- Le jury accorde une mention honorable à M. le vicomte de Travanet.
- M. BARTHÉLEMY, à Nancy (Meurthe),
- Expose sous ce titre un appareil ingénieux qui a pour but de diminuer le frottement des pivots et axes de rotation des machines. Le modèle présenté est celui d’un arbre vertical disposé de façon que le pivot peut être à volonté porté sur une crapaudine métallique ou sur l’eau ou l’huile contenue dans un vase clos. A cet effet le pivot en acier de on*,2ode diamètre, arrondi à sa partie inférieure, repose sur une crapaudine plane en bronze , mais cette crapaudine forme elle-même la tête d’un cylindre qui sert de gros piston à une presse hydraulique, de sorte qu’en mettant cette presse en action , on soulève le piston qui n’est alors supporté que par l’eau sur laquelle il tourne avec l’arbre vertical, tandis que si l’on permet à ce piston de descendre, la crapaudine en bronze qui forme sa tête repose par une embase sur une arcade fixe en fonte, et alors l’arbre n’est plus soutenu que par cette arcade et le pivot frotte sur la crapaudine. Dans des expériences auxquelles on a cherché à donner autant de précision que l’a permis l’installation nécessairement imparfaite de l’appareil dans l’enceinte extérieure des galeries, on a reconnu qu’effeclivement sous des charges de 2090 et de io5o kilog. le frottement du piston de
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- om,o31 de diamètre sur le liquide, donnait lieu à un frottement de moins de moitié de celui du pivot d’acier arrondi de 0,020 de diamètre, sur une era-paudine plane en bronze. On a de plus constaté que le frottement paraissait être aussi bien proportionnel à la pression sur le liquide que sur les métaux. Ces résultats obtenus avec une pression qui correspond à 260 atmosphères environ , seront vérifiés prochainement, mais dès à présent le jury pense que l’idée ingénieuse de M. Barthélemy mérite l’attention des ingénieurs, et il accorde à son auteur une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. DE LAMOLÈRE, à Sours (Eure-et-Loir),
- Présente, comme nouveau moteur hydraulique, un chapelet vertical à grains rectangulaires très-allongés, dans lequel il fait descendre l’eau d’une chute, et dont la chaîne transmet à un arbre horizontal un mouvement continu de rotation. Cette disposition , qui n’est pas aussi nouvelle que l’auteur le pense, paraît peu avantageuse sous le rapport de l’économie de la puissance motrice. Elle oeut néanmoins être adoptée pour de petits volumes d’eau et de petites usines ou machines agricoles, à cause de l’économie et de la simplicité de sa construction.
- Le jury accorde à M. de Lamolère une citation favorable.
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- § 2. POMPES ET MACHINES A ÉLEVER L’EAU.
- M. Combes, rapporteur.
- Les appareils de ce genre qui figurent à l’exposition peuvent être divisés en trois classes, savoir : 1° les grands appareils qui ne peuvent être mus que par des machines à vapeur ou des roues hydrauliques ; 2° les pompes à incendie ; 3° les pompes à bras destinées à élever l’eau du fond des puits ou aux autres besoins domestiques.
- 1° Grands appareils. ]
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. HUBERT, ingénieur civil et entrepreneur de travaux hydrauliques, demeurant à Paris, rue de l’Ouest, 28,
- A exposé, conjointement avecM. Eugène Bourdon, une machine à vapeur et un groupe de pompes destinées à élever 6oo mètres cubes d’eau par 24 heures à 43 mètres de hauteur pour la ville de Chartres.
- Il résulte des explications données et des pièces communiquées au jury par les deux exposants que M. Hubert est seul auteur du projet en ce qui concerne la disposition d’ensemble, le mode-de transmission de mouvement, la forme et les dimensions des pompes à élever l’eau. Sur tous ces points M. Eugène Bourdon a dû se conformer aux dessins
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- qui lui ont été donnés, et les modèles de tout l’appareil demeurent la propriété de M. Hubert. Quant à la machine à vapeur, la puissance, le système de construction, les rapports de grandeur des aires des passages et de la section du cylindre, l’étendue de la surface de chauffe des chaudières en mètres carrés, tous ces points ont été fixés par M. Hubert, M. Bourdon demeurant chargé et responsable des détails de construction. Les modèles des pièces de la machine à vapeur proprement dite demeurent seuls la propriété et l’œuvre de M. Bourdon.
- L’appareil ainsi composé de la machine et des pompes est livré par le constructeur à M. Hubert, pour un prix déterminé. D’un autre côté M. Hubert a traité avec la ville de Chartres pour la machine et tout le système des réservoirs et de la distribution d’eau, dont il a dressé lui-même les plans et devis. C’est sur le même pied qu’il avait traité antérieurement et fait les projets d’élévation ét distribution d’eau pour les villes de Saint-Germain-en-Laye, Pontoise, Yitry-le-Français et Granville. Il s’est en outre chargé de faire, pour un prix déterminé à l’avance, et pendant une période de 20 ans, le service de la machine élévaloire de Saint-Germain.
- M. Hubert n’est donc pas seulement ingénieur civil auteur de projets, mais il est encore entrepreneur et constructeur, fabricant par conséquent, et réunit toutes les conditions voulues pour être admis aux concours des expositions quinquennales.
- L’appareil hydraulique destiné à la ville de Chartres, qui figure à l’exposition, se compose d’une machine à vapeur de 8 chevaux de puissance,
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- a détente et à condenseur, et de l\ pompes foulantes à piston plongeur. Quant à la machine motrice, la vapeur dont la tension dans les chaudières est limitée à 3-atm. 1/2, ne doit être admise que pendant i/3 de la course du piston. Elle circule dans une enveloppe qui entoure le cylindre, avant d’entrer dans la boîte de distribution. L’aire des passages par lesquels la vapeur arrive au cylindre doit être au moins 1/20, et l’aire des passages allant au condenseur au moins 1/15 de la section droite du cylindre. Ces conditions ont été déterminées par M. Hubert. Les quatre 'pompes foulantes sont distribuées symétriquement aux quatre angles d’une plateforme en fonte, et envoient l’eau refoulée dans une capacité occupant le centre de cette plateforme, et qui est l’origine du tuyau ascensionnel, le mouvement est transmis aux pistons des pompes par des manivelles üxées aux extrémités de deux arbres horizontaux commandés, au moyen de roues d’engrenage, par l’arbre principal auquel la machine motrice communique directement le mouvement de .rotation. Ces trois arbres reposent sur un entablement supérieur porté par quatre colonnes en fonte, dont-le pied est sur la plate-forme inférieure, et par quatre arcades. Le système entier comprend, en outre, une cinquième pompe que le défaut d’espace n’a pas permis de placer dans les salles de l’exposition. Cette dernière est aspirante et à piston creux. Son piston est mu par une manivelle adaptée à l’arbre de couche principal. Elle élève l’eau de la rivière à un niveau un peu supérieur k celui du condenseur de la machine mo-
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- tri ce et des pompes foulantes. Un trop plein ramène l’eau superflue à la rivière, l’auteur ayant eu le soin de donner au volume engendré par les excursions du piston de cette pompe une grandeur suffisante pour qu’il y eût toujours un petit excès d’eau élevée, en sus de celle qui est nécessaire à la condensation de la vapeur et à l’alimentation des pompes à plongeur.
- La disposition générale de l’appareil hydraulique de la ville de Chartres est bien entendue. Par la combinaison de quatre pompes foulantes, les réservoirs d’air deviennent inutiles. On évite les cliocs occasionnés sur les tuyaux par l’intermittence du mouvement de la colonne ascensionnelle, chocs que les réservoirs d’air atténuent un peu sans les faire disparaître. La conservation de toutes les pièces de la machine est ainsi mieusc assurée. C’est avec raison que M. Hubert a préféré quatre pompes simples à pistons plongeurs, aux pompes à double effet beaucoup moins faciles à visiter et à tenir en ordre; qu’il a employé une pompe aspirante indépendante des pompes élévatoires. Le choix qu’il a fait d’une machine à vapeur h condenseur, à détente et enveloppe, est de nature à réduire la consommation de combustible, autant que cela est possible avec des machines à double effet. La disposition et les dimensions de détail des pompes en elles-mêmes nous paraissent irréprochables. On regrette seulement que les coudes des tuyaux qui conduisent l’eau des pompes foulantes au tuyau ascensionnel ne soient pas arrondis. Toutefois nous devons dire que ce vice aperçu déjà par M. Hubert,
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- et qu’il fera disparaître à l’avenir, est atténué parce que les deux pompes foulantes qui versent leurs eaux dans un même tuyau coudé , à angle droit, ne fonctionnent jamais simultanément : il est le seul que nous ayons à signaler.
- M. Hubert a remis au jury des certificats authentiques délivrés par les maires des villes de Saint-Germain, Pontoise et Yitry-le-Français, qui sont conçus dans les termes les plus honorables pour cet ingénieur, et attestent qu’il a rempli ses engagements avec la plus grande loyauté.
- Nous citerons les travaux exécutés à Yitry, à cause des difficultés particulières que l’auteur a eues à surmonter. Le fond du réservoir principal devait être à 8 mètres au-dessus du sol de la plaine dans laquelle la ville est bâtie. Il fallait élever par 2zj heures dans ce réservoir 35o mètres cubes d’eau de la Marne filtrée; la force motrice devait être empruntée à une prise d’eau d’un moulin établi sur la même rivière. La hauteur de la chute était variable de om,90 à im,go, et la quantité d’eau concédée pour mettre la roue hydraulique en mouvement variait de 85 à 135 litres par seconde suivant la cote du niveau de l’eau dans le canal de fuite. L’élévation du réservoir au-dessus du sol, la saleté des eaux de Marne, qui sont excessivement chargées de limon et les variations de niveau dans le canal de fuite, offraient des difficultés considérables que M. Hubert a parfaitement surmontées. Il a construit un réservoir de 200 mètres cubes de capacité en fonte de fer, supporté par 3o colonnes également en fonte. Il a appliqué au filtrage le système de la Compa-
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- gnie française auquel il a apporté cle notables améliorations , en substituant des grilles en fonte de fer qui laissent une grande surface de vide pour le passage des eaux, aux disques en bois employés parM. Fonvielle, dans les établissements formés à Paris. L’eau est refoulée directement par les pompes dans les fil très quelle traverse avant d’arriver dans le réservoir. Enfin, la roue hydraulique employée par M. Hubert, est une roue à réaction ou turbine sans directrices prenant l’eau par-dessous et munie d’une vanne fixée à la roue, ce qui lui permet de dépenser des volumes d’eau variables avec la hauteur de la chute, en utilisant toujours la même fraction de la puissance dépensée. Les dessins de cette roue ont été donnés à M. Hubert par le rapporteur. Elle n’avait encore été exécutée nulle part, et c’est sans contredit aux soins apportés à sa construction, à l’exactitude avec laquelle les conditions du tracé géométrique ont été observée, que l’on doit attribuer la régularité avec laquelle elle fonctionne depuis 18 mois, sans avoir éprouvé d’accident d’aucune espèce.
- Toutes les difficultés de la question ont été résolues à la satisfaction de l’autorité municipale de la ville de Yitry, qui a eu recours, pour s’éclairer, aux lumières d’une commission composées de trois per*= sonnes parfaitement compétentes, un lieutenant-colonel du génie et deux ingénieurs des ponts et chaussées. Le rapport de cette commission donne des éloges à la construction élégante du réservoir et du mécanisme des pompes. Il constate que, dans les circonstances où se trouvait la roue, le jour où les
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- expériences ont été faites, la quantité d’eau dépensée était inférieure de i/io environ à celle qui avait été stipulée dans la convention faite avec la ville.
- Les travaux exécutés par M. Hubert le placent au premier rang parmi les ingénieurs qui s’occupent de travaux hydrauliques. Ils montrent que ce constructeur sait utiliser de la manière la plus convenable les moteurs hydrauliques et h vapeur; qu’il a perfectionné les appareils de filtrage de la Gie Fonvielle; qu’aucun des détails relatifs à l’élévation et à la distribution de l’eau dans les villes ne lui est étranger. Ils méritent à M. Hubert la médaille d’argent que le jury lui décerne.
- MENTION HONORABLE.
- MM. BÉRENGER et Cie, ingénieurs-mécaniciens à Lyon (Rhône),
- Exposent le modèle d’un appareil qu’ils ont imaginé pour effectuer l’assainissement du port de Marseille.
- Dans le projet de MM. Bérenger, un canal de ceinture recouvert serait pratiqué autour du port et recevrait toutes les eaux infectes qui arrivent aujourd’hui dans le port, et dont le volume a été évalué à 35 ou 4o,ooo mètres cubes par jour. Le canal serait mis en communication avec les eaux du port par plusieurs ouvertures, et déboucherait dans la nier par une de ses extrémités, une ou plusieurs grosses vis d’Archimède installées horizontalement dans un espace situé près du point où le canal de ceinture débouche dans la mer, recevraient d’une
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- machine à vapeur, en outre, un mouvement de rotation en vertu duquel elles aspireraient l’eau de l’intérieur du port de Marseille, qui serait rejetée dans la mer, après avoir parcouru le canal de ceinture et entraîné les eaux infectes avec les immondices venant de l’intérieur de la ville. Il y aurait ainsi une circulation continue de l’eau de la mer vers le port et du port à la mer, courant dont le volume est évalué par les exposants à 120,000 mètres cubes en 24 heures, ou environ im,4o cube par seconde.
- Ce projet présenté au conseil municipal de la ville de Marseille a été transmis par ce conseil, avec approbation, à M. le Ministre des travaux publics.
- Il n’appartient pas au jury d’énoncer un jugement sur la question de savoir si le système présenté par MM. Bérenger et Cie, est préférable à d’autres projets qui ont été ou ont pu être proposés pour l’assainissement du port de Marseille. Mais il n’hésite pas à déclarer qu’il est possible , en appliquant à des vis bien construites, une puissance motrice assez peu considérable, de déterminer un courant continu de 1 à 2 mètres cubes par seconde, du port vers la mer et de la mer vers le port.
- Il reconnaît aussi que la vis qui a déjà été employée avec succès au déplacement de l’air pour l’aérage des mines, est une des machines qui conviennent le mieux à des applications du genre de celle que MM. Bérenger et Cie avaient en vue, et il décerne à ces ingénieurs mécaniciens une mention honorable.
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- 2° Pompes à incendie.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. GUÉRIN et Cie, à Paris, rue du Marché d’Aguesseau, 10 et 12.
- M. Guérin père obtint en i83q une médaille d’argent pour son appareil contre l’incendie des cintres de théâtres et ses pompes à incendie. Il a exposé cette année une pompe à incendie, avec tous ses accessoires, des boyaux, des seaux en toile, etc. La pompe à incendie se distingue à la fois par la simplicité de l’ajustage et la solidité, les deux corps de pompe et le réservoir d’air sont fixés par des boulons sur une platine en cuivre jaune d'une seule pièce, sans aucune soudure, qui porte les quatre clapets d’aspiration et de refoulement, ainsi que les tubes de communication entre les corps de pompe et le réservoir. L’entablement en bois fixé à la bâche par huit boulons â vis supporte la brimbale à laquelle sont attachés les deux pistons, et maintient les deux corps de pompe par leur partie supérieure. La matière n’est point prodiguée inutilement, de sorte que le poids de la pompe est réduit autant qu’il était possible de le faire, tout en conservant la solidité nécessaire qui est augmentée par l’absence de soudures. La maison Guérin a donc encore simplifié et perfectionné la construction de ses pompes depuis la dernière exposition; elle a établi, au théâtre de l’Opéra-Comique, un second appareil contre l’incendie des cintres, d’une puissance plus grande que celui qui existait en 1839 au théâtre de
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- la porte Saint-Martin. Elle a développé ses ateliers, auxquels elle vient d’ajouter récemment une machine à vapeur pour mouvoir les tours et autres outils servant à l’ajustage. Les boyaux en cuir cloués, et les seaux en toile à voile sont d’une excellente qualité. Les progrès soutenus de la fabrication de la maison Guérin méritent aux fils le rappel de la médaille d’argent que le père a reçue en 1839.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. KRESS, à Colmar (Haut-Rhin).
- M. Kress reçut, en 1839, une médaille de bronze pour une pompe à incendie dont le jury avait apprécié la bonne construction ; il a envoyé cette année une pompe à incendie avec tous ses accessoires, une pompe rotative, une pompe à botte et des pompes à béquille.
- La pompe à incendie est digne, par la solidité de sa construction, de la bonne réputation acquise par M. Kress; mais la pompe rotative est arrivée à Paris brisée et n’a pu être examinée avec soin par le jury-
- Les pompes à botte et à béquille sont d’une construction simple.
- M. Kress continue à mériter la confiance publique, et le jury le reconnaît en lui rappelant la médaille de bronze.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. PERRIN, fabricant de pompes aux Cha-prais, banlieue de Besançon (Doubs),
- Expose deux pompes à incendie, l’une simple et l’autre double. Ces appareils se distinguent par une construction très-simple qui n’exclut pas la solidité et qui permet de les construire à très-bon marché. La pompe simple se compose d’un corps de pompe en cuivre, et d’un grand réservoir d’air également en cuivre établi parallèlement au corps de pompe. Cette pompe, quand elle doit fonctionner, se place sur une inclinaison de 45° ; appuyée par l’extrémité inférieure sur un support établi au fond de la caisse qui sert à la fois de bâche et de caisse d’emballage. Un support en bois incliné vient recevoir l’extrémité supérieure de la pompe; le piston est formé de deux cuirs emboutis en sens inverse, fixés à une tige en fer rond, à l’extrémité de laquelle on visse le manche en bois sur lequel agissent les hommes; les clapets d’aspiration et de refoulement sont établis au bas du corps de pompe en dehors de l’appareil ; l’espace qui les renferme tous deux est fermé par une plaque maintenue par une bride qu’on écarte avec facilité et promptitude, quand il faut visiter les clapets. Cette pompe qui peut servir comme pompe à incendie dans les bourgs et villages, et comme pompe de jardin, est livrée par M. Perrin avec la caisse formant bâche, et dans laquelle elle est emballée, au prix très-modique de 90 fr.
- La pompe double se compose de deux pompes simples réunies dans la même bâche, et inclinées en
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- sens inverse l’uné de l’autre sous l’angle de 45°• Les réservoirs d’air des deux pompes sont rnis en communication par un boyau en cuir ; et le tube de refoulement est adapté à l’un de ces réservoirs. La pompe double est vendue par M. Perrin au prix de 280 fr.
- La facilite de l’installation, du montage et du démontage, et enfin le bon marché lés rendront accessibles aux communes les plus pauvres et à un grand nombre de particuliers.
- M. Perrin a déjà livré, depuis le icr avril i83g , époque de la fondation de son établissement, un grand nombre de pompes au commerce.
- Il est très-digne de la médaille de bronze que le jury se plaît à lui décerner.
- M. DÉBAUSSÀÎJX, à Amiens (Somme),
- A exposé une pompe à incendie et son chariot. La pompe est d’une bonne construction, quoiqu’un peu trop compliquée. La bâche et le réservoir d’air ont une forme très-convenable et une grande capacité;; un tampon à vis appliqué sur une des paroisdù réservoir permet de visiter les clapetsde refoulement. Le chariot est armé de ferrures qui lui donnent une grande solidité. Le prix de cette pompe, d’un fort calibre, n’est que de 1,000 fr., y compris le chariot et les accessoires, et ce prix est peu élevé si on a égard à la quantité de matière ét à là solidité des ajustages.
- M. Debaussaux expose en outre un calorifère à eau chaude, qui sera l’objet d’un autre rapport.
- Le jury récompense les bonnes qualités de la
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- pompe à incendie de M. Debaussaux par une médaille de bronze.
- M. THIRION, à Paris, allée des Yeuves, 93,
- Expose une pompe à incendie bien établie; le système de construction réunit toutes les conditions de solidité désirables , mais il est moins simple que celui qui est adopté par les précédents exposants. Les communications entre le corps de pompe et le réservoir d’air sont établies par des tuyaux qui débouchent vers le bas des corps de pompe sur la paroi cylindrique. La pompe est disposée de manière à pouvoir recevoir un tuyau aspirateur qui irait puiser l’eau en dehors de la bâche. Une petite pompe à bunette , pouvant être transformée en pompe à hotte, d’une construction élégante et simple, fait aussi partie de l’exposition de M. Thi-rion, auquel le jury décerne une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. FLAUD et BONNEF1N, à Paris, avenue Matignon, 11,
- Exposent une pompe à incendie avec son chariot et ses accessoires, des boyaux et des seaux en toile construits sur le même modèle que celle de la maison Guérin, avec cette différence que l’entablement en bois est remplacé par un entablement en fonte coulé d’une seule pièce, avec les supports de la brimbale. Les ateliers de MM. Flaud et Bon-nefin sont tout nouveaux; l’un d’eux, ancien élève
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- de l’École des arts et métiers d’Angers, a été employé dans la maison de M. Guérin, et a concouru au perfectionnement des produits que cette maison a livrés au commerce.
- La bonne exécution de la pompe de MM. Flaud et Bonnefin, des boyaux et des seaux exposés par eux, vaut à ces fabricants, malgré la date récente de leur établissement, la mention honorable que le ' jury se plaît à leur décerner.
- M. ANDRÉ-LAVOY, fabricant de pompes, à Saumur (Maine-et-Loire),
- Expose une pompe à incendie à laquelle il a adapté un plancher mobile , sur lequel se placent les hommes qui devront la manœuvrer.
- L’exposant a voulu utiliser le poids des travailleurs pour donner de la stabilité à la pompe.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- MM. IACOMY, RIGAL et Cie, à Paris, rue Fon-taine-au-Roi, 5h,
- Exposent une pompe à incendie dans laquelle les deux corps de pompe et le réservoir d’air sont ménagés dans une même masse de fonte. Les corps de pompe sont garnis intérieurement en cuivre. Les clapets d’aspiration et de refoulement sont découpés dans une seule plaque de cuir que l’on place entre la plate-forme inférieure et la masse contenant les deux corps de pompe.
- La disposition générale du système est simple. Une pompe semblable, avec des pistons de o“,ii
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- de diamètre, ne coûte que 5oo fr., y compris 16 mètres de longueur de boyaux et la lance.
- Le jury, en raison de la simplicité de la disposition d’ensemble et du bon marché des pompes de MM. Jacomy, Rigal et C,e, leur décerne une mention honorable.
- POUR MÉMOIRE.
- M. AUBIN, mécanicien à Rouen (Seine-Inférieure) ,
- A exposé une pompe à incendie à double effet, et des rouleaux pour les impressions sur étoffes, qui seront l’objet d’un examen particulier.
- La pompe à incendie de M. Aubin est bien et solidement construite. Mais le jury ne peut approuver le système des pompes à incendie à double effet, qui ont l’inconvénient d’être plus compliquées que les pompes ordinaires, plus difficiles à monter, à démonter et k tenir en ordre , et de ne pas laisser les pistons à découvert pendant la manœuvre.
- M. HUCK, à Paris, rue Corbeau, 25,
- Présente une pompe à incendie d’une bonne construction , une pompe rotative et une machine à laver la fécule (voyez le rapport qui décerne la récompense).
- MM, LETESTU et Cie, à Paris, rue Vendôme, 9, Présentent deux pompes à incendie et des
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- pompes d’épuisement ( voir les Pompes dépuisement').
- 3° Pompes diverses mues à bras.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. PETIT (Adrien), à Paris, rue de la Cité,
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- Expose des pompes pour l’irrigation des jardins et des clyso-pompes.
- Cet exposant avait obtenu, en i83q, une médaille de bronze pour des pompes légères destinées à l’irrigation des jardins, d’une construction élégante très-convenable, et qu’il livrait à fort bon marché. L’opinion favorable émise par le jury de 1839 a été pleinement jutifiée par le public, et l’on trouve , à l’exposition actuelle , les pompes de M. Adrien Petit dans les cases de presque tous les exposants d’outils de jardinage. Les soupapes à bille sont également adaptées à un grand nombre de clysoirs. Parmi les produits exposés cetle année par M. Petit, on distingue des pompes de calibres variés, et une petite pompe d’arrosage qui consiste tout simplement en une seringue à l’extrémité de laquelle est vissée une pomme cl’arrosoir munie d’un clapet, pour que l’eau puisse pénétrer facilement dans le cylindre quand on retire le piston.
- Le succès obtenu par les appareils de M. Adrien Petit, mérite à cet ingénieux fabricant la nouvelle médaille de bronze que le jury lui décerne.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. GENTET et GODEFROY, à Ingouville (Seine-Inférieure),
- Exposent une pompe rotative qui présente un perfectionnement très-bien entendu de la pompe anciennement connue sous le nom de pompe à engrenage. Les deux mobiles renfermés dans la boite, portent, l’un quatre, et l’autre deux dents ou ailes dont le tracé paraît fort bien étudié, de manière à assurer la continuité de l’ascension de l’eau.
- L’établissement de MM. Gentet et Godefroy, fondé à Lons-le-Saulnier en 1841 , a été transporté à Ingouville en 1843.
- L’ingénieuse disposition de leurs pompes, qui conviennent particulièrement au transvasement des liquides chauds et sirupeux, et au cas où l’on aimerait mieux dépenser plus de force motrice, en perdant de l’eau , que d’entretenir une pompe ordinaire, mérite à MM. Gentet et Godefroy la médaille de bronze que le jury leur décerne.
- MM. LETESTU et Cie, à Paris, rue Vendôme, 9,
- Exposent plusieurs pompes pour élévation d’eau et pour incendie , dont la construction diffère en plusieurs points des formes généralement usitées. Les pompes de MM. Letestu et Cie ont pour clapets de simples disques circulaires en cuir, fixés par un boulon à vis au centre de disques circulaires métalliques percés de trous, et qui sont pris entre les brides de deux tuyaux ou soudés aux parois de la pompe ; les pistons sont des cônes métalliques lé-
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- gèrement tronqués, dans la concavité desquels est un cornet de cuir fixé au sommet du cône métallique par la même tige du piston,- ce cornet déhorde le cône métallique et s’applique contre la paroi du corps de pompe, qui peut être en bois ou de métal simplement cliaudronné et non alésé. Le cuir qui forme le cornet est en un seul ou en deux morceaux , suivant le calibre de la pompe : en tout cas les bords ne viennent pas se rejoindre suivant une génératrice du cône , et ne sont pas cousus ensemble; ils se recouvrent sur une petite largeur et sont légèrement amincis dans les -parties superposées l’une à l’autre. Celle construction présente beaucoup d’analogie avec celle des anciennes pompes de mines décrites dans l’ouvrage d’Agricola, de re metallicâ, les traités d’exploitation des mines de Delius et de Momet, l’ouvrage de M. d’Aubuisson sur les mines de Freyberg, etc. Ces dernières pompes , qui ne sont plus employées parties mineurs que pour élever à une petite hauteur des eaux chargées de terres ou de graviers, comme celles que l’on rencontre dans le foncement des puits à travers des terrains sablonneux, ont en effet, pour pistons, des disques en bois ou en métal, percés de trous et recouverts d’un cuir fixé au centre par la tige même du piston. Tantôt les disques portent sur leur pourtour une seconde garniture en cuir (d’Aubuisson, Mines de Frejberg, 1.1, page 241); tantôt ils en sont dépourvus (Delius, édition allemande deVienne, 1773, p. 327). Ce remplacement des disques-plans en métal par des cônes, permet de supprimer la seconde garniture extérieure autour du piston , sans augmenter beaucoup
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- les pertes d’eau, pourvu que le cornet déborde sur une assez grande hauteur le cône métallique. Mais, d’un autre côté, cette disposition doit augmenter les frottements.
- En définitive, les pompes de M. Letestu nous paraissent convenir pour élever des eaux chargées de sables ou de matières terreuses à une petite hauteur (8 h io mètres). Comme elles n’exigent pas que le corps de pompe soit alésé, elles peuvent être construites à bon marché et improvisées presque partout. Plusieurs pompes de ce genre, livrées aux administrateurs de la marine, de la guerre et des ponts et chaussées, ont donné, d’après les cer*-tificats remis à l’auteur, des résultats plus avanta* geux que les anciennes pompes auxquelles on les a substituées. Le jury décerne, en conséquence, k M. Letestu une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. QUÉNARD, à Paris, rue Godot-Mauroy, 1.
- M. Quénard expose une machine è élever l’eau formée par une bande sans fin d'étoffe de laine pliée ou double , large de 16 centimètres environ, et qui se plie sur deux rouleaux placés l'un dans le réservoir inférieur , l’autre à la partie supérieure de la machine, au niveau où l’eau doit être élevée. Le mouvement est imprimé à la bande au moyen d’une manivelle etpar l’intermédiaire de deux roues d’engrenage. L’appareil de M. Quénard est fondé sur Je même principe que la machine à cordes de Verra. Mais, d’après les expériences faites par l’auteur, il
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- est très-supérieur à celle-ci. L’auteur a fait plusieurs observations sur la largeur la plus avantageuse à donner à la bande d’étoffe; il en résulte que, toutes choses égales d’ailleurs, la quantité d’eau élevée n’augmente pas, à beaucoup près, proportionnellement à la largeur de la bande, et que pour élever un grand volume d’eau , il faut employer plusieurs bandes de même largeur posées sur les mêmes rouleaux, et entre lesquelles on laisse un espace de io à 12 centimètres.
- Le jury, en raison de la simplicité de l’appareil, et des observations faites par M. Quénard, lui décerne une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement :
- MM. LEMAIRE et CHIFFARAT, à Paris, quai Jemmapes, 200,
- Pour des soufflets hydrauliques d’une construction ingénieuse, mais dont l’expérience n’a pas encore fait connaître la durée.
- M. HUSSENET, à Paris, passage Ste-Avoye, 9,
- Pour sa pompe rotative.
- M. MARIE, à Paris, rue Basse-du-Rempart, 34,
- Pour une pompe à balancier et à cuvette hémisphérique.
- M. DENIZOT, à Nevers (Nièvre),
- Pour une pompe à balancier et à cuvette hémisphérique.
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- M. CAMUZAT, à Tannay (Nièvre),
- Pour sa pompe à fourneau.
- MM. RQPERT et Gie, à Vannes (Morbihan),
- Pour leur pompe à fourneau.
- M. JOLYOT, àVesoul (Haute-Saône),
- Pour sa pompe à soupapes sphériques.
- POUR MÉMOIRE.
- Sont réservés les droits des quatre exposants ci-dessous nommés :
- M. STOLTZ fils, à Paris, rue de Bréda, 27,
- Qui expose.de bonnes pompes rotatives depuis longtemps appréciées dans le commerce, en même temps que des machines à fabriquer les clous d’épingle, une machine à vapeur, etc. M. Stolz a obtenu en i83g une médaille de bronze.
- M. HUCK, à Paris, rue Corbeau, 25,
- Qui expose des pompes rotatives bien exécutées, une pompe à incendie à piston métallique, en même temps qu’une machine à laver la fécule.
- M. Huck a obtenu en 1809 une médaille de bronze.
- MM. DESPRÉAUX et CIIAPSAL, à Paris , rue Grange-aux-Belles, 63,
- Qui ont exposé une noria en même temps que des cylindres en fer battu , etc.
- M. CAILLEZ, à CMlons (Marne),
- Qui a exposé une pompe à deux corps et un fusil.
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- § 3. GARDE-ROBES HYDRAULIQUES. CUVETTES POUR LES EAUX MÉNAGÈRES. APPAREILS DE TOILETTE ET DE PROPRETÉ.
- Ces appareils, qui figurent en grand nombre à l’exposition, sont presque tous fort bien confectionnés , et l’on éprouve pour les classer un véritable embarras.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. FEU1LLATRE, à Paris, rue Croix-des-Petits-Champs, 39,
- Qui a obtenu en 183g une médaille de bronze pour ses garde-robes et appareils de toilette, expose cette année des appareils du même genre auxquels il a apporté divers perfectionnements. On remarque surtout la bonne disposition des robinets de ses appareils de toilette et de ses garde-robes. La bonne fabrication des produits de M. Feuillâtre mérite que le jury lui confirme la médaille de bronze qu’il a précédemment obtenue.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. BOURG, à Paris, boulev. Beaumarchais, 19,
- Expose une cuvette à double fermeture, susceptible de recevoir les eaux ménagères dans un premier compartiment, d’où elles sont conduites dans le plomb de la maison. Les fermetures sont opérées par des disques lenticulaires poussés par des
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- ressorts. Les mécanismes sont bien disposés et méritent à M. Bourg ïa médaille de bronze que le jury lui décerne.
- MM. LEROY et Cie, à Paris, rue Notre-Dame-de-Nazareth ,8,
- Exposent des appareils de toilette élégants et bien construits, des garde-robes simples et établies à des prix modérés. La bonne exécution de leurs appareils de toilette mérite la médaille de bronze que le jury leur décerne.
- M. LEPRINCE, à Paris, rue de Louvois, 12.
- Ses appareils de toilette méritent les mêmes éloges que les précédents. Ses garde-robes présentent une disposition qui permet d’enlever le robinet qui amène l’eau, lorsqu’il a besoin de réparation, sans déranger le reste de l’appareil. Le jury décerne à M. Leprince la médaille de bronze.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- M. DURAND fils aîné, à Paris, rue Saint-Nico-las-d’Antin, 29,
- Expose des pompes et des garde-robes; il,a obtenu une mention honorable en 1839.11 mérite encore la même distinction par la bonne construction de ses garde-robes.
- MM. HAYARD et neveu, à Paris, place du Louvre, 12,
- Récompensés en 1839 par une - mention ho-
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- norable, méritent au même titre que le précédent que le jury leur accorde la même distinction.
- M. GUINIER, à Paris, rue de Grènelle-Saint-Honoré, 35,
- A également obtenu une mention honorable en 1839, et mérite encore la même distinction.
- M. LÀMOTTE‘, à Paris, rue du Faubourg-Montmartre, 4, .
- Mérite au même titre que la mention honorable qui lui a été accordée en 183g, soit renouvelée cette année.
- MENTION HONORABLE.
- M. SIRET, à Paris, rue de la Pépinière, 69,
- Présente lin siège.avec un appareil contenant dans l’épaisseur du dos une trémie remplie de poudre désinfectante. Les qualités de la poudre désinfectante de M. Siret sont certaines. Le mécanisme au moyen duquel la poudre est dosée et lancée par le vent d’un soufflet sur les matières, a besoin d’être encore amélioré. Le jury décerne à M. Siret une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. PARRIZOT, à Paris, rue d’Enfer, 22,
- Pour ses cuvettes à bascules destinées à recevoir les eaux ménagères.
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- M. MASSUE, à Paris, rue de Cléry, 72,
- Pour ses garde-robes et ses pompes.
- M. DIEUDONNÉ, à Paris, rue de Bondy, 2,
- Pour ses garde-robes portatives à réservoir d’eau et à fermeture hydraulique.
- M. SAMPSON , à Paris, rue Beauregard, 16,
- Pour les mêmes objets.
- MM. PLACE et LETALLEC, à Paris, rue du Temple, 76,
- Pour leurs sièges à fermeture hydraulique par recouvrement.
- § II. APPAREILS DESTINÉS A OBTENIR LA SEPARATION DES MATIÈRES LIQUIDES ET SOLIDES, ET LA VIDANGE DES FOSSES.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. BÉLICARD et CIIESNEAU, à Montmartre, rue et Chaussée des Martyrs, 10,
- Obtiennent la séparation des matières solides et liquides, par un procédé extrêmement simple, et fondé sur la propriété qu’ont les liquides de couler le long des parois qu’ils mouillent, tandis que les matières solides sont détachées de ces parois par la gravité.
- Partant de ce principe, ils évasent vers le bas le
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- tuyau d’une fosse d’aisance, et ménagent autour de la capacité destinée à recevoir les matières solides qui se trouyent verticalement en dessous de l’axe du conduit, une rigole annulaire où se versent les liquides, qui, malgré l’actionde la gravité, restent adhérents aux parois inclinées en surplomb.
- Pour les fosses de manufactures , de casernes, de prisons, le conduit rectangulaire allongé s’évase également vers le bas. Les liquides tombent dans des gouttières latérales et les solides dans l’axe du conduit.
- Le procédé de MM. Bélicard et Chesneau mérite par sa simplicité de fixer l’attention des propriétaires et de l’administration. Il est déjà mis en pratique dans quelques établissements de Paris. Il y a lieu de croire qu’il sera efficace en raison même de sa simplicité.
- Le jury se plaît à décerner à MM. Bélicard et Cbesneau une mention honorable, et espère que leur procédé recevra prochainement d’utiles applications.
- MM. HUGUIN, DOMANGE et Cie, à Paris, boulevard Saint-Martin, lù,
- Ont exposé un appareil pour obtenir la séparation des matières liquides et solides, dans les fosses d’aisance, un chariot et une pompe pour l’enlèvement des matières liquides.
- Les procédés de MM. Huguin , Domange et C‘% doivent être encore considérés comme étant à l’état d’essai. Tout porte à croire jusqu’ici qu’ils seront très-supérieurs aux anciennes fosses mobiles. Plu-
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- sieurs avis du conseil de salubrité de la Seine leur sont favorables. Leur système est déjà en grande activité dans la ville de Paris. Le jury espérant que l’avenir viendra confirmer ces prévisions, récompense les premiers résultats obtenus, en accordant à MM. Huguin, Domange et Cie une mention honorable.
- § 5. MOULINS. MACHINES A RHABILLER LES MEULES.
- Moulins.
- MENTION HONORABLE.
- M. NODLER (Thomas), à Paris,rue Lafayette, 10,
- A exposé un moulin à meules verticales tournant autour d’un axe horizontal. Les meules verticales essayées il y a fort longtemps , puis abandonnées, reprises de nouveau, ont trouvé dans M. Nodier un mécanicien persévérant et convaincu des avantages qu’elles présentent. M. Nodier s’est attaché aux moyens d’obtenir un parallélisme parfait entre l’axe des cylindres mobiles et celui du cylindre concave entre lesquels les grains doivent être écrasés. Il paraît que ses efforts ne sont pas restés infructueux, et que les moulins à meules verticales commencent à être employés, et sont propres surtout à la fabrication du gruau. L’expérience n’ayant pas encore suffisamment démontré les avantages que l’on attend des améliorations qu’il a apportées aux moulins à meules verticales, le jury ne peut que signaler les efforts de M. Nodier et le succès partiel ol> tenu , en le mentionnant honorablement.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement :
- M. BOUGOT, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, 167,
- Pour ses moulins à concasser, d’une bonne exécution.
- M. CALLAUD, à Nantes (Loire-Inférieure),
- Pour ses appareils a moudre les graines oléagineuses, dont il est rendu un compte favorable par le jury départemental.
- Machines à rhabiller les meules et accessoires.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. TOUAILLON, meunier, à Saint-Denis (Seine),
- A exposé une machine à rhabiller les meules qui parait réunir toutes les conditions désirables dans un appareil de ce genre; l’outil est lixé dans l’œil d’un manche en fer qui peut tourner sur lui-même de manière à ce que le plan de l’outil se place dans la position inclinée qui est nécessaire pour rayonner la meule. Les sillons sont tracés avec une régularité que le rhabilleur le plus habile aurait bien de la peine à obtenir à la main. Le jury décerne à M. Touaillon, dont les machines sont déjà connues et appréciées par les meuniers, une médaille de bronze.
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- M. DAVID-LYON aîné, à Meaux (Seine-et-Marne),
- A exposé un balancier-brosse pour le nettoyage des grains et un décortiqueur.
- La première machine se compose d’un cylindre percé, ayant un mouvement de rotation continu autour d’un axe un peu incliné. Cet axe est creux et en contient un autre qui porte une brosse à longs poils, qui reçoit un mouvement circulaire alternatif; l’axe de la brosse est excentré de façon que eelle-ci ne s’applique contre le cylindre qu’au bas du rayon vertical ; il eu résulte que la brosse n’entraîne pas le grain en se relevant.
- Le décortiqueur est formé d’une paire de meules en grès d’égale épaisseur, mais de diamètres alternativement semi-doubles l’un de l’autre, ajustées sur un même axe, et enveloppées par une carcasse en bois laissant un peu de jeu entre la surface intérieure et les meules. Cette carcasse est garnie intérieurement d’une peau de buffle flexible, le grain passe contre cette peau, et est dépouillé sans être écrasé.
- Lej ury décerne à M. David Lyon, en considération surtout de son balancier-brosse, qui a donné de bons résultats, une médaille de bronze.
- M. UHLER aîné, mécanicien, à Dijon (Côte-d’Or),
- À exposé une bluterie h châssis et à ailes, dans laquelle le châssis peut être changé â volonté dans une demi-minute, ce qui permet au meunier de faire varier la mouture sans interrompre la marche des mécanismes du moulin.
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- Cette bluterie est recommandée par le jury départemental comme débitant autant de farine que peut en produire une paire de meules quelconques, la farine y est ensuite refroidie par le courant d’air produit par les ailettes.
- Ces avantages sont appréciés des meuniers qui ont acheté depuis deux ans, suivant la déclaration du jury départemental, plus de 100 appareils de M. Uhler.
- Le jury décerne à M. Uhler une médaille de bronze.
- CITATION FAVORABLE.
- Le iurv cite favorablement :
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- MM. COLLARD père et fils, à Paris, rue du Regard , 2,
- Pour des cribles et passoirs en tôle et cuivre pour le nettoyage des grains.
- SECTION III.
- § 1. MACHINES A VAPEUR ET ATELIERS DE CONSTRUCTION.
- M. Pouillet, rapporteur.
- Considérations générales.
- Depuis l’exposition de 1839, la construction des machines à vapeur et la construction mécanique en général ont fait en France d’immenses
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- progrès. Si le public, étonné du nouveau spectacle qu’il avait sous les yeux dans la magnifique galerie des machines, offrait à nos mécaniciens un juste tribut d’admiration, les connaisseurs de tous les pays, les appréciateurs de tant de travaux partageaient ce sentiment commun avec une conviction encore plus vive et plus profonde. Jamais, en effet, d’une exposition à l’autre, on n’a vu s’accomplir en mécanique tant d’heureuses innovations; jamais surtout, dans une aussi courte période la construction des machines à vapeur n’avait reçu des perfectionnements aussi considérables.
- Il y a 25 ans, à l’exposition de 1819, on signalait à peine, en France, quelques établissements dans lesquels on eût essayé de construire des machines à vapeur.
- En 1823, de nouveaux essais, en petit nombre, venaient timidement s’ajouter aux premiers.
- En 1827, les progrès étaient peu sensibles ; toutefois, quelques innovations, parmi lesquelles on distinguait la machine oscillante de M. Cavé, faisaient pressentir que des esprits jeunes et capables se por taient avec prédilection vers ce genre de travail.
- En 1834, le mouvement était imprimé, le jury central de l’exposition qui avait jusque-là vivement regretté de ne pouvoir accorder que des
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- récompenses secondaires à la construction des machines à vapeur, fut heureux de voir enfin plusieurs de nos habiles mécaniciens, faire preuve d’un rare mérite en ce genre.
- Plusieurs récompenses du premier ordre, signalèrent cette époque, et il fut permis dès lors de regarder la machine à vapeur comme ayant pris en France la nationalité à laquelle elle avait droit par son origine.
- En 1839, les encouragements du jury et du roi, avaient porté leurs fruits. Le nombre des ateliers de construction s’était accru. Les machines les plus usuelles se faisaient en fabrication courante, de manière à se répandre jusque dans les moindres usines. Les machines d’une plus grande puissance commençaient à s’exécuter par des moyens mécaniques mieux combinés qui promettaient de nouveaux succès ; les ouvriers eux-mêmes , plus exercés et plus habiles, secondaient ces efforts avec une activité et une intelligence dignes d’éloges.
- C’est sous ces auspices favorables que se préparait l’exposition de 18h-h. La France devait s’attendre à de grands progrès, et il est permis de dire que le succès a été bien au delà de ses espérances.
- Quelque difficile qu’il soit de dire en peu de paroles tous les efforts qui ont été faits, tous les
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- obstacles qui ont été surmontés, toutes les questions qui ont été résolues, nous devons cependant jeter un coup d’œil rapide sur l’ensemble de ces travaux, non pour en faire une analyse scientifique et détaillée, mais pour essayer de faire comprendre toute l’étendue de la carrière qui est ouverte à l’esprit d’invention, et pour marquer, s’il se peut, les conquêtes récentes dont il a enrichi notre époque.
- Le mécanicien qui veut innover dans la construction des machines à vapeur, est à peu près comme l’architecte qui vent élever un édifice; il a aussi une foule de conditions à remplir, et les œuvres de ses prédécesseurs lui sont assurément d’un moins grand secours; l’espace lui est mesuré ; le poids de la matière lui est compté ; les pièces mobiles doivent jouer sans peine au milieu des pièces fixes, et se trouver sans cesse accessibles ; les efforts variables et de diverses natures qu’elles exercent, doivent à chaque instant se répartir et se contre-balancer ; les frottements de toute espèce doivent être évités ou du moins réduits à leur moindre valeur ; enfin la forme et les dimensions de toutes les pièces fixes ou mobiles se trouvent subordonnées aux moyens d’exécution ; il faut, en quelque sorte, apprécier d’avance les difficultés qui vont se présenter au modeleur, au fondeur, au forgeron, et les diffi-
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- cultes souvent plus imprévues qui se présenteront sur les machines-outils chargées de donner à chaque pièce la forme précise et définitive qui appartient à sa fonction. Pour peu que l’on pénètre dans ces combinaisons multipliées, l’on comprend qu’il y ait encore de grands perfectionnements à chercher.
- Ce premier travail fait, et il ne peut l’être que par une intelligence active, aidée d’une expérience consommée, il s’en présente un autre qui ne suppose pas moins de réflexions et de connaissances positives; il faut régler les proportions clè toutes les pièces de l’ensemble; il faut se rendre compte de tous les efforts, de toutes les résistances actives et passives, faire la part des défauts inévitables que le métal peut offrir, et en calculer la masse et la forme pour qu’il n’y ait, en quelque sorte, pas une fibre métallique qui n’accomplisse pendant le mouvement toute la quantité d’action qu’elle est capable de supporter en conservant sa force.
- En résolvant ce problème déjà si complexe, il ne faut pas perdre de vue les circonstances nombreuses qui le compliquent encore, et qui dépendent surtout de la vitesse à produire, de la résistance à vaincre, de sa nature propre et des variations régulières ou accidentelles, lentes ou brusques, qu’elle peut éprouver.
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- Il suffit de ce simple aperçu général, pour faire entendre que la meilleure machine à vapeur, celle qui dans son ensemble a la plus grande supériorité pour produire un effet donné, pourrait n’être qu’une machine médiocre et mal conçue lorsqu’on voudrait l’appliquer à produire d’autres effets. Pour épuiser les mines et pour raboter les métaux, tout le monde pressent qu’il faut des machines à vapeur, de forme, de structure et de proportions différentes , et à plus forte raison s’il s’agit de mettre en mouvement des laminoirs, des marteaux, des meules, des presses; s’il s’agit de faire tourner des broches dans une fila'ture, ou de faire marcher des bâtiments de plusieurs milliers de tonneaux, qui doivent lutter contre la mer et le vent. Cette diversité nécessaire à raison de l’emploi, s’augmente encore par la diversité des puissances que les machines doivent avoir. La machine de 15 ou 20 chevaux qui transporte les voyageurs si rapidement sur nos rivières, ne peut pas être taillée sur le même patron que la machine de trois ou quatre cents chevaux avec laquelle le navigateur domine aujourd’hui les eaux de l’Océan.
- Toutefois l’on ne comprendrait que la moindre partie de la grande question que la science moderne a eue à résoudre, si l’on n’y faisait pas entrer les moyens d’exécution qu’elle a dû ima-
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- giner pour réaliser tant de projets hardis après les avoir conçus. La main de l’ouvrier devenait impuissante en présence de tels travaux ; elle se serait vainement épuisée pendant des années entières contre ces masses colossales ; il a fallu lui donner des armes nouvelles qui fussent appropriées à la grandeur de l’œuvre qu’elle devait accomplir; ici, comme toujours, la nécessité a été la mère et la mère féconde de l’invention. On ne se lasse pas d’admirer cette nombreuse série de machines-outils qui, sous la direction de l’ouvrier, travaillent de concert à F exécution des diverses pièces d’une machine à vapeur. Ces outils, groupés dans un vaste atelier, opèrent avec tant de puissance et de justesse, qu’ils sont en quelque sorte comme des travailleurs à cent bras, dont la vapeur fait la force, tandis que l’ouvrier lui-même est comme l’intelligence qui commande et qui règle les mouvements. C’est ainsi que les pièces les plus lourdes sont transportées sans peine, et réparties aux diverses machines-outils, pour être ici, rabotées ou dressées ; là, tournées ou alésées ; plus loin, mortai-sées, forées, filetées, etc. C’est par ces inventions si diverses et si ingénieuses, que quelques chevaux de vapeur accomplissent chaque jour dans nos ateliers des travaux de force et de précision, que des centaines d’ouvriers robustes et
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- intelligents ne pourraient pas faire ; c’est par là enfin que le travail de l’ouvrier mécanicien a changé de caractère ; de manuel qu’il était, il est devenu intellectuel.
- Aujourd’hui, l’ouvrier peut moins que jamais rester étranger aux principes de la physique et de la mécanique, qui doivent sans cesse lui servir de guide, et donner de nouvelles forces à son esprit. L’exposition donne aussi, sous ce rapport, la preuve d’un éclatant progrès ; le jury se plaît à le signaler. Que nos ouvriers mécaniciens persévèrent dans cette voie où depuis cinq ans ils ont fait de si grands pas, qu’ils continuent d’allier une saine théorie à une active pratique, et, nous n’en doutons pas, à l’exposition prochaine, la France pourra, avec un nouvel orgueil, offrir leurs œuvres aux regards de l’Europe.
- Toutes les carrières sont désormais chez nous des carrières de labeur et d’honneur, et dans les ateliers, comme hors des ateliers, assez d’exemples font comprendre comment, par le travail, on sert son pays.
- Dans ce qui précède, il n’est question que de la partie mécanique de la machine à vapeur, mais il y a aussi une partie physique qui n’offre pas aux recherches et à l’invention un champ moins vaste, nous voulons parler de la production de
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- la vapeur et de sa distribution économique sur le piston, pour en recueillir la plus grande proportion de force motrice.
- Les chaudières où se produit la vapeur, ont reçu, comme la machine elle-même, une foule de structures différentes. Le problème qu’elles ont à résoudre est cependant très-simple en apparence, car en définitive, il s’agit de produire, à chaque instant, sans danger d’explosion, et avec la moindre dépense de combustible, un poids donné de vapeur, ayant une pression déterminée; mais mille autres conditions, très-impérieuses dans la pratique, viennent déranger cette apparente simplicité. Le foyer doit changer de forme et de grandeur suivant la nature du combustible; les compartiments où se loge le liquide doivent dépendre de la nature des sels qu’il contient, et des dépôts qu’il peut former; l’alimentation doit être exactement proportionnée à la dépense de vapeur, pour que le niveau n’éprouve que de légères variations ; des appareils sûrs doivent sans cesse attester que cette condition est remplie ou avertir qu’elle cesse de l’être. La surface de chauffe doit être suffisante pour absorber dans tous les cas une portion convenable de chaleur produite, l’autre portion servant à déterminer le tirage ; là où la paroi est d’un côté en contact avec la flamme, il faut que de l’autre elle
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- soit en contact avec l’eau et non avec la vapeur. De plus, le feu n’est pas docile comme la machine, il ne peut pas se rallumer ou s’éteindre en un instant à la volonté du chauffeur, comme la machine elle-même s’active ou s’arrête, il faut donc par des appareils de sûreté, prévenir les excès de force élastique qui feraient éclater la chaudière. Ces indications suffisent pour montrer que le génie de la physique et le génie de la mécanique ont dû s’associer encore ici, pour triompher de tant d’obstacles ; surtout quand il s’agit de ces appareils gigantesques qui sont destinés à produire incessamment la force de plusieurs centaines de chevaux. Les chaudières de cette puissance ont quelque chose de monumental qui étonne l’imagination, et l’on s’étonne bien davantage encore lorsqu’on se rend compte de la simplicité et de la précision des moyens par lesquels on peut les construire aujourd’hui.
- Depuis que la machine à vapeur s’est multipliée ; depuis qu’adaptée à tous les usages, elle se répand dans nos villes et dans toutes nos contrées, faisant partout une concurrence utile à la force motrice de l’eau et à la force motrice du vent; depuis surtout qu’elle s’établit sur les voies de fer, et qu’elle s’empare enfin de la vaste étendue des mers, où, peut-être, elle doit régner en souveraine , le génie de l’invention s’applique avec
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- une nouvelle ardeur à en rendre la puissance plus économique.. Après avoir réduit de plus en plus la dépense^ du combustible/par le perfectionnement des chaudières, il, fait d’heureux, efforts pour la-réduire encore par une.meilleure distribution de la vapeur, dans les-cylindres..
- Les effets; de la détente avaient été signalés, ses avantages étaient; incontestables, mais il restait beaucoup ^ faire.pour les réaliser d’une manière usuelle et, pratique; Plusieurs;de nos habiles mér caniciens se sont distingués de la manière la plus remarquable, dans ces recherches importantes. Les divers modes de distribution à détente variable qu’ils ont imaginés , et qui onLpour la plupart la sanction d’une expérience récente et cependant décisive , nous garantissent désormais une nouvelle et très-notable économie. Ces inventions sont destinées,à exercer partout de l’influence , mais il est surtout désirable qu’elles s’appliquent d’une manière sûre et commode à la mer, sur les bâtiments d’une grande, puissance , où l’on parviendra, sans-, aucun doute, à allier d’une manière de -plus en plus heureuse la puissance de la vapeur la puissance du vent. ,
- En résumé, si dans tous les grands pays de l’ancien monde et du nouveau, la mécanique industrielle fait chaque année> des inventions utiles,
- des conquêtes importantes,, on peut dire à la I!. 9
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- gloire de la France, qu’il n’en est aucun où dans ces dernières années les véritables progrès aient été plus éclatants. Ce qui s’est fait à l’étranger a été imité et souvent surpassé par nos habiles mécaniciens. Les machines à vapeur fixes ont reçu des perfectionnements de détail et d’ensemble, elles ont gagné beaucoup pour l’économie du combustible et sous mille formes diverses, elles sont incomparablement mieux appropriées à la nature du service qu’elles doivent rendre.
- Les machines locomotives, à grande et à petite vitesse, pourraient, annuellement, se construire par centaines non moins solides, non moins parfaites qu’en aucun pays du monde et de plus armées de moyens de détente et de distribution de vapeur qui, en assurant une marche plus ré ’ gulière, sont appelés à faire une sorte de réforme dans ce genre de construction. Enfin les machines destinées à la navigation acquièrent chaque jour une supériorité plus incontestable.
- Tels sont les résultats qui ont été obtenus; mais, il faut le répéter encore, ce n’est pas là seulement qu’est le progrès, ce n’est pas là seulement que se montre l’invention, elle se manifeste d’une manière bien plus frappante dans l’intérieur des ateliers, dans cette admirable série de machines-outils de toute espèce qui, pour
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- accomplir de telles œuvres, secondent si merveilleusement l’active intelligence des ouvriers.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- M. CHAPELLE et Cie, à Paris, rue du Chemin-Vert, 3.
- Le jury de 183g accordait à i\I. Chapelle la médaille d’or, avec de justes éloges , pour la supériorité qu’il avait acquise dans la fabrication des machines à papier. Lejury de 1844 confirme avec de nouveaux éloges cette haute distinction ; les machines de M. Chapelle sont maintenant connues de toute l’Europe, elles sont recherchées partout comme réunissant la plus parfaite exécution à tous les perfectionnements les plus récents.
- Dans ses vastes ateliers , M. Chapelle se livre aussi à d’autres constructions avec le même succès ; le nouveau système qu'il a imaginé pour mouler les engrenages de foute, et qu’il présente à l’exposition, parait destiné à faire une heureuse réforme dans ce genre de travail.
- Lejury se plaît à rappeler en faveur de M. Chapelle la médaille d’or qu’il a obtenue en 1839.
- M. PHILIPPE, à Paris, rue Châteaulandon, 19,
- Reçut la|médaille d’or à l’exposition de 1834 pour les services importants qu’il avait rendus à la mécanique par ses inventions et par ses travaux ; le rappel de cette distinction lui fut accordé à l’ex-
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- position de 183g, et, depuis cette époque, M. Philippe a obtenu de nouveaux succès : il se présente à l’exposition de 1844? comme aux expositions précédentes, avec le double titre d’inventeur ingénieux et de très-habile constructeur.
- Parmi ses inventions nouvelles, nous citerons une machine à recéper les pieux à 5 mètres sous l’eau, qui a été employée avec un succès complet k l’établissement de plusieurs ponts destinés à des chemins de fer; une série de machines pour la fabrication des feuilles de parquet; une machine k tailler les pavés et une scierie locomotive à vapeur pour Trie Maurice.
- Parmi les machines qu’il a exécutées avec une perfection qui ne laisse rien k désirer, nous citerons : un modèle de turbine; un modèle représentant ?a série complète des machines qu’il a inventées pour fabriquer les roues de voiture; un modèle des chaudières k vapeur du Sphinx', divers modèles de roues de bateaux k vapeur, et surtout un modèle des deux machines du bateau k vapeur le Sphinx, telles quelles sont établies à bord; par sa fidélité et sa précision, ce travail surpasse tout ce qui a été tenté en ce genre.
- Cés divers modèles font partie des collections du Conservatoire royal des Arts et Métiers.
- Le jury témoigne à M. Philippe toute sa satisfaction, et se plaît k rappeler en sa faveur la médaille d’or qu’il a reçue aux expositions précédentes.
- M. -CAZALIS, à Saint-Quentin (Aisne).
- L’établissement de MM. Cazalis et Cordier reçut
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- la médaille d’or en 1839; aujourd’hui;, sous la direction seule de M. Cazalis , ce grand et bel établissement continue à rendre les mêmes services à notre industrie. Renommé depuis longtemps pour la bonne construction des machines à vapeur, des locomotives, des moulins, des appareils à sucre, etc., il parait maintenant apporter des soins plus particuliers encore à la- construction spéciale des machines à vapeur , des chaudières et de la tôlerie.
- M. Cazalis présente seulement à l'exposition une machine à vapeur delà force de 12 chevaux, d’après le système de Woolf, modifié et perfectionné par lui. Cette machine est très-solidement établie, on voit que les pièces en ont été travaillées avec des machines-outils d’une grande précision.
- Le jury témoigne sa satisfaction à M. Cazalis et fait en sa faveur rappel de la médaille cl’or qui a été accordée en 18J9 à MM. Cazalis et Cordier.
- NOUVELLE MÉDAILLE D;OÏÉ
- M. CAVÉ, à Paris, Faubourg Saint-Denis, 216.
- Le 110m de M Cavé est l’un de ceux qui se présentent en première ligne lorsqu’il s’agit de grandes constructions mécaniques ; personne , sous ce rapport, n’a plus que lui fait preuve d’une rare capacité. L’exposition de 1834 lui valut la médaille d’or et la décoration de la Légion d’honneur; des travaux extraordinaires qu’il avait entrepris pour l’étranger, ne lui permirent pas de se présenter
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- en i83g, et aujourd’hui, après io ans de succès nouveaux, il reparaît parmi ses émules. Nous n’entreprendrons pas d’énumérer ici tout ce qu’il a fait de remarquable dans cet intervalle, nous devons nous borner à dire qu’après avoir créé par les seules ressources de son talent, l’un des plus grands établissements dont la France s’honore, il en est à la fois la tête et le bras. M. Gavé invente ses machines, fait ses affaires et forme ses ouvriers. Chargé successivement des plus grands travaux dans les genres les plus différents, il est toujours parvenu à leur imprimer le cachet de son talent.
- Lorsqu’on lui a proposé de construire des machines connues, il s’en est pris aux moyens cl’exécu-tion, et il les a souvent perfectionnés d’une manière surprenante. Nous pouvons citer, comme exemple, les machines de 45o chevaux , qui lui ont été commandées par la marine, d’après des plans convenus ; les machines-outils qu’il a inventées à cette occasion, composent assurément l’outillage le plus simple, le plus complet et le plus remarquable par la précision que l’on puisse employer à ce genre de travail.
- Lorsqu’on lui a seulement proposé des effets à produire, laissant toute liberté à son esprit inventif pour trouver les combinaisons mécaniques les plus favorables, il a toujours atteint le but, et il n’est pas arrivé qu’il sortît de ses mains un ouvrage qui n’ajoutât pas à sa réputation; entre autres exemples, nous pouvons citer tout ce qu’il a fait pour la navigation des rivières. C’est ainsi que M. Gavé, simple ouvrier à l’âge de a5 ans, se trouve aujourd’hui,
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- dans toute la vigueur de l’âge et du talent, occuper l’un des rangs les plus élevés parmi les plus habiles mécaniciens de l’époque. Pour l’ensemble de ses travaux ( voyez le Rapport de M. Dupin, sur les constructions navales), le jury, avec une haute satisfaction , décerne à M. Cavé une nouvelle médaille d’or.
- MÉDAILLES D’OR.
- M. MEYER, à Mulhouse (Haut-Rhin).
- M. Meyer a fondé à Mulhouse, en i835, un atelier de construction qui, en peu d’années, est devenu l’un des établissements de France où il se fait le plus de machines à vapeur. Il n’est pas facile de prendre aussi vite une position aussi considérable , surtout dans un pays comme le nôtre, où il y a pour ces sortes de travaux une concurrence vive et intelligente sur presque tous les points du royaume. Mais il se rencontre des inventions heureuses, et, bien que la machine à vapeur soit, sans contredit, de tous les organes de la mécanique, celui sur lequel l’esprit d’invention se soit le plus exercé et avec le plus de succès , nous sommes loin d’avoir atteint la dernière limite de la perfection. Le mécanicien qui, sur ce sujet tant élaboré, a tout à la fois le bonheur d’avoir des idées neuves, le mérite de les bien réaliser et le talent de les mettre en circulation, est presque certain d’avoir sur ses concurrents une prompte supériorité.
- C’est en effet ce qui est arrivé à M. Meyer. Ses
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- machines à vapeur sont fort recherchées, soit en France, soit à fétranger; elles se distinguent par un rare mérite d’exécution, et par une distribution à détente variable qui est des plus ingénieuses et des mieux entendues. Breveté pour divers systèmes de détente, les uns applicables aux machines fixes, les autres aux machines locomotives et aux machines destinées à la navigation , M. Meyer est parvenu à réaliser, dans tous les cas , à peu près toute l'économie que l’on peut tirer delà détente. Il n’est pas le seul qui se soit occupé de cet important pro-ialème, mais il est de ceux qui en ont donné la solution la plus complète et la mieux constatée par l’expérience. M. Meyer a de plus apporté de véritables perfectionnements dans la disposition des chaudières, des pistons et des boites à étoupes.
- Dans la seule année îSzp , il a construit 18 machines d’après ses divers systèmes, dont une de la force de i5o chevaux et plusieurs de 4° à 60; sans compter les machines locomotives dont il est rendu compte dans d’autres parties de nos rapports. (Voyez le Rapport de M. Combes, sur les machines locomotives.)
- Le jury décerne à M. Meyer une médaille d’or.
- M. FÀRCOT, à Paris, rue Moreau, 1 bis,
- M. Fareot s’est fait distinguer danslesexpositions précédentes par des travaux déjà très-remarquables : il obtint, en 1827, la médaille de bronze ; en 1834 la médaille d’argent, et en 1869 le rappel de cette dernière médaille avec de justes éloges. On a toujours reconnu dans les ouvrages de cet habile mé-
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- canicien, un mérite de travail peu ordinaire. Depuis 18^9, il a fait de nouveaux progrès. Après avoir donné à ses ateliers un plus grand développement, il y a installé un outillage considérable, bien choisi.et fonctionnant avec une parfaite justesse. Animé d’un zèle que rien ne peut ralentir, et doué d’un esprit inventif, il a fabriqué lui-même ses puissants outils en perfectionnant grandement ce que d’autres avaient pu faire avant lui.
- Avec de tels moyens d’exécution , il n’y a pas de grands travaux cle construction mécanique qu’il ne puisse aujourd’hui entreprendre et terminer avec succès.
- Les machines à vapeur qui sortent de ses ateliers occupent l’un des premiers rangs, parmi les machines les mieux conçues et les mieux exécutées. M.Farcot est parvenu à varier habilement l’ensemble de leurs dispositions suivant leur puissance et l’usage auquel on les destine; il s’est appliqué avec succès à rechercher les meilleures proportions qu’il convient de donner à toutes les pièces, et parmi ses modèles, on peut dire qu’il y en a plusieurs qui sont d’une excellente composition.
- On doit aussi à M. Farcot un système de distribution à détente variable, dont il avait déjà fuit l’essai pour l’exposition de 1839. Eprouvé aujourd’hui par une assez longue expérience, et adopté par plusieurs habiles mécaniciens, on peut désormais le considérer comme l’un des plus ingénieux moyens de réaliser les avantages et l’économie qui résultent de l’emploi de la détente.
- Parmi les travaux les plus dignes d’attention
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- qu’il a récemment exécutés, nous citerons une machine de 60 chevaux destinée à un laminoir et donnant 70 tours de volant par minute, et deux machines conjuguées horizontales, de 160 chevaux, destinées aussi au travail du fer, et marchant avec la vitesse de 80 tours. Il y avait là en quelque sorte tout un système de difficultés nouvelles dont il fallait triompher.
- Le jury décerne à M. Farcot une médaille d’or.
- M. LEMAITRE, à la Chapelle Saint-Denis, près Paris.
- M. Lemaitre paraît pour la première fois à l’exposition, et il y paraît avec les titres les plus recommandables. Depuis quelques années seulement il a élevé un atelier spécial pour la construction des chaudières à vapeur et de tous les ouvrages qui s’exécutent avec les tôles de fer. Formé à l’école de M. Gavé, dont il est le parent, il lui a été facile dès le début de donner à ses travaux la plus grande extension. Cet avantage, toutefois, n’a pas été pour lui un motif de suivre les routes battues, et d’en rester aux procédés ordinaires. Inventeur lui-même, M. Lemaitre a établi dans ses ateliers un outillage remarquable. Sa machine à percer et river les tôles est une heureuse conception : elle manœuvre, perce et rive des chaudières de la plus grande longueur, et ce travail ne s’exécute pas seulement avec une étonnante rapidité, mais aussi avec une étonnante perfection. Les tôles sont hermétiquement jointes , et les rivets, pour ainsi dire, incorporés avec elles, sans laisser la moindre fissure. Celui qui parvien-
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- drait aujourd’hui à couler le fer comme on coule le plomb, et qui fabriquerait ainsi des chaudières d’une seule pièce, ne livrerait pas sans doute à l’industrie des appareils plus résistants et plus durables que ceux qui sortent des ateliers de M. Lemai-tre. L’ensemble des procédés par lesquels cet habile mécanicien façonne mécaniquement la tôle, mérite un haut degré d’intérêt.
- On peut présumer que ce genre de travail prendra d’immenses développements , soit dans la construction des locomotives et du matériel des chemins de fer, soit dans toutes les constructions relatives à la navigation à la vapeur. Le jury appréciant les services déjà rendus par M. Lemaitre, et espérant qu’il continuera comme il a commencé, se plaît à lui décerner une médaille d’or.
- NOUVELLES MEDAILLES D’ARGENT.
- M. ANTIQ, à Paris, rue d’Enfer, 101.
- M. Antiq, qui obtint en i834 la médaille d’argent, a fait depuis cette époque des progrès considérables. Réunissant le mérite de l’ingénieur à celui de constructeur, il a monté un grand nombre d’usines importantes, soit dans les environs de Paris, soit dans les départements, et toujours avec le succès le plus complet. C’est à lui, par exemple, que l’on doit le bel établissement de Noisiel, où M. Mé-nier a eu l’heureuse idée de réunir sur une grande échelle l’ensemble des moyens de pulvérisation les plus parfaits,; M. Antiq a réussi là , comme dans ses autres travaux, par une composition bien raisonnée
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- des divers mécanismes, par •d’ingénieux perfectionnements et par une très-bonne exécution de (toutes les pièces, depuis le moteur jusqu'au dernier appareil.
- Il faudrait en quelque sorte parcourir toute la France pour compter le nombre des moulins à blé que M. Antiq a établis; c’est là son travail le plus habituel, si Ton y comprend tout ce qui constitue les.usines de cette espèce, c’est-à-dire le mécanisme des meules, les transmissions de mouvement, les machines accessoires et les machines à vapeur, les turbines ou les roues hydrauliques de différents systèmes qui doivent servir de moteur.
- Tant de travaux remarquables poursuivis pendant un aussi grand nombre d’années avec une intelligence aussi consciencieuse, bien qu’ils n’aient pas le caractère d’une invention importante, méritent cependant d’être appréciés et cités comme modèles.
- Le jury décerne à M. Antiq une nouvelle médaille d’argent.
- MM. VARRALL, MIDDLETON et ELWELL, a Paris, Avenue Trudaine, 1.
- L’établissement de MM. Yarrall , Middleton et Elwell, a succédé depuis quelques temps à l’ancien établissement Santord et Yarrall , qui obtint à l’exposition;de iSSg, l’une des premières médailles d’argent. Sous ses nouveaux directeurs il a conservé son ancien caractère : c’est toujours d’un des ateliers les plus considérables de la capitale, occupant un rang très-distingué parmi les ateliers de
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- France qui se livrent à la construction des machines à fabriquer et à apprêter le papier. On doit à eesaiiessieurs d’utiles perfectionnements qu’ils ont importés ou imaginés, et pour lesquels il s-ont,‘ pris des brevets ; nous citerons particulièrement' ceux qui sont relatifs aux machines à couper le papier, aux régulateurs de pâte et aux épurateurs. Si ces travaux sont les plus habituels, et ceux qui occupent le plus grand nombre d’ouvriers dans rétablissement dont il s’agit, ils ne sont cependant pas les seuls; on y construit aussi, et avec un grand mérite d’ajustement et de précision, des machines à vapeur, des presses hydrauliques, des roues hydrauliques, et d’autres grands mécanismes. C’est là, par exemple, qu'a été construit pour la première fois ïexcavateur américain, de M. Coeliraue, qui paraît destiné à rendre de grands services clans les travaux do terrassement.
- Le jury attache un grand prix aux services rendus à l’industrie, mais il doit tenir compte aussi de la durée de ces services; c’est parce motif qu’il accorde seulement à MM.,Tarai!, Mi’ddleton et El-well, une nouvelle médaille d’argent.
- M. BOURDON (Eugène), à Paris, faubourg du Temple, 7â.
- M. Bourdon a successivement obtenu la médaille de bronze en i834, et la médaille chargent en i Sâq ; il se présente à l’exposition de 1844 avec des travaux qui sont tous dignes d’éloges.
- La machine à vapeur destinée à élever les eaux pour la ville de Chartres, qu’il expose en commun
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- avec M. Hubert, ingénieur distingué, offre un ensemble remarquable par sa bonne exécution. L’ha« bileté de M. Bourdon était déjà constatée par plusieurs grandes machines à vapeur, et particulièrement par celle qui élève les eaux pour la ville de Saint-Germain.
- M. Bourdon s’est appliqué aussi avec des soins ingénieux et intelligents à perfectionner les appa* reils de distribution à détente variable et les appareils de sûreté.
- Le jury, appréciant le zèle consciencieux de M. Bourdon et l’ensemble de ses travaux, lui accorde une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. GALLAFENT, à Paris, rue des Amandiers-Popincourt, 7,
- Est parmi nos bons mécaniciens l’un de ceux qui se sont le plus appliqués à perfectionner la construction de la machine à vapeur. Attaché autrefois à l’atelier de Chaillot, pour ce genre de travail, il y avait acquis une expérience consommée; aussi, lorsqu’en i836 il fonda lui-même un atelier, il n’eut qu’à continuer ce qu’il avait fait à Chaillot pendant quatorze ans. Les machines de 20 à 25 chevaux, et quelquefois de 60 ou 80 chevaux qu’il livre annuellement à l’industrie, sont d’une belle et solide exécution. M. Gallafent ne les a pas seulement perfectionnées dans les diverses parties de leur ajustage, il est aussi des premiers qui aient introduit la
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- distribution à deux tiroirssuperposés, pour obtenir la détente variable.
- Cette idée féconde que M. Gallafent a lui-même développée sous plusieurs formes, a reçu depuis quelques années la plus heureuse extension entre les mains d’un grand nombre d’habiles-, constructeurs.
- Le jury décerne à M. Gallafent une médaille d’argent.
- M. TRÉSEL, à Saint-Quentin (Aisne),
- A formé à Saint-Quentin un établissement où il construit des mesures métriques et des machines à vapeur. Ses outils, et les procédés par lesquels il travaille, sont combinés avec un rare talent; ilsem-ble que la précision mécanique à laquelle il parvient touche d’aussi près qu'il soit possible à la précision géométrique. Et, cependant, hâtons-nous de le dire, il n’y a rien de superflu dans cette recherche d’exactitude. Les machines à vapeur de M. Trésel participent à cette rigueur cl’exécution qu’il apporte dans ses autres ouvrages, et de plus elles se distinguent encore par un système de distribution à détente variable dont il est l’inventeur.
- Un modèle de ce système a fonctionné à l’exposition , sous les yeux du public, et tout le monde a pu voir que ce n’est pas approximativement que la question est résolue, mais qu’elle l’est rigoureusement et pour tous les degrés où la détente peut être utile. Ce résultat est obtenu au moyen de deux tiroirs superposés, qui se meuvent comme à l’ordi-
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- naire par deux excentriques indépendants; mais le mérite de M. Trésel est dans i’étudè approfondie qu’il a faite, delà meilleure forme et des meilleures courbes qu’il fallait donner h ses excentriques et h leurs cadres pour remplir toutes les conditions du problème; En ce point, sa solution ne laisse rien à désirer ; pendant que la vapeur est admise, elle prend sous le pistou toute la tension qu’elle a dans la chaudière; an moment où l’on a voulu qu’elle fût interceptée, le tiroir d’arrêt vient 1 intercepter presque subitement, et cependant sans secousse et sans choc; l’elfe test semblable des deux côtés du piston ; les excentriques font les compensations exigées par la longueur de la bielle et le volume delà tige; enfin cette détente symétrique sç concilie avec l’avance à l’échappement, dont elle conserve les avantages. Rien n’est mieux étudié, mieux compris, mieux réalisé que cette détente de M. Trésel, du moins dans les limites qu’il s’est d’abord posées; cependant il lui reste encore un pas à faire : dans l’état actuel des choses, il faut arrêter la machine pour desserrer une vis et varier la détente ; pour un grand nombre de cas, il est d’une haute importance de pouvoir faire varier la détente pendant la marche de la machine ; on peut espérer qu'il résoudra aussi habilement cette seconde partie du problème.
- Le jury accorde à M. Trésel une médaille d’argent.
- M. CARILLION, à Paris, rue Neuve-Popincourt, n. 8,
- A présenté à l’exposition une machine à détente fixe, où la vapeur entre à 5 atmosphères, pour tom-
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- ber par l’expansion à 2 atmosphères ou 2 atmosphères et demie. Cette machine paraît d’abord un peu compliquée, parce qu’elle se compose de deux cylindres ayant chacun leur distribution distincte, et parce qu’en outre chaque distribution se fait au moyen de deux excentriques circulaires, faisant mouvoir deux pièces mobiles analogues à deux tiroirs. La complication cependant est plus apparente que réelle , car toutes les pièces s’exécutent et se terminent sur le tour ou sur la machine à raboter; c’est un véritable ajustage mécanique très-bien étudié. Les deux cylindres, en croisant leur action, donnent plus de régularité avec un moindre volant; aussi la machine est-elle légère, très-symétriquement groupée et d’un petit volume. Cette disposition peut avoir de grands avantages, surtout dans les usines où le travail est fort divisé, car on pourrait alors épargner les communications de mouvements et gagner beaucoup en employant 4 ou 5 machines de 8 chevaux, desservies par une seule chaudière, au lieu d’une machine unique de 3o ou 40 chevaux.
- M. Carillion construit aussi avec beaucoup d’intelligence des machines à polir les glaces, et d’autres pièces de mécanique de précision. Tout ce qui sort de ses ateliers témoigne à la fois de son habileté et de ses soins.
- Le jury décerne à. M. Carillion une médaille d’argent.
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- M. TAMIZIER, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, 181.
- M. Tamizier a fait faire autrefois de grand progrès à la construction des chaudières à vapeur, et en général à Fart de façonner la tôle; devenu constructeur de machines depuis un certain nombre d’années, il s’est aussi distingué dans ce nouveau genre de travail. 11 a été des premiers à appliquer le tiroir à la distribution des machines oscillantes, et les avantages de ce perfectionnement sont de plus en plus appréciés; il est aussi des premiers qui aient eu l’idée d’obtenir la détente variable au moyen d’un tiroir d’arrêt qui est emporté par le tiroir de distribution lui-même, et dont la course rendue variable à volonté se limite par des heurtoirs fixes contre lesquels il va buter. Ces idées ont reçu, depuis, de plus amples développements, mais elles prouvent du moins que M. Tamizier est un observateur attentif qui cherche à se rendre utile.
- Les machines qui sortent de ses ateliers sont construites avec beaucoup de soin.
- Le jury accorde à M. Tamizier la médaille d’argent.
- M. HTJGK, à Paris, rue Corbeau, 25.
- M. Huck, qui avait obtenu une mention honorable à l’exposition dernière, a continué ses travaux de construction avec un nouveau zèle. Les machines à vapeur, les pompes, les appareils complets de féculerie qu’il a présentés à l’examen du jury
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- ne prouvent pas seulement qu’il y a de l’activité dans ses ateliers, mais ils prouvent encore que ce jeune mécanicien a fait d’heureux efforts pour perfectionner toutes les principales machines qu’il livre à l’industrie. En même temps qu’il y a introduit des dispositions nouvelles et bien raisonnées, il est parvenu à une très-bonne exécution.
- Le jury décerne à M. Iiuck une médaille d’argent.
- NOUVELLES MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. ROUFFET fils, à Paris, rue de l’Orme (Bastille) ,12.
- M. Rouffet fils avait présenté à l’expositioq dernière une petite machine à vapeur portative de 2 ou 3 chevaux, qui fut jugée digne d’une médaille de bronze. Cette machine a reçu de nouveaux perfectionnements, surtout dans la disposition de sa chaudière. M. Rouffet est parmi nos jeunes mécaniciens, l’un de ceux qui étudient avec le plus de soin et d’intelligence la bonne composition des machines et les meilleurs moyens d’exécution. Tout ce qui sort de ses ateliers est très-bien fait.
- Il est regrettable que pressé pour livrer les machines à vapeur et autres appareils qu’il destinait à l’exposition, il n’ait pas eu la possibilité de les mettre sons les veux du public.
- Cependant le jury a pu apprécier son zèle et le mérite de ses travaux, et il décerne à M. Rouffet fils une nouvelle médaille de bronze.
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- M. FREY fils, à Belleville, Impasse St-Laurent, 2.
- M. Frey fils construit presque exclusivement des machines à vapeur et des machines à clous. Le système qu’il a adopté pour les premières, quand elles ne dépassent pas la force ordinaire de 8 ou io chevaux, est le système oscillant auquel il a fait quelques perfectionnements. Sa disposition d’ensemble est simple, solide et ramassée dans un petit espace; l’entrée de la vapeur a lieu par une sorte de large robinet très-conique, avec frottement de fonte sur fonte , s’exerçant sous une pression élastique; la distribution se fait à détente, par excentrique variable et galet. Pour les limites de puissance dans lesquelles se renferme M. Frey, il paraît difficile d’arriver à une construction qui offre à la fois plus d’économie et moins d’embarras. C’est par de tels avantages que la machine à vapeur devient de plus en plus populaire en France, et qu’elle apporte à une foule de petites industries le secourstrès-eificaced’uneforcede quelques chevaux.
- Le mérite des machines à clous de M. Frey est apprécié dans d’autres parties de nos rapports.
- M. Frey obtint à l’exposition dernière une médaille de bronze. Le jury appréciant ses efforts, lui accorde pour l’ensemble de ses travaux une nouvelle médaille de bronze.
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- M. STOLTZ fils, à Paris, rue de Bréda, 27.
- M. Stoltz a présenté à l’examen du jury des pompes rotatives, des machines à clous et des machines à vapeur oscillantes. Les pompes et les machi-
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- nés à clous seront, quant à leurs principes et à leurs effets, comparées aux machines analogues, dans d’autres parties de nos rapports, nous nous bornerons à dire ici qu’elles sont exécutées avec beaucoup de soin et d’intelligence. Les machines oscillantes de M. Stoltz ont aussi le même mérite, et outre leur bonne exécution, elles ont reçu de lui quelques perfectionnements qui ne sont pas sans importance. Déjà àfl’exposition dernière M. Stoltz, quoique très-jeune, avait reçu une médaille de bronze , le jury se plaît à constater ses progrès en lui décernant, pour l’ensemble de ses travaux, une nouvelle médaille de bronze.
- M. CLAIR, rue du Cherche-Midi, 93.
- M. Clair exécute avec intelligence et avec une rare perfection les modèles en petit des machines les plus compliquées. Ce genre de travail est des plus dignes d’encouragement, car il est souvent l’auxiliaire indispensable du dessin dans l’étude de la mécanique.
- Le jury de 183g avait accordé à M. Clair une médaille de bronze.
- Le jury de 1844 constate ses progrès avec une entière satisfaction, et il lui accorde une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. DARET, rue du Bac, 102.
- M. Daret, successivement dessinateur et contremaître dans de grands établissements, a formé lui-
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- même il y a quelques années, un atelier de construction pour les machines à vapeur de moyenne force. Ses travaux annoncent beaucoup d’esprit d’observation et d’expérience acquise; tout y est bien disposé et très-bien exécuté; il est permis d’espérer que M. Daret prendra rang parmi nos très-habiles constructeurs. Le jury décerne à M. Daret une médaille de bronze.
- M. LELOUP, à Paris, quai Yalmy, 177,
- Paraît à l’exposition pour la première fois; il construit surtout des machines à vapeur de petite et de moyenne force, des gazomètres ou autres appareils. Ses machines sont oscillantes sur une base cylindrique, en même temps elles sont à détente au moyen d’un double excentrique de forme variable placé sur l’arbre du volant; ce système est simple et d’une exécution facile; mais l’avance à l’introduction et à 1 échappement ne se peuvent pas régler comme avec les tiroirs; et les frottements ne se font pas non plus avec une élasticité qui est souvent nécessaire. Toutefois, M. LcToup donne à tous ses travaux des soins dignes d’éloges, et son atelier fondé seulement depuis cinq ans prend chaque jour plus d’extension.
- Le jury décerne à M. Leloup une médaille de bronze.
- M. DI; Y AL, à Paris, rue Corbeau, 14,
- Occupé d’abord à faire des modèles de diverses machines, sur une échelle réduite, M. Duval a puisé dans ce travail le goût delà précision et de l’ajustage.
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- La machine à vapeur de 6 chevaux qu’il a soumise à l’examen du jury est remarquable par sa très-bonne exécution; les tours et autres outils qu’il livre habituellement à l’industrie annoncent de l’intelligence et de l’habileté.
- Le jury décerne à M. Duval une médaille de bronze.
- M. DESBORDES, à Paris, rue Saint-Pierre-Po-pincourt, 20,
- Avait obtenu une mention honorable en i83q , depuis cette époque il a donné à ses travaux un grand développement : à côté des ateliers où il continue à fabriquer avec le plus grand soin des compas et des instruments de physique, il en a formé d’autres où il exécute les divers appareils de sûreté qui s’adaptent aux machines à vapeur : manomètres à air libre ou comprimé, tubes de niveau, flotteurs, sifflets, soupapes de sûreté, etc., etc. Plusieurs de ces appareils ont reçu deM. Desbordes d’importants perfectionnements.
- Le jury accorde à M. Desbordes une médaille,de bronze.
- M. GIRÀUDON fils, à Paris, rue de la Roquette, 92,
- Construit avec beaucoup de zèle et de soin de petites machines à vapeur, des scieries, des pompes et autres mécanismes; son atelier, servi par une machine à vapeur de 6 chevaux, a un outillage convenable. M. Giraudon, ingénieur laborieux, s’applique particulièrement à bien exécuter les diverses machines qui lui sont demandées.
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- M. Giraudon avait obtenu une mention honorable en 1809; appréciant les elForts persévérants qu’il a faits pour donner à ses travaux un nouveau degré de solidité et de précision. Le jury lui accorde cette année une médaille de bronze.
- M. KIENTZY, à Paris, rue Lafayette, 55,
- A exposé de petites machines h vapeur oscillantes, où la distribution se fait au moyen d’un tiroir, dont la tige emportée par l’oscillation est obligée de suivre un guide fixe. Cette disposition n’est pas sans avantages. M. Kientzy exécute aussi avec des soins ingénieux des pièces qui exigent de la précision, comme des rouleaux pour imprimer ou pour apprêter les étoffes.
- Le jury accorde à M. Kientzy une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- Le jury accorde les mentions honorables suivantes à
- M. CART, à Paris, passage Saint-Sabin, 12,
- Pour sa machine à vapeur très-bien construite.
- MM. LEGENDRE et AYERLY, à Lyon (Rhône),
- Pour leur machine à vapeur à cylindre fixe et à boîte à étoupe oscillante.
- M. CHARPIN, à Saint-Denis (Seine),
- Pour sa machine h vapeur imitée du système de
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- Woolf, avec cette modification que le grand cylindre enveloppe le petit, et que le grand piston agit annulairement autour du petit cylindre.
- M. SÉRAPHIN, à Paris, rue des Trois-Pavil-lons, 18,
- Pour sa machine à vapeur.
- M. de CANSON (Etienne), à Paris, rue de Gre-nelle-Saint-Honoré, 29,
- Pour le robinet d’alimentation et à flotteur qu’il a adapté avec un plein succès à sa chaudière à vapeur depuis un certain nombre d’années.
- M. BERENDORF, à Paris, rue Mouffetard, 300,
- Pour la très-bonne exécution des appareils de sûreté, imaginés par M. de Maupéou, appareils véritablement dignes d’attention.
- M. FERIER,à Paris, rue des Trois-Bornes, 15 ter, Pour son Régulateur-Molinié.
- MM. DESTIGNY et LANGLOÏS, à Rouen (Seine-Inférieure) ,
- Pour leur nouveau régulateur de machines à vapeur , par des moyens analogues à ceux que M. Pecqueur avait autrefois indiqués, savoir, pendule, échappement et roues animées d’un mouvement différentiel.
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- M. DÀLIOT, à Paris, rue de P Hôtel-de-Ville, 51,
- Pour l’indicateur de niveau qu’il a imaginé et appliqué avec succès aux chaudières à vapeur des bateaux.
- M. WISSOCQ, à Paris, rue des Moulins, 15,
- Pour les perfectionnements intéressants qu’il a apportés aux grilles des chaudières à vapeur, suivant la nature du combustible.
- M. BIGOT, à Elbeuf (Seine-Inférieure),
- Pour ses grilles de chaudières avec tube bouilleur intérieur.
- M. BOISSE, à Rliodez (Aveyron),
- Pour son flotteur.
- INGÉNIEURS NON CONSTRUCTEURS.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. CHAUSSENOT aîné, à Paris, rue deChaillot, 19,
- Avait présenté à l’exposition de 18^9 un système complet de moyens de sûreté pour les chaudières à vapeur; à cette époque il lui fut accordé seulement une mention honorable, la question étant en quelque sorte réservée jusqu’à ce que les avantages de ces diverses dispositions fussent démontrés par des épreuves pratiques plus concluantes. Aujourd’hui ces épreuves sont assez nombreuses et assez
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- prolongées pour qu’il ne reste aucun doute sur le véritable mérite des inventions de M. Cbaussenot aîné. On ne peut pas dire assurément que toutes les causes d’explosion sont connues, et qu’il existe un système de moyens de sûreté par lequel elles sont infailliblement prévenues; mais il est certain que les appareils de M. Cbaussenot sont très-pratiques, qu’ils ne sont sujets à aucun dérangement et qu’ils ne cessent pas de fonctionner avec autant de régularité que de précision; il est certain que s’ils n’empêchent pas tous les accidents d’explosion , si terribles et actuellement si multipliés, ils concourront du moins à en réduire le nombre.
- Le jury, appréciant tout ce qu’il y a d’ingénieux dans les inventions de M. Cbaussenot, tout ce qu’il y a de réellement utile dans les perfectionnements considérables qu’il a apportés, aux indicateurs de niveaux, aux flotteurs , et aux soupapes de sûreté , lui décerne une médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. GALY-CAZALAT, à Paris, rue Boucherai, 34,
- Reçut en 1834 une médaille de bronze pour un appareil, au moyeu duquel on peut sans danger faire, avant la combustion, le mélange d’hydrogène et d’oxigène en proportions bien définies; cet appareil a rendu de grands services à la science. Plus tard, en 1809, le même ingénieur présenta à l’exposition une série de moyens de sûreté pour les
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- chaudières à vapeur; la question fut réservée à son égard, etil reçut une mention honorable. Aujourd’hui M. Gaïy-Cazalat se présente avec des inventions nouvelles, toutes remarquables et dignes d’un haut degré d’intérêt. Le jury regrette que jusqu’à présent ces inventions n’aient pu être soumises à des épreuves pratiques suffisamment prolongées. Cependant, tout en réservant les droits de M. Galy-Gazalat pour l’époque où ses appareils auront été soumis à des épreuves décisives, il lui décerne dès à présent une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. SOREL, à Paris, rue de Lancry, 6,
- A reçu en i83q une médaille d’or pour son invention relative au zincage ou à la galvanisation du fer , industrie dont il est parlé dans d’autres parties de nos rapports. A la même époque M. Sorel présentait aussi des moyens de sûreté de son invention pour les chaudières à vapeur, qui lui valurent une mention honorable, avec réserve de ses droits. M. Sorel reproduit ces inventions avec quelques perfectionnements qui ne sont pas sans intérêt.
- Le jury, appréciant les effortsdngénieuxde M. Sorel , pour diminuer les chances d’explosion, lui accorde une mention honorable.
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- § 2. MACHINES LOCOMOTIVES ET CHEMINS DE FEE.
- M. Combes, rapporteur.
- Considérations générales.
- Les lignes de chemins de fer qui ont été achevées et livrées à la circulation depuis l’exposition de 1839 sont, indépendamment de quelques chemins d’une petite étendue et destinés principalement à desservir des établissements particuliers, les chemins :
- Étendue en kilomètres.
- De Paris à Versailles (rive droite). ... 23
- De Paris à Versailles (rive gauche). . . 17
- De Montpellier à Cette................. 27
- De Bordeaux à la Teste.................. 52
- De Beaucaire à la Grand’-Combe par
- Nîmes et Alais....................... 88
- De Strasbourg à Bâle et Mulhausen à
- Thann............................... 159
- De Paris à Orléans et Corbeil.......... 130
- De Paris à Bouen...................... 136
- De Lille à la frontière de Belgique. ... 1 h De Valenciennes à la Belgique. ..... 13
- De Nîmes à Montpellier.................. 52
- Total............711
- Le développement de nos chemins de fer ne
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- s’est donc accru en cinq ans que de 711 kilomètres.
- La période qui commence sera heureusement plus féconde. Les grands travaux entrepris en vertu de la loi du 11 juin 1842 sont pressés avec la plus grande activité. Les résultats de la première année d’exploitation des chemins de fer de Paris à Orléans et à Rouen, ont fait disparaître toute incertitude sur l’immense utilité de ces nouvelles voies de communication qui conviennent également au transport rapide des voyageurs, et la circulation un peu plus lente des marchandises.
- Les esprits sont encore divisés sur quelques points importants, le mode d’exploitation par l’État ou l’industrie particulière.
- Cette divergence d’opinions n’apportera heureusement aucun ralentissement à l’exécution des travaux ; puisse-t-elle ne pas retarder non plus le moment où la France jouira enfin d’un réseau de chemins de fer en rapport avec ses besoins et son étendue !
- Il existait, sur les chemins de fer français, en 1842, date des derniers documents officiels, 204 machines locomotives, dont la moitié étaient d’origine étrangère. Les machines françaises se trouvaient principalement sur les chemins de Saint-Étienne à Lyon, de Strasbourg â Bâle,
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- d’Andrezieux à Roanne,, de Lille et: Valenciennes à. la frontière de Belgique. Depuis 1842, le matériel du chemin d’Orléans qui ne comprenait, cette dernière époque , que 29 machines locomotives dont 6, d’origine française, s’est accrn de 19 machines dont' 18 importées d’Angleterre et une seule d’origine française dont l’acquisition est toute récente. D’habiles constructeurs anglais sont venus s’établir près du chemin de fer de Paris à Rouen pour créer le matériel de cette ligne. Nos constructeurs n’ont en conséquence obtenu que la fourniture du petit nombre de machines nécessaires au service des lignes exécutées par l’État, de Lille et Valenciennes à la frontière de Belgique, et de Nîmes à Montpellier.
- Les ingénieurs et les constructeurs français ont cependant pris une très-grande part aux perfectionnements considérables qui ont été apportés aux machines locomotives. A aucune époque, ils ne sont restés en arrière de nos rivaux d’Outre-Manche ; souvent même ils les ont devancés dans la route du progrès. Qu’il nous soit permis d’entrer dans quelques détails à ce sujet.
- De toutes les compagnies de chemins de fer, une seule, celle du chemin de Strasbourg à Bâle, qui était dirigé par T honorable M. Nicolas Kœ-
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- chlin , assisté de MM. Bazaine et Chapron, osa, dès l’origine, demander à des constructeurs français une forte fourniture de machines loco-
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- motives. C’était vraiment un acte de courage ; car, bien que la partie essentielle des locomotives à grande vitesse, la chaudière à tubes intérieurs, soit, comme chacun sait, due à notre compatriote M. Séguin aîné, le vaste et rapide développement des chemins de fer en Angleterre, et les ressources existantes dans les grands ateliers de construction de ce pays, avaient dû conduire à une perfection de détail que le défaut d’expérience ne nous permettait pas d’attendre des constructeurs nationaux. La prudence fit un devoir aux directeurs du chemin de Strasbourg à Bâle d’exiger que les machines à livrer fussent exécutée.s sur un des meilleurs modèles anglais, et d’admettre quelques machines étrangères pour servir à la fois de modèle et de terme de comparaison.
- Les locomotives fournies par MM. André Kœ-chlin et G0, soutinrent honorablement la lutte, et dès lors, il fut certain que ce n’était pas l’habileté, mais l’occasion de faire, les commandes en un mot, qui manquaient à nos constructeurs. Ces choses se passaient en 1840 et au commencement de 1841.
- Ce n’est pas tout: depuis 1840 des perfectionne-
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- ments de la plus haute importance ont été apportés à la construction des machines locomotives ; nous voulons parler de l’application de la détente fixe, et surtout de la détente variable de la vapeur. La détente fixe, jointe à quelques autres améliorations, a suffi pour réduire presque de moitié la consommation de combustible sur quelques lignes de chemins de fer. La détente variable a fait de la locomotive une machine qui se prête à des tracés extrêmement accidentés, à des charges très-diverses, parce qu’ellë développe, à'la volonté du mécanicien, une force variable entre des limites extrêmement écartées, en dépensant, dans chaque cas, une quantité de combustible à peu près proportionnelle à la puissance mécanique développée.
- Or, M. Clapeyron avait appliqué, en 1840, aux machines locomotives du chemin de fer de Paris à Versailles (rive droite), les tiroirs à grand recouvrement , disposés et conduits par les excentriques , de manière à ce que la vapeur fût admise un peu avant la fin , et cessât de l’être aux trois quarts environ de la course du piston. Il avait en même temps augmenté le diamètre des cylindres, et avait même entrepris, pour arriver à une détente variable, quelques essais qui furent abandonnés ; à cette époque, les machines locomotives importées d’Angleterre n’étaient pas
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- disposées de manière à utiliser kr détente de la vapeur au même degré que la machine, modifiée par M. Clapeyron.
- Quanta la détente variable,les pièces relatives à la demande du brevet pris- par M. Meyer pour son système ont été déposées le 20 octobre 1841. Les seules dispositions tendant à atteindre le même but qui nous soient connues, comme ayant été appliquées à l’étranger ou en France, sont celles de MM. Cabry en Belgique et de R. Stephenson en Angleterre. Les unes et les autres diffèrent d’ailleurs beaucoup des moyens que M. Meyer a mis en œuvre. Les premières offres de M. Cabry au gouvernement de Belgique sont du mois de novembre 1841, et la seconde machine de M. R. Stephenson à laquelle il ait appliqué la détente-variable ne fut livrée au Northern and Eastern raiiway que dans le mois de février 1842. Il1 résulte de ce qui précède que, bien qu’on cherchât à la fois en Angleterre, en Belgique et en France, la solution du problème si important de la détente variable,. notre compatriote n’ a été primé par personne, et n’a pu trouver aucun secours dans les recherches faites antérieurement aux siennes, ou en même temps.
- En présence de progrès aussi remarquables, nous ne doutons pas que les exploitants de chemins de fer, déterminés par leur intérêt bien
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- entendu, autant que par l’esprit national qui doit les animer, ne demandent à l’avenir aux ateliers français des machines qui ne céderont en rien à celles qui seraient tirées de l’étranger.
- Malgré le -faible développement de l’industrie des chemins de fer dans notre pays, l’esprit inventif de nos mécaniciens s’est exercé sur les moyens propres à faciliter la circulation dans les courbes,, à éviter les chocs et les chances de dé-railement, par une meilleure disposition des voitures et des freins.
- Nous aurons àsignaleren ce genre plusieurs conceptions ingénieuses dont les modèles ont figuré à l’exposition, mais qui sont encore trop récentes pour avoir reçu la sanction de l’expérience.
- 1Machines locomotives,
- MÉDAILLES D’OR.
- MM. Jl-J. MEYER et Ci0, à Mulhouse ( Haut-Rhin ).
- Ml M'eyer est incontestablement le premier qui ait appliqué avec succès, en France, aux machines locomotives, la détente variable de la vapeur, qu’il avait, depuis longtemps , introduite dans les machines fixes de sa construction. C’est lé 20 octobre 1841 qu’il demanda un brevet pour ses moyens d’obtenir la détente variable, à la volonté du méca-
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- ni ci en. La machine V Espérance fut terminée en mai 1842 , et livrée au service, sur le chemin de 1er de Strasbourg à Bâle, dans lehnois de juillet suivant.
- Pour obtenir une détente variable, M. Meyer a prolongé les fonds du tiroir ordinaire de distribution , en ménageant à travers les prolongements deux conduits à section rectangulaire, par lesquels doit passer la vapeur, pour arriver aux orifices d’admission dans le cylindre. Ce tiroir est mû par un excentrique disposé comme à l’ordinaire. Sur sa face externe glissent deux plaques, vissées sur une tige qui reçoit un mouvement alternatif dirigé en sens inverse de celui du piston. Les plaques, dont la position sur la tige est variable, viennent masquer les ouvertures du tiroir et supprimer l’admission de la yapeur, après que le piston a parcouru une fraction de sa course, d’autant plus petite, que les plaques sont plus écartées Tune de l’autre. Quand elles sont en contact, la vapeur est admise pendant la course entière du piston , et la machine fonctionne sans autre détente que celle qui est due à une légère avance de l’excentrique, et à un faible recouvrement des lumières par les bords du tiroir. La fraction de la course correspondante à l’admission peut être variée, dans la machine qui a été soumise à l’examen du jury, depuis t/6 jusqu’aux 2/3 de la course totale. Dans d’autres machines, où la tige, qui porte les plaques, est menée par un excentrique, l’admission peut avoir lieu pendant une fraction quelconque delà course du'piston , variable depuis zéro jusqu’à l’unilé. Au surplus,il est fort peu important
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- quel’admission delàvapeurpuisseavoirlieupendant une fraction de la course plus grande que les deux tiers; il suffit que la machine puisse fonctionner sans détente au moment du départ, et dans les autres cas où elle doit exercer momentanément un effort considérable : cest ce qui a lieu dans toutes les machines locomotives de M. Meyer, même les plus anciennes. Dans tous les cas, le mécanicien obtient à volonté et pendant la marche, le degré d’écartement des plaques qui convient à la période d’admission de la vapeur nécessaire à la marche, en faisant tpurner la tige le long de laquelle les plaques marchent en sens contraire , attendu qu’elles sont engagées, par des écrous taraudés dans leur épaisseur, dans deux filets de vis à pas contrariés. Pour tous les degrés de détente, la vapeur est admise au même point de la course du piston , et les orifices d’admission sont ouverts aussi largement que si la machine fonctionnait sans détente.
- La première locomotive sortie des ateliers de . M. Meyer, l’Espérance, fut mise, avons-nous dit, en service sur le chemin de fer de Strasbourg à Bâle en juillet 1842 ; dès le mois d’octobre suivant, des expériences comparatives faites par ordre de M. le sous-secrétaire d’état des travaux publics, entre la locomotive l’Espérance et la meilleure des locomotives françaises qui circulât alors sur le même chemin, montrèrent qu’à charge égale, les quantités de coke consommées par l’Espérance et la machine à laquelle on la comparait, étaient, entre elles, dans le rapport de 5,41 k 8,o3 (.J compris le coke pour deux allumages de chacune des machines), et dans
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- le rapport cle 3,90 à 5,19 en ne comptant que le coke consommé en marche. La machine prise pour terme de comparaison fonctionnait, il est vrai, sans détente, et était inférieure, sous ce rapport, aux machines en service sur les chemins de Paris à Saint-Germain et à Versailles, où la détente fixe obtenue par l’avance et un fort recouvrement était déjà mise en pratique. Malgré cela, une machine remorquant un train du poids de 76 tonneaux environ , sur niveau , à une vitesse de i2m,4'5 par seconde (près de 45 kilomètres à l’heure), avec une consommation de 3k,90 de coke par kilomètre parcouru, était, en 1842, un fuit nouveau très-remarquable, et qui excita, à juste titre, l’attention générale.
- La machine Mulhouse, mise en parallèle, à la fin de 1843, avec l’ensemble des machines locomotives du chemin de fer de Paris à Versailles ( rive gauche), qui toutes fonctionnent avec détente fixe obtenue par l’avance du tiroir et un large recouvrement , a consommé 4\6o de coke de Belgique par kilomètre parcouru, tandis que l’ensemble des autres machines a consommé 6k,65.
- Ges chiffres sont le résultat des consommations observées avec soin, pendant deux mois, par le directeur du chemin de fer de Versailles. Dans deux voyages d’essai faits avec un train ordinaire, sous les yeux d’une commission désignée par le sous-secrétaire d’état des travaux publics, et qui avait pour rapporteur le membre du jury chargé d’exprimer ici l’opinion de ses collègues, la consommation de îaiMulhouse a été de 4*526 et 4*575 par kilomètre
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- parcouru; la moyenne est inférieure encore è celle que M. Petiet a conclue du relevé des consommations pendant deux mois, en retranchant de la dépense totale de combustible , celle qui devrait être attribuée aux allumages et aux machines de réserve.
- Comparée, sur le chemin de fer d’Orléans, avec la machine locomotive *n° 37 le Vnuban, sortie récemment des ateliers de R. Stephenson , et fonctionnant aussi à détente variable, d’après le système du constructeur anglais , la Mulhouse a consommé, pour un même travail, à peu près la même quantité de coke que la machine anglaise (environ 5 kilogrammes par kilomètre parcouru, en remorquant des trains de 60 à *70 tonnes) ,• mais la consommation d’eau de la machine française, pour un même parcours et un même poids remorqué, a été de i5 à 19 pour cent inférieure à la dépense d’eau de la machine anglaise.
- Il paraît résulter de ces observations, que la machine de M. Meyer est, en elle-même, supérieure à la machine anglaise, et que l’égalité de consommation de combustible, entre les deux machines, tient uniquement à ce que la chaudière de la machine anglaise utilise mieux que sa rivale la chaleur développée par la combustion du coke.
- Des observations faites, en Autriche, sur le chemin de fer de l’empereur Ferdinand, et en Bavière, sur le chemin de Munich à Augsbourg, ont été également favorables aux machines construites sur le système de M. Meyer, tant sous le rapport de l’économie du combustible, que sous celui de la
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- bonne marche et de l’excellente construction de l’ensemble.
- Depuis 1842 , M. Meyer a livré 8 machines locomotives construites d’après son système, dont 3 seulement en France, et 5 en Allemagne et dans le nord de l’Italie.
- Il a réparé et pourvu de nouveaux perfectionnements, 6 anciennes machines de MM. Stehelin et Huber, destinées au chemin de fer de Milan.
- 8 machines, dont 2 sont terminées, sont en construction dans ses ateliers , pour les chemins de fer de Bavière.
- 9 autres sont destinées aux chemins du grand duché de Bade.
- M. Meyer a traité, pour son système de détente variable, avec plusieurs constructeurs étrangers : MM. Kessel, à Carlsruhe, de Maffei , à Milan, Schmid, à Vienne, Sharp et Roberts, h Manchester, Handel Jacobi et Huissen, à Ruhrort (Prusse).
- Ainsi, M. Meyer, dans la carrière qu’il a ouverte et ou il marche toujours en première ligne , n'a trouvé aucun appui en France ; c’est à l’étranger qu’il a dû chercher des débouchés pour ses produits. Il appartient donc au jury de signaler M. Meyer à l’attention des compagnies de chemins de fer. Il n’hésite pas à proclamer, avec la plus vive satisfaction, que cet habile constructeur est digne à plus d’un titre de la médaille d’or qui lui est décernée. (Voyez le Rapport sur les machines à vapeurfixes. )
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- M. DURENNE, à Paris, rue des Amandiers-Po-pincourt, 9 et 11,
- A exposé une cliaudière de machine locomotive, une caisse de tender et une petite coque de bateau. Le jury a distingué la chaudière de machine locomotive, dont la construction est irréprochable.
- Les ateliers de chaudronnerie de M. Durenne ont été fondés en 1820; il a concouru pour la première fois, en i83g, aux expositions nationales, et a été récompensé par une médaille d’argent. Il occupe aujourd’hui dans ses ateliers de cent à cent soixante ouvriers. Une machine à vapeur de la puissance de six chevaux, douze forges, un four à réchauffer , trois machines à cintrer et à percer, une machine à chariot et une machine à faire des rivets, sont les auxiliaires de sa fabrication.
- M. Durenne, artisan cl’une fortune honorablement acquise par le concours de l’intelligence, d’une prudente économie et d’un travail soutenu , est aujourd’hui en première ligne parmi les constructeurs de chaudières à vapeur de Paris. Plus que tout autre, il a contribué par les soins minutieux apportés à tous les détails de sa fabrication, à l’excellente réputation que possède la grande chaudronnerie de Paris, non-seulement en France, mais encore dans les pays étrangers, notamment l’Espagne et ses colonies. Aucune des chaudières sorties des ateliers de M. Durenne n’a donné lieu à des accidents, et ce fait mérite d’autant plus d’être signalé que beaucoup de ces apparcilssont construits sur des dimensions trop petites, mal surveillés et
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- fatigués par un feu poussé avec une trop grande activité.
- Le jury appréciant la persévérance de M. Du-renné, la perfection des produits qu’ila livrés au commerce, l’habileté avec laquelle il est parvenu à manier la tôle et à lui donner toutes les formes, récompense cet industriel par une médaille d’or.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. ALLCARD et BUDDICOM, auPetit-Quevilly (Seine-Inférieure),
- Sont des constructeurs anglais qui sont venus, en 1841 , s’établir aux Chartreux, près Rouen, pour confectionner le matériel du chemin de fer de Paris à Rouen, et qui depuis ont pris l’entreprise à forfait, du remorquage sur cette ligne.
- Ils ont exposé une locomotive à cylindres extérieurs et inclinés, à détente variable et à roues couplées, pour le transport des marchandises, avec son tender. Cette machine, comme toutes celles qui sortent des ateliers de MM. Allcard et Buddi-com , se distingue moins par l’élégance, que par la solidité, la simplicité de la construction , la bonne disposition de l’ensemble, le tracé irréprochable des organes essentiels. MM. Allcard et Buddicom ont adopté un mécanisme de détente variable, analogue a celui de la nouvelle machine patentée de R. Ste-phenson -, la détente est obtenue h l’aide d’un seul tiroir à fort recouvrement; les extrémités des bielles des deux excentriques de la marche en avant, et de
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- la marche en arrière, sont réunies par un coulisseau dans lequel est engagé le bout d’une manivelle ou levier coudé, qui transmet à la tige du tiroir de distribution le mouvement rectiligne alternatif. En relevant plus ou moins, le système des bielles des deux excentriques, ou fuit varier l’amplitude de l’excursion du tiroir, dont les rebords viennent masquer les orifices d’admission, après un parcours du piston plus ou moins étendu; les lumières ne sont d’ailleurs entièrement démasquées que lorsque les excentriques sont dans leur position la plus élevée ou la plus basse, et que la machine est réglée pour marcher avec la détente obtenue par la seule largeur des rebords et l’avance de l’excentrique , comme cela aurait lieu dans une machine à détente fixe.
- Le jury s’est assuré, en examinant dans les ateliers une machine du même modèle que celle qui figure à l’exposition, que MM. Âllcard et Buddicom. ne se sont pas bornés à copier la machine de Ste-phensou , mais qu’ils ont amélioré le système de la détente variable, en ce sens que l’avance à l’admission de la vapeur reste la même, pour toutes les positions du bras de relevage et tous les degrés de détente.
- MM. Allcard et Buddicom ont confectionné avec une rapidité merveilleuse, la totalité du matériel nécessaire à l’exploitation du chemin de fer de Rouen, matériel qui ne comporte pas aujourd’hui moins de quarante-sept locomotives. Leurs ateliers, dans lesquels ils occupent journellement six cents ouvriers, sont pourvus de toutes les machi-
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- nés nécessaires pour tourner, raboter, aléser, percer, tarauder, rainer, couper et plier les métaux. Ces appareils ont été importés d’Angleterre. Le moteur estunemachine de cinquante chevaux de puissance. Il y existe quarante forges, plusieurs fourneaux à réverbère et à la Wilkinson, un martinet, une scierie mécanique, des machines à raboter et à bou-veter les bois.
- MM. Allcard et Budclicom ont été jusqu’ici entièrement occupés par la création de leur vaste établissement , et la confection du matériel du chemin de fer de Paris à Rouen. Ils n’ont construit ni machines, ni voitures pour aucune autre ligne, de sorte que les produits de leurs ateliers ne sont pas encore entrés dans le commerce général. Ils concourront probablement à la confection du matériel des chemins de fer qui sont en voie d’exécution. Nous formons des vœux pour que nos capitalistes aient dans nos constructeurs nationaux, qui ont fait leurs preuves, qui ne sont ni moins habiles, ni moins entreprenants que les étrangers, et qui languissent malheureusement à défaut de commandes, Jajuste confiance que les administrateurs du chemin de fer de Rouen ont placée dans des constructeurs anglais. Le jury, appréciant l’habileté de MM. Allcard et Buddicom, les bonnes qualités de leurs machines locomotives confirmées par une expérience soutenue pendant treize mois, l’activité dont ils ont fait preuve, leur décerne la médaille d’argent.
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- MENTION HONORABLE.
- M. CORNU, à Paris, cité Trévise, 5,
- Représentant de M. W. Norris, constructeur de Philadelphie, a exposé des dessins et modèles de locomotives américaines du système de M. Norris.
- Les locomotives américaines sont à cylindres extérieurs et inclinés, comme celles du chemin de fer de Paris à Rouen. Elles ont en outre un avant-train mobile , et des articulations dans les pièces du bâtis, qui permettent aux roues de se prêter avec plus de facilité aux dépressions accidentelles dues à un défaut de pose ou à un dérangement des rails. La chaudière est d’une construction plus simple que celle des chaudières usitées en Europe ; le dôme de la boîte à feu est cylindrique, ce qui les rend beaucoup plus résistantes.
- Les locomotives américaines sont éminemment propres, par leur construction, au parcours des lignes sinueuses et accidentées. 136 locomotives de
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- M. Norris circulent sur les voies de fer des Etats-Unis. Elles sont en grande faveur sur les chemins de fer de l’Allemagne, notamment sur ceux de la Prusse et de l’Autriche. Un chemin de fer anglais, celui de Birmingham â Gloucester , est desservi par des machines de ce système.
- Elles ne sont connues en France que par les descriptions qui en ont été imprimées en Allemagne et en Amérique. Il est très-désirable qu’elles soient essayées sur nos chemins de fer. M. Cornu aura rendu
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- service , en les faisant connaître par un modèle et des dessins bien exécutés.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- 2. Chemins de fer. Rails et Voitures.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- M. PECQUEUR, à Paris, rue Neuve-Popincourt, 11.
- L’esprit inventif de M. Pecqueur s’est exercé sur un sujet qui est à l’ordre du jour, la propulsion des convois sur les chemins de fer, par l’action de l’air comprimé ou raréfié à l’aide de machines fixes. Le système auquel il a mis tout récemment la dernière main, et dont le jury a vu un modèle fonctionnant dans ses ateliers , est à peu près l’inverse de celui de MM. Clegg et Soninda. La soupape longitudinale à travers laquelle passe, dans ce dernier système , la tige en fer qui lie le piston, poussé par la pression atmosphérique , au convoi remorqué, n’existe pas dans l’appareil de M. Pecqueur. Celui-ci comprime l’air à trois ou quatre atmosphères, dans un tuyau occupant l’axe de la voie et qui forme un réservoir allongé, où la machine locomotive qui remorquera le convoi, puisera, à chaque période, le gaz comprimé nécessaire à l’entretien du mouvement. Une ingénieuse combinaison de soupapes consécutives, qui sont ouvertes en temps utile par des appendices fixées k la locomotive, permet l’entrée de l’air dans la boîte de distribution, celle-ci glisse sur une surface métallique plane, posée sur le dôme du tuyau.
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- M. Pecqueur emploie, comme locomotive, sa machine à rotation directe. Le waggon qui la porte est pourvu d'une suspension élastique placée dans le moyeu même des roues, construites sur un principe nouveau de son invention.
- Le jury ne peut, à défaut d’expérience, que mentionner avec satisfaction la nouvelle invention de M. Pecqueur, et rappeler la médaille d’or décernée précédemment à cet habile mécanicien, qui se montre toujours digne de la même distinction.
- MM. STEHEL1N frères, à Bitschwiller (Haut-Rhin),
- Continuent la fabrication cle machines diverses, des roues et essieux de locomotives*Depuis la dernière exposition ils ont construit deux machines à vapeur de 220 chevaux pour la marine royale. Ils ont envoyé les plans des ateliers qu’ils construisent en ce moment pour l’exploitation du chemin de fer de Milan à Venise, et qui nous ont paru bien disposés.
- La commission des tissus a rendu compte des feutres exposés par ces Messieurs.
- Le jury leur vote le rappel de la médaille d’or obtenue en i83g.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. LAIGNEL, à Paris, rue du Cimetière-Saint-André-des-Arts , 1,
- S’occupe depuis longtemps des moyens de rendre plus facile et plus sûre la circulation des voi-
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- tures sur les chemins de fer. Ses travaux et principalement les moyens qu’il a imaginés, pour franchir les courbes d’un petit rayon, lui ont valu deux médailles d’argent aux expositions de i834 et de 1839.
- C’est encore à l’infatigable persévérance de M. Laignel, que l’on doit le système de freins très-puissants, qui a été adopté par le gouvernement belge, pour le parcours du plan incliné d’Ans à Liège, et dont un modèle figurait à l’exposition de cette année. Au lieu d’empêcher le mouvement de rotation des roues des voitures, par la pression des freins ordinaires, M. Laignel soulève la voiture entière par un système de patins qui viennent s’appuyer sur les rails. Les roues ne portent plus, et la voilure est ainsi transformée en un traîneau.
- L’expérience a montré l’efficaeité et la puissance de ce genre de freins. Lors d’une rupture du câble du plan incliné d’Ans à Liège, qui eut lieu le 22 juin dernier, l’action des freins arrêta le convoi, sans que les voyageurs éprouvassent le moindre choc.
- On doit enfin à M. Laignel, un’ petit [appareil propre à mesurer la vitesse des courants fluides, et un instrument ingénieusement conçu pour sonder à la mer, sans arrêter la marche des navires.
- Le jury décerne à M. Laignel, pour l’ensemble de ces inventions, une nouvelle médaille d’argent.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. SERYEILLE aîné, à Paris, rue d’Amboise, 4,
- Qui fut «mentionné honorablement par le jury de 1839, pour des rails en bois et en fer, et pour des waggons A larges jantes coniques , est peut être le premier qui ait senti toute l’importance de la conicité des jantes des roues, pour éviter les déraillements, et les pressions des boudins des roues contre les rails.
- M. Serveille a exécuté, depuis 1809, plusieurs chemins de fer pour des exploitations de carrières, et des travaux de terrassements. Ces chemins posés sur un sol extrêmement accidenté avec des courbes de rayons très-petits , dont la voie n’était pas de largeur uniforme, ni horizontale dans le sens transversal, étaient cependant parcourus par des chariots à larges roues coniques qui ne sortaient pas de la voie.
- Il n'y a pas de système qui se prête aussi bien que celui de M. Serveille au transport des matériaux sur un soi irrégulier et mouvant, comme celui que l’on est exposé à rencontrer dans beaucoup de galeries de mines, et dans des travaux de terrassement. Ce constructeur a également exécuté des .trains articulés destinés aux transports des bois, dans l’exploitation des forêts. De longues pièces de bois sont posées et attachées sur deux trains à roues coniques , indépendants l’un de l’autre. L’essieu de chaque train, auquel les roues sont fixées, pivote autour d’une cheville ouvrière ; une commission de la société d’encouragement s’est assurée 11. 12
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- que , dans les parties courbes , chaque essieu se plaçait normalement à la courbe parcourue, et se maintenait dans cette direction pendant tout le temps que le train cheminait sur la courbe. M. Serveille expose, en outre, un tuyau de bois formé de douves échelonnées et cerclées en fil de fer. Ces tuyaux pourraient être faits à la mécanique et utilement employés dans clés contrées où le bois serait à bon marché.
- Le jury récompense les utiles travaux de M. Serveille par une médaille de bronze.
- M. COMMUNEAU, à Paris, rue Saint-Benoît, 22,
- A exposé un modèle des écluses sèches qu’il a fait construire sur le chemin de fer conduisant des mines de houille de Decize au canal du Nivernais. Ce chemin a une longueur totale de 6,200 mètres. Sur la distance de 1900 mètres à partir de la mine, la pente moyenne est de 3 centimètres par mètre, de sorte qu’il rachète une pente de 07 mètres, sur moins de 2 kilomètres de longueur. On pouvait établir pour cela un seul plan incliné, ou des plans inclinés à forte pente, séparés par des paliers horizontaux, ou enfin des puits verticaux séparés par des paliers k peu près horizontaux. C’est ce dernier parti qu’a pris avec raison M. Communeau. Il a réparti la pente à racheter sur 5 puits verticaux, ou écluses sèches séparées par des lignes à peu près horizontales.
- La manœuvre de la descente d’un waggon chargé et de l’ascension d’un waggon vide, ou à demi-chargé, s’effectue au moyen de deux plates-formes,
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- réunies par une chaîne en fer, qui se pîie sur une poulie à engrenage installée au-dessus du niveau supérieur de l’écluse, la chute du waggon plein détermine l’ascension d’un waggon vide ou à demi-chargé. La vitesse est modérée par un seul homme au moyen d’un frein appliqué sur une grande roue. La résistance du frein est transmise à l’arbre qui porte la poulie à engrenage, par l’intermédiaire d’un pignon et d’une roue dentée. Le passage d’un waggon descendant chargé et d’un waggon vide remontant, par une écluse sèche de i5 à îS mètres de hauteur,exige à peu près 2 minutes, dont une est employée pour placer les waggons sur les plates-formes, et l’autre au trajet.
- Les écluses sèches établies par M. Communeau, sur le chemin de fer de Decize au canal du Nivernais, fonctionnent depuis 6 mois avec régularité et économie.
- Le jury reconnaît que le système adopté par M. Communeau est très-conveuable pour racheter les pentes sur un chemin de 1er où l’on transporte des marchandises à petite vitesse. La construction est bien entendue. Le jury décerne à M. Communeau une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. NOZÉDA (Henri), à Mâcon (Saône-et-Loire),
- À exposé un waggon pourvu d’un système d’enrayage progressif qui a attiré l’attention de tout le monde. L’appareil de M. Nozéda se compose essen-
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- tiellement d’une crémaillère horizontale, qui vient par l’effet d’un échappement, déterminé à la volonté duconducteur,se mettre en prise avec un pignon fixé sur l’essieu antérieur de la voiture. Dès que l’engrenage, a lieu, la rotation de l’essieu fait avancer la crémaillère ; celle-ci comprime un ressort dont la tension progressive ralentit de plus en plus la rotation de l’essieu qui porte le pignon. La crémaillère continuant à avancer, agit sur d’autres ressorts qui amènent des sabots en bois au contact des jantes des 4 roues. La tension des ressorts et la pression des freins augmentent progressivement, et si le mouvement de rotation des roues n’était pas arrêté par les freins, avant que la crémaillère fût parvenue à l’extrémité de sa course, celle-ci opposerait alors un obstacle absolu à la rotation de l’essieu antérieur.
- On fait cesser l’enrayage, en remontant le châssis qui porte la crémaillère; dès que celle-ci n’engrène plus avec le pignon, l’action des ressorts écarte les freins de la circonférence des roues, et les ramène dans leur position primitive.
- La conception de cet appareil est digne d’éloge. On peut lui reprocher d’être compliqué; cependant il serait peut-être difficile d’obtenir d’une manière plus simple des obstacles progressifs, donnant lieu à un enrayage très-puissant, sans choc brusque: Le frein de M. Nozéda n’a point encore reçu la sanction de l’expérience; il va être essayé sur les voitures du chemin de fer d’Orléans.
- Le jury se plaît à espérer que les résultats répondront à l’attente de l’inventeur auquel il décerne une mention des plus honorables.
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- M. EGK, à Paris, quai de la Tournelle, 39, .
- A exposé un appareil pour obtenir un décrochement rapide de la locomotive, à la volonté du conducteur, et projeter en même temps du sable sur les rails.
- Ces moyens ont déjà été mis en pratique, par M. Locard, sur le chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon. L’appareil de M. Eck est au reste bien entendu et mérite la mention honorable que le jury décerne à son auteur.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. CHESNEAUX, à Paris, rue Navarin, 13,
- A exposé un modèle de waggon articulé destiné à franchir les courbes de petits rayons.
- Les deux trains antérieurs et postérieurs sont mobiles et indépendants l’un.de l’autre, et chacune des quatre roues est montée sur un demi-essieu particulier. La mobilité des trains permet la convergence des essieux dans les parties courbes. L’indépendance des demi-essieux permet aux roues opposées de prendre des vitesses angulaires différentes. La convergence des essieux dans les courbes est obtenue, au moyen d’un bout de rail de 4 à 5 mètres de longueur seulement, établi au milieu de la voie, et sur lequel monte une poulie fixée sous le train. Celui-ci est soulevé par la poulie qui monte sur le rail et amené dans une situation normale à la courbe. Quand la poulie abandonne le rail directeur, l’avant-train se trouve fixé au train supérieur par une crémaillère et un verrou.
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- Le moyen par lequel M. Chesneaux obtient la convergence des essieux est simple, et mérite de fixer l’attention des exploitants de chemins de fer. L’indépendance des roues fixées sur quatre demi-essieux nous parait peu utile. L’on atteint tout aussi bien le but que l’auteur s’est proposé, par la conicité des roues et une pose convenable des rails.
- En définitive, le jury exprime le désir que le système de M. Chesneaux soit bientôt mis en expérience, et ne peut aujourd’hui que le citer favorablement.
- M. P AQUIN, à Châlons-sur-Marne (Marne),
- Est cité favorablement pour un waggon de terrassement versant à volonté dans la direction de la voie ou sur les côtés.
- M. MOUSSARD, à Paris, rue du Faubourg-St-Denis, 164,
- Mérite la même distinction que le précédent, pour un modèle de locomotive qui présente des dispositions nouvelles et ingénieuses.
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- SECTION IY.
- § 1. MACHINES A FILER LE LIN, LA LAINE, LE COTON LA. SOIE, ETC. MACHINES A BOUTER LES CARDES ET MACHINES A IMPRIMER LES ÉTOFFES.
- M. Gambey, rapporteur.
- I. Machines à filer le lin, la laine et le coton:
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM. SCHLUMBERGER (Nicolas) et Cie, à Gueb-willer (Haut-Rhin),
- Par leurs produits remarquables, se sont placés au premier rang de nos filateurs.
- En 1827 et i834? ils reçurent, pour la beauté et la finesse des cotons qu’ils exposèrent, les plus hautes marques de distinction que puisse accorder le jury.
- En 183q , M. Schlumberger, connu alors pour la perfection de ses métiers k filer le coton , exposa pour la première fois des machines à filer le lin. La belle exécution de ces machines fixa l’attention du jury , et une nouvelle médaille d’or fut décernée à M. Schlumberger.
- Depuis cette époque, M. Schlumberger s’est constamment occupé de la construction de ces sortes de machines, dont le placement se fait en France et k l’étranger.
- Cette année, M. Schlumberger a exposé une carde circulaire k étoupes avec 23 tambours; un banc k broches pour lin et étoupes. La carde circulaire,
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- construite d’après un nouveau système, nous a paru exécutée dans de bonnes proportions; elle fait honneur à M. Sehlumberger.
- Le banc à broches, construit avec une grande perfection, a subi une modification qui au premier abord paraît peu importante, et qui cependant contribue à rendre plus parfaits les produits delà machine. Cette modification consiste dans la suppression des collets antérieurs des vis conductrices des peignes, ce qui permet de les rapprocher des cylindres étireurs. Il résulte de cette modification, que la divergence des filaments de lin est d’autant moins grande, que la distance à parcourir entre les cylindres et les peignes est plus petite; et par suite de cette disposition, le fil de lin est plus uni et mieux filé.
- Le jury accorde à MM. Sehlumberger (Nicolas) et C,e un rappel de médaille d’or.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’OR.
- MM. PIHET (Auguste) et Cie, à Paris, avenue Parmentier-Popincourt, 3.
- Nous avons examiné avec soin le banc à broches que M. Auguste Pihet a exposé : nous avons remarqué avec satisfaction que toutes les parties de cette belle machine sont exécutées avec le soin et la perfection qu’on retrouve toujours dans les travaux qui sortent du bel établissement dirigé par M. Auguste Pihet, qui, par ses efforts constants, se rend de plus en plus digne des récompenses qu’il a reçues. {Voyez à l’article Machines-Outils.)
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- MÉDAILLE D’OR.
- M. DECOSTER, à Paris, rue Stanislas, 9.
- En 1835 , M. Decoster commença à fabriquer les premières machines à filer le lin, d’après le nouveau système. Ces machines furent accueillies avec un tel empressement par l’industrie manufacturière , que M. Decoster dut songer à donner de l’extension à son établissement, déjà considérable à cette époque.
- Des ateliers élevés sur une grande échelle le mirent bientôt à même de satisfaire aux nombreuses commandes qui lui* étaient adressées, et de mener en grand la fabrication de ces nouvelles machines.
- Depuis plusieurs années, M. Decoster s’est livré à la construction des machines-outils, machines sans lesquelles il ne peut exister de bonne fabrication. La modicité du prix et la bonne exécution de ces machines ont tellement contribué à leur propagation , qu’elles fonctionnent maintenant clans la plupart de nos ateliers. Les diverses machines exposées cette année par cet habile constructeur sont, pour le lin : une grande carde , un métier à filer à sec, un métier à l’eau chaude, un banc à broches avec régulateur différentiel, un métier à tisser, une machine à peigner et une machine à teiller le lin. Pour les machines-outils : un grand tour à chariot et à fdter, une grande machine à raboter le fer, à outil-tournant, une machine à raboter et àcanneler, avec plateau mobile, une machine à tailler les écrous, une machine à mortaiser et une machine à percer.
- Nous avons trouvé toutes ces machines bien rai-
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- sonnées, établies sur des principes exacts et dans de bonnes proportions, enfin d’une exécution aussi parfaite qu’il est permis de l’exiger dans ces sortes de machines.
- Le jury accorde une médaille d’or à M. Decoster.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. PEUGEOT (Constant) et Cie, à Audincourt (Doubs ).
- Fabriquer, pour les machines à filer de toute sorte, des broches bien faites et d’un prix peu élevé, était un problème difficile à résoudre, d’autant plus que les broches peuvent être considérées, dans la fabrication des métiers à filer , comme étant la partie qui exige le plus de précision.
- Ce n’était qu’en employant des machines et des outiis convenablement disposés pour ce genre de travail, et surtout en établissant des ateliers spéciaux, qu’on pouvait réussir dans une telle entreprise. M. Peugeot, en envisageant la fabrication, du point de vue de sa spécialité, a fondé un établissement considérable dans lequel on construit tous les objets accessoires qui entrent dans la composition des machines à filer la laine, le lin et le coton.
- En 1839, une médaille d’argent fut accordée pour encourager cette fabrique qui exposa des produits d’une beauté remarquable. Depuis cette époque, de nouveaux efforts ont été faits : les cylindres cannelés et trempés de M. Peugeot, ainsi que ses broches, ne laissent rien à désirer, et sont dignes des plus grands éloges.
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- Le jury, pour récompenser convenablement cet liabile fabricant, lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’ARGEAT.
- M. BRUNEÂU, à Réthel (Ardennes).
- Les diverses machines exposées par M. Bruneau , servant à peigner et étirer la laine, sont d’une beauté remarquable; les dispositions en sont bien entendues; les nombreuses pièces dont elles sont composées ont des formes et des proportions parfaitement convenables pour les fonctions qu’elles ont à remplir.
- Dans la machine à étirer , la manière de communiquer, par des plans inclinés, le mouvement de translation des cylindres, tandis que ceux-ci tournent sur eux-mêmes, est très-ingénieuse, et nous a paru offrir de grandes facilités pour en régler la marche.
- Toutes les pièces qui composent ces métiers sont exécutées avec un soin et une précision qu’on rencontre rarement dans ces sortes de machines.
- Le métier Mull-Jenny est d’une exécution aussi parfaite que ceux dont nous avons parlé ci-dessus, et peut être considéré comme un modèle en ce genre.
- Le jury accorde une médaille d’argent à M. Bruneau.
- M. GRÜN (François-Jacques), à Guebwiller ( Haut-Rhin).
- Les machines exposées par M. Grün, pour la filature de lin , sont :
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- CJn étal eu r ,
- Un étireur,
- Un banc à broches,
- Un métier à filer.
- Pour la filature de coton :
- Une tête de chariot de Mull-Jenny ,
- Un nouveau mouvement de tambour de métier Mull Jenny à simple et double vitesse ,
- Plus, une caisse contenant des pièces détachées , des modèles et des instruments divers.
- Les machines présentées par M. Grün , faites sans luxe, nous ont paru bien établies, et construites de manière à réunir toutes les qualités que l’on doit rechercher dans les machines bien entendues, c’est-à-dire bonté, simplicité et solidité.
- Noüs ajouterons que M. Grün a construit plusieurs machines hydrauliques, des transmissions de mouvement dansdiverses fabriques d’Alsace, et que toutes ces machines fonctionnent à la grande satisfaction des chefs d’établissements, ainsi qu’en font foi plusieurs certificats que nous avons entre les mains.
- Le jury accorde à M. Giiin une médaille d’argent.
- M. MERCIER (Achille), à Louviers (Eure).
- M. Mercier a exposé deux machines à carder., l’une dite carde préparatoire, l’autre appelée carde boudineuse. Ces deux machines, établies d’après un nouveau principe, se recommandent par la simplicité de leur cpnstruction, non moins que par
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- l’avantage qu’elles présentent^ de régler avec la plus grande facilité toutes les parties qui exigent.un certain degré d’exactitude.
- Deux métiers à filer ont été également soumis à l’appréciation du jury.: l’un de a5o broches, l’autre de i5o; Ces machines , destinées h fonctionner dans des ateliers, bien que construites sans luxe, n’en sont pas moins exécutées avec toute la perfection désirable. M. Mercier a introduit dans ces machines un perfectionnement très-important, lequel consiste à faire mouvoir le chariot qui porte les broches avec une vitesse qui décroît en raison inverse du degré de torsion qu’acquiert le fil. Ce mouvement décroissant s’obtient au moyen d’une corde roulée sur la courbe d’une spirale, laquelle Fait avancer le chariot dans des rapports de vitesse, reconnus par l’expérience, les plus convenables pour bien filer.
- Les proportions bien entendues de ces machines, ainsi que leur bonne exécution, nous ont paru tout à fait dignes de l’approbation du jury.
- Le jury accorde une médaille d’argent à M. Mercier (Achille).
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. SCHEIBEL et LOOS, à Thann (Haut-Rhin).
- MM. Scheibel et Loos ont exposé, en 1889, un batteur-étaleur et un banc à broches pour lesquels ils.ont obtenu une médaille de bronze.
- Cette année ces messieurs ont exposé une ma-
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- chine dite Sclf-nctiug.^Cette machine n’étant point accompagnée d’un mémoire explicatif, et la personne chargée de nous en expliquer le mécanisme n’ayant pu s’acquitter de sa mission , nous avons dû porter notre jugement sur la machine à filer, sans nous préoccuper de l’appareil qui doit la faire agir d’elle-même, ainsi que l’indique le nom de Self-acting.
- Nous dirons donc que la machine à filer est bien construite, que les diverses parties qui la composent sont parfaitement entendues, et que, sous ce rapport , MM. Sciieibel et Loos méritent une récompense.
- Le jury leur accorde une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. FOURCROY, à Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Fourcroy a présenté un rota-frotteur d’une belle construction , auquel il a fait subir une modification importante: les galets excentriques et les colliers qui communiquent le mouvement de va-et-vient au tablier et au cylindre, ont été remplacés par un mécanisme simple , offrant moins de résistance que celui employé ordinairement.
- Cette modification ne donne lieu à aucune réaction , et permet de régler promptement le mouvement du cylindre et celui du tablier.
- En raison de ce perfectionnement et de la bonne exécution de la machine, lé jury accorde à M. Fourcroy une médaille de bronze.
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- MM. ST AMM et Cie, à Thann (Haut-Rhin).
- La machine à carder, et le banc à broches pour filer en gros, qae MM. Stamm et Cie ont présentés, se font remarquer par leur bonne construction, et surtout par la beauté de leur fini.
- Le jury leur accorde une médaille de bronze.
- M. PELTIER, à Paris, rue Saint-Maur-Popin-court, 36.
- M. Peltier, mécanicien constructeur, a exposé des machines de. divers genres, parmi lesquelles nous avons remarqué une plate-forme pour tailler les dents des roues d’engrenages, fort bien faite; plusieurs machines à peigner la laine , d’une bonne exécution, et un moulin à plâtre construit solidement.
- Le jury accorde à M. Peltier une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. NEVEU et MARION , à Rouen et à Malaunay ( Seine-Inférieure ).
- La tête de mull-jenny, exposée par MM. Neveu et Marion , nous a paru construite dans de bons principes ; les diverses pièces qui la composent sont bien exécutées.
- Le jury leur accorde une mention honorable.
- M. ANDRÉ (Jacques),àVieux-Thann (Haut-Rhin).
- M. André a exposé un mouvement de friction
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- servant à conduire des machines à carder. Cet appareil nous a paru devoir mériter h son auteur une mention honorable.
- M. BRIEZ, à Friville (Somme).
- Les cylindres cannelés, pour filatures de laine et de coton, cjueM. 33 riez a présentés, nous ont paru bien faits. Les cannelures sont coupées franchement, et les trous carrés bien estampés.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. OLBPiINÏ, à Rouen (Seine-Inférieure).
- La machine à chiner que M. Oldrini a présentée est d’une simplicité remarquable, et remplit parfaitement ie but pour lequel elle a été imaginée.
- Le jury accorde à M. Oldrini une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le j ury cite favorablement :
- MM. DUJET et JOSSELIN, à Dinan ( Côtes-du-Nord),
- Pour leur machine à filer le lin à la main.
- M. LESÀGE-CASTELAIN , à Lille (Nord),
- Pour ses cylindres cannelés.
- M. BELLOMET-VARIN, à Raucourt (Ardennes),
- Pour ses broches de métier h filer.
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- M. PAVIE, à Vernouillet ( Eure-et-Loire ), Pour un rouet à filer.
- M. GERBIER, à Arpajon (Seine-et-Oise), Pour un rouet à filer.
- II. Machines à filer la soie.
- i ,
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. MICHEL, à Saint-IIippolyte (Gard).
- < La machine à filer la soie que M. Michel a présentée à l’exposition, réunit plusieurs avantages importants. Cet appareil simple, solide, quoique léger, n’exige que peu de force pour le mettre en mouvement. Ces précieuses qualités le font rechercher avec empressement par tous les filateurs.
- Le jury accorde à M. Michel une médaille de bronze.
- CITATIONS FAVORABLES.
- * ' r
- Le jury cite favorablement :
- M. JAUD, à Paris, rue Saint-Denis, 361,
- Pour son dévidoir.
- MM. FÉRAUD père et fils, à Nyons (Drôme ), Pour leurs tavelles et leurs purgeoirs.
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- 111. Machines à bouler les cardes.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. P AP AVOINE et CHÂTEL, à Rouen (Seine-Inférieure).
- MM. Papa voirie et Châtel ont obtenu, eri 1839, une médaille d’argent pour leur machine à bouter les cardes. Ces Messieurs ont exposé cette année une machine du même genre, dont la beauté du travail ne laisse rien à désirer; en outre, une machine à égaliser les cuirs pour, carder, à.laquelle ils ont ajouté de nouveaux perfectionnements; plus, une machine de leur invention, très-bien faite , pour aiguiser et égaliser les pointes des cardes.
- Le jury leur accorde une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. MICHEL, à Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Michel a exposé une machine à bouter les plaques de cardes. Cette machine est bien entendue; ses mouvements s’exécutent avec facilité, et les pièces qui la composent sont d’une belle exécution-.
- Le jury accorde à M. Michel une médaille de bronze.
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- IV. Machines'à imprimer.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D'OR»
- M. PERROT, à Vaugirard, rue de Sèvres, 64 (Seine)..
- Les personnes qui suivent les progrès de l’industrie manufacturière savent apprécier les services que M. Perrot a rendus à l’art d’imprimer à la planche. Avant l’invention des perrotines, les ouvriers imprimaient à la main certains dessins, dont la reproduction ne peut s’obtenir qü’en employant des ^planches de boisgravées en relief. Cette opéra-ration était longue , pénible pour les ouvriers , et ne permettait pas de donner aux planches de grandes diniensioris. Aujourd’hui, en employant les machines de M. Perrot, non-sèulement les planches sont plus grandes ; mais on peut encore en employer jusqu’à' six, imprimant simultanément les diverses couleurs qui entrent dans la composition d’un même dessin.
- A la* dernière' exposition , M. Perrot obtint une médaille d’or pour lés belles machines qu’il avait soumises au jury. 'Depuis cette époque, de nouveaux perfectionnements ont été ajoutés à ces machines, qui fonctionnent maintenant à de grandes vitesses, et avec toute; la perfectionqu’on était en droit d’attendre d’un.ingénieur-constructeur aussi habile que M. Perrot. '
- Le jury lui accorde le rappel de la médaille d’or.
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- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. FELDTRAPPE frères, à Paris, rue du Fau-bourg-Saint-Denis, 152..
- MM. Feldtrappe ont exposé, en i834, des cylindres dont la beauté et la pureté de la gravure fixé' vent l’attention du jury. Une médaille d’argent leur fut accordée.
- En 1839, MM. Feldtrappe présentèrent de nouveaux cylindres sur lesquels on remarquait des gravures d’une grande délicatesse , obtenues à j’aide de perfectionnements ajoutés à leurs machines à graver. Une nouvelle médaille d’argent leur fut décernée. ‘
- Depuis cette époque, ces messieurs ont continué à progresser ; ils apportent chaque jour de nouveaux perfectionnements à l’art de graver les cylindres.
- Depuis peu de temps, ils sontparvenusà produire sur les étoffes, des fonds d’une dimension considérable^ obtenus à l’aide de rainures ondulées, tracées longitudinalement sur le cylindre, au moyen d’un appareil de leur invention.
- Le jury accorde à ces exposants une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. HUGUENIN et DUCOMMUN, à Mulhouse ( Haut-Rhin).
- MM. Huguenin et Ducommun reçurent, en 1839, une médaille de bronze. Cette année ils
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- ont exposé une machine à imprimer les étoffes. Cette machine imprime quatre couleurs simultanément; elle est d’une composition des plus ingénieuses : le cylindre de pression qui sert à comprimer l’étoffe contre les cylihdres gravés, tourne invariablement sur ses4 tourillons, et conserve ’sa position au centre de la machine ; les cylindres gravés, au contraire, se rapprochent à volonté du cylindre de pression au moyen d’une détente ; et lorsque l’impression est terminée, la même détente sert à les éloigner : des vis de rappel bien entendues et munies d’aiguilles, indiquent sur des cadrans la marche que doit suivre chaque cylindre pour que les diverses couleurs coïncident entre elles. Ces vis peuvent être mises en mouvement sans qu’il soit nécessaire d’arrêter la machine, ce qui permet d’effectuer les rectifications avec précision et sans perte de temps.
- Les engrenages qui servent à communiquer le mouvement aux cylindres sont d’une exactitude remarquable, sans laquelle les dessins imprimés seraient déformés et diffus.
- Cette machine présente des combinaisons très-ingénieuses , elle fait honneur à MM. Huguenin et Ducommun.
- Le jury leur accorde une médaille d’argent.
- MEDAILLES DE BRONZE.
- M. KRAFFT, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, 82.
- En 1839, le jury accorda une mention hono-
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- râble à M. Krafft pour les cylindres gravés qu’il avait exposés. Cette année ,>cet artiste en a présenté dont la. gravure est d’une grande pureté.
- Çes cylindres nous ont, paru mériter de nouveaux encouragements.
- Le jury, accorde une médaille de bronze à M. Krafft.' .
- MM. BONAFOÜX et GAILLARD-SAINT-ANGE , à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis', 120.
- MM. -Bon a fou x et Gàillard-Saint-Ange ont exposé des cylindres pour imprimer les étoffes, dont le travail nous a paru d’une beauté remarquable, les dessins d’un goût très-recherché, et la gravure faite avec un soin et une délicatesse vraiment dignes d’éloges.
- Le jury accorde à ces graveurs une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. ÉLIE, à Saint-Denis (.Seine).
- M. Élie a présenté une planche , très-bien faite, pour imprimer les foulards à la main, dont le dessin principal se compose de la réunion de plusieurs petits dessins élémentaires, clichés par un nouveau procédé.
- Le jury accorde à M. Élie une mention honorable.
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- § 2. CARDES. PEIGNES, ETC. FOULAGE DES DRAPS.
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- M. Griolet , rapporteur.
- Cardes, Peignes, etc. "
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MM. SCRIYE frères , à Lille (Nord).
- Ces,exposants présentent une variété de plaques et rubans à carde pour laine, cotomet étoupes, boutés sur cuir et sur tissu imperméable., Tous ces produits attestent une grande habileté dans la fabrication, et l’on voit avec plaisir que MM. Serive frères tiennent à soutenir et augmenter la bonne réputation et les bons exemples qui leur ont été légués avec la fabrique qu’ils exploitent.
- M. Ant. Serive, père des exposants, avait fondé en 1802 , de concert avec son frère, l’établissement qu’il a cédé depuis 1889 à ses trois fils aînés, Désiré, Jules et Henry, après les avoir eus pour collaborateurs et associés depuis 1835.
- Le jury, appréciant tous les efforts de MM.sScrive frères, pour perfectionner.leur établissement, déjà le plus important de France et, d’après* leur dire, de l’Angleterre; pour l’augmenter encore d’un atelier consacré à la fabrication des plaques et rubans de cardes en. tissu imperméable remplaçant le cuir, portant ainsi le nombre de leurs machines à bouter à cent-vingt-cinq, se plaît à rappeler la médaille d’or, qui avait été rappelée, en -1889, alors qu’ils étaient associés dans cette manufacture.
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- M. HAGHE-BOURGOIS (Jacques-Benjamin), à Louviers (Eure),
- Possède rétablissement le plus ancien de France pour la fabrique des plaques et rubans de cardes; il fut fondé en 1778,, et M. Bourgois lui avait déjà donné une si bonne direction qu’il obtint des encouragements de Louis XVI en 1786.
- Son successeur, M. Hache Bourgois, a suivi les traces du fondateur, et depuis l’exposition de 1806, il a successivement obtenu toute la série des récompenses jusqu’à la décoration, qu’il reçut en i83g.
- Les plaques et les rubans présentés à l’exposition témoignent de la bonté des produits de cette fabrique.
- Le jury de 1844 se fait un plaisir de lui rappeler de nouveau la médaille d’or.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. MIROUDE, à Rouen ( Seine-Inférieure),
- A joint à sa fabrication de plaques et rubans de carde pour laine et coton, celle des cardes de lin et de chanvre qu’il produit au moyen de machines mécaniques de son invention.
- Jusqu’à présent la confection de ces plaques et rubans avait lieu en coupant le fil de fer à une longueur déterminée, faisant passer la pointe sur une meule (cequi a le grave inconvénient d’échauffer lé fil de fer, et, par suite, cle diminuer sa dureté), le ployant ensuite sur un étau, boutant enfin chaquè fil un à un dans le cuir percé à l’avance.
- Tous ces travaux exécutés séparément ne permettent pas de régularité dans la confection.
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- La machine de M. Miroude prend le fil de fer, le plie en crochet, forme les pointes qui sont boutées mécaniquement comme les plaques et rubans ordinaires.
- M. Miroude est le seul encore , tant en France qu’à l’étranger, qui possède ce procédé, et donne, à ses produits une grande perfection que le jury a su apprécier.
- Ce'fabricant a prouvé depuis plusieurs années, que ses cardes à étoupes surpassent, par la parfaite régularité de la dent et la façon particulière de la pointe , les produits analogues des meilleurs fabricants anglais.
- Le jury de i83g, appréciant les efforts et les progrès de M. Miroude, pour le perfectionnement de ses cardes en tout genre, dont il exportait déjà une grande quantité, lui donna la médaillé d’argent ; depuis cette époque, cet exposant a perfectionné et augmenté sa production. Le jury a remarqué que ses plaques et rubans, soit sur cuir, soit sur étoile imperméable, étaient d’une confection bien régulière, et désirant récompenser les constants et heureux efforts de cet habile et intelligent manufacturier, dont l’établissement compte actuellement 75 machines à bouter, lui décerne la médaille d’or.
- Y
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. J. PER0T et A. POITTEVIN, à Liancourt ( Oise ),
- Ont succédé à M. le duc de la Rochefoucauld-
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- Liancourt, qui , dès 1835, avait donné la direction de sa fabrique de cardes à M.éPerot, ainsi qu’un intérêt dans les affaires.
- Les divers échantillons de cardes envoyés à l’exposition , par MM. Perot et Poittevin,, sont d’une très-bonne confection et méritent les .éloges du
- j«ry-
- Cet établissement a obtenu en i83g le rappel de la médaille d’argent, qui lui avait été décernée^en i834, comme continuateurs de cette bonne fabrication à laquelle avaient coopéré, comme intéressés, ces exposants. Le jury se plaît â leur rappeler la médaille d’argent.
- M. MALMAZET aîné, à Lille (Nord), /
- Expose une grande variété de rubans et plaques de cardes pourcoLon, laine, déchets de laine et étoupes. Tous ces produits sont bien confectionnés, aussi sont-ils bien estimés dans le commerce.
- M. Malmazeta obtenu en 1834.1a médaille d’argent, qui lui a été rappelée en 180g. Le jury de 1844 se à lui en faire un nouveau rappel.
- > MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. FUM1ÈRE (Victor), à Rouen (Seine-Inférieure).
- Le jury de i83g, appréciant la fabrication bien entendue et bien dirigée de. M. Fumière, lui.décerna la médaille de bronze.
- Depuis cette époque, cet exposant, par des efforts qui lui ont ,valu un grand succès dans
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- le commerce., a beaucoup augmenté son établissement, danslequel, fonctionnent, actuellement 96 machines 1» bouter mues par la vapeur. Une seule fabrique en ce genre est plus importante.
- Les, produits exposés sont .des plaques et rubans de cardes sur cuir et sur tissu imperméable, et tous d’une grande perfection.
- Pour récompenser les travaux et la bonne-qualité des produits de M. Fumière, le jury lui. décerne la médaille d’argent.
- MEDAILLES DE BRONZE.
- M. SEHET, à Sonbès (Hérault),
- À formé sa fabrique de plaques et, rubans, de cardes dans une localité où l'industrie mécanique n’avait pas encore pénétré, et a eu par conséquent à dresser lui-même tous les ouvriers qu’il occupe.
- Les cardes et les rubans envoyés à l’exposition sont d’une très-bonne confection et le commerce les accueille favorablement. Cet établissement renferme 35 machines.
- Pour récom penser les succès obten us et 1 e sou tenir dans la bonne voie qu’il suit, le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. FOUGHER (Romain-Augustin)., ii Rouen
- I :
- (Seine-Inférieure),
- Présente des rubans de cardes à étoupes de lin des divers numéros, dont la bonne confection est estimée par les consommateurs.;
- M. Fouclier a un,e dizaineide machines pour cette
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- fabrication, en outre 32 machines à bouter des plaques ou rubans de cardes pour laine ou coton.
- Les efforts de cet exposant pour perfectionner les rubans à étoupes de chanvre ou lin, ont paru au jury bien mériter la médaille de bronze qu’il lui décerne.
- M. DESPLANQUES jeune, à Lisy-sur-Ourcq (Seine-et-Marne),
- A exposé plusieurs machines destinées à laver la laine par divers procédés.
- i° Le modèle d’une machine à mouvement alternatif pour le lavage des laines cassées, propres à la fabrication des draps;
- 2° Une machine à laver la laine en conservant la toison entière, ce qui la rend plus propre à l’emploi du peignage.
- Cette dernière machine est susceptible de rendre des services dans les contrées où le lavage à dos ne peut s’opérer par divers motifs, et où l’on produit des laines bonnes au peigne. Son action conservant les brins de laine tels qu'ils existaient sur la bête en enlevant la majeure partie du suint, et ne laissant qu’une faible quantité qui est utile pour le dégraissage final , permet de conserver les toisons pendant longtemps, sans avoir à craindre la détérioration de la laine , comme cela a lieu lorsque tout le suint et les saletés restent dans la toison. Le lavage des toisons par ce procédé en permet l’expédition lointaine sans danger, et avec grande économie dans les prix de transport.
- Les différents mqyens imaginés par cet actif et
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- intelligent industriel pour arriver h suppléer au lavage à dos des bêtes à laine par son lavage mécanique, méritent les éloges du jury, qui, pour récompenser ses efforts et les succès obtenus, lui décerne la médaille de bronze. , \
- M. HARDING-COCKER, à Lille et à Tourcoing (Nord),
- A exposé une grande variété de produits destinés au peignage et à la filature de la laine, du lin, du chanvre et des étoupes.
- Ses peignes à peigner la laine h la main sont les plus perfectionnés que l’on fabrique en France.
- Ses hérissons, avec pointes sur cuivre percé dans toutes les dimensions qu’il présente, sont d’une grande solidité et appropriés aux préparations du filage du lin, du chanvre et de la laine.
- Les broches pour confectionner les peignes sont très-bien établies.
- Cet habile et actif manufacturier est un de ceux dont les produits peuvent rivaliser pour la perfection avec les mécanismes que l’on tire d’Angleterre.
- M. Harding-Cocker avait obtenu en 1839 la mention honorable.
- Pour récompenser ses progrès, le jury lui décerne la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. LAGOGUÉE, à Maromme (Seine-Inférieure),
- Présente à l’exposition un batteur étaleur qui
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- réunit toutes les améliorations connues dans les machines de ce genre. >
- Ce. batteur étaleùr est d’ailleursd’umprixmoderé. Le jury accorde la mention honorable à' M. Lago-guée. •
- M. PAUILHAC , à Montaubàn ( Tarn-et-Ga-ronne),
- Présente à l’exposition une machine à tondre les draps, d’un système pour lequel il a pris un brevet et qui a l’avantage de ne pas faire de coupure lorsque quelque pli se présente sous ses lames.
- Il obtient ce résultat au raoj en d’une tringle maintenue sur des ressorts, qui s’applique contre la lame fixe de la tondeuse et qui s’abaisse si quelque épaisseur accompagne ou se forme dans l’étoile, lors de son passage pour être tondue.
- Cette machine, nouvellement inventée, a été acceptée par quelques fabricants de draps qui donnent de très-bons témoignages de son travail.
- Le jury engage MV Pauilhac à perfectionner encore sa machine, qui est appelée à rendre de grands services à l’industrie, dès qu’elle remplira bien les avantages qu’elle semble promettre : il accorde la mention honorable à son auteur.
- CITATIONS FAVORABLES. ^
- M. DYONNEX, à Crest (Drôme),
- Confectionne è la mécanique les plaques de car-
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- des pour travailler les déchets dersoie ; ces - cardes sont plus solides,et.à,«meilleur marché, que celles faites à la piain. . ^
- M. ESPIN ASSE, à Toulouse (Haute-Garonne).
- Le ruban de carde envoyé par cet exposant est le produit de sa fabrique nouvellement montée.
- M. LESAGE, à Paris,, rue Ménilmontant, 10.
- Ses plaques à dents,à former les peignes de cardes pour travailler la laine, sont bien confectionnées.
- M. DURÀNTON, à Aubusson ( Creuse).
- Cet intelligent maître serrurier a exposé unvarlet d’une construction déjà connue.
- Son régulateur pour obliger le fileur ,d’un bely. à ne pas tronquer son aiguillée,,a été mis en activité dans plusieurs filaturesd’Aubusson qui s’en trouvent bien. Son prix de i5 francs le met à la portée de tous les filateurs.
- Foulage des Draps.
- Considérations générales.
- T
- La machine à cylindres pour le foulage des draps a pris naissance èn Angleterre il y a douze ans, et fut connue en France par la. publication qu’en fit, le 13 août 1833, The London journal of arts and sciences. Son inventeur, M. Dayer, ne
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- put parvenir à la faire accepter par les fabricants anglais à cause des imperfections qu’elle présentait. En 1886, MM. John Hall ; Powel et Scott importèrent cette machine en France en y faisant quelques améliorations que le jury de 1839 eut soin de constater. •
- La machine anglaise à fouler fut tellement perfectionnée en France , que des fabricants de draps de Leeds se sont trouvés dans la nécessité de s’adresser aux constructeurs français, pour obtenir l’invention anglaise graduellement améliorée et donnant, enfin, de très-beaux résultats.
- Les avantages de. ce système de foulage ayant été indiqués dans l’exposé qui précède les rapports sur la draperie, présentés par M. Legentil, nous ne les rappellerons pas ici.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. LACROIX fils, à Rouen (Seine-Inférieure),
- Expose une machine rotative à fouler les draps, établie sur le principe de celle inventée en Angleterre par M.Dayer, qui n’ayait pu parvenir à la faire accepter par les fabricants anglais, à cause de ses imperfections.
- MM. Valéry et Lacroix sont parvenus à faire des changements si heureux à cette machine, qu’ils
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- l’ont rendue d’un emploi usuel et économique, de telle Façon, qu’en moins de quatre ans, ils ont pu placer, tant en France qu’à l’étranger, plus de deux cents de ces machines au nombre desquelles se trouvent les cinq envoyées à Leeds pour le grand établissement de MM. Goth and Son, et celui de MM. Williams, tous deux fabricants de draps.
- Le jury , pour récompenser les efforts et les succès qui ont rendu un aussi grand service à l’industrie drapière, décerne la médaille d’argent à M. Lacroix fils.
- MM. BENOIT frères, à Montpellier (Hérault).
- Leur foulon à pression modérable a de plus qu celui de M. Lacroix, deux galets qui frappent ait; ~ nativement l’étoffe à sa sortie des cylindres, en passant sur une table que l’on règle plus ou moins haut à volonté.
- Ce système de percussion paraît convenir pour le foulage de certains objets de draperie.
- MM. Benoit ont vendu assez grand nombre de leurs machines à fouler pour l’étranger, et particulièrement pour les fabriques de draps du bey de Tunis. Depuis trois ans, ils ont établi cent cinquante machines.
- Les perfectionnements dus à leurs persévérants efforts pour améliorer leur foulon, ainsi que le développement donné à son placement en France et à l’étranger, les rend dignes d’être récompensés par la médaille d’argent que le jury leur décerne.
- H
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. MALTE AU (Auguste), à Elbeuf (Seine-Inférieure ),
- Expose : 1 ° une machine rotative h fouler les draps ;
- 2° Une laveuse de laine pour draperie.
- Sa machine à fouler les draps estd’une très-bonne construction et présente, pour le travail, autant d’avantages que les meilleures en ce genre.
- S’occupant, depuis moins de temps, de la construction des machines à fouler, il n’en a livré encore que soixante environ aux fabricants de draps.
- Sa machine à laver la laine est d’une disposition bien entendue : elle imite le travail manuel.
- M. Malteau annonce qu’elle peut laver i5,ooo kilogrammes de laine en douze heures de travail.
- Cette machine, d’une construction récente, a été inventée par M. Nion, ingénieur.
- En attendant que l’expérience vienne sanctionner les bons résultats qu’elle paraît promettre, le jury appréciant l’ensemble des constructions de M. Malteau, lui décerne la médaille de bronze.
- MM. JOHN HALL, POWEL et SCOTT, à Rouen ( Seine-Inférieure),
- Avaient obtenu, à l’exposition de i83g, la mention honorable pour les perfectionnements apportés à leur machine à fouler qu’ils avaient récemment importée d’Angleterre.
- Us ont fait depuis cette époque , à leur machine, des modifications très-notables qui suppriment
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- les avaries qu’occasionnait leur ancien système pendant le foulage.
- Ces perfectionnements et le succès obtenu par ces machines k fouler qu’on s’accorde à préférer à l’ancien système de foulons à maillet et dont ils ont été les importateurs en France, rendent ces exposants dignes d’une récompense plus élevée; le jury leur décerne la médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. JUSTIN-ANDRÉ, à Lodève (Hérault).
- La machine rotative à fouler les draps de M. Justin-André diffère essentiellement des autres systèmes.
- Cet exposant a voulu, par ses cylindres, réunir les avantages du système ancien avec le nouveau; il a imaginé deux cylindres à faces prismatiques entre lesquels passe l’étoffe pour se fouler, de façon que le frottement et le choc se trouvent utilisés.
- La simplicité de cette machine permet de l’établir à bien meilleur marché que les autres systèmes exposés. Un certain nombre de fabricants de ataps déclarent qu’ils en tout très-satisfaits, que le foulage a lieu plus promptement et donne un meilleur feutrage que celui obtenu avec les cylindres desauties systèmes.
- L’invention de M. Justin-André étant toute récente, et les succès obtenus n’étant constatés que par ün petit nombre de fabricants, le jury ne peut
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- que faire des vœux pour la réalisation des résultats annoncés; néanmoins pour récompenser M. Justin-André, et dans l’espoir qu’à la prochaine exposition son invention aura reçu la sanction de l’expérience, le jury lui accorde la mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- Le jury cite favorablement :
- M. DEWÀRET, à Paris, rue Saint-Amboise-Po-pincourt, 3 bis,
- Pour sa machine à dégraisser les étoffes de laine, en les faisant passer plusieurs fois sous les cylindres après avoir trempé clans le bain.
- Sa machine à dérouler et battre les étoffes est ingénieuse.
- I 3. MÉTIERS A TISSER, BATTANTS BROCHEURS’, OURDISSOIR, LISAGE, MÉTIERS A BRODER , MÉTIERS A TRICOTS CIRCULAIRES, MÉTIERS A DÉVIDER LA SOIE.
- M. Théodore Olivier, rapporteur.
- Considérations générales.
- En 18AA plusieurs idées nouvelles, relatives aux métiers à tisser les étoffes, ont été soumises à l’examen du jury.
- On remarque d’abord le métier (mû méca-
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- nique ment ) construit ..par M. Henry Debergue, et destiné au tissage des toiles.de chanvre ou de lin. Ce métier, tout nouveau, se distingue par un battant qui donne deux coups sur la duite ; le premier coup est donné à pas ouvert, le second coup se frappe à pas croisé.
- La maison Debergue est la première qui se soit occupée, en France, du tissage mécanique de la toile ; ses premiers essais, qui furent couronnés de succès, eurent lieu à Yoiron, en 1827, par M. Debergue père ; depuis cette époque, le tissage de la toile par les machines a pris entre les mains de M. Debergue (Henry) un grand développement. En ce moment, 100 métiers de son invention fonctionnent à Lisieux , sans parler des tissages montés .à Nantes, et qui emploient des métiers mécaniques construits et montés par cet habile constructeur.
- On remarque ensuite' les châles doubles de MM. Boas frères et ceux de MM, Barbé-Proyart et Bosquet.
- L’idée du châle double n’est pas nouvelle si on la considère sous un certain point de vue, puisque ce tissu n’est autre que celui qu’avait fabriqué Ternaux, et qui-est connu sous le nom de châle sans envers.
- Mais sous un autre point de vue, le châle double est un produit industriel nouveau. Ternaux
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- il’avait songé qu’à faire une étoffe sans envers, M. Boas a pensé que l’on pouvait scier l’étoffe en deux et obtenir ainsi deux châles simples.
- Il est évident que la fabrication du châle sans envers, et qui doit rester tel qu’il est après son exécution, 11e peut convenir à un châle double qui doit être divisé en deux châles, après avoir été terminé sur le métier destiné à le tisser.
- De là, des modifications indispensables à apporter au montage du métier et à la disposition des dessins ; et surtout., de là, la nécessité d’inventer une machine qui puisse facilement et sans danger pour l’étoffe, séparer le châle double en deux châles simples.
- On voit donc que la fabrication du tissu et la machine à diviser ce tissu, ont entre elles une corrélation inévitable ; de sorte que telle machine , en vertu du principe mécanique sur lequel repose sa construction, ne pourra séparer convenablement le tissu double, qu’autant que le fil de trame qui forme le broché sera allongé dans sa course ; et telle autre machine , au contraire, pourra séparer avec facilité et sans danger pour l’étoffe, un tissu plus serré et dans lequel les fils brocheurs seraient par conséquent presque verticaux par rapport à la nappe horizontale que forment les fils des deux chaînes. On conçoit, dès lors, très-facilement, que suivant le principe
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- qui aura servi à la construction de la machine à séparer le châle double, on devra,,forcément, varier le mode de tissage et par conséquent la mise en carte et le montage du métier.
- Deux concurrents sont en présence à l’exposition de 18ÛA : d’un côté MM. Boas frères et de l’autre MM. Barbé-Proyart et Bosquet.
- D’après la date des brevets, l’idée première appartient à MM. Boas frères.
- MM. Barbé-Proyart et Bosquet sont venus quelques mois après, mais avec des procédés différents de fabrication.
- La machine, à séparer le châle double, inventée par MM. Boas, est sur un principe tout différent de celui sur lequel repose la machine construite par MM. Barbé-Proyart et Bosquet. La machine de MM. Boas n’est point exposée, mais plusieurs membres du jury qui l’ont vue travailler chez l’inventeur, semblent disposés à lui donner la préférence.
- Sans aucun doute elle sépare facilement, sans danger et rapidement, une étoffe double et assez serrée ; mais l’on penche aussi par contre à regarder le métier de MM. Barbé-Proyart et Bosquet comme plus simple , puisqu’il n’emploie qu’un seul jeu de cartons pour fabriquer une étoffe double, tandis que MM. Boas emploien
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- sur leur métier deux Jacquardes séparées, et, par suite, deux jeux de cartons.
- Si l’on réunissait le métier de MM. Barbé-Proyart et Bosquet, à la machine à séparer de MM. Boas, on pourrait peut-être obtenir des produits que MM. Barbé-Proyart et Bosquet hésitent encore à faire , parce que leur machine à séparer ne peut être employée sans crainte pour rétoffe et sans crainte de débrochage, qu’autant que le dessin satisfait à certaines conditions impérieuses.
- Au reste, le temps seul nous apprendra tout le parti que la fabrique doit tirer de cette invention nouvelle, et amènera sans aucun doute des améliorations utiles et aux machines'et aux métiers des deux habiles fabricants qui exposent en 1844 des produits très-dignes de l’attention du jury (i).
- On remarque ensuite le métier inventé par M. Pascal, et dans lequel il substitue une toile
- (1) MM'. Barbé-Proyart et Bosquet ont exposé leur métier à tisser et la machine à refendre les châles doubles, ainsi que les châles doubles et qui séparés ensuite, sont les produits de ces machines.
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- MM. Boas frères n’ont exposé que leurs châles doublés et refendus ; c'est sur le rapport de la commission des tissus que le jury a décerné â chacun dô ces fabricants une médaille d’argent.
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- métallique aux nombreux cartons employés habituellement.
- Depuis longtemps on a songé à remplacer les cartons qui sont très-encombrants dans les ateliers par autre.chose plus commode ; ainsi, il n’y a pas longtemps qu’on a voulu employer une feuille de papier : cette tentative n’a pas eu de succès, l’auteur l’a peut-être abandonnée trop promptement. Nous croyons cependant devoir rappeler à ceux qui cherchent à remplacer les cartons, qu’ils doivent sans cesse avoir présent à l’esprit que la fabrique des tissus se trouve si bien de l’emploi des cartons, puisqu’elle peut tout oser avec eux, et puisqu’il n’y a pas de dessin, quelle que soit la réduction, qu’elle ne puisse parvenir, avec leur emploi, à exécuter sur les étoffes, qu’elle ne les abandonnera que pour des moyens dont l’efficacité aura été constatée par une longue expérience.
- L’invention de M. Pascal est très-ingénieuse et a été examinée avec le plus grand soin ; mais comme elle n’a encore été appliquée qu’à de petits dessins, on doit attendre, pour se prononcer, que cette idée nouvelle ait reçu la sanction du temps et de l’expérience. Ce n’est que depuis quelques mois que M. Pascal a réalisé son idée ; il en est encore aux essais.
- Viennent ensuite le battant brocheur de M. Du-
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- bos, de Paris, et celui de M. Richard, de Lyon.
- Le battant de M. Dubos est un battant brocheur au lancé. Au moyen de ce battant, le tisserand n’a plus besoin, il est vrai, de l’aide qui porte le nom de lanceur, et qui, ordinairement, est un enfant chargé de renvoyer les navettes dans l’ordre où il les a reçues ; mais si quelques-uns des fils de la chaîne viennent à se casser, il faut alors qu’il se dérange pour aller les renouer, et c’est ce que fait l’aide lanceur en même temps qu’il est employé au renvoi des navettes.
- 11 existe déjà un battant brocheur de ce genre qui est très-peu employé et qui est cependant supérieur à celui de M. Dubos, puisque , parmi toutes les navettes, celle portant la couleur voulue vient, au moyen d’un mécanisme particulier que fait fonctionner la Jacquart elle-même, se présenter sous la main du tisserand , en sorte que cette navette se présente au moment exigé par le dessin ; tandis que, dans le battant imaginé par M. Dubos, c’est le tisserand qui fait mouvoir les boîtes qui, mobiles sur tourillons, portent les navettes brocheuses, et il les fait mouvoir à sa volonté et indépendamment du jeu des cartons.
- L’ouvrier fera probablement moins d’étolfe, par jour, avec ce battant qu’avec les battants ordi-
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- naires; on ne peut croire qu’il puisse y avoir économie à l’employer, l’expérience en décidera. Ce battant n’a encore été employé que par l’inventeur , et cela depuis peu de temps.
- Le battant de M. Richard est destiné au brochage par espoulinage. Ce battant pourrait brocher par douze lais ou couleurs différentes, mais les espolins (ou navettes) y fonctionnent mal. Ce métier n’est pas arrivé à l’état de perfection où son auteur peut l’amener. M. Richard doit surtout s’efforcer de le rendre moins lourd à manœuvrer. Il y a là cependant une bonne idée, car on ne connaît que le battant de MM. Godemard et Meynier, et qui ne porte que cinq couleurs ; mais M. Richard doit retravailler son invention, et la soumettre à une assez longue expérience ; il n’y a qu’une longue pratique qui puisse donner raison à une invention nouvelle.
- Que d’inventions qui, au premier abord, séduisent l’esprit, qui paraissent être vraiment conformes à toutes les règles de la théorie, et qui viennent ensuite échouer à l’application, et cela parce que mille petits riens auxquels on n’avait pas songé, se hâtent d’accumuler embarras sur embarras, et très-certainement c’est bien dans le travail de la soie que l’on peut dire avec raison que le, mieux est souvent l’ennemi du bien.
- Le métier circulaire à faire des tricots a reçu
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- uoe modification heureuse dans l’un de ses organes les plus importants; la roue mailleuse a été perfectionnée d’une manière remarquable par M. Jacquin, de Troyes,qui, depuis longtemps, est regardé comme le plus habile constructeur de ces sortes de métiers.
- M. Aubry a exposé un métier à broder au crochet. Ce métier mécanique n’a pu être de la part du jury l’objet d’un rapport, puisqu’il n’est employé dans aucun atelier, et que d’ailleurs l’auteur en est encore aux essais. À la prochaine exposition , on sera sans dou te à même d’en apr-précier les produits.
- Parmi les métiers à broder à l’aiguille, on a remarqué tout d’abord celui de M. Rouget-Delisle et ensuite celui de mademoiselle Chanson, qui est bien exécuté et qui se distingue par quelques
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- améliorations heureuses; la récompense que mérite mademoiselle Chanson sera décernée par la commission chargée de l’examen des tapisseries à l’aiguille.
- RAPPEL DE MEDAILLE D’ARGENT.
- M. DEBERGUE (Henri), à Paris, rue Neuve-Saint-Nicolas, 32.
- Le père de M. Henri Debergue est le premier qui ait établi, en France, un tissage mécanique
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- pour toiles de lin et de chanvre; il éleva sa première fabrique à Yoiron, en 1827.
- Depuis, cette fabrique a été transportée à Lisieux. M. Henri Debergue a perfectionné les métieis dont le battant ne donnait qu’un coup sur la duite, et aujourd’hui il soumet à l’examen du jury son nouveau métier dont le battant donne deux coups sur la duite; le premier coup est donné à pas ouvert, le second coup se frappe à pas croisé. Le mécanisme qui fait frapper au battant deux coups de chasse est très-simple, (rès-solide et d’une grande douceur. Une came double, placée à chacune des extrémités de l’arbre et faisant mouvoir deux galets fixés à l’épée de chasse, compose tout le mécanisme. Il a de plus appliqué à son métier un frein qui retient la chaîne par derrière; la substitution du frein aux cordes chargées de poids, a l’avantage de régler avec précision la force du tissu.
- Cent métiers fonctionnent h Lisieux, et deux établissements où l’on fabrique des toiles à voile et qui sont établis, l’un è Nantes et l’autre aux environs de cette même ville, emploient les métiers de M. Debergue.
- M. Henri Debergue a obtenu, en i834, la médaille d’argent et le rappel lui en a été accordé en 1839. Le Jury récompense en 1844 les travaux de M. Debergue par un nouveau rappel de la médaille d’argent de j 834-
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- NOUVELLES MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. DESHAYS, à Paris, rue Bleue, 2.
- M. Deshays a exposé une machine à faire des bourses et des mitaines. Cette machine, dont la première idée appartient à M. Pecqueur, avait déjà été remarquée à l’exposition de i83q à cause des perfectionnements qu’y avait apportés M. Deshays, qui fut alors récompensé par une médaille d’argent.
- . 0 Depuis cette époque, M. Deshays a encore perfectionné son métier. Celui de i83q ne faisait que trois points différents, celui de 1844 fait cinq points de nature diverse, et travaille ri volonté avec deux fils de la meme couleur ou deux fils de couleur differente; de plus il peut exécuter une pièce de forme triangulaire, ce qui permet de fabriquer des mitaines. Le corps de la mitaine s’exécute à part comme les bourses fendues, et le pouce se fait aussi à part; le pouce est une pièce triangulaire terminée par un tricot cylindrique, dont les mailles sont ensuite réunies, à l’aiguille, au corps de mitaine.
- M. Deshays a encore exposé une petite machine à refendre les roues en hélices. Cette machine qui est très-ingénieusement conçue et fort bien exécutée peut refendre sous toute inclinaison voulue et quel que soit le nombre de dents demandé.
- Le jury décerne à M. Deshays une nouvelle médaille d’argent comme récompense bien méritée par l’ensemble de ses travaux.
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- MM. DIOUDONNAT et HAUTIN, à Paris, rue Saint-Maur, 12.
- M. Dioudonnat a reçu, en 183g, une médaille d’argent poursa fabrique, où il exécutait des métiers Jacquart et tout ce qui s’y rattache. Depuis cette époque, réuni à M. Hautm, leurs ateliers ont pris plus de développement. Tout s’y fait par des machines-outils, mises en mouvement par une machine à vapeur de la force de six chevaux. Ces exposants emploient environ ioo ouvriers, ils ontexpos^ un grand lisage d’une construction nouvelle, un métier h barre pour la fabrication des rubans et un petit lisage à clavier.
- Tons les métiers qui sortent de leurs ateliers sont construits avec soin et sont bien étudiés dans leurs détails.
- Le jury décerne h MM. Dioudonnat et Hautin une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. JACQUIN, à Troyes (Aube).
- M. Jacquin est le premier qui ait construit à Troyes des métiers circulaires pour fabriquer des bonnets de coton. Il a adapté'à son métier les roues à presser qui, découpées sur leur circonférence, permettent de faire des dessins variés dans le tricot; ces roues à presser sont de l’invention de M. An-drieux qui en a pris le brevet en 1821.
- Dans ces derniers temps, M. Jacquin a changé la construction de la roue maüleuse ; son per-
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- fectionnement obvie à la casse fréquente des aiguilles et permet d’employer des (ils très-fins. Cette invention est très-importante".
- Le jury décerne à M. Jacquin une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. BUFFARD aîné, à Lyon (Rhône).
- M. Bufiard a soumis à l’examen du jury un nouveau système d’ourdissage et de pliage pour la soie. L’invention de M. BufFard a été appréciée par les hommes du métier, seuls juges réellement compétents lorsqu’il s’agit du travail de la soie.
- Le jury décerne à M. BufFard une médaille de Bronze.
- M. PASCAL, à Paris, rue Popincourt, 69.
- M. Pascal a exposé un nouveau métier, dans lequel il substitue aux anciens cartons une toile métallique, qu’il recouvre d’un mastic et qu’il perce ensuite par le procédé du lisage.
- Quelque ingénieux que soit ce nouveau système, et quoique la mécanique, sur un seul rang d’aiguilles, paraisse remplir toutes les conditions exigées pour une bonne fabrication, en doit attendre qu’une plus longue expérience fasse ressortir les avantages de ces nouvelles idées.
- Mais comme M. Pascal ne pouvait se procurer, dans le commerce, des toiles métalliques parfaitement planes et dont le tissu fût bien régulier, il a imaginé une machine pour fabriquer lui-même ses
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- toiles métalliques. Ce métier est bien conçu, il porte un mécanisme ingénieux et sûr, au moyen duquel on peut tendre plus ou moins et indépendamment l’une de l’autre les lisières du tissu métallique.
- Le j ury récompense, par une médaille de bronze, les efforts de M. Pascal, et surtout la construction de son métier à fabriquer les toiles métalliques.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. PlULY, à Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Pauly a construit des métiers, destinés à être mus par un moteur mécanique et pour lesquels il a adopté le système autrefois inventé par Paulet, de Nîmes. Ces métiers ne peuvent être employés que pour de très-petits dessins. Ils sont établis convenablement et fonctionnent très-bien.
- Le jury accorde à M. Pauly une mention honorable.
- M. GUIRAUD, à Paris, rue des Trois-Bornes, 16.
- M. Guiraud a exposé un métier à tisser, soit des châles, soit des toiles damassées. Il a supprimé les lisses et les a remplacées par une mécanique à lames mobiles. ;
- Ce système n’est pas entièrement nouveau. Les modifications qu’y a apportées M. Guiraud n’ont pas encore reçu la sanction du temps.
- Le jury accorde à M. Guiraud une mention Honorable.
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- M. FOUCHER, à Paris, rue de la Bûcherie, 18.
- M. Foucher a construit un petit métier pour tresser des chaussons de lisière.
- Son invention est bonne et utile. Son métier fonctionne bien et il est très-simple.
- Le jury accorde à M. Foucher. une mention honorable.
- M. TRANCHAT fils, à Lyon (Rhône).
- M. Tranchât, de Lyon, a exposé un petit lisage à clavier, qui est bien exécuté.
- Il paraît que cet instrument destiné à percer les trous des cartons, avait été inventé à Lyon en 1817 par M. Belly.
- La fabrique n’adopta pas à cette époque cette invention , et elle passa en Allemagne.
- En 1841 M. Tranchât a rapporté cette machine de la Suisse, et M. Dioudonnat, à peu près à la même époque, l’importa de l’Allemagne, où elle était très-employée.
- Maintenantla fabrique a reconnu son utilité pour établir promptement des échantillons sans avoir besoin de recourir à un grand lisage.'
- Le jury accorde à M. Tranchât une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. MARY, à Paris, rue des Trois-Bornes, 13 bis.
- M. Mary a exposé un métier , système Jacquard ordinaire. Ce métier est bien construit. M. Mary
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- est un ancien ouvrier qui commence à travailler pour son compte.
- Le jury accorde à M. Mary une citation favorable.
- M. LANÉRY, à'Paris, rue Ménilmqntant, 61.
- M. Lanéry a aussi exposé un métier système Jacquard ordinaire, qui est bien exécuté. M. Lanéry est un ancien ouvrier qui travaille à son compte.
- Le jury accorde M. Lanéry une citation favorable.
- M. DUBOS père, impasse des Feuillantines, 10,
- A exposé’ un battant brocheur aù lancé dont les navettes sont placées dans des boîtes mobiles.
- Le jury accorde M. Dubos une citation favorable. : \
- * * "• t ' ' '
- Le jury cite,encore favorablement : •
- ». RICHARD', frtybff'(Kh6nç)i
- . v' f. ' * ’ • i ,
- Qui expose ùn battant brocheur pour espoulinage.
- M. JÀUD, a Paris, rue Saint-Denis, 3‘61,
- , > V..:» 4 ; i , ’ . / f .. y . ^ .
- Pour un dévidoir (connu dahs la- fabrique sous
- le nom* de dévidoir à» yable .ronde ) , qui est bien exécuté et auquel il a apporté quelques améliora-
- tions de construction.
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- Machines à dessiner (pour Vexécution des dessins de
- fabrique).
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. ROUGET-DELISLE, à Paris, passagers Petites-Écuries , 15 et 20.
- Parmi les divers objets exposés par M. Rouget-Delisle, on a remarqué une machine destinée à fournir au dessinateur des éléments de dessin et en nombre infini. Cet instrument est un kaléidoscope , auquel on a ajouté une petite chambre noire et une lampe munie d’un réflecteur.
- Les images viennent se peindre sur un verre dépoli , et l’on peut, en appliquant sur ce verre une feuille de papier transparent et quadrillé, décalquer les traits et les couleurs de chacune de ces images, dont on peut varier à l’infini les formes en faisant tourner le corps du kaléidoscope.
- Cet instrument sera utile dans les ateliers de dessin des diverses fabriques de tissus.
- M. Rouget-Delisle a perfectionné le métier pour la tapisserie à l’aiguille; il s’est occupé avec une persévérance digne d’éloge, de tout ce qui regarde ce genre de broderie.
- Le jury récompense les efforts de M. Rouget-Delisle et l’invention utile de sa machine destinée à fournir une variété infinie d’éléments de dessins, en lui accordant le rappel de la médaille de bronze qu’il a obtenue en i83g.
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. GRILLET, à Paris, rue Colbert, 2.
- M. Grillet a inventé une machine à dessiner, au moyen de laquelle on peut copier des dessins à toute échelle. Cette machine se compose d’une chambre noire ; au-dessus du système dioptrique, existe un verre plat sur lequel on place le dessin exécuté sur papier transparent, et qui est éclairé verticalement, et de haut en bas, par une lampe munie d’un réflecteur parabolique.
- Au moyen de crémaillères ingénieusement et solidement établies, on peut changer les relations de hauteur existant entre la lampe, le dessin, la lentille et la table sur laquelle l’image est produite.
- Cet instrument, qui est exécuté avec soin et qui est d’une très-grande précision, est appelé, isans aucun doute, à rendre de grands services aux fa bricants de tissus.
- En ce moment, M. Grillet a déjà vendu 4o ma-' chines au prix de 1000 fr. chacune.
- Le jury décerne à M. Grillet une médaille de bronze.
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- NON-EXPOSANT.
- MÉDAILLE D’OR.
- M, DE GIRARD (le chevalier Philippe), à Paris , rue du Faubourg-Saint*Honoré, 76.
- M. Philippe de Girard présente à l’examen du jury des objets très-divers : une machine à peigner le lin, des bois de fusil exécutés mécaniquement, des instruments de musique et des instruments de
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- météorologie Ces objets seuls seraient suffisants pour donner à M. Philippe de Girard un rang très-distingué parmi les inventeurs les plus ingénieux et les plus dignes de participer aux récompenses nationales. Cependant ils ne représentent que la moindre partie des idées fécondes que l’on doit à son esprit hardi et novateur; à ces titres déjà si recommandables s’en ajoutent d’autres qui le sont à un degré bien plus éminent. M. Philippe de Girard est incontestablement l’homme de notre siècle qui a pris la première et la plus glorieuse part à l’invention de la filature mécanique du lin. Nous n’essayerons pas de faire ici l’histoire de cette grande question, qui eut tant de retentissement en Europe. On en connaît l’origine : on sait que les machines à filer le coton et la laine étaient déjà très-perfectionnées et que le lin se montrait rebelle à toutes les actions mécaniques que l’on avait tentées. Alors,en 18 io,l’empereurNapoléon jeta en quelque sorte un défi aux hommes de génie de toutes les nations,en déclarantquelaFranee donnerait un million à celui qui parviendrait à filer le lin à la mécanique.
- Lejury de 1844 ne se fait pas juge de ce concours extraordinaire, il n’en examine pi les conditions ni les promesses , il recherche moins encore quelle influence les événements politiques ont pu avoir sur les droits des concurrents, mais le problème de là filature dp lin est résçèu ; M- Philippe de Girard a découvert, publié et appliqué les principes fondamentaux de cette solution, c’est un titre de gloire qui lui appartient et qui appartient à son pays. Le jury décerne à M. Philippe de Girard une médaille d’or.
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- SECTION Y.
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- § 1. PRESSES TYPOGRAPHIQUES.
- PRESSES LITHOGRAPHIQUES. PRESSES A TIMBRER.
- M. Amédée-Durand , rapporteur.
- I. Presses typographiques.
- Considérations générales.
- Pour la première fois les machines typographiques figurent à l’exposition d’une manière importante, soit par leur nombre, soit par le mérite qu’elles renferment. Ce résultat n’est point de ceux qui s’obtiennent par le simple cours des choses, par l’entraînement du progrès général des arts mécaniques ; il est réellement dû à des efforts considérables de construction, efforts où l’intelligence a eu la plus grande part. Pour en juger, il suffit de considérer la marche qu’a suivie, l’art typographique en France. A la fin de l’empire, on n’y connaissait d’autre procédé que remploi de là presse à bras, construite en bois,, à l’exception d’une, platine en cuivre qui, par de rares exceptions,, existait chez quelques imprimeurs ; c’est /dans ces»circonstances ;
- vers le commencement de 1815, que le méca-
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- nicien allemand Kœnig employa, pour la pre-
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- mière fois , et à Londres, une machine qui produisait l’impression au moyen de deux cylindres de bois ; cette riiachine, en même temps, distribuait l’encre sur les caractères, par l’emploi de rouleaux composés d’une matière élastique.
- Cette tentative, couronnée de succès, excita l’émulation des mécaniciens anglais. En France on ne resta pas inactif; mais l’initiative était prise, et il fallut en subir les conséquences. Vers 1824, arrivèrent à Paris les premières machines dues à l’industrie anglaise, qui aient fonctionné d’une manière suivie : les mécaniciens Applegate et Cowper en étaient les auteurs.„ Alors la distribution mécanique de l’encre dont l’efficacité fut longtemps contestée, s’introduisit , mais non sans peine, dans l’imprimerie à bras. Dès ce moment, une révolution était opérée dans cette industrie. L’intervention du mécanicien était devenue prépondérante, et cette direction des choses a si bien suivi son cours, qu’aujourd’hui il y a telle impression de journal qui se fait moyennant
- un abonnement avec un constructeur de ma-
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- chines. Ainsi, des anciens éléments d’une imprimerie , l’imprimeur ne fournit plus autre chose que ses formes de caractères et son papier.
- On peut juger des travaux qu’ont réalisés nos constructeurs par ce rapprochement ; la machine
- deux cylindres en bois, de Kœnig, tirait en
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- moyenne 1000 feuilles à l’heure; les machines françaises actuelles en tirent 3,600 avec le môme personnel. Quant au prix d’établissement, voici quelle différence s’est établie : la machine Kœnig coûtait 37,500 fr. ; les machines françaises en coûtent 12,000. Ainsi, la vitesse se quadruplait, tandis que le prix diminuait des deux tiers. Si grand que soit ce résultat, comme il ne s’appliquait qu’à l’impression des journaux, il restait un grand pas à faire, et pendant vingt ans on .a pu douter qu’il fût jamais franchi. Enfin, l’impression des livres a été obtenue, puis encore celle des ouvrages de luxe ; et s’il reste, comme cela ne saurait être douteux, quelques nouveaux progrès à obtenir, on peut, sans présomption , se livrer à la ' confiance de voir prochainement l’impression mécanique dépasser tout ce qui a jamais été fait de mieux à la main: A ce sujet, il doit être remarqué que les conditions ne sont plus les mêmes qu’autrefois, et qu’à mesure que les machines se' perfectionnent, le but semble fuir devant elles, par les nouvelles exigences d’un art auquel on crée de nouveaux besoins. L’intercalation des vignettes dans les textes change entièrement les conditions presque uniformes dans lesquelles se pratiquait l’imprimerie. Ces tailles si délicates et si multipliées des gravures en bois ne sauraient se comparer aux déliés des anciens
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- caractères. C’est un nouveau mode d’encrage à organiser qui convienne à la fois au texte et aux figures, deux choses d’apparence semblables, mais tort différentes au fond.
- En développant les difficultés qui s’offrent aux recherches de nos mécaniciens, il ne faut pas oublier qiie les progrès obtenus dans d’autres industries leur apportent d’utiles secours. Ainsi, le papier . mécanique longtemps rebelle à l’impression, non-seulement la reçoit parfaitement aujourd’hui, mais encore lui offre tous les avantages de son égalité d’épaisseur. Ainsi, la fabrication des caractères a plus d’uniformité ; ainsi des tissus plus perfectionnés fournissent un foulage plus régulier.
- Une grande économie sera obtenue le jour où toutes ces choses seront parfaites, et où la mise en train ne produira pas ces longs chômages pendant lesquels une machine d’un prix élevé reste inactive et le personnel qui la 'dessert peu ou point occupé. Cette circonstance paraît destinée à restreindre pour longtemps l’emploi des machines aux seules impressions qui se tirent à grand nombre. Si la mise en train se réduit, il n’y aura plus de raison pour que tout le travail de l’imprimeur ne soit dévolu aux machines.
- Trois grandes presses à cylindres figuraient à l’exposition ; trois presses à platine et barreau s’y
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- montraient aussi. De ces dernières, deux doivent être citées avec éloge : leur construction les met au niveau des bonnes machines de l’exposition. Dans les grandes machines, deux se trouvent à peu de chose près identiques d’organisation, • et là deux prétentions s’élèvent pour la propriété de l’invention ; mais ces prétentions restent muettes devant le jury qui d’ailleurs n’a pas à s’en occuper. Ces deux machines font honneur à leurs auteurs , mais à des titres inégaux, <et une préférence s’est trouvée nettement indiquée. Ces deux machines appartiennent à deux imprimeries de
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- journaux deDaris ; le nombre des feuilles qu’elles donnent est de 4,000 à l’heure dans leur plus grande vitesse.
- La troisième machine est destinée à l’impression des ouvrages soignés, avec des produits s’élevant à 3,400 feuilles à l’heure. C’est un résultat très-beau, mais dans lequel l’auteur fait, il ne faut pas se le dissimuler, quelques sacrifices à la quantité -, il le peut d’autant plus que sa réputation n’en peut recevoir-d’atteinte ; elle est faite
- , »
- par la construction déjà ancienne des machines qui donnent aujourd’hui l’impression la plus parfaite.
- En résumé, notre fabricàtion des machines typograpliiques est dans un état prospère ; ce qui le prouve, c’est que depuis longtemps nous nous
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- suffisons à nous-mêmes, et que nos exportations couvrent l’Italie, entrent en Sicile, et pénètrent jusqu’à Constantinople. Des imprimeries de Madrid et de Barcelonne sont montées avec nos machines, et cela malgré la concurrence si puissante de l’Allemagne et de l’Angleterre. Ajoutons que ce serait se faire une idée inexacte du mérite réel de nos constructeurs de machines typographiques, que de les juger uniquement d’après ce qu’ils ont exposé. Les besoins de l’imprimerie sont très-variés, et nos mécaniciens n’eussent pu présenter toutes les combinaisons différentes auxquelles ils ont dû se plier. Ces divers travaux, aujourd’hui appréciés par la pratique, répandus dans un grand nombre d’imprimeries, ayant fourni un long temps d’expérience, offriront au jury des appuis accessoires pour baser son jugement.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. GATEAUX, à Paris, rue Traverse-Saint-Germain, 5.
- M. Gaveaux père s’était acquis une grande et juste réputation par l’exécution des meilleures presses à bras en métal qui aient été faites en France. Une médaille d’argent à l’exposition de 1834 avait été la récompense de ses travaux. Aujourd’hui M- Gaveaux fils, succédant à son père, a exposé une presse mécanique destinée à l’impression desjour-
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- naux, et, comme toutes celles de ce genre, tirant trois mille six cents feuilles à l’heure. Cette machine était exécutée pour l’une des imprimeries de Paris, elle a montré que M. Gaveaux fils peut hardiment entrer en lice avec ses habiles concurrents. Outre cette machine, il avait exposé une presse à produire l’impression de cartons en relief pour l’usage des aveugles. Cet appareil, d’origine américaine, a dû être l’objet de quelques modifications qui ont mis en valeur l’intelligence de M. Gaveaux.
- Une petite presse typographique dans les conditions ordinaires de construction ; se faisait également remarquer par sa bonne exécution.
- La maison Gaveaux a fourni beaucoup de presses à l’exportation, et, avant d’en prendre la direction, M. Gaveaux fils avait dès longtemps participé à ses travaux. ' -
- Le jury reconnaît ces mérites en rappelant, en faveur de M. Gaveaux fils, la médaille d’argent qui avait été décernée à son père.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. DUTARTRE, à Paris, avenue de Saxe, 2k.
- La presse d’imprimerie à tirage double exposée par M. Dutartre a été remarquée de tous par son bon aspect, et par la franchise, la pureté de son exécution ; ainsi que par l’entente de ses dispositions générales, elle a satisfait ceux qui l’ont étudiée. Là ne se trouve aucune particularité de détail dont on ne puisse,rendre compte; et partout la rigide exé-
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- cution d’atelier a su s’accommoder aux convenances de la typographie. Cette machine a deux encriers , un à chaque bout de son bâti, et son tirage est double, c’est-à-dire que le cylindre imprime quel que soit le sens dans lequel il tourne. De cette disposition résulte un tirage de quarante feuilles à la minute, mais en même temps un ouvrage moins parfait que quand les deux encriers concourent à garnir une même forme. M. Dutartre a bien compris les difficultés de cette disposition, et il y a opposé des ressources bien entendues qu’il a puisées dans la pratique de ces machines. Par des cylindres auxiliaires, obliques, en sens inverse de ceux ordinairement employés, il produit une répartition de l’encre plus uniforme et mieux assurée.
- De semblables machines se jugent moins par l’analyse de leurs fonctions que par les effets qu’elles produisent.
- C’est dans l’imprimerie, dans l’expérience fournie par les presses de M. Dutartre, prises dans leur ensemble, que doit être apprécié le mérite de ce constructeur. Il n’y a qu’une voix pour déclarer que les plus belles impressions qui aient encore été obtenues mécaniquement sont dues à ses machines. Par leur emploi, des textes entremêlés de gravures sur bois ont reçu une très-belle exécution et sont venus prendre rang parmi les éditions de luxe.
- Il y a cinq ans, M. Dutartre débuta en présentant une presse qui fixa l’attention sur lui, et lui mérita la médaille d’argent. Tout ce quece début avait fait espérer, M. Dutartre l’a réalisé.
- C’est donc avec une vive satisfaction que le jury
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- décide qu’il est digne de recevoir une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. NORMAND , à Paris, rue de Sèvres, 97.
- Il y a six années que M. Normand prit A son compte un atelier de construction de machines à imprimer, dans lequel il avait travaillé comme ouvrier. Quoique cet atelier fût ancien, sa réputation était encore à faire. M. Normand, très-jeune alors, a surmonté heureusement toutes les difficultés d’une pareille position, et il l’a fait avec le seul appui de son intelligence, car celui de la fortune lui avait manqué entièrement. Aujourd’hui ce constructeur se présente à l’exposition d’une manière très-honorable. La machine à imprimer les journaux qu’il y a produite est d’une très-bonne exécution, et elle jusiîfie pleinement l’excellente réputation dont jouit ce constructeur dans la typographie. Les principaux journaux, le Siècle, la Presse, le Constitutionnel, les Débats , et autres, sont munis de ces presses. M. Normand s’est fait une position prépondérante dans ce genre d’impression où la rapidité est le premier mérite. Dans ses machines à impression pour la librairie, il s’est montré également constructeur très-habile, et quatre de ses machines fonctionnent avec distinction dans une des imprimeries qui ont le plus la réputation de se livrer exclusivement aux travaux d’un ordre supérieur.
- Le jury décerne avec satisfaction, à M. Normand, la médaille d’argent.
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- — 240 — MENTION HONORABLE.
- M. DEZAIRS, imprimeur, à Blois (Loir-et-Cher), et M. MIRAULT, mécanicien, à Saint-Aignan (Loir-et-Cher).
- M. Miraulta exposé, conjointement avec M. Eugène Dezairs , imprimeur à Blois, un appareil dit toucheur mécanique, destiné à distribuer l’encre sur les caractères typographiques dans les presses bras. Beaucoup de tentatives ont été faites pour atteindre le même but et sont restées sans succès, bien qu’on n’ait pu attribuer ce résultat à l’absence de bonnes combinaisons mécaniques. Toutefois l’appareil de MM. Dezairs etMirault, bien conçu et convena-* bîement exécuté, offre de nouvelles chances de succès contre des obstacles qui résident surtout dans des habitudes d’atelier, et qu’il serait heureux de voir modifier.
- Par ces considérations, le jury accorde au toucheur mécanique de MM. Dezairs et Mirault une mention honorable.
- II. Presses lithographiques.-
- Considérations générales.
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- Les rapides et étonnants progrès que l’art lithographique a su accomplir dans l’espace de trente années, s’étaient tous développés .jusqu’à ce jour sur le seul terrain qu’avaient embrassé, dès les premiers jours, les prévisions de Guttenberg. Rien de ce qui a été fait depuis n’avait échappé
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- à la pensée active et sage de cet homme dont l’importance grandit chaque jour de l’importance des travaux de chacun de ses continuateurs ; mais un grand et nouveau problème s’est trouvé posé le jour où la presse typographique a conquis une si merveilleuse rapidité par l’invention de la distribution mécanique de son encre.' Dès ce moment, une infériorité évidente frappait l’art li-
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- thographique, quand il s’appliquait à la reproduction de l’écriture tirée à grand nombre. De ce fait à la pensée de substituer l’action mécanique à celle de l’homme, il n’y avait plus de
- J
- distance : les deux idées se confondaient, mais les moyens de les réaliser étaient bien différents. L’encre qu’on applique sur un caractère de métal n’y rencontre aucun corps étranger qui s’interpose; cette encre a un certain degré de fluidité qu’on ne peut donner à celle de. la lithographie ; et quand il s’agit de l’application de celle-ci, ce n’est pas une surface déjà préparée par une précédente application qu’on rencontre, c’est la surface la plus rebelle à toute admission de corps gras qu’il s’agit d’en couvrir. L’intervention inévitable de l’eau dans l’encrage lithographique est une source de difficultés sans nombre et de la nature la plus variable.
- Deux solutions de ce problème épineux se sont produites à l’exposition de 184û. Dans l’une se
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- h.
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- trouve la réalisation d’une de ces conceptions simples, qui viennent à la pensée de tous, mais que peu savent conduire à bonne fin. L’idée d’employer des cylindres de pierre lithographique remplaçant les pierres plates n’est pas nouvelle. Vers 1832, cette combinaison avait été réalisée. A cette époque , comme aujourd’hui, des cylindres encreurs recevaient leur mouvement du cylindre de pierre. Le tout était animé d’une action continue, et les épreuves devaient sortir sans interruption de la presse ainsi organisée. Malgré des résultats encourageants, cet essai n’eut pas de suite ; et ce fait fournit un nouveau motif a,la réserve qui est un devoir dans tout jugement, sur une matière si délicate, tant qu’une longue expérience n’a pas prononcé.
- L’autre solution prend une nouvelle importance de celle qu’a conquise , à de nombreux titres, son auteur qui, d’ailleurs, n’a plus rien à attendre des récompenses nationales qu’il a toutes épuisées. Cette solution- se renferme davantage dans les conditions pratiques de la lithographie , par la conservation des pierres telles qu’elles s’emploient habituellement, et par la reproduction mécanique des opérations manuelles de l’imprimeur lithographe. L’indication de ses remarquables dispositions ne saurait avoir ici sa place, parce qu’elle la trouvera ailleurs
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- en s’y groupant, avec les descriptions,d’autres grandes machines du même ingénieur, qui réalisent depuis longtemps, sous d’autres formes et avec un autre but, l’idée de l’impression mécanique.
- En dehors de ce but de rénovation complète, que se proposent ces grandes entreprises, l’art typographique a encore bien des intérêts de détail à satisfaire. Les constructeurs ont en partie pourvu à ce besoin par la production de presses qui suivent le progrès général des travaux mécaniques , et en outre par l’intervention de petits appareils accessoires qui procurent plus de précision dans le travail, en même temps que plus
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- d’économie. Au milieu de ces différentes améliorations est venue se placer une conception nouvelle qui, généralement, a été considérée comme un perfectionnement. C’est une disposition de l’ancienne presse à pédale qui supprime plusieurs mouvements de l’ouvrier, et rend le travail tout à la fois plus rapide et moins fatigant. Cette presse serait propre à tirer tous les genres de lithographie ; mais l’expérience n’a pu encore justifier les présomptions favorables qu’elle a fait naître. Il n’en est pas de même d’une autre presse, uniquement destinée au tirage de l’écriture, et qui est venue se faire remarquer parmi les inventions qui ont figuré à
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- cette exposition. Organisée en vue de la célérité du tirage, cette presse donne ses épreuves avec une rapidité inconnue avant son emploi. Une longue expérience a prononcé en sa faveur, et des détails sommaires sur son organisation se trouveront dans le compte qui va être rendu des travaux des exposants auxquels le jury a décerné des récompenses.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. THUVIEN, à Paris, place de l’Odéon, h.
- Tout k la fois imprimeur et constructeur, M. Thu-vien a exposé une presse lithographique parfaite-tement appropriée au but qu’il s’est proposé : celui de tirer l’écriture avec la vitesse de cinq cents exemplaires k l’heure; format demi-quarré. Cet effet résulte en partie de l’emploi d’un volant animé d’un mouvement continu, dû k l’application intermittente de la force de l’ouvrier. Un embrayage réunit le train de la presse au volant, au moment où le papier est posé sur la pierre encrée ; et le mouvement rétrograde est imprimé par un contrepoids. Le jury a vu avec intérêt cette presse dans laquelle la force de l’homme est judicieusement ménagée et qui n’exige que l’emploi d’un ouvrier aidé d’un apprenti.
- M. Thuvien est aussi l’auteur de presses k affiches qui lui permettent d’obtenir, sur des surfaces de plusieurs mètres, des?épreuves de gravures en bois,
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- ou de caractères. C’est a ce genre de machines qu’ont été dues ces affiches immenses dont les échantillons figurent à l’exposition et dont, dans ces derniers temps , l’industrie des annonces a fait un grand usage.
- Pour l’ensemble de ces travaux, le jury décerne à M. Thuvien la médaille de bronze.
- M. BRISSET père, à Paris, rue des Martyrs, 13.
- M. Brisset père, après avoir obtenu des succès très-honorables dans la fabrication des presses lithographiques, a cédé son établissement à son fds, dès longtemps associé & ses travaux. Il se livre aujourd’hui exclusivement à la confection d’appareils accessoires à cette industrie. Ainsi on remarque de lui une cisaille bien combinée et bien construite, destinée à couper à angle droit les cartes de visites; une bonne machine à tirer des lignes parallèles d’une parfaite exécution; enfin une presse autographique en métal, qui remplit très-bien ses fonctions d’ailleurs facilitées par la disposition du blan-chet, qui reste tendu sur le cylindre presseur sans qu’on ait à s’en occuper.
- Le jury tenant compte des anciens travaux de M. Brisset père, et appréciant le mérite des différents objets qu’il a exposés, lui décerne la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. ROCHER, à Paris, rue du Bouloy, 24.
- La presse qu’a exposée M. Kocher reproduit dans
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- ses dispositions fondamentales celle qu’avait combinée, vers i832 , M. Villeroi; cette presse n’avait existé que sur une petite échelle et à l’état d’essai. Celle de M. Kocber est une machine complète, étudiée au point de vue mécanique dans tous ses détails, et présente sous ce rapport un ensemble de dispositions bien conçues.
- Le principe qui domine ce mécanisme est le mouvement de rotation continu appliqué à des cylindres qui forment, l’un la pierre portant le tracé à reproduire, les autres les appareils mouilleurs et encreurs. Quant à ses effets suivis et prolongés, le jury n’a pu en juger,parce que l’expérience n’en a encore été faite que sous forme d’essai.
- Dans ces circonstances, le jury faisant application de sa jurisprudence ordinaire à l’égard des inventions qui n’ayant pas fourni d’expérience suflisante, présentent cependant un caractère d’importance réelle, décerne à M. Rocher une mention honorable.
- M. BOUYONNET-DÜPUY, à Paris, rue du Battoir-Saint-André, 18.
- La presse lithographique de cet exposant a attiré l’attention parla nouveauté de plusieurs de ses dispositions. La pédale sur laquelle l’ouvrier appuie pour opérer la pression est perpendiculaire à la presse au lieu cl’y être parallèle. Placée ainsi, elle lui évite une attitude gênante quand il agit sur le moulinet et lui donne les moyens de développer une action plus uniforme et moins fatigante.
- En outre, le sommier qui porte le racle se renverse derrière le tympan quand ce dernier se re-
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- lève. Cette innovation produit une économie de temps incontestable, accompagnée d’une réduction dans l’emploi de force que ce travail exige habituellement. D’autres perfectionnements de détail sont contenus dans cette presse que le jury a vue avec intérêt, et h l’égard de laquelle il regrette qu’une expérience prolongée ne l’ait pas mis à même de prononcer d’une manière absolue. Dans ces circonstances, il se contentera de décerner à M. Bouyonnet-Dupuy la mention honorable.
- M. BRISSET fils, à Paris, rue des Martyrs, 13.
- M. Brisset fils qui succède à son père a exposé deux presses lithographiques : dans l’une d’elles se trouve une disposition nouvelle, bien entendue au point de vue de la dépense de force, mais qui a besoin de la sanction de l’expérience pour ses rapports avec les convenances de la lithographie, eu égard à l’inégalilé d’épaisseur des pierres. Les presses de M. Brisset se tiennent au niveau du progrès général des constructions mécaniques, tout annonce qu’il soutiendra dignement la bonne réputation que son père s’était acquise.
- Le jury se plaît à lui accorder la mention honorable.
- M. ROUSSIN, à Paris, rue de Yaugirard, 57 bis.
- La presse lithographique exposée parM. Roussin renferme de bonnes combinaisons. Le sommier pivote dans Un plan horizontal, un cylindre de petit diamètre, tenant au sommier, produit la pression; la dépense de force est diminuée par cette dis-
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- position qui.n’exclut pas le racle d’une manière absolue ; celui-ci pouvant remplacer le cylindre suivant le besoin. , ... , ;
- M. Roussin a également exposé une machine à chocolat, de son invention. Elle figure ici seulement pour mémoire.
- Le jury décerne la mention honorable àM; Rous-sin, qui ,a fourni un grand nombre de presses à la lithographie.
- M. GAUD-BOYY, à Paris, rue Notre-Dame-de-Recouvrance, 19.
- M. Gaud-Bovy a rendu des services réels à Tau-
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- tographie, les presses qu’il construit sont d’une simplicité et d’un bon marché très-recommandables, ses transports sur feuilles de plomb donnent de-très-bons résultats.
- Le jury se plaît à récompenser ces mérites en lui décernantsune mention honorable,
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- M. PIERRON, à Paris, rue Saint-Honoré, 123 ,
- Expose une presse autographique applicable aux bureaux, par l’emploi des transports sur zinc. Les services que M. Pierron a rendus par son talent et sa persévérance, méritent d’être mentionnés de la manière la plus honorable. , x ,
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- III. Presses à timbrer '.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE,
- M. POIRIER, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, 35.
- Outre ses presses k timbre, d’exécution habituellement si soignée, M. Poirier a exposé une presse autographique employant le zinc. Cette machine, montée sur un pied en fonte, se replie sur elle-même dans le sens horizontal, quand on a cessé de s’en servir, et offre ainsi de grandes facilités pour son emploi dans les maisons où on a des écritures à multiplier. On a également remarqué les combinaisons au moyen desquelles les presses k timbre de M. Poirier se démontent pour arriver k être enfermées dans un nécessaire de voyage. Au mérite d’une très-bonne fabrication, ce constructeur joint l’avantage d’une réduction notable dans ses prix , comparativement avec les prix des machines analogues présentées k la dernière exposition. v Le jury témoigne sa satisfaction k M. Poirier en lui accordant une nouvelle médaille de bronze.
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- médaille de bronze.
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- M. GUILLAUME, à Paris, rue des Vieux-Au gus-tins, 44. .
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- Successeur de M., Beugé ,, qui s’était fait une belle réputation dans la fabrication des presses à"timbre,
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- M. Guillaume se montre fidèle à de tels précédents. Les produits quif expose n’offrent rien qui soit donné au luxe ou à une vaine apparence; l’exécution en est franche, sage et soutenue jusque dans les détails. A ces articles, M. Guillaume joint la fabrication déjà exercée par son prédécesseur, des pressoirs de Révillon , ainsi que celle des machines à broyer le chocolat.
- Lejury, considérant M. Guillaume comme exposant nouveau , son prédécesseur n’ayant point figuré à la dernière exposition, lui décerne la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. COURSIER, à Paris, passage de l’Industrie, 5.
- Cet exposant a offert aux regards du public différents objets d’une utilité réelle, Indépendamment de presses pour les fleuristes, qui se faisaient remarquer par une exécution franche , il a construit des appareils qu’il nomme porte-bosses et qui, disposés pour saisir, sans les endommager, et maintenir dans une position donnée, les modèles en plâtre, à l’usage des artistes , évitera à ceux-ci de grandes pertes de temps et apportera des facilités nouvelles pour les études. De petits tours à fraises pour tailler les crayons, sont également de bons instruments fonctionnant fort bien.
- Une mention honorable est accordée aux travaux de M. Coursier.
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- M. MONTILLIER, à Paris, rue Pierre-Levée, 10 bis.
- Les presses à timbre de M. Montillier se placent parmi les bons produits qui ont figuré à l’exposition. Le jury, tout en regrettant que sa fabrication se tienne encore entre des limites, resserrées, lui accorde une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. LESAULNIER, à Paris, passage Radziwill.
- La petite presse à timbre due à cet exposant, a cela de particulier, qu’appartenant au système dans lequel la pression est exercée au moyen d’un levier, elle jouit de la propriété de pivoter dans un plan horizontal. De cette manière, elle peut porter successivement le timbre sur un tampon enduit d’une couleur convenable et sur le papier qui doit recevoir l’empreinte.
- Le jury accorde à l’auteur de cette, presse à timbre une citation favorable.
- § 2. APPAREILS DE SONDAGE.
- M. Michel Chevalier, rapporteur.
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- MÉDAILLE D’OR.
- M. MULOT, à Épinay (Seine).
- M. Mulot a exposé plusieurs assortiments d’outils pour des forages de dillérents diamètres, et de
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- tubes pour garnir les puits. Parmi ces outils, on compte plusieurs inventions intéressantes qui lui appartiennent; dans le nombre, on peut citer : j° une caracolle à articulation, qui descend dans un trou de faible dimension, s’agrandit quand elle est au fond, et va chercher la barre qui se serait logée dans une cavité; un taraud à charnière, pouvant de même s’élargir quand il est parvenu à la place qui convient; 3° une cuiller à charnière qui s’élargit aussi de manière à agrandir un trou au-dessous d’un tube , et se contracte ensuite pour sor tir; 4°divers coupe-tubes; 5° un verrin pour arracher les tubes ou les sondes fortement engagées; 6° des arrache-tubes à coulisse et à coin.
- Outre ces articles, M. Mulot a présenté des outils imaginés antérieurement par lui-même ou par d’autres, et tous d’une exécution soignée; notamment un beau modèle de l’encliquetage Dobo, qui a été extrêmement utile dans le laborieux sondage de Grenelle.
- Les ajustements à pas ronds de M. Mulot sont dignes d’être signalés. Il y a joint un encliquetage dont le cliquet à genouillère permet aux tiges de sonde de se visser l’une sur l’autre sans solution de continuité, et les empêche de se dévisser quand il est nécessaire de tourner en sens contraire.
- M. Mulot s’est servi de tiges en bois ou en fer creux.
- En ce moment, M. Mulot pratique plusieurs grands sondages. Dans le Cher, à Sancoins, pour le canal du Berry, il est parvenu h 34° mètres. A. Calais, pour donner à la ville de l’eau potable, il est à 317 mètres, et il fonce encore.
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- Le nombre de ses forages, depuis 1889, est considérable. Dans ce nombre, 26 ont plus de 100 mètres; 11 sont de plus de 200 mètres, 4 de plus de 3oo mètres.
- M. Mulot fabrique ses outils lui-même.
- Il pratique une branche d’industrie annexe au sondage, la vente des outils.
- Depuis la dernière exposition ,un résultat remarquable a été obtenu, en France, dans l’industrie du sondage. Le puits de Grenelle a été accompli. Foncé à 548 mètres, avec un diamètre de 5o centimètres à l’ouverture et de 17 à l’extrémité ; il a rencontré, à la partie supérieure des sables dépendant de la formation du grès vert, une nappe d’eau abondante, qui donne par minute, à 33 mètres 5o centimètres du sol, jusqu’à 800 litres d’une eau de bonne qualité, à 28° centigrades. On conçoit de quelle utilité doit être, dans une ville telle que Paris, cet approvisionnement d’eau parvenant à cette hauteur et possédant cette température.
- Ce forage, le plus éclatant de tous les titres que puissent présenter les sondeurs français, est dû à la persévérante et industrieuse activité de M. Mulot. C’est à cette occasion que M. Mulot a enrichi l’art du sondeur de plusieurs outils remarquables, destinés à parer à des besoins nouveaux et à remédier aux accidents qui constituent la plus grande difficulté des sondages profonds.
- L’habileté infatigable que déploie M. Mulot, l’esprit de ressource dont il fait preuve, les expédients qu’il a imaginés, et enfin le brillant résultat qu’il a obtenu à Grenelle, le recommandent très-hau-
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- tentent. Quant à l’importance de l’art en lui-même, on reconnaîtra qu’elle est très-grande, si on la mesure aux services qu’il rend , soit à l’industrie minérale pour les recherches des mines de charbon et de sel, qu’on opère aujourd’hui avec une remarquable précision et un degré étonnant de certitude; soit à l’économie domestique, à l’irygiène des villes et à l’industrie manufacturière et agricole, pour les eaux jaillissantes qu’il fournit.
- M. Mulot a obtenu, en 1827, une mention honorable; en i834, une médaille d’argent; en i83g, une nouvelle médaille d’argent.
- Le jury lui décerne une médaille d’or.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. DEGOUSÉE, à Paris, rue de Chabrol, 35.
- M. Degousée se distingue par le soin qu’il a apporté à enrichir son pays des inventions imaginées en pays étranger, particulièrement en Allemagne, où l’art du sondeur est porté à une grande perfection. Il se recommande aussi par plusieurs inventions qui lui sont dues personnellement.
- Ainsi il se sert de la coulisse de M. d’Oyenhau-sen, qui simplifie et accélère la manœuvre de la sonde à une certaine profondeur. Il emploie les tiges en bois, dont le célèbre sondage de Cessingen avait démontré les avantages; il en a eu l’initiative en France. C’est à lui qu’appartient l’idée des tiges en fer creux; il a utilisé les nouvelles tiges au sondage de Haguenau (Bas-Rhin), qui a été porté à
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- 29o mètres; à celui de Thivencellc (Nord), de 26-7 mètres; et à celai de Donchery (Ardennes).
- Pour équilibrer la sonde, M. Degousée emploie avec succès un levier agissant à la façon d’une romaine.
- Aux treuils ordinaires pour la manœuvre de la sonde, il a substitué des appareils à engrenage et à coussinets mobiles, munis de cames à échappement et d’un appareil d’embrayage mobile.
- On lui doit divers outils élargisseurs et une tarière à boulet creux manœuvrée à la corde, qui est excellente dans les terrains de sables.
- M. Degousée se sert avec succès , pour le net-tO}7age des trous de sonde, de câbles en fil de fer.
- Il fabrique des outils, et en vend pour une somme de 3o,ooo à 40,000 fr,, par an, aux conseils généraux des départements, aux particuliers et même à l’Etat. C’est lui qui a fourni plusieurs appareils de sondage en activité maintenant dans la province d’Oran.
- Depuis 1839, il a achevé ou commencé 168 puits dont 21 sont parvenus aujourd’hui à plus de 100 mètres. L’un de ces puits, en cours de foncement encore, est celui de Donchery (Ardennes), qui a pour objet de rechercher le terrain houiller en traversant les formations jurassiques et qui est arrivé maintenant à 220 mètres.
- Les outils de la fabrication de M. Degousée sont remarquables parleur légèreté, grâce à un judicieux emploi des matières.
- M. Degousée a porté hors de France l’exploitation de son art. E11 ce moment il fonce à Naples,
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- pour la recherche d’eaux jaillissantes, un puits qui est parvenu à 122 mètres.
- Les perfectionnements réalisés par cet exposant sont attestés par la baisse de ses prix. Le mètre moyen exécuté par lui, depuis 1828 jusqu’à présent, lui a été payé 65 fr. 60 c. ; en ne comptant que les sondages opérés depuis 1889, cette moyenne tombe à 56 fr. 16 c.
- M. Degousée a obtenu, en 1889, une médaille d’argent.
- Les travaux qu’il a accomplis, les perfectionne-mentsqu’il a réalisés, l’ardeur éclairée avec laquelle il a poursuivi les entreprises dont il s’était chargé, et enfin l’extension de ses affaires, justifiée sur la confiance qu’il a inspirée, le rendent dignes d’une distinction signalée.
- En conséquence, le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- § 3. MACHINES-OUTILS.
- M. Delamorinière, rapporteur.
- Considérations générales.
- Au point où l’industrie est parvenue aujourd’hui, il n’est plus possible de se livrer à l’exécution des machines, sans employer un grand nombre d’outils qui étaient pour la plupart inconnus il y a une trentaine d’années.
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- Pour ne parler que de la construction des moteurs à vapeur, nous ferons observer qu’on a pu d’abord se borner à augmenter les dimensions des tours, des machines à aléser, dont le nombre était, il y a trente ans, encore fort restreint. Mais il nous faut maintenant des marteaux assez
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- pesants pour forger des arbres destinés à transmettre jusqu’à la force de mille chevaux, et toutes les pièces accessoires des moteurs de cette puissance. L’ajustage de ces pièces colossales ne pouvant plus dès lors être confié à la main de l’homme dont les forces sont limitées, il faut des machines proportionnées à ces masses pour les dresser, les percer.
- On remarquera encore que, sans aller jusqu’à la limite extrême où nous sommes parvenus, et sans rien préjuger sur le terme où l’on s’arrêtera, la précision qu’on est en droit d’exiger aujourd’hui des constructeurs, les oblige à se servir des tours parallèles, des machines à raboter, etc.
- Cette précision , qui est nécessaire au bon service et à la durée des machines, devient d’ailleurs tout à fait obligatoire dans une foule de circon-slances, notamment pour les machines de navigation et les locomotives dans lesquelles la légèreté des organes, la fréquence des mouvements et les secousses qu’ils ont à supporter, forcent à
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- réclamer de la matière, des efforts qu’on n’aurait point naguère osé lui faire supporter.
- L’emploi des moyens de travail, à la fois plus puissants et plus exacts que ceux qu’on peut attendre de la main de l’ouvrier, conduit en outre à l’économie de la production , et nous permet de lutter contre les efforts de nos concurrents en industrie, quoiqu’ils soient mieux partagés que nous en général, quant au prix des matières premières. Nous plaçons cependant cette considération en dernière ligne, bien qu’elle soit d’une naute importance.
- Ce besoin inévitable clés machines-outils a dû se faire sentir d’abord chez les Anglais, que nous pouvons regarder comme nos devanciers en mécanique pratique. Aussi a-t-on vu, il y a déjà longtemps, se former chez eux des établissements tels que ceux de Fox, Sharp et Robert, etc., s’occupant presque exclusivement de ce genre de fabrication. Leurs usines, après avoir pris un grand développement, ont vu s’élever, dans le même but, les ateliers de Wilhvorth, Nasmith et Gas-keel, Rowan, Collier, Lewis, etc., qui ont été motivés non pas seulement par les demandes nombreuses de leurs compatriotes , mais aussi par celles des divers constructeurs étrangers.
- On a dû regretter sans cloute de voir porter au dehors, des capitaux qui pouvaient servir à utili-
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- ser une foule de bras trop souvent inactifs. Mais il faut dire que nos industriels ont pu être séduits par la facilité qu’ils avaient à se procurer des machines à leur convenance chez le grand nombre de fabricants parmi lesquels ils pouvaient choisir, en même temps que par la modicité des prix, conséquence d’une fabrication déjà très-dévelop-pée, tandis que les' ressources manquaient presque entièrement à la France.
- En 1839, nos principaux ateliers s’étaient cependant mis par eux-mêmes en mesure de pourvoir à leurs besoins, mais il n’existait qu’un seul établissement où l’on s’occupât spécialement de l’outillage, ët encore sur une petite échelle.
- Aussi, lors de la dernière exposition, ne vit-on paraître que deux seules machines-outils, une petite machine à raboter, construite par madame Collier, et une machine à buriner de dimension moyenne, exécutée par MM. Pihet, pour le port de Toulon.
- Indépendamment d’un grand nombre de tours de tous genres, marchant au pied, et dont’ une partie peut fonctionner au moteur, on a compté cette année dans les galeries de l’exposition :
- 1 martèau-pilom à vapeur;
- A grands tours parallèles ;
- 1 tour à surfaces de grandes dimensions ;
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- 10 machines à raboter, dont une travaille sur 10 mètres de long ;
- 1 machine à buriner ;
- 3 machines à diviser les engrenages dans le bois et les métaux, dont une des plus grandes dimensions ;
- 3 découpoirs, dont 2 de première grandeur peuvent servir comme cisailles;
- Des machines à river les tôles ;
- 1 machine à tarauder;
- 3 machines à faire les pans des écroux ; •
- 2 scies circulaires ;
- k scieries alternatives, pour le débit des bois courbes, du bois de placage, et le travail des modèles en bois ;
- 1 scie pour débiter la pierre, suivant une surface courbe, etc.
- Ces machines, qui ont attiré tous les regards, non pas seulement par l’imposante masse du plus grand nombre, mais aussi par leur exécution remarquable, seraient une indication plus que suffisante des immenses progrès qui se sont opérés dans la période de cinq années qui vient de s’écouler, indépendamment même d’un grand nombre de machines importantes, qui n’ont pas figuré à l’exposition, et parmi lesquelles on compte les grands appareils de navigation dont on parle dans une autre partie du rapport.
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- Ce progrès remarquable, fait en si peu de temps, est venu combler la lacune que nous avons signalée en commençant, lacune d’autant plus fâcheuse , que tout en laissant à désirer relativement à la bonne exécution, et au prix de nos produits en machines, elle motivait jusqu’à un certain point les demandes d’outils que nous avons adressées à l’étranger, au lieu de faire par nous-mêmes ce qui nous manquait.
- Aujourd’hui, à l’exception de quelques spécialités fort rares, on peut affirmer qu’il y aura d’autant plus d’avantage à s’adresser aux fabricants qui nous donnent un si beau spécimen de ce qu’ils peuvent faire, que la plupart des machines-outils qui se font en France présentent des améliorations réelles sur celles qu’on emploie chez nos concurrents.
- Ainsi, nous ne pensons pas qu’on puisse contester la supériorité des machines à aléser, verticales, de MM. Gavé, Pihet, Farcot.
- Un usage de plusieurs années consécutives a suffisamment démontré que, quel que soit le mode particulier de traction de l’outil adopté par MM. Cavé, Mariotte, Decoster, Calla, qui emploient à peu près exclusivement les machines à raboter à outil mobile, ces machines travaillent avec toute la précision des anciennes machines à outil fixe, et qu’en outre elles ont toutes sur cel-
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- les-ci des avantages marqués, tels que de ne pas occuper un espace beaucoup plus considérable que la plus grande pièce qu’elles doivent travailler, d’où il résulte qu’elles sont moins volumineuses ,, moins pesantes et moins chères, indépendamment de ce qu’elles peuvent se prêter à un grand nombre de travaux que les autres machines ne peuvent pas exécuter.
- On ne contestera pas non plus la^ supériorité des machines à buriner de M. Gavé sur celles de Sharp et Robert qui sont connues en France, non-seulement à cause des bonnes dispositions au moyen desquelles cet habile constructeur a évité les flexions et les vibrations qui nuisent à l’exactitude du travail, mais aussi, parce que les belles machines sont encore utilisées, comme alésoirs, machines à percer et machines à planer circulairement.
- Nous pouvons encore citer les machines à percer, radiales, du même mécanicien, ses machines àperceret à cisailler les tôles, etc., aussi bien que plusieurs machines de MM. Galla,, Decoster et Mario tic, et enfin l’ingénieiise et excellente machine à river Me M. Lemaître.
- Bien que nous ayons fait voir en commençant que l’emploi des machines-outils était aujourd’hui d’une nécessité absolue, non pas tant pour arriver à des économies de.main-d’œuvre que la
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- concurrence exige, mais principalement pour parvenir à la perfection des produits et à la construction des machines colossales, que la main seule debhommene peut aborder, nous croyons devoir ajouter quelques mots pour les personnes étrangères à la mécanique, et qui, sans être ce. pendant plus que nous préoccupées des intérêts de la classe ouvrière, pourraient croire que l’emploi des machines-outils ^surtout, a pour résultat de réduire le nombre des travailleurs. L’économie dans lia main-d’œuvre semble en éffet indiquer qu’on appliquera moins d’ouvriers à la confection des machines ; mais il est aisé de comprendre qu’en même temps que leur prix s’abaissera on en fera un plus grand nombre.
- Les outils qui travaillent seuls, tels que les tours, n’en exigent pas moins la présence d’un bon ouvrier, pour monter la pièce à tourner, affûter, disposer les outils, et surveiller leurs fonctions. Mais on ne réclame plus alors que son intelligence, tandis que naguère il était dans l’obligation de consommer'sa force physique, pendant une longue journée de travail.
- La machine à raboter est une de celles qui semblent principalement paralyser le plus de
- bras. Elle peut, en effet, tout en donnant une
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- exactitude de travail qu’il n’est pas permis à l’homme d’atteindre manuellement, faire l’ou-
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- vrage de plusieurs ouvriers. Cela est incontestable , mais le remède est encore ici à côté du mal; c’est que, s’il est vrai qu’un seul ouvrier employé au rabotage représente plusieurs ajusteurs, on dresse actuellement un grand nombre de parties de machines qui étaient autrefois brutes de forge ou de fonte.
- Ceux donc qui sont étrangers aux détails des travaux qui nous occupent s’enorgueilliront avec nous, sans arrière-pensée attristante, du résultat que notre exposition constate aujourd’hui, et ils pourront le faire d’autant mieux, que les consommateurs, nous l’espérons du moins, comprenant que leurs intérêts sont liés à ceux des constructeurs, se borneront à tirer de l’étranger les modèles seuls qui n’existent pas en France, bien que dès à présent nous soyons largement en mesure de satisfaire nous-mêmes à tous nos besoins.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. SAULNIER aîné, à Paris, rue Saint-Ambroise-Popincourt, 5.
- M. Saul nier aîné a obtenu, en iS34, une médaille d’or pour sa fabrication de machines h vapeur et ses procédés de perçage appliqués à la construction des planches en acier préparées pour la gravure. Depuis cette époque, cet habile mécanicien
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- n’a cessé de donner de remarquables développements à ses constructions.
- Le jury se plaît à le reconnaître toujours très-digne de la récompense élevée qui lui a été accordée en i834, rappelée en i83g , et lui décerne de nouveau ce rappel.
- NOUVELLES MÉDAILLES D’OR.
- M. PIHET, à Paris, avenue Parmentier-Popin-court, .3.
- L’établissement de MM. Pihet frères était déjà très-remarquable en 1825, époque à laquelle ils succédèrent à M. Liebermann , puisqu’il renfermait dès lors un tour parallèle propre à fileter, de 6 mètres, 5 tours à colonnes, un grand nombre de tours ordinaires, des machines à percer, à raan-driner, et 1 2 machines à canneler les cylindres des métiers de filature. Ces outils étaient mis en mouvement par une machine à vapeur de 12 chevaux.
- En 1826, cet agent mécanique fut remplacé par un moteur de 20 chevaux, et le nombre des outils déjà considérable pour l’époque fut augmenté d’une partie de l’outillage de la filature d’Ourscamp, comprenant une machine à raboter capable de dre ser des pièces de 6 mètres de long. C’était la seule qui existât alors à Paris; appliquée aux travaux de l’établissement, elle fut encore fréquemment employée à dresser à façon, et concourut puissamment à la formation de l’outillage des autres ateliers.
- Avec de pareils éléments, l’établissement Pihet
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- se trouvait en mesure d’entreprendre un grand nombre de travaux étrangers aux machines de fabrique, objet de sa création. C’est ainsi qu’on a vu construire dans ce bel atelier des moteurs hydrauliques , des presses de tous genres , et qu’après avoir fait de grandes fournitures de lits militaires, on y a monté une fabrique considérable d’armes portatives.
- Cependant les autres ateliers de mécanique ayant eu à satisfaire aux besoins de la marine pour les machines navales de grande puissance, s’étaient trouvés dans l’obligation d’approprier leur outillage encore incomplet à ces nouvelles exigences.
- L’établissement Pibet n’ayant pas concouru à ces fournitures, a pu se trouver momentanément dépassé par les autres fabricants; mais cette maison ayant eu à fournir de grands outils pour les arsenaux de la marine, et è construire un appareil naval de 120 chevaux, elle s’est promptement mise en mesure de répondre à la confiance qui lui avait été accordée en construisant elle-même les grands outils qui lui étaient nécessaires. O11 trouve aujourd’hui dans le nouveau local devenu indispensable pour développer convenablement l’ancien atelier, une grande fonderie, un atelier de chaudronnerie susceptible de faire les appareils évapora toi res les plus puissants, un atelier de montage, et des ateliers d’ajustage où l’on remarque une machine k aléser les plus grands cylindres dont l’arbre cl’alésoir a 5o centimètres de diamètre; une machine h raboter de 14 mètres de long, une machine à tailler les engrenages de la plus forte dimension , sem-
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- blable à celle qu’on a remarquée à l’exposition.
- Avec de pareils moyens, cet établissement est en mesure de répondre à toutes les commandes qui lui seraient adressées.
- L’appareil de 120 chevaux placé en ce moment sur le bateau-poste, Y Ajaccio, qui lait le service de la Corse,, a complètement satisfait aux conditions du marché. Sur le refus de plusieurs établissements importants, la maison Pihet a exécuté, dans un délai extrêmement court, des presses hydrauliques pour l’Algérie.
- Enfin on a construit l’année dernière, dans ces ateliers, un des plus grands balanciers qui existent, puisque sa cage pèse 16,000 kilogrammes.
- On voit donc que l’établissement de M. Pihet, qui a été longtemps un des plus remarquables de Paris, est encore aujourd’hui en première ligne. Le jury lui décerne, en conséquence, une nouvelle médaille d’or.
- M. CALLA, à Paris, rue du Faubourg Poisson-sonnière , 92.
- L’établissement de M. Calla, fondé en 1806, se fit remarquer dès son origine, par la bonne construction de ses métiers pour la filature, de scieries, etc. Douze ans plus tard, M. Calla père ajoutait à ses travaux habituels une fonderie de fer pour les objets d’arts , qui valut en 1889 , à cet établissement, la récompense la plus élevée que le jury puisse décerner.
- Dans les derniers temps, M. Calla fils comprenant toute l’étendue de nos besoins en machines-
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- outils , est venu ajouter la fabrication de cet important auxiliaire aux spécialités qu’il a embrassées; il ne s’est pas contenté pour cela d’aller chercher de bons modèles en Angleterre, il s’est encore attaché à les perfectionner. On peut s’en faire une idée par l’inspection du grand tour à surfaces qu’il a exposé etqui est principalement destiné à tourner les roues de locomotives, indépendamment des autres grands travaux auxquels il peut se prêter également. Dans les tours anglais destinés à cet usage, qui ont été introduits en France., on s’est en général borné à grandir la dimension. Il en résulte des poupées très-élevées, exposées par là même, à des vibrations toujours nuisibles à l’exactitude du travail. M. Calla a adopté une disposition plus rationnelle qui doit donner de meilleurs résultats.
- Il a exposé en outre trois machines à raboter don1 la plus grande peut dresser des pièces de six mètres de long. Ces machines à outil mobile présentent sur celles généralement employées en Angleterre, des avantages que nous avons signalés dans les considérations générales; la plus petite machine fonctionnant à bras, est susceptible d’être employée dans les petits ateliers, et peut ainsi les faire participer aux bienfaits de l’outillage perfectionné.
- M. Calla a également présenté à l’exposition dem emporte-pièces d’une grande puissance, propres aux travaux de grosse chaudronnerie. L’un d’eux est muni d’un chariot compteur servant à supporter les tôles, et à percer les trous à égale distance et en ligne droite; chacune de ces belles machines a la
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- faculté de se transformer en cisailles, au moyen d’une disposition particulière de lames additionnelles inventées par M. Cavé, et qui offre de notables avantages sur les cisailles ordinaires; enfin une petite machine à buriner.
- M. Calla avait acquis à juste titre, depuis longtemps, la réputation d’un bon constructeur. La belle exécution des objets que nous venons succinctement de passer en revue, fait voir que tout en agrandissant le cercle de ses travaux, il n’a pas cessé de marcher vers le progrès. C’est avec une vive satisfaction que le jury décerne à M. Calla une nouvelle médaille d’or.
- MÉDAILLES D’OR.
- M. DECOSTER , à Paris, rue Stanislas, 9.
- Lorsque la filature du lin qui avait pris naissance en France, y revint après avoir été perfectionnée en Angleterre, les premiers importateurs de cette industrie que nous avions d’abord négligée , gardèrent pour eux seuls les machines qu’ils avaient introduites. Ce fut alors , en i835 , que M. Decoster se mit à construire pour l’usage de nos fabricants ces mêmes machines qu’il était allé étudier, comme ouvrier, en Angleterre.
- Son établissement, formé d’abord sur une petite échelle, reçut clés la fin de i838, le grand développement qui le place aujourd’hui en première ligne. Cependant, préoccupé par les commandes qu’il avait à remplir en 1839, il ne se présenta
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- pas à l’exposition des produits de l’industrie, où il figure cette année pour la première fois.
- Nous n’avons pas à nous occuper dans cette partie du rapport des machines de filature exposées par M. Decoster ; nous nous bornerons à dire qu’il peut être à juste titre placé au premier rang pour cette importante fabrication, tant à cause du perfectionnement dont elle lui est redevable, que pour le grand nombre de machines qu’il a livrées à l’industrie, et qui comprennent plus de 36,ooo broches, sans compter deux établissements montés en Espagne et plusieurs machines fournies à l’Allemagne et à la Suisse.
- En même temps que M. Decoster se livrait à la fabrication des machines à lin, il montait avec ses propres moyens, les machines-outils nécessaires à sa fabrication. Ces outils, conçus dans l’atelier même par un habile constructeur parfaitement au courant des moyens de fabrication les plus perfectionnés, devaient présenter des avantages notables même sur ceux qu’on trouve dans les fabriques d’outils qui existent en Angleterre, aussi furent-ils recherchés par la plupart des constructeurs, qui s’adressèrent de préférence à M. Decoster pour compléter leurs moyens de fabrication.
- Cette circonstance le détermina k joindre à ses autres travaux la spécialité des machines-outils, c’est principalement de cette partie que nous devons nous occuper.
- M. Decoster a exposé un tour parallèle et k fileter de 5 mètres de long, 2 machines k raboter, l’une de 3 mètres et l’autre de 2. Ces deux ma-
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- chines sont à outil mobile, système a chaîne; nous avons déjà parlé des avantages qu’elles présentent sur les anciennes machines. Il a exposé également unemachine à rabotera bras, une machinp à percer offrant des dispositions toutes nouvelles, au moyen desquelles elle peut servir à aléser les trous d’un petit diamètre; elle est à la fois simple et solide, et d’un prix peu élevé.
- Une machine à refendre les engrenages en bois et en métal, soit au burin, soit à la fraise. Cette machine, dont le diviseur universel repose sur un principe qui n’est pas généralement appliqué, est d’un usage suffisamment exact dans la pratique, et a l’avantage de ne pas donner de grandes erreurs. Son bon usage est constaté par les applications nombreuses qu’elle reçoit dans les ateliers de M. Decoster pour la confection des engrenages des machines à travailler le lin.
- Enfin, une machine à faire les pans des écrous sur deux faces à la fois, au moyen de deux fraises.
- On peut se procurer chez M. Decoster, 20 espèces de tours depuis 2 mètres de diamètre jusqu’à 20 centimètres de hauteur de pointes, 9 sortes cle machines à raboter, travaillant depuis 7 mètres de long jusqu’à 60 centimètres, des machines à tarauder, de tous les calibres, des machines à mor-taiser, etc. Ses prix sont en général moins élevés que ceux des machines similaires anglaises rendues en France.
- En considération des services rendus à l’industrie par M. Decoster, le jury lui décerne la médailled’or.
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- M. THONNELLIER père, à Paris, rue des Trois-Bornes , 26.
- M. Thonnelier avait exposé, en 1839, une presse monétaire à levier funiculaire, d’une exécution remarquable. Le principe comme la construction de cette machine avait provoqué toute l’attention du jury, et M. Thonnelier avait paru digne de la première récompense, mais cette nouvelle presse monétaire n’avait point encore la sanction d’un service suffisamment prolongé; la prudenceque le jury apporte dans la distribution de ses récompenses qui deviennentdesvruisjugementsdu mérite réel des inventions, lui imposait la loi de différer le témoignage de toute son approbation è la presse Thonnellier. Aujourd’hui que tou tes les inexactitudes quiavaient donné des doutes sur futilité de son emploi, sont résolues par l’expérience pratique faite à la Monnaie, et que le rapport des administrateurs de cet établissement constate d’une façon irréfragable la supériorité de cette presse sur toutes ses rivales, notamment sur celle de Huîborn acquise à l’étranger, comme ce qu’il y avait de plus parfait, le jury est d’avis de ne pas différer plus longtemps la haute récompense dont M. Thonnellier s’est rendu digne par la construction d’une machine monétaire, destinée à apporter à la fabrication des monnaies une partie notable des perfectionnements dont elle manque, tout en diminuant les frais de monnayage.
- En conséquence, il décerne à M. Thonnellier père la médaille d’or.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. HERMANN, à Paris, rue de Charenton,
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- Indépendamment de plusieurs machines à vapeur, M. Hermann a exposé des machines à broyer le chocolat et les substances colorantes. Ces machines, bien exécutées , justifient pleinement le talent reconnu de M. Hermann , qui n’a cessé de mériter la médaille d’argent obtenue dès 1834, rappelée en 1839, et que le jury se plaît à lui rappeler encore.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- ÉTABLISSEMENT DE CONSTRUCTIONS MÉCANIQUES, à Grafïenstadcn, près Strasbourg (Bas-Rhin).
- Cet établissement, formé par MM. Rollé et Schwilgué pour la fabrication des instruments de pesage, a reçu depuis quelques années une très-grande extension pour s’occuper de la construction des machines en général. Il en résulte qu’il emploie aujourd’hui un plus grand nombre de bras, et qu’il est en mesure de rendre de grands services dans la localité.
- Cette usine a déjà fourni pour les chemins de fer, des accessoires importants, tels que roues et arbres de locomotives et de waggons, et ressorts de trains. Les échantillons de ces divers objets admis à l’exposition , sont construits d’après de bons modèles et très-bien exécutés. Les propriétaires de cet atelier, qui possède un moteur hydraulique d’une 11. 18
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- grande paissance, se sont adonnés également à la construction des machines-outils; on a vu dans les galeries, indépendamment des instruments de pesage qu’ils continuent à livrer au commerce, des 4;ours, un banc à tirer et un découpoir à flancs, pour la fabrication des monnaies ; une presse hydraulique , une petite scie circulaire. Tous ces objets sont fabriqués avec beaucoup de soin, et démontrent suffisamment la capacité de ceux qui dirigent cette usine, et son degré d’utilité.
- Le jury pense que l’établissement de Graffen-staden s’est montré digne de recevoir la médaille d’argent.
- M. MARIOTTE, à Paris, rue et impasse Saint-Sabin, 12.
- Il n’y a pas vingt ans que M. Mariotte, simple ouvrier, ne possédant que quelques outils de peu de valeu r, sufïisai t avec peine à ses besoins et à ceux d’une partie de sa famille. Son intelligence et son habileté dans toutes les professions qui se rattachent à la construction des machines, devaient tôt ou tard porter leurs fruits. M. Mariotte, qui se présente pour la première fois à l’exposition des produits de l’industrie, est aujourd’hui propriétaire d’un bel établissement qu’il a successivement développé avec ses pro près moyens. Il le conduit seul avec le plus âgé de ses neveux qu’il a formé dans les diverses parties des travaux. L’agrandissement qu’a reçu cet atelier n’a point donné à ces deux hommes laborieux la tentation de quitter leurs outils; ils en sont restés les premiers ouvriers tout en dirigeant le travail.
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- M. Mariotte a fourni au département de la marine un grand nombre d’outils de tous les genres et de toutes dimensions, entre autres de petits martinets mis en mouvement par une machine à vapeur, système oscillant : une de ces machines, exposée sous le nom de M. Cart, neveu de M. Mariotte, a mérité l’attention du jury.
- M. Mariotte construit des machines h raboter à outil mobile, système à chaîne, depuis 9 mètres de long, jusqu’à la machine à bras de l’ouvrier en chambre. Il a donné comme exemple de sa construction, une de ces machines à raboter, de un mètre. Il expose en outre une machine à faire les pans des écrous et boulons; une scie alternative particulièrement propre au travail des modèles de fonderie, et une scie circulaire dans laquelle la pièce à débiter est poussée par un mécanisme ingénieux fonctionnant bien, quels que soient les défauts d’homogénéité que présente le bois. Ce mécanisme affranchit l’ouvrier d’une grande fatigue quand il doit se livrer à un travail continu. Cette machine est aussi remarquable, par l’application d’un réservoir d’eau destiné à rafraîchir la scie sans cependant la mouiller sensiblement; on évite par là le dérangement de la lame, lorsqu’elle s’échauffe par suite d’un service non interrompu.
- Les outils deM. Mariotte, construits sans luxe et sans la moindre recherche, sont tels qu’il les livre habituellement au commerce; par ces motifs, ils sembleraient nedevoir occuper qu’unranginférieur à côté des beaux modèles de nos grands établissements. Cependant, les services qu’ils rendent de-
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- puis nombre d’années, notamment dans les arsenaux de la marine royale, les rendent recommandables sous tous les rapports.
- Le jury central est heureux de pouvoir récompenser le modeste ouvrier qui, par son intelligence et son travail persévérant, est parvenu seul au rang de nos principaux chefs d’établissement; il le juge digne de la médaille d’argent qu’il lui décerne.
- M. BÉRENDORF, à Paris, rue Mouffetard, 300.
- M. Bérendorf a imaginé une machine pour battre les cuirs et remplacer, à l’aide d’un moteur, l’opération fatigante du battage au marteau de cuivre.
- Le problème à résoudre était de comprimer avec rapidité toute la surface du cuir, les différences d’épaisseur qui se rencontrent entre les divers points de la surface exigeant que l’opération ne se fît que sur une petite étendue à la fois; il fallait, pour que l’opération fût prompte, que le renouvellement de l’action du compresseur se fît un grand nombre de fois dans un temps très-court : c’est ce que réalise heureusement M. Bérendorf, en joignant à une manivelle, qui tourne avec rapidité, la bielle qui fait osciller le balancier, au bas duquel est placé le piston compresseur.
- Le tas sur lequel s’opère la pression est susceptible de se lever ou se baisser à volonté. Pendant le travail, il est lui-même porté sur une pièce de bois transversale, de fort échantillon. Cette disposition , qui permet dans tous les cas une légère flexion , assure le résultat du battage; car si la pression était
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- exécutée sans une certaine élasticité dans l'es organes , le cuir serait parfois désagrégé par l’excès de îa force avec lequel il aurait été battu.
- Le jury décerne à M. Bérendorf une médaille d’argent.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. ROUFFET père, à Paris, rue de Perpignan, 12 *
- Doué d’une rare intelligence et d’une habileté remarquable dans toutes les professions qui se rattachent aux machinés, M. Rouffet père ri’à jamais cherché à sortir de sa modeste position. Chargé d’une nombreuse famille, sâ laborieuse carrière a cependant produit un résultat qu’il est bon de faire connaître; c’est qu’il a fait de ses fils, élevés à son école, des hommes aussi honnêtes et non moins habiles que lui.
- M. Rouffet s’est borné à présenter une machine à percer, destinée à un petit atelier, ou au cabinet d’uri amateur, et un des tours tel qu’il les livre habituellement dans le commerce où ils ne paraissent même pas sous son nom.
- Le jury se félicite de ce que M. Rouffet, en se bornant k faire pour ainsi dire acte de présence k l’exposition, lui donne le moyen de lui rappeler de nouveau la médaille de bronze dont il n’a pas cessé de se rendre digne.
- M. BÀUDAT, à Paris, rue de Cliaronne, 23.
- M. Baudat, qui s’occupe spécialement de scierie, a déjà reçu, en 1889, une médaille de bronze pour
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- la bonne exécution de ses machines. Il expose cette année une scierie à bois de placage établie suivant les dispositions ordinaires, mais exécutée avec un soin remarquable. Il a exposé également une scierie verticale dans laquelle le bois à scier est à la fois contenu et porté vers la scie au moyen de quatre rouleaux. Cette disposition, applicable au sciage des bois courbes, est employée également à débiter le feuillet destiné aux fonçures des meubles.
- Les travaux de M. Baudat sont toujours dignes d’éloges, et il n’a pas cessé de mériter la médaille de bronze que le jury se plaît à lui rappeler.
- MM. MARGOZ père et fils, rue de Ménilmon-tant, 21,
- Ont présenté à l’exposition des outils bien faits et continuent à mériter la médaille de bronze qu’ils ont reçue en 183g ; le jury s’empresse de leur en voter le rappel.
- M. PIAT, à Paris, rue Saint-Maur-Ménilmon-tant, 38,
- A exposé cette année des engrenages presque tous divisés et taillés par procédés mécaniques et dont l’assortiment très-complet est très-utile pour les constructeurs de machines.
- Le jury lui accorde le rappel de la médaille de bronze qu’il a obtenue en 1839.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. AUDENELLE, à Paris, rue Geoffroy-l’Asnier,
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- Les applications du phénomène de la pression atmosphérique faites d’abord sans le connaître aux pompes à élever l’eau, ne se sont pas généralement étendues à des usages essentiellement différent de celui-là. On peut, en conséquence, attribuer la mérite de l’exécution à celui qui parviendrait à l’utiliser d’une autre manière.
- Telle est la position de M. Audenelle, qui se sert de la pression atmosphérique comme d’un ressort. Il a réalisé cette pensée en partant de ce principe r que si on a fait le vide derrière un piston, il faut employer pour le déplacer un effort constant d’environ i kilog. par chaque centimètre carré de la surface de ce piston.
- Pour composer son ressort, il se sert d’un tube fermé à une de ses extrémités, dans lequel il introduit un piston en cuir embouti dont les lèvres sont tournées du côté de l’ouverture du tube. Le piston étant poussé jusqu’au fond du cylindre, l’air trouve facilement à s’échapper en déprimant le cuir, et le vide se trouve formé. Dès ce moment, la machine est prête à fonctionner, et si elle perdait de son énergie par suite d’une rentrée d’air, il suffirait de ramener le piston au fond du tube, pour le remettre dans son état normal.
- M. Audenelle a exposé un tour dans lequel son ressort remplace, sous un petit volume, la perche ou l’arc, dont les effets sont constamment variables;
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- une scie alternative, qui pourrait être établie sur de grandes dimensions; des ressorts pour les portes d’appartement; un jet d’eau et des seringues.
- Ces objets, aujourd’hui dans le commerce et conséquemment employés d’une manière utile , ne sont cependant qu’une indication des applications nombreuses qu’il se propose de leur donner.
- Le jury, reconnaissant l’utilité de l’appareil simple et ingénieux de M. Àudenelle, lui décerne la médaille de bronze.
- M. MINIER, à Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Minier a exposé une petite machine à raboter à bras, qui se manœuvre par l’inteimédiaire d’un levier et d’une bielle. Bien que cette machine soit applicable à un grand nombre de travaux, la construction en est aussi simple que possible : c’est l’outil du modeste ouvrier, qui peut en l’employant faire, sur une petite échelle, des travaux aussi précis que ceux des grands ateliers; en même temps qu’il lui permet d’économiser à la fois les limes et surtout le temps.
- M. Minier est jugé parle jury digne de recevoir la médaille de bronze.
- M. SIMON, à Paris, rue Neuve Saint-Martin, 18.
- La machine destinée à cambrer les cuirsexposée par M. Simon, atteint le but qu’il s’était proposé, et par suite elle se trouve généralement employée. L’idée qui a présidé à sa composition paraît fort simple au premier aperçu; cependant, en examinant ses détails-, on remarque quelques dis-
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- positions indispensables au succès de l’opération et qui ont probablement exigé des recherches dont on doit tenir compte à son auteur, aussi bien que de la bonne exécution de ce petit appareil.
- Le jury accorde k M. Simon une médaille de bronze.
- M. YACHÉ, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, 285.
- Les machines à fabriquer les clousd’épingles, très-répandues aujourd’hui, ne pouvaient se faire remarquer que par les bons principes sur lesquels elles sont fondées et par leur bonne exécution.
- La machine de M. Vaché laisse quelque chose à désirer, sous le rapport du fini, mais les organes qui la composent remplissent cependant bien leurs fonctions. Le mouton agissant par la détente d’un ressort pour faire la tête du clou , a l’avantage de donner moins d’usure que lorsqu’on fait cette opération par la pression.
- Le jury accorde à M. Vaché une médaille de bronze.
- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- M. ROTTÉE, à Paris, rue Popiucourt, 30.
- M. Rottée, qui s’était fait remarquer j a la dernière exposition, par divers outils bien exécutés, expose cette année une machine à bouter les rubans de cardes, et une machine propre à fabriquer à la fois plusieurs peignes à peigner. Cette petite machine, qui remplit sa destination, est bien exé-
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- cutée et mérite à M. Rottée le rappel de la mention honorable qu’il a reçue en 1889.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. DELAMARCHE de MANNEVILLE, à Honfleur (Calvados).
- M. Delamarclie de Manneville a déjà présenté à la dernière exposition une série de machinespropres à la fabrication des tonneaux. Ces appareils se trouvaient en concurrence avec ceux de M. David , qui paraît avoir traité la question aprèslui et avec les ressources industrielles qu’offre la capitale. M. David fut seul distingué.
- Aujourd’hui M. Delamarche de Manneville se présente encore après avoir perfectionné une de ses machines.
- Tous ces appareils sont faits avec les moyens de la campagne, et laissent beaucoup à désirer sous le rapport de l’exécution pour laquelle on est en droit d’être difficile aujourd’hui, cependant elles remplissent bien les fonctions qu’elles ont à remplir.
- On doit remarquer, qu’à moins de se servir du merrain ordinaire refendu au coutre, on ne peut pas avoir, dans la tonnellerie mécanique, la même confiance que dans celle fabriquée à la main, du moins pour contenir les liquides. Cette considération conduirait à attacher peu d’importance à la machine à débiter le bois qui ne devrait être appliquée qu’autant que les tonneaux sont destinés à contenir des substances sèches; quoi qu’il en soit, pour tenir compte à M. Delamarche de Manneville
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- de ses efforts persévérants, le jury lui décerne la mention honorable.
- M. KURTZ, à Paris, rue des Gravilliers, 11 et 18.
- M. Kurtz a exposé une machine à moirer, et des balanciers ou déeoupoirs. Ces diverses machines ne présentent rien de particulier dans leur composition, elles sont néanmoins en général bien disposées, et leur bonne exécution mérite à leur auteur la mention honorable que le jury lui décerne.
- M. CHARPENTIER, à Paris, rue St.-Jacques, 201.
- M. Charpentier a exposé une petite scie à chantourner, mise en mouvement par une roue de tour. La lame est conduite par un double balancier, qui assure à la fois sa verticalité, et permet de la tendre à volonté. Cette lame passe au travers d’une tablette en fonte susceptible de recevoir toute espèce d’inclinaison, ce qui la rend propre à confectionner les modèles en bois.
- Cette machine peut être séparée facilement de l’établi qui lui sert de support pour être appliquée à un tour ordinaire, qui devient dès lors son moteur. Réduite ainsi, la simplicité de sa construction permetd’en diminuerle prix , de manière à ce qu’il soit à la portée du simple ouvrier.
- D’après ces considérations, le jury accorde à M. Charpentier une mention honorable.
- M. MOLLARD, à Vienne (Isère).
- M. Mollard a exposé une machine au moyen de laquelle ou peut faire des vis en bois, de tout dia-
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- mètre. La grosseur du pas est elle-même en quelque sorte illimitée, puisqu’il suffit d’appliqtiér à la machine un manchon du pas qu’on veut obtenir, tel qu’on les emploie ordinairement, pour fileter au peigne. Cette machine, très simple, peut être établie à peu dé frais, en suivant le mode de eom-4 struetion adopté par M. Mollard; le petit nombre de pièces en métal qu’on y remarque, sont disposées avec intelligence et bien exécutées. M. Mollard est soldat au 12e régiment de chasseurs, il est en conséquence d’autant plus digne d’éloge, que le service militaire ne lui a pas fait perdre le goût du travail.
- D’après ces considérations, le jury lui décerne une mention honorable.
- M. PROST (Jean), à Paris, à l’École-Utilitaire'.
- M. Prost a exposé une machine à tailler les limes, qui paraît remplir le but auquel elle est destinée. On ne pourrait cependant en apprécier le mérite qu’autant qu’on l’aurait fait fonctionner pendant un temps suffisamment prolongé. La machine de M. Prost ne peut d’ailleurs tailler que des limes de petites dimensions.
- Le jury se borne à accorder à M. Prost une mention honorable, tout en donnant des éloges au travail soigné de ce petit appareil.
- M. POGNART, à Chermizy (Aisne).
- M. Pognart s’est proposé d’obtenir directement, par le sciage, des dalles de pierre propres ht former des conduites d’eau. Pour y parvenir, il a monté la
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- scie ordinaire à bras sur une sorte de parallélogramme, qui , tout en lui conservant la faculté de recevoir le mouvement rectiligne alternatif nécessaire à l’opération du sciage, oblige la lame h suivre une surface cylindrique, dont la courbure est variable suivant la profondeur qu’on veut donner à la dalle.
- L’emploi de cette machine, qui peut facilement être mise en mouvement par un moteur mécanique, doit présenter des économies en matière et eu main-d’œuvre.
- Le jury juge son auteur digne de la mention honorable qu’il lui décerne.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. G. CA LLÀUD-BÉLISLE, à Maumont (Charente).
- M. Calîaud-Bélisle a exposé une machine nouvelle pour satiner et éplucher le papier.
- Cette machine étant à peine terminée, lors du concours pour l’exposition , le jury départemental n’a pas pu se prononcer sur les bons effets qu’on doit en attendre. D’ailleurs, quoique bien entendue dans sa composition, l’exécution de cet appareil ne présente rien de remarquable , et il convient d’attendre les résultats d’une expérience suffisamment prolongée pour l’apprécier à sa juste valeur.
- Toutefois le jury, pour tenir compte à M. Cal-Juud-Bélisle des recherches auxquelles il s’est livré, lui décerne, pour cette machine, une citation favorable. Cet industriel a été jugé digne de la plus haute récompense pour sa fabrication de papier.
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- MM. LAUBEREAU et GAULET, à Paris, boulevard du Temple, 50.
- La machine à essorer les tissus, présentée par MM. Laubereau et Gaulet, est construite suivant un principe si simple, qu’il serait fort difficile qu’elle se lit remarquer par son exécution.
- Son mérite ne peut être apprécié que par les industriels qui en font usage.
- Le jury doit, en conséquence, se borner à accorder à MM. Laubereau et Gaulet la citation favorable dont il les juge dignes.
- CITATIONS F AVOUABLES.
- M. PLÀDIS, à Paris, petite rue du Bac, 15.
- Au moyen d’une machine fort simple, et d’un prix peu élevé eu égard aux services qu’elle peut rendre, M. Pladis parvient à cintrer à froid et en employant la force de l’homme , les bandages des roues des plus fortes dimensions.
- Le principe de cette machine n’est pas nouveau, c’est celui des machines à cintrer les tôles des ateliers de chaudronneries; il est d’ailleurs appliqué à l’usage auquel son auteur l’a destiné dans plusieurs ateliers de charronnage.
- Toutefois, la machine de M. Pladis fonctionne bien et donne des produits d’une parfaite régularité ; par ces motifs, le jury décerne à M. Pladis une citation favorable.
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- M. LEBON, à Paris, rue Sainte-Élisabeth, A.
- M. Lebon emploie pour le broyage des cendres d’orfèvrerie, un moulin de son invention , qui consiste en un cylindre en fonte, cannelé intérieurement, dans lequel il laisse rouler librement un autre cylindre d’un plus petit diamètre également cannelé, de manière à former engrenage avec le premier. On voit d’après cela , que sa machine est une modification du moulin à boulets roulants. M. Lebon ne s’est pas borné à présenter à l’exposition l’appareil dont il s’agit, il a donné, au moyen d’un modèle bien exécuté, un spécimen complet d’atelier de lavage de cendres, semblable à celui qu’il possède à Paris.
- Le jury lui décerne une citation favorable.
- M. DERAYE, à Paris, rue Corbeau, 12 ter.
- M. Deraye a exposé une machine à vernir à la fois plusieurs boutons en cuir et en carton. L’appareil est double, de manière à laisser sécher une série de boutons , tandis qu’il opère sur l’autre, au moyen de pinceaux montés sur un armature mobile disposée de manière à puiser le vernis dans l’auge qui le contient, et k le reporter sur chacun des boutons auxquels on imprime un mouvement de rotation.
- Le jury juge M. Deraye digne d’une citation favorable.
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- Machine à faire les briques, tuiles, carreaux , etc.
- Considérations générales.
- La facilité avec laquelle on peut donner, au moyen .d’un moule, à une matière plastique comme l’argile , toutes les formes qu’on désire, a séduit plus d’un inventeur, aussi a-t-on vu paraître, clans presque tous les pays, des machines à mouler.des briques, tuiles, carreaux, etc. Ces machines ont presque toutes été successivemen t abandonnées ; il n’est peut-être pas surperflu d’en faire connaître les motifs.
- Les argiles ont, en général, beaucoup d’affinité pour l’eau, il en résulte qu’il suffira souvent d’une légère humidité pour que la terre s’attache aux parois du moule, l’opération ne peut plus alors se faire nettement et sans interruption, il n’en faut pas davantage pour déranger toutes les prévisions de l’inventeur et modifier les calculs qu’il a faits sur les produits de sa machine.
- Cet inconvénient se présente même avec des terres légèrement humectées et telles qu’elles sortent delà carrière ; d’un autre côté, les moulages obtenus de cette manière , auront bien l’avantage d’exiger peu de place et moins de temps pour opérer la dessiccation indispensable avant la cuisson, mais aussi pour arriver à former une masse compacte aussi solide que celle qu’on a
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- préalablement gâchée , il faudra employer de la force qui coûte plus ou moins cher, tandis, que le rapprochement des molécules qui a lieu par la dessiccation à l’air ne coûte rien. Le moulage mécanique ne présentera donc pas toujours les avantages qu’on s’était promis. - Il est prudent de le réserver pour le cas où il est nécessaire d’avoir des matériaux ayant des formes très-régulières et principalement pour remplacer l’opération du rebattage, afin d’avoir des produits de qualité supérieure ; dans ce cas particulier, l’emploi des
- machines peut présenter des avantages, parce
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- qu’un moulage plus soigné donnera moins de déchet a la cuisson, mais on s’abuserait peut-être en comptant trop facilement sur l’économie du. moulage mécanique, car la diminution de dépense ne portera que sur un des éléments de la
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- fabrication. Il faudra, dans tous les cas, tenir compte de la valeur de la terre, de son extraction, de sa préparation, des divers transports et surtout de la cuisson.
- Enfin, lorsqu’on voudra employer les. moyens mécaniques pour le moulage des briques, tuiles ou carreaux, il ne faudra pas oublier de tenir compte de la valeur des machinés et de Timpor-
- j * ; * ' ’ *•- 1 t * , .
- tance des réparations qu’elles nécessitent. Ainsi, .
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- à moins qu’on n’ait,en vpe ;d’augmenter la qualité.
- ou la régularité des produits, ,on ne.devra re-
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- courir aux machines qu’avec une extrême réserve. On peut toutefois les employer avantageusement pour remplacer le rebattage, et dans tous les cas, on devra donner la préférence à la machine la plus simple.
- MENTION HONORABLE.
- M. ÀPPÀRUTI, à Pouilly-sur-Saône (Côte-d’Or).
- M. Apparuti a présenté à l’exposition une machine fort simple, destinée au moulage des tuiles et des carreaux; elle se compose d’un chariot portant un moule en fer et d’un cylindre en bois servant à égaliser la surface de l’objet qu’on moule.
- Après avoir placé l’argile déjà moulée grossièrement au moyen d’une première machine établie sur le même principe, dans le moule en fer fixé à charnière sur le chariot, on pousse ce chariot sous le cylindre, on renverse ensuite le moule et la pièce à charnière, qui lui sert de fond, sur une tablette en tôle placée sur le côté; on relève ensuite le moule, et la tuile'se trouve seule sur la tablette qui sert h la porter au séchoir au moyen d’un manche, qu’on peut placer ou enlever à volonté. Pour éviter l’adhérence aux pdrois, M. Apparuti a eu l’idée de garnir d’une étoffe de laine le fond du moule et la surface du cylindre presseur.
- Le moulage des carreaux s’opère h peu près de la îitéme manière, seulement on rie renverse plus le moule, au fond duquel on a placé une platine destinée à trànspoiTér lé éarreati ; mais ofi se borne à
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- t’abaisser au-dessous du support de la platine, de manière à pouvoir la saisir avec le manche.
- Cette machine très-simple ne coûte que 3oo fr. Il résulte d’un certificat dressé par le jury départemental, qu’elle fonctionne depuis plusieurs années. Malgré qu’ëlle ne soit pas destinée à donner des produits d’une qualité supérieure, le jury pense que cette machine peut être employée avantageusement dans beaucoup de localités, et parce motif, il juge que M. Àpparuti est digne d’une mention honorable.
- Dessins industriels.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. ARMENGAUD aîné, professeur de dessin industriel au Conservatoire royal des Arts et Métiers, à Paris, rue du Pont-Louis-Philippe. 13.
- M. Armengand aîné a exposé des dessins de moulins à blé et de machines. On doit des éloges, non-seulement à son talent, comme dessinateur , mais encore au soin consciencieux qu’il apporte dans l’exécution de son intéressant recueil intitulé : Publication industrielle des machines-outils et appareils les plus perfectionnés et les pins récents, employés dans les différentes branches de h industrie française et étrangère.
- Le jury juge M. Armengand aîné de plus en plus digne de la médaille de bronze qui lui a été décernée en 1809, et lui .en vote le rappel avec satisfaction.
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- M. LEBLANC ( Adolphe ), professeur de dessin industriel, à Paris, rue SainLMartin, 285.
- M. Adolphe Leblanc a exposé des dessins de bateaux à vapeur et de diverses autres machines. Cet habile dessinateur s’occupe spécialement des dessins et gravures du Bulletin de la société d’encouragement : le soin et le talent qu’il apporte dans ses travaux l’ont fait choisir pour exécuter les tableaux industriels exposés dans les galeries du Conservatoire des arts et métiers.
- Le jury accorde à M. Adolphe Leblanc le rappel de la médaille de bronze qu’il a obtenue en 1839 , et dont il le reconnaît toujours très-digne.
- M. TRONQUOY, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, 108. >
- M. Tronquoy a exposé des dessins de machines, et continue à mériter la médaille de bronze qu’il a obtenue en 1809 ; le jury s’empresse de lui en voter le rappel.
- § 4. MÉCANISMES DIVERS.
- M. Amédée-Durand, rapporteur.
- i. Outils pour beaux-arts.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. RENARD, à Paris, rue des Gravilliers, 28.
- M. Renard qui avait été honoré, en 1889, d’une médaille de bronze pour les excellents outils dont
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- il ('tait en possession de fournir les graveurs en taille-douce a, depuis cette époque , donné un grand développement à sa fabrication. L’essor qu’ont pris chez nous la gravure en coquilles, ainsi que la gravure sur bois, a donné lieu à une grande consommation d’oulils,et à la création de nouveaux moyens d’exécution. M. Renard a pris une grande part à tous ces travaux par l’invention d’instruments variés répondant aux conditions posées par les artistes. Les progrès qu’a faits chez nous le genre de gravure, dit manière noire, et qui est aujourd’hui modifié de tant de manières, attestent la valeur des procédés nouvellement inventés. C’est une chose bien digne d’intérêt que l’esprit de méthode qui a pénétré dans des travaux qui ne semblaient devoir dépendre à toujours que de l’inspiration de l’artiste. Si nombreux , si variés que soient les effets que présente la gravure en manière noire, ils sont tous réunis et classés par numéros sur un tableau qu’a dressé M. Renard, et qui contient environ une centaine de teintes ou travaux différents. Par suite de cette disposition, le graveur n’a qu’à consulter ce tableau, choisir le genre d’effet qui lui convient, et à telle distance qu’il se trouve de Paris, il le désigne par son numéro d’ordre et reçoit, sans possibilité d’erreur, l’outil qui produit le travail désiré. C’est par des moyens aussi bien raisonnés, que M. Renard est parvenu à exporter de ses outils, en Hollande, en Prusse, en Angleterre et en Italie. Les succès qu'il a obtenus dans une industrie dont il a fait en partie une création, lui méritent la médaille d’argent que le jury se plaît à lui décerner.
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. NUMALOUVET, à Paris, rue Jean-Jacques-Rousseau, 18.
- Lés outils exposes par M. Nu ma Louvet con-siâtënt dans des séries de poinçons à l’usage des graveurs de cachets. Ces poinçons reproduisent séparément tous les éléments des objets qui se représentent habituellement dans ces sortes de travaux. Ce sont des feuilles de plantes, des pétales de fleurs , des parties d’armoiries , exécutées dans toutes les dimensions, et arrivant à Une exiguïté microscopique. Ces poinçons très-finement gravés par lès mains de M. Nutna Louvet, composent un outillage qui est exploité au profit de l’art du graveur de cachets, art qui est exercé à Paris de manière à jouir d’une utile réputation auprès des étrangers.
- Le jury accorde à M. Numa Louvet une médaille de bronze.
- IL Machines à refendre les cuirs' et les draps feutres. MÉDAILLE D’ARGENT.
- M, DUPORT, à Paris, rue des Francs-Bourgeois Saint-Marcel, 14.
- M. Duport a exposé les produits de deux machines, l’une à refendre les cuirs> l’autre à refendre les draps feutres. Bién qn’à la pensée ces deux opérations se présentent comme semblables ou au moins analogues, elles résultent néanmoins, de deux
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- machines complètement étrangères l’une à l’autre. Ce sont donc deux conceptions distinctes ne s’empruntant réciproquement rien, dont il, s’agit de rendre compte.
- Nous commencerons par le drap feutre. Ce produit récent existe dans des conditions d’épaisseur telles qu’on a cru devoir les réduire. Ce qu’on n’a pu obtenir de la fabrication, on l’a demandé à un refendage subséquent 5 mais cette opération présentait une difficulté grave. La laine se coupe, mais use avec une grande rapidité, le tranchant qu’on y applique. Il fallait donc, avant tout, s’assumer les moyens de conserver toujours au tranchant sa même vivacité, et c’est là une des pensées fondamentales de la machine de i\I. Duport. Un moyen de réparation d’affûtage continuel de la lame ne peut être appliqué que sur la partie de cette lame qui n’est pas engagée dans la matière. De là la nécessité d’une lame rectiligne qui ait une longueur double de la plus grande largeur d’étoffe qui puisse être soumise à son action. D’où suit pour ce cas qu’il n’37 a pas un point de cette lame qui ne puisse être affûté , puisque successivement chacune de ses deux moitiés se (trouve entièrement dégagée du feutre. Une autre condition à remplir encore était que la lame n’éptouvât pas plus d’usure dans une place que dans une autre, quelqùe étroite que fût l’étoffe à laquelle on l’appliquait. M. Duport a résolu toutes ces difficultés dedu manière la plus complète, par ledéplacemen t progressi t et alternatif de la lame, dans le sens de sa longueur.
- Il est facile de comprendre que le feutre est pressé
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- cn:re deux cylindres qui ie poussent verticalement contre la lame, qui elle-même occupe un plan vertical passant par le milieu de l’intervalle qui sépare ces cylindres. C’est donc sur une matière pressée, compacte, résistante que le tranchant agit; ses mouvements sont alternatifs; leur amplitude est de ora,25 environ, avec une excursion de o”,o5 à chaque oscillation, cle telle sorte queces excursions s’additionnant usqu a ce que la lame ait entièrement dégagé au moins l’une de ses moitiés de l’étoffe; cette moitié reste constamment soumise à l’action réparatrice de l’affûtage. On voit donc, sans qu’il soit besoin de pousser plus loin cette description , que la machine à refendre les feutres de M. Duport est la réalisation d’idées bien nettes et bien conçues.
- L’inspection de la machine révèle les mêmes qualités dans son exécution , et s’il faut ne rien omettre d’important, il reste à dire que même dans le mode d’affûtage adopté par l’auteur, on retrouve ces prévisions qui embrassent toutes les phases d’une opération et ne laissent aucune difficulté sans solution. Quant aux produits, ils ont été l’objet d’une attention et cl’une surprise générale. La surface du feutre scié est parfaitement unie; et présentant des tronçons de laine tranchée, offre des facilités toutes particulières pour l’impression en couleur.
- Dans la machine à refendre le feutre, on a vu la section de la matière opérée par une lame rectiligne; dans la machine à cuir, c’est une fraise à mouvement circulaire continu qui la produit. Dans la première, le feutre est amené sous forme de plan
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- au tranchant. Dans la seconde, le cuir est uniformément scié malgré les inégalités de son épaisseur et les ondulations de sa surface. Ainsi ces machines n’ont de ressemblance que par l’idée générale de l’entretien indéfini des tranchants par un affûtage dépendant de leur action même , mais différent pour chaque machine. S’il faut par quelques mots faire l’appréciation de cette machine, on doit dire que peu de problèmes mécaniques ont présenté autant de difficultés à résoudre. Peu de matières aussi irrégulières par leur essence, parleur forme ou leurs résistances, ont été soumises à l’action régulière de la mécanique, et l’ont été sans préparation d’aucune nature particulière. Le succès d’une pareille entreprise reste toujours un sujet d’étonnement.
- Quand on examine les produis, on y retrouve les • traces de l’action circulaire qui a opéré leur division. On y voit clairement que cette action a été promenée successivement et par bandes rectilignes dans l’épaisseur du cuir. Au toucher, on ne s’aperçoit pas qu’il y ait de différences d’épaisseur dans la peau enlevée par ces passages successifs de l’organe tranchant. Le résultat est d’une part, pour le côté de la fleur, un cuir uniforme d’épaisseur, et du côté de la chair, un cuir dépourvu de fleur et renfermant à lui seul toutes les inégalités qu’avait la peau avant l’opération.
- Par l’invention de la machine à refendre le feutre, M. Duport a créé une industrie nouvelle et rendu à la consommation des produits qui, nouveaux eux-mêmes, ne présentaient jusqu’à présent sans cette
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- ressource qu’une utilité fort restreinte. Sa machine à refendre les cuirs n’a pas créé d’industrie nouvelle; mais elle offre un nouveau moyen d’obtenir un résultat déjà connu et justement apprécié.
- En outre, le souvenir de l’un des services les plus remarquables que l’industrie ait rendus aux classes peu fortunées s’attache au nom de M. Duport. C’est lui qui, il y a vingt-cinq ans, perfectionna et fit adopter les socques articulés, quraujourd’hui constituent cette chaussure saine, commode et économique, dont l’usage est devenu populaire.
- Le jury regrette que les deux machines pour lesquelles le nom de M. Duport figure ;sur la liste des exposants n’aient pas encore reçu une longue application ; mais justement 'eutpressé dé récompenser les efforts heureux et les succès industriels obtenus par leur auteur, il lui décerne la médaille d’argent.
- III. Machines-outils.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D ARGEAÏ.
- M. LENSEIGNE, à Paris, rue Saint-Guillaume en l’ile, 5.
- Cet exposant, qui a reçu à la dernière exposition une médaille d’argent, n’ayant fait, à peu de chose près, que reproduire ce qu’il avait précédemment offert aux regards du public, le jury lui accorde un rappel de l’ancienne médaille obtenue.
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- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. WALDECK, à Paris, rue des Tournelles, 54,
- A exposé un. outil qui prérente un exemple des vicissitudes qu’offrent les luttes que semblent se livrer les perfectionnements. De nombreuses tentatives avaient été faites pour améliorer les filières il faire les pas de vis sur les tiges métalliques , et M. Waldeck s’ëtait distingué, depuis plusieurs années, par des résultats d’un mérite incontestable. Cependant des machines-outils d’une assez grande valeur s’étaient établis comme solution finale du problème qui consistait à couper entièrement la matière à enlever, sans la refouler en aucun point, à n’emplover que la force strictement nécessaire pour couper cette matière et à ne donner que des pas de vis identiques entre eux, d’après leur classement. Les grandes machines, dites machines à fileter, semblaient donc devoir rester seules en possession de donner ce résultat, quand M. Waldeck revenant de nouveau à la charge, a exposé une filière qui a fourni ses expériences et offre la solution la plus simple'et la plus économique de toutes.
- Suivant cette nouvelle combinaison., les coussinets dé l’ancienne filière ne servent plus que de guides, et l’enlèvement de la matière est effectué par un peigne pivotant sur un.axe implanté dans l’un des coussinets. Le mouvement du peigne autour de cet axe est .peu considérable, et il produit cet effet; Suivant que la filière avance ou recule., c’est toujours une arête ou tranchant que ce peigne oppose à la matière. Toutefois il faut faire observer que
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- sans un certain jeu ménagé dans l'articulation du peigne, son mouvement, quelque petit qu’il fût, aurait pour effet de l’empêcher de s’accorder exactement avec les filets des coussinets conducteurs.
- M.Waldeck a exposé, comme complément de son invention, des tarauds qui, au moyen de tranchants qui peuvent être avancés progressivement, coupent également bien la matière pour former les écrous.
- De l’ensemble de ces perfectionnements, il résulte une économie considérable dans la construction des filières, une amélioration évidente dans la qualité des produits, et une économie de temps jui est d’environ moitié sur les anciens procédés.
- L’ensemble et les détails des filières exposées par M. Waldeck sont également bien étudiées et méritent les éloges du jury qui se plaît à lui décerner la médaille d’argent.
- NOUVELLES MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. FAN-ZVOLL, à Paris, rue des Marais-du-Temple, 42.
- Une médaille de bronze avait été décernée à M. Fan-Zvoll pour les moulures en bois les mieux exécutées qui aient paru à l’exposition de i83q. Depuis cette époque , un incendie a dévoré le bel établissement qu’il avait monté et qu’animait un moteur k vapeur de la force de vingt chevaux. La machine qu’expose aujourd’hui M. Fan-Zvoll est la reproduction, avec perfectionnement, de l’une de celles qu’il avait construites et qui donnaient les beaux produits qui viennent d'être rappelés. Le
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- jury a remarqué la sagesse qui a porté l’habile industriel à recourir au mode d’action le plus éprouvé par l’expérience. L’élément tranchant de son mécanisme est le rabot, découpé suivant le besoin, dans toutes les formes des bouvets. Cet instrument est toujours dirigé dans un meme plan ; le bois est élevé au moyen de coins solidaires entre eux et qui reçoivent leur mouvement de chacune des excursions de l’outil. L’opération s’exécute avec tant de précision, que généralement les copeaux s’enlèvent sans discontinuité sur des pièces de bois qui n’ont pas moins de six mètres de longueur.
- Le jury non-seulement a vu avec un intérêt particulier la machine à raboter de M. Fan-Zvoîi, si sagement et si heureusement conçue dans toutes ses parties, mais encore il se plaît à témoigner sa satisfaction en décernant à cet industriel si recommandable, une nouvelle médaille de bronze.
- M. CONTÀMIN, à Paris, rue Salle-au-Comte, 14.
- Dans la construction d’un simple tabouret de piano, M. Contamin a su montrer sa capacité comme mécanicien, capacité, du reste, déjà bien manifestée en 1839 par 4a construction d’un très-bon tour à portrait perfectionné et qui lui valut une médaille de bronze. Le tabouret de M. Contamin , quoique composé de bronze, fonte et fer, est d’une légèreté apparente et réelle ; il jouit de la propriété de s’élever spontanément lorsqu’une sorte de dent de rochet cesse de le fixer ; il descend à volonté, et avec rapidité; sans pivoter sur lui-même, on le fait mouvoir tout en étant assis dessus. A ces faci-
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- lités, il joint un avantage important; c’est celui.de porter une échelle graduée et numérotée au moyen de laquelle un maître peut déterminer avec précision l’emploi le plus convenable de ce tabouret par rapport aux habitudes, à donner à l’élève.
- Avec ce tabouret, M. Contamin a exposé un pupitre à musique également en métal et très-léger. Quoique porté sur trois points pour sa fixité, ce pupitre a la même stabilité que si sa base était circulaire, un tourne-feuillet y est joint, qui est d?une construction légère et d’un effet infaillible. Le jury, reconnaissant dans ces deux meubles l’emploi -d’une intelligence mécanique remarquable, et appréciant les bons services qu’ils ont déjà rendus, décerne à M. Contamin une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. BUISSON, à Tullius (Isère).
- Une presse à huile a été exposée par M. Buisson etpromptement remarquée du public attentif. Voici en quoi elle consiste, et les avantages qu’elle offre. ÇJne vis verticale y opère la pression, un levier monté à rochet met cette vis en jeu. La pâte de graines oléagineuses est reçue dans un récipient cylindrique en métal faisant partie de la presse : ce récipient supprime l’emploi des sacs de crin, d’abord cause de. dépense, ensuite de déficit, dans le produit. Ce plateau supérieur est percé dé petits trous, de manière à permettre que, pendant la p.re,ssionu,ne partie du liquide exsude en dessus et trouve un
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- écoulement, tandis que l’autre par lie passe en dessous a travers une sorte de crible d’une résistance appropriée. Quand la vis remonte, le fond du récipient s’élève et présente à la main un tourteau solidifié. Pendant fopération , un courant d’air chaud emprunté au fourneau qui chauffe la pâle, circule autour du récipient pour la maintenir constamment à une température convenable.
- Tel est l’ensenible de cette presse peu volumineuse et puissante, et dont toutes les parties sont étudiées avec une entente mécanique qui fait honneur à M. Buisson.
- Le jury se plaît à lui témoigner sa satisfaction en lui décernant une médaille de bronze.
- M. ARMAND-CLERC, à Paris, rue du Buisson-Saint-Louis, 16.
- La série d’objets exposés par M. Armand Clerc estnombreuse et de nature très-variée; cela s’explique parla louable entreprise qu’a formée ce mécanicien que recommandent beaucoup de travaux antérieurs. De jeunes orphelins réunis par ses soins: sont instruits dans, la construction des outils nécessaires à l'horlogerie : leurs premiers essais se font sur des objets d’un ordre inférieur, telsqu’ustensiles de ménage remarquablement perfectionnés; par leur intelligent directeur, ét ce n’est que graduellement et soutenus par une instruction théorique, qu’ils arrivent à produire des instruments tels que ceux qui ont été remarqués du public. Cette exposition se composait de tours simples et à guillocher,! de tours à l’archet, d’une machine h fendre et de beaucoup
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- d’autres outils devenus, dans les mains de M. Armand Clerc, l’objet de perfectionnements particuliers.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. ADAM ( Eugène), à Colmar (Haut-Rhin).
- Sous le nom de coupe-lanière , M. Eugène Adam a exposé un outil parfaitement bien exécuté, et dont l’objet est de convertir en lacet de cuir tout déchet de cette matière , pourvu qu’il ait des dimensions suffisantes pour qu’on puisse le convertir en un disque du diamètre d’une pièce de cinq francs. Sur un point quelconque de la circonférence de ce disque, on commence à tailler un bout du lacet à produire, et d’une longueur de deux centimètres. Le trou formé inévitablement au centre du disque, par la pointe du compas, est utilisé; il reçoit une petite broche appartenant à l’outil. Cette broche peut se mouvoir du centre à la circonférence, guidée par une double rainure. Pour opérer, il suffit d’engager le disque dans l’outil en plaçant l’amorce du lacet en dehors d’un petit tranchant qui permet d’en régler la largeur; cela fait, on saisit cette amorce avec les doigts, on tire, et le lacet se trouve découpé avec toute la promptitude que l’on peut mettre à étendre le bras.
- On pourrait objecter que les lacets obtenus ainsi en décrivant une spirale, et redressés pour l’usage à en faire, présentent moins de résistance que ceux qui seraient coupés en ligne droite. Mais comme le cuir a des qualités très-différentes clans son étendue, la rectitude du lacet ne serait pas une garantie complète de sa résistance; et les lacets dé-
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- coupés par le procédé de M. Adam qui peuvent utiliser des déchets petits, mais de bonne qualité, offrent un moyen assuré de compensation. Le jury récompense l’esprit d’invention, la bonne entente des détails et la bonne exécution qui distingue le coupe-lanières, en décernant à son auteur la médaille de bronze.
- M. BRITZ , à Paris, rue Pierre-Levée, 10.
- M. Britz a exposé un tour dans lequel il a développé toute la richesse d’une exécution qui ne s’arrête devant aucune dépense; toutefois, ce tour nVst pas un specimen de sa fabrication habituelle, qui est sage et conduite uniquement dans un but d’utilité. M. Britz est un habile constructeur qui rend à l’industrie des services, suffisamment attestés par le chiffre important de ses ventes; le nombre des tours qu’il livre aux ateliers , car c’est pour eux surtout qu’il travaille, ne s’élève pas à moins de 4oo par année.
- Le jury se plaît à reconnaître le mérite de cette fabrication en accordant à M. Britz la médaille de bronze.
- M. GENESTE, à Paris, rue Amelot, 52.
- La presse exposée par M. Geneste est destinée à produire les effets énergiques sans lesquels le gaufrage qu’elle imprime au papier ne pourrait être obtenu ; de plus, elle est parfaitement combinée pour faciliter la rapidité du travail ; ainsi elle est composée d’un bâti robuste, et limitant l’espace dans lequel doit s’opérer la pression. Ce bâti se compose donc n. 20
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- de deux plateaux reliés par quatre colonnes verticales; le tout étant fondu d’une seule pièce et permettant la facile introduction du papier. La pression est donnée par le jeu d’une bielle que fait mouvoir le coude d’un arbre auquel est transmise l’action d’un moteur quelconque. Il résulte du jeu de celte presse, que six feuilles de papier h lettre sont à la fois festonnées et gaufrées sur tous les bords, et qu’elles reçoivent en même temps telle impression en timbre sec qu’on juge à propos de leur donner.
- Cette presse constitue un outil puissant bien conçu , bien étudié et bien exécuté. Le jury récompense ces mérites en accordant à M. Geueste lu médaille de bronze.
- M. GUENIN, à La Chapelle-Saint-Denis, rue Doudeauville, 4.
- La machine à pastilles exposée par M. Guenin a cté vueavecintérôtparle jury qui a reconnu,dans les dispositions adoptées par fauteur, une intelligence remarquable des combinaisons mécaniques. Par l’emploi de cette jolie machine, le sirop contenu dans une bassine pouvant basculer, est versé et en même temps distribué en pastilles qui se lixent surdos feuilles de fer-blanc. Refroidies promptement par leur contact avec le métal auquel elles adhèrent, ces pastilles von tse ranger ensuite par étages dans une boîte placée à l’extrémité de l’appareil. La simple application d’une force légère à une manivelle produit tous ces effets.
- Le jury décerne à M. Guenin une médaille de Di'Onze. ,
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- MM. LOTION (Michel et Joseph) frères, à la Pioche lie (Charente-Inférieure).
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- les va nielles des écluses et à remplacer les crics k triple engrenage aujourd’hui en usage, est un re-r tour bien entendu à l’emploi des leviers pour tous les cas où la place facilite leur emploi, et où un effort considérable ne doit être produit que pendant peu de temps. C’est le principe sur lequel sont construits les guindeaux des navires, et eh faveurdes-quels l’expérience a prononcé. Le cric de MM. Cot-Sou frères est encore intéressant par sa construction qui est des plus robustes et se fait remarquer par une pièce de forge d’une difficulté réelle, et qui concourt à l’ellicacité de l’appareil en le fixant solidement sur la traverse de la porte de l’écluse.
- MM.Cotton frèresontégalement exposé une louve d’une disposition nouvelle, ctqui n’a besoin pour se fixer à une pierre, que d’un seul trou cylindrique percé sur l’une de ses faces verticales; une longue expérience a prononcé sur les avantages. de cette louve, puisque le jury départemental de laCharente-inf< rieure atteste que 3o,ooo blocs de pierre ont été placés par son emploi dans les travaux du port de La hoche! le.. .
- Le jury s’empresse cle décerner à MM. Cotton h ères une médaille de bronze.
- VL COSNUA.U, à Paris, passage Basfour, 12.
- One citation favorable avait été accordée, en f bik), aux mécanismes appartenant aux besoins culinaires, et exposés par M. Gosnuau. Le même fa-
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- bricant représente aujourd’hui des appareils de même genre, mais il y a joint, ce qui est bien plus digne de remarque , un système de machines au moyen duquel , du fil de laiton placé sur des dévidoirs, en est graduellement enlevé et converti en agrafes à l’usage des vêtements des femmes. Ces produits sont d’une bonne forme, l’exécution en est facile, et le jury se plaît à témoigner sa satisfaction à M. Cosnuau, en lui décernant une médaille de bronze.
- M. LEMARCIIAND, à Paris, rue des Gravilliers, 29.
- L’atelier destiné originairement à la fabrication des tours,cpi’a fondé M. Lemarcband, a pris chaque année de nouveaux développements. Les produits qui en sont sortis et qu’on a vus à l’exposition, justifient entièrement ces succès par leur bonne et franche exécution.
- M. Lemarcband a bien mérité de l’industrie et surtout des petits ateliers auxquels il fournit un grand nombre de pièces détachées, d’une bonne exécution.
- Le jury accorde à M. Lemarcband la médaille de bronze, comme juste récompense de ses travaux.
- MM. HAMANN et HEMPEL, à Paris, place Dauphine , 11.
- Ces deux mécaniciens, déjà connus avantageusement par la fabrication d’instruments de précision, ont exposé un tour en l’air à contrepointe. Cet instrument, qui a été très-remarqué,contient beau-
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- coup de dispositions nouvelles , qui attestent une intelligence étendue des principes sur lesquels repose sa construction. On y trouve des facilités particulières pour toutes les opérations qu’il comporte. Les démontages des poupées et des supports sont indépendants les uns des autres. La poulie de l’arbre reste dans un même plan avec la roue motrice , tandis que cet arbre peut se mouvoir dans le sens de son axe en conservant son mouvement de rotation suivant le procédé ordinaire. La roue motrice elle-même, qui reçoit son action d’une pédale, a été l’objet de combinaisons nouvelles et bien entendues. Dans presque tous les détails de ce tour, on retrouve la révélation d’études approfondies et d’un esprit d’invention remarquable.
- Le jury s’empresse d’accorder à MM. liamann et Jlempel une médaille de bronze.
- M. GOUET, aux Thermes (Seine).
- M. Gouet, qui s’est occupé constamment et avec succès de l’étude des outils, a exposé un découpoir mû k bras. Cet outil est destiné aux petits ateliers. Sa disposition est telle cju’il peut même se passer de pied et être fixé dans un étau.
- Quant à la transmission de la force, elle a lieu au moyen d’un levier agissant sur un excentrique d’une construction simple et originale; il consiste dans deux axes dont l’un est intérieur à l’autre. L’axe extérieur est en fonte de fer, Taxe intérieur en acier, et c’est celui-ci qui, excentré, agit sur la tête de la petite bielle qui fait jouer la glissière.
- Le jury est heureux de trouver l’occasion de
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- mentionner M. Gouet comme ayant rendu déjà des services à l’industrie; en même temps qu’il le récompense pour une production actuelle, d’un mérite remarquable.
- Le jury accorde à M. Gouet une médaille île bronze.
- MENTION POUR ORDRE.
- M. BOUCHON, à Paris, place Neuve-de-la-Alade-leine, 12.
- Les moulins à blé qu’a exposés M. Bouchon , sont portatifs et construits eu vue des besoins d’une armée en campagne. Les meules sont eu pierre et du diamètre de ow,2 2 ; leur épaisseur, 2 à 3 centimètres, est la moindre qui se puisse employer utilement. La meule supérieure est fixe, l’inférieure tourne avec une vitesse de 120 tours par minute; le blé est mesuré à son introduction , en même temps qu’il est concassé par un système de noix cannelées semblables à celles des moulins à cafi Si ce moulin, qui est assujetti à des conditions très-particulières, en raison de la mobilité dont il doit jouir, sort pour beaucoup de choses des données ordinaires de la mécanique, il a le grand mérite d’être approprié à sa destination et d’avoir été l’objet de commandes importantes et réitérées, faites pour le service de la guerre.
- C’est à l’article clés meules à moulins ( Vov. 1" vol.,p. 597) que se retrouve l’exposition de titres plus importants que M. Bouchon a su se créer pour obtenir les récompenses du jury.
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- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- M. JULLIEN, à Paris, rue Saint-Denis, 217.
- . Successeur de M. Coullier qui, en i83q, avait été récompensé par une mention honorable, M. Juljien continue la fabrication des petits appareils propres à la confection des ferrets qui se mettent au bout des lacets. Cette collection de petits outils heureusement groupés sur un même socle a apporté une grande facilité dans le débit que? font les merciers, des lacets qui se ferrent h la demande de l'acheteur.
- Le jury rappelle en faveur de M. Jullien la mention honorable qu’avait obtenue M. Coullier, son. prédécesseur.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. BOLLÉ, jàParis, rue Saint-Martin, 10.
- Les tourne-broehes à ressort de M. Bollé sont d’une bonne exécution; mais ce qui a été particulièrement remarqué est une jolie presse à façonner les ferrets des lacets. Par l’emploi de cet instrument parfaitement approprié h ses fonctions et aux mains de femmes qui doivent l’employer, un morceau de clinquant de cuivre est coupé, ployé, comprimé et fraisé avec la plus grande facilité. C’est un outil bien conçu et bien exécuté que le jury se plaît à mentionner d’une manière honorable.
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- M. BITTERLIN, à Paris, boulevard Poissonnière, 14.
- L’instrument qu’a exposé M. Bitterîin a pour objet de fournir un moyen, indépendant de l’adresse de la main, pour couper les verres épais, non-seulement suivant des lignes droites, mais aussi suivant des courbes, en se servant de rayons de dimension illimitée.
- Cet instrument d’une très-bonne exécution est jugé digne d’une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. DELAHAYE, à Paris, rue Chapon, 20.
- Les outils que construit M. Delahaye pour les orfèvres et bijoutiers, sont d’une bonne exécution. On a distingué ses laminoirs dits débitants ainsi que ses molettes gravées. Le jury se plaît à reconnaître dansM. Delahaye un fabricant habile, et décideque ses travaux seront cités favorablement.
- M. CHÉRET, à Paris, rue de Montmorency, 26.
- Les filières de M. Chéret sont très-bien exécutées ; elles portent trois coussinets de petite largeur et bien évidés au milieu. Leur pénétration dans le métal est facile, et elles offrent des espaces convenables pour que les copeaux trouvent à se loger. Ces outils méritent d’être cités favorablement.
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- IV. Mécanismes divers relatifs aux habitations.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. MELZESSARD, à Paris, rue Ménilmontant,
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- Cet exposant qui, en i83c), avait vu ses travaux honorés par une médaille de bronze, reproduit aujourd’hui ses fermetures de boutiques et de magasins avec des perfectionnements remarquables, et il y ajoute de nouvelles inventions également dignes d’attention. Aujourd’hui ses volets, soit en fer, soit en bois, se relèvent et se développent avec plus de facilité ; il en a combiné d’autres qui ont pour objet de clore, pendant la nuit, les plafonds vitrés existant maintenant dans beaucoup de magasins. Des combinaisons ingénieuses mettent le propriétaire à l’abri des tentatives dangereuses qui pourraient venir de son intérieur; enfin, comme pour compléter un système de ferrures qui embrasse presque tous les besoins des magasins de vente, M. Melzessard a imaginé un système de supports pour les bannes: il exclut les arcs-boutants, qui sont un si grand sujet de gêne pour la circulation dans les rues. Ce genre de supports est à tirage, dans le genre dès corps de lunette, mais avec des dispositions particulières et indispensables, qui révèlent une intelligence remarquable de ces sortes de travaux.
- Le jury accorde avec satisfaction une nouvelle médaille de bronze à M. Melzessard.
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. HAYÉ , à Paris. rue Neuve-Saint-Paul, 10.
- Le mécanisme au moyen duquel on peut sans sortir d’un appartement, sans ouvrir de fenêtre, en fermer les persiennes, a généralement attiré l’attention du public. M. Havé obtient ce résultat, d’une grande commodité, par des moyens simples et bien combinés. Pour établir une communication de l’intérieur à l’extérieur, il faut au moins une tige, et cette tige est tout simplement celle qui supporte la patère sur laquelle se relève le rideau. La patère par son large diamètre offre un bras de levier suffi-saut pour que la tige, devenue un,moyen de transmission de mouvement, fasse mouvoir par l’intermédiaire de deux roues d’angle, la persienne qui au moyen d’un temps perdu, fort bien combiné, est en même temps décrochée. Les avantages que présente ce mécanisme sont évidents , et ils seront d’autant plus facilement recueillis que le vent gênera moins l’opération.
- Le jury, appréciant l’étude intelligente qui se remarque dans toutes les parties de ce mécanisme, et futilité réelle qui en résulte, accorde à M. Havé une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. JARDIN (Gharles-Samson), à Quimper (Finistère).
- M. Jardin, chargéj comme architecte, de rendre
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- complète la clôture des fenêtres battues par la pluie et les vents de nier, a employé avec un plein succès, ainsi que l’attestent des certificats officiels, un moyen qui consiste à rendre mobile la traverse inférieure, du dormant de chaque fenêtre, et à faire que cette traverse s’élève par faction même qui ferme la fenêtre. Celte traverse porte une languette qui pénètre dans une rainure pratiquée à la partie inférieure des châssis vitrés. Le mouvement éléva-toire est produit par la crémone qui, en descendant, met enjeu deux leviers ; ceux-ci élèvent horizontalement la traverse inférieure du bâti. Cette disposition a eu un bon résultat, et mérite d’être mentionnée honorablement.
- M. HENRY aîné, rue Poissonnière, 13,
- A exposé des pliants d’une bonne fabrication, et en outre deux objets nouveaux qui ont fixé l’attention. L’un est une persienne à lames de tôle découpées dans un même morceau, ce qui présente à la fois légèreté, économie et solidité. On a regretté que cette disposition heureuse ait paru à son auteur nécessiter l’emploi de châssis composés de deux feuillets en bois superposés; genre de construction dans lequel le bois est fort exposé h se disjoindre. L’autre objet est,une jalousie dont les lames, également en feuilles de tôle, sont réunies par des courroies en cuir; elles s’enroulent autour d’un cylindre au lieu de se replier sur elles-mêmes, comme cela a heu habituellement. Ces jalousies sont d’une légèreté très-remarquable, d’une grande solidité et d’une manœuvre facile.
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- Le jury décerne pour ces objets nouveaux et non entrés encore dans les usages, une mention honorable.
- M. FÀDIE, à Paris, rue du Faubourg-Poissonnière, 128.
- Les tringles pour rideaux qu’a exposées M. Fadié sont de deux sortes : les unes jouissent de la propriété de s’allonger et se raccourcir à volonté, pour s’adapter à toutes les largeurs de croisées; elles sont destinées à recevoir les petits rideaux; d’autres, appropriées au service des grands rideaux, contiennent des dispositions dignes de remarque. Ces tringles ne comportent pas d’anneaux les embrassant., et la suspension du rideau est intérieure; à cet effet, la tringle est formée avec un tube en cuivre, fendu à sa parLie inférieure, et livrant par cette fente un moyen de communication entre le rideau et de petits chariots en cuivre montés sur galets. Ces petits chariots courent sans possibilité de dérangement dans l’intérieur du tube. Les moyens de les faire mouvoir, ainsi que ceux de régler la suspension et l'horizontalité des tringles, sont également simples et elïicaces.
- Le jury accorde à M. Fadié une mention honorable.
- M. LOUET, à Paris, rue Royale-Saint-Martin, 18.
- Les jalousies organisées par M. Louet, au moyen de chaînettes, ne peuvent qu'être d’un bon usage, et le jury, pour récompenser cette bonne disposition , accorde à son auteur une mention honorable.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- M. BELLOY-ÏIODRIGUEZ, à Cherbourg (Manche ),
- À exposé une collection de poulies en porcelaine avec montures en cuivre, destinées au service des cordons de rideaux. Cette fabrication s’est fait remarquer par une bonne entente générale et des soins de détail qu on n’est pas accoutumé à rencontrer dans ces so. tes de produits.
- Le jury la cite favorablement.
- M. YINCENT, à Paris, rue des Marais-du-Tem-ple, 54.
- La jalousie dans laquelle cet exposant a remplacé les cordons ordinaires par des chaînes et des entretoises en fils métalliques infiniment plus durables , est très-facile à manœuvrer. L’emploi d’une roue à rochet qui permet de fixer la jalousie à quelque hauteur que ce soit, uniquement en suspendant l’action de l’élever, est une bonne disposition. D’après cette indication, on comprend que pour abaisser la jalousie, il sulïit de dégager d’une main la roue du rochet et de l’autre d’en modérer le mouvement. Deux cordons sont disposés pourqu’on produise ces deux effets avec facilité. L’ensemble de ces dispositions mérite d’être cité favorablement.
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- V. Moyens de
- maîtriser les chevaux qui s'emportent.
- Considérations générales.
- Dans tous les temps beaucoup d’inventeurs se sont présentés pour conjurer par leurs combinaisons les dangers les plus frappants entre ceux qui menacent la vie des hommes. De ces dispositions louables sont nées grand nombre d’inventions impuissantes à combattre les incendies ou à arracher les naufragés aux périls qui les menacent. 11 en a été de même des préservatifs contre les catastrophes que peut causer l’emportement des chevaux. Quatre nouvelles inventions de ce genre ont figuré à l’exposition. • S’il n’est rendu compte que de deux, il convient de motiver le silence gardé sur les deux autres : tout moyen offensif d’agir sur un cheval emporté, qui ne permet pas de modifier à volonté l’action exercée, ou de la supprimer entièrement.et instantanément, est un mauvais moyen. Ainsi, la suffocation par pression sans réserve sur les naseaux, peut faire naître de nouveaux dangers par la défense ou la colère de l’animal. Ainsi également l’expédient qui consiste à faire frapper le nez du cheval par des pointes, est propre à le faire cabrer ou
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- reculer, jusqu’à ce qu’on Fait débarrassé de ces atteintes dangereuses. Le cheval dressé est une
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- machine à fonctions régulières et faciles, qui ne peut être produite que par ceux qui en ont fait une étude, et ceux-là encore seulement sont en état de tirer un parti avantageux de cette machine , quand elle est devenue défectueuse. Un état permanent de danger peut résulter d’une sécurité trop confiante. Qui ne s’entend pas aux chevaux ne doit en avoir que de bien dressés, et ceux-là seuls qui s’y entendent peuvent tirer un parti avantageux des moyens présentés par les deux exposants dont les productions vont être rapportées.
- MENTION HONORABLE.
- M. PELLIER, professeur d’équitation, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, 11.
- S’il est un sujet de recherches qui exige des connaissances pratiques, c’est assurément celui qui a pour objet l’emploi des chevaux: aussi ne doit-on pas être étonné d’avoir vu échouer un grand nombre d inventeurs qui, sans expérience, cherchaient du fond de leur cabinet à dompter ces animaux, et aussi doit-on trouver tout naturel qu’un homme de ch e va 1 < 1 es plus ex péri m en tés, a i t rencon tré u n moy en très-simple et très-efficace de les maîtriser dans leurs emportements. M. Pellier, frappé de la paissance avec laquelle les maquignons se rendent maîtres des chevaux entiers les plus fougueux par le
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- simple croisement cle deux longes qiii compriment à la fois les barres, les lèvres, et un peu les barbes du. cheval, chercha à produire un effet analogue : il en trouva les moyens dans le filet ordinaire sans rien changer è ses éléments. Il lui a suffi, pour atteindre ce résultat, de passer la rêne de droite dans l’anneau de gauche, et, réciproquement, la rêne de gauche dans Vanneau de droite. De celte manière, les deux rênes se trouvent croisées sous les barbes ; elles agissent chacune du côté opposé au point où elles sont fixées au mors brisé, et quand elles sont tirées fortement, elles font agir celui-ci de manière à faire éprouver au cheval, la douleur qui donne tant de puissance aux maquignons sur ceux qu’ils dirigent. On comprend facilement que ce système ne comporte aucun mécanisme, qu’il est applicable aux chevaux de selle comme de voiture, et que son action se modère à volonté et même cesse entièrement sitôt qu’on le juge convenable.
- Le jury prenant en considération les avantages incontestables attachés à l’invention de M. Pellier, mais sans juger qu’elle soit d’une efficacité absolue pour tous les cas, décerne à son auteur la mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- MM. NIEPCE et ÉLOFFE, à Paris, rue des Vieux-Augustins, 23.
- L’objet que se sont proposé MM. Niepce et Eloffe a été d’aveugler subitement les chevaux qui s’emportent. Le moyen adopté par les auteurs s’applique
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- uniquement aux chevaux de voiture, ne pouvant être employé qu’à la faveur des œillères qui, dans ce cas, sont parties obligées de la têtière. Sur la face interne de ces organes est appliqué un diaphragme plissé à la < manièredes lanternes de papier. Une détente'comprime le ressort qui développe le diaphragme et l’applique au besoin sur l’œil. Un cordon allant jusqu’à la voiture met l’action de la^détente à la disposition de celui qui conduit le cheval. Le jury pense que ce moyen produira son effet dans un grand nombre de cas, mais il craint aussi qu’au milieu des petits accidents si variés qui se produisent dans le harnais des chevaux , le cordon ne.se troiive quelquefois agir sans convenance et avec danger; car il pourrait arriver qu’un cheval fût privé de la vue dans le moment même où on aurait le plus besoin de la rapidité de sa course. À part cette considération,le jury a trouvé le mécanisme de MM. Niepce et Eloffe fort bien combiné : il juge qu’il peut être cité favorablement. - ‘
- VI. Indicateurs à cadran.
- MENTION HONORABLE.
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- M. JANIN, à Parisrue du Rocher, 20.
- Le jury se plaît à rendre justice au talent remarquable dont a fait preuve M. Janin , dans l'instrument indicateur qu’il a construit pour compléter les fonctions que l’on donne aux sonnettes de service. Les numéros qu’il fait paraître arrivent isolé-u. . 21
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- ment ou par groupes en un point central, sans qu’il en puisse résulter de confusion. Ils disparaissent avec facilité. Ce mécanisme qui semble compliqué ne se compose cependant que d’un petit nombre de pièces, nombre répété pour chacun des numéros qu’on veut faire paraître.
- La conception et l’exécution très-soignée de cet instrument méritent que le jury mentionne M. Ja-nin de la manière la plus honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. BARBOU, à Paris, rue Montmartre, 58.
- Les indicateurs de M. Barbou fonctionnent bien ; les numéros paraissent avec exactitude quand l’appareil est bien posé.
- Un timbre annonce l’apparition de chacun d’eux. Ce mécanisme est l’objet d’une citation favorable.
- M. REDARCE, à Paris, rue de la Boucherie
- (Gros-Caillou), 9.
- L’indicateur remplaçant les sonnettes qu’a construites M. Redarce, est un instrument utile; cependant on peut regretter que*les numéros s’y fassent disparaître réciproquement, ce qui ne serait pas sans inconvénients, dans le cas nécessairement fréquent où plusieurs demandes seraient faites dans le même moment.
- Le cadran qui accompagne cet instrument a son degré d’utilité, et l’ensemble mérite d’être cité favo-blernent. ?
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- VII. Travail manuel.
- r
- MENTIONS HONORABLES.
- M. POLLIART, à Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Polliart, qui s’était déjà fait remarquer à la précédente exposition, s’est représenté à celle-ci avec des ouvrages de tour, appartenant à la tabletterie. La bonne exécution qui les distingue s’est fait particulièrement remarquer dans une collection de pièces en ivoire et dans une table de travail.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. ROUILLARD, rue du Puits-Saint-Laurent, 7, à Relleville ( Seine).
- En exposant des produits de tonnellérie obtenus manuellement et d’une confection parfaite , ce fabricant a donné un de ces exemples qui agissent toujours utilement sur les progrès d’une industrie.
- On a particulièrement remarqué un broc d’une exécution très-soignée, ainsi que des bouteilles en bois, qui, garnies intérieurement en étain, fournissent aux îiquoristes des récipients parfaitement appropries par leur solidité et par leur imperméabilité , à la conservation des liquides spiritueux. ;
- Le jury décide que M. Rouillard, praticien recommandable par de longues années de travail, recevra une mention honorable.
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- 'VIII. Carrosserie.
- C onsidérations générales.
- Cette industrie.,, si. considérable à Paris,
- n’a
- été représentée à T exposition que par un petit nombre de voitures. Celui des constructeurs qui, il y a cinq ans,*, avait mérité la récompense la plus élevée qui ait été décernée, ne s’est pas représenté dans le même genre deproductions ; son exposition se faisait remarquer par d’excellents produits résultant dlune grande fabrication de ressorts de voitures. Il y a cinq ans, le jury, dans son rapport , avait exprimé le désir que les constructeurs de .diligences vinssent; soumettre. leurs conceptions à> l’appréciation du public. Une. seule per-
- sonne asrépondu m cet> appel ; unais malheureusement étrangère par ses travaux habituels à ce genre de construction, elle ri’a produit qu’im système de voiture, remarquable par son originalité., même par une * h ardiesse qu’on ,ne* saurait louer et-qui atteste l’absence* depratique chez cet Inventeur. Hm’èn1 sera donc ïaitf aucune, autre
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- mention. Une^voituresix lrdues,1 dont ‘ les^élé-
- ments principaux avaient déjà été produits à là dernière exposition, figurait encore à celle-ci. Tout le temps écoulé depuis cette première époque n’ayant pas produit d’expérience suffisante pour
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- que F opinion du jury pût se former avec certitude, il ne devait pas en être question au rapport.
- L’attention publique s’est concentrée sur deux voitures très-différentes entre elles, mais toutes
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- deux ayant des mérites qui leur ont valu des récompenses. . ...
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M.. FIMBEL, à Mours ( Seine-et-Oise).
- Très-liabile constructeur de voitures ,‘M. Fimbèl avait obtenu, en 1839, une médaille de bronze pour avoir exposé une voiture en blanc, d’une parfaite exécution. '
- A la- présente exposition , il s’est contenté de produire neuf ressorts à pincettes dé différents modèles, et pour application à des voitures diverses. Ges produits ont été également remarqués et ont rehaussé encore la juste réputation qu’a acquise M. Fimbel dansda carrosserie. Gette fabrication spë-ciale de'ressorts qui occupe un grand nombre d’ouvriers, esL située à Mours, près Beaumont-sur-Oise, et doit*une partie cle sa puissance à une chute d’eau de la force de quinze chevaux.
- Leq’ury décerne avec satisfaction k M. Fimbèl unemouvelle médaille de-bronze.
- MÉDAILLES, DE BRONZE:
- M. WAIDÈLE, à Paris, rue du Jardin-du-Roi, 9.
- La voiturequ’a exposée M.Waidèle était en blanc;
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- dès îors on a pu juger de la partie la plus intime de sa fabrication, celle qui en constitue la solidité et en garantit la durée. Bien que cette fabrication, soignée dans tous ses détails, ait fixé l’attention du public , une chose l’a éveillée plus vivement encore, c’est le caractère d’invention qu’a présenté la voiture exposée; alternativement cabriolet à quatre roues et calèche de famille elle suhit cette transformation avec une facilité très-remarquable, puisque deux minutes suffisent pour obtenir ce résultat. Dans ce dernier état, le train a besoin de plus de longueur, car entre les roues de devant et celles de derrière, il faut trouver place pour l’ouverture de la portière et le développement du marchepied. Cette dernière condition est remplie au moyen de quelques tours de manivelle qui ont pour effet de faire glisser en arrière l’essieu des grandes roues et de le fixer dans cette dernière position. Les choses étant dans cet état, la capote, qui d’abord placée en avant couvrait le cabriolet, s’est trouvée transportée en arrière et en glissant sur deux espèces de rails tout en entraînant le siège avec elle. Les nouveaux .éléments qui composent la voiture ainsi développée sont renfermés dans la caisse du cabriolet, de sorte que partout on peut opérer cette transformation. Le mérite de cette disposition trouve sa sanction dans l’accueil qu’elle a reçu du public et qui est attesté par les nombreuses commandes qui ont suivi l’exposition de M. Waidèle,
- Le jury lui accorde la médaille de bronze.
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- M. DAMERON, à Paris, rue du Dragon, 25 et 31.
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- La carosserie bien faite, sous deux états distincts, offre un intérêt à peu près égal : les uns aiment qu’elle se montre en blanc pour. pénétrer mieux dans les garanties de solidité qu’elle présente; d’autres préfèrent qu’elle se montre finie et dans toute sa splendeur. C’est ce dernier parti qu’a choisi M. Dameron.La voiture qu’il a exposée est une voiture d’apparat; aussi y a-t-il développé toutes les ressources du plus grand luxe.
- La forme générale répond très-bien à ce but, tous les détails attestent une exécution consciencieuse et telle qu’on est accoutumé à l’attendre de cette maison , dont la réputation est ancienne et bien fondée. Cette voiture est particulièrement l’œuvre de M. Dameron fils, qui débute ainsi sous d’heureux auspices.
- Le jury, appréciant le mérite de cette exécution, décerne à M, Dameron la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
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- M. CORBIN, à Paris, cour des Petites-Écuries, 5,
- A exposé des essieux droits et coudés ordinaires ainsi que d’autres suivant le modèle des malles-postes. Il y a joint des boîtes de roues en fer forgé.
- Le jury se plaît à rendre justice à la très-bonne fabrication de ces différentes pièces.
- Il décerne à M. Corbin la mention honorable.
- M. BINDER, à Paris, rue d’Anjou-St-Honoré, 56. Le cric que M. Binder a exposé est fait.pour les
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- voitures de.voyage, et bien approprié à cette destination.
- Comme il importe généralement, quand l’occasion se présente d’employer un pareil outil, de n’avoir à dépenser que peu de force, à la charge de dépenser plus de temps; M. Binder a fort bien fait de se servir d’une vis sans fin, engrenant avec la roue portant le pignon qui mène la crémaillère du cric.
- Le jury accorde à M. Binder une mention honorable.
- M.’ VIGOUREUX, à Paris, Champs-Elysées, rond-point,. A.
- • 'M.' Vigoureux' avait, en i83g, été cité favorablement pour un cric destiné aux voitures de voyage. Cet outil, très-important dans des circonstances données, a reçu de* son auteur d’utiles perfectionnements. A la vis simple qui en faisait une sorte de vérin, il a substitué une vis à pas à droite et à gauche, qui double la rapidité de la manœuvre sans nécessiter d’efforts extraordinaires. A cela il a ajouté des hausses ou tubes en bois de frêne, convenablement fretté.esypour atteindre à toutes les hauteurs voulues.,
- Aujourd’hui le cricde ,M..Vigoureux.est .devenu un outil puissant et léger; et très-bien approprié à sa destination.
- Le jury.se plait.à le mentionner honorablement.
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- • • CITATIONS'FAVORABLES. •
- M. SERRE, à Ponl-ti-Mousson :( Meurthe ).
- Les produits exposés par M. Serre se, composent généralement de pièces dans desquelles, le, filetage joue le rôle principal.
- Dans les boîtes ou écrous pour enrayage de charrettes, lès filets ne sont plus bràsés, suivant l’ancien usage qui comportait beaucoup d’irrégularités et de manques dé soudure, il y, a donc progrès dans la fabrication de M. Serre, qui emploie de i5 à 20 ouvriers.
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- Le jury lui accorde une citation favorable.
- MM.XHOMEAU et CHAMPION, à Paris;, avenue
- rde.LamotterPicquet,d. *......
- Les essieux de ces exposants ont donné une opinion avantageuse de leur fabrication.
- Le jury leur accorde une citation favorable.
- ,§ 5. SERRURERIE DE PRÉCISION.
- M. Théodore Olivier, rapporteur.
- :':-X@onsidératiom>y’énéralés. ^
- , En 18,59 , la serrurerie de précision s’était distinguée à rexppsition.des.produits de l’industrie ; en 1844,;elle se ;présente«avec des améliorations
- nouvelles. - - ;,.-r •• ...... ..v-
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- L’emploi des machines-outils s’est répandu dans les ateliers, ce qui a permis d’obtenir des produits mieux faits et à meilleur marché. Aussi la baisse de prix est remarquable, car elle va presque jusqu’à moitié.
- On conçoit sans peine que lorsque, dans une industrie, l’esprit d’invention s’est fortement manifesté à une certaine époque, il reste stationnaire pendant quelque temps ; alors on cherche à améliorer ce qui a été inventé : c’est ce qui s’est fait remarquer à l’exposition de 18à4.
- Ainsi, parmi les objets exposés, on a trouvé beaucoup de perfectionnements, une construction mieux' entendue, des pièces mieux faites et mieux ajustées, une confection, en général, plus soignée, une fabrication plus réglée, et plus économique , mais peu d’idées vraiment nouvelles.
- Les divers principes sur lesquels repose la construction des serrures exposées en 18àA, sont les mêmes que ceux employés en 1839. Ainsi : le principe de Bram ou serrure à pompe ; le principe de Schubb ou serrure à gorges mobiles ; le principe des combinaisons sur lequel reposait l’ancien cadenas à chiffres ; le principe des clefs à panneton mobile ; mais tous ces principes ont été modifiés d’une manière heureuse.
- Pour donner plus de sécurité, on a imaginé les doubles pompes, les combinaisons que l’on ne
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- peut tâter en s’appuyant sur le pêne, des clefs à panneton mobile se développant, lorsqu’il est arrivé dans l’intérieur de la serrure, et s’y divisant en plusieurs pannetons.
- Lorsqu’une industrie est arrivée à un certain degré de perfection, il n’est plus aussi difficile d’imaginer des perfectionnements et même d’inventer du nouveau. Aussi le jury de 1844 doit-il plutôt récompenser la bonne confection, l’extension des affaires commerciales et le bon marché de produits biën fabriqués, que les idées dites nouvelles, à moins toutefois que l’idée nouvelle soumise à son examen ne soit une véritable invention , et non une modification heureuse apportée à une combinaison de pièces, déjà connue. Il est moins difficile aujourd’hui d’avoir une idée nouvelle en serrurerie qu’il y a 25 ans, car on est enseigné maintenant par un grand nombre de belles et bonnes inventions connues de tous et qui sont tombées dans le domaine public.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- y ' 1 ,, ‘ ' V ''
- M. LEPAUL, à Paris, rue de la Paix, 2. v
- L’établisserhent de serrurerie de M. Lepaul a pris une grande extension depuis 1839. En ce moment, il a trois ateliers: le premier,rue de la Paix; ou il emploie 33 ouvriers; le second, à Chaillot, où tra-
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- vaillent 48 ouvriers ; - et le troisième, rueSainte-Hyaeinthe-Saint-Honoré, où il a 29 ouvriers.
- J1; fait environ, pour i5o,ooo. fr. d’affaires.par an et il fabrique de i oo à 15o caisses dites.coffres-fortset de 2 à 3 mille .serrures h pompe (système Bram) chaque année, il fait des envois en Angleterre et il expédie pour les deux Amériques. Il est l’inventeur du système dit à double pompe. Ce système offre une grande sécurité. Tout se1 fait dans ses ateliers par machines-outils, ce qui.lui a permis*de réduire ses prix de moitié.
- M. Lepaul a obtenu la médaille de bronze en 1827, le rappel de cette médaille en 1834, une nouvelle médaille de bronze en 1839. Le jury accorde, en i844> à M. Lepaul, la médaille d’argent.
- 3 RAPPELS DE ‘MÉDAILLES DE' BRONZE.
- M.» GRANGOIR, à Paris, pue de Gléry, 8R
- M. Grangoir a obtenu, en 1884, une médaille de bronze et une nouvelle médaille de bronze en 1839.
- Depuis la dernière exposition, cet habile serrurier a continué à mériter la confiance du public par la bonne confection de. ses produits. M. Grangoir est un fabricant consciencieux.
- Le; jury se plaît à accorder, en iî844»^ M.; Gran-{goir, le rappelf.de ses deuxa médailles «de; * bronze t de i834 et de 1889. '
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- O O 6)
- OOd
- M. FICHET; à Paris, rue Richelieu, 77.
- M. Pichet a .obtenu, en 1834, une. médaille de bronze, et le rappehde cette médaille en 1889;
- Le jury accorde encore, en 1844» >d M* Pichet le rappel de la médaille de bronze de i8'34-
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. BQ Pi VAL, à Paris, rue Neuve-Montmorency, 1.
- M. Dorval est un ouvrier qui s’est établi en 1839.
- Il s’est alors occupé de la confection des caisses coffres-forts, ayant travaillé, comme ouvrier, dans cette partie.
- Avec de l’ordre et de l’intelligence, il a prospéré.
- . Il a imaginé un système à double pompe qui* offre plus de sécurité que le système simple de Bram. Le système de M. Dorval est différent de celuLinventé parM. Lepaul, mais *il est plus compliqué; il consiste en deux pompes placées Tunet dans l’autre et concentriques.
- M. Dorval fait exécuter à Eeuquière, près Yalines (département de la Somme), presque toutes ses pièces en blanc ; il occupe dans ses ateliers de Paris une trentaine d’ouvriers qui, ajustent et finissent.
- Les pièces'qui sortent des ateliers de M: DorvaP sont faites avec soin, et sont livrées au commerce à des prix,modérés.
- Le jury décerne à. M; D#rval une médaille de bronze. ^ y
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- M. PAUBLAN , à Paris, rue Saint-Honoré, 366,
- M. Paublan , dont l’établissement remonte à 1829, a reçu, en 183g, une mention honorable pour un nouveau principe de son invention.
- En 1839, le jury s’exprimait ainsi dans son rapport sur la serrurerie de précision.
- « M. Paublan a exposé une serrure à combinai-» sons dans laquelle il a tenté avec bonheur de se » préserver du danger du tact. Il est parvenu à at-» ténuer tellement les indications fournies par la » résistance du pêne ou du va-et-vient,qu’il estper-» mis d’espérer que ce nouveau moyen sera une res-» source de plus dont pourra s’enrichir l’art'du ser-» rurier. »
- Depuis la dernière exposition, M. Paublan a développé et perfectionné son invention, et elle satisfait maintenant à toutes les exigences de construction, de combinaison et de sécurité, tout comme les autres principes définitivement adoptés.
- Lé jury décerne à M. Paublan une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. VERSTÀEN , à Paris, rue Beaujolais-du-Temple , 6 et 7.
- M. LELOUTRE, à Paris, rue du Caire, 10.
- Le jury leur accorde une mention honorable pour leurs coffres-forts qui sont bien exécutés, et pour leurs serrures à combinaisons dont le travail est digne d’éloge, j
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- M. LEMOITRE, à Paris, boulevard des Italiens, 17 et 19.
- M. Lemoitre a exposé des coffres-forts dont l’exécution est très-bonne, et ses serrures à combinaisons présentent un travail fini qui se fait aussi remarquer dans ses serrures de bâtiments.
- Le jury accorde à M. Lemoitre une mention honorable.
- M. HUE, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin,
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- M. Hue,horloger, a inventé un petit système qui peut s’appliquer à toutes les serrures en perçant verticalement le pêne. Au moyen du mécanisme inventé par M. Hue, on fait glisser une tige de fer dans le trou pratiqué dans le pêne, en sorte que la serrure se trouve condamnée.
- Ce petit système est fondé sur le principe des lames mobiles, mais la disposition nouvelle, imaginée par M. Hue, offre une grande sécurité, et son exécution est extrêmement facile.
- Il y a là une idée vraiment nouvelle.
- Le jury accorde à M. Hue une mention honorable. A l’exposition prochaine, on espère revoir ce système ayant reçu la sanction de l’expérience et tous les développements dont il paraît susceptible.
- M. DOYEN, à Paris, rue Saint-Guillaume, 5.
- M. Doyen a exposé divers objets de serrurerie; on a remarqué sa serrure, système de Schubb mo-
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- difié. En 184$, il a présenté à la société d’encouragement pour l’industrie nationale, une serrure construite d’après ce système, niais celle qu’il expose aujourd’hui a reçu des perfectionnements utiles.
- Le jury accorde à M.' Doyen une mention honorable.
- CITATIONS ' FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement :
- M. HUET, àParis,rueduFaubourg-St-Martin, 99,
- Pour une serrure k clef, à panneton mobile, faisant mouvoir trois pênes l’un après l’autre.
- M. MONESTËS (François), à Paris., rue Contrescarpe-Saint-Antoine, 1 h,
- Pour un nouveau système de serrures.
- %)
- MM. TRINTZIUS, aux Batignolles-Monceaux, rue d’Àntin, 14, et BRETON, à Paris, rue du Jour, 6,
- Pour leurs serrures à panneton mobile.
- Le panneton dé la clef se divise en deux pannetons après l’introduction de la clef dans la serrure.
- '' . ^ * v : ’
- M. MÉRIET, à.Paris, rue:Saints-Marc, 31,
- Pour la bonne exécution de ses coffres-forts et de, ses serrures à'combinaisons.
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- SECTION VI.
- CONSTRUCTIONS CIVILES ET NAVALES.
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- § 1. CONSTRUCTIONS CIVILES.
- M. Michel Chevalier, rapporteur.
- Barrage mobile accompagné d’une écluse à grande
- ouverture.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. THÉNARD, ingénieur en chef des ponts-et-chaussées, chargé de la navigation de l’Isle, à Abzac (Dordogne).
- Le barrage mobile de M. Thénard se compose de volets en bois attachés à charnières sur la face horizontale d’un radier. Ces volets, appelés hausses 7 sont larges de im.i8 ordinairement, et ont, dans la dimension perpendiculaire à l’axe des charnières, la longueur nécessaire pour que, relevés, ils soient un peu dépassés par le niveau qu’on veut donner à l'eau, à l’étiage. On en a construit de im.70, et M. Thénard pense qu’on pourrait aller jusqu’à 3 et 4 mètres. La série continue de ces volets forme le barrage. Sur la face d’aval, un arc-boutant en fer fixé par une charnière à la partie supérieure du volet, vient s’appuyer, quand le barrage est dressé , contre un arrêt établi sur le radier. La manœuvre de ce barrage s’opère parle moyen de diverses pièces accessoires.
- Pôur abattre le barrage, on se sert d’une barre en h. 22
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- fer plat qui traverse la rivière, couchée sur le radier, en amont du pied des arcs-boutants. Elle porte, en saillie, desmentonnets en nombre égal aux arcs-boutants, espacés de manière qu’en faisant glisser la barre sur la ligne qu’elle occupe, les mentonnets viennent, non pas simultanément, mais l’un après l’autre, heurter le pied des arcs-boutants et abattre ceux-ci. Le mouvement de va-et-vient de la barre s’effectue à l’aide d’un pignon vertical placé sur le rivage dans l’épaisseur de la maçonnerie de la culée, et engrenant avec une crémaillère par laquelle se prolonge la barre.
- Pendant la saison des hautes eaux, et èn tout temps lorsqu’on le veut, le barrage reste ainsi couché d’amont en aval, c’est-à-dire les hausses étant en aval de leurs charnières.
- Quand on veut le relever, on fait usage, d’une autre série de volets semblable à la première, placée en amont sur le même radier. C’est ce que M. Thénard appelle des contre-hausses. Les contre-hausses se rabattent contrairement aux volets du barrage, c’est-à-dire d’aval en amont. Entre les deux lignes de charnières, répondant l’une aux hausses, l’autre aux contre-hausses, on laisse une distance de 3ocentimètres. Quand les contre-hausses sont couchées, un loquet .à ressort retient chacune d’elles sur le radier contre l’action du courant qui tend à les relever.
- Ces loquets s’ouvrent ou se ferment par le moyen d’une barre en fer plat, semblable à celle qui agit sur les arcs-boutants des hausses et se manœuvrant de même. Quand on ouvre les loquets, les eontre-
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- hausses se relèvent s.uccessiveinent et prennentl’une après l’autre une position verticale clans laquelle on les retient par le moyen d’une chaîne bifurquée, scellée au massif du radier, en amont. Sans cette chaîne le courant rabattrait les contre-hausses en aval de leurs charnières. Les contre-hausses constituent donc, pour ainsi dire, en un clin d’œil un véritable barrage de retenue, et jusqu’à cè que l’eau se soit mise au niveau du bord supérieurdès contre-hausses, l’éclusier a le temps, dans les rivières très-basses, de relever presque à .pied sec les hausses ou volets du barrage proprement dit, ainsi que les arcs-boutants qui leur servent de support. En cas d’eaux plus hautes, un mécanisme fort simple permet d’arriver au même résultat. À la partie supérieure du contre - barrage formé par les contre-hausses, est un petit pont de service, le long duquel on transporte un treuil portatif destiné à relever les hausses et qui se porte sur des appuis ménagés à cet efFet sur les contre-hausses. On se sert aussi, dans cette manœuvre, d’im croc.
- Pour entraîner les graviers et les galets qui auraient pu séjourner en amont des contre-hausses, k côté d’elles, ou pour remplir rapidement, si «on le désire, l’espace compris entre les hausses et les Contre-hausses, ces dernières sont munies de ventelles. Des ventelles correspondantes sont placées au bas des hausses, afin de nettoyer le fond et chasser «les graviers qui auraient pu recouvrir la barre de fer motrice.
- Ce système a été employé pour hausser plusieurs
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- barrages établis dans la rivière d’Isle, d’une longueur de 5o mètres. Mais ces barrages étant à chevrons brisés, les barres motrices son t doubles et n’ont qu’une longueur égaleà la moitié du barrage. Chaque barre partielle se manœuvre de la culée attenante. On relève ainsi le plan d’eau de 80 centimètres seulement. Mais peu importe cette faible hauteur. Du moment que le mécanisme fonctionne bien en cette circonstance, il est certain qu’avec une profondeur double on aurait le même succès. Au surplus, au barrage Saint-Antoine, une.longueur dé 8ra.3o est ainsi occupée par des hausses de î^o de hauteur verticale et par leurs contre-hausses, et l’appareil fonctionne bien.
- Ainsi l’expérience a garanti l’efficacité du barrage mobile de M. Thénard.
- On aurait pu craindre que le jeu des ferrures placées sous l’eau ne fût gêné par les graviers, par des branchages; jusqu’à présent rien de pareil n’a eu lieu, quoique depuis plusieurs années cette construction soit en usage.
- Les tentatives de M. Thénard datent de 1831. Dès cette époque, le barrage de Saint-Seurin fut muni de hausses mobiles d’après le plan de cet ingénieur. Plus tard, en 1889, le système fut com-. piété, et M. Thénard, avec une modestie qui lui fait honneur, attribue à M. Mesnager, inspecteur divisionnaire des ponts-et-chaussées, l’idée première des contre-hausses avec lesquelles il a complété son œuvre, et le système ainsi amélioré a été appliqué aux trois barrages de la Caillade, de Coly-Lame-lette, et de Fontpeyre. Il a été l’objet d’un examen
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- spécial par une commission d’ingénieurs qui en a constaté l’efficacité et la facile manœuvre.
- On voit d’ailleurs que ce système est peu dispendieux. On conçoit aussi qu’au moyen de piles en maçonnerie, espacées de 40 à 5o mètres, on pourrait l’appliquer à des fleuves très-larges.
- M. Thénard a eu récemment la pensée d’y joindre une écluse à grande largeur qui aurait pour porte d’aval le barrage proprement dit, c’est-à-dire les hausses, et pour portes d’amont les contre-hausses. Une écluse ainsi établie pourrait être'de telle largeur qu’on désirerait. Des expériences en petit montrent que le passage d’une écluse s’opérerait avec une rapidité extrême, et le remous de l’eau da n s l’i n té ri e u r d e l’écl u se si m pl i fiera i 11 a m a nœ u vre.
- En résumé, M. l’ingénieur en chef Thénard présente par son barrage mobile une solution neuve d’un problème difficile qu’un autre ingénieur des ponts et chaussées, M. Poirée, avait abordé avec un succès qui lui valut, du jury de 1839, une médaille d’or. Il est possible que l’expérience et la pratique apportent des améliorations au mécanisme de M. Thénard ; mais, dès à présent, on est autorisé à le considérer comme tout à fait satisfaisant.
- Le jury exprime le vœu que le barrage de M. l’ingénieur en chef Thénard reçoive des applications nouvelles et que son écluse soit essayée. Il signale ce système comme fort approprié à la navigation à vapeur qu’il importe d’établir sur nos rivières, et comme pouvant être employé plus efficacement qu’un autre à produire l’irrigation des terres.
- Il décerne à l’auteur une médaille d’or.
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- M. BORREL (Félix), ingénieur des ponts-et-chaussées, à Toulouse ( Haute-Garonne).
- M. Borrel a exposé le modèle d’une machine à dégravoyer nommée aussi chasse-mobile , pour approfondir les passes des rivières torrentielles, à fond de gravier, et y faciliter ainsi la navigation.
- Dans toutes les rivières, après l’écoulement des plus grandes eaux clés crues, il s’établit un état d'équilibre dépendant de la pente, de la forme et de la résistance du lit et des berges. Cet équilibre est tel qu’une rivière, dans toute l’étendue de son cours, se trouve divisée en gouffres ou biefs, qui sont plus ou moins profonds et où la pente est très-faible, séparée par des bancs de graviers sur lesquels l’eau a peu de hauteur, et où la pente et le courant, pendant l’été notamment, sont beaucoup plus forts qu ailleurs.
- Pour amoindrir les bancs de'gravier et y creuser des passes dans l’intérêt de la navigation sur les rivières telles qu’est la Garonne, à Toulouse et au-dessous, dans le département de la Haute-Garonne, on ne peut se servir que d’appareils légers analogues aux dragues à la main , petites et grandes, qui opèrent avec lenteur et chèrement. Sur la Garonne, dont avait à s’occuper M. Borrel, en amont et en aval de Toulouse, avant i832, on employait la petite drague; la grande drague n’y avait été essayée qu’en peu de points. M. Borrel a eu l’idée •fe recourir à la force même du courant pour dé-
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- blayer le lit là où il est encombré, et pour ménager, dans lesbaucs de sable et de gravier qui séparent les divers bassins suffisamment profonds entre lesquels est partagé le cours du fleuve, des passages qui offrissent un mouillage convenable aux bateaux.
- Cet appareil consiste en nn vannage vertical qu’on oppose au courant de la rivière , et sous lequel le courant est contraint de passer, de manière à opérer un afïbuiliement. Ce vannage est composé d’une partie fixe de 3 mètres de large sur i mètre de hauteur environ, et de deux parties mobiles autour de charnières, verticales aussi, de i mètre en carré, placées à droite et à gauche de la partie fixe. Ce sont deux ailes qui peuvent varier d’inclinaison-depuis o°jusqy’à 90°surla partie fixe, de manière à modifier la largeur du vannage entre 3 mètres et 5 mètres.
- Le vannage est retenu contre le courant à l’aide de deux cordes attachées chacune à deux piquets d’amarre, solidement plantés dans le gravier, à l’amont et de chaque côté de la passe. Des barres de fer percées de trous pour la partie supérieure, et une corde qui relie les deüx ventelles dans la partie inférieure, servent à immobiliser le système du vannage, quelle que soit l’inclinaison que l’on veuille donner aux ventelles.
- Les montants verticaux, sur lesquels sont enroulées les cordes directrices, dépassent la traverse inférieure du vannage, de 15 à 18 centimètres; l’expérience ayant appris que l’espacement de 15 à i8 centimètres, entre le fond du lit et le vannage, était celui qui donnait le plus d’effet.
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- La partie fixe du vannage se trouve percée, à ses deux extrémités-, dans le voisinage des ven-telles mobiles, de deux ouvertures que l’on peut agrandir ou amoindrir à l’aidé de deux petites vannes verticales.
- Ce vannage est porté par un bateau auquel il est fixé, à l’arrière.
- Quand la machine fonctionne, il s’établit une différence de niveau de l’amont à l’aval du vannage. La pression due à cette différence de niveau détermine, sous le vannage , un courant qui afïbuille le gravier; d’autres courants agissant sous les petites vannes, chassent en aval les graviers affouillés; enfin, deux grands courants, s’établissant à droite et à gauche des ventelles, entraînent le gravier accumulé derrière le vannage ou chassé par les courants des petites vannes, et le déposent à droite et à gauche de la passe qu’on approfondit, ou l’amènent à l’aval des passes, dans des gouffres où il ne gêne plus le passage des bateaux.
- Le but de cette manœuvre est tout simplement d’affouiller le gravier dans les points où il gêne, et de le chasser de proche en proche dans les points où il ne gêne pas.
- Cette machine fait donc l’effet d’une petite écluse de chasse qu’on promène dans toute l’étendue de la passe à ouvrir, en larguant peu à peu les cordes directrices. De là le nom de chasse-mobile que les ouvriers lui ont donnée.
- Il est rare qu’on n’ait pas à répéter plusieurs fois la descente de la chasse-mobile pour approfondir convenablement une passe. La remonte delà ma-
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- chine s’opère très-facilement : il suffit, quand on est arrivé à l’extrémité de la passe, de soulever le vannage hors de l’eau , à l’aide de la grue fixe placée en tête du bateau, jusqu’à l’origine de la passe ou de la partie qui n’est pas assez approfondie, en s’aidant des cordes directrices.
- Arrivés à l’amont de la passe , pour recommencer la manœuvre, les hommes de l’équipage enroulent les cordes directrices autour des montants verticaux, lâchent la corde du tour, laissent tomber le vannage, et redescendent, comme la première fois, jusqu’à ce que la passe ait partout la profondeur voulue.
- Ce mécanisme fort simple et fort ingénieux a été mis en usage sur la Garonne, dès 1833; il y a donné et il continue d’y donner d’excellents résultats. On a pu ainsi porter le mouillage à 70 centimètres sur des bancs de gravier où il n’y a que 3o centimètres à l’étiage.
- On a de l’avantage à l’employer toutes les fois que la pente est de trois millimètres par mètre ou que les courants ont une vitesse d'un mètre onze centimètres, par seconde. L’effet même en est sensible dès que la pente est de 2 millimètres et la vitesse d’un mètre. Au-dessous de 3 millimètres de pente, on emploie la grande drague.
- La machine de M. Borrel est très-économique. La chasse , le bateau avec lé matériel accessoire, perches, avirons, cordes, piquets d’amarre, reviennent à i,ico francs, et l’entretien annuel de ce matériel n’est que de 80 francs. Six hommes suffi-
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- sent par équipage. Le travail utile mesuré par le cube de creusement définitivement opéré dans le banc de gravier revient, par mètre cube, à 26 centimes. Avee les dragues à main, la dépense de premier achat du matériel et celle d’entretien sont plus que doubles, et le même travail utile coûte 2 fi*. 25 cent., soit neuf fois plus cher. Avec la grande drague, les frais de premier établissement et d’entretien, quoique moindres qu’avec la petite drague, sont de meme beaucoup plus élevés qu’avec la chasse-mobile, et le coût du travail utile est de j4 centimes par mètre cube, c’est-à-dire à peu près triple.
- Comme il convient de ne pratiquer sur les bancs de graviers que des passes fort étroites , afin de ménager l’écoulement de l’eau, la dépense par passe devient très-modique. Sur la Garonne, où on leur donne 10 mètres de largeur, on a pu'ainsi creuser des passes à raison de 1 5 fr. l’une.
- Le mécanisme de M. Borrel (décrit dans les Annales des Ponts-et-Chaussées dès i836) a frappé l’attention de l’administration qui, comme il vient d’être dit, l’a mis en usage ; il a eu l’assentiment du corps des ponts-et-chaussées qui lui a accordé la médaille d’or décernée annuellement par le vote des ingénieurs à l’auteur du meilleur mémoire inséré dans les Annales de ce corps savant. C’est une invention utile qui fait beaucoup d’honneur à cet ingénieur, et dont les applications pouvaient être plus multipliées qu’elles ne l’ont été.
- Avant M. Borrel, deux ingénieurs distingués du corps des ponts-et-chaussées, MM. Fouache et Mas-
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- queler, s’étaient occupes avec succès de machines fondées sur le même principe, celui de l’action uf-fouillante du courant ou de l’eau resserrée dansume petite section entre le fond du lit et la partie inférieure du vannage ou barrage mobilisé. C’est grâce à son appareil, que M. Fouaelie, en levant des déblais jusqu’à la profondeur de 4 mètres sous l’eau , a pu approfondir, d’Abbeville à Saint-Valéry, le lit de la Somme, au point de permettre aux navires de 200 tonneaux de remonter jusqu’au port d’Abbeville.
- Mais quelques caractères bien tranchés distin-guentla machine de M. Borrel de celle de M. Foua<-che : tandis que cette dernière enlève les déblais qu’elle a détachés en labourant le fond et les talus; celle de M. Borrel les rejette, par des jeux de courant convenablement ménagés à droite et à gauche de la passe. Ainsi de même la machine de M. Fouacheagit dans des eaux à peu près tranquilles où l’on est presque le maître de la chute qu’on veut obtenir, et celle de M. Borrel agit sur les plus forts courants des rivières où l’on ne peut disposer de la chute que dans des limites fort restreintes.
- M. Borrel a exposé aussi un modèle des portes d’écluses en barres de 1er laminé, exécutées d’après ses dessins sur le canal latéral à la Garonne à l’écluse nn 8, entre Toulouse et Montauban.
- La convenance de rechercher un bon système de portes en fer est évidente. Les portes en fer sont plus légères que celles en bois,,et leur centre de gravité est plus voisin du centre de rotation des ventaux, ce qui facilite la manœuvre. Conçues
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- comme l’entend M. Borrel, elles sont beaucoup plus solides et plus légères que celles en fonte et préférables à celles en forte tôle qui ont été proposées et essayées. Leur poids est de i5,ooo kilog.; sur le canal latéral , les écluses en bois pèsent 3o,ooo kilog.; les écluses en forte tôle avec poteau en fonte pèsent 20,000 kilog. Le prix est de 15,000 fr. ; celles en bois ne coûtent que 10,000 fr., mais ces dernières se détruisent rapidement et leur prix s’accroît sans cesse, tandis que celui du fer diminue : l’excellent fer de l’Ariége, première qualité, employé par M. Borrel, revient à ^5 centimes le kilog., ce qui est très-élevé; de bon fer laminé s’obtiendrait aisément à 40 cent., ce qui mettrait les portes en fer du système Borrel au même prix à peine que les portes en bois, à Toulouse.
- Dans le système de M. Borrel, les poteaux-tourillons eux-mêmes sont en fer, et non en fonte. Ces poteaux et toutes les pièces de la charpente sont en barres du même calibre, laminées, sans qu’il y ait rien à forger ni à limer. Il n’y a de fonte que pour les plaques d’assemblage des entretoises et des poteaux-tourillons. Un bordage en tôle recouvre lé tout; des boulons relient entre elles toutes les pièces de la charpente et n’en font qu’un même corps.
- Les portes en fer, ainsi construites en fer laminé, pourraient s’appliquer à des écluses de plus de 6 mètres d’ouverture sans grande augmentation dans le poids des fers.
- Des dispositions .sont prises pour empêcher les fuites de l’eau.
- En un mot, les portes d’écluses en fer deM. Borrel
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- présentent des avantages sur celles qui ont été essayées précédemment.*
- M. Borrel s’est fait remarquer, dans le corps distingué auquel il appartient, par la multiplicité et la bonne exécution des travaux qui lui ont été confiés, par l’esprit d’économie qu’il y a apporté. C’est avec une vive satisfaction, que le jury lui décerne une médaille d’argent, pour la chasse-mobile et pour les portes d’écluses en fer.
- M. NÉVILLE, constructeur de ponts, à Paris, rue d’Angoulême, 25.
- Le système de ponts en fer de M. Néviîle a été inspiré par le système des ponts en treillis en bois, qui a rendu de si grands services en Amérique, et qui jusqu’à présent a été peu appliqué en Europe, quoique de minutieuses descriptions en aient été données.
- C’est un système rigide où il n’entre que des pièces droites, et qui se réduit à un petit nombre de pièces.
- Les fermes du système Néville se composent de triangles consécutifs, dont le sommet est sur la ligne supérieure de la ferme et la base sur la ligne inférieure. Ces triangles sont resserrés, c’est-à-dire que la base en est beaucoup moindre que les côtés latéraux. Les pièces latérales qui se présentent comme des diagonales à cause de leur inclinaison uniforme à droite pour les uns, à gauche pour les autres, sont en fer. Diverses séries de pièces horizontales, les unes en fer, les autres en fonte, relient les diagonales en fer les unes avec les:autres.
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- La ferme reposant par ses deux extrémités sur deux culées ou piles et étan\ chargée de poids, tend à prendre une flexion en vertu de laquelle sa partie supérieure est comprimée et sa partie inférieure étendue. De là la nécessité de pièces placées horizontalement comme des cales au haut de la ferme, et de plates-bandes inférieures. Des moises intermédiaires servent à empêcher de fléchir, les diagonales en fer qui forment les triangles..
- Le pont de M. Néville n’exerce à peu près aucune poussée sur ses appuis, il permet, à la rigueur, de placer le tablier à tel point qu’on veut de la hauteur des fermes. Les moises sont toutes de la même forme, savoir : une cale en fonte qui se place entre deux diagonales consécutives, et qui est munie de rebords entre lesquels s’incruste de chaque côté une plate-bande en fer qui règne sur toute la longueur de la ferme, en embrassant les cales et les diagonales; cet assemblage est maintenu au moyen de boulons.
- La ferme ne présente toute sa résistance qu’au-tant qu’on a assuré sa r’gidité dans le sens horizontal par l’emploi de contre forts, ou d’entretoises et de contre-vents, tant dans le sens vertical que dans le sens horizontal. L’expérience a prouvé qu’on donnait ainsi à la ferme une grande force.
- L’emploi du fer, dans cette construction, comme matière dominante, la rend plus propre à résister aux chocs que les fermes en fonte, considération importante pour les viaducs de chemins de fer.
- Le pont de M. Néville existe en plusieurs localités : i° à Raconigi, en Piémont, où il se présente
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- avec une longueur de 3q mètres en deux travées larges de 4 mètres.; 2° à Hirson (Aisne), en deux travées de 12 mètres de portée; 3° à Calais, sur un des fossés delà place; 4° à Aubervilliers, sur le canal Saint-Denis; en ce point, c’est un pont très-biais de 18 mètres de portée ; 5° actuellement on reconstruit dans ce système, aux frais de l’Etat, le pont de Bezons sur la Seine, sur les anciennes piles qui supportaient les arcs en bois.
- Ces ponts sont d’une grande rigidité, aisés à construire, peu lourds , et peu susceptibles de s’altérer.
- Le jury décerne à M. Néville une médaille d’ar-' gent. ___________
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. ROGER, architecte, à Paris, quai Malaquais,
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- Machine à broyer le mortier. Machine à mélanger le béton.
- La machine à broyer le mortier, de M. Roger, consiste en un tonneau vertical dans lequel se meut un axe portant des pièces en fer qui servent de broyeurs. Elle diffère des tonneaux ordinaires par le nombre et la forme des broyeurs, qui sont les uns droits, les autres courbes. Au fond du tonneau est un disque enarbré sur l’axe et portant des rayons courbes. Le tonneau se vide continuellement par des ouvertures ménagées au fond. Il se charge de même, d’une maniéré continue, par une trémie.
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- La machine à béton est une sorte de tonneau un peu évasé, couché horizontalement.
- Les appareils de M. Roger ont été essayés, pu, pour mieux dire, pratiqués en grand, aux fortifications de Paris et dans les grands travaux de Cherbourg. Ils ont de même été adoptés à Alger. Ils donnent, avec beaucoup d’économie de main-d’œuvre, du mortier parfaitement broyé, ainsi qu’il résulte de nombreux certificats délivrés à M. Roger, par les officiers du génie et par les ingénieurs des ponts-et-chaussées.
- Le jury décerne à M. Roger une médaille de bronze.
- MM. DEVICQUE et Cic, à Paris, rue Marti -gnac, 12.
- Système de pavage en bois dit stéréotomiquë.
- Le pavage en bois $ été jusqu’à ce jour peu employé à Paris, mais il est usité à Londres sur la plus grande échelle, et il y couvre aujourd’hui une immense superficie. Quoique les transports intérieurs de Paris s’exercent habituellement par plus grandes masses que ceux de Londres et dans des chariots plus lourds, il paraît impossible que ce système de pavage ne s’étende pas à Paris et dans nos autres cités, et qu’il ne soit pas, pour notre patrie, d’une utilité réelle. Si sur la voie publique il a eu jusqu’à présent peu de faveur en France, dans les cours et sous les portes cochères on y a recours avec un succès incontesté.
- Le système stéréotomiquë du pavage en bois,
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- exposé par MM. Devicque et Cie, est celui qui a la préférence à Londres, et il paraît au surplus constaté qu’il est d’invention française, et dû à M. de Lisle, qui a conservé un intérêt dans l’exploitation faite par MM. Devicque et Cie. C’est celui qu’on peut voir rue Neuve-des-Petits*-Champs et rue Richelieu, près du Théâtre-Français.
- Le jury, jugeant à propos de signaler l’utilité du pavage en bois, qui est mal appréciée encore, et reconnaissant les efforts qui ont été faits à l’occa-casion du système exposé par MM. Devicque et C‘e, décerne à cès exposants une médaille de bronze.
- Madame veuve FLEURET et fils, entrepreneurs de constructions en fer, à Paris, passage Saulnier, h-
- La maison veuve Fleuret et fils a exposé le modèle de la toiture en fer de l’Hôtel-de-Ÿille qu’elle a exécutée.
- Ce système de toiture est d’une bonne exécution. Il est remarquable par les dimensions de l’espace à recouvrir.
- En i834 et en 1839, la maison Fleuret a été mentionnée honorablement. Le jury lui décerne aujourd’hui une médaille de bronze.
- M. JACQUEMART (Guillaume), entrepreneur de serrurerie, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, 88,
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- A expose des combles en fer et en tôle fort légers. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
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- M. DOENS, à Paris, boulevard d’Enfer, 6 ter.
- Machine à élever les fardeaux.
- M. Doens a exposé une machine à élever les fardeaux, dans laquelle il emploie, comme puissance motrice, le poids des hommes agissant sur des pédales, et transmettant, par leur action alternative sur deux pédales parallèles, le mouvement à un treuil, surlequel vient s’enrouler la corde à laquelle le corps à soulever ou les poulies mouillées sont suspendus. Une disposition analogue est en usage depuis longtemps pour la manœuvre des appareils appelés sapines , que l’on emploie dans la construction des édifices; mais, dans ce dernier cas, les marchesorcli-naires tournent autour d’un axe placé k l’une de leurs extrémités, et il s’ensuit que si deux ou plusieurs manœuvres sont montés sur ces ma rches, ils n’él évent et n’abaissent.successivement le poids de leur corps que de quantités proportionnelles à leur distance horizontale de la verticale, qui .passe par l’axe de rotation, et, par conséquent,.ne développent pas tous le même travail moteur k chaque oscillation. •
- M. Doens a heureusement remédié à cet inconvénient, en disposant les marches et la transmission ; de leur mouvement à l’axe du treuil, de telle manière que chaque marche soit le côté supérieur d’un parallélogramme articulé et reste toujours horizontale dans les oscillations, d’où il résulte que quelle que soit sa place sur leur longueur, chaque homme doit monter et descendre de la même quantité.
- De plus, par une disposition simple, le chef de »
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- manœuvre peut changer le rapport des bras de levier de l’appareil ou celui des chemins parcourus par les points d’application de la puissance et de la résistance, de façon qu’avec le même nombre d’hommes, on puisse, entre des limites suffisamment étendues, faire varier le poids ou la vitesse du fardeau à élever.
- Le jury, reconnaissant dans cette machine des perfectionnements utiles à l’art des constructions, accorde à M. Doens une médaille de bronze.
- M. GIRAULT, à Paris, rue d’Ulm, 20,
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- A exposé un pont en fer et en fonte d’après un système de son invention. Il consiste en .diverses séries de demi-cercles placés bout à bout, tangentiel-lement les uns aux autres. L’idée est fort ingénieuse et mérite d’être citée comme telle. Le système de M. Girault a été l’objet d’un rapport favorable à l’Académie des sciences et au conseil général des ponts-et-chaussées. En ce moment, l’administration fait construire un pont d’après ce modèle sur la rivière de Marne.
- Le jury décerne à M. Girault une médaille de bronze.
- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- M. FÉRAGUS, à Paris, rue de Bréda, 27.
- M. Féragus a exposé un modèle de comble en fer. Cet exposant se livre avec succès à l’art des constructions en fer et en fonte.
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- Il a été l’objet d’une, mention honorable en 18154* Le jury se plaît à la lui renouveler.
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- MENTIONS HONORABLES.
- MM. NOËL père et Cie, à Paris, rue Buffault, 19.
- Couvertures oropholithes.
- MM. Noël père et Cie ont exposé diverses appîica'-tions d’un composé de sable, d’huile de lin, de litharge, de blanc d’Espagne,.dont ils forment un mastic qu’ils étendent sur une toile au moyen d’un chariot en fonte, et qu’ils lissent avec un polissoir ; la toile enduite est alors étendue au séchoir, pour laisser prendre de la consistance au mastic, après quoi on donne une seconde couche de l’autre côté de la toile.
- Les réparations se font parfaitement et très-facilement; le mastic adhère au zinc, au fer, au bois ; il fait corps avec la pierre. C’est un bon préservatif contre le salpêtre dans les localités humides; MM. D’Arcetet Pelouze en ont fait usage à la Monnaie, et ils en ont été satisfaits; leurs témoignages sont d’un grand poids dans la décision du jury.
- Lecorps-de-garde construit dans le jeu de paume, à l’exposition, a été couvert avec l’oropholithe; il n’y a eu aucune avarie lors de l’orage du mois de juin, pas une seule goutte d’eau, n’a pénétré dans ce corps-de-garde.
- Ce mastic procure une grande économie de charpente, plus de chevrons pour les combles; une pente de 5 à 6 centimètres par mètre suffit; des
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- panneaux légers posés de mètre en mètre, sur lesquels on pose des voliges de 1 centimètres d’épaisseur, dans le sens même du chevronnage, composent tout le comble d’un bâtiment.
- La peinture est parfaite sur l’oropholithe ; elle est brillante et solide.
- L’oropholithe peut être verni au four, à une chaleur de 90 degrés; on en a poussé un morceau jusqu’à 114 degrés, et il n’a pas coulé, ce qui prouve qu’on peut employer celte couverture en Algérie et dans les pays les plus chauds.
- On peut fabriquer, selon le même principe, des enduits sur toiles imitant les tapis; mais jusqu’ici M. Noël n’en a fait qu’à titre d’échantillon.
- Le jury décerne une mention honorable à MM. Noël père et C,e.
- M. MONTET, ingénieur en chef des ponts-et-chaussées, à Toulouse (Haute-Garonne).
- Système de plan incliné pour les canaux.
- Sur les canaux, les pentes se rachètent par les écluses. Une écluse rachetant une pente de 2ra,5o moyennement, coûte de 75,000a >100,000 fr. Quand une pente considérable se présente sur un point, non-seulement la dépense s’élève en raison de la multiplicité des écluses qu’il faut accumuler les unes sur les autres, mais encore on éprouve beaucoup de difficultés pour distribuer les écluses convenablement et pour en assurer l’approvisionnement d’eau.» De là, l’idée de substituer aux écluses, des plans inclinés le long desquels glisse-
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- raient les bateaux pour passer, de l’un à l’autre, de deux , biefs séparés par une grande différence de niveau. Les plans inclinés ont été essayés avec succès, en Angleterre, pour de petites navigations souterraines. En Amérique, ils ont été adoptés sur le canal Morris, ligne de 16 ï kilomètres, entre Philadelphie et New-York, où la pente et contre-pente à racheter était de 5iora,57. Ce canal, en pleine activité depuis plus de douze ans, offre vingt-trois plans inclinés dont l’un rachète une pente de 3o“,5o, et qui rachètent ensemble 438m,89, le reste étant suppléé par des écluses au nombre de vingt-cinq. . s
- L’idée de recourir aux plans inclinés a été émise, en France, a l’ocçasion de3 canaux exécuter dans les Pyrénées. Elle y serait appliquée fort à propos, et généralement elle permettrait de rendre des services à toutes les régions montagneuses du territoire français, qui occupent une si grande superficie dans le centre du royaume.
- Chargé de l’étude de canaux fort intéressants dans les Pyrénées , après avoir construit celui de la Baïse, M. Mpntet a présenté, comme l’un des fruits de ses travaux, un système de plans inclinés différent de ce qui existe en Angleterre et en Amérique. Dans ces deux pays, le bateau est retiré de l’eau et placé par des moyens fort simples, en échôuage sur un chariot qu’il quitte de même très-commodément une fois qu’il est parvenu à l’autre bief. Cette disposition aurait l’inconvénient, si le bateau était grand et large, de l’exposer à se déformer, non que les moyen par lequel il sort de l’eau ou s’y replonge
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- lui fasse subir la moindre secousse, mais par l’effet du seul échouage, à .cause, de la, suppression momentanée de la pression de l’eau sur ses flancs. Aussi ,sur le canal Morris s’était-on d’abord limité à des bateaux d’une charge de 25 tonneaux qu’on a doublée depuis, ce qui permet de satisfaire à beaucoup de besoins.
- M. Montet s’est proposé de résoudre le problème pour des bateaux pesamment chargés, tels que ceux qui'naviguent sur nos canaux à grande section. En conséquence, il a voulu maintenir constamment le bateau en flottaison, même pendant la traversée sur le plan incliné.
- A cet effet, le voyage s’opère dans un bassin portatif long et étroit, placé horizontalement sur une caisse trapézoïdale qui s’appuie sur le plan incliné, au moyen d’ùn grand nombre de roues. Ce bassin n’est, à proprement parler, qu’un sas mobile. Son fond vient successivement se mettre au niveau du plat-fond du bief supérieur et du bief inférieur. Il est clos à ses deux extrémités par des demi-portes qu’il suflit de soulever, en même temps qu’on ouvre les portes qui ferment les biefs, pour que le sas mobile soit en communication avec celui des deux biefs contre lequel il est venu se buter.
- _ Le plan incliné offre deux voies de fer; chaque voie a son sas mobile. Les deux sas sont solidaires. Celui qui descend fait remonter l’autre, qui redes-cendensuiteàson tour. Lemouvementestdéterminé par le poids de l’eau dont on remplit la caisse trapézoïdale servant de support au sas mobile descendant. On en règle la rapidité au moyen d’un frein
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- aisé à manœuvrer depuis la plate-forme qui entoure l’extrémité du bief supérieur.
- Le plan de M. Montet est digne d’attention. Une expérience en grand peut seule décider si le poids considérable qu’aurait la masse descendante ou même la masse montante, ne serait pas un obstacle à une manœuvre régulière et sûre, et si la sorte d’embouchure élastique, donnée par M. Montet au bief inférieur, ne se détériorerait pas rapidement.
- Lejury considérant l’importance qu’il'y aurait à introduire des plans inclinés en France dans la pratique des travaux publics sur les lignes de navigation, dans l'intérêt des parties montagneuses du territoire, et tenant compte de l’utilité qu’il y aurait dans quelques cas à les appliquer à des lignes fréquentées par de grands bateaux, non moins qu’à celles où le commerce se contenterait"de bateaux de 4o à 5o tonneaux, appelle’de ses vœux l’essai du système de M. Montet, et se plaît à mentionner très-honorablement le nom de cet ingénieur, ainsi que les dispositions ingénieuses par lesquelles il a , donné corps à ses idées.
- M. MESNIL,M Nantes ( Loire ^Inférieure ).
- Pont-tournant à grande ouverture.
- M. Mesnil a exposé un pont tournant pouvant se prêter à de très-grandes ouvertures, ainsi qu’il en faut aux portes des bassins maritimes. Le système de M. Mesnil est destiné à s’adapter à des passages de 20 à 26 mètres.
- Il repose de chaque côté sur deux potences qui se
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- rabattent sur îes culées; un poteau-valet soutient le tablier mobile du côté de la culée. On dégage le poteau en tournant une barrière placée sur le clîe-min des piétons; le tablier pèse alors de ce côté: ou le fait tourner par un système de rouages, et, pendant la rotation, un levier rabat les potences.
- Ce mécanisme est bien conçu, il n’a pas reçu d’application. Le jury décerne à M: Mesnil une mention honorable.
- M. BONNIOT, conducteur des ponts-et-chaussées, à La Rochelle (Charente-Inférieure ).
- Machine à enlever les déblais.
- M. Bonniot a exposé une machine à enlever les déblais des tranchées, par ascension directe, en évitant les rampes qu’on est obligé de ménager ordinairement. Aux brouettes hissées à bras péniblement sur des rampes d’un sixième, M. Bonniot a substitué un cabrouet d’une contenance beaucoup plus grande, que des hommes conduisent facilement sur les parties horizontales et auquel d’autres hommes font gravir les pentes en agissant sur une roue à marcher. L’appareil de M. Bonniot a été essayé avec succès sur le canal de La Rochelle à Niort, et l’ingénieur des ponts-et-chaussées chargé des travaux, déclare qu’il procure une économie considérable.
- Le jury décerne une mention, honorable à M. Bonniot.
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- CITATIONS FAVORABLES. (
- M. JOMEAU (Louis) , serrurier, à Paris, rite ClocherPerce, 12, •
- ' ••• ' i - ? 5 ' ’ ; ' ‘ ' '
- 4 A exposé un modèle de passerelle reposant sur une charpente enfer. ;; ; ^ ,
- •V V 1 £• i < ! :
- M. BRUNETTE, & Paris
- , rue idu Dragon ,15,
- A exposé un cabestan, une grue, avec une machine à godets et un appareil propre aux travaux de terrassements et d’épuisement sans mouvement rétrograde du moteur.
- M. MORT, entrepreneur de charpente, à Paris, rue Popincourt, 94,
- A exposé une passerelle en bois, à grande portée.
- § 2. CONSTRUCTION ET NAVIGATION DES BATEAUX
- -• • ' • V- ' •< C V.. : -
- ET DES NAVIRES A VAPEUR.
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- , , M. le baron Charles Dupin, rapporteur. ; , r -
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- .Considérations, générales,..........
- ;, 'r i , .... ?.....; .ri
- • î : î •* i- . * S • .. i ^ ^ ^ I ï
- _ Nous avons à signaler deux ordres très-distincts de travaux et de progrès relatifs à la navigation par la force* de la vapeur. Les premiers se rapportent à la navigation des rivières; les seconds se rapportent à la navigation maritime.
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- Dans un intervalle de quatre années, depuis 1838 immédiatement avant7 la dernière exposition jusqu’à 1842, époque dès derniers comptes officiels, le nombredes bateaux et des navires à
- . j - i. v è ^ n j 7
- vapeur a presque tiercé ; leur tonnage s’est accru plus rapidement encore. C’est ce que démontre le tableau suivant : 5f ; ... j ' v
- ' PROGRÈS1 DE 1838 A 1842,
- Vans le nombre et le tonnage des bateaux à vapeur construits
- pour le service du commerce tant intérieur que maritime.
- , „ ANNÉES..,,:.70/ l V ^ ’ Nombre ' T/ï de bateaux. Force A en chevaux. ï
- ,>>' j dût , ! i { » ,4 »*»»*• . * t • O i
- 1838 . . . . : ....... . \ i i 160 7,493 tonn. . , , *
- 1842 (1) '."..i V'. i / * f i i 229 11,856
- ! •1 iuH :• «J ùiüs! : f\) 7:l: -'‘V1 ;•*;
- I Progrès en quatre ans . ... . j • ° r , ,H | i • •. i • < j_ .... 40 p. 100,, , r- 58 ,p. ,100,
- /'H',;,''- „ V-*/ i«- * O/,- ^ v*' - •. *>—1 ?i' ^ ---------•* ' -** ' J&t‘. «fr 4t? Te- i- -
- Un autre changement capital s’est produit
- s- ^ -, ,♦ .-y f- ; »’ £ , : •.
- dans la nature’même des transports opérés au moyen des bateaux et des navires,à yapeur,-par le progrès du mouvement, des marchandises, progrès incomparablement plus rapide que celui
- r r ♦ t.. f
- des' voyageurs. * ; ^
- r r - .
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- (1) 1842 est la dernière année pour laquelle des comptes officiels aient encore été publiés. * '
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- S"!:t ANNÉES. i.r • Voyageurs r ; transportés. • ’-V Marchandises^ . transportées. “Ha$“ Marchandises ; par voyageur.]
- l -- i * l -' 1838 • " 1^418,189 . r - 2.515,691 • ;cj »* - 276,808 tonn. î ; J 996,820 _ 4- . . ' ». v * - > 1,936 kil. ^ V WiZ : t L. 3,962
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- | Progrès en quatre ans. 77 p. 100 363^1 100 • 104 p; îoo. J
- TRANSPORTS
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- Opérés dans une année, par cheval de vapeur.
- 1 v < i I ANNÉES. j I . : ! . .. . - < Voyageurs. Marchandises.il
- 1838 V. Or"' .. .*»»,' • 169 personnes 36,675 kil.
- 1842 1 ï 216 85,521 ,f. » * » ,ç
- - ... Progrès du travail utile par force —. ~ — — — B
- de cheval", en quatre ans . . . . ’ i. . - vr^araî.4.*’- .. v. ' ' '28*p. 100 * 130 p. 100 I
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- PREMIÈRE PARTIE.
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- Des bâteaux à vapeur-construits pour *le 'service' des fleuves ' et des rivières. 1
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- Les chemins de fer commencent faire éprouver aux bateaux à vapeur une concurrence redoutable, parallèlement à certaine partie de nos rivières. Cette concurrence deviendra: beau-
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- coup plus étendue et plus à craindre, lorsqu’on aura construit tous les chemins de fer projetés le long de la basse et de la haute Seine, le long du canal de Bourgogne, de la basse Loire, de la Saône, du 'Rhône, etc.
- Ce sera le transport des marchandises qui sauvera les entreprises de bateaux à vapeur; ce sera surtout le progrès de l’industrie pour la construction plus économique et plus avantageuse de ces bateaux et de leurs mécanismes.
- Il faut expliqüer la marche de l’art depuis l’époque de la dernière exposition.
- Nous avons à caractériser des inventions très-distinctes , sur quatre fleuves essentiellement différents par le régime de leurs eaux et par les difficultés particulières qu’ils présentent à surmonter. - v
- * v Im Seine.
- Dans le rapport de 1839, nous avons signalé les constructions remarquables de M. Cochot, pour la navigation de la haute Seine , avec des bateaux ayant" seulement 40 centimètres de
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- tirant d?eau.* Il est à regretter que ce mécanicien n’ait rien exposé cette année. Nous nous contenterons de faire observer que ses bateaux remplissent parfaitement leur destination.
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- i ; i , , . La Loire et l'Ailier. .............
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- La Loire, au-dessus de Tours, présente à la navigation, lors des basses eaux,;des difficultés incomparablement plus grandes que la Seine, par le peu de profondeur et l’extrême sinuosité du lit navigable, au milieu des bancs,de sable mobiles qui caractérisent ce fleuye. , , • -Avec un rare esprit d’invention, M. Gâche,; ingénieur! mécanicien de Nantes, <x .triomphé' de ces difficultés. 11 a construit des bateaux en fer
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- si légers, que, chargés de leur machine à vapeur et portant. 80 voyageurs avec: leurs effets, ils ne, tirent que 26 centimètres d’eau. ; ; }
- Pour arriver à ce résultat il, a fallu supprimer partout la fonte ; il a fallu tirer un habile parti de la force élastique et de la résistance à l’extension du fer et de la tôle, dans la structure des bateaux et des machines à vapeur.: ; . - t :
- •La machine, dite/inexplpsible,jet qui l’est enr effet par une ingénieuse combinaison adaptée à sa chaudière, est si légère qu’elle pèse avec la chaudière remplie d’eau , 278'kilogrammes seulement . par force vde> cheval. C’est le moindre poids qu’on ;ait jamais obtenu. 0 ? > -i, *}„
- Les bateaux < de* M; Gâche permettent de remonter la Loire depuis Tours jusqu’à Nevers, et
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- l’Ailier jusqu’à Moulins. Ces bateaux remorquent gratuitement les embarcations d’un corps nouveau de cantonniers établi sur la ; Loire pour, maintenir un balisage qui change, perpétuellement comme le courant navigable ; c’est dm service public rendu, dans une étendue de cent vingt-quatre lieues, aux mariniers du fleuve. La navigation générale du fleuve est en effet, par là, rendue incomparablement plus facile et plus sûre.
- On doit encore à M. Gâche, de bons bateaux remorqueurs, qui rendent les plus grands services sur ce même fleuve où le lialage est impossible : c’est une importante amélioration pour les transports de la Loire, et personne avant cet habile constructeur ne l’avait encore obtenue.
- Il a construit quatorze bateaux à vapeur qui naviguent aujourd’hui sur la Moselle Française et Prussienne, sur le Mein, sur le Necker, le Danube, etc., jusqu’à Trêves.'
- Le plus considérable de ces bateaux ne tire que 35 centimètres d’eau ; sa machine a la force de 30 chevaux : chargé de sept tonneaux, marchan-' dises ou voyageurs, il parcourt à la remonte 11 kilomètres par heure, à la descente 21 kilomètres. Ces vitesses sont extrêmement remarquables sur des rivières à' faible tirant d’eau.
- Le service des bateaux inexplosibles de M. Gâ-
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- che sur la Moselle,*la Meurthe, le Necker, le Mein et le haut Danube, s’est fait remarquer surtout ën 1842, .année d’extrême sécheresse et de basses eaux extraordinaires, pendant lesquelles ils ont seuls pu continuer de naviguer sur'des rivières qui,;nous le répétons, n’avaient jamais eu d’aussi basses eaux. ' ; ; .
- Les Anglais ont essayé de faire concurrence à M. Gâche, pour les bateaux à vapeur très-légers, et d’un très-faible tirant d’eau; mais jusqu’à ce jour ils n’ont pas réussi dans leurs tentatives.
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- La Saône et le Rhône,
- La compagnie du Creusot, représentée par MM. Schneider, est la seule qui figuré à l’exposition , parmi les établissements constructeurs de mécanismes à vapeur pour la navigation de la Saône et du Rhône.
- La Saône, Y -
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- MM. ,t Schneider ont construit pour la Saône , depuis la dernière exposition, deux bateaux remorqueurs. r! • ,T Y " J t •
- _ Le premier, Gondole n° 3, de la force de 60 chevaux, construit en 1839, à basse pression et à balancier, devait soutenir la concurrence contre sept remorqueurs Anglais. Ces derniers sont
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- obligés de prendre des chevaux pour les aider à remonter les courants ou rapides entre Trévoux et Lyon. La gondole du Credsot franchit les mêmes obstacles, sans cheyaux de renfort, en remorquant à la fois huit bateaux chargés.
- En 1843, MM. Schneider ont' construit pour la-haute Saône, le bateau, la ville de Gray, avec tous les perfectionnements dont nous allons parler dans un moment, au sujet de la navigation du Rhône. Ce bateau, construit sur des dimensions qui permettent le passage à travers les barrages et les écluses de la haute Saône, accomplit ce service en remorquant jusqu’à 10 et 11 bateaux, ayant la charge ordinaire des bateaux qui naviguent sur cette rivière. Chaque cheval de vapeur remorque environ quatrè tonneaux de marchandises.
- Le Rhône.
- Le Rhône pqr l’extrême rapidité de son cours présentait, à la navigation par la vapeur, de grandes difficultés dont MM. Schneider ont habilement triomphé.
- Dès 1839, quatre compagnies établies pour cette navigation, possédaient 32 bateaux dont les appareils moteurs avaient tous été demandés à l’Angleterre : telle était la concurrence que le Creusot allait avoir à soutenir, lorsqu’il entre-
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- prit, pour MM. de Bonnardel, de construire le Crocodile et le Marsouin. Chacun de*ces bateaux a la force de 60 • chevaux ; le système des machines est à moyenne pression, avec détente et condensation ; la transmission delà force s’opère -directement, sans balancier i-enfinles Chaudières sont perfectionnées avec des tubes ^cylindriques d’un petit diamètre, empruntés aux locomotives qui ne consomment par heure que A kilogram mes de combustible, pour chaque cheval'de force. Ces bateaux, avant un mètre de tirant d’eau, portent 80,000 kilogrammes de charge-; ils remontent d’Arles à Lyon en 34 à 35 heures effec-tives, sur un parcours de 320 kilomètres. Les compagnies qui faisaient usage des machines ^anglaises, prenaient 40 fr. par,1,000 kilogrammes, à la remonte d’Arles à Lyon, et faisaient médiocrement leurs affaires ; la compagnie Bonnardel prenant seulement 35 fr., a pu faire des bénéfices considérables qui lui ont permis de développer rapidement ses moyens de transport.
- En 1840 et 1841, cette compagnie fit construire au Creusot, deux nouveaux bateaux à vapeur, ayant chacun la force de 100 chevaux, au lieu de 80 qu’avaient les précédents. Ce s bateaux portent 100,000 kilogrammes, et remontent d’Arles à Lyon en 30 heures, au lieu de 35.
- En 1842, MM. -Bonnardel ont fait construire
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- deux nouveaux bateaux ayant la forcé de 120 chevaux et portant 130,000 kilogrammes. Ils remontent d’Arles à Lyon en 29 heures, et souvent même en 28 heures : parcourant ainsi plus de 11 kilomètres par heuire. Pans ces trajets à la remonteles frais réels de transport, y compris les frais généraux, ne s’élèvent qu’à 1 fr. 70 c., par quintal métrique. C’est une diminution de 50 pour 100, sur les dépenses de cette navigation; diminution que les progrès de l’art ont obtenue dans le court espace de quatre ans.
- De tels perfectionnements ont été, pour la maison Bonnardelet Four, une occasion de bénéfices
- auxquels elle a dû la fortuné la plus rapide, tout en abaissant les prix de transport.
- Enfin en 1843, MM. Schneider frères ont construit, pour remorquer les bateaux chargés, à* la remonte'du Rhône, supérieur , le bateau ieDrmjmi, ayant la force de 80 chevaux, et pouvant remorquer sur ce fleuve rapide huit à dix bateaux chargés de marchandises.
- Aujourd’hui le Creuset exécuté pour le Rhône des travaux qui surpassent tous ceux que nous venons d’énumérer. Cet établissement construit cinq machines de 200 chevaux, pour dès bateaux dont la longueur aura 75 mètres, c’est-à-dire beaucoup plus que la longueur d’un vaisseatt de guerre.
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- } •; 11 faut, a ttribuer les isuccès que nous venons de. , si gnaler à Y emploi (combiné desmaehines à vapeur de moyenne'pression, à détente variable,4qui produisent une - économie notable' du combustible , : et qui permettent de développer une grande .force,accumulée pour franchir avec une vitesse
- acquise considérable; les passages difficiles ; espèces de «rapides si fréquents sur le Rhône.
- : Les ..perfectionnements des chaudières èhiprun-tés aux locomotives avec des tubes d’un petit diamètre et fort nombreux , en multipliant les surfaces de chauffe, permettent de produire beaucoup plus de vapeur avec une chaudière d’un volume et d’un poids donné, r .
- Ces perfectionnements, introduits d’abord dans les bateaux de rivière, se sont également étendus aux navires employés à la mer, ainsi que nous l’expliquerons dans la deuxième partie.' * J
- . )P. • Le * Rhin et ses affluents. - ;
- ---r. i, > *):?
- Les travaux de M. Cavé pour :1a navigation du ^Rhin, méritent au plus haut degré, de fixer notre ,attention.j ' :, • "
- ,, s II a construit pour naviguer sur le haut Rhin, entre Strasbourg et Râle , un bateau de 40 che-vaux , un-autre de 50 ; le premier tirant 60 centimètres; le second 65 centimètres d’eau; le
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- premier qui transporte 20,000 kilogrammes et le second 25,000 kilogrammes. , -
- Le premier de ces bateaux parcourt à la remonte, en dix-sept heures, le trajet de Strasbourg à Buch, et le second en quinze heures ( il y a quarante lieues ) : la descente se fait en six heures.
- M. Cavé a construit pour naviguer sur le bas Rhin deux remorqueurs, l’un de 70 et l’autre de 100 chevaux. Ce dernier parcourt le fleuve entre Rotterdam et Cologne; il remorque de 7 à 800 tonneaux en quarante heures, parcourant ainsi 10 kilomètres par heure à la remonte : ce bâtiment obtient la supériorité la plus décidée sur tous les remorqueurs anglais employés sur le Rhin ; souvent même il lutte avantageusement avec les bateaux à vapeur employés au transport des voyageurs.
- Aujourd’hui M. Cavé construit un remorqueur ayant la force de 150 chevaux, qui devra tirer seulement 90 centimètres d’eau, et qui devra naviguer sur le Rhin en traînant au moins 1200
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- tonneaux de marchandises à la remonte.
- Les remorqueurs de M. Cavé brûlent du menu charbon dans une forte proportion, ce que n’ont pas fait encore les autres bateaux à vapeur. Il en résulte une très-grande économie dans les frais de combustible. Cet exemple devrait être imité
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- dans la marine française, et pour l’État et pour le Commerce. -
- ; Résultats généraux. 1 v
- Les perfectionnements si remarquables et si nombreux des constructions à.' vapeur sur les grands fleuves et sur leurs affluents, ont produit des résultats extrêmement considérables.
- Si nous comparons les deux années qui précédent les expositions de 1839 et de 1844,, nous verrons que le nombre des voyageurs s’est accru de quatorze cent mille à deux millions cinq cent mille ; et que la quantité de marchandises transportées s’est accrue de 275 mille tonneaux à un million. C’est une révolution commerciale occasionnée par la rapidité, la régularité, la constance obtenues dans un genre de transports qui péchait auparavant parles défauts opposés ; avec tous ces avantages, les transports?rendus plus réguliers et plus rapides, s’opèrent moyennant une réduction très-sensible dans les- prix., Tels.
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- sont nos progrès pour la navigation par la,.vapeur, sur nos fleuves et nos rivières.,
- DEUXIEME PARTIE.
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- Navires à vapeur construits pour le service de la mer.
- L’ensemble des arts qu’exige l’application de la vapeur à la navigation maritime, nous a pré-
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- senté, depuis la dernière; exposition, les progrès les plus remarquables, lès plus importants en, eux-mêmes, et les-plus influents,sur, les progrès généraux des arts mécaniques..
- En. 1839, MM. Schneider ont construit'pour le port de Marseille un remorqueur de 40 chevaux, à haute pression avec cylindres oscillants; il sert principalement à remorquer les bateaux chargés de sel qui viennent de l’étang de. Berre.. Il sert aussi; pour aller aurdévant-des navires du corn-, merce extérieur, et les remorquer dans le port de Marseille..
- En 1839 , les ingénieurs'français Savaient encore construit que des navires à vapeur dont les plus grandes machines motrices, empruntées à F étranger , avaient au maximum la . force de 220 chevaux.
- Avant la même époque, F industrie française ' n’avait encore exécuté, pour, notre navigation, que/des machines motrices ayant la force de 160 chevaux,, sauf une .seule exception. .
- Enfin, jusqu’à cette époque, nos navires à vapeur ser vaient seulement pour de courts voyages à l’embouchure de nos fleuves,, le long de nos côtes, et pour le cabotage; général de la Méditerranée.
- Eh 1840 , MM. Schneider ont exécuté pour la Marine royale, l’appareil.du Pluton, navire de
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- 220 chevaux, construit suivant l’ancien système à basse pression avec balancier et chaudière à conduits rectangulaires. Ge.bâtiment est considéré comme le meilleur marcheur de tous ceux de même force que possède le Gouvernement; on a trouvé sa vitesse plus grande que celle de tous les bateaux anglais, excepté le Yacht de la ' reine d’Angleterre, lorsque S. M. est venuë visiter ii Eu le Roi des Français. Il est juste de remarquer que la supériorité du Pluton doit beaucoup à la rare habileté de M. le commandant Janvier.
- En 1841, MM. Schneider ont construit, pour la marine royale, /’Archimède de 220 chevaux, à basse pression comme le Pluton, mais à détenjte qu’on a rendue variable. Comme ce navire était destiné pour les mers de Chine, on a construit sa coque avec une grande solidité. On a fait avec ce navire une expérience d’un très-haut intérêt pour la navigation par la vapeur.
- Après avoir éteint le feu d’une des deux chaudières , puis, celui d’une partie des grilles restantes, on a fait usage de la vapeur avec détente, pour aller de Lisbonne à Gorée. On a parcouru 425 lieues en 10 jours ; en réduisant la consommation de 23,000 kilogrammes à 7,000 : c’est-à-dire à un kilogramme de charbon, par force de cheval, enfilant 6 nœuds. C’est la vitesse moyenne de très-bons navires à voiles.
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- Cependant nos rivaux d’Outre-Manclie venaient de résoudre, un grand problème nautique. Ils avaient compris qu’en accroissant .tout à coup considérablement la force de leurs bâtiments à vapeur, ils pouvaient obtenir des navires d’assez grandes dimensions pour transporter le combustible nécessaire à de très-longues traversées, et laisser encore un excédant de charge disponible suffisant pour le transport d’un grand nombre de. voyageurs et de quelques marchandises.
- Ils sont parvenus à construire des navires qui, partis de Bristol ou de Liverpool, ont traversé l’Océan et se sont rendus dans les ports des États-Unis, d’abord en 17 jours, puis en 16 jours, puis en 15, en 14 jours, et qui maintenant accomplissent en 13 jours cette grande traversée.
- La France ne pouvait rester .spectatrice indifférente de semblables résultats.
- Dès 1840, une loi fut votée pour établir la navigation par la vapeur entre les grands ports de France; et les ports des États-Unis, des Antilles, de la Guyane et du Brésil;' n ;
- La loi même spécifiait que la majeure partie des machines motrices devrait être construite par l’industrie nationale. ’ ; .
- L’État, d’une part dans son grand établissement d’indret, de l’autre trois industriels éminents, MM. Gavé, Hallette et Schneider, ont entrepris
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- cestravaux. Deux- seulement figuraient.à l’exposition. . Bientôt nous, parlerons de, leurs.succès: i Il faut avant1 tout expliquer !la marche1 de Fart dès constructions navales ,* pour résoudre le pro- ' blême de la. navigation transatlantique. -Le législateur * a voulu que * les .bâtiments destinés, au service de malle-poste et de*commerce, pour cette navigation; pussent au besoin être employés comme bâtiments de- guerre, et .fussent, même en. temps de* paix, Commandés par< des officiers de1 la* marine militaire , qui» de» la sorte acquerront une* grande expérience de la* navigation par la vapeur.
- Il ne fallait* doncpasniniquement; par des^constructions navales d’une extrême légèreté, chercher à résoudre* les problème , de la plus- grande vitesse. Il» fallait satisfaire h d? autres ^conditions de solidité, de durée, de-résistance aux efforts de la mer, conditions qu’exige impérieusement toute marine militaire. 4- : * *
- ' Et ces résultats;, il fallait les obtenir 'sans tomber dans le défaut des constructions trop>pensantes et trop* massives.* ;
- Les* progrès* encore récents de l’architecture navale ont permis de résoudre- ce> doublé problème. ^ ' * ' ' : r, ‘H.! m
- La. charpente oblique des vaisseaux ; dont les avantages ont'été démontres, et l'msagedemandé
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- pour notre marine dè& 3816 (l)„a fini par devenir d’un usage général, pour s nos bâtimentsnde guerre.., Employée; d’.abord dans les navires., à voiles;,, plie a surtout présenté 'de/grands avantages dans les. navires à vapeur.,, -
- Elles a permis de diminuer l’épaisseur totale des fonds et de la muraille des navires,, par le croisement intelligent des bordagess,. longitudinaux à l’extérieur,, obliques à rintérieur :’ le tout relié par des bandes de fer'd’obliquité différente..
- . C’est par ce moyen- qu’on ,a rendu considérable la force, longitudinale des carènes pour résister aux plus grands efforts des lames de la mer,'que le navire, fend et frappe, successivement.. ;
- Aussi.les-constructions françaises n’ont, pas* à déplorer, comme celles des nations, moins* prudentes» la -perte: de navires à/vapeur dans le'sein: des hautes mers : c’est un succès que l’humanité doit chérir^ , ;
- _ Indépendamment des. naviresj à vapeur- où le bois entre comme élément principalnous-avons entrepris d’employer .le fer; à la construction de grands navires à vapeur:? nous aurons bientôtà
- i ' . . • » J C «
- (;1) Un. mémoire,qui démontre les.-avantages de e.e système,
- rédigé par M. le baron Charles Dupin ,fa reçu Uhonneur de l’in-
- sertion dans les Transactions philosophiques de la Société'
- royale de Londres poux 1817. i i * * * 5
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- signaler les travaux très-remarquables dë M. Cavé pour résoudre ce problème.
- Déjà chacun des trois habiles mécaniciens que nous avons signalés a construit les machines à vapeur et les mécanismes moteurs pour quatre bâtiments transatlantiques, ayant la force de 450 chevaux.
- Pour passer tout à coup, dans la construction des navires à vapeur, des machines ayant la force de 200 chevaux à des machines ayant la force de 450 chevaux, il fallait un nouvel outillage qui réunît la puissance à la précision. Il fallait introduire en France les grands outils - machines, propres à planer, à tourner, à forer les métaux.
- Il fallait chercher des moyens nouveaux, plus énergiques et plus efficaces, pour forger les grandes pièces de fer formées de barres d’assemblage. .
- Ces difficultés nombreuses ont été surmontées avec bonheur par les trois principaux constructeurs français auxquels est confiée la confection des machines de 450 chevaux.
- Ainsi le progrès commandé par l’architecture navale a réagi sur l’une des parties les plus importantes de l’industrie nationale ; il réagira de la manière la plus avantageuse sur les grands travaux des arts civils.
- Le perfectionnement des travaux de forge mé-
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- rite surtout d’être signalé. Un,emploi plus judicieux des marteaux mécaniques, et des combinaisons ingénieuses de la vitesse ainsi que du poids de ces marteaux, ont. conduit à des résultats qui désormais ne laissent plus rien à désirer.
- M. Cavé s’est servi des marteaux et des marti-
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- nets ordinaires ; mais avec des çames et des men-tonnets mus par la force de la vapeur. Auparavant, pour emboutir les grandes chaudières en tôle, il avait fait usage d’un marteau-pilon.
- Cependant il y a loin de cette première application au puissant marteau-pilon à vapeur, construit au Creusot, en 1840, pour battre les principales pièces de forge, nécessaires aux grands mécanismes des paquebots transatlantiques.
- On doit l’invention et l’exécution de ce marteau-pilon à M. Bourdon, l’habile ingénieur qui dirige les travaux du Creusot.
- Des réclamations tardives et peu fondées ont été faites par un Anglais, M. Nay, pour contester à l’ingénieur français son droit d’invention. Nous avons pris connaissance de documents authentiques qui constatent que l’établissement du Creusot avait construit et mis en usage son marteau à vapeur, avant que les Anglais eussent exécuté le leur ; et que la conception de ce bel instrument a précédé le voyage de MM. Bourdon et
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- -Schneider en Angleterre, du printemps cie 1840.
- *
- Le marteau à vapeur"monte et descend ; avec une régularité parfaite, sans oscillations possibles. La vitesse èt' l’amplitude‘ des mouvements de hausse et de ‘baisse du1 marteau, varient à' volonté par le jeu de la-vapeur, au 'grécFuh bras de levier que fait mouvoir la main'd’un ouvrier.
- Nous avons tous >àdmîré l’arbre'puissant qui doit transmettre aux,roues motrices la force d’un paquebot transatlantique de /|5'0‘-chevaux ; il est impossible de concevoir une identification plus .parfaite des barres de fer soudées par la force, pour en former un- arbre unique avant plus d’un /mètre »dë circonférence. :
- Pourquoi dans la navigation transatlantique n’introduirait-on pas les perfectionnements auxquels ;sont [dusdes5 résultats si remarquables obtenus- pour la ' navigation' du Hhône ? ‘ r
- En employant la vapèur à moyenne pression, par -exemple à deux atmosphères, l’on réduit de plus de moitié , par forcé dé cheval, ie!poidstotal de la. machiné et des chaudières, avéc de petits tubes cylindriques; Il faut joindre à cët avantage la suppression 'des balanciers et la transmission immédiate de la' force motrice.
- J Avec un >poids ainsi réduit, -dans les* chaudières et les mécanismes, on obtiendra la 'diminution bien plus précieuse du combustible- nécessaire
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- pourîproduire xun'même «effet dotal. On pourra -donc avoir un navire «de moindres 'dimensions et par conséquent de moindre poids. ,
- Des perfectionnements* successifs opérés 'dans la'distillâtiomdeTeau demierpontifini «par rendre avantageuse,.du .moins pour des bâtiments <de la marine royale, de supprimer lîapprovisionnement ide beau, pour la remplacer par un septième en poids du combustible nécessaire cette distillation.' Cet avantage est certainement considérable, pour des bâtiments destinés à de longues traversées et qui portent de nombreux'équipages avec des voyageurs ou des troupes embarquées.
- Par l’ensemble des allégements, quetnous^ venons d’énumérer, si'la force motrice restait la même, elle aurait à mouvoir un poids total beau-* coup moindre. Alors la/ vitesse serait/plus grande -etles traverséesmoins longues: nouvelles’ sources d’économie dans le combustible,..servant soit, aux machines,,'soit ;à la distillation» de l’eau;opar suite, aussi;, nouvel ^allégement duinavire. ‘mai Si Tou veut au ‘contraire, obtenir les moindres . bâtiments. à vapeur qui puissent exécuter des traversées.très-rapides entré l’Europe et l’Amérique tout < enconservant la pluè grande vitesse obtenuedéjà, l’on peut réduire à.la fois^dans une proportion considérable les dimensions du navire, la force de son équipage et par conséquent le poids
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- des vivres, sans cesser d’avoir une faculté suffisante de chargement, soit en passagers., soit en marchandises. : , . ' ? , 5 ;
- Tels, sont les progrès de l’art naval qui doivent aujourd’hui donner une face nouvelle, à la navigation transatlantique, et permettre au commerce français de l’entreprendre avec des navires à vapeur de 250, ou tout au plus de 300 chevaux au lieu de 450.
- MM. Schneider frères vont exécuter le mécanisme d’un navire à vapeur où seront réunis tous ces perfectionnements, le navire est construit au Havre parM. Normand, hahile ingénieur du commerce. La force, au lieu, d’être transmise par le jeu des roues à aubes, .le sera par le jeu d’une hélice.
- On évalue que dans ce nouveau système, le poids total de la machine à vapeur, de la chaudière et de l’eau qu’elle contient ne sera pas de 500 kilogrammes par force de cheval. On espère faire en moins de douze jours la .traversée du Havre à New-York, et dans quinze jours faire la traversée de France aux Antilles, en supposant que les vents et. les courants présentent une somme égale de chances favorables ou contraires.
- On voit, par les explications qui précèdent,
- . quelle impulsion puissante a donnée la commande des mécanismes des paquebots transatlantiques
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- pour égaler . le,s Anglais .du-côté des travaux de forge, de'rabotage , de dorage.,j de ?perçage est d!a-justage 'des;métaux. Nous ne -.craignons pas?d’affirmer rjn’aujourddiui,jlsous ces,divers points de vue, la perfection de l’industrie britannique '.est égalée .par .F-industrie française.
- Les mécanismes-dû iCreusot ayant été des premiers acbevésret -installés, sur cinq :coques de paquebots transatlantiques, ont. été mis.à lîé-preuve; ensuite, sont-venus.ceux-de MUCavé. L’on procède en. ce {moment A l’examen de ceux-du troisième constructeur,, M.?Hailette,*-d’Arras. -Le Labrador, premier paquebot transatlantique de450 chevaux, ^construit par MM^Schneiderdu Creusot; sert depuisqdus dlune année à la corres-pondance-cntre ,Alger et Toulon : il ipeut porter 1200 hommes de ,troupes* avec leurs , armes et bagages, et faire la traversée en 39 heures. Chargé, seulement de SO.Odiommes, ilia fait-en 36 heures le voyage de France en Algérie. . a - . ; -
- Dans une îtempête de F hiver .dernier., lorsque tous des navires à. .vapeur alors en mer étaient obligés de relâcher en des poetsade .refuge, Ae Labrador a pu/continuer sa route, et rentrer â Toulon avecaine vitesse? de six-nœuds.
- Quatre autres grands,navires à-vapeur, le Canada, le Caraïbe, l'Qrénoque et l'Albatros, eut eu leurs, mécanismes de 450 chevaux fabriqués au
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- €reusot: trois de ces bâtiments, éprouvés par les officiers de la marine royale, ont donné dix nœuds et demi pour vitesse moyenne, le quatrième n’est pas encore installé sur le navire qui doit le recevoir.
- Il est facile de se former une idée de la vitesse comparée de ces paquebots avec ceux que les Anglais emploient à leur navigation transatlantique.
- Il y a de Liverpool à New-York sept fois la distance d’Alger à Toulon , sept fois trente-neuf heures égalent deux cent soixante-treize heures c’est-à-dire onze jours et neuf heures. Les Anglais mettent de douze à treize jours pour effectuer leurs meilleures traversées.
- Le problème de la vitesse de nos grands paquebots transatlantiques se trouve ainsi résolu de la manière la plus satisfaisante.
- Les expériences ont surpassé l’attente des ingénieurs de la marine royale. Aussi longtemps qu’on voudra se borner à l’ancien système des chaudières à tuyaux quarrés, des roues à aubes, et des machines à vapeur à basse pression, l’on ne peut pas espérer une solution plus parfaite, une exécution meilleure que celle obtenue par les constructeurs français.
- En présence des progrès de la marine à vapeur, on a dû se demander naturellement s’il ne serait
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- pas possible d’adapter dans nos grands navires à voiles des machines motrices à vapeur, qui leur imprimassent une vitesse suffisante lors des calmes plats, ou lorsque régnent des vents extrême-ments faibles.
- La solution d’un tel problème suffit en effet
- pour conserver à l'État, un matériel dont la va-
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- leur pour la marine militaire française est supérieure à cent millions de francs.
- Des flottes, des escadres,des bâtiments isolés, par l’adaptation dont nous parlons, acquerront tout à coup une force navale incomparablement supérieure.
- On exécute,, en ce moment, dans l’arsenal de Lorient, un premier essai de ce genre sur les plans d’une frégate du premier rang allongée seulement de cinq mètres à son maître couple, sans d’ailleurs altérer les formes de la carène. On construit ainsi la Pomone, dont la cale va recevoir un appareil à vapeur de 200 chevaux. On a jugé cette force suffisante pour imprimer à la frégate, à sec de voiles, une vitesse d’au moins cinq nœuds, vitesse qui passera très-probablement six nœuds. L’allongement de la frégate est calculé pour correspondre à l’augmentation des poids de tout l’appareil à vapeur et du combustible'jugé nécessaire.
- Les mécanismes seront construits par MM. Maze-
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- line, de Graville auprès du Havre, suivant le système perfectionné .que nous avons signalé ; c’est-à-dire suivant le système de moyenne pression, à détente variable, à transmission immédiate , etc. La force de la vapeur fera mouvoir directement, non pas des roues à «aubes établies latéralement au-dessus de la flottaison ; mais une hélice , dont l’axé horizontal sera plongé dans la mer à' 1?arrière du bâtiment.
- Cette disposition permettra de conserver à la frégate le système .entier :de sa mâture et de sa voilure.
- Dans les combats, le mécanisme de la vapeur se trouvant tout entier invisible au-dessous de la flottaison .ne pourra pas être atteint et mis hors de service par les boulets de F ennemi.
- Lorsque cette expérience, aura donné des résultats favorables, que la science et l’art se réunissent pour démontrer comme plus que probables, on n’aura plus qu’à généraliser cette belle application de la vapeur,.aux corvettes, aux frégates et aux vaisseaux.
- NOUVELLES MEDAILLES D’OR.
- M, CAYÉ, à Paris , .rue du Faubourg-Saint-Denis, 214.
- Depuis dix ans, M. Gavé figure au premier rang
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- parmi les constructeurs qui font honneur à l’industrie française. Dès i834, il obtenait la médaille d’or : pour lés perfectionnements qu’il a procurés k la composition et à la construction des machines k haute pression, et à,cylindres oscillants sans balancier et sans parallélogrammes; pour ses bateaux en fer, et pourbeaueoup d’autres inventions appliquées aux besoins des arts civils.
- M. Cavé, d’abord simple ouvrier, doit sa fortune à lui-même et ses succès k son génie. Il occupe, aujourd’hui, suivant l’activité dés travaux, sept cents, huit cents et jusqu’à neuf cents ouvriers. Ses établissements, dans l’enceinte de Paris, couvrent trois hectares de terrain. Les mouvements mécaniques y sont donnés par dix machines à vapeur; les unes font mouvoir des martinets et des marteaux dont le plus lourd pèse trois mille kilogrammes (i); les autres servent pour planer, forer, percer et tourner les pièces des mécaniques qu’il construit.
- Les travaux de forge, dans les ateliers de M. Gavé, sont portés à un degré de perfection qu’aujourd’hut les Anglais mêmes ne surpassent pas. Son grand outillage réunit la solidité, la combinaison ingénieuse et la précision nécessaires pour l’exécution parfaite des plus grandes machines à vapeur. Une seule chaudière produit la vapeur nécessaire aux nombreuses machines motrices quelle va chercher par des tuyaux de conduite. Une seule cheminée, haute de 5o mètres,reçoit, par d’autres tuyaux, les gazdé-
- (1) La machine à vapeur qui le fait mouvoir a la force de quarante chevaux.
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- gagés des nombreuses combustions du vaste établissement où s’opèrent tous les travaux, depuis la fusion de la fonte et le travail de la forge, jusqu’aux derniers ajustages.
- On croit voir un des grands ateliers imité des plus intelligents de l’Angleterre. Rien n’est bâti pour le luxe ni pour la montre; on tire parti de tout, dans la position la plus appropriée pour chaque besoin nouveau, sans recherche d’architecture. La simplicité, l’économie, sont les seuls ornements qui se lassent distinguer aux yeux du véritable observateur.
- M. Cave a construit successivement les mécanismes de trente-cinq bateaux ou navires à vapeur destinés au commerce sur la Seine, la Somme, le Rhin et deux grands lacs de la Suisse. Il a construit, pour la marine royale, les mécanismes de quinze navires à vapeur depuis la force de soixante jusqu’il celle de quatre cent cinquante chevaux.
- Il achève à présent la coque en fer de la corvette à vapeur, le Chciptal, forte de deux cent vingt chevaux, qui sera mue par une hélice, pour remplacer les roues à aubes ordinaires. La carène de ce navire est subdivisée par cinq cloisons en fer pour empêcher qu’il coule bus dans le cas où s’ouvrirait même la plus large voie d’eau dans une partie quelconque. La construction de cette carène est remarquable par lu précision vraiment géométrique des formes données au fer de la membrure. Les membres des extrémités sont dévoyés suivant les meilleures méthodes de construction. Jl faut remarquer aussi la simplicité et
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- la solidité des assemblages des membres avec la bordure ,, et du pont avec la carène.
- La machine employée par M. Gavé, pour percer, à des distances parfaitement égales, les contours curvilignes des feuilles, de bordure et leur joint d’about rectiligne, est la plus parfaite qu’on ait encore imaginée.
- Afin de déterminer les formes les plus convenables à l’hélice qu’on va placer à l’avant du gouvernail entre deux étambots, M. Cavé a fait, sur la •Seine, une série d’expériences hydrauliques qui conduisent à des conséquences remarquables; elles montrent que M. Cavé sait éclairer son génie inventif, par les lumières de l’observation et les calculs qui la fécondent.
- Tels sont les titres nombreux et du.premier ordre qui justifient la nouvelle médaille d’or que le jury décerne à M. Cavé.
- MM. SCHNEIDER frères et Cie, au Creusot (Saône-
- L’établissement du Creusot avait perdu son ancienne célébrité, et sa prospérité commerciale, lorsqu’il y a quelques années, il changea de mains pour recevoir l’habile direction de MM. Schneider frères. Un premier et,très-grand succès fut de procurer à la fonte ainsi qu’au fer, par des mélanges habilement combinés, et par un bon système de fourneaux, des qualités, nouvelles, en faisant disparaître les défauts qu’on reprochait auparavant à la matière des pro-duits de cet établissement.
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- Un second progrès consistait à renouveler l’outillage pour exécuter, avec une précision désormais indispensable , la construction, des machines les plus grandes et le plus compliquées.
- Parmi les outils machines établis au Creusot depuis 1840, il faut citer le marteau-pilon à vapeur, que déjà nous avons signalé. Il réunit les propriétés les plus diverses; la plus grande puissance de choc; la vitesse et la multiplicité des coups; la cessation instantanée de l’action ; et son changement en simple pression, aussi lente, aussi modérée qu’on puisse le désirer.
- La compagnie Schneider fait travailler au Creu-sot et dans les environs trois mille ouvriers. Elle a construit un chemin de fer, afin de conduire ses produits jusqu’au canal du Centre, qui joint la Saône à la Loire, pour les envoyer jusqu’à nos côtes de l’Océan ou de la Méditerranée.
- La magnifique bielle et sa traverse pour un navire à vapeur de'45o chevaux , qui figurait à l’exposition, suffirait pour montrer à quel degré d’excellence sont parvenus au Creusot les travaux de grande forge,, de tournage et d’ajustage des métaux.
- MM. Schneider frères ont perfectionné la navigation et leremorquage à vapeur sur les grands cours d’eau de la Prance, particulièrement sur le Rhône: le plus rapide et par là le plus difficile de tous. Ils appliquent à la navigation maritime le progrès qu’ils ont fait faire à la navigation fluviale. Ils ont obtenu tout le succès qu’il était possible d'espérer pour le système qui leur était imposé dans les méca-
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- nismes de 45o chevaux que la marine royale leur a commandés.
- Depuis iBSq, ils ont entrepris la construction de mécanismes à vapeur et d’un grand nombre de bateaux en fer, pour une force totale de 3,980 chevaux, appliquée à la navigation.
- Des succès si nombreux et d’une telle importance, obtenus depuis la dernière exposition, justifient la nouvelle médaille d’or que le jury décerne à MM. Schneider frères.
- MÉDAILLES D’OR.
- A
- M. GACHE fils aîné, à Nantes (Loire-Inférieure).
- M. Gâche a le rare mérite d’avoir complètement résolu le problème de la construction des bateaux à vapeur d’un très-faible tirant d’eau pour naviguer sur nos fleuves et nos rivières, dans le temps des grandes sécheresses comme en toute autre saison. Il a vaincu d’extrêmes difficultés, soit pour la construction des navires, soit pour la construction des chaudières et des machines. Les étrangers, les Anglais même , n’ont pu soutenir la concurrence avec M. Gâche pour ce genre de navigation à faible tirant d’eau.
- Le jury lui décerne la médaille d’or.
- MM. MAZELINE frères , à Graville (Seine-Inférieure).
- MM. Mazeline frères sont aujourd’hui les principaux constructeurs de mécanismes à vapeur établis
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- dans nos ports de l’Océan. Leurs travaux sont très-variés ; ils exécutent les grands appareils nécessaires à la fabrication des sucres coloniaux; ils confectionnent les machines à vapeur pour la navigation maritime. Leurs travaux, conduits avec beaucoup d’intelligence, ont pris un développement considérable : ils emploient maintenant 35o ouvriers.
- MM. Mazeline ont les premiers exécuté des chaudières tubulaires pour la navigation maritime. Ils s’occupent actuellement d’une entreprise qui fera prendre un nouvel essor à notre navigation transatlantique; c’est de construire, pour le commerce, de grands navires à voiles, avec machine à vapeur de 'jo chevaux, pouvant porter 55o tonneaux, soit en marchandises , soit en voyageurs, et faire la traversée entre nos colonies des Antilles et le Havre, en 24 jours : sans exiger un fret plus élevé que le fret actuel par la navigation purement à voile .
- La marine royale a montré toute l’estime qu’elle accorde à MM. Mazeline frères en les chargeant .de combiner et d’exécuter le mécanisme à vapeur de 220 chevaux, pour l’appliquer à nos frégates de guerre; ainsi que déjà nous l’avons mentionné. Les plans de ce travail sont conçus avec une rare intelligence.
- Tous ces titres justifient la médaille d’or que le jury accorde à MM. Mazeline frères.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT. ‘
- M. BABONEAU, à Nantes (Loire-Inférieure).
- En 1839 M. Baboneau reçut la médaille d’argent pour l’excellente fabrication de ses chaînes-câbles et des ancres appropriées au service de ces câbles. Il a depuis cette époque agrandi ses ateliers et ses travaux ; il fabrique des machines à vapeur pour la navigation. Il a construit une machine de 70 chevaux dont la force se transmettra parle système de l’hélice, sur un navire à vapeur. M. Baboneau continue de mériter la médaille d’argent qu’il a reçue à la précédente expositiou.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. NILLUS, constructeur de machines à vapeur, au Havre (Seine-Inférieure).
- M. Nillus possède, au Hâvre, des ateliers considérables. Il est constructeur de machines à vapeur et de grands mécanismes pour l’industrie manufacturière et pour la navigation. Il a le premier réimporté d’Angleterre la substitution de l’hélice aux roues à aubes, dans la transmission de la force motrice de la vapeur, à bord des navires ; c’est ce qu’il a fait pour le bâtiment de commerce, le Napoléon.
- M. Nillus expose une hélice en bronze, remarquable par son excellente exécution.
- M. Nillus occupe habituellement de 180 à 200
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- ouvriers; ses établissements couvrent, près .-d'un hectare de terrain. La force motrice est donnée dans ses ateliers, par quatre machines à vapeu r, dont une, celle des forges, est de 60 chevaux.
- M. Nillus embrasse toutes les opérations, depuis les travaux de fusion et d’étirage à l’anglaise , et depuis le laminage du fer et du cuivre, jusqu’aux dernières opérations de construction et d’ajustage. Il a fabriqué lui-même tous les mécanismes de ses ateliers.
- L’ensemble de ces travaux mérite à M. Nillus une médaille d’argent.
- MENTION HONORABLE.
- M. LOTZ fils aîné, à Nantes (Loire-Inférieure).
- M*- Lotz est un ancien ouvrier qui, par son intelligence et son esprit d’économie., est devenu chef d’un établissement considérable, dans lequel il construit des bateaux etdes navires en fer. S’il continue de suivre cette voie de progrès, il méritera, dans l’exposition suivante, une plus haute récompense.
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- !§ O. CONSTRUCTIONS NAVALES A VOILES. Embarcations, toiles à voile, moyenslde sauvetage, cordages.
- M. Mimerel, rapporteur.
- * . V ' . i •
- n %
- Considérations générales.
- Les produits qui font.l’objet ce ce, rapport,sont quelques embarcations en bois et en fer, un modèle de vaisseau , des toiles à voile , un scaphandre et des cordages.
- Nous allons, sans nous trop écarter des limites
- étroites qu’ils nous tracent, indiquer, par un
- aperçu rapide, quelques-uns des progrès que les
- constructions navales ont vus se réaliser .dans ces
- « /
- derniers temps.
- A l’aspect des embarcations exposées, l’une en bois si fine et si légère, les. autres en feuilles de tôle.si mince, on conçoit qu’on a voulu leur assurer une grande vitesse. La pensée se reporte alors naturellement sur ce qui a été fait aussi depuis quelques années pour accroître autant que possible la vitesse de certaines espèces de bâtiments de mer. On les a allongées,, on a rendu
- %
- plus aiguës leurs formes de l’avant, on s’est attaché à restreindre de plus en plus le poids des coques et de l’armement indispensable. Pour ce qui est des coques en bois, on a amoindri leur
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- poids en diminuant les échantillons. des pièces qui les composent ; mais comme on affaiblissait ainsi chaque partie isolément, on a consolidé l’ensemble en augmentant la solidarité de toutes les parties,. A cet effet, on a établi le revêtement intérieur, autrement dit le vaigrage, en direction croisée avec le bordage qui forme la carène. On a de plus croisé le vaigrage avec de fortes bandes de fer qui descendènt du dessous du pont jusqu’aux carlingues, et le tout a été joint par un fort chevillage allant de part en part, et traversant la membrure. Ce système de liaison a parfaitement réussi ; nos bâtiments ainsi construits ont fait de longues et rudes campagnes sans se déformer ; ils ont supporté de violents échouages sans qu’aucune voie d’eau se manifestât, et loin de se démolir sur les rochers, ils ont plus d’une fois rapporté dans leurs flancs des blocs de la roche qui les avait pénétrés. C’est que tout en allégeant les coques, on s’était arrêté là où la solidité pouvait commencer à être sérieusement compromise.
- Pour avoir des coques plus légères encore, on les a faites en fer. Depuis longtemps nous en voyions flotter sur nos rivières, et leur construction alors ne constituait pas une industrie spéciale : elle se confondait dans la nomenclature des travaux de chaudronnerie. Sur les rivières, la
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- carène immergée n’éprouve pas de dénivellation d’une de ses extrémités à l’autre, la force de la poussée de l’eau, toujours à peu près constante, est faible partout. Dès lors on peut se passer d’un ensemble étudié de liaisons ; mais sur mer quelle différence! Souvent une des extrémités du bâtiment, plongée dans la lame, soutient comme suspendue l’autre extrémité qui s’émerge ; d’autres fois les deux extrémités seules sont appuyées, supportant le poids du bâtiment qui menace de se rompre par le milieu. Quand la mer est mauvaise et qu’elle brise avec force, elle multiplie ses assauts pour écraser cette frêle enveloppe, et la tordre dans tous les sens ; on conçoit bien que pour .ne pas succomber sous de tels efforts, il faille un système complet de résistances bien combinées, et ce système, c’est au constructeur de vaisseau qu’il faut le demander. C’est toujours le même but à atteindre que dans les constructions en bois ; toujours les mêmes études , toujours les mêmes méthodes de tracé et d’exécution-, saufles modifications qu’impose la différence des matériaux employés.
- Nous laissons à un autre rapporteur le soin d’entrer dans de plus amples détails sur la construction des coques en fer qui semblent jusqu’à ce jour être presque exclusivement spéciales pour les bâtiments à vapeur. Nous nous bornerons à
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- dire .qu’après tdivers-essaision est à peu près fixé maintenant sur -lesrapport depoicls à établir entre les coques en bois et les coques en fër, pour avoir toute garantie de solidité. On a tait .les premiers bâtiments en fer .très-légers; ils ployaient, ils fatiguaient beaucoup à la mer. On.a voulu plus de rigidité,, et , comme il arrive souvent., on -a dépassé .le but en outrant le poids. Enfin on en est venu à un .moyen terme qui réduit d’un .tiers au.moins le poids qu’auraient les coques en bois construites,sur les mêmes plans.
- On pourrait, pour supputer l’importance du nouveau débouché .qui s’ouvrirait ainsi à l’industrie des fers, demander si les coques en fer conviennent pour toute espèce de bâtiments, notamment pour les bâtiments de guerre proprement dits, les bâtiments de combat. L’examen -approfondi d’une telle question-exigerait des développements qui ne peuvent trouver leur place ici; mais .sans engager en..rien-d’avenir, nous pouvons dire que les constructions actuelles en fer auraient des chances bien désavantageuses à encourir dans le combat. Des, expériences récentes ont appris que les. ravages du boulet-sont tout autres dans la tôle que clans !le bois. Le,boulet tiré normalement à la surface, à forte charge et à petite distance, dans des, tôles épaisses, fait un trou égal au moins.à son grand cercle ; à grande dis-
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- tance ou à petite charge, il se fait passage par une très-large ouverture en déchirant la tôle. Tiré obliquement à la surface, il laboure la tôle en longs sillons qui, à la flottaison, ouvriraient une voie d’eau capable de couler le bâtiment en peu d’instants. Il faut que le système de construction soit bien modifié avant que les chances redeviennent égales pour les coques en fer en présence des coques en bois. Peut-on assurer qu’on y arrivera sans trop perdre de cet avantage de légèreté comparative, qui fait aujourd’hui rechercher les coques en fer ; la question est à l’étude et probablement elle aura bientôt une solution.
- Pour ne pas trop étendre ce rapport, nous voulions nous restreindre à ne parler que des modifications apportées aux constructions navales dans le but d’alléger les coques; mais nous ne pouvons passer sous silence un fait nouveau qui doit exercer une influence marquée sur l’armement des bâtiments de mer, en en réduisant notablement le poids habituel : c’est l’emploi de l’eau de mer distillée en remplacement de l’eau douce naturelle qu’on embarque toujours pour la consommation journalière de l’équipage. Il a fallu bien du temps avant de faire accueillir ce changement. L’opinion générale le repoussait dans la persuasion que l’eau de mer distillée était pernicieuse à la santé. Vainement citait-on comme
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- preuve du contraire, d’essai passablement prolongé qu* avait fait le capitaine Fréycinét sur la frégate P Uranie, pendant sa campagne autour du monde, et d’autres essais'ultérieurement entrepris dans nos ports : la-prévention était incrédule et obstinée. Un autre obstacle était qu’on ne connaissait pas d’appareil convenable pour opérer la distillation à la mer, en grand et avec économie. Il y a environ neuf ans, MM. Peyre et Piocher présentèrent au mi nistère de la marine un appareil distillatoire qui de suite attira l’attention. Dans cet appareil, la vapeur se rendant de là chaudière au serpentin , traversait un espace réservé pour faire la cuisine de l’équipage. La chaleur dont elle se dépouillait dans ce trajet, suffisait pour cuire bien et vite tous les*aliments. Les dispositions de l’appareil étaient simples et n’avaient rien à redouter des grands mouvements de la mer. La place qu’il occupait-était à peu près la même que pour les cuisines réglementaires de bord. Oh promettait de faire à la fois la distillation de la quantité d’eau nécessaire pour la consommation quotidienne et la cuisine de tout l’équipage, en ne dépensant en combustible que ce qui est réglementairement alloué'pour la cuisine seule. De premiers essais eurent lieu à Paris. Divers incidents empêchèrent d’en rien conclure, et les inventeurs furent autorisés à les aller con-
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- tinuer au port de RocheforL * Là, le succès fut complet : on obtint sept litres d’eau distillée pour chaque kilogramme de charbon consumé; les aliments étaient très-bien cuits; on reconnut
- qu’on pourvoirait aisément aux besoins de chaque jour pour la consommation en eau. Plusieurs appareils de- ce genre furent alors commandés ; le premier qui fit campagne était établi sur la corvette de charge l'Aube, allant dans l’Océanie :
- le commandant avait été invité à procéder gra-
- duellement aux essais avec pirconspection, mais aussi avec persévérance. Bientôt on apprit que l’équipage s’était habitué sans répugnance à l’usage de l’eau de mer distillée, et qu’il se portak bien ; mais en même temps plusieurs inventeurs
- élevèrent des réclamations , affirmant -qu’ils *
- avaient reconnu dans l’eau de mer distillée des principes pernicieux dont l’effet ne se faisait sentir fâcheusement qu’à long intervalle de temps, et dont on ne pouvait'-bien-la débarrasser que par un procédé qu’ils venaient proposer.-^La publicité répandait ces réclames, qui pouvaient de nouveau inquiéter et égarer l’opinion; "On sentit la nécessité d’en finir-en donnant à cette
- question le cachet de l’autorité de la science. M. Chevreul, invité‘par le ministre de la marin eà faire une-analyse, aussi approfondie que possible, de l’eau cle-mer distillée, prêta son concours avec
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- ce généreux empressement qui lui est habituel pour tout ce qui touche à l’utilité publique. La conclusion de son important travail fut que l’eau de mer distillée ne contient aucun des principes pernicieux qu’on prétendait y avoir découverts ; qu’on n’y trouve que ce qui se rencontre dans les eaux de source bien pures, et.qu’il suffit d’aérer cette eau pour qu’elle soit aussi salubre que celle des meilleures aiguades. L’expérience prolongée à bord de P J ube a pleinement confirmé ces conclusions; après trois années consécutives d’usage de l’eau de mer distillée, l’équipage de ce batiment est rentré en France dans un état de santé parfaite.
- Les grands bâtiments à vapeur de l’État, le Gomer et rjsmodée, avaient aussi reçu des appareils semblables, à peu près à la même époque ; ils ont constaté des résultats aussi satisfaisants.
- La marine marchande aussi faisait ses essais à peu près dans le même temps ; elle attachait un grand prix à pouvoir, sans autre dépense que celle de première installation, cesser d’encombrer les cales de ses navires par l’approvisionnement d’eau douce qu’elle devait jusque-là embarquer pour ses longues campagnes. Plusieurs bâtiments de Nantes et de Bordeaux sont allés aux Antilles et à l’île Bourbon, et en sont revenus sans avoir consommé d’autre eau que l’eau, de mer distillée,
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- des capitaines ont attesté qu’à Bourbon, notamment, leur équipage avait demandé à ne pas aller faire d’eau douce à terre, préférant continuer l’usage de l’eau de mer distillée, comme dans le cours de la traversée.
- Un grand bâtiment de la marine royale va partir pour une destination lointaine, emportant un de ces appareils-msn^ distiUatoire. En rade, l’équipage et les officiers préfèrent l’eau de mer distillée à l’eau douce un peu trouble que renferment les caisses de la cale; cette eau convenablement aérée n’a aucune saveur qui puisse la faire distinguer des autres eaux pures.
- L’emploi de l’eau de mer distillée est un grand progrès pour la navigation, et c’est pour cela, c’est afin d’éclairer l’opinion publique sur cette question longtemps controversée, que nous avons cru devoir entrer dans les détails qui précèdent.
- Les embarcations , canots , chaloupes, etc., n’ont qu’un rôle secondaire en navigation, mais un rôle de grande importance. Ce n’est que par le batelage que les navires peuvent communiquer entre eux et avec la terre. Une petite embarcation qui veut affronter la mer doit satisfaire à bien des conditions; il faut que sans être lourde elle soit solide et bien résistante dans toutes ses parties; que par ses formes et ses proportions, elle soit assez stable pour qu’une lame qui la
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- prendrait en travers , ne la fasse pas chavirer ; il faut qu’elle puisse s’élever et glisser pour ainsi dire sur la lame* qui autrement l’aurait bientôt remplie. On ne réussit-pas partout au môme degré ces bateaux pilotes, qui vont hardiment, par le gros temps, attendre les bâtiments à grande distance au large, pour les entrer dans le port; le succès n’est assuré qu’à une longue habitude d’observation à la mer, et dans les chantiers de construction des ports.
- Partout, depuis un petit nombre d’années , les perfectionnements ont été notables élans le travail des embarcations qui sont aujourd’hui' plus légères et mieux installées* Nous citerons surtout les baleinières du Havre : ce sont des bateaux à la ibis élégants et sûrs, qui dans le mauvais temps ont une vitesse supérieure à celle de tous les autres. A Terre-Neuve et dans lespêches de la mer du Sud ils ont fait leurs preuves de manière à justifier la confiance qui leur est généralement accordée.
- Une amélioration très-recommandable commence à se répandre : on s’étudie à rendre les embarcations insubmersibles pour qu’elles flottent encore debout sur la quille en portant leur équipage, quand la lame les a entièrement remplies. On y parvient en répartissant dans toute l’étendue-des embarcations des corps spécifiquement plus légers que l’eau, ou bien en établissant
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- des coffres imperméables remplis d’air seulement à F avant»,, à- l’arrière et sous les bancs des rameurs. Ces’ dispositions > doivent- être combinées avec soin, pour que le service de l’embarcation n’en éprouve aucun embarras, aucun obstacle.
- Si la généreuse pensée qui se préoccupe ainsi d’un moyen de sauvetage pour les marins, trouve une,utile; application dans les embarcations en bois, qui cependant surnagent encore quand elles sont remplies d’eau, elle se porte bien plus sérieusement sur les-embarcations en fer, qui dans les mêmes circonstances couleraient inévitablement à; fond. Faisons des vœux pour qu’on les munisse habituellement de flotteurs suffisants; c’est une condition de sécurité que nous recommandons aux constructeurs d’embarcations.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. HÉDOUIN,, à Paris, quai Pèlletier; 8 ,,
- Construit des-bateaux'de plaisance pour la Seine. L’embarcation qu’ilaœxposée-est- la copie d’une de ces jolies pirogues qu’on voit suivie bord de la Tamise et dans quelques-uns de nos ports. Elle est d’une très-grande légèreté.- Sous ce rapport, elle semble toucher aux limites que la sécurité impose. Il faut bien se garder de la franchir en cherchant â séduire par la grâce et la finesse des formes les imprudents qui-se jettent au-devant d’un danger qu’ils
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- vie connaissent pas. La pirogue de M. Hédouin est travaillée avec beaucoup de soin et d’adresse. La membrure, le bordage à clin, les bancs, tout jusqu’aux pagayes, est d’un fini remarquable. L’ensemble justifie la vogue dont jouit M. Hédouin, et lui donne des titres à la mention honorable que le jury lui accorde.
- M. HARDY, à Paris, rue d’Anjou Saint-Honoré,
- U,
- À exposé un modèle de vaisseau de premier rang tout accastillé, maté, gréé, doublé et complètement armé. Il faut être très-habile ouvrier pour exécuter .aussi bien une œuvre aussi complexe. Le jury accorde à M. Hardy une mention honorable.
- Toiles à voiles.
- La lutte industrielle s’est engagée récemment «entre les toiles de chanvre et les toiles de lin spécialement fabriquées pour la voilure des bâtiments de mer. Les premières étaient depuis longtemps en possession du marché; les toiles de lin, en y apparaissant il y a quelques années, ont
- pris une belle position qu’il semble désormais
- <§
- difficile de leur disputer. Un mot sur cette question.
- Depuis longtemps, la marine Russe fait usage
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- de toiles à voile en lin, cet usage se répand en Angleterre. En France, on a tardé à faire des essais, tant la confiance était acquise aux toiles confectionnées avec nos excellents chanvres d’Anjou et de Bretagne. En 1837, MM. Malo-Dickson et Gie, de Dunkerque, montèrent dans leur établissement de filature de lin, quelques métiers à tisser la toile à voile. Ils débutèrent par une production d’environ 36,000 mètres par an; leurs toiles furent si favorablement accueillies par les capitaines de navires, qu’ils développèrent rapidement cette nouvelle branche d’industrie sur une très-grande échelle; leur production, qui dépasse actuellement 400,000 mètres, s’écoule au fur et à mesure dans tous les ports du çom- . merce, qui la recherchent pour la souplesse et la régularité du tissu, ainsi que pour sa longue durée dans le service à la mer. La marine royale, il faut le dire,n’a pas suivi cet entraînement: les premiers essais qu’elle a faits n’ont pas été concluants comme ceux de la, marine marchande, et la raison en est simple: les toiles de chanvre fabriquées’pour la marine royale sont bien supérieures en qualité à celles qu’emploient les bâtiments du commerce, et c’est avec les avantages de cette supériorité qu’elles ont été mises en comparaison avec les toiles de lin. On leur a trouvé plus de force qu’à ces dernières, mais
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- aussi on a reconnu que leur tissu était moins-souple et moins régulier.
- La souplesse et la régularité du • tissu des toiles de lin ont, été-en grande partie attribuées à ce que leurs fils étaient filés à la mécaniquetandis que ceux des toiles en. chanvre étaient: filés à la main. Gefte'opinion. engagea quelques fabricants de toiles de. chanvre, à faire- usage de fils, à la mécanique, et le progrès fut tellement remarquable qu’aujourd’hui par une. clause de: ses cahiers des charges , la marine; royale; impose aux adjudicataires l’obligation de n’employer que des fils de cette sorte. Quant aux toiles.de'lin, avant de se prononcer, laimarine. royale vents en appeler à de nouveaux essais comparatifs sur une large échelle ; ces essais seront prochainement entrepris, et on a pu voir à l’exposition une superbe pièce de toile de lin qui doit y concourir.- Elle provient de la manufacture de MM. Malo-Dickson et Cie.
- Yoilà donc un nouveau débat qui shmgage ; il s’agit de constater si la toile.de,lin qui l’a emporté dans les ports du commerce sur les* toiles en chanvre fabriquées avec des fils à la main, remportera encore sur les toiles en chanvre fabriquées avec des fils-à la mécanique: c’est une question qu’on ne peut préjuger et qui doit être réservée.
- Mais cette réserve ne saurait préjudicier en rien
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- au succès de MM. Malo-Dickson et Cie ; ce. succès est basé sur de très-grands progrès-dans la fabrication. Une production irréprochable, immense-, et suffisant, néanmoins, à peine à la demande des consommateurs, voilà un titre puissant en faveur de MM. Malo-Dickson et Gie ; un autre titre aussi puissant, c’est que MM. Malo-Dickson et Cie se trouvent, par le fait, les promoteurs du grand pro-
- grès réalisé dans rindustrie des toiles à voiles en
- chanvre. A ce double titre, ils ont bien mérité la
- médaille d’or que le jury leur décerne, sur les propositions réunies dè la commission des tissus et de la commission des machines.
- Le rapporteur de la sous-commission des lins s’est chargé, au nom des deux mêmes commissions , de signaler les autres exposants de toiles à voile, qui ont aussi des titres aux récompensés décernées par le jury central.
- Moyens de sauvetage.
- t ! * ;
- MENTION HONORABLE.
- M. FORET, àSaint-Sauveur-le-Vicomte (Manche),
- , - * - ‘ * , . *
- À exposé un scaphandre ou cuirasse en liège avec
- laquelle un homme Hotte en conservant tonte la liberté de ses mouvements. C’est un moyen de sauvetage que M. Poret a déjà proposé à la marine,
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- depuis plus de deux années. Les essais qui en ont été faits au port de Cherbourg et à la mer ont été favorables. Les commissions qui y ont assisté se sont accordées dans cette conclusion quele scaphandre de M. Poret pouvait être d’une très-grande utilité, et qu’il serait à désirer que les grands bâtiments fussent pourvus d’un certain nombre de ces appareils pour en revêtir l’équipage des embarcations qu’on devrait envoyer par le mauvais temps, soit à terre, soit en communication avec d’autres bâtiments.
- Deux sortes de flotteurs soutenant les hommes dans l’eau,„ sont souvent présentés comme moyens de sauvetage : les uns composés de matières spécifiquement plus légères que l’eau, les autres formés de tissus imperméables qu’on remplit d’air au moment de s’en servir. Cette opération préalable est un grave inconvénient quand il faut agir avec la plus grande promptitude ; mais si l’on pense, en outre, qu’un défaut de jonction dans les flotteurs à air, une déchirure, le plus petit trou paralysent immédiatement leur efficacité, au péril de ceux qui s’y confient, on conçoit pourquoi la marine n’en a employé aucun jusqu’à présent et pourquoi, en principe, elle s’est montrée disposée à les repousser tous.
- Les flotteurs composés de matières spécifiquement plus légères que l’eau, sont les seuls qui puissent inspirer toute confiance; encore faut-il que ces matières soient de facile conservation et ne se laissent pas trop promptement entamer.ou briser par les frottements et les chocs. Le liège remplit si bien ces conditions qu’il a souvent été
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- mis en usage pour confectionner des scaphandres analogues à celui de. M. Poret. M. Poret n’a pas inventé : il a perfectionné. Son scaphandre est formé de lames de liège qui entourent le corps, et sont divisées en plusieurs morceaux dans la hauteur de la poitrine. Toutes ces lames, renfermées dans une enveloppe de laine ou d’autre tissu, sont séparés par des coutures qui leur constituent de véritables articulations et leur permettent de s’infléchir suivant les mouvements clu corps. Le scaphandre se revêt par des ouvertures de manche, et se maintient par trois courroies bouclées sur la poitrine. Il est très-léger. Son épaisseur autour du corps ne dépasse nulle part quatre centimètres. Le dessous des bras est évidé de manière à laisser toute liberté d’action. Quand il est roulé il n’occupe que très-peu de place. Il a été étudié dans toutes ses parties avec persévérance et succès. Les essais cités plus haut prouvent qu’il est devenu utilement pratique. D’après ces considérations le jury accorde à M. Poret une mention honorable.
- Fabrication des cordages.
- Il y a vingt-cinq ans environ, tous les travaux de corderie, préparation du chanvre , fdage, confection des torons et commettage, s’exécutaient à bras d’hommes. À cette époque, M. l’ingénieur Hubert, aujourd’hui directeur des constructions navales à Rochefort, introduisit dans les arsenaux de la marine royale, un procédé
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- mécanique pour confectionner les torons, imaginé, d’après lés documents rapportés tout nouvellement d’Angleterre, par M. le baron Charles Dupin. Ce procédé, qui porte le nom de son inventeur était un grand perfectionnement dans l’art de la corderie ; son but et son résultat sont de tendre également tous les fils qui composent
- le toron en donnant à chacun d’eux une longueur
- * ' *
- relative à la place qu’il y occupe. Précédemment tous les fils, ourdis d’une même longueur, formaient un faisceau qu’on tordait par les deux bouts en sens inverse; après la torsion, les fils, placés à la circonférence du toron étaient fortement tendus. Ceux du centre étaient au contraire refoulés sur eux-mêmes; l’effort qu’avait à faire le toron ne se répartissait ainsi que sur un très-petit nombre de fils ; le nouveau procédé accrut considérablement la force des cordages en même temps qu’il apportait plus de régularité dans la fabrication.
- ’ Malgré ses avantages incontestables, il rencontra d’abord de l’opposition dans fla routine; maintenant il est en usage dans les grandes cor-deriesdenos ports du commerce et dans quelques-unes de l’intérieur où se fabriquent en grande quantité des cordages pour la navigation de rivière. Mais il n’a pu pénétrer dans les- petits établissements, qui, ne fabriquant que rarement
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- de gros cordages, n’ont pas voulu faire la dépense de l’outillage qu’il exige*; ni dans ceux qui ne confectionnent que de très-petits cordages et des ficelles, parce que ses avantages ne sont plus assez sensibles , quand il s’agit de petits ‘torons, pour motiver la dépense des installations nouvelles. ;
- Depuis quelques années, on s’attache avec persévérance, en Amérique et en Angleterre, à perfectionner divers systèmes de machines qui préparent le chanvre, Fétirent en mèches de grosseur voulue, et confectionnent avec ces mèches les fils qui composent les cordages. Il n’existe encore en France aucun de ces systèmes, mais la marine royale, qui a étudié soigneusement cette question pour faire son choix en parfaite connaissance de cause, ne tardera pas à faire un essai de quelque importance dans l’un de ses arsenaux.
- On a imaginé aussi une machine qui exécute le commettage par enroulement sur un cylindre de très-grand diamètre. Ainsi l’art de la corderie . subit à son tour F en traînement général ; dans tous ses détails de travaux, il tend à remplacer le travail des bras par le travail plus perfectionné et plus économique des machines. Si les essais qui se ^poursuivent conduisent tous à de bons résultats, les diverses opérations de corderie pourront s’accomplir dans, des espaces assez res-
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- treints, et on n’aura plus besoin de ces longs ateliers qui coûtaient si cher à établir.
- La fabrication des cordages a fait de tels progrès dans tous nos ports qu’elle peut hardiment soutenir la comparaison avec les meilleurs produits étrangers de ce genre.
- Outre lés cordages en chanvre, l’exposition présentait différentes sortes de cordages en fil de fer.
- L’emploi des cordages en fil de fer sur les bâtiments de mer et sur les bateaux de rivières, a été de courte durée ; il n’est à considérer que çomme un essai malheureux, on y reviendra probablement avec plus de succès.
- Il paraît que dans l’exploitation des mines et des carrières, ces cordages sont assez recherchés; mais dès lors l’examen de la question rentrant dans le domaine des constructions civiles, le soin de la traiter a été dévolu à un autre rapporteur.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. MERLIÉ-LEFEBVRE, au Havre (Seine-Inférieure ),
- Ont fondé leur établissement de corderie, il y a peu d’années, sur une échelle jusque-là inusitée en ce port. Ils l’ont tout d’abord pourvu de l’outillage nécessaire pour fabriquer les gros cordages d’après
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- les méthodes les plus perfectionnées. Ils ont dirigé leurs travaux avec un zèle et une intelligence qui ont amené de rapides progrès. Ils emploient, pour les diverses opérations de leurs ateliers, trois machines à vapeur de la force ensemble de i5 chevaux et habituellement une centaine d’ouvriers indépendamment des marins en grand nombre occupés à préparer les gréements.
- Leur production par année est de 3oo à 35o,ooo kilogrammes de cordages de toute espèce. L’étendue et l’outillage de l’établissement permettraient, au besoin, d’accroître cette production.
- Les cordages exposés par MM. Merlié-Lefebvre sont très-bien confectionnés, et cependant on peut remarquer qu’ils n’ont reçu aucun soin extraordinaire. Ce sont des produits de fabrication courante. Les fils en sont beaux, leur arrangement dans les torons est très-régulier, la torsion des torons exécutée par le procédé Hubert, et le commettage, attestent une grande pratique de la profession du cor-dier. Les cordages de MM. Merlié-Lefebvre sont fort estimés. Encore quelques progrès et ils pourront le disputer à ceux qui se confectionnent dans les établissements les plus renommés des ports du commerce.
- MM. Merlié-Lcfebvre, en fondant un établissement aussi considérable et en le faisant progresser aussi rapidement, ont rendu un véritable service au port du Havre, qui auparavant était tributaire des autres contrées pour une partie des cordages que réclament ses armements. Dans cette pensée, le jury départemental les a félicités du succès de h. 27
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- leut's efforts. Le jury central les récompense en leur décernant une médaille d’argent.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. JOLY aîné, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine).
- L’établissement de corderie de M. Joly occupe une centaine d’ouvriers et quatre chevaux. Sa fondation date de i835. En il a obtenu une mé-
- daille de bronze. Sa production annuelle est d’environ io5,ooo kilogrammes de cordages. Les cordages qu’il expose cette année sont dignes d’attention. Les torons y sont faits par la méthode Hubert, et le commettage, exécuté d’après le même procédé modifié, est très-bien réparti. On pourrait dire cependant queM. Joiy emploie des fils trop finsdansla fabrication des gros cordages. La main-d’œuvre est ainsi augmentée sans compensation réelle. Nonobstant cette remarque, M. Joly a su bien conserver sa position; il l’a même améliorée par l’adoption de divers perfectionnements , notamment dans le commettage. Le jury central lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. LEBQEUF, à Paris, rue des Lombards, 47,
- A créé son établissement en i83g. Il fabrique des cordes de toutes espèces, mais surtout des cordages greliués, d,e très petit diamètre. A côté desproduits qu’il livre habituellement à la vente, il a exposé deux petits a rchi grelins composés d’une grande quantité
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- de fils, et qui sont extrêmement remarquables pour l’adresse avec laquelle ils ont été confectionnés. La production annuelle de M. Lebœuf est très-cousi-dérable pour ce genre d’industrie; elle s’élève à g5,ooo kilog. représentant une valeur de plus de 3oo,ooo fr. Elle place son établissement dans un rang fort distingué et rend M. Lebœuf digne de la médaille de bronze que le jury lui accorde.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- M. BOUCHARD , à Nevers (Nièvre),
- Fabrique annuellement avec quatre ouvriers, et parfois, en outre, quelques hommes de peine, environ 20,000 kilog. de cordages, qu’il livreaux usines et exploitations diverses de la localité. Son établissement, qui ne date que de 1829, est trop peu important pour faire usage de l’outillage mécanique. Les torons de ses cordages sont encore ourdis cfaprès la méthode ancienne ; mais la torsion et le commettage sont répartis avec un soin qui supplée, autant que possible, au manque de procédés plus perfectionnés. L’établissement de M. Bouchard est fort utile pour la localité. Ses produits sont fort estimés. Ces considérations lui ont valu , à l’exposition de i83g, une mention honorable que le jury central de 18.44 se à lui rappeler.
- M. LUCAS, à Versailles (Seine-et-Oise),
- A exposé divers produits aussi bien fabriqués que peut le faire un petit établissement qui n’emploie aucun procédé mécanique. Avec trois ouvriers et trois
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- apprentis, il confectionne annuellement 12,000 kilog. environ de cordages de différentes sorbes pour traits de chevaux, de carrières, etc. Le jury central lui rappelle avec plaisir la mention honorable qu’il a obtenue k l’exposition de 1839.
- MENTION HONORABLE.
- M. SORIN fils, à La Chapelle-Saint-Denis (Seine), et à Paris, rue des Fossés-Montmartre, 31,
- A exposé un cordage grelin et quelques autres objets de corderie en chanvre qui sont bien travaillés. Il présente de plus une grande variété de cordages et de produits divers en aloès. C’est pour cette spécialité surtout qu’il mérite que l’attention se porte sur lui. L’aloès est moins fort, moins souple que le chanvre; mais aussi, comme il est plus lisse, plus brillant etmoins extensible; il lui est préféré comme moyen de suspension et d’attache dans les appartements et pour la confection d’une foule * de petits objets de fantaisie. Les produits de M. So-rin sont très-soignés. Sa fabrication en aloès seulement s’élève h 12,000 kilogr. annuellement. Le jury lui accorde une mention honorable pour l’ensemble de ses produits.
- CITATION FAVORABLE.
- M. LEFÈVRE, à Paris, rue de Sèvres, 4,
- A fondé sa corderie en 1840. Le jury central lui accorde une citation favorable pour sa bonne fabrication de cordages de chanvre et d’étendelles de crin.
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- QUATRIEME COMMISSION.
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- INSTRUMENTS U£ PRÉCISION.
- Membres de la Commission.
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- MM. Pouillet, président, Delamorinière , Gambey, Mathieu, Olivier , Savart , le baron Séguier.
- SECTION PREMIÈRE.
- HORLOGERIE.
- M. le baron Séguier, rapporteur.
- Considérations générales.
- L’horlogerie, Tune des gloires de la France, cet art dans Paris jadis si florissant, avait eu, au commencement de ce siècle, à souffrir d’une concurrence étrangère.
- Les consommateurs, séduits par un bon marché apparent, avaient accepté les produits de la Suisse au grand détriment de notre industrie. nationale. La belle horlogerie française, moins demandée pétait devenue plus rare, et nos habiles
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- artistes, inoccupés, découragés, se voyaient avec peine supplantés par de simples courtiers de produits étrangers.
- Un tel état de chose ne pouvait durer dans un pays où la science a de nombreux échos, où l’instruction professionnelle est largement distribuée par l’état lui-même, où, dès lors, les connaissances nécessaires pour apprécier la qualité d’un produitdescendent dans les masses. Les consommateurs s’aperçurent bientôt que le bas prix qui les avait captés n’était que fictif ; une machine à mesurer le temps doit pouvoir fournir, chaque jour, pendant de longues années, des indications précises ; pour qu’il en puisse être ainsi, il est indispensable que la conservation des organes soit assurée par iine consciencieuse exécution. Des réparations fréquentes deviennent bientôt plus dispendieuses que l’intérêt d’un capital un peu plus considérable, mis en dehors pour premier prix d’acquisition d’une pièce d’horlogerie fidèlement établie.
- Les avantages de bonnes machines à mesurer le temps, bien compris, la belle et bonne production ne devait pas se faire attendre, aussi voyons-nous dans tous les comptes rendus des expositions, depuis 1819, l’horlogerie en constants progrès. A chaque concours, des artistes plus • nombreux viennent prendre part à la lutte,
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- et si la renommée des pièces (françaises .de haute précision n’a jamais faibli, nous sommes heureux de reconnaître que fla productiomde l’horlogerie civile -a fait chez nous de tels progrès , que bientôt la concurrence avec la Suisse n’aura plus quelles avantages d’une utile émulation.
- Ges heureux résultats sontdus en; grande partie à la fondation de la manufacture de Versailles:; d’habiles ouvriers étrangers furent appelés mn France pour servir de noyau à cet établissement, et* former des'élèves; à leur sortie'de .la fabrique, ils se fixèrent dans la capitale, et>y créèrent des ateliers particuliers ; ainsi fut démontrée !la possibilité d’établir à Paris, de toutes pièces, aie «bonne‘horlogerie à des prix même inférieurs à ceux des bons‘produits suisses.
- Nous sommes heureux de provoquer l’intérêt sur ces petits centres de fabrication, et nous‘espérons que les récompenses, ajustement distribuées aux artistes qui onfeu le courage d’entrer ainsi en -lutte avec une industrie'rivale , contribueront puissamment à exonérer la France du lourd tribut qu’elle .a consentirapayer jusqu’ici à des producteurs étrangers.
- ‘Pour apporter ^quelque méthode /dans, l’exa-4men et l’appréciation des nombreux produits ^horlogerie qui'figuraient cette année dans fies
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- salles de l’exposition, nous les classerons en quatre grandes catégories :
- La première division embrassera l’horlogerie de haute précision , c’est-à-dire les montres marines, les chronomètres de poche, les pendules astronomiques, les régulateurs, les compteurs pour observations.
- La seconde se composera des grands mécanismes d’horlogerie, tels que les horloges publiques.
- La troisième embrassera toute l’horlogerie civile ; ainsi, les pendules de cheminées et de voitures , les pièces dites réveils, les horloges de surveillance, les montres de poches, seront réunis dans cette catégorie.
- La quatrième division, enfin, renfermera toutes les branches d’horlogerie de fabrique ; l’établissement des blancs de pendules et de montres ; les ébauches de tous genres de rouages. La confection des machines-outils spécialement destinées au travail des horlogers, sera aussi l’objet des rapports de cetté dernière division. ,
- § 1. HORLOGERIE DE HAUTE PRÉCISION.
- Le jury voit avec satisfaction les fruits de l’émulation qui s’est emparée des artistes en chronomètres. Un abaissement notable de prix
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- dans cette branche d’horlogerie, de première nécessité pour la navigation au longcours, permettra désormais aux armateurs de généraliser l’emploi des montres marines sur tous leurs navires. La qualité de ces produits, c’est-à-dire la précision de la marche et la constance dans la régularité des fonctions des pièces marines, n’a point eu à souffrir de cette diminution dans la valeur de leur main-d’œuvre. Des simplifications suggérées par une discussion plus judicieuse et plus approfondie de chacune des parties, l’abandon d’un luxe d’exécution complètement inutile, l’emploi enfin de quelques machines accélératrices ont procuré cet important résultat.
- Les produits de l’horlogerie nautique sont presque tous restés, cette année, en dépôt à T observatoire pour y subir le contrôle des observations quotidiennes ; cette absence motivée ne nous empêche pas d’appeler sur leurs auteurs toute l’attention du jury, car; plus que jamais, ils se montrent dignes d’éloges. Le nombre des concurrents , dans cette branche si difficile de la rigoureuse mesure du temps, s’est accrue depuis la dernière exposition. Commençons à payer notre dette de reconnaissance à ceux qui ont si bien continué de se montrer à la hauteur des récompenses de premier ordre dont ils ont été honorés. Nous nous plairons ensuite à signaler
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- les efforts plus récents suivis d’incontestables succès ; c’est donc avec un véritable bonheur que nous proclamons, encore cette année, MM. Ber-thoud, Breguet, Motel, Winnerl, comme de plus en plus dignes des médailles d’or qu’ils ont précédemment obtenues.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- M. BERTHOUD, àArgenteuil (Seine-et-Oise).
- Des observations toutes spéciales sur l’isochronisme des spiraux permettent à M. Berthoud d’abréger singulièrement le temps nécessaire au réglage des chronomètres La communication de cette méthode, qui lui est propre, fait partie de l’enseignement que M. Berthoud donne avec tant de zèle aux élèves du gouvernement placés à son excellente école. Les produits très-remarquables de ces jeunes artistes, au milieu desquels le nom de Berthoud •est dignement soutenu par le propre neveu du professeur, font autant d’honneur aux élèves qu’à leur habile maître.
- TBM. BREGUET neveu et Cle, à Paris, place de la Bourse, 4, et quai de l’Horloge, 79.
- L’horlogerie semble jouir du privilège de transmettre des illu.-lralions héréditaires, et si les noms de Ferdinand Berthoud , de Louis Berthoud continuent de nos jours à être si honorablement portés,
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- celui de Breguet n’a pas cessé d’être justement célèbre. A la connaissance théorique et pratique de l’art de l’horlogerie, le descendant de l’habile artiste qui eut l’honneur d’être membre de l’Institut, M. Breguet fils, réunit aujourd’hui une instruction profonde dans les sciences physiques; grâce à ces études variées , ce savant horloger peut faire, dans l’intérêt de leurs progrès, les plus utiles applications de l’art de construire les machines de hante précision; c’est ainsi qu’un thermomètre métallique, mis parlui en relation avec un appareil chronométrique, permet d’enregistrer, sans le secours d’aucun observateur, heure par heure, minute par minute, à chaque instant si on le désire, les variations de la température.l/application d’un aimant voltaïque à un chronographe a permis à M. Breguet de noter avec certitude la durée des phénomènes les plus courts, comme ceux qui accompagnent la combustion d’une matière détonante ou le passage d’un projectile; nous disons avec certitude, à juste raison, puisque l’observation delà durée du phénomène n’est pas la conséquence du plus ou moins de soin apporté dans la constatation du fait étudié, mais bien le résultat direct du phénomène lui-même : sa seule production établit ou supprime le courant galvanique qui donne au barreau magnétique la vertu attractive à l’aide de laquelle la fonction du chronographe est provoquée.
- On remarque encore au milieu des nombreuses pièces sorties des ateliers de la maison Breguet neveu et Cie, un mécanisme à grande vitesse pour im-
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- primer à un petit miroir des milliers de tours à la seconde ; cet appareil doit bientôt servir à trancher l’une des questions les plus controversées et les plus ardues de la physique, celle de savoir quelle est la vitesse de la lumière au travers des milieux de réfrangibilité différente. Mais l’exacte mesure du temps, l’objet principal de l’art de l’horlogerie, n’est pas abandonnée par M. Breguetpour se livrer exclusivement à ces constructions nouvelles. Des chronomètres, continuellement en dépôt à l’observatoire, constatent que cet artiste s’efforce de soutenir dignement le nom qu’il a l’honneur de porter.
- M. MOTEL, à Paris, rue de l’Abbaye, 12.
- Exclusivement adonné à la pratique de l’art qu’il exerce avec tant de succès, M. Motel continue à construire d’excellents chronomètres; le concert d’éloges donnés par les navigateurs aux montres marines de cet artiste, prouve avec quels soins et quelle conscience il exécute ses remarquables ouvrages.
- La bonne disposition de ses pendules astronomiques portatives mérite d’être particulièrement signalée; leurs balanciers composés de tringles de zinc et d’acier, sont d’une exactitude de compensation remarquable. Aussi scrupuleux qu’habile, M. Motel ne place jamais dans une pièce marine , ne suspend jamais à une pendule astronomique, un balancier sans l’avoir préalablement soumis à des essais nombreux et dans des limites extrêmes, pour reconnaître la certitude de ses fonctions. M. Motel,
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- par l’excellence de ses produits, fait voir qu’il comprend toute la responsabilité qui pèse sur l’artiste en horlogerie nautique.
- M. WINNERL, à Paris, passage Lorette, 3.
- M. Winnerl, par l’application d’outils spéciaux à la confection de chacune des pièces qui entrent dans la construction d’un chronomètre, est parvenu, le premier, à les confectionner d’une façon si identique, qu’elles peuvent indifféremment se permuter d’un chronomètre à l’autre , et se remplacer les unes par les autres. Ce mode de travail en rendant l’exécution plus rapide et plus sûre, lui permet de fournir aux armateurs, des montres marines d’une haute précision de marche, à des prix réduits. Un plein succès a couronné les efforts faits, pendant plus de dix années, pour obtenir un tel résultat. Sept chronomètres déposés à l’Observatoire pour le dernier concours, se maintiennent tous dans.les limites difficiles du programme. Déjà plusieurs sont sortis victorieux de la sévère épreuve, ceux qui restent encore et qui n’ont plus que quelques-semaines à fournir, persistent dans une régularité de marche, qui permet de regarder un nouveau succès comme certain. M. Winnerl, honoré à son début, lors de l’exposition dernière, de la médaille d’or, a, depuis cette époque, prouvé chaque jour davantage combien cette haute faveur était méritée; ses chronomètres de poche, petit modèle, par leur composition raisonnée et leur fidèle exécution, démontrent la possibilité d’obtenir encore la rigou-
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- reuse mesure du temps avec une machine d’un bieu petit volume.
- L’esprit d’invention et l’habileté de main de cet artiste se font remarquer dans des compteurs à doubles aiguilles, les plus commodes de tous ceux qui ont été jusqu’ici construits. Une légère pression du doigt sur la queue de la montre arrête une ries aiguilles au commencement d’une observation , une seconde pression fixe l’autre aiguille au moment où l’observation finit. La distance angulaire entre les deux aiguilles ainsi successivement arrêtées , indique la durée du fait observé, la simple introduction de l’ongle sous un petit bouton placé sur le côté de la pièce suffit pour rétablir la coïncidence entre les aiguilles, et chose digne de remarque, elles vont, à l’instant même, prendre, la place précise qu’elles occuperaient si elles n’eussent pas été arrêtées.
- Cette disposition toute spéciale conserve à ces compteurs les propriétés d’excellentes montres, puisque malgré les observations auxquelles ils ont pu être momentanément employés, ils n’en continuent pas moins à fournir l’indication précise de la marche du temps. Ui) tel problème était difficile à résoudre. L’heureuse solution qu’en a trouvée M. Winnerl, prouverait à elle seule les ressources mécaniques dont son esprit dispose, si cet artiste u’avaitdéjà, depuis longues années, fait ses preuves alors qu’il travaillait pour les premières maisons de la capitale, et qu’il ne lui était pas encore donné de signer, de son propre nom, ses remarquables produits.
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- MÉDAILLE D’OR.
- M. ROBERT ( Henri), à Paris, rue du Coq-Saint-Honoré, 8.
- A cette liste d’habiles constructeurs de chronomètres, nous sommes heureux de pouvoir ajouter le nom de M. Henri Robert; pour être entré plus tard dans l’arène, cet horloger n’en a pas moins cueilli les plus honorables palmes. Récompensé par une médaille d’argent en i834, pour les perfectionnements qu’il avait apportés à l’horlogerie civile, une seconde médaille d’argent lui a été décernée en 1809 , pour ses pièces de haute précision. Depuis cette époque, M. Robert s’est livré à de consciencieuses études sur la composition la plus convenable du mécanisme d’un chronomètre ; la nature des fonctions de chacun de ses organes a été l’objet d’observations toutes spéciales, pour en assurer la durée et la régularité ; c’est ainsi que , par un travail soutenu, il a perfectionné des œuvres déjà fort remarquables. Le succès qui a couronné ses efforts est attesté par la belle marche de ses montres marines en dépôt à l’Observatoire ; l’administration de la marine a fait choix de plusieurs de ses chronomètres sortis victorieux de la difficile épreuve du concours. Le jury juge M. Henri Robert digne, cette année, de la médaille d’or.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. À. JACOB, à Saint - Nicolas - d’Alierinont ( Seine-Inférieure ).
- Nous ne pourrions clore, sans être accusé d’oubli, la liste de nos habiles constructeurs de chronomètres sans rappeler le nom de M. Jacob. D’excellentes pièces marines ne sont pas les seuls titres de cet horlorger à la bienveillance du jury; les amateurs de l’exacte mesure du temps n’ont pas perdu le souvenir de ses régulateurs de prix réduit, livrés par souscription. A l’exemple de M. Perrelet,M. Ja-'cob a aussi établi des compteurs à doubles aiguilles, mais comme lui il s’est borné à arrêter l’une d’elles pour indiquer le commencement de l’observation; l’aiguille ainsi entravée dans sa marche, redevenue libre après l’observation, va par le plus court chemin, c’est-à-dire tantôt en avançant, tantôt en rétrogradant, se remettre en coïncidence parfaite avec celle qui n’avait pas cessé de marcher. Le jury rappelle, avec une véritable satisfaction , la médaille d’argent dont M. Jacob a été précédemment jugé très-digne.
- POUR MÉMOIRE.
- MM. PONS DE PAUL, BENOIT et GARNIER.
- Nous devons encore placer sur cette liste le nom de M. Pons de Paul, fondateur de la fabrique
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- d’horlogerie de Saint-Nicolas-d’Àliermont; sten génie inventif semble avec les années redoubler de fécondité; le nom de M. Benoit, directeur delà fabrique de Versailles , récompensé, en 18 Jg , pour un chronomètre à échappement à force constante; celui de M. Garnier doit aussi être cité parmi ceux des horlogers de haute précision, une pendule à échappement libre, à chevilles et à ancre, un chronomètre aussi à échappement libre et à force constante, nous en feraient un devoir. Mais les principaux titres de ces habiles artistes se rencontrent dans leur fabrication d’horlogerie civile. Nous attendrons pour rappeler ou provoquer b leur égard les récompenses dont ils se montrent dignes, d’en £tre arrivés à Vexamen des produits classés dans cette catégorie.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. DELÉPINE, à Paris, rue Coquillière, 27.
- Nous terminerons la nomenclature des noms des horlogers qui c©tte année ont exposé des pièces .'.de haute horlogerie, par celui de M. Delépine. tîn chronomètre de poche bien exécuté, ainsi qu’un ingénieux compteur pour observation, attestent l’habileté de cet horloger dans la pratique de l’art qu’il exerce depuis longtemps pour le compte d’au trui; aujourd’hui M. Delépine se présente directement. Le jury le juge très-digne d’une médaille d’argent.
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- M. CALLAUD, à Paris, rue Montesquieu, 6.
- M. Callaud a déposé aussi à l’observatoire une montre-marine, le jury regrette de n’avoir pu apprécier le mérite de cette pièce par le contrôle de sa marche; cette circonstance, indépendante de la volonté de l’artiste , n’empêchera pas le jury de lui rendre justice. Déjà jugé digne d’une médaille de bronze aux précédentes expositions, pour une pendule qui enregistrait, heure par heure, les variations météorologiques, M. Callaud, depuis cette époque, n’a point cessé de faire de persévérants efforts pour les progrès de son art ; parmi ces travaux on trouve des compteurs pour observation. Le jury lui décerne cette année une médaille d’argent.
- M. BROSSE, à Bordeaux (Gironde).
- L’horlogerie de haute précision n’est point un art cultivé seulement dans la capitale. Bordeaux nous envoie, cette année, les produits d’un artiste du premier mérite en ce genre; vétéran de 1 horlogerie, M. Brosse a utilement employé une longue carrière à la recherche de tous les moyens qui peuvent assurer une rigoureuse mesure de temps.Une connaissance approfondie de toutes les règles théoriques de son art lui a permis de sortir complètement des sentiers battus avant lui, sans que ces nombreuses innovations , toutes marquées au coin d’un jugement aussi droit qu’indépendant, puissent le faire taxer de témérité. Son pendule, composé d’un anneau de métal suspendu à une lame étroite
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- d’acier à ressort, son échappement iibre à force constante, attaqué par la lentille même du pendule au centre de laquelle il est disposé, ont paru au jury d’ingénieuses constructions basées sur une rigoureuse application des vrais principes. Des éloges sont dus à sa compensation opérée par des lames soumises précisément aux mêmes efforts de traction que ceux qu’éprouve la lame compensée. Sa pendule astronomique de voyage se fait remarquer par sa simplicité et son petit volume. Lebalan-cier est formé d’une lame de ressort chargée d’un cylindre de fer rempli de mercure en guise de lentille, l’échappement de cette pièce ne se compose que d’un petit triangle attaché sur la lame même du balancier, faisant sur ses deux côtés, fonctions des plans inclinés d’une double ancre, l’originalité de cette disposition et de plusieurs autres a prouvé au jury que M. Brosse était familier avec toutes les constructions d’horlogerie de haute précision et l’a fait juger très-digne d’une médaille d’argent.
- M. RIEUSSEC, à Saint-Mandé (Seine).
- A M. Rieussec appartient l’ingénieuse invention de l’aiguille poseuse d’encre qui forme la pensée principale de presque tous les mécanismes chrono-graphiques. M. Rieussec a ainsi trouvé le moyen d’apprécier avec une grande exactitude et une extrême facilité, des fractions très-minimes de temps pendant la durée d’une expérience. Dans son chro-nograplie , l’aiguille pointeuse chemine comme une aiguille de seconde, dite trotteuse, réglée dans sa
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- marche par un échappement à ancre ou à cylindre; cette allure de l’aiguille permet h l’observateur d’inscrire entre deux divisions de secondes, une série de points; l’espace de temps correspondant se trouve donc ainsi divisé en autant de fractions qu’il y a eu de points déposés. M. Rieussec s’est efforcé de réduire le prïx de ces chronographes pour en généraliser l’emploi si commode pour les observateurs. Pour atteindre ce résultat, il a eu l’heureuse pensée de munir de bonnes montres civiles, d’aiguilles poseuses d’encre; en réunissant deux instruments en un seul, le prix du chronographe se trouve naturellement diminué de toute la valeur de la montre. Le jury se plaît à reconnaître combien l’invention de M. Rieussec a été féconde en utiles applications, et s’empresse de faire un acte de justice en lui décernant une médaille d’argent.
- M. PEUPIN, à Paris, rue Chapon, 14.
- M. Peupin concourt pour la première fois. La belle exécution de ses régulateurs, tous construits suivant les vrais principes de la bonne horlogerie, a fixé l’attention. Le jury a pu se convaincre que les pièces exposées avaient été confectionnées au moyen de machines inventées ou modifiées par M. Peupin. Pour dignement récompenser cet artiste, l’un des mieux montés de la capitale en outils-machines pour l’exécution de ses remarquables produits, le jury n’hésite pas à lui décerner, dès son début aux expositions, une médaille d’argent.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. ROBERT, à Paris, boulevard Saint-Denis, 19.
- M. Robert appelle l'attention du jury sur des produits variés. Son exposiiiou se compose de pendules, de régulateurs, de chronomètres, de montres civiles, d’une exécution digne d’éloges.
- Le jury regrette que les pièces marines de cet exposant n’aient point été suivies dans leur marche; ce moyen seul eût permis de lesapprécier à tout leur mérite, en constatant que la régularité de leurs fonctions se réunissait à l’habileté de main dont l’artiste a fait preuve dans leur exécution. M. Robert, pour l’ensemble de ses produits, est jugé digne d’une médaille de bronze.
- M. BOCQUET, à Paris, rue du Temple, 103.
- M. Bocquet a mis en œuvre la pensée de M. Pé-cheloche, d’Epernay, qui consiste à opposer aux inégalités d’un ressort,le ressort lui-même. L’espèce d’équilibre qui s’établit en faisant tirer, en sens inverse, sur un même rouage, les deux bouts d’un ressort, est détruit par l’addition d’un petit poids placé en plus, d’un des côtés; le ressort, dans cette construction, se débandera et relèvera le pe it poids moteur à la façon d un mécanisme de remontoir, jusqu’à ce qu’il ne soit plus armé que d’une force égale aupoidsadditiorinel, auquel cas l’équilibre s’établissant entre tous les organes, la machine cessera de fonctionner. Le jury juge M. Bocquet digne d’une médaille de bronze, pour la bonne exécu-
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- tion du régulateur dans lequel il a fait l’application de cette pensée nouvelle.
- M. NEUMANN, à Paris, rue de Seine, 56.
- M. Neumann est un artiste instruit qui exécute des mécanismes d’horlogerie destinés à enregistrer et à totaliser les résultats d’observations successives; il fait aussi de petits moulinets , dits de Yoltmann, modifiés par M. Combes , pour mesurer la vitesse du vent et apprécier ainsi les volumes d’air déplacés, notamment dans l’aérage des mines. Le jury lui décerne, pour l’ensemble de ses produits, une médaille de bronze.
- CITATION FAVORABLE.
- M. FRAIGNEAU, à Paris, Palais-Royal, galerie de Valois, 114.
- M. Fraigneau a exposé des chronomètres de poche; ces pièces paraissent d’une bonne construction , mais n’ayant été soumises à aucun contrôle authentique pour établir la régularité de leur marche, le jury ne peut, bien à regret, accorder à leur auteur qu’une citation favorable pour leur belle exécution.
- NON EXPOSANT.
- MENTION HONORABLE.
- M. PÉGHELOCHE, à Épernay (Marne).
- M. Pécheloche n’expose pas directement, cepen-
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- dant il s’est fait inscrire parmi les personnes formant la seconde catégorie de celles auxquelles les récompenses du jury peuvent être étendues.
- Le jury décerne donc à M. Pécheloche, pour l’invention du mécanisme original que M. Bocquet a exécuté, une mention honorable.
- § 2. GRANDS MÉCANISMES D’HORLOGERIE.
- Horloges publiques.
- MÉDAILLES D’OR.
- M. WAGNER neveu, à Paris, rue Montmartre,
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- La fabrication des grandes horloges est en véritable progrès. Les pièces d’horlogerie de ce genre, qui figuraient dans les salles de l’exposition , se sont fait toutes remarquer par une bonne exécution et une composition rationnelle; parmi elles cependant, on distingue à un fini parfait, à d’ingénieuses dispositions, les belles productions des ateliers de M. Wagner neveu. Les efforts de cet artiste, en grosse horlogerie, ont eu pour but d’amener la précision et la durée des fonctions, de faciliter le montage et le démontage ; il s’est proposé surtout d’arriver à une diminution de prix par l’économie des frais de main-d’œuvre. Un examen attentif a prouvé au jury que M. Wagner avait complètement réussi.
- Pour assurer la régularité de marche, il importait de soustraire les horloges aux effets produits par les variations de température sur la longueur
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- delèur pendule, il fallait combattre les variations^ de la force motrice elle-même, soit par les modifications survenues dans les parties frottantes des mobiles par usure ou épaississement d huile, soit par le fait de l’action du vent sur les aiguilles; cette influence, toute spéciale aux horloges publiques, se fait sentir avec d’autant plus d énergie que leurs aiguilles, destinées à être aperçues de loin, sont de grande dimension, et que la place élevée qu’elles occupent dans les monuments ne leur permet pas d’être abritées.
- Pour faciliter la construction, le montage et le démontage , M. Wagner donne à chaque mobile des paliers particuliers; la réunion de tous ces paliers, supportant chacun leur arbre respectif, tel que, arbre de tambour, arbre de roue moyenne, arbre de roue d’échappement, constitue, sur une base unique, 1 horloge complète. Le mécanisme de la sonnerie est traité de la même manière, tous les organes rendus ainsi indépendants les uns des autres, peuvent s’ajouter ou se supprimer pour composer une horloge avec ou sans sonnerie, avec sonnerie d’heure et de demie ou avec grande sonnerie, et répétition même avant 1 heure et aux quarts.
- Un système de roues de fonte de fer, fondues avec leurs pignons, est employé par M. Wagner dans- les mécanismes de sonnerie; celle simultanéité d’exécution pour le moulage de la roue et du pignon, assure la concentricité, rend le clavetage-sur l’arbre, facile et solide, et contribue ainsi puissamment au bon marché de ces pièces, si remarquables par leur parfaite main-d’œuvre.
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- La modification du rouage de sonnerie à l’aide d’une vis sans fin ajoute encore à la simplicité, d’autant plus que par l’ingénieuse pensée d’un pi-» gnon à dents obliques, la roue engagée dans le pas> de la vis sans fin peut elle même, par l’intermédiaire de ce pignon, entrer en relation avec les autres mobiles du mécanisme. Dans la composition des horloges exposées par M. Wagner neveu, on remarque des remontoirs à roues satellites dont le levier d’arrêt prend son point d’appui sur un plan incliné, combiné de façon à ce que l’effort de près* sion qui tendrait à ralentir la marche de l'échappement, se décompose en force d’impulsion qui annule les variations de la force motrice; on y retrouve aussi d’ingénieux échappements, qui, pour n’être pas complètement nouveaux dans leur principe, n’en ont pas moins le mérite d’une exécution qui ajoute souvent à leur valeur réelle. Les , moyens de compensation adoptés par M. Wagner,, soit directement aux tiges des balanciers de ses horloges , soit appliqués aux appareils de suspension, sont combinés de façon à rendre leurs fonctions compensatrices aussi certaines et aussi précises que possible.
- L’esprit inventif de cet habile artiste ne s’est pas? exercé seulement sur les machines à mesurer le temps, on le retrouve dans la composition d’un appareil nouveau, destiné à enregistrer simultanément et sans le concours d’un observateur, les variations dans les hauteurs des marées et les hauteurs barométriques en rapport avec elles; enfin il se fait voir jusque dans les objets les plus minimes, tels que
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- l’application du principe de la clepsydre pour régler la chute d’un poids destiné à imprimer, pendant sa descente, le mouvement rotatif à une broche de cuisine.
- M. Wagner, précédemment récompensé d’une médaille d’argent, se montre cette année, et par les connaissances théoriques dont il a fait preuve dans la composition de tous ses mécanismes, et par le talent de construction qu’il a développé dans leur parfaite exécution, très digne de la médaille d’or.
- NON EXPOSANT.
- M. SCHWILGUÉ père, à Strasbourg (Bas-Rhin).
- Le jury départemental n’a pas pensé que les produits de M. Schwilgué père pussent sans inconvénients être transportés à Paris; le jury central a été ainsi privé du plaisir de juger par lui-même du haut mérite des œuvres nombreuses de ce savant constructeur d’appareils de précision.
- Les connaissances théoriques et pratiques de M. Schwilgué père sont trop bien attestées par la fécondité de sa longue carrière industrielle, pour que les plus hautes récompenses du jury décernées dans de telles circonstances puissent rencontrer de la part de personne la plus légère critique; qui oserait contester la médaille d’or décernée cette année au reconstructeur de l’horloge de la cathédrale de Strasbourg, h l’inventeur du Toposcope, à l’ingénieux créateur d’une foule d’outils basés sur la plus rigoureuse application des principes mathématiques?
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- M. Schwilgué père, alors qu’il était l’associé de la maison Rollé, s’était fait remarquer aux précédentes expositions par la construction de grands instruments de pesage. Des horloges publiques avaient aussi attiré l’attention du jury, qui avait jugé les deux associés très-dignes successivement de médaille de bronze , et de médailles d’argent plusieurs fois renouvelées.
- En i83g, l’absence de M. Schwilgué eût excité de vifs regrets, si le jury n’eût appris qu’exclusivement adonné à la reconstruction de la grande horloge astronomique, cet habile artiste ne faisait défaut que pour élever un monument qui attesterait à la fois le haut savoir de son auteur, et le zèle si digne d’éloges des administrateurs qui ont mis son talent à si rude épreuve.
- L’énumération des nouveaux travaux deM. Schwilgué serait aussi longue que difficile.
- Fondateur d’une fabrique de grosse horlogerie, il a commencé par créer pour son propre atelier des outils dont la propagation sera un véritable bienfait. Parmi eux tous, nous nous bornerons à citer la machine dite êpicycloïdale, pour donner aux roues d’engrenage, parle fait seul de l’exécution mécanique de leur denture, les courbes théoriques qui leur conviennent, et sa machine à pignon jouissantdes mêmes propriétés. M. Schwilgué a pourvu la tour du guetteur de la ville qu’il habite d’un bien précieux instrument nommé par lui Toposcope. Désormais le point précis où un incendie éclate est reconnu par la seule observation de la lueur qui en résulte, au moyen du toposcope.
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- L’espritinventif de M.Schwilgué père s’est encore exercé sur Jes moyens de tracer en tous lieux et sans calculs préalables, les méridiennes ou cadrans solaires,et pour la solution deeeproblème, il a inventé une machine qu’il désigne par le nom d’équatorial^ enfin de nouvelles machines à calculeront été par lui ajoutées à la nombreuse série de ces mêmes mécanismes dont l’illustre Pascal avait eu aussi la pensée.
- Tant de travaux, tant de succès, suffisent bien pour justifier la haute récompense dont M. Sclrwil-gué absent, mais cependant inscrit régulièrement sur la liste des exposants, a été jugé digne cette année.
- NOUVELLE MÉDAILLE D ARGENT,
- M. WAGNER (Bernard-Henri), rue du Cadran, 39.
- Le nom de Wagner est à la grosse horlogerie ce que les noms de Berthoud, de Breguet, sont à l'horlogerie de précision; aussi, le jury est-il heureux de pouvoir encore cette année faire porter son examen sur les œuvres de M. Bernard-Henri Wagner. Des horloges à remontoir, à grande sonnerie, où les connaissances d’un artiste habile dans la pratique de son art se font remarquer, soit dans l’exécution , soit dans la disposition de toutes les parties, rendent M. B.-H. Wagner de plus en plus digne des récompenses qu’il a déjà obtenues, qui lui ont été rappelées, et que le jury croit devoir renouveler en lui décernant, cette année encore, une médaille d’argent.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. VÉRITÉ, à Beauvais (Oise).
- M. Vérité a exposé une horloge destinée au palais de justice de la ville de Beauvais. Un seul rouage, placé dans l’une des salles principales, doit faire marquer l’heure sur neuf cadrans différents, et dont plusieurs sont distants du moteur principal de plus de 200 mètres. De simples vergettes de sapin , à la façon de celles employées dans Jes mécanismes des grandes orgues, doivent servir d’intermédiaire; un appareil de remontoir doit fournir la force nécessaire à leur traction. Toutes les vergettes étant équilibrées, l’effort ne sera que très-minime et sans influence sur la marche de l’horloge dont la régularité est obtenue à l’aide d’une très-ingénieuse disposition d’échappement, toute de l’invention de M. Vérité. L’échappement à force constante de la nouvelle horloge de cet artiste, pour avoir quelque analogie apparente avec celui d’une petite pendule précédemment exposée par lui, est pourtant différent. L’auteur, dans Cf'tte dernière construction, s’est efforcé de combattrejusqu’aux plus légères influences résultant des petites variations dans l’effort nécessaire pour opérer le dégagement, du levier d’arrêt du remontoir. La puissance, ainsi inévitablement dépensée, avait été jusqu’ici, dans toutes les constructions dites à force constatée et à échappement libre, variable comme la force motrice elle-même, toujours sujette à des irrégularités de plus d’un genre, soit quelle provienne d’un poids ou d’un ressort. Un examen attentif du mécanisme dé-
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- îicat de M. Vérité permet d’espérer que toutes ses prévisions, théoriquement vraies, seront pratiquement justifiées. Le jury, pour reconnaître dignement les efforts que M. Vérité ne cesse de faire pour les progrès de l’art qu’il cultive avec amour, et le récompenser du désintéressement dont il a fait preuve en souscrivant à un prix extrêmement réduit la construction de l’horloge du palais de justice de Beauvais, lui décerne cette année une médaille d’argent.
- M. GOURDIN (Julien), à Mayet (Sarthe).
- M. Gourdin avait envoyé, en 183g à l’exposition, des horloges dont la belle et bonne exécution lui valaient de prime abord une médaille de bronze; cette année cet artiste s’est surpassé. Beauté d’exécution , qualité et modicité de prix , sont les trois titres de ses nouveaux produits. Le jury a remarqué sur le cylindre où s’enroule la corde du poids d’une de ses horloges, une disposition mécanique ingénieuse et qui a pour but d’arrêter l’opération du remontage ; dès que le poids est arrivé au haut de sa course, la corde qui le supporte en pressant sur un petit levier, au dernier tour d’envidage sur le tambour, fait cesser l’action de la manivelle sur le cylindre. La machine se trouve ainsi à l’abri des perturbations qu’elle aurait à subir de la part d’un monteur maladroit ou malveillant. Le jury, pour mettre la récompense en rapport avec les nouveaux efforts de M. Gourdin, lui décerne une médaille d’argent.
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- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. NIOT, à Paris, rue Mandar, 10.
- M. Niot expose cette année une horloge dont le poids moteur est remonté par le rouage de sonnerie à chaque déclic. Cette pièce, d’une exécution très-satisfaisante, est établie à un prix modéré. Il en est de même des autres produits de la fabrication de cet horloger-mécanicien, tels que ses tournebro-ches qui se recommandent aux consommateurs par la certitude d’un long service sans réparations. Le jury décerne à M. Niot, pour l’ensemble de ses produits, une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. LAMY et LACROIX, à Morez (Jura).
- L’importance de la fabrication de MM. Lamy et Lacroix mérite de fixer l’attention du jury. Ces industriels exposent des pendules, des tournebroches, des montures de lunettes; ils établissent ce dernier produit sur une très-grande échelle ; c’est-à-dire qu’ils construisent annuellement plus de 4°>00° douzaines de montures de lunettes. Ils livrent leurs articles au prix le plus modique : c’est ainsi qu’ils versent dans le commerce des pendules à 36 fr. Le jury leur décerne, pour l’ensemble de leur fabrication et le bon marché de leur production, une médaille de bronze.
- M. LAMY-JOZ, à Morez (Jura).
- M. Lamy-Joz fabrique des tournebroches, et
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- fait aussi des ressorts pour les ho»loges; c’est lui qui a développé à Morez cette industrie; il a ainsi affranchi les nombreux horlogers de cette ville, de l’obligation où ils étaient, de tirer de Paris ce genre de fourniture. Le jury décerne à M. Lamy-Joz une médaille de bronze.
- M. DORLÉANS, à Paris, rue du faubourg du Temple, 110.
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Dorléans, pour une horloge publique conscien-cieusementexécutée. Au nombredestitresdeM. Dorléans à la bienveillance du jury, est une machine à piquer les dessins qui doivent être reproduits par l’opération dite du ponçage , c’est-à-dire au moyen d’une poussière colorée déposée au travers de trous faits dans le papier par la machine.
- MM. CHAYIN frères, à Morez (Jura).
- MM. Chavin frères ont envoyé à l’exposition des pendules dites comtoises et des tournebroehes; tous les produits de ces industriels paraissent au jury d’une bonne exécution, malgré l’extrême modicité de leur prix. L’importance de la fabrication de ces exposants, qui s’élève annuellement à plus de 4,ooo horloges, les fait juger digue d’une médaille de bronze.
- M. FÜMEY, à Morez (Jura).
- Ésranger à la ville de Morez, M. Fumey est venu s’y fixer; il a contribué puissamment à y développer l’industrie à laquelle il se livre avec succès :
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- celle des tournebroclies et des mécanismes de miroirs à alouettes. Le jury, pour récompenser les services rendus par M. Fumey à l’industrie de la ville de Morez, lui décerne une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. REYDOR frères, à Paris, rue Saint-Martin, 155.
- MM. Reydor frères ont exposé des horloges dites comtoises bien confectionnées ; les ornements en cuivre verni imitant la dorure, qui décorent la devanture de leurs horloses et servent de lunette au
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- cadran, sont d’une seule pièce, emboutie dans des matrices dont les sujets appartiennent exclusivement à MM. Reydor frères, qui les ont fait établir. Le jury leur décerne une mention honorable.
- MM. BAILLY-COMTE père et fils, à Morez ( Jura).
- Le jury décerne à MM. Bailly-Comte père et lils une mention honorable pour leurs horloges de clocher, suffisamment bien établies, quoiqu’à très-bon marché.
- M. YANDELLE, à Choisy-le-Roi (Seine).
- Le jury accorde une mention honorable à M. Y an delle, pour des tournebroclies bien confectionnés à des prix très-modiques.
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- § 3. HORLOGERIE CIVILE.
- Montres.
- Considérations générales.
- La fabrication des montres , monopolisée par la Suisse pendant longtemps, commence enfin à se développer sur plusieurs points de la France ; c’est ainsi que Besançon fait une très-utile concurrence à La Ghaudefond et à Genève. La ville de Rochefort a une école naissante ; Mâcon en possède une autre; Versailles voit cette industrie S’accumuler dans ses murs; Paris réunit plusieurs centres de production. Tout en proposant de récompenser les artistes qui ont eu la noble pensée d’affranchir leur pays du lourd tribut payé à l’étranger, nous allons faire connaître avec plus de détails la nature et l’importance des produits de ces divers établissements.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D'OR.
- MM. BENOIT et Gie, à Versailles (Seine-et-Oise).
- À la tête de la fabrication des montres civiles en France, s’est placé l’établissement jugé digne du litre de manufacture royale d horlogerie,* la bonté, la beauté des produits sortis dés ateliers que dirige si habilement M. Benoit ne laisse rien à désirer; ses
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- montres à cylindres en pierre, ses montres à échappement à ancre, ses pièces à secondes fixes, par un mécanisme simplifié et qui n’exige plus un barillet spécial, sont dignes du suffrage du jury ; l’élégance des boîtes, le goût qui préside à leur décoration , forme des produits de la manufacture royale de Versailles, de véritables bijoux capables de satisfaire ceux pour qui la mesure précise du temps n’est pas la seule condilion qu’ils prétendent rencontrer dans une machine horaire. Les efforts de MM- Benoit et C,e , pour naturaliser la fabrication des montres en France dès leur début, ont été couronnés de succès et jugés dignes de la plus haute récompense. Le jury voit cette année, avec une vive satisfaction, que cet établissement a tenu tout ce que le talent de son chef avait fait espérer ; c’est donc avec bonheur qu’il lui rappelle la médaille d’or qui lui a été précédemment décernée.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. LEROY, à Paris, Palais-Royal, galerie Mont-pensier, 13 et 15.
- M. Leroy n’a pas voulu rester en arrière; lui aussi a désiré contribuer aux progrès de la fabrication française, en réunissant plusieurs ouvriers blanquiers, quadraturiers, faiseurs d’échappement, tourneurs de pierres, et en leur assurant un travail continu; il est parvenu à faire établir à Paris, de toutes pièces, d’excellents produits, déjà précédemment récompensés par uné médaille d’argent; le zèle de M. Leroy pour le développement de
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- la production de l’horlogerie, en France, semble déplus en plus digne de cette distinction; le jury la lui rappelle avec empressement.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. J.-J. BEUCLER fils, à Besançon (Doubs).
- Nous disions en commençant que Besançon faisait une utile concurrence à la Suisse. D’après le rapport du jury départemental, 70,000 montres sortent annuellement des ateliers de cette ville pour se répandre dans le commerce. M. J.-J. Beucler fils est un des plus rudes antagonistes de l’industrie rivale ; ses produits ne le cèdent en rien à ceux delà Suisse; il soutient la lutte avec succès et pour la qualité et pour l’élégance; la bonne disposition de ses calibres, le fini de ses boîtes, l’heureux choix de ses guillo-chages, assurent la vente de ses produits. Nous remarquons plus particulièrement parmi les nombreux échantillons qu’il a envoyés à l’exposition, des montres calibre à la Lépine, boîte en or, cylindre en pierre, huit trous, au prix de 12‘â francs ; des pièces à quatre trous, au prix de 95 francs, des montres dites savonnettes en argent ciselé à échappement à roue de rencontre, au prix de 3o francs et au-dessous. Le jury décerne à M. J.-J. Beucler fils une médaille d’argent.
- M. RODANET, àRochefort(Charente-Inférieure).
- Depuis 18^9, M. Rodanet ne cesse de développer, par tous les moyens en son pouvoir, l’industrie de l’horlogerie, au sein de la ville de Rochefort. Après
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- avoir exercé de jeunes enfants du pays à la construction des pendules de voyage, les avoir ainsi familiarisés avec l’exécution de pièces moins délicates que celles qui entrent dans la composition d’une montre; il a fini par les appliquer à ces dernières constructions. Le succès a couronné sa tentative; les produits qu’il soumet au jury peuvent, au point de vue de la qualité et du prix de revient, lutter sans infériorité avec des montres suisses de même nature; le jury se plait à reconnaître la persévérance dont M. Rodanet a fait preuve, le félicite de la marche prudente qu’il a suivie pour obtenir de tels résultats, et le récompense par une médaille d’argent, du service qu’il a rendu à la ville de Rochefort, en dotant cette contrée d’une industrie nouvelle.
- MM. BERROLLA frères, à Paris, rue de la Tour, %
- MM. Berrolla frères se sont placés à Paris à la tête d’un de ces petits centres de production sur lesquels nous avons appelé toute la bienveillance du j ury. Les produits que ces artistes établissent de toutes pièces dans leurs ateliers, h Paris, sont aussi remarquables par leur belle exécution que par la modicité de leur prix ; la nombreuse exposition de MM. Berrolla frères se composait de pièces de voyage, de chronomètres nautiques et depoche, de régulateurs d’appartement; le jury a plus particulièrement distingué : 24 montres à échappement à ancre garnie de pierre que MM. Berrolla afiirment pouvoir livrer au prix de 200 fr. Les travaux de ces horlogers, précédemment jugés dignes d’une médaille de bronze, sont un
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- véritable progrès et méritent bien cette année la médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. SAUNIER, directeur de YécoleyThorlogerie, à Mâcon (Saône-et-Loire).
- La ville de Mâcon a aussi son école d’horlogerie. M. Saunier s’efforce d’y exercer de jeunes enfants aux travaux délicats qui concourent à la confection des montres. L’insuccès des tentatives antérieures pour implanter une fabrique d’horlogerie à Mâcon ne le décourage pas; par une direction plus habile, par une administration plus prévoyante et mieux entendue, le nouveau directeur se flatte d’être plus heureux que ses devanciers. L’administration locale prête à M. Saunier un bienveillant appui ; celui du jury ne lui fait pas défaut. Une médaille de bronze paraît être une juste récompense à décerner à son école, et le jury la lui accorde avec satisfaction.
- M. FLAUST-CORNET, à Saint-Lô (Manche).
- M. Flaust-Cornet a exposé desmontres qui se sont fait remarquer par leur belle exécution. Le jury a distingué, parmi les belles pièces envoyées par cet exposant, une montre calibre Breguet, dont l’exécution du cylindre est digne d’éloges ; d’autres pièces, calibre Breguet et calibre Lépine, â échappement libre, prouvent toute l’habileté de cet artiste; les connaissances que cet horloger possède dans la pratique de son art sont attestées par les moindres dé-
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- taiîs : un piton d’une disposition particulière, pour tenir le ressort spiral, a été par lui placé dans sa montre k échappement libre, calibre Breguet, pour rendre le réglage de cette pièce plus prompt et plus facile.
- Lorsque le jury a su que M. Flaust-Cornet, loin des ressources qui ne se rencontrent que dans les centres de productions, exécute de ses propres mains toutes les parties de ses montres, à la seule exception de leurs grands ressorts , il l’a reconnu très-digne d’une médaille de bronze.
- M. CÀPT, à Paris, rue d’Alger, 13.
- Les mouvements de montres exposés par M.Capt sont remarquablement bien exécutés ; l’adresse de main de cet horloger se signale par l’exiguïté de ses constructions. Le jury, sans encourager des pièces d’aussi petites proportions, se plaît à reconnaître l’aptitude de M. Capt pour l’exécution des organes mécaniques les plus délicats. Il lui décerne une médaille de bronze.
- M. PHILLIPE, à Paris, rue Thibautodé.
- M. Philippe est un établisseur qui confectionne pour les horloges des pièces de fantaisie ; il a exposé, en son propre nom, des montres dont le grand ressort se monte par un bouton molleté , placé sur la queue de la pièce ; les aiguilles peuvent aussi recevoir du même bouton leur mouvement pour la mise k l’heure; il suffit d’enfoncer ou de retirer un peu le bouton pour le rendre apte k produire l’une ou l’autre de ces fonctions. Les montres de M. Philippe
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- bout d’une bonne exécution. La disposition du mécanisme spécial dont nous venons de parler est bien conçue; le peu de place dont l’artiste avait à disposer ne nuit pas à la solidité. Le jury décerne k M. Philippe une médaille de bronze.
- M. REDIER, à Paris, place du Châtelet, 2.
- M. Piedier, est un ancien élève du gouvernement, chez M. Perrelet. Par les diverses pièces qui composaient son exposition, il prouve qu’il a appris à bonne école l’art qu’il cultive avec bonheur. Ses produits sont remarquables par leur belle exécution. Parmi eux, l’on a distingué des pièces marines dont nous regrettons de n’avoir point la marche observée. M. Redier a composé un nouveau calibre de montre, dans lequel le barillet est établi de façon à pouvoir contenir le ressort le plus haut possible dans une pièce plate. Des outils de précision remarquablement bien exécutés, ainsi qu’un modèle de machine à vapeur, attestent la supériorité de main de M. Redier. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. THOURET, à Paris, place de la Bourse, 31.
- M. Thouret a exposé une seule pièce, mais par son ingénieuse construction, elle est digne de fixer l’attention du jury. Son oeuvre consiste en une montre à secondes à force constante. Au lieu d’embarrasser son mouvement par les fonctions de l’aiguille de secondes, qu’il faut mettre en marche aux dépens de la force motrice générale, à moins d’avoir, comme dans certaines dispositions, un barillet
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- spécial pour le mécanisme des secondes, M. Thou-ret dispose les choses de façon à ce que son moteur unique arme sans cesse un petit ressort additionnel ; celui-ci, en se détendant à chaque seconde, donne l’impulsion à l’aiguille et fournit à l’échappement de la montre une force périodiquement constante. La bonne disposition de tous les organes qui composent cette pièce rend M. Thouret très-digne d’une médaille de bronze.
- M. NOBLET, à Paris, rue du Grand-Chantier, 1.
- M. Noblet a exposé des montres et des ébauches de montres, en nickel. Ces produits paraissent très-bien confectionnés. La fabrique de M. Noblet est un de ces centres de production sur lesquels nous avons cru utile d’appeler toute la sollicitude du jury. M. Noblet établissant en France, soit à Paris , soit à Besançon , de toutes pièces, un grand nombre de montres, mérite du jury une récompense : aussi est-il jugé digne d’une médaille de bronze.
- M. FONGY (François), à Besançon (Doubs).
- M. Foiigy s’est imposé , comme problème à résoudre, le perfectionnement de l’échappement à ancre. Son but a été d’éviter un frottement à rebroussement , qui s’opère dans cet échappement sur la levée d’entrée, et finit par ébranler les axes et par détériorer les organes qui en constituent le mécanisme. Pour triompher de cette dilïiculté, M- Fongy a renversé l’ancre, l’entrée se fait dès lors sans inconvénient. L’échappement à ancre ainsi modifiée n’est
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- pas d’une exécution plus difficile et plus dispendieuse que l’ancien. Le jury, pour récompenser le succès qui a couronné la tentative de M. Fongy, lui décerne une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. MUZEY, à L’Isle-sur-le-Serein (Yonne).
- M. Muzey a cherché à faire marcher les montres plates avec le plus de précision possible, il a pensé que pour atteindre ce résultat, il fallait substituer k l’échappement à cylindre un nouvel échappement; il présente une construction qui aurait besoin, pour être appréciée ^ toute sa valeur, de la sanction du temps; cependant comme on y rencontre l’application des vrais principes de l’horlogerie, le jury, pour en récompenser la pensée, mentionne favorablement son auteur.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. TROULLIER , à Resançon ( Doubs).
- M. Troullier a envoyé à l’exposition une montre à échappement à repos modifié; la disposition de cet échappement est si simple, que la valeur de la roue et de l’échappement n’est que de 2 francs. L’auteur de cette invention pense qu elle est de nature à appeler d’utiles perfectionnements dans la construction des montres. Le jury regrette qu’un usage prolongé de ce mécanisme n’ait pas encore
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- contrôlé les prévisions de son auteur ; le jury lui décerne, en attendant, une citation favorable.
- M. MAXE, à Bar-le-Duc (Meuse).
- M. Maxe a soumis au jury un mouvement de montre dont toutes les pièces sont groupées de façon à permettre de rechercher les meilleures conditions d’engrenage de la roue de champ avec la roue de rencontre, sans être obligé de monter et démonter la montre. Le jury accorde à cette heureuse disposition une citation favorable.
- M. LEDUC à Breteuil (Oise).
- M. Leduc s’est aussi exercé sur les échappements, il en présente un qui, sans avoir la sanction d’une expérience suffisamment prolongée, ne paraît pas sans mérite. Le jury accorde à M Leduc une citation favorable.
- Pendules civiles.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. GABNIEB (Paul), rue Taitbout, 6 et 8 bis.
- Les titres de M Paul Garnier à tout l’intérêt du jury sont nombreux. Déjà récompensé par une médaille d’argent dès l’exposition de 1887, cet habile horloger s’était montré très-digne en i834 et en 1889 du rappel de cette honorable distinction.
- Ses efforts pour atteindre la plus haute des récompenses dont le jury dispose, depuis cette épo-
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- que, ne se sont pas ralentis un seul instant; aussi cette année sommes-nous très-heureux de signaler ses travaux comme dignes de la médaille d’or. Parmi les belles pièces qui composaient son exposition, on a remarqué une pendule à échappement libre, à chevilles, d’une disposition qui pour netre pas complètement nouvelle, n’en est pas moins très-digne d’éloges; l’intérêt du jury s’est surtout porté sur des pendules de voyage à échappement à repos. Cet échappement, imaginé par M. Garnier dès i83o, avait déjà attiré l’attention du jury aux précédentes expositions, mais la prudence faisait désirer que tous les avantages que la bonne disposition des organes faisait présager fussent assurés par un long temps d’épreuve. Aujourd’hui, le mérite de cet échappement est devenu tellement incontestable, qu’il est l’objet d’une imitation servile de la part des fabricants suisses; ils le placent dans des montres expédiées pour l’Amérique, comme produits anglais. On distinguait encore un chronomètre à échappement libre, à force constante, disposé de façon à pouvoir se passer d’huile aux organes d’impulsion ; cette pièce marine, précédemment exposée, revient cette année avec l’épreuve de cinq ans de marche, sans détérioration des parties frottantes.
- L’esprit inventif de M. Garnier est attesté par des créations mécaniques de plus d’un genre, ses compteurs combinés avec des horloges pour enregistrer simultanément le nombre des battements d’une machine et la durée du temps pendant lequel ils ont été opérés, permettent de faire une foule d’observations dont le résultat sera de fournir un
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- compte plus exact du travail utile des machines et des diverses circonstances au milieu desquelles elles ont développé leur action.
- La parfaite exécution de tous les produits de M. Garnier se fait notamment remarquer clans la confection des indicateurs de Watt, à la construction desquels il se livre avec succès. M. Garnier a bien compris que des instruments dans lesquels ce qui se passe sur un piston de quelques centimètres de diamètre doit faire apercevoir, par comparaison, ce qui arrive dans un cylindre souvent de plus d’un mètre de diamètre, ne sauraient être débarrassés avec trop de soin , de tous frottements inutiles.
- M. Garnier est, comme on le voit, tout à la fois habile horloger et bon constructeur d’appareils de physique; il est aussi ingénieux mécanicien; il exécute mécaniquement une foule de pièces détachées employées en horlogerie, tels que piliers de cage de pendule, porte-soie, bouchons excentriques, plots pour emboîtage , qu’il livre au commerce par grosses, et aux plus bas prix. Les grandes horloges sont aussi confectionnées par lui avec une haute précision : celles des salles du conseil d’Etat et de la Cour des comptes sont la preuve de sa supériorité en ce genre.
- En résumé, M. Garnier est inventeur de plusieurs échappements dont l’un est devenu la base de toute mie fabrication, et a eu les honneurs d’une contrefaçon étrangère ; il construit d’utiles appareils d’observation avec ou sans mouvement chronométrique; il fabrique par milliers, à l’aide d’intéressantes machines de son invention, des pièces déta-
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- chées qu’il livre à vil prix. Le jury, en ajoutant une médaille d’or aux médailles d’argent précédemment obtenues, récompense en la personne de cet artiste, tout à la fois l’horloger instruit et le mécanicien ingénieux.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. BROCOT, à Paris, rue d’Orléans, 15, au Marais.
- M. Brocot est aussi habile dans l’art du quadra-turier que dans celui du faiseur d’échappements; la sonnerie des pendules lui doit d’utiles perfectionnements, la régularité de la marche des pendules civiles a été assurée par la bonne disposition de son échappement à demi-cylindre. En ménageant à la roue d’échappement un léger recul, M. Brocot a su faire approcher les oscillations de son pendule, de l’isochronisme.
- Cet horloger s’était, en 1839, fait remarquer par l’invention d’un appareil destiné à déterminer rapidement la longueur convenable d’un pendule pour faire dans un temps donné un certain nombre précis d’oscillations. Le jury avait vu aussi avec satisfaction les appareils de compensation applicables aux porte-soie et aux ressorts de suspension des balanciers des pendules de commerce. M. Brocot , jugé digne alors de la médaille d’argent,, continue cette année à la mériter plus que jamais. Le jury lui rappelle avec satisfaction cette honorable distinction.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. BOUBDIN, à Paris, rue de la Paix,
- M. Bourdin, précédemment honoré d’une mention honorable, a soumis cette an née à l’examen du jury une série de pièces d’horlogerie, d’un travail très-soigné : on a distingué, parmi elles, des pendules de voyage, un régulateur à balancier circulaire, des pièces de haute horlogerie, telles que des chronomètres de poche, des montres de précision. Aucune de ces dernières pièces n’ayant été déposée et suivie à 1 Observatoire, le jury regrette de ne pouvoir en constater la marche; néanmoins leur belle exécution fait juger leur auteur très-digne d’une médaille de bronze.
- MM. BRUNEL et BIENAYMÉ, à Dieppe (Seine-Inférieure).
- MM. Brunei et Bienaymé ont inventé une nouvelle disposition de quantième applicable à toutes les pendules.
- Divers cadrans pourvus d’aiguilles indiquent, à l’aide d’un moteur spécial, le nom des jours, celui des^mois, le quantième. Ce mécanisme, tout à fait indépendant du mouvement de la pendule dans le socle de laquelle on le place, est mis seulement en relation avec le rouage de sonnerie, une fois toutes les vingt-quatre heures; il en reçoit un déclic qui permet à son moteur spécial de faire sauter une division à chaque aiguille sur tous les cadrans. Une heureuse application|du mécanisme de la roue de compte des sonneries ordinaires permet de faire
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- sauter l'aiguille du cadran de quantième du 3o au Ier, pour les mois qui n’ont pas le 3icjour; le 29e jour de février est également supprimé ou maintenu , suivant que l’année est bissextile ou non. Cet appareil de quantième a le mérite de ne pas entraver la marche du mouvement de la pendule; il peur, s’appliquer dans le socle de toutes les pièces déjà établies; le jury le juge digne d’une médaille de bronze.
- M. DUSSAULT, à Paris, passage Choiseul, 17.
- M. Dussault a exposé un échappement à cylindre disposé de telle façon que la roue d’échappement peut se placer dans le plan vertical de l’axe du balancier.
- La tuile de l’échappement est pratiquée au bout même de l’axe, le pivot se trouve placé au centre de cette tujje ; il repose sur une petite console assez réduite pour s’insérer dans le cercle décrit par la tuile durant l’oscillation. La roue d’échappement dont les plans inclinés sont dans la prolongation des rayons tourne immédiatement au-dessous de la tuile qui lui est comme tangente; cette installation a paru ingénieuse au jury; elle est d’une exécution très-facile et commode dans bien des cas, elle mérite donc d’être signalée. M. Dussault a aussi soumis à l’examen du jury un échappement à chevilles, à vibrations libres; une médaille de bronze lui est décernée pour l’ensemble de ses travaux.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. DÉJARDIN , à Paris, rue du Perche, 14.
- Le iurv accorde une mention honorable à M. Dé-
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- jardin , pour des mouvements de tableaux-horloges et des mécanismes dits c£angélus et cle lointain, ainsi que pour sa ciel brisée, à laide de laquelle on peut facilement et sans le secours d’échelle, remonter les mouvements des tableaux-horloges.
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- M. CÉSAR, à Paris, rue Chariot, 19.
- Le jury fait la même faveur à M. César, pour des mouvements de pendules, destinés à des tableaux-horloges répétant l’heure, soit à chaque quart et demie, soit à la demie seulement, et sonnant à volonté.
- M. FATOUX, à Paris, rue du Cadran, 25.
- M. Fatoux a exposé des pendules à échappement à chevilles et à échappement à rouleau ; ce dernier mécanisme a beaucoup d’analogie avec un échappement précédemment exposé parM. Deshayes. Le jury décerne à M. Fatoux, pour la bonne exécution de ses diverses pièces d’horlogerie, une mention honorable.
- M. NÉDELLEC, à Paris, quai de l'Horloge,?53.
- M. Nédellec a exposé des pendules à y5 fr. se met tant d’échappement d’elles-mêmes, l’ancre n’étant montée qu’à frottement sur son axe, et pouvant ainsi prendre une position moyenne par rapport h . J 30
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- aux dents de la roue d’échappement, quelle que soit la position de la pendule. Cette disposition n’est pas nouvelle , mais elle est commode; M. IS'édellec s’efforce *de la vulgariser. Le jury le juge digne d’une mention honorable.
- M. JAGQUIN, à Paris , rue de la Feuillade, 3.
- M. Jacquin applique aux pendules de commerce le mécanisme indicateur de la quantité de tours dont le grand ressort est bandé ; les seules pièces de haute précision en étaient jusqu’ici pourvues. Profitant de l’excès de force des barillets de sonnerie , il augmente le nombre des chevilles qui lèvent le marteau , et par une légère modification dans le rouage, il double la durée des fonctions, et convertit ainsi, à peu de frais, une pendule qui ne marchait qu’une huitaine, en une pendule qu’on ne remonte plus que tous les quinze jours. Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. BALLY, à Paris, rue Notre-Dame-de-Na-zareth ,25.
- M. Bally a exposé des pendules à boite en cuivre poli, découpées à jour; on distingue parmi ses pendules un mécanisme de quantième simplifié, et qui tient compte dans sa révolution des années bissextiles. Le jury lui décerne, pour l’ensemble de ses travaux, une mention honorable.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- M. CALMELS, à Paris, rue Neuve-des-Bons-En-fants, 21.
- M. Calmels transforme de simples mouvements de pendule en mouvements de pendules portatives, en mettant, à l’aide d’un petit secteur denté, l’é-cîiappemenl à ancre ordinaire dont elles sont pourvues, en relation avec un balancier circulaire placé horizontalement. Cette disposition, qui permet à une pendule d’être déplacée sans cesser de marcher, qui la maintient toujours d’échappement, quel que soit le défaut d’horizontalité de son socle, rend M. Calmeis digne d’une citation favorable.
- M. CHATELAIN, à Paris, rue du Pont-aux-Choux,
- 21.
- M. Châtelain s’est efforcé de dissimuler des mouvements d’horlogerie dans des emblèmes religieux, pour introduire aussi des pendules dans des lieux d’où ces appareils sont ordinairement exclus comme meubles de luxe.
- Ses produits satisfont à une nature de besoins dont personne ne s’était occupé avant lui; le jury cite favorablement M. Châtelain.
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- § k. HORLOGERIE DE FABRIQUE.
- Mouvements de pendules ou de montres.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MM. JAPY frères, à Beaucourt (Haut-Rhin).
- La maison Japy, fondée en 1780, déjà si souvent et si honorablement couronnée à toutes les expositions pour ses produits de petite et grosse quincaillerie, tient toujours, comme fabrique d’horlogerie, le rang honorable auquel elle s’est depuis longtemps placée. Les mouvements de pendules, les mouvements de montres, les blancs ou ébauches de montres de calibres divers se font toujours admirer par le rapprochement de leur bonne exécution et de l’extrême modicité de leur prix. Le jury est heureux de pouvoir cette année déclarer, au point de vue de l’horlogerie, la maison Japy de plus en plus digne de la médaille d’or qu’elle a précédemment obtenue et qui lui a déjà plusieurs fois été rappelée.
- M. PONS DE PAUL, à Saint-Nicolas d’Aliermont
- ( Seine-Inférieure ).
- Honoré d’une médaille d’argent dès 1819, de nouveau jugé digne delà même distinction en 1823, la fabrique de mouvements de pendules élevée par M. Pons de Paul à Saint-Nicolas d’Aliermont, fut couronnée, en 1827, delà médaille d’or. A cette haute récompense deux fois rappelée, en i834 et en 1889, une plus élevée encore fut ajoutée à la dernière exposition. M. Pons de Paul reçut
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- pour ses admirables produits, la croix de la Légion d’honneur; ainsi couronné de tous les honneurs auxquels il pouvait prétendre et dont il s’est montré si digne, cet habile horloger manufacturier n’a pas ralenti ses efforts; ses travaux incessants ne se bornent pas à apporter le plus de perfection possible aux nombreux produits que sa fabrique verse annuellement dans le commerce: peu satisfait d’avoir confectionné les mouvements de pendules civiles les plus parfaits de tous ceux qui figuraient dans les salles de l’exposition , l’esprit aussi ingénieux que fécond de M. Pons de Paul, tant de fois attesté par ses mécanismes de sonnerie simplifiée, s’exerce sans cesse sur des combinaisons nouvelles d’échappement qui ont toutes pour but une mesure plus rigoureuse de la durée du temps. Sans entrer dans tous les développements nécessaires pour bien décrire les nombreux échappements inventés par M.Pons de Paul et déjà par lui présentés aux précédentes expositions, reproduits cette année, soit d’une manière identique, soit avec d’heureuses modifications, nous nous bornerons à signaler une toute nouvelle combinaison d’échappement libre à double impulsion qui permet au balancier de faire sur lui-même autant de révolutions que l’élasticité du ressort spiral le comporte sans jamais décompter. Le jury retrouve avec satisfaction dans cette construction la réalisation d’un principe fondamental trop souvent méconnu, c’est-à-dire, celui de l’application au balancier d’une force suffisamment énergique dans le temps le plus court possible, afin d’amoindrir les
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- irrégularités d'impulsion résultantdes variations de la force motrice elle-même et de rendre moins sensibles les influences qui proviennent du changement des contacts par l’épaississement des huiles. Le jury rappelle avec bonheur, pour la troisième fois, à M. Pons de Paul, la médaille d’or dont il continue à se montrer toujours si digne.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. VINCENTI et Cie, à Montbéliard (Aube).
- La fabrique de mou vements de pendules établie à Montbéliard en 1023 par lYlM. Yincenti et Cie, a exposé cette année une série de mouvemenls de diverses formes et calibres tous bien établis; l’importance de cette fabrique l’avait fait juger digne, dès i834, d’une médaille d’argent, cette honorable distinction lui a été rappelée en i83g. La bonne direction qu’elle reçoit de son nouveau chef, M. Roux, qui continue son exploitation sous la raison sociale Yincenti et Gie, est attestée par les progrès qui se font remarquer dans la qualité et le bon marché des produits. Le jury croit se montrer juste en décernant cette année une nouvelle médaille d’argent à cette intéressante fabrique.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. BAROMÉ DELÉPINE, à Dieppe (Seine-Infé-rieure).
- L’influence du développement donné à la fabrication de l’horlogerie, à Saint-Nicolas d’Aliermont
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- par l’habile et actif M. Pons de Paul, se fait heureusement sentir, et nous pouvons dire que par les lumières qu’il a répandues à profusion , il s’est volontairement créé de dangereux rivaux. M. Baromé Delépine s’est livré, à son exemple, à la fabrication des mouvements de pendules : ce nouveau concurrent se distingue par la bonté et la beauté de ses pendules. Les divers mouvements qu’il a exposés sont très-dignes d’éloges; et le jury lui décerne une médaille d’argent.
- POUR MÉMOIRE.
- M. JAPY (Louis), à Berne, commune de Selon-court (Doubs).
- M. Louis Japy a exposé des mouvements de pendules de diverses formes et grandeurs ainsi qu’une série de pignons , comme pièces détachées ; une lampe mécanique dune construction très-simple a été aussi présentée par lui. L’importance delà fabrication de M. Louis Japy, ainsi que l’extrême modicité du prix de vente de ses produits, tous d’une bonne exécution, le rendrait très-digne d’une médaille d’argent si la commission des métaux ne l’avait, cette année, honoré de cette même récompense. (Voir le Rapport de M. Goldenberg, t. I, p. 824.)
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. MARTI (Samuel), à Montbéliard (Doubs).
- M. Marti a exposé des mouvements de pendules
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- bien exécutés à des prix très-réduits; l’importance de sa production et la bonté de sa fabrication le fait juger digne d’une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. DUCRET, à Épinal (Vosges).
- M. Ducret présente à l’examen du jury des mouvements de pendules dans lesquels les tiges et les assiettes des roues sont supprimées par le montage de la roue sur le pignon lui-même; la bonne disposition de toutes les parties de ces mouvements confectionnés par M. Ducret, à l’aide de procédés mécaniques, le rend bien digne d’une mention honorable.
- Outils d'horlogerie et pièces détachées.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. ROBERT-HOUDIN, à Paris , rue de Yen-dôme, 9.
- M. Robert-Houdin ne s'est pas complu inutilement dans l’exécution de quelques pièces mécaniques difficiles ; la branche qu’il exploite avec succès est devenue en ses mains une véritable industrie. Ce ne sont donc pas des chefs-d’œuvre curieux qu’il soumet au jury, ce sont les produits habituels et plusieurs fois répétés de ses ateliers. Le jury se plaît à reconnaître l’intelligence et l’habileté dont M. Robert-Houdin a fait preuve dans l’emploi et le groupement des divers organes
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- mécaniques qui concourent à la confection de ses ingénieux automates; ses pendules sympathiques ne sont pas seulement de mystérieuses constructions ; grâce à la bonne disposition des transmissions de mouvement et à la parfaite exécution du moteur, ce sont encore d’utiles machines à mesurer le temps avec exactitude. Le jury décerne à M. Robert-Houdin une médaille d’argent.
- M. HOUDIN, à Paris, rue Bergère, 19.
- M. Houdin se livre depuis longtemps avec succès à la construction des légulateurs; il a établi d’ingénieuses machines pour confectionner mécaniquement diverses paities des pendules et des montres; tels sont ses outils à tailler les pignons, à fendre les roues, celles d’échappement à la Duplex notamment, jusqu’aux plus petits modèles. Le jury , pour l’ensemble de ses travaux, juge M. Houdin digne d’une médaille d’argent..
- M. YALLET, à Paris, rue Neuve-Bourg-l’Abbé,
- 2.
- M. Vallet se consacre à l’instruction des sourds-muets dans la pratique de l’art qu’il cultive avec une haute distinction. Son exposition renfermait d’ingénieux outils, soit pour estimer la force des ressorts spiraux , soit pour déterminer le placement des divers organes des échappements, soit pour régler les plans inclinés des roues decylindre. On y trouvait comme produits sortis de ses propres mains et de celles des sourds-muets, ses élèves, des montres de divers calibres, d’une exécution remarquable et
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- digne d’éloges sous tous les points. Le jury, pour l’ensemble de ses travaux , pour encourager surtout son généreux dévouement envers les sourds-muets, lui décerne avec satisfaction une médaille d’argent.
- M. BASELY, à Paris, place Dauphine, 11.
- M. Basely a transporté, de Suisse à Paris, sa fabrique d’aiguilles de montres; d’ingénieux outils servent dans ses ateliers à découper avec une délicatesse infinie les aiguilles les plus fines. Les produits de la fabrique de M. Basely ne laissent rien à désirer au point de vue de l’élégance et de la perfection d’exécution ; l’importance de sa fabrication s’élève jusqu’à sept cents grosses d’aiguilles par année. jNos horlogers peuvent désormais trouver dans son assortiment très-varié de quoi satisfaire à tous leurs besoins. Le jury, pour récompenser cette importation , en France, d’une industrie nouvelle et qui s’exercait naguère à l’étranger, décerne à M. Basely une médaille d’argent.
- MM. MONTANDON frères, à Paris, rue Fran-çois-Miron, 8.
- MM. Montandon frères se livrent avec grand succès à la fabrication des ressorts de pendules. Leur fabrication met en œuvre 90,000 kilogrammes d’acier styrien et 2,000 kilogrammes d’acier fondu, qu’ils convertissent annuellement en 40,000 paires de ressorts de pendules, i5,ooo ressorts de montres et 3oo ressorts de chronomètres.
- Les produits de leurs ateliers se recommandent
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- tout h la fois par leur qualité et par leur hou marché. Déjà récompensés par une mention honorable à une précédente exposition, ces fabricants se montrent très dignes cette année d’un témoignage plus élevé de la satisfaction du jury, qui leur décerne une raé-dai lie d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. BARON (Joseph), aux Gras (Doubs).
- M. Baron se livre exclusivement à la confection des roues d’échappement à cylindre et à ancre, c’est par milliers de douzaines que ces pièces sortent annuellement de sa fabrique. Cité favorablement en i83g, ce fabricant paraît cette année au jury, par le développement qu’il a su donner à sa production , digne d’une médaille de bronze.
- MM. GARNACIIE- BARTHOD ( Juvénal et Isidore), aux Seignes-des-Gras (Doubs).
- MM. Garnache-Barthod ont soumis à l’examen du jury des machines à fendre, des tours universels, des compas pour les engrenages et d’autres outils destinés à l’horlogerie; ces produits sont tous d’une fidèle exécution. Déjà cités en 1834 et 183g , le jury récompense leurs persévérants efforts par une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. CHATAIN, à Paris, rueduYieux-Colombier, 19. M. Chatain a exposé une ingénieuse machine à
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- tailler les roues decjlindre et à planter les rouages dans les montres de divers calibres. Des règles divisées et des cadrans gradués permettent d’estimer, d’une manière précise, les distances auxquelles les divers mobiles sont espacés entre eux. L’appareil de M. Chatain est destiné à rendre service aux horlogers, alors surtout que son auteur l’aura dépouillé de son caractère d’universalité en le subdivisant en. plusieurs outils spéciaux.
- Le jury décerne à M. Chatain une mention honorable.
- M. DUBOIS, aux Gras (Doubs).
- M. Dubois est un ouvrier doreur très habile dans la pratique de sa profession ; ses dorures et argentures sont d’une fixité remarquable; l’horlogerie de Besançon se félicite de son concours.
- Le jury le juge digne d’une mention honorable.
- M. CHAYINEAU, à Paris, rue Chapon, 12.
- M. Chavineau , autrefois horloger, s’occupe maintenant avec succès de la confection des pierres fines destinées k la pendule. Le jury , parmi les pièces exposées, a porté son attention sur des levées d’échappement circulaire en agate et sur des ancres taillées d’une seule pièce dans un morceau de la même matière. M. Chavineau façonne aussi des verres ronds biseautés pou ries lunettes de pendules; il chanfreine aussi les glaces carrées destinées h garnir les faces des pendules de voyage. Le jury lui accorde une mention honorable.
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- M. CÀLLIER-DERVAUX, à Gien (Loiret).
- M. Callier-Dervaux est un artiste intelligent qui aime son art; le désir de voir répandre plus généralement la connaissance de l’équation entre le temps vrai et le temps moyen, lui a suggéré la pensée d’établir uneclef’de montre à cadran indiquant chaque jour l’équation entre le temps vrai et le temps moyen. Dans ce but, il a confectionné un modèle de clef à encliquetage donnant l’indication du nom du mois et du quantième , ainsi que la différence entre le temps vrai et le temps moyen; le mécanisme dont il a fait choix pour réaliser son projet, a paru simple et ingénieux au jury, qui l’a jugé digne d’une mention honorable.
- M. [GLORIOD (François), aux Seignes-des-Gras (Doubs).
- M. Gloriod a été cité en i834, et mentionné honorablement en 1839 pour sa fabrication d’outils d’horlogerie; le jury lui accorde en 1844 une nouvelle mention honorable.
- MM. GAUTHIER père et fils, aux Cerneux-des-Gras, près Morteau(Doubs).
- M. Gauthier, cité favorablement en i834 5 continue à donner aux enfants de la commune qu’il habite, et pendant le temps où ils ne peuvent pas se livrer aux travaux de culture, une occupation profitable en les employant dans ses ateliers à la confection d’outils d’horlogerie. Le jury témoigne
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- son approbation à M. Gauthier pour sa louable conduite en lui accordant une mention honorable.
- M. VALLANGIN (Louis), aux Gras (Doubs).
- Les nombreux outils d’horlogerie exposés par ce fabricant, ont tous paru d’une fidèle exécution malgré leur bon marché. Le jury lui décerne de nouveau la mention honorable qu’il avait précédemment méritée sous une autre raison sociale en 1 83q.
- CITATION FAVORABLE.
- M. GRANDVOINNET (Jean-Baptiste), au Grantl-mont-des-Gras ( Doubs ).
- M. Grandvoinnet a exposé une série de chalumeaux à l’usage des horlogers. La bonne confection de ces instruments et leur prix très-minime, méritent à M. Grandvoinnet une citation favorable.
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- SECTION II.
- INSTRUMENTS DE PRECISION. PREMIÈRE DIVISION.
- M. Pouillet, rapporteur.
- § 1. INSTRUMENTS DE PHYSIQUE ET D’OPTIQUE.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- M. LEREBOURS, à Paris, place du Pont-Neuf, 13.
- Depuis longtemps, le nom de M. Lerebours figure avec éclat dans nos expositions; il se trouve associé à beaucoup de travaux considérables pour la science, et particulièrement aux efforts si heureux qui ont été faits en Europe, et surtout en France, pour le perfectionnement des grandes lunettes astronomiques. M. Lerebours , le père, avait pris à ces succès l’une des parts les plus importantes : son fils, quoique très-jeune en iS3g, avait été jugé digne de partager avec lui une récompense du premier ordre, le rappel de la médaille d’or. Depuis cette époque, M. Lerebours fils n’a pas cessé un instant de soutenir, par son intelligence et par ses efforts, un nom devenu si recommandable et h tant de titres. Le travail des grandes lunettes devient de plus en plus difficile, parce que la science devient
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- elle-même de plus en plus exigeante. Il y a à peine vingt ans que des lunettes de douze ou quinze centimètres, passablement bonnes, étaient de véritables chefs-d’œuvre ; aujourd’hui les grandes difficultés que présentait la fabrication de la matière elle-même, sont complètement résolues; nos habiles verriers peuvent livrer aux opticiens des objectifs de Crown et de Flint, des plus grandes dimensions, de quarante, cinquante, soixante centimètres; et sans doute on ne hasarde rien en disant qu’ils arriveraient probablement à un mètre. Il appartient maintenant à l’optique de mettre habilement en œuvre de tels matériaux. L’entreprise est grande et difficile ; l’astronomie en attend le succès. De telles recherches exigent beaucoup -d’essais et beaucoup de temps. Tout en s’occupant d’autres travaux qui ne sont pas sans importance, M. Lerebours s’occupe aussi de cette belle question : les grands objectifs qu’il a présentésà l’examen du jury, n’étaient pas encore parvenus à leur dernier degré de perfection ; mais il est permis d’espérer, qu’avec le zèle et l’intelligence dont M. Lerebours a déjà fait preuve, il sera des premiers à dépasser, dans ce genre, tout ce qui a été obtenu jusqu’à ce jour.
- Le jury appréciant ses efforts, fait en sa faveur rappel de la médaille d’or.
- M. CHEVALIER (Charles), à Paris, Palais-Royal, 163.
- M. Charles Chevalier est toujours l’un de nos plus habiles opticiens pour la construction des lunettes
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- terrestres, des appareils de toute espèce, et surtout des microscopes. Les perfectionnements considérables qu’il avait apportés dans ces derniers instruments, lui valurent la médaille d’or en 1884. Le rappel de cette distinction lui fut accordé en 183g , pour quelques perfectionnements nouveaux et pour des dispositions ingénieuses qu’il avait introduites dans plusieurs appareils. L’exposition de 1844 constate que M. Charles Chevalier ne cesse pas d’être en progrès. Ses microscopes comptent toujours parmi les meilleurs qui se construisent en France et à l’étranger; il en a varié avec beaucoup d’intelligence les dimensions , les formes et l’ajustement, pour les approprier «à tous les usages et à toutes les recherches. Il a donné de nouveaux développements à l’idée qu’il avait eue de construire des lunettes à deux objectifs, et l’on peut espérer qu’elle recevra de lui d’utiles applications. Les nombreux appareils qu’il a présentés à l’examen du jury, comme machines pneumatiques, Daguerréotypes, etc., sont tous remarquables, ou par la sagacité avec laquelle ils sont conçus, ou par la précision avec laquelle ils sont exécutés.
- Le jury rappelle de nouveau en faveur de M. Charles Chevalier la médaille d’or qu’il a reçue en i834.
- MÉDAILLE D OD.
- M. BURON, à Paris, rue des Trois-Pavillons, 40. M. Buron avait obtenu, en 1834» une médaille
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- d’argent pour ses instruments de physique et d’optique, et particulièrement pour les longues vues et les lunettes marines de très-bonne qualité, dont il fabriquait les verres et les montures, et qu’il livrait au commerce à des prix très-modérés. En 1889, une nouvelle médaille d’argent lui fut accordée : ses ateliers avaient pris beaucoup d’extension; le mérite soutenu et toujours croissant de ses divers produits,etsurtoutdeseslunettes marines, lui avait ouvert à l’étranger des débouchés considérables. Aujourd’hui l’établissement de M. Buron est au premier rang; il n’y en a aucun en France, et peut-être il n’y en a aucun ailleurs qui jouisse d’une réputation mieux méritée et plus solidement établie; il n’y en a aucun dont les produits soient partout acceptés avec plus de confiance; il est vrai aussi que depuis longues années, M. Buron s’applique avec intelligence et avec une persévérance digne de» plus grands éloges, à perfectionner sans cesse ses moyens de fabrication. Dans ses ateliers, où il y a une machine à vapeur pour force motrice, et un grand nombre d’ouvriers pour le travail de précision et d’ajustage, tout s’ordonne avec méthode, tout s’exécute avec la plus ponctuelle régularité. Rien ne se peut faire de médiocre là où il y a une aussi bonne direction et une si active surveillance.
- Après avoir obtenu un succès aussi complet dans la fabrication des instruments et des lunettes de toute espèce, destinées à la marine, ou en général aux observations ordinaires, M. Buron s’est livré, depuis quelque temps , à la construction des lunettes astronomiques de grandes dimensions; il a présenté
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- k l’examen du jury des objectifs de treize centimètres, et six objectifs de vingt centimètres. Les essais qu’il nous a été possible d’en faire sur le ciel, sont très-satisfaisants, et ils nous donnent la confiance que, dans ce genre de travail, M. Buron ne restera pas au-dessous de son excellente réputation.
- Le jury accorde à M. Buron la médaille d’or.
- NOUVELLES MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. DELEUIL, à Paris , rue du Pont-de-Lodi, 8.
- M. Deleuil a successivement obtenu la médaille de bronze en 1834 ? et la médaille d’argent en 183g; il s’estmontré de plus en plus digne de ces encouragements par son activité et son intelligence. Il n’est pas seulement l’un de nos plus habiles constructeurs pour tout ce qui tient aux appareils ordinaires de physique et de chimie ; mais il lui arrive souvent dé perfectionner ces appareils, soit en les modifiant dans leur construction, soit en les exécutant avec une telle justesse, qu’ils rendent les observations plus faciles et plus sûres. On doit à M. Deleuil plusieurs appareils nouveaux qui sont de son invention, ou qu’il a été des premiers à importer de l’ç-tranger.
- Le jury accorde à M. Deleuil une nouvelle médaille d’argent.
- M. BUNTEN , à Paris, quai Pelletier, 30.
- M. Bunten s’est acquis une réputatipn véritable-
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- ment européenne par l’habileté dont il a fait preuve dans la construction d’un grand nombre d’appareils, et surtout dans la construction des baromètres et des thermomètres; les baromètres de Buntensont pres-qu’exclusivement adoptés par les voyageurs de tous les pays ; et ils ont servi dans toutes les contrées du globe à déterminer les hauteurs des montagnes ou à faireles plusgrandes opérations de nivellement barométrique. Ses thermomètres sont aussi fort appréciés pour la parfaite exactitude de leur graduation. M. Bunten donne sans cesse de nouvelles preuves de son ingénieuse sagacité, par les perfectionnements qu’il apporte dans la construction de ses baromètres, de ses thermomètres et de ses sympiézomètres; les instruments de nouvelle forme, et l’on pourrait dire de nouvelle invention, qu’il a présentés à l’examen du jury, sont très-remarquables; c’est une importante acquisition pour la physique et pour la météorologie.
- Le jury accorde à M. Bunten une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. RUHMKORFF, à Paris, rue des Orfèvres, 6.
- M. RuhmkorfF paraît pour la première fois à l’exposition, et les travaux qu’il y a présentés le font connaître tout d’abord pour un très-habile ouvrier. Ses appareils sont si bien proportionnés, si parfaitement finis, que l’on pourrait croire qu’il y a mis une recherche particulière à cause de l’expo-
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- silion ; mais ceux qui ont eu l’occasion de visiter son atelier, ou de faire usage de ses instruments, savent que c’est Ih le caractère habituel de tout ce qui sort de ses mains, Il a surtout construit, dans ces derniers temps, les appareils destinés aux recherches les plus récentes sur la chaleur et l’électro-magnétisme, et personne n’est parvenu à leur donner la meme perfection que lui.
- Le jury accorde à M. Ruhmkorfl’une médaille d’argent.
- M. SOLEIL, à Paris, rue de l’Odéon, 35.
- M. Soleil a rendu de véritables services à la science de la lumière, par le zèle intelligent qu’il a mis à construire tous les appareils d’optique et surtout les appareils de polarisation et de diffraction. Il ne s’est pas seulement montré habile à tailler les cristaux, et à répéter les expériences connues, mais il a imaginé lui-même plusieurs instruments très-ingénieux, soit pour rendre les phénomènes plus apparents et plus faciles à observer, soit pour en mesurer les éléments avec une nouvelle précision. C’est par un esprit judicieux, des expériences multipliées et une persévérance à toute épreuve, que M. Soleil a pu arriver à ces résultats.
- On peut dire que parmi ses inventions il y en a qui ont en quelque sorte changé l’enseignement de la physique, car elles permettentde faire voir à un nombreux auditoire des phénomènes de polarisation , qui auparavant ne pouvaient être vus qu’indi-viduellement.
- Le jury accorde èM. Soleil une médaille d’argent.
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- MM. LECOMTE et BIANCHI, à Paris, rue Mignon ,2.
- M. Lecomte avait obtenu la médaille de bronze à l’exposition de 183g, pour divers instruments de physique et surtout pour des balances de précision très-bien faites; il s’est associé depuis peu avecM. Bianchi, qui a fait aussi preuve de talent dans la construction de ces appareils.
- MM. Lecomte et Bianchi ont présenté àTexposi-tion de grandes balances qui pèsent le kilogramme, à moinsde i milligramme,et des balances d’essaispour
- la chimie, des boussoles électromagnétiques, etc.
- Tous ces instruments sont exécutés avec des soins qui annoncent d’utiles progrès.
- Le jury décerne à MM. Lecomte et Bianchi une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. SCHWEIG, à Paris, rue Richelieu , 18.
- M. Schweig a présenté à l’examen du jury, des électromètres, descondensateurset quelques autres appareils électriques, qui ne sont pas seulement d’une exécution irréprochable, mais qui annoncent dans M. Schweig une habileté peu commune.
- Le jury décerne à M. Schweig une médaille de bronze.
- M. YILA-KOENIG, à Paris, rue des Gravilliers, 7.
- M. Yila-Koenig, a exposé un assortiment considérable de lorgnettes de spectacle ; il se livre spé-
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- cialement, et presque exclusivement à ce genre de fabrication. Aussi est il parvenu à y obtenir une in-contestable supériorité,tant pour les verres quepour les montures. Les verres sont très-bien travaillés et d’un achromatisme qui ne laisse rien à désirer. Les montures sont diversifiées à l’infini, mais qu’elles soient riches ou simples, elles sont toujours élégantes et commodes.
- Le jury accorde à M. Vila-Koenig une médaille de bronze.
- M. FROMENT, à Paris, rue du Bouloi, 23.
- M. Froment, ancien élève de l’Ecole Polytechnique , s’est livré par goût à la construction des appareils de physique et de chimie. Dans les premiers essais qu’il a présentés à l’exposition, l’on reconnaît qu’il est guidé par des connaissances théoriques approfondies. Son électromoteur, destiné à utiliser la force motrice que développe le courant électrique, est composé d’après les vrais principes et exécuté avec un talent qui semble promettre un constructeur du premier ordre.
- Le jury accorde à M. Froment une médaille de bronze.
- MM. BRETON frères, à Paris, rue du Petit-Bourbon-Saint-Sulpice, 9.
- MM. Breton ne se bornent pas à exécuter avec-soin la plupart des appareils de physique, ils mettent aussi beaucoup de zèle à les modifier, dans plusieurs occasions, ils sont parvenus à d’ingénieux perfectionnements. Nous pouvons citer comme
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- exemples, les machines pneumatiques, les balances et le microscope solaire qu’ils ont présentés à l’exposition; ces ouvrages se font d’ailleurs remarquer par une bonne exécution; nous citerons surtout leurs appareils électro-magnétiques, où l’on distingue quelques dispositions qui sont dignes d’intérêt.
- MM. Breton avaient obtenu une mention honorable en 1839; lejury voit avec plaisir leur progrès, et il leur accorde une médaille de bronze.
- M. BODEUR, à Paris, place Dauphine, 2 et 4.
- M. Bodeur travaille le verre très-habilement; il est parvenu à appliquer à ses instruments des échelles d’émail* qui en garantissent la durée, sans porter atteinte à la précision ; dans l’assortiment de baromètres, thermomètres, aréomètres, etc., qu’il a présenté à l’exposition, on distingue plusieurs pièces qui sont heureusement combinées.
- Lejury lui décerne une médaille de bronze.
- M. NACHET, à Paris, quai aux Fleurs, 17.
- M. Nachet s’est distingué parmi les habiles ouvriers qui travaillent les verres d’optique ; et particulièrement les lentilles des microscopes. Les divers instruments qu’il a présentés à l’exposition, sont une preuve de ses succès dans ce genre. Sou microscope se fait remarquer d’abord par une chambre claire qui, dans beaucoup de circonstances, peut offrir de notables avantages , et il se fait remarquer surtout par une nouvelle combinaison de lentilles, qui, jointe à un achromatisme parfait, présente une
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- grande clarté et beaucoup de netteté, même pour les grossissements considérables.
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- Le jury accorde à M. Nachet une médaille de bronze.
- M. RADIGUET, à Paris, boulevard des Filles-du-Calvaire, 17.
- M. Radiguet fabrique les verres il faces parallèles avec une exactitude qui n’a été surpassée par personne. Ces verres, destinés à des appareils de physique, et surtout aux cercles et aux divers instruments à réflexion, leur donnent une justesse qui était infiniment désirable.
- Le jury accorde à M. Radiguet une médaille de bronze.
- M. LEYDECKER, à Paris, quai des Augustins, 55.
- M. Leydeekera exposé des thermomètres, des baromètres, des aréomètres, qu’il exécute lui-même, à la lampe d’émailleur, avec une rare habileté. A ce talent, si précieux pour la science^ il joint beaucoup de zèle et une appréciation très-juste du degré d’exactitude qu’il faut apporter dans ces sortes d’ouvrages. .
- Le jury accorde à M. Leydecker une médaille de bronze.
- M. BOURGOGNE, à Paris, rue Constantine, 6, et rue des Marmousets, 17.
- M. Bourgogne a acquis dans les préparations mi-
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- erôscopiques une supériorité incontestable; personne n’a porté au même degré l’art si délicat d’ajuster entre deux verres, et de conserver pendant longtemps, les insectes, les animalcules, les organes séparés, et en un mot, tous les éléments infiniment petits des trois règnes qui ne peuvent être étudiés qu’au microscope. Les collections qu’il a présentées à l’exposition sont d’un grand intérêt.
- Le jury décerne à M. Bourgogne une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- Le jury accorde des mentions honorables à
- M. BERNARD, à Paris, quai du Marché-Neuf, 30,
- Pour ses microscopes achromatiques et ses chambres claires.
- M. BEYERLÉ, à Paris, rue Mazarine, k8,
- Pour ses lunettes de lentilles à surfaces cylindriques, toujours travaillées avec une grande précision.
- M. BIET, à Paris, passage du Grand-Cerf, 7,
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- Pour ses pompes, machines pneumatiques et instruments divers.
- M. CHEVALIER (Victor), à Paris, quai de l’Horloge , 77 tery
- Pour ses manomètres , baromètres et daguerréotypes.
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- M. LANÏÊR , à Nantes ( Loire-Inférieure ),
- Pour son hjd> ometre universel, ou aréomètre gradué pour déterminer la densité des liquides; cet appareil, dont la construction a exigé des soins infinis, est exécuté avec une rare précision.
- M. LEBRUN, à Paris, rue Grénetât, A,
- Pour ses instruments d’optique, et pour les bonnes dispositions qu’il a adoptées dans quelques instruments d’arpentage.
- M. LÈROY, à Paris, rue des Fossés-Saint-Ger-main-l’Auxerrois, 29,
- Pour la série intéressante d’aréomètres de platine et d’argent qu’il a présentée h l’exposition.
- M. GARCIN, à Paris, rue de la Saunerie, 7,
- Pour une balance d’essai très-bien exécutée.
- M. GROSSE, à Paris, rue du Milieu-des-Ursins , 1, '
- Pour ses aréomètres métalliques.
- M. LOISEAU, à Paris, quai de l’Horloge, 75,
- Pour ses microscopes et ses appareils éiectroma» gnéliques.
- M. PLAGNIOL, à Paris, rue Pastdurelle, 5,
- Pour son photographe,
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- MM. SIMON et GIROUX, à Paris, rue Montmorency , 39,
- Pour les lorgnettes jumelles qu’ils ont exposées.
- M. TAVERNIER, à Paris, rue du Four-Saint-Germain, 17,
- Pour son baromètre de fer , et ses thermomètres propres à marquer avec exactitude le point d’ébullition de l’eau.
- M. WALLET, à Paris, quai de l’Horloge, 73,
- Pour ses miroirs concaves et convexes exécutés avec précision et économiquement.
- M. WINCKELMANN, à Paris, rue des Saints-Pères, 10,
- Pour ses baromètres, ses balances et autres instruments de physique.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury accorde des citations favorables à
- M. BOURBOUZE, à Paris, rue des Maçons-Sorbonne , 26,
- Pour ses miroirs destinés aux expériences sur le calorique rayonnant, et pour ses piles de Daniell très-bien construites.
- • M. RICHEBOURG, à Paris, quai de l’Horloge, 69,
- Pour ses instruments d’optique et d’arpentage.
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- M. SEDÏLLE, à Paris, rue du Coq-Saint-Jean, 8y
- Pour ses thermomètres, baromètres et microscopes.
- § 2. PHARES.
- Considérations générales.
- Depuis 25 ans, une grande et importante réforme s’est accomplie dans l’établissement des phares. C’est en France que cette réforme a pris naissance et qu’elle s’est développée ; c’est à l’un de nos grands physiciens de l’Académie des sciences , à Fresnel, qu’en revient la gloire. Maintenant toutes les nations maritimes ont pu apprécier les immenses avantages de cette découverte ; et les habiles artistes qui ont travaillé sous la direction de l’inventeur ou sous la direction de son frère, M. Fresnel, membre si distingué de la commission des phares, ont conservé une incontestable supériorité sur les artistes étrangers qui ont fait des elforts pour arriver aux mêmes résultats.
- MÉDAILLES D’OR.
- M. FRANÇOIS jeune, à Paris, rue du Faubourg Poissonnière, 24.
- M. François est gendre et successeur de M. Soleil,
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- qui avait construit d’abord les phares de Fresnel; élevé en quelque sorte au milieu de ces premiers essais d’un travail délicat et difficile, il avait, dès l’origine, saisi habilement les principales conditions qui pouvaient rendre l’exécution plus précise et plus parfaite. Avec le temps,, et au moyen de quelques sacrifices, il est parvenu à réaliser progressivement toutes ses idées, soit pour le moulage des verres dans la fabrique, soit pour le travail mécanique qui se fait dans ses ateliers. Aujourd’hui M. François possède un système complet de fabricant» pour les phares des plus,grandes dimensions, et les pièces remarquablesqu’il a présentées è l’examen du jury , sont exécutées avec tant de soin et d’exactitude, et par des moyens mécaniques si bien combinés, qu’il paraît difficile de porter plus loin la perfection économique à laquelle il est parvenu.
- Le jury, qui avait accordé k M. François une médaille d’argent à la dernière exposition, voit avec plaisir ses progrès, et lui décerne une médaille d'or.
- M. LEP AL TE (Henri), rue Saint-Honoré, 247.
- M. Lepaute (Henri), très-habile horloger de Paris, s’est livré aussi, depuis quelque temps, à la construction des phares, pour laquelle il avait obtenu, à l’exposition dernière, la médaille d’argent. Après avoir perfectionné d’abord les mécanismes d’horlogerie qui impriment le mouvement aux systèmes lenticulaires destinés aux éclipses, après avoir perfectionné les moyens d’éclairage par une très-bpnne alimentation de combustible , M. Lepaute
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- s’est livré aussi au travail mécanique des verres, et il l’exécute avec une grande précision. Le pliare présenté à l’examen du jury ne laisse rien désirer.
- Le jury décerne à M. Lepaute (Henri) une médaille d’or.
- § 3. GRANDES BALANCES ET APPAREILS A PESER ADOPTÉS POUR LE COMMERCE.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. GEORGE père et fils, à Paris, rue de l’Orme, 9.
- MM. Georges, père et fils, ont exposé des grues de grandes dimensions propres à peser les fardeaux quelles enlèvent, des pèse-sacs, et divers systèmes de balances destinées aux objets de commerce. Les grues de MM. Georges reposent sur des principes justes et ingénieusement combinés , elles offrent une heureuse application de ces principes, et il est permis d’espérer qu’elles rendront à l’industrie d’importants services. Il en est de même des autres instruments de pesage, imaginés et exposés par MM. Georges.
- Le jury leur accorde une médaille d’argent.
- M. LASSERON et LEGRAND, à Niort (Deux-Sèvres).
- MM. Lasseron et Legrand, ingénieurs mécaniciens, à Niort, ont présenté à l’exposition le modèle d’une grue-balance à double bec pour laquelle ils
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- ont pris un brevet d’invention. Cette grue est destinée à peser le fardeau qu’elle enlève et à s’équilibrer d’elle-même ; de plus, elle est transportable et peut, par exemple, se monter sur un waggon de chemin de fer.
- Les diverses combinaisons réalisées dans cet appareil pour atteindre le but proposé, sont simples et ingénieuses, on voit quelles apnartiennent à des hommes pratiques et intelligents. On ne peut pas douter que ces combinaisons ne s’appliquent avec succès aux grues des plus grandes dimensions.
- Le jury décerne à MM. Lasseron et Legrand une médaille d’argent.
- M. PARENT, à Paris, rue des Arcis , 33.
- M. Parent a concouru d’une manière efficace au travail de précision qui a été nécessaire pour rétablissement des nouveaux types des mesures métriques destinées au commerce. Ce titre serait à lui seul unepuissante recommandation1; mais M. Parent se montre très-digne de cette confiance par les divers appareils c^u’il a présentés à l’examen du jury. Ses balances ordinaires pour peser le kilogramme sont très-bien exécutées , il en est de même de ses balances qui pèsent jusqu’à vingt-cinq kilogrammes; nous avons remarqué aussi la bonne façon et tous les soins de scrupuleuse exactitude qu’il a donnés à toutes les pièces qui composent son néces-s aire du vérificateur de poids et mesures ,* les grandes et petites séries de poids.
- Le jury accorde à M. Parent une médaille dvar-gent.
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- M. CHARPENTIER fils, à Paris, rue de la Fé-ronnerie, 10 et 12.
- M. Charpentier fabrique des balances et des bascules; le modèle de pont bascule destiné à peser le bétail par tête ou par troupeau, est d’une composition bien raisonnée et d’une parfaite exécution : ces qualités remarquables se retrouvent à peu près au même degré dans tous les autres appareils qui sortent de ses ateliers. Il n’y avait guère a utrefois que les véritables instruments de physique qui fussent construits avec un tel soin; grâce aux progrès de nos artistes, il n’y a pas une boutique en France qui ne puisse être aujourd’hui munie d’instruments de pesage plus précis peut-être que ceux que Ton trouvait, il y a moins d’un siècle, dans la plupart des cabinets de physique de l’Europe. M. Charpentier contribue puissamment à ce progrès.
- Le jury accorde à M. Charpentier une médaille d’argent.
- MM. BÉRANGER et Cie, à Lyon ( Rhône).
- M. Béranger a formé à Lyon un établissement considérable dans lequel il fabrique des balances, des bascules pour tous les usages, et des ponts-bascules de toutes les dimensions; on lui doit, dans la disposition de quelques-uns de ces appareils, des perfectionnements intéressants; fisse font d’ailleurs remarquer par une bonne construction. Le jury se plaît à encourager les efforts qui ’se font dans les diverses parties de la France pour arriver à répandre partout de bons appareils de cette sorte, et il accorde à M. Béranger et Cie une médaille d’argent, n. 32
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- MM. SAGNIER (Louis) et Cie, à Montpellier (Hérault). „
- M. Sagnier avait obtenu la médaille de bronze à l’exposition dernière. Depuis cette époque, il a fait des progrès dans la construction de ses divers appareils de pesage. Les bascules-romaines de diverses dimensions qu’il a présentées à l’examen du jury, se font remarquer par une bonne exécution et par divers perfectionnements qui ne sont pas sans intérêt. On ne doit pas s’étonner qu’elles aient été adoptées à l’étranger, et qu’elles y soient accueillies avec une faveur marquée.
- Le jury décerneà MM. SagnieretC,e une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. DUTREIX, à Limoges ( Haute-Vienne ).
- M. Dutreix a établi à Limoges des ateliers assez étendus dans lesquels il construit en gros, et par des procédés économiques, des romaines particulièrement destinées au petit commerce. Ces appareils sont fidèlement exécutés et paraissent de nature à être durables et à conserver leur exactitude.
- Le jury décerne à M. Dutreix une médaille de bronze.-
- M. GARAT aîné , à Caen (Calvados).
- M. Garat fabrique à Caen des balances-bascules dont toutes les parties sont exécutées avec soin ; le jury départemental fait connaître qu’elles conser-
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- vent toute leur sensibilité après un très-long usage; l’examen que nous avons pu faire de celles qu’il a présentées à l’exposition , confirme pleinement la bonne réputation que M. Garat s’est acquise.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. JUNOT, à Paris, rue Ménilmontant, 94.
- M. Junot, déjà cité favorablement en 183q, a présenté des balances-bascules et des crics eu fer qui prouvent que ce fabricant a fait d’heureux efforts pour donner à ses travaux tous les caractères d’une bonne et fidèle exécution.
- Le jury accorde à M. Junot une médaille de bronze.
- M. MARS , à Paris, rue de la Cerisaie , 9.
- M. Mars a imaginé de réunir dans un seul appareil le cric et la balance à bascule ; le cric élève le sac ou en général le fardeau à la hauteur convenable, et la balance à bascule en donne le poids. Plusieurs appareils de cette espèce fonctionnent avec succès depuis plusieurs années, et peuvent rendre de véritables services dans une foule de circonstances.
- Le jury décerne à M. Mars une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- Le jury accorde des mentions honorables à M. DONNAY-BAICRY, à Fond-de-Givonne (Ardennes ),
- Pour sa grande fabrication de fléaux de balances exécutés avec soin.
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- M. MARTEL, à Fressin (Pas-de-Calais),
- Pour sa romaine de précision , qui annonce dans l’auteur, simple ouvrier, de l'intelligence et de l’habileté.
- M. MEURS (Benoît), à Valenciennes (Nord),
- Pour ses balances à bascule.
- MM. OUSTY et DURAND, à Limoges (Haute-Vienne ,
- Pour leurs romaines et romaines oscillantes.
- M. TARPIN-BRÉMAL, à Lyon (Rhône),
- Pour sa balance de précision.
- M. VIARD, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Pour ses balances.
- § A. MESUEES DIVEESES. COMPTEUES ET MACHINES
- A CALCULEE.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. REYMONDON-MARTIN, à Paris, passage Basfour, 15.
- M. Reymondon , associé aux conceptions et aux travaux de son beau-père, M. Martin , lors de l’exposition , a partagé aussi avec lui l’honneur de Pin-ventionet de l’exécution d’un dynamomètre très-remarquable qui fut récompensé d’une médaille
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- d’argent. Cet appareil, qui a été habilement décrit dans le rapport de 183g , est reproduit à l’exposition de 1844 Par M. Reymondon avec des perfectionnements intéressants qui le rendent tout à fait complet. M. Reymondon présente, en outre, des dynamomètres usuels, des pesons à ressorts et des indicateurs de pression pour les cylindres des machines à vapeur, qui prouvent à la fois son intelligence et son habileté comme mécanicien.
- Le jury rappelle, en faveur de M. Reymondon, la médaille d’argent qui avait été, en i83q, accordée à MM. Martin et Reymondon.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. SALADIN, à Mulhouse ( Haut-Rhin ).
- M. Saladindoit être compté parmi nos ingénieurs mécaniciens et dessinateurs qui ont rendu de réels services à renseignement de la mécanique industrielle. Attaché pendant longues années h la maison André Koechlin de Mulhouse, il a introduit d’utiles perfectionnements dans les métiers à filer ; il a imaginé des compteurs remarquables et des encliquetages à pressions alternatives qui trouvent leur application dans un grand nombre de machines; c’est à ces deux derniers titres que M. Saladin se trouve rangé dans la catégorie qui nous occupe en ce moment.
- Mais nous devons ajouter que l’on doit aussi k M Saladin ulie collection, et sans contredit la plus complète qui existe, de toutes les machines simples et des diverses transformations de mouvement. Il a
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- fait exécuter en fonte, pour l’enseignement de la mécanique pratique , des modèles qui représentent une grande partie de ces mécanismes élémentaires dont plusieurs sont de son invention. Le désir de faire une collection complète, et cependant à un prix modéré, ne lui a pas permis de donner £1 ces modèles le degré de fini et de belle apparence que quelques personnes peuvent souhaiter; mais tels qu’ils sont, ils faciliteront certainement l’étude de la mécanique. Au reste , M. Saladin a fait une collection de dessins correspondante, qui a toute la correction désirable et qui peut, dans quelques circonstances, remplacer avantageusement celle des modèles.
- Le jury appréciant les services rendus par M. Saladin, lui accorde une médaille de bronze.
- MM. SIRY, LIZARS et Cie, à Paris, rue Lafayette,
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- MM. Siry, Lizars et Cie, exposent une collection intéressante de compteurs à gaz de diverses dimensions. Ces appareils ne sont pas seulement exécutés par des moyens économiques très-précis; on y remarque divers perfectionnements qui ont le double avantage d’en simplifier la construction et d’en assurer la fidélité.
- Le jury accorde à MM. Siry, Lizars et Cie, une médaille de bronze.
- M. BARDONNÀUD jeune, à Limoges (Haute-Yienne).
- La maison Bardonnaud, de Limoges, a une exis-
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- tence séculaire , elle se continue de père en fils depuis deux cents ans, et M. Bardonnaud jeune soutient dignement une réputation si honorablement acquise. La série des mesures de capacité qu’il a présentée à l’examen du jury , annonce un travail régulier et bien ordonné; tout est simple, solide et de bonne façon; on reconnaît qu’une intelligence consciencieuse dirige cette importante fabrication.
- Le jury accorde à M. Bardonnaud jeune une médaille de bronzé.
- M. ROTH, à Paris, boulevard des Capucines, 24.
- Le docteur Roth a présenté à l’examen du jury des machines arithmétiques de son invention ; les unes destinées seulement aux deux premières règles; les autres plus complètes opérant aussi la multiplication et la division; il a présenté, en outre, des compteurs pour les machines à vapeur, et d’autres appareils analogues. Aucune de ces machines n’est nouvelle quant au but quelle se propose; mais le docteur Roth a résolu ces divers problèmes par des moyens simples et dignes d’intérêt.
- Le jury accorde au docteur Roth une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- Le jury accorde des mentions honorables à
- M. CARON, à Paris, place des Victoires, 5 „ Pour ses contrôleurs de ronde.
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- M. ANDRÉ-MICHAUX, à Paris, rue des; Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois,
- Pou r son hydromètre modèle.
- M. LECOENTRE , aux Batignolles-Monceaux, rue de l’Église, 16 (Seine),
- Pour son appareil sondeur, destiné è mesurer l’espace qu’il parcourt verticalement du haut eu bas dans ia mer.
- M. POITRAT, à Paris, rue Croix-des-Petits-Chainps, 55,
- Pour son calculateur commercial.
- M. RICHARD, à Paris, rue Saint-Fiacre, 3,
- Pour ses machines à calculer.
- M. THOMAS, à Paris, rue du Helder, 13,
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- Pour ses machines à calculer.
- M. BONNET, à Paris, rue Grénetat, 16 ,
- Pour ses mesures linéaires sur ruban.
- M. JOFFRIN , à Morvilliers ( Aube ) ,
- Pour son dendromètre.
- M. PASCAL, à Bourges ( Cher ),
- Pour son échelle-équerre.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury accorde des citations favorables à
- M. BERTRAND fils, à Paris, rue Saint-Jacques , 286,
- Pour son équerre-tarif, propre à mesurer les bois en grumes.
- M. BLEVY, à Passy, rue de l’Église, 15 (Seine),
- Pour sa chaîne décamètre.
- M. LAVERGNE, à Poitiers (Vienne),
- Pour son somatomètre.
- DEUXIÈME DIVISION.
- M. Gambey, rapporteur.
- § 1. INSTRUMENTS D’ASTRONOMIE, DE MARINE ET DE GÉODÉSIE.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. BRUNNER, à Paris, rue des Bernardins,
- M. Brunner, qui, à la dernière exposition, obtint une médaille d’argent, a depuis cette époque redoublé de zèle et d’activité. Les instruments qu’il a présentés cette année sont très-bien faits et lui font le plus grand honneur. Parmi ces instruments nous avons remarqué un petit théodolite pour le levé des plans, dont la construction est fort ingénieuse; une boussole avec cercle pour mesurer les'anglss ver-
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- ticaux, pouvant remplacer avec avantage les instruments dont se servent les mineurs; un microscope d’une construction nouvelle, lequel nous a paru , par sa simplicité, mériter l’attention des amateurs,» Mais ce qui fait le plus d’honneur à M. Brunner, c’est un très-beau cercle astronomique de soixante centimètres de diamètre qu’il a soumis cette année au jugement du jury. Le plan de cet instrument repose sur des principes exacts, et les pièces qui le composent sont exécutées avec une rare habileté. Les axes, en acier trempé, sont ajustés avec une grande précision et offrent peu de résistance au mouvement des cercles. Nous avons examiné la graduation qui marque les secondes de trois en trois, avec la plus scrupuleuse attention, et notre examen nous a prouvé que scs erreurs ne dépassent pas trois ou quatre secondes. Toutes les parties mobiles de cet instrument sont parfaitement équili^-brées et se meuvent avec la plus grande facilité. Nous ajouterons que l’ensemble est d’un aspect agréable, que toutes les parties en sont faites avec goût, et que ce beau travail place M. Brunner aux premiers rangs parmi nos artistes.
- Le jury accorde une médaille d’or à M. Brunner.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. LEGEY, à Paris, rue de Verneuil, 5h.
- M. Legey s’est distingué aux expositions précédentes par divers perfectionnements introduits dans les instruments qu’il a présentés, et qui lui ont
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- valu la médaille d?argent et le rappel de cette médaille.
- Cette année, M. Legey a exposé plusieurs instruments, parmi lesquels nous avons remarqué un appareil qu’il nomme équazénithal ou cercle astronomique de Legey. Cet instrument, comme le dit M. Legey, n’a pas été composé dans le but de remplacer les instruments en usage dans les observatoires : il n’a eu d’autre intention que de procurer aux amateurs d’astronomie un appareil à l’aide duquel on puisse observer tous les phénomènes célestes , sans avoir recours à d’autres instruments.
- Nous citerons encore, de M. Legey, un théodolite à lunette prismatique et un niveau à lunette d’une composition très-simple. Nous ajouterons que tous les instruments dont nous venons de parler sont établis sur de bons principes , construits avec soin , et que sous tous les rapports ils font honneur k M. Legey.
- Le jury rappelle de nouveau, à cet artiste la médaille d’argent qu’il a obtenue en i83/f et qui lui a été rappelée en 1839.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. SCHWARTZ, rue Saint-Honoré, 283.
- M. Schwartz a exposé divers instruments de marine et de géodésie, parmi lesquels nous avons distingué un niveau de pente d’une belle exécution.
- Plusieurs sextants très-bien faits et un cercle à réflexion construit avec exactitude, et d’un finire-
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- marquable, nous ont paru mériter l’approbation du jury.
- Le jury décerne à M. Schwartz une médaille d’argent.
- POUR MÉMOIRE.
- M. TRÉSEL, à Saint-Quentin (Aisne).
- M. Trésel, fabricant de mesures linéaires, a pré' senté un grand assortiment de mesures métriques, parmi lesquelles nous avons remarqué des mètres à eoulissses bien exécutés, et d’une dimension peu embarrassante lorsque les coulisses sont rentrées les unes dans les autres. Des calibres de diverses formes ont attiré notre attention et nous ont paru réunir toutes les qualités que l’on doit rechercher dans ces sortes d’instruments.
- INous ajouterons que les mesures de M. Trésel sont généralement bien faites, que le prix en est peu élevé, et que sous ce rapport elles mériteraient des encouragements, si M. Trésel n’avait pas d’au-tres titres à la bienveillance du jury. (Y. le Rapport de M. P ouillet sur lesMachines à vapeur, p. ifô-)
- § 2.' INSTRUMENTS DE MATHÉMATIQUES. MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. MAIIDTIIT, rue du Faubourg-du-Temple, 60.
- L’exactitude dans l’art de dessiner d’après nature,
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- repose entièrement sur la faculté que possède le dessinateur d’apprécier et de comparer, par son coup d’œil, les diverses parties de l’objet qu’il veut représenter. La valeur angulaire de chacune des parties qui composent son dessin n’étant pas mesurée par un procédé pratique, ne peut être, quel que soit le talent de l’artiste, d’une exactitude rigoureuse.
- Dans le but de surmonter cette difficulté, beaucoup d’instruments ontété imaginés; mais tous ces appareils avaient le défaut de donner des images déformées, lorsque l’artiste se plaçait près du modèle pour obtenir des images d’une dimension un peu grande; ou des images trop petites, lorsqu’il se plaçait à une distance convenable pour que la déformation 11e parût plus sensible.
- M. Mauduit, pour obvier à cet inconvénient, a imaginé un instrument composé d’un arc de cercle, ayant pour centre le point de vue de l’objet qu’on veut représenter. Cet arc est fixé par son milieu sur un axe, de telle sorte, qu’en faisant une révolution, l’axe décrit une surface sphérique dont le centre est au point de vue. Sur la partie de l’arc qui est à la droite du dessinateur, est adapté un viseur glissant sur l’arc depuis le centre jusqu’à son extrémité ; sur la partie de l’arc qui est à la gauche, est adapté un crayon, lequel peut se mouvoir de la même manière que le viseur, mais en sens inverse, au moyen d’un fil de soie qui rattache le viseur au crayon.
- D’après ces dispositions, en plaçant tangentielle-ment à la partie de l’arc qui porte le crayon, un
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- plan sur lequel sera tendue une feuille de papier, le crayon tracera sur ce plan le dessin en sens inverse de l’objet, dont on suivra les contours avec le viseur. Par ce moyen, la dimension du dessin est telle que pourrait l’obtenir le dessinateur ayant l’œil placé au centre cle l’arc de cercle. La dimension de l’objet que l’on copie dépend de deux conditions . la distance à laquelle on se place du modèle, et la longueur du rayon de l’arc du cercle. Si le rayon était infiniment grand, l’arc de cercle deviendrait une ligne droite, et quelle que fût la distance à laquelle on se plaçât de l’objet qu’on aurait l’intention de reproduire, la dimension du dessin serait rigoureusement égale à celle du modèle.
- D’après la description que nous venons de donner de cet ingénieux appareil, nous pensons qu’il sera d’une grande utilité pour les personnes qui ont à faire des copies réduites d’une exactitude rigoureuse.
- Le jury accorde une médaille de bronze k M. Mauduit.
- M. GAVARD (Adrien) fils, rue Yentadour, 6.
- Parmi les instruments que M. Gavard fils a exposés, nous avons remarqué un très-beau pantographe et un diagraphe dont M. Gavard père est l’inventeur, et pour lequel il a reçu une médaille d’argent.
- M. Gavard fils a ajouté un perfectionnement k ce diagraphe, lequel consiste k remplacer le viseur par un microscope, ce qui donne la faculté de faire
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- des images amplifiées de l’objet que l’on place au foyer du microscope.
- Cette amplification n’est pas le résultat du grossissement de l’objet; elle est la conséquence des rapports de la distance du point d’articulation où se meut l’objectif, au point mobile du diagraphe qui transporte l’oculaire du microscope; et de la distance du point d’articulation de l’objectif à l’objet.
- Ces instruments sont bien faits ; ils se distinguent par l’élégance de leur forme, et plus encore par leur précision.
- Le jury accorde une médaille de bronze à M. Ga-vard fils.
- MM. MOLTENI et Cie, à Paris, boulevard Saint-Denis, 13.
- MM. Molteni etCie, dont la bonne réputation est établie en France et à l’étranger, ont exposé divers instruments de géodésie, de physique et de marine, parmi lesquels nous avons remarqué des graphomètres, des niveaux à lunette, et des sextants.
- Ces instruments, qui se vendent à des prix peu élevés, sont d’une simplicité remarquable; ils nous ont paru bien faits et dignes de la bonne renommée dont jouissent MM. Molteni et Cie. -
- Le jury décerne une médaille de bronze à MM. Molteni et Cie.
- M. GUENET, à Paris, rue Folie-Méricourt, 25.
- M. Guenet a présenté un appareil basé sur un
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- principe de trigonométrie rectiligne, ayant pour but de tracer des lignes parallèles à des distances voulues, et servant à subdiviser un espace en un certain nombre déterminé de parties égales.
- Cet instrument se compose de deux règles, sur l’une desquelles sont adaptées une crémaillère et une boîte qui glisse sur toute sa longueur; un petit levier, au moyen d’un cliquet qui engrène dans la crémaillère, fait, à chaque pulsation qu’on lui communique, avancer la boîte d’une ou plusieurs dents, selon que l’amplitude du mouvement du levier est plus ou moins grande. La seconde règle est adaptée à la boîte par une charnière ayant la forme de la tête de compas. Cette seconde règle s’applique contre la première ou s’écarte de manière à former des angles dont l’ouverture peut varier à volonté.
- D’après ces dispositions, lorsqu’on veut tracer des parallèles à des distances déterminées, on doit considérer la crémaillère comme étant le rayon d’un cercle , et former un angle entre les deux règles , dont le sinus soit à ce rayon ce que les dents de la crémaillère sont aux distances des parallèles qu’on veut tracer.
- Par des moyens graphiques simples et ingénieux, M. Guenet évite l’emploi des tables; il est parvenu à rendre son instrument d’un usage très-facile et presque indispensable, surtout pour les personnes qui veulent dessiner l’architecture ou les machines, avec précision.
- Le jury accorde une médaille de bronze à M. Guenet.
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- M. BODIN , à Metz (Moselle),
- M. Bodin a exposé un niveau k bulle d’air et k lunette d’une grande simplicité. Nous avons remarqué dans cet instrument le moyen ingénieux employé par M. Bodin pour établir le parallélisme du niveau avec l’axe optique de la lunette.
- Les autres objets présentés par M. Bodin, sont des instruments de topographie construits d’une manière ingénieuse et se renfermant dans le plus petit espace possible ; qualité très-précieuse, surtout pour les ingénieurs militaires.
- Le jury accorde à M. Bodin une médaille de bronze.
- M. CIECHANSKI, à Paris, rue des Bernardins, 34.
- Nous avons remarqué, parmi les divers instruments présentés par M. Ciechanski, un spliéro-mètre d’une très-belle exécution , servant à déterminer la convexité et la concavité des verres employés en optique. Nous avons en outre examiné un goniomètre à réflexion établi sur un principe que nous n’approuvons pas , principe imposé par la personne qui a commandé l’instrument. Du reste, nous avons trouvé ce goniomètre exécuté avec un soin et une précision qui font honneur à M. Cie-chanski.
- Le jury accorde une médaille de bronze a M. Ciechanski.
- M. GRAVET, à Paris, rue Cassette, Ift.
- M. Gravet a présenté un niveau k réflexion au-n. 33
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- quel M. Leblanc, officier supérieur du génie, a fait subir de nouvelles modifications qui rendent ce petit instrument très-utile dans les travaux du génie militaire. M. Gravet a présenté en outre une boussole dite de Messiat, exécutée avec un soin et une précis on vraiment remarquables. Ses règles à calculer sont tellement en faveur aujourd’hui, que nous croyons pouvoir nous dispenser d’en faire ici l’éloge.
- Le jury décerne à M. Gravet une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. DERICQUEHEM , à Paris, rue Jacob, 18.
- M. Dericquehem a présenté à l’exposition plusieurs instruments parmi lesquels nous avons remarqué un géodésimètre à simple division , et un chronoscope solaire pour jardins. Ces instruments sont d’une construction simple et très-bien exécutés.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Dericquehem.
- MM. SALLERON et WAGNER, à Melun ( Seine-et-Marne).
- MM. Salleron et Wagner ont exposé deux compteurs à seconde, en forme de montre, et un compteur s’adaptant à l’objectif d’un daguerréotype, au moyen duquel on peut limiter d’avance la durée de l’opération.
- Le j ury décerne une mention honorable àMM. Salleron et Wagner.
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- MM. HAMANN et HEMPEE, à Paris , place Dauphine, 11.
- MM. Hamann et Hempel ont présenté un compas elliptique d’une nouvelle forme, et un cadran solaire portatif. Ces instruments sont d’une construction ingénieuse et méritent d’être mentionnés honorablement.
- M. GIRARD, à Paris, rue Saint - Martin, bk et 86.
- M. Girard a présenté k l’exposition plusieurs boîtes de mathématiques avec compas k réductions, et des boussoles de poche. Ces instruments sont d’une exactitude suffisante pour les travaux auxquels ils sont destinés, et méritent d’être mentionnés honorablement.
- CITATION FAVORABLE.|
- M. POUGEOIS, à Paris, rue Saint-Sauveur, 30 bis.
- M. Pougeois a présenté k l’exposition plusieurs cadrans indicateurs servant k véritierle nombre des voyageurs qui entrent dans les voitures omnibus ; ces indicateurs renferment des combinaisons ingénieuses qui méritent d’être citées favorablement.
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- § 3. MACHINES A GRAVER, A TAILLER, A DIVISER.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. NEUBER, à Paris, rue Sainte-Avoye, 14.
- M. Neuber est connu depuis longtemps pour la construction des machines à graver; la réputation qu’il s’est acquise dans ce genre de travail, le place à un haut degré parmi les constructeurs d’instruments de précision.
- Les tours à guillocher et les tours à graver que cet habile artiste construit, ne sont pas moins recherchés que ses autres machines.
- Le tour à graver que M. Neuber a présenté cette année à l’exposition est d’une exécution vraiment remarquable ; les nombreuses pièces qui le composent sont faites avec un soin et une exactitude que l’on ne rencontre que très-rarement dans les machines de ce genre.
- Des dessins cl’une extrême délicatesse, exécutés sur ce tour, suffisent pour donner une juste idée de la précision de ses mouvements qui, selon nous, ne laisse rien à désirer.
- Le jury accorde à M. Neuber la médaille d’argent- ___________
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. YANDE et JEANRAY, à Paris, rue des Guil-lemites, 2.
- MM. Vande et Jeanray ont présenté cette année un assortiment de cuivre et d’acier çlirés de toutes formes, un composteur pour timbre, parfaitement
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- exécuté, des boîtes de pendules de voyage construites avec goût, et divers autres objets, tels que règles parallèles, mesures à coulisse, et niveaux à bulle d’air. La construction de ces divers produits ajoute encore à la bonne réputation que ces Messieurs se sont acquise dans ce genre d’industrie, et mérite une récompense.
- Lej ury décerne une nouvelle médaille de bronze à MM. Yande et Jeanray.
- MENTION POUR ORDRE.
- M. BOQUILLON, à Paris, rue Saint-Martin, 208.
- Nous regrettons sincèrement que M. Boquillon n’ait pas eu le temps de perfectionner, comme il en avait l’intention, la machine à tailler les engrenages héliçoïdes qu’il a exposée cette année. Nous ne doutons pas que cette machine , lorsqu’elle aura reçu les dernières améliorations projetées par son auteur, ne soit digne de la bonne réputation dont il jouit.
- Toutefois, en considérant cette machine telle qu’elle a été présentée, nous pouvons affirmer que le principe sur lequel elle est établie est rigoureusement exact; que nous l’avons vue fonctionner, et qu’elle remplit le but qu’on s’était proposé.
- (Voir, pour les récompenses, le rapport de M. Dumas, sur les applications de l'électricité, tome 1, p. 676.)
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- MENTION HONORABLE.
- M. PÉTREMENT, à Paris, rue Neuve-Popincourt,
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- M. Pétrement a exposé des calibres servant à déterminer en fractions décimales du mètre, les diamètres des fils étirés à la filière. Jusqu’à présent, ces calibres avaient été faits d une manière à peu près arbitraire, chaque pays de fabrique ayant son calibre particulier, et quelquefois même chaque fabricant.
- L’idée de n’employer que des calibres basés sur le système métrique nous a paru très-heureuse. M. Pétrement, en la mettant à exécution, s’est acquis des droits aux suffrages du jury.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Pétrement.
- § II. DAGUERRÉOTYPES ET INSTRUMENTS GRAPHIQUES.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. SCHIERTZ, à Paris, rue de la Hucliette, 29.
- M. Schiertz a présenté trois daguerréotypes et trois pieds dont la construction nous a paru bien entendue, et d’autant plus digne d’éloges, que c’est à l’aide d’outils de son invention que M. Schiertz construit ces appareils.
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Schiertz.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. TACHET, à Paris, rue Saint-Honoré, 274.
- M. Tachet a présenté plusieurs instruments et appareils servant à l’art du dessin. Parmi ses instruments, nous avons remarqué un pupitre portatif pour dessiner, un beuveau très-bien exécuté, dont l’angle s’ouvre à volonté, et de manière à pouvoir décrire des arcs de cèrcle de grands rayons sans en connaître le centre. Nous avons en outre porté notre attention sur une planchette à lever des plans, très-bien faite, et sur un bel assortiment de règles et d’équerres d’une grande précision.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Tachet.
- M. ROUYET, à Paris, rue de Chartres ,19. .
- M. Rouvet a présenté un grand assortiment d’instruments en bois pour le dessin linéaire. Nous avons remarqué une planchette très-bien faite, dont les quatre côtés sont divisés ; mais ce qui a le plus particulièrement fixé notre attention, c’est un petit instrument, basé sur un principe de trigonométrie rectiligne, servant à tracer des parallèles à des distances déterminées.
- Les instruments de M. Rouvet sont bien entendus, faits avec précision, et méritent, sous tous les rapports, l’approbation du jury qui accorde à M. Rouvet une mention honorable.
- M. REINE, à Paris, place du Yieux Marché Saint-Martin, 11.
- Les daguerréotypes de M. Reine sont bien faits ;
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- leurs mouvements s’exécutent facilement ; et les pieds destinés à les supporter, quoique très-légers, sont d’une solidité et d une rigidité remarquables.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Reine.
- M. TAILLAT, à Paris, Palais-Royal, 43.
- Lejury accorde une mention honorable à M. Yail-lat, opticien , pour la bonne exécution de ses daguerréotypes.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. BLONDEAU, à Paris, rue Montesquieu, 6.
- Les pantographes de M. Blondeau , construits sans luxe, sont d’une simplicité remarquable, suffisamment bien faits, et dignes d’être cités favorablement.
- M. MORIN, à Paris, rue Saint-Martin, 29.
- Les daguerréotypes de M. Morin sont bien construits.
- Une citation favorable est décernée à M. Morin.
- MM. ALLEYY frères, à Paris, rue Croix-des-Petits-Champs, 12.
- MM. Allevy frères ont exposé un cadran à quantième perpétuel, une table pour la conjugaison des verbes, un daguerréotype de leur système et des épreuves daguerriennes.
- Nous les citons favorablement pour l’ensemble de leurs produits.
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- TROISIÈME DIVISION.
- CASTES GÉOGRAPHIQUES. GLOBES TERRESTRES ET CÉLESTES. CARTES EN RELIEE. MODÈLES TOPOGRAPHIQUES EN RELIEF. PLANÉTAIRES.
- M. Théodore Olivier, rapporteur.
- Considérations générales.
- L’établissement d’une bonne carte est très-coûteux et demande non-seulement une instruction solide, mais encore le goût d’un artiste.
- C’est avec plaisir que le jury a vu que les maisons Picquetet Andriveau-Goujon ne négligeaient rien pour que leurs cartes fussent bonnes, et ainsi toujours au courant de la science et des découvertes nouvelles, et belles par leur exécution (1).
- (1) Pour qu’une carte soit réellement utile, il faut qu’elle représente, au moment de sa publication, l’état réel du pays , la délimitation actuelle, et les noms des lieux correctement écrits et avec l’orthographe du jour. Il serait donc à désirer que l’on pût parvenir à empêcher la fraude qui se fait» journellement, soit en France, soit à l’étranger, sur les cartes géographiques, fraude qui consiste à enlever le millésime ancien pour y placer un millésime nouveau; aussi voit-on exposées sur nos quais des cartes qui portent le millésime de 1844 et qui existaient au temps du consulat.
- Cette fraude nuit au commerce des bonnes caries, et peut propager des erreurs géographiques parmi les gens peu aisés, qui doivent nécessairement rechercher les cartes à très-bas prix.
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- L’enseignement, en se servant de modèles en relief, devient plus facile : l’élève comprend plus vite et mieux les démonstrations ; mais il faut, tout en exécutant bien les modèles de ce genre , les donner à des prix modérés.
- Le jury a vu avec plaisir que les globes terrestres et célestes se sont maintenus aux prix modérés où ils étaient arrivés en 1839, malgré les améliorations nouvelles qu’il a remarquées dans l’exécution des globes sortis des ateliers de M. Delamarche et de ceux de M. Dien.
- Les machines planétaires, comme le disait en 1839 le savant rapporteur feu Savary, de l’Académie royale des Sciences de l’Institut de France, ne peuvent jamais arriver à donner une représentation exacte du système céleste; ce que l’on doit donc chercher dans l’exécution des machines de ce genre, c’est la plus grande simplicité et, en même temps, des combinaisons de construction qui permettent au professeur de démontrer à ses élèves le plus grand nombre possible de phénomènes célestes avec la même machine. Le planétaire présenté par M. Rozé est très-satisfaisant sous ce point de vue, et il sera utile dans les écoles primaires et les collèges ; son prix est peu élevé.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. PICQUET, à Paris, quaiConti, 17.
- Les travaux de M. Picquet ont été récompensés en i834 et en 1839 par une médaille d’argent. Depuis la dernière exposition des produits de l’industrie nationale, M. Picquet a fait établir plusieurs cartes nouvelles qui sont dignes d’éloge, et de la réputation qui, dans le commerce, est acquise depuis longtemps à la maison Picquet.
- Le jury décerne à M. Picquet le rappel de la médaille d’argent de 1839.
- M. ANDRI VEAU-GOUJON, à Paris, rue du Bac ,
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- M. Andriveau-Goujon a fait établir, depuis 1839, plusieurs cartes nouvelles : on a remarqué un plan géométral de Paris et des communes environnantes. Cette carte manquait dans le commerce.
- Les travaux consciencieux de M. Andriveau-Goujon sont dignes d’éloge.
- Le jury décerne à M. Andriveau-Goujon le rappel de la médaille d’argent de i834, dont il avait déjà obtenu le rappel en i83g.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE RRONZE.
- M. BAUERKELLER et Cie, à Paris, rue Saint-Denis, 380 (passage Lemoine).
- M
- M. Bauerkeller a continué sa fabrication des
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- cartes en relief qu’il a importées de l’Allemagne en France, et, depuis 1839 il a fait établir plusieurs cartes nouvelles.
- L’exécution a gagné, il est vrai, et sous ce rapport on doit des éloges à M. Bauerkeller; mais le mode de fabrication qui consiste à imprimer sur une feuille plane , les noms des lieux, le tracé des rivières, et ensuite de placer cette feuille dans la planche de métal servant de matrice pour l’y gauf-frer, laisse toujours quelque chose à désirer.
- Le jury accorde à M. Bauerkeller le rappel de la médaille de bronze de 1839.
- NOUVELLES MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. DELAMARCHE, à Paris, rue du Battoir Saint-André, 7.
- M. Deîamarche a exposé cette année des globes terrestres et célestes très-bien fabriqués et à un prix modéré. On a remarqué un globe terrestre de soixante-six centimètres , dressé d’après les déterminations les plus récentes et contenant tous les voyages de Dumont-d’Urville et ses nouvelles découvertes.
- M. Deîamarche a aussi mis sous les yeux du jury-un nouvel atlas pour l’histoire du moyen-âge, composé de douze cartes grand in-4°. Cet ouvrage manquait dans le commerce, et M. Deîamarche l’a fait établir à la demande des professeurs d’histoire des collèges de Paris. C’est un travail digne d’éloge.
- M. Deîamarche a de plus exposé un planisphère
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- céleste, spécialement destiné à la marine; cette carte a été adoptée par M. le ministre de la marine pour l’enseignement de l’astronomie dans toutes les écoles spéciales.
- Le jury décerne à M. Delamarche une nouvelle médaille de bronze.
- M. DIEN, à Paris, rue Hautefeuille, 13.
- On a remarqué une sphère céleste de cinquante centimètres et à pôles mobiles. Ce globe a été exécuté sur la demande du bureau des longitudes ; M. Bien y a indiqué les étoiles jnsques à celles de la septième grandeur. Depuis 1889, M. Dien a publié : un atlas des phénomènes célestes donnant, pour les années 1841 , 1842 et i843, le tracé des mouvements apparents de toutes les planètes parmi les étoiles.
- M. Bien a encore fait construire un planisphère mobile simplifié et donnant l’aspect du ciel k un moment donné. Il a publié plusieurs cartes célestes utiles à la marine.
- Le jury décerne à M. Dien une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. OBER-MÜLLER (Guillaume), rue des Postes, 54.
- M. Ober-Müller s’est mis depuis peu de temps (un an environ) à fabriquer des cartes en relief; son procédé diffère de celui importé en France par M. Bauerkeller.
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- Il grave le nom des lieux, le tracé des rivières, etc., dans la planche en métal servant de matrice. Ensuite, par un procédé qui lui est particulier, il charge la planche des couleurs voulues , et enfin il moule dans cette planche une pâte qu’il enlève ensuite, et il obtient ainsi sa carte toute imprimée.
- Parce moyen, les noms sont bien placés, le cours des rivières exactement tracé dans les vallées.
- Le jury décerne à M. Ober-Miiller une médaille de bronze.
- M. BARDIN, à Paris, rue du Faubourg du Roule, 77 bis.
- M. Bardin, ancien officier d’artillerie, et ancien professeur aux écoles royales de l’artillerie, a exposé les fronts en relief de Cormontaigne et le front adopté aujourd’hui par le comité du génie militaire. Ces modèles sont d’une exécution très-soignée, et l’on n’a jusqu’à présent rien fait d’aussi parfait en ce genre.
- M. Bardin a de plus exposé le relief du Saint-Quentin, près Metz; ce modèle a été exécuté d’après des levés exacts. Ce travail est très-remar-r quable.
- La collection topographique de M. Bardin se compose de plusieurs reliefs et de dessins accompagnant chaque modèle. Il serait à désirer que l’on introduisît dans un établissement public cette collection qui est très-belle.
- Le jury accorde à M. Bardin une médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. ROZÉ, à Paris, quai des Ormes, 2.
- M. Rozé a exposé une machine planétaire d’une construction très-simple et d’un prix très-modéré; au moyen de ce planétaire, on parvient à donner une idée de divers phénomènes célestes, que M. Rozé a formulés ainsi qu’il suit :
- i° La formation de l’équation du temps, fourme par l’obliquité du plan du mouvement diurne sur celui de l’écliptique ;
- 2° La durée de l’aurore et celle du crépuscule, selon les latitudes et les saisons ;
- 3° Les hauteurs opposées et extrêmes du soleil et de la pleine-lune vers les solstices ;
- 4° Les variations irrégulières de l’amplitude et de l’heure des levers et couchers du soleil et de la lune, déterminant le phénomène de la lune d’automne.
- 5° L’amplitude des levers et couchers du soleil et de la lune.
- 6° L’apparence de la lune visible successivement à diverses heures.
- 7° La hauteur opposée et extrême de cet astre sur l’horizon à chaque lunaison ;
- 8° La position de la partie visible de la lune sur l’horizon ;
- 9° La direction apparente de l’équateur solaire;
- io° L’apparence et la position de l’anneau de Saturne sur l’horizon, etc., etc.
- Le jury accorde à M. Rozé une mention honorable.
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- M. DE SAULCY, à Saint-Veran (Isère).
- M. de Saulcy a imaginé un cadran solaire auquel il a donné le nom de régulateur-solaire. Au moyen d’un instrumentdontle mécanisme est assez simple, et qui est annexé au cadran solaire, on peut avoir à chaque apparition du soleil l’heure du temps moyen, le style du cadran donnant l’heure du temps vrai.
- Le jury accorde à M. de Saulcy une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. BASTIEN, à Paris, rue Saint-André-des-Arcs,
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- Les jeux sont très-propres à donner aux enfants des notions élémentaires et sans les fatiguer.
- Les cartes géographiques découpées et connues sous le nom de jeu de patience, sont exécutées avec soin dans les ateliers de M. Bastien ; il livre aussi, au commerce, des globes terrestres et célestes dont la confection est bonne et à des prix modérés.
- Le jury accorde à M. Bastien une citation favorable.
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- SECTION III.
- INSTRUMENTS DE MUSIQUE.
- I. instruments a cordes, à cordes et a archet, A VENT en cuivre et en rois, etc.
- M. Savart, rapporteur.
- Considérations générâtes.
- En 18hk, le nombre des instruments de musique s’est trouvé plus considérable qu’à aucune des expositions précédentes. La commission a dû examiner la construction et comparer les qualités sonores de :
- 263 pianos de formes diverses ;
- 89 instruments à cordes et à archet ;
- 15 harpes;
- 42 guitares;
- 112 instruments à vent, en cuivre;
- 217 instruments à vent, en bois ;
- Plusieurs carillons ou boîtes à musique/etc. f| Pour procéder à l’essai et à la comparaison d’un aussi grand nombre d’instruments, là commission a désiré s’adjoindre des membres pris parmi les compositeurs et les artistes les plus éminents. Le jury, par l’intermédiaire de son président, ayant prié MM. Auber, Habeneckaîne etGaiav, de vouloir
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- bien lui prêter le secours de leurs lumières, tous les jugements furent prononcés avec le concours de ces hautes capacités musicales.
- Comme en 1839, la comparaison des instruments eut lieu dans les salles du palais Bourbon , et les noms des facteurs, inconnus aux membres de la commission pendant la durée des essais, n’ont été lus qu’après que le classement fut arrêté pour chaque espèce d’instruments. Ainsi, dans cette partie du jugement, on n’a eu égard qu’aux effets sonores; mais auparavant, pendant le cours de l’exposition, la commission avait réuni avec soin tous les autres éléments dont il faut aussi tenir compte pour apprécier le mérite des facteurs sous toutes ses - faces : tels sont la bonne confection des instruments, le fini du travail, les, perfectionnements apportés à la construction, l’importance et la durée des établissements.
- § 1. INSTRUMENTS A CORDES.
- Pianos.
- Les pianos ont été divisés en huit classes, comprenant :
- 21 grands pianos à queue ;
- 22 petits pianos à queue ;
- 33 pianos carrés à trois cordes ;
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- 27 pianos carrés à deux cordes ;
- 57 pianos droits à cordes obliques ;
- 88 pianos droits à cordes verticales ;
- 10 grands pianos droits ;
- 5 pianos exceptionnels.
- En 1839, les pianos ne formaient que cinq classes; mais, depuis cette époque, les petits pianos à queue ont pris rang dans la facture et se sont montrés en assez grand nombre pour nécessiter la création d’une nouvelle classe. Les pianos droits de haute dimension, qui, dans des circonstances données, peuvent être recherchés des acquéreurs, nous ont paru aussi mériter un examen à part. Enfin, nous avons compris sous la dénomination de pianos exceptionnels, ceux-de ces instruments qui par la nature de leur construction ne peuvent être comparés aux pianos ordinaires.
- Parmi les pianos à queue et les pianos carrés, plusieurs étaient à frappement par-dessus. Le son de ces derniers instruments a paru net, suave, facile et prompt ; mais, comparé à celui des pianos à frappement par-dessous , il laissait à désirer plus de force et de rondeur. Ce fait mérite l’attention des facteurs ; en en recherchant les causes, ils parviendront sans doute à réunir dans un seul instrument les propriétés particulières à ces deux espèces de pianos.
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- La tâche difficile, longue, pénible, d’essayer tous les pianos, autant de fois qu’il a été nécessaire pour que la commission parvînt à les classer par ordre de mérite, a été remplie par M. Auber avec un zèle qui prend sa source dans l’intérêt que porte aux progrès de la musique ce célèbre compositeur.
- Dans ce concours, les pianos de MM. Érard, Pape et Pleyel ont mérité d’être placés au premier rang, honneur qu’ils avaient déjà obtenu aux expositions précédentes. Cette supériorité est d’autant plus remarquable qu’elle s’est maintenue malgré les progrès de plusieurs facteurs qui ont fait preuve d’habileté. Le jury a entendu la signaler en mettant hors ligne les instruments présentés par MM. Érard, Pape et Pleyel.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- M. ÉRARD ( Pierre), à Paris, rue du Mail, 13
- et 21 ; rue Saint-Maur, 3 et 87.
- M. Pierre Érard se montre toujours le digne successeur du célèbre Sébastien Erard. Sous son habile direction, l’établissement créé par son oncle a reçu de nouveaux accroissements. Plus de trois cents ouvriers y sont occupés à la confection de toutes es pièces du piano et de la harpe.
- Les instruments qui sortent des ateliers de M. Érard viennent de prouver encore une fois
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- qu’ils méritent à tous égards la réputation dont ils jouissent. Ils ont été, d’une voix unanime, placés au premier rang par la commission.
- Le jury décerne à M. Pierre Erard le rappel de la médaille d’or, qui lui a été accordée en i83g.
- M. PAPE, à Paris, rue des Bons-Enfants, 19.
- La construction du piano doit à M. Pape plusieurs innovations importantes; nous citerons entre autres le changement que cet ingénieux artiste a apporté dans la garniture des marteaux, en remplaçant la peau par le feutre. Avant l’adoption de ce procédé , il était très-difficile d’obtenir une égale intensité de son dans toute l’étendue du piano.
- Les instruments confectionnés par M. Pape sont en général à frappement par-dessus, et renferment des mécanismes très-simples. La table d’harmonie y présente une disposition nouvelle qui assure la durée de cet organe essentiel de l’instrument.
- Les pianos carrés à deux cordes, les pianos-tables et les pianos-consoles qui se construisent dans cet établissement, ont une puissance de son fort remarquable, eu égard à leur petit volume.
- Le jury décerne à M. Pape le rappel de la médaille d’or, qu’il a reçue en i83g.
- MM. PLEYEL et Cie, à Paris, rue Rocliechouart,
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- L’établissement dirigé par M. Pleyel se fait distinguer par son im portance : on y fabrique annuellement neuf cents pianos, une partie desquels, envoyés
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- à l’étranger, contribuent à étendre la réputation des produits de la facture française.
- Cette maison a exposé des pianos à queue de grand et de petit modèle, des pianos carrés à trois et à deux cordes, des pianos droits à cordes obliques et à cordes verticales. Ces instruments ont une belle qualité de son, et prouvent que la grande étendue de la fabrication n’est pas un empêchement au fini du travail.
- M. Pieyel a fait entendre à la commission un piano à queue dit à double percussion. Dans cet instrument, par le moyen d’un mécanisme, on peut h volonté, en posant le doigt sur une touche, faire entendre la note et une de ses octaves. Quelques effets nouveaux résultent de cette disposition; mais c’est au temps qu’il appartient de prononcer sur sa valeur.
- L’établissement de M. Pieyel se montre de plus en plus digne de la médaille d’or qui lui a été décernée aux précédentes expositions; le jury est heureux de lui en accorder le rappel.
- MM. ROLLER et RLANCHET, à Paris, rue Hau-teville, 26.
- MM. Roller et Blanchet ont exposé trois pianos droits de différents formats. Ces instruments, par leur construction soignée et par la beauté des sons qu’ils émettent, prouvent que l’établissement où ils ont été confectionnés maintient la réputation qu’il s’est acquise depuis plus de vingt ans. En 1823 , cette maison obtenait déjà la médaille d’argent pour ses pianos carrés, et c’est en 1827 que
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- M. Roller créait le piano droit, dont l’usage est devenu général. Par cette invention, il a contribué d’une manière remarquable au développement de l’industrie des pianos et à l’extension du goût de la musique. Depuis lors, MM. Roller et Blanchet ont fait de constants efforts pour apporter des perfectionnements dans la facture. Leur établissement est toujours digne de la médaille d’or qu’il a méritée aux expositions précédentes.
- MÉDAILLES D’OR.
- MM. KRIEGELSTEIN et PLANTADE, à Paris 7 boulevard Montmartre, 8.
- MM. Kriegelstein et Plantade ont présenté un piano à queue qui fut placé au troisième rang dans les essais comparatifs, un piano à queue de petit format mis au cinquième rang ; un piano carré à trois cordes qui a mérité le premier rang, ainsi qu’un piano droit à cordes obliques; enfin, un piano droit à cordes verticales, qui a obtenu le deuxième rang.
- M. Kriegelstein , dans un piano à queue à frappement par-dessus, a introduit une nouvelle disposition de la pointe qui sert de centre aux touchés du clavier. Cette innovation paraît heureuse, en ce qu’elle rend le toucher plus facile et permet de régler la touche avec une grande précision.
- Les instruments construits dans les ateliers de MM. Kriegelstein et Plantade ne laissent rien h désirer pour la perfection du travail. Cet établisse-
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- ment avait obtenu une médaille d’argent en i834 et une nouvelle récompense du même ordre en 183y ; les progrès qu’il a faits depuis la, dernière exposition portent le jury à lui décerner une médaille d’or.
- MM. BOISSELOT et fils, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Près de quatre cents pianos sortent annuellement des ateliers de MM. Boisselot et fils. Établis à Marseille, ces fabricants se trouvent favorablement placés pour l’exportation. Aussi, cent cinquante de leurs pianos sont-ils répartis chaque année entre l’Italie, l’Espagne, le Levant et les colonies.
- Cette maison a exposé un piano à queue, qui, dans la comparaison des instruments de même espèce, a mérité d’être mis au premier rang 5 un piano à queue de petit format et un piano carré à deux cordes, qui l’un et l’autre ont obtenu le second rang.
- MM. Boisselot ont présenté en outre un piano dans lequel on fait entendre l’octave d’une note avec la note même, en ne frappant qu’une seule touche, et un autre piano où les étouffoirs sont indépendants l’un de l’autre. Ce dernier effet s’obtient par une disposition qui ne complique nullement la construction de l’instrument.
- Le jury, prenant en considération l’importance manufacturière et commerciale de l’établissement de MM. Boisselot et fils, le chiffre élevé de leurs exportations et le rang distingué obtenu par leurs
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- pianos dans les essais comparatifs, décerne une médaille d’or à ces habiles facteurs.
- M. HERZ (Henri), à Paris , rue de la Victoire, 38.
- L’établissement de M. Henri Herz a pris un grand développement depuis i83q; on y fabrique maintenant quatre cents pianos par an.
- Parmi les instruments exposés par cet artiste, un piano à queue de petit format et un piano carré à deux cordes ont obtenu au concours d’être placés au premier rang; un piano droit à cordes obliques a été mis au second rang; un piano carré à trois cordes, au troisième rang; un piano droit à cordes verticales, au quatrième rang.
- Ce résultat du concours, bien que favorable à M. Henry Herz, n’était pas de nature à lui faire accorder une récompense de l’ordre le plus élevé, s’il n’eût- en même temps présenté un piano dont les sons se prolongent et se nuancent à volonté-. Cet instrument remarquable, dont la construction est fondée sur un principe nouveau imaginé par M. Isoard, fait l’objet d’une autre partie du rapport, où l’on peut voir qu’il a mérité toute l’approbation de la commission.
- Le jury décerne une médaille d’or à M. Henry Herz.
- MM. WÔLFEL et LAURENT, à Paris, rue des Martyrs, 26 et 27,
- Ont exposé un piano à queue qui a été mis au cinquième rang des instruments de cette espèce ;
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- Un piano droit à cordes obliques, mis au troisième rang;
- Un piano droit à cordes verticales, mis au premier ransr.
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- MM. Wôîfel et Laurent ont en outre présenté un grand piano à queue avec clavier en forme d’arc de cercle, et un second piano droit à cordes verticales qui s’est fait remarquer par la beauté et l’égalité des sons; mais comme cet excellent instrument avait un peu plus de hauteur qu’on ne l’admet d’ordinaire , et- que ses notes aiguës étaient garnies de quatre cordes, la commission a pensé qu’elle devait le ranger dans la classe des pianos exceptionnels.
- Ces facteurs ont modifié la disposition de la table d’harmonie, et ils remplacent dans quelques-uns de leurs pianos les chevilles ordinaires par des chevilles mécaniques dont l’objet est de faciliter l’accord.
- Les instruments qui sortent des ateliers de MM. Wôlfel et Laurent sont d’une exécution très-soignée dans l’ensemble et dans les plus petits détails.
- Le jury décerne une médaille d’or à MM. Wôlfel et Laurent, qui avaient obtenu une nouvelle médaille d’argent à l’exposition de 1839.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. SOUFLÉTO, à Paris, rue Montmartre, 171.
- M. Soufléto a exposé un piano à queue mis au second rang dans les essais comparatifs ; un piano carré
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- et deux pianos droits, dont un, à cordes obliques , a été placé au quatrième rang. Ce facteur distingué occupe quarante ouvriers dans ses ateliers et fabrique chaque année cent quatre-vingts instruments qui se font remarquer par leur bonne exécution.
- Le jury avait accordé en i834 et en 1839 une médaille d’argent à M. Soufléto, il lui décerne une nouvelle récompense du même ordre.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. GAIDON jeune , à Paris, rue Montmartre ,
- 121.
- M. Gaidon jeune a exposé un piano carré à trois cordes et un piano droit à cordes verticales : ces instruments ont mérité d’être placés, le premier au quatrième rang, le second au cinquième rang.
- Le soin extrême avec lequel ce facteur construit ses pianos est une garantie du bon service qu’on doit en attendre.
- M. Gaidon jeune avait été récompensé en 1839 d’une nouvelle médaille de bronze; le jury lui décerne une médaille d’argent..
- M. HATZENBÜHLER , à Paris, rue Fontaine-Saint-Georges ,8.
- Parmi les pianos de genres divers présentés au concours par M. Hatzenbühler, un grand piano à queue a obtenu le quatrième rang, et un piano droit à cordes verticales a été mis au dixième rang.
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- Ce facteur occupe de soixante à soixante-dix ouvriers.
- Le jury décerne une médaille d’argent à M. Hat-zeubühler.
- M. MERCIER , à Paris, boulevard Bonne-Nouvelle > 31.
- M. Mercier occupe trente ouvriers et fabrique cent quarante pianos. Les instruments qui sortent de ses ateliers sont construits avec soin et présentent beaucoup de solidité.
- Ce facteur distingué a soumis à l’examen de la commission un piano par le moyen duquel on peut transposer de un, deux, trois, quatre et cinq demi-tons, au-dessous ou au-dessus du ton naturel de l’instrument. Le mécanisme qui donne au piano cette précieuse propriété a paru nouveau, simple et ingénieux.
- Un des pianos ordinaires de M. Mercier, présenté au concours, a été placé au sixième rang.
- M. Mercier avait obtenu une médaille de bronze en i83g ; le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. SCHOEN, à Paris, rue Basse-du-Rempart, 46.
- M. Schoen a exposé un piano à queue'de grand format, qui a obtenu le sixième rang au concours, et un piano droit à cordes obliques placé au onzième rang. Il confectionne quatre-vingt-dix pianos par an et occupe vingt-deux ouvriers.
- M. Schoen est un artiste habile qui mérite à tous égards la médaille d’argent que le jury lui décerne.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. WETZELS, à Paris, rue des Petits-Augus-tiiis, 9.
- M.Wetzels fabrique cent pianos par an et occupe trente ouvriers. Honoré en 1827 d’une médaille-dé bronze qui lui fut rappelée en 1834 et en 1839, le jury lui accorde de nouveau le rappel de cette distinction.
- M. KOSKA, à Paris, rue du Foiii-St-Louis, 6.
- M. Koska a exposé un piano carré et un piano droit. Ces instruments, construits avec le plus grand soin, témoignent de l’habileté du facteur. M. Koska fait de quinze à dix-huit pianos par an, et occupe quatre ouvriers dans ses ateliers.
- Le jury accorde à M. Koska le rappel de la médaille de bronze qu’il a reçue en 1839.
- M. BUSSON, à Paris, rue Montmartre, 84.
- M. Busson a exposé un piano carré àfrapper par- -dessus, et un piano droit. Trente pianos sortent chaque année de ses ateliers.
- M. Busson a obtenu une médaille de bronze en 1839'; le jury lui accorde le rappel de cette récompense.
- NOUVELLES MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. MERMET, à Paris, rue Hauteville, 36.
- M. Mermet occupe douze ouvriers dans ses ateliers. Il a exposé un piano droit à cordes obliques,
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- un piano triangulaire et un piano k queue vertical. Le premier de ces instruments a mérité dans le concours cl’êlre placé au septième rang.
- M. Mermet a obtenu une médaille de bronze en r83g ; le jury lui décerne une nouvelle récompense du même ordre.
- M. BERNHARDT, à Paris, rue Saint-Maur, 17.
- Ce fabricant confectionne près de trois cents. pianos par an. Il a exposé un piano à queue, un piano carré et un piano droit à cordes verticales; ce dernier instrument a obtenu le quinzième rang dans le concours. Honoré d’une médaille de bronze en 1827, en 1834 et en 183g, M. Bernlrardt est jugé digne d’une nouvelle récompense du même ordre.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. MULLIER, à Paris, rue de Tracy, 5.
- Cet artiçte confectionne cent pianos par an. Il a présenté au concours deux pianos carrés; l’un k trois, l’autre k deux cordes. Le premier a mérité d’être placé au cinquième rang, le seconda été jugé digne du troisième rang.
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Mullier.
- M. BORD, à Paris, rue du Sentier, 11,
- A exposé deux pianos à queue; un de ces instruments, de petit format, a mérité d’être placé au troisième rang dans le concours.
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- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Bord.
- M. DUSSAUX, à Paris , rue Bourbon - Ville-neuve, 31,
- A exposé un piano carré à trois cordes, placé au sixième rang; un piano droit à cordes verticales, placé au neuvième rang.
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Dussaux.
- *M. NIEDERREITHER, à Paris, rue du Faubourg-Poissonnière , 109 bis,
- A exposé un piano à queue, un piano carré à trois cordes, et un piano droit. Son piano carré a été jugé digne d’être placé au second rang dans le concours des instruments de même espèce.
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Nie-derreitlier.
- M. ESLANGER , à Paris, rue Montorgueil, 8,
- A exposé un piano à queue, un piano carré à trois cordes, un piano droit à cordes obliques et un piano droit à cordes verticales. Son piano carré a été placé an septième rang dans le concours. Les instruments présentés par M. Eslanger sont d’une bonne construction,
- Le jury décerne une médaille de bronze à cet artiste.
- M. MONT AL, à Paris, rue Dauphine, 36,
- A exposé des pianos de tous genres, parmi les-
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- quels un piano droit à cordes obliques s'est trouvé placé au cinquième rang, et un piano droit à cordes verticales au treizième rang. Ce facteur distingué confectionne chaque année quatre-vingt-dix pianos.
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Montai.
- M. HESSELBEIN, à Paris, rue Jean-Jacques-Rousseau, 8.
- ' Ce facteur occupe vingt ouvriers dans ses ateliers et fabrique cent-vingt pianos par an. Il a présenté au concours un piano carré à trois cordes mis au huitième rang; un piano droit à cordés verticales, mis.au septième rang.
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Hesselbein.
- MM. FAURE et ROGER, à Paris, rue de FUni-versité, 151, et rue Richelieu, 108.
- Cette maison fabrique deux cents pianos par an. Elle a présenté deux pianos h queue et deux pianos droits à cordes verticales. L’un de ces deux derniers pianos a obtenu le troisième rang au concours. L’instrument qui a mérité cette place honorable ofïrait des particularités dans sa construction, notamment en ce qui concerne le barrage de la caisse.
- Le jury décerne une médaille de bronze à MM. Faure et Roger.
- MM. ISSAURAT-LEROUX et Cie, à Paris, rue Basse-du-Rempart, 18.
- Ces fabricants ont exposé des pianos de divers
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- genres, et entre autres un petit piano à queue qui a mérité d’être placé au quatrième rang dans le concours des instruments de cette espèce.,
- MM. Issaurat-Leroux et Cie sont dignes à tous égards de la médaille de bronze que le jury leur décerne.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- M. GRUS, à Paris, rue Saint-Louis, 60, au Marais ,
- A exposé un piano droit à cordes obliques. M. Grus a été, en 1839, jugé digne d’une mention honorable; le jury lui accorde le rappel de cette distinction.
- M. ROSELLEN, à Paris, rue Saint-Nicaise, i,
- A exposé des pianos droits à cordes verticales. Un de ces instruments porte une seconde table destinée à renforcer le son des cordes graves en leur donnant plus de longueur. Le jury accorde à M. Ro-sellen le rappel de la mention honorable qui lui a été décernée en 1839.
- M. ROGEZ, à Paris, rue de Seine-Saint-Germain, 32.
- Cet artiste distingué apporte beaucoup de soin dans la construction de ses pianos. Le jury accorde à M. Rogez le rappel de la mention honorable qui lui a été décernée en 1889.
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- NOUVELLE MENTION HONORABLE.
- M. GIBAUT , à Paris, rue de la Chaussée-d’An-tin , 58 bis,
- A exposé des pianos droits k cordes obliques. M. Gibaut confectionne chaque année deux cent-cinquante de ces instruments, et occupe dans ses ateliers trente-cinq ouvriers. Les pianos qui sortent de cet établissement se font remarquer par les soins apportés k leur construction.
- Le jury décerne une nouvelle mention honorable k M. Gibaut.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. le Chevalier Philippe de GIRARD, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 76 ,
- A exposé un piano à queue, dit trémolophone, et un piano droit dans lequel on peut faire entendre, par le mouvement d’une seule touche, la note et son octave grave. Le mécanisme qui sert à produire cet effet est d’une grande simplicité.
- Le jury mentionne honorablement M. le chevalier Philippe de Girard, qui, d’ailleurs, a des droits à une récompense d’un ordre plus élevé pour une autre partie de son exposition.
- M. MAGNIÉ (Isidore), rue du Faubourg-Poissonnière, 15,
- A exposé des pianos droits : l’un, à cordes obliques, a été placé dans le concours au neuvième
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- rang; l’autre, à cordes verticales, a obtenu le quatorzième rang.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Ma-gnié.
- M. YANDEVENTER , à Paris , rue du Faubourg-Saint-Denis, 88,
- A exposé un piano à queue, un piano droit à cordes verticales et un piano droit à cordes obliques qui a mérité d’être placé au dixième rang dans lé concours.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Van de venter.
- M. MONNIOT, à Paris, rue Richelieu, 64,
- A exposé un piano droit à cordes verticales et un piano droit k cordes obliques qui a été mis au douzième rang.
- Leju ry accorde une mention honorable à M. Mon-niot.
- MM. HERCE père et fils, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Àntoine, 15.
- Ces artistes ont exposé des pianos droits à cordes obliques et h coudes verticales, présentant quelques innovations dans la construction , et notamment dans la manière de couder lescordessur le chevalet. Ils ont appliqué ce nouveau système de coudage à un piano droit à cordes verticales qui, dans le con-< cours , s’est trouvé mis au sixième rang.
- Le jury décerne une mention honorable" à MM. Herce et fils.
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- M. HERZ (Jacques), à Paris, rue de la Paix, 7.
- M. Jacques Herz confectionne soixanle-dix pianos par an et occupe vingt-quatre ouvriers, tant chez lui qu’au dehors. Un piano droit à cordes verticales sortant de ses ateliers, a obtenu le huitième rang
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- au concours.
- M. Jacques Herz est digne de la mention honorable que lui décerne le jury.
- M. RINALDI > à Paris, boulevard St-Denis ,13,
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- A exposé un piano à queue et un piano droit à cordes verticales qui, au concours, a été mis au douzième rang. Ce fabricant occupe vingt-cinq ouvriers dans ses ateliers et confectionne chaque année cent quatre-vingts pianos.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Ri-naldi.
- M. SCHULTZ, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- M. Schultz est un artiste expérimenté qui,.avant de s’établir à Marseille, a travaillé longtemps chez lès facteurs les plus renommés de Paris. Il confectionne des pianos de toutes espèces ; ceux qu’il a exposés prouvent non-seulement que ce fabricant donne beaucoup de soin à la construction de ses instruments, mais aussi qu’il est capable d’innover et de faire faire des progrès à son art.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Schultz.
- M. WIRTH, à Lyon (Rhône).
- Cet exposant occupe quinze ouvriers dans ses
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- ateliers et confectionne soixante pianos par an. rll a présenté un piano carré à double échappement et à frappement par-dessus , dans lequel on remarque une nouvelle disposition des étouffoirs.
- Le jury accorde une mention honorable k M. Wirth.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement :
- M. BARTHÉLEMY, rue Paradis -Poissonnière, 29,
- Pour un procédé propre à faciliter l’accord du piano, consistant dans l’emploi de vis de rappel tellement faciles à établir que le prix de l’instrument n’en est point augmenté.
- M. BRAZIL, à Rouen (Seine-Inférieure),
- Pour son piano dit harmonomètre, dont le clavier est disposé de telle sorte que le doigté reste le même pour toutes les gammes; d’où résulte ce très-grand avantage qu’à l’aide de l’instrument de M. Brazil, une pièce de musique peut être exécutée indifféremment dans un ton ou dans un autre, et qu’en conséquence la transposition ne présente plus aucune difficulté. Un clavier semblable avait déjà été construit, il y a plusieurs années , par M. Grillet de Lyon ; mais on ne peut qu’applaudir aux efforts que fait M. Brazil pour en répandre l’usage.
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- M. MARTIN , à Paris, place de la Bourse, 13,
- Pour l’appareil auquel il a donné le nom de chirogymnaste, qui sert à exercer les doigts du pianiste , sans fatiguer son oreille et sans user le mécanisme du piano.
- M. BELL fils, à Paris, rue Saint-Denis, 356,
- Pour la bonne construction de ses pianos. M. Bell, quoique très-jeune encore, dirige avec distinction rétablissement qui lui a été légué par son père.
- M. GUÉRIN jeune, à Paris, rue d’Enghien, 1.
- Le jury classe tout à fait à part le pianographe de M. Guérin. L’appareil que cet habile mécanicien adapte au piano pour procurer 5 cet instrument la faculté d’écrire avec une exactitude parfaite tout ce que le pianiste exécute, est sans doute d’une simplicité très-remarquable ; mais comme M. Guérin n’a encore construit qu’un petit nombre de pia-nographes , il faut que le temps fasse connaître les avantages que les compositeurs de musique peuvent en retirer.
- NON EXPOSANTS.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. ROHDEN , à Paris , rue Saint-Maur, 61.
- M. Rohdenest un fabricant de mécanismes pour pianos. Cet artiste habile et entreprenant, qui occupe dans ses ateliers trente-deux ouvriers, a imaginé et construit plusieurs machines propres à accélérer son travail et en même temps à le rendre
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- plus exact. Ces divers appareils sont mis en mouvement par une machine à vapeur. (Vï. Rohden confectionne par an neuf cents mécanismes de pianos, et en envoie une partie à l’étranger, notamment en Allemagne. L’amélioration qui se manifeste depuis quelques années dans l’ensemble de la facture, trouve une de ses causes dans la perfection des produits de cette fabrique et de quelques autres établissements du même genre.
- M. Rohden, qui n’a pas exposé en son nom, était recommandé par le jury d’admission du département de la Seine; le jury central saisit avec empressement cette occasion de récompenser le mérite d’un artiste aussi distingué, et décerne une médaille d’argent à M. Rohden.
- M. GIESLER, à Paris, rue Folie-Mérieourt, 32.
- Les claviers de pianos qui sortent de l’atelier de M. Giesler se font remarquer par le fini et la précision du travail. Pour atteindre à une aussi grande perfection, cet habile ouvrier emploie plusieurs machines fort ingénieuses. Ses claviers sont recherchés par les facteurs de Paris, de Bruxelles, de Hambourg , de Berlin, de Vienne, de Copenhague, etc.
- M. Giesler n’a pas pu exposer isolément les produits de son industrie; mais le jury d’admission a pris soin de les signaler.
- Les claviers fabriqués par M. Giesler contribuant d’une manière remarquable à la bonne exécution des pianos, et pouvant être présentés aux facteurs comme des modèles à imiter, le jury central décerne à ce fabricant une médaille d’argent.
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- § 2. INSTRUMENTS A CORDES ET A ARCHET.
- Les instruments à cordes et à archet, divisés en quatre classes, comprenant les violons, les altos, les basses et les contre-basses, ont été examinés sans que les noms des luthiers fussent connus des membres de la commission.
- 28 violons, 10 altos, 13 basses, 3 contre-basses et un grand nombre d’archets ont été présentés au concours.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’OR.
- M. VUILLÀUME, à Paris, rue Croix-des-Petits-Ghamps, 46.
- M. Yuillaume a présenté au concours un violon qui a été mis au premier rang, un alto au second et une basse au troisième. Ses archets, examinés et essayés avec beaucoup de soin par M. Habeneck, ont paru bien faits et supérieurs en qualité à ceux des autres facteurs.
- Dans son rapport de i83g, le jury avait appelé l’attention des luthiers sur la construction des altos et des contre-basses, auxquels on ne donne pas en général les dimensions indiquées par les lois de l’acoustique. M. Yuillaume a seul répondu à cet appel. Il a soumis aux épreuves de la commission deux contre-basses remarquables par la régularité des formes et par le fini du travail ; l’une, de grande dimension, montée de trois cordes, est destinée à la
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- musique d’orcliestre; l’autre, plus petite, à quatre cordes, est destinée à la musique des salons. Le premier de ces instruments, comparé à une des meilleures contre-basses de Paris, émettait des sons plus faciles et plus nerveux.
- On doit en outre à cet habile luthier une innovation importante. Il a conçu et fait exécuter une machine au moyen de laquelle on façonne en très-peu de temps les tables et les fonds des instruments. Il obtient ainsi, avec une précision qui ne laisse rien à désirer, des formes semblables à celles d’un modèle donné. En substituant des procédés rigoureux aux tâtonnements ordinaires du luthier, M. Vuillaume a fait faire un grand pas k son art.
- Le jury décerne une nouvelle médaille d’or k M. Vuillaume.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. CHANOT, à Paris, rue de Rivoli, 26.
- Un violon de M. Chanot a été placé, dans les essais, au sixième rang, et un alto au troisième rang. Cet habile luthier, qui occupe vingt ouvriers, tant chez lui qu’au dehors, envoie à l’étranger une' partie de ses produits et contribue à répandre la réputation de la facture française.
- M. Chanot a obtenu une médaille d’argent en 1839; le jury l’en juge aussi digne qu’a cette époque.
- M. THIBOUT, à Paris, rue Rameau, 8,
- A exposé plusieurs violons et un quatuor com-1
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- plet. Un de ses violons a été placé au troisième rang. Les instruments de M. Thibout sont d’une bonne construction. Cet artiste a été honoré en 1827 d’une médaille d’argent; le jury lui en accorde le rappel.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. BERNARDEL, à Paris, rue Croix-des-Petits-Champs, 23.
- Un violon de M. Bernardel a été mis au quatrième rang; un alto et une basse au premier rang. Cet artiste habile avait obtenu une médaille, de bronze en 1889; le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. RAMBAUX, à Paris, rue du Faubourg-Poissonnière, 18.
- Un violon de M. Rambaux a mérité d’être placé au second rang dans le concours. La table de cet instrument, dite à fil droit, présente une particularité dans sa construction.
- Le jury décerne une médaille d’argent à M. Rambaux.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. SYLVESTRE frères, à Lyon ( Rhône),
- Ont exposé des violons, un alto et une basse. Un de leurs violons a été mis au cinquième rang, et la basse au second. Ces instruments étant d’ailleurs
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- bien confectionnés, le jury décerne une médaille de bronze à MM. Svlvestre frères.
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- M. PECCATTE, à Paris, rue d’Angivilliers, 18.
- M. Peccatte a exposé des archets de tous genres, très-bien faits et de bonne qualité. Il en confectionne un nombre considérable.
- Le jury accorde une médaille de bronze àM. Peccatte.
- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- M. DERAZEY, à Mirecourt ( Vosges).
- M. Derazey fabrique chaque année six cents instruments à archet. Le prix des violonsjyarie entre cinq et cent cinquante francs.
- L’établissement de M. Derazey mérite, par son importance et la bonne exécution des instruments, le rappel de la mention honorable qu’il a obtenue en 1839.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. MAUCOTEL, à Paris, galerie Vivienne, /t.
- M. Maucotel est récemment établi : il a présenté un quatuor complet, dont la basse a été mise au quatrième rang dans le concours.
- Lejury accorde une mention honorable à M. Maucotel.
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- M. SIMON, à Paris, rue Croix-des-Petits-Champs, 13.
- Les archets qu’a exposés M. Simon se font remarquer par le fini du travail. Le jury accorde une mention honorable à cet habile ouvrier.
- Harpes.
- 10 harpes Ont été présentées à notre examen; elles étaient de trois facteurs différents.
- POUR MÉMOIRE.
- M. ÉRARD (Pierre), à Paris, rue du Mail, 13 et 21 ; rue Saint-Maur, 3 et 87.
- Les harpes h double action de M. Pierre Erard ont obtenu le premier rang au concours. Ces beaux instruments se sont fait distinguer par leurs qualités sonores, par le fini du travail, et par la solidité du mécanisme.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. DOMÉNY, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, 107.
- Les harpes de M. Domény ont mérité le second rang ; elles sont fort bien construites. La commission a remarqué aussi les pianos de ce facteur, qui paraissent solidement établis.
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- M. Domény est digne d’une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. DE LACOUX, à Paris, rue de l’Oratoire-du-Roule, 9.
- M. de Lacoux a cherché à apporter quelques perfectionnements à la facture de la harpe. Les instruments qu’il a présentés émettent des sons agréables.
- Le jury accorde une médaille de bronze à M. de Lacoux.
- Guitares.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. LÀCOTE, à Paris, rue Louvois, 10.
- 11 a exposé plusieurs guitares heptacordes parfaitement exécutées et ayant une belle qualité de son. Elles ont été placées au premier rang dans le concours. M. Lacote est un luthier fort distingué. Le jury lui accorde le rappel de la médaille de bronze qu’il a obtenue en i83q.
- M. LAPRÉVOTTE, à Paris, rue Neuve-des-Pe-tits-Champs, 79.
- Une guitare de M. Laprévotte a obtenu le second rang; le fond de cet instrument n’est,pas uuesui^ face plane comme dans les guitares ordinaires;
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- M. Laprévotte lui a donné la forme des fonds de violons. ,
- Le jury décerne à ce luthier distingué le rappel de la médaille de bronze qui lui a été accordée en 3827.
- § 3. INSTRUMENTS A VENT EN CUIVRE.
- La commission eut à examiner un grand nombre d’instruments à vent en cuivre, qu’elle a rangés dans six classes différentes , comprenant les cors, les cornets, les ophicléides, les trompettes, les bug les et les clavicors. Elle a dû, en outre, distinguer et comparer entre eux ceux de ces instruments qui étaient avec ou sans pistons.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. RAOUX, à Paris, rue Serpente ,11.
- Quatre instruments sortant des ateliers de M. Raoux ont été placés au premier rang dans le concours, savoir : un cor ordinaire ou sans pistons ; un cor, un cornet, et un ophicléide, tous trois avec pistons. Un pareil succès trouve son explication da'ns les soins apportés à la construction de ces instruments, et peut-être aussi dans la nature des procédés employés* par M. Raoux, qui continue à se servir du marteau pour façonner ses cuivres.
- Cet artiste distingué avait été honoré d’une mé-
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- daille d’argent en 183g : le jury lui décerne une médaille d’or.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. GUICHARD aîné, à Paris, rue du Cloître-Notre-Dame, 6 et 8.
- Parmi les nombreux instruments exposés par ce fabricant, la commission a distingué un cor ordinaire et un cornet à pistons qu’elle a placés, dans le concours, au second rang. M. Guichard aîné occupe dans ses ateliers deux cent dix ouvriers, et fait chaque année pour sept cent mille francs d’affaires.
- Le jury décerne une médaille d’argent à M. Guichard aîné.
- MM. SAX et Cie, à Paris, rue Neuve-Saint-Georges, 10.
- Une trompette à pistons, un bugle et un clavicor, présentés par MM. Sax et C‘e, ont été mis au premier rang. Cette maison, par cela seul, aurait des droits à une récompense; mais on peut voir, dans une autre partie du rapport, qu’elle ne se borne pas à la fabrication des instruments de cuivre, et que ses clarinettes ont aussi mérité l’honneur d’être placées en première ligne.
- Les perfectionnements apportés par MM. Sax à la construction des instruments à vent, les rendent dignes de la médaille d’argent que le jury leur décerne.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. LÀBBÀYE, à Paris, rue du Caire , 17.
- M. Labbaye a exposé des instruments à vent en cuivre de diverses espèces et construits avec beaucoup de soin.
- Le jury accorde à M. Labbaye une nouvelle mention honorable.
- M. BESSON, à Paris, rue Tiquetonne, 14.
- M. Besson a exposé un cor b piston et un bugle placés au second rang, un cor ordinaire mis autroi-sième rang. Ces instruments n’étaient pas entièrement,achevés; néanmoins, le jury prenant en considération le rang élevé qu’ils ont obtenu au concours, accorde à M. Besson une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- Le jury cite favorablement :
- M. COEFFET, à Chaumont (Oise),
- Pour avoir introduit dans les instruments de cuivre un système de pistons qui paraît devoir bien fonctionner et être d’un entretien facile.
- § 4. INSTRUMENTS A VENT EN BOIS.
- En 1839, les flûtes construites d’après les principes de M. Boehm étaient encore assez peu ré-
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- pandues en France pour que le jury, tout en approuvant cette innovation, n’ait pas jugé possible de les comparer entre elles. Depuis cette époque, les facteurs ont confectionné un grand nombre de ces instruments, et, à l’exposition de 1844, il était devenu indispensable d’en faire une classe particulière. Les clarinettes et les hautbois, construits dans un système analogue à celui de M. Boehm, ont également mérité d’être admis à concourir.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. TULOU, à Paris, rue des Martyrs, 27.
- Une flûte et un hautbois ordinaires, exposés par M. Tulou, ont été placés en première ligne. Cet instruments étaient bien faits et d’une grande justesse.
- Le jury décerne une médaille d’argent à M. Tu-lou.
- POUR MÉMOIRE.
- MM. SÀX et Cie, à Paris, rue Neuve - Saint -Georges, 10.
- MM. Sax et Cie, auxquels le jury décerne une médaille d’argent pour l’ensemble de leur exposition (voir h la section des instruments à vent en cuivre), ont présenté une clarinette ordinaire et une clari-n. 3ü
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- nette basse qui ont obtenu l’une et l’autre d’être mises au premier rang.
- Ces artistes sont en outre les inventeurs d’une clarinette contre-basse, à laquelle ils ont donné le nom de saxophone, et qui s’est fait remarquerpar la justesse et la beauté des sons. Cet instrument pourrait trouver place dans nos orchestres et y produire des effets nouveaux.
- La commission a encore remarqué une flûte de MM. Sax, dans laquelle les ciels paraissent disposées de manière à favoriser la pureté des sons.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. LEFÈYRE père, à Paris, rue Saint-Honoré,
- 221,
- A présenté plusieurs clarinettes bien confectionnées. M. Lefèvre se montre toujours digne de la médaille de bronze qu’il a reçue en 1827 ; le jury lui en accorde le rappel.
- MM. MARTIN frères, à Paris, rue du Petit-Carreau , 23,
- Ont exposé des clarinettes, des flûtes, des hautbois et des flageolets qui sont d’une bonne construction.
- Le jury accorde à ces fabricants le rappel de la médaille de bronze obtenue par M. Martin en i834.
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- M. WINNEN, à Paris, rue Bourbon-Villeneuve, 35,
- A exposé des instruments bien faits, et entre autres un basson dit bas sonore, qui se distingue par l'intensité des sons.
- Le jury accorde à M. Winnen le rappel delà médaille de bronze qui lui a été décernée en 1834-
- NOUVELLES MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. GODEFROY aîné, à Paris, rue Montmartre, 63,
- A exposé des flûtes ordinaires, des flûtes de Boehrn, des clarinettes, des hautbois et des flageolets d’une belle exécution. Cet habile facteur a été placé au premier rang pour ses flûtes de Boehrn, et au second rang pour ses flûtes ordinaires.
- Lé jury décerne une nouvelle médaille de bronze à M. Godefroy aîné.
- M. BUFFET jeune, à Paris, rue du Bouloi, A
- M. Buffet jeune a mérité le premier rang pour un hautbois et une clarinette du système Boehrn; le second rang pour une flûte construite d’après le meme principe et pour une clarinette ordinaire. En simplifiant le mécanisme de ces instruments, il en a rendu le doigté plus facile.
- M. Buffet avait obtenu une médaille de bronze en 1839; le jury lui décerne une nouvelle récompense du même ordre.
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- M. ADLER, à Paris, rue Mandar, 8,
- À exposé un basson d’orchestre, un basson de nouvelie construction pour musique militaire, et un contre-basson. Le second de ces> instruments est remarquable par l’intensité des sons qu’on en obtient.
- M. Adler est digne de la nouvelle médaille de bronze que le jury lui décerne.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. BUFFET-CRAMPON , à Paris, passage du Grand-Cerf, 22,
- Aexposé une petite flûte deBoelim et un flageolet placés au premier rang, une flûte ordinaire et Une clarinette ordinaire placées au troisième rang. Artiste intelligent et plein de zèle pour son art, M. Buffet-Crampon est digne de la médaille de bronze que le jury lui décerne.
- M. BRÉTON , à Paris , rue Jean-Jacques-Rous-seau, 28,
- A exposé des flûtes ordinaires et des flûtes de Boehm très-remarquables par le fini du travail. M. Bréton confectionne ses instruments dans leur entier, sans recourir à des ouvriers étrangers à son atelier , soit pour les mécanismes, soit pour la perce des bois. La petite flûte de Boehm qu’il a présentée au concours eût été placée au second rang, si la commission avait classé deux instruments de cette espèce.
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- M. Bréton mérite à tous égards la médaille de bronze que le jury lui décerne.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- MM. HÉROUARD frères , à la Couture (Eure),
- Ont exposé des flûtes, des clarinettes et des flageolets. Ces fabricants sont à la tête d’un établissement considérable dans lequel ils emploient quarante ouvriers. Les instruments qui sortent de leurs ateliers sont livrés à des prix très-bas; nous citerons des flûtes à cinq clefs, en argent, bien confectionnées, qui ne coûtent que 3o francs.
- Le jury confirme à MM. Hérouard frères la mention honorable qu’ils ont obtenue en 1839.
- M. LEROUX aîné, à Paris, rue du Nord, A, faubourg Poissonnière,
- A exposé des clarinettes, des flûtes et des hautbois d’une construction soignée.
- M. Leroux aîné continue à mériter la mention honorable qui lui a été décernée en 1839.
- § 5. INSTRUMENTS ACOUSTIQUES.
- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- M. PASSERIEUX, à Paris, rue des Vinaigriers,
- 25,
- A exposé des tuyaux flexibles destinés à trans-
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- mettre la voix à de grandes distances dans.les appartements. M. Passerieux est toujours digne de la mention honorable qui lui a été décernée en i83t).
- MENTIONS HONORABLES.
- M. GATEAU, à Paris, rue de Grenelle-Saint-Ger-main, 52.
- M. Gâteau expose des cornets acoustiques de très-petite dimension, qui s’adaptent à la conque de l’oreille et s’y maintiennent d’eux-mêmes. Ces appareils, dont on doit l’invention à M. Gâteau, sont d’un usage très-commode, et produisent dans certains cas des effets qu’on ne pourrait obtenir des cornets acoustiques ordinaires.
- Cet artiste ingénieux mérite la mention honorable que le jury lui décerne.
- M. DÉON , à Paris, rue de la Paix, h bis,
- A exposé des cornets acoustiques qui paraissent tout à fait semblables à ceux que construit M. Gâteau. Le jury accorde une mention honorable à M. Déon.
- § 6. CORDES D’INSTRUMENTS DE MUSIQUE.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. SAVARESSE (Martin), à Nevers (Nièvre),
- A exposé des chanterelles pour violon , harpe et guitare. En 1826, M. Savaresse a reçu de la société
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- d’encouragement pour l’industrie nationale une médaille d’or de première classe. En 1827, il a obtenu à l’exposition une médaille de bronze qui lui a été rappelée en i834 et en 1809, et que le jury lui rappelle de nouveau.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. SANGUINÈDE, à Paris, rue du Sentier, 26,
- A exposé des cordes en acier trempé, destinées à remplacer dans le piano les cordes d’acier non trempé dont on se sert maintenant et qui nous viennent presque toutes d’Angleterre.
- Ces nouvelles cordes constituent une innovation qui peut avoir une grande importance : car il est prouvé que par leur moyen on obtiendra plus d’intensité dans le son et plus de fixité dans l’accord des instruments. Quant aux autres qualités non moins essentielles du son, tout ce qu’il est permis de dire en ce moment, c’est que parmi les pianos qui furent placés en première ligne aux concours qui viennent d’avoir lieu, plusieurs étaient montés avec des cordes de M. Sanguinède.
- Le jury décerne une médaille de bronze à cet artiste, tout en regrettant de ne pas lui accorder une récompense plus élevée; mais son industrie est trop récente, et il faut laisser au temps à prononcer sur la valeur de son invention.
- M. SAVARESSE fils, à Paris, rue St-Martin, 2/t l,
- A exposé des cordes à boyau pour toutes les sortes d’instruments.
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- Cet industriel occupe vingt ouvriers dans sa fabrique, où se trouve une machine à vapeur de la force de huit chevaux, employée à la distribution de l’eau dans les diverses parties de l’établissement.
- M. Savaresse a présenté des cordes de contrebasse dont la canoetille se trouve au centre et enveloppée par le boyau. Elles offrent cet avantage que le boyau en séchant ne peut pas se séparer de la cannetille, séparation qui a presque toujours lieu par le filage ordinaire. M. Savaresse a aussi imaginé et il met en pratique un mode d’empaquetage qui empêche les cordes de se tortiller par la chaleur et par l’humidité , et qui permet par conséquent de leur faire traverser les mers sans les exposer h perdre l’aspect qui en facilite la vente.
- MENTION HONORABLE.
- M. SAVARESSE (Henri), à Grenelle, près Paris, avenue Saint-Charles, 32,
- A exposé un assortiment de cordes à boyau très-bien faites et des chanterelles en soie d une belle apparence. Ces dernières cordes sont exactement cylindriques et ne laissent rien à désirer pour la justesse. M. Henri Savaresse a trouvé le moyen de leur donner une sonorité qui approche de celles des cordes h boyau.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Henri Savaresse.
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- § 7. BOÎTES A MUSIQUE.
- MENTION HONORABLE.
- MM. CLÉMENT père et fils, à Belleville, près Paris, rue des Bois, 12.
- Cette maison a exposé un assortiment de boîtes à musique remarquables par le fini du travail. Toutes les pièces nécessaires à la construction de ces instruments sont confectionnées dans l’établissement même. Une des boîtes présentées par MM. Clément contenait un cylindre de cinquante centimètres de longueur et un clavier de deux cent quatre-vingt dents. Le prix de ces carillons est très-peu élevé.
- Le jury décerne une mention honorable »! MM. Clément père et fils.
- - IL ORGUES.
- M. Delamorinière , rapporteur.
- Considérations générales.
- Dans le rapport du jury de l’exposition de 1839, on a fait remarquer que les orgues, dont la construction avait été à peu près abandonnée en France, reparaissaient alors en quelque sorte pour la première fois.
- On constatait dans le rapport, que ce puissant
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- instrument, dont la fabrication était autrefois à peu près exclusivement pratiquée par les corporations religieuses, n’avait pas reçu depuis longtemps de notables modifications. On citait cependant déjà une partie des améliorations qu’on y a apportées depuis qu’on s’est de nouveau occupé de sa construction. On aurait pu, dès ce moment, rappeler une innovation qui a pour but de donner l’expression au jeu d’anches libres; elle remonte déjà à plusieurs années et est due au célèbre Sébastien Érard. Elle est reproduite aujourd’hui par son neveu, digne chef de cette grande maison.
- Le jury a eu à examiner cette année un grand orgue dit de trente-deux pieds, deux orgues d’église dits de seize pieds et quatre orgues de chapelle, indépendamment d’un grand nombre d’instruments nouveaux, dont il sera parlé plus bas, établis suivant le principe des cûTehes libres employées par feu Grenié dans ses beaux instruments appelés orgues expressives, et que construit maintenant M. Muller, élève et successeur de cet homme ingénieux. Un de ces orgues figurait à l’exposition.
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- Les perfectionhements dont nous avons parlé en commençant étaient dus à M. A. Gavaillé, et consistaient en une nouvelle espèce de jeux qu’il appelle jeux harmoniques, parce qu’ils sont embouchés de manière à faire entendre les sons har-
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- moniques des tuyaux, au lieu de donner le son fondamental. Cette innovation est d’autant plus importante, qu’il n’est guère possible, en se bornant à l’emploi des anciens jeux, d’obtenir des qualités de son plus parfaites que celles des bonnes orgues construites par nos devanciers.
- On doit encore au même facteur une amélioration d’un ordre plus élevé, parce qu’elle se rattache à la soufflerie, la partie essentielle de l’orgue qui laisse beaucoup à désirer, même dans les orgues des meilleurs auteurs, d’ailleurs irréprochables sous beaucoup d’autres rapports, et particulièrement pour la qualité des sons, ainsi que nous venons de le faire remarquer.
- Cette imperfection des anciens instruments, tient à ce que jusqu’à présent tous les jeux qui les composent sont alimentés par le même vent,
- « et ce vent, qui doit être faible pour faire parler convenablement les notes graves, ne suffit plus pour les sons aigus, qui sont alors couverts par les basses. Le perfectionnement dont nous voulons parler, consiste à disposer la soufflerie de manière à avoir des tensions variables et en rapport avec le timbre de chaque jeu , dont on peut, d’après cela, percevoir toutes les notes, quel que soit le nombre des basses dont on fait usage. Cette innovation a de plus l’avantage de faire disparaître les secousses et les altérations de vent
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- qu’on remarque dans presque toutes lès anciennes orgues.
- Un progrès non moins important a été obtenu par M. Barker ; il consiste dans l’application d’un appareil qu’il nomme levier pneumatique, et avec lequel les soupapes des plus grandes dimensions s’ouvrent instantanément, à la volonté de l’organiste, au moyen de la pression même du vent de la soufflerie. On obtient ainsi des claviers d’autant plus faciles à jouer, qu’il n’est plus nécessaire d’augmenter le foulage des touches, ainsi qu’on était obligé de le faire autrefois.
- Une autre amélioration consiste dans l’emploi de boîtes acoustiques qui donnent l’expression selon qu’on ouvre ou qu’on ferme les parois dont elles sont composées. Cette innovation, contestée aujourd’hui, a déjà été employée par Sébastien Erard. Quoi qu’il en soit, elle n’en est pas moins acquise à l’art important qui nous occupe.
- Nous pouvons encore citer un système particulier de pédales, dû à M. A. Cavaillé, et qui permet à l’organiste de faire entrer ou de supprimer entièrement les combinaisons de jeux qu’il aura préalablement disposées.
- Enfin, on doit à M. Barker un nouveau moyen d’expression qu’il obtient en faisant varier par une pédale, la pression de l’air qui alimente cer-
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- tains jeux , lesquels sont nécessairement à anches libres, suivant le principe de Grenié.
- L’examen relatif aux orgues a eu lieu, aussi bien que celui des autres instruments, avec l’assistance de MM. Auber, HabeneckaînéetGalay. M. Lefébure a bien voulu encore, cette année, toucher chaque instrument, les détails de la fabrication ayant été préalablement étudiés avec soin chez les fabricants eux-mêmes.
- MÉDAILLES D’OR.
- M. HERZ (Henri), à Paris, rue de la Victoire, 38.
- Avant de parler des orgues expressives qui devraient suivre immédiatement les grandes orgues, nous aurons à nous occuper d’un instrument nouveau dont la place est d’ailleurs marquée ici, non-seulement parce qu’il peut être considéré comme un instrument à vent, mais aussi parce que les espérances qu’il fait concevoir nous amène à le classer en première ligne. Cette invention , qui reçut dès les premiers essais auxquels elle a donné lieu, les encouragements du savant M. Savart, a depuis été examinée avec intérêt par l’Académie des sciences.
- Le principe de cet instrument, imaginé par M. Isoard, consiste à approcher d’une corde de piano, une embouchure qui laisse passer de l'air dès l’instant qu’une soupape en relation avec la touche correspondante du clavier est ouverte par suite du mouvement de cette touche. Les vibrations de la
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- corde déterminant celles de la colonne d’air qui s’échappe par l'embouchure , on entend indépendamment du son propre à cette corde frappée par le marteau, celui d’un instrument à vent dont le son se prolonge pendant toute la durée de l’ouverture de la soupape et avec une intensité proportionnée à la pression de l’air qu’on fait varier à volonté par les pédales. On voit, en résumé, que la corde du piano remplit ici la- fonction de la languette de l’anche libre avec la différence que cette languette se trouve, par le fait même de la construction du piano, fixée par ses deux extrémités. L’ensemble de ce nouvel instrument consiste dans un piano ordinaire cl’abord, auquel on ajoute un sommier portant les embouchures correspondant à chaque corde, et garni intérieurement d’autant de soupapes qu’il y a d’embouchures; enfin d’une soufflerie que l’on fait agir au moyen de deux pédales.
- Cet appareil si simple peut s’appliquer à presque tous les pianos et les transformer en pianos-orgues avec l’avantage bien remarquable, que toutes les fois que le piano sera d’accord, l’instrument à vent se trouvera dans la même condition puisque toutes les notes correspondantes des deux instruments sont parfaitement à l’unisson. Bien que cet instrument soit tout nouveau , il possède déjà pour la majeure partie des notes, un timbre à la fois pur et d’une belle qualité, qui devra encore s’améliorer lorsque la facture en sera arrivée au développement qu’il paraît destiné à prendre.
- La construction de l’instrument que nous devons au génie inventif de M. Isoard , jointe aux autres
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- titres que M. Herz s’est acquis par la bonne qualité des pianos quil a présentés au concours, ont paru des motifs suffisants pour qu’il lui soit décerné la récompense de premier ordre dont il est question k l’article des pianos.
- M. CAYAILLÉ-COLL père et fils, à Paris, rue Pigale, 22.
- MM. Cavaillé-Coll sont facteurs d’orgues de père en fils. Dans le midi de la France surtout, on peut citer des instruments remarquables dus à leurs ancêtres. On compte même dans les ordres religieux, des facteurs célèbres appartenant à cette famille, nous avons de beaux instruments établis par le dominicain Joseph Cavaillé.
- A l’époque où la fabrication des orgues fut interrompue en France, ces facteurs ne continuèrent pas moins de s’y livrer en allant s’établir en Es-pagne.
- Mais la récompense que nous avons à leur décerner aujourd’hui ne concerne pas seulement les bonnes traditions qu’ils ont été dans le cas de conserver; elle a aussi pour objet les notables perfectionnements que nous avons sommairement indiqués en commençant, et qui sont dus k M. Aristide Cavaillé.
- Les travaux de MM. Cavaillé n’ont pas pu être appréciés à leur juste valeur lors de la dernière exposition. Depuis cette époque, ilsont achevé le grand orgue de St.-Denis auquel ils ont appliqué toutes leurs améliorations que l’on trouve également dans l’orgue de St.-Roch qu’ils viennent de reconstruire.
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- Ces beaux travaux ont dû être examinés par le jury, aussi bien que les plans du grand orgue de la Madeleine, en ce moment en cours d’exécution dans leurs ateliers, et d’après lequel on peut se faire une idée du soin minutieux qu’ils apportent dans toutes les parties de ces importants travaux, destinés d’ailleurs à traverser les siècles.
- MM. Cavaillé n’étaient représentés à l’exposition que par un petit orgue dit de huit pieds, à deux claviers de mains, avec pédales seize pieds.
- Le premier clavier se compose de. ... 9 jeux.
- Le deuxième de......................7
- Le clavier de pédale comprend 1 contre-basse ou flûte de 16 pieds, 1 bombarde douce............................2
- En tout 18 jeux formés par 785 tuyaux.
- La soufflerie de cet instrument est à diverses pressions , suivant le système imaginé par M. Cavaillé, dans le but d’alimenter, comme nous l’avons dit, les basses des divers jeux séparément des dessus, et de donner par l’intensité du vent fourni aux sons élevés de l’instrument, une puissance en rapport avec celle des basses.
- Sept pédales, dont l’une est affectée à la boîte acoustique qui donne l’expression aux jeux du deuxième clavier de mains, servent encore , à la volonté de l’organiste, à faire toutes les combinaisons de jeux nécessaires aux effets qu’il veut rendre, et lui permettent de produire des crescendo qui font obtenir des nuances auxquelles les orgue» ne se prêtent pas ordinairement.
- Indépendamment des particularités que nous
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- venons d’indiquer sommairement, ce petit orgue dV'glise qui rentre dans la fabrication habituelle de MM. Cavaillé , se distingue également par une qualité de sons très-remarquable.
- La somme des talents indispensable pour mener à bonne fin la construction d’un instrument aussi compliqué qu’un grand orgue dont les qualités exigent d’ailleurs des connaissances si variées, jointe aux perfectionnements obtenus dans ces derniers temps par M. A. Cavaillé, dont la carrière ù peine commencée nouspromet encore de nouveaux progrès dans son art, paraissent au jury des titres suffisants pour justifier la médaille d’or qu’il décerne à MM. Cavaillé-Coll.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. GIRARD et Cie, à Paris, rue Saint-Maur-
- Saint-Germain, 17.
- La compagnie Girard qui a .succédé h la maison Daublaine et Caliinet, est par conséquent d’une origine toute récente, elle se recommande néanmoins par de beaux résultats de fabrication.
- Cette société, & laquelle s’intéressent des artistes du premier mérite, a confié la direction artistique de son établissement à M. Danjou, et celle de ses ateliers à M. Barker, auteur de l'invention capitale du levier pneumatique qui n’avait pas pu être exécutée en Angleterre, où elle a pris naissance, et fut enfin réalisée chez MM. Cavaillé pour le grand orgue de l’église St.-Denis.
- K.
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- Les orgues qui sortent de cette fabrique présentent naturellement les perfectionnements dus à son chef de travaux ; on y applique également l’invention non moins remarquable de la soufflerie k diverses pressions de M. Aristide Cavaille ainsi que ses nouveaux jeux harmoniques, dont il n’a pas jugé convenable de se réserver la jouissance exclusive.
- Il en résulte cju’on trouve dans les orgues de la compagnie Girard tous les perfectionnements auxquels on est parvenu aujourd’hui.
- Cette société présente, comme titres aux récompenses dont le jury peut disposer, le grand orgue de St.-Eustache , qu’elle vient de reconstruire, et un grand orgue dit de seize pieds, mis k l’exposition.
- Ce bel instrument est à trois claviers de mains
- et i clavier de pédales.
- Sur le premier clavier dit du positif,
- on a placé................................... 6 jeux.
- Sur le deuxième clavier du grand orgue. 8 — Sur le troisième clavier de récit. . . . io — Dont deux jeux d’expression aux pédales........................................ 5 —
- En tout...................................29 jeux.
- On a remarqué dans cet établissement, un jeu de trompettes d’une intensité supérieure aux jeux ordinaires résultant de l’application du système de soufflerie à diverses pressions, dont on a cru cependant devoir changer les dispositions tout en suivant néanmoins le même principe.
- On a remarqué également une nouvelle inven-
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- tion de M. Barker, pour obtenir l’expression des jeux d’anches libres par l’intermédiaire d’une pédale. Cette invention, dont le mécanisme est imité de celui qu’on emploie pour régler l’écoulement du gaz d’éclairage, laisse encore quelque chose à désirer. Les effets de pression ont lieu par secousse, d’ou il résulte une altération dans l’accord et la qualité du son.
- On peut espérer que dans des mains habiles, cette invention ne tardera pas k se perfectionner.
- Quoi qu ’il en soit, ce grand et bel instrument fait beaucoup d honneur.à ses auteurs, auxquels le jury décerne une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE
- M. SURET, à Paris, rue du Faubourg Saint-Martin, 119.
- M. Suret, qui était un des premiers ouvriers de la maison Daublaine et Callinet, s’en sépara lorsqu’elle devint société Girard et compagnie.
- Il a exposé un petit orgue à un clavier composé de six jeux; une flûte ouverte dite de huit pieds, un bourdon, un violoncelle, un prestant, une trompette et un hautbois.
- Cet instrument n’était pas bien placé pour faire juger la qualité des sons , qui ont paru un peu faibles, peut être par ce seul motif.
- La nature de ces sous et la construction de l’orgue , sont néanmoins très-satisfaisantes et le rendent
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- digne de la médaille de bronze qui lui est décernée par lejury.
- M. POIROT, à Paris, rue Saint-Denis, 374.
- M. Poirot construit des orgues de chapelle, auxquelles il adapte à volonté des cylindres notés qui les transforment en orgues à manivelles pour ceux qui ne savent point se servir du clavier. Le placement de ces cylindres s’opère plus facilement que parle moyen dont on fait généralement usage.
- Cet instrument se compose de six jeux parmi lesquels on compte nue flûte dite de huit pieds et un jeu de hautbois d’une jolie qualité de son. Les bouches de ce jeu sont en bois au lieu d’être faites, comme de coutume, en étain.
- Les orgues de M. Poirot sont construites avec soin et sont d’un prix peu élevé. Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- Orgues expressives.
- L’orgue expressif, que nous devons à Grenié, depuis plus de 30 ans, est encore aujourd’hui ce que nous avons de mieux en ce genre, pour la qualité du son aussi bien que pour l’étendue de l’expression.
- Cependant on a construit, depuis quelques années , des instruments fondés sur le même principe de l’anche libre , qui remplacent avantagea-
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- sement l’orgue de chambre connu anciennement sous le nom de Régale.
- Cette industrie, toute nouvelle, occupe déjà un grand nombre d’ouvriers ; ses produits se sont améliorés en se développant ; le petit volume de l’instrument, la modicité de son prix, le font rechercher malgré quelques inconvénients. On peut, entre autres, lui reprocher l’absence de moyens faciles pour rétablir l’accord, lorsqu’il vient à se déranger, et aussi de ne pas être doué d’un degré suffisant d’expression.
- Quoi qu’il en soit, ces instruments, imparfaits sans doute quant à présent, méritent des encouragements, parce qu’indépendamment du grand nombre de bras qu’ils occupent, ils concourent à répandre le goût de la musique religieuse.
- Le point de départ des progrès de ces instruments, a été l’emploi du sommier s’ouvrant à la manière d’un livre, que MM. Cavaillé-Coll, avaient appliqué au poïkdorgue, qu’ils construisaient il y a une dizaine d’années, et à la disposition des chambres d’air empruntée aux accordéons.
- Toutefois, les facteurs actuels ont eu le mérite d’obtenir par la disposition de ces chambres et la distribution du vent de la soufflerie, des qualités de son agréables, et ce qui est surtout remarquable, des timbres très-dilférents avec la même
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- anche, de manière à imiter assez bien les instruments de l’orchestre.
- On a vu reparaître à l’exposition un instrument de ce genre, le mélophone, que les cessionnaires du brevet Leclerc ont cherché à perfectionner en diminuant son volume et en rendant le toucher du clavier plus facile.
- Enfin, un autre instrument tout nouveau, appelé par son auteur, orgue expressif à percussion, a mérité tout l’intérêt du jury.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. MULLER, àParis,ruedelaVille-l’Évêque, 42.
- Tout en respectant la facture de l’orgue expressif que nous devons à Grenié, M. Müller n’a point cessé d’en perfectionner les détails. Il a présenté à l’exposition, un nouvel instrurhent construit en Allemagne sous la direction du célèbre organiste Neu-comm, et qu’il a appelé orgue expressif de voyage parce qu’il a la faculté de se replier sur lui-même; et bien qu’il ait six octaves d’étendue, de ne plus présenter qu’un volume d’un mètre environ sur 3o centimètres en largeur et en hauteur.
- Ce petit orgue , exécuté avec beaucoup de soin, est facile à visiter; il présente d’ailleurs peu de chances de dérangement, à cause de sa grande simplicité; son prix est très-peu élevé.
- Les soins consciencieux de M. Müller, et le nouvel instrument qu’il vient de naturaliser en France,
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- méritent la médaille de bronze que le jury lui décerne.
- M. MARTIN, à Provins (Seine-et-Marne).
- . L’orgue expressif de M. Martin, qui a été présenté non achevé devant le jury, renferme des éléments tout nouveaux qui paraissent dignes d’un grand intérêt.
- Basé comme toutes les orgues expressives sur le principe de l’anche libre, il en diffère cependant par une disposition toute particulière de la languette, et aussi parce que la lame vibrante est frappée pat-un marteau à échappement toutes les fois qu’on ouvre une soupape en posant le doigt sur une des touches du clavier; tant que la soupape reste ouverte , l’air comprimé par la soufflerie continue à faire résonner la note avec une intensité de son proportionnée à la pression du vent qu’on fait varier à volonté. La double action du marteau et du vent se fait remarquer par une instantanéité quon n’® jamais obtenue dans aucun instrument de ce genre.
- Il en résulte que cet instrument sera également propre à la musique légère et à la musique grave dè l’orgue.
- Les notes de la basse surtout, sont remarquables par l’intensité et la rondeur des sons, elles jouissent, en outre, d’une qualité très-précieuse qui rendra le jeu de 1a. soufflerie très-facile, c’est que les sons graves exigent une dépense d'air beaucoup moins considérable que les anches libres ordinaires.
- En exprimant sa satisfaction à M. Martin, le jury lui décerne la médaille de bronze aVee l’espoir
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- qu'à la prochaine solennité industrielle, il aura apporté h son instrument, des perfectionnements qui lui mériteront, une récompense d’un ordre plus élevé.
- M. FOURNEAUX, à Paris, galerie Yiviemie 64 et 70.
- M. Fourneaux a exposé un orgue expressif à deux claviers, un orgue du même genre avec jeu de flûte; un orgue à cylindre et à clavier avec jeux de flûtes et d’anches libres.
- Ces divers instruments, qui ont une bonne qualité de son, sont très-bien exécutés , la combinaison de leur mécanisme est bien entendue.
- L’alliance des jeux de flûtes et des jeux d’anches est d’un heureux effet, mais il est craindre que les influences particulières sous lesquelles se trouvent ces deux instruments, établis sur des principes différents, ne tendent à altérer l’accord.
- Les soins apportés dans la fabrication des instruments de M. Fourneaux, qui est un des plus anciens en ce genre, lui méritent une médaille de bronze comme récompense de ses constants efforts.
- M. DEBAIN, à Paris, rue Yiviemie, 53, et rue de Bondy, 76 et 78.
- M. Debain a exposé plusieurs instruments susceptibles de produire des effets très-variés entre les mains d’un artiste exercé ; mais cet avantage n’est obtenu que par un peu de complication dans le mécanisme , la qualité de son laisse aussi quelque chose
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- à désirer sous le rapport de la pureté et de la rondeur.
- Il faut dire cependant que l’exécution remarquable de M. Debain , indique un ouvrier habile, dont la construction bien entendue porte le cachet d’une grande régularité , conséquence des moyens mécaniques qu’il emploie.
- Le jury accorde la médaille de bronze à M. De-bain.
- MM. ALEXANDRE père et fils, à Paris, boulevard
- Ronne-Nouvelle, 10.
- MM. Alexandre construisent des orgues du même système que M. Debain ; leurs instruments sont bien exécutés et ont une bonne qualité de son.
- Le jury décerne la médaille de bronze à MM. Alexandre père et fils.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. DARCHE, à Paris, rue des Fossés-Montmartre, 7.
- M. Darche a exposé un orgue de chapelle et un jeu de trompette très-puissant, susceptible d’être entendu à une grande distance, et qu’on se propose, d après cela, d’employer à transmettre des signaux.
- Les applications de ce jeu de trompette peuvent être utiles. M. Darche a exposé également des timbales dont on peut changer le ton au moyen d’une pédale. Avant de se prononcer sur le mérite de
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- cette invention toute récente, elle a besoin de recevoir la sanction de l’expérience.
- On a remarqué encore parmi les instruments exposés par M. Darche, des grosses caisses dont le volume a été réduit autant que possible, ainsi qu’un moyen de tendre la peau des caisses sans employer la corde.
- Par ces divers motifs, le jury accorde une mention honorable à M. Darche.
- M. DUBÜS, à Paris, rue Basse-du-Rempart, 84.
- M. Dubus construit le petit orgue à anches libres si répandu aujourd’hui; son instrument est sagement conçu et possède une jolie qualité de son ; il a employé un mécanisme fort simple pour obtenir et supprimer l’expression, ainsi que pour faire entrer les divers jeux dont il est composé.
- M. Dubus est digne de la mention honorable que le jury lui décerne avec satisfaction.
- M. PELLERIN, à Paris, rue Meslay, 58 bis.
- M. Pellerin, un des cessionnaires du brevet Leclerc pour l’instrument appelé mélophone, a cherché à rendre la touche de cet instrument plus facile , et il est parvenu à en diminuer considérablement le volume*
- M. Pellerin a appliqué les anches libres, et le mécanisme du mélophone à la composition d’un orgue expressifs clavier, qu’il pourra livrer à très-bas prix. L’instrument que le jury a eu à examiner étant le premier qui ait été construit, il n’eat pas possible de se prononcer sur son mérite.
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- M. Pellerin a paru cligne de recevoir la mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. BRUNI, à Paris, rue de Breteuil, 6.
- M. Bruni a présenté un piano vertical, auquel il a ajouté un jeu d’anches libres. Cette idée n’est pas nouvelle; on a fait, il y a longtemps, des pianos organisés. MM. Müller, Cavaillé ont construit les instruments les plus remarquables en ce genre ; mais ils ont dû renoncer à cetie idée, par suite de l’inconvénient qu’on ne peut éviter pour la tenue de l’accord, qu’il est fort difficile, pour ne pas dire impossible, de conserver, à cause des conditions différentes dans lesquelles se trouve chacun des instruments.
- En présence de l’instrument i magi né par M. Isoard, et qui est complètement exempt de ce défaut, il serait désirable que les facteurs cessassent de rentrer dans cette voie essentiellement vicieuse.
- Le jury regrette que M. Bruni, qui est un homme intéressant, ne se soit pas borné à construire un piano ordinaire, qui aurait pu être comparé à ceux qui ont concouru et dont il a dû être séparé comme exceptionnel, et l’aurait peut-être mis dans le cas de recevoir une récompense plus élevée que la citation favorable que le jury lui décerne.
- M. WENDER, à Paris, rue Saint-Martin, 199.
- M. Wender fabrique une très-grande quantité d’instruments dits accordéons i il s’est attaché à les
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- perfectionner et s’occupe à leur appliquer des claviers ordinaires, qui permettent aux personnes qui connaissent la musique, de les employer.
- M. Wender est jugé digne de la citation favorable.
- SECTION IY.
- ÀRQUEBUSERIE ET FOURB1SSER1E.
- § 1. ARQUEBUSERIE.
- M. Théodore Olivier, rapporteur.
- Considérations générales.
- L’arquebuserie a exposé des armes à feu, soit de chasse , soit de guerre.
- Les armes de chasse ne peuvent pas être examinées du même point.de vue que les armes de guerre ; ces dernières doivent être d’une exécution facile et prompte, elles doivent être simples dans leurs formes et peu compliquées dans leur mécanisme. De plus, les armes de guerre doivent être construites sur un modèle unique ; de là la nécessité de cette circonspection si prudente que l’on doit apporter, lorsqu’il s’agit d’accepter des inventions nouvelles, car aussitôt que quelques changements sont reconnus bons et utiles, c’est
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- par plusieurs centaines de mille francs que l’on doit compter la dépense exigée pour les modifications à introduire dans les armes de guerre.
- Peu importe que dans une réunion de chasseurs chacun d’eux se présente avec un fusil d’un système particulier et se chargeant d’une manière spéciale. Mais dans les armes de guerre on conçoit qu’il est d’une impérieuse nécessité que toutes soient du même modèle et se chargent de la même manière.
- Les exigences du commerce et surtout les caprices de la mode, et aussi certains goûts particuliers des acheteurs, obligent l’arquebusier à varier les formes et la richesse de ses armes de chasse.
- La variété qui s’est fait remarquer à l’exposition dans les produits de l’arquebuserie est une chose heureuse ; l’on voit avec plaisir l’esprit d’invention se développer dans l’industrie des armes, comme il s’est développé à un si haut degré dans l’industrie des machines, car les modifications des armes de chasse amènent presque toujours les perfectionnements des armes de guerre; et cela doit être, puisque ces dernières ne peuvent être utilement modifiées que lorsqu’une longue expérience a fait reconnaître l’importance d’une idée nouvelle et l’utilité de son adoption.
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- Le luxe des armes de chasse est aussi une bonne chose, mais il ne faut pas fabriquer des armes qui ne soient que très-riches ; il faut que le dessin des ornements ciselés, des sculptures et des incrustations soit d’un goût pur et sévère ; il faut, en un mot, que l’arme sortie des mains de l’arquebusier soit à la fois, et une œuvre d’artiste et une bonne arme.
- Pour qu’une industrie soit prospère, il faut, sans nul doute, que ses produits soient variés de manière à pouvoir satisfaire les besoins de toutes les classes de la société ; toutefois, il nous semble que les arquebusiers doivent éviter l’excès de fabrication dans les armes de luxe.
- C’est avec une grande satisfaction que le jury a remarqué les armes bien confectionnées et d’un prix modéré.
- Saint-Étienne entre dans une voie nouvelle, il cherche à enlever à Liège le monopole des armes à bon marché et dites armes de traite.
- La vie étant meilleur marché à Liège qu’à Saint-Étienne, et aussi la matière première étant d’un prix plus élevé en France qu’en Belgique, les fabricants français devront chercher les moyens d’arriver aux mêmes prix sans réduire le salaire de leurs ouvriers, car le jury ne consentirait pas à encourager une industrie qui enrichirait le fabricant à la condition de laisser l’ouvrier dans la
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- misère. Dans chaque branche d’industrie il faut que l’ouvrier, avec de l’ordre et de l’économie, puisse vivre de son travail.
- Le jury voit avec un grand plaisir que plusieurs arquebusiers de province ont envoyé des produits dignes d’éloges.
- L’arquebuserie a occupé dignement sa place à l’exposition de 1844. Quarante-huit fabricants ont été admis au concours par les jurys départementaux; le jury central a dû être sévère dans la distribution des récompenses, et les exposants ne doivent point oublier que l’admission de leurs produits dans le palais de l’exposition est déjà une récompense, puisqu’elle est un certificat ou de la bonne fabrication, ou de l’utilité, ou de l’ingénieuse nouveauté des produits industriels exposés.
- Depuis l’exposition de 1839, l’arquebuserie a fait des progrès, et il est utile de signaler ses perfectionnements les plus importants.
- La carabine de guerre de M. Delvigne a été perfectionnée par son auteur, qui a imaginé, en outre, une balle d’une forme nouvelle. Les expériences qui ont eu lieu à Yincennes ont démontré que les nouveaux projectiles à forme cylindro-conique donnaient à l’arme une supériorité de portée et une justesse de tir que l’on ne peut
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- obtenir avec les anciennes balles de forme sphérique.
- La fabrication des canons ruhannés a été modifiée par trois canonniers habiles et expérimentés dans leur art.
- M. Albert Bernard qui, en 1839, avait présenté au jury des canons formés de deux rubans enroulés en hélice et dans le même sens, superposés l’un sur l’autre joint sur plein et soudés l’un à l’autre de plat, a présenté cette année des canons fabriqués de la même manière et qui ont résisté à des épreuves énormes : tous les canons essayés ont supporté, sans altération, une charge de 30 gram. de poudre et de 120 gram. de plomb, ce qui équivaut à neuf charges ordinaires.
- M. Gastine-Renette a imaginé, plus tard, de donner aux rubans la forme prismatique. La section transversale du ruban de M. Albert Bernard est un rectangle, mais cette section est un triangle pour le ruban employé par M. Gàstine-Re-nette.
- C’est M. Gastine-Renette qui, le premier, a appelé ses confrères à des épreuves publiques pour constater la force et la résistance des canons de fusil. Cet appel a été entendu par M. Albert Bernard et par son frère cadet M. Léopold Bernard, qui a employé une autre manière de fabriquer les canons rubannés. Il enroule aussi en hélice deux
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- rubans à section transversale rectangulaire, mais l’un des rubans tourne de droite à gauche, pendant que l’autre ruban tourne en sens inverse et ainsi de gauche à droite. Nous devons toutefois faire remarquer que M. Albert Bernard avait exposé, en 1827, des canons fabriqués suivant1 cette méthode , et qu’il obtint à cette époque une mention honorable qui lui fut accordée par le jury central. Les épreuves subies^par lès canons forgés par MM. Albert Bernard, Gastine-Rènette et Léopold Bernard , ont démontré l’excellence des produits sortis des ateliers de ces trois habiles fabricants.
- Les procès-verbaux de ces diverses épreuves ont été publiés dans les comptes rendus de l’Académie royale des sciences, de l’Institut dé France.
- Toutefois, nous croyons devoir faire remarquer aux arquebusiers que la grandë résistance que présentent maintenant leurs canons de fusil, né doit pas les engager à en diminuer le poids. Il ne
- faut pas rendre un fusil trop léger.
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- Ce fut lors de ilâ résistance héroïque de la Pologne , que M. de Girard imagina* ëtfotablitW Var-
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- bois de fusil qu’il présente aujourd’hui. Cet hall 8
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- bile et industrieux inventeur avait déjà envoyé en 1832, des échantillons des produits de ses machines à la société d’encouragement pour l’industrie nationale. M. Grimpé avait,à cette même époque , imaginé et établi à Paris des machines propres à la solution du même problème. Il y a des points de similitude, comme cela devait être, mais aussi des dissemblances notables sur plusieurs autres points, entre les machines de M. de Girard et celles de M. Grimpé.
- L’honneur de la solution du problème de la fabrication des bois de fusil par des procédés mécaniques , appartient donc à la fois et à M. de Girard et à M. Grimpé.
- Mais comme les machines employées par M. de Girard n’existent encore qu’à l’étranger, tout en mentionnant ici, et de la manière la plus honorable, la belle invention d’un Français, le jury se voit forcé, quoiqu’à regret, de mettre M. de Girard hors de concours pour la fabrication des bois de fusil par machines.
- Mais les services signalés que M. de Girard a rendus à P industrie, par la découverte si importante des principes fondamentaux de la filature du lin par machines, ne seront point oubliés par le jury de 1844.
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- MÉDAILLE D’OR.
- M. DELVIGNE, à Paris, rue de Chartres-du-Roule, 21.
- M. Delvigne a reçu une médaille d’argent à F exposition de i834> et le jury lui a décerné une nouvelle médaille d’argent en i83g.
- Ces récompenses furent accordées à M. Delvigne pour la construction de la carabine qui porte son nom et pour l’invention des balles-obus.
- Depuis cette époque , M. Delvigne n’a pas cessé un seul instant de s’occuper des perfectionnements à apporter aux armes de guerre, et il a surtout perfectionné la forme de la balle cylindro-conique.
- Des expériences faites à Vincennes ont montré que la justesse du tir était plus grande avec l’arme et la nouvelle balle de M. Delvigne, et avec une charge moindre, à la distance de six eents mètres, que celle du fusil de munition à la distance de trois cents mètres; on a reconnu aussi que le recul de l’arme était insensible.
- M. Delvigne a inventé un mousqueton de cavalerie qui est rayé, et dont la forme toute particulière permet au soldat de le tirer en ne se servant que de la main droite. Le ceutre de gravité de cette arme est placé de telle manière que le cavalier peut à son gré se servir de son arme comme d’un pistolet, et sans épauler la crosse, ou comme d’un mousqueton en épaulant.
- Les diverses armes imaginées par M. Delvigne ont été longuement expérimentées, soit au tir à la ci-
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- ble, soit à la guerre, et leurs avantages ont été re~ connus par tous ceux qui s’en sont servi.
- Les longs et. constants efforts de M. Delvigne, et les beaux résultats auxquels i! est parvenu, sont dignes d’une haute récompense, car il est d’une très-grande utilité d’avoir des armes d'une longue portée et d’une justesse de tir dont on soit assuré.
- Le jury décerne à M. Delvigne une médaille d’or.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. LEPAGE-MOUTIER, à Paris, rue Richelieu ,
- 13...
- M. Lepage-Moutier a fait des efforts pour soutenir la réputation de l’ancienne maison Lepage. Les armes qu’il a exposées sont dignes d’éloge.
- M. Lepage-Moutier a aussi fabriqué des épées et des armes de luxe; pour quelques-unes.de ces pièces bien confectionnées d’ailleurs, le bon goût au» rail peut-être quelque chose à dire, mais nous devons ajouter aussitôt que ces divers objets ont été commandés à M. Lepage-Moutier.
- ~ Le jury accorde à M. Lepage-Moutier le rappel de la médaille d’argent qu’il a obtenue en i83p.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. BERNARD (Albert), à Paris, avenue de Lamothe-Piquet ,8.
- M. Albert: Bernard est, le premier, canonnier qui;
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- se soit, à Paris, occupé de la fabrication des canons par machines.
- Son exposition est remarquable, puisque tous les canons présentés à l’examen du jury, ont subi des épreuves énormes et inusitées jusqu’à ce jour.
- M. Albert Bernard a aussi exposé une eanardière composée de trois canons assemblés en triangle. Cette pièce, qui lui a été commandée par un amateur, doit être remarquée, mais seulement comme œuvre de canonnier; elle dénote une grande habileté de fabrication.
- Les produits sortis des ateliers de M. Albert Bernard sont très-appréciés par ses confrères.
- Le jury décerne à M. Albert Bernard une médaille d’argent.
- M. GASTINE-RENETTE, à Paris, rond-point des Champs-Élysées, 1.
- M. Gastine-Renette fabrique lui-même ses canons qu’il monte ensuite dans ses ateliers. Les canons de fusils construits d’après le procédé qui lui appartient, ont subi des épreuves énormes et inusitées jusqu’à ce jour.
- M. Gastine-Renette a aussi exposé des armes (fusils et pistolets) d’une fabrication digne d’éloge. On a distingué, comme idée ingénieuse, un mousqueton portant son amorçoir.
- Plusieurs pistolets se font aussi remarquer par des ornements ciselés et d’un bon goût.
- Le jury décerne à M. Gastme-Renette une médaille d’argent.
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- M. BERNARD (Léopold), à Paris, rue Marbeuf,
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- M. Léopold Bernard a dignement marché sur les traces de son frère aîné ; ses canons de fusil ont, comme ceux de MM. Albert Bernard et Gastine-Renette, subi des épreuves énormes et inusitées jusqu’à ce jour.
- Les produits de ces trois habiles canonniers sont dignes d’éloge,- et doivent être placés sur la même ligne.
- Le jury décerne à M. Léopold Bernard une médaille d’argent.
- M. BÉRINGER, à Paris, rue du Coq-Saint-Honoré, 6.
- M. Béringer a perfectionné les diverses inventions qui furent, en 1839, récompensées par une médaille de bronze.
- Ou ne doit point oublier que M. Béringer est le premier avec Lefaucheux qui a imaginé le culot métallique pour fermer hermétiquement toute issue aux gaz produits par l’inflammation de la poudre; l’utilité de cette invention a été reconnue par tous les arquebusiers, et ils se sont empressés de l’accepter : l’exposition de 1844 en fait foi*
- C’est encore M. Béringer qui, le premier, a montré la possibilité de lancer une balle avec de la poudre fulminante, sans détruire les armes, et cela en laissant une chambre remplie d’air entre la matière explosive et le projectile. Cette idée a été féconde en utiles applications.
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- Les armes construites d’après ces divers principes, etque M. Béringer a soumises, en 1844,à l’examen du jury, sont supérieures à celles qu’il avait présentées en 1889, et d’un prix moins élevé.
- Le jury décerne à M. Béringer une médaille d'argent.
- M. GAUYAIN, à Paris, boulevard Mont-Parnasse , 47.
- M. Gauvain a exposé des armes d’un prix modéré et bien confectionnées: le bois est peu creusé pour recevoir le canon *, cette manière de monter le fusil est avantageuse, puisqu’elle laisse plus de bois et donne plus de solidité à l'arme.
- M. Gauvain a en outre exposé une paire de pistolets en acier fondu, et ciselés avec un talent des plus remarquables d’après les dessins de M. Liénard. C’est une œuvre d’artiste, et la plus belle pièce de l’arquebuserie de luxe.
- Ce qui donne surtout un grand prix aux armes de luxe de M. Gauvain, c’est-qu’elles se font distinguer moins par la richesse de la matière que par le fini pur et artistique de l’exécution.
- Le jury décerne à M. Gauvain une médaille d’argent.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. CLAUDIN, à Paris, rue Joquelet, 1.
- M. Claudin qui, en 1889, a mérité une médaille de bronze, ne s’est point montré au-dessous de lui-même en 1844* Son exposition est digne d’éloge.
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- Le jury accorde à M. Claudin le rappel de la médaille de bronze obtenue en 1839.
- M. CAMILLE-JUBÉ ( ancienne maison Lefau-cheux), à Paris, rue de la Bourse, 10.
- La maison Lefaucheux soutient dignement sa réputation.
- Le jury accorde à M. Camille-Jubé le rappel de la médaille de bronze de i83g.
- M. DESNYÀU, à Paris, rue Jean-Jacques-Rousseau , 5.
- M. Desnyau a présenté des fusils se chargeant par la culasse (système Robert modifié et perfectionné); on a remarqué un mécanisme ingénieux au moyen duquel la cartouche, après le coup tiré, est repoussée hors de l’âme clu canon, lorsque l’on fait agirla bascule pour pouvoir recharger l’arme; c’est une nouvelle solution d’un problème qui est déjà résolu de plusieurs manières différentes.
- Le jury accorde à M. Desnyau le rappel de la médaille de bronze qu’il a obtenue en i83g.
- M. PERIN-LEPAGE, à Paris, rue de la Chaussée-d’Antin, 2/t.
- Le jury accorde à M. Perin.-Lepage le rappel de la médaille de bronze qu’il a obtenue à l’exposition de 1834 » et dont il avait obtenu le rappel en i83g.
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- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. PRÉLAT, à Paris, rue Neuve-des-Petits-Champs, 103.
- M. Prélat a exposé des fusils dont les canons sont à tonnerres renforcés. Les armes de M. Prélat sont exécutées d’une manière consciencieuse, et il les livre à des prix modérés.
- M. Prélat a aussi exposé des pistolets à cinq coups dont le mécanisme est ingénieusement disposé.
- L’arquebuserie est redevable à M. Prélat de plu sieurs idées utiles relativement aux armes à percussion.
- M. Prélat n’a pas exposé en 1839, mais il s’est toujours fait remarquer aux expositionsprécédentes; et à celle de i834, il a obtenu la médaille de bronze.
- Le jury décerne à M. Prélat une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. DELAIRE, à Paris, rue Férou, 28.
- M. Delaire a exposé six fusils exécutés sous sa direction par M. Cordouan, arquebusier, et chacun d’eux présente une idée nouvel le. M . Delaire a exposé, en outre, une balle-cartouche qui permet de charger facilement son arme lorsque Von est à cheval.
- Les diverses inventions de M. Delaire sont dignes d’éloge, car elles sont bonnes en elles-mêmes.
- On ne doit pas récompenser seulement les inventions qui de proche en proche s’étant répandues,
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- ont fini par être adoptées par tous; on doit aussi récompenser l’esprit d’invention lorsque les produits que présente leur auteur sont rationnels.
- Le jury décerne à M. Delaire une médaille de bronze.
- M. PIDAUT, aux Batignolles-Monceaux ( Seine ), clos des Cerisiers, 9.
- M. Pidaut a exposé une platine pour fusil de munition, et qui est telle qu’on ne peut concevoir rien de plus simple. Cette platine se compose d’un chien-marteau , d’un grand ressort et d’un corps de platine remplissant l’ofiice de la noix; trois pièces en tout composent donc la batterie. Cette idée, tout à fait nouvelle, est digne de récompense , car la platine de M. Pidaut est la plus simple que l’on ait imaginée jusqu’à ce jour.
- Le jury décerne à M. Pidaut une médaille de bronze.
- M. LEFAURE, à Paris, boulevard Poissonnière, 9.
- M. Lefaure a mérité, en 183g, une mention honorable; en 1844 ? d s’est montré digne d’une récompense plus élevée, et pour la bonne exécution de ses platines, et pour le travail de lime remarquable de ses garnitures.
- Le jury décerne à M. Lefaure une médaille de
- bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. PORQUET, à Pontoise ( Seine-et-Oise).
- M. Porquet a exposé deux carabines et quatre fusils de chasse.
- L’une des carabines à canon en acier fondu, est à double ou simple détente à volonté; elle est à guidon et hausse mobiles et gradués.
- La seconde carabine porte double détente, aiguille avec support et double ponté réductible à l’aide d’une vis de pression; guidon et hausse mobiles et gradués.
- Ces armes sont bien exécutées.
- Le jury accorde à M. Porquet une mention honorable.
- M. HOULLIER-BLANCHARD, à Paris, rue de Cléry, 36.
- M. Houllier-Blanchard a exposé des armes bien exécutées; on a remarqué une paire de pistolets de luxe dont les ornements sont d’un très bon goût.
- Le jury accorde à M. Houllier-JBlanchard une mention honorable.
- M. DEVISME, à Paris, boulevard des Italiens, 26.
- M. Devisme a exposé des armes dignes d’éloge. Le jury accorde à M. Devisme une mention honorable.
- M. CARON, à Paris, passage de l’Opéra, 20.
- M. Caron a exposé des fusils (à coupe anglaise)
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- bien confectionnés ; on a remarqué un fusil richement décoré.
- Le jury accorde à M. Caron une mention honorable.
- M. GUÉRIN, à Honfleur (Calvados ).
- On a remarqué avec intérêt un petit mécanisme ingénieux inventé par M. Guérin, et qui sert, par une combinaison nouvelle, à arrêter le jeu des gâchettes lorsque l’arme est hors des mains du chasseur.
- Le chasseur, au moment où il met en joue, désembraye les gâchettes et tout naturellement par la seule pression de la main sur la poignée du fusil, et cela au moment où il porte le doigt sur la gâchette.
- Le jury accorde à M. Guérin une mention honorable.
- M. GODDET, à Paris, rue Saint-Lazare, 12h.
- M. Goddet, canonnier, a présenté des canons de fusil connus dans le commerce sous le nom de canons de Paris.
- Ces canons sont bien fabriqués et ont résisté à des épreuves très-fortes ainsi que le constatent des procès-verbaux signés par plusieurs arquebusiers.
- En 1839, M. Goddet avait obtenu une citation favorable.
- Le jury lui accorde, en 1844 > une mention honorable.
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- M. ALIX, à Paris,’rue Pastourelle, 8. ( Système de M. le baron Heurteloup. )
- M. Alix a exécuté le fusil inventé par M. le baron Heurteloup ; ce travail est digue d’éloge.
- Le jury accorde à M. Alix une mention honorable.
- M. JALABERT-LAMOTTE aîné, à Saint-Étienne ( Loire );
- M. Jalabert-Lamotte aîné a cherché à rivaliser avec Liège pour la fabrication des armes à bon marché, et dites armes de traite. Les premiers essais de M. Jaîabert doivent être encouragés par le jury; car il est utile d’appeler l’attention du commerce d’exportation sur certains produits de l’industrie française.
- Le jury accorde à M. Jalabert-Lamotte aîné une mention honorable.
- M. MARTIN , à Paris, rue Phelippeaux, 36.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Martin pour le mécanisme de son amorçoir inhérent au fusil.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement :
- ; t\
- M. GOSSE, à Paris, rne Neuve-des-Mathurins, À9*
- * - t C
- Pour son fusil se chargeant parla culasse.
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- M. BERTONNET,à Senlis (Oise),
- Pour ses fusils bien fabriqués et à des prix modérés.
- M. JOURJON, à Rennes (Illè-et-Villaine),
- Pour un fusil bien exécuté et sculpté avec recherche.
- M. SCHMITT, à Châlons-sur-Marne (Marne),
- Pour un fusil à secret.
- M. LORON, à Versailles (Seine-et-Oise),
- Pour un fusil de luxe d’une belle exécution.
- Fabrication des capsules-amorces, des poires à poudre
- et des cartouches.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. BOCHE, à Paris, rue du Faubourg Saint-Martin, passage du Désir, 89.
- En i83g, M. Boche, fabricant de poires à poudre, a obtenu une médaille de bronze. Depuis cette époque, M. Boche a perfectionné ses produits, et sa vente s’est beaucoup augmentée. Les chasseurs ont adoptés son nouveau sac à plomb, à charge genouillère-lunette , ainsi que son amorçoir-navette, dont le mécanisme est aussi simple qu’ingénieux.
- Les poires à poudre qu’on a remarquées dans les
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- nécessaires des arquebusiers admis cette année à l’exposition, sortent toutes des ateliers de M. Boche; les arquebusiers les ont ensuite gravés, ciselés, ornés suivant leur goût.
- Tous les produits exposés par M. Boche sont de fabrication courante, et ils se font remarquer par une excellente execution.
- Le jury décerne à M. Boche une médaille d’argent.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- Madame veuve GÉVELOT et fils, à Paris, rue Notre-Dame-des-Victoires, 24.
- En 1839, la fabrication des capsules-amorces de M. Gévelot fut récompensée par une médaille de bronze. Depuis cette époque, ce fabricant est mort, et c’est sa veuve et ses fils qui continuent à diriger la fabrique.établie à Issy, près Paris, pour la confection de la poudre fulminante, et les ateliers de Paris où l’on fabrique les capsules.
- Depuis 1839, madame veuve Gévelot a imaginé une nouvelle forme de capsule qui est exposée pour la première fois en 1844* La nouvelle capsule a la forme prismatique, cette forme la rend d’un emploi plus commode, on peut mieux la saisir, elle roule moins dans les doigts du chasseur.
- Depuis 1839, madame veuve Gévelot a perfectionné les divers détails de sa fabrication, et ses produits sont toujours très-recherchés par le commerce. La maison Gévelot fabriquait bien en 1839, elle fabrique beaucoup mieux en 18^4. f.,
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- Le jury décerne à madame veuve Gévelot une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. GAUPILLAT, ILLIG, GUINDORFF et MASSE, aux Bruyères-de-Sèvres (Seine-et-Oise ).
- MM. Gaupillat, Illig, Guindorfï' et Masse ont établi aux Bruyères, près Sèvres, une fabrique de capsules-amorces dont les produits sont bons; ces fabricants, frappés des dangers que courent habituellement les ouvriers chargés de placer le fulminate dans les capsules, ont imaginé un bouclier qui met l’ouvrier à l’abri des petites explosions.
- Cette pensée utile et heureusement, réalisée, est digne de récompense.
- Le jury décerne à MM. Gaupillat, Illig, Guin-dorlf et Masse , une médaille de bronze.
- M. CHAUDUN, à, Paris, rue du Faubourg-Montmartre , h.
- M. Chaudun s’est partieulièment occupé de la fabrication des cartouches. Il a imaginé des cartouches en papier qu’il rend hydrofuge par une préparation particulière. L’auteur a donné à son papier préparé le nom de papier-contractile, parce que, lorsque le coup est tiré, le. papier de la cartouche est grippé, et elle se retire très-facilemept avec le do’gt, de 1’ àme des canons qui se chargent par la culasse.
- M. Chaudun a construit une nouvelle cheminée de fusil, qui est telle, qu’elle empêche tout éclat
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- de capsule au moment du tir ; il a inventé divers instruments destinés à rendre la fabrication des cartouches-Robert très-facile aux chasseurs.
- Les inventions de M. Chaudun sont dignes d’éloge.
- Le jury décerne à M. Chaudun une médaille de bronze.
- § % FABRICATION DES LAMES EN ACIER DAMASSÉ.
- FOURBISSERIE.
- Considérations générales.
- Après nos campagnes d’Égypte, le goût désarmés en acier damassé s’était répandu parmi lès officiers.
- Depuis notre conquête de 1*Algérie, ce goût est devenu plus vif. Jusqu’à présent, malgré lès travaux de Clouet et de M. Bréant, la fabrication de ces lames, si recherchées et auxquelles lès orientaux accordent une si haute estime, n’avait pu s’introduire parmi nous. On faisait bien des lames en damas, mais elles étaient bien loin de celles d’Orient pour la richesse et la variété du damassé.
- D’ailleurs les procédés n’étaient pas fixés de manière à servir à une fabrication courante et régulière.
- L’exposition de 18kh nous a montré des pro-» 33
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- duits remarquables en ce genre, et nos armuriers pourront facilement fabriquer des lames-damas aussi belles que celles venues de l’Orient; tous les procédés leur ont été généreusement abandonnés.
- Les lames-damas ne seront jamais que des armes de luxe, car leur prix sera toujours forcément élevé.
- Mais enfin nous ne serons plus tributaires de l’Orient, et notre industrie vient de conquérir un nouveau produit.
- La fourbisserie a fait des progrès notables.
- Elle fait mieux et à meilleur marché ; les objets qu’elle confectionne sont recherchés à l’étranger, surtout au Brésil et dans l’Amérique Méridionale. C’est à Paris qu’elle a son principal siège.
- Fabrication de lames en acier damassé. MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. le duc de LUYNES, rue Saint-Dominique-Saint-Germain, 38.
- M. le duc de Luynes a exposé trente lames de sabres et des armes blanches de formes diverses, en acier damassé.
- Après les travaux de Clouet, qui furent suivis de ceux de M. Bréant, on ignorait encore les-véritables procédés suivis, par les orientaux dans la fabrication
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- de leurs damas. M. le duc de Luynes s’est proposé la solution de ce problème, établir d’une manière industrielle la fabrication des lames-damas ; et il l’a parfaitement résolu.
- Les lames en acier corroyé contenant du nickel, ont surtout fixé l’attention du jury. Le large damassé, moiré et ondulé, de ces sabres produit beaucoup d’effet par lecontraste de ses veines blanches et noires.
- M. Le duc de Luynes ayant la conviction qu’il avait en sa possession des procédés de fabrication qui pouvaient rivaliser avec ceux des Orientaux, a fait un voyage au Caire et à Damas pour montrer ses produits aux fabricants de ces contrées. Là, il a acquis la certitude qu’il avait bien en effet résolu le problème qu’il s’était posé; et de retour dans son pays, il a communiqué aux armuriers français, avec autant de simplicité que de générosité, la marche de toutes ses opérations métallurgiques ; car M. de Luynes navait entrepris ce travail que dans F espoir de le voirunjour servir aux progrès de Findustrie.
- La solution du problème relatif à la fabrication courante des lames damassées est sans doute une chose digned’intérêt,maisl’industriefrançaisen’enretirera pas les avantages dont on la dotera , le jour où on lui apprendra à fabriquer, avec nos meilleurs fers, de l’acier fondu égal à celui que l’on est forcé de tirer d’Angleterre.
- Espérons donc que M. le duc de Luynes se livrera tout entier, avec sa persévérance habituelle et son dévouement si connu aux progrès des arts et de l’industrie, à la solution du nouveau problème posé. Ses premiers travaux l’ont déjà mis sur la route ; qu’il
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- achève, et il aura bien mérité de l’industrie de son. pays.
- Il est beau de descendre dans la lice, avec les travailleurs, lorsque l’on possède une position élevée dans la société et une grande fortune patrimoniale. M. le duc de Luynes a donné un noble exemple en suivant le précepte qui dit : les travaux industriels et artistiques ennoblissent même les plus nobles.
- A la fabrication des lames en acier damassé, le jury accorde, en. 1844? la seconde de ses récompenses; mais tout nous porte à croire que dans cinq ans , le problème, sur l’acier fondu, sera résolu ; et le jury serait sans doute heureux d’accorder la médaille d’or à l’auteur d’une fabrication aussi utile.
- Le jury décerne à M. le duc de Luynes la médaille d’argent.
- Fourbisserie.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. MARTIN, à Paris, rue Phelippeaux, 36.
- M. Martin, fourbisseur et fabricant d’armes de tous genres, a exposé des sabres richement montés et remarquables par le bon goût des ornements et le fini du travail, qui est dû moins au ciseleur qu a l’emploi bien entendu des procédés mécaniques. On a distingué les lames montées dans le genre oriental; mais ce qui a surtout fixé l’attention du jury, c’est la bonne confection des armes simples et qui sont livrées au commerce è des prix très-modérés.
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- Par les perfectionnements apportés dans sa fabrL cation, M. Martin peut livrer à i5 fr. et 25 fr. ce qui ne pouvait se livrer qu’à 35 fr. et 4° fr.
- Maintenant on fait mieux et à meilleur marché, il y a donc un progrès réel dans l’art du fourbisseur.
- Le jury décerne à M. Martin une médaille de bronze.
- M. DELACOUR, à Paris,krue aux Fers, 20.
- M. Delacour, fourbisseur ,. a exposé un grand nombre de sabres et d’épées de modèles différents; ces armes sont montées , les unes très-simplement, les autres très-richement.
- L’artMu fourbisseur a vraiment fait de grands progrès ; les poignées ont des formes moins lourdes et les ornements sont d’un bon goût. Les armes riches sont livrées au commerce à des prix bien inférieurs à ceux exigés il y a plusieurs années, et le prix des sabres destinés aux officiers d’infanterie est vraiment si réduit que l’on a lieu d’en être surpris; ainsi M. Delacour livre un sabre dont la poignée est en cuivre composé de. manière à imiter le vermeil et n’ayant nullement .besoin d’être doré, pour la somme de neuf francs.
- On a remarqué un mécanisme ingénieux et tout nouveau, imaginé par M. Delacour, au moyen duquel un officier peut, en ne se servant que du pouce de la main droite, faire relever la coquille de garde au moment où il tire son épée; et cela , par une simple pression sur un bouton. Ce moyen sera généralement adopté, car il est bien préférable à celui usité, et qui presque toujours exige que l’officier
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- se serve de ses deux mains, ce qui est gênant et disgracieux, surtout lorsqu’on est à cheval.
- M. Delacour emploie beaucoup de lames qu’il fait venir de Solingen parce qu’elles sont plus richement décorées que celles qui sortent de nos fabriques de Klinginthal et Châtelîeraut; ces lames sont montées dans ses ateliers et expédiées, pour la plupart , au Brésil.
- Le jury décerne à M. Delacour la médaille de bronze.
- Fabrication de couteaux de chasse.
- MENTION HONORABLE.
- MM. DUMONTTIIER et CHARTRON, à Houdan , près Mantes ( Seine-et-Oise ).
- MM. Dumonthier et Chartron ont exposé des couteaux de chasse-pistolets.
- La crosse du pistolet sert de manche au couteau ; ces armes peuvent être utiles dans certaines chasses; elles sont bien confectionnées.
- Le jury accorde à MM. Dumonthier et Chartron une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- Le jury cite favorablement ;
- M. A. GILBERT, ancien sous-lieutenant au 37* de ligne, à Paris, rue des Saints-Pères, 12 ,
- Pour une giberne d’infanterie qui est ingénieusement combinée.
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- SECTION Y.
- ÉCLAIRAGE.
- M. Pouillet, rapporteur.
- Considérations générales.
- L’éclairage, considéré d’une manière générale, est d’une très-haute importance économique : il absorbe annuellement des capitaux considérables; et cette énorme dépense pèse à la fois sur toutes les conditions de l’état social, sur le pauvre comme sur le riche, sur les' populations éparses et isolées dans nos campagnes, comme sur les populations réunies dans nos grandes cités.
- Les moindres épargnes dans les méthodes d’éclairage , deviennent donc, en se multipliant sur toute l’étendue du pays, un véritable élément de richesse, sans compter que les perfectionnements dans la construction des appareils peuvent contribuer encore à réduire peut-êtredes causes d’incendie et les dommages qui en résultent. G’est surtout dans les questions de cette espèce qu’il est permis de dire qu’il n’y a pàs de petites économies : plus une consommation est impérieuse pour le peuple, plus il importe d’y satisfaire'à peu de frais. Aussi, depuis un demi-siècle, de-
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- puis que les sciences expérimentales ont donné à l’industrie un nouvel essor, la question de l’éclairage a-t-elle fait d’immenses progrès : on a vu de toutes parts d’habiles inventeurs s’en occuper avec prédilection et avec un rare bonheur ; les premières et les plus importantes découvertes en ce genre , se rattachent, en France, aux noms d’Argand, de Quinquet, de Bordier-Marcet, de Carcel et Garreau, de l’ingénieur Lebon ; et, en Angleterre, au nom d’un illustre chimiste : de Davy.
- Les perfectionnements ont été de deux sortes : les uns se rapportent au choix et à la préparation des combustibles qui donnent la lumière ; les autres se rapportent aux appareils de combustion.
- Combustibles d'éclairage.
- Autrefois, comme combustibles, on ne connaissait guère que la cire, l’huile et le suif; la découverte du gaz d’éclairage, par Lebon, a été le prélude de nouvelles découvertes non moins, importantes : la chimie a bientôt reconnu que les carbures d’hydrogène étaient le principe essentiel de tout éclairage, et que ces carbures pou-vaient non-seulement se présenter sous les formes les plus diverses, mais qu’ils pouvaient aussi se tirer des sources les plus différentes. De là une
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- série de découvertes qui sont industriellement très-dignes d’attention. Les carbures propres à l’éclairage ont été tirés successivement des matières schisteuses, de la résine et de ses dérivés, des eaux savonneuses qui infectaient les rues de certains pays de fabrique, de l’alcool, du bois, et même des goudrons ou autres matières provenant des [distillations de la houille, du bois et de diverses matières organiques. C’est ainsi que dans l’espace de quelques années, le nombre des matières propres à fournir un brillant éclairage , s’est prodigieusement accru, par cela seul qu’on est parvenu à bien constater quels sont les éléments chimiques qui produisent économiquement la lumière par leur combustion dans l’air.
- Parmi ces moyens quels sont ceux qui prévaudront , soit pour l’éclairage public, soit pour l’éclairage domestique ? C’est une question qui n’est pas susceptible * d’une solution absolue; l’économie est dépendante des industries diverses qui se trouvent liées à l’exploitation de ces divers produits ; ce sont autant d’enchaînements de fabrications qui réagissent les unes sur les autres, et qui se font une, concurrence utile pour arriver à une production de lumière très-économique. (Ce sujet appartient plus spécialement à une autre partie de nos rapports. Yoyez le Rapport
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- de M. Payen sur les combustibles d'éclairage, page 822. )
- Appareils.
- Les appareils d’éclairage peuvent aujourd’hui se séparer en trois catégories distinctes :
- 1° Les lampes à huile qui brûlent le liquide au moyen d’une mèche.
- 2° Les lampes à gaz qui brûlent des carbures gazeux formés dans l’appareil lui-même au moyen de la chaleur de la flamme.
- 3° Les appareils à gaz qui reçoivent d’un gazomètre des carbures gazeux préparés d’avance.
- Lampes à huile. — Dans les lampes proprement dites, en laissant de côté la forme plus ou moins élégante et les ornements d’un goût plus ou moins parfait qui les décorent, il n’y a en réalité que deux choses à considérer, savoir : le bec et l'alimentation. Et chacune de ces deux parties fondamentales de la lampe a été, vers le commencement de ce siècle, l’objet d’une découverte qui a produit dans l’éclairage une véritable Té-forme.
- Argand a inventé, en 1786, le bec à double courant d’air, qui seul peut donner une bonne combustion et une flamme vive, sans mélange de rouge vers le sommet; Carcel et Carreau ont in-
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- venté, en 1799, l’alimentation mécanique qui, en renouvelant le liquide assez rapidement, ne permet pas à la mèche de se charbonrier.
- C’est à l’une ou à l’autre de ces inventions primitives que viennent se rattacher tous les perfectionnements réels que les lampes ont éprouvés depuis Argand et Carcel.
- La forme du bec n’a pas, toutefois, donné naissance à autant d’essais de perfectionnements que l’alimentation. Si l’on excepte les moyens mécaniques d’élever ou d’abaisser la mèche, qui ont été assez variés, on ne peut guère signaler que deux modifications importantes : l’une qui consiste à faire des becs de très-petite dimension, et par conséquent extrêmement économiques, ce qui présentait de grandes difficultés ; l’autre qui consiste à faire arriver le courant d’air extérieur entre deux calottes très-ingénieusement disposées : c’est ce qui constitue la lampe dite Solaire qui figurait à l’exposition.
- Quant à l’alimentation, elle a été l’objet d’une foule de perfectionnements de deux genres différents. Les uns se rattachent aux principes d’hydrostatique, tels sont, par exemple, ceux qui se remarquent dans les lampes de MM. Girard, de Thilorier et Serrurot, et surtout dans les procédés si ingénieux de M. Robert, pour alimenter un grand nombre de becs au moyen d’un seul
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- réservoir. Les autres se rattachent aux principes de mécanique; parmi les inventeurs quelques-uns ont conservé le mécanisme d’horlogerie de Carcel, et se sont appliqués seulement à changer le système des pompes qui élèvent le liquide; d’autres ont essayé de simplifier le mécanisme lui-même ; d’autres enfin ont supprimé le mécanisme pour conserver le moteur seulement, c’est-à-dire le ressort, et pour cela il lui ont donné les formes et les dispositions les plus variées; ces derniers perfectionnements sont les plus récents , l’exposition en offrait plusieurs exemples, que le jury a regardés comme dignes d’intérêt et d’encouragement, parce qu’ils permettent de livrer à la consommation de bonnes lampes à un prix qui atteint à peine le quart du prix des bonnes lampes de Carcel.
- Lampes à gaz. — Ce système de lampe est nouveau, c’est en quelque sorte pour la première fois qu’il paraît à l’exposition. D’après ce que nous avons déjà dit, on peut juger qu’ici aucun mécanisme n’est nécessaire. L’alimentation se fait simplement par la capillarité d’une mèche de coton, qui élève le liquide vers la partie supérieure du bec, où il est volatilisé par la chaleur de la flamme ; ce gaz, ainsi formé, s’échappe par de petites ouvertures tout à fait analogues à celles des becs de,gaz. Le problème consistait donc :
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- 1° à emprunter à la flamme, pour le conduire au liquide, le calorique nécessaire à la volatilisation ; 2° à bien disposer les ouvertures d’échappement et la forme de la cheminée ; 3° enfin, à se donner des moyens sûrs de régler la formation du gaz, de modérer la flamme et de l’éteindre. Ces difficultés ont été résolues de la manière la plus satisfaisante.
- Le liquide que l’on peut brûler de la sorte , doit nécessairement être un carbure suffisamment volatil ; il se compose en général d’alcool et d’essence de térébenthine, ou d’alcool et d’huiles diverses, ou enfin d’autres mélanges où l’alcool peut lui-même être suppléé. Mais que ce soit un alcoolat ou un autre carbure, ce liquide est toujours de telle nature qu’il prend feu au contact de la flamme, et que s’il vient à se répandre, il faut craindre d’y mettre le feu, il brûlerait comme de l’alcool ou de l’eau de Cologne.
- Il est fort à désirer que cette circonstance ne devienne pas dans la pratique un inconvénient grave, car il serait alors permis d’espérer que l’alcool, qui s’obtient maintenant à si bas prix, ne tarderait pas à devenir l’un des éléments de l’éclairage domestique.
- D’autres carbures, analogues aux précédents, mais moins purs, et beaucoup plus économiques , peuvent servir à l’éclairage extérieur j
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- cette invention récente de M. Rouen, paraît s’annoncer comme tout à fait digne d’attention. Cependant elle présente une difficulté de plus, c’est celle de faire arriver le liquide en proportion convenable dans la partie du bec où il doit être vaporisé. .
- Appareils à gaz. — L’emploi du gaz, soit pour l’éclairage public, soit pour l’éclairage particulier, exige de nombreux appareils, savoir : les appareils de production et d’épuration, les gazomètres proprement dits , les conduites ou en général les moyens de transport, les compteurs, les robinets et les becs. Il n’y a aucun de ces systèmes d’appareils qui n’ait reçu des perfectionnements récents et qui ne soit susceptible d’en recevoir encore. Cependant les becs, les robinets et les compteurs, s’exécutent maintenant avec beaucoup de précision et d’économie, et ce n’est pas là sans doute où l’on peut espérer prochainement de grandes et utiles réformes.
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- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. ROBERT, à Paris, rue Poissonnière, 18.
- M. Robert a le double mérite d’avoir étudié pratiquement et avec succès les deux parties si distinctes de la question de l’éclairage : celle qui se rapporte à la préparation des combustibles et celle qui se rapporte au perfectionnement des appareils.
- Pour les lampes à liuile, il a imaginé un système d’alimentation hydrostatique qui lui permet d’établir de simples becs, fixes ou mobiles, dans les diverses pièces, et même dans les divers étages d’un édifice ou d’un atelier, tandis qu’un réservoir unique, convenablement placé, fournit, avec juste mesure, à la consommation de chacun, et reçoit l’excédant par des retours habilement combinés. .
- Pour les lampes à gaz, il est parvenu à extraire et à composer dé nouveaux carbures, qui, dans certaines circonstances, peuvent remplacer avec avantage le carbure résultant du mélange de l’essence de térébenthine avec l’alcool déshydraté; en même temps, il a introduit des perfectionnements importants dans la construction de sa lampe à gaz, destinée à brûler des carbures volatils.
- Le jury décerne à M. Robert, pour l’ensemble de ses travaux, une nouvelle médaille d’argent.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. BREUZIN, à Paris, rue du Bac, 13.
- M. Breuzin construit avec autant de goût que de précision, tous les appareils destinés à l’éclairage des appartements, et il paraît être l’un des premiers qui se soient appliqués avec persévérance et avec un succès réel à l’invention des lampes à gaz.
- Comme ces lampes peuvent être alimentées par des carbures qui diffèrent en volatilité et même en composition, l’on comprend que les becs destinés à brûler ces mélanges divers, doivent aussi présenter des différences plus ou moins essentielles. L’habileté consiste à remplir dans chaque cas les conditions voulues, pour que la combustion se règle et se .maintienne entre certaines limites, et en même temps pour quelle soit toujours parfaitement complète et sans aucune odeur. M. Breuzin possède à un haut degré l’art de trouver ces combinaisons heureuses qui triomphent des plus grandes difficultés.
- L’exposition de 1839 lui avait valu une médaille de bronze ; pour récompenser ses nouveaux succès le jury lui accorde une médaille d’argent.
- M. ROUEN, à Paris, rue Neuve-Saint-Martin, 5 bis.
- M. Rouen a présenté à l’examen du jury une invention qui paraît destinée à produire une importante réforme dans l’éclairage public. Il s’agit de remplacer le gaz courant et toutes les servitudes qu’il
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- entraîne, par des lanternes à gaz, brûlant des huiles essentielles, ou des carbures tirés de la distillation des menus de houille bitumineuse, ou même des goudrons de houille. Il y a là tout une question d’économie publique, dont personne ne peut méconnaître la portée. Les essais qui ont été faits pendant environ un un dans quelques rues de Paris, dans des gares de chemins de fer, et ceux que l’on a pu voir dans les trente-deux lanternes qui éclairaient le palais de l’industrie pendant l’exposition, permettent d’espérer que ce nouveau système a réellement de l’avenir. S’il reste encore quelques perfectionnements à introduire dans l’appareil de combustion , M. Rouen qui a déjà porté si loin la solution de ce grand problème, ne tardera pas sans doute à la rendre complète.
- Le jury voit avec satisfaction les efforts de M. Rouen , et il lui accorde une médaille d’ar-gent.
- MM. CHABRIÉ et NEUBURGER, à Paris, rue de la Monnaie, 9, et rue Vivienne ,4.
- MM. Chabrié etNeuburger ont de grands ateliers de construction où se fabriquent avec soin et précision toutes les pièces des appareils d’éclairage.
- La lampe dite solaire qu’ils ont présentée à l’examen du jury, est sans aucun mécanisme pour l’alimentation : la capillarité seule élève le liquide à la mèche ; sous ce rapport elle a donc toute la simplicité des lampes anciennes; ce qui la n. 40 *
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- distingue c’est la forme du bec et le mode de combustion. Le courant d’air intérieur s’établit comme dans la plupart des becs d’Argant, mais le courant d’air extérieur ne ressemble à rien de ce que l’on avait tenté jusqu’à présent; c’est une innovation remarquable, et l’expérience a prouvé qu’elle était heureuse. Ainsi la lampe solaire réalise un perfectionnement qui pouvait être regardé comme peu probable, elle supprime toute alimentation artificielle soit par les moyens mécaniques, soit par les moyens hydrostatiques, et en même temps elle montre que jusqu’à présent l’on n’avait pas suffisamment apprécié toutes les ressources que l’on peut tirer de la direction et de l’intensité des courants d’air qui déterminent la combustion.
- Le jury accorde à MM. Chabrié et Neuburger une médaille d’argent.
- NOUVELLES MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. GOTTEN, à Paris, place des Victoires, 3.
- M. Gotteu est l’un des plus anciens et des plus habiles lampistes de Paris; il fut des premiers à modifier la lampe de Carcel, en y introduisant ingénieusement la pompe dite pompe des prêtres, en simplifiant le mécanisme, en assurant sa régularité, et en rendant les fermetures plus parfaites. Ces inventions diverses, toutes utiles, ingénieuses et bien raisonnées, lui valurent plusieurs médailles de bronze aux expositions précédentes; M. Gotten a présenté aujourd’hui des perfectionnements nou-
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- veaux et particulièrement un moyen de supprimer les vis sans fin clans le mécanisme de la lampe.
- Le jury se plaît à reconnaître les services rendus par M. Gotten, et il lui accorde une nouvelle médaille de bronze.
- M. JOÀNNE, à Paris, rue Sainte-Avoye, 63.
- M. Joanne est l’un des premiers qui ait obtenir quelques succès en substituant une simple pression mécanique au mouvement d’horlogerie qui détermine l’alimentation du bec. Ses lampes successivement perfectionnées, soit par des dispositions qui règlent d’une manière plus sûre l’écoulement du liquide, soit par des appareils qui modèrent les courants d’air, reparaissaient à l’exposition avec des perfectionnements nouveaux dont l’importance est bien constatée.
- Le jury accorde à M. Joanne une nouvelle médaille de bronze.
- M. SERRUROT, à Paris, rue Richelieu, 89.
- M. Serrurot, ancien associé deM. Thilorier, pour l’exploitation des lampes hydrostatiques, où l’huile s’élève par la pression cl’une colonne de sulfate de zinc, a reproduit ces lampes à l’exposition. Il en a rendu la construction plus précise et plus économique , il y a de plus introduit quelques dispositions nouvelles qui ne sont pas sans avantages..
- Le jury décerne à M. Serrurot une nouvelle médaille de bronze.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. CHATEL jeune, à Paris, rue des Trois-Pa-villons, 18, au Marais.
- M. Cliatel jeune a présenté à l’exposi tion divers objets , parmi lesquels le jury a surtout remarqué une lampe dite carcel perfectionnée, où tout le mécanisme se réduit à un large ressort, formant une longue spire conique quand il est débandé, et une spire cylindrique quand il est tendu. Ce ressort pousse un piston garni de cuir embouti, qui soulève toute la colonne d’huile, pour la faire successivement arriver au bec. Les régulateurs d’écoulement, les tubes qui donnent issue à l’air ou qui lui permettent de rentrer sous le piston, sont ingénieusement disposés, et la lampe de M. Cliatel jeune, dont le prix ne dépasse pas i4-OU 15 francs, paraît fonctionner avec régularité, même quand elle brûle des huiles communes.
- Le jury décerne à M. Chatel jeune une médaille de bronze.
- MM. TRUC et BRISMONTIER, à Paris, rue Porte-Foin, 3.
- MM. Truc et Brismontier ont présenté, sous le nom de néo-carcel, une lampe dont tout le mécanisme se compose pareillement d’un ressort et d’un piston à cuir embouti. Ici le ressort est fixé dans un barillet vertical, en dehors du réservoir d’huile'; le piston porte deux chaînes attachées, l’une à sa face cpo^ipure, l’autre à sa face inférieure ; la première
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- s’enroule au-dessous du bec, sur un axe horizontal qui sert de remontoir; la seconde s’enroule sur une poulie qui fait corps avec l’axe mobile du barillet, et ne peut pas se dérouler sans bander le ressort. Il en résulte que dans sa position naturelle, le piston est au bas de sa course, et reçoit l’huile sur sa face supérieure lorsqu’on fait la lampe ; alors en tournant le remontoir, le piston se lève, le ressort se bande, et l’huile passe au-dessous du piston,par le cuir embouti, qui fait en même temps l’office de garniture périphérique et de soupape. L’action du ressort rappelle le piston, mais le liquide fait obstacle et reçoit sa pression •: c’est là ce qui l’oblige à monter par un petit tube fixe partant du fond du réservoir et s’élevant jusqu’au bec en traversant le piston, par une garniture convenable. Une longue cremaillière, descendant jusqu’au bas de ce tube ascensionnel, et liée au porte-mèche, sert en même temps à élever la mèche, à.régler l’écoulement du liquide, et à nettoyer le tube lui-même.
- Cette construction est économique et parait donner d’assez bons résultats. Le jury accorde à MM. Truc et Brismontier une médaille de bronze.
- M. DUBRULLE (André-Narcisse), à Lille (Nord).
- M. Dubrulle a fondé à Lille im établissement intéressant pour les principaux travaux de ferblanterie et pour la construction des lampes; il s’est montré ingénieux et habile par plusieurs perfectionnements dont le jury départemental a constaté les avantages. La lampe de Davy, que M; Dubrulle a présentée à l’exposition, ne se fait pas seulement
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- remarquer par sa bonne construction ; elle est telle» ment disposée qu’elle permet à un ouvrier d’être imprudent, ce qui n’est pas un médiocre avantage; si on l’ouvre, elle s’éteint à coup sûr.
- Le jury, appréciant les efforts intelligents de M. Dubrulle, lui accorde une médaille de bronze.
- M. NICOLLE, à Paris, rue Amelot, 6h.
- M. Nicolle est à la tête d’un établissement considérable, où il fabrique tout ce qui appartient au mécanisme et à la décoration des appareils d’éclairage. Les lustres, les lampes, les lanternes de cours et les robinets qu’il a présentés à l’examen du jury, sont d’une très-bonne exécution. Les perfectionnements qui se font remarquer dans ses divers ajustements sont dignes d’intérêt.
- Le jury accorde à M. Nicolle une médaille de bronze.
- M. ROCKEL-DUBUT, à Metz (Moselle).
- M. Rockel-Dubut, de Metz, se recommande à la fois par les excellents témoignages du jury départemental, et par les objets divers qu’il a présentés à l’exposition. Ses bouilloires à robinet et à bec, ses lampes en fer-blanc verni et en cuivre estampé, prouvent qu’il dirige sa fabrication avec intelligence. Sa lampe à piston, quoique d’un prix fort modique, est cependant très-bien conçue et très-bien exécutée.
- Le juryaccorde à M. Rockel-Dubut une médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- Le jury accorde des mentions honorables à :
- M. CABEU, à Paris, rue de la Grande-Friperie,
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- Pour ses nouvelles lampes à lyre et à niveau constant.
- M. DECOURT, à Paris, passage Choiseul, 28 et 30,
- Pour ses lustres, vcises-candelabres, et vases-lampes.
- M. DESBEAUX, à Paris, galerie Delorme, 27 et 29,
- Pour ses lampes et appareils d’éclairage.
- M. DOMBROWSKI, à Paris, rue Saint-Honoré,
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- Pour ses lampes Carcel toujours très-bien construites.
- M. LÉCUYER, à Paris, rue Montmartre, 63,
- Pour ses lampes dites oléostatiques.
- MM. LEVENT et LAMY, à Paris, rue Montmartre, 14,
- Pour ses lampes dites oléarigaz, ses lampes à réflecteurs, ses manchons et lanternes.
- M. MARIE, à Paris, rue Bleue, 3 bis,
- Pour sa lampe où l’huile monte par un ressort de pendule.
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- MM. PARIZOT et Cie, à Paris, rue du Faubourg-du Temple, 7,
- Pour leurs robinets à gaz.
- M. ROUGHE, à Paris, rue Sainte-Avoie, 63,
- Pour ses lampes à gaz hydrogène.
- M. SILYANT, à Paris, rue Croix-des-Petits-Champs, 43,
- Pour ses lampes et appareils d’éclairage.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury accorde des citations favorables à :
- MM. BAPTEROSSE et FELDTRAPPE, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, 152,
- Pour leur coupe-mèche circulaire.
- M. DEHENNAULT, à Paris, rue Neuve-Yivienne, 30,
- Pour ses lampes de divers modèles.
- M. GILLET, à Paris, rue du Port-Mahon, 14, Pour sa lampe.
- M. GRISON, à Paris, rue Salle-au-Comte, 8, Pour sa fabrication de mèches.
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- MM. HÉLYOTTE et CHWEBACK, à Paris, rue de Bréda, 21,
- Pour ses lampes de divers modèles et son assortiment de becs.
- M. MATHIEU, à Chaillot ( Seine ), rue des Batailles, 5,
- Pour sa lampe.
- M. MOULIN, à Paris,; rue. du Faubourg-Saint* Antoine, 75,
- Pour ses robinets de sûreté et appareils fumi-vores.
- M. YALSON, à Paris, rue des Nonaindières, 2, Pour sa lampe à nouveau bec.
- M. YINCOURT, à Paris, rue Rambuteau, 27, Pour sa fabrication de mèches.
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- CINQUIEME COMMISSION.
- ARTS CHIMIQUES.
- Membres de la Commission.
- MM. Thénard (Baron), président ; D’Arcet, Berthier, Brongniart, Ciievreul, Combes, Dumas, Payen, Péligot,
- POUILLET.
- SECTION PREMIÈRE.
- SUBSTANCES ALIMENTAIRES, SAVONS, COLLES
- ET GÉLATINES.
- M. D’Arcet, rapporteur.
- § 1. PRÉPARATION ET CONSERVATION DES SUBSTANCES
- ALIMENTAIRES.
- Considérations générales.
- Les produits dont nous avons à nous occuper dans ce chapitre, servant à la nourriture de toutes les classes de la société, méritent, au plus haut degré, de fixer notre attention. Ces produits sont, il est vrai, bien loin de représenter toutes
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- les opérations qui ont popr but de préparer et de conserver les substances alimentaires , mais il n’en aurait pu être autrement sans compromettre l’institution, par l’encombrement qu’occasionnerait, dans un local relativement très-restreint, la réunion de toutes les productions dues à ces nombreuses branches d’industrie.
- L’administration a essayé, à chaque exposition , de régulariser cette partie du travail, mais les difficultés qu’il y avait à bien établir la ligne de démarcation entre les substances alimentaires qui pourraient être admises et celles qu’il fallait refuser, se sont jusqu’ici opposées à ce que tous les jurys départementaux interprétassent de la même manière la prescription faite par M. le ministre de l’agriculture et du commerce dans sa circulaire en date du 15 décembre 1843. De là sont résultés de graves embarras pour les jurys départementaux et pour le jury central. Ces difficultés ont donné naissance à quelques réclamations fondées; elles sont cause que divers produits nouveaux n’ont pas été envoyés à l’exposition et que d’autres, qui y ont été présentés, n’ont pu y être admis. Néanmoins nous avons remarqué avec un vif intérêt, dans cette partie de l’exposition, le grand développement donné au procédé d’Appert , à la préparation des pâtes alimentaires, à
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- celle des farines de légumes cuits, aux salaisons, à l’étuvage des farines, à la préparation des légumes secs décortiqués, etc.
- Quant aux objets nouveaux mis à l’exposition, ils ont été peu nombreux. Ici nous avons cependant à citer l’extraction du gluten frais dans la fabrication de l’amidon, et l’emploi de cette substance alimentaire azotée dans plusieurs industries culinaires; les travaux faits pour reconnaître le mélange de la fécule avec la farine de blé et pour estimer la qualité de cette farine considérée sous le rapport de la panification ; la fabrication économique de la farine de pomme de terre cuite ; de nouveaux procédés de bouchage des vases à grandes ouvertures ; l’amélioration des fromages d’Auvergne et les produits qui ont ramené l’attention publique sur les procédés de l’incubation artificielle.
- Ajoutons que ce qui caractérise l’exposition actuelle , dans la partie qui nous occupe, c’est une tendance générale à augmenter la quantité des produits, tout en améliorant leur qualité et en diminuant leur prix. Sous ce triple rapport le succès a été presque général, et tout fait espérer qu’une, aussi bonne direction ne sera pas abandonnée, et que le jury central de l’exposition suivante aura encore à constater, en faveur de tous, les consommateurs, le développement constant
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- et régulier de la branche d’industrie qui fait le sujet de ce rapport.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. PRIEUR-APPERT, à Paris, rue Folie-Méri-court, 4.
- M. Prieur-Appert a exposé une collection remarquable de substances alimentaires conservées parle procédé dont M. Appert avait fondé et généralisé l’emploi, et pour lequel il avait obtenu la médaille d’or à l’exposition de 1827. Le jury central saisit avec empressement l’occasion qui se présente d’honorer la mémoire de M. Appert pour le service qu’il a rendu à l’économie domestique, et croit juste de rappeler en faveur de son successeur, et comme il l’a fait en 1889, la médaille d’or accordée à l’inventeur, lors de l’avant-dernière exposition.
- RAPPELS DE MEDAILLES D’ARGENT.
- M. RAYRAUD, à Paris, rue Saint-Denis, 125.
- M. Raybaud, qui obtint une médaille de bronze à l’exposition de i834, et une médaille d’argent en 1839, a présenté cette année de beaux échantillons de vermicelle, de macaroni, de fécule de pomme-de-terre, de gluten et d’amidon,; il fabrique en outre du savon de résine à 54 francs les 100 kilog., et de la moutarde qui est mise par son bas prix à la portée des classes pauvres. ,
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- Ce qui caractérise la fabrication de M. Raybaud, c’est le grand développement qu’il a su lui donner tout en ne livrant au commerce que des produits de première qualité. M. Raybaud a exposé des échantillons d’amidon remarquables par leur blancheur et par la beauté de leurs formes dites cristallisation en aiguilles ,* il a fait un emploi judicieux du gluten frais dans la fabrication de ses pâtes, façon d’Italie; et il livre à la classe pauvre, de bon savon à bas prix. Le jury central se plaît à reconnaître que M. Raybaud est de plus en plus digne de la médaille d’argent qu’il a obtenue à l’exposition de 183g, et qui est rappelée en faveur de cet habile fabricant.
- MM. F. BERTRAND et A. FEYDEAU, à Nantes ( Loire-Inférieure ).
- MM. Bertrand et Feydeau sont à la tête de l’une des plus importantes fabriques de conserves alimentaires. Leur prédécesseur, M. Lesdig, avait obtenu une médaille de bronze en i834, et la médaille d’argent leur fut décernée lors de la dernière exposition. Les produits qu’ils ont présentés ont particulièrement pour but de signaler les progrès qu’ils ont fait faire au bouchage des bouteilles dans lesquelles ils renferment leurs préparations. Cette partie du procédé d’Appert mérite maintenant une attention sérieuse à cause du prix toujours croissant auquel revient le bon liège propre à fabriquer de grands bouchons.
- MM. Bertrand et Feydeau ont envoyé à l’exposition des bouteilles en verre blanc, en verre noir et en grès à larges ouvertures, et fermant à l'émeri,
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- par le moyen de bouchons en verre ou en grès ; ils ont, en outre, exposé un modèle de fermeture enfer-blanc j et se présentent avec une longue expérience de ces procédés qu’ils emploient en grand depuis quelques années. Le jury a vu avec beaucoup d’intérêt les produits de MM. Bertrand et Feydeau ;.il apprécie l’importance des résultats qu’ils ont obtenus, et s’empresse de rappeler en leur faveur la médaille d’argent qu’ils ont obtenue à l’exposition dei«39.
- NOUVELLES MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. GRENET fils, à Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Grenet, fabricant de gélatine comestible et de diverses espèces,de colles animales, continue à occuper le premier rang dans ce genre de fabrication. Ses gélatines blanches, parfaitement pures, sont employées de préférence par les cuisiniers des principaux restaurateurs et des grandes maisons. Quant à ses feuilles de colle blanche ou nuancées dç couleurs diverses , elles sont aussi d’une grande transparence et remplacent la colle de poisson dans tous les usages où l’ichthyocolle n’est employée qu’après avoir été mise en dissolution dans l’eau bouillante.
- M. Grenet fils a joint à son envoi un grand nombre d’échantillons, d’applications diverses des feuilles de gélatine blanche ou colorée, afin de donner toute l’impulsion possible à ce genre d’industrie, et l’on peut dire qu’il n’est pas resté au-dessous de sa réputation dans cette partie de ses
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- produits. Le jury central, regardant M. Grenetfils comme étant de plus en plus digne delà médaille d’argent qui lui a été accordée en 1834 ? et''qui lui a été rappelée à l’exposition de 1839, prenant en outre en considération le développement considérable que M. Grenet fils a su donner au commerce de la gélatine comestible, des,colles fines, des encollages et des colles préparées pour bains et différents apprêts, accorde une nouvelle médaille d’argent h cet habile fabricant.
- M. MAGNIN, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- M. Magniri a obtenu une médaille de bronze en i834, et une médaille d’argent à l’exposition de 1839; il se présente cette année avec de nouveaux titres à l’estime publique. Non-seulement il a soutenu la bonne réputation de ses produits, mais il en a perfectionné quelques-uns, en a créé de nouveaux^, et en outre est parvenu à diminuer les prix tout en améliorant la qualité.
- Lej u ry du département du Puy-de-Dôme affirme, comme il l’avait fait en 1889 , que la majeure partie des* améliorations introduites en Auvergne dans la fabrication des pâtes., faconde Gênes et d’Italie, est due â M. Magnin ; que ses produits, mis en première ligne, ont donné une grande impulsion à ce genre d’industrie qui, employant les blés rouges et glacés du pays, se trouve être ainsi tout autant agricole que manufacturière.
- M. Magnin a ajouté une chute d’eau de la force de quarante chevaux aux anciens moyens de pro-
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- duction de son usine ; il fabrique maintenant , outre ses pâtes alimentaires et ses farines de légumes cuits, des farines de riz et de châtaignes, et il a organisé une amidonnerie dans laquelle il obtient tout le gluten dont il fait usage pour améliorer la fabrication de ses macaronis, vermicelles et autres pâtes alimentaires.
- M. Magnin a le premier appliqué les blés glacés du pays à la fabrication des pâtes; il a ainsi donné une grande valeur à ces blés qui, avant lui, se vendaient moins cher que le blé ordinaire , et n’achète plus de blés durs de Taganrog et d’Italie que lorsqu’il ne peut se procurer des blés durs d’Auvergne.
- En 1844 comme en 1839, M* Magnin avait exposé des noudles remarquables par leur translucidité et leur bonne fabrication. Cette sorte de pâtes, plus délicate que le macaroni, est fort recherchée en Allemagne et en Alsace; elle se prépare avec de la semoule et des œufs. On n’en a pas vu de plus-belle que celle exposée cette année.
- Le jury central appréciant les services rendus à notre industrie et à notre agriculture par M. Magnin, décerne une nouvelle médaille d’argent à ceÆ: habile manufacturier.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. MARTIN (Émile), à Grenelle, quai de Javelle , près Paris ( Seine ), et à Paris, cité Tré-vise, 18.
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- M. Emile Martin, ancien fabricant d’amidon à 11. Al
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- Vervins, est le premier parvenu à séparer économiquement le gluten de la farine de blé et à l’obtenir non altéré et propre à divers usages, tout en préparant en grand de l’amidon de bonne qualité; ce procédé, vérifié avec soin, valut à M. Emile Martin le prix de 3,ooo francs fondé par la Société d’encouragement, pour la solution de cet important problème industriel et sanitaire. Une longue expérience ayant depuis confirmé ces heureux résultats, l’Académie royale des sciences a décerné à M. Emile Martin un prix de 4>ooo francs pour avoir complètement assaini la principale opération de l’art de l’amidonnier.
- M. Emile Martin avait établi à la Villette, près Paris , une grande fabrique dans laquelle il avait réuni son procédé d’extraction du gluten et de l’amidon à la fabrication des pâtes, façon d’Italie, avec addition convenable de gluten, mais des difficultés locales se sont opposées à ce que ce bel établissement fût mis en activité. M. Martin a organisé une petite fabrique à Grenelle, près Paris, et y a mis ses procédés en pleine exécution.
- Le jury central, appréciant les difficultés que M. Emile Martin eut à vaincre, et les heureux résultats qu’il a obtenus sous le triple rapport de l’assainissement de l’art de l’amidonnier, de la conservation du gluten et de la possibilité d’utiliser de diverses manières cette substance éminemment nutritive, dans le régime alimentaire de l’homme, décerne à M. Emile Martin la médaille d’argent pour le récompenser de ses utiles travaux.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. GROULT, à Paris, rue Sainte-Apolline, 16.
- M. Groult, l’un des meilleurs fabricants de farines de légumes cuits, est le successeur de M. Du-vergier, créateur de cette branche d’industrie : M. Groult prépare des farines de légumes cuits pour potages et purées ; il fabrique aussi la farine de châtaignes cuites et beaucoup d’autres préparations du même genre; il a rassemblé, en outre, dans son dépôt, les substances analogues demandées dans le commerce; tous ces produits sont de bonne qualité et vendus à des prix modérés.
- Le jury central désirant récompenser une industrie aussi complète et dont les produits sont utiles h la classe moyenne, accorde à M. Groult le rappel de la médaille de bronze qu’il a obtenue en i83g.
- MM. PELLIER frères, au Mans (Sarthe).
- MM. Pellier frères ont succédé à M. Goneau qui avait obtenu une médaille de bronze à l’exposition de i834 pour la bonne préparation de ses conserves alimentaires. Le jury du département de la Sarthe dit que MM. Pellier frères suivent avec succès les bonnes traditions de cet établissement,^et qu’ils ont donné une grande extension à leur commerce»
- Le jury central rappelle la médaille de bronze décernée à cet établissement en 1834-
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- M. GHOMEAU, à Paris, rue Quincampoix, 63.
- M. Chomeau est l’un de nos principaux fabricants de chocolat; dans ses ateliers, les diverses opérations sont faites au moyen de mécanismes très-bien organisés ayant pour moteur une machine à vapeur de la force de douze chevaux.
- Le jury central lui confirme la médaille de bronze qu’il avait obtenue à l’exposition de i83p.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. BOUDET-DRELON, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- La fabrique de M. Boudet-Drelon est l’une des premières où l’on se soit occupé avec succès de la fabrication des pâtes alimentaires dans le département du Puy-de-Dôme; elle était alors sous la direction éclairée de M. Auguste Drelon, beau-père de l’exposant.
- M. Boudet-Drelon, quia obtenu une médaille de bronze en 1889, fabrique par jour jusqu’à mille kilogrammes de produits, et fait un usage raisonné des blés glacés récoltés dans le département du Puy-de-Dôme; il regarde ces blés comme préférables, sous différents rapports, aux blés de Ta-ganrog, résultat important pour l’agriculture du pays.*
- Le jury central, conformément à l’opinion émise par le jury du département du Puy-de-Dôme , place M. Boudet-Drelon sur la même ligne que M. Sé*»
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- journet fils, et lai décerne une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. THÉBAUD frères, à Nantes (Loire-Inférieure ).
- MM. Thébaud frères ont exposé des échantillons de farines étuvées et de biscuits d’embarquement.
- Leur fabrique, très-importante pour la marine de Nantes, a pour moteur une machine à vapeur de la force de vingt chevaux ; ils étuvent par jour huit mille kilogrammes de farine,' et font dans le même espace de temps quinze cents kilogrammes de biscuits , quantités qui pourraient être doublées, en cas de besoin, par un travail de nuit; dans l’état actuel des choses, le montant de leur vente s’élève à près d’un million de francs par année.
- Parmi les certificats d’armateurs qui se trouvent dans le dossier de MM. Thébaud frères, il en est un qu’il faut citer, car il constate que des farines étuvées par ces fabricants ont supporté 27 mois de mer sans être détériorées, et que les barils restant au retour de ce voyage, pourraient être sans aucune inquiétude réembarqués pour une seconde campagne et servir à l’alimentation de l’équipage.
- Le jury du département de la Loire-Inférieure, témoin journalier des heureux résultats obtenus par MM. Thébaud frères, donne, dans son rapport, des détails étendus fort intéressants sur cette importante fabrique.
- Le jury central, admettant l’exactitude de ces
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- renseignements, récompense les utiles travaux de MM. Thébaud frères en décernant la médaille de bronze à ces habiles manufacturiers.
- M. CORNILLIER aîné , à Nantes ( Loire-Inférieure).
- Les produits exposés par M. Cornillier aîné proviennent d’une industrie des plus importantes pour la marine et les colonies; établi à Nantes, le jury du département de la Loire-Inférieure s’est trouvé en mesure d’en apprécier les résultats; il lui a consacré un long article dans son rapport : on y voit que M. Cornillier a étudié l’art des salaisons dans les pays où elles se font le mieux, et qu’à force de soins et de persévérance, il est parvenu à surpasser les plus liabiles en ce genre. La bonté de ses procédés est d’ailleurs attestée par de nombreux certificats d’armateurs, et surtout par l’accroissement considérable et rapide de ses ventes.
- Lejury central, suffisamment éclairé par les renseignements qui précèdent et qui sont fournis par des juges bien compétents, apprécie les travaux de M. Cornillier aîné, comme ils méritent de l’être, et lui décerne la médaille de bronze.
- M. PORCHERON (Gaspard), à Dijon (Côte-d’Or).
- M. Porcheron est l’un des plus anciens fabricants de farines de légumes cuits. Il obtint, pour ces préparations , une mention honorable à l’exposition de i834 ; mais il a depuis transporté son industrie à Dijon, où il fabrique, en outre, des légumes secs
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- décortiqués et de la farine de pommes de terre cuites et en quelque sorte égrenées.
- Cette farine, facile à préparer et à conserver, présente le moyen le plus assuré d’obvier à la chèreté et même à la disette du blé. La société d’encouragement a accordé à M. Porcheron une médaille d’argent et 1000 francs de récompense pour la préparation de sa farine de pommes de^terre cuites, après s’être assurée de la facilité avec laquelle ce produit pouvait être préparé, et après avoir constaté qu’on pouvait obtenir de bon pain , bien levé, se conservant frais pendant plusieurs jours, en introduisant dans la pâte ordinaire, et par un procédé de panification du à MM. Porcheron et Voinchet boulanger à Dijon, depuis } jusqu’à de pâte préparée avec la farine de pommes de terre cuites.
- Nous ajouterons qu’il paraît constant que M. Por-cheron a fortement contribué au perfectionnement de la fabrication des pâtes alimentaires dans le département du Puy-de-Dôme.
- Le jury central récompense des travaux si utiles et dont l’importance est si bien démontrée, en accordant à M. Porcheron la médaille de bronze.
- M. ROBINE, à Paris, rue de l’Arcade, 33.
- M. Robine s’occupe avec succès du perfectionnement de l’art du boulanger; la Société d’encouragement lui a accordé une somme de iooofr. en 1840, et un prix de 3ooo francs en 1842 pour ses procédés d’essai des farines, et la même société lui décerna une médaille de bronze en 1844 p°ur Ici païiificati°n. de la pomme de terre.
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- Le procédé d’essai des farines proposé par M. Ro-bine, est loin d’être parfait, mais il donne le moyen de reconnaître et de choisir avec une exactitude suffisante les farines les plus favorables à la panification ; de telle manière, qu’en réunissant ces procédés d’essai à ceux de M. Roland, on peut dire qu’en pratique, il ne reste que peu de choses à désirer à ce sujet.
- Le jury central ayant égard aux services rendus par M. Robine, lui décerne une médaille de bronze.
- M. BRANSOULIÉ (Jean-Pierre) fils, à Nérac
- ( Lot-et-Garonne ).
- M. Bransoulié fils a présenté à l’exposition une collection de farines de minot et de farines de maïs étuvées et non étuvées : ce sont les produits d’une grande et belle fabrique organisée avec toutes les ressources de la mécanique , et livrant chaque année au commerce des quantités très-considérables de farines.
- M. Bransoulié fils dessèche ses farines de minot et de maïs en leur faisant parcourir un long chemin dans une étuve chauffée de 75° à 8o° centésimaux, au moyen de chaînes à godets qui les remontent mécaniquement et plusieurs fois dans le haut de l’étuve, et de plans inclinés qui les ramènent d’abord à plusieurs reprises vers le sol, et qui, en dernier lieu, les versent toutes chaudes dans les tonneaux où elles doivent être embarillées; ce nouveau moyen de dessiccation qui remplit complètement le but que l’on doit se proposer dans la préparation des
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- farines étuvées, a en outre l’avantage d’éviter aux ouvriers le grave inconvénient d’un travail dans des étuves fortement échauffées, dont l’air contient toujours en suspension de la farine très-fine et sèche.
- M. Bransoulié fils opère sur deux cents hectolitres de blé par jour, et emploie, en tout, cent vingt et un ouvriers.
- Le jury central, appréciant toute l’importance de l’industrie que M. Bransoulié a développée dans le département de Lot-et-Garonne, et qui fut constatée par l’examen du jury départemental, le juge digne de la médaille de bronze qu’il lui décerne.
- M. PARANT (François-Alexandre), à Limoges (Haute-Vienne).
- L’établissement de M. Alexandre Parant se distingue par la perfection des produits qu’il livre à la boulangerie du département; on doit à ce fabricant l’importation dans la Haute-Vienne, et depuis i83o, du. nouveau système de mouture; sa fabrique a pour moteur une machine hydraulique de la force de seize chevaux ; et le mécanisme général de cette usine est si bien entendu, que M. Parant n’emploie que deux manœuvres pour diriger la mouture de soixante hectolitres de froment par 24 heures.
- M. Parant avait obtenu une médaille de bronze en 1823, et une mention honorable en 1827 pour des travaux métallurgiques; le jury central s’empresse d’ajouter à ces titres honorables, une médaille de bronze, comme récompense du nouveau service rendu à son pays par M. A. Parant.
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- M. SÉJOURNET fils , à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) .
- M. Séjournet fils est l’un des principaux fabricants de pâtes alimentaires du département du Puy-de-Dôme ; il a présenté à l’exposition de 1844 line collection de pâtes françaises, de farines de riz, de semoules de maïs et de noudles aux œufs ; ce dernier produit pourrait devenir fort intéressant s’il était fabriqué en grand et dans un pays où les œufs seraient à très-bas prix , attendu qu’il donnerait le moyen de transporter au loin et où le besoin s’en ferait sentir, une nourriture très-animalisée à bas prix et n’exigeant que dix minutes de cuisson.
- Nous ajouterons à ces détails , que M. Séjournet emploie les blés glacés récoltés dans le pays, et que sa fabrication est aussi remarquable par la bonne qualité de. ses produits que par le bas prix auquel il les livre au commerce.
- Le jury central, partageant l’opinion du jury du département du Puy-de-Dôme , met M. Séjournet sur la même ligne que M. Boudet-Drelon, et lui décerne la médaille de bronze.
- M. BOLAND, à Paris, rue et île Saint-Louis, 60.
- M. Boland, qui a obtenu une mention honorable à l’exposition de 1889, pour les procédés qu’il avait établis dans le but d’essayer les farines et d’y reconnaître la présence de la fécule de pomme de terre, a continué à s’occuper avec succès du perfectionnement de l’art de la boulangerie; il présente à l’exposition de 1844 un appareil qu’il nomme alejuromètre et qui sert à apprécier les
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- propriétés panitiables de la farine de froment ; le procédé d’essais dans lequel on se sert de cet instrument, indique la quantité de gluten frais et sec qui se trouve dans la farine essayée , la nature plus ou moins élastique de ce gluten et le degré de gonflement qu’il peut acquérir sous l’influence de la vapeur, une élévation brusque à la température de cent cinquante degrés centigrades, ce qui fournit aux boulangers des données approximatives, mais suffisantes, pour les diriger dans les achats des farines qu’ils emploient et pour les garantir du rendement convenable à la bonne fabrication de leurs pains.
- Le jury central est loin de considérer Yaleuro-mètre comme étant un instrument de précision, mais il pense que cet instrument présente déjà assez d’exactitude pour remplir le but utile que s’est proposé M. Boland, et il voit avec satisfaction que les espérances qu’il avait conçues et exprimées en 1839, en accordant une mention honorable à cet exposant, se trouvent bien réalisées : il regarde M: Boland comme étant digne de la médaille de bronze et lui décerne avec empressement cette récompense.
- MM. MAGQUET et RAMEL, à Paris, rue de la Roquette, 35 et 37. '
- Ces fabricants ont mis à l’exposition une belle collection de légumes secs décortiqués : ce sont les plus beaux et les meilleurs produits de ce genre, qui aient été exposés en i844* L>a manu-facturedeMM. Macquet et Ramel est bien organisée;
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- elle a pour moteur une machine à vapeur faisant tourner quatre moulins décortiqueurs, avec les lamise-urs et les tarares nécessaires à cette fabrication.
- MM. Macquet et Ramel livrent déjà annuellement huit mille hectolitres de légumes de toutes espèces, parfaitement préparés.
- Le jury central considérant MM. Macquet et Ramel comme étant très-avancés dans ce genre de fabrication, leur décerne la médaille de bronze pour les récompenser des progrès qu’ils ont fait faire â l’utile industrie de la préparation des légumes secs décortiqués.
- M. GILLET, au Kernevel, près Lorient (Morbihan).
- Le jury du département du Morbihan n’a donné aucun renseignement au sujet de la fabrique de M. Gillet, et l’on n’a, d’aborcî, trouvé à l’exposition que quatre boîtes de conserves alimentaires envoyées par cet exposant ; mais, vers la fin de juin, la collection de M. Gillet a été beaucoup augmentée, et il a été envoyé un rapport fort important, adressé au jury central par MM. les administrateurs , les membres de la chambre de commerce et les principaux habitants de l’arrondissse-ment de Lorient. Ce rapport est revêtu de douze signatures légalisées par un conseiller municipal et par M. le sous-préfet qui certifie, en outre, l’exactitude des attestations favorables données à M. Gillet, au sujet de ses établissements industriels.
- M. Gillet a exposé une collection de conserves de viandes, de poissons, de légumes et de fruits ;
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- les aliments contenus dans trois de ces boîtes qui ont été ouvertes, ont été trouvés eu très-bon état de conservation; quant au rapport cité plus haut, on y voit :
- i° Que l’industrie introduite par M. Gillet à Kernevel, localité aride et n’ayant qu’une population pauvre , s’est constamment développée depuis son établissement;
- 2° Que, depuis lors, la journée de travail a été portée, et Kernevel, de ^5 cent, à 2 fr. 5o cent, et 3 fr.
- 3° Que l’industrie introduite à Kernevel, par M. Gillet, a procuré une telle aisance aux habitants, qu’un joli village bien bâti existe maintenant autour de la fabrique et sur cette plage autrefois stérile et déserte ;
- 4° Que M. Gillet prépare la totalité des substances alimentaires qui lui sont apportées et qu’il paye même des primes pour augmenter ses approvisionnements;
- 5° Qu’il ne refuse jamais d’ouvrage aux ouvriers honnêtes ;
- 6° Que lorsque les pêcheurs du département sont retenus à la côte par le mauvais temps, M. Gillet les emploie à lui apporter la pierre à chaux et l’argile nécessaire pour le service d’un four à chaux et d’une briqueterie établis dans ce but.
- On trouve , en outre , vers la fin du rapport dont nous donnons l’analyse, cette phrase remarquable : « Cette excitation au travail, cet élan de » production donné à nos Bas-Bretons est pour eux, » en même temps, un profit assuré et une éduca-
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- » tion précieuse qui résulte de l’industrie que » M. Gillet est venu fonder parmi eux. »
- On voit que M. Gillet est non-seulement un bon fabricant, mais qu’il s’est fait le bienfaiteur de toute la population pauvre qui entoure , à une grande distance, son établissement. On voit aussi que sa belle conduite a déjà eu une influence heureuse sur la civilisation des habitants et sur la production agricole et industrielle de Kernevel et de ses alentours. Le jury central trouvant ici un bon exemple à présenter à l’industrie manufacturière, félicite M. Gillet et lui décerne la médaille de bronze, pour le récompenser du bien qu’il a fait et le soutenir dans la bonne voie qu’il s’est ouverte et qu’il parcourt avec tant de succès.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- M. de YILLENEUYE, à Paris, rue de l’Ouest, 5.
- M. de Villeneuve a exposé une collection de produits alimentaires fabriqués avec beaucoup de soin, et présentant l’aspect le plus agréable; sa collection se compose de lait, de café au lait et de thé au lait, le tout solidifié et mis sous formes de poudres et de plaques.
- M. de Villeneuve, qui avait obtenu une mention honorable en 1889, a, depuis cette époque, augmenté sa fabrication et diminué très-notablement le prix de ses produits; on voit que c’est ici une fabrication bien dirigée, et qui pourrait avoir des résultats utiles pour les voyageurs et pour les approvisionnements de la marine, si M. de Villeneuve
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- établissait sa fabrication au centre d’un pays où le lait serait produit en grande quantité et à.très-bas prix. Le jury central rappelle en faveur de M. de Villeneuve la mention honorable qui lui fut accordée lors de la dernière exposition.
- M. MAGNOL-DUMAS (Joseph), à Limoges (Haute-Vienne).
- Le jury du département de la Haute-Vienne dit dans son rapport : que les procédés de fabrication qui ont valu k M. Dumas une mention honorable à l’exposition de iBJg ont reçu des perfectionnements qui pourraient mériter de nouveaux encouragements : mais quelques-uns des chocolats envoyés par M. Dumas ont perdu, parleur exposition à l’air, la couleur, le poli et le grain qu’ils avaient au commencement de l’exposition. Dans cet état de choses, le jury central ne peut que rappeler, en faveur de M. Dumas, la mention honorable qui lui a été donnée à la dernière exposition.
- MM. GAILLET et Gie, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- La fabrication du chocolat a pris un grand développement dans le département du Puy-de-Dôme; cette substance alimentaire y est bien fabriquée et s’y livre à des prix tels, que la vente au dehors y a pris un grand développement; le jury du Puy-de-Dôme cite MM. Gaillet et Gie comme ayant fortement contribué à donner une grande impulsion à cette industrie. Le jury central rappelle en faveur
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- Je MM. Gaillet et C'e la mention honorable qu’ils ont obtenue à l’exposition de 1839.
- MM. CHARRIER-BARBETTE frères, à Niort (Deux-Sèvres).
- MM. Charrier-Barbette frères représentent à Texposition de 1844 une industrie qui a reçu de grands développements à Niort. Ces fabricants ont exposé des échantillons d’angélique, confits avec soin.
- Le jury du département des Deux-Sèvres dit dans son rapport, que ce qui distingue les produits de MM. Charrier-Barbette frères , c’est le perfectionnement de leur procédé de fabrication, qui permet de conserver pendant longtemps à la matière son aspect de fraîcheur et sa belle couleur verte nuancée, tandis que, préparée par les procédés ordinaires, l’angélique se durcit, se couvre de cristallisation et prend en peu de temps un aspect désagréable.
- Le jury central, prenant en considération ce perfectionnement, qui n’a pas empêché un abaissement notable dans les prix, rappelle en faveur de MM. Charrier-Barbette frères la mention honorable qui leur fut accordée à l’exposition de i83g.
- M. DEZOBRY, à Paris, rue du Faubourg-Poissonnière, A.
- M. Dezobry continue à occuper un rang distingué parmi les fabricants de conserves alimentaires. Le jury central le regarde comme toujours digne
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- de la mention honorable qu’il a obtenue à l’exposition de 1889.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. SAINTOIN frères , à Orléans (Loiret).
- Le jury du département du Loiret déclare, dans son rapport, que la fabrique de chocolat de MM. Saintoin frères est établie sur une grande échelle, quelle fonctionne au moyen d’une machine à vapeur qui fait mouvoir tous les appareils, que ses produits sont répandus dans un grand nombre de départements, qu’elle emploie cinquante ouvriers, et que ses chocolats peuvent soutenir la concurrence avec ceux des grandes fabriques de Paris, à raison de leurs bas prix. Le jury central, ayant égard à l’importance de cette fabrique pour la localité où elle est établie , accorde une mention honorable à MM. Saintoin frères.
- M. BUISSON, à Salinas, près Pontgibaud (Puy-de-Dôme).
- M. Buisson, pharmacien, à Lyon, connaissant la propriété qu’ont les terrains volcaniques qui entourent Salinas, d’abaisser considérablement la température des caves creusées dans le sol de ce pays , et ayant étudié la fabrication des fromages à Roquefort (Aveyron), où de semblables caves contribuent à donner aux fromages de lait de chèvre et de brebis la valeur qu’ils 'ont Mans le commerce, s’appliqua à convertir les fromages d’Auvergne, fabriqués avec du lait de vache, en fromages façon 11. 42
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- 4e Roquefort, il est parvenu à créer et à organiser cette nouvelle branche d’industrie.
- Les fromages d’Auvergne, qui valaient 4° fr* les 5o kilogrammes, convertis en fromages façon de Roquefort, se vendent aujourd’hui environ 90 fr. les 5o kilogrammes; leur valeur se rapproche donc beaucoup de celle des fromages fabriqués dans les caves rafraîchissantes de Roquefort.
- Le jury central, voyant dans le travail dont il s’agit, l’origine d’une industrie agricole importante pour le département du Puy-de-Dôme, décerne une mention honorable à M. Buisson.
- M. DUCHEMIN, à Tours (Indre-et-Loire).
- M. Duchemin a envoyé à l’exposition un grand nombre de conserves de fruits, préparées par les procédés d’Appert. Le jury du département d’Indre-et-Loire a déclaré, dans son rapport, que ces préparations , quoique exposées à l’air, conservent leur parfum et la bonne qualité qui les caractérisent.
- Les expériences faites, à ce sujet, par le jury central, sans lui avoir démontré la complète exactitude du fait avancé, ont cependant donné d’assez bons résultats pour qu’il y ait lieu de récompenser M. Duchemin ; c’est dans ce but que le jury central décerne une mention honorable à ce fabricant.
- MM. ANNAT èt CHABASSIER, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- Les pâtes d’abricots et les fruits confits exposés
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- par MM. Annat et Chabassier, paraissent estimés dans le département du Puy-de-Dôme, car le jury de ce département a déclaré que ces fabricants méritaient une récompense pour le développement qu’ils ont donné à leur industrie et pour la perfection' de leurs produits.
- Le jury central accorde une mention honorable à MM. Annat et Chabassier.
- MM. HOUYET aîné et Cie, à Lille (Nord).
- Le jury du département du Nord a dit, en faisant mention des produits exposés par MM. Houyet aîné et Gie, que|l’établissement de ces fabricants est organisé sur [une ^grande échelle et paraît réunir des éléments de succès; ces produits se composent d’orge perlé et mondé, et de légumes décortiqués.
- Lej ury|central, prenant en considération l’importance de cette fabrique et la bonne qualité des produits quelle livre au commerce, accorde une mention honorable à MM. Houyet aîné et Cie.
- MM. GUILLAUMERON et TURPIN, à Paris, rue Richelieu, 28 et 28 bis. ’
- MM. Guillaumeron et Turpin sont propriétaires d’une fabrique de chocolat fort importante et parfaitement organisée; ils occupent soixante-dix ouvriers et emploientjpour moteur une machine à vapeur de la force de huit chevaux, mettant en jeu huit appareils broyeurs, une pilerie et un moulin servant à broyer le cacao.
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- Cette maison fait annuellement pour 5oo,ooo fr. d’affaires, dont 95,000 fr. pour l’exportation.
- MM. Guillaumeron et Turpin fabriquent les pastilles par des procédés très-simples et très-économiques ; ils possèdent une grande collection de moules divers, et ce sont eux qui fabriquent en chocolat les bonbons de luxe les plus chers et qui imitent le mieux les objets naturels dont ils sont la copie.
- Le jury central accorde une mention, honorable à ces habiles fabricants.
- RAPPEL DE CITATION FAVORABLE.
- M. LEMOYNE, à Paris , rue des Lombards, 50 et
- Les pièces en sucre et les bonbons divers exposés par M. Lemoyne sont très-bien fabriqués, et lui méritent le rappel de la citation favorable qu’il a obtenue à l’exposition de i83g.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. BIR, à Courbevoie ( Seine).
- M. Bir a mis à l’exposition un appareil à incubation artificielle , chargé d’œufs et ayant fonctionné; il y a joint une cage renfermant des petits poulets et des jeunes canards nésfdans cet appareil et très-bien portants; ces objets ont vivement excité l’attention du public, et ce n’est pas sans raison, car, indépendamment de leur nouveauté aux
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- expositions, ils représentent une industrie importante qui nous manque et dont le besoin se fait de plus en plus sentir; quelques mots suffiront pour justifier cette manière de voir.
- On sait que l’homme, pour développer toutes ses forces et pour arriver au plus haut degré d’énergie physique et morale auquel il puisse atteindre, a besoin d’aliments riches en matière animale ; on sait, d’un autre côté, qu’en France , la viande de boucherie devient de plus en plus rare et augmente continuellement de prix ; on sait encore que la division des propriétés met obstacle à la production des grands bestiaux. En remarquant, en outre, que la multiplication des bateaux à vapeur rend partout la pêche moins productive ; que la nouvelle loi sur la chasse s’oppose à la vente journalière et régulière du gibier, et que l’exportation des œufs et le grand emploi qu’on en fait dans diverses industries , en enlève une quantité énorme à la consommation culinaire ; on reconnaît qu’il y a peu à espérer de voir augmenter par les moyens ordinaires la quantité de matières animales qui entre maintenant dans le régime alimentaire de l’homme, et l’on conçoit que les procédés de l’incubation artificielle , s’ils étaient dirigés avec le secours des connaissances scientifiques et industrielles acquises à ce sujet, et s’ils étaient pratiqués en grand comme ils le sont en Egypte et dans l’Inde, pourraient produire à e.ux seuls une grande amélioration dans l’alimentation de l’homme, tout en devenant la source de grands bénéfices pour la petite propriété agricole.
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- Le jury central, admettant la valeur de ces considérations , sachant, en outre , combien les procédés de l’incubation artificielle ont été perfectionnés en France, et désirant attirer l’attention du gouvernement sur cette industrie agricole , accorde à M. Bir une citation favorable pour le récompenser de ses travaux et pour en bien constater l’utilité (i).
- M. MULOT, à Paris, rue Grange-aux-Belles, 57.
- M. Mulot a présenté une collection d’eaux aromatiques extraites par distillation et destinées à remplacer les légumes frais dans la préparation du bouillon, et à aromatiser les autres aliments.
- L’essai de ces préparations a donné des résultats assez avantageux pour faire bien augurer de cette nouvelle branche d’industrie , mais ce n’est ici qu’une affaire qui commence , et le jury croit devoir se borner à citer favorablement les nouveaux produits exposés par M. Mulot.
- M. FEYEUX, à Paris, rue Taranne, 10.
- M. Feyeux a envoyé à l’exposition une collection de pâtes et de farines de légumes cuits ; mais ce qui se distingue particulièrement dans l’envoi de cet exposant, ce sont les differentes applications qu’il a faites de la châtaigne ; on remarque dans
- (1) MM. Sorel et Lemare , qui ont aussi exposé des appareils d’incubation artificielle, n’ont pas été cités dans cet article , parce qu’ils ont présenté beaucoup d’autres objets à l’exposition et parce que ces autres produits leur ont mérité, à diverses reprises, des récompenses d’un ordre supérieur, qui seront probablement rappelée? en faveur de ces habiles fabricants.
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- ces produits de la farine de châtaigne ; du vermicelle fait avec cette farine ; du vermicelle fait en ajoutant des oeufs à la farine de châtaigne; de la semoule de châtaigne et quelques autres préparations faites avec cette même farine. Ces divers aliments, préparés avec intelligence par M. Feyeux, indiquent que les pays où on récolte les châtaignes en très-grande quantité pourraient s’ouvrir une nouvelle branche de commerce, en convertissant en de pareils produits l’excédant de châtaignes qu’ils récoltent et qui, exporté de ces pays sous ces diverses formes, fournirait ailleurs des aliments tout sucrés et nutritifs. Le jury central, appréciant les travaux de M. Feyeux sous ce dernier rapport, croit devoir lui accorder une citation favorable.
- M. MAGNÉ (Célestin), à Rouen (Seine-Inférieure).
- Le jury du département de la Seine-Inférieure dit, dans son rapport, que M. Magné est le confiseur le plus en réputation à Rouen, et qu’il a cru devoir admettre ses produits comme spécimen d’un genre de préparation dans lequel la ville de Rouen excelle. Le jury central accorde à M. Magné une citation favorable.
- M. GUÉRIN-ROUTRON, à Paris, boulevard Poissonnière , 27.
- M. Guérin-Boutron a très-bien organisé sa fabrique de chocolat ; il occupe 35 ouvriers et a pour moteurs de ses appareils de pulvérisation , de
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- tamisage et de broyage, un manège et. une, machine à vapeur de la force de six chevaux ; sa fabrication s’élève à 600 kilog. par jour, et ces produits, sont vendus en gros à des prix très-modérés.
- Le jury central accorde une citation favorable à M. Guérin-Boutron pour la bonne direction dans laquelle il a organisé et maintenu son établissement.
- M. HUET-BESNIER (Louis), à Beaumont-sur-Sarthe (Sarthe).
- Le jury du département de la Sarthe a dit dans son rapport que la conservation des fruits par le procédé d’Appert est une industrie nouvelle dans ce département, et qu’elle y présente beaucoup d’intérêt par l’importance quelle tend à y prendre et par les progrès quelle y fait faire à la culture des arbres fruitiers.
- Le j ury central, s’appuyant sur ces considérations, accorde une citation favorable à M. Huet-Besnier.
- M, BOUCHARLAT aîné, à Reims (Marne).
- M. Boucharlat aîné a établi à Reims une fabrication de vermicelle de bonne qualité et recherché par la consommation locale qui y trouve une réduction de prix de 20 pour 100.
- Le jury du département exprime, dans son rapport , le désir de voir encourager les efforts de cet industriel utile, modeste et laborieux.
- Le jury central accorde une citation favorable à M. Boucharlat aîné.
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- M. RICHELME (François), à Marseille ( Bouches-du-Rhône).
- M. François Richelme a exposé une collection complète de conserves alimentaires, de viandes, de légumes et de fruits, dans laquelle on distingue des boîtes à trois, à quatre et à douze compartiments , contenant, chacune, des aliments de diverse nature.
- Le jury du département des Bouches-du-Rhône fait remarquer que la fabrication de M. Richelme a une grande importance dans un port de mer tel que Marseille, qu’ii vend déjà annuellement, pour 4o,ooo fr. de ses produits, et qu’il a le mérite d’avoir employé des boîtes à plusieurs compartiments, mais, considérant que M. Richelme n’emploie, maintenant, que cinq ouvriers ; que ses ventes ne s’élèvent encore qu’à une faible valeur ; qu’il n’est pas l’inventeur des boîtes à plusieurs compartiments, et qu’il n’est d’ailleurs pas prouvé que la réunion d’aliments divers , dans la même boîte , soit un bon procédé de fabrication , le jury central 11e peut accorder qu’une simple citation favorable à ce fabricant.
- M. GUIRAUD, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, 164.
- L’emploi du liège à bouchons s’est tellement accru depuis une vingtaine d’années, que cette matière devient rare et qu’il est souvent difficile de se procurer de grands bouchons de première qualité, même en les payant très-cher. L’on sait que dans
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- la fabrication des eaux gazeuses , le bouchon qui bouche la bouteille coûte plus que le liquide qu’elle contient, et que la cherté des grands bouchons de première qualité est la principale cause qui s’oppose au grand développement que la préparation des conserves alimentaires est appelée à recevoir.
- M. Guiraud a cherché à remplacer le liège, en tout ou en grande partie, dans le bouchage des bouteilles à vin de Champagne , à eaux gazeuses et à conserves alimentaires ; il a mis à l’exposition une collection de bouteilles bouchées par ses procédés, et y a joint les outils qu’il emploie pour fabriquer les goulots des bouteilles comme il les lui faut ; les ustensiles qui lui servent à maintenir les bouchons à leur place pendant le bouchage et le débouchage des bouteilles, et un nouveau siphon à robinet servant à vider sans inconvénient les bouteilles de vin de Champagne et d’eau gazeuse.
- On voit que M. Guiraud cherche à créer une industrie fort importante. Le jury central regrette que ses produits déjà très-satisfaisants n’aient pas encore subi l’épreuve nécessaire d’une grande fabrication et d’un grand débit, mais il regarde M. Guiraud comme étant sur une bonne voie, et croit juste de lui décerner une citation favorable.
- M. BILLY, à Paris, rue Pigale-Saint-Georges, 30.
- M. Billy a exposé des produits propres à faire partie de ses desserts; il les nomment biscuits de Chine: Leur préparation , facilitée déjà par des moyens mécaniques, pourrait donner lieu à une fabrication importante : cette considération a
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- permis au jury d’accorder une citation favorable à
- M. Billy.
- § 2. SAVONS.
- Considérations générales.
- Le jury central de l’exposition de 1839 avait témoigné dans son rapport le regret de n’avoir pas vu figurer, parmi les produits de l’art du savonnier, ceux provenant de Marseille et des environs de cette ville. Ces savons continuent à occuper le premier rang dans le commerce, par suite de l’importance des savonneries du Midi et parce que ces fabriques fournissent encore la plus grande partie des savons employés en France. Cependant un seul savonnier de Marseille s’est présenté à l’exposition de 1844; mais l’examen de ses savons a prouvé que les fabricants du Midi, obligés par la concurrence de produire des savons à plus bas prix que ne le sont les savons d’huile d’olive pure, entraient dans une bonne voie en abandonnant l’emploi des huiles de graines et en mélangeant à l’huile d’olive de l’huile de palme, du suif ou tout autre corps gras riche en stéarine et facilement sapo-nifiable.
- Quant aux savonneries de l’intérieur on y suit de plus en plus la marche tracée par leur posi-
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- tion, et que les divers jurys avaient eu grand soin de signaler à la suite des expositions précédentes. La fabrication des savons de ménage, qui s’est répandue et localisée, livre de bons produits à des prix très-modérés. Là où l’industrie avait besoin de savons spéciaux à base de soude ou de potasse, il s’est établi de petites savonneries suffisant à tous les besoins de leur voisinage ; et dans les grandes villes l’on s’est plus occupé, en outre, de la fabrication des savons ordinaires, de celle des savons de toilette, branche de l’art du savonnier dans laquelle nos fabricants, ceux de Paris surtout, ne redoutent aucune concurrence. En fait de savons, nous avons remarqué comme faits nouveaux, à l’exposition actuelle, le grand développement donné, avec succès, à la fabrication du savon d’acide oléique ; l’emploi de l’huile de palme décolorée, dans la fabrication des savons de ménage marbrés ou non marbrés ,f l’introduction de la pierre ponce, en poudre fine, dans la préparation d’un savon de toilette spécial; enfin la matière dite savon hydrofuge de M. Ménotti. Nous ajouterons que ce qui résulte de tout ce que nous, avons vu dans cette partie des produits exposés, et ce qui est bien satisfaisant, c’est que la fabrication des savons à base de graisse, d’huile de palme et de résine, a pris un grand développement; c’est que cette fabrication fournit ac-
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- tuelletiient de bons savons de ménage à 54 centimes le kilog., et que les savons de toilette, vendus à raison de 25 à 30 centimes le pain, peuvent déjà introduire dans les habitudes de la classe ouvrière des idées de propreté et de luxe, qui n’avaient pu jusqu’ici y pénétrer. En résumé, il y a eu, depuis 1839 , grande augmentation dans la fabrication des savons de ménage, et des savons de toilette ; amélioration dans la qualité de ces produits et diminution très-notable de leurs prix, ce qui est approcher du but que l’industrie manufacturière doit toujours avoir en vue dans le cours de ses travaux.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. OGER, à Paris, rue Culture-Sainte-Catherine,
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- Dans la manufacture de M. Oger ont été organisées en premier lieu, vers 1809, fabrication des bons savons de toilette et celle des savons de ménage préparés avec le suif ou avec l’huile de palme, les graisses et la résine. M. Oger, successeur de MM. Decroos et Roëlant, a su maintenir la réputation de cette ancienne maison. Le jury central rappelle en sa faveur la médaille d’argent décernée à M. Decroos en 1810 , qui, depuis, a été rappelée à toutes les expositions, et qui l’a déjà été, en 1889 , au nom de M. Oger, possesseur actuel de cette fabrique.
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- M. SÏCHEL-JAVAL, à Paris, rue Bourg-l’Abbé,
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- M. Sichel-Javal a succédé à MM. Laugier et Renaud. M. Laugier avait obtenu une médaille d’argent k l’exposition de i834> pour la bonne fabrication de ses savons de toilette et de ménage. Cette médaille fut rappelée en 1889 en faveur de M. Renaud, successeur direct de M. Laugier. Le jury central pense qu’il est juste d’accorder un nouveau rappel de cette médaille d’argent en faveur de M. Sichel-Javal, qui maintient cette ancienne fabrique à la hauteur où M. Laugier avait su la porter.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- Madame BOURBONNE-FILLION, à la Yillette, ( Seine ).
- Madame Bourbonne-Fillion a succédé à l’ancienne maison Demarson qui avait obtenu une médaille de bronze à l’exposition de 1823, pour la bonne fabrication de ses savons marbrés. Cette médaille fut rappelée en 1827 pour la maison Demarson, et en 1834 et 1889 au nom de madame Bourbonne-Fillion.
- Le jury central de l’exposition de 1844 accorde de nouveau le rappel de cette médaille de bronze en faveur de madame Bourbonne-Fillion.
- MM. DEMARSON et Cie, à Paris, rue Saint-Martin, 15.
- MM. Demarson et’ Cie ont mis à l’exposition di-
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- vers savons de toilette et de ménage ; ils font un emploi convenable de l’acide oléique, de l’huile de palme et de la résine, et maintiennent leur maison à un rang distingué parmi les savonniers de Paris.
- Le jury central rappelle , en faveur de ces fabricants, la médaille de bronze qu’ils ont obtenue k l’exposition de 1839.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. MESNY et FAYARD, à Vienne ( Isère).
- La fabrication des draps ayant pris un très-grand développement dans le département de l’Isère, y a nécessité l’emploi d’une grande quantité de savons propres au foulage et au dégraissage des étoffes de laine ; ce sont des savops à base de potasse, mous, et connus sous le nom de savons verts qui servent k cet usage, dans ce département et dans une partie du midi de la France, et ce sont MM. Mesny et Favard dont les savons verts sont les plus estimés dans cette localité.
- La collection de savons verts qu’ils ont exposée, indique qu’ils ont embrassé leur industrie dans tout son ensemble, et que la réputation dont ils jouissent est bien méritée.
- Ces fabricants avaient obtenu une mention honorable en i83g ,• le jury central pense que le .développement de leur industrie, joint k l’amélioration et k l’abaissement de prix de leurs savons, leur mérite une médaille de bronze et J,eur décerne cette récompense.
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- M. MONPELAS, à Paris, rue Saint-Martin, 129.
- M. Monpelas. fabricant de savons de toilette/et de ménage, a mis à l’exposition de 1844 ^es savons les mieux marbrés de ceux qui y ont été présentés; ses savons de toilette sont également bien préparés, et les produits qui sortent de sa maison prouvent qu’il connaît bien et qu’il emploie convenablement toutes les ressources de l’art du savonnier. M. Monpelas avait obtenu une citation favorable à l’exposition de 1834 j cette récompense lui fut confirmée en i83g.
- Le jury central, prenant en considération les progrès faits par ce fabricant, le grand nombre d’ouvriers qu’il emploie ( de cent à cent cinq), et le développement qu’il a donné à la vente de ses produits, lui décerne une médaille de bronze.
- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- M. VIOLET, à Paris, rue Saint-Denis, 317.
- M. Violet, qui a exposé une collection dé savons de toilette et de ménage, a obtenu une citation favorable en 1827, sous la raison de commerce Violet et Guénot ; une nouvelle citation en 1834 ? étant associé à M. Monpelas, et une mention honorable personnelle en 1809.
- M. Violet fabrique bien les différents savons qui peuvent se faire avec avantage à Paris, et comme tous ses concurrents, il a réalisé une grande diminution dans les prix de ses produits. Le jury central
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- rappelé en sa faveur la mention honorable qu’il a obtenue personnellement en 1839.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. MENOTTI , à Batignolles-Monceaux, près Paris, rue de la Paix, 12.
- M. Ménotti a eu l’heureuse idée de solidifier et de mettre en pains la composition hydrofuge due k Akerman, dont Vauquelina publié la recette en 1804 , et qui, depuis, a été très -souvent citée dans les livres, mais sans qu’on eût jamaispu rendre ce procédé usuel dans l’économie domestique.
- M. Ménotti, mettant en pains le savon hydrofuge, a beaucoup facilité l’emploi de ce produit, et • a pris le moyen le plus facile de procurer aux classes pauvrés, qui ônt le plus à souffrir des mauvais temps, l’avantage de rendre leurs vêtements imperméables. M. Ménotti, ayant présenté son savon hydrofuge à l’Académie des sciences, èn à obtenu un rapport favorable ; il a, depuis, cherché k propager l’emploi de cette composition en en améliorant la fabrication, et eh en diminuant le prix : mais jusqu’ici la routine des consommateurs s’est opposée au développement de cette industrie.
- Le jury central pensant que l’on rendrait un grand service aux militaires, aux marins, et en général à tous les hommes qui sont obligés de rester exposés aux intempéries dé l’air, si l’on parvenait à leur procurer, h bas prix , des vêtements imperméables à l’eau; remarquant que lés procédés propres à ... W
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- donner l’imperméabilité aux étoffes n’en élèvent sensiblement le prix ; considérant, en outre, que M. Ménotti est, dans cette direction, sur une bonne voie, croit devoir le récompenser de ses utiles travaux en lui décernant une mention honorable.
- MM. SAISSE fils (Hippolyte) etCie, à Marseille ( Bouches-du-Rhône ).
- L’art du savonnier, pratiqué en grand à Marseille, ne se trouve représenté, pour cette ville, à l’exposition, que par les savons de MM. Saisse et C,e , mais ces produits prouvent que les savonniers de Marseille, malheureusement obligés par la concurrence, d’abandonner la fabrication des savons d’huile d’olive pure, reconnaissent que les huiles de graines conviennent mal pour la fabrication des savons durs, et commencent à y substituer de l’huile de palme et d’autres matièrés grasses analogues. Cette direction étant favorable aux consommateurs, et devant en outre ramener et maintenir, autant que possible, l’ancienne réputation des savons de Marseille, le jury central croit devoir des éloges à MM. Saisse et Cie pour la direction qu’ils suivent, et il leur décerne une mention honorable.
- M. LEGRAND, à Paris, rue Saint-Merry, 28.
- La collection de savons de ménage et de savons de toilette, exposée par M. Legrand, donne une idée exacte de la direction que devraient suivre les savonniers de Paris; on remarque en effet dans cette collection des savons à bas prix que l’on peut
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- fabriquer.en employant le suifj l’huile de palme, l’acide; oléique et la résine. On y voit des savons' de toilette à 115francs, less cent kilogrammes, et des savons;jaunes qui, vendus à raison de* 53 centimes le kilogramme, se trouvent être à la portée des plus petites fortunes. Le, jury central, approuvant une si bonne direction, accorde à M. Legrand une mention honorable. ’ !
- RAPPEL DE: CITATION FAVORABLE. * „
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- M. CUVELLIER (Louis-Pascal~ïïenri);, à BÏangy . (Seine-Inférieure). . : ^ ; ;
- M. Guvellier Séré, pliarmacien à I31angy‘, qui a obtenu une citation favorable en 183g pour les savons à bas prix qu il livrait au commerce, a conr tinuë à fabriquer cette espèce'de savon dont on est très-content dans la localité, où il se vend à raison de 45 francs lés cent kilogrammes, mais M. Cüvel-liër n’ayant pas pu, à cause des exigences de. son état, donner un, plus grand développement à sa fabrique de savon, le jury centra! ne peut que rappeler en sa faveur la citation favorable qu’il a obtenue en i83g.
- CITATION FAVORABLE.
- . COTTAN,'àNêuilly (Seine), cité’dé l’Étoile, 2ù, et à Paris, rue Jean-Jacques Rousseau, 5.
- Le commerce anglais nous a envoyé, il y a une dizaine d’années v des savons qui contenaient jusqu’à 20 pour cent de silicef en fioudre très-fine , 'et qui
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- furent d’abord considérés comme des savons frelatés par l’addition de cette substance minérale; mais l’on sut bientôt que la silice n’avait pas été introduite par fraude dans ces savons, et quelle n’y avait été mise que dans le but utile d’ajouter au savon la propriété de râper, pour ainsi dire, la peau, et d’en détacher mécaniquement les ordures que le savon ordinaire ne pourrait enlever. Nos savonniers imitèrent alors ce produit, et c’est ainsi qu’on vit M. Raybaud envoyer des savons à la silice, à l’exposition de 1839.
- M. Cottan a cru devoir employer, au lieu de silice, la pierre ponce en poudre fine ; il a pris un brevet à ce sujet, et a donné un grand développement à la fabrication de cette espèce de savon. Le jury central, prenant en considération ce qu’il peut y avoir d’utile dans cette fabrication, mais remarquant qu’en général le prix du savon mis dans le commerce par M. Cottan se trouve trop élevé pour être à la portée de la classe ouvrière qui a le plus besoin de s’en servir, pense qu’il n’y a lieu, pour le moment, qu’à donner une simple citation à ce fabricant.
- § 3. COLLES ANIMALES.
- Considérations générales.
- La fabrication des colles animales, à peine connue en France lors de la première exposition des produits de l’industrie, en 1798, est arrivée
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- à une perfection telle, qu’elle ne laisse plus rien d’essentiel à désirer, soit sous le rapport des quantités produites, soit sous celui des diverses qualités que les différentes colles doivent avoir, soit quant aux prix auxquels on les trouve maintenant dans le commerce. L’impulsion générale que reçurent les arts chimiques à la fin du xvinc siècle, et les avis, ainsi que les récompenses données à la fabrication des colles par la Société d’encouragement, firent promptement améliorer la fabrication des colles fortes ; mais c’est à l’emploi de la gélatine extraite des os par le moyen des acides, et à la fabrication de la gélatine comestible , que cette industrie doit le dernier perfectionnement des procédés qui la constituent et le haut point de perfection auquel elle est arrivée. Les colles fortes, façon de Givet, et les belles colles dites de Flandre, qui seront citées dans ce chapitre, jointes aux beaux produits exposés par M. Grenet, fourniraient une collection qui justifierait complètement le jugement favorable porté plus haut, et qui ne laisserait à espérer, pour l’avenir de cette industrie, que l’augmentation du nombre des meilleures fabriques de gélatines et de colles animales, et, par suite, un plus grand abaissement de prix dans ceux de ces produits qui seraient de première qualité.
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- Si nous n’avons pas parlé de M.. Grenet dans ce chapitre, c’est parce qu’il nous -a paru plus juste de le mettre au premier rang comme:fabricant des plus belles gélatines de luxe et- comestibles , que de le classer parmi les fabricants de colle animale, où il ne pourrait occuper ce premier rang que sous le rapport de la fabrication des colles fines. ,
- Nous .avons encore, ici, à faire remarquer que la société de Bouxwiller aurait certainement obtenu l’iine des récompenses accordées à la fabrication des colles animales, pour les colles de très-bonne qualité qui se trouvent parmi les nombreux produits chimiques exposés par M. Schat-tenmann, mais la grande importance et le mérite de ces derniers produits exposés, ainsi que les colles, sous le même numéro, nous a fait penser que le jury devait accorder a l’honorable directeur de la fabrique de Bouxwiller, une récompense d’un ordre supérieur pour l’ensemble de ses produits.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. ESTIVANT fils aîné , à Givet (Ardennes),
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- ‘M. Estivant 'fils aîné, fabricant de colle, a envoyé k l’exposition >des échantillons de colles fortes con-
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- nues sous le nom,de colles de Givet\ échantillons de colles blanches et blondes et des petites colles, façon de Hollande, tous produits de bonne qualité.
- Ce fabricant a obtenu une médaille de bronze en 1806; une médaille d’argent "en 1-819 et le rappel de cette médaille aux expositions de 1824, 1827, i834 et 1889. ’ . .
- Le j ury cen tral , remarquant combien cette manufacture, qui a été l’une des premières à fabriquer de bonne colle forte en France, a su maintenir labontéetla réputation de ses produits, pense qu'il est juste de rappeler en faveur de M. Estivant fds aîné la médaille d’argent donnée à son père et dont il a déjà obtenu personnellement le rappel en 1839. - ,
- M. ESTIVANT-DONAU, à Givet ( Ardennes).
- M. Estivant-Donau a envoyé à l’exposition une belle collection de colles fortes de première qualité et fort estimées dans le commerce, où elles sont connues sous le nom de.colles de Givet.
- La fabrique de M. Estivant-Donau existe depuis 1800, et jouit depuis cette époque d’une réputation bien méritée. Ce fabricant a obtenu une médaille
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- d’argent en 1827; cette médaille fut rappelée en sa faveur à l’exposition de 1839. Le jury central lui confirme de nouveau cette récompense. ' "
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- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
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- M. LANDINY (Victor), à Grenoble (Isère).
- M. Landiny (Victor) a exposé une collection de colles de Flandre de cinq qualités différentes, mais ne présentant pas le degré de perfection auquel il paraissait être arrivé en i83q, et qui en le rapprochant de M. Grenet, lui valut la médaille de bronze à l’exposition de cette année : cependant, le jury du département de l’Isère a dit dans son rapport qu’il constatait avec une vive satisfaction les progrès considérables que l’exposant a faits dans son art; que la bonté des colles, leur limpidité aussi bien que la modicité des prix ne laissent rien à désirer ; qu’il ne croyait pas qu’il fût possible d’atteindre à un plus haut degré de perfection et que l’exposant était digne des plus grands encouragements.
- Le jury central, ne trouvant pas dans les produits exposés, cette année, par M. Landiny, la confirmation de l’opinion favorable émise par le jury du département de l’Isère, ne peut, dans cet état de choses, que rappeler en faveur de M. Landiny la médaille de bronze qui lui a été décernée en 1839.
- MM. LEFÉBURE frères et fils, à Paris, rue de Charenton, 100.
- MM. Lefébure frères et fils possèdent l’une des plus anciennes fabriques de colle de Paris ; ils ont envoyé à l’exposition de 1844 un bel assortiment d’échan-
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- lillons de colles fortes. Le jury central rappelle en faveur de ces fabricants la médaille de bronze, qu’ils ont obtenue en 1834*
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. SIGNORET (Édouard), à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- M. Édouard Signoret est fils d’un ancien fabricant de colle de Marseille, qui a obtenu une mention honorable en 1819, et frère de M. Augustin Signoret qui, pour des produits analogues, a reçu une médaille de bronze à l’exposition de 1839.
- M. Edouard Signoret a envoyé à l’exposition actuelle une collection de colles fortes, de colles de Flandre et de colles, façon de Cologne.
- Le jury du département des Bouches-du-Rhône dit, dans son rapport, que les produits de M. Edouard Signoret annoncent un progrès réel dans cette fabrication, progrès qui du reste est prouvé par l’extension que cette fabrique prend chaque jonr, et il ajoute quelle est une des plus importantes de Marseille et qu’elle livre annuellement au commerce cent mille kilogrammes de colle forte ordinaire et quatre-vingt mille kilogrammes de colle de Flandre.
- Le jury central, prenant en considération le grand devéloppement de la fabrication des colles fortes dans le midi de la France, dû en grande partie aux travaux de la famille Signoret, et s’ap-
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- puyant sur îa bonté des produits envoyés par l’exposant, croit juste de placer M. Edouard Signoret sur la même ligne que son frère., et il lui décerne', dans ce but, la médaille de bronze.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- M. TESSON, à Colombes (Seine),
- M. Tesson continue à fabriquer dé la colle forte de très-bonne qualité et de.l’huile de pieds de bœuf très-bien clarifiée, comme le faisait M. Bataille, à qui|il a succédé dans cette fabrique.
- M. Tesson a reçu, én 18.27, une mention honorable dont il a obtenu le rappel aux expositions de i834 et i83g. Le jury central, considérant iquë ce fabricant .s’est bien maintenu sur la ligne, qui lui a valu ces récompenses, le regarde comme,en.étant encore digne, et rappelle en sa faveur la mention honorable citée plus haut.
- M. FIRMENICH, à Saint-Julien-lès-Metz (Moselle). r ,}, .
- *' M. Firménich fabrique de très-bonne colle forte, façon de Cologne, très-peii soluble dans l’eau froide et bien convenable pour le placage des meubles, ainsi que pour la fabrication des instruments à archet. Le jury central considère M. Fir-menich comme' étant de plus en plus digne de la mention honorable qu’il a obtenue à l’exposition de
- 1839. ; ; v:;‘- * * ;i! ‘!
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- ; MENTIONS HONORABLES. ^ r; ;
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- MM. BAUD et JOVINET, à Colombes ( Seine,)/
- La fabrique de MM. Baud et Jovinet parait être la mieux montée de celles qui existent dans le département de la Seine. Ces fabricants font un grand usage de gélatine, extraite des os par le moyen de l’acide - hydrochloriqu e, et préparent leur dissolution de colle au moyen du bain-marie et de la vapeur. Ils ont mis à l’exposition une belle collection de gélatine, cle feuilles clé colle blanche et de colle, façon de Flandre; ils livrent au commerce 4o,ooo kilogrammes de leurs produits par annéé, et emploient jusqu’à soixante ouvriers.
- Le jury central, appréciant l’importance de la fabrique et là bonne qualité des produits de MM. Baud et Jovinet, leur décerne une mention honorable.
- MM. BOITEL (Amédée) etCie, à Nemours (Seine-. et-Marne).
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- MM. Boitel et Cie n’ont commencé à s’occuper dé la fabrication des colles animales quen i Sjd, mais ils se sont élevés vite à l’un des premiers rangs de cette industrie; les matières premières qu’ils emploient sont les os, l’acide hydrochlorique et les rognures de peaux provenant des tanneries deiNe-moürs *et des départemens environnants. Cette fabrique , qui h’a qu’un peu plus d’une année d’existence, a déjà livré pour 3^,ooo fr. de produits : tout indique que MM. Boitel et Gi0 pourront donner promptement à leur fabrication le grand dévélop-
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- pement dû à la bonne qualité de leurs gélatines et de leurs colles animales, et qu’à la première exposition ils obtiendront une récompense d’un ordre supérieur.
- Le jury central accorde une mention honorable à MM. Boitel et Cie.
- M. DENISON, à Grenelle, quai de Javelle (Seine).
- M. Denison extrait en grand la gélatine des os par le moyen de l’acide hydrochlorique, et emploie cette matière animale pour améliorer les colles qu’il fabrique avec les débris de peaux et les autres matières premières qn’on emploie ordinairement à cet usage; parmi les échantillons qu’il a envoyés à l’exposition, on remarque deux plaques de colle blonde, bien transparente, d’une belle couleur et provenant d’une dissolution de colle parfaitement clarifiée. Le jury central accorde une mention honorable à M. Denison.
- M. PITOUX, à Paris, rue Pavée, 24, au Marais.
- Ce fabricant a envoyé à l’exposition divers objets parmi lesquels se trouvent de belles feuilles de gélatine colorées, un assortiment de pains à cacheter transparents en gélatine, de la colle à bouche et des feuilles de gélatine propres à différents usages. En - ne considérant dans les produits exposés par M. Pi-toux que ceux qui se rattachent à la fabrication des colles, le jury central regarde ce fabricant comme méritant une mention honorable, et lui décerne cette récompense.
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- M. BUREAU, à Paris, rue Coquillère, 22.
- M. Bureau, qui a sa manufacture établie à Nanterre, a mis à l’exposition des échantillons de colles fortes, de colles blanches et de gélatine. Ce fabricant emploie concurremment les rognures de peaux passées à la chaux, et la gélatine extraite des os par le moyen de l’acide hydrochlorique; il livre annuellement au commerce de 35 à 4°>ooo kilogrammes de colle forte et 2,5oo kilogrammes de gélatine; ses produits sont bien fabriqués et de bonne qualité. Le jury central lui décerne une mention honorable.
- SECTION II.
- COULEURS. CONSERVATION DES BOIS. TISSUS
- IMPERMÉABLES.
- M. Dumas, rapporteur.
- § 1. COULEURS.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. GUIMET ( Jean-Baptiste), à Lyon (Rhône).
- M. Guimet, à qui l’industrie doit la remarquable découverte de l’outremer artificiel, a déjà reçu toutes les récompenses qu’il soit possible d’accorder à l’occasion de l’exposition. Cependant, les efforts
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- de cet habile, et sa vaut, industriel ne s’en, sont pas ralentis.
- Depuis la dernière exposition, Foutremer fabriqué par M. Guimet a beaucoup gagné- eh richesse colorante et en intensité. Mais- sous-le point de vu e industriel, il importait que le prix de cette couleur fût encore réduit. Ce but a été1 atteint par la grande extension que M. Guimet a: donnée à sa manufacture-; il est parvenu à livrer au commerce; à raison de 10 fr. le kilogramme, une qualité supérieure à celle qui se vendait 24 fr. en i 83g.
- Il est résulté de cette baisse considérable dans les prix un accroissement correspondant dans la consommation; de nouvelles industries ont pu en faire usage , et tout fait espérer que cette belle couleur sera encore livrée par la suite à meilleur marché et recevra lés emplois les plus étendus.
- En même temps que M. Guimet perfectionnait son produit, des fabriques d’outremer s’élevaient en Allemagne et même en France pour lui faire concurrence. Ce résultat, très-favorable pour les consommateurs, et dont M. Guimet s’est applaudi , a permis cependant de constater, par l’expérience comparative, que les bleus allemands, fort beaux en apparence,, n’avaient pas dans les emplois les plus importants les mêmes propriétés cjue ïoutreme:r-Guimet.;€ie& Meus sont durs, smah tiques , de sorte que pour la peinture, ils se mêlent difficilement avec les huiles ou colles, et ne conviennent pas^ pour cet emploi autant quede bleu-Gui-met>, qui est tendre et moelleux., Une autre-conséquence de, ce fait, c’est que la richesse colorante
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- de ces bleus est bien inférieure à celle de l’outre-mer-Guimet. C’est une considération très-importante pour l’azurage des papiers, mousselines, toiles , etc., qui forme une branche très-importante de consommation.
- La lithographie en couleur par application de couleurs en poudre sur le papier y fait seule exception ; les bleus de fabrication allemande conviennent très-bien pour cet emploi, parce qu’ils sont à grains durs et grossiers, ce qui les empêche de tacher le papier. Dans ce cas seul, les qualités de l’outremer-Guimet, qui le rendent si précieux pour la peinture, lui sont contraires.
- Le jury rappelle donc, avec une nouvelle satisfaction, la médaille d’or décernée à M. Gui met en i834, et rappelée déjà en i83g.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. LANGE-DESMOULIN, à Paris, rue du R01-de-Sicile, 32.
- C’est une des plus anciennes et des plus recommandables maisons de couleurs de Paris, tant par l’importance de ses opérations que par la qualité supérieure de ses produits.
- M. Lange-Desmoulin fabrique des quantités considérables de jaune de chrome , de carmin, de laques carminées, de vert mitisetde vermillon obtenu par la voie sèche, qui lutte déjà avec avantage.avec le vermillon d’Allemagne; tout porte à croire que les pèrfectionnements nouveaux que cet habile fa-
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- bricant vient d’apporter à cette fabrication nous affranchiront, avant peu, de l’impôt que la France a payé jusqu’ici à l’étranger pour ce produit.
- Le jury considère M. Lange-Desmoulin comme toujours digne de la médaille d’argent qu’il a obtenue en i834 et qui a déjà été rappelée en i83g.
- Madame GOBERT, à Paris, rue d’Enfer, 13.
- Les magnifiques laques de garance de M"°e Go-bert avaient vivement frappé le jury central lors de l’exposition de i83g, qui lui accorda la médaille d’argent. Cette année, elle a exposé des produits qui ne le cèdent en rien à ceux de l’exposition précédente ; elle a même ajouté quelques nouvelles nuances à sa palette déjà si riche.
- S’il avait pu rester quelques doutes sur la solidité des laques de madame Gobert, le fait suivant serait bien capable de les faire disparaître. Un store fait entièrement avec ces couleurs, admis à l’expo sition de 183g, est resté depuis cette époque cloué à une fenêtre et soumis à l’action du soleil. Sous cette influence, l’air a détruit le tissu, sans altérer en rien l’éclat et la fraîcheur des couleurs.
- Madame Gobert se servait, dans l’origine, des garances du Levant; aujourd’hui, elle n’emploie plus que les garances d’Alsace exclusivement.
- Madame Gobert mérite plus que jamais la médaille d’argent, qui lui a été décernée en i83g.
- MM. LEFRANC frères, à Paris, rue du Four-Saint-Germain, 23.
- Le jury central décerna, en i83g, une médaille
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- d’argent à MM. Lefranc frères pour l’importante fabrique de couleurs qu’ils avaient créée à Grenelle, et dans laquelle de puissants moyens mécaniques leur avaient* permis de réunir deux avantages importants ;de bas prix et'Une excellente qualité.
- Depuis la dernière exposition, la fabrication de MM. Lefranc a pris beaucoup d’extension, ils occupent aujourd’hui soixante-douze ouvriers; il y a peu déniaisons qui en occupent plus de trente’ou quarante parmi les fabricants de couleurs. Ils ont une machine à vapeur de huit chevaux.
- Leurs principaux produits sont : les jaunes de chrome, pour lesquels on leur accorde une supériorité incontestable. Leurs prix sont toujours au-dessous de ceux des autres fabricants, et ils en font de très-grandes quantités. Ils livrent aussi au commerce les carmins de cochenille ou de garance, les laques carminées et les laques jaunes, le bleu de Prusse, etc.
- Enfin ils viennent d’aborder une fabrication de la plus haute importance, celle des encres d’imprimerie , que l’on fait venir d’Angleterre pour l’impression des 'beaux ouvrages. - Aujourd’hui, MM. Lefraiic sont^rriv'és à' faire aussi bien que les manufacturiers anglais,«plusieurs essais ont été faits et ont parfaitement réussi.' MM. Lacrampe et Gie ont*fait -usage de cette encre, et ils ont reconnu qu’elle est; d’un aussi beau noir et qu’elle s’emploie aussi bien que l’encre anglaise. MM. Schneider etCie en portent le même témoignage après s’en être servis pour le tirage de divers ouvrages illustrés.
- Ces renseignements prouvent que MM. Lefranc ii. ‘ 44
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- frères auraient eu droit à de nouvelles récompenses, si un plus long emploi de cette encre en avait constaté les qualités.
- En l’état actuel des choses, le jury se borne à déclarer que MM. Lefranc frères sont toujours très-dignes de la médaille d’argent qui leur fut décernée en 1839.
- M. MILOR1, à Paris, rue Barre-du-Bec, h.
- Le jury central de 1889 décerna à M. Milori une médaille d’argent pour son importante fabrication de couleurs. Depuis cette époque, sa maison a pris encore une extension considérable; des produits nouveaux, des améliorations, des perfectionnements dans la fabrication des anciens produits, tels sont les titres que le jury se plaît à reconnaître à cet babile fabricant, toujours digne de la médaille d’argent qui lui fut accordée à la précédente exposition.
- MM. PANIER et PAILLARD, à Paris, rue Yieille-du-Temple ,75.
- Ces habiles fabricants ont obtenu en 1819 une médaille d’argent; depuis lors, ils ont considérablement développé leurs moyens et leurs ressources de fabrication en tout genre; ils s’occupent activement de perfectionner les couleurs pour la miniature et pour l’émail, pour, lesquelles leur prédécesseur, M. Cos-sard, était avantageusement connu déjà des artistes.
- Leur fabrique de couleurs fines, dites de Lam-bertje, a pris un plus grand essor, et ils se livrent en
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- outre à la fabrication de crayons à dessiner, et de pastels inventés par M. Lemoine, dont lés produits étaient justement estimés.
- MM. Panier et Paillard ont tenté la fabrication de l’encre de Chine , et quoique leurs produits soient encore loin de la perfection, ils méritent d’être récompensés pour n’avoir pas craint de s’engager dans une voie où il faut se livrer à de nombreuses expériences pour atteindre un résultat satisfaisant.
- MM. Panier et Paillard offrent une grande variété de produits au commerce ; ils en préparent dé qualités très-diversés ; mais on reconnaît dans .toute leur fabrication, une remarquable intelligence de ce genre d’industrie.
- Ils se montrent donc toujours dignes de la médaille d’argent qui leur fut décernée en iôSg.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. COLCOMB-BOURGEOIS,à Paris, quai de l’École, 18.
- “ Les couleurs que ce fabricant a soumises à l’examen du jury, se font remarquer parla fixité et la richesse des- tons. * • '
- La fixité qu’il annonce est garantie par vingt années d’expérience, et attestée par nos peintres lès plus' célèbres MM. IngresAry-Scheffer, Granet, Eugène Lacroix, Winterhalter, Aligny, ‘Ghazal, Larivière, etc., qui les ont jugées, tant par les dif-rents essais à la lumièré, que dans leurs'combinaisons entre elles. - ;
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- Voici en particulier comment s’exprime M, Ingres: « Je recommande à la justice du jury, M.Col-» comb, qui, par ses belles couleurs et le soin qu’il » donne à tout ce qui est à l’usage de la peinture, » se distingue si bien, que, ne nous eût-il donné que ». son seul carmin fixe de garance , il aurait droit à » notre reconnaissance ; car nous en étions aupara-» ravant réduits à la laque de cochenille et autres la-» ques très-douteuses .et toutes privées de la teinte * violette. »
- Le carmin fixe de garance découvert en i 816 est surtout recommandé parles artistes comme offrant le principe pur de la garance, dégagé entièrement du principe fauve, et contenant sous un très-petit volume, une grande quantité de principe colorant, ce qui le rend d’une grande vigueur;de,ton et d’une extrême facilité à l’emploi.
- Depuis deux ans, M. Colcomb-Bourgeois obtient, par un procédé, nouveau, du carmin de garance d’un ton qui !e rapproche de la couleur pourpre, tout en lui conservant les avantages du premier.
- Il croit que ce procédé sera utile pour apprécier la quantité de principe pur que contiennent les garances , car on sépare entièrement le principe fauve. ^
- Les mars ou.oxydes de fer de M. Colcomb-Bourgeois, outre leur, fixité, contiennent six fois plus de principe colorant que les autres, n’étant pas combinés avec des terres ,qui en altèrent, la pureté ; aussi malgré leur prix «plus élevé, obtiennent-ils la préférence.
- Le bleu de cobalt de M. Colcomb, très-colorant
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- est aussi pur que l’outremer lapis ; et conserve cette qualité avec le blanc.
- Son vert de cobalt est bien préparé ; c’est un vert précieux par sa fixité, il peut se combiner avec toutes les couleurs, c’est le> seul vert tout à fait inaltérable.
- Les laques de garance rose et foncée j la laque jaune de Gaude, sont également fabriquées avec le plus grand soin.
- Depuis plus de vingt-cinq ans, M. Colcomb-Bourgeois s’occupe spécialement de la préparation des couleurs , et il a fait une étude particulière du mélangé des couleurs entre elles, et des différents résultats qu’il procure.
- C’est en considération de cette longue expérience , de son application constante à produire dés couleurs douées d’une fixité convenable que le jury décerne à M. Coleomb-Boürgeois unè médaille d’argent.
- M. HUILLARD aîné, à Paris,, rue de la,Tannerie, 38, ->
- A exposé de l’orseille , du sulfate d’alumine et du carmin d’indigo; il fabrique ces produits sur une grande échelle. Les procédés qu’il emploie pour la fabrication de l’orseillè donnent des résultats certains et d’une qualité constante; ils sont trèsestimés des teinturiers. M. Huillard est le fabricant de Paris qui produit le plus d’orseille, et en même temps celui qui consomme la plus forte proportion d’ammoniaque liquide.
- Le sulfate d’alumine de,Ms. Huillard, fabriqué à
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- laide d’une argile très-peu ferrugineuse, est exempt de fer et ne contient qu’un léger excès d’acide libre ; il est employé avec avantage par les fabricants dé papiers et par les teinturiers.
- Le jury , voulant récompenser la fabrication perfectionnée de produits dont la qualité a longtemps laissé beaucoup à désirer, décerne à M. Iiuillard aîné une médaille d’argent.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. FERRAND, à Paris, rue Mongalet, 7,
- A exposé du jaune de cadmium, dù bleu de cobalt, du vert de chrome, du vert de cobalt, du vert de scheèle, etc.
- Il a exposé, en outre, du bleu d’outremer dont le procédé tenu secret par tous les fabricants, a été communiqué par celui-ci à la société d’encouragement.
- M. Ferrand s’occupe de la préparation de tous les produits nécessaires aux opérations du daguerréo-
- Pe-
- Enfin , il remet sous les yeux du jury, avec quelques perfectionnements, les divers produits relatifs à la peinture à la cire qu’il, avait déjà exposés en i83g.
- Le jury juge M. Ferrand toujours digné de la médaille de bronze qui lui fut décernée en 1839.
- M. JANNET, à Paris, rue des Trois-Rornes, 1,
- A exposé de l’orseille faite avec des lichens tirés de
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- Bourbon et du cap Vert; ces lichens nous arrivent maintenant en assez grande quantité.
- M. Jannet a exposé, en outre, des carmins d’or-seilleà quinze et trente degrés de concentration; ces carmins s’emploient pour l’impression sur laine, où l’on a besoin de colorants riches et purs; la consommation en est considérable en France; l’Angleterre , l’Allemagne et la Russie en reçoivent beaucoup de nos fabricants.
- Le jury rappelle avec distinction à M. Jannet, la médaille de bronze qu’il a reçue en i83g.
- NOUVELLES MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. GIROUY, à Paris, rue de la Cité , 26 et 28.
- Le prédécesseur de ce fabricant de couleurs, M. Poinsot, avait obtenu une médaille de bronze én i83g pour les couleurs fines qu’il avait soumises au jury.
- > Aujourd’hui, M. Girouy se présente recommandé par un grand nombre d’officiers de la direction du génie qui ont reconnu une véritable supériorité à ses couleurs. Sa fabrication s’est développée; il emploie une machine à vapeur pour son broyage: il a élargi le cercle de ses affaires.
- Le jury lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
- M. RICHARD, à Paris, rue Planche-Mibray, 6.
- En i83q, la fabrique dont il s’agit avait obtenu la médaille de bronze. Depuis qu’elle a changé de
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- nom, ses produits ont conservé toutes leurs qualités et se classent aujourd’hui dans l’opinion des artistes , parmi les meilleurs qui soient fabriqués à Paris. Le coloriage des grands ouvrages d’histoire naturelle se fait habituellement avec les couleurs fournies par M. Richard, qui pour cet usage sont même préférées aux couleurs anglaises, pourtant beaucoup plus chères.
- Le jury central décerne à M. Richard une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. A. COLSON , à Paris, rue du Dragon, 3 et 5.
- La maison de M. Colson est l’une des plus estimées des artistes, et ses produits sont très-recherchés par eux ; c’est lui qui le premier a eu l’idée de préparer des toiles pour pastels ; celles qu’il a exposées ont paru au jury convenir parfaitement à leur emploi. Il fabrique également tous les objets employés par les peintres, tels que toiles, cadres, etc. Tous ces articles sont établis avec le plus grand soin.
- Le jury déclare que M. Colson mérite la médaille de bronze.
- M. YALLÉ, à Paris, rue de l’Arbre Sec, 3,
- A exposé divers produits dignes de fixer l’attention du jury, savoir :
- Uh enduit hydrofuge, des toiles hydrofuges, des
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- CQuîeurSjà.bases derfer ,dites couleurs marsypréparées avec soin;
- Un brun obtenu par les résidus de garance épuisés et abandonnés par les indienneurs, et destiné à remplacer le bitume dont la fugacité est nuisible aux peintures;
- Un violet composé à base degarance, et qui doit être très-solide ; -
- Un chroma le rouge de plomb obtenu par le sulfate de plomb provenant des fabriques. C’est-le plus beau de l’exposition;
- Un blanc de plomb nouveau;
- Des couleurs à la cire, des toiles panneaux à la cire;
- Des toiles panneaux pour pastels qui permettent les retouches, l’empâtement, et qui donnent au pastel une demi-fixité qu’on peut rendre complète du reste par une préparation ultérieure au,moyen de fixatifs résineux et mucil’agineux ; ces fixatifs s’appliquent par aspersion sur la partie antérieure des dessins;
- Des vernis au copa!, à l’essence, à l’huile, au mastic, à l’Elémi; un vernis hydrofuge au caoutchouc, un vernis à l’eau incolore pour les tableaux fraîchement peints, et qui ne les altère pas.
- M. Yallé est dans une très-bonne voie ; nul doute qu’il ne parvienne, à des résultats importants dans une industrie qu’il aborde maintenant avec le secours, de connaissances chimiques,très-solides. En conséquence, c’est à la fois comme récompense et comme principe d’émulation, que le jury lui accorde aujourd’hui une médaille de bronze.
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- M. DUTFOY jeune, à Paris, rue du Plâtre-Saint-Jacques, 28.
- M. Dutfoy jeune avait obtenu une mention honorable en 1839, et depuis cette époque, a obtenu des améliorations dans sa fabrication qui sont constatées; car on en recommande l’emploi à messieurs les officiers du génie dans le mémorial du génie imprimépar les ordres de M. le ministre de la guerre. En outre, pour quelques-uns des vélins du muséum, on a reconnu que les couleurs de M. Dutfoy offraient une transparence supérieure, à celle des couleurs analogues sorties de fabriques très-estimées.
- Par ces motifs, le jury central lui décerne une médaille de bronze.
- MM. DELARUELLEet LEDANSEUR, à Paris, cité Boufïlers, 21, et rue du Petit-Thouars, 20 (enclos du Temple ),
- Ont exposé des pastels, qui, en 183g, leur avaient déjà valu une mention honorable. Ces pastels peuvent se tailler, tout en conservant le moelleux du pastel mou. Aujourd’hui, les produits de ces exposants ont reçu de véritables améliorations excitées »
- parla faveur dont la peinture au pastel a été l’objet depuis quelques années. Tous les artistes qui s’en occupents’accordentpourlesrecommander, comme offrant une fermeté de touche, une richesse et une vivacité dé couleurs qui ne laissent plus rien à désirer.
- Le jury accorde à MM. Delaruelle et Ledanseur une médaille de bronze.
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- M. YIARD, à Paris, rue Saint-Martin, 541
- A exposé une préparation destinée à préserver les murs de l’humidité.
- L’application en a été faite chez M. Jacquenot, propriétaire,, rue Rambuteau , 48; elle y a parfaitement réussi, ainsi que dans plusieurs salles basses très-humides de sa maison de campagne, à Meudon , dans lesquelles un grand nombre d’essais avaient été auparavant tentés sans aucun succès.
- Gomme cette préparation est à très-bon marché puisqu’elle ne coûte que 6o centimes le mètre à deux couches, comme elle peut être appliquée très-facilement, et que par ces divers rnotifs elle doit être fort utile dans un très-grand nombre d’habitations, M. Viard a rendu un service qui a paru digne au jury d’une médaille de bronze.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- MM. TRICOTEL et CHAPUIS, à Paris, rue Pa-' radis Poissonnière ,40,
- Ont exposé de, nouveau la peinture qu’ils appellent hydroléine. Le jury rappelle la mention hono-. râble qui leur fut décernée, en 1839, pour cet objet.
- M. MACLE, à Paris, rue Michel-le-Comte, 23,
- j»
- A exposé des couleurs fines qui ont été l’objet d’une mention honorable, en 1839, sous la raison Longchamps , Macle et Cie. Le jury rappelle cette mention avec intérêt. ‘ '
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- MENTIONS HONORABLES.
- Le jury mentionne honorablement :
- M. MICHEL, à Puteaux (Seine ),
- Pour ses extraits de bois dé teinture.
- M., STEVERLYNCK, à Lille (Nord),
- Pour son cobalt vitrifié et son bleu de tournesol qu’il fabrique en grand.
- M,: COURTIAL, à Besançon (Doubs),
- A exposé du bleu d’outremer artificiel.
- Il fabrique par jour :
- 25 kilog., belle qualité à io fr. le kilog.
- 25 kilog., cendres d’outremer à, 3vfr. le kilog.
- Ces prix sont pour les ventes en gros, et subissent encore des remises qui vont souvent jusqu’à io pour ioo.
- Il obtient à volonté le bel outremer, joncé ou clair,-dur ou tendre, suivant les* exigences de la lithographie qui le veut dur, et de, la peinture à l’huile qui l’exige tendre; dans l’azurage des papiers, la dureté a l’avantage de le rendre1 plus résistant à l’alun. Quant à l’azurage des* tissus , c’est aux-con-sommateurs à prononcer; mais ce qu’il y a certainement de plus avantageux en ce cas, c’est l’intensité de la couleur. Cependant, quelques fabricants de papier repoussaient celui de M. Courtial comme trop foncé.. Aujourd’hui, l’outremer factice de M. Courtial pourrait, peut-être, rivaliser avec celui de M. Guimet. Mais le jury central,faisant,la diffé-
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- rence entre le!premierinventeur et celui qui a suivi une voie déjà ouverte, quoiqu’il ait été obligé de découvrir la route lui-même, doit se borner à lui accorder une mêntion honorable.
- MM. G. MIRABAL et MOREAUyà Paris , rue Fon-taine-au-Roi, 39,
- Pour diverses couleurs économiques propres à la peinture dés lieux humides ou pour la mise en couleur des parquets.
- M. PRÉYEL, au petit Charonne (Seine),
- A exposé du vermillon qu’il fabrique lui-même et qu’il livre au commerce à un prix très-bas. dl mérite l’approbation du jury qui lui accorde avec intérêt uneimention'honorable.
- M. B AUBE, à Paris, rue de la Tixeranderie, 25,
- A exposé ses couleurs à l’alcool, dites anosmi-ques, qui, en i83g, ont été l’objet d’une citation favorable. Quelques perfectionnements ajoutés à sa fabrication lui donnent aujourd’hui droit à une mention* honorable.
- MM. MONMORY aîné et RAPHANEL, à Paris, rue Neuve-Saint-Merry, 9.
- Sous le nom de siccatif brillant, MM. Monmory aîné et Raphanél ont exposé un vernis qui, mêlé de diverses couleurs à bas prix , sert à peindre lés parquets , carreaux, escaliers,- etc. L’expérience .faite par les soins du jury a été assez favorable<à ce pro-
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- duit pour justifier la mention honorable qui lui est accordée.
- M. CHEVALLÏER-VUILLIER, à Dole (Jura),
- A exposé des bleus d’indigo pour azurage, des bleus de Prusse, des verts à l’eau , du jaune de chrome. Ces couleurs sont bien préparées.
- M. A. MARTIN DE SAÏNT-SEMMERA, rue des Francs-Rourgeois-Saint-Marcel, 11,
- A exposé des laques de garance et de gaude qu’il fabriqué avec soin; du bleu de Prusse, un chro-mate de plomb orangé d’une belle nuance. Cette fabrique naissante a mérité l’attention du jury.
- M. SERPINET, à Paris, rue Plumet, h,
- A exposé du carmin d’indigo pour la teinture et l’impression ; il s’occupe depuis longtemps de la fabrication de ces produits, pour lesquels il a obtenu la confiance des teinturiers et des imprimeurs de Paris.
- M. CHÉROT, à Paris,, rue de la Chopinette ,
- 12,
- t
- Pour des toiles à peindre et pour des couleurs
- au blanc de baleine.
- £&**&*•
- MM. WÜY et RUTET, à Paris, rue de la Verrerie , 54 ,
- Pour des bleus à azurer le linge et pour du bleu de Prusse en tablettes.
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- CITATIONS FAVORABLES, î»
- M. MOND’HER, à Paris, rue du Yal-Sainte-Cathe-rine, IA,
- Fabrique des couleurs en tablettes qui sont accueillies avec faveur.
- M. CHONNEAUX, à Paris, rue Jean-Robert, 6,
- A exposé divers produits obtenus au moyen du carthame, tels que rouge-vert en plaques, rouge liquide, rouge en poudre. Il fabrique aussi du blanc de fard.
- MM. MULLER fils et Cie, à Paris, rue du Faubourg Saint-Martin, 115,
- Ont exposé des couleurs et des vernis bien préparés. Us fabriquent des panneaux, des toiles et des portefeuilles pour les artistes. Tous ces produits sont d’une très-bonne confection. -
- Le jury accorde à MM. Muller fils et Cie une citation favorable.
- § 2.CONSERVATION DES BOIS.
- NON EXPOSANT.
- MENTION HONORABLE.
- M. BRÉANT, vérificateur général des essais à la Monnaie.
- i
- ,M. Bréant, l’un de nos plus habiles chimistes manufacturiers dont le nom se rattache très-hono-rablemenfc aux procédés industriels de la liquation
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- des bronzes, de l’épuration et du travail du platine, vient de rendre un nouveau service à l’industrie en mettant dans le domaine public son procédé de pénétration des bois.
- Chacun peut apprécier les résultats d’un essai concluant sur des planches en sapin pénétrées d’huile de lin siccative , et restées pendant dix ans sans altération sur les trottoirs du pont Louis-Philippe. Cet essai démontre l’efficacité des procédés de M. Bréant et permet au jury d’émettre son opinion sur le mérite de ce mode de pénétration qui a pour effet non-seulement d’introduire dans toutes les parties saines et vivantes du bois, des substances souvent difficiles à liquéfier, si ce n’est par la chaleur, mais encore d’en saturer des parties défectueuses ou déjà attaquées par la pourriture sèche, et d’arrêter celle-ci instantanément.
- Il, est déjà à la connaissance de plusieurs membres du jury que l’appareil de M. Bréant consiste en un grand cylindre en fonte, pourvu d’une fermeture autoclave et dans lequel on introduit les bois; à ce cylindre est adapté une pompe d.e presse hydraulique servant à injecter le liquide conservateur au fur et à mesure de son absorption.
- Une expérience qui remonte déjà à dix années prouve que des bois déjà fortement avariés ont par là reçu un véritable préservatif, puisque la carie n’avait plus fait aucun progrès. Ce n’est pas aux liquides préservateurs en eux-mêmes qu’on attribue la plus grande part dans ce résultat, mais bien au mode de pénétration, tnodé énergique dont l’effet ne saurait être douteux. Sansaucun doute, lachimie
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- arrivera à trouver des agents conservateurs efficaces et à bon marché; pour le moment, l’attention du jury se fixe sur la puissance pénétrante de ce procédé qui permet de lancer, dans chaque partie du bois, des matières oléagineuses qui, essayées à grands frais en Angleterre, n’avaient pu pénétrer que d’une quantité véritablement insignifiante.
- Ajoutons même qu’il résulte de nombreuses expériences que les meilleurs résultats sont obtenus par un mélange d’huile de lin et de résine de térébenthine chauffée à ioo°. On conclura naturellement qu’un tel agent de préservation ne saurait être introduit par l’absorption naturelle, et qu’il faut en aider la pénétration par une pression artificielle considérable.
- M. Bréant, recommandé par le jury du département de la Seine, n’ayant pas mis son procédé en exploitation, le jury central doit se borner à lui donner un témoignage de son estime pour les talents distingués qu’il a mis au service de l’industrie de son pays, et desa reconnaissance pour le désintéressement avecle-quel il veut faireprofiterla société de ses découvertes..
- MENTION HONORABLE.
- M. BOUCHERIE, à Bordeaux (Gironde).
- M. Boucherie a imaginé un moyen précieux d’injection pour les bois; il le met à profit dans le but de rendre les bois plus durables, de varier leurs teintes à volonté; de les rendre moins sensibles aux variations hygrométriques, enfin de les rendre incombustibles.
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- Les pièces exposées démontrent que M. Boucherie a résolu les principales questions qu’il s’était posées.
- Il a exposé en effet des madriers de chêne et des cerceaux de châtaignier pénétrés de pyrolignites mélangés de chlorures, il y a plus de cinq ans, et qui constatent l’efficacité de ces matières conservatrices. Le chêne , dont l’aubier est si rapidement altérable , est intact dans toutes ses parties, quoiqu’il n’ait cessé d’être placé dans des lieux humides, et les cerceaux portent en eux-mêmes la preuve de Faction des substances introduites; car certains d’entre eux ont été préparés en arrêtant la pénétration à la moitié de leur longueur, et ils ont été piqués par les insectes jusqu’à la limite de la pénétration.
- Ce résultat, tout en faisant préjuger la conservation des bois d’un volume plus considérable, ne permet du moins plus le doute sur les avantages que le commerce des vins pourra retirer de son application , et dès cette année, une exploitation considérable aura lieu à Bordeaux où la destruction des cercles de barriques par les vers, occasionne une perte annuelle d’un million de francs.
- Sous le rapport dé la coloration des bois , M. Boucherie s’est montré prodigue de teintes; car il a essayé d’obtenir, et il a produit en effet des teintes bleues, jaunes, rouges, vertes, violettes, qui sont d’un effet douteux ; mais à côté de ces couleurs trop crues, il expose des tons bruns, fauves, gris plus ou ou moins foncés , d’un effet capable de répondre aux exigences du goût le plus scrupuleux. L’ébénis-terie trouvera donc, dans ces procédés, de nombreuses ressources, puisqu’on lui offre des bois co-
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- lorés et durs obtenus avec des essences qui par elles-mêmes n’eussent fourni que des bois tendres et sans couleur.
- La résistance des bois au jeu, et la possibilité de les mettre en œuvre peu de temps après l’abattage, sont mis en évidence par de grandes portes et par une selle confectionnés avec du bois de hêtre abattu depuis trois, mois, et pénétré de matières (chlorure de calcium et pyrolignite de fer) qui n’ont que faiblement augmenté sa valeur. Cette question était importante à résoudre, et pour apr précier son utilité pratique, il suffit de se rappeler que le hêtre, si commun en France, d’une croissance si rapide, a été exclu jusqu’à ce jour de la charpente, de la menuiserie et de l’ébénisterie solide , et que , dès à présent, il peut remplacer avec avantage le chêne beaucoup plus rare, d’un prix plus élevé, et qui ne peut être employé qu’après plusieurs années de séjour dans les chantiers. Des expériences récentes et officielles ont démontré que le hêtre ainsi préparé est supérieur en force au meilleur chêne ; que d’ailleurs, ce bois possède alors une coloration grise qui le rend propre à tous les emplois de boiserie intériéure, tels que parquets, panneaux-, lambris, portes, etc. L’incombustibilité des bois pénétrés d’eaux mères des marais salants est facile à juger à priori,* cependant, ajoutons qu’elle a été constatée publiquement à Compiègne par des expériences spéciales; Quand,oh sait à quels affreux malheurs les voyageurs sont exposés par la combustibilité des bois employés pour construire les voitures qui circulent sur les chemins de fer,
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- on se demande si l’administration ne devrait pas exiger que ces bois fussent rendus incombustibles, soit par le procédé de M. Boucherie, soit par tout autre moyen.
- M. Boucherie a exploité quatre cents mètres cubes de bois dans les forêts de l’Etat pour les besoins de la marine, grâce au concours de l’administration, qui s’est chargé de constater les améliorations qu’avaient subies les bois expérimentés. Le temps qu’il a fallu pour s’assurer de l’efïicacité des diverses matières conservatrices éprouvées, explique pourquoi M. Boucherie a dû attendre jusqu’à ce moment pour mettre ces procédés en exploitation. Il aurait pu s’y déterminer plutôt, il a préféré continuer ses études, multiplier ses expériences et acquérir ainsi des convictions maintenant partagées par les personnes qui ont vu ses produits et étudié ses procédés.
- Si la marche suivie par M. Boucherie le prive des récompenses que le jury central aurait été heureux de lui décerner, hâtons-nous de reconnaître qu’elle puise sa source dans des sentiments si droits; et si nobles, que le jury peut sans crainte appliquer à la conduite comme aux produits de M. Boucherie, une mention honorable.
- § 8. TISSUS IMPERMÉABLES.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D'OR.
- MM. RÀTTIER et GUIBAL, à Paris, rue des Fossés-Montmartre, 4.
- L’importance des affaires de cette maison est à peu près la même qu’en i83q ; ayant autorisé tous
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- lés passementiers de France à fabriquer le tissu élastique, elle s’est créé une immense concurrence, mais en compensation elle vend , chaque année, à ces mêmes passementiers une grande quantité de fil élastique, pour la fabrication de leurs tissus, industrie qui a pris un immense développement, et dont les produits sont préférés sur tous les marchés étrangers.
- MM. Rattier et Guibal sont restés en première ligne dans les belles qualités de tissus élastiques, mais ils n’ont pu suivre la concurrence des fabriques de Rouen et de Saint-Chamond, dans les qualités communes.
- Ils ont apporté de grands perfectionnements dans la fabrication du fil élastique ; lors de la dernière exposition , ils avaient de la peine à obtenir une finesse de 8 à 10 mille mètres au kilog.; aujourd’hui ils obtiennent 3o à 32 mille mètres, et cela en gomme régénérée; ils ont été poussés à atteindre cette finesse par les fabricants de tulle qui, aujourd’hui , mêlent le caoutchouc à leurs produits.
- L’art de recomposer la gomme est parvenu entre leurs mains à une grande perfection, puisque MM. Rattier et Guibal peuvent en refaire du fil, qui, dans les numéros fins surtout, vaut le fil de gomme naturelle. A l’aide d’une nouvelle machine, ils peuvent fournir des bandes de gomme qui ont jusqu’à i5o mètres de long sur 33 centimètres de large; jusqu’à ce moment on n’a obtenu des feuilles de gomme que de l\[o centimètres sur 3o centimètres.
- N
- Les fabricants de papier français étaient tributaires de l’Angleterre pour les courroies desmachi-
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- nés à papier , courroies qui exigent une grande force , qui ne doivent jamais s’étendre , et qui doivent être sans point de jonction. MM. Rattier et Guibal ont exposé des courroies qui sont de tout point comparables aux meilleures courroies anglaises.
- En mêlant le caoutchouc à des substances blanchâtres qui ont l’avantage de lui ôter son adhérence, ils sont parvenus à former une pâte qui a à peu près la couleur du papier de Chine, et qu’ils appliquent sur un tissu. Cette toile ainsi préparée reçoit les impressions les plus fines, les plus délicates. Ces essais ont de l’intérêt, mais l’industrie n’a tiré encore aucun parti de ce produit. Il n’en est pas de même d’un cuir factice qui a un grand emploi chez les fabricants de cardes.
- MM. Rattier et Guibal ont perfectionné leurs produits et en ont diminué le prix , depuis la dernière exposition. Leur vernis a toujours un peu d’odeur qui provient de l’huile essentielle qui sert à dissoudre le caoutchouc ; toutes leurs tentatives pour détruire cette odeur, après l’application, ont nui à l’imperméabilité des tissus, et souvent en ont amené une prompte décomposition. Ils persistent donc à faire usage de procédés dont un long emploi leur garantit la bonté, tant qu’une expérience décisive n’aura pas prononcé en faveurdesautres moyens de dissolution.
- Le jury central, prenant en considération les services constants rendus à l'industrie des tissus imperméables par MM. Rattier et Guibal, les juge toujours très-dignes de la médaille d’or qui leur fut décernée en 1839.
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- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. GUÉRIN jeune et Cie, à Paris, rue des Fossés-Montmartre, 11.
- Le jury de 1839, en signalant les résultats intéressants obtenus par l’emploi du caoutchouc dans diverses applications industrielles, se plaignait de ce que dans la fabrication des tissus rendus imperméables , à l’aide du caoutchouc dissous dans les huiles essentielles, on n’était pas parvenu à supprimer l’odeur nauséabonde qui en limitait considérablement l’emploi. Les efforts de tous les fabricants ont donc tendu vers la solution de ce problème; s’ils n’ont pas complètement atteint le but, ils en ont plus ou moins approché : MM. Guérin jeune et G16 s’en sont particulièrement occupés.
- Leurs tissus imperméables sont presque entièrement exempts d’odeur ; ce résultat est dû à la rectification parfaite des huiles essentielles qu’ils emploient pour dissoudre le caoutchouc.
- MM. Guérin jeune et Cle ont fait une nouvelle application du caoutchouc, qui pourra être d’une grande importance : c’est un cuir artificiel pour remplacer le cuir dans les usines où la transmission de mouvement s’opère par des courroies. Le cuir artificiel est composé de plusieurs toiles à chaîne très-forte, réunies entre elles par le caoutchouc. Ce cuir'artificiel a été aussi employé avec succès pour la fabrication des rubans et plaques de cardes.
- Le jury, considérant que les efforts de MM. Guérin jeune et Cie pour améliorer leur industrie et lui créer des applications nouvelles, sont dignes des plus grands éloges, leur décerne la médaille d’argent.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. MEYNADIER ( Hippolyte ), à Montrouge (Seine), et à Paris, rue Grange-Batelière, 1.
- M. Meynadier applique sur les tissus de soie et à plus forte raisou sur d’autres tissus, une préparation qui les rend imperméables, sans que cette préparation soit sensiblement visible sur l’étoffe apprêtée, à laquelle il conserve beaucoup de souplesse; la souplesse et la légèreté de ces tissus permet d’en faire des applications utiles que les tissus au caoutchouc ne peuvent recevoir, tels que manteaux préservatifs contre la pluie, qui pliés sont si peu volumineux qu’ils peuvent se placer dans la poche ou dans le fond du chapeau.
- Il ne manque à cet industriel qu’un développement plus considérable de ses produits pour se rendre digne d’une récompense plus élevée. En l’état des choses, le jury doit se borner à rappeler la médaille de bronze qu’il a reçue en i83q.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. GAGIN , à Clignancourt, commune de Montmartre (Seine).
- M. Gagin a fait de nombreuses applications du, caoutchouc fondu; pour la plupart, elles ont eu un succès complet; ainsi, il a exposé des havresacs et manteaux pour soldats, en toile rendue imperméable par ce moyen , qui ont parfaitement résisté aux variations de température de l’Algérie.
- La même matière, appliquée sur les chaussures,
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- les rend imperméables et en prolonge presque indéfiniment la durée; employée dans la préparation descujrs vernis, elle les rend souples, imperméables , et empêche le vernis de s’écailler. »
- Le jury déclare que M. Gagin est digne d’une, nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. LEDOUX, à Bonny-sur-Loire (Loiret).
- M. Ledoux fabrique sur une grande échelle les divers objets dans lesquels entre le caoutchouc, tels qu’étoffes pour tabliers de nourrices et manteaux; clysoirs, coussins à air, etc. Il fabrique également une grande quantité de buses d’acier recouverts d’un tissu imperméable qui les préserve de la rouille.
- M. Ledoux a beaucoup perfectionné tousses produits, ce qui ne l’a pas empêché d’en diminuer le prix d’une manière très-sensible, et par ce moyen d’en augmenter considérablement l’écoulement.
- Ses tissus imperméables sont parfaitement fabriqués et pour ainsi dire sans odeur.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- MM. BLANCHARD et CABIROL, à Paris, rue des Fossés-Montmartre, 7,
- Ont exposé des tissus et objets rendus imperméables par le caoutchouc, dans lesquels ils ont cherché à faire perdre aux matières nécessaires à la dissolution du caoutchouc, l’odeur qu’elles portent avec elles.Ils ont en outre cherché à rendre au caoutchouc son élasticité première, qu’il perd dans la dissolution.
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- Leurs tissus réunissent à l’imperméabilité une grande souplesse.
- Ils ont exposé :
- i° Un bateau de sauvetage en tissu caoutchouc h air, avec tous ses agrès, se montant et se démontant à volonté, et dont le poids total n’est que de2okil.;
- 2° Une baignoire flottante avec tubes à air ayant un filet pour fond, avec ancre, rame, etc.;
- 3° Un pantalon de pontonnier pour passer l’eau sans se mouiller ;
- 4° Une bouée de sauvetage ,•
- 5° Un manteau de bivouac contenant un matelas, oreiller, etc., et pouvant au besoin servir de radeau;
- 6° Une feuille de caoutchouc laminé qu’ils peuvent faire àt trente-cinq mètres de longueur;
- 7° Ils ont construit le ballon dont l’ascension a eu lieu le 13 juin ; l’élasticité qu’ils conservent au caoutchouc est remarquable, puisqu’en déchirant le tissu, le caoutchouc s’étend sans se rompre.
- Les produits de ces exposants sont remarquables parla parfaite homogénéité du caoutchouc, sa faible odeur, son élasticité; à tous égards, leurs procédés semblent dignes des récompenses du jury.
- Mais comme il s’agit d’une fabrication naissante, le jury craindrait de la classer dès à présent, et il se borne à lui décerner une médaille de bronze.
- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- M. BECKER, à Paris, rue Neuve-St.-Augustin, h.
- M. Becker, l’un des premiers, s’est occupé avec succès de rendre imperméables, par des agents chimiques, les draps et diverses étoffes, sans altérer
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- leur couleur, et sans leur ôter toute leur perméabilité pour l’air, Ces applications n’ont pas encore pris une extension notable, quoique l’auteur ait depuis lors rendu ce procédé plus économique.
- Le jury le trouve toujours digne de la mention honorable obtenue en 1839., et la lui rappelle.
- MENTIONS HONORABLES. i
- M. GALIBERT, à Paris, rué J.-J.-Rousseau, 20',
- S’applique spécialement h la fabrication des tubes en caoutchouc pour conduire les liquides et les gaz. Il fournit ainsi le moyen d’obtenir des niveaux d’eau d’une grande longueur, pour le tracé des routes et des chemins de fer.
- 11 fournit aussi à la chirurgie des instrumentspré-cieux qui paraissent généralement bien fabriqués, et qui ont été souvent mis à profit. Il fabrique aussi un assortiment complet d’instrumen ts hy giéniques d’un usage très-sûr.
- MM. BRIOUDE-SANREFUS et G10, à Paris, rue de l’Asile-Popincourt, A3,
- Ont exposé diverses applications du caoutchouc à la papeterie, à la fabrication des balles, ballons, etc.
- ï
- MM. Ch. BOULANGER et Gie, à Paris, rue Haute-ville, 35. - ç:
- MM. Boulanger et C'® sont parvenus à donner à divers tissus employés pour vêtements extérieurs, depuisdes blouses en toile jusqu’aux manteaux en drap,, une imperméabilité suffisante pour prévenir
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- l’infiltration de lapluie,lorsquelacliute de l’eau n’est pas, pour ainsi dire, torrentielle. Sans doute ils obtiendraient une imperméabilité plus complète, s’ils ne trouvaient, avec raison, convenable de laisser aux étoffes qu’ils préparent une certaine perméabilité qui permette un renouvellement d’air salubre en effet.
- Le jury, admettant l’utilité des résultats obtenus par MM. Ch. Boulanger et Cie,. et dont quelques épreuves ont constaté l’efficacité, leur accorde une mention honorable.
- SECTION III.
- PRODUITS CHIMIQUES. VERNIS. CIRES A CACHETER.
- CIRAGES.
- M. Peligot, rapporteur.
- § 1. PRODUITS CHIMIQUES.
- Considérations générales.
- L’examen des produits chimiques qui figurent dans les salles de nos expositions nationales nesuffit nullement pour faire apprécier le mérite et l’importance de l’industrie qui les a créés : sauf quelques exceptions, ce seul examen ne permet pas d’en constater les progrès. Employés comme matières premières dans la plupart des autres industries, présentés sous une forme transitoire qu’ils quittent dès qu’ils sont mis en œuvre, les produits chimiques sont dépourvus le plus souvent des caractères qui peuvent établir leur valeur réelle et
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- lés progrès de leur fabrication ; ces caractères se traduisent d’ailleurs, dans la plupart des cas, moins encore par la pureté du produit que par son prix de revient ; quelquefois, en effet, cette pureté ne laissait déjà plus rien à désirer; souvent elle importe peu aux principaux usages auxquels le produit est destiné ; tandis qué l’abaissement du prix de revient ouvre de nouveaux débouchés, provoque de nouveaux emplois et tourne au profit de toute l’industrie manufacturière.
- Cette nature un peu exceptionnelle des produits chimiques, au point de vue de nos expositions, rend délicate et difficile la tâche du jury chargé de leur examen ; elle l’oblige à s’entourer de renseignements authentiques sur la nature et sur les méthodes de fabrication de ces produits; elle donne une grande importance aux rapports des jurys départementaux concernant les fabriques de produits chimiques, et elle rend nécessaires les notices détaillées dans lesquelles les exposants signalent eux-mêmes les faits nouveaux qu’ils ont observés., les améliorations qu’ils ont introduites dans leur travail et qu’ils croient propres à leur mériter les suffrages du jury central.
- Depuis l’exposition de 1839,-1’industrie chimique a fait plusieurs progrès notables. Outr.e une amélioration générale dans la qualité du plus grand nombre des produits, outre un abaisse-
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- ment quelquefois très-considérable dans leur prix de revient, outre l’introduction dans la pratique des arts, notamment dans la teinture, denombreux produits qui n’étaientjusqu’alorsquedes produits de laboratoire, nous avons à; signaler plusieurs faits d’une haute importance pour le présent où pour l’avenir de-cette grande industrie.
- La fabrication de l’acide sulfurique doit, à M. Gay-Lussac un grand perfectionnement. Cet illustre chimiste est parvenuà économiser les trois quarts du nitrate de soude ou de l’acide nitrique qui sont nécessaires à la conversion du soufre en acide sulfurique. Son procédé, mis en pratique dans là belle usine de Ghauny, rend la fabrication de l’acide sulfurique moins insalubre et moins incommode, en même temps qu’il réalise une importante économie.
- L’eau de la mer commence à être exploitée pour le sulfate de soude et les sels de potasse qu’elle contient, après qu’elle a servi à l’extraction du sel marin ; les eaux mères des salines déviennent une source nouvelle et inépuisable dè’ ces sels, qui sont eux-mêmes-la base de plusieurs grandes industries.
- La fabrication des sels ammoniacaux as subi, depuis quelques années, d’importantes modifications; elle a pris un développement considérable ; le prix de l’ammoniaque liquide ét de ses composés
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- salins a éprouvé une très-forte baisse. Il en est résulté que la .combustion desgaz etdes*vapeurs dans la calcination des matières animales balance aujourd’hui, »pâr l’économie de combustible qu’elle procure, la perte des produits ammoniacaux. Aussi, le procédé de la carbonisation des os en vases clos, qui fournissait en même temps des liqueurs ammoniacales et du noir animal, a-t-il fait place au traitement des eaux qui se condensent dans la fabrication du gaz de la houille. Ces eaux, qui contiennent quelques centièmes d’ammoniaque, et qui ont été pendant longtemps un grand* embarras pour les fabriques de gaz et une source d’infection pour le voisinage, sont aujourd’hui précieusement recueillies, et fournissent immédiatement , par des opérations simples et' économiques, l’ammoniaque liquide que consomment en,grande quantité les fabriques d’orseille. Leprix de l’ammoniaque liquide a baissé de 45 pour cent depuis quelques années. La condensation de ce corps au moyen des dissolutions métalliques qui servent en même temps à purifier le gaz de l’éclairage, commence à se^pratiquer également avec succès; La fabrication de l’ammoniaque semble être annexée désormais àeelle drigaz de l’éclairage relie offrira toutes les conditions désirables d’économie lorsqu’elle? sera» installée dans des ^usines mêmes où s’opérera distillation : de là houille. Enfin les
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- eaux vannes fournissent également 'de grandes quantités d’ammoniaque et de sels ammoniacaux.
- L’extension considérable que prend la fabrication des produits ammoniacaux fait désirer que de nouveaux débouchés s’ouvrent devant cette branche de l’industrie chimique. Les expériences faites sur une grande échelle dans plusieurs localités, ne permettent plus de révoquer en doute l’efficacité des sels ammoniacaux employés comme engrais ; il est donc probable que dans un avenir peu éloigné, l’emploi de ces sels, devenu général, contribuera puissamment au développement de notre richesse agricole.
- En même temps que la production des sels ammoniacaux prend un grand accroissement, l’emploi du sulfate d’ammoniaque tend à diminuer, par suite de l’introduction dans l’industrie d’un nouveau sel, le sulfate d’alumine. Ce composé, qui remplace en partie l’alun dans quelques industries, notamment dans la fabrication du papier , semble destiné à occuper désormais une place importante parmi les produits chimiques. Il -figurait à peine à l’exposition de 1839; il est maintenant l’objet d’une fabrication assez étendue.
- Néanmoins les opinions sont partagées sur la valeur réelle de ce produit. L’impossibilité où l’on est de le produire en cristaux réguliers, lui ôte
- le caractère qui assure aux produits chimiques,
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- notamment à l’alun, une composition constante. La difficulté que l’on éprouve à lui conserver une entière solubilité dans l’eau, y fait introduire quelquefois un excès plus ou moins grand d’acide sulfurique. De là plusieurs inconvénients : le dosage de ce sel devient incertain; ce sulfate, déj à très-soluble dans, l’eau quand sa composition indique qy’il est neutre, absorbe l’humidité de l’air et tombe en déliquescence sous l’influence de cet excès d’acide : il-faut donc ou le conserver- dans des vases hermétiquement fermés, ce qui est peu praticable en fabrique, ou modifier à chaque instant son dosage, à cause de l’eau qu’il emprunte continuellement à l’air. Enfin cet excès d’acide devient une cause de détérioration pour les machines,
- quand le sulfate d’alumine est employé dans les fa-
- * *
- briques de papier ; il nuirait beaucoup' aussi dam diverses opérations de la" teinture auxquelles il semble être destinée > , ,
- Â la vérité,, ces inconvénients sont,largement compensés par les avantages que l’emploi
- de ce sel présente dans le cas où la quantité d’aliir
- -+
- mine qu’il contient est notablement plus grande que celle qui existe dans l’alun, en admettant que le prix de çes deux composés salins soit,le même; ou bien, dans le cas où je sulfate d’alumine, et l’alun,, étant, employés concurremment, en même quantité , le premier fournit, dans le collage ,d^
- >, L,- * î k*: • *- * f - - * •«
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- papier ou dans les opérations de la teinture, un effet utile plus grand que le second.
- Les fabricants de sulfate d’alumine et les industriels qui consomment ce sel n’étant point d’accord sur la quantité d’alumine qu’il contient, il nous a semblé qu’il pourrait être utile aux uns comme aux autres de fixer par des analyses précises la composition des principales sortes de sulfate d’alumine qui se vendaient à Paris à l’époque de l’exposition. Les analyses qui suivent ont été exécutées sur des produits de première qualité, annoncés comme étant entièrement exempts de fer ; ils ne contenaient, en effet, aucune trace appréciable de ce métal.
- N* 1. N*’St. N* 3. N* 4. N° ». N*«.
- Acide sulfurique. 32,9 34,1 36,1 33,2 32,1 37,7
- Alumine . U,2 12,6 .13,8 . 12,5 • 10,6 11,3
- Eau 55,9 53,3 50,1 54,3 57,3 51,0
- 100,0 lOO'jO" 100,o' 100,0* 100,0 100,0
- La composition de ces échantillons de sulfate d’alumine diffère beaucoup de celle qu’attribuent à ce composé la plupart des manufacturiers qui s’occupent de sa fabrication, et qui y admettent l’existence d’une proportion d’alumine notablement plus forte ; la bonne foi de ces fabricants, qui portent tous des noms honorables, ne saurait être révoquée en doute. Mais il est à craindre qu’ils n’aient été induits en erreur par lès résultats que fournit le procédé d’analyse dont
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- on fait usage quelquefois pour doser l’alumine contenu dans le sulfate de cette base ; cè procédé consiste à calciner simplement un poids donné de sel ; en opérant ainsi on obtient un résidu qui est de l’alumine pure quand le sulfate estlui-même pur : or tel n’est pas le cas des sulfates qui ont été analysés ; plusieurs de ces sels contenaient une certaine quantité de sulfate de potasse ou de soude, dont l’origine est facile à comprendre pour quiconque connaît les détails dé cette fabrication ; ces sulfates, dont la quantité s’est élevéè dans trois des analyses qüi précèdent jusqu’à 4 à 6 pour cent du poids des sels, restent avec l’alumine après la calcination du sulfate et rendent inexact le dosage de cette base. Dans nos analyses, la potasse ou la soude se trouvent confondues avec l’eau; dans toutes l’acide sulfurique a été dosé, comme à l’ordinaire, à l’état de sulfate de baryte; quant à l’alumine, elle a été précipitée de la dissolution d’un poids donné de sel par un excès de carbonate d’ammoniaque ou d’ammoniaque caustique ; l’excès de ces corps a été ensuite chassé des liqueurs au moyen d’une ébullition suffisamment prolongée. On a constaté qu’en opérant ainsi, le carbonate d’ammoniaque etl’am moniaque fournissent des résultats identiques.
- Les analyses que nous avons exécutées dans le but d’éclairer les fabricants sur la nature d’un pro*
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- duit qui résulte d’une industrie naissante qui a surmonté déjà des difficultés fort sérieuses, montrent ce qui reste à faire pour améliorer cette fabrication ; elles font voir que le sulfate d’alumine qu’on fabrique aujourd’hui contient un excès plus ou moins grand d’acide sulfurique; en effet, ce sel, tel qu’on l’obtient à l’état neutre dans les laboratoires, ou tel qu’on le rencontre accidentellement dans la nature, est composé de trois équivalents d’acide sulfurique (1503), un équivalent d’alumine (643) et dix-huit équivalents d’eau (2025) ; l’acide et la base s’y trouvent par conséquent dans le rapport de 30,0 à 12,8, tandis que, dans les analyses nos 2, 3 et 6, les rapports sont de 34,1 à 12,6 ; de 36,1 à 13,8; de 37,7 à 11,3.
- Il nous a été permis de constater l’exactitude de la composition théorique que nous venons d’assigner au sulfate d’alumine neutre et cristallisé , en analysant, un bel échantillon de sulfate d’alumine naturel. L’origine de ce sel, qui s’est trouvé pendant quelque temps dans le commerce de Paris, nous est restée inconnue. Ce produit n’absorbe nullement l’humidité de l’air ; il est sous la forme de masses blanches et soyeuses; il contient une petitè quantité'de sel marin ; il est exempt de fer. On peut le considérer commet un type que doit chercher à imiter, tant pour sa
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- composition'que pour ses caractères chimiques, la fabrication perfectionnée du sulfate d’alumine. Son analyse a fourni les résultats numériques
- qui suivent :
- Acide sulfurique. ............. 35,7
- Alumine........................ 15,7
- Eau et traces de sel marin. .... 48,6
- ' 100,0
- La composition théorique du sulfate d’alumine à trois équivalents d’acide sulfurique, un équivalent d’alumine et dix-huit d’eau, est représentée par les nombres suivants :
- Acide sulfurique......... 35,9
- Alumine.............15,5
- Eau.. .................... . 48,6
- ’ 100,0
- Cette composition est d’ailleurs identique avec celle que M. Boussingault a assignée à l’alumine sulfatée de Saldana et à celle du volcan de Pasto.
- Après, avoir .fait connaître la composition des sulfates d’alumine qu’on rencontre aujourd’hui dans le commerce ; après avoir montré que la quantité d’alumine que renferment ces composés est peu différente de celle qui existe dans l’alun (1) ,il nous reste à émettre le vœu que des expériences comparatives, faites avec soin, viennentconstater ce fait, attesté par divers consommateurs de sul-
- (1) L’alun de potasse contient 10,8, et l’alun ammoniacal 11,3 d’alumine pour 100 parties.
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- fate d’alumine, qu’à poids égal il produit dans leurs opérations un effet utile plus grand que celui qui résulte de l’emploi de l’alun; cette assertion a besoin d’être vérifiée sans doute, mais elle n’est pas sans.quelque vraisemblance; il est possible, en effet, que l’action de l’alumine soit moins prompte et moins efficace quand cette base est engagée dans un sel de nature complexe comme l’alun, que lorsqu’elle se trouve dans un composé qui, comme le sulfate d’alumine, offre une composition plus simple.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- ADMINISTRATION DES MINES DE BOUXWIL-
- LER, à Bouxwiller ( Bas-Rhin).
- La manufacture des produits chimiques de Bouxwiller a commencé, en 1809, par l’exploitation des lignites qui se trouvent en abondance dans cette localité et qu’on essaya d’abord d’employer comme combustible ; ces lignites, très-riches en soufre, en fer et en alumine, n’étant nullement propres à cet usage, devinrent l’origine d’une exploitation de sulfate de fer et d’alun. Une nouvelle société formée en 1818, a établi sur les bases les plus larges la fabrication des principaux produits chimiques réclamés par le développement et par les progrès de notre industrie.
- Le vaste établissement de Bouxwiller occupe deux cents ouvriers à l’extraction de son minerai, et cent cinquante dans ses ateliers. Il produit annuellement :
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- 6ooo quintaux métriques de sulfate, de fer ,
- 8000 » » d’alun épuré et ordinaire,
- 3oo » » de vitriol de Salzbourg.
- La fabrication du prussiate de potasse, qui a pris naissance dans cet établissement,y reçoit une extension toujours croissante; elle n’est pas moindre aujourd’hui de i3o,ooo kilog. par an : elle était de 5o,ooo kilog. en 1839.
- Le bleu de Prusse de Bouxwiller jouit dans le commerce d’une réputation ancienne et méritée. Il en est de même de la colle d’os dont cet établissement fabrique annuellement quatre-vingt mille kil. Ce produit, sous le rapport de la qualité, peut prétendre au premier rang parmi les colles fortes ordinaires, façon de Flandre.
- La fabrication du phosphore a pris également beaucoup d’extension depuis 1839 ; elle est maintenant de 5,ooo kilogr. par an, quoique le prix de ce produit ait baissé de moitié depuis cette époque.
- La prospérité toujours croissante de l’établissement de Bouxwiller est due aux efforts persévérants de son directeur, M. Schattenmann, qui vient d’ajouter à sa réputation d’habile et d’infatigable industriel par d’importants travaux sur les engrais ammoniacaux et sur l’empierrement des routes. Cette année, comme en 1839, le jury départemental du Bas-Rhin a été unanime pour signaler au jury central les longs et importants services de M. Schattenmann.
- La manufacture qu’il dirige a obtenu, en 1889, la médaille d’or : le jury se plaît à reconnaître qu’elleest toujours digne de cette haute distinction.
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- Madame veuve BOBÉE et M. LEMIRE, à Choisy-le-Roi (Seine).
- Dirigée depuis vingt-neuf ans par M. Lemire, l’usine de Choisy-le-Roi est, dans son genre, la plus importante de celles qui existent en France; elle occupe journellement quatre-vingts à cent ouvriers; elle carbonise par an dix-sept cent cinquante décastères de bois qui fournissent à peu près deux millions deux cerit mille litres d’acide pyroligneux brut, et soixante mille litres d’esprit de bois rectifié. La majeure partie de l’acide pyroligneux est employée à la fabrication des acétates de plomb, de cuivre, de fer, que les fabriques d’indiennes et les teintureries consomment aujourd’hui en si grandes quantités.
- M. Lemire îivre depuis longtemps au commerce des verts de Sclrweinfurt et des verts mitis très-estimés;il fabrique également les sulfates de cuivre, l’éther sulfurique, l’émétique, et plusieurs autres produits destinés aux arts ou à la pharmacie.
- L’usine de Choisy-lè-Roi se distingue par la disposition heuréuse de son ensemble et de ses détails; déjà très-remarquable en i83g, elle a reçu, depuis cette époque , des améliorations importantes ; elle offre un bel exemple des résultats qu’on peut attendre d’un industriel qui joint à un grand sens pratique un remarquable esprit d’observation. Les procédés de Choisy-le Roi sont aujourd’hui d’une admirable simplicité ; ils fournissent des produits dont le prix diminue h mesure que leur qualité s’améliore et que leur consommation augmente.
- Une médaille d’or a été décernée en i83q à
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- MM. Bobée et Lemire; le jury .central reconnaît que M. Lemire est de plus, en plus digne de cette récompense.
- MM. ROARD DE CLICHY et Cie, à Clichy-la-Garenne , près Paris ( Seine), et à Paris , rue du Faubourg-Montmartre, 18.
- Tout le monde connaît les services rendus par M. Roard dans l’art de fabriquer la céruse ; tout le monde sait qu’il a puissamment contribué au développement de cette branche d’industrie en France qu’il pratique depuis plus de trente ans avec une rare persévérance et une grande loyauté.
- M. Roard emploie aujourd’hui dans sa fabrication le procédé de la précipitation et le procédé hollandais; malgré la faible différence qui existe depuis quelques années, entre le prix du plomb et celui de la céruse, différence qui oblige la plupart des fabricants à faire des céruses de deuxième et de troisième qualité, M. Roard a maintenu sa fabrication pure de tout mélange, et a constamment fourni au commerce des céruses ne contenant aucune substance étrangère.
- La bonne qualité du minium de Clichy est reconnue depuis longtemps ; pendant nombre d’années , M. Roard a fourni à la belle cristallerie de Saint-Louis tout le minium nécessaire à sa fabrication ; il a su satisfaire aux exigences toujours croissantes des fabricants de cristaux, et il leur livre actuellement, à'un prix très-réduit par suite de la concurrence , des miniums qui ne,contiennent pas au delà de i/ioo millième de cuivre, et qui pro-
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- viennent de plombs qui renfermfeiit une beaucoup plus forte proportion de ce métal : les cristalleries de Choisy, de Clichy et de Bercy témoignent, par la beauté de leurs produits, des soins constants apportés par M. Roard à la fabrication du minium.
- La fabrique de Clichy livre annuellement au commerce douze à treize cent mille kilogrammes de céruse, minium, mine orange et litharge.
- M. Roard a obtenu une médaille d’or en 1819 ; Cette médaille a été honorablement rappelée en sa faveur à chacune des expositions suivantes. Le jury reconnaissant les services que cet habile manufacturier a rendus et continue à rendre k notre industrie, appréciant le noble exemple de loyauté et de persévérance qu’il donne depuis longues années, déclare qu’il se montre toujours digne de la récompense de premier ordre qui a été rappelée en sa faveur aux précédentes expositions.
- MÉDAILLES D’OR.
- M. BALARD, professeur à la Faculté des sciences de Paris, à Montpellier (Hérault), et à Paris, rue Saint-Victor, 10.
- Cet habile chimiste, auquel on doit la découverte du brome, a exposé les produits que l’on extrait des eaux mères des salines par des procédés qu’il a mis le premier en grande exploitation. Ces produits ont fixé au plus haut degré l’attention du jury.
- Dans les salines du Midi, la récolte du sel marin qui a cristallisé par l’évaporation partielle et spontanée de l’eau de la mer, est précédée de Y écoule-
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- ment complet des eaux qui recouvrent le sol ; ces eaux, qui constituent les eaux mères des salines, sont riches en sels variés.
- L’eaii de la mer en effet contient en dissolution des chlorures et des sulfates; elle renferme non-seu-lemènt des sels de soude, mais aussi des sels de potasse, de magnésie et de chaux. Les essais tentés dans le hut de retirer les composés salins qui restent après l’extraction du sel marin n’avaient eu pour résultat que l’extraction pour l’usage pharmaceutique de petites quantités de sulfate de magnésie; cette extraction était même tombé en désuétude depuis nombre d’années, lorsque M. Balard fut conduit, par un examen attentif des eaux mères des salines dont il avait su déjà extraire un nouveau corps simple, le brome, à retirer de ces résidus, du sulfate de soude, du sulfate de potasse, du chlorure de potassium, c’est-à-dire les sels dont la production économiqueimporteleplusà l’industrie chimique. Cette exploitation , due à M. Balard, présente la plus haute portée; elle crée pour le pays une nouvelle richesse minérale.
- Les procédés de M. Balard sont mis en œuvre, depuis 1840, dans plusieurs salins de l’Hérault, de l’Aude, et du Gard. Dans les essais en grand qui ont été exécutés dans les salins du Bagnas, près d’Agde, d’une surface de deux mille hectares, on a obtenu, depuis quelques années, quatre millions de kilogr. de sulfate de soude et de sels de potasse et de magnésie. Chaque hectare de ce salin fournit annuellement deux mille cinq cents kilogr. de sulfate de soude au moins. La surface que les côtes seules
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- de nos départements méridionaux présentent en étangs peu profonds et en terrains salés qui seraient propres à cette exploitation et à cette exploitation seulement, est bien supérieure à celle qui serait nécessaire à la production des cinquante millions de kilog. de sulfate de soude qu’on fabrique chaque année en France. Cette nouvelle source de sulfate de soude peut être considérée comme inépuisable, d’autant mieux qu’avec quelques modifications, le procédé de M. Balard serait probablement exécutable sous toutes les latitudes.
- Le prix de revient du sulfate de soude extrait des eaux salées, est beaucoup moins élevé que celui du sulfate fabriqué par les procédés ordinaires ; car une grande partie de ce prix de revient est supportée par l’extraction même du sel marin.
- Il est probable que dans un avenir prochain, la quantité considérable de sulfate de soude qu’on fabrique sans utiliser l’acide hydrochlorique, pourra être empruntée avec avantage à l’eau de la mer ; les sels de potasse proviendront également de cettê source inépuisable. Il est inutile de faire remarquer que la création de cette nouvelle industrie doit amener une diminution notable dans les prix des sels de soude, des savons, etc.
- Le jury, appréciant toute l’importance de cette exploitation nouvelle, décerne à M. Balard la médaille d’or.
- MM. KUHLMANN frères, à Loos-lès-Lille.(Nord).
- En 1839, lejury a décerné à MM. Kuhlmann une médaille d’argent. Depuis cette époque, l’impor-
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- tance de leur manufacture a beaucoup augmenté; outre les produits q.u’ils fabriquaient alors, ils font aujourd’hui de l’acide nitrique, du sulfate d’ammoniaque et de la gélatine d’os ; ils produisent par an onze cent mille kilogr. d’acide sulfurique; trente-cinq mille kilogr. d’acide nitrique; cinq à six cent mille kilogr. de sulfate de soude pour les verreries; cinq à six cent mille kilogr. d’acide hydrochlorique: quatre millions cinq cent mille kilogr. de noir animal, neuf, revivifié, en grain ou en poudre; vingt mille hectolitres de résidus ammoniacaux pour engrais; cent mille kilogr.. de gélatine d’os, etc. La moitié de leur acide hydrochlorique est employée à cette dernière fabrication, et la moitié de leur acide sulfurique à celle du sùlfate de soude.
- Ils occupent cent soixante ouvriers en'été, et deux cents en hiver; ils utilisent la force d’une machine à vapeur de vingt-cinq chevaux ; l’importance de leurs ventes annuelles est de 1,100,000 francs à 1,200,000 francs.
- La manufacture de MM. Kuhlmann est remarquable par la bonne disposition des appareils qui y fonctionnent ; en un mot, elle est digne de M.Kuhl-mann dont le mérite et les services comme chi-, miste et comme professeur sont connus et appréciés depuis longtemps. Dans une occasion toute récente , M. Kuhlmann s’est créé un nouveau titre_ à la bienveillance du jury centrabpar la publication du rapport du jury départemental du Nord, dont il était le secrétaire actif et éclairé. Ce
- . ' à: f . •* >
- travail peut être cité comme un modèle et comme un exemple à suivre par les jurys d’admission, dont
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- les documents doivent aider le jury central à accomplir là tâche qui lui est confiée.
- Le jury, prenant en considération l’importance de la fabrique de MM.Kuhlmann, la bonne qualité des produits qui en sortent, son utilité pour les nombreuses industries de nos départements du Nord, décerne la médaille d’or à ces habiles manufacturiers.
- * t
- MM. Th. LEFEBVRE et Cie, aux Moulins-lès-Lille (Nord).
- L’établissement deM. Th. Lefebvre est, dans son genre, le plus grand qui existe en France; il est au premier rang pour la beauté et la qualité de la céruse qu’il produit.
- Il occupe cent vingt à cent trente ouvriers; il utilise la force de deux machines à vapeur, l’une de vingt, l’autre de douze chevaux; il livre annuellement au commerce quinze à seize cent mille kilogr. de céruse en pains et en poudre.
- Les ateliers sont spacieux et bien aérés; dès l’origine de leur fabrique, MM. Th. Lefebvre et Gie se sont attachés à rendre leur industrie moins dangereuse pour la santé de leurs ouvriers : le travail du battage des lames est remplacé depuis deux ans par un système mécanique à cylindres cannelés; placé dans une chambre hermétiquement fermée; une autre machine sert à pulvériser la céruse détachée des lames de plomb, qui, broyée grossièrement, tombe dans une grande cuve contenant de l’eau qui se trouve au-dessous de cet appareil. Ces machines, outre qu’elles font disparaître les opérations ma-
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- nuelles les plus dangereuses de la fabrication, réalisent une importante économie de main-d’œuvre : M. Lefebvre, qui en est l’inventeur, les a généreusement communiquées à plusieurs fabricants de cé-ruse chez lesquels elles fonctionnent actuellement.
- A l’exposition de 1827, une médaille d’argent a été décernée à M. Lefebvre ; de nouvelles médailles lui ont été données en i834 et en ï83g. ,
- Le jury, voulant récompenser l’habileté de M. Lefebvre, les améliorations qu’il n’a cessé d’introduire dans son industrie, et les soins qu’il a pris constamment afin de la rendre moins dangereuse pour la santé de ses ouvriers, lui, décerne la médaille d’or.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- SALINE et FABRIQUE DE PRODUITS CHIMIQUES de Dieuze (Meurthe), appartenant à M. le comte de Yumury.
- Cef établissement, l’un des plus anciens et des plus importants de France, a exposé les produits de sa fabrication courante ; ces produits jouissent dans le commerce d’une réputation bien acquise : les sels de soude, de Dieuze, sont remarquables par leur pureté. '
- L’état longtemps provisoire des salines de l’Est et la date récente de la nouvelle administration qui dirige cette vaste entreprise, ne permet pas au jury de formuler un jugement sur la position de ces établissements ; il se contente de rappeler en leur
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- faveur la médaille d’argent qui a été décernée, en i834, à la compagnie des salines de l’Est.
- MM. COURNERIE et Cie, à Cherbourg (Manche)*
- M. Cdurnerié est directeur gérant de la compagnie qui exploite, à Cherbourg, les produits de l’incinération des varechs. Connus sous le nom impropre de soude de varech, ces produits fournissent au commerce, du sel marin, du sulfate de potasse, du chlorure de potassium, de l’iode et du brome.
- L’usine de Cherbourg met annuellement en œuvre douze cent mille kilogrammes de soude brute qui se fabriquent sur les côtes du département de la Manche : la récolte des varechs et leur incinération occupe la population pauvre de plus de trente communes du littoral.
- La quantité de sels qu’on extrait de cette soude s’élève à cinq cent mille kilogrammes environ, et leur valeur totale, jointe à celle de l’iode et du brome, est de 300,000 francs.
- Les produits exposés par l’usine de Cherbourg sont-d’une beauté remarquable ; ils attestent les nouveaux progrès de cette fabrication depuis 1839. Le jury se plaît à le reconnaître; il,déclare que MM. Cournerie et Cie se montrent de plus en plus dignes de la médaille d’argent qui leur a été décernée à la dernière exposition; il rappelle cette médaille en leur faveur.
- MM. MÉNIER et Cie, à Paris, rue des Lombards,
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- M. Ménier a commencé en i8cg avec un simple
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- moulin à bras, la mouture et la pulvérisation de quelques produits pharmaceutiques ; il est aujourd’hui à la tête d’une vaste usine hydraulique à Noisiel, et son chiffre d’affaires dépasse 2 millions de francs.
- Trois genres de fabrications sont mis en pratique à l’usine de Noisiel :
- La pulvérisation de toutes les substances pharmaceutiques ;
- La fabrication des orges perlés que nous fournissait la Hollande et des gruaux de qualité supérieure ;
- La fabrication du chocolat; M. Ménier a beaucoup contribué à augmenter la consommation de cet aliment ; il en fabrique plus de mille kilogrammes par jour.
- Le jury rappelle en faveur de M. Ménier les médailles d’argent qui lui ont été décernées en i834 et en 1839.
- M. LEROUX, pharmacien, à Vitry-le-Français (Marne ),
- Auquel on doit la découverte de la salicine, expose de beaux échantillons de cette matière dont il fabrique annuellement pour 15 à 20,000 francs. Le jury rappelle en faveur de M. Leroux la médaille, d’argent, qui lui a été décernée à l’expositior, de i834.
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- NOUVELLES MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. DELACRETAZ, à Grasville-EHeure (Seine-Inférieure), DEL AGRETAZ, FOURCADE et'Cie, à Y au girard (Seine).
- L’établissement de M. Delacretaz à Grasville, fondé en i838, fournit seul aujourd’hui les quatre-vingt-dix mille kilogrammes de bichromate de potasse qui sont nécessaires à l’industrie française.
- Le minerai de chrome qu’on y exploite vient de l’Inde, de l’Oural, et principalement des Etats-Unis d’Amérique ; sa consommation est de deux à trois cent mille kilogrammes, selon sa qualité. L’usine de Grasville occupe trente ouvriers ; elle possède une machine à vapeur de la force de huit chevaux.
- Le bichromate de potasse de M. Delacretaz est d’une grande pureté, ainsi que l’atteste sa belle cristallisation ; il est très-apprécié des consommateurs.
- # * .
- MM. Dëlaeretaz , Fourcadë et Cie ont, à Yaugi-rard, une grande fabrication d’acide sulfurique et d’acides stéarique et oléique.
- Une nouvelle médaille d’argent est accordée à ces habiles industriels, pour leur fabrication des acides gras. (Voir le rapport de M. Pajen, p. 812.)
- MM. KESTNER père et fils, à Thann et à Rellevue, près Giromagny (Haut-Rhin),
- Ont exposé une belle et nombreuse collection de produits chimiques destinés à l’impression, à la teinture, au blanchiment et à la savonnerie; la
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- majeure partiefde ces produits, dont la bonne qualité est depuis longtemps appréciée, est consommée dans les nombreuses manufactures de l’Alsace ; la sixième partie environ est expédiée à l’étranger, notamment en Suisse.
- L’importance de cet établissement est considérable; il occupe deux cents Ouvriers; l’usine de Thann utilise la force d’une machine à vapeur de six chevaux; dans celle de Bellevue, on produit spécialement l’acide pyroligneux et les divers acétates employés dans la fabrication des toiles peintes.
- Une médaille d’argent a été décernée en 1839 à ces habiles fabricants; le jury, appréciant les nouveaux progrès qu’ils ont faits dans leur industrie , leur accorde une nouvelle médaille d’argent.
- MM. HOUZEAU-MUIRON et YELLY, à Reims ( Marne ).
- Ces honorables industriels ont, les premiers, doté la ville de Reims d’une fabrique de produits chimiques ; ils occupent vingt à trente ouvriers; ils ont une machine à vapeur de la force de cinq chevaux et un manège de celle de trois chevaux. Ils ont exposé du prussiate de potasse,des sels ammoniacaux, du noir animal, de la colle gélatine, du suif d’os, du noir animalisé pour engrais,
- M. Houzeau-Muiron a rendu à l’industrie plusieurs services signalés ; on lui doit là première application du procédé de M. D’Arcet pour utiliser les eaux savonneuses, résidus du dégraissage des laines. Il a créé en 1827 une usine à Reims pour fabriquer le gaz portatif non comprimé ; cette usine
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- alimente aujourd’hui dix-huit cents becs et lutte encore avec avantage contre le gaz courant ; il est breveté, depuis 1829, pour un système de tissus propres à contenir et h. transporter le gaz de l’éclairage.
- Il a pris, en 1836, un autre brevet pour l’emploi des sels métalliques à la purification du gaz de l’éclairage; le sulfate de fer, notamment celui qui provient du lessivage des cendres pyriteuses , est indiqué parM.Houzeau, comme propre à cetusage; le gaz se trouve ainsi dépouillé d’acide hydro-sulfurique et d’ammoniaque ; le sulfure de fer qui prend naissance est de nouveau exposé à l’air et converti en sulfate ; le sulfate d’ammoniaque, qui se produit en même temps, est évaporé et livré au commerce; la fabrique de produits chimiques de MM. Houzeau et Velly utilise les produits ammoniacaux que fournit la purification du gaz de l’usine créée par M. Houzeau-Muiron.
- En i834, une médaille d’argent a été accordée à M. Houzeau-Muiron pour l’emploi des eaux savonneuses à la fabrication des huiles et du savon : elle a été rappelée, en 183q, en faveur de MM. Houzeau et Velly.
- Le jury accorde à ces industriels une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. FOUCHÉ-LEPELLETIER, à Javel, près Paris ( Seine ).
- La fabrique de M. Fouché-Lepelletier est, dans son genre , une des plus anciennes de France ; depuis 1776, l’acide sulfurique s’y produit sans in-
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- terruption ; plus de deux millions de kilogrammes de cet acide sortent annuellement de l’usine de Javel.
- Depuis plusieurs années, M. Fouché-Lepelletier fabrique une grande quantité d’acide sulfurique entièrement privé d’acide nitrique; cet acide, recherché par les teinturiers et par les épurateurs d’huile, remplace celui de Saxe pour la dissolution de l’indigo, et coûte dix fois moins cher.
- Plusieurs perfectionnements introduits dans la fabrication du sulfate de soude, permettent à M. Fouché-Lepelletier de livrer au commerce, à un prix très-bas, l’acide hydrochlorique exempt de fer et d’acide sulfureux ; la condensation des vapeurs acides dans cet établissement ne laisse rien à désirer.
- Outre ces produits, on fabrique encore, dans cette vaste usine, de l’acide nitrique, de la soude artificielle, de la gélatine brute et du savon; de grandes quantités de ce dernier produit, façon de Marseille, sont livrées depuis quatre ans au commerce de Paris à 25 et 3o pour 100 au-dessous du cours de Marseille.
- L’établissement de M. Fouché-Lepelletier occupe , par l’importance de sa fabrication, le premier rang parmi les usines de Paris et des environs. 11 est remarquable par la bonne disposition de ses appareils, par l’économie de la main-d’œuvre et des frais généraux.
- Le jury, voulant reconnaître le mérite de M. Fou-ché-Lepelletier et récompenser l’habileté dont il fait preuve dans la direction de l’usine de Javel, lui décerne la médaille d’arcent.
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- MM. POISAT oncle et Cie, à la Folie-Nanterre, près Paris ( Seine ).
- Cette manufacture, l’une des plus anciennes et des plus importantes des environs de Paris, produit annuellement deux millions de kilog. d’acide sulfurique dont le quart est consommé dans l’établissement pour la préparation des acides gras, et des sulfates de soude, d’alumine et de zinc; l’acide sulfurique de MM. Poisat oncle et Cie ne contient pas d’acide nitrique; il est employé avec avantage pour la dissolution de l’indigo.
- On fabrique h la Folie-Nanterre environ trois cent mille kilog. d’acide stéarique et deux cent mille d’acide oléique; l’acide stéarique, qui provient de matières premières de qualité supérieure, est d’une blancheur qui ne laisse rien à désirer.
- La fabrication du sulfate d’alumine a pris naissance dans cette usine en i836; elle y a pris un grand développement; en 1887, M. Poisat a livré à la consommation neuf mille kilog. de ce sel ; la vente a augmenté d’année en année ; elle a atteint en 1843 le chiffre de trois cent cinquante mille kilog.
- Le jury apprécie les efforts persévérants de M. Poisat, pour la préparation du sulfate d’alumine et pour l’amélioration progressive de la qualité de ce sel ; il récompense les travaux de cet honorable fabricant en lui décernant la médaille d’argent.
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- M. DUCOUDRÉ, à Paris, rue Saint-Maur, 5 bis.
- Le prussiate jaune de potasse, exposé par M. Du-coudré , est d’une beauté remarquable ; après l’administration des mines de Bouxviller, la fabrique de M. Ducoudré est la plus ancienne; elle est la seule, avec celle de Bouxviller, qui ait travaillé sans interruption depuis quinze années, dans les bons comme dans les mauvais jours de cette fabrication difficile.
- En ajoutant du sang et d’autres détritus animaux au résidu charbonneux qui résulte de la calcination des matières azotées avec la potasse, M. Ducoudré compose un engrais qui se classe, par sa teneur en azote, au-dessus du bon noir des raffineries, d’après l’analyse qui en a été faite par M. Payen. Depuis trois ans, trente mille hectolitres de cet engrais sont sortis des ateliers de M. Ducoudré ; les témoignages les plus honorables attestent son efficacité.
- M. Ducoudré fabrique aussi des bleus de Prusse estimés du commerce.
- Cet industriel a été mentionné honorablement en i834? une médaille de bronze lui a été décernée en 1839. Le jury, voulant récompenser sa persévérance et son habileté, lui décerne une médaille d’argent
- M. DELONDRE (Auguste), à Nogent-sur-Marne (Seine), et à Paris, rue Vieille-du-Temple, 19.
- Tous les chimistes savent combien la préparation du prussiate rouge de potasse à l’état cristallisé présente de difficultés ; aussi x malgré les avantages
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- incontestables que son emploi, sous cette forme, présenterait dans la teinture , on a été obligé, jusqu’à ce jour, de suppléer à l’impossibilité de le produire à bas prix, en employant à sa place la liqueur dont on l’extrait et qu’on obtient en faisant passer un courant de cblore dans une dissolution de prussiate jaune de potasse.
- M. Auguste Delondre a exposé des échantillons de prussiate rouge de potasse en très-beaux cristaux. Après beaucoup de tentatives infructueuses, il est arrivé à le produire sous cette forme par des procédés manufacturiers, et il le livre à un prix qui permet aux teinturiers et aux imprimeurs sur étoffes de l’employer dans leurs opérations. Depuis deux mois , il a versé dans le commerce environ 1,000 kilog. de prussiate rouge cristallisé à io fr. 5o cent, le kilog. Il est, sans contredit, le premier fabricant qui soit parvenu à produire ce sel en abondance et à un prix aussi peu élevé. 11 est permis d’espérer d’ailleurs qu’il ne s’arrêtera pas dans cette bonne voie, qu’il arrivera à baisser encore le prix de ce produit et à luttervictorieusement contre Je prussiate liquide auquel le sel cristallisé est supérieur par la qualité.
- Au moyen de son prussiate rouge, M. Delondre est arrivé à produire des teintures sur soie et sur laine qui ne laissent rien à désirer par l’éclat de la nuance et par la bonne conservation de la matière textile.
- M. Delondre est en outre un des premiers manufacturiers qui se soient livrés à la fabrication du sulfate de quinine sur une grande échelle. Depuis
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- quinze ans il a traité, pour l’extraction de ce sel, un million de kilog. de quinquina. En 1839, il était associé avec Pelletier et M. Levaillant. Le jury a décerné une médaille d’or à Pelletier, auquel l’art de guérir est redevable ainsi qu’à M. Ca-ventou , de la découverte de ce précieux fébrifuge; il a en outre rappelé en faveur de MM. Delondre et Levaillant, la médaille de bronze qui leur a été accordée en 1834-
- M. Delondre s’étant créé, par la préparation manufacturière du prussiate rouge de potasse , un nouveau titre aux récompenses que le jury décerne, il lui est accordé une médaille d’argent pour l’ensemble de ses travaux.
- MM. CARTIER fils et GRIEU, à Pontoise (Seine-et-Oise), à Amiens (Somme), et à Paris, rue de Paradis, 12, au Marais,
- CARTIER fils et Gie, à Nantes (Loire-Inférieure).
- MM. Cartier fils et Grieu fabriquent à Pontoise environ un million trois cent mille kilogrammes de produits chimiques par an ; ces produits consistent en acides sulfurique, nitrique, et en alun. Ils possèdent à Amiens une seconde fabrique du même genre. M. Cartier est en outre copropriétaire d’un autre établissement situé à Nantes, qui joint à la fabrication des acides minéraux celle de la soude, du chlorure de chaux et du chlorate de potasse.
- L’habileté reconnue de MM. Cartier et Grieu, comme fabricants de produits chimiques, leur a valu une médaille de bronze en 1827, un rappel en i834, et une nouvelle médaille de bronze
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- en 1839. Le jury rappelle en leur faveur cette dernière médaille.
- L’établissement de Nantes présente plusieurs procédés particuliers qui sont signalés par le jury de la Loire-Inférieure , comme des perfectionnements.
- Le jury, voulant reconnaître les améliorations introduites, à diverses époques, dans l’industrie chimique par M. Cartier, notamment dans la fabrication cle l’acide sulfurique et dans celle de l’alun , décerne à ce manufacturier une médaille d’argent pour l’ensemble de ses travaux.
- MM. BERGERON fils et COUPÜT, à Vaugirard, et à Paris, rue Stc-Croix-de-la-Bretonnerie, 9.
- Ces fabricants ont exposé diverses sortes de bleus d’indigo pour le linge et l’azurage des toiles, des bleus de Prusse pour la peinture, du prussiate de potasse, des produits ammoniacaux, du borax, de la fécule torréfiée, du camphre et des soufres raffinés, des produits mercuriels, etc.
- Ces divers produits sont le résultat d’une fabrication avancée et habilement conduite; leur qualité ne laisse rien à désirer.
- On a remarqué en outre, parmi les produits de l’usine de Grenelle, un bel échantillon de prussiate obtenu sans l’emploi des matières animales, par. l’action de l’azote atmosphérique sur le charbon et la potasse.
- Ce procédé, rendu manufacturier par MM. Possoz et Boissière, est mis en œuvre depuis quelques mois dans les ateliers de M. Couput; si les résultats qu’il promet répondent à l’attente de ceux qui l’em-
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- ploient, il deviendra l’un des faits les plus importants qui se soient révélés depuis longtemps dans l’industrie chimique et agricole ; outre qu’il permettra de rendre à l’agriculture les matières animales que la fabrication toujours croissante des prussiates lui enlève en si grande quantité, il créera pour l’industrie une source inépuisable des produits du cyanogène; il fournira aussi, sans doute, des sels ammoniacaux, car on sait que sous l’influence de l’oxygène atmosphérique, le cyanure de potassium se transforme facilement en cyanate, lequel devient du carbonate d’ammoniaque lorsqu’il est mis en contact avec l’eau. Ainsi, deux problèmes, la production des cyanures et celle de l’ammoniaque, seraient résolus parmi les trois grands problèmes industriels qui préoccupent depuis longtemps les chimistes; ces problèmes sont la combinaison de l’azote atmosphérique avec le carbone pour produire les cyanures, avec l’hydrogène pour donner naissance à l’ammoniaque, avec l’oxygène pour engendrer l’acide nitrique.
- Le jury central regrette que l’établissement tout récent de ces procédés de fabrication ne permette pas d’établir avec exactitude le prix de revient des prussiates fabriqués avec l’air, pour le comparer à celui des prussiates obtenus par les procédés ordinaires. Fidèle à sa jurisprudence, il laisse au temps le soin de prononcer su,r la valeur manufacturière de ce mode de fabrication, tout en mentionnant honorablement MM. Possoz, Boissière et Copput, pour leurs efforts dans le but de réaliser les espérances que fait naître ce nouveau procédé.
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- Il accorde à MM. Bergeron fils et Couput une médaille d’argent pour l’ensemble de leur fabrication.
- MM. MALÉTRA et fils, au Petit-Quevilly, près Rouen (Seine-Inférieure),
- Ont exposé une belle série de produits chimiques de tous genres, destinés à l’industrie rouennaise ; ils occupent cent cinquante ouvriers ; l’importance des produits fabriqués et vendus est d’un million de francs.
- Le jury d’admission signale l’établissement de MM. Malétra et fils, comme l’un des plus anciens et des plus considérables du département de la Seine-Inférieure ; les produits de cette usine sont estimés.
- Le jury décerne à ces industriels la médaille d’argent.
- M. Ch. MAIRE, à Strasbourg (Bas-Rhin),
- A envoyé des échantillons d’acétates obtenus par un procédé de son invention qu’il mit en œuvre peu de temps avant l’exposition de 18895 à cette époque, le jury, regardant celte industrie comme naissante, ne put accorder à M. Maire qu’une simple citation ; les produits présentés cette fois par cet industriel, sont fabriqués à l’aide du même procédé qui a reçu la sanction du temps , et que le jury départemental du Bas-Rhin signale à l’attention du jury central comme réalisant une importante éco-
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- nomie de combustible et de .main-d’œuvre dont s’est ressenti le prix de l’acétate de plomb sur le marché alsacien.
- Le jury central, appréciant ces résultats, décerne à M. Ch. Maire une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. GUICHARD, à Chantenay, près Nantes (Loire-Inférieure ),
- Fabrique annuellement deux à trois mille kilogrammes de céruse en pains ou en poudre; il occupe trente ouvriers, et il utilise la force d’une machine à vapeur de douze chevaux.
- Il a introduit dans sa fabrication divers procédés mécaniques, notamment pour la séparation du plomb carbonaté d’avec le métal qui n’a pas été attaqué; cette opération, qui est dirigée par un seul ouvrier, remplace le battage des lames, travail fort insalubre, qui exigeait, dans cette fabrique, le concours de dix ouvriers.
- M. Guichard a obtenu une médaille de bronze que le jury rappelle honorablement en sa faveur.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. DELAUNAY et Cie, à Portillon, près de Tours (Indre-et-Loire).
- L’usine de Portillon met annuellement en œuvre
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- neuf cent mille kilogrammes de plomb d’Espagne quelle convertit en céruse, en minium et en mine
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- orange. Elle travaille par le procédé de la précipitation qui réalise, d’après ces industriels, une importante économie dans la main-d’œuvre et dans la durée des opérations.
- MM. Delaunay et Cie ont les premiers livré au commerce, des céruses en poudre assez fine pour qu’elles puissent servir à préparer instantanément la peinture sans le secours de la molette.
- Ils produisent des certificats de plusieurs médecins de l’iiopital de Tours et de la ville, qui attestent qu’un très-petit nombre de leurs ouvriers est affecté chaque année de maladies saturnines.
- Une médaille de bronze a été décernée en 1834-à l’usine de Portillon, sous la raison sociale Pallu jeune et fils; le jury, appréciant les efforts de MM. Delaunay et Cie pour rendre leur industrie moins insalubre, leur décerne une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. BOYVEAU, PELLETIER et Cie, à Paris, rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel, 8.
- Cet établissement, fondé par Robiquet, se livre à la fabrication des produits chimiques destinés aux recherches scientifiques et à l’enseignement de la chimie. On y fabrique les oxydes métalliques employés dans la fabrication des verres colorés, des émaux et des couleurs pour la porçe-
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- laine ; on y prépare les principaux produits pharmaceutiques , notamment les alcalis végétaux. .
- Toutes les personnes qui se livrent à des études chimiques connaissent les produits de cette maison et apprécient les soins qui sont apportés à leur préparation.
- Le jury accorde à MM. Boyveau, Pelletier et‘Cie une médaille de bronze.
- MM. MALLET et Cie, rue de Marseille , 7, à la Villette (Seine),
- Se livrent à la fabrication de l’ammoniaque liquide et des sels ammoniacaux qu’ils tirent des eaux de condensation et de lavage du gaz de la houille.
- M. Mallet a pris un brevet pour l’épuration du gaz de la houille au moyen du chlorure de manganèse, résidu de la fabrication du chlore; ce procédé est pratiqué depuis trois ans dans l’usine à gaz de Saint-Quentin, qui fournit annuellement douze mille kilogrammes de sel ammoniac.
- L’alcali volatil que M. Mallet livre au commerce en grande quantité, est le résultat du traitement direct des eaux ammoniacales du gaz ; son prix de vente est très-bas, mais sa qualité laisse encore quelque chose à désirer.
- M. Mallet est un habile et ingénieux fabricant auquel l’industrie est en grande partie redevable des changements heureux qui s’opèrent dans'la fabrication de l’ammoniaque et des sels ammoniacaux , et qui tendent à augmenter considérablement la production de ces sels en même temps que leur prix de revient diminué dans1 une forte prôpor-
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- tion; le jury lui décerne avec éloge une médaille dè bronze.
- MM. LAMING et Cie, à Clichy-la-Garenne, près Paris (Seine),
- Ont exposé de l’alcali volatil et du carbonate d’ammoniaque extraits des eaux provenant de la fabrication du gaz de la houille, à l’aide de procédés particuliers pour lesquels ils ont pris, un brevet d’invention.
- Leur établissement, de fondation récente, a contribué à produire une baisse de 45 pour i oo dans le prix de l’alcali volatil ; leurs appareils, montés sur une grande échelle , peuvent , avec ceux que M. Fouché-Lepelletier établit à Javel, fournir aux besoins actuels de la consommation de l’ammoniaque et des sels ammoniacaux pour toute la France. Il est très-désirable que les heureux effets qui résultent de l’emploi de ces sels dans l’agriculture, soieut confirmés par de nouveaux essais, et qu’ils ouvrent pour eux de nouveaux débouchés en rapport avec leur production qui semble désormais pouvoir être presque illimitée.
- Le jury accorde à MM. Laming et Cie la médaille de bronze.
- MM. E. JÀRRY et Cle, à Paris, rue Lafayette, 89,
- Ont exposé, sous le nom de glu marine, un produit importé d’Angleterre qui paraît destiné à
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- des applications nombreuses, variées et dignes d’intérêt.
- La glu marine’est une substance essentiellement tenace et élastique; elle est insoluble dans l’eau et d’une entière,imperméabilité; on la livre au commerce à l’état solide ou à l’état liquide; solide, elle entre en fusion vers 1200; elle paraît convenir particulièrement au collage des bois, au calfatage des bâtiments, à la confection d’enduits imperméables sur le bois ou la maçonnerie qui séjournent dans l'eau; liquide, elle peut être employée comme les peintures hydrofuges, et elle rend imperméables les cordages, toiles, papiers, cartons, etc.; elle conserve à ces substances leur souplesse, et elle n’augmente pas sensiblement leur poids.
- Des expériences nombreuses faites en France et en Angleterreprouventquecette matière, employée au collage des bois, présente une force d’adhérence très-considérable. La traction et le choc appliqués à des pièces de bois jointes à son aide, déterminent presque toujours la rupture des bois sans produire la séparation au point de jonction des parties collées.
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- Quoique MM. E. Jarry et Cie aient déjà livré au commerce environ cent mille kilogrammes de glu marine , ce produit est.d’origine trop récente pour que le jury puisse se prononcer sur sa valeur réelle et sur les services qu’il peut rendre, qu’il rendra probablement à la marine et à l’art des constructions; néanmoins, prenant en considération les résultats très-favorables déjà fournis par cette substance , tenant compte des améliorations introduites n. 48
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- dans sa fabrication et dans sa qualité depuis qu’elle a été importée d’Angleterre , le jury décerne à MM. E. Jarry et Cie une médaille de bronze.
- M. RINGAUD jeune, rue de la Roquette, 73.
- Les principaux produits exposés par ce fabricant étaient du prussiate dépotasse, diverses sortes de bleu de Prusse, du verdet, des verts de Schweinfurt et des verts mitis. Ces produits jouissent dans le commerce d’une bonne réputation.
- Le vert de Schweinfurt de M. Ringaud mérite une mention particulière ; il est d’une beauté remarquable. M. Ringaud le fabrique depuis 1828, et est le premier qui soit parvenu à préparer en France cette qualité de produit qu’on tirait d’Allemagne. Cette matière colorante a acquis une grande importance par suite de son emploi dans la marine , dans la peinture en bâtiments et dans la fabrication des papiers peints. M. Ringaud en verse annuellement dans le commerce cent mille kilogrammes.
- L’établissement de M. Ringaud est intéressant par la stricte économie qui préside à toutes les opérations; les gaz qui se dégagent des fours à calcination sont le seul combustible qu’il emploie à la préparation de son prussiate de potasse.
- Le jury central, appréciant les résultats obtenus par cet habile fabricant, lui décerne la médaille de bronze.
- MM. AMELINE etCie, à Courbevoie (Seine).
- Ces fabricants produisent annuellement six cent
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- mille kilogrammes de céruse. Ils emploient un mode de fabrication perfectionnée , qu’ils ont importé d’Angleterre et qui obvie à la plupart des causes d’insalubrité du procédé ordinaire.
- Ils vendent une grande partie de leur céruse broyée à l’huile; ils économisent ainsi la mise en pots, et la dessiccation lente des pains dans les séchoirs ; ils épargnent aux peintres la pulvérisation des pains et le broyage à l’huile, et ils leur offrent une économie importante en vendant dans Paris la céruse broyée à l’huile au même prix que les céruses en pains et en poudre des autres fabriques.
- Ces améliorations, dans une fabrication aussi insalubre que celle de la céruse, rendent MM. Ame-line et Cie dignes de la médaille de bronze que le jury leur décerne.
- MM. BERGERAT et LETELLIER, à Yaugirard ( Seine ), et à Paris, rue de la Vieille-Monnaie,
- 9.
- Ces exposants fabriquent sur une grande échelle divers produits chimiques destinés à la pharmacie et à la teinture. Ces produits sont estimés; ils représentent un chiffre considérable d’affaires. MM. Ber-gerat et Letellier occupent vingt-cinq ouvriers. Le jury leur décerne une médaille de bronze.
- MM. BERTHE frères, à Honfleur (Calvados).
- L’usine de ces exposants livre annuellement au commerce cinq cent cinquante mille kilogrammes
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- de sulfate.de fer; ce sel est fait de toutes pièces au moyen du fer et de l’acide sulfurique fabriqué dans le même établissement; il est recherché par les teinturiers à cause de sa pureté.
- Le jury accorde à MM. Berthe, frères, une médaille de bronze.
- M. MARSUZI DE AGUIRRE, à Paris, rue Royale-Saint-Honoré, 4,
- À exposé, sous le nom de Chanvre imperméable, des produits que leur forme et leurs usages placeraient dans la commission des beaux-arts ou des arts divers, si la nature particulière de la substance qui sert à leur confection ne justifiait leur rang parmi les produits chimiques. Cette substance est composée de filaments végétaux agglomérés par un mélange de corps gras, résineux et bitumineux; douée d’une certaine flexibilité, à la température ordinaire, elle se ramollit par l’action de la chaleur; devenue alors plastique et malléable, elle peut recevoir, à l’aide du balancier, des empreintes qu’elle conserve fidèlement après son refroidissement.
- Le chanvre imperméable résiste bien aux intempéries de l’air et aux variations atmosphériques ; la bonne conservation des ornements en chanvre imperméable appliqués tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des salles de l’exposition, démontre que cette matière peut recevoir sans être altérée des torrents cl’eau pluviale.
- M. Marsuzi a exposé une grande variété d’objets confectionnés en chanvre imperméable, notamment
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- des ornements d’architecture, des plaques pour les compagnies d’assurance et pour l’indication des rues ou des numéros des maisons, des lettres en relief pour enseignes, des échantillons de bordures pour glaces et tableaux , des feuilles destinées à la couverture des maisons, d’autres feuilles remplaçant le cuir pour la carrosserie et la confection des malles, des pots, tasses, soucoupes, seaux à incendies, etc. ; la plupart de ces objets sont d’un bon emploi ; leur prix est peu élevé.
- Plusieurs toitures en feuilles de chanvre imperméable posées depuis i83q, n’ont subi de la part du temps aucune altération ; appliqué à cet usage, ce produit a l’avantage de donner une couverture imperméable, économique, très-légère ; conduisant mal la chaleur; l’agriculture peut en tirer un heureux parti pour couvrir les hangars, les bergeries, les meules, etc.
- Cette industrie, dont le développement date seulement de dix-huit mois, a déjà présenté cette année une vente de 35o,ooo fr. environ.
- Le jury, appréciant les services que peut rendre à l’industrie ce nouveau produit, décerne à M. Mar-suzi une médaille de bronze.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- M. FAUPiE (Louis), àWazemmes-lès-Lille (Nord).
- La fabrique de cet exposant est une des premières qui se soient occupées en France de la fabrication de la céruse par le procédé hollandais.
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- Le jury rappelle en faveur de M. Faure les mentions honorables qui lui ont été décernées en i834 et en 1839.
- M. DUPRÉ, à Forges-les-Eaux (Seine-Inférieure),
- A exposé du sulfate de fer extrait des terres vitrio-liques de Beaubec-la-Rosière ; il occupe pendant six mois de l’année vingt ouvriers tant à l’extraction de ces terres qu’à celle de la tourbe qui sert de combustible dans son usine ; dix autres ouvriers sont employés toute l’année à la fabrication du sulfate de fer dont il livre annuellement au commerce douze à quinze cents quintaux métriques. Ce sel est employé dans les ateliers de teinture et de toiles peintes du département de la Seine-Inférieure.
- Une mention honorable a été accordéeen 1839, à M. Dupré; le jury, appréciant les services qu’il continue à rendre à sa localité, la rappelle en sa faveur.
- M. SIMONIN ( François ), à Nancy (Meurthe),
- Continue à fabriquer avec succès le sulfate de magnésie; il en livre au commerce vingt-cinq à trente mille kilogrammes par an. Il occupe 6 ouvriers.
- Le jury lui confirme la mention honorable qui fut accordée en 1839 a MM. Simonin etTocquaine.
- M. BÉZANGER, à Paris, rue Saint-Jacques, 22,
- A obtenu en i83q une mention honorable pour la fabrication d’une encre alcaline propre à la con-
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- servation des plumes métalliques. Cette encre, qui contient, comme principe colorant, du charbon très-divisé, n’est pas altérée par les agents chimiques qui détruisent les encres ordinaires ; elle est même indélébile lorsqu’elle est employée sur du papier mal collé ou un peu humide. Il est à regretter que l’emploi de cette encre ait présenté quelques inconvénients qu’une fabrication plus étendue eût sans doute fait disparaître.
- Néanmoins, le jury, voulant encourager les efforts persévérants de M. Bézanger , rappelle en sa faveur la mention honorable qui lui a été décernée en i83g.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. DESMOUTIS, MORIN et CHAPUIS, à Paris, rue Richelieu, 31, et rue Montmartre, 64,
- Ont exposé un vase de platine destiné à la concentration de l’acide sulfurique; ce vase est d’un seul morceau, à bords recouverts, et d’une capacité de deux cents litres. C’est la plus belle pièce de platine forgé qui ait jamais été exécutée; ses dispositions sont bien entendues.
- La réputation de MM. Desmoutis , Morin et Cha-puis comme fabricants de platine , est depuis longtemps établie ; ils sont presque seuls en possession de fournir les fabriques de produits chimiques et les laboratoires de France et de l’étranger des vases et des ustensiles nécessaires à leurs travaux.
- La qualité de leur platine ne laisse rien à dési-
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- rer ; ils ont apporté dans l’art de travailler ce métal, plusieurs améliorations importantes.
- Le jury leur décerne une mention honorable.
- MM. BERTHEMOT et PONSAR, à Paris, rue Jacob, 43,
- Ont exposé une belle collection de produits chimiques et pharmaceutiques bien préparés. Ils soutiennent dignement l’ancienne réputation de leur maison , qui a été fondée par Pelletier.
- Le jury leur accorde une mention honorable.
- M. GUILLEMETTE, pharmacien, à Paris, boulevard Bonne-Nouvelle, 12,
- A exposé une belle collection des alcalis et des acides végétaux qu’on extrait de l’opium. On remarque parmi ces produits une magnifique cristallisation de codéine.
- Cet habile pharmacien livre annuellement au commerce de la droguerie et de la pharmacie les sels de morphine qu’il extrait de sept cents kilogrammes d’opium environ ; les fabricants allemands qui envoyaient à Paris , il y a quelques années, une assez grande quantité de ces produits, n’en expédient plus maintenant que pour un chiffre très-minime. Ce résultat est la conséquence de la baisse de prix de ces alcalis, baisse à laquelle la fabrication de M. Guillemette a beaucoup contribué.
- Tout en rendant justice au mérite scientifique et à la pureté des produits exposés par M. Guillemette, le jury ma pas pu les considérer comme étant le résultat d’une fabrication véritablement in-
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- dustrielle aussi se borne-t-il à les mentionner honorablement.
- M. DUROZIEZ, pharmacien, à Paris, rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel, 18,
- A exposé diverses préparations employées dans la peinture à l’huile et à la cire. Les artistes apprécient le soin que M. Düroziez apporte à la confection de ses produits.
- Le jury accorde à M. Düroziez la mention honorable.
- MM. BENARD et Gie, à Ilonfleur ( Calvados ),
- Ont exposé divers échantillons de céruse fabriqués par le procédé hollandais, en employant le tan.
- Les produits de la fabrique de Honfleur sont estimés; l’établissement est vaste, bien aéré; le jury départemental du Calvados atteste qu’il est tenu, avec beaucoup de soin et de propreté, et que les ouvriers n’y sont que très-rarement atteints des maladies saturnines.
- Une mention honorable a été décernée en i83g à cet exposant pour la fabrication du plomb de chasse; le jury lui en décerne une nouvelle pour sa fabrique de céruse.
- M. LIIOMME BOUGLINYAL, à Neuilly (Seine) rue de Villiers, 24.
- Fabrique annuellement trente millekilogrammes d’acide oxalique, et quinze mille kilogrammes d’oxalate de potasse ; il prépare également des car-
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- mins d’orseille ; ses produits sont de bonne qualité. Le jury lui décerne une mention honorable.
- MM. GAULTIER DE CLAUBRY et J. DELANOUE, à Paris, à l’École polytechnique,
- Ont exposé des échantillons d’oxyde de manganèse cobaltifère et divers produits extraits ou colorés par le cobalt provenant de cet oxyde.
- On doit à M. Delanoue la découverte d’un gisement de manganèse cobaltifère à Nontron (Dordogne) ; ce minerai contient en moyenne deux centièmes environ d’oxyde de cobalt; MM. Gaultier de Claubry et Delanoue ont proposé un procédé qui paraît simple et pratique, pour retirer le cobalt des résidus de la préparation du chlore à laquelle ce manganèse est employé.
- La découverte et l’exploitation d’un minéral pouvant fournir le cobalt que notre industrie est obligée d’emprunter à l’étranger, notamment à l’Allemagne , sont des faits dignes de fixer l’attention du jury ; il regrette que leur date récente n’ait pas permis à MM. Gaultier de Claubry et Delanoue, de les présenter avec la sanction de l’expérience manufacturière.
- Le jury accorde à MM. Gaultier de Claubry et Delanoue une mention honorable.
- MM. DARCEL (Alfred) et Cie, à Rouen (Seine-Inférieure) ,
- Ont exposé du prussiate de potasse et des produits ammoniacaux. Ces produits sont appréciés des consommateurs.)
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- Le jury décerne à MM. Alfred Darcel et Cie, une mention honorable.
- M. MAUROS, à Ivry-sur-Seine (Seine).
- Les produits de cet exposant, préparés sur une grande échelle pour les besoins de la pharmacie, sont estimés.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. BÉDOUIN, à Paris, rue Saint-Merry, 9,
- S’occupe avec succès de la fabrication des produits chimiques pour les arts et pour la médecine.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. GUILLIER, à Paris, rue Montmartre, 130 ,
- A exposé, sous le nom d'encre française, un liquide propre à marquer le linge. On sait que l’emploi de la dissolution de nitrate d’argent, dont on fait usage depuis longtemps pour cette opération, est précédé de l’encolage du linge au moyen d’une liqueur composée de gomme et de carbonate de soude. M. Guillier compose une encre qui rend inutile cette dernière préparation; on peut, à l’aide de ce liquide, marquer le linge, soit en traçant immédiatement les caractères avec une plume, soit en les imprimant avec un timbre en bois ou en argent.
- M. Guillier a donc simplifié cette opération; il l’a rendue plus sûre, plus pratique, et en même temps plus économique ; car il vend à un prix très-mo-
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- déré son encre et le timbre qui sert à, son application.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. SCHELLINCK, à Paris, rue Saint-Honoré, 91,
- A exposé des échantillons d’encens 5 la bonne qualité et le prix modique de ces produits sont attestés par des certificats de plusieurs membres du clergé.
- Le jury accorde à M. Schellinck une mention honorable.
- § % VERNIS.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. SOEHNÉE frères, à Paris, rue des Vinaigriers, 17,
- Continuent à montrer dans l’art de fabriquer les vernis, une supériorité reconnue par leurs confrères.
- Ils ont exposé une belle et nombreuse collection de leurs produits, parmi lesquels on.distinguait un nouveau vernis à tableaux qui ne se gerce pas, et; sur lequel on peut retoucher la peinture. Ils fabriquent les différents vernis employés par la plupart; des estampeurs sur cuivre et des vernisseurs de bronzes.
- Le jury rappelle em faveur de ces habiles fabri-
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- cants, la médaille d’argent qui leur a été décernée en 1,839.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. LÉON , à Paris, rue de Crussol, 5,
- A exposé une belle collection de vernis employés pour la reliure, la gaînerie, la sellerie, le bois tourné et sculpté , la corne, l’os, l’écaille, etc.
- Les travaux de M. Léon ont été récompensés à l’exposition de 1839 par une médaille de bronze ; depuis cette époque, cet industriel a augmenté et perfectionné sa fabrication; la gomme laque qu’il blanchit aujourd’hui est supérieure par la qualité et par la blancheur, à celle qu’il a exposée en 1889; son nouveau vernis Dour les boutons de corne, d’os et d’écaille ajoute à la beauté de ces produits, et réalise une économie dans leur confection; il livre aux fabricants de pianos un vernis de bonne qualité pour les tables d’harmonie et les baguettes de ces instruments.
- Le jury déclare que M. Léon se montre toujours digne de la médaille de bronze qui lui a été décernée en 1889.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. BEC, à Paris, rue des Cinq-Diamants, 10,
- A exposé une nombreuse collection de vernis bien préparés, et fabriqués sur une grande échelle ; cet industriel occupe huit ouvriers, et il vend an-
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- nuellement pour 45o,ooo fr. de vernis qu’il livre au commerce à des prix très-modérés. Des certificats nombreux attestent la bonne qualité du vernis de copal, pour voitures, qui sort de sa fabrique; on sait que , jusque dans ces derniers temps, nous avons été tributaires de l’Angleterre pour ce vernis ; celui de M. Bec se vend 3 fr. 5o à 4 fr. le litre, et il remplace avec avantage, pour la blancheur et pour la durée, le véritable vernis anglais qui vaut î o fr.
- Le jury, voulant récompenser les efforts et les succès de M. Bec, qui se livre depuis vingt ans à la fabrication des vernis, décerne à cet exposant une médaille de bronze.
- M. TRIPIER-DEYEÀUX, à la Villette, près Paris (Seine),
- Fabrique depuis plusieurs années des vernis destinés aux objets exposés aux influences de l’air extérieur, tels que les voitures et les devantures de magasins. Ces produits sont dignes d’une mention toute particulière, car ils réunissent à une grande solidité, une transparence , un poli et un éclat qui ne laissent rien à désirer ; ils remplacent avec grand avantage, pour la beauté et pour la durée, les vernis anglais, dont le prix est plus que double de celui des vernis de M. Tripier.
- Des certificats attestent que ces vernis, employés par plusieurs administrations de voitures publiques, durent plus d’un an sur des omnibus qui font un service journalier.
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- Le jury accorde à M. Tripier Deveaux une médaille de bronze.
- NOUVELLES MENTIONS HONORABLES.
- MM. PITAT et EVRARD, à Valenciennes (Nord),
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- Se livrent à la fabrication des vernis, particuliè-ment des vernis gras au copal dur et au succin, et des vernis blancs au copal tendre. Ils préparent une huile blanche qui donne avec la céruse broyée une peinture siccative conservant line blancheur parfaite.
- Des attestations de plusieurs peintres en bâtiments et en équipages, de Valenciennes, constatent la bonne qualité de ces produits.
- Déjà en 1889 , M. Pitat a obtenu une mention honorable pour les vernis qu’il a exposés. Le jury, tenant compte des améliorations qu’il a introduites dans sa fabrication, de concert avec M. Evrard, accorde à ces fabricants une nouvelle mention honorable.
- M. GOYON, à Paris, cité d’Antin, 6,
- A exposé differents produits destinés à la conservation des meubles, au nettoyage des marbres, à l’entretien des objets métalliques, etc. Depuis dix-sept ans, M. Goyon est chargé de la conservation des objets mobiliers du musée grec et égyptien, et de la galerie d’Orléans.
- Cet exposant a obtenu une citation favorable en 1827, une mention honorable en i834, et un rappel en 1889.
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- Le jury, considérant qu?il a apporté de nouveaux perfectionnements à son utile industrie, lui accorde une nouvelle mention honorable.
- MENTION HONORABLE.
- M. LE BORDAIS, à Paris, rue de Cliarenton, 96.
- Cet exposant se livre spécialement k la fabrication des vernis pour les ébénistes, les fabricants de nécessaires et les tourneurs ; des certificats nombreux attestent la bonne qualité et le prix modique de ses produits.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- 5 3. CIRES A CACHETER.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. HERBIN, à Paris, rue Michel-le-Comte, 21,
- A exposé un bel assortiment de cires à cacheter , d’un moulage parfait et d’une coloration bien graduée : on remarque aussi dans son exposition des ^feuilles de gélatine de diverses nuances destinées à la fabrication des pains à cacheter transparents.
- Depuis l’exposition de i83g, M. Herbin a introduit dans sa fabrication de nouveaux perfectionnements; la coloration de ses cires ronges ne laisse rien.à désirer.
- Il est digne du rappel de la 'médaille de bronze qui lui a été décernée en 1823.
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- M. MASSON, à Paris, rue des Vieux-Augustins,
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- A succédé à M. Deville Gabrol qui lui-même était le successeur de M. Debraux d’Anglure. Le jury de i834 a accordé à ce dernier fabricant une nouvelle médaille de bronze pour les perfectionnements qu’il a introduit dans sa fabrication des cires à cacheter. M. Masson soutient dignement la réputation des produits de cette ancienne maison.
- Le jury rappelle en sa faveur la médaille de bronze quia été accordée en 1834 à M. Debraux d’Anglure.
- M. ROUMESTANT jeune, à Paris, rue Montmorency, 10.
- M. Roumeslant joint à la confection des principaux articles de papeterie et des registres, pour lesquels il a une réputation méritée, la fabrication des cires à cacheter; la qualité supérieure de ses cites lui a valu une médaille de bronze à l’exposition, de 1839.
- Le jury reconnaît qu’il se montre toujours digne-de cette récompensé ; il la rappelle en faveur de ce fabricant.
- (p^oir, aux Arts divers, l’artiole qui concerne' M. Roumestant.)
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- NOUVELLE MENTION HONORABLE.
- M. ZEGELAAR, à Paris, rue de la Corderie ,1.
- Les cires de M. Zegelaar sont sans contredit les plus belles parmi celles qui ont figuré à l’exposition de 1844 j elles sont très-bien moulées, et leur coloration ne laisse rien à désirer pour la pureté des nuances. Ses cires marbrées en plusieurs couleurs sont d’un très-joli effet. Tous ses produits sont de qualité supérieure.
- M. Zegelaar a obtenu une citation favorable en i834, et une mention honorable en 183g ; le jury lui en décerne une nouvelle, en le félicitant des soinsqu’il apporte' à , sa fabrication , et des améliorations successives qu’il a su y introduire.,
- MENTION HONORABLE.
- M. THIBAULT, à Paris, rue Barre-du-Bec, 5,
- Est le successeur de ses homonymes, MM.. Thibault frères. Il se livre particulièrement à la fabrication des cires communes. Néanmoins, les cires fines qu’il a exposées témoignent des progrès qu’il a introduits, dans^sa fabrication qui laissait à désirer en 1839.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
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- § li. CIRAGES.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. JACQUAND père et fils, à Lyon ( Rhône).
- L’importance de la fabrique de cirages de MM . Jac-quand a valu à ces industriels une médaille de bronze à l’exposition de i83g ; depuis cette époque, ils ont triplé leur fabrication*, ils occupent aujourd’hui deux cent cinquante ouvriers; ils fabriquent par semaine dix mille kilogrammes de cirages, et ils expédient annuellement trois millions six cent mille boîtes de bois de toutes grandeurs qui en sont remplies. La concurrence, qui a imité la forme de leurs boîtes et de leurs étiquettes, les a obligés à réduire encore le prix, déjà très-bas, de leurs produits : ils fournissent le cirage à presque tous nos régiments, et un soldat ne dépense maintenant que cinq centimes par-mois pour l’entretien de sa chaussure.
- Le cirage de MM. Jacquand laisse encore quelque chose à désirer pour la qualité ; il y a lieu d’espérer qu’ils arriveront à supprimer complètement l’acide, en faible proportion d’ailleurs, qui entre dans sa composition.
- Le jury, voulant récompenser une industrie utile, au développement de laquelle MM. Jacquand contribuent avec une persévérance et une habileté dignes d’éloges, décerne à ces fabricants une nouvelle médaillé de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- MM. Edm. PIAUD et Cie, à Rive-de-Gier (Loire),
- Ont exposé clos cirages de leur fabrique qui est fort importante. Ils utilisent la force d’une machine à vapeur de quatre chevaux, et ils livrent annuellement au commerce deux cent mille kilogrammes de cirage.
- Leurs produits se placent facilement en France et à l’étranger.
- Le jury leur accorde une mention honorable.
- M. DUREL, à Paris, pelouse de l’Étoile, 39,
- Mérite d’être mentionné honorablement pour la bonne qualité de son cirage et de son vernis pour chaussures ; ces produits ont paru supérieurs à ceux de ses confrères.
- M. FROMONT, à Paris, rue de Lille, 27,
- A obtenu en 1839 une mention honorable pour la bonne qualité de ses cirages pour harnais. Cet exposant ayant apporté de nouvelles améliorations dans sa fabrication, le jury lui décerne une nouvelle mention honorable.
- MM. BOUDIER et Cie, à Paris, rue Neuve-Vivienne, 26,
- Ont exposé des vernis pour chaussures de bonne qualité.
- Le jury leur accorde une mention honorable.
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- MM. COUTURIER et SIMON, à Grenelle (Seine),
- Fabriquent, sous le nom de cirages galv an o-chimiques , des cirages de différentes couleurs qui s’appliquent à la brosse, comme le cirage noir ordinaire, et qui peuvent remplacer, jusqu’à un certain point, les maroquins.
- Cette fabrication est de date récente; néanmoins les produits de MM. Couturier et Simon ayant paru dignes d’intérêt, à cause de leur nouveauté, le jury accorde à ces industriels une mention honorable.
- M. DERICQUEHEM, à Paris, rue du Faubourg Saint-Honoré ,118,
- A exposé des cirages pour chaussures et pour harnais, et une mixtion brillante pour la mise en couleur des appartements.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. DAMÊME, à Paris, rue des Saints-Pères, 34,
- A exposé des vernis pour chaussures.
- M. DURANT, à Paris, rue Neuve-Richelieu, 28,
- Fabrique des vernis, des cirages et des couleurs; il a exposé de l'huile de lin décolorée, et un liquide pour la mise en couleur des appartements.
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- M. FENESTRE, à Paris, rueMes Yieux^-Augustins, 58,
- A exposé diverses sortes de vernis et de cirages pour chaussures et pour harnais.
- M. LARMOYER, à Paris, rue des Yieux-Augus-tins, 57.
- Mêmes produits que le précédent.
- M. MONTFORT, à Paris, rue de FUniversité, 108. Mêmes produits que le précédent.
- M. PIGEAULT, à Paris, rue des Yieux-Augus-tins, 53.
- Mêmes produits que le précédent. Cet exposant a déjà obtenu une citation favorable en 1889.
- M. ROULAND, à Paris, rue Neuve-Saint-Augustin , 15 bis.
- La bonne qualité de son cirage pour les harnais est attestée par de nombreux certificats.
- Les produits exposés par ces divers fabricants étant de bonne qualité, le jury leur accorde la citation favorable.
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- SECTION IV.
- EXTRACTION ET RAFFINAGE DU SUCRE, FÉCULE, GLUCOSE, DEXTR1NE, GOMME DE FÉCULE , ÉCLAIRAGE , EAUX GAZEUSES , HUILES ESSENTIELLES , ENGRAIS, USTENSILES-OUTILS.
- M. Payen, rapporteui\
- § 1. EXTRACTION ET RAFFINAGE DU SUCRE DES CANNES
- ET DES BETTERAVES.
- Considérations générales.
- Parmi les industries contemporaines aucune,
- on peut le dire, n’a supporté de plus rudes coups,
- n’a éprouvé de <plus grandes vicissitudes que la
- fabrication du sucre de betteraves, et cependant
- les habiles et savants ‘manufacturiers qui s’en
- occupent, loin de se décourager, semblaient à
- chaque crise commerciale, depuis quarante ans,
- proportionner leurs efforts aux difficultés qui
- menaçaient leur existence.
- $
- A peine en mesure de livrer, avec bénéfice, du sucre au prix de 12 fr. le kilogramme, ils virent en 1814 les cours de leurs produits s’abaisser rapidement au-dessous du tiers de cette valeur.
- • Quelques années plus lard-, ^réalisant d’éton-
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- nants progrès dans leurs usines rétablies, et au milieu de nombreux changements qui ne pouvaient encore être définitifs , ils versaient sur les marchés des masses de sucres bruts telles, qu’à leur tour elles donnaient le signal de la baisse des prix et déterminaient un accroissement notable dans la consommation.
- Alors on ne pouvait placer les sucres de betteraves qu’en les cédant au-dessous du cours des sucres coloniaux , pour des nuances égales ; bientôt cette défaveur disparut entièrement ; souvent, même aujourd’hui, les rafïineurs , appréciant bien l’avantage d’un rendement supérieur en sucre blanc, acceptent le sucre brut des fabriques indigènes à un taux plus élevé que celui des colonies , bien qu’ils eussent pu obtenir de ce dernier des produits secondaires : vergeoises et mélasses , de meilleure qualité.
- Naguère encore les sucreries métropolitaines étaient protégées par les droits plus considérables imposés aux produits exotiques ; bientôt elles devront concourir à armes égales malgré l’énorme différence dans la qualité de leur matière première , car le jus de la betterave contient moitié moins de sucre et cinq fois plus de substances étrangères que le jus des cannes : on sait d’ail-r leurs que celles-ci fournissent tout le combustible nécessaire à la concentration des sirops. Les
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- fabricants de sucre indigène n’abandonnent pas la partie : jamais ils n’ont fait de plus grands efforts pour réaliser, en pratique, toutes les données de la science; ils n’auraient même rien a craindre encore de la concurrence de leurs puissants rivaux, si ceux-ci n’eussent enfin compris qu’ils devaient adopter, sans plus de retard, les appareils perfectionnés que la persévérante industrie des sucreries indigènes a fait surgir de la foule des appareils déchus.
- Mais cette belle application manufacturière n’avait pas dit son dernier mot : elle modifie son matériel, change les relations entre les vitesses des poussoirs et des cylindres dévorateurs, afin d’obtenir une pulpe plus divisée ; elle multiplie ses presses hydrauliques et prolonge leur énergique pression, décuple la capacité de ses filtres à charbon d’os et s’efforce d’améliorer la révivification du noir en grains, d’obtenir une évaporation plus prompte, une cristallisation plus complète, d’arriver, en un mot, à produire de premier jet, du sucre blanc et pur, livrable directement à la consommation.
- De ces immenses travaux sortiront encore des guides certains pour nos établissements coloniaux ; et si rien n’entrave le développement de la consommation du sucre ^développement désirable dans l’intérêt des classes nombreuses, on
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- peut espérer que les deux industries avanceront de*conserve ; que, perfectionnant leurs ustensiles, appareils et machines, elles continueront d’alimenter et d’activer les travaux de nos grands ateliers de construction.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’OR.
- MM. Ch. DEROSNE et CAIL, à Paris, quai de
- Billy, 38, et quai de Javelle, à Grenelle (Seine).
- En i834 et 183g, ces exposants obtinrent la médaille d’or; à ces deux époques le jury central avait constaté qu’au milieu des constructeurs les plus habiles qui s’occupaient de perfectionner les appareils et machines propres aux sucreries, MM. De-rosne et Gail se présentaient toüjours^aiix premiers rangs.
- On avait surtout remarqué l’appareil évapora-toire à double effet, réunissant dans son ensemble les avantages des procédés extraits des brevets de M. Derosne et de M. JDégrand, ingénieur civil.
- Une nouvelle épreuve de cinq années est‘venue sanctionner les données théoriques favorables à cet ingénieux système, et confirmer-la haute opinion que les juges du dernier concours avaient émise; aussi apprendrart-on sans étonnement, mais avec un vif intérêt, qu’en France et dans les colonies, les plus habiles fàbricaiits de sucre se soient accordés pour donner une préférence décidée aux appareils évaporatoires deiMM. ‘Derosne et Gail. C’est qu’au
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- moyen de ces appareils on évapore les solutions sucrées rapidement, à basse température, sans altérer le «sucre cristallisable, tout en économisant mieux le combustible que par aucun des systèmes en usage.
- MM. Derosne et Cail, par de récentes améliorations, ont rendu plus facile et plus sûre encore, la manoeuvre de leur appareil à double effet ; ils ont augmenté les surfaces des tubes sur lesquels coulent les jus déféqués, et qui évaporent, sans frais de combustible, la moitié de l’eau contenue dans ce jus; la pompe à air complète le vide avec plus d’énergie et son service dépendant d’une machine à vapeur principale est mieux assuré qu’autrefois.
- Toutes les parties des appareils et machines employés dans les sucreries indigènes et exotiques ont été améliorées par ces manufacturiers habiles, et, afin d’y mieux réussir, ils sont allés, l’un dans les usines du continent, l’autre, à deux reprises depuis 1839, dans‘les habitations des colonies, étudier toutes les phases de la fabrication, recueillir les observations des directeurs et contre-maitres. C’est ainsi qu’ils sont parvenus à réunir de nouvelles conditions de succès dans les dispositions , le montage et l’installation des grands ustensiles des fabriques de sucre.
- Les râpes et presses à5bettéraves ont reçu chez MM. Derosne et Cail les améliorations indiquées plus haut; les presses à cannes munies de cylindres à grands diamètres ralentis dans leur mouvement, ont pu exercer une pression plus énergique et donner jusqu’à 60 ou 65 de jus au lieu de 5o à 55 pour
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- ioo de cannes employées. On a pu remarquer à l’exposition la consolidation bien entendue des diverses pièces et des transmissions de mouvement, proportionnée aux efforts à supporter par chacun des organes de ces machines.
- Outre ces conditions de résistance et de durée, une disposition mécanique connue, mais nouvellement appliquée au moulin de MM. Derosne et Cail, offre une garantie de plus contre une cause accidentelle de rupture. En effet, l’une des roues qui
- reçoivent et transmettent le mouvement n’adhère
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- au cercle portant l’engrenage que par un frein, circulaire plus ou moins serré , de telle sorte que sous un certain effort, excédant celui du travail habituel, le frein glisse avant que la limite de la résistance soit atteinte ou dépassée.
- On remarquait encore dans l’exposition de MM. Derosne et Cail, un appareil à cuire dans le vide, plus particulièrement applicable dans les raffineries, et qui pourrait ajouter un élément utile aux moyens d’action des grandes habitations coloniales, puisqu’il concentre à une température moins élevée , ce qui est favorable au traitement des produits des égouttages , toujours plus altérables que les clairces du premier jet.
- Les ateliers de construction de machines , appareils , ustensiles de MM. Derosne et Cail ont pris un développement considérable depuis 1839 ; non-seulement on y établit tout le matériel des sucreries, y compris les générateurs, machines à vapeur, chaudières et filtres, mais encore 011 y confectionne des appareils distillatoires continus, les calorifères
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- et alambics de M. Chaussenot, les filtres de M; Tard,, les formes en bronze de M. Perraud, etc., etc. Dans; une seconde fabrique, ces manufacturiers préparent le charbon animal<et le sang sec soluble et insoluble, appliqués aux clarifications des sirops et à l’engrais des terres en France et aux colonies.
- Un ensemble aussi vaste de travaux utiles et graduellement perfectionnés, a rendu MM.Derosne et Cad très-dignes d’une nouvelle médaille d’or que le jury leur décerne.
- MENTIONS POUR ORDRE.
- M. NILLUS, au Havre (Seine-Inférieure).
- En 1839, M. Nillus, habile constructeur de machines et ustensiles pour les colonies, obtint une médaille d’argent pour l’ensemble de ses travaux , la commission du jury avait particulièrement remarqué un moulin à trois cylindres pour écraser et presser les cannes à sucre ; cette année, M. Nillus à exposé un moulin ayant la même destination; mais opérant, à l’aide de cinq cylindres, deux pressions graduées; cette ingénieuse machine ne fonctionne pas depuis un temps assez long pour que son utilité puisse être appréciée définitivement.
- Le jury central a décerné à M. Nillus une récompense, sur le rapport de M. Ch. Dupin ( V. p. 3g3 ).
- MM. MAZELINE frères, à Grasville ( Seine-Inférieure)., , f
- MM. Mazeline frères, fabricants de machines et ustensiles divers à Grasville, a présenté aussi une
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- presse à cylindres pour les colonies;, ses principaux titres à l’attention du jury seront appréciés dans le, rapport sur les grandes machines (Y. le rapport de M. Charles Dupin, p. 3g3 ).
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. HARLY-PERRAUD, rafïineur, à la Grande-Yillette (Seine).
- Une invention remarquable caractérise l’exposition de M. Perraud, c’est le moyen très-simple et ingénieux de transformer directement le sucre cristallisé, grenu, en pains offrant les qualités du sucre obtenu par le terrage ordinaire dans les petites formes.
- Ce résultat important que depuis des temps reculés on avait vainement essayé d’obtenir par l’opération qui produit le sucre tapé, est obtenu sans difficulté aujourd hui.il suffit, en effet, de diviser ou d’égrener en quelque sorte, au moyen d’une râpe à betteraves, les cristaux épurés dans de grands cris-tallisoirs, puis d’en remplir comble une forme en bronze, tournée et polie à l’intérieur; on tasse for-r tement alors toute la masse simultanément en laissant trois fois, retomber cette forme massive d’une hauteur de om,25 à om,3o sur un billot; le pain est exactement moulé, il ne reste plus qu’à le poser sur sa base, y implanter une prime mouillée , puis le sécher à l’étuve.
- Non-seulement ce procédé permettra d’appliquer au raffinage du sucre l’épuration par des clairçages
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- à froid dans les grandes formes, et d’obtenir plus promptement dù sucre pur en pains parfaitement réguliers, mais encore dans son application à la fabrication indigène, il promet de faire obtenir en pains livrables directement à la consommation, tout le sucre cristallisé au fur et à mesure de son épuration durant chaque campagne. Un tel résultat est de nature à changer encore la face de cette belle industrie, et peut devenir la condition principrde qui assurera son existence.
- Déjà, depuis un an, dans trois de nos grandes fabriques de sucre de betteraves, appartenant à MM. Harpignies, Delaunay et Cie, Harpignies Blanquet et Cie de Famars et Bonnaire d’Escodun (Nord), l’invention de M. Perraud est mise en pratique ; elle est adoptée chez M. Lebaudy, raffi-neur à la grande Villette, etM. Chavanne, à Orléans; chezM. Perraud lui-même, elle s’applique chaque année au raffinage annuel dé trois millions de kilo-grammes de sucre. Dans treize autres usines, dont huit fabriques de sucre de betteraves et cinq raffineries sises en Prusse, on vient de l’adopter.
- Le jury central décerne à M. Perraud une médaille d’argent.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. NÜMA GRÀR et Cie, à Valenciennes (Nord).
- En 1839, M. Numa Grar était fabricant de sucre dans le département du Nord, il a depuis cessé cette fabrication pour s’occuper exclusivement du raffinage..
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- Profitant des données qu’il avait acquises par une pratique éclairée des opérations délicates de l’industrie sucrière, il a introduit des améliorations notables dans le raffinage.
- Les résultats de ses filtrations devinrent plus sûrs et plus avantageux à l’aide des essais préalables du noir au décolorimètre, et d’une disposition simple, qui élimine les moindres bulles d’air engagées sous le faux fond des filtres. Les cuites furent toutes régula risées en les vérifiant après coup au moyen d’un aréomètre spécial qui indique entre 4° et 44° les dixièmes de degré, et ajoutant la quantité de cîairce utile pour ramener le mélange précisément au terme le plus convenable.
- Les cristallisations obtenues ainsi dans des conditions meilleures, ont pu être épurées par des solutions saturées de sucre et graduellement plus blanches. M. Nuraa Grar s’est d’ailleurs efforcé de prévenir les inconvénients reprochés au clairçage en préparant les clairces avec un soin minutieux, et les soumettant à un refroidissement rapide afin de pouvoir les employer sans retard.
- On conçoit sans peine que le raffinage ainsi perfectionné s’appliquant d’ailleurs exclusivement au sucre indigène, généralement plus riche en sucre cristallisable que le sucre des colonies, ait conduit à la suppression complète du terrage, tout en produisant des pains comparables pour la blancheur au sucre royal.
- M. Numa Grar traite les produits secondaires avec les mêmes soins, de telle sorte qu’en définitive, il obtient de ioo kilogrammes de sucre brut bonne
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- quatrième , 73 de sucre royal ou raffinade,, et, 12 de vergeoises clâircées, ou en tout o,85 de , sucre cristallisé blanc, et-seulement o, 10 de mélasse.
- Des procédés* aussi avantageux sont de ceux que le jury approuve d’autant plus qu’ils habituent les consommateurs à préférer les produits. qui se prêtent difficilement aux falsifications.
- En décernant à M. Numa.Grar une nouvelle médaille de bronze, le jury central émetle vœu que la méthode présentée reçoive la sanction d’une plus longue pratique, et qu’en se généralisant, elle rende son auteur digne d’une récompense encore plus élevée.
- MÉDAILLE DE BRONZE
- M. BOUCHER, fabricant de sucre indigène, à Pantin ( Seine ).
- M. Bouclier est l’un des plus anciens fabricants de sucre de betteraves : on , lui doit un ingénieux appareil pour l’extraction du jus par déplacement méthodique. Le jus obtenu plus limpide, traité par la chaux et une solution d’alun, a produit des sirops assez purs pour être clarifiés , mis en forme et terrés.
- Quoique déjà, durant une année, l’auteur ait livré à la consommation 3o,ooo kilogrammes de sucre en pains ainsi préparé , il est à craindre que les dispositions législatives, dernièrement adoptées, ne lui laissent plus une latitude suffisante pour, l’indem-niser de ses frais de fabrication , relativement aux circonstances locales où se trouve l’usine.
- Le jury central, voulant récompenser les travaux
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- de M. Boucher, lui décerne une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. E. BERTIN et Cie, à Bordeaux (Gironde).
- MM. Bertin et Cie ont présenté à l’exposition des. sucres en pains très-bien fabriqués, leur établissement est l’un des plus considérables de Bordeaux , il contient les appareils à vapeur et à évaporation dans le vide; une innovation dans l’épuration des sucres par l’eau directement, et sans terrage, y donne des résultats avantageux qu’il n’a pas été au pouvoir du jury d’apprécier définitivement. Enfin, on traite annuellement dans cette usine plus de 3,000,000 de kilogrammes de sucre brut.
- Le jury décerne à MM. Bertin et Cie une mention honorable.
- MM. CAMICHEL et Cie, à Grenay ( Isère ).
- MM. Gamichel et Cie se livrent exclusivement au raffinage du sucre indigène , ils ont établi l’année dernière une fabrique de sucre à Latour-du-Pin.
- Le jury accorde à ces manufacturiers une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. ÉMERY, à Paris, rue du Faubourg Saint-Denis, 123.
- M. Emery a exposé un appareil évaporatoire bien
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- confectionné, construit sur le système continu de M. Péan.
- Le jury décerne à. M. Emery une citation favorable.
- Résidus de la fabrication du sucre indigène. Traitement
- des mélasses.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. ROBERT DE MASSY, à Saint-Quentin (Aisne).
- En 1835 , M, Robert de Massy fonda une grande distillerie; plus tard , essayant d’appliquer les données de la science, et s’appuyant en outre sur la publication des résultats obtenus par M. Dubrun-faut, il essaya de concentrer les vinasses et d’incinérer le résidu, afin d’obtenir un salin riche en composés de potasse et de soude. Les frais d’évaporation trop considérables enlevaient tous les bénéfices sans le décourager. M. Robert de Massy s’efforça de changer ces conditions défavorables, il y parvint en 1840, è l’aide de dispositions nouvelles qui depuis ont été utilement appliquées à d’autres industries.
- Le procédé d’évaporation devint fort économique en effet, car pour un kilogramme de houille, il éliminait quinze kilogrammes de vapeur au lieu de cinq à six kilogrammes. Cet ingénieux procédé consiste dans l’emploi de l’air brûlé ou fumée des fourneaux pour produire la concentration des vinasses versées en pluie sur des étagères en tôle superposées dans une sorte de large cheminée ou
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- bâtiment de graduation : six chutes amènent la densité de 6 à 25°, le liquide coule alors dans des chaudières échelonnées pour se concentrer à 32°, puis se rendre sur la sole d’un four à réverbère où la matière se dessèche, s’enflamme et devient une nouvelle source de chaleur immédiatement utilisée au profit de l’évaporation.
- Dans les établissements de M. Robert de Massy, on traite annuellement 4>°00>°oo de kilogrammes de mélasses qui produisent 960,000- litres d’alcool, et 225,000 kilogrammes de salins de potasse épurée.
- Les ateliers de délayage et de fermentation, le service des appareils distillatoires, des chaudières, de la machine à vapeur d’une force de huit chevaux, des fours à réverbère, du raffinage, etc., occupent jour et nuit cinquante ouvriers.
- Non-seulement l’usine fondée par M. Robert de Massy, offre un débouché important à des résidus naguère en excès et presque sans valeur, mais elle concourt à renouveler les sources et les approvisionnements de potasse qui tendent à s’épuiser à mesure qu’en différentes contrées les défrichements font des progrès.
- Ainsi donc, on trouve dans l’industrie que nous examinons, application de nouveaux moyens, exemples utiles pour d’autres industries, fabrication importante graduellement perfectionnée, enfin extraction de produits qui tendent à s’épuiser, et que plusieurs fabrications réclament en France; ce sont autant de services dus aux travaux éclairés, aux sacrifices, aux efforts persévérants de M. Robert de
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- Massy, et qui le rendent bien digne de la médaille d’argent que le jury s’empresse de lui décerner.
- § 2. FABRICATION DU PAIN.
- MÉDAILLE D’OR.
- MM. MOUCHOT frères , au Petit - Montrouge (Seine).
- Après les procédés de conservation des blés, on doit placer la fabrication du pain au premier rang des industries qui intéressent l’hygiène des peuples.
- Et cependant, avant l’exposition de 1839, la confection du pain venue jusqu’à nous par les traditions d’une antique routine, ne s’élevait pas au-dessus d’un rude métier.
- En vain des ingénieurs habiles, au nombre desquels nous pourrions citer Chabrol de Yolvic, Legallois et tant d’autres, essayèrent d’introduire des améliorations rationnelles dans les grossières opérations de la boulangerie, la routine et les préjugés s’y opposaient invinciblement.
- 11 fallut que des boulangers de profession, éclairés par les notions scientifiques recueillies dans nos amphithéâtres, animés d’un zèle soutenu par les progrès industriels, ne comptant plusavec les sacrifices pécuniaires pour atteindre le but de leurs efforts, se missent à l’œuvre, bien décidés à poursuivre. leur projet en consultant eux mêmes les résultats des expériences de chaque jour.
- Toutes ces conditions indispensables au succès
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- d’une telle entreprise, se trouvèrent réunies chez MM. Mouchot frères, qui ont exposé cette année le modèle de leur grande boulangerie.
- L’ensemble et les détails offrent un grand intérêt : la disposition générale , la série des appareils , machine à vapeur, pétrins mécaniques à compteurs, fours aérothermes continus, distributions d’eau chaude et froide, fourneaux à double effet produisant le coke et le gaz qui éclaire l’usine et l’intérieur des fours, tubes articulés conduisant le gazlight, thermomètre indiquant la température de l’air en circulation dans le four, régulateurs, embrayages pour emmagasiner la farine, charger les pains sur les voitures, etc. : dans toutes ces dispositions, une manufacture de premier ordre se décèle. On comprend ainsi que les farines soient conservées bien saines, que l’insalubre et bruyant travail des geindres ait été supprimé, que le pétrissage de la pâte rendu plus complet et plus propre devienne indépendant des négligences, coalitions et maladies des hommes ; que le levage de la pâte plus constant, l’enfournement facile, la cuisson plus régulière donnent des pains exempts de tous les corps étrangers qui ont disparu en effet avec les dernières traces de cendres sur les soles des fours.
- Si l’on ajoute que de tels résultats sont garantis soit par une pratique graduellement acquise et perfectionnée depuis sept ans, soit par la qualité supérieure des produits livrés à tous les collèges de Paris, aux pensions, à l’école polytechnique et à la plupart des grands établissements dont les fournitures s’élèvent actuellement à six mille kilog. par jour, on
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- admettra que cette importante industrie est définitivement organisée, qu’elle a pris son aplomb manufacturier.
- Nous devons dire encore que l’administration de la guerre, jalouse de faire participer les troupes au bien-être que ces améliorations peuvent procurer, a fait fabriquer le pain de munition comparativement dans les manutentions et chez MM. Mouchot. frères. Une commission prise parmi les membres de l’Académie des sciences, de l’intendance, du conseil de santé des armées, du génie militaire, des administrations spéciales et du syndicat des boulangers de Paris, a reconnu, d’un avis unanime, que l’introduction de ces appareils et procédés nouveaux dans les manutentions militaires, doit réaliser une économie notable en améliorant le régime du soldat.
- Le jury central, voulant signaler hautement l’utilité et l’importance de ces applications heureuses et récompenser les légitimes succès de MM. Mouchot frères, leur décerne la médaille d’or.
- § 3. FÉCULE, DEXTRÏNE (GOMME DE FÉCULE, ETC.),
- GLUCOSE.
- Considérations générales.
- Parmi les plus importantes industries agricoles qui aient acquis l’aplomb manufacturier, on doit placer l’extraction de la fécule : elle double la valeur du produit brut de la récolte des pom-
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- mes de terre, en réduisant de plus des 0,8 le poids de la marchandise vendable. Cette industrie permet d’exporter loin des fermes, la .fécule sèche, tout en conservant la pulpe applicable à la nourriture des animaux ainsi que les sucs, dépôts et eaux: de lavages qui conviennent à l’engrais du sol, lorsque l’on sait les aménager et les répandre en irrigations.
- Chacun comprend bien aujourd’hui quels avantages on trouve à cultiver les plantes sarclées pour nettoyer le sol, l’ameublir et le défoncer économiquement , afin de le disposer à recevoir des prairies artificielles.
- Un intérêt d’un ordre non moins élevé se rattache à la transformation industrielle de la pomme de terre, c’est que la fécule, dont la consommation s’accroît tous les jours, s’emmagasine chaque année en approvisionnements considérables ; sa facile conservation la laisse à tout instant, disponible et le jour où l’insuffisance des récoltes en céréales ferait craindre une disette, la disette deviendrait impossible : un déficit de quelques centièmes dans la .production de la farine l’eût occasionnée, si la réserve en fécule n’eût été prête à combler ce déficit.
- !La récolte ^moyenne des pommes de terre* en France équivaut annuellement à quarante-huit millions d’hectolitres, représentant trente - un
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- millions de quintaux métriques ; sur cette quantité , cent vingt - cinq millions de kilogrammes environ, triturés par quatre-vingt-dix féculeries répandues en France, dans trente-quatre départements, produisent près de vingt millions de kilogrammes de fécule sèche, dont la valeur moyenne, à 25 fr. les cent kilogrammes, est .de 5 millions de fr., sans y comprendre l’augmentation due à ses diverses transformations. On emploie cette fécule dans la préparation des substances alimentaires, dans le collage à la cuve des papiers., dans les apprêts des étoffes, la fabrication de la dextrine, des gommes factices,. des léïocommes, glucoses, etc.
- Appareils des <féculeries.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. SAINT-ÉTIENNE père, à Paris, rue des Ursu-lines, 6; et M. SAINT-ÉTIENNE fils, à Paris,, rue d’Arcole, 3.
- r
- MM. Saint-Etienne père et fils s’occupent avec succès, depuis vingt-quatre ans, de la construction des machines et appareils propres à l’extraction, à l’épuration et au séchage de la fécule.
- Le plus grand nombre des féculeries en activité chez nous ont été montées parleurs soins; plus de cent établissements de ce< genre, tant en France
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- qu’à l’étranger ont adopté leurs appareils qu’ils ont graduellement perfectionnés. Leurs blutoirs à fécule sèche sont employés même dans les féculeris établies par d’autres constructeurs.
- En j 839,MM. Saint-Etienne père etfils venaient de changer radicalement leur système d’extraction de la fécule ; l’ingénieux moyen qu’ils réalisaient par une construction toute nouvelle , nous parut devoir remplir les conditions principales qu’on cherchait depuis longtemps à réunir; mais alors l’usage de cet appareil était de date trop récente pour être jugé et nous dûmes nous en abstenir.
- Depuis, l’expérience a prononcé très-favorablement dans trente-trois féculeris; il fut ainsi constaté que l’appareil à extraire la fécule de la pulpe réalise plusieurs avantages importants et surtout économise l’eau, la main-d’œuvre et les intérêts de fonds : cet appareil, tel que MM. Saint-Etienne l’ont perfectionné, réunit dans un seul bâtis, une râpe solide montée tout en fonte, la bâche à pulpe, des tamis placés en séries superposées, sur lesquels une double chaîne à la Vaucanson reliée par des tringles transversales remonte la pulpe jusqu’au dernier étage des plans inclinés, d’où elle est rejetée au dehors épuisée, tandis que l’eau afflue en sens inverse , et lave successivement toutes les couches inférieures de la pulpe en mouvement.
- L’eau entraîne la fécule et la réunit dans une auge commune , d’où elle passe dans un tamis cylindrique épurateur disposé sur le même bâti, et qui élimine les petits sons.
- Ainsi donc, le râpage, l’épuisement méthodique
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- et la première épuration sont obtenus économiquement par un seul appareil occupant moins d’espace que l’un quelconque des autres systèmes en usage.
- MM. Saint-Etienne ont aussi perfectionné leur cylindre à claire-voie appliqué à l’extraction du gluten ; ils ont imaginé un appareil très-simple pour granuler la fécule sous la forme de spliérules translucides.
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- Les progrès réalisés par MM. Saint-Etienne père et fils, en raison de leur importance et de la masse considérable des produits auxquels ils s’appliquent, ont fixé l’attention du jury central qui décerne une médaille d’argent à ces consciencieux et persévérants manufacturiers.
- M. HUCK, à Paris, rue Corbeau, 25.
- En 1839, M. Huck obtint une médaille d’ensemble pour ses appareils à extraire la fécule et ses pompes rotatives construites d’après le système de Dietz.
- La construction de ses laveurs, râpes , tamis cylindriques, entièrement en fonte, fer et cuivre, a depuis été améliorée d’une manière notable. Cet habile mécanicien a exposé un modèle bien fait d’une féculerie complète, avec les dispositions qu’il a prises dans vingt-neuf féculeries montées par ses soins.
- Le jury accorde à M. Huck, pour l’ensemble de ses travaux, une médaille d’argent.
- (Yoy. Rapport de M. Pouillet sur les machines à vapeur, p. 14C.)
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- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. STOLTZ fils, à Paris, rue de Bréda, 27.
- Ce manufacturier avait obtenu à la dernière exposition une médaille de bronze pour ses appareils à extraire la fécule, notamment une râpe réduisant en pulpe cent soixante hectolitres de tubercules en douze heures, et un tamis mécanique à brosses et palettes d’un service et d’un nettoyage faciles.
- Depuis cette époque, M. Stoltz a perfectionné la construction de ses appareils qui sont adoptés dans trente féculeries en France, il ajoute un épurateur à la suite de son tamis cylindrique.
- L’un des rapporteurs de la commission des machines, a jugé très-favorablement la pompe rotative de M. Stoltz. Le jury central lui décerne ici une médaille de bronze.
- Fabriques de fécule, dexlrine, gomme, gommeline, etc.,
- et glucose.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. FOUSCHARD (Gustave et Joseph), à Neuilly ( Seine ).
- En 1869, MM. Fouschard frères fondèrent à Neuilly l’une des plus grandes féculeries du département. Un générateur équivalant à la force de vingt chevaux, et une machine à vapeury furent employés; quelques années plus tard, la fabrication des glu-
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- coses en sirop et en masse, et même en groupes dfe cristaux granulés, y prirent une grande extension.
- Ces habiles manufacturiers ont enfin fait subir une troisième transformation à leur vaste établissement en dirigeant toutes ses forces productives vers la préparation d’une substance gommeuse obtenue par un procédé qu’ils ont, les premiers, mis en fabrique en le perfectionnant.
- On reprochait à la fécule rendue soluble par la torréfaction, d’être trop colorée lorsque la solubilité était à peine suffisante; aux belles dextrines blanches, si favorables d’ailleurs à certaines applications, d’exercer une réaction acide par fois nuisible.
- MM. Fouschard frères sont parvenus à donner en grand le degré de solubilité convenable à la fécule en lui conservant une parfaite neutralité et une innocuité complète sur les nuances délicates. Ces propriétés ont été reconnues et appréciées par nos plus habiles imprimeurs sur étoffes, au nombre desquels nous citerons : MM. Paul Godefroy, Despruneaux et Guillaume, de Saint-Denis; Thomann, Godefroy, Depouilly, Rémond et Royer, de Puteaux; veuve Selot, à Bapaume; Colombe et Lalan, à Suresne; Mauelerc, à Béthancourt ; Colle, à Sabionville ; D.elamorinière,'Gonin et Michelet, île Saint-Louis;. Jourdain, à Cambray ; Schlum-bererer etCie, à Thann; Alexandre et Blondel, à Neuilly.
- Livrée en pâte mucilagineuse, cette gomme'se dose avec une extrême facilité, et présente pour chaque volume déterminé, des résultats constants.
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- La forme qui la caractérise offre encore cet avantage important aux yeux du jury, de ne pouvoir se confondre avec les véritables gommes dont le prix est plus élevé, et qui doivent être réservées pour des usages distincts.
- On a pu d’ailleurs remarquer à l’exposition, des impressions sur laine obtenues économiquement avec ce produit manufacturier, et présentant plus de netteté dans les contours, plus d’intensité dans les nuances que les impressions des mêmes couleurs faites à l’aide de la gomme du Sénégal.
- La fabrication annuelle de ce produit s’élève à 4oo,ooo kilogrammes.
- En raison de l’importance et de l’utilité de l’industrie qu’ils ont fondée, le jury central décerne k MM. Fouscbard frères une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. LABICHE et TUGOT, à Rueil (Seine-et-Oise), et à Paris, rue du Mail, 5.
- Ces manufacturiers ont établi, en 1836, une usine capable de transformer en glucose massée plus d’un million de kilogrammes de fécule ; toutes leurs opérations sont faites à la vapeur ; les produits qu’ils livrent au commerce sont remarquables par leur blancheur, aussi s’emploient-ils avec avantage dans la confection des bières blanches, et pour compléter, dans les moûts des raisins blancs et noirs, la proportion de substance sucrée transformable en alcool et qui assure leur conservation.
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- Le jury décerne à MM. Labiche et Tugot une médaille de bronze.
- M. LEFEBYRE-CHABERT, a Paris, rue de Cha-renton, 127.
- Depuis i83o, ce manufacturier très-habile exploite une industrie qu’il a créée, la fabrication des leïocommes, ou fécule grillée, obtenues plus régulières qu’on ne l’avait pu faire jusqu’alors, au moyen de bains d’huile à température fixe.
- Ces produits fort estimés se vendaient en quantités très-considérables, jusqu’au moment où les dextrines blanches et les gommes neutres vinrent leur faire une redoutable concurrence.
- M. Lefebvre-Chabert se livre plus particulièrement aujourd’hui k la préparation de la fécule épurée, de l’amidon diaphane d’une blancheur éclatante ; il prépare une sorte de mucilage épaississant bien sans donner dé coloration. Quinze ouvriers dans l’intérieur de l’usine, et une machine à vapeur de la force de huit chevaux, constituent ses principaux moyens d’action.
- M. Lefebvre-Chabert, par ses travaux antérieurs, sa bonne fabrication actuelle et les utiles recherches auxquelles il se livre, est très-digne de la médaille de bronze que le jury lui décerne.
- MM. LEFÉBURE et Cie, à Tomblaine (Meurthe).
- MM. Lefébure ont établi une grande féculerie dans le département de la Meurthe, ils y emploient annuellement 3,000,000 de kilogrammes de pom-
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- mes-de-terre donnant environ 5oo;ooo kilogrammes de fécule.
- Leurs produits sont de très-belle qualité et s’écoulent facilement dans les départements de la Meurthe et des Vosges. La fondation' de cet établissement fut très-utile dans la localité où les ouvriers trouvent maintenant un salaire convenable durant la mauvaise saison.
- Le jury central décerne à MM. Lefébure et C,e une médaille de bronze.
- MM. DEFONTAÏNE ( Édouard et François ), à Marquette-lès-Lille (Nord).
- Lorsqu’en 1837,’ ces manufacturiers intelligents créèrent leur féculerie, le département du Nord ne possédait point d’établissement de ce genre; aujourd’hui les fabriques y consomment annuellement la récolte en tubercules de 800 hectares de terre.
- La manufacture de MM. Defontaine, elle-même, emploie les produits de 120 hectares environ, et livre au commerce environ 325,000 kilogrammes de fécule, première, deuxième et troisième qualité. Une machine à vapeur développe et transmet toute la' force utile au mouvement des râpes, chaînes à godets, tamis épurateurs et blutoirs mécaniques.
- Dans son rapport, le jury départemental, dont M. Kuhlmann s’est rendu Korgane, a constaté les services rendus par cet établissement dans la localité, et la commission du jury central a vérifié la bonne qualité et la belle apparence des produits.
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- MM. Defontaine sont, à ces titres, dignes de la médaille de bronze qui leur est décernée.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. WEHRLIN, à Nancy (Meurthe).
- Ce manufacturier exploite une féculerie qui livre annuellement près de 3oo,ooo kilogrammes de fécule de première de et deuxième sorte dans les Vosges, le Haut et le Bas-Rhin. Les produits de cette fabrique sont estimés et concourent aux approvisionnements considérables que nécessitent les nombreux ateliers répandus dans ces industrieux départements.
- L'e jury accorde h M. Wehrlin une mention honorable.
- MM. LE BLÉIS et PAISANT fils, à Pont-Labbé (Finistère).
- MM. Le Bléis et Paisant fils traitent annuellement 1,200,000 kilogrammes de pommes-de-terre qui: rendent environ 200,000 kilogrammes~de fécule.
- Une machine à vapeur de six chevaux y développe la puissance mécanique utile.
- Les produits de première qualité, par leur blancheur et leur pureté, méritent la faveur commerciale dont ils jouissent.
- L’industrie fondée en 1841 par MM. Le Bléis et Paisant fils, dans le Finistère, est digne d’une mention honorable que le jury lui accorde. h. 51
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- Ml LEROUX D’ARCET, à Beaune (Côte-d’Or).
- En i832,M. Leroux d’Arcet a fondé une fabrique de glucose dans unelocalité où la consommation de cette substance prenait une grande extension en raison de son utilité pour améliorer les moûts faibles.
- La fécule nécessaire à cette fabrication est obtenue dans le même établissement»
- La conversion en glucose sirupeuse ou massée, d^unesaveuragréable, s’effectue à l’aide d’un générateur ayant vingt-quatre mètres carrés de surface de'chauffe;- i5o,ooo kilogrammes de glucose,, et 75,ooo kilogrammes de fécule sortent chaque année de.i l’établissement.
- M. Leroux d’Arcet obtint en i83g une citation^ favorable ; les progrès qu’il a réalisés, depuis lors, le rendent digne de la mention honorablele jury la lui accorde.
- CITATIONS FAVORABLES;
- MM. SOHET-THIBAULT frères (JeamBaptiste et Bernard-Eugène), ,à Limoges (Haute-Yienne).
- Ces industriels ont établi, en 1840, une féculerie employant la force motrice d’une roue hydraulique de quatre chevaux. Cet établissement, utile à l’agriculture de la contrée, mérite une citation .favorables
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- M. LEQUIN (Frédérick), fabricants de fécule, à la ferme de Boinville,, près.Neufchâteau-(.Vosges) , et M. BARDENAT ( François),. à Limoges (Haute-Vienne),
- Ont envoyé à l’exposition des produits dignes de la citation favorable que le jury central leur décerne.
- § II. ÉCLAIRAGE. - ' .
- Considérations générales.
- Les développements; de la chimie manufacturière ont amené de nombreux et importants progrès dans les industries qui s’occupent de l’éclairage public et, particulier.
- La fabrication du gaz-light a surtout pris une extension rapide et rendu d’incontestables services dans l’éclairage des'villes : à Paris, cette industrie alimente actuellement' 25,900* becs de plus qu’en 1839', ce-qui'porte là production totale à 6A,935 becs, donnant une quantité de lumière égale à celle de 97;ft00 lampes Càrcel, qui consommeraient annuellement 7,500,000 kilogrammes d’huile (1);
- (1) Dix usines ayant trente-cinq gazomètres d’une contenance-totale de 48,000 mètres cubes produisent cette quantité de:gaz* qui est distribuée dans-des conduites, principales, dont la longueur est égale à 200,000 mètres ou environ 50 lieues.
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- Â l’aspect d’un accroissement aussi considérable , et dont la progression continue, on pourrait craindre que d’autres industries fussent menacées dans leur existence : il n’en est rien cependant, et jusqu’à ce jour l’expérience à démontré que la production, plus abondante , rendant l’usage de la lumière artificielle plus facile et plus économique, donnait à la consommation une impulsion nouvelle et largement suffisante pour les différentes sources de production.
- Un élégant procédé , perfectionné depuis 1839 par le docteur Jules Guyot, se fonde sur l’emploi de l’alcool anhydre et de l’essence rectifiée de térébenthine ; il pourra ouvrir à la fois des débouchés nouveaux aux produits de nos vignobles et à ceux de nos exploitations de résines.
- Plusieurs innovations non moins remarquables , dues à M. Robert, ont permis d’appliquer aux éclairages alcooliques les produits épurés des goudrons des bois non résineux, donnant ainsi une valeur notable aux résidus naguère sans usages de la carbonisation en vases clos.
- Plusieurs conséquences, heureuses pour notre industrie, découlent des progrès de la fabrication du gaz, et excitent, en ce moment même, l’activité de nos ingénieurs manufacturiers : les uns apportent de* nouveaux perfectionnements à la consommation à l’aide des compteurs mécani-
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- ques, des gazoscopes, des régulateurs; d’autres ouvrent de plus grands débouchés en appliquant le gaz au chauffage, aux éclairages de luxe, aux illuminations publiques ; d’autres enfin introduisent , dans une série d’inventions remarquables, plusieurs résidus qui jadis encombraient les usines et infectaient le gaz ; ils fournissent à l’industrie, qui les rejetait, de nouvelles conditions de succès et d’économie.
- C’est ainsi que, des goudrons de houille, on tire le brai propre à confectionner un riche combustible en agglomérant des houilles pulvérisées ; le brai même s’emploie en grandes masses à préparer des mastics qui enveloppent et lutent les conduites, soit en tôle étamée , soit en verre recuit , pour le gaz et pour l’eau.
- Les produits volatils extraits de ces goudrons ne sont plus négligés maintenant : une nouvelle extension leur est offerte par les ingénieuses applications des carbures les plus légers à l’éclairage public, ou leur introduction dans les liquides alcooliques destinés aux lampes usuelles ; une portion des carbures moins volatils semblait devoir être moins recherchée, lorsqu’une industrie toute récente, la glu marine, est venue la réclamer.
- L’emploi des carbures d’hydrogène dans l’éclairage des ateliers et des places publiques, dirigé par des inventeurs habiles, développe une flamme
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- très-éclairante, tranquille et pure, dans des lampes spéciales et par des dispositions dont la simplicité augmente le mérite.
- Les uns ont offert un débouché avantageux aux huiles volatiles obtenues économiquement des schistes parles procédés de M. Selligue, donnant ainsi un nouvel élément de succès à cette industrie, déjà remarquable en 1839.
- Les autres sont parvenus à produire une lumière pure et vive en employant des huiles épaisses, comme l’huile de baleine, et même des produits pyrogénés, tels que l’huile de résine, que l’on avait jusqu’à présent vainement tenté de -brûler dans les lampes.
- Cette dernière application non encore assurée compléterait les débouchés des produits résineux de nos forêts d’arbres verts.
- L’extension de la fabrication du gaz devient aujourd’hui la cause principale de changements profonds dans l’industrie des produits ammoniacaux. Les eaux condensées et les résidus de l’épuration étaient naguère des sources d’inconvénients et de procès entre les voisins des usines et les fabricants ; traités depuis peu ide temps par d’ingénieux moyens, récemment perfectionnés, et • dont un de nos habiles manufacturiers, M. Iïu-lot, avait réalisé l’idée première, ces résidus fournissent au commerce des produits abondants
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- et purs ; ils ont abaissé graduellement les .cours au-dessous des cinquante centièmes t de la valeur qu’ils avaient en 1839, et leur,ont ouvert de nouveaux débouchés.
- Les espérances que nous avions émises, en 1839, sur l’avenir de l’une des plus intéressantes applications chimiques, se sont réalisées : alors dix fabricants de bougies stéariques seulement furent admis à l’exposition, tandis que vingt-cinq méritèrent cet honneur en 18lik. La consommation annuelle de la bougie stéarique ne s’élevait pas, en France, au delà de 60,000 kilogrammes en 183à; elle était déjà, de 900,000 kilogrammes en 1839, et dépasse aujourd’hui deux millions de -kilogrammes; .plusieurs améliorations notables promettent de nouveaux développements à cette industrie toute française, sortie du laboratoire de l’un de nos confrères. Nous citerons notamment : 1° les progrès de la » consommation des résidus oléiformes dans.le travail des laines et dans la confection d’un savon économique ; 2via,division - bien entendue des opérations qui, en annexant : la- préparation > des acides gras aux grandes -fabriques d’acide sulfurique, la rend plus économique , plus constante, et évite les inconvénients ides transports en localisant pilleurs - le moulage i des .bougies.
- Plusieurs améliorations; réelles ont été intro-
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- duites dans les opérations qui achèvent le principal produit; nous signalerons surtout la suppression de l’alcool et l’emploi de moyens mécaniques pour nettoyer et lustrer les bougies.
- Quelques tentatives, dignes d’encouragements, ont été faites pour ajouter de nouvelles matières premières aux corps gras en usage, en y employant les huiles butyreuses de palme décolorée et de coco.
- Une nouvelle industrie, empruntant quelques ustensiles aux manufactures d’acide stéarique, fournit actuellement une oléine très-convenable pour lubréfier les parties frottantes des machines, et laisse en résidu la plus grande partie des substances solides du suif; ce résidu constitue lui-même une matière première riche en stéarine et très-propre à la fabrication des acides gras solides; il ajoute ainsi une condition favorable de plus à la prospérité de cette fabrication, mais il olfre, malheureusement, un dangereux aliment à la fraude.
- Nous ne saurions trop prémunir les fabricants et les consommateurs contre les inconvénients de ces additions de stéarine dans les bougies, fût-ce même pour préparer une deuxième qualité plus économique. En effet, les corps gras non saponifiés , employés même à faibles doses, constituent une véritable altération qui ne tendrait à rien
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- moins qu’à détruire la belle industrie des bou-
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- gies stéariques, en ramenant dans ses produits une grande partie des défauts reprochés aux chandelles , et notamment l’odeur du suif rance.
- Il est permis, sans cloute, soit d’augmenter, les proportions du mélange de cire, afin d’accroître la translucidité de la bougie en élevant sa valeur, soit de les diminuer, de supprimer même cette addition, afin de pouvoir livrer les produits à des prix plus bas, mais dans ce cas il faut employer l’acide stéarique exempt de mélanges, si l’on veut éviter de discréditer les bougies stéariques , en trompant les consommateurs.
- Dans ce rapport sur les principales améliorations relatives à la préparation et à l’emploi des substances qui fournissent économiquement la lumière artificielle, on ne devait point apprécier les dispositions purement mécaniques des divers appareils admis à l’exposition : tels sont plusieurs systèmes de lampes, les robinets, régulateurs et compteurs applicables au gaz (1) ; quant à ces derniers , cependant, nous ferons observer, en terminant , que les variations de composition chimique , capables de changer beaucoup le pouvoir éclairant du gaz, rendent souvent insuffisantes les indications qui donnent seulement les volu-
- (1) Foyez le rapport de M. PouiUet, sur Véclairage, p. 615.
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- -mes consommés; qu’à cet égard, des compteurs marquant d’une manière certaine le nombre d’heures écoulées pendant un éclairage , par un nombre de becs connu, et développant leur maximum,de lumière, nous paraîtraient bien préférables; que d’ailleurs ceux-ci n’exerçant aucune pression additionnelle, ne pourraient augmenter ni les fuites de gaz, ni les pertes pour les usines, ni les chances d’explosions chez les particuliers.
- Bougies stéariques.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE, D’OR.
- M. de MILLY, à Paris, rue Rochechouart, 40.
- 'M. de Milly, l’un des principaux auteurs de . Inapplication des acides gras, solides à l’éclairage, a introduit de nouveaux perfectionnements dans son usine depuis 1889; mettant à profit la découverte de la soudure autogène, il est parvenu à chauffer par un serpentin en plomb ses clarifica-' tiens sans mélanger la vapeur au liquide.
- Opérant mieux la division de laæhaux hydratée Mans le suif, iha réduit les proportions de cet agent et .économisé une quantité proportionnelle cl’acide sulfurique.
- La pulvérisation plus complète et mécanique du savon calcaire a rendu plus prompte l’action de l’a-rcide. Une scie volante circulaire permet d’utiliser,
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- en les.coupant à différentes longueurs, les bougies , accidentellement brisées.
- L’application de la vapeur à la fabrication du savon d’acide oléique a rendu les produits plus économiques et leur qualité plus constante; qualité garantie d’ailleurs par le moulage et la marque de la fabrique : aussi ont-ils trouvé une telle faveur dans le commerce, que les résidus autrefois embarrassants pour M. de Milly, ne suffisent plus à la savonnerie qu’il a montée.
- Enfin cet liabile fabricant est parvenu à brûler l’acide oléique dans une lampe spéciale; on obtient ainsi une lumière coûtant à peine le tiers de celle que donnent les chandelles ordinaires.
- Les bougies stéariques de l’étoile ont d’ailleurs conservé leur bonne qualité et méritent la faveur commerciale qu’elles continuent d’obtenir.
- Le jury, dans ces circonstances, s’empresse d’accorder à M. de Milly le rappel de la médaille d’or qui lui fut tjécernée en i83g.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. TRESCA, à Paris, rue de la Sorbonne, 3.
- M. Tresca obtint, en r83g, une médaille d’argent pour les-diverses améliorations qu’il avait introduites dans la-préparation des bougies stéariques. La manufacture qu’il vient de réédifier a reçu plusieurs perfectionnements encore , et une nouvelle industrie y fut ajoutée : l’extraction de l’oléine contenue dans les suifs.
- vGette opération^ fournit au commerce-une huile
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- comparable h celle des pieds de bœufs et moutons qui ne suffit plus à la consommation pour nos machines; on obtient, en outre, une stéarine plus dure que le suif et donnant une plus grande proportion d’acides gras solides : environ 60 au lieu de 48 à 5o.
- Le jury accorde à M. Tresca le rappel de la médaille d’argent.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. DELACRETAZ , à Vaugirard, près Paris (Seine), et à Grasville-1’Heure (Seine-Inférieure ). .
- M. Delacretaz, l’un de nos manufacturiers les plus habiles, obtint une médaille d’argent à l’exposition de 1889; depuis lors il a perfectionné et développé plusieurs industries chimiques et notamment la préparation des chromâtes de potasse , de l’acide sulfurique et des acides gras solides et liquides. (Y. le rapport de M. Pehgot, p. 738. ) Cette dernière fabrication est devenue la plus importante de celles dont il s’occupe, et elle est aujourd’hui l’une des causes de l’accroissement de la production des bougies stéariques,car elle permet d’organiser une économique division du travail. En effet, les acides solides préparés chez M. Delacretaz sont livrés blancs et purs à un grand nombre de fondeurs, qui à Paris même et dans les départements les mettent sous formes de bougies.
- Les opérations premières deviennent plus écono-
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- miques, en utilisant directement, sans concentration et sans transport, l’acide des chambres. On évite toutes les altérations que les bougies éprouvaient durant les voyages, avant d’arriver aux lieux de consommation.
- M. Delacretaz, en doublant sa fabrication, introduisit plusieurs perfectionnements réels dans la disposition des appareils, les constructions des bassins de décomposition en plomb, réunis par la soudure autogène, les pompes à élever les liquides gras, la filtration de l’acide oléique qu’il rend plus propre au graissage des laines.
- Cette fabrique peut traiter 6,000 kilog. de suif par jour, livrer 3,000 kilog. d’acide stéarique et 0,000 kilog. d’acide oléique épuré.
- Le jury décerne à M. Delacretaz, pour l’ensemble de ses produits, une nouvelle médaille d’argent.
- MENTION POUR ORDRE.
- M. POISAT, à la Folie-Nanterre, près Paris (Seine ).
- M. Poisat,fabricant de produits chimiques, s’est aussi livré à la préparation des acides gras solides qu’il vend aux mouleurs de bougie. Son acide stéarique, pour la qualité et la blancheur, est comparable aux plus beaux produits en ce genre et devra concourir à mériter à cet habile manufacturier la récompense qui sera proposée par la troisième section des arts chimiques. ( Y. le rapport deM. Pe-
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- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. DURIER, à Paris, avenue La Motte-Piquet, 23.
- M. Durier, contre-maitre en 1839, dans la fabrique de MM. Gallet et Bigot, obtint la médaille de bronze pour un perfectionnement remarquable: la substitution d’un vase ouvert aux chaudières autoclaves k pression de cinq atmosphères employées pour la saponification par la chaux. En signalant de nouveau ce service rendu k l’industrie stéarique, le jury accorde le rappel de la médaille de bronze à M. Durier, qui est devenu, depuis 1839,fabricant pour son propre compte.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. LE PARMENTIER et Cie, à Paris, avenue de Breteuil, hh.
- L’usine de MM. Le Parmentier et Cie existait, en 1839, sous le nom de MM. Gallet et Bigot, elle a pris depuis lors un développement notable et tous les appareils y ont été perfectionnés depuis la saponification jusques au nettoyage et au lustrage des bougies. On a supprimé, dans cette usine, l’emploi dispendieux de l’alcool et de l’ammoniaque, en le remplaçant par une faible solution alcaline.
- L’application de l’ingénieuse machine k lustrer s’y fait avec de notables-avantages.
- Enfin, la qualité des bougies est des meilleures
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- et ne présente dans les premier;et deuxième produits aucune quantité de suif non saponifié ; elles sont donc de très-bonne qualité, sous le rapport de la blancheur, de la dureté et de l’odeur, et exemptes de tous mélanges.
- Le jury décerne à MM. Le Parmentier etsC,e une médaille dè bronze.
- M. RÉGNIER, à Paris, quai Jemmapes, 146.
- M. Régnier, propriétaire de l’usine où l’on fabrique la bougie du phare, est auteur de plusieurs innovations utiles. On lui doit la première idée d’une machine à lustrer les bougies ,• il se sert d’un ingénieux moyen, la densité comparative, pour apprécier les qualités des suifs. Tous les appareils sont bien disposés chez M. Régnier.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze pour les utiles innovations qu’il a apportées dans cette industrie.
- MM. PETIT et LEMOULT, à Grenelle, près Paris (Seine).
- La fabrication graduellement accrue dans cette usine, peut maintenant traiter par jour 2,5oo kilog. de suif. Les procédés sont perfectionnés et suivis avec un zèle et une intelligence qui facilitent à ces habiles manufacturiers l’emploi des suifs étrangers et même des graisses d’os plus rebelles encore au traitement en question ; ils ont des premiers , fait un usage judicieux de l’acide oxalique, pour compléter ^épuration des acides gras.
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- En combinant l’action de deux machinesjDolis-seuses, MM. Petit et Lemoult sont parvenus non-seulement à polir, mais encore et en premier lieu, à laver mécaniquement leurs bougies.
- En raison de l’importance de leur fabrique , des bonnes dispositions qui y sont prises et des améliorations dues à MM. Petit et Lemoult, le jury leur décerne la médaille de bronze.
- M. BELIIOMMET, à Landerneau ( Finistère ).
- Propriétaire de l’une des plus grandes usines où l’on confectionne de toutes pièces les bougies stéariques dans les départements, M. Belhommet a adopté les procédés les plus parfaits découverts à Paris ; il a d’ailleurs obtenu constamment des produits remarquables par leur blancheur, leur sonorité, l’absence de toute odeur de suif et la qualité comme l’intensité de la lumière.
- C’est après avoir vérifié ces faits par des expériences comparatives que, sur les propositions de la commission spéciale, le jury a décerné une médaille de bronze à M. Belhommet.
- MM. BOISSET et GAILLARD, au Grand-Clia-ronne (Seine), et à Paris, rue de la Verrerie, 66.
- En 1839, ces exposants obtinrent une mention honorable ; depuis lors ils ont augmenté leur fabrication et perfectionné leurs .produits. Leurs bougies, dites delà comète, sont remarquables par la blancheur et la pureté.
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- MM. Boisset et Gaillard ont réuni à leur usine le blanchiment et le moulage de la cire en bougies ; enfin , la confection des bougies diaphanes. Ils préparent, dans toutes ces applications, des produits de belle apparence et d’une très-bon ne
- Le jury leur décerne une médaille de bronze.
- M. TAULET, à Montmartre ( Seine ).
- M. Taulet avait construit, dès i834, une chaudière à double enveloppe formant à la fois un bain-marie capable de régulariser la température et un générateur fournissant la vapeur utile pour agiter le mélange de suif en branche et d’eau acidulée.
- Le procédé, jugé favorablement à l’exposition dernière, était trop récent et n’avait pas acquis assez cl’impertance pour être définitivement apprécié ; il se représente aujourd’hui dans des circon-siances plus favorables ; mis en pratique sur une grande échelle parMM. Cabouret aîné, Leroy frères et.M. Taulet, il a,contribué à rendre moins incommode la fonte des suifs, en l’opérant en vases clos; près de deux millions de kilogrammes de matière première sont traités.annuellement par ce procédé et donnent en suif fondu un produit de bonne qualité applicable avantageusement surtout à la préparation des acides, gras et des bougies stéariques.
- Ces considérations ont décidé le juçy central à voter une médaille de bronze en faveur de M. Taulet
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- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- MM. WERNET père et fils , à Paris t rue du Bac,
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- MM. Wernet obtinrent une mention honorable en 1827 et en 1834 5 le jury la leur rappelle ; la régularité du moulage de leurs bougies de cire les rend dignes de cette récompense.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. L1ÉNARD (Claude) et Cie, à Lyon (Rhône).
- Depuis quelques années, ces manufacturiers ont augmenté leur fabrication qui peut actuellement produire, dans les circonstances les plus favorables, jusqu’à 5oo kilogr. par jour. Leurs bougies stéariques sont de bonne qualité.
- Le jury central accorde une mention honorable à MM. Claude Liénard et C,e.
- M. LAFONTAINE-BENOIST, à Reims (Marne). M. HERBIN, à Reims ( Marne).
- Dans ces deux manufactures, les acides gras sont extraits des suifs et les acides solides sont moulés sous formes de bougies de belle apparence et de bonne qualité; des générateurs de sept et six chevaux y sont employés. Le jury départemental a reconnu que l’industrie en question avait été utile en
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- abaissant les prix cle la bougie stéarique dans le département.
- Le jury central vote une mention honorable pour M. Lafontaine-Benoist, et une semblable mention en faveur de M. Herbin.
- MM. DELAUNAY et LEROY, à Nantes ( Loire-Inférieure ).
- La fabrique de MM. Delaunay et Leroy emploie pour ses opérations la quanti téde vapeur équivalente à une force de six chevaux; aux matières premières usuelles, les suifs de place, ces manufacturiers ont tenté d’ajouter l’huile de coco et ont obtenu des produits blancs, mais conservant une odeur spéciale : ils sont parvenus à extraire les substances grasses solides, des huiles de palme blanchies.
- Les bougies stéariques deMM. Delaunay et Leroy sont de belle et bonne qualité ; pour l’ensemble des travaux précités, le jury central leur accorde une mention honorable.
- M. DESPREZ , à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, 17/i.
- L’établissement de M. Desprez est l’un des plus importants en son genre; il s’y traite annuellement i,4oo,ooo ldlog. de suif dont la plus grande partie est employée à la confection des chandelles. Lés bougies stéariques dites de première qualité réunissent les conditions principales des bonnes qualités marchandes.
- Le jury décide que M. Desprez sera mentionné honorablement.
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- MM. BAIL etBOEFARD, à Villeurbanne (Isère).
- Ces exposants fabriquent les acides gras et les bougies stéariques moulées sous les formes des bougies usuelles et des cierges d’église; ils coulent aussi des bougies de table ; enfin, on confectionne dans leur établissement des savons d’huile de palme et d’acide oléique purs ou mélangés entre eux. Tous ces produits sont de bonne qualité commerciale. Le jury central décerne une mention honorable à MM. Bail et Bofiard.
- MM. BRUNNARIUS, BOILLOT et Cie, à Paris, petite rue Saint-Pierre-Amelot, 2 ter.
- Ces industriels s’occupent principalement du moulage des acides gras; ils sont parvenus, par un tour de main qu’ils nous ont communiqué, à rendre leurs bougies stéariques plus translucides qu’on ne les prépare habituellement, lors même qu’on essaye d’y ajouter, comme MM. Bail etBoffard, de ioà 15 pour ioo de cire.
- La belle apparence, la bonne qualité et la régularité des produits concourent à rendre MM. Brun-narius et Boillot dignes de la mention honorable que le jury leur accorde.
- MM. THIBAULT frères, à Nantes (Loire-Inférieure ).
- Dans la fabrique de ces messieurs on opère en grand la fonte du suif, au moyen de l’acide sulfu-,rique détendu, etd on s’occupe avec succès du moulage des acides gras achetés au dehors; les premières
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- sortes'de: bougies stéariques qui proviennent de cette refonte sont de bonne qualité.
- Le jury vote une mention honorable en faveur de MM: Thibault frères.
- MM. ROUSSILLE frères, à Jurançon ( Basses-Pyrénées ).
- MM. Roussille frères, fabricants de bougies stéariques dans le département des jBasses-dPyrénées, ont paru dignes d’être mentionnés honorablement pour avoir établi une manufacture qui donne, d’assez bons produits dans un département où l’industrie est peu développée.
- RAPPEL DE CITATION FAVORABLE.
- Madame BÉTEILLE-ACQUIER, à Rhodez (Aveyron).
- L’établissement de madame Béteille-Acquier fut cité favorablement en i83g; on y continue la fabrication des chandelles et des chandelles-bougies.
- CITATIONS FAVORABLES.
- MM. DROUX et Cie, à Batignolles-Monceaux, près Paris (Seine).
- Fabricants d’acides gras, de bougies stéariques et de savons, ces exposants ont reçu du jury central une citation favorable.
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- M. HÉRON etC'% à Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Héron a fondé, depuis 1842, une fabrique d’acides gras et de bougies stéariques qui commence à fournir d’assez grandes quantités de ces produits. Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. Y1N, à Troyes (Aube). v
- M. L. RORIN, à Angoulême (Charente).
- MM. LEGRAND frères, à Orléans (Loiret).
- M. RAILLOT, à Paris, rue Plumet, 25.
- M. DUROIS, à Paris, rue des Lombards, 35.
- Ces exposants s’occupent a vec succès du moulage des bougies stéariques et livrent des produits estimés dans le commerce.
- Le jury accorde à chacun d’eux une citation favorable.
- Carbures d’hydrogène et liquides alcooliques propres à
- l’éclairage.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. RORERT, à Paris , rue Poissonnière, 18.
- M. Robert est sans contredit l’un de nos plus habiles manufacturiers parmi ceux qui se sont occupés de l’éclairage au moyen de divers liquides. Personne n’a fait un aussi grand nombre de tentatives heureuses, ni d’applications nouvelles aussi importantes par leurs résultats commerciaux. Ce fut, effectivement, par les soins de M. Robert, et à
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- l’aide des dispositions particulières de ses becs , que l’éclairage d’alcool et d’essence de térébenthine put prendre un rapide essor. Les livraisons de ses lampes, s’élevant dès la première année à une valeur de 110,000 fr., répandirent l’usage des nouveaux becs, qui furent employés pour divers autres mélanges de carbures et d’alcool. 11 y a joint, depuis lors, des dispositions très-convenables pour éteindre la flamme à volonté, plus ou moins lentement ou d’une manière subite , sans laisser exhaler la vapeur du liquide.
- Les expériences multipliées de M. Robert, démontrent que certains carbures d’hydrogène, soit obtenus dans la distillation du bois ou la carbonisation en vases clos, et rectifiés, soit extraits des térébenthines ou des résines par ses procédés, donnent, à meilleur marché, des liquides plus facilement miscibles à l’alcool, n’exigeant pour celui-ci qu’une rectification à o,g5 au lieu de 0,98, laissant moins d’odeur, développant une lumière plus égale et plus intense que l’essence de térébenthine, même rectifiée et anhydre.
- Aussi ces mélanges alcoolisés, connus sous le nom de liquide s-Rob e rt, ont-ils donné lieu à la plus grande exploitation de ce genre qui existe actuellement. Leur préparation, dans l’usine de M. Robert, utilise la totalité des huiles goudronneuses légères recueillies dans la belle et grande fabrique de M.Lemire , a Choisy-le-Roi.
- Les carbures liquides obtenus ou rectifiés par M. Robert, peuvent faire participer jusqu’à un certain point l’essence de térébenthine à leurs pro-
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- priétés; partiellement solubles dans l’eau , ils rendent les mélanges alcooliques impropres à la revivification. L’un d’entre eux , plus particulièrement, semblerait mieux convenir que tous les agents employés jusqu’à ce jour pour dénaturer l’alcool et permettre à l’administration d’exempter de la plus grande partie des droits, l’alcool destiné aux opérations industrielles et à l’éclairage.
- A la dernière exposition, on remarquait un système d’éclairage à l’huile, imaginé par le même manufacturier, distribuant le liquide dans un grand nombre de becs placés à des niveaux différents, même à plusieurs étages; tous à déversement et retour d’huile vers le réservoir commun. Cet ingénieux système fut l’objet d’un rapport très-favorable et valut à son auteur une médaille d’argent; perfectionné et plus simple encore, il se représente avec la sanction complète de la pratique, qui lui manquait alors. Environ mille grands appareils de ce genre fonctionnent aujourd’hui sans avoir donné lieu à des inconvénients réels. Dans ce système une disposition spéciale introduit, interposée ou dissoute, une quantité d’air capable d’exercer une influence sensible sur la combustion de l’huile et la blancheur de la flamme.
- L’auteur a exposé en outre, cette année, pour la première fois, un appareil destiné à la distribution de l’huile dans plusieurs étages d’une habitation, sans le secours d’aucune pièce mécanique. M. Robert occupe plus de cent ouvriers et livre annuellement au commerce des produits dont la valeur s’élève à 400,000 fr.
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- Get ingénieux manufacturier, qui obtint en 1334 une médaille d’or pour l’invention d’un fusil de chasse, en 1889 une médaille d’argent pour son système de distribution d’huile dans les becs alimentés par un réservoir commun, revient donc au concours avec une série d’inventions remarquables, avec la garantie de l’expérience, une fabrication plus grande et plus variée, enfin un commerce plus étendu : à tous ces titres M. Robert est très-digne de la nouvelle médaille d’argent que le jury lui décerne.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. BREUZIN, à Paris, rue du Bac, 13.
- Le rapport du jury central en i83g , signalait à l’attention publique les premières tentatives que M. Breuzin avait faites pour obtenir d’un mélange d’alcool et d’essence de térébenthine introduit dans une lampe, des jets lumineux semblables à la lumière du gaz.
- L’auteur était effectivement parvenu, dès lors, à produire cet effet en faisant arriver le liquide alcoolisé en vapeur, par des ouvertures percées autour d’un bec cylindrique.
- La conductibilité du métal entretenait une température suffisante pour volatiliser le mélange dont la combustion développait les flammes éclairantes.
- Des dispositions analogues, plus ou moins perfectionnées, se retrouvent au jourd’hui dans les différents appareils destinés aux applications des liquides alcooliques à l’éclairage.
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- L’auteur avait donc donné aux inventeurs qui l’ont suivi, un exemple et plusieurs indications nouvelles; mais aujourd’hui il se présente à nous avec un plus beau titre.
- M. Breuzin comprenant bien que dans le mélange d’alcool et de térébenthine, l’alcool augmente le prix du liquide, sans concourir à la production de la lumière, chercha les moyens de brûler directement certaines huiles essentielles.
- L’ingénieux appareil qu’il a présenté réalise déjà cette conception, au point de produire avec les carbures d’hydrogène légers,extraits des schistes parles procédés de M. Selligue, une lumière plus belle, plus intense et plus économique, qu’en brûlant les divers mélanges alcooliques.
- Le jury central décerne à M. Breuzin une médaille d’argent, pour les résultats remarquables qu’il a obtenus dans l’emploi des carbures d’hydrogène sans mélange.
- M. ROUEN, à Paris, rue Neuve-Saint-Martin, 5 bis.
- M. Rouen s’est occupé avec persévérance de résoudre un important et difficile problème : il s’agissait d’appliquer directement à l’éclairage les produits volatils de la distillation des goudrons de houille.
- Avant les heureuses tentatives de l’auteur, ces produits avaient si peu de valeur que l’on négligeait , à dessein, de les recueillir; aussi la concentration des goudrons, qui se faisait alors à l’air libre, pour en extraire le brai gras, répandait-elle
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- au loin des vapeurs insalubres et surtout fort incommodes.
- En vain avait on essayé d’obtenir de ces huiles volatiles un gaz propre à l’éclairage, elles échappaient pour la plus grande partie à la décomposition et se condensaient dans les réfrigérants.
- M. Rouen est parvenu, au moyen de plusieurs dispositions fort ingénieuses, à obtenir de ces sortes de résidus une lumière plus intense que celle du gaz lui-même, et se distribuant au sortir des becs en jets réguliers et brillants.
- Les administrations publiques admettant les avantages de ce procédé, dans son application à l’éclairage des lieux publics, ont encouragé la nouvelle industrie de M. Rouen.
- Déjà la matière première, naguère perdue, se recueille avec soin aujourd’hui; la valeur qui lui est acquise ajoute un élément de plus à la prospérité de nos usines à fabriquer le gaz-light et à carboniser la houille en fours distillatoires.
- Cette industrie offre un débouché aux produits les plus volatils de la carbonisation des houilles en vases clos; elle favorisera l’emploi des fours qui peuvent donner du goudron en utilisant mieux les houilles menues.
- Le jury central, afin de récompenser les utiles travaux de M. Rouen, lui décerne une médaille d’argent.
- M. MARSÀIS (Émile), à Bérard, près St-Étienne (Loire).
- M. E. Marsais, se préoccupant, en 1828, des
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- moyens d’utiliser les charbons menus-qui encombrent les houillères, conçut l’idée heureuse de les agglomérer en morceaux plus ou moins volumineux, à l’aide de substances agglutinatives combustibles elles-mêmes.
- Les résines impures et les goudrons rapprochés lui parurent offrir les conditions désirables, et, en effet ces matières à bas prix ont un pouvoir calorifique plus grand que la houille.
- Si la théorie de l’opération était certaine, l’application, et surtout l’application économique, présentait des difficultés assez sérieuses; aussi le brevet pris en i832 n’eut-il aucune utilité pour son auteur-
- Ce ne fut qu’après de nouvelles tentatives faites à la suite d’un deuxième brevet obtenu en 1842, et même seulement dans les premiers jours de 1843, que le procédé devint réellement manufacturier, mais il prit dès lors un rapide essor et donna lieu, simultanément, à la création de grandes usines près de Saint-Etienne, de Liverpool et de Bruxelles.
- Dans l’établissement fondé par M. Marsais, le goudron de houille est distillé, il donne, en produits volatils condensés, des carbures d’hydrogène fluides plus ou moins légers, et laisse pour résidu un brai gras, liquide à chaud, solide à froid.
- Les carbures, fractionnés en plusieurs produits, s’écoulent facilement : les plus légers, dans l’industrie des nouveaux éclairages ; ceux qui sont plus denses, servent à préparer la glu marine; plus lourds., encore, on les applique au graissage des gros mécanismes.
- Le résidu goudronneux est.mélangé à chaud avec
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- la houille menue dans les proportions de 0,09 à 0,10 ; la masse comprimée dans des moules acquiert en refroidissant une solidité remarquable, et donne le principal produit connu sous le nom de houille agglomérée, dite par abrévation aggloméré*
- La facilité de î’arrimage, le pouvoir calorifique, plus grand, d’environ 3 pour 100, et plus régulier, rendent ce combustible avantageux surtout pour le chauffage des générateurs appliqués à la navigation, aussi la société des bateaux à vapeur les Papin, sur le Rhône et la Saône , en consomme-t-elle déjà une grande quantité.
- La fabrique de M. Marsais livre annuellement au commerce 2,800,000 kilogrammes $ aggloméré,* une fabrique semblable , établie à Liverpool, a pris un développement beaucoup plus considérable.
- L’industrie créée par M. Marsais, vivement recommandée par lesjurys des départements, utilise les produits naguères perdus de la carbonisation en vases clos ; elle donne une grande valeur aux menus des houillères et favorise les nouvelles applications des carbures d’hydrogène ; sous ces différents points de vue elle a fixé l’attention du jury central, qui décerne à son auteur une médaille d’argent.
- POUR MÉMOIRE.
- MM. ROSÉ et Cie, à Paris, rue Feydeau, 26.
- La commission a remarqué avec un vif intérêt les dispositions ingénieuses d’un appareil à fabriquer le gaz-light, construit parfM. Rosé, et4notamment :
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- i° un moyen propre à régulariser la formation du gaz hydrogène carboné, tout en détruisant les dépôts carbonacés formés dans une deuxième retorte; 2° l’élimination des premières vapeurs condensées , afin d’éviter leurs inconvénients dans les réfrigérants et les épurateurs.
- Toutefois, la principale industrie de l’auteur ayant pour objet la construction des ustensiles aratoires et machines agricoles, les considérations qui précèdent devront concourir à former l’ensemble des titres qui mériteront une récompense à cet habile manufacturier. (Voyez le Rapport de M. Moll sur les machines et instruments servant à Vagriculture,
- p. 14.)
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. DELAFONT, à Paris, rue Notre-Dame-de-Nazareth, 6.
- M. Delafont, fabricant de liquide pour l’éclairage alcoolique, est, avec M. Despérais, auteur de procédés de rectification des carbures tirés du goudron de la houille.
- En épurant ces carbures d’hydrogène et fractionnant les produits de la distillation, M. Delafont obtient à part les carbures les plus légers qu’il livre au commerce pour la confection des liquides alcoolisés propres à l’éclairage; o,33 de ces liquides et 0,67 d’alcool ordinaire, à 85° caux ou 36° Cartier, donnent dans les lampes usuelles, dites de la Magdeleine , une belle et économique lumière. C’est un
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- intéressant débouché, de plus, offert aux produits volatils du goudron.
- Le jury, appréciant les heureux résultats des applications nouvelles réalisées par l’auteur, lui décerne une médaille de bronze.
- M. RIGOLLOT-CHUARD, à Paris, quai de l’École, 22.
- Cet ingénieux physicien s’est depuis longtemps livré à de nombreux essais pour trouver les moyens de prévenir les dangers des détonations résultant des mélanges de l’hydrogène carboné avec l’air des lieux habités.
- On sait que de semblables mélanges se forment parfois dans les chambres où passent les conduits du gaz, lorsque des fuites ont lieu , et qu’ils se réalisent trop souvent dans certaines cavités des exploitations des mines.
- Ne pouvant opposer des obstacles certains contre la formation des mélanges détonants, l’auteur a voulu du moins avertir les personnes exposées à leur réaction. Les ingénieux appareils qu’il a construits, sous le nom clegazoscopes, sont basés sur les changements occasionnés dans la densité de l’air par le mélange d’un gaz plus léger : une sorte d’aréomètre laissant flotter dans l’air un ballon en verre mince, s’abaisse et plonge davantage dans un liquide, dès que quelques centièmes de gaz, des usines d’éclairage ou des mines, se sont mêlés à l’air atmosphérique ; ce mouvement fait partir un déclic, et un contre-poids, devenu libre, descend en agitant
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- un battant de sonnette qui avertit les personnes présentes.
- L’intérêt qui se rattache, aux- questions de salubrité et de sécurité publique abordées par l’auteur, a fixé l’attention de la commission spéciale. Afin de récompenser ses ingénieux travaux, qui, perfectionnant ses appareils, pourront en étendre l’usage, le jury central lui accorde une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. APOLIS, à Montpellier (Hérault).
- Ce fabricant est parvenu, le premier, dans le département de l’Hérault, à faire brûler dans des lampes, d’une construction simple et économique , les mélanges d’alcool et d’essence de térébenthine. Le jury lui vote une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. ROUCHE, à Paris, rue Sainte-Avoye, 63.
- Le système deslampes dites à hydrogène liquide, adopté par ce fabricant, permet d’obtenir assez commodément une belle lumière; l’allumage et l’extinction se font rapidement ; le prix des lampes non décorées n’est que de 144 fr.’la douzaine.
- Le jury accorde à M. Rouehe une citation favorable.
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- § 5. EAUX GAZEUSES ET APPAREILS POUR LES VINS
- MOUSSEUX.
- Considérations générales.
- Jusqu’à ces derniers temps, l’application des eaux gazeuses se bornait aux prescriptions médicales et aux boissons de luxe ; aujourd’hui la consommation , graduellement accrue, descend dans toutes les classes, et il faut s’en féliciter, car, employées pour étendre le vin, les eaux chargées d’acide carbonique communiquent au mélange un goût piquant, une saveur agréable que ne donnerait pas l’eau commune ; aussi l’usage des eaux gazeuses commence-t-il à diminuer, sensiblement déjà, l’abus des boissons alcooliques chez les ouvriers.
- On comprend ainsi que pour la première fois l’industrie des eaux gazeuses apparaisse dans nos^ expositions : elle a d’ailleurs le droit de s’y montrer, car vingt-neuf fabriques alimentent en ce moment la consommation de Paris: elles fournissent annuellement plus de à,500,000 litres de cette boisson, et de nombreuses commandes d’appareils spéciaux et de bouteilles, vont répandre dans nos départements cette fabrication utile.
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- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. SAVARESSE-SARA, à Paris, rue des Marais,
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- Parmi les plus habiles constructeurs d’appareils admis à l’exposition de 1844 j nous devons placer M. Savaresse-Sara, l’un de nos manufacturiers auquel diverses industries doivent de remarquables perfectionnements : on peut citer à cet égard la préparation des cordes harmoniques, les appareils à eaux de Seltz, les machines à fabriquer les briquets et allumettes chimiques.
- M. Savaresse, en perfectionnant avec une rare intelligence les dispositions imaginées par M. Sel-ligue , mises en pratique par MM. Barruel et Ver-naut, est parvenu à faire disparaître tous les inconvénients reprochés à la compression spontanée de l’acide carbonique, sous l’influence de la réaction entre l’acide sulfurique et le carbonate de chaux. Il est ainsi parvenu à rendre facile et usuel un appareil dont l’emploi jusque-là restait limité à des fabriques spéciales.
- Il a rendu beaucoup plus commodes et plus sûres les indications du manomètre, en adoptant une disposition simple qui réduit la longueur du tube à huit ou dix centimètres.
- Le dosage de la craie, la réaction de l’acide sulfurique gradués à volonté, n’offrent plus le moindre embarras ; toute projection de liquide est prévenue; un système cCembouteillage et de fermeture des bouteilles, est fixé sur le même bâtis de l’appareil.
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- M. Savaresse a, le premier, joint à cet appareil une petite pompe aspirante et foulante au moyen de laquelle le cylindre, vide d’eau gazeuse, mais encore rempli de gaz acide carbonique comprimé à quatre ou six atmosphères, est facilement rempli d’eau, ce qui évite à chaque opération la.perte de deux à trois cents litres d’acide carbonique.
- Une autre invention de M. Savaresse évite les inconvénients du débouchage des bouteilles : en construisant et livrant un grand nombre de vases siphoïdes en grès, il a supprimé l’emploi des bouchons , la casse des bouteilles et permis de vider à diverses reprises chacun des vases, sans laisser perdre, à beaucoup près, les mêmes proportions de gaz. Les vases siphoïdes s’emplissent très-aisément aussi, sans aucune machine; dès ce moment, ils se vendent en concurrence avec les bouteilles en verre.
- Le jury, pour récompenser M. Savaresse-Sara de ses utiles inventions, lui décerne une médaille d’ar-gent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. BRIET, à Paris, rue Notre-Dàme-de-Naza-reth, 29.
- Depuis quelques années, des industriels habiles avaient cherché à rendre plus usuelle encore la préparation des eaux gazeuses afin de la répandre en quelque sorte dans tous les ménages.
- L’un des premiers, M. Chaussenot, avait présenté à la société d’encouragement un petit appareil
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- de table de ce genre; mais il n’était pas d’un emploi assez commode pour être adopté.
- Un procédé extrêmement simple, connu depuis longtemps et fort employé en Angleterre, s’est, k la vérité, répandu chez nous avec l’usage des eaux gazeuses : il consiste à jeter successivement, dans une bouteille aux | remplie d’eau, de l’acide tar-trique et du bicarbonate de soude, on bouche aussitôt, on agite, et l’eau est devenue gazeuse; mais le tartrate de soude resté dans la boisson la rend un peu laxative, et peut avoir des inconvénients réels dans certaines conditions de santé où la faculté digestive est affaiblie.
- Un ustensile de table fort ingénieux, très-simple, a été imaginé par M. Briet et présenté k l’exposition : il a paru résoudre complètement le problème qui consistait k préparer rapidement l’eau de Seltz sans mélange des produits de la réaction avec la boisson gazeuse.
- Considérant que cette invention est utile pour répandre l’emploi d’une boisson salubre et étendre la consommation des bicarbonates et acide tar-trique, en évitant de mélanger les poudres dans la boisson, le jury accorde une médaille de bronze k M. Briet.
- Appareils propres à la fabrication des vins mousseux,
- à Vessai et au bouchage des bouteilles.
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- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. ROUSSEAU, à Épernay ( Marne ).
- La valeur considérable des produits de nos vi-
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- gnobles employés k confectionner les vins mousseux , donne une grande importance aux appareils qui facilitent cette fabrication, et tendent à diminuer les nombreuses chances de déperdition tout en rendant meilleure et plus constante la qualité des vins.
- Les conditions utiles que nous venons d’énumérer se trouvent réunies dans les deux appareils envoyés à l’exposition par M. Rousseau, docteur en médecine et propriétaire de vignobles en Champagne.
- L’un des deux est destiné à l’essai des bouteilles,, soit en poussant l’épreuve jusqu’à briser le vase, soit en limitant d’avance la pression sous laquelle chaque épreuve aura lieu ; dans les deux cas, la machine fonctionne plus commodément qu’aucune autre parmi celles que nous avons examinées jusqu’à ce
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- Si dans l’épreuve on a brisé la bouteille , on peut ensuite vérifier et noter sans peine la pression, à l’aide, d’un dynamomètre, tandis qu’en employant les diverses machines antérieurement construites, il fallait observer la pression au moment même de la rupture.
- Si l’on veut vérifier la résistance momentanée de chaque bouteille à une pression fixe de io, 12 , i5 atmosphères, à volonté, aucun autre appareil ne soutiendrait la comparaison avec celui de M. Rousseau , sous les rapports de la facilité, de l’exactitude de la fermeture et de la rapidité de l’action.
- Ce dernier mode d’essai est surtout fort avantageux pour éliminer les plus mauvaises bouteilles
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- qui se fussent cassées certainement sur les tas et eussent, non-seulement occasionné la déperdition du vin, mais souvent déterminé la casse d’un certain nombre des bouteilles pleines, à proximité.
- Le deuxième appareil de M. Rousseau rend très-facile le remplissage des bouteilles ditesrecouleuses ainsi que l’addition de la liqueur et du vin, sous la pression qui retarde le dégagement du gaz. Ces opérations se peuvent même pratiquer en certains cas, sans déboucher les bouteilles; il suffit d’employer un petit ustensile construit par l’auteur et déterminant une sorte d’acupuncture dont le passage se referme ensuite spontanément.
- Le même outil sert à vérifier l’état de compression du gaz dans plusieurs bouteilles d’un tas en fermentation , ou bien à laisser échapper l’excès de gaz ; il permet de goûter le vin afin de vérifier sa qualité ou les doses de sucre qu’il faudrait y ajouter : vérification faite , la bouteille n’a perdu que des quantités insignifiantes de liquide.
- La correspondance entre M. Rousseau et les principaux propriétaires dans le département de la Marne, établit parfaitement l’utilité de ses appareils. Des récompenses de premier ordre accordées à fauteur par la société d’agriculture de Reims, prouvent l’opinion très-favorable qu’en ont conçue des juges compétents.
- Tous ces témoignages s’accordent avec les résultats de l’examen et des expériences de la commission du jury central.
- Pour récompenser M. Rousseau de ses utiles in-
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- ventions et de la bonne exécution de ses appareils ; le jury lui décerne une médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. MONTEBELLO ( Alfred de ), au château de Mareuil-sous-Aï (Marne), et à Paris, rue Laffitte, 17.
- M. de Montebelloa présenté un appareil d’une extrême simplicité destiné au bouchage des bouteilles.
- Cette machine, exempte de tout engrenage et ressort, agit à l’aide d’un contre-poids qui maintient la bouteille, d’un levier qui ouvre et ferme plus ou moins un cône creux , sorte de virole brisée, enfin d’un boulon à tête arrondie qu’il suffit de pousser pour faire pénétrer, dans le goulot de la bouteille, le bouchon allongé et rétréci entre les viroles du cône creux.
- On évite ainsi de tordre et de rompre la tête des bouchons ; il en résulte une économie notable et un service plus facile et plus prompt.
- Le prix coûtant de la machine est environ de moitié moindre que la valeur des ustensiles ordinaires à boucher les bouteilles.
- Aucune altération, n’est à redouter dans les organes d’un mécanisme aussi simple.
- Pour un perfectionnement sur lequel la pratique a déjà prononcé, le jury central décerne à M. de Montebello une médaille de bronze.
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- MENTION HONORABLE.
- M. JOLY, à Argenteuil ( Seine-et-Oise ).
- M. Joly a présenté une machine à boucher et ficeler les bouteilles contenant des vins mousseux; cette machine, bien construite, a paru mériter une mention honorable que le jury lui accorde.
- Travail et clarification des vins.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- Madame veuve JULLIEN (André), à Paris, rue de F Échiquier, 41.
- Divers ustensiles ingénieux, en usage dans un grand nombre d’exploitations vinicoles, notamment, des canelles aérifères, siphons, entonnoirs, filtres clos , etc., ont depuis longtemps popularisé le nom de Jullien ; ses poudres à clarifier les vins remplacent avec avantage une partie des blancs d’œufs employés au collage usuel.
- L’ensemble de ces travaux valut à l’inventeur, en 1827, une médaille d’argent qui fut rappelée en i834 et 1839, et que rappelle'encore le jury central.
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- Appareil à fermentation pour les brasseurs.
- MENTION POUR ORDRE.
- M. CHAUSSENOT jeune, à Paris, quai de Billy,
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- Cet exposant a présenté un ustensile fort ingénieux destiné à régulariser la fermentation dans les cuves guilloires et foudres des brasseurs. C’est un cylindre creux, en cuivre étamé, placé debout au milieu d’un baquet; celui-ci, posé comme un entonnoir sur une cuve close ou sur les foudres remplis de bière en fermentation , laisse sortir la levure surnageante, et fait retourner par un tube plongeur le liquide clair dans le vase inférieur; on évite ainsi divers accidents dus, soit au libre accès de l’air, soit à la précipitation de la levure qui trouble le liquide.
- Déjà un assez grand nombre de brasseurs ont adopté cet ustensile. Les services qu’il leur rend, ajoutent en faveur de l’inventeur, un titre de plus à ceux qui seront établis dans le rapport sur les appareils de chauffage de M. Chaussenot. (Y. p. 928.)
- Appareil distillatoire.
- NOUVELLE MENTION HONORABLE.
- M. EGROT, chaudronnier, à Paris, rue du Faubourg Saint-Martin, 268.
- M. Egrot construit des appareils distillatoires solides, peu compliqués et d’une manœuvre facile,
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- leur usage est avantageux dans les colonies où l’on apprécie surtout ce qui exige peu de soins. Une amélioration récente faite par M. Egrot permet d’obtenir de premier jet, des alcools directement applicables à la préparation des liqueurs ; cette modification consiste dans une bande tournée en spirale et posée sur le chapiteau afin d’y faire circuler un courant d’eau qui opère une sorte de rectification très-simple.
- M. Egrot, cité en 1827, obtint en 1804 une mention honorable qui fut rappelée en 183g; le jury lui accorde une nouvelle mention honorable.
- § 6. HUILES ESSENTIELLES ET EAUX AROMATIQUES.
- Considérations générales.
- La fabrication des essences et eaux aromatiques a, pour nos départements méridionaux, une importance qui tend à s’accroître au profit de plusieurs cultures spéciales.
- La qualité de ces produits est l’un des attributs des latitudes tempérées, qui laissent aux feuilles, fleurs et fruits des plantes, une suavité dans leur parfum que n’offrent pas les produits dé ce genre, secrétés toutefois plus abondamment, sous l’influence des températures élevées.
- Cette propriété d’une partie du climat de la France, n’est pas sans analogie avec celle qu’of-
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- frent nos contrées moins méridionales encore, de produire des vins à bouquets légers, plus généralement agréables au goût que n’en donnent les raisins des pays plus chauds ou plus froids.
- Il y a donc doublement intérêt pour nous à perfectionner et étendre les industries précitées, puisqu’elles permettent de mieux profiter d’un avantage naturel et concourent au développement de la richesse territoriale.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
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- M. MÉRO, à Grasse et à Saint-Laurent (Var).
- L’un des plus importants du Var, l’établissement de M. Méro se compose de deux usines, situées, l’une à Grasse, et l’autre à Saint-Laurent du Var.
- Celle-ci fut construite à dessein dans une localité voisine de la frontière, afin de recevoir et de traiter des fleurs moins altérées venant des jardins de Nice.
- Deux générateurs et vingt-quatre vases distilla-toires et rectificateurs, fonctionnent dans les deux usines ; cinquante mille kilog. de fleurs d’orangers, dix mille kilog. de roses, cent mille kilog. de menthe, et environ trois cent cinquante mille kilog. de lavande, thym , marjolaine, etc., y donnent annuellement près de soixante-dix mille kilog. d’eaux aromatiques, en y comprenant l’eau de marasque
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- appliquée à la préparation de la liqueur dite marasquin de Z ara, et sept mille kilog. d’huiles essentielles. La valeur de l’ensemble peut’être portée à 45o,ooo francs.
- En 1839, l’importance de l’industrie et l’amélioration des procédés de M. Méro lui valurent une médaille de bronze ; depuis lors, de nouveaux progrès dans la fabrication, et l’emploi de récipients perfectionnés, les efforts heureux de l’auteur pour développer la culture de la menthe dans son département, enfin la publication d’un moyen simple et efficace, utile k ses concurrents comme à lui-même, pour reconnaître les mélanges d’huile essentielle de térébenthine avec les essences aromatiques des labiées complètent aux yeux du jury central les droits de M. Méro à la médaille d’argent qui lui est décernée.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. J. J. GISCLARD, à Albi (Tarn)*
- M. Gisclard, distillateur, se livre plus particulièrement à la préparation des essences d’anis, en employant les produits des cultures du département. Sa fabrication fournit annuellement au commerce deux mille six cents kilog. de cette essence, valant de 25 à /$o francs le kilog. Aux essences de menthe et d’absinthe que prépare ce manufacturier, il a joint l’année dernière l’extraction de l’essence de coriandre.
- La bonne qualité des produits et les progrès de
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- la fabrication chez M. Gisclard, ont déterminé le jury à rappeler la médaille de bronze qui lui fut décernée en 1839.
- RAPPEL DE CITATION FAVORABLE.
- M. Ph. GAYRARD, à Albi (Tarn).
- M. Gayrard, fabricant d’essences d’anis, dé girofle et d’absinthe, prépare des produits estimés dans le commerce. Son industrie a pris quelque développement depuis i83g , époque à laquelle il lui fut accordé une citation favorable que le jury lui rappelle.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. SÉGUIN (Nicolas), à Albi (Tarn).
- *
- Depuis 1817, M. Séguin, pharmacien chimiste, prépare des essences d’anis, de genièvre, de girofle, d’absinthe et de coriandre, dont la qualité ne laisse rien à désirer. Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. ISNARD (Alphonse), à Paris, rue Saint-Merry, 16.
- M. A. Isnard distille des fleurs aromatiques et rectifie les essences qu’il peut se procurer. Ses relations avec M. Isnard-Maubert, de Grasse, lui permettent d’étendre son commerce.
- La bonne qualité des produits de cet exposant le
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- . rendent digne d’être cité favorablement par le jury central.
- Cafetières.
- CITATIONS FAVORABLES.
- MM. Ch. BODIN et Cie, à Paris , rue Yivienne, 38.
- Parmi le grand nombre de dispositions plus ou moins ingénieuses mises en pratique pour l’extraction de l’infusion aromatique du café, deux seulement nous ont paru dignes d’être citées. Ce sont :
- i° L’ustensile exposé par M. Bodin, sous le nom de cafetière lyonnaise, et 2° le flotteur de M. Dausse.
- A l’aide de l’appareil Bodin, on peut obtenir d’abord une ébullition qui fait monter l’eau bouillante au travers du café, et ensuite une condensation qui détermine une filtration accélérée. La solution ainsi faite rapidement dans le verre, conserve tout l’arome du café , arôme si délicat, que le contact des vases étamés ou une ébullition de quelques minutes l’altéreraient.
- Un ajutage à minces parois adapté au ballon inférieur facilite la manœuvre de cet ustensile qui s’échauffe par la flamme de l’alcool.
- Une ébullition d’une deuxième dose d’eau pour épuiser le marc après le premier produit soutiré , donne une deuxième solution d’une couleur aussi inteftse, mais dépourvue d’arome agréable, ce qui prouve qu’une seule filtration suffit.
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- Le jury accorde à MM. Bodin et Cle la citation favorable.
- M. DAUSSE, à Paris, rue de Lancry, 10.
- M. Dausse construit une cafetière à flotteur gradué, qui facilite la préparation de quantités variables à volonté de l’infusion aromatique.
- Cet ustensile est employé dans un grand nombre d’établissements publics, et mérite à son auteur une citation favorable.
- Huiles grasses.
- Les huiles grasses, végétales et animales, sont en France l’objet d’industries fort importantes et d’un commerce considérable.
- Les huiles les plus usuelles n’ont point paru à à l’exposition; nous avons remarqué quelques échantillons d’huile de baleine, d’huile de pieds de bœuf et d’huiles fines pour l’horlogerie.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. MACHARD, à Grasville, près le Havre (Seine-
- Inférieure).
- M. Machard a formé, près du Hâvre, un établissement dans lequel il épure, désinfecte en partie., et filtre les huiles de baleine.
- Quatregénérateurs, équivalant ensembleàla force
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- de quatre-vingt-dix chevaux, produisent la vapeur nécessaire pour enlever par un courant énergique les matières volatiles les plus odorantes.
- Les huiles épurées laissent après le refroidissement déposer une matière grasse, consistante., que M. Machard rend plus blanche et plus dure, au moyen d’une opération spéciale; cette matière, rebutée autrefois, est maintenant recherchée dans plusieurs industries.
- Les quantités d’huiles traitées dans l’usine de Grasville, sont dépendantes de la pêche et des arrivages ; elles se sont parfois élevées à deux millions cinq cent mille kilog. dans une campagne, et la belle qualité des produits leur a fait trouver des débouchés faciles.
- En considération des nouveaux moyens employés avec succès en grand,pour épurer l’huile de baleine, le jury accorde une médaille de bronze à M. Machard.
- MENTION HONORABLE.
- M. DOMPIERRE, à Metz ( Moselle ).
- M. Dompierre fabrique de l’huile de pieds de bœufs qui est fort estimée pour lubréfierles parties frottantes des machines, entretenir les armes et,les harnais : on la préfère aux autres huiles dans l’arsenal de Metz. Le même manufacturier confectionne avec les intestins des bœufs, des cordes à machines et des timbres de tambour.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
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- Epuration des \Huiles pour l’horlogerie.
- Cette industrie utile, mais d’une faible importance commerciale, livre des huiles animales ou végétales, propres à adoucir les frottements dans les mouvements d’horlogerie ; le choix et la fil-trationsoignés constituent les principales opérations de l’épuration de ces huiles.
- MENTIONS HONORABLES.
- Le. jury accorde une mention honorable à
- M. DE MUTEL, à Paris, rue de Fourcy-Saint-Mareel, 7,
- Pour ses huiles épurées par des moyens nouveaux et efficaces, qui maintiennent la fluidité et préviennent l’oxydation.
- M. ANRÈS aîné, à Paris, rue Chapon, 6,
- Pour les produits de bonne qualité qu’il prépare depuis longtemps.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement
- M. SALOMON, à Paris, rue delà Tour-d’Au vergne, 21,
- M. MAYET, à Paris, rue de Provence, 55 ,
- Dont des produits rivalisent presque avec des précédents.
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- M. MILLOCHAU, chaussée du Maine, A2 ( extra muros) ,
- Est cité favorablement pour son oléine débarrassée d’une grande partie des principes solidifiables à o°.
- § 7. ENGRAIS.
- Considérations générales.
- La science, l’agriculture et l’industrie s’accordent aujourd’hui sur plusieurs questions graves longtemps débattues : un balancement nécessaire entre les forces productives et destructives de la nature vivante leur apparaît évident. On le comprend sans peine en voyant, d’un côté, les végétaux croître sous l’influence de la matière dissoute dans les liquides qui humectent le sol, dans les vapeurs et les gaz qui remplissent l’atmosphère ; et, d’un autre côté, les animaux emprunter aux produits de la végétation la substance nutritive, liquide ou solide, pour la restituer bientôt, par la fermentation de leurs-déjections et de leurs propres débris, sous les formes de gaz, de vapeurs ou de solutions qui conviennent aux organismes des plantes. Les plantes, de nouveau, aggrégent ces produits de la décomposition spontanée et les rendent propres à la nutrition animale.
- Les analyses chimiques ont éclairé les résul-
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- tats de ces perpétuels échanges entre les deux règnes, élevant ainsi la philosophie des sciences naturelles.
- Mais au point de vue des applications agricoles il fallait aller plus loin, il fallait établir des distinctions précises, déceler, parmi les divers agents indispensables au développement des végétaux, ceux dont les quantités sont insuffisantes sur les terres cultivées.
- A cet égard, des investigations délicates et approfondies n’étaient pas superflues : elles ont, en effet, démontré que les éléments de l’acide carbonique, considérés naguère comme les plus importants à réunir dans les engrais, sont, au contraire, presque toujours surabondants sur le sol des fermes, tandis que les matières organiques azotées sont insuffisantes.
- De là ce principe nouveau : que les engrais doivent avoir une valeur commerciale généralement proportionnée, non à l’acide carbonique, mais bien aux composés ammoniacaux que leur décomposition engendre.
- Sur ces données se fondèrent l’industrie qui dessèche et exporte aux colonies le sang et les débris autrefois abandonnés d’un grand nombre d’animaux morts ou abattus ; l’emploi des noirs résidus des raffineries et des fabriques de sucre, qui fournit annuellement dix millions de kilo-
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- grammes de cet engrais à nos départements de l’Ouest ; la préparation en grandes masses d’un produit analogue, dit noir animalisé; la pulvérisation des débris de tissus de laine; puis les entreprises variées qui s’évertuent maintenant à tirer parti de toutes les déjections animales, en les désinfectant et en améliorant ainsi les conditions hygiéniques des populations urbaines ; puis enfin ces vastes établissements qui extraient des eaux du gaz et des déjections liquides, d’énormes quantités de substances ammoniacales blanches et pures, dont les débouchés peuvent se compléter dans cette voie.
- Le traitement par plusieurs nouveaux procédés des eaux ammoniacales tirées de la houille et des eaux vannes décantées des fosses ou des bassins de Montfaucon, constituent des sources de sels ammoniacaux tellement puissantes, qu’elles ont en cinq années bouleversé cette industrie, soit en se substituant aux matières premières exploitées depuis cinquante ans, soit en abaissant de plus de moitié le cours des produits.
- Toutes ces industries, éminemment utiles à l’agriculture et à la salubrité publique, sont, pour la première fois, largement représentées à l’exposition. .Presque toutes essayent de se perfectionner par des méthodes nouvelles très-dignes d’intérêt déjà, et que la sanction de l’expérience
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- rendra ultérieurement, sans doute, dignes de récompenses élevées.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. CAMBACÉRÈS père et fils, à Paris, rue Hau teville, 89.
- Sous le nom d’engrais musculaire, MM. Cambacérès ont présenté à l’exposition la chair des chevaux abattus, cuite parla vapeur, coupée'mécaniquement et desséchée, sans putréfaction, par la fumée du fourneau, puis réduite en poudre grossière.
- Cette substance, dont la qualité fertilisante est bien démontrée, se vend à l’état sec 16 francs les 100 kilogr. : elle est économique à ce prix, comparativement avec la plupart des engrais transportables à de grandes distances. Dans la même usine*, montée pour traiter i5 à 20,000 chevaux morts, on extrait les os bien nettoyés , tels qu’ils conviennent pour la fabrication du noir animal ; les matières grasses recueillies et vendues sous le nom dhuile de cheval, sont estimées chez les émailleurs.
- Chacun sait que par ses travaux manufacturiers sur les acides gras solides et les mèches tressées, M. Cambacérès a contribué à mettre en pratique l’importante fabrication des bougies stéariques.
- La création d’un abattoir central pour les chevaux, due en grande partie à M. Cambacérès père; les procédés de cuisson à la vapeur établis par ses soins, et la dessiccation perfectionnée par M. Cam-
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- bacérès fils, ingénieur distingué, ont rendu à la salubrité publique et à l’agriculture des services que le jury central se plaît à reconnaître en décernant à MM. Cambacérès père et fils une médaille d’argent.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. GALLET, au Havre (Seine-Inférieure).
- En i836,M. Gallet a fondé à Sanvic une fabrique de noir d’os; il y joignit, en 1826, la préparation du noir animalisé; un moulin à vent et un manège mû par deux chevaux, fournissent la puissance mécanique nécessaire à la préparation de 5oo,ooo kilogrammes environ de l’engrais précité.
- L’abattage et la cuisson des chevaux par la vapeur ont. débarrassé les environs des émanations infectes des animaux morts et employé leurs débris au profit de l’agriculture.
- M. Gallet utilise la graisse et les os provenant de son débouillage ; il joint à ces derniers les os de cuisine ramassés dans les villes et villages environnants, et procure ainsi une occupation utile à un grand nombre d’hommes âgés ou infirmes, de femmes et d’enfants.
- Le charbon d’os qu’il prépare pour les raffineries est d’une bonne qualité.
- Le jury central, appréciant les services rendus par ce consciencieux et persévérant manufacturier, lui décerne une nouvelle médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- MM. DEROSNE et CAIL, DUCOUDRÉ, HOU-ZEAU et YELLY, SCHATTENMANN (Bouxwil-ler) et KUHLMANN.
- Nous mentionnerons très-honorablement ici plusieurs manufacturiers habiles dont les industries principales ont été l’objet de récompenses plus élevées, et méritées à d’autres titres.
- MM. Derosne et Cail ont fondé la première et la plus grande fabrique de sang desséché insoluble et soluble, utilisant ainsi presque la totalité du sang des abattoirs de Paris.
- Le premier produit est expédié pour servir aux clarifications en grand des sirops; il se peut conserver indéfiniment sous la forme pulvérulente et sèche.
- Le deuxième produit, rendu insoluble dans l’eau par une coagulation à ioo°, convient parfaitement et est employé comme engrais aux colonies pour les champs de cannes à sucre.
- M. Ducoudré, mettant à profit les données delà science, applique» la production d’un engrais spécial les résidus charbonneux de sa fabrication de cyanures auxquels il ajoute environ 0,2 de sang coagulé; dans ce mélange, une légère réaction alcaline, la propriété désinfectante et absorbante du charbon et la production lente des combinaisons ammoniacales, dues à la décomposition du sang, réalisent autant de conditions favorables à l’efficacité de l’engrais.
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- M. Houzeau, associé de M. Velly, paraît être le premier qui se soit occupé de la désinfection des liquides contenant des sulfhydrates et carbonates d’ammoniaque au moyen du sulfate de fer : ce sel, en se décomposant, fixe la base de ces composés applicables à la nutrition végétale. Cet ingénieux manufacturier, auquel l’industrie doit plusieurs inventions utiles, emploie des résidus charbonneux et des matières organiques azotées pour confectionner un engrais analogue, par sa composition élémentaire et ses effets, aux noirs résidus des raffineries si bien appréciés par nos agronomes.
- M. Schattenmann , se fondant sur une pratique habituelle parmi les fermiers suisses, répandit l’u-sage des sulfates de fer pour la conservation des produits ammoniacaux dans les fumiers. Il a essayé avec succès l’application directe du sulfate d’ammoniaque à la fertilisation du sol.
- Des expériences semblables faites par M. Kuhl-mann, de Lille, ont donné des résultats également avantageux ; elles paraissent devoir conduire à trouver dans l’agriculture les principaux débouchés des sels ammoniacaux.
- M. FOUCHÉ-LEPELLETIER , à Javel, près Paris (Seine).
- M. Fouché-Lepelletier tire à la fois parti des solutions acides provenant de l’amollissement des os et des marcs provenant de la lixiviation des soudes ; ceux-ci, mélangés avec les liquides précités, saturent l’excès d’acide, et présentent', réunis, le phosphate de chaux, le chlorure de calcium , quel-
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- ques sels solubles du charbon divisé, les matières azotées dissoutes; en y ajoutant une dose suffisante de sang coagulé, on obtient un engrais assez riche pour être expédié.
- M. Fouché-Lepelletier, qui déjà reçut une récompense élevée pour l’ensemble de ses travaux, mérite une mention honorable pour la confection de cet engrais.
- M. MOISSON, à Auteuil (Seine), avenue des Peupliers, 5.
- Ayant observé les inconvénients qui résultent dans l’emploi des débris de tissus de laine comme engrais, de l’irrégulière division de ces débris, et notamment l’inégalité très-grande entre les touffes des plantes grandes et volumineuses, lorsqu’elles sont rapprochées des plus larges morceaux, petites et grêles lorsqu’elles s’en éloignent, M. Moisson imagina un moyen simple de pulvérisation ; ce moyen consiste à imprégner les tissus d’une solution de soude caustique, puis dessécher et même légèrement torréfier le mélange en recueillant les gaz condensables.
- L’engrais se pulvérise alors sans difficulté ; la réaction alcaline qu’il offre est favorable à la végétation : les applications faites par plusieurs agriculteurs ont eu un succès bien constaté ; il est à désirer que cette industrie naissante se développe. Le jury lui accorde une mention honorable.
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- MM. L. KRAFFT et Cie, à Montmartre (Seine), rue du Chemin-Neuf, 5.
- Ces manufacturiers habiles ont commencé à extraire en grand l’ammoniaque des eaux vannes par insufflation d’air à froid, ils désinfectent par des oxydes de fer les matières épaisses, et les mettent sous forme de tourteaux ; leurs ingénieux procédés offrent donc deux nouveaux engrais à l’agriculture et méritent la mention honorable que le jury leur accorde.
- § 8. USTENSILES-OUTILS.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. DESBASSAYNS, comte de RICHEMONT, à Paris, rue du Faubourg Saint-Honoré, 90.
- Les arts chimiques reçoivent chaque année de puissants secours des outils et des machines applicables au plus grand nombre de leurs opérations. C’est peut-être encore dans l'introduction nouvelle et les perfectionnements de ces agents de production et d’économie que l’avenir réserve aux fabriques de produits chimiques leurs principaux moyens de progrès.
- Au nombre et au premier rang de ces éléments de succès, nous placerons les ingénieuses dispositions du chalumeau aérhjdrique inventé par M. Desbassayns, comte de Richemont. Ce véritable outil de feu permettant de réunir par des sou-
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- dures intimes, sans traces d’alliage et sans augmentation sensible d’épaisseur, les lames et les tuyaux de plomb, rendit aux fabriques qui confectionnent l’acide sulfurique l’un des services les plus importants qu’elles pussent attendre des sciences appliquées ; car les vases et les conduits en plomb devinrent, dès lors, plus résistants à l’action de l’acide, par conséquent plus durables et plus économiques. Aussi comprendra-t-on sans peine que, dès son apparition dans nos manufactures d’acide, dans nos ateliers d’affinage, l’innovation remarquable ait été jugée par le jury central, en i83g, digne de la plus haute récompense.,
- Toutes les prévisions du rapport, adopté à cette époque, se sont depuis réalisées complètement. Nos principales usines où l’on fabrique l’acide sulfurique, les produits stéariques, où l’on affine l’or et l’argent, où l’on prépare l’acide borique, le borax, l’alun, le sulfate d’alumine, en ont adopté l’usage. On s’en est servi pour doubler de plomb des tuyaux et vases en tôle; dans un très-grand nombre de cas, les massives soudures aux alliages des plombiers ont été remplacées par la soudure autogène plus légère et plus durable.
- Le fer h étamer et souder, entretenu à la température convenable par le dard de flamme qui l’accompagne sans cesse, que l’on modère à volonté, est devenu, comme nous l’avions espéré, l’un des outils les plus curieux et les plus commodes à employer. De nombreuses applications du chalumeau aérhydrique ont encore été faites dans la brasure du fer, du cuivre et du platine.
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- Le jury central, heureux de constater ces faits, s’empresse de rappeler la haute récompense dont M. Desbassayns de Ricliemont s’était effectivement montré si digne lorsqu’il obtint la médaille d’or.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. DUPRÉ, à la Roche d’Arcueil (Seine).
- En 1833, M. Dupré est parvenu à créer une industrie remarquable par ses moyens d’action et les utiles applications de ses produits.
- Se proposant de remédier par une fermeture nouvelle des bouteilles aux nombreux inconvénients des ficelages, enveloppes de goudrons, résines, etc., cet ingénieux mécanicien eut l’idée de préparer économiquement des espèces de calottes cylindriques ou légèrement coniques avec un métal ductile embouti mécaniquement.
- Après de nombreuses et persévérantes tentatives, M. Dupré parvint à transformer les saumons d’étain fin en lames coulées, laminées, découpées en disques, graduellement embouties, sortant rognées et toutes empilées de son ingénieuse machine.
- De i838 à i83g, M. Dupré était parvenu à fabri-quertroismillionssixcentmillecapsules; depuis lors, les applications de ses capsules ont pris une extension telle, que la vente s’en est élevée cette année à quinze millions huit cent mille, destinées au bouchage des bouteilles et flacons pour les vins, liqueurs, bières d’expédition, les eaux minérales naturelles et factices, les produits de la pharmacie,les objets de
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- parfumerie, les huiles comestibles, l’eau-de-vie, les conserves alimentaires, les fruits, les légumes, les bonbons envoyés aux colonies, le beurre, les salaisons et conserves au vinaigre préparées à Marseille.
- Les plus grands diamètres de ces capsules ne dépassaient pas cinq centimètres en 1889; maintenant elles atteignent jusqu’à dix et onze centimètres, dimensions qui sont fréquemment demandées. En ce qui touche l’exportation, la ville de Hambourg en tire de grandes quantités. Il s’en expédie jusque dans l’Inde. L’application des marques de fabrique sur ces capsules a déjà été réalisée par l’inventeur, et offrira d’heureuses garanties contre certaines fraudes commerciales.
- M. Dupré enfin, mû par le désir d’être utile à son pays, s’occupe d’essais de fermeture perfectionnée applicable aux fusées des bombes et des obus.
- Les perfectionnements très-notables apportés par M. Dupré dans ses procédés de coulage, estampage et confection des capsules, l’extension considérable de son commerce, les nouvelles applications de ses produits le rendent très-digne de la nouvelle médaille d’argent que le jury central lui décerne.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. MORET, à Paris, rue des Magasins, û.
- M. Moret a construit et perfectionné trois machines-outils fort utiles à plusieurs industries ; ce sont:
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- i ° Un pétrin mécanique de grande dimension, entièrement en tôle, fer et fonte. La suppression totale du bois est favorable à la bonne qualité de la pâte, à la facilité du nettoyage, à la solidité de tout l’appareil. Ce pétrin cylindrique contient, dans chacune de ses deux cases, trois cents kilog. de pâte. Son axe est fixé et porte huit bras entre lesquels passent huit autres bras, dont quatre dans chaque case, de sorte qu’à chaque révolution du cylindre autour de l’axe la pâte est soulevée, étirée, malaxée convenablement.
- La force d’un cheval vapeur suffit pour mouvoir ce pétrin; dès que le mélange de levain, de levure, d’eau et de farine est fait, on abaisse le couvercle à l’aide d’un mécanisme spécial allégeant le fardeau; on embraye, et, après avoir fait trente tours, la sonnette d’un compteur avertit qu’il est temps de vérifier l’état de la pâte ; on remet en mouvement, et après trente autres tours, la pâte est suffisamment travaillée.
- Cette opération dure vingt minutes, en sorte que l’on peut aisément préparer vingt fournées en douze heures ; deux ouvriers boulangers et trois aides y suffisent ; ils remplacent douze hommes à métier.
- Ainsi donc, économie, régularité dans le travail, propreté évidente et suppression de tous les inconvénients des coalitions des ouvriers pétrisseurs : tels sont les principaux avantages de ce pétrin dont le‘succès est garanti par l’application en grand qu’en ont faite MM. Mouchot frères.
- 2° Un deuxième pétrin, analogue au précédent,
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- est destiné par son auteur à la fabrication du biscuit d’embarquement : il travaille la pâte avec plus d’énergie en dépensant une force double, ce qui est indispensable en raison de la moindre proportion d’eau employée.
- La sanction de la pratique est encore acquise à cet ustensile qui fonctionne avec succès au Havre, et évite le pénible et insalubre pétrissage par force d’hommes.
- 3° La troisième machine-outil, exposée par M. Moret, est une presse à cylindre agissant sur une table couverte d’un feutre et destinée à rendre plus régulière, plus économique et plus prompte, une des opérations importantes relatives aux peaux teintes maroquinées ou gauffrées et aux cuirs.
- L’énergique et rapide pression ainsi obtenue remplace, pour les peaux teintes qu’il s’agit de sécher , le travail pénible et irrégulier de l’étire, travail qui opère successivement sur toutes les parties de la peau, et â force de bras, une pression capable d’expulser une portion de l’eau interposée. La lenteur du séchage, après cette manipulation,est uné cause de dépense et d’altération des couleurs, au lieu de trois douzaines de peaux que deux hommes prépareraient en une heure à la main ; ils en terminent, et beaucoup mieux, six douzaines avec la machine dans le même temps. \
- L’impression sur fond de chagrin, ou de tout autre gâuffrage, est très-facile à l’aide de cette presse.
- Les tanneurs trouvent, dans l’emploi de la presse de M. Moret, plusieurs avantages notables. Elle
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- fonctionne depuis deux ans dans la belle maroquinerie de MM. Fauler et chez MM. Dalican, Friess, Ogereau, Baudoux, etc.
- La bonne exécution des machines de M. Moret, les services bien constatés quelles rendent à plusieurs industries, tout en améliorant les conditions du travail des hommes, ont fixé l’attention du jury central qui décerne une médaille d’argent à M. Moret.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. DAYIRON, à Paris, rue du Faubourg Saint-Martin, 20.
- M. Daviron a construit une machine-outil destinée à remplacer le lustrage à la main des bougies stéariques, par une opération mécanique continue dépendante d’un moteur quelconque.
- Les bougies, préalablement lavées dans une solution faible de carbonate de soude, sont posées dans une auge d’où une double chaîne sans fin , portant de cinq en cinq centimètres des traverses cylindriques, les distribue sur un plan horizontal garni de serge ; un volumineux tampon doublé de même étoffe, mû par un va-e-tvient, les frotte vivement sur toute la surface qu’elles présentent en tournant autour de leur axe.
- iLes bougies ainsi convenablement lustrées se réunissent dans une deuxième auge d’où on les retire pour les empaqueter immédiatement.
- Le problème que s’était proposé l’auteur a
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- été complètement résolu ; sa machine à même reçu une double application par son emploi au premier nettoyage, et sous ce rapport surtout, elle nous a paru fonctionner mieux qu’un ustensile analogue construit antérieurement par M. Régnier, fabricant de bougies stéariques.
- Nous avons d’ailleurs trouvé la machine Daviron. en activité chez les principaux fabricants de bougies stéariques, qui tous se sont empressés de reconnaître ses avantages.
- Le jury central, voulant récompenser M. Daviron de ses utiles efforts pour venir en aide à cette intéressante industrie, lui décerne une médaille de bronze.
- MENTION POUR ORDRE.
- M. TÀMIZ1ER, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, 191.
- L’une des opérations de la brasserie qui présente le plus de difficultés est le refroidissement de la décoction houblonée.
- C’est précisément dans la saison où la consommation de la bière est augmentée, qu’il se présente le plus d’obstacle à cet abaissement de température.
- Les anciens bacs sont alors insuffisants à ce point qu’en certaines localités, on arrose les toits qui les recouvrent, afin de hâter le moment de mettre en levain.
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- Plusieurs réfrigérants imaginés dans la vue d’améliorer ces procédés grossiers et dispendieux ont atteint le but, mais leur complication et la nécessité de les démonter pour opérer des nettoyages fréquents, en firent parfois abandonner l’usage.
- Le réfrigérant construit par M. Tamizier est à l’abri de ces reproches., on y voit couler le moût de bière dont on constate, à tout instant et sans peine, la température. L’eau qui rafraîchit graduellement en suivânt une direction ascendante inverse de celle que prend la bière, est utilisée chaude dans diverses opérations de l’usine ; une autre portion injectée en pluie fine surles parois inclinées du réfrigérant, agit en enlevant de la chaleur par son évaporation.
- Les nettoyages de tout l’appareil sont extrêmement faciles. Sans démonter aucune de ses pièces, on peut les effectuer tous les jours sans frais de main-d’œuvre appréciables, puisque l’ouvrier qui surveille cette partie de fabrication y suffit.
- On se fera une idée de la faible dépense pour obtenir l’eau nécessaire, lorsqu’elle n’est pas tirée d’une grande profondeur, en considérant que dans un réfrigérant dont le prix ne s’élève pas au delà de 2,600 francs, * 5} mètres cubes^ 2 suffisent à l’abaissement journalier de la température de 1260 hectolitres de bière, et que la plus grande partie de cette eau peut être utilisée dans la brasserie.
- M. Tamizier, récompensé à d’autres titres (V. le Rapport de M. Pouillet sur les machines à va-
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- peur, p. 146), méritait une mention particulière pour son utile réfrigérant.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. MARCHON, à Étampes (Seine-et-Oise).
- M. Marchon a présenté un pétrin mécanique employé avec avantage clans la localité, et un modèle de four à cuire le pain.
- Déjà, en 1839, ce mécanicien fut cité pour des ustensiles à battre le beurre et à épurer le nrain.
- O
- Le jury central accorde une citation favorable à M. Marchon.
- M. CARRÉ, à Bergerac (Dordogne).
- Cet exposant a confectionné, sous le nom de moule-filtre, un petit ustensile très-commode pour plisser les feuilles de papier destinées à filtrer les liquides : les plis du moule sont tout formés, et il suffit de l’appliquer sur la feuille pliée en deux pour déterminer aisément la feuille souple à suivre les formes du moule.
- Le moule-filtre sera d’un emploi avantageux, surtout pour les personnes peu habituées au façonnage des filtres; on en fera usage dans divers laboratoires, et même pour certaines opérations d’économie domestique.
- Le jury accorde une citation favorable à M. Carré.
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- NON EXPOSANTS.
- MÉDAILLES D’OR.
- M. ALCAN, à Paris, rue de l’Échiquier, 41.
- Parmi les personnes que les jurys départementaux ont vivement recommandées, en raison d’éminents services rendus à l’industrie nationale, nous signalerons M. Alcan, comme l’un des plus dignes.
- M. Alcan, sorti en i83o d’un atelier où il était ouvrier relieur, s’éleva successivement, à force d’intelligence et de travail, au rang d’élève boursier à l’école centrale des arts et manufactures, d’ingénieur muni d’un diplôme et de directeur d’usines importantes.
- Il fondait à Eîbeuf, en i836, un cours gratuit de physique et de mécanique élémentaire pour les ouvriers, et fut appelé en 1843 à l’honneur de faire un cours de technologie sur les fils et tissus, à l’école centrale où il avait débuté comme élève.
- L’un des auteurs d’une application remarquable de l’acide oléique, il partageait, en i83q, avec M. Péligot, aujourd’hui notre collègue, l’honneur de la récompense accordée à cette invention.
- Nous disions alors qu’une application aussi utile pour la préparation des laines fdées et le tissage des draps, qui rendait économique et facile le dégraissage des fils et tissus, qui ouvrait un large débouché
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- aux résidus de la fabrication des bougies stéariques, mériterait à ses auteurs une récompense de premier ordre, lorsque son adoption deviendrait définitive.
- Plusieurs difficultés s’opposaient encore k ce que l’usage du nouvel agent se généralisât ; ce fut surtout en établissant un système particulier de dépôt et de filtration à froid que M. Alcan parvint à les faire disparaître.
- Aujourd’hui de nombreux et irrécusables témoignages prouvent les avantages constants de la substitution de l’acide oléique k l’huiîe d’olives; à prix égal il y aurait même utilité dans ce changement; au cours habituel, il y a donc économie de la moitié de la dépense , au moins.
- Ce n’est pas tout encore : l’emploi de l’acide oléique évite les chances nombreuses d’incendie que présentaient les huiles végétales; on le comprend en se rappelant la rapide absorption d’oxi-gène de l’air, déterminée par ces huiles, lorsqu’elles humectent des filaments accumulés en tas. Il en est tout autrement de l’acide oléique : le fait est constaté par les délibérations authentiques de la société industrielle de Mulhouse et de la chambre consultative d’Elbeuf.
- Il y a donc économie et sécurité dans l’application de l’acide oléique; les quantités qui reçoivent actuellement cette destination sont considérables; elles s’élèvent annuellement à 600,000 kilogr. : c’est environ le quart de la production totale en France.
- Ainsi, toutes les espérances conçues en 1839,
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- dès l’apparition de ce nouveau moyen , se sont amplement réalisées.
- Le jury, voulant récompenser M. Alcan de son active participation dans cette innovation utile, et rappeler les services qu’il a rendus, soit aux ouvriers , ses anciens confrères, dans ses cours gratuits, soit à l’industrie d’Elbeuf, par des perfectionnements notables dans les machines et appareils qu’il a montés, lui décerne une médaille d’or.
- M. DUMONT, à Paris, rue du Faubourg Saint-Martin, 119.
- L’industrie saccharine indigène et exotique doit à l’une des inventions de M. Dumont, la plus importante des améliorations. En effet, la découverte du noir en grains, en permettant de résoudre le grand problème de la revivification, a rendu plus économiques et plus parfaits les procédés d’extraction et d’épuration des sucres.
- Dans ces derniers temps, et surtout depuis 183g, une grande extension clans l’emploi des filtres Dumont, a placé cet ingénieux inventeur au rang de ceux qui ont rendu des services éminents à l’industrie française.
- On peut dire avec toute certitude que, sans l’invention de M. Dumont, les grandes améliorations introduites dans la fabrication des sucres en France et aux colonies, surtout en ce qui concerne la dépuration des jus et la décoloration des sirops, eussent été impossibles.
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- Le jury central, voulant récompenser une invention aussi utile, actuellement répandue dans toutes nos sucreries indigènes, qui bientôt s’appliquera au traitement du sucre dans toutes nos habitations coloniales, décerne ii M. Dumont une médaille d’or.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. SELLIGUE, à Batignolles-Monceaux (Seine), avenue de Clichy, 67.
- M. Selligue est l’un des innovateurs les plus féconds dont l’industrie ait emprunté les secours.
- Les microscopes, les eaux gazeuses, l’impression typographique, l’éclairage au gaz, l’extraction des huiles des schistes, ont été perfectionnés par lui.
- Déjà très-particulièrement signalé dans le rapport de i83g , M. Selligue vient d’acquérir de nouveaux droits à toute la bienveillance du jury central, par l’épuration des carbures d’hydrogène appliqués directement à l’éclairage particulier et public. Cette importante application a ouvert la voie, on peut le dire, aux applications, plus grandes chaque jour, des carbures volatils provenant des usines à gaz et de la carbonisation de la houille en vases clos.
- Le jury central, pour récompenser M. Selligue, lui décerne une médaille d’argent.
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- M. DUBRUNFAUT, à Bercy, près Paris (Seine).
- M. Dubrunfaut, ancien professeur de chimie industrielle à l’école de commerce, s’est occupé avec une active persévérance de la théorie et de la pratique de la fabrication du sucre de betteraves et de la transformation de la fécule en glucose. Il avait fondé, avant i83o, une école spéciale de fabrication de sucre de betteraves où se sont exercés plusieurs des principaux fabricants de sucre. C’est à lui qu’est due, en partie, la substitution de la cristallisation par la cuite au système des cristalli-soirs.
- lia, le premier, obtenu, parla fabrication d’un alcool de bon goût, au moyen des mélasses de betteraves , un débouché utile pour ces mélassës, qui sont un des produits accessoires de la fabrication du sucre.
- Sa fabrique, qui travaille sur une très-grande échelle, est établie à Bercy, près Paris.
- Enfin, M- Dubrunfaut est inyenteur d’un procédé, publié dans un de ses ouvrages, à l’aide duquel il retire des vinasses de la mélasse des betteraves , la potasse et la soude qu’elles renferment. Cette industrie, exploitée en grand dans le département du Nord, offre un double avantage, d’abord en ce qu’elle permet de retirer une matière utile et commerciale d’un produit jusqu’alors perdu, et en second lieu parce qu’elle fournit aux fabricants de savon du nord une partie notable des alcalis nécessaires à cette fabrication.
- Le jury central récompense M. Dubrunfaut des
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- longs et utiles services qu’il a rendus à l’industrie en lui décernant une médaille d’argent.
- SECTION Y.
- PRÉPARATION DES MATIÈRES TINCTORIALES.
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- BLANCHIMENT DES ÉTOFFES.
- M. Chevreul, rapporteur.
- Considérations générales.
- Chargé de rendre compte des matières comprises dans la cinquième sous-commission des arts chimiques, ayant pour objet les matières propres à la teinture et les produits qu’elle confectionne, en tant qu’ils présentent quelque chose de spécial à l’art de fixer les matières colorantes sur les étoffes, nous suivrons l’ordre adopté dans le rapport de 1839 (t. III, p. 278), sauf que nous ne traiterons pas, comme nous l’avons fait antérieurement, des étoffes imprimées, parce qu’on a réuni ces dernières aux tissus et qu’elles ont été l’objet d’un rapport de MM. Barbet et Schlum-berger.
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- Tableau des divisions adoptées dans ce rapport.
- Ire DIVISION. PRÉPARATION DES MATIÈRES TINCTORIALES.
- ire sous-division. Préparation par des procédés mécaniques.
- 11e sous-division. Préparation par des procédés chimiques.
- IIe DIVISION. BLANCHIMENT DES ÉTOFFES.
- IIIe DIVISION. APPLICATION DES MATIÈRES COLORANTES SUR LES ÉTOFFES ET APPRÊTS. IVe DIVISION. RÉPARATION DES TISSUS GATES PAR l’usage.
- PREMIÈRE DIVISION.
- PRÉPARATION DES MATIÈRES TINCTORIALES.
- lre sous-division. Préparation des Matières tinctoriales par des procédés mécaniques.
- Nous n’avons rien à ajouter à ce que nous avons dit antérieurement sur les avantages de la division mécanique des bois de teinture, lorsque les poudres qui en proviennent sont promptement employées , c’est-à-dire avant d’avoir subi quelque altération de la part de l’air et de la lumière.
- Une seule personne a exposé.
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- MENTION HONORABLE.
- M. BEAUDOUIN (Raymond), à Rouen (Seine-Inférieure).
- Bois de teinture triturés.
- Ces produits sont de bonne qualité et la préparation en est peu coûteuse; d’après cela, le jury accorde à M. Raymond Beaudouin une mention honorable.
- 2e sous-division. Préparation des Matières tinctoriales par des procédés chimiques.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. A. LAGIER, à Avignon (Vaucluse).
- Dans notre rapport de 1839, en terminant le compte rendu de l’exposition de M. Girard et Cie, imprimeurs sur tissus de coton , nous disions: enfin M. Girard se livre avec un zèle digne d'éloge à appliquer sur la toile les préparations de garance que M. Lagierfabrique en grand, d'après les indications qu'il a puisées auprès de M. Robiquet, un des auteurs de la découverte de l'alizarine, principe colorant qui tôt ou tard nous paraît appelé à jouer un rôle important dans l'impression des tissus.
- Aujourd’hui nos prévisions sont justifiées, non que l’alizarine soit employée à l’état de pureté, mais M. Lagier, en préparant ce qu’il appelle la garancine, a opéré une véritable révolution dans
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- l’emploi de la garance pour la coloration des toiles de coton, qui ne doivent pas recevoir la préparation huileuse spéciale à la teinture dite en rouge-turc.
- Pour apprécier le grand service rendu à l’industrie en général et au département de Vaucluse en particulier, par M. Lagier, il faut remonter à la découverte de l’alizarine par MM. Robiquet et Colin.
- Lorsqu’il s’agit de savoir l’usage que l’on pourrait faire de ce principe colorant en teinture, quelques industriels refusèrent à l’alizarine la propriété tinctoriale. Ils la regardaient comme une matière résineuse naturellement incolore, qui devait sa couleur à un principe étranger; la conséquence de cette opinion était donc que ïalizarine ne pouvait être considérée comme une matière tinctoriale.
- MM. Robiquet et Colin avaient à peine publié leur travail en 1826, que M. Lagier, qui se livrait à la préparation et au commerce de la garance, ii Avignon, vint h Paris pour entreprendre, dans le laboratoire de M. Robiquet, des recherches propres à tirer parti de la découverte de l’alizarine. Mais pendant plus de dix ans passés à Paris, à Avignon etdans les fabriques de toiles peintes, toujours avec l’intention de faire des préparations chimiques de garance à base d’alizarine, et de les faire employer en grand, M. Lagier ne rencontra que des obstacles et n’éprouva que des dégoûts; des industriels des plus habiles repoussaient ses préparations comme mauvaises, tandis que dans sa propre famille, des personnes l’engageaient h renoncer à des projets
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- qui compromettaient sa fortune et celle de ses enfants.
- Une place étant devenue vacante à l’Académie des sciences, M. Robiquet s’y présenta, et M. La-gier, plein de reconnaissance pour celui qui l’avait dirigé dans ses premiers essais, et convaincu que la découverte de l’alizarine était un des plus beaux titres de M. Robiquet à la place qu’il désirait, participa aux expériences qui furent faites dans le laboratoire des Gobelins par une commission de l’Académie, chargée devoir si définitivement l’ali-zarine était un principe doué essentiellement des propriétés tinctoriales.
- Il n’est pas inutile de rappeler les résultats du travail de cette commission, qui était composée de MM. Thénard, Chevreul et Dumas.
- On prit des poids égaux de toile de coton sur laquelle on avait imprimé des mordants pour rouge, rose, violet, lilas et noir ; on les teignit aussi comparativement que possible : i° avec de l’ali— zarine pure, extraite de la garance d’Avignon; 2° avec de l’alizarine extraite du chaya-ver, plante de l’Inde; 3° avec de la garance d’Avignon. Pour sept parties de toile, on employait iooo parties d’eau avec i/iode partie d’alizarine et iooo parties d’eau avec ?.o parties de garance.
- Évidemment toutes les couleurs développées par l’alizarine pure et les différents mordants , étaient supérieures eh beauté et en intensité aux couleurs développées par la garance.
- On prit quatre morceaux sur chacun des trois échantillons, afin de les soumettre comparative-
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- ment à quatre épreuves jugées par la commission, comme les plus propres à constater la stabilité des couleurs que produisent l’alizarine et la garance, au moyen des mordants alumineux et ferrugineux.
- Première épreuve, Trois morceaux tenus pendant une demi-heure dans 1000 parties d’eau bouillante, contenant i partie de potasse.
- Deuxième épreuve. Trois morceaux tenus pendant 8 minutes dans 1000 parties d’eau bouillante, contenant i partie d’acide sulfurique concentré.
- Troisième épreuve. Trois morceaux tenus pendant 7 minutes dans 1000 parties d’eau bouillante, contenant duprotoclilorure d’étain acidulé.
- Quatrième épreuve. Trois échantillons exposés pendant plusieurs mois au soleil et à l’air.
- La stabilité a été, dans toutes les épreuves, à l’avantage de l’alizarine.
- Les conséquences sont donc les suivantes :
- i° L’alizarine est un principe essentiellement colorant ;
- 2° i partie produit un meilleur effet que 200 parties de garance.
- 3° Les couleurs quelle donne sont plus stables que celles qu’on obtient avec la garance.
- Mais qu’est-ce que la garancine relativement à l’alizarine et à la garance? c’est une préparation qui renferme de l’alizarine et beaucoup de matière étrangère provenant de la garance ; le pouvoir tinctorial des échantillons les meilleurs est au plus égal à quatreou cinq parties de garance d’Avignon, fort différent, comme on le voit, du pouvoir tinctorial
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- de l'alizarine qui est au moins égal à deux cents parties de cette même garance.
- D’un autre côté, ii faut avouer qu’en général les couleurs obtenues avec les garancines du. commerce n’ont point, à tons égaux, la solidité des couleurs correspondantes obtenues avec la garance, et à plus forte raison avec l’alizarine; aussi les premières ne supportent pas des avivages aussi énergi -ques que les secondes. Mais, tôt ou tard, on trouvera remède à cet inconvénient, du moins pour les garancines préparées par des procédés qui n’altèrent point l alizarine. Quoi qu’il en soit, grâce à M. La-gier, les garancines remplacent la garance dans beaucoup de cas; elles ont l’avantage de ne teindre que les parties mordancées de la toile, tandis que la garance teint non-seulement ces mêmes parties, mais encore le fond qui n’a pas été mordancé : il en résulte qu’on est obligé de détruire la couleur du fond qui doit être blanc, soit en exposant la toile sur le pré pendant un temps suffisant à la destruction de la couleur qui n’a pas été fixée par le mordant, soit en recourant à un agent de blanchiment tel que le chlore capable de produire le même effet. Avec la garancine ,1e fond reste sensiblement blanc; et si on voulait qu’il le fût absolument, il suffirait dépasser la toile dans une eau de son, pendant vingt minutes au plus : ajoutez à cela que les frais de transport sont diminués en raison de l’augmentation de la proportion où se trouve le principe colorant par rapport aux corps qui l’accompagnent, de sorte que si un kilogramme de garancine en représente cinq de garance, le prix de transport sera pour la
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- première le cinquième de ce qu’il aurait été pour la garance simplement moulue.
- Les bons effets de la garancine sont appréciés depuis 1839 ; les fabricants de toiles peintes en ont l’obligation à l’indiennerie rouennaise , puisqu’elle a eu le mérite de l’adopter définitivement, après l’emploi que MM. Girard, H. Barbet, Sc.hlumber-ger-Rouff, Hazard et Prosper Pi mont en avaient fait en grand. En appréciant à sa juste valeur un produit longtemps dédaigné, et en rendant ainsi justice aux efforts les plus louables soutenus avec la plus rare persévérance pendant plus de douze années, elle a donné un bel exemple à suivre.
- Espérons que bientôt des préparations à base d’a-lizarine pourront s’appliquer à la planche et au rouleau sur la toile.
- Ayant eu l’avantage de voir en détail le grand établissement fondé par M. Lagier dans là belle propriété de M. Thomas, à quatre kilomètres d’Avignon, nous pouvons affirmer que si l’industrie trouvait de l’avantage à employer un produit plus rapproché par sa pureté de l’alizarine, que ne l’est la garancine, M. Lagier serait aussitôt en mesure de satisfaire à ce besoin. Mais.lorsqu’en 1836 il présenta au commerce la colorine à 75 francs le kilogramme, matière bien plus riche en alizarine que ne l’est la meilleure garancine cotée au prix de 5 fr., elle fut si peu recherchée, que M. Lagier se trouve aujourd’hui dans la nécessité d’attendre désormais les demandes qu’on pourrait lui faire de ce produit ou d’un produit analogue, plutôt que d’en provoquer l’usage.
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- Les services rendus à la fabrication des toiles peintes par M. Lagier sont d’une grande importance, que le temps fera de plus en plus apprécier. Aujourd'hui il ne peut satisfaire aux demandes-qui lui arrivent de tous les pays, et cependant il existe une vingtaine de fabriques de garancine à Avignon et dans ses environs. Cette nouvelle industrie est un si grand bienfait pour Vaucluse, que le jury de ce département reconnaît, en terminant l’article de son rapport qui concerne M. Lagier, que c’est un service éminent qu’il a rendu, et il satisfait à un devoir en proposant M. Lagier d’une manière toute particulière pour une récompense digne de Vimportance de l'objet et de la munificence du gouvernement.
- Le jury central n’hésite pas à affirmer que M. Lagier est un des hommes qui ont le mieux mérité de fixer l’attention du gouvernement par des services incontestables et considérables qu’ils ont rendus 5 la branche d’industrie dont ils se sont occupés. Cette opinion de la commission des arts chimiques est aussi celle de la commission des tissus. ( Voyez tome Ier, page 5o3.)
- Le jury décerne une médaille d’or à M. Lagier.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. MEISSONIER (Charles), à Paris, rue!des Écouffes, 29. Fabrique, à Saint-Denis, rue de Paris, 1.
- Extraits de bois de teinture.
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- Oxymuriate d’étain.
- Bichlorure d’étain.
- Deutochlorure d’étain.
- Composition pour impression de bleu de Prusse.
- Cochenille ammoniacale.
- Sel anglais ou sel pour rose.
- Potasse et soude caustiques.
- M. Meissonier se livra le premier en France à la préparation des extraits de bois de teinture. A partir de 1829 jusqu’en i833, il ne fit que des essais. En i834? il ne prépara que deux mille kilogrammes d’extraits, tandis qu’aujourd’hui la préparation annuelle s’élève à deux cent cinquante mille kilogrammes.
- C’est depuis 1840 qu’il a joint à l’extraction des matières colorantes des bois de teinture la fabrication des produits chimiques précités.
- Les bois sont divisés obliquement aux fibres ligneuses en copeaux minces par trois machines à varloper. Les copeaux sont sou mis à l’action de l’eau échauffée directement par la vapeur que produisent cinq générateurs de la force de cent cinquante chevaux. L’eau suffisamment chargée de matière pour être séparée des copeaux, est abandonnée à elle-même; dès quelle s’est éclaircie, 011 la concentre dans des cuviers au moyen de la vapeur à trois atmosphères qui circule dans des serpentins. Enfin, les extraits amenés h leur degré de concentration définitif, sont de nouveau abandonnés à eux-mêmes pour déposer la matière qu’ils tiennent en sus-
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- pension; c’est après ces opérations qu’ils sont livres au commerce s’ils ne doivent pas être desséchés.
- Les dépôts, séparés des extraits liquides, sont vendus aux teinturiers de petit teint pour servir particulièrement à la teinture du coton. Enfin on les emploie encore à prévenir les incrustations des sels terreux dans les chaudières à vapeur.
- Les extraits du bois de teinture sont plutôt destinés à l’impression qu’à la teinture proprement dite.
- M. Meissonier occupe trente ouvriers qui sont sous la conduite d’un chef et d’un directeur.
- Il a une machine à haute pression de la force de dix chevaux.
- L’établissement de M. Meissonier, le plus considérable du département de la Seine, livre au commerce des produits préparés avec tout le soin possible.
- Le jury décerne une médaille d’argent à M. Meissonier.
- M. PÉTARD ( Charles ), à Paris, rue des Enfants-Rouges, 11, au Marais, et rue Saint-Denis, 356. Fabrique, à Cloyes (Eure et-Loir).
- Extrait ou carmin de safranum et tissus colorés pour les fleurs et les arbustes artificiels.
- M. Ch. Pétard prépare des quantités considérables de carmin de safranum, aussi en exporte-t-il pour 35o ooo à 4oo ooo francs et en vend-il à l’intérieur pour 3oo ooo fr. environ. Cette préparation se recommande sous le double rapport de la qualité et
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- de la modicité du prix, ainsi que le constatent un grand nombre de certificats d’une authenticité incontestable (i).
- M. Pétard prépare en outre des tissus colorés propres à la confection des fleurs dites artificielles. Les échantillons qu’il a exposés ne laissent rien à désirer par la variété, la pureté et l’éclat de leurs couleurs, et les tissus de différents verts, _destinés à la confection des feuilles, doivent être surtout mentionnés parce que la préparation de leur couleur n’est pas sans difficulté.
- Il occupe, dans ses trois établissements, de cent cinquante à cent quatre-vingts ouvriers.
- M. Charles Pétard est digne de recevoir une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. PANAY père, à Puteaux (Seine), quai royal.
- Extrait de bois de teinture. Carmin d’orseille. Préparation pour l’application du bleu de France sur les toiles.
- Cochenille ammoniacale.
- La bonne qualité des produits de M. Panay a
- (1) Certificat portant vingt-cinq signatures des teinturiers de Saint-Étienne.
- Certificat portant vingt-sept signatures des teinturiers de Lyon. Certificat portant trente signatures des teinturiers de Nîmes. Certificat portant onze signatures des teinturiers d’Avignon. Certificat portant neuf signatures des teinturiers d’Amiens. Certificat portant six signatures des teinturiei'S de Paris. Certificats de teinturiers de Londres, de Crefeld et de Turin.
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- été reconnue par le jury de i83g et par le jury de i844* YL Panay mérite donc lé rappel de-la médaille de bronze, qui lui fut décernée àTstvant-dernière exposition. r> '
- MENTIONS HONORABLES.
- M. FOND aîné, à Yalbenoite, près de St-Étienne (Loire).
- M. Fond aîné, maire de Yalbenoite, est recommandé au jury central par le jury du département de la Loire, il fabrique du carmin de safranum d’une\bonne qualité qu’il livre au commerce à un prix modéré.
- Il occupe trente ouvriers.
- Le jury accorde à M. Fond aîné une mention honorable.
- M. BARRE (Ernest), à Monssac (Gard),
- Extrait de châtaignier épuré, cristallisé.
- — galles légères —
- — Campêche —
- — Sainte-Marthe —
- — Lima —.
- — Fernambouc —
- Les mêmes extraits à l’état liquide. -
- M. Ex’nest Barre a le mérite d’avoir fondé son établissement dans la commune de Moussac, arrondissement d’Uzès, pays qui était auparavant privé de toute industrie. M. E. Barre occupe de
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- quatre-vingt-dix à cent ouvriers et travaille sur une grande échelle. S’il mérite l’intérêt du jury central, cependant nous devons faire la remarque qu’il y a eu erreur, lorsque frappé du brillant et de l’éclat de ses extraits solides, le jury départemental a dit que M. Ernest Barre est le premier et encore le seul qui ait obtenu les tannins et les extraits colorants en cristaux. En effet* les extraits de châtaignier, de noix de galle, etc., de son exposition, ne méritent pas la qualification de cristallisés, par la raison qu’ils sont brillants à la manière des extraits préparés par la méthode de Lagaraie, et nous ajouterons qu’en i83q, M. Panay père avait exposé des cristaux obtenus de l’extrait de bois de Campêche. Enfin nous ferons remarquer que l’avantage de réduire la partie colorante des bois de teinture, en extraits solides, n’est pas démontré du moins pour tous les extraits indistinctement.
- Le jury accorde une mention honorableà M. Ernest Barre.
- M. BRIARD, à Paris, rue du Cloître-Saint-Jacques , 2.
- Rouge végétal safranum.
- Cette maison existe depuis 1776.
- Ses produits sont d’une bonne qualité.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
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- II0 DIVISION.
- BLANCHIMENT DES ÉTOFFES.
- Toute étoffe écrue, de ligneux (coton, lin, chanvre) ou de laine, doit subir quelques opérations préalables avant de pouvoir servir à l’usage auquel elle est destinée. Ces opérations constituent le blanchiment.
- Le blanchiment a pour objet de rendre l’étoffe la plus blanche possible en en séparant toutes les matières étrangères colorées. La condition d’un bon blanchiment est que la partie fibreuse, base essentielle de l’étoffe, n'ait subi aucune diminution dans sa ténacité.
- Nous allons successivement parler du blanchiment des étoffes de ligneux et du blanchiment des étoffes de laine.
- A. Blanchiment des étoffes de ligneux.
- Le blanchiment des étoffes de ligneux ne présente aucune difficulté sérieuse lorsqu’on a la volonté de l’exécuter comme il doit l’être; mais si l’on néglige quelques précautions, ou que l’on veuille aller trop vite, les étoffes sont exposées à être altérées plus ou moins profondément.
- Il était très-rare qu’elles le fussent par l’ancien procédé, où l’on faisait usage de la lessive alca-
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- line, de l’exposition à la lumière sur le pré et d’un bain d’eau à laquelle on avait ajouté un acide d’origine organique : du lait aigri par exemple.
- Mais ce procédé a été presque partout remplacé par le blanchiment au chlore, à cause de la rapidité avec laquelle on l’exécute, parce qu’il n’exige pas, comme l’ancien procédé, lorsqu’on opère sur une grande échelle , que des prairies entières soient couvertes avec les toiles que l’on veut blanchir, et parce qu’en réalité il est possible, avec de la surveillance, d’obtenir de l’usage du chlore des produits non altérés.
- Mais, il faut le dire, le nouveau procédé exigeant non-seulement des lessives alcalines, mais encore le contact du chlore et celui d’un acide minéral qui peut être le sulfurique, expose le blanchisseur à des accidents dont la pratique de l’ancien procédé est exempte. Effectivement, que le chlore, que l’acide sulfurique soient employés en excès dans les deux cas, vous altérez le ligneux ; que vous employiez le chlore et l’acide sulfurique en quantité convenable, mais que le lavage ne soit pas absolu, il restera dans le tissu des corps corrosifs qui, pour ne pas agir immédiatement sur le ligneux, n’en amènent pas moins, à la longue, la destruction. Et, évidemment , ce résultat a beaucoup de gravité, par là même qu’il échappe le plus souvent, à la pré-
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- voyance du marchand ou du consommateur.
- Voilà donc comment les étoffes peuvent être altérées par l’emploi du chlore et d’un acide minéral.
- Pour concevoir à quels risques l’usage du chlore expose, il faut savoir que cet agent, en présence de l’eau, altère aussi bien les matières organiques incolores, le ligneux par exemple, que les matières colorantes qui peuvent en masquer la blancheur. On voit donc combien il faut de surveillance pour n’employer que le mininum de chlore nécessaire à détruire ces matières colorantes.
- . Sans cet état de choses, sans l’ignorance, malheureusement encore si répandue , de la véritable manière dont le blanchiment s’opère, on aurait peine à croire comment il est arrivé, il n’y a pas très-longtemps encorequ’il était difficile de se procurer à Paris des toiles blanchies par le chlore ou par l’hypochlorite de chaux qui ne fussent pas altérées.
- Enfin, nous signalerons encore les inconvénients d’un apprêt qu’on a donné, à notre connaissance , au calicot, dans un grand établissement. Ce tissu, après avoir été blanchi au chlore, recevait un apprêt de fécule et de sulfate de plomb (celui-ci provenait de la décomposition de l’alun par l’acétate de plomb). Voici maintenant dans quelles circonstances les inconvénients du .sulfate
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- de plomb se manifestèrent. Des draps et des chemises ayant été faits avec le calicot dont nous parlons, il arriva qu’ils devinrent d’un brun très-foncé la première fois qu’on les blanchit ; la blanchisseuse , qui nous consulta, nous ayant remis le linge qu’elle avait taché et l’alcali dont elle s’était servie, nous reconnûmes la présence du sulfure de plomb sur le calicot, et celle des sulfures de sodium et de calcium dans l’acali. Enfin, comme elle avait remarqué que cet accident se reproduisait depuis huit mois avec du linge neuf qui provenait d’une maison de commission où se trouvaient des personnes pour lesquelles elle blanchissait, elle se procura des coupons de calicots qui n’avaient pas servi, dans lesquels nous reconnûmes le sulfate de plomb. Sans examiner à quel point ce sel, quoique insoluble , peut être nuisible à la santé des personnes qui se servent d’une manière continue du linge qui en est imprégné , l’inconvénient que nous venons de signaler est assez grand pour que nous indiquions un moyen facile de le reconnaître : il suffit de voir si la toile noircit quand on la plonge dans de l’eau d’hydrogène sulfuré ou de sulfure de potassium.
- B. Blanchiment des étoffes de laine.
- Si du blanchiment des étoffes de ligneux nous
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- passons à celui des étoffes de laine, nous voyons que celles-ci sont soumises au sous-carbonate de soude (sel de soude), au savon et à l’acide sulfureux.
- Le blanchisseur n’est point exposé aux mêmes chances d’altérer les étoffes de laine que lorsqu’il opère sur des étoffes de ligneux, parce que dans le cours de ses opérations mêmes il se présente des phénomènes .susceptibles de le guider, et que des étoffes de laine qui retiendraient du sous-carbonate de soude ou du savon, ou de l’acide sulfureux, à cause de l’insuffisance du lavage, ne seraient pas exposées à se détériorer comme des étoffes de ligneux retenant du chlore ou de l’acide sulfurique.
- Si le sous-carbonate de soude est plus susceptible d’attaquer la laine que les lessives alcalines ne le sont d’attaquer le ligneux, il est toujours facile de composer une solution de sous-carbonate de soude qui n’ait aucune action altérante sur la laine, à la température où se fait l’opération. Quant à l’eau de savon, elle ne peut attaquer . cette étoffe. Enfin, l’acide sulfureux, qui, comme agent de blanchiment, est à la laine ce que le chlore est au ligneux, ne peut dans ancun cas de la pratique altérer la laine ; non que celle-ci ne « puisse l’être par cet acide, mais pour que l’altération ait lieu il faut que le gaz sulfureux soit
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- pur ou presque pur, et que le contact en soit prolongé , ajoutons d’ailleurs que l’opérateur est averti de l’altération par la coloration même de la laine. 11 est donc bien plus facile de se rendre maître de l’acide sulfureux dans le blanchiment de la laine, que du chlore dans le blanchiment du ligneux.
- Mais en supposant la laine destinée à recevoir l’impression de dessins qu’on fixera plus tard à la vapeur, et qui devront apparaître sur un fond blanc, ou bien en admettant que la laine une fois blanchie soit dans le cas de recevoir de la part du teinturier une couleur claire et unie, il pourra arriver que la chaleur à laquelle elle sera soumise, soit par le fixage, soit par l’opération de la teinture proprement dite, détermine la manifestation de taches qui n’aurait point eu lieu avec du ligneux ou de la soie. Nous avons, dans notre rapport de 1839, parlé de ces taches que le contact d’une matière cuivreuse développe alors sur la laine, parce que sous l’influence de la chaleur il se produit un sulfure de cuivre de couleur de rouille, par la combinaison du soufre actuellement contenu dans la laine, et telle est la raison que nous avons eue d’insister sur la nécessité d’éloigner la laine du contact de toute matière cuivreuse, durant la préparation qu’elle subit depuis son lavage jusqu’à son blanchiment.
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- Nous ajouterons un nouveau; fait que nous avons eu T occasion d’observer il y a quelques mois. On nous consulta pour savoir comment il arrivait que des châles de laine, que l’on tissait depuis six mois environ en différents endroits de la Picardie, avaient l’inconvénient de noircir lorsqu’on les exposait à la vapeur. Après avoir reconnu que la chaîne seule se colorait, nous examinâmes l’encollage, et, à notre grande surprise, nous y constatâmes la présence d’un sel de plomb. Enfin nous trouvâmes ce sel dans un morceau de la colle forte qui avait servi à l’encollage, et qui provenait,. nous dit-on, d’une fabrique des environs de Lille. La conséquence de ce fait est évidente, c'est que dans le tissage de la laine, lorsqu'il est nécessaire d'encoller la chaîne, il faut absolument n'employer que des matières exemptes de sel de plomb ; et pour avoir la certitude que la gélatine en est dépourvue, il faut s'assurer préalablement que la solution qu'on en fera ne se colorera pas par l'acide suif hydrique, autrement on s’exposerait à avoir des étoffes qui deviendraient brunes par la réaction du soufre de la laine et du plomb.
- Ces considérations et les faits sur lesquels elles se fondent.,, ont une importance telle pour l’industrie et le commerce de nos tissus, que le jury a cru devoir les exposer avec quelque détail,
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- afin d’en rendre la connaissance profitable aux personnes que ces faits intéressent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. CARON ( Charles-Louis), à Beauvais (Oise). Blanchisserie de toiles.
- M. Caron a exposé deux pièces de toile d’un beau blanc.
- Le jury rappelle à l’exposant la médaille d’argent qu’il obtint en 1819, 1823 et 1827.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. YÉTILLART père et fils, à Pontlieue (Sarthe).
- Serviettes et toiles blanches.
- Toiles écrues 1/A blanc.
- Toiles de chanvre 1/A blanc.
- Le jury se plaît à rappeler la médaille d’argent que la maison Vétillart obtint en 1823 et en i83q, au double titre de fabricants et de blanchisseurs. U désire que l’exemple qu’ils ont donné, soit suivi, et c’est pour ce motif que nous mentionnons ici
- honorablement en 1844? nom de MM. Vétillart père et fils, comme blanchisseurs, indépendamment de leur mérite comme fabricants, et qu’à ce titre , nous les trouvons dignes de la nouvelle médaille d’argent que leur a décernée la commission des tissus.
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- MENTIONS HONORABLES.
- MM. MOTAY, GAPAIS et COCHET, à Paimpont ( Ille-et-Vilaine ).
- Blanchisserie de fils et de toile.
- MM. Motay, Gapais et Cochet blanchissent par l’ancien procédé, c’est-à-dire, au moyen des lessives alcalines et de l’exposition à l’air et à la lumière, dans un pays qui est en possession de cette industrie depuis quatre cents ans. Les produits de leur exposition, à la blancheur joignent toute la ténacité dont le ligneux est susceptible; d’un autre côté , comme leur blanchiment coûte peu, puisque MM. Motay, Gapais et Cochet prennent 4o francs pour cent kilogrammes de fils, le jury accorde à leur établissement, quoique petit, une mention honorable, et fait des vœux pour que les habitants de Paimpont, qui se livrent au blanchiment du fil et delà toile, continuent à le faire en profitant des progrès de la science, mais en conservant toujours la bonne qualité des produits de leur industrie.
- M. REYNAUD (Joseph), à Nîmes (Gard).
- Blanchiment des toiles de fil, des bas, des gants, des écheveaux de coton.
- Cet établissement d’un ordre secondaire , est signalé parle jury du Gard, comme rendant de véritables services à presque toutes les fabriques de Nîmes. Il blanchit par le nouveau procédé.
- Le jury accorde une mention honorable à M. J. Reynaud.
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- CITATION FAVORABLE.
- M. GREFFULHE (Alphonse), au Vîgan (Gard).
- Blanchiment au chlorure de chaux des tissus de lin et de fil, et principalement des bonnets et des bas de coton.
- L’établissement de M. Alph. Greffulhe est nouveau. Le jury du Gard, reconnaissant que le blanchiment qu’on y pratique est économique, et qu’il n’attaque pas la ténacité des tissus , le jury' centra! accorde une citation favorable à M. Alphonse Grel-fulhe.
- IIIe DIVISION.
- APPLICATIONS DES MATIÈRES COLORANTES SUR LES ÉTOFFES
- ET APPRÊTS.
- De-la différence extrême de stabilité qui peut exister entre des matières colorantes que l’on applique sur les fils ou les tissus, est née l’ancienne distinction des teintures en teintures de grand teint et en teintures de petit teint, selon que le teinturier fixait des matières colorées stables, ou des matières colorées aisément altérables par les agents atmosphériques. Les règlements qui ont régi jusqu’en 1789 l’exercice delà teinture, avaient pour objet essentiel de maintenir dans des ateliers dif-
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- férents la confection exclusive d’une de ces deux
- sortes de teintures, afin d’empêcher autant que
- ( *
- possible l’abus de donner dans le commerce pour étoffes de grand teint des étoffes de petit teint. Mais, à partir de 1669 jusqu’en 1750 , les difficultés de tracer la limite entre ces deux classes d’étoffes, augmentèrent tellement, qu’on sentit l’impossibilité de le faire d’une manière rationnelle , et par conséquent d’une manière équitable : enfin, la fabrication des toiles peintes à laquelle on commença à se livrer en France dans la dernière moitié du XY1 IIe siècle, contribua encore à amener ce résultat. Il arriva donc, qu’en 1789 tout était préparé non r seulement pour proclamer le libre exercice de la teinture , mais encore l’abolition de la distinction des teintures de grand teint, et des teintures de petit teint.
- Mais on ne peut se dissimuler que cette extrême liberté, en détruisant toute garantie commer-ciale, relativement à la confection des teintures-et à la vente des étoffes teintes, eut un.inconvé-nient dont la gravité aurait été plus tôt sentie, si le pays, au lieu de se livrer à une guerre qui se prolongea pins de vingt ans, eût dirigé son activité comme il le fait aujourd’hui vers l’industrie et le commerce. En effet, pour peu qu’on soit préoccupé des moyens de donner toute l’exten-
- II.
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- sion possible à l’exportation des produits de nos manufactures, on voit combien la bonne foi et la loyauté dans les transactions sont nécessaires au maintien et à l’extension de notre commerce extérieur, en ne vendant les choses que pour ce qu’elles valent rééllement. On ne peut donc élever la voix trop haut pour blâmer ceux qui font autrement, car ils peuvent s’arranger de manière à ne courir aucun risque, lorsque cependant ils frappent de discrédit pour un temps plus ou moins long [sur le marché étranger les produits analogues à ceux qu’ils y ont versés.
- En attendant que des mesures législatives, dont la nécessité a déjà été sentie par la chambre des députés, lorsqu’il s’est agi des marques des marchandises, donnent une sécurité indispensable au développement de notre industrie sans en entraver les progrès, il est utile d’encourager et de mentionner honorablement tous les efforts qui tendent à rendre nos teintures les plus stables possible, lorsqu’il s’agit de les appliquer à des tissus qui sont destinés, comme les draps feutrés, les étoffes pour meubles, à subir l’action de la lumière et de l’air, ainsi que le contact de toutes lés matières auxquelles l’usage qu’on en fait les expose. Il est donc clair que les considérations suivantes ne s’appliqueront qu’aux tissus dont nous venons de parler, car des couleurs altérables
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- fixées sur des étoffes légères destinées aux toilettes les plus élégantes, ne devant servir que quelquefois, ne ' présentent en réalité aucun des inconvénients sur lesquels nous appelons l’attention de tous ceux qui s’intéressent aux progrès de l’industrie dans l’intérêt même du pays.
- - Exposons le plus brièvement possible l’état actuel des choses eh teinture, au point de vue où lé jury central doit les envisager relativement à la diversité et à la stabilité des couleurs que le teinturier peut produire, et relativement à la mode ou à l’usage qui adoptent un certain nombre de ces couleurs, à F exclusion des autres.
- On peut faire du rouge, du jaune, du bleu stables, lorsqu’on ren monte les tons à une certaine hauteur, car il ne faut pas se dissiihuler que les tons clairs de couleurs réputées solides, sont généralement altérables, et pour n’en citer qu’un exemple, nous prendrons les bleus d’indi-gotine sur laine ; ils sont de grand teint à une certaine hauteur, et de petit teint dans les tons très-clairs quand on compare la stabilité de ^x-ci à celle des tons foncés.
- On peut faire des couleurs dites binaires pareillement stables telles que les orangés, les verts, et même les violets.
- Enfin, on peut teindre en noir stable; mais nous devons entrer dans quelques détails concer-
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- nant la confection de cette teinture, parce qu’elle est la base des couleurs dites rompues ou rabattues au nombre desquelles il faut mettre les gris normaux et les gris de couleur.
- Les gris normaux résultent du mélange en diverses proportions du blanc et du noir pur, c’est-à-dire d’un noir qui ne présente aucune couleur simple ou binaire appréciable. On les obtient en fixant sur une étoffe blanche une quantité de molécules noires insuffisante pour en masquer, toute la blancheur ; le gris naît donc d’un mélange de parties dont les unes absorbent la lumière blanche, et les autres la réfléchissent, et les gris normaux ne sont en. définitive que les tons du noir mêlé au blanc en proportions diverses.
- Les gris de couleur résultent du mélange du noir normal, du blanc et d’une couleur quelconque , ou, ce qui revient au même, ils résultent du mélange du gris normal et d’une couleur quelconque.
- Il existe deux procédés généraux pour faire le non^^
- ^Premier procédé. Il consiste à prendre pour base du noir l’acide tannique ou l’acide gallique, l’hématineet l’oxyde de fer, en un mot la partie colorante essentielle de l’encre à écrire. Si l’on veut être vrai, il faut dire que cette partie colorante réfléchit des rayons bleus, de sorte qu’elle
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- ne peut passer pour être absolument noire, et il faut ajouter qu’elle n’est pas très-stable, carpelle tend à rougir d’abord , puis à devenir fauve sous l’influence des agents atmosphériques.
- Lorsqu’il s’agira de faire des couleurs rabattues ou des gris de couleur par le premier procédé, il suffira d’appliquer ce noir sur des étoffes déjà teintes en couleur rouge, orangée, jaune, verte, bleue ou violette, ou bien d’appliquer à la fois des molécules noires et les molécules de couleur rouge, orangée, jaune, verte, bleue ou violette , mais ces gris ne seront pas plus stables que les gris normaux faits par ce premier procédé.
- Deuxième procédé. Il consiste à faire un noir composé de bleu, de rouge et de jaune, ou, ce qui donne le même résultat, à fixer sur les étoffes des molécules de couleurs naturellement complémentaires, telles que le rouge et le vert, le bleu et l’orangé, le jaune et le violet, dont la proportion respective sera telle que l’une ne dominera pas sur l’autre. Évidemment en prenant les couleurs les plus solides, le bleu de cuve, le rouge de cochenille, le jaune degaude, l’orangé brun de la garance, etc., on parviendra à faire le noir le plus stable qu’on connaisse, et par conséquent, les gris normaux, les couleurs rabattues et les gris de couleur. Mais il ne faudrait pas croire que
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- les gris obtenus par ce procédé soient absolument stables, puisque, d’après la remarque que nous en avons faite déjà , les tons clairs des couleurs stables ne le sont pas, et que leur altérabilité est d’autant plus grande qu’ils sont plus clairs ; mais évidemment ils seront stables à ton égal, par rapport à des gris préparés avec des couleurs instables.
- Prenons maintenant en considération la mode ou l’usage qui adoptent certaines couleurs de préférence aux autres, et considérons des étoffes ou tissus de couleur unie et des tissus de couleurs variées.
- A. Étoffes ou tissus de couleur unie.
- a ) Draps feutrés, mérinos, napolitaines.
- *1
- Pour les vêtements d’hommes, qui ne sont pas costumes ou uniformes, les couleurs franches ne sont plus d’usage, excepté lorsqu’il s’agit de gilets, et plus rarement de pantalons. Si depuis l’adoption du frac, après le régime de la Convention , on a porté des habits vert-pomme, vert-laû-rier, bleu-barbeau, ces couleurs ont été passagères, même sous le consulat et l’empire ; et depuis l’application du bleu de Prusse sur la laine , les tons moyens de cette couleur, nous ne disons pas les tons clairs, n’ont été que bien peu portés, et en pantalons seulement : car le peu
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- d’habits et de redingotes confectionnés avec des draps teints de cette matière, étaient à des tons tellement foncés, que l’éclat de la couleur ne s’apercevait qu’au reflet; et tant que le goût des couleurs foncées persistera, la supériorité de l’éclat du bleu de Prusse sur l’éclat de l’indigo-tine, ne sera point un motif suffisant de préférer les draps teints avec le premier aux draps teints avec l’indigo.
- La mode, actuelle proscrit, à l’égard des habits d’homme qui ne sont pas costumes ou uniforffifes,
- V f ' '
- l’usage des draps de couleurs franches montées à des tons où la couleur se montre le plus avantageusement possible par l’intensité qui lui est propre ; elle proscrit également les draps de tons clairs de ces mêmes couleurs franches ; ainsi, presque toutes les couleurs de nos étoffes pour pantalons sont plus ou moins rabattues et rentrent par là dans la catégorie des gris ; et nous devons ajouter qu’en général elles sont altérables pour deux raisons, parce que les tons en sont clairs ou moyens et qu’elles ont été confectionnées avec des matières colorantes de petit teint.
- Si la mode et l’usage ne proscrivent pas de l’habillement des femmes les couleurs franches sur tissus minces de laine, ils sont cependant pour cela bien loin de rejeter les couleurs rabattues ainsi que les gris ; car les tissus de ces co.u-
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- leurs sont constamment recherchés, et quand on les envisage sous le rapport de la stabilité, ils donnent lieu à des observations tout à fait identiques à celles que nous venons d’exposer en parlant des étoffes destinées à l’habillement des iujjpmes.
- 'Si nous appliquons maintenant les considérations précédentes aux étoffes de couleur unie, qu|, à cause de l’usage qu’on en fait, doivent re-cé&rir les matières colorantes les plus stables, nows louerons MM. Boutarel, Chalamel et Mo-niqi, d’avoir mis dans le commerce des mérinos et <ipautres tissus destinés à l’habillement et à l’a-mén-blement, dont les couleurs rabattues ont été faites par le second procédé, avec du jaune , du rouge, du bleu et de l’orangé de grand teint ; en faisant des vœux pour que leur exemple soit suivi, nous esp'érons que le public appréciera le plus tôt possible tous les avantages de ces teintures, sur celles qui sont de petit'teint.
- Conformément aux vues que nous venons de développer, nous n’avons pu citer favorablement, dans notre rapport, des essais au moyen desquels on a voulu remplacer l’indigotine par des ingrédients de petit teint, soit en remontant du bleu d’indigotine avec du campêche, soit en faisant du bleu avec du campêche seulement ; les étoffes teintes par ce procédé n’ont pu soutenir les épreu-
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- ves du soleil, que tous les draps destinés à l’habillement doivent supporter pour être réputés de bon teint.
- Enfin si on peut justifier le procédé du bleu dit de Nemours, qui consiste à remonter du drap piété d’indigotine avec du calliatour, ce n’est qu’à la condition de considérer cette couleur ainsi remontée comme rabattue, et non comme une couleur franche destinée à remplacer l’indigotine fixée sur les draps à l’exclusion de tout autre principe colorant ; car si la partie • colorante du calliatour donne au drap piété de bleu une nuance de violet, en s’altérant assez rapidement sous l’influence de l’atmosphère, elle finit par prendre une teinte rousse qui nuit à la couleur bleue de l’indigotine, et cet inconvénient n’est pas, à nos yeux, racheté par l’avantage que peut avoir le drap bleu de Nemours de ne pas blanchir sur les coutures, ainsi que cela arrive assez fréquemment aux draps teints à l’indigo seulement. Au reste nous avons tout lieu d’espérer, d’après les expériences qui nous occupent, que d’ici à peu de temps on sera en mesure de fixer plus fortement l’indigotine qu’on ne le fait aujourd’hui.
- b) Tissus de soie.
- \
- Les tissus de soie étant constamment recherchés par la mode et l’usage, avec toutes les cou-
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- leurs imaginables franches ou rabattues que la soie filée avec laquelle on les confectionne est susceptible de recevoir, le teinturier en soie se trouve par là même obligé de varier ses procédés bien plus que ne l’est le teinturier en-laine.
- Si la soie peut, à la rigueur, recevoir plus souvent que la laine, sans inconvénient, des couleurs de petit teint, nous aurions tort de ne pas insister sur les avantages qu’il y a de la teindre en couleurs stables lorsqu’elle est destinée à des tissus de prix propres à l’habillement ou à l’ameublement. Dans ce cas, ce que nous avons dit des couleurs rabattues stables au sujet de la laine, est applicable à la soie.
- De 1839 à 18àl on a trouvé un procédé de teindre la soie en un bleu supérieur en intensité et en beauté au bleu Raymond. Ce bleu, qui est à la soie ce que le bleu de France est à la laine, est sans doute le résultat de recherches qui ont été provoquées par la découverte de ce dernier. Le nouveau procédé de teindre la soie en bleu, consiste essentiellement à la passer successivement dans un bain de protochlorure d’étain et de sulfate de peroxide de fer, et dans un bain de prussiate de potasse jaune acidulée; à répéter la succession de ces bains, deux, trois et même quatre fois ; enfin à donner un avivage avec de l’eau aiguisée d’acide sulfurique.
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- B. Tissus de couleurs variées.
- Depuis 1839, des progrès sensibles ont été faits dans l’art d’imprimer sur étoffe de laine; etl’exT tension de cette branche d’industrie a justifié, les prévisions que nous avons exposées dans le rapport que nous fîmes au jury central de cette année. Non-seulement les impressions ont été généralement meilleures parce que les bons procédés mécaniques se sont multipliés, mais le bleu de France d’abord, et le bleu sur soie ensuite, ont conduit à la découverte d’un moyen de produire sur les étoffes de laine imprimées un bleu analqgue qui est une véritable conquête industrielle. Aussi, dès que ce bleu, qui paraît avoir été imprimé pour la première fois en 1841, dans les ateliers de M. Léon Godefroy, par M. Krugg, a paru dans le commerce, il a été extrêmement recherché, surtout lorsqu’il a été imprimé en zone dont la cour leur au lieu d’être unie est dite fondue. C’est ici le cas de rappeler que le procédé de faire par impression des couleurs fondues ou des fondus, a été pratiqué pour la première fois dans la fabrication des papiers peints, et que l’invention en est due à M. Spoerlin, de Mulhouse.
- Nous signalerons encore comme devant être encouragés, des essais faits par M. Carré, imprimeur en relief sur étoffes de laine, pour enlevage
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- par les rongeants sur des fonds noirs, etc. Il a exposé des dessins blancs sur fond noir produits par ce moyen, qui donnent lieu d’espérer que l’on finira par faire sur la laine ce que l’on fait depuis longtemps sur calicot.
- Nous terminerons ces considérations générales par une observation relative aux effets très-différents qui naissent des manières diverses dont les mêmes couleurs peuvent être réparties sur une étoffe imprimée ou dans une étoffe, un châle par exemple, qui est tissé avec des fils teints de diverses couleurs. Toutes choses égales d’ailleurs pour une petite surface, plus il y a de couleurs, plus elles sont opposées les unes aux autres, et plus elles perdent en éclat, en brillant, en pureté. La raison en est que les rayons de lumière diversement colorés émanant de surfaces contiguës , tendent à agir d’après le principe du mélange, c’est-à-dire qu’émanant de surfaces étroites et contiguës, le bleu et le jaune tendent à produire du vert, le jaune et le rouge de l’orangé , le bleu et le rouge du violet; enfin le bleu et l’orangé, le jaune et le violet, le rouge et le vert, tendent à produire du noir ou du gris, suivant leur ton et leur proportion respective. Conséquemment, une condition à remplir, lorsqu’on veut que les couleurs parlent aux yeux par des contrastes, c’est que les surfaces qui réfléchis-
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- sent les couleurs simples ou binaires, aient une étendue suffisante pour que l’œil les distingue les unes d’avec les autres; et un moyen d’obtenir ce résultat, lorsque les surfaces, quoique distinctes, sont petites, est de circonscrire chacune d’elles par un trait noir.
- Cette observation rend bien compte de la différence qui existe sous le rapport des effets de couleur entre les châles actuels presque entièrement couverts de dessins de toutes sortes de couleurs , et les châles de cachemire que l’on recherchait il y a une trentaine d’années à cause de l’éclat de leurs couleurs contrastantes. Si les premiers châles rappellent le goût oriental par le dessin, ils ne le rappellent plus par l’éclat de leurs couleurs, car la variété de celles-ci est telle, et la surface que chacune d’elles occupe a si peu d’étendue, qu’à une faible distance ces châles paraissent gris.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- M. VIDALIN, à Lyon (Rhône).
- M. Vidalin , toujours à la tête du plus grand atelier de Lyon pour la teinture, a exposé cette année diverses couleurs sur laine, soie et coton filés, 'et sur tissus.
- Parmi les produits de son exposition, on remar-
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- quait deux gammes de soie, dont l’une a été teinte en violet avec l’orcanette, et l’autre en jaune au moyen du chromate de plomb.
- M, Yidalin obtint l’année dernière, lors du passage de S. A. R. le duc de Nemours à Lyon, la croix de la Légion d’honneur. Il avait obtenu la médaille d’or à l’exposition de 1839. Le jury dé 1844 Ie trouvant toujours digne de cette récompense, la lui rappelle.
- MM. MALARTIG, PONCET et Cie, à Courbevoie (Seine).
- Cette maison obtint en i834, sous la raison Merle et Mâlartic, une mention honorable, et en 1839, sous la raison Merle, Malartic et Poucet, gérants de la société du bleu de France, à Saint-Denis, une médaille d’or.
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- MM. Malartic, Poncet et C,e ont exposé dix ou douze pièces de draps et autant d’étoffes légères, de la laine en toison et de la laine filée, teintes en bleu de France.
- Le jury rappelle à cet établissement la médaille d’or que leur valurent la teinture de la laine en bleu de France, ,à l’exposition d.e i83g.
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- MÉDAILLES D’OR.
- MM. BOUTAREL frères, CHALAMEL et MONIER. Siège de l’établissement rue et île Saint-Louis, n° 71, fondé en 1800. Teintureries à Glichy-la-Garenne et à Saint-Denis. Apprêt et teinture dans File Saint-Louis.
- MM. Boutarel frères, Chalamel et Monier, teignent les napolitaines, les mérinos, les stoffs, en ün mot, tous les tissus de laine non feutrés, en toutes sortes de couleurs, y compris le bleu de France, qui ne laisse rien à désirer.
- Ils teignent encore la soie et même le coton en écîievaux.
- Enfin ils apprêteiit non-seulement les étoffes de laine teintes dans leur établissement, mais encore toutes celles qui Tayaut été ailleurs , leur sont confiées par le commerce pour l’apprêt seulement.
- Ils ont cent feux, trois machines à haute pression de quatre-vingt-dix chevaux ; ils occupent sept cents ouvriers ; c’est l’établissement le plus considérable de son espèce qui existe en France. Il est parfaitement dirigé sous le point de vue de l’administration; et la confection de tous les produits qui en sortent est irréprochable.
- Dans l’exposition de MM. Boutarel, Chalamel et Monier, il y a des tissus de couleurs de fantaisie ou, en d’autres termes , de couleurs rabattues, qui ont fixé l’attention du jury à cause de Tuni et de la Stabilité de leur teinte. Il est à désirer que ces messieurs continuent ce genre de teinture, si supérieur
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- à ce qu’on fait généralement en couleur de petit teint, et nul doute que si le consommateur, mieux éclairé sur ses véritables intérêts, reconnaissait à l’usage cètte supériorité, il né préférât aux couleurs de petit teint, les couleurs solides que MM. Bouta-rel, Chalamel et Monier se proposent d’y substituer, du moins lorsqu’il s’agira de teindre des étoffes de quelque valeur destinées à f habillement ou à l’ameublement.
- L’établissement de MM. Boutarel, Chalamel et Monier est digne à tous égards de recevoir une mé* daille d’or.
- M. LÉYEILLÉ (Jean-Charles), à Rouen (Seine-
- Inférieure). V
- M. Léveillé a fondé à Rouen le plus grand établissement de teinture en rouge turc qui existe. 11 est connu du commerce de la Seine-Inférieure pour faire les couleurs les plus solides comme les plus belles*, et le jury de ce département a signalé surtout les couleurs fleur de mauve , fleur de pêcher et hortensia, faites depuis 1839. Les teintures de M. Léveillé, au mérite de la beauté, réunissent celui de la solidité, ainsi que nous l’avons constaté par de nombreux essais.
- En 1822, il teignait de 800 à 1000 kilogrammes de coton par semaine, aujourd’hui il en teint de 6000 à 8000 ; il occupe cent vingt ouvriers.
- Depuis 1839, il a fondé deux filatures de coton de vingt-neuf milles broches, trois cent quatre-vingts ouvriers y sont occupés, et le fil qui en sort est de première qualité et de numéros plus élevés que ceux
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- qu’on avait faits auparavant dans le département.
- M. Léveillé est l’artisan de sa fortune : il jouit de l’estime publique. Le jury de la Seine-Inférieure le recommande d’une manière toute particulière au jury central.
- En 18^9, il obtint la médaille d’argent; aujourd’hui il est digne de la médaille d’or par la continuité de ses efforts à perfectionner les produits de ses établissements, et par les succès qui les ont couronnés.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. GUINON (Philibert), à Lyon (Rhône).
- M. Guinon est un ancien élève-lauréat de la Martinière, de cette institution qui, grâce aux excellentes méthodes d’enseignement que M. Taba-reau y a établies , exerce aujourd’hui et exercera de «plus en plus son influence sur la fabrique de Lyon.
- M. Guinon est à la tête d’un grand établissement de teinture sur soie ; il fait avec une rare perfection les teintures les plus variées, et il est constamment occupé à chercher de nouveaux procédés ou à perfectionner les anciens. G’est à lui que la fabrique Lyonnaise est redevable du jbleu-Ncipoléon, qui est pour la soie ce que le bleu de France est pour la laine. La première pièce de velours de ce bleu est sortie de la fabrique de M. Teillard. Depuis cette époque M. Guinon a soumis la soie teinte en cette couleur a une manipulation chimiqueïqui en rend le tissage plus facile qu’il n’étâit auparavant.
- M. Guiuon à exposé une belle gamme de bleu n 58
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- Napoléon, plusieurs gammes de couleur grenat et de ses nuances dont la base est le produit de la solution mixte des nitrates de protoxyde et depéroxyde de mercure, solution dont l’usage en teinture avait été déjà recommandé par M. Lassaigne.
- Le jury décerne une médaille d’argent à M. Gui-non.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. FÉAU-BÉCHARD, à Passy (Seine).
- Teinture et apprêt sur laine.
- M. Féau-Béchard teint avec succès les mérinos , le satin-laine, les tissus de laine et de soie, et les tissus de coton. Il travaille à des prix très-bas et mérite bien le rappel de la médaille de bronze qui lui fut décernée en 1839.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. STEINER, à Ribeauvillé (Haut-Rhin).
- M. Steiner a exposé des toiles peintes que la commission dés tissus et le jury central ont jugées dignes de valoir à leur auteur une médaille de bronze. En citant de nouveau le nom de M. Steiner, nous voulons fixer l’attention sur la beauté du rouge turc des toiles de ce fabricant, afin de l’encourager à continuer les recherches qu’il a entreprises pour simplifier les procédés de cette teinture que l’Orient nous a donnée et que nos teinturiers ont déjà bien perfectionnée, en découvrant les moyens d’aviver le
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- rouge et de varier les nuances que le coton soumis à ce procédé est susceptible de recevoir de la garance; mais, en recommandant la simplification des opérations de cette sorte de teinture, nous imposons la condition expresse de l’obtenir, sans compromettre la solidité des couleurs.
- M. CERCEUIL , à Paris, rue Traversière-Saint-Antoine, 9.
- M. Cerceuil opère dans ses ateliers la teinture et la division des laines que les fabricants de papiers peints emploient sous le nom de tontisse pour faire le velouté sur papier.
- Il a pour moteur une machine à haute pression de la force de huit chevaux ; il occupe une quarantaine d’ouvriers.
- Les produits de M. Cerceuil sont très-estimés, non-seulement en France, mais encore en Allemagne , en Italie, en Espagne, et même en Angleterre ; aussi exporte-t-il presque autant de produits qu’il en vend en France.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. FARGE, à Lyon (Rhône).
- M. Farge est élève de la Martinière, comme M. Guinon, et, comme lui, il se livre à la teinture de [la soie, en couleurs variées. Il travaille avec intelligence et fait tous ses efforts pour perfectionner lys procédés de son art. Il occupe trente ouvriers.
- Il a exposé plusieurs gammes qui justifient nos éloges.
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- M. Farge mérite une médaille de bronze, et il est du nombre de ceux qui donnent de l’espérance.
- MM. DAVID et MILLIANT, à Valbenoite, près Saint-Étienne (Loire).
- Soies teintes en couleurs variées pour la fabrique de Saint-Étienne.
- L’exposition de MM. David et Milliant a justifié les recommandations que le jury de laLoire'a adressées au jury central en faveur de ces exposants, relativement aux services qu’ils rendent journellement à la fabrique de Saint-Etienne; car, en teignant la soie en couleurs franches, en couleurs rabattues, en couleurs dégradées, propres à satisfaire aux demandes de la mode qui, chaque année, font sortir des ateliers de Saint-Etienne cette profusion de rubans variés à l’infini, ils concourent efficacement à entretenir une des sources principales de la richesse de cette ville.
- MM. David et Milliant sont dignes de recevoir une médaille de bronze.
- M. BRUNEL, à Avignon ( Vaucluse ).
- Soie teinte en noir.
- M. Brunei, teinturier à Avignon, jouit dans cette ville de la réputation de faire sur la soie un noir excellent propre à la confection d’un genre d’étoffe qui est une des principales branches de là fabrique de Vaucluse. Aussi s’est-il présenté à l’exposition sous, le patronage du jury de son département et avec des certificats d’un grand nombre de
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- fabricants d’Avignon que cette sorte de teinture; intéresse et qui reconnaissent M. Brunei pour avoir contribué à conserver la fabrication des tissus noirs de soie à l’industrie de leur département.
- Le jury décerne unemédaillede bronze à M. Brunei , en considération des services qu’il a rendus à la fabrique d’Avignon.- ,
- NON EXPOSANT.
- M. LÀLLEMANT fils, à Sedan ( Ardennes ). Teinture du drap.
- M. Lallemant fils, de Sedan, est recommandé par le jury de son département pour son mérite comme teinturier, mérite qu’il n’est guère possible de contester, lorsqu'on sait qu’il est l’auteur des teintures en noir et en couleur des draps de MM. Ber-tèche, Bonjean et Chesnon , ainsi que des teintures des beaux draps de M. Adolphe Renard : il est donc digne.dë recevoir une médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. BISSON , à Guisseray (Seine-et-Ôise ).
- Retorderie des fils de lin. '
- Blanchisserie.
- Teinturerie. -
- Le jury , après avoir examiné les produits de M. Bisson, particulièrement ses fils de lin retors et blanchis, lui accorde une mention honorable.
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- M. BONAVION ( Pierre ), à Avignon (Vaucluse).
- M. Pierre Bonavion a exposé une préparation de garance propre à être appliquée à la planclie ou au rouleau sur les tissus de coton et de soie ; il a exposé en outre des tissus qui ont été soumis à cette application. Le j ury n’ayant pas tousles éléments nécessaires pour juger ces objets définitivement, pense cependant queM. P. Bonavion mérite une mention honorable à cause desnombreux essais qu’il a tentés dans la vue de résoudre un des problèmes les plus importants de l’impression sur tissus.
- Apprêt des étoffes.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. Th. DESCAT, gérant de la maison Descat-Crouset, à Roubaix et à Fiers (Nord).
- Tein ture et apprêt des étoffes de Roubaix.
- Cet établissement, dont la"fondation remonte à i8i3, est un des plus considérables du département du Nord; il occupe 900 ouvriers, compte 6 machines à vapeur représentant 85 chevaux, 1 2 générateurs équivalent à 3io chevaux , et 115 feux. Le jury du Nord reconnaît que M.Th. Descat, gérant de cet établissement, a exercé la plus heureuse influence sur le développement de la fabrique de Roubaix.
- . Le jury central lui décerne en conséquence une médaille d’argent.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. VERMONT et Cie, à Rouen (Seine-Inférieure).
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- Apprêt des mouchoirs, des indiennes, du coutil, du calicot moiré, de la siamoise, etc., etc.
- La maison de MM. Vermont et Cie date de 1766; le jury de Rouen reconnaît que l’apprêt des étoffes depuis 1839 a beaucoup gagné, et que M. Vermont a une grande part dans le perfectionnement des procédés d’apprêt qui sont si propres à augmenter la valeur des tissus auxquels on les applique.
- M. Vermont occupe 5o ouvriers; il travaille avec une pompe à feu de la force de 16 chevaux.
- Le jury accorde à MM. Vermont et Cie une médaille de bronze.'
- M. ERNOULT-BAYART, à Roubaix (Nord). Apprêt des étoffes de Roubaix.
- M. Ernouît-Bayart est propriétaire d’une filature de laine cardée dont les produits ont fixé , par leur bonne qualité j l’attention de la sous-commission des filatures de laine. En outre, le jury départemental du Nord reconnaît que « par la grande per-» fection de ses apprêts à fouler, M. Ernoult-Bayart » a développé dans le pays une lutte qui a profité » à la fabrique et qui lui permet de ne plus recou-» rir à Elbeuf pour le foulage dé ses étoffes. »
- M. Ernoult-Bayart, en empêchant que les tissus de la fabrique de Roubaix fussent envoyés à Elbeuf
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- pour y être foulés, a procuré à son pays l’économie d’un transport, et a rendu ainsi un vrai service, non-seulement à sa localité , mais encore à tous ceux qui font usage des tissus de Roubaix soumis à ce genre d’apprêt, puisque le prix de ces tissus a subi un abaissement notable tout à l’avantage des consommateurs.
- Le jury, appréciant la bonne qualité de la filature des laines cardées de M. Ernoult-Bayart, le soin avec lequel il apprête les tissus, et reconnaissant le service qu’il a rendu à la localité , en y établissant une foulerie, lui accorde une médaille de bronze.
- IVe DIVISION.
- RÉPARATION DES TISSUS GÂTÉS PAR 1,’USAGE.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. DIER, à Paris, rue Saint-Honoré, 347.
- Remise à neuf des vieux habits.
- Le jury rappelle à M. Dier la médaille de bronze qu’il obtint en i83q.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. FRICK, teinturier-dégraisseur, à Paris, rue de la Paix, 9, et rue Saint-Merry, 10.
- M. Frick a exposé des châles, des dessus de fau-
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- teuil, des tapisseries, etc., qu’il a remis à neuf, avec un véritable succès.
- Il ne se borne pas à. nettoyer les étoffes salies, h faire disparaître les taches quelles ont pu recevoir; il remet à neuf les châles qui ont été portés longtemps, et non-seulement il peut changer la couleur des fonds, mais encore celles des palmes, des dessins; son procédé diffère donc de celui de M. Klein, qui a été décrit dans le rapport du jury de 1839 , tome 3, page 327 , procédé qui consiste à appliquer une réserve d’albumine sur les dessins, et à passer ensuite le châle ainsi réservé dans un bain de teinture.
- M. Frick est digne de recevoir la médaille de bronze que le jury lui accorde.
- MENTION HONORABLE.
- M. PICOT, teinturier-dégraisseur, à Paris, rue Saint-Martin, 291,
- Mérite une mention honorable par le soin qu’il apporte pour remettre à neuf les tissus de ligneux, de soie et de laine salis et tachés par l’usage.
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- SECTION "VI.
- CHAUFFAGE.
- M. Pouillet, rapporteur.
- Considérations générales.
- La question du chauffage se rattache à plu-
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- sieurs autres questions intéressantes qui sont elles-mêmes fort complexes : celle de la salubrité , celle de T exploitation des combustibles et celle de l’emploi et de la distribution de la chaleur dans les arts industriels. Bien que dans cette partie de nos rapports nous ayons plus particulièrement à examiner la construction des appareils qui sont destinés, soit aux usages domestiques, soit au chauffage des édifices, des habitations , des serres et des étuves, nous ne pouvons pas cependant nous dispenser de les apprécier et de les comparer sous les divers points de vue de la salubrité, de la nature du combustible et
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- de l’économie. Il est assez difficile, pour faire ces comparaisons, d’établir des catégories régulières et de faire un classement méthodique de l’ensemble des procédés, des appareils et des innombrables inventions qui se rapportent aux divers systèmes de chauffage. Cependant nous avons adopté les divisions suivantes comme étant les
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- plus propres à rapprocher les appareils qui ont en définitive la même destination :
- 1° Chauffage des grands édifices et des serres ;
- 2° Calorifères ;
- 3° Appareils culinaires ;
- h° Cheminées ;
- 5° Appareils de blanchiment et de buanderie ;
- 6° Appareils spéciaux pour la dessiccation.
- . Chauffage des grands espaces.—Le chauffage des édifices, des ateliers, et en général des grands espaces, se fait aujourd’hui par quatre procédés différents : par l’air directement chauffé dans le foyer ; par la vapeur circulant dans des tuyaux et dans des poêles à vapeur; par l’eau portée à urié haute température dans des tuyaux de fer de' petits diamètres, et circulant dans des tuyaux pareils, capables de soutenir partout une haute pression; enfin par la 'circulation de l’eau, chauffée dans des chaudières convenables et portée par de larges tuyaux dans des .poêles à eau. Comme, en'définitive, le but qu’on se propose est de chauffer l’air, pour qu’à son tour il chauffe, par son contact, les murs et tous les objets contenus dans leur enceinte, on comprend que le premier procédé se trouve mêlé de diverses ma?-nières aux trois suivants ; mais avec cette différence que l’air chauffé par les tubes ou poêles remplis d’eau ou de vapeur, n’est jamais exposé
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- à prendre de hautes températures comme l’air qui se chauffe dans des foyers par son contact avec des surfaces incandescentes. Bans ce dernier cas l’air est altéré par les combinaisons qu’il forme, et de plus il est vicié par les émanations insalubres dont il se charge; c’est pour cette raison et pour d’autres encore que l’on renonce de plus en plus au premier procédé, c’est-à-dire au chauffage direct et immédiat de l’air dans le foyer.
- Quant aux trois autres procédés, ils peuvent,' suivant les circonstances, offrir dés avantages particuliers, mais le chauffage à circulation d’eau, moyennement chauffée dans des chaudières convenables, paraît en général mériter la préférence, pour diverses raisons et particulièrement parce qu’il chauffe vite, parce que sa chaleur se distribue aisément et se gradue a volonté et d’une manière indépendante dans les diverses localités d’un édifice, et. enfin parce que la grande masse d?eau chaude qui continue à circuler après la cessation du feu, entretient sans aucun service de nuit une température qui rend les pièces habitables dès, le matin.
- La ventilation, plus ou.moins abondante, qui est presque toujours une condition indispensable du chauffage, s’établit par dés dispositions analogues et se modère également bien dans les divers systèmes. ,
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- Calorifères. — Les calorifères proprement dits rentrent exclusivement dans le premier des procédés dont nous venons de parler, et ils en ont tous les inconvénients ; cependant quand les espaces sont trop restreints pour que l’on puisse avec avantage établir des chaudières pour la vapeur où pour- la circulation d’eau, on comprend que les calorifères deviennent indispensables. Cela arrive non-seulement dans l’intérieur des appartements ordinaires, mais surtout dans un grand nombre d’ateliers, où des étuves plus ou moins chauffées sont nécessaires, soit pour l’évaporation , le séchage et la dessiccation , soit pour déterminer des réactions chimiques qui ne s’accomplissent qu’à des températures déterminées. Il se présente ainsi, soit dans les services particuliers, soit dans les fabrications industrielles, une foule de circonstances où les calorifères doivent être exclusivement préférés. Nous sommes donc obligés d’attacher une haute importance à leur perfectionnement général et à la diversité des formes ou des dimensions par lesquelles ils s’approprient à ces divers usages.
- Appareils culinaires.. — On pourrait facilement se tromper sur la place que les appareils culinaires doivent tenir dans notre nomenclature ; on serait peut-être tenté de les reléguer , au dernier rang, comme les moins considérables et les
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- moins dignes d’attention. Cependant, nous n’hésitons pas à le dire, il n’en existe pas, dans toute l’économie de la chaleur, qui aient plus de titres à occuper le premier rang, parce qu’il n’en existe pas qui concourrent d’une manière plus efficace au bien-être du peuple, et qui puissent en même temps réaliser en sa faveur d’aussi grandes épargnes.
- Depuis que Lemare, par son zèle ardent et par son esprit inventif, a donné la première impulsion à ce genre de recherches, en composant d’une manière si ingénieuse son caléfacteur, de nombreux perfectionnements se sont succédé ; et partout aujourd’hui, à l’étranger comme en France, une famille entière peut se chauffer et préparer ses aliments avec une dépense de combustible qui n’est pas peut-être la dixième partie de ce qu’elle était auparavant. Ces avantages, qui • semblaient d’abord être réservés aux populations des villes, s’appliquent avec le même succès aux populations des campagnes ; car il est bien peu de régions maintenant où la plus grande partie ides habitants ne soit exposée à être mal chauffée et mal nourrie, si elle n’a pas recours aux moyens économiques d’utiliser la trop petite portion de combustible qu’il lui est donné de se procurer.
- Tout en mettant au premier rang, comme étant les plus essentiels et les plus profitables, les per-
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- fectionnements dont nous venons de parler, nous ne devons pas omettre de mentionner aussi ceux qui se rapportent aux appareils culinaires des grandes maisons et des réunions nombreuses, non plus que ceux qui se rapportent aux appareils culinaires destinés à la marine, soit qu’ils aient simplement pour but la préparation des aliments, soit qu’en outre ils aient pour but de distiller l’eau de mer, pour la consommation de l’équipage.
- Cheminées. — Il est présumable que la dépense de combustible qui se fait dans les cheminées d’appartement est beaucoup moindre que celle qui se fait dans les calorifères et dans les appareils culinaires ; cependant elle est encore bien assez grande pour mériter une attention particulière. A cet égard nous avons fait aussi de grands progrès : mais les plus saillants, les plus caractéristiques , remontent à un certain nombre d’années. L’exposition n’oifrait rien qui méritât d’être signalé, seulement, tout ce qui tient à la construction proprement dite, à la décoration et à la salubrité, est mieux entendu et offre un choix plus économique et plus varié. ,
- Quant aux deux dernières catégories, l’exposition nous a offert plutôt des idées nouvelles à l’état d’essai, que des appareils, en cours pratique d’exécution, ayant déjà subi toutes les épreuves
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- de l’expérience. En terminant ces considérations générales nous devons faire remarquer que la plupart des exposants se sont distingués dans plusieurs genres d’appareils, et si leurs noms ne se trouvent mentionnés que dans une seule catégorie , c’est que la récompense qu’ils ont reçue \
- leur a été plus spécialement accordée à raison des appareils qui appartiennent à cette catégorie.
- § 1. CHAUFFAGE DES GRANDS ÉDIFICES.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. DUYOIR-LEBLANC, à Paris, rueNotre-Dame-des-Champs, 24.
- M. Duvoir-Leblanc a établi depuis peu d’années, dans les édifices de l’Etat, les plus grands systèmes de chauffage qui aient peut-être été entrepris. Il a été successivement appelé à poser ses appareils, pour chauffer d’une manière générale, et avec toutes leurs dépendances, le palais du quai d’Orsay, l’église de la Madeleine, l’institution des Jeunes-Aveugles , la Préfecture de police,des bâtiments de Charenton et le palais du Luxembourg.
- Plusieurs des membres du jury ont fait partie des commissions nommées par le gouvernement, pour examiner ces'divers systèmes de chauffage, et pour en apprécier le mérite*; leur témoignage est unanime : ils se font un . devoir, de reconnaître que
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- M. Davoir-Leblanc a fait preuve d’un rare talent, soit dans la combinaison de ses appareils, soit dans leur exécution.
- M. Duvoir-Leblanc a adopté le système à circulation d’eau, imaginé autrefois par M. Bonnemain, mais il y avait une foule de difficultés à vaincre, de dispositions à trouver et de mécanismes à inventer pour donner à ce système les incontestables avantages qu’il présente aujourd’hui. C’est presque exclusivement à M. Duvoir-Leblanc que ces avantages sont dus : ses appareils sont aujourd’hui portés h un tel degré de perfection, que dans le plus vaste édifice on peut, avec une grande économie de combustible, non-seulement établir partout le chauffage étla ventilation; mais, ce qui était peut-être plus difficile, on peut à volonté l’établir à des degrés différents dans les diverses parties de l’édifice.
- M. Duvoir-Leblanc a pareillement appliqué son système au séchage des poudres, et avec un plein succès.
- Le jury décerne à M. Duvoir-Leblanc la médaille d’or.
- Serres.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. GERVAIS, à Paris, rue des Fossés-Saint-Jac- * ques, 3.
- M. Gervais avait obtenu, en i83g, une médaille de bronze pour ses appareils à circulation d’eau ap-». 59
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- propriés au chauffage des serres; depuis cette époque, il en a simplifié et perfectionné la construction, c’est un progrès qui contribuera à en répandre de plus en plus l’usage.
- Le jury décerne à M. Gervais une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- Le jury accorde une médaille de bronze à M. VALLIER, à Versailles ( Seine-et-Oise ), Pour son appareil à chauffer les serres.
- § 2. CALORIFÈRES.
- NOUVELLES MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. CHAUSSENOT jeune, à Paris, quai de Billy, 18.
- M. Chaussenot jeune est un habile observateur, très-versé dans toutes les questions économiques qui se rapportent à l’emploi de la chaleur dans les arts industriels. Déjà récompensé à l’exposition dernière, par une médaille d’argent, pour des inventions et pour des procédés remarquables, il s’est pré? senté à l’exposition de 1844 avec des pièces qui méritent de nouveaux éloges. Son grand calorifère destiné aux étuves de la plus grande dimension a reçu d’utiles perfectionnements : comme appareil à
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- air chaud, il paraît difficile d’arriver à une construction plus durable et fondée sur de meilleurs principes. Aussi a-t-il reçu les applications les plus diverses. Il a été établi avec succès dans les ateliers de filature, de tissage, d’apprêts d’étoffes, de blanchiment , dans les fabriques de cuirs vernis, dans les papeteries et les raffineries; enfin, il a produit dans les brasseries une véritable réforme dont les avantages sont constatés maintenant par une assez longue expérience.
- M. Chaussenotjeune a présenté en outre à l’exposition de très-ingénieux appareils pour la fabrication de la bière en petit et pour obtenir les huiles essentielles.
- Le jury décerne à M. Chaussenotjeune une nouvelle médaille d’argent.
- M. DUVOIR (Réné), à Paris, rue Neuve-Co-quenard, 11.
- M. Duvoir avait obtenu la médaille d’argent à î’èxposition de 1839; déjà , à cette époque , il avait perfectionné les calorifères, les fourneaux de cuisine, les appareils de lessivage et les appareils destinés à chauffer les bains dans les établissements publics. Pendant les cinq années qui viennent de s’écouler, il a continué ses divers travaux avec une nouvelle activité. Profitant habilement de l’expérience, il a été conduit à de nouveaux perfectionnements, dans la plupart des appareils qui se rapportent aux applications de la chaleur; son grand calorifère a été modifié, ses petits calorifères destinés au chauffage des écoles et des salles d’asile pa-
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- raissent réunir les avantages de l’économie de combustible à ceux d’une bonne ventilation ; ses fourneaux de cuisine sont bien disposés et bien exécutés; les chauffages assez considérables qu’il a établis prouvent qu’il est intelligent et soigneux.
- Le jury, appréciant les efforts et les progrès de M. RénéDuvoir, lui accorde une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. LAURY, à Paris, rueTronchet, 31.
- M. Laury a présenté à l’exposition des cheminées à circulation d’air dedivers modèles et des calorifères en fonte de formes et de grandeurs très-variées. Tous ces objets ont l’apparence la plus élégante, ils sont décorés avec goût, et à voir la pureté des détails on serait tenté de croire que les ornements qui les couvrent sont en bronze plutôt qu’en fonte coulée. Il paraît difficile de surpasser M. Laury pour tout ce qui tient à l’ensemble extérieur de ses appareils, à la bonne proportion de toutes les pièces, à leur décoration et à leur ajustement. Mais ce n’est pas pour l’apparence extérieure, comme meubles ou comme objets d’art, qu’ils doivent être ici examinés, c’est seulement comme appareils économiques , servant à produire et à distribuer la chaleur. Sous ce rapport, ils ont aussi, pour la plupart, un mérite remarquable. En général ils sont bien conçus : les cloches de foyer, les tubes de fumée et les divers réservoirs où se rendent les produits de la combustion, sont distribués avec intelligence pour
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- offrir beaucoup de surface et permettre un nettoiement facile; la circulation de l’air est parfois un peu compliquée, cependant elle s’opère par des conduits assez larges pour qu’il n’y ait pas à redouter un excès de température. Ainsi, ces appareils satisfont à la double condition de l’élégance et de l’économie.
- Le j ury décerne à M. Laury une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. CERBELAUD, à Paris, rue d’Anjou-Saint-Honoré, 60.
- M. Cerbelaud, qui a obtenu la médaille de bronze en i83g, pour ses calorifères, continue activement ce genre de fabrication. Les perfectionnements qu’il y a introduits témoignent de son zèle intelligent.
- Le jury fait rappel en sa faveur de la médaille de bronzé qui lui fut décernée à la dernière exposition.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. HUREZ, à Paris, rue du Faubourg Montmartre, 42.
- M. Hurez est parvenu, par son aptitude et par son travail, à prendre un rang distingué parmi nos bons constructeurs d’appareils de pyrotechnie. Il a présenté à l’exposition des cheminées à brûler le
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- bois, des cheminées à brûler la bouille , et des calorifères très-variés pour leur destination et pour leurs grandeurs. Exercé lui-même aux travaux de construction, M. Hurez s'entend à les simplifier et à les perfectionner. Ses fourneaux de cuisine sont d’une très-bonne exécution; ses cheminées d’appartement sont bien combinées , soit qu’il les fasse simples, soit qu’il les fasse à circulation d’air, ou même à circulation d’eau. Parmi les pièces qui les composent, il j en a de tôle ou de cuivre qui sont travaillées ou repoussées au marteau avec beaucoup d’habileté.
- M. Hurez a présenté aussi un calorifère propre à brûler l’anthracite. Cet appareil , dont les dispositions sont ingénieuses, peut avoir une grande importance dans les contrées où ce combustible est à un prix beaucoup moins élevé que la houille. Nous devons remarquer cependant que le problème n’est ici résolu que pour une combustion excessivement lente.
- Le jury, appréciant les efforts et les succès de M. Hurez, lui décerne une médaille de bronze.
- MM. LECOCQ et Cie, à Paris, rue des Francs-Bourgeois, 14, au Marais.
- MM. Lecocq et Cie ont présenté à l’exposition un calorifère, dit calorifère conservateur, qui est destiné à brûler exclusivement du coke. En choisissant ce eombustible, on a, avec raison, réduit les dimensions du foyer et des tuyaux de fumée, et l’on est parvenu, sous un petit volume, à construire un appareil où il y a une large circulation d’air. Le
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- foyer étant protégé par des enveloppes de terre cuite, jusqu’à une hauteur suffisante , il n’y a pas à craindre d’excès de température, et cependant l’air se chauffe en quelque sorte aussitôt que l’on allume le feu, parce qu’il touche la surface nue des conduits supérieurs. Cet appareil a donc le double avantage de chauffer vite et de conserver la chaleur; il est d’ailleurs d’une bonne construction et d’un prix très-modique.
- Le jury accorde à MM.Lecocq etCie une médaille de bronze.
- MM. DE BOISSIMON et Cie, à Langeais (Indre-et-Loire).
- MM. de Boissimon et Cie ont présenté à l’exposition un grand calorifère d’une construction toute nouvelle. Tandis que l’on s’applique partout à n’employer dans les appareils de cette espèce que du fer et de la fonte, MM. de Boissimon et Cie sont parvenus au contraire à exclure les métaux et à construire de très-bons calorifères avec la terre réfractaire de Langeais qu’ils ont à leur disposition. Le foyer, les tuyaux d’air, les conduits de fumée, tout est en terre, excepté la grille et quelques armatures. Les appareils métalliques ont moins de volume et sont plus transportables que celui-ci; mais aussi ils coûtent beaucoup plus cher. Du reste, rien ne s’oppose à ce que la combustion se fasse dans les deux cas avec la même économie, et à ce que la chaleur soit également bien distribuée. Si, sous ce rapport, MM. de Boissimon et C‘e paraissent avoir quelques progrès à faire, il n’en résulte pas moins que leur
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- appareil est très-digne d’attention, et il est désirable qu’ils trouvent des imitateurs dans les diverses parties de la France où il se trouve des terres analogues à celle de Langeais.
- Le jury accorde à MM. de Boissimon et C,e une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- Le jury accorde des mentions honorables à
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- M. CORNU, à Paris, cité Trévise, 5,
- Pour ses calorifères métalliques qui sont construits avec intelligence ;
- M. FOREY, à Paris, rue Bellefond, 32,
- Pour ses calorifères à tubes de fer et à circulation d’eau ; l’appareil qu’il a présenté à l’exposition prouve les soins particuliers qu’il prend pour les bien établir;
- M. GUGLIELMI, dit GUILLAUME, à Paris, passage de la Trinité , 15 et 16,
- Pour ses calorifères en briques, fonte et tôle, qui ont reçu de nouveaux perfectionnements ;
- M. ZAMMARETTI, à Paris, rue de Bondy, 88,
- Pour ses calorifères en métal et terre réfractaire, pour les ajustements ingénieux qu’il a imaginés et qui lui permettent de les poser et de les réparer très-promptement ; .
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- M. GENESTE, à Paris, rue Boûcherat, A,
- Pour ses calorifères, qui sont d’une bonne combinaison et d’une bonne exécution.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury accorde des citations favorables à
- M. ROBERT, à Grenelle (Seine), rue Violet, 10,
- Pour ses ingénieux appareils à chauffer les voitures ;
- MM. FROSSARD etCie, à Paris, rue Neuve-Saint-Denis, 9 bis,
- Pour leurs calorifères de fonte;
- M. HUBERT fils, à Paris, rue de Bondy, 70,
- Pour ses poêles-calorifères ;
- M. LENUD , à Paris, passage de l’Industrie, 15, Pour ses calorifères de fonte et de tôle;
- MM. FOURNET et Cie, à Lyon (Rhône),
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- Pour leurs poêles-calorifères;
- M. ROPCZYNSKI, àBatignolles-Monceaux (Seine), rue Saint-Louis, 60,
- Pour son calorifère polonais ;
- M. PIERON, à Paris, rue de la Croix, 17,
- Pour son calorifère en cuivre et ses étuves ;
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- M. FENOUIL, à Versailles (Seine-et-Oise ),
- Pour son poêle.
- § 3. APPAREILS CULINAIRES ET AUTRES.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- Madame veuve LEMÀRE, à Paris, quai Conti, 3.
- M. Lemare avait obtenu de nombreuses médailles d’argent aux expositions précédentes. Personne n’a plus que lui contribué à la réforme qui s’est accomplie depuis trente ans dans l’économie du combustible. Son esprit inventif et éclairé s’est successivement porté sur toutes les principales applications de la chaleur, et l’on peut dire que partout il a eu des idées, neuves et qu’illes a presque toujours réalisées avec le plus grand succès. Sa veuve, madame Lemare, continue l’exploitation de l’établissement que M. Lemare avait fondé; elle y met tous ses soins , et, à l’aide de ses habiles ouvriers , elle a pu compléter quelques appareils dont M. Lemare n’avait laissé que des ébauches ou des dessins. Le grand appareil à cuire les légumes dans les exploitations agricoles est de ce nombre; on y reconnaît tout le mérite de l’inventeur , et l’exécution ne laisse rien à désirer. Cet appareil paraît destiné à opérer dans nos fermes une grande et utile réforme.
- Le jury fait, en faveur de madame veuve Lemare, rappel des médailles d’argent qui avaient été décernées i» M. Lemare.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. PEYRE et ROCHER , à Nantes ( Loire-Inférieure).
- MM. Peyre et Rocker ont présenté à l’exposition un appareil destiné à un double usage : à faire la cuisine à bord des bâtiments, et en même temps à distiller l’eau de mer pour fournir à l’équipage une ration suffisante d’eau douce. L idée de cet appareil n’est assurément pas nouvelle, et cependant il y a dans sa composition , dans l’ajustement de toutes les pièces, un véritable mérite de nouveauté. Aussi, un grand nombre de commissions nommées par le commerce de nos ports, par la marine royale , et même par les marines étrangères, ont-elles fait les rapports les plus favorables, sur l’invention de MM. Peyre et Rocker, non-seulement d’après des expériences de rade, mais encore d’après des expériences de mer pendant les plus longs voyages. Ces épreuves étaient nécessaires, moins pour la cuisson des aliments que pour les qualités de l’eau douce que l’on obtient, et pour la dépense de combustible. Toute la cuisine se fait à une espèce de bain-marie de vapeur, et les surfaces de chauffe sont assez bien proportionnées, pour que la chaleur qui ne peut pas être en excès ne soit pas non plus en défaut. Quant aux qualités de l’eau distillée, il y avait bon nombre de précautions à prendre pour, du premier jet, l’obtenir suffisamment pure. A cet égard, les rapports qui nous ont été communiqués sont unanimes, et, en présence de tels témoignages , il n’est pas permis de douter que cette condition ne soit
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- très-bien remplie. Ces témoignages s’accordent aussi avec la même unanimité, sur l’économie du combustible. L’appareil est en effet assez bien combiné pour qu’il n’y ait ni fuite de vapeur ni perte inutile de chaleur.
- MM. Peyre et Rocher ont rendu un véritable service à la marine, le jury leur accorde une médaille d’argent.
- MM. GUYON frères, à Dole et à Fourcherons (Jura).
- MM; Guyon se sont appliqués depuis plus de dix ans à faire , en fonte de première fusion, des poêles et surtout des poêles-cuisines d’un prix très-modéré. Les divers appareils de ce genre qu’ils ont présentés àd’exposition annoncent de grands progrès: comme ouvrages de fonte ils sont d’une bonne exécution, comme appareils économiques ils sont bien disposés. En général les foyers sont destinés kîa combustion du bois; la circulation de la flamme et des produits de la combustion se règle facilement, pour chauffer au point convenable les diverses marmites où se fait la cuisine.
- Le jury départemental, en donnant des éloges à lu fabrication de MM. Guyon, annonce en même temps que leurs fourneaux-cuisines ont obtenu beaucoup de succès. Ces éloges nous paraissent bien mérités : MM. Guyon rendent un véritable service en mettant à la portée de tous les ménages des appareils simples et solides qui procurent k la fois une très-grande économie de temps et de combustible.,
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- Le jury décerne à MM. Guy on frères une médaille d’argent.
- MM. ROGEAT frères, à Lyon (Rhône).
- MM. Rogeat frères ont fondé à Lyon un établissement spécial pour le montage des pièces de sa-blerie qu’ils font couler dans plusieurs hauts-fourneaux , d’après leurs dessins. Les appareils qu’ils livrent ainsi à la consommation sont des plus variés : simples poêles, poêles-cuisines à deux ou plusieurs marmites, grilles de toutes sortes, etc.
- MM. Rogeat ont fait preuve de goût dans le choix de leurs modèles, et ils ont montré aussi qu’ils entendent bien tout ce qui se rapporte aux effets et à l’économie de la chaleur : leurs pièces sont d’une forme convenable pour supporter les changements produits par la dilatation, et leurs foyers sont en général bien disposés.
- Tous ces appareils sont réellement économiques; il est à désirer que l’usage s’en répande.
- Le jury décerne à MM. Rogeat frères une médaille d’argenL
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. CHEYÀLIER-CURT ( Esprit), à Paris, rue des Ursulines-Saint-Jacques, 10.
- M. Esprit Ghevalier-Curt a reçu la médaille de bronze à l’exposition de i83g,-pou'r ses divers travaux et particulièrement pour ses fourneaux de cuisine. Depuis cette époque, il a continué à simpli-
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- fier et h perfectionner ces appareils; ceux qu’il a soumis à l’examen du jury ne laissent rien à désirer, ils sont conçus et exécutés de la manière la plus satisfaisante ; les cheminées et les calorifères qui sortent de ses ateliers portent aussi ce caractère, on reconnaît partout l’homme habile et expérimenté, travaillant consciencieusement.
- Le jury fait, en faveur de M. Esprit Chevalier-Curt, rappel de la médaille de bronze qu’il a reçue en i83g.
- M. CHEYALIER-CURT aîné, à Paris, rue Saint-Jacques , 264 bis.
- M. Chevalier-Curtainé a reçu, comme son frère, dont nous venons de parler, une médaille de bronze en i83g, et pour des travaux analogues. Il s’est aussi distingué par quelques progrès depuis cette époque, et le jury fait rappel en sa faveur de la médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. HOYOS, à Paris, rue Saint-Honoré, 241.
- M. Hoyos construit des fourneaux de cuisine de diverses dimensions : les uns pour le service des particuliers ou des établissements publics, les autres pour le service de la marine. L’administration de la marine se loue beaucoup de ces derniers, qui ont en effet l’installation la plus complète et la mieux étudiée, pour que le mouvement de la mer n’y puisse rien déranger. Les divers modèles
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- de cuisine de M. Hoyos se distinguent par une disposition particulière, au moyen de laquelle il fait circuler dans ses fours à rôtir un courant d’air très-chaud dont il règle la force, qui fait cuire plus vite et d’une manière plus analogue à ce qui se passe à l’air libre. M. Hoyos a eu aussi l’ingénieuse idée d’établir sur l’appareil lui-même un petit moulinet qui fait tourner les broches avec une vitesse convenable. Cette disposition a surtout, pour la mer, de véritables avantages.
- Le jury décerne à M.. Hoyos une médaille de bronze.
- M. POTHIER-JOUVENEL, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, 41.
- M. Pothier-Jouvenel a exposé des fourneaux de cuisine et des rôtissoires exécutés dans les plus grandes dimensions et destinés à l’un des établissements les plus considérables de la capitale. On remarque dans ces appareils des dispositions nouvelles très-bien conçues et très-bien réalisées. Toute la construction en est solide, parfaitement ajustée, et elle ne manque pas d’une certaine élégance.
- Le jury accorde h M. Pothier-Jbuvenel une médaille de bronze.
- M. BOIGUES, à Paris, rue Neuve-des-Mathurins, -27.
- M. Boigues fabrique avec intelligence un grand nombre d’appareils- d’économie domestique ; ses baignoires avec chauffage sont ingénieusement disposées et bien établies.
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- M. Boigues construit aussi des manomètres à tubes différentiels et des manomètres à air libre qui sont gradués avec soin.
- Le jury accorde à M. Boigues une médaille de bronze.
- M. PÀUCHET, à Paris, rue Bellefond, 14, et rue du Faubourg-Poissonnière, 106 bis.
- M. Paucliet a exposé des fourneaux de cuisine spécialement destinés aux limonadiers et aux restaurateurs. Ces appareils sont d’une bonne exécution. Il paraît constant, d’après un certificat signé par une centaine de restaurateurs ou limonadiers de Paris et de la banlieue , que ces fourneaux ont été employés avec avantage.
- Le jury, admettant cette pièce comme un témoignage sincère, accorde à M. Pauchet une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- Le jury accorde des mentions honorables à
- M. HEY, à Strasbourg (Bas-Rhin),
- Pour le grand établissement qu’il vient de former et dans lequel il construit des balances, des calorifères, et particulièrement des fourneaux de cuisine à foyer mobile , qui paraissent offrir quelques avantages;
- M. MÉNÉTRIER (Michel), àDôle (Jura),
- Pour le grand établissement.qu’il vient de former
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- et dans lequel il construit des poêles-cuisines en fonte de deuxième fusion, chauffés à la houille ;
- M. CHEVALIER (Victor), à Paris, rue Saint-Antoine , 232,
- Pour ses appareils de cuisine et ustensiles très-variés d’économie domestique;
- M. GRENIER, à Paris, rue St-Germain-l’Auxer-rois, A3,
- Pour ses poêles et fourneaux en tôle;
- M. BOUSSEROUX, à Paris, rue Mandar, 5,
- Pour ses petits fourneaux de cuisine très-économiques ;
- Madame veuve DARCHE, à Paris, boulevard du Temple, 25,
- Pour ses fourneaux à lessive, pour ses poêles à chauffer les fers à repasser, et pour ses fourneaux de cuisine;
- M. GÉLIN, à Paris, rue du Iîarlay, 6, au Marais ,
- Pour ses poêles en tôle, dèstinés à faire une cuisine économique dans les petits ménages ;
- M. POI.IOT, à Paris, rue Mazaririe, 42,
- Pour ses fourneaux-cuisine de limonadier h. 60
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- M. RENARD, à Paris, rue des Marais-du-Teraple,
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- Pour sa cheminée mobile, munie d’un tourne-broche à air et broches nouvelles.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury accorde des citations favorables à
- MM. SARON frères, à Paris, rue des Postes, il, Pour leurs fourneaux-cuisine et calorifères;
- M. MAUGIN, à Chartres (Eure-et-Loir),
- Pour son appareil à chauffer l’eau dans les baignoires ;
- M. GODIN-LEMAIRE, à Esquéhéries (Aisne),
- Pour son fourneau de cuisine:
- M. OGIER (Auguste), à Luxeuil (Haute-Saône), Pour ses petits fourneaux de cuisine en fonte ;
- M. LECERF, à Paris, rue Montholon, 15,
- Pour ses fourneaux économiques ;
- M. LIRÉ, à Paris, rue de P Arbre-Sec, 42,
- Pour son four à pâtisserie ;
- M. BAUDIN, à Paris, rue Vendôme, 13,
- Pour ses fours de boulanger;
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- M. DOBIGNARD, à Paris, rue de la Cité , 15,
- Pour ses bouches de four en fonte.
- 4. CHEMINÉES
- Nous devons rappeler ici que plusieurs exposants , récompensés à divers titres , ont aussi apporté des perfectionnements importants dans la construction des cheminées : nous citerons particulièrement
- Madame veuve Lemare, page 938.
- M. Descroizilles. ... — 956.
- M. Hurez. . M. Vuillier
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. DELAROCHE aîné, à Paris, rue de Grenelle-Saint-Germain ,43.
- M. Delaroche est l’un des premiers qui ait disposé dans les cheminées des tubes destinés à chauffer Pair; il a successivement perfectionné ses appareils, et les cheminées qu’il a présentées à l’examen du jury sont d’une exécution très-soignée. Conduit par une longue expérience à en varier les formes et les dimensions, pour toute espèce de combustible, il est parvenu à les établir à un prix modéré, et h les rendre économiques parla manière dont il en utilise la chaleur.
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- Le jury accorde h M. Delaroche aine une médaillç de bronze.
- M. GRAUX, à Paris, rue Grange-Batelière, 16.
- M. Graux, cité favorablement en 1839, de concert avec M. Jacquinet, pour une cheminée à foyer tournant, a continué depuis cette époque h perfectionner cet appareil, et, par ses simplifications, il est parvenu à en réduire considérablement le prix. Ses grilles pour le coke et la houille paraissent présenter de réels avantages. L’ensemble de ses appareils est disposé avec goût et d’après de bons principes.
- Le jury accorde à M. Graux une médaille de bronze.
- M. LEPLANT, à Arras ( Pas-de-Calais ).
- M. Leplant construit des cheminées prussiennes perfectionnées ; celle qu’il a présentée à l’exposition offre en effet des perfectionnements intéressants, elle est, de plus, faite avec beaucoup de soin.
- Le jury décerne à M. Leplant une médaille de bronze.
- NON EXPOSANT.
- M. HOUSSIN, à Saint-Aignan ( Loir-et-Cher ).
- M. Houssin n’a présenté à l’exposition aucun appareil ; mais le jury départemental constate ofii-cseliement que M. Houssin a établi plus de quatre <_ents cheminées dans lesquelles il a remédié de la
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- manière la plus complète aux inconvénients de la fumée, lorsque dans un grand nombre de cas ses plus habiles concurrents avaient échoué.
- Le jury central, admettant avec une entière confiance les appréciations motivées du j ury départemental, décerne à M. Houssin une médaille de bronze ,
- MENTIONS HONORABLES.
- Le jury accorde des mentions honorables à
- M. ANDRIOT, à Paris, rue Rochechouart, 23.
- Pour sa cheminée à plaque de foyer cintrée et à chenets creux;
- M. AUDOT, à Paris, rue du Faubourg-du-Roule, 74,
- Pour son thermosiphon ;
- M. BIRCKEL, à Paris, rue Fontaine-au-Roi, 58,
- Pour ses cheminées en faïence ;
- M. DELAROCHE, à Paris, rue du Bac , 107,
- Pour ses cheminées;
- M. DESPINOY, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis , 81 et 83 ,
- Pour ses cheminées à foyer mobile et bouches de chaleur ;
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- M. GOSSIN, à la Villette, près Paris (Seine), Pour ses cheminées-calorifères;
- M. MINICH, à Paris, rue de la Roquette, 53,
- Pour ses cheminées ;
- M. PETIT, à Paris, rue de Provence, 27,
- Pour les divers perfectionnements qu’il a apportés dans les appareils de chauffage ;
- M. TAYERNA , à Nevers (Nièvre),
- Pour ses cheminées-calorifères;
- M. YOITELAIN, à Paris, rue Rourbon-Villeneuve, 57,
- Pour ses cheminées ;
- M. YILLARD, à Lyon (Rhône),
- Pour ses plaques de foyer.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury accorde des citations favorables à
- M. BARBEAU aîné, à Paris, quai de la Mégisserie, 32,
- Pour ses chemiuées-calorifères et ses poêles flamands ;
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- M. FESSART, à Paris, boulevard Beaumarchais, 63,
- Pour sa cheminée ordinaire et pour sa cheminée décorée ;
- M. IIERBOMMEZ, àBatignolles-Monceaux (Seine), rue du Boulevard, 11,
- Pour ses garde-feux ;
- M. DE LACOUX, à Paris, rue de POratoire-du-Roule, 9,
- Pour ses appareils divers ;
- M. MARATUEH, à Paris, rue des Marais, il bis, Pour ses appareils contre les feux de cheminée ;
- M. QUIBEL, à Rouen ( Seine-Inférieure ),
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- Pour un appareil destiné à empêcher les cheminées de fumer ;
- M. ROUSSEAU, à Paris, passage des Petites-Écuries, 10,
- Pour ses divers appareils.
- § 5. APPAREILS POUR LE RLANCHIMENT ET POUR LA
- LESSIVE.
- Nous devons rappeler ici le nom de M. Réné Duvoir, récompensé à d’autres titres, et qui a aussi contribué beaucoup à perfectionner les ap-?
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- pareils de .buanderie destinés aux établissements publics et particuliers.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. GAÏJDRY, à Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Gaudry a présenté à l’exposition un appareil pour le blanchiment des toiles de coton et de lin ; cet appareil, d’invention tou te récente, est construit solidement et disposé avec beaucoup d’intelligence. Le jury départemental fait connaître qu’il n’a encore été employé que dans quelques établissements delà Seine-Inférieure, mais qu’il paraît destiné à avoir du succès. Cette espérance nous semble parfaitement motivée; nous pensons aussi que l’invention de M. Gaudry est appelée à faire époque, et, en attendant des épreuves expérimentales complètement décisives, le jury central accorde àM. Gaudry une mention honorable.
- MM. CHARLES et Cie, à Paris, rue et place Furs-temberg, 5 et 7.
- MM. Charles et Cie ont présenté un appareil de buanderie sous le nom de Buanderies économiques et portatives. Ces buanderies semblent justifier pleinement le nom qu’elles ont reçu. L’inventeur a varié la grandeur de ses modèles pour les mettre à.la portée de tous les ménages ; les plus petits contiennent seulement i 2lul-de linge, et il y a six numéros intermédiaires pour arriver à ioo k,1\ Un très-grand nombre de ces, appareils ont été placés
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- depuis 1842, et leur succès est maintenant bien constaté.
- Le jury accorde à MM. Charles et Cl<* une mention honorable.
- § 6. DESSICCATION. ë
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. ANTOINE, à la Villette (Seine), quai de Seine, 33.
- M. Antoine reçut, en 183g,la médaille de bronze pour les succès qu’il avait obtenus dans la dessiccation des bois cletravail ; depuis cette époque, M.Antoine a donné une plus grande extension à son établissement: il opère aujourd’hui sur des quantités de bois considérables et de toute espèce, qu’il soumet à une dessiccation graduelle, jusqu’au point où ils doivent arriver pour être employés avec avantage dans les travaux.
- Le jury se plaît à récompenser cette entreprise , qui rend de véritables services, et il décerne à M. Antoine une nouvelle médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- Le jury accorde des mentions honorables à M. BLERZY, à Elbeuf (Seine-Inférieure),
- Pour un appareil à dessécher les laines et un
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- autre appareil à dessécher les draps qu’il a récemment imaginé. Ces appareils sont bien conçus; il est à présumer qu’ils obtiendront du succès.
- M. BROSSON (François), à Montpensier (Puy-de-Dôme),
- Pour le modèle d’un séchoir à bascule de son invention; cet appareil, qui repose sur de bons principes, est établi en grand à Montpensier où il donne des résultats satisfaisants.
- M. TRÉBOUL, à Riom (Puy-de-Dômè),
- Pour son appareil à dessécher la fécule.
- CITATION FAVORABLE.
- Le jury accorde une citation favorable à
- MM. PENZOLDT et ROTILFS, à Paris, rue Mon-détour, 35,
- Pour la persévérance avec laquelle ils essaient d’obtenir la dessiccation parl’efïèt de la force cen trifuge.
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- § 7. INVENTEURS NON CONSTRUCTEURS.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. GROUVELLE , à Paris, rue du Regard, 19.
- M. Grouvelle a présenté à l’exposition des objets très-divers, savoir : des plans d’appareils hydrauliques qu’il a établis dans plusieurs localités; des plans de chauffage, soit au moyen des fours à coke, soit au moyen de la vapeur, soit au moyen de la circulation de l’eau à basse température ; des plans de calorifères pour les sécheries et les étuves; des plans de buanderies; et enfin des appareils culinaires, semblables à ceux qu’il a établis pour des restaurants ou pour des hôpitaux.
- Le jury a examiné avec intérêt toutes ces pièces; si, dans l’ensemble de ces travaux qui remontent déjà à un assez grand nombre d’années, on ne découvre aucune de ces idées neuves, saillantes, qui font faire un grand pas à l’industrie, on reconnaît du moins que M. Grouvelle a fait preuve d’une instruction très-étendue et très-variée, et qu’il a su employer d’une manière utile et quelquefois heureuse les connaissances qu’il a acquises en chimie, en physique et en mécanique.
- Le jury, appréciant le zèle qu’il a montré comme ingénieur civil, et les divers perfectionnements qu’il a apportés dans la construction de divers appareils et dans l’établissement de divers systèmes de fabrication, accorde à M. Grouvelle une médaille d’argent.
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- M. DESCROIZILLES , à Paris, boulevard Montmartre , 18.
- M. Descroizilles est un ingénieur intelligent qui s’est occupé avec succès de tout ce qui tient à l’emploi de la chaleur et aux procédés chimiques relatifs à l’apprêt des étoffes. Il a présenté à l’exposition une machine à flamber, de son invention , qui est éprouvée par une longue pratique et qui vient de recevoir encore des perfectionnements récents. Ses appareils pour le blanchiment des toiles ont pendant longtemps obtenu la préférence. Ses cheminées , soit pour brûler le bois, soit pour brûler la houille, se distinguent par une disposition nouvelle et ingénieuse : M. Descroizilles a eu l’idée de réduire au strict nécessaire la dépense de l’air qui est employé à la combustion, sans cependant faire perdre l’avantage de voir le feu et de sentir les effets de la chaleur rayonnante. Il y est parvenu en faisant arriver l’air par deux courants qui sont parfaitement réglés : l’un passe par la grille, et traverse le combustible; l’autre passe par une toile métallique assez fine qui est disposée obliquement devant le foyer, et qui s’appuie sur le bord antérieur de la grille. Celui-ci passe seulement sur la surface supérieure du combustible, et contribue à brûler l’oxyde de carbone et les autres gaz combustibles qui s’élèvent; en même temps la toile métallique qui le laisse passer n’empêche pas que la lumière du foyer et sa chaleur rayonnante ne se répandent en avant. La dépense d’air étant beaucoup moindre que dans les foyers ouverts, il est possible de réduire les dimensions des tuyaux de fumée et d’utiliser ainsi dans
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- un moindre espace toute la chaleur des produits de la combustion. Ces cheminées ont donc tout à la fois l’avantage d’être économiques, d’occuper peu de place, et aussi d’empêcher les accidents qui résultent souvent des flammes découvertes.
- Le jury, appréciant l’ensemble des travaux de M. Descroizilles, lui accorde une médaille d’argent.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. YUILLIER, à Dole (Jura).
- M. Vuillier, de Dole, est un amateur éclairé qui s’occupe depuis longtemps d’inventions relatives à l’économie de la chaleur. Déjà récompensé par une mention honorable en i834, et par une médaille de bronze en 1839, il a présenté à l’examen du jury une cheminée nouvelle dans laquelle il a introduit des perfectionnements intéressants ; le jury, appréciant le mérite de M. Vuillier et ses efforts persévérants, lui accorde une nouvelle médaille de bronze.
- N'ON EXPOSANT.
- MENTION HONORABLE.
- M. PIMONT (Prosper), à Bolbec (Seine-Inférieure).
- Le jury accorde une mention honorable à M. Prosper Pimont, pour les appareils intéressants qu’il a imaginés et au moyen desquels il est parvenu
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- à utiliser une partie considérable de la chaleur des cuves de teinture.
- POUR MÉMOIRE.
- M. SOREL, à Paris , rue de Lancry, 6.
- Nous devons rappeler ici le nom de M. Sore! ; cet ingénieur intelligent, qui est récompensé à d’autres titres ( Y. le rapport sur les machines à vapeur, p. i56), a eu des idées heureuses sur l’emploi de la chaleur; il a reproduit à l’exposition , avec de nouveaux perfectionnements , son régulateur du feu, son petit fourneau-cuisine de ménage, sa couveuse artificielle, etc. Chacun de ses appareils est un vrai modèle dans son genre.
- SECTION VII.
- TUYAUX DE CONDUITE, ET APPAREILS DE FILTRAGE.
- M. Combes, rapporteur.
- Tuyaux de conduite.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. GANDILLOT et Cie, à Labriche (Seine), et à Paris, rue Bellefond , 32.
- L’usine de Labriche pour l’étirage et le soudage à chaud des fers creux venait d’être terminée à
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- l’époque où eut lieu l’exposition de i83g. Le jury central dut se borner à mentionner honorablement cette usine naissante.
- Aujourd’hui, MM. Gandillot et C'e fabriquent annuellement, avec un seul banc d’étirage qui ne marche que25o jours par an, 4<>o.ooo mètres courants de tubes de tous diamètres, dont moitié environ sont employés pour grilles, meubles, etc., et l’autre moitié pour conduites d’eau, de gaz, de vapeur, tuyaux de machines locomotives et machines de bateaux, calorifères à eaux chaudes, etc. L’usine de Labriche, dans son état actuel, suffirait à une fabrication beaucoup plus étendue.
- On remarquait dans la salle de l’exposition , des tuyaux d’une excellente fabrication dont le diamètre intérieur allait jusqu’à 16 centimètres. Un d’eux avait 6 mètres de longueur. Le prix élevé du combustible rendu à l’usine a conduit MM. Gandillot et Cie à utiliser la chaleur perdue des fours à ployer et à étirer, pour chaufferies chaudières de la machine à vapeur qui fournit la force motrice nécessaire aux ateliers. La longueur des fours permet d’étirer des tubes ayant jusqu’à 4 et 5 mètres de longueur.
- Les tuyaux en fer de MM. Gandillot et Ci0 sont généralement appréciés dans le commerce, et l’on reconnaît qu’ils sont d’un bon usage. Cependant il arrive parfois, pour quelques-uns de ceux qui sont soumis à une pression considérable et permanente , qu’ils laissent fuir les liquides ou les gaz qu’ils renferment, par des fissures qui se manifestent le long de la soudure, ou qu’ils donnent lieu
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- à des déchets, lorsqu’on est obligé de les remanier avant d’en faire usage. Cet inconvénient n’existe pas pour les tubes qui sont soudés à recouvrement et sur mandrin, comme cela se pratique, à ce qu’il paraît, depuis quelques années, en Angleterre. MM. Gandillot et C‘ese proposent d’appliquer ce procédé à ceux de leurs tubes en fer mince qui seraient destinés à entrer dans la construction des machines locomotives; nous pensons qu’il conviendrait aussi de souder de cette manière tous les tuyaux destinés à supporter des pressions assez considérables de l’intérieur à l’extérieur ou de l’extérieur à l’intérieur, notamment ceux qui seraient destinés aux calorifères à eau chaude ou à vapeur.
- MM. Gandillot et Gi0 ont rendu un service important à Findustrie par la création de leur usine de Labriche. Le jury espère que l’emploi de plus en plus répandu du fer pour les constructions de tout genre leur permettra bientôt de donner à la fabrication tout le développement que comporte leur établissement. Il récompense les efforts de ces manufacturiers, et les succès qu’ils ont déjà obtenus par une médaille d’argent.
- MM. CHAMEROY et Cie, à La Chapelle-Saint-Denis (Seine), et à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, 84.
- MM. Chameroy et Cie avaient exposé en 183g des tuyaux et fontaines en bitume , qui furent distingués par une mention. Leu r établissement était alors
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- naissant; ils ont exposé cette année un assortiment de tuyaux de conduite en tôle recouverts en bitume, une cornue rotative et fumivore à fondre le bitume et un modèle d’un nouveau système de chemin de fer.
- Nous n’avons à nous occuper ici que des tuyaux et de la cornue à fondre le bitume.
- Les tuyaux de MM. Chameroy et Cie sont formés d’une feuille de tôle étamée au plomb intérieurement, et dont les bords en recouvrement sont cloués l’un sur l’autre. Depuis 1840, ils ont imaginé de rapporter aux deux extrémités de chaque tuyau une vis et un écrou formés d’un alliage de plomb, étain , cuivre et antimoine ; cette vis et cet écrou sont coulés, et soudés au tuyau par le moulage même. Le tuyau est essayé à la presse hydraulique sous une pression de quinze atmosphères, et ensuite recouvert extérieurement d’une couche de bitume , ce qui se fait en le roulant sur une table où le bitume semi-fluide est coulé sur un lit de gravier.
- Les tuyaux s’assemblent entre eux en les vissant au moyen d’une simple barre deb’ois et d’une corde;, les joints sont rendus étanches par une garniture-de chanvre enduit d’une matière grasse interposée entre les rebordsde la douille de l’écrou et l’embase de la vis. Ce mode d’assemblage est très-économique t l’expérience démontre qu’il présente une solidité? suffisante^ pour les conduites de gaz d’éclairage et même pour les conduites d’eau. Pour celles-ci les tuyaux sont bitumés ài l’intérieur, ce qui est inutile pour les conduites de gaz.
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- Plus de 4o,ooo mètres courants de ces tuyaux, placés pendant les six dernières années, dans la ville de Paris, par les compagnies d’éclairage , ont été d’un très-bon usage , et n’ont exigé aucune réparation ; le fait est attesté par les gérants des compagnies d’éclairage et par l’ingénieur en chef des ponts et chaussées du service municipal de Paris. Environ 20,000 mètres courants ont été employés pour des conduites d’eau à Paris ou dans les départements. Il paraît que les derniers perfectionnements apportés à la construction des tuyaux de MM. Ghameroy et Ci0 les rendent également propres à ce dernier usage.
- En définitive, les succès obtenus par MM. Ghameroy et Cioleur ont permis de créer à La Chapelle-Saint-Denis un vaste établissement, où sont réunis tous les appareils nécessaires à la confection, à l’étamage et au bitumage des tuyaux. Ces appareils sont très-bien entendus; le jury a particulièrement remarqué les machines destinées à cintrer les tôles, et les cornues rotatives à fondre le bitume, dont le chargement et le déchargement s’opèrent avec facilité. Les gaz sont ramenés dans le foyer où ils sont brûlés, à l aide d’un tuyau amovible appliqué devant l’ouverture centrale par laquelle sé fait le chargement des matières.
- Le jury décerne à MM. Ghameroy et Cie la médaille d’argent.
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- MENTIONS HONORABLES.
- MM. REICHENEGKER et Cie, à Ollwiller ( Haut-Rhin).
- MM. Reiclienecker et Cie présentent un assortiment de tuyaux en terre cuite, depuis om,o32 jusqu’à om,2 2 de diamètre intérieur, assemblés entre eux au moyen de manchons et mastiqués. Ces tuyaux sont d’une exécution remarquable. Ils ont été employés pour les conduites de gaz de la ville de Mulhouse, et pour les conduites d’eau que l’administration de la ville de Béfort et le génie militaire de cette place ont fait établir. La société industrielle de Mulhouse a décernée, en 1840, à MM. Reichenecker et Cie une médaille d’argent, pour la bonne fabrication de leurs produits en terre cuite. Le jury décerne à ces industriels une mention honorable.
- M. LEDRU (Hector) à Paris, rue des Trois-Bornes, 15, est l’inventeur des tuyaux étirés à froid, pliés, agrafés et soudés, exposés par la société A. de Yinoy etCie.
- Tout le monde a remarqué à l’exposition, des tuyaux formés d’une feuille en tôle zinguée pliée circulairement, dont les deux lèvres rapprochées et recourbées en dedans, sont réunies intérieurement par une languette doublement recourbée, formant une agrafe de longueur égale à celle du tuyau, et dont la jointure longitudinale est remplie de
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- soudure h l’étain. Des tuyaux en cuivre brasés à la soudure forte figuraient à côté de ceux en fer galvanisé. ,
- Ces produits étaient exposés sous le nom de M. de Vinoy; mais il résulte d’une lettre adressée à M. le président du jury par MM. À. de Vinoy et Cie, que M. Hector Ledru est l’inventeur des appareils qui servent k fabriquer ces tuyaux, qu’il commandite l’établissement où ils sont fabriqués, et dans lequel tous les travaux sont exécutés sous sa direction et par ses conseils; c’est donc à M. Hector Ledru que revient personnellement, et sur la demande formelle de MM. A. de Vinoy et Cie, la récompense décernée par le jury.
- Les tuyaux dont nous nous occupons sont confectionnés par un seul étirage à froid de la feuille de tôle préalablement recourbée autour d’un mandrin et de la bande formant l'cigrafure longitudinale, h travers deux filières, dont l’une, convenablement évasée est munie d’une languette de forme appropriée pour engager les deux bords recourbés du tuyau sous les bords également recourbés de l’agrafe, et dont l’autre;ne fait que résserrer etpolir le tuyau, en le comprimant sur le mandrin. Le mandrin étant ensuite retiré, le tuyau est soudé ou brasé le long de la jointure longitudinale, à l’aide du chalumeau à gaz hydrogène de M. Des-bassayns de Richemont. *
- Cette fabrication est, on le voit, d’une extrême simplicité. On pouvait craindre que les bords du tuyau et de l’agrafe repliés brusquement et comprimés,, fussent énervés au point de rendre les
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- tuyaux impropres h supporter des pressions un peu considérables. Plusieurs membres du jury se sont transportés dans la fabrique, rue des Trois-Bornes, n° i5. On a fabriqué en leur présence un tuyau de 4 centimètres de diamètre intérieur en fer galvanisé, d’un millimètre un quart d’épaisseur, et plusieurs autres tuyaux d’un calibre plus petit. Le tuyau de 4 centimètres, ayant été soudé au chalumeau , a été immédiatement après soumis k l’épreuve par une pompe de pression. Il a parfaitement supporté une pression de seize atmosphères environ. Il s’est ouvert sous une pression de vingt-deux atmosphères : ni l’agrafe ni les bords du tuyau n’étaient déchirés; mais les plis s’étaient développés en se détachant de la soudure.
- Un second tuyau de même dimension , soudé depuis quelques jours, a été soumis à la pompe de pression. La soupape d’épreuve a été successivement chargée de poids correspondants à des pressions de seize, dix-sept et demi, dix-neuf, vingt-quatre, vingt-sept et trente-deux atmosphères, qu’il a bien supportées. Il a commencé à s’ouvrir sous une pression d’épreuve de quarante atmosphères. Dans ce cas encore, les bords recourbés de l’agrafe et du tuyau se sont développés sans se déchirer. Le tuyau n’a même pas été sensiblement déformé, et la fuite a commencé uniquement parle défaut de résistance de la soudure.
- Ces essais prouvent que les tuyaux étirés à froid et agrafés suivant le procédé de M. Hector Ledru, sont susceptibles d’offrir une grande résistance à la rupture, et peuvent être employés
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- avec sécurité pour des conduites d’eau ou de gaz.
- La fabrique fondée en 18/p n’a encore livré au commerce qu’une petite quantité de ses produits. Le jury se voit donc obligé de se borner à mentionner dé la manière la plus honorable le procédé ingénieux d’étirage des tuyaux à froid parM. Hector Ledru, laissant aux "jurys qui lui succéderont le plaisir de décerner à cet industriel la haute récompense qui est due à son esprit d’invention; cette •récompense ne peut être accordée qu’après un succès manufacturier qui, selon toutes les probabi-ités, ne se fera pas longtemps attendre. -
- Appareils de filtrage.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. LELOGÉ, à Paris, rue Saint-Étienne-Bonne-Nouvelle, 15.
- M. Lelogé a exposé des fontaines de ménage, en pierres de Greteil, de Tonnerre et de Tournus, dans lesquelles l’eau est filtrée par ascension. Cet industriel a obtenu une mention honorable à l’exposition de i834, et une médaille de bronze en 1889. Depuis lors,, il a développé sa fabrication pour laquelle il a mis en usage des pierres tirées de plusieurs carrières de l’Yonne et de Saône-et-Loire. Son fils a formé un établissement semblable à Lvon.
- M. Lelogé se.montre de plus en plus digne de la médaille de bronze qui lui a été.décernée en i83<9, et que le jury se plaît à lui rappeler.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. DUCOMMUN, à Paris, boulevard Poissonnière ,14.
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- M. Ducoramuna exposé des fontaines ordinaires à filtres épurateurs de charbon, et un appareil de filtrage formé de couches alternatives de sable et de charbon destiné à fonctionner sous une pression élevée. Les filtres de ce dernier appareil sont renfermés dans un coffre cylindrique en fonte porté sur deux tourillons , et dont les fonds plats portent des tubulures destinées l’une à l’admission de l’eau chargée d’impuretés, l’autre à l’émission de l’eau filtrée. L’appareil étant formé de plusieurs filtres disposés symétriquement à partir du milieu du coffre, on peut, en faisant tourner celui-ci sur ses supports, échanger réciproquement les ouvertures d’admission et d’émission. C’est ce que l’on fait, lorsque les filtres sont sales, pour les nettoyer en y faisant circuler un courant d’eau en sens.inverse.
- M. Ducommun a obtenu une mention honorable en i834, la même distinction en, 1839. Le jury récompense la persévérance de cet industriel par la médaille de bronze.
- M. TARD, à Paris, rue de Chaillot, ,19.
- M*. Tard a exposé plusieurs appareils pour filtrer de l’eau, des vins, des huiles et tous autres, liquides.
- La base des filtres de M. Tard est un mélange de pâte à papier et de charbon végétal. Une couche mince de pâte à papier mêlée de charbon, est pré-
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- cédée d’une couche un peu plus épaisse de matières qui forment un dégrossisseur et qui varient avec la nature des liquides à filtrer. M. Tard emploie comme dégrossisseur de la sciure de bois de chêne ou de hêtre pour le filtrage des vins, du chanvre pour le filtrage des huiles, du houblon pris après la fabrication pour le filtrage de la bière, du charbon pour les eaux potables ; l’épaisseur totale du filtre ainsi composé de deux parties ne dépasse pas quinze centimètres.
- Il a pris, pour ses procédés de filtrage, un brevet d’invention dont la date remonte à 1841 - Les essais qui ont été faits h Bercy et dans la cave centrale des hospices pour la clarification des vins, chez divers industriels d’Arras, de Paris et de Lorient, pour les huiles; aux Batignolles, à l’hospice Beaujon , etc., pour le filtrage des eaux, ont donné de bons résultats , que constatentdes certificats délivrés!» M. Tard par plusieurs personnes, parmi lesquelles nous citerons M. de l’Ecluse pour le filtrage de l’eau aux Batignolles, MM. Vallod et André Bonjour pour la clarification des huiles de haleine; M. Caste rat, chef du service de la dégustation des vins, pour la clarification des vins : M. Labbé, marchand de vins, pour la clarification des lies de vin et la filtration de la bière; M. le conservateur de l’entrepôt général des vins, pour un essai qui a bien réussi sur la clarification de vins de Madère qu’ou avait inutilement essayé de filtrer par d’autres procédés ; M. le secrétaire général de l’administration des hospices civils de Paris, également pour la clarification des vins.
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- M. Tard a disposé des filtres portatifs à pompe pouvant, d’après sa déclaration, filtrer de 3oo à 4oo litres par heure, et n’ayant qu’un diamètre de trente centimètres. Ces appareils pourraient être très-utiles aux troupes en campagne. On peut craindre, dans l’application des procédés de M. Tard au filtrage des eaux, que les filtres en pâte à papier ne se décomposent et ne donnent un mauvais goût à l’eau filtrée. Mais il est facile de remédier à cet inconvénient qui dû reste, ne s’est pas fait remarquer jusqu’ici dans l’usage des appareils de M. Tard; il suffit de remplacer en temps utile le filtre en pâte à papier, ce qui peut se faire très-facilement et presque sans dépense.
- Le jury convaincu par les nombreux certificats délivrés à M. Tard de l’efficacité de ses procédés de filtrage,prenant en considération la diversité des usages auxquels il les a appliqués, la simplicité et le bon marché de ces appareils, récompense M. Tard par une médaille de bronze.
- MM. BERNARD et SOUCHON, à Paris, rue d’Anjou-Dauphine , 8.
- Les filtres en laine tontisse de MM. Bernard et Sou-chon, qui parurent pour la première fois à l’exposition de 1839, ont été appliqués en grand, depuis, l’année 1841, au filtrage des eaux de la pompe Notre-Dame, par suite d’un marché fait avec la ville de Paris.
- Il résulte d’un rapport, en date du 4décembre >840, de M. l’ingénieur chargé du service des eaux de Paris , que les filtres installés à la pompe Notre-
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- Dame au nombre de cinq, dont quatre seulement fonctionnent à la fois , débitent avec des eaux sales 35o kilolitres, et avec les eaux ordinaires 600 ki-lolitres d’eau de Seine filtrée par heure. La surface des quatre filtres est de sept mètres carrés; la masse filtrante, est composée de cinq couches de iaine séparées par des grilles en fil de fer, et dont l’inférieure repose sur une étoffe de flanelle ; son épaisseur est de vingt centimètres. Chaque filtre est précédé d’un dégrossisseur consistant en un simple canevas. MM. Bernard et Souchon ont effectué le filtrage des eaux de la pompe Notre-Dame à raison de huit centimes par kilolitre. Aujourd’hui on paye au même prix le filtrage à travers le sable et le gravier par les appareils de la compagnie française ou ceux de M. Ducommun ; mais le prix était de dix-sept centimes et demi par kilolitre, avant le marché conclu avec MM. Bernard et Souchon dont les appareils ont ainsi déterminé une réduction de plus de moitié dans le prix du filtrage des eaux de la Seine.
- Les filtres en laine tontisse ont l’avantage de débiter un volume d’eau beaucoup plus considérable que les filtres de sable et de gravier, à surface égale et sous une même pression. Les eaux sont d’ailleurs aussi bien débarrassées de troubles que par les filtres de sable et de gravier; l’examen au microscope n’y a fait découvrir aucune parcelle de laine entraînée, et il paraît en conséquence impossible qu’elles entraînent des matières organiques , au point d’exercer la moindre influence sur la santé publique.
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- Tout ce qui précède, et les prix que nous avons indiqués, sont relatifs uniquement au filtrage des eaux, et non à leur dépuration par le charbon , qui peut être combinée aussi bien et même plus facilement avec les filtres Souchon qu’avec tout autre système.
- Le jury ne peut manquer de reconnaître que MM. Bernard et Souchon ont rendu un service important à l’industrie et à la ville de Paris, par la création de leurs appareils de filtrage, et il récompense ces exposants par une médaille de bronze.
- NOUVELLE MENTION HONORABLE.
- M. JAMINET, à Paris, rue du Four-Saint-Germain , 26, et rue Sainte-Marguerite, 19.
- MM. Jaminet et Cornet obtinrent, en iSSp, une mention honorable pour leurs fontaines de ménage dont le coffre est construit en pierres assemblées à rainure et languette, sans agrafe en fer, et rejointoyées avec du ciment hydraulique , et où le filtrage s’opérait de bas en haut, suivant la méthode mise en pratique par M. Lelogé; M. Jaminet a exposé cette année des appareils du même genre, d’une bonne construction. Cette fabrication a pris du développement depuis la dernière exposition.
- M. Jaminet mérite que le jury de 1844 renouvelle en sa faveur la mention honorable qui avait été décernée par le jury de 1839 >d MM. Jaminet et Cornet.
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- OMISSION A LA PAGE 192.
- MENTION HONORABLE.
- MM. DESPRÉAUX et CHAPSAL, à Paris, rue
- Grange-aux-Belles, 63.
- MM. Despréaux et Chapsal exécutent, avec toute la précision nécessaire, des cylindres en fer battu étamé, destinés aux transmissions de mouvement dans les métiers h filer. Ces manufacturiers, établis depuis peu de temps, ont mérité une mention honorable, que le jury leur accorde.
- OMISSION A LA PAGE 198.
- MENTION HONORABLE.
- M. AUBIN, à Rouen (Seine-Inférieure).
- M. Aubin a exposé dés pompes à incendie et des cylindres à impression; ces derniers objets, bien exécutés, sont employés chez les fabricants d’indiennes, qui ont pu apprécier leur bonne exécution.
- Le jury accorde à M. Aubin une mention honorable.
- OMISSION A LA PAGE 362.
- CONSTRUCTIONS CIVILES. CITATION FAVORABLE.
- Le jury cite favorablement M. BAUDRIT, à Paris, rue de Malte, 22,
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- Pour ses armatures en fer.
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- TABLE DES MATIÈRES.
- TROISÈME COMMISSION.
- MACHINES.
- Première Section. — § 1. — Machines et instruments servant à l’agriculture..............................Pag. 4
- Établissements ou ateliers de construction d’instruments aratoires, charrues........................... 7
- § 2. — Extirpateurs, scarificateurs, herses.................34
- §3. — Semoirs, plantoirs, houes à cheval. ..... 42
- § 4. — Machines à battre le grain.......................49
- Emmagasinage et conservation des grains. ... 56
- § 5. — Pressoirs, égrappoirs. ..............................58
- § 6. — Concasseurs, hache-pailles, coupe-racines. ... 66
- § 7.—:Instruments, d’horticulture, etc......................70
- Section II. — § 4. — Moteurs et machines hydrauliques. . 74
- J 2.— Pompes et machines à élever l’eau. ..... 90
- 4° Grands appareils......................................90
- 2° Pompes, à incendie. ..................................98
- 3° Pompes diverses mues à bras..........................105
- § 4. — Appareils destinés à obtenir la séparation des matières liquides et solides, et la vidange des fosses. . 444 5 5. — Moulins, machines à rhabiller les meules et accessoires. .................................................. 446
- Section III. — § 4. — Machines à vapeur et ateliers de
- construction. ..........................................149
- Ingénieurs non-constructeurs. • . .................454
- S 2. — Machines loconAotives et chemins de fer.............457
- I. Machines locomotives. ' . . . 463
- II. Chemins de fer, rails et voitures. ....... 474
- Section IV. t- $ 4. — Machines à filer le lin, la laine, le co-
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- ton, la soie, etc. ; machines à bouter les cardes et machines à imprimer les étoffes. . ..................Pagi 183
- I. Machines à filer le lin, la laine et le coton......183
- II. Machines à filer la soie...........................193
- III. Machines à bouter les cardes. 194
- IV. Machines à imprimer...............................195
- §2. — Cardes, peignes, etc., foulage des draps...........199
- Cardes, peignes, etc.............................199
- Foulage des draps. ..............................207
- §3. — Métiers à tisser, battants brocheurs, ourdissoir, • lisage , métiers à broder, métiers à tricots circulaires, métiers à dévider la soie................212
- Métiers à broder , métiers à tricots circulaires, métiers à dévider la soie. ................212
- Machines à dessiner (pour l’èxécution des dessins
- , de, fabrique)................................228
- Non-exposant................................... . 229
- V
- Section V. — § 1. — Presses typographiques, presses lithographiques, presses à timbrer..........................231
- I. Presses typographiques. . . . . . . . . . . 231
- II. Presses lithographiques............................ 240’'
- III. Presses à timbrer. ............................. . 249 ,
- § 2. — Appareils de sondage..............................251
- §3.— Machines-outils. . . . . . -,............... 256?
- Machines à faire|les briques, tuiles, carreaux, etc. . 288
- . Dessins industriels................t . . . . 291
- § 4.—.Mécanismesdivers. . . .. . . . . . . . 292
- I. Outils pour beaux-arts. . . . i. .. 292-
- II. Machines a refendre les cuirs et les draps feutres. ; . 294
- III. Machines-outils. . . *. . . . s? .... 298'
- IV. Mécanismes divers.relatifs aux habitations. . . ., 313
- V. Moyens de maîtriser les chevaux qui s’emportent. . 318,
- VI. Indicateurs à cadran. ....................... . 321
- VII. Travail manuel. . ... • . .. ... 323
- VIII. Carrosserie. . ..... .. . . . . . . 324,
- §5.— Serrurerie de précision. . . . . ... . . . 329'
- Sèction VI..Constructions civiles et navales.............337
- § 1. — Constructions civiles................’ . ... . 337}
- 1
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- § 2. — Construction et navigation des bateaux et des navires à vapeur.....................................Pag. 362
- § 3. — Constructions navales à voiles. ....... 397
- Toiles à voiles...............................408
- Moyens de sauvetage...........................411
- Fabrication des cordages. ....................413
- QUATRIÈME COMMISSION.
- INSTRUMENTS DE PRÉCISION.
- Première Section. — Horlogerie.........................421
- § 1. — Horlogerie de haute précision...............424
- Non-exposant. 438
- § 2. — Grands mécanismes d’horlogerie.................439
- Non-exposant......................................442
- § 3.—Horlogerie civile. ..............................450
- Montres.................... 450
- Pendules civiles..............................459
- §4. — Horlogerie de fabrique. ............................468
- Mouvements de pendules ou de montres. . . . 468
- Outils d’horlogerie et pièces détachées...........472
- Section II. — Instruments de précision................479
- Première division. — § 1. — Instruments de physique et
- d’optique..........................................479
- § 2. — Phares.........................................493
- § 3. — Grandes balances et appareils à peser, adoptés pour,
- le commerce.................................. . 495
- § 4. — Mesures diverses, compteurs et machines à calculer. 500 Deuxième division. — § 4. — Instruments d’astronomie
- de marine et de géodésie. . . . ...................505
- § 2; — Instruments de malhémathiques. ...... 508
- §3. — Machines à graver, à tailler, à diviser.' .... 546
- § 4. — Daguerréotypes et instruments graphiques. . . . 518
- Troisième division. — Cartes géographiques, globes terrestres et célestes, cartes en relief, modèles topographiques en relief, planétaires. . . ........ . . . . . . 524
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- Section III.—Instruments de musique. . . . . Pag. 529
- I. Instruments a cordes , a cordes et a archet , a
- VENT EN CUIVRE ET EN BOIS , etc..................529
- § 1. — Instruments à cordes...........................530
- Non-exposants...................................550
- § 2. — Instruments à cordes et à archet...............552
- Harpes..........................................556
- Guitares........................................557
- § 3. — Instruments en vent en cuivre................. . 558
- § 4. — Instruments à vent en bois.....................560
- $ 5. —Instruments acoustiques.........................565
- § 6. — Cordes d’instruments de musique................566
- § 7. — Boîtes à musique............................. 569
- II. Orgues. . ....................................569
- Orgues expressives............................580
- Section IV. — Arquebuserie et fourbisserie............588
- § I. — Arquebuserie. .................................588
- Fabrication des capsules-amorces, des poires à poudre et des cartouches.................606
- § 2.—Fabrication des lames en acier damassé, fourbisserie. 609
- Fabrication de lames en acier damassé...........610
- Fourbisserie....................................612
- Fabrication de couteaux de chasse. . . . . 614
- Section V.—Éclairage....................................615
- CINQUIÈME COMMISSION.
- ARTS CHIMIQUES.
- Première Section. — Substances alimentaires , savons,
- colles et gélatines............... . ..............634
- § 1. — Préparation et. conservation des substances alimentaires. ................................................634
- § 2. — Savons. .........................................667
- $ 3. — Colles animales................................676
- Section II.—Couleurs, conservation des bois, tissus imperméables.................................................685
- § 4. — Couleurs. . . .... ..............................685
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- § 2. — Conservation des bois........................ . Pag. 703
- Non-exposant..........................................703
- § 3. — Tissus imperméables.....................................708
- Section III. — Produits chimiques, vernis, cires à cacheter,
- cirages.....................................................716
- § 1. — Produits chimiques............................ 74 6
- § 2. — Vernis.........................................764
- § 3. — Cires à cacheter. ....................................768
- § 4. — Cirages........................................774
- Section IV. — Extraction et raffinage des sucres, fécule , glucose, dextrine, gomme de fécule; éclairage, eaux gazeuses, huiles essentielles , engrais , ustensiles-outils. 775 § 4. — Extraction et raffinage du sucre des cannes et des
- betteraves...................................775
- Résidus de la fabrication du sucre indigène, traitement des mélasses........................787
- § 1 — Fabrication du pain............................789
- § 3. — Fécule,dextrine (gommede fécule, etc.), glucose. 794
- Appareils des féculeries. ......................... . 793
- Fabriques de fécule , dextrine , gomme , gomme-
- line, etc., et glucose..............................796
- § 4. — Eclairage. .............................................803
- Bougies stéariques....................................840
- Carbures d’hydrogène et liquides alcooliques propres à l’éclairage...................................822
- § 5. —^Eaux gazeuses et appareils pour les vins mousseux. 833 ^Appareils propres à la fabrication des vins mousseux , a l’essai et au bouchage des bouteilles. . . 836
- ^ Travail et clarification des vins.....................840
- ^ Appareil à fermentation pour les brasseurs. . . 844
- Appareil distillatoire............................844
- § 6. — Huiles essentielles et eaux aromatiques..............842
- -- Cafetières...........................................846
- Huiles grasses. ... :.................................847
- Epuration des huiles pour l’horlogerie..............849
- § 7. — Engrais...............................................850
- § 8. — Ustensiles-outils.....................................858
- Non-exposants,........................................868
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- Section V. — Préparation des matières tinctoriales, blanchiment des étoffes................................Pag. 873
- Tableau des divisions adoptées dans le rapport..........874
- Première division. —Préparation des matières tinctoriales. 874 Première sous-division. — Préparation des matières tinctoriales par des procédés mécaniques.......................874
- Deuxième sous-division. — Préparation des matières tinctoriales par des procédés chimiques........................875
- Deuxième division. — Blanchiment des étoffgs...............887
- Troisième division. — Application des matières colorantes
- sur les étoffes et apprêts..............................896
- Non-exposant......................................917
- •Apprêt des étoffes...............................918
- Quatrième division. — Réparation des tissus gâtés par l’usage...................................................... 920
- Section VI.—Chauffage......................................922
- § 1. — Chauffage des grands édifices...............928
- Serres............................................929
- § 2. — Calorifères........................930
- § 3. — Appareils culinaires et autres..............938
- § 4. — Cheminées.........................947
- Non-exposant. . . •............................948
- § 5. — Appareils pour le blanchiment et la lessive. . . 951
- § 6. — Dessiccation.......................953
- § 7. — Inventeurs non constructeurs...............955
- Non-exposant......................................957
- Section VII. — Tuyaux de conduite et appareils de filtrage. 958
- Tuyaux de conduite................................958
- Appareils de filtrage.............................966
- Omission à la page 192, à la page 198, à la page 362. 972
- FIN DE LA TABLE DU DEUXIÈME VOLUME.
- (Voyez l'Errata général à la fin du troisième volume.)
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TOME 3
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- EXPOSITION
- DES PRODUITS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE.
- DU JURY CENTRAL
- EN 1811.
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- ?' xoul 25
- EXPOSITION
- DES PRODUITS DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE EN 1844-
- DU JURY CENTRAL.
- TOME TROISIÈME.
- IMPRIMERIE DE FAI N ET THUNOT,
- Rue Racine, 28, près de l’Odéon.
- M DCCC XUV.
- des
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- DU JURY CENTRAL
- SUR LES PRODUITS
- DE L’INDUSTRIE FRANÇAISE
- ' tt
- EN 1844.
- SIXIÈME COMMISSION.
- BEAUX-ARTS.
- Membres cle la Commission.
- MM. Fontaine, président, Barbet, Beudin, Blanqui, Brongniart, Ciievreul , Denière , Firmin Didot, Amédée-Durand, Feuciière (Léon), Héricart de Tiiury (vicomte), Laborde (comte de), Noé (comte de), Picot, SaLLANDROUZE-LAMORNAIX.
- SECTION PREMIÈRE.
- ORFÈVRERIE, PLAQUÉ.
- M. Denière, rapporteur.
- § 1. ORFEVRERIE.
- Considérations générales.
- Nous ouvrons le rapport du jury des années 1834 et 1839, et nous trouvons, à cinq an-
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- nées de dislance, les mêmes reproches et aussi les mêmes conseils adressés avec sagesse et autorité à cette industrie par son habile rapporteur.
- Ces reproches et ces conseils, dictés pour remettre en honneur l’art et la forme, ont amené leurs fruits' : le temps a décidé en faveur de l’orfèvrerie , et nous nous félicitons d’avoir à constater un progrès brillant et de pouvoir applaudir aux succès qui ont couronné les efforts de nos habiles et intelligents fabricants. Si nous sommes heureux de louer le présent, c’est que l’orfévre-rie, glorieuse à juste titre de son passé, est engagée d’honneur à bien mériter de l’avenir.
- L’orfèvrerie a été une part notable de l’art antique. On peut apprécier dans la Bible et dans les poésies grecques quelle a été la science de la profession et la perfection des ouvrages, on cite des morceaux fameux : les vases sacrés de Jérusalem, le bouclier d’Homère, relevé et damasquiné, une magnifique corbeille d’argent offerte à Hélène, corbeille dont les bords étaient d’un or très-fin et très-travaillé ; les lois somptuaires à Rome expliquent toute l’abondance et la prodigalité de l’art, appliquées aux. bijoux et au service de la table.
- Après la chute de Rome, les arts de la fonte, de la ciselure", du repoussé et de la gravure, se réfugient,dans plusieurs contrées de l’Europe : ils ne disparaissent pas dans ces-temps barbares, on
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- les retrouve partout. Plus tard les allemands firent beaucoup pour le progrès ; les -orfèvres de la renaissance italienne, et entre eux tous Benve-nuto, ont'eu l’admirable .privilège de laisser des preuves palpables de leur mérite et de leur savoir. '
- En France., aux premiers temps de notre monarchie, les œuvres de la, corporation des orfèvres enrichissaient nos abbayes et. nos églises ; des premiers rois donnèrent de nombreux encouragements à cette profession. Cette-profession, ainsi naturalisée,. se .constitua en état, juré dans Paris; le titre primordial en vertu-duquel ce .privilège a .pu.être concédé, ne se>retrouve plus; certaines ordonnances portent seulement la date de 1260.
- Les orfèvres étaient puissants : ils composaient le sixième corps des marchands, et P on* peut dire -que de toutes .les communautés qui partagaient l’exercice.des arts et du commerce., celle de Porté vrerie et de.la -joaillerie étaient nne des;plus honorées , & raison de l’excellence denses œuvres. Vinrent.avec les règnes;de Louis XIVeFLouis XV,
- , les. Launay, les Balin, «Grossier,- Germain,' quif Ont illustré Porfévreriefrançaise.
- Il faut faire.ces >maîtres une juste part : ils ont varié-à l’infini d’application de P argent et-sa mise en œuvre ,.ils'0.nt porté Je^goût français vers da ?décoration de la table æt rdu t domicile , et en mêmedemps qiPils créaient un atelier fécond et
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- Il
- producteur, ils ouvraient des débouchés et préparaient l’avenir d’une consommation plus générale , à un art qu’on a pu , depuis, appeler une industrie; art princier et seigneurial autrefois, •qui n’avait pas encore témoigné avec complaisance qu’il se pût appliquer par tant de côtés aux usages domestiques et multiplier les jouissances de la vie intérieure.
- Malheureusement, de toute l’histoire de cet art, que nous venons de dire, il ne reste que de rares vestiges : le vandalisme a trouvé souvent son excuse dans des misères publiques ou privées, et les plus précieux modèles ont été détruits ; presque tous les chefs-d’œuvre ont ainsi péri. Les circonstances sont aujourd’hui plus stables ; les temps meilleurs ; les mines plus habilement exploitées produisent annuellement 884,000 kilogrammes d’argent ; nos orfèvres sont dignes des anciens maîtres de leur art, tout fait donc espérer que les beaux ouvrages ne retourneront pas au creuset. Nos orfèvres comprennent bien aujourd’hui que l’industrie qu’ils exercent est un art, mais ils doivent surtout se préoccuper des exemples que leur ont laissés les maîtres célèbres de tous les temps. Ceux-ci et les anciens au premier rang, toiit en faisant des œuvres de choix privilégiées par leur destination, appliquaient tout leur art à des produits d’usage journalier, aux choses
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- utiles, aux besoins de la vie iptérieure. Chez eux la délicatesse du goût n’excluait jamais le caractère de Futilité, la convenance de l’appropriation , la logique de la forme. Ces artistes industriels conciliaient l’art et le bon sens, et ne concevaient pas le beau, sans le confortable et le commode.
- Nos orfèvres de 1844 marchent et doivent marcher dans cette voie ; c’est ainsi que déjà, hors de toute comparaison avec l’Angleterre sous le rapport de l’intelligence dans le choix des formes, comme dans l’art de l’exécution, ils ne lui laisseront pas même ce dernier avantage d’une bonne fabrication livrant des produits utiles et commodes. Ces progrès nouveaux doivent populariser au dehors l’orfèvrerie française et produire des résultats toujours plus féconds.
- Dans l’état actuel de l’industrie et du commerce, il est à peu près impossible de séparer F orfèvre du bijoutier et le bijoutier du joaillier, car nous retrouvons souvent ces trois professions exercées par le même fabricant. Nous demanderons donc aux états du contrôle la situation générale de ces industries.
- Le bureau de garantie indique, en moyenne , depuis la dernière exposition, c’est-à-dire depuis cinq ans, un poids de matières fabriquées s’élevant :
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- Pour l’or, à.................... 4,292 kilog.
- Pour l’argent, à................64,082 —
- Soit en francs, pour l’or. . . . 12,489,720 fr. — pour l’argent. . 14,226,204
- Total. . . . 26,715,924 fr.
- Cette somme exprime la valeur de For et de l’argent employés dans l’orfèvrerie, la bijouterie et la joaillerie; ajoutant autant pour là main-d’ôeuvre, et c’est l’apprécier au-dessous de sa’ valeur, lorsque l’on considère le nombre des ouvriers employés dans cette industrie, et que l’on fait la part des bénéfices des commerçants, nous trouvons 53,431,848 fr.
- La perception du bureau de garantie, à raison de ces produits, est annuellement de 1,500,000' fr.
- Ces chiffres doivent s’élever encore, nous en avons la certitude en considérant les efforts persévérants de nos fabricants et l’intelligence des besoins de leur industrie, dont ils ont donné tant* de témoignages.
- Pour que-notre appréciation soit plus facile et plus juste, nous croyons devoir distinguer en deux catégories et examiner à part : 1° F orfèvrerie, joaillerie et bijouterie:; 2° Yorfévreriè proprement dite.
- Chacune de • ces industries , quels que soient d’ailleurs leurs points de contact et d'affinité , a ses difficultés et ses mérites spéciaux.
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- 1. Orfèvrerie, joaillerie et Bijouterie.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. RUDOLPHI, à Paris, rue du Mail, 11.
- M. Rudolplii se présente comme élève et continuateur de Wagner. Cet artiste s’est appliqué avec soin à conserver ce que son maître avait apporté de perfectionnement à son art. Il a religieusement gardé le souvenir de son enseignement et de ses exemples, et nous en donne des preuves dans les divers travaux de joaillerie qu’il a exposés cette année. (Voir le Rapport sur la joaillerie et la bijouterie.')
- Nous signalerons un coffre-corbeille ciselé et repoussé , une pendule en lapis avec deux coupes, deux bouteilles ciselées dans le style des maîtres de la renaissance allemande, un vase byzantin émaillé avec sujets en peinture.
- Les couteaux, les tabatières, les sabres que nous avons examinés avec soin empruntent leur décoration opulente à l’art habile du nieîleur.
- A l’exposition de M. Rudolphi, on. remarquait un vase modelé par M. Jouffroy de Chôme et ciselé par M. Poux; ce vase se recommandait par la naïveté et le charme de la composition et par l’éclat pittoresque de sa ciselure.
- Le jury décerne à M. Rudolphi le rappel de la médaille d’or, qui fut décernée à M. Wagner en j834 et lui fut rappelée en 1839.
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- MÉDAILLES D’OR.
- M. FROMENT-MEURICE, à Paris, rue Lobau, %
- M. Froment-Meurice a paru pour la première fois en 1839 dans les concours de l’industrie. Le rapport du jury à cette époque fit l’éloge des formes et loua les bons résultats de sa fabrication. Il récompensa cet industriel en lui décernant une médaille d’argent.
- Aujourd’hui , M. Froment-Meurice se présente avec une exposition remarquable, tant par le nombre des articles qui la composent, que par leur variété. Nous applaudissons avec bonheur à ces succès, car nous devons tenir compte des efforts qu’il a fallu faire pour se montrer aussi dignement.
- En 1839, il n’occupait que vingt-cinq ouvriers avec un chiffre annuel d’affaires de 200,000 fr.
- Aujourd’hui, il en occupe environ quatre-vingts, et son chiffre d’affaires est de 640,000 fr. environ.
- La supériorité de ses produits classe M. Froment-Meurice au premier rang.
- Fils de ses œuvres, artiste industriel, partageant entre l’atelier de son père et l’étude du dessin les moments de sa jeunesse, il a appris à reproduire les œuvres des artistes avec la discrétion d’un homme de bon goût et l’autorité d’un homme pratique. Nous ferons particulièrement remarquer quelques-uns de ses produits exposés :
- i° Son ostensoir émaillé ,
- 20 Un calice pour Sa Sainteté ,
- 3° Un bouclier destiné à être offert en prix de course,
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- 4° Une coupe en agate ,
- 5° Un coffre en fer ( non terminé).
- Si nous avons plus spécialement distingué ces pièces, c’est qu’il nous était, par cette seule énumération, facile cle signaler le mérite excellent de la forme, les difficultés de fabrication habilement vaincues, sans préjudice souvent de l’économie de la façon ni de la rapidité de l’exécution.
- Soins minutieux, hardiesse, nouveauté et variété dans les formes , sont les qualités que nous retrouvons encore dans la joaillerie et la bijouterie de ce fabricant. (Voir le Rapport sur la Joaillerie et la bijouterie. )
- Des preuves d’estime sont venues trouver M. Froment-Meurice dans l’exercice de sa profession. Cet industriel a été appelé avec MM. Gatteaux, Paul Delarocbe et Visconti, à la surveillance de l’exécution de l’épée du comte de Paris.
- Des succès si beaux méritent une autre récompense, et le jury décerne à M. Froment-Meurice une médaille d’or d’ensemble.
- MM. MOREL et Cie, à Paris, rue Neuve-Saint-Augustin, 39.
- Les produits exposés par MM. Morel et C10 sont dignes de remarque.
- Entrée depuis deux ans seulement dans l’industrie de l’orfèvrerie , la maison de MM. Morel et Cie a déjà su mériter toutes les sympathies du public. Ses produits, tous également louables, se distinguent par des perfections infinies d’industrie et une science habile des arts appliquée à des objets d’usage
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- journalier. Ce sont là les fruits d’une association puissante , dans laquelle la dextérité manuelle de l’artisan vient en aide au goût distingué d’un artiste dont la présence se révèle dans les moindres détails.
- Cette maison occupe, tant dans les ateliers qu’en ville, quatre-vingts ouvriers environ.
- Elle emploie annuellement i5o,ooo fr. de matières.
- M. Morel, que nous avons à juger aujourd’hui, comme orfèvre, a donné dans son passé de nombreuses preuves d’habileté. Né dans l’atelier, il a inventé , étendu et perfectionné, avec les ressources d’un homme d’imagination et la capacité d’un ouvrier habile, plusieurs moyens ingénieux de fabrication.
- L’épée du comte de Paris, sans parler de plusieurs œuvres remarquables, exécutées à diverses époques par la maison de M.Fossin, futpourluil’occasion de montrer combien était incontestable sa supériorité dans son art. Il recueillit à propos de ce travail de nombreux et honorables témoignages d’approbation.
- Nous retrouvons :
- Dans un sceau à glace d’un travail merveilleux,
- Dans une toilette de l’époque de Louis XIII,
- Dans une coupe en cristal de roche, avec figures repoussées et ornements en or,
- Dans* une croix reliquaire, émaux, style du XVIe siècle,
- Dans des pièces d’une application purement^ usuelle, distinguées dans leurs formes et leur tra-
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- vail, et aussi dans toute la joaillerie et la bijouterie de M. Morel, la même habileté d’art et d’exécution. (Yoir \& Rapport sur lajoaillerie et la bijouterie.) L’on peut admirer la réussite des émaux, la hardiesse du repoussé, le travail patient de la mosaïque , et faire la part des moyens mécaniques ingénieusement appropriés à l’ajustage de ces divers produits.
- En présence de ces preuves éclatantes de capacité, le jury décerne à M. Morel une médaille d’or d’ensemble.
- BnasM.,r^TUBimr>jiinn .ltitcubi
- II. Orfèvrerie proprement dite.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. ODIOT, à Paris, rue Basse-du-Rempart, 26.
- Cette ancienne maison a sa place marquée dans nos expositions. Elle s’est livrée spécialement à l’orfèvrerie de table, et, conseillée sans doute par ses relations à l’étranger, elle s’est inspirée dans, sa fabrication des formes anglaises.
- C’est ainsi qu’elle nous montre cette année des candélabres et des pièces, de surtout,.appréciables d’ailleurs pour leur bonne exécution.
- Un petit service de café nous semble ne rien lais? ser à désirer sous le rapport du style qu’on a voulu reproduire.
- Nous le signalons comme digne d’attention.
- Le jury décerne à M. Odiot le rappel de la médaille d’or qu’il a obtenue dans les précédentes expositions.
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- MÉDAILLE D’OR.
- M. LEBRUN, à Paris, quai des Orfèvres, 40.
- M. Lebrun se présente pour la cinquième fois dans les salles de l’exposition. Il a reçu du jury, comme témoignage honorable, une médaille d’argent en 1823, un rappel en 1827 et en 1834 ? enfin une nouvelle médaille d’argent en 1839.
- Les pièces d’orfèvrerie que nous avons eues sous les yeux se distinguent entre toutes, par une perfection d’exécution digne des plus grands éloges.
- Nousferons remarquer quatre vasesdans le genre Louis XV, vases d’un travail éminent comme ciselure , un candélabre de grande dimension, une fontaine et service de thé complet, un beau plateau d’argent à fond émaillé. Il est juste de dire combien , à l’occasion de ce travail, ont été grandes les difficultés à surmonter.
- Les œuvres toujours excellentes de ce fabricant, ses sacrifices de tout ordre, le culte du beau qu’il a toujours apporté dans l’exercice de sa profession, ont aidé à conserver à l’orfèvrerie cette supériorité dont elle s’honore aujourd’hui.
- Ces travaux persévérants méritent une récompense proportionnée à leur durée et h leur valeur; elle est due à M. Lebrun, l’un des plus anciens de cette industrie qu’il a toujours servie avec habileté et dévouement. Le jury lui décerne une médaille d’or.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. DURAND, à Paris, rue du Bac, 33.
- ; *
- M. Durand, élève deM. Odiot, a déjà paru dans les salles de l’exposition en i834 et i83g.
- Une médaille d’argent qu’il obtint la première fois lui. fut rappelée la seconde.
- Nous signalerons le service de table complet qu’il a exposé cette année. Ce service présentait dans son exécution des difficultés qui ont été victorieusement surmontées. .
- A l’aspect de ces produits on reconnaît que cette maison continue à garder avec honneur le rang auquel elle a su se placer.
- Le jury décerne à M. Durand le rappel de la médaille d'argent.
- M. AUCOC, à Paris, rue de la Paix, h bis.
- M. Lemaire fut le prédécesseur de M. Aucoc , et, sous sa direction, l’établissement se montra digne d’une médaille d’argent dont le rappel a toujours été continué à M. Aucoc.
- Ce fabricant a exposé diverses pièces d’orfèvrerie montées, candélabres et pièces de service de table. Il faut reconnaître les soins religieusement apportés à l’exécution de ces produits, et le choix de formes de quelques-uns» d’entre eux. 1
- Dans ce concours de l’industrie, M. Aucoc a donné de nouvelles preuves de son habileté pratique. Cette habileté brille encore dans des nécessaires magnifiquement garnis.
- Le jury décerne à M. Aucoc le rappel de la mé-
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- daille d’argent qu’il a obtenue aux expositions précédentes.
- MM. LENGLET et TURQUET, à Paris, rue Bourg-l’Abbé, 32.
- M. Lenglet reçut, en 1839, une médaille d’argent qui lui fut personnellement décernée. Il s’est adjoint depuis comme associé M. Turquet, ancien chef cl’atelier de la maison Odiot.
- MM. Lenglet et Turquet apportent à leur fabrication des soins et un talent incontestables ; ils nous en ont donné les preuves dans plusieurs pièces de leur exposition et notamment dans deux candélabres destinés à la ville de Lyon.
- M. Lenglet n’a pas eu recours à la collaboration des artistes que d’autres ont habituellement mise à profit :
- La composition, la sculpture et la ciselure de ses candélabres sont de lui seul.
- La sévérité du style et la grande correction d’exécution que nous retrouvons dans les œuvres de ce fabricant sont dignes d’éloges, et le jury lui décerne le rappel de la médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. MAYER, à Paris, rue Yivienne, 20.
- M. Mayer a exposé pour la première fois. Son établissement ne date que de. cinq années.
- Nous signalerons à l’examen et à ^attention du jui;y:
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- i° Plusieurs pièces de service en-porcelaine de vieux Sèvres, ajustées avec recherche et bonheur. Ces montures.sont disposées de façon à ne pas masquer la beauté des. peintures.
- 2° Un service de couverts et couteaux dans le genre renaissance , d’une ciselure fine et soignée.
- 3° Une coupe en! vermeil justement appréciée par les connaisseurs.
- 4° Un assortiment de pièces variées, tel que soupières , sucriers , cafetières, gravés avec un soin remarquable.
- M. Mayer mérite bien que ses efforts soient récompensés, car, nouveau venu dans cette.industrie, il a su rivaliser avec les maîtres de son art, et son zèle l’a rapidement élevé à la position d’un fabricant distingué.
- C’est là un mérite qui doit être signalé publiquement, et le jury décerne à M./Mayer une médaille d’argent.
- M. TRIOULLIER, à Paris, rue des, Arcis, 18.
- Nous avons remarqué, dans l’exposition de M. Trioullier, les efforts et la volonté 'du fabricant vers un but excellent. La ciselure en repoussé a été pour lui l’objet d’études particulières et d’une pratique constante.
- Ces études lui onpfait apprécier le parti que l’on peut tirer de ce genre de travail.
- La premièreapplication sérieuse qu’il ait tentée, le résultat le plus louable que nous ayons distingué > est un calice repoussé,) décoré de quelques!émaux heureusement, réussis;' ,,
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- Nous signalerons particulièrement un cachet bien composé et d’une exécution très-remarquable.
- C’est la première fois que M. Trioullier expose, et le jury lui décerne une médaille d’argent.
- MENTION HONORABLE.
- M. CAHIER, à Paris, rue de la Fontaine-Molière, 26.
- M. Cahier fils a exposé pour la première fois. ' Ce début est fort distingué. La châsse en bronze doré que M. Cahier fils a exécutée témoigne de ses efforts consciencieux.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. COTTIN, à Paris , rue aux Ours , 26.
- Plusieurs pièces de petite orfèvrerie, exécutées avec soin et dans des conditions commerciales bien entendues, ont fait remarquer M. Cottin.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- §, 2. PLAQUÉ.
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- Considérations générales;
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- L’argent est un métal tellement peu altérable à l’air, même humide, que l’on a été amené à don-
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- ner, à des produits fabriqués avec du cuivre , les avantagés de l’argent, en les recouvrant d’une couche plus ou moins épaisse de ce. métattpré-cieux. Cette opération* constitue un art important : ie doubléou plaqué.
- îLe plaqué, d’origine anglaise, eut pour, inventeur Thomas Bolsover, fabricant de Seheffield, qui s’occupa, en 1742, de là fabrication de boutons et de tabatières. Tint après lui Joseph Haucok, maître Coutelier de la même ville, qui appliqua à des produits plus nombreux cètte nouvelle découverte ; il se livra à l’imitation de la vaisselle plate, et ouvrit à sa ville natale, par la fabrication de ses théières et de ses flambeaux, une ère nouvelle d’industrie, dont Birmingham ne tarda pas à partager les fruits.
- En France, en 1785, Louis XYI encourageait, par une commande de 100,000 livres tournois, une première manufacture qui venait d’être formée à l’hôtel de Pomponne. Cètte industrie , naturalisée en France quarante-trois ans après1 être née en Angleterrea vécu dans des temps politiques quiv ont5 pu compromettre •son essor et sa prospérité ; elle s’est cependant, jusqu’en 1839, progressivement accrue.
- En lisant le rapport !du jury de cette année, nous voyons que l’importance de la fabrication du plaqué pouvait être évaluée ' alors à
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- 8,000,000 fr. de produit, et que l’on estimait à 2,000 le nombre d’ouvriers employés dans cette profession. Aujourd’hui, après cinq années, nous retrouvons ces mêmes chiffres ; seulement, l’exportation des produits, qui s’élevait autrefois à à,000,000 fr., c’est-à-dire à la moitié de la production , a sensiblement diminué, mais, par contre, la consommation intérieure s’est accrue; cette consommation intérieure est acquise à notre fabrique par suite du privilège de la prohibition absolue qui frappe les produits étrangers.
- Nous regrettons que cette industrie ait éprouvé, relativement à l’exportation, sa part des atteintes dont a souffert depuis quelques années notre commerce à raison des prohibitions et de l’augmentation des tarifs, de la part de plusieurs gouvernements.
- Malgré ces influences défavorables à diverses époques et les reproches qui pourraient être encore adressés au plaqué sous le rapport de ses formes, malgré enfin que cette industrie ait toujours trouvé pour rivales et maîtresses sur les marchés étrangers Scheffield et Birmingham, ces deux villes si puissamment organisées relativement à leur industrie et leurs débouchés, nous n’en sommes pas moins portés à croire que la vente à l’extérieur viendra encourager les efforts de nos fabricants, s’ils se livrent avec persévérance à l’étude de formes cor-
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- rectes et élégantes , qui fassent honneur à ce renom de gens de goût que l’étranger ne nous a jamais refusé.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. PARQUIN, à Paris, rue Popincourt, 1k.
- M. Parquin reçut en 1827 une médaille d’argent qui lui fut rappelée en 1834 en 1889.
- Ce fabricant a exposé des pièces pour le service de table, flambeaux et girandoles en plaqué; il a également soumis à l’examen du jury des cafetières et casseroles en cuivre.
- M. Parquin mérite d’être distingué pour les soins qu’il a apportés à populariser, par la modicité de ses prix, les produits de sa fabrique.
- Rendant justice à ses efforts continus, le jury lui rappelle la médaille d’argent.
- NOUVELLES MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. GANDAIS, à Paris, rue du Ponceau, k%
- La fabrique de plaqué de M. Gandais se recommande à l’attention du jury sous plus d’un rapport. Une médaille d’argent fut décernée à ce fabricant en i834, et rappelée en i83g. Cette année encore les œuvres dignes d’éloges de cet industriel, l’importance continuelle de son établissement, la variété de ses produits, répondent dignement à sa réputation.
- M. Gandais a importé d’Angleterre le système
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- des bordures d’argent adaptées au plaqué. Ce système assura aux produits de cette fabrication une durée qu’ils n’avaient pas eue jusqu’alors.
- Le titre ordinaire des articles exécutés pour la consommation parisienne est, chez M. Gandais, le vingtième ; pour la province , le trentième. Il n’emploie pas au-dessous'du quarantième.
- Cet industriel a constamment soutenu la qualité du titre. Dévoilé activement aux intérêts et aux progrès de'sa profession, M. Gandais ne l’a pas seulement pratiquée avec honneur, il a publié plusieurs écrits utiles sur le plaqué.
- Le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- M. BÀLAINE, à Paris, rue du Faubourg-du-Temple, 93.
- M. Balaine est l’un des fabricants dont l’orfèvrerie plaquée mérite des éloges à raison de la bonne qualité de son titre.
- Nous devons à ses efforts une part de l’honneur et de la considération dont jouissent les produits français sur les marchés étrangers.
- M. Balaine a exposé en 1827; il a obtenu une médaille de bronze ; en 1834 , une médaille d’argent lui fut décernée; et, en 1839, le rappel de la médaille d’argent. La prospérité de son établissement a donc toujours été croissante, et le jury s’est plu à le reconnaître et à le constater. Depuis la dernière exposition, M. Balaine a perfectionné encore les procédés de fabrication du plaqué. Ses
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- œuvres se distinguent par une pureté et une correction d’exécution remarquables.
- Ces qualités que nous venons de signaler , se retrouvent au plus haut degré dans un service de table à contours unis et à côtes , service qui mérite l’examen de tous les hommes de l’art.
- Le jury, constatant ces progrès toujours croissants, décerne à M. Balaine une nouvelle médaille d’argent.
- MM. YEYRAT et fils, à Paris, rue de Malte, 20.
- MM. Yeyrat et fils ont obtenu une mention honorable, deux médailles de bronze et une médaille d’argent en 1839.
- Ces fabricants, comme par le passé, ont exposé des produits empruntés à leur fabrication de chaque jour, et nous en avons trouvé les preuves dans une visite que nous avons faite à leur établissement, où ils occupent soixante-dix ouvriers, et au dehors plus de cinquante ; leur chiffre d’affaires annuel s’élève à 600,000 fr.
- Rendons justice à la bonne fabrication de MM. Yeyrat et fils.
- Un vœu exprimé dans le rapport du jury en a été complètement réalisé par l’application que ces fabricants ont faite à l’orfèvrerie en argent de tous les procédés expéditifs de fabrication employés pour le plaqué. Ces procédés, en assurant l’économie sous le double rapport de la main-d’œuvre et de la légèreté du poids, tendent à populariser de plus en plus l’usage de l’orfèvrerie française. Ce sont là de notables perfectionnements à signaler.
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- Nous avons sous les yeux une note émanant dut bureau de garantie, qui constate que dans le cours de l’année 1843, leur maison avait fait contrôler quatorze mille articles en orfèvrerie d’argent, tant pour la consommation intérieure que pour l’exportation. Pour prix de ces efforts et de ces résultats, le jury décerne à MM. Veyrat et fils une nouvelle médaille d’argent.
- § 3. MAILLECIIORT.
- Considérations générales.
- Le maillechort, alliage qui imite l’argent, est un composé de nickel, de cuivre et de zinc. Il se prêté à de nombreuses applications, et s’est classé dès à présent comme branche intéressante de fabrication.
- Son introduction en France date de vingt-cinq ans, et il est resté à l’état d’essai pendant les dix premières années. C’est, depuis, qu’il a pris sérieusement possession et fait des progrès notables sous le double rapport de son importance commerciale et de sa manipulation industrielle.
- En 1834, son chiffre de production ne dépassait guères 100,000 fr.;
- En 1844, il dépasse 400,000 fr. pour Paris seulement. Il a quadruplé en dix ans, sans compter
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- le contingent fourni par les fabriques de Saint-Étienne, Lyon et Bordeaux.
- En 1834, le maillechort en lingot se vendait 10 fr. le kilogramme ;
- En 1844, il se vend 7 fr. •
- ' En 1834, le laminé à 5 millimètres se vendait 12 fr. le kilogramme ;
- En 1844, il se vend 8 fr.
- En 1834, le laminé à 1 millimètre se vendait 10 fr. le kilogramme;
- En 1844, il se vend 12 fr.
- En 1834, le laminé mince et en fil fin se vendait 20 fr. le kilogramme ;
- En 1844, il se vend 16 fr.
- Les prix ont donc baissé de plus de 25 p. 0/0, et pourtant le prix du nickel, un de ses éléments principaux, a haussé de 100 p. 0/0 : en 1834, le nickel ne valait que 15 fr. le kilogramme, il vaut aujourd’hui 30 fr.
- Le .maillechort n’a pas moins gagné en facilité de travail et de fabrication : il se rétreint aujourd’hui , s’estainpe, se coule, se tréfile d’une façon remarquable.
- , Il en résulte qu’il s’applique déjà, ou peut s’appliquer avec succès, à une très-grande variété d’articles de la fabrication française. Il est particulièrement propice à la sellerie, qui le substitue au fer très-avantageusement.
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- Le^ manufactures d’armes de Saint-Étienne* l’emploient à garnir les bois.de ,fusil et de pis^ tolet.,
- Aussi bien qu’il remplace le fer en.certains cas, il remplace l’argent.
- Il jouit depuis quelque temps d’une certaine faveur pour la fabrication des couverts,et du service de table.
- Nous dirons encore quelques-unes de ses applications diverses.
- M. Pape, facteur de pianos,, s’en sert pour des tables d?harmonie* L’adresse et le tour de main de nos ouvriers sauront en tirer un heureux parti pour mille objets divers.
- Le maillechort nous, paraît ;placédans des con-dition s .favorables de prospérité et de développement*
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- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT;
- M. PECHINEY aîné, à Paris, quai Valmy, A5.
- M« Pechiney s’est, présenté à cette exposition. Ce fabricant fut honoré en i83q d’une médaille d’argent.
- M. Pechiney compose et prépare le maillechort, et le livre aux industries diverses ; il en fournit beaucoup plus aux fabricants, qu’il* n’en emploie lui-même, en» produits ouvrés. Ce qui, distinguera» maison, c’est quelle résume bien le, progrès,et 1$
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- succès,du maillechort, Aest,qu’elle y a pour sa part contribué largement.
- M. Pechiney, dès le principe de sa fabrication, arriva à- perfectionner cet alliage. Aujourd’hui, grâce à sa malléabilité et son homogénéité, les-produits laminés de cette fabrique s’emploient à Genève et à Chaux-de-fonds .pour la ^fabrication des. montres destinées à l’exportation.
- Ce fabricant donna, le premier, d’utiles exemples et de profitables conseils pour la coulée en sable du maillechort; il. a exposé aujourd’hui comme preuve de, son habileté en ce. genre une vierge du poids de 25 kilogrammes, fondue d’un seul jet ; des pièces diverses, d’orfèvrerie témoignent que le repoussé sur le tour aussi bien que la rétreinte au marteau, sont des procédés de fabrication facilement applicablesvau, maillechort. M. Pechiney est l’un des promoteurs habiles de la fabrication du maillechort ,. etî le jury lui ^décerne le rappel de la médaille d’argent.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. LELIEUR, à Paris, rue du Puits-Blancs-Manteaux, 8.
- M. Lelieur a.exposé, à côté de couverts unis et à' filets en maillechort très-bien exécutés, des bandes laminées très-minces et des fils de -ce*même métal, remarquables par leur grande finesse. Ces fils disent assez la qualité et la malléabilité du maillechort ouvré par M. Lelieur. Ce fabricant fut honoré en
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- i839 d’une citation favorable. Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. LESGENT jeune, à Paris, rue Bourg-l’Àbbé , 22.
- M.Lesgent a exposé des couverts fourrés, c’est-k-dire des couverts en étain renfermant une âme en tôle d’acier.
- Ces produits sont louables pour leurbonne fabrication. M. Lesgent a su, en soumettant ses couverts après le coulage à la pression d’un balancier puissant, leur donner l’adhérence et la flexibilité si désirables pour ce genre de produits.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. MOUSSIER-FIÈYRE, à Paris, rue des Fossés-Montmartre , 27.
- M. Moussier-Fièvre expose pour la première fois; son établissement date de i832.
- L’exposition de ce fabricant se composait de divers objets applicables au service de la table. L’alliage qu’il emploie, qu’il a nommé minofor, inférieur au maillechort, est cependant l’objet d’une consommation assez étendue. Ses produits sont d’une bonne exécution.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
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- SECTION II.
- BRONZES, ORNEMENTS MOULÉS, DORÉS, SCULPTÉS, ETC.
- M. Feuchère (Léon), rapporteur.
- § 1er. BRONZES.
- Considérations générales.
- Parmi les grandes industries de luxe, celle des bronzes a, sans contredit, toujours tenu le premier rang, non-seulement en France, mais en Europe.
- Ses efforts constants et ses sacrifices lui ont
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- maintenu cette supériorité. Nos fabricants ont fait avec succès ce que l’on fait toujours dans un siècle de progrès. Ils ont suivi les bonnes traditions de leurs devanciers, ils les ont agrandies, perfectionnées, pour soutenir et souvent pour élever la bonne réputation qu’ils avaient à défendre. ; .!,r ;
- Ce que l’art avait fait naître, l’esprit commercial l’a développé ; et, grâce à ces deux puissants moteurs, les bronzes sont devenus un objet considérable de consommation dans le pays et à. l’étranger. Nous les examinerons donc sous les
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- deux points de vue d’industrie artistique et de commerce.
- Il y a quarante ans, Paris comptait au plus six fabriques de premier ordre; c’était assez pour quelques hôtels privilégiés de la fortune, pour les monuments publics qui employaient seuls les richesses de cette belle industrie.
- Mais, depuis cette époque , le luxe, en pénétrant dans la classe moyenne, et le bien-être dans la classe inférieure, ont popularisé les bronzes; et ce qui était un objet de luxe est aujourd’hui un objet d’utilité. Aussi avons-nous vu surgir en peu d’années un grand nombre de fabriques dont le but est principalement de satisfaire à ces nouveaux besoins.
- Signalons avec plaisir que, malgré l’entraînement de l’intérêt commercial, malgré l’engouement souvent aveugle du public., dès fabricants éclairés ont compris, n’ont pas cessé de comprendre les exigences prescrites et imposées par l’art, et par là ont pu conserver aux bronzes français ce qui faisait autrefois et ce qui fait encore toute leur valeur sur les marchés étrangers.
- Mais, dans cette noble lutte de l’art contre le bon marché, ce n’est que par une bonne entente des moyens de fabrication, par des études conti^ nuèlles d’économie bien comprise, par des combinaisons ingénieuses d’exécution, enfin par la
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- connaissance approfondie de leur art que nos industriels peuvent soutenir leurs grands établissements , tout en respectant avec une juste délicatesse la- rétribution de l’artiste et le salaire de l’Ouvrier.
- C’est là, disons-le avec orgueil, la;sauvegarde de cette industrie qui est encore sans rivale à l’étranger. Mais pour conserver ces avantages, il nous faut des maîtres habiles luttant sans relâche, luttant avec succès et présentant aux fabriques étrangères la supériorité qui décourage la concurrence et-qui la détruit.
- Aussi quelques grands états de l’Europe, l’Allemagne , la Russie, l’Angleterre,‘la Belgique,en sont-ils à la rivalité des bas prix ; ils sont contraints de revenir à nous encore pour les ameublements de luxe.
- Ce monopole, l’art nous l’a acquis et nous le maintient, bien que chaque année les fabriques étrangères viennent chercher des exemplaires de nos œuvres1 remarquables, pour en tirer des surmoulés auxquels ils ne savent pas conserver la pureté du modèle, qui perd en passant par ces mains inhabiles tout ce qui faisait son principal mérite.
- Tout en rendant hautement justice à l’importance de l’artiste qui concourt par son talent à la bonne confection-des bronzes, n’oublions pas de faire ressortir ici le concours du fabricant à la dis-
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- crétion duquel est confiée une œuvre qu’il doit reproduire dans toute sa virginité primitive. Cette condition est vitale dans une industrie où l’art est indispensable ; car un bronze mauvais, médiocre même, n’est qu’une inutilité que le bon sens et le bon goût repoussent.
- Quant à ces tendances fâcheuses que les amis de Fart signalent quelquefois, on aurait tort d’en accuser le fabricant. L’industrie n’a jamais lutté contre les entraînements même ridicules du public, sans risquer de se briser contre cet obstacle. Défendons les intérêts de l’art, mais, s’ils ne sont pas toujours respectés, pour être justes n’en faisons pas peser toute la responsabilité sur d’autres intérêts plus graves encore, qui, s’ils étaient compromis, deviendraient pour l’industrie des bronzes une cause inévitable de ruine.
- Nous sommes heureux de constater comme un fait acquis, que les objets de vente possible et facile même ont seuls paru cette année, à l’exclusion des pièces dites d’exposition si souvent et si justement reprochées aux fabricants dans les expositions précédentes.
- Nous diviserons les bronzes en deux catégories distinctes.
- La première catégorie comprendra la fonderie et les bronzes d'art ; et la seconde, les bronzes d'art et d'ameublement.
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- I. Fonderie, Bronzes d'art.
- EXPOSANT HORS DE CONCOURS.
- MM, DENIÈRE et fils, à Paris, rue d’Orléans, 9, au Marais.
- M. Denière étant membre du jury, nous interdit les éloges pour la maison Denière et fils,qui d’ailleurs a depuis longtemps été honorée de toutes les récompenses.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM. SOYER, INGÉ et fils, rue des Trois-Bornes, 28.
- MM. Soyer et Ingé, dont le nom se rattache à de grands travaux d’arts , à plusieurs monuments en bronze, remarquables par leur belle exécution, obtinrent, en 1839, une médaille d’or pour leurs nombreux et magnifiques travaux. Au nombre des produits qui fixèrent alors l’attention du jury central , on cita notamment la statue colossale d’Emmanuel-Philibert, un Christ de Marocbetti et le chapiteau de la colonne de juillet, la plus grande pièce qui ait été fondue d’un seul jet, dont le poids s’élevait à 10,000 kil., dont la circonférence dépassait 26 mètres, bien que son épaisseur atteignît à peine un centimètre.
- Depuis cette époque, sans cesse occupés des grands objets moulés en bronze, MM. Soyer et Ingé ont construit de nouveaux ateliers, dans lesquels ils reproduisent, au moyen de la galvanoplastie, un grand nombre d’objets d’art, et recouvrent d’une couche métallique des pièces d’histoire naturelle de
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- différentes dimènsïons, et jusqu’aux organes délicats des insectes.
- Par ces travaux variés, d’un fini et d’une exécution très-remarquables, MM. Soyer et Ingé sont de plus en plus dignes de la haute récompense' qu’ils ont obtenue en i83g,et que le jury s’empresse de leur rappeler.
- MÉDAILLE D’OR.
- MM. ECK et DURAND, à Paris, rue des Trois-Bornes, 15.
- L’exposition de ces fondeurs est remarquable par la grande intelligence qui a dirigé la confection de tous les objets qui la composent.
- La statue colossale de Duquesne destinée à la ville de Dieppe est d’un beau résultat, d’une grande hardiesse de fonte et d’une reparure habile.
- Entre autres, nous citerons le Mercure de Jean de Bologne, un Milon de Crotone, fondu sur une esquisse originale de Puget, une série de statuettes de grands hommes, des médaillons d’après David d’Angers, des bas-reliefs, un coureur d’après Cavelier le sculpteur, enfin un pot à bière d’après Jeannest, chef-d’œuvre de ciselure fine et délicate.
- Tous ces objets d’art témoignent du soin et du travail infatigable de ces habiles fondeurs.
- Nous croyons nécessaire de citer encore des morceaux importants qui n’ont pu être exposés, tels que les magnifiques portes de la Madeleine , dont un bas-relief seulement et le chambranle avaient été présentés en i83g; les statues colossales de
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- Fabert, à Metz;
- Laval, àBeaufort;
- Bichat, à Bourg ; celle enfin de Molière, à Paris.
- L’importance de la fonderie de MM. Eck et Durand, l’application des moyens faite avec des résultats aussi heureux, placent ces artistes au premier rang.
- D’après ces considérations , le jury, voulant reconnaître le haut mérite et les constants efforts de MM. Eck et Durand, leur décerne la médaille d’or.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. QÜESNEL et Cie, à Paris, rue Richelieu ,
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- M. Quesnel, d’abord ciseleur habile, a pris depuis longtemps un rang distingué parmi les fondeurs. Un travail sans relâche, une grande connaissance de son art, l’ont aidé à maintenir ce rang avec succès. Aussi son exposition s’est-elle présentée sous un aspect très-favorable.
- Parmi les nombreux produits, nous signalerons avec intérêt, comme objets principaux, un Mercure inventant la lyre, d’après Duret; l’éducation de l’Amour, de Pradier, et des fonts baptismaux surmontés d’un saint Jean, d’après Jean Debay.
- M. Quesnel, qui en 1839 avait eu l’idée d’exposer une pièce avec ses jets, vient de renouveler ce fait en présentant un buste colossal de Boulay de la Meurthe, tel qu’il sort du moule, puis le buste terminé , dont la ciselure conserve intact l’effet du modèle en plâtre placé à coté, m.
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- De petits bronzes, tels que statuettes, coupes, chandeliers et bénitiers gothiques, des groupes divers, enfin une réduction exacte du sarcophage de Napoléon, dont ils avaient exécuté les ornements, se recommandent généralement à l’appréciation du jury.
- MM. Quesnel et Gie, par les progrès apportés à leur remarquable industrie, se sont rendus dignes d’une nouvelle médaille d’argent. Le jury la leur décerne.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. DE RRAUX D’ANGLURE, à Paris, rue Casti-glione, 8, et rue d’Astorg, 15,
- A exposé cette année un buste grandeur nature du marquis de Pérignon, une statue équestre d’Emmanuel-Philibert et une statué de La-Tour-d’Au-vergne, toutes deux d’après Maroclietti.
- Un groupe de Boizot, un Napoléon à cheval, une bacchante et un satyre de Clodion ; l’Amour du même auteur, plus divers animaux.
- Tous ces bronzes sont d’une exécution bien comprise. Nous remarquons des progrès depuis fexpo-sition de i83g. Tous les petits objets nombreux qui s’adressent à la grande consommation , tels que des presse papiers à animaux, à figurines diverses, sont d’une jolie reproduction et traités avec intelligence.
- M. de Braux d’Anglure se distingue par un discernement heureux dans le choix des motifs qu’il reproduit avec succès.
- Le jury, pour récompenser ses efforts, décerne
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- à M. deBraux d’Anglure une nouvelle médaille de bronze.
- II. Bronzes d’art et d’ameublement.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM. THOMIRE et Ci0, à Paris, rue de la Chaus-sée-d’Atitin, 51:.
- La fondation de la maison Thomire date de 1793. C’est la plus ancienne fabrique de bronzes en France.
- La grande intelligence du,fondateur, leur aïeul, qui avait constamment présidé à tous les travaux dont il a enrichlnotre pays et l’étranger, se retrouvait à cette exposition comme aux précédentes. Félicitons ces fabricants d’avoir toujours présent à la pensée un exemple aussi beau; le suivre sans relâche est une tâche difficile, mais d’autant plus noble à remplir.
- L’exposition de MM. Thomire et Cie. sedistinguait par une grande variété d’objets de forme et de style divers. Plusieurs pendules à figures d’un goût,etd’une exécution remarquables,, de magnifiques vases, en porcelaine montés,(unegarniture de cheminée, style Louis XVI, Un surtout de table de diverses,pièces de, bronze argenté, des candélabres,, des lustres d’une grande richesse, sont le, résultat d’un travail consciencieux, et continuent à les maintenir au premier rang.
- N’oublions pas de dire que parmi cesînombreuses productions, beaucoup sont dues au crayon de M. H. Thomire qui joint à la, qualité de fabricant de premier ordre, celle de dessinateur distingué.
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- Le jury, heureux de constater les efforts soutenus de MM. Thomire et Cie, leur rappelle avec éloge la médaille d’or qu’ils ont toujours méritée.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. YILLEMSENS, à Paris, rue Sainte-Avoye, 5^.
- L’aspect de l’exposition de ce fabricant témoignait assez du genre auquel il s’est principalement voué depuis la fondation de son établissement. Des garnitures d’autel et de nombreux chandeliers dans le style gothique font de cette fabrication une spécialité bien distincte destinée à la décoration des églises.
- Un peu plus d’observance dans la pureté de ce style qui, comme tous les autres, a ses règles , eût fait de ces divers objets des œuvres sans reproche. Du reste, l’exécution nous en a paru bien comprise, vu surtout la difficulté d’ajustage que présente souvent, par ses détails multipliés, le genre que M. Villemsens est appelé à reproduire.
- Une aiguière sur un plateau est une transformation du casque de François Ier, dont la cime forme l’anse et dont les ornements enrichissent le corps. Sans parler de l’idée, nous dirons que la difficulté a été assez bien vaincue ; la ciselure en est faite avec soin. Des buires, des lampes, divers groupes pour pendules formaient l’ensemble de cette exposition. Les prix modérés énoncés sont des titres de plus, acquis à M. Villemsens.
- Le jury lui rappelle la médaille d’argent qu’il a obtenue en i83p.
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- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. PAILLARD (Victor), à Paris, rue de la Perle,
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- M. Victor Paillard qui, dès son début en i83q , s’était placé hardiment en première ligne, a tenu tout ce qu’il avait promis, et les engagements que la récompense qui lui avait été décernée lui avait fait contracter.
- Si son exposition était modeste par le petit nombre des productions, elle était remarquable par le choix distingué des divers objets qui la composaient, et qui dénotent des progrès sensibles.
- Nous citerons avec éloge :
- Une pendule à figures couchées d’après Jean Feu-chère , et un Bossuet du même artiste.Un candélabre à groupe d’enfants d’une proportion heureuse; une Françoise de Rimini d’après Decaisne, une pendule Louis XV à enfants et oiseaux d’après un des éléments de Boucher, et un candélabre Pompeii.
- Un bénitier supporté par des anges, et un petit vase allemand d’une ciselure exquise complétaient cet intéressant ensemble.
- Dans cette fabrique, le premier étau est celui du maître; aussi cet exemple si utile a-t-il fait naître dans lesateliers de cet industriel, de bons et habiles ouvriers.
- Le bon goût, le respect pour l’œuvre du sculpteur, la parfaite exécution, et l’habileté du dessinateur et du modeleur, font de M. Victor Paillard un fabricant remarquable et un artiste de mérite.
- En considération de ces éminentes qualités, le
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- jury décerne à M. Paillard une nouvelle médaille d’argent.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. SERRUROT, à Paris, rue Richelieu, 89.
- Plusieurs pendules de divers styles, des candélabres etde nombreux petits bronzes formaient l’exposition deM. Serrurot.
- Ce fabricant se fait remarquer par son désir de soutenir avec honneur la réputation acquise par M. Galle son prédécesseur. Nous engageons M. Serrurot à entrer plus hardiment encore dans cette voie.
- Tout en reconnaissant le soin apporté à l’exécution d’une garniture de cheminée, imitée du style deDieterlin, nous désirerions un peu plus de sobriété dans ce genre d’ornementation qui présente, nous l’avouerons , un écueil dangereux.
- Nous ne doutons pas que M. Serrurot, par des efforts constants, ne puisse arriver aux récompenses obtenues par son devancier.
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze qu'il a obtenue en 1839.
- M. COURCELLE, à Paris, rue Reaubourg, 44,
- S’adonne presque exclusivement il la fabrication des lustres ; nous en avons remarqué cinq de diverses grandeurs, en bronze et cristaux, ainsi qu’une paire de candélabres.
- - La majeure partie de ses produits est destinée à l’exportation et livrée à la commission à des prix très-riiodérés.
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- Le chiffre de la consommation intérieure ne figure que pour moitié dans celui de ses opérations.
- Production prompte par des moyens économiques et ingénieux est le résultat des efforts de cet actif fabricant.
- Le jury lui rappelle la médaille de bronze décernée en 1839.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. MARQUIS, à Paris, rue Chapon, 23.
- La grande spécialité de l’ancienne maison Chaumont et Marquis, continuée par M. Marquis, est principalement l’établissement des lustres en bronze ornés de cristaux. Ce fabricant y a joint cette année, une lanterne d’appartement.style Louis XYI, une riche cheminée en marbre ornée de bronzes , deux pendules avec candélabres, et une corbeille de table.
- Ces divers objets, d’une exécution économique et bien entendue, sont livrés au commerce à des prix qui en assurent facilement la vente. Aussi l’importance commerciale de cette• fabrique est-élle de a5o à 280,000 francs.
- Ces titres se recommandent favorablementl’appréciation du jury qui décerne à M. Marquis une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. BOYER, à Paris, rue Saintonge , 38.
- C’est la première fois que M. Boyer se présente au palais de l’Industrie.
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- Parmi les objets exposés, nous avons remarqué avec intérêt une grande pendule, la Justice et la Paix, d’une exécution soignée ; les candélabres qui l’accompagnent sont en bon rapport.
- Une pendule figurant un petit monument de la renaissance, quoique traitée avec intelligence sous le rapport du travail, est une imitation un peu exagérée des horloges du seizième siècle. L’abus d’aiguilles qui terminent chaque saillie est un défaut sensible , qui se reproduit dans les candélabres qui l’accompagnent.
- Deux autres garnitures de cheminée, Vénus et l’Amour, et une pendule Louis XVI, sont une preuve du soin et du talent qu’on remarque dans l’ensemble des objets exposés par M. Boyer.
- Le jury, pour récompenser ses efforts, lui décerne une médaille de bronze.
- MM. RAINGO frères, à Paris, rue Saintonge, 11.
- Avant de parler de leurs produits , disons un mot de ces fabricants : c’est une famille d’industriels composée de quatre frères dont l’intelligence est constamment acquise à la prospérité de leur établissement, à Paris et à l’étranger. La partie commerciale y domine, et le chiffre de leur exportation est considérable.
- Dans la grande quantité d’objets exposés, nous avons remarqué une pendule Louis XIV, le char de Neptune, accompagnée de deux candélabres et de deux vases très-riches; une pendule, forme renaissance, ornée de porcelaines peintes, et des potiches garnies de bronzes; deux groupes, sujets
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- de chasse; une pendule, la Poésie et l’Éloquence, avec candélabres à enfants, sont des témoignages du zèle et de l’activité qui régnent dans cette fabrique.
- En considération de l’importance de cette maison et des services rendus au commerce, le jury décerne à MM. Raingo frères la médaille de bronze.
- M. RÔDEL, à Paris, rue Pierre-Levée, 19.
- Selon l’usage ordinaire, la pendule posée sur une cheminée intercepte au milieu la vue de la glace ; pour obvier à cet inconvénient, M. Rôdel nous présente l’ensemble général d’une garniture qui, par sa disposition originale, a fixé notre attention.
- Cette pendule, supportée à droite et à gauche par des rinceaux et des enfants, qui eux-mêmes donnent naissance à des candélabres, laisse par sa position élevée la possibilité de se voir, sans que la grâce et l’élégance de cet ensemble en soient altérées.
- Ce motif, en même temps qu’il est ingénieusement connu , est d’une bonne exécution.
- M. Rôdel, pour la première fois exposant, nous paraît dans une bonne voie de fabrication; le peu de place ne lui a pas permis d’exposer d’autres objets qui sont en harmonie avec son exposition.
- Le jury, qui se plaît à récompenser les efforts heureux, accorde à M. Rôdel la médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. PRÉYOST, à Paris, rue des Quatre-Fils, 11.
- M. Prévost, ancien ciseleur chez M. Denière, a exposé un tableau représentant un bouquet de fleurs en bronze, que nous n’hésitons pas à considérer comme un chef-d’œuvre de ciselure ; c’est un objet d’art et de haute curiosité.
- Cette œuvre remarquable, que nous ne saurions trop louer, mérite une mention toute particulière que le jury s’empresse de lui accorder.
- M. BAYOZET, à Paris, rue Saint-Étienne-Bonne-Nouvelle, 15.
- L’exposition de ce fabricant se composait principalement de pendules représentant des cathédrales gothiques. La consommation de ses produits est considérable, surtout à l’étranger.
- 'Ces objets sont exécutés avec intelligence et lui méritent une mention honorable que le jury lui décerne.
- M. ROZIER (Nicolas), à Lyon (Rhône),
- A .exposé des bronzes pour les églises. Nous avons remarqué avec intérêt des chandeliers de style différent , et qui , vu le.peu de ressource pour la fabrication des bronzes dans les départements, sont exécutés avec goûtet intelligence.
- M. Rozier, qui avait commencé son établissement avec un ou deux ouvriers, en occupe maintenant près de quatre-vingts.
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- Des reliquaires, une croix de procession, enfin l’ensemble de ses produits offre de bons résultats. Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. GRIGNON, à Paris, rue d’Anjou, 13, au Marais.
- Le jury décerne une mention honorable k M. Grignon pour l’ensemble de son expôsition, qui se composait de lustres, pendules, surtouts et vases d’une confection satisfaisante.
- III. Bronzes four Véclairage au gaz et pour magasins.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. LACARRIÈRE, à Paris, rue Sainte-Elisabeth, 3 bis.
- M. Lacarrière, d’abord simple artisan, est le premier qui ait fait des applications heureuses du bronze aux appareils pour le gaz.
- Son exposition, déjà remarquable en i 83q, offrait en 1844 la preuve la plus évidente de ce que peut la volonté guidée par l’intelligence et le goût. !
- Les produits nombreux et variés soumis à notre examen ont tous d’heureux résultats. Un grand candélabre à pied triangulaire est d’une exécution large, d’un bon sentiment de dessimet de sculpture. Un calorifère surmonté d’un Mercure portant* un bec de gaz est d’une ingénieuse conception. Un fragment de lustre pour le théâtre de la reine à Londres, orné d’enfants jouant de divers instruments, est un morceau capital et digne de remarque. Enfin des
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- bras, des lampes suspendues, une grande lanterne complétaient cette riche exposition.
- Nous félicitons bien sincèrement M. Lacarrière de la bonne voie dans laquelle il a persévéré avec tant d’ardeur; nous nous plaisons à constater des progrès notables dans tous ces produits.
- M. Lacarrière, qui avait obtenu une médaille de bronze en 1839, est digne à tous égards d’une médaille d’argent pour l’ensemble de son exposition, dont une autre partie est citée dans la commission des métaux (Y. le Rapport de M. Amédèe-Du-rand, t. I, p. 874)-
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. POMPON, à Paris, rue du Temple, 15 ,
- A exposé un grand lustre, des candélabres et des bras, genre rocaille. Le lustre surtout, par la manière dont il est combiné, présentait des difficultés d’exécution qui ont été surmontées avec succès. Ces objets sont d’une grande richesse, et sont la partie importante de cette exposition. D’autres lustres et candélabres sont le résultat d’efforts et de recherches.
- M. Pompon est toujours digne de la médaille de bronze décernée par le jury en 1839.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. GEORGI, à Paris, rue Saint-Denis, 328,
- A exposé quatre lampes suspendues d’une bonne forme et d’une bonne exécution.
- Le jury lui vote une mention honorable.
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- M. THOMAS, à Paris, rue Saint-Martin, 63,
- A exposé des porte-cliapeaux à plusieurs branches mobiles et ciselés, d’un prix très-modéré, ainsi que divers articles pour étalage. Cette fabrication offre un aspect satisfaisant.
- Le jury décerne à M. Thomas une mention honorable.
- IV. Bronzes appliqués aux lampes.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. GAGNEAU frères, à Paris, rue d’Enghien, 25.
- MM. Gagneau frères, dont la réputation justement méritée les place au premier rang, obtinrent en 1819 une médaille de bronze, qui leur fufcrap-pelée en i834, enfin une nouvelle en 1839.
- Leur exposition démontre les progrès incontestables apportés par eux à la confection des ornements qui enrichissent leurs lampes.
- Les modèles, dont quelques-uns sont dus au talent de Klagmann, sculpteur, sont de bon goût et exécutés avec beaucoup de soin et de recherche jusque dans les moindres détails.
- Nous citerons avec éloge une grande collection de lampes en porcelaine française et étrangère, garnies avec la plus grande entente de l’art. Ces diverses montures sont généralement bien appropriées à chaque genre indiqué par ces porcelaines.
- Des lampes pour grande salie à manger sont d’un bon dessin et d’une forme heureuse; la bonne exécution vient en augmenter la valeur.
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- L’importance des affaires de MM. Gagneau frères est justifiée par l’intelligence et l’art qu’on remarque dans tous les objets qui sortent de cette fabrique distinguée.
- Le jury, pour reconnaître le mérite de MM. Gagneau frères, leur décerne une médaille d’argent.
- § 2. SCULPTURE EN CARTON-PIERRE.
- Considérations générales.
- La sculpture en carton-pierre a pris dans la décoration architecturale une importance que les services nombreux rendus journellement par elle, depuis trente ans, ont constaté d’une façon victorieuse.
- Le facile emploi de ce mode d’ornementation est justifié par les résultats si remarquables obtenus jusqu’à ce jour.
- Dans les palais, les hôtels, les établissements-publics, dans les modestes habitations, dans les maisons à loyer même, partout se retrouvent les produits variés de cette utile industrie.
- Tous les progrès que l’art a pu faire, la sculpture en carton-pierre les a tentés, et ses efforts ont toujours été couronnés du plus grand succès. Non-seulement les ornements, les arabesques de tout genre, depuis les plus vigoureux jusqu’aux plus délicats, mais les reliefs les plus saillants, les figures de ronde-bosse lesplus accentuées onté.té
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- exécutés et sont devenus, d’une application facile et commune.
- Cette industrie a toujours suivi avec une intelligence heureusement récompensée les exigences des divers styles qui, depuis vingt ans surtout, sont tombés, en se succédant rapidement, dans le domaine de la mode.
- L’extension du carton-pierre en province, et son exportation à l’étranger sont considérables. Comme les autres industries d’art, celle-ci obtient, par sa supériorité, une faveur que justifie l’intelligence dépensée par nos artistes, au profit des productions où le goût se manifeste.
- Sans vouloir ici trop blâmer ni proscrire l’usage du carton-pierre dans les imitations purement d’art et de curiosité, disons cependant que le véritable emploi de cette intéressante industrie est dans l’application aux décors intérieurs où l’architecture réclame son secours.
- Ainsi compris, le carton-pierre remplit sa véritable? mission. Venant en aide aux artistes, il leur permet de réaliser à peu de frais les projets créés par leur imagination, projets qui, sans ce puissant appui, seraient d’une exécution souvent difficile, toujours trop coûteuse.
- Parmi les artistes qui ont le plus concouru aux progrès et à la propagation de cet art, il est. de notre devoir de citer en première ligne MM. Wal-
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- let et Huber, comme l’exemple le plus digne d’être signalé.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. ROMAGNÉSI aîné, à Paris, rue de Paradis-Poissonnière, 2/l
- M. Romagnési, dont le nom est si ancien dans l’industrie du carton-pierre, s’est fait encore remarquer à cette exposition comme k celle de i83g par un ensemble très-variéde statuettes, vases, coffrets, armures, imités d’objets en acier, bronze, fer et terre-cuite. Ces diverses pièces, par la manière ingénieuse avec laquelle elles sont traitées, annoncent un artiste distingué.
- On regrette peut-être, comme en i83g, tant d’intelligence dépensée si largement à ces productions, surtout en remarquant la beauté de l’exécution du grand chapiteau et du magnifique entablement surmonté d’un riche fronton.
- Que M. Romagnési ne perde pas de vue l’application vraiment utile du carton-pierre dont il possède si bien l’emploi quand il traite la décoration architecturale.
- Le jury s’empresse de rappeler k M. Romagnési aîné la médaille d’argent qu’il n’a pascesséde mériter.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. WALLET et HURER, à Paris, rue Rèrgère,
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- Des ateliers considérables qui occupent pendant toute l’année cent vingt ouvriers, dix sculpteurs, cinq menuisiers j
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- CJne collection immense de creux en plâtres qui reproduisent les ornements, les reliefs, les rondes bosses et les sculptures de toutes les époques ;
- Une haute intelligence d’artiste mise à la disposition de tous les architectes décorateurs pour l’ornementation des palais et des demeures plus mo-d estes;
- Tels sont les éléments du travail et de l’exploitation industrielle de ces habiles fabricants.
- Aussi, à toutes les expositions , le jury les a-t-il honorablement distingués, car il les retrouvait toujours à. la tête de cette industrie qui a pris des développements considérables, et qui entre pour une si grande part dans les décorations intérieures que nous admirons à l’Hôtelcle-Ville, à Fontainebleau , à Versailles, à Saint-Cloud, aux Tuileries, etc.
- En 1823, une médaille de bronze a signalé leur début; en 1827, une médaille d’argent; en 1834» un rappel; enfin, en 1839, une nouvelle médaille d’argent leur ont été décernées.
- Depuis cette époque, leurs efforts et leurs succès ont constamment grandis, ni les variations fréquentes de style et de genre, ni les difficultés nombreuses que soulèvent ces changements rapides du goût n’ont arrêté leur zèle, n’ont surpris leur intelligence.
- On a remarqué à cette exposition, comme à toutes les autres, une grande variété de modèles du goût le plus pur et de l’exécution la plus sévère. Dans les reproductions de tous les styles différents, on a retrouvé même discernement dans le choix, même réussite dans l’application, nr.
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- Comme en 1839, le jury n’a pas cru pouvoir accorder une récompense du premier ordre à cette industrie; mais, reconnaissant le mérite toujours soutenu de ces habiles artistes, MM. Wallet et Hu-ber, il les place en première ligne et leur décerne une nouvelle médaille d’argent, au lieu de leur rappeler celles qu’ils ont obtenues aux expositions précédentes.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. TIRR ART, à Paris, impasse Sandrié, A bis,
- A présenté à l’appréciation du jury un candélabre surmonté de girandoles d’une grande dimension et d’une bonne exécution. La scène, d’après Léonard de Vinci, des anges adorateurs , enfin divers motifs de chapiteaux, colonnes, pilastres, complétaient son exposition, et se faisaient remarquer par le soin apporté à leur confection.
- M. Tirrart n’est pas sorti de la bonne voie qui, en 1839, lui avait valu une médaille de bronze. Le jury lui en vote le rappel.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. LOMBARD, à Paris, rue Thorigny, 5.
- En lisant le précédent rapport, qui se terminait par une citation favorable, on est étonné de l’importance extraordinaire que la fabrication de M. Lombard a prise depuis cinq ans.
- Les motifs si nombreux et si intéressants qui sont
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- exposés cette année, et la manière remarquable avec laquelle ils sont compris et exécutés, témoignent des efforts soutenus et de la grande intelligence de cet artiste fabricant.
- On remarque d’abord un grand cadre, style renaissance, d’une forme heureuse; les ornements et les figures y sont distribués avec art et une discrétion louable; l’exécution en est pure et élégante.
- La table hexagone est peut-être un peu trop surchargée d’ornements, mais un grand cadre, Louis XV , et surtout un fragment d’un cadre k rinceaux bien enroulés et à fleurs très-heureusement modelées , attestent la souplesse du talent de M. Lombard.
- Composés et exécutés en partie par lui, ces objets acquièrent un mérite de plus et font l’éloge de sa capacité industrielle.
- Le jury, heureux de reconnaître les litres de M. Lombard, décerne à cet habile artiste la médaille de bronze.
- M. HARDOIJIN, à Paris, rue de Bréda, 24.
- Un autel, partie en bois, partie en carton-pierre ( XVe siècle ), exécuté pour la ville de Dieppe dans lestyîe de l’église Saint-Pierre, était l’objet le plus important de l’exposition de M. Hardouin. Les divers ornements, les clochetons, les frises, les frontons qui couronnent ce monument, sont d’une grande délicatesse de détails et d’un fini précieux. Le style de l’époque y est reproduit avec une scrupuleuse fidélité.
- On regrette toutefois que les figures de ronde bosse,
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- qui composent les différents sujets de cet autel, soient, ou une imitation, ou une reproduction trop servile des quelques exemples fâcheux qu’on retrouve au XVe siècle comme à toutes les époques de l’art.
- Un porte-reliquaire, une table et un candélabre, formaient l’ensemble de l’exposition de M. Har-douin.
- Le jury, appréciant les bons résultats obtenus par M. Hardouin, lui décerne la médaille de
- bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. CAMARET, à Paris, rue du Caire, 24.
- L’aspect de l’exposition de cet artiste était très-intéressant par les productions qui la composaient.
- Les fleurs principalement sont la partie dominante dans la décoration des nombreux cadres, des vases-corbeilles, dessus de porte, etc., qu’on y remarquait. Ces fleurs sont d’une délicatesse d’exécution et d’une vérité surprenante.
- La pâte employée par M. Camaret est ductile comme la terre glaise, et il exécute lui-même tous ses ornements avec une facilité inconcevable.
- Cette pâte acquiert une grande dureté. Le vernis qui recouvre ces diverses productions leur donne un aspect très-agréable.
- L’emploi en serait heureux, appliqué à des intérieurs d’appartement, et donnerait des résultats satisfaisants.
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- Le jury, voulant récompenser les efforts de M. Camaret, lui vote une mention honorable.
- M. TROUVÉ, à Paris, passage Violet, 5,
- A exposé un grand assortiment de cadres de styles différents. L’ornementation qui décore l’un d’eux, d’une grande dimension, est très-bien conçue. L’exécution en a été dirigée avec intelligence et avec soin. Le jury, pour l’ensemble de ses travaux, décerne à M. Trouvé une mention honorable.
- M. COTELLE, à Paris , rue du Bac, 19,
- A exposé des sculptures auxquelles il donne la dénomination de plastique, bois et pâte métallique. Cette matière est d’une dureté telle, qu’elle résiste plus que la pierre aux chocs les plus violents. L’application bien comprise de cette nouvelle composition lui assure un avenir dont les résultats ne sont pas douteux. Nous engageons beaucoup M. Cotelle â persévérer et à donner tous ses soins à l’extension et à l’heureux emploi de sa plastique.
- Le jury lui vote une mention honorable.
- M. LAMY|fils, à Paris, rue Bleue, 22.
- Une grande collection de cadres, une console exécutée avec soin, méritentà M.Lamy fils la mention honorable que lui vote le jury.
- Le jury mentionne honorablement :
- M. GUILLAUME, à Paris, rue du Delta, 13,
- Pour des statuettes et statues d’église en matière composée.
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- MM. HEILIGENTHÀL et Cie, à Strasbourg (Bas-Rhin) ,
- Pour leurs pâtes dures exécutées avec soin et qui se recommandent par le bon marché. Des chapiteaux, des rosaces et ornements divers sont traités avec intelligence.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement :
- M. DALIOT, à Paris, rue du Pourtour-Saint-Ger-vais, h,
- Pour ses statues en carton-pierre.
- M. LECOEUR, à Paris, boulevard Montmartre, 1,
- Pour ses lettres en pierre factice et ses numéros qui sont d’une bonne et durable application.
- § 3. CUIRS ET CARTON-TOILE EN RELIEF. MENTION HONORABLE.
- M. MARTIN, à Paris, rue Neuve-Saint-Nicolas, 12 bis,
- A exposé deux meubles dont les ornements sont en cuir repoussé. Ces meubles sont bien de proportion et l’ornementation en est heureuse. Le cuir gauffré ou repoussé, quoique d’un usage très-ancien
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- surtout pour les tentures, paraît pour la première fois à l’exposition avec son application nouvelle; l’usage dira si elle offre des garanties de durée. Le carton-toile, dans son emploi pour la décoration des appartements est d’un grand avantage par sa légèreté.
- Le jury décerne à M. Martin une mention honorable.
- § k- CUIVRE ESTAMPÉ VERNI.
- Considérations générales.
- Le cuivre pur ou allié, estampé et verni, était évidemment appelé à prendre un jour une place importante parmi les industries qui offrent leur concours à la décoration intérieure des appartements. Cette place, le cuivre estampé l’a acquise pour toujours d’une manière incontestable.
- Déjà, en 1839, cette nouvelle direction, quoique faiblement indiquée par un des exposants, avait cependant pu faire pressentir les immenses ressources que cette industrie devait se créer.
- Diverses interprétations, toutes très-bien comprises , et que nous avons remarquées à l’exposition , confirment d’heureux succès que nous nous empressons de signaler à l’appréciation des artistes et des industriels.
- Des débouchés faciles, un écoulement plus con-
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- sidérable de produits en province et à l’étranger, voilà les importants résultats que vient de conquérir cette récente industrie.
- Depuis cinq ans, un grand développement a été donné à cette fabrication. Si l’usage de l’estampage dans nos habitations intérieures n’est point encore très-répandu, son application du décor des établissements publics, des salles de spectacles surtout, a été couronnée du plus grand succès.
- Les théâtres des Italiens, de l’Opéra-Gomique, du Panthéon, le théâtre Beaumarchais, en ce moment même, ceux de Nantes, de Brest et de Saint-Quentin , sont une preuve de l’importance du fait avancé et de l’avenir qui est réservé à cette branche intéressante de notre ‘industrie nationale.
- Parmi les nombreux avantages que présente l’emploi du cuivre estampé dans les établissements que nous venons de citer, un des plus no-tables est sans contredit la solidité des ornements qui peuvent se déplacer avec promptitude et facilité, sans craindre l’altération des formes.
- On connaît généralement les effets rapides et fâcheux du gaz sur les ornements dorés, naguère encore en usage dans les cafés et surtout dans lés théâtres; en peu de temps cette dorure noircie nécessitait de fréquentes réparations. Cet inconvénient grave et coûteux, le vernis du cuivre es-
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- tampé l’a fait disparaître. Les expériences faites par M. Payen au conservatoire des arts et métiers en ont constaté la solidité et là durée.
- La plupart des estampeurs ne vernissent pas chez eux, ils font vernir leurs produits dans des ateliers spéciaux.
- En passant en revue les divers objets èxposés par les fabricants qui ont droit à des distinctions, on trouvera la justification complète des éloges qui sont le principal but de ces considérations générales.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. LEGOGQ et Cie, à Paris , rue des Francs-Bourgeois, 14, au Marais.
- MM. Lecocq et C‘e3, dont la position commerciale est remarquable par le chiffre des affaires, qui dépasse 3oo,ooo fr., ont exposé une grande quantité d’objets irès-variés : douze grandes rosaces de plafond simples et riches, des lambris et panneaux ornés avec goût, de nombreuses corniches décorées d’après les meilleurs principes d’architecture.
- Parmi ces produits , nous avons remarqué surtout, une grande rosace, riche sans profusion ; les ornements, les moulures sont d’un dessin correct, et le cul-de-lampe qui forme milieu est d’une silhouette élégante.
- Des frises nombreuses se distinguent par la variété de leur forme et la délicatesse des détails:;
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- enfin des chapiteaux d’une bonne proportion. En examinant un de ces derniers objets, nous avions distingué la mauvaise jonction des figures et des têtes saillantes ,, avec le fond qui les reçoit. Nous sommes heureux de dire qu’en visitant les ateliers de MM. Lecocq et Cie, nous avons pu constater le bon résultat de notre critique par la disparition complète des défauts qui avaient été signalés à ces habiles fabricants.
- Le jury vote avec empressement à MM. Lecocq el Cîe le rappel de la médaille d’argent.
- M. MARSAUX, à Paris, rue de la Perle, ïk.
- L’ensemble d’une loge d’avant - scène, qui était l’objet capital de l’exposition de M. Marsaux, indique immédiatement toute l’habileté et le goût de cet artiste manufacturier. Ce motif est d’une charmante proportion et d’un ajustement distingué. Le bon emploi et la répartition heureuse des ornements sont remarquables. Le couronnement, sans être lourd, est d’une bonne fermeté de détails, et forme des contours gracieux. Dans les montants, les ornements qui donnent naissance aux bras, les balus-tres de la galerie, et une imitation ingénieuse de crêtes et de galons qui enrichissent les rideaux, forment le complément de cet ensemble, qui ne mérite que des éloges.
- Des rosaces, des motifs de lambrequin pour croisées , des consoles et des encadrements de glace, ajoutaient à l’intérêt de cette exposition.
- L’importance de cette maison rivalise presque avec celle que nous avons signalée avant.
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- Le jury, en récompense du mérite toujours soutenu de M. Marsaux , lui rappelle la médaille d’argent.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. FUGÈRE, à Paris, rue Amelot, 52.
- Après avoir paru sous le couvert de l’anonyme aux expositions précédentes, M. Fugère vient enfin avouer hautement ses œuvres. Il est du petit nombre de ceux qui composent, sculptent eux-mêmes leurs modèles, et qui en exécutent les matrices.
- L’aspect de l’établissement de M. Fugère est celui de la véritable fabrique, le magasin s’efface devant l’atelier. Depuis les ouvriers qui frappent aux moutons jusqu’aux dessinateurs, sculpteurs et graveurs, tout se trouve réuni sous sa main : il en est le chef par son exemple.
- M. Fugère a exposé le véritable spécimen de l’application heureuse du cuivre estampé, signalé en tête de ce rapport.
- Trois parois et un plafond forment l’ensemble d’un petit salon, composé de lambris, portes et panneaux, surmontés d’un entablement complet. Toute l’ornementation de ce salon est distribuée avec une sagesse et un discernement qui en font un tout digne de l’appréciation des artistes.
- Une devanture de loge du théâtre Italien, dont la décoration en cuivre estampé a été faite par M. Fugère, et divers ornements, tels que consoles, frises, etc., ajoutent encore à l’intérêt dont il est digne.
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- Le jury, pour récompenser tant d’intelligence dépensée au profit de la véritable fabrication, décerne à M. Fugère la médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. BORDEAUX, à Paris, rue Saint-Sauveur, 12.
- Anciennement sculpteur sur bois, M. Bordeaux a appliqué son art à l’industrie de l’estampage en cuivre.
- Parmi les objets exposés, nous avons remarqué un baldaquin de lit et plusieurs couronnements de rideaux d’une très-grande richesse et d’une bonne exécution. Plusieurs pièces de bon goût, tels que frises pour cadres, thyrses, patères , prouvent que M. Bordeaux est un industriel de talent.
- Fidèle à son ancien art, il a exposé quelques sculptures sur bois d’un effet heureux.
- Le jury rappelle à M. Bordeaux la médaille de bronze qu’il avait obtenue en i 83q.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. THOÜMIN et CORBIÈRE, à Paris, rue Saint-Antoine, 165,
- Ont un grand assortiment de tous les objets que comporte le cuivre estampé, et qui s’adressent aux tapissiers. Ces industriels ont principalement adopté le vernis mat.
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- Des galeries, palmettes, rosaces, rinceaux, patères, etc., y figuraient en grand nombre.
- On remarquait particulièrement un baldaquin de lit, d une grande richesse, une tête de bélier pour thyrse d’une bonne exécution, enfin un couronnement de croisée composé d’un aigle enrichi de feuillage de chêne d’un effet vigoureux et bien accentué.
- L’importance de cet établissement est digne d’attention ; son chiffre de commerce très-élevé, joint au mérite delà fabrication, placent MM. Thoumin et Corbière à un rang distingué.
- Le jury leur décerne la médaille de bronze.
- M. TOURNIER, à Paris, rue Saint-Sauveur, 24.
- M. Tournier, qui, le premier, en i83q, avait tenté avec quelque succès l’emploi du cuivre estampé dans la décoration architecturale, a présenté cette année un ensemble bien choisi d’articles d’ur tilité usuelle, qui se recommandent parle bon goût qui les a créés, et par une bonne fabrication.
- M. Tourniez, anciennement graveur en médaille et sculpteur, compose et exécute en partie les objets qu’il livre au commerce.
- Nous avons examiné avec intérêt des thyrses bien ajustés, des couronnements, baldaquins, enfin tout ce que comportent les nombreuses ressources dont les tapissiers savent tirer un parti si avantageux. Son exposition annonce une intelligence bien employée, qu’il avait précédemment mise, en qualité de sculpteur, au service des meilleures fabriques d’estampage.
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- M. Tournier qui, en 183g, avait obtenu une mention honorable, est digne de la médaille de bronze que lui vote le jury.
- M. BASNIER, à Belle ville (Seine), rue des Lilas, 7.
- La spécialité bien marquée de M. Basnier, dans l’emploi du cuivre estampé , est celle des ornements destinés aux églises et au clergé.
- Son exposition se distinguait par un autel garni de chandeliers d’une bonne exécution, et remarquable par l’ajustage, qui est une des grandes difficultés de l’estampage dans la ronde bosse. Cette perfection est sensible dans des ostensoirs, surtout dans des crosses d’évêque, que la légèreté de leur volume rend d’un plus facile usage. Dans une croix de procession se retrouvent ces mêmes avantages.
- L’ensemble des nombreux objets dans lesquels on remarquait des encensoirs, parle en faveur de M. Basnier. Etant le seul pour cette spécialité, il est facile de se faire une idée de l’importante consommation de ses produits.
- Le jury décerne à M. Basnier une médaille de bronze.
- NOUVELLE MENTION HONORABLE.
- M. BLÈVE, à Paris, rue de Lancry, A.
- Tous les ornements applicables à la décoration intérieure, tels que cadres pour glaces et tentures, se trouvaient réunis à l’exposition de M.Blève.
- Un grand encadrement de glace nous a principalement frappé par son heureuse proportion, et
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- ses détails bien combinés. Des frises d’un bon ajustement et délicatement travaillées sont une preuve du soin et du goût que M. Biève apporte à tous ses produits.
- Le jury, vote à M. Biève une nouvelle mention honorable.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. PETITPAS, à Paris, rue Castex, 5.
- L’exposition de ce fabricantétait remarquable par un grand assortiment de rosaces et de patères, dont il fait une consommation considérable. Variété dans les formes et dans les ornements, grande recherche dans l’exécution , voilà les titres de M. Pe-titpas à la mention honorable que le jury lui décerne.
- M. DURENNE, à Paris, rue Saint-Nicolas-Saint-Antoine , 5,
- A exposé un grand nombre d’articles en cuivre fondu et estampé, pour meubles, tapisserie et bâtiments. La bonne confection de ses produits explique le chiffre élevé de son commerce.
- Le jury lui vote une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- Le jury cite favorablement :
- MM. AGNELLETfrères, à Paris, rue du Caire, 7,
- Pour leurs galeries estampées, palmettes, couron-
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- nements de lit, qui sont généralement exécutés avec intelligence.
- Vernis sur métaux.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. BENOIT-LANGLASSÉ, à Paris, rue des Blancs-Manteaux , 46,
- A exposé un nombreux assortiment d’objets en bronze, tels que candélabres, pendules, flambeaux, écritoires, etc., vernissés dans ses ateliers ; ces objets présentent à s’y méprendre l’aspect des bronzes dorés. Comme imitation de la dorure, le vernissage de M. Benoît-Langlassé ne laisse à désirer qu’une uniformité un peu plus grande dans les tons , uniformité difficile à produire à cause de la diversité même de composition et de couleur des bronzes ou laitons en plusieurs pièces que les fabricants confient au vernisseur.
- L’art de donner au cuivre et à ses alliages la couleur de l’or est di^ne d'intérêt ; il vient en aide au commerce des bronzes; il tend à répandre les jouissances du luxe, car il permet de livrer à des prix très-modiques des objets dont la valeur-serait plus que doublée par l’emploi de la dorure; le vernis qui donne à ces objets la couleur de l’or est assez durable pour qpe ljes intérêts de la somme qu’il eût fallu consacrer à leur dorage suffise pour lés entretenir dans un parfait état de conservation.
- Le jury, voulant récompenser les efforts et les
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- succès de M. Benoît-Langlassé, décerne à cet exposant une médaille de bronze.
- § 5. STORES ET ÉCRANS.
- Considérations générales.
- Cette année les fabricants de stores ont paru en plus grand nombre qu’aux expositions précédentes.
- Si le goût du luxe a développé à un haut degré chez ces artistes les moyens employés au profit de cette industrie, le goût proprement dit aurait bien dû les garantir des abus qui s’y sont glissés.
- La propriété essentielle du store doit être avant tout de reposer là vue et non de l’offenser. Peut-être quelques artistes n’ont-ils pas assez compris et observé cette nécessité.
- L’imitation servile des tons vigoureux et éclatants des vitraux, adoptée pour l’intérieur des habitations, est une erreur. On ne doit point oublier que la nature dite de convention est toujours plus heureusement applicable à ce genre de travail , si on songe surtout à sa véritable destination. C’est une fausse idée d’espérer, tromper l’œil, qui l’est rarement. Chaque ,art d’ailleurs a ses limites qu’on ne doit pas chercher à dépasser
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- sous peine de manquer le but . qu’on veut atteindre.
- Disons-le cependant, quelques-uns ont compris toutes les qualités inhérentes à la peinture sur transparent, en satisfaisant complètement le goût et la vue.
- Empressonsrnous donc de citer les noms de ceux qui, par l’absence des défauts signalés plus •haut, ont mérité le juste intérêt que le jury accorde toujours aux efforts couronnés par de bons résultats. •
- MÉDAILLES DE BROME.
- M. GIRARD, à Paris, rue Saint-Martin, 254.
- M. Girard, fait lui-même.ses dessins; il a présenté .au.jury plusieurs^ stores qui méritent de fixer son attention.
- Une vue intérieure de Saint-Isidore de Madrid
- N. /
- est d’une bonne exécution et d’un effet piquant. Les conditions de perspective, comme dessin et couleur, y ‘sont observées avec talent. Les ornements formant cadre à cette vueisont d’un ton très-
- doux, qui laisse au tableau toute sa valeur.
- Une descente.de croix, d’après J.ouvenet, est assez correcte comme.copie ; enfin, le Décaméron, d’après Winterhalter, encadré d’une façon heureuse, ajoute à l'intérêt qu’offrait l’exposition de M. Girard, auquel lequrydécerne une médaille de bronze.
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- M. BACH-PÉRÈS, à Paris, rue du Faubourg-St-Denis , 105.
- Le jury a remarqué l’exécution précieuse d’un grand store imité d’une pastorale de Boucher.Si les figures en sont gracieuses comme dessin et coloris, le cadre d’un ton d’or rouge est d’un éclat un peu trop ardent. Une Vierge, d’après Murillo, et un store de fleurs bien peintes et d’un joli ton, sont des œuvres faites avec conscience et talent.
- M. Bach-Pérès se recommande aussi par les nombreux artistes qu’il emploie.Le. jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. HANKIN, à Paris, rue Pierre-Sarrazin, 2.
- J .-J. Rousseau cueillant des cerises, de C. Ro-queplan, est un sujet gracieux que M. Han’kin a choisi et rendu avec succès. Les figures y sont d’une bonne imitation de dessin et d’une jolie harmonie de couleur : il esta regretter que l’arbre soit un peu lourd de ton.
- Cet artiste a exposé aussi une collection nombreusè deyues de jardins, de fleurs, d’oiseaux. Enfin- une grande variété de motifs riches et simples se recommande par une bonne exécution. Pour l’ensemble de tous ses travaux le jury décerne àM. Hankiri
- une médaille de bronze.
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- M. HATTAT. ( Antoine), à Paris, me/ Richelieu, 81,
- À exposé cinq stores, tous d’une bonne exécution,
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- et faits dans un bon principe de. dessin et dans des conditions heureuses de ton et d’harmonie.
- Une vue de château est remarquable par une jolie perspective et par la finesse des détails. Un store â oiseaux et fleurs est d’un arrangement gracieux. Deux figures encadrées d’une bordure élégante, une vue intérieure riche, et une Vierge à l’enfant, sont des titres à nos éloges.
- Le jury décerne à M. Hattat une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. LEROY, à Paris, quai Saint-Michel, 15.
- Quelques jolies compositions, un heureux choix de couleurs et un dessin assez correct, rendent M. Leroy digne de la mention honorable que le jury lui accorde.
- M. SÀYÀRY, à Paris, rue du Roule, 5.
- Il y a dans les compositions de M. Savary les conditions essentielles d’un travail intelligent et habile. Le jury l’a jugé digne de la mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. ÀUDRY, à Paris, rue Rochechouart, kk.
- , Le jury, voulant récompenser les efforts intelligents et la bonne exécution de l’exposition présentée par M. Audry, lui accorde une citation favorable.
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- § 6. IMITATION DES BOIS ET DES MARBRES PAR LES PROCÉDÉS DE PEINTURE.
- Considérations générales.
- On connaît la perfection à laquelle on est arrivé dans les imitations des bois et des marbres par les procédés de peinture. L’exposition nous en a offert quelques exemples tellement frappants, qu’il est difficile, pour ne pas dire impossible d’établir une différence entre l’imitation et la réalité.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. MAURIN jeune, à Paris, rue Saint-Honoré.,
- m.
- M. Maurin jeune, qui a obtenu, en 1839, une médaille de bronze, a exposé deux colonnes en bois de sapin et une fausse cheminée en bois de chêne. Dans ces travaux, M. Maurin a soutenu dignement sa réputation. Le jury lui rappelle la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES. (
- M. BIGNON, à Paris , rue Bellefond, 15,
- A exposé une mosaïque de marbres français et étrangers imités par des procédés de peinture; de plus un assortiment de marbres pour décors. Le
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- talent avec lequel ces peintures sont exécutées méritée M. Bignon une mention honorable que le jury lui accorde.
- M. HUGHES, à Paris, rue de Charenton, 11 bis,
- A présenté dans un panneau peint, avec encadrement séparé'en grisaille, une collection très-variée d’imitation des bois ; entre autres celle du bois de chêne, exécutée par un procédé particulier, donne l’idée la plus vraie de ce que peut l’étude et l’habileté réunies. Le jury lui décerne une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- Nous citerons favorablement :
- M. GAYREL, à Paris, rue Saint-Merry, k8,
- Pour sa collection de dessins d’intérieur d’appartements.
- * § 7. DORURE SUR BOIS ET SUR CARTON-PIERRE.
- Considérations générales.
- Les procédés de la dorure sur bois et sur carton-pierre sont parfaitement connus. Aucun moyen nouveau n’a été signalé à l’attention du jury. Nous.nous bornerons donc à citer les exposants qui nous ont paru dignes de récompense.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. GARNEREY, à Paris,. rue du Faubourg-Poissonnière, 104,
- A exposé un «miroir sculpté et un chambranleide porte, dont la composition riche est rendue avec intelligence. Les ornements sculptés sont d’un bel effet. Les dorures sont exécutées avec une grande perfection. »
- Le jury décerne à M. Garnerey une mention honorable.
- M. SOUTY, à Paris, place du Louvre, 18,
- A exposé trois cadres d’une richesse somptueuse. : un orné d’attributs ecclésiastiques aux armes du pape, un autre enrichi de trophées militaires, et le troisième d’un gothique très-ornementé. La dorure de ces trois pièces est faite avec soin et solidité.
- Le jury vote à M. Soutv une mention honorable.
- Le jury mentionne honorablement :
- M. JEANNE, à Paris, passage Choisfeul, 66 et
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- Pour un grand cadre d’une exécution *et d’une composition heureuse. La dorure en est remarquable. •
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- § 8. CONSTRUCTION. COUPE DE PIERRES.
- MENTION HONORABLE.
- M. AMAND (représentant la Société d’ouvriers tailleurs de pierres, sous le titre de compagnons étrangers), à Paris, rue du Roi-de-Sicile, 20.
- Il y a toujours un immense intérêt pour un jury de l’industrie à suivre les travaux des sociétés d’ouvriers.
- C’est sans doute une idée lieureuse pour des travailleurs de mettre en commun l’intelligence et l’habileté de chacun; d’arriver par des efforts d’ensemble à surmonter toutes les dillicultés d’un art pratique, à résoudre les problèmes les plus com* pliqués.
- Aussi avons-nous examiné avec une attention toute particulière le modèle en plâtre exposé par M. Amand, représentant de la société des ouvriers tailleurs de pierres, sous le titre de Compagnons étrangers.
- On a réuni dans la combinaison architecturale de cet édifice romain toutes les difficultés que peut offrir la coupe de pierres.
- Elles ont été vaincues avec une supériorité qui annonce des études faites avec conscience, et la connaissance approfondie de l’art du tailleur de pierres.
- Le jury félicite les ouvriers pour ce beau travail, et il vote avec empressement à M. Amand, leur représentant, une mention honorable.
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- SECTION III.
- ÉBÉNISTER1E, TABLETTERIE, EMPLOI DU BOIS, ETC.
- M. Beudin, rapporteur.
- Considérations générales.
- L’ébénisterie est un art de luxe et d’utilité.
- Elle doit avoir les qualités propres à cette double exigence : l’usage approprié aux besoins, la richesse alliée au bon goût.
- Cette industrie, sans rivale à l’étranger, occupe une des premières places au milieu des brillants produits de la fabrication parisienne, et nous pouvons le dire, puisque nos concurrents en conviennent, Paris est la ville du monde où l’on exécute, avec le plus de goût et de solidité, les meubles de toute espèce.
- Aussi, cette richesse industrielle de notre pays est-elle digne de notre intérêt particulier, surtout dans une capitale qui fournit à la consommation de toute la France et qui expédie ses produits à l’étranger.
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- Elle est exploitée presque exclusivement dans un quartier de Paris, ou plutôt dans une cité intelligente et laborieuse qui compte quatre-vingt » mille habitants , et qu’on appelle le faubourg Saint-Antoine. -
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- Depuis quelques années ,, l’ébénisterie a fait de notables progrès, et les produits soumis à
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- l’examen du jury placent '^exposition de 1844 beaucoup au-dessus de celle de 1839.
- Présentons cependant'quelques observations générales, dans l’intérêt de. F a venir.
- Les meubles chers sont en trop grand nombre; les bronzes dorés , les sculptures, les incrustations et les riches marqueteries couvrent-, et souvent couvrent trop la modeste et simple ébé-nisterie d’assemblage. Il semble qu’on n’ait travaillé que pour des maisons princières ; et la classe, secondaire, la classe bourgeoise, qui occupe aujourd’hui tant de place dans nos institutions,, nous paraît être un peu délaissée. Les meubles de 2,000 à 20,000 fr. pièce ne sont pas rares et conviennent à peu d’acheteurs.
- Nous souhaitons pour nos fabriques que ces ameublements dispendieux -soient d’une vente courante et facile, et surtout que cette surexcitation du luxe ne donne pas aux consommateurs desdésirs que.leurs petites>fortunes ne pourraient satisfaire sans danger.
- Une seconde tendance à remarquer à côté de ce progrès dangereux, c’est le besoin de faire tenir [beaucoup^ de choses dans un petit espace.
- La dimension des intérieurs influe beaucoup sur la forme et la grandeur des meubles ; et à
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- Paris principalement, le prix excessif du1 terrain et le peu d’air qu’on nous laisse pour vivre ont fait naître T idée de convertir des meubles à deux ou trois usages différents.
- Aussi a-t-on vu cette année des commodes dans des secrétaires, des secrétaires dans des bibliothèques , des lits dans des canapés, et des billards servant, au besoin, de table à manger. -Mais il faut savoir s’arrêter dans cette voie.
- Un meuble -à compartiments, destiné à divers usages, peut être une chose utile. Mais que dire de meubles à combinaisons multiples tellement opposées entre elles, que l’usage en devient impossible.
- Un lit dans un divan est une1 idée ingénieuse de 1839 ; aujourd’hui nous avons deux lits dans un divan ; que fera-t-on en 1849 ? !
- Toutes ces tendances à dépasser le but doivent être évitées avec soin, qu’elles viennent du luxe, de la nécessité ou de l’art lui-même ; 'et à ce sujet disons un mot de/ la sculpture appliquée à l’ébé-nisterie.. •
- Nous sommes loin d’en repousser l’emploi dans les ameublements;; le jury n’ignore pas que dans ce genre les fabricants français ont sur les étrangers nne incontestable supériorité. Eh Allemagne eUen.. Angleterre on peut établir le meuble à moulures et profils d’assemblages, mais quand on
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- veut y ajouter les ornements légers de la renaissance , et surtout les figures, la fabrique étrangère échoue complètement à côté de la nôtre qui ne connaît pas de rivale en ce genre.
- Nous conseillons donc la sculpture comme complément obligé de la richesse du meuble, et peut-être serions-nous souvent tentés de la préférer au bronze, mais il faut savoir user sagement de ces avantages.
- Un meuble peut être enrichi avec goût par des sculptures s’harmonisant bien avec l’ensemble , ou par des bronzes dorés disposés avec art; il devient confus et lourd, si ces ornements sont employés avec profusion, si les surfaces, les lignes et les profils disparaissent sous les détails, et si l’œil ne peut se reposer sur rien.
- Nous insistons sur ce point, car nous sommes ainsi faits. Notre intelligence passionnée nous conduit presque 'toujours à l’abus des meilleures choses que nous rendons quelquefois mauvaises avec une habileté merveilleuse !
- Ces observations ne sont pas des reproches. Elles sont présentées par le jury aux ouvriers amis du goût dans les arts industriels, pour les éclairer et les préserver des dangers de cette exa-^-gération qui sacrifie trop souvent la convenance et l’art lui-même au caprice du jour, à la mode , à la folie du moment.
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- Pour classer avec ordre le nombre très-considérable des produits qui ont pour base l’emploi du bois indigène bu exotique, nous avons groupé les diverses spécialités de l’ébénisterie, de manière à former trois catégories distinctes :
- 1° IJébénisterie proprement dite ou le meuble moderne dans tous ses usages;
- 2° L’ébénisterie d’imitation ou de curiosité , c'est-à-dire la reproduction des meubles anciens ;
- 3° L’ébénisterie de sièges, ou l’art du menuisier en fauteuils.
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- Nous allons les examiner successivement.
- § 1er. ÉBÉNISTERIE MODERNE.
- Que fait l’ébéniste qui veut établir un meuble bien entendu, pour nous servir d’une expression du métier?
- , Il commence par en faire le dessin.
- Son goût, son expérience, peuvent être deux guides suffisants pour des meubles ordinaires et d’une vente courante ; mais pour des meubles de prix, un conseil d’artiste n’est pas à dédaigner, et si ce précepte était plus souvent mis en pratique, nous croyons que l’art et le fabricant lui-même y gagneraient beaucoup.
- Quand le dessin est bien arrêté, quelquefois
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- même essayé sur un modèle en petit, on prépare, en chêne le plus ordinairement, la carcasse du meuble qui doit recevoir le placage à l’extérieur et à l’intérieur.
- Ce fonds de menuiserie exige toutes les ressources d’un excellent menuisier, et doit être coupé avec une grande précision, en employant des bois vieux et secs qui ne contrarient pas le bois précieux qui doit les recouvrir.
- Tient ensuite le placage avec des feuilles très-minces , plus ou moins compliquées d’incrustations et de marqueteries.
- Ce placage posé, collé, rapproché avec une netteté parfaite, est ensuite raclé à la pierre-ponce ou au papier de verre, et enfin verni.
- Disons à ce sujet, que le vernis mis au tampon peut s’étendre et se polir, de manière à donner des surfaces nettes et brillantes, mais qü’il est difficile de l’appliquer par ce moyen dans les parties sculptées sur lesquelles on est obligé de le placer au pinceaU.
- De là ce"reflet inégal, pâteux *et grenu, qui nuit à la pureté des contours. 11 serait peut-être à ‘désirer que les parties sculptées ne fussent pas vernies, ou fussent vernies seulement à la cire ; et le jury a remarqué des meubles pour lesquels on a pris ce parti avec quelque succès. ,
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- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. JACOB-DESMALTER, à Paris, rue des Vinaigriers , 23.
- Au moment où l’ébénisterie fait, des efforts heureux pour constater ses progrès, la concurrence devient chaque jour plus redoutable, et le jury regrette que des circonstances imprévues et indépendantes de sa volonté n’aient pas permis à M. Jacob-Desmal ter de se présenter avec une importance commerciale en harmonie avec la supériorité de sa fabrication.
- Ce fabricant n’a pas offert cette année une.grande variété de produits, mais les deux meubles qui composaient toute son exposition se sont fait remarquer par leur bonne exécution et par un talent très-distingué d’ajustage.
- M. Jacob , qui est depuis longtemps un des premiers ébénistes de la capitale , mérite de conserver le rang que lui ont donné ses précédentes expositions , et le jury, rendant hommage à son habileté connue, lui vote le rappel de la médaille d’or.
- MÉDAILLE D’OR.
- MM. GROHÉ frères, à Paris, rue deYarennes, 30.
- Cette maison,, qui a mérité une mention honorable en a834> et une;médaille.d’argent,en ,i83g,.a pris en peu d’années un développement consir dérable.
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- Elle occupe continuellement 45 ouvriers dans ses ateliers et 60 ouvriers au dehors.
- Ses dessins sont ? faits exclusivement pour elle; ses modèles de bronze restent sa propriété; et la sculpture des bois, qui se fait dans rétablissement, est confiée au talent d’un artiste très-recommandable, M. Liénard, que MM. Grohé frères ont associé à leurs travaux.
- L’exposition soumise par cês fabricants à l’appréciation du jury était très-variée, et donnait un spécimen complet de l’élégance et de l’habileté de leur fabrication.
- Ils ont présenté un meuble musée en bois d’ébène et poirier noirci, à quatre faces tournant sur pivot, style renaissance.
- Le pied sert de support à quatre enfants gracieusement modelés , dont le corps, terminé par un double rinceau , fait pendentif aux cartouches occupant les faces du pied. Les quatre pilastres formant pans coupés au corps du meuble, sont ornés de figures allégoriques d’un travail très-remarquable. Le meuble est couronné d’un entablement orné de petites figures dans la frise, et de quatre portions de cercle , avec consoles et fleurons qui se réunissent à leur partie supérieure et forment support à une lanterne architecturale qui termine l’ensemble.
- Cette partie est un chef-d’œuvre d’assemblage, et nous ne pouvons que louer sans réserve la pureté des profils et toutes les délicatesses d’ébénisterie qu’elle présente.
- A côté de ce meuble, tous les autres produits
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- présentaient les mêmes qualités cle bon goût et clé bonne exécution.
- On distinguait : un prie-dieu en bois de chêne, style gothique, panneaux décorés de cartouches, enrichis.de pierres et de marbres;
- Deux buffets et une console en bois d’ébène, style Louis XIV, ornementation en bronze doré;
- Un meuble bonheur du jour en bois de rose , style Louis XVI, panneaux ornés de peintures sur porcelaine;
- Un bahut en bois cle palissandre, style renaissance, et plusieurs autres meubles, qui parleur forme, leur sculpture et leur style, témoignent de l’habile direction donnée au travail dans cette maison du premier ordre.
- Le jury a pensé que cette alliance heureuse cle l’art et de l’industrie méritait .la plus honorable de ses récompenses, ét il décerne à MM. Grohé frères la médaille d’or.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. FISCHER père et fils, à Paris, impasse Gué-menée, 3.
- Cette ancienne maison , dirigée dé père en fils par des mahres habiles, conserve son rang distingué dans la fabrique.
- Elle a exposé une garniture de meubles,'lit, commode, armoire à glace, en bois cle palissandre, ornée richement, mais sans profusion , de bronze et cartouches dorés. ;
- Ce meuble est très-bien fait ; les bronzesdégêre-m. 6.
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- ment découpés sont distribués avec goût, les profils en sont purs, l’usage en est sagement entendu.
- Cette manière de faire rentre parfaitement dans les observations générales que nous avons présentées au commencement de ce rapport et peut être offerte comme exemple.
- En les engageant à rester dans celte bonne voie, le jury vote avec empressement h MM. Fischer père et fils le rappel de la médaille d’argent.
- M. JOLLY, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine , 38.
- M. Jolly a exposé plusieurs meubles en ébène parfaitement traités et d’une richesse de bon goût.
- Nous avons distingué une armoire à glace mobile, une bibliothèque prie-dieu fort habilement disposée, ainsi qu’un petit bureau en bois de violette moucheté, d’une exécution très élégante.
- Ces produits remarquables ont paru au jury des titres suffisants pour rappeler à cet estimable fabricant la médaille d’argent qu’il a obtenue en 1839.
- NOUVELLES MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. DURAND fils, à Paris, rue du Harlay, 5.
- M. Durand a exposé un ameublement composé de trois pièces, lit, commode, armoire à glace, en palissandre, garni de bronzes dorés.
- Ce meuble, qui annonce une fabrication distinguée, ne reproduit pas particulièrement le style d’une époque ; mais, par son ensemble général, il
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- tait pressentir l’inspiration et le dessin d’un artiste.
- La forme adoptée n’emprunte rien, ou peu de eliose, à la sculpture; les moulures en cuivre pourraient même être supprimées et remplacées par des moulures en bois de même profd; ce qui serait peut-être h désirer,, sinon d’une manière générale, au moins pour les balustres du lit.
- Ce travail, qui ne doit son élégance qu’à des détails d’assemblage, se trouve ainsi placé sous la responsabilité de l’ébéniste.
- Les portes, les côtés, et toutes les parties qui présentent une grande surface, sont contre-plaqués en chêne , c’est-à-dire plaqués quatre fois et formés de trois épaisseurs à fil croisé.
- Les profils sont corrects, et les moulures en cuivre nous ont paru ajustées avec une grande précision.
- Ce travail consciencieux, habile et de bon goût, conserve à M. Durand la position distinguée qu’il a su mériter en 183g. Le jury l’engage à persévérer dans cette intelligente direction, et pour récompenser ses efforts il lui accorde une nouvelle médaille d’argent.
- MM. MEYNARD et fils aîné, à Paris, rue du Fau-bourg-Saint-Antoine ,52.
- Si MM. Meynard et fils aîné ont eu l’intention de faire un meuble d’ébénisterie utile, commode, nouveau et d’un prix raisonnable, nous pensons qu’ils ont réussi.
- Point de sculptures, peu de bronzes, mais un
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- talent réel d’ajustement et de dispositions, voilà ce qui distingue le bureau-bibliothèque qu’ils ont exposé à côté d’une fort jolie commode à armoire en bois de rose.
- Ce meuble se cdmpose de trois parties : bibliothèque, grand tiroir de bureau et coffre-fort.
- Pour le service des rayons supérieurs de la bibliothèque, on a fort ingénieusement placé dans la profondeur du corps du meuble, et au milieu de la partie basse, un marchepied circulaire qui roule sur deux supports cylindriques à galets et qui descend jusqu’à terre.
- Ce système offre convenance et' économie.. Le meuble est d’ailleurs dans d’excellentes conditions de fabrication. Il sort des ateliers d’une maison qui occupe un grand nombre d’ouvriers, et qui est placée depuis longtemps en première ligne pour ses ventes considérables en province et à l’étranger.
- Le jury pense que ces sages progrès, si constamment soutenus de père en fils, doivent être récompensés. MM. Meynard ont obtenu une médaille d’argent en i834 et un rappel en i83g ; le jury leur vote une nouvelle médaille’d’argent.
- MÉDAILLES D’ARGENT. ,
- M. LEMARCHAND, à Paris, rue des Tournelles, 17.
- M. Lemarchand est un des ébénistes les plus distingués de la capitale, et ses magasins offrent la collection la plus complète de tout ce que l’art peut enfanter d’élégant et d’utile.
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- C’est à lui que le gouvernement a confié l’exécution du cercueil d’ébène qui contient les restes njor-tels de Napoléon. Ce coffre précieux a fait deux longues traversées sans être altéré dans ses bois ni dans ses assemblages.
- M. Lemarchand, dont l’absence aux expositions précédentes avait été remarquée, a présenté cette année une table en bois de noyer sculpté, style renaissance , et un ameublement complet de chambre à coucher, même style, en bois de palissandre poli à la cire, ce que nous approuvons sans réserve.
- Ce meuble est d’un très-bon dessin, et les sculptures, placées peut-être avec un peu de profusion, ne sont pas sans mérite.
- Nous avons aussi remarqué un meuble en palissandre, à deux corps, dont l’un d’une forme demi-hexagone est garni de glaces, pour laisser apercevoir les objets de curiosité qu’il est destiné à contenir.
- Enfin, à côté d’une table genre boule, nous avons vu avec plaisir une commode formant bureau, en palissandre et acajou. Ce meuble simple, mais d’un excellent goût, sans aucun ornement étranger à l’ébénisterie, se recommande surtout par l’ajustement et la perfection du travail.
- Tous ces produits, dans leur ensemble comme dans leurs détails, attestent une grande habileté de fabrication, et rendent M. Lemarchand digne de la médaille d’argent que le jury lui accorde.
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- MM. FOURDINOIS et FOSSEY, à Paris, rue Ame-lot, 38. *
- Quand un artiste habile, ayant assez de goût pour concevoir et assez de talent pour exécuter, offre son concours à l’industrie, il devient pour elle un instrument précieux, car il peut tout à la fois interpréter la pensée par *le dessin et l’exécuter par le ciseau.
- C’est l’histoire de MM. Fourdinois etFossey,qui ont mis pendant longtemps leur intelligence d’artiste au service de la fabrique d’ébénisterie.
- Mais cédant enfin au désir de produire pour eux-mêmes, ils se sont présentés pour la première fois dans le palais de l’Industrie, sans cacher leur nom d’auteur.
- Leur exposition s’est fait remarquer par un grand bufïèt-dressoir en noyer sculpté, destiné à une salle a manger, ou même au besoin à un cabinet de curiosités, car il est disposé de manière à recevoir des objets précieux d’orfèvrerie, de porcelaine et de verrerie.
- Ce meuble riche et sévère se rapproche du style renaissance, etnousa paru d’une exécution parfaite comme ébénisterie et surtout comme sculpture.
- Nous placerons sur la même ligne un modèle de chaise, une grande console Louis XIV, un prie-dieu et deux torchères style Louis XV. Ces meubles destinés à être dorés n’imitent pas, dans toutes leurs imperfections, les styles qu’ils reproduisent; ils présentent des profils d’une forme correcte et des sculptures bien composées.
- D’ailleurs tout se fait dans cet établissement sous
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- l'inspiration et souvent parla main des directeurs : les modèles, l’ébénisterie, la sculpture, la découpure et les parties de tour. Le bois entré brut dans leurs ateliers y reçoit, sans en sortir, les formes les plus riches et les plus variées.
- Ces premiers travaux annoncent des maîtres habiles , et le jury décerne à ces ébénistes sculpteurs la médaille d’argent.
- MM. ROYER fils et CHARMOIS, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 23.
- A l’exposition de 1839 , cette maison a déjà obtenu une médaille de bronze sous le nom de Royer fils; aujourd’hui elle s’est présentée avec de nouveaux titres à l’intérêt dnjury.
- Nous devons des éloges mérités au meuble formant bureau-toilette, en bois de rose, orné de médaillons ovales et de panneaux en porcelaine, avec des incrustations genre boule, encadrées par des ornements en bronze doré.
- Le dessin général, quoiqu’un peu mélangé de styles, est fort joli dans son ensemble; les profils en sont heureux et annoncent une composition moderne de beaucoup de goût; la disposition des placages forme des quadrilles damiers qui ne réussissent avec le bois de rose que par la manière intelligente dont on les dispose.
- A côté de ce meuble de boudo r figuraient] une armoire à glace, un lit et une commode en bois d’ébène orné de sculptures et rehaussé de bronze doré style Louis XV. L’intérieur plaqué en bois de courbaril verni.
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- Cet ameublement, riche de composition, nous a paru largement coupé. La forme de l’armoire, corn tournée en plan comme en élévation, offrait des difficultés habilement vaincues. Les sculptures, peut-être trop importantes sur la façade du lit, sont,fai tes avec vigueur, et nous avons cru un instant voir du poirier teint, à la hardiesse avec laquelle le ciseau a passé à travers tous les ornements.
- Cette manière de travailler l’ébène annonce une fabrication du premier ordre, et le j-ury la croit digne de la médaille d’argent qu’il lui accorde.
- M. CLAYEL, à Paris, passage de la Bonne-Graine, 123, faubourg Saint-Antoine.
- Le jury ne s’en défend pas; il protège, mais il protège avec justice, l’ébénisterie courante et bien faite , destinée à se reproduire souvent, à se vendre beaucoup, à donner longtemps, et. toujours s’il est possible, du travail à l’ouvrier. En industrie, ce qui fait la richesse publique, ce n’est pas le produit unique qu’on ne fait qu’une fois comme chef-d’œuvre d’exposition, c’est le produit normal d’une fabrication journalière, qui développe la consommation en s’adressant à la classe la plus nombreuse des acheteurs.
- A ce titre, M. Clavel, qui occupe un très-grand nombre d’ouvriers, mérite une mention particulière.
- Son bureau-ministre, d’acajou moiré, n’a pour ornements que des moulures bien faites. C’est un travail sage et correct, qui ne changera pas entre les mains du consommateur et qui fera honneur à
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- notre fabrication. Nous y avons remarqué un système de ferrure qui permet de fermer douze tiroirs avec la même serrure.
- Le buffet, forme bibliothèque, a les mêmes qualités; il est convenablement distribué. Le corps du milieu est fermé par des glaces qui laissent voir l’argenterie ; les côtés sont arrondis et réservés aux cristaux.
- A un degré plus élevé, l’armoire à glace en palissandre ornée de sculpture , le bureau bois de rose et bois de violette orné, de bronze doré , annoncent que le fabricant peut au besoin établir des objets moins simples; mais la qualité essentielle de cette exposition , c’est la bonne fabrication qui se cherche, s’achète et se reproduit.
- Le jury, appréciant ce mérite modeste, mais réel, accorde à M. Clavel la médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. BAUDRY, à Paris, Avenue de Saint-Cloud,
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- Les lits mécaniques de M. Baudry renferment trois lits qui glissent sur coulisseau, et rentrent assez facilement, avec des matelas de petite épaisseur.
- Son canapé contient deux lits : c’est un de plus qu’en 183g ; ce qui le rend un peu haut, quand on veut s’en servir comme siège.
- Le jury rappelle à M. Baudry la médaille de bronze, qu’il a obtenue à la précédente exposition.
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- NOUVELLES MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. RINGUET-LEPRINCE, à Paris, rue Caumar-tin, 7.
- M. Ringuet-Leprince, ébéniste , menuisier en fauteuils, et plus que tout cela, tapissier fort habile , s’est distingué à l’exposition par des produits variés qui rappellent les trois genres de sa fabrication.
- La riche collection de cet exposant se composait : u
- D’un prie-dieu en bois de rose et palissandre garni de velours et de satin, avec ornementation cuivre doré mat. Cette dorure, très-favorable au bronze, n’est peut-être pas sans inconvénient pour les meubles destinés à un fréquent usage.
- D’une table de salon en ébène, style Louis XIV, très-richement ornée de marqueteries en écaille des Indes, argent, cuivre et ivoire gravé.
- D’un buffet en chêne bien composé, avec des sculptures attributs de chasse , d’un excellent travail.
- D’un grand cabinet bibliothèque et d’un fauteuil style Louis XIV, parfaitement coupé.
- Sous le nom de Ringuet père et fils, cette maison avait déjà obtenu une médaille de bronze en 1809. Le jury, appréciant les nouveaux efforts de M. Ringuet-Leprince, son successeur, et l’extension donnée à sa fabrication, ne veut pas se borner à un rappel, et lui décerne avec plaisir une nouvelle médaille de bronze.
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- M. HOEFER, à Paris, boulevard Beaumarchais,
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- M. Hoefer a exposé cette année un meuble complet, lit, commode, armoire, en ébène garni de bronze doré. Ce meuble, qui se rapproche du genre Louis XIII, ne manque pas d’éclat, et est fait avec une grande habileté de fabricant.
- Pour éviter la triste monotonie des surfaces noires de l’ébène, M. Hoefer, après avoir posé le vernis, applique sur le bord des contours une molette à quadrille, qui imprime une espèce de ruban mat dont la couleur terne contraste avec le brillant du vernis. Cet ornement fait assez bon effet, et l’essai pourrait bien être imité, surtout s’il ne rend pas la réparation du meuble difficile et si l’impression de la molette peut s’appliquer identiquement aux mêmes endroits, après un second vernissage.
- M. Hoefer a obtenu en 1839 une médaille de bronzej l’exposition de cette année lui donne un rang distingué dans la fabrication, et le jury se plaît à le reconnaître en lui décernant une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. LEBLANC, à Paris, rue de la Madeleine, 22.
- La mode, si difficile h définir, à gouverner, et surtout à retenir, conseille sans cesse à l’industrie de suivre les caprices qu’elle paye largement. Il ne faut lui parler ni des règles de l’art, ni des exigences du goût, ni des bons modèles à suivre. Il faut obéir
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- quand on veut vendre,.et la fabrique esclave suit aveuglément ces ordres, non pas sans savoir qu’elle pourrait faire mieux, mais sans s’inquiéter des maîtres qui lui crient au vandalisme, à la profanation , et qui n’achètent pas.
- Nous n’osons pas condamner ce savoir-faire qui calcule et cette sagesse prudente de l’intérêt commercial, et nous avouerons qu’ii faut beaucoup de courage et de conviction pour résister à cet entraînement général.
- Aussi tout le monde a-t-il remarqué à l’exposition un lit et un petit meuble en ébène, dessiné, ajusté, assemblé avec une pureté toute classique. Ce meuble, de style grec pour les ornements, a été dessiné par M. Leblanc lui-même. Il est enrichi de pilastres cannelés, à chapiteau composite, ainsi que de moulures, de profils et de corniches d’une correction antique. C’est le seul de ce genre à l’exposition. Il est d’ailleurs parfaitement traité comme ébénisterie, car cette pureté de lignes n’admettrait pas un travail médiocre.
- Le jury, appréciant tout le mérite du dessin et de l’exécution, décerne à M. Leblanc la médaille de bronze.
- M. BOUTUNG, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 23.
- Un ouvrier habile, exact, consciencieux dans son travail, se reconnaît au premier examen, et quiconque regardera avec attention les deux armoires en palissandre exposées par M. Boutung, trouvera, dans la proportion du meuble, dans l’arrangement
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- bien ordonné des marqueteries et dans lajustement' et la netteté des profils, les qualités essentielles de la bonne ébénisterie.
- C’est un travail bien conduit et bien terminé, seul mérite que le fabricant ait prétendu donner à son exposition, ne voulant rien faire pour le luxe ou l’ornementation extérieure, aux dépeus de là bonne.fabrication.'
- Cette qualité solide et peut-être trop rare, dans ce siècle où l’on sacrifie souvent à l’apparence, a déjà été signalée par le jury, qui accorde à M. Boutung une médaille de bronze.
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- M. KLEIN, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Aiî-toine, 110. ;
- M. Klein a lé bon esprit industriel dé s’adresser à la nombreuse clientèle des classes moyennes. Il ne recherche pas dans ses produits ce luxe apparent, qui ne paraît pas très-cher au premier achat, mais qui finit par entraîner à des dépenses considérables par les compléments d’ameublement qu’il exige.
- M, Klein ne véut que le progrès utile. 11 a fait le premier des meubles en bois d’érable. En i83q, il a tenté de faire adopter les lits à rallonges, pouvant varier de quelques pouces sur la longueur; cette année, il a garni ses lits d’une nouvelle ferrure , dont il se promet d’heureux résultats de propreté.
- Ses meubles en palissandre sculpté, admis à l’exposition, offrent les mêmes qualités de fabrication. Le secrétaire , à panneau mobile, est ingénieusement composé; il peut donner à un bureau l’aspect
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- d’une commode, sans lui en laisser l’inconvénient quand on veut écrire.
- Tous ces essais, quelquefois heureux , annoncent l’intelligence mise au service du travail.
- Le jury accorde à M. Klein une médaille de bronze.
- M. MA.RSQUDET, à Paris, rue de Charenton,
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- M. Marsoudet est un ébéniste intelligent, tout à la fois sculpteur et tourneur. Il a exposé un meuble complet en palissandre, avec ornementation en bronze doré à figures. La difficulté principale de fabrication est dans la forme nouvelle, qui présente des lignes courbes en tous sens. Les parties creuses et bombées se trouvant ainsi rapprochées l’une de l’autre, ont du. contrarier les assemblages, et ont exigé un fort placage, en sorte qu’on pourrait croire que les parties saillantes ont été prises dans la masse. Tous ces détails annoncent une grande vigueur d’exécution.
- Peut-être ces formes contournées, ce mélange trop complet d’ornements de cuivre et de sculpture, donnent-ils à ce meuble une apparence un peu composée, mais ils sont aussi la preuve incontestable du talent de l’ébéniste qui ne recule devant aucune difficulté et qui sait les vaincre avec succès.
- Le jury, tout en faisant ses réserves sur la forme, rend justice à l’exécution, et accorde à M. Marsoudet une médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. ROLL, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 42.
- Dans l’exécution des meubles qu’il a exposés, M. Roll a pris un parti neuf et original qui sera diversement apprécié.
- Ses meubles en palissandre sont à pans coupés et tous les panneaux, même celui de la face du bois de lit, sont remplacés par des glaces avec moulures en cuivre doré.
- Un bon ouvrier se plaît à ces essais de fabrication qui annoncent le louable désir de sortir de la production ordinaire, et qui conduisent souvent à de bons résultats.
- M. Roll, connu depuis longtemps par son excellente fabrication, ne s’arrêtera pas dans cette voie de progrès, et c’est j ustice de récompenser ses efforts.
- Le jury lui accorde une mention horibrable.
- M. HÜBEL, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 64.
- L’exposition de M. Hübel appartient plus particulièrement à la fabrication courante, qui n’exclut pas une certaine richesse, sans sortir cependant des prix modestes.
- Ses meubles en .palissandre, ornés de sculpture, sont bien conçus, sagement exécutés, et d’un bon travail. :
- Le jury se plaît à récompenser ces qualités, en accordant à M. Hübel une mention honorable.
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- M. MERCIER, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 110.
- Pour montrer tout ce qu’il peut , cet industriel habile a sans doute voulu vaincre en une seule fois les plus grandes difficultés de la fabrication.
- Des meubles cintrés avec dos parties creuses et bombées d’un placage très-difficile, des portes et des côtés contre-plaqués eu chêne, ce qui donne des panneaux plaqués quatre fois ; tout cela exige une main habile et un travail énergique.
- Mais ces meubles ainsi contournés sont-ils irréprochables de forme et peut-être aussi de dimensions; la sculpture n’y occupe-t-elle pas beaucoup trop de place?
- Cette œuvre n’en est pas moins digne d’attention, et l’ouvrier qui montre cette vigueur d’exécution doit se tirer avec une grande facilité de tous les détails d’un meuble plus simplement coupé.
- Le jury accorde à M. Mercier une mention honorable.
- MM. RIMLÏN frères, à Paris, rue Neuve- Saint-Laurent, 16.
- Ces intelligents industriels ont exposé un ameublement complet, lit, commode, armoire, buffet à glace et toilette en palissandre sculpté.
- L’exécution en est satisfaisante , et, ce qui n’est pas à dédaigner, d’un prix modéré.
- Cet ameublement fait partie de la bonne ébénis-terie de commerce, et mérite d’être honorablement distingué.
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- Le jury accorde à MM. Rimlin frères une mention honorable.
- M. HENKEL, à Paris, rue Chapon, 18.
- L’exposition de M. Henkel consistait en une armoire dite cabinet, en chêne sculpté, style Louis XIII.
- Cette pièce, remarquable par la sculpture et par le travail d’ébénisterie, annonce une bonne fabrication dirigée avec goût.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. MICHNIEWITZ, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 75.
- Ce fabricant est l’inventeur d’un système de tables à rallonges, pour lequel il a pris brevet.
- Une de ses tables en acajou, nouveau système à colonne,, est supportée par un seul pied formant guéridon. En l’ouvrant, le pied se partage en deux parties adhérentes chacune à l’un des bouts de la table , et laisse à découvert quatre autres pieds engagés dans la colonne du guéridon et qui soutiennent des bandes à charnières sur lesquelles se posent les rallonges.
- La deuxième table ronde est soutenue par quatre pieds de console qui peuvent, en s’écartant, donner place à quatre autres pieds-placés sous les rallonges..
- Ces tables ne sont pas d’un prix plus élevé que* les tables ordinaires.
- Le jury signale ces efforts intelligents qui lui paraissent suffisants pour mériter une mention honorable.
- m.
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- MM. FRANTZ et ANDRÉ, à Paris ,.rue Censier,
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- Au moment où nous parlons avec intérêt de la sculpture en bois employée comme moyen puissant d’ornementation pour les meubles , il est juste de mentionner avec faveur MM. Frantz et André qui ont exposé plusieurs pièces de sculpture obtenues par des procédés mécaniques.
- Un moule en fonte de fer, chauffé jusqu’au rouge, est appliqué avec l’aide d’une forte pression sur le bois qu’il brûle et convertit en charbon. La couche carbonisée et friable de deux à trois millimètres d’épaisseur, est facilement détachée par l’action de la brosse, et la sculpture, nette et pure dans sa forme, est ainsi reproduite sans aucune retouche du ciseau. Pour que la couche du charbon n’acquière pas trop d’épaisseur, pour qu’elle soit à l’état de charbon parfait, et que la forme produite conserve toute la netteté de la sculpture, on limite l’action comburante des moules en immergeant le bois à travailler, jusqu’à ce qu’il soit entièrement saturé d’eau.
- Cet ingénieux moyen donne des résultats remarquables que le jury a pu apprécier et qu’il signale avec empressement. Il désire que cette invention, née sous notre ciel, puisse prendre tout son développement dans notre pays, et que le privilège du brevet obtenu soit exploité chez nous dans l’intérêt spécial de notre industrie. C’est avec cette pensée que le jury accorde à MM. Frantz et André une
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- CITATIONS FAVORABLES.
- M. PENNEQUIN, à Paris, rue de Lesdiguières, 3.
- Le lit et la commode en palissandre, exposés par M. Pennequin, présentent des panneaux à moulures découpés à la mécanique et festonnés à ruban. Ces premiers essais nous ont paru dignes d’une citation favorable.
- M. GOCHT, à Paris, rue des Marais, 12.
- M. Gocht a exposé une commode et une bibliothèque-cabinet en palissandre, qui nous ont paru bien coupées et d’un assemblage très-correct. Le jury les a jugées dignes d’être favorablement citées.
- § 2. MEUBLES D’IMITATION OU DE CURIOSITÉ.
- Considérations.générales.
- Il y a peu d’années, l’imitation des meubles anciens avait pris un grand développement commercial ; nous étions en plein genre Xouis XV.
- On recherchait avec passion les formes bizarres, les figures mal faites et mal posées, les ornements de cuivre disgracieux et lourds, les .profils capricieux et contournés sans motifs. On imitait les vieux bois, on arrachait les vieux
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- bronzes pour en tirer les sur moulés, on établissait à grands frais des meubles neufs, pour encadrer les débris d’une vieille commode ou d’un
- bahut de Hollande, et tout cela paraissait admirable, avec le cachet de l’époque.
- Ces ingénieuses curiosités étaient fort laides, mais il est vrai qu’elles coûtaient fort cher.
- Nous constatons avec plaisir que cette maladie du bon goût commence à se passer.
- Est-ce à la dépense qui ne pouvait convenir qu’à une très-riche clientèle, est-ce à un retour inévitable vers les arts , qu’il faut attribuer cet heureux symptôme ? C’est peut-être à ces deux causes réunies.
- Quoi qu’il en soit, nous sommes plus calmes à l’endroit de nos reproductions ; elles sont mieux entendues, et, à quelques exceptions près, beaucoup plus sages. Les imitateurs commencent à comprendre que, pour les ar ts comme pour les individus,
- C’est par les beaux côtés qu’il leur faut ressembler.
- Le jury ne proscrit pas cependant les meubles d’imitation qui5 contribuent à la richesse des ameublements, mais il pense que l’on doit prendre avec discernement et prudence dans les productions. artistiques de nos pères.
- Le siècle même de Louis XY peut offrir plus
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- d’un modèle acceptable par le goût le plus susceptible ; mais, comme l’emploi n’en est pas sans danger, nous en recommandons le choix intelligent et l’usage très-modéré aux fabricants qui ne veulent pas pousser la fidélité jusqu’à l’aveuglement.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. BELLANGÉ, à Paris, rue des Marais-Saint-Martin , 33.
- On distinguait parmi les meubles exposés par JYLBellangé, un guéiidon et deux meubles bahuts exécutés avec une grande habileté de dessin et de travail. Le ton général en est bon, les cuivres sont bien ménagés et ces imitations de Boule ne sont pas de celles dont nous n’approuvons pas la reproduction.
- Elles nous rappellent les modèles de l’art au siècle de Louis XIV, et remettent en honneur* dans l’industrie, cet ouvrier célèbre qui a laissé son nom à tout un genre de l’ébénisterie d’incrustation.
- En imitant avec goût et talent ,M. Bêllangé n’est pas inférieur à ce maître habile, et c’est à ce titre que le jury lui rappelle la médaille d’argent qu’il a obtenue en 1839.
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- . i -------*--
- MÉDAILLES D’ARGENT.
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- M.WASSMUS jeune, à Paris, rue du Fauconnier, 5.
- Cette exposition remarquable d’ébénisterie, style
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- Louis XVI, rappelle particulièrement ce que l’on appelle aujourd’hui le genre Riesner.
- Le meuble de salon, établi avec intelligence, est en bois de rose garni de bronze mat avec plaque de porcelaine et incrustations de bois ombrés.
- L’ensemble est d’une grande richesse et cl’un très-bel effet. Les cuivres, dont quelques-uns sont surmoulés, ont été bien choisis et bien disposés, et la dorure mate leur, donne beaucoup de valeur. Les fleurs d’incrustation sont toutes ombrées au feu, sans gravure ni couleur. Chaque rosace incrustée se compose de vingt-neuf pièces assemblées avec line exactitude parfaite.
- Cette oeuvre capitale est accompagnée d’un bureau, de deux tables de travail en bois de rose et d’un secrétaire genre Louis X.V, bois de rose, incrustations à fleurs et plaque de porcelaine.
- Ces produits sont beaux, imités avec goût, exécutés avec un sentiment des arts bien compris.
- Le jury les juge dignes de la médaille d’argent qu’il accorde à M. Wassmus jeune.
- M. LUND, à Paris, rue Saint-Pierre-Popin-court, h.
- M. Lund paraît apporter dans son travail autant de conscience que d’habileté. 11 reproduit avec une fidélité merveilleuse les meubles anciens,, en les imitant par l’originalité du dessin, l’arrangement et le choix des boiset tout ce qui peut donner à son œuvre le cachet de l’époque. 11 doit être la providence des amateurs et des antiquaires.
- Il utilise les morceaux de vieux bois, ou bien par
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- des procédés chimiques et du sable chaud il donne au bois neuf la teinte qu’exige le dessin qu’il veut reproduire. C’est ainsi que dans ses restaurations, les parties qu’il ajoute se confondent avec les parties anciennes qu’il conserve, sans pouvoir être ap-perçues par l’œil le plus exercé.
- Comme œuvre de ce genre, nous avons remarqué un grand bureau en marqueterie représentant la Chasse de Saint-Hubert. Ce sujet ancien a été restauré, agrandi, élargi, entouré d’une bordure en bois de palmier et d’un filet mosaïque, sans qu’il soit possible de distinguer les nombreux raccords faits au sujet même.
- Comme imitation, nous signalons un buréau-ministre en bois d’ébène avec des incrustations en fleurs de couleur, encadrées dans des ornements, sculptés, et de plus une table de salon, cuivre et’ écaille genre Boule, d’un prix très-modéré et d’un travail parfait.
- A cette exposition remarquable, il faut encore ajouter un bureau Pompadour et deux tables en bois de rose avec médaillons en marqueterie de bois de couleur sur un fonds en bois d’crable teint.
- M. Lund prouve, par ces travaux, qu’il peut imiter, avec une habileté prodigieuse, là marqueterie ancienne' dans tout ce qu’elle a de plus difficile et de plus varié.
- Le jury lui accorde la médaille d’argent.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. VEDDER, à Paris, rue du Pas-de-la-Mule ,
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- M. Vedder consacre son talent d’ébéniste et de marqueteur à la confection de meubles d’imitation et d’objets de petite ébénisterie.
- A côté de coffrets Boule, de meubles bonbeur du jour, en bois de rose, de petites consoles en ébène, il expose une armoire bahut ébène genre Boule avec ornementation dorée, d’un bon travail et d’une grande richesse d’incrustation, dans laquelle il n’a peut-être pas assez ménagé les tons rouges qu’il place derrière l’écaille.
- Cet assortiment varié présente tontes les qualités dégoût, de dessin et d’incrustation, qu’on recherche dans ces précieuses inutilités.
- Le jury accorde à M. Vedder une médaille de bronze.
- M. BEFORT, à Paris, rue des Quatre-Fils, 4.
- Cet ébéniste antiquaire a exposé deux tables en bois de rose, surmontées d’un coffre. Ces deux meubles, formant pendant, sont garnis de porcelaine tendre dïun joli décor, genre vieux Sèvres,.jet de bronzes dorés qui sont la reproduction fidèle des ornements de l’époque Louis XV, qui lés mit en faveur.
- Le travail en est bien traité et mérite è tous égards la médaille de bronze que le jury décerne à M. Befort.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. MASSON, à Versailles (Seine-et-Oise).
- Dans cette collection de commodes, de coins, de jardinières, de consoles à formes bombées, à dessins bizarres, M.Masson a dû rencontrer de grandes difficultés d’exécution pour plaquer en bois de rose et enrichir de porcelaines et de marqueterie à fleurs tous ces meubles Pompadour. IP a.fait preuve de , talent d’ébéniste, et peut-être a-t-il trop fidèlement imité une époque qui 11’offre pas toujours d’élégants modèles.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. WINTERNITZ, à Paris, rue Simon-le-Franc,
- M. Winternitz fait avec intelligence la petite ébénisterie d’imitation. Il a présenté un fort joli assortiment de console, petite table, corbeille ou coffre en bois de rose avec des garnitures de bronze doré, de porcelaine ou de marqueterie.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. LE GOST fils, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, 111.
- Le lit en bois de rose, garni de bronze et de porcelaine, style Louis XVI, exposé par M. Le Gost, est un travail très-remarquable.
- Gomme décoration de porcelaine tendre, c’est l'œuvre d’un artiste très-distingué, et si M Le Gost
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- avait exposé comme peintre sur porcelaine les médaillons qui enrichissent avec profusion le lit dont nous rendons compte, il occuperait sans doute dans un rapport sur la porcelaine une place plus favorable que celle que nous sommes forcés d’assigner à son œuvre d’ébénisterie.
- Le jury accorde à M. LeGost une mention honorable.
- § 3. MEUBLES EN BOIS , CARTON ET TÔLES LAQUÉS, IMITATION DE CHINE ET DU JAPON.
- Considérations générales.
- Les meubles laqués sont encore une des va-
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- riantes de l’ébénisterie,,dans laquelle le laque et, le vernis remplacent le placage.
- Contrairement aux Chinois qui préparent ces meubles avec le sapin, on emploie chez noüs les bois d’essences diverses, le hêtre, le tilleul, le bouleau, le frêne et même le merisier. Les assemblages se font comme dans l’ébénisterie ordinaire , à plats joints collés pour les tables et les surfaces, à tenon et mortaise pour les sièges.
- Lorsque les bois sont sortis des ateliers d’ébénisterie , ils reçoivent une ou plusieurs couches d’une colle préparée. Ils sont ensuite frottés au papier de verre, et disposés pour recevoir les
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- couches de noir et de vernis qui forment les fonds de toutes les décorations de ce genre.
- Les difficultés principales consistent à préparer les bois, à faire l’application de l’apprêt et du laque, et surtout à maintenir les adhérences par la division des bois et par des collages qui les empêchent de travailler, malgré la température continue de cinquante degrés à laquelle ils doivent être exposés pendant plusieurs jours après la pose des enduits.
- La première qualité de ces produits, c’est de présenter une grande solidité dans les fonds, une grande pureté dans les surfaces et dans le vernis.
- Les reliefs se font avec une pâte qui se posefa-cilement au pinceau ; l’or s’applique en feuilles par des procédés analogues à la dorure sur bois.
- Ce genre de fabrication s?est très-notablement amélioré depuis quelques années, et nos fabricants ont aujourd’hui la prétention, peut-être fondée, de faire les meubles laqués beaucoup mieux que les Chinois..
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. OSMONT, à Paris, boulevard Beaumarchais, 65.
- M. Osmont a présenté à l’exposition une riche collection de meubles laqués qui reproduisent avec succès, le genre Chine ou Japon.
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- Il imite aussi avec beaucoup d’intelligence toutes les variétés d’ornementation et de marqueterie d’incrustation.
- Les petits meubles, chaises, prie-dieu, jardinière, coffrets à ouvrage, sont coupés avec un véritable talent d’ébéniste ; les objets de plus grande dimension , tels que lits, paravents et pianos, indiquent l’essor donné par cet habile ouvrier à son importante fabrication.
- Enfin il a décoré, avec-beaucoup de goût, une porte d’appartement qui offre, à côté d’un panneau laqué, un panneau avec ornementation genre Boule. Ces applications ne sont peut-être pas sans avenir pour les décors d’intérieur.
- Ajoutons comme complément important que les prix de ces produits ont beaucoup diminué depuis 1889.
- A cette époque, M. Osmont avait obtenu une médaille de bronze, aujourd’hui le jury le croit digne d’une médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. MAINFROY, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, 70.
- M. Mainfroy nous paraît avoir apporté des améliorations notables dans ses procédés de fabrication.
- Les produits laquésqu’il a exposés,sont sur bois ou sur carton mâché laminé, ce qui lui permet d’obtenir toutes les formes à l’aide de matrices en fonte et de mandrins en bois. Il peut même se servir du
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- balancier ou delà presse hydraulique, suivant les difficultés qu’il lui faut surmonter.
- Il applique au découpage, le travail des femmes ou des enfants.
- Ce genre de papier mâché est rendu imperméable, et peut'être appliqué non-seulement à des meubles de luxe, mais à des panneaux d’appartement et même à des panneaux de voiture, au moyen de certains apprêts qu’il leur donne.
- En raison de la variété et de la bonne confection des produits exposés, le jury central croit devoir élever d’un degré la mention honorable accordée précédemment à M. Mainfroy. Il lui accorde une médaille de bronze. ;
- § h. ÉBÉNISTERIE DE SIEGES.
- Considérations générales.
- La menuiserie en fauteuils est une branche importante de l’ébénisterie. Elle a ses ouvriers, ses procédés de fabrication, et ses matières premières.
- Les bois débités dans la masse n’ont pas besoin d’être ronceux comme pour le placage. Les assemblages doivent étrè plus solides et moins délicats ; aussi fait-on, à tenon et mortaise pour les sièges, ce que l’on fait toujours d’équerre pour les meubles plaqués. Quelquefois cependant les
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- dossiers du siège s’assemblentià tourillon ou à cheville, dans un trou percé au vilebrequin, mais cette manière expéditive et mauvaise n’est acceptée que pour les meubles à très-bon marché.
- Pour établir un siège on en fait d’abord le dessin. Sur le dessin on taille le calibre en bois blanc ou en carton, et quelquefois en zinc, et sur ce calibre on coupé le bois dans la masse, en inclinant les parties cintrées de manière à ménager le déchet. Ensuite, avec des calibres minces, on donne à chaque pièce le galbe et la forme voulue.
- Dans la menuiserie de siège, tout est dans la forme et dans le.calibre; et même il en est des fauteuils comme de nos vêtements, l’habileté du coupeur ne suffit pas, il faut encore le talent du confectionneur. Il n’y a qu’un très-habile ouvrier qui puisse donner au siège une grâce et une élégance indépendante du calibre. Cela est si vrai, que douze fauteuils montés par deux bons ouvriers, ne sortent pas de leurs mains, exactement semblables. ..
- C’est peut-être à cause de ces difficultés peu appréciables que la menuiserie de sièges n’a point voulu se placer à d’exposition en concurrence, sérieuse avec le meuble. Aussi ne s’y trouvait-elle pas représentée avec ;la même splendeur , et de manière à justifier son importance commerciale.
- Le Jury doit cependant des encouragements
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- aux fabricants intelligents dont il a remarqué les produits.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. SELLIER (Victor), à Paris, rue Rochechouart, 14. \
- M. Sellier a exposé quelques meubles d’une bonne exécution. Nous le plaçons ici cependant, parce que l’ébénisterie de sièges, est le produit principal de sa fabrication. Ses chaises et fauteuils nous ont paru réunir les qualités que nous recherchons particulièrement : la grâce du dessin , la solidité du travail, et la forme parfaitement appropriée à l’usage.
- Le jury a reconnu le double mérite de cet habile fabricant, et l’a jugé digne de recevoir la médaille de bronze qu’il lui décerne.
- M. POCHARD, à Paris, rue Amelot, 26.
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- M. Pochard est dans de bonnes conditions de fabrication ; ses fauteuils sont bien coupés et d’un bon galbe; les sculptures sont ménagées avec intelligence. Nous avons remarqué pour le dessin et l’assemblage, une console en palissandre sculpté qui annonce une habileté exercée.
- ;Le jury central accorde à M. Pochard, la médaille de bronze.
- M. BALNY jeune, à Paris, rue de Charenton,,
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- . M.Balny a exposé un assortiment très-complet de
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- bois de chaises, fauteuils et canapés, variés de formes, de sculptures et d’ornements.
- Cette fabrication courante s’adresse principalement aux commissionnaires et aux marchands de meubles. Pour multiplier les affaires et le travail, il faut qu’elle soit de bonne qualité et à bon prix. Depuis longtemps, M. Balny satisfait à ces conditions rigoureuses du commerce intermédiaire. Il occupe beaucoup'd’ouvriers.
- Le jury appréciant des travaux utiles au développement de la richesse publique, accorde à M. Balny la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. LUET, a Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, 71.
- Il ne faudrait pas juger la fabrication habituelle. de M. Luet, par le fauteuil en ébène sculpté qu’il a exposé cette année. Cette œuvre d’exposition, remarquable par le prix autant que par la forme et le travail du ciseau, annonce une grande vigueur d’exécution.
- Le fabricant a sans doute voulu prouver qu’il pourrait au besoin, travailler pour la plus riche clientèle, et s’il a un peu dépassé le but, il a du moins donné la mesure de son habileté et de son •talent.. . - r
- Le jury décerne h M. Luet, une mention honorable.
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- M. SINTZ, à Paris, rue des Tournelles, kl.
- M. Sintz recherche avec un soin particulier, le confortable et le bon marché. Nous signalerons ses chaises en bois natté, remplaçant avec avantage le crin ou la paille, ses chaises de cabinet îi fond mobile, ses sièges de jardin en bois de charme, se pliant au besoin et se plaçant sous le bras comme un portefeuille.
- Nous avons aussi remarqué une chaise prie-dieu avec des compartiments appliqués à divers usages et mis en mouvement par un mécanisme très-simple et très-ingénieux.
- Ces produits annoncent les ressources variées d’un bon menuisier en fauteuils; le jury se plaît à le reconnaître, en accordant à M. Sintz une mention honorable.
- M. LONGUET, à Paris, rue Amelot, 60.
- M. Longuet a présenté plusieurs sièges en bois de palissandre sculpté, qui répondent aux conditions principales d’une bonne exécution.
- Le jury, rendant justice à ces produits d’une fabrication distinguée, les a jugés dignes d’une mention honorable.
- M. FAURE, à Paris, rue du Faubourg-Saint-De nis, ïk.
- La collection complète et variée des sièges présentés par M. Faure, annonce une fabrication étendue et une importance commerciale justifiée par des produits de bonne qualité.
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- Peut-être trouvera-t-on quelque chose à dire aux chaises dont le dossier présente des guirlandes sculptées ou des plaques en porcelaine. L’usage du dossier doitfaire exclure les points d’appui en saillie, ou les ornements fragiles.
- Le jury décerne à ce fabricant distingué une mention honorable.
- M. ALLARD, à Paris, rue du Faubourg-du-Temple, 95.
- M. Allard a exposé des bois de palissandre et des bois dorés pour sièges. L’élégance de la forme, la solidité des assemblages et la bonne disposition des ornements, rendent ce fabricant digne de la mention honorable que le jury lui décerne.
- M. GAU, à Paris, rue Neuve-Saint-Jean, 11.
- Le jury a remarqué parmi les produits de M. Gau, une très-bonne forme de fauteuil, et surtout un fauteuil de voyage qui se démonte avec une facilité merveilleuse, pour être placé dans un sac.
- Cet ingénieux procédé, mérite la mention honorable que le jury lui décerne.
- § 5. NÉCESSAIRES.
- Considérations générales.
- A côté des meubles d’appartement viennent souvent se placer des objets de petite ébénisterie
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- destinés à des usages secondaires, et le plus souvent sans usage.
- Ce sont les corbeilles de mariage, les jolies boîtes de diverses grandeurs, suivant qu’elles doivent contenir des châles , des gants, des rubans ou des manchettes, les caves à liqueurs, les coffrets à ouvrage et ces. articles de fantaisie destinés à l’ornement de la toilette.
- Toutes ces inutilités, qu’on nous permette ce rapprochement, se classent sous la dénomination commune de nécessaires.
- Mais ce qui est inutile n’étant pas toujours ce qui tient le moins de place, il arrive que tous ces riens occupent souvent dans nos appartements des places importantes.
- De là le besoin d’en soigner tous les détails avec une attention particulière. C’est encore de l’ébénisterie, mais de l’ébénisterie en miniature, ornée de satin , de velours et de moire, et l’on exige la variété et la perfection dans ces infiniment petits destinés à des mains si délicates et à des yeux si exercés.
- Nous pouvons, sur ce point, nous en rapporter à la fabrication parisienne aussi capricieuse que ses acheteurs, et très-habile à donner en ce genre toute satisfaction à sa nombreuse clientèle.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. BERTHET et PERET, à Paris, rue Montmorency, 13.
- En prenant la succession d’affaires d’une bonne fabrique de nécessaires et de maroquineries , MM. Berthet et Peret sé sont placés tout d’abord dans d’excellentes conditions de fabrication.
- Ils font eux-mêmes la petite orfèvrerie et la taille des cristaux destinés à la garniture de leurs boîtes.
- Nous avons remarqué des nécessaires de voyage et de toilette, établis avec beaucoup d’élégance et de goût. Les formes sont agréablement variées, et l’ébénisterie délicatement exécutée.
- L’ensemble général de cette fabrication est satisfaisant.
- Le jury accorde à MM. Berthet et Peret la médaille de bronze.
- M. ANNÉE, à Paris, rue Chapon, 18.
- M. Année, successeur d’une de nos premières maisons de petite ébénisterie, a exposé une riche collection de nécessaires et de corbeilles, des boîtes de marqueteries diverses, des caves à liqueurs, boîtes à thé, à gants, à odeurs, etc.
- Nous signalerons parmi ces produits un nécessaire de voyage et de toilette, avec garniture, en argent doré d’un travail d’orfèvrerie remarquable.
- La forme et le prix des pièces, le travail de cise-lure, la disposition ingénieuse des compartiments, la richesse de la boîte, font de cette œuvre capitale un objet deluxe et d’utilité.
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- Le jury, voulant récompenser les efforts cie M. Année, lui accorde une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. LAURENT et FERRY, à Paris, rue Chapon, 5.
- L’assortiment complet de maroquinerie et d’ébé-nisterie- en œuvre, présenté par MM. Laurent et Ferry, annonce une fabrication courante, qui doit être une précieuse ressource pour la province et l’étranger.
- En maroquinerie, les albums , buvards, portefeuilles nous ont paru traités par des mains habiles, qui entendent parfaitement l’emploi du maroquin et de la reliure.
- Les objets d’ébénisterie, cave à liqueurs ou nécessaires, sont bien exécutés. L’ensemble satisfaisant de ces produits rend MM. Laurent et Ferry dignes de la mention honorable.
- M. GOEBEL, à Paris, rue Michel-Lecomte, 30.
- M. Goebel a exposé plusieurs caves à liqueurs, placées sur des pieds de guéridons, et ayant toute l’apparence extérieure d’un fort joli meuble. Ces caves s’ouvrent en dessus, au milieu du couvercle, et les deux côtés, en se rabattant contre le balustre du guéridon, forment un emplacement destiné à poser les verres à liqueur. Ce système ingénieux est embelli par la riche élégance de la boile et des cristaux qui la garnissent.
- Le jury décerne k M. Goebel une mention honorable.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- M. THIRION-GUIDON, à Paris, rue Neuve-Saint-Martin, 31. .
- Une feuille de cuivre découpée et gravée comme pour les incrustations de Boule, dorée et argentée au besoin, est placée sur un fonds de velours de différentes couleurs, et forme le placage dont M. Thi-rion-Guidon recouvre tous les objets de fantaisie qu’il a exposés.
- Ces produits,.bien exécutés comme fabrication, peuvent convenir à l’exportation , et peut-être à quelques amateurs de nouveauté. Le jury a cru devoir les mentionner en accordant à l’auteur une citation favorable. .
- M. BENGEL, à Paris, rue Chapon, 19.
- M. Bengel a présenté une jolie collection de guéridons.et de nécessaires, ornés de plaques d’albâtre coloriées avec beaucoup de soin.
- Le jury accorde à ces produits une citation favorable. '
- § 6. MARQUETERIE.
- Considérations générales.
- Le marqueteur est d’un très-ulile secours à l’ébéniste, car c’est souvent lui qui se charge de la principiale ornementation de ses meubles.
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- Aussi voulons-nous les rapprocher dans ce rapport , en raison des services réciproques qu’ils se rendent.
- Des lames très-minces de bois précieux, d’ivoire, d’étain, de cuivre, etc., assemblées avec une grande précision, découpées, variées de couleurs et incrustées dans le placage du meuble ou appliquées sur un fonds de menuiserie, constituent la marqueterie.
- Quand ces feuilles sont assorties de nuances, soit par la couleur naturelle des bois, ou par la teinture qu’on leur donne , on peut, en les découpant avec art, former des fleurs, des arabesques , des. espèces de mosaïques ou de peintures.
- Quand, au lieu de bois, on prend des feuilles de cuivre, découpées en filets et ornements de toute espèce , que ces ornements sont incrustés dans un fonds d’écaille ou d’ébène, et gravés dans certaines parties, pour donner au dessin des ombres et des reliefs, c’est ce qu’on appelle la marqueterie de boule.
- Ordinairement, le sujet de marqueterie qu’on veut reproduire est arrêté sur le papier et dessiné ou lithographié avec soin. On place le dessin sur une feuille mince de bois ou d’ivoire, et l’on découpe à la scie à main avec la plus habile délicatesse. Un second dessin , contre-épreuve du premier, est placé sur le bois qui doit recevoir
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- l’incrustation, et l’on prépare en creux la place réservée au découpage.
- Mais on conçoit que, malgré la précision du découpage de la feuille et du creux qui l’attend, la plus légère inégalité dans le trait du dessin, le papier plus ou moins bien tendu, la main plus ou moins sûre, peuvent produire un défaut dans l’assemblage. C’est là ce qui donne un grand prix à la perfection, à la finesse dès filets et des contours qui doivent être placés avec le plus grand soin, sans se briser dans leurs plus légers enroulements.
- Pour éviter ces inconvénients, quand on veut employer le cuivre en incrustation on découpe d’abord le cuivre, et on le place sur le fonds de bois qu’on doit creuser. C’est alors le cuivre même qui sert de dessin, et la place qu’il se fait étant ainsi reproduite avec les petites imperfections de ses! contours, l’incrustation est plus égale dans les assemblages.
- Pour l’écaille incrustée en cuivre, on découpe en même temps la feuille d’écaille et la feuille de cuivre superposées, en ayant soin de réserver la contre-partie du découpage, pour former une seconde marqueterie dans laquelle le cuivre prend la place de l’écaille, et réciproquement.
- Nous recommandons particulièrement aux ouvriers :
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- L’originalité et la pureté de l’ornementation', l’entente des couleurs du bois ou du métal qu’on rapproche, ce qui donne au meuble un ton général plus ou moins satisfaisant, l’intelligencé de la gravure qui donne du dessous et fait tourner les ornements et les feuilles, l’emploi très-discret des bois teints et des tons rouges qu’on donne quelquefois à l’écaille ; enfin, nous repoussons d’une manière absolue les couleurs placées au pinceau sur la marqueterie.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. MARCELIN, à Paris, petite rue de Reuilly, 3.
- En i83g, nous avons eu l’occasion de décrire l’invention de MM. J. Petyt et Cie, qui consiste à couper de fil, avec une mécanique, des bois variés, de couleur, à les rapprocher et les coller, en les, soumettant à une pression extraordinaire, qui ne laisse de colle que dans les pores du bois, et qui donne une précision parfaite aux assemblages; on coupe ensuite à toute épaisseur cette marqueterie, dont le dessin traverse la masse dans toute sa longueur, et les mosaïques faites en masse se trouvent, sciées en feuillets.
- Ce procédé est exploité aujourd’hui par M. Marcelin, qui lui a donné, avec beaucoup d’intelligence, une infinité d’applications dont l’exposition nous a offert le spécimen.
- M. Marcelin a présenté deux portes d’apparte-
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- ment, une armoire à porte pleine mosaïque, une bibliothèque et table mosaïque, un petit meuble de fantaisie, ivoire, ébène et cuivre, et des modèles de parquet.
- Ces moyens mécaniques, tout en simplifiant le travail réel, donnent des résultats d’une régularité et d’une supériorité incontestables.
- On conçoit d’ailleurs que les nombreux prismes fournis par la machine peuvent se combiner sous diversangles, et donner des dessins d’une complication qu’on peut comparer à un casse-tête chinois.
- Le choix des bois, la composition et la décomposition géométrique des dessins, ont fixé l’attention du jury, qui a trouvé beaucoup de goût dans ces combinaisons, qui donnent à l’ensemble un ton général très-harmonieux.
- M. Marcelin s’occupe particulièrement d’appliquer cette espèce de marqueterie aux parquets mosaïques. Un parquet supérieur reçoit la mosaïque telle que nous venons de la décrire. Ce parquet supérieur, qu’il fait depuis le prix minimum de i5 fr. le mètre, est placé sur un second plateau en bois de sapin bien sec, composé de petites parties assemblées à rainures et languettes.
- Toutes ces applications étendues, ingénieuses et d’un aspect très-agréable, ont paru au jury des titres suffisants pour élever d’un degré la récompense de 1839, et il accorde à M. Marcelin la médaille d’argent.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. BARBIER, à Paris, rue d’Orléans, 13, au Marais.
- M. Barbier est dessinateur distingué. Il travaille principalement pour la petite ébénisterie, et c’est à son talent d’artiste qu’on doit s’adresser pour obter nir ces jolies incrustations qui décorent les corbeilles de mariage et les coffrets de toute espece.
- On remarquait à l’exposition deux boîtes avec ivoire, nacrealiotide, incrustés dans l’ébène, à l’imitation des incrustations massives de crosse de fusil du seizième siècle.
- Nous avons admiré la délicatesse des contours, la finesse des filets, forme volute et zigzag, et surtout un certain goût d’arrangement qui fait de la marqueterie un art industriel et non pas seulement une oeuvre de patience.
- Le jury accorde à M. Barbier la médaille de bronze.
- M. CREMER, à Paris, rue Laçasse, 7, au Marais.
- M. Çremer a exposé sur un meuble fort bien fait, les nombreuses variétés d’incrustations qu’il peut obtenir sur bois.
- Cette mosaïque d’incrustations et de marqueteries variées d’ornements et de matière, est assez bien combinée pour ne pas nuire à l’effet général du meuble, et elle donne la mesure du talent de M. Cremer, qui fuit ses dessins et ses compositions lui-même.
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- On doit distinguer, dans ce travail, la précision du découpage, la régularité des incrustations, et la bonne exécution des grands panneaux faits d’une seule pièce , ce qui est une difficulté vaincue*
- Lej ury récompense M. Cremer, en lui décernant la médaille de bronze.
- M. DUTZSCHHOLD, à Paris, rue Saint-Nicolas-Saint-Antoine, 24.
- Cet habile découpeur et marqueteur a exposé aussi quelques meubles bien faits qui servent de cadre à ses incrustations et à ses mosaïques. Quoique ces meubles aient été confectionnés dans les ateliers de M. Dutzschhold, c’est cependant comme découpeur qu’il doit être apprécié par le jury, puisque, c’est dans cette spécialité que se trouve la partie principale de sa fabrication, qui occupe pendant toute l’année un assez grand nombre d’ouvriers.
- Ce maître intelligent s’occupe principalement des marqueteries pour panneaux de meuble. Et l’on reconnaît à la netteté du travail, à l’élégance du dessin , une. expérience très-exercée qui justifie l’importance honorable de sa fabrique.
- Le jury accorde à M. Dutzschhold une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. PROFILET, à Paris, rue des Tournelles, 47.
- La marqueterie en bois de couleur ne donne quelques résultats qu’au moyen de la gravure du
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- bois, mais elle a le grand inconvénient de perdre tous les avantages de la gravure, à la première réparation du meuble qui exige le raclage du bois.
- On a déjà voulu remédier à cette difficulté , ou plutôt changer le procédé de ces mosaïques en recouvrant une gravure coloriée d’une feuille de gélatine, mais ce moyen ne peut résister au contact des liquides.
- M. Profilet, qui s’occupe avec intelligence du découpage sur bois, a présenté cette année des incrustations découpées à la scie à marqueterie, gravées avant d’être plaquées, et plaquées ensuite par des procédés pour lesquels il va prendre brevet.
- Il affirme, et nous le croyons après l’avoir expérimenté, que ces marqueteries supporteront toutes les réparations et pourront être mouillées, frottées et raclées-impunément.
- Le jury récompense ces essais en accordant à M. Profilet une mention,honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- ,M. SEIDEL, à Paris, rue des Gravilliers, 23.
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- ' M. Seidel a exposé des panneaux genre Boule en cuivre et écaille de l’Inde. Ce travail fait honneur à son talent de découpeur et nous paraît digne de la citation favorable du jury central.
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- M. MALLET, à Paris, ruedeBerry, 1 h, au Marais:
- M. Mallet a présenté un coffret à marqueterie
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- d’ivoire et de cuivre. Le cuivre découpé est fixé sur une table en chêne, et les morceaux d’ivoire sont incrustés dans le cuivre. L’ensemble est bien d’arrangement, d’incrustation et de gravure. Ce travail mérite la citation favorable du jury central.
- § 7. TABLETTERIE.
- Considérations générales.
- La tabletterie est le bijou de la poche et le meuble du nécessaire.
- Elle comprend les objets de tour, les tabatières de Paris ou de Saint-Claude, les éventails et toutes les petites transformations que l’on fait subir à l’os, à l’ivoire, à l’écaille, à la nacre et aux bois précieux.
- La tabletterie est infinie dans la variété de ses produits et tout aussi multiple dans la variété de ses moyens. Elle emploie tous les genres d’assemblage suivant le prix ou l’exigence de l’article. Elle combine de mille manières la colle, le tourillon , le tenon et la mortaise, la cheville, la vis et la queue d’aronde, et elle produit avec une fécondité merveilleuse tous ces objets délicats qui servent à notre parure, à nos jeux et à nos besoins.
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- Le jury a examiné avec beaucoup d’intérêt la riche, exposition de cette industrie qui fournit également à la consommation des villes les plus opulentes et des plus modestes villages.
- Elle doit aussi figurer à l’exportation pour un chiffre très-important qu’il nous a été difficile de constater, car le plus souvent ses produits réunis à d’autres plus considérables perdent leur dénomination industrielle, et ne laissent plus de traces à leur sortie de France.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. COLLETTA-LEFEBYRE, à Paris, rue Man-dar, 9.
- M. Colletta-Lefebvre est un excellent ouvrier ; il travaille seul avec son intelligence pour conseil et ses bras pour moteur.
- Sa fabrication n’est pas importante, mais ses tabatières n’étant pas dégrossies par des mains peu exercées, doivent présenter dans tous leurs détails, le travail du maître habile. Aussi sont-elles très-bien faites.
- M. Colletta emploie avec un égal succès, la corne de buffle ou d’Irlande, le palmier rouge ou noir, l’érable, l’amboine, l’écaille et même les bois pétrifiés.
- Le jury vote avec empressement à ce travailleur modeste, le rappel de la médaille de bronze qu’il a déjà obtenue en i83q.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. SIMON, à Paris, rue Bourg-1’ Abbé, 22.
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- M. Simon consacre plus spécialement son talent de tabletier, à la petite partie d’écaille en feuilles, en morceaux ou en poudre. Il a exposé des nécessaires, des souvenirs et clés garnitures de bureau, des flacons, des cassolettes'et des tabatières en écaille.
- Ce choix, très-varié et de bon goût, est d’ailleurs d’un très^-bon travail qui doit en multiplier la consommation.
- Cette fabrication nous a paru dirigée avec intelligence. Elle est digne d’être récompensée par la médaille-de bronze que le jury lui décerne.
- M. MOREAU, à Paris, rue du Petit-Lion-Saint-Sauveur, 19.
- M. Moreau exécute avec goût toute la tabletterie en ivoire.
- Parmi les articles variés qu’il a exposés, nous avons remarqué une pendule gothique en ivoire dont les festons et le guillochage sont faits à la mécanique , par un nouveau procédé pour lequel M. Moreau est breveté.
- Il prétend avoir appliqué un des premiers sur l’ivoire, le damasquinage qui s’obtient en gravant des parties 'réservées, obtenues par un mordant acide et uii liquide coloré qui donne les fonds. Une pendule et des plaques de souvenir damasquinées pai ce procédé sont d’un bon travail.
- Le jury accorde à M. Moreau la médaille de bronze.
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- M. COMMOY (Augustin), à Saint^Claude (Jura).
- Douze tabatières en corne de divers prix et dimensions, sont venues, sous le nom de M. A. Commoy, se placer modestement à l’exposition pour y représenter une industrie qui a pris à Saint-Claude un grand développement, et qui occupe aujourd’hui 3,ooo ouvriers dans le département de l’Ain.
- Ces produits, destinés aux acheteurs peu riches et très-nombreux, sont établis avec une régularité remarquable et à des prix très-modiques.
- Ils sont d’ailleurs accompagnés d’un certificat des notables et fabricants de la ville de Saint-Claude, attestant :
- Que le sieur Commoy est inventeur des char-' nières obtenues par la pression et le ramollissement de l’-écaille et qu’on lui doit aussi les tabatières moulées en corne de buffle sans soudures.
- Que n’ayant jamais pris de brevet d’invention pour ses procédés, il a. enrichi son pays de ses découvertes et est ainsi devenu la cause principale de la très grande extension de cette fabrication.
- Ces titres si intéressants pour le développement de la richesse publique ne pouvaient être oubliés par le jury qui vote avec empressement à M. A. Commoy la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. VINCENT aîné, à Paris, rue Guérin-Boisseau , 13.
- M. Vincent, tabletier en écaille, garnisseunet
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- tourneur, dirige un établissement assez important dont les produits annoncent une fabrication courante et étendue.
- A cette mise en œuvre de l’écaille, il joint encore la fabrication des cadres pour miniature.
- M. Vincent est un des premiers qui ait adapté le volant h percussion aux presses destinées à mouler l’écaille.
- Le jury central se plaît h lui décerner une mention honorable.
- M. BEAUMONT, à Paris, rue Bourbon-Villeneuve, 56.
- On a distingué à l’exposition de M. Beaumont, des pièces en ivoire, très-remarquables par le travail du tour à guillocher. Rien n’est plus délicat que le travail d’ornementation de la pendule et des candélabres qui l’accompagnent; rien n’est plus artis-tement tourné que les petites corbeilles à jour qui se trouvent à la base et au sommet des colonnes.
- Cette œuvre exige une grande précision dans le coup d’œil et dans la main de l’ouvrier.
- Le jury se plaît à lui accorder une mention honorable.
- M. POISSON, à Paris, rue de Vendôme, 17.
- L’assortiment de tabletterie en ivoire présenté par M. Poisson, annonce un travail bien dirigé. Nous avons remarqué un miroir d’une assez grande dimension dont les assemblages sont faits par le moyen ingénieux de la queue d’aronde.
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- Les travaux de M. Poisson méritent la mention honorable que le jury lui accorde.
- M. ALESSANDRI, à Paris, rue Folie-Méricourt,
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- Les produits d’ivoire de M. Alessandri consistent principalement en touches de piano, palettes, billes de billard, plaques à souvenirs et surtout, feuilles à peindre. Par un procédé qui fait tourner la pièce d’ivoire, la scie restant fixe, M. Alessandri peut obtenir des feuilles d’une très-grande longueur sur la largeur entière du morceau d’ivoire. Il a présenté à l’exposition une feuille de 2 mètres sur 67 centimètres. Cette feuille roulée peut se redresser ensuite sans se fendre ni même se gercer.
- Le jury décerne avec plaisir une mention honorable à M. Alessandri.
- M. GARNOT, à Paris, rue du Temple, 98.
- Un assortiment très-varié de pièces en ivoire pour servir è la garniture des nécessaires et des boîtes à jeu; des objets de tour et de guillochage faits dans ses ateliers, des objets sculptés venant de Dieppe, tels sontles produits exposés par M. Garnot, qui travaille principalement pour l’exportation et le commerce de détail.
- Le jury accorde une mention honorable à cette fabrication habilement dirigée.
- M. TRUFFAUT, à Paris, rue du Temple, 63.
- Des objets de Dieppe bien choisis, des articles de Paris travaillés avec goût et finesse, composaient la
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- jolie collection de M. Truffaut, connu depuis longtemps pour un tabletier intelligent qui entend et qui pratique avec succès le travail de l’ivoire.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. CHIQUET, à Paris, rue de la Croix, 15.
- L’exposition de tabletterie de M. Chiquet, consistait principalement en ta bâti ères d’écaille et quelques tabatières or et argent.
- Les incrustations et les filets sont posés avec soin, les charnières sont bien faites, et l’ensemble du , travail annonce une fabrication habilement dirigée.
- Le jury accorde à M. Chiquet une citation favorable.
- ‘ § 8. ÉVENTAILS.
- Considérations générales.
- Depuis le commencement du XYIe siècle ; cette industrie a eu chez nous ses phases plus ou moins brillantes. L’éventail fut longtemps en vogue à la cour de France, et il eut le bonheur de former une des parties essentielles de la toilette des dames, jusqu’à la révolution de 89. Rejeté à cette époque, délaissé sous l’empire * il commence à reprendre faveur chez nous, et, ce qui ajoute à
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- l’intérêt que nous lui devons, c’est que ce produit dé l’industrie parisienne forme une branche-très-importante de l’exportation,,
- Les colonies de l’Amérique du Sud, l’Espagne, le Portugal et l’Italie, offrent à cet article des débouchés considérables ; mais aux Indes orientales nous luttons difficilement pour les prix et pour un genre spécial, avec les éventails chinois qui arrivent sur certains marchés en quantités, énormes et qui nous font une redoutable concurrence.
- Dans ces pays, l’usage en est communément répandu dans toutes les classes de la société, et l’éventail est indispensable pour les hommes aussi bien que pour les femmes. Aussi en demande-ton de toutes formes, de toutes dimensions et de tous prix, depuis cinquante centimes la douzaine jusqu’à cinq cents francs la pièce et même au delà, quand on désire orner l’éventail d’incrustations et de pierreries.
- Sous les zones tempérées, ce meuble est moins nécessaire, mais il est admis dans les réunions nombreuses, et d’ailleurs il conserve partout le précieux avantage de servir de parure et de maintien.
- Quoi qu’il en soit, cette fabrication donne du travail, pour la confection des bois, à deux mille habitants de quelques villages situés entre Méru
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- fit Beauvais; elle occupe à Paris plus de six cents ouvriers, et elle représente une exportation de cinq à six millions de francs.
- Quoique le nombre des exposants soit peu considérable, le jury a voulu examiner avec attention des produits ainsi recommandés et représentés à l’exposition par des maisons du premier ordre qui font depuis longtemps de très-grandes affaires en ce genre.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- Madame veuve DUPRÉ, à Paris, rue Montmorency, 1.
- Celte maison, qui emploie cent cinquante ouvriers , fournit principalement au commerce d’exportation ; elle fabrique bien et beaucoup , depuis l’éventail en papier à 5 ou 6 francs la grosse jusqu’à l’éventail de luxe du prix le plus élevé.
- Ses produits à l’exposition n’ont pu donner qu’une idée imparfaits de son genre d’exploitation; mais les éventails riches, les découpures et les peintures des éventails brisés nous ont paru justifier la bonne réputation du metteur en œuvre.
- Cette activité commerciale, ces bous résultats de fabrication , ont fixé l’attention du jury, qui accorde à madame veuve Dupré la médaille de bronze.
- M. DUVELLEROY, à Paris, boulevard Bonne-Nouvelle, 34.
- M. Duvelleroy s’est consacré plus spécialement
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- à la vente particulière et au genre de Paris. Il établit avec beaucoup de goût, les éventails de luxe, destinés à la plus élégante clientèle.
- Ses feuilles gravées ou lithographiées, peintes ou coloriées, sont choisies avec soin , ou confiées à des artistes habiles. Les moulures, richement ornées, annoncent une fabrication bien comprise.
- Par une idée ingénieuse, M. Duvelleroy applique à la fabrication des éventails l'emporte-pièce, le découpoir et le balancier. Il découpe les branches de l’éventail par un travail mécanique, il remplace par l’impression lithographique le décor qu’on plaçait à la main sur la monture , et parce double moyen, il obtient économie de temps et d’argent, car il fait pour 25 centimes une monture décorée qui lui coûterait 4 ou 5 francs par les procédés ordinaires.
- Ces moyens économiques, appliqués aux articles d’exportation , auront sans doute d’iieureux résultats. Le jury, qui les signale avec intérêt, accorde à M. Duvelleroy une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- MM. CABANES et MARINE-HEIT, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, 13.
- MM. Cabanes et Marine-Heit ont présenté à l’exposition une jolie collection d’éventails, destinés particulièrement au commerce d’exportation.
- Ils établissent principalement les articles demandés pour l’Espagne, la Havane, le Mexique, le Brésil, la Colombie, le Pérou et le Chili.
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- Nous avons cependant remarqué parmi ces produits quelques éventails de luxe, qui seraient très-bien acceptés par le goût délicat et difficile de Paris.
- Le chiffre des affaires de cette maison est une preuve de plus de sa bonne direction commerciale.
- Le jury lui accorde une mention honorable.’
- § 9. BILLARDS.
- Considérations générales.
- Pour ceux qui ne voient dans un billard qu’une table, ayant en largeur la moitié de sa longueur, et «couverte d’un drap vert sur lequel des billes d’ivoire poussées avec plus ou moins d’adresse , doivent se choquer pour aller tomber quelquefois* dans une blouse, pour ceux-là le billard est un meuble qui doit être avant tout parfaitement orné, pour compléter l’ameublement du salon auprès duquel il est ordinairement placé.
- Mais pour ceux qui étudient dans ce jeu toutes les combinaisons savantes du choc des corps, qui calculent les angles d’incidence et de réflexion, qui savent comment on doit frapper la bille pour
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- l’arrêter, la faire suivre, la faire revenir sur le joueur ou même décrire des arcs de cercle ; pour , ces joueurs passionnés qui mettent souvent sur
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- un coup, un autre enjeu qu’un succès d’amour-propre , le billard est un instrument de précision, qui doit répondre à toutes les règles d’une science aussi savante que compliquée.
- Comme les fabricants ne peuvent pas toujours prévoir à quelle espèce d’acheteurs.ils auront affaire, ils.sont obligés de fabriquer à l’avancedans; ce double but, et ils font du billard un meubleut un instrument.
- Comme meuble, l’établissement d’un billard rentre dans les conditions ordinaires de l’ébénis-terié, et l’exposition de cette année a présenté une exécution très-satisfaisante, sous le rapport de la forme et de F ornementation. Comme instrument de. précision , le billard exige principalement deux choses : une table offrant constamment un plan horizontal, quelles que soient les variations de température, de sécheresse ou d’humidité de Fatmosphère, et de plus des bandes d’un certain degré d’élasticité, répondant à tous les coups du joueur, et donnant tout ce qu’on leur demande.
- Les tables se font ordinairement en vieux bois de chêne choisi avec soin et coupé sur maille autant que possible en petits morceaux collés et ajustés à tenon et mortaise, et qu’on assemble entre des coulants et des traverses, de manière
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- à croiser leurs fils pour en former une espèce de compensateur en bois. Malgré tous ces soins, une
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- table bien faite travaille sans cesse, et l’on est obligé de la relever souvent, au moyen de la varlope et du niveau.
- Les bandes sont faites ordinairement en chêne recouvert de lisières superposées et retenues par une toile. Mais ces bandes ne satisfont pas les joueurs difficiles; elles ne sont pas, dit-on, assez élastiques, elles se détendent et ne rendent pas assez. On a essayé sans succès les bandes en caoutchouc trop impressionnables aux changements de température et n’offrant jamais une résistance uniforme. Quelquefois même, en raison de leur trop grande élasticité, elles dérangent toutes les combinaisons des coups par les bandes.
- Nous allons voir, en passant en revue les noms des principaux exposants, tous les efforts qu’ils ont faits pour remédier à ces inconvénients.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. BOUHARDET, à Paris , rue de Bondy, 66.
- M. Bouhardet a exposé deux billards : le premier est en chêne, d’une forme assez légère et d’une ornementation simple. La table en chêne est composée de trois tables superposées, dont le fabricant se promet d’heureux résultats contre les variations de température.
- Le second billard est en bois de noyer avec or-
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- nements sculptés en acajou, dont l’effet comme meuble laisse peut-être quelque chose à désirer. La table de ce billard est en carton de poupée rapproché sans colle et pressé à la presse hydraulique. Cette matière, d’une dureté remarquable, ne faisant pas de copeaux, doit être très-difficile à planer. L’inventeur assure d’ailleurs qu’elle ne sera point accessible à l’humidité.
- Nous laisserons au temps le soin de décider ces deux questions.
- Mais le jury n’en reconnaît pas moins les efforts de M. Bouhardet, et lui vote avec empressement le rappel de la médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. GUILELOUVETTE et THOMERET, à Paris, rue des Marais-Saint-Martin, kl.
- Le billard exposé par MM. Guilelouvette et Tho-meret est en bois d’acajou chevillé, avec sculptures prises dans la masse. La forme en est simple et bien coupée. Les bandes sont faites à toutes lisières et à bascules perdues pour les billes.
- Ces ouvriers habiles ont fait l’essai d’une table en fonte de fer, composée de huit parties qui se rapprochent d’onglet sans qu’on puisse voir les points de jonction. La table en fonte est dinsi posée sur un parquet en chêne.
- Ils prétendent que ce procédé obtient l’assentiment des joueurs le plus exigeants.
- Le jury, voulant récompenser ces tentatives in-
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- dustrielles, accorde à MM. Guilelouvette et Tho^ meret la médaille de bronze.
- M. BARTHÉLEMY, à Paris, petite rue Saint-Pierre, 14.
- M. Barthélemy a présenté un billard en acajou, exécuté par les procédés ordinaires de fabrication .
- La table seule, cette pièce capitàle de tout billard de mérite, est en ardoise, en trois morceaux de 20 millimètres d’épaisseur. Ces tables, qui offrent plus d’égalité et de justesse sur toute leur surface, sont relevées moins souvent, et n’ont pas comme celles en bois l’inconvénient d’être redressées lorsque le .relevage a lieu, car l’ardoise dévie peu de la régularité de son niveau.
- Il parait que de célèbres approbations ont sanctionné l’emploi de ce procédé; mais on objecte encore que dans des conditions d’humidité ou de chaleur concentrée, l’ardoise se couvre d’une vapeur d’eau qui imbibe le tapis. On ajoute que la table' manquant d’élasticité, lorsque la bille est collée et que le joueur est obligé de donner un fort coup, le tapis, se trouvant pressé entre deux corps durs, se coupe plus facilement près des bandes^
- Cependant tous ces efforts méritent une honorable récompense, et le jury accorde à M. Barthélemy une médaille de bronze.
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- : MENTIONS HONORABLES.
- M. COSSON, à Paris, rue Grange-aux-Belles,
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- Le petit billard en chêne exposé par M. Cosson est simple comme meuble. La table est en chêne assemblé par les procédés connus, mais les bandes sont à ressorts élastiques, assez ingénieusement disposés et recouverts de lisières.
- Ce moyen nous a paru donner aux bandes une grande élasticité, mais il a besoin d’être mis à l’épreuve du joueur pour être définitivement adopté.
- Le jury décerne à M. Cosson une mention honorable.
- M. MARCHAL, à Paris, rue du Bac, 102.
- M. Marchai est resté partisan des tables en vieux bois, construites à panneaux; mais il a porté ses recherches sur le système des bandes, qui exige non pas une élasticité complète, mais un degré d’élasticité convenable.
- Le billard en palissandre exposé par ce fabricant offre l’application d’un nouveau procédé pour les bandes. Il consiste en ressorts d’acier, ingénieusement soutenus par le bois, sans perdre cependant leur flexibilité, et recouverts ensuite par les lisières.
- Ce procédé, appliqué avec beaucoup d’intelligence, mérite d’obtenir succès.
- Le jury accorde à Mi Marchal une mention honorable.
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- M. FOURNERET, à Paris, rue Bourbon-Villeneuve, 49.
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- Pour M. Fourneret, la table est la pièce capitale du billard.
- Pour parvenir à une table parfaitement juste et peu sensible aux variations de température, il a changé le système d’assemblage des bois, il a fait disparaître les traverses, montants, tenons et mortaises, et son parquet, dont le dessin rappelle le point de Hongrie, se divise en six parties rapprochées entre elles, avec une grande précision et beaucoup de solidité.
- Le bois du billard exposé est à pans coupés avec incrustations. Il nous a paru d’une bonne forme et d’une exécution qui annonce l’habitude de bien faire.
- Le jury accorde à M. Fourneret une mention honorable.
- M. LÀBURTHE, à Paris, rue du Faubourg-Saint-
- Denis, 14.
- Le billard exposé par M. Laburtbe est en chêne sculpté. Les bandes sont établies par le procédé ordinaire des lisières. La table est en ardoise anglaise ou pierre de Galles.
- Un bon travail d’exécution et des tentatives de progrès sont des titres suffisants pour mériter h M. Laburtbe la mention honorable que le jury lui décerne.
- M. LACAN, à Orléans (Loiret).
- M. Lacan est concessionnaire, pour le départe-
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- ment du Loiret, d’un brevet d’invention obtenu par M. Brevet, mécanicien à Pithiviers, pour un billard appelé billard-table.
- Au moyen d’une manivelle et d’un mécanisme ingénieux, ce billard s’élève et s’abaisse à volonté, tout en conservant son horizontalité, au moyen d’un système de calage facile. Quand il sert de table, il est recouvert d’une toile imperméable et de volets.
- Enfin, pour compléter toutes les transformations utiles de ce meuble, le mécanicien lui applique un chariot mobile à roulettes, sur lequel le billard vient se charger en se plaçant de lui-même sur champ. Le billard est ainsi transporté dans un autre local, ce qui permet à la même pièce de servir tour à tour de salle de billard, de salle à man-ser et de salle de danse.
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- Tous ces avantages, un peu en dehors du problème que la fabrication ordinaire cherche k résoudre, font de ce billard un meuble portatif que nous signalons aux propriétaires pour qui l’espace est quelquefois précieux.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Lacan.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. PLÉNEL, à Paris, boulevard Saint-Martin,
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- M. Plénel a présenté un billard en bois de violette k pans coupés, avec moulures guillochées k la mécanique.
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- La table et les bandes sont établies par les procédés ordinaires.
- Ce billard se fait remarquer par des soins évidents d’ajustage et d’exécution.
- Le jury le croit digne d’une citation favorable.
- M. GODIN, à Rouen (Seine-Inférieure).
- Le billard exposé par M. Godin est en palissandre, à bandes ordinaires. La table est un parquet en chêne, dont les morceaux posés de champ réunis et collés, sont liés par deux boulons à vis, placés à moitié bois, et traversant la table dans toute sa longueur. A ces innovations se joignent encore quelques détails ingénieux qui annoncent une fabrication en dehors de la routine.
- Mais ces améliorations ont besoin d’être expérimentées avant d’obtenir la sanction du jury central.
- M. Godin a d’ailleurs la réputation d’ùn bon fabricant , qu’il justifie aujourd’hui par ces essais intelligents.
- Le jury se plaît à lui voter la citation favorable.
- MM. BÉNARD frères, à Tours (Indre-et-Loire).
- MM. Bénard frères ont exposé un billard en ébène et bois noirci, incrusté de cuivre, étain, nacre et écaille, d’un beau travail d’ébénisterie.
- Ils annoncent un nouveau système de bandes sans caoutchouc. La table est en chêne.
- Le jury, ayant reconnu dans l’exécution les procédés d’une bonne fabrication, garantie bailleurs par le rapport du jury départemental,«accorde à MM. Bénard frères une citation favorable.
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- M. SAURAUX, à Paris, rue du Faubourg-du-Temple, 21.
- Le billard de M. Sauraux est en fonte de fer vernie, avec table en pierre de liais de Tonnerre, d’un seul morceau de 4° millimètres d’épaisseur.
- Cette table, dressée par les mêmes moyens que celles destinées à l’étamage des glaces, est montée sur un encadrement en fer, qui en rend le déplacement facile. Cet encadrement, masqué par les bandes, permet d’y fixer le tapis sans aucune difficulté.
- M. Sauraux prétend que la pierre de liais absorbera l’humidité au lieu de la maintenir, qu’elle sera solide et d’une justesse invariable, ce qui n’est pas complètement démontré par la pièce de l’exposition.
- Nous craignons aussi que les ornements sculptés, dont le modèle est un peu trop chargé, ne gênent un peu par leur saillie la circulation des joueurs.
- Le poids de 1100 kilogr., comparé à 70okilogr. environ pour les billards ordinaires, serait aussi un inconvénient.
- Mais ces tentatives, qui attendent la sanction que l’usage seul peut donner, méritent une récompense, et c’est à ce titre que le jury leur accorde la citation favorable.
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- § 10. PARQUETS.
- Considérations générales.
- Comme pour les tables de billard, le travail des bois fait toujours le sujet des recherches du parqueteur et du menuisier.
- Comment faire, pour empêcher le chêne de travailler, lorsqu’on le pose en feuilles de deux à trois centimètres d’épaisseur, à huit centimètres du sol, presque en contact et quelquefois même en contact immédiat, avec une aire de plâtre, que l’humidité tend à salpêtrer et dont les gros murs entretiennent l’humidité.
- Les uns luttent encore avec la difficulté et cherchent des enduits imperméables ou des compensations dans la division et le rapprochement du bois.
- Les autres, consentant à souffrir ce qu’ils ne peuvent empêcher, font des parquets mobiles ou d’un remaniement facile et peu dispendieux.
- Mais le temps vient souvent déranger les théories les plus ingénieuses ou les combinaisons les plus savantes, et le jury, obligé lui-même de prendre conseil de ce grand maître, retient souvent son jugement et ses récompenses, en attendant cette sanction de l’expérience qui n’a malheureusement pas favorisé jusqu’à présent les
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- tentatives persévérantes de l’industrie des parquets.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. NOYON, à Paris, petite rue Saint-Piérre-Ame-lot, 16.
- M. Noyon a exposé des feuilles de parquet, des portes, des volets, des parties de lambris, et même des tables de billard, qui offrent l’application de son nouveau système d’assemblage des bois.
- Son parquet ordinaire se compose de deux feuillet de sapin et d’une feuille de chêne superposées; ces feuilles formées et collées à plats joints, sont coupées à la mécanique de manière à pouvoirs’engager à queue d’aronde, et superposées ensuite par ce moyen, en les plaçant à fil contrarié.
- Pour les parquets mosaïques on superpose quatre feuilles, caria mosaïque ne peut compter pour rien comme force d’épaisseur.
- Pour rapprocher les feuilles de parquet ainsi formées, ce menuisier emploie avec habileté une ferrure à pointe qui s’engage dans les lambourdes, une double agrafe avec clavette et deux écrous à vis en fer pour rapprocher les feuilles dans tous les sens.
- Ce système de ferrure, peut-être un peu compliqué, est cependant très-ingénieux.
- Ce procédé d’assemblage des bois paraît pouvoir être appliqué aux portes, aux tables de billard et même aux écoutilles de navire. Les parquets se vendent de 7 à 9 fr. le mètre. Nous désirons que le succès réponde à l’idée.
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- Le jury accorde à M. Noyon une médaille de bronze.
- MM. BERTAUD et LUCQUIN, à Paris, rue Mes-lay, 57.
- Le nouveau parquet de MM. Bertaud et Luequin se pose par feuilles de petite dimension. Pour neutraliser l’effet du bois, chaque feuille est encadrée par une frise de 5 à y centimètres de large sur une épaisseur de 27 millimètres. Cette frise est à rainure des deux côtés. D’un côté elle reçoit le panneau composé de bandes inclinées sous un'angle de 45°. Ces bandes sont faites en bois, debout, ce qui peut permettre au besoin de ne pas leur donner l’épaisseur de 27 millimètres comme à la frise.
- Les frises ayant peu de largeur n’ont presque pas d’effet. Les bandes coupées sur maille sont bien en-cadrées, et de plus les feuilles de parquets étant rapprochées à rainure et languette, il s’ensuit que ce parquet, par sa disposition générale, est, ainsi, bien emboîté de toutes parts.
- Ce parquet n’est pas cher; le point de Hongrie retourné en tous sens, est vendu 9 fr. 75 c. le mètre, en y comprenant la pose et les lambourdes.
- Ce système rationnel, ingénieux, commence, dit-on, à résister à l’épreuve du temps. Le jury lui accorde la médaille de bronze.
- M. LINSLER, à Paris, rue Neuve-Chabrol, 17.
- Le nouveau système de M. Linsler, breveté, a pour but de remédier aux inconvénients ordinaires
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- du parquet. Il promet pose facile et prompte, solidité remarquable,, réparations sans dépose.
- Deux longues tiges à coulisseaux reçoivent des bandes de chêne rapprochées sur leurs côtés et glissant par leurs extrémités au moyen d’une double languette engagée dans les deux coulisses des tiges. Comme ces demi-coulisses portent chacune une petite feuillure, leur assemblage forme naturellement une rainure dans laquelle il devient facile d’incruster un filet de bois de couleur, ^qui peut servir d’ornement. Ces filets ont un autre avantage. Si le travail du bois écartait les joints des coulisses, il subirait de substituer aux premiers filets dont le volume serait devenu insuffisant, d’autres filets plus larges pour remplir exactement le vide.
- On conçoit d’ailleurs que les bandes de chêne, étant seulement rapprochées et pouvant glisser facilement dans les coulisses, peuvent être resserrées sans déposer le parquet. Le prix est de 9 francs le mètre.
- Ces procédés méritent le succès. Le jury les récompense en accordant à M. Linsler une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. HAUMONT, à Paris, rue des Tournelles, 49.
- M. Hauniont a présenté des parquets mobiles habilement combinés. Tout en conservant l’aire de plâtre placée sous le parquet, il ne scelle point les lambourdes afin d’ën écarter l’humidité, il les visse sur les solives.
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- Il établit ensuite une feuille de parquet, composée de quatre parties rapprochées à rainure et languette, et par un système d’attache il laisse le travail du bois possible dans le sens horizontal, et il le retient, un peu faiblement suivant nous, dans le sens vertical. Autour de l’appartement et sons des tringles en bois placées près des plinthes, il établit des châssis à clef formés de ressorts en acier courbés et taraudés au cintre, de manière à faire pression contre le muret contre l’épaisseur du parquet.
- Ce parquet paraît se poser avec facilité, mais peut-être n’est-il pas aussi facile de le resserrer sur de grandes surfaces, et dans les petits appartements coupés par beaucoup de portes, les saillies du pourtour ne seraient pas sans inconvénient.
- il y a cependant de l’habileté dans cette ingénieuse combinaison , h laquelle le jury accorde avec plaisir une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. ANIEL, à Paris, rue Amelot, 60.
- Les parquets en feuilles de M. Anielse posent sur l’aire de plâtre sans lambourde. Les feuilles se joignent entre elles à rainure et languette en fer. Le bois est isolé par un intermédiaire en mastic. Nous désirons que l’expérience réponde aux essais de M. Àniel; mais nous n’approuvons jamais sans réserve les parquets mis en contact avec le plâtre.
- Le jury accorde à M. Aniel. une citation favorable.
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- M. MÀZEROLLE , à Paris, rue Neuve-Saint-De-nis, 21.
- Les parquets mosaïques de M. Maze.rolle sont placés sur l’aire sans isolement. Quand il ne les pose pas sur le plâtre, il les pose sur tasseaux.
- C’est le même inconvénient que nous venons de signaler.
- Le jury décerne à M. Mazerolle une, citation favorable.
- Menuiserie appliquée à la construction.
- Le jury n’ayant pas trouvé, dans les produits de menuiserie appliqués à la construction, des éléments d’appréciation et d’expérimentation bien constatés, se borne à encourager les essais ou les projets intelligents qui lui ont été présentés en accordant une citation favorable aux exposants dont les noms suivent :
- M. MARTEL, à Paris, rue Thiroux, 3,
- Pour ses jalousies mécaniques.
- M. YOLFF, à Paris , rue du Bac, 79,
- Pour ses jalousies mécaniques.
- M. LEROY (Louis), aux Andelys ( Eure ),
- Pour une croisée avec.nouveau système?de volets. M. DELALANDE, à Angers (Maine-et-Loire) , Pour ses escaliers suspendus.
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- § 11. CADRES, MOULURES, DÉCOUPAGE,. SCIAGE DES
- BOIS.
- Considérations générales.
- Tout procédé qui simplifie le travail, qui perfectionne les produits, est un élément de richesse publique, car en diminuant la main-d’œuvre, il augmente la consommation.
- C’est à ce titre qu’il est intéressant pour le jury d’examiner les procédés mécaniques appliqués aux moulures sur bois, au découpage pour l’é- * bénisterie, au système du sciage des bois.
- L’exposition de cette année, peu nombreuse en ce genre, nous a présenté cependant quelques perfectionnements dans l’invention ou dans l’emploi des procédés.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. LAURENT (François) et C,e, à Paris, rue Ménilmontant, 86.
- Une machine à vapeur de 6 chevaux met en mouvement dans cette fabrique, tous les moyens ingénieux appliqués au découpage ou au sciage du bois. Des procédés mécaniques très-simples et très-variés, débitent le bois avec une régularité remarquable.
- Les moulures rondes, ovales, les oves répétées et
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- continues, les guillochages, les filets de bois exotiques, les rainures pour l’incrustation, les onglets pour les cadres, tout se fait avec une précision parfaite, quelle que soit la dureté du bois et sans aucune limite pour les grandeurs d’axes ou pour les dimensions des profils.
- Les cadres en sapin à filet, les baguettes dorées en tous genres, se font avec une merveilleuse facilité, et peuvent alimenter la consommation des miroitiers et des marchands de tableaux. Les ateliers de sciage, d’incrustation, de dorure et d’établissement des cadres sont réunis dans cette fabrique importante qui produit avec ces procédés mécaniques, 227,000 à 260,000 mètres de baguettes dorées et 20 à 25 mille cadres par année.
- A côté de cette exploitation des moulures, MM. Laurent ont appliqué leur système au découpage du bois, en parties carrées et triangulaires avec lesquelles on compose des dessins dans des châssis ajustés. Ce parquet mosaïque est l’application du procédé de MM. Mazeron et C16, dont cette maison exploite le brevet. Nous en avons déjà parlé en 1839. Ces produits ont pour eux la sanction de l’expérience; ils sont employés depuis quelques années à l’Hôtel-de-Ville et dans quelques maisons opulentes; et le parquet que nous avons vu à l’exposition est la reproduction de celui qui existe à l’hotel de M.Hope.
- Tous ces résultats de l’activité et de l’intelligence sont dignes d’être récompensés par le jury qui leur accorde la médaille d’argent.
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. MORISOT, à Paris, boulevard Beaumarchais,
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- En 1839, M. Morisot recevait du jury une mention honorable pour ses moulures en bois obtenues par l’emploi d’une scie mue par une manivelle.
- Cet habile ouvrier a perfectionné avec beaucoup d’intelligence la nature et l’application de ses produits.
- Les moulures en bois exotique, employées dans les tentures d’appartements par les tapissiers et les décorateurs, les bâtons pour rideaux de lit et les galeries de croisées, étaient à un prix trop élevé pour que l’usage en fût très-multiplié.
- Pour faire des moulures en imitation de bois exotiques , M. Morisot a du chercher un bois indigène à bas prix, facile k travailler et conservant toujours intacte la couleur d’imitation qu’on lui aurait donnée. Eclairé par de nombreux essais , il a choisi le sapin , après avoir habilement surmonté la difficulté de donner à ce bois un poli propre à recevoir le vernis, difficulté que présente la veine tendre et la veine dure du sapin. C’est ainsi qu’en donnant k ses moulures des tons de bois qu’il vernit ensuite, en choisissant dans le sapin non couvert la veine qui se rapproche le plus du bois qu’il veut imiter, M. Morisot est parvenu k livrer au commerce des moulures en sapin coloré qui sont des imitations parfaites d’acajou , de palissandre , d’acajou moucheté, etc.
- Le jury qui a vu l’application pratique de ces
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- ingénieux procédés, accorde à M. Morisot la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. LEGROS, à Paris, rue de Charonne,
- M. Legros applique avec habileté au découpage du bois le moyen de la scie perpendiculaire mise en mouvement par une machine à vapeur qui lui imprime un mouvement invariable.
- Cette scie coupe les bois en massif de toute épaisseur.
- Pour les dessins de console ou de gros meubles destinés à dégrossir en l’abrégeant le travail de la sculpture, il peut découper jusqu’à 15 centimètres d’épaisseur.
- Pour les dessins plus délicats, tels qu’ornements de buffet ou d’étagère, on ne peut scier que jusqu’à 5 centimètres ; quant aux épaisseurs courantes de 5 à io millimètres, elles s’obtiennent en rapprochant et en clouant ensemble un certain nombre de feuilles que l’on découpe et’qu’on sépare ensuite.
- Ce travail peut s’appliquer; au zinc et au cuivre dans des épaisseurs moindres.
- Le jury accorde à M. Legros une mention honorable.
- MM. BOHIN père et fils, à L’Aigle (Orne).
- MM. Bohin père et fils, layetiers et presque ébénistes, ont présenté un grand nombre de boîtes en bois blanc d’un bon travail et d’un prix excessivement modique.
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- Trois feuilles très-minces et d’une longueurde 60 mètres environ sur 20 centimètres, indiquent par la régularité parfaite des copeaux, un système de sciage très-ingénieux.
- Le jury accorde à MM. Boliin père et fils une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. SAVARY, à Paris, rue Mazarine, AO.
- Les cadres en bois vernis, palissandre et ébène de M. Savary offrent un bon emploi des moulures unies et guillochées. Ces produits méritent la citation favorable que lejury leur accorde.
- M. DIEU aîné, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine ,52.
- M. Dieu est le premier qui ait fait les cadres en sapin Les cadres qu’il a exposés sont variés de bois et d’un très-bon travail d’assemblage.
- Le jury le cite favorablement.
- M. JUNOD, à Paris, rue Lesdiguières, 7.
- Les moulures diverses pour cadres, meubles et pianos, exposées par M. Junod,'sont le produit de machines à découper et à guillocher. Elles ont toute la régularité et la précision d’un travail mécanique bien dirigé.
- Le jury leur accorde une citation favorable. <fJH
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- M. MINTEN, à Paris, rue des Tournelles, 18.
- M. Minten fournit aux ébénistes des moulures guillocliées d’un travail satisfaisant. Son exposition en offrait une collection très-remarquable.
- Le jury lui accorde la citation favorable.
- M. CORMIER, à Paris, rue Saint-Bernard , 18.
- En 1839, nous avons parlé du procédé de M. Picot, de Chàlons-sur-Marne, qui était parvenu à couper et non pas à scier le bois, en adaptant un tranchant l\ une machine à mouvement de va-et-vient. Ce procédé , qui fait une économie de moitié sur les scieries ordinaires, est appliqué avec intelligence par M. Cormier, au découpage du bois des lies.
- Le jury lui décerne une citation favorable.
- MM. HANIER et Cie, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 49.
- MM. Hanier et Gie appliquent aussi avec succès le procédé Picot au découpage du bois des îles, et méritent au même titre que M. Cormier, la citation favorable.
- § 12. MIROITERIE.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. WEILER, à Paris, rue Michel-Lecomte, 14.
- M. Weilera exposé une collection très-variée de miroirs, psychés, toilettes à tiroirs, miroirs de
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- voyage. Nous avons remarqué le système des deux miroirs de toilette qui se placent devant et derrière la tête.
- Le jury décerne à M. Weiler la citation favorable.
- M. MARINET, à Paris , rue des Francs-Bourgeois , h, au Marais.
- M. Marinet a exposé quatre glaces renaissance biseautées, avec ornements en cristal ingénieusement rapprochés et retenus sur la glace par des agrafes. Le jury les juge dignes d’une citation favorable.
- SECTION IY.
- BIJOUTERIE, STUCS, PIERRES FACTICES, MARBRES SCULPTÉS, MOSAÏQUES, ETC., ETC.
- M. le vicomte Héricart de Thury, rapporteur.
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- § 1. BIJOUTERIE, JOAILLERIE ET INDUSTRIES QUI S’ï
- RAPPORTENT.
- I. Bijouterie de diamants, Pierres fines, Perles, Platine,
- Or, Argent, etc.
- Considérations générales.
- « La bijouterie française, disait le jury de l’exposition de. 1839, est entrée dans une voie nouvelle qui rappelle les chefs-d’œuvre des XIYe, 'XY*
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- et XVIe siècles. Les riches et admirables produits qu’elle a exposés peuvent être comparés aux plus brillantes compositions des grands maîtres de ces temps. »
- Pour pouvoir suivre cette voie nouvelle dans laquelle nos joailliers venaient de s’engager, et la suivre avec succès, ils ont senti la nécessité de voir et d’étudier les œuvres de ces siècles brillants , et qu’ils devaient sè pénétrer du génie qui avait tant et si bien inspiré Michel-Ange, Fini-guerra, Lorenzo Ghiuberti, Albert Durer, Benve-nuto Gellini, Bernard de Palissy, etc. Ils ont consulté les tableaux, les gravures, les musées, les collections : et par les nombreux, les riches et magnifiques ouvrages sortis de leurs ateliers, ils ont prouvé qu’ils suivraient avec honneur et distinction cette voie nouvelle, et que leurs travaux étaient vraiment dignes de figurer à côté de ceux des grands maîtres qu’ils avaient pris pour guides.
- De tels progrès assurent de plus en plus la juste célébrité de notre bijouterie, recherchée également partout, pour le bon goût, le charme de ses gracieux'dessins, le fini de sa ciselure, le beau choix de ses pierres précieuses et la-manière intelligente avec laquelle elles sont montées pour les mettre en harmonie «avec les demandes exigeantes, si peu réfléchies des modes, œt souvent aussi capricieuses qulelles sont volages et éphémères.
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- Notre bijouterie, d’après sa supériorité et les divers genres qu’elle a embrassés, ne se borne plus à fournir les principaux États de l’Europe. Après avoir satisfait aux demandes de l’Angleterre, de la Russie , de l’Espagne , de l’Italie, de la Turquie, de l’Egypte, de nos colonies, etc., elle s’est étendue partout au delà des mers. Nos voyageurs l’on fait connaître au Mexique, au Brésil, au Chili, au Pérou, dans les Indes-Orientales et dans toutes les îles du grand Océan, où elle a obtenu un succès extraordinaire, du moment que nos bijoutiers ont reconnu que le premier élément du succès était de s’astreindre et de se conformer aux goûts, aux modes et aux usages civils, militaires et religieux des peuples de ces divers pays.
- De là ces formes souvent si bizarres, si extraordinaires , si disproportionnées pour nous, de quelques fournitures de joyaux et bijoux exécutés sur des commandes expresses et d’après des esquisses que nos bijoutiers étaient forcés de suivre , mais que, d’après leurs études et le génie inventif de nos dessinateurs qu’ils appelaient à leur aide, ils ont su enrichir et embellir d’ornements souvent fantasques et chimériques, il est vrai, mais dictés par le caractère, les mœurs et le culte des souverains et des nations auprès desquels le succès de ces bijoux a été tellement com-
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- plet, qu’il a fait faire successivement trois, qua-*
- tre, cinq, six fois, des commandes du même genre, dont quelques-unes, de dimensions exagérées, présentaient de très-grandes difficultés d’ornementation et d’exécution, tels que ces riches joyaux, ces magnifiques couronnes de la reine de Madagascar, dont la dernière n’avait pas moins d’un mètre de hauteur.
- Ainsi, et bien loin de vouloir imposer nos modes aux autres nations, c’est en cherchant à répondre à leurs demandes, en se conformant à
- leurs mœurs ou à leurs usages, qu’est dû par-
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- tout, en Europe et au delà des mers , l’immense succès de notre bijouterie.
- Quant aux admirables et magnifiques compositions exposées cette année, que beaucoup ont considérées à tort comme des tours de force et de défrentre artistes, et qui devaient, disait-on leur rester, leur rapide enlèvement doit prouver à nos bijoutiers qu’en prenant pour guides,les grands maîtres des XI Y% XVe et XYI° siècles, ainsi qu’ils l’ont fait, ils marcheront à pas sûrs, et de succès en succès, dans la voie nouvelle que, dans notre rapport de l’exposition de 1839, nous les félicitions d’avoir adoptée.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. RUDOLPHI, à Paris, rue du Mail, 11.
- Elève et successeur de M. Wagner-Mention qui avait marqué , à l’exposition de 1889 ses derniers travaux d’une manière si brillante, en ouvrant à l’art de la bijouterie une voie nouvelle, M. Rudol-se montre à tous égards, digne de soutenir avec distinction la haute réputation de la maison de M. Wagner. Comme lui, il a étudié tous les chefs-d’œuvre de la bijouterie et de la joaillerie de tous les âges, et en les modifiant suivant les goûts et les besoins du jour, il a imprimé à sa joaillerie et à sa bijouterie un cachet de vieux temps qui les fait rechercher par les amateurs de collection. Généralement riches et,très-riches, la plupart de ses compositions ont souvent un caractère tellement prononcé qu’on les prendrait pour des copies de chefs-d’œuvre d’anciens bijoutiers allemands, saxons ou suédois; mais M. Rudoîphi, par la variété des dessins des bijoux, des joyaux, des coffrets, des nécessaires, des porte-montre, des pendules, des écritoires, des sabres, des poignards et de tous les ornements de son invention, a prouvé que ce sont tous, des produits de ses ateliers, organisés pour tout faire et tout exécuter au gré des demandeurs de tous les pays, et suivant le caractère de nationalité de chacun. De là ces originalités si remarquables de quelques-unes de ces compositions, obligées par les commandes et souvent nécessitées par la valeur et la rareté des matières précieuses qu’il a su mettre en œuvre, en les conservant in-
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- tactes, difficultés qu’il a également su vaincre avec autant de talent que de perfection.
- Dans sa nombreuse et riche exposition de joaillerie, on a généralement admiré : i° une corbeille argent ciselé, représentant les attributs du mariage;
- 2° Un vase byzantin alliage de platine et argent émaillé;
- 3° Un vase argent repoussé, sujet l’Ondine (légende allemande);
- 4° Une pendule en lapis, représentant le jour et la nuit;
- 5° Un encrier de lapis servant aussi de pendule, surmonté d’un groupe représentant l’enlèvement de Déjanire;
- 6° Un coffre argent émaillé, avec groupes en perles et pierres fines.
- 7° Divers coffrets-pendules avec groupes de personnages en perles;
- 8° Un vase en argent ciselé et repoussé , exécuté pour 1V1. le duc de Luynes; '
- 9° Une pendule-coffre montée en perles, à madame la princesse de Buttera ;
- io° Un brûle-parfums ciselé et une paire de flambeaux montés en perles, appartenant à M. le duc dé Montpensier.
- ii0 Un coffre représentant David terrassant Goliath, personnages montés en perles, et plusieurs coupes garnies de pierres fines pour le roi de Hollande ;
- 12° Une pendule en platine allié, incrustée de pierres fines et plusieurs sabres riches pour le prince Charles de Berlin ;
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- w i3° Une épée en or ciselé pour le général Juan José Flores, etc., etc.
- Les brillantes et admirables compositions de M. Rudoîphi, comme celles de Wagner, sont recherchées^!! Allemagne, en Prusse, en Russie, en Angleterre, en Turquie, en Egypte, en Amérique et jusque dans les Indes.
- - Nouvellement établi, cet habile joaillier-bijoutier s’annonce pour dépasser son maître, en soutenant dignement le nom de Wagner-Mention qui avait obtenu la médaille d’or en 1839 ; le jury s’empresse de la rappélér cette, année au nom de M. Rudoîphi.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’OR. f
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- MM. CHRISTOFLE (Charles-Henri) etCie, à Paris, rue de Bondy, 52.
- Leur établissement, fondé en 1810, obtint une médaille d’or en 1839; dirigé, de i8n5 à i83i, par M. Christofle comme intéressé, et de 1831 à 1844 comme chef d’établissement. Il emploie soixante-seize ouvriers à l’intérieur et cinquante au dehors : son établissement se compose de sept feux, trois forges, deux laminoirs, quatre grandes lampes à souder et soixante petites. Le chiffre d’affaires est de plus de i,5oo,ooo francs pour l’exportation, et 5do!o,oo francs dans l’intérieur.
- Cet^établissement fut fondé en 1810 parM. Cal-mëtfoSpiiiir -la fabrication du petit bijou' de pro-vincérEff ï,8^f , ‘Mi Christofle entra en qualité d’apprenti chez M. Calmette; intéressé dans la maison
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- en 1825, il pensa que l’exportation présentait un grand avenir, et s’appliqua principalement,àda fabrication des différents articles qui pouvaient convenir aux pays Américains.
- La maison Calmette faisait de 100 à i5o,ooo fr. d’affaires; M. Cliristofle est arrivé rapidement à faire près de 2,000,000 de francs. lia exposé : i° en bijouterie, une guirlande en or de couleur, des parures de divers genres, des bracelets tant en filigrane qu’en or ciselé, un grand nombre de boucles d’oreilles et des fleurs pour la tête avec ornements en pierres de couleur, papillons et oiseaux. Tous ces articles sont exécutés partie en filigrane, partie en or de couleur ciselé, et sont la représentation exacte des articles qui sortent journellement de ses ateliers.
- 20 En joaillerie , une parure complète toute en brillants, des colliers de diamants, des broches, des pendants d’oreilles, des bouquets de diamants; divers ornements pour la tête, en brillants et pierres fines de couleur, etc;, etc. Tous ces objets en diamants, destinés à l’exportation, sont montés en petits brillants arrangés de manière à produire, suivant le texte des commandes, beaucoup d’apparence, beaucoup d’effet, et à coûter peu d’argent. Ces bijoux sont tous fabriqués dans des conditions rigoureuses du titre voulu par la loi, et avec-une scrupuleuse exactitude clans l’énoncé du poids des pierres fines -contenues dans les montures.
- Depuis la dernière .exposition, M. Cliristofle a expédié six grandes couronnes d’or, pour Madagascar, et de nombreux assortiments de bijoux pour
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- les mers du Sud. Quelques jours avant l’exposition, le public a pu voir chez lui une commande de 65,ooo francs, destinée à la maison Puymorel et Pommeran de Yalparaiso, et plusieurs épées d’honneur pour le Mexique, Buénos-Ayres, le Pérou , la république de Venezuela , etc.
- Tout en s’occupant de sa fabrication , M. Chris-tofle s’est également occupé de l’avenir de l’industrie delà bijouterie. Ainsi les lois de l’an VIII, qui régissaient notre commerce, n’étaient plus en harmonie avec les besoins. Tous les fabricants le sentaient, tous s’en plaignaient, mais personne n’avait encore rien proposé en échange de ce qui existait.
- En 1835 , M. Christofle a adressé à l’administration, sous le titre d'Observations sur tes lois qui régissent le commerce et la fabrication de la bijouterie, des réflexions qui ont amené une modification depuis longtemps désirée.
- M. Christofle a déclaré au jury : i° que depuis j 840, pour s’acquitter envers M. Léon Rouvenat, son neveu, en raison du zèle et de l’activité déployés par lui, il lavait associé à sa maison ; et 2° qu’il signalait comme ayant particulièrement contribué à la marche prospère de son établissement, M. Cas-tellani, son chef d’atelier, qui est aveclui depuis qu’il est établi; bon dessinateur, homme actif, intelligent et dévoué, M. Castellani, ditM. Christofle, est un de ces hommes rares dans les grands établissements.
- La commission des arts chimiques fera connaître de son côté les nouveaux travaux de M. Christofle, qui, étant réunis à ceux que nous venons de signaler, lui méritent une nouvelle médaille d’or que
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- le jury lui décerne, ne pouvant lui en décerner une pour chaque genre d’industrie.
- MÉDAILLES D’OK.
- M. FROMENT-MEURICE, à Paris, rue Lobau, 2.
- Toute la vie de M. Froment Meurice n’a été qu’une étude spéciale, une application constante de son art : aussi s’ést-il placé en première ligne, parmi nos orfèvres bijoutiers, ou comme le disait le siècle dé la Renaissance, s’est-il fait par excellence maître argentier du premier rang.
- Destiné dès l’enfance à succéder à son père, dans un établissement dont la formation remonte à la fin du siècle dernier, M. Froment-Meurice suivit jeune des leçons de dessin et de sculpture ; il étudia les grands maîtres du temps de Michel-Ange, de Giuberti, de Benvenulo Cellini, etc., et compléta ses travaux par un long apprentissage de ciselure.
- Il s’habitua ainsi de bonne heure à concevoir, et à exécuter. Wagner fut son modèle et son émule. Comme lui, il s’inspira des œuvres des XIVe, XVe et XVIe siècles, et comme lui, il puisa ses idées dans les riches èt précieuses collections du musée Charles X, de la bibliothèque royale, de M. du Sommerard, de M. de Bruges, etc., sources fécondes , où le talent original et personnel de l’artiste s’agrandit et se retrempe.
- Les styles Louis XIV et Louis XV qui se prêtent si merveilleusement aux coquetteries et aux légères gracieusetés des bijoux, fixèrent particu-
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- fièrement les soins et l’attention de M. Froment-Meurice , dans la fabrication de la haute bijouterie, pour laquelle il s’est particulièrement signalé.
- En i83g, une médaille d’argent récompensa en lui le bon dessinateur et le fabricant habile (voir le rapport du jury central de 1839) ; mais depuis cette exposition, M. Froment-Meurice a marché de progrès en progrès, et secondé par nos premiers sculpteurs, ciseleurs et architectes, tout en continuant à faire lui-même une partie de ses dessins et de ses modèles, il a poursuivi et atteint le double but: i° de rappeler, dans des œuvres importantes et capitales, le talent et la manière des anciens maîtres; et 20 de mettre du style dans les bijouteries usuelles de toute valeur, de manière à rendre l’art et ses beautés à la portée de tous, en les popularisant, suivant les moyens de chacun.
- Dans l’exposition si variée , si belle et si riche de M. Froment-Meurice, nous citerons particulièrement en les classant, suivant le style des temps.
- i° Dans le style gothique allemand, la coupe des vendanges. La monture de cette coupe est formée par un cep de vigne, dont les feuilles sont en or émaillé et d’où pendent des raisins en perles fines. Dans les branches de cette vigne se groupent différentes figures ciselées, avec la plus grande perfection, par M. Week notre premier ciseleur, sur les dessins dé M. Froment-Meurice, auquel appartient entièrement la composition de cette admirable pièce.
- 20 Dans le style du XVe siècle, un riche coffret en fer damasquiné en or, reconstruit sur les frag-
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- ments mutilés d’un .coffret semblable dont l’origine remonte à l’époque de Charles le Téméraire.
- 3° Dans le style de la renaissance, des patères, des coupes, des tasses en agate aveo figurines et ornements en niellés; composition, sculpture, ciselure de M. Froment-Meurice.
- 4° Dans le style Louis XJY, deux parures complètes en diamants et briolettes, bouquet de lys d’après les dessins de Cardillac. ^
- Et, 5° dans le style Louis XV, plusieurs pièces de haute bijouterie, telles que flacons, vases, fibulines, bonbonnières, et notamment des tabatières en or et de charmants cadres pour les peintures de Meissonnier.
- Ces diverses pièces, qui ont été exécutées les unes pour S. A. R. madame la duchesse d’Orléans, les autres pour la ville de Paris et pour plusieursgrands personnages, protecteurs éclairés de l’art et de la ciselure, forment ensemble, comme on le voit, l’histoire de l’orfèvrerie et de la joaillerie à leurs plus belles époques et dans leurs plus heureux styles.
- Parmi les ciselures, joyaux et bijoux que M. Froment-Meurice , malgré la beauté et le fini de leur travail, est parvenu à mettre, suivantleurs moyens, à la portée de tous, nous mentionnerons :
- i° Sa belle collection de bracelets, de broches et de châtelaines de styles et de temps divers, parmi lesquels on distinguait le bracelet renaissance avec figurines et tresses à jour, le bracelet lis,Te bracelet Jeanne d’Arc, les broches François Ier et Médicis, les châtelaines gothiques et de Louis XV, etc., etc. ; •
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- 2° Sa collection de statuettes et figurines pour épingles, telles que la Esméralda, la Vérité, la Jeanne d’Àrc , lé saint Michel, etc., etc.
- 3° En bagnes : les Nayades de Pradier, l’Ange-Gardien, la Tortue, la bague de la colonie de Mettray, etc., etc.
- 4° En pommes de cannes et de cravaches : les Singes, le Don Quichotte, le Casque moyen âge, la Chevauchée, etc., etc.
- Quelques-uns de ces motifs sont dus au talent de nos sculpteurs et ciseleurs les plus renommés , tels que Jean Feu chères, Cavelier, etc., mais la majeure partie est due au talent de M. Froment-Meurice.
- En présence de tant de travaux, de succès justement mérités, de la haute importance d’une maison qui occupe constamment plus de quatre-vingts ouvriers, en présence enfin des progrès que M. Froment-Meurice a fait faire, depuis la dernière exposition, à l’orfèvrerie et à la haute bijouterie, le jury central reconnaît que cet habile argentier de la ville de Paris, s’est placé au premier rang dans son art, et lui décerne en conséquence la médaille d’or pour l’ensemble des deux industries de la bijouterie et de l’orfèvrerie, dans lesquelles il s’est également distingué.
- MM. MOREL et Cie, à Paris, rue Neuve-Saint-Augustin, 39.
- M. Morel, ainsi qu’il le dit dans la notice qu’il vient de publier * n’a formé son établissement qu’il
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- y a deux ans seulement; mais déjà cet établisseaient est un de nos premiers et de nos plus importants pour la haute bijouterie, la joaillerie et l’orfèvrerie.
- M. Morel emploie plus de soixante ouvriers dans ses ateliers intérieurs pour ses commandes seulement, et un bien plus grand nombre au dehors.
- Pour répondre à la question commerciale, en s’occupant de formes nouvelles, variées de style, suivant le goût des demandeurs, il a cherché, par la grâce, l’élégance et les contours combinés des formes, à faire valoir les reflets du métal, plutôt que de trop emprunter au sculpteur et au ciseleur, l’orfèvrerie du commerce ne devant pas, dit-il, être coulée comme le bronze, mais rétreinte au marteau et la ciselure en partie repoussée.
- En partant de ce principe, M. Morel s’est attaché à prouver que, nullement inférieure à l’orfèvrerie anglaise, l’orfèvrerie entre ses mains pourrait aussi bien traiter les plus grandes et les plus belles pièces, en combinant les formes et les montures les plus difficiles, et, ce qu’il est essentiel de remarquer, c’est que, pour prouver qu’il est réellement parvenu à faire de l’orfèvrerie au moins égale, si même elle n’est supérieure à celle des premiers orfèvres anglais, M. Morel n’a pas fait de ces pièces extraordinaires d’exposition, qui ne sont véritablement que des tours de force dispendieux et souvent ruineux pour ceux qui les entreprennent, mais s’est borné à exposer les produits ordinaires et quotidiens de sa fabrique, et tous autant de chefs-d’œuvre de richesse et de bon goût qui lui avaient été demandés avant l’exposition.
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- Chef d’atelier de M. Fossier, M. Morel avait marqué ses débuts par la poignée de l’épée de S. A. R. Mgr., le comte de Paris, exécutée en acier de forge, taillée sur pièce et sur laquelle il a.rapporté des figures en ronde bosse repoussées, au lieu d’être coulées,, travail qu’on ne pratiquait plus depuis le seizième siècle, et qu’il a reproduit dans cette pièce.
- Parmi les belles pièces d’orfèvrerie qu’il a exécutées, on citera toujours celle du cabinet de M. le baron de Cambacérès , celles de M. le duc de.Luy-nes, de M. le comte de Demidolf, etc. Dans la joaillerie, M. Morel a également pris place dans les premiers rangs par ses belles et riches montur,es des pierres fines, des agates, des jaspes, du cristal de roche, du lazuli, du labrador. Ainsi sa magnifique coupe de lapis-lazuli, due à M. Théret, notre premier artiste en lithoglyptique, a excité l’admiration générale par l’élégance et la richesse de sa monture.
- Enfin, M. Morel est cité au chapitre des mosaïques en pierres fines pour la beauté, le fini, et la supériorité de celles qu’il exécute.
- D’après ces motifs, et en le félicitant sur les progrès d’un établissement qui ne date que depuis deux ans et qui déjà s’est placé dans les, premiers rangs par ses brillants succès'dans les divers genres qu’il a embrassés, le jury central décerne à M. Morel une médaille.d’or d’ensemble.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
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- M. DAFRIQUE, à Paris, rue Saint-Martin, 103.
- L’un de nos premiers et de nos plus habiles bijoutiers, M. Dafrique, dessinateur distingué, a fait son apprentissage chez MM. Papegay-Lorrain, Vandrimer et Couilli, auxquels il a rendu d’importants services par les inventions qu’il leur a proposées, qu’ils ont adoptées et qui sont bientôt devenues les modèles de ces chaînes si riches qui ont remplacé les chaînes jaserons, les.seules que la bijouterie exécutait avant lui.
- Après avoir terminé son apprentissage chez ces différents maîtres, M. Dafrique, avec et d’après les conseils deM. Gay-Lussac, s’est livré au travail de l’émaillure, partie essentielle de l’ornement.
- Praticien consommé, M. Dafrique s’est établi, encore jeune, en maître habile et éclairé * avec, des modèles à lui, par lui dessinés, qui ont été promptement suivis et adoptés par ses confrères, ainsi que l’ont' souvent constaté MM. Gay-Lussac, Busche et Marchand, chefs du contrôle; reconnaissant dans les bijoux qu’on leur apportait lès dessins et modèles de M. Dafrique, auquel ils s’empressèrent de rendre la justice qui lui,était,due.
- - M. Dafrique occupe aujourd’hui dans ses ateliers soixante-dix,ouvriers;iibemploie de 2 à 3oo,ooo fr. d’or et d’argent,, et fabrique de zfSo 5oo,ooo fr. de bijoux, dont environ 3oo,ooo pour l’exportation.
- Sobre d’ornementation de pierreries, qu’il fait ce-
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- pendant suivant les demandes, M. Dafrique s’est particulièrement attaché à la bijouterie d’or, aux chaînes de toute espèce, aux bracelets, aux colliers, etc., etc.
- C’est à lui que sont dues ces deux branches nouvelles de bijouterie, désignées, la première sous le nom de passementerie d’or, qui ne s’était jamais faite avant lui, et qu’il exécute avec une admirable perfection en l’enrichissant d’émaux qui complètent l’illusion des broderies de la passementerie de soie; la seconde, sous le nom de dentelle d!or, de dessins unis ou variés et à festons, aussi simples que la dentelle de fil, et dont il a exposé comme échantillon, au milieu de tous ses riches bijoux, une magnifique Berthe, qui a fait l’admiration générale.
- M. Dafrique avait obtenu, en 183g, la médaille debronze; lejurylui décerne une médaille d’argent.
- MM. PAUL et frères, à Paris, boulevard Bonne-Nouvelle ,10.
- MM. Paul et frères, joailliers-bijoutiers, excellent particulièrement dans l’art de monter les pierres précieuses. Leurs bijoux sont dessinés avec goût et exécutés avec une rare perfection. Ils occupent plus de quatre-vingts ouvriers, ils emploient de 4oo à 45o,ooo francs d’or et de pierres précieuses pour fabriquer près de 1,200,000 francs de bijoux, dont plus d’un tiers pour l’exportation.
- Le magnifique corsage de brillants et le coffre en or ciselé qu’ils ont exposés prouvent que MM. Paul tiennent un des premiers rangs parmi nos plus ha-
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- biles bijoutiers. Le jury leur décerne une médaille d'argent.
- M. PARIS, à Paris , rue du Temple, AO.
- M. Pâris se distingue parmi nos joailliers-bijoutiers, autant par la variété que par la nouveauté et la beauté des produits de ses ateliers. Il se livre à la bijouterie d’or enrichie de brillants et de pierres fines, qu’il monte avec une rare perfection. Il a exposé un riche assortiment de parures, bracelets, colliers, chaînes, corsages, etc., parmi lesquels on remarquait un très-beau bracelet gothique du treizième siècle, avec émaillure en pierres fines. Ce bracelet à secret pouvait à volonté se tourner sur lui-même pour recevoir un portrait et des cheveux. M. Pâris emploie annuellement de iooà i3o,ooofr. d’or et pierres fines, et fabrique de i5oà 180,000 fr. de bijoux, dont moitié pour l’exportation.
- Le jury décerne â M. Pâris une médaille d’argent.
- MM. PAYEN jeune et Cie, à Paris, rue Molay, 10.
- M. Payen jeune est établi depuis cinq ans seulement, mais sa belle bijouterie lui a fait une réputation en France et à l’étranger, qui l’a.promptement classé dans les premiers rangs. Il emploie annuellement quatre cents kilogrammes d’or, et fait plus de 200,000 fr. de produits, dont la majeure partie pour la Havane, le Mexique, le Chili, la république Argentine, l’Uraguay, nos colonies, le Sénégal, Cayenne, etc., en s’attachant à faire le genre qui convient particulièrement à chaque pays, ainsi
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- qu’on a pu en juger par les diverses parures qu’il a exposées.
- Le jury décerne à M. Payen jeune une médaille d’argent.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. BERNAUDA, à Paris, quai des Orfèvres, 32.
- M. Bernauda continue à faire avec succès la bijouterie de platine et le damasquinage de l’or [sur platine.
- Depuis la dernière exposition, il a fait des|appa-reils de platine pour les essais de chimie et de doci-masie.
- Il a suivi le mouvement pour la joaillerie et la bijouterie : il a fait des progrès; ses chaînes, ses boîtes, ses cassolettes présentent des perfectionnements importants.
- Le jury décerne à M. Bernauda , le seul bijoutier qui fait la joaillerie de platine, et qui la fait avec une perfection remarquable; un rappel de médaille
- de bronze.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M, BOCQUET, à Paris, rue Notre-Dame-des-Yictoires, 24.
- Après avoir successivement travaillé pour MM. Bapst, ffossin, Janisset, Mellerio-Meller, Gloria-Marlet, Paul et frères, etc., M. Bocquet s’est
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- établi, et dès ses débats s’est fait connaître pour la belle qualité, le bon goût et le précieux fini de sa joaillerie d’or, de pierres fines , de brillants, de perles et d’émail.
- Parmi les objets exposés par M. Bocquet on a distingué :
- i° Un riche corsage d’or à feuillage émaillé enrichi d’opales et de perles;
- 2° Un bracelet catalan avec brillants et émail ;
- 3° Des bracelets en damas, or et pierreries;
- 4° Une belle broche avec figurine de guerrier qui terrasse un dragon, en acier damasquiné en or.
- Le jury, en félicitant M. Bocquet sur la pureté d’exécution de ses bijoux, dont les formes sont dessinées par lui, lui décerne une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. CHARLOT, à Paris, rue Montmorency, 1.
- M. Chariot, bijoutier-émailleur, a exposé un grand nombre de pièces émaillées sur or fin et argent d’une grande beauté, et parmi lesquelles on remarquait :
- i° Plusieurs belles peintures émaillées, une vierge, saint Jean , Eslber et Assuérus, etc.;
- 2° Deux encriers très-riches;
- 3° Des lampes et des flambeaux;
- 4° Un service, des couteaux, des flacons.
- La fabrication de M. Chariot, qui est d’une m. 12
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- haute supériorité, s’élève annuellement à plus de 80,000 fr.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- [CITATION FAVORABLE.
- M. LOIRE, à Paris, rue Saint-Martin, 258.
- M. Loire a remplacé Pémaillure de la bijouterie par un vernis qui imite parfaitement l’émail, qui a l’avantage d’avoir une sorte d’élasticité et de flexibilité, et qui 11’a pas l’inconvénient de s’écailler.
- Le vernis employé par M. Loire peut être bon; mais il faut attendre que l’expérience ait prononcé. Le jury croit devoir se borner à le citer favorablement.
- II. jBijouterie dorée.
- Considérations générales.
- La bijouterie dorée ne s’est pas moins signalée par ses progrès que la bijouterie fine et diamantaire. Elle l’a suivie de près dans la nouvelle voie que celle-ci a adoptée. Comme elle, elle s’est attachée à perfectionner ses moyens, elle a fait d’heureuses applications des nouveaux procédés chimiques et mécaniques. Elle a apporté dans ses travaux tout le charme, tout le fini de la ci-
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- selure de la haute bijouterie. Les produits en tout genre qu’elle a exposées prouvent qu’elle n’a rien négligé pour soutenir dignement la réputation de supériorité dont elle jouit partout, à raison de sa belle exécution.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. MOUREY, à Paris, rue du Temple, 63.
- L’un de nos plus habiles fabricants en bijouterie dorée à l’imitation de la haute bijouterie, M. Mourey, a apporté dans sa fabrication plusieurs perfectionnements et procédés importants, ainsi : i° la ciselure du genre repoussé, que personne n’avait encore employée, et au moyen duquel il obtient dans la bijouterie dorée une beauté et une finesse d’exécution telle, que ses produits ont été pris pour de la bijouterie d’or du plus parfait travail, et ont fait considérer M. Mourey comme le premier fabricant de bijouterie dorée.
- 2° Le petit bronze, style de renaissance et de Louis XV, en feuillages de bronze doré et fleurs de porcelaine, qu’il a porté au plus haut degré de perfection , genre qu’il a indiqué et qui a promptement été exploité par plusieurs de ses confrères, sur lesquels il conserve également la supériorité, à raison de ses procédés et moyens d’exécution.
- 3° Son argenture électro-chimique, et le moyen de l’empêcher de jaunir et de noircir au contact de l’air, comme l’argent et l’argenterie, moyen qu’il a
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- soumis au jugement de l’Académie des sciences, et pour lequel elle lui a accordé son approbation , sur le rapport fait par M. Becquerel au nom d’une commission spéciale ; et pour lequel la société d’encouragement , sur le rapport de M. D’Arcet, lui a décerné une médaille de platine.
- Le jury, considérant que M. Mourey, tout en exploitant avec la même perfection ses trois branches d’industrie, n’en a fait aucune réserve et qu’il les a livrées aux fabricants de bijouterie dorée, et que tous les produits qu’il a exposés, en bijouterie genre renaissance et Louis XV, ses petits bronzes et ses coupes argentées, sont du plus beau travail et d’une parfaite exécution , décerne k M. Mourey une médaille d’argent d’ensemble, en regrettant de ne pouvoir lui en donner une pour chaque branche de son industrie.
- M. CHARLES, à Paris, rue Montmorency, 25.
- Au jugement unanime de tous ses confrères, M. Charles est le premier de tous, pour les moyens comme pour les innovations et la belle , la parfaite exécution. En s’attachant à faire aussi bien que la bijouterie fine, il est parvenu, sur plus d’un point, à la surpasser : son bracelet lézard en est une preuve irrécusable. Il a été reproduit et répété en or par tous les bijoutiers, mais aucun n’a pu l’exécuter avec la perfection de celui de M. Charles. Créateur de ses modèles, il n’est pas obligé d’avoir recours aux estampeurs : il fait tout, il exécute tout lui-même. Sa dorure est parfaite et nullement sujette à changer au contact de l’air. Ses émaux ont le
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- même degré de supériorité et sont incomparablement mieux que tous les autres pour leur belle qualité et la vivacité de leurs feux.
- En le félicitant sur la justice que lui rendent ses confrères, en le mettant au premier rang de la bijouterie dorée, le jury décerne à M. Charles une médaille d’argent.
- M. LELONG, à Paris, rue du Temple , 49.
- M. Lelong, fabricant de bijoux dorés , s’est particulièrement livré à la confection des chaînes, et i est parvenu, par des procédés de son invention, à faire la chaîne mieux qu’aucun bijoutier. Tous reconnaissent, à cet égard, la supériorité de M. Lelong. Avec ses balanciers, avec ses laminoirs, ses découpoirs de toutes dimensions et sa belle dorure, M. Lelong a résolu le problème de la parfaite imitation de la bijouterie fine à bon marché, au point de livrer au commerce
- sa chaîne dorée n° i à. . . . 12 fr. la douzaine, la chaîne id. n° 2 à. . . . 36 fr. la douzaine, et les chaînes non marquées , de 14 à 28 fr. la pièce, en première qualité.
- M. Lelong a fait les mêmes progrès dans la fabrication des bijoux dorés et des bijoux émaillés, qui ont obtenu le plus grand succès.
- Le jury décerne à M. Lelong une médaille d’argent.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. GAUSSANT, à Paris, rue du Temple, 57.
- La fabrique de chaînes dorées de M. Gaussant est une des plus importantes. Par des moyens mécaniques de son invention, il découpe de i5o à ^00,000 mailles de chaîne par jour. Ses chaînes sont très-belles et très-solides. Ses procédés d’em— maillage , reconnus supérieurs à ceux dont se servent ordinairement les bijoutiers, ont été adoptés par un grand nombre d’entre eux.
- L’assortiment de bijoux dorés exposé v par M. Gaussant était de la plus grande beauté et d’un prix très-modéré, puisqu’il livre au commerce, pour la province et l’étranger, des chaînes sur cinquante ou soixante modèles nouveaux , depuis 5o c. jusqu’à 6 fr. la pièce, avec escompte de dix pour cent.
- Le jury décerne à M. Gaussant une médaille de bronze.
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- M. BUREAU, à Paris, rue Chapon, 23.
- La bijouterie dorée de M. Bureau se distingue par la beauté de ses émaux et sa parfaite exécution. Sa dorure est très belle. 11 a exposé un bel assortiment de bijoux variés, à l’imitation de la haute bijouterie fine. Ses bracelets mécaniques, ses broches et ses chaînes prouvent une grande supériorité de moyens.
- Le jury décerne à M. Bureau une médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. MOJON, à Paris, boulevard Saint-Martin, 33.
- M. Mojon a établi une grande fabrique de bijouterie dorée, de grosse bijouterie et bouderie, dans laquelle il occupe plus de ioo ouvriers et de nombreuses mécaniques.
- L’assortiment de bijoux dorés qu’il a exposé annonçait une bonne fabrication et à un prix très-modéré.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. MORA, à Paris, rue Bourg-PAbbé, 9.
- M. Mora est un fabricant intelligent qui fait le petit bronze de la bijouterie dorée avec succès. Il se livre particulièrement à l’estampage et a fait faire des progrès à cette branche d’industrie.
- Les différents objets exposés par M. Mora étaient d’une très-bonne exécution.
- Le jury lui décerne une mention honorable.
- M. GUYON aîné, à Paris, rue Sainte-Apolline, A.
- M. Guyon aîné est un des fabricants de bijouterie dorée qui ont le mieux compris la fabrication du bijou d’imitation pour l’étranger, en lui donnant beaucoup d’apparence, beaucoup d’éclat, et le maintenant cependant à un prix très-modéré.
- Le jury décerne à M. Guyon aîné une mention honorable.
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- HT. Bijouterie dorée, d’ornementation, d’armures, Bronzes, Costumes, Objets de culte, Livres, Théâtres, etc.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. GRANGER, à Paris, rue de Bondy, 70.
- En 183g, M. Granger, tout occupé qu’il était de commissions importantes pour l’étranger, n’eut pas le temps de faire les démarches nécessaires pour appeler l’attention du jury sur sa fabrique. Le petit nombre des objets qu’il avait exposés ne donnait qu’une faible idée de ce qu’il avait entrepris et de tout ce qu’il faisait Un rapport fait à la société d’encouragement le 12 août 1840, a depuis démontré de quelle utilité est pour le pays le genre d’industrie qu’il a créé, industrie qui date de bientôt vingt années, et qu’il exploite aujourd’hui avec le plus grand succès.
- Cette industrie consiste dans la fabrication : i° I)e la bijouterie en doré pour l’exportation;
- 20 De la bijouterie en doré pour le théâtre;
- 3° Des bronzes de fantaisies, dits articles deParis-, 4° Des armures anciennes et chevaleresques en fer et acier damasquiné;
- 5° Et de tous les articles de ces différents genres que ne fait aucune autre maison de Paris.
- Loin dé chercher et de vouloir imposer nos modes et notre goût aux nations encore primitives, pour lesquelles il se trouvait à même de pouvoir travailler, M. Granger a pensé qu’en se procurant des modèles originaux, il serait mieux d’exécuter les bijoux, les objets de fantaisie et de culte de ces nations; assez heureux pour 11e s’être pas trompé dans
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- ses prévisions, depuis cinq ans que ses produits ont été expédiés pour la première fois, il a vu s’accroître chaque année le chiffre de ses exportations, et cela à un tel point qu’il a fait l’an dernier, avec une seule maison, plus de 5o,ooo francs d’affaires.
- Pour la fabrication de la bijouterie de théâtre, sa maison est la seule qui existe : en consultant les meilleurs ouvrages, les plus anciennes gravures et les miniatures, il est parvenu, avec les conseils de nos premiers peintres, à acquérir les connaissances nécessaires dans une partie qui se rattache toute à l’histoire, et par suite à fournir tous les grands théâtres de France et de l’Europe, pour lesquels il exécute en fer toutes les armures des temps passés en remplacement des armures de carton des théâtres. Ainsi, par exemple, après de grands et laborieux essais, à l’occasion de l’opéra de la Juive, il a doté le théâtre d’un perfectionnement qui a l’avantage de compléter l’illusion, tout en offrant une grande économie aux directeurs; aussi l’usage en est-il devenu général : partout où il y a des théâtres, M. Oranger fournit de ses armures. Enfin l’étranger est tributaire de son industrie pour tout ce qui se rapporte à l’art théâtral ou scénique.
- S’étant occupé d’une industrie qui touche de si près au domaine des arts, il a été conduit tout naturellement à imiter ces chefs-d’œuvre si recherchés de nos jours, ces belles armures allemandes, espagnoles, italiennes et françaises, ou qui étaient perdues, ou qui faisaient considérer ces ouvrages comme des merveilles qu’on ne pouvait plus reproduire.
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- Le jury a particulièrement remarqué, entre autres objets sortis des ateliers de M. Granger :
- i°Des cuirasses-gilets à l’épreuve de la balle, pour mettre sous les vêtements et pouvant obéir à» tous les mouvements du corps; il en fait également à l’épreuve du poignard. Ces articles sont expédiés dans les colonies espagnoles, au Brésil et au cap de Bonn e-Espé ra n ce.
- 2° De magnifiques trophées d’armures des temps anciens, actuellement fort à la mode. Ces objets ne devant être aperçus que d’un point de vue déterminé, ses armes n’ont qu’une face, et c’est la tôle de fer employée avec intelligence, découpée, gravée , repoussée en bosse ou en creux, qui en forme l’élément principal.
- 3° Des fleurs et ornements métalliques en ronde-bosse, exécutés par des matrices et outils à découper; par ce moyen la monotonie d’une plaque estampée disparaît, et, grâce à la dorure électrochimique , toutes les parties les plus délicates et les plus creuses viennent d’une parfaite égalité de ton.
- La fabrication de M. Granger s’étend chaque jour davantage dans tous les genres. Les pompes funèbres ont remplacé les aiguillettes et épaulettes en passementerie, d’un entretien si coûteux, par les mêmes objets exécutés en métal argenté, sur modèle qu’il a proposé et exécuté avec le plus grand succès. L’ornementation entière des églises a pareillement fait, par les soins de ce fabricant, de très-grands progrès.
- En s’inspirant du genre byzantin, il fait un genre en bronze et émail avec ou sans pierreries et perles,
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- suivant les demandes, les coutumes et les pays, et pour pouvoir livrer ces bronzes à des prix modérés, il prépare ses plaques à émail avec des matrices, cylindres et outils de précision , qui le dispensent de tous les frais de gravures.
- Le jury, considérant qu’élève de l’école royale des arts de Châlons, où il a puisé des notions de mathématiques, de mécanique et de dessin dans tous les genres, et où il a appris le travail des métaux et du bois, M. Granger est parvenu à créer une industrie toute nouvelle, qu’il est en mesure d’entreprendre toute espèce de travaux, qu’il a commencé son établissement avec ses économies et sans appui, enfin qu’il doit sa position à son activité et à son intelligence, lui décerne une médaille d’argent.
- M. HOUDAILLE, à Paris, rue Saint-Martin, 17t.
- M. Houdaille est peut-être le fabricant duquel la bijouterie dorée a reçu la plus grande impulsion par tous les développements qu’il a donnés à sa fabrication, et qui lui ont valu, en 1827, la seule mention honorable accordée, et en i83q la médaille de bronze.
- M. Houdaille a entrepris successivement la bijouterie de deuil et de jais, la belle bijouterie imitation d’or, et, depuis, la fabrication des fermoirs et onglets delivres à l’usage des relieurs, industrie qu’il a portée à un très-haut degré de perfection , en se basant sur ces trois conditions de succès : beau, solide et bon marché, conditions qu’il remplit avec une exactitude vraiment remarquable,
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- qui a fait le succès flatteur accordé à ses produits en France et à l’étranger.
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- Le jury décerne à M. Houdaille une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. MILLET, à Paris, rue Croix-des-Petits -Champs, 20.
- M. Millet, fabricant de décorations d’ordres de tous les pays, en considérant le haut prix des décorations qu’on ne pouvait exécuter qu’en or ou en argent, par la raison qu’on ne pouvait identifier l’émail avec le cuivre, s’est attaché à faire des essais et à vaincre la difficulté. Ses travaux ont été couronnés d’un succès complet, et il est parvenu à intervertir l’état des choses, au point que si nous ne pouvions soutenir la concurrence pour cette branche d’industrie avec l’Allemagne, dont nous étions tributaires, c’est aujourd’hui nous qui la lui fournissons à 80 et 90 % au-dessous des prix allemands, au moyen des procédés de M. Millet, dont les décorations ont le plus grand succès en Russie, en Prusse, en Espagne, etc.
- Le jury décerne à M. Millet une médaille de bronze.
- M. SAYÀRD, à Paris, rue Montmorency, 1.
- M. Savard a établi une grande fabrication de hausse-cols et de cuivre doré pour les uniformes militaires. Par ses procédés mécaniques il exécute
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- bien, rapidement et à des prix très-modérés. Ses ateliers occupent soixante-dix ouvriers. Il emploie 2,5oo kiiogr. d’or, d’argent et de chrysocal. Sa fabrication est de 5oo,ooo francs environ par an. Ses produits sont très-beaux et très-recherchés.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES:
- M. ROSSELET, à Paris, rue du faubourg Saint-Honoré, 26.
- M. Rosselet a des procédés de dorure d’une grande beauté pour la bijouterie d’imitation, comme pour les bronzes d’ornement, d’ameublement et d’églises. Sa fabrication est très-belle et mérite d’être mentionnée honorablement.
- M. IIUSSON, à Paris, rue des Fontaines-du-Tem-
- ple, 18.
- M. Husson, fabricant de perles dorées, argentées, bronzées et d’aciers, a d’abord établi sa fabrication dans la maison centrale de détention de Melun, mais il l’a récemment établie rue de Ménilinon-tant, 86.
- Les perles de M. Husson sont d’une très-grande beauté. Il-les vend avec la garantie de la quantité d’or employée par kilogramme de cuivre, quantité constatée conforme à son tarif.
- Le jury décerne une mention honorable à M. Husson.
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- CITATION FAVORABLE.
- M. PEGHAIRE, à Paris,rue Molay, k.
- M. Pegliaire, fabricant de bijouterie dorée et d’imitation , et de bronze doré d’une bonne exécution et d’un prix modéré, a été distingué à l’exposition pour les nombreux assortiments des produits de sa fabrique, que le jury juge digne d’une citation favorable.
- IV. Bijouterie de strass adamantoïde.
- Considérations générales.
- La société d’encouragement, en 1819, ouvrit un concours par lequel elle promit un grand prix à celui qui lui présenterait le meilleur procédé pour faire un strass adamantoïde supérieur ou au moins égal au plus beau strass d’Allemagne, et qui imiterait le mieux les pierres colorées que les fabriques de ce pays nous fournissaient, aucune fabrique française n’ayant pu jusqu’alors rivaliser avec elles.
- Le prix fut décerné à M. Douault Wieland, et une grande médaille d’or de 500 fr. à M. Lançon, habile praticien qui faisait depuis longtemps un strass de belle qualité au moins égal, si même il n’était supérieur, à celui d’Allemagne.
- Depuis cette époque, notre fabrication de strass
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- a fait des progrès rapides. Elle est arrivée au plus haut degré de perfection. Nous n’avons plus rien à envier aux fabriques d’Allemagne. 11 est impossible de voir de plus belles pierres colorées et de plus beaux diamants de strass, que ceux que quelques-uns de nos fabricants ont présentés à l’exposition.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. L. A. BON, à Paris, rue Yaucanson, h.
- M. Bon, notre premier joaillier en imitation de brillants et de pierres précieuses, continue à se tenir en tête de tous les fabricants. Ses succès ont exigé qu’il étendît ses ateliers et qu’il leur donnât plus de développements. Indépendamment de sa fabrique de strass, il a trois maisons de détail en pleine activité, qui souvent suffisent à peine aux demandes de l’Angleterre, de l’Allemagne, delà Russie, des deux Amériques et des Grandes-Indes, ainsi qu’il est constaté par le bureau de garantie.
- Le jury, en félicitant M. Bon sur ses succès, qui le placent en tête de tous nos fabricants de l’industrie adamantoïde, lui accorde un rappel de médaille d’argent.
- M. MARION-BOURGUIGNON, à Paris, passage
- de l’Opéra, galerie de l’Horloge, 19.
- M. Marion -Bourguignon soutient la réputation
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- de sa fabrique de strass diamantaire. Ses parures sont de la plus grande beauté. Il se maintient au pair avec la joaillerie en brillants et pierres fines.
- Le jury juge qu’il a droit au.rappel.de la médaille d’argent, obtenue en i83g, et dont il se rend de plus en plus digne par ses travaux et ses brillants succès.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. BON et PIRLOT, à Paris, rue Vaucanson, /b
- La fabrique de strass adamantoïde de MM. Bon et Pirlot, est incontestablement supérieure à toutes les autres. Il est impossible devoir de plus belles matières que celles qui sont exposées par ces habiles fabricants. Leur succès est tel qu’ils fournis-nent des masses considérables à l’étranger. Ainsi ils viennent de recevoir une demande de 5oo kilogr. d’émeraudes, et ils seraient en mesure cl’en fournir de plus grandes quantités encore dans tous les genres, ainsi en saphirs, en rubis, en topazes, en grenats, etc., etc., dans la qualité des plus belles pierres fines orientales.
- Le jury décerne à MM. Bon et Pirlot une médaille d’argent.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. MARÉCHAL, à Paris, rue de la Tâcherie, 6. M. Maréchal est à la fois mécanicien et lapidaire,
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- fabricant de strass et d’imitations de pierres de couleur. Il est auteur de plusieurs machines très-ingénieuses pour tailler et polir les pierres, et d’un outillage qui donne une grande économie de temps.
- Les parures exposées par M. Maréchal sont très-belles et très-remarquables. Il n’est pas moins recommandable parles diverses machines que lui doit la joaillerie.
- Le jury lui accorde une nouvelle médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. BOURGUIGNON fils, à Paris, rue de la Paix, 106.
- Nouvellement établi, M. Bourguignon fils s’annonce pour soutenir la réputation de son père. Les bouquets, les parures, les bracelets, les couronnes qu’il a exposés en imitations de pierres fines, sont de la plus grande beauté et parfaitement montés.
- Le jury décerne àM. Bourguignon fils une mention honorable.
- M. MASSON , à Paris, galerie de Yalois, 7, Palais-Royal.
- M. Masson a exposé un bel assortiment de diffë*-rentes pièces de joaillerie en imitations de diamants et de pierres fines, montées avec un goût parfait, et qu’il serait difficile de distinguer des véritables parures de brillants et de pierres précieuses, ii. 13
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- Le jury juge M. Masson digne d’être mentionné honorablement.
- V. Fabrication des Perles fausses ou artificielles.
- Considérations générales.
- La fabrication des perles artificielles est une industrie déjà ancienne. D’après la haute valeur des perles orientales , on a dû en effet chercher, il y a déjà longtemps, les meilleurs moyens de les imiter.
- On peut juger par la quantité des perles qu’on voit dans certains tableaux et portraits des XIYe et XVe siècles, qu’il aurait été bien difficile que les personnages représentés dans ces tableaux eussent pu réunir autant et d’aussi belles perles, si l’art, n’était venu au secours des perlières naturelles d’Europe, d’Asie et de Judée, qui n’auraient jamais pu suffire à de telles exigences.
- On trouve dans quelques collections et cabinets d’objets et de curiosités du moyen âge, des bijoux et ornements de fausses perles faites en nacre orientale ; mais il y a si loin de ces imitations avec les véritables perles, que les imitateurs durent renoncer à l’emploi de la nacre et rechercher d’autres moyens et d’autres matières
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- pour faire des perles artificielles, et c’est aux travaux et aux, recherches des verriers et émail-leurs des XI Ye et XYe siècles, qu’est due l’industrie des imitateurs de perles, industrie aujourd’hui portée en France au même degré de supériorité que celle des strass adamantoïdes.
- Les premières perles artificielles, furent faites en verre blanc nacré, soufflé et rempli de gomme arabique ou de cire vierge , mais la légèreté , la fragilité, ou plutôt l’extrême friabilité et le défaut d'orient ou d’irisation nacrée , obligèrent les fabricants à faire des essais de diverses matières propres à donner à leurs perles les caractères et propriétés qui leur manquaient et qui étaient généralement réclamés par les bijoutiers.
- Aujourd’hui nos fabricants, par leur composition de verre et de matière, sont arrivés à faire des perles artificielles tellement parfaites, que mélangées dans les parures du plus grand prix avec des perles vraies, il est très-difficile et souvent impossible à l’œil le plus exercé de les distinguer, surtout depuis que F un. de. nos fabricants, sans cependant nuire à leur demi-transparence , a trouvé le moyen de donner à ses perles la pesanteur qui leur manquait;
- Les perles de Paris sont aujourd’hui si belles et si parfaites, elles présentent la translucidité opaline,et l’irisation orientale de véritables perles
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- à un tel degré, que les fabriques de Rome et de Venise ont renoncé à soutenir leur ancienne concurrence , et que nos perles sont préférées partout , en Russie, en Angleterre, en Espagne, en Amérique, enfin aux Indes, qui nous renvoient des perles naturelles en échange des parures de nos perles de Paris.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. CONSTANT-VALÈS et LELONG, à Paris,
- rue Saint-Martin, 161.
- C’est à M. Constant-Valès, à ses travaux, à sa persévérance, qu’est particulièrement due la répu^ tation des perles françaises, qui ont obtenu et qui obtiennent tant de succès en Russie, en Allemagne, en Angleterre , en Italie , où elles ont fait tomber les perles de Rome; enfin, jusqu’en Amérique et dans les Indes, où les parures de perles de M. Gon-stant-Valès sont très-reclierchées.
- Habiles fabricants, après avoir apporté de notables améliorations dans la composition de la matière première et dans celle de remplissage, à laquelle ils devaient conserver sa translucidité en lui donnant la pesanteur qui jusqu’alors manquait aux fausses perles, MM. Constant-Valès et Lelong ont cherché la substance la plus convenable pour leur donner la dureté qui leur manquait également, et, après bien des essais, ils sont en elfet parvenus à remplir les trois conditions essentielles de [pesanteur,
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- de demi-transparence ou translucidité et de dureté.
- A l’aide du moyen mécanique de leur invention , qu’ils ont fait connaître au rapporteur de la commission, MM. Constant-Valès et Lelong remplissent promptement les perles, de leur composition.
- Enfin, et d’après les conseils de MM. Dumas et Brongniart, ils sont parvenus à trouver le moyen de leur donner l’irisation, quatrième et dernier élément de leurs perles, et en ont assuré le succès par le caractère de perles orientales que leur donne ce moyen.
- Le jury, en félicitant MM. Constant-Valès et Lelong sur leurs succès, leur décerne une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. TRUCHY, à Paris, rue du Petit-Lion-Saint-Sauveur, 18.
- M. Truchy a beaucoup travaillé pour arriver à la qualité de verre la plus convenable, à la préparation de l’ablette et de celle de remplissage des perles artificielles, qu’il fait par un moyen mécanique de son invention.
- M. Truchy, par ses procédés, imite très-bien les perles d’Orient, celles de Panama et celles d’Ecosse avec la teinte, la demi-transparence et l’aspect opalin et nacré de chacune d’elles.
- Le jury, en considérant les travaux et les recherches dejM. Truchy pour arriver aux perfectionnements qu’il a faits aux moyens de fabrication des
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- perles artificielles, lui décerne une médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- Mme GRÉER , à Paris, rue Saint-Martin, 193.
- Les perles exposées par madame Gréer réunissent à un très-haut degré les caractères extérieurs, l’aspect, l’éclat, la transparence opaline des véritables perles.
- Le jury décerne à madame Gréer une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. HALLBERG , à Paris, rue Neuve-Bourg-l’Abbé, 8.
- M. Hallberg a exposé un bel assortiment de perles, d’un ton opalin nacré oriental très-remarquable , pour la vérité de l’éclat de la perle.
- Le jury juge que M. Hall berg mérite une mention honorable.
- VL Bijouterie d’acier.
- Considérations générales.
- L’origine de la fabrication des aciers polis appartient à P Angleterre. Primitivement, les perles d’acier se faisaient à la main une à une. Il en
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- était de même pour leurs facettes, aussi ces perles étaient-elles, d’un prix très-élevé et d’une très-petite consommation.
- Cette fabrication fut introduite à Paris il y a déjà un certain nombre d’années. Elle fit d’abord peu de progrès. Elle dut les développements qu’elle a reçus à M. Frichot, qui présenta aux expositions de ’f1827 et 1834, des assortiments d’ameublement et de bijouterie d’acier poli de la plus grande beauté.
- M. Husson a établi dans la maison centrale de détention de Melun la fabrication des perles d’acier. Elle s’y fait avec le plus grand succès, et, malgré la concurrence, cette industrie a reçu à Paris de nouveaux développements par les soins, les travaux et la persévérance de MM. Yautier et Yoizot.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. YAUTIER, à Paris, rue du Temple, 57.
- M. Yautier a donné de nouveaux développements à sa fabrique d’acier poli. Il a établi une machine à vapeur de la force de six chevaux, qui met en mouvement les découpoirs, les balanciers, les tours à'polir et tout le mécanisme.
- .Ses aciers,polis, sa bijouterie, ses perles, et généralement tous ses produits, sont d’une très-
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- grande beauté, et peuvent soutenir la concurrence avec les aciers anglais.
- Le jury juge que M. Vautier est de plus en plus digne de la médaille de bronze qui lui a été décernée en i83q.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. VOIZOT, à Paris, rue Bourg-1’Abbé, U.
- M. Voizot a établi à Paris une fabrique de perles d’acier à l’instar de celles d’Angleterre. Le mouvement est communiqué dans les ateliers par une machine à vapeur de la force de deux chevaux, k l’aide de laquelle M. Voizot dit qu’il fournit aujourd’hui les perles et bijoux d’acier à l’Angleterre. Sa fabrication est de 20,000 relasses de perles d’acier et d’autant de perles dorées par mois, les meules de la taille des facettes faisant 2,600 à 2,700 tours par minute.
- Le jury décerne à M. Voizot une médaille de bronze.
- VIL Bijouterie de deuil.
- Considérations générales.
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- Anciennement faite avec le jais ou jaïet, auquel on a renoncé à cause de son peu de dureté et de sa friabilité, la bijouterie de deuil se fait aujourd’hui en verre noir, en émail noir, en fonte, en acier,/ fil de fer, etc. On compte dans Paris plus
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- de quarante fabriques qui font cette bijouterie et qui occupent ensemble plus de, quatre cents ouvriers intérieurement et au moins autant en dehors des ateliers. Ces fabriques, qui font bien et très-bien les différentes parties de la bijouterie de deuil, nous ont affranchis de celle de Berlin, et travaillent au contraire aujourd’hui pour l’exportation, les produits de plusieurs de nos fabriques étant très-recherchés en pays étrangers.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. RICHARD, à Paris, rue Saint-Martin, 139.
- Doyen des fabricants de la bijouterie de deuil, M. Richard est celui qui la fait et l’exécute le mieux. Il a formé un grand nombre d’élèves qui se sont successivement établis.
- M. Richard fait toutes les parties de cette industrie, ainsi : les cristaux , les pierres, les perles noires, les agates de deuil, les bouquets, les broches, les pendants d’oreille , les peignes, les boucles, etc., enfin, et généralement, toute la passementerie de deuil. Tous ces bijoux sont parfaitement exécutés, de bon goût et d’un prix modéré. *
- Le jury décerne à M. Richard une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. YIENNOT, à Paris, rue Neuve-Bourg-1’Abbé, 2. La fabrique M. Viennot est une des mieux orga-
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- nisées. Elle fait le bijou rde deuil en verre noir appliqué sur tôle par un mastic de sa composition. L’application se fait par la chaleur de i’esprit-de-vin. Ses bijoux, qui sont remarquables par l’élégance et le bon goût des dessins, ont obtenu un très-grand succès» et sont très-recherchés en France et à l’étranger à raison de la modicité de leurs prix. M. Viennot imite avec une grande perfection toutes les formes de la bijouterie. Il en a présenté à l’exposition un choix très-varié et d’une très-belle exécution.
- Le jury juge que la bijouterie de deuil de M. Viennot mérite la médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. POTEL, à Paris, rue Beaubourg, 50.
- M. Potel fabrique les différentes parties de la bijouterie de deuil avec un succès remarquable que le jury croit mériter une mention honorable.
- VIII. Bijouterie et mise en œuvre du corail.
- Considérations générales.
- L’industrie de la taille et de la mise en œuvre du corail est très-ancienne à Marseille. On ignore à qu’elle époque elle s’y est établie. Les actes de da compagnie-des concessions en Afrique , la font remonter au XVe siècle et l’évaluent à cinq
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- millions de francs par an. Déjà elle rivalisait avec les fabriques de Naples, qui jouissaient d’une haute réputation.
- La pêche du corail occupait autrefois plus de 1500 pêcheurs des ports de Marseille et Cassis. Llle est aujourd’hui abandonnée aux Italiens, qui portent le produit de leur pêche à Marseille.
- Cette industrie, qui était entièrement tombée pendant la révolution de 1793, s’est relevée sous le gouvernement impérial. Elle est aujourd’hui , exploitée avec succès par trois maisons, qui, suivant les relevés des douanes de 1843, ont reçu 6,654 kilogrammes de coraux bruts, réduits en coraux ouvrés à.................. 2,352 kil.
- Dont pour le commerce intérieur
- environ............................. 500
- Et pour l’exportation environ. . 1,852
- Les 2,352 kilogrammes de corail ouvré peuvent
- être évalués à................ . 1,470,000 fr.
- Dont pour l’intérieur. . . . 570,000
- « Et pour l’étranger. .... 900,000
- La bijouterie de corail se bornait autrefois à la façon des graines rondes et des olivettes, aujourd’hui les fabriques de Marseille font une foule d’objets de toute espèce, depuis le corail perlé et le corail à facettes, les camées, les sujets de ciselure les plus variés, etc.
- Les trois fabriques de Marseille emploient en-
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- viron 350 ouvriers, dont 225 à Marseille, 90 à Cassis et 35 à Aix.
- Le travail et la mise en œuvre du corail se font aujourd’hui à Marseille avec une telle perfection, que ces fabriques n’ont rien à redouter de la concurrence de celles de Naples, Sicile, Gênes et Livourne. Elles se bornent à demander que le gouvernement du roi fasse pour la pêche du corail , qui occupe près de 300 bateaux , montés d’environ 3,000 marins, ce qu’il fait pour la pêche de la baleine.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. BARBAROUX DE MÉGY, à Marseille (Bou-ches-du-Rhône).
- . n » *
- M. Barbaroux de Mégy, qui obtint à la dernière exposition une médaille d’argent pour la belle bijouterie de coraux qu’il avait exposée, encouragé par cette distinction, a donné de très-grands développements à son industrie. Il a augmenté ses ateliers et le nombre de ses ouvriers, qui est de 200 à s5o, et même de 3oo dans les moments de grande activité. Il emploie de 3 à 4>°oo kilogrammes de corail, de la valeur de i5o à 180,000 fr., pour fabriquer de 7 à 800,000 fr. de corail ouvré de toute espèce, dont 4^o à 5oo,ooo fr. pour l’exportation , et particulièrement pour le Sénégal, la Gambie, l’Amérique du Sud, les Indes occidentales , etc.
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- Les nouveaux procédés mécaniques que M. Barbaroux a subtitués aux anciens ont tellement simplifié le travail et réduit les façons, qu’il fait au commerce une faveur de io pour ioo, indépendamment de celle de 3o pour ioo qu’il avait déjà accordée en 183g. , u
- Dans le grand nombre d’objets exposés par M. Barbaroux de Mégy, on a particulièrement distingué : i° une belle pendule en argent mat, dont toutes les moulures, tous les bandeaux, les frises et la plinthe étaient en corail; 2° plusieurs rochers de corail, dont chaque branche présentait autant de statuettes et figurines d’un travail parfait et admirables de ciselure; 3° plusieurs sujets religieux des scènes de la Passion de Jésus-Christ et de l’Ancien et du Nouveau Testament; 4° un grand nombre de figures pour manches de cachets, de binocles, d’ombrelles , de couteaux ; 5° une collection très-variée de têtes et médaillons, d’après les plus beaux camées antiques; 6° plusieurs boîtes de corail d’un très-beau travail.
- M. Barbaroux de Mégy, pour faire voir la nature du corail et son origine, avait ajouté à sa collection : i° un beau rocher de corail brut avec son écorce, tel qu’il était sorti de la mer; 2° le même rocher plongé dans l’alcool, afin de faire voir les zoophi tes ou animalcules marins qui, saisis par l’esprit-de-vin, étaient restés à la surface du corail; et 3° un semblable rocher travaillé et richement ciselé.
- Enfin , et pour compléter son exposition du produit de ses ateliers de Marseille, d’Aix et de Cassis,
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- dirigé par l’habile contre-maître M. Ben toux, qu’il a signalé comme l’auteur d’une partie des nouveaux procédés mis en usage avec tant de succès dans ses ateliers, M. Barbaroux de Mégy avait joint les nouveaux produits de sa fabrique de camées de coquilles, qu’il a établie à l’instar de ceux des caméistes italiens, avec lesquels il soutient dignement la concurrence.
- Le jury, considérant tous les développements donnés par M. Barbaroux de Mégy k sa fabrique, et la nouvelle industrie qu’il y a introduite, lui accorde une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. J. B. BOEUF et M. GARAUDY, à Marseille ( Bouches-du-Rhône).
- L’établissement de MM. Bœuf et Garaudy , fondé en 1823 par M. Garaudy, occupe i85 ouvriers, savoir : 110 à Marseille, 5o à Cassis, et 25 à Aix, où sont la plupart des graveurs et sculpteurs. Il a reçu en i843, en corail brut, io5o kilogrammes, de la valeur de 135,000 fr., qui ont produit 800 kilogrammes de corail ouvré, savoir pour l’intérieur. ....... i5o kil.
- et pour l’extérieur...................65o
- Total égal. . . 800
- de la valeur de 5oo,ooo fr.
- Savoir pour l’intérieur. . . . 170,000 fr.
- Et pour l’extérieur............ 33o,ooo
- Total égal. . . 5oo,ooo
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- Les relations de MM. Bœuf et Garaudy embrassent toutes les parties du monde. Ils ont un^ dépôt central dè Paris, chez M. Arsène Gourdin (i), dont la valeur est de pi us de 100,000 fr. Ils en ont également à Bordeaux, à Lyon, au Havre,à Nantes, etc., et dans toutes les grandes villes des pays étrangers. La beauté des produits des ateliers de MM. Bœuf et Garaudy, le fini de leur ciselure et de la gravure de tous leurs sujets et leur prix modéré, assurent pour toujours à Marseille le privilège de fournir toute la belle bijouterie, et les objets-de luxe et de fantaisie de corail. Les fabriques d’Italie ne peuvent en effet lutter avec celles de Marseille pour le goût, le travail, etc. Le prix de Marseille n’a plus rien h redouter de la concurrence italienne, tant que les fabricants persisteront dans les efforts qu’ils ont faits pour obtenir la supériorité qui distingue leurs produits; mais il faut que le gouvernement, ainsi que le demandent les fabricants, ainsi que le vœu en a été émis par le conseil général des Bouches-du-Rhône, fasse pour la pêche du corail ce qu’il fait pour la pêche de la baleine. Nos corailleurs occupent plus de 3oo bateaux montés de plus de 3ooo marins ; quelques encouragements, une prime quelque peu importante qu’elle soit, disent nos corailleurs, pourraient doubler ce nombre et créer pour la guerre une.pépiiiière de marins habitués aux fatigues et aux dangers.
- Les principaux^ débouchés., des produits de MM. Bœuf et Garaudy sont la Russie, la Turquie,
- (1) Rue Bourg-PAbbé., 31..
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- le Maroc, Madagascar, la Gambie, le Sénégal, la Guinée, le Brésil, etc.
- MM. Bœuf et Garaudy, comme M. Barbaroux de Mégy, par suite de leurs nouveaux procédés, ont baissé les prix de io pour ioo sur ceux de 1839, tout en conservant leur supériorité sous le rapport de la beauté du travail.
- Au-dessus de la belle et nombreuse exposition de colliers, de médaillons, de bustes, de figurines, de manches, etc., etc., on distinguait une belle pendule, forme d’église gothique , composée de plus de trente mille pièces de corail^ avec de charmantes statuettes, figurines et ornements divers d’architecture. C’est à MM. Bœuf et Garaudy que sont dues les incrustations aussi remarquables par la délicatesse que par la grâce du dessin, qui ornent un des pianos exposés par MM. Boisselot et fils.
- Le jury accorde à MM. Bœuf et Garaudy une médaille d’argent.
- IX. Bijouterie et travail ou mise en œuvre des matières
- à faire les camées.
- Travail et mise en œuvre.des coquilles marines ou gravure
- de camées.
- Considérations générales.
- Les anciens, dont les chefs-d’œuvre en tous genres prouvent avec quelle perfection ils exer-
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- çaient et cultivaient la statuaire et la sculpture, nous ont laissé en agates, sardoines, onyx, jaspes , nicolos et autres pierres , précieuses, des témoignages irrécusables^ de la haute supériorité èl laquelle, dans les temps les plus reculés, était parvenue la lithoglyptique, l’art de graver les pierres dures en creux ou en,relief, pour en faire ces précieux camées, dans lesquels l’habileté des artistes savait profiter des accidents et des couleurs des pierres , pour produire ces délicieux et charmants effets, qui donnent une si haute valeur aux sujets, têtes, figures ou groupes représentés sur ces pierres, dont on voit de riches collections dans les musées de Rome , de Naples, de Paris , de Vienne, etc., etc.
- Le prix élevé des camées , la rareté des. agates onyx ou rubanées, leur dureté, la difficulté de répondre aux demandes des amateurs et des joailliers-bijoutiers, ont fait chercher, il y a déjà longtemps, les moyens d’imiter artificiellement les camées, et après bien des tentatives , on a-reconnu que la coquille marine le grand Casque des Indes orientales-, dont le test présente des couches blanches., roses, jaunes, brunes, etc., était la matière la plus favorable pour la confection des camées artificièls, cette belle substance étant par sa nature assez dure pour résister au frottement.
- ni.
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- Cette industrie a longtemps été exploitée avec succès à Rome, qui semblait même se l’être assurée et qui en fournissait les collections d’amateurs et tous les joailliers de France, d’Angleterre et d’Allemagne.
- D’après le succès des camées de Rome, quelques essais ont été tentés en France. Les plus remarquables furent ceux des concours ouverts par l’Académie des beaux-arts de l’Institut, et on se rappelle qu’à la suite de l’un de ces concours, l’Académie mit sous les yeux de Napoléon, un grand camée de sardoine onyx le représentant en costume impérial, et qu’il en fut si satisfait, qu’il ordonna que l’artiste fût dignement récompensé et mis en état de former une école de glyptique dans laquelle de jeunes sourds-muets apprendraient la gravure en creux et en relief sur pierres dures.
- Les guerres dans lesquelles Napoléon s’engagea , les désastres qui les suivirent, ne lui permirent malheureusement point de donner suite à ses bienveillantes et généreuses intentions. De son côté, l’Académie ayant cessé ses concours, les essais de nos artistes furent abandonnés, et les ateliers de Rome, de Florence, de Venise et de Naples, continuèrent seuls à prospérer et à répandre partout leurs camées. Dans ces dernières années cependant, à la demande de quel-
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- ques-uns de nos premiers joailliers et bijoutiers, plusieurs jeunes graveurs ont tenté de nouveaux essais, en prenant pour modèles les plus beaux camées antiques, et les succès de quelques-uns d’entre eux, ayant outrepassé leurs espérances, ils ont formé des ateliers de lithoglyptique ; ainsi, et grâce aux efforts de MM. Michellini, Weiss-Muller, Lalondre, Salmsonn, etc., etc., nous pouvons nous flafter de voir bientôt l’art de la gravure en pierres fines et pierres dures se relever parmi nous ; mais nous regrettons, à cet égai?4, que ces quatre maîtres, qui déjà jouissent d’une réputation justement méritée, ne se soient pas présentés à cette exposition, où iis auraient été distingués.
- Quant à la gravure des camées de coquilles,
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- elle est aujourd’hui exercée en France avec le plus grand succès, et nous dirons même avec autant de talent et de perfection qu’en Italie. Ainsi les camées de MM. Albita-Titus, Reynaud, Damant, Blanchet, de Grégory, Bentoux de Marseille, etc., etc,, soutiennent la comparaison avec ceux des plus habiles graveurs de Rome. Deux càméistes seulement se sont présentés àü’exposi-üon, M. Blanchet de Paris, et M. Bentoux de Mar-seille, directeur des ateliers de corail de M. Barbaroux de Mégy, sous le nom duquel il a exposé ses camées. * ! ‘ •• -r' •
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- nouvelle médaille d’argent.
- M. BARBAROUX DE MÉGY, à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- M. Barbaroux de Mégy, au milieu des ateliers de bijouterie de corail de sa fabrique, par les soins et sous Ja direction de M. Bentoux, habile graveur, a établi des ateliers de glyptique dans lesquels il fait faire les camées de coquilles avec le grand casque oriental , à l’instar et k l’imitation des camées d’Italie.
- La beauté des matières employées, le fini du travail, je bon choix des sujets antiques et modernes, enfin la modicité du prix, ont assuré le succès delà nouvelle entreprise de M. Barbaroux de Mégy. Les camées Bentoux sont placés dans les collections à côté de ceux de Rome, dont il est difficile de les disti nguer.
- M. Barbaroux de Mégy a obtenu une nouvelle médaille d’argent pour l’ensemble de ses deux industries.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
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- M. BLÀNCHET, à Paris, rue Chapon, 13.
- Dans les/camées de «coquilles ; qu’il a présentés à l’exposition, M. Blanchet s’est montré en maître, et en maître qui ne redoutait aucunement les premiers camëistés de l’Italie. En effet, ces camées ne le cèdent sous aucun rapport à ceux de Rome et de Naples. Ils-sont aussi beaux , même plus beaux et sensiblement moins chers. La modicité de leurs
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- prix tient à ce que M. Blanchet les ébauche jusqu’à un point très-avancé, à l’aide du tour à,portrait, ainsi que le prouvent les divers.casq;ues orientaux , sur lesquels-on a vu des camées non détachés^ auxquels il ne restait q>ue le.dernier fini àidonner.
- Si le succès de M. Blanchet,, qui ne peut :man-quer de s’accroître rapidement, à cause de la supériorité de ses camées, du beau choix*de ses objets, copies des ehefs-d’ceusvre anciens et modernes, et le prix peuf élevé de, ses plus belles et gracieuses compositions.,, font espérer que bientôt nous,.serons entièrement maîtres de cette industrie, et affranchis du tribut que si longtemps nous avons payé à l’étranger, nous pourrons aussi, nous flatter que cet habile artiste, d’aprèsdes essais auxquels il se livre, contribuera à relever chez nous la gravure en pierres fines, et que nous verrons là lithoglyptique nous présenter., à la prochaine.exposition des sujets et des compositions dignes de rivaliser avec les plus beaux camées antiques de nos collections.
- Bans le grand nombre de camées exposés par M. Blanchet, nous croyons ne pouvoir nous dispenser de citer:. * .
- i° La Vierge jardinière, de.Raphael, acheté par S. M. la Reine, du*plus admirable travail,,et digne à tous égards du tableau de ce grand maître;
- 2° L’Ange gardien des enfants (^Orléans,.choisi par S. A. R., madame la; princesse, royale’, duchesse d’Orléans; ,. . , ,
- 3,° Le combat de Romulus et de Tatius,, d’après David, Je, plus grand camée qu’on, puisse,exécuter sur coquille ;, ; *
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- 4° La Sainte Cécile , de Paul Delaroche;
- 5° La Sainte Cécile, de Leloir;
- 6° Le Saint Michel, de Raphaël ;
- 7° La Descente de Croix , de Rubens ;
- 8° Le roi Jean à la bataille de Poitiers:
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- 9° Edouard en Ecosse ;
- \ o° Le portrait de Rubens ; ii° Celui de Van-Dick, etc., etc.
- Le jury, considérant que M. Blancliet, dès son début, s’est à la fois montré artiste, maître et industriel , lui décerne une médaille d’argent.
- Travail et mise en œuvre des coquilles marines en vases,
- tasses, soucoupes.
- MENTION HONORABLE.
- MM. DEVIE père et fils, à la Rochelle ( Charente-Inférieure).
- MM. Devie ont formé à la Rochelle un établissement pour la mise en œuvre des coquilles de mer, dont ils font des vases , des tasses , des soucoupes et divers objets, artislement travaillés. Le succès qu’ils ont obtenu près des nombreux baigneurs qui fréquentent les bains de mer, les ont engagés à exploiter avec soin cette industrie, qui, si elle n’a pas un avenir de très-grande extension, n’en est cependant pas moins très-remarquable, parla manière dont MM. Devie sont parvenus à surmonter les difficultés que présentaient le travail et la mise en œuvre de ces coquilles, dans l’assemblage de leurs
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- différentes pièces montées en argent, pour en faire des services complets de déjeuner, de verres d’eau, avec leurs plateaux; et, sous ce rapport, le jury central accorde à MM. Devie père et fils une mention honorable.
- § 2. MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION. CRISTAUX ET
- VERRES.
- I. Plastique de pierres factices et Ciments divers.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. TEXIER, rue Sainte-Marie-Blanche. à Mont-^
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- martre (Seine).
- M. Texier a entrepris il y a plus de vingt-cinq ans la plastique en pierre factice ciment de porcelaine, dont il a fait un grand nombre de statues, qui depuis ce temps sont restées exposées à l’air sans avoir éprouvé aucune altération. Leur dureté égale celle du liais le plus dur. Dans le principe, M. Texier ne pouvait mouler ses statues qu’en plusieurs pièces qu’il assemblait, grave inconvénient qu’il est parvenu à surmonter. Aujourd’hui ses statues sont d’un seul bloc, comme on a pu s’en convaincre par la Vénus de Canova , son beau groupe de Céphale et Procris, le Gladiateur et le symbole de l’Innocence qu’il a exposés.
- D’après les progrès qu’a faits M. Texier, le jury lui accorde la médaille de bronze.
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- MENTION HONORABLE.
- M. SOLON, à Paris, rue. de Paradis-Poissonnière, h.
- M. Solon fait la plastique en ciment romain et carton pierre avec un très-grand succès, ainsi que le prouvent les diverses statues qu’il a exposées, et pour lesquelles le jury lui accorde une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. CARRIÈRE, à Saint-Martin-le-Vinoux (Isère).
- M. Carrière emploie la chaux hydraulique de la porte de France de Grenoble,, pour le moulage et la plastique. Les sphinx et médaillons qu’il a exposés prouvent que cette chaux convient éminemment pour le moulage des ornements.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- IL Plâtre aluné, Ciment anglais et ses applications. MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. SAVOYE, route Neuve-de~Paris, 3, àAlfort (Seine), et à Paris, rue d’Angoulême-Saint-Ho-noré, 11.
- La plastique, le stucage et l’archi tecture doivent à M.Savoyel’emploi du cime'nt anglais, plâtre aluné de MM. Greenwood et Savoye, sur lequel1 il a été' fait à la Société d’encouragement; le 3o juin r$4i, par
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- M. A. Chevallier, un rapport.dont les conclusions sont : que le plâtre: aluné: peut être mis en usage par le premier mâçon venu, qu’il fait des. enduits qui acquièrent une grande dureté, et qui résistent parfaitement à l’air, et aux alternatives de sécheresse et d’humidité, q;uon peut, l’employer avec succès pour faire des stucs d’une,grande beauté, plus durs.que les stucs faits avec le plâtre ordinaire, et qu’il convient parfaitement pour tous les moulages d’objets d’art.
- D’aprèsi l’emploi-qui en a été fait en grand dans plusieurs monuments avec un succès complet, et notamment au ministère de l’intérieur, succès attesté par divers architectes du gouvernement, le jury a pensé que. M. Savoye, qui a donné la recette de son plâtre anglais et des. moyens de l’employer^ mériterait une; médaille d’argent, si le temps, et l’expérience avaient prononcé,, et en attendant lui décerne la médaille de bronze.
- MM. BIDREMAN père et fils, à Lyon (Rhône), et à Charrecey, près Châlons (Saône-et-Loire).
- Le ciment-marbre de MM. Bidreman est une s plus belles applications qui aient été faites du plâtre aluné de M. Savoye, qu’ils-préparent eux-mêmes pour leurs opérations d’après ses procédés.
- MM. Bidreman disent que leur fabrication ne date que de 1-843, mais qu’ils ont déjà employé plus de 5o,ooo kilogrammes de plâtre aluné avec le plus grand succès, en autels,.chapelles, dallages, enduits, moulages, etc.
- M. le président de l’Académie d’architecture de
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- Lyon a certifié que les architectes qui ont suivi les opérations de MM. Bidreman en avaient hautement témoigné leur satisfaction dans un rapport soumis à l’approbation de l’Académie.
- MM. Bidreman ont employé le plâtre aluné pour faire des stucs et des marbres factices, qui ont obtenu un très-grand succès. L’architecte du palais de Justice de Lyon certifie qu’il n’a qu’à se louer de la bonne confection et du résultat satisfaisant du revêtement des colonnes de la salle des assises.
- Les essais auxquels la commission du jury central a soumis les marbres factices de plâtre aluné de MM. Bidreman en ont fait reconnaître la bonne confection.
- MM. Bidreman ont établi dans leurs ateliers un cours de pratique, dans lequel plus de soixante maîtres ont reçu des leçons de stucage au plâtre aluné, qu’ils font aujourd’hui dans toutes les villes du midi.
- En considération de tous ces motifs, le jury accorde à MM. Bidreman père et fils une médaille de bronze.
- MM. VILCOQ frères, à Paris, rue Basse-du-Rempart, 10.
- MM. Yilcoq frères ont établi une grande fabrique de marbres factices en plâtre aluné. Ils font également, et d’une manière remarquable, la plastique ou le moulage et la marbrerie de tout genre. Leurs imitations de marbre sont de la plus grande vérité et d’une si belle exécution, que beaucoup de personnes les ont prises pour de véritables marbres.
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- Le jury décerne à MM. Vilcoq frères une médaille de bronze.
- III. Stucs et Marbres factices.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- Madame veuve BEX et fils, à Paris, rue Basse-du-Rempart, 20 , 24 et 26.
- La maison Bex etfils fait depuislongtemps lesstucs et les marbres artificiels avec le plus grand succès. Ils ont fait des stucs de la plus grande beauté aux Tuileries , au Louvre, au Musée Egyptien, au Palais-.Royal, à Versailles, k Neuilly, k Fontainebleau, à Randan , etc., etc., et partout ils ont reçu les témoignages les plus flatteurs des propriétaires et de leurs architectes. Habitués k se servir du plâtre français, ils ont fait l’essai du plâtre aluné, mais le stuc n’ayant pas répondu à leur attente, ils ont continué k suivre leur ancien procédé de stucage, dont ils avaient toujours été satisfaits et dont ils citent de très-grands et très-beaux exemples dans Paris et dans les environs.
- La maison Bex et fils avait exposé comme spécimen de ses stucs, cinq cheminées marbre artificiel de différentes couleurs et de très-beaux modèles, quele jury a vues avec intérêt et pour lesquelles il accorde k Madame veuve Bex et fils la médaille de bronze.
- M. LAHAYE, à Paris, rue du Dragon, 30.
- M. Lahaye est un habile stucateur qui a fait de
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- très-grands, travaux pour lesquels il a.généralement reçu des témoignages de satisfaction.
- Les pièces de stuc qu’il a exposées , sa collection de stucs de différentes couleurs, ses piédestaux, ses colonnes cannelées sont d’une grande beauté.
- Le jury accorde une médaille de.bronze à M. La-liaye.
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- MENTIONS HONORABLES.
- MM. BERTHOMMÉ et SARRAZIN, aux Thernes (Seine)rue. de Villiers ,47.
- L’établissement de MM. Berthommé et Sarrazin est encore tout récent (janvier 1844)> mais d s’annonce déjà d’une manière qui en fait concevoir tout le succès. Leurs imitations de marbre sont d’une grande vérité. Ils ont présenté des cheminées de différentes périodes, des vases, des guéridons, des colonnes, etc., d’une très-belle exécution.
- Le jury décerne à MM. Berthommé et Sarrazin une mention honorable.
- M. GARNIER, à Batignolles-Monceaux (Seirïe), rue Truffaut, 37.
- Les marbres factices de M>. Garnier sont remarquables par leur finesse,, leurs couleurs, et leur travail. Il a exposé : i° une grande, mosaïque;.2° une table de soixante-dix échantillons de marbres différ. rents; 3° des cadres , etc.
- Le jury, accorde,à M. Garnier une mention ‘ho** norable.
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- CITATION FAVORABLE.
- MM. GAUTIER et MOREL, à Paris, rue de la Roquette, 46 bis.
- Les imitations de marbre factice en pierres réfractaires, de MM. Gautier et Morel sont de la plus grande beauté pour les couleurs et le travail, comme on a pu en juger par les garnitures de grandes cheminées qu’ils ont exposées , et pour lesquelles le jury leur accorde une citation favorable.
- IV. Assainissement des habitations.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. DUVAL, à Paris, boulevard Beaumarchais, 57.
- M. Duval .est inventeur de dalles hydrofuges, pour l’assainissement des localités humides et salpêtrées. Il a; soumis ses dalles à l’approbation .de la Société d’encouragement, qui lui a accordé une médaille d’argent, et depuis, deux prix , l’un de théorie, l’autre de pratique.
- Depuis l’approbation accordée par la Société d’encouragement, M. Duval a ajouté un perfectionnement important à ses dalles bydrofuges, et qui les rend tout à fait convenables pour leur objet. Au lieu de placer, comme il avait fait primitivement , des tenons ou mamelons de même matière que les dalles, il les fait en verre commun ou en terre vernissée comme la faïence, de manière à empêcher
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- toute communication de l’humidité avec les dalles.
- Le procédé de M. Duval est très-bon , il est fondé sur de bonnes observations de théorie et de pratique. Il promet des avantages réels pour l’assainissement des habitations humides et malsaines, que l’expérience confirmera incontestablement; en attendant, le jury décerne àM. Duval une médaille de bronze.
- V. Laves artificielles.
- MENTION HONORABLE.
- MM. MOISSON et POLONCEAU, avenue des Peupliers, 5, àAuteuil (Seine).
- L’emploi des laitiers des hauts-fourneaux a été essayé dans diverses fonderies avec plus ou moins de succès, et il y a lieu d’espérer que l’industrie pourra un jour en tirer un parti avantageux.
- Les carreaux de laves artificielles provenant des essais faits par MM. Moisson et Polonceau avec des laitiers de hauts-fourneaux , ont fixé l’attention du jury, qui juge qu’il y a lieu de leur accorder une mention honorable.
- VI. Carreaux et Tuyaux déplâtré.
- NOUVELLE MENTION HONORABLE.
- M. MOTHEREAÙ, à Paris, rue Rochechouart,
- 6A bis.
- M. Mothereau fabrique des carreaux de plâtre
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- creux pour les cloisons légères des bâtiments, à l'effet d’assourdir le bruit ou les voix des appartements voisins. Il fait également des tuyaux de cheminées de plâtre, qui se placent au fur et à mesure dans l’épaisseur du mur qu’on élève. Il a présenté un modèle de four pour la cuisson du plâtre.
- Le jury juge que M. Motliereau mérite une nouvelle mention honorable.
- MENTION HONORABLE.
- M. THIERRY, à Paris, faubourg Saint-Antoine t 130.
- M. Thierry exécute en plâtre les mêmes carreaux et tuyaux que M. Gourlier et ses successeurs font en terre cuite.
- Ainsi il fait : 1° pour les cloisons, des carreaux pleins ou creux; et, 2° pour les tuyaux de cheminées, des tuyaux simples ou doubles, de forme ovale ou circulaire, pour les murs de refend et les angles des bâtiments.
- Ces tuyaux sont parfaitement faits; ils sont adoptés dans les constructions, qu’ils contribuent à assainir.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Thierry.
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- VII. Taille et mise en œuvre des cristaux.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. JÀ'CQUEL, à Paris, rue Richelieu, 77.
- Successeur de M. Martin, metteur en oeuvre des cristaux de nos premières fabriques, M. Jacquel soutient la réputation que M. Martin s’était faite pour la belle taille de ses cristaux, ainsi qu’on a pu en juger dans les magasins de M. Jacquel par les magnifiques services de cristal de Saint-Louis qu’il a rexécutés pour madame la duchesse de Montmorency., pour madame la princesse de Beau'fremont, pour M. le comte de'Talleyrand, et plus particulièrement encore par celui qu’il exécute en ce moment pour M. le comte de Bour-queney, ambassadeur à Constantinople.
- M. Jacquel a présenté à l’exposition un assortiment remarquable de vases et de cristaux de Saint-Louis, de Baccarat, de Lyon et de Clicliy, ouvrés et gravés dans ses ateliers, avec un talent, une perfection et un goût qui classent ses produits en première ligne et les mettent à même de soutenir avec avantage la comparaison avec les plus beaux cristaux de l’étranger.
- Le jury décerne à M. Jacquel une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. CHAPELLE-MAILLARD, à Paris, boulevard des Italiens, 19.
- M. Chapelle-Maillard s’était distingué à l’expo-
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- sition de 183g pour la beauté et l’ornement des cristaux et des porcelaines pour lesquels il a obtenu le rappel de la mention honorable qui lui avait été accordée en 1834*
- Depuis cette époque, M. Chapelle-Maillard a fait des progrès dans l’ornementation de ses cristaux et de ses porcelaines.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze.
- M. BERGER-WALTER, à Paris, rue de Paradis-Poissonnière , 27.
- M. Bei ger-Walter emploie et met en œuvre les cristaux des verreries et cristalleries de Meysen thaï et Goetzembruck. C’est à lui qu’on doit les boutons de cristal employés dans l’ameublement qu’il fait annuellement au nombre de plus de cent mille, avec les cristaux de Saint-Louis.
- Le jury accorde à M. Berger-Walter une médaille de bronze.
- M. BONYOISIN, à Paris, rue Phélippeaux, 18.
- M. Bonvoisin a présenté un bel assortiment de cristaux émaillés et coloriés. Il est un de ceux qui entendent le mieux le travail de la cristallerie et de fémaillure.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. CORDERANT, à Paris, rue Sainte-Avoye, 12. M. Corderant, cristallier, fait et met en œuvre
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- lescristaux pour l’ornementation de l’ameublement, ses cristaux sont beaux et bien travaillés.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- VIII. Emploi du verre et vitrerie.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. ROCHE, à Nevers (Nièvre).
- M. Roche a présenté un nouveau système de vitrerie pour les serres , les châssis de bâches et les x
- couches des jardiniers.
- Le jury accorde à M. Roche une médaille de bronze.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. ANDRÉ, à Paris, rue des Blancs-Manteaux, 15.
- Les divers objets en verre filé et maillons de verre exposés par M. André ont paru au jury devoir être cités favorablement.
- M. GÉRARD, à Paris, rue Saint-Paul, 27.
- M. Gérard a présenté des coffrets en verre de différentes formes et de diverses grandeurs, que le jury juge dignes d’être cités favorablement.
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- § 3. SCULPTURE ET GRAVURE DES MARBRES A LA
- MÉCANIQUE.
- Considérations générales.
- Depuis la dernière exposition, les différents procédés de sculpture à la mécanique qui y avaient été présentés, ont fait des .progrès remarquables. Ce qui, en 1839, pouvait encore être mis en question, ce qui demandait la confirmation de l’expérience, a été complètement résolu, et l’a été de la manière la plus brillante comme la plus admirable.
- En effet, les procédés de sculpture mécanique ont éprouvé des perfectionnements et des améliorations qui en ont rendu l’application plus facile dans la pratique, et cela avec une telle puissance et une telle supériorité dans les moyens d’exécution, qu’il n’y a plus de sujets, quelque délicats, quelque minutieux qu’ils soient, que la sculpture mécanique ne puisse rendre avec la vérité, avec le fini de l’original,. comme avec ses défauts, si pour éviter ceux-ci, nos habiles artistes n’étaient pas parvenus à maîtriser, à sus pendre et arrêter même subitement, à leur volonté , la marche et lé mouvement de leurs in-struments. ... 7
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- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT,
- M. COLLAS (Achille), à Paris, boulevard Poissonnière, 30, et rue Notre-Dame-des-Champs , 25 bis.
- M. Collas, par les heureuses modifications qu’il a laites à la barre du tour à portrait, et par la transmission de son mouvement horizontal trop rapide, â des organes accessoires plus légers, est parvenu à surmonter les dernières difficultés qu’éprouvait la sculpture mécanique, et à donner à son tour la faculté de copier les modèles en les changeant à volonté de dimension. Ainsi il fait aujourd’hui, il copie, il réduit, il reproduit en marbre, en pierre, çn ivoire, en plâtre, en bronze et en bois, les statues, les groupes, les bustes, les bas-reliefs, les rondes bosses , les ornements, enfin tous les sujets, tous les motifs qui lui sont demandés, et le tout, avec une fidélité scrupuleuse et l’exactitude la plus sévère.
- Par son admirable réduction de la Vénus de Milo, M. Collas avait annoncé tout ce dont il était capable, tout ce que ses appareils allaient produire. Il a promptement fait et exécuté tout ce qu’on attendait de lui, tout ce qu’il annonçait et semblait promettre. Ses nombreuses réductions des plus belles statues antiques et modernes, ont prouvé que pour lui, il n’y avait plus aucune limite, et que bientôt, grâce à ses procédés, nos collections posséderaient toutes les richesses de l’antiquité et des musées étrangers.
- En 1839, M. Collas avait obtenu la médaille d’argent. Depuis, il a beaucoup fait, beaucoup exé-
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- euté, ses produits forment une riche collection de cliefs-d’œuvres, le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. SEGUIN , à Paris, rue d’Assas, 12.
- M. Seguin a adopté, dans sa marbrerie, les procédés mécaniques que M. Moreau avait présentés à l’exposition de 1839 , mais en y faisant les modifications, les additions et les améliorations que sa longue expérience et sa pratique éclairée lui avaient fait juger nécessaires.
- Par suite de ces améliorations, M. Seguin travaille aujourd’hui également legranit, le porphyre, les syénites, le marbre, la pierre, le bois, etc. , et il exécute avecle plus grand succès : i°les bas-reliefs, les rondes bosses, les médaillons, les portraits, les consoles, les ornements gothiques, de renaissance, de rocaille, en parties droites, courbes, concaves et convexes de toutes grandeurs et saillies.
- 2° Les colonnes droites et torses, les chapiteaux, les frises , les moulures de toute espèce.
- 3° La sculpture de bijouterie, les pendules, les candélabres.
- 4" Tous les ornements d’architecture civile et religieuse, les autels, tabernacles, bénitiers, monuments funéraires, etc.;
- Et 5°, la gravure des inscriptions sur pierre, sur marbre, sur les roches les plus dures.
- Les belles cheminées de marbre blanc et de couleurs sculptées à la mécanique, les cariatides, les
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- consoles, les ornements, les médaillons, les bas-reliefs, les rondes bosses exposés par M. Seguin sont de la plus belle exécution , et ont été généralement admirés ; mais ce que cet habile industriel a fait de plus extraordinaire et de plus remarquable, est la grande inscription du monument funéraire de l’oratoire de Picpus, composée de près de quinze cents lignes gravées par ses procédés, sur soixante et quatre tables de marbre blanc d’un mètre carré chacune, en beaux caractères, de un et deux centimètres, des plus belles proportions.
- Le jury central, en 183g , décerna une médaille d’argent pour les procédés de la sculpture à la mécanique, et réserva une récompense plus élevée , en attendant que l’expérience et les résultats eussent prouvé les avantages de ces procédés.
- Les produits de la marbrerie de M. Seguin , présentant aujourd’hui les conditions exigées en 1839 , de la sculpture à la mécanique , qui est même parvenue par ses procédés à produire un résultat qu’on ne pouvait prévoir, la gravure des grandes inscriptions monumentales, ainsi que le prouve l’inscription funéraire de l’oratoire de Picpus , la commission est d’avis de décerner la récompense réservée.
- Le jury central décerne à M. Seguin une médaille d’argent pour ses trois industries.
- M. CONTZEN (Alexandre), à Paris, rue des Trois-Bornes ,11.
- M. Dulel avait présenté , en 183g , des sculptures mécaniques obtenues par des fraises animées d’une grande vitesse, et soumises dans leur translation,
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- à un système de parallélogrammes mobiles, mis en rapport, à main d’hommes, avec le modèle, par une touche mousse comme dans le tour à portrait. Le modèle et la copie obéissent simultanément à un mouvement de rotation lent, qui présente succesivement à l’appareil tous les points de leurs surfaces. Les résultats trop récents obtenus par ce procédé nepermettant pas alorsau jury de se prononcer sur son mérite qui lui paraissait cependant incontestable, il le signala en décernant à l’auteur une médaille de bronze.
- Successeur de M. Duteî, M. Alexandre Contzen a fait plusieurs perfectionnements importants à ses appareils qui sont mis en mouvement par une machine à vapeur de la force de six chevaux.
- L’exactitude, la précision de ses appareils sont réellement remarquables, c’est le modèle lui-même , qui par ses formes et son développement, imprime à l’outil qui travaille, les mouvements d’action sur l’objet à exécuter, en conservant cependant la faculté et la facilité de soutenir et changer de forme selon le désir de création du statuaire, et d’avancer plus ou moins, en raison du plus ou moins de temps que l’artiste veut passer à ce même travail pour le terminer; ils réduisent ou augmentent à volonté , dans toutes les proportions, les sujets avec le même degré de justesse, en évitant les pertes de temps que les moyens ordinaires du praticien entraînent par la complication des mesures à prendre et à vérifier sans cesse, comme par les points h placer. Erifin , les procédés de M. Contzen ont encore l’avantage d’offrir à l’art
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- un moyen de reproduction beaucoup moins dispendieux que ceux connus, et employés jusqu’à présent, partant d’augmenter les moyens de travail de l’artiste et de venir en aide au praticien qu’il ne déplace pas, puis qu’au contraire il ajoute une force de plus à sa profession, celle que donne la promptitude et l’économie.
- Le jury, qui, parmi les diverses sculptures présentées par M. Contzen, a particulièrement distingué les bustes du général Foy, celui de l’empereur, le Milon de Crotone, la Madeleine de Ga-nova, etc., décerne à cet habile artiste une médaille d’argent.
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- \1. SAUVAGE (Frédéric), à Paris, rue Neuve-Ménilmontant, 6.
- M. Frédéric Sauvage, l’un de nos plus habiles mécaniciens , a présenté à l’exposition une belle collection de statuettes en bronze, marbre et plâtre, réduites ou augmentées dans les dimensions qui lui sont demandées par les artistes, les bronziers, les horlogers, etc.
- M. Sauvage se sert à cet effet d’un pantographe auquel il a fait plusieurs additions qui le mettent à meme d’exécuter avec une fidélité rigoureuse les plus grandes statues dans les plus petites réductions. C’est ainsi qu’il a réduit au dixième la grande statue du roi (par Gechter) qui est à la chambre des pairs.
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- 2° Celle de son altesse le prince royal, par Barre, au huitième;
- 3° Celles cle Charles Ier et d’Emmanuel Philibert, par Marochetti, de moitié;
- 4° Celle de Broussais du Val-de-Grâce, parBra, au sixième ;
- 5° Celle de Fanny Esler, par Barre, au tiers, etc.
- Le jury décerne à M. Sauvage une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- MM. FÉNÉON (Adolphe) et CHEVOLOT, à Dijon ( Côte-d’Or).
- MM. Fénéon et Chevolot ont créé en 1844 un établissement qui est sans doute destiné à prendre de l’extension, mais qui n’a jusqu’ici produit que des essais qui ont donné d’heureux résultats, ainsi qu’on peut en juger par les grandes rosaces en pierre, les colonnetles, les chambranles et corniches exposés par MM. Fénéon et Chevolot.
- Le jury d’admission de la Côte-d’Or n’a pas fait connaître les procédés mécaniques de ces exposants. 11 se borne à dire qu’ils présentent une très notable économie de temps et de main-d’œuvre, en témoignant le regret que les prix qu’ils ont indiqués et qui sont peu élevés, n’aient pas été basés sur l’hypothèse d’un travail continu et organisé sur une vaste échelle.
- D’après la netteté vraiment remarquable des détails des rosaces, des moulures, corniches et encadrements courbes et rectilignes exécutés à la mé-
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- canique par MM. Fénéon et Chevolot, le jury leur décerne une mention honorable, leur réservant une plus haute distinction lorsque leur procédé sera devenu manufacturier et mis en pratique dans les grandes constructions auxquelles il doit présenter des avantages précieux pour tous les détails de sculpture architecturale.
- f: I\. INDUSTRIE DES MOSAÏQUES.
- Considérations générales.
- L’industrie de la mosaïque remonte aux temps les plus reculés de l’antiquité. Rome l’a reçue de la Grèce, qui l’avait elle-même reçue de l’Asie, ainsi que l’attestent les ruines des plus anciens monuments. Les Romains l’apportèrent avec eux dans les Gaules, et nos villes de Lyon, Vienne, Valence, Arles, Nîmes, etc., etc., nous en offrent des exemples remarquables, dont quelques-uns sont restés intacts et bien conservés sous les décombres et les ruines des temples et des édifices que ces mosaïques décoraient.
- Après les irruptions des barbares et la chute de l’empire romain, l’industrie de la mosaïque se perdit comme tous les autres arts, et ce ne fut qu’au XIVe siècle que l’Italie la vit renaître, rapportée par des artistes grecs qui l’exerçaient encore.
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- Les souverains de Toscane, qui avaient apprécié l’importance de cette belle industrie, à laquelle sont dues les magnifiques et inaltérables copies des tableaux des plus grands maîtres, s’empressèrent d’attirer chez eux ces artistes, qui fondèrent à Florence une école célèbre d’où sont sortis les mosaïstes qui ont décoré de leurs travaux les principaux palais et monuments de Florence, de Rome, de Pise, de Milan, de Venise, etc., chefs-d’œuvre qui prouvent que les mosaïques modernes pourraient être comparées à toutes celles que les anciens nous avaient laissé de plus parfaites.
- Le succès de cette belle industrie en fit bientôt naître une autre non moins remarquable : les mosaïques florentines, en marqueterie et en relief, des XVe et XVIe siècles, qui diffèrent essentiellement des mosaïques antiques ou romaines.
- En effet, celles-ci ’se font avec dés petits dés ou cubés de pierres'naturelles ou de compositions de diverses couleurs, fixées dans un ciment et polies, pour en faire valoir les nuances et les teintes, tandis que les mosaïques florentines* de marqueterie se Composent de plaques ou panneaux de marbres ou de pierres dures de diverses couleurs découpées suivant les dessins qu’on vêtit produire, et que les mosaïques en relief se font atec dés agates, des jaspes et toutes pierres dures
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- de diverses couleurs, taillées et polies pour représenter des oiseaux, des fleurs, des fruits, des feuillages, appliqués sur des tables de marbre blanc, noir, jaune, vert, etc.
- Par les puissants encouragements des grands-ducs de Toscane , ces deux belles industries n’ont pas cessé d’être exercées et de prospérer à Florence; en vain divers mosaïstes ont essayé de l’établir en France et en Allemagne, ils n’ont pu se soutenir.
- Napoléon, qui saisissait toutes les occasions d’établir ou d’encourager de nouvelles branches d’industrie, voulut établir une école de mosaïque à Paris. Il en confia la direction à M. Belloni, dont nous voyons de belles compositions dans le musée du Louvre. M. Belloni forma plusieurs élèves distingués ; mais les circonstances arrêtèrent l’élan que semblait prendre cette industrie, qui aurait même totalement disparu de chez nous, sans les efforts, les sacrifices et la persévérance de quelques mosaïstes, tels que Philippe, Pé-rinot, Théret, Ciuli, Quinet, etc., qui ont exécuté des pièces remarquables dans les divers genres de mosaïque antique et florentine.
- A l’exposition de 1834, M. Quinet, élève de l’école deM. Belloni, présenta quelques gracieuses compositions, pour lesquelles il obtint une médaille de bronze. Il est à regretter que cet ar-
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- liste, qui continue à se perfectionner dans cet art, ne se soit pas représenté en son nom à cette exposition, et que ses belles mosaïques en relief aient été admises sur des meubles dont le véritable fabricant ne s’est pas non plus présenté.
- Un dernier genre de mosaïque, essayé depuis quelques années à Paris, fait espérer les plus heureux résultats, c’est celui de la mosaïque line de la joaillerie ou de la bijouterie, exploitée avec tant de succès à Rome, d’où l’on nous apportait ces charmants sujets d’épingles, de plaques de colliers, de broches, de boîtes, de tabatières et de tableaux. C’est à M. Philippe, artiste mosaïste , élève de l’école de M. Belloni, que nous en sommes redevables. Elle est aujourd’hui exploitée avec un succès vraiment remarquable, par M. Morel, qui, depuis 1839, a fait faire tant de progrès à la bijouterie.
- Ainsi, telle qu’elle est aujourd’hui pratiquée et exploitée en France, cette belle industrie comprend : 1° la mosaïque du style antique ou romain.
- 2° La mosaïque florentine de marqueterie des XV0 et XVL siècles.
- 3° La mosaïque florentine en relief du XVe siècle.
- Et, h° la mosaïque de bijouterie en pierres dures et en pierres précieuses pour la joaillerie.
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- I. Mosaïque antique ou romaine.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. SEGUIN, à Paris, rue d’Assas, 12.
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- Signalé pour la beauté de ses médaillons, bas-reliefs et cheminées sculptées à la mécanique, et pour sa grande inscription monumentale de i,5oo lignes , gravées sur marbre par le même procédé , M. Seguin a exposé : i° un guéridon mosaïque de marbre blanc, présentant une riche collection de tous les marbres connus, et 2° des dessus de consoles en marbre blanc, avec dessins et arabesques en marbres de divers couleurs, d’un travail parfait.
- Le jury décerne à M. Séguin une médaille d’argent pour l’ensemble de ses travaux.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. CIULI, à Paris, rue des Beaux-arts, 3 bis.
- M. Ciuli s’est particulièrement attaché à la mosaïque antique à figures et ornements de tous genres en marbre, en pâte ou composition et en pierres dures.
- Il a exécuté un grand nombre de sujets de la plus grande beauté, et dont les plus remarquables sont : i° le pavé mosaïque du maître-autel de l’église, de Saint-Denis;
- 2° Une tête de vestale en pierre dure, de grandeur naturelle, placée dans le cabinet de M. Becker.
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- 3° Une table ronde, mosaïque exécutée pour M. Schikler;
- 4° La restauration d’une grande mosaïque antique pour M. le comte de Chastellux;
- Et 5° plusieurs restaurations de mosaïques antiques urovenant des ruines de Carthage.
- M. Ciuli a présenté à l’exposition un chien de grandeur naturelle, exécuté en partie avec des cailloux de la Seine.
- Le jury central, appréciant les travaux de M. Ciuli, lui décerne une médaille de .bronze, et émet le vœu que la mosaïque de cailloux de la Seine qu’il a exposée, soit achetée par le gouvernement, pour être placée dans un des musées français.
- M. GALIN1ER , à Montpellier (Hérault),
- A envoyé à l’exposition deux tables rondes, l’une de marbre vert, l’autre de marbre blanc, avec des incrustations mosaïques de marbres de toutes couleurs, dans le style antique, d’une très-belle exécution.
- Le jury a décerné une médaille de bronze h M. Galinier pour ses ouvrages en marbre et en mosaïque. '
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- II. Mosaïque florentine ou de marqueterie:
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- MÉDAILLE D’ARGENT D’ENSEMBLE.
- M. THÉRET, à Paris, rue des Saints-Pères,' 38.
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- Malgré le peu de succès des. essais, tentés en France, l’un de nos plus habiles praticiens, M. Thé-
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- ret, qui toute sa vie s’est livré à l’étude et au travail des pierres précieuses que personne ne connaît mieux que lui, a formé à Paris un établissement dans lequel il fait avec le plus grand succès les mosaïques en pierres dures et pierres précieuses de marqueterie et de relief, du style florentin des XVe et XVIe siècles.
- A. cet effet, et après avoir organisé ses ateliers suivant les travaux à faire dans chacun d’eux, il a lui-même formé ses ouvriers de jeunes gens delà campagne jusqu’alors étrangers à cette industrie, il les a appliqués à chaque division du travail, de manière à suivre dans la marche de ses opérations l’ordre et la régularité qui seuls peuvent assurer, par l’économie du temps, des forces et des moyens, le succès d’une entreprise de ce genre.
- Les mosaïques de marqueterie de M. Théret, exécutées en tables ou panneaux découpés d’agate, de jaspes, de cornaline , de lapis lazuli, d’aventu-rine, etc., etc., sont de la plus grande beauté, et peuvent être comparées aux plus belles mosaïques de marqueterie de Florence.
- Dans le grand nombre de sujets exposés par M. Théret, on distinguait: i°ses meubles d’ébène et panneaux de mosaïques, 2° ses consoles, ‘6° ses cheminées h mosaïques, 4° ses tableaux de mosaïques de marqueterie, 5° sa coupe de lapis lazuli, 6° une collection d’agates, de jaspes, de sardoines, de cornaline, de lapis lazuli, de malachite, d’a-venturine et de toutes les pierres précieuses employées dans la joaillerie.
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- III. Mosaïque en relief du X'VT siècle. , MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. THÉRET, à Paris, rue des Saints-Pères, 38.
- Les mosaïques en relief exposées par M. Tliéret sont encore plus remarquables par leur belle exécution que ses mosaïques de marqueterie. Ses pierres sont travaillées admirablement et bien assemblées sur les panneaux de fond de ses tableaux , dont, les sujets sont bien dessinés , et composés de manière à faire valoir la beauté des agates,* des jaspes, dest cornalines et de toutes les pierres pré-' rieuses.-qui les composent.
- Le jury, en félicitant M. Théret sur ses, succès dans ces deux genres d’industrie de mosaïque.flo* rentine qu’il exécute avec tant de perfection, lui décerne une médaille d’ararent.
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- IV. Mosaïque de bijouterie.
- MÉDAILLE D’OR D.’ENSEMBLE.
- MM. MOJREL et Cie, à Paris, rue Neuve-Saint-Augustin, 39.
- Au milieu des riches, admirables et nombreux produits de ses ateliers, M. Morel a exposé : i° une plaque de labrador avec mosaïque d’agates blanches , de purpurine, de malachite et d’obsidienne avec filets d’or, et 2° une montre avec fond de mo? saïque de lapis-lazuli, d’aventurine, de purpurine, m. 16
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- de jaspe oriental et d’agates blanches avec filets d’or.
- | 5. PLASTIQUE PAR MOULAGE A LA GÉLATINE.
- Considérations générales.
- Le moulage des statues, bustes, bas-reliefs, etc., fait anciennement en plâtre par pièces détachées, avait le grave inconvénient de laisser sur les moules et les sujets, des coutures ou rebarbes qui exigeaient des réparations et retouches toujours défavorables à la pureté et à la vérité de l’original.
- Trouver une matière qui pût, par suite de son élasticité, se prêter au moulage de tous les mouvements de la surface des corps à mouler, quelque contournés, quelque profonds qu’ils fussent, et acquérir, en se consolidant, assez de force pour pouvoir devenir un bon moule, a été longtemps le but des recherches et des travaux des artistes, sculpteurs et modeleurs, qui désespé-raient de pouvoir jamais trouver cette substance et vaincre la difficulté, lorsque l’essai de l’application de la gélatine est venu subitement faire révolution dans les vieux procédés de la plastique, et donner à cet art.un moyen tellement exact, tellement fidèle, enfin tellement vrai, qu’il a été parfaitement dénommé le montage daguerréotypé,
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- par le savant Robisson, secrétaire de l’académie d’Edimbourg.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. VINCENT (Hippolyte), à Paris, rue Neuve-Saint-François, 14, au Marais.
- M. Vincent ayant entendu parler des avantages que la gélatine pourrait offrir pour les moulages de la plastique, s’est empressé d’en faire l’essai. Ses premiers travaux qui remontent à l’époque de l’exposition de 1834, ayant obtenu des résultats satisfaisants, M. Vincent a continué ses essais avec une louable persévérance. Les succès qu’il a obtenus ayant surpassé son attente, il a renoncé au moulage au plâtre en bon creux, jusqu’alors pratiqué par tous les modeleurs, et s’est livré avec un succès toujours croissant au moulage de la plastique par la gélatine, au moyen de laquelle il a reproduit un grand nombre de sujets et médaillons qui sont autant de chefs-d’œuvre plus remarquables les uns que les autres.
- . Les avantages du procédé de M. Vincent, sont : i° de donner des moules sans coutures, avantage immense pour la plastique, les anciens moules de plâtre à bon creux étant sillonnés dans tous les sens de rebarbes et souvent de graves défectuosités qu’il était difficile de réparer;
- 2° D’éviter la perte du modèle qui se dégradait, et même le plus souvent se détériorait entièrement après plusieurs moulages;
- 3° D’éviter à l’artiste toutes les réparations de
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- coutures dont la multiplicité lui fait perdre un temps précieux, et cause souvent de fâcheux résultats pour le modèle.
- 4° De rendre avec la plus rigoureuse fidélité, les détails les plus "minutieux des sujets avec tous les caractères particuliers ou spécifiques, ainsi les épreuves dans des moules faits sur ivoire, présentent les caractères de l’ivoire, les moules faits sur cuivre, ceux du cuivre; quant au bois, l’illusion est tellement complète qu’il faut briser l’épreuve pour se convaincre de la vérité ;
- 5° De donner les moyens de faire tous les moulages des pièces anatomiques avec une fidélité que n’avait jusqu’alors présentée aucun moyen, rien n’échappant au moulage à la gélatine : ainsi la peau ou l’épiderme avec tous les caractères de sa surface, les muscles, les.nerfs, les veines, les artères1, et généralement; tous les plus petits détails du système anatomique que M. Vincent reproduit de grandeur naturelle, avec une vérité qui rend ses mou-, lages de la plus haute importance pour les études et les cours d’anatomie comme le prouvent les admirables. pièces d’étude exposées sous le n° 3356, par MM. Carteaux et Chaillou, pièces vraiment remarquables par leur identité avec la nature sur laquelle elles ont été monlées et dont elles conservent tous les caractères.
- 6° De donner le meilleur moyen de mouler ou de faire avec le plâtre aluné ou ciment marbre de M. Savoye, une plastique aussi belle et aussi dure que le marbre lorsqu’elle a été trempée dans l’acide stéarique ;
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- 7° De se faire avec une grande économie de temps et de moyens, avec une promptitude vraiment extraordinaire ; puisque ce moulage se fait soixante fois plus vite que celui de l’ancien procédé, sans en avoir les inconvénients;
- 8° Enfin, de donner les moyens de conserver les modèles et matières des belles et précieuses compositions, sans aucune dégradation, ou d’en reproduire à volonté les parties qui auraient été endommagées par accident, avantage immense, vivement apprécié par les artistes et fabricants, k raison de l’économie importante qu’il leur présente.
- La galvano-plastique etbeaucoup d’autres industries recueilleront d’importants services du procédé de M. Vincent,, au moyen de simples clichages, ainsi que le font déjà diverses fabriques avec le plus grand succès.
- Dans le grand nombre dé cbefs-d’œuvre reproduits par M. Vincent au moyen de sa plastique, et qui font l’ornement de nos plus belles collections, il est impossible de ne pas signaler i° les figures de monseigneur le duc d’Orléans, 2° celles du service de M. le baron de Rotscbild, 3° l’épée de S. À. R. monseigneur le comte dé Paris, 4° le livre d’heures de monseigneur le duc d’Orléans, 5° les vases de M. le duc de Luynes, exécutés par M. Durand, d’après les dessins de Klacmann, 6° l’admirable bouclier de M. Froment-Meurice, 70 le Charles-Martel de Justin , etc., etc.
- Le jury, considérant la haute importance du service rendu à la plastique par M. Vincent ( Hip-polyte), lui décerne une médaille d’argent.
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- MENTION HONORABLE.
- M. SOHN (Jules),àParis, place de la Madeleine, 2.
- M. Sohn est inventeur d’une plastique qui, d’après une notice qu’il a publiée en tête d’un catalogue d’objets d’art, serait composée de. terre calcaire qui en serait la base et qui recevrait son caractère principal de l’addition, avant et après le moulage, de plusieurs substances participant, dit-il, des qualités des véritables écumes de mer; mais dans 1 ’aperçu succinct de son invention, nouvellement imprimé, et qu’il a adressé au jury, M. Sohn dit que sa composition consiste dans une matière fondamentale alumineuse et liquéfiable par la chaleur, et qu’en la mettant en contact avec les sujets en plâtre et en albâtre, ils acquièrent, par le concours de différents degrés de chaleur et d'agents chimiques, une dureté considérable, diverses colorations, selon l’exigence des sujets, et un beau poli sans peinture ni brunissage, enfin que les sujets ainsi imprégnés acquièrent tout naturellement des qualités que ni le temps, ni aucune cause ne peuvent altérer.
- Le jury a cru devoir demander à M. Sohn des explications sur ses procédés et sur les moyens qu’il emploie pour mettre ses moulages à l’abri des influences de l’humidité de l’air. Ces moyens, a-t-il dit, consistent : i°dans plusieurs immersions successives de ses plâtres dans un bain de stéarine ou de stéarine colorée suivant les couleurs qu’on lui demande; et, 2° dans leur dessiccation dans une étuve.
- Le jury reconnaissant qu’en effet la pénétration
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- de la stéarine peut mettre les moulages en plâtre à l’abri des influences de l’humidité de l’air, mais quelle ne peut cependant leur donner la dureté que M. Sohn dit qu’ils acquièrent, estime qu’en attendant que ses procédés présentent réellement les conditions de dureté qu’il annonce, ils méritent une mention honorable.
- § 6. PAPIER DE CARTON-PATE POUR L’APPRÊT.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. LONGUET, à Paris, rue des Amandiers-Po-
- pin court, 16.
- M. Longuet a fondé à Paris une grande fabrique de carton pâte de papier, pour l’apprêt des tissus en pièces sans pli et pour l’apprêt des châles.
- Sa fabrication emploie soixante-dix ouvriers, une machine à faire la carte, une machine pour blanchir le carton-pâte, six cuves à carton, trois laminoirs, deux cylindres sécheurs, six presses hydrauliques, etc.
- Elle fabrique annuellement 900,000 kilogrammes de papier carton, et 100,000 kilogrammes de papier en rouleaux.
- Le jury décerne à M. Longuet une médaille de bronze.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. BURETTE, à Paris, rue Alboüy, 6.
- M. Burette fabrique des cartons-pâte dans les-
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- ' quels il fait entrer des agents chimiques qui donnent à ses compositions une imperméabilité telle, que les vases faits avec ses cartons peuvent contenir de l’eau, sans la laisser s’infiltrer dans la pâte, comme on l’a vu à l’exposition.
- Les procédés de M. Burette n’étant pas encore exercés et mis en usage par l’industrie manufacturière, le jury croit devoir se borner à une citation favorable, en attendant que l’expérience ait prononcé.
- SECTION V.
- GRAVURE, CARACTÈRES, IMPRIMERIE, LIBRAIRIE,
- RELIURE.
- M. Ambroise-Firmin-Didot, rapporteur.
- § 1. GRAVURE ET FONDERIE DE CARACTÈRES
- d’imprimerie.
- Considérations générales.
- Gravure.
- Après le judicieux rapport de M. Léon de Laborde sur la partie de l’exposition dernière qui concerne la typographie, il reste à ses successeurs peu de choses à dire.
- Le jury, laissant de côté cette foule innombrable “de caractères dont lés formes plus ou moins bi-
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- zarres ne sauraient être dépassées par les fantaisies les plus excentriques de l’imagination, les livre aux caprices si changeants de la mode, mais il croit devoir recommander aux graveurs d’apporter la plus grande attention pour donner aux pleins et aux-déliés les proportions convenables, selon la grosseur différente de l’œil des caractères destinés à l’impression-des textes.
- Depuis ces dernières années, la forme que les Anglais ont donnée à leurs types paraît devoir s’introduire, mais ces formes ne doivent point être copiées servilement. Le type die Gara-mond, qui a servi aux éditions des Estienne et des Elzevirs, doit être étudié avec soin par nos graveurs ; ce type, légèrement modifié et rapproché des formes plus élégantes données par les Didot et les Bodoni, conviendrait le mieux aux besoins incessants de la lecture qui par cela même qu’ils s’accroissent de jouren jour, exigent qu’on vienne de plus en plus au secours de la -vue. Il faut maintenant que l’élégance fasse des concessions à l’utilité.
- La gravure des vignettes a fait de nouveaux progrès ; d’heureuses combinaisons permettent de multiplier à l’infini ces légers ornements qui
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- plaisent à l’œil lorsqu’ils sont employés avec goût.
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- Fonte des caractères.
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- Jusqu’à présent les essais pour fondre un grand nombre de lettres à la fois n’ont pas apporté de notables changements dans cette industrie, et n’ont point diminué le prix des caractères. Le moule po-lyamalype de M. Henri Didot est le seul qui depuis longtemps exécute avec succès un grand nombre de lettres d’un seul coup, mais son procédé est limité à un assortiment restreint de caractères. Quoique le brevet pour ce procédé soit tombé dans le domaine public, M. Legrand est le seul qui en continue l’emploi. Le moule ordinaire, qui a reçu en Amérique des améliorations assez importantes, commence à être employé en France. Ce moule dit américain olfre en effet quelques avantages à l’ouvrier qui n’est plus obligé comme autrefois de déchausser la matrice et de l’assujétir ensuite avec un archet,chaque fois qu’il fondait une lettre.
- Il est probable que ce nouveau système apportera des modifications importantes à la fonderie. Il peut en effet s’appliquer plus facilement que tout autre à une mécanique fondant rapidement un grand nombre de lettres, au moyen d’une pompe ou d’un piston. Les essais qui ont été faits de cette machine par MM. Biesta et Laboulaye donnent de grandes espérances.
- Les procédés de clichage ou stéréotypage sont
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- en voie de progrès, cependant les tentatives diverses qui ont été faites pour remplacer le plâtre des moules par d’autres substances telles que la pâte de papier et divers mastics n’ont pas réussi complètement. Le moule en plâtre est encore celui qui donne les résultats les plus satisfaisants pour polytyper les caractères d’imprimerie.
- Excepté les caractères chinois gravés et fondus par M. Legrand avec un dévouement qu’on ne saurait trop louer, et quelques caractères arabes, on voit avec peine combien les livres d’épreuves des fondeurs français sont dépourvus de caractères orientaux et étrangers, comparativement au grand nombre de ces caractères qui abondent sur les livres d’épreuves des fondeurs de Londres. Cela tient à ce qu’en Angleterre il n’existe pas d’imprimerie royale où se concentrent comme en France tant de richesses en ce genre. Tout ce qui concerne l’imprimerie est livré à l’industrie particulière qui acquiert par la libre concurrence un plus grand développement.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM. BIESTA, LABOULAYE et Cie, à Paris, rue de Madame, 22.
- Ce vaste établissement formé des fonderies réunies, i° de Firmin Didot, 2° de Tarbé, 3° de
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- Crosniër et d’Everat, 4° de Laboulaye frères, est le plus considérable qui existe en Europe. La variété des caractères qu’il a exposés est telle, qu’elle peut suffire à tous les besoins du commerce et même aux fantaisies de la mode. Lorsqu’on parcourt l’énorme volume qui présente l’ensemble de tant de types, on n’éprouve d’autre embarras que celui du choix. Le mérite des poinçons , résultat des travaux de tant d’artistes de talent, recommande cet établissement dans toute l’Europe et dans les pays les plus éloignés.
- L’introduction d’un nouveau moule, dit américain , promet d’heureux résultats pour la fonte des caractères. Ce système a servi de base à une nouvelle invention mécanique pour fondre les lettres avec une grande rapidité- Les essais soumis au jury par MM. Biesta et Laboulaye sont très-satisfaisants et promettent d’heureux résultats.
- La perfection des moyens de fondre les caractères et les vignettes est telle, qu’il ne serait pas impossible que les monnaies les plus courantes fussent désormais fondues plutôt que frappées. DéjàM. de Puymaurin avait fait d’heureuses tentatives en ce genre , elles viennent d’être continuées par M. Laboulaye qui. a soumis à l’hôtel des monnaies de nouveaux essais satisfaisants.
- Le bel établissement de la fonderie générale des caractères est dirigé avec autant de zèle que de capacité par MM. Biesta et Laboulaye. La médaille d’or lui avait été accordée en i83g. Le jury regarde comme un acte de justice d’accorder le rappel de la médaille d’or à MM. Biesta, Laboulaye et Cie.
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- MÉDAILLE D’OR.
- MM. LEGRAND (Marcellin) et Gie, à Paris , rue du Cherche-Midi ,99.
- M. Legrand, parent et successeur de M. Henri I)idot, h qui la médaille d’or décernée en 1819 a» été rappelée en 1820 et 1827, a obtenu lui-même à rexposition de 1839 la médaille d’argent.
- M. Legrand est renommé par son talent comme graveur de caractères; c’est de plus un habile fondeur et mécanicien. La fonderie polyamatype inventée par M. Henri Didot, a été perfectionnée par les soins de M. Legrand., qui lui a donné un plus grand développement. Plus de soixante-dix* mille kilog. de caractères, d’une valeur de 3oo,ooo fr., sont.fabriqués annuellement par ce procédé.
- Tous les caractères qui composent cettè fonderie; ont été gravés,par ses mains ;.il a,de plus,gravé pour l’imprimerie royale, sous la. direction de MM; Sylvestre de Sacy et de M. Burnouf, un caractère tamou 1, trois caractères hébreux, un* caractère guzaratti, un caractère pehlvi , un caractère thibétain et un caractère, javanais. Mais ce qu’on ne saurait trop louer , c’est d’avoir eu le courage d’entreprendre» pour son compte la gravure d’un caractère chinois qui devra former plus de cinquante mille poinçons. Déjà' vingt-huit,mille sont exécutés, après sept ans de travaux, et. cet assortiment est,assez complet pour pouvoir imprimer les textes classiques religieux et autres ouvrages concernant, les arts. La Bible ne contient, que trois- mille, huit
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- cents caractères différents. Ces caractères dont M. Legrand a vendu une frappe à l’académie de Berlin et une en Amérique, sont même déjà parvenus en Chine, où M. Calléry, interprète du gouvernement français à Canton, les emploie à l’impression d’un journal et d’un grand dictionnaire qui formera 25 volumes in-4°
- Il est honorable pour la France que ce soit elle qui reporte en Chine les moyens d’imprimer les livres chinois avec les procédés perfectionnés par la civilisation européenne. C’est à M. Legrand qu’on en est redevable.
- Mais il ne suffisait pas de graver et de fondre ces caractères, il fallait encore trouver un moyen qui permît aux ouvriers compositeurs de les distinguer parmi cette foule de signes dont les figures offrent tant de ressemblance. Ce grand inconvénient n’existe plus. M. Legrand, pour éviter toute confusion, a trouvé un procédé par lequel chaque caractère, en sortant du moule, porte sur la tige un chiffre indiquant la série à laquelle il appartient, en sorte qu’il suffit maintenant d’indiquer sur les manuscrits les numéros correspondants aux signes, pour que tout ouvrier compositeur puisse imprimer très-correctement le chinois et sans la moindre difficulté.
- Déjà plusieurs ouvrages ont été imprimés à Paris avec les caractères chinois de M. Legrand, et c’est avec ces caractères que les missionnaires d’Amérique impriment la Bible et des traités religieux. On ne saurait évaluer à moins de 400,000 francs la dépense qu’occasionnera la gravure de ces types, la
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- frappe et justification des matrices et la fonte. Tout est exécuté par les mains de M. Legrand ou sous ses yeux ; il n’est aucun poinçon qui ne soit terminé par lui, la gravure en est aussi pure que correcte.
- M. Legrand a réussi à graver et fondre des groupes de lettres ou sydlabes que l’ouvrier compositeur saisit aussi facilement dans sa casse qu’une lettre simple ; ce qui serait une économie de temps. L’expérience prouvera si ce moyen tenté déjà plusieurs fois réussira. Ce qu’il y a de certain, c’est que la gravure et la fonte de ces groupes ou syllabes sont tellement parfaites, que l’œil ne peut distinguer à l’impression la moindre différence entre les caractères fondus par groupes ou par unités. Plusieurs imprimeurs font emploi de la casse combinée d’après ce système; elle n’est pas beaucoup plus compliquée que celle dont on se sert ordinairement.
- M. Legrand a exposé en outre des tableaux de notes de musique qui sont employés à l’institution royale des aveugles de Paris et à l’institution des aveugles de Madrid. Divers ouvrages élémentaires ont été imprimés avec ces caractères en relief que les aveugles peuvent facilement composer eux-mémes. 11 est encore quelques autres inventions telle que les numéros fondus par groupes mobiles pour les timbres, qui sont aussi utiles qu’ingénieuses. Le jury récompense le mérite et la persévérance des ti avaux de M. Legrand en lui décernant la médaille d’or.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. LAURENT et DE BERNY, à Paris, rue des Marais-Saint-Germain, 17.
- Leur fonderie prend chaque année un plus grand accroissement, et mérite de plus en plus la considération dont elle jouit. Elle a exposé cette année de nouveaux caractères qui enrichissent leur série déjh si importante où les imprimeurs trouvent tout ce qu’ils peuvent désirer, surtout en caractères dits de fantaisie. C’est la fonderie la plus complète qui existe en ce genre. Un caractère très-petit, appelé diamant, se fait remarquer parmi le grand nombre des autres caractères. Le jury, appréciant l’importance de cet établissement sous le rapport du commerce et de l’art, lui rappelle la médaille d’argent qu’il lui a décernée en 1839.
- M. AUBANEL (Laurent), à Avignon (Vaucluse).
- Secondé par ses fils, il a donné encore plus d’extension à son établissement déjà très-considérable et qui fournit de caractères d’imprimerie une grande partie du Midi. A l’exposition de i83p , on a remarqué une nouvelle manière de fondre les lettres d’affiche supportées par des cloisons en métal, ce qui leur donne de la légèreté sans ôter de leur force.
- Cette année, il a exposé des grandes capitales italiques fondues sur un moule penché, qui rend 1 approche des lettres plus correct.
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- Le jury rappelle à M. Aubanei la médaille d’ar gent qu’il a obtenue en 183g.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. TANTENSTEIN et CORDEL, à Paris, rue de la Harpe, 90.
- Populariser la musique, c’est adoucir et améliorer les mœurs. La typographie a donc rendu de véritables services depuis dix ans, en mettant à bas prix les livres élémentaires de musique, dont la cherté était un grand obstacle à leur propagation. On ne saurait trop encourager les efforts heureux de M. Duverger et de MM. Tantenstein et Gordel ses élèves; ils ont prouvé, par les progrès qu’ils ont fait faire à l’art d’imprimer la musique typographique, qu’ils peuvent encore en apporter de nouveaux.
- MM. Tantenstein et Cordel, suivant une autre voie que celle de M. Duverger, ont perfectionné les anciens procédés d’Olivier et de Breitkopf, par lesquels on compose les notes de musique ayant leurs portées adhérentes. Ce procédé est plus simple,, sous quelques rapports, que celui de M. Duverger, mais aussi il a l’inconvénient de laisser apercevoir des solutions de continuité aux endroits où les portées se rejoignent. Ce défaut devient de plus en plus sensible à mesure que les caractères fondus sont plus usés. Il est vrai de dire que MM. Tantenstein et Cordel, lorsqu’ils clichent leur composition, peuvent retoucher dans les moules ni. 17
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- en plâtre ces petites imperfections. Leur casse se compose de près de deux cents combinaisons, et le nombre de sortes crénées est assez grand pour pouvoir imiter le plus complètement possible toutes les combinaisons de la musique. _
- Malgré quelques inconvénients inhérents aux procédés de MM. Tantenstein et Cordel, ils impriment avec succès, et d’une manière très-satisfaisante, un très-grand nombre d’ouvrages remarquables par le bon marché auquel ils peuvent les établir. Le jury apprécie les efforts de MM. Tantenstein et Cordel, et l’importance de leur établissement , qui fournit même aux pays étrangers des pages et des ouvrages tout composés. MM. Tantenstein et Cordel avaient obtenu la médaille de bronze en 183g, ils méritent cette année la médaille d’argent que le jury leur accorde.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. LŒULLIET, à Paris, rue Poupée, 7.
- La nouvelle série de caractères gravés par M. Lœulliet pour compléter ceux qu’il avait exposés en i834 et i83g, et qui lui avaient mérité la médaille de bronze. Ses caractères se recommandent par beaucoup d’élégance et de pureté. Aussi, les frappes en sont recherchées par tous les fondeurs de France et même de l’étranger, où M. Lœulliet en envoie un grand nombre. Parmi lés nouveaux Caractères exposés par cet artiste nous av©ns remarqué un caractère javanais. M. Lœulliet
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- est toujours digne de la médaille de bronze que le jury lui confirme.
- M. RIGNOUX,à Paris, rue Monsieur-le-Prince, 29 bis.
- M. Rignoux a exposé de nouveaux* caractères de sa fonderie, qui sont bien gravés et bien fondus. Ils méritent à M. Rignoux le rappel de la médaille de bronze que ses travaux typographiques fort distingués lui ont obtenus à l’exposition de i834*
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. DERRIEY, à Paris, rue Notre-Dame-des-Champs, 8,
- M. Derriey est un graveur, très-habile. Les vignettes qu’il a exposées sont artistement combinées, ses caractères sont très-bien gravés. Après avoir fait la part de l’artiste, parlons du mécanicien. M. Derriey a inventé une machine pour justifier les matrices qui servent à la fonte des caractères. Cette machine fonctionne avec une précision remarquable. L’économie de temps n’est pas le seul avantagé quelle présente, et cependant il est grand, puisqu’on peut faire au moins le double de travail, tout en permettant de mieux justifier les matrices.
- M. Derriey a perfectionné et appliqué à l’usage de la fonte des vignettes le système du moulé à ré-fouloir; il espère l’approprier à la fonte des petits caractères.
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- Parmi les belles vignettes exécutées par M. Derriey les nos 439 et 436 sont surtout remarquables en ce que M. Derriey les a gravées sur la matière ordinaire des caractères d’imprimerie, c’est-à-dire sur un alliage de plomb et d’antimoine, puis au moyen de la galvano-plastie il a obtenu une matrice en cuivre dans laquelle ont été fondues les vignettes imprimées sous lesn08 439 et 436* Ce procédé ouvre une nouvelle voie à la gravure des vignettes, surtout lorsqu’elles sont d’une grande dimension. Il faut heureusement beaucoup d’habileté pour pouvoir obtenir en cuivre par la galvanoplastie la matrice des types que les contrefacteurs seraient tentés de reproduire.
- Le jury apprécie les travaux de M. Derriey, et lui accorde une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. PETIBON, à Paris, rue de la Bourbe, 12.
- M. Petibon est le premier qui ait gravé et fondu les vignettes dites métriques, c’est-à-dire dont les combinaisons peuvent varier les dessins d’une manière infinie. Cette idée heureuse a été exécutée par lui avec talent et succès ; elle a eu depuis des imitateurs nombreux. M. Petibon a réussi à fondre, pour l’usage des relieurs, des ornements en cuivre et des lettres capitales d’une exécution fort nette. Un grand nombre de caractères de formes variées, plus ou moins heureuses, ont été gravés par lui avec tàlént. Tous les objets qu’il a exposés ne l’avaient point en-
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- core été, et ont para aux yeux du» jury mériter à M. Petibon la médaille de bronze qu’il lui décerne.
- MM. DUHAULT, RENAULT et CONSTANCE, à Paris, rue de Yaugirard, 59.
- MM. Duhault et Renault, secondés de M. Constance, inventeur d’un système simple et très-avantageux pour remplacer les anciens blocs fondus plein en métal par des blocs très-légers, mais fort solides, ont rendu un véritable service à l’imprimerie. Au moyen d’un certain nombre de combinaisons ces blocs peuvent être disposés de manière à supporter toute espèce de clichés, quelles qu’en soient les dimensions. Par là on évite de fondre perpétuellement des blocs pour chaque dimension de clichés; il suffit d’avoir un assortiment de ces nouveaux blocs dont le noyau en bois blanc desséché est recouvert de plomb. L’expérience a prouvé que ces blocs ne se déjettent ni à l’humidité ni à la sécheresse.
- Les mêmes fondeurs exécutent des garnitures perfectionnées pour encadrer les pages. Leurs filets en cuivre dits systématiques pourront par leur bas prix remplacer avec avantage les anciens fdets.
- Le jury décerne à MM. Duhault, Renault et Constance une médaille de bronze.
- MM. THOREY et VIREY, à Paris, rue de yaugirard, 90.
- Leur fonderie s’accroît en importance. Les carac-
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- tères gravés par MM. Thorey et Yirey sont fort estimés des imprimeurs et méritent de l’être; ils ne sont ni trop lourds ni trop maigres ; un caractère n° 7 est d’une exécution parfaite.
- Le jury accorde une médaille de bronze à MM. Thorey et Yirey. .
- M. MICHEL, à Paris, rue Saint- Benoît-Saint -Germain , 32.
- Jusqu’à présent, pour obtenir, un cliché d’une gravure en bois, on enfonçait le bois dans du plomb au moment où, mis en fusion, il est près de se figer, et dans cette matrice, ainsi obtenue, on retirait un cliché d’un métal composé de plomb et d’antimoine.
- Plusieurs inconvénients sont attachés à ce procédé. En effet pour obtenir la matrice il faut une grande habileté, afin de saisir juste le moment où le plomb se fige pour y enfoncer le bois gravé; car s’il est trop chaud il brûle ou fait fendre le bois, s’il est trop froid il l’endommage ou même il l’écrase. Puis, pour obtenir le cliché, si la matière est trop chaude, elle fond la matrice en plomb, et si cette matière est trop froide elle endommage la matrice.
- M. Michel évite tous ces inconvénients au moyen de ses clichés bitumineux. La reproduction du bois est parfaite, et pour l’obtenir il n’endommage en rien les originaux. La dureté de la composition bitumineuse qui compose ces clichés est telle qu’on peut les imprimer à un nombre presque indéterminé , puisque jusqu’à présent on n’a pas eu occa-
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- sion d’user ceux que M. Michel a exécutés, et qui cependant ont tiré des nombres considérables.
- Le seul inconvénient qu’on reprochait aux clichés de M. Michel, il y a, quelques années , c’était d’éprouver quelquefois des fissures; cet inconvé-? nient n’existe plus.
- Le jury décerne à M. Michel une médaille de bronze pour cette heureuse invention.
- M. LUNDY, à Paris, rue de Thorigny, 12.
- M. Lundy a exposé des dessins et gravures qui, par leur perfection, appartiennent plutôt à l’exposition des beaux arts qu’à celle de l’industrie. Cependant comme ses travaux calligraphiques servent à l’ornement des livres, et sont une parfaite imitation des manuscrits, le jury accorde une médaille de bronze à M. Lundy pour les beaux dessins et la belle exécution des planches, qui ont servi soit à des titres de la collection orientale publiée par l’imprimerie royale, soit à des imitations" de manuscrits reproduits dans le bel ouvrage de la Paléographie, publié par M. Sylvestre.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- M. CONSTANTIN aîné, à Nancy (Meurthe),
- A exposé les produits de sa fonderie, qui est fort estimable. En 1826 et i834 elle a été honorablement mentionnée. Elle mérite encore cette année la mention honorable que le jury lui renouvelle.
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- M. LOMBARDAT, à Paris, rue du Four-Saint-Jacques ,8.
- Les travaux de M. Lombardat ont été mentionnés honorablement en 1834 et I83g. Cette année il a exposé de nouveaux caractères, qu’il a gravés avec soin, et plusieurs ornements fondus en cuivre sur des proportions régulières en sorte que les relieurs peuvent composer dans des boîtes, des dos et des plats qu’ils disposent au moyen de cadrcits , et par un seul coup de balancier ils obtiennent des impressions en or avec une grande économie de temps. Les relieurs et doreurs ont attesté l’avantage qu’ils retirent du procédé de M. Lombardat; les nouveaux produits exposés par M. Lombardat lui méritent la même distinction qu’il avait déjà obtenue à l’exposition précédente.
- M. COLSON, à Clermont-Ferrand ( Puy-de-Dôme),
- A exposé un nouveau système pour fondre plusieurs lettres gravées en un seul groupe, etcomposant des syllabes, afin d’épargner à l’ouvrier compositeur une perte de temps, puisqu’au lieu de plusieurs lettres, il lève en une seule fois un groupe de lettres. Ce moyen a été tenté plusieurs fois, mais on a reconnu que les inconvénients étaient plus grands que l’avantage que ce procédé peut offrir.
- M. Colson a exposé, en 1839, des fontes de caractères exécutées avec un alliage extrêmement dur, et il a obtenu une mention honorable.il a exposé cette année de nouvelles fontes de ce même métal, mais
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- sans donner aucune indication qui puisse éclairer l’opinion du jury.
- Le jury confirme à M. Colson la mention honorable qu’il a obtenue en i83q.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. ROBINET, à Vaugirard (Seine), rue Mademoiselle , 21 ,
- Est un de nos meilleurs graveurs ; son burin est élégant, mais M. Robinet sacrifie trop au désir de donner à ses déliés une grande finesse ; les caractères ainsi gravés sont d’un usage moins durable et sont moins favorables à la lecture. L’entente du rapport entre les déliés et les pleins qui doit êtré proportionnée aux diverses grosseurs d’œil des caractères, est une partie de l’art de la gravure qu’on ne saurait trop recommander aux réflexions des graveurs de lettres. Une page en arabe, imprimée avec les caractères que M. Robinet a gravés, est fort remarquable , le caractère est suffisamment nourri et représente parfaitement l’écriture des beaux manuscrits arabes.
- Le jury, appréciant le mérite de M. Robinet, accorde une mention honorable à ses travaux.
- MM. BARA et GÉRARD, à Paris, rue des Poitevins, 7,
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- Ont exposé une série de gravures sur bois qui sont remarquables par leur belle exécution*, les têtes des
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- personnages, ce qui est le plus difficile à bien rendre par la gravure en bois, sont en général très-habilement touchées, et méritent la mention honorable que leur accorde le jury.
- MM: DUPREY-DUVORSENT frères, à Paris, rue Saint-Jacques, 59,
- Ont exposé des caractères d’imprimerie fort bien exécutés ; leur fonderie a succédé à celle de M. Dumont,-et ils ont acquis le fond de vignettes de M. Thompson. Les caractères qu’ils ont exposés sont d’une forme agréable; le jury décerne à MM. Duprey-Duvorsent frères une mention honorable.
- M. CURMER (Alphonse-Alexandre), à Paris, rue
- Saint-Germain-des-Prés, 10 bis.
- M. Curmer a exposé des clichés fort bien exécutés , d’après le. procédé ordinairè, qui consiste à mouler en plâtre. Les essais pour stéréotyper, avec des moules exécutés en papier superposé sur une pâte de la composition de M. Curmer, paraissent devoir présenter de bons résultats. C’est ce qu’une plus longue expérience décidera ; jusqu’à présent, ce procédé, malgré les avantages qu’il présente, n’a pu généralement prévaloir. Si d’après les essais très-satisfaisants que M. Curmer a présentés , il parvient à surmonter les difficultés qui empêchent les lettres de conserver sur le cliché une hauteur toujours égale, il aura rendu un grand service à la typographie.
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- Le jury décerne à M. Curmer une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- MM. GALLAY et GRIGNON, à Paris, rue Poupée ,7,
- Ont exposé un cadre d’imprimerie composé de vingt-six mille pièces , ce qui prouvé la justesse avec laquelle ces vignettes ont été fondues. L’établissement de MM. Gallay et Grignon date de i834, et acquiert de l’importance. Le jury décerne à leurs produits la citation favorable.
- M. DEUPÈS, à Paris, rue des Fossés-Saint-Ger-main-l’Auxerrois, A3*
- Par un procédé quilüi est particulier,, M. Deupès trace sur le papier des modèles d’écriture qui guident les écoliers et ceux qui veulent perfectionner leur écriture. Il suffit de suivre avec la plume les points qui indiquent les contours des lettres. Par son procédé, il livre ses modèles à des prix inférieurs à ceux que la lithographie peut fournir.
- La méthode de M. Deupès, approuvée par le ministre de l’instruction publique, mérite d’être citée favorablement par le jury. .
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- § 2. IMPRIMERIE.
- Considérations générales.
- Pendant deux siècles et demi P imprimerie était restée stationnaire ; les progrès inhérents aux principes créés par les inventeurs de cet art avaient été lents et faibles jusqu’au moment où les belles éditions dites du Louvre, exécutées d’après ces anciens principes, mais portés au plus haut degré de perfection, furent proclamées à l’exposition de l’an IX, les plus belles productions de tous les pays et de tous les âges.
- C’est à ce moment qu’une révolution complète s’opère, et que chaque année l’art typographique voit les changements remplacés par de nouveaux essais qui se succèdent sans relâche. Tout se renouvelle, et dès lors s’expliquent tant de récriminations et tant d’éloges adressés à l’imprimerie selon le point de vue où chacun se place.
- . Le stéréotypage immobilise les textes, rend les réimpressions plus correctes et moins coûteuses , et les multiplie incessamment.
- Les anciennes presses en bois sont remplacées par des presses en fonte qui successivement disparaissent devant les machines à cylindre que la vapeur met en mouvement.
- L’ancien système de fabrication du papier à la
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- main avec des pâtes battues lentement par des maillets en bois, est remplacé par les admirables machines à papier continu dont la pâte est broyée par des cylindres tournant avec une étonnante rapidité.
- Aujourd’hui, de nouvelles machines apparaissent qui voudraient exécuter ce qui semblait devoir rester à jamais le partage de l’homme instruit et habile, la composition des lettres.
- . Une foule d’autres modifications telles que les rouleaux d’imprimerie en gélatine et mélasse, remplaçant les anciens tampons en peau, les encres modifiées tantôt en bien;, tantôt en mal ; les caractères fondus par des moules multiples, le clichage des gravures en bois et en cuivre, enfin d’autres procédés ont apporté leurs avantages et leurs inconvénients ; mais ce qui est bon finit toujours par l’emporter, et c’est le temps,
- ce meilleur des juges, qui décide sans appel; c’est
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- lui qui nous signale les améliorations réelles, et fait souvent disparaître ce qui avait paru d’abord excellent. Mais enfin, après quarante ans de tentatives approuvées ou condamnées par l’expérience , les progrès de la typographie approchent du terme où toute industrie doit, s’arrêter.
- Il ne faut donc point s’étonner si les livres créés pendant les époques de transition ont éprouvé les effets inhérents à ces nouveaux ‘sys-
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- tèmes, et si Faction du temps, cet élément qu’on ne saurait toujours faire entrer dans les calculs humains, a trompé les prévisions. Lorsqu’on employait ces beaux papiers si supérieurs en blancheur et en égalité aux anciens papiers, on ne soupçonnait pas que, par l’effet de procédés auxquels on a remédié, ils allaient jaunir, se tacher et tomber en poussière. Ces encres dans lesquelles on faisait entrer de nouveaux principes, étaient pures et brillantes, mais le temps devait les décomposer. Ces mécaniques, dont la prodigieuse célérité est, relativement à celle des presses à bras, non moins étonnante que l’était la célérité de celles-ci, par rapport à l’écriture, nous étaient imposées par ce besoin impérieux de reproduire et de multiplier la pensée aussi rapidement qu’elle est conçue. Mais combien leur travail fut longtemps inférieur à celui des presses à bras les plus
- médiocres, il en fut de même de toutes les autres
- »
- inventions qui concourent à la fabrication des livres.
- Le public, qui profite à la longue de tous ces essais tentés à grands frais par l’industrie , pour produire mieux, et surtout à meilleur marché, eut sans doute raison de se plaindre, puisque ce sont ces plaintes qui forcent à chercher de nouveaux moyens de mieux faire., mais cependant il doit’tenir compte à ceux qui, pour ne pas rester
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- stationnaires, ont si souvent compromis leur fortune, des efforts qu’ils ont faits et qui, en définitive , tournent à l’avantage de la société.
- Depuis quelques années, les livres sont à l’abri des inconvénients qui leur étaient reprochés ; on peut même affirmer que la perfection qui n’était autrefois le partage que d’un petit nombre d’imprimeriesest maintenant tombée dans le domaine public; car il est facile à quiconque le veut
- de bien imprimer, du moins sous le rapport ma-
- \
- tériel. C’est là sans doute un grand progrès ; mais ce qui distingue toujours certaines imprimeries, c’est le soin constant apporté à la correction, c’est un certain goût qui n’est pas toujours le fruit de l’étude, et qui veut qu’une simplicité élégante soit proportionnée à chaque genre d’ouvrages. Enfin, c’est le grand talent de savoir concilier'les exigences du bon marché avec la qualité des produits. Sous ce rapport on ne saurait trop recommander l’emploi, d’encres de bonne qualité et qui ne maculent pas. L’exposition prochaine nous apprendra si les nouveaux essais tentés dans ces derniers temps produiront les améliorations qu’ils donnent lieu d’espérer.
- Mais par quelle fatalité cette belle et noble-profession a-t-elle toujours été si malheureuse ?, est-ce que son union avec les belles-lettres était une nécessité pour elle d’en partager le sort?' Cette
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- profession exige de l’instruction, des capitaux ; ceux qui l’exercent ont de la probité et une incessante activité. Peu de carrières sont aussi laborieuses que celles d’un imprimeur, et cependant combien, de catastrophes ont frappé aussi bien ceux qui étaient à la tête de l’imprimerie par leur instruction et l’importance de leur établissement, que ceux qui exerçaient humblement et péniblement cette ingrate carrière ? Tandis qu’autrefois les imprimeries se perpétuaient dans les familles, nous voyons successivement le nom des titulaires changer avec une étonnante rapidité, et ce qui n’est pas moins déplorable, c’est que la presque totalité de ces mutations ne s’opère à Paris que' par les ventes à l’encan, faute de pouvoir transmettre une imprimerie de gré à gré.
- Cependant, l’imprimerie qui est à la fois une institution littéraire, commerciale et même politique, puisque le nombre des brevets est limité, devrait, prar cela même qu’elle est dans une position exceptionnelle, voir ses brevets, qu’elle a acquis à titres onéreux, croître de valeur, comme toutes les autres commissions concédées par le gouvernement; cependant il n’en est rien, mais il ne convient pas ici de traiter cette question d’économie politique.
- On doit donc savoir gré à ceux qui exercent cette profession des efforts qu’ils font pour en
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- soutenir l’honneur. Le jury est heureux de pou-r voir signaler les importants progrès obtenus depuis la précédente exposition dans les diverses branches qui constituent l’imprimerie, tant à. Paris que dans les provinces qui ne sont point restées en arrière de ce grand mouvement.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. DUYERGER, à Paris, rue de Verneuil, A.
- A l’exposition de i834, dont M. Charles Dupin fut rapporteur, il s’exprimait ainsi ; «Lorsque les travaux de M. Duverger auront produit tous leurs effets, il aura droit à la récompense du premier ordre : dès à présent, il est très-digne delà médaille d’argent. » Elle lui fut alors décernée pour ses premiers essais de composition et d’impression de la musique par le moyen delà typographie ,.età Taide de procédés fort ingénieux de son invention.
- Depuis i834,, ce qui n’était encore qu’à l’etat d’essai est tellement passé à l’état pratique, que les élèves et ouvriers de M. Duverger ont pu , en combinant une partie de ses procédés avec les' anciens, établir une concurrence qui tourne au profit du public.
- Les procédés de M. Duverger sont excellents, et il s’occupe toujours à les perfectionner. Depuis i834> cet habile typographe a produit un grand nombre d’ouvrages de musique qui ont eu plusieurs réim-
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- pressions, entre autres le Solfège de Rodolphe, qui est aujourd’hui à sa neuvième édition, Y Enseignement élémentaire de Wiïhem, etc., etc. Indépendamment des ouvrages que publie pour son propre compte M. Duverger, ou qu’il imprimepour les éditeurs, c’est chez lui ordinairement que les imprimeurs de Paris et des départements s’adressent lorsqu’ils ont des passages de musique à intercaler dans les ouvrages qu’ils publient.
- Si M. Duverger s’était borné là, il aurait sans doute le droit de revendiquer les promesses qui lui ont été faites et qu’il a si bien réalisées; mais M. Duverger a voulu rendre un service non moins grand à l’étude de la géographie. Par un procédé très-simple et très-ingénieux, il incruste dans des tables de plomb des filets très-minces en cuivre, au moyen desquels il dessine avec beaucoup de précision les contours des rivages et des fleuves, puis partout où il est nécessaire, il applique les noms des villes et des pays, qu’il cliché et découpe, en les ployant de manière à ce que ces mots ne tiennent pas plus de place que sur les cartes gravées en taille douce. Ces mots sont soudés ensuite sur la table de plomb, en sorte que ces cartes, très-claires et très-lisibles, peuvent s’imprimer à la presse mécanique et économiser ainsi les trois quarts des frais qu’exige l’impression en taille douce. On est donc assuré d’avoir désormais, dans les écoles, des cartes géographiques à un très-bas prix ; elles seront d’autant plus utiles pour l’étude, qu’on peut se procurer séparément : i° les cartes avec le contour seul des mers et des rivières ; 2° 1rs mêmes avec les po-
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- sitions des villes; 3° les mêmes avec les noms de villes.
- Ces cartes ne sauraient sans doute rivaliser, sous le rapport de la belle exécution, avec celles que M. Firmin Didot père exposa en 1829, et qui, par des procédés plus compliqués, et par conséquent plus dispendieux, offraient les grands avantages qui ont été signalés dans le rapport qu’en a fait alors M. Héricart de Thury , mais les résultats que M. Duverger a obtenus par des procédés différents , plus simples et plus économiques, n’en placent pas moins cet habile typographe dans une position exceptionnelle.
- Comme imprimeur, il a publié un ouvrage d’un grand intérêt pour la typographie , et dont il a lui-même rédigé le texte. C’est l’Histoire de l’invention de l’imprimerie parles monuments, 1 vol. in-4°, offrant les fac-similé des premières impressions dès l’origine de l’imprimerie, qu’il a reproduites avec des caractères absolument identiques aux éditionsprin-ceps si rares et si recherchées des amateurs; ainsi on voit dans ce bel ouvrage le fac-similé, imprimé à s’y méprendre, .de pages entières des deux Bibles publiées à Mayence par Guttemberg, avec des caractères différents. Ces caractères ont été gravés et fondus exprès, ce qui a occasionné de très-grandes dépenses à M. Duverger; mais il a pensé qu’on ne pouvait mieux célébrer la fête de l’inauguration de la statue de Guttemberg en 1840, que par la reproduction des œuvres attribuées à cet inventeur et fondateur de l’imprimerie typographique.
- JNous rappellerons de plus que, lors de la révolu-
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- tion de juillet, Mi Duverger prit la direction de l’imprimerie Royale, dès le 29 juillet. De pareils' titres sont de justes droits à la médaille d’or que le jury lui décerne comme récompense des services qu’il a rendus à l’art typographique.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. LACRAMPE et Cie, à Paris, rue Damiette, 2.
- MM. Lacrampe etCie ont obtenu, en 1889, la médaille d’argent que leur a méritée le soin constant qu’ils apportent à leurs impressions typographiques. Personne ne saurait les surpasser, par l’art avec lequel ils savent donner aux vignettes gravées sur bois tout l’effet qu’on en peut obtenir. C’est chez eux qu’a été imprimée la gravure sur bois exécutée par MM. Best et Leloir, d’après un dessin au lavis.
- Le voyage en Zig-Zag, lelivre de Silvio Pellico, les Chansons de Béranger, sont des chefs-d’œuvre typographiques.
- L’édition de Racine, publiée par M. Lefèvre, prouve que MM. Lacrampe et Cie savent aussi bien imprimer les textes que les vignettes.
- Rien de plus parfait que l’ouvrage intitulé : Gi-selle }1oùutoutes les difficultés de la typographie sont réunies..Les tirages en couleur font de ce livre un œuvre hors de ligne quant à la beauté de l’impression. ,
- Le jury'apprécie les effoi ts que font MM. La-
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- crampe pour porter au plus haut degré de perfection leur imprimerie, quia pris un grand accroissement depuis la précédente exposition. Elle occupe maintenant trente presses à bras et deux mécaniques, dontl’uneimprime le journal l'Illustration. Le jury rappelle à MM. Lacrampe et Cie la médaille d’argent que leurs travaux leur ont si justement acquise.
- M. PAUL DUPONT, à Paris, rue de Grenelle-Saint-Honoré, 55.
- L’imprimerie et la librairie de M. Paul Dupont ont rendu de très-grands services à l’administration. La librairie spéciale qu’il a fondée est considérable et justement appréciée. Ses journaux, ses ouvrages et ses modèles ont puissamment contribué à donner aux maires et aux employés les moyens de simplifier leurs services administratifs, et de leur en rendre l’exécution plus facile.
- L’imprimerie de M. P. Dupont est considérable : une machine à vapeur y met en mouvement six presses mécaniques ; elle a de plus vingt presses à bras et treize presses lithographiques qui impriment quinze mille rames de papier.
- Dans le rapport fait à la précédente exposition par un juge qui réunit le savoir de l’artiste à celui de l’érudit, sont établis les titres de chacun aux prétentions apportées à la typolithographie ou reports sur pierre des caractères d’imprimerie; jusqu’à présent ces procédés n’ont présenté dans les applications ni la perfection ni l’avantage qu’on en pouvait espérer. Cependant plusieurs ouvrages ont pu être complétés par les soins de M. Dupont, et plusieurs
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- anciennes gravures sont reproduites avec succès. Les nouveaux procédés employés par son frère, M. Auguste Dupont, à Périgueux, sont appréciés à l’article Lithographie.
- Les travaux constants de M. P. Dupont, les services qu’il rend à l’administration et l’importance de son établissement, sontde justes titres pour mériter le rappel de la médaille d’argent que le jury lui a décernée en 183g.
- M. DESROSIERS, à Moulins (Allier).
- M. Desrosiers s’est distingué parmi ceux qui, les premiers, ont donné dans les départements l’exemple du dévoûment à leur art, et n’ont pas craint d’entreprendre des ouvrages qui rivalisent avec ce que la capitale a produit de plus parfait; aussi a-t-il mérité que le jury récompensât ses travaux par la médaille d’argent qui lui fut décernée en i834 et confirmée en 1839. M. Desrosiers mettant à contribution tous les talents des dessinateurs les plus célèbres, entreprend un ouvrage qui surpassera en importance et en mérite Y Ancien Bourbonnais, dont l’édition est maintenant épuisée. Cette entreprise a coûté 160,000 fr., et il est honorable pour la province, dont elle retrace l’histoire, d’avoir ainsi encouragé le zèle et le talent de l’éditeur.
- Le nouvel ouvrage, dont M. Desrosiers a exposé les huit premières livraisons composant le premier tome de la description de l’Ancienne Auvergne, formera trois volumes, plus un atlas de 160 planches. L’expérience que M. Desrosiers a acquise par les travaux précédents s’est manifestée dans cette
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- belle publication par de nouveaux progrès qu’il a appliqués également à d’autres ouvrages importants sortis de ses presses, tels que l’essai sur les Églises romanes et romano-bjzantines du Puy-de-Dôme, etc.
- Le jury apprécie les travaux et la persévérance de M. Desrosiers, qui sont dignes des plus grands éloges, et lui rappelle pour la troisième fois , avec distinction , la médaille d’argent qu’il a si bien méritée.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. BÉTHUNE et PLON, à Paris, rue de Yau-girard, 36.
- Leur établissement occupe un des premiers rangs parmi les imprimeries les plus distinguées de Paris. L’exécution typographique des nombreux ouvrages qui sortent de leurs presses est en général très-soignée. On peut juger de l’importance des produits de cette imprimerie, puisqu’elle a six presses mécaniques et vingt presses à bras. M. Plon, qui dirige plus particulièrement les travaux typographiques, a été dès l’enfance initié à toutes les parties de son art, en sorte que la pratique ne lui est pas moins familière que la théorie.
- C’est chez MM. Béthune et Plon que M. Charpentier a fait exécuter presque toute sa collection d’ouvrages d’un format portatif contenant beaucoup de matières tout en étant agréable à lire; cette collection, connue sous le nom de Bibliothèque Char-
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- pentier, a lutté avec avantage contre les contrefaçons belges. On ne saurait rien voir de plus parfait en ce genre que le volume des poésies d’André Chénier imprimé à la mécanique, au prix de 7 fr. la rame.
- Parmi le grand nombre d’ouvrages ornés de gravures en bois, imprimés parM. Plon, on remarque les Faits mémorables cle b Histoire de France avec des gravures en bois dessinées par V. Adam, une édition de Roland Furieux, Y Iliade et Y Odyssée dé Homère, etc.
- L’ouvrage de SilvioPellico, intitulé Mes Prisons, est d’une exécution fort remarquable.
- Tout en louant la belle impression typographique du Petit Carême de Massillon , grand in-4°, on doit blâmer l’idée bizarre d’avoir songé à illustrer un tel ouvrage d’ornements en bois où sont représentés des objets qui n’ont et ne peuvent en effet avoir aucune analogie avec la gravité du texte.
- Le jury récompense les travaux de MM. Béthune et Plon en leur accordant une médaille d’argent.
- M. SILBERMANN, à Strasbourg (Bas-Rhin).
- M. Silbermann, dont l’établissement date du siècle précédent, a acquis une grande importance et s’est toujours distingué par un zèle exemplaire pour l’art créé par Guttemberg , cette gloire de Strasbourg. M. Silbermann, lors de la fête célébrée en 1840 pour l’inauguration de la statue de l’inventeur de l'imprimerie, a cru de son devoir de publier à ses frais un album typographique présentant l’ensemble des progrès de l’art depuis quatre cents ans.
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- Les premières pages sont consacrées à un aperçu historique sur l’imprimerie et sur l’art de la gravure en bois depuis le xve siècle jusqu’au xviii*. M. Heitz, imprimeur à Strasbourg , pour enrichir cet album , a prêté les planches originales gravées sur bois qui datent du xve siècle. Par une série de gravures des diverses époques, on suit les progrès de cet art jusqu’à nos jours, où il est porté si loin par le burin des Brevière et de Best et Leloir , qui ont fourni à cet album plusieurs sujets parmi lesquels on remarque des planches d’insectes et d’animaux gravées en relief sur cuivre; le fini et la précision du burin n’y laissent rien à désirer. On y voit aussi une grande planche exécutée par le procédé nouveau de M. Tissier et stéréotypée par M. Bedeau; les armoiries concédées aux imprimeurs par l’empereur Frédéric III en «47°» qui sont imprimées typographiquement en diverses couleurs; la statue de Guttemberg, exécutée par plusieurs planches imitant les peintures en camaïeu; une page de musique d’une admirable perfection, exécutée par le procédé typographique de M. Duverger; les vignettes métriques de Petibon ; celles de Deschamps, imprimées en couleur; les ca ractères chinois gravés et fondus par MM. Legrand; le caractère microscopique , gravé par M. Henri Didot pour l’inimitable édition d’Horace ; un caractère simulant à s’y méprendre l’écriture allemande gravé par Lœulliet; les caractères fondus sur le moule poîyamalype de H. Didot ; enfin tout ce qui concerne le stéréotypage et le cliehage se trouve réuni dans ce recueil, qui est terminé par
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- un choix des plus beaux types orientaux de l’Imprimerie Royale. Le titre de l’ouvrage, exécuté par plusieurs planches, apportant chacune leur couleur, est parfait de goût et d’exécution; il a été dessiné par M. Clerget, et les planches ont été gravées sur bois par M. Brevière.
- Dans un autre genre, l’ouvrage intitulé Code historique delà ville de Strasbourg, ne laisse rien à désirer au goût le plus sévère. M.Silbermann a donné à cet ouvrage des soins tout particuliers, et portés jusqu’à un tel scrupule, que dans ce gros volume in-/{.°, il n’est aucun mot qui soit coupé en deux à la fin des lignes, difficulté typographique qui rendrait ce livre remarquable s’il ne l’était à tous autres égards.
- M. Silbermann a donné une telle importance et une si grande perfection aux impressions typographiques en couleurs, qui font une spécialité remarquable de son établissement, que maintenant il exécute pour les pays étrangers des produits en ce genre qui étaient, il y a quelques années, fabriqués exclusivement par l'Allemagne et l’Angleterre.
- Le jury appréciant les travaux de M. Silbermann lui décerne la médaille d’argent.
- MM. DELCAMBRE et YUNG, à Paris, rue du Faubourg-Poissonnière, 5.
- Les tentatives faites depuis longtemps en Amérique et en Angleterre pour remplacer par des claviers mécaniques le travail de l’ouvrier compositeur
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- eu lettres ont échoué jusqu’à présent. Un de nos plus savants imprimeurs, maintenant membre de Académie française, M. Ballanche, réitéra cette tentative à Lyon , il y a vingt ans; mais ses efforts ne purent vaincre les difficultés presque insurmontables que présente cette opération, où l’intelligence ne saurait être complètement remplacée par les systèmes mécaniques, quelque ingénieux qu’ils soient. Sans doute on parvient au moyen des touches d’un clavier, faisant mouvoir des tiges qui ouvrent une soupape, à faire tomber successivement les séries de lettres rangées au-dessus de chaque soupape. Puis, par des rainures creusées sur un plan incliné, ces lettres, h mesure quelles s’échappent, glissent et vont se rendre par des canaux divers dans un réservoir commun, où un petit taquoir mécanique les pousse dans un grand composteur en cuivre. C’est ce qu’on voit faire avec une grande satisfaction par la machine extrêmement ingénieuse de MM. Del-carnbre et Yung.
- C’est déjà beaucoup d’avoir obtenu ce résultat; aussi ne saurait-on trop admirer cette charmante machine, qui remplit presque toutes les conditions désirables en ce qui concerne une des parties delà composition, qui consiste à lever la lettre. Cependant , malgré l’art avec lequel MM. Delcambre et Yung ont su combiner la longueur des canaux avec le temps plus ou moins long que met chaque lettre à les parcourir en raison de la pesanteur diverse des lettres, qui tantôt plus minces et tantôt plus épaisses, glissent plus ou moins rapidement, il arrive souvent que ces canaux s’engorgent par le con-
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- cours de plusieurs lettres qui s’y rencontrent. Cet accident est occasionné soit par l’effet d’un mouvement un peu trop précipité de la personne qui exécute sur le clavier les mots quelle lit, soit par l’effet de quelque corps étranger attaché à la lettre, ce qui entrave sa marche, soit lorsqu’une lettre toute neuve glisse plus vite que celles qui sont moins lisses.
- Pour obvier en partie à cet inconvénient, MM. Del-cambre et Yung ont pratiqué à divers endroits sur un des côtés des canaux une ouverture assez grande pour que, lorsque deux lettres viennent à s’y rencontrer l’une d’elles puisse tomber par cette ouverture etlaisse ainsi le passage libre à l’autre lettre qui continue sa course. Dans ce cas, il n’en résulte qu’une faute dans la composition provenant du manque de la lettre tombée, accident qui est réparé par la personne chargée de justifier les lignes à mesure que les caractères se rangent sur le grand composteur. Gomme cette personne est obligée de relire la ligne, c’est alors qu’elle remplace la lettre manquante dans la composition. Mais ce qu’il y a de fâcheux, c’est que malgré cette ouverture ménagée pour éviter l’engorgement des canaux, cet accident se reproduit de temps en temps.
- Malgré cet inconvénient, la machine de MM. Del-cambre et Yung lève 3,5oo lettres par heure, soit pour une journée de dix heures 35,ooo lettres*, la personne qui touche le clavier pourrait même faire descendre un plus grand nombre de lettres, mais elle est obligée de s’arrêter de temps en temps pour attendre que la personne qui justifie les lignes
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- et fait les corrections puisse suivre la rapidité de son exécution.
- Un ouvrier compositeur travaillant à sa casse peut lever dans sa journée (dix heures de travail) 10,000 lettres. Les ouvriers qui composent les journaux sont tenus de lever i,5oo lettres à l’heure; mais indépendamment de l’opération de lever la lettre, l’ouvrier, à mesure qu’il compose, justifie ses lignes , corrige les fautes qu’il commet, puis il distribue les caractères dans les casses pour pouvoir continuer son travail avec les matériaux qu’il range au fur et à mesure de ses besoins.
- Pour les 10,000 lettres qu’il compose dans sa journée l’ouvrier reçoit . . . . 5 fr.
- Ainsi, par la méthode ordinaire,
- 35,ooo lettres coûteraient. . . . 17 fr. 5o c. (1)
- ( 1) Pour obtenir les mêmes résultats par la machine à composer de MM. Delcambre et Yung, si on employait des ouvriers, il
- faudrait :
- 1° Un ouvrier touchant le clavier..................... 5 IV.
- 2° Un ouvrier justifiant les lignes................... 5
- 3° Un ouvrier pour corriger les fautes commises par l’ouvrier qui touche le clavier, et réparer le trouble apporté par l’engorgement des lettres dans les
- canaux..................................... » 5
- 4° Un ouvrier pour distribuer les lettres dans les casses. 5 5° Un ouvrier pour placer sur des longs composteurs en
- bois les lettres distribuées dans les casses.... 5
- (i° Un enfant pour saisir avec des pinces les caractères placés sur les composteurs en bois, et les insérer dans les rainures affectées à chaque lettre qui sont
- placées au-dessous des touches. . .............. 2,
- Total................27.
- Il faut, en outre, compter le temps qu’exige la composition,
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- Au moyen de la machine de MM. Delcambre et Yung, et en remplaçant par des femmes et des enfants le travail des ouvriers compositeurs, on obtiendrait une réduction de 4 à 5 fr. sur ce prix de 17 fr. 5oc.; mais cet avantage sera-t-il assez grand pour décider les imprimeurs, surtout en province où le prix payé aux compositeurs est moindre qu’à Paris, à adopter ces mécaniques ingénieuses? Le temps nous l’apprendra.
- Peut-être MM. Delcambre et Yung, qui, avec tant de persévérance et de talent, ont déjà vaincu de grandes difficultés, pourront parvenir à éviterles engorgements des caractères dans les canaux et trouver quelques moyens économiques pour la distribution des caractères. Déjà peu de jours avant la clôture de l’Exposition, M. Chaix a présenté une machine au moyen de laquelle l’ouvrier distribuerait les caractères d’après le procédé ordinaire, mais dans des casses à trémie d’où les lettres en retombant iraient cl’elles-mêmes se ranger sur un composteur, ce qui supprimeraitune des opérations exigées par le système de MM. Delcambre et Yung. D’autres systèmes sont annoncés et même sont en
- par les procédés ordinaires , des mots en petites capitales, des signes mathématiques, etc., qui ne peuvent trouver place dans cette machine.
- Mais comme par ce procédé une partie du travail est moins pénible que celui de la composition par la méthode ordinaire, on peut le faire exécuter par des femmes, et diminuer par conséquent le prix de. moitié; c’est ce que font MM. Delcambre et Yung. Dans l’imprimerie de M. Lévi, où travaille une de leurs machines , ce sont des femmes qui font toutes les opérations , et il en résulte une diminution considérable.
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- voie d’exécution ; on peut donc espérer qu’à l’exposition prochaine cette importante question pourra peut-être se voir résolue. En attendant, le jury apprécie le mérite de la machine de MM. Delcambre et Yung, auxquels il accorde comme récompense la médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. BEAULÉS frères, à Paris, rue Saint-Julien-le-Pauvre, A.
- Les certificats des imprimeurs les plus en renom de Paris, attestent que les diverses qualités d’encre fabriquéesparMM.Beaulés frères, sontde très-bonne qualité. MM. Beau’lés frères sont en effet avantageusement connus par le soin qu’ils apportent à leurs produits qui sont recherchés même à l’étranger. Pin nouveau procédé adopté récemment donne l’espoir que les encres, même d’un prix très-modique, ne jauniront plus , et en effet, on a remarqué déjà une grande amélioration à cet égard; mais elle doit être confirmée par un plus long usage pour que le jury puisse proclamer la complète réussite de ce procédé.
- MM.Beaulés frères méritent à tous égards le rappel de la médaille de bronze que le jury leur décerne.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. SCHNEIDER et LANGRAND, à Paris , rue d’Erfurth, 1.
- Leur imprimerie se recommande par son importance et par les belles éditions qui sont sorties de ses presses. Nous citerons, entre autres, l’ouvrage intitulé : le Jardin des Plantes, publié par M. Du-bochet. MM. Schneider et Langrand ont exposé un tableau représentant divers sujets tels que l’intérieur de Saint-Etienne-du-Mont, qui semble être colorié à la main, mais qui est le résultat de l’impression de vingt-huit planches gravées sur bois, qui chacune apporte sa couleur. C’est pour la première fois que MM. Schneider et Langrand exposaient, et le jury se plaît à proclamer que leur imprimerie se place déjà parmi les plus renommées. Une médaille de bronze est accordée à leurs travaux à titre de récompense.
- M. MIGNÉ, à Châteauroux (Indre).
- M. Migné , imprimeur à Châteauroux , exposait pour la première fois, et vient prendre avec honneur son rang parmi les typographes distingués. Le livre qu’il publie, intitulé : Esquisses pittoresques du département de l’Indre, est très-bien conçu.et très-bien exécuté. M. Migné a eu l’heureuse idée, d’encadrer son texte d’ornements composés de tout ce que son département offre de plus intéressant; ici il emprunte une frise, là une armoirie, un costume, un dolmen , des ornements gothiques, des
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- chapiteaux et détails d’architectures, des bas-reliefs, des sceaux, des monnaies, des boiseries, etc. Des vues plus complètes sont placées au haut et au bas des pages, d’autres sont publiées séparément par lithographie , en sorte que dans ce département, il n’est rien qui ne soit reproduit dans cet ouvrage.
- Pour obtenir ce résultat, M. Migné a fait parcourir tout le département par des dessinateurs, et il a introduit la lithographie à Chàteauroux, où elle n’existait pas. Par la réunion de ces arts divers, M. Migné a fait un fort beau livre qui mérite nos éloges.
- Le jury proclame le mérite de M. Migné, et lui décerne une médaille de bronze.
- M. CRÉTÉ, à Corbeil (Seine-et-Oise),
- À exposé plusieurs ouvrages qui recommandent cette imprimerie établie en 1829, et qui occupe maintenant dix presses et deux mécaniques. Ses livrés d’église avec ornements gravés en bois, et quelques autres irnpressions rehaussées d’or, prouvent que cet établissement peut rivaliser avec ceux de Paris.
- Dans les impressions exécutées en coùleurs diverses, M. Crété a prouvé qu’il pouvait exécuter les choses les plus difficiles.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- • - V.
- MM. ARDANT frères, à Limoges ( Haute-Vienne).
- L’établissement de MM. Ardant frères, à Limoges,
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- •rend de grands services à l’instruction par la modicité des prix auxquels il.publie les livres qui s’y fabriquent. L’exécution en est satisfaisante et ne îdépasse pas le but auquel ils sont destinés.
- Neuf presses et deux doubles mécaniques, mues par une machine hydraulique de là force de six chevaux , produisent une fabrication qui s’élève à 5oo,ooo francs, ce qui suppose qu’un nombre au moins aussi considérable de volumes de piété et d’éducation , sont imprimés dans cet établissement. Le jury accorde à -MM. Ardant frères une médaille de bronze.
- MM. BARBOU frères, à Limoges (Haute-Yienne).
- Depuis 1568,1a famille des Barbou s’est distinguée dans la typographie ; les éditions 'qu’ils-exécutént à Limoges, sont remarquables par la modicité des prix. Chaque année, il sort de leurs ateliers un million de volumes grands ou petits dont la valeur est de 370,000 francs environ. Cent quinze ouvriers sont employés à leur imprimerie typographique, à leurimprimerie en taille douce et à leur fonderie de caractères ainsi qu’à leurs ateliers de reliure. Leur établissement occupe trois presses mécaniques, sept presses à bras, deux presses en taille douce, et deux fourneaux pour leur fonderie stéréotype. Il s’y consomme dix-sept mille rames de papier.
- Le jury décerne à MM. Barbou frères une médaille de bronze.
- M. CHARDON jeune, à Paris, rue Racine, 3.
- M. Chardon jeune a monté unétablissement très-
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- important pour l’impression des planches gravées en taille douce. Chez lui, une machine à vapeur est employée pour broyer le noir et lui donner le brillant qu’on remarque dans les gravures anglaises. Ses presses en fer sont cl’une parfaite exécution. L’emploi des fourneaux, pour chaufferies planches gravées, a été remplacé par des tuyaux chauffés à la vapeur.
- Les impressions exposées par M. Chardon jeune , particulièrement celles qui sont dites à la manière noire, sont très-remarquables et ne craignent point la comparaison avec ce qui a été fait de mieux en Angleterre, qui longtemps a excellé pour ce genre d’impression. Personne n’a surpassé M. Chardon jeune pour l’impression en couleur des planches en taille douce. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- Madame veuve BOUCHARD-HUZARD, à Paris, rue de l’Éperon, 7.
- L’imprimerie et la librairie de madame veuve Boucha'rd-Huzard , sont connues depuis longtemps par les ouvrages déstinés principalement à l’agriculture et à l’administration. Elle a exposé cette apnée un exemplaire du Panorama d’Egypte, qui est fort bien exécuté, et qui prouve que l’établissement de madame veuve Boucliard-Huzard esttou-jours en voie de progrès.
- A l’exposition précédente, le jury avait accordé à madame veuve Bouchard-Huzard une mention honorable. Il lui accorde maintenant la médaille de bronze.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. ARISTIDE, à Paris, rue Goquillière, 20.
- M. Aristide est le premier qui ait apporté des soins tout particuliers à l’impression des gravures sur Lois, et il a contribué par son exemple aux progrès que l’art typographique a faits en ce genre. Parmi les belles impressions qu’il a exposées, il est une gravure sur bois représentant la colonie agricole de Mettray, qui a tiré cent cinquante mille exemplaires. Les beaux tirages de M. Aristide sont exécutés par la presse mécanique de M. Dutartre.
- Le jury accorde une mention honorable aux travaux de M. xAristide.
- M. CHÀIX, à Paris, rue de Grenelle-Saint-Tlo-noré, 55.
- M. Ghaix a exposé un appareil pour laver les formes de caractères qui ont servi à l’impression. Il en sera rendu compte à l’article des machines. L’appareil qu’il nomme distributeur mécanique, n’a paru que peu dejoursavantla clôturede l’exposition. C’est une tentative ingénieuse pour abréger une opération exigée par la machine à composer de MM. Delcambreet Yung. En effet dans celle-ci, pour pouvoir replacer les lettres dans les réservoirs placés au-dessus des touches du clavier, on est obligé de les ranger auparavant sur un long composteur en bois. Là machine à distribuer qu’aexposéeM.Chaix pourra obvier à cet inconvénient, puisque l’ouvrier compositeur n’a qu’à placer dans chaque godet la lettre qu’il est destiné à recevoir, pour que cette lettre aille se
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- ranger d’elle-même dans des rainures d’où un ouvrier peut les prendre avec une pince et les reporter dans le réservoir placé au-dessus des touches du clavier. Reste k savoir combien de temps exigera à l’ouvrier le placement soigneusement fait et toujours dans le même sens, de chaque lettre, opération à laquelle ne sont pas astreints les compositeurs qui, par la méthode ordinaire, distribuent la lettre dans leur casse avec rapidité. L’usage fera connaître si ce procédé offre un avantage réel.
- M. Chaix annonce une machine de son invention au moyen de laquelle un seul ouvrier pourra composer, justifier, corriger et surveiller la réunion des lettres. En attendant que le temps constate l’utilité des machines exposées ou annoncées par M. Chaix, le jury leur accorde une mention honorable.
- M. MEYER, à Paris, rue Saint-Benoît, 7.
- L’impression typographique en couleur a fait des progrès à Paris et dans plusieurs villes des départements. Ainsi, k Strasbourg, M. Silbermann a exécuté avec succès parce procédé des imitations de vitraux.il y a dix ans, c’était en Allemagne et même en Angleterre, que les négociants français faisaient imprimer en couleur les étiquettes, adresses et enveloppes, etc., destinées aux objets de commerce. Maintenant quelques imprimeurs se sont livrés à ce genre de travaux qu’ils exécutent avec succès, et ils ont naturalisé chez nous cette branche d’industrie.
- Les procédés ingénieux dits k la congrève, employés avec succès en Angleterre, n’ont point réussi en France, où on se borne k imprimer k plusieurs
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- reprises avec des planches dont chacune apporte sa couleur; par ce moyen plus simple, mais plus dispendieux, des résultats très-satisfaisants ont été obtenus.
- M. Meyer a exposé un grand assortiment de vignettes, titres, couvertures, adresses, imprimés en couleur avec beaucoup de succès. On remarquait l’impression des armes d’Angleterre et de la maison d’Orléans, exécutées au moyen de plusieurs planches en bois gravées par Brevière , en couleurs très-vives. Parmi les armes, devaient figurer celles que l’empereur Frédéric III octroya aux imprimeurs en 1470 et qu’il leur dessina lui-même (1). On sait que les empereurs d’Allemagne faisaient partie d’une des corporations des arts et métiers, et que l’empereur Frédéric III, admirant l’invention toute récente de l’imprimerie, voulut faire partie de cette naissante corporation (2).
- Le jury apprécie les impressions en couleur de M. Meyer, et lui décerne une mention honorable.
- MM. DORÉ et Cie, à Paris, rue du Faubourg-Poissonnière, 113.
- MM. Doré et Cie ont créé, en 1840 , pour la fa-
- (1) On peut dire que l’imprimerie fut traitée d’une manière royale et princière par cet empereur, qui avait une imprimerie dans son palais. Le casque qui domine les armes des imprimeurs est, en blason, un attribut dont les seules armes royales et prin-cières peuvent être surmontées.
- (2) La maison de Brandebourg adopta cet usage des empereurs d’Allemagne de se faire inscrire parmi les membres d’une des corporations industrielles. On sait que Frédéric le Grand appar-enait à la classe des tourneurs.
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- brication des encres, un établissement fort bien conçu' ,et.qui.prend tous les jqurs un plus grand acr croissement.,Une machine,à vapeur met en mou-r -vement dix machines à broyer l’encre. Au moyen, d’un vernis dans lequel ils introduisent de, la- , térébenthine/ de Venise , et d’un filtre pour épurer le noir qu’ils calcinent, et dans lequel, ils introduisent du bleu par un moyen chimique, ils obtiennent de très-belle encre-dont les prix varient depuis. 20 fr. jusqu’à 12 fr. 5o cent, le kilogramme. Plusieurs chefs d’imprimeries importantes attestent le mérite des encres.de MM. Doré et Cie auxquelles le jury accorde une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. LAMBERT, à Paris, rue Basse-du-Rempart, 26.
- Les impressions de Mr Lambert .méritent d'être citées par la pureté de leur exécution. Tout ce que* M. Lambert a exposé est imprimé sous la-presse mécanique'de M/Dutartre. Le jury croit devoir recommander les travaux fde M. Lambert en* les citant favorablement.
- M3.1'ANN ER, à Brest (Finistère),
- A exposé en un volume in-4° les tables de Logarithmes de Mendoza. Il eût été à désirer que M. Anner, au lieu de-chiffres dits anglais, eût préféré, pour des pages aussi chargées de chiffres, l’emploi des chiffres ordinaires. 11 est reconnu que,
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- la lecture des chiffres anglais est plus difficile en raison de leur uniformité de grandeur. C’est en quelque sorte comme si on imprimait un livre tout en lettres capitales, au lieu d’employer le caractère ordinaire, dit bas de casse.
- Le jury pense devoir accorder à M. Anner la citation favorable.
- M. SUWERINCK , à Bordeaux (Gironde).
- M. Suwerinck, imprimeur à Bordeaux, a exposé un tableau synoptique présentant le résumé général de F Histoire des peuples, des cultes, et de la civilisation qui offrait des difficultés d’exécution, et qui mérite d’être cité favorablement.
- MM. TRÉNEL et CAYON-LIÉBAUD, àSaint-Ni-colas, près Nancy (Meurthe),
- Ont établi une imprimerie à Saint-Nicolas, près Nancy. Lorsque, au XVe siècle, l’imprimerie fut introduite en Lorraine, ce fut à Saint-Nicolas que les premières presses travaillèrent. Depuis le XVIIe siècle , il n’existait plus d’imprimerie en cet endroit. MM. Trénel et Cayon-Liébaud viennent de l’y rétablir. Parmi les ouvrages qu’ils ont envoyés à l’exposition, figurait une édition qu’ils ont faite de la Chronique de Ricber, format in~4° qui mérite la citation favorable que le jury accorde à cette imprimerie naissante.
- MM. BALIYET et FABRE, à Nîmes (Gard),
- Ont à Nîmes une imprimerie qui mérite d’être citée favorablement.
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- M. VERRONNAIS, à Metz (Moselle).
- M. Verronais, qui a succédé à son père, a àug-menté l’importance de son établissement en joignant à son imprimerie la lithographie et la librairie. Ses publications sont consacrées particulièrement à l’histoire du pays Messin, et méritent d’être citées favorablement parle jury.
- MM. ROYOL et DEPIERRIS, à Paris, rue des Quatre-Vents, 6 ,
- Ont exposé de nouveaux rouleaux typographiques qui paraissent offrir quelque avantage sur ceux qui ont été employés jusqu’à présent. Les rouleaux qui depuis quinze ans ont remplacé les anciens tampons en peau de chien, n’ont pas encore atteint le dernier degré de perfection désirable : la mélasse et la gélatine dont ces rouleaux sont formés les rend extrêmement hygrométriques, et les inconvénients qui en résultent sont trop fâcheux pour qu’on ne cherche pas avec persévérance à les améliorer. Les essais de MM. Royol et Depierris ont produit de bons effetsdepuis quelques moisqu’on en a faitl’essaidaris quelques imprimeries. MM. Lacrampe et Cie ont déclaré s’en servir avec succès depuis cinq mois.
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- § GRAVURE SUR BOIS , SUR CUIVRE $ EN RELIEF ET EN
- creux; sur étain, et sur zinc; gravure de
- CYLINDRES.
- Considérations générales..
- Il est à remarquer que la gravure sur bois ne*> commence à prendre de l’importance en Angleterre que du moment où la machine à papier y est mise en activité; c’est-à-dire quinze ans avant que la paix générale nous restituât cette invention française. Lorsque le papier mécanique commence à se répandre chez nous, la gravure sur bois y prospère aussi et s’accroît proportionnellement aux progrès de la fabrication du papier continu. En effet, ces deux arts sont liés ensemble;
- . sans doute très-anciennement on gravait sur bois, ' mais on peut juger par les planches que nous ont laissées les anciens graveurs, combien ceux- ci, pour faire concorder leur travail, avec la fabrication imparfaite du papier, étaient obligés de recourir à des tailles fortes et larges qui ne permettaient de reproduire aucun de ces effets qui rivalisent quelquefois avec la taille-douce ; pour les obtenir, il fallait cette égalité infaillible du papier continu et cette science dans la combinaison des pâtes qui empêche le papier d’être ni transparent ni revêche à l’impression ; il fallait
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- aussi des presses en fer d’une régularité parfaite et des encres perfectionnées.
- La gravure sur cuivre en relief imitant la gravure sur bois avec une grande perfection, a fait, à cette exposition, de nouveaux progrès. L’avantage de préparer sur le cûivre avec des acides les' tailles les plus fines du dessin que le burin du graveur creuse ensuite au degré nécessaire pour l’impression typographique, permet d’obtenirpar ce genre de gravures des résultats plus délicats qu’on ne le pourrait par la gravure sur bois. Celle-ci se trouverait même gravement menacée parla gravure en relief sur cuivre qui est àTabri des accidents auxquels les bois sont exposés lorsqu’on veut les multiplier par le clichage, si heureusement un procédé tout nouveau , inventé par M. Michel, pour obtenir en matière bitumineuse la reproduction des gravures sur bois, ne les eût préservées contre les dangers du polytypage.
- Nos graveurs, exécutent maintenant un grand nombre de planches, soit en bois soit en cuivre, pour les pays étrangers et même pour l’Angleterre, d’où nous venaient celles qui ont servi longtemps à nos publications dites illustrées. La Russie, l’Allemagne, l’Espagne , l’Italie et le Mexique s’approvisionnent de clichés de ces gravures qui ornent nos ingénieuses publications, dont les traductions sont partout multipliées.
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- Les bénéfices résultant de ces ventes de clichés à l’étranger permettent à nos éditeurs de consacrer des sommes de plus en plus considérables à ce genre de gravures, et il en résulte une perfection toujours croissante. Les dépenses pour un seul volume dépassent quelquefois cent mille francs, mais la vente est considérable, tant est devenu impérieux dans un siècle aussi impatient et aussi économe du temps, le besoin de voir d’un coup d’œil tout ce que la lecture ne nous expliquerait que plus longuement et en exigeant plus de peine.
- Beaucoup de procédés nouveaux de gravures en relief ont été tentés. Quelques-uns,ont produit des résultats satisfaisants, mais le temps ne les a pas encore sanctionnés.
- MÉDAILLE D’OR.
- MM. BEST, LELOIR et Cie, à Paris, rue Poupée-Saint-André-des-Arts, 7,
- Ont résolu le problème fort difficile de maintenir la perfection de l’art, tout en l’appliquant à l’industrie en grand. Le nombre immense de gravures que MM. Best, Leloir et Cie ont exécutées, et dont ils ont exposé une partie, est extrêmement remarquable par la pureté du burin et l’heureux effet de l’ensemble. Ces habiles artistes savent conserver
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- aux figures leur caractère, ainsi qu’on en peut juger par la représentation du tableau de la Mort de la fille du Tintoret, etc. Jamais avant eux l’architecture n’avait été aussi correctement reproduite par le moyen du bois; la perfection des détails ne nuit point à l’effet de l’ensemble. On en doit dire autant des paysages; enfin les animaux et les détails anatomiques sont' reproduits avec une rare perfection. Or, pour pouvoir suffire aux besoins qui chaque année s’accroissent avec une rapidité telle, que ce seul établissement produit cinq cents gravures par mois, il était à craindre que l’influence de la fabrique ne prédominât sur l'art. Heureusement il n’en est rien, et bien que les exigences du commerce ne leur permettent pas de finir tout avec le même soin, cependant le sentiment de l’art n’est jamais sacrifié.
- MM. Best et Leloir sont les premiers qui, renonçant à s’astreindre à couper sur le bois les tailles indiquées par le dessinateur et à n’être en quelque sorte qu’un instrument habile, mais servile , ont gravé des planches importantes sur bois d’après des dessins faits au lavis, ce qui, par conséquent, laisse au graveur tout à deviner pour rendre l’effet avec son burin ; cette difficulté n’en a pas été une pour eux. Par là ces habiles artistes se sont placés dans une position exceptionnelle.
- Comme objet d’art, le jury mentionne les gravures dites en camaïeu j exécutées par MM. Best et Leloir pour l’inauguration delà statue de Guttem-berg. Au moyen de plusieurs planches, ils ont obtenu des effets très-satisfaisants.
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- Leurs gravures en relief sur cuivre sont d’un fini et d’une précision tels, que très-souvent la taille douce ne saurait les surpasser ; et comme ce genre de gravure peut se reproduire éternellement parle poly typage, et qu’il est‘spécialement consacré aux objets d’histoire naturelle et d’anatomie,.il en est résulté que les Manuels enrichis de ces gravures sur cuivre ou sur bois sont devenus beaucoup plus complets et plus instructifs sans que le prix en soit augmenté. C’est un véritable service que la gravure en relief a rendu aux études.
- , MM. Best et Leloir ne gravent pas seulement pour Paris et les départements; leurs produits sont tellement recherchés, que même en Angleterre, où l’art de la gravure sur bois a été porté si loin, chaque mois ils envoient un grand nombre de gravures, qui, loin de redouter la comparaison, sont au moins égales et souvent supérieures à ce qu’on fait de mieux maintenant à Londres.
- MM. Best et Leloir, qui, en 1834, ont obtenu la médaille de bronze, et celle d’argent en 1839, méritent à cette exposition une médaille d’or que le jury leur décerne.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. FELDTRAPPE frères, à Paris, rue du Faubourg Saint-Denis, 152,
- Ont obtenu en i83qune médaille d’argent pour la perfection avec laquelle ils graventà la moletteleurs cylindres pour l’impression des étoffes. Lèursmoirés
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- surtout sont, très-remarquables. MM. JFeldtrappe frères ont gravé sur un cylindre l’empreinte d’un billet de banque (celui de la banque Laffitte). Une feuille de papier continu venant s’imprimer sur ce cylindre à mesure qu’elle se fabrique, est recouverte par une autre feuille de papier blanc qui se superpose sur cette feuille imprimée, en .sorte que l’impression du billet de banque se trouve intercalée entre ces deux feuilles.
- MM. Feldtrappe frères ont exposé en outre un grand nombre d’objets fort remarquables, qui leur méritent de plus en plus le rappel de la médaille d’argent qu’ils ont si bien méritée.
- MÉDAILLES D’ARGENT. , ' '
- M. BARRE, à Paris, hôtel des Monnaies, quai Gonti,'ll.
- M. -Barre, graveur général des monnaies, a exposé trois billets de banque exécutés en acier pour la banque deFrance et la banque de Rouen. M.-Barre, connu comme très^-habile graveur de médailles, s’est adonné également à la gravure en relief destinée à l’impression des billets de banque. Dans ces nouveaux billets, il s’est efforcé de déjouer , par des combinaisons artistiques, tous les efforts qu’on pourrait tenter pour les contrefaire, et le .meilleur moyen , celui qui Remporte sur tous, c’est la perfection.
- De tous les procédés employés jusqu’à présent, .la gravure . en velief appliquée ,à la typographie est
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- celle qui offre le plus de sécurité. En effet la rigidité d’aspect produite par la gravure sur acier , et les effets du foulage lors de l’impression, sont impossibles à rendre par le dessin à la plume, la taille douce, l’eau forte ou la lithographie ; la gravure sur bois ne donnerait point non plus une reproduction identique des planches d’acier gravées et imprimées typographiquement.
- Depuis quelques années, on trouve le moyen de transporter toutes les impressions typographiques sur la pierre, et par conséquent de les reproduire ; mais les procédés connus n’ont donné que des résultats assez grossiers ; la finesse des tailles n’y peut être reproduite; sur la pierre lithographique elles sont écrasées et s’élargissent.
- M. Barre, après de sérieuses réflexions, a adopté les meilleurs procédés ; et en accumulant les difficultés capables de décourager les faussaires, il a couvert ses dessins de travaux tantôt forts et serrés, tantôt très-légers , et pour ainsi dire fugitifs. Le talent qu’il a apporté à ces travaux longs et minutieux est de toutes les garanties la plus efficace. Le jury le reconnaît, et décerne à M. Barre une médaille d’argent.
- M. BUIGNIER, à Paris , rue des Vertus, 20.
- En i836, M. Buignier mit à exécution un procédé qui lui est particulier, par lequel il reproduit en fonte avec une grande perfection les objets de bijouterie et même d’art, dont on lui remet soit l’original (par exemple un insecte, un scarabée, un lézard, etc.), soit des modèles en plâtre ou en cire. Il les
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- moule avec une rare perfection , puis il fait durcir la fonte qu’il en retire, de telle manière qu’elle peut être enfoncée dans des coins ou matrices en acier à de très-grandes profondeurs. Ces coins ou matrices en acier servent ensuite de moule pour reproduire en un autre métal, tel qû’argent,cuivre ou plomb, les objets qu’on peut ainsi multiplier à l’infini, et dont M.Buignier donne une reproduction identique.
- Le prix de revient de ces matrices , alors même que le modèle est très-ouvragé ( car M. Buignier-exé-cute aussi bien les plus riches comme les plus simples modèles), est de 10 fr. le kilogramme, y compris l’acier forgé.
- Depuis le ier janvier iÔzju, M. Buignier exécute gratuitement ces matrices pour le commerce dé la.bijouterie , ne se réservant pour les estampages que la préférence à prix égal sur ses confrères estampeurs à façon. Comme c’est à M. Buignier que l’on s’adresse généralement, et qu’on apporte des modèles à exécuter, la collection de matrices qu’il a obtenues par son procédé s’élève déjà à plus de 5oo pièces. Elle doit former par la suite un ensemble très-curieux et fort utile.
- En i83q, le jury a décerné à M. Buignier une médaille de bronze. Il a depuis simplifié et perfectionné ses moyens d’exécution, et leur a donné une plus grande extension. Le jury de 1844 lui décerne une médaille d’argent.
- ni.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. CHERRIER, à Paris, rue Christine, 3.
- M. Cherrier est un graveur de talent. En 1839, il a obtenu la médaille de bronze qu’il continue à mériter, et que le jury lui rappelle pour les belles gravures sur bois qu’il a exposées.
- M. LACOSTE aîné, à Paris, rue des Marais-Saint-Germain ,20.
- M. Lacoste aîné a exposé un grand nombre de vignettes qu’il grave sur bois, et dont il vend les clichés à toutes les imprimeries de France et de l’étranger. Le jury, appréciant les constants efforts de M. Lacoste aîné, lui rappelle la médaille de bronze qu’il a obtenue en 1834 ? et flui ^ a été rappelée déjà en 1839. .
- Madame veuve LEBLANC, à Paris, rue du Fau-. bourg-Saint-Martin ,41.
- Madame veuve Le Blanc a exposé plusieurs cadres contenant des gravures de dessins industriels et de machines fort exactement reproduits, et dont la belle exécution mérite à madame veuve Le Blanc le rappel de la médaille de bronze qu’elle a obtenue à l’exposition de 1839.
- M. CLICQUOT, à Paris, rue Beaubourg , 50.
- Pour exécuter les gravures qu’il a exposées il faut une grande habileté et un outillage considérable.
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- Au moyen de molettes qu’il grave avec beaucoup de soin, les plaques de métaux se couvrent en relief de dessins variés, qu’on pourrait difficilement obtenir par l’estampage. Il faudrait souvent recourir à la fonte pour obtenir une foule d’objets que M. Clic-quot exécute beaucoup plus vite et plus économiquement au moyen de ses molettes qui sont d’une grande dimension.
- Le jury récompense les travaux remarquables de M. Clicquot en lui accordant le rappel de la médaille de bronze qu’il a obtenue en i83q.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. BRUGNOT, à Paris, rue Saint-Germain-des-Prés, 11.
- Les gravures sur bois exposées par M. Brugnot, sont très-remarquables. Elles lé placent au rang de nos plus habiles artistes en ce genre. Les figures des personnages y conservent leur caractère, ce qui est fort difficile. Rarement les graveurs sur bois évitent cet écueil.
- Le jury accorde à M. Brugnot une médaille de bronze.
- M. DESHÀYES, à Paris, rue du Foin-Saint-Jacques, 8,
- A exposé des répétitions.de gravures en taille-douce qu’il obtient par un procédé qui lui .est particulier. M. Deshayes a successivement perfectionné
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- sa découverte , et a soumis au jury des résultats qui méritent d’être signalés.
- Après douze années de recherches, M. Deshayes est parvenu sans le secours des procédés de l’élec-trotypie ou du daguerréotype, à obtenir une répétition d’une gravure en taille-douce sur cuivre. En sorte que par ce moyen, on pourrait reproduire indéfiniment une planche gravée en taille-douce sur cuivre. Il suffirait de la conserver comme étalon, pour servir à en reproduire de nouvelles , soit en cuivre, soit même en acier, à mesure que le tirage aurait usé une de ces reproductions.
- M. Deshayes a présentédes fac-similé de plusieurs planches gravées sur cuivre dont il a obtenu des répétitions soit en cuivre , soit en acier. Or, on sait qu’une gravure en taille-douce sur acier peut tirer 3o,ooo exemplaires, sans subir de notables altérations.
- En comparant les originaux et les reproductions ainsi que les impressions sur papier qui en résultent, l’examen a été favorable à cette nouvelle découverte, que M. Deshayes espère perfectionner encore.
- Malheureusement M. Deshayes ne peut jusqu’à présent multiplier par son procédé que des planches dont la grandeur ne dépasse pas celle d’un décimètre.-
- M. Deshayes emploie particulièrement son procédé pour reproduire sur les couverts d’argent, et sur la vaisselle , les armoiries ou cachets qu’on était obligé auparavant de faire ciseler.
- GetÉe découverte peut s’appliquer aux besoins du
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- commerce pour talons de lettres de change , etc., et pourrait peut être trouver une application pour les billets de banque. Si M. Deshayes parvient à reproduire parfaitement toute gravure en staille-douce, son procédé aurait,le plus grand résultat. Le temps décidera à l’exposition prochaine du degré d’importance de cette découverte. Le jury apprécie les travaux de M. Deshayes , et lui accorde une médaille de bronze.
- M. TISSÏER , à Paris, quai Napoléon, 27,
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- S’occupe depuis longtemps de perfectionner la gravure en relief sur pierre, pour pouvoir lutter avec les gravures sur bois. Il est en effet parvenu par son procédé, qui a beaucoup d’analogie avec celui que Sénefelder a indiqué, et que MM. Duplat et Girardet ont mis à exécution avant lui, à obtenir des résultats satisfaisants, mais qui ont besoin encore d’être plus répandus pour savoir jusqu’à quel point ce mode de gravure sur pierre , peut l’emporter sur celle sur bois. Parmi plusieurs gravures exposées par M. Tissier, il en est deux représentant des paysages qui ont servi au Voyage en 'zigzag, publié par M. Dubochet. Elles ont un véritable mérite, et peuvent être comparées aux autres/belles gravures sur bois qui ornent ces ouvrages. Elles ont même l’avantage d’offrir. un genre d’effet par le croisement»des tailles, qu’il serait difficile, et souvent impossible d’obtenir sur<bois. A la prochaine exposition on pourra mieux juger .de l’avantage' qu’offre ce procédé, qui est en voie de progrès, mais» qui n’a pas»encore tenu tout ce qu’il promet.
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- M. Tissier a fait des applications de ce procédé à des gravures qu’il peut multiplier à l’infini par les polytypages, même dit-il au moyen de l’élec-trotypie. La comrriission instituée par M. le ministre des finances , pour l’exécution des papiers de sûreté, appréciera la valeur de ces essais ingénieux.
- Le jury accorde une médaille de bronze à M. Tissier.
- M. KRAFFT , à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, 82.
- M. Krafft a présenté plusieurs cylindres gravés à la molette avec beaucoup de talent, et qui sont le résultat d’une grande habileté. Ces cylindres gravés à une et plusieurs couleurs, sont combinés avec art, de manière à obtenir une intensité de couleur qui est remarquable. Il s’occupe aussi de faire des gauffrages sur toile pour couvertures de livres, à l’imitation de ces toiles gauffrées, qui en Angleterre sont d’un si grand usage pour la couverture de presque tous les livres.
- Le jury accorde une médaille de bronze à M. Krafft.
- M. BOUVET, à Paris, rue Castiglione, 12.
- Le jury a remarqué la finesse d’exécution des cachets gravés par M. Bouvet ; cet habile artiste a exposé aussi des médailles gravées par lui avec un talent assez remarquable pour qu’on ne s’étonne plus de voir les cachets exécutés avec autant de perfection ; leur prix est très-minime ; aussi M. Bou-
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- vet exécute-t-il un grand nombre d’objets de ce genre pour les étrangers. Le jury décerne à M. Bouvet une médaille de bronze. <
- MM. BONAFOUX et GAILLARD-SAINT-ANGE, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, 120,
- L’impression des étoffes reçoit une grande partie de son mérite de la perfection avec laquelle sont gravés les cylindres qui servent à imprimer les étoffes. Ceux de MM. Bonafoux et Gaillard-Saint-Àrige sont d’une très-belle exécution. Chaque année ils en exécutent plus de deux cents gravés, soit à la molette, soit au guillochage, soit même à l’eau forte.
- MM. Bonafoux et Gaillard-Saint-Ange ont aussi exposé des papiers marbrés qu’ils obtiennent par un procédé particulier, et par l’emploi des couleurs à base métallique; il sera rendu compte de ce procédé à l’article des papiers de fantaisie (Voy. le Rapport de M. Schlumberger, sur les industries diverses. ) Le jury récompense les travaux de MM. Bonafoux et Gaiîlard-Saint-Ange, en leur accordant la médaille de bronze.
- M. VOISIN, à Paris, rue des Quatre-Fils, 18.
- M. Voisin est parvenu à graver des dessins sur les divers métaux au moyen des acides qu’il compose et mitige de manière à ce que les fonds qu’ils ont mordus conservent une surface parfaitement plane. Par ce moyen simple, les orfèvres et les émailleurs obtiennent des résultats parfaits; et qui autrefois auraient coûté des sommes considérables. MM. Froment-Meurice, Veyrat, Balaine, Frey,
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- Fery , ont déclaré que plusieurs des objets remarquables qu’ils ont exposés, ont été, pour ce qui concerne la gravure en creux, exécutés par M. Voisin d’après son procédé.
- Un service pour le thé, offert, par les armateurs* baleiniers du Havre à M. le capitaine Lavaux, offre des résultats très-remarquables obtenus par ce genre de travail. Le plateau représentant une chasse d’animaux , et une autre pièce sur laquelle est gravé un navire baleinier, reproduit par le moyen du daguerréotype, sont d’une exécution parfaite.
- Le jury décerne à M. Voisin une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. RÉMOND, à Paris, rue Royale-Saint-Antoine , 16.
- Par un procédé qui lui est particulier, les dessins exécutés à la mine de plomb sur des plaques de cuivre, se trouvent gravés, soit en relief, soit en creux. Ainsi le dessinateur voit son dessin à la mine de plomb reproduit exactement sans que M. Rémond soit obligé de retoucher, avec un pinceau enduit d’un corps gras, les traits du dessin original. Ce procédé, qui offre déjà d’heureux résultats, peut avoir beaucoup d’importance ; mais ils ont besoin d’être confirmés par le temps.
- Dans l’attente des progrès que les travaux de M. Rémond font espérer, le jury croit devoir les mentionner honorablement.
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- M. GIRAULT , à Paris, Galerie Vivienne, 34.
- Les gravures calligraphiques de M. Girault sont bien exécutées; l’écriture est très-bien et très-élégamment rendue. Le titre de la Paléographie publiée par M. Sylvestre , donne un spécimen de tous les genres d’écriture qui pourraient être offerts comme un parfait modèle, s’ils n’étaient pas trop surchargés d’ornements. Le jury décerne à M. Girault une mention honorable.
- M. VIALON, à Paris, rue de la Bourse, 1 ,
- Est un graveur dont le talent facile exécute avec rapidité , sur étain, toute espèce de gravure. Lui-même compose des dessins dont on ne saurait trop louer la variété. Ses prix sont très-modérés. Le jury apprécie son talent et son activité , et mentionne honorablement ses travaux.
- M. VILLEREY, à Paris, rue Saint-Jacques, 41,
- A exposé un cadre contenant des épreuves des planches qu’il a gravées pour plusieurs maisons de banque. Au moyen de sa machine à graver, et de combinaisons produites parle hasard, il obtint des dessins dont il lui serait impossible de retrouver les combinaisons. Ce genre d’impression peut être appliqué avec avantage aux papiers de banque. Chaque planche étant gravée sur acier peut imprimer de cinquante à soixante mille exemplaires.
- Le jury, appréciant d’utilité que peut avoir le procédé de M. Yillerey, lui accorde une mention honorable.
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- M. LAVERDIN, à Rouen (Seine'Inférieure).
- Les cylindres qu’il a exposés sont très-bien gravés et annoncent le talent d’un véritable artiste. Ses prix sont modérés. Le jury apprécie les soins que M. Laverdin apporte à ses travaux, et lui décerne une mention honorable.
- M. BONNET, à Clamart (Seine).
- M. Bonnet est un vieux soldat de l’empire, estropié de la main droite, et cependant il a su graver avec habileté, et avec une persévérance de douze années, le plus beau plan de Paris qui a ja-jamais existé, et qui est supérieur à celui qu’on doit à Verni quel.
- Ce plan, dressé parM. Jacoubet, avec une précision remarquable , puisque tous les détails,les plus minutieux des monuments publics et de toutes les administrations y sont reproduits, indique la superficie qu’occupe chaque maison , et la disposition exacte de chaque construction élevée sur la rue. Il forme un ensemble de cinquante-quatre grandes feuilles. Le même plan a été réduit au quart.
- Le jury décerne h M. Bonnet une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. LEMAITRE, à Paris, rueMonsieur-le-Prince, 8,
- A exposé des planches gravées avec précision et intelligence, et qui peuvent servir de modèle pour le genre de gravure destiné aux représentations de
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- mécaniques. Ces plans font partie de l’ouvrage de M. Rollet sur la meunerie et la boulangerie, publié par le ministre delà marine. Le jury cite favorablement les travaux de M. Lemaître.
- M. ROBINET, à Paris, quai Yalmy, 81.
- Les dessins gravés àl’aqua-tinta , que M. Robinet, dessinateur des machines de l’école de Châlons, a exposés, sont très-bien exécutés, et prouvent que l emploi qui lui est confié ne saurait mieux l’être qu’à ses soins. Le dessin d’une machine à vapeur est surtout remarquable. Le jury cite favorablement les travaux de M. Robinet destinés à servir à l’enseignement des élèves des beaux arts et des arts industriels, et à ceux des écoles spéciales du gouvernement.
- M. PETIT-COLIN, à Paris , rue de Lille, M,
- A gravé en taille douce avec talent des planches pour plusieurs ouvrages, où les machines sont fort bien représentées, nous avons particulièrement remarqué celles de l’ouvrage de M. Péclet sur la chaleur. Le jury cite favorablement les travaux de M. Petit-Colin.
- M. DUJARRIER, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, 11,
- A exposé des plaques gravées sur métaux, pour enseignes. Les lettres sont émaillées en noir par un nouveau procédé qui peut supporter jusqu’à cent degrés de chaleur sans s’altérer, ce qui n’a pas lieu
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- quand on emploie la cire noire à cacheter qui se dessèche et s’écaille par l’effet seul des variations prolongées de la température. Le noir employé par M, Dujarrier est toujours luisant, le métal et l’émail, sont ensuite recouverts d’un vernis transparent très- bl anc, et tellement solide, qu’il fautpour l’user frotter plus d’une heure avec la pierre ponce. Le temps décidera de l’avantage qu’offre ce procédé auquel le jury accorde une citation favorable.
- M. BRASSEUR., à Paris,. passage Sainte-Marie, 7.
- M. Brasseur a exposé un cadre contenant des re-productions d’anciens manuscrits très-satisfaisantes, et que le jury cite favorablement.
- M. CAMP AN, à Paris, rue de Choiseul, 6.
- M. Campan a présenté des dessins d’armoiries fort bien exécutés pour servir de panneaux ; le prix en est peu élevé. Le jury accorde une citation favorable aux produits de M. Campan.
- § 3. LIBRAIRIE.
- Considérations- générales. :
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- La librairie qui a exposé cette année peut se diviser eh deux parties : l’une est la librairie de luxe qui fait concourir plusieurs arts à la confection des livres ; c’est elle qui produit ces éditions dites
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- illustrées ?qui emploient les dessinateurs, lès ‘ gra-veursen taille-douce, les -lithographes et les co-lorieurs, etc. Dans cette' librairie,. en général, le texte est compté pour peu de chose, alors-même qu’on réimprime nos anciens chefs-d’œuvre.
- L’autre librairie,, celle d’utilité, a envoyé-peu de produits,, et cependant ce sont les librairies d’éducation,, de médecine, de jurisprudence,, de mathématiques-qui ont une grande importance commerciale.Les nombreux ouvrages qu’elle produit exercent une grande influence sur la civilisation et «même, sur les progrès de l’industrie;
- A l’exposition précédente , le rapport: du jury signalait les malheurs et la-position, difficile ^qu’ éprouvait alors la librairie. Depuis-cette époque., sa» situation commerciale, s’eshbeaucoup.amélio-rée,,et tout ifait espérer, que,.rentrée dans une meilleure voie:, elle n’éprouvera plussles sinistres qu’occasionnait la longueur des crédits. ,La lh-brairie sortie enfin de: la,position exceptionnelle où», sous ce^apport,,, elle s’était placée, éprouve chaque jour les heureux effets de la marche notn
- velle qu’elle commence à suivre., et qui estçcon-
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- formeraux -vrais principes dû- commerce.,
- Pour lutter avec les contrefacteurs- belges»,, la
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- librairie a Lait un appel à l’imprimerie, et par des efforts communs j.une foule de livres>très-bien imprimés ont,par fleur basprix:, lutté avec avantage
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- contre la contrefaçon étrangère. Les auteurs eux-mêmes ont compris qu’il était de leur intérêt de s’associer à ces efforts et de s’entendre avec leurs éditeurs pour rendre possible l’exportation des éditions françaises. Les sages mesures adoptées par le gouvernement à la demande des commissions instituées auprès du ministère de l’instruction publique, ont rassuré les auteurs contre la crainte qu’ils pouvaient avoir qu’on ne réimportât en France les livres sur lesquels ils auraient consenti à réduire leur droit d’auteur, pour faciliter l’exportation des produits nationaux. Maintenant, en vertu de la loi qui a limité le nombre des bureaux d’introduction des livres aux frontières, aucun ouvrage sorti de France ne peut être réimporté, même par unité, sans l’autorisation expresse donnée par écrit au ministère de l’intérieur, soit par l’auteur, soit par l’éditeur cessionnaire des droits de l’auteur.
- Il est à désirer que la Belgique cesse de contrefaire les ouvrages français, d’autant plus que chaque jour cette industrie, généralement réprouvée, devient de moins en moins profitable aux contrefacteurs belges, par l’effet même d’une concurrence sans frein à laquelle ils se livrent entre eux. On a lieu d’espérer que très-prochainement la reconnaissance de la propriété littéraire fera partie du droit des gens. Le traité de la France
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- avec la Sardaigne est un précédent qui aura d’importantes conséquences. La Hollande , la Prusse, l’Angleterre et d’autres États ont déjà proclamé le principe .posé pour la première fois parle Danemark en 1760, de reconnaître la propriété littéraire pour tout État qui agirait de réciprocité.
- Ce principe,, que la France doit également
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- adopter, fermera aux Belges le marché de ces pays. Du moment où nous pourrons combattre à armes égales, nos exportations reprendront une nouvelle activité.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M.GAYARD, à Paris, rueduMarché-St-Honoré,Zt.
- Un des principaux résultats du diagraphe de M. Gavard est la publication du musée de Versailles, dont les plafonds et une grande partie des tableaux ont été dessinés au moyen de cet ingénieux procédé.
- La grande publication du Musée de Versailles a été achevée avec une rapidité inconnue jusqu’alors, pour d’aussi vastes entreprises. Si cette précipitation n’a pas permis d’exécuter chaque gravure avec les soins et la perfection apportés aux belles planches des musées Robillard et Laurent, l’ensemble est satisfaisant, et remplit parfaitement le but qu’on s’était proposé.
- En voyant une telle quantité de belles gravures exécutées si rapidement, on reconnaît avec satis-
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- faction que la France est le seul pays où se trouve un nombre d’artistes de talent,-qui..puisse produire de tels résultats, sans entraver tant d’autres grandes entreprises exécutées simultanément.
- TNous en dirons autant du musée Aguado, exécuté aussi par les soins de M. Gavard, qui conduit ces grandes opérations avec beaucoup d’habileté; plusieurs planches exécutées par nos pi us habiles-artistes sont parfaites, et reproduisent avec quelques procédés nouveaux la coloration si énergique des tableaux de l’école espagnole.
- Le jury apprécie les travaux de M. Gavard, et lui rappelle la médaille d’argent qu’il a obtenue en i834 et i83q.
- M. DUBOCHET, à Paris, rue de Seine, 33.
- Tous les ouvrages queM. Dubochet a publiés ont mérité leur succès. Perfectionnant l’idée d’un journal enrichi de belles gravui es, il a osé exécuter en France ce qui avait réussi en Angleterre, et ce qui semblait impossible à cause des dépenses qu’exigeait une telle entreprise qui dès la première année a coûté plus de 3oo,ooo fr. Ce journal, intitulé V Illustration, qui par le charme des gravures a fixé l’attention volage du public, en lui représentant tout ce que l’univers offre chaque jour de plus remarquable, occupe une foule d’artistes, de littérateurs., de savants et d’ouvriers., et. s.e répand chaque jour de plus en plus en France, et dans les pays les plusékn gnés.
- D’autres entreprises plus sérieusement littéraires, telles que la collection des classiques latins, aceom-
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- pagnes de la traduction française, dirigée par M. Ni-sard, ont obtenu un succès d’un tout autre genre. Les hommes instruits auxquels elle s’adresse, peuvent comparer l’exactitude et le mérite de la traduction par le texte latin placé au bas. Cette grande enfreprise littéraire sera terminée cette année en 25 volumes grand in-8°, renfermant la matière de plus de 25o volumes. Elle aura coûté .près de 5oô,ooo fr.
- Parmi les nouvelles publications dites illustrées, faisantsuite à celle de GU B las, de Don Quichotte, de Molière, etc., qui ont paru à l’exposition précédente, on remarque Y Histoire de Napoléon, ornée de 5oo dessins par H. Yernet; les chefs-d’œuvre de Florian, illustrés par Grandville, le Molière en un volume, édition supérieure à la précédente en deux volumes; le Noyage en zigzag, par MM. Topfer et Calame; enfin, le beau volume intitulé le Jardin des Plaîites, qui rivalise avec un ouvrage semblable publié par M. Curmer avec non moins de succès. Dans l’édition de M. Dubochet, toutes les gravures, sauf une seule, ont été exécutées à Paris. On remarque surtout dans cette édition, la perfection avec laquelle la représentation des animaux a été exécutée sur des planches en cuivre, gravées en relief par MM. Best et Leloir. '
- D’autres publications d’un autre genre sont dues à M. Dubochet: tels sont le volume intitulé Un million de faits,''et un autre ouvrage connu sous le nom à’Enseignement élémentaire. Les jolies gravures sur bois qui accompagnent le texte, aident
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- à l’intelligence des faits, et intéressent les jeunes lecteurs auxquels ces ouvrages s’adressent particulièrement.
- Indépendamment de l’importance commerciale de la librairie de M. Dubochet, la vente seule des clichés de ses belles publicatidfis s’élève à la somme de ]83,ooo fr.
- Le jury considérant les services que rend M. Dubochet au développement de l’une cle nos plus belles industries, lui rappelle avec distinction la médaille d’argent, qui lui a été décernée en i83q.
- M. CURMER, à Paris , rue Richelieu, 49.
- Homme dégoût et éditeur courageux, M. Curmer a ouvert la voie aux éditions dites illustrées, en publiant le plus parfait de tous Paul et Virginie, pour lequel il a su mettre à contribution tous les arts typographiques dans ce que chacun d’eux a de plus parfait.
- M. Curmer a eu le mérite de publier en 1836 ce chef-d’œuvre qui n’a point été dépassé. Le Jardin des Plantes, qu’il.a exposé,cette année est un très-beau livre, mais qui ne l’emporte en rien sur le précédent, nous en dirons autant des autres ouvrages, tels que les Saints-Evangiles. Les Français peints par eux-mêmes, ouvrage curieux et artistement exécuté n est la plus grande opération qui ait été faite en ce genre ; elle a coûté 5,6o,ooor fr., dont pour la rédaction 60,000 fr., pour le :dessin ^0,000 fr., pour la gravure sur bois 100,000 fr., pour l’impression iûOjOOO fr., pour le
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- papier i8o,oooTr. M. Curmer publia aussi un traité compl et d’histoire naturelle en deux volumes, contenant plus de mille figures d’animaux parfaitement exécutés.
- Tous ces beaux ouvrages se recommandent par leur belle exécution. MaisM. Curmer, ainsi que tous ses concurrents, ne poussent-ils pas trop loin le désir d'illustrer indistinctement tous les ouvrages. Plusieurs de nos chefs-d’œuvre n’y gagnent rien; ainsi par exemple, le discours sur Y Histoire universelle de Bossuet en vaut-il mieux pour être entouré de grands et larges encadrements qui se répètent presque à chaque page , et qui n’ayant pas même l’attrait de la nouveauté, gênent le lecteur en attirant l’œil sur une monotone répétition?
- On pourrait peut-être faire le même reproche à Y Imitation de Jésus-Christ, quoique le système adopté par M. Curmer, d’intervertir les mêmes vignettes en les découpant, rende les répétitions moins apparentes. Les encadrements de cet ouvrage sont d’un ton plus léger que ceux àeY Histoire universelle de Bossuet; toutefois, ils ont encore trop d’importance pour ne pas troubler la lecture.
- C’est avec plaisir qu’on voit la typographie s’efforcer d’imiter les anciens manuscrits dont les riches ornements sont un objet d’étonnement, lorsqu’on considère la perfection de leur exécution et le temps quelle exigeait. Par la variété des couleurs et par la variété des dessins, ces livres étaient en effet dignes des rois et des souverains. La typographie, qui a rençlu de si éminents services aux hommes, en mettant à la portée de tous, et pour
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- les prixlesplus modiques, les textes clés chefs-d’œuvre littéraires que Pétrarque et Boccace étaient obligés de copier de leur main, pourra bientôt, par une suite de prodiges, permettre aux fortunes même médiocres, déposséder des livres qui ne le céderont en rien aux plus somptueux manuscrits. M. Curmer s’aidant cle la lithochromie dont il nous offre de très-beaux résultats, dans la reproduction des fresques cle Fié-sole, nous donne une idée de ce qu’on peut faire en ce genre. La lithochromie par ses variétés de couleur, ses ornements en or et en argent, doit bientôt remplacer le luxe un'peu indigent des entourages en noir, et nous espérons du zèle, de l’activité et de l’intelligence pleine de goût de M. Curmer, quelques chefs-d’œuvre en ce genre , à la prochaine exposition.
- La variété des produits remarquables exposés par M. Curmer, papiers, impressions typographiques, gravures en relief sur bois, et sur cuivre, clichés au papier,, exécutés par son frère, ou en bitume par le procédé de M. Michel, les belles gravures en taille douce sur acier, qui ornent la plupart des beaux livres qu’il publie, et particulièrement le livre de l’Imitation de Jésus-Christ; enfin , les impressions en lithographie et chromolithographie, le luxe et le goût des fermoirs et des reliures en bois d!un style gothique; tout ce concours des arts qui contribuent à l’exécution des beaux livres , rend l’exposition de M. Curmer très-remarquable, -et lui mérite le rappel de la médaille d’argent que le jury lui a décernée en 1839.
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- ' MEDAILLE DE BRONZE
- M. MATHIAS, à Paris, quai Malaquais, 15.
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- Parmi les ouvrages exposés par les éditeurs de Paris devaient figurer ceux d’une librairie, spécialement consacrée aux sciences appliquées aux arts et à l’industrie. M. Mathias, guidé par les conseils d’ingénieurs renommés, donne chaque année plus d’importance à sa librairie. Les ouvrages qu’elle publie sont imprimés d’une manière convenable, les planches qui les accompagnent sont fort bien gravées. Les tableaux peints qu’il a exposés pourl’enseignement des sciences appliquées en facilitent l’étude. Le jury, appréciant l’importance de la librairie de M. Mathias et son utilité pratique, lui accorde une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. BOURDIN, à Paris, rue de Seine-Saint-Ger-, main, 51.
- M. Bourdin a eu le mérite de publier à un prix très-modique des, ouvrages ornés de gravures sur bois fort bien exécutées. Si quelquefois on rencontre quelques gravures un peu faibles, telles par exemple que le portrait du Poussin, qui fait partiedu. beau volume de la Normandie, rédigée par M. J. Janin, on doit lui savoir gré du mérité qu’offre l’ensemble, et d’avoir rendu plus abordable aux classes moins, riches des livres fort bien exécutés ’ tels sont, par exemple, les Mille et une Nuits,
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- Napoléon en Egypte, le Mémorial de Sainte-Hélène, qui ont eu un très-grand succès. Ce qui prouve le mérite dès publications de M. Bourdin, cest qu’il vend dans les pays étrangers les,clichés de ses gravures.
- M. Bourdin a publié le Noyage en Russie du prince Démidoff ; ce volume grand in~4° est fort bien exécuté.
- Le jury décerne à M. Bourdin une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. LAVÏGNE, à Paris, rue du Paon-SainbAn-dré, 1.
- M. La vigne a exposé des ouvrages dont le texte est entremêlé de gravures sur bois. Quoique imprimés avec soin, les li vres qu’il publie se font remarquer par la modicité de leur prix. Tels sont : la tra~ duction d’Homère, le Robinson Suisse, etc., etc: Ces ouvrages méritent d’être favorablement cités par le jury.
- M. DESESSERTS, à Paris, passage des Panoramas , 38, et galerie Feydeau, 12,
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- 4 A appliqué avec intelligence la lithochromie pour enrichir de, vignettes coloriées les livres qu’il destine àsla jeunesse. Les publications deM. Deses-serts ont paru au jury avoir un degré d’utilité commerciale assez grand pour mériter d’être, citées favorablement.. i
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- M. GUILBERT, à Paris, quai Voltaire, 21 bis.,
- A exposé plusieurs fac-similé d’anciens livres d’heures. Les dessins qui accompagnent les textes sont imprimés au trait et coloriés ensuite à la main avec un grand soin. Le caractère des vignettes des anciens manuscrits est parfaitement conservé : aussi les objets exposés par M. Guilbert sont-ils plutôt des objets d’art que d’industrie. Le jury leur accorde une citation favorable.
- M. D’ORBIGNY, à Paris, rue de Seine ,,47,
- S’est chargé de la direction des gravures du Dicr tionnaire cl Histoire naturelle, dirigée par son frèreM. Charles d’Orbigny, savant voyageur; L’exécution* des planches confiées à nos meilleurs graveurs ne laisse rien A désirer.;- le coloriage représente parfaitement; la nature. Le soin et l’habileté avec lesquels M. d’Orbigny conduit si> bien cette belle entreprise méritent d’être cités favorablement par le jury.
- M. SCHÔNENBERGER, à' Paris ; boulevard Pois^ sonnière, 28.
- Schônenbergers, l’un de nos principaux* édi-r teursde.musique, occupe vingGsix imprimeurs en taillé-douce et dix-sept graveurs, sur étain et sur ziüc. Il a fait exécuter typographiquement"'par M;» Tantenstein plusieurs ouvragés -élémentaires. Les1 œuvres musicales exposées par M. Schônenber* ger méritent d’être citées favorablement par* le
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- jury, qui reconnaît l’importance de cet établisse** ment.
- §4* reliure.
- Considérations générales. '
- La plupart des reliures exposées cette année sont d’une telle richesse et d’un travail si précieux, qu’on doit plutôt les regarder comme des exceptions, puisque l’élévation de leur prix les destine uniquement aux bibliophiles passionnés pour de tels chefs-d’œuvre.
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- Ce qu’il y a de plus remarquable et de plus parfait en ce genre, ce sont les imitations des anciennes reliures des riches bibliothèques de De Thou, de Grollier de Servières, etc., et de tant de riches amateurs qui, pour la plupart, entretenaient autrefois dans leurs hôtels d’habiles relieurs dont ils dirigeaient le goût.
- Le désir de faire du nouveau a porté cette année quelques relieurs à peindre sur les tranches des livres de petits tableaux qui devront néces-sairement s’elfacer si jamais on prend la fantaisie de se servir de livres auxquels un pareil ornement empêche de toucher, ce qui indique
- qu’ils ne sont qu’une riche inutilité. D’autres relieurs ont peint sqr le dos ou le plat de leurs
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- reliures des sujets historiés. Il est enfin des relieurs qui ont voulu reproduire sur le plat des volumes le portrait de l’auteur du livre au moyen de filets d’or poussés à la molette; toutes ces bizarreries sont étrangères à l’art de la reliure. Un livre, quelque riche qu’en soit la dorure, doit conserver avec une noble simplicité le caractère qui lui convient. Chaque art ne doit point s’écarter de ses principes. Quelques reliures modestes, mais bien exécutées, se cachent derrière ces riches objets d’étalage ; ce sont cependant celles-là que le jury apprécie le plus, et il voit avec plaisir qu’en général le peu qui a été exposé est bien exécuté ; seulement il serait à désirer que le prix des reliures ordinaires fût encore moinsélevé. Nos relieurs ne parviendront à cet important résultat que lorsque, devenus d’habiles administrateurs, ils organiseront parfaitement la division du travail dans leurs ateliers. C’est ainsi qu’en Angleterre il existe de très-importants établissements de reliure qui font bien et à meilleur marché que chez nous, quoique tout y soit plus cher, et surtout la main-d’œuvre.
- Il eût été à désirer que nos relieurs se fussent occupés plus sérieusement d’une branche importante de leur industrie, et qui a pris une importance telle en Angleterre que les produits surpassent, quant au chiffre, la somme à laquelle
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- s’élèvent les reliuresen peau. On sait qu’à Londres il n’est pas vendu un seul livre broché ; tout est cartonné ; aussi a-t-on porté à un haut degré dë perfection la-fabrication des toiles et des cartons propres à ce genrede reliure ; le goût et l’habileté du petit nombre de relieurs qui commencent à s’occuper de cette branche importante de l’industrie, doivent également la faire prospérer en France. A l’exposition prochaine, on peut l’espérer , le j ury aura sans doute Y occasion de rëcom penser plus particulièrement' ce genre de produits.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. SIMIER, à Paris, rue Saint-Honoré, 152.
- Les riches-reliures de M. Simier sont'tellement connues qu’il suffit de. prononcer son nom pour dire que l’exposition de 183.9 °ffre des produits remarquables qu’il serait inutile d’énumérer et qui méritent à Ml Simier un nouveau rappel de la médaillé d’argent qui lui a été décernée en 1823, et quiluiaété rappelée en 182^ , en 1834 , et en i83q.
- M. K.OEHLER , à Paris, rue de Grenelle-Saint-Germain, 59.,
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- M. Kœlîler est un habile relieur et un artiste plein de goût : reconnaissant quron ne saurait'rien faire Me mieux que;;d’imiter 1 es ibelles * rel i ureAan*
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- cienneSjil a exposé un magnifique volume, le Virger d’honneun, relié pour la riche bibliothèque de M. A. B; Rien de plus parfait que cette imitation d’une des-plus belles reliures de l’admirable bibliothèque de Grollier de Servières, ce riche financier dont tous les livres portaient inscrite sur le plat cette épigraphe : Grollerii et amicorum.
- Le roman de Fier à Bras, relié en maroquin rouge, d’après un autre modèle de Grollier de Servières, et lé Violier des histoires romaines , imitation. du célèbre relieur Padeloup, sont des chefs-d’œuvre supérieurs encore aux modèles.
- Le jury rappelle à M. Kœhler la médaille dargent qu’il a obtenue en i834 et 1889;
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. NIEDRÉE, à Paris, passage Dauphine, escalier E.
- Toutes les qualités qui ont rendu célèbres les noms, des anciens relieurs, Gascon, Duseuih,, Ruette, Boyet, Padeloup, Derome, sont réunies chez M. Niedrée , digne successeur de Thouvenin. Aidé des conseils des bibliophiles les plus distingués par leur goût ,A1 exécute des reliures, dans le style de la renaissance et du siècle de Louis XIY< avec une telle rectitude de dessin et une si grande délicatesse de dorure.,que les cinq ou. six. chefs-d’œuvre qu’il a exposés surpassent les plus riches reliures des superbes bibliothèques de Henri II, du
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- cardinal Farnèse, deHenri III, deGrollier , de De Thou, de Dupuis, du chancelier Séguier, etc.
- Nous citerons parmi les livres les plus remarquables qu’il a exposés, XÊpinette du jeune conquérant, in-4°, fond jaune , avec dessin de maroquin noir incrusté : c’est un fac-similé d’une . reliure du cabinet de Grollier de Servière, le prix de cette reliure est de 35o fr. Les Dits des Philosophes, superbe manuscrit appartenant à M. Mottely, est relié en maroquin rouge avec des dessins très-fins en or dans le goût de Le Gascon. L’exécution en est si parfaite, que le prix de 5oo fr. que coûte la reliure de ce volume in-4° n’a rien d’exagéré. Le Spéculum vitœ humanœ de 1488, fond bleu avec ornements en or dans le goût de Boyet, se fait remarquer par la solidité et la perfection du travail.
- Le jury, reconnaissant le mérite remarquable de M. Niedrée , lui accorde une médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. LARDIÈRE, à Paris, rue Louis-le-Grànd, 30.
- M. Lardière a exposé des reliures simples et d’un prix modéré; ses travaux consciencieux lui ont mérité la médaille de bronze èn 183g, et le jury, qui apprécie la constante égalité des produits de M. Lardière et leur utilité, lui rappelle avec plaisir la médaille qu’il a si justement obtenue.
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- ' MÉDAILLES DE BRONZE;
- M. OTTMANN-DUPLANIL, à Paris, rue du Four-Saint-Germain ,67,
- Est un relieur,qui a de l’avenir. Les reliures qu’il a exposéessont très-remarquables. Rien de plus riche et de plus élégant que sa belle reliure en maroquin . de Tunique exemplaire des Mémoires de Com-mines, imprimé à Lyon en 1569 par Jean de Tournes. Le prix est de 25o fr. Les dessins qui ornent le dos sont un peu trop serrés par rapport à l’ensemble des dessins plus larges qui ornent les plats. La vie des Pères du Désert, imprimée par Yérard en 149^ » est d’une noble simplicité et d’une solidité remarquable. Ces deux ouvrages appartiennent à la Bibliothèque royale. Dans un autre genre, le petit Horace de M. H. Didot, du prix de 5o fr., est d’une exécution tellement parfaite , qu’on peut ranger ce livre dans la classe des bijoux.
- Mais ce que le jury apprécie encore plus, ce sont Tes simples et parfaites reliures de M. Ottmann-Du-planil, duprix de4et'5fr.levolume.Ilseraità désirer cependant qu’on pût exécuter des reliures solides et simples à des prix encore plus modiques. Le jury invite M. Ottmann à persévérer dans cette voie.
- Le jury décerne à M. Ottmann-Duplanil la médaille de bronze.
- M. LEBRUN, à Paris, rue dé Grenelle-Saint-Germain, 126, •
- Est un relieur plein de zèle et de talent, et je
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- jury a remarqué avec intérêt les progrès qu’il a faits depuis la dernière exposition. Parmi les belles reliu-resqu’il a exposées, on remarque une très-belle imitation d’une reliure du temps de François Ier. Un ouvrage du XVe siècle, sans date, intitulé : Jason, est parfaitement relié d’après le dessin d’un des ouvrages de la bibliothèque de Grollier de Servières. Un petit volume, les Pensées de Larocliefoucauld, édition dite microscopique, est relié avec un art et une préciosité digne de cette charmante édition. L’exécution d’un pareil chef-d’œuvre atteste un artiste consommé et zélé pour la perfection de son art. Enfin, il subit de dire que les beaux livres des bibliothèques de MM. Armand Berlin, Jules Janin, le baron Taylor, etc., sont confiés à M. Lebrun , pour signaler son mérite.
- Toutefois, pour qu’un peu de critique se mêle à ces éloges, on doit blâmer l’idée qu’a eueM. Lebrun de reproduire avec des filets d’or, sur le plat des volumes, les portraits des auteurs du livre. Cela est d’un goût bizarre et qui n’a d’autre mérite que de prouver l’adresse du relieur à manier le petit jer.
- Le jury avait cité favorablement les reliures de M. Lebrun à l’exposition de i83q; il lui accorde cette année une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. CRUEL, à Paris, rue Royale-Saint-IIonoré, 8.
- M. Gruel, qui a exposé pour la première fois, s’est placé au rang de nos meilleurs relieurs. Parmi les
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- livres qu’il a exposés, un des plus remarquables est une imitation de J. C., dont les dessins en rouge et vert ont été peints par un procédé particulier et vernis à l’esprit-de-vin. La couleur est appliquée immédiatement sur la peau sans l’intermédiaire des préparatifs à la colle , en sorte que le grain du maroquin paraît intact, et qu’on croirait voir une incrustation faite en maroquin. Parce procédé, on peut obtenir des mosaïques à meilleur marché que lorsqu’on a recours aux incrustations. Le temps fera connaître si ce procédé a toute la solidité désirable.
- La couverture d’un grand Missel, relié par M. Gruel, estune véritable merveille. Cette couverture est en bois sculpté; l’exécution en est admirable , mais on regrette de voir tant de temps et de talent employé à un objet qui, s’il venait h tomber, serait nécessairement brisé et gravement endommagé. Cette gravure en bois a été exécutée par M. Chabrot qui y a consacré une année entière, et ne peut être estimée à moins de 3,ooo francs. Une descente de croix, qui orne un des côtés, a été dessinée par M. Rossigneux. Rien de plus élégant que les ornements imitant des fleurs, les rinceaux , etc.
- Le jury accorde aux travaux de M. Gruel une mention honorable.
- M. ANDRIEUX, à Paris, rue Sainte-Anne, 11.
- M. Andrieux a exposé pour la première fois, et s’est placé au rang de nos bons relieurs. Un exemplaire de l’ouvrage Les Beaux Arts, publié par
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- M. Curmer, dont la reliure avec des nervures à filets sur les plats est d’un bon goût et fort élégant, a pourtant l’inconvénient de ne pouvoir se placer qu’à plat ; rangé dans une bibliothèque, il serait endommagé. Une autre reliure fond vert avec filets en or, argent et noir, est d’un charmant effet. Le grand ouvrage de la Paléographie, par M. Sylvestre, 4 volumes grand in-fol., dont toutes les planches sont montées sur onglet, offrait des difficultés. La reliure en esta la fois solide, élégante et riche.
- Le jury accorde une mention honorable àM. Àn-drieux.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. BLAISE , à Paris , rue du Bac, 68,
- A exposé des demi-reliures à i fr. 5o c. qu’il fabrique pour la librairie usuelle. Ce genre de demi-reliure n’est pas à dédaigner ; aussi le jury croit devoir appeler l’attention des relieurs sur les moyens d’exécuter bien et à bas prix cette façon de cartonnages pouvant servir de reliure, et qui sont à la fois élégants, solides et à bon marché. Les essais qui ont été faits dans ces derniers temps, commencent à devenir plus satisfaisants, mais le prix de ces cartonnages en est encore trop élevé. Le jury accorde une citation favorable à M. Biaise.
- M. BAILLY, à Paris, rue Saint-Jean-de-Beau-vais, 11,
- A exposé des peintures exécutées sur la tranche
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- des livres, ce qui est un complément de luxe.qui sera.recherché des^riches amateurs. C’est unnouveî ornement pour ces beaux livres, que le luxe de la reliure peut faire comparer h des bijoux, mais qu'on ne doit toucher qu’avec les plus grandes précautions. Le travail exécuté par M. Bailly ressort donc plutôt de l’art du dessin que de l’industrie; mais le procédé de dorure qu’il emploie , et sa manière de gaufrer, par un pointillé fait à la main , les mots et les ornements qui rehaussent les tranches dorées, donnent un prix tout particulier aux ouvrages enrichis par des soins aussi grands.
- Le jury décerne à M. Bailly une citation favorable.
- SECTION VI.
- PAPIERS PEINTS.
- M. Chevreul , rapporteur.
- 1 Considérations générales.
- La France1 est incontestablement le pays.où la fabrication des papiers peints a été poussée le plus loin ; les établissements dont les produits-se -font le plus remarquer parle choix des dessins, l’har-monie des couleurs, et une belle exécution,.sont, à une exception près, concentrés à Paris. ^Pour peu qu’on y réfléchisse, on èn voit la raison ; car
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- les papiers peints, à cause de leur peu de durée et de la facilité avec laquelle le consommateur peut les renouveler, se prêtent bien mieux aux changements de la mode que les tentures d’étoffes d’un prix plus ou moins élevé, et à plus forte raison que les décors peints sur mur ; obligés de subir l’influence de la mode, les fabricants de papiers peints doivent être continuellement occupés de la consulter, de l’étudier, afin de la rendre la plus profitable possible à leur travail, et sans doute Paris où elle règne en souveraine et de la manière la moins contestable, est le lieu qui convient le mieux à l’industrie dont nous parlons ; aussi, depuis une cinquantaine d’années environ, la fabrication des papiers peints y a-t-elle établi son siège principal, et doit-elle à cette circonstance la réputation dont elle est aujourd’hui en possession.
- S’il existe à Rixheim, dans le département du Haut-Rhin, une fabrique que l’excellence de ses produits a depuis longtemps placée au premier rang, c’est que son habile fondateur, M. Zuber, a trouvé dans la ville de Mulhouse des ressources analogues à celles que Paris lui aurait offertes ; car Mulhouse n’a pu acquérir la célébrité dont il jouit pour la fabrication des toiles peintes les plus chères, qu’en fixant chez lui des dessinateurs , des mécaniciens, des chimistes, et en
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- entretenant les relations les plus intimes et les plus fréquentes avec Paris ; sans ces circonstances , l’établissement de M. Zuber, à Rixheim, serait une anomalie.
- Le jury doit tendre à conserver à la France la supériorité dont elle est en possession pour la fabrication des papiers peints ; et un des moyens d’atteindre cebut, est de récompenser surtout les grands établissements qui ne livrent à la consommation que des produits soignés ; car l’exécution de ceux-ci exigeant le plus d’attention de la part du fabricant, pour le choix du papier et des couleurs , pour le goût des dessins et la bonne exécution des planches; tant que ces grands établissements travailleront, ils maintiendront la supériorité de la France sur les marchés étrangers , en même temps que, présentant de bons modèles à nos petites fabriques, ils tendront à en perfectionner les produits. Si les fabriques de papiers peints soignés cessaient d’exister, ou, ce qui revient au même, si elles confectionnaient des produits de qualité inférieure, notre exportation se trouverait tôt ou tard compromise ; car il ne faut jamais perdre de vue que tous les objets qui ne sont point essentiels à la vie, mais dont l’aisance aime à se parer, ne s’exportent d’un pays qu’autant que leur supériorité en rend l’imitation hors de ce pays, sinon impossible, du moins très-dif-
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- iicile, et c’est à cette condition que nous exportons nos beaux papiers et que ceux-ci contribuent à en faire exporter de communs ; au lieu de cela, qu’arriverait-il, si nos exportations se bornaient à ces derniers papiers? c’est que bientôt nous succomberions sur les marchés étrangers à cause de la facilité de la fabrication ; pour nous imiter, il ne faudrait plus se procurer les meilleures matières premières, payer des dessinateurs et des graveurs distingués, épier ce que le goût du consommateur peut désirer, afin de le satisfaire ; enfin, l’influence que Paris exerce sur la mode serait .perdue au grand détriment de l’industrie française.
- S’il n’ y a point à signaler de découvertes importantes dans da fabrication des papiers peints de tenture., on ne peut méconnaître cependant les efforts tentés pour la perfectionner depuis la dernière exposition. Ceux qui obtinrent alors les récompenses .les iplus élevées m’ont pas déchu du rang où ils s’étaient placés; des exposants moins heureux à ce -concours, offrent .aujourd’hui des produits supérieurs, à ceux»qu’ils présentèrent en 1839. Enfin, de nouveaux exposants ont droit à des médailles ou.à des mentions honorables. En définitive, l’examen des papiers .peints fabriqués en France dans ces dernières, années est très-satisfaisant, et sans doute la.réputation de-ces
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- produits de notre industrie ne peut que s’accroître chez nous aussi bien qu’à l’étranger.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM. ZUBER (Jean) et Cie, à Rixheim (Haut-Rhin).
- M. Zuber a exposé un grand nombre de papiers variés d’une exécution soignée tout à fait digne de celui qui, le premier, imprima au rouleau sur papier, comme on imprime sur calicot. Parmi les impressions de ce genre il en est de deux couleurs faites avec deux rouleaux; il y en a d’autres qui sont destinées à la fabrication des cartes à jouer et à la mise en carte des étoffes.
- M. Zuber a exposé un grand décor représentant une boiserie sculptée dans le goût arabe servant de cadre k des fleurs variées de formes et de couleurs qui sont au premier plan, à des arbres placés sur les derniers plans, et enfin à un ciel sans nuage. L’ensemble du décor plaît par l’harmonie des couleurs et des formes; mais peut-être trouvera-t-on les couleurs des objets les plus éloignés trop sacrifiées k celles des objets qui sont !le plus rapprochés du spectateur.
- M. Zuber est toujours digne de la médaille d’or qu’il obtint en i834>et qui lui fut rappelée en 1889..
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- MÉDAILLE D’OR.
- M. DÉLICOURT (Étienne), à Paris, rue de Charenton, 125 ter.
- M. E. Délicourt, qui reçut en i83g, la première fois qu’il exposait, une médaille d’argent, n’a point trompé les espérances que le jury de cette année avait conçues de sa fabrication et exprimées dans son rapport.
- Il fabrique des papiers de tenture depuis i franc 5o centimes jusqu’à 3o francs le rouleau; des devants de cheminée et des dessus de porte depuis i franc jusqu’à 6 francs. Tous ses produits se distinguent par le soin de l’exécution, la qualité des matières premières et le choix des dessins, quelque soit d’ailleurs le style ou le goût de la composition que lui impose le consommateur. S’il arrive que la mode, s’éloignant de ce qui est simple, beau, élégant, l’oblige de sacrifier à son exigence, il le fait avec discernement et toute la réserve possible sans jamais tomber dans l’exagération. En passant en revue les principaux décors qu’il a mis dans le commerce depuis i83g, on est frappé de leur belle exécution, et, par leur nombre et leurs variétés , ils témoignent que le commerce les a recherchés.
- M. Délicourt a exposé entre autres produits remarquables :
- i°Cinq figures allégoriques représentant les cinq sens : elles sont accompagnées de fleurs d’une belle exécution ;
- 2° Un grand décor fond bleu, avec encadrement
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- en bois sculpté et doré, d’une exécution très-soignée, particulièrement celle d’une frise. L’effet en est grave, et pour l’apprécier à sa juste valeur il faut que les yeux restent quelque temps fixés sur le décor, afin d’en juger à la fois les détails et l’ensemble.
- L’essor que cette fabrique a pris depuis 1835 , époque de sa fondation , le soin apporté à l’exécution de tous les produits qui en sortent, rendent la maison Délicourt digne de la médaille d’or.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. MÀDER frères , à Paris, rue de Montreuil, 1, faubourg Saint-Antoine.
- La maison fondée par feu Mader, dessinateur renommé dans l’histoire du papier peint, continuée sous le nom de Mme veuve Mader et fils aîné, se présente aujourd’hui sous celui de Mader frères.
- MM. Mader frères fabriquent des papiers depuis i franc le rouleau jusqu’aux prix les plus élevés. Ils sont du très-petit nombre des fabricants qui prennent la figure humaine pour sujet principal d’un décor. Si les papiers de ce genre ne sont pas recherchés pour tenture des salons les plus élégants, s’il est impossible par la superposition des planches qui servent k les imprimer de fondre les teintes des carnations h l’instar de la peinture, et si sous ce double rapport on ne peut les considérer comme l’expression la plus élevée de l’industrie à laquelle ils se rapportent, cependant les papiers de ce genre,
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- au point où MM. Mader en ont porté la confection dans le décor représentant les Muses, attestent une très-bonne fabrication, et, eu y réfléchissant, il devient clair qu’on ne peut les confectionner avec succès que dans les meilleures fabriques.
- MM. Mader frères ont exposé deux décors fond vert et un décor fond blanc d’un bon effet de dessin et de couleur.
- Mrac veuve Mader et fils aîné obtinrent en i83q une médaille d’argent; l’exposition de cette année rend MM. Mader frères dignes d’en recevoir une nouvelle.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. LAPEYRE et Gie, à Paris , rue Beauveau,
- 10 , faubourg Saint-Antoine.
- M. Lapeyre fabrique des papiers de toutes sortes, depuis le plus commun à 27 centimes le rouleau , et 70 centimes lorsqu’il est satiné, jusqu’au plus cher. Gette maison a été successivement sous les noms de Dufour, de Dufour et Leroy.
- Les papiers à dessins d’étoffes de M. Lapeyre sont d’une bonne qualité, comme on peut en juger d’après ceux qu’il a exposés. En outre, son décor dit genre Louis X/7", offre une preuve de la bonne exécution qu’il est capable d’apporter à la confection des papiers de luxe. Sans traiter ici les questions du dessin; de l’harmonie des couleurs, du goût ou du style de là composition de ce décor, nous ferons quelques observations relatives à la .destination Mont il est susceptible. Les décors expo-
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- ses par M. Délicourt, par MM. Mader frères et par M. Brière dont il va être question, sont de véritables papiers de tenture, par la raison qu’ils peuvent être employés à la décoration-des.appartements. Il n’en est pas de même du décor de M. Lapeyre, exécuté pour l’exposition; car s’il fallait s’emservir ce ne serait que comme une décoration de théâtre.représentant.le fond d’un salon, ou plutôt une de ses quatre parois , percée de trois baies, dont une laisse voir le ciel, tandis que les deux autres sont fermées par des rideaux violets garnis de lambrequins roug.es. Evidemment il ne peut servir, de papier de tenture, car toute pièce dans laquelle on le mettrait aurait des fenêtres garnies de rideaux d’étolfe,et celles-ci seraient certainement en désaccord avec les baies du papier qui ont des rideaux sans croisées. Quelque mérite qu’on accorde au décor de M. Lapeyre, on ne peut le considérer comme un papier de tenture.
- MM. Lapeyre et Cie obtinrent en 1809 une médaille de bronze. Les efforts qu’ils ont faits depuis cette époque'les rendent dignes de recevoir une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. BRIÈRE, à Paris, rue Saint-Bernard-SainL-Antoine, 26.
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- M. Dhauptain passe généralement pour l’homme qui a le plus contribué aux progrès de la fabrication des papiers peints ; M. Brière, un de ses successeurs,
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- a donc trouvé dans l’établissement qu’il dirige aujourd’hui les meilleures traditions et d’excellents exemples à imiter.
- M. Brière se livre principalement à la fabrication des papiers de tenture à dessins d’étoffes ; cependant il peut exécuter avec succès des papiers plus compliqués, ainsi qu’on peut s’en assurer en jetant les yeux sur un décor fond blanc d’un bon goût et d’un bon dessin , qu’il a exposé.
- M. Brière nous a remis un certificat signé de douze marchands de papiers peints, au nombre desquels on trouve M. Raimbault, de Paris, renommé par son goût pour la décoration des appartements, constatant que depuis deux ans M.Brière leur livre des papiers dont le fond blanc n’a pas l’inconvénient de devenir jaune, comme le deviennent si souvent les papiers dont le fond a été préparé avec l’alun et la chaux.
- M. Brière est digne de recevoir une médaille de bronze.
- M. GENOUX, à Paris, rue des Vignes-Saint-Marcel, 8.
- M. Genoux ne fabrique que des papiers de tenture à dessins d’étoffes, depuis i fr. 25 cent, jusqu’à il fr. le rouleau. Une préparation qu’il leur applique les rend susceptibles d’être lavés avec Veau, en même temps qu’elle contribue à la conservation des couleurs : il est remarquable que cette préparation, loin d’augmenter le prix du papier, contribue à le diminuer, à cause de l’influence exercée par la préparation pour rehausser le ton des couleurs.
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- Depuis un an environ il fait usage d’un blanc qui ne change pas.
- La maison de M. Genoux existe depuis cinquante ans dans le faubourg Saint-Marceau ; elle compte soixante ouvriers.
- M. Genoux est digne de recevoir une médaille de bronze.
- MM. SEVESTRE fils et Cie, à Paris, rue de Montreuil, 69.
- MM. Sevestre fils et Cie font, à la planche, des papiers à dessins d’étoffes, etc., du prix de i fr. 25 à i fr. 5o c.; ils impriment en outre, au rouleau, de petits dessins à la manière de M. Zuber, sur lesquels on peut ensuite en imprimer à la planche de plus
- Les produits de cette maison sont exécutés d’une manière satisfaisante et avec intelligence.
- Le jury décerne à MM. Sevestre fils et C,e une médaille de bronze.
- MM. PIGNET jeune fils et PÀLIARD, à Saint-Genis-Laval (Rhône).
- Une des fabriques de papiers peints les plus considérables qui existent hors de Paris, est celle de MM. Pignet jeune fils et Paliard; car elle occupe, d’après les documents du jury du Rhône, deux cents ouvriers. Si ces produits ne peuvent lutter sous le rapport du bon goût et de la bonne exécution avec ceux qui sortent des premières fabriques de Paris, cette maison a eu le mérite de déterminer un abais-
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- sement du prix des papiers communs, par le bon marché de ceux qu’elle confectionne.
- Le jury décerne à MM. Pignet et Paliard une médaille de bronze.
- M. MARGUERIE, à Paris, rue Ménilmontant, 79.
- La fabrique de M. Marguerie date de i832 ; mais avant 1841, on n’y faisait que des bordures représentant de la passementerie.
- Aujourd’hui M. Marguerie imprime de petits dessins au rouleau sur papier pour tenture; puis, au moyen de planches il imprime des dessins perses à l’instar de ceux que MM. Japuis, de Claye, font avec tant de supériorité sur les toiles de coton.
- Lejury décerne une médaille de bronze àM. Marguerie
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. ÉBERT et RUFFARD, à Paris, rue du Faubourg Saint-Antoine, 297.
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- MM. Ebert et Buffard se livrent particulièrement à la fabrication des papiers peints pour tenture représentant des dessins d’étoffes.
- MM. Ebert et Buffard sont dignes d’une mention honorable.
- M. DURAND (Nicolas), à Paris, rue de Charen-ton, 111 bis.
- Depuis dix ans M. Durand fait exécuter à la main par des ouvriers qu’il a exercés à cet art, des des-
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- sins représentant des marbres ou des bois; les couleurs sont broyéesà l’huile et peuvent conséquemment, après leur application, être lavées à l’eau.
- Le jury accorde à M. Durand une mention honorable.
- M. DÉ JARDIN, à Paris, rue des Mathurms-Saint-Jacques, 1.
- M. Déjardin commence à se livrer à la fabrication des papiers colorés destinés à la reliure des livres; il nous paraît avoir les qualités nécessaires aux succès d’une industrie qui n’est pas aussi avancée en France qu’elle l’est en Allemagne.
- Les premiers efforts de M. Déjardin doivent être récompensés, elle jury lui accorde une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. DAUDRIEU, à Paris, rue du Bac, 102.
- M. Dauclrieu fabrique des papiers peints à dessins de marbre, exécutés à la main; ils peuvent être lavés; ils coûtent 3 fr. le rouleau.
- M. Daudrieu mérite., à cette exposition, une citation favorable, comme en 1839.
- M. BOUQUET, à Paris., rue de Charenton, 188.
- M. îBouquetdait des papiers'rayés par>un moyen mécanique qui, s>il n’a pas la précision ckrrouleau, a du moins Davantage de donner des produits moins chers que ceux qui sont exécutés à la planche.
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- Il se livre aussi à l’impression des fleurs par un procédé dont les résultats ne sont pas irréprochables.
- Le jury lui donne une citation favorable, à cause du bas prix de ses papiers rayés.
- Application de l’impression en couleur à la planche sur papier pour figures de machines et appareils destinés à l’enseignement public.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. RUPP, RUBIE et Cie, à Paris, rue Beauveau, lx, faubourg Saint-Antoine.
- Cette maison se livre avec succès à la fabrication des papiers peints à dessins d’étoffes; mais elle se recommande au jury par la confection de papiers peints représentant les machines , les appareils les plus employés, en un mot, ceux dont il importe le plus de répandre la connaissance. Ils sont principalement utiles aux cours publics de physique, de chimie, etc. MM. Thénard, Elie de Beaumont et Piobert, chargés par l’Académie de les examiner en ont rendu un compte très-favorable, et les ont recommandés aux professeurs que ces machines et que ces appareils intéressent. Jusqu’ici MM. Rupp, Rubie et C10 ont livré au commerce : i° Machine à vapeur de Watt;
- 2° Diverses machines à élever l’eau; pompes, vis d’Archimède, bélier hydraulique;
- 3° Presse hydraulique avec sa pompe et tous ses accessoires ;
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- 4° Moteurs hydrauliques , roues en dessus , en dessous, etc.;
- 5° Suite du moteur, turbine;
- 6° Chaudière à vapeur avec tous les bons systèmes de sûreté employés aujourd’hui ;
- 7° Locomotives de chemin de fer, détails complets (2 tableaux);
- 8° Grand appareil de distillation ( système de Blumenthal amélioré ) ;
- 9° Appareil à évaporer dans le vide.
- Les dessins des machines et des appareils ont été faits par M. Knab, ingénieur civil.
- MM. Rupp, Rubie etCie sont dignes de recevoir une médaille d’argent.
- SECTION VU.
- LITHOGRAPHIE, MANNEQUINS, BROSSES ET PINCEAUX POUR PEINTRES, TAXIDERMIE, ETC., ETC.
- M. Picot, rapporteur.
- § 1. LITHOGRAPHIE.
- Considérations générales.
- Les applications variées dont la lithographie est susceptible , assurent à son auteur la reconnaissance des artistes et des industriels de tous
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- les siècles. Senefelder n’a pas eu seulement la première idée de cette belle découverte, il a prévu et tenté presque toutes les applications qu’on lui a données depuis son invention.
- La lithographie a toujours progressé , et l’imprimerie lithographique est arrivée maintenant à un degré de.perfection que le jury de 1844 est heureux de signaler.
- Parmi ces diverses applications de la lithographie , il en est plusieurs qui, sans être entièrement neuves, se sont tellement améliorées, qu’elles placent l’exposition de 1844 bien au-dessus des expositions précédentes.
- Les transports d’ouvrages typographiques et topographiques, et ceux de la gravure en taille-douce , sont supérieurs cette année à ce qu’ils ont été jusqu’ici, et leur perfection est telle qu’il est quelquefois difficile de reconnaître l’épreuve originale, de celle qui a été obtenue de la pierre lithographique sur laquelle elle a^ été transportée.
- Le jury regrette que ce procédé si ingénieux et dont les résultats'sont devenus si satisfaisants, soit d’un emploi si rare pour la gravure en taille-douce. Ne serait:il pas à désirer que ces belles gravures dont les planches n’existent plus et dont les épreuves sont devenues si rares, fussent ainsi reproduites au profit des arts ? Le prix modéré auquel elles pourraient être données, les mettrait
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- à la portée des jeunes artistes qui pourraient ainsi posséder et étudier les chefs-d’œuvre des grands maîtres de toutes les écoles et de toutes les époques.
- La lithochromie est dans une voie de progrès très-remarquable. Ces progrès ne sont pourtant dus qu’à l’habileté de l’imprimeur, car aucun procédé nouveau ne signale cette industrie à l’exposition delSàà- Ses résultats n’en sont pas moins d’une grande perfection.
- Mais parmi les divers genres de lithographie, le lavis sur pierre est sans contredit celui qui mérite le plus les éloges du jury. A peine abordé avant cette exposition, il est déjà très-près de la perfection.
- Enfin, quoique le jury n’ait aucune invention réelle à signaler en 18/tà, puisque le lavis sur pierre avait déjà produit des résultats en 1830, il est pourtant heureux de donner des louanges méritées à cette industrie, pour les améliorations importantes et la parfaite exécution de ses produits.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. LEMERCIER, à Paris, rue de Seine, 55.
- M. Lemercier joint à une grande intelligence une persévérance et une volonté de succès qui l’ont m. 23
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- conduit à des perfectionnements remarquables dans l’art de l’imprimerie lithographique. Il n’existe pas un établissement aussi important que le sien dans ce genre d’industrie, et pas un n’est aussi bien dirigé.
- Déjà, en 1839,cette maison, dont la supériorité était bien reconnue, recevait du jury la médaille d’argent.
- La réputation deM. Lemercier est véritablement européenne, puisque journellement des pierres dessinées lui sont adressées de l’étranger pour recevoir de lui la préparation nécessaire pour le tirage.
- Cet important établissement, qui possède toutes les ressources de la lithographie en tous genres, occupe journellement dans ses ateliers 3o presses et plus de ioo ouvriers; et une émission de produits évalués à plus de 400,000 fr. a lieu chaque année sans que le nombre nuise à la perfection. Le lavis lithographique et à l’estompe sont venus cette année joindre de nouveaux titres à tous ceux que M. Lemercier avait déjà aux récompenses du
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- Dès i83o, M. Lemercier avait fait des tentatives de lavis sur pierre en collaboration de M. Motte, et, sans être terminés, ces essais promettaient déjà des résultats heureux. Cette fois les efforts de M. Lemercier ont été couronnés de succès, et ses épreuves de lavis lithographique sont d’une parfaite exécution.
- La réputation bien acquise et bien méritée de l’établissement de M. Lemercier, 1 émission importante de ses produits et la perfection qu’il apporte
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- à leur exécution , méritent à cet habile industriel tous les éloges du jury, qui lui décerne la médaille d’or.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. DUPONT (Auguste), àPérigueux (Dordogne).
- L’exposition de M. Dupont se compose de clichés lithographiques et de travaux très-bien exécutés sur ces clichés.
- Mais où M. Dupont est surtout recommandable, c’est dans ses reports de vieilles gravures et principalement dans ceux d’anciens manuscrits qu’il reproduit d’une manière très-satisfaisante. Déjà,à l’exposition dernière, le jury central avait reconnu chez M. Dupont une grande habileté dans l’application du procédé de reports, et lui avait décerné une médaille d’argent, que le jury de 1844 se plaît à lui rappeler.
- M. CATTIER, à Paris, rue de Lancry, 12.
- M. Cattier, qui est le successeur de M. Motte, dont la réputation bien établie lui avait mérité des médailles d’argent aux expositions précédentes, a bien soutenu cette réputation. Ses produits sont d’une parfaite exécution et d’une grande finesse de teinte. Une lithographie à la plume d’après la Sainte-Famille d’Edling , dessinée par MM. Collet et Sanson avec une grande perfection, à part le mérite des dessinateurs, est imprimée à merveille.
- M. Cattier a exposé aussi des lithographies à
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- trois planches imitant assez bien le lavis, quoique ce ne soit pas positivement un lavis lithographique, et des épreuves de lithochromie très-belles.
- En résumé, les produits de M. Cattier et l’importance de son établissement lui méritent le rappel de la médaille d’argent.
- MM. THIERRY frères, à Paris, Cité Bergère , 1.
- Une grande variété de produits d’une très-bonne exécution, 25 presses, pour près de 200,000 fr. d’affaires annuellement, tels sont les titres qui méritent à MM. Thierry le rappel de la médaille d’argent qu’ils ont obtenue en i83g.
- M. SIMON fils (Emile), à Strasbourg (Bas-Rhin).
- M. Simon a obtenu, en i83g, une médaille d’argent; depuis cette époque son zèle ne s’est point ralenti et il a produit plusieurs ouvrages remarquables. Son recueil de lithographies sur l’histoire naturelle et surtout sa vue de la cathédrale de Strasbourg sont d’une exécution parfaite.
- Les ressources nécessaires à une bonne exécution sont moins à la portée des industriels qui n’habitent point la capitale, et les heureux résultats de M. Simon n’en sont que plus louables.
- Le jury se plaît à rappeler la médaille d’argent qu’il a obtenue en i83g.
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- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. ENGELMANN et GRAF, à Paris, Cité Bergère, 1.
- Les impressions en couleur dont l’invention est due à cet établissement, et qui lui ont mérité une médaille d’argent à la dernière exposition, sont arrivées à un point d’exécution bien supérieure.
- MM. Engelmann et Grafsont parvenus, par des moyens très-ingénieux , à repérer avec une telle exactitude les diverses pierres qui se succèdent dans l’exécution d’une lithographie en couleurs, qu’elle semble imprimée par une seule et même pierre.
- Le jury décerne une nouvelle médaille d’argent à MM. Engelmann et Graf.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- Mademoiselle FORMENTIN, à Paris, rue des Saints-Pères ,10.
- Mademoiselle Formentin, qui avait obtenu une médaille è l’exposition de 1827, n’avait point paru aux dernières expositions.
- Mademoiselle Formentin n’abandonnait pas pour cela l’industrie dans laquelle elle avait débuté avec succès; elle s’occupait de la recherche et des applications de nouveaux procédés qui pussent la mettre en évidence parmi ses concurrents , et elle s’est présentée à l’exposition de cette année avec des produits vraiment remarquables.
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- Mademoiselle Formentin, qui a exposé des lithographies de tous genrés et toutes parfaitement exécutées, est surtout remarquable dans les lavis lithographiques et les lithographies à l’estompe qu’elle a amenés à une grande perfection.
- Le procédé est tel que les épreuves, même après un tirage considérable, sont à peine inférieures aux premières.
- Mademoiselle Formentin a d’ailleurs un établissement important et occupejournellement une trentaine d’ouvriers. Elle fait pour plus de 100,000 fr. d’émission de ses produits chaque année.
- Le jury décerne une médaille d’argent à Mademoiselle Formentin.
- M. BARBAT (Thomas), à Châlons ('Marne).
- Un livre exposé par M. Barbat, intitulé : Evangile ou Jêtes et dimanches, est un véritable chef-d’œuvre typographique et pour le goût et pour l’exécution.
- C’est de lui-même et de son fils que M. Barbat tire toutes ses ressources. Les dessins de ses vignettes, qui sont composées par eux, sont charmants.
- Ces beaux résultats sont d’ailleurs les produits de reports fort difficiles à opérer à cause de la finesse des ornements, et ils ne laissent rien à désirer.
- M. Barbat est de plus un des premiers qui aient livré au commerce des impressions typolithographiques en or, argent et couleur.
- M. Barbat mérite tous les éloges du jury pour la rare perfection de l’impression chromo-lithographique, et il lui est décerné une médaille d’argent.
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- M. KŒPPELIN, à Paris, rue du Croissant, 20, et quai Voltaire, 15.
- L’établissement de M. Kœppelin, l’un des plus importants de la capitale, jouit d’une réputation méritée. Il occupe un grand nombre d’ouvriers, et imprime presque tous les genres de lithographie avec une égale habileté.
- Mais ce qui distingue M. Kœppelin, ce sont les reports de toute espèce.
- Ceux de la carte de France sont surtout remarquables. La reproduction des planches gravées par Albert Durer, et qui compose une livraison de ce qu’il appelle son album rétrospectif du xve siècle, pourra être d’une grande utilité si cet ouvrage se continue.
- M. Kœppelin a aussi transporté la gravure de l’entrée de Henri 1Y, d’après Gérard, gravée par Dupont, et celle du Spasimo, d’après Raphaël. Ces transports, sans donner une reproduction absolument identique des originaux, sont pourtant fort remarquables et donnent l’espoir qu’il arrivera à un résultat complet.
- Le jury décerne une médaille d’argent à M. Kœppelin.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. MARTENOT, à Paris, rue d’Antin , 6.
- L’établissement de M. Martenot produit principalement des plans topographiques, et de la lithotypographie.
- 11 a exposé, entre autres produits, une carte du département de la Seine-inférieure, très-remarquable. Cette carte est composée de cinq planches gravées sur acier, représentant chacune un arrondissement, et transportées sur la pierre avec une telle perfection, que cette carte semble gravée en entier sur cette même pierre.
- Le jury rappelle à M. Martenot la médaille de bronze , qui lui a été décernée en i83g.
- M. DELARUE, à Paris, rue Notre-Dame-des-Vie-toires, 16.
- L’imprimerie lithographique de M. Delarue ne reproduit ni figures, ni paysages. 11 se borne à l’impression de couvre-lampes et cartes de visites. Il a exposé aussi des essais d’un nouveau genre d’impression en couleur et en relief, et divers autres essais.
- 12 presses sont dans les ateliers de M. Delarue, et il fait un grand débit de ses produits en Fiance et à l’étranger.
- Le jury rappelle pour la seconde fois la médaille de bronze qu’il a obtenue en i834 et 183g.
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. BRY, à Paris , rue Favart, 8, et rue du Bac,
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- M. Bry a, comme deux autres exposants, produit à cette exposition des lithographies à l’estompe et au lavis. Ces deux procédés sont appliqués par lui avec succès au paysage , comme à la figure.
- M. Bry a d’ailleurs un établissement assez important, puisqu’il possède jusqu’à 12 presses dans ses ateliers, et qu’il fait pour 5o à 60,000 francs d’affaires, année commune.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MM. CHARPENTIER père et fils, à Nantes (Loire-Inférieure).
- Ceux des industriels de nos départements dont les produits sont remarquables par leur bonne exécution , et dont la partie artistique est aussi digne d’éloges, méritent à tous égards l’intérêt du jury central, car ils sont privés en grande partie des ressources que donne la capitale pour ce genre d’industrie.
- MM. Charpentier père et fils, dont Rétablissement est situé à Nantes, ont envoyé à l’exposition de cette année, des produits fort remarquables, et d’une grande variété.
- Un ouvrage par livraisons, représentant les costumes et les mœurs de la Bretagne, dont ils sont éditeurs et imprimeurs.
- Un autre qu’ils impriment et éditent aussi, et
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- dont les sujets sont tirés d’un de nos romans en vogue, et les dessins faits par un artiste attaché à leur établissement.
- Un plan de Jérusalem avec des figures.
- Des estampilles en cuivre pour équipement militaire.
- Des gravures de lettres de change sur acier.
- Des cartes de visites, etc.
- Tels sont les produits variés et très-bien exécutés, qui méritent è MM. Charpentier père et fils , les éloges du jury.
- MM. Charpentier ont dans leurs ateliers 4o ouvriers et 21 presses, et font pour ioo à i5o mille francs d’affaires par an.
- Le jury décerne h MM. Charpentier père et fds, une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. SALOMON, à Paris, rue Montmartre, 39.
- M. Salomon applique avec succès, par une machine fort simple, le report de l’impression typographique sur la pierre lithographique. Son procédé est spécialement destiné à l’impression des registres. La lithographie exécute fort bien et plus économiquement que la typographie, les filets et les accolades; mais on sait que tout ce qui doit être dessiné en caractères romains sur la pierre lithographique, réussit toujours assez mal.
- L’invention de. M. Salomon sera surtout utile dans les départements, où souvent on manque d’é-
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- crivains lithographes. Au moyen de quelques alphabets de caractères , on peut transporter d’abord sur un papier et ensuite sur la pierre , des mots, et même des pages entières. Pour des ouvrages qui doivent être tirés à gra nd nombre, on peut en multipliant les reports éviter les frais de plusieurs compositions.
- M. Salomon a fait graver, entre autres choses, des poinçons à fond noir, des vignettes qui transportés sur la pierre, sont ensuite grisés au moyen d’une sorte de tire-ligne. Ce genre d’impression produit de jolis effets.
- Le jury, pour récompenser les travaux de M. Salomon, lui accorde une mention honorable.
- M. BERTAUTS , à Paris, rue Saint-Marc, lit.
- Le jury central accorde à M. Bertauts, en raison de la bonne exécution de ses produits, une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. D’AIGUEBELLE, à Paris, rue des Bourguignons, 12.
- M. D’Aiguebelle avait obtenu en 1834 une daille d’argent, pour les succès qu?il avait eus dans le transport des gravures enftaille-douce et en typographie. M. D’Aiguebelle, non content de poursuivre une carrière qui lui avait mérité!les éloges et les récompenses du jury, s’est occupé de la solution d’un autre problème, celui de tanner dans un temps
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- très-court, les cuirs qui par les procédés ordinaires , demandent un long travail de préparation.
- Aussi M. D’Aiguebelle qui ne s’est occupé que secondairement du transport des gravures, ne lui a-t-il fait faire que peu de progrès.
- Cependant le nom de M. D’Aiguebelle ne peut manquer d’être cité comme celui d’un homme d’une grande intelligence et d’un esprit inventif.
- M. JACOTIER, à Paris, rue Buffon, 13.
- Les reports qu’il fait d’anciennes épreuves, à l’aide de la lithographie, laissent encore à désirer; il en est de même du report qu’il fait par la lithographie des textes imprimés. Cependant le jury lui accorde une citation favorable.
- § 2. MANNEQUINS POUR PEINTRES.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. FAURE, à Paris, rue Neuve-Coquenard, 5.
- M. Faure, qui s’est occupé de peinture avant de se livrer à l’industrie, a su donner à ses mannequins une vérité et une élégance de forme qui les rendent très-précieux pour les artistes. Us sont d’ailleurs de beaucoup supérieurs pour l’armature à tout ce qui a été fait jusqu’ici.
- Sans s’être assujetti à une minutieuse imitation du squelette humain (ce qui eût rendu le mécanisme
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- très-coûteux et de peu de solidité), M. Faure s’en est pourtant rapproché autant que possible.
- Ses mannequins sont de nature à se déformer difficilement en ce que M. Faure a reproduit par des corps durs tels que bois, fer et cuivre , toutes les parties osseuses du corps humain, non-seulement à l’intérieur, mais encore pour les os qui, comme ceux du bassin, se font sentir à l’extérieur.
- Les parties musculaires sont soutenues dans plusieurs endroits sur des ressorts élastiques qui leur permettent de reprendre leur première forme après la flexion des membres.
- Du reste , les prix des mannequins de M. Faure sont à peu près les mêmes que ceux de ses concurrents, c’est-à-dire de 5oo à 65o fr.; et de beaucoup au-dessous du prix de ceux qui se faisaient il y a vingt ans, et qui, avec moins de perfection, coûtaient 1000 à 1200 fr.
- M. Faure a déjà obtenu une mention honorable en i83g.
- Le jury , en raison des améliorations de ses produits , lui accorde une médaille de bronze.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Madame MAUDU1T, à Paris, rue Neuve-Saint-Nicolas, 32, faubourg Saint-Martin.
- Les mannequins de madame Mauduit sont très-bien confectionnés et peuvent exécuter tous les mouvements naturels. Quant à l’armature, elle
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- diffère peu de celles que l’on fait depuis longtemps. Ses prix ont été abaissés comme ceux de ses concurrents ; c’est-à-dire qu’ils sont aussi de 5oo à 65o francs. Elle fait aussi des mannequins de un quart de grandeur naturelle, qu’elle peut donner au prix de i^5 et de 200 francs.
- C’est surtout pour la vérité des formes et la bonne exécution de ses produits, que le jury se plaît à citer le nom de madame Mauduit.
- M. GAGNERY, à Paris, quai des Augustins, 59.
- Les mannequins de M. Gagnery sont d’une bonne exécution. 11 en fait une exportation assez considérable à des prix très-modérés, et occupe un assez grand nombre d’ouvriers.
- Peinture â la cire.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. DUSSAUCE, à Paris, rue des Petits-Augus-tins, 28.
- La peinture à la cire est de toute antiquité, et la belle conservation de ce qui en est parvenu jusqu’à nous, témoigne de son inaltérabilité. Elle sera bientôt, nousd’espérons, employée plus généralement pour la décoration de nos églises et de nos
- L’Allemagne et la Prusse ont pris l’iniliative, et
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- la France en a déjà fait une heureuse application dans plusieurs édifices publics. Depuis i83o, 2,000,000 fr. environ ont été employés à ce genre de peinture, et quatre ou 5oo,ooo fr. vont être dépensés pour des peintures à la cire dans l’église Saint-Vincent-de-Paule.
- L’Angleterre vient aussi d’établir des concours pour la décoration d’un nouveau bâtiment construit à Westminster. Des spécimens ont été demandés aux concurrents, et ces essais doivent être exécutés, soit à fresque, soit à la cire. Nous pensons que dans notre cli ma t, et surtout en Angleterre, ce dernier pro-cédéest de bea ucoup su périeu r à la fresqu e, qui ne parvient jamais à une dessiccation assez complète dans des pays humides pour arriver à l’éclat dont elle est susceptible et qu’elle acquiert si bien en Italie.
- La peinture à l’huile ne nous semble nullement propre à la décoration des monuments, la teinte noire quelle prend après un nombre d’années assez peu considérable, et surtout son aspect luisant qui l’empêche d’être vue de tous points, sont deux inconvénients bien graves pour la peinture décorative.
- La peinture à la cire n’a ni l’un ni l’autre de ces inconvénients. Comme la fresque, elle a cet aspect légèrement mat et doux qui convient si bien aux peintures murales; comme elle, elle conserve son éclat et ne jaunit pas comme la peinture à l’huile; mais elle a surtout sur la fresque un grand avantage. C’est quel’exécution en est plusfacile, qu elle permet au peintre de revenir sur son travail autant qu’il le croit nécessaire , et d’arriver ainsi à toute la perfection que son talent peut atteindre.
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- Les hommes qui s’occupent avec zèle et intelligence de rendre ce procédé facile et ses résultats durables, nous paraissent mériter l’intérêt du jury.
- M. Dussauce, peintre de talent, chargé par l’administration de la ville de grands travaux de ce genre, auxquels il emploie un assez grand nombre d’ouvriers, travaille avec succès depuis plusieurs années à la régénération de cette peinture.
- Aidé de ses propres connaissances en chimie, et de l’ouvrage de M. de Montabert, qui a traité avec tant de talent et d’érudition tous les procédés de peinture ancienne et moderne , M. Dussauce nous semble avoir atteint le double but de durée et de facilité d’exécution si désirables pour la peinture monumentale.
- Le jury décerne à M. Dussauce une médaille de bronze.
- Peinture en feuille appliquée sur pierre.
- MENTION HONORABLE.
- M. HUSSENOT, à Metz (Moselle).
- M. Hussenot, dont la réputation,comme peintre est bien établie à Metz, a trouvé un procédé fort ingénieux qui consiste à appliquer sur les murailles, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur des monuments ou des maisons particulières, toute peinture décorative qui aurait été, à cet effet, exécutée dans l’atelier de l’artiste.
- L’avantage de ce procédé est très-grand dans cer-
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- taines circonstances, où le temps donné pour l’achèvement d’un monument, d’une salle de spectacle, d’un café, ne permet pas d’en faire les peintures sur place.
- Ces peintures, exécutées dans l’atelier de l’artiste, sur une pulpe fort mince que M. Hussenot a trouvé le moyen d’enlever de la toile qui lui a servi de soutien pendant leur confection , sont appliquées sur les parois du bâtiment, et suivant M. Hussenot y adhèrent d’une manière aussi complète, que si elles avaient été faites sur le mur même. Ainsi, indépendamment de l’économie de temps que présente ce procédé, se trouve encore l’avantage de terminer la décoration d’une salle qui doit être livrée immédiatement à sa destination, sans qu’on soit incommodé de l’odeur malsaine des peintures nouvellement faites.
- Des expériences de six années certifiées par lejury départemental de la Moselle, semblent donner au procédé de M. Hussenot de grandes garanties de solidité.
- Lejury se plaît, en conséquence, â mentionner honorablement le procédé de M. Hussenot.
- Restauration de gravures et fixatif pour les dessins et pastels.
- MENTION HONORABLE.
- M. TROU1LLON, à Paris, rue Neuve-Saint-Eus-tache, 29.
- Depuis longtemps on avait cherché en vain le moyen de fixer d’une manière complète, et sans en altérer l’éclat, la peinture au pastel; on étaitpour-in. 24
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- tant parvenu à atteindre presque ce but, et M. le marquis de Varennes, amateur distingué, s’en était approché plus que ses devanciers. Il fit connaître son procédé k l’Académie des beaux-arts, qui l’en félicita par l’organe de son secrétaire perpétuel, et M. de Varennes voulant être utile aux beaux-arts qu’il aime et qu’il cultive, publia généreusement ce procédé dans le journal des Débats, en 1841.
- M. Trouilîon est allé plus loin encore que M. de Varennes, quoiqu’k peu près dans la même voie. Son procédé consiste aussi à faire passer au travers du papier et du côté opposé à la peinture, et même du carton sur lequel elle est exécutée , une liqueur qui la fixe parfaitement, et ne lui fait presque rien perdre de son éclat.
- Si ce procédé eût été connu , nous n’aurions pas à déplorer la perte de tant de belles peintures au pastel de Latour et autres, et ce genre n’eut pas été abandonné comme on l’a fait à cause de son peu • de fixité.
- Cette amélioration dans la manière de fixer toute espèce de dessin, même ceux faits au fusain, mérite à M. Trouilîon une mention honorable que lui accorde le jury.
- Tableaux diaphanes en relief.
- CITATION FAVORABLE.
- M. FERRY, à Paris, rue de Beaune ,31.
- M. Ferry a exposé des tableaux diaphanes en relief.
- Ces tableaux sont employés principalement à des
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- couvre-lampes, à des veilleuses, et peuvent remplacer des vitraux de petite dimension.
- Ce moyen de représenter en transparent les tableaux et les gravures, n’est pas nouveau. Depuis longtemps ces tableaux diaphanes en relief sont dans le commerce, et pour le même emploi.
- Seulement M. Ferry a substitué au verre et à la porcelaine, dont les premiers étaient faits, une matière beaucoup moins coûteuse, et moins friable.
- M. Ferry, vend plus de 5oo tableaux en France chaque année, et en exporte une bien plus grande quantité.
- § 3. MODÈLES ANATOMIQUES, TAXIDERMIE.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. AUZOUX, à Paris, rue des Saints-Pères, 13.
- Le jury a examiné avec un vif intérêt les belles préparations dites élastiques d’anatomie humaine et comparée, présentées par le docteur Auzoux. Ce n’est qu’après bien des recherches, de nombreux essais, et par d’infatigables travaux, que M. Auzoux est parvenu à reproduire par couches superposées , jusqu’aux parties les plus minutieuses de l’organisation animale, depuis l’homme jusqu’aux zoopjiytes, et avec une exactitude et une solidité dont rien jusqu’alors n’avait donné l’idée.
- M. Auzoux a rendu palpable pour tout le monde des détails qui, jusqu’alors, n’étaient saisissables que pour quelques intelligences privilégiées. Il a en outre rendu ses procédés de fabrication tellement
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- simples, que ses préparations sont exécutées par des mains que l’on aurait pu en croire incapables.
- Indépendamment du modèle d’homme exécuté de quatre grandeurs différentes, M. Auzoux a soumis à notre examen une série de préparations destinées à faire voir comment s’opèrent la digestion , la respiration , la circulation , l’audition , la vision, la reproduction dans l’homme et jusqu’aux mollusques et aux zoophytes.
- Comme modèle d’un gros mammifère, et dans le but d’être utile à l’art vétérinaire, M. Auzoux a exécuté, avec une rare perfection, un cheval, sur lequel, par des coupes ingénieuses, on peut étudier la forme, les dispositions, les rapports de tous les organes.
- Parmi les représentations diverses de M. Auzoux, un hanneton d’une grande dimension peut être regardé comme un chef-d’œuvre de l’art élastique.
- Certainement, si les belles préparations du docteur Auzoux n’étaient pas d’un prix assez coûteux , elles se verraient déjà dans tous les hôpitaux , les écoles de médecine et de peinture, les bibliothèques publiques et les cabinets des praticiens. Grâce aux améliorations que M. Auzoux apporte à ses procédés, et à l’intelligence de M. Taurin (Victor), son contre-maître, nous verrons sans doute ces produits utiles pénétrer dans tous les lieux où ils peuvent venir eu aide aux études anatomiques.
- Ce qui n’empêche pas que chaque semaine il ne sorte déjà des ateliers du docteur Auzoux, au moins un modèle complet de l’anatomie humaine.
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- Le prix de ces modèles varie de 25o à 3,ooo fr , et la moitié au moins de ces produits sont achetés pour l’étranger.
- Déjà la société d’encouragement a décerné des médailles à deux contre-maîtres de cet établissement, dont l’intelligence et l’instruction sont remarquables.
- M. le docteur Auzoux a reçu toutes les récompenses que le jury a pu donner à ses talents, et qu’il se plaît à lui rappeler avec de nouveaux éloges.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. THIBERT, à Paris, rue du Mont-Parnasse, 8.
- •
- M. le docteur Thibert a présenté à cette exposition des produits qui constituent un genre tout nouveau d’industrie, et qui ne sont pas moins intéressants sous le point de vue scientifique que sous lë rapport industriel.
- C’est un musée pathologique et anatomique composé de pièces en relief, et coloriées avec un grand talent d’imitation , représentant tous les cas de maladies humaines.
- Cette collection ne se compose, quant à présent, que de six cents pièces, qui donnent plus de douze cents maladies avec leurs caractères anatomiques. La collection complète sera du prix de 3o,ooo francs.
- Déjà un grand nombre de ces représentations sont dans des écoles de France et de l’étranger, et des commandes nombreuses de ces collections sont faites à M. Thibert. v >
- Le mérite de ce beau travail a été l’objet des ré-
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- compenses de l’Institut, qui a décerné à M. Thibert un prix de 4jOOO fr. fondé par M. de Monthyon.
- La belle et savante exécution de ces représentations pathologiques, l’utilité incontestable dont elles sont pour les progrès de l’étude, la réputation et l’extension qu’elles ont déjà prises, et qui ne peuvent manquer de s’accroître, enfin l’importance pécuniaire de ce grand travail, sont des motifs plus que, suffisants pour déterminer le jury à accorder à M. le docteur Thibert une nouvelle médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M.'NOËL, à Paris, rue du Temple, 101.
- Après des études suivies de l’organisation et de l’anatomie des yeux, M. Noël s’est livré à la fabrication des yeux en émail avec un succès qui lui a fait une réputation justement méritée auprès des amateurs de collections d’histoire naturelle. Faits d’après nature, les yeux d’émail de la fabrique de M. Noël sont d’une vérité qu’on n’avait encore pu obtenir, surtout depuis qu’il est parvenu à faire des yeux qui portent des paupières artificielles, destinées à remplacer les paupières naturelles des peaux des animaux , lorsqu’elles ont été détruites.
- M. Noël s’est attaché k former une série d’objets qui représentera toutes les maladies des yeux. Si cette collection, qui sera d’un très-grand intérêt pour les musées d’histoire naturelle et d’anatomie, avait été terminée, le jury central n’eût pas hésité à demander pour M. Noël une médaille d’argent, et provi-
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- soirement il le déclare de plus en plus digne de la médaille de bronze qui lui a été décernée.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. Ed. TERREAUX, à Paris, boulevard Montmartre ,6.
- r
- M. Edouard Verreaux, naturaliste, a succédé à son père, dont la maison existe depuis quarante-deux ans. Intrépide voyageur, plein de zèle pour l’étude des sciences naturelles, M. Edouard Verreaux a voyagé pendant dix ans dans les pays étrangers pour recueillir des collections et établir des relations dans beaucoup de localités riches en histoire naturelle.
- Sous le rapport de ses exportations, cette maisoiç. alimente en partie les principaux musées de l’Europe , et se trouve en correspondance avec la plupart des amateurs d’histoire naturelle.
- Le muséum d’histoire naturelle de Paris possède un nombre considérable d’objets rares dus aux soins des frères Verreaux, qui ont apporté des perfectionnements dans les différents modes de préparation taxidermique pour laquelle ils ont fait des études et des essais multipliés. Aussi les différents groupes d’animaux qu’ils ont exposés sont-ils remarquables par labeauté de leur conservation etpar leur attitude naturelle. Le daim attaqué par trois chiens qu’ils ont présenté, est une véritable scène de chasse en action.
- Les préparations sont pour cette maison d’une
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- importance annuelle d’environ 10,000 fr. Les ventes d’objets,en peaux, et sujets montés, peuvent s’élever , année commune, .à environ 40,000 fr. ; les matières premières employées, telles que filasse, fil de fer, savon arsenical, yeux d’émail, épingles à insectes, etc., peuvent s’élever à environ 6,000 fr.
- La maison Verreaux a obtenu en i83g une médaille de bronze, et depuis cette époque, par l’extension de ses affaires et par les perfectionnements apportés dans ses préparations, elle n’a fait qu’acquérir de nouveaux titres à la bienveillance du jury.
- Le zèle bien louable et les beaux résultats obtenus par M. Verreaux, lui méritent une nouvelle médaille de bronze que le jury lui décerne.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. POORTMANN , à Paris, rue de la Harpe ,
- 102.
- M. Poortmann, modeleur naturaliste au muséum d’histoire naturelle de Paris, a présenté un chien lévrier préparé par un nouveau procédé plastique , qui nous a paru supérieur à ceux généralement employés pour conserver aux animaux leurs proportions, leurs formes, leurs attitudes naturelles et les, détails anatomiques qui se dessinent à travers la peau.
- Ce procédé, qui a quelques rapports avec celui du professeur Rusconi, de Pavie, nous paraît avoir sur lui l’avantage de la facilité de son exécution. M. Poortmann conserve le squelette naturel de l’ani-
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- mal, et après lui avoir fait subir certaine préparation il en articule solidement toutes les pièces, et fait traverser les os dans toute leur longueur par des fers courbés de façon à leur donner la position qu’ils doivent conserver dans l’attitude générale du corps. Puis, au lieu de se servir d’étoupes, il modèle le système musculaire avec une composition plastique et fibreuse. Cette composition appliquée sur la charpente osseuse, représentant exactement les formes, les saillies ou les dépressions des muscles, a en outre l’avantage de préserver dés insectes, la peau dont on la recouvre.
- Ce produit de M. Poortmann n’est réellement pas de l’empaillage ; c’est une préparation à la fois scientifique et artistique, supérieure à tout ce qu’on a fait jusqu’à présent dans ce genre en taxidermie, et des animaux conservés avec une telle exactitude seront d’un grand secours pour l’histoire naturelle et pour les artistes.
- Le jury accorde à M. Poortmann une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- MM. CARTE AUX et CIÎAILLOÜ, à Paris, rue du Helder, 5.
- M. le docteur Garteaux etM. Chaillou ont exposé diverses préparations anatomiques en cuir estampé sur des matrices moulées elles-mêmes sur nature , ou sur des pièces modelées avec soin. Ces pièces réunissent la légèreté à la solidité et sont difficilement altérables. Elles auront sur les planches ana-
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- tomiques coloriées les avantages que les cartes estampées en relief ont sur lès cartes ordinaires. Placées en relief sur des tableaux , elles pourront être utiles pour l’anatomie chirurgicale et pittoresque. Les auteurs de ce procédé ont aussi préparé les muscles, nerfs et vaisseaux de la région cervicale et du pli du coude. Ils ont exécuté des modèles d’écorehés et des muscles de membres. On ne peut qu’applaudir aux efforts de MM. Carteaux et Chaillou et louer leurs essais qui rendront plus facile l’étude de l’anatomie pour les amateurs et pour les gens de l’art qui ne peuvent avoir recours sans cesse aux dissections sur les cadavres, pour se rappeler les rapports anatomiques dont ils ont fréquemment besoin.
- Le jury accorde à MM. Carteaux et Chaillou une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- Madame MANTOIS, à Paris, rue du Pot-de-Fer-Saint-Sulpice, lk.
- Le coloris appliqué aux planches anatomiques est d’un heureux emploi, en ce qu’il constitue un perfectionnement réel de l’iconographie, sans augmenter considérablement le prix de ce genre d’ouvrage.
- Le talent de Madame Mantois dans ces sortes de travaux mérite d’être cité favorablement.
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- Écorchés.
- CITATION FAVORABLE.
- M. MÉQUIGNON-MARYIS, à Paris, rue de l’É-cole-de-Médecine ,3.
- La statuette présentée par M. Méquignon-Marvis est un nouvel écorché en plâtre, modelé d’après nature, dans une attitude forcée propre à faire ressortir les saillies des muscles du tronc et des membres pendant leur contraction. Ce petit modèle pourra être consulté avec avantage par les artistes.
- § A. BROSSES ET PINCEAUX POUR PEINTRES.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. DRAINS, à Paris, rue des Fossés-Saint-Ger~ main-l’Auxerrois, 26;
- Les produits de M. Drains sont au moins aussi bien confectionnés que ceux de la dernière exposition, qui lui ont mérité une médaille de bronze.
- Le jury lui accorde le rappel de cette médaille.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- Madame SAUNIER, à Paris, quai Pelletier, 28.
- Madame Saunier a envoyé aux deux dernières expositions des brosses et pinceaux très-bien exé-
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- eûtes. Ils furent reconnus tels par le jury de i834, qui lui accorda une médaille de bronze, que celui de 1839 renouvela.
- Madame Saunier, depuis la dernière exposition, a encore perfectionné sa fabrication et augmenté l’importance de son établissement. Elle occupe un assez grand nombre d’ouvriers, et plusieurs orphelines lui doivent un état et des moyens d’existence.
- Le jury décerne une nouvelle médaille de bronze à Madame Saunier.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- Madame veuve COCHERY, à Paris, rue Dauphine, 12.
- Les brosses et pinceaux que Madame Cochery a exposés cette année sont de la plus parfaite exécution. Ils réunissent à une grande souplesse une solidité parfaite par la manière dont ils sont montés. Ce genre d’industrie mérite d’être encouragé, puisque par sa perfection il vient en aide au talent de nos grands artistes.
- Le jury de 1839, convaincu de cette vérité, avait accordé à Madame Cochery une mention honorable; mais en raison de la plus grande perfection de ses produits, le jury de 1844 lui donne une médaille de bronze.
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- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- Madame FONTANA, à Paris, rue. des Marais-du-Temple, 13.
- La bonne exécution des produits de Madame Fon-tana mérite encore la mention honorable qui lui avait été donnée par le jury de ,i 83g.
- NOUVELLE MENTION HONORABLE.
- M. SAUNIER, à Paris, rue Bourg-1’Abbé, 50.
- Ce fabricant a obtenu une mention en 1889. Les produits de M. Saunier sont toujours aussi bien exécutés que par le passé.
- Le jury lui accorde une nouvelle mention honorable.
- MENTION HONORABLE.
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- M. DAGNEAU , à Paris, rue Constantine , 15.
- M. Dagneau est arrivé à une très-grande perfection dans la fabrication des brosses et pinceaux^ Avant lui,son père jouissait d’une véritable réputation chez les artistes ; il n’est pas resté au-dessous de lui. Il a de plus donné une plus grande extension à sa fabrication. E,
- M. Dagneau a obtenu en 1889 une citation favorable., ' f
- Le jury lui accorde une mention honorable.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- M. PITET aîné, à Paris, rue Saint-Martin, 257.
- M. Pitet, qui confectionne des brosses et pinceaux pour les artistes, fait aussi toute autre espèce de brosses pour peindre, et en grand nombre, puisque la vente peut s’élever de 40 à 100,000 fr. par an.
- M. PRESBOURG, à Paris, rue Quincampoix, 56.
- M. Presbourg a exposé un assortiment de brosses de toutes natures et de toutes dimensions. La bonne rature de ses produits lui mérite une citation favorable.
- Madame BULLIER, àParis,rue de la Verrerie, 54.
- La bonne confection des produits de Madame Bullier lui mérite une citation favorable.
- Ébènisterie pour modelage.
- CITATION FAVORABLE.
- M. CARPENTIER, à Paris, rue de Ménilmon-tant, 61.
- Un petit cheval articulé que M. Carpentier a présenté à cette-exposition, et dont la première idée est due à M. de Saint-Mémin, directeur du musée de Dijon, est d’une parfaite exécution. Il peut prendre toutes les poses naturelles du cheval vivant, les proportions en sont d’une grandeexac-
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- titude et les articulations d’un mouvement facile et d’une srande solidité.
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- Ce petit modèle est d’une utilité fort grande pour les artistes, et a valu à M. Carpentier les éloges^de M. Horace Yernet.
- Chevalets pour les peintres.
- CITATION FAVORABLE.
- M. BONHOMME, à Paris, rue des Fossés-Saint-
- Germain-FAuxerrois, 29.
- M. Bonhomme a exposé des chevalets pour , les ' artistes dont le mécanisme est aussi simple qu’ingénieux.
- Ils peuvent supporter des tableaux d’une grande dimension et d’un poids considérable que l’artiste peut soulever et mouvoir avec la plus grande facilité.
- Le jury accorde à M. Bonhomme une citation favorable.
- § 5. ÉPREUVES DAGUERRIENNES.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. SABATIER-BLOT, à Paris, Palais-Royal, 137. .
- Parmi ses concurrents, M. Sabatier-Blot est celui qui est le plus maître des procédés daguerriens, c’est-à-dire que des nombreuses épreuves que, nous lui avons vu produire aucune n’est réellement défectueuse, et presque toutes sont d’une perfection rare. Le court espace de temps qui lui suffit, et qui
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- n’est que de quelques secondes, est pour.beaucoup dans la réussite qu’il obtient.
- La quantité de portraits qu’exécute M. Sa bâti er-JBlot constitue véritablement une industrie , puisqu’elle lui produit plus de 3o ou.40,000 fr. par an.
- Une mention honorable est accordée h M. Sa-batier-Blot pour la bonne exécution de ses produits.
- M. BOURQUIN, à Paris, boulevard Bonne-Nouvelle, 10.
- M. Bourquin a apporté aux appareils photographiques qu’il Fabrique entièrement chez lui, des 'modifications qui en rendent les résultats plus parfaits et plus sûrs. Aussi M. Bourquin fait-il un débit d’appareils et d’épreuves qui se monte à des sommes importantes.
- Il joint à cette .industrie la confection de cadres de fort bon goût, et qui viennent ajouter à l’agrément de ses belles épreuves en augmentant encore l’importance de ses recettes annuelles qui s’élève à plus de 100,000 fr.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. CLAUDET, à Choisy-le-Roi (Seine ).
- Très-peu des industriels qui ont exposé des reproductions de portraits ou de vues exécutés par l’ingénieux procédé de M. Daguerre, sont assez maîtres de leurs moyens d’exécution pour que presque toutes leurs épreuves réussissent à un degré de perfection complète.
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- M. Claudet a pourtant presque atteint ce but. La brièveté du temps qui lui suffit pour obtenir ses images, est pour beaucoup dans cette réussite.
- Celle qu’il a exposée, et qui représente un groupe de danseurs dans une attitude qu’il est impossible de garder plus d’un instant (puisqueles deux danseurs sont posés sur la pointe du pied et les bras élevés), est d’une réussite merveilleuse. Toutes les autres épreuves sont d’une perfection égale, mais ne présentaient pas les mêmes difficultés.
- Si la photographie peut arriver à des résultats toujours sûrs et à des moyens d’exécution faciles, elle rendra des services très-grands, et ceux qui, comme M. Claudet, lui font faire des progrès sensibles vers ce but, méritent les éloges du jury centrai qui se plaît à citer favorablement les épreuves exposées par cet.industriel.
- M. Claudet exécute aussi des épreuves daguerréo-typées sur papier par le procédé Talbot, dont il est concessionnaire. Les résultats sont les mêmes (quoique produits par d’autres moyens) que ceux obtenus il y a peu d’années par M. Bayard.
- M. BISSON fils, à Paris, rue Saint-Germain-l’Auxerrois, 65.
- M. Bisson fils a exposé de fort belles épreuves photographiques. Plusieurs portraitssontd’unepar-faite réussite. Le jury doit citer particulièrement deux têtes d’une grande dimension exécutées pour un ouvrage d’histoire naturelle.
- Uf.
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- M. DERUSSY, à Paris, rue des Prouvaires, 3.
- Les épreuves obtenues par M. Derussy lui méritent une citation favorable pour leur bonne exécution.
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- PCP
- SECTION VIII. DESSINS DE FABRIQUE.
- M. Sallandrouze-Lamornaix, rapporteur.
- Considérations générales.
- Nous sommes heureux d’avoir à signaler dans ses meilleurs résultats l’alliance de l’art et de l’industrie , cette alliance si profitable, si féconde, et qui devient chaque jour plus intime. Quarante dessinateurs figuraient cette année parmi les exposants : c’est un progrès qu’on ne saurait trop encourager. Les artistes qui prêtent aux industriels le concours de leur talent ont à vaincrede grandes difficultés : ils doivent se livrer à des études spéciales souvent peu attrayantes. Il ne suffit pas pour eux de créer une belle œuvre, de fixer sur le papier ou sur la toile une ingénieuse composition ; il faut autre chose encore: il faut que, tout en gardant sa beauté primitive, la pensée d’art se soumette aux
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- nécessités matérielles de l’industrie. Les ressources de la fabrication sont limitées , il faut qu’ils les connaissent toutes, afin qu’ils puissent à la fois n’en négliger aucune et ne les jamais dépasser. Qu’importent, en effet, de belles lignes dont la fabrication doit briser les contours ? Qu’importent l’harmonie ou la variété des cbuleurs, si l’ouvrier le plus habile est impuissant à les rendre ? Il faut donc que la pensée arrive à l’artiste, pour ainsi dire déjà revêtue de sa forme industrielle.
- Mais s’il est forcé de subir les exigences de l’industrie , il lui reste d’une autre part un beau rôle à remplir : c’est à lui de guider le fabricant dans la production des belles et grandes œuvres ; c’est à lui de rectifier les fausses tendances du goût vulgaire ; c’est à lui de résister aux caprices peu légitimes de la mode et de repousser l’invasion de ces formes contournées qui prétendent à la grâce et n’atteignent qu’à une afféterie bizarre.
- Le jury central sait foutes les qualités diverses que doit réunir un habile dessinateur de fabrique., 11 se plaît à reconnaître en lui, non-seulement un artiste, mais encore un savant industriel, et c’est à ce dernier titre surtout qu’il aime à lui donner des éloges bien mérités.
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- MÉDAILLE D’OR.
- M. COUDER, à Paris, cité Trévise, 7.
- Au nombre des hommes qui ont le plus eon tribué au développement de notre, industrie de luxe et â la faveur dont elle jouit à l’étranger, se place Couder, dessinateur habile, infatigable , qui, depuis longues années, est en possession de fournir les plus riches dessins aux premières fabriques de ehàl es, de tapis, d’impressions, de tissus de toute nature ; les constants succès que M. Couder a depuis si longtemps obtenus dans la fabrique, tiennent non-seulement à la flexibilité de son talent d’artiste, à la variété de ses compositions qui s’adressent à tant de genres différents, mais encore à ses connaissances laborieusement acquises de tous les procédés de la fabrication, connaissances dont il sait merveilleusement tirer parti dans ses œuvres : l’exposition comptait une multitude de produits remarquables exécutés d’après ses dessins. Les châles de MM. Gaussen aîné et Gaussen jeune, Aubernon, Bournhonet, Godefroy, Duché , Henry et Marcel, Champion et Girard, les étoffes pour ameublement, de MM. Hippolyte Mourceau, Florentin Cocheteux, les velours gauffrésde M. Berly d’Amiens, les broderies de Tarare de MM. Jules Fion et fils, les tapis de MM.Bellat, Demy-Doineau , Sallandrouze, témoignent de l’immense habileté de l’artiste et du succès mérité qu’obtiennent ses belles compositions, bien pensées et bien rendues.—Après avoir apprécié les œuvres exécutées de M. Couder, nous retrouvons cet ingénieux dessinateur dans son exposition per-
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- sonnelle , où des esquisses indiquent a une manière positive ses constants efforts pour ouvrir un champ plus vaste encore à l’industrie. La légende de Jeanne-cTArc, modèle de grande tapisserie : la Forêt des Amours , gracieuse composition dans le style de Boucher, la Vision de Saint-Hubert, avec ornementation dans le style renaissance, sont des pensées d’artiste dont l’exécution parfaite ferait des oeuvres industrielles d’une inappréciable valeur. Nous avons encore remarqué un modèle de bibliothèque, un dressoir, des vases sacrés , de splendides ornements d’église, qui sont autant de preuves qu’à la science pratique des besoins de l’industrie M. Couder unit les plus belles inspirations de l’art. Pour n’oublier aucun des titres de M. Couder, nous dirons encore que le premier, à Paris, il a fondé un atelier de dessins de fabrique duquel sont sortis déjà un grand nombre de jeunes artistes qui, dans toutes les branches, sont venus apporter à la fabrication le concours de leur talent. Nous ajouterons enfin que M. Couder emploie constamment chez lui cinquante à soixante personnes, et trente au dehors. Le jury, voulant récompenser dans M. Couder un des plus puissants auxiliaires de notre industrie, lui décerne la médaille d’or.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. CHÉBEAUX, à Paris, rue Saint-Fiacre , 1.
- M. Chébeaux vient prendre rang à côté du patriarche des dessinateurs industriels. L’ensemble de
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- son exposition nous a vivement frappés par la variété extrême des styles appliqués avec goût aux tissus et aux meubles. Nous avons particulièrement remarqué l’ameublement du salon du roi à l’hôtel de ville de Paris, composé de tapis, rideaux, portières, meubles, tentures, destinés à faire un grand ensemble. Dans ses travaux pour une fabrication plus secondaire, M. Chébeaux reste encore l’homme de goût et de talent. Ses dessins pour robes, pour châles, pour rideaux sont extrêmement remarquables par la nouveauté, la grâce de la composition , la fraîcheur du coloris et le soin du rendu; ils ont de plus le haut mérite d’une exécution industrielle prompte et facile. Enfin un modèle de prie-dieu dont la forme et l’ornementation nous ont paru bien appropriées à l’usage, témoigne aussi de sa grande habileté dans le dessin de meubles.
- M. Chébeaux, dont l’importance commerciale croît chaque jour, emploie trente personnes dans ses ateliers.
- Le jury central a voulu encourager ses efforts et récompenser ses succès en lui décernant avec satisfaction une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. GUICHARD , à Paris, rue des Jeûneurs, 9.
- L’exposition deM. Guichard s’est fait remarquer par une grande variété de compositions pour tous les genres de tissus. Nous avons distingué surtout un dessin de tapis renaissance mêlé de fleurs, d’un co-
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- loris riche et harmonieux; plusieurs dessins pour impression sur étoffe, où les difficultés de la fabrication sont bien comprises et heureusement yain^ eues; un panneau pour papier peint, dont l’enca-drement est d’un beau modèle. M. Guichard est,
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- en outre, l’auteur d’une publication destinée.à fournir un grand nombre de matériaux pour dessins de fabrique : il emploie constamment vingt personnes dans ses ateliers.
- Le jury, prenant en considération tous ces titres, lui accorde une médaille de bronze.
- M. RYPINSKI, à Paris, rue Bourbon-Ville-neuve, 5.
- M. Rypinski occupe constamment dix personnes dans ses ateliers. Il se distingue par une remarquable entente du dessin appliqué aux articles de ro.uenne-rie. Au milieu de charmantes compositions de papiers peints très-convenables pour la grande consommation, nous avons remarqué un panneau joliment ajusté, et qui prouve qu’on peut allier le bon goût et la légèreté aux difficultés de la fabrication. Un .tapis ton sur ton, végétation exotique, nous a semblé aussi fort remarquable par la hardiesse delà composition, la largeur du faire.
- Le jury,, en témoignage dé:sa satisfaction, accorde à M. Rypinski,la médaille de bronze.
- M. NAZE, à Paris, rue du Gros-Chenet, 23.
- M.JNaze a exposé : i° un rideau-store d’un assez^ bel effet et heureusement.exécuté en mousseline bro*
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- dée par M. Lucy-Sédillot ; 2° un dessin de châle imprimé où la lumière a été ménagée avec art, remarquable aussi par l’harmonie des tons, le goût, l’ajustement, le précieux du travail5 3° enfin un dessin de meuble exécuté par MM. Bouhours et Ferté, composé avec goût et rendu habilement pour l’exécution. M. Naze occupe vingt personnes dans ses ateliers.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. LANGLADE , à Aubusson (Creuse).
- M. Langlade a exposé: i° un dessin de portière à écussons de chevalerie, fond bleu outre-mer, avec fleurs et fruits en grisaille, qui nous a paru d’une composition pleine de caractère et fort originale; 20 un dessin de tapis à répétition, style Louis XV, avec ornements bois sur fond blanc, rattachant des touffes de roses; 3° enfin un dessin de grand tapis â masses de fleurs, dont la bordure se fait remarquer par sa grâce et sa richesse.
- Le jury, appréciant les dessins exposés par M. Langlade et les différentes compositions de ce dessinateur exécutées pour l’exposition par divers fabricants, lui décerne la médaille de bronze.
- M. LAROCHE, à Paris, rue Saint-Roch-Pois-sonnière, 8.
- Les dessins.de M. Laroche sont exécutés par les premières maisons faisant la haute nouveauté en mousselines de laine et étoffes de goût. Il a exposé un cadre de dessins de robes qui justifient bien la
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- réputation qu’il s?èst acquise, et un dessin de tapis de foyer présenté comme un simple croquis, mais où se révèlent de bonnes études de fleurs et beaucoup de goût dans la composition. M. Laroche occupe environ vingt-cinq personnes dans ses ateliers.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- MM. LEBERT et MULLER , à Paris, rue du Gros-Chenet, 23.
- MM. Lebert et Muller occupent quinze personnes, ils ont exposé trois grands dessins pour impression de toiles peintes d’une élégante etgracieuse composition, mais surtout remarquables par la pureté du dessin, la fraîcheur du coloris, la légèreté de la touche. L’exécution nous a semblé parfaite et les différents plans observés avec bonheur jusqu’aux teintes les plus fuyantes.
- Le jury, appréciant le vrai mérite ,de l’exposition de MM. Lebert et Muller, accorde à ces habiles dessinateurs une mention honorable.
- M. LUBIENSKI, à Paris, rue Saint-Joseph, 10.
- M. Lubienski, occupant quinze personnes dans ses ateliers, a exposé plusieurs dessins pour rouen-neries, qui se distinguent parla perfection du faire : il est impossible de pousser plus loin la finesse des détails. Nous avons surtout remarqué un dessin dans le goût de Pilment, avec des tons bleus porce-
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- laine très-suaves, d’une jolie composition et d’un charmant rendu.
- Le jury, voulant récompenser en M. Lubienski et l’extrême fini de l’exécution, et la bonne entente des conditions de fabrique, lui accorde une mention honorable.
- M. HENRY, à Paris, rue des Marais-Saint-Martin ,40.
- M. Henry a présenté un dessin style Louis XV, avec des groupes de roses retenues par un ruban : cette composition, destinée à être exécutée en papier peint, nous a paru d’une grâce et d’une légèreté fort remarquables. Il a exposé., en outre, un panneau style renaissance, enfin un dessin de tapis d’un jeté assez large , puissant d’ornementation, riche d’effet.
- Le jury, regardant l’exposition de M. Henry, comme celle d’un habile dessinateur, lui accorde une mention honorable.
- M. SAJOU, à Paris, rue de la Barillerie, 17.
- L’exposition de M. Sajou est remarquable par son côté industriel : nous y avons distingué plusieurs dessins sur papier carrelé , d’une exécution fort soignée et parfaitement applicable à la broderie de lainé sur canevas. Us constituent une véritable spécialité qui a, par son grand débouché , une certaine, importance commerciale. M. Sajou occupe constamment plus de cent cinquante ^personnes, et ses imitations parfaites des dessins de Berlin,
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- obtenus à bon marché, prouvent son incontestable supériorité en ce genre.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- MM. JAEGLIN et FUCUS, à Paris, rue des Jeûneurs ,16.
- MM. Jaeglin etFuclisont exposé un grand tableau qui ne nous a pas semblé remplir toutes lés conditions industrielles, mais qui dénote cependant une étude approfondie des fleurs ; et nous a paru excessivement, remarquable par l’originalité et la grâce de sa composition.
- Le jury accorde à MM. Jaeglin et Fuchs une mention honorable.
- MM. BERRUS fils etCie, àParis,rued’Enghien,22.
- MM. Berrus fils et Cie ont exposé des dessins faits dans la manière des dessinateurs de l’Inde, c’est-à-dire, à contours purs et non brisés, comme on l’avait cru longtemps, d’après l’inspection du tissu cachemire. Ils ont présenté , entre autres, un dessin de châle fort remarquable par son jet hardi et la grâce des détails. MM. Berrus fils et Gie emploient trente ouvriers dans leurs ateliers.
- Le jury, regrettant le peu de variété des genres exposés par MM. Berrus fils et compagnie, leur accorde cependant une mention honorable.
- M. DOBROWOLSKI, à Paris, rue Bourbon-Villeneuve, â5.
- M. Dobrowolski a exposé des dessins pour papiers
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- peints, meubles et tapis. Nous avons remarqué deux panneaux dont un à jeu de fond d’un heureux effet; l’autre en style renaissance avec imitation de nielles. Enfin, une composition pour papiers peints, végétation tropicale, d’un bel effet.
- Le jury accorde à M. Dobrowolski une mention honorable.
- M. JULIENNE, à Sèvres (Seine-et-Oise), manufacture royale.
- Les lithographies exposées par M. Julienne se font remarquer par l’élégance des formes et la nouveauté des détails. La plupart de ses compositions appartiennent à la manufacture royale de Sèvres; elles font partie d’un ouvrage répandu dans le commerce, et qui rend d'incontestables services à l’industrie.
- Le jury central accorde à M. Julienne une mention honorable.
- M. CAGNIARD , à Paris, rue de l’Échiquier, 10.
- M. Gagniard a exposé un tableau qui décèle un véritable talent comme peintre de fruits et de fleurs. Il est composé, dit-on, pour un écran de tissu mosaïque. Nous regrettons que M. Gagniard n’ait rien exposé de plus évidemment applicable à l’industrie.
- Le jury, reconnaissant le mérite de M. Gagniard, lui accorde une mention honorable.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- Enfin, le jury se plaît à citer favorablement :
- M. MARTIN, à Paris, rue Saint-Fiacre , 20 ,
- Pour la belle exécution de ses dessins de foulards et de châles. '
- M. FÀRGUEZ, à Paris, rue du Mail, 13,
- Pour ses dessins d’impression de haute nouveauté.
- M. BOUCHER, à Paris, rue de Mulhouse, 8,
- Pour ses dessins d’impression.
- M. SPEISER, à Rouen (Seine-Inférieure),
- Pour ses dessins de rouleaux que recommande une bonne exécution.
- M. GODON (Jules), à Paris, rue Folie-Méri-court, 26,
- Pour ses dessins de meubles d’une composition sage et élégante.
- «
- M. BOURDELOY DE BOURDAN, à Paris, rue Grange-aux-Belles, 1 bis,
- Pour ses dessins de découpage, auxquels il a donné le nom de ccirtatomie.
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- NON EXPOSANT.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. DESHÉRAUD , à Aubusson (Creuse).
- Le jury départemental de la Creuse a vivement recommandé à la bienveillance du jury central, M. Desliéraud, qui de simple ouvrier s’est, à force de persévérance et de travail, élevé à l’emploi de premier peintre de la manufacture royale d’Au-busson. Le jury central a pu apprécier les travaux de M. Deshéraud dans la mise en grand du tapis forêt vierge et du tapis de l’Hôtel de Ville de Paris. Il a en outre remarqué la composition et le rendu d’un dessin de tapis, style Louis XIV, exécuté par ce peintre habile.
- Le jury, voulant témoigner son estime pour une longue carrière honorablement fournie, décerne à M. Deshéraud la médaille de bronze.
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- SEPTIÈME COMMISSION.
- Membres de la Commission.
- MM. Brongniart, président; D’Arcet, Beudin, Chevreul, Dumas, Laborde (comte Léon de), Peligot,
- Thénard (baron).
- SECTION PREMIÈRE.
- TERRES CUITES, FAÏENCES, PORCELAINES, ETC.
- M. Brongniart, rapporteur.
- ' f
- Considérations générales.
- J’ai exposé , en 1839, au nom de la commission des poteries, les principes qui la dirigeraient dans la distribution des distinctions qu’elle proposerait au jury central d’accorder. Ces principes et le mode de leur application ont été développés avec tant de détails et de précision, que je ne pourrais les présenter aujourd’hui, sans répéter presque mot à mot ce que j’ai dit à cette époque au nom dé mes collègues. Je n’y reviendrai donc
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- pas, je les supposerai connus et adoptés, et, dans le rapport que je vais avoir l’honneur de présenter au nom du jury, je ne m’en écarterai pas.
- Je suivrai le même ordre de classement qu’en 1839, sans reproduire, ni les bases sur lesquelles il est fondé, ni les définitions qui doivent établir clairement les diverses sortes de poteries, et par conséquent les classes auxquelles ces différentes industries céramiques peuvent être attribuées.
- On voit combien cet ordre a d’importance , puisque, s’il était arbitraire, on augmenterait ou diminuerait, arbitrairement aussi, le nombre des distinctions à accorder.
- Néanmoins , sans répéter la définition de ces groupes, je crois devoir en rappeler le nombre et la dénomination ; je ne parle ici que de l’art céramique et de ses dépendances immédiates.
- La verrerie est l’objet spécial d’une sous-commission.
- Première Classe. — Terres cuites.
- Briques, tuiles, carreaux, ustensiles industriels en terre cuite, tels que tuyaux, creusets, cornues; plastique, ornements en terre cuite.
- 2e Classe. — Poterie commune non vernissée.
- Rentrant souvent dans la première classe ,
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- mais s’appliquant .principalement à des pièces et ustensiles de ménage, et propres à contenir des liquides et des*matières pulvérulentes.
- 3e Classe.— loterie .commune vernissée au plomb,
- hc Classe. — Faïence commune avec émaiLopaque ' stannifère.
- 5e Classe. — Faïence fine vernissée.
- Renfermant les terrés de pipe, <le cailloutage, etc., à vernis tendre, et la faïence fine à vernis dur, nommée : porcelaine opaque , lithocé-rame, demi-porcelaine.'(jro»5?owe*dés, Anglais).
- ... * ' ’• 4 'C *
- t . F. ' *
- 6e Classe. — Poterie cle grès sm 'grès-cérame,
- * »
- «7e Coasse. — Porcelaine^dure. i ! !
- 8e' Classe. —Porcelaine tendre. t < .
- 9e Classe. — Couleurs vilrifiables { fabrication et . application). * - ^ ^
- ^10* Classe. — Décoration en couleurs Mlmfiables sur les poteries, porcelaines, grès, laves, ; pierres,
- b *' J '' ^ r -
- métaux ( émaillage). ; ;
- *l?le Classe. — Application^sur vitre et glace, ( peinture sur verre).
- A":n
- , •... •
- 12e Classe.— .Application mécanique des couleurs
- vitrifiables. . . ^ -, r f f
- Chacune de ces classes devra être considérée
- , * V ' . - w, .
- particulièrement, quoique v quelques "fabricants •en pratiquent plusieurs simultanément.
- iîi.
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- PREMIERE CLASSE.
- TERRES CUITES.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. YIREBENT frères, à Toulouse ( Haute-Garonne).
- MM. Virebent frères ont, depuis i834> orné les monuments publics et les maisons particulières de Toulouse et des environs, avec des pièces moulées en terre cuite, bien faites, très-grandes, qu’on déclare solides et résistant aux intempéries atmosphériques de celte contrée méridionale de la France.
- Ils ont, depuis la dernière exposition, amélioré leur moulage et leur travail, et ils font de plus grandes pièces. '
- Un des principaux perfectionnements qu’ils ont apportés à leur industrie, c’est d’être arrivés, sans changer leurs prix, à employer une seule pâte jaune couleur pierre, au lieu d’appliquer, comme ils le faisaient autrefois1, une composition jaune sur un fond rouge qui se faisait voir après la cassure ; ils font maintenant tout un même ornement d’une seule espèce de pâte; mais ils en ont deux, l’une plus grossière pour ornements extérieurs, l’autre d’un grain plus fin pour.les ornements intérieurs; d’après une expérience de plus de dix ans, leurs.produits résistent à la gelée.. . .
- Cette persistance dans l’emploi de leurs travaux, et les améliorations qu’ils ont faites, ont paru au jury
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- devoir les rendre dignes d’une distinction plus élevée que celle qui leur a été décernée en i834* Le jury leur accorde une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE. _
- M. FOLLET, à Paris, rue des Charbonniers-Saint-Marcel, 16 et 18.
- M. Follet a donné à la poterie de jardinage une élégance de forme, une richesse d’ornementation, qui, sans augmenter considérablement le prix de celles qui ne sont pas très-surchargées d’ornements, ont procuré à cette poterie, reléguée dans les jardins , une grande extension commerciale, en l’introduisant dans les serres élégantes, dans l’intérieur des maisons, dans les appartements'et jusque dans les salons. Ces perfectionnements dans les formes, les ornements et les pâtes, ont décuplé le nombre des acquéreurs de cette poterie, dont les jardiniers seuls faisaient usage : la terre en est rouge, très-résistante, peu poreuse, le moulage très-beau,la pâte très-fine. Il emploie pour pots de jardins ordinaires la terre d’Ivry qui est plus blanche; le grain de cette pâte n’est pas aussi fin, mais elle est bien cuite. La terre deVillejuifsertpour les vases d’ornements. M. Follet a donc rendu un service à l’art, aux beaux-arts et au commerce par un genre d’industrie qu’il n’est pas difficile de mettre en pratique, mais qu’il fallait trouver;il a des plagiaires, comme tout ce quia du mérite ou de la vogue.
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- Le jury accorde une médaille de bronze à M. 'Follet.
- •ï 1 _
- M. ROUDIER, à Yaugirard (Seine), avenue d’Is-sy, 5215.
- Successeur de M. Gourlier à Yaugirard, M. Rou-dier a hérité de tous ses ingénieux procédés et de toutes ses machines pour faire les tuyaux de cheminées en terre cuite; il s’est présenté seul et pour la première fois. La manufacture n’a pas démérité sous sa direction : au contraire, plusieurs procédés pour le moulage de briques plus volumineuses, propres à diminuer ainsi le nombre des jonctions, et pour le façonnage le nombre des feuillures qui les lient, donnent à M.«Roudier le droit de recevoir, entson nom,4a,médaille de bronze, décernée plu-sieurs .fois à la fabrique de ,M. Gourlier.
- ^ Le jury-, décerne une médaille fde bronze -à M. Roud ier.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- MM. A. COURTOIS et J,-J. COURTOIS, à Paris, rue Saint-Lazare, 144,
- Et M.'FONROUGE , à Paris, impasse du Maine, 5.
- ,. - * . t
- Le jury ayant trouvé les produits, de MM. A. Courtois, J. L Courtois,, et ceux de M. Fonrouge au moins égaux en qualité , à ceux qu’ils ont mis âüx expositions de i834 et 183g, les,regarde comme méritant toujours la mention honorable qui leur a été accordée. ,
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- MENTIONS HONORABLES. ;
- M. DEMONT,, au Petit-Mont-Rouge (Seine),, route d’Orléans, 113.
- M. Demont fait ce qu’on nomme plus particulièrement de la plastique, c’est-à-dire de grands ornements, et surtout des figures en terre cuite.
- Sa pâte imite parfaitement la couleur de ia pierre, et en cela il â perfectionne ses produits ; en outre, il peut les faire aujourd’hui plus économiquement ; la pâte quoique poreuse, et se laissant même entamer au couteau est néanmoins dure et peut résister aux intempéries et à la gelée; les statues sont bien moulées , celles de grandes dimensions se vendent 200 fr., une balustrade gothique revient à
- fr. le mètre. *
- Ce fabricant fait aussi un fort joli carrelage avec des combinaisons de pâtes' colorées en rouge et en noir. :.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. DUSSOUCHET, à Pranzac (Charente),
- •.. ’ t -
- M. Dussouehet, fabricant de briques réfractaires à Angoulème,,avec les argiles des environs de cette ville, a présenté les certificats les plus explicites et les plus honorables , des commissaires de la marine à Rochefort et du directeur de la fonderie de Ruelle, sur la bonne qualité des briques réfractaires qu’il a fournies en nombre prodigieux ( î,-5oo,ooo)‘à‘ces deux administrations ; le jury pense que de tels certificats valaient mieux que les essais en petit qu’on
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- aurait pu faire , et accorde une mention honorable à M. Dussouchet.
- MM. DE BOISSIMON et Cie, à Langeais (Indre-et-Loire).
- M. de Boissimon fait des briques réfractaires; les personnes qui déclarent faire cette qualité de briques sont à chaque exposition en nombre considérable , il faudrait faire subir à toutes ces briques, des essais nombreux, variés, et comparatifs , ce qui est impossible.
- Mais les détails que M. de Boissimon donne sur la composition et le mode de fabrication de ses briques, l’usage qu’en font les principales usines d Indre-et-Loire, le rapport du jury départemental qui confirme ces assertions, enfin la médaille qu’il a reçue à l’exposition de Tours, méritent que le jury fasse de ses travaux et des produits de sa fabrication, une mention honorable.
- M’. DORÉ, à Paris, rue Contrescarpe-Saint-Mar-cel, 21 et 23.
- M. Doré est potier de terre; il s’est principalement consacré à faire des fourneaux de chimie, et tous les instruments nécessaires dans les laboratoires de chimie, qui doivent ou peuvent être faits en terre cuite.
- Les chimistes qui font partie de la commission des arts chimiques, et de celle des poteries, conviennent tous que le sieur Doré a apporté dans le choix et l’assortiment de ses argiles, dans les formes de tous les ustensiles qui sortent de ses ateliers, dans la bonne qualité que*'la cuisson leur donne,
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- un soin et une intelligence, qui doit le rendre digne d’être mentionné honorablement par le jury central. ; ,
- M. CHAMPION, à Jouars-Pontchartrain ( Seine-et-Oise). .
- *
- ) . . i
- M. Champion a présenté des tuiles faites par un procédé mécanique , qui, offrent l’avantage d’être légères et unies des deux côtés; il les recouvre en-dessus d’un émail noir ou transparent qui empêche l’adhérence des mousses. Il serait à désirer que ce vernissage pût être fait sans augmenter beaucoup le prix de la tuile. Du reste, les tuiles de M. Champion peuvent être^d’ün bon emploi, et se recommandent par une texture fine et une bonne cuisson : if mérite, par ces considérations, une citation favorable.
- Creusets. ;
- \
- MÉDAILLE DE BRONZÉ.
- M. BEAUFAY, à Paris, chemin de ronde de la
- barrière Ménilmontant.
- On sait combien il est difficile de juger les qualités des. creusets , des,cornues , des tubes et autres instruments destinés à éprouver dans les laboratoires de chimie et dans les usines, l’action de températures, si différentes entre elles; leurs qualités doivent donc être aussi très-différentes, suivant leur destination. < ’ 5
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- Les deux seuls exposants que le ju^croit devoir distinguer, ontmnedéputation générale, ou des attestations qui ne peuvent le laisser dans l’incertitude sur le mérite de leur production.
- Le;premierest, Mv.Beaufay, fabricant de'creusets; à Paris; la réputation que ses creusets conservent de-puis plusieurs années, chez les fondeurs et chimistes de Paris,, les ^essais qu’en a faits‘M: Berthier ; et le brillant éloge.qu’il leur donne dans son’traité de do-cimasie, ne peüventf laisser au jury aucun doute sur leur qualitéij.ibdécerne à-M. Beaufàyune médaille de bronze.
- !... MENTION* HONORABLE.
- M. .BINET , à Pairis, rue - et impasse Saint-Sabin, 8 et 9.
- M. Binet a fait en pièces de poteries remarquables, des cornues cylindroïdes pOur le gaz, d’une dimension que nous pouvons appeler gigantesque; elles ont 2 mètres 36 centimètres de longueur.
- D’après les. attestations jointes à son dossier', et dans lesquelles on peut avoir toute confiance-, elles sont déclarées d’un bon et durable emploi, et lorsqu’elles finissent^par se‘fendre , il peut encore.lès faire.servir en fermanbcesifentes avec un ciment composé, d’argile1 cuite* et-de minium; *
- Le jury accorde à .M.oBiuet .une- mention thonorable! pour. sesscreusets et ses- cornues’, distinction qui ne peut avoir aucun.rapportavec lamédaiîle de bronze qui lui a été décernée en i B3q pouradèsicou-
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- leurs,, par Ta commission de chimie, ni avec ce qui va être dit de lui, à l’article des couleurs vitri-fiables.
- , ...i..s. r- » ‘ * ^ *
- ymmammmmmmmmimmmm*.
- ' > Pipes.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- S *
- M. FIOLET (Louis), à; Saint-Omer (Pas-de-Ca-lais)i !
- A peine dans les expositions précédentes, a-t-on remarqué les pipes qui y avaient été mises, et cependant cette industrie a une trës-grande importance., quand,-elle s’exerce sur cette sorte de pipe qui est la plus répandue dans les pays des fumeurs, tels que la Flandre, la Hollande, l’Angleterre et* la France, où l’on préfère les pipes faites avec cette argile qui a pris de. son emploi,. le nom.de terre de pipe., , . ,
- La fabrique la plus importante sous tous les rapports, et la plus ancienne, ( i 764) , est celle de M. Louis Fiolet, à Saint-Omer : les formes de pipes qu’il fait toutes avec' là/ même argile, la même composition, sont au nombre de huit cents, ayant presque toutes leur nom. particulier.
- Il occupe six h sept cents ouvriers, des machines puissantes,, quatre fours de grande dimension, successivement allumés ;' la fabrique consommé pour plus de’ 5o,ooo fr. de coriibustible’, tant1 bois que houille ; if ‘expédie* par an plus* de cerit? soixante mille r grosses cden pipes ;: ( vingt-trois millions de
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- pipes), en Europe, Afrique et Amérique, ayant une valeur de 5oo,ooo francs. -
- Il a des pipes extraordinaires dont la queue a six mètres de longueur, elles valent 5 fr. la pièce; il y en a de simples et d’ordinaires qu’on nomme brûlot, et qui se vendent au plus un centime pièce ( i fr. 4o c. la grosse).
- Une industrie aussi remarquable, un établissement aussi important et dont tous les produits sont d’une grande perfection, ,ont paru devoir être honorés d’une médaille d’argent que le jury décerne à M. Louis Fiolet.
- MENTION HONORABLE.
- M. Ch. COURTOIS, à Forges-les-Eaux (Seine-Inférieure).
- Le jury, désirant recompenser la fabrication des pipes, dont le façonnage emploie tant de mains, accorde à M. Courtois, de Forges, une mention honorable.
- IIIe CLASSE.
- POTERIES VERNISSÉES.
- C’est, en général, une bien mauvaise et quelquefois insalubre poterie qu’il faudrait plutôt restreindre que développer ; son prix extrêmement bas en fait le seul mérite, et tant qu’on n’aura pas
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- trouvé et fait au même prix une poterie meilleure, le peuple donnera toujours la préférence à la poterie vernissée au plomb sur une poterie meilleure qui serait seulement de quelques centimes plus cher.
- MENTION HONORABLE.
- M. GUENAUT, à Paris, rue de la Roquette, 31.
- ^ /
- M. Guenaut, de Paris, fabrique bien au moyen du moulage qu’il a introduit dans cette fabrication , il a des formes commodes et pures, un beau vernis noir et jaune, mais ses prix sont incomparablement plus élevés que ceux de M. Alignai, parce qu’il fait beaucoup mieux.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. YIGNAL aîné , à Dieulefit (Drôme).
- M. Yignal paraît être celui des exposants qui, à qualité égale et peut-être supérieure, a présenté des poteries vernissées du plus bas prix, aucune pièce n’atteint i franc, et en est au contraire bien éloignée, elles sont de 4, 5, 6 Centimes; la plus chère , qui est une cafetière, est de 35. centimes.
- Il cuit ses poteries à la houille, il met dans la consommation du département et de quelques cantons voisins pour 12,000 fr. de produits. Ce n’est pas la
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- trentième partie de toutée que produisent les nombreux potiers de ce canton.
- Le jury accorde à M., Yiignal aîné une citation favorable.
- M. BRUYÈRE, au Rohu, près Lorient (Morbihan).
- M. Bruyère produit à bas prix une prodigieuse quantité d’ustensiles de ménage en poterie vernissée à l’usage des paysans bretons; l’écuelle étant leur vaisselle de prédiction,, on, en fait chez M. Bruyère quinze cents par jour ; lés produits de sa fabrication vont, jusqu’à 5o,ooo francs, il a fait dernièrement une poterie vernissée ornée d’un mouchetage colorié qui plaira aux paysans bretons.
- M. Bruyère mérite une citation favorable, le jury la lui accorde.
- IVe CLASSE.
- FAÏENCE ÉMAILLÉE.
- Faïence de Nev'ers. • MENTION HONORABLE.
- M. SENLY père ; à Nevers ( Nièvre).
- Deux faïenciers dè Nevèrs, MM. Senly et Pittié jeune) de cette ville, où la vraie faïence émaillée s’est établie en France pour y rester1 pendant deux cents ans dans un état stationnaire dont elle cherche ce-
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- pendant à sortir,,ont seuls exposé. Ils représentent la fabrication nivernaise dans ce qu’elle .a de bien, laedurete de son émail, qui,1e rend inattaquable.dans des usages où tous les consommateurs remarquent très-'bien la .résistance qu’elle présente à une'détérioration extrêmement désagréable.
- Il faut noter cette qualité et les efforts que font les faïenciers nivernais pour apporter dans leurs poteries de réelles améliorations, en donnant une mention honorable à l’un d’eux (car tous travaillent sur les mêmes ^principes), k celui qui emploie le plus d’ouvriers et qui produit le plus , k M. Senîy^le doyen des faïenciers, âgé de quatre-vingt-cinq ans, et travaillant toujours. , '
- CITATION FAVORABLE:
- M. GABRY, aux Fo urneaux, près ‘Melun (Seine-et-Marne ).
- M. Gabry n’a rien exposé, cette année, de~re-marquable'en faïence co m m u ne ,l c’ es t-à -dire kémail «opaque stannifère,«que quelques objets de ménage.
- M. «Gabry a mis k l’exposition un assortiment depetites pièces, jouets d'enfants, des pièces^de ménageiqui ne sont louables, ni par leur 'forme, ni pardeur-fabrication , mais qui appellent l’attention par leur'prix extrêmement bas, au‘point'qu’il est difficile de'se l’expliquer. ç
- Ainsi, une soupière-moyenne estde l'fr. en premier choix, etRassiettë‘est'defci!2'centimes. rIGoccupe* cinquante-deux Ouvriers.
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- Il fait aussi des vases de pâte rouge, assez durs, très-minces, décorés à Ja manière grecque avec desfigures et des ornements en noir, brillants, assez bienfaits, des séries de petit ménages et jouets, depuis 9 fr. les cent pièces jusqu’à 3 fr. 5o c.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
- Faïence de poêle*
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. PICHENOT, à Paris, rue des Trois-Bornes, 5.
- La faïence de poêlerie a fait, au contraire, dans deux directions differentes de remarquables progrès.
- Il n’a échappé à personne que les carreaùx de faïence blanche ou de couleur, qui forment l’enveloppe d’un poêle, sont toujours gercés, fendillés dans tous les sens, et perdent bientôt, par ce défaut général, leur éclat, leur propreté, et même souvent leur solidité.
- M. Pichenot a fait, depuis environ trois ans, des faïences de poêle qui n’ont point ce défaut; cette qualité a été constatée par toutes les investigations que fit naître un procès de priorité très-important, et que M. Pichenot a gagné. M. Pichenot fait en outre des plaques parfaitement planes également exemptes de gerçures, de plus de 2 mètres dé hauteur sur 3 de largeur; il a exposé deux énormes baignoires .remarqua blés par la perfection de leur façonnage et de leur émail; enfin on peut orner ses plaques qui ne gercent pas, de peintures, en cou-
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- leurs vitrifiables très-brillantes de coloris et très-durables.
- M. Pichenot occupe trente-deux ouvriers^ fait pour environ 100,000 francs, par an, de poêles et de plaques de cheminées.
- Ces progrès variés dans l’art du faïencier-poêîier ont paru au jury de nature à mériter àM. Pichenot une médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. YOGT, à Paris, rue de la Roquette, 74.
- Un autre faïencier-poêlier a mis des poêles de diverses dimensions, très-agréablement décorés et d’une manière aussi, et même plus solide, que l’émail gerçable qui couvre ses carreaux.
- Il décore les carreaux, dont l’assortiment fait le poêle, de dessins coloriés, qui, isolés, présentent comme une mosaïque d’ornements, ou qui, réunis offrent un ensemble d’ornementation.
- Ce n’est ni à la main, ni par impression superficielle qu’il fait ces ornements variés de formes et de couleurs, mais par un' procédé plus prompt et plus sûr; c’est par incrustation. Un modèle, dont les ornements sont en creux, donne un moule avec les ornements en saillie, ce moule imprime en creux ces mêmes ornements sur les plaques molles des poêles ou sur tout autre objet en terre argileuse; l’ouvrier remplit les cavités avec des pâtes colorées de même retraite, donne à la pièce un .dégourdi, la passe à un émail transparent et obtient autant de ré-
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- pétitions de celte solide ornementation, que le moule peut donner d’épreuves. Cet émail ou vernis n’est pas ingerçable, mais les incrustations lui donnent plus de .solidité , en empêchant les fissures de se continuer et de se transformer ;en fente.
- Ce procédé n!est pas nouveau'dans l’art céramique; une multitude de«carreaux de .revêtement du XIVe siècle jusqu’à nos jours, ,ont .été-décorés d’une manière très-solide par cette méthode, mais nous la croyons nouvelle pour la poêlerie.
- Le jury décerne à M. Vogt une médaille de bronze.
- NON EXPOSANT.
- MÉDAILLE DE BRONZE. .
- j *
- M. MON Y., au Bourg-la-Reine ( Seine ).
- M. Mony n’a pas exposé, parce que les progrès qu’il a fait faire à l’art du faïencier ne sont , pas transportables, puisqu’ils consistent dans la manière de cuire.
- M. Mony est le premier qui, dans les environs de Paris, ait voulu appliquer la houille à la cuisson de la faïence émaillée. Il y a des difficultés , car'le mérite Vie cette poterie consiste dans son émail dur et d’un beau blanc : par conséquent la moindre coloration, lés moindrès taches, lui enlèvent une partie de sa valeur.
- M. Mony, en changeant seulement la forme de ses alandiers , en dirigeant convenàblëmènt son,enfournement, son encastage et son feu par des
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- moyens de détails dont la description serait trop longue, est parvenu à vaincre ces difficultés. Nous avons vu marcher ce four, nous en avons examiné les produits, et nous, avons été convaincu du double fait de la cuisson à houille et de la bonne cuisson.
- Quant aux autres circonstances destructives ou ré-
- * * r , ;
- ductives du bénéfice, tels qu’avaries imprévues, le temps seul pourra les faire connaître et apprécier.
- M. Môny est le premier, parmi les faïenciers de Paris et des environs, qui ait employé la houille, mais il n!est pas le,premier en France, car .nous savons que ce combustible a' été mis en pratique à Lyon. L’exemple, de M. Mony gagne déjà, et plusieurs faïenciers de Paris attendent les résultats assurés du Bourg-la-Reine pour employer, sans risques, ce combustible nouveau pour eux.
- Il est juste que M. Mony, qui n’a pas craint de, courir ces risques, et qui a donné l’impulsion, reçoive une récompense honorifique de ses efforts. Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- Ve ET VIIIe CLASSES. -
- Y; _ T,:- • ,.è . i . /
- FAÏENCE FINE et PORCELAINE TENDRE.
- > r. > 4 .<
- î *
- Terre de pipe, Cailloutage, Demi-Porcelaine,
- 1 Lithocérame. ^v. ,
- . V
- ‘ ' ! . V
- , : . ' *. • l , «. ' \ ‘
- Considérations générales, ' <
- Quoique cés sortes de poteries ^appartiennent
- pas toutes à la même classe; je les réunis pour
- 27 ’
- ni.
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- le moment sous lqmême titre , parce que plusieurs d’entre* elles- sortent des ateliers d’un même
- fabricant. - ; * - /
- Si l’industrie ‘‘dès porcelaines1 a fait peu de progrès depuis dix ans, on ne peut pas en dire autant des faïences fines et,de,1a;porcelaine tendre à. la..manière .anglaise. ; .,lVfü.r *
- Les> progrès- sont si rapides , qu’à peine a^-t-
- on le< temps- de! fairë connaître* des procédés,
- 1 • > '
- qu’ils sont déjà améliorés, et ici ce n’est pas un progrès de dimension, de simple réduction
- ‘ A * *’ 1
- de prix résultant d’une fabrication négligée. Ce sont réellement des progrès- dans la-compo-
- sition et la confections de . lai-matière v dans* le façonnage, dans- la cuisson ; l'ès uns rendent la
- poterie plus ‘belle et plus solide , les autres , par des procédés plus économiques' de temps, obtiennent le" façonnage à meilleur marché ' sans
- qu’il soit moins soigné.
- Ces progrès-tirent presque tous leur origine
- d’Angleterre, mais ils ne tardèrent pas à s’introduire d’abord sur dés bords dir Rhin et ensuite
- en France. -
- , i-V-..' - V-
- Nous avons la preuve >de cette émulation de
- 'i
- progrès dans les poteries.de ces deux classes, les faïences ët tes porcelaines tendres faites en
- France : les premièresr, si mauvaises en. 1829, si' médiocres encore: en* 1834meilleures en 1839,
- f * v.* * * * V ' * '
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- sont devenues en 1844 presque irréprochables
- V N *.
- sous le rapportées qualités visiblesét'des qualités1 appréciables par des essais ; ainsi, parmi les pièces prises au hasard, et la plupart dans les magasins des exposants, aucune des pièces soumises aux treize immersions successives éans,* l’eau bouil-
- i.
- lante et dans,l’eau froide, n’a présenté de tresmil-lure ; presque toutes résistent puissamment à la rayure avec la pointe d’un bon couteau'; plusieurs sont d’une grande ténacité. ' *"/•
- Nous allons examiner maintenant avec quelques. détails et spécialement, les principaux objets exposés. r,, - -
- v’-': '•*’
- - RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR. ' , " .
- MM. UTZSCHNEIDER et Cie, à Sarregueniines^ (Moselle). ' ' . , . ; ; <;
- - - - ' ' i - kâ ' •• - • - - ; $ 5
- V '
- MM. Utzschneider et Gie, d'e- Sàrrègoémines, conservent toujours les droits qu’ils ont eus à une supériorité évidente4, et p'ar la variété de leurs produits^ par leurs qualités sous tous les Rapports, et par la médiocrité de leurs prix. Ainsi les assiettes de faïence fine dure ne sont qu’à 2 fr.',25c. la douzaine; le vernis est un peu plus-jaunë, péut-êtrè un peu .moins durf que-celui de Montëreau1,1 mais' ce sont des différences bien légères. *
- M.1 Utzschneider semblerait avoir épuisé toutes” les combinaisons.d’argiles , de pâtes , de vernis, de
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- couleurs, et cependant il vient'tous les cinq ans avec quelque chose encore de nouveau. Ainsi on a pu remarquer à cette exposition , comme variétés de, fond et de couleurs assez nouvelles :
- i° Des grès bruns décorés d’ornements en relief rougeâtre ; f
- 2° Une belle poterie fine noire, avec un vernis et des ornementsfguillochés qui relèvent brillamment sa couleur, résistant bien aux températures auxquelles on fait le thé et le café, etc., c’est le smear black des Anglais; •
- 3° Un fond blanc argileux placé sur lès pièces de cette faïence jaune, qui va si bien ait feu, et a laquelle cette amélioration pour l’œil, n’ôtè aucune de ses qualités essentielles. Elle a été faite et mise dans le commerce longtemps avant l’exposition, et a reçu du temps et de l’opinion générale des marchands et des consommateurs, la sanction de sa qualité.
- Il n’y a plus rien à accorder à M. Utzschneider, il est comblé depuis longtemps de toutes les distinctions qu’il a méritées. v
- Nous savons que M. Utzschneider, retiré des affaires, a mis comme directeur de toute sa fabrication, M. Geiger, son gendre ; il signe les pièces en cette qualité, mais il ne l’a point.officiellement aux yeux du jury. M. Utzschneider n’a fait aucune déclaration régulière à cet égard., Nous ne pouvons donc que le féliciter d’avoir remis la direction d’un établissement aussi important, aussi méritant, entre les mains d’un homme instruit, destiné à maintenir
- •V-* '
- et même â augmenter sa réputation.
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- - m
- Le jury ne peut que déclarer que la faïencerie de Sarreguemines sous le nom de Utzschneider et Cie, est toujours digne de toutes les distinctions que les jurys précédents lui ont décernées.
- MM. LEBOEUF et MILLIET, à Moiitereau-faut-
- Ÿonne ( Seine-et-Marne), et à Creil (Oise).
- »
- Cette même maison a présenté à l’exposition deux produits assez différents.
- Le premier appartient à la classe des faïences fines dures', et de pâte et de vernis. Celle-ci doit presqu’exclusivement nous occuper, c’est sur ellé que ces fabricants ont cherché à réunir toutes les qualités d’une excellente poterie, d’une poterie qui pourrait expulser la porcelaine dure y ils l’ont nommée Pétrocérame.
- En' effet, la pâte composée à peu près comme celle de cette faïence, que les Anglais’-ont nommé Ironstone, et lés fabricants français demi-porce-laine, est réellement voisine de la porcelaine, puisqu’elle est très-dense, très-dure, et' quelquefois un peu translucide.
- La composition est très-différente deT celle des anciennes terres de pipe , et se rapproche notablement decelle de la demi-porcèlaine qui renferme outred’argile plastique qui en fait fa base, du fels-path et du kaolin*, et dont le vérnis-composé principalement de borax , de silice, de felspath nev renferme d’oxyde de 5plomb que la petite quantité nécessaire pour faciliter le broyage. Aussi ce vernis
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- est-il dur au point de n’être rayable, qu’avec de grands efforts .par la pointe aciérée d’un bon couteau. Nous avons fait subir à toutes les assiettes prises par nous-même dans les magasins de la rue Poissonnière, l’épreuve des treize immersions, et aucune n’a présenté la moindre trace de tressaillitre.
- C’est.do,ne une bonne et agréable faïence fine, dure , qui mérite le nom de Pétrocérame que ces fabricants lui ont donné , qui diffère en tout de la terre de pipe et de la porcelaine opaque, et qui n’est pas d^un prix supérieur à celui de toutes les poteries du même genre., mises dans le commerce français. Le tarif porte les assiettes blanches de service d’entrée de 3 fr. 5o c. à 2 fr. 90 c. la douzaine, et le pétrocérame imprimé en bleu à 5 fr., sans déduction de la remise faite ensuite aux marchands.
- Les grandes pièces nous ont paru présenter en tout les mêmes qualités que les assiettes.
- Une autre sorte de poterie établie très-en grand à Creil, par la même maison, est la porcelaine tendre h la manière anglaise, poterie dure, légère, à vernis très-bien glacé, susceptible de recevoir toutes sortes de décorations et de dorures, et en général très-agréable à l’œil; elle ne le cède à la porcelaine dure, que parce que son vernis est moins dur et finit par perdre par un long service , un peu de son brillant poli, parce quelle ne peut résister aux changements de température trop grands et trop brusques sans se casser. Ce défaut n’est pas cependant porté au point qu’on ne puisse employer
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- avec sûreté des tasses pour le thé et le café le plus chaud, et même, quoi qu’avec moins de sûreté,.des théières.
- Il y a deux manières de décorer cette jolie poterie., tantôt par des peintures faites à la surface, et cuites à la inonde, qui ont la solidité des peintures sur porcelaine ordinaire , mais dont les cour leurs sont cependant quelquefois altérées par le thé; tantôt par des couleurs, non pas seulement d’un seul ton, mais de tons très-variés, placées sons le vernis, et par conséquent aussi durables, aussi inaltérables que lui.
- On n’avait encore en France que des essais de porcelaine tendre-ûla manière anglaise. On les a vus à là dernière .exposition, ils n’ont pas eu de suite. Cneil est, à ce que nous croyons, la seule fabrique montée très en grand, qui soit maintenant en réelle activité, et dont les produits ne nous paraissent pasau-dessous des porcelaines anglaises qu’on peut lui comparer. La décoration en couleurs variées et par impression sous couverte!,'était très-peu pratiquée, et très-peu répandue, c’est presqu’une nouveauté.
- La commission pense que ces deux belles et bonnes poteries présentent toutes les qualités qu’il est possible déjuger par l’aspect, et par des essais qui (peuvent faire préjuger les effets du tempsj en conséquence, le jury déclare que l’ensemble des travaux de la maison Lebceuf et Milliet, et surtout sa fabrication de porcelaine tendre, la rendent digne de la médaille d*or, qui lui a été décernée en i832j, et rappelée en i‘83q.
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- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. JOHNSTON (David) et Cie, à Bordeaux (Gironde).
- Les produits de la manufacture de Bordeaux sous le nom de Johnston et Cie, paraissent en général supérieurs à ceux de 1839. On doit remarquer cette demi-porcelaine que les Anglais nomment Ironstone , et qui, moins belle que la porcelaine tendre, et même que la faïence fine dure et blanche, jouit d’une réputation méritée, de dureté et de solidité contre les chocs, qualités que nous avons constatées aussi bien qu’il est possible de le faire, par des chutes de très-haut sous lesquelles se sont brisées toutes les faïences fines, et auxquelles cette demi-porcèlaine a résisté.
- Reste la question du prix que nous ne pouvons résoudre faute de renseignements et de pièces de comparaison.
- Le jury déclare que cette manufacture est toujours digne de la médaille d’argent qui lui a été décernée en 1839.
- '• _______, r .
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. GUYON DE BOULEN et Cie, à Gien (Loiret).
- ' ' • "T -, -, ,h
- La manufacture de faïence fine de Gien, sous la direction de MM. Guy on de Boulen.et Cie,, qui ont fait jusqu’à présent d’assez médiocre faïence fine, s’est perfectionnée comme les,autres, et a mis cette année à l’exposition , sous le nom de faïence fine et de porcelaine_ opaque, des poteries rappor-
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- fées à cette dernière sorte, à vernis moyennement dur, assez bien étendu, qui. a résisté aux treize immersions, sans laisser voir aucune tressaillure-, plusieurs assiettes sont enrichies de sujets gravés et imprimés en noir, dont la gravure et l’impression sont très-satisfaisantes.
- Son importance est assez considérable, elle occupe plus de 400 ouvriers,, 6 fours, et met dans le commerce pour 5oo,ooo fr. de produits par an. Ses assiettes de porcelaine opaque sont livrées à i fr. 95 c. la douzaine.
- Le jury accorde une médaille de bronze à MM. Gu von de Boulen et Cie.
- M. le baron DU TREMBLAYvà Rubelles (Seine-et-Marne). - ’
- Une industrie toute nouvelle qui sort tellement des produits et des moyens ordinaires de la faïence, que nous hésitions sur la place que nous lui assignerions, est l’application de décorations de toutes sortes et de toutes couleurs sur des plaques et assiettes de faïence fine,, et qui, au moyen de l’épaisseur du vernis déterminé par les cavités et les reliefs d’une sculpture en creux, produit des ombres, des demi-teintes et des lumières; c’est une invention dé M. le baron de Boürgoing, nous-pouvons le dire, mise à exécution avec beaucoup de dépense et de succès par M. le baron Du Tremblay , au nom duquel elle est présentée à l’expositiob.
- Celte personne avait déjà exposé en > 1839 quelques pièces comme essais, sur lesquelles le jury s’est tu ; mais depuis cette époque, la fabrication
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- af'été‘mise en grande, activité à 'Rubelles, près Melun, et M. Ou Tremblay a‘exposé sous le nom & émail ombrant ùngrand nombre'd’objets, les* uns pour le service de*table, lés-autres, et ce sera leur ‘principal emploi; pour décoration d’appartement, notamment dans les pièces liumides, telles que salles à manger ,jsailes de^baih ,>etc.; f 1 Lejury décerne à M/ Du Tremblay une médaille de bronze pour cette'-véritable et complète nouveauté;" '"
- ‘ ‘‘ ’ MENTION; HONORABLE
- M. le baron de PAVÉE DE VENDEUVRE, à Ven* deuvre (Aube),. >
- La 'fabrique (de faïence fine de -M., de Pavée de ^endeuvre, département de l’Aiibe, dirigée par M. Sclimid, n’a mis à f ex position par une modestie et une justesse d’esprit.dout 41 faut lui savoir gré, qu’une .seule chose , parce qujelle a pensé qu’il était inutile de présenter. ce que. (tout le imonde -fait, quand on ne le fait passaütrement ou mieux que les autres , et qu’il suffisait ,de*montrer «cç*qu *€>n .croit faire; de particulier. . , ^ ; i r.
- : En effet, elle nia envoyé que quelques corbeilles en.» faïence -fine, jaune,, tressées,* avec .beaucouprale perfection ; .beaucoup.d’industrie^ etcouvertes d’un 'vernis brillant. -V. -, 'f ,,s;.
- ; Une pâte jaune très-plastique «permet»de faire à la filière * un grand nombre de longs bouts de, baguettes , isemblables à des baguettes d’osier., que
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- des ouvriers ractifs et adroits! emploient'eomrae le vannier emploie l’osier. On avait faitide semblables pièces en porcelaine* tendre, même en porcelaine dure», mais ces ^pièces sont très-chères. M. 'Schmid îles fait à un prix si bas qu’il est presque inconcevable. J’en ai* fait acheter dix à la fabrique», et je dirai queJa corbeille du plus.basprixestde.o fr. 7 Se,, et celle>qui est plus riche est de ?.fr. 5o ci; M.Schmid a désiré» qu’on me mît pas, lé prix sur les. pièces,, parce que cela éloignerait ses marchands qui'gagneni sur îui»2 à 3oo pour. cent. = . V
- Depuis novembre îôzp, la manufaetureproduit par semaine i ooà >i 5o<de ces corbeilles , dit le jury départemental. i
- Nous proposons d’accorder une mention honorable à la fabrique de M.: le baron sde Pavée de Yendeuvre. - : . -î -v.V; a
- ' " YIe CLASSE. ! ' ‘ ' ' /
- POTERIE DE GRÈS OU GRÈS ^CÉRAME /H " ’ !
- v * h : J <
- v vr 'MÉDAILLE D’ARGENT.
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- M. MANSAR'D, èt
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- ‘ *< : :.i f’. *
- Un .hommeide goût, un habile rpeintre, amateur de tout ce qui est cur-ieux dans Jes arts industriels,' M'i Ziégler, a voulu rendre^aux poteries, de grès.ac-tuelles les beaux'tons/. les belles formes, les riches or-nements sculptés dans un style et.avec une^perfec-
- Yoisinlieu ( Oise ).
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- tion toute particulière, des grès flamands et alle-, mands du xvne siècle.
- Il a fondé et conduit dans ce but, dirigeant lui-même la partie de l’art comme les travaux industriels, la fabrique de Voisinlieu dans Beauvais. Il y a fait exécuter un très-grand nombre de pièces qui se, sont répandues de tous côtés avec une grande activité, malgré leurs prix assez élevés, résultat indispensable des modèles qu’il a fallu composer avec goût et exécuter avec talent et soin.
- L’effet désiré par M. Ziégler a été produit; ses grès ont pénétré dans les* maisons les plus somptueuses; le goût et l’impulsion sont donnés; trois fabriques de grès dans le même genre ont été établies, depuis celle de Voisinlieu, par des ouvriers sortis de cette fabrique d’autres ont été perfectionnées par la même influence. On n’osera plus redescendre aux ignobles cruches, pots à l’eau, etc.;.on s’accoutumera maintenant à ces formes plus gracieuses et plus commodes, qui pourront être bien faites presqu’aux mêmes prix que les anciennes et laides poteries. \ , >
- La beauté et la richesse des formes ne doit pas faire oublier que la fabrique de Voisinlieu ne s’est pas bornée aux objets de luxe; elle a fabriqué beaucoup d’objets de ménage et surtout des ustensiles de laboratoire et de fabrique, dans de grandes dimensions et d’une grande difficulté d’exécution, tels que des cucurbites , d’énormes serpentins qui n’avaient encore été faits qu’en Angleterre.1 s
- Elle emploie comme matières premières les argiles plastiques du pays, celles dé Saint-Paul et
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- de La Chapelle quelquefois avec celles de Sa-vignies. - •
- M. Ziégler n’a pu quitter un art qui l’a illustré pour continuer la direction principalement industrielle de la fabrique de Yoisinlieu. M. ; Mansard, son collaborateur depuis quelque temps, est devenu son successeur ; et suivant la bonne impulsion, tant industrielle que de luxe donnée par le fondateur, il s’est rendu digne de la médaille d’argent que lui accorde le jury.
- MENTION HONORABLE.
- M. SALMON, à Paris, ruedesArcis, 22.
- M. Sâîmon , un des imitateurs de M. Ziégler, a exposé des grès faits dans le même genre, mais moins bien et par conséquent à plus bas prix.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
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- MM. LANGLOIS (Frédéric) et . Cie, à Isigny (Calvados),
- Viennent d’établir à Isigny une fabrique de grès-cérame, les uns blancs jaunâtres, les autres brunâtres, qui ont, assurent-ils, surtout les-prëmiers, la propriété d’aller parfaitement au feu, qualité assez rare dans ce , genre de poteries, t;;v ’ ; V < Les pièces qu’jls ont exposées sont en général très-
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- bien façonnées, d’une grande’ légèreté et d’un prix extrêmement modique.
- La fabriqueMe MM. F. Langlois'et Gie est assez récente ; nous ne pouvons savoinsi toutes ces qualités sontréelles,,et si elles sé. maintiendront. ^
- Le jury doit donc se borner à citer (favorablement leurs efforts et «leurs premiers produits. r
- MM. DËLAHUBAUDIÈRE frères, à Quimper (Finistère),.
- MM. ELOURY et PORQUIËR, à Quimper (Finistère). ..
- Les grès de luxe! neîdoivent pas nous faire négliger les grès communs, quand ils sont d’une bonne qualité ; telsr-sont' ceux que fabriquent très1 en grand.à Quimper MM. Delahubaudièrefrères^d’une part , et de l’autre MM. Eloury et Porquier. Le jury accorde; une citation favorable à chacun de ces fabricants.1 r v; T
- YIIe CLASSE.
- ^ y : "r ; frr; Tj ' ;
- PORCELAINE DURE.
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- Considérations \générales.
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- Elle se subdivise en porcelaine dure ordinaire principalement destinée auxP usages domestiques et àdaïdécoration; .,/> r . , ,u; , „ {, ;,.p ^
- Æt en porcelaine dure destinée à- âubir les changements de température^ sans >altération ;1 c’est' celle qu’ona nommée Hygiocérame.
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- Porcelaine dure blanche.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- MM. DE TALMOURS et HUREL, à Paris, rue
- Popincourt ,68.
- Il se présente ici une question d’une solution assez délicate.
- M. Talmours a mis ses produits à l’exposition de 183g, sous le nom de Discry-Talmours. On a principalement remarqué dans la porcelaine que cette maison a exposée, la beauté dés fonds au grand* feu , et surtout la nouvelle manière dont ils avaient été posés par immersion et avec des réserves très-variées et très-bien faites. Le jory n’a considéré que cette réelle innovation d’opinion générale des fabricants et du jury, qui n’a.été contestée par personne, regarde M. Discry comme l’auteur du procédé, et la médaille d’or accordée à la maison Discry-Taïmours aété attribuée au procédéy comme le prouve la catégorie dans laquelle le jury l’a placée dans son rapport, où le nom de M. Discry est constamment répété seul. M., Talmours n’a élevé aucune réclamation à ce sujet ; mais le jury, fidèle h sa jurisprudence, a dû décerner la médaille au nom inscrit sur le catalogue officiel , c’est-à-dire à MM. Discry-Talmours.
- MM. Talmours etHurel, autre société, se présentent maintenant comme fabricants de porcelaine et exposant des porcelaines blanches et. colorées de toutes sortes ; mais plusieurs sont en fonds dérouleurs posés par les procédés de M. Discry. La com-
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- mission a pensé qu’il fallait néanmoins considérer leur exposition comme faite par la maison De Tal-mours et Hurel, propriétaire du fonds et de tous les procédés.
- Dans cette pensée, la commission- èxaminant leur pâte, leurglaçure, leur façonnage, lescoùleurs et décorations variées dont ils ont. orné leurs porcelaines, et les trouvant égaux à ceux qu’ils ont présentés en i83c)j propose au jury de déclarer que la maison De Talmours et Hurel est toujours digne de la médaille d’or qui lui a été sous la raison Discry-Talmours.
- Le jury arrête que la médaille d’or sera rappelée à la maison De Talmours et Hurel.
- décernée en 183g
- MEDAILLE D’OR.
- M. BOUGON, à Chantilly (Oise) , et à Paris, rue d’Enghien, 10.
- A la tête de ceux qui ont fait des efforts .heureux pour réduire les prix au moyen d’ingénieux procédés industriels, nous plaçons encore comme en i834, la manufacture de Chantilly, désignée depuis environ vingt ans soüsjes noms Bougon et Ghalot frères , mais dirigée maintenant sous le rapport de l’art, par M. Bougon. '
- Il a perfectionné et agrandi le procédé de façonnage des pièces ovales, des pièces à plusieurs pans, des pièces à plusieurs jours ,i!qu’il a exécutées par l’heureuse mais difficile application à la porcelaine, du-tour à guillocher et du tour ovale : c’est par cette application qu’il a fait des assiettes à bords
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- ondoyants, et reflétant ainsi beaucoup de lumière; on a pu les voir à l’exposition.
- 11 a établi dans sa fabrication un grand nombre de procédés remarquables qui lui donnent les moyens de faire des économies sur la main-d’œuvre , sans que ce soit aux dépens de la perfection. Je ne puis énumérer ici tous ces procédés, je l’ai fait ailleurs, et cette seule énumération tient plusieurs pages; mais je signalerai les plus remarquables en les choisissant parmi ceux que j’ai vus en action à différentes époques.
- Les matières à porcelaines, viennent, comme toutes celles qu’emploient les fabriques de France, des carrières de Saint-Yrieix ; mais M. Bougon, désirant avoir une pâte dont les qualités soient constantes, les associe dans diverses proportions et suivant leur nature, avec des kaolins purs ; il les broie dans des moulins nouveaux et très-expéditifs, les bluteau blutoir, et donne à sa pâte toute l'homogénéité et la finesse désirables.
- Il avait, un des premiers, dès i834, employé le calibre au façonnage des pièces plates et des pièces ouvertes : il l’a appliqué, par une modification mécanique ingénieuse .eft simple , pour faire l’intérieur des pièces à bords rentrants.
- lia notablement perfectionné le façonnage des plats ovales f*i.its au tour, c’est h un contre-maître nommé Wanday , que :M. Bougon reporte ce perfectionnement qui serait trop long à décrire, mais que nous avons vu pratiquer,.
- Ces procédés, en rendant le façonnage plus parfait , en diminuent le prix. C’est ainsi qu’on doit m. 28
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- obtenir des réductions de prix durables et transmissibles.
- Nous avons parlé de difficultés de fabrication ; M. Bougon en a abordé une très-grande, dont les résultats devaient avoir beaucoup d’importance; ce n’est pas en faisant un vase gigantesque; mais c’est en construisant un four d’une très-grande dimension , un four de plus 7 mètres de diamètre et de 4 mètres de hauteur avec îoalandiers, nombre inconnu jusque-là dans les fours à porcelaine. Ce four a été construit principalement pour cuire des assiettes et des pièces petites et moyennes; il cuit assez également dans toutes les places.
- Mais le principal titre que M. Bougon présente à la distinction que le jury doit voter en sa faveur, c’est la liaison intime de deux pratiques qui semblaient n’avoir entre elles aucun rapport, et qui cependant se sont données un mutuel appui.
- M. Bougon est arrivé, le premier, non pas à polir à grande peinequelques grains, quelques petites places ternesfaisanttachesurla porcelaine, mais à polir très-bien les pieds des assiettes, des plats, des jattes, etc., à polir, au point de les mettre en état d’être brillamment dorés ët brunis’ les bords des tasses, des jattes, des écuelles, des saladiers, des soupières , à les polir à très-bon marché, en établissant des tours mus avec une grande vitesse et disposés dans toutes les conditions propres à atteindre le double but et de la perfection et de l’économie. Voilà une amélioration remarquable dans la porcelaine, cette belle et brillante poterie, dont le gravë inconvénient était de présenter des parties rudes qui s’accrochent au linge,
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- et des parties mattes qui se salissaient en‘ peu de temps : elle est débarrassée de ces taches qu’on lui reprochait si souvent ; mais il en est résulté un bien autre avantage. On ne pouvait cuire les pièces ouvertes, telles que jattes, saladiers, soupières, sans les exposer à des grains de terre cuite qui tombent des étuis ou gazettes.
- M. Bougon fait cuire maintenant toutes les pièces sur leurs bords , ce que les fabricants appellent ci Boucheton-, l’intérieur est garanti de grains, et la place vide de l’intérieur presque perdue autrefois, reçoit et abrite une multitude de petites pièces. On n’aurait pu mettre ce procédé en pratique avant le polissage; caria partie la plus visible de ces pièces eût été rude et sale, ou bien il eût fallu, par le moyen dispendieux^du repassage, leur rendre de la couverte. Un polissage de 3o centimes rend le bord d’un grand saladier aussi glacé que le reste de la pièce.
- Cette description m’exempte de parler d’un grand nombre de petites améliorations qui disparaissent devant celle-ci, et motive suffisamment la médaille d’or que le jury décerne à M. Bougon.
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- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT. •
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- MM. FOUQUÈ-ARNOUX et Cie, à Toulouse et à Va-lentine, près Saint-Gaudens (Haute-Garonne).
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- MM. Fouque-Arnoux et Cie se sont présentés avec des produits très-variés, nous ne les séparerons pas ;
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- mais nous les distinguerons en commençant par la porcelaine.
- ,Çes fabricants.actifs, ingénieux., dont les établissements^ Toulouse et à Valentine,, près de Saint-Gaudens, .sont très-anciens, se sont distingués à presque . tou.tes les expositions par la variété et la qualité de leurs produits, par Jeu rs inventions tellement nombreuses, que s’il fallait les examiner toutes, cette liste allongerait ce rapport au delà de toute mesure. Ils ont eu le talent de mettre à l’exposition actuelle, d’aussi bonnes choses que dans les précédentes, et quelques articles nouveaux.
- < Leur porcelaine blanche est toujours bonne et belle, bien glacée, faite avec des kaolins et des fëlspaths tirés de Milher, arrondissement de Saint-Gau dens , et une couverte qui n’a pas le défaut'de ce pointillé reproche aux porcelaines précédentes, elle a toutes’les qualités des meilleures porcelaines composées des matières de Saint-Yrieix.
- En ajoutant à cette pâte un autre kaolin plus argileux , ils ont élevé des vases d’une grande dimension. Ces grandes pièces ne sont donc pas un fait exceptionnel, mais le résultat de l’addition raisonnée d’un élément plus plastique et plus solide, c’est ici qu’il faut louer la dimension.
- Dans la glaçorede-leur faïence fine blanche, le borax fait à lui seul la matière du fondant., et dans celle de la 'faïence jaune , qui résiste parfaitement au feu , le plomb à l’état de minium , qui n’y entre que pour une très-faible quantité, test en optre .mis à l’abri de toute influence acide ou graisseuse par le
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- borax et meme par le felspath, les deux autres éléments de cette glaçure.
- Cet emploi du borax et du felspath dans la gla-çure, est maintenant assez répandu, mais il faut savoir gré aux fabricants qui, après l’avoir mis en usage il y a cinq ans, persévèrent dans--cette voie et la conduisent encore plus loin.
- Un autre progrès remarquable de la fabrication de M. Fouque-Arnoux se montre dans la décoration de la porcelaine par des fonds et de larges ornements de couleurs au grand feu, très-variées, très-belles, très-solides , caria plupart sont placées sous la couverte.
- Nous ne pouvons donner une énumération de tous les tons qu’ils ont exposés, mais nous désignerons les plus remarquables.
- Ce sont : un noir très-beau, le brun, le vert bleuâtre et le cendré bleu ; le nankin rosé par le chlorure d’or, le gris de platine varié par l’addition d’autres oxydes; enfin, et surtout, un jaune serin tirant un peu sur l’orangé et dû à un mélange de titane et d’acide tungstique. Ce jaune bien déterminé et permanent au grand feu, est une couleur nouvelle, mais elle n’a pas atteint encore toute la perfection dontM. Fouque-Arnoux la croit susceptible.
- Nous pensons que par ces nombreux perfectionnements et ces nouveautés, par l’importance remarquable de sa fabrique qui emploie quatre cents ouvriers, cinq fours, et qui verse dans lé commerce pour 600,000 fr. de produits, M. Fouque-Arnoux mérite que le jury lui décerne une nouvelle médaille d’argent en 1844 P°nr la constance de sa
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- bonne fabrication de porcelaine, pour ses fonds au grand feu, ses glaçures solides, et pour l’ensemble de ses travaux.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. HONORÉ, à Champroux (Allier), et à Paris, boulevard Poissonnière ,6.
- M. Honoré , déjà distingué dans les expositions précédentes, a sa manufacture de blanc à Champroux , dans le département de l’Ailier, et ses ateliers de décoration.à Paris.
- Nous savons par nos relations fréquentes avec M. Honoré et par les produits que nous avons vus à plusieurs reprises et à des époques très-différentes dans ses magasins, qu’il a introduit dans sa fabrique de Champroux des procédés de préparation mécanique des pâtes, qui perfectionnent autant qu’il est possible celles qu’il achète toutes faites à Limoges, comme le font presque tous les fabricants. Pour les rendre plus solides il y ajoute une proportion assez considérable de kaolin argileux.
- Il a cherché à introduire dans la fabrication de la porcelaine, le kaolin cl’un gîte découvert, il y a environ dix ans, à Breuil dans le département de l’Ailier. Le succès n’est pas enpore assuré, mais cette tentative mérite d’être notée.
- t On a reproché à la couverte des assiettes un pointillage appelé coque d'œuj, et qu’il est très-difficile d’éviter. En effet, il se voit d’une manière plus ou moins sensible sur la plupart des pièces de même nature mises à l’exposition.
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- Au reste, ce défaut n’est que sur les assiettes et sur quelques plats, et encore ne le voit-on pas sur toutes ces pièces. M. Honoré l’attribue au défaut de broyage des pâtes de Limoges. Il l’a évité complètement en faisant rebroyer ces pâtes. D’ailleurs, nous avons vu peu de porcelaines façonnées avec plus de pureté et de légèreté. Or ces qualités, qui exigent quelque soin, et qui ne permettent pas un façonnage précipité, sont maintenant beaucoup trop négligées.
- M. Honoré a continué de faire son or par la couperose 5 c’est un procédé plus cher que la précipitation par le mercure, mais l’or est plus solide et plus durable.
- M. Honoré présente un titre encore plus méritoire à nos yeux que ceux que nous venons d’exposer, c’est l’acquisition et l’emploi d’un procédé de décorer des assiettes et d’autres pièces plates avec de larges ornements de diverses couleurs, appliqués par un procédé mécanique; il ne le fait pas connaître, mais je le connais en partie, et je puis assurer que son efficacité est prouvée par le bas prix auquel il peut donner les pièces décorées (i).
- Le jury décerne une médaille d’argent à M. Honoré.
- MM. PÉTRY et RONSSE, à Yierzon (Cher), et à Paris, rue des Petites-Écuries, 26.
- La manufacture de Yierzon, département du Cher, est montée sur un très-grand pied, tant industriel que commercial, une machine à vapeur
- (1) Les assiettes exposées sont à 44 francs la douzaine.
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- établie dès 1880, quatre fours, dont un' de cinq mètres de diamètre, des procédés de lavage et de broyage très-bien éntendus, l’emploi avec succès du kaolin des Pyrénées, et des produits un peu supérieurs sous le rapport du façonnage , du blanc et de'la g la cure, à céux de la plupart des manufactures de Limoges , sont dignes d’attirer l’attention du jury sur cette fabrique. Ils ont eu leur effet sur le commerce, car cette manüfact u r’e occupe à Yierzon cinq cents ouvriers, et une centaine à Paris comme décorateurs; elle fait faire et cuire ses décorations dans son dépôt, où elle a quatre moufles montées.
- Enfin, elle déclare qu’elle livre annuellement à la consommation intérieure pour 85o,ooo fr., et pour"l’exportation 5o,ooo fr.
- Le jury décerné une médaille d’argent à MM. Pé*-try et Ronsse, de Yierzon.
- RAPPEL DE MÉDAILLÉ DE BRONZÉ.
- I ,
- M1VL HALOT père et fils, à Paris, rue d’Angou-lême-du-Temple, 14.
- M. Halot s’est présenté en 1889, principalement comme faisant et posant sur porcelaine, par immersion et avec réserve, des fonds„au grand feu, remarquables par leur variété de ton et leur éclat ; il se présenté actuellement comme fabricant la porcelaine sur laquelle il place ses fonds. Les pièces de porcelaine qu’il a exposées, et les fonds dont il les a ornées, font Voir qu’il est toujours digne de là médaille de brônzè qui lui a été accordée en 1889.
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM, L. ANDRÉ et Cie, à Foëcy (Cher), et à Parisrue de Paradis, 46.
- D’après leur déclaration comprise tant au dossier officiel que dans des notes fou rnies par ces exposants, leur fabrication de porcelaine blanche et surtout d’assiettes, est montée1 sur.un très-grand pied.
- Ils fabriquent pour 480,000 fr. d’objets de con>* merce par an, en faisant marcher trois fours d’une assez grande dimension ; ils ont trois cents ouvriers dans leur atelier et en emploient environ dëux cents au dehors.
- Il livrent,, toujours d’après là même déclaration, pour 1,000,000 fr. de porcelaine blanche et décorée, tant à la consommation intérieure qu’à, l’exportation.
- De jury, considérant la haute importance commerciale de cette maison, décerne à MM. L. André et Cie , une médaillé dé' bronze.
- • . 'i .
- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- M. CLAUSS, à Paris», rue PierredLevéev 8.,.
- > -,
- Les pièces de pOrcéiaine qu’a exposées M. Claîfss', tant en sculpture dite biscuit, qu’én couverte, ne sont pas inférieures aux objets semblables qu’ila mis,.il y a cinq ans, et le. rendent*toujours digne de la mention honorable qui lui a été accordée à cette époque.
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- Haute-tienne et Limoges (A).
- On sait que l’industrie de la porcelaine dure a pris naissance en France dans le Limousin par un concours de circonstances qu’il n’est pas de notre sujet de rappeler. Cette industrie, en se répandant bientôt dans diverses parties de la France, a conservé son siège principal et sa plus grande activité à Limoges, à Saint-Yrieix, et dans plus de vingt-cinq localités du département de la Haute-Tienne. Plus de dix manufactures sont établies dans la seule ville de Limoges ; quatre fabricants de cette ville ont envoyé de leurs produits à l’exposition. La cause d’un nombre qui, par son exiguïté, semblerait indiquer peu d’empressement , tient probablement à ce que, fabriquant presque tous de la même manière, avec les mêmes pâtes, les mêmes fours, les mêmes ouvriers , très-peu ont osé croire qu’ils se distingueraient suffisamment de leurs concurrents, pour se faire remarquer notablement du jury cèntral par leurs produits. Quatre seulement sont donc entrés en lice, ce sont : MM. Alluaud aîné, Michel et Yalin, J.-B. Ruaud, Gorsas et Périer.
- La commission a cru devoir donner une récompense à la fabrication limousine, en choisissant parmi ces quatre exposants celui qui lui a
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- paru le plus digne d’une distinction de second ordre.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. ALLUAUD aîné, à Limoges (Haute-Yienne).
- M. Alluaud aîné, l’ancien maire de Limoges, est le fils du premier fabricant de porcelaine , établi presque sur les carrières de kaolin qu’il avait découvertes, et dont le produit est environ le quart de 60,000 quintaux métriques que fournit tout le département.
- M. Alluaud convertit en pâte qu’il livre au commerce, environ j 0,000 quintaux métriques des matières que lui fournissent ses carrières , il emploie les 5,ooo quintaux restants dans sa .propre fabrication.
- C’est un fabricant des plus instruits dans la pratique de l’art, et ce qui est plus rare, c’est que l’étant également en physique, en chimie, en minéralogie, il a su éclairer la pratique par des déductions théoriques, résultant de ses observations nombreuses; aussi, il a fait sur les rapports du combustible consommé dans les fours de Limoges, avec la capacité et la surface de ces fours, des recherches dont les résultats pourront être très-utilement employés pour corriger les mauvaises pratiques, et diminuer l’emploi du combustible quel qu’il soit; ce travail n’a pas encore été publié, mais nous le possédons, l’avons étudié, et en ferons connaître bientôt les éléments et les résultats.
- C v ' ‘
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- Ge sont ses connaissances en-mi néralogie qui lui ont fait découvrir non loin de Limoges, laCleare-landite (felspath de soude), qu’il a substituée dans la composition de certaines pâtes , à l’Orthose ( felspath de potasse ), ou plutôt à la pegmcitite qui contient souvent trop* de quafrz ; il assure ob^ tenir par cette substitution une porcelaine plus solide.
- Le premier il a mis en usage le broiement dés matières dures par de grandes meules horizontales à mouvement très-rapide, agissant sur ces madères , comme celles des moulins à farine agissent sur le grain. Ce procédé est maintenant adopté dans un grand nombre de fabriques.
- C’est M. Alluaûd qui à eu l’idée ingénieuse, et mise en pratique avec succès depuis’dix ans, de raffèrrnir les barbotines ou pâtes liquides au moyen d’un vide produit sous les filtres qui renferment ces pâtes. Nous avons1 vu manœuvrer ce savarttappareil en x836.
- Il a1 employé- certaine roche colorée naturellement en noir, telle que la diorite, pour obtenir par immersion, il y a i5 ans, dé très-beaux fonds bruns au grand1 feu!.
- L’importance des exploitations de M. Alluaud et de ses fabriqués! de pâtes et de1 porcêlainé', est très-considérable1: il emploie* plus de 4oo ouvriers de toute classe, 29 meules'; 3 fours; met en œuvre annuellement plus d'e 9,000,000 dé kilogrammés de matières diverses, et verse dans la consommation tant intérieure qu’extérieure, plus de i'7,000 quintaux métriques, tant dé matières premières (15,000);
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- que de, matières ouvrées, soit en,pâte, soit en porcelaine (2,000).
- Le jurj décerne à M. Alluaud aîné une médaille d’argent.
- V, '
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- <c '
- MM. MICHEL et YALIN, à Limoges ( Haute-Vienne).
- ' , *
- MM. Michel,et Valin, manufacturiers à Limoges,
- fabriquent dans *une tout .autre direction ; ils ont pour .principal mérite de fabriquer et de vendre beaucoup, en observant et reconnaissant avec un tact particulier ce qui plaît aux masses, en frappant leurs yeux, par ,des formes bizarres et dessus .contournées, par des objets-baroques., burlesques, mais brillants d’or, et,de couleurs.,
- Ils ont même su vaincre, pour conserver à leurs vases et, à leurs anses ,leurs mouvements un peu contournés, des difficultés de fabrication assez grandes, résultant du grand nombre de collages que ces,parties détachées exigent; c’esjt à nos yeux un vrai mérite industriel, qui décide le jury à accorder une nouvelle médaille de bronze, un fabricant qui emploie 600 ouvriers, et qui déclare livrer au commerce pour 170,000 fr. d’objets fabriqués, dont 4o,ooo pour l’exportation.
- MENTIONS HONORABLES, , ;
- M. J.;B. RUAUD , à Limoges ( Haute-Yienné). fLa manufacture de M. Ruaud qui fait aussi avec
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- MM. Nenert et Latrille, le commerce de matières à porcelaine, est montée très-en grand: elle occupe 200 ouvriers, qui seraient en plus grand nombre, si une machine à vapeur de la force de io chevaux ne leur épargnait beaucoup de main-d’œuvre.
- M. Ruaud a deux fours, et livre annuellement au commerce 3oo,ooo kilog. de pâte et de couverte, et à la consommation intérieure pour 35o,ooo fr. de porcelaine blanche, parmi laquelle se trouve un grand nombre de ces pièces épaisses,, en tasses et soucoupes pour les limonadiers, en assiettes pour les restaurateurs ; il fait ces dernières au moyen d’un calibre qui s’abaisse verticalement sur l’inté— rièur de l’assiette, ainsi que je l’ai vu pratiquer à Montereau pour la demi-porcelaine.
- Sa porcelaine est dans les qualités et conditions de celle qui est fabriquée à Limoges sur les mêmes principes.
- Le jury accorde à M. Ruaud une mention honorable.
- M. CORRIN (Edmond), à Paris, rue du Fau-bourg-Sainl-Denis ,57.
- M. Edmond Corbin n’est pas fabricant de porcelaine, mais il est décorateur, et sous un rapport plutôt commerçant qu’industriel. Par conséquent, d’après la jurisprudence du jury et l’opinion personnelle du rapporteur de la commission, il ne devrait pas entrer en lice avec les exposants qui ont des établissements, dès ateliers, et qui font fabriquer soit du blanc, soit des décorations; mais ces principes
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- ont pu fléchir un peu devant la position tout exceptionnelle où se présente M. Corbin.
- Son talent est de faire décorer en chambre , par 200 ouvriers à sa paye, une multitude de pièces de porcelaine, qu’il peut ensuite livrer à un prix tellement bas, que votre rapporteur a cru devoir s’assurer de la réalité de ses assertions en allant dans ses magasins voir la quantité considérable d’objets à emballer et désemballer, en se faisant donner le devis de la plupart des objets fabriqués, et en s’assurant que l’exportation était bien réelle et que les prix de vente n’étaient pas les résultats d’efforts momentanés ou d’une circonstance passagère, en voyant enfin qu’il pouvait continuer le genre de fabrication sur la grande échelle où il l’a placée.
- L’industrie, un peu individuelle il est vrai, de M. Corbin consiste donc à connaître bien les besoins et les goûts des consommateurs des deux Amériques pour les avoir visitées à plusieurs reprises, et à savoir trouver à Paris les- ouvriers qui peuvent faire promptement, et suffisamment bien, les articles qui conviennent à ces nombreux consommateurs, d’ailleurs assez faciles à contenter; c’est ainsi qu’il est parvenu à exporter pour plus de 180,000'fr. de ce genre de porcelaine.
- La commission des arts céramiques a pensé que, vu l’intelligence industrielle et surtout commerciale de M. Corbin, vu sa remarquable activité et ses heureux résultats pour le commerce d’exportation de la porcelaine, il mérite que le jury lui accorde une mention honorable. \
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- Fleurs en porcelaine.
- MENTION HONORABLE.
- M. LEBOURG, à Paris, rue Corbeau,.9.
- Parmi quelques spécialités de la fabrication de la porcelaine , il faut placer Part de faire, en porcelaine dure ou tendre , des fleurs approchant de la légèreté et quelquefois des couleurs éclatantes ou suaves de la nature.
- Cet ,art est ancien. Les Chinois l’ont pratiqué, mais mal ; les Saxons l’ont exercé avec plus de .talent ; en Angleterre, on fait de très-jolies fleurs en porcelaine tendre; on en abuse même en les appliquant à tout, sans discernement. On l’a pratiqué autrefois à Sèvres, .très-habilement en biscuit, très-lourdement en porcelaine émaillée et colorée.
- M. Lebourg a mis à l’exposition des fleurs for.t légèrement et fort délicatement faites, colorées avec vérité et .finesse,; c’jest une jolie industrie de tpeu d’importance, mais qui, exercée.avec talent par.M. Lebourg, a paru néanmoins mériter d’être distinguée par une mention honorable.
- Porcelaine dite Hygiocérame.
- Depuis une dizaine d’années au plus, des, fabricants ont fait une vraie porcelaine, composée à
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- peu près des mêmes éléments què la porcelaine blanche et fine, mais plus grise qu’elle et moins translucide ; elle soutient généralement, sans se briser, les changements assez rapides de température beaucoup mieux que la porcelaine très-translucide. Comme l’argile plastique qu’on introduit ordinairement dans cette pâte, lui donne une couleur grisâtre, on a cherché à la cacher par une couverte brune qui, un peu plus fusible que la blanche, n’exige pas pour cuire une aussi haute température. C’est là le principe des hy-giocérames de Fourmy ; on lui a conservé le nom que lui avait donné cet habile potier.
- Quatre fabricants d’hygiocérames, quoiqu’ils n’appliquent pas tous ce nom à leur production, ont exposé des porcelaines ou grès qu’il appellent assez improprement apyres.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- Madame veuve LANGLOIS, à Bayeux (Calvados).
- M. Langlois, de Bayeux 7 et ensuite Madame Veuve Langlois, sont les premiers fabricants de porcelaine qui aient annoncé, et depuis très-longtemps, que leurs porcelaines soutenaient, sans altération, des changements de température as^ez élevés et assez brusques. Cette qualité a été constatée par l’expérience, m.
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- Le:jury a décerné en 1889 à 'Madame Yeuve .Langlois, de fBayeux,. la. médaille de bronze pour . ses.porcelaines, qui jouissent.éminemment de cette qualité, et auxquelles elle a d’ailleurs donné des applications très-ingénieuses et très-variées. Ainsi, cette année, elle a ajouté des cornues et des serpentins à sa fabrication* ordinaire- d’instruments de chimie. On ne<,sait pas pourquoi elle napas compris, dans les perfectionnements qu’elle ai cherché ; à.ih-troduiredanstsa manufacture,.le façonnage des tubes et cornues par coulage; procédé qui luidonnerait plus promptement, et par conséquent à meilleur marché, des pièces mieux faites, plus légères et non moins solides.
- Le jury la déclare toujours digne» dé la médaille de-bronze, q.ui lui,a* étédéeernée; en. : 1839.
- M. BARRÉ-RUSSIN, à Orchamps. (Jura).
- M. Barré-Russinja, exposé,, enyï 889, un assortiment de pièces de cette porcelaine grisâtre presque opaque qu’on nomme généralement hygiocé-rame, et. qui.résiste parfaitement,aux.changements de température dans les usages culinaires. Le jury a^pensé alors .qu.’il méritait d’être distingué par une médaille de bronze. Il a présenté cette année un pa-?reil assortiment peut-être mieux-fait sous le rapport desi formes et du façonnage , -mais qui; n’offre rien d’assez-nouveau.pour mériter une nouvelle distinction.. Lesjiygioeérames de M. Barré-Russin ont un débit jassez, (grand /pour . le mettre dans le cas dlentretenir à. Orchamps environ 70 ouvriers, 2 fours, 20 tours, et délivrer au commerce-par-an
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- pour. 90'à ioo,ooOffr. de'produits. rM. Barré-Rus-sin affirme en foutre queji les marchands donnent la préférence à ses hygiocérames-sur toutes les autres poteries du3même genre présentées!depuis plus de quinzeïj'ans.
- Lejury déclarequ’il mérite toujours la médaille de bronzeiquidui a été tdéeernée>en 11*839. '
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. NEPPEL fils et BONNOT, à Nevers (Nièvre).
- MM.-Neppel fils et|Ronnot,|àUNevers, font, des hy-giocérames remarquables par leur légèreté ,.le beau vernis mince et brun rougeâtre qui les recouvre et leur résistance aux changements de.température ; ils ne nous ont pas paru inférieurs à ceux de M. Barré-Russin. Leur.fabrique a une très-grande importance, puisqui’eller.oceupeîplus de>200 ou vriers, 2 fours, etc. ; ils font.,, en outre, de la-porcelaine‘ordinaire,(des briques réfractaires et des,pierres à? aiguiser, les,faux, et d’autres instruments coupants ,rq,ui paraissent avoir un assez grand succès/
- Le jurjMécerne à MM. Neppef fils et 'Victor Bonnot, pour l’ensemble de|leurs produits, 'une médaille de.bronze. > :
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- mention; honorable.
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- MM. RÉVOL père et fils, à Saint-Uze (Drôme).
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- MM,. Revol’père 1 et fils.,, de1 Saint?Uze yiont,fait
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- dans le département de la Drôme des hygiocéra-mes qu’ils appellent porcelaine brune à cause des couleurs ordinaires de cette poterie ; ils ont étendu l’application de cette porcelaine à pâte très-dure, et peu translucide aux cruchons à bière et à eaux minérales. En raison du mérite de leurs produits et de l’étendue de leur établissement, qui occupe ioo ouvriers et 6 fours , le jury leur accorde une mention honorable.
- IXe CLASSE.
- FABRICATION DES COULEURS VITRIFIABLES ET DES MÉTAUX D’APPLICATION SUR LES POTERIES ET VERRES DURS.
- Considérations générales.
- Cinq personnes, parmi les exposants, fabriquent de manière à être remarquées, dés couleurs vitrifiables propres à être appliquées par fusion sur différents excipients ; ces personnes ont présenté des couleurs pour la porcelaine dure et pour la porcelaine tendre, pour la faïence et pour l’émaillage sur métaux.
- De ces cinq personnes, trois fabriquent et vendent leurs couleurs et ne les appliquent pas ordinairement, ce sont MM. Binet, Colville et Desfossé.
- Deux autres les font, ne les vendent pas ordinairement , mais les appliquent eux-mêmes et
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- vendent, ou directement, ou par intermédiaires, les objets qu’ils décorent par leur moyen, ce sont MM. Discry et Rousseau.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’OR.
- M. DISCRY, à Paris, boulevard du Temple, passage du Jeu-de-Boule , 8.
- M. Discry a présenté k cette exposition.une série de couleurs au grand feu, posées par immersion, dont les tons, les nuances et l’emploi diffèrent de celles qu’il a faites et exposées en i83q.
- Les couleurs noires, brunes, verdâtres, sont belles et brillantes ; tantôt elles colorent la pâte de porcelaine elle-même, sans la rendre trop fusible^ tels sont les bruns-rouges, elles noirs de fer imitant la fonte.
- Tantôt elles recouvrent la porcelaine de tons magnifiques, tel est le bleu cendré, telle est sa remarquable nuance d’ivoire qui donne à la porcelaine l’apparence de cette matière.
- M. Discry a donc poursuivi ses recherches et ses travaux avec persévérance, et principalement dans le but de faire faire aux colorations solides sur porcelaine de nouveaux progrès.
- Ses résultats ne sont ni aussi nouveaux, ni aussi remarquables que ceux de 1889, lorsqu’il apportait trois choses, qui étaient pour la fabrication française de vraies nouveautés :
- Premièrement : de superbes et nouveaux tons de
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- couleurs; secondement : leur posage par^immer-sion , évitant ainsi un feu; et1 troisièmement : les réserves.
- C’est pour la découverte de ces procédés, que le jury lui a accordé à cette époque, sous lejjjnom Discry-Talmours , une médaille d’or.
- Le jury considérant que M. Discry se présente aujourd’hui sous son seul nom avec de nouveaux travaux , déclare que ces travaux le rendent encore plus digne de la médaille d’or qu’il a obtenue en 1839 sous nom Discry-Talmours, et rappelle cette médaille à M. Discry.
- MÉDAILLE D’OR.
- M. ROUSSEAU, à Paris, boulevard Saint-Martin, 49.
- M. Rousseau qui a enrichi, en i83g, l’art de décorer la porcelaine d’une nouvelle série de couleurs dures, qui a donné par ce moyen une extension remarquable en éclat, variété et solidité à la décoration des porcelaines, se présente à l’exposition actuelle avec plusieurs nouveautés; l’une d’elles a une assez grande importance.
- i° Des ornements d’or en relief, très-solides, et cependant très-économiques, préparés par des moyens mécaniques, et appliqués par des fondants très-tenaces ;
- 2° Des dorures sur des pâtes ou des émaux en relief, qui permettent défaire de larges ornements, et de les brunir parfaitement. Ces émaux sont tantôt
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- blancs , tantôt-colorés, tout en conservant leur glacé et leur solidité 5
- 3° Enfin une dorure de garniture, c’est à-^dire des filets d’or très^économiques , et cependant inaltérables, dit M. Rousseau, par l’emploi les plus fréquents, et même par de rudes frottements. Gette dorure est légère, mais elle est plus solide que la dorure épaisse, bien différente en cela de la dorure légère des Saxons, qu’enlève le moindre frottement.
- L’assertion de sa durée était difficile à constater ,-; nous l’avons bien essayé avec le couteau, avec le grattoir, et l’échantillon présenté par M. Rousseau a résisté assez bien à un frottement auquel des assiettes et des tasses 11e peuvent jamais être exposées.
- Malgré la bonne foi reconnue de M. Rousseau, il pouvait se tromper lui-même sur l’inaltérabilité de sa dorure; et d’ailleurs des juges n’ont pas le droit d’admettre une assertion de ce genre. Nous lui avons donc demandé de nous faire connaître son procédé, espérant que nous pourrions juger le résultat annoncé par le procédé employé. En effet , nous avons admis, dès que nous l’avons connu, que cette dorure économique devait être aussi une très-solide dorure.
- Voilà bien des titres pour mériter du jury une nouvelle distinotion, mais sa jurisprudence fort sage exige que l’usage ait sanctionné les qualités annoncées. Or, tout cela est nouveau , cherché , in-venté/et fait depuis trois ou quatre mois pour l’exposition, il n’a encore rien mis en vente, il n’a que des échantillons ; l’assiette de dorure inaltérable est
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- encore la seule qui ait été faite, et cependant l’auteur en établit déjà le prix. Nous présumons que ces progrès seront durables, qu’ils ne seront pas dispendieux, qu’ils ne présenteront dans leur emploi, dans leur usage, aucun de ces décEets qu’on ne peut pas prévoir, et qu?ils seront admis par les fabricants; enfin que leur résultat de solidité sera constaté en grand par les restaurateurs et les limonadiers; nous présumons qu’iis préféreront à égalité de prix une dorure presque inaltérable à une dorure un peu plus brillante , mais qui disparaît en peu de semaines. Ce ne sont cependant que des présomptions, de puissantes présomptions, il est vrai, mais enfin la condition de l’épreuve par le temps n’est pas accomplie.
- Le jury se voyait donc avec peine dans l’obligation, pour être conséquent à ses principes , de rappeler seulement à M. Rousseau la médaille d’argent qui lui a été décernée en 1839.
- . Or, le jury s'est rappelé qu’à cette époque, la commission des arts céramiques avait trouvé le procédé des fonds durs, introduit pour la première fois dans l’industrie des porcelaines par M. Rousseau, assez important pour être digne d’une médaille d’or, que si ce procédé eût été pratiqué depuis assez longtemps, pour que l’expérience eût fait apprécier définitivement la constance de ses bonnes qualités, et la sûreté de son emploi, la commission eût proposé pour M. Rousseau une médaille d’or. La commission a pensé qu’actuellement que cette condition était parfaitement remplie,que ces couleursétaient, depuiscinq ans, employées dans toute l’Ëuropeavec
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- succès, qu’il y avait lieu de mettre enfin un terme à cet ajournement, dans un moment où la commission se voyait forcée d’en demander un semblable pour de nouvelles découvertes.
- En conséquence, elle eut l’honneur de proposer au jury d’accorder à M. Rousseau, pour les nouveaux travaux et procédés qu’il a présentés cette année, et surtout pour la sanction que le temps et texpérience ont donnée à son procédé de 183g, une médaille d’or.
- Le jury décerne une médaille d’or à M. Rousseau.
- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. COLVILLE, à Paris, rue des Vinaigriers, 22.
- M. Col ville a été distingué à l’exposition de i83g par une médaille d’argent, plutôt encore pour son bleu Thénard, qui était dans les attributions de la commission de chimie, que pour ses couleurs destinées à la peinture sur porcelaine, jugées cependant' belles et bonnes, par la commission des arts céramiques; il a présenté cette année : i° un nouvel inventaire de ses couleurs pour la peinture sur porcelaine, qui par leur application et leur cuisson sur une môme plaque de porcelaine, mais de deux qualités différentes, ont été jugées en général très-belles, glaçant bien au-même feu, n’écaillant pas, conservant leurs tons dans l’épaisseur et dans le mince, et se mêlant convenablement, comme le prouvent les peintures faites sur porcelaine avec ces couleurs;
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- nous avons comparé cet inventaire avec celui qu’il a déposé en 1839 au musée céramique de la manufacture de Sèvres, et il lui est de beaucoup supérieur;
- '2° Deux inventaires de couleurs pour la peinture enémail, si différente de la peinture sur porcelaine dure, exigeant par conséquent des couleurs composées autrement. Les artistes qui connaissent et pratiquent ce genre de peinture, ont trouvé que les couleurs portées sur ces inventaires sontpropres à répondre à tous les besoins des peintres en émail, et les exemptent de faire venir les couleurs de Genève ; ces ‘assertions et une attestation de M. Du-cbesne, de Gisors , un de nos plus habiles peintres en émail, ne peut nous laisser aucun doute à ce sujet ;
- 3° Un blanc qui, introduit dans les couleurs pour porcelaine dure , leur donne la propriété d’être employées à grande épaisseur comme les couleurs de la Chine;
- 4* Un très-beau bleu azur., remarquable par son ton pur, son très-beau glacé, et la propriété qu’il a de recevoir la dorure avec éclat et solidité.
- Ces couleurs sont d’un prix qui ne dépasse pas celui des bonnes couleurs, nous avons son tarif sous les yeux. M. Colville reçoit des éloges sur son assortiment de couleurs, et ce qui prouve que ce ne sont pas de simples politesses, c’est qu’ils sont accompagnés de fortes commandes; nous trouvons dans ces lettres des demandes d’Allemagne, d’Angleterre, et des premiers fabricants de porcelaine de Paris et de la France.
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- Pareonséquent, M. Colville réunit les conditions dont le>jury fait'cas : bonne'qualité dans toutes les soFtes>que*nous venons deeiter, prix ordinaire, de bonne matière et grand débit.
- Le jury lui accorde une nouvelle;médaille d’argent, uniquement pour la fabrication1 des couleurs vitrifiables.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
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- M. BINET, à Paris, rue et impasse Saint-Sabin,. 8 et 9.
- L’histoire des couleurs exposées par M. Binet, est assez particulière, et demande quelque détail.
- M. Binet est inscrit sur le catalogue comme fabricant de poteries, et, en effet, il a exposé des ornements remarquables ,, sur lesquels nous avons déjà appelé l’attention du jury. Il fabrique des couleurs pour la peinture à l’huile, qui ont été distinguées par la commission de chimie ; enfin, il a exposé cette année des couleurs pour la.peinture sur por? celaine, qui, au jugement, nous pouvons dire unanime de tous les peintres quides ont vues, et>de<la plupart des fabricants, sont déclarées les plus belles de T ex position.,
- Cest la première fois qu’elles paraissent, en public, mais, il y a longtemps que nous les connaissons, fil y a longtemps.que les peintres qui cherchent la. perfection; dans, leurs œuvres les connaissent. Nous savons que ce n’esLpasJVl. Binetfqui les a positivement composées, et si nous ne le savions pas par nous-même., nous l’aurions appris
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- régulièrement par l’exposant en nom , qui nous l’a déclaré; c’est un amateur qui depuis longtemps fait ces belles et bonnes couleurs, et en donne à ses amis; il a contribué ainsi à la perfection des finesses, si recherchées dans les productions de Madame Jaquotot. Cet amateur est M. Pannetier qui les fait depuis plus de vingt ans, mais qui ne les a jamais mises dans le commerce; il a trouvé dans M. Binet un homme laborieux, intelligent, il lui a fait présent de ses procédés, lui a montré à faire ses couleurs, et l’a mis en état d’en faire et d’en vendre.
- M. Pannetier serait très-disposé à faire connaître ses procédés, mais il ne veut pas priver M. Binet du présent qu’il lui a fait.
- Ses procédés sont, selon lui, très-peu saillants, presque tous connus en principes; ils consistent principalement dans la connaissance des réactions chimiques, et de leurs bonnes applications, dans l’art d’amener à leur plus grande pureté les éléments qui entrent dans la composition des couleurs, à faire cette composition toujours exactement la même, enfin et surtout dans les soins minutieux à apporter constamment dans la fabrication de ces couleurs délicates.
- On conçoit qu’elles seront plus chères que les couleurs faites en fabrique, qu'elles auront moins d’acquéreurs, et que c’est un service rendu plutôt à l’art de la peinture sur porcelaine, qu’au commerce.
- Le jury décerne une médaille d’argent à M.’Binet, pour les couleurs à peindre sur porcelaine qu’il a exposées.
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. DESFOSSÉ frères, à Paris, rue de Bondy, 72.
- MM. Desfossé frères font aussi des assortiments de, belles et bonnes, couleurs ; nous avons sous les yeux leurs inventaires, et des échantillons de leur emploi qui sont très-satisfaisants; ils n’ont pas donné d’autres exemples de la propriété que doivent posséder certaines couleurs de se mêler sans s’altérer, que quelques peintures faites avec leurs produits.
- Une couleur fort recherchée parce qu’on né la fait que très-difficilement, qu’on n’a pu lui donner, sur la porcelaine dure, le ton bleu verdâtre qu’elle prenait sur l’ancien Sèvres, c’est le bleu turquoise. Quand il approche de l’ancien bleu turquoise, et MM. Desfossé sont ceux qui en ont approché le plus près, il ne tient pas ; le moindre séjour d’acide de vinaigre , de pommes, ou de citron, l’enlève; quand il résiste à cette épreuve comme celui de Mortelèque et celui dé Sèvres, il n’est pas beau.
- Les noirs, les carmins n° 2, et les verts n° 4 de MM. Desfossé, sont souvent plus beaux qu’on ne les fait ailleurs. Les prix portés sur leurs tarifs sont à peu près les mêmes que ceux des bonnes couleurs du commerce, quelquefois supérieurs, rarement inférieurs â ceux de M. Colville.
- Ils ont aussi beaucoup de cômmandes, et fournissent à beaucoup de manufactures de porcelaine, celles de leurs couleurs qu’on trouve les meilleures.
- Le jury accorde à MM. Desfossé frères une médaille de bronze.
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- ' RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- M. CHAPELLE, à Belleville ( Seine ), rue des Lilas,' 7.
- Le jury rappelle à M. Chapelle la mention honorable qui lui a été faite de ses travaux de décoration en couleurs vitrifiables aux expositions de i834 et 1889.
- Décoration^de verrerie.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. ROBERT (François), LAUNAY et HAUTIN, à Paris, rue de Paradis-Poissonnière, 30.
- M. Launay, le chef de la maison de commerce qui tient le dépôt des cristalleries de Baccarat et de Saint-Louis et'ses associés, ont voulu donner aux produits qu’ils tiennent de ces grandes fabriques des qualités de plus, qui en augmentassent l’écoulement,, ils s.e sont associé ,M. François Robert, qui a élevé dans la commune,de Sèvres des ateliers de peinture sur,cristaux,et verrerie; par des procédés perfectionnés dans la fabrication, de ses couleurs?et par une cuisson délicate,dont le succès,est difficile à obtenir, il a su créer, une branche de fart de la décoration en couleur vitrifiable sur verrerie qui n’est pas entièrement nouvelle d’invention,, mais quid’est complètement : i° en France; 20 sous le,rapport delà perfection et.de la réussite.
- Nous avons vu ses ateliers, nous les avons vus à plusieurs reprises, et nous avons été surpris; du faible déchet que laisse è sa suite un genre-clïorne-
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- mentatiomausshriche, et unescuisson aussi délicate.
- D’après la lettre;que MM( Launay et Hautin ont écrite à Ml. le-président du jury,, dans,laquelle ils déclarent formellement que M. François Robert est .leur associé, le jury, regardant cette- nouvelle branche de l’industrie,,comme digne; d’une haute distinction, décerne une médaille d’argent à MM. François Robert, Launay et Hautin.
- Xe CLASSE.
- DÉCORATION EN COULEURS VITRIFIABLES.-ÉMAILLAGE.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. BÉDIER-DOTIN, à Paris, rue Chapon,43.
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- Parmi les émailleurs qui ont exposé, un d’entre eux nous a paru devoir être remarqué par l’ensemble de ses procédés et de ses produits, parleur perfection, leur faible prix etleur débit considérable.
- C’est M. Bédier-Dotin. Les, articles que nous croyons devoir signaler comme présentant quelques particularités industrielles sont :
- i° Des tasses , des têtes de pipes, des pommes de cannes dont le façonnage est très difficile, etiqui sont enrichies de perles d’émail produisant, à s’y tromper, F effet1 dès perlés naturelles;
- 2° Des mosaïques en émaif imitant particulièrement la mosaïque en pierre dure de Florence et vendues à Rome même pour téllès'par des marchands peu scrupuleux. MlBédier-Dotinassuretavoirplaeé, pour 12;ooo, 5o;ooo et 3o;ooofr.enA.mériqué,en France et en Angleterre, de ces jolis bijoux à 2-et
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- 3 fr. la paire au lieu de i5 et 3o fr. la pièce que se vendent les véritables mosaïques ;
- 3° Des petits bouquets de fleurs émaillés sur platine de manière à conserver avec une grande apparence de légèreté , une grande solidité ; il ne fait ce genre que depuis quatre ans;
- 4° Un assortiment de petits bijoux pour breloques et boucles d’oreilles en forme de boule, d’olive, de navette, émaillés sur or à dix-neuf karats; les formes sont obtenues par estampage; ces bijoux se vendent de i5 à 27 fr. la douzaine ;
- 5° Des fausses turquoises à 3o c. la grosse ou les douze douzaines; enfin, des faux camées dont il enlève le brillant vitreux par l’acide fluorique.
- M.Bédier-Dotin emploie une trentaine d’ouvriers chez lui.
- Le jury décerne une médaille de bronze à M. Bé-dier-Dotin.
- MENTION HONORABLE.
- M. CHARLOT, émailleur, à Paris, rue Montmorency, 1.
- M. Chariot a exposé des pièces émaillées remarquables par leur richesse, leurs formes difficiles à obtenir, et surtout leur dimension. =
- La commission a remarqué particulièrement des flambeaux, une coupe et surtout une assiette qui offre une dimension assez rarement obtenue dans l’émaillage moderne. , ,
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- M. Chariot vient immédiatement après M. Bé-dier-Dotin.
- Le jury lui accorde une mention honorable. .
- Émaillages divers.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. JACQUEMIN père et fils, à Morez (Jura).
- Un émaillage qui paraît fort simple, puisqu’il n’emploie que deux couleurs, le blanc et le noir, est cependant un des plus difficiles à faire réussir ; lorsqu’il s’agit de l’appliquer à des grandes pièces. C’est l’émaillage des cadrans de pendule et bien plus encore des cadrans d’horloge qui, quoique composé de treize pièces au moins, en exige une, celle du milieu, d’une grande dimension.
- Le plus grand que l’on ait fait est celui de l’Hôtel-de-Ville, exécuté par le sieur Martet* il est gigantesque , la pièce du milieu ayant environ 2 mètres de diamètre.
- Les plaques de milieu, les plus grandes que l’on fasse habituellement, ont au plus trois décimètres de diamètre.
- MM. Jacquemin père et fils, de Morez, dans le Jura, ont mis à l’exposition plusieurs cadrans émaillés. L’un d’eux a près de cinquante centimètres de diamètre, mais un autre a été porté au delà de huit décimètres, son prix de 25o fi*, est, au rapport des horlogers et des émailleurs qui ont été consultés, extrêmement bas ; les légères imperfections qu’il peut avoir, et que je n’ai pas pu
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- distinguer, quoique je l’aie approché au point de le toucher, ne lui ôtent aucune qualité de solidité , ni aucun mérite d’aspect à la hauteur où il doit être placé. L’émail est fait de moitié d’émail de Venise et de moitié d’émail de Gineston.
- L’exposition de MM. Jacquemin, riche en cadrans de toutes les dimensions, présentant, comme on le voit, un cadran d’une grande et rare dimension, rend MM. Jacquemin dignes de la médaille de bronze que le jury leur accorde; cette distinction soutiendra , d’après ce qu’a assuré un des plus habiles fabricants de Paris, une industrie importante qui semble avoir été délaissée.
- Émaillage sur pierres naturelles.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. HACHETTE, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, 124.
- On a présenté à l’exposition deux applications particulières de l’émaillage en grand sur des matières naturelles.
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- Les Egyptiens, si forts dans l’art de la verrerie colorée, avaient déjà appliqué des émaux sur plusieurs pierres; des grès, des schistes , des stéa-tites dures, etc.
- L’une des nouvelles applications est la peinture sur lave que la commission des arts céramiques a beaur-coup louée dans ses rapports de 1834 et 1889, comme un moyen très-bon entrés-beau, de décorer en grand et d’une manière solide, nous pouvons même dire
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- inaltérable, les parties des habitations, des monuments, des temples qui sont le plus attaquables par rhumidité et par les autres intempéries atmosphériques. Les prix déjà réduits iront en diminuant , au moins pour tout ce qui est ornementation , à mesure que l’emploi en deviendra plus étendu.
- Sous le rapport technique, cette peinture est bien près de la perfection. Il n’en est pas tout à fait de même sous le rapport artistique ; on reproche à ses ^couleurs, de la lourdeur, une sorte de saleté qui lui ôte son éclat; mais ces défauts se corrigeront, et cette correction résultera du concours des habiles fabricants de couleurs vitrifiables, avec les habiles artistes. Nous en avons déjà vu un exemple dans un tableau dont quelques parties méritent le reproche de lourdeur, et qui, dans d’autres parties, telle qu’une main d’enfant, a toute la finesse de ton d’une pèinture à l’huile.
- Le jury regarde donc M. Hachette comme toujours digne de la médaille d’argent qui a été accordée en i834, et rappelée en 1889 sous le nom d’Hachette et Hittorf.
- MENTION. HONORABLE.
- MM. GAUTIER et MOREL, à Paris, rue de,la Roquette, 46 bis: '
- Le second excipient naturel sur lequel on,a appliqué l’émail, et sur lequel on a peint ensuite en couleurs vitrifiables, est une roche que les auteurs du procédé (il est dans le catalogue officiel, mais avec
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- unefausse désignation, souslen0 3688), MM. Gautier et Morel, ont nommée assez exactement grèspsam-mite \ c’est un grès hétérogène qui vient des Vosges.
- L’émail blanc s ’y applique très-bien, et il est susceptible de recevoir les couleurs les plus vives et les plus variées.
- Le procédé est tout nouveau, on ne connaît encore ni sa portée, ni la perfection dont il est susceptible, ni les déchets ou inconvénients qui pourront accompagner son exécution en grand. La peinture qu’on a présentée à la commission n’a été faite que tout récemment, c’est une des premières; elle n’a pas le glacé éclatant qu’elle pourra peut-être avoir dans la suite. La commission ne doute pas du succès en petit des deux applications, l’émail blanc et la peinture, mais ce ne serait rien sans le succès en grand, sans le succès commercial. Le transport du grès ne deviendra-t-il pas plus dispendieux à cause de sa pesanteur, etc., que celui de la lave? Son emploi en plaque mince dans les bâtiments sera-t-il aussi sûr, aussi durable que celui de la lave ? Sa friabilité et sa porosité ne lui donneront-ils pas l’inconvénient d’absorber l’humidité par les parties non émaillées? On croit avoir déjà remarqué que cet émail absorbe davantage les couleurs qu’on y applique que les autres matières émaillées. Les expériences réitérées, et le temps, pourraient seuls répondre à ces questions.
- Malgré ces raisonnables doutes et la sage réserve que la commission a dû s’imposer, le jury croit que le procédé est digne d’être récompensé par une mention honorable.
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- XIe CLASSE.
- PEINTURE SUR VERRE.
- Considérations générales.
- L’examen des produits de peinture sur verre doit porter sur deux points bien distincts :
- 1° Celui des procédés techniques, tels que la fabrication de verres de couleurs, et de couleurs vitrifiables s’appliquant et se cuisant sur la surface du verre.
- 2° Celui du style et de.l’art que doivent posséder les vitraux censés appartenir à telle ou telle époque.
- La distinction à établir entre les produits des dix exposants de cette année devient d’autant plus difficile que la nature de leurs produits est la même, que tous ces vitraux sont des imitations assez parfaites des verrières des XIIIe et XIVe siècles , et que les différences qui peuvent exister entre eux ne tiennent nullement à des procédés particuliers, mais à la variété et au genre de composition. L’exécution de la peinture est tellement simple que. le découpage des verres et le montage en plomb font presque tous les frais de l’art.
- Cependant, si les produits exposés ne témoignent pas d’un progrès évident dans l’améliora-
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- tion des procédés vitriques, ils sont remarquables par leur belle mise en œuvre ; les verres de couleur y sont bien assortis, la taille est bien faite , le montage en plomb solidement établi, et la question d’imitation des anciennes verrières assez bien résolue.
- MENTION POUR ORDRE.
- M. BONTEMPS, à Choisy-le-Roi.(Seine).
- Au premier rang se placent les travaux de la manufacture de Choisy, dirigée par M. Bontemps ; cet établissement fabrique lui-même, et fournit depuis longtemps à ses concurrents, les verres de couleur qui sont nécessaires à la confection des vitraux.
- Le grand vitrail représentant la figure dé saint-Jacques, est une preuve de la bonne fabrication et de la variété des teintes obtenues par cet établissement. L’exécution de la peinture est un peu molle, mais l’ensemble général est satisfaisant ; le montage en plomb est bien et solidement établi, les coupures faites par les plombs sont bien dissimulées, et si ce vitrail n’offre rien de supérieur à ceux que M. Bontemps a précédemment exposés, il constate la continuation d’une belle et bonne fabrication embrassant tous les détails d’exécution de ce genre de production.
- Le jury déclare M. Bontemps, de Choisy, toujours digne des distinctions obtenues dans les précédentes expositions pour cette partie de Pensemblc de ces travaux. ' 4
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- MENTIONS HONORABLES.
- MM. CHATEL et FIALEIX, au Mans (Sarthe).
- Au second rang se placent les produits’ de MM. Châtel et Fialeix ; ici les colorations sont produites par les verres de couleur pris aüx fabriques de Choisy, de Rive-de-Gier et de Romenil. On ne doit donc attribuera ces messieurs que le mérite de composition et d’entente générale de la fabrication.
- La copie d’un vitrail de la cathédrale du Mans, représentant l’arbre de Jessé est parfaite ; cette copie, faite dans le but de rassortir, et de compléter des fenêtres anciennes, dont quelques parties ont été détruites, atteint parfaitement son but, l’imitation est exacte, les altérations produites par le temps sur les anciens vitraux, ainsique le faire y sont fidèlement reproduits.
- Le jury accorde une mention honorable à MM. Châtel et Fialeix.
- MM. KARL-HAUDER et ANDRÉ, à Paris, rue
- des Amandiers-Popincourt, AO bis.
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- Viennent au troisième rang les produits , de MM. KarLHauder et André.
- Les trois grands vitraux, dans le style du XIIIe siècle, sont dans les conditions voulues d’art et de bonne fabrication, la taille et le montage sont bien et solidement établis.
- Cet établissement se distingue par la confection des verres dépolis à dessins transparents, dits verres mousselines. La variété des dessins, la solidité du
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- dépoli appliqué et vitrifié sur la surface du verre, et surtout la modicité du prix de vente du mètre carré sont dignes d’attention.
- Le jury accorde une mention honorable à MM. Karl-Hauder et André.
- M. LUSSON, à Sainte-Croix (Sarthe).
- M. Lusson, qui a exposé un grand vitrail du XVIe siècle, riche de composition , ne nous a paru, dans aucune des parties industrielles de l’art de peindre sur verre, ni en dessous ni au dessus des personnes que nous venons de nommer, et quoiqu’un peu moins élevé que MM. Châtel et Fialeix, il mérite comme les précédents une mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. VEISSIÈRE, àSeignelay (Yonne).'
- Le petit vitrail de M. Veissière , représentant la Cène, semble devoir occuper la quatrième place. Ce vitrail, loin, de résumer les questions d’art et d’harmonie, est cependant remarquable par une imitation complète des procédés techniques des peintres du XVIe siècle.
- Les modelés des chairs par des rouges transparents sont complètement analogues à ceux de cette époque, et quoique laissant encore à désirer, le résultat obtenu dénote des recherches assidues et une observation constante des procédés employés par les anciens.
- Le jury accorde h M. Veissière une citation favorable.
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- SECTION II.
- VERRERIE, CRISTALLERIE, ETC.
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- M. Dumas, rapporteur.
- , Considérations générales.
- L’art de la verrerie embrasse un assez grand nombre de parties différentes. À considérer la nature chimique des produits qu’il fournit au commerce, on peut les classer en cinq groupes principaux, susceptibles, de se subdiviser eux-mêmes en espèces plus ou moins nombreuses , plus ou moins distinctes.
- 1° Yerres à base de chaux et de potasse. Ce groupe ne . comprend guère que le verre de Bohême proprement dit, qui n’est fabriqué en France que par un très-petit nombre de verreries.
- 2° Yerres à base de chaux et de soude. C’est dans cette division que se placent le verre à glaces, le verre à vitres, le verre qui sert à fabriquer les globes et le verre employé pour produire tous les vases de la chimie, de la pharmacie, et en général toute la verrerie blanche ou d’un blanc verdâtre qui se livre au commerce.
- 3° Yerres plombeux. Cette classe se divise en
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- trois genres bien caractérisés ,• savoir : le cristal proprement dit, le flint-glass pour l’optique, le strass destiné à l’imitation des pierres précieuses.
- 4° Terres argilo-ferrugineux ou verres à bouteilles , dans lesquels on fait entrer d’ailleurs, comme fondant alcalin , tantôt de la potasse , tantôt de la soude, selon les circonstances.
- 5° Enfin, verres colorés par divers composés métalliques introduits dans la masse. Leur fabrication se lie ordinairement aux précédentes, mais on conçoit qu’avec le développement que prend l’industrie des vitraux peints, il puisse convenir à quelque verrerie à vitres de se livrer plus spécialement à la production des vitres de couleur.
- La fabrication du verre de Bohême n’est pas de nature à se développer en France dans les circonstances actuelles d’une manière remarquable. En effet, les potasses y sont à trop haut prix et les verres à base de soude s’y produisent avec trop de perfection, pour que la consommation courante trouve quelque raison pour se porter de préférence sur le verre de Bohême, qui trouve une concurrence difficile à surmonter dans le verre à vitre, pour les pièces minces, et dans le cristal pour les pièces plus épaisses.
- Les verres à base de chaux et de soude employés dans la fabrication des grandes glaces, ainsi que dans celle des vitres ordinaires, consti-
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- tuent, sous le double rapport d’une production de luxe et d’une production à bon marché, des produits pour lesquels la France n’a rien à désirer depuis longtemps.
- Pour la gobeletterie, et en général pour les fioles, flacons et objets analogues, ces verres donnent des produits moins fins que ceux qu’on fabrique avec le verre de Bohême lui-même ; mais leur bas prix compense tellement ce qui leur manque en qualité, qu’il serait difficile de faire accepter au commerce des produits différents de ceux auxquels il est accoutumé.
- Le cristal s’obtient en France d’une nuance si pure, et à si bas prix, depuis longtemps, qu’on ne peut guère se flatter de voir surgir des perfectionnements notables dans la fabrication de ce produit. Cependant, nos cristalleries ont abordé la fabrication courante de grandes pièces qu’elles ne présentaient autrefois qu’à titre de chefs-d’œuvre , et elles ont réussi au delà de toute prévision.
- Elles ont cherché dans de nouveaux perfectionnements portés dans les procédés de soufflage, à se donner le moyen dé produire à meilleur marché des pièces à larges tailles, et elles sont parvenues à les obtenir, sans qu’il fut nécessaire d’augmenter l’épaisseur de la pièce, au delà de celle qui lui eût été donnée dans le cas où elle
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- eût été taillée par les moyens accoutumés.
- Le flint-glass, qui avait déjà mérité les plus grands encouragements , lors de la dernière exposition, a tout d’un coup abordé des difficultés de fabrication qui semblaient inaccessibles aux moyens pratiques déjà connus. Des pièces propres à faire des objectifs d’une dimension jusqu’à présent inouïe figuraient à l’exposition et promettent à l’astronomie une ère nouvelle.
- Le strass n’offre aucun progrès remarquable ; mais on ne saurait douter que ce produit et que le cristal lui-même ne soient appelés à mettre à profit les moyens mécaniques de brassage , à l’aide desquels les fabricants de flint obtiennent de grandes masses de verre parfaitement exemptes de stries. L’intervention de ces procédés dans toutes les branches de l’art du verrier serait, du reste, d’un haut intérêt, comme lui donnant le moyen de fournir des verres d’une homogénéité parfaite. Malheureusement, quelques difficultés de métier s’opposent jusqu’ici à l’emploi général de ce procédé.
- La fabrication des bouteilles livrée, jusqu’à ces dernières années, à un véritable empirisme, est devenue tout d’un coup l’objet d’utiles études , à l’occasion des pertes extraordinaires que la casse faisait éprouver aux fabricants dé vins de Champagne, dans les circonstances où il se dé-
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- veloppaitune quantité d’acide carbonique capable de dépasser la pression à laquelle la bouteille pouvait résister. On a soumis à une discussion attentive la forme de ces vases, leur composition ; on a imaginé des appareils propres à les soumettre à un essai préalable. De là est résulté un perfectionnement général d’une industrie qui s’exerce sur une si grande échelle que les moindres détails y deviennent dignes d’intérêt.
- On n’a que des éloges à donner aux efforts tentés par nos verriers pour atteindre et surpasser les verreries de Bohême dans l’art de fabriquer des cristaux de couleur, et les verriers du moyen âge dans la fabrication des vitres teintes dans la masse, destinées à fournir les principaux tons de la palette du peintre sur verre. La chimie, en répandant les connaissances théoriques qui servent de guide à l’industriel dans la conduite de ses opérations et dans la discussion de ses procédés , rend plus faciles sans doute de telles conquêtes , mais il n’en est pas moins bien digne d’intérêt de voir qu’en quelques années tous les procédés des verreries de Bohême aient été découverts, imités, perfectionnés , et qu’on en ait ajouté beaucoup d’autres à ceux qui s’étaient conservés dans ce pays par une longue tradition. Il n’est pas moins remarquable non plus qu’on ait retrouvé en quelques années aussi la pratique
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- des tours de main si délicats, à l’aide desquels se préparent les vitres teintes dans la masse, qui sont indispensables pour fournir aux vitraux peints leurs couleurs les plus brillantes et les plus pures.
- L’art du verrier prend donc sa part de ce progrès universel de nos industries chimiques qui les place au premier rang dans le monde industriel. Sachons le reconnaître, faisons-nous un devoir de le constater et reportons-en le bienfait à cet enseignement libéral et fécond de la chimie, qui, confié depuis près d’un siècle aux membres les plus illustres de l’Académie , est devenu l’un des plus glorieux héritages de la science et l’une des sources les plus assurées de la prospérité nationale.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MANUFACTURE ROYALE DES GLACES DE SAINT-GORAIN, à Saint-Gobain et Chauny (Aisne).
- La fabrique de glaces de Saint-Gobain fondée en i665 , occupe aujourd’hui 65o ouvriers, et une machine à vapeur de la force de huit chevaux ; elle possède six fours dans lesquels elle met en œuvre deux millions de kilogrammes de matières premières, à l’aide desquelles elleproduit 62,000 mètres carrés de glace, dont 55,000 mètres se consomment
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- en France, et y sont vendus à raison de 3,000,000 fr.
- La manufacture de Saint-Gobain, qui a obtenu des médailles d’or aux six dernières expositions, a exposé cette année une glace dont la beauté a pujustifier à tous les yeux le rappel très-honorable de ses médailles d’or par lequel le jury croit devoir lui témoigner sa satisfaction.
- COMPAGNIE DES MANUFACTURES DE GLACES ET VERRES DE SAINT-QUIRIN, CIREY ET MONTHERMÉ, à Cirey (Meurthe), et à Paris, rue Saint-Denis, 313.
- La verrerie de Saint-Quirin, fondée en 1740, fabrique aujourd’hui des glaces et du verre à vitres. L’établissement de Cirey, créé en 1817, se livre spécialement à la fabrication des glaces. Cette compagnie emploie dans ses divers établissements 2,000 ouvriers environ, et possède en outre diverses chutes d’eau qu’elle met à profit par des roues hydrauliques. Au moyen de trois fours de fusion dans lesquels elle brûle 48,000 stères de bois, elle produit des glaces pour une valeur qui atteint à peu près 4>ooo,ooo fr. .
- La belle glace exposée par cette compagnie, donne, soit par ses dimensions semblables à celle de Saint-Gobain, soit par sa finesse et sa belle nuance, une preuve de la perfection du travail de cette compagnie , sous le rapport de la fusion et du coulage des glaces. En outre, il est facile de reconnaître, par un examen attentif, que les surfaces de cette grande glace ont été dressées, par un procédé mé-
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- canique, d’une remarquable perfection: en conséquence , le jury se fait un devoir de lui rappeler la médaille d’or quelle a obtenue aux expositions de i834 et de 1839.
- COMPAGNIE DES CRISTALLERIES DE BACCARAT (Meurthe).
- La cristallerie de Baccarat est la plus considérable qui existe non-seulement,en France, mais en Europe ; elle produit annuellement pour 2,000,000 de fr. de cristal ; elle occupe constamment de 900 à 1000 ouvriers; elle possède d’ailleurs une chute d’eau de la force de 60 chevaux; elle consomme 20,000 stères de bois, et 165,000 kilogrammes de houille, à l’aide desquels elle convertit en cristal 1,000,000 de kilogrammes de sable, de minium et de potasse.
- La cristallerie de Baccarat, fondée en 1822, a toujours été à la tête de cette branche de l’industrie française; en effet, elle a déjà obtenu quatre fois la médaille d’or, ou lés plus honorables rappels de cette médaille.
- Le jury exprime la haute satisfaction que lui a fait éprouver la remarquable perfection des produits de l’exposition actuelle de Baccarat; elle est de tout point irréprochable, et digne des plus grands éloges.
- Soit qu’on prenne en considération la grandeur des objets, le bon goût et la pureté des formes, la beauté du cristal blanc, l’éclat et la vivacité des couleurs qui en relèvent le mérite, toutes les pièces exposées par cette cristallerie offrent un caractère
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- de perfection absolue, qui ne laisse rien h désirer.
- Depuis 1839, cette usine s’est livrée à .la fabrication de là lustrerie, et les produits de ce genre qu’elle a exposés, prouvent qu’elle s’est immédiatement placée au niveau de la lustrerie anglaise. (. '
- Après ce coup d’œil jeté sur l’ensemble de l’état actuel de la fabrication de Baccarat, nous ferons remarquer que le cristal blanc, qui forme au moins les sept huitièmes de la fabrication, devait fixer plus particulièrement l’attention du jury : le rapport de 1889 disait déjà de Baccarat, que son cristal pouvait être regardé comme le type du beau cristal blanc; aujourd’hui, il pourrait suffire d’ajouter que cet éloge est toujours mérité ; toutefois il est facile de reconnaître qu’indépendamment d’un perfectionnement sur le prix qui a réduit de dix pour cent au moins, la valéur de toutes les pièces de consommation, il y a encore à noter une régularité plus complète dans la fabrication, qui se révèle par la parfaite uniformité de teinte des pièces prises au hasard, dans les magasins de Baccarat. Cette cristallerie a donc su se mettre à l’abri des inconvénients presque inévitables attachés à larvariation de composition des matières premières.
- Les-formes, quand il s’agit du cristal de consommation, subissent nécessairement le joug de la mode, mais lorsque le cristal s’élève jusques aux proportions de ces vases d’drnement de grande dimension, queBaccarat a exposés, et qu’on peut croire destinés à la décoration des palais, il est du droit m. 31
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- et du devoir de l’artiste de conserver , dans le choix de ses formes, le cachet de son génie propre.
- Le jury a remarqué avec plaisir que si la cristallerie n’avait jamais produit un pareil ensemble d’aussi grandes pièces, celles-ci par leurs formes pures, riches et franches, accusaient une fabrication parvenue à ce degré de confiance et de facilité dans le travail, qui ne s’obtient que par une longue pratique.
- D’après cela, on n’est pas étonné de voir Baccarat se livrer à la fabrication du cristal blanc-opaque, imitant la porcelaine, et à l’aide duquel ont été obtenus des vases d’ornement, des services de dessert, que la porcelaine était seule jusqu’ici en possession de fournir au commerce.
- La moulure s’obtient aujourd’hui parfaitement unie, sans qu’on soit obligé de donner aux pièces une épaisseur plus grande que celle qui est nécessaire au cristal taillé.
- Sous le rapport des couleurs, le jury a remarqué parmi les couleurs transparentes, les dichroïdes jaune et vert, parmi les couleurs opaques le bleu céleste, Je chrysoprase et l’agate; les couleurs doublées sur opale blanc,, qui rivalisent d’éclat avec les plus.belles couleurs au grand feu de'la porcelaine; enfin, les nouveaux verres opalisés, connus sous le nom de pâte de riz.
- La cristallerie de Baccarat, administrée aujourd’hui par M. Godart fils, a donc conservé toutes les traditions de l’ancienne administration de M. Godart père.
- Ses ateliers, toujours confiés à la direction de
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- M. Toussaint, ancien élève de. l’école Polytechnique , l’un des plus habiles verriers de la France, ne perdront pas la tradition d’une longue et savante expérience, qui va se transmettre à M. de Fontenay , actuellement sous-directeur de Baccarat, et sur qui déjà le jury central avait attiré l’attention, de la manière la plus favorable, comme directeur de l’usine de Plaine de Walsch, lors de l’exposition de 1839.
- COMPAGNIE DES CRISTALLERIES DE SAINT-LOUIS (Moselle).
- L’exposition de Saint-Louis a présenté mille détails où l’on reconnaît une fabrique de premier ordre conduite par d’habiles verriers.
- Le cristal blanc de Saint-Louis est bien connu dans le commerce, et se vend concurremment avec celui de Baccarat, par l’intermédiaire de la maison Launay, Hautin et Cie. On remarquait à son exposition quelques objets de grandes dimensions, dont la taille est bien exécutée :
- i°Un grand vase à anses d’une exécution difficile ;
- 20 Un candélabre habilement taillé ;
- 3° Quelques coupes à dessert en tailles variées. Parmi les pièces colorées dans la masse, on remarquait : .
- i° Du cristal d’une couleur bleu-clair transparente , et qu’on appelle improprement dicbroïde bleu. Cette couleur est depuis longtemps dans le commerce , où elle a obtenu du succès;
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- 2° Du cristal coloré par le chlorure d’argent dont les teintes sont tellement variées, qu’il est impossible de les détailler. C’est à l’aide de ce corps que Saint-Louis prépare des marbrures et des agates d’un assez bel effet, particulièrement dans des plateaux garnis de bronze doré.
- La cristallerie de Saint-Louis s’est appliquée à varier les couleurs opaques qui s’éloignent peut-être du but auquel doit tendre le cristal. Elle en offre un assortiment qu’on trouvera du moins curieux par sa variété et par certaines difficultés d’exécution heureusement surmontées.
- Parmi les cristaux doublés, Saint-Louis a exposé peu de couleurs transparentes appliquées sur cristal blanc. Mais, en revanche, on remarquait une foule d’objets à deux ou trois couches dans lesquels l’émail blanc joue un grand rôle. C’est là un produit nouveau qui a été fabriqué dans les verreries de Pologne, mais qui n’est pas encore dans le commerce en France, et qui présente des difficultés d’exécution que Saint-Louis paraît avoir vaincues. Saint-Louis fabrique en grandes masses, et avec succès, de l’opale blanc et de l’opale doublé. Les formes en ce genre sont moins nombreuses et de moindres dimensions que celles de Baccarat; mais, par contre, on remarquait des pièces très- bien faites et de charmants détails qui font honneur aux verriers de Saint-Louis.
- Cette cristallerie a exposé bon nombre d’objets décorés au moyen de couleurs vitrifiables. La couleur jaune d’argent est très-belle. Le bleu, le rose, le pourpre sont bien glacés; ces couleurs ne sont pas
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- vitrifiées à la moufle, mais bien au grand feu d’un four de verrerie.
- En résumé , la cristallerie de Saint-Louis a beaucoup travaillé, et sous une direction habile; elle a fait beaucoup d’efforts pour présenter à l’exposition de nouveaux produits et introduire dans l’art du verrier de nouveaux perfectionnements qui seront appréciés du public, nous n’en doutcfns nullement, et qui déterminent le jury à déclarer qu’elle est toujours très-digne de la médaille d’or qui lui fut décernée en i834. ,
- M. le Baron de KLÏNGLIN , à Wallerysthal • (Meurthe).
- L’établissement de Wallerysthal, qui en 1889, a exposé avec un véritable éclat, vient de faire de nouveaux efforts pour paraître d’une manière encore plus brillante à l’exposition de 1344*
- Cette verrerie, dont l’exposition présentait un aspect si gracieux , a mis en œuvre les mille moyens dont elle peut disposer pour nous montrer de véritables chefs-d’œuvre en verrerie.
- Son verre blanc, quoique supérieur à celui de toutes les verreries en verre commun, a semblé pourtant d’un blanc moins parfait que celui qui était exposé en 1889. C’est un inconvénient à éviter, car le verre blanc formant la base de toute la fabrication, doit être l’objet de toute la sollicitude du directeur de Wallerysthal.
- Mais quelle richesse dans ces vases aux teintes si variées, aux gravures si délicates, aux tailles si parfaites 1 Comme modèle de taille, oh peut citer un
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- grand plateau doublé en rose clair, et comme modèle de gravure , un grand verre ou calice représentant une chasse. L’habile graveur dont on admire les œuvres, a quitté la France depuis deux ans, et c’est une perte pour l’art de la verrerie ; il a cependant laissé de bons élèves qui perpétueront à "Wal-lerysthal son goût et ses méthodes.
- On remarquait à l’exposition de Wallerysthal des objets décorés au moyen de couleurs vitrifiées à la moufle, obtenues avec plein succès.
- Le jury central se fait donc un devoir de rappeler la médaille d’or décernée en 1839 à M. le baron de Klinglin.
- MM. BONTEMPS, LEMOINE et Cie, à Choisy-le-Roi (Seine).
- La verrerie de Choisy-le-Roi renferme en réalité plusieurs établissements distincts, car elle produit du cristal blanc, du cristal coloré et décoré, du verre à vitres, des globes de grandes dimensions, du flint-glass et du crown-glass pour les besoins de l’optique, des vitres colorées dansla masse, et enfin des vitraux peints.
- L’habile directeur, aux soins duquel elle est confiée, saisit d’ailleurs toutes les occasions de résoudre quelques-unes des difficultés de son art, en mettant à profit les moyens que sonusinelui offre, et les ouvriers habiles par qui sa curiosité est secondée dans les recherches qui ont successivement abordé toutes les difficultés de l’art du verrier.
- Laissant à une autre partie de ce rapport, le soin d’apprécier les heureux résultats obtenus par la verrerie de Choisy-le-Roi dans la fabrication des
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- vitraux peints, nous nous bornerons à examiner ici ceux de ses produits qui, sans atteindre le domaine des beaux-arts, demeurent dans la région purement technique.
- Choisy-le-Roi s’occupe delà fabrication du cristal, et verse ses produits dans le même entrepôt que Baccarat et Saint-Louis, elle a nécessairement à exécuter beaucoup de pièces sur commande pour assortiments, à raison de sa proximité de Paris.
- Par le même motif, elle fournit principalement les cristaux d’éclairage , tels que boules , lanternes, verrines pour les colonies, dont le transport est dispendieux en raison de leur grand volume; elle fournit aussi une partie des cristaux colorés, principalement les cristaux opales.
- Il y a cinq ans, les cris.taux filigranés de Venise étaient un objet de curiosité dont on admirait la grâce et la légèreté, mais qu’on n’avait pas essayé de reproduire, les verriers même ignoraient complètement par quels procédés ils avaient pu être obtenus. C’est la verrerie de Choisy qui la première a reproduit pour l’expOsition de i83p , ces verroteries, de manière à prouver qu’on avait retrouvé tous les petits tours de main de cette fabrication ; d’autres verriers ont été initiés par elle à ces procédés , et depuis cette époque, ces verres filigranés se sont répandus dans une proportion assez étendue pour de semblables objets.
- L’attention de M. Bon temps, attirée d’abord sur les produits des anciennes verreries de Venise, s’est portée ensuite sur les restes des verreries antiques qui se trouvent dans les musées, et dont la plupart
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- sont des énigmes de fabrication, même pour les verriers ; il s’est livré à cette recherche avec M. Jonesf qui avait déjà contribué à amener les verres fi IL granés à la perfection de ceux de l’ancien Venise, et ils ont produit quelques échantillons qui ne laissent aucun doute sur les moyens par lesquels on peut obtenir ces prodiges des anciens, mais ils ont à lutter contre des mains d’ouvriers, habiles sans doute, quand il s’agit de faire un grand nombre de pièces de fabrication courante dans un temps donné, mais maladroits quand il s’agit de sortir du métier pour entrer dans quelque condition d’art. Ces cristaux ne formeront donc jamais la base d’une grande fabrication, mais il était intéressant de ne pas rester étranger aux procédés des anciens.
- La fabrique de Choisy-le-Roi est toujours celle qui fournit dans le commerce le plus de verres bombés, dits cylindres ronds, ovales et carrés. De l’exposition de i834 à celle de 1839, elle a baissé les prix de ce s articles de 25 pour 100 dans les dimensions moyennes, et de 4° pour 100 dans les grandes dimensions. Depuis l’exposition de 183g, elle a encore baissé les prix déplus de 3o pour 100, ce qui fait en quinze ans une diminution d’au moins 75 pour 100, aussi la verrerie de Choisy expédie-t-elle une assez grande quantité de cylindres en Hollande et jusqu’à Hambourg, où sa fabrication est préférée à celle des verreries de Bohême.
- Depuis i83g, la fabrication des verres à vitres communs a diminué à Choisy-le-Roi, parce qu’elle a été remplacée par une plus grande fabrication de verres blancs épais pour les devantures de bouti-
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- ques, et aussi par une plus grande fabrication de verres de couleur dont les nombreuses fabriques de vitraux qui se sont établies ont plus que triplé la consommation. La verrerie de Choisy a exposé quelques feuilles remarquables par leur pureté et leurs dimensions. On peut à présent couvrir avec nos verres les gravures des batailles d’Alexandre pour lesquelles on employait autrefois deux verrès ou une çlace coulée.
- M. Bontemps a aussi exposé un cadre contenant 112 échantillons de nuances différentes de verres de couleur, qu’on peut constamment trouver dans ses magasins ou qu’il s’engage à fabriquer sur commandes. Certes, si on n’arrive pas à produire des vitraux remarquables , ce ne sera pas par défaut de richesse de la palette. On fabrique aussi à Choisy dans les fours à verre une grande partie des pièces moulées employées par la régie des phares, et par M. Henri Lepaute pour leurs appareils de phares.
- L’exposition de Choisy a présenté une série de disques de flint-glass etdecrown-glass de 55, 5.0,42, 38, 3'i centimètres jusqu’aux plus petites dimensions ; on a remarqué la transparence du flint-glass et du crown-glass. M. Bontemps les fabrique plus incolores qu’ils n’avaient encore été obtenus, contre l’opinion de quelques opticiens qui semblaient préférer le flint-glass plus jaune, le crown-glass plus vert, et qui déjà paraissent pour la plupart sentir l’avantage d’employer des matières plus incolores, surtout depuis, le fréquent usage du daguerréotype. L’attention du jury s’est surtout fixée sur les disques de crown-glass, parce que la soin-
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- tion du problème de la fabrication du flint-glass ne levait pas à beaucoup près toutes les difficultés de la fabrication du crown-glass. Tous les opticiens qui ont voulu faire des lunettes de grandes dimensions de 38 et de 5o centimètres, n’ont pu trouver qu’à Choisy les disques de crown-glass pour ces instruments.
- Un disquede flint-glass pour lunette de 55 centimètres d’ouverture pèse environ 4o kilogr. M. Bon-temps compte ces 4o kilogr. à i o fr., prix à peu près auquel on vend le flint-glass en plaquet pour les petites lunettes de 3 à 7 centimètres d’ouverture.
- Ces 4o kilogr. à 10 fr. font..........4o° fr:
- Les frais de ramollissage seront d’environ: ............ i5o
- On pourrait donc fournir ce disque pour. 55o fr.
- Le disque de même dimension en crown-glass pèse environ 2b kilo'g. à 10 fr..........n5o fr.
- Frais de ramollissage environ. . . . 200
- 45o fr.
- L’ensemble des 2 disques pour l’objectif achromatique ne sera donc que 1,000 fr. Lorsque cette fabrication était encore incertaine, on a vendu à Choisy 3,ooo fr. un disque de 32 centimètres* et 5,ooo fr. un disque de flint-glass de 38 centimètres.
- Un disquede flint-glass d’un mètre de diamètre pèserait environ i5o kilogr., qui, au prix de 10 fr., feraient. . . . . . . . . . . i,5oofr.
- Les frais de ramollissage pourraient être de. .,...............*. . . : 1,000
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- Le disque de crown-glass, de i mètre de diamètre, serait environ du même prix.
- Les résultats obtenus parM. Bontemps, soit dans l’heureuse application qu’il a faite des procédés de M. Guinand pour la production des grands objectifs de flint et deerown, soit dans la production des vitraux peints, sont d’un ordre tel, que le jury ne saurait hésiter à rappeler la médaille d’or qui lui fut décernée en 1839.
- M. GUINAND, à Paris, rue Mouffetard, 283.
- M. Guinand, qui a introduit dans les verreries de Paris la fabrication du flint-glass, ne s’est pas ralenti depuis la dernière exposition ; il a produit récemment une plaque qui aurait pu fournir un disque d’un mètre de diamètre, et qui malheureusement a été divisée.
- Le jury se plaît à reconnaître les nouveaux efforts de M. Guinand, en lui rappelant la médaille d’or qui lui a été décernée en 1839.
- MÉDAILLE D’OR.
- MM. HUTTEPi et Cie, à Rive-de-Gier ( Loire ).
- M. Hutter et Cie ont obtenu la médaille de bronze en i834 et celle d’argent en 1839 pour les améliorations apportées dans la fabrication et surtout dans l’étendage du verre h vitre, dans la fabrication dès cylindres pour pendules et vases à fleurs, et dans celle des bouteilles.
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- Depuis 1839, ils ont ajouté à leurs produits de verreries :
- i° La fabrication des glaces minces, façon d’Allemagne, et un atelier d’étamage ;
- 20 La fabrication des cruchons en verre de couleur pour la bière, et celle des bouteilles pour les vins du Rhin et autres ;
- 3° Celle des tuyaux en verre, avec joints métalliques , pour la conduite des eaux et des gaz.
- Ces nouveaux produits occupent un nombre assez considérable d’ouvriers ; les glaces surtout exigent beaucoup de bras et l’emploi des machines à dégrossir, doucir et polir.
- Outre les ouvriers employés à Rive-de-Gier, MM. Hutter et Gie ont une usine de polissage de glaces à St*Didier-la-Somme (Haute-Loire), où plus de cinquante ouvriers trouvent un travail nouveau et avantageux à cette localité. A Rive-de-Gier, les ateliers se sont augmentés d’une centaine d’ouvriers pour cette industrie importée nouvellement en France.
- La fabrication des cruches en verre est une amélioration importante pour la conservation des liquides; ce produit se fait remarquer par son bon marché.
- L’expérience vient sanctionner favorablement l’heureuse pensée qu’ont eue MM. Hutter et Cie d’employer les tuyaux en verre pour la conduite des eaux. Ces tuyaux, recouverts d’une couche épaisse de bitume, en acquièrent la propriété de résister aux chocs, aux pressions ou aux flexions, et comme leur nature s’oppose d’ailleurs aux incrustations
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- dont les tuyaux en fonte présentent de si fâcheux exemples ', leur emploi offre de très-grands avantages pour la conduite des eaux. Leur imperméabilité parfaite les rendra précieux pour la conduite du gaz de l’éclairage. Plusieurs villes et établissements particuliers se servent de ces sortes de tuyaux. La municipalité de Rive-de-Gier qui en a suivi de nombreuses expériences, a décidé l’emploi de conduites en verre pour l’alimentation de fontaines à établir. St-Etienne possède une fontaine publique desservie par une conduite de 33o mètres de longueur, et depuis six mois que les tuyaux sont placés, la fontaine a toujours fonctionné sans le moindre accident.
- Les tuyaux de verre sont tous éprouvés à une pression d’au moins dix atmosphères.
- , La couche de bitume peut être remplacée par un béton de io centimètres d’épaisseur mis sur les tuyaux au moment de la pose de la conduite.
- Ainsi, MM. Hutter ont exposé des verres à vitres d’une bonne qualité, à bas prix ; des glaces de Nuremberg, qui créent une industrie nouvelle pour Rive-de-Gier; des bouteilles qui réunissent au bon marché une exécution excellente; enfin, des tuyaux de conduite en verre de leur invention qui rendront les plus grands services.
- La fabrication du verre à vitres dans cet établissement s’élève annuellement à 4oo,ooo fr. ; celle des bouteilles et cruches à i5o,ooo fr. ;. celle des glaces de Nuremberg à 15o,ooo fr.; enfin, celle des tuyaux, destinée à prendre un plus grand essor, . monte déjà à 5o,ooo fr.
- Le jury, voulant récompenser dans MM. Hutter
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- un heureux esprit d’invention, joint à une grande habileté dans l’art du verrier, leur décerne la médaille d’or.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. BURGUN, YALTER , BERGER et Cie , à Goetzembruck ( Moselle).
- La verrerie de Goetzembruck est le seul établissement en France qui fabrique des verres de montres et de pendules.
- Depuis longtemps, ses produits jouissent d’une réputation bien méritée, et qui s’est étendue avec les progrès dè sa fabrication qüi n’a cessé de se perfectionner, soit dans la nature même du verre, soit dans la variété des produits quelle livre au commerce.
- Parmi les divers objéts exposés, nous devons, surtout, appeler l’attention sur les verres Clievés, façon de Genève, pour les montres riches dites cl l'Epine, dont la fabrication toute récente est bien postérieure à la dernière exposition. Déjà, par la fabrication des verres Ghevés soufflés, cette verrerie avait beaucoup diminué l’introduction des verres de Genève ; mais cependant ceux-ci ne remplissaient pas entièrement le but que l’on s’était proposé, et la France restait encore tributaire de la Suisse pour cet article. L’introduction de cette nouvelle fabrication nous paraît devoir faire cesser cet état dé choses, et on peut dire que maintenant la verrerie de Goetzembruck fait tous les verres de montre que le commerce peut demander. Les verres Ghevés, façon de Genève, que
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- çet établissement a exposés, ne laissent rien à désirer. Une grande partie des produits de cet établissement est exportée.
- Le jury déclare que la verrerie de Goetzembruck est toujours très-digne de la médaille d’argent qui lui fut décernée en 1889.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. MAËS, à Clichy-la-Garenne (Seine).
- Cette fabrique a été créée à Boulogne, où elle a eu un commencement difficile; elle a été transportée récemment à Clichy, par M. Maës, qui y fait preuve d’un véritable talent; il est parfaitement secondé par M, Clémandot, ancien élève de l’école centrale.
- Son exposition est bien entendue, et en rapport avec l’importance limitée de sa fabrique. Le cristal blanc qu’il a exposé est d’une bonne teinte, les services sont bién fabriqués, les formes bonnes.
- Cette exposition comprend des échantillons de presque toutes les couleurs qui se vendent dans le commerce ; M. Maës a voulu y montrer qu’il était au courant de toutes les parties de son art. ;
- Les cristaux doublés ou à deux couches sont remarquables, particulièrement ceux de couleur rouge ou rubis. La couleur bleue et la couleur verte sont belles, et cette cristallerie a exposé en ce genre des tailles fort bien exécutées et de fort bon goût. ,
- Parmi les cristaux colorés dans la masse qu’a présentés la cristallerie de Clichy, on a remarqué la
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- couleur dichroïde jaune, obtenue avec succès complet dans un verre d’eau d’une très-jolie forme.
- En résumé, la fabrique de Clichy paraît très-bien dirigée ; il lui reste peu à faire pour amener ses produits à jouir, dans le commerce, des avantages accordés aux produits des grandes cristalleries.
- Le jury lui décerne une médaille d’argent.
- M. POCHET-DEROCHE, Directeur de la verrerie de Montmirail, commune du Plessis-Dorin (Loir-et-Cher).
- Cette verrerie a exposé de la flaconnerie commune et bon nombre d’objets à l’usage des laboratoires et des manipulations chimiques.
- Lorsqu’on examine attentivement tout ce que renferme ce petit étalage, on est frappé des difficultés qui ont été vaincues, et on demeure persuadé qu’il a fallu de la part de ce verrier beaucoup d’adresse pour exécuter aussi bien ces grandes cornues à deux ou trois tubulures, ces ballons, ces capsules et une foule d’autres vases d’une dimension remarquable. Sans aucune comparaison, la verrerie de Montmirail est celle qui fabrique le mieux les ustensiles de chimie.
- L’attention des connaisseurs s’est portée sur un énorme tube de cinq mètres de long sur neuf centimètres de diamètre. C’est une pièce qui a dû présenter de grandes difficultés d’exécution. On a remarqué aussi un grand flacon à quatre tubulures vraiment bien fait. Il en est de même d’ün robinet pour les acides dont l’exécution a paru soignée. Le jury a reconnu avec intérêt que la verrerie de
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- Môntmirail avait su vaincre des difficultés singulières dans la pose des tubulures, qu’elle se proposait d’appliquer à des vases de dimensions aussi grandes que ceux quelle a exposés. Il a fallu imaginer à cet effet de nouveaux tours de main qui lui appartiennent et dont l’art du verrier tirera bon parti.
- Prenant en considération les nouveaux progrès réalisés parla verrerie de Môntmirail, le jury central lui décerne la médaille d’argent.
- M. DE POILLY, à Folembray (Aisne).
- Cette usine se compose de quatre fours à fusion et de vingt-quatre fourneaux de recuisson.
- Sa consommation est annuellement d’environ soixante-dix mille hectolitres de houille, de huit cents stères de bois de diverses espèces, et douze mille fagots. Elle emploie près de 900 ouvriers.
- Les produits annuels sont déplus de trois millions de bouteilles de toutes espèces et de cent mille cloches à jardin.
- Les produits fabriqués sont expédiés sur la Champagne, Paris, Rouen et la province. Les prix de vente sont subordonnés à l’abondance delà récolte des vins et h l’espèce de bouteille dont le commerce a besoin: ils varient de 12 fr. à 28 fr. le cent.
- Le travail préparatoire qu’on a fait subir aux vins récoltés en Champagne en 1842, et mis en bouteilles en 1843, a occasionné une casse extraordinaire. Le commerce de la Champagne a reconnu et constaté que les produits de trois verreries, parmi lesquelles figure Folembray, ont résisté beaucoup
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- plus et éprouvé moins de casse que ceux des autres manufactures.
- M. de Poilly a déjà obtenu une médaille de bronze en 1889.
- Aujourd’hui, prenant en considération le développement remarquable de cette verrerie et la réputation justement méritée de ses produits, le jury lui décerne une médaille d’argent.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. DE VIOLAINE frères, à Vauxrot, commune de Cuffies, prèsSoissons (Aisne).
- L’exposition de Vauxrot consiste en bouteilles rondes et carrées de diverses nuances : vert clair, jaune clair, ou même bleu foncé ou bleu clair. Ces bouteilles sont bien exécutées.
- MM. de Violaine ont exposé , en outre, des cloches à jardin, d’une.bonne exécution, en verre blanc et en verre bleu.
- La verrerie de Vauxrot, fondée en 1828 par M. de Violaine père, sur les bords de l’Aisne, à deux kilomètres deSoissons, n’avait en activité, lors de la dernière exposition, que deux fours à bouteilles; mais les soins apportés par MM. de Violaine frères pour perfectionner leurs produits, ont eu pour résultat d’étendre successivement leurs relations. Ils emploient trois fours, produisant annuellement plus de 3 millions de bouteilles et 60,000 cloches .à jardin. Leur verrerie est estimée en Champagne pour la solidité et les belles formes qu’ils
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- donnent à leurs bouteilles destinées à contenir les vins mousseux.
- MM. de Violaine vont ajouter à l’importance de la verrerie de Vauxrot, par le travail des verres à vitres blancs et de couleur, qu’ils fabriquaient jusqu’à ces derniers temps à Prémontré.
- MM. de Violaine avaient mérité en i83q une médaille d’argent pour leurs premiers pas dans la fabrication des glaces coulées, dans leur usine de Prémontré, aujourd’hui fermée.
- Le jury ne peut donc rappeler cette médaille d’argent, et il ne croit pas devoir se prononcer sur l’exposition de Vauxrot, dont l’importance est loin d’être ce qu’elle deviendra entre des mains aussi habiles, qui concentrent aujourd’hui toute leur attention sur cette usine.
- Le jury leur décërne une médaille de bronze.
- M. NOGUS, à SaintTMandé (Seine)..
- Cette petite fabrique s’est adonnée particulièrement à la production des filigranes, façon Venise , où elle réussit parfaitement ; aucune fabrique en France, ni probablement à l’étranger, ne produit ce genre de cristaux avec la même perfection, ni à aussi bas prix. Il est vrai que M. Nocus a été obligé, pour vendre la quantité de filigranes qu’il produit, d’en réduire les prix au point de rie se réserver que des bénéfices vraiment insufïisants.
- Il y, a dans cette exposition, des pièces en filigranes de diverses couleurs qui sont d’une exécution fort remarquable. La perfection dans un genre de produit quelconque, doit toujours fixer l’attentiou
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- du jury, et mérite sa bienveillance, quelque limitée que soit la consommation des objets auxquels elle s’applique. Aujourd’hui , c’est surtout à titre d’assortiment et d’objet de fantaisie, que les verres fili-granés intéressent le commerce. Mais qui pourrait assurer que les procédés que cette industrie emploie ne seront pas utilisés d’une manière plus générale. Ces considérations ont déterminé lejurj à décerner à M. JNocus la médaille de bronze.
- MM. B1LLAS, MAUMENÉ et C'\ à la Guillotière (Pihône).
- Cette cristallerie exposait pour la première fois ; il n’est donc pas possible de constater d’une manière précise les progrès quelle a faits depuis 1839.. Mais le rapporteur peut assurer qu’elle a marché dans une très-bonne voie depuis cette époque; car il a vu il j a quelques années des produits de la cristallerie de Lyon , qui étaient bien loin de ceux qu’on a remarqués à l’exposition actuelle. ,
- La compagnie qui en i83g et 1840 exploitait la cristallerie de Lyon n’a pas réussi, ce n’est que depuis que MM. Billas et Maumené se sont mis à la tête de cet établissement, qu’il a fait de véritables progrès.
- Parmi leurs cristaux blancs, il y en a de très-remarquables, et qui sont d’un beau blanc; d’autres sont moins heureux, surtout dans les grandes pièces. Parmi les cristaux colorés dans la masse, on remarque quelques objets d’une couleur jaune agréable. Du reste, cette fabrique obtient toutes
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- les couleurs de fabrication courante, teintes dans la masse ou à deux couches.
- En somme la cristallerie de Lyon est en bonne voie de perfectionnement.
- Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- M. CASADAVANT, à Sèvres (Seine-et-Oise).
- Fondée en 1767, la verrerie de Sèvres, a joui d’une longue et incontestable prospérité sous la direction de M. Casadavant. Elle a exposé des bouteilles dont les unes sont en verre noir, d’autres sont d’une nuance verdâtre, d’autres enfin de nuance jaune. Toutes possèdent de bonnes qualités sous le rapport de la transparence de la matière , et de la bonne fabrication.
- Outre les bouteilles , M. Casadavant a exposé des briques réfractaires, destinées à résister à de très-hautes températures.
- On a remarqué aussi à l’exposition de Sèvres, une table ou guéridon imitant le porphyre, et fait avec du verre à bouteille dévitrifié, d’un bel effet. Il serait à désirer que cette belle pièce trouvât place dans quelqu’une de nos collections publiques.
- Le jury décerne une médaille de bronze à la verrerie de Sèvres.
- M. VARANGUIEN DE VILLEPIN , à Masnières (Nord).
- Celte verrerie livre au commerce près de 3,ooo,ooo de bouteilles de toute forme , et 120,060 mètres carrés de verre à vitre. Elle est placée dans une localité qui offre la houille à bas prix, et des
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- voies de transport économiques et multipliées. Elle possède quatre grands fours de fusion, et occupe de ioo à 200 ouvriers.
- Les produits qu’elle a exposés montrent une fabrication exercée. Le jury qui en i83q avait accordé une mention honorable à cette verrerie, voulant lui tenir compte des efforts qu’elle a faits, lui décerne une médaille de bronze.
- M. GINESTON, à Paris , rue du Cimetière-Saint-Nicolas ,26.
- Quoique l’emploi des émaux paraisse au premier coup d’œil être fort restreint dans l’industrie , il , n’en est pas moins vrai cependant que la préparation de ce produit est l’objet d’une fabrication assez importante, en particulier pour M. Gineston. Sa fabrique qu’il a transportée depuis peu à Grenelle, est celle qui fournit la majeure partie de ce produit : le jury a remarqué avec plaisir la variété et les belles couleurs des échantillons qu’a exposés M. Gineston ; en conséquence , il déclare qu’il est digne de la médaille de bronze.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- MM. VAN LÉEMPOEL , DE COLNET et Cie, à Quiquengrogne, commune, de Wimy, près La Capellë (Aisne).
- La verrerie à bouteille de Quiquengrogne, fondée en 1290, constitue l’un des plus anciens
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- établissements verriers de la France. Elle produit avec trois fours, environ 2,000,000 de bouteilles.
- Elle continue à mériter les mentions honorables qui lui ont été décernées en i 834 et i83g.
- MM. ROZAN père et-fils , à Marseille (Bouches-du-Rhône).
- Les produits des verreries de MM. Rozan père et fils avaient déjà été remarqués en 1839 pour leur bonne qualité, et surtout pour la modicité de leurs prix.
- Indépendamment des objets qu’ils faisaient déjà , en 1839, ils ont présenté, cette année, des bouteilles noires de diverses espèces qui jusqu’à présent ne se fabriquaient pas à Marseille. Leurs établissements sont aujourd’hui disposés pour produire deux millions de bouteilles par an, et le prix en est assez bas pour que le commerce d’exportation trouve maintenant plus d’avantage à prendre cet article chez MM. Rozan, qu’à'-le faire venir du département de la Loire.
- Enfin, MM. Rozan ont aussi exposé un verre d’eau gravé; leur fabrication ne se borne donc pas aux objets communs, et à bon marché.
- Leurs prix sont remarquablement bas.
- Le jury rappelle la mention honorable accordée à MM. Rozan en 1839.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. CHAMBLÀNT, àLabriche,près Ëpinay(Seine).
- M. Chambiant a exposé du verre blanc qui n’est ni d’une belle teinte, ni d’une grande finesse. Son opale blanc n’est pas non plus d’une nuance agréable; mais on a pu remarquer dans son exposition des opales colorés dans la masse , qui ont été fort bien exécutés. Il y a des vases en opale bleu de cuivre, bleu de cobalt, vert d’urane, etc., qui présentent le double avantage d’être bien faits et ii bas prix.
- M. Chambiant a un système de four particulier, dont les avantages ne pourront être appréciés que par un plus long emploi.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. ROULLIER, à Rive-de-Lot (Aveyron).
- Cet établissement est destiné à mettre à profit les bouilles de l’Aveyron, et à fonder dans ce département l’industrie verrière qui a tant de chances d’y prospérer.
- Il trouve dans le sud-ouest de la France un débouché important, et il peut alimenter ù Bordeaux, avec profit, une partie de notre commerce d’exportation.
- Les renseignements fournis par le jury départemental , nelui laissent aucun doute sur l’importance de cette nouvelle verrerie , et sur la bonne marche de sa fabrication naissante. Tous ses éloges sont jus-
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- tifiés par les bonnes qualités des vitres qu'elle a envoyées à l’exposition.
- M. Roullier a donc fait preuve d’un talent, qui présage un avenir prospère à l’établissement qu’il a fondé.
- Le jury se plaît à lui accorder une mention honorable.
- M. JOHANNOT, à Vienne (Isère).
- La verrerie de Vienne qui fabrique chaque année environ 4>ooo,ooo de bouteilles, a exposé quelques pièces qui attestent une grande habileté, et une grande précision, dans le travail. La première est une bombonne de i/jo litres de capacité, qui serait digne de figurer dans un musée : la seconde est une bouteille de 33 litres, également irréprochable; enfin, deux carafes à anse d’une bonne forme.
- Mais, par une erreur qu’on a peine à comprendre, cette verrerie n’a pas exposé de bouteilles, c’est-à-dire qu’elle a négligé de mettre sous les yeux du jury l’objet même que le jury devait apprécier.
- Nous avons pu heureusement combler cette lacune, en rendant un très-bon compte de la fabrication de M. Johannot, qui produit d’ailleurs k très-bas prix. .
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. HILPERT, représentant .de la Société anonyme des Houillères et Verreries de Faymo-reau (Vendée).
- La verrerie de Faymoreau fabrique annuelle-
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- ment environ 1,000,000 de bouteilles, cloches et bocaux de toute sorte.
- Cet établissement qui ne compte que six années d’existence, aurait pu prendre une extension considérable; il fut créé d’abord dans le but de consommer sur place les charbons extraits des mines de Faymoreau, qui manquaient de débouchés. Mais la verrerie, d’abord simple accessoire, est devenue le principal objet des soins et des efforts de ses propriétaires. Elle a ses débouchés sur les marchés d’An-goulème, Saintes, La Rochelle, Niort, Bourbon-Vendée, et même à Bordeaux, Nantes, Brest, Lorient et Bayonne.
- Les matières premières quelle emploie se trouvent sur place. Elle occupe de 100 à i5o ouvriers. Ses bouteilles sont fabriquées avec soin.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
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- HUITIÈME
- ARTS BIVEKS.
- y
- Membres de la Commission.
- MM. Cheyrecl , président; Blanqui , Denièhe ,
- Didot (Ambroise-Firmin), Düjias, Feuciière (Le'on), Goldenberg, Laborde .( comte Léon de ), Mouciiel , NoÉ.( comte de )., Fayen-, Peuigot, Sciiuumberger (Charles).
- SECTION PREMIÈRE. PAPETERIE. -
- MM. Dumas et Ambroise Firmin-Didot, rapporteurs.
- Considérations générales.
- Si, dans son mécanisme, la machine à papier n’a point offert, à cette exposition, de changements notables, plusieurs accessoires importants qui s’y rattachent ont fait faire à la fabrication du papier de très-grands progrès, quant à la qualité des produits et à la diminution des prix.
- Le savant exposé du rapporteur du jury de la
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- dernière exposition signalait plusieurs défauts aux papiers fabriqués alors ; ces observations ont stimulé le zèle des fabricants ; guidés par les indications de M. Dumas, ils sont parvenus à donner à leurs produits les qualités qui leur manquaient encore. C’est en signalant ainsi à chaque exposition les progrès désirables et possibles, et en indiquant la vpie pour les obtenir, que les expositions quinquennales ont un véritable but d’utilité. D’après l’examen des produits exposés cette année, les progrès de la papeterie ont été tels depuis cinq ans, qu’on a tout lieu de croire que cette belle industrie approche, après tant d’efforts et tant de catastrophes, du but auquel toute industrie doit enfin s’arrêter. Chaque année, la fabrication à la cuve a dû céder presque tous les avantages qu’elle avait conservés jusqu’alors, et ce qui lui reste de son domaine déjà si restreint , est attaqué de toutes parts ; en effet, nous avons vu, à cette exposition, des papiers pour registres exécutés par les machines et collés à la gélatine, qui soutiennent la comparaison avec les plus beaux produits des cuves ; ils offrent toutes les garanties de solidité que les administrations réclamaient, et que les ingénieurs et dessinateurs désiraient pour le lavis des plans. La vergeure elle-même, cette marque caractéristique qui distinguait les anciens papiers faits à la main,
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- vient aussi d’être reproduite par les machines. Depuis un an, des toiles métalliques sans fin, portant, comme les anciennes formes, des ver-geuresetdes pontuseaux, fabriquent, à la machine, des papiers vergés. Il ne reste donc plus à l’abri de cet universel envahissement que les papiers fi-ligranés, et quelques sortes imitant les anciens papiers de Hollande, que la cuve exécute encore avec succès.
- Mais par cela même que les machines produisent chaque jour une quantité de papiers telle, que l’étendue ne saurait être évaluée à une longueur moindre de 500 lieues par jour ( 200 my-riamètres) sur une largeur de 1 mètre et demi (dimension ordinaire des machines), il en est résulté que la concurrence a fait baisser les produits dans une proportion qui a causé la ruine de beaucoup de fabriques. Cependant, comme la consommation du papier tend perpétuellement à s’accroître par l’effet de la prospérité générale et de l’instruction populaire qui en résulte, on doit espérer que si le nombre des fabriques ne s’accroît pas, l’équilibre entre la production et la consommation se rétablira peu à peu.
- Parmi les améliorations principales obtenues depuis la dernière exposition, nous devons signaler plusieurs systèmes mécaniques destinés à mieux couper le papier. Vainement, depuis la fin
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- du siècle dernier, époque de la création des machines à papier, on avait cherchéun appareil‘qui pût réunir toutes les conditions qu’exige cette opération délicate ét compliquée. La nouvelle machine de M. de Bergue, perfectionnée depuis la dernière exposition, paraît enfin avoir résolu ce problème.
- D’autres procédés pour régulariser l’épaisseur des feuilles, à mesure qu’elles se fabriquent, promettent aussi d’heureux résultats.
- L’application faite à la machine à papier d’une
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- invention due à M. Canson, d’Ànnonay, les pompes aspirantes qui enlèvent par-dessous la toile métallique, à mesure que le papier S’y forme, une grande partie de l’eau contenue dans la pâte, est un des résultats les plus heureux obtenus dans ces derniers temps ; l’usage qui s’enc est propagé partout a puissamment contribué à donner aux papiers, surtout aux papiers épais, une solidité dont ils étaient privés avant cette invention.
- Une autre amélioration très-importante est celle des sabliers ou épurateurs du sable et des autres corps étrangers qui, par leur poids, se précipitent dans les rainures en cuivre ou en bois ménagées à cet effet. Par ce procédé extrêmement simple, les papiers sont dégagés du sable et autres corps qui, pendant si longtemps endomma-
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- geaient les caractères d’imprimerie -, les gravures en bois et les gravures en taille douce.
- Enfin, nous mentionnerons une machine destinée à rattraper les parcelles de pâte qui se perdaient autrefois par les lavages. Quoique cette machine, simple et ingénieuse, inventée par M. Blanchet, de Rives, n’ait pas figuré à l’exposition , non plus que la machine perfectionnée de M. deBergue pour couper le papier, nous croyons devoir ranger ces récentes inventions parmi les progrès importants obtenus depuis la dernière exposition.
- L’application qui a été faite, dans toute papeterie bien organisée, de cylindres laveurs , procédé non moins simple et non moins ingénieux, inventé également par M. Blanchet, de Rives, a permis de mieux laver les pâtes et de les débarrasser presque entièrement du chlore qui altérait et détériorait la fibre des substances végétales qui constituent le papier.
- De nouveaux essais ont été faits pour détruire, par des moyens chimiques, la présence des moindres traces de chlore à mesure que la pâte se broie dans les piles. Lé temps seul permettra de juger de l’effet comparatif entre les pâtes soumises à ce procédé et les mêmes pâtes qui ne l’ont pas été. En' attendant , nous appellerons l’attention des fabricants sur les moyens de multiplier les
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- appareils ou de perfectionner les procédés employés jusqu’à présent pour débarrasser complètement les pâtes de toute substance corrosive, afin que les papiers puissent, comme autrefois. braver l’action du temps.
- L’éclatante blancheur, la parfaite égalité des papiers mécaniques, leur envergeure et leur apprêt ne laissent rien, à désirer. S’il n’en est pas de même ,de la solidité de la plupart d’entre eux, et si, sous ce rapport, la fabrication actuelle est en général inférieure à celle des anciens papiers fabriqués à la main avec des pâtes battues par les maillets, il faut tenir compte, de la dilfé-
- H
- rence des éléments dont les fabricants disposent aujourd’hui. Ces éléments ne sont plus les mêmes qu!autrefois , et les, difficultés, sous ce rapport, s’accroissent journellement. La fibredigneuse (cellulose) des cotons n’a pas la même ténacité que celle du chanvre et du lin, et chaque année la masse des cotons s’augmente. Ce qui est plus fâcheux encore, c’est que la presque totalité des chiffons, surtout ceux des grandes villes, n’arrivent aux fabriques qu’énervés par les alcalis caustiques employés en excès chez les blanchisseurs de linge, ou par l’acide sulfurique, que des lavages insuffisants dans les blanchisseries n’ont pas complètement enlevé, et qui réagissent_à la longue par l’effet de la concentration. Ces inconvénients
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- obligent les fabricants de papier à redoubler d’attention sur l’emploi des procédés de lessivage et de blanchiment des chiffons, soit au chlore gazeux, soit au chlore liquide, afin de modérer les proportions de ces agents, et d’éviter ainsi que la cellulose ne s’altère de plus en plus; enfin tout doit tendre à conserver précieusement ce que la fibre des chiffons peut conserver de force. Ils ne doivent donc point être broyés trop promptement par des cylindres dont les tranchants seraient trop vifs, car la fibre, devenue trop courte, rend les papiers cassants, et les empêche de résister longtemps au frottement de la gomme élastique (caoutchouc).
- Quant à l’usage d’introduire des substances minérales dans les papiers, le jury croit devoir rappeler de nouveau les conseils qu’il donnait, à l’exposition précédente. L’abus qu’on en faisait a presque entièrement cessé. On n’en remarque plus dans les papiers de première qualité. Bien que dans certaines compositions de pâte trop chargées de parties mucilagineuses, et qui conservent une très-grande ténacité, on puisse introduire, dans des proportions très-minimes,
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- certaines substances minérales employées avec, habileté, ce qui ôte aux papiers une transparence nuisible, et leur donne une douceur favorable
- à l’impression en taille douce et à l’impression
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- III.
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- typographique , il serait à désirer qu’on y renonçât entièrement (1). Les Anglais, qui introduisent peut-être encore plus abondamment qu’en France des terres argileuses dans leurs papiers , adoptent depuis quelques années l’usage de coller à la gélatine la plupart de leurs papiers mécaniques, même après qu’ils ont été collés à la colle résino- alumineuse. Quelques-uns de nos habiles fabricants en font autant pour les papiers destinés aux registres et au lavis, et MM. Lacroix, d’Angoulême, ont exposé des papiers collés par ce procédé , d’après une machine très-ingénieuse de leur invention, et dont ils ne veulent point se réserver le monopole. Il serait à désirer que cet usage s’introduisît pour toute espèce de papiers. Mais malheureusement, tout progrès qui augmente le prix des produits rencontre en France de grands obstacles. Pour les vaincre, il faut s’en rapporter au temps, au savoir-faire de nos fabricants, et en appeler au bon sens du public, dont les jugements suprêmes sont sanctionnés par l’expérience.
- Du reste, la preuve la plus évidente des progrès
- (1) Les eaux qui contiennent des basés ferrugineuses retirent quelque avantage de l’emploi très-restreint de certaines substances minérales à base calcaire , qui donnent aux eaux une partie des qualités de celles qui, telles que les belles eaux des fabriques d’Angoulême, contiennent des sels calcaires.
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- de la papeterie en France est renfermée dans ce résultat inséré au tarif des douanes. En 1834, notre exportation était de onze millions de francs ; elle s’est accrue d’année en année, âu point qu’en 1840, elle a été de dix-neuf millions trois dixièmes; en 1841, de vingt et un millions .deux dixièmes; én 1842, de dix-neuf millions trois dixièmes (1). Et cependant on sait combien la fabrication du papier mécanique se propage rapidement dans tous les pays ; partout' elle suit et atteste les progrès de la civilisation. '
- Les essais pour imiter le papier de Chine, n’ont pas encore réuni les qualités diverses qui rendent le papier fait avec le bambou chinois si -favorable à l’impression des gravures. 11 faudra : probablement recourir à l’emploi de substances parfaitement analogues pour obtenir des résultats identiques ; toutefois, on doit reconnaître qu’il a été fait en ce genre de fabrication des progrès réels , et que pour les bésoins du commercé, lesj papiers imitant ceux de‘ Chine suffisent en beaucoup de cas, et sont exempts des impuretés et
- (1) Nous ferons observer que,'dans.la stalislique,publiée par le gouvernement, l’exportation des papiers peints est confondue avec celle des papiers blancs. Il serait désirable que l’administration pût établir une distinction entre ces deux produits, afin de dresser exactement la statistique de l’un et, de l’autre.
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- inégalités de la pâte qui, dans les papiers chinois , nuisent à l’impression des belles gravures.
- Plusieurs essais ont été tentés pour utiliser la feuille de bananier, les lianes d’Amérique et autres substances végétales ; à la précédente exposition, les essais que nous avons vus avaient donné des espérances qui, jusqu’à présent, ne se sont pas réalisées. Nous pensons que les nouveaux essais exposés cette année ont plus de chances de succès. Rien sans doute ne saurait remplacer entièrement l’usage des chiffons, mais la concurrence de nouvelles substances contribuerait puissamment à diminuer le prix des chiffons qui tend chaque jour à augmenter. En effet, les deux cents machines à papier qui existent en France consomment par jour, y compris les ciives, environ deux cent mille kilogrammès de chiffons, qui sont convertis en papier avec un déchet de 30 pour 100, ce qui suppose chaque année une consommation de un kilogramme et demi de papier par tête.
- Si, comme il y a lieu de l’espérer, les substances végétales, telles que le bananier, parviennent à entrer en concurrence avec le chiffon, la diminution de prix du papier, déjà si modique, serait un nouveau progrès et un moyen d’accroître nos exportations, mais une amélioration certaine et plus ou moins immédiate est réservée à la papeterie par l’accroissement que doit prendre la fda-
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- tare mécanique du lin. Cette nouvelle industrie
- contribuera nécessairement à l’amélioration de
- nos chiffons par l’accroissement de consommation
- des étoffes de lin. On ne faisait point figurer, au
- nombre des avantages attachés à cette nouvelle
- industrie, l’amélioration de nos papiers; elle en
- sera une conséquence. Hâtons donc de tous nos
- vœux les progrès de cette industrie éminemment
- française.
- «
- § 1er. PAPIERS.
- RAPPELS DE MEDAILLES D’OR.
- MM. BLANCHET et KLÉBER, à Rives (Isère).
- On ne saurait mieux faire que de rappeler les expressions dont s’est servi le savant rapporteur de l’exposition de i83g, qui a signalé en détail le mérite des produits de la fabrique de MM. Blan-cliet et Kléber. Nous croyons devoir ajouter à ces justes éloges, que leurs procédés ont acquis encore une plus grande perfection. Leur papier, exécuté h la cuve, portant le nom de Watmann, est peut-être supérieur encore à ces beaux papiers dont le nom est resté comme type de ce qu’il y a eu jamais de plus parfait en papier exécuté à la main. Les papiers à registre, fabriqués à la cuve par M. Blanchet, ne laissent rien à désirer et maintiennent toujours leur supériorité universellement reconnue. J1 en est de même de leur papier
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- grand aigle exécuté à la forme , qui n’a peut-être d’autre défaut que d’être trop collé; malheureusement le prix est un obstacle pour que son emploi devienne général. La rame coûte 35o fr. Ce papier a toutes les qualités des beaux papiers dits de Hollande. Le papier mécanique, format colombier, est bon pour le lavis, mais ne résiste pas autant qu’on pourrait le désirer au frottement de la gomme élastique lorsqu’on veut effacer les traits d’un dessin ; c’est un inconvénient général à presque tous les papiers mécaniques. L’habileté et la persévérance de MM. Blanchet et Kléber parviendront à vaincre cette difficulté.
- MM. Blanchet et Kléber fabriquent aussi un papier dit incombustible, non qu’il puisse résister k l’action de la flamme, mais dès qu’il est livré à lui-même, il s’éteint immédiatement. Ce papier est employé avec succès par les arsenaux maritimes , pour la confection des gargousses. Comme il ne brûle plus dès qu’il cesse d’être en contact avec le feu, il est ainsi k l’abri des accidents auxquels les autres papiers sont exposés. Outre cet avantage, ce papier a une telle ténacité, qu’il résiste à des tensions extrêmement fortes.
- La fabrique de MM. Blanchet et Kléber, de Rives, consomme 52o,ooo kilogrammes de drilles produisant 43o,ooo kilogrammes de papier d’une valeur de 835,ooo fr. dont un tiers est exporté.
- Nous croyons devoir rappeler que la fabrication du papier est redevable k MM. Blanchet et,Kléber, de deux inventions dont ils n’ont point revendiqué le privilège. L’une est celle des cylindres laveurs
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- qui permet de mieux laver les pâtes et de mieux les dégager du chlore qui, lorsqu’il restait dans la pâte , attaquait et détruisait plus ou moins rapidement les papiers avant l’adoption de ce procédé simple et ingénieux. L’autre est l’invention des machinés destinées à rattraper la pâte qui, par l’emploi des cylindres laveurs, se perdait dans les lavages. MM. Rlanchet et Kléber n’ônt point fait un secret de cette invention pour laquelle plus tard il a été pris un brevet d'invention par une personne étrangère à la papeterie, et qui en a fait un objet de spéculation. Le rappel de la médaille d’or obtenue par ces fabricants si distingués leur est méritée à plus d’un titre.
- , ' *
- MM. LACROIX frères et G AURA, à Angoulême (Charente).
- La fabrique de MM. Lacroix s’est augmentée d’une nouvelle machine à papier depuis la dernière exposition, où la beauté des produits de ces honorables fabricants leur a mérité la médaille d’of. Cette nouvelle machine a reçu plusieurs améliorations telles que : prolongement de la table de fabrication , changements avantageux dans le système de la cuve, addition de cylindres sécheurs, afin que la dessiccation soit plus lente, élargissement de là machine, ce qui permet d’augmenter la production d’un cinquième, addition de pompes pour utiliser les eaux collées, jusqu’alors perdues dans toutes les papeteries, augmentation dans, l’aspiration des pompes à air, etc.
- Ces améliorations ont permis à MM. Lacroix
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- frères et Gaury d’exposer des papiers, supérieurs encore en qualité à ceux qui ont été admirés en 183g, soit par cette blancheur éclatante qui signale les papiers d’Angoulême, soit par la solidité du collage.
- MM. Lacroix frères et Gaury ont soumis au jury, peu de jours avant la clôture de l’exposition, des rouleaux de papier fabriqués à la machine et collés à la gélatine d’après un procédé pour lequel ils viennent de prendre un brevet d’invention, non pas pour s’en réserver le monopole, mais pour constater, par une date certaine, qu’ils ont inventé à cette'époque un perfectionnement très-important. Cette machine, qui fait voyager le papier entre plusieurs cylindres chargés de colle, est extrêmement ingénieuse, c’est un nouveau service qu’auront rendu à la fabrication du papier MM. Lacroix frères et Gaury. Aucun fabricant ne mérite mieux qu’eux le rappel de la médaille d’or.
- a
- MM. CANSON frères, à Annonay (Ardèche).
- Le mérite de cet établissement qui aux quatre expositions où il a envoyé ses produits, a obtenu la médaille de première distinction, est tellement connu, qu’il suffit de dire qu’il maintient sa haute position par les soins de MM. Ganson frères auxquels leur père en a confié la direction.
- MM. Canson frères, habiles chimistes, ont, par des essais nouveaux, perfectionné encore la qualité des pâtes pour les papiers à registre. Aussi, à Paris, les principaux fabricantsde registres accordent-ils la préférence aux papiers Canson, dont chaque feuille
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- est marquée de ce nom comme une garantie contre toute méprise.
- Parmi les divers papiers qu’ils ont exposés et qui sout tous d’une qualité supérieure, on a remarqué des papiers imitant complètement le parchemin par leur étonnante solidité. La fabrication de MM. Can-son est considérable, elle occupe quatre machines.
- MM. Ganson ont fabriqué comme essai, aux sollicitations de nos chimistes, du papier à filtrer, à l’imitation du papier à filtrer qu’on fait en Suède. Ce papier doit être fabriqué avec des soins particuliers et avec des eaux parfaitement pures qui ne déposent ni sels ferrugineux ni sels calcaires. On peut être assuré que les papiers soumis par MM. Canson à nos plus habiles chimistes, ne seront en rien inférieurs à ceux de Suède.
- La plus haute des distinctions sociales dont M. Canson père a été honoré à de si justes titres, est une récompense due à ses longs travaux, à ses efforts couronnés de succès, et à ses belles inventions qui ont contribué aux progrès si rapides de la papeterie mécanique en France; ses fils marchent dignement sur ses traces. En 1839, MM. Canson frères n’ont point exposé; c’est en leur nom qu’ils font paraître cette année tant de beaux produits aussi estimés en France que dans les pays étrangers, où MM. Canson en exportent une quantité toujours croissante. Habiles mécaniciens, les fils de M. Ganson ont apporté plusieurs améliorations à l’établissement modèle de leur père. L’aîné, M. Etienne Canson, a exposé' un appareil de son invention qui doit mettre les chaudières à l’abri des chances d’ex-
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- plosion. Une mention honorable a été accordée à M. Etienne Canson pour cette invention qui est appliquée avec succès dans plusieurs fabriques.
- .Les travaux et la constance des efforts de cette famille à qui la papeterie doit tant d’améliorations, la placent dans une position exceptionnelle , et la rendent de plus en plus digne du rappel de la médaille d’or que le jury décerne à tant de justes titres aux fils de MM. Canson.
- SOCIÉTÉ ANONYME DU MARAIS et de SAINTE-MARIE , à Jouy-Saint-Morin (Seine-et-Marne).
- Cette papeterie qui est la plus considérable de France, a cinq machines et plusieurs cuves qui mettent en œuvre i,400,000 kilogrammes de chiffons. Les papiers quelle a exposés sont recommandables aux mêmes titres qui lui ont mérité à toutes les “expositions les plus honorables distinctions. Presque tous les papiers de banque qui portent des filigranes sont fabriqués au Marais, dont ils forment une des principales spécialités : Il n’est aucune sorte de papiers qui ne s’exécute avec succès à cette fabrique , connue universellement par la qualité de ses produits, parmi lesquels nous avons remarqué un rouleau de cartons continu, formé de deux feuilles fortes, qui réunies tout humides sous la deuxième pression , contractent par des pressions subséquentes l’adhérence d’un carton souple et parfaitement apprêté. Ce carton est destiné à l’apprêt des étoffes fabriquées aussi cFune manière continue.
- M. Delatouche gérant de ce bel établissement,
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- a donné des soins tout particuliers pour bien- laver les pâtes, afin de leur éviter l’inconvénient de jaunir. En effet, on peut juger par le papier employé pour l’impression du texte du superbe volume de Paul et Virginie publié en i836 par M.Curmer, que le papier de ce texte a conservé tout son éclat, tandis qu’il n’en est pas de même du papier employé pour les gravures en taille-douce dont la fabrication n’a pas été exécutée au Marais.
- Le jury décerne à cet important établissement le rappel de la médaille de première distinction qu’il continue à mériter à de si justes titres.
- M. DELÀPLÀCE, à Jean-d’Heurs, près Bar-le-Duc (Meuse).
- On sait que c’est à Jean-d’Heurs que M. Didot-Saint-Léger, après avoir mis à exécution en Angleterre, au bout de vingt années de longs et dispendieux essais, l’idée première due à Robert pour la fabrication du papier sans fin , parvint à rapporter dans son pays, sous la protection du duc de Reggio, une industrie qui n’aurait jamais dû en sortir. La mort enleva en une seule année M Didot Saint-Léger avec toute sa famille. M. Delapîace, son associé, persévéra courageusement à vaincre les difficultés que rencontre la création de semblables établissements. La médaille d’or décernée d’abord â M. Didot, l’a été ensuite à M. Delapîace à chaque exposition.
- L’importance de cet établissement où vingt cylindres alimentent deux machines, la qualité des produits destinés à la consommation intérieure et à
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- l’exportation, l’habileté avec laquelle M. Delaplace sait utiliser les chiffons de la qualité la plus commune, sont des titres réels qui -méritent à tous égards le rappel de la médaille d’or, dont M. Delaplace se montre digne pour la troisième fois.
- : *
- MM. DURANDEAU aîné, LACOMBE et Cie, à La-courade, commune de Lacouronne (Charente).
- Les papiers exposés par ces habiles fabricants se maintiennent au premier rang, et réunissentloutesles qualités qui constituent les papiers les plus parfaits. La fabrique de MM. Durandeau aîné, Lacombe etCie contribue puissamment k conserver à leur contrée la prééminence dont elle jouit depuis si longtemps, puisque c’était d’Angoulême que les Elzevirs faisaient venir le papier pour l’impression de leurs charmants livres , dont les caractères avaient été gravés par Garamond ; la France peut donc a juste titre revendiquer une bonne part dans le mérite de ces célèbres éditions.
- Le jury accorde à MM. Durandeau aîné, Lacombe et Cic le rappel de la médaille d’or ; ils la méritent de plus en plus.
- SOCIÉTÉ ANONYME DE LA PAPETERIE D’É-CHARCON, à Écharcon ( Seine-et-Oise ), et à Paris, place des Victoires, 5.
- La fabrique d’Écharcon avait été créée à frais pour rivaliser avec les plus célèbres papeteries de l’Angleterre. Rien n’a été épargné pour que cet établissement eût la prééminence sur tous les autres.
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- Il a en effet obtenu la médaille d’or en i834, et le rappel de cette médaille en 1839.
- La fabrique d’Echarcon a montré cette année plusieurs beaux produits; mais loin de s’occuper exclusivement de belles fabrications, elle s’adonne aussi aux fabrications communes, et expose des papiers de journaux quelle livre au prix de g5 centimes le kilogramme.
- De tous temps un grand nombre d’essais qui ont profité au progrès de l’industrie ont été faits à Echarcon. Cette année, M. Gasnier, continuant les travaux de ses prédécesseurs, a exposé des papiers très-solides et de bonne qualité qu’il a obtenus avec ies lianes d’Amérique et autres substances végétales exotiques. Il faut espérer que tant de tentatives réitérées depuis si longtemps, finiront par donner de bons résultats. Le jury croit devoir rappeler de nouveau la médaille d’or à cette papeterie.
- MÉDAILLE D’OR.
- MM. CALLAÜD-BÉLISLE frères, NOÜËLetCie, à Maumont et Yeuze (Charente),
- Ont exposé quatre-vingt-dix-sept échantillons de papiers tous remarquables par les qualités qui distinguent chaque sorte depuis les papiers les plus minces, dits pelures, jusqu’aux épais cartons dits de Bristol. Ces fabricants courageux, qui les premiers ont monté par eux-mêmes à Angoulême les machines à papier sans le secours d’ingénieurs, n’ont re-
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- culé devant aucun sacrifice pour perfectionner les produits de leurs trois machines, qui, d’après ce qu’ils1 déclarent, emploient goo,oôo kilogr. de chiffons par an , produisant 720,000 kilogr. environ de papier , ce qui suppose une fabrication de près d’un million de francs, dont la moitié est exportée.
- Les papiers de MM. Callaud-Bélisle se distinguent i° par leur solidité et leur blancheur; tous sont blanchis au chlore à l’état liquide; ils n’emploient pas le chlore gazeux ; 20 par la très-grande pureté de leurs pâtes; 3° par la perfection soutenue de la fabrication; 4° Par l’éclat de leurs papiers blancs et la beauté de l’azur qu’ils emploient. Un grand nombre des papiers qu’ils exposent sont exécutés sur les nouvelles toiles métalliques sans fin, portant vergeures et pontuseaux fabriqués récemment par MM. Trousset fils et Catala; ces nouveaux papiers ont toute l’apparence des plus beaux papiers vergés fabriqués à la forme, et ils en ont la solidité ; ils ont.-de plus l’avantage de la régularité parfaite que donne la machine et que ne saurait égaler la fabrication à main d’homme.
- Les rouleaux de papier sans fin en pelure extra-mince collée e,t non collée, blanche, azurée et rose, tels qu’ils sortent de leur machine, attestent la perfection de leur fabrication non préparée. Nous en dirons autant de leur papier végétal pour calquer. Leurs procédés pour l’apprêt <8t le lissage du papier sont parfaits.
- Les papiers à registre rivalisent presque avec ceux de M. Canson pour la solidité du collage et la fer-
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- raeté des pâtes. Il en est de même des papiers à dessin qui ne laissent rien à désirer.
- Les essais qui ont été faitssur les papiers exposés par MM. Callaud-Bélisle ont prouvé qu’ils étaient très-bons pour le lavis, cependant ils ne résistent pas parfaitement au frottement de la gomme élastique. La pâte est très-fine, mais le grain en est trop fin pour les papiers de grand format.
- Leur papier végétal est admirablement fabriqué, et sa qualité est parfaite.
- MM. Callaud-Sjélisle ont pris récemment un brevet pour neutraliser le chlore dans les piles des cylindres raffîneurs, ce qui évite une grande perte de temps, puisque les pâtes, par ce moyen, restent moins longtemps dans les rciffineuses. De plus l’un d’eux, M. Jenny Callaud-Bélisle, expose cette année une machine ingénieuse de son invention qui a pour but d’éplucher, satiner, glacer, filigraner et coller à la gélatine le papier continu. Le temps ne lui a pas permis de compléter cette machine, qui promet d’heureux résultats. Elle supprimerait les appareils et feuilles de zinc destinés au lissage du papier, et produirait de plus une grande, économie de main-d’œuvre si elle parvenait à éviter les fronces presque toujours inhérentes au systèrire de lissage par les cylindres. .
- Le jury décerne à MM. Callaud-Bélisle frères, ÏSouël et Cle la médaille d’or que les progrès qu’ils ont fait faire à la papeterie leur ont justement méritée.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. LAROCHE frères, au Martinet, commune de Saint-Michel (Charente).
- Les papiers mécaniques de ces habiles fabricants sont d'une parfaite blancheur et sont dignes de porter le nom d’Angoulême dont ils confirment la réputation si universellement reconnue. MM. Laroche frères, qui ont obtenu la médaille d’argent en 183g, emploient deux machines qui fabriquent chaque année 335,ooo kilogr. de papiers. Celle qu’ils ont à Breuty sort des ateliers de M.'A. Motteau d’Angoulême. Le jury a remarqué parmi les beaux papiers qu’ils ont exposés , des papiers vergés exécutés à la machine. Des efforts aussi constants mettent l’établissement de MM. Laroche frères au niveau des plus célèbres papeteries d’Angoulême. Le papier carton qu’ils ont exposé s’enlève par parties sous le frottement de la gomme élastique, mais il supporte bien le lavis et convient parfaitement pour le dessin à la mine de plomb.
- En ce moment ils apportent de nouvelles améliorations à leur bel établissement. A. la prochaine exposition on en appréciera mieux les effets. En attendant le jury proclame les justes titres de MM. Laroche frères au rappel de la médaille d’argent qu’ils ont si bien méritée.
- M. DURIEUX, à Belleville (Seine), rue des Moulins, 16.
- Depuis longtemps M. Durieux s’occupe avec succès de perfectionner les filigranes, qui sont une des
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- •plus fortes garanties contre la contrefaçon des papiers de banque. Dans le rapport du jury de l’année i83g le mérite- des filigranes de M: Durieux ont été signalés, et lui ont mérité la médaille d’ar-
- gent- . . ..
- M. Durieux offre au commerce de la librairie
- pour garantir les livres qui, malgré la protection des lois, sont exposés à être contrefaits, d’exécuter en filigrane soit le portrait de l’auteur, soit un dessin analogue au sujet du livre; emsorté qu’en imprir mant sur le papier ainsi filigrané, le titre de l’ouvrage, les contrefaçons dépourvues de ces signes caractéristiques deviendraient évidentes pour tous.
- On ne saurait donner trop d’éloges aux efforts que fait M. Durieux dans l’intérêt de la sûreté publique. Le jury lui confirme la .médaille d’argent qu’il a obtenue en i83g.
- NOUVELLES MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. LATUNE (Lombard) et Gie, à Crest (Drôme).
- Cette papeterie se recommande par l’égalité constante de ses produits qu’elle écoule dans le midi de la France; ses prix sont très-modérés, ses papiers à-registres sont parfaitement collés et la pâte est d’une excellente qualité. Les essais qui ont été faits sur ses papiers destinés au lavis ont attesté qu’ils réunissaient les conditions désirables. La confection du papier végétal, dont MM. Latune s’occupent déni. 34
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- puis plusieurs années , est arrivée à un haut degré de perfection. C’est une des papeteries les plus recommandables de la France. La médaille d’argent qu’elle a obtenue en 1834 lui a été rappelée en i83g. Le jury a cru devoir reconnaître les progrès notables quelle ne cesse de faire en lui accordant une nouvelle médaille d’argent.
- M. MONTGOLFIER (François-Michel), à Dave-zieux (Ardèche).
- La fabrique de M. François-Michel Montgolfier date de 1780, et s’est fait toujours remarquer par l’excellence de ses produits. Quoique sa machine, de grande dimension, exécute toute sorte de papiers qui rivalisent avec ce que les meilleures papeteries offrent de plus parfait, M. François-Michel Montgolfier a cru devoir conserver une cuve pour la fabrication de quelques papiers destinés au dessin et au lavis.
- Les papiers parcheminés et marbrés , exécutés parM. François-Michel Montgolfier, sont une spécialité importante de sa fabrique. Les papiers de couleur pour dessin et autres sont aussi recherchés en France qu’à l’étranger. A l’exposition de 1823 la médaille d’argent a été décernée à M. François-Michel Montgolfier ; elle lui a été rappelée en i834.
- Le mérite remarquable des produits deM. François-Michel Montgolfier, qui se maintiennent à toutes les expositions à un degré de perfection soutenue, a décidé le jury à lui accorder une nouvelle médaille d’argent.
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- M. GRATIOT, à Essonne (Seine-et-Oise).
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- C’est à Essonne, dans la fabrique de M. François Didot, que Robert fit les premiers essais de la machine à papier continu, qui, faute d’encouragements, fut portée en Angleterre par M. Didot Saint-Léger, et ne revint en France que vingt ans après. Dans cet intervalle la fabrique d’Essonne, convertie en filature, ne redevint papeterie qu’en 1835, époque où la machine à papier continu y fut rétablie avec ses perfectionnements. En 1839 elle exposa de fort beaux produits qui lui méritèrent la médaille d’argent. Depuis quelques années, cette importante papeterie, qui a maintenant 3 machines et 16 cylindres, a été confiée à la direction de M. Gratiot, qui dirige cet établissement avec autant de zèle que de capacité. Il a exposé des produits très-remarquables, parmi lesquels nous citerons des papiers de couleurs variées, extrêmement minces, et destinés à faire des fleurs, de très-bons papiers pour le dessin et l’impression,ùme collection de papiers vergés exécutés à la machine, etc.
- Le jury récompense les efforts personnels de M. Gratiot en lui décernant une nouvelle médaille d’argent.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. COURT et Cie, à Renage (Isère),
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- D’importants progrès signalent cette fabrique; les papiers quelle a exposés sont remarquables par leur solidité et leur bonne exécution ; ils rappellent
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- les qualités des papiers de MM. Gansorr, dont M. Court a été l’élève. Si ses pâtes sont en général moins, blanches que celles d’Angoulême , cela tient beaucoup à l'infériorité des chiffons et à la nature des eaux qui sont moins favorables. Les papiers à registres ont toutes les qualités désirables; ceux qui sont destinés au lavis et au trait ont été éprouvés par nos ingénieurs dessinateurs; ils en ont reconnu les excellentes qualités. Cette fabrique, dont les,produits s’élèvent â 200,000 fr., en trouve le placement dans le midi de la France, en Suisse et en Italie. Elle mérite la médaille d’argent pour son excellente fabrication.
- MM. MELLIER, O BR Y fils et Cie, à Prousel (Somme).
- Cette fabrique a exposé trente sortes de papiers qui se recommandent par leur bonne exécution ; le collage des < papiers à registres est solide. Le grand aigle rilécaniqu© qu’ils exposent a été reconnu très-bon pour le lavis, mais il laisse encore quelque chose à désirer pour la résistance au frottement dë la gomme élastique. Cette papeterie ne néglige rien pour perfectionner ses produits dont les prix sont modiques. La fabrication du papier noir pour envelopper les batistes et linons est une des spécialités de cet établissement, auquel le t jury accorde la médaille d’argent.
- SOCIÉTÉ ANONYME DU SOUCHE, commune d’Anould (Vosges).
- iLesjpapeteries des Vosges conservent toujours
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- l’ancienne réputation dont elles jouissaient, surtout pour la fabrication à la cuve. La nouvelle fabrique de papier à la mécanique dirigée par MM>2 Journet et Mauban contribuera à maintenir cette réputation et k la propager. Cet établissement, qui ne date que de i838, expose pour la première fois les produits de ses deux machines et des 16 cylindres qui les alimentent. Elle consomme près de 700,000 kilogr. de chiffons. Quoique la nature des eaux et celle des chiffons ne lui soient pas aussi favorables que dans* d’autres localités, l’habileté et la longue expérience de M. Journet ont su vaincre ces difficultés. Rien de plus parfait que leurs papiers d’impression, parmi lesquels nous avons remarqué particulièrement un papier carré destiné à l’impression des œuvres de Monge. L’égalité parfaite et l’opacité du papier destiné à l’impression des gravures sur bois sont très-remarquables. Les papiers collés qu’ils exposent sont d’une grande blancheur et d’une belle fabrication ; le degré de collage de quelques-uns laisse peut-être quelque chose à désirer, mais il est très-suffisant pour les besoins du commerce. Legrand aigle qu’ils ont exposé a été reconnu très-bon pour le lavis, mais, comme; tous les papiers fabriqués à la mécanique , il résiste moins que les papiers fabriqués par les anciens procédés , au frottement de la gomme élastique.
- Le jury décerne à la fabrique du Souche la* médaille d’argent.
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- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM, BRETON frères et Cie, à Pont-de-Glaix (Isère),
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- Ont augmenté leur établissement; leurs produits sont de très-bonne qualité; leur papier de Chine, exécuté en partie avec des roseaux, s’est fait remarquer par des qualités qui se rapprochent tellement du papier fait en Chine avec le bambou, que le jury central lors de la précédente exposition décerna à MM. Breton une médaille de bronze, et la société d’encouragement pour l’industrie française leur a accordé le prix de 2,000 fr. pour ce procédé. Les déclarations des principaux imprimeurs en taille-douce et lithographes, tels que MM. Thierry, Remercier , Chardon frères , et l’opinion de M. Ri-chomrae comme graveur, attestent que les impressions faites sur ce papier sont au moins aussi belles que sur le papier de Chine. Le jury rappelle à MM. Breton frères et Cie la médaille de bronze qu’ils ont si justement méritée.
- Madame veuve BÉCOULET et M. YAISS1ER, à Arcier, près Besançon (Doubs).
- Cette fabrique qui a obtenu une médaille de bronze en 1889 , continue à faire des progrès; ses produits sont recommandables par leur bonne fabrication et sont bien collés; peut-être la solidité du papier laisse-t-ellé encore quelque chose à désirer.
- Le rappel de la médaille de bronze est légitime-
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- ment du au mérite des produits exposés par Madame veuve Bécoulet et M. Vaissier,
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. ANDRIEUX , YALLÉE père et fils, à Morlaix (Finistère).
- Leur fabrication à la cuve a pu jusqu’ici résister sans inconvénient à la concurrence formidable des machines. Les papiers qu’ils ont exposés sont d’une bonne exécution, d’une qualité nerveuse;les papiers dits fleurette sont recherchés pour l’exportation. M. Andrieux a huit cuves en activité: c’est la fabrique la plus considérable en ce genre. Elle emploie 55o,ooo kilogrammes de drilles, produisant 38o,ooo kilogrammes de papier dont la valeur est de 400,000 fr. MM. Andrieux et Vallée ont monté une machine à papier dont les produits sont très-estimés du commerce. Le jury décerne à MM. An-drieux et Vallée père et fils la médaille de bronze.
- M. FERRAND-LAMOTTE, à Troyes (Aube).
- Cette fabrique, créée en i836, est conduite par M. Ferrand-Lamotte avec une intelligence remarquable ; ses produits sont d’une bonne qualité, surtout si l’on considère le peu de temps de sa mise en activité. Mais ce qu’on ne saurait trop louer c’est que M. Ferrand-Lamotte, loin de se borner à imiter ce qui existe dans les autres fabriques, a cherché de nouveaux moyens pour perfectionner
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- une industrie portée déjà si loin. Ainsi, sans parler ici de son invention d’un pulvérisateur mécanique qui peut s’appliquer à plusieurs substances minérales employées dans les fabriques de papier, telles que l’alun, le manganèse, etc. M. Lamotte a présenté:
- i° Un appareil pour presser les pâtes et les éfi-locber, de manière à ce qu’elles puissent se blanchir facilement au chlore.
- Dans les caisses à égoutter, employées jusqu’à présent, les pâtes placées à la partie supérieure, égouttent beaucoup mieux que celles qui sont intermédiaires ; celles qui se trouvent au fond restent quelquefois plusieurs semaines avant d’être égouttées convenablement, et on doit même quelquefois les remanier. Plusieurs fabricants pour mieux priver d’eau les pâtes qu’ils veulent blanchir, font usage des presses hydrauliques, mais cette opération a l’inconvénient de comprimer la pâte en espèces de pains ou tourteaux très-épais, et tellement pressés, que malgré la manutention qu’on leur fait subir pour les diviser à la main (opération coûteuse), le blanchiment est moins satisfaisant. Au moyen de la machine de M. Ferrand-Lamotte, la pâte tombe des cylindres sur une toile métallique sans fin, où elle séjourne quelque temps et s’égoutte; puis elle est amenée au moyen de cette toile métallique sous deux cylindres en bois, sur l’un desquels tourne la toile. A mesure que la pâte est pressée , elle est immédiatement divisée par les dents d’une espèce de loup, en loquetles très-menues, qui conservant un égal degré d humidité, peuvent être blanchies immédiatement sans frais de manutention. Ce pro-
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- cédé permettrait de supprimer les caisses de dépôt, et les frais considérables de leur entretien.
- 2° Un régulateur à niveau d’eau, pour donner au papier une épaisseur égale.
- Trois obstacles s’opposent à la parfaite régularité d’épaisseur du papier : i° les variations dans la marche de la machine à papier, causées par l’inégalité d’impulsion du moteur, soumis à l’exhaussement ou abaissement du niveau de la rivière. (Des vannes à régulateur obvient plus ou moins selon les localités à ces inconvénients). 2° La densité variable de la pâte, selon que les ouvriers introduisent plus ou moins d’eau pendant la trituration. 3° La quantité pins ou moins grande de pâte contenue dans le grand cuvier, en sorte que par l’orifice, la pâte précipite ou ralentit son écoulement en raison de la force de pression.
- Plusieurs tentatives ont été faites, mais aucun des régulateurs essayés jusqu’à présent n’ont obvié à ces inconvénients divers. Le système de M. F. La motte approche-t-il plus près du but qui peut-être ne sera jamais atteint d’une manière absolue? c’est ce que l’expérience seule prouvera. Déjà plusieurs papetiers ont essayé et ont donné la préférence au procédé de M. F. Lamotte qui, depuis un an, emploie ce régulateur avec succès.
- 4° Une coupeuse à dents de scie, à l’usage des papeteries mécaniques.
- Cet appareil que M. F. Lamotte n’a pas encore mis en activité dans sâ fabrique, paraît fort ingénieux et très-simple. Il croit qu’il remplacera avec avantage et économie de main-d’œuvre les ma-
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- chines' compliquées et fort coûteuses, employées par quelques fabriques. En effet, les meilleures coupeuses sont clu prix de 5,ooo francs, et celle de M. F. Lamotte ne dépasserait pas 1,000 francs. A. la prochaine exposition on pourra juger du résultat pratique de cette machine, qui est encore à l’état d’essai.
- Les papiers exposés par M. F. Laimotte sont d’une bonne qualité, et destinés à l’usage ordinaire du commerce.
- En attendant que l’expérience ait confirmé les avantages qu’on doit espérer des machines exposées par M. F. Lamotte , le jury lui décerne la médaille de bronze.
- MM. LAROCHE-JOUBERT et DUMERGUE , à Nersac (Charente).
- Cet établissement qui depuis plusieurs siècles fabriquait avec distinction les papiers à la cuve, a établi en 1840 une machine à papier qui donne les plus beaux résultats. Ces fabricants fort ingénieux ont présenté des échantillons de papier qu’ils ont fabriqué avec des substances végétales autres que le lin, le chanvre et le coton. Ces plantes, disent-ils, ne sont employées à aucun usage , et leur fibre est très-nerveuse. Ils pensent donc que mêlés au chiffon énervé dont on est obligé de se servir, ces substances produiraient un grand avantage. On doit espérer beaucoup du zèle et de la capacité de MM. Laroche-Joubert et Dumergue.
- Leur machine à papier a été fabriquée à Angou-
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- lême par M. Motteau. Les produits de ces habiles fabricants sont très-estimés du commerce, et le méritent sous tous les rapports.
- Le jury décerne à MM. Laroche-Joubert et Du-mergue la médaille de bronze comme une récompense bien méritée déjà dans la nouvelle carrière qu’ils suivront avec une grande distinction, à en juger par leurs débuts si remarquables.
- M. LEMARIÉ (Nicolas), à Ergué-Cabéric, près Quimper ( Finistère ). .
- M. Lemarié a été le premier qui ait étàbli en Bretagne une machine à papier, qui met en œuvre les chiffons d’excellente qualité que produit ce pays. Les rouleaux de papiers qu’il a exposés sont d’une exécution très-remarquable. Cette fabrique a obtenu une mention honorable à l’exposition de 1839. Le jury apprécie ses efforts, et lui accorde une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. BOLLE ( Saturnin), à Barillon, commune de Lacouronne (Charente).
- La fabrication de cette papeterie réunit les principales qualités qui distinguent en général celles du département de la Charente. Nous avons remarqué de très-beaux papiers coquille dont le prix est peu élevé. Depuis 1843, cette papeterie a remplacé ses cuves par une machine.
- Le jury veut recompenser ses efforts qu’il se plaît à signaler et lui accorde la mention honorable.
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- M* DUPUY-LAGRANDRIYE, à Lagrandrive, près
- Ambert (Puy-de-Dôme).
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- Les papiers dits Joseph exposés parM. Dupuy-Lagrandrive ont une qualité remarquable ; c’est leur extrême finesse et leur qualité soyeuse, qui les fait rechercher pour être placés entre les dessins qu’ils doivent moins estomper que ne le feraient les papiers fabriqués à la machine. Ce mérite des papiers de M. Dupuy-Lagrandrive lui permet d’entretenir quatre cuves destinées à ce genre de fabrication et de lutter contre les papiers que la machine fabrique avec bien moins de frais de main-d’œuvre.
- La mention honorable est accordée à M. Dupuy-Lagrandrive comme récompense de la constance de ses efforts et du mérite de ses produits.
- MM. FREMEND1TY, GABALDE, BARATON et Cie, à Paris, rue de Choiseul, S,
- Ontexposé des filaments du bananier, qui paraissent offrir les conditions nécessaires pour la fabrication du papier quant à la ténacité, sauf à savoir ce qu’en coûtera le blanchiment. Des marchés considérables sont passés entre plusieurs fabricants et MM. Fremendity, Gabalde, Baraton et>Cl°. C’est en Amérique qu’ils font macérer et triturer ces produits dont l’utilité sera constatée du moment où les chargements qu’ils attendent au mois de septembre seront livrés aux fabricants. Toutefois nous devons rappeler qu’à l’exposition précédente 'M. May avait exposé des produits semblables j et même des papiers exécutés à la fabrique du> Marais avec les filaments
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- du bananier,, sans que ces essais aient eu<plus .de succès que les papiers faits avec la paille, le maïs, etc. Nous espérons voir à la prochaine exposition la complète, réussite des tentatives faites d’abord par M. May, et continuées maintenant par MM. Fre-mendity, Gabalde, Baraton et C‘e,.auxquels le jury accorde une mention honorable.
- MM. LAROCHE et FOUGERET, à Larocharidry, commune de Môuthiers (Charente ).
- • Créée en 1843, cette papeterie rivalise déjà*par ses produits avec celles qui font l’honneur des papeteries d’Angoulême;'bientôt il deviendra difficile de distinguer les produits de ces divers établissements qui se communiquent libéralement leurs procédés. Le temps seul et la notoriété-commerciale établiront les distinctions que le jury s’empressera de reconnaître. En attendant le jury accorde à MM. Laroche et Fougeret la mention honorable qu’ils méritent à tous égards.
- MM. DE MAUDÜIT aîné et Cie, à Quimperlé (Finistère).
- Cette fabrique, fondée en 1838, a monté une machine à papiers qui emploie avec avantage les chif-fonSfde la Bretagne. Les •papiers qu’elle .a exposés sont bien faits et de bonne qualité.
- Le jury décerne à MM. de Maudûit el C,e la mention-honorablé.
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- MM. PAT Y et Cie, à Paris , rue Castellane, 19,
- Ont exposé des papiers exécutés avec les filaments de substances exotiques. Plusieurs feuilles de papier en paille de riz , exposées par MM. Pavy et Cie, ont été fabriquées à Ecbarcon. Celles où il entre un tiers de filaments du plantanier et de la paille de riz paraissent avoir beaucoup d’analogie avec le papier de Chine par la finesse, la souplesse et le liant ; mais ce n’est qu’à l’exposition prochaine qu’on pourra juger des avantages que ces essais font espérer.
- Le jury accorde à MM. Pavy et C19 une mention honorable.
- MM. POIRIER-CHAPPUIS et 0% à Saint-Claude ( Jura).
- Les produits exposés montrent que MM. Poirier-Chappuis connaissent bien la fabrication du papier. Cependant plusieurs papiers laissent quelque chose à désirer quant à la blancheur. Ils ont exposé un rouleau de papier pelure et d’autres papiers bien collés, qui leur méritent la mention honorable que leur décerne le jury. Cette papeterie acquiert chaque jour plus d’importance.
- MM. SANFORD, YARRALL et LEGRAND , Paris, rue Montmartre, 148 ,
- Ont exposé des papiers , dits papiers goudrons, fabriqués avec de vieux cordages dont la fibre ner-
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- veusedonneàcegenre depapier beaucoup desolidité. Un mélange de goudron est répandu dans la pâte, en sorte que ce papier a sur ceux qui sont destinés à servir d’enveloppe, l’avantage de conserver les lainages par son odeur, et de pouvoir être adopté pour le paquetage des métaux, de la coutellerie, etc.
- En 1839 M. Gardon , fabricant de papiers au Buges (Loiret), avait exposé des produits semblables qui furent employés par l’administration des postes pour l’empaquetage des dépêches qu’ils préservaient contre l’humidité. Les machines de M. Cardon avaient été exécutées par MM. Sanford etVarrall.
- Le prix de ce papier est de 60 fr. les 100 kilogr. Le jury décerne à MM. Sanford , Yarrall et Legrand la mention honorable.
- CITATION FAVORABLE.
- M. PORLIER, à Paris, rue Montmorency, 32,
- Exécute lui-même les formes et filigranes qu’il a exposés. Ils sont très-estimés des fabricants de papier, qui les emploient pour fabriquer des papiers particuliers dits filigranés. Ces produits, consciencieusement exécutés, méritent la citation favorable que le jury leur accorde.
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- § % CARTONS.
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
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- M. ' GENTIL, à Vienne (Isère) ,
- A exposé des cartons lustrés destinés à l’apprêt des châles, au satinage des papiers imprimés et à l’apprêt des soies et des draps. Ces produits, qui sont aussi fort recherchés des relieurs et cartonniers, paraissent avoir été encore améliorés depuis la dernière exposition.
- Le jury accorde à M. Gentil une médaille de bronze. .
- MENTION HONORABLE.
- MM. KUENEMANN frères , à Aspach-le-Pont (Haut-Rhin).
- Cet établissement, fondé en 18/p , offre déjà des produits très-remarquables. Il emploie avec avantage des végétaux'de toute espèce , particulièrement les laiches des.forêts et des marais, les foins aigres et gâtés, les tiges sèches des pommes de terre, etc., et les convertit en papiers ayant une grande force d’adhérence , ce qui les rend précieux pour lepliage et l’emballage des étoffes. Dans l’année i843, cètte fabrique a livré au conamerce 3oo,000 kilogrammes de papier végétal dont la valeur est de 200,000 fr.
- Cette nouvelle industrie mérite des éloges. Le jury accorde une mention honorable aux produits de MM. Kuenemann frères.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- MM. PIQUES frères, à Uzès (Gard).
- Les cartons de MM. Piques frères .s’approchent beaucoup en qualité de ceux que M. Gentil a exposés, la pâte est solide et les cartons sont bien vernis. Le jury accorde une citation favorable aux produits de MM. Piques frères.
- M. BARÈY ( Jean ), à Missy (Calvados),
- A exposé des cartons minces et forts obtenus avec des. tiges de colza. Jusqu’à présent on brûlait ces tiges peu utilisées même comme engrais; l’idée de les transformer en cartons doit avoir d’heureux résultats; en effet, ils sont souples et légers, et on peut même écrire sur ces cartonsqui conservent une quantité suffisante de mucilage, ce qui contribue à leur solidité.
- Ces avantages pourront peut-être les faire préférer aux cartons de pâte et de paille , mais ce n’est qu’à l’exposition prochaine qu’on en pourra juger. En attendant, le jury accorde à M. Barey une citation favorable. ,
- § 3. FLOTRES.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. VALLIER, à Paris, rue Popincourt, 14.
- Les draps feutres que M. Yallier a exposés sont d’une qualité supérieure à ceux qui lui ont mérité ni. 35
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- à la précédente exposition la médaille de bronze, que le jury se fait un devoir de lui rappeler.
- MENTION HONORABLE.
- M. CHRÉTIEN fils, à Nersac ( Charente ).
- Depuis 1826, M. Chrétien a continuellement cherché à perfectionner les flotres destinés h la fabrication du papier. Les papetiers de Belgique, de la Suisse, de l’Italie et de l’Allemagne s’en approvisionnent , ce qui prouve leur bonne qualité généralement reconnue.
- Le jury accorde la mention honorable à ses produits.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. BARTHÉLEMY (Emile), à Metz (Moselle),
- A présenté des feutres bien exécutés, mais qui offrent ainsi que ceux de ses confrères, l’inconvénient d’avoir souvent le tissu trop serré. Les courroies , pour remplacer l’usage du cuir , ont besoin d’être améliorées encore à la jonction des coutures qui sont faites au moyen de rivets appliqués sur des plaques de cuivre.
- Le jury accorde à M. Barthélemy la mention honorable.
- MM. DESBOH CHAUD et PHILIPPIER, à Nersac (Charente).
- Le voisinage des belles papeteries d’Angouîême
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- a exercé son influence sur l’amélioration de la fabrication des flotres; ceux que MM. Desboucliaud et Philippier ont exposés sont d’une bonne qualité, les flotres coucheurs sont moelleux et les sécheurs sont fermes et paraissent avoir les qualités désirables.
- Le jury décerne à MM. Desboucliaud et Philippier une mention honorable.
- M. TRARIEUX, àAubeterre (Charente),
- A exposé des flotres estimés des papeteries d’An-goulême, et dont le tissu n’est point trop serré, ce qui est favorable à la fabrication du papier.
- X^e jury accorde aux produits de M. Trarieux la citation favorable.
- SECTION II.
- CUIRS ET PEAUX, BUFFLETERIE, HONGROIERIE, CHÀMOISERIE, MÉGISSERIE, CUIRS VERNIS, MAROQUINS , TOILES CIRÉES.
- M. Dumas, rapporteur.
- § 1er. CUIRS ET DE AUX.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MM. BÉRENGER, ROUSSEL et Cie, à Paris, rue Mouffetard, 321.
- La vaste tannerie dirigée par M. Bérenger fabriquait autrefois des cuirs tannés et des cuirs
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- hongroyés; elle se consacre aujourd’hui exclusivement à la production des cuirs forts tannés.
- Les procédés employés dans cette tannerie sont ceux qui depuis longtemps sont en usage dans l’art du tanneur; seulement, ils y sont employés avec une grande habileté et les diverses dispositions des ateliers, ainsi que les détails des opérations qui s’y exécutent, peuvent servir de modèle dans ce genre d’industrie.
- Cette tannerie opère sur 4<>?ooo cuirs environ par année. Elle possède des foulons pour ramollir les cuirs étrangers avant de les mettre en travail. Elle possède plusieurs marteaux qui servent à battre les cuirs avant de les livrer au commerce.
- La tannerie de MM. Bérenger Roussel et Cie parait toujours au jury très-digne de la médaille d’or qui lui fut décernée sous le nom de M. Sterlingue.
- M. DURAND-CHANCEREL, à Paris, rue de l’Our-sine, 7 et 9, et rue des Gobelius, 3.
- M. Durand-Chancerel fabrique 20 à 25,000 veaux par an, qui sont employés pour la fabrication de la tige et de la carde. Son veau est fin et ras, d’une souplesse qui ne laisse rien à désirer pour la chaussure.
- Il fabrique aussi de 7,000 à 10,000 cuirs jusés par année. Celui-ci est blanc, ferme et serré; il est employé avec succès pour les chaussures de luxe et même pour les expéditions à l’étranger, parce qu’il a l’avantage de 11e pas gondoler à la chaleur et de conserver aux chaussures leur forme. Il est d’ailleurs peu perméable à l’humidité.
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- Il vend son cuir 2 fr. 5o c. h 2 fr. 60 c. le kilogr. Cependant la semelle de son cuir ne coûte pas plus cher au cordonnier que celle des cuirs des autres tanneurs.
- M. Durand paraît toujours digne de la médaille d’or qui lui a été décernée en 1839.
- M. OGEREAU, à Paris , rue Buffon, 5.
- M. Ogereau est connu depuis longtemps par ses succès dans le commerce et la fabrication des cuirs de toute espèce. Ses ateliers embrassent la tannerie, la corroierie et même la maroquinerie; sa cor-roierie jouit d’une réputation méritée â tous égards, et qui avait fixé en 1839 très-particulièrement l’attention du jury.
- Ses produits trouvent leur placement en partie en France; mais M. Ogereau travaille plus particulièrement peut-être pour l’exportation, et il place une grande partie de sa fabrication en Angleterre , en Portugal, en Espagne, à New-York, à Buénos-Ayres, au Mexique ou dans nos propres colonies.
- M. Ogereau est l’un des tanneurs qui, frappés de la mauvaise fabrication des cuirs forts à Paris il y a quelques années ont contribué aux améliorations qui ont rétabli la réputation de Paris. Depuis lors, ses efforts ne se sont pas ralentis. La tannerie des gros cuirs à semelles est placée par la lenteur de sa production dans une position fâcheuse. Il faut encore vingt mois pour fabriquer un cuir en France ; on emploie deux ans en Belgique. On conçoit l’embarras clans lequel se trouve le fabricant obligé dès lors d’acheter aujourd’hui un produit qu’il ne ven*»
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- dra que dans deux années. M. Ogereau, par une nouvelle méthode, est parvenu à tanner en six mois les cuirs à semelles en leur donnant l’apparence, la qualité et le poids qu’ils auraient obtenus par les moyens ordinaires. Cette méthode, qui constitue un tannage par filtration continue, consiste à établir dans l’opération du tannage une circulation de liquides qui vient répéter les contacts du liquide avec la peau et le tan, et rendre par conséquent plus prompte et plus sûre la dissolution du tannin et sa combinaison avec la peau. La main-d’œuvre restant la même, les écorces étant employées dans la même proportion ou même en proportion moindre, tous les avantages se trouvent réunis dans ce nouveau système, si la pratique vient le consacrer. On y trouve, en effet, une économie des deux tiers sur les capitaux , la possibilité pour le tanneur de réaliser plus vite et d’opérer par conséquent plus sûrement ; et enfin, le cas de guerre advenant, la certitude de fournir en peu de mois des cuirs de bonne qualité pour nos équipements militaires. M. Ogereau avait déjà essayé cette méthode lors de l’exposition dernière, mais il a pensé que la pratique devait venir fortifier le succès des premiers essais. M. Ogereau, dans une tannerie qu’il possède en Auvergne, vient d’établir en grand ce système de tannage par filtration continue.
- Certes le jury ne voudra pas dès à présent déclarer qu’il regarde comme résolu le problème important du tannage rapide pour les cuirs forts; il ne confondra pas l’expression de ses vœux avec celle de son jugement. Cependant, il doit déclarer que
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- parmi les essais dirigés dans ce but, ceux qui l'ont été par M. Ogereau l’ont particulièrement intéressé par l’étendue de leur échelle , par l'importance des appareils construits dans le but de les mettre en pratique et par la confiance commerciale et la hardiesse manufacturière déployées par M. Ogereau dans cette occasion. Or, comme cet habile industriel est parfaitement apprécié à ce double titre, le jury ne peut s’empêcher de regarder comme une présomption très-favorable pour le succès de ce procédé la confiance qu’il inspire à M. Ogereau lui-même , qui depuis cinq années en étudie tous les détails avec un si grand soin.
- Certes, si le procédé adopté par M. Ogereau se montre dans la pratique capable de fournir des cuirs en tout comparables à ceux qui proviennent de l’ancienne méthode de travail, l’art de la tannerie aura reçu de cette modification l’un de ses plus heureux perfectionnements.
- C’est assez dire que le jury juge M. Ogereau toujours très-digne de la médaille d’or qui lui fut décernée en 1839.
- MÉDAILLES D’OR.
- MM. PELTEREÀU jeune frères, à Château-Renault ( Indre-et-Loire ).
- Les fabriques de cuirs de Château-Renault peuvent être comptées au nombre des plus importantes et des plus estimées du royaume; elles offrent surtout un haut intérêt sous le rapport de la réputa-
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- tion de supériorité dont leurs produits ont toujours Joui-
- On y fabrique spécialement les cuirs connus dans le commerce, sous la dénomination de cuirs jusès ,• bœufs et vaches lissés, en un mot, tous les cuirs pour semelles.
- L’établissement de MM. Peltereau frères, le plus ancien, le plus renommé et le plus important de Château-Renault, est celui qui a donné dans cette localité, l’élan à cette fabrication perfectionnée. Transmis de père en fils, successivement et sans interruption depuis le commencement du XVI0 siècle, il a constamment reposé sur des bases les plus solides : perfection dans les produits, loyauté dans les transactions.
- Les deux jeunes fabricants, qui depuis peu d’années ont recueilli cette succession, ne sont pas restés au-dessous des devoirs qu’elle leur imposait. Les cuirs qu’ils ont envoyés à l’exposition sont de tous points irréprochables, et justifient complètement la faveur dont ils jouissent sur les différents marchés. Leur travail annuel s’élève à 1,000,000 d’affaires.
- Le jury a pensé que c’était un fait bien digne de de remarque que cette industrie exercée depuis plus de deux cent cinquante ans dans la même localité , par la même famille, dans laquelle se transmettent religieusement toutes les bonnes traditions ; il a pensé aussi qu’on ne saurait trop bien récompenser un pareil ordre de choses, en conséquence il décerne à MM. Peltereau jeune frères la médaille d’or.
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- MM. DELBUT et Gie, à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise).
- M Delbut est un des plus anciens tanneurs de Paris ou des environs ; c’est aussi l’un de ceux qui l’ont le plus d’affaires, car il opère chaque année sur environ huit mille cuirs de bœufs, soit de France, soit d’Amérique.
- On doit à M. Delbut l’introduction de l’ébourrage à l’échauffe, en remplacement de l’ébourrage à la chaux, qui pour les cuirs forts offre de véritables inconvénients.
- M. Delbut a été d’ailleurs l’un des tanneurs les plus dévoués aux intérêts de cette industrie, et il n’a pas craint de compromettre tonte sa position pendant longues années , en maintenant sa fabrication sur un principe plus loyal que celui qu’une fâcheuse concurrence avait fait généralement adopter il y a vingt années dans les tanneries de Paris.
- M. Delbut vient d’introduire dans sa fabrication un perfectionnement nouveau et important, en plaçant entre les opérations du refaisage et celles du tannage proprement dit, une opération nouvelle qui consiste à soumettre les cuirs è une pression graduée, mais puissante, en les mettant en tas, sous une charge de tan très-considérable. Il résulte de ce nouveau travail que le cuir soumis au tannage v conserve une densité et une imperméabilité supérieures à celles que présente le cuir qui a été tanné sans cette préparation préalable.
- M. Delbut a exposé les résultats d’une suite d’essais exécutés sur une grande échelle, donnant di-
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- vers moyens d’utiliser le dividivi dans le tannage des cuirs forts.
- M. Delbut a obtenu en j 889 une médaille d’argent. Depuis cette époque, cet habile tanneur a persévéré dans la voie d’amélioration qu’il s’était ouverte. Dans sa tannerie, l’emploi de la chaux, celui de l’acide sulfurique sont depuis longtemps exclus. L’ébourrage à la vapeur a été introduit et généralisé par lui. Enfin, il vient d’enrichir la tannerie d’une opération nouvelle et importante, cette compression graduée des cuirs qui les prépare au tannage, en leur donnant une densité et une imperméabilité, qui leur assignent des qualités nouvelles, tout en mettant à profit des matières tannantes qui, jusqu’ici, n’ont été employées qu’avec difficulté.
- M. Delbut est donc un de nos tanneurs les plus distingués. Ses travaux ont été très-sérieux et très-profitables à son industrie. Quelques-uns d’entre eux offrent un caractère de nouveauté véritable, et sa fabrication possède depuis longtemps un caractère qui place ces produits dans un rang élevé parmi ceux de la place de Paris.
- Le jury central décerne à MM. Delbut et Cie une médaille d’or.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. P. BRISOU fils aîné, à Rennes (Ille-et-Vilaine).
- M. Pierre Brisou, fils aîné, établit à Rennes, il y a quarante-cinq ans, la première fabrique de tan-
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- nerie ; depuis cette époque , cette industrie n’a pas cessé de prendre de l’extension , et trente établissements de ce genre y ont été successivement créés.
- M. Brisou tils aîné fabrique des cuirs à la jusée et des veaux et vachettes pour empeignes :ses produits ont paru au jury fort bien préparés et très-dignes de la réputation dont ils jouissentdans le commerce.
- Sa tannerie occupe annuellement cinquante ouvriers, il possède en outre une machine à vapeur qui fait mouvoir un hachoir et un moulin pour le broyage du tan.
- Ce fabricant est toujours digne de la médaille d’argent qu’il a obtenue en iSiig.
- M. REULOS, à Paris, rue du Jardin-du-Roi, 15.
- M. Reulos exposa pour la première fois en i83g sous le nom de Reulos et Budin, des peaux de chevaux pour la chaussure, tannées par un nouveau procédé qui a pour résultat de donner à ces peaux, jusqu’alors creuses et cassantes, une homogénéité toujours égale, et une souplesse que l’usage ne fait qu’augmenter.
- Le jury central leur décerna à cette époque une médaille d’argent. Depuis lors, MM. Reulos et Budin se sont séparés, et continuent, chacun de leur côté, le même genre de fabrication.
- Le cheval est, de tous les animaux, celui dont la peau offre le plus de défauts et qui demande le plus de précautions pour le tannage, car sur une centaine de peaux de chevaux livrées à la tannerie, il ne s’en trouve pas dix qui soient complètement saines; presque toutes offrent des gales occasionnées par le
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- collier, la selle, les coups de fouet ou les coups d’éperon, qui tous altèrent la fleur de la peau, ce qui la rend extrêmement difficile à travailler.
- La peau de cheval sèche offrait de grandes diffî-cultés de fabrication, qui maintenant sont tout à fait surmontées.
- La fabrication de M. Reulos repose sur des procédés particuliers, elle donne d’excellents produits.
- M. Reulos paraît donc toujours très-digne de la médaille d’argent qui lui a été décernée en 1889 sous la raison Reulos et Budin.
- M. BUDIN, à Paris, rue du Fer-à-Moulin , 32.
- En i83g, M. Budin avait exposé conjointement avec M. Reulos dont il était l’associé; depuis ils se sont séparés, et continuent chacun de leur côté, avec non moins de succès, le tannage et le corroyage des peaux de chevaux.
- L’emploi du cuir de cheval a longtemps été assez restreint, surtout pour la chaussure; mais depuis qu’on a appris à lui donner toute la solidité, toute la souplesse désirables, l’usage s’en répand chaque jour davantage, et le temps n’est probablement pas éloigné où les cuirs de veau pour tiges et empeignes seront presque entièrement remplacés par les cuirs de cheval.
- Les divers échantillons exposés par M. Budin , 11e laissent rien à désirer, le jury les a trouvés de tous points irréprochables; il déclare ce fabricant toujours digne de la médaille d’argent qui lui fut décernée en 1809.
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- NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. DURAND (Guillaume), à Villiers-sur-Morin ( Seine-et-Marne ), et à Paris, rue Marie-Stuart, 8.
- M. Guillaume Durand possède à Villiers-sur-Morin , une fabrique spécialement consacrée à la production de la buffleterie, dont les produits lui ont valu en 1839 une médaille d’argent.
- Depuis lors, il s’est livré avec zèle au travail des cuirs forts, comme on peut en juger par les faits suivants.
- L’usage de battrelescuirs au marteau mécanique, introduit dans le commerce par la maison Ster-lingue, avait été accueilli avec tant de faveur, que tous les tanneurs voyaient leurs produits frappés d’une véritable infériorité. Dans ces circonstances, M. Guillaume Durand a fait construire dans sa tannerie , par M. Berendorf, un marteau qui fonctionne sur un principe nouveau, et qui rend de grands services maintenant.
- C’est dans la tannerie de M. Guillaume Durand que M. Loysel vient de faire toute la série d’essais sur l’emploi du dividivi, essais qui ont eu un succès presque complet.
- Le jury central décerne à M. Guillaume Durand une nouvelle médaille d’argent.
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- MÉDAILLES D’ARGENT.
- M. HOUETTE aîné, à Paris, rue du Fer-à-Mou-
- lin, 26.
- La fabrique de M. Houette aîné est une des plus importantes de Paris; car elle comprend non-seulement le tannage, mais encore la corroierie et le vernissage des cuirs et peaux; les produits de sa fabrication consistent :
- i° En cuirs, vaches et chevaux pour chaussures et sellerie;
- 2° En peaux de veau pour le même objet;
- 3° En cuirs et peaux vernis.
- Tous ces objets s’y fabriquent sur une grande échelle et avec beaucoup de soin ; M. Houette est le tanneur le pius ancien et l’un des plus honorables de Paris, c’est un de ceux qui ont le plus contribué à y maintenir les traditions d’une fabrication loyale.
- Le jury pense que cet ensemble de fabrication, qui réunit presque toutes les branches de l’industrie des cuirs, était digne de tout son intérêt et de ses récompenses; en conséquence, il décerne à M. Houette aîné la médaille d’argent.
- M. CAMUS-LAFLÈCIIE, à L’Aigle (Orne).
- La tannerie de M. Camus-Laflèche est l’une des plus anciennes et des plus importantes de France; elle se distingue surtout par la variété et la qualité remarquable de ses produits.
- Cet établissement opère sur une masse considérable de peaux de toute espèce : bœufs , chevaux ,
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- vaches et veaux; mais, c’est surtout ce dernier article qui est l’objet principal de sa fabrication , puisqu’il n’en livre pas moins de 120 à 125,000 peaux par an à la consommation. Ces veaux sont particulièrement recherchés par les relieurs et les ver-nisseurs. Deux fabricants distingués de cuirs vernis, MM. Nys et Plummer, juges très-compétents dans une pareille question , les considèrent comme les plus propres et les plus convenables à leur fabrication , et c’est dans la fabrique de M. Camus-Laflè-clie que M. Nys s’approvisionne en grande partie.
- Le jury décerne à M. Camus-Laflèche la médaille d’argent.
- MM. PRIN et Cie, à Nantes (Loire-Inférieure).
- Depuis environ vingt-cinq ans, la corroierie a été importée à Nantes, et y a acquis assez de développement pour faire une concurrence active à Paris et Tours, villes autrefois en possession, pour ainsi dire exclusive, du monopole de la fabrication et de la vente des cuirs corroyés.
- Cette industrie est exercée aujourd’hui à Nantes dans trente établissements, dont cinq montés de manière à pouvoir exécuter les commandes les plus importantes.
- L’exportation des produits de la corroierie de Nantes s’élève à environ deux millions par an, chiffre qui doit s’élever progressivement, si l’on en juge d’après les résultats obtenus par MM. Prin et Cie. En i836, année de leur établissement, ils livrèrent à l’exportation 8,000 peaux de veau ; cette année ils ont atteint le nombre de 60,000. Cet im~
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- portant résultat a été obtenu à la suite d’essais coûteux et d’envois directs nombreux, d’après lesquels ils ont pu opérer les rectifications et améliorations que les consommateurs de chaque pays exigeaient.
- Aujourd’hui, la fabrication et la marque de MM. Prin et Cie est justement appréciée sur les divers marchés étrangers où elle fait une concurrence active aux produits similaires provenant de Belgique, d’Allemagne et d’Angleterre.
- Le jury pense que l’extension considérable qu’a prise l’établissement de MM. Prin et Cie est digne de récompense; en conséquence, il lui accorde la médaille d’argent.
- M. HUTIN-DELATOUCHE, à Trye-Château, (Oise).
- Une des questions les plus importantes dans la tannerie est, sans contredit, celle du temps ; bien des tentatives ont été faites avec plus ou moins de succès pour en abréger la durée.
- M. Hutin-Delatouche a exposé des cuirs fabriqués d’après un procédé de tannage accéléré pour lequel il est breveté; quoique son invention ne remonte qu’à l’année 1841 , elle a déjà reçu un commencement de sanction , puisque les consommateurs qui emploient ses produits sont satisfaits de leur qualité.
- On mettait autrefois trois et quatre mois pour la confection du buffle. Par son procédé, M. Hutin l’obtient en un mois ; quant au cuir fort, il est complètement tanné en trois mois.
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- Les échantillons soumis au jury lui ont paru bien fabriqués.
- L’établissement de M. Hutin-Delatouche est monté avec intelligence; il tire habilement parti d’un moteur hydraulique d’une assez grande puissance pour les divers besoins de son industrie.
- Ces considérations ont déterminé le jury à récompenser les efforts de M. Hutin-Delatouche en lui décernant la médaille d’argent.
- M. PAUL, à Paris, rue du Jardin-du-Roi, 12.
- Le jury central de l’exposition de 183(), en accordant à M. Durand-Chancerel une médaille d’or pour t,a fabrication supérieure de peaux de veaux, signala particulièrement M. Paul, alors contre maître chez M. Durand Chancerel, pour son habileté et ses connaissances dans ce genre spécial de tannage.
- Depuis cette époque, M. Paul s’est établi pour son propre compte et a complètement justifié la bonne opinion formulée par le jury de 183g. En effet, dès son début, sa maison s’est placée au premier rang de sa spécialité , car ses veaux sont fins et ras, d’une souplesse parfaite, d’une excellente couleur, en un mot réunissant toutes les qualités d’une fabrication très-distinguée, et il n’en fabrique pas moins de 60,000 par an.
- Le jury a pensé que de semblables résultats étaient bien dignes d’être récompensés; en conséquence, il décerne à M. Paul la médaille d’argent.
- M. LEYEN (Maurice), à Paris, rue Pascal, 25.
- Un des plus grands obstacles que rencontre le ni. 56
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- fabricant de cuirs vernis vient certainement de la difficulté de se procurer des peaux convenablement tannées pour cette fabrication délicate. Plusieurs fabricants, et entre autres M. Nys, sont même obligés de soumettre à un second tannage la majeure partie des cuirs qu’ils emploient, et c’est peut-être là , il faut le dire, l’une des causes qui donnent aux produits de cet habile fabricant, la supériorité qui les distingue.
- Parmi le petit nombre de tanneurs qui s’occupent du tannage des peaux pour vernis, le jury a distingué, d’une manière toute particulière , M. Leven. Les produits qu’il a exposés sont irréprochables, et réunissent toutes les qualités exigées par les vernis-seurs; tannage parfait, couleur du plus beau blanc, uniformité de ton, finesse du grain, contexture souple et moelleuse.
- Il fabrique aussi des veaux pour chaussure, qui, au dire des premiers bottiers de Paris, sont aussi parfaits que ceux de Milhau.
- M. Leven s’est en outre occupé d’essais de tannage des vachettes de l’Inde, genre de fabrication qui offre les plus grandes difficultés. Ces essais ont parfaitement réussi. Les cuirs qu’il en a obtenus ne le cèdent en rien aux plus beaux veaux de l’abat de Paris; il a l’intention de donner une grande extension à cette nouvelle branche de son industrie.
- Quoique la fabrique de M. Leven n’existe que depuis quelques années seulement, la manière intelligente avec laquelle elle est conduite, les excellents produits qui en sortent, l’importance des affaires
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- qu’elle a déjà faites et qui ne peuvent qu’augmenter considérablement, sont des motifs bien suffisante pour décider le jury à décernera M. Leven la médaille d’argent.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. DURAND (Pierre), à Rully (Calvados).
- Ce tanneur livre tou jours au commerce des veaux d’une excellente qualité et fort recherchés par les fabricants de cuirs vernis.
- Le jury rappelle la médaille de bronze qui lui fut décernée en i83q.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. ESTIVANT et BIDOU fds, à Civet (Ardennes).
- Leur établissement, qui date de 1699, compte près-de 200 fosses et traite environ 7,000 cuirs de bœufs par armée. Leurs produits de bonne qualité accusent une fabrication soignée, dans laquelle, du reste, on est demeuré fidèle à l’ancienne méthode de travail, car le tannage y dure environ deux années.
- L’importance de l’établissement et la bonté des produits justifient la médaille de bronze que le jury décerne à MM. Estivant et Bidou fils.
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- MM. LANDRON frères, àMeung (Loiret).
- Leurs établissements , au nombre de deux , sont consacrés, l’un à la fabrication ducuirjusée, l’autre k celle du cuir à œuvre. Us opèrent sur 4 ou 5,ooo gros cuirs par année. Les cuirs exposés par ces fabricants justifient leurs assertions et attestent en effet une fabrication soignée où l’on a mis à profit les perfectionnements récents, tout en évitant les modifications trop chanceuses.
- Le jury accorde à MM. Landron frères une médaille de bronze.
- MM. SORREL-BERTHELET et Ci0, à Moulins (Allier).
- La fabrique de MM. Sorrel-Berthelet et Cie est montée sur une grande échelle tant pour la tannerie que pour la corroierie; les produits qui sortent cie cet établissement jouissent d’une réputation méritée sur tous les marchés du midi.
- Le jury décerne une médaille de bronzeà MM. Sor-rel-Berlhelet et Cie.
- Madame veuve ROUSSEL et M. COURTÉPÉE, à Paris, rue du Renard-Saint-Sauveur, 11.
- Les produits de ces fabricants sont très-variés, et en général d’une bonne fabrication; ainsi, ils ont exposé des peaux de bœufs de France et d’Amérique , des vaches tannées et corroyées ; des veaux pour cardes et vernis, enfin des tiges de
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- bottes corroyées, et cambrées par procédé mécanique.
- La fabrique de Madame veuve Roussel etM. Cour-tépée, est dirigée avec intelligence, et les produits qui en sortent sont connus pour leur bonne qualité.
- Le jury leur accorde la médaille de bronze.
- M. TROPEL (Ange), à Guingamp (Côtes-du-Nord).
- La tannerie est une des industries les plus importantes du département des Côtes-du-Nord; depuis quelques années surtout, elle y a pris une extension considérable; M. A. Tropel, est certainement un des industriels qui ont fait le plus d’efforts pour déterminer ce progrès : les cuirs de bœufs, vaches, veaux et chevaux qu’il a exposés, sont parfaitement fabriqués.
- Le jury lui décerne la médaille de bronze.
- M. DEZÀUX-LACOUR, à Guise (Aisne).
- La maison de M. Dezaux-Lacour ne date que de i833, néanmoins elle a déjà pris une extension assez considérable ; on s’occupe dans cette fabrique du tannage des cuirs forts, des chevaux et des veaux, et du corroyage de ces derniers.
- Ces divers produits sont généralement estimés dans le commerce, ainsi que le constate la correspondance que M. Dezaux-Lacour a mise sous les yeux du jury.
- Cet industriel parait diriger son établissement
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- avec intelligence, et dans des vues d’amélioration et de perfectionnement; ainsi, il utilise la puissance d’une machine à vapeur de la force de six chevaux, pour faire mouvoir divers appareils mécaniques, tels que moulin à tan, foulons, etc., au moyen desquels il obtient une économie assez notable dans la main-d’œuvre, et plus de régularité et de perfection dans le travail.
- Le jury décerne à M. Dezaux-Lacour une médaille de bronze.
- M. SUSER, à Nantes (Loire-Inférieure),
- A exposé des peaux de veaux préparées pour la chaussure. Il corroie tous les ans 3,ooo douzaines de peaux de veaux qui. s’écoulent pour l’exportation; les produits de M. Suser ont fixé l’attention du jury parleurs bonnes qualités pour la chaussure.
- Le jury lui accorde une médaille de bronze pour l’ensemble de ses produits.
- M. MELLIER, à Paris, rue de Bondy, 76.
- La corroierie de M. Mellier fournit des produits tout è fait spéciaux, et qui exigent une qualité de matière première, et une perfection de fabrication particulières.
- C’est de la préparation des cuirs employés dans les diverses branches de la mécanique, que s’occupe exclusivement M. Mellier.
- Ainsi, il a exposé un grand nombre d’échantillons de cuirs, pour filatures de laine et de coton , pour cardes, pour rota-frotteurs , diverses courroies pour mécaniques, etc.
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- Tous, ces produits ont paru au jury d’une execution parfaite, et supérieurs à tout ce qui avait été fait jusqu’ici dans ce genre ; en conséquente, il décerne à M. Me!lier une médaille de bronze.
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES.
- M. ROQUES, à Montpellier ( Hérault ),
- À exposé des peaux de basane huilée d’uile bonne préparation.
- M. MICHEL, à Quimper (Finistère),
- À exposé des cuirs forts battus, tannés h fond, qui se sont conservés bien planes, malgré les alternatives d’humidité et de sécheresse, auxquelles ils ont été soumis pendant la durée de l’exposition.
- Ces fabricants se montrent toujours dignes de la mention honorable qui leur fut accordée en 1839.
- NOUVELLES MENTIONS HONORABLES.
- MM. ROUET et Cie, à Saint-Aignan (Loir-et-Cher),
- Ont exposé trois cuirs jusée de Buenos-Ayres, comme échantillon d’une partie de 2,000 cuirs récemment tannés dans leur établissement, en leur appliquant une-méthode de préparation qui permet d’en opérer le débourrage, sans traitement à l’échauffe.
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- Le jury leur accorde une nouvelle mentionhono-rable.
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- M. LARGUÈZE aîné , à Montpellier (Hérault),
- Prépare des cuirs du pays et des cuirs de Buenos-Av res, tant avec le chêne vert qu'avec la garouille. Il a spécialement exposé des veaux blancs ou cirés, qui ont été tannés au chêne vert, et qui ont paru au jury d’une bonne Fabrication.
- Le jury lui accorde une nouvelle mention honorable.
- M. CORNIQUEL, à Vannes (Morbihan).
- M. Corniquel a exposé des cuirs de diverses espèces qui indiquent une bonne fabrication ; ce tanneur, ainsi que l’atteste le jury d’admission du Morbihan, s’occupe d’essais de tannage au moyen de la pomme de pin; mais M. Corniquel n’a point, envoyé à l'exposition des cuirs provenant de ce mode de fabrication.
- Le jury pense que ce fabricant est digne d’une nouvelle mention honorable.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. MERLANTjeune, à Nantes (Loire-Inférieure),
- A exposé des veaux pour chaussure, destinés à l’exportation. Il en fabrique environ 2,000 douzaines annuellement. La qualité en a paru satisfaisante.
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- M. CHICOINEAU aîné, à Quimperlé (Finistère),
- A exposé des cuirs forts jusée, des baudriers bretons , des croupons gris et cirés, des veaux en croûtes et cirés, des basanes, du cheval, etc. Sa fabrication est très-variée ; ses veaux ont paru d’un très-bon travail.
- M. BOYER (Martial), à Limoges (Haute-Vienne) ,
- A exposé des liges de bottes, qu’il prépare sur une assez grande échelle. On reconnaît qu’elles ont conservé toute leur ténacité, et cet industriel ne saurait trop maintenir sa fabrication dans cette voie.
- M. IZÀRN frères, à Perpignan ( Pyrénées-Orientales ).
- Ce tanneur a exposé un échantillon de ses cuirs à la garouille. Il opère sur 2,400 cuirs de bœufs par an, et consomme 3,000 quintaux métriques d’écorce de garouille.
- M. ROBERT aîné, à Perpignan ( Pyrénées-Orien-
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- taies ),
- A exposé des cuirs à la garouille. Il tanne environ 2,400 cuirs de bœufs ou vaches, en consommant 2,5oo quintaux métriques d’écorce de ga-o taille.
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- Mc DARSY fils , à Paris, rue du Fer-à-Moulin,
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- A exposé des veaux cirés pour la chaussure, et des veaux façon cuir de Russie pour portefeuille, et objets analogues. Ces deux genres de produits ont paru, bien préparés, et le second surtout a excité l’attention du jury.
- M. LE BAILLY (François), à Vire (Calvados),
- A exposé des peaux de veau et de vache, dont la qualité paraît très-bonne, et justifie la réputation de ce fabricant.
- M. TAYERNIER , à Argentan (Orne),
- A exposé des cuirs hongroyés d’une très-bonne fabrication, qui ont fixé l’attention du jury d’une manière particulière.
- M. SAUVEGRA1N , à Yilleneuve-le-Roi (Yonne),
- A exposé des peaux de vaches , chevaux et veaux qui paraissent de bonne qualité , et qui sont appréciées par le commerce.
- MM. PÉAN et LECQNTE, à Dinan (Côtes-du-Nord) ,
- Ont exposé des cuirs forts d’une excellente qualité, et qui sont en bonne réputation dans toute la Bretagne.
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- M. FIEUX fils aîné, à Toulouse (Haute-Garonne) ,
- A exposé des cuirs tannés et hongroyés , qui indiquent une bonne fabrication.
- M. THIRY fils , à Givet (Ardennes),
- A exposé des cuirs tannés et corroyés , qui sont appréciés par le commerce.
- M. LEROY, à Saint-Germain-en-Laye ( Seine-et-Oise ),
- A exposé un cuir de bœuf tanné en six mois, et une peau de veau tannée en quatre mois, par des procédés qui lui sont propres : ces cuirs paraissent assez bien fabriqués, mais c’est le temps et l’expérience qui décideront si les nouveaux procédés de M. Leroy offrent tous les avantages qu’il en attend.
- M. LE L EUR CH, à Auray (Morbihan),
- A exposé des cuirs tannés corroyés, qui indiquent que ce tanneur est un des bous fabricants de la Bretagne.
- M. LEROUX, à Rennes (Ille-et-Vilaine),
- A exposé divers cuirs tannés et corroyés , il emploie un marteau mécanique mu par une machine à vapeur, pour le battage de ses cuirs.
- M. DELYS, à Rennes (Ille-et-Vilaine).
- L’établissement de M. Delys est l’un des plus
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- considérables de la ville de Rennes ; on s’y occupe simultanément, et sur une assez grande échelle, du tannage des peaux de veaux et de mouton pour vernis, de la corroierie et de la mégisserie; les divers produits envoyés par ce fabricant ont paru au jury d’une bonne fabrication.
- M. THÉRY, aLamballe (Côtes-du-Nord),
- A exposé des peaux de mouton tannées au sumac d’unebonne fabrication, le jury a surtout été frappé de leur bon marché; M. Théry peut les livrer au prix de 14 fr. la douzaine.
- M. VAUQUELIN, à Paris, boulevard de l’Hôpital , 40.
- A la dernière exposition , le jury remarqua avec intérêt quelques échantillons de peaux, obtenues au moyen d’un tannage rapide, et exposées par M. Yauquelin à titre de simples essais d’un nouveau système. Un juste éloge fut donné à ce produit dans le rapport de 1839.
- Depuis cette époque, l’inventeur a soumis ses procédés à la société d’encouragement pour l’industrie nationale, et il en a reçu de nombreuses marques d’intérêt. Aujourd’hui, on peut considérer son système comme prêt à passer dans la pratique en grand, et comme ayant subi toutes les épreuves préliminaires; mais, il est du devoir du jury, quelles que puissent être ses convictions, de ne pas se prononcer sur l’avenir d’un procédé qui n’a
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- pas encore subi l’épreuve nécessaire de la pratique commerciale.
- Les procédés mécaniques, b l’aide desquels M. Yauquelin cherche à abréger la durée du tannage , sont bien combinés, et remplissent leur but. Sa machine à drayer fonctionne avec régularité. Plusieurs expériences faites sur une grande échelle, sous les yeux des commissaires de la société d’encouragement , ont prouvé que les peaux ordinaires se tannent avec facilité par les procédés de M. Vau-quelin , et que les peaux même les plus rebelles, peuvent être promptement tannées après avoir subi les traitements mécaniques mis en usage par ce tanneur.
- Le jury , bien convaincu de la vérité de tous ces faits, désire accorder à M. Yauquelin une marque de son intérêt en lui accordant une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement
- M. YIDAL (Jean), à Perpignan (Pyrénées-Orientales),
- Pour ses cuirs tannés à la garouille, et bien traités.
- M. ADUY (Jean), à Perpignan (Pyrénées-Orientales),
- Pour sescuirs tannés à la garouille ; ses peaux de
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- cîieval au chêne vert, les unes et les autres de bonne fabrication.
- § 2. BÜFFLETERIE , IIONGROIERIE , GHÀMOISERIE ,
- MÉGISSERIE.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. GANNAL, à Paris, rue de Seine, 6.
- M. Gannal a exposé un groupe de quelques oiseaux préparés par son procédé de conservation des matières animales; l’expérience paraît justifier les prévisions de l’auteur, car ces oiseaux sont parfaitement conservés.
- Le jury confirme à M. Gannal la médaille d’argent qu’il obtint en 1839.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. DOUAUD, à Nantes (Loire-Inférieure).
- M. Douaud a apporté de véritables perfectionnements dans l’industrie du chamoiseur, particulièrement en ce qui concerne les peaux de veau et de mouton propres à la chaussure; les résultats qu’ii a obtenus en ce genre sont tout à fait remarquables.
- Les peaux chamoisées qu’il a exposées sont parfaites de moelleux , de souplesse et de couleur. Tous ces produits trouvent un placement facile en Suisse, en Italie, en Espagne et dans les deux Amériques;
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- et chaque année ces débouchés prennent une extension plus importante.
- Le jury juge M. Douaud très-digne de la médaille d’argent.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. BOURJAT, à La Tronche, près Grenoble (Isère ),
- A exposé plusieurs peaux de veaux et de moutons chamoisées pour gants et pour chaussures ; ces produits sont bien fabriqués, le jury a remarqué leur grande souplesse, la vivacité de leur couleur, et en même temps le peu d’élévation de leurs prix.
- La fabrique de M. Bourjat est à peu près la seule de quelque importance qui ait survécu à la décadence de la mégisserie et de la chamoiserie dans le département de l’Isère.
- Le jury décerne à M. Bourjat une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES..
- M. TRACOL (Henri) , à Annonay (Ardèche),
- A exposé des peaux de chevreaux mégissées pour la fabrication des gants de premier choix; ces produits, que M. Tracol prépare sur une très-grande échelle, ont paru au jury d’une exécution parfaite.
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- M. A. CAMUS, à Poitiers (Vienne),
- A exposé des peaux d’agneaux mégissées pour la ganterie; ces peaux sont moelleuses, souples et apprêtées d’une manière remarquable.
- Le jury mentionne honorablement M. DIETZ jeune, à Paris, rue Pascal, 17 bis, Pour ses basanes de belle qualité.
- M. JOUANNEAU, à Paris, passage Valence, 7 ( quartier Saint-Marcel ),
- Pour ses peaux de mouton pour tapis de voiture; pour ses cuirs blancs lissés ; pour ses peaux mégissées.
- § 3. CUIRS VERNIS.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’OR.
- MM. NYS et Cie, à Paris, rue de l’Orillon, 27.
- Depuis i839, époque à laquelle M. Nys reçut, comme prix de ses constants efforts et des nombreuses améliorations qu’il avait apportées dans la fabrication du cuir vernis, la médaille d’or et la décoration de la Légion d’honneur; son établissement, ses relations tant à l’intérieur qu’au dehors, ont pris encore un développement considérable.
- Ainsi, en 1842, il augmenta sa manufacture, déjii très-vaste, de constructions très-importantes.
- La vente de ses produits, qui n’a pas moins grandi sur les marchés étrangers que sur la place, dépasse
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- aujourd’hui le chiffre énorme de 3,000,000 de francs, absorbés dans une proportion considérable par l’Angleterre, qui jusqu’il ce jour est restée notre tributaire pour cet article.
- La Belgique elle-même qui, par sa position et son commerce avec l’Allemagne, trouve h s’approvisionner facilement de veaux vernis à des prix très-avantageux, recherche cependant, quoique avec une différence de 20 pour 100, les produits de M. Nys, auxquels elle accorde toujours la préférence.
- S’il y a eu augmentation dans les bâtiments, progression dans l’écoulement des produits, il y a eu également augmentation dans le nombre des ouvriers qui dans ce moment s’élève k deux cent quatre-vingts , tant chez lui qu’au dehors.
- Quoique M. Nys ne tanne pas chez lui les veaux qu’il prépare dans sa fabrique , il n’en a pas moins un travail complet pour retanner la majeure partie de ceux qu’il achète, surtout depuis l’introduction dans le tannage de nouveaux procédés accélérés.
- L’établissement de M. Nys se distingue par la belle disposition des bâtiments, par leur distribution bien entendue, par l’ordre qui y règne , par la bonne direction du travail, et par le zèle et la bonne conduite des ouvriers qui y sont employés.
- M. Nys a établi une caisse d’épargne et de secours pour ses ouvriers. Au moyen de règlements établis avec justice, et du bien-être qu’il a toujours cherché à leur procurer, il a su s’entourer du dévouement de tous ses ouvriers.
- Cet établissement, déjà très-complet sous tous m. 37
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- les rapports, possède divers ateliers de construction, tels que menuiserie, serrurerie, etc. , et enfin une compagnie de vingt-deux sapeurs-pompiers pris parmi les ouvriers, entièrement équipés et parlai-, tement dressés aux manœuvres.
- Ce qui atteste suffisamment la supériorité des produits qui sortent de cet établissement modèle, c’est que malgré la quantité considérable qu’il livre au commerce, il ne peut exécuter toutes les demandes qui lui sont adressées.
- Un quart des commissions qui lui sont remises dans le courant de l’année restent inexécutées :
- Le jury ne saurait trop témoigner à M. Nys sa vive satisfaction pour de semblables résultats ; en con-r séquence, il déclare qu’il est de plus en plus digne de toutes les hautes distinctions dont il a déjà été honoré.
- M. PLUMMER, à Pont-Audemer (Eure).
- Cet habile manufacturier, qui en i83g, obtint la médaille d’or, a augmenté depuis cette époque ses moyens de fabrication.
- En 1889, il occupait cent ouvriers, maintenant il en occupe cent soixante-douze.
- A la même époque, il faisait de 13 à r ,400,000 fr. d’affaires annuellement, tant à Paris qu’en province et à l’étranger, et maintenant il en fait pour 2,000,000 à 2,5oo,ooo fr.
- Cet accroissement provient des améliorations apportées dans la fabrication sous le rapport de la beauté, de la qualité et de l’abaissement de prix des produits.
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- Une machine à dédoubler les peaux de vaches et de boeufs, pour laquelle il est breveté, a beaucoup contribué à ce résultat.
- Le dédoublage des cuirs fournit, non-seulement le grand avantage d’utiliser un énorme morceau de cuir qui, auparavant était perdu, puisqu’à l’aide d’un couteau à revers on l’enlevait en varlopes ou copeaux ; il en procure encore un autre presqu’aussi grand, en donnant la facilité de hâter la fabrication. Dédoublant les peaux de vaches et de bœufs dans la première période de la préparation du tannage, c’est-à-dire, environ un mois après quelles sont sorties de la boucherie, ces peaux, ainsi divisées, achèvent de se tanner dans le délai d’un autre mois; sans ce dédoublage, il faudrait au moins huit mois pour accomplir ce tannage.
- Les principaux selliers et carrossiers s’accordent à dire que les produits de M. Plummer ont conservé toute leur supériorité.
- Depuis quelque temps, les négociants commissionnaires expéditeurs pour les colonies y envoient, ainsi que dans l’Amérique du Sud, beaucoup de harnachements de chevaux en cuirs vernis avec des dessins dorés ou argentés. Les cuirs vernis de M. Plummer sont les plus propres au travail de l’argenture et de la dorure, et résistent sans s’altérer au degré de chaleur élevé qu’ils ont à subir dans cette préparation. M. Plummer garantit leur arrivée dans les pays les plus chauds sans accident de collage.
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- MÉDAILLES D ARGENT.
- M. GAUTHIER, à Paris, rue du Faubourg-Montmartre ,4.
- Admis à l’exposition cle 1809, M. Gauthier obtint une médaille de bronze. Ses produits ont subi des améliorations notables sous le rapport de la beauté, de la souplesse, de la solidité et sous celui du bon marché. Le résultat de ces perfectionnements a été de tripler le chiffre de ses opérations.
- Il vernit par année trente-deux mille peaux réparties de la manière suivante :
- i.
- 4,ooo vaches à capotes et autres.
- 10,000 veaux forts pour sellerie et équipement militaire.
- 8,000 veaux minces noirs et couleurs pour chaussure et sellerie.
- 10,000 maroquins minces noirs et couleurs pour chaussure et sellerie.
- Les cuirs vernis pour équipage obtiennent la préférence sur les cuirs anglais; ils les égalent en beauté, il l’emploi, et ne cassent pas dans les piqûres; ils offrent un avantage de 25 pour 100 sur les prix.
- L’équipement militaire en consomme beaucoup.
- . Les vaches vernies pour capotes ont reçu quelque perfectionnement au moyen d’un grain nouveau plus fin et plus saillant que l’autre, qui leur donne une souplesse essentielle à ces peaux sans diminuer l’éclat de leur brillant.
- A la dernière exposition , M. Gauthier avait ex-
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- posé ces .maroquins vernis pour chaussure, article alors nouveau, qui offrait de grands avantages sur le veau par son bas prix, et que le jury jugea susceptible de prendre beaucoup d’extension; M. Gauthier l’a appliqué à la carrosserie. Les voitures élégantes sont à présent garnies de ces peaux qu’il fabrique de toutes nuances; leur réputation s’est si vite et si bien établie, qu’elles se,consomment non-seulement en France, mais en Italie, en Prusse et en Belgique; la beauté et la vivacité des couleurs, la faculté de les employer à volonté pour l’intérieur ou l’extérieur des voitures, le vernis les rendant imperméables , explique ce succès ; les nuances grises , si difficiles à obtenir en maroquins.teints, réussissent parfaitement en maroquin verni.
- , On avait déjà essayé le chevreau vernis pour chaussure, mais une mauvaise fabrication en avait empêché l’emplpi; les? échantillons présentés par M. Gauthier étant souples et solides, donnent l’espoir que cet article, qui réunit les avantages du chevreau noir et doré, du côté de la finesse et de, la douceur, et ceux du vernis, du côté de la solidité . et du brillant,.sera adopté pour la chaussure^ des dames. . > ,
- Le jury central a distingué M. Gauthier comme un industriel très-laborieux , très-intelligent, à qui
- il se plaît à décerner la médaille d’argent.
- **•' * - * - ", - ' ' , ' ’ ' ’
- MM, PLATTET, frères, à Paris, rue Montmo-; rency, 39; ,> ,, / ; . •
- •>. . < v . . . « , ^ t
- Ont exposé des cuirs vernis, c’est-à-dire des veaux
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- et des moutons vernis en noir et en couleurs; ils ont exposé, en outre, des objets moulés en cuir et en feutre, tels que flacons de voyage, bidons, pots k l’eau pour la marine, etc.
- Ils ne tannent pas eux-mêmes leurs cuirs, mais ils reçoivent du commerce leurs peaux tannées , et emploient pour les corroyer et les vernir, 65 ouvriers k l’année , sans compter ceux du dehors.
- A la fabrication des peaux vernies pour la cordonnerie et la sellerie , la ceinturonnerie, etc., ils joignent celle des articles vernis de chasse et de voyage.
- Leurs bidons ou bouteilles de voyage ont fixé l’attention du jury. Jusqu’ici, on avait employé pour former l’intérieur de ces bouteilles , le verre ou le paillon d’étain simple; ces ustensiles étaient dès lors promptement détruits soit par le choc ou la pression, soit par l’action de certains liquides; leurs bouteilles se composent de deux coquilles d’étain estampées et soudées, et recouvertes de deux autres coquilles en cuir fort ; estampées également, cousues et enduites de plusieurs couches de vernis, elles sont à l’abri de toute détérioration intérieure; résistent à la pression tout en conservant assez de souplesse pour ne pas se briser par le choc. Elles se livrent d’ailleurs à bas prix.
- Ces bidons ou bouteilles livrés à quelques maisons qui font le commerce avec l’Algérie y ont reçu un favorable accueil. Le principe de leur fabrication est bon ; que les inventeurs en assurent la consciencieuse exécution , et le succès doit en être assuré.
- MM. Plattet frères, déjà placés dans un rang ho-
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- horable parmi les fabricants de cuirs vernis, ont paru par l’ensemble de leur fabrication, très-dignes de la médaille d’argent que le jury leur décerne.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. HEULTE (Théodore), à Paris, rue Pastourelle, 5.
- Sa manufacture de cuirs et feutres vernis, occupe de 4° à 5o ouvriers, et en outre i5 à 25 ouvriers, fouleurs, garnisseurs et autres, travaillent ^encore au dehors pour sa-maison.
- Tl fabrique annuellement : ,
- 4o à 5o,ooo «chapeaux et' toques de chasse en -feutre vernis, au travail desquels sont employés •--dix fourneaux et, étuves. , ;
- io,ooo‘ peaux ?de veaux, vaches et moutons, tant détaillées,qu’nn-pièces jpoür.‘chapellerie, chaussure et»sellerie, les visières /dessus de* schakos, ceinturons, schakos et schabskâs, et en général tousleslar-“fcicles -en )cuir*et Ifeutre verni .pour la» coiffure, et T’équipement militaire.. v
- ^Chaque année, ikexporte plus de î o,ooo chapeaux -et autres articles» vernis), au Brésil, ou dans nos; co-donies. ^ : > h -V:i; :-.' . . -•î
- ni >11 «fabrique? jin* casque.)en. daine sologne foulée, à -fond', verni, d’uneseule pièce ,^etsans,couture, destiné aux* sapeurs pompiers,;«de prix en-est de gfr. «tout»garni avec rchenille et crin noir et «ornements «métalliques; il en a fourni >200.pour une:compagnie du canton de Berne. , - ,
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- Par l’élasticité de son feutrage , ce casque garantit mieux du choc que celui de cuivre qui, se bos-suant sous la pression d’un corps qui tombe, préserve moins bien la tête que le feutre.
- Le jury décerne h M. Théodore Heulte une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. HOYELÀCQUE frères, à Paris, rue de Chabrol, 55.
- MM. Hoveîacque frères ont apporté de grands perfectionnements dans la fabrication des toiles vernies pour coiffes h schakos ; jusqu’ici, certains défauts avaient empêché de les employer de préférence aux toiles cirées ; elles étaient, il est vrai, plus belles et plus brillantes à la vue, mais elles avaient l’inconvénient de devenir collantes par la chaleur, et de se gercer, et même de se couper à la moindre gelée.
- Ces défauts ont entièrement disparu dans la fabrication de MM. Hoveîacque frères, et ce qui ne doit laisser aucun doute sur la qualité de leurs produits, c’est qu’ils ont la fourniture des deux tiers des régiments de l’armée, et qu’ils ont soumis au jury un grand nombre de certificats des conseils d’administration des divers régiments, qui constatent que les coiffes à schakos de MM. Hoveîacque frères sont d’une grande supériorité, tant pour la beauté et la souplesse du tissu , que sous le rapport de leur durée.
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- Le jury décerne à MM. Hovelacque frères, la médaille de bronze.
- ' i '
- M. MICOUD, à Paris, rue de Meaux, 12.
- M. Micoüd fabrique des cuirs vernis recherchés pour leur souplesse et leur imperméabilité; mais l’objet principal de sa fabrication, consiste en toiles vernies employées avec le plus grand succès, pour la reliure , l’ameublement, et l’impression lithographique et typographique; cette application déjà parfaitement accueillie par le commerce, est susceptible d’une grande extension.
- M. Micoud a éxposé, en outre, un nouveau système de toiles ingerçabîes sur châssis à tension mobile sans clef, à l’usage des peintres, etc. Enfin,des rouleaux sans couture , pour la lithographie, obtenus par un procédé fort ingénieux de dédoublage du cuir en vert.
- Le jury considère ces divefsesapplicâtions comme tout à fait dignes d’intérêt; en conséquence, il
- décerne à M. Micoud la médaillé de bronze.
- .....
- MM. ROUSSEL et DESPREZ, à Paris; rue du Faubourg-Montmartre, 10. \
- La fabrique de cuirs vernis de MM. Roussel et Desprez, est l’une des plus importantes èt dés plus anciennes de Paris ; lès cuirs y subissent successivement toutes les préparations : tannage, corroÿàge et vernissage ; les produits qui en sortent sont’très-estimés dans le commerce. ' * « m i ; : t
- . Le jurydéclare que MM. Roussel et.Desprezsont très-dignes de la médaille de bronze.
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- M. DÉADDÉ, à Belleville (Seine), et à Paris, rue Montmartre, 9.
- M. Déaddé a succédé à M.Depîaye, qui obtint en 1839 une citation favorable; il a perfectionné les procédés de fabrication de son prédécesseur. Il a exposé des vaches et veaux vernis pour la sellerie; des veaux et des moutons‘pour la chaussure : tous ces objets sont bien préparés, et justifient la médaille de bronze que le jury lui décerne.
- MENTIONS HONORABLES. '
- MM. MERLANT jeune et TAGOT, à Nantes (Loire-Inférieure).
- 'Paris a été jusqu’ici-en possession presque exclusive du monopole de la fabrication et de la vente des cuirs vernis; industrie dans laquelle aucun pays étranger ne peut nous faire concurrence. Mais,Paris suffit à peine aux demandes qui lui sont faites.
- MM. Méfiant jeune et Tagol oïït monté, dans le courant de 1843, une fabrique de cette espèce de cuirs à Nantes , et dlsr ont exposé Mes cuirs
- j • • '""i. \ j i
- vernis qui ont paru au ju|*y dignes d une mention honorable.
- M. QUÉVRAIN, à la Chapelle- Saint - Denis :( Seine), et à Paris, rue Saint- Martin, 134,
- ^S’occupe particulièrement de‘ la basane vernie -pour chapellerie, visièrè.,Peinture ; etc. Il fait surtout le vernis de couleur. Il vernit le carton), le tpapier., laUoile.-Sat fabrication en ce* qui concerne le mouton verni, «apparu au jury central digne d’une
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- mention honorable. Il occupe 26 ouvriers. Ses ventes se font sur la place de Paris.
- M. LECHEYALIER-HAMON, à Paris, rue de Charonne, 31, et rue Saint-Martin, 295,
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- A exposé des cuirs vernis de diverses couleurs, d’une bonne fabrication.
- V
- M. OZOUF, à Grenelle (Seine), rue dès Entrepreneurs, 31,
- Fabrique des cuirs vernis pour chaussures, carrosserie et sellerie; ses produits sont estimés.
- M. SOYER, à Paris, rue Cadet, 11,
- .) £ ; r ' . '
- S’occupe'de la fabrication des cuirs vernis, mais ..particulièrement de la corroierie. ,,
- CITATION FAVORABLE.
- MM. CLERCX et TENET, à Paris, rue Yiviennej A, :Pour leurs essaiside satins vernis^pour chaussures.
- ’ v;§ A. MAROQUINS. :
- f '/-O;? ' " • - -ry’^
- j : îRAPPELS4 DE/MÉDAILLES’ D’OR. o
- MM. FAÜLÈRYfères à ^Çhoisy-le-Ror^Seine)',ret à Paris, rue Mauconseil, 16.
- M. Fauler père a -contribué -puissamment à l’introduction en» France de la fabrication du ma-
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- roquin. Le jury cle i83g constata que les fils de cet industriel avaient noblement marché sur ses traces, et qu’ils avaient apporté de si grands perfectionnements dans l’industrie créée par leur père, que non - seulement ils avaient complètement affranchi le pays du tribut qu’il payait à l’étranger pour cet important produit, mais encore qu’ils avaient su se faire un rang spécial sur tous les marchés étrangers.
- MM. Fauler frères ne se sont point arrêtés dans la voie de'perfectionnement et. de progrès qui leur valut la médaille d’or en 183g. Depuis cette époque, leurs relations à l’extérieur se sont considérablement accrues, et pour satisfaire aux nombreuses demandes qui leur sont journellement adressées, ils ont été obligés de donner une nouvelle extension à leur établissement. Ils ont fait construire une machine à vapeur d’une grande puissance dont ils tirent habilement parti pour les diverses.opérations de leur industrie. Cette machine fait mouvoir des foulons de
- • ' * t , r * : * i > ^ v; v ,
- différentes espèces qui servent à purger ét à nettoyer à fond, les peaux,,soit en sortant de la chauxy soit après le tannage. Elle met également en mouvement des moulins dans' lesquels se fait le tannage avec une régularité parfaite et dans un temps beaucoup moins long que par les anciens procédés; des presses hydrauliques et à cylindreàbrégentdes trois quarts le temps nécessaire pour dessécher les peaux en sortant de la teinture'; avantage, d’autant plus grand, que les nuances les plus délicates rie sont plus altérées par la dessiccation, comme parle passé. La même machine fait aussi mouvoir un appareil
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- pour le varlopage des bois de teinture, un puissant ventilateur, et enfin une pilerie pour le broyage du sumac employé dans le tannage des peaux.
- Il restait encore un problème à résoudre , c’était de trouver un moyen de sécher les peaux dans les plus mauvais temps, eu conservant les couleurs qui coulaient toujours dans les étuves; ce qui forçait les fabricants de maroquin à suspendre leur fabrication pendant l’hiver.
- Après de nombreux et coûteux essais, MM. Fau-ler frères sont enfin parvenus à résoudre le problème de la manière la plus complète et la plus satisfaisante, en établissant une étuve d’après les principes de d’Àrcet pour les magnaneries salubres et à laquelle ils ont appliqué le ventilateur Combes ; par ce moyen, ils sèchent rapidement les peaux tout en conservant leurs couleurs aussi pures qu’avec la dessiccation à l’air libre.
- Il restait encore à remplacer par un moyen mécanique le lissage des peaux, travail extrêmement pénible pour les ouvriers. MM. Fauler frères ont déjà monté plusieurs machines à lisser qui marchent avec une régularité parfaite, et qui donnent les meilleurs résultats.
- Toutes ces améliorations ont été introduites par MM. Fauler frères depuis l’exposition de i83g. Elles ont eu pour résultat d’apporter une grande économie dans la fabrication, d’étendre considérablement l’importance de leurs'affaires dont le chiffre, cette année, est plus que doublé. Il est bon de remarquer aussi que malgré l’emploi d’aussi puissants moyens mécaniques, le nombre de leurs ouvriers
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- va toujours croissant; dans,ce.moment, il s’élève à près de deux cents.
- M. DALICAN, à Paris, rue Censier, 13.
- Les produits que ce fabricant a exposés ont paru remarquables au jury, parla variété et la vivacité de leurs couleurs.
- M. Dalican est toujours digne delà médaille d’or décernée, en 181g, à son prédécesseur, M. Mattler.
- RAPPELS DE MÉDAILLES D’ARGENT.
- MM. EMMERICH et J.-B. GCERGER fils, à Strasbourg (Bas-Rhin).
- L’établissement de MM. EmmericB et Gcerger fils, qui, aux quatre précédentes expositions, a obtenu la médaille d’argent, a exposé' cette année une belle collection de maroquins de diversesnuances ; les couleurs claires se font particulièrement remarquer.
- Le jury reconnaî t que MM. Emmericb et Gcerger fils se sont maintenus dans la position importante qu’ils occupent depuis tant d’années, et qu’ils méritent toujours la médaille d’argent qu’ils ont obtenue.
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- MM.t LANZENBERG et Cie, à Strasbourg (Bas-Rhini).
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- En 1839 , MM. Lanzenbérg et C1® présentèrent
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- pour la première fois un assortiment des produits de leur industrie qui leur valut une médaille d’argent. Depuis.lors, ils ont encore perfectionné quelques-uns de leurs articles, notamment les maroquins noirs, auxquels ils ont donné plus de lustre et de souplesse , et les maroquins rouges dont la nuance a plus d’éclat et de vivacité. Le jury a aussi remarqué leurs maroquins et moutons, vert cantharide et jaune doré de diverses nuances. MM. Lan,-zenberg et C'e sont toujours en première ligne pour ce genre de fabrication.
- Le jury déclare que MM. Lanzenberg et Cie sont déplus en plus dignes de la médaille d’argent qui leur fut décernée en i83g.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. TREMPÉ jeune, oncle et neveu, à Paris, rue des Écluses-Saint-Martin, 28,
- S’occupent spécialement, et avec le plus grand succès, de la préparation des peaux de chevreau pour chaussures. Les produits qu’ils ont exposés, particulièrement les peaux noires et bronze doré, ont paru parfaitement fabriquées. Le jury déclare que la fabrique de MM. Trempé jeune, oncle et neveu , est toujours digne de la médaille de bronze quelle a déjà reçue sous la raison Cruel-Trempé et Félix Bernheim.
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- MENTIONS HONORABLES.
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- Le jury mentionne honorablement
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- MM, CARRÉ et BARRANDE, à Paris, rue des Cinq-Diamants, 11 ,
- Pour ses peaux de chevreau et d’agneau en bronze doré et noir.
- M. VINCENT, à Paris, rue Gedfïroy-FAngevin, 15,
- • i s ' «
- Pour ses peaux de moutons destinées à la chapellerie.
- § 5. TOILES CIRÉES.
- . MÉDAILLE D’OR. .
- MM. BAUDOUIN frères, à Paris, rue des Récollets , 3.
- « Si, d’un côté, on aime à voir notre industrie » des cuirs vernis, longtemps inférieure à celle de » l’Angleterre, lui faire aujourd’hui, sur son pro-» pre terrain, une aussi sérieuse concurrence, d’au-» . tre part on ne peut s’empêcher de regretter que », la consommation des cuirs vernis soit compara -» tivementsi faible en France, car elle indique ces » habitudes d’un luxe solide et éclairé, qu’il serait » si nécessaire de développer parmi nous. » Tel est le langage que tenait lé rapporteur du jury de
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- 1839 ; nous sommes heureux de pouvoir constater que ses vœux se sont réalisés et que les résultats ont dépassé ses espérances. Depuis cette époque la consommation du cuir verni a plus que décuplé, la majeure partie des fabricants ont perfectionné leurs procédés de fabrication; de nouveaux établissements se sont créés ; de là, amélioration dans la qualité des produits et en même temps baisse dans les prix.
- Parmi les fabricants qui ont contribué à amener ce résultat nous devons citer en première ligne MM. Baudouin frères, qui ont donné une grande extension à leur fabrication de cuirs vernis, et dont les produits sont dignes d’éloges.
- Mais ce ne sont pas seulement des cuirs vernis que fabriquent MM. Baudouin frères dans leur bel établissement de la barrière Saint-Jacques; ils y produisent aussi, sur une très-grande échelle , tous les produits bitumineux, et de plus des toiles cirées, des toiles imperméables, des toiles vernies pour tous les usages, et enfin un article tout à fait spécial qui a vivement frappé l’attention du jury ; nous voulons parler des grands tapis cirés en forte toile qu’ils fabriquent spécialement pour le service des grands bâtiments de la marine royale et des paquebots de l’administration des postes. Ils sont parvenus à fabriquer les tapis sur de bien plus grandes dimensions et à de bien meilleures conditions qu’en Angleterre; il en est qui portent jusqu’à 20 mètres de longueur sur 8 mètres de large. Le jury a été à même de se convaincre des efforts et des sacrifices de tout genre que ces habiles fabricants ont été obii-n. 38
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- gés de faire pour monter cette, fabrication dans leur usine, et particulièrement pour les appareils mécaniques qu’ils ont été forcés de créer, afin de rendre maniables d’aussi grandes masses et d’en faciliter la fabrication.
- Le jury pense qu’un pareil ensemble de fabrication, dirigé avec autant d’intelligence que d’activité, est digne des plus grands éloges; en conséquence il décerne la médaille d’or à MM. Baudouin frères.
- RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. SEIB, à Strasbourg (Bas-Rhin).
- M. Seib fabrique des toiles cirées depuis longtemps et avec distinction. Depuis l’exposition de 1839, son industrie a reçu quelques perfectionnements par l’adoption des futai nés cirées, qui, peignées sur l’envers, remplacent la laine verte pour draper les toiles cirées, et sont à meilleur marché.
- Par un procédé fort simple, il est parvenu à imiter les veines des bois d'acajou, de noyer, de chêne et autres ; il ne lui faut que quatre à six minutes pour un espace de 9 mètres de long sur 120 centimètres de large. Les ronds de table en toile et en futaine sont faits de la même manière.
- Il occupe dans la belle saison une soixantaine d’ouvriers , une douzaine de femmes pour filer le chanvre, et quelques tisserands pour la confection des toiles fortes pour les tapis peints.
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- v • . c •. • i ? '• :
- M. LARROUMETS, à Paris, rue Sainte-Marguerite-Saint-Antoine, 22.
- La fabrique de toiles cirées de M. Larroumels est l’une des plus considérables et des plus anciennes de Paris ; elle date de 1745*
- . M. Larroumets a exposé un grand nombre de produits parfaitement fabriqués, mais le jury a particulièrement remarqué un tapis de grande dimension ( il a 7 mètres 5o centimètres de diamètre), qui rivalise avec ce que les Anglais font de mieux dans ce genre; ce tapis ne laisse absolument rien à désirer , tant sous le rapport du dessin, de la vivacité du coloris, que sous celui de l’exécution.
- Le jury déclare que M. Larroumets est digne de la médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. RESLAY (Charles), à Paris, rue Neuve-Po-pincourt, 17.
- M. Beslay a exposé des tapis en toile cirée dont la fabrication repose sur un principe très-simple.
- On prépare des tableaux de la grandeur des tapis qu’on veut obtenir avec du papier rendu imper-méablè au moyen d’une couche uniforme de colle de peau ; c’est sur ces tableaux que l’on applique le
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- dessin à la planche ou au pinceau avec des couleurs très-épaisses pour avoir beaucoup de reliefs. Quand ils sont secs, l’on recouvre le tout d’une couche de fond de la couleur qu’on désiré; l’on achève de remplir les cavités que laissent les dessins avec des couleurs plus communes, que l’on pose à la raclette et non pas au pinceau comme la couche précédente.
- Après cette opération , on procède à l’application d’un tissu qu’on forme à volonté d’étoupes en chanvre cardées, de ouates en coton , de toile ordinaire , de feutre soit en laine, soit en poils, etc., l’adhérence en est produite au moyen d’un mordant ayant l’huile de lin pour base. Quand cet enduit est suffisamment séché, il ne reste plus qu’à remplir tons lesvvidès de la matière dont on s’est.servi, ce que l’on fait à la raclette avec des. enduits assez grossiers ; l’on unit la surface avec soin, et c’est là-dessus que l’on pose une couche dé couleur rouge que l’on veloute, quand on le désire, à la manière ordinaire.
- Quand ce travail est achevé, l’on retourne le tapis, et à l’aide de tampons en laine et d’eau chaude l’on enlève le papier pour découvrir le,dessin.
- L’on fait sécher la surface pendant quelques jours, et lorsqu’elle est bien dure, l’on donne un léger coup de ponce. C’est à ce moment que l’on vernit au,vernis gras à la manière ordinaire, ou que Ton applique une couche d’encaustique simplement composée de blanc de baleine dissous dans l’essence.
- Les avantages que présente ce mode de fabrication sont les suivants ’
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- i° Les dessins incrustés dans l’épaisseur du tapis se trouvent au1 niveau-du fond et ne présentent aucune aspérité au frottement des pieds., L’usure.devient par là fort lente; dans les tapis dont les dessins sont en relief, le frottement lès altère et les fait bientôt disparaître ; ,
- 2° Les tapis incrustés se maintiennent propres plus facilement; il suffit de les laver à l’eau et de les encaustiquer affiblahc de baleine ;
- 3° Leur fabrication très-prompte se fait en un mois ; ,,
- 4° Leur odeur est presque insensible quand ils sont neufs, et disparaît complètement après quelque temps de service; ^
- 5° Leur épaisseur peut être aussi considérable que celle des tapis de laine. L’emploi des étoupes et des feutres donne la facilité de superposer autant de couches que l’on désire;
- 6° Leur prix est inférieur de i o à l5 pour ioo. * L’un despremiers lapis confectionné par ce moyen a servi pendant près de deux ans au ministère de la marine, où il a été placé dans le passage le plus fréquenté. La marine a désiré un essai aussi étendu avant de faire des commandes.
- L’administration du chemin de fer d’Orléans les a adoptés pour garnir ses voitures.
- En l’état de cette fabrication naissante, et à laquelle le jury sé plaît à reconnaître un avenir très-favorable , il serait contraire à sa jurisprudence de lui accorder une récompense définitive. Il se borne donc à la déclarer très-digne d’une mention honorable.
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- Le jury accorde aussi des mentions honorables à
- M. RIYOT DE BAZEUIL, à Laferté-sur-Amance (Haute-Marne),
- Pour ses tapis de table.
- M. CERF-MAYER, à Lambézellec, près Brest (Finistère),
- Pour ses toiles cirées.
- . , (
- M. LANGLOIS, à Stains, près de Saint-Denis (Seine).,
- 'J '
- Pour ses taffetas gommés et ses toiles cirées.
- 1 ,
- MM. LABEY et LEMAIRE, à Paris, place du Caire, 2, ,
- , ' ’ r- • :
- Pour leurs toiles cirées.
- s.
- K
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- SECTION III.
- INDUSTRIES DIVERSES.
- M. Schlumberger (Charles), rapporteur. ' n § 1. GANTERIE.
- Considérations générales.
- La fabrication des gants prend successivement de l’extension, elle occupe un grand nombre d’ouvriers , et particulièrement d’ouvrières de la campagne chargées de la couture.
- L’usage des gants prenant du développement, et l’exportation en augmentant tous les jours (En 1842, 153,142 kilog., valeur 6,125,000 fr. ) ; la rareté des belles peaux se fait sentir depuis quelque temps, et on est obligé d’avoir recours à des peaux de seconde qualité, à des peaux d’agneaux ou à d’autres encore, pour suffire à la consommation et fabriquer des gants à meilleur marché. Cela est regrettable, car le gant doit se distinguer surtout par la souplesse , la douceur de la peau ; et la peau de chevreau bien préparée réunit seule, jusqu’à présent, ces deux qualités. Paris et Grenoble sont les deux grands centres de commerce de la belle ganterie. On a remarqué que la couture des gants piqués n’était presque plus en usage, les
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- fabricants répondent à cela que cette couture est un peu plus chère et qu’on se plaint de ce qu’elle grossit les doigts,, ç’est ainsi que dans beaucoup de choses une petite économie et la mode font disparaître les bonnes méthodes de fabrication, car la couture piquée est la meilleure de toutes.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- MM. JOUVINet Cie, à Grenoble (Isère), etàParis, rue Saint-Denis, 229.
- Ces fabricants ont contribué puissamment à relever la fabrication des gants à.Grenoble,.le jury départemental les a recommandés d’une manière toute particulières l’attention du jury central, pour la bonté des produits, l’importance de leur établissement et sa bonne direction.
- ' En effet, MM. Jouvin ont établi des tableaux numérotés pour les longueurs et largeurs de la main ; les numéros sont répétés sur les gants, de manière qu’il est toujours facile de près ou de loin de se procurer.des gants pareils à ceux que l’on désire; pour arriver à ce résultat, ces Messieurs possèdent plusieurs machines pour couper, féndre et apprêter les peaux.
- /Dans leurs deux établissements, ils emploient plus de cent ouvriers, et donnent au dehors du travail à plus de mille, couseuses ; 2^0,000 peaux sont converties annuellement en 3,6,ooo douzaines
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- de paires de gants, dont le tiers est vendu pour l’exportation.
- Les salaires se montent à près de 23o,ooo fr. par année.
- A la dernière exposition,M. Jouvin avait obtenu une. médaille de bronze pour son début; le jury lui décerne une médaille d’argent pour l’importance de sa bonne fabrication.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M., MATTON (Auguste), à Grenoble (Isère).,.
- Ce fabricant est renommé pour le soin qu’il apporte dans la confection de ses produits; bon choix de matières, belles nuances et perfection de couture se trouvent réunis dans sa ganterie. Déjà dis-, tingué en 183^ par la médaille de bronze, il continue de mériter cette distinction, et le jury lui en vote le rappel.
- MÉDAILLÉS DE BRONZE:
- M. REYNIER, à Grenoble (Isère).
- . Mv. Reynier a exposé «une collection de gants très-bien soignés, et d’une grande perfection de cour turey il a conservé la couture piquée faite, d’une manière supérieure. t
- . Le jurÿ départemental signale particulièrement la, bonne coupe et la'.confection des gantsrde ce fabricant qui occupe d'ailleurs un grand nombre
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- d’ouvriers, pour produire 8 à 9,000 douzaines dé paires de gants, dont le tiers pour l’exportation.
- Le jury lui vote une médaille de bronze pour sa bonne couture, et la beauté de ses peaux.
- M. JOULIN, à Paris, rue du Renard-Saint-Sauveur, 7. -
- Ce fabricant fait confectionner une grande quantité de gants; ils sont d’une couture très-soignée, et les couleurs sont bien égalés. Il fait aussi broder avec perfection des gants de bal ou de beaucoup de toilette qui obtiennent du succès en Angleterre. Les peaux de M. Joulin sont teintes et coupées à Paris, et la couture se fait dans les campagnes, par un grand nombre d’ouvrières.
- Le jury décerne à M. Joulin une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. LEGOCQ-PRÉVILLE, à Paris, passage du Saumon , 50, 52 et 5h»
- Ce fabricant fait confectionner avec le plus grand soin les bretelles, cols, cravates et autres objets. Sa fabrication de gants est importante,, et les produits sont très-bien soignés sous les rapports de la teinture, de la coupe et de la couture. Pour l’ensemble de ses produits , M. Lecocq-Préville mérite une mention honorable que le jury lui décerne. .
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- M. BRIE aîné, à Paris, rue Jean-Jâcques-Rous-
- seau, 12,
- / •
- i
- A exposé un assortiment de gants de belles nuances et bien fabriqués,; ces échantillons représentent d’ailleurs la fabrication courante de M. Brie, qui met le plus grand soin à produire des articles pouvant soutenir la concurrence sur les marchés étrangers. Le jury vote une mention honorable à M. Brie aîné.
- M. PERRUCAT, à Grenoble (Isèrç),
- A .exposé des gants d’une bonne et solide confection ; sa ganterie brodée en or et argent forme un article d’exportation recherché. M. Perrucat, distingué déjà en 1839, est mentionné honorablement par le jury, pour l’ensemble de ses produits.
- * . -, ’ \.L
- M. BROCHIER, à Grenoble (Isère). ;
- Ce fabricant a fait beaucoup de travaux pour fabriquer les gants en peaux d’agneaux de première qualité. Il est arrivé à les faire avec avantage, et ceux qu’il a ëxposés montrent que la couture, la coupe et la teinture ne laissent rien à désirer. La peau n’est pas aussi souple que celle dé chevreau, mais ces gants étant près d’un tiers meilleur marché , trouveront beaucoup de' consommateurs.
- Le jury vote à M. Brochier une mention honorable.
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- M. PHILIPPE,, à Paris, rue; Montorgueii, 96,
- A exposé des gants coupés d’après un système particulier , qui lui permet d’apporter de l’économie dans les prix. Ses gants sont garnis d’un élastique en caoutchouc, qui évite les boutons, et tient très-bien au poignet. La coupe et la couture sont bonnes; le jury mentionne honorablement les produits de M. Philippe.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement :
- M. R IG AUD jeune, à Sairit-Junien (Haute-Vienne),
- Pour ses gants en peau d’agneau bien fabriqués, d’une grande variété de couleurs et à des prix modérés.
- M. ALLEMAND, à Paris, rue Jean-Jacques-Rousseau, 18, -V " . - ' • ' ’
- Pour des gants à boutons d’une bonne, fabrication et un bon choix de matières.
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- ' ' ' ' (
- M. TARIN, à Paris, rue Saint-Honoré, 335 bis.
- Au lieu de boutons cousus, M. Tarin ajoute à ses gants * sans augmentation de prix , des boutons rivés qui sont commodes et très-solides, leur emploi doit se répandre dans le commerce, car ils sont plus solides et plus faciles à boutonner. .
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- M. DESCHAMPS, à Paris, rue du Hasard, 8.
- Pour remplacer les boutons, M. Deschamps se sert d’une petite chaîne d’une forme particulière attachée à l’un des côtés du gant, de l’autre côté se place une petite ouverture à encoche dans laquelle passe la chaîne. Cette chaîne servira d’ailleurs d’ornement, elle peut se confectionner en toute matière.
- M. HERR (Isidore), à Paris, rue Saint-Denis, 261 et 263,
- Pour la fabrication bien soignée de jolis gants de toute espèce.
- 2. CHAUSSURES.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. SUSER, à Nantes (Loire-Inférieure).
- Les chaussures de M. Suser sont d’une excellente fabrication, elles se distinguent par la bonne qualité des matières premières et les soins particuliers apportés au fini du travail. Les prix sont aussi très-modérés en raison de la bonne confection ; aussi les chaussures de M. Suser sont-elles recherchées par le commerce qui en fait un article spécial d’exportation et en trouve un placement avantageux aux Etats-Unis, à la Havane, au Brésil et dans nos colonies. , '
- M. Suser est également un habile tanneur, et*.
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- une partie des produits de sa tannerie sont employés à la confection des chaussures.
- Beaucoup d’ouvriers sont occupés aux divers travaux, et la production annuelle est de 3,ooo douzaines de veaux et.de 5o,ooo paires de souliers.
- Le jury décerne à M. Suser une médaille de bronze pour l’ensemble de sa fabrication.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. LEFÉBURE,à Paris, rue de Paradis-Poissonnière, 18.
- M. Lefébure fait confectionner des chaussures sans couture 5 celle-ci est remplacée par des vis qui tiennent ensemble la semelle et l’empeigne et sont fixées dans une double semelle intérieure. Cette fabrication présentait des difficultés dans l’exécution des diverses opérations, et il a fallu créer à cet effet un outillage spécial pour produire économiquement ces chaussures : dans ce moment encore plusieurs machines importantes sont en cours d’exécution. D’après le fabricant, l’économie des prix ne serait pas seulement sur la dépense première, mais encore sur le plus de durée de la chaussure : des expériences faites avec soin montrent d’ailleurs que les vis tiennent dans les cuirs avec une grande force de résistance.
- ' * . *
- Le jury a examiné avec intérêt les chaussures de M. Lefébure, elles paraissent remplir les conditions de solidité et de durée, mais le temps et
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- l’expérience comparative sur une grande échelle doivent prononcer avant que le jury puisse classer cette nouvelle industrie comme elle pourra le mériter plus tard si elle tient tout ce qu’elle promet. En faisant des vœux pour ses succès, le jury mentionne honorablement les travaux de M. Lefébure.
- M. PENOT, à Paris, rue de la Vrillière, 6.
- M. Penot, au lieu de couture emploie des clous pour joindre les semelles et l’empeigne. Ces clous ont là forme de petites chevilles auxquelles on fait des encoches pour les empêcher de ressortir du cuir.
- Une plus longue expérience comparative a besoin d’être faite de ce système; le jury vote une mention honorable à M. Penot.
- MM. BERNARD, CHAPUIS et MOLIÈRE, à Paris, rue du Cloître-Saint-Jacques, 3.
- Ces messieurs ont établi une fabrication courante de chaussures ; ils en ont envoyé à l’exposition des échantillons dont les prix sont assez bas, relativement à là bonne exécution de ces objets.
- Ils fabriquent toutes les chaussures depuis les qualités ordinaires jusqu’aux plus élégantes : le jury accorde une mention honorable à MM. Bernard , Chapuis et Molière.
- M. MALLET (Louis), à Limoges (Haute-Vienne).
- Ce fabricant fait confectionner un grand nombre de souliers de toute espèce; il est un de ceux qui ont maintenu et amélioré dans le département ce
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- genre de produit; il fait travailler beaucoup d’ouvriers et produit pour près de i5o,ooo fr. de chaussures pour hommes ou pour femmes.
- Le jury vote à M« Mallet une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement
- MM. LEFEBVRE et BOST, à Limoges ( Haute-Vienne),
- Pour des chaussures de femme de toute espèce qu’ils fabriquent avec soin et à des prix modérés.
- M. TEYTUT aîné, à Limoges (Haute-Vienne),
- Qui fabrique aussi des chaussures de diverses étoffes, principalement pour femme.
- ' - ' 'r
- M. LEBBETON, à Meaux (Seine-et-Marne) ,
- Pour des chaussures qu’il rend imperméables et qui ont été l’objet d’un rapport de la Société d’agriculture de Meaux.
- M. CHOLLET, à Versailles (Seine-et-Oise),
- Pour des souliers bien fabriqués et qui doivent servir aux militaires, rouliers et commissionnaires. Ces souliers sont avantageux en ce que la guêtre tient au soulier, et ce fabricant a même exposé aussi une guêtre qui peut se rétrécir et s’élargir à volonté.
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- M. BOULA.RD, à Villepreux (Seine-et-Oise),
- A exposé des essais d’une coupe de chaussures sans cambrage ; ce procédé offre de l’économie dans l’emploi de la matière et dans le prix de la chaussure.
- M. RIGOLET, à Paris, rue Richelieu, 74.
- ;
- Le jury se plaît à citer, comme l’a fait celui de 1839, l’instrument que M. Rigolet a inventé pour prendre les mesures de la chaussure.
- Saboterie, Formier.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. BRUNHES (Bernard), à Aurillac (Cantal).
- Ce fabricant confectionne tous les ans 25 à 3o,ooo paires de sabots d’une bonne et solide exécution. Le jury départemental le recommande comme un des hommes ayant contribué au développement de cette industrie dans le département qui envoie des produits dans tout le midi de la France. Il est reconnu egalement que M. Brunhes a formé dans son atelier un grand nombre d’excellents ouvriers. Il en emploie ordinairement une quarantaine chez lui et un assez grand nombre au dehors pour, donner au bois les premières préparations;
- Le jury accorde à M. Brunhes une médaille de bronze pour ses produits et pour les services qu’il a rendus à cette industrie. , > !
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- m.
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- MENTIONS HONORABLES. -
- M. DESROCHES, à Grenoble (Isère).
- M. Desroches est un bon fabricant de sabots ; * ceux qu’il a exposés sont très-bien exécutés et à des prix très-bas en raison de leur bonne qualité. Le jury lui accorde une mention honorable.
- MM. AUBERT et Cie, à Paris, rue du faubourg Saint-Antoine, 145.
- Ces fabricants confectionnent parfaitement les sabots de toute espèce; ils emploient un grand nombre d’ouvriers; leurs produits sont estimés dans le commerce. Déjà distingués en 18^9, le jury leur accorde une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement
- M. LAUSSER (François), à Aurillac (Cantal),
- Pour des sabots bien fabriqués et à bas prix; on voit par les échantillons exposés que M. Lausser-est un intelligent ouvrier.
- M. LAUSSER jeune, à Aurillac (Cantal),
- Pour des sabots bien fabriqués et la confection d’un sabot imperméable à l’eau.
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- M. GUILLAT, à Limoges (Haute-Vienne),
- Pour des sabots parfaitement exécutés et lég.ers , ils sont d’un bas prix et appréciés dans le commerce.
- M. MÉNÉTREL, à Joinville ( Haute-Marne),
- Pour des brides de sabots variées, bien faites et à bon marché. Ces brides, au nombre de trente ou quarante mille douzaines, sont envoyées dans toutes les parties de la France.
- M. NANCEY fils , à Melun (Seine-et-Marne),
- Pour un mécanisme appliqué aux socques, et au moyen duquel on peut les ôter et les mettre sans peine. Les socques de M. Nancey sont d’une bonne confection.
- M. FLEURET, à Paris, rue Pagevin, 8,
- Pour des embauchoirs et formes de1 souliers. M.-Fleuret a exposé comme pièce d’œuvre un embauchoir-nécessaire bien confectionné. ' r
- I 3. BOUTONS,. PEIGNES, ÉGAILLE FACTICE. .
- ^ • t
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE. î !
- M. PINSON, à Paris, rue du Ponceau, 12.
- M. Pinson a obtenu, eh 1839, la médaille de
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- bronze pour la fabrication de l’écaille et de l’ivoire factices-, depuis cette époque, la fabrication a été augmentée et les produits perfectionnés reçoivent toujours un grand nombre d’applications dans l’é-bénisterie et la marqueterie.
- M. Pinson fabrique également des coffrets et nécessaires simples ou ornés, soit avec ses produits, soit avec d'autres matières.
- Le jury lui accorde le rappel de la médaille de bronze.
- M. GUILBERT fils, à Paris, rue Neuve-Saint-Martin, 28.
- Ce fabricant continue avec distinction la fabrication de la tabletterie et des peignes bien faits; ses ateliers ont été augmentés et ses produits sont estimés dans le commerce.
- Il a exposé, celte année, des peignes de grande dimension, un verre d’eau et une tasse turque en écaille; ces objets dénotent la grande habileté de ce fabricant pour vaincre les difficultés.
- Le jury accorde à M. Guilbert le rappel de la médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. TRÉLON et LANGLOIS-SAUER, à Paris, rue de Chabrol, 33, .
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- Sont à la tête d’une grande fabrique de , boutons de toute espèce, soit en métal, soit en étoffes de soie : boutons fins et ordiuaires pour habits et gi-
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- lets, boutons d’uniforme et de livrée, médailles religieuses ; tous ces articles confectionnés avec soin et solidité sont livrés à des prix modérés au commerce qui sait les apprécier.
- MM. Trélon etLanglois-Sauer occupent un grand nombre d’ouvriers; le chiffre de leurs affaires est important; le jury leur accorde une médaille de bronze.
- M. NOËL fils aîné, à Paris, rue de Lancry, 33*
- A exposé différents objets en ivoire, mais particulièrement des peignes fins et des billes de billard. M. Noël est l’inventeur de plusieurs moyens ingénieux pour fendre les peignes et arrondir les dents, et ses peignes sont à cet Ægard d’une rare perfection. Un autre outil circulaire sert à faire les billes de billard aussi exactement rondes qu’il est possible de les obtenir. Pour sa bonne fabrication, l’importance de son atelier et ses améliorations ingénieuses, le jury accorde à M. Noël une médaille de bronze.
- M. CAUVARD, à Paris, boulevard Bonne-Nouvelle, 10.
- Ce fabricant est un de ceux qui continuent la confection des beaux assortiments de peignes de toute espèce ; ceux qu’il a exposés sont remarquables par le bon choix des matières, leur solidité et leurs formes bien choisies; ils ne sont au reste que les échantillons de la fabrication courante. M. Cau-vard occupe beaucoup d’ouvriers; et ses affaires sont surtout assez importantes poür l’exportation.
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- Le jury accorde à M. Cauvard une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. MASSUE., A Paris, rue des Gravilliers, 38, et rue Aumaire, 3 et 5,
- Fabrique des peignes en ivoire et en buis qui déjà avaient été distingués en i83q; depuis cette époque, il a augmenté ses produits en appliquant divers procédés mécaniques à sa fabrication.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Massue.
- M. CLAUDÉ, à Paris, rue Beaubourg, 53,
- Se livre à la fabrication des peignes en corne et en buffle naturel, ouimitation d’écaille. Ces peignes sont très-bien faits et à des prix raisonnables, aussi M. Claude en trouve-t-il un débit assuré en France et à l’étranger.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. BERCE, à Paris, place Laborde, 10.
- M. Berce est un artiste distingué qui a contribué au développement de la fabrication des boutons en métal d’une bonne et belle confection pour les gravures élégantes qu’il a su faire de ses matrices., ;Sa propre fabrique n’a pastune grande importance, mais toute sa fabrication est irréprochable.
- Le j ury mentionne d’une manière très-honorable les travaux de M. Berce. , : , (
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- M. TRUCHY, à Paris, rue de Jouy* 19.
- M. Truchy s’occupe d’une manière spéciale de la fabrication des boutons en étoffes de soie; déjà distingué en 183g, il a apporté depuis dans ses produits plusieurs améliorations qui ont permis d’en diminuer les prix sans altérer les qualités.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Tru-cliy. ' '
- M. YASSEROT, à Paris, rue Notre-Dame-de-Na-zareth, 25.
- M, Yasserot est décédé depuis l’ouverture de l’exposition; c’est M. Prédélix qui a pris la suite de ses affaires. C’est lui d’ailleurs qui avait, comme contre-maitre, contribué au succès de là fabrication des boutons. Ces boutons sont en deux parties ; la tête peut se former de toute espèce de matières, elle porte une petite ouverture dans laquelle est taraudé ùn pas de vis; la queue du bouton ,a la forme d’une vis à tête plate. Il suffit de percer un trouidans l’étoffe et d’y passer la queue du bouton, la tête vient énsuite se visser sur la queue et edle s’y trouve solidement fixée. Une fois placé, ce bouton ne diffère.des boutons ordinaires que par une plus grande solidité. Ce genre de bouton est très-commode, facile à placer et à déplacer, il a eu d’ailleurs une grande vogue pour les voyageurs et les militaires. Les prix en sont minimes, et M. Prédélix en trouvera certainement un grand débit. Le jury lui accorde une mention honorable.
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- M. LARR1VÉ, à Paris, rue des Petit-Champs-
- Saint-Martin , 2,
- Possède une des plus anciennes fabriques de boutons en métal : ceux qu’il a exposés sont beaux et s’appliquent à la livrée, à l’uniforme et aux habits élégants. M. Larrivé occupe beaucoup d’ouvriers, il a une importante clientèle commerciale. .
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement
- M. MIGNON-FROMENTIN, à Paris, rue Saint-Denis, 257,
- Pour des peignes ordinaires et dés grands peignes bien fabriqués.
- M. KOCII, à Paris, rue aux Ours, 51,
- Pour des peignes en corne et écaille, ainsi que
- des articles en brosserie fine.
- /
- M. MORNIEUX, à Paris, cour du Harlay,
- Pour des boutons en soie très-bien fabriqués.
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- § 4. OBJETS DE PAPETERIE.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. ROUMESTANT,.à Paris, rue Montmorency,
- 10.
- Ce fabricant se livre toujours avec une grande perfection à la confection des registres, il a, depuis i83q, apporté des améliorations qui lui ont permis de faire exécuter le registre-monstre qu’il a exposé cette année et qui s’ouvre aussi bien qu’un registre de plus petite dimension. Il fabrique également des cires à cacheter de bonnes qualités ; tous les articles de cette maison jouissent d’une excellente réputation en France et à l’étranger.
- Le jury rappelle la médaille de bronze en faveur de M. Roumestant.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. ROBERT, à Paris, rue de Cléry, 42.
- M. Robert a été des premiers à chercher les perfectionnements dans la fabrication des registres, il continue de livrer au commerce ses articles qui jouissent à juste titre d’une bonne réputation.
- Il fabrique aussi très en grand le papier toile cirée qui est aujourd’hui généralement employé et qu’il livre à bas prix. Ce papier est très-bien fait et ne devient ni collant ni cassant; on en fait annuellement 20 à 25,ooo rouleaux de 12 mètres au prix de 2 fr. le rouleau
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- Le jury vote une médaille de bronze à M. Robert pour l’ensemble de sa fabrication.
- Madame veuve SAINT-MAURICE-CÀBANY, à Paris, rue Sainte-Avoye, 57.
- C’est une des plus anciennes maisons de papeterie de Paris, sa fabrication comprend les registres d?une belle et solide confection , la réglure en grand des papiers, la fabrication d’encre, de pains à cacheter et cires de toute espèce : beaucoup d’ouvriers y sont employés.
- Pour l’ensemble de sa bonne fabrication, le jury décerne à madame veuve Saint-Maurice-Cabany une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. NÉRAUDEAU, à Paris, rue des Fossés-Montmartre , 16 et 18,
- V : • - ' . I . , ' ; , .
- Confectionne des registres très-bien traités ; successeur de M. Villemsens, il continue la réputation de cette maison pour toutes les fournitures de papeterie. * ’
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- .* ’ ’ . i :• , ' 1* '
- M. CHAÜLIN , à Paris, rue Saint-Honoré, 218.
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- Cette maison a été plusieurs fois distinguée aux diverses expositions;* elle soutient sa bonne réputation pour les objets ordinaires .et de luxe ;
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- l’encrier de M. Chaulin, simple et ;commode, est presque généralement adopté.
- M. Chaulin est digne d’une mention honorable.
- M. BOQUET, à Paris, rue Richelieu, 1.
- M. Boquet a fabriqué un encrier à pompe qui a obtenu du succès dans la consommation, il a augmenté sa fabrication, et lui a fait subir les exigences de là mode. Cité favorablement en 1839, M. Boquet est digne d’une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement M. SUPOT, à Paris, rue Coquenard, 25 et 27,
- Pour des registres solides et bien faits, au moyen de rubans piqués qui réunissent les cahiers, et ne peuvent se détacher.
- M. LEGRAND, à Paris,, rue Montmartre, 142,
- Confectionne ses registres eh cousant les cahiers sur dès cuirs épais qui maintiennent la couture, et donnent une grande solidité. - v ?
- L’emploi du caoutchouc dans les dos-facilite Fouverture du livre. ; • * ^
- M. DORYILLE, à Paris, rue des Fossés-Montmartre ,6. .
- M. Dorville est à la tête d’une maison de pape-
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- terie qui jouit d’une bonne réputation. Il a imaginé un procédé pour donner de la dureté aux plumes ordinaires, afin qu’elies se conservent plus longtemps , pour pouvoir rivaliser avec les plumes métalliques.
- M. DAUVIN (Louis), à Poitiers (Vienne).
- M. Dauvin exécute mécaniquement des réglures avec une grande perfection; ses registres sont bien confectionnés. .
- /
- M. CHALET, à Paris, rue des Bons-Enfants, 26,
- A exposé des registres forts et solides, qui représentent les échantillons de sa fabrication courante.
- M. BOUCHER-LEMAISTRE, à Paris, rue Saint-Merry, 35 et 46,
- Aexposé des papiers réglés et des registres spéciaux aux diverses professions. Il a une collection utile de tableaux géographiques de distances légales de 8oo villes de France, et plusieurs autres tableaux de poids et mesures.
- M. BAUCHET-VERLINDE, à Lille (Nord),
- A exposé des registres bien fabriqués, et une presse à copier les lettres, simplifiée.
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- § 5. PAPIERS DE FANTAISIE.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- I
- M. ANGRAND, à Paris, rue Meslav, 59 et
- 61.
- M. Angrand est le plus ancien fabricant de papiers de fantaisie, ses produits consciencieusement travaillés, jouissent toujours d’une grande vogue dans le commerce français et étranger. Les produits qu’il a exposés sont très-beaux, solides, et bien assortis.
- Le jury lui accorde le rappel de la médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. MARION, à Paris, cité Rergère, lk.]
- Les objets de papeterie, et surtout les papiers de fantaisie de M. Marion, sont généralement d’un bon goût, simple et distingué. Ses papiers à filets cordons et à filets et plis sont recherchés par les amateurs. Cette maison a donné une grande impulsion à une fabrication des plus variées, tous ses produits sont estimés, et trouvent un très-bon placement dans le commerce extérieur, aussi bien que dans toute la France. Plusieurs machines sont employées dans cette fabrication.
- Le jury décerne à M. Marion une médaille de bronze.
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- M. SALLERON „ à Paris,, rue des Blancs-Manteaux , 22.
- M. Salleron a exposé des papiers découpés, genre dentelles, q.ui sont remarquables,par. leur délicatesse et leur parfaite exécution. Ces papiers trouvent un grand débit en France et à l’étranger , et on peut dire que M. Salleron est à la tête d’une, importante fabrication, puisqu’il livre annuellement au commerce pour 25o,ooo fr. de ses beaux papiers , desr tinés à orner non-seulement les boîtes de bonbons, mais beaucoup d’autres boîtes de fantaisie.
- Le jury décerne à M. Salleron une médaille de bronze pour la perfection de ses papiers.
- MENTIONS HONORABLES.
- Madame veuve SAYET, à Paris, rue des Noyers, h 5.
- Les papiers blancs et de couleurs, gaufrés, exposés par Madame Sayet, montrent l’emploi dé machines bien appropriées à cette fabrication. Ces papiers sont très-beaux , d’un bel effetet d’ailleurs connus et appréciés depuis longtemps par les consommateurs. Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. LAINÉ , à Paris ,ruedu Maure1 Saint-Martin, 6, et rue Saint-Martin , 96. . „
- Il a exposé des cartons de toute espèce qui sont d’une bonne et solide fabrication, et d’une grande
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- variété de modèles. Les moyens mécaniques employés par M. Lainé , lui permettent de livrer tous ses produits à bon marché, sans nuire en rien à leur qualité.
- Déjà distingué en 1889, le jury lui accorde une mention honorable.
- M. GALLIER, àParis, rue Meslay,, 65,
- A apporté un très-grand soin dans la confection des cartonnages en papier doré, pour décors de table , boîtes et surtouts ; il fabrique aussi des boîtes de fantaisie bien combinées, parmi lesquelles on a remarqué une imitation d’un service en porcelaine pour le thé.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Galber.
- M. FICHTENBERG, à Paris, rue de la Vieille-Monnaie, 17,
- Fabrique depuis longtemps une foule d’objets blancs et en couleurs, en impressions reliefsj de lettres et figures, qui sont employés par plusieurs industries. -
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. DURAND, à; Paris, rue cFAngoulème-dit-Temple,. 28,
- A exposé une très-belle collection de papiers de fantaisie gaufrés et unis, blancs et en couleurs, qui montrent tous les soins que M. Durand apporte à cette fabrication.. : ^ o ?
- Le jury lui accorde une niention honorable. ,
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- POUR MÉMOIRE.
- MM. BONAFOUX et GAILLARD-SAINT-ANGE , à Paris, rue du Faubourg-Saint-Denis, 120.
- Habiles graveurs, MM. Bonafoux et Gaillard-Saint-Ange ont eu l’idée de fabriquer des papiers de fantaisie qui sont très-beaux d’exécution. Ils sont destinés à faire des cartonnages, et offrent l’avantage de pouvoir être lavés sans perdre leur éclat.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement
- Madame WELLAEYS, à Paris, rue , Geoffroy -l’Angevin, 11,
- Pour des papiers de fantaisie d’une bonne fabrication.
- t
- M. RENAULT, à Paris, rue de la Harpe, 45,
- Pour des cartes à jouer bien faites, de bonnes couleurs et bien lissées.
- M; VALANT, à Paris , rue Mazarine, 13,
- Pour des papiers de fantaisie bien faits, et ornés de jolis dessins.
- M. FOURNIER, à Paris, rue Saint-Jacques, 27,
- Pour des papiers marbrés et autres, destinés au cartonnage, et qui sont d’une très-jolie fabrication.
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- M. BEDOIN, à Paris, rue d’Arcole ,9,
- Pour des percalines et autres étoffes gaufrées, qui doivent servir à la fabrication du cartonnage ou de la reliure.
- MM. TPiONEL et Cie, à Paris, rue Saint-Denis,
- ‘ 257,
- Pour des gaufrages propres aux couvercles de lampes, abat-jour, et autres articles bien fabriqués.
- M. LEFÈVRE, à Paris, rue des Prouvaires, 36,
- Pour des papiers à lettres de fantaisie, illustrés d’une manière simple et avec goût dans le choix des dessins.
- § 6. SELLERIE, BOURRELLERIE.
- MÉDAILLE D’ARGENT.
- M. D’HENNIN, à Paris, rue des Fossés-Saint-Germam-1’Auxerrois, 14.
- %
- L’établissement de ce fabricant, dans lequel sont établis tous les objets de sellerie, a été monté sur une grande échelle.
- Il fait confectionner avec perfection, et à des prix qui soutiennent la concurrence étrangère, les articles ordinaires et ceux de luxe.
- Ainsi, parmi les objets exposés on voyait : '
- in. 40
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- Les harnais pour un cheval. 65 à 35o fr.
- Ici. pour 2 chevaux. i^5 à i,ooo
- Selle pour hommes....... 13 à 90
- Id. pour dames.......... 35 à 160
- Ces objets sont bien exécutés et d’un prix réduit comparativement à ce qui s’est fabriqué jusqu’à ce jour.
- Ces perfectionnements sont dus au bon choix des matières premières, à la bonne direction des ouvriers et à l’habileté du chef lui-même qui dirige toute sa fabrication.
- M. d’Hennin occupe jusqu’à cent cinquante ouvriers qui gagnent de 3 à 6 fr. par jour ; il fabrique, suivant l’activité descommandes, pour 4 à 5oo,ooo fr. de produits.
- Le jury lui décerne une médaille d’argent pour l’ensemble de sa bonne fabrication.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. AMIARD, à Paris, rue du Jardin-du-Roi, 19
- et 21.
- Fabrique spécialement des colliers de chevaux qui sont d’une bonne exécution. Les autres produits de M. Amiard sont également très-bien fabriqués : déjà distingué en 183q, le jury lui accorde une mention honorable.
- * : -
- M. ÏIERMET, à Brie-Comte-Robert (Seine-et-
- «
- A perfectionné les colliers de chevaux de manière
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- à éviter les inconvénients trop souvent attachés à cette partie du harnais. Plusieurs personnes qui ont fait usage des colliers en ont été satisfaites, et il met toujours un grand soin dans la fabrication de tous ses produits.
- Lej ury lui accorde une mention honorable.
- M. ALLIER, à Paris, quai Saint-Michel, 1.
- M. Allier a imaginé une bride portant un mécanisme fort simple pour dompter les chevaux indociles ou fougueux. Deux ressorts mobiles adaptés à l’extrémité supérieure des branches du mors peuvent se rapprocher l’un de l’autre en venant s’appliquer contre la cloison souple du nez du cheval et lui ôter complètement la respiration. Plusieurs expériences ont eu déjà des résultats satisfaisants.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Allier.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury accorde des citations favorables à
- M. MALDANT, à la Chapelle-Saint-Denis (Seine), rue de Chabrol ,49,
- Pour des guides-longes empêchant les chevaux de se prendre les jambes, et pour le même système appliqué aux colliers de chiens.
- M. PATUREL, à Paris , rue Saint-Martin, 98,
- Pour sa fabrication variée de fouets et cravaches en tout genre qui sont très-bien' confectionnés.
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- M. FERRER (Michel), à Perpignan (Pyrénées-Orientales) ,
- -4
- Pour clés fouets et cravaches en bois de micocoulier de Provence, qui sont très-bien fabriqués et estimés des consommateurs.
- M. BOZON (André-Charles), à Môsnes (Indre-et-Loire) ,
- Pour des colliers solides et bien faits, appréciés par plusieurs personnes qui les ont employés. Leur prix est modéré.
- M. TOUZET , à Rouillac (Charente),
- A exposé un collier qui peut s’agrandir ou se rétrécir en tous sens, et qui, s’ouvrant pourêtre mis en place, fait disparaître l’inconvénient de passer le collier sur la tête du cheval. La fabrication de M. Touzet jouit d’une bonne réputation dans le pays.
- M. MILLIOZ, à Grenoble (Isère),
- A imaginé un attelage de sûreté qui permet de dételer les chevaux instantanément sans causer d’accident à la voiture. Quelques expériences paraissent avoir démontré les avantages du système de M. Millioz.
- MM. PONCY, DEMESSE et Cie, à Paris, rue du Gazomètre, 5, place Lafayette,
- Ont exposé les échantillons bien confectionnés de leur fabrication courante de selles cle toute espèce
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- dont ils font un assez grand commerce d’exportation.
- § 7. EMBALLAGES, ARTICLES DE VOYAGE , VANNERIE.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. GODILLOT père et fils, à Paris, rue Saint-Denis, 278.
- Ces habiles fabricants confectionnent tous les articles de voyage avec une grande perfection. Ils ont particulièrement cherché à mettre sous le plus petit volume une réunion de choses utiles, et ils y ont
- 7
- réussi très-bien dans leur cuisine portative.
- Les tentes de diverses formes sont bien et solidement établies; leurs dispositions ont été appréciées par les connaisseurs.
- Le jury accorde une médaille de bronze à MM. Godillot père et fils pour l’ensemble de leur bonne fabrication.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. ÉTARD, à Paris, rue du Petit-Reposoir, 6,
- Fabrique depuis longtemps avec perfection tous 1 es articles de voyage ; ceux qu’il a exposés cette année montrent par leur variété, la grande activité déployée par M. Etard dans sa partie spéciale. Le jury lui accorde une mention honorable.
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- M. MAGHETEAU, à Paris, rue Saint-Denis, 204.
- Fabricant de malles et d’articles divers, M. Ma-cheteau a cherché à perfectionner cette fabrication. Il,remplace le bois, le carton, le collage, par une carcasse intérieure en fer plat formant ressort, et qui reçoit ensuite la garniture en cuir. Les avantages sont une diminution de poids et de prix, et plus de place dans l’intérieur delà malle.,
- Le jury accorde une mention honorable à M. Maeheteau.
- M. FANON, à Paris, rue Montmartre, 170 et 172,
- Fabrique également bien les malles, les coffres et les divers articles de voyage; ses boîtes, par leur solidité et leur bonne distribution, sont surtout très-commodes et bien appréciées des voyageurs. Le jury accorde une mention honorable à M. Fanon.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement
- M. GALLOTTÏ, à Paris, rue de la Michodière, 4,
- Pour ses divers articles de vpyage et pour; son support mécanique destiné aux chapeaux et bonnets de dames.
- M, TINÉ, à .Paris, rue des Colonnes, 8,
- t y
- Qui confectionne des coffres ^compartiments très-commodes pour l’emballage des'robes et autres arti-
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- clés de modes; ils sont faciles à examiner par les employés des douanes, sans y rien déranger.
- M. DESVIGNES, à Paris, rue Sainte-Foy, 24.
- Ses articles de vannerie fine et ordinaire sont fabriqués avec beaucoup de soin et de solidité.
- MM. BOUCHET et MARCHAND, à Montendre (Charente-Inférieure),
- Pour leurs chapeaux tressés en feuille de latanier qui sont faits avec soin et à des prix modérés.
- M. WUILLIOT - LHEUREUX, à Landouzy-la-Ville (Aisne),
- Pour des flacons et autres objets-garnis de tresses destinés aux voyages et à la chasse. Ils„sont solides et bien faits.
- § 8. ARTICLES DE PÊCHE.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. LEBATARD, à Paris, rue Coquillière, 45,
- Est à la tête d’une des plus anciennes fabriques d’objets de pêche et de chasse ; les filets de toute espèce, les caruiers , sacs, caparaçons et autres articles sont faits avec une grande perfection dans cette maison. M. Lebatard vient d’y ajouter aussi la fabrication spéciale des filets à, déliter les vers à soie au prix de go centimes le, mètre.
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- Le jury accorde une mention honorable à M. Le-batard. >
- M. DELAGE-MONTIGNAC , à Paris, rue Saint-Honoré, hlh,
- Est aujourd’hui le fournisseur attitré de tous les amateurs distingués de la pêche. La collection complète de ce fabricant lui permet de fournir les cannes les plus simples jusqu’aux qualités extraordinaires, à bon marché. Les lignes imperméables en soie filée sans nœuds, et d’une grande longueur, sont d’une rare perfection. Le jury accorde une mention honorable à ce fabricant.
- Madame SAVOURÉ, à Paris, rue Notrë-Dame-de-Nazareth, 12.
- Tous les articles de pêche, mais principalement les lignes montées, sont fabriqués avec soin chez Madame Savouré. Ils sont si nombreux, qu’il serait difficile de les détailler dans ce rapport, et le jury accorde à Madame Savouré une mention honorable pour cette nombreuse collection.
- § 9. LITERIE.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- »
- MM. LAUDE frères, à Paris, rue Vendôme, 12.
- Ces habiles fabricants ont perfectionné d’une manière remarquable la confection des sommiers élas-
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- tiques, aussi en livrent-ils actuellement douze à treize cents par an, ainsi que deux cents à deux eent cinquante coussins divers. Cette fabrication ne peut que s’accroître, car le sommier élastique arrivé à cette perfection est une économie dans le premier achat d’une garniture de lit, puisqu’il remplace un matelas ordinaire et le sommier de crin. Obligés de contenter tous les goûts et de rendre accessibles leurs produits à toutes les bourses, MM. Laude ont des matelas à tous les prix et de toutes les grandeurs, mais nous croyons que leurs sommiers parisiens montés à jour sur treillage enveloppé de cordes, sont ceux qui doivent être préférés par les connaisseurs. Le jury accorde à MM. Laude une médaille de bronze pour leur excellente fabrication.
- MENTION HONORABLE.
- M. BILLORET, à Paris, rue Saint-André-des-Arts , 53,
- Fabrique une grande quantité de matelas et coussins élastiques qu’il confectionne avec soin ; le jury lui accorde une mention honorable.
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- § 10. GÀÎNERIE.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- * * * ? *»
- ». V
- M. FENOUX, à Paris, rue de Grenelle-Saint-IIo-noré, 51 ,
- A exposé des portefeuilles variés, simples ou à compartiments, qui sont fabriqués avec beaucoup de goût. Déjà plusieurs fois, les articles de M. Fenoux ont été distingués par le jury, et les soins qu’il met à ne fabriquer que de bons produits, le rendent digne de la médaille de bronze qui lui est confirmée parle jury.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. CÂRLIER, à Paris, rue Neuve-Bourg-1’Abbé, 2,
- Fabrique un grand assortiment d’objets de papeterie, et principalement des portefeuilles solidesqu’il a perfectionnés. Tous les produits de M. Carlier sont estimés dans le commerce.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- M. BOUILLÀRD, à Paris, rue Michel-le-Comte, 30.
- Fabrique des objets de gaînerie très-bien exécutés, il confectionne aussi des coffres et cartons à combinaisons variées qui sont solides et d’une bonne exécution.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
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- ‘ CITATION FAVORABLE.
- \.
- M. OBRÉ, à Paris, rue du Temple, 13.
- M. Obré s’occupe d’un article spécial, la fabrication des fourreaux de sabres, poignards, baïonnettes , etc. ; ses articles sont parfaitement traités, et méritent une citation favorable.
- trrxrk '
- § 11. jouets d’enfants.
- MENTIONS, HONORABLES.
- M. BROUILLET, à Paris, rue Saint-Denis, 116,
- Fabrique des poupées bien faites et se tenant debout sans secours de bâtons. On peut facilement habiller et déshabiller ces poupées, en sorte qu’elles peuvent servir aux petites filles à couper et coudre des habillements. M. Brouillet fabrique un grand nombre de poupées et de petits habillements, le jury lui accorde une mention honorable.
- MM. BELTON et JUMEAU, à Paris, rue Salle-au-, Comte., 14, , :
- Ont exposé une collection soignée de poupées nues ou habillées qui sont très-bien fabriquées : ils en font un grand commerce dont une partie,pour l'exportation. , ;
- M. COLIN, à Paris, rue d’Anjou , 10, au Marais,
- Fait les jouets et ménages avec soin, il a exposé
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- comme modèles, une cuisine garnie et une table mise, qui montrent la perfection des produits de sa fabrique.
- Lejury accorde une mention honorable à M.Colin.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Le jury cite favorablement M. KOPP, à Paris, rue du Temple, 56,
- Pour une collection de jouets, et surtout pour son joli modèle de salle à manger avec dressoir et table garnie.
- Madame FRANÇOIS (Anna-Cécile), à Paris, rue du Faubourg-du-Temple, 23,
- Pour la fabrication de petites poupées servant d’acteurs dans les théâtres d’enfants.
- M. GUÉRIN, à Paris, passageRrady, 42,
- Fait avec soin les petites voitures et les chevaux , simples ou avec mécaniques ; il a exposé le modèle d’une voiture, très-bien exécuté.
- * ' 1
- M. GUILLARD, à Paris, passage Yivienne, 2, et rue Neuve-des-Petits-Champs, 14,
- Pour des jouets mécaniques et autres, bien fabriqués.
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- M. SANREYet ULYSSE, à Paris, rue du Rocher, 8,
- Ont exposé un théâtre avec appareil mécanique pour changer les décors d’une manière simple. Ce système pourra être employé en grand, principalement dans les théâtres de société.
- M. STHORMAYÈRES, à Paris, passage Brady, 16, rue du Faubourg-Saint-Denis, 99,
- Pour des chevaux et voitures mécaniques.
- § 12. OBJETS DIVERS.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- K
- MM,CAYY jeune e t Cie, à Nevers (Nièvre).
- MM. Cavy jeune et C!e se sont livrés exclusivement à la fabrication spéciale des habillements en peaux d’animaux. Le jury départemental se plaît à signaler la bonne confection et le bon marché des objets fabriqués par ces messieurs; un paletot en peau de chèvre à 22 francs, et les autres articles exposés confirment cette opinion.
- Les habillements en peaux sont souvent appelés à rendre de grands services; ainsi, sur le chemin de fer d’Alsace, on a été obligé d’avoir recours à ce vêtement pour les conducteurs des locomotives ; car aucun autre n’a pu mieux préserver ces hommes de la pluie et surtout des grands froids accompagnés de
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- vent. MM. Çavy jeune et G10 exposaient pour la première fois; le jury leur accorde une médaille de bronze.
- MENTION HONORABLE.
- M. GON, à Paris, rue Vivienne, 18,
- Aexposé un assortiment de fourrures de belle qualité et très-bien traitées. La maison de M. Gon est déjà fort ancienne , ses produits ont toujours été estimés dans le commerce. Le jury lui accorde une mention honorable.
- Tissus hygiéniques semi-métalliques et imperméables.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. CHAMPION, à Charonne (Seinè), me Fonta-rabie, 31,
- Continue la fabrication des mesures linéaires qu’il a toujours soignée d’une manière particulière. Les tissus imperméables.chers ou bon marché sont confectionnés avec la môme perfection.
- M. Champion est de plus en plus digne de la médaille de bronze qui lui a été décernée en 1827, rappelée eh i834 et 1889 , et que le jury lui confirme.
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- MENTIONS HONORABLES.
- MM. GROSSMANN et WAGNER , à Paris, rue du
- Renard-Saint- Sauveur, 11,
- Ont exposé les échantillons de leur fabrication courante de bretelles, ceintures et instruments en caoutchouc. Tous ces objets dénotent les soins et la bonne qualité que ces fabricants donnent à leurs produits, et pour lesquels le jury leur accorde une mention honorable.
- M. VACHERON, à Paris, rue Notre-Dame-de-Nazareth, 18.
- M. Yacheron fabrique par un procédé particulier les bretelles, ceintures et différents articles en caoutchouc. Les fils de cette matière forment avec les autres fils, coton, soie ou laine, un véritable tissu queM. Yacheron sait varier sur ses métiers pour lui donner toutes les formes et y appliquer les dessins très-bien exécutés.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. BELORGÉ, à Paris , rue Saint-Denis, 268,
- Fabrique parfaitement le tissu caoutchouc pour bretelles; les produits exposés indiquent que M. Be-lorgé s’occupe depuis longtemps de cette fabrication avec succès.
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- M. MAILLIER, à Bordeaux (Gironde),
- A exposé un instrument pour prendre mesure des habillements avec lequel on obtiendrait une économie dans l’emploi de l’étoffe, et qui facilite la coupe bien faite. L’économie serait ,i5 centimes par mètre sur draps ordinaires, et i5 fr. par cent vingt sur drap militaire moins large.
- Tuyaux pour incendies.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. HARMOIS frères, à Paris, rue Marivaux-des-Lombards, 46.
- i
- MM. Harmois frères s’occupent depuis très-longtemps d’une spécialité d’utilité publique, la confection de tous les objets nécessaires pour lès pompes et services des incendies. Leurs tuyaux en cuir sont d’une très-grande perfection, etils ont eu l’idée depuis quelques années d’en exécuter la couture avec de la corde à boyau préparée pour cet usage. Les personnes compétentes qui ont employé les tuyaux ainsi cousus, en ont reconnu la supériorité tant pour le service que pour la durée. Pour obtenir une bonne couture par ce moyen, ces fabricants ont imaginé des outils spéciaux. Ils font confectionner aussi pour leur vente des tuyaux en fils sans couture très-bons pour l’arrosage.
- Leurs sacs en toile à 2 fr. 5o c. pièce sont d’une parfaite exécution. \
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- Ils ont toujours, prêts;à servir, des tuyaux de toute espèce, raccords, lances., sacs, cordages,,-etc,
- Le jury accorde à MM. Harmois frères une médaille de bronze.
- §13. TRAVAIL DES AVEUGLES.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. FOUCAULT, à Paris, rue de Charenton, 38.
- M. Foucault est inventeur d’une petite machine ingénieuse pour faire écrire les aveugles; la société d’encouragement a examiné avec soin cétte machine et en a rendu un compte très-favorabje en décernant une médaille à son auteur.
- Le jury mentionne honorablement le travail de M. Foucault, et recommande cet inventeur, aveugle, à là bienveillance , de M. le ministre de l’intérieur.
- ** N 1 'a
- M; LAYAUX (Philippe), à Paris, rue de Charén-ton , 38. \ '
- M. Lavaux û pensé que, pour donner aux jeunes aveugles, et même aux plus âgés, un moyen de pouvoir travailler, il fallait que les objets à confectionner fussent simples et faciles à faire. Il a joint l’exemple au précepte, et a exposé des rateaiix , des échelles, des porte-habits, des grils, etc., qu’il peut donner à bon marché, et cependant y gagner un salaire raisonnable. Le jury, en accordant une mention honorable à,M.,Lavaux, pense,que l’exemple iii. fcl
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- qu’il a donne mérite de fixer l’attention et la bienveillance de l’administration supérieure.
- SECTION IY.
- /
- GYMNASTIQUE, BANDAGES, BIBERONS, ETC., ETC. MM. Dumas et Goldenberg , rapporteurs.
- V
- § 1. GYMNASTIQUE.
- RAPPEL DE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. le colonel AMOROS, à Paris, rue Jean-Gou-
- t
- jon, 6.
- Les appareils de gymnastique de M. Amoros ont été parfaitement décrits dans le rapport du jury de 1839. Le jury central voit avec plaisir la continuation des efforts de M. Amoros pour populariser son système, et lui vote le rappel de la médaille de bronze.
- §2. BANDAGES, BIBERONS, APPAREILS ORTHOPÉDIQUES.
- RAPPELS DE MÉDAILLES DE BRONZE.
- M., YALÉRIÜS, à Paris, rue du Coq-Saint-ïïo-noré, 7. ^ ;
- \ Vf- * ' ' • ' '
- V
- Les services rendus par M. Yalérius, et la répu -
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- tation dont jouissent [ses bandages herniaires font un devoir au jury de lui voter le rappel de la médaille de bronze qu’il a obtenue en 183g,' et dont il n’a cessé depuis de se montrer digne.
- M. ' LAFOND, à Paris, rue Yivienne, 23.
- v
- Les bandages de M. Lafond, sagement raisonnés et habilement construits, ont attiré l’attention particulière du jury, qui lui vote avec plaisir le rappel de la médaille de bronze.
- M. FLAMET jeune,, à Paris, rue?des Arcis, 25.
- La fabrication de M. Flamet jeune a toujours été réputée honorablement pour la bonne confection des produits.
- Les bretelles élastiques sans coutures, les boutonnières métalliques et les bretelles en caoutchouc naturel sans couture primitive, obtiennent toujours pour leur bonne qualité un succès commercial assuré.
- Mais aujourd’hui l’objet important de la fabrique de M. Flamet jeune est son perfectionnement de bas élastiques pour comprimer les varices et les engorgements des membres inférieurs. ^ ^
- Déjà en i83g, M. Flamet jeune a exposé les essais qu’il avait faits depuis 1836 pour arriver à la solution d’un problème difficile : la fabrication du bas élastique sans couture, et ne formant pas de plis aux articulations, conditions sans lesquelles le-bas élastique est plus nuisible qu’utile, et fatigue le malade au lieu de le soulager.
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- A force, de, persévérance et de travail ,,M.'Flamet a vaincu .toutes les difficultés, il fabrique depuis trois ans des bas sans, couture,, qui ne forment aucun pli aux articulations , et qu’il livre à bon marché.
- M. Flamet, loin de, chercher, par la publicité,à seprévaloïrde certificats honorables pour augmenter sa clientèle, a pensé que la discrétion devait égaler la confiance mise en lui.
- Voici comment s'exprime à son sujet un de nos plus célèbres chirurgiens :
- « M. Flamet jeune a rendu un véritable service » >à l’humanité; l’expérience a mis hors de doute » leur supériorité sur tous les moyens connus pour » combattre l’engorgement et les varices des mem-» bres inférieurs. »
- t *
- En 1834 ? M • Flamet jeune a reçu une médaille de bronze; en 1839, une nouvelle médaille de bronze, le jury lui vote le rappel de cette médaille.
- Madame BRETON, à Paris, rue du Faubourg-Montmartre, 24.
- Madame Breton se fait-toujours remarquer par la bonne confection de ses appareils. Le jury, pour l’engager à persévérer dans cette bonne voie, s’empresse de lui voter le rappel de la médaille de bronze;qu’elle aiobtenuëen i83q. ;
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- MÉDAILLE DE BRONZE.
- 1 ,/ • . ; ; ' * ' v - ;• ^ . .. V
- M. BÉCHARD, fabricant d’appareils orthopédiques , à Parisrue de Tournon, 15. #
- La plupart d'es produits de M. Bêchard-sont bien imaginés, bien construits, et susceptibles d’une application utile. Le jury lui accorde la médaille de bronze. -
- RAPPELS DE MENTIONS HONORABLES. :
- ... >, • ’ -V; -J;'
- M. GVERDÎER, à Paris -, rue Neuve-des-Petits-Champs, 36. t ' ' " v
- r j ; . : ' • ‘
- Les appareils que cet exposant a présentés cette année sont soignés et consciencieusement faits, le ’ jury lui rappelle avec,plaisir la. mention honorable accordée en i83q.
- M. DARBO, à Paris , passage Choiseul, 86. .
- ,'-,v ,vr,' AH rit . *•. -
- Les produits que M. Darbo a exposés cette année ont attiré l’attention dujury qui,;voyantavtèc plaisir la continuation de ses efforts, lui rappelle la mention'honorable: qm’il a> déjà obtenue; * i
- MENTIONS HONORABLES.
- M. le docteur BELMAS, à Paris , rue Ribouté, 1. Les nouvelles pelottes imaginées par lé1 docteur
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- Belmas, jouissent d’une élasticité convenable; en raison de leur composition, elles semblent devoir conserver leur souplesse et résister aux agents destructeurs.
- Le nouveau mode de jonction des pelottes avec les ressorts, est disposé de manière à faciliter l’application des bandages et à la rendre plus régulière.
- Les enveloppes en tissu élastique qui recouvrent les bandages du docteur Belmas pouvant être changées à volontéles maintiennent dans leur état d’intégrité , condition sans laquelle l’usage de cét instrument est souvent plus nuisible qu’utile.
- Le jury, pour récompenser les efforts de M. Belmas et l’engager à continuer ses heureuses tentatives, lui accorde une mention honorable bien méritée.
- >
- M. POULET, à Paris, rue Saint-Martin, 171, et
- passage de l’Ancre, 12.
- Le fini et la construction parfaite des bandages herniaires de M. Poulet lui valent une mention honorable que le jury s’empresse de lui accorder.
- \
- C *
- M. PERNET, à Paris, rue des Filles-Saint-Thomas, 19.
- Le système de bandages imaginé par M. Pernet est assez avantageux dans certaines variétés de hernies, le jury se'plaît à lui accorder'une mention honorable.
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- M. WICKHAM, à Paris, rue Saint-Honoré, 257.
- 1 '
- Les produits de M. Wickham sont généralement bien confectionnés, et lui méritent une mention honorable que le jury s’empresse de lui accorder.
- I
- M. PAQUE, pharmacien, à Orléans (Loiret).
- Il y a dans le procédé de M. Pâque, pour préparer et conserver les tétines de vache, un perfectionnement qui lui mérite de la part du jury une mention honorable.
- M. BERGER ON, à Paris, passage du Grand-Cerf, kh.
- Le jury s’empresse de décerner une mention honorable à M. Bergeron pour avoir simplifié plusieurs appareils orthopédiques.
- § 3. APPAREILS CHIRURGICAUX ET HYGIÉNIQUES.
- \
- MENTION HONORABLE.
- M. le docteur YALAT, à Blanzy ( Saône-et-Loire).
- Il y a dix ans que M. le docteur Yalat a présenté à l’académie des sciencès, à l’académie de médecine et à la société d’encouragement, son lit de mine
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- ou de sauvetage pour les ouvriers mineurs-blessés ou asphyxiés.
- Les rapports qui furent faits dans ces circonstances , ' le prix Montyon qui lui fut donné par l’académie des sciences, enfin les certificats délivrés par les directeurs des mines dans lesquelles ce lit a été mis en usage, prouvent les bons effets et les services; qui en ont été obtenus.
- M.Valat a ajouté, depuis, plusieurs perfectionnements qui en rendront l’usage très-facile, commode et sûr, il deviendra maintenant propre à être employé avec succès dans les plus graves et les plus fâcheuses circonstances.
- D’ailleurs, le jury considérant que M. le docteur Yalat n’exploite pas à son profil cette invention , qu’il lui a donné la plus grande publicité pour la mettre à la disposition de toutes les entreprises de mines, de carrières , et généralement de tous les états et professions qui pourraient, en cas d’accidents, avoir besoin d’en faire usage, s’empresse de décerner à M. le docteur Yalat une mention des plus honorables.
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- SECTION V.
- FLEURS ARTIFICIELLES'
- M. Ie'vicpmte Héricart de Thury, rapporteur.
- Considérations générales.
- -Nos expositions nous ont révélé l’importance., jusqu’alors peu connue, de la fabrication des fleurs artificielles, aujourd’hui l’une des plus belles et des plus remarquables parmi les diverses industries de la * ville de Paris , , où ses diverses parties sont-exploitées dans cinq^cents ateliers.
- Déjà ancienne à Lyon,’qui l’avait reçue d’Italie, cette:fabrication y fut longtemps et presque exclusivement cultivée par quelques maisons religieuses , qui faisaient des fleurs pour les églises, et qui y employaient des étoiles de soie , des cocons de vers à soie', de la toile.et du papier.
- Introduite s Paris^ la fabrication, des fleurs s’y fit d’abord comme à Lyon ;• puis, et par suite de divers perfection nements, on se^servit de velours, de,taffetas, de batiste, de papier,. de-parche-
- i
- min, etc.'Ces fleurs, : encore bien imparfaites!, annonçaient déj à des progrès .qui bientôt sedé-veloppèrent rapidement. , > b ‘-
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- Aujourd’hui cette fabrication, qui s’élève annuellement à plus dë 10,000,000, dont plus d’un cinquième pour l’étranger, a atteint une perfection , une telle supériorité, les caractères naturels distinctifs des fleurs sont si bien imités et d’une telle vérité, que dans les expositions de la Société royale d’horticulture, les botanistes et les jardiniers fleuristes , membres du jury du concours, ont souvent déclaré qu’ils ne pouvaient, sans les toucher, distinguer les fleurs artificielles des fleurs naturelles qui étaient soumises à leur examen : telles sont les études artificielles de botanique faites dans les serres du Jardin-des-Plantes , par M. et Mrae DeLaëre, dont le talent leur a mérité un brevet spécial de S. A. R. madame la duchesse d’Orléans.
- Mais pour arriver à cette supériorité -dans la fabrication des fleurs, il a également fallu perfectionner celle des feuilles, et là se présentaient des difficultés non moins grandes, et peut-être même plus grandes, à raison delà manière d’être ou de l’engencement, de la composition, de la découpure , de la nervure , de la différence des surfaces, de celle de leurs couleurs, difficultés que les fabricants ne sont parvenus à vaincre que par de nouvelles études, des travaux particuliers, et à l’aide d’un outillage composé d’emporte-pièces,' de àécoupoirs, de gaufroirs de tous genres , de
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- toute espèce, et non moins variés que les feuilles à imiter.
- Ainsi, le succès de la fabrication des fleurs artificielles est fondé, d’une part, sur les travaux et les préparations d’une profession spéciale qui fournit aux fleuristes, 1° les étoffes, telles que les velours, les satins, les taffetas, les gazes, les
- 1
- mousselines, les batistes, les percales ; les parties de fleur, telles que les boutons, les calices, les pétales, les étamines, les pistils ; 3° les couleurs et les étoffes coloriées et apprêtées, et 4° les feuilles en étoffes ou en papier de différentes espèces et qualités; et d’autre part, sur un outillage auquel est particulièrement due la vérité de la manière d’être •des feuilles.
- Enfin et indépendamment des matières indigènes employées par les fleuristes avec tant de succès, il en est encore une dont il convient de dire un mot ; cette matière, qui sert pour quelques fleurs, nous est apportée des Indes orientales, sous le nom de papier de riz. Les botanistes ont été longtemps incertains sur sa véritable nature ; ' d’après les recherches de M. Stanislas Julien, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, cette matière est la moelle du Tong-tsao des Chinois, le Mut/iong des Japonais, la Rajana quinata de la FloraJaponica de Thumberg, ou celle de YOEschy-nomène paludosa des Indes orientales. Suivant lès
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- auteurs chinois et japonais, cette matière est là moelle extraite des tiges de ces plantes, et découpée em spirales, de la circonférence, au centre, en feuilles plus ou moins grandes , avec-une lame très-mince. Pour coller ces feuilles, on les trempe dans une eau de riz, puis on les étend, ondes faitsécher, et ondes empile par paquets de
- cent feuilles, qui se vendent suivant leursdimen-
- 1 •
- sions et la pureté de la moelle. C’est probablement à leur encollage dans Feau de riz que ces feuilles de moelle, qui sont d’un tissu très-fin et d’un grain parfaitement uni,, ont dû lç nom de papier de rizy. rice paper, jsous, lequel elles sont connues dans le, commerce que les livre aux fleuristes, blanches ou coloriées par les Chinois mais; généralement si mal coloriées, qu’on prend les blanches de-préférence. . , - r v
- Le chapitre des fleurs artificielles est divisé en six sections, savoir :
- 1° Les fleurs de botanique artificielle et spécimen des familles naturelles des plantes en fleurs artificielles, pour, faciliter en toute saison l’étude de la botanique aux, jeunes élèves, et amateurs; -i ;• -i * r- '
- , 2? L’outillage de la fabrication, des fleurs ;
- 3° Les étoffes , les papiers-, les . couleurs et apprêts pour la fabrication des fleurs et des feuilles; - ^ V--
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- 4° Les fleurs artificielles de parure et d’ornement ; . •• '
- 5° Les fle.ùrs artificielles en cire;
- Et 6° Les fleurs artificielles en coquilles..
- I. Fleurs artificielles du spécimen des familles naturelles des plantes, à'Vusage des élèces et amateurs de botanique.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- 4
- M. et Madame DE,LAËRË, à,,Paris, rue Richelieu, 18.
- M. et Madame de rLaëre,.ont exposé i° un beau choix de plantes étrangères des serres chaudes du jardin des Plantes, parmi lesquelies on distinguait ' les Oncidium papilio et ampliatunr,, la, Leptotes bicolor, la Trichopîlia tortilis , la Goodyera disco-lor , la Stanliopia oculata , au milieu de plusieurs beaux Camelliàs et Dahlias; \
- Et 2° un spécimen enffleurs ^artificielles des caractères des familles naturelles;des plantes, pour faciliter en toutes saisons aux jeunes élèves et ania-. teurs l’étude de la botanique et la classification ides plantes et .des fleurs,, suivant les méthodes aujourd’hui.adoptées dans nos écoles. -.
- Le .spécimen donné, comme exemple comprend
- des individus des familles suivantes : *
- \
- i° Des Liliacées; v- ;
- ;2° Des Primûlacëes; 1 *
- . 3° Des Orchidées; v. ; f \ *
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- 4° Des Nymphæacées;
- 5° Des Radiées;
- 6° Des Amaryllidées;
- 7° Des Renonculacées ;
- 8° Des Crucifères;
- 9° Des Aurantiacées; io° Des Cariophyliées; ii° Des Rosacées; i2° Dès Légumineuses; i3° Des Euphorbiacées ; i4° Des Bignoniacées.
- Après i’examen du spécimen des éléments artificiels de botanique de M. et Madame de Laëre, la vérité des caractères de chaque famille, enfin* la beauté et la variété de leurs fleurs ,de jury décerne à M. et Madame de Laëre une médaille de bronze.
- * Madame LAROCQUE, à Paris, rue du Faubourg-
- Saint-Martin, 11,
- ♦
- Madame Larocque a exposé, comme fleurs artificielles pour l’étude de la botanique :
- .1° Atraphraxis spinôsa ;
- 2° Reclinata urtica ;
- 3° Capillaire ; • f
- 4° Graminées.
- Il est difficile'de voir une plante plus vraie et plus naturelle que le bel individu d’Atraphraxis spi-nosa,,exécuté par Madame Larocque dans les serres du jardin des Plantes.
- Madame Larocque se présentant également pour de belles fleurs de parure et d’ornement, le jury en fera mention dans cette catégorie.
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- M. CONSTANTIN, à Paris, rue Neuve:Saint-Augustin, 37.
- M. Constantin, qui figure en tête des fabricants de fleurs de parure et d’ornement, a exposé comme difficultés vaincues ét études de plantes artificielles pour la botanique :
- j° Un Chardon;
- 2° Un Pissenlit;
- 3° Une Fougère;
- 4° Des Gramens;
- 5° Des Camellias ;
- 6° Des Roses.
- M. Constantin a déposé ces plantes, qui sont d’une admirable vérité, dans les salons de l’Hôtel-de-Ville. (V^oir aux fabricants de fleurs, § IV de cette section,p.66o.) -
- 11. Outils de fabrication de fleurs artificielles, Emporte-pièces, Découpoirs, Gaufroirs, etc.
- : MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. CROUSSE, à Paris, rue Saint-Denis, 345.
- 4
- L’outillagë propre à faire les feuilles des plantes et des fleurs présentait de très-grandes difficultés dans l’exécution , pour parvenir à donner au papier et aux étoffes la vérité des feuilles avec leurs nervures, leurs découpures, étions les caractèresfqui leur sont particuliers. ' ' / U
- M. Crousse a habilement surmonté ces difficultés.’
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- Ses emporte-pièces, ses dëçoupoirs etgaufroirs,sont découpés et gravés clans l’acier avec une perfection qui ne laisse rien à désirer pour la vérité des feuilles.
- Le jury décerne à M. Crousse, auquel nos fabricants de fleurs artificielles doivent une grande partie de leurs succès, une médaille de,bronze.
- III. Fabriques d’Étoffes, Papiers , Apprêts, Couleurs et Eléments divers pour la fabrication des fleurs artificielles. . v
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. PRÉVOST - WENZEL, à Paris, rue Saint-Denis, 290.
- » 1
- La maison Prévost-Wenzel est peut-être la plus ancienne de Paris. Elle fut brevetée en 1784 de la reineMarie-Antoinette, sous le nom de Wenzel, qui figurait dans l’exposition de 1808 , où il reçut, une mention honorable. /
- Son gendre, M. Prévost-Wenzel, s’est attaché à la fabrication des apprêts des fleurs, et il obtint une médaille ,de bronze à l’exposition de 1839. A l’aide d’une machine inventée clans sès ateliers il fabrique avec une très-grande économie'les, pistils et les étamines, le calice et la corolle des fleùrs. Son rosé végétal, extrait du safranum, est, de la plus grande beauté.
- M. Prévost-Wenzel,, qui fait également de très-belles fleurs artificielles, emploie plus de cent’cinquante ouvriers dans ses deux fabriques,, dontc les
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- produits s’élèvent à plus de 3oo,ooo fr. par an ? savoir un tiers pour la France et les deux tiers pour l’Angleterre, les colonies françaises et espagnoles, le Brésil, le Mexique, les Etats-Unis et les Indes-Orientales.
- Lejury décerne à M. Prévost-Wenzel unemédaille de bronze d’ensemble, pour ses deux genres de fabrication.
- MM. LEFORT frères, à Sèvres (Seine-et-Oise), et à Paris, rue Mauconseil, 12.
- MM. Lefort frères ont formé à Sèvres un établissement dans lequel ils préparent les étoffes, les papiers, les apprêts, et tous les éléments des fleurs artificielles. Ils s’y livrent également au travail descouleurs et des teintes des étoffes et papiers qu’ils emploient dans leur fabrique de fleurs de parure, l’une des plus renommées en France et à l’étranger. Ils occupent plus de cent ouvriers dans leurs deux établissements.
- L’importance de la belle industrie de MM. Lefort est une de celles qui ne se révèlent que lorsqu’on, est appelé à voir et à examiner les moyens et les produits de fabrication de ces industriels qui travaillent modestement dans le silence, satisfaits de la considération qui assure leur succès.
- Le jury décerne à MM. Lefort frères une médaille de bronze d’ensemble pour leurs deux établissements.
- M. BOBOEUF-CASAUBON, à Paris, rue Saint-Fiacre, 20,
- M. Boboeuf-Casaubon s’est particulièrement livré
- m. 42
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- 65S
- à la préparation et à l’apprêt des étoffes pour les pétales des fleurs et les feuillages. - ,
- Breveté, ainsi que M. Constantin, pour le granu-lage des étoffes des pétales, ils ont réuni leurs deux procédés en un seul, sous le nom de Constantin-Bobœuf-Casaubon, qui n’empêche pas cependant chacun de graeuler séparément les pétales d’après son invention personnelle.
- M. Boboeuf-Casaubon, tout en préparant les étoffes pour les feuillages, les rend souples, moelleuses et transparentes par un procédé pour lequel' il est également breveté.
- Ses ateliers, qui sont parfaitement outillés, occupent plus de cent ouvriers.
- Le jury décerne à M. Bobœuf-Casaubon une médaille de bronze.
- M. CROUSSE, à Paris, rue Saint-Denis, 345.
- M. Crousse déjà cité plus haut, et auquel est due la fabrication des outils à faire les feuillages, outils auxquels, avons-nous dit, cette industrie doit en grande partie ses succès, puisque jusqu’alors, et • avant l’invention des emporte-pièces , découpoirs et gaufroirs , tout le travail des feuillages se faisait à la main, a présenté, avec ses outils, une collection de toutes les feuilles qu’il en obtient et qu’il fournit aux fabricants.
- Le jury a décerné à M. Crousse une médaille de bronze d’ensemble pour ses deux genres .d’industrie.
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- MENTION POUR ORDRE.
- M. PÉTARD, à Paris, rue Saint-Denis, 356 et rue des Enfants*Rouges, 11.
- s
- M. Pétard a exposé quelques fleurs et feuillages plutôt pour faire voir la beauté de ses apprêts que ses fleurs artificielles. C’est en effet, à la fabrication des couleurs que cet liabile apprçteur s’est particulièrement livré; aussi est-il le premiqr fabricant auquel s’adressent les fleuristes pour le rose et le safranum de qualité supérieure; et c’est particulièrement sous le rapport des apprêts et préparations chimiques que le jury a placé M. Pétard, tout en le mentionnant ici, à raison des immenses services qu’il a rendus à l’industrie de la fabrication des fleurs artificielles.
- IV. Fleurs-artificielles de parure et d'ornement. NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. CHAGOT frères, à Paris, rue Richelieu,
- si, . ', ' " j’ .
- MM. Chagot frères tiennent une des plus fortes maisons de fleuristes de Paris. Us se sont présentés comme plumassiers et fleuristes, et ont déclaré oc* cuper plus de cent cinquante ouvriers, employer' pour 120,000 fr. de mousseline, percales , velours, coton, etc., et fabriquer près de 800,000 fr* de
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- fleurs, dont 65o environ pour l’exportation et i5o pour l’intérieur.
- La maison de MM. Chagot est une de celles qui ont le plus contribué à étendre au loin les relations de nos fleuristes. Ses fleurs, qui sont très-bien faites, ont obtenu un très-grand succès dans les pays d’ou-tre-mèr.
- MM. Chagot frères avaient obtenu une médaille
- O
- debronze en 1839. Leur fabrication a pris, depuis la dernière exposition,les plusgrands développements.
- Le jury leur décerne une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- M. CONSTANTIN, à Paris, rue Neuve-Saint-Au-gustin ,37.
- Les fleurs de M. Constantin sont tellement connues, elles jouissent d’une telle réputation en France et à l’étranger , qu’il est impossible de ne pas les classer en. première ligne.
- Ses fleurs qui sont, en effet, d’une beauté, d’une fraîcheur, et d’une vérité ravissantes sont honorablement placées dans les salons de l’Hôtel-de-Ville.-Tous les caractères en sont étudiés et représentés avec un charme, un soin et un naturel, qui les distingue de toutes les autres.
- Breveté pour des procédés qui lui sont particuliers, M. Constantin occupe plus de cent ouvriers. Il emploie pour plus de 5o,ooo fr. d’étoffes diverses, d’apprêts et de matières.
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- Sa fabrication s’élève à plus de 3oo,ooo fr., dont un tiers pour l’étranger.
- - N’ayant pu affecter à l’industrie des fleurs artificielles une médaille supérieure à la médaille de bronze, le jury décerne la première à M. Constantin , et le place en tête des fabricants de fleurs artificielles, où il a été porté par la voix publique, qui a hautement proclamé sa supériorité confirmée par le jury central. , .
- M. F.-J. PERROT, à Paris, rue Saint-Pénis , 275 , et rue de la Rourse, 12.
- Le nom de M. Perrot imprime aux fleurs de sa fabrique le même cachet de supériorité que donne celui de M. Constantin à ses fleurs : il est souvent difficile de distinguer ces produits desdéux origines.
- M. Perrot occupe plus de cent cinquante ouvriers. Il fabrique annuellement de 35o à 4oOj°oo fleurs, dont plus de moitié pouFTétrangér. ‘ ' ' !
- Ses fleurs, remarquables par leur naturel, le'ùh.finesse .et la vérité de leur manière d’être, jouissent d’une réputation très-étendue. Il n’est point de fêtes , point de grandes cérémonies dans les cours étrangères où les fleurs de M. Perrot ne brillent de toutes parts. La magnifique corbeille de fleurs qu’il a exposée a fait l’admiration générale.
- Le jury décerne à M. Perrot une médaille de bronze.
- M. JULIEN, à Paris, rue Neuve-Saint-Eustache, 39,
- M. Julien, fabricant de fleurs artificielles, est du
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- nombre desfleuristes qui entendent, qui conçoivent et qui exécutent lemieux la fabrication de ces fleurs. 11 est entièrement fleuriste et travaille d’après nature, ainsi qu’on a pu s’en convaincre par la grande corbeille de fleurs fines et les différents vases qu’il a exposés comme produit de sa fabrication quotidienne et non comme pièce extraordinaire d’exposition.
- La fabrique de M. Julien est connue avantageusement pour les fleurs de parure et d’ornement. Elle est une de celles qui soutiennent le mieux la réputation de nos fleuristes. Le jury décerne à M. Julien une médaille de bronze.
- M. PRÉVOST-WENZEL, à Paris, ruë Saint-Denis, 290.
- On a vu plus haut que la fabrique de M. Prévost-Wenzel fut fondée par M. Wenzel, et qu’elle reçut en 1784 un brevet de la Reine pour ses fleurs artificielles, jugées alors les plus remarquables et les plus parfaites.
- M. Prévost, son gendre, sous la raison Prévost-Wenzel, a continué à se livrer avec le plus grand succès à la fabrication des fleurs dans sa fabrique, tout en s’occupant des apprêts des étoflès des pétales et de celles des feuillages. Il à été cité pour ce genrè de fabrication, et le jury lui a décerné une médaille de bronze d’ensemble pour les deux industries qu’il exploite avec le plus grand succès.
- Madame MAIRE, à Paris, rue Vivienne, 57.
- Madame Maire, fleuriste, est citée4pour la beauté
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- de ses roses, genre auquel elle s’est particulièrement attachée, et qu’elle fait avec un naturel que personne ne saurait lui contester.
- Madame Maire a fait d’après nature la nouvelle rose Adélaïde d’Orléans, des cultures de M; Hardy, jardinier en chef du Luxembourg, d’une manière si vraie et si parfaite, que beaucoup de personnes n’ont pu distinguer la rose artificielle de la rose naturelle.
- Quoiqu’elle se soit spécialement livrée au genre des roses, Madame Maire exécute avec le même talent toutes les autres fleurs de parure et d’ornement.
- - Le jury lui décerne une médaille de bronze.
- MM. LEFORT frères, à Sèvres (Seine-et-Qise),
- s
- et à Paris, rue Mauconseil, 12.
- MM. Lefort frères, déjà cités pour leurs apprêts et préparations d’étoffes et pour leurs éléments des fleurs artificielles, ont à Paris une belle fabrication de-fleurs de parure, qui jouit d’une réputation justement méritée, à raison de la beauté et de la vérité de leurs produits qui sont très-recherchés.
- Le jury a décerné à MM. Lefort une médaille d’ensemble pour leurs deux industries.
- M. et Madame DE LAËRE, à Paris, rue Richelieu, 18.
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- * - V j
- M. et Madame de Laëre se sont’d’abord livrés à la fabrication des fleurs artificielles pour l’étude de la botanique. Madame de Laëre donnait des leçons
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- pour la fabrication des fleurs. Les succès'qu’ils ont obtenus les ont déterminés à se livrer également à la fabrication des fleurs artificielles de parure et d’ornement. Les fleurs qui sortent de leurs ateliers sont remarquables par les caractères naturels de botanique qu’elles portent, et l’exactitude rigoureuse que M. et Madame de Laëre s’imposent de leur donner pour la manière d’être du pistil, des étamines et de leurs anthères.
- Le jury décerne à M. et Madame de Laëre une médaille de bronze pour l’ensemble de leurs travaux dans la fabrication des fleurs artificielles.
- Madame LAROCQUE, à Paris, rue du Faubourg-Saint-Martin, 11.
- Madame Larocque, déjà citée pour ses belles études de botanique artificielle faites dans les serres du jardin des Plantes, exécute avec le même succès les fleurs de parure et d’ornement. Elle leur donne un air de vie, de fraîcheur, et un aspect naturel qui les fait rechercher et lui a fait une réputation pour les fleurs fines.
- Le jury décerne à Madame Larocque une médaille de bronze d’ensemble.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. SEGRETIN, à Paris, rue Saint-Denis, 257.
- . M. Segretin est un habile fleuriste en fleurs fines pour parures, coiffures de mariées et de bal. Il oc-
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- cupe cinquante ouvriers. Il fait de i5o à 160,000 fr. de fleurs par an, dont moitié pour l’exportation.
- Le jury lui décerne une mention honorable. .
- \
- Madame RAYMOND-BOCQUET, à Paris, rue du Cadran, 20.
- Madame Raymond-Bocquet a exposé une belle corbeille de fleurs fines, composée de .Dahlias, de Camellias, de Marguerites, etc., qui annonce une très-belle fabrication de fleurs que le jury a jugée digne d’une mention honorable.
- t
- Madame CLÀYEL, à Paris, rue de T Université , 116.
- Madame Clavel, après avoir dessiné les fleurs sous Redouté, dont elle est une des meilleures élèves, s’est livrée à la fabrication des fleurs artificielles, dans laquelle elle s’est distinguée d’une manière remarquable, et que le jury croit devoir constater par une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
- Madame LECHARPENTIER, à Paris, rue Saint-Denis , 121.
- Madame Lecharpentier réunit aux compositions de ses parures et ornements de fleurs la bijouterie de perles. Elle occupe plus de quarante ouvriers; elle emploie pour 10,000 fr. de batiste, mousse-
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- line, etc. ; elle fabrique pour 100,000 fr. de parures de fleurs, dont un tiers pour l’étranger.
- Le jury décide que les fleurs de parure de Madame Lecharpentier méritent d’être citées favorablement.
- Mademoiselle ADAM , à Paris, ' rue Beaure-gard, 6.
- Mademoiselle Adam fabrique des fleurs artificielles dont elle a expçsé un assortiment remarquable, d’après lequel on a pu apprécier sa belle fabrication , que le jury a jugée digne d’être citée favorablement.
- Y. Études de Botanique et Fleurs en cire. CITATION FAVORABLE.
- Madame FITTON, à Paris, rue de la Yille-1’Évêque, 10.
- Madame Fitton a exposé un spécimen de plantes et fleurs cryptogames exécuté en cire avec une rare perfection.
- Elle a exécuté de belles collections de divers détails et objets d’étude pour le muséum d’histoire naturelle.
- Le jury la juge digne d’être citée favorable-anent. ,
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- • YI. Fleurs artificielles en coquilles.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- Madame STOT, née GUÉNÉE, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine),.
- A exposé une belle corbeille de fleurs artificielles en coquillages de mer.
- Le jury juge que les fleurs de Madame Stot-Guénée méritent d’être citées favorablement.
- Madame DÉNISOT , à Saint-Malo ( Ille-et-Vilaine).
- Les fleurs de Madame Dénisot semblent sortir des mêmes mains que celles de Madame S tôt. Elles présentent le même travail, le même soin, la même exécution.
- Le jury la juge également digne d’être citée favorablement.
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- Plumes d’ornement et >de -parure.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
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- M. ZACHARIE, à Paris, rue Richelieu, 102.
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- Les plumes d’ornement et de parure ont été de tout temps une branche importante d’industrie et de commerce.
- Chez les peuples anciens, comme chez les moder-
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- nés, chez les Indiens et les peuples sauvages, comme chez les nations les plus civilisées, les plumes ont été et sont toujours recherchées, soit pour parures de toilette, soit pour les costumes de représentation civile, militaire et religieuse, ainsi qu’on peut en juger par les monuments, les tableaux, les gravures et divers auteurs.
- Les plumes sont portées dans leur état naturel ou travaillées, suivant les nations , leurs caractères ou leurs usages.
- Les modes en font surtout élever la valeur à un taux excessif; mais leur prix dépend particulièrement de leur beauté, de leur rareté et du genre des oiseaux, enfin du travail et des apprêts que les plumes nécessitent.
- Cette industrie exige de la part des plumassiers des relations et des correspondances dans les pays «éloignés et d’outremer ; ainsi en Afrique, en Egypte, au Sénégal, k Madagascar, aux Indes, en Amérique, etc., pour se procurer les plumes des autruches, des paradis, des lyres, des hérons, des paons, des cygnes, etc.', avec lesquelles ils font leurs belles aigrettes, les plumets, les panaches, les marabouts, etc.
- L’art du plumassier est généralement exercé collectivement avec celui du fleuriste; mais quelques plumassiers s’y livrent exclusivement, tels que MM. Zacharie, Almosnino, Canivet, Goy, Marien-val, etc., etc.
- Les plumes de Paris jouissent d’une très-grande réputation; elles sont un objet considérable d’exportation.
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- Un seul plumassier, M. Zacharie, s’est présenté comme tel à l’exposition, où Madame Perrot avait mis de très-belles plumes autour de sa corbeille de fleurs, ainsi que MM. Ghagot frères, plumassiers-fleuristes; mais si M. Zacharie a été le seul plumassier qui ait exposé des plumes, on doit dire que cette industrie ne pouvait être mieux représentée, et elle l’a été en effet de la manière la plus remarquable par son assortiment de plumes glacées blanches, noires ou de couleurs, et par les divers objets en plumes qu’ily avait joints.
- M. Zacharie est, au jugement de ses confrères, notre premier plumassier. Ses plumes jouissent d’une réputation qui les fait partout rechercher èn France et à l’étranger; elles sont demandées par toutes les cours de l’Europe.
- En le félicitant sur ses succès, le jury décerne à M. Zacharie une médaille de bronze, la seule mise à sa disposition pour cette belle branche d’industrie.
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- SECTION VI.
- CHAPELLERIE, BROSSERIE, CANNES ET PARAPLUIES,
- CORSETS, PERRUQUES.
- M. le comte de Noé , rapporteur
- § 1. CHAPELLERIE.
- Considérations générales.,
- La chapellerie est une industrie qui a une grande extension en France ; des capitaux considérables y sont employés , et elle occupe beau-
- J
- coup d’ouvriers. La quantité fabriquée tant en chapeaux poils de castor qu’en poils de lapin, est immense , et offre, ainsi que pour les chapeaux de soie, des résultats très-satisfaisants ; l’exposition de ces deux produits a présenté une augmentation remarquable. Leur bas prix et leur bonne confection leur assure un débit qui peut être évalué à plusieurs millions. La chapellerie est donc une branche importante de l’industrie nationale. Le nombre d’ateliers, tant à Paris qu’en province, est considérable, et il y a des progrès sensibles dans ce genre de fabrication bien digne des récompenses décernées par le jury.
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- La chapellerie de paille a fait aussi de grands progrès en France. Plusieurs fabricants ont essayé d’affranchir cette industrie, de l’emploi des matières que nous étions forcés de tirer de l’étranger. La paille d’Italie, ayant, ainsi que celle de Suisse, une supériorité jusqu’à présent sur la nôtre, où elle est mieux préparée et soignée qu’en France, ils ont donc fait tout ce qu’ils pouvaient, mais ils n’ont pas réussi tout à fait. Cependant , puisque la qualité des pailles d’Italie est supérieure à celle de France, qui est plus cassante et moins propre à être nattée, ils ont au moins tâché d’y suppléer par d’autres produits, et désétablissements ont été crées en France, où l’on travaille des nattes et tissus, en sparterie, qui rivalisent avantageusement avec les produits fabriqués en paille d’Italie. Plusieurs fabricants aussi se sont appliqués à faire natter, et confectionner en chapeaux la paille qu’ils tirent de l’étranger. Cette industrie ( qui auparavant n’existait qu’en Italie, d’où l’on tirait des chapeaux tout faits) a pris une grande extension depuis quelques années. Ces fabricants aujourd’hui ne tirent plus d’Italie que de la paille naturelle ou nattée, qu’ils font confectionner et coudre en chapeaux. Le nombre des maisons de chapellerie de paille existantes en France^et à Paris en est une preuve convaincante ; le commerce
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- avec les colonies, les États-Unis, Amérique du Sud, etc., est beaucoup plus considérable qu’il n’était jadis. C’est donc une industrie fort utile au pays, puisque c’est une source de richesse, et qu’elle emploie beaucoup de capitaux et d’ouvriers, elle est donc bien digne de figurer dans nos concours industriels.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- MM. LAVILLE et POUMAROUX, à Paris, rue Si-
- mon-le-Franc ,8.
- Les produits de cette manufacture sont très - remarquables; MM. Lavilleet Poumaroux fabriquent des chapeaux de feutre, de castor et de soie; leurs ateliers sont vastes et occupent environ 180 ouvriers. Us se servent de machines à vapeur pour la confection de certains objets; ils ont une exportation considérable; leur teinture est très-bonne; ils ont aussi trouvé le moyen de dégraisser les peaux de castor, ce qui ne se faisait jadis qu’en Angleterre ; aujourd’hui ils importent directement en France les peaux de castor de Québec, les travaillent dans leurs ateliers, et les rendent propres à la confection de leurs chapeaux qui sont d’une beauté remarquable.
- Le jury décerne une médaille de bronze à MM. La-ville et Poumaroux.
- M. ALLIÉ, à Paris, rue Simon-le-Franc, 1.
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- jM* Allié a un fort bel atelier où il emploie
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- un grand nombre d’ouvriers; c’est une maison considérable dans la chapellerie ; tous ses ateliers sont très-bien tenus, et lesproduitsde son industrie sont remarquables par leur bonne confection et leur solidité; la plus grande partie s’applique à la confection des chapeaux de soie. Son débit est considérable.
- Le jury, pour récompenser M. Allié, lui décerne une médaille cle bronze.
- M. GUIGUET, à Arles (Bouches-du-Rhône).
- \
- Les soins que M. Guiguet a , apportés à son industrie, la beauté dé ses produits, le nombre d’ouvriers qu’il occupe, le chiffre de ses affaires, tout le rend digne de la bienveillance du jury qui lui accorde une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- M. DUCHÊNE aîné , à Paris, rue Geoffroy-1’Angevin ,7.
- Les chapeaux exposés par cet industriel sont d’une forme agréable, d’un beau noir et montés sur feutre; il a inventé un procédé nouveau pour .empêcher les chapeaux de soie de se graisser. Il a aussi inventé un nouveau perfectionnement pour le mécanisme des chapeaux dits Gibus, qui est plus solide et assez ingénieux. Il occupe quarante ouvriers ; son débit est de 25o,ooo à 3oo,ooo fr. K Le jury accorde à M. Duchêne ainé une mention
- honorable. >
- 43
- m.
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- M. LEJEUNE ,* à Paris, rue Saint-Honoré, 97.
- M. Lejeune emploie quarante-deux ouvriers, et fait pour plus de 200,000 fr. d’affaires. Il a apporté dans la fabrication de ses chapeaux quelques nouvelles innovations avantageuses; ses produits sont beaux et de bonne durée. r v
- Le jury accorde à M. Lejeune une mention
- honorable. '
- *
- M. MALARD fils, à Paris, rue des Rosiers, 20.
- Les produits de'cet industriel sont de très-bonne qualité et de bonne confection ; ses ateliers sont bien tenus il emploie, tant à Paris qu’à Elampes, quatre-vingt-deux ouvriers. Il a dans ses ateliers deux chaudières à vapeur; son débit est considérable ; c’est un des établissements les plus estimés en ce genre à Paris; il fabrique le feutre et la soie; ses prix sont très-raisonnables.
- Le jury accorde une mention honorable à M. Malard fils.
- M. GANDRIAU aîné, à Fontenay-le-Comte (Vendée).
- Les produits de cette chapellerie sont bons, ses prix sont très-modérés'et son débit assez Considérable ; le zèle et les soins qué M. Gandriau ; a apportés pour relever cette industrie, qui dépérissait à Fontenay, le rendent digne d’éloge. v l /
- Le jury accordé à M. Gandriau aîné une mention honorable. ^
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- MM. JOUHAUD fils..et A Limoges•. (Haute-
- Vienne). /
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- Ces industriels ont présenté des chapeaux de cuir artificiel et des chapeaux de paille dont les prix sont modérés, et le débit considérable.
- Le jury accorde à MM. Jouhaud fils et Cie une mention honorable. f ; : ...
- Madame SEGlJIN , à Paris, rue des Capucines, 7.
- Madame Séguin a présenté un chapeau de femme qui se démonte pour l’emballage; c’est une invention ingénieuse et utile qui a de très-bons résultats, mais qui n’est encoreque peu^conriue. Ge procédé est simple, et de cette manière les dames pourront emporter avec elles sans la moindre gêne, et sous le plus petit volume, plusieurs chapeaux à la fois. ! .
- Le jury accorde à madame Séguin,, pourcette ingénieuse idée, une mention honorable. '
- CITATIONS FAVORABLES.
- fv ’ ..
- MM. BAILLY aîné èf BELNOT, à Paris, rue Si-mon-Ie-Frano, 25. '
- N
- Les casquettes derMM. Bailly aîné et Belnot sont de formes agréables et de bonne confection ; leur prix est très-modéréi I a , jrT>rA*10*î
- Le j ury accorde une citation favorable k. MM. Bailly atné et Belnot. >f
- .c îosrvrcri ,fcï
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- M. ASTIC, à Avignon (Vaucluse).
- M. Âstic a présenté un chapeau de soie de bonne confection et à un prix très-raisonnable.
- Le jury accorde à M. Astic une citation favorable.
- Le jury cite favorablement
- MM. BLACHE et RODET, à Lyon (Rhône),
- Poùr leurs chapeaux en castor bien confectionnés, d’un beau noir et à des prix modérés;
- . ' t ' S
- M. FEUILLET, à Nîmes (Gard),
- <
- Pour ses chapeaux de soie et mérinos bien confectionnés, de bonnes formes et à des prix très-modérés ;
- M. BRETTNACKER, à Boulay (Moselle),
- Pour ses chapeaux bien fabriqués et à des prix modérés ; il emploie dans ses ateliers quarante à cinquante ouvriers.
- , Chapeaux de paille. ; ' à
- ; - RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT.
- - 1 - -S*
- M. POINSOT, à Paris, rue Sainte-Avoye, 57.
- M. Poinsot a des ateliers considérables, et fait
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- un grand commerce de chapeaux en feuilles de latanier; ils sont d’une excellente confection, très-solides, et à des prix extrêmement raisonnables. Il a beaucoupperfectionnécetteindustrie, et fabrique,depuis la dernière exposition, des chapeaux de femme, en latanier, dont les tresses sont d’une finesse remarquable ; les formes, la blancheur, et la finesse de ces chapeaux leur assurent un débit non équivoque , puisqu’ils offrent légèreté , solidité, et bon marché. C’est une branche d’industrie très-recher-
- /'• ( V v
- chée sur les marchés étrangers ; l’exportation de ces produits se monte à un chiffre très-élevé , surtout pour les colonies françaises et espagnoles; ils sont aussi très-recherchés aux Etats-Unis. . ..
- Le jury accorde à M. Poinsot le rappel de la médaille d’argent qu’il a obtenue en 1809.
- MÉDAILLES DE BRONZE. <
- MM. FRAPPA et BOIZARD, à Paris, rue Boür-bon-Yilleneuve3A. ‘ ^V '
- MM. Frappa et Boizard ont présenté des chapeaux de paille de leur fabriqué;' ce sont des objets de bonne confection. Cette maison ést considérable,
- et fait beaucoup d’affaires, tant pour l’intérieur que pour l'extérieur. Les prix en sont modérés; ils emploient beaucoup d’ouvriers ; c’est une des premières maisons dans ce genre d’industrie. . . , -
- Le jury décerne k MM. Frappa et Boizard une mé daille de bronze. , ,
- i.
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- M. LEGRAS, à Paris, rue Vivienne, 57.
- M. Legras fabrique des chapeaux en paille, feuilles de sparterié, et en tresses de paille; ses chapeaux, parleur élégance^lèür légèreté, et leur confection, ne laissent rien à désirer. Il occupe un grand nombre d’ouvriers; et fait beaucoup d’affaires; c’est sa première exposition. 11 possède des ateliers nombreux à Saint-Frambourg, près clé Senlis, département de l’Oise, où se fait la sparferie en produits indigènes. Sous ce rapport, cette maison doit fixer l’attention du jury central. , — « r 'i-'i •'
- Le "jury décerne à M. Legras une" médaille de bronze. :
- M. ABT, à Paris, rue du Caire, 7> / ; -
- / '
- La fabrique de M. Abt jouit d’une excellente réputation. De simple ouvrier, il est devenu, par son industrie, clief .de maison; pardon zèle, sa bonne conduite, il est aujourdhui à la tête de l’une des bonnes maisons de Paris pour la. fabr ication,des,cha-peaux de paille. Ses, produits joignent à la,, splidité et à la beauté des matériaux dont il se sert, une élégance de, formes remarquable ; ses, nattes sont trjès-vaiiées ;, ce qui rend cette fabrique recommandable , c’est qu’elle,jSait .allier ces bonnes qualités avecla modicité des prix. Sous tous ces rapports, M. Abt est digne de fixer rattentiondu jury, qui lui décerne une médaille de bronze.
- *M. FLESCHELLE, a Paris, rue Richelieu , 95.
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- M. Fleschelle n’ayantpas fait connaître,lorsque lés
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- renseignements ont été pris chez lui, qu’une grande partie des chapeaux qu’il confectionne étaient en paille française, il est de toute justice de revenir sur cette erreur et de faire connaître le *bon résultat obtenu par cet industriel en exécutant ses chapeauxavecdela paille provenantdudépartement de Seine-et-Oise. A force d’essais et de frais, il a découvert qu’avec une méthode particulière de culture dans un terrain à pente douce et près d’une rivière, il pouvait obtenir une paille de blé propre à remplacer celle que nous tirons d’Italie. 11 se sert du premier tuyau de la paille, après celui qui est sorti du sol , et qu’il sépare en six brins avec un petit instrument très-simple et de son invention ; les brins sont ensuite nattés, et l’intérieur du brin de paille forme le dessus de la tresse ; celle-ci étant ainsi formée, il eu confectionne ses chapeaux. Us ont bien plus de blancheur que ceux d’Italie, et sont plus agréables à l’œil, les prix en sont aussi plus modérés. Ce résultat longtemps souhaité, M. Fles-chelle l’a enfin obtenu à force d’étude et de soins, et il nous met à même de nous affranchir de l’étranger pour ce produit.
- La qualité du grain, malgré la différence de culture,, n’en est pas considérablement altérée ; il perd un peu de sa grosseur et de son poids, mais la qualité en est toujours bonne.
- M. Fleschelle a une maison considérable, emploie environ i4o- ouvriers, et fait, tant à l’intérieur que pour l’exportation, beaucoup d’affaires, dont le chiffre s’élève à 35©j000 francs.
- Le jury, reconnaissant le service rendu au pays
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- par l’emploi de la paille indigène, croit devoir récompenser M. Fleschelle en lui décernant une médaille de bronze.
- RAPPEL DE MENTION HONORABLE.
- J •
- M. BENINI, à Paris, passage Colbert, 18, 20 et
- 22. _ -
- " (
- M. Benini a présenté des chapeaux de paille très-
- bien conditionnés, et à des prix raisonnables. Ses chapeaux rivalisent avec ceux d’Italie. , .
- Le jury accorde à M. Benini le rappel, de la mention honorable qu’il a obtenue en 1839.
- §,2. BROSSERIE.
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- Considérations générales.
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- /
- La brosserie est une industrie qui a fait de grands progrès en France, et les capitaux qui y sont employés sont considérables. C’est sous le rapport du commerce intérieur et extérieur que cette industrie réclame tout l’intérêt du jury central. Les objets présentés au concours font honneur aux fabricants qui les ont exposés, tant par leur élé-
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- gance que par leur solidité et leur bonne confection ; de grandes améliorations ont été apportées dans ce travail, et Ton peut dire, à l’honneur de plusieurs fabricants, qu’ils ont rendu au pays un véritable service en employant dans leur industrie des produits français, produits que l’on allait autrefois chercher à l’étranger : je veux parler ici des soies de porcs, qui longtemps ont été tirées de Russie; anjourd’hui* grâce au zèle de certains fabricants, nous nous en sommes affranchis en partie. Les soies russes étant beaucoup plus fortes que les nôtres, l’on ne peut.pas tout à fait les remplacer, mais cependant l’on y a suppléé en grande partie eh leur donnant, par certains procédés, une portion de la force qui leur manquait. Cette innovation a été opérée par la cause des circonstances dans lesquelles le pays s’est trouvé , mais au moins certains fabricants ont su en profiter, et nous donnons à ces industriels les louanges qu’ils méritent pour, en avoir eu la première idée. MM. Coignard et Cie de Nantes, doivent, sous ce rapport, être particulièrement cités. C’est pendant la révolution qu’un sieur Muller, Hollandais , qui s’était établi à Nantes, y fonda, avec le concours de ses anciens compatriotes, alors prisonniers de guerre en France, une manufacture de brosserie ; la guerre lui ôtant la faculté de tirer de Russie les soies de porcs, il fut forcé
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- d’avoir, recours aux soies de France, lesquelles, comme je l’ai déjà dit, il parvint en partie à employer pour certain s objets. M. Coignàrd, qui était un de ses employés, deyint son associé, et suivit avec zèle la ligne que lui avait tracée son maître. Aujourd’hui, l’industrie des brosses s’est tellement améliorée qu’elle a un débit considérable aux États-Unis, en Italie, etc., etc.. La France a un-grand nombre d’établissements de cette industrie à Paris et dans les départements, elle peut donc être citée comme ayant fait des progrès, et il est ^remarquer que les produits qui ont été présentés sont confectionnés avec des soies de porcs , et que la baleine n’y figure pas. Il serait à désirer que les fabricants en agissent toujours ainsi,, car alors ils seraient sûrs d’un bon débit, toujours assuré par la bonne foi, et non en,employant des matières d’inférieures qualités. Il est bièn temps que le commercé français se pénètre de cette maxime : qu’il y- a tout à gagner en ne donnant que' de bonne marchandise, et que: la loyauté doit toujours être 1 le premier moteur'en matière de commerce. ~ ; n'rr, , : ..
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- ^ MÉDAILLES DE BRONZE. .
- JÆM. COIGNARD et Cie, à Nantes (Loire-Inférieure). . j : ;
- Les produits de cette manufacture présentent réellement des progrès dans cettè partie, surtout dans les pinceaux dits hollandais pointus. Jadis on les tirait de Hollande: au ourd’hui cette maison les
- ' ,i -
- fait, et en exporte une grande quantité en Amérique et aux colonies. , '
- Ils se servent autant que possible, des soies de porcs dé France, et se sont en partie affranchis de les tirer de Russie. A la vérité les soies russes sont beaucoup plus fortes,que les nôtres,, mais ils sont parvenus à donner aux soies françaises une force qu’elles n’avaient pas. .
- Tout dans cette fabrique se fait à la main., Ils emploient 15o ouvriers, et leurs produits se montent à près de 200,000 fr.'par an. Leur manufacture fournit eh parfie la marine royale, et leurs produits sont estimés.
- Le jury voulant récompenser les efforts heureux dé ces fabricants et reconnaître les avantages qu’ils ont obtenus pôurle commerce français, en se servant de produits indigènes et en nous affranchissant de ce que nous étions jadis forcés de tirer en grande partie de Hollande sous le nom de pinceaux hollandais pointus, décerne à MM. Goignard et C10 une médaille de bronzé. ; u
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- M. DELROSQLE-MÉLO, à Metz (Moselle).
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- La,maison Delbosque-Mélo est une des plus con-
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- sidérables cle France pour la manufacture des brosses, pinceaux, plumeaux, etc. Son existence date de près d’un demi-siècle; depuis, elle a toujours tâché de se distinguer par la bonté de ses produits, de rivaliser dans cette branche d’industrie avec des pays voisins, et enfin de donner à la fabrique des brosses une extension telle, que des débouchés étrangers lui fussent assurés. Ses efforts ont eu un plein succès, et T Algérie surtout a été un des points où ses produits ont trouvé un débit considérable. L’Espagne, les Pays-Bas, le Piémont, la Russie, la Prusse, la Suisse et la Turquie contribuent tous à l’exportation de cette fabrique. Ces résultats sont dus tant à la bonté et à l’excellence de ces objets qu’à la modicité de. leur prix. La haute réputation que possède cette fabrique dans le département de la Moselle, le nombre des ouvriers employés dans, ses ateliers ~ sont en faveur de cette maison.
- Le jury décerne à M. Delbosque-Mélo une médaille de bronze, comme une récompense bien méritée.
- MENTIONS HONORABLES. .
- M. EXPERT, à Paris, rue Saint-Martin,> 86.
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- M. Expert s’est présenté à l’exposition de 1844 avec un nouveau système de plumeau. Voici les avantages qu’il offre :
- Le plumeau est toujours composé de plumes.de longueurs très-différentes; les plus longues se placent à l’extérieur, et graduellement on arrive jus-
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- qu’au centre pour fixer sur un manche en bois les plus courtes. C’est toujours par le céntre qu’un plumeau s’use, et cela parce que des plumes coürtes’et faibles , liées sur un morceau de bois , ne peuvent servir longtemps sans se casser à la ligature. Cet inconvénient est grand; il croit l’avoir fait disparaître en remplaçant 7 ou 8 centimètres de bois au centre par une boucle de caoutchouc brut, qui, roulée et fixée sur le manche, forme un tuyau souple et mobile qui reçoit la plume, et la conserve, au lieu de la détériorer.
- Ce procédé paraît simple et très-ingénieux ; il donne au plumeau une élasticité remarquable et le rend plus apte que les autres à être employé, surtout pour les à casser.
- Le jury accorde à M. Expert une mention honorable pour ce perfectionnement du plumeau.
- M. GUANTELIAT, à Paris, rue Saint-Nicolas-d’Antin, AS,
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- A apporté dans son industrie beaucoup de zèle eta perfectionné plusieurs articles; particulièrement ceux relatifs au pansage des* chevaux. Les articles qu’il a_présentés à l’exposition sent très-bien confectionnés, et méritent une mention honorable qui lui ëst accordée par le jury. :
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- M. LAURENÇOT, à Paris, rue Neuve-Bourg-rAbbé, 8.’ '
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- Les produits de la fabrique de M. Laurençot sont
- objets d’art, qu il devient moins sujet
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- très-beaux et bien conditionnés. Ce sont des objets dé luxe, principalement montés surivoire travaillé. Il a~3o ouvriers, le-chiffre! de ses affaires s’élève à 5q,ooo fr. pour l’intérieur, et à 90,000 fr. pour l’exportation. C’est sa première exposition. '
- Le jury accorde à M. Laurençot une mention honorable. V '
- M. LODDÉ, à Paris, rue Bourg-l’Abbé, 52.
- M. Loddé a un établissement considérable, et fabrique des plumeaux de bonne confection. Il emploie 48 ouvriers, et fait beaucoup d’affaires; ses prix sont modérés. Aux expositions de 1834 . 183g, M. Loddé a obtenu des citations, favorabjes, et comme il a contribué à perfectionner ses produits, le jury lui accorde une mention honorable.
- M. RENNES, à Paris, rue de l’Aiguillerie, 2.
- M. Rennes a présenté des objets d’une très-bonne confection, et qui ne laissent" rièii à désirer. Il offre plusieurs perfectionnements ;-sa brosse élastique mérite surtout d’être citée. Elle sert au .pansement des chevaux , une autre s’emploie pour frotter les parquets. Ces deux brosses sont remarquables par leur solide composition. La spécialité de M. Rennes est, surtout relative aux brosses d’écuries, ainsi qu’aux balais, et à. d’autres outils utiles, au pansement des chevaux; C’est sa première exposition. 11 emploie de 3o,, à 4° ou-vriers, et son commerce a unev assez grande étendue. * .K'
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- Le jury reconnaissant que M. Rennes a apporté dans sa fabrique des perfectionnements notables-, et que ses ustensiles pour le pansement des chevaux sont remarquables par leur qualité, leur prix modique et leur bonne confection , lui accorde une mention honorable (i).
- M. CHERRIER, à Paris, rue Saint-Denis, 277.
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- Les produits exposés par M. Cherrier sont d’une très-bonne confection, et remarquables par leur variété et leur solidité.
- Le jury accorde à M. Cherrier une mention honorable; ^
- CITATIONS FAVORABLES. ,
- M. RACINE, à Paris, rue du Bac, 25.
- La spécialité du sieur Racine est de faire desibros-ses et tampons de flanelle pour frictions de la peau. Ces ustensiles sont très-bien confectionnés, comme objets d’utilité hygiénique : le jury accorde à M. -Racine une citation favorable; , - * ; *
- M. PAILLETTE, à Paris, rue du Bac, • 15.
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- Ce fabricant a présenté des objets de* trjès-bonne confection. Il 'occupe 21 ouvriers^; et fait pour 5o,ooo lr. d’affaires. :. ;
- (1) M. Rennes est bréveté pour lès brosses élastiques.
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- Le jury accorde à M. Paillette une citation favorable. ,
- M. £NDRÉ, à Rombas (Moselle).
- Les produits de la fabrique de M. André sont de très-bonne qualité.
- Il a établi dans le département de la Moselle des usines pour la confection de ses brosses. Son établissement consiste en ateliers où il a dix tours, mus par une machine à vapeur de la force de 4 chevaux.
- 11 fabrique 25o,ooo articles; il emploie en outre
- 12 à i5 ouvriers. Le rapport du jury départemental lui est favorable, et, en conséquence, le jury central accorde à M. André une citation favorable.
- M. VIDRON, à Paris, rue Rambuteau, 43.
- Ce fabricant a ^présenté des pièces de tabletterie d’une confection remarquable, montées en ivoire sculpté. Il emploie 15 ouvriers. v -
- Le jury accorde à M. Vidron une citation favorable,
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- M. MÀIGNÈ fils f à Paris, rue de la Roquette, 13,
- v
- A exposé,des; balais et,soufflets de cheminées très-bien confectionnés; ses ustensiles de luxe sont très-soignés. Il emploie 8 ouvriers dans son utelier, et fait pour 36jOOO fr. d’affaires.' C’est sa première exposition. ;
- Le jury lui accorde une citation favorable.
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- § 3* CANNES ET PA11APLÜIES.
- *
- Considérations générales.
- La fabrication des cannes et; parapluies est au nombre des branches de l’industrie, française qui ont pris beaucoup*d’extension depuis quelques années; le nombre des fabricants a plus que doublé, et c’est à qui fera maintenant à meilleur marché. Le commerce intérieur est très-considérable, et l’exportation à l’étranger s’élève à environ un million et demi de francs. Un grand nombre
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- d’ouvriers sont employés dans ces fabriques , et nos orfèvres les plus distingués se sont évertués à orner leurs produits, tant en or qu’en argent, de montures lès plus élégantes et les plus recherchées, enrichies de toutes espèces dé pierreries. Aussi cette industrie a-t-elle répandu ses produits à l’étranger avec un grand avantage. C’est, sous de tels,auspices qu’elle s’est présentée à l’exposition de l’industrie nationale. Chacun . a
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- tâché de rivaliseren offrant au public lés résultats de nouveaux procédés pour la confection dés parapluies; plusieurs se recommandent au jury par la solidité, la légèreté et l’élégance, ainsi que par la facilité avec laquelle ces divers, objets peuvent être portés ; il y a évidemment un
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- ni.
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- grand progrès. Cette industrie ne peut que gagner à l’examen attentif de ses produits par le jury central.
- NOUVELLE MÉDAILLE DE BRONZE.
- M. CAZAL., à Paris , boulevard des Itcdïens , 23.
- M. 'Cazal est un des premiers fabricants de parapluies de la capitale, ‘il emploie quarante ouvriers; il confectionne une quantité considérable de parapluies, tant pour l’intérieur que pour l’extérieur. Ses produits sont très-remarquables par leur perfection , l’élégance de leurs formes, leur solidité et la modicité de leurs prix.. Les perfectionnements qu’il à apportés dans cette branche d’industrie sont ingénieux et lui méritent des éloges ; il a rxiis un soin tout particulier dans la confection de ses montures; les aciers dont elles se composent, sont d’une trempe qui ne laisse rien à désirer. M. Cazal ayant obtenu en 1839, une médaille de bronze, cette faveur a vivement stimulé son zèle , et tout son temps a été employé depuis à donner à son industrie toute l’extension possible, à réaliser des progrès qui lui, ont mérité des succès non équivoques. Le chiffre de ses affaires est très-considérable, et il exporte beaucoup de ses produits, A l’étrangr. ^
- 1 /Le1 jury, bien convaincu dés perfectionnements apportés dans la fabrique des objets présentes par M. Cazal, ëfc des progrès qu’il a fait faire à cette
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- industrie, décerne à 1VL Cazal une nouvelle médaille de bronze.
- MÉDAILLE DE BRONZE.
- MM. DESPIERRES et Cie,' à Paris, rue Sainte-Apolline, 2.
- M. Despierres , fabricant de parapluies, emploie plus de cent ouvriers; il produit par année plus de 80,000 parapluies, dont un grand nombre sont exportés à l’étranger.
- Il s’est présenté avec des objets perfectionnés, soit dans la monture, soit dans le moyen mécanique employé pour les faire ouvrir et fermer; le mécanisme est adapté dans le manche du parapluie, sans lui ôter sa solidité. Ses ombrelles sont aussi montées d’une manière particulière, leur inclinaison progressive se fait à volonté par un mécanisme placé dans leitube. Enfin il a apporté toutes sortes de perfectionnéments dans la confection de ces objets. En raison d’ailleurs de l’importance de son commerce, le jury décerne à MM. Despierres et Cie une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES. ‘
- M. BICHERON, à Paris, rue Saint-Martin, 115„
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- M. Bicheron exposait pour la première fois, il a une fabrique pour préparer les fanons de baleine et les rendre propres à beaucoup d’usages ; il a inventé
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- une machine qui, par la compression, à l’aide de la vapeur, leur donne toutes sortes de formes,et les rend propres à beaucoup de branches d’industrie; d’un morceau de baleine plat, il fait une canne d’une circonférence assez considérable. Son établis-ment fournit à un grand nombre de commerçants,des cannes, cravaches, fouets, baleines, parapluies, baguettes de fusils et de corsets. Il emploie plusieurs ouvriers, et une quantité considérable de fanons de baleine. Cet industriel est, sous tous les rapports, digne de la bienveillance du jury central.
- Lej ury accorde à M. Bicheron, pour ses procédés et le zèle qu’il apporte dans la confection des produits de son industrie, une mention honorable.
- M. FARGE, à Paris, passage des Panoramas, Galerie Feydeau, 6.
- M. Farge, fabricant de cannes et parapluies, emploie trente ouvriers, !e chiffre de ses affaires s’élève à près de 100,000 fr. 11 apporte dans la confection de ses produits le plus grand soin, et il met autant de soin à la confection des parapluies de minime valeur, qu’à ceux dont les prix sont plus élevés. Ses prix très-modérés, en général, varient depuis 2 fr. jusqu’à 120 fr. Les parapluies qu’il livre sont remarquables par leur solidité, leur monture et la bonté des matériaux. Il s’est étudié surtout à donner à ses montures de parapluies en acier, une trempe qui les recommande spécialement. Sa canne-para-pluie est aussi perfectionnée, élégante et légère. Le tube sert de tige, et renforce celle qui est fixée au
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- parapluie; ce tube ainsi adapté se fixe par lé moyen d’un ressort au-dessous de la monture lorsque le parapluie est déployé. Le prix en est très-modéré , car il ne dépasse pas 20 fr.; il a obtenu un brevet d’invention pour cette canne-parapluie, et il en vend un grand nombre.
- Le jury accorde à M. Farge une mention honorable.
- M. GALLOIS, à Paris, rue Saint-Martin, 114.
- Ce fabricant a présenté des cannes-cravaches commeproduitde sesateliers; il façonne la baleine, au moyen de la vapeur, par une méthode ingénieuse, et lui donne toutes les formes désirables. Ses procédés sont très-simples, et n’ôtent à la baleine ni sa solidité ni son élasticité. Il obtient, à l’aide de ces procédés, une quantité considérable de produits, il n’y pouvait auparavant parvenir qu’après un long et pénible travail ; il fait beaucoup d’affaires, son chiffre est d’environ 15o,ooo fr., tant pour l’intérieur que pour l’exportation.
- Le jury accorde à cet industriel une mention honorable.
- M. LEMAIRE-DAIMÉ,' à Paris, rue du Petit-Garreau,!.
- La spécialité de M. Lemaire-Daimé est la fabrication de pommes pour cannes et parapluies. Il a apporté dans cette industrie un attention toute particulière, et ses produits sont remarquables par
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- l’élégance de leurs formes et leurs prix modérés. Cette branche d’industrie n’a jamais été aussi soignée q d'aujourd'hui. La variété des formes, les nombreux objets dont on les fabrique, ont faitdes progrès immenses, et le débit en est considérable. Sous ce rapport, M. Lemaire-Daimé a fait tousses efforts pour donner à ce travail tous les soins et l’étendue qui était nécessaire et utile, il a réussi, et ses résultats le prouvent; il emploie cent seize ouvriers, et le chiffre de ses affaires est de 90,000 fr.
- Le jury accorde à M. Lemaire-Daimé une mention honorable. >
- CITATIONS FAVORABLES.
- M. ÇONNERAT, à Paris, rue Grénetat, 28.
- M. Çonnerat fabrique principalement les montures de parapluies, il emploie trente-trois ouvriers, et fait pour 200,000 fr. d’affaires. Ses produits méritent, pour leur bonne confectionl’attention et la bienveillance du jury ; en conséquence, il accorde à M. Çonnerat une citation favorable.
- M. BLANC, à Paris, rue de Traey, 1.
- Les produits présentés par cet industriel, se composaient de parapluies, ombrelles et cannes à parapluies, il a présenté en particulier un nouveau parapluie à coulisse sans ressorts, assez ingénieux et solide; il emploie trente ouvriers, fait pour
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- 70,000 fr. d’affiuires tant |à l'étranger qu'à l’in lé-rieur.
- Lé jury accorde à M. Blanc une . chation* ; rable.
- S* CORSETS..
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- Considérations générales.
- La fabrication des corsets, en France, aunetelle réputation, que' les etrangers viennent les chercher , et l’exportation en est considérable ; cette
- industrie, a fait de grands progrès : tous ceux qui
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- s’en occupent ont cherché à rivaliser,.et c’est à qui
- fera mieux, et apportera des améliorations dans l’art de les confectionner. Les corsets, qui étaient-
- exposés dans les galeries de l’industrie en offrentla preuve ; les uns montés en balemes, d*autres avec des.buses,en- acier, et quelques-uns avec des buses mécaniques qui se prêtent k tous^ les* mouvements du corps. Ceux-ci sont remarquables,
- non - seulement par, leur articulation simple et ingénieuse, mais aussi par le bon marché auquel.
- ils- sont établis. Les riches étrangers sont tribu-
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- taires de la France pour cette industrie, qui no-us procure une grande exportations ^ c
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- MÉDAILLES DE BRONZE.
- Madame BOURGOGNE, à Paris, rue Hauteville ,
- 28.
- Madame Bourgogne est à la tête de l’une des premières maisons de Paris, pour la confection des corsets ; la réputation de ses produits est très-bien établie ici, ainsi qu’à l’étranger: leurs formes agréables, les moyens perfectionnés avec lesquels elle les établit, lui donnent une supériorité réelle sur toutes les personnes occupées de cette industrie; aussi sa clientèle est-elle considérable dans les pays étrangers; l’Angleterre, l’Allemagne, la Russie, etc., recherchent ses produits. Elle emploie un grand nombre d’ouvrières; le chiffre de ses affaires se monte à 70,000 fr.
- Le jury décerne à madame Bourgogne une médaille de bronze.
- M. GOBERT (Auguste), à Lyon (Rhône).
- M. Gobert s’est présenté avec un nouveau système mécanique flexible et avec lequel la personne, qui le porte, peut faire toutes sortes de mouvements sans la moindre gêne, ce mécanisme se prêtant à tous les mouvements du corps. Cette sorte de brisure articulée qui forme deux branches, se fixe au dos du corset. Il a présenté aussi un buse fort simple et ingénieux qui, par le moyen d’une baguette qui s’y adapte, et que l’on tire à volonté, permet de délacer tout de suite le corset, sans la moindre difficulté. Cette ingénieuse invention est
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- favorable à la santé, et la faculté de médecine de Lyon a reçu sur son compte un rapport très-ttalteur par l’organe d’un de ses membres. Cette nouvelle mécanique pour les corsets a obtenu un débit considérable. Le prix en est modéré; le corset, avec ce système, ne coûtant en gros de Naples que 55 francs.
- Le jury, en considération de cette amélioration remarquable dans cette branche d’industrie, accorde à M. Gobert une médaille de bronze.
- MENTIONS HONORABLES.
- Madame DUMOULIN, à Paris, rue du Yingt-Neuf-Juillet, 5.
- Les corsets de madame Dumoulin sont remarquables par leur fabrication et l’élégance de leur forme, celui qu’elle a présenté est un corset sans goussets; le travail en est fait avec le plus grand soin.
- Le jury accorde à madame Dumoulin une mention honorable.
- Madame MILLOT, à Paris, rueNeuve-des-Petits-Champs, >7.
- Les produits offerts par madame Millot sont très-bien établis, ce qui assure sa bonne clientèle , tant en France qu’à l’étranger.
- Le jury accorde une mention honorable à madame Millot.
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- Madame veuve SENN, à Paris , rue Montholon,
- 12,
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- Les produits de madame Senn sont parfaits et ne laissent rien à désirer, soit par leur beauté ou par la modicité de leur prix.
- Le jury accorde à madame Senn une mention honorable.
- Madame NOLET, à Paris, rue Montmartre, 133.
- Madame Nolet a présenté des corsets qui sont bien établis; sa clientèle est bonne, tant en France qu’à l’étranger.
- Le jury lui accorde une mention honorable.
- CITATIONS FAVORABLES.
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- Le jury cite favorablement '
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- Madame FOUSSERET, à Paris , rue du Bac, 64,
- Et Madame COLLET, à Paris , rue Montmartre , .167,. - : -
- Pour la bonne confection , les formes agréables, et les prix modérés de leurs corsets;
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- Madame NIVEL, à Paris, passage Bourg-l’Abbé,
- 15, i;"-
- Pour ses corsets bien confectionnés.
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- Madame HURET, à Paris , passage du Caire, 38,
- Pour ses corsets bien confectionnés ; elle emploie quinze ouvriers, fait pour 20,000 francs d’affaires.
- § 5. PERRUQUES.
- Considérations générales.
- L’industrie manufacturière des perruques est très-considérable en France ; beaucoup de capitaux y sont engagés ; les étrangers accordent une préférence marquée à nos produits, et l’exportation a, depuis quelques années, augmenté d’une manière remarquable. En 1840, la quantité de cheveux ouvrés se montait à 5,883 kilogrammes; l’année dernière, ce chiffre s’est élevé à
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- 12,667 kilog. Les fabricants se sont attachés, à donnera leurs produits l’élégance , la légèreté, la solidité, et surtout à'imiter la nature. La perfection qu’ils ont apportée à cette imitation leur a assuré une prépondérance sur les marchés étrangers , tellement établie, que les objets y sont recherchés et estimés. Cette industrie .est donc digne d’intérêt.
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- MENTIONS HONORABLES.
- M. CROISAT, à Paris, rue des Fossés-Montmartre, 3.
- M. Croisât emploie vingt-six ouvriers , il fait, beaucoup d’affaires , tant pour l’intérieur que pour l’exportation. Les perruques qu’il confectionne représentent parfaitement la nature , c’est à s’y méprendre; il a apporté dans cette industrie plusieurs perfectionnements pour lesquels il a obtenu un brevet d’invention.. Le jury de i83q lui a accordé une citation favorable, le jury central, reconnaissant que depuis cette époque, il a fait de nouveaux progrès, décerne à M. Croisât une mention honorable.
- MM.NORMANDIN frères, à Paris, rue Neuve-des-Petits-Champs ,5.
- MM. Normandin frères fabriquent très-bien les perruques, faux toupets et tours. Leurs produits sont satisfaisants sous le rapport des formes, de leur naturel et de leur confection. Le jury de i834 leur avait accordé une mention honorable ,celui de 1844 leur accorde de nouveau une mention honorable.
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- CITATIONS FAVORABLES.
- M. MAJESTÉ, à Paris, Palais-Royal, galerie Mont-pensier, 1 et 2,
- A présenté de très-belles perruques, emploie environ trente ouvriers, et fait pour5o,ooo fr. d’affaires.
- Le jury accorde à M. Majesté une citation favorable.
- M. ÉMERY, à Paris, rue Saint-Antoine, 31.
- Les produits présentés par M. Emery sont très-bien confectionnés et représentent bien la nature. Le jury lui accorde une citation favorable.
- M. GACHIN, à Paris, place Maubert ,6.
- M. Gachin emploie environ de trente à quarante ouvriers; il fait pour 76,000 fr. d’affaires, ses produits sont de bonne qualité.
- Le jury accorde à M. Gachin une citation favorable.
- M. PARIS, à Paris, passage Choiseul, 25.
- M. Pâris s’est présenté avec de bons produits et à des prix raisonnables.
- , Le jury lui accorde une citation favorable. ,
- M. REGNIER, à Paris, galerie Yéro-Dodat, 6,
- Emploie dix-sept ouvriers; ses produits sont de bonne confection, il fait pour 5o,ooo fr. d’affaires. Le jury lui accorde une citation favorable.
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- M. LEMONNIER, à Paris, rue du Coq-Saint-Ho-noré, 13.
- M. Lemonnier a présenté un tableau de tresses et dessins en cheveux qui sont ingénieusement faits. Ces objets ont l’utilité de donner aux familles le moyen de conserver les cheveux des personnes qui leur furent chères: sous ce rapport,M. Lemonnier mérite, et le jury lui accorde une citation favorable.
- • OMISSION AU TOME II, page 764.
- NON EXPOSANTS.
- MENTION HONORABLE,
- S / -;•• • '
- MM. COURTOIS et MORTIER, à Vaugirard (Seine) ^avenue d’Issy , 17 et 21.
- MM. Courtois etMortiér ont imaginé un couvercle propre à régulariser la cuisson delà chaux, et surtout à éviter la plupart des. inconvénients que présente cette industrie pour les habitations environnantes. Le jury leur accorde une mention honorable.
- OMISSION AU TOME. II, page 954.
- Pyrotechnie.
- i ;
- CITATION FAVORABLE.
- M. C1IAROY, à La Chapelle-Saint-Denis (Seine).
- M. Charoy a présenté, à l’exposition, des artifices variés, et a imaginé des dispositions nouvelles et ingénieuses pour en augmenter les effets.
- Le jury lui accorde une citation favorable.
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- 703
- TABLE DES MATIÈRES.
- SIXIÈME COMMISSION.
- BEAUX-ARTS.
- Première Section. — Orfèvrerie, plaque . , . . Pag. -1
- § 1.— Orfèvrerie. . .......................... 1
- I. Orfèvrerie, joaillerie et bijouterie................. 7
- II. Orfèvrerie proprement dite................'H
- § 2.—Plaqué................................................. 16
- § 3. — Maillechort. • 22
- Section II. — Bronzes, ornements moulés, dorés, sculptés , etc. ............................................27
- s I. — Bronzes. . . . _. . « s.............................. 27
- I. Fonderie, Bronzes d’art. ..................31
- II. Bronzes d’art et d’ameublement. ...... 35
- III. Bronzes pour l’éclairage au gaz et pour magasins . 43
- IV. Bronzes appliqués aux lampes.......................45
- § 2. — Sculpture en carton-pierre ........ 46
- § 3.— Cuirs et carton-toile en relief ....... 54
- § 4. — Cuivre estampé verni . 55
- Vernis sur -métauxj ............ 64
- § 5. — Stores et écrans.............................65
- § 6. — Imitation des bois et des marbres par les procédés
- de peinture. ............................................69
- § 7. —-Dorure sur bois et sur carton-pierre ..... 70
- § 8.— Construction,« coupe de pierres........... . 72
- Section III. — Ébénisterie, tabletterie, emploi du bois, etc. 73
- § 4. — Ébénisterie moderne .........................77
- § 2. — Meubles d’imitation eu de curiosité..........99
- § 3. — Meubles en bois, carton et tôles laqués, imitation de Chine et du Japon ...............................
- 406
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- — 704 —
- S 4. — Ebénisterie de sièges.....................Pag. 4 09
- § 5. — Nécessaires.........................................44 4
- § 6. — Marqueterie..........................................448
- S 7. — Tabletterie..........................................426
- § 8. —Éventails............................................4 32
- § 9. — Billards.........................................4 36
- § 40. — Parquets........................................4 46
- Menuiserie appliquée à la construction....................454
- §44. — Cadres, moulures, découpage, sciage des bois . . 4 52
- §42. — Miroiterie.......................................4 57
- Section IV. — Bijouterie , stucs , pierres factices , marbres
- sculptés, mosaïques, etc.............................4 58
- § 4. — Bijouterie, joaillerie et industries qui s’y rapportent. 458
- I. Bijouterie de diamants, pierres fines, perles, platine,
- or, argent., etc...................................4 58
- II. Bijouterie, dorée................................. 478
- III. .Bijouterie dorée, d’ornementation, d’armures,
- bronzes , costumes,„ objets de culte , livres, théâtres , etc. .............................. 4 84
- IV. Bijouterie de strass adamaritoïde............4 90
- Y- Fabrication de perles fausses ou artificielles ... 494
- VI. Bijouterie dlacier ........... 498
- VII. Bijouterie de deuil .,.........................200
- VIII. Bijouterie et mise en oeuvre du corail .... 202
- IX. .Bijouterie et travail ou mise en œuvre des matières premières à faire les camées. — Travail et mise en œuvre des coquilles marines ou gravure de camées. 208
- Trayail et mise en œuvre des coquilles marines en vases, tasses, soucoupes. ... . . . . . . . 244 § 2. — Matériaux de ^construction, cristaux et verres. . . 245
- I. Plastique de pierres factices et ciments divers. . . 245
- II. plâtre .aluné» ciment anglais et ses applications. . 216
- III. JStucs et marbres factices.......................249
- IV. Assainissement des habitations...................224
- V. Laves artificielles..............................222
- VI- Carreaux et tuyaux de plâtre ....... 222
- VIL Taille et mise en œuvre des cristaux .... 224
- VIII. Emploi du verre et vitrerie......................226
- § 3. — Sculpture, et gravure des marbres à la mécanique . 227
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- 705
- § 4. — Industrie des mosaïques..........................234
- I. Mosaïque antique ou romaine...................238
- II. Mosaïque florentine ou de marqueterie . . . . 239
- III. Mosaïque en relief du XVIe siècle . . . . ' . 241
- IV. Mosaïque de bijouterie....................... . 241
- § 5. — Plastique par moulage à la gélatine..............242
- § 6. — Papier de carton-pâte pour l’apprêt..............247
- Section V. — Gravure , caractères, imprimerie, librairie,
- reliure.............................................248
- § 1. — Gravure et fonderie de caractères d’imprimerie. . 248
- Gravure...........................................248
- Fonte des caractères..............................250
- § 2. — Imprimerie.......................................268
- § 3. — Gravure sur bois, sur cuivre, en relief et en creux, sur étain et sur zinc; gravure de cylindres . . . .. . 298
- 5 4. Librairie..........................................316
- § 5. — Reliure..........................................328
- Section VI. — Papiers peints.......................... 337
- Application de l’impression en couleur à la planche sur papier, pour figures de machines et appareils destinés à l’enseignement public ..................350
- Section VII. — Lithographie, mannequins, brosses et pinceaux pour peintres, taxidermie , etc., etc. . . . 351
- § 1.— Lithographie......................................351
- § 2. — Mannequins pour peintres. . .................. 364
- Peinturè à la cire . .......................... 366
- Peinture en feuille appliquée sur pierre..........368
- Restauration de gravures et fixatif pour les dessins et
- pastels....................................... 369
- Tableaux diaphanes en relief. ...................370
- §3. — Modèles anatomiques, taxidermie . ..... 371
- Écorchés . .... t..................................... 3791
- § 4. —Brosses et pinceaux pour peintres............,. 379*
- Ébénisterie pour modelage.........................382
- Chevalets pour les peintres ......... 383
- § 5. — Épreuves daguerriennes........................... . 383
- Section VIII. — Dessins de fabrique ....... 386
- Non exposant . . ; . . . - • * • • • • • 398,
- ni.
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- 706
- SEPTIÈME COMMISSION.
- ARTS CÉRAMIQUES.
- Première Section. — Terres cuites, faïences, porcelaines, etc.................................................399
- Première classe. — Terres cuites.................. 40g
- Creusets.........................................407
- Pipes . . ........................................409
- Troisième classe.—Poteries vernissées...................410
- Quatrième classe. — Faïence émaillée. — Faïence de Ne-
- vers .................................................412
- Faïence de poêle....................................414
- Non exposant. ......................................416
- Cinquième et huitième classes. — Faïence fine et porcelaine tendre.............................................417
- Terre de pipe, cailloutage, demi-porcelaine, lithocérame ..............................................417
- Sixième classe. — Poterie de grès ou grès cérame . . . 427
- Septième classe. — Porcelaine dure......................430
- Porcelaine dure blanche............................431
- Haute-Vienne et Limoges (A).........................442
- Fleurs en porcelaine................................448
- Porcelaine dite hygiocérame.........................448
- fflmvième classe. —Fabrication des couleurs vitrifiables et des métaux d’application sur les poteries et verres
- durs . ...............................................452
- Décoration de. verrerie........................... 462
- Dixième classe. — Décoration en couleurs vitrifiables. —
- Émaillage........................................... 463
- Émaillages divers...................................465
- Émaillage sur pierres naturelles....................466
- Onzième, classe. — Peinture sur verre...................469
- Section II. — Verrerie, cristallerieetc.................473
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- HUITIÈME COMMISSION.
- ARTS DIVERS.
- Première Section. — Papeterie .........................507
- § 4.— Papiers.....................................517
- §2. — Cartons.....................................544
- §3. — FJotres.....................................545
- Section IL — Cuirs et peaux, buffleterie, hongroierie, cha-moiserie, mégisserie, cuirs vernis, maroquins, toiles
- cirées............................................. 547
- § 1. — Cuirs et peaux................................ 547
- § 2. — Buffleterie, hongroierie, chamoiserie, mégisserie. . 574
- § 3. — Cuirs vernis....................................576
- § 4. — Maroquins.......................................587
- § 5. — Toiles cirées...................................592
- Section III. — Industries diverses.....................599
- § 4. — Ganterie........................................599
- § 2. — Chaussures......................................605
- Saboterie, formier. ........... 609
- §3. — Boutons, peignes, écaille factice.... 611
- § 4. — Objets de papeterie........................647
- § 5. — Papiers de fantaisie . . :...............621
- § 6. — Sellerie, bourrellerie.....................625
- § 7.—Emballages, articles de voyage, vannerie. . . . 629
- § 8. — Articles de pêche...............................634
- § 9. — Literie.........................................632
- §40.—Gaînerie........................................ 634
- § 44. — Jouets d’enfants.............................. 635
- § 12. — Objets divers................................. 637
- Tissus hygiéniques et semi-métalliques imperméables. 638
- Tuyaux pour incendies.............................640
- § 13. — Travail des aveugles...........................644
- Section IV. — Gymnastique , bandages, biberons, etc. . 642 § 4. — Gymnastique. . ....... . . . ... . . . . 642
- § 2. — Bandages, biberons, appareils orthopédiques . . 642
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- 708
- § 3. — Appareils chirurgicaux et hygiéniques. . . . . 647
- Section Y. — Fleurs artificielles .......................649
- I. Fleurs artificielles du spécimen des familles naturelles des plantes , à l’usage des élèves et amateurs
- de botanique..........................................653
- II. Outils de fabrication de fleurs artificielles, emporte-
- pièces, découpoirs, gaufroirs, etc....................655
- III. Fabriques d’étoffes , papiers, apprêts , couleurs et
- éléments divers pour la fabrication des fleurs artificielles ........................................ 656
- IV. Fleurs artificielles de parure et d’ornement. . . 659
- Y. Études de botanique et fleurs en cire.................666
- VI. Fleurs artificielles en coquilles....................667
- Plumes d’ornement et de parure........................667
- Section YI. — Chapellerie, brosserie, cannes et parapluies,
- corsets, perruques. 670
- 5 4Chapellerie.................................670
- Chapeaux de paille.......................................676
- % 2. — Brosserie............................................680
- § 3. — Cannes et parapluies.................................689
- §4. — Corsets..............................................695
- § 5. — Perruques............................................699
- Omission au tome II, page 764 : Non exposants .... 702 Omission au tome II, page 954 : Pyrotechnie...................702
- FIN DE DA TABLE DU TROISIÈME VOLUME.
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- 709
- TABLE ALPHABÉTIQUE
- RÉCOMPENSÉS
- PAR LE JURY CENTRAL DE L’EXPOSITION
- DE 1844.
- ABRÉVIATIONS.
- <‘ » ' . C Uv.
- R. O. Rappel de médaille d’or.
- N. O. Nouvelle médaille d’or.
- O. Médaille d’or.
- R. A. Rappel de médaille d’argent. N. A. Nouvelle médaille d’argent.
- A. Médaille d’argent.
- R. B. Rappel de médaille de bronze. "N. B., Nouvelle médaille de bronze.
- B. Médaillé dè bronze.
- R. M. Rappel de mention honorable. N. M. Nouvelle mention honorable.
- M. Mention honorable.
- R. C. Rappel de citation favorable. ,
- C. Citation favorable. v
- £ * ./
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- " ' ï
- n:m
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-
-
-
- . Tom. Pag.
- Abauzit.—Fantaisies cardées.—Yoy. Lafont. -
- S Abric et Comp.—Pierres lithographiques.—M. I. 606
- Abt.—Chapeaux de paille.—B. III. 678
- Accary (veuve) et fils. — Couvertures.—B. I. 125
- Aciiard. — Peluches de soie.—Voy. Donat.
- Adam' ( Théodore )’.—Soies.—M. I. 264
- Adam (Eugène). — Coupe- lanière.—B. II. 304
- Adam (Mademoiselle).—Fleurs artificielles.— C. III. 666
- Adéodat, Lebebvre et Comp.—Velours.—M. I. 436
- Adler.—Instruments à vent en bois.—N. B. II. 564
- Administration des mines de Bouxwiller.—Pro-
- duits chimiques. — R. G. II. 726
- Adolphe (Ch.) etBENNER.—Étoffes pour meubles. —A, , I. 156
- Aduy.— Cuirs et peaux'.—C. III. 573
- Agard.— Objets d’horticulture.—C. II. 72
- Agnellet frères.—Cuivre estampé verni.—C. III. 63
- Aigoin-Delarbre et Comp.—Soies.—0. I. 247
- Aiguebelle (d’).—Gravure.—C; III. 363
- Albert.—Castorines.—"Voy. Ferrary. •
- Alcan.—Applications de l’acide olèique.—0. II. 868
- Alessandri.—Ivoire mis en œuvre.—M. in. 131
- Alexandre père et fils.— Orgues expressives.— -B. il 585
- Alix . —Arquebuserie.—M. h. 605
- Allard.—Coutellerie.—C. i. 853
- Allard.—Ébènistene de sièges.—M. m. 114
- Allcard et Buddicom.—Locomotives.—A. ii. 170
- Allemand.—Ganterie.—C. m. 604
- Allevy frères .—Daguerréotypes, épreuves‘ da-
- guerriennes, etc.—C. il 520
- Allié.—Chapellerie.—B. m. 672
- Allier ( Edouard);—Charrues.—N. B. h. 21
- t
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-
-
- — 711 —
- Tom. Pag.
- Allier.—Mécanisme pour dompter les chevaux
- indociles.—M. III*. 627
- Alluaüd aîné.—Porcelaines.—A. > III. 443
- Allyre-Boubon.—Purgeoirs pour le dévidage des
- soies.—R. B. • I. 257
- Amand. — Coupe de pierres. —M. III. 72
- Ameline et Comp.—Céruse.—B. II. 754
- Amiard.—Bourrellerie.—M. • III. 626
- Amoros (le colonel).—Appareils de gymnastique—R. B. III. 642
- Ancel-Boy.—Draperie.—M. I. 148
- Andelarre (comte d’) et de Lisa>.— Fers:—O. I. 702
- André.—Fontes.—0. • I. 738
- André (Jacques).—Mouvement de friction.—M. II. 191
- André.—Ébénisterie.—Voy. Frantz.
- André.—Ferre filé et maillons de verre.—C. III. 226
- André.—Peinture sur verre. Verres mousselines.
- —Voy. Karl-Hauder. 1 ,
- André.—Brosserie.—C. t III. 688
- André (L.) et comp’.—'Porcelaines.—B. 111. 441
- André-Jean.—Charrues. Travaux agricoles'.—R.>A. II. 8 André-Jean et le major Bronski.—Soies.—B. ~ I. 260 André-Lavoy.—Pompes.-^M. • II. 103
- André-Michaux.—Hydromètre.—M. II. 504
- Âîtmmvx.-r--*Reliure.—M. ' - ' III. .335
- Andrieux, Vallée père et fils. —Papiers.—R. ' HL 535
- Aêndriot.—Cheminées.—M* ~ . 11. 949
- Anoriveau-Goujon.—Cartes géographiques.—R. A. II. 523 Ângé (Nicolas).—Soies.—'Mv ' v’ I- 2Î35
- Ango-Levard.—Draperie.—R. M. I- 94
- ‘Angrand.—Papiers de fantaisie —Rv B. - ' 1IL, 621 Aniel.—Parquets.—C. ' v IIL 150
- Annat et Chabassier.—Confiserie'1.—AL ^ • IL 658
- Annat aîné et Covhom.—Borineterie.—A.. I. 340
- Année;—Nécessaires.—B. ' “ - 'HI. '106
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- 712
- Tom. Pag.
- Anner.—Imprimerie.—C. * III. 295
- Anrès aîné.—Huiles épurées pour Vhorlogerie.—M. II. 849 Antiq.—Machines à vapeur.—N. À. II. 139
- Antoine.—Dessiccation des bois.—N. B. II. 953
- Apolis.—Lampe à gaz hydrogène liquide.—M. II. 832
- Apparuti.—Machine à faire les briques.—M. II. 290
- Ardant frères.—Imprimerie.—B. III. 289
- Aristide.—Impression des gravures sur bois.—M. III. 292 Armand-Clerc.—Machines-outils.—B. II. 303
- Armengaud aîné.—Dessins industriels.—R. B. II. 291
- Armonvi lle . —Broderies. —Voy. Wisn ick ;
- Arnaud (Isaac).—Filature de laine.—C. I. 44
- Arnaud (Jean-Antoine).—Soieries.—0. I. 558
- Arnaud-Gaidan (veuve).—Soieries.—C. 1. 317
- Arniieiter.—Instruments d'agriculture et de jardinage.— N. B. I. 283
- Arnould.—Châles.—R. 0. I. 213
- Aroux (Félix).—Draperie fine.—0. I. 81
- Arthaud.—Ciseaux en fonte.—Voy. Verchère.
- Assas (comte d’).—Pierres lithographiques.—M. I. 606
- Astic.—Chapellerie.—C. III. 676
- Aubanel.—Fonderie de caractères.—R. A. III. 256
- Aubanel- Delpon (Achille).—Filature de laine.—
- R. C. , I. 43
- Auber (L.) et comp.— Tissus de laine ras.—R. 0. I. 154
- Aubergé.—Laines à carde.—R. A. I. 20
- Aubert et comp.— Saboterie.—M. III. 610
- ^ | Pompes pour mémoire. II. 104
- [Cylindres à impression.—M. II. 972
- Aubry frères.—Dentelles.—M. T. 554
- Aubry-tFebvrel.—Dentelles.—B. I. 553
- Aucoc.—Orfèvrerie.—R. A. III. 13
- Audemard (d’).—Soies.—M. , . I. 264
- Audemard et Brés fils.—Châles.—M. . > , I.-234
- Audenelle.—Ressorts atmosphériques.—rB. , II. 279
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- 713
- Tom. Pag.
- Audibert.—Bonneterie.—Yoy. Flory (veuve).
- Audot.— Thermosiphon.—M. II. 949
- Audry.—Stores et écrans.—C. III. 68
- Aulon.—Couverts en fer étamé.—C. I. 755
- Auzoux.—Préparations élastiques d'anatomie humaine et comparée.—R. O. III 371
- Averly.—Machines à vapeur.—Yoy. Legendre.
- Raboneav.—Machines apercer les métaux. Bateaux
- à vapeur.—R. A. II. 395
- Bacii-Pérès.—Stores et écrans.—B. III. 67
- r-~ t %
- Baciiemallet, Barnicaud et Dietz.— Toiles unies.
- ordinaires.—B. I. 488
- Bacot (Frédéric) et fils .—Draperie fine.—R. O. I. 71
- Bacot (Paul) et fils.—Draperie fine.—R. O. I. 70
- Badin, Lambert et Comp.—Draperie moyenne et
- commune.—R. 0. I. 97
- Badon et Comp.—Grès imprégnés de bitume.—^l. I. 619
- Bail et Boffard.—Bouqies stéariques et acides aras.
- —M. II. 820
- Baillet.—Charrues.—M. IL 29
- Baillot.—Bougies stéariques.—C. II. 822
- Bailly.—Houe à cheval.—M. II. 47
- Bailly.'—Peinture et dorure sur la tranche des livres.
- —C.‘ * v III. 336
- Bailly aîné et Belnot.—Casquettes.—-C. III. 675
- Bailly-Comte père et fils.—Grosse horlogerie.—M. II. 449 Bainée.—Lits en fer.—N. B. I. 862
- Balaine.—Plaqué.— N. A. ' ' III. 20
- Balard.—Sulfate de soude des eaux mères des salines.—0. IL 730
- Balay (Jules).—Rubans.—0. I. 299
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- 714
- Tom. Pag.
- Balivet et Fabre.—Imprimerie.—C. III. 296
- Ballard.—Fonderie.—Voy. Preney.
- Balleydier , Repiquet et Sylvent.—Soieries.—À. I. 289
- Bally.—Pendules.—M. II. 466
- Balny jeune.—Ébénisterie de sièges.—B. ' III. 111
- Bance.— Toiles unies ordinaires.—A. I. 486
- Bapterosse et Feldtrappe—Coupe-mèches circulaires.—C. * II. 632
- Bara et Gérard.—Gravure sur bois.—M. III. 265
- Baragnon . —Bonneterie. —Yoy. Troupel .
- Barallon.—Rubans.—A. I. 302
- Baraton.—Préparation des filaments du bananier. Voy. Fremendity.
- Barbaroux de Mégy.— Travail et mise en œuvre du
- corail.—Camées de coquilles.—N. A. 111. 204 et 212
- Barbat (Thomas). — Impressions typolithographi-
- ques et chromolithographiques.—A. III. 358
- Barbaza et Comp.—Tapis.—M. I. 541
- Barbazan (Jules).—Fers.—M. I. 725
- Barbe (Jean) père.—Draperie.—C. I. i2i
- Barbé-Proyart et Bosquet.—Châles.—A. 1. tâo
- Barbeau aîné.—Cheminée-calorifère et poêles fla-
- mands.—M. II. 950
- Barbet (Henri) et Comp.— Tissus imprimés.—Hors
- de concours. ï. 504
- Barbier (Victor).—Draperie fine.—R. Â. I. 84
- Barbier.—Marqueterie.—B. III. p 123
- Barbou. — Indicateurs à cadran.—C. II. •j 322
- Barbou frères.— Imprimerie.—B. , ( 4 w III. 290
- Bardenat.—Fécules.—C. II. 803
- Bardin.—Fortifications en relief, collection topo- .X.
- graphique.—B. II. 526
- Bardonnaud jeune.—Mesures de capacité.—B. ii. 501
- Baret)—Etoffes de laine.—Voy. Courtey frères. J
- Barey .—Cartons. —C. iii. 545
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-
- 715
- Tom. Pag.
- Bargès.—Poterie d’étain.—C. I. 649
- Barnicacjd.—Toiles unies ordinaires.—Voy. Bache-
- MALLET.
- Baromé-Delépine.—Horlogerie de fabrique.—A. II. 470
- Baron. — Étaux, enclumes , pelles, etc. —
- - Voy. Ciiauffriat.
- Baron.—Roues d’échappement à cylindre et à ancre.
- —B. II. 475
- Baron-du-Taya.—Toiles.—M. I. 489
- Barouille.—Châles.—C. I. 227
- Barrande. — Peaux de chevreau et d’agneau en bronze doré et noir.—Voy. Carré.
- Barre (Ernest).—Extraits pour la teinture.—M. II. 885
- Barre.—Gravure sur acier.—A. III. 303
- Barré-Piüssin.—Porcelaines hygiocêrames.—R. B. IÏI. 450 Barrier.—Châles.—B. I. 225
- Barrot.—Soies.—B. M. I. 264
- Barthe et Plichon.—Peluches de soie.—A. T. 322
- Barthélemy.—Pivot hydraulique.-—M. II. 88
- Barthélemy.—Procédé propre à faciliter l’accord
- des pianos.—C. H. 549
- Barthélemy.—Billards.—B‘. ' III. 140
- Barthélemy (Emile).—Feutrescourroies en laine hydrofuges.—C. III. 546
- Barthés (Sylvestre).—Draperie moyenne et coni-J mune.—R. B. ' ^ I. 140
- S
- Basely.—Aiguilles de montre.—A. y < II. 474
- Basnier.—Cuivre estampé verni.—B. III. 62
- Bastien.— Globes terrestres’et célestes, jeUxAepatience.—C. ‘ ; II. 528
- v {
- Bataille (Pierre).—Tissus imprimés.—A.. I. 518
- Bataille.—Meubles en fer.—M. 'l I.'°865
- Batelot (Veuve).—Taillanderiei—B. ’ I*. 814
- Baube*.—Couleurs anosmiques.—M. V II. 701
- Bauchet-Verlinde.—Registres —C. - III. 620
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-
- — 716 —
- Tom. Pag.
- Baud.—Quincaillerie.—Voy. Jacquemin frères.
- Baud et Jovinet.—Gélatine.—M. II. 683
- Baudat.—Machines à scier.—R. B. II. 277
- Baudin.—Fours de boulanger.—C. II. 946
- Baudouin frères.—Cuirs vernis, toiles cirées, toiles imperméables, etc.—O. III. 592
- Baudrit.—Armatures en fer.—C. II. 972
- Baudry.—Aciers.—R. O. I. 772
- Baudry.—Ébénisterie.—R. B. III. 89
- Baudy.—Coutellerie.—R. C. I. 851
- Bauerkeller et Comp.—Cartes en relief.—R. B. 1 II. 523
- Baumier et Comp.—Étoffes pour gilets.—M. 13153
- Bavozet.—Bronzes d'art et d’ameublement.—M. III. 42
- l
- Bayart.—Linge de table. —C. I. 479
- Bayart-Lefèvre fils.—Tissus de laine.—C. I. 198
- Beaudouin (Raymond).—Bois de teinture triturés.
- —M. II. 875
- Beaufay.—Creusets.—B. III. 407
- Beaujeu (André).— Coutellerie.—M.. . I. 850
- Beaulès frères.—Encres d'imprimerie.—R. B. III. 287
- • Beaulieux.—Toiles.—C. I. 491
- Beaumont.—Ivoire mis en œuvre.—M., III. 130
- Beauvais (Jean-Armand).—Laines àpeignes.—A. I. 24
- •Beauvais (Mesdemoiselles).—Broderies.—B. I. 556
- Bec.—Vernis.—B.. II. 765
- Béchard.—Appareils orthopédiques.—B. III. 645
- Bëchet.—Etoffes pour gilets.— Yoy. Favre.
- Becker.— Tissus imperméables.—R. M. ÎI. 714
- Bécoulet et Yaissier (Veuve).—-Papiers.—R. B. III. 534
- Becquet.— Tubes et moulures en cuivre.—B. I. 875
- Bédier-Dotin.—Émaillage.—B. III. 463
- Bedoin.—r-Etoffes gaufrées.—C. III. 625
- Beer-Morel.—Draperie fine.—N. B. I. 91
- Befort.—Meubles d’imitation ou de curiosité.—;B. III. 104
- Bégué.— Toiles damassées.—N. A. I.. 475
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-
-
- — 717.—
- Tom. Pag.
- Béléguic (J. G.).—Charrues.—M. lï. 30
- Belfield-Lefèvre.—Plaques photographiques.—M. I. 679
- Belhomme et Ducos(Léon).—Marbres.—M. ï. 582
- Beliiommet.—Bougies stéariques.—B. II. 816
- Bélicard et Ciiesneau.—Vidange.—M. II. 114
- Bell fils.—Pianos.—C. II. 550
- Bellancé.—Meubles d’imitation ou de curiosité.—
- R. A. III. 101
- Bellanger père et Comp.— Tapis.—R.B.. I. 539
- Bellat aîné.— Tapis.—N. A. I. 537
- Bell o m et-Va r i n .— Broches de métier à filer.— C. II. 192
- Belloy-Rodriguez.— Poulies en porcelaine avec
- montures en cuivre.— G. , II. 317
- Beljias ( le docteur ). — Bandages herniaires.
- — M. III. 645
- Belnot. — Casquettes. — Yoy." Bailly aîné.
- Belorgé.—Caoutchouc pour bretelles. — C. III. 639
- Belton et Jumeau.— Jouets d’enfants.— M. III. 635
- Belzacq.— Bonneterie.—Yoy. Collard.
- Bénard et Comp.— Céruse. — N. M. II. 761
- Bénard frères.—Billards.— C. III. 144
- Bengel.— Guéridons et nécessaires.— C. III. 118
- Benini.— Chapeaux, de paille.— R. M. III. 680
- Benner.—Etoffes pour meubles.—Yoy. Adolphe. Benoist-Malot et Comp.—Etoffes de laine non drapées.— R. A. I. 161
- Benoit ( veuve ). — Pressoir troyen.—Yoy. Payn.
- Benoit frères.— Machines à fouler.— A. II. 20,9
- Benoit et Comp.— Montres.— R.O. II. 432 et 450
- Benoit et Fournier.— Soies.—M. I- 265
- Benoit-Langlassé.— Vernis sur métaux.— B. III. " 64
- Beny-Agaciie.— Tissus de laine.— C. I. 198
- Béranger et Comp.— Balances et bascules.—A. II. 497
- Bérard fils et Comp.— Fils de lin.—M. !• 174
- Berce.— Boutons.— M. . ' N-* 614
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- Tom. Pag.
- | Appareils de sûreté.— M. II. 153
- érendorf. j Machine à comprimer les cuirs.—A. II. 276
- Bérenger et Comp.— Grands appareils hydrauliques.— M. IL 96
- Bérenger, Roussel et comp.—Cuirsetpeaux.—R.O. III. 547 Bergaire.— Couverts en fer étamé.— R.M. I. 754
- Berger.— Verrerie.— Voy. Burgun.
- Berger-Walter. — Travail et mise en œuvre des
- cristaux.— B. III. 225
- Bergerat et Letellier.—Produits chimiques.— B. II. 755 Bergeron.— Appareils orthopédiques. — M. III. 647
- Bergeron fils et Couput.— Produits chimiques.— A. II. 746 Béringer.— Arquehuserie.— A. II. 598
- Berly et Comp.— Tissus de laine ras.— A. I. 171
- Bernard.— Marbres.—B. I. 580
- Bernard.— Instruments d'horticulture.— M. I. 818
- Bernard,— Instruments d'optique.— M. II. 490
- Bernard (Albert).— Arquehuserie.— A. II. 596
- Bernard (Léopold).— Arquehuserie.— A. IL 598
- Bernard, Ciiapuis et Molière.— Chaussures.— M. III. 607 Bernard et Souchon.— Filtres en laine tontisse.—B. IL 969 Bernardel.— Violons,.— A. II. 554
- Bernauda.— Bijouterie de platine.—R.B. III. .176
- Bernhardt.— Pianos.-T-N. B. IL 542
- Bernier aîné et frères.— Quincaillerie.— B. I. 815
- Berrolla frères .—Montres.— A. IL 453
- Berrus fils et Comp.— Dessins de fabrique. — M. III. 395 Bertaud et Lucquin.— Parquets.—B. . III. 148
- Bertauts. — Lithographie.— M. III. 363
- Bertèche, Bonjean jeune et Ciiesnon.'—Draperie,.
- , fine.— R. 0. I. 72
- Bertiiaud et Pertes frères. ^ Draperie moyenne - et commune.— R. B. I. 109
- Bertiie frères.— Sulfates de fer.— B. IL 755
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- 71.9
- Tom. Pag.
- Berthemot et Ponsar.—Produits chimiques et pharmaceutiques.— M. . II. 760
- Bertherand-Sutaine et .Comp.—Laines cardées.—0. I. 48 Berthet et Péret.—Nécessaires.—B. III. 116
- Bertiiier.—Crayons de plombagine artificielle.-^-M. I. 614
- Bertiiommé et Sarrazin.—Marbres factices.—M. III. 22.0
- Bertiioud.—Horlogerie de précision.—R. 0. II. 426
- Bertin.—Futaines êcrues, blanches et teintes.—B. I. 434
- Bertin et comp.—Raffinage du sucre.—M. II. 786
- Bertonnet,-^-4rquebuser.ie,—C. II. 606
- Bertrand fils.—Bonneterie.—C. J. 361
- Bertrand fils.—Équerre-tarif’.-r-C. II. 505
- Bertrand et Feydeau.—Conserves alimentaires.—
- R. A. II, 63,9
- Bertrand-Geoffroy.—Fers,.—B. I. 722
- Bertrand et G.uy.—Pierres lithographiques.—M. I. 606
- Bertrand et Pradal.—Châles.—M. I. 234
- Beslay (Charles)—Toiles fiirées.r— M. III-. 595
- Besquent (Jules) et Comp.—Fonderie.—B. I. 747
- Besson (Louis),et Comp.—Châles.—M. I. 316
- Besson.—Instruments à vent en cuivre.—M. II. 560
- Best,. Leloir et Comp.—Gravure sur bois.—0. III. 300
- Béteille-Acquier.—Chandelles et. chandelles-bou- .
- > gies.—R. C. IJ. 821
- Béthune et Plon.— Typographie,—A. III. 279
- Beuck et Comp.—Draperie /me.—0.. _ I. ,82
- Beucler fils (J.-J,).— Montres.—A. , IL 452
- Beudon.—Couvertures.—B. I. 1*25
- Béuque et sœurs.—Broderies.—M. ... ' I. 557
- Bex (veuve) etfils.—Stues et marbres factices.-^B. JH. 219 Beyerlé.—Instruments d’optique,.—M., JL 490
- Béranger.—Encre alcaline.—R..M- IL y(58
- Biais.—Broderies —R. B. ^ I. j555
- Biancjii.—Instruments de physique, balances de ,, v précision. Voy. Lecomte; - *
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- 720
- Tom. Pag.
- Bicard.—Draperie fine.—Voy. Ruef. 1
- Bicheron.— Travail des fanons de baleine.—M- III. 691
- Bidou fils.—Cuirs et peaux.—Voy. Estivant. . '
- Bidreman père et fils. — Ciment-marbre.—B; III. 217
- Bienaymé. —Pendules. —Voy. Brunel .
- Biesta, Laboulaye et Comp.—Fonderie de caractères.— R. O. III. 251
- Biet.—Instruments de physique.—M. II. 490
- Biétry.—Filage du cachemire.—R. O. I. 53
- Bignon.—Imitation de marbres par les procédés de peinture.—M. III. 69
- Bigot.—Châles.—Yoy. Fabre.
- Bigot.—'Générateurs de vapeur—M.. II. 154
- Billas, Maumené et Comp.—Cristallerie.—B. III. 500
- Billon père et'fils.— Toiles unies ordinaires.—R. B. I. 487
- Billoret.—Matelas et coussins élastiques.—M. III. 633
- Bill y.—Biscuits de Chine.—C. II. 666
- Binder.—Cric pour voitures.—M. II. 327
- Binet.—Cornues et creusets.—M. III. 408
- Binet.—Couleurs pour la peinture sur porcelaine.
- —A. III. 459
- Bir.—appareils d’incubation artificielle.—C. II. 661
- Birciîel.—Cheminées.—M. II. 949
- Biscomte.—Soies.—C. I. 269
- Bisson fils.—Bonneterie.—M. I. 375
- Bisson.—Chambranle de lucarne, en fonte.—C. I. 866
- Bisson.—Retorderie des fils de lin, blanchisserie,
- teinturerie.—M. II. 917
- Bisson fils.—Épreuves daguerriennes.—C. III. 385
- Bitterlin.—Instrument pour couper le verre.—M. II. 312
- Blache et Rodet.—Chapellerie.—Cl - III. 676
- Blachier et Masseran.—Soieries.—B. I. ‘315
- Blain.—Papiers percés pour le délitement des vers à soie.—C. U 270
- Blaise.—Reliure.—G. . III. 3,36
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- 721
- Tom. Pag.
- Blanc.—Parapluies.—C. III. 694
- Blanchard et Cabirol.—Tissus imperméables.—Wi. II. 713 Blanchet.—Pianos.—Voy. Roller.
- Blanchet.—Camées de coquilles.—A. III. 212
- Blanchet et Kléber.—Papiers.,—R. O. III. 517
- Blanchon (Louis).—Soies grèges.—O. - I. 245
- Blanciion et Boisbertrand.—Fonderie.—B. I. 747
- Blancq.—Draperie moyenne et commune.—Voy.
- Fouard.
- Blanpain frères.—Draperie fine.—B. I. 91
- Blary.—Émeri.—B. 1. 596
- Blecii frères.—Tissus en coton de couleur.—R. À. I. 423 Blecii, Steinbacii et Mantz. — Tissus imprimés.—A. I. 516 Blein.—Châles.—Voy. Pagès.
- Bléry.:—Chaîne-décamètre.—C. II. 505
- Blérye.—Bonneterie.—M. I. 372
- Blerz'y.—Appareil à dessécher les laines, draps. — M. II. 953
- Blève.—Cuivre estampé verni.—JN.'M. III. 62
- Blin. — Tissus de coton.—C. I. 437
- Blin et Comp.—Toiles.—C. , I. 496
- Blocii.—Boulons.—B. I. 827
- Blondeau.—Pantographes.—C. , ' II. 520
- Bluet (Charles).—Ràuenneries. — B. I. 431
- Boas frères.—Châles.—A. I. 221
- Bobillier.—Faux.—R. B. I. 795
- Bobée.—Tissus dexoton.—Voy. Pellouin.
- Bobée (veuve) et Lemire.—Produits chimiques.—R. O. II. 728 Boboeuf-Casaubon.—Étoffes, papiers, apprêts pour
- fleurs artificielles.—B. III. 657
- Bociie.— Poires à poudre,—À. II. 606
- Bocqvet. —Horlogerie de précision.—B. II. 437
- Bocquet.—Charrues, Scarificateur.—Voy. Paris.
- Bocquet.—Joaillerie, bijouterie.—B. ' III. 176
- Bodeur.—Instruments de physiquet—B. II. 488
- Bodin.—Charrues, Scarificateurs.—A. IL 15
- ia.
- 46
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- 722
- Tom. Pag.
- Bodin.—Instruments de topographie.—B. , II. 513
- Bodin et Comp.—Cafetières.—C. II. 846
- Boeuf et Garaudy. — Travail et mise en oeuvre du corail.—A. III. 206
- Boffard.—Bougies stéariques et acides gras.—
- Voy. Bail.
- Boiiin père et fils.—Layeterie, sciage des bois.—M. III. 155 Boigues et Comp.—Fers.—N. 0. I. 697
- Boigues.—Appareils de chauffage domestique,— F». II. 943 Boillot.—Bougies stéariques.—Voy. Brunnarius. Boisbertrand.—Fonderie.—Voy. Blanciion.
- Boisguillaume (J.) et fils aîné.—Draperie fine.—B. I. 92 Boismard.—Draperie fine.—Voy. Osmond.
- Boismard (Jean-Hyacinthe).—Tissus imprimés.—M. I. 524
- Boisse.—Flotteur.—M. * II. 154
- Boisselot et fils.—Pianos.—0. II. 536
- Boisset.—Fils de laiton.—M. I. 660
- Boisset et Gaillard —Bougies stéariques.—B. II. 816
- Boissimon (de)_( Calorifères.—B. II. 935
- et Comp. (Briques réfractaires.—M. III. 406
- Boitel (Amédée) et Comp.—Colles animales.—M. II. 683
- Boizard.—Chapeaux de paille.—Voy. Frappa.
- Boland.—Aleuromètre.—B. II. 650
- Bolle.—Papiers.—M. III. 539
- Bollé.—Tournebroches à ressort.—M. II. 311
- Bollée. — Cloches.—B. I. 652
- Bon.—Apprêt des soieries.—A. I. 561
- Bon.—Bijouterie de strass adamantoide.—R.A. III. 191
- Bon etPiRLox .-Bijouterie de strass adamantoïde.—k. III. 192
- Bonafoux et ( , - t» (H. 198
- Gaillard - S”™?-*- jm. 311
- : St-Ange. [Papiers de fantaisie.—Pour mémoire. III. 624
- ( Tissus imprimés.—C. I. 525
- Bon avion( Pierre). —
- [Préparation de garance.— M. II. 918
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- 723
- Tom. Pag.
- Bondet fils aîné etComp.—Droguets et flanelles.—
- R. M. I. 117
- Bonfils.—Soies.—M. 1. 265
- Bonfils-Miciiel et Comp.—Châles.—M. I. 226
- Bonhomme.—Chevalets pour peintres.—C. III. 383
- Bonin.—Serges croisées et kalmouks.— C. I. 122
- Bonjean jeune.—Draperie fine.—Voy. Bertèche.
- Bonnaire.—Toiles à voiles.—Yoy. Joubert.
- tJ
- Bonnal et Comp.—Gazes pour blutoirs.—B. I. 557
- Bonnart.—Soieries.—Voy. Verzier.
- Bonnefin.—Pompes.—Voy. Flaud.
- Bonnet.—Etoffes de laine pour meubles.—Voy. Si-
- MONDANT.
- Bonnet (Claude-Joseph).—Soieries.—O. I. 283
- Bonnet.—Fils de colon.—M. I- 399
- Bonnet.—Mesures linéaires sur ruban.—rM. II.. 504
- Bonnet.—Gravure.—M. III. 314
- Bonnier. — Tissus de laine.—Voy. Herbo.
- Bonniot.—Machines à enlever les déblais.—M. IB 361
- Bonnot.—Porcelaines hygiocérames.—Voy. Neppel fils.
- Bonraisin, Tillant etComp.—Flanelles.—R. M. ,1. 117 Bontemps.—Peinture sur verre. — Mention pour
- ordre. III. 470
- Bontemps , Lemoine et Comp.— Verrerie.—R. O. III. 486
- Bonvoisin.—Cristaux émaillés et coloriés.—B., III. 225
- Boqüet.—Encrier à pompe.—M. III. .619
- Boquet .—Galvano-cèrame. —Voy. Noualhier .
- /Galvanoplastie.—A. 1. 676
- Boquillon. — -J Machines à tailler les engrenages
- [ hèlicoïdes.—Mention pour ordre. II. 517 Bord.—Pianos.—B. , .. II. 542
- Bordeaux.—Cuivre estampé vernis.—R. B. III. 60
- Bordeaux-Fournet (Veuve) et fils..— Draperie moyenne et commune.—B. . v - I. 114
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- 724
- Tom. Pag.
- Borrel.—Passementerie.—C. 1. 376
- Borrel.—Machines à curer, portes d’écluses en fer
- laminé.—A. II. 342
- Bosquet. — Châles.—Yoy. Barbë-Proyart.
- Bost.—Chaussures de femme.—Voy. Lefebvre. Bost-Mambrun.—Coutellerie.—R.'A. I. 842
- Bottier.—Moules pour batteurs d’or.—M. I. 656
- Bottolier.—Vis cylindriques.—C. I. 828
- Bouchard.—Laines peignées.—Voy. VALLÈs^Léon).
- Bouchard.—Cordages.—l\.M. II. 419
- Bouciiard-Huzard (Veuve).—Imprimerie et librairie.—B. III. 291
- Bouciiaruat aîné.—Vermicelles.—C. II. 664
- Boucher (E.).— Tréfilerie.—A. I. 657
- Boucher.—Sucre indigène.—B. II. 785
- Boucher.—Dessins de fabrique.—C. III. 397
- Bouciier-Lemaistre.—Registres, etc.—C. III. 620
- Boucherie. — Conservation des bois.—M. II. 705
- Bouciiery (Gustave).— Tissus de laine.—C. 1. 198
- Bouchet et Marchand.—Chapeaux tressés en feuilles
- de latanier.—C. III. 631
- Bouchon.—Moulins.—Voy. Gueuvin-Bouciion.
- Bouciiu.—Laines à carde.—À. I. 20
- Boùcoiran.—Soies.—Voy. Bruguière.
- Boudet-Drelon,—Pâtes alimentaires.—N. B. II. 644
- Boudier et Comp.—Vernis pour chaussures.—M. II. 772
- BouDOujeune.—Draps feutres.—C. -I. 361
- Bouet.—Châles.—R. B. I. 233
- Bouffon. — Machine à battre les faux.—C. II. 73
- Bougon.—Porcelaines.—0. . III. 432
- Bougot.—Moulins.—rG. II. 117
- Bougueret , Couvreux, Landel et Comp.—IFers.
- —0. . " I. 658 et 706
- Bouiiardet.t—Billards.—R. B. III. 138
- Bouillard.—Gaînerie.—M. III. 634
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- 725
- Tom. Pag.
- Bouillier et Comp.—Couvertures.—A. i. 123
- Bouillon jeune et Comp.—Fils de fer, pointes,
- chaînes , etc.—M. i. 660,
- Boulanger fils. — Imitation de ferrures ancien-
- nes.—B. i. 868
- Boulanger (Ch.) et Comp.— Tissus imperméables.
- — M. ii. 715
- Boulard et Comp.—Batistes et toiles fines..—B. i. 480
- Boulard.—Chaussures sans cambrage.—C. iii. 609
- Boulet.—Machines à battre le grain.—C. ii. 54
- Boulland et fils.—Limes.—B. i. 789
- Bouniols aîné.—Bonneterie.—B. i. 350
- Bouquet.—Papiers peints.—C. m. 349
- Bourbonne-Fillion (Madame). — Savons marbrés. , -
- —R. B. h. 670
- Bourbouze.—Instruments de physique.—C. ii. 492
- Bourcier (Jules).—Soies.—A. i. 252
- Bourdeau.—Fils de coton.—C. i. 400
- Bourdeaud.—Appareil à battre les faux.-—C. i. 819'
- Bourdeaux aîné, — Coutellerie.—N. B. i. 846
- Bourdeloy de Bourdan.—Cartatomie.—C. ni. 397
- Bourdin*——Pendules.—B. ii. 46^
- Bourdin. —Librairie.—M. m. 325
- Bourdon (Eugène).—Machines à vapeur-.—N. A. h. 141
- Bourg.—Garde-robes hydrauliques.—B. ii. 111
- Bourgeois et Comp.—Fers.— B. i. 722
- Bourgogne.— Préparations microscopiques.— B. n. 490
- Bourgogne (Madame).—Corsets.—B. m. 696
- Bourgoin .—Bonneterie.—SL. i. 375-
- Bourguignon fils. — Bijouterie de strass adaman-
- toïde.—M. iii. 193
- Bourguignon -, Schmidt et Schwebel. — Draperie
- fine.—B. I: 93
- Bourjat.—Chamoiserie.—B. < > III. 575
- Bourlier (David).—Outils d’horlogerie.—M. I. 817
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-
- 726
- Bournet.—Serrurerie. —M.
- Bournhonet.—Châles.—R. B.
- Bourquin . — Appareils et épreuves photographiques.—M.
- Bousmart.—Molletons.—C.
- Bousquet (Frédéric).— Châles.—M.
- Bousseroux.—Fourneaux de cuisine.—M. Boutard-Vignon et Comp.—Châles.—B.
- Boutarel frères, Ciialamel et Monier.—Teinture.—O.
- Boutet.—Charrues.—M.
- Boutté.—Quincaillerie.—B.
- Boutung.—Ébènisterie.—B.
- Bouvard frères.—Soieries.—Yoy. Matiievon. Bouvet.—Gravure.—B.
- Bouvry.—Frocs.—M.
- Bou yonnet-Dupuy.—Presses lithographiques. —M. Boyer frères.—Flanelles.—B.
- Boyer (Jacques).—Toiles unies ordinaires.—R. B. Boyer.—Bronzes d'art et d’ameublement.—B. Boyer (Martial).—Cuirs et peaux.—M.
- Boyveau, Pelletier et Comp.—Produits chimiques.—B.
- Bozon.—Bourrellerie.—C.
- Bozonet.—Bonneterie.—M.
- Braconnier.—Bonneterie.—C.
- Bransoulié fils.—Farines de minot, et farines de maïs étuvées et non ètuvées.—B.
- Brasseur.—Calligraphie.—C.
- Br a zil .—Piano-harmonomètre.—C.
- Bréant.—Conservation des bois.—M.
- Bréguet neveu et Comp.'—Horlogerie de précision. —R. O.
- Brès fils. —Châles.—Voy. Audemard.
- Bresquignan.—Outils de selliers.—R. M.
- Tom. Pag.
- I. 869 I. 223
- III. 384 I. 121
- I. 316
- II. 945
- I. 224
- I '
- II. 911
- II. 28
- I. 867
- III. 92
- III. 310
- J. 128
- II. 246 I. 115
- I. 487
- III. 39 III. 569
- II. 750 III. 628
- I. 358
- I. 363
- II. 648
- III. 316 II. 549 iï. 703
- II. 426
- I. 816
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-
- 727
- Bresson aîné.—Retordage du coton.—A.
- Bresson (Hippolyte).—Soies grèges.—B.
- Breton.—Serrurerie de précision.—Voy. Trintzius. Breton frères.—Instruments de physique et d’optique.—B.
- Breton (Madame).—Biberons et tétines.—R. B. Breton frères.—Papiers.—R. B.
- Bréton.—Instruments à vent en bois.— B. Brettnacker.—Chapellerie.—C.
- [ Lampes.—A.
- Breuzin. — } Carbures d’hydrogène appliqués à Vè-( clairage.—A.
- Briard.—Rouge végétal safranum.—M.
- Bricard et Gauthier aîné.—Serrurerie.—A. Briciie-Van Bavinciiove. — Draperie moyenne et commune.—B.
- Brie aîné. - Ganterie.—M.
- Brière.—Papiers peints.—B.
- Briet.—Eaux gazeuses.—B.
- Briez.—Cylindres cannelés pour filatures.—M. Brigaudeau et Guénin.—Instruments aratoires.—C. Brioude-Sanrefus et Comp. — Application du caoutchouc. — M.
- Brismontier.—Lampes néo-Carcel.—Yoy. Truc. Brisou fils aîné.—Fontes.—M. 1 .
- Brisou fils aîné.—Cuirs et peaux.—R. A.
- JBrisset père.—Presses autographiques.—B. Brisset fils.—Presses lithographiques.—M. Brisson.—Draperie.—R. M.
- Brisson frères et Comp.—Peluches de soie..—A. Britz.— Tours.—B.,
- Brociiier.—Ganterie.—M.
- Brocot.—Pendules.—R. A.
- Bronski (le major).—Soies.—Voy. André-Jean. :; Broquette et Lecomte.— Tissus imprimés.—M.
- Tom. Pag.
- I. 400 I. 263
- II. 487
- III. 644 III. 534
- II. 564
- III. 676 II. 624
- V
- II. 825
- II. 886 I. 867
- I. 114
- III. 603 III. 345
- II. 835 II. 192 II. 32
- II. 715
- I. 750
- III. 554
- II. 245 II. 247
- I. 94 I. 323
- II. 305
- III. 603 IL 462
- I. 525
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-
-
- 728
- Tom. Pag.
- Brosse.—Horlogerie de précision.—A. II. 434
- Brosson (François).—Séchoir à bascule.—M. II. 954
- Brouillet.—Poterie d’étain.—C. ' I. 649
- Brouillet.—Jouets d'enfants.—M. III. 635
- Brugnot.— Gravure sur bois.—B. III. 307
- Bruguière et Boucoiran.—Soies.—R. A. I. 250
- Brun frères et Dénoyel.—Mousselines.—M. ~ I. 443
- Bruneau.—Machines à filer le lin, la laine et le coton.—A. II. 187
- Bruneel frères.—Coutils de fil.—N. B. I. 191
- Brunel.— Teinture en noir sur soie.—B. II. 916
- Brunel et Bienaymé.—Pendules.—B. II. 463
- Brunet.—Châles.—A. 1. 220
- Brunette. — Cabestan, grue, machine à godets, etc.
- — C. II. 362
- Bruniies (Bernard).—Saboterie.—B. III. 609
- Bruni.—Pianos-orgues.—C. II. 587
- Brunnarius, Boillot et Comp.—Bouqies stéariques.
- —M. II. 820
- Brunner.—Instruments d’astronomie, de marine et
- de géodésie.—0. II. 505
- Bruyer.—Soies.—C. I. 271
- Bruyère.—Poterie vernissée.—C. III. 412
- Bry.— Lithographie.—B. • III. 361
- Buciier.—Canevas et tapisseries.—M. - I, 544
- Buddicom.—Locomotives.—Voy. Allcard.
- Budin.—Cuirs et peaux.—R. A. III. 556
- Budy.—Fonte étamée.—R. A. I. 649
- Buffard aîné.—Métiers à tisser.—B. II. 224
- Buffard. — Papiers peints.—Voy. Ebert. /
- Buffault, Truciion et Devy.—Couvertures.— A. 1. 123
- Buffet jeune.—Instruments à vent en bois.— -N. B. II. 563
- Buffet-Crampon.—Instruments à vent en bois .-B. II. 564
- Buffet-Périn, oncle et neveu.—Casimirs,— •R. A. I. 162
- Buignier.—Gravure sur acier.—A. - • III. 304
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- 729
- Tom. Pag.
- Boisson.—Appareil pour passer les huiles.—B. II. 302
- Boisson.—Fromages.—M. II. 657
- Buisson-Juglar et Robert (Eugène)'.—Soies.—B. I. 261
- Bollier (Madame).—Brosses et pinceaux pour peintres.—G. III. 382
- Bulteau frères.—Etoffes en soie, coton et laine.—B. I. 194 Bonten.— Thermomètres, baromètres, sympièzo-mètres.—N. A. II. 483
- Bureau jeune.— Tissus de coton.—A. I. 433
- Bureau.—Coljes fortes et gélatines.—M. II. 685
- Bureau.—Bijouterie dorée.—B. III. 182
- Burette.—Cartons-pâtes.—C. 111. 247
- Burgade.—Laines peignées.—P>. I. 39
- Burgun, Walter , Berger et C o m p.—Fer rerie.—
- R. A. III. 494
- Buron.—Instruments de physique et d’optique.—0. II. 481 Busson.—Pianos.—R. B. II. 541
- Butet.—Couleurs.—Voy. Wuy.
- Buxmann.—Enseignes en zinc et en fer battu.—C. I. 662
- Buyer (de).—Tôles et fers blancs.—R. 0. I. 730
- G.
- Cabane.—Bonneterie.—Voy. Rouvière.
- Cabanes et Marine-Heit.—Éventails.—M. III. 135
- Cabarrus et Gradit.—Marbres.— B. • I. 580
- \
- Cabeu.—Lampes.—M. II. 631
- Cabirol.— Tissus imperméables.—Voy. Blanchard.
- Cadenat et Journet.—Bonneterie.—C. I. 359
- Cagniard.—Dessins de fabrique.—M. . 111. 396
- Cahier.—Orfèvrerie.—M. v III. 16
- Caiiouet.—Moules à cierges en étain.—R. M. I. 647
- Caignard.—Rouenneries.—R. Ai I. 427
- Cail.—Appareils et machines pour fabriques et raffineries de sucre* engrais, etc.—Voy. Derosne.
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- 730
- Tora. Pag.
- Caillet-Franqueville.—Mérinos.—A. I. 166
- Caillez.—Pompes.—Pour mémoire. II. 110
- Caillié, Caternault, Mareau et Matignon frères.—
- Filature du lin.—A. I.> 469
- Calla.—Machines-outils.—N. O. II. 267
- Calland et Pasquier.—Instruments aratoires.—M. II. 38 Callandre(J.-J.).—Lainespeignées à lamain.—C. I. 44
- Callaud.—Moulins.—C. II. 117
- Callaud.—Horlogerie de précision.—A. II. 434
- Callaud-Bélisle (G.). —Machine àsatineret à éplucher le papier.—C. .. II. 285
- Callaud-Bélisle frères, Nouel etComp.—Papiers.
- -O. II. 525
- Calmas.—Tissus imprimés.—Voy. Fries.
- Callier-Dervaux.—Clef de montre à encliquetage.
- -M. II. 477
- Calmels.—Pendules.—C. II. 467
- Camaret.—Sculpture en carton-pierre.—M. III. 52
- Cambacérès père et fils.—Engrais musculaire.—A. II. 853
- Cambon (Cadet). — Bonneterie.—B. I. 351
- Cambray père.—Instruments aratoires.— N. A. II. 12
- Camiciiel etComp.—Raffinage du suer eindigène.—M. II. 786
- Camille-Jubé.—Arquebuserie.—R. B. II. 600
- Camion-Pierron.—Serrurerie.—M. I. 871
- Campan.—Dessins d’armoiries.—C. III. 316
- Camu fils et T. Croutelle neveu.—Laines cardées.
- R. O. . I. 47
- Camus fils.—Quincaillerie.—R. B. I. 812
- Camus.—Marteaux de moulin, pièces à plomber, tôles piquées, etc.—M. I. 817
- Camus.—Mégisserie.—M. III. 576
- Camus-Laflèciie.—Cuirs et peaux.—A. III. 558
- Camus et Tindel. — Goudrons.—M. I. 619
- Camuzat.—Pompes.—C. II. 110
- Canel-Ciiapelon et Comp.—Rubans.—B. R 304
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- 731
- Tom. Pag.
- Canson (Étienne).—Robinet d’alimentation et à flotteur.—M.
- Canson frères.—Papiers.—R. O.
- _ (Trèfïlerie.—A.
- Capitain et Comp.— \ „
- {Fers.—A..
- Capron fils aîné.—Passementerie.—A.
- Capt.—Montres.—B.
- /
- Carcenac frères.—Draperie.—C.
- Carillion.—Machines à vapeur.—A.
- Carlier.— Étoffes de coton.—C.
- Carlier.— Objets de papeterie et de gainerie.—M. Carlos-Florin.—Laines peignées.—A.
- Caron.—Contrôleurs de ronde.—M.
- Caron.—Arquebuserie.—M.
- Caron (Charles-Louis) .-—Blanchisserie de toiles.—
- II. 153
- III. 520 I. 658 I. 717
- I. 365
- II. 455
- I. 121
- II. 144 I. 121
- III. 634
- I. 34
- II. 503 II. 603
- R. A. II. 894
- Caron-Langlois fils.—Tissus imprimés.—R. 0. I. 510
- Carpentier.—Modèles de chevaux articulés.—C. III. 382 Carquillat.—Soieries.—B. ' I. 294
- Carré.— Tissus imprimés.—R. B. I. 526
- Carré.-—Moule-filtre.—C. IL 867
- Carré et Barrande.—Peaux'de chevreau et d'agneau
- en bronze doré et noir.—M. III. 592
- Carreton.—Soieries, tapis.—Voy. Coumert.
- Carrière (Ferdinand).—Soies.— R. A. I. 249
- Carrière.—Plastique et moulage en chaux hydraulique.—C. III. 216
- Carrière-Vignat.—Rubans.—B. ! I. 305
- Cart.—Machines à vapeur.—M. IL 152
- Carteaux et Chaillou.—Préparations anatomiques
- en cuir estampé.—M. III. 377
- Cartier fils et Grieu.—Produits chimiques.—A. IL 745
- Casadavant.—Verrerie.—B. - III. 501
- Cxsalis.— Machines à vapeur.—R. 0. IL 132
- Castel frères et sœur.—Étoffes de laine.—M. ! I. 197
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- 732
- Castel (Émile). — Tapis.—‘0 Catala.—Toiles métalliques.—Voy. Trousset fils. Gaternault.—Filature du lin.—Voy. Caillié. Cattier.—Lithographie.—R. À.
- Caulliez-Pétillon.—Filature de laine.—M. Cauvard.—Peignes.—B.
- Cavaillé-Coll père et fils.—Orgues.—0. >
- Gavaillier.—Alliage de plomb et d'arsenic, plomb dur laminé, étain affiné.—R. B.
- Cavé I Machines à vapeur.—N. 0.
- \ Bateaux à vapeur.— N. 0. Cavrel-Bourgeois.—Draperie et couvertures de laine.—M.
- Cavy jeune et Comp.—Habillements en peaux d’animaux.—B.
- Cayon-Liébaud.—Imprimerie.—Voy. Trénel. Cazal.—Parapluies.—N. B.
- Céas et Ciiaumouillé.—Tissus imprimés.—B.
- Célis (Pierre-Théodore).—Brunissoirs.—B. Cerbelaüd.—Calorifères.—R. B.
- Cerceuil.— Teinture et laines tontisses.—B. Cerf-Mayer.— Toiles cirées.—M.
- César .—Pendules.—M.
- Chabassier.—Confiserie.—Voy. Annat.
- Ciiabaud (Auguste).—Soieries.—R. A.
- Ciiabert.—Étoffes de laines.—Voy. Germain. Ciiabrié et Neuburger.—Lampes solaires.—A. Ciiabrolle .—Charrues.—M.
- Citabrun.— Toiles d’emballage.—Voy. Cornilleau-Lefebvre.
- Chaffner-Guyotin.—Cachemires.—M.
- Chagot frères.—Fleurs artificielles.—N. B. Chaillou .'—Préparations anatomiques en cuir estampé.—Voy. Carteaux.
- Chaisemartin jeune.—Fils de,coton.—Voy. Dupré.
- Tom. Pag.
- I. 535
- III. 355 I. 41 III. 613 IL 575
- I. 629 IL 133 IL 388
- I. 120
- III. 637
- III. 690
- I. 523 ' I 592 IL 933 IL 915 III. 598
- II. 465
- I. 311
- IL 625 II. 28
- I. 168 III. 659
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- Tom. Pag.
- Cuxix. ^-Distributeur mécanique.—M. III. 292
- Chalamel.— Teinture.—Yoy. Boutarel frères.
- Chalet.—Registres.—C. III. 620’
- Chambellan.—Châles.—R. A. I. 219
- Chamblant.—Verrerie.—M. III. ,504
- Chambon (Louis).—Soies.—R. 0... I. 241.
- Chameroy et Comp.—Tuyaux en tôle recouverts en bitume.—A. II. 960
- Chamouton.—Enclumes, étaux, bigornes.—R. A. I. 800
- Ciiampailler fils.— Tulles, Dentelles.—B. I. 553
- Champigneulles jeune.—Flanelles.—B. I. 94
- Champion (L.) et Gérard (C.).—Châles.—A. I. 222
- Champion.—Essieux.—Yoy. Chomeau.
- Champion. — Tuiles par procédé mécanique. —C. III. 407
- Champion.— Tissus hygiéniques semi-métalliques
- et imperméables.—R. B. III. 638
- Ciiampoiseau (Noël).—Soies.—R. B. . I. 258
- Ciianot.—Violons.—R. A. II. 553
- Chanson (mademoiselle).— Tapisseries, métier parisien.—B. L 544
- Chapelle et Comp.—Machines à papier.—R- 0. II. 131
- Chapelle.—Couleurs pour la peinture sur porcelaine.— R. M. III. 462
- Chapelle-Maillard.— Travail et mise en œuvre des cristaux.—B. III. 224
- Chapon .—Serrurerie.—M. . L 869
- Ciiapron (L.).—Filature de coton.—B. I. 434
- Chapsal.— Noria. Cylindres en fer battu—Y.Des- <
- PRÉAUX. '
- Ciiapuis. — Hydrolèine.—Voy. Tricotel.
- CiiapuisAppareils en platine pour la chimie.—r Voy. Desmoutis.
- Ciiapuis. — Chaussures.—Voy. Bernard.
- Charbonnier.—Crémones.—M. I- 858
- Chardon.—Soieries.-?-A. I* "312
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- Wi
- Tom. Pag.
- €h\rdon jeune.—Imprimerie en taille-douce.—B. III. 290 Chardounaud.—Soieries, tapis.—Yoy. Coumert.
- Charles et Comp.—Buanderies économiques et portatives.—M. II. 952
- Charles.— Bijouterie dorée.—A. III. 180
- Charlot.—Bijouterie, émaillage.—M. III. 177 et 464
- Charmois.—Ébénisterie.—Yoÿ. Royer fils.
- Charoy.—Pyrotechnie.—C. III. 702
- Charpal (Jules).—Flanelles et Escots façonnés.—M. I. 120 Charpentier.—Instruments aratoires.—M. II. 40
- Charpentier fils.—Balances et bascules.—A. II. 497
- Charpentier.—Scie à chantourner.—M. II. 283
- Charpentier père et fils.—Lithographie.—B. III. 361
- Charpin.—Machines à vapeur.—M. II. 152
- Ciiarrat aîné.—Rubans.—Yoy. Jamet.
- Charrier-Barbette frères. — Confiserie.—R. M. II.>656
- Ciiarrière.—Fers.—R. A. I. 713
- Ciiarrière.—Instruments de chirurgie.—R. 0. " I. 836 Chartron.— Couteaux de chasse-pistolets. Voy. Dumontiiier.
- Ciiarvet (H ).—Étoffes de laine.—R. A. I. 178
- Charvet (J.-P.)—Draperie fine.—0. I. 79
- Ciiarvet (André) et Fevez.— Tissus imprimés.
- —R. A. I. 516
- Ciiaspot-Ferrand et Comp.—Couvertures.—M. I. 127
- Ciiassagne.—Tapis.—A. I. 561
- Chassiron (baron de).— Soies.—M. I. 265
- Ciiastel et Ri voire.—Soieries.—A. I. 290
- Ciiatain fils.—Rouenneries.—A. I. 428
- Chat ain.—Outils d’horlogerie et pièces détachées.—
- M. II. 475
- Ciiatel.—Machines à bouter les cardes.—Voy. Pa-
- PAVOINE.
- Ciiatel jeune.—Lampes.—B. II. 628
- Chatel et Fialeix.—Peinture sur verre.—M. III. 471
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- — 735 —
- Tom. Pag.
- Châtelain.—Pendules.—C.. II. 467
- Chatelard et Perrin.—Peignes d'acier.—N. B. I. 664
- Châtelet jeune.—Coutellerie.—B. I. 847
- Chaudun.—Cartouches.—B. Ilr 608
- Chauffriat et Baron.—Étaux, enclumes, pelles, etc.
- —B. I. 804
- Chaulin.—Papeterie.—M. • III. 618
- Chaumouillé. — Tissus imprimés.—Yoy. Céas.
- Chaussenot aîné.—Appareils de sûreté pour les machines à vapeur.—À. II. 154
- Î.Appareil à fermentation pour les brasseurs. — Mention pour ordre. II. 841
- Calorifères.—N. A. II. 930
- Ciiauvin-Georget.—Coutils.—M. I. 498
- Chauviteau et comp.—Zinc laminé.—B. I. 638
- Ciiauvreulx.—Draperie fine.—Yoy. Chefdrce.
- Ciiavane.—Tôles et fers blancs.—Yoy. Falatieu.
- Chavanne, Descos et Comp.—Coutellerie.—C. I. 852
- Ciiavent (André) et Comp.—Soieries.—A. • I. 290
- Chavin frères. — Grosse horlogerie.—B. II. 448
- Chavineaü.—Pierres fines pour pendules, verres ronds et glaces carrées.—M. II. 476
- Ciiébeaux.—Dessins de fabrique.—A. III. 389
- CitÉDEAux et Comp.—Batistes.—R. A. I. 479
- Ciiefdrue et Ciiauvreulx.—Draperie fine.—R. O. I. 74 Ciiéguillaume et Comp. — Draperie moyenne et
- commune.—A. I. 106
- Chémelat.—Coutellerie.—R. M.- I. 849
- Ciiennevière (Théodore). — Draperie fine.—R. O. 1. 76
- Ciiennevière (Delphis).—Draperie fine.—O. • I. 78
- Ciienvière aîné.—Calicots.—C. I- 422
- Chéret jeune.— Objets en zinc. —C. I. 639
- Ciiéret.—Filières.—C. - - II- 312
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- 736
- Tom. Pag.
- Ciiérot (A.) et Comp.— Toiles à voiles.—A. I. 494
- Ciiérot.—Couleurs au blanc de baleine.—M. IL 702
- Cherrier.—Gravure sur bois.—R. B. III. 306
- Cherrier.—Brosserie.—M. ’ III. 687
- Chesneau.—Vidange.—Yoy. Bélicard.
- Chesneaux.—TVaggon articulé.—C. II. 181
- Ciiesnon.—Draperie fine.—Voy. Bertèciie.
- Chevalier.— Taillanderie.—B. I. 814
- Chevalier (Charles).—Instruments de physique et d'optique.—R. 0. II. 480
- Chevalier. — Manomètres, baromètres et daguerréotypes.—M. II. 490
- Chevalier (Victor).—Appareils culinaires.—M. II. 945
- Chevalier-Curt (Esprit)—Fourneaux de cuisine.—
- R. B. II. 941
- Chevalier-Curt aîné.—Fourneaux de cuisine.—
- R. B. II. 942
- ClIEVALLlER-VuiLLIER. — COUleWS.—M. II. 702
- Ciievolot.—Rosaces, moulures, etc., en pierre, par procédés mécaniques.—Voy. Fénéon.
- Chibon fils.— Objets en zinc. —C. I. 639
- Chicoineau aîné.— Cuirs et peaux. — M. III. 569
- Ciiiffarat.—Pompes.—Voy. Lemaire.
- Ciiinard fils et Comp.—Châles.—B. 1. 225
- Ciiiquet. — Tabletterie.—C. III. 132
- Ciiocqueel . — Tapis. —Voy. Roussel .
- Chollet.—Chaussures.—C. 111. 608
- Chomeau.—Chocolats.—R. B. IL 644
- Chomeau et Champion.—Essieux.—C. IL 329
- Ciionneaux.—Couleurs.—C. . IL 703
- Chrétien fils.—Flolres.—M. , III. 546
- _ ( Dorure électrique.— N. 0;
- CH«.8T0FLECtComP.-^ÿ(m<(!r.ei_N_ Q
- Chweback. —Lampes. —Voy. Hélyotte.
- 1. 669 III. 164
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- 737
- Cieciianski.—Instruments d’optique et de physique.
- — B.
- Cinier (Claude).—Soieries.—0.
- Giuli.—Mosaïques.—B.
- Clair.—Machines à vapeur et machines diverses.
- —N. B.
- Claro (Auguste).—Tissus de laine.—A.
- Claude.—Peignes en corne et en buffle naturel.—M. Claudet.—Epreuves daguerriennes.—C.
- Claudin.—Arquebuserie.—R. B. <
- Clauss.—Porcelaines.—R. M.
- Clavel.—Ébènisterie.—A.
- Clavel (Madame).—Fleurs artificielles.—M. Clémentel.—Plastique par incrustation et concrétion calcaires.—M.
- Clérambault (Ch.).—
- Clerc. —Instruments dagriculture. —M. Clerc-Siriienrw—Instruments de chirurgie et coutellerie.—R. A.
- Clercx et Tenet.—Satins vernis.—C.
- Clément père et fils.—Boîtes à musique.—M. Clicquot.—Gravure sur acier.—R. B.
- Cliquet (Florimond).— Tissus de coton.—M. CociiERY (Veuve).—Brosses et pinceaux pour pein très.—B.
- Cochet. — Blanchisserie de fils et, de toiles. — Voy.MoTAï.
- Cociieteux. — Étoffes pour meubles.—0.
- Coeffet.—Instruments à vent en cuivre.—C: Coignard et Comp.—Brosserie.—B. Colcomb-Bourgeois.—Couleurs. —A;
- Colin.—Jouets d’enfants.—M. v Collard père et fils.—Cribles elpassoirs.—C. m.
- Mousselines.—R. 0. Dentelles.—R. 0.
- Tom; Pag.
- II. 513 '• I. 287
- III. 238
- II. 149
- I. 183
- III. 614 III. 384
- II. 599
- III. 441 III. 88 III. 665
- I. 609
- I. 155 I. 549
- II. 71
- I. 841
- III. 587
- II. 569 JIÏ. 306
- I. 436
- III. 380
- I. 174 U. 560 III. 683
- II. 691
- III. 635 II. 119
- 47
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-
- 738
- ïom. Pag.
- Collard et Belzacq.—Bonneterie.—B. I. 352
- Collas (Achille).—Sculpture des marbres à la mécanique.—N. A. III. 228
- Collet (Madame) —Corsets.—C. III. 698
- Colletta-Lefeevue.— Tabletterie.—J\. B. III. 127
- Collin (Antoine) et Comp.—Ca/t'cote.—B. I. 419
- Collineau.—Coconnière.—C. I. 271
- Collot-Bruno.—Linge de table.—M. I. 478
- Colnet (de).—Verrerie.—Voy. Van Lèempoel.
- Colombe et Lalan.—Tissus imprimés.—M. I. 524
- Colombel. — Sondeur ou Fouilleur.—B. II. 46
- Colondre et Géyaudan.—Châles.—R. A. I. 231
- Colson.— Couleurs.— B. II. 696
- Colson.—Fonte de caractères.—K. M. III. 264
- Colville.—Couleurs pour la peinture sur porcelaine.—N. A. III. 457
- Combier.—Soies.—M. I. 266
- Commoy (Augustin).—Tabletterie.—B. III. 129
- Communeau.—Chemins de fer.—B. II. 178
- Compagnie des cristalleries de Baccarat.—R. O. III. 480
- Compagnie des cristalleries de Saint-Louis.—R. 0. III. 483
- Compagnie des fonderies de cuivre de Romilly.
- — R. 0. I. 632
- Compagnie des forges de Framont.—N. A. I. 714
- Compagnie des houillères et forges de l’Aveyron.
- — N.O. I. 699
- Compagnie des manufactures de glaces et verres de
- Saint-Quirin , Cirey et Monthermé.—R. 0. III. 479
- Connerat.—Montures de parapluies.—C. III. 694
- Constance.— Fonderie de caractères. — Voy. Du-
- HAULT.
- Constant(F.) et fils.— Châles.—A. I. 232
- Constant-Valés et Lelong.—Perles fausses.—N, A. III. 196 Constantin.—Fleurs artificielles.—B. III. 655 et 660
- Constantin aîné.—Fonderie de caractères.—R. M. III. 263
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-
-
- 739
- Tom. Pa£.
- Contamin.—Tabourets, fauteuils rotatifs.—N. B. II. 301 Contamine.—Fermetures de fenêtres.—B. 1. 856
- Contzen [Alexandre) .—Sculpture des marbres à la
- mécanique.—A. III. 230
- Converset.—Coupe-racines, hache-paille.—C. II. 70
- Coqueret.— Fis cylindriques.—M.- I. 827
- Corbier (Élie).—Marbres.—C. I. 584
- Corbière.—Cuivre estampé verni.—Voy. Tiioimm.
- Corbin.—Essieux.—M. II. 327
- Corbin ( Edmond ).—Décoration des porcelaines.—M. III. 446
- Cordel.—Fonderie de caractères.—Vov. Tanten-
- STEIN.
- Corderant.—Mise en œuvre des cristaux. M. III. 225 Cordonnier (veuve).—Tissus pour pantalons.—B. I. 193
- Corlieu.—Poterie d'étain.—C. ‘ I. 649
- Cormier.—Découpage des bois.— C. III. 157
- Cormouls (Ferdinand).—Draperie moyenne et commune.— A. I. 102
- Cornillard.—Fêuilles détain.—M. I. 648
- Cornilleau-Lefebvre et Ciia brun . — Toiles d'emballage.—M. I. 490
- Cornillier aîné.—Salaisons.—B. II. 646
- Corniquel.—Cuirs et peaux.—N. M. III. 568
- Cornu.—Locomotives. Calorifères.—M. II. 173 et 936
- Cosnuau.— Tourne-broches, machine pour fabri- quer les agrafes.—B. IL- 307
- Cosson. — Billards.—M. : ' III. 141
- Cotelle.— Plastique bois et pâte métallique.— M. 111. 53
- Cottan.—Savon ponce.—C. • - e> ( - jj 075
- Cottin.—Orfèvrerie.—C. < > . • III. 16
- Cotton frères.—Louve, cric à déclic, asple'. — W. ' IL 307 Couder.—Dessins 'd'e fabrique.—0. • III. 388
- Couderc (Antoine) et Soucaret -fils. — Tissus pour bluterie.—R. À. ’ ’ : A ,r I. 557
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-
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- — 740 —
- Tora. Pag.
- Coulaux aîné et Comp.—Aciers, faux, quincaillerie.—R. O. -gt I. 774, 794 et 810
- Coulet (Frédéric).—:Tapis divers.—M, I. 541
- Coulomb.—Bonneterie.—Voy. Annat aîné.
- I Soieries.—
- Coumert, Carreton et ClIARDOUNAUD.- \ R. A. I. 312
- [Tapis.—M. I. 541 Couprêe (Marcel) et Comp.—Draperie fine.—R. B. I. 90 Courut.—Produits chimiques.—Voy. Bergeron fils. Courcelle.—Lustres.—R. B. III. 38
- Courmont (J.-B.).—Fils de coton.—A. I. 396
- Cournerie et Comp.—Produits des soudes de varech.—R. A. II. 736
- Coursier.—Presses pour fleuristes , porte-bosses, etc.—M. II. 250
- Court et Comp.—Papiers.—A. . III. 53L
- Courtépée.—Cuirs et peaux.—Voy. Roussel (veuve).
- Courtey frères et Baret.—Etoffes de laine.—B. I. 113
- Courtial.—Couleurs.—M. II. 700
- Courtois (A. et J.-J.).—Terres cuites.—R. M. III. 404
- Courtois (Ch.).—Pipes.—M. III. 410
- Courtois et Mortier.—Fours à chaux.—M. III. .702
- Cousin frères.—Étoffes élastiques pour pantalons.
- —M. I. 95
- Couturier et Simon.—Cirages galvano-chimiques.
- —M. , 11.773
- Couvreux.—Fers.—Vov. Bougueret.
- Covillion.—Applications du bitume.—C. I. 621
- Cox (Edmond) et Comp.—Fils de coton.—R. 0. I. 390
- Cremer.—Marqueterie.—B. III. 123
- Crespin (Alexis).— Tissus de fil.—M. I. 481
- Crété.—Imprimerie.—R. III. 289
- Cretenier (Pierre-Alexandre). — Fils de laine peignée.—C. I. 44
- Croco (François).— Tissus de laine.—Ri A. I. 148
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-
-
-
- 741
- loin. Pag.
- Croisât.—Perruques.—M. III. 7CO
- Croisse.—Outils pour fabricants de fleurs artificielles.—B. III. 655 et 658
- Croutelle neveu.—Laines cardées.—Vov. Camus fils.
- Croutelle neveu.—Tissage mécanique de la laine.
- —A. ,1. 163
- Cudrue.—Crémones.—C. I. 859
- Culhat.—Châles.—Voy. Gagnon.
- Cunin-Gridaine et fils.—Draperie fine. — Hors de
- concours. I. 68
- Curmer (Alphonse-Alexandre).—Clichés.—M. III. 266
- Germer.—Librairie.—R. A. III. 322
- Curnier (Pierre) et Comp.—Châles.—R. ;0. I. 230
- Cuvellier.—Savons.—R. C. II. 675
- Cuvru-Bulteau.—Tissus de coton.—M. I. 435
- Cyrille-Ferlié.— Tissus de laine.—M. I. 197
- D.
- Dachès et Duverger.—Châles.—B. I. 225
- Daerique.—Bijouterie.—A. III. 173
- Dagneau.—Brosses et pinceaux pour peintres.—M. III. 381 Dalican.—Maroquins.—R.O. III. 590
- Daliot.—Indicateur de niveau pour chaudières à vapeur.—M. II. 154
- Daliot.—Sculpture en carton pierre.—C. III. 54
- Ralipiiart et Dessaint.— Tissus imprimés.—A. I. 519
- Damême.—Vernis pour chaussures.—C. " II. 773
- Dameron.—Carrosserie.—B. II. 327
- Damiron et frères.—Châles.—R. A. I. 228
- Daniel (Louis).—Filature de laine.—M. I. 40
- Danne.—Pressoir.—M. ' II. 65
- Dann et frères.—Draperie fine.—R.O: ' I. 69
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-
-
-
- 742
- Tom. Pag.
- Daran.—Instruments de chirurgie.—M. 1. 849
- Darbo.—Biberons.—R. M. III., 645
- Barcel (Alfred) et Comp. — Prussiate de potasse et produits ammoniacaux.— M. 11. 762
- Rarciie.—Orgue, jeu de trompettes, timbales, etc.
- —M. II. 585
- Rarciie (veuve).—Fourneaux a lessive, etc.—:M. II. 945
- Daret.—Machines à vapeur. —B. II. 149
- Darsy fils.—Cuirs et peaux.—M. . r III. 570
- Daudet jeune et Ardouin-Daudet.—Soieries.—R. A. I. 311 Daudet-Queirety.—Soieries.—A. . I. 313
- Daudré.—Tissus unis et damassés en coton et en lin.— B. I. 476
- Daudrieu.—Papiers peints.—C. III. 349
- Baudville.—Mousselines.—A. I. 440
- Daupiiinot-Pérard.—Mérinos.—O. I. 160
- Dausse.—Cafetières.—C. . , II. 847
- Rautreville.—Bonneterie.—M. I. 358
- Rauvin (Louis).—Registres.—C. 111. 620
- Bavenne.—Semoir.—R. M. II. 47
- David.—Chaînes et câbles en fer pour la marine.
- —A. I. 752
- David et Miluant.— Teinture sur soie.—B. II. 916
- David-Lyon aîné.—Balancier- brosse et décorti-queur.—B. , II., 118
- Raviron.—Machine à lustrer les bougies.—B. II. 864
- Davril. — Coconnière.—C. > 1. 270
- Daydé-Gary (Jean-George).—Draperie moyenne et commune.—B. I. 116
- Réaddè.-Cuirs vernis.—B. . III. 586
- Debain’—Orgues expressives.—B. II. 584
- Debary-Mérian.—Rubans.— A. .< \ I. 301
- Rebaussaux.—Pompes.—B. . i % 11. 101
- Debeine.—Tuyaux sans couture.—R. B. h 498
- Bebergue (Henri).—Métiers à tisser.—R. A. II. 220
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-
-
-
- 7Ù3
- Tom. Pag,
- Debergue, Desfrièciies et Gjllotin.—Peignes à tisser.— R. A. . I. 664
- Deberny.—Fonderie de,caractères.—Voy. Laurent.
- Debieux frères. — Tissus imprimés.—C. - > L 525
- Deblock.— Tissus de laine.—Yoy. Deplanque.
- Debras.— Châles.—R. A. I. 218
- Debraux d’Anglure.—Fonderie, bronzes d’art.—
- N. B. ,>,• III. 34
- Debray.—Bitumes.—B. I. 618
- Debry ( An ciré-Josep h ). —Ardoises. —B. I. 603
- Debu père et fils.—Calicots. — B. I. 419
- Rebuchy (F.).—Tissus de coton, de fil et de laine.
- —R. 0. I. 172
- Debuchy (veuve).— Tissus de coton, de fil et de laine.
- -A. . I. 181
- Debuigny (J.-B.).—Velours.—C. I. 437
- Decaux (Philippe). — Draperie fine.—B. I. 92
- Deciiancé.— Tissus imprimés.—B. * I. 521
- Deciiany.—Crémones.—M. / I. 859
- Dechelette frères et Lapoire.—Cotonnades.—M. I. 433
- Decoster (Auguste).— Linges de table damassés et -
- ouvrés.—B. I. •477
- 1 Machines à filer le lin.— 0. )ecoster. | Machines-outils.—0. >.. II. IL 185 269
- Recourt. — Lustres, vases-candelabres et vases- .v ,
- lampes.—M. IL 631
- Deffry;—Moulin concasseur.—.C, , , IL .69
- Réfis.—Meules de moulin—C. I. 599
- Defontaine (E).— Tissus de laine.—A. v I. 189
- Defontaine (Édouard et François).—Fèculerie.,—B, . II. 800
- Reprenne (Paul).—Tissus de laine.—A. I. 180
- . Defrenne (Louis).—Stuffs.—B. „ t - j. 1. 194
- Reprenne (Alphonse).—Stuffs.—B. : I. 195
- Defrennes-Duplouy.—Tissus de coton.—M. I. 1 i 436
- Degousée.—Appareils de sondage.—N. A. , ,f IL 254
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-
-
- 744
- Tom. Pag.
- Deiiennault.—Lampes.—C. II. 632
- Déjardin.—Tableaux-horloges, etc.—M. IL 465
- Déjardin.—Papiers colorés pour la reliure.—M. III. 349
- Delacolr.— Tissus de crin.—R. A. I. 328
- Delacolr et fils.—Soies.—A. I. 254
- Delacour (Théodore).—Bonneterie.—C. " I. 36&
- Delacour.—Fourbisserie.—B. II. 613
- Delacretaz.—Acides gras.—N. A. II. 812
- Delacretaz, Fourcade et Comp.—Produits chimiques.—N. A. II. 738
- Delacroix.—Coutellerie.—N. M.' I. 848
- Delacroix-Duvoisin. — Pressoir mobile. —Yoy. Martin-Perret.
- 1)e Laere (M. et Madame).—Fleurs artificielles.—
- B. III. 653 et 663
- Delafont.—Carbures d'hydrogène appliqués à l'éclairage.—B. II. 830
- Delaf’orge.—Forges portatives.—N. B. I. 802
- Delage et Laroche puîné.—Toiles métalliques.—
- R. A. I. 665
- Delage-Montignac.—Articles de pêche.—M. III. 632
- Delaii.ue et Comp.—Or faux, bronze en poudre.—
- M. I. 650
- Delaiiave. — Outilspour orfèvres et bijoutiers.—C. IL 312
- Belahubaudière frères.—Poterie de grés.—C. III. 430
- Delaire.—Arquebuserie.—B. IL 601
- Delalande.—Escaliers suspendus.—C. III. 151
- Delamarciie.—Globes terrestres et célestes, cartes
- géographiques.—N. B. IL 524
- Delamarciie de Manne ville.— Tonnellerie mécanique.—M. IL 282
- Delamare-Deboutteville.—Fils de coton.—A. I. 396
- Delamorinière, Gonin et Michelet.—Tissus imprimés.—B. I. 522
- Delannov (veuve).— Tissus de coton.—C. I. 437
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-
-
- — 745 —
- Tora. Pag.
- Delanoue (J.)-—Produits cobaltiques.—Voy. Gaul-
- tier de Claubry.
- Delaplace.—Papiers.—R. 0. III. 523
- Delaroche aîné.—Cheminées. —B. II. 947
- Delaroche.—Cheminées.—M. II. 949
- Delarue (Augustin).—Draperie fine.—R. A. I. 85 .
- Delarue.—Imprimerie lithographique.—R. B. III. 360
- Delaruelle et Ledanseur.—Couleurs.—-B. II. 698
- Delattre (H).—Tissus de laine.—R. 0. ’ I. 173
- Delaunay et Comp.—Céruse.—N. B. II. 749
- Delaunay et Leroy.—Bougies stéariques.—M. II. 819
- Delbosque-Mélo . —Brosserie.—B. III. 683
- Delbut et Comp.—Cuirs et peaux.—0. III. 553
- Delcambre et Yung.— Machine à composer en
- lettres.—A. III. 282
- Dglépine.—Horlogerie de précision.—A. II. 433
- Delepoulle frères.—Tissus de laine.—B. I. 196
- Delétoille-Cocquel.—Bonneterie.—R. B. I. 343
- Deleuil.—Instruments de physique et d’optique.—
- N. A. II. 483
- Delfosse et Motte.—Satins de laine.—A. I. 187
- Délicourt (Étienne)—Papiers peints.—0. III. 342
- Delondre (Auguste).—Prussiate rouge.—A. II. -743
- Deloyse (Fernand), Pelletier et Comp.—Tissus de
- coton.— B. I. 419
- Delvigne.—Arquebuserie.—0. II. 595
- Delys.—Cuirs et peaux.—M. III. 571
- Demalle. — Plomb en feuilles par coulage. —
- Yoy. Dufour.
- Demabson et Comp.—Savons.—R. B., II. 670
- Demeestère-Delannoy.— Toiles de lin, linges de
- table.—M. I, . 489
- Demesse.— Sellerie.—Yoy. Poncy.
- Demimuid.—Fers.—M. I . 724
- Demoiseau.—Tuyaux sans couture.—C. I . .499
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-
-
- 746
- Hors
- en co-
- Oemont.—Plastique en terre cuite.—M.
- Demoreuil (Dominique).—Bonneterie.—B.
- Demy-Doinaud et Comp. — (
- ( Tapisseries.—B.
- Deneux-Miciiaut .—Toiles.—M.
- Denière et fils.— Fonderie, Bronzes d’art.—
- de concours.
- Denis.—Charrue polysoc.—M.
- Denison.— Gélatine et colles fortes.—M. .
- Dénisot (Madame). — Fleurs artificielles quilles.—C.
- { Machine à extraire la graine de trèfle. Denizot.— —M.
- \ Pompes.—C.
- Dennebecq.—Remise à neuf des vieux tapis.—C. Dénoyel.—Mousselines.—Yoy. Brun frères, fils. Denoyelle frères.—Batistes:—M.
- Déon.—Cornets acoustiques.—M. ‘
- Depierris. —Rouleaux typographiques.—Voy.RoYOL. Déplanque et Deblock.— Tissus de laine.—M.. Depoully et Comp.—Tissus imprimés.—R. O. Depoully,.Conin et Comp.—Draps feutres.—Mention pour ordre.
- Deprats.—Pelles en fer.—M.
- Dequenne fils.—Aciers et limes.—R. O.
- Deraye.—Machine à vernir les boutons.—C. Derazey.—Violons.—R. M.
- Dericqueiiem.— Géodésimètre et chronoscope solaire.—M.
- Dericqueiiem.—Cirages.—M. y
- Déroland.—Limes.—B.
- Appareils et machines pour fabriques èV raffineries de sucre.—N. O.
- Engrais.—M: v
- Tom. Pag.
- III. 405
- I.
- I.
- I. *1.
- III.
- II. II.
- 346
- 540
- 543
- 478
- 31
- 28
- 684
- III. 667
- II.
- II.
- I.
- I.
- II.
- I.
- I.
- I.
- I.
- 66
- 109 * 542
- 481
- 566
- 197
- 509
- 128
- 816
- I. 773 et 785
- II. 287 II. 555
- II. 514 II. 773
- I. 788
- Derosne et Cail.
- II.
- II.
- 778
- 855
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-
-
-
- Tom. Pag.
- Derrevaux-Delfortrie.— Tissus de laine.—C. I. 198
- Derriey. — Gravure, machine pour justifier les matrices dans les fontes de caractères.—N. B. III. 259 Derussy.—Épreuves daguerriennes.—C. III. 386
- Dervaux (Alexandre).— Tissus de laine.—N. A. I. 179 Desbassayns, Comte de Riciiemont. — Soudure autogène.—R. O. II. 858
- Desbeaux.—Lampes.—M. II. 631
- Desbordes.—Manomètres.—B. II. 151
- Besbouciiaud et Philippier.—Flotres.—C. III. 546
- Descat (Théodore) —Teinture et apprêt des étoffes de Roubaix.—A. • II. 918
- Desciiamps.—Ganterie.—C. III. 605
- Descoins.—Filature de laine.—B. I. 50
- üescos. — Coutellerie.—Voy. Chavanne.
- Descottes et Comp.—Machine pour hacher l’ajonc,
- machine pour écraser les pommes.—M. . II. 68
- Descroizilees.—Appareils de chauffage.—A. II. 956
- Besesserts.—Librairie.—C. III. 326
- Desfossé frères.—Couleurs pour la peinture sur porcelaine.—B. , > III. 461
- Desfrièciies.—Peignes à tisser.—Voy. Debergue.
- Besiiayes.—Gravures en taille douce.—B. . III. 307
- l Bourses en filet de soie.— Pour mémoire'. I. 342 eshaïs. | Métiers à tisser.—N. A. IL -222
- Desiiéraud.—Dessins de fabrique.—B. III. 398
- Desloge.— Toiles,à voiles.—Voy. Homon.
- Desmarciielier (Louis).—Toiles.—M. - I. 490
- Desmoutis, Morin et Ciiapuis.—Appareils en pla-
- fine pour la chimie.— M. 1 ^ II. 759
- Desnyau.—Arquebuserie.—R; B. v : II. 600
- Désormes.—Rucher.—R."M. r v ' II. 70
- Despierres et Comp)—Parapluies.—B. III. 691
- Despinoy.—Cheminées.—M. • \- II.' 949
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-
-
-
- 748
- Tom. Pag.
- Desplanques jeune.—Machines àlaver la laine.—B. f
- < II. 204
- Desprat (Jean).—Bonneterie.—M. I. 374
- Despuéaux.—Étoffes en relief.—M. I. 528
- S Noria.—Pour mémoire. II. 110
- Cylindres en fer battu.
- — M. II. 972
- Despret.—Aciers.—M. I. 779
- Desprez.—Bougies stéariques.—M. II. 819
- Desprez. — Cuirs vernis.—Voy. Roussel.
- Desprez-Guyot.— Crayons de plombagine artifi- ,
- cielle.—A. I. 612
- Desrocues.—Saboterie.—M. III. 610
- Desrosiers.—Typographie.—R. A. III. 278
- Dessaint.—Tissus imprimés.—Voy. Dalipiiard.
- Desserres et Comp.—Aciers et faux.—A. I. 778 et 795
- Destigny et Langlois. — Nouveau régulateur de machines à vapeur.—M. II. 153
- Destors.— Bonneterie.—C. I. 361
- Desvernay.—Soieries.—Voy. Ollat.
- Desvignes.—tannerie.—C. III. 631
- Desvoyes.—Fers.—Voy. Grenouillet.
- Deupés.—Modèles d’écriture tracés par un procédé particulier.—C. III. 267
- Devèze fils et Comp.—Châles.—0. I. 230
- Devicque et Comp.—Pavage en bois.—B. II. 352
- Devie père et fils.—Travail et mise en œuvre des
- coquilles marines.—M. III. 214
- Devisme.—Arquebuserie.—M. II. 603
- Devy.—Couvertures.—Voy. Buffault.
- Dewaret.—Machine à dégraisser.—C. II. 212
- Dezairs et Mirault.— Toucheur mécanique.—M. II. 240 Dezaux-Lacour.—Cuirs et peaux.—B. III. 565
- Dezeymeris.—Laines peignées.—Voy. La borde.
- Dezobry.—Conserves alimentaires.—R. M. IL 656
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-
-
-
- 749
- Tom. Pag.
- D’Hennin.—Sellerie.—A. III. 625
- Diiombres (Michel) et Comp.—Soieries.—R. A. I. 309 Bien. — Globes et planisphères, cartes célestes.
- —N. B. II. 525
- Dier.—Remise à neuf des vieux habits.—R. B. II. 920 Diétricii (veuve de) et fils.—Fers.—0. I. 709
- Dietz.—Toiles unies ordinaires.—Voy. Baciiemal-let:
- Dietz jeune.—Basanes.—M. III. 576
- Dieu aîné.—Cadres en sapin.—C. III. 156
- Dieudonné.—Garde-robes.—C. II. 114
- Dijard.—Instruments d’horticulture.—C. II. 73
- Dîme.—Soieries„s—Voy. Doux.
- Dioudonnat et Hautin.—Métiers à tisser.—N. A. II. 223 Discry.—Couleurs appliquées à la peinture sur porcelaine.-— R.O. III. 453
- Dobignard.—Bouches de four, en fonte.—C. II. 947
- Dobler et fils.—Filature de laine.—N. A. I. 34
- Dobrowouski.—Dessins de fabrique.—M. III. 395
- D’Ocagne.—Dentelles.—R. A. I. 550
- Doe frères et Comp.—Fers.—N. B. . I. 720
- Doens.—Machines à soulever les fardeaux.—B. II. 354
- Doguin fils.—Dentelles.—A. ’ I. 552
- DoLLFUs-MiEGet Comp.—Cotons filés, tissus de laine
- et de coton, tissus imprimés.— R. 0. I. 389 / 413 et 504 Domaire.—Broderies.—Voy. Wisnick.
- Domange.—Vidange.—Voy. Huguin. "
- Dombrowski.—Lampes Carcel.—M. II. 631
- Domény.—Harpes.—N. A. II. 556
- Dompierue.—Huiles grasses:—M. ' II. 848
- Donadieu aîné.—Pierres lithographiques.—M. I. 606
- Donat, Aciiard et Comp.—Peluches de soie.—B. I. 326
- Donnay-Baicry.—Fléaux de balances.—M.. , II. 499
- Doré et Comp.—Encres d'imprimerie.—'SI.. IH. 294
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-
-
-
- 750
- Tom. Pag.
- Doré.—Fourneaux et ustensiles de chimie, en terre cuite.—M. III. 406
- Doremus et Enfer.—Soufflets de forge.—B. I. 804
- Dorléans. — Grosse horlogerie.— B. II. 448
- Dormoy.—Couvertures.—C. I. 128
- .Dorval.—Serrurerie de précision.—B. II. 333
- Borville.—Papeterie.—C. III. 619
- Douaud.—Chamoiserie.—A. III. 574
- Douillard.—Pressoir.—Yov. Gottlob.
- Douillet.—Bannières en soie.—C. • I. 296
- Douine.—Bonneterie.—B. I. 349
- Dournay et Comp.—Bitumes.—B. B. I. 617
- Doux jeune (Augustin).—Draperie moyenne et com-mune.—B. I. 111
- Doux, Boche et Dîme.—Soieries.—B. I. 293
- Doyen.—Serrurerie de précision.—M. ' II. 325
- Doynel deQuincey (Comte de).—Charrue néo-belge.-
- —rB. - II. 24
- Drains.—Brosses et pinceaux pour peintres.—B. B. III. 379
- Draps et Goudenove.—Broderies.—M. I. 557
- Breuille.—Broderies.—N. B. I. 556
- Drien.—Tissus de laine.—Voy. Henriot fils.
- Droux et Comp.—Bougies stéariques.—C. II. 821
- Dubociiet.—Librairie.—B. A. III. 320
- Dubois.—Laines cardées.—B. A. 1. 50
- Dubois.—Flanelles.—R. M- I. 118
- Dubois.— Tissus de laine.—Yov. Karz.ner.
- Dubois.—Horlogerie dorée et argentée.—M. II. 476
- Dubois.—Bougies stéariques.—C. II. 822
- Dubos père.—Battant brocheur.—C. II. 227
- Débouché. — Outil à battre les faux.—C. I. 819
- Dubrulle.—Lampes de Davy perfectionnées.—B. II. 629
- Dubrunfaut.—Distillerie ; traitement des mélasses
- de betteraves.—A. II. 872
- Dunes (Théodore) et Comp.—Tissus de verre.—Y.M. I.. 558
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-
-
-
- 751
- Tom. Pag.
- Dubus. — Orgues expressives.—M. II. 586
- Ducel fils.—Fonderie.—B. I. 746
- Duciiavany.— Trait faux d’or et d'argent.—Voy.
- Pancera. "
- Duché aîné.—Châles.—O.
- Duciiemin.—Toiles à voiles.—M.
- Duciiemin.—Conserves de fruits.—M.
- Duciiêne aîné.—Chapellerie.—M.
- Ducommun.— Machines à imprimer les étoffes. Yoy. H UGUENIN.
- Ducommun.—Fontaines et appareils de filtrage— Ducos (Léon).— Marbres.—Voy. Belhomme.
- ( Prussiate jaune , bleu de Prusse.-(Engrais.—M.
- Ducret.—Mouvements de pendules.—M. ‘ Ducrot.— Charrues.—R. B.
- Dufau et Dupontrué.—Velours d’Utrecht.—M. Dufay.— Tissus damassés.—Yoy. Lefournier. Duffour-Bazin.—Laines à peigne..—B. Duforestel-Lefebvre.—Calicots.—R. A. Dufour.—Soieries.—B.
- Ducoudré.'
- I. 215
- I. 495
- II. 658 III. 673
- B. II. 967
- -A. IL 743 IL 855 IL 472 IL 21 I. 172
- I. 26 I. 414 I. 563
- Dufour et Demalle. — Plomb en feuilles par coulage:— B. I. 630
- Duhamel frères.—Linges de table damassés et ouvrés.~B. " 1.476
- Duiiamel-Housez.—Tissus de laine pour robes.— I. 192 Duhault, Renault et Constance.—Fonderie de ca-
- ractères. '— B. III. 261
- Dujarrier.—Gravures sur métaux.—C. III. 315
- Dujet et Josselin.—Machines à filer le lin à la
- main.,—C. IL 192
- Dulac.—Etoffes en relief.—Voy. Fanfernot,.
- Dumaine (Xavier).—Soies.—R. B. I. 259
- Dumas.—Bonneterie. —Yoy. Ruel (veuve) et iils.
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-
-
- 752
- Tom. Pag.
- Dumay.—Outils pour selliers, carrossiers, pape-
- tiers, etc.—M. I. 818
- Du Mény etComp.—Bitumes.—R. B. I. 617
- Dumergue.—Papiers.—Yoy. Laroche-Joubert.
- Dumont.—Filtre à noir en grains.—0. II. 870
- Dumont, Oriol et Rivolier.—Velours de laine.—C. I. 154
- Dumontiiier frères. — Hache-paille et moulin con- ' /
- casseur.—M. II. 67
- Dumontiiier et Ciiartron.—Couteaux de chasse-pis-
- tolets.—M. II. 614
- Dumor-Masson.—Draperie fine.—0. I. 79
- Dumoulin (madame).— Corsets.—M. III. 697
- Dupas-Koel.—Dentelles.—B. I. 553
- Dupasseur (J.-J.).—Filature de lin.—À. I. 468
- Dupisre (J.-B.).— Tissus de laine.—C. , I. 198
- Dupont (Auguste).—Pierres lithographiques.—Pt. A . I. 604
- Dupont.—Lits en fer.—M. I. 865
- Dupont (Paul).—Imprimerie et .librairie.—R. A. III. 277
- Dupont (Auguste). — Clichés lithographiques. —
- R. A. III. 355
- Dupontrué.—Velours d'Utrecht. Yoy. Dufau.
- Duport.—Machine à refendre les cuirs et les draps >
- feutres—A. II. 294
- Dupré.—Sulfates de fer.—R. M. II. 758
- Dupré.—Capsules pour boucher les bouteilles.—
- N. A. II. 860
- Dupré (veuve).—Éventails.—B. III. 134
- Dupré et Chaisemartin jeune.—Fils de coton.— M. I. 399
- Duprey-Duvorsent frères.—Fonderie de caractères.
- —M. II. 266
- Dupuis jeune. — Couvertures.—C. I. 128
- Dupuy-Lagr an drive .—Papiers.—M. III. 540
- Durand (Constant).—Laines à peigne.—A. I. 24
- Durand fils aîné.—Garde-robes.—R. M. II. 112
- Durand.—Orfèvrerie.—R. A. III. 13
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-
-
- 753 • —
- Tom. l’ag.
- Durand.—Fonderie, bronzes d’art.—Vov.'Eck.
- Durand fils.—Ébénisterie.—N. A. ~ ' m. 82
- Durand (Nicolas).—Papiers peints.—M.. m. 348
- Durand (Guillaume).—Cuirs et peaux.—N. A. m. 557
- Durand (Pierre).—Cuirs et peaux.—R.B. . " m. 563
- Durand.—Papiers de fantaisie.—M. m. 623
- Durand-Chancerel.—Cuirs et peaux.—R. 0. ni. 548
- Durandeau aîné, Lacombe et Comp.—Papiers.—
- R. 0. m. 524
- Durant.—Vernis, cirages et couleurs.—C. II. 773
- Duranton.—Varlet.—C. II. 207
- Durécu (Armand) et Comp.— Draperie fine.—0. I. 81
- Durel.—Cirages.—M. II. 772
- Durenne.—Chaudières de locomotives.—0. IL 169
- Durenne.—Cuivre fondu et estampé.—M. III. 63
- Duret et Comp.—Soieries.—C. I. 296
- Dùrier.—Bougies stéariques.—R.B. II. 814
- Durieux.—Filigranes.—R. A. III. 528
- Duroziez.—Produits pour la peinturé à l’huile et
- à la cire.—M. ,11. 761
- Dussauce.—Peinture à la cire.—B. ; III. 366
- Dussault.—Pendules.—B. ' II. 464
- Dussaux.—Pianos.—B. II. 543
- Dussouchet.—Brigues réfractaires.—TA. III. 405
- Dutartre.—Presses typographiques et lithographiques.— N. A. II. 237
- Dutfoy jeune.—Couleurs.—B. . ' II. 698
- Duthilleul-Lortiiiois.—Tissus de laine.—C. I. 198
- Dutreix.— Romaines.—B........ II. 498
- Dutrou fils.— Rubans.—R. B. I. 304
- Dutuit (Adolphe).—Filature du lin et du chanvre.
- —B. • ' ' ' ' • I. 472
- Dutzschiiold .—Marqueterie.—B. ' III. 124
- Duval (Achille).—Soies.—M. I. 266
- Duval. —Mousselines.-—Voy. Saumon.
- m.
- 48
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-
- 751
- Tom. Pag.
- Duval.—Machines à vapeur.-r-R. II. 150
- Duval.—Dalles hydrofuges.—R. III. 221
- Duvelleroy.—Éventails,—B. III. 134
- Du verger .—Châles.—Voy .«Dachès .
- Buverger.—Typographie,.—0. III. 273
- E}uvillier frères.—Laines cardées.—Là. I. 52
- Duvillier-Delattre.tt—.Mo/ZcÆows.—r-M. I. 121
- Duvoir (René).-r-Calorifères.-N. A. II. 931
- Buvoir-Leblanc.—Chauffage des grands édifices:
- —0. IL 928
- Dyonnet.—Plaques de cardes.—C. II. 206
- E.
- i
- Ebert et Buffard.—Papiers peints.—M. III. 348
- Eck.—Châles.—A. . I. 235
- •j \
- Eck.—Chemins de fer.—M,. IL 181
- Eck et Durand.—Fonderie, bronzes d’art.—0. III. 32
- Egglyt-Roux et Comp.—Mérinos,, mousselines laines, etc.—R. 0. I. 145
- Egrot.—Appareil distillatoire.—N. M. IL 8,41
- . Ehrmann et Comp.—Laines peignées.—.C. I. 43
- Élie.—Planche à imprimer les foulards.—M. IL 198
- Elliot (Thomas) et Saint-Paul.—Objets en fonte , , malléable.—B. I. 753
- Elmereing.—Fonderie.—M. I. 751
- Éloffe.—Moyen d’aveugler les chevaux qui s’emportent.—Voy. Niepce.
- Eloury et Porquier.—rPoterie de grès.—C, III. 430
- Elwell.—Machines à papier.—Yoy. Varrall.
- Emery.—Appareil évaporatoire pour sucres,—C. IL 786
- Èmery.—Perruques.—C. III. 701
- Emmerich et J.-B. GoergerûIs.—Maroquins.—R. A. III. 590
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-
-
- 755
- Enard (Félix). — Chenilles de soies.—M.
- Enfer.—Soufflets de forge.—Yoy. Doremus.
- Engelmann et Graf.—Chromolithographie.—N. A.
- /T,. . ( Pianos.—R. O.
- Erard (Pierre).— \ TT _ , .
- {Harpes.—Pour mémoire.
- Ernoult-Bayart.—Apprêt des étoffes de Roubaix.
- —B.
- Escure (Frmçois).—Machine pour faire ouvrir et fermer spontanément les réservoirs servant à ' l'irrigation.—C.
- Eslanger.—Pianos.—B.
- Espinasse.—Rubans de cardes.—C.
- Estampes (Jean).—Charrues.—M.
- Estivant frères.—Laiton et tombac.—A:
- Estivant fils aîné. —Colles fortes.—R. A.
- Estivant et Bidou fils.—Cuirs et peaux.—SS. Estivant-Donau.— Colles fortes.—R. A.
- Estragnat fils aîné.—Mousselines.—A. Établissement de constructions mécaniques de Graf-
- FENSTADEN.—A.
- Etard.—Articles de voyage.—M. Evrard.—Vernis.—Yoy. Pitat.
- Expert . —Plumeaux perfectionnés. —M. Eymard (Paul) et Comp. —Soieries.~0.
- F.
- Fabre .— Imprimerie.—Voy. Balivet.
- ( Fabre-Abdon.—Bonneterie.—SS. M.
- Fabre et Bigot.—Châles.—k. ., ;
- Fabre-Bosquillon.—Châles.—M.
- Fadié.—Tringles pour rideaux.—M.
- Falatieu jeune.—Tréfilerie, fers.— M. I,
- Falatieu jeune (Joseph-Louis).—Aciers.—A..
- Tom. Pag.
- I. 266
- III, 357
- II. 532 II. 556
- II. 919
- II. 73 II. 543 II. 207 II. 30
- I. 634
- II. 678
- III. 563 II. 679
- I. 440
- i
- II. 273
- III. 629
- III. 684 I. 286
- JJ’
- .. . I, 354 c; I- 233
- I. . 226
- II. 316 660 et 724 "" I.' 775
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- 756
- Tom. Pag.
- Fai.atieu etComp.-—Tôles et fers blancs.—R. 0. I. 729
- Fal.atieu et Chavane—Tôles et fers blancs.— M. I. 732
- Falcon (Théodorè).—-Dentelles.—R. À. I. 550
- Falsant.—Velours de soie.—Voy. Fornier.
- F \x-L\ou..—Machine à raboter les moulures en bois.—N. B. 11.300
- Fanfernot et Dulac.'—Étoffes en relief.—R. B., I. 526 Fanon.—Articles de voyage.—M.' III. 630
- Farcot.—Machines à vapeur.—0. - II. 136
- Farge.— Teinture sur soie.—B. II. 915
- Farge.—Cannes et parapluies:—M.. III. 692
- Fasola.—Couvre-pieds.—R. M. , I. 127
- Fatoux.—Pendules.—M. II. 465
- Fauçillon.—Châles imprimés.—C. I. 525
- Fauler frères.—Maroquins.*—R. 0- III. 587
- Fauquet (Jacques).:—Tissus imprimés,—R. A. I. 515
- Fauquet-Lemaitre.— Fils de ,.'coton et de, lin.—
- R. 0. . < I. 391 et 465
- Faure (Ernest).—Soies.—R. A. I. 248
- Faure (Étienne).—Rubans.—R. 0. I. 298
- Faure (Louis).—Céruse.—R. M. . II. 757
- Faure.—Ébénisterie de sièges.—‘M. .. III. 113
- Faure.—Mannequins pour peintres.r— B. III. 364
- Faure et Roger.—Pianos.—B. II. 544
- Favre et Béciiet.—Etoffes pour gilets.—B. I. 151
- Favrel.—Or, argent, platine, en feuilles ou en poudre.—N. A. I. 653
- Féau-Béchard.—Teinture et apprêt sur laine.—
- R. B. II. 914
- Feldtrappe.—Coupe-mèchescirculàires.—Voy,. Bap-terosse.
- f Machine à imprimèr lès étof-
- Feldtrappe frères.— | fes.—N. A. II. 196
- \Cylindres gravés.—N. A. III. 302
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- 757
- Tom. Pag.
- Fénéon et Chevolot.-—Rosaces, moulures, etc., en ? . i
- pierre, par procédés mécaniques.—M. III. 233
- Fenestre.—Vernis et cirages.—C. . II. 774
- Fenouil.—Poêles.—C. ' II. 938
- Fenoux.—Gaînerie.— R. B. III. 634
- r, ( Crémones.—Mention pour ordre. I. 856
- PERAGUS. {Com1)leen fer --r M 11.355
- Féraud père et fils.— Tavelles et purgeoirs.—C. II. 193
- Féray et Comp.—Fils et tissus de coton, fils de
- lin.—R. O. I. 392, 414 et 464
- Ferguson.—Tissus de coton.—R. A. I. 414
- Férier.—Régulateur ^Molinié.-— M. II. 153
- Ferrand.—Couleurs.—R. B. , II. 694
- Ferrand-Lamotte.—Papiers.—B. III. 535
- Ferrary (Florimond) et Albert.—rCasformes.—rM. I.i l20 Ferrer (Michel).—Fouets et cravaches.—C. ; III. 628 Ferry.—Nécessaires et maroquineries.—Voy.y Lw- .
- RENT. . \ ' ;
- Ferry.— Tableaux diaphanes en relief .—C.'
- FERRY'et Zéder.—Flanelles, castorines, cuirs-lai-we$.-rM. ' '
- Fessard.—Cotons filés.—B. . ,
- Fessart. — Cheminées.—C. (
- Festugières frères.—Tréfilerie, fers.—R. 6. .1. 657 et 696 Feugé-Fessard.—Tissus de coton.—R. B. I. 434
- Feuillatre.—Garde-robes.—R. B. II. 111
- Feuillet.—Chapellerie.—C. , III. 676
- Fevez.—Tissus imprimés.—Voy . Charvet ( André). Fevez-Destré.—Tissus d.e laine pure, tissus de laine et de soie.—R. A.
- Fey, Martin et Comp.—Soieries.—A.
- Feydeau (A.).—Conserves alimentaires.—Voy. Ber trand. .•
- Feyeux.—Pâtes et farines dé légumes cuits,,—C.
- Fjaleix.—Peinture sur verre.—Voy, Chatel, r,,
- III. 370 + *
- I. 95 I. 398 • II. 951
- I. 170 I. 331
- II. 662
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- — 758 —
- Tom. Pag*
- Ficiiet.—Serrurerie de précision.—R. B. II. 333
- Ficiitenberg.—Papiers gaufrés et imprimés en couleur. —M. u III. 623
- Fieux fils aîné.—Cuirs et peaux.—M. . III. 571
- Fiévet-Mahieux.—Fils à dentelles.—R. M. I. 472
- Fimbel.—Carrosserie.—N. B. II. 325
- Fiolet.—Pipes.—A. III- 409
- Fion (Jules).—Tissus de coton brodés.—À. I. 439
- Firmenicii.—Colles-fortes.—R. M. : II. 682
- Fischer père et fils.—Ébénisterie.—R. A. III. 81
- Fitton (Madame).—Fleurs en cire.—C. III. 666
- Flaissier frères.— Tapis.—0. I.' 536
- Flamant et Comp.—Draperie fine.—A. I. 86
- Flamet jeune.—Bas et bretelles élastiques sans couture.— R. B; III. 643
- Flaud et Bonnefin.—Pompes.—M. II. 102
- Flaust-Cornet.—Montres.—B. II. 454
- Flavigny aîné (Louis-Robert).—Draperie fine.—
- R. 0. I. 75
- Flavigny jeune (Charles-Robert).—Draperie fine.
- —R. 0. I. 75
- FLEScHÈtLE.—Chapeaux de paille.—B. III. 678
- Fleuret-(veuve) et fils.—Combles en fer.—B. II. 353
- Fleuret.—Embauchoirs et formes de souliers.—
- c. in. 6ii
- Florin (Joseph),—Tissus de laine.—M. I. 197
- Flory (veuve) et Audibert.—Bonneterie.—B. I. 345
- Follet.—Terres cuites.—B. III. 403
- Folliot (Auguste) et Knight.—Tulles.—C. I. 437
- Folmer.—Bonneterie.—C. I. 362
- Fond aîné.—Carmin de safranum.—M. IL 885
- Fongy.—Montres.—B. IL 457
- Fonrouge.—Terres cuites.—R. M. III. 404
- Fontaine-Baron.— Turbines.—A. IL 85
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- 759
- Tom. Pag*
- Fontana (Madame). — Brosses et pinceaux pour peintres.—R. M. III./381
- Forey.—Calorifères.—M. II. 936
- Formentin (Mademoiselle).—Lithographié.—-k. III. 337
- Fornier , Janin et Falsant .—Velours dé soiè.—k. I. 291 *
- Fort et Comp.—Couvertures.—B. I; 126
- Fortel et Larbré.— Etoffes pour gilets, châles, manteaux, etc.—A. I. 166
- ! Etoffes laine eisoiepôuf ameublements
- —Mention pour ordre; I. 140
- Châles.—R;-Os I. 214
- Fortoul.—Escots divers.—Y oy. Second.
- Fossey.—Ebénisterie.—Yoy. Fourdinois.
- Foùard et Blancq.—Draperie moyenne et commune:
- —A..
- Foucault.—Machine pour faire écrite les aveugles.
- —ai.
- i Produits chimiques. —A.
- ( Engrais.—U..
- Foucher.—Cardes.—B.
- Foucher.—Métier à tresser des chaussons.— M.
- Fougeret .—Papiers. —Voy. Laroche .
- Foulc.—Châles.—Voy. Pradès.
- Fouque-Arnoux et Comp.—Porcelaines.—N. A;
- Fouquet aîné.—Châles:— R. A.
- Fourcade frères.-—Draperie moyenne et commune.
- Fouché-Lepelletier . •
- I. 108
- III. 641
- II. 740 II. 856 II. 203 II. 226
- III. 435 L 217
- —A. - J * ' I. 104
- Fourcade.—Produits chimiques.— -Voy. Delacrètâz.
- Fourché et Salmon.—Couvertures.- -R. M. I. 127
- Fourcroy.—Machines à filer le lin , la laine et le
- coton.—B. 4L 190
- Fourdinois et Fossey.-—Ebénisterie —A. ' III. 86
- Fouré (Charles).—Draperie fine.— -R. A. I. 84
- Fourneaux.—Orgues expressives.— -B. II. 584
- Fournel (Victor).—Soieries—R. A. ' ^ » - I. QO 00
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-
- 760
- Tom. Pag.
- Fourneret.—Billards.—M. III. 142
- Fournet et Comp.—Poêles-calorifères.—C. II. 937
- Fournier.—Soies.—Voy. Benoit.
- Fournier.—Papiers marbrés.—C. III. 624
- Fournier de Saint-Amant (Pierre-Prosper).—Marbres.—M. 1. 588
- Fousciiard (Gustave et Joseph).—Fécule, glucose , gomme de fécule.—A. II. 796
- Fousseret (Madame).—Corsets.—C. III. 698
- Fraigneau.—Horlogerie de précision.—C. ' II. 438
- Fraisse (François).—Marbres.—R. A. 1. 576
- Franc père et fils et Martelin.—Laines peiqnées.
- -M. I. 39
- Franciieville (comte de).—Soies.—M. I. 266
- François.—Outils aratoires.—M. I; 819
- François jeune.—Phares.—O. 11. 493
- François ( Madame Anna-Cécile ).—Jouets d'enfants.— C. 111. 636
- Frantz et André.—Ebénisterie.—M. ' III. 98
- Frappa et Boizard.—Chapeaux de paille.—B. 111. 677
- Frasez.—Stuffs.— R, A. • <. v I. 177
- Fremendity, Gabalde, Baraton et Comp.—Préparation des filaments du bananier:—Mv III. 540
- Frémy.—Emeri.—B. . I. 596
- Frère jean (Victor).—Cuivre, fers.—R. O. I; 632 et 695
- Fressart.—Châles.—C. I. 226
- Frestel.—Coutellerie.—R. B. I. 844
- Frétille.^— Châles.—C.. , ' - I* 227
- Frey.—Machines à-vapeur.—N. B.-./%.. II. 148
- Frick.—Remise à neuf des châles, etc.—B. „ II. 920
- Fries et Callias.—Tissus imprimés.— B. I. 522
- Friloux.—Coutils.—HL. - !• 498
- Froid.—Limes.—B. , I. 788
- Froidot. —Retordage du coton.—Voy. Laumailler.
- Froment.^-Instruments de physique.—,-B. II. 487
- . >
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-
-
- - 761 —
- Tom. Pag.
- Froment-Meurice.—Orfèvrerie, joaillerie et bijou-, terie.—O. III. 8 et 167
- Fromentault.—Etoffes drapées.—C. I. 122
- Fromont.—Cirages.—M., - II. 772
- Frossard et Comp.—Calorifères.—C. II. 937
- Fucus.—Dessins de fabrique.—Voy. Jaeglin.
- Fugére.—Cuivre estampé verni.—A. III. 59
- Fumey.—Grosse horlogerie.—B. II. 448
- Fumière (Victor).—Cardes.—A. II. 202
- Fusellier.—Enclumes.—B. I. 803
- G.
- # * *
- ’ ' f v *
- Gabalde.—Préparation des filaments, du bananier.
- —Voy. Fremendity.
- Gabarron (Alexis) et ses fils.—Draperie moyenne
- et commune.—B. I. 111
- Gabert frères.—Draperie.—R. A. I. 100
- Gabry.—Faïence émaillée.—C. III. 413
- Gâche fils aîné.—Bateaux à vapeur.—0. 11.393
- Gachin.—Perruques.-.—C. III. 701
- Gagin.—Tissus imperméables.—N. B. II. 712
- G agneau frères.—Bronzes appliqués aux lampes. , .
- — A. III. 45
- Gagnery.—Mannequins pour peintres.—C. III. 366
- Gagnon et Culhat.—Châles.—R. A. .</ I. 219
- Gaida.n frères.—Soieries.—R. A. , m; I. 310
- Gaido.n'jeune. —Pianos.—A. - , - ; î5 II. 539
- Gaigneau frères.—Filature de laine.—R. A. . I. 33
- Gaillard (Joseph).—Peluches noires pour chapellerie.—B. . . I. 325
- Gaillard.—Bougies stéariques.—Voy. Boisset.
- Gaillard Saint-Ange.— Cylindres gravés, papiers f de fantaisie.—Voy. Bonaeoux. • ^ • >
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-
-
- 762
- • ‘ Tom. Pag.
- Gaillard et Simon.—Passementerie.—B. 1. 369
- Gaillet et Comp.—Chocolats.—R. M. 11. 655
- Gaillet-Baronnet.—Filature de laine.-—C. 1. 44
- Galibert .—Tubes et instruments en caoutchouc. —M. 11. 715
- n ( Marbres.—B. Galinier. — \ _ • (Mosaïques.—B. 1 1. 579
- m. 239
- Gallafent.—Machines à vapeur.—A. 11. 142
- Gallay et Grignon.—Fonderie de caractères.— C. m. 267
- Gallet.—Noir animalisé.—N. B. 11. 854
- Gallier .—Cartonnages.—M. m. 623
- Gallois .—Cloches.—C. 1. 653
- Gallois.—Cannes-cravaches.—M. m. 693
- Gallotti.—Articles de voyage.—C. m. 630
- Galy-Cazalat.—Appareils de sûreté.—B. 11. 155
- Gamalier fils et Comp. —Bonneterie.—M. 1. 354
- Gandais.—Plaqué.—N. A. m. 19
- Gandillot et Comp.'—Tuyaux en fer creux.—A. 11. 958
- Gàndriau aîné.—Chapellerie.—M. m. 674
- Gangloff.—Clous en acier-.—M. 1. 661
- Gannal.—Procédé de conservation des matières
- animales.—R. A. IIL 574
- Gapais.—Blanchisserie de/ils et de toiles.—Voiy. Mo-
- TAY.
- Garat aîné.—Balances-bascules.—B. IL 498
- Garaudy.—Travail et mise en œuvre du corail.—
- Voy. Boeuf.
- Garcin.—Balances d’essai.— M. II. 491
- Gariel et Hélie.—Marbres.—M. I. 583
- Garnache-Barthod.—Outils d’horlogerie.—B. IL 475
- Garnerey.—Dorure surbois et sur carton-pierre.—M III. 71
- Garnier et Comp.—Étoffes pour gilets.—M. I. 153
- Garnier.—Cuivre et zinc laminés.—C. 1: 637
- , • • , , ( Pour mémoire. II. 432
- Garnier (Paul).t—Pendyles.— j ^ II. 459
- V Garnier.—Marbres factices.—M: ' 1 III. 220
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-
-
- 763
- Garnot.—Ivoire mis en œuvre-,—M; . ;
- )
- Garrisson oncle et neveu .-é-Draperie moyenne et commune.—A. \
- \
- Gastine-Renette.—Arquebuserie.—A.
- Gateau.—Cornets acoustiques.—M.
- Gau.—Ébéhisterie de sièges.-r-M.
- Gaûbert-Bouciier.—Vases d'airain fourrés.—M. Gaud-Bovy.—Presses autographiques.—M.' Gaudciiaux-Picard fils.—Draperie fine-.—R'. B. Gaudray-Loisiel. —Étoffes pour meubles.—A. Gaudry.—Appareil pour le blanchiment.—M. Gaulet. — Machine à essorer les tissus. — Voy. Laubereau.
- Gaultier de Glaubry et Delanoue.—Produits co-
- t
- baltiques.—M.
- Gaupillat , Illig , Guindorff et Masse.—Capsules-amorces.—B.
- Gaury.—Papiers.—Voy. Lacroix frères: •
- Gaussant.—Bijouterie dorée.—B.
- Gaussen aîné et Comp.—Châles.—R. O.
- Gaussen jeune et Maubernârd.—Châles.—Tl. O. Gaussinel (Antoine).— Tapis.—M.
- Gauthier aîné.—Serrurerie.—Voy. Bricard. Gauthier père et fils.—Outils d'horlogerie.—M. Gauthier.-—Cuirs vernis.—A.
- Gautier.—Taillanderie.—A. -
- Marbre factice enpierres réfractaires.— C. Emaillage sur grès psdm-mite.-M.-
- Gauvain.—Arquebuserie.—A. ?
- Gavanon fils.—Châles.—C.
- Gavard (Adrien)fils.—Pantographes et didgraphes,
- -b: -
- Gavard.—Diagraphes.—R. A. ' - v>^
- Gautier et Morel.
- Tom. Pag.
- III. 131
- I; 101
- II. 597 'II. 566
- III. 114
- I. 637
- II. , 248 I. 91
- I. 157
- II. 952
- IL 762
- v
- II. 608
- III. 182 I. 210
- I. 211 Il 541
- II. 477
- III. 580
- I. 811
- III.'221
- III. 467
- II. 599
- I. 235
- 9
- II. 510
- III. 319
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- 76i
- , Tom. Pag,
- Gaveaux.—Presses d’imprimerie.—R. A. II. 236
- Gavrel.—Dessins d’intérieur dappartements.—C. III. 70 Gayrard.—Huiles essentielles.—R. C. 11. 845
- GEFFROTiN.-^Z)ewte/Ze$.—B. I. 554
- Gélin.—Poêles en tôle.—M. II. 945
- Geneste.—Découpoirs excentriques en fonte, fer
- et cuivre.—B. , II. 305
- Geneste.—Calorifères.—M. II. 937
- Genet-Dufay.—Tulles.—Voy. Herbelot fils. • -Genevois (veuve).—Tissus de crin.—R. B. II. 329
- Genoux.—Papiers peints.—B. III. 346
- Gentet et Godefroy.— Pompes.—B. II. 106
- Gentil.—Cartons lustrés.—B. III. 544
- George père et fils.—Grues et. instruments de pesage pour le commerce.—A. II. 495
- Georgi.—Lampes en bronze.—M. III. 44
- Gérard.—Châles.—Voy. Champion.
- Gérard (Mademoiselle). — Tapisseries.—G. I. 544
- Gérard (Charles).—Limes.—R. A. I. 785
- Gérard.—Quincaillerie.—B. I. 814
- Gérard.—Gravure sur bois.—Voy. Bara.
- Gérard.—Coffrets en verre.—C. III. 226
- Gerbier.—Rouet, à filer.—G. II. 193
- Gérin.—Faux.—Voy. Massenet:
- Gérin fils et Rosset.—Soies.—B. . I. 262
- Géruset (aîné).—Marbres.—O. - I. 571
- Gervais.—-Cotons filés.-rR..B. ^ I. 397
- Gervais.—Chauffage des serres.—N. B. II. 929
- Gervazy.—Soieries.—B. I. 563
- Geslin (François).—Toiles.—M..< I. 490
- Geslin (Nicolas).— Toiles.—C. I. 491
- Geslin.—Meubles en fer.—B. I. 864
- Gévaudan.—Châles:—Voy. Colondre; ,
- Gévelot (veuve) et fils.—Capsules-amorces.—N. B. II. 607 Gibaut,—Pianos.—N. M. <; II. 546
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-
-
-
- Tom. Pag.
- Gibelin et fils,—-Soies grèges.—B. • I. 262
- Gide.—Soieries.—Yoy. Troupel-Favre.
- GIesler.—Claviers de pianos.—A. II. 551
- Gignoux et Comp.—Fers.—A. I. 719
- Gilbert etComp.—Crayons deplombagine, etc.—A. I. 613 Gilbert (A.).—Giberne d’infanterie, d’un nouveau modèle.—C. II. 614
- Gillebert.—Bronze en poudre.—M. I. 651
- Gillet.—Coutellerie.—R. A. .1. 842
- Gillet.—Lampes.—C. . II. 632
- A
- Gillet.—Conserves alimentaires. — B. II. 654
- Gillotin.— Peignes à tisser:—Voy. Debergue.
- Gilly-Pagès.—Bonneterie.—M. I. 356
- Gimbert.—Filage du cachemire.—A. I. 54
- Gineston.—Emaux.—B. III. 502
- Girard et Comp.— Tissus imprimés.—R. 0. I. 508
- Girard (Louis) neveu.—Velours de soie.—0. I. 286
- r Mécanismes di-
- \ vers.—0. I. 229
- Girard (le chevalier Philippe de) Trémolophme.
- { — M. ' II. 546
- Girard.—Instruments de mathématiques.— II. 515
- Girard et Comp.—Orgues.—A. II. 577
- Girard.—Stores et écrans.—B. III.' 66
- Girardot.—Fers.—C. I. 729
- Giraudon fils.—Machines à vapeur.—B. 7 II. 151
- Girault.—Pont rigide enfer et fonte..—B. 1 II. 355
- Girault.—Gravure calligraphique.—M. III. 313
- Girod (de l’Ain) et Perrault de Jotemps.—Laines.
- —Hors de concours. , I. 18
- Giroud.—Couvertures.—M. I. 128
- Giroux.—Lorgnettes-jumelles.—Yoy. Simon. '
- Girouy.—Couleurs.—N. B. II. 695
- Gisclard.—Huiles essentielles.—R. B. ' " • ’ * IL 844
- Gittard-Sainneville,—Velours de coton.—M. I. 436
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-
-
- 766
- Tom. Pag.
- Glatigny (veuve).—Effets pour meubles, rouenne-ries, etc.—B.
- Glorieux-Lorthiois .—Molletons.—G.
- Gloriod (François).—Outils d’horlogerie.—M.
- Gobert.— Tissus imprimés en relief.—M.
- Gobert (Madame).—Laques de garance.'—R. A.
- Gobert (Auguste).—Corsets.—B.
- Gocut.—Ébénisterie.—C.
- Godard (Auguste).—Batistes.—R. B.
- Godart.—Crible-batteur.—C.
- Goddet.—Arquebuserie.—M.
- „ /T, lx ( Châles.—Mention pour ordre.
- Godefroy (Paul).—} . . , r_ ~
- ( Tissus imprimes.—R. U.
- Godefroy (Léon).—Tissus imprimés.-—O.
- Godefroy.—Pompes.*—Voy. Gentet.
- Godefroy aîné. — Instruments à vent en bois.
- — N. B.
- Godefroy et Souchières. — Polysoc autorecteur. —C. '
- ! Châles. — Mention pour ordre.
- Soieries.—R. O.
- Godillot père et fils.—Articles de voyage..—B. Godin aîné.—Laines à carde.—O.
- Godin (François).—Scarificateur.—C. -
- Godin.—Billards.—C.
- Godin-Lemaire.—Fourneaux de cuisine,—C, . Godon (Jules).—Dessins de fabrique.—G.
- Goebel.-—Nécessaires.—M. . ,•
- ... i -
- Goerger (J. B.) fils.—Maroquins.—Voy. Emmeriçii. Goffinet-Salle.—Filature de laine.—:C.
- Gombert père et fils.—Cotons filés.—M.
- Gon.— Fourrures.—M. <
- Gonin.—Draps feutres.—Voy. Depoully.
- Gonin.— Tissus imprimés.—Voy. Delamorinière.
- I. 432 I. 122 IL 477
- I. 527
- II. 688
- III. 696 III. 99
- I. 480
- II. 55 II. 604
- I. 217 I. 510 I. 514
- II. 563
- II. 33
- I. 216
- I. 283
- III. 629
- I. 18
- II. 42
- III. 144
- II. 946
- III. 397 III. 117
- I. 52 I. 401 III. 638
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-
- 767
- Tom. Pag.
- Gonord-Rosse.—Quincaillerie.—M. I. 818
- Gosse.—Arquebuserie.—G. . II. 605
- Gossin.—Cheminées-calorifères.—M. • II. 950
- Gotten.—Lampes.—N. B. II. 626
- Gottlob et Douillard.—Pressoir.—C. . II. 66
- Goudenove.—Broderies.—Voy. Draps.
- Goubt.—Rouenneries.—M. I. 432
- Gouet.—Découpoirs à levier concentrique.—B. II. 309
- Goujon (J. M.)—Châles.—B. I. 229
- Goulden et Comp.—Draperie fine.—B. I. 93
- Goupille et Verdier. — Toiles unies ordinaires.
- — R. A. I. 484
- Gourdin (Julien).—Grosse horlogerie.—A. II. 446
- Gouré jeune et Grandjean.—CMÆes.—A. ' I. 221
- Gourjon fils.—Limes.—R. B. . I. 786
- Gourju.—Aciers.-r-A. I. 776
- Goyon.—Conservation des meubles, nettoyage des
- marbres, etc.—N. M. II. 767
- Gradit.—Marbres.—Voy. Cabarrus.
- Graf.—Chromolithographie.—Voy. Engelmann.
- Granad. — Soies, croiseur mécanique pour la fila-
- ture de la soie.—M. I. 269
- Grand frères.—Soieries.—Rj.O. •>*> •• I: 281
- Grandjean.—Châles.—Voy. Gouré jeune.
- Grandvoinnet (Jean-Baptiste).—Chalumeaux pour
- horlogers.-^C. ; ’ II. 478
- Granger (Auguste)— Outils de menuiserie.—M. I. 816
- Granger.—Bijouterie dorée, bronzes de fantaisie, armures, etc.—A. . III. 184
- Grangier frères.—Rubans.—A. " I. 300
- Grangoir.^-Serrurerie.de précision.—R. B. II. 332
- Granjon et Comp.—Aciers.—A/ ~ 1. 777
- . Grasset.—Aciers.-^-B. - • I. 778
- Gratien-Desavoye.—Scarificateur tètracycle.—B. II. 37
- Gratiot.—Papiers.—N. A. III.' 531
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- 768
- Tom. Pag.
- Graux.—Cheminées.—B. c n. 948
- Graux de Mauchamps .—Laines à peignes.—O. I. 22
- Gravet.—Instruments de mathématiques.—B. II. 513
- Gréer (Madame).—Perles fausses.—B. III. 198
- Greffulhe (J. et E.) et Comp.—Bonneterie.—C. I. 364
- Greffulhe (Alphonse).—Blanchiment des tissus de
- lin et de fil.—C. II. 896
- GrenetIUs.—Gélatine.—N. A. II. 639
- Grenier.—Poêles et fourneaux en tôle.—M. II. 945
- Grenouillet, Luzarciies, Desvoyes et Comp.—Fers.
- — N. A. I; 716
- Grieu.—Produits chimiques.—Voy. Cartier fils.
- Grignon.—Bronzes d'art et d’ameublement.—M. - III. 43 Grignon.—Fonderie de caractères.—Yoy. Gallay. GRiLLETaîné.—Châles.—R. O. I. 227
- Grillet.—Machine à calquer les dessins.—B. II. 229
- Grimonprez (A.)—Stuffs et châles.—B. I. 193
- Grimonprez (E.) et Comp.—Étoffes pour châles.
- —A. 1.182
- Grimonprez-Laurie.— Tissus de laine.—C. I. 198
- Griolet père et fils.— Draperie moyenne, et commune.—A. > I. 105
- Griset.—Plaqué brut d'argent sur cuivre.—B. I. 638
- Grison.—Mèches.—C.. - " - H. 632
- Grohé frères.—Ébènisterie.—0. III. 79
- Grondard.—Tubes et moulures en cuivre.—R. B. ' I. 875 Gros.—Tissus imprimés.—Yoy. Sciieurer.
- Gros, Odier, Roman et Comp.—Filsde coton, tissus de. *•
- coton etde,laine, tissus imprimés.—R. 0. 1. 389,412 et 505
- Grosse.:—Aréomètres en métal.—M. < > II. 491
- Grossmann et Wagner.—Bretelles, ceintures et in-
- truments en caoutchouc.— M. ' . v III. 639
- Groult.—Farines de légumes cuits.—R. B. II. 643
- Grouvelle.— Travaux divers.—A. . II. 955
- Grufl.—Reliure.—M. III. 334
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-
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- Tom. Pag*
- Grun.—Machines à filer la laine et le coton.—A. II. 187 Grus.—Pianos.—R. M. II. 545
- Guanteliat.—Brosserie.—M. III. 685
- Guenaut.—Poterie vernissée.—M. III. 411
- Guenebault.—Laines a peigne.—A. I.. 24
- Guenet.—Instruments de mathématiques.—B. II. 512
- Guénin.—Instruments aratoires.—Voy. Brigaudeau.
- Gcjenin.—Porte-bourrelets mobiles, mécanique à pastilles.—B. '
- Guérin (Samuel).—Passementerie.—R. B.
- Guérin et Comp.—Fontes.—M.
- Guérin.—Arquebuserie.—M.
- Guérin et Comp.—Pompes.—R. A.
- Guérin jeune.—Pianographe.—C.
- Guérin jeune et Comp.—Tissus imperméables.-Guérin.—Jouets d’enfants.—C.
- Guérin-Boutron.—Chocolats.—C.
- Guerre.—Coutellerie.—N. B.
- Guesnon. —Teillage du Un et du chanvre.—M.
- ( Meules.—A.
- Gueuvin-Bouciion . —
- II. 306 I. 368
- I. 749
- II. 604 II, 98
- II. 550 A. II. 711
- III. 636 II. 663 I. 844 I. 464 I. 597
- (Moulins.—Mention pour ordre. II. 310
- II. 936
- GuGLiEun dit Guillaume.—Calorifères.—M.
- GuibÀl.— Tissus imperméables.—Voy. Rattier.
- Guibout.—-Passementerie.—A. I. 366
- Guichard.—Céruse.—R. B. ; II. 749
- Guichard aîné.—Instruments à vent en cuivre.—A. II. 559
- Guichard.—Dessins de fabrique.—B. III. 390
- Guigon (François). — Soies.—M. I. 267
- Guiguet.—Chapellerie.—B. III. 673
- Guilbert.—Librairie.—C., III. 327
- Guilbert fils.—Peignes en écaille, etc.—R. B. ' III. 612
- Guilelouvette et Thomeret.—Billards.—B. III. 139
- Guillard.—Jouets d’enfants.—C. - III. 636
- Guillat.—Saboterie.—G. A III. 611
- Guillaume,—Presses à copier, à cacheter, etc.—B. II. 249 iii. 49
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-
-
-
- Tom. Pag.
- 770
- Guillaume.—iSYditaéltes et Màtüës d’êgliêè en ïkatiërè contposée.—M.
- Güillàümeron et Turpin.—Chocotàls.— M;
- Guillemette.—Alcalis végétaux extraits dé l’opium.—M.
- Guillemot frères.— PàsseÜièhterië.—^. Guillemot-Mgrolièee.—Coutellerie.—B.
- III; 53 IR 659
- II. 760 I. 371 I. 847
- Guillet.—SoieHes.'—Voy. Lorrain.
- Güilliër.—Encre française.—M. II. 763
- Guîmet (J.-B.).—Couleurs.—R. (R IG 685
- Gùinand.—Flint-glass et Crown-gtass.—R. 0. III. 491 Güinard fils aîné.—Soieries.—B. . G 563
- Gûindorff.—Capsules-antiorces.—SGy. GàûpIlLat.
- Guinier.—Garde-robes.—R. M. IG 113
- , t f
- Guinon.—Teinture sur soie.—A. IG 913
- Guiraüi).—Métiers à hisser.—M. IG 225
- Guiraud.—Procédés de boUchagë dès bouteilles.—G. II. 666 Gùstelle et Monnet.—Soieries.—B. G 293
- Gui.— Pierres ITthogràpMqÜès.—Voy. Bertrand. Guyaéd.—Pièges pour la dëstfuëtidn dès animaux huisibîès à Vagriculture.—M.
- Guyon frères.—Poêles-cuisines.—À.
- Guyon aîné.—Bijouterie doiréé.—M.
- Guyon de BouLENetComp.—Faïences etpôfcëlàihês. —B.
- k.
- II. 71 IG 940 III. 183
- III. 424
- * « f * * ' Y t *
- Hache-Bourgeois.—Cardes.—R. 0. IG 200
- Hachette.—Coutellerie.—M. G 850
- Hachette.—Lave émaillée.—R. A. IH. 466
- IIallberg.—Perles fausses.—M. IîG 198
- Halot père et fils.—Porcelaines.—RG B. HR 440
- ( Tours.—B. IG 308
- IÙmann et Hempel. —< Instruments de màïhèmâ-
- ( tiquës.— M.
- ii. 515
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-
-
-
- 771
- Tom. Pag.
- Hamelin (J. B.).—Soies.—A. I. 251
- Hanier et Comp.—Découpage des bois.—C. III. 157
- Hankin.—Stores et écrans.—B. III. 67
- Harding-Cocker.—Peignes à laines.—B. II. 205
- Hardouin.—Sculpture en carton-pierre.—B. III. 51
- Hardy.—Modèle de vaisseau.— M . II. 408
- Harly-Perraud.—Sucre tapé.—A. II. 782
- Harmois frères.—Tuyaux pour incendies, etc.—B. III. 640 Harouard et Laya. — Toiles unies ordinaires.—B. I. 487
- Hartmann et fils.—Cotons filés, tissus imprimés.
- • —Hors de concours. I. 389 et 503
- Hattat.— Tapis.—M. I. 541
- Hattat.—Stores.—B. III. 67
- Hatzenbuliier.—Pianos.—A.. II. 539
- Haumont.—Parquets.—M. III. 149
- Hautin.—Métiers à tisser.—Voy. Dioudonnat.
- Hàutin.— Décoration de verrerie.—Voy. Robert (François).
- Havard et neveu.j-±Garde-robès.— R. M. II. 112
- Havé.—Persiennes.—B. II. 314
- IIazard frères.— Tissus imprimés.'— R. À. I. 515
- Hazard père.—Draperie fine.—A. I. 89
- Hubert (Frédéric).—Châles.—R. 0. I. 210
- IIeckel aîné.—-Satins.—0. I. 285
- Heckel et Montet.—Satins unis en couleur.—M. II. 295
- Bédouin.—Embarcations.—M. II. 407
- Hédouin.—Produits chimiques.'—M. tl. 763
- Heiligentiial et Gorap.—Sculpture en pâte douce.
- ' •—M. fri. 54
- Helbronner.— Tapisseries.—C. I. 545
- Hélie.—Marbres.—Yoy. Gariez
- Hélyotte et Ciiweback.—Lampes.—C. il. 633
- Hemet et Conip.-—Tissiis imprimés.—C. I. 525
- Hémpel.—"Tours, Instruments de mathématiques.
- —Voy. Hamann.
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-
-
-
- Tom. Pag.
- Henkei..—Ebènisterie.—M. III. 97
- Hennecart.—Tissus pour blutoirs.—R. O. I. 557
- Henriot frères, sœur et Comp.—Flanelles et mérinos.—R. O. I. 159
- Henriot fils et Comp.—Nouveautés pour robes.—M. I. 172 Henriot fils et Drien.—Tissus de laine.—R. O. I. 160 Henry aîné.—Tissus pour ameublement. M. I. 435
- Henry (veuve).—Marbres.—R. B. I. 579
- Henry aîné.—Pliants, jalousies, persiennes.—M. II. 315
- Henry.—Dessins de fabrique.—M. III. 394
- Herbelot fils et Genet-Dufay.—Tulles.—A. 1. 552
- IIerbin.—Cires à cacheter.—R. B. II. 768
- IIerbin.—Bougies stéariques.--'M. ' II. 818
- IIerbo et Bonnier.— Tissus de laine.—M. I. 197
- Herbommez.—Garde-feux.—C. II. 951
- Herce père et fils.—Pianos.—M. II. 547
- Hermann.—Machines à broyer.—R. A. II. 273
- Hermet.—Bourrellerie.—M. III. 626
- Héron et Comp.—Acides gras et bougies stéariques.—C. . II. 822
- Hérouard frères.—Instruments à vent en bois. —
- R. M. II. 565
- Herr (Isidore).—Ganterie.—C. III. 605
- Herz (Henri). — Pianos, piano à sons prolongés. — 0. II. 537 et 573
- Herz (Jacques).—Pianos.—M. , II. 548
- Herzog (Antoine). — Cotons filés.—R. 0. I. 391
- Hesselbein.—Pianos.—B. II. 544
- i # »
- Heulte (Théodore). — Cuirs et feutres vernis.—N. B. III. 583
- Heuzey et Marcei.—Châles.—R. 0. I. 212
- Hey.—Fourneaux de cuisine.—M. - II. 944
- Hildebrand.—Cloches.—R. B. I. 652
- Hildebrand (André).— Tôles et fers blancs.—A. I. 731
- Hiepert.—Verrerie.—M. III. 505
- Hoefer.—Ébénisterie.—N. B. III. 91
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-
-
-
- 773
- Tom. Pag. I. 517 I. 393
- M. 1. 495 III. 438
- I. 557
- Hofer (Josué).—Tissus imprimés.—A.
- Hofer (Henri) et Comp.—Cotons filés.—O.
- Hofer.—Cotons filés.—Voy. Schlumberger.
- Homon (Charles) et Desloge. — rToiles à voiles.
- Honoré.—Porcelaines.—A.
- Horrer (Mademoiselle). —Broderies. —M.
- Hottot (madame Marie) et Comp.— Dentelles et
- blondes.—R. B. I. 553
- Houdaille.—Bijouterie.—A. III. 187
- Houdin .— Outils d'horlogerie etpièces détachées.—A. 11. 473
- Houette aîné.—Cuirs et peaux.—A. III. 558
- Houlès père et fds.—Draperie moyenne et commune.—O. I. 98
- Houllier-Blanchard.—ArquebuserieM. II. 603
- Houssin. — Moyen d’empêcher les cheminées de fumer.—B. II. 948
- Houyet aîné et Comp.—Orge perlé et mondé, légumes décortiqués.—M. ’ II. 659
- (Produits chimiques.
- —N. A. II. 739
- Engra —M. II. 855
- Hovelacque frères.— Toiles vernies.—B. III. 584
- Hoyos.—Fourneaux de cuisine.—B. II. 942
- Hubel.—Ébènisterie.—M. III. 95
- Huber.— Peluches de soie.—Yov. Massing frères.
- Huber.—Sculpture en carton-pierre.—Yoy. Wallet. Hubert.—Recommandation spéciale. I. 564
- Hubert.— Grands appareils hydrauliques.—A. II. 90
- Hubert fils.—Poêles calorifères.—C. . II. 937
- Hubin.'—Plomb laminé.—Voy. Loysel.
- IPompes.—Pour mémoires. II. 104 et 110
- Machines à vapeur et machines diverses. ' ‘
- » • „ .. —A. ' II. 146
- Appareils pour féculeries.—A. II. 795
- Hue.—Serrurerie de précision'—M. II. 335
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-
-
-
- Tom. Pag.
- — 774 —
- Hüet jeune.—Mousselines.—Voy. Jacquemin.
- Huet.—Serrurerie de précision.—C. IL 336
- Huet-Besnier.—Conservation des fruits.—C. II. 664
- Hughes.—Imitation des bois par les procédés de peinture.—M. III. 70
- Huguenin et Ducommun.— Machines à imprimer
- les étoffes.—A. , II. 1Q6
- Hugues.—Semoirs.—R. A. II. 42
- IIuguin , Domange et Comp.—Vidange.—-M. II. 115
- Huillard aîné.—Orseille, Sulfate d’alumine, carmin d’indigo.—A. II. 693
- Huillier.—Fers.—Voy. Traxler.
- Hulot.—Dentelles.—R. B. I. 553
- Hulot.—Galvanoplastie.—R. I. 677,
- Hurel.—Porcelaines,—Voy. Talmours (de).
- Meubles en fer.—R. A. I. 861
- Huret (madame).—Corsets.—C. III. 699
- Hueez.—Calorifères.—B. II. 933
- Hussenet.—Pgmpes.—JG. II. 109
- Hussenot . —Peinture en feuille appliquée sur pierre.
- —M. . " III. 368
- Husson.—Perles doréjes, argentées , bronzées et d’acier.— M. ' III. 189
- IIutin.—Brunissoirs.—N. B. I. 591
- r f * * * , ;
- Hutin-Delatouche.—Çîtirs et peaux.—A. III. 566
- Hutter et Comp.—F'errepie.—O. III. 491
- Hvon.—Cuivre laminé et alliages divers.—B. I. 635
- t
- I.
- Illig.—CapsuleSr-amçrsfs.—yoS’ Goupillât.
- 'Ingé.—Fonderie, bronzes d’art.—Yoy. Soyer.
- Isnard (Alphonse). — Huiles essentielles et eaux
- aromatiques.—C. IL 845
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-
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- 775
- Issaurat-Leroux et Comp.—Pianos.—B. Izarn frères.—Cuirs et peaux.—M.
- Tom. Pag.
- H. 554 III. 569
- J.
- Jackson frères.—R. O. I. 770
- Jackson frèrps.—Faux.—Vqy. "Massenet.
- Jackson frères.—Quincaillerie.—Yoy. Peugeot aîné. -, Jacob (À.)—Horlogerie de précision.-7-R. A. II. 432
- Jaçob-D,esmalter ,—Ébénisterie.—R. Q. III. 7Qj
- Jacomy, Rigal et Comp.—Pompes.—M.< II. 103
- Jaçotier.—Lithographie.—C. III. 364
- Jacquand père et fils.—Cirages.—N. B. II. 771
- Jacquel. — Taille et mise en œuvre des cristaux.—A. II I. 224 Jacquemart (Guillaume).—Combles en fer et tôle.r—B. II. 363 Jacquemet.—Laines peignées.—Yoy. Laroque frères
- et fils.
- Jacquemin père et fils.—Émaillage.—B. III. 466
- Jacquemin frères et Baud.—Quincaillerie.—M. I. 872
- Jacquemin (J.) et Huetimne.—Mousselines.—A. I. MO
- Jacquin (Julien).—Bonneterie.—B. - I. 347
- Jacquin.—Pendules.—M.
- Jacquin.—Métiers à tisser.—A.
- Jacquot.^—Fermetures de fenêtres.—M.
- Jargon et Fuchs.—Dessins de fabrique.—M. , jAiLLETjeune.—Châles.—,B.
- Jalabert-Lamotte aîné.—Arquebuserie.—M.
- Jamet et Charrat aîné.—Rubans.—M*
- . u u-\ ' - 'M '•* • • •! : *' •
- Jaminet.—Fontaines de mènaoc.- -N. M.
- Janin.—Velours desoie.—Voy. Former.
- Janin.—Indicateurs à cadran. —M.
- Jannet.—Orseille.— R. B.
- -- I'- - U v -4
- Japuis (Adrien) et Japuis (J. B.),—Tissus imprimés.—R. O.
- II. 46(5
- II. 223 I. 85^
- III. 395 I. 229
- II. 605
- I. 305,
- II. 971
- II. 321 II. 69^
- 1. 507
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-
-
- 776
- Tom, Pag.
- Î.Mouvements de montre, serrurerie,
- vis, boulons,etc.—N. O. I. 822
- Horlogerie de fabrique.—R. O. II. 468
- Japy (Louis).— Ustensiles de me- l
- nage en fer ètamé, lampes J A. 1. 825
- mécaniques, grosse et petite | Pour mémoire. II. 471
- horlogerie, etc. \
- Jardin (Charles-Samson).—Moyen de clore les fenêtres.—M. U. 314
- Jarrin etTROTTON.—Châles.—A. I. 228
- Jarry (E.) et Comp.—Glu marine.—B. IL 752
- Jaud.—Dévidoir à table ronde.—C. IL 193 et 227
- Javal (B.) et May (J.).—Draperie fine.—R. B. I. 89
- Jeanne.—Dorure sur bois et sur carton-pierre.—M. III. 71 Jeanray.—Composteur pour timbres, boîtes de pendules, etc.—Yoy. Vande.
- Jessé (G.).— Tissus de laine, soie et coton. —Yoy.
- Sabran (Véran).
- Joanne.—Lampes.—N. B. IL 627
- Joffrin.—Dendromètre.—M. IL 504
- John hall, Powell et Scott.—Machines à fouler.—B. , IL 210
- Johnston (David) et Comp.—Porcelaines.—R. A. I1L 424
- Jôlly.— Laiton.—B. I. 645
- Jolly.—Êbénisterie.—R. A. III, 82
- Joly.—Tapisseries.—C. I. 545
- Joly.—Machines à boucher et ficeler les bouteilles.
- — M. IL 840
- Joly aîné.—Cordages et ustensiles pour la pêche.
- — N. B. 11.418
- *>• \
- Jolyot.—Pompes.—C. , . IL jjq
- Jomeau (Louis).—Passerelle.—C. IL 362
- Josselin.—Machines à filer le lin à la main.—
- Voy. Dujet.
- J ouanne au . —Mégisserie. —M.
- III. 576
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- 777
- Tom. Pag.
- Joubert, Bonnaire et Comp.— Toiles à voiles.
- — R. A. I. 493
- Jouhaud fils et Comp.—Chapellerie.—M. III. 675
- Joulin. — Ganterie.—B. III. 602
- Jourdain (Frédéric) et fils.—Draperie fine.- -R. 0. I. 69
- Jourdain (Xavier).— Tissus de coton.—A. I. 416
- Jourdain-Defontaine.— Tissus de laine nu llangés. -
- — B. ’ I. 194
- Jourdan.— Tissus de crin.—C. ' I. 330
- Jourdan et Comp.—Châles.—A. I. 222
- Jourdan (Claude) et fils.—Soieries.—R. A. I. 311
- Jour jon .—Arquebuserie.—C. 11. 606
- Journet.—Bonneterie.—Vov. Cadenat. >
- Journet (David).—Bonneterie.—C. I. 360
- Jouvet-Pardinel . —Dentelles.—M. I. 554
- Joüvin et Comp.—Ganterie.—A. - ... . III. 600
- Jovinet.—Gélatine.—Voy. Baud.
- Joyeux (Émile).—Bonneterie.—R. M. I. 352
- Joyeux fils aîné.—Bonneterie.—B. I. 347
- Jugier.—Serrurerie.—M: I. 871
- Juhel-Desmares.—Draperie fine.—R. B. I. 90
- Julien.—Fleurs artificielles.—B. III. 661
- Julien-Bayart.— Tissus de laine.—M. I. 197
- Julienne.—Dessins de fabrique.—M. III. 396
- Jullien—Appareils pour ferrets.—R . M. II. 311
- Jullien (veuve André).—Travail et clarification des vins.—R. A. 11. 840
- Jumeau.—Jouets d’enfants.—Voy. Belton.
- Junod.—Moulures en bois.—C.’ ’ " III.'156
- Junot (Hippolyte). — Châles.—N. B. > • v• I: 223
- Junot.—Balances-bascules et crics.—B. II. 499
- Jury fils et Tardif.—Passementerie.-r-B. I. 370
- » i \ ' J
- Justin-André.—Machines à fouler.—M. II. 211
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-
-
- K.
- Tom. Pag.
- Karl-Hauder et André . —Peinture sur verre. K erres
- i . 4 * . ' . y
- mousselines.—-M. , III. 471
- Kayser (Xavier) et Comp.— Tissus de couleur en coton.—R. A. . . I. 422
- Kazner et Dubois.—Étoffes pour gilets.—B. I. 151
- Keittinger et fils.—Tissus imprimés.— Hors de concours. I. 504
- Kent-Pécron.—Couverts en alliage.-—C. 1. 631
- Kestner père et fils.—Produits chimiques.—N. A. II. ,73^ Kientzy.—Machines à vapeur.—45. II. 152
- Kléber.—Papiers.—Voy. Blanchet.
- Klein.—Quincaillerie.—R. M. I. 81,5
- Klein.—Ébénisterie.—B. , . III. 93
- ( , : > i ; y
- Klinglin (le baron de).—Vcrreiçie.—R. 0. III. 485
- Knight.— Tulles.—Voy. Kolliot.
- Koçh.—Peignes et brosses.—-C. III. 616
- Kocher.—Presse lithographique.—M. II. 246
- Koehler.—Reliure.—R. III. 330
- Kcechlin.—Tissus imprimés—Voy. Schlumberger. Kcçciilin-Dollfus et frères.—Fils de coton.—zR. A. I. 394 Koeciilin frères.—Tissus imprimés.-r-R. Q. I. 505
- Koechlin (J.-A.).—Tissus imprimés.— R. B.
- Koenig (Napoléon).-^ Tissus dé coton ep, çoiileun.
- —B. , '
- Kceppelin.—Lithographie.—A.* . •
- Kopczynski.—Calorifère polonais.—G.,
- Kopp.—Jouets d’enfants.—Ç. ,
- Koska.—Pianos.—R. B.
- Krafft.—Cylindres gravés.—B.
- Kraft et Comp.—Engrais.—M.
- Kress.—Pompes.—R. B.
- I. 520
- * . I
- I. 425 III. 359
- II. 937
- III. 636
- II. 541 II. 197 Ili. 31Q II. 858 II. 99
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-
- Tom. Pag.
- Kriegelstein et Plantade.—Pianos.—0. IL 535
- Kuenemann frères.—Papier végétal.—M. III. 544
- Tr , ,, * t Produits chimiques.• Kuhlmann treres.— ! . ,/ (Engrais.—M. -0. II. II, 732 855
- Kunzer. (J.).—Draperie fine.—A. I. 87
- Ivurtz.—Machine à moirer, etc. ' < II. /* 283
- L. fA! • - ! f ‘
- Laba rraque . —Br ai pour le ca Ifatage des navires.—M. I. 618
- L abbaye.—Instruments à vent en cuivre.- -m: II. 560
- Larbé et Legendre.— Tréfilerie.— M. I. 660
- Labey et Lemaire.—Toile,s cirées.— M. III. 598
- Labiche et Tugot.—Glucose.—B. II. 798
- Laborde, Dezeymeris et Lafond.:—Laines peignées. f
- —M. I. 41
- Laboulaye.-—Fonderie de caractères.—Yoy. Biesta.
- Laburthe.—Billards.—M. - III. 142
- Lacan.—Billard-table.—M. . III. 142
- (Moulures en cuivre, appareils d’é-T ’ , ) talaqe pour boutiques, etc.—A. I. 874
- LaCARRIÈRE. — < „ J r ... . f
- I Bronzes four l éclairage au gaz et [ pour magasins.—A. III. 43
- Lacaze.—Charrue vigneronne.—B. II. 25
- Lachapelle et Levarlet.—jFUs de laine peignée,. - '
- —R. A. L 49
- La combe (Étienne) .—Fers.r—M. 1. 727
- Lacoste aîné. — Gravure sur bois.— -R. B. ÏII. 306
- Lacote.—Guitares.—R. B. ^ 1 ' , T . IL 557
- . r * . - • * ; ., j Harpes.—R. , ; V acoux ej. | Appareils de chauffage.—G. IL IL •557 951
- Laçrampe et Comp.—Typographie.- -R. A. HI. ,276
- Lacroix.—Grosse horlogerie. -r^Voy . Lamy.
- Lacroix fils.—Machines à fouler.— A.'" IL 208
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-
- 780
- Tom. Pag.
- Lacroix frères et Gaury.— Papiers— R. 0. III. 519
- Ladrey.—Laines à peigne.—B. I. 25
- Lafabrègue (V.) et fils et Vincent.—Velours de soie.—M. ' I. 295
- Lafond.—Laines peignées.—Voy. Laborde.
- Lafond.—Bandages.—R. B. III. 643
- Lafont et Abaczit.—Fantaisies cardées.—M. I. 268
- Lafontaine-Benoist.—Acides gras.—M. IL 818
- Lagache (Julien).— Tissus de laine et coton, de fil et coton—A. I. 180
- Lagier (A.).—Garancine.—0. II. 875
- Lagny-Pastor.—Draperie fine.—M. I. 95
- Lagoguée.—Batteur-ètaleur.—M. IL 205
- Lagoutte et fils.— Tuyaux de plomb et d’étain par pression.—B. I. 630
- Lagrange.—Baratte et modèle de machine à battre le grain.—C. IL 55
- Lahaye.—Stucs.—B. III. 219
- Laignel.—Chemins de fer.—N. A. II. 175
- Lainé.—Cartons.—M. III. 622
- Lainé-Larociie.—Filature du chanvre.—A. I. 470
- Lalan.—Tissus imprimés.—Voy. Colombe.
- Lalizel aîné.—Cotons filés.—R. B. I. 397
- Lalizel (François).—Cotons filés.-—M. I. 399
- Lallemand.—Fers.—C. I. 728
- Lallemant fils.—Teinture des draps.—B. IL 917
- Lamarque (Victor).—Aciers.—R. A. I.1 775
- ' Lambert. — Draperie moyenne et commune. —
- Voy. Badin.
- Lambert.—Lits en fer.—M. I. 866
- Lambert.—Imprimerie.—C. III. 295
- Lambert-Blanchard.—Tissus de laine pure ou mélangée.—A. .1- 148
- Laming et Comp.—Ammoniaque et sels ammoniacaux.—B. II- 752
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-
-
- 781
- Lamolère (de).—Nouveau moteur hydraulique.—G. Lamotte père et fils.—Tissus damassés.—Voy. Le-
- FOURNIER.
- Lamotte.—Garde-robes.—R. M.
- Lamy.—Objets en zinc.—R. M.
- Lamy.—Lampes oléarigaz.—Voy. Lèvent.
- Lamy fils. — Cadres. —M.
- Lamy-Joz,—Grosse horlogerie.—B.
- Lamy et Lacroix.—Grosse horlogerie.—B.
- Lançon et Comp.—Soieries.—M.
- Landeau, Noyers et Comp.—Marbres.—A.
- L andei. . —Fers. —Vov. Bougueret .
- U
- Landiny (Victor).—Colles fortes.—R. B.
- Landron frères.—Cuirs et peaux.—B.
- Lanéry.—Métiers ci la Jacquard.—C.
- Lange-Desmoulin. — Couleurs.—R. A.-Langevin et Comp.—Soies.—R. O.
- Langlade.—Dessins de fabrique.—B.
- Langlois.—Nouveau régulateur de machines à vapeur.—Voy. Destigny.
- Langlois (Frédéric) et Comp.—Grès cérame. — C. Langlois (veuve).—Porcelaines.—R. B.
- Langlois.— Taffetas gommés et toiles cirées.—M. Langlois-Sauer.—Boutons.—Voy. Trélon. Lângrand . —Imprimerie.—Voy.' Schneider. Languedocq.—Coutellerie.—R. A. "
- .Lanier.—Hydromètre universel.—M.
- Lanne.—Coutellerie.—N. M.
- Lanzenberg et Comp.—Maroquins.—R. A. Lapeyre et Comp. —Papiers peints.—A.
- Lapierre père et fils.—Soies.—A.
- Lapoire.—Cotonnades.—Voy. Dechelette frères. Laporte (veuve) et f&s.-r-Droguets et flanelles.—I Laporte.—Coûte! lerie.—A.
- Laprévotte.— Guitares.—R. B.
- Tom. Pag.
- II. 89
- IL 113 I. 639
- III. 53 IL 448 IL 447 I. 295
- I. 578
- IL 680 III. 564
- II. 227 IL 687 I. 242
- III. 392
- III. 429 III. 449 III. 598
- ' I. 842 IL 491 I.- 848 III. 590 III. 344 I. 254
- \. I.-115
- I. '1 843
- II. 557
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-
- 782 -
- Tom. Pag.
- Larbre.—Étoffes pour gilets, châles> manteaux, etc.—Voy. Fortel.
- Lardière.—Reliure.—R. B. III. 332
- Larenoncule.— Outils de ferblantier.—C. - 1.818
- Larguèze aîné.—Cuirs et peaux.—N. M. III. 568
- Larivière aîné.—Sécateurs et daviers.—M. I: 849
- Larmoyer.—ternis et cirages.—C. II. 774
- Laroche puîné.—Toiles métalliques.—Voy. Delage.
- Laroche.—Dessins de fabrique.—B; III: 392
- Laroche et Fougeret.—Papiers.—M. III. 541
- Laroche-Joubert et Dumergue.—Papiers.—B. HL 538
- Larocque (Madame).—Fleurs artificielles.—B. III. 654 et 664 Laroque frères et fils et Jacquemet.— Laines peignées.—A. I. 36
- Larrivé.—Boutons en métal.—M. III. 616
- Larroumets.—Toiles cirées.—B. III. 595
- Lasné du Colombier.—Aciers.'—M. - ' ' ' ' I. .779
- Lasnier-Paris.—Bonneterie.—C. I. 362
- Lasserre frères.—Mastic de bitume:—M. I. 620
- Lasseron et Legrand.—Grue-balance à double bec.
- —A: II; 495
- Latune (Lombard) et Comp.—Papiers.—N. A. III. 529
- Laubereau et Gaulet.—Machine à essorer les tissus.
- —C. 11.286
- Laude frères.—Sommiers élastiques. —B: III. 632
- Laumailler et Froidot. —* Retordage du coton. —
- B. B. 1.401
- Launay.—Décoration de verrerie. — Voy. BoBert (François). -
- Laurençot.—Brosserie.— M. III. 685
- Laurens.—Travaux métallurgiques.—Voy: Thomas. Laurent.—Passementerie.—B., M. I: 371
- Laurent frère et sœur.— Tissus de laifie.—M. " I. 197
- Laurent (Henri) et fils.—Velours de laine, moquettes, tapis.—0. I. 169 et 535
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-
- 783
- Tom. Pag.
- Laurent.—Machine à battre le grain.^-Yoy: LequIn. Laurent.—Pianos.—Voy. Wolfél.
- Laurent (François) et Comp.—Cadres 5 moulures,
- découpage, sciage des bois.—A. . III. 152
- Laurent et Deberny: — Fonderie de caractères.
- — R. A. III. 256
- Laurent et Ferry.—Nécessaires et maroquinerie. >
- — M. III. 117
- Lauret frères.—Bonneterie.—O. I. 336
- Laury.—Calorifères.—A. • , JI. 932
- Laussedat et Percepied:Maisonneuve.—Plastique par incrustation et concrétion calcaires.—M. I. 609
- Lausser (François).—Saboterie. — C. III. 610
- Laùsserjeune.—-Saboter ie:^-C. III. 610
- Laval'et Saurel. — Tapis.M. : I. 541
- Lavaux.—Outils aratoires:—C.- I. 819
- Lavaux (Philippe).—Travail des aveuglés.—M. III. 641
- Laverdin .—Cylindres gravés.—M. III. 314
- Lavergne,—Somat'omètre.—C. IL 505
- Lavigne.—Librairie. —C.1 > III. 326
- Lavillè et Poümaroux.—Chapellerie.— B. III. 672
- Laya.—Toiles unies ordinaires.—Yoÿ. Harouard. . Layerle-Capel.—Marbres.—N. A. ' I. 575
- Lèbachellé. —Charrue perfectionnée.—A. II. 16
- Lebailly.— Cuirs et peaux.—M: ' III. 570
- Lee as;—Anneaux, dès à coudre, bagues et œillets < pour la marine.—B. A I. 636
- Lebatard.—Articles de pêche et de chasse M. III. 631
- Lébert.—Scarificateur, charrue-fourche.—B. . IL-. 23 Lëbert et Muller.—Dessins de fabrique.—M. III. 393
- Leblan et Comp.—Filature du lin.—M. » L 473
- Leblanc (Alexandre). — Filature de laine peignée*
- — B. I. 38
- Leblanc (Adolphe).—DêSsins industriels.—R. B. IL 292
- Leblanc.—Ébènisterie.—B. > HL 91
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- -784
- Tora. Pag.
- Leblanc (Veuve).—Gravure.—R. B. III. 306
- Le Bléis et Paisant fils.—Fécuierie.—M. IL 801
- Leblond-Dansette.— Tissus de coton.—B. I. 421
- Leboeuf.—Cordages.—B. IL 418
- Leboeuf etMiLLiET.—Faïences et porcelaines.—R.O. III. 421 Lebon.— Moulin à broyer les cendres d’orfèvres.—C. IL 287 Lebordais.—Vernis.—M. IL 768
- Leboulanger.—Dentelles.—A. I. 551
- Lebourg.—Fleurs enporcelaine.—M. III. 448
- Lebreton.—Chaussures imperméables.—C. III. 608
- Lebrun.—Instruments d’optiqueet d’arpentage.—M. II. 491 Lebrun.—Orfèvrerie.—0. III. 12
- Lebrun.—Reliure.—B. III. 333
- Lecharpentier (Madame).—Fleurs artificielles.—C. III. 665 Lechevauer-Hamon. — Cuirs vernis.—M. III. 587
- Lecerf.—Fourneaux économiques.—C. IL 946
- Leclerc frères.—Toiles à voiles.—Voy. Trudelle frères.
- Lf.clerc-Allart et fils.—Flanelles.—R. A. > I. 162 Leclerc-Boisseau et Comp.—Filature de laine.—B. I. 168 Lecocq et Comp.—Calorifère conservateur.—B. IL .924 Lecocq et Comp.—Cuivre estampé verni.—R. A. III. 57 Lecocq-Préville.—Ganterie.—M. . " III. 602
- Lecoentre.—Appareil sondeur.-,—M. . . II. 504
- Lecoeur.—Lettres et numéros enpierre factice.—C. .III. 54 Lecomte.—Calicots.—M. , I. 421
- Lecomte.—Calicots.—M. I. 421
- Lecomte.—Tissus imprimés.—-Voy,. Broquetté.
- Lecomte et Bianchi.—Instruments de physique, balances de précision, -r- A. II. 486
- Leconte.—Cuirs et peaux.-—Voy. Péan.
- Lecoq-Guibé.—Mousselines.—R. 0. . . I. 438
- Lecun frères et Comp.—Tapis.—A. I. 538
- Lécuyer.—Lampes oléostatiques.—M. IL 631
- Ledanseur.—Couleurs.—Voy. Delaruelle.
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-
-
- 785
- Tom. Pag.
- Ledoux.— Tissus imperméables.—B. II. 713
- Ledru (Hector).—Tuyaux de conduite.—M. II. 963
- Leduc.—Montres.—M. II. 459
- Lefaure.—Arquebuserie.—B. II. 602
- Lefébure et sœur et Petit.—Dentelles.—R. O. I. 549
- Lefébure et Comp.—Fécules.—B. II. 799
- Lefébure frères et fils.—Colles fortes.—C. IL 680
- Lefébure.—Chaussures sans couture.—M. III. 606
- Lefebvre.—Velours.—Voy. Adéodat.
- Lefebvre (Th.) et Comp.—Cèruse.—O. IL 734
- Lefebvre et Bost.—Chaussures de femme.—C. III. 608
- Lefebvre- Chabert. — Letocomme , fécule épurée , etc.—B. II. 799
- Lefebvre-Ducatteau (Veuve) et Sover-Vasseur.—
- Etoffes pour gilets.—O. I. 175
- Lefèvre.—Cordages.—G. II. 420
- Lefèvre père.—Instruments à vent en bois.—R. B. IL 562
- Lefèvre.—Papiers de fantaisie.—C. III. 625
- Lefort frères.—Fleurs artificielles.—rB. III. 657 et 663
- Lefournier , Lamotte père et fils et Dufay.—Tissus damassés.—A. I. 476
- Lefranc frères.— Couleurs.—R. A. IL 688
- Légat (Régis).—Soies.—M. . I. 267
- Legendre.— Tréfilerie.—Voy. Labbé.
- Legendre et Averly.—Machines à vapeur.-—M. IL 152
- Léger-Francolin.—Couvertures.— R. B. I. 124
- Léger jeune et Paré.—Couvertures.—B. I. 125
- Legey.—Instruments d’astronomie de marine et de géodésie.—R. A. IL 506
- Legost fils.— Ébènisterie d’imitation.—M. III- 105
- Legoux.— Tuyaux, gouttières, pavés bitumés.—C. I. 621
- Legoux.—Aciers.—C. , L 780
- Legrand (Théodore). — Fils et tissus de coton.
- — A. 1. 389 et 416
- m. 50 .
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-
-
- 786
- Tom. Pag.
- Legrand.—Grue-balance à double bec.—Voy. Las-
- SERON. ' v
- Legrand.—Savons.—M. H. 674
- Legrand frères.—Bougies stéariques.—C. 11. 822
- Legrand (Marcellin) etComp.—Fonderie de caractères.—O. III. 253
- Legrand.—Papiers goudrons.—Voy. Saneord.
- Legrand.—Registres.—C. III. 619
- Legras.— Chapeaux de paille,—B. III. 678
- Legris.—Draperie fine.—Voy. Sevaistre aîné.
- Legros.—Sciage des bois.—M. III. 155
- Lehoult et Comp.—Tissus de coton.—O. I. 438
- Lejeune.—Chapellerie.—M. III. 674
- Lejeune et Comp.—Filature de lainepeignée. —B. B. I. 38
- Lejeune fils.—Cheminées.—B. I. 825
- Lejuif.—Câbles en fil de fer.—C. I. 663
- Le Leurcii.—Cuirs et peaux.—M. III. 571
- Lelieur.—Maillechort.—M. III. 25
- Lelièvre (E.) et Comp.— Toiles.—O. L 482
- Lelièvre.—Fers.—Voy. Serret.
- Lelogé.—Fontaines de ménage.—R. B. II. 966
- Leloir.—Gravure sur bois.—Voy. Best.
- Lelong.—Perles fausses.—Voy. Constant-Valès.
- Lelong.—Bijouterie dorée.—A. III. 181
- Leloup.—Machines à vapeur.—B. IL 150
- Leloutre.—Serrurerie de précision.—M. II. 334
- Lemaire.—CharruejFalcourt.—C. , IL 32
- Lemaire.— Toiles cirées.—Voy. Labey.
- Lemaire et Ciiiffarat.—Pompes.—C. IL 109
- Lemaire-Daimé.—Pommes pour cannes et parapluies.—M. m* 693
- Lemaître.-— Chaudières à vapeur.—rO. • IL 138
- Lemaître.—Gravure.—C. III. 314
- Lemaitre-Demeestère.— Toiles.—A. , L 484
- Lemarchand.—Tours.—B. IL 308
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- 787
- Tom. Pag.
- Lemarchand.—Ébënisterie.—A. m. 84
- Lemare (veuve).—Appareils culinaires.—R. À. ii. 938
- Lemarié (Nicolas).—Papiers.—B. m. 539
- Lejiercier.—Lithographie. -^-0. m. 353
- Lemesle.—Albâtre.—B. i. 590
- Lemire père et fils.—Soieries.—R. 0. i. 282
- Lemire.—Produits chimiques. —Voy. Borée (veuve] i.
- Lemoine.—Fontes.—M. i. 748
- Lemoin e . —Aciers. —-A. i. 777
- Lemoine: — Verrerie.—Voy. Bontemps.
- Lemoitre.—Lits en fer.—G. i. 866
- Lemoitre.—Serrurerie de précision.—M. il 335
- Lemonnier jeune.—Rouenneries.—R. B. i. 430
- Lemonnier.—Ouvrages en cheveux.—C. ni. 702
- Lemonnier-Jully.—Égrappoir pour minerais ooli-
- tiques.—C. i. 729
- Lemoult.—Bougies stéariques.—Voy. Petit.
- Lemoyne.—Confiserie.—R. C. H. 660
- Lenglet et Turquet.—Orfèvrerie.—. A. III. 14
- Lenoir neveu.—Outils aratoires.—M. • - I. 817
- Lenormand (Alexandre).—Draperie fine.—A. . I. 88
- Renseigne.—Machines- Outils.—R. A. IL 298
- Lentilhac (de) ainé,—Charrues, herse roulante.
- —A. II. 15
- Lengd.—Calorifères.—C. II. 937
- Léon.—Vernis.—R. B. 11. 765
- Léonard.—Meubles en fer.—B. I. 863
- Lepage-Moutier.—Arquébuserie,—R. A. f 11. 596
- Leparmentier et Comp.—Bougies stéariques.—B. II. 814
- Le Parquois.—Draperie moyenne et commune.—
- R. M. I. 117
- Lepaul.—Serrurerie de précision.—A. II. 331
- Lepaute (Henri).—Phares.—0. r II. 494
- Lepelletier-Damas.—Mousselines.—M. I. 443
- * • » Lepet de Suède.—Fonderie.— M. I. 751
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- 788
- Toin. Pag.
- Leplant.—Cheminées.—B. II. 948
- Lepoutre-Parent.—Tissus de laine.—M. I. 197
- Leprince.—Garde-robes.—B. II. 112
- Lequin (Frederick).—Fécules.—C. II. 803
- Lequin et Laurent.—Machine à battre le grain.—B. II. 50 Lerat.—Étoffes pour meubles.—M. I. 158
- Lerebours.—Instruments de physique et d’optique.
- —R. 0. II. 479
- Leriche-Meurant.—Forge portative.—C. I. 806
- Leroux (Guillaume).— Toiles à voiles.—C. I. 496
- Leroux aîné.—Instruments à vent en bois.—R. M. IL 565
- Leroux.—Salicine.—R. A. ,11. 737
- Leroux.—Cuirs et peaux.—M. III. 571
- LEROux-d’ÀRCET.—Glucose.—M. , IL 802
- Leroy (Picard).—Draperie fine.—R. A. I. 83
- Leroy.—Draperie fine.—Yoy. Monborgne fils.
- Leroy.—Montres.—R. A. IL 451
- Leroy.—Aréomètres de platine et d’argent.—M. II. 491
- Leroy.— Bougies stéariques.—Yoy. Delaunay.
- Leroy et Comp.—Garde-robes.—B. IL 112
- Leroy.—Stores et écrans.—M. - III. 68
- Leroy (Louis).—Nouveau système de volets.—C. III. 151
- Leroy. — Cuirs et peaux.—M. III. 571
- Leroy-de-Laferté et Comp.—Marbres.—A. I. 578
- Lesage.—Plaques à dents pour peignes de cardes.
- —C. II. 207
- Lesage-Castelain.—Cylindres cannelés.—C. II. 192
- Le Saulnier.—Presses à timbre.—G. IL 251
- Lesgent jeune.—Couverts fourrés.—M. HL 26
- Lesur frères.—Broderies.—B. I. 442
- Letalec.—Objets divers en zinc et en fonte, garde-robes.—Voy. Place.
- Letellier.—Produits chimiques,—Voy. Bergerat. Letessier.—Limes.—Voy. Painchaut.
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- Tom. Pa^ç.
- Letestu
- et
- C o m p.—Pomp es.
- Pour mémoire.
- B.
- il. 104 II. 106
- Levarlet.—Fils de laine peignée.—Voy. Lachapelle. Levasseur frères.—Couvertures.—B. L 124
- Levasseur.— Outils d’affûtage.—R. M. I. 815,
- Levât frères.—Châles.—M. I. 316
- Léveillé.—Teinture en rouge turc.—O.i II. 912
- Leven (Maurice).—Cuirs et peaux.—A. III. 561
- Lèvent et Lamy.—Lampes olèarigaz.—M. IL 631
- Levrien.—Bonneterie.—M. I. 358.
- Leydecker.—Thermomètres, baromètres, aréomètres.—B. II. 489
- Lhomme-Bouglinval.—sicide oxalique, oxalates et
- carmin d’orseille.—M. , II. 761
- Luotel.—Étoffes en relief.—R. B. , , , I. 526
- Liénard (Claude) et Comp.—Bougies stéariques.—M. II. 818 Lignières (Pascal).—Draperie moyenne et commune.—B. 1. lll
- Lignière. — Châles.—M. I. 226
- Limon-Duparemeur.—Toiles.— M. I. 491
- Linard.—Broderies.—A. I. 555
- Linsler.—Parquets.—B. III., 148
- Lion frères et Comp.—Châles.—B. I. 224
- Liré.—Four à pâtisserie.—Q>. - , , II. 946
- Lisa (de).—Fers.—Voy. Andelarre (comte d’). - ,
- Livaciie (Joseph).—Toiles.—C. - . I. 491
- Lizars.—Compteurs à gaz.—Voy. Siry.
- Llanta-Saturnin.—Extirpateur combiné et araire
- buttoir.—N. B. IL 36
- Loddé.—Plumeaux.—M. JII. 686
- Loeulliet.—Gravure de caractères.—R. B. . III. 258
- Loire.—Vernis imitant Vémail pour ïémaillurc des bijoux.—C. ' III. 178
- Loiseau. —Instruments de physique et d’optique. —M. II. 491
- Lombard (Henri).—Bonneterie.—R, A. I. 339
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- 790
- Lombard.—Sculpture en carton-pierre.—B. Lombardat.—Gravure de caractères , ornements fondus en cuivre pour relieurs.—R. M.
- Lombré (Jean-Baptiste) et fils aîné.—Tissus de coton.—B.
- Longuet.—Ébénisterie de sièges.—M.
- Longuet.—Carton-pâte pour l’apprêt.—B.
- Loos.—Machine à filer le lin, la laine et le coton.
- —Voy. Sciieibel.
- Loron.—Arquebuserie.—C.
- Lorrain et Guillet.—Soieries. —B.
- Lotz fils aîné.—Bateaux à vapeur.—M.
- Louet.—Jalousies.—M.
- Loysel et IIubin.—Plomb laminé.— B.
- Lubienski.—Dessins de fabrique.—M.
- Lucas frères.—Filature de laine.—R. 0.
- Lucas.—Cordages.— R. M.
- Lucquin.—Parquets.—Yoy. Bertaud. Lucy-Sédillot.—Mousselines.—B.
- Luer.—Instruments de chirurgie.—B.
- Luet.—Ébénisterie de sièges.— M.
- Lund.—Meubles d’imitation ou de curiosité.— A. Lundy .—Calligraphie.—B.
- Lussagnet et Comp. —Cotons filés.—rB.
- Lussigny frères.—Batistes.—M.
- Lusson.—Peinture sur verre.—M.
- Luynes (duc de).—Lames en acier damassé.—A. Luzarciies.—Fers.—Yoy. Grenoüîllet.
- Mabire.—Plomb de chasse.—C.
- Machard.—Coutils et mouchoirs.—C. Maciiard.—Huiles de baleine épurées.—B.
- Tom. Pag.
- III. 50
- III. 264
- I. 420 111. 113 111. 247
- IL 606 1. 294 IL 396 IL 316 I. 631 III. 393
- I. 47
- II. 419
- I. 442 I. 845
- III. 112 lll. 102 III. 263
- I. 399 ï. 481
- III. 472
- II. 610
- I. 631 I. 482 IL 847
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- Tom. Pag.
- Maciieteau.—Articles de voyage.—M. III. 630
- Màcle.—Couleurs.—R. M. . > jp ggg
- Macqoet et Ramel.—Légumes seeè décortiqués.—B. • II. 651 Mader frères.—Papiers peints.—N. A. • llf. 343
- Maes.—Cristallerie.—À. îîl 495
- Magné (Célestin).—Confiserie.—C. II. 663
- Magnié (Isidore).—Pianos.—M. ' ' II. 546
- Magnin.—Pâtes alimentaires.—‘N. A. 1 II. 640
- Magnol-Dumas (Joseph).—Chocolats.—R. M. II. 655
- Mahieu-Delangre.— Toiles et linge de table.—A. I. 485
- Maigne.—Balais et soufflets de cheminée.—C. III. 688
- Maillier.—Acrïbomètre:—C. III. 640
- Mainfroy.—Meubles laqués.—B. III' i08
- Maire (Ch.).—Acétates.—A. II. 748
- Maire (Madame).—Fleurs artificielles.—B. III. 662
- M. LE MAIRE DE SaINT-JeAN-DÜ^MaRCUÉ (VOSg^S).
- —Coutellerie.—C. I. 853
- Maître (Joseph).—Laines à carde.—R. A. I. 20
- Majesté.—Perruques.—C. III. 701
- Malard fils. — Chapellerie.—M. 1IU 674
- Malartic, Poncet et Comp.— Teinture en bleu de
- France.—R. 0. II. 910
- Malbec.—Meules de prés artificiels.—Vôy. Perrot.
- Maldant.—Guide-longe.—C. ' III. 627
- Malespine.— Outils de forge.—A. I. 801
- Malétra et Fils—Produits chimiques.—A. II. 748
- Maliiian aîné.—Châles.—C. I. 235
- Malivoire et Comp.—Filature du chanvre.—A. J. 471
- Mallat.—Plumes métalliques.—C. 1. 646
- Mallet.—Cotons filés.—Voy. Vantroyen.
- Mallet et Comp.—Ammoniaque et sels ammoniacaux.—B. II. 751
- Mallet.—Marqueterie.—C. III. 125
- Mallet (Louis).—Chaussures.-r-M. - .»III. 607
- Mallez (Jules).—Bonneterie.—B. ' I. 345
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- 792
- Toin. Pag.
- MALMAZETaîné.—Cardes, peignes.—R. A. JI. 202
- Malo-Dickson et Comp.—Toiles à voiles.—0. I. 492
- Malteau.—Machines à fouler.—B. II. 210
- Mandon frères.—Plastique par incrustation et concrétion calcaires.—M. I. 609
- Maniguet.—Draperie moyenne et commune.—B. I. 113
- Mannoury (Arsène).—Bonneterie.—R. M. I. 353
- Manoeuvrier père et fils.—Coutellerie.—R. C. I. 851
- Manoeuvrier jeune.—Coutellerie.—C. I. 852
- Mansard.—Poterie degrés.—A. III. 427
- Mansson-Michelson.—Herse-Bataille.—M. II. 39
- Mantois (Madame) —Planches anatomiques coloriées.—C. III. 378
- Mantz.— Tissus imprimés.—Voy. Blecii.
- Manufacture royale des glaces deSt-Gorain.—R. 0. III. 478
- Marait (Thomas).— Battoir avec rabot de raie.—C. II. 41
- Maratueh.—Appareils contre les feux de chemi-
- née.—G. II. 951
- Marcel (Louis).—Draperie fine.—R. A. I. 84
- Marcel.—Châles.—Yoy. Heuzey.
- Marcelin.—Marqueterie.—A. III. 121
- Marciial.—Billards.—M. III. 141
- Marchand.—Chapeaux tressés en feuilles de lata-nier.—Voy. Bouchet.
- Marchand-Lecomte.—Couvertures.—B. I. 126
- Marciion.—Pétrin mécanique.—G. II. 867
- Mareau.—Filature de lin.—Voy. Caillié.
- Maréchal.—Bijouterie de strass adamantoïde.—
- N. B. III. 192
- Marescaux.—Laines à peigne.—M. I. 26
- Margoz père et fils.—Tours.— R. B. IL 278
- Marguerie.—Papiers peints.—B. III. 348
- Maria.— Tringles et moulures d’appartements recouvertes de cuivre jaune.—M. I. 637
- Marie et Gomp.—Coutils.—B. 1. 497,
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- 793
- Tom. Pag.
- Marie.—Pompes.—C. II. 109
- Marie.—Lampes.—M. II. 631
- Marines-Heit.—Éventails.—Yoy. Cabanes .
- Marinet.—Miroiterie.—C. III. 158
- Marion.—Cotons filés. Tète demull-jenny.—Voy.
- Neveu.
- Marion.—Papiers de fantaisie.—B. III. 621
- Marion-Bourguignon.—Bijouterie de strass ada-
- mantoïde.—R. A. III. 191
- Mariotte.—Machines-outils.—À. II. 274
- Marlière (Auguste). Tissus de coton divers.—B: I. 443
- Marmuse.—Coutellerie.—M. I. 851,
- Marquis.—Bronzes d'art et d’ameublement.—N. B. III. ?.9 Mars. — Crics et balances à bascule.—B. II. 499
- Marsais (Émile).—Houille agglomérée.—A. , II. 827 Marsat fils.—Fers et fontes.—R. A.- I. 740
- Marseaux.—Cuivre estampé verni.—R. A. III. 58
- Marsoudet.—Ébénisterie.—B. III. 94
- Marsuzi de Aguirre.—Chanvre imperméable.—B. II. 757 Martel.—Romaine de précision.—M. II. 500
- Martel.—Jalousies mécaniques.—C. III. 151
- Martelin.—-Laines peignées.—Yoy. Franc père et fils. v
- Martenot.—Lithotypographie.— R. III. 360
- Marti (Samuel).—Horlogerie de fabrique.—B. II. 471
- Martin.—Soieries.—Voy. Fey.
- Martin et Comp.—Rubans.—R. A. I. 300
- Martin (J.-B.).—Peluches noires en soie pour chapellerie.—B. ~ ' I. 325
- Martin (Émile) et Comp.—Fontes.—R. 0. I. 733
- Martin .-^-Serrurerie.—C. I. 873
- Martin.—Chirogymnaste.—C. II. 550
- Martin.—Orgues expressives.—B. II. 583
- Martin.— Mrquebuserie.—M. II: 605
- Martin. —Fourbisserie,—B. H. 612
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-
- 794
- Tom. Pag.
- Martin (Émile).—Pâtes alimentaires.—À. II. 641
- Martin frères.—Instruments à vent en bois.^-R. B. II. 562 Martin.—Cuirs et càrton-toile en relief.—M. 111. 54
- Martin.—Dessins de fabrique. — C. III. 397
- Martin de St-Semmera.—Couleurs.—M. II. 702
- Martix-Matagrin et Comp.—Mousselines.—C. I. 444
- Martin-Perret et Delacroix-Düvoisin.—Pressoir
- mobile.—M. II. 62
- Martinon.—Soieries.—A. I. 562
- Mary (Louis).— Toiles fines dites demi-hollande.—
- R. B. I. 480
- Mary.—Métier à la Jacquard.—C. II. 226
- Masse. — Capsules-amorces.—Voy. Gaunllat. '
- Massé (Édouard) et Fils.—Mousselines.— B. I. 443
- Massenèt, Gérin et Jackson frères.—Faux.—0. I. 793
- Masser an . —Soieries. —Y oy. Bl aciiièr .
- Massing frères, Huber et Comp.—Peluches noires
- en soie pour chapellerie.—R. 0. I. 320
- Masson aîné.—Cotons filés.—h. - I. 397
- Masson.— Cires à cacheter.—R. B. II. 769
- Masson.—Meubles d’imitation ou de curiosité.—M. III. 105
- Masson.—Bijouterie de strass adamantoïde.—M. III. 193
- Massue.—Garde-robes.—G. II. 114
- Massue.—Peignes en ivoire et en buis.—M. III. 614
- Massun et fils.—Aiguilles.—B. I. 668
- Matiier et Comp.—Cuivre et plomb affinés.—A. I. 634
- Matiievon et Bouvard frères.— Soieries.—R. 0. I. 281
- Matiiey (Humbert).—Couverts en fer étamé.—C. I. 755
- Mathias.—Librairie.—B. * HI. 325
- Mathieu.—Lampes.—C. II. 633
- Matignon frères.—Filature de Un.—Voy. Caillié.
- Matton (Auguste).—Ganterie.—4\. B. III. 601
- Maubernard.—Châles.—Y oy. Gaussen jeune.
- Maucotel. — Fiolons.—M. II. 555
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- 795
- Tom. Pag.
- Maüduit.—Appareil pour dessiner d’après nature.
- —B. II. 508
- Maüduit (Madame);—Mannequins pour peintres.
- —C. III. 365
- Maüduit (de) aîné et Comp.—Papiers.—M. III. 541
- Maüfus.—Broderies.—Voy. Wotouski (Mesdames).
- Maugin. —Appareil à chauffer l’eau dans les baignoires.—C. II. 946
- Maumené (Cyr.).—Binoteur-extirpateur. — C. II. 41
- Maumené.—Cristallerie.—V. Bill as.
- Maurin.—Charrues.—C. II. 32
- MaURIN jeune.—Imitation des bois par les procédés
- de peinture.—R. B. ' 111. 69
- Mauros.—Produits pharmaceutiques.—M. II. 763
- Maxe.—Montres.—M. II. 459
- May.—Draperie fine.—Voy. Javal.
- Mayer.—Orfêverie.—A. III. 14
- Mayet.—Coutellerie.—C. - I. 853
- Mayet.—Huiles épurées pour l’horlogerie.—C. ' II. 849
- Mayout.— Tranchet mécanique.—C. I. 853
- Màystre (Édouard).—Bonneterie.—M. I. 356
- Mazaurin fils.—Bonneterie.—M. I. 355
- (Bateaux à vapeur .—O. II. 393
- Presse à cylindres pour cannes à sucre. Mention pour ordre. II. 781
- Mazerolle.—Parquets.—-C. Î1R 151
- Meauzé-Cartier et Comp.—Soieries-.—O. I. 330
- Meissonnier.—Extraits de bois de teinture et produits chimiques pour la teinture.—A. ' - ’ II. 881
- Mellier.—Cuirs et peaux.—B. III. 566
- Mellier , Obry fils et Comp.— Papiers.—A. III. 532
- Melzessard.—Fermetures, de, boutiques, persien-nés, etc.— N. B. II. 313
- Ménage (Albert) et Comp.—Filature de laine.—B. • I. 50 Ménétrel.—Brides de sabots.—C. III. 611
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- 796
- Tom. Pag;.
- Ménétrier (Michel).—rPoêles-cuisines.—M. ' II. -944
- Ménier et Comp.— Chocolats, pulvérisation des
- substances pharmaceutiques, or g es perlés.—R. A. II. 736 Ménotti.—Savon hydrofuge.—M. II. 673
- Méquignon-Marvis.— Écorchés.—C. III. 379
- Mercier et Comp.—Passementerie.—M. I. 372
- Mercier (le baron).—Dentelles.—N. A. I. 551
- Mercier (Achille).—Machine à filer le lin, la laine
- elle coton.—A. - II. 188
- Mercier.—Pianos.—A. II. 540
- Mercier.—Ébénisterie.—M. III. 96
- Mercier-Blanchard.—Quincaillerie.—A., I. 812
- Méric frères.—Egrappoir-fouloir.—Voy. Ville-
- SÈQUE.
- Mériet.—Serrurerie de précision.—C. 11. 336
- Merlant jeune.—Cuirs et peaux.—M. III. 568
- Merlant jeune et Tacot.—Cuirs vernis.—M. III. 586
- Merlié-Lefebvre.—Corderie.—A. II. 416
- Mermet.—Pianos.—N. B. II. 541
- Méro.—Huiles essentielles.—A. II. 843
- Mesnager frères.—Rubans.—R. B. I. 304
- Mesnil . —Pont tournant à grande ouverture. —M. II. 360
- Mesny et Favard.-—Savon vert.—B. II. 671
- Métairie.— Tôles.—B. I. 732
- Metfrederque.—Objets divers en fonte.—C. I. 752
- Meunier-Bourdat.—Linges damassés.—C. I. 479
- Meurant frères.—Étaux.—M. I. 805
- Meurs (Benoît).—Balances à bascule.—M. II. 500
- Meyer et Comp. —Machines à vapeur, locomotives.
- —O. II. 135 et 163
- Meyer.—Chromotypographie.—M. 111. 293
- Meynadfer.— Tissus imperméables.—R. B. II. 712
- Meynard.—Soies grèges.—O. • I. ,246
- Meynard cadet.— Bonneterie.— R. A. I. 337
- Meynard et fils aîné.—Ebénisterie.—N. A. III, 83
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-
-
- 797
- Tom. Pag.
- Meyniër.—Châles, soieries.—Voy. Godemard.
- Michel.—Plaques photographiques.—Mi I. 679
- Michel.—Machine à filer la soie.—B. II. 193
- Michel.—Machine à bouter les cardes.—B. II. 194
- Michel.—Extraits de bois de teinture.—M. II. 700
- Michel.— Clichés bitumineux.—B. - III. 262
- Michel.—Cuirs et peaux.—R. M. III. 567
- Michel et Valin.—Porcelaines.—N. B. III. 445
- Michelet.—Tissus imprimés.—Voy. Delamori-
- NIÈRE.
- Miciielez fils aîné.—Cotons retors.—R. A. I. 400
- Miciiniewitz.—Ebénisterie.—M. III. 97
- Micoud.—Cuirs vernis.—B. III. 585
- Middleton.—Machines à papier.—Voy. Varrall.
- Mieg (Mathieu) et fils.—Draperie fine.—A. I. 87
- Mieg.—Cotons filés, tissus de laine et de coton'i, tissus imprimés.—Voy. Dollfus.
- Miélot aîné.—Limes.—R. A. I. 786
- Migeon et fils.—Vis à bois.—N. A. I. 823
- Mignard-Billinge et fils.—Fils de fer, de cuivre,
- d’acier, etc.—R. A. 1. 657
- Migné.—Imprimerie.—B. III. 288
- Mignon-Fromentin.—Peignes.—C. III. 616
- Miller-Tiiiry.—Marbres.—R. M. I. 581
- Millet. — Ordres et décorations.—B. III. 188
- Millet et Robinet et Madame Millet.—Travaux
- divers sur l’industrie de la soie.—A. I.* 255
- Milliant.—Teinture sur soie.—Voy. David.
- Milliet.—Fa/iences et porcelaines.—Voy. Leboeuf, '
- Millioz.—Attelage de sûreté.—C. III. 628
- Millociiau.— Oléine.—C. II. 850
- Millot fils.—Étoffes pour meubles.—M. I. 152
- Millot (Madame).—Corsets.—M. 111. 697
- Milly (de).—Bougies stéariques.—R. 0. II. 810
- Milori.—Couleurs.—R. A. 11.690
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-
-
- 798
- Tom. Pag.
- Minicii.— Cheminées.t&I. II. 950
- Minier.—Machines à dresser les métaux.—B. II. 280
- Minten.—Moulures en bois.—G. III. 157
- Mira bal et Moreau.—Couleurs.—;M. II. 701
- Mirabaud et Comp.— Châles.—R. B. I. 233
- Mirault.—Toucheur mécanique.—Voy. Dezairs,
- Miroude.— Cardes.—0. Il, 200
- Mistiviers et Hamoir.—Batistes.—M. I. 481
- Mittelette.—Machine à battre le grain.—M. II., 52
- Mouler (A) et Comp.—Tissus de coton, de laine et
- soie.—À. I. 424
- Moisson.—Engrais.—M. t II. 857
- Moisson et Polonceau.—Laves artificielles.—M. III. 222
- Mojon.—Bijouterie dorée.—M. III. 183
- Moléon (L.).—Filature de lin.—Voy. Sarvy.
- Molière.—Chaussures.—Voy. Bernard.
- Mollard.—Machines à faire des vis en bois.^—M. II. 284 Mollet-Warmé frères.—Tissus de laine et de soie.
- —B. I. 171
- Molteni et Comp.—Instruments de géodésie, de physique et de marine.—B. II. 511
- Monborgne fils et Leroy.—Draperie fine.—À. I. , 88
- Mond’her.—Couleurs.—C. ' IL 703
- Monestès.—Serrurerie de précision.—C. IL 336
- Mongin.—Scies.—A. I. 812
- Monier.—Teinture.—Voy. Boutarel frères.
- Monmory aîné et Raphanel.*—Siccatif brillant.~r~M. IL 701
- Monjiouceau.—Limes.—R. 0. L 784
- Monnet.—rSoieries.—Voy. Gustelle.
- Monniot.—Pianos.—M. IL 547
- Monnot-Leroy.—Laines à cardes.—R. A. I. 19
- Monnot et Vitu.—Rosaces mosaïques en bitume.—C. I. 621 Monpelas.—Savons.—B. IL 672
- Montagnac (de).—Draperie fine.—A. L. 86
- Montal.—Pianos.—B. IL 543
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- 799
- Tom. Pag.
- Montaxdon frères.—Ressorts de pendules.—À, II. 474
- Montebello (Alfred de).—Appareil pour boucher.
- les bouteilles.—R. ' II. 839
- Montet.—Satins unis en couleur.—Voy.llECKEL.
- Montet.—Système de plan incliné pour les canaux.
- —M. II. 357
- Montgolfière—Papiers.—N. À. 111. 530
- Montier-Huet.—Rouenneries.—R. B. I. 430
- Montillier.—Presses à timbre.—M. II. 251
- Montrozier.—Pointes de Paris.—C. cl. 662
- Mony.—Application de la houille à la cuisson de
- la faïence.—B. III. 416
- Mora.—Bijouterie dorée.—M. III. 18.3
- Moreau.—Couleurs.—Yoy. Mirabal. > '
- Moreau.— Tabletterie.—B. III. 125
- Morel.—Cotonnades.—M. I. 433
- Morel frères.—Fonderie.—A. I. 743
- Morel.—Marbre factice en pierres réfractaires.
- Émaillage sur grès psammite.— Voy. Gautier.
- Morel et Comp.—Orfèvrerie, joaillerie, bijouterie
- et mosaïque de bijouterie.—0. III. 9,170 et 241
- Moret.—Pétrin mécanique et presse à cylindre.
- —A. II. 861
- Morin et Comp.-—Draperiemoyenne et commune,—0. I.. 98 Morin.—Daguerréotypes.—C. . . ; ' II. 520
- Morin.—Appareils en platine pour la chimie.— .. .
- Voy. Desmoutis. .
- Morisot.—Moulures en bois.—B. 111. 154
- Morize aîné.—Bonneterie.^—B. I. .349
- 'Morize.—Coutellerie.—R. C. , I. 851
- Montfort.—Vernis et cirages.—C. . II. 774
- Mornieux.—Boutons en soie.—C. . III. 616
- Mort.—Passerelle.—^C. . . II. 362
- Mortier.—Fours à chaux.—Voy. Courtois.
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- 800
- Tout- Pag*
- Motay, Gapais et Cochet.—Blanchisserie de fils et de toiles.—M. II- 895
- Motel;—Horlogerie de précision.—R. 0. II. 428
- Motiiereau.—Carreaux et tuyaux déplâtré.—N.
- M. III. 222
- Motiies frères etComp.—Machine à battre le grainy hache-paille, coupe-racines, charrue à défricher.— N. A. IL 9
- Motte.—Satins de laine. Voy. Delfosse.
- Mouciiet.—Fils de fer, chaînes et pointes. Voy. Smo-
- DOT.
- Mouchot frères.—Fabrication du pain.—0. IL 789
- Mouillé (Pierre).—Draperie.—C. I. 122
- Mouisse (Jean-François).—Draperie moyenne et
- commune.—R. A. I. 99
- Moulin.—Robinets de sûreté et appareils fwmivorcs.
- , -C. IL 633
- Mourceau (H.) et Comp.—Etoffes pour meubles.
- —R. I. 150
- Mourey.—Bijouterie dorée.—A. III. 179
- Moussard.—Locomotives.—C. IL 182
- Moussier-Fièvre.—Minofor.—C. III. 26
- Mudesse.—Marbres.—B. I. 587
- Muller.—Orgues expressives.—B. IL 582
- Muller fils et Comp. — Couleurs et vernis.—C. IL 703
- Muller. — Dessins de fabrique.—Voy. Lebert.
- Mullier.—Pianos.—B. IL 542
- Mulot.—Appareils de sondage.—0. IL 251
- Mulot.—Eaux aromatiques.—C. IL 662
- Muret de Bort et Comp.—Draperie moyenne et
- commune.—R. 0. I. 96
- MuTEL(de).—Huiles épurées pour l’horlogerie.—M. IL 849
- Muzey.—Montres.—M. IL 458
- Myet (Jean Toussaint).—Tissus damassés.—M. I. 478
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-
- 801
- ’N. .^
- , ,r Tom. Pag*
- Nachet.—Instruments d’optique.—B. II. 488
- Nallés, Protton et Thierrat.—-Soieries.—C. I. 296
- Nancey fils.—Mécanisme appliqué aux socques.—C. III. 611 Nanot et Comp.—Peluches noires en soie pour la
- chapellerie.—A. I. 323
- Navaron-Dumas. — Coutellerie.—B. I. ,846
- Naylies (Comte de).—Meules.—A. , I. 597
- Naze.—Dessins de fabrique.—B. III. 391
- Nazet-Buirette.— Tissus de laine.—M. I. 168
- • /
- Nédellec.—Pendules.—M. ' II. 465
- NEPPELfilset Bonnot.—Porcelaines hygiocèratyies.
- —B. III. 451
- Nêraudeau.—Registres.—M. III. 618
- Neuber.—Machines à graver.—A. II. 516
- Neuburger.—Lampes solaires.—Voy. Chabrié.
- Neumann.—Horlogerie de précision.— B. 11. 438
- Neuss fils.—Aiguilles.—B " I. 668
- ( Fils de coton.—B.v I. 398
- ( Tête de mull-jenny.—M. II. 191
- Néville.—Ponts rigides en fer forgé.—A. II. 349
- Nicolle.—Lampes.—B. , . r II. .630
- Niederreither.—Pianos.—B. II. 543
- 1 • .» • A ’ - ‘.J t . » ' £ S J 0» l , ''S *
- Niedrée.—Reliure.—A. . v III. 331
- Niepce et Éloffe.—Moyen d’aveugler subitement
- les chevaux qui s’emportent.—:C. II. 320
- ! Machines à vapeur pour bateaux.—A. II. 395 Moulins à écraser les cannes à sucre. f . .
- —Mention pour ordre. . . , II. 781
- Nion (François).—Seaux à incendie, en toile.—C. I. 499
- Niot.—Grosse horlogerie.— N B. II. 447
- Nivel (Madame).—Corsets.—C. : - . III. 698
- Noblet.—Montres.—B. . II. 457
- Nocus.—Verres filigranés.—B. , V i, ^ III. 499
- ni. 51
- -Neveu et Marion.-
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- 802
- Tom. Pag.
- Nodler (Thomas).—Moulins.—M. II. 116
- NoEL pèreetComp.—Couvertures oropholites.—M- II. 356 Noël.—Yeux en émail.— R. B. III. 374
- Noël fils aîné.—Peignes , billes de billard.—B. III. 613
- Nolet (Madame).—Corsets.—M. ’ ' III. 698
- Normand . —Presses typographiques et lithographiques.—A. , II. 239
- Normandes frères.—Perruques.—M. III. 70Q
- Noüalhier et Boquet.—Galvano-cérame.—B. I. 676
- Nouel.—Papiers.—Voy. Callaud-Bélisle frères.
- Nourtier.— Châles.—Voy. Simon.
- Noyer frères.—Soies.—R. B. I. 259
- Noyers.—Marbrés.—Voy. Lande au.
- Noyon.—Par quets.—B. III. 147
- Nozéda (Henri). —Système, d'enrayage progressif ' pour les waggons.—M. . II. 179
- NuMA-GRARet Comp.—Raffinage du sucre.—N. B. II. 783
- Numa-Lôuvet.—Outils pour beaux-arts.—-B. II. 294
- Nys et Comp.—Cuirs vernis.—R., O. III. 576
- Qm ...
- Ober-Muller.—Cartes en relief.—B. II. 525
- Obré.—Fourreaux de sabres, poignards, bWioh-' nettes) etc.—C. III. 635
- Obry fils.— Papiers^Voy. Mellier.;
- Obry-Boulanger.—Bonneterie.—C. I. 364
- Odiër.—Fils de coton, tissus de coton et de laine, tissus imprimés.oy. Gros. v ! t
- Odiot.—Orfèvrerie.—R; O. ' ; I III. il
- Odoux-Bourgeois.—Tissus'de laine.—C. I. 198
- Oger.—Savons.—R. A. II. 669
- Ogereau.—Cuirs et peaux.—R. O. ' ' III. 549
- Ogîer (Auguste).—Fourneaux de cuisine.—C. II. 946
- Oëdrini,—Machine à chiner.—M. ' IL 192
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- 805
- Tom. Pag*
- Ollat et Desvernay.—Soieries.—R. 0. I. 280
- Orbigny (d’).—Librairie.—C. ^ , III. 327
- Oriol.—Velours de laine.—Yoy. Dumont.
- Oriolle fils.—Filature de laine, étoffes* de laine. A. I. 37 Ory.—Houille mise en œuvre.—M. i . < 1. 615
- Osmond et Boismard.—Draperie fine.—B., t • . J-' 92 Osnow.—Meubles laqués.—A. III. 107
- Ottmann-Duplanil.—Reliure.—B. III. 333
- Oudinot-Lutel.-t Tissus de. crin.—N. B. I. 329
- Ousty et Durand.—Romaines et romaines osçil-
- lantes.—M. II. 500
- Ozouf.—Cuirsvernis.— M. III. 587
- P.
- Pagés, Blein et Comp.-^Châles.—A. ; i I. 228
- „ i Fontes. —M. - v „ I. 748
- Paignon. |Aciers.— R. A. , ,, 1. 774
- Paillard.—Couleurs.—Voy. Panier. . , * :. -. ^
- Paillard (Victor).—Bronzes d'art'et d'ameuble- . .
- ment.—N. A.' . .. ;v_ . III. 37
- Paillette.—Brosserie.—C. , .111. -687
- Bxilliette.T-rS.oufflets de forge.—B. I. 805
- Painciiaut et Letessier.—Limes.—C. I. 789
- Paisant fils.—Féculerie.—Voy .‘-.Le Bléis. • • , .
- P aliard. —Papiers peints.—Voy. Pignet jeune fils.
- Palier.—Fils et tissus de coton.—Voy.PouYER-QuERTiER.
- Pallu et Comp.—Plomb.—6. . , ls ;f v I- 622
- Palmer.—Étirage en cuivre, fer et acier.—C. I. 661
- Panay père.—Extraits de bois de teinture, carmin v ; »
- d’orseille.—R.R. • ïï. 884
- Pancera, Duciiavany et Comp.—Trait faux d’or et ... , d’argent.—B. / . _. :!:ï I- 659
- PANiER.et Paillard.—Couleurs.—K. À. . II. -690
- Papavoine et Chatel.—i/ac/wnes à bouter les cardes.
- " — N. A. II. 194
- '• A\ V*
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- — 804 —
- ïom. Pag.
- Pape.— Pianos.—R. 0. II. 533
- Paque.—Préparation et conservation des tétines de ‘ ;
- vache.—M. III. 647
- Paquin.—IFaggon de terrassement.—C. II. 182
- Parant.—Mouture du froment.—B. II. 649
- Paré.—Couvertures.—Voy. LÉ&ER'jeune.
- Pareau et Comp.—Clous d'épingle.—M; I. 662
- Parent aîné.— Couvertures.—B; î. 126
- Parent.—Balances et poids pour le commerce.—A. II. 496
- Paret (Marius).—Draperie jiné.—R. A. I. 83
- Parguez.—Dessins de fabrique.—C. III. 397
- Paris frères.— Tapis.—R. A. * I. 537
- Paris .—Joaillerie, bijouterie.—A. III. 175
- Paris.—Perruques.—C. III. 701
- / t -,
- Paris et Bocquet.—Charrues, scarifîcatéur.—N.M. II. 26
- Parisot.—Coutellerie.—N. B. , I. 844
- .-8 s
- Parizot.—Robinets à gaz.—M. ' II. 632
- Parod.—Treillages en fil de fer.-r-M. I. 662
- Parût.— Outils pour lamineurs et trè fi leurs. — C. I. 661
- Parpaite aîné.—Filature de laine.—B. I.- 51
- Parquin.—Plaqué.—R. A. • j III. 19
- Parrizot.—Cuvettes â bascule pour les eaux ménagères—C. II. 113
- Pascal.—Métiers à tisser—B. ' - - • II. 224
- Pascal.—Échelle-équerre.—M.f ' - - II. 504
- Pasquier.—Instruments aratoires.—Voy. Calland.
- Passerat (Mathieu).—Rubans.—A. • , I. 303
- Passeiueux.—Cordons acoustiques.—B. M . II. 565
- Passot.— Turbines.—M. ^ " ;i> II. 3g
- Patoüliad (Claude). —Draperie moyenne et commune.—Mi ^ 1.119
- Patriau (Ch.).—Étoffes pour gilets.—A. I. 165
- Paturel.—Fouets et cravàches.—Çx. ' ' • III. 627
- Paublan.—Serrurerie de précision —B. * II. 334
- Paüchet.—Fourneaux dè cuisine.—B. II. 944
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-
-
-
- 805
- îom. Pag.
- Pauilhac.—;-Machine à tondre les draps.—M. II. 206
- Paul aîné.—Tissus imprimés.—M. ' - I. 524
- Paul.—Cuirs et peaux.—A. III. 561
- Paul et frères.—Joaillerie, bijouterie.—A. III. 174
- Pauly.—Métiers à tisser.—M. II. 225
- Payée de Vendeuvre (Baron dé)—Faïence /ine.—M. III. 426 Pavie.—Rouet à filer.—G. II. 193
- Pavy ët Comp.—Papiers.—M. ’ III. 542
- Payenjeune.—Bijouterie.-ï-A. • ' \ ' 111. 175
- Payn et veuve Benoît.—Pressoir troyen.—R. A.' II. - 58 Péan et Leconte.—Cuirs et peaux.—M. III. 570
- Pearson.—Dentelles et tulles.—B. - I. 553
- Peccatte.—Archets.—B. i » II. 555
- Pécheloche.—Horlogerie de précision.—M. II. 438
- Péciienard-Nanquette et Comp.— Ustensiles en fer-
- battu et étamé.—B. I. 826
- Péchineÿ aîné.—Maillechort.—R. A. III. 24
- Pecqueur.—Chemins de fer.—R O. ' ^ II. 174
- Peghaire.—Bijouterie dorée et d’imitâtion.—C. III. 190
- Pellerin (Jean).— Toiles et mouchoirs.—C. > ’ - 1. 482
- Pellerin.—Mélophones:—M. II. 586
- Pelletier.— Tissus de coton.—\oy. Déloyse (Fernand).
- Pelletier.—Timbres.—C. vv r I. 653
- Pelletier.—Faux-.—B. r- J < • I., 796
- Pelletier.—Produits chimiques.—Yoy. Boyveau.
- Pellier.—Draperie /me.—Voy. Régnault.
- Pellier.—Mors.—M. i -r r-. • v ; II. 319
- f •. '
- Pellier frères. — Conserves alimentaires.—R. B. II. 643
- Pellouin et Bobé. — Tissus de coton;—À. vé I. 417
- Peltereau jeune frères.—Cuirs et peaux.—O. 111: 551
- Peltier.—Machiné à filer le lin \ la laine et le coton.—B. . . .• II. 191
- Pennequin.—Ebènisterie.—C.' 4 c - : > III. 99 Penoïv—Chaussures.—M. è ' ’ vv« III. 607
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-
-
-
- y.?v
- R. À.
- I. 269 et 271
- I. 544
- II. 600
- III. 646 II. 201
- — 806 —
- Tom. Pag.
- Penzoldt et Rohlffs.—Dessiccation par l’effet de
- la forge centrifuge.—C. . II. 954
- Pequin (Jean).—Filature de laine.-r-B. > I. 51
- Percepied-Maisonneuve.—Plastique par incrusta-r
- tion et concrétion calcaires. —Voy. Laussedat. - ^ !
- Péret.— Nécessaires:—\oy. Berthet.
- Périchon.—Soies.—C. , - '
- Périllieux-Miciielez .—Tapisseries.—M.
- Perin-Lepage. —Arguebuserie. —R. B;
- Pernet.—Bandages herniaires.—Mj Pérot et Poitevin.—Cardes, peignes, etc.
- Perrier.—Soieries.—Voy. Vuciier.
- Perrin.—Pompes.—B.
- Perrin-Dugrivel.—Soies grèges.—C.
- Perris.—Soies grèges.—C.
- Perroçiiel (comte de).—Pressoir.—M.
- Perroncel.—Marbres.—B. ? ^
- Perrot.—Machines'à imprimer.—R. 0.:
- Perrot.—Fleurs artificielles.—B. t .
- Perrot et Malbec.—Meules de grès artificiels.-r-k.
- Perrotet .—Soies grèges.—C.
- Perrucat.—Ganterie.—M.
- Person.—Broderies.—B. ' • - . . ;
- Pertus frères:—Draperie moyenne et commune.—
- Voy. Berthaud’.
- Carmin de safranum, \ ^
- et tissus colorés pour IJ . '
- . , . > Mention pour
- II. 100 I. 270 I. 270
- I. 270 III. 603 I. 556
- Pétard
- (Charles).-
- II. 883
- les fleurs et les ar- ( ^r(jre" m 559 bustes artificiels.— ) - • . ' ;
- Pétibon. — Gravure et fonte des caractères.—TU. III- 260
- Petit.—Pierres lithographiques.-r-B. I. 605
- Petit.'—Coutellerie.—C. I. 852
- Petit (Adrien).—Pompes et clyso-pompes.—N. B. II. 105
- Petit.—Appareils de chauffage.—M. •* II- 950
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-
-
- 807
- Tom. Pag.
- Pêtit.—Dentelles.—Voy. Lefébure et sœur. ' ' <
- Petit-Colin.—Gravure en taille-douce.—C. III; 315
- Petit et Lemoult.—Bougies stéariques.—B. ~ IL 815
- Petitjean ïrèrés.—Bonneterie.—M. - . J. 359
- Vvinvks. —Cuivre estampé verni.—M.. ‘III. '63
- Pétrement.—Calibres.—M. ' . ' * II. 518
- Pétrv et Ronsse.— Porcelaines.—A. III. 439
- Peugeot (Constant) et Comp.—Machine à filer le
- lin et le coton.—N. A. IL 186
- Peugeot aîné et Jackson1 frères.—Quincaillerie. .
- •—A. -..1.-810
- Peupin-— Horlogerie de précision.— A. ' : IL 436
- Peyre et Rocher.—Appareils culinaires et à distiller l’eau de mer. — A. - ; k . 11. 939
- Philippe.—Outils de ferblantier.—C. - L 818
- Philippe.—Machines diverses.— R. O. < . • n; 131
- Philippe.—Montres^—B. ’ ^ ^ . • IL 455
- Philippe. — Ganterie.—M. ' ; "HI. 604
- Philippier —Flotres. -—Vôy. Desbouchaud. ^ ^ , i
- Philippot (Jean)—Marbres.—B. ;I.;580
- Piat.—Engrenages.—R. B. ’ IL 278
- Piâud et Comp.—Cirages.—M. ; •1 • IL 772
- Picault.—Coutellerie. —M. • v I. 850
- Pichenot.-^-Faïence de poêle. — A. m. 414
- Pichot'.—Limes.—M. I. 789
- Picot .—Réparation des tissus gâtés par l’usage. —M. IL 921 Picquet.—Cartes géographiques.——R.A. " 7 II. ; 523
- Picquot-Deschamps.— Fils de coton.—-0. ~ v - r I. 392
- Pidaut.—Arquebuserie.—B. " ; F 'F-- II.' 602
- Pieren.—Poterie d!étain.—R. B. - . , u . ; 1. 646
- Pieron.—Calorifères.—C. ; IL 937
- Pierquin-Grandin et fils.—Flanelles.—R. B^L1.'I. 167 Pierron.—Presses autozincographiques.—M. IL 248
- Pierrot-Grisard.—Ferronnerie.—M. -1.... 870
- Pigache.—Cylindres en acier.—Yoy. Pigné. - î
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-
-
- 808
- , Tom. Pag.
- Pigeault.—Vémis et,cirages.—C. . 11.774
- Pigné et PiGAciiE.—Cylindres en acier.—C. - I. .872
- Pignet jeune fils et Paliard.—Papiers peints.—B., III. 347 Pihet (Auguste) et Comp. Machines-Outils,
- banc à broches.—N. 0. II. 184 et 265
- Pimont aîné.— Tissus imprimés.—0. , I. 512
- Pimont (Prosper).—Caloridore progressif, calori-
- dore alimentateur.—M. -• ,*. II. 957
- Pin-Bayart et Comp.— Tissus de laine.—M. I. 196
- Pinart frères.—Fonderie.—A. I. 744
- Pinson.—Écaille et ivoire factices.—R. B. III. 611
- Piques frères.—Cartons.—C. III. 545
- Piret.—Charrues,—C:, II. 31
- Pirlot. — Bijouterie de strass adamantoïde.—r , . Voy. Bon.
- Pitat et Evrard.—Vernis.—N. M. II. 767
- PiTETaîné.—Brosses et pinceaux pour peintres.—C. III. 382 Pitoux.—Gélatine.—M. / II. 684
- Pivert jeune.—Câbles en chanvre et.en fil de fer.
- —M. I. 663
- {Objets divers en zinc et en
- fonte.—C.. I. 639
- Garde-robes.—C. II. 114
- Pladis.—Machine, à cintrer les bandages de roues.
- —C. , - II. 286
- Plagniol.—Photographe.—M. , ^ II. 491
- Planel aîné.—Soies.—R. M. , I. 264
- Planque et Comp.—Filature de laine.—M. 1- 40
- Plantade.—Pianos.—Voy. Kriegelstein.
- Plataret et Comp.—Cotons'fiés.—R. A. v ' .1. 393
- Plattet frères.—Cuirs vernis.—A. III. 581
- Plénel.—Billards.—C. . . ' III. .143
- Pleyel et Comp.—Pianos.—R. 0. ~ II. 533
- Plichon.—Peluches de soie.-r—Voy . Barthe. . ; f
- Plon.—Typographie.—Voy. Béthune. >, ,,
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-
-
- 809
- ’ . Tom. Pag.
- Pluyette.— Tissus de laine.—M. ‘ ' 1.197
- Pluchet.—Laines à peigne.—B. ;; I. 25
- Plummer.—Cuirs vernis.—R.,0. - . , , IIP 578
- Pochard.—Ébénisterie de sièges.—B. III. -111
- Pochet-Deroche.—Verrerie.—A. ; ,111.' 496
- Pognart.—Machine à scier les dalles.—-Mi II. 284
- Pojlly (de).—Verrerie.—A. III. 497
- Poinsot.—Chapeaux en feuilles de latanier.—R. A. III. 676 Poirier.—Presse à timbrer, presses autozincogra- , ;
- phiques, etc.—N. B. II. 249
- Poirter-Chappuis etComp.— Papiers.—M. III. 542
- Poirot. — Orgues.—B. II. 580
- (Produits chimiques.— A. II. 742
- Poisat , oncle et Comp.—< Acides gras.—Mention
- ( pour ordre. II. 813
- Poisson.—Étain en feuilles.—Voy. Rousseau.
- Poisson.— Tabletterie.^- M. III. 130
- Poitevin et fils.—Draperie fine.—R. O. " I. 70
- Poitevin.—Cardes, peignes, ete.—Voy. Pérot.
- Poitrat.—Calculateur commercial.—M. 1 II. 504
- Poli et Comp.—Fers.—N. B."V 1.721
- Poliot .—Fourneaux dé cuisine. —M ‘ II. 945
- Pollet (Joseph).— Tissus delaine.—B. I. 192
- Polliart.—Ouvrages de tour —M. II. 323
- Polonceau.—Laves artificielles.—-Voy) Moisson.
- Pompon.—Lustres et candélabres en bronze.—R; B. III. 44 Poncet. — Teinture en bleu de France.—Voy. Ma- /, •;
- Pônchon ( Joseph ).—Draperie moyenne et com- ;. i mune.—B. .. • .-ü. • ^ u • 4. 112
- Poncy , Demesse et Comp.—Sellerie.—C.- III. 628
- Ponge et fils.—Châles.—C.' . - ^ > _ rl. ,235
- Pons-de-Paul .—Horlogerie de précision.—R. O. .II. 432 et 468 Ponsàr .—Produits chimiques et pharmaceutiques. - /
- ü Voy. Bérthemot. ^ wnîîW/.W
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- 810
- Tom. Pag.
- Poortmann.—Taxidermie.—B. ' III. 376
- Porcheron (Gaspard).—Farines de légumes cuits et' ' légumes secs décortiqués.—B. • IL 646
- Poreaux et Comp.—Velours ^peluches en coton et soieries.—C. I. 327
- Poret.— Tapisseries fabriquées par un nouveau procédé.—Voy. Vayson.
- Poret.—Scaphandre.—"M. ' II. 41i
- Porlier.—Filigranes.—C. III. 543
- Porquet.—Arquebuserie.—M. II. 603
- Porquier.—Poterie de grès.—Voy. Eloury.
- Portal.—Laines à carde.—A. I. 21
- Portal père et fils.—Draperie moyenne et com-mune.—A. I. 105
- Porteu.— Toiles à voiles.-—Voy. Saint-Marc.
- Porteu fils aîné.— Toiles.—C. . ' I. 495
- PossoT. —Filage du cachemire.—-R. A. I. 53
- Pot-de-Fer.—Enclumes.—R. A. I. §01
- Potel.—Bijouterie de deuil.-—M. III. 202
- Pothier-Jouvenel.—Fourneaux de cuisine.—B. IL 943
- Potton, Crozier et Comp.—Soieries.—^R. O. , . . I. 282
- Pougeois.—Cadrans indicateurs.—C. v II. 5l5
- Poulet.—rFils de plomb.—M. I. 631
- Poulet.—Bandages herniaires.—M. III, 646
- Poumaroux.—-Chapellerie.—S Laville. ... . ,
- Poupinel jeune.—Couvertures.—K. A. I. 122
- Pourchet frères.—Faux.—M. -1, 796
- Pouyer-Hellouin.-—Cotons filés.—rR'. A... A. 395
- Pouyer-Quertier et Palier.—Fils et tissus de coton.
- —A. - . ' I. 389 et 418
- Powell.—Machines à fouler.—Voy. John Hall.
- Pradal.—Châles.—Voy; Bertrand. :
- Prades et Foulc;—'CMÏes.—A;" itW'.v.m- I. 232
- Pramondon (André).— Tissusde coton divers.—R. B: I. 441
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- 811
- Tom. Pag.
- , ( Tricots pour pantalons, etc.—A. I. 108
- Pïut aîné. | Bonneterie.—M. I. 359
- Prélat.—Arquebuserie.—N. B. - II. 601'
- Preney (Gabriel) et Ballard.t--Fonderie.—C. . > I.. .751
- Presbourg.—Brosses et pinceaux pour peintres.—C. III.t 382 Prével.—Vermillon.—M., , II. 701.
- Préville (le chevalier de).—r-Tissus.—G. I. 198
- Prévost.—Fils de laine peignée, mérinos.r—R. 0. I. 31 Prévost fils.—Serrurerie.—rC. - I. 873
- Prévost.—Bronzes d’art.—M. III. 42
- Prévost-Wenzel.—Fleurs artificielles.—B. III .‘ 656 et 662 Prévôt aîné.—Fers.— M. • ” I. 727
- Prieur-Appert.— Conserves alimentaires.—R. 0. Il: 637
- Prin et Comp. — Cuirs et peaux.—A. . III. 559
- Prodon-Pouzet.—Coutellerie.—B. • I. 846
- Profilet .—Marqueterie.—M. III. 125
- Prost (Jean).—Machine à tailler les limes.—M. II. 284
- Protton.—Soieries.—Yoy. Nallès.
- Provensal.—Tissus de coton.—B. 5 I: 420
- Prudiiomme.—Boulons.—R. B. " , v I?* 825
- Prus-G.rimonprez.—Tissus de laine.—A. ' * • - I.'189
- Puget (Antoine).—Soieries.-^-Ki A. ' I;- 310
- Püpil.—Limes.—rN. B. . . 1 I. '787
- Puzin.—Passementerie.—M. ^ . I. 373
- Q. -
- .../ .r r.,.; l.-.Ui '
- Quénard.—Pompes.—M. ' '>^ - -v-: II. 108
- Quentin-Durand.—Instruments aratoires.—C. » • 11. - 33
- Quesnel et Comp.—Fonderie, bronzes d’art.—N. A.' III'. -33 Quesnel-Massif frères.—Rouenneries.—B. 1.-431
- .Qjjévrain.—Basanes vernies, .etc.—M. :1.jh:»K.‘jIII.c586
- Quibel.—Appareil pour empêcher les cheminées.de
- fumer.—Ci -a-.- • a- o ' '..v •• II. 951
- Quiblier (Alexis).—Châles.—B. I. 315
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-
- 812
- • ' Tom. Pag.
- Racine.—Brosserie.—C. m. 687
- Radiguet.—Verres à faces parallèles.—B. il 489
- Raffin père et fils.—Rouenneries:— A. i. 429
- ’ -[ Fers et fontes.—N. A. i. 741
- Raffin (de).— 1 Construction des machines agri-
- • ( cotes.—R. A. < IL 7
- Raingo frères.—Bronzes d’art et d’ameublement. ;
- —B. III. 40
- Rameaux.—Violons.—A. IL 554
- Ramel.—Légumes secs décortiqués.—Voy. Macquet. • ’ -
- Randoing (J.-B.).—Draperie fine.—R. 0. I. 73
- Raoul aîné.—Limes.—N. B. I. 787
- Raoux.—Instruments à vent en cuivre.—0. IL 558
- Rapiianel.—Siccatif brillant. Yoy. Monmorï aîné. •
- Rastier fils.—Draperie fine.— R. B. I. 90
- Ratier.—Soies.—C. I. 270
- Rattier et Guibal.— Tissus imperméables.—R. 0. IL 708
- Ratier.—Peluches noires en soie.—B. I. 326
- Raybaud.—Pâtes alimentaires.—K. A. II. 637
- Raymond-Bocquet. — Fleurs artificièllès.—M. III. 665
- Rebert (Laurent).—Pressoir et ègrappoir.—M. II. 64
- Redarce.—Indicateurs à cadran.—C. IL 322
- Rédarès frères.—Tapis et moquettes.—N. B. I. 539
- Redier.—Montres.—B. IL 456
- Régnault et Pellier. — Draperie fine.—B. I. 92
- Regnier.—Bougies stéariques.—B. IL 815
- Regnier. —Perruques.-r-C. III. 701
- Reichenecker et Comp.— Tuyaux en terre cuite.
- '• -M. .<> ' IL 963
- Reidon (Émilien).—Soies.—R. A. " < I. 250
- Reine.—Daguerréotypes.—rM. IL 519
- Rémond.—Gravure de dessins à la mine de plomb « par un procédé particulier.—M.
- III; 312
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-
- > foui. Pag.
- ÈENARb (Adolphe).—Draperie fine.—O. ' I. 77
- Renard (Pierre).— Toiles.—C: ' • ‘ I.' 492
- Renard.—Serrurerie.—C. I. 873
- Renard.—Outils pour beaux-arts.— A. - II. 292
- Renard.—Cheminées mobiles.'— M. II. 946
- Rènaudet-Cognac.— Broderies.—M. I. 555
- Renaudière. —Mousselines.—R. R. I. 442
- Renault.—Fonderie de caractères.—Voy. Duhault. '
- Renault.—Cartes à jouer.—C. III. 624
- Rennes.—Brosserie.—M. : 1 m. 686
- Renodier.—Coutellerie.—N. M. • i. 848
- Renodier père et fils.—Rubans.—M. - i. 306
- Renout fils.— Toiles.—C. . . *- i. 492
- Repiqüet.—Soieries.—Voy. Balleydier. ; . — % , .S . i " A
- Requillart. — Tapis.—Voy. Roussel; , - , . . , -: **L ’ : -,
- Requillart-Screpel. — Tissus de colon et l'aine.- —A. i. 186
- Reulos.—Cuirs et peaux.—R. A. m. 555
- Réveilhac fils et Comp.—Cuivre laminé.—R. B. i. 635
- Révilliod et Comp.— Tissus imprimés. —B. ' i. ,V.‘ ' 523
- Revol père et fils. —Porcelaines hygiocérames.- III. 451
- Rey (Victor).-—Cueille-trèfle.— M. . II "72
- Reydor frères.—Grosse horlogerie.—M. 11. 449
- i Reymondon-Martin.—Dynamomètres, pesons à res-
- sort, indicateurs' de pression pour cylindres de J ; * .
- machines à vapeur;.—:R. A( ; ’ . »* / II. 500
- Reynaud père et fils.—Châles.—B. •' I. s 234
- Reynaud (Joseph).—Blanchîment des toiles de fih
- des bas, des gants, des écheveaux de coton.- -M. II. ‘895
- Reynier.—Soieries.—Vov. Vucher. j • > ' A
- Reynier^—Ganterie.—B. 4 ' III 601
- Rheins.—Etoffes-imprimées en relief.—B. : I. 3 527'
- Ribeaucourt-Notte. — Étoffes de laine.—M.' >; ' I. 197
- Ribeyrol.— Fers.—C. ' ! I. 728
- Ribouleau (Ferdinand-Joseph). — Draperie , fine. "
- , —R.A. ^ K I. 83
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- ( Tom. Pag.
- Ricaux fils et Comp.—Châlesde laine damassés.—C. 1. 154 Richard (Benoît) et Comp.— Tissus de caoutchouc
- mélangés de soie et de coton.—M. I. 374
- Richard.—Battant brocheur.—C. , II. 227
- Richard.—Machines à calculer.—M. , , II. 504
- Richard.—Bijouterie de deuil.—N. B. III. 201
- Richard-Dorival.—Enclumes et étaux.—B. I. 803
- Riciiebourg.—Instruments d'optique et d’arpentage.
- -Ç. 11.492
- Richelme (François).—Conserves alimentaires.—C. II. 665 Riciiond et Comp.—Rubans.—B. - I. 305
- Rieussec.—Horlogerie de prècision.-r-k. II. 435
- Rigal.—Pompes.—Voy. Jacomy.
- Rigat.—Draperiemoyenne et commune.— B. I. 112
- Rigaud jeune.—Ganterie.—C. III. 604
- Rignoüx.—Fonderie de caractères.—R. B. III. 259
- Rigolet.—Compas-mesure pour la chaussure.—Ç. III. 609
- Rigollot-Chuard.—Gazoscope.—B. II. 831
- Rimlin frères.—Ébénisterie.—M. f ' * III. 96
- Rinaldi.—Pianos.—M. II. 548
- Ringaud jeune.—Produits chimiques.—B. II. 754
- Rînguet-Leprince.—Ébènisterié.— N. B. III. 90
- Risler-Schwârtz et Comp .—Filature de laine.,—A. I. 35
- Rivaud (Gustave).—Extirpateur.—M. II. 40
- Rives (Ulysse) et Comp.^—Flanelles et espagnolettes. . , f —B. - ^ 1.116
- Rivoire.—Soieries.—Voy. Ciiastel.. - v
- Rivolier.—Velours de laine.—Voy. Dumont.
- Rivot de Bazeuil. — Toiles cirées.—M. \ III. 598
- Roard de Cliciiy et Comp.—Céruse.T-^B. 0. II. 729
- Robert (Édouard);—Tissus imprimés.—R. A. . I. 514 Robert (Alexandre) etComp.—Cuivre, étainaffiné.
- —M. •. I. 636
- Robert et Comp.—Feuilles d’étain.—M. I. 648
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-
- — 815 —
- Tom. Pag.
- Robert (Eugène).—Soies.—Yoy. Buisson-Juglar. -
- Robert (Henri).—Horlogerie de précision.—O. II. 431
- Robert . — Horlogerie de précision.—B. II. .437
- Robert.—Lampes. Liquides pour l’éclairage.—
- N. A. - II. 623 et 822
- Robert.—Appareils à chauffer les voitures.—C. II. ‘937
- Roberti—Registres.—B. ' . ^ > III. 617
- Robert aîné. — Cuirs et peaux.—M. ’ , III; 569
- Robert de Massy.—Distillerie , traitement des mê- -. lasses de betteraves.—A. , • ' ‘ -IL" 787
- Robert-Houdin. —Pièces détachées d’horlogerie, au- . -tomates.—A. * ^ II. 472
- Robert (François), Launay et Hautin.—Décora- — -tion de verrerie.—A. III. 462
- Robert-Thomas.—Objets én fer platiné.—M. I. 816
- RoberttWerly et Comp.—Tissus pour corsets.—C. I. 437 Robichon et Comp.—Rubans.—O. I. 299
- Robin.—Bougies stéariques.—C.. / -'.AIL 822
- Robine.—Essai des farines.—B. — IL 647
- Robinet.— Travaux divers sur l’industrie de la
- soie'.—Voy. Millet. ?
- Robinet.—Gravure en caractères.—M. - r III. 265
- Robinet.—Gravure à Vaqua tinta.—C. III. 315
- Roch (Urbain)-.-^-Draperiemoyenneet commune.—M. L 119 Roche (J.-C.).—Rubans.—G. ' I. 306
- Roche.—Soieries.—Voy. Doux; ü ü
- Roche.—pitrerie.—B. v : > III. 226
- Rocher.—Appareils culinaires-et à distiller Veau \ • > de mer.—Voy. Peyre. , M-—
- Rockel-Dubut.—Lampes.—B. . # . —IL 630;
- Rocle.—Marbres.—B. A ^vn-.A- L 586
- Rodanet.—Montres.-T-k. a •'gA-A-',. *- IL 452
- Rodel.r—Bronzes d’art et d'ameublement.—B. * III. < 41 Rodet.—Chapellerie.—Voy. Blache. -, 5 ; > I
- Rogeat frères.—Poêles-cuisines en fonte, etc.—A. IL ' 941
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- Torn. Pag.
- Roger (Bernard) aîné.—Draper ie moyenne et com-
- mune.—A. / , - I. 107
- Roger frères.-^ Fils de laine peignée, mérinos.—M. I. 43
- Roger fils.—Meules.'—B. < I. 598
- Roger.—tjBattants, pièces en acier et en cuivre fabriquées à la filière.—R. B. I. 658
- Roger.^-Machines à mortier et à béton.—B. II. 351
- Roger.—Pianos.—Voy. Faure.
- Rogez.—Pianos.—R. M. II. 545
- Rohden.—Mécanismes pour pianos.—A. II. 550
- Rohlffs.—Dessiccation par Veffet de la force centrifuge.—Yoy. Penzoldt.
- Rojon.—Émeri.-^B. I. 595
- Roll.—Ébénisterie.—M. III. 95
- Roller et Blanchet.— Pianos.—R. O. II. 534
- Romagnési aîné.—Sculpture en carton pierre. — R. A. III. 48 Roman.—Fils de coton, tissus de coton et de laine, tissus imprimés.—Voy. Gros.
- Rondeau.—Bonneterie.—M. I. 357
- Ronsse.—Porcelaines.!—Voy. Pétry.
- Ropert et Comp.—Pompes.—C. II. 110
- Roques.—Cuirs et peaux.—R. M. , ^ III.,/ 567
- (Charrues.—N. A. IP 14
- Rosé et Comp.—'Appareil à fabriquer le gaz light.
- , : ; . \ —Pour mémoire. II. 829
- Rosellen.—Pianos.— R. M. II. 545
- Rosselet.—Liquide chrysopalingènésique pour la révivificatiôn des dorures sur métaux et sur bois.
- —M. III. 189
- Rosset.-—Soies.—Voy. Gérin fils. .'r • ; - . . , '
- Rosset.—Châles.—M. -• . v I. 226
- Rostaing et Comp.—Filature du lin.- -M. I. 472
- Roswag et fils.^—Toiles métalliques.— -R. 0. I. 664
- Roth.—Machines arithmétiques, compteurs, etc. *
- ' r^B* ’ , ’Vi .. . ' ri' • II. 503
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-
- 817
- -N. M. -R. B. -N. B. -R. B.
- R. B.
- Tom. Pag.
- Rottëe.—Machines à bouter les rubans de car-
- des, etc.—R. M. II. 281
- Rouche.— Lampes à gaz hydrogène liquide. —
- \ (j. XJ.. o32r
- Roudier.—Terres cuites.—B. III. 404
- Rouen.—Lampes. Carbures d’hydrogène appliqués
- à Véclairage.—A.
- Rouet et Comp.—Cuirs et peaux.-
- Rouffet père.—Machines, outils.-
- Rouffet fils.—Machines à vapeur.
- ~ ^ f Tapisseries.-
- Rouget-Delisle.— < ,. , T
- ( Machine a dessiner.
- Rouillard.— Tonnellerie.—M.
- Rouland.—Cirages.—C.
- Roullier.—Verrerie.—M.
- t. . ( Cires à cacheter.—R. B.
- Roumestant îeune.— < „ . ^ _ _
- J ( Registres.—R. B. .
- Rousée.—Calicots.—B.
- Rousseau.—Fils de laine peignée.—M.
- Rousseau père et fils.— Toiles.—A. . ;
- Rousseau.—Appareil propre à la fabrication des vins mousseux, à l'essai et au bouchage des bouteilles.—A.
- Rousseau.—Appareils de chauffage.—C.
- Rousseau.—Décoration de la porcelaine.—0.
- Rousseau et Poisson.—Étain en feuilles.—M.
- Roussel.—Cuirs et peaux.—Yoy. Bérenger.
- Roussel (veuve) et Courtépée.—Cuirs et peaux.
- —B.
- Roussel-Dazin.—Tissus de laine.—A.
- Roussel et Desprez.—Cuirs vernis.—B. -
- Roussel, Requillart et Giiocqueel.—Tapis.— N. A. Rousselet (Antoine).—Draperie fine.—O.
- Roussevillé.—Poterie d'étain.—R. M. •
- Roussille frères.—Bougies stéariques.—:M.
- m. 52
- II. 624 et 826 III. 567 II. 277 II. 147
- I. 543
- II. 228 II. 323
- II. 774
- III. 504
- II. 769
- III. 617 I. 418 I. 40 I. 485
- II.
- II.
- III. I.
- 836
- 951
- 454
- 647
- III.
- I.
- III.
- I.
- I.
- I.
- II. 821
- 564
- 186
- 585
- 537
- 76
- >646
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-
- — 818 —
- Tom. Pag.
- Roussin.—Presse lithographiques—M. II. 247
- Roussy (Casimir).—Soies.—A. I. 255
- Roussy;—Soieries.—O. I. 560
- Rouvet.—Instrumentsgraphiquês.—M. II. 519
- Rouvière frères.—Soies.—R. R. L 259
- Rouvière, Cabane etComp.—Bonneterie.—R. M. L 353
- Rouxel (Frédéric).—Préparation et teillage du
- chanvre et du lin.—M. I. 463
- Rowcuffe frères.—Vis à hois.—M. I. 827
- Royer fils et Charmois.—Ébénisterie.—A. III. 87
- RovoLetDEPiERRis.—Rouleaux typographiques.—C. III. 297 Rozan père et fils.— Verrerie.—R. M. III. 503
- Rozé.—Machines planétaires.—M. II. 527
- Rozier.—Bronzes pour églises.—M. III. 42
- Ruas et Comp.—Soies.—M. I. 267
- Ruaud (J.-B.).—Porcelaines.—M. III. 445
- Rurie.—Papiers peints.—Voy. Rupp.
- Rudolphi.—Orfèvrerie, joaillerie et bijouterie.
- —R. 0. III. 7 et 162
- Ruef et Bicard.—Draperie fine.—B. I. 93
- Ruel (veuve) et fils, et Dumas.—Bonneterie.—A. I. 341
- Ruffié (Alexandre).—Aciers et faux.—R. 0. I. 773 et 794 Ruhmkorff.—Instruments de physique.—A. II. 484
- Rupp, Rubie et Comp.—Papiers peints.—A. III. 350
- Rypinski.—Dessins de fabrique.—B. III. 391
- S.
- Sabatier. — Coutellerie.—R. A. I. 841
- Sabatier-Blot.—Épreuves daguerriennes.—M. III. 383
- Sabran (Véran) et G. Jessë.—Tissus de laine, soie et coton.—A. I. 149
- Sagnier(Louis) et Comp.—Bascules-romaines.—A. II. 498
- Sagnier-Teulon.-"'Joignes.—B. I. 315
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- 819
- Tom. Pag.
- Saint-Étienne père et Saint-Étienne fils.—Appareils pour fèculerie.—k. ’ II. 793
- Saint-Marc (veuve), Porteu , et Tetiot aîné.—
- Toiles à voiles.—R. A. I. 493
- Saint-Maurice-Cabany (veuve).—Papeterie.—B. III. 618
- Saint-Paul (veuve) etfils.— Toiles métalliques.—R. A. I. 665 Saint-Paul.—Objets en fonte malléable.—Voy. El-liot (Thomas).
- Saint-Pol et Comp. —Fer galvanisé.—R. O. I. 640
- Saintoin frères.—Chocolats.—M. II. 657
- Saisse fils (Hippolyte) et Comp.—Savons.—M. II. 674
- Sajou.—Dessins sur papier carrelé pour tapisseries.
- —M. III. 394
- Saladin.—Compteurs, encliquetages à pressions
- alternatives, etc.—B. II. 501
- Salin (Jacques-Maillard).—Quincaillerie.—A. I. 811
- Sallandrouze (Alexis).— Tapis.—R. B. I. 539
- Sallandrouze (J.-J.).— Tapis.—A. I. 538
- Sallandrouze-Lamornaix.— Tapis.—Hors de concours. " I. 534
- Salleron.—Papiers de fantaisie.—B. III. 622
- Salleron et Wagner.—Compteurs à seconde.—M. II. 514
- Salmon.—Couvertures.—Yoy. Fourché.
- Salmon.—Poterie de grès.—M. III. 429
- Salmon et Duval.—Mousselines.—R. B. I. 441
- Salomon.—Huiles épurées pour Vhorlogerie.—C. II. 849
- Salomon.—Polygraphie.—M.j III. 362
- Sampson.—Garde-robes.—C. 11.114
- Samson.—Instruments de chirurgie.—0.' I. 840
- Sxmvoz.-r-Scari/îcateur.—C. 1 ' I. 851
- Sanford, Yarrall et Legrand.—Papiers goudrons.
- M. .. III. 542
- Sangouard père et fils.—Châles damassés.—M. I. 153
- Sanguinède.—Cordes en acier trempé pour pianos.
- —B. ’ II. 567
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-
-
- 82D
- îom. Pag.
- Sanre\ et Ulvsse.—Théâtres de société.—C. III. 637
- Sapey.—Albâtres.—M. I. 589
- Saron frères.—Fourneaux-cuisines et calorifères.
- -G. II. 946
- Sarrazin. — Marbres factices. — Voy. Ber-thommé.
- Sarvy et Moléon.—Filature de lin.—M. I. 473
- Saulcy (de).—Régulateur solaire.—M. II. 528
- Saui.nier aîné.—Machines-outils.—R. O. ' II. 264
- Saunier.—Montres.—B. II. 454
- Saunier (madame). - Brosses et pinceaux pour peintres.— N. B. III. 379
- Sauraux.——Billards.—C. III. 145
- Saurel.— Tapis.—Voy. Laval.
- Sauvage (Réné) et Comp.—Soieries.—B. I. 292
- Sauvage.—Sculpture des marbres à la mécanique.
- —B. III. 232
- Sauvegrain.—Cuirs et peaux.—M. III. 570
- Savard.—Hausse-cols et cuivre doré pour uniformes.—B. III. 188
- Savaresse (Martin).—Chanterelles pour violons,
- harpes et guitares.—R. B. II. 566
- Savaresse fils.—Cordes à boyau pour instruments
- de musique.—B. IL 567
- Savaresse (Henri).—Cordes à boyau et chanterelles
- en soie pour instruments de musique.—M. IL 568
- Savaresse-Sara.—Eaux gazeuses.—A. IL 834
- Savary.— Stores et écrans.—M. III. 68
- Savary.— Cadres en bois verni.—C. III. 156
- Savouré (Madame).—Articles de pêche.—M. III. 632
- Savoye (Firmin).—Soieries.—h. A. I. 288
- SAvoYEpère.—Semoir.—B. IL 45
- Savoye.—Plâtre aluné.—B. III. 216
- Savreux (veuve).—Fils à dentelles.—C. L 474
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- Tom. Pag.
- Sax et Comp.—Instruments à vent en cuivre et en bois.—A. II. 559 et 561
- Sayet (veuve).—Papiers de fantaisie.—M. III. 622
- Schattenmann.—Engrais.—M. II. 855
- Scheibel et Loos.—Machines à fier le lin, la laine
- et le coton.—N. B. II. 189
- Sciiellinck.—Encens.—M. IL 764
- Scheurer , Gros et Comp.—Tissus imprimés.—B. I. 520 Schiertz.—Daguerréotypes.—B. ' II. 518
- Sciilumberger (Médard).— Tissus de laine, de soie et
- de coton.—B. I. 426
- l Fils de coton—R. 0. I. 390
- Schlumberger \ Filature de lin.—R. 0. I. 466
- (Nicolas)etComp.—j Machines à filer le lin, là
- \ laine et le coton:—R. 0. IL 183 Schlumberger (Jean) jeune et Compagnie.— Tissus
- imprimés.—0. I. 511
- Schlumberger et Hofer.—Cotons filés.—A. I. 395
- Schlumberger-Schwartz.—Linge de table.—B. I. 477
- Schlumberger, Koechlin et Comp.—Tissus imprimés.—R. 0. I. 507
- Schmaltz et Thibert.— Peluches en soie noire pour chapellerie.—0. I. 321
- Schmalzer-Weiss.—Draperie.—C. I. 96
- Schmidborn et Comp.—Aciers.—B. I. 778
- Schmidt.—Draperie fme.—Voy. Bourguignon.
- Schmidt.—Limes.—R. A. I. 786
- Schmitt.—Enclumes et étaux.—R. B. I. 802
- Schmitt.—Arquebuserie.—G. IL 606
- Schneider frères et Comp.— Bateauxàvapeur.— N.O. IL 391 Schneider et Langrand.—Imprimerie.—B. III. 288
- Schoen.—Pianos.—A. IL 540
- Schonenberger.—Librairie musicale.—G. III. 327
- Schultz.—Pianos.—M. IL 548
- Schwartz.—Filature de laine.—Yov. Risler.
- 4/
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- Tom. Pag.
- Schwartz.—Instruments de marine et de géodésie.—k. ? II. 507
- Schwebel.—Draperie fine.—Voy. Bourguignon.
- Schweig.—Instruments de physique.—B. II 486
- Sciiwilgué père.—Horlogèrie de précision.—0. II. 442
- Scot et Delacour.—Bonneterie.—C. . I. 360
- Scott .—Machines à fouler.—Yoy. John Hall.
- Screpel (César).—Tissus de laine.—M. I. 197
- Screpel-Lefebvre.—Tissus de laine et de coton.—A. I. 184 Screpel-Roussel.— Tissus de laine et de coton.—A. I. 188
- „ „ . ( Toiles.—M. ' I. 490
- Scrive ireres— { „ . n _ TT ___
- ( Cardes.—R. 0. II. 199
- Scrive-Labbe et Scrive (Édouard).—Filature de lin
- et d’étoupes.—0. I. 466
- Second, Fortoul et Comp.—Escots divers.—C. I. 158
- Sedille.—Instruments dephysique et d’optique.—C. IL 493
- Segretin.—Fleurs artificielles.—M. III. 664
- Seguin.—Dentelles.—M. , I. 554
- Seguin (Nicolas).—Huiles essentielles.—C. II. 845
- Î Marbres.—A. . , I. 584
- Sculpture et gravure des marbres à la mécanique, mosaïques.—A. III. 229 et 238
- Seguin (Madame).—Chapeau de femme se démontant pour l’emballage.—M. III. 675
- Sehet.—Cardes.—B. II. 203
- Seib.—Toiles cirées.—R. A. III. 594
- Seidel.—Marqueterie.—C. III. 125
- Seigneurgens.—Bonneterie.—C. I. 363
- Seillière (E.) et Comp.—Cotons filés.—R. A. 1.^ 394
- Séjournet fils.—Pâtes alimentaires.—B. II. 650
- Sellier.—Fils de coton.—M. I- 399
- Sellier (Victor).—Ébènisterie de sièges.—B. III. 111
- Selligue.—Épurationdescarburesd’hydrogène.—A. II. 871 Senly père.—Faïences émaillées.—M. 1 III- 412
- Senn (veuve).—Corsets.j—M. III. 698
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- 823
- Tom. Pag»
- Séraphin.—Machines à vapeur.—M, II. 153
- Serpinet:—Carmin d’indigo.—M. II. 702
- Serpolet.—Peluches encotonpourchapéllerié.—M. I. 327
- Serre.—Serrurerie.—M. I. 869
- Serre.—Boîtes ou écrous pour l’enrayage des charrettes.—C. II. 329
- Serre (L.).—Châles.—B. I. 234
- Serret, Lelièvre et Comp.—Fers.— 0. I. 707
- ! Lampes hydrostatiques.—N. B. II. 627
- Bronzes d’art et d’ameublement.—
- R. A. • III. 38
- Serveille aîné.—Chemins de fer.—B. II. 177
- Sevaistre aîné et Legris.—Draperie fine.—R. À. I. 85 Sevestre fils et Comp.—Papiers peints.—B. III. 347
- Sibille et Comp.—Limes.—M. . I. 789
- Sichel-Javal.—Savons.—R. A. II. 670
- Sidney de Meynard.—Soies.—B. I. 263
- Sieurin (veuve)—Ouates.—C. I. 401
- Signoret (Édouard).—Colles fortes.—B. IL 681
- Silbermann.— Typographie.—A. III. 280
- Silvant.—Lampes.—M. IL 632
- Simier.—Reliure.—R. A. III. 330
- Simon.—Dentelles.—Yoy. Videcoq.
- Simon.—Passementerie.—Yoy. Gaillard.
- Simon (Jules) etComp.— Plomb et zinc laminés.—A. I. 628
- Simon.—Machine à cambrer les tiges de bottes.—B. IL 280
- Simon.—Archets.—M. IL 556
- Simon.—Cirages galvano-chimiques.—Yoy.Couturier.
- Simon.—Tabletterie.—B. III. 128
- Simon fils (Émile).—Lithographie.—B. A. III. 356
- Simon et Giroux.—Lorgnettes-jumelles.—M. II. 492
- Simon et Nourtier.— Châles.—R. A. I. 219
- Simon-Vernay et Comp.—Fers.—M. I. 725
- Simondant , Bonnet et Comp. — Étoffes de laine ' pour meubles.—B.
- I. 150
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- Tom. Pag.
- Simonin (François).—Sulfate de magnésie.—R. M. IL 758 Siney père et fils.—Fils écrus.—C. I. 479
- Sintz.—Ebènisterie de sièges.—M. III. 113
- Siret.—Garde-robes.—M. II. 113
- Sirodot, Mouciiet et Comp.—Fils de fer, chaînes et pointes.—B. ^ I. 659
- Sirot père.—Chevilles en fer et en cuivre.—B. I. 661
- Siry , Lizars et Comp.—Compteurs à gaz.—B. . IL 502 Sivel-Caron et Comp.—Châles.—B. I. 224
- Six (Henri).— T'issus de laine.—M. I. 197
- Société anonyme des ardoisières de Rimogne et de
- Saint-Louis-sur-Meuse.—A. I. 602
- Société anonyme pour la filature du lin et du chanvre a Amiens.—0. 1. 467
- Société anonyme pourlafilaturedu chanvre aOzé.—A. I. 469
- Société anonyme du marais et de Sainte-Marie.—
- Papiers.—R. 0. III. 522
- Société anonyme de la papeterie d’Écharcon;—R. 0. 1IL 524
- Société anonyme du Souche.—Papiers.—A. III. 532
- Société des ardoisières d’Angers.—0. I. 600
- Société des forges de Paimpont.—B. I. 723
- Société de la Vieille-Montagne. — Zinc laminé.
- —R. A. I. 638
- Soeiinée frères. — Vernis.—R. A. IL 764
- Sohet-Tiiibault frères.—Féculerie.—C. IL 802
- Soiin (Jules).—Matière plastique pour les objets de sculpture.—M. 111. 246
- Soisson.—Serrurerie.—M. I. 870
- Soleil.—Instruments d’optique.—A. ' IL 485
- Somborn et Comp.—Quincaillerie.—B. I. 813
- Sompairac aîné (Guillaume-Luc). — Draperie
- moyenne et commune.—K. A. I. 100
- (Appareils de sûreté.—M. ' IL 156
- Sorel.— '' Appareils de chauffage, couveuse arti-\ ficielleP etc.—Pour mémoire.
- IL 958
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- 825
- Tom. Pag.
- Sorin fils.—Cordages.—M. II. 420
- Sorrel-Berthelet et Comp.— Cuirs et peaux.—B. III. 564 Soubeÿrand.—Soies grèges.—A. I. 257
- Soucaret fils. — Tissus pour bluterie.—Voy. Couderc.
- Souchières.—Polysoc autorecteur.—Voy. Godefroy.
- Souchon.—Filtres en laine tontisse.—Voy. Bernard. . Soufléto.—Pianos.—N. A. . II. 538
- Sourd frères.—Filature de laine.—R. A. I. 32
- Souty.—Dorure sur bois et sur carton-pierre.—M. III. 71 Soyer.—Limes.—R. B. I. 787
- Soyer.—Cuirs vernis.—M. III. 587
- Soyer, Ingé et fils.—Fonderie^ bronzes d’art.—R.O. III. 31 Soyer-Vasseur.—Étoffes pour gilets.—Voy. Lefeb- • vre-Ducatteau (Veuve).
- Speiser.—Dessins de fabrique.—G. , III. 397
- Stackler.— Tissus imprimés.—A. I. 518
- Stamm et Comp.—Machines à filer le lin, la laine et le coton.—B. II. 191
- Stammler.—Objets de fantaisie en fils de fer et de cuivre.—M. I. 666
- Draps feutres.—
- Mention pour ordre. I. 128
- 1 Machines diverses.—R.O. II. 175
- Steinbach.—Tissus imprimés.—Voy. Blecii.
- Stéhelin (Charles et Édouard).-
- ... , , ( Tissus imprimes.—B.
- Steiner(Charles).—<> . ,
- ^ 1 \ Teinture en rouge turc.-
- Steverlynck.—Couleurs.—M.
- Stiiormayères. —Jouets d’enfants.—C.
- Stoltz.—Coutellerie.—C.
- /Pompes.—Pour mémoire.
- Stoltz fils.— ' Machines à vapeur, appareils pour
- ( féculerie, etc.—N. B; II. 148 et 796
- I. 521 B. II. 914
- II. 700
- III. 637 I. 853
- II. 110
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- Tom. Pag.
- Stot (Madame).—Fleurs artificielles en coquilles-,
- —C. III. 667
- Supot.—Registres.—C. III. 619
- Suret.—Orgues.—B. - II. 579
- Susèr.—Cuirs et peaux. Chaussures.—B. III. 566 et 605 Suwerinck.—Imprimerie.—C. III. 296
- Sylvent.—Soieries.—Voy. Ballëydiér.
- Sylvestre frères. — Violons.—B. II. 554
- T.
- Tabard aîné.—Tapis.—B. I. 540
- Taborin.—Limes.—B. I. 788
- Tachet.—Instruments graphiques.—M. II. 519
- Tagot.—Cuirs vernis.—Voy. Merlant jeune.
- Taillandier (Louis-Henri).—Coutils i-r-A.. I. 496
- Talbot fils.—Draperie moyenne et communer—B.B. I. 110 Talmours (de) et Hurel.—Porcelaines.—R* O. III. 431
- ! Machines à vapeur.—A. II. 146
- Réfrigérant pour les brasseurs.—
- Mention pour ordre. II. 865
- Tangre.— Tamis métalliques.—-C. . I. 667
- Tantenstein et Cordel.—Fonderie de caractères.
- —A. III. 257
- Tard.—Appareils de filtrage.—B. IL 967
- Tardif;—Passementerie.—Voy. Jury fils.
- Tarin.—Ganterie.—C. III. 604
- Tarpin-Brémal.—Balances de précision.—M. IL 500
- Tarride fils et Comp.—Marbres.—A. I. 577
- Taulet.—Fonte des suifs.—B. IL 817
- Taverna.—Cheminées-calorifères.—M. IL 950
- Tavernier.—Baromètres et thermomètres.—M. IL 492
- Tavernier.—Cuirs et peaux.—M. III. 570
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- 827
- Tom. Pag.
- Teillard.—Soieries.—O. I. 284
- Teissier-Ducros.—Soies.—R. O- I. 243
- Telhiard etComp.—Coutils.—B. I. 497
- Tenet.—Satins vernis.—Voy. Clercx. .
- Ternynck frères.—Tissus de laine, de coton et de fil.—O. I. 177 Terrasson de Montleau.—Laines à carde:—A. I. 21
- Tesse-Petit.—Cotons filés.—R. A. I. 395
- Tesson.—Colles fortes.—R; M. II. 682
- TETiOTaîné. — Toiles à voiles.—Voy. St-Marc (veuve). Tettelin-Montagne.—Stuffs.—B. I. 195
- Texier.—Plastique de pierres factices.—B. III. 215
- Teyter aîné et Comp.—Rubans.—A. I. 303
- Teytüt aîné.—Chaussures de femme.—C. III. 608
- Tiiébaud frères.—Farines ètuvées et biscuits d'embarquement.—B. II. 645
- Thénard.—Barrage mobile.—0. II. 337
- Tiiéret.—Mosaïques de marqueterie, mosaïques en relief.—A. III. 239 et 241
- Théry.—Cuirs et peaux.—M. III. 572
- Thibault.—Cires à cacheter.—M. 11/ 770
- Thibault frères.—Bougies stéariques.—M. II. 820
- Thibaut (Germain) et Chabert jeune.—Tissus de -
- laine, soie et coton.—0. R 146
- Thibert.—Peluches desoienoire pour chapellerie.—
- Voy. SCHMALTZ.
- Tiiibert.—Préparations d'anatomie pathologique.
- —N. A. III. 373
- Thibout.—piolons.—R. A. II. 553
- Thiébaut.—Cuivre et bronze.—R. 0. <• I. 633
- Thierrat.—Soieries—Voy. Nallès. .
- Thierry.—Carreaux et tuyaux déplâtré.—M. III. 223
- Thierry fils.—Lithographie.—R. A. 111:356
- THiLLARD-(Jules).—Draperie fine—M. I. 95
- Thiolier aîné.—Draps cuirs-laines.—M. I: 119
- Tiiirion.—Pompes.—B. II.’102
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- ' Tom. Pag.
- Thiiuon-Guidon.—Ébénisterie de fantaisie.—C. III. 118 ThirvIxIs.— Cuirs et peaux.—M1. III. 571
- Thomas frères.—Soieries.— R. O. I. 308
- Thomas (Louis).—Outils de forge.—B. I. 805
- Thomas.—Machines à calculer.—M. II. 504
- Thomas.—Bronzes pour magasins.—C. III. 45
- Thomas et Laurens .— Travaux métallurgiques.—0. 1. 756 Thomas et Vallery.— Grenier mobile.—R. 0. II. 56
- Thomeret.—Billards.—Voy. Guilelouvette.
- Thomire et Comp.—Bronzes d'art et d'ameublement.—R. 0. III. 35
- Thonnelier père.— Presse monétaire.—0. . IL 272
- Thorey et Virey.—Fonderie de caractères.—B. III. 261
- Thoumin et Corbière.—Cuivre estampé verni.—B. III. 60
- Tiiouret.—Montres.—B. II. 456
- Thuvien.—Presses lithographiques.—B. II. 243
- Tiiuyau et Turpault.—Flanelles.—M. I. 119
- Tillancourt (de).—Soies.—M. I. 267
- Tillant.—Flanelles. —Voy. Bonraisin.
- Tindel.—Goudrons.—Voy. Camus.
- Tiné.—Coffres à compartiments pour emballages.
- —C.
- Tirrart.—Sculpture en carton pierre.—R. B. Tissier.—Gravure en relief sur pierre.—B.
- T ixier-G o yon .—Coutellerie. —M.
- Torcapel.—Tulles brodés.—B.
- Torne (Charles).—Soies.
- Touaillon.—Machine à rhabiller les meules. Tourel.—Velours de cachemire.—M.
- T ourneux .—Serrurerie.—C.
- Tournier.—Aciers.—M.
- Tournier . — Cuivre estampé verni.—B.
- Touzé (Alphonse).—Draperie fine.—A.
- Touze.—Tuyaux sans couture.—M.
- Touzet.—Bourrellerie.—C.
- III. 630 III. 50 III. 309 I. 849 I. 554 I. 268 IL 117 I. 152 I. 873 I. 779 III. 61 I. 86 I. 499 III. 628
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- — 829 —
- Tom. Pag.
- Tracol (Henri) Mégisserie.—M. m. 575
- Tranchard-Froment.—Fils de laine peignée.—0. i. 31
- Tranchât fils.—Lisage à clavier.—M. h. 226
- Trarieux.—Flotres.—C. m. 547
- Travanet (vicomte de).<—Turbines.—M. ii. 87
- Travers fils.—Constructions en fer.—B. i. 864
- Traxler et Huillier.—Fers.—M. i. 726
- Tréboul.—Appareil à dessécher la fécule.—M. h 954
- Trélon et Langlois-Sauer.—Boutons en métal et en
- soie.—B. m. 612
- Tremblay (baron du).—Décoration de faïence fine. —B.
- III. 426
- Trempé jeune oncle et neveu.—Préparation des
- III. 591 III. 296 II. 811 II. 143 II. 508
- I. 427
- II. 699
- Trintzius et Breton.—Serrurerie de précision.
- —C. II. 336
- Trioullier.—Orfèvrerie.—A. • III. 15
- Tripier-Devaux.—Vernis.—B. II. 766
- Trochu.—Charrue-omnibus.—A. . II. 18
- Tronciion.—Grillages et treillis en fil de fer.—B. I. 662
- Tronel et Comp.—Gaufrages.—C. III. 625
- Tronquoy.—Dessins industriels.—R. B. II. 292
- Tropel (Ange).—Cuirs etpedux.—B. III. 565
- Trotry-Latouche.—Bonneterie.—R. A. I. 339
- Trotton.—Châles.—Voy. Jarrin.
- Trouillon.— Fixatif pour les dessins et pastels.
- —M. • III. 369
- Troullier.—Montres.—C. ~ ' II. 458
- Troupel (Octavien) et Comp.—Bonneterie.—M. I. 356
- peaux de chevreau pour chaussures.—R. B. Trénel et Cayon-Liébaud.—Imprimerie.—C. Tresca.—Bougies stéariques.—R. A.
- Trésel I Machines à vapeur.—A.
- { Mesures linéaires.—Pour mémoire.
- Tricot jeune.—Bonneteries.—A.
- Tricotel etCHAPUis.—Hydroléine.—R. M.
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-
-
- 830
- Troupel et Baragnon.—Bonneterie.—R. B. Troupel-Favre et Gide.—Soieries.—R. B. TroussetAIs, Catala et Gomp,— Toiles métalliques. —B.
- Trouvé.—Cadres.—M.
- Truc et Brismontier.—Lampes nèo-Carcel.—B. Truchon.—Couvertures. —Yoy. Buffault.
- Truchy.—Perles fausses.—A.
- Truchy.—Boutons en soie.—M.
- Trudelle frères et Leclerc frères.— Toiles à voiles. —A.
- Truffault.—Ivoire mis en œuvre.—M.
- Tugot.—Glucose.-^-Yoy. Labiche.
- Tulou.—Instruments à vent en bois.—A.
- T urck (Amédée).—Planteur et arracheur depommes de'terre.—A.
- Turpault.—Flanelles.—Voy. Thuyau.
- Turpin.—Chocolats.—Voy. Guillaumeron. <
- Turquet.—Orfèvrerie.—Voy. Lenglet.
- U.
- Uhler aîné.—Bluterie à châssis et à ailes.—B. Ulysse.—Théâtres de société.—Voy. Sanrey. Urner jeune.— Tissus en coton de couleur.—M. Utzschneider et Comp.—Poteries.—R. O.
- Vaché.—Machine à fabriquer les clous d'épingles. —B.
- Vaciieron.—Bretelles, ceintures et articles divers en caoutchouc.—M.
- Vaïllat.—Daguerréotypes,—M.
- Tom. Pag.
- I. 343
- I. 313
- I. 666 III. 53
- II. 628
- III. 197 III. 615
- I. 494 III. 131
- II. 561 IL 43
- II. 118
- I. 426
- III. 419
- II. 281
- III. 639 II. 520
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-
-
- — 831 —
- îom. Pag.
- Vaissier.—Papiers.—Voy. Bécoulet (veuve).
- Valant.—Papiers de fantaisie.—C. III. 624
- Valat (le docteur).—Lit de mine.—M. III. 647
- Valentin (Ferdinand).—Bonneterie.—B. I. 348
- Valentin-Féau-Béchard.—Bonneterie.—B. A. ; I. 338 Valériüs.—Bandages herniaires.—R.B. III. 642
- Valin.—Porcelaines.—Voy. Michel.
- Valla.— Granhumateur, viniteur , et charrue .
- vigneronne.—B. II. 37
- Vallangin (Louis).— Outils d’horlogerie.—M. II, 478
- Vallé.—Couleurs. —B. , II. 696
- Vallery.—Grenier mobile.—Voy. Thomas,
- Vallès (Léon) et Bouchard.—Laines peignées.—
- B. I. 38
- Vallet.—Cadenas.—M. I. 871
- Vallet.— Outils d’horlogerie et pièces détachées.
- —A. , , IL 473
- Vallier.—Chauffage des serres.—B. v IL.930
- VALLiERi—Draps feutres pour flotres.—R. B. III. 545
- Valson.—Lampes.—C. _ IL 633
- Van-Léempoel , de Colnet et Comp.—rp^errerie.—
- R. M. III. 502
- Vande et Jeanray.—Composteur pour timbres, boîtes de pendules, etc.—N. B. IL 516
- Vandelle.—Grosse horlogerie.—M. II. 449
- Vandeventer.—Pianos.—M. II. 547
- Vantillard (Victor) et Comp.—Aiguilles.—N. A. I. 667
- Vantroyen et Mallet.—Cotons filés.—R. O. I. 389
- Varanguien de Villepin.—Verrerie.—B. III. 501
- Varlet.—Ustensiles de ménage en tôle, fer blanc et
- zinc estampés.—R. B. I. 825
- Varrall , Middleton et Elwell.—Machines à papier.—N. A. IL 140
- Varrall.—Papiers goudrons.—Voy, Sanford.
- Feu Vasserot.—Boutons.—M. III. 615
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-
-
- - m —
- .. Tom. Pag.
- Vasseur et Comp.—Molletons.—C. i. 122
- Vaugeois.—Passementerie.—B. i. 369
- Vaulot.—Poterie d'étain.—M. i. 648
- Vauquelin.—Cuirs et peaux.—M. m. 572
- Vaussaud fils.—Calicots.—R. A. I; 415
- Vauthier.—Coutellerie.—N. B. I. 845
- Vautier.—Rouenneries.—R. B. I. 430
- Vautier fils.—Bonneterie.—R. B. I. 344
- Vautier.—Bijouterie d’acier.—R. B. III. 199
- Vayson et Comp. — Tapis.—R. 0. I. 534
- Vayson,Poret et Comp.— Tapisseries fabriquées par
- un nouveau procédé.—B. I. 540
- Vedder.—Meubles d’imitation ou de curiosité.—B. III. 104
- Végny et Comp.—Câbles en fil de fer.—B. I. 663
- Veissière.—Peinture sur verre.—C. III. 472
- Velly.—Produits chimiques.—Voy.HouzEAU-MuiRON •
- Verchère et Arthaùd-.—Ciseaux en fonte.—C. I. 852
- Verdier.—Toiles unies ordinaires.—Voy. Goupille. ,
- Verdier.—Bandages herniaires.—R. M. III. 645
- Vérité.—Grosse horlogerie.—A. II. 445
- Vermont et Comp.—Apprêts des mouchoirs, -in-
- diennes , etc.—B. II. 919
- Vernazobres jeune et Comp. — Draperie moyenne »
- v'et commune.—A. : ^ - I. 103
- Verreaux (Édouard).—Taxidermie.—N. B. III. 375
- Verronnais.—Imprimerie, lithographie, librairie. - • /
- —C. • " III. 297
- Verstaen.—Serrurerie deprécision.—M. II. 334
- Verzier, Bonnart et Comp.—Soieries.—tA. I. 289
- . ftl ' ( Toiles.— N. A Vétillart et fils.—{ , .. . 7 x ... . ' {Blanchisserie de toiles.—N. A. I. 483
- II. 894
- Veyrat et fils.—Plaqué.—N; A. III. 21
- Veyrun (veuve) et Comp.—Châles.—M. ( h 316
- Vialon.—Gravure sur étain.—M. 1 III. 313
- Viard.—Balances:—M. . y.-.,' . . h; 500
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-
-
- — 853 —
- -a?-
- Tout. Pfl£.
- Viabd. — Couleurs pour préserver les murs de Vhumidité.—B. II. 699
- Vidàl (Jean).—Cuirs et peaux.—C. III. 573
- Vidàlin.’—Teinture.—R. O. II. 909
- Videcoq et Simon.—Dentelles.—A. ' K 551.
- Vidron.—Brosserie.—C. III. 688
- Yiennot.—Bijouterie de deuil.—B; III- 201
- ViGNALaîné.—Poterie vernissée.—C. J! 1. 411
- Vignat-Ciiovet.—Rubans.—R. 0. I. 298
- Vigoureux.—Cric pour voitures.-—M. H. 328
- Viguié etComp.— Coutellerie à la mécanique.—A. I. 843
- Vila-Koenig.—Lorgnettes de spectacle —R. 11. 486
- Vilcoq frères.—Marbres factices en plâtre alûné.
- ^B.
- v ,
- /
- III. 218
- Villain (Mesdemoiselles).—Dentelles.—M. * • 554
- Vîllaud.—Plaques de foyer.—M. •‘K‘ ’ ; ;ÎR' 950
- <Villemoite . —Etaux et biqornes.—M. ^. I.n 305
- ^ r f
- Villemsens. — Bronzes d’art: et 'd’ameublement." n —R. A. • - 1 ' ’ ’ ''III‘*"36
- ( « » 1; * *_ t * , s, . "r •
- Villeneuve (de).—Substances'alimentaifes. -R. M. II. 654 Villerev.—Gravure sur 'acier.—M. ': ’f’vr> : -u> ‘ IIÏ .a 3j3
- , * * y *\ t V / : (* ' *
- Villéroi.—Plaques photographiques—M. ' R’ 679
- Villesèque et Méric frères .—Egrappoir-jbuloir/^-ff ' ' —B. •' ' ' 'VrV- :-v : " riyv-!;1 II. 60
- >• ViLLidN.—Tuyaux sans couture j sacs ew'toilèj—G. J‘"1Y;,499 Vimal-Vimal fils aîné.—Etamines.—B. I ri 57
- Vimont frères.—Draperie fine'.— B. ’ I. 528
- {Cotonsretors, ouates — M. h 401
- Tissus de coton.—M. 1. 435
- Toiles à voiles.—C. I. 496
- Vin.;—Bougies stéariques.—C. , , v r, . ., . JI..822
- •Vincent (Pierre).—Lçirtèspeignéès à la. main.—G. I. A4
- Vincent.—Velours de soie.—Yov. RÀFABRt5GUEèl.fils. s ^ ’
- % _ J . .
- Vincent.—Jalousies.—C.' . ( . - . . |I. 317
- Vincent aîné.—-Tabletterie.—M. “ tH. 129
- m.
- 53
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-
- — m —
- Tom. Pag.
- Vincent (Hippolyte).—Plastique par moulage à
- la gélatine.—A. III. 243
- Vincent.—Mégisserie. —M. III. 592
- ViNCENTietComp.—Horlogerie de fabrique.—N. A. II. 470
- Vincourt.—Mèches.—C; II. 633
- Violaine (de) frères.—Verrerie.—B. III. 498
- Violart.—Dentelles.—A. I. 55
- Violet.—Savons.—R. M. II. 672
- Virebent frères.—Terres cuites.—B. III. 402
- Virebent-Doat (Auguste) et Comp.—Marbres.—M. I. 582
- Virey frères.—Fonderie de caractères.—Voy. Tiiorey.
- Visquesnel.—Rouenneries.—R. B. I. 429
- Vitalis frères .—Draperie moyenne et commune. —A . I. 102
- Vitasse.—Boulons.—M. I. 828
- Vitu.—Rosaces mosaïques en bitume.—Voy.MoNNOT.
- Vivaüx frères.—Fonderie.—A. I. 742
- Vogt.—Faïence de poêle.—B. ITT. 415
- Voisin.—Gravure sur métayx.—B. III. 311
- Voitelatn. — Cheminées.—M. II. 950
- Voizot.—Bijouterie d’acier.—B. III. 200
- Volff.—Jalousies mécaniques.—C. III. 151
- Vorüz.—Fonderie de fonte et de cuivre.—A. I. 745
- Vuaillat.—Coupe-feuilles.—Ni. II. 69
- Vucher, Reynier et Perrier.—Soieries.—A. 1. 292
- Vuillaume.—Violons.—N. 0. V) , .. y ’ II. 552
- ♦ V Vuillier.—Cheminées.—N. B. II. 957
- Vülliamy.—Filature de laine.—rR. A. I. 33
- w.
- Wagner neveu.—Grosse horlogerie.—0. II 439
- Wagner (Bernard-Henri).—Grosse horlogerie.—
- N. A. 11 . 444
- Wagner.—Compteurs à secondes.—Voy. Salleron.
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- Tora. Pag.
- — §35 —
- Wagner.—Bretelles, ceintures et instruments en caoutchouc-—Voy. Grossmann.
- Waidèle.—Carrosserie.—B. II. 325
- Waldeck.—Filières et tarauds.—A. II. 299
- Wallet.—Mérinos concaves et convexes.—M. II. 492
- Wallet et Huber.—Sculpture en carton pierre.
- —N. A. III. 48
- Walter (veuve) aîné.—Peluches.—B. I. 324
- Walter.—Verrerie.—Voy. Burgun.
- Warée.—Bourses en filet de loie.—C. 1. 361
- Wasse. — Charrue-semoir.—C. II. 48
- Wassmus jeune.—Meubles d'imitation ou de curiosité.—A. III. 101
- Wattel et Comp.— Tissus de laine,.—M. I. 197
- Wattier-Castel.— Toiles à matelas, linge de table.
- —C. 1. 479
- Wattine (L.).—Tissus de laine.—M. I. 197
- Weber (veuve Laurent) et Comp.—Tissus en coton
- de couleur.—R. A. I. 423
- Wehrlin.—Fèculerie.—M. II. 801
- Weiler.—Miroiterie.—C. III. 157
- J v *
- Wellaeys (Madame).—Papiers de fantaisie.—C. III. 624 Wender.—Accordéons.—C. - II. 587
- Wernet père et fils.—Bougies stéariques.—R. M. II. 818 .Wetzels.—Pianos.—R. B. II. 541
- Wibeaux-Florin.— Tissus et fils de coton.—A. I. 184 et 389
- WiCKiiAM. —Bandages herniaires. —M. III. 647
- Willocquet (Alexandre).—Charrue Valcourt dite
- dos à dos.—M. IL 27
- Winckelmann.—Instruments de-physique.—M. II. 492
- Winnen.—Instruments à vent en bois.—R. B. II. 563
- • -t ...
- Winnerl.—Horlogerie de précision.—R. 0. II. 429
- Winternitz.—Meubles d’imitation.—M.. III. 105
- Wirth.—Pianos.—M. II. 549
- Wisnick , Domaire et Armonville.—Broderies.—A. I. 555
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- 836
- foin. Pag.
- Wissocq.—-Modèles de grilles pour chaudières à vapeur.—M. II. 15 4
- Witz (Henri).—Fils de coton.—B. I. 398
- Wolfel et Laurent.—Pianos.—O. II. 537
- Wotouski et Maufus (Mesdames).—Broderies.—B. 1. 556
- Wuilliot-Liieureux.— Vannerie.—C. III. 631
- Wuy et Butet.—Couleurs.—M. II. 702
- Y.
- Yéméniz (Nicolas).—Soieries.—R. 0. I. 280
- Yumury (Comte de).—Saline et produits chimiques.
- —R. A. II. 735
- Yung.—Machine à composer en lettres.—Voy. I)el-c ambre.
- Yvernaud frères.—Fers.—C. I. 728
- m
- Z.
- Zacharie.—Plumes d'ornement et de parure.—B. III. 667 Zammaretti.—Calorifères.—Ni. II. 936
- Zéder.—Flanelles , castorines , cuirs-laines.—
- Voy. Ferry.
- Zegelaar.—Cires à cacheter.—N. M. II. 770
- Zerr.— Tissus de crin. I. 330
- Ziiber (Jean).—Papiers peints.—R. 0. III. 34l
- FIN DE LA TABLE ALPHABÉTIQUE.
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- 837
- ERRATA GÉNÉRAL.
- TOME PREMIER.
- Pag. Lig.
- xxvii, dernière, poteries, lisez arts céramiques. xli, 2, poteries, lisez arts céramiques.
- 20, 12, M. Auberger à Malassis, lisez M. Auberge à Malassise, 44, 17, fi e, Usez filée.
- 70, 10, MM. Poitevin et fils, lisez MM. Poitevin frères.
- f
- 85, 17, Legrix, lisez Legrisyf
- 90, 13, MM. Michel CouprieetComp,, Zises MM. Marcel Coupree
- et Comp.
- 91, 11, M. Morel-Beer, lisez M. Beer-Morel.
- 113, 19, Baron, lisez Baret.
- 114, 8, MM. Briche et Vanbavinchove, lisez M. Briche-Van-
- bavinchove.
- 168, 17, varié, lisez variés.
- 172, 18, (Nord), lisez (Somme).
- 177, 1, MM. Ternynk, lisez MM. Terriynck.
- 197, 30, de Block, lisez Deblock.
- 217, 1, M. Paul Godefroy, à Paris, ajoutez rue du Gros-Chenet, 17, '
- 228, 2, MM. Damiron frères, lisez MM. Damiron et frères.
- 228, 9, Blin, lisez Blein.
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- 838
- Pag. Lig.
- 239, 15, variations, lisez variétés.
- 242 14, tarse, lisez tordage.
- 257, 29, M. Allire-Boubon, lisez M. Allyre-Boubon.
- 269, 20, CITATIONS, ajoutez FAVORABLES.
- 270, 19, Say, lisez Fay.
- 282, 17, MM. Pottin , etc., lisez MM. Potton, etc.
- 296, 3,. MM. Naltès, Protlon et Thierriat, lisez MM. N allés, Protton et Thierrat.
- 331, 12, MM. Fey-Martin et Comp., lisez MM. Fey, Martin et Comp.
- 342, 22, M. Deshayes, lisez M. Deshays.
- 399, 22, Chaise-Martin , lisez Chaisemartin.
- 401, 16, il cite, lisez le jury cite favorablement.
- 406, 5, soutiens, lisez lustrines.
- 414, 10, de filature, lisez des filatures.
- 4t8, 22, à tout ce qui lui a été présenté pour cette contrée, lisez aux articles de même genre destinés à cette contrée. 419, 14, Deloys, lisez Deloyse.
- 426 , 26, fine, lisez fines.
- 431, 18, M. Quesnel-Massif, lisez MM. Quesnel-Massif frères.
- 432, 4, ce jeune fabricant, lisez ces jeunes fabricants.
- 434, 13, Chapperon, lisez Chapron.
- 440, 3, M. Daudeville , lisez M. Daudville.
- 442, 8, ajoutez, rue du Sentier, 3.
- 466, 20, Scrive-Labbè , lisez Scrive-Labbe.
- 469, 21, à Alençon, lisez à Ozè, près Alençon.
- 476, 27, M. Dandré, lisez M. Daudré à Saint-Quentin (Aisne) et à Paris, etc.
- 513, 27, garancière, lisez de tissus garancès.
- 516, 1, puce lisses, lisez puce et lilas.
- 519, 22, livre, lisez il livre.
- 537, 19, Rèquillart et Chocquel, lisez Requillartet Chocqueel.
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- 839
- Pag. Lig.
- 541, 4, Chardonnaud, ^sesChardounaud.
- 552, 12, M. Dognien, lisez M. Doguin fils.
- 553, 14, M. Champaille, à Calais, lisez M. Champailler fils, à
- Sai n t-Pi erre-J ès-Calais.
- 554, 6, M. Aubry-Fabvrel, lisez M. Aubry-Febvrel.
- 571, 25, M. Géruzet, lisez M. Géruset.
- 578, 1, MM. Land eau-Noy ers et Comp., lisez MM. Landeau ,
- Noyers et Cotnp.
- 590, 17, M. Le Mesle, lisez M. Lemesle.
- 596, 11, M. Blazy, lisez M. Blary.
- 597, 28, ajoutez et à La Ferté-Sous-Jouarrè (Seine-et-lVlarhe).
- 664, 3, Desfrèches, lisez Desfrièches.
- 664, 26, (Haut-Rhin), lisez (Bas-Rhin).
- 724, 21, près de, lisez à.
- 732, 24, Chavanne, lisez Chavane.
- 740, 16, M. Marsat, lisez M. Marsat fils.
- 775, 1, à Saint-Paul-du-Jarrat, lisez à Saint-Antoine-sur-
- Ariége.
- 810, 23, aînés, lisez aîné.
- 816, 25, M. Desprats à Gand, lisez M. Deprats à Gand.
- 855, 24, d’une corde, lisez d’un cordon.
- 857, 24, accroche, lisez s’accroche.
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-
- 840
- TOME DEUXIÈME.
- Pag. Lig.
- 32, 28, Luccenay, lisez Lucenay.
- 232, 28, la machine deux cylindres, lisez la machine à deux cylindres.
- 243, 7, l’art typographique, l’art lithographique.
- 264, 24, perçage, lisez berçage.
- 296, 8, usqu’à ce que , lisez jusqu’à ce que.
- 297, 12, leurs résistances, lisez leur résistance.
- 304, 7, convertir, lisez découper.
- 322, 19 et 20, qu'a construit, Jïsesqu’a construites.
- 362,, 17, Tullius, lises Tullins.
- 395, 13, médaille d’argent, lisez nouvelle médaille d’argent. 455, 21, M. Phillipe, lisez M. Philippe.
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-
-
-
- TOME TROISIÈME.
- Pii g. Lig.
- 88, 13, faubourg Saint-Antoine, lisez rue Saint-Antoine.
- 116, 2, Peret, lisez Péret.
- 298, 1, §, lisez % 3.
- 302, 24, RAPPEL DE MÉDAILLE D’ARGENT, lisez NOUVELLE MÉDAILLE D’ARGENT.
- 316, 19, § 3, lisez § 4.
- 327, 22, Schonenberger, lisez M. Schônenberger.
- 328, 3, § 4, lisez $ 3.
- 366, 17, MÉDAILLES , lisez MÉDAILLE.
- 407, 4, lisez CITATION FAVORABLE.
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- — m —
- TABLE GÉNÉRALE.
- Pag. Lig.
- 716, 29, Bécoülbt et VAissiER.(veuve), lisez Bécouuet (veuve) et Yaissier.
- 721, 26, Bobée, lisez Bobé.
- 732, 28, Étoffes delaines.—Voy.GEmm,lisezTissus de laine, soie et coton.—Yoy. Thibaut (Germain).
- 741, 4, Camus, lisez Camu.
- 741, 8, ajoutez Crozier.—Soieries.—Yoy. Potton.
- 744, 7. Ajoutez Delacoür.—Bonneterie.—Voy. Scot.
- 780, 27, Karzner, lisez Kazner.
- 782, 38, ajoutez Durand.—Bomaines et romaines oscillantes. Voy. Ousty.
- 771, 2, Hamoir.—Batistes.—Voy. Mistiviers.
- 809, 16. Poitevin et fils, lisez Poitevin frères.
- 814, 23, Risler-Schwartz , lisez Risler , Schwartz.
- 816, 7, Rocer, lisez Roger.
- FIN.
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