Rapports du jury international
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- RAPPORT
- SLR
- LA SECTION D’ARCHITECTURE.
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- MINISTERE DE LUERLCULTURE ET Dl) COMMERCE.
- Xojl ïtf--i ,
- A/
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1878
- A PARIS.
- -------=p«$<=----
- Groupe \. — Classe h.
- RAPPORT
- RUE
- LA SECTION D’ARCHITECTURE,
- M. V VUD1VEMEU,
- ARCHITECTE 1)1’ GOUVERNEMENT ET DE CA VILLE DE PARIS.
- PARIS.
- IMPRIMERIE NATIONALE.
- M DCCC LXXX.
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- Goupe I. — Classe 4.
- RAPPORT
- SUR
- LA SECTION D’ARCHITECTURE.
- COMPOSITION DU JURY.
- MM. le chevalier de Ferstel (H.), président, conseiller supérieur des ) travaux publics à Vienne j Autriche- Hongrie.
- Lefiel, vice-président, membre de l’Académie des beaux-arts, i membre du jury d’admission à l’Exposition universelle de > 187S “. J France.
- Vaudrez eu, secrétaire-rapporteur, architecte, membre du jury] d’admission à l’Exposition universelle de 1878 1 France.
- Barry (C.), F. S. A. P. R. J. R. A Angleterre.
- le commandeur Basile, professeur d’architecture à l’université ] de Palerme 1 Italie.
- Marmîttk-Bey, membre de l’Institut, commissaire général de l’Ejvpte 1 Égypte.
- le chevalier de Steers Pays-Bas.
- Ballu, membre de l’Académie des beaux-aits, membre du jury d’admission à l’Exposition universelle de 1878 France.
- Dec, membre de l’Académie des beaux-arts, membre du jury d’admission à l’Exposition universelle de 1878 France.
- Boeswillwald, inspecteur général des monuments historiques, membre du jury de la commission supérieure, membre du jury d’admission à l’Exposition universelle de 1878 France.
- GiiXAiN, suppléant, architecte, membre du jury d’admission à l’Exposition universelle de 1878 France.
- Redgrave, suppléant, architecte de la commission royale Angleterre.
- Classe h.
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- 2 EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. I.
- Cl. 4. j
- EXPOSÉ GÉNÉRAL. --- ÉCLAT ET IMPORTANCE DE L’EXPOSITION D’ARCIIITEC-
- TURE. --- INSTALLATION. -- INDICATION DES EXPOSITIONS LES PLUS IMPORTANTES. --------------- NOMRRE DES RÉCOMPENSES DÉCERNÉES; MOTIFS DE LEUR
- EXTENSION. -- LISTE DES RÉCOMPENSES.
- Au milieu de l’immense agglomération d’œuvres, de richesses, de produits apportés avec un si grand empressement par tant de nationalités diverses, le groupe des Beaux-Arts méritait certainement la place d’honneur qui lui avait été réservée au centre meme de l’Exposition.
- L’architecture, formant la classe k de ce groupe, offrait un intérêt exceptionnel par l’importance, le mérite et le caractère des ouvrages exposés.
- Plus de quatre cents architectes avaient été admis à prendre part à ce grand tournoi artistique. Le défaut d’espace ne permit pas malheureusement de grouper toutes les œuvres dans le périmètre primitivement fixé. C’est ainsi que pour la France les restaurations présentées par le comité des monuments historiques durent occuper la galerie du premier étage contournant la grande salle du Trocadéro; que la Hongrie, la Russie, l’Espagne, la Grèce, la Belgique, la Suisse, l’Egypte, le Luxembourg, eurent leurs expositions particulières plus ou moins disséminées en dehors du groupe central des Beaux-Arts.
- Quant à cette partie de l’exposition d’architecture, il faut reconnaître que, à part la large et belle installation de la Ville tle Paris, les salles contiguës aux salons de peinture des diverses nationalités étaient bien insuffisantes. Isolées les unes des autres, elles présentaient une exiguïté imposant une superposition des châssis telle que l’étude comparative et l’examen des projets étaient souvent rendus bien difficiles.
- Quoi qu’il en soit, bien qu’un peu sacrifiée au point de vue de l’installation et de l’espace, l’exposition d’architecture présentait un ensemble d’œuvres tellement magistrales et dignes d’intérêt
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- DESSINS ET MODÈLES D’ARCHITECTURE. 3
- que le jury, dès le début de ses opérations, fut frappé de l’insuf-fisance des récompenses mises à sa disposition.
- En effet, pour la seule section française, les œuvres, la plupart primées dans les concours ou récompensées dans les expositions publiques, étaient revêtues d’une sorte de consécration; d’autres, en reproduisant des édifices récemment construits, des restaurations, des relevés et des constructions privées, s’imposaient par leur notoriété.
- Les travaux de la section étrangère présentaient un intérêt non moins considérable; la Grande-Bretagne et l’Autriche s’y faisaient particulièrement remarquer. Aussi, dans son procès-verbal de la séance du 20 juin, le jury décida-t-il, à l’unanimité, l’envoi à M. le président du groupe des Beaux-Arts d’une requête pressante à l’effet d’obtenir une plus large distribution de récompenses.
- Cette demande et celles que produisirent dans le même but les jurys des autres sections furent vivement appuyées par M. le président du premier groupe. Le 28 juin, il annonçait que ses démarches auprès de M. le Ministre de l’agriculture et du commerce avaient obtenu le succès désiré; que le jury pourrait appliquer, dans les catégories des médailles cl’honneur et des premières médailles, le mode des rappels; qu’en outre, chaque classe de récompenses aurait une augmentation effective; que le nombre des médailles d’honneur serait porté de 3 à A, celui des premières médailles de 6 à 8, celui des deuxièmes médailles de 8 à 12, celui des troisièmes médailles de 8 à 13; enfin, que le nombre des mentions honorables serait égal à celui des médailles de 3e classe : soit pour le groupe IV, i3 mentions.
- Après trois mois d’études, le jury fixa ainsi qu’il suit la répartition des récompenses, formant 37 médailles et i3 mentions honorables :
- Section française.
- Médailles d’honneur . . .................................... 2
- Premières médailles......................................... h
- Deuxièmes médailles......................................... 6
- Troisièmes médailles........................................ 6
- Mentions honorables......................................... 7
- Gr. I. Cl. 4.
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- U
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. I.
- — Section étrangère.
- Médailles d'honneur......................................... 9
- Premières médailles......................................... h
- Deuxièmes médailles......................................... 6
- Troisièmes médailles........................................ 7
- Mentions honorables......................................... 6
- Cette extension était bien faible encore. En effet, pour la section française, le grand nombre et le mérite des œuvres exposées détermina le jury à appliquer aux exposants de la ville de Paris, des envois de Rome et des monuments historiques le principe de la collectivité.
- Les motifs de l’application de ce mode de répartition sont ainsi exprimés dans l’exposé général des opérations du jury adressé à M. le président du premier groupe :
- «Le jury a pensé qu’on ne pouvait, sans amoindrir la valeur de ces trois catégories, se borner à des récompenses personnelles.
- «Il s’agit là, en effet, d’œuvres déjà primées par le concours ou élaborées sous le haut patronage du Gouvernement ou de l’administration municipale.
- «Dans cette pensée et en raison de ces circonstances exceptionnelles, le jury a cru devoir réserver une médaille d’honneur pour les travaux d’architecture de la ville de Paris et une autre pour les envois de Rome et les monuments historiques réunis. Il a pensé aussi qu’il y avait équité à établir une classification déterminant la valeur relative des œuvres exposées. C’est ainsi qu’il a attribué : i° à la Ville de Paris, une première, une deuxième, une troisième médaille et une mention honorable; 20 aux envois de Rome, une première et une deuxième médaille; 3° aux monuments historiques, une première et une deuxième médaille.
- «Chacune de ces distinctions sera ainsi accordée à un groupe d’artistes figurant nominativement sur la liste des récompenses réservées à chaque collectivité.
- «Pour les travaux d’architecture non compris dans les précédentes catégories, les récompenses ont été personnelles.
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- DESSINS ET MODÈLES D’ARCHITECTURE. 5
- «Les membres exposants du jury ont déclaré ne point prendre part au concours; un rappel de médailles d’honneur a néanmoins été attribué à l’un d’eux malgré son avis contraire, le jury ayant décidé qu’il n’y avait point parité entre une récompense nouvelle et le rappel d’une récompense ancienne. »
- Toutes ces dispositions furent approuvées sans réserve ainsi que la liste des récompenses supérieures soumises au jury du groupe et au jury des présidents jugeant en dernier ressort.
- Toutefois la tâche du jury de la section d’architecture n’était pas entièrement terminée. En effet, après la remise de la liste de classement, plusieurs nationalités, dont les expositions retardées ou ne figurant pas au catalogue officiel n’avaient pu être appréciées, réclamèrent au dernier moment leur participation au concours.
- Le principe de cette demande aussitôt admis par l’administration, quatre diplômes de médailles plus trois mentions réparties entre l’Espagne, l’Italie et le Luxembourg vinrent compléter le nombre des récompenses proposées.
- LISTE DES RÉCOMPENSES.
- Médailles d’honneur (Rappels).
- 1. Ferstel-Chevalier (II. de). Grand prix (Exposition uni- j
- verselle de 1867).................................)
- 2. Waterhouse (A.-F.). Grand prix (Exposition universelle |
- de 1867)..........................................)
- Autriche.
- G‘Iü-Bretagne.
- Médailles d’honneur.
- 1. Exposition des oeuvres d’architecture de la ville de
- Paris...............................................
- 2. Travaux des envois de Rome et monuments historiques
- réunis..............................................
- 3. Barry (E.-M.)........................................... Gd,i-Bretagne.
- ô. Schmidt (Fr.)............................................ Autriche.
- France.
- Gr. I Cl. 4
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. I. Cl. 4.
- Premières médailles.
- 1. Récompenses collectives ex œquo obtenues par les Architectes rie la ville de Paris avec classement des noms des concurrents par ordre alphabétique.
- Bailly (A.-N.). . . . Feu Baltard (V.)..
- Diet (A.-S.)........
- Goderoeuf (E.)... . Hermant (P.-A.-A.). Janvier (L.-J.). . . . Liieureuy (L.-E.). . Magne (A.-J.).......
- 2. Récompenses collectives ex œquo attribuées aux travaux des envois de Rome avec classement des noms dans l’ordre alphabétique.
- Bernier (S.-L.).. . Dutert (C.-L.-F.)
- Guadet (J.)......
- Leclerc (G.-A.)..
- Noguet (L.)......
- Pascal (J.-L.)... .
- France.
- 3. Récompenses collectives ex œquo allribuées aux travaux des monuments historiques avec classement des noms dans l’ordre alphabétique.
- Bruyère (L.-G.)......................................
- Corroyer (E.)........................................
- Darcy (D.)...........................................
- Dutiioit (C.-M. )....................................
- Lafollye (J.-A.).....................................
- Liscii (J.-J.)....................................... > France.
- Millet (E.-L.)........................................I
- Rdhucii-Rorert (V.-M.-G.).............................I
- Sauvageot (L.-G.).....................................I
- SlMIL (A.-P.).........................................j
- Violet-le-Duc (E.-E.)...............................
- h. Chardon (E.) et Lambert (M.)
- 5. Hansen (Chevalier Fh. de) . . .
- 6. Hasenauer (Baron C. de) ....
- 7. Pearson (J.)................
- 8. Street (G.).................
- France.
- Autriche.
- Gdü-Bretagne.
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- DESSINS ET MODÈLES D’ARCHITECTURE.
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- Deuxièmes médailles.
- i. Récompenses collectives ex œquo obtenues par les Architectes de la ville de Paris.
- Gr. I.
- Cl. 4.
- Aldrophe (A.-P.). . .
- Bonnet (P.-E.)......
- Feu Constant-Dufeux
- Daumet (P.-J.-Il.) . . Dayioud (G.-J.-A. ). Depektiies (P.-J.-E.), Devrez (D.-H.-L.).. IIÉNARD (A.-J.). . . • Laaezzari (E. ). . . . Lebouteux (D.) . . .
- Royer (N.-A.)......
- Rogüet (F.).........
- Salleron (C.-A.-L.) UchARD (F.-F.-J.). .
- France.
- 2. Récompenses collectives ex œquo attribuées aux travaux des envois de Rome.
- Chabrol (W.-F. )..................................\
- Feu Dutert.......................................( 1?
- Gerhardt (C.-A.)................................. ranCe’
- Thomas (A-F.-F.)..................................)
- 3. Récompenses collectives ex œquo attribuées aux travaux des monuments historiques.
- Baudot (J.-E.-A. de)
- Bérard (E.)........
- Boeswillwald fils . Bourmancé (J.-P.).. .
- Brune (E.)........
- Bruneau (E.)......
- Danjoy (G.-E.-E.).
- Darcy fils.........
- Formigé (J.-C. ).. . . Hügelin ( V.-F.). . .
- OüRADOU...........
- Selmersheiji (P.).. . Suisse (C.^L.)....
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- France.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. I. A. Boudier (À.).................................................France.
- — 5. Cuypers (P.-J.-II.)..........................................Pays-Ras.
- Cl. 4. G. Guillaume (E.-F.-B.) cl Rëxaud..................................) P
- 7. Normaxu (A.-N.)... .......................................... ' '
- 8. Schmoranz (F.) el Maciiytka (F.)..........................Autriche.
- 9. Siiaw (N.)................................................Gdü-Bretagne.
- JO. Trêves (M.)................................................Italie.
- 11. Wielemans (A.)...........................................Aulriclic.
- 12. Wyatt (J.)...............................................G'k'-Bretagne.
- Troisièmes médailles.
- 1. Récompenses collectives e-v œquo obtenues par les Architectes de la ville de Paris.
- Billon (E.-Al.).......................................i
- Calliat ( P.-V.)......................................I
- Chat (J.-E.-A.).......................................I
- Deconciiy (J.-F.).....................................|
- Gancel (A.-F.)........................................) France.
- Hédin (A.)............................................I
- Héret (L.-A.-J.)......................................I
- Huillard (C.-G.)......................................j
- .Train (E.)...........................................
- Varcollier (M.-F.)..................................../
- 2. Ballu fils (A.)......................................j
- 3. Baudry (A.)..........................................> France.
- h. Bourgeois (A.).......................................)
- 5. Carpentier (E.)........................................Belgique.
- G. Fellner (F.) et Hellmer (H.)...........................Autriche.
- 7. Ferraris (G.).........................................Italie.
- 8. Geymiller (H.-A. de)................................Suisse.
- 9. Guérinot (A.-G.)......................................France.
- 10. Jones (N.)..........................................G,k'-Bretagne.
- 11. Reboul (A.-G.-J.)...................................France.
- 12. Seddon (J.-P.).........................................C'-Brelagne.
- 13. Steindl(E.).........................................Hongrie.
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- DESSINS ET MODÈLES D’ARCHITECTURE.
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- Mentions honorables.
- 1. Récompenses collectives ex œquo obtenues par les Architectes de la ville de Paris.
- Gr. I Cl. 4
- CoRDIER (E.)........................................j
- Maréchal (H.).......................................I
- Narjoux (F.)........................................> France.
- Soddée (A.).........................................\
- Feu Villain.........................................j
- 2. Benouville (P.-L.-A.)...............................France.
- 3. Boffi(L.)...........................................Italie.
- h. Cazaox (C.-II.). . . 5. Coisel (A.-J.). . . . G. Dartin (M.-F. de), 7. IIermain (J.-A.). .
- 8. Jackson (T.-G.)............................................Gau-Brelagne.
- 9. Konig (G.)................................................Autriche.
- 10. Muller (A.) et Ulrich (C.)...............................Suisse.
- 11. Neumann (F.).............................................Autriche.
- 12. Sédille (P.).............................................France.
- 13. Wéber....................................................Hongrie.
- Récompenses décernées aux œuvres exposées tardivement ou omises au Catalogue officiel et qui n’avaient pu être appréciées lors du premier classement.
- Diplôme de première médaille.
- Ecole royale d’architecture.........................Espagne.
- Diplômes de deuxième médaille.
- Amador de losRios (Ramiro).....................
- Aguado (Miguel)................................
- Espagne.
- Mentions honorables.
- Rumeu Guarini (Heuberto)............................Espagne.
- Busiri, professeur, chevalier.......................Italie.
- Arendt (Ch.)........................................Luxembourg.
- Classe /i.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. I.
- Cl. 4.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES ET SPECIALES SUR LES TENDANCES ORSERVÉES.--
- SUPÉRIORITÉ RELATIVE DE LA FRANCE, MOYENS DE CONSERVER CETTE PRÉPONDÉRANCE ET DE LA FORTIFIER. --- CONCLUSION.
- Avant d’émettre sur l’exposition d’architecture une appréciation d’ensemble, il eût été certainement fort intéressant de passer en revue chacune des œuvres exposées. Mais au moment du fonctionnement du jury non seulement aucune décision, concernant ce rapport ultérieur, n’avait été prise, mais le rôle des rapporteurs avait été limité à l’historique et aux procès-verbaux des séances. Ce n’est que le q décembre 18 -y 8 qu’il leur fut demandé un travail d’appréciation sur chacune des classes auxquelles ils appartenaient.
- L’Exposition close, je dois le dire, cette extension d’attributions m’a trouvé bien peu préparé.
- Pour une étude rétrospective de chaque œuvre, il eût fallu s’en remettre à des souvenirs d’un ordre trop approximatif pour ne pas manquer souvent de précision ou de justesse. Force m’est donc de rester dans le domaine des généralités.
- Au surplus, ce mode d’appréciation suffira, je le crois, à mettre en lumière les conséquences de notre système d’enseignement : il aidera peut-être aussi dans la recherche des moyens les plus propres à le développer, à le fortifier.
- Tout en rendant aux exposants étrangers le juste tribut d’éloges qui leur est dû, il n’est douteux pour personne qu’à l’Exposition de 1878, comme dans les expositions antérieures, la supériorité est incontestablement acquise aux architectes français quant à l’entente générale de la composition. De tous les points on vient étudier à l’Ecole des beaux-arts de Paris cette science des grands partis et des ensembles qui, dans les concours publics, a donné presque toujours la suprématie aux compositions des artistes sortis de notre Ecole nationale.
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- DESSINS ET MODÈLES D’ARCHITECTURE.
- Dans l’expression architecturale proprement dite, bien que la Gr. I. France tienne aussi le premier rang, la supériorité est moins marquée(1). L’exposition d’architecture révèle, en effet, une tendance très générale à l’effacement de traits spéciaux des caractères originaux propres à chaque région, à chaque école. Il semble que nous redoutions cette franchise d’allure qui marque les monuments de certaines époques, de certaines contrées, et que l’on se plaise dans un compromis permanent.
- Cette tendance déjà signalée à l’Exposition de Vienne et qui paraît s’accentuer ne saurait nous laisser indifférent^.
- Sans rechercher toutes les causes qui ont pu produire ce résultat, on ne peut se dissimuler que les efforts, les idées, les inspirations sont dominés depuis longtemps par la philosophie éclectique qui a envahi notre société tout entière.
- Ces aspirations convergeant vers certains centres privilégiés leur ont donné cette prépondérance excessive qui englobe tout, soumet tout au même régime en appauvrissant ce qui reste en dehors de ces milieux. L’architecture n’a point échappé à ce mouvement qui a imprimé aux études d’art comme à toutes choses une même direction se révélant par des productions où s’accusent l’identité d’origine et l’uniformité des tendances.
- On ne peut nier que l’influence de cette centralisation servie par de puissants moyens de relations, de communications, de publicité ne doive conduire irrésistiblement à l’absolutisme, lorsqu’elle est sans contrôle, pour aboutir à la formule, à la routine.
- L’activité précieuse des grands centres, pour être efficace, ne saurait s’isoler impunément dans leur propre action. Comme correctif à cet accaparement, il est indispensable que des manifestations partent d’autres milieux et s’affirment; que le travail intérieur se complète et se fortifie par les rivalités du dehors.
- Il faut la lutte, en un mot, mais la lutte féconde, basée sur la
- (1) Il n’est ici question que des œuvres soumises à l’examen du jury de la classe à, c'est-à-dire des modèles et dessins d’architecture exposés dans les salles dépendant du groupe des Beaux-Arts et inscrits au catalogue officiel.
- (2) Voir l’intéressant rapport de M. Maurice Côtier sur les Beaux-Arts à l’Exposition de Vienne en 1873.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. I. vérité, la sincérité et la raison, guidant l’artiste vers les hauts c~4 sommets, en donnant cours à ses plus nobles aspirations. C’est ainsi que l’architecture, fortement empreinte du caractère, des nécessités, des besoins de notre société et des aspirations de notre siècle, se rapprochera des types fournis par les grandes époques, et que Part moderne pourra enfin se constituer.
- On doit le reconnaître, de louables et incessants efforts sont faits dans ce sens; mais il convient de les encourager, de les développer, de les généraliser. Que chaque région accuse donc ses tendances propres, son originalité, sa couleur locale.
- Pour atteindre ce résultat et conserver à la France une prépondérance jusqu’ici incontestée, la création d’écoles d’art dans les différents centres me paraît indispensable.
- L’Ecole des beaux-arts de Paris n’a rien à redouter d’ailleurs de cette sorte de concurrence. Une émulation vivifiante, au contraire, naîtra partout: la discussion et la diversité des enseignements porteront bientôt leurs fruits.
- A Nantes, Lille, Bordeaux, Lyon, Limoges, Toulouse, Marseille, pourquoi des écoles supérieures d’architecture ne se fonderaient-elles pas? Pourquoi, à côté des études comparatives des belles époques de l’art, ne chercherait-on pas à développer le génie propre à chaque contrée, en s’appuyant sur les usages, sur les coutumes, sur les nécessités de climats, les ressources de matériaux^1?
- Les maîtres ne manqueraient pas parmi les jeunes talents auxquels une situation honorable, considérée, serait offerte^'21.
- Pour les élèves, on les retiendrait aisément en instituant des prix avec pension de deux, trois ou quatre années même (couronnement des hautes études), permettant aux lauréats d’aller puiser
- (1) En dehors de l’Ecole des beaux-arts de Paris, les écoles d’architecture fondées dons quelques-unes de nos villes importantes ne sont en réalité que des écoles préparatoires ou secondaires, qu’il y aurait tout intérêt à transformer en écoles supérieures.
- 11 ne s’agit ici que des professeurs chargés des cours supérieurs de mathématiques spéciales, de construction, de sciences appliquées, de perspective, d’histoire, de législation, etc. Quant à l’enseignement de l’art, les écoles supérieures n’y doivent point prétendre, notre architecture ne pouvant se développer et progresser que par la diver-
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- DESSINS ET MODÈLES D’ARCHITECTURE.
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- aux meilleures et aux plus pures sources de l’art : en France, en Gr. I. Grèce, en Italie.
- ci. 4.
- Revenus dans leurs régions prendre une place légitimement conquise, c’est vers eux que se porterait naturellement le choix des administrations locales et des particuliers pour la restauration, la construction des édifices publics et des habitations privées. C’est ainsi que devenus maîtres à leur tour, ils appliqueraient, ils enseigneraient avec autorité les doctrines nées de leurs études, de leur expérience.
- Dans ces conditions et avec de tels éléments, on verrait bientôt chaque école émancipée concourir au but commun, par des voies diverses, avec son allure indépendante et ses doctrines propres. Chacune d’elles conservant son caractère d’école supérieure, cl’atbé-née, de gymnase largement ouvert aux élèves des maîtres du dehors ; se gardant bien d’imiter l’institution des ateliers officiels privilégiés de l’Ecole des beaux-arts de Paris, création de l’Empire encore en faveur aujourd’hui, qui amènera infailliblement, dans un temps donné, la fermeture des ateliers libres, et produira l’art officiel à défaut de l’art national, que peut seul caractériser et développer le concours librement exprimé de tous et les efforts de chacun appuyés sur les éternels principes de la vérité, de la logique et de la raison.
- En indiquantes observations que m’ont suggérées les tendances générales révélées par la section d’architecture à l’Exposition universelle de 1878; en signalant les graves inconvénients qui résultent du mode de centralisation excessif de notre éducation artistique, je ne me dissimule pas les difficultés que pourrait rencontrer la création d’écoles d’architecture dans diverses régions : qu’elles soient fondées par l’Etat, le département, la commune
- silé des doctrines librement émises en dehors de toute influence administrative. Cet enseignement de l’art doit être donné au dehors et laissé à l'initiative de tout architecte se vouant au professorat et ouvrant un alelier sous sa responsabilité. A l’école supérieure, il faut se borner à réunir les élèves des ateliers libres pour les concours périodiques d’architecture, les cours spéciaux énumérés plus haut et les examens.
- L’action de l’Administration ne doit tendre qu’à développer l’esprit d’initiative et à encourager par tous les moyens la création des ateliers privés.
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- Gr. I. Cl. 4.
- \h EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- ou les particuliers. Néanmoins cette étude rapide n’aura pas été inutile si l’attention a pu être appelée quelques instants sur une question aussi délicate et aussi grave que celle qui touche aux développements et à l’émancipation même de l’art.
- Vaudrkmer,
- Architecte du Gouvernement et de la ville de Paris.
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