Rapports du jury international
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- RAPPORT
- SUR
- LES MACHINES, INSTRUMENTS
- ET PROCÉDÉS
- USITÉS DANS DIVERS TRAVAUX.
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- tXax.
- MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE ET DU COMMERCE.
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1878
- A PARIS.
- -------<ï><8>ç---
- Groupe VI. — Classe 61.
- RAPPORT
- SUR
- LES MACHINES, INSTRUMENTS
- ET PROCÉDÉS
- USITÉS DANS DIVERS TRAVAUX,
- PAR
- M. JOSEPH LÉVY,
- PARIS.
- IMPRIMERIE NATIONALE.
- M DCCC LXXX.
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- Groupe VI. — Classe 61.
- RAPPORT
- SUR
- LES MACHINES, INSTRUMENTS
- ET PROCÉDÉS
- USITÉS DANS DIVERS TRAVAUX.
- COMPOSITION DU JURY.
- MAI. Phillips, président, membre de l'Institut, ingénieur en chef des mines ............................................................................
- France.
- Woos (E.), esq., vice-président....................................
- Lévy (Joseph), secrétaire-rapporteur, ingénieur civil des mines, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878............................................
- Pieiuiet, suppléant, horloger-mécanicien, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle do 1878......................
- Toc hutte , suppléant, fabricant do boulons, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- Angleterre.
- France.
- France.
- France.
- DIVISION DES PRODUITS DE LA CLASSE EN CATEGORIES PRINCIPALES.
- Sous la dénomination générale : Machines, instruments et procédés utilisés dans divers travaux, la classe 61 comprend un ensemble varié de machines, outils et instruments fort intéressants et ingénieux, qui constituent une partie importante du petit outillage de Yarticle de Paris. En raison de leurs destinations multiples, qui
- Classe 61.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. vi. s’opposent à ce qu’on les comprenne dans un cadre aussi général, nous en donnons l’énumération par catégorie ^ :
- EXPOSANTS.
- En 1867. Eu 1878.
- i° Machines servant à fabriquer et à encarter les épingles de toilette, à fabriquer les épingles à cheveux, les aiguilles de bonneterie, les pointes de Paris, les clous à ferrer les chevaux ........................................................... u 4
- 20 Machines à fabriquer les suspensions en fil métallique, les pince-linge, les chaînettes................................. //
- 3° Machines à confectionner les brosses, les balais, etc., les peignes...................................................... 5
- 4° Machines à décrotter et à cirer les chaussures........ h
- 5° Machines servant à la fabrication des boutons, à la pose des œillets et des ferrets métalliques........................... 3
- 6° Presses à estamper, à découper ; balanciers ; moutons ; laminoirs gravés, unis, à gorges, à faire les boîtes de conserves; calandres................................................ 3
- 70 Machines et outillage servant à la fabrication des cartouches et des briquets.......................................... n
- 8° Machines pour confectionner les enveloppes de lettres, les cornets et sacs en papier, les boîtes en carton, les cols et manchettes en papier............................................. 2
- 90 Machines à écrire, à sténographier, à contrôler le numéraire ; machines à voter....................................... n
- io° Outillage pour la fabrication des anches d’instruments de musique, des manches de violon............................... //
- il0 Machine à empaqueter et outils à plomber les marchandises ....................................................... «
- 120 Machines et outils pour la reliure.......................... 1
- 13° Outillage et procédés de la fabrication des objets d’horlogerie , de bijouterie, d’orfèvrerie ; outils de graveurs, outils de précision, etc............................................... 11
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- 5
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- O
- O
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- 35
- A reporter.......... 25 95
- W Nous ne suivrons ni l’ordre ni la dénomination adoptés dans le classement olfi-ciel, parce cpic la nature des expositions u apporté des changements dont nous devons tenir compte.
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- MACHINES ET PROCÉDÉS USITÉS DANS DIVERS TRAVAUX. 3
- Report................. 2 5 95 Gr. VI
- 14° Machines et outils pour boucher et déboucher, capsuler, —
- rincer les bouteilles, flacons, etc.; outillage pour marquer les Cl. 61
- bouchons, les fûts, etc...................................... 6 2 3
- i5° Machines servant à la fabrication des crayons........ // 1
- 16° Meules à aiguiser ; pierres à brunir................. 1 3
- 170 Divers : machines à tisser le treillage, à fabriquer les porte-clefs, les bobèches perfectionnées pour piano ; robinet-compteur; compteur d’eau; presse-filtre ; presse pour dents de scie ; outils à couper le verre ; tour à arrondir les billes de
- billard; classe-monnaie; enfile-aiguille, et%................... i3 28
- Total des exposants............ 45 i5o
- En résumé, le jury de la classe 61 a examiné i5o expositions différentes, savoir : 2 9 dans la section étrangère et 121 dans la section française.
- La classe similaire, en 1867, ne se composait, en tout, que de 45 exposants.
- Nous devons ajouter que, par suite d’erreurs commises ou de décisions prises par de fausses interprétations, un certain nombre d’expositions admises dans d’autres classes auraient dû figurer dans la nôtre : telles sont, par exemple, les presses monétaires, des machines à relier, à fixer les œillets mécaniques, à fabriquer les capsules. De plus, les machines à fabriquer les allumettes, les cigarettes, n’étaient plus conservées à la classe 61 dans la classification générale admise par l’administration.
- RENSEIGNEMENTS GENERAUX.
- Avant d’étudier les différentes expositions de la classe 6i, nous résumons en quelques mots les renseignements généraux que nous avons pu nous procurer, pour la France seulement.
- En notre qualité de secrétaire du comité d’admission et de président du comité d’installation de la classe 61, nous avons été constamment en relation avec les exposants dès le début de l’organisation de l’Exposition; puis, comme membre du jury, notre mission nous a encore rapproché davantage d’eux.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Nous avons dû ainsi adresser à chacun d’eux, non seulement un questionnaire préparé par les soins de M. le directeur de la section française, mais nous leur avons demandé, à plusieurs reprises, de nous adresser des documents accompagnés des dessins et des brevets, de manière à nous mettre en mesure de pouvoir bien étudier et décrire les machines, appareils, etc., à examiner.
- Nous le disons avec regret, on n’a pas répondu sérieusement, en général, à notre appel. Nous n’avons guère reçu que des renseignements incomplets; un très petit nombre d’exposants nous a fourni des explications satisfaisantes, et un plus petit nombre encore nous a remis des dessins.
- D’un autre côté, nous n’avons été informé qu’en décembre 1878 que nous devions produire un rapport.
- Nous avons donc dû procéder avec quelques notes prises en bâte au moment du passage du jury, recourir à nos souvenirs et aux bien rares documents fournis par les intéressés.
- Les objets exposés représentaient ce qu’on peut appeler de la petite mécanique. Mais ils ont nécessité, delà part de leurs auteurs, des efforts de conception qui méritent, pour la plupart, d’être signalés d’une façon particulière.
- Plusieurs expositions de la classe 6i étaient, entre autres, le résultat du travail émis par des ouvriers intelligents, occupés à leur propre compte, au milieu de circonstances difficiles et presque toujours privés de capitaux.
- Elles étaient dignes, à tous égards, d’encouragements de la part de l’administration de l’Exposition, qui a pu leur procurer les moyens d’être produites.
- Le jury de la classe 61 a eu aussi, plus d’une fois, l’occasion de constater avec satisfaction que beaucoup d’ouvriers et d’employés ont prélevé sur leurs heures de loisirs (bien rares) le temps nécessaire à la mise à exécution d’idées ingénieuses, longuement étudiées, puis mises en pratique.
- Lieux de production. — Les machines, outils et appareils compris dans la classe 61 sont principalement fabriqués à Paris, dans
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- MACHINES ET PROCÉDÉS USITÉS DANS DIVERS TRAVAUX. 5
- les départements de la Seine, du Doubs et du Jura. Les départements de la Gironde, de la Marne, de la Seine-Inferieure en ont également fournis.
- Gr. VI Cl. 61
- Main-d’œuvre. — La main-d’œuvre joue un très grand rôle dans la fabrication des machines, outils et appareils de la classe 61. On peut dire qu’en général l’importance de la matière première disparait en présence de la main-d’œuvre et de l’intelligence mécanique déployée.
- A côté d’outils simples et d’emploi usuel, on remarque un bel ensemble de ces outils fort ingénieux et combinés de manière à faciliter le travail meme des objets de précision : ce qui leur assure cette perfection qu’on a pu distinguer dans les classes qui exposaient les produits fabriqués avec certains outils et appareils qui figurent dans la classe 61.
- Le travail manuel avec machines prédomine donc, et il a lieu à l’atelier et en chambre.
- Le travail par l’intermédiaire de la machine à vapeur intervient plus rarement; on y recourt dans les établissements appartenant à des patrons et disposant de certains capitaux.
- a Le seul caractère commun des machines et appareils qui composent la classe 61 », ont dit MM. Ch. Gallon etFerd. Kohn dans leur rapport du jury international de 1867, «n’est autre que celui qui se révèle dans toutes les industries mécaniques sans exception : la réduction du prix de fabrication, par la substilution du travail automatique au travail manuel, plus rapide et plus précis. »
- Puisque la machine à vapeur n’a pas joué de rôle important, il s’ensuit que les conditions du travail n’ont guère changé, et que, par conséquent, le nombre des ouvriers n’a guère varié.
- En fait, le nombre des ouvriers qui concourent à la fabrication des objels exposés dans la classe 61 s’est accru, parce que les produits de cette classe ont augmenté.
- Augmentation dans la production. — Il y a une augmentation dans la production, parce que les progrès mécaniques se manifestent partout.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Les patrons, parfaitement secondés par des contremaîtres et des ouvriers intelligents, sont toujours à la recherche de procédés perfectionnés, et ces recherches sont, la plupart du temps, couronnées de succès.
- Valeur des produits. — Les machines et outils d’horlogerie fabriqués annuellement peuvent être évalués à la somme de 600,000 francs. Ceux pour la fabrication des boutons peuvent représenter une valeur de 500,000 francs.
- Il s’agit ici des machines à fabriquer les boutons. Mais nous devons faire remarquer qu’avec un outillage relativement peu important on fabrique des quantités considérables déboutons, dont la valeur annuelle, pour la France seulement, peut être évaluée à 100 millions de francs.
- Les autres machines et outils réunis représentent une somme d’environ 1,200,000 francs.
- Les objets d’horlogerie exigent :10 p. 0/0 de matières premières, 65 p. 0/0 de main-d’œuvre, 2 5 p. 0/0 de frais généraux.
- Les machines et outils pour la fabrication des boutons, des brosses, des épingles, etc., exigent en moyenne :34p. 0/0 de matières premières, 46 p. 0/0 de main-d’œuvre, 20 p. 0/0 de frais généraux.
- Pays de consommation. — Presque tous les produits fabriqués sont consommés en France. On en exporte une faible quantité en Belgique, en Russie, en Espagne, en Portugal, en Italie et dans l’Amérique du Sud.
- Les machines exportées servent souvent de modèles, qu’on imite ensuite sur place, ce qui restreint la vente de ces machines aux nouvelles fabriques qui s’établissent.
- Progrès réalisés depuis i86j. — Il y a eu des progrès réalisés depuis 1867. Le résumé de la nature des expositions qui figure précédemment en est une preuve irrécusable.
- Dans l’industrie de l’horlogerie on se sert de nouveaux outils et, particulièrement, d’un plus grand nombre d’emporte-pièce
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- MACHINES ET PROCÉDÉS USITÉS DANS DIVERS TRAVAUX. 7
- pour fabriquer la plupart des organes si délicats qui entrent dans Gr. VI, la composition des montres et des horloges.
- On a pu fabriquer et vendre, ces dernières années, d’immenses quantités de montres et pendules à des prix extrêmement réduits, grâce aux perfectionnements apportés à l’outillage nouvellement introduit dans cette industrie.
- La machine à écrire, appelée à se répandre et à rendre de grands services, est de création toute moderne; elle n’existait pas encore en 1867.
- D’une utilité pratique incontestable, elle réunit tous les avantages de la main qui écrit. Quelques jours d’exercices suffisent pour qu’on obtienne les résultats voulus.
- Une autre machine à écrire, d’un mécanisme analogue, est une véritable machine à sténographier.
- Une machine à contrôler les opérations de caisse imprime les reçus en gardant un duplicata. Cette machine, toute nouvelle, a déjà de nombreuses applications en Amérique.
- On a exposé une machine à voter, d’une conception remarquable.
- Cette machine n’a pas été encore appliquée en grand, ce qui est regrettable.
- La plupart des machines à fabriquer les boutons, les machines à boucher et à déboucher les bouteilles, etc., sont en progrès marqués sur celles qui ont figuré à l’Exposition universelle de 1867.
- A cette époque, l’industrie de la brosserie en était encore réduite, comme fabrication, aux moyens les plus primitifs. Les monteuses mécaniques de M. de Mont, par la régularité et la solidité de leurs produits, par l’économie très considérable de main-d’œuvre qu’elles réalisent, constituent un progrès incontestable dans l’industrie de la brosserie.
- Nous devons encore signaler l’emploi nouveau, dans la fabrication des brosses, de perceuses mécaniques donnant de bons résultats pratiques.
- En résumé, cette industrie a fait de très grands progrès dans
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. VI. ces dernières années, et la généralisation des procédés mécani-ques lui assurera une place importante dans l’industrie française. Les fabriques indigènes pourront lutter avec succès avec celles de l’Allemagne, où la main-d’œuvre est à bon compte; et les contrées où l’Allemagne seule avait accès, comme en Orient, recevront désormais de nos produits.
- On sera peut-être étonné d’apprendre qu’en France on emploie 9,000 ouvriers dans la brosserie, lesquels fabriquent annuellement pour 2 5 millions de francs de marchandises.
- Les machines à fabriquer les cols et manchettes en papier, les sacs et cornets en papier, ont subi, depuis 1867, de notables améliorations, qui permettent une production plus élevée et une réduction dans les prix.
- Pour donner une idée de la puissance de ces sortes de machines, nous dirons qu’une seule maison de Paris emploie 110,000 kilogrammes de papier, par an, pour la fabrication des cols et des manchettes; que trois grandes fabriques d’enveloppes à Paris produisent 2 millions d’enveloppes par jour, soit 600 millions par an, avec 300 jours de travail; qu’une machine à confectionner les sacs fabrique, en moyenne, un nombre de sacs représentant le travail d’au moins vingt ouvrières colleuses et deux ouvriers coupeurs, et cela avec deux jeunes filles pour la desservir.
- L’outillage pour la reliure industrielle s’est perfectionné. Nous citerons entre autres une ingénieuse machine à plier et brocher les feuilles imprimées, qui réalise de grands avantages sous le double point de vue de la grande production, de la régularité du travail et de l’économie de la main-d’œuvre.
- Une machine à fabriquer les aiguilles pour la bonneterie, récemment inventée, livre par jour 20,000 aiguilles, avec un seul ouvrier. Avant cette invention, le même ouvrier ne pouvait fabriquer que 2,000 aiguilles. Le prix de l’aiguille a pu ainsi être réduit de 5o p. 0/0.
- La fabrication des clous, des épingles ordinaires, des épingles à cheveux, a fait de grands progrès depuis 18G7.
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- Des efforts intelligents ont été faits pour produire les clous à ferrer les chevaux avec des machines. Il est à désirer qu’ils soient couronnés de succès.
- La machine à fabriquer entièrement les épingles à cheveux accomplit les diverses opérations de l’empointage, du pliage et du vernissage des épingles d’une manière continue, et les livre prêtes à être employées. Cette machine, toute nouvelle, remplace la fabrication à la main et donne déjà de bons résultals pratiques.
- Les merveilleuses machines à faire la chaîne dite épinglette ont paru pour la première fois dans une exposition universelle, bien quelles existassent depuis une vingtaine d’années. Elles ont obtenu un vrai succès de curiosité près du public, de même qu’une machine nouvelle à fabriquer les suspensions en fil métallique, et les machines à fabriquer et à encarter les épingles de toilette, qui ont été encore améliorées.
- Gr. VI Cl. 61
- Nous n’insisterons pas davantage sur les progrès réalisés ces dernières années. En parcourant la description succincte de chaque exposition, on pourra apprécier le mérite de l’invention ou du perfectionnement.
- RÉCOMPENSES ACCORDEES.
- Les récompenses ont été ainsi réparties :
- Hors concours (du jury). . . 1 1 Français.
- ( d’or 9, accordées à 6 étrangers et 3 —
- Médailles < d’argent 22, — 5 — 17 —
- ( de bronze Ao, — 3 — 37 —
- Mentions honorables A 1, — 7 — 34 —
- Ensemble .... 113
- Exposants n’ayant pas été récompensés, à cause du peu d’intérêt ou du manque de nouveauté que présentaient leurs expositions.
- Tls se répartissent ainsi. . 87,
- 92
- dont 8 étrangers et 29 Français.
- Total
- i5o
- 99
- 121
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- La comparaison entre les sections étrangères et la section française donne, pour les sections étrangères ,72.41 p. 0/0 d’exposants récompensés, contre 76.03 p. 0/0 dans la section française.
- A la veille de l’inauguration de l’Exposition, le comité d’installation, par suite de quelques défections, qui laissaient à sa disposition des surfaces relativement grandes, a dû, pour ne pas laisser de vides, admettre plusieurs expositions qui ne présentaient guère d’intérêt, et qui n’ont par conséquent pu concourir à la répartition des récompenses.
- Nous allons passer en revue les principaux objets exposés. Nous nous dispenserons, autant que possible, d’annexer des figures aux descriptions.
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- MACHINES ET PROCÉDÉS USITÉS DANS DIVERS TRAVAUX. 11
- Gr. VI.
- PRINCIPAUX OBJETS EXPOSÉS.
- MACHINES SERVANT À FABRIQUER ET À ENCARTER LES EPINGLES DE TOILETTE, À FABRIQUER LES EPINGLES À CHEVEUX, LES AIGUILLES DE BONNETERIE, LES POINTES DE PARIS, LES CLOUS À FERRER.
- Machines à épingles de toilette.
- Pendant de longues années, la France a été tributaire de l’étranger, surtout de l’Angleterre, pour la fabrication des épingles ordinaires dites de toilette, dont on fait une si grande consommation. Bien des essais ont été tentés pour arriver à produire ces épingles à bas prix et à une exécution irréprochable. Aujourd’hui, non seulement nous n’avons plus à redouter la concurrence des produits similaires étrangers, mais encore nous en exportons des quantités considérables.
- Il y avait dans la classe 61 deux machines à épingles de toilette qui fonctionnaient devant le public. Ces machines fabriquaient l’épingle d’une manière continue, c’est-à-dire que l’épingle n’était abandonnée par la machine que complètement terminée.
- Dans les différents systèmes employés dans l’industrie, il en existe encore qui fabriquent la tête et la pointe de l’épingle sur deux machines spéciales.
- Cependant, le type de machine qui convient le mieux, et qu’ont adopté certains fabricants, est celui inventé par un Anglais, M. Newton, qui se fit breveter en France dès le mois d’octobre i8A5.
- Les machines exposées ne sont que des machines Newton perfectionnées.
- Les principaux perfectionnements y ont été apportés par MM. Mays frères, exposants, dans les organes qui refoulent la matière pour former la tête et dans ceux qui finissent la pointe de l’épingle.
- Les machines Newton ne font que l’épingle à tête plate dite anglaise, et ne peuvent refouler assez de matière pour former une
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. VI. tête ronde. Sur cos machines aussi, l’opération de l'empointage, Cl 61 d11* 6S^ c^une 8ran^n difficulté mécanique, ne réussit pas toujours
- d’une manière satisfaisante.
- Pour mieux faire comprendre les perfectionnements apportés par MM. Mays frères, nous allons décrire en quelques mots les diverses opérations que subit l’épingle pendant sa fabrication.
- Les épingles sont faites le plus ordinairement en fd de laiton. Le fil employé, d’une certaine longueur, est disposé en couronne autour d’un rouet ou touret, à l’arrière de la machine ou dans son voisinage. Un appareil amène et introduit le fil, après qu’d a été redressé par son passage entre des galets ad hoc dans une sorte de mâchoire formant cloutière, où la tête est formée en deux et quelquefois trois reprises par un mouton, qui reçoit son impulsion d’une lame de ressort et qui est muni d’une petite bouterolle. Ensuite, l’épingle, coupée par un organe spécial, à la longueur voulue, tombe dans une sorte de trémie ou de canal incliné, où elle descend naturellement, retenue par la tête dans une position verticale, jusqu’à la disposition qui use l’extrémité pour former la pointe. Cette disposition se compose d’une longue meule horizontale animée cl’une grande vitesse, contre laquelle les épingles qui se présentent, les unes à la suite des autres, sur un seul rang, sont appuyées au moyen d’une règle d’entraînement dont le mouvement de va-et-vient les maintient en contact avec la meule, qui les lime graduellement, en même temps qu’elle les oblige à avancer en tournant sur elles-mêmes pour présenter toutes leurs parties à l’action de la meule.
- Pour que l’usure donne bien la forme conique à la pointe, la meule, outre son mouvement de rotation continue, est animée d’un mouvement de haut en bas, suivant une certaine courbe.
- La meule est constituée par un cylindre de 32 centimètres de longueur, garni d’un fourreau en acier dont la surface extérieure est striée à la façon d’une lime, et qu’on peut remplacer facilement.
- A chaque tour de l’arbre moteur qui commande les principaux organes de la machine correspond la fabrication d’une épingle.
- A leur sortie de la machine, les épingles sont décapées et passées soit dans un bain préparé pour les étamer, soit dans un bain
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- MACHINES ET PROCÉDÉS USITÉS DANS DIVERS TRAVAUX. 13
- de vernis japonais. Dans le premier cas, les épingles étainées Gr. VT. sont ensuite polies au tonneau; dans le deuxième cas , l’opération du vernissage s’achève dans un four spécialement disposé pour la cuisson du vernis.
- Ces opérations sont accessoires à la fabrication proprement dile, et nous n’avons pas à nous en occuper ici.
- On comprend facilement que plus la tête de l’épingle sera volumineuse, plus il faudra refouler de métal pour la former.
- La difficulté dans l’exécution de la tête ronde est donc d’arriver à refouler la matière sans trop l’aigrir, sans casser le métal, ce qui arrive fatalement, surtout quand on veut trop refouler de matière à la fois, et si l’on veut obtenir ce résultat en deux ou même trois coups de mouton.
- MM. Mays frères ont modifié le profil des trois cames qui interviennent pour la conduite du fil et la formation de la tête, et produisent ainsi, dans une seule révolution de l’arbre principal, quatre poussées successives du fil, qui demandent un nombre égal de serrages par les mordaches de la cloutière, et cela pour obtenir quatre coups de bouterolle sur la tête de l’épingle.
- La tête est donc faite en quatre reprises : à chaque avancement du fil métallique correspond un coup de mouton, comprimant la matière qui déborde de la cloutière. Ces différents mouvements, solidaires les uns des autres, sont très précipités; aussi l’exécution mécanique des pièces qui les accomplissent demande-t-elle une grande précision et une combinaison bien étudiée.
- Dans les anciennes machines Newton, la pointe, ainsi qu’il a été dit plus haut, n’est pas toujours d’une forme irréprochable comme exécution, et MM. Mays frères ont ajouté une deuxième meule, qui biseaute légèrement la pointe pour la rendre plus aiguë.
- Cette deuxième meule tourne, comme l’autre, avec une grande vitesse; mais ses dimensions sont plus réduites, principalement en longueur. Outre son mouvement rotatif, il a fallu lui imprimer un déplacement horizontal combiné avec celui de la règle d’entraînement, dont nous avons parlé en décrivant les différentes phases de la fabrication, de manière à éviter que la deuxième
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- meule ne touche les pointes que d’un seul côté, ce qui donnerait un biseau irrégulier.
- La machine exposée par MM. Mays frères a été bien étudiée; la construction en est irréprochable. Elle peut fabriquer des épingles de différentes longueurs et grosseurs; on règle les divers mouvements en conséquence. En fabrication courante, elle peut façonner 200 épingles par minute. Son prix est de 2,000 francs.
- Les exposants construisent eux-mêmes leurs machines, mais ils en fabriquent peu pour la vente (surtout pour le continent), parce que, tout en étant constructeurs, ils sont aussi fabricants et ne se soucient pas, on le comprend, de fournir des machines à des concurrents sur lesquels ils conservent ainsi une certaine supériorité.
- La machine à fabriquer les épingles de MM. Ardin, Pagès et Ploquin, ne présente rien de remarquable. Elle fonctionne fort bien et fournit de bons produits.
- Machines à encarter les épingles.
- Les épingles entièrement terminées, c’est-à-dire vernies ou étamées, ou même seulement polies, sont livrées au commerce soit en boîtes, soit sur des cartes. La mise en boîte n’offre rien de particulier, mais il n’en est pas de même de l’opération de l’encartage des épingles, qui se fait mécaniquement avec une précision et une rapidité qu’il serait impossible d’égaler autrement.
- Tout le monde, en effet, a vu de ces cartes sur lesquelles les épingles sont fixées, ordinairement par rangées de 20; mais peu de personnes connaissent les moyens mis en œuvre pour arriver à un pareil résultat.
- L’encartage à la machine comprend trois opérations :
- i° Le gaufrage des bandes de papier découpées d’avance pour recevoir les épingles, et qui a pour but de former, transversalement, deux sortes de côtes parallèles;
- 20 La mise en carte proprement dite, en faisant descendre à la fois une rangée d’épingles de telle sorte quelles traversent les deux côtes formées par le gaufrage ;
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- 3° Enfin la descente des épingles par rangées successives jus- Gr. vi. qu’à la lame qui opère la mise en carte. Cl"^6i
- Dans les anciennes machines, ces trois opérations se font en trois reprises. MM. Ardin, Pagès et Ploquin sont arrivés à faire tout le travail de la mise en carte en un seul coup, par rang d’épingles encartées.
- La machine Ardin, Pagès et Ploquin a une grande analogie, pour les organes essentiels, avec les anciennes machines. Son avantage sur ces dernières résulte de la combinaison du mécanisme qui permet, à l’aide d’une équerre à mouvement rectiligne, de déterminer en un seul coup les trois mouvements pour la mise en carte, avantage qui a pour conséquence immédiate de faire plus du double du travail des autres machines.
- Nous allons donner, autant que faire se peut sans dessin, la description de la machine, ou plutôt indiquer son fonctionnement.
- Les épingles à encarter sont versées dans une trémie dont le fond incliné est percé de rainures parallèles dans lesquelles les tiges des épingles s’engagent, tandis que les têtes sont en saillie sur le fond de la trémie. Ordinairement le fond de la trémie contient ko rainures, pour encarter Ao épingles à la fois.
- L’ouvrière engage les épingles dans les rainures à l’aide d’une sorte de peigne ou plutôt de longue brosse à soies un peu fortes.
- Ce moyen, bien que simple, est d’un effet certain; les épingles étant versées sur la table de la trémie, il suffit de promener la brosse en tous sens sur les épingles pour quelles s’engagent régulièrement dans les rainures.
- Les têtes des épingles de la rangée inférieure sont retenues très légèrement par les arêtes des rainures de la table, et appuyées contre une traverse montée sur tourillons et maintenue par un ressort à boudin.
- L’arrêt des épingles, par rangées successives, est obtenu par une lame transversale, qui ne permet qu’à une seule rangée de descendre à la fois lorsque la première a été encartée.
- Le papier, découpé en feuilles ou cartes de grandeur convenable, est placé sur un guide courbe et gradué, d’où l’ouvrière le pousse entre les mâchoires qui le gaufrent > ainsi que nous l’avons déjà
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- Gr. VI. Cl. 61.
- expliqué. C’est pendant que le papier est maintenu entre les mâchoires que les épingles traversent les côtes formées par le gaufrage, sous la poussée d’une lame de pression qui agit sur les têtes de la rangée inférieure. Cette lame est reliée à l’équerre guidée qui commande tous les mouvements de la machine à l’aide d’une bielle actionnée par une pédale. L’ouvrière appuie avec le pied sur la pédale, et c’est un ressort qui fait remonter tout le système à chaque rang d’épingles encartées.
- Tous les mouvements sont heureusement combinés, et c’est merveille de voir fonctionner la machine. Avec une ouvrière un peu agile, il est facile d’encarter îoo feuilles à l’heure, y compris le garnissage de la grille de la trémie. Les feuilles étant garnies de 5oo épingles, on arrive facilement à encarter 5oo,ooo épingles en îo heures!
- Machines à épingles à cheveux.
- Pour en finir avec la fabrication des épingles, nous allons nous occuper maintenant de la machine intéressante que MM. Mays frères ont inventée et construite pour fabriquer complètement l’épingle double à cheveux.
- L’épingle double à cheveux est employée exclusivement pour la coiffure des dames. Elle a la forme d’un U à branches très allongées, et se fabrique le plus généralement en lil de fer. On eu fait de deux sortes: avec les branches unies et avec les branches ondulées. Presque toutes sont vernies en noir; quelques-unes, cependant, ne sont que bleuies par un recuisage modéré.
- Jusqu’à présent, du moins à notre connaissance, elles se fabriquaient à la main. Nous allons dire quelques mots du mode ordinaire de fabrication, pour qu’on puisse mieux apprécier l’avantage de la production mécanique.
- La première opération est celle du dressage, par bouts assez longs, du fil de fer livré en botte et tréfilé à la grosseur convenable.
- Après le redressage, les fils sont coupés exactement par tronçons de longueur égale à celle d’une épingle développée.
- La deuxième opération consiste dans l’empointage, à la meule, de chaque extrémité des tronçons. L’ouvrier qui en est chargé
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- réunit dans sa main lin certain nombre de bouts de fil de ter et Gr. vi. les appuie convenablement sur la meule, qui tourne à grande vitesse. Il a soin de les faire pivoter sur eux-mêmes, enleur imprimant un petit mouvement rotatif avec les doigts, jusqu’à ce que les pointes soient bien finies.
- La troisième opération a pour but de couder l’épingle pour lui donner sa forme définitive, soit avec des branches unies, soit avec des b ranches ondulées. C’est un ouvrier spécial qui accomplit ce travail, à l’aide d’une sorte de charnière ou de mâchoire dont chaque partie est munie d’un manche. Cet outil constitue ce qu’en terme de métier on appelle la machine à couder. Une moitié de la mâchoire est fixée sur l’établi, l’autre moitié est libre.
- L’ouvrier, après avoir ouvert l’appareil à couder, y place, à la main et avec soin, perpendiculairement à l’axe de la charnière, de vingt à trente bouts de fil, préparés comme il vient d’être dit, et, après avoir accroché un mandrin destiné à former l’entre-deux des branches d’épingle, il agit sur le bras ou manche de la partie mobile de la mâchoire pour la refermer sur la partie fixe. Dans ce mouvement, les vingt ou trente bouts de fil sont coudés suivant la forme que les épingles doivent avoir.
- Certains fabricants ont cherché à se servir d’autres moyens pour couder l’épingle; mais c’est encore celui que nous venons de décrire qui est le plus généralement préféré.
- Reste enfin l’opération la plus délicate, celle du vernissage de l’épingle. Les épingles vernies sont classées en supérieures ou en ordinaires, suivant le soin apporté au vernissage.
- On opère le vernissage ordinaire en mettant les épingles dans une bassine qui contient un peu de vernis. On les remue un certain nombre de fois, soit à la main, soit mécaniquement, puis, lorsqu’on les juge suffisamment recouvertes, on les place par petites quantités sur des châssis en fer, qu’on introduit ensuite dans une étuve convenablement chauffée.On a soin, pendant la cuisson du vernis, de les agiter fréquemment, pour éviter qu’elles ne s’attachent ensemble.
- Pour le vernissage plus soigné de l’épingle à cheveux dite supérieure, on opère d’une autre façon.
- Glnsso Ci.
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- Sur des panneaux en tôle perforés de trous dont l’écartement et la dimension sont en rapport avec l’ouverture des branches et la grosseur du fil métallique, des femmes et des enfants déposent les épingles à cheveux, en les plaçant à cheval dans les trous des panneaux, de façon à ce quelles ne se touchent pas. L’ouvrier ver-nisseur prend les panneaux ainsi garnis et les trempe séparément et avec précaution dans le vernis, puis les met à l’étuve en les plaçant sur des tringles disposées à cet effet. Elles séjournent dans l’étuve pendant le temps nécessaire à la cuisson du vernis.
- On se sert comme étuve de petits fourneaux en tôle, en forme de commode, variant de grandeur suivant l’importance du vernissage. Les fourneaux sont chauffés indifféremment à la houille ou au bois.
- Si nous nous sommes ainsi un peu étendu sur cette fabrication, c’est afin de mieux faire comprendre les avantages de la machine exposée par MM. Mays frères. Ces messieurs sont arrivés, par des combinaisons mécaniques relativement simples et par l’adjonction, à leur machine, d’un fourneau spécial, à produire l’épingle à cheveux d’une manière continue, y compris le vernissage, sans que l’ouvrier qui surveille les machines ait besoin d’y mettre la main.
- Avec la machine de MM. Mays frères, on peut employer des fils de tout métal, mais plus particulièrement du fil de fer.
- La botte de fils métalliques, du numéro convenable, est placée sur une tournette, à côté de la machine. L’extrémité du fil est engagée entre des galets, qui le redressent, et enfin dans une pince automatique à mouvement alternatif, qui tire, à chaque allée de sa course, une longueur de fil égale à celle d’une épingle développée. Quand la pince d’amenage revient sur elle-même, elle n’agit pas sur le fil; c’est seulement au moment où elle l’abandonne pour aller le ressaisir, qu’un couteau descend pour couper la longueur avancée. Le tronçon de fil ainsi coupé, e (fig. 1 et 2 ), tombe horizontalement, de un à deux millimètres de hauteur, et perpendiculairement à deux petites courroies c,c parallèles, à mouvement continu, et animées d’une vitesse égale, qui l’entraînent jusqu’à deux règles R, R fixes, disposées au-dessus des courroies, quelles touchent presque.
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- Lorsque le fil, porté par les courroies, s’engage sous les règles, vi. celles-ci exercent une légère pression sur lui et l’obligent à tour-
- Fig. 1. — Élévation.
- Fig. a. — Plan.
- o
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- ner sur lui même, en même temps qu’il continue à avancer. C’est pendant que le tronçon de fil est ainsi entraîné, en roulant entre les courroies et les deux règles, que ses deux extrémités sont usées par deux petites meules en acier, et que les pointes sont fermées.
- a.
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- Gr. vi. Les meules m, m tournent en sens contraire, avec une certaine Cl 61 v^esse* Elles son*' placées parallèlement aux courroies d’entraînement c, c (fig. 2).
- Au moment où le tronçon de fil métallique a terminé son trajet et où les pointes sont terminées, un petit coin faisant l’office de mandrin appuie sur le milieu du fil pour le couder et l’engager entre deux mordaches disposées pour le serrer. Dès que le mandrin est assez descendu pour régler l’écartement des branches de l’épingle, les mordaches s’ouvrent, le coin remonte, et l’épingle façonnée tombe dans une sorte de goulolte (fig. 3), inclinée sous un angle convenable. Arrivée au bas de la goulotte, elle tombe à cheval sur un petit câble en fil de fer.
- L’opération mécanique du vernissage va commencer.
- Le croquis ci-dessous montre la disposition qu’on a adoptée pour le vernissage.
- Fiiï-
- Barn
- Le câble dont nous venons de parler est animé d’un mouvement lent et continu. 11 porte, sur toute sa longueur, des petits échelons également espacés, pour maintenir les épingles, qui tombent successivement.
- Le câble ainsi chargé passe :
- i° Dans une longue bassine remplie de vernis, où les épingles sont baignées et suffisamment recouvertes;
- 20 Au sortir du bain, dans un four chauffé au degré voulu par un combustible ou des becs de gaz.
- Les mouvements et les vitesses sont combinés de telle manière que l’épingle (toujours à cheval sur le câble) sort du four quand la cuisson du vernis est complète. L’épingle, alors abandonnée
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- par le câble qui revient sur lui-même, tombe complètement ter- Gr. vi. minée dans une caisse.
- A l’Exposition, il y avait deux machines semblables, mais il n’y avait qu’un fourneau pour les deux machines. Les deux câbles passaient donc dans le même four.
- Ces machines sont très ingénieuses et encore toutes nouvelles; aussi avons-nous pu constater que le réglage des différents organes était délicat et minutieux. Elles fonctionnaient devant le public, et le jury a apprécié les produits remarquables de la fabrication.
- MM. Mays frères emploient ces machines industriellement à leur usine. Il est à désirer qu’ils en obtiennent de bons résultats.
- Nous ne doutons pas qu’ils n’arrivent encore à simplifier divers organes, grâce à la grande expérience qu’ils ont acquise dans ce genre de construction.
- Machines à clous d’épingle.
- Nous sommes amené naturellement, après les machines à épingles, à parler des machines à clous employées pour fabriquer les pointes de Paris, appelées aussi communément machines à clous d’épingle, et qui présentent, du reste, une certaine analogie avec les machines à épingles de toilette.
- 11 y a environ quarante années qu’on fabrique les pointes de Paris mécaniquement.
- Les machines en question ont constamment été perfectionnées dans les détails et au point de vue de la qualité des matériaux: c’est la conséquence des progrès qu’a faits la construction mécanique en général. Mais ces perfectionnements ne portent guère que sur des accessoires. Nous croyons d’ailleurs que la machine est arrivée à être à peu près parfaite; et, comme agencement, on ne conçoit guère sur quelle partie pourraient porter des changements devant introduire des améliorations notables dans ce genre d’industrie.
- Il y a eu aussi d’importants progrès réalisés dans la fabrication mécanique des clous qui se faisaient à la main ; tels sont les clous à ferrer les chevaux et un grand nombre de clous divers employés pour la chaussure: souliers, sabots, galoches, etc. Mais ces ma-
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- Gr. VI. chines ne sont guère connues que par les brevets pris de temps en ~ temps, et il est difficile de se procurer des renseignements à ce sujet, parla raison que les fabricants de ces divers clous construisent eux-mêmes leurs machines, dont ils font mystère, par crainte de concurrence.
- Aujourd’hui, les fabricants de métiers à clous d’épingle livrent tous leurs produits à l’étranger; cependant on n’en fournit ni à l’Angleterre, ni à la Belgique, ni à l’Autriche, mais on en expédie un assez grand nombre en Espagne et en Portugal, moins en Grèce, en Italie et en Russie. Il faut bien aussi reconnaître que les machines livrées servent habituellement de modèles pour en faire de semblables sur place, ce qui limite la vente de ces machines aux nouvelles usines qui s’établissent.
- Il y a, à Paris , d’importantes fabriques de clous; mais, en province, il y en a un grand nombre, et beaucoup de grandes forges et de tréfderies font la pointe de Paris dans des conditions évidemment très économiques, puisque le fer provient de leurs propres usines et leurs machines également. De plus, elles emploient de la force motrice qui serait souvent perdue, et enfin la main-d’œuvre est plus réduite qu’à Paris.
- Ce genre de machines n’était représenté à la classe 61 que par un seul type, exposé par M. Henry (Edmond), qui s’est fait une spécialité de leur construction. La machine exposée est du numéro 3 de la série du constructeur, et peut produire à la minute 200 clous de 55 millimètres de longueur maxima, en employant des fils de fer des numéros 12 à 17.
- Son prix est de 1,43 0 francs.
- La première opération subie par le fil sur la machine est le dressage, qui a lieu par son passage dans les gorges de cinq galets disposés en quinconce, sur deux rangs parallèles, à l’avant delà machine. L’écartement des galets est réglé d’après la grosseur du fil métallique.
- Quand le fil est dressé, il est saisi par une pince à serrage automatique, dans un seul sens , et qui par suite entraîne toujours le fil du même côté. Nous avons vu, sur les machines à épingles à cheveux et à épingles de toilette, des organes remplissant le même
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- office et qui constituent Yamenage. Nous aurons encore l’occasion Gr. VI. d’en parler.
- Faisons observer, une fois pour toutes, que, suivant le travail à effectuer, les parties de l’amenage qui serrent le fil à entraîner sont disposées de manière à le préserver plus ou moins des marques que laissent les mâchoires dans le métal.
- La course de l’amenage est réglée d’après la longueur que doit avoir le clou terminé, plus une petite quantité, qui correspond au volume de métal nécessaire pour former la tête.
- Lorsque l’amenage a fait avancer le fil métallique de la quantité nécessaire, il en a introduit l’extrémité entre deux mordaches, dont l’une est fixe, tandis que l’autre, commandée par une des cames de l’arbre moteur, se rabat et serre énergiquement le fil, qui ne dépasse lesdites mordaches que de la quantité nécessaire pour rabattre la tête du clou.
- Cette tête est faite d’un seul coup, par le choc d’un mouton recevant son impulsion d’un ressort bandé par le mouton lui-même, lorsqu’il est ramené en arrière à l’aide des cames.
- Pour que le fil ne glisse pas dans les mâchoires formant clou-tière et ne puisse reculer au moment du choc du mouton, lesdites mâchoires sont striées et pénètrent dans le métal.
- Les cames cessent d’entraîner le mouton lorsque le ressort est suffisamment tendu. Ce ressort très puissant est à lames d’acier et du genre de ceux employés pour la suspension des voitures.
- Après le choc du mouton et quand il revient sur lui-même, les mordaches s’ouvrent pour permettre à l’amenage d’avancer le fil d’une nouvelle longueur de clou. Cela fait, une cisaille énergique saisit le fil métallique presque au ras de la cloutière, puis, par une pression latérale des ciseaux dont elle est armée, elle forme la pointe du clou et l’ébarbe, sans que le clou soit détaché entièrement du fil. Cette action finale est produite par une sorte de couteau à guillotine, qui s’abat brusquement sur l’extrémité de la pointe du clou, qui tombe alors dans un récipient. Le couteau se relève immédiatement pour livrer passage au mouton, qui va être de nouveau lancé pour former la tête d’un autre clou.
- Tous ces mouvements s’opèrent exactement en leur temps, grâce
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- Gr. VI. à une Iieureu.se combinaison de cames et de leviers, en une révolu-61 ^on complète de l’arbre moteur, qui, indépendamment de ces cames, porte un volant, indispensable à cause de l’intensité variable des résistances, et deux poulies, une fixe et une folle. Ces deux poulies servent au débrayage ou à l’embrayage avec la courroie motrice.
- L’ensemble des organes est satisfaisant comme exécution et simplicité; ils sont robustes, et leurs formes semblent bien en rapport avec leurs attributions.
- En résumé, la machine à clous de M. Edmond Henry se recommande par les caractères suivants :
- i° Grande simplicité dans l’ensemble, obtenue par un très petit nombre de pièces, toutes bien à la vue du conducteur et très aisément accessibles; de là facilité de la surveillance pendant la marche, du démontage, de l’entretien, et moindre élévation de prix;
- 2° Soins donnés à la construction. Toutes les pièces de fatigue sont faites en fer de qualité supérieure, trempées au paquet; les ressorts, les cloutières, la tête du mouton et certaines parties de l’amenage sont en acier. Le socle en fonte repose sur un bâti ou banc en bois équarri.
- Outil à rabattre les têtes de clous à ferrer.
- Pour en finir avec les machines à épingles et à clous, nous allons examiner la machine à rabattre les têtes de clous pour la ferrure des chevaux, exposée par M. Gauriaud. Cette machine est d’apparence plus modeste que celles dont nous venons de parler; c’est à proprement parler plutôt un outil qu’une machine, puisqu’on n’emploie pas de moteur pour la manœuvrer, et qu’elle ne sert qu’à terminer le clou.
- La fabrication du clou à ferrer a donné lieu à la création d’un grand nombre de machines; mais les essais de fabrication n’ont pas procuré de résultats satisfaisants, tant comme prix de revient que comme qualité des produits. En outre, les clous obtenus mécaniquement n’ont pas toujours une qualité en rapport avec
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- leur bonne apparence, cl ils sont le plus souvent bien inférieurs Gr. VI. aux clous forgés au marteau manuellement.
- U QJ
- La plus sérieuse difficulté clans l’emploi des machines provient de ce qu’on ne peut se servir, pour cette fabrication, que de fers de première qualité, qui gagnent encore étant corroyés par le forgeage que leur fait subir l’ouvrier, ce que ne peuvent faire les machines, qui procèdent par découpage, comme des emporte-pièce. L’expérience a démontré que le fer ainsi traité, quelle que soit sa qualité, présente l’inconvénient de s’altérer. Or, dans l’application de la ferrure, il suffit de peu de chose pour compromettre la santé du cheval: un clou étant pailleux, il peut arriver qu’une petite paille dévie quand on enfonce le clou et provoque les plus grands désordres dans l’organisme du pied du cheval, donnant lieu à des abcès internes qui obligent à la mise à la réforme et qui occasionnent des pertes importantes pour les propriétaires.
- Nous ne voulons pas dire par là qu’il faille condamner à tout jamais la fabrication mécanique du genre de clou qui nous occupe; au contraire, nous avons voulu essayer de montrer tout ce qu’il faut exiger pour arriver à fabriquer de bons produits.
- En France, à Paris surtout, on fabrique des clous à ferrer très estimés et très recherchés. En province, les deux tiers au moins des ouvriers qui s’occupent de cette industrie travaillent chez eux, aux pièces, pour des patrons, et se procurent eux-mêmes leurs outils, principalement dans les départements des Ardennes, de la Loire, de l’Ariège, etc. Ce travail est très pénible, et, le plus souvent, les ouvriers qui s’y livrent spécialement deviennent incapables de gagner leur vie dès l’âge de cinquante ans.
- M. Gauriaud a amélioré et perfectionné un outil déjà existant, qui a pour principaux avantages :
- i° D’être peu encombrant, ce qui permet d’en placer un certain nombre autour du même feu de forge;
- 2° De fatiguer beaucoup moins l’ouvrier, en ce sens qu’il n’exige pas une grande dépense de force musculaire, ce qui a pour conséquence immédiate de reculer la limite d’âge à laquelle les ouvriers cloutiers sont obligés d’abandonner le métier qui les fait vivre.
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- Gr. vi. La machine-outil en question se compose : ci i° De deux flasques ou équerres en fer forgé, reliées l’une à
- l’autre par quatre boulons-entretoises;
- 2° D’un marteau muni de la bouterolle qui a intérieurement la forme de la tête du clou. Ce marteau est rivé à l’extrémité d’une tige de fer servant de manche; le manche, à l’autre extrémité, se termine par une sorte de crosse horizontale à pivots, qui sert d’axe de rotation au marteau. On règle à volonté la position du marteau à l’aide de deux plaques à coulisses, qui servent de cra-paudines à la crosse et qui sont fixées par des boulons aux montants verticaux des équerres.
- Les bras horizontaux des deux flasques sont boulonnés sur un billot en bois reposant sur le sol et qui porte la cloutière.
- Le marteau fonctionne sous l’impulsion cl’un ressort en spirale que l’ouvrier bande avec le pied droit.
- Cette machine peut servir également bien pour toutes sortes de clous, rivets ou boulons dont la tête est bouterollée.
- Son prix est de 5o francs; elle est ainsi à la portée des ouvriers cloutiers, qui, comme il a été dit plus haut, se procurent eux-mêmes leurs outils, du moins généralement.
- M. Gauriaud est le seul qui ait exposé un outil à clous.
- Machine à fabriquer les aiguilles de bonneterie.
- La machine à fabriquer les aiguilles de bonneterie exposée par M. Pelletier présente certains points de ressemblance avec celles dont nous venons de parler.
- Les aiguilles de bonneterie ne sont pas entièrement terminées par la machine; la cambrure de la partie effilée est faite après coup.
- Nous procéderons comme précédemment, et nous allons suivre les différentes phases de la fabrication de l’aiguille, sur la machine.
- Comme dans les machines à épingles, le fil de fer ou d’acier destiné à la fabrication est disposé sur .une bobine, à l’arrière de la machine.
- L’arbre principal, muni de deux poulies (une fixe et une folle)
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- ou d’un cône de friction pour l’embrayage, porte deux cames Gr. VI. agissant sur deux leviers principaux. ci~6i
- Le premier levier est muni, à son extrémité qui correspond au petit bras, d’une sorte de poinçon qui forme le chas de l’aiguille.
- Le deuxième levier agit par un mouvement de sonnette sur un bras articulé, qui porte à son extrémité un mouton garni d’une matrice, et dont le choc aplatit le fil métallique dans le sens de sa longueur et prépare la pointe de l’aiguille.
- Ces deux opérations sont presque simultanées.
- On règle à volonté la distance entre le poinçon qui forme le chas et l’enclume du mouton.
- L’amenage entraîne ensuite le fil sous un découpeur, qui ébarbe la pointe et coupe l’aiguille à la longueur voulue.
- Tous les organes sont agencés de telle sorte qu’en réglant ou remplaçant certaines pièces, on peut fabriquer des aiguilles de différentes dimensions.
- La machine exposée peut produire, en marche normale, avec un ouvrier, 2,000 à 2,5oo aiguilles par heure. Ce résultat représente le travail d’une journée du même ouvrier employant l’ancien outillage.
- M. Pelletier est arrivé ainsi à réduire de 5o p. 0/0 le prix de l’aiguille et à obtenir plus de régularité dans la production et le même fini que dans le travail à la main. La machine qu’il a exposée a été imaginée et construite par lui même. Elle est toute nouvelle. Aussi M. Pelletier espère-t-il arriver encore à de meilleurs résultats quand il aura acquis plus d’expérience dans son emploi.
- Le prix cl’une machine est de 5,ooo francs.
- MACHINES À FABRIQUER LES SUSPENSIONS EN FIL METALLIQUE,
- LES PINCE-LINGE, LES CHAINETTES.
- Machine à fabriquer les suspensions en fil métallique.
- La machine de M. Claude fabrique des suspensions-appliques en fil de fer, destinées à recevoir divers objets, tels que verres, bou-
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- Gr. VI. geoirs, etc. Elle est 1res ingénieuse comme combinaisons méca-
- clIi. nic[ues-.
- On dispose sur la machine, à la main et un à un, les tronçons de fil de fer, coupés préalablement à la longueur convenable.
- Les organes ploient le fil, le contournent et lui donnent sa forme définitive.
- On est obligé de retirer à la main chaque objet terminé, pour faire place à un nouveau tronçon de fil, et ainsi de suite.
- Les renseignements nous manquent pour donner de cette machine et de son fonctionnement une description intéressante. Nous le regrettons d’autant plus que la machine est très ingénieuse et fonctionne bien. Elle a obtenu un vrai succès de curiosité du public. Mais nous nous demandons si le côté pratique, comme produit fabriqué, au point de vue commercial et des besoins de la consommation, répond bien à l’importance de la machine comme agencement mécanique et comme prix d’acquisition.
- Machine à faire le pince-linge (pince à linge).
- Cette machine rappelle celle de M. Claude. Elle est destinée à fabriquer le pince-linge ou pince à linge.
- Elle est entièrement nouvelle, et n’était même pas tout à fait terminée quand le jury l’a examinée.
- MM. Doublier et Gérard l’ont imaginée en vue de fabriquer mécaniquement de petites pinces formées d’une seule lame d’acier ployée, pouvant servir à divers usages, dontle principal est celui de pince à linge pour les blanchisseurs.
- Nous ne dirons que quelques mots des différentes transformations de la lame d’acier, prise dans une bande ou ruban d’une certaine longueur, et qui n’est abandonnée par la machine que sous sa forme définitive de pince à linge.
- Le ruban d’acier servant à la fabrication est saisi tout d’abord par l’appareil d’amenage, qui le fait avancer, à chaque course, de la longueur nécessaire pour confectionner une pince. Un ciseau coupe le ruban métallique à la longueur déterminée, et un petit mécanisme pousse la partie coupée entre deux cames, dontle mouvement de rotation combiné avec le profil va la courber et lui
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- donner sa forme définitive. La lame ainsi transformée en pince est Gr. vi. abandonnée par les organes cambreurs, et tombe par son poids en C1~1 dehors de la machine.
- Jusqu’à présent, les auteurs se sont heurtés à une sérieuse difficulté , qui est cependant indépendante de l’appareil, dont nous avons constaté l’exécution irréprochable et la conception intelligente. Ils n’ont pu encore trouver la trempe convenable à donner à l’acier mis en œuvre par leur machine. Quand l’acier est trop sec, il casse fatalement pendant le pliage; s’il a trop de recuit, il se ploie bien, mais alors il perd son élasticité.
- D’ailleurs, si l’élasticité dépend de la trempe, elle est aussi dépendante des formes, et, dans le cas du pince-linge, on pourrait peut-être trouver des formes plus heureuses.
- Ce sont là des détails tout à fait en dehors du mécanisme de la machine, il est vrai, mais qui ont leur importance. Les inventeurs l’ont bien compris et vont poursuivre leurs recherches. C’est ce qui a engagé le jury à les encourager dans cette voie, en leur attribuant une médaille de bronze.
- Machines à chaînettes.
- Il ne nous reste plus à examiner, parmi les machines de la classe 61 qui mettaient en œuvre des fds métalliques, que celles à fabriquer les chaînettes triangulaires dites épinglcttcs(1). Ces machines ne sont pas nouvelles dans l’industrie (elles ont été brevetées en 1 85à ); mais elles l’étaient pour le public, car c’est la première fois qu’elles figuraient dans une exposition universelle.
- Aujourd’hui, bien que l’armée en consomme beaucoup moins, la fabrication de la chaîne-épinglette a encore une grande importance et alimente certaines industries, telles que la bijouterie, l’orfèvrerie en or doublé, cuivre, etc. Les chaînettes entrent aussi dans certains détails de décoration d’intérieur, dans la fabrication de divers articles de Paris, des chapelets, etc.
- (l) Avant l'introduction du fusil à aiguille dans l’armée, chaque soldat était muni d’une épingle en laiton retenue par une petite chaîne de môme métal et servant à déboucher la lumière de l’arme, d’où le nom d'épinglelle donné à la chaînette portant l’épingle.
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- Gr. vi. Dans les très intéressantes machines qui nous occupent, les ci~ organes principaux fonctionnent avec une telle vélocité et les mouvements sont tellement sûrs, qu’on est étonné de voir la chaîne se former, les maillons succédant aux maillons, d’une manière continue. C’est à ce point qu’il est impossible à T œil de suivre les différentes transformations que subit le fil métallique avant d’arriver à sa forme définitive de maillon et de chaîne.
- Les deux machines exposées étaient semblables pour les organes essentiels : l’une, de MM. Bellair etC'e, marchait au moteur; l’autre, de M. Harlé, fonctionnait au pied. Pour certains numéros de fil, cette dernière pouvait marcher indifféremment soit au pied, soit au moteur.
- Il est évidemment très difficile de se prononcer sur la supériorité de deux machines à peu près semblables. Cependant, en comparant les produits fabriqués, on reconnaissait que la chaîne faite par la machine Bellair et C'e était plus régulière, tournait moins, suspendue verticalement, et ne formait pas de nœuds ou coques, comme la chaîne sortant de la machine Harlé. D’un autre côté, MM. Bellair.et C,c réclament la priorité comme créateurs et inventeurs (en 1854) de la machine, tandis que M. Harlé, un de leurs anciens ouvriers, paraît-il, breveté en 187Û, n’a attiré l’attention du jury que sur certains détails du mécanisme, qu’il aurait modifiés plus ou moins heureusement.
- Nous nous bornerons à donner une description de la machine de MM. Bellair et C,e, par exemple.
- Cette machine était mue directement par une courroie passant sur l’arbre qui distribuait la force motrice dans les classes. L’embrayage ou le débrayage se faisait à l’aide d’un cône de friction, manœuvré par un levier bien à la main du conducteur de la machine.
- Le fil employé, lors du passage du jury, était du numéro 2 , avec lequel la machine peut produire 180 mètres de chaînette par journée, à raison de 120 tours par minute.
- La hotte de fil métallique est disposée sur un tourct à l’arrière de la machine. Le fil est redressé d’une manière analogue à celle dont nous avons donné la description précédemment, Seulement,
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- au lieu de passer entre des galets, il passe à travers des œillets Gr. vi. disposés en quinconce et produisant le même effet que les galets ci à gorge.
- Au sortir des œillets, le fd est saisi par l’amenage, dont la course égale la longueur développée d’un maillon; il passe ensuite clans une sorte de lunette-guide, et c’est à sa sortie qu’il est saisi par les différents organes qui doivent le transformer en un maillon de la chaîne que l’on fabrique.
- Ces organes sont certainement les plus intéressants de la machine et remplissent différentes fonctions, que nous allons essayer de décrire avec ordre, en suivant leurs mouvements presque simultanés.
- Lorsque le fil métallique dépasse la lunette-guide de la quantité nécessaire pour façonner une maille, il est pris sur trois côtés: en son milieu, en-dessous, par un support vertical faisant corps avec un levier oscillant; sur les côtés, par les extrémités de deux espèces d’aiguilles-manclrins à mouvement alternatif, inclinées à A5 degrés par rapport à la verticale, et placées dans le même plan que le premier support (fig. 4). A ce moment, le fil est coupé au ras de la lunette par un couteau-guillotine.
- Le petit tronçon de fil métallique qui va devenir une maille est maintenu horizontalement sur ses trois supports î, 2 et 2'(fig. 4).
- Fig. h.
- Les extrémités de la future maille sont ensuite courbées, en sens inverse, sur les aiguilles-mandrins 2 et 2' par deux petits crochets, appelés cambreurs ou courbeurs, terminant deux bras fixés parallèlement aux aiguilles-mandrins 2 et 2' sur les pignons P, P', qui ont le même axe que les aiguilles 2 et 2', et qui engrènent
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- avec deux crémaillères placées en C et ('/ et animées d’un même mouvement alternatif.
- Les cambreurs forment ainsi deux anneaux ou boucles; les plans de chaque anneau sont perpendiculaires l’un à l’autre par suite de la position respective des deux mandrins 2 et 2', position dont nous venons de parler.
- Pendant la cambrure, un petit crochet à mouvements très variés s’est introduit dans la dernière boucle de maille (côté de la lunette) qui vient d’être formée. Les trois supports qui soutenaient le fil l’abandonnent alors; la maille pivote et reste suspendue sur le crochet (fig. 6), qui la présente de façon que la boucle inférieure soit bien en face de la lunette.
- Le fil métallique destiné à la nouvelle maille s’engage, aussitôt qu’il sort de la lunette, sous l’action de l’amenage, dans la boucle inférieure de la première maille. Il la supporte ainsi quand le crochet (fig. G) se retire. Le fil va se trouver relié avec la première maille, dès que les cambreurs l’auront transformé en une maille, qui sera la deuxième.
- De son côté, le crochet que nous avons vu soutenir le premier maillon vient, par une ingénieuse combinaison de cames et de leviers, se placer sur le fil métallique de manière à se trouver à l’intérieur de la deuxième boucle du maillon en formation, qu’il supportera avec la chaîne commencée, quand ce deuxième maillon achevé sera abandonné par le support et les mandrins.
- Tous ces mouvements, d’une précision extraordinaire, sont très vivement exécutés, et il est impossible de se rendre bien compte des fonctions des principaux organes quand la machine marche à sa vitesse normale, soit 120 tours par minute, ce qui représente 60 maillons de chaîne.
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- Les maillons subissent une dernière opération sur la machine. A mesure qu’ils se succèdent et s’enchaînent, ils passent dans une . espèce d'étau finisseur, a mâchoires triangulaires, s’ouvrant et se fermant alternativement, et qui exerce une pression latérale sur la chaîne pour régulariser le serrage des maillons et la •parer.
- Sur le modèle exposé, on peut fabriquer des chaînettes en fds métalliques de différentes grosseurs, du numéro P au numéro 12. Pour chaque grosseur de fd, les organes se règlent facilement selon les besoins. Un ouvrier suffit pour conduire et surveiller 12 machines.
- MM. Bellair et G10 ne construisent des machines à chaînettes que pour leur usage; ils n’en vendent pas, afin de n’avoir pas de concurrence dans leur fabrication de chaînes.
- Il n’en est pas de même pour M. Harlé, qui construit des machines semblables et les livre au prix de 3,ooo francs Tune.
- MACHINES À CONFECTIONNER LES BROSSES, LES BALAIS, ETC.,
- LES PEIGNES.
- NOTE RELATIVE AUX PROCEDES DE FABRICATION MECANIQUE DE LA BROSSERIE.
- En 1867, l’industrie de la brosserie en était encore réduite, comme fabrication, aux moyens les plus primitifs. Si les machines étaient employées pour le débit et le perçage des bois, le montage de la brosse, c’est-à-dire la fixation des mèches ou loquets, se faisait encore à la main. Or, le montage étant la partie la plus importante de la fabrication et figurant pour un chiffre considérable dans le prix de revient, on comprend l’intérêt qui s’attache à la substitution du montage mécanique au montage à la main.
- La résolution de ce problème, qui présentait de grandes difficultés à cause même de la nature des matières premières à soumettre au travail mécanique, a été poursuivie très activement dans ces dernières années, tant en France qu’en Amérique et en Angleterre. Après bien des tentatives demeurées longtemps infructueuses, les difficultés ont enfin été vaincues, et Ton a vu figurer à
- Classe 61.
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- Gr. VI. l’Exposition des monteuses mécaniques qui, par la régularité et la solidité de leurs produits, par l’économie très considérable de main-d’œuvre qu’elles réalisent, constituent un progrès incontestable dans l’industrie de la brosserie.
- Bien que chaque machine (système de Mont et Gane) produise, en moyenne, quinze fois le travail d’un monteur à la main, il n’y a pas lieu de craindre que leur généralisation entraîne une diminution dans le nombre des ouvriers.
- L’adoption de ces machines tendrait, au contraire, à augmenter considérablement la production de la brosserie commune et à vaincre, par suite de l’abaissement des prix, la concurrence des nations voisines, auxquelles les prix de main-d’œuvre, très peu élevés, ouvrent des débouchés qui nous étaient fermés.
- Nous devons encore signaler l’emploi nouveau, dans la fabrication des brosses, de perceuses mécaniques et de tondeuses mécaniques, donnant les meilleurs résultats pratiques.
- On a adopté des ventilateurs pour garantir les ouvriers de la poussière au moment du peignage et du coupage des soies.
- En résumé, cette industrie a fait de très grands progrès dans ces dernières années, et la généralisation des procédés mécaniques lui assurera une place importante dans l’industrie nationale.
- Machine à fabriquer les brosses de M. de Mont.
- M. de Mont a exposé une machine dont il est l’inventeur et le constructeur, en collaboration avec M. Gane, et qui permet la fabrication mécanique des brosses et balais de toutes sortes. Cette machine présente d’autant plus d’intérêt que, jusqu’à ce jour, l’industrie brossière était restée en dehors de tous les progrès accomplis dans les autres industries, et que le travail à la main y était seul en usage.
- Des tentatives de fabrication mécanique des brosses avaient bien été faites eiLAmérique et en Angleterre; mais le problème, par suite des difficultés sérieuses qu’il présentait, n’avait été qu’incom-plètement résolu. Les applications des machines construites dans ces pays sont des plus restreintes. Elles ne peuvent employer que le erin végétal, le jonc, la barbe de baleine, etc., et les seuls pro-
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- duits marchands que l’on en connaisse sont surtout des brosses à Gr. vi. ongles faites avec ledit crin végétal.
- Dans la section anglaise figure une machine qui fabrique plus spécialement la grosse brosserie commune, les balais pour routes, etc., sur laquelle nous reviendrons plus loin.
- Dans la galerie du Travail (France) est exposé un outil (car ce n’est pas à proprement parler une machine) visant la fabrication des brosses. Mais cet outil, construit depuis longtemps déjà, et qui a dénoté chez son auteur un désir de progrès, n’a jamais été mis en usage. Sans abréger le travail, il ne supprime aucune des difficultés de la fabrication à la main; il ne permet d’ailleurs la fabrication que d’une seule espèce de brosses : la brosse à parquet.
- Il résulte des documents officiels consignés dans le Rapport du jury international de F Exposition de i86y (t. III, p. 5oo) qu’à cette époque :
- i° Le chiffre de la production annuelle s’élevait à22,2o3,ooo francs, dont 15,000,000 livrés à l’exportation et 7,203,000 consommés à l’intérieur.
- 20 Le nombre des ouvriers était de 8,865, ainsi répartis :
- Ouvriers. Femmes. Apprentis
- Totaux
- Paris. Province. Ensemble.
- i,258 3,i3o 6,388
- 947 2,693 3,66o
- 63o 607 1,037
- 2,635 6,23o 8,865
- Les salaires journaliers moyens étaient :
- Paris. Province.
- Ouvriers.................................... 6f 00 2f 5o
- Femmes....................................... 2 5o t 25
- Apprentis................................... 1 5o o 80
- La main-d’œuvre entre pour plus de 6 millions de francs dans la fabrication. Elle joue donc un grand rôle, et l’on comprend tout de suite l’importance que doit prendre l’introduction, dans cette fabrication, d’une machine économique, bien conçue, pouvant pro-
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- Gr. VI. duire de très grandes quantités de brosses remplissant les conditions
- ~~ voulues de solidité et d’apparence.
- Cl 61 •*- ^
- Le but de la machine de M. de Mont étant de fixer des mèches
- ou loquets dans le dos des brosses ou des balais, il a fallu d’abord trouver un mode de fixation qui pût s’appliquer mécaniquement.
- La fixation des mèches dans le dos de la brosse a lieu au moyen d’une petite pièce découpée dans de la tôle mince et à laquelle M. de Mont donne le nom Cancre, qui désigne en effet assez exactement le rôle qu’elle remplit dans la fabrication mécanique qui nous occupe.
- Fig. 8.
- Fig.
- 10
- Fis- y-
- Celte ancre, que la figure 7 représente en grandeur naturelle, étant introduite dans un trou du dos de la brosse, sert à plier la mèche, à l’enfoncer et à la fixer dans le corps de la brosse, au lieu et place du fil en usage dans la fabrication à la main. Une fois la mèche en place (fig. 8 et 9), les becs de l’ancre sont vigou-
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- reusement écartés Tnn de l’autre, au moyen d’un poinçon fait Gr. VI
- d’une lame terminée en forme de coin (fie. io'): les dents de
- ' o / ’ # # ci. 61
- l’ancre pénètrent dans les parois du trou, tandis que sa partie inférieure serre fortement la mèche contre le fond. L’ancre, qui, avant le serrage, avait la forme indiquée figure 9, prend alors celle représentée figure 11, et chaque mèche ou touffe de soie se trouve encastrée si solidement dans le bois, qu’elle ne peut plus être retirée qu’en enlevant des éclats des parois du trou où elle est placée.
- Ceci posé, voici comment fonctionne la machine pour opérer la fixation mécanique des mèches par le moyen décrit plus haut.
- Etant donnés des dos de brosses en bois, corne, ivoire, os ou en toute autre matière, convenablement percés, des soies en paquets sur racines, telles qu’on les trouve dans le commerce, choisies selon la nature des brosses à confectionner, et enfin des bandes de métal dans lesquelles doivent être découpées les ancres de fixation, on exécute sur la machine la série des opérations suivantes :
- La masse des soies placée dans un compartiment spécial est divisée en bandes longues et étroites, dont la largeur varie, d’ailleurs, par un système de réglage des plus simples, avec la grosseur des trous de brosses. On fait varier également, d’après le calibre des brosses, la hauteur à laquelle sont ployées les soies.
- Ces bandes de soies sont entraînées successivement devant un appareil, dit séparateur, qui, en effet, sépare successivement, dans la bande de soies, une mèche ou loquet, qu’il amène dans un logement ménagé dans un autre appareil, dit mséreur.
- D’autre part, la bande de métal est conduite, par un appareil d'amenage, dans un découpoir faisant partie de la machine et où sont découpées les ancres.
- Ces ancres sont amenées au fur et à mesure dans Tinséreur, en arrière des mèches qu’elles doivent ployer et faire pénétrer dans le dos de la brosse pour les y fixer.
- Le bois de la brosse est alors placé sur la machine de façon qu’un des trous se trouve en regard de l’extrémité de Tinséreur.
- Le bois est maintenu d’une manière rigide à l’aide d’un mécanisme convenable.
- A ce moment, le poinçon de Tinséreur vient pousser Tancre et,
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- Gr. VI. devant elle, la mèche dans le trou de la monture, jusqu’à ce que le tout vienne buter (fig. 11). Le poinçon de l’inséreur, continuant sa course, force les côtés dentelés de l’ancre à s’écarter et à pénétrer dans les parois du trou. La fixation est faite.
- Le bois de la brosse peut alors être retiré, grâce au jeu des organes de préhension qui le maintiennent; on peut ainsi dégager la mèche qui vient d’être posée. On recommence la même série d’opérations, qui se succèdent du reste avec la plus grande rapidité.
- En résumé, les opérations de la machine consistent :
- i° Dans l’amenage des soies devant constituer les mèches ou loquets;
- 2° Dans la formation et la séparation de la mèche et son introduction dans l’outil inséreur;
- 3° Dans l’entraînement des bandes de métal dans lesquelles sont découpées les ancres; dans le découpage de ces ancres et leur amenage devant l’outil inséreur;
- h° Dans le ployage de la mèche et son insertion dans le dos de la brosse.
- Gette série d’opérations se répète sur la machine de cinquante à quatre-vingts fois par minute, suivant la plus ou moins grande habileté de l’ouvrière; ce qui donne pour résultat, en tenant compte des temps perdus pour chargements, réglages, etc., la fixation de 2 5,ooo à ùo,ooo mèches par jour et par machine.
- La machine présente, en outre, comme détails de mécanisme, un mode de mise en marche et d’arrêt spontanés, qui en rend l’usage facile aux personnes les moins expérimentées, et un système de débrayage automatique, en cas d’irrégularité accidentelle dans la marche, qui garantit contre toute grave détérioration.
- Les produits de la machine sont supérieurs, comme solidité et comme durée, aux produits similaires fabriqués à la main. Contrairement à ce qui a lieu pour ces derniers, où la solidarité qui existe entre tous les loquets fait que la perte de l’un entraîne la destruction des autres, dans les brosses fabriquées à la machine tous les loquets sont et restent indépendants; ce qui est un grand avantagé.
- La fabrication mécanique comporte d’ailleurs une régularité,
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- dans la hauteur et dans la grosseur des mèches, qu’on ne saurait Gr. vi. attendre de la fabrication à la main.
- En outre, la fabrication courante à la main exige l’emploi de plaques fixées au dos des brosses pour masquer les trous qui les traversent. Dans la fabrication mécanique, les trous étant percés à mi-bois, le placage est inutile; le dos est plein, d’un seul morceau , et la brosse y gagne comme solidité, comme aspect et par suite comme valeur.
- Mais le plus grand avantage qu’offre l’emploi de la machine, c’est la très grande réduction de la main-d’œuvre. Une bonne ouvrière travaillant à la main fait en moyenne 3,ooo mèches par jour; la même ouvrière travaillant à la machine en fera au minimum 3o,ooo. C’est donc une réduction considérable sur la main-d’œuvre (90 p. 0/0), et encore y a-t-il à ajouter celle qui résulte de 1’ économie provenant de la suppression de plaques, de la colle qui sert à les fixer sur le dos des brosses et de l’opération du placage.
- L’économie qu’entraîne l’emploi des machines de M. de Mont peut être évaluée à 20 francs par jour et par machine à monter Jes brosses, et le prix de revient total est réduit de 2b à 3o p. 0/0.
- Cette évaluation est facile à vérifièr en ce qui concerne l’économie réalisée par la machine. En effet, le montage des brosses est payé, en France, en moyenne, à raison de 70 centimes les mille trous. Le montage à la machine de Mont revient, à Paris, à îo centimes les mille trous. Donc, sur 3o,ooo trous, il y aura une économie de 1 8 francs, auxquels vient s’ajouter l’économie résultant de la suppression du placage.
- En tenant compte du nombre considérable d’ouvriers qu’occupe l’industrie brossière, on comprend l’importance de l’invention que constitue cette machine. Son adoption générale entraînerait une économie de main-d’œuvre que l’on ne saurait évaluer à moins de 9 à 10 millions de francs par an.
- L’intérêt de cette machine s’augmente, d’ailleurs, de son caractère entier de nouveauté, tant dans le principe que dans les détails mécaniques signalés plus haut.
- Nous regrettons de ne pouvoir la décrire d’une façon plus com-
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- Gr. VI. plète, le cadre de ce rapport ne comportant pas de détails très
- étendus, car elle est à tous égards fort remarquable.
- Cl. 61. ’ o *
- Machine à faire les brosses de M. T. Duggan.
- Cette machine est destinée plus spécialement à la fabrication de la brosserie commune, des balais pour routes, etc. Elle fabrique une brosse entière à la fois et d’un seul coup.
- On fait la tète ou monture des brosses concave ou de toute autre forme exigée par le commerce. Elle a le plus généralement la forme d’une gaine, et peut être établie en fer galvanisé, étamé, verni; en bois, en os, etc.
- Cette tête de brosse est maintenue pendant l’opération dans une sorte de socle, appelé boîte portative, de construction particulière, qui se loge sur la table ou banc métallique de la machine.
- On dispose au-dessus de la boîte portative, et tramsversalement à la monture, les fibres, crins, piassava, chiendent, sorgho, ou autres matières nécessaires à la confection d’une brosse, soit en couches divisées, soit en masses, suivant les nécessités.
- Ensuite, sur la matière placée comme il vient d’être dit, en travers des fibres, et par conséquent dans le même sens que la monture, on pose un bout de fil de fer ayant environ le double de la longueur de la brosse à fabriquer.
- Un poinçon plat et large, appelé pousseur, dont l’extrémité concave vient emboîter le fil de fer sur une partie de sa longueur, descend sous l’action d’une vis commandée par des engrenages. Il oblige le fil de fer et les matières sur lesquelles il est posé à s’insérer dans la monture de la brosse d’une façon solide et permanente.
- Puis on fixe le fil de fer et les matières qu’il maintient dans la monture de la brosse, à l’aide de rivets ou de petits boulons.
- La brosse est ainsi, on le comprend, formée d’une sorte de loquet allongé, au lieu d’être constituée par une série de mèches comme dans les brosses ordinaires et dans le système de M. de Mont.
- Quant à la machine proprement dite, elle est manœuvrée à la main. Elle est d’une grande simplicité et ne peut être comparée à
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- la machine de Mont. C’est plutôt un outil, dont la seule fonction est Gr. VI d’opérer la descente du pousseur qui insère les soies ou fibres dans ~ la gaine qui forme la monture des brosses. De plus, la pose des soies ou fibres, du fil de fer et, ensuite, des boulons ou rivets qui retiennent le tout, se fait à la main, ce qui n’a pas lieu dans la machine précédente, où toutes les opérations analogues s’exécutent automatiquement et d’une manière régulière par la machine.
- L’expérience faite devant le jury a consisté à replier sur elle-même de l’herbe d’Amérique dans une gaine en tôle pourvue d’une douille pour recevoir un manche. L’herbe a été fixée dans la gaine par des rivets. Une seule descente de la lame du pousseur suffit pour effectuer le plissement et le logement de l’herbe et du fil de fer.
- La lame du pousseur est de dimensions en rapport avec la forme et le genre de brosses en fabrication. Pour les petites brosses, la vis qui porte le pousseur peut actionner deux ou trois lames, ce qui permet, par conséquent, de monter deux ou trois brosses dans le même temps. Il va sans dire qu’alors la boîte portative est également appropriée au genre de fabrication.
- Le jury a donc eu à se prononcer sur un système de fabrication des brosses communes caractérisé parle mode de fixation des soies ou fibres plutôt que sur une machine à fabriquer les brosses.
- Ce procédé nous a paru excellent pour le genre de brosses fabriquées: brosses pour plâtriers, badigeonneurs, etc.; pour le nettoyage des ponts de bateaux, pour goudronner; pour le balayage public des rues, trottoirs, etc.; et nous estimons qu’il rendra de sérieux services, tant à cause de la solidité du mode de fixation de la matière qu’à cause du bas prix auquel on peut livrer ces brosses, dont l’emploi tendrait ainsi à se généraliser.
- On pourra probablement arriver à étendre la fabrication, en modifiant quelque peu le procédé de M. Thomas Duggan de manière à obtenir des produits plus fins, se rapprochant de ceux dits de luxe.
- Machines à décrotter et à cirer les chaussures.
- Après avoir parlé des machines à fabriquer des brosses, nous
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- Gr. VI. sommes amené, pour ainsi dire, à nous occuper des machines à décrotter et à cirer les chaussures.
- Trois de ces machines figuraient dans la classe 61 : une dans la section anglaise, une dans la section française, une dans la section portugaise.
- Machine Southall. —Nous parlerons tout d’abord de l’ingénieuse machine de M. G.-H. Southall, exposée dans la section anglaise. Nous n’en voulons pas donner une description détaillée, peu en rapport d’ailleurs avec l’importance pratique d’une semblable machine. Nous dirons quelques mots de son fonctionnement.
- Fift. ta.
- La figure 12 ci-dessus représente la machine en perspective.
- La chaussure est maintenue sur une sorte de pied en bois, doué
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- d’un mouvement de rotation transmis par des engrenages, en Gr. vt. même temps qu’il peut prendre différentes inclinaisons par l’inter-médiaire d’un levier que tient l’opérateur. Ces mouvements combinés ont pour but de présenter les différentes surfaces de la chaussure à l’action d’une brosse ordinaire, fixée à l’extrémité d’un long bras, qui se meut avec rapidité sous l’impulsion donnée aux engrenages par la manivelle.
- Une bottine, par exemple, étant placée sur la machine, est d’abord décrottée; puis, à la main, on applique le cirage, et la machine, mise de nouveau en action, donne un brillant magnifique en très peu de temps.
- Il se fait des machines à cirer une, deux et trois chaussures à la fois. Le prix est de 2 5o francs pour une machine à une chaussure.
- Machine Audoye. — Dans la section française, la machine exposée et inventée par M. Audoye diffère essentiellement de la précédente.
- Les chaussures à décrotter sont tenues à la main, et l’opérateur en présente les surfaces extérieures à l’action d’une brosse circulaire animée d’un mouvement rapide de rotation.
- La rotation de la brosse est obtenue au moyen d’une pédale, d’un volant et d’une petite poulie. La brosse est montée sur pointes, et son profil possède trois gorges.
- La première gorge est garnie de soies dures, et les mèches sont espacées : c’est la brosse à décrotter.
- La deuxième gorge, garnie de soies souples, reçoit le cirage, et la dernière gorge sert a obtenir le brillant voulu.
- L’opérateur présente successivement la chaussure à l’une ou à l’autre gorge, suivant les exigences du travail qu’il exécute.
- Cet appareil et son fonctionnement sont des plus simples, et nous sommes persuadé que son emploi pourrait rendre des services réels dans les hôtels, maisons d’éducation, etc., partout enfin où il y a à cirer un grand nombre de chaussures.
- Machine da Silva Zuca. — Cette machine, exposée par M. J.-F. da Silva Zuca, dans la section portugaise, est spécialement destinée à cirer les chaussures au pied.
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- Elle possède une brosse circulaire, à gorge à la partie inférieure. Cette brosse reçoit son mouvement par l’intermédiaire d’une petite courroie passant sur une poulie avec manivelle à hauteur de la main. Le cirage est appliqué à la main.
- On passe d’abord les chaussures entre des brosses fixes, qui les nettoient ainsi de chaque côté.
- L’appareil en question est plutôt un décrottoir perfectionné qu’une machine pratique à cirer. La brosse n’a guère d’action que sur les parties supérieures de la chaussure et sur son extrémité. Son principal avantage réside dans ce qu’il permet de brosser la chaussure au pied, sans qu’on soit obligé de se déchausser.
- Son prix est de Zio francs.
- Machines à fendre les dents de peignes à démêler.
- M. Chencl a exposé une machine à fendre la denture des peignes à démêler, à décrasser, etc.
- Cette machine n’est que la modification d’un système bien connu. Eli e se distingue des types employés communément en ce que sa production est deux fois plus élevée, c’est-à-dire qu’elle produit la denture à 12 peignes, tandis que les anciennes machines n’en fendent que 6.
- Nous dirons succinctement qu’elle se compose d’un volant circulaire ou porte-pinces monté sur coussinets. Ce volant possède 1 2 bras, portant à chaque extrémité une mâchoire avec vis de serrage pour maintenir les peignes à fendre. Il reçoit son mouvement de rotation d’engrenages commandés par l’arbre principal de la machine.
- Le volant en question est monté sur un chariot qui avance de l’épaisseur d’une dent à chaque tour de volant, par l’intermédiaire d’une vis à quatre filets avec écrou en bronze. Cette vis est actionnée par de petits rochets à l’aide d’un encliquetage mû par le volant porte-peignes.
- Les dents de peignes sont fendues par une petite scie circulaire montée sur pointes et animée d’une vitesse d’environ 3,ooo tours par minute.
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- Une deuxième scie circulaire conicjue, dentée sur les côtés à la Gr. vi. manière d’une fraise, sert à faire la pointe de la dent.
- La machine peut fonctionner soit au moteur, soit à bras. Elle nous a paru bien établie et de construction soignée.
- Outils à découper les dents de peignes à chignons.
- Les différents outils exposés par M. Rollet sont destinés au découpage de la denture des peignes à chignons. Us consistent notamment en des blocs contenant des lames mobiles disposées d’une manière spéciale.
- Cet outillage est d’une grande simplicité, et l’idée de fendre les dents sans aucun déchet est ingénieuse.
- Nous croyons savoir que des outils semblables figuraient déjà à la dernière Exposition internationale de 1867.
- Cet outillage comprend d’abord des espèces de porte-lames qui se montent sur l’arbre d’une machine à percer ordinaire pour dresser les copeaux (plaques) de corne sur les deux faces. Le copeau est maintenu, pendant le dressage, sur un châssis ad hoc.
- Chaque copeau doit fournir deux peignes, et il est ensuite découpé suivant un profil déterminé.
- Le copeau ainsi apprêté est placé sur un plateau; on le maintient avec des vis ou chiens, et l’on pose le tout convenablement sur un bloc en plomb, sorte d’emporte-pièce, contenant des lames de longueurs différentes. En soumettant le tout à une pression énergique, les lames, grâce à leur inclinaison, permettent d’entrecouper le copeau de telle sorte qu’à un intervalle entre les dents d’un peigne corresponde une dent de l’autre peigne. On termine les dents à la lime.
- Outils employés dans la fabrication des peignes, des dominos, de la tabletterie en os, en ivoire, etc.
- Nous signalerons la collection des outils exposés par M. Perdreau à l’usage des fabricants de peignes, de dominos, de boutons, etc.
- Nous avons remarqué, entre autres, ses molettes taillées sur champ, servant aux fabricants de peignes à mettre en façon, c’est-à-dire à amincir la partie du peigne à démêler qui reçoit la den-
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- Gr. VI. ture, et une molette circulaire taillée sur le plat, employée par ci les fabricants de dominos pour égaliser l’os et l’ivoire lorsque ces
- deux matières sont fixées ensemble.
- Ces deux sortes d’outils sont d’une construction spéciale: le corps de la molette est en fonte de fer; les lames ou dents sont en acier; elles sont rapportées puis rivées sur le corps de l’outil.
- L’avantage de ces molettes sur celles qui sont construites tout en acier est assez important. En effet, avec la disposition adoptée par M. Perdreau, on peut changer toutes les lames, lorsqu’elles sont usées, ou même en remplacer une seule s’il y survient une avarie.
- Ces outils ne sont pas trempés, mais l’acier corroyé que l’on emploie est écroui à froid pour lui donner plus de dureté. Dans ces conditions, l’acier fournit un fil résistant et peu cassant.
- Pour affûter les lames ou dents, on se sert d’un tourne-Jil en acier trempé, analogue à celui employé pour affûter les grattoirs de menuisier.
- Machines et outils pour poser et river les œillets métalliques.
- L’exposition de M. Daudé comprenait differents produits de sa fabrication : œillets métalliques, œillets-boutons, ferrets pour cordons, chevilles pour la chaussure; les outils et machines-outils à poser les œillets et les ferrets métalliques.
- M. Daudé est le créateur de l’œillet métallique, dont l’emploi est d’un usage si répandu aujourd’hui et dont l’invention remonte à 1828 (lh L’œillet métallique n’existait pas avant cette époque; on se servait de petites bagues en cuir consolidées dans les tissus avec du fil.
- Nous n’avons pas à nous occuper ici de la fabrication de l’œillet, puisque M. Daudé n’a exposé aucune des machines qu’il emploie pour cette fabrication, et que nous n’avons que peu de renseignements sur cette industrie. Nous dirons, cependant, que cette fabrication est très importante; ainsi, le chiffre de production de la maison Daudé a été, pour l’année 1876, de près de t ,5oo,ooo fr., comprenant également un certain outillage.
- M. Daudé est âgé de 85 ans et dirige encore sa maison avec son fils. Il esl certainement un des doyens des industriels ayant exposé en 1878.
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- Généralement, la pose et l’emboutissage d’un œillet nécessitent :
- i° Le perçage d’un trou à l’emporte-pièce pour loger l’œillet sur l’objet.
- 2° L’œillet est posé à la main sur un poinçon.
- 3° On fait entrer l’œillet dans le trou percé sur l’objet.
- A0 Enfin, ces opérations faites, on présente le tout sur une estampe ou matrice, et l’on rive soit à l’aide du marteau, soit avec-la pression d’une petite presse à vis spéciale.
- M. Daudé a exposé différents types de poinçons, de matrices et de petites presses à vis pour poser et river les œillets de différents genres qu’il fabrique. Ces petits appareils, les presses à vis surtout, sont bien connus et sont employés communément pour les travaux de couture, de lingerie, de cordonnerie, etc. Nous avons été frappé de leur extrême bon marché, qui, du reste, ne nuit en rien à leur solidité ni même à leur élégance.
- Nous devons signaler aussi les divers petites pinces et appareils, reposant tous sur le même principe, destinés à fixer les ferrets en cuivre sur les lacets, les cordons, etc. Ces ferrets sont fabriqués par M. Daudé, qui les livre sans être roulés. Le ferret, avant d’être posé, est simplement composé d’un petit rectangle en cuivre mince ou en laiton. Avec l’appareil, on roule le ferret sur l’extrémité du lacet ou du cordon, et on l’assujettit par une pression un peu forte. La manœuvre est très facile, et le résultat obtenu nous a paru irréprochable.
- M. Daudé et M. Mariani ont exposé chacun une machine opérant automatiquement la mise en place et la fixation des œillets métalliques. Nous allons les examiner, en commençant par la machine Mariani.
- Gr. VI.
- Cl. 61.
- Machine Mariant. — M. Mariani, ayant remarqué les pertes de temps occasionnées par la mise en place des œillets métalliques, a imaginé une petite machine très ingénieuse qui réalise de sérieux avantages sur les machines ou appareils du même genre déjà existants. Cette machine est toute nouvelle * et ce n’est qu’après de nombreuses tentatives que l’inventeur est enfin arrivé au type exposé*
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- Bien quelle soit un peu compliquée, et elle pourrait difficilement l’être moins, étant donné le travail effectué, son emploi est des plus faciles. Le démontage en est pratique, et le nettoyage et l’entretien sont par suite tout à fait commodes.
- La machine Mariani accomplit les différentes phases du travail do la mise en place et de la fixation de l’œillet en un seul tour de la manivelle motrice et à la vitesse que l’on désire. On pose en moyenne un œillet à la seconde. Ainsi qu’on a pu le remarquer sur le modèle exposé, tous les mouvements s’exécutent avec une précision mathématique.
- Les œillets sont placés dans une hoîte métallique en forme de tambour, dans laquelle se meut une hrosse animée d’un mouvement circulaire, dont le double but est d’obliger les œillets à se placer du bon côté et enfin de les faire descendre un à un, par une ouverture ménagée sur le côté du tambour, dans une trémie. Us sont guidés ou plutôt conduits dans la trémie par deux espèces de crémaillères, qui règlent la vitesse de la descente et constituent Yamenage. A l’extrémité du canal qui termine la trémie, et au sortir des crémaillères, chaque œillet arrivant est saisi à la base par deux couteaux mobiles, pour être placé sur un poinçon. Ce dernier perfore d’abord le cuir ou l’étoffe présentée à l’endroit voulu par l’ouvrière, et insinue l’œillet dans le trou formé, en s’appuyant sur une tige creuse faisant l’office de tas et d’estampe, sur laquelle l’œillet est embouti et rivé.
- Ces différents mouvements et opérations s’accomplissent d’une manière continue, en un seul tour delà manivelle motrice.
- La brosse fournit continuellement les œillets, qu’on n’a qu’à jeter dans le tambour.
- On peut changer instantanément le numéro des œillets employés sur la machine, en remplaçant la boîte qui les contient par une nouvelle boîte qui en renferme du calibre voulu. On ne remplace le poinçon et la matrice que tous les deux numéros. Il y a des guides, pour les distances et l’emboutissage, indispensables à la régularité du travail.
- Pour fixer les œillets sur les étoffes, et afin de laisser à celles-ci toute leur solidité, M. Mariani a imaginé un poinçon pointu rem-
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- plaçant le poinçon emporte-pièce, lequel s’adapte sur la machine Gr. VT. et fait le trou pour loger'l’œillet, en écartant les fils sans les al-térer, point essentiel pour obtenir un bon résultat.
- Le prix de la machine Mariani est de 1 ko francs.
- Machine Daudé. — Cette machine produit le même travail que la précédente; elle est plus simple, partant d’un prix moins élevé.
- Mais, disons-le tout de suite, elle nous a paru inférieure à la machine Mariani. Cependant, son bas prix relatif, 63 francs, qui la rend plus accessible aux petites bourses, fera que, sans doute, on lui donnera quelquefois la préférence sur la première.
- Le mode de distribution des œillets se fait dans une boîte avec line brosse intérieure absolument identique à la disposition imaginée par M. Mariani. Mais Yamenage diffère, et nous avons remarqué qu’il y a une vitesse qu’on ne peut guère dépasser, avec la machine, sous peine de faire de fausses manœuvres, c’est-à-dire que les œillets sautent et ne se placent plus convenablement, d’où il résulte une perte de temps et quelquefois la perte des œillets. D’ailleurs la manœuvre est moins rationnelle que dans l’autre machine, dont tous les mouvements et organes sont commandés par une manivelle. Ici, au contraire, on agit par oscillations sur une * poignée: les œillets glissent dans un canal incliné, au moyen d’un mouvement de bascule; ils viennent se poser sur un poinçon, qui est en même temps soulevé pour fixer l’œillet. Ce mode d’action n’est pas toujours, on le comprend, bien régulier. Toutefois, une ouvrière habile, et attentive surtout, pourra encore atteindre avec cette machine un résultat bien supérieur à celui obtenu avec les moyens ordinaires.
- moutons; presses à estamper, à découper; balanciers;
- LAMINOIRS GRAVÉS, UNIS, À GORGES,
- À FAIRE LES BOÎTES DE CONSERVES; CALANDRES, ETC.
- Moutons.
- Un des engins les plus employés par la petite industrie parisienne
- Classe Di.
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- est certainement le mouton, qui sert aù découpage, à Y estampage et au matriçage clés pièces de cuivre, de laiton, etc.
- Cet outil est généralement employé dans la fabrication de la bijouterie, des boutons, des ornements de cuivre, de tôle, de zinc, etc. On s’en sert dans les arsenaux pour forger et estamper les pièces de fusils, de revolvers, etc. Les matrices sont en acier trempé. On obtient leur gravure au moyen d’un coin (gravure en relief), que l’on enfonce au balancier dans les matrices. On est assuré, de la sorte, que la pièce de métal que l’on estampera aura la dépouille nécessaire pour être sortie de la matrice.
- Le mouton le plus généralement employé, et que tout le monde connaît, est manœuvré soit à la main, soit au pied, soit des deux manières combinées.
- Pour l’intelligence de ce qui va suivre, nous croyons bon de donner en quelques'mots la description du mouton ordinaire.
- Un billot en bois porte le tas ou enclume, généralement en fonte, sur lequel la pièce mise en œuvre est maintenue par des griffes à vis appelées communément chiens. Le marteau glisse entre deux jambes on jumelles reliées au tas. Ces jumelles supportent, à leur partie supérieure , l’arbre d’une poulie à gorge sur laquelle s’enroule la corde qui sert à manœuvrer le marteau. C’est sur la corde que l’ouvrier agit par traction pour soulever le mouton; dès qu’il abandonne la corde, le mouton retombe.
- Mouton système A. Henry.—La première modification soumise au jury a été conçue pour atténuer l’inconvénient du bruit occasionné par le chéc, lorsqu’on emploie le mouton pour le travail en chambre aux étages supérieurs. Les coups répétés du marteau donnent lieu effectivement à des vibrations fort gênantes pour le voisinage.
- Voici ce qu’a imaginé M. A. Henry.
- Le tas proprement dit, solidaire des jumelles, est encastré sur un billot en bois. Le billot repose sur un matelas, qui peut être formé de nattes en paille ou de toute autre matière élastique. Ce matelas est supporté par des plaques de bois, entre lesquelles on a placé des ressorts à boudin en nombre et de dimensions propor-
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- donnés au poids et conséquemment au choc du mouton. Puis vient Gr. vi. enfin un dernier matelas élastique. Cl~6i
- Le tout est disposé dans une sorte de boîte cylindrique en tôle, coiffée de l’enclume qui reçoit la pièce à estamper et qui ne s’appuie que sur les matières élastiques.
- On comprend que ces séries de matelas doivent atténuer les ébranlements du sol ou des planchers ; mais ce résultat n’est guère obtenu qu’au détriment de l’effet utile du mouton.
- Lorsque le poids du marteau est supérieur à ho ou 5o kilogrammes, il est préférable de faire marcher le mouton au moteur mécanique.
- Le mouton à friction, appelé improprement dans les ateliers mouton à vapeur, dans lequel la corde est remplacée par une courroie et la poulie à gorge par une poulie à deux joues, se substitue de plus en plus au mouton mû au pied, meme pour le travail en chambre ou en famille. C’est ce qui arrive dans certaines cités ouvrières, ou on loue de la force motrice qui est distribuée à tous les étages par des transmissions avec poulies et courroies.
- Dans le mouton mu par machine, le marteau est fixé à l’extrémité d’une courroie qui embrasse la demi-circonférence d’une poulie motrice (calée sur un arbre) à la partie supérieure des jumelles, et qu’on embraye ou débraye facilement par les moyens ordinaires.
- La courroie du mouton glisse sur la poulie motrice sans être entraînée et si, quand on tient l’extrémité libre de cette courroie, on agit de manière à la tendre, le frottement sur la poulie devient alors suffisant pour que l’entraînement ait lieu; le mouton est soulevé à la hauteur qu’on juge convenable, et il retombe dès qu’on cesse la traction.
- Cette machine-outil est d’un emploi sur; elle ne fatigue guère l’ouvrier, qui peut modérer les coups suivant la hauteur a laquelle d permet à la masse du mouton de se soulever.
- Mouton système Parent. — M. Parent a Remarqué que, dails sa chute, le mouton, à son tour, tend la courroie qui s’appuie sur la poulie motrice animée d’un mouvement en sens contraire en em-
- h ;
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- Gr. VI. Cl. 61.
- gendrant un frottement nuisible à l’effet du mouton, et il a clier-
- Fig. i.'i.
- cbé à obvier à cet inconvénient par la disposition suivante :
- La jante P (fig. i3) de la poulie motrice est percée de huit mortaises radiales, également espacées, situées dans son pian médian, et dans lesquelles sont logés huil petits galets a.
- Chaque galet joue librement dans la mortaise où il est logé; il est maintenu, sur ses faces planes, par deux flasques c, rapportées à l’intérieur de la jante. Ces flasques sont traversées, dans le sens du rayon de la poulie, par deux coulisses m qui se correspondent, et dans lesquelles les tourillons b du galet peuvent se déplacer, tout en y tournant facilement.
- Pour chaque galet, une lame de ressort R fixée par une extrémité à l’intérieur de la jante s’appuie de l’autre contre les tourillons dudit galet, qui est toujours maintenu en saillie, comme le représente le croquis. C’est sur ces galets que glisse la courroie dumouton, dont la manœuvre est la meme que celle décrite plus haut.
- Quand l’ouvrier tire sur la courroie, celle-ci appuie d’abord sur les galets, qui font fléchir les lames de ressort, et ensuite sur la poulie, qui l’entraîne. Dès que la traction cesse, il n’y a plus de pression sur les galets, qui émergent alors de la jante, et, pendant la chute du mouton, la courroie glisse sur les galets, qui roulent et détruisent partiellement les résistances nuisibles à l’action du mouton.
- La poulie motrice, avec ses galets, ses ressorts, etc., est bien
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- compliquée, et je me demande si M. Parent a complètement atteint Gr. VI le but qu’il s’est proposé. Nous avons remarqué que, quand on tire sur la courroie, le jeu des galets produit des secousses répétées pour chacun d’eux, effet qui se transmet au bras par des espèces de vibrations assez fortes, qui doivent promptement fatiguer l’ouvrier. Cependant cette fatigue est loin d’être égale à celle qui résulte du travail avec le mouton au pied, et qui demande un grand déploiement de force musculaire.
- Moutou système Chéret. — Ce mouton a une certaine analogie avec le précédent. M. Chéret a exécuté la poulie motrice en deux parties calées sur l’arbre moteur, et entre lesquelles il a placé une poulie folle extensible composée de quatre ressorts, qui jouent le même rôle que les galets fous en saillie qu’emploie M. Parent.
- Ce dernier système, aussi compliqué que le précédent, ne fatigue peut-être pas autant l’ouvrier qui tire sur la courroie du mar-leau.
- Nous ferons observer, en passant , que ces deux constructeurs se sont attachés à une bonne exécution, aussi bien dans les détails que dans l’ensemble.
- M. Parent a placé dans une vitrine divers échantillons de pièces estampées et découpées par ses outils avec son mouton, et que le jury a reconnus être bien réussis.
- Mouton système Mortelette. — M. Mortelette a exposé un mouton mû par courroie, avec lequel il obtient, par un embrayage automatique, la levée du marteau, en laissant à l’ouvrier une grande liberté de mouvements pour placer les jlans à estamper.
- L’ouvrier qui travaille avec les moutons ordinaires a toujours une main occupée à la manœuvre de la corde pour ceux marchant au pied, ou à tirer sur la courroie dans les moutons au moteur, de sorte qu’il n’a qu’une main libre pour placer ou retirer les objets.
- Dans le mouton Mortelette, au contraire, l’ouvrier a les deux mains libres; il pose les pièces à estamper d’une main sur l’enclume ou las, et il les retire de l’autre.
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- Il en résulte un certain avantage au point de vue de la vitesse et de la production, qui est presque doublée. L’ouvrier fatigue aussi beaucoup moins.
- En vue de parer aux accidents, assez fréquents dans l’estampage au mouton, l’inventeur a placé sur l’arbre moteur un frein à ruban, manœuvré par une pédale, qui permet d’arrêter le marteau à n’importe quel moment de sa chute.
- Cette pédale permet aussi de régler l’intensité du choc suivant les exigences du travail. Ainsi, pour emboutir une pièce, on commence par donner un ou deux coups amortis, puis on finit à grands coups.
- Le frein d’arrêt fonctionne parfaitement : l’ouvrier n’a qu’à exercer une légère pression sur la pédale pour le faire agir.
- La hauteur de chute du mouton se règle facilement, ainsi que sa vitesse de relevée.
- Le mouton Mortelettc n’exige pas plus d’emplacement que les autres. D’ailleurs, il n’est caractérisé que par la manœuvre automatique du marteau et son frein d’arrêt. L’arbre moteur porte les deux poulies d’embrayage, une poulie sur laquelle s’enroule et se déroule la courroie du mouton, et enfin la poulie du frein à ruban. Ce mécanisme peut être appliqué à tous les moutons à courroies fonctionnant au moteur. Il est relativement simple et peu coûteux.
- L’ensemble est satisfaisant comme exécution. Les détails sont bien étudiés en vue de la facilité de l’entretien et des réparations.
- Les barres ou. jumelles sont en acier fondu, et les oreilles du marteau sont garnies de petites crapaudines en cuivre pouvant être remplacées facilement par l’ouvrier le moins expérimenté.
- Partout où le travail en chambre est possible, c’est-à-dire dans les établissements où on loue la force motrice, l’emploi du mouton en question rendra, croyons-nous, de réels services : il fatigue peu l’ouvrier, présente une grande sécurité, et permet une augmentation notable dans la production.
- Ce mouton a fonctionné pendant toute la durée de l’Exposition ; il a été très remarqué.
- Il fait d’ailleurs le plus grand honneur à son inventeur, M. Mor-
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- telette, un simple ouvrier, qui s’est appliqué à trouver un système réalisant les différents avantages que nous venons d’énumérer.
- Presses; balanciers.
- On emploie aussi, dans le même but que le mouton, des presses à vis et des balanciers à bras ou au moteur. Ces outils sont plus spécialement employés pour la frappe des médailles, des monnaies et, dans diverses industries, pour Y estampage, le gaufrage et le découpage des feuilles de métal, de cuir, de carton, etc.
- Les perfectionnements apportés à ce genre de machines-outils depuis 186y sont peu importants.
- Il n’y a guère que pour les travaux où l’on a besoin d’une force considérable qu’on emploie les balanciers au moteur. Le modèle du dispositif adopté, dans ce cas, par les constructeurs est celui inventé par M. Cliérel, et dont nous donnons plus loin une description complète.
- En général, pour ces appareils, les constructeurs se sont appliqués a bien assurer le guidage de la vis et de son sabot.
- Presse de 1\I. Perron. — Cette presse est destinée à découper les cuirs pour la cordonnerie, les papiers pour la fabrication des enveloppes, etc. Elle se distingue par une disposition spéciale du guidage du sabot, qui est parfaitement maintenu par quatre guides dont il est solidaire.
- On empêche, avec cet agencement, que les irrégularités d’épaisseur ou de dureté dans la matière à découper ne se transmettent par des efforts obliques, toujours nuisibles, soit à la vis de la presse, soit à son écrou. Les réparations sont ainsi presque nul les.
- Presse de M. Parent. — Une presse ordinaire, dite col-de-cygne, a été aussi modifiée par M. Parent dans le guidage de la boîte coulante au moment de l’action du sabot. Le guide ordinaire a été remplacé par une bride fixe montée sur l’œil de la presse. Cette bride étant alésée au diamètre de la boîte coulante, qui est cvlin-
- Gr. VI Cl. 61
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- Gr. VI. drique, ne peut prendre du jeu qu’après un long fonctionnement
- et constitue un bon guidage.
- Cl. 61. 0 D
- Presses et balanciers de M. Clément. — Nous citerons aussi les presses et balanciers en fer forgé de M. Clément, qui sont bien établis.
- Cet exposant a présenté au jury plusieurs systèmes de presses spéciales pour boutonniers. Ces presses sont munies de matrices et d’estampes qui constituent des organes ingénieux.
- En passant, nous dirons quelques mots sur la fabrication des boutons métalliques et des boutons de soie et de laine.
- Le bouton entièrement métallique, tel que le bouton de pantalon, se fait sur de petits découpoirs. Cette industrie emploie aujourd’hui à Paris environ 3,5oo ouvriers, femmes et enfants. En 1867, un seul établissement faisait le travail mécaniquement et avait une machine à vapeur. Depuis, quatre grandes manufactures ont substitué le travail mécanique au travail à la main, et sont arrivées à doubler le chiffre de leurs affaires, grâce à l’économie de main-d’œuvre qu’elles ont obtenue et qui leur a permis de vendre à des prix extraordinaires de bon marché.
- Dans la fabrication des boutons de soie ou de laine (en métal recouvert d’étoffe), les moyens mécaniques n’ont pu être aussi étendus que pour les boutons en métal ou de pantalon.
- Le bouton de soie ou de laine se compose d’un flan (disque découpé) d’étoffe, cl’une plaque de tôle mince et d’un culot de carton fermant l’intérieur. Sur le culot, on dévide du fil, qui sert à coudre le bouton sur le vêtement.
- Le découpage et le bordage des culots se font mécaniquement. Les flans en étoffe et en tôle sont découpés avec de petits découpoirs spéciaux.
- Pour faire le bouton, on place d’abord le flan d’étoffe sur la matrice de la presse à pompe, qui porte l’empreinte destinée à recevoir le flan. On place ensuite la coquille de tôle sur l’extrémité du poinçon, et on agit sur la poignée de la presse; le poinçon descend dans la matrice en poussant le morceau de tissu, qui alors recouvre la tôle; le fond de la matrice forme butée. Cette butée
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- est plate ou concave, suivant la forme du bouton que l’on veut Gr. VI. obtenir; alors aussi le disque de tôle est plat ou en forme de coquille, et le bout du poinçon a également une forme correspondante à celle de la butée.
- On introduit ensuite une bobèche, ou petit tube en acier, dans le canon de la matrice, qui sert à guider le culot de carton que l’on place sur la bobèche. En faisant une nouvelle pesée sur la poignée de la presse, on fait descendre le carton, qui vient rencontrer l’étoffe, qui déborde la coquille en tôle et la rentre en dedans, de telle sorte que la coquille est complètement recouverte par l’étoffe. Il ne reste plus qu’à sertir la coquille (côté correspondant au-dessous du bouton) pour emprisonner le culot de carton.
- Cette opération finale se fait avec une presse à vis, au moyen d’une matrice et d’un poinçon de forme concave.
- Nious venons d’expliquer le fonctionnement des presses pour boutonniers exposées par M. Clément.
- Ces machines-outils permettent d’atteindre une production considérable. Elles ne sont conduites que par des femmes, dont les salaires varient de 2 fr, 5o cent, à 3 francs par jour. Il y a, à Paris, plusieurs maisons qui ont jusqu’à 3oo presses de ce genre fonctionnant dans leurs ateliers.
- Une fabrication non moins importante, et qui a pris beaucoup d’extension, est celle des boutons en carton, soit pour bottines, soit pour gilets.
- Le carton est découpé en bandes de longueur convenable; on le perce de trous dans lesquels sont placées les queues. Les queues sont en fil de fer ou en laiton, qu’une machine tourne en forme de 8, de telle manière qu’en les coupant ensuite à la fraise on les obtienne en double.
- Les queues sont placées sur le carton, qui est découpé et estampé du meme coup par un outil monté sur un balancier-vapeur.
- On met les boutons ainsi formés dans un tonneau à polir, avec un peu de sable, pour enlever les bavures et pour les polir; ils sont ensuite vernis et glacés.
- Ces boutons sont très solides et de belle apparence.
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- Balancier au moteur système Chéret. — Revenons maintenant au. système de balancier mu mécaniquement de M. Chéret.
- Rappelons ce que disait à ce sujet M. Laboulaye dans son rapport publié en 1861 dans le Bulletin (le la Société d’encouragement pour l’industrie nationale :
- k Si la question de mouvoir mécaniquement le balancier a perdu un peu de son intérêt au point de vue des monnaies, par suite de l’adoption de la presse monétaire, il n’en est pas de même pour l’industrie, qui a vu se multiplier le balancier, qu’aucune autre machine-outil ne saurait remplacer dans une foule de cas, qui se prête avec une facilité bien précieuse à toutes les variations voulues dans la course, l’intensité du choc, etc. Il y avait donc toujours un grand progrès à réaliser : c’est ce qu’a tenté de faire M. Chéret.
- kSi l’on passe en revue les conditions à remplir pour mettre un balancier en communication avec une machine motrice, on se rend facilement compte des difficultés qui s’opposent à l’emploi des transmissions usitées dans les cas ordinaires. L’arrêt brusque du balancier et le mouvement de translation dans la direction de l’axe de la vis forment deux obstacles qui ne peuvent être surmontés que par des dispositions toutes particulières. C’était par l’intermédiaire de cordes tirées par des pistons mus dans des corps de pompe, dans lesquels une machine à vapeur faisait le vide, que Rolton et Watt cherchèrent une solution coûteuse et compliquée du problème. »
- La disposition adoptée par M. Chéret est, au contraire, complète, simple et peu coûteuse. Elle constitue un moyen direct et parfaitement satisfaisant de transmission de mouvement. On peut la considérer comme étant de la nature des organes agissant par le frottement, dont elle a les avantages; de même que les cônes de friction, elle est propre à réunir et à désunir deux parties de mécanisme, et, comme les engrenages par frottement, les parties en communication permettent le mouvement de descente du balancier.
- M. Chéret a remplacé les boules qui garnissent habituellement les extrémités de la verge du balancier par un volant horizontal
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- Cl. 61.
- calé sur la vis, dont la circonférence extérieure est garnie d’un Gr. vi. cuir.
- L’impulsion est donnée au volant, et par suite à la vis, par deux plateaux D,Dr (fig. 1 h ), calés sur un arbre B, dont la position
- Fig'. i/i. — Disposition du balancier mû mécaniquement.
- est perpendiculaire à l’axe de la vis du balancier. Les deux plateaux sont distants l’un de l’autre de la longueur du diamètre du volant, plus un petit espace. L’arbre B est commandé par la machine à vapeur, par l’intermédiaire de deux poulies G, G', dont une fixe et une folle. Indépendamment de son mouvement de rotation, l’arbre peut se déplacer horizontalement, dans le sens de la longueur, et mettre en contact avec le volant de la vis l’un ou l’autre des plateaux.
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- L’entraînement du volant a donc lieu dans un sens ou dans l’autre, selon que le plateau de droite ou le plateau de gauche s’appuie sur le cuir du volant.
- Disposition du balancier mû mécaniquement. — Le mouvement pour frapper est imprimé par un levier de manœuvre F, sur lequel l’ouvrier qui travaille au balancier agit avec le pied. Un mouvement de sonnette FEU transmet la pression exercée sur la pédale à un levier à fourche E, qui produit le déplacement de 1’arbro moteur B et de ses plateaux, dont l’un D vient se mettre en contact avec le volant. L’ouvrier n’agit sur la pédale que pour produire la descente de la vis, qu’il maîtrise facilement, puisqu’il peut en régler la vitesse à volonté, en appuyant plus ou moins énergiquement sur ladite pédale.
- Dès que la pression cesse, la vis remonte automatiquement, grâce à un contrepoids H, qui ramène l’autre plateau en contact avec le volant. Ce contrepoids est placé à l’extrémité d’un bras boulonné sur le levier à fourche E, qui produit les déplacements horizontaux de l’arbre des plateaux.
- Pour éviter que le volant A en remontant n’arrive en haut de sa course avec une trop grande vitesse, on a fixé sur le levier à fourche un cadre I muni d’un galet J, sur lequel vient frotter la jante du volant. Si le volant remonte trop vite, il rencontre le galet J, soulève le cadre 1 et par suite le levier à fourche et son contrepoids; il en résulte un nouveau déplacement de l’arbre, et le plateau D, mis en contact avec le volant, agira comme frein automoteur. Cette disposition est, on le voit, très simple, et le volant se trouve maintenu en l’air.
- On comprend qu’avec le mode de commande du balancier, l’ouvrier puisse varier à volonté la course de la vis et aussi la puissance de l’appareil. Quant à la puissance de l’appareil, elle n’est limitée que par la solidité meme du balancier, puisqu’en variant la pression sur la pédale on peut imprimer des vitesses considérables au volant. Cependant, il est à remarquer que cette pression ne doit pas être trop brusque au départ. En effet, à ce moment, l’ouvrier, appuyant sur la pédale, agit sur un levier qui double la
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- pression du plateau moteur sur la jante du volant. S’il appuie trop Gr. vi fortement, il en résultera que le plateau, qui est animé au départ d’une grande vitesse, tandis que le volant commence à être entraîné avec une vitesse minime, agira comme frein d’abord; sa vitesse sera réduite; celle du volant qu’il entraîne le sera également, et, par suite, l’effort, utile transmis à la vis en subira les conséquences.
- C’est là une observation importante , dont il faut tenir compte, sous peine de dépenser inutilement de la force motrice sans que, pour cela, le travail soit mieux fait.
- Le balancier ou moteur, appelé aussi balancier-vapeur, rend de grands services, non seulement dans l’industrie privée, mais encore dans les ateliers de l’Etat. Ainsi à Châtellerault, pour les cuirasses, les pièces sont découpées et estampées au balancier, qui sert également pour fabriquer les sabres de cavalerie.
- Le balancier intervient aussi dans la fabrication des obturateurs pour pièces d’artillerie de tout calibre, des gargousses, pour en confectionner les culots, etc.
- Balancier au moteur de M. Deny. — M. Deny a fabriqué, pendant toute la durée de l’Exposition, des médailles avec un balancier mu mécaniquement et parfaitement construit.
- M. Deny, dont on a pu admirer la belle exposition, s’est fait une spécialité dans l’application de l’outillage (moutons, balanciers, presses, etc.) dont nous nous occupons.
- Ce constructeur s’est acquis une grande réputation pour sa fabrication de baïonnettes, de sabres-baïonnettes, de tôles découpées de toutes sortes.
- A côté de ses outils, il a eu l’heureuse idée de placer quelques-uns des produits obtenus avec ses machines.
- Nous signalerons, entre autres, une surface fdtrante, en cuivre, qu’il a perfectionnée. Ce genre de fdtres a permis, à nombre de constructeurs et d’usiniers, d’établir des presses continues pour extraire le jus de la pulpe de betterave. Nous avons remarqué de ces surfaces filtrantes livrées, par M. Deny, à MM. Piéron (d’Avron), pour machines à cylindre; Cuvellicr (d’Arras), pour presses avec
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- Gr. VI. Cl. 61.
- plateaux filtrants; Larochaymond (de Tournai), pour tables filtrantes, etc.
- Cette surface s’emploie aussi pour les turbines dans les fécule-ries. Elle convient, en outre, à l’épuration des pâtes à papier, et lutte avantageusement avec les produits similaires anglais et belges, qui étaient autrefois sans concurrence sur notre marché. Nous constatons ce progrès, dû â l’initiative de M. Deny, avec une vive satisfaction.
- Nous aurons plus loin encore l’occasion de parler de M. Deny.
- Beaucoup d’autres exposants nous ont aussi présenté des presses, des balanciers; mais, comme ces machines-outils n’offrent rien de remarquable, nous ne nous y arrêterons pas ici.
- Les presses monétaires ne se trouvaient pas dans notre classe, contrairement aux usages précédents.
- Nous terminons le chapitre consacré aux presses et aux balanciers par la description d’une machine à estamper les talons de chaussure, exposée par M. Ferron.
- Machine à estamper les talons, de M. Ferron. — Cette machine est destinée à estamper les talons de chaussure, quelles que soient leurs formes et la nature du cuir. Elle est mise en mouvement par poulies et engrenages.
- La figure i5 ci-contre est une élévation-coupe de cette machine, montrant les organes essentiels.
- Les talons sont préparés à l’avance, comme pour l’estampage à la presse ordinaire, avec des cuirs découpés et reliés entre eux par une goupille en laiton légèrement rivée. Chaque feuille de cuir a été préalablement enduite, sur ses deux faces, d’une colle composée de farine de seigle.
- Chaque talon, ainsi préparé, est introduit dans l’une des trois matrices logées sur la circonférence extérieure d’un tambour très robuste E, calé sur un arbre animé d’un mouvement de rotation. Les talons sont introduits à la main par l’ouvrier chaque fois qüc le tambour E, dans sa révolution, présente une estampe libre, dégagée du tampon compresseur, c’est-à-dire à chaque tiers de tour.
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- Nous allons suivre le talon dans les différentes phases de son Gr. vi. estampage.
- Fig. i5. — Elévalion-coupe.
- Cl. 61.
- Dès son introduction en a (lig. 16), il est emprisonné parle tampon compresseur B, relié au tambour E par deux bielles C, dont J’abatage est réglé par un guide ou came fixe F (fig. 15 et i6).
- Le tambour, en continuant son mouvement de rotation dans le sens de la flèche, entraîne naturellement le tampon compresseur B, qui se trouve engagé, un peu après, entre le tambour, qui est cylindrique, et l’intérieur d’une forte pièce G, fixe et excentrée par rapport au tambour. Cette disposition, on le comprend, oblige le tampon compresseur à se rapprocher de plus en plus du
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- Gr. VI. centre du tambour et, par conséquent, à transmettre une pression
- progressive au talon.
- Cl. ei. 1 D
- Fig. i(L — Elévation du tambour, à o'Vjo pour i mètre.
- Cette pression peut être facilement réglée à l’aide d’une vis verticale (fig. 15 ), que l’ouvrier manœuvre avec un petit volant. Cette vis permet de changer, à volonté, la position de la pièce G par rapport au tambour, puisque cette pièce est reliée au levier H articulé en 0. Une vis horizontale 1, manœuvrée également par
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- un volant, règle l’ouverture nécessaire pour que le tampon com- Gr. VI. presseur puisse s’engager entre le tambour et l’arc excentré G.
- Pour un type donné de talon, on règle une fois pour toutes la position de la pièce G.
- Quand l’estampage est terminé, les bielles C du tampon compresseur le relèvent, à l’aide des petits galets qu’elles portent, et qui roulent sur la came fixe F (fig. 16). A ce moment, le talon est chassé de la matrice par un petit levier D (fig. 16 et 17), à mouvement automatique résultant de sa rencontre avec un taquet fixé au bâti. Les bielles C continuent à relever le tampon jusqu’à dégager complètement l’orifice de la matrice, ce qui va permettre à l’ouvrier de placer un nouveau talon, qui sera traité comme le précédent.
- Le modèle exposé paraît bien étudié; la construction en est soignée, et toutes les pièces ont des dimensions qui semblent bien en rapport avec les efforts considérables quelles ont à transmettre ou à supporter.
- Le poids de la machine est de 3,ooo kilogrammes; son prix, de 3,5oo francs. La force motrice nécessaire est de 1 cheval-vapeur. Dans une journée de douze heures, elle peut produire, à l’aide d’ un seul ouvrier, environ 8,5oo talons estampés. A raison du peu de fatigue qu’exige ce genre de travail, l’ouvrier peut être remplacé par une femme ou même par un enfant.
- Avec la machine de M. Ferron, le prix de revient d’estampage d’un talon est de 5 centimes, tous frais de journée, de main-d’œuvre et de moteur étant couverts.
- M. Ferron a adapté à une presse ordinaire en fer forgé, pour l’estampage à la main des talons de chaussure, un système de relevage automatique qui a permis de fixer à demeure la matrice Classe 61. f>
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- Gr. VI. et le tampon et d’augmenter la production d’une manière très no-
- Ci~6l *a^e-
- La production, avec une presse ainsi agencée, peut atteindre de i,5oo à 1,800 talons estampés par jour, avec un seul ouvrier.
- Laminoirs.
- Les laminoirs qui figuraient dans la classe Gi sont spécialement construits pour la bijouterie, l’orfèvrerie, pour les essayeurs, etc. Ils étaient tous, par conséquent, de petit modèle.
- L’emploi du laminage est d’une grande importance dans les travaux si divers de l’orfèvrerie et de la bijouterie, non seulement pour le plané (rouleaux unis), mais aussi pour le tréfilage de l’or, de l’argent (rouleaux à cannelures décroissantes) qui entrent dans la fabrication des chaînes de luxe, etc.
- Depuis 1867, les perfectionnements apportés à ce genre d’outils sont peu importants.
- Tous les efforts des constructeurs portent sur la bonne exécution des laminoirs, dont la. trempe, la précision, la solidité et les bonnes proportions ne laissent, en général, rien à désirer.
- Pendant de longues années, la maison Krupp a été sans rivale pour la supériorité incontestée de ses rouleaux destinés au laminage de tous les métaux et, plus particulièrement, des métaux fins. Nous avons pu constater que, dans l’espèce, notre production nationale peut soutenir honorablement cette redoutable concurrence et livrer des produits de qualité égale, à un prix inférieur à celui du constructeur allemand.
- Nous citerons parmi les expositions les plus importantes celle de M. Delahaye, bien connu pour ses rouleaux en acier fondu, unis et gravés; puis celles de MM. Parent, Ferron, A. Henry, Jo-liot et Chertemps.
- Laminoirs de M. Parent. — Dans ses laminoirs, M. Parent a rendu facile l’enlèvement de l’écrou des vis de pression des cylindres, en le maintenant à la partie supérieure des flasques par un contre-écrou, qui lui sert cl’einbase.
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- Ordinairement cet écrou est simplement rivé à la partie supé- Gr. VI.
- rieure. ci~6i
- Il est certainement plus facile, dans le cas d’usure de l’écrou de la vis ou de l’écrou, de dévisser un contre-écrou que de dévisser l’écrou maintenu par le procédé ordinaire.
- Mais, comme il se produit une usure peu sensible, par suite de la grande hauteur qu’on donne généralement aux écrous en question, il s’ensuit que le démontage du laminoir, pour les remplacer, n’a pas souvent lieu, et que la disposition dont il s’agit perd un peu de son importance, au point de vue du temps absorbé.
- M. Parent a soumis à l’examen du jury une série de six laminoirs en chute avec rouleaux en acier, trempés, polis et glacés, pour le travail des métaux durs. Nous devons signaler également un cylindre glacé, de fi7 centimètres de diamètre, et un rouleau poli seulement, de 33 centimètres.
- Laminoirs de M. A. Henry. — M. A. Henry a modifié le graissage des tourillons des rouleaux de ses laminoirs pour bijoutiers.
- Il a imaginé de percer, dans sa longueur, chaque vis de pression et le coussinet sur lequel elle appuie. Chaque vis porte à la partie supérieure un godet à huile, avec mèche, comme les godets graisseurs ordinaires. L’huile monte dans la mèche, descend dans la vis et la partie culminante du coussinet, pour venir lubrifier les tourillons du rouleau supérieur; elle retombe sur les tourillons du cylindre inférieur, quelle graisse ainsi convenablement.
- Les laminoirs à gorges remplaçant le banc à tirer, ainsi que les laminoirs unis pour plané de cet exposant, sont tous graissés par ce moyen, qui nous paraît efficace.
- Pour les laminoirs àplané, M. A. Henry a fait breveter une disposition qui permet de régler le laminage suivant des épaisseurs mathématiquement déterminées. Cette disposition est la même que celle employée dans les outils de précision Palmer, qui servent à mesurer les épaisseurs. Voici comment le principe en est appliqué aux laminoirs.
- On sait que chaque vis de pression porte une roue d’engrenage commandée par un pignon unique» Les roues ont un diamètre
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- uniforme; les vis ont le même pas et assurent au cylindre supérieur, sous l’action clu pignon, un avancement et un serrage rationnels, puisque les déplacements de ce cylindre sont toujours parallèles à lui-même. Le cadre qui sert à relever le cylindre supérieur (au moment du desserrage) repose sur les embases des vis de pression qui le traversent.
- Supposons, pour fixer les idées, que le pas de vis soit de 2 millimètres; qu’on ail divisé la circonférence de l’embase d’une des vis en vingt parties égales, et que le cadre releveur dont j’ai parlé tout à l’heure porte un index ou point de repère en regard de ladite embase. Chaque tour des vis, qui sont du même pas, éloignera ou rapprochera, suivant le sens, les rouleaux de 2 millimètres, et pour chaque^ de tour, qu’on peut mesurer exactement, grâce à l’index et aux divisions de l’embase, on les éloignera ou on les rapprochera de ^ de 2 millimètres, c’est-à-dire de ^ de millimètre.
- On comprend dès lors que l’approximation sera d’autant plus grande que le pas de la vis sera plus petit et que l’embase sera divisée en un plus grand nombre de parties égales.
- Les laminoirs de M. A. Henry, étant montés sur colonne, sont peu encombrants; ils sont munis d’engrenage à changement de vitesse analogue à celui des treuils ordinaires.
- M. A. Henry avait exposé d’autres outils et machines-outils, marteaux à planer, un banc à tirer, etc., enfin les divers spécimens de sa fabrication courante, qui sont, comme ses laminoirs, d’une construction bien soignée.
- Laminoirs de M. Delahaye. — M. Delahaye, que nous avons déjà cité, a exposé plusieurs rouleaux de laminoir gravés par procédé spécial et d’un emploi de plus en plus répandu, car ils permettent, avec l’estampage, de diminuer les frais de fabrication et de rivaliser avec l’étranger. Les rouleaux sont gravés en haut-relief et facilitent l’exécution de pièces qui peuvent économiquement remplacer les pièces fondues et ciselées pour la pendule, le candélabre, le meuble dit renaissance, etc. Nous signalerons aussi ses molettes de grandes dimensions pour le filigrane et la passementerie.
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- Après avoir, pendant plusieurs années, employé des aciers an- Gr. VL glais et allemands dans sa fabrication, M. Delahaye a du y re-noncer,et employer de préférence des aciers français, qu’il trouve plus homogènes, d’un travail plus facile, et auxquels il a reconnu l’avantage précieux de moins se déformer à la trempe. Cette condition est, en effet, importante quand les rouleaux sont gravés, car on sait qu’un rouleau de cette nature ne peut pas être remis sur le tour après la trempe et qu’il doit servir tel quel; s’il est beaucoup faussé, il devient impossible de s’en servir pour travailler des feuilles minces; c’est cependant ce qui est exigé dans les divers genres de fabrication.
- Laminoirs de M'"e Claude. — Nous signalerons aussi les rouleaux gravés de Mme Claude pour le découpage et le gaufrage des fleurs et feuilles artificielles.
- Mn,e Claude a installé une petite machine qui découpe l’étoffe qui entre dans la confection des feuilles artificielles imitant les bruyères, les fougères, etc. Cette machine-outil, d’une grande simplicité, découpe très vite; elle est peu coûteuse, comparativement aux services quelle rend.
- Cet exposant a soumis à l’appréciation du jury une collection de débitants pour bijoutiers et de molettes perfectionnées pour quantité d’industries, dont nous avons remarqué l’excellente exécution.
- Laminoirs et outillage employés dans la fabrication des boîtes de conserves, à cirage, etc. — M. Bidault a exposé :
- Une série de balanciers en fer forgé ou en fonte;
- Un mouton pour estampeur;
- Une cisaille circulaire;
- Une machine à rouler les boîtes de conserves ;
- Une machine à rouler et à faire les agrafes des boîtes à cirage.
- Les balanciers avec arcade en fer forgé sont d’une bonne exécution. M. Bidault a exposé des produits obtenus au moyen d’un balancier en fer forgé dont la vis mesure 180 millimètres de dia-
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- Gr. VI. mètre. Les balanciers et les moutons servent à découper et à estamper les fonds des boîtes.
- Les cisailles circulaires sont destinées à couper en bandes parallèles des feuilles de fer, de cuivre ou de zinc, et peuvent fonctionner à bras ou par force motrice. Ce genre d’outils est bien connu; nous n’en donnerons pas de description. M. Bidault en construit huit numéros différents, dont le plus fort peut couper des tôles de fer de 5 millimètres d’épaisseur.
- Les cisailles servent à couper le fer-blanc pour la partie cylindrique des boîtes et des couvercles.
- Le corps cylindrique des boîtes de conserves s’obtient avec une machine ingénieuse, sorte de laminoir, à quatre galets en acier, dont les bords produisent les cordons nécessaires de chaque côté des boîtes. Deux des galets sont mobiles, ainsi que leur support, et se règlent au moyen d’une vis de rappel, ce qui permet de faire toutes les longueurs de boîtes employées dans le commerce.
- La pression nécessaire pour former les cordons s’obtient, à l’aide de deux leviers à contrepoids.
- L’enroulement de la boîte est produit par deux guides circulaires, dont l’extrémité inférieure repose sur les galets. Les variations de diamètre s’obtiennent en inclinant plus ou moins ces deux guides.
- Avec cet outil, on roule facilement îo à j y,ooo corps déboîtés par jour. Les fonds et les couvercles sont découpés et emboutis par des balanciers appropriés à cet usage.
- L’étiquette en cuivre mince que l’on soude généralement sur les boîtes de conserves est estampée sous le mouton.
- Dans la machine à rouler et à faire les agrafes des boîtes à cirage, le corps cylindrique de la boite s’obtient à l’aide d’un mandrin en acier, d’un diamètre supérieur à celui de la boîte. Les deux agrafes se font dans des entailles pratiquées dans le mandrin; la première entaille, dans laquelle on introduit l’extrémité de la bande de fer-blanc, forme la première agrafe et engendre l'entraînement du métal. Un petit galet en acier, dont la pression est réglée par une came, relève le bord d’un côté, et imprime le cordon qui, plus tard, servira à arrêter le couvercle. Lorsque la bande, entiè-
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- rement enroulée, arrive à son autre extrémité, un petit levier ter- Gr. VI. miné par une espèce de couteau, et qui jusqu’alors est resté à une certaine distance du mandrin, s’abaisse et force la matière à pénétrer dans la deuxième encoche du mandrin, pour former la deuxième agrafe. Au même instant, le petit galet, dont nous avons expliqué le rôle, se relève ainsi que le levier à couteau, et le corps de la boîte se dégage par suite de l’élasticité du métal. Pour terminer le corps de la boîte, il suffit, après avoir accroché les deux agrafes, de les aplatir sous un petit balancier. Les fonds et les couvercles se font également sous des balanciers de différents types.
- En dehors des machines spéciales exposées, M. Bidault construit plusieurs genres de découpoirs à excentriques, marchant au moteur, à débrayage instantané, et employés particulièrement dans la fabrication des nouvelles cartouches métalliques.
- M. Bidault construit également la plupart des machines servant à la fabrication des chaussures. Nous regrettons qu’il n’ait pas cru devoir exposer quelques types de ces dernières machines.
- Appareil, pour tracer les élastiques de bottines. — L’appareil imaginé par M. Ferron pour 1e traçage des élastiques de bottines trouve ici sa place, car il a plus d’un point de ressemblance avec les laminoirs.
- Cet appareil, bien compris, économise la main-d’œuvre et évite les fausses coupes; son emploi est tout indiqué pour les grandes manufactures de chaussures. 11 se compose de quatre rouleaux cylindriques parallèles et superposés, dont voici, en peu de mots, la description et le fonctionnement :
- Le premier rouleau, en bois garni d’étoffe, est imprégné d’encre rouge, par exemple.
- Le deuxième, tout en fer, porte en relief des arêtes qui viennent s encrer, dans le mouvement de rotation, sur le premier rouleau.
- C’est le rouleau imprimant ou traceur, que Ton fait tourner avec une petite manivelle.
- On engage l’extrémité de la bande de tissu caoutchouté entre le rouleau traceur (n° a) et le rouleau presseur(n° 3), qui lui est supérieur. Ce dernier, en fonte lisse, agit par son poids et presse
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- Gr. VI. l’étoffe sur les reliefs du rouleau traceur, qui impriment les lignes de coupe et de piqûres.
- L’étoffe vient ensuite s’enrouler sur le quatrième et dernier cylindre, au fur et à mesure du traçage.
- Pour en finir avec tout ce qui a un rapport plus ou moins direct avec les laminoirs, nous citerons les calandres exposées par l’usine de Colmar-Berg (duché de Luxembourg), appartenant à S. A. le prince Henri des Pays-Bas.
- Ces appareils, d’un usage qui tend à se généraliser pour cylindrée le linge, se recommandent par une exécution soignée, une bonne disposition et un bon marché remarquable.
- Machine à découper les fleurs.
- Nous avons parlé précédemment d’une machine à découper les Heurs et feuillages artificiels. Cette fabrication a pris, depuis quelques années, un grand développement, et parmi les machines imaginées pour remplacer le travail à la main, qui était très assujettissant, nous citerons les machines de M. Clément.
- Le découpage à la main se fait avec des emporte-pièce ayant les diverses formes des fleurs ou feuilles; l’ouvrier tient l’emporte-pièce d’une main, et de l’autre frappe avec un gros maillet sur la tête de l’outil. L’étoffe à découper est placée sur un carré ou tas en plomb. Il faut donner quelquefois quatre ou cinq coups de maillet pour faire un découpé.
- Dans la machine Clément, l’emporte-pièce (fig. 18), guidé dans une boîte ou glissière, est articulé à l’extrémité d’un levier dont l’autre extrémité est actionnée par une bielle attelée à un arbre vilebrequin. Cet arbre reçoit le mouvement par une combinaison de quatre engrenages, dont les rapports sont tels qu’un effort dey kilogrammes exercé sur la manivelle donne une pression de près de 2,000 kilogrammes sur la tête de l’outil qui découpe.
- Il suffit d’examiner la figure ci-contre pour se rendre compte du fonctionnement du découpoir.
- Les principaux avantages qui résultent de son emploi sont les suivants :
- Suppression du bruit occasionné par le découpage au maillet;
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- Travail mieux; fait, en raison de la grande pression exercée sur Gr. vi. l’emporte-pièce;
- Conservation du tranchant de l’outil, qui reçoit une pression tout à fait verticale et non un choc oblique et brusque comme celui du maillet;
- Enfin, production plus que doublée et réalisée sans fatigue.
- Fig. 18.
- Cette machine-outil, bien construite, comme toutes celles de M. Clément, pourra rendre beaucoup de services dans toutes les industries où l’on découpe à l’emporte-pièce : fleurs artificielles, chaussures, enveloppes, etc.
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- MACHINES ET OUTILLAGE SERVANT À LA FABRICATION DES CARTOUCHES ET DES BRIQUETS.
- Nous n’examinerons ici que les machines spéciales à la fabrication clés cartouches et des briquets.
- Dans le chapitre précédent, nous avons parlé de l’application du balancier et de la presse pour fabriquer les culots des cartouches métalliques, par exemple. Nous en signalerons aussi l’emploi pour la fabrication des nouveaux briquets; mais cet outillage n’olïre rien de particulier; il a été simplement approprié d’une manière intelligente au travail à produire.
- M. Gauchot et M. Deny, dont nous avons déjà cité la belle exposition, exposaient des machines-outils se rattachant plus particulièrement à la fabrication des cartouches.
- Nous décrirons en première ligne les ingénieuses machines de M. Gauchot.
- Machines à enrouler le papier autour des balles de cartouches « métalliques.
- Le travail à produire par cette machine consiste à entourer les balles d’un caJpen de papier faisant deux tours sur la balle; il est entortillé sur le fond de la balle, ce qui l’empêche de se développer sans le secours d’un collage.
- Cette enveloppe de papier est destinée à obtenir un meilleur joint de la balle dans l’étui métallique et à éviter l’obstruction des rainures du fusil par le contact direct du plomb.
- Le travail complet s’exécute en trois opérations, dont les organes principaux sont représentés, grandeur naturelle, aux figures 20, 21, 22 et 2.3.
- La figure 19 montre le morceau de papier nécessaire pour envelopper une balle, soit deux fois la circonférence de celle-ci.
- Première opération. — La figure 20 est une coupe transversale de la pièce A destinée à rouler le tuyau de papier.
- Deuxième opération.— La figure 21 représente une balle en-
- i’\
- Gr. VI.
- Cl. 61.
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- MACHINES ET PROCÉDÉS USITÉS DANS DIVERS TRAVAUX. 75
- trant dans le tuyau de papier préalablement formé; la difficulté Gr. vi.
- de cette opération est de faire entrer la balle à force sans qu’elle
- . * , ' • J 4 Cl. 61.
- entraîne le papier.
- Fig. j9.
- \
- Pour atteindre ce résultat, un tube B pousse la balle jusqu’en G ; le tuyau de papier étant conique, il n^ a pas d’entraînement jusque-là. A ce point, le tube G cesse son mouvement; deux pinces D garnies de caoutchouc viennent serrer le tuyau de papier, derrière la balle, sur le tube B, pendant qu’une broche intérieure E pousse la balle jusqu’en F, qui est sa position définitive.
- Dernière opération. — La figure 2 2 montre les organes principaux qui exécutent cette troisième opération. Ils se composent : d’une espèce de porte-crayon G, qui entraîne la balle garnie de son papier dans un mouvement de rotation, pendant que les ciseaux H se rapprochent graduellement pour former le tortillon I jusqu’à couper l’excédent de papier J ; les ciseaux s’ouvrent ensuite, pour laisser passer un piston lisseur K(fig. 2 3), qui vient appuyer sur le fond de la balle, pendant quelle tourne encore.
- Fig. 2, 2.
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- Gr. VI.
- Cl. 61.
- La figure a Zi représente l’ensemble de la machine en élévation, à une échelle réduite.
- L, chemin dans lequel on place les halles mues à la main;
- M, papier sans fin;
- N, couteau destiné à couper le papier à la longueur voulue
- (%• 19);
- O, main animée de deux mouvements : l’un vertical, lui permettant de se lever et de s’abaisser sur le papier; l’autre horizontal, lui permettant de tirer la longueur de papier nécessaire pour l’introduire dans la pince A; le dessous de cette main O est garni de caoutchouc pour augmenter son adhérence sur le ruban de papier;
- P, masse destinée à maintenir le bout du ruban de papier pendant le temps qu’il est abandonné par la main O pour le coupage;
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- A, pince pour rouler le papier en tuyau (première opération); Gr. VI.
- E, piston pour pousser la balle dans le tuyau de papier ^ (deuxième opération);
- S, broche destinée à chasser la balle finie du barillet T ;
- T, barillet percé de quatre trous, dans lesquels sont faites, simultanément, les opérations décrites précédemment; cette pièce opère un quart de tour pour chaque révolution de l’arbre moteur U;
- V, appareil de mouillage du papier sans fin. Le mouillage a pour but d’augmenter l’adhérence du papier sur la balle par le fait de la contraction produite par la dessiccation.
- Le prix de ces machines est de 5,ooo francs, et la production, de a5,ooo balles garnies par journée de 10 heures.
- Le modèle exposé est celui adopté par le Gouvernement français, pour lequel M. Gauchot a construit vingt-deux machines seni-blabl es. D’autres machines du meme modèle ont été construites par les ateliers d’artillerie de Puteaux pour tous les arsenaux de l’Etat, à l’entière satisfaction des directeurs.
- La machine à enrouler le papier sur les balles dérive de la machine à faire les cigarettes, imaginée il y a quinze ans par M. Gauchot. C’est sur le conseil de M. Kreutzberger, ingénieur des manufactures de l’Etat, que l’exposant a cherché à appliquer le principe du fonctionnement de ses machines à cigarettes à l’enroulement du papier sur les balles.
- Le résultat obtenu est entièrement satisfaisant.
- AL Gauchot construit des machines du même genre pour les gouvernements belge et autres, dans lesquelles le papier fait cinq tours sur la balle, pour être ensuite collé.
- Machine à découper et à estamper simultanément.
- Gette machine, exposée par M. Gauchot, est destinée à découper en spirales les rondelles en carton pour cartouches.
- Le principe de son mécanisme gît dans le mouvement continu permettant de découper en spirale une feuille de dimension quelconque, d’un bout à l’autre, sans le secours d’aucune main-
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- d’œuvre, et en entrelaçant les jlans de manière à éviter le plus de déchet possible (fig. 2 5).
- La figure 26 représente l’ensemble des organes montés sur un pied en fonte L.
- Kig. •<(!.
- La feuille à découper D est lixée, au moyen de grilles E, sur un plateau H, qui lui-mème est goupillé sur l’extrémité d’une vis A.
- Le plateau H est animé d’un mouvement angulaire intermittent faisant parcourir à la feuille à découper un chemin T (fig. 2 5). correspondant au diamètre des flans qu’on se propose de découper; et, comme la vis A sur laquelle est fixé le plateau H a précisément pour pas la distance R de cette figure 2 5, il résulte que le découpage se fait d’une manière continue.
- Le mouvement angulaire du plateau H est obtenu par un mouvement de croix de Malte KL, qui commande, par l’intermédiaire du pignon J, la roue U calée sur la vis A. La roue U a un nombre de dents impair, ce qui détermine l’entrelacement des flans; le déchet est presque nul.
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- La roue U entraîne la vis A dans son mouvement angulaire, Gr. VI mais sans l’empêcher d’avancer sous l’action de l’écrou A'. La cia- “
- Ti v i . , . ci. 61
- vette que possédé cette roue glisse dans une rainure pratiquée dans toute la longueur de la vis A.
- Le poinçon F est commandé par un bouton de manivelle, qui termine l’arbre moteur Y.
- Des cercles intérieurs et extérieurs Z sont destinés à guider la feuille à découper, entre lesquels elle circule.
- La croix de Malte est commandée par le galet M.
- La partie filetée de la vis A est d’une longueur telle que les blets cessent d’exister lorsque le découpage est arrivé au bout de la feuille D.
- La vis A est terminée par une bague d’arrêt B.
- On découpe, au Mont-Valérien, avec deux machines semblables, en mettant deux feuilles de carton, A8o,ooo rondelles pour cartouches par jour de i o heures.
- Chaque appareil coûte.8oo francs.
- La machine de M. Gauchot peut découper toute espèce de formes, et son outil unique se prête à toutes les exigences de l’entretien.
- Mais c’est principalement en découpant et en estampant simultanément que ce système est avantageux. En effet, pour produire l’estampage, on voit qu’il suffit de faire fonctionner un poinçon dans l’outil a découper. On obtient alors une grande économie, car non seulement le découpage ne coûte rien, mais encore l’amenage mécanique des flans pour l’estampage se fait tout naturellement.
- Nous signalerons la bonne disposition des machines de M. Gauchot. Tous les organes fonctionnent avec une précision remarquable. L’exécution est très soignée.
- Machine de M. Deny. — Cette machine est destinée à découper les bourres en carton bristol pour la confection des cartouches.
- Cet appareil diffère entièrement du précédent, comme mécanisme; il possède treize poinçons, actionnés par un excentrique, qui découpent un nombre égal de rondelles a chaque descente du porte-outil.
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- Gr. VI. Nous regrettons de ne pouvoir donner même un croquis de cette
- machine, dont nous avons remarqué le bon fonctionnement et Cl. 61. , . , . ^
- 1 execution irréprochable.
- L’entraînement de la feuille de carton sous les poinçons est produit par deux paires de cylindres animés d’un mouvement intermittent de rotation, obtenu à l’aide d’un encliquetage commandé par une came.
- La production de la machine de M. Deny est d’environ 5oo,ooo bourres découpées par jour.
- Cette machine et celle de M. Gauchot peuvent être employées également pour le découpage des culots de carton donL on se sert dans la fabrication des boutons métalliques recouverts d’étoffe.
- M. Deny a aussi exposé une petite cisaille verticale qui sert à découper les petites bandes de cuir pour cartouches. Nous signalons la bonne disposition de cet outil.
- MACHINES PO UH CONFECTIONNER IÆS ENVELOPPES DE LETTRES, LES CORNETS ET SACS EN PAPIER, LES BOITES EN CARTON, LES COLS ET MANCHETTES EN PAPIER.
- Machines employées dans la fabrication des enveloppes.
- La fabrication des machines à faire les enveloppes est très restreinte, comme l’est d’ailleurs la fabrication des enveloppes elles-mêmes, qui compte, à Paris, trois grandes usines marchant à la vapeur et produisant, ensemble, environ a millions d’enveloppes par jour, plus cinq ou six usines moins importantes, qui livrent à la consommation environ 5oo,ooo enveloppes par jour, soit en moyenne, pour chacune de ces dernières, une production journalière de 100,000 enveloppes.
- Angouléme est aussi un centre de production, mais moins important que Paris; et l’on compte à Lyon trois ou quatre fabriques, à petite production.
- M. Antoine est à peu près le seul constructeur qui fabrique des machines à plier les enveloppes à la vapeur ou au pied, pour
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- Paris et Lyon. Les machines employées à Angoulême sont con- Gr. VI. struitesdans la contrée, et,bien que les fabricants d’enveloppes de cette région soient en même temps des fabricants de papier ayant des usines à vapeur, ils n’emploient guère que des machines marchant au pied. D’ailleurs, à Paris, où l’on emploie concurremment les machines au pied et au moteur, la préférence est souvent donnée à la machine au pied, qui coûte beaucoup moins cher que l’autre, mais qui produit, par contre, un peu moins. Ainsi la machine au motçur coûte de 1,800 à 2, Aoo francs, au lieu de Aoo à 5oo francs, prix de la machine au pied, et ne produit qu’un quart en plus, soit 20,000 à 22,000 enveloppes par jour de 10 heures, au lieu de 12,000 à 1 5,ooo, que peut produire la machine au pied; il est vrai qu’en revanche elle nécessite une ouvrière moins habile et permet de supprimer l’emploi de la petite fille dite preneuse, dont le travail consiste à saisir l’enveloppe quand elle est pliée.
- Quant à l’outillage complémentaire de la fabrication qui nous occupe, comprenant les machines à découper, les laminoirs pour le satinage, etc., il doit nécessairement, pour une fabrication prompte et par suite économique, marchera la vapeur. Du reste, cet outillage est moins spécial que les machines à plier; il est commun à d’autres industries, ainsi que nous le verrons tout à l’heure.
- Avant d’aller plus loin, nous croyons intéressant de donner quelques renseignements statistiques sur la fabrication des enveloppes.
- Le prix moyen des papiers employés à cette fabrication varie de 125 à i5o francs les 100 kilogrammes.
- Les salaires journaliers varient : pour les hommes, de 5 à 6 fr.; pour les femmes, de 3 à A francs; pour les enfants, de 1 fr. 5o cent, à 2 francs.
- Les travaux se font généralement à la tâche.
- Le prix de revient des enveloppes terminées se décompose comme suit: 75 p. 0/0 de matières premières (papier, gomme, cartonnage et emballage); i5 p. 0/0 pour la main-d’œuvre, et 10 p. 0/0 de frais généraux.
- Classe (5 1.
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- Les prix ne subissent pas de grandes variations, mais ils tendent à baisser sans cesse à cause de la concurrence.
- La consommation est constamment croissante en France, mais l’exportation reste à peu près stationnaire, en raison de l’établissement d’un certain nombre de fabriques dans les pays qui s’approvisionnaient chez nous, alors que l’article était moins répandu.
- Quant à l’importation, elle est relativement peu considérable, et se compose exclusivement d’une petite quantité d’enveloppes de haut luxe.
- M. Antoine, qui a exposé des machines à enveloppes dans la classe 61, est, croyons-nous, l’un des créateurs de ce genre de machines, dont il s’occupe depuis 185g.
- Les matières premières qu’il emploie sont la fonte, le fer forgé, la fonte malléable et le cuivre pour une valeur d’environ 20,000 fr. par an. Il n’occupe guère qu’une quinzaine d’ouvriers, ajusteurs et monteurs, qu’il paye à raisofL de 6 fr. 5o cent, par jour. Le travail des grosses pièces, le rabotage, etc., se font généralement au dehors.
- A peu près le tiers des machines livrées par ce constructeur est vendu en France; le reste est destiné à l’exportation pour l’ftalie, la Russie, l’Espagne, l’Amérique du Sud, etc.
- Ces renseignements et les chiffres qui précèdent se rapportent spécialement aux machines à plier les enveloppes, à l’exclusion des autres machines que le fabricant d’enveloppes emploie, telles que découpoirs, laminoirs, machines a rogner, etc., qui sont d’une construction courante, et pour lesquelles il peut s’adresser à un grand nombre d’industries. Nous avons eu occasion de parler de ces diverses machines-outils au chapitre qui traite des presses, balanciers, laminoirs, etc.
- La fabrication de l’enveloppe se divise en quatre opérations principales.
- Première opération. — Le papier est d’abord découpé à l’aide d’un couteau ou emporte-pièce, de la forme déployée de l’enveloppe que l’on veut faire, et d’une presse. Le couteau est placé sur le papier assemblé en paquet, qu’on introduit sous le plateau mo-
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- hile ou sabot d’une presse ou d’un balancier. Le sabot, en descen- Gr. vi. dant, s’appuie sur le dos du couteau, qui s’enfonce dans la masse du papier, la traverse et rentre d’environ 1 millimètre dans une feuille de carton ou de plomb qui recouvre la table de la presse ou du balancier.
- Il y a quelques années, le découpage du papier se faisait presque exclusivement au moyen du balancier. Avec cet outil, il arrive souvent que la masse du papier n’est pas traversée du premier coup, et l’ouvrier est obligé d’en donner un second, qui occasionne non seulement une perte de temps mais encore des déchets, soit parce que les enveloppes sont marquées ou froissées, soit parce que le carton, traversé entièrement, est perdu.
- On a remplacé le balancier par une presse à découper analogue à celle de M. Clément, dont nous avons déjà parlé. M. Antoine a exposé une presse de ce genre, à laquelle il a ajouté un dispositif simple et peu coûteux pour régler la course et la pression du sabot qui appuie sur le couteau-emporte-pièce. Avec la presse en question, on peut découper aisément 20,000 enveloppes à l’heure; 200 enveloppes sont tranchées chaque fois.
- Emporte-pièce système Simoulinjeune.— Signalons, en passant, les emporte-pièce de M. Simoulin jeune.
- On sait que, lorsqu’on découpe des feuilles superposées (papier, étoffe, parchemin, cuir, etc.) avec un emporte-pièce ordinaire, d arrive que les matières à découper, et surtout le papier, se gondolent par la pression exercée sur leur contour en découpant et que, de plus, on obtient dans une même découpe des feuilles de dimensions différentes, de sorte qu’en les mettant en paquets 011 constate qu’il s’en trouve de plus grandes que l’emporte-pièce. Ce sont les premières feuilles, celles de la partie supérieure, qui sont les plus grandes, et l’on est obligé de procéder à un triage pour classer ensemble, autant que possible, les feuilles de même grandeur.
- Cet inconvénient se fait principalement sentir lorsqu’on découpe le papier pour enveloppes, qui, étant exactement pliées suivant un rectangle, ne peuvent être bien confectionnées qu’à la condition
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- Gr. VI. d’être rigoureusement découpées de meme grandeur. Sans cela, en effet, les angles se déforment au pliage et ne sont pas droits; les enveloppes sont mises au rebut, et occasionnent une perte sensible au fabricant.
- C’est pour remédier à cette défectuosité et obtenir des découpes absolument identiques que M. Simoulin jeune a imaginé un nouvel emporte-pièce à plaque de pression. Cet emporte-pièce, destiné à la fabrication des enveloppes, se compose du couteau proprement dit, formé d’une bande d’acier de 5 à G millimètres d’épaisseur sur 55 millimètres de largeur, amincie du côté du tranchant, dont les extrémités ont été réunies et soudées pour lui donner ensuite la forme exacte de l’enveloppe. Jusque-là rien que de très ordinaire; mais ce qui le caractérise c’est une plaque de pression qui s’emboîte dans la partie inférieure du couteau et peut y coulisser librement. Le dos de l’emporte-pièce est armaturé par un croisillon qui porte, en différents points, des ressorts à boudin, dont la fonction est de maintenir la plaque de pression de façon à ce qu’elle déborde légèrement, au repos, le tranchant de l’emporte-pièce.
- Voici maintenant comment fonctionnent l’emporte-pièce et sa plaque de pression.
- On place l’emporte-pièce sur la masse de papier à découper, et l’on soumet la partie supérieure à l’action de la presse. Tout d’abord la plaque qui déborde le tranchant s’appuie sur le papier et maintient les feuilles serrées les unes sur les autres; puis, la pression continuant, le couteau attaque le papier et pénètre dans la matière sans quelle puisse se gondoler, car elle est d’autant plus maintenue et pressée que l’emporte-pièce pénètre davantage dans la masse de papier.
- Quand la dernière feuille est tranchée, on cesse la pression, etles ressorts à boudin, agissant toujours sur la plaque de pression, dégagent la découpe entière de l’emporte-pièce, sans qu’il soit nécessaire d’intervenir avec la main.
- En résumé, les principaux avantages de cet outil sur les anciens systèmes sont les suivants :
- i° Toutes les découpes sont de même grandeur, en raison de
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- la pression exercée par la plaque sur le papier, avant et pendant Gr. vi l’action du couteau.
- 2° La découpe étant toujours laissée entière sur le billot, sans qu’il soit nécessaire d’y mettre la main, il en résulte une notable économie de temps sur l’emploi des emporte-pièce ordinaires, qu’il faut toujours dégager à la main d’une partie des feuilles qui restent à l’intérieur.
- 3° Le croisillon, armature du dos, renforce singulièrement le couteau, qui est plus léger et qui, muni de tous les accessoires qui qui le complètent, ne pèse pas plus qu’un emporte-pièce ordinaire.
- L’emploi de l’emporte-pièce Simoulin jeune, quelles que soient ses formes et ses dimensions, est indiqué dans toutes les industries qui se servent de l’emporte-pièce ordinaire, telles que la papeterie, la cordonnerie, la fabrication des fleurs artificielles, etc.
- Revenons maintenant à la fabrication des enveloppes.
- Deuxième opération. — Après le découpage vient le gommage, qui consiste à mettre de la gomme sur la patte qui servira plus tard à cacheter l’enveloppe. Ce travail se fait au pinceau, après avoir étalé les enveloppes en paquets, sur une feuille de carton, de manière à former une sorte de biseau avec les bords à gommer.
- Les divers essais tentés jusqu’aujourd’hui pour gommer par un moyen mécanique n’ont pas donné de bons résultats, tant sous le rapport de la bonne exécution du travail que sous celui de la quantité. C’est pourquoi le gommage au pinceau est toujours le seul employé en France jusqu’à présent.
- Troisième et quatrième opérations. — Pliage et collage.
- Ces deux opérations sont faites d’un seul coup, au moyen de machines à plier munies de colleurs.
- M. Antoine exposait trois sortes de machines à plier, dont deux marchant au pied et une marchant au moteur.
- Dans la section anglaise, MM. Ch. Goodall et fils, de Londres, exposaient également une machine à plier et à coller les enveloppes marchant au moteur.
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- Gr. VI. Machines de M. Antoine. — La première de ces machines est à pédales; son fonctionnement nécessite deux ouvrières, dont une petite fdle, pour la conduire et l’alimenter.
- Ce modèle est celui le plus généralement employé, à cause de sa simplicité et de son prix : ùoo francs.
- L’ouvrière principale est assise devant la machine; de la main droite elle tient le levier, auquel sont fixés le timbreur (sorte de piston rectangulaire ayant les dimensions de l’enveloppe pliée) et les colleurs. Elle a un pied sur chaque pédale, et prend, une à une, de la main gauche, les enveloppes déjà préparées comme nous l’avons dit, et les place sur le plioir entre quatre guides. Une enveloppe étant posée entre les guides du plioir, l’ouvrière abaisse le levier, appuie le pied gauche sur la pédale correspondante pour rabattre les deux petites pattes de l’enveloppe; ensuite elle relève le levier et appuie le pied droit sur la seconde pédale, qui fait fermer les deux grandes pattes, et celle de derrière se trouve collée, car, en abaissant le levier, les colleurs ont déposé de la colle sur ladite patte. A ce moment, l’ouvrière relève les deux pieds ensemble, et son aide, dite preneuse, saisit prestement l’enveloppe terminée, quelle empile sur celles déjà faites, en ayant soin de les presser pour que le collage se fasse bien.
- La rapidité avec laquelle ce travail s’exécute est vraiment remarquable : ainsi, la fabrication moyenne journalière (journée de 10 heures) atteint 16,000 et même 20,000 enveloppes, selon les grandeurs et les sortes de papiers. Il v a même des ouvrières qui atteignent le chiffre de 25,000 par jour; mais il faut alors que la preneuse soit très leste.
- La principale qualité de ce genre de machines est une grande douceur dans le fonctionnement, absolument nécessaire pour un bon rendement.
- Au moyen d’un changement très simple, on peut employer cette machine pour plier des enveloppes de formats différents.
- La deuxième machine exposée par M. Antoine réalise un grand perfectionnement sur la précédente, car elle supprime l’ouvrière dite preneuse, d’où une double économie de salaire et de place. Elle est d’invention récente. Son fonctionnement est le même
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- que celui des autres machines à pédales. Mais elle est caracté- Gr. VI. risée par cette disposition qui fait que Tenveloppe pliée et collée sort du plioir et vient s’empiler sous les yeux de l’ouvrière, sans que celle-ci ait plus de mouvements à faire qu’avec l’autre type. L’avantage de l’emploi de cette machine est de fournir une production à peu près égale à celle de la machine à plier à force motrice, et d’être d’un prix bien moins élevé : 65o francs.
- La troisième machine, marchant au moteur, a été exposée en 1867, mais elle a subi, depuis cette époque, d’importantes modifications.
- L’ouvrière, la seule, est assise devant la machine et pose les enveloppes, à la main, une à une, sur le milieu d’une petite tablette, d’où chacune d’elles est enlevée par deux crochets à mouvement alternatif, qui la transportent entre les quatre guides du plioir.
- A ce moment, les deux colleurs, qui sont allés prendre de la colle sur deux petits rouleaux placés dans le récipient qui la contient, viennent se poser sur une des grandes pattes et se retirent. Le piston ou timbreur enfonce l’enveloppe dans le plioir, en marquant les quatre plis, puis il remonte, et les quatre pattes de Tenveloppe sont rabattues successivement par le jeu combiné de quatre panneaux ou volets. Cela fait, le fond du plioir bascule, et Tenveloppe vient se placer sur deux tasseaux à charnières, d’où elle est alors poussée dans une boîte de même grandeur qu’elle, par une sorte de piston qui fait ouvrir les deux tasseaux. Ce piston lui fait subir une pression douce, pour qu’elle reste collée. Un fond à ressort retient les enveloppes dans leur descente. Quand la boîte est pleine, l’ouvrière la retire pour sortir les enveloppes qu’elle contient.
- Cette machine est remarquable par la bonne disposition de l’ensemble et des détails et particulièrement par le jeu des organes qui distribuent la colle (gomme).
- Elle fabrique aisément 2,500 enveloppes à l’heure, avec une ouvrière agile à les poser sur la machine.
- Son prix est de 2,500 francs. Chaque format supplémentaire vaut 500 francs.
- Machine de MM. Guodall et fils. — Cette machine, marchant
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- Gr. VI. au moteur, nous a paru très ingénieuse. Au moment de la visite du jury, on fabriquait des enveloppes de om,0(j5 X o'”,i 20, en papier anglais.
- Les enveloppes préparées, découpées et gommées, sont disposées en pile à côté de la machine, qui les enlève une à une à l’aide d’un dispositif ingénieux, pour les placer, au moment voulu, sur la table du plioir.
- Les organes de préhension de l’enveloppe consistent en une pompe aspirante et foulante, sorte de soufflet, qui fait d’abord le vide dans un tuyau en fer terminé par un tube en caoutchouc ar-maturé à l’intérieur par une spirale en fil métallique, et dont, l’extrémité vient automatiquement se poser sur la pile d’enveloppes. Celle placée à la partie supérieure est en quelque sorte happée par le tube, qui, toujours automatiquement, la transporte sur un plateau tournant, en décrivant un arc de cercle. A ce moment, le soufflet refoule de l’air dans le tube pneumatique, qui abandonne l’enveloppe, après l’avoir posée, pour revenir en reprendre une autre, et ainsi de suite.
- Le plateau accomplit sa révolution en quatre périodes distinctes, séparées par un léger intervalle ou stationnement.
- La réception de l’enveloppe s’opère pendant la première période. Dans la deuxième, les petites pattes reçoivent mécaniquement la gomme pour le collage. Dans la troisième période, commence le pliage. L’enveloppe est enfoncée dans un espace rectangulaire, de façon que les quatre pattes qui débordent se trouvent relevées sous un angle de Ô5 degrés environ. La quatrième opération subie par l’enveloppe consiste à plier les pattes. Le pliage est opéré par quatre doigts mobiles placés au milieu des pattes de l’enveloppe. L’un de ces doigts, le dernier par rapport au mouvement, renverserait la patte dans le sens opposé, s’il n’était aidé par l’artifice suivant. La pompe pneumatique fournit une quantité voulue d’air pour souffler sur la patte en question et l’infléchir. L’enveloppe est alors contenue dans l’espace compris entre les quatre doigts, qui s’abaissent et rabattent les pattes complètement. Elle est ensuite ramenée à son point de départ, mais en dessous du plateau, et elle est entraînée dans un compartiment par un disque spécial, qui a
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- un mouvement différent de celui du plateau et qui la saisit à l’aide Gr. vi. d’un couteau hélicoïdal. C’est le meme levier qui distribue la colle,
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- prépare les quatre plis et fait mouvoir les quatre doigts pour le pliage définitif et le collage.
- La machine Goodall et fils était mise en mouvement par une petite machine à vapeur de la force maximum d’un demi-cheval-vapeur, qui faisait fonctionner également les autres organes dépendant de la plieuse.
- Le prix de cette machine est de 5,ooo francs.
- Un ouvrier la surveille et l’alimente. Elle plie, en moyenne, h o enveloppes à la minute, soit, pour une journée de 10 heures, sans chômage, une production moyenne de 2/1,000 enveloppes.
- En 186-7, MM. Robineau et Roumestant, de Paris, avaient déjà exposé une machine à enveloppes munie d’un organe pneumatique analogue à celui appliqué par MM. Goodall et fils, de Londres, à leur machine.
- La machine Goodall est très ingénieuse; le système pneumatique plaît à l’œil, mais il paraît qu’il présente quelques inconvénients, en ce sens que parfois plus d’une enveloppe est mal réussie.
- Machines à faire les sacs en papier.
- L’emploi des sacs en papier a pris en France depuis vingt ans, et surtout dans ces dernières années, un développement rapide et considérable; on n’évalue pas à moins de i5 millions de kilogrammes le poids des sacs de toute sorte que cette industrie spéciale livre annuellement à la consommation.
- Cependant, jusqu’à ces dernières années, la fabrication était restée purement manuelle, bien que de nombreux essais aient été tentés pour fabriquer mécaniquement des sacs d’une manière continue. Déj à, en 1862 , on a exposé deux ou trois machines de ce genre, et, en 1867, on remarquait la machine de MM. Rré-chon et G”, qui travaillait d’une manière continue et semblait être appelée à un certain avenir commercial. Avant et depuis 1867, plusieurs brevets ont été pris, en France et à l’étranger, pour des machines à sacs, et les essais de fabrication mécanique ont toujours échoué.
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- Les machines brevetées confectionnent plus ou moins bien le sac; mais l’imperfection des produits, la complication du mécanisme, la lenteur obligatoire des mouvements et le peu d’importance du rendement ne leur ont pas permis de lutter avec avantage contre le travail manuel.
- La fabrication à la main se faisait, à Paris principalement et dans quelques grands centres, par de petits confectionneurs en chambre, qui travaillent presque toujours sur commande pour les marchands de papiers d’emballage, ou par des entrepreneurs qui utilisent le travail des prisons. Quelques établissements d’une certaine importance existent à Paris et en province; mais nous ne croyons pas qu’aucun d’eux puisse livrer plus de 3,000 kilogrammes de sacs par jour.
- La maison J. Virey et C'% qui expose une machine à sacs, possède à Paris un atelier qui lui permet, avec son outillage mécanique et ses moyens actuels, de livrer journellement de 5,000 à 6,000 kilogrammes de sacs de tout genre; elle sera bientôt en mesure de doubler cette production, quand elle aura terminé sa nouvelle installation. La création des ateliers de MM. J. Virey et O'' ne remonte qu’à 187/1, époque à laquelle ces fabricants ont pris un brevet d’invention pour la machine qu’ils emploient aujourd’hui pour la fabrication mécanique des sacs en papier.
- Les nombreux essais tentés en France et à l’étranger pour arriver à une fabrication mécanique des sacs en papier s’expliquent par leur énorme consommation. La production manuelle est impuissante à répondre aux demandes; la hausse constante des salaires, malgré le travail des prisons, pèse trop lourdement sur le prix de revient, et, malgré la facilité apparente de la fabrication, il devient de plus en plus difficile aux patrons de recruter de bons ouvriers et des ouvières en sacs. Ce sont là autant de raisons péremptoires pour substituer un outillage mécanique assez perfectionné pour produire économiquement, vite et bien, et qui, par sa production illimitée, puisse satisfaire à toutes les exigences de la consommation.
- A notre connaissance, la maison J. Virey et C'° est la seule en France qui fabrique mécaniquement des sacs en papier et qui
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- construise des machines propres à leur confection. Il existe à Gr. VI. l’étranger d’autres machines à sacs : l’Amérique et l’Autriche, entre autres, figuraient à l’Exposition et étaient représentées chacune par un constructeur; mais nos renseignements ne nous mettent pas à même de pouvoir parler de l’avenir et du succès de ces machines dans les autres pays.
- Machine de MM. J. Virey et Cie. — Nous avons visité les ateliers de la maison J. Virey et Clc, situés rue Vandamme, à Paris.
- Ces messieurs se sont mis obligeamment à notre disposition et nous ont donné de nombreuses explications sur leur fabrication et leur outillage.'Leur fabrique est desservie par un moteur de 5 chevaux-vapeur. Elle possède un outillage mécanique assez complet pour prendre le papier en rouleaux, tel qu’il arrive de chez le fabricant, et le transformer en sacs confectionnés prêts à être livrés.
- Cet outillage se compose :
- D’un appareil à couteaux circulaires coupant les rouleaux de papier en bandes de la largeur voulue et les mettant en bobines;
- D’une série de 5 confectionneuses (machines à sacs) faisant les sacs plats échancrés, simples ou doublés, de tous formats, carrés ou rectangulaires;
- D’une sécheuse, dans le genre des appareils employés dans les papeteries ;
- D’un appareil à vapeur et de deux broyeuses pour la fabrication de la colle et sa mise en état d’emploi.
- Six presses à timbrer les sacs complètent cet outillage.
- De plus, un atelier de mécanicien est installé dans l’usine pour son entretien. Les machines sont construites par M. AVibart, mais à des conditions spéciales, qui établissent une sorte d’association en participation entre la maison et le constructeur, qui du reste ne peut construire que pour elle.
- Chacune de leurs machines à confectionner, semblable à celle exposée, fabrique, en moyenne, un nombre de sacs représentant le travail d’au moins 20 ouvrières colleuses et 2 ouvriers coupeurs. Deux femmes suffisent pour desservir chaque machine; un
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- seul ouvrier mécanicien surveille et dirige toutes les machines. L’économie du travail mécanique sur la main-d’œuvre est de 75 p. 0/0. Les sacs sont aussi régulièrement, aussi promptement, aussi élégamment confectionnés que s’ils sortaient des mains de la meilleure confectionneuse, et l’on a en plus l’énorme avantage de la rapidité dans la production, tout en n’ayant qu’un personnel très facile à recruter et infiniment moins nombreux.
- MM. Virey et C‘e viennent encore d’apporter de sérieux perfectionnements à leur outillage. Une nouvelle machine actuellement en construction, et disposée pour faire facultativement le sac plat, le sac écorné et le sac triangulaire, même le cornet pointu, leur permettra de substituer complètement le travail mécanique au travail manuel dans la confection de toutes les sortes de sacs.
- En attendant l’installation prochaine d’une nouvelle fabrique munie d’un nombre suffisant de machines pour produire le double de leur fabrication actuelle, ces industriels emploient le travail manuel concurremment avec les machines. Soixante ouvriers (20 hommes et ho femmes ou jeunes filles) sont employés dans leurs ateliers. Au dehors, la maison donne encore du travail à environ i5o personnes. La moyenne des salaires est de 5 francs pour les hommes, et de 2 fr. 2 5 cent, pour les femmes, quoique la plus grande partie de ces dernières soit représentée par des fillettes. Le travail donné au dehors de la maison est fait aux pièces.
- En leur permettant de vendre, en moyenne, les sacs fabriqués mécaniquement à 10 p. 0/0 au-dessous de ceux confectionnés à la main, et en rapprochant ainsi les prix des sacs confectionnés de celui du papier, l’emploi de la machine va donner, par le bon marché, une importante et nouvelle impulsion à la consommation de ces produits. Aussi, dès que leur nouvelle installation sera terminée, ces fabricants comptent occuper i5o personnes, au lieu de 60 qu’ils emploient aujourd’hui ; il en résultera que la moyenne des salaires sera augmentée.
- Ainsi que nous l’avons déjà dit, MM. J. Virey et C'° fabriquent les sacs de tous formats et avec toutes sortes de papiers, depuis le simple sac triangulaire ou cornet pour le marchand de tabacs jusqu’au sac en papier parcheminé et au sac de luxe et de fantaisie
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- employé par le confiseur. Ils s’approvisionnent des différentes sortes Gr. VI.
- de papiers oui conviennent à leur fabrication dans les meilleures
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- maisons françaises.
- Les produits fabriqués sont consommés par Paris et les départements. L’exportation a dû être suspendue, à cause de l’insuffisance des moyens actuels de production.
- Les quelques renseignements qui précèdent indiquent suffisamment l’importance de la fabrication mécanique des sacs en papier et donnent une idée de l’avenir de ce genre d’industrie.
- La machine exposée par MM. J. Virev et C'°peut fabriquer également bien les sacs simples ou doublés. Le papier destiné à la fabrication des sacs est préalablement coupé de largeur convenable par une cisaille circulaire, et enroulé immédiatement sur des mandrins en bois, dans lesquels on introduit un axe carré en fer terminé par des tourillons ronds qui viennent se placer dans des coussinets ouverts à Lavant de la machine.
- Pour faire les sacs doublés, on place sur la machine en î et 2 (fig. 27) deux rouleaux de papier, dont l’un est destiné à fournir le papier pour l’intérieur du sac, l’autre pour l’extérieur. De plus, le premier rouleau est placé juste au milieu de la machine, tandis que le second est un peu de côté, de telle sorte qu’en se déroulant le papier du premier rouleau est un peu découvert par celui du second.
- Fig. 27. — Disposition des rouleaux et des courroies.
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- En supprimant le premier rouleau, la machine ne fabriquera que des sacs simples, par suite d’opérations semblables à celles que nous allons indiquer.
- Nous ne donnerons pas de dessins détaillés de la machine, qui est assez compliquée : nous expliquerons et nous suivrons seule-
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- Gr. VI. ment les différentes transformations du papier, jusqu’au moment où il est abandonné par la machine sous sa forme définitive de sac.
- En dehors des principaux organes dont nous allons parler, la machine possède, comme organes essentiels :
- i° Une première courroie sans fin X, ayant la largeur du papier nécessaire pour le plus grand sac qu’on puisse confectionner sur la machine;
- 2° Une seconde courroie sans fin Y, ayant seulement la largeur du plus grand sac terminé qu’on puisse faire sur la machine, c’est-à-dire quelle est d’une largeur un peu moindre que la moitié do la précédente;
- 3° D’une série de petites courroies Z, pour empiler les sacs terminés.
- Si maintenant l’on suppose que sur les deux premières courroies, animées d’un mouvement continu, on place une feuille de papier sur laquelle appuie une plaque de métal poli maintenue de façon à ne pouvoir être déplacée, la feuille de papier se trouvera entraînée par la courroie exactement à la même vitesse que celle-ci, et glissera sous la plaque polie.
- C’est sur ce principe d’adhérence du papier sur la courroie de caoutchouc et son glissement sous une plaque polie appuyant dessus que sont basés l’entraînement et le transport sur la machine du papier servant à la confection des sacs.
- Pour simplifier la description, nous supposerons (ce qui était le cas au moment de la visite du jury) que la machine confectionne des sacs simples.
- Le papier du rouleau î est engagé entre les rouleaux q et îo
- (fig. a7).
- Le mouvement de ces rouleaux amène le papier sous les scies, qui le découpent suivant le profil voulu et font en même temps deux petites fentes obliques.
- La scie est composée d’un châssis oscillant autour d’un pivot et portant des lames qui sont disposées pour couper le papier suivant un profil déterminé. Les oscillations du porte-scie sont réglées pour permettre de couper, chaque fois, une longueur de papier nécessaire à la confection d’un sac. Les positions respectives
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- MACHINES ET PROCÉDÉS USITÉS DANS DIVERS TRAVAUX. 95
- des lames peuvent se régler facilement suivant les dimensions des Gr. VT. sacs à fabriquer.
- Le papier continuant à s’avancer, après son passage sous les scies, s’engage sous un plieur et chemine entre celui-ci et la courroie sans fin, qui l’entraîne comme nous l’avons dit plus haut.
- Cette courroie a une vitesse supérieure à celle des rouleaux entraîneurs 9 et 10. Cet excès de vitesse a deux buts :
- i° Produire une tension suffisante du papier pour qu’il se dégage au moment de la coupe ;
- 2° Produire un espacement convenable entre les feuilles après la coupe.
- Le plieur et les releveurs mécaniques rabattent les pattes du papier.
- A la sortie de ces organes, un des bords du papier passe sous le galet d’un premier colleur, qui dépose une couche de colle d’épaisseur convenable.
- Le colleur se compose d’une caisse en cuivre étamé, en forme de trémie, dans laquelle se meut un galet dont l’axe porte une roue dentée engrenant avec le rouleau i5 (fig. 27). La caisse étant remplie de colle épaisse, le galet en tournant se charge de colle et la dépose sur le papier qui passe en dessous. Une vanne commandée par une vis règle à volonté le passage de la colle entre celle-ci et la roulette et par conséquent la quantité qu’on en veut employer.
- Le sac passe ensuite sur la deuxième courroie, qui sert au même olfice que la courroie X. Des plieurs latéraux relèvent les côtés des feuilles, les rabattent l’un sur l’autre et les collent ensemble.
- Les plieurs latéraux sont constitués par des lames polies, partie flexibles et partie rigides, affectant à peu près la forme d’un soc de charrue et qui relèvent les côtés du sac. Ils sont placés de telle sorte que le côté qui n’a pas de colle est complètement rabattu avant celui enduit de colle, pour que ce dernier s’applique ensuite sur le premier, contre lequel il se fixe.
- Les côtés, sous l’action des deux plieurs, se sont rabattus sur une plaque polie, qui, en même temps quelle entraîne le sac, sert également de mandrin pour l’intérieur dudit sac.
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- Les feuilles de papier sont, à ce moment, à l’état de hoyau plat et continuent à être entraînées jusqu’à un plieur et un releveur, qui abaissent la patte qui doit former le fond du sac, en la faisant frotter sur le petit cylindre d’un second colleur, analogue au premier, de façon que, quand le pli est bien formé, cette patte se trouve d’elle-même collée : le sac est alors terminé.
- On le fait cependant encore passer sous une grille, qui a pour but de presser sur les bords assemblés et d’assurer l’adhérence en faisant pénétrer la colle aux endroits qui pourraient en manquer.
- Les sacs, ainsi terminés, se rendent ensuite sur les petites courroies Z, où ils s’empilent.
- Le profil adopté pour la coupe du papier par les scies a pour but de ménager une échancrure à l’un des bords de la partie supérieure du sac, échancrure qui facilite beaucoup son ouverture quand on veut l’employer. Il est à remarquer que ce profil peut être composé de lignes droites ou courbes, à la condition de faire en sorte que l’un des bords supérieurs du sac soit plus bas que l’autre bord dans l’une ou plusieurs de ses parties.
- Comme la même coupe de scie fait simultanément la partie supérieure d’un sac et la partie inférieure du suivant, le profil de la coupe est le même, mais en sens contraire, aux deux extrémités de la feuille qui doit former un sac : il n’y a donc aucune perte de papier.
- L’obliquité des petites fentes dont nous avons parlé précédemment a pour but de dégager les extrémités de la patte, qu’on colle en dernier lieu, pour qu’en cas d’imperfection dans le pliage ou le collage, les bords de cette patte ne viennent jamais dépasser la largeur du sac. Comme les parties obliques correspondantes se trouvent pliées en dedans du sac, il n’y a aucune perte de papier, et, en outre, ces petites pointes forment épaisseur à l’intérieur du sac et facilitent le collage du fond.
- Tous les organes de la machine sont disposés pour être réglés suivant les dimensions des sacs à confectionner.
- La machine exposée peut fabriquer 8 formats différents, et sa production moyenne est de îoo à 110 sacs entièrement terminés par minute.
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- Machine Jacobson. — La machine Jacobson, exposée dans la section autrichienne, est beaucoup plus simple que la précédente. Mais il est juste de dire aussi qu’elle produit beaucoup moins : soit environ 3o sacs par minute seulement.
- Le sac qu’elle fabrique n’est plus obtenu de la même manière que celui de la machine Virey.
- Il est d’abord découpé suivant deux rectangles, dont l’un est plus petit que l’autre, dans un rouleau de papier sans fin, par deux lames verticales.
- Ensuite, un plieur (sorte de couteau émoussé) descend verticalement et plie le papier détaché en deux, de manière à rabattre un rectangle sur l’autre; puis deux longues brosses viennent déposer de la colle, puisée dans un réservoir spécial, sur les bords à assembler, qui sont alors rabattus.
- En rouleau vient presser le sac pour assurer le collage. Le sac est alors abandonné par la machine.
- Pour faciliter l’ouverture du sac au moment de s’en servir, le pli du fond n’est pas tout à fait au milieu de la feuille qui sert à le confectionner; il en résulte que, quand il est terminé, un des bords dépasse l’autre d’un ou deux millimètres.
- Machine Adams et TÔggcirt. — Cette machine, exposée dans la section américaine, se distingue entièrement des machines précédentes en ce que le sac confectionné, une fois ouvert, a un fond plat.
- Au moment du passage du jury, on réglait la machine pour fabriquer des sacs à fond plat de om,A20 x om,28o.
- La machine est disposée pour permettre de fabriquer cinq formats différents de sacs.
- Le papier servant à la fabrication est placé sur un rouleau à l’avant de la machine ; sa largeur est égale à deux fois celle du sac, plus une petite quantité pour le collage. Au sortir du rouleau, il est relevé, de chaque côté, par un plieur; l’un des bords reçoit la colle, puis les côtés relevés sont rabattus l’un sur l’autre. A ce Classe Gi.
- Gr. VI Cl. 61
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- Gr. VI.
- Cl. 61.
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- Fig. 28.
- Fig. 29.
- O O \ \ O O
- Fig. 30.
- moment, le papier a la forme d’un tube plat, et il vient s’enrouler successivement sur deux cylindres, pendant que le fond est découpé, plié et collé de la façon suivante :
- Un premier couteau coupe une des faces du tube suivant abc (fig. 28), puis un second fend les deux faces superposées suivant a cl et cJ', pendant qu’un troisième rogne également les deux faces de c en g et de a en h.
- A ce moment, la patte ab c et celle correspondante (de la face de dessous) a’b' c' sont saisies chacune en 0 opjol par les dents d’une sorte de peigne fixé sur chacun des cylindres dont nous venons déparier.
- Comme ces cylindres tournent en sens contraire, la partie du tube qui va devenir le fond du sac est ouverte comme l’indique la figure 29 et rabattue sur une des faces. Le fond ainsi ouvert passe ensuite dans un bain de colle, où il s’imprègne seulement sur la largeur des pattes abc et a'b' c'.
- La patte d'f est détachée du tube suivant a!c' \ la patte dabcf est rabattue sur le fond en formant le pli m n (fig. 3o). Enfin, la patte d! a! b' c'f est elle-même rabattue autour de qp, puis collée comme l’indique cette figure.
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- La dernière opération subie par le sac, sur la machine, est un Gr. VI. serrage sur le fond pour assurer le collage. Cl~6l
- Ces sacs ont une forme heureuse, à cause de la disposition du fond, qui constitue, une fois ouvert, une véritable base, ce qui est préférable à la forme ordinaire, qui tend à faire crever le papier, surtout quand le sac est d’une certaine dimension et que les matières à ensacher sont un peu lourdes.
- On a fait fonctionner à la main la machine en question devant le jury. Les organes qui plient et façonnent le papier nous ont paru bien disposés et assez simples. Nous ferons cependant une restriction sur la façon dont la colle est distribuée et appliquée, tant sur le fond que sur les côtés des sacs ; la colle tend parfois à se répandre en dehors des surfaces à unir, ce qui produit des maculatures d’un effet désagréable. C’est là, il est vrai, un petit inconvénient, que les inventeurs de la machine pourront probablement corriger, car ils ont dû vaincre d’autres difficultés plus importantes.
- La machine américaine peut confectionner, en marche normale,
- 100 sacs par minute; une machine semblable au modèle exposé, mais de dimensions plus réduites, peut confectionner de a5o à 3oo petits sacs par minute, à ce qu’assurent les exposants.
- Pour conduire, surveiller et alimenter quatre de ces machines, il faut un mécanicien et quatre jeunes filles.
- Le jury a attribué à MM. Adams et Toggart une médaille d’argent.
- Machines à pliez1 et à 001161* les boîtes dites portefeuilles.
- M. Gauchot avait exposé une machine à plier et à coller les boîtes dites portefeuilles, servant principalement pour les allumettes.
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- Gr. VI, Cl. 61.
- Fig. 3i.
- La figure 81 représente le morceau de carton A tel qu’il doit être découpé pour être transformé en boîte collée et séchée par la machine.
- Les feuilles ainsi découpées sont pliées et collées sur des mandrins. La figure 02 montre un mandrin recouvert d’une boîte entièrement faite, sauf les côtés J, qui restent à rabattre.
- Le morceau de carton est placé à la main en B (fig. 33 et 34), où un des mandrins mobiles G, ayant la dimension intérieure de la boîte, vient, dans un mouvement horizontal, plier le morceau de carton A en deux, en formant les quatre plis D, E, F et G (fig. 3i); les côtés intérieurs H sont relevés dans ce même mouvement horizontal par des nervures fixes inclinées.
- A ce moment, la boîte est complètement formée, sauf les côtés J, qui restent à rabattre. Gcs côtés, dans la seconde période du mouvement horizontal, prennent un filet de colle K (fig. 3i), distribué par les disques colleurs L (fig. 33 et 34).
- Le mandrin et sa boîte passent ensuite de M en N, où ils se trouvent soulevés par un piton 0. Dans cette ascension, les côtés J ren-
- Fig. 3a.
- contrent des joues fixes P, qui les rabattent sur les côtés intérieurs H (fig. 3i), ce qui termine la boîte.
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- MACHINES ET PROCÉDÉS USITÉS DANS DIVERS TRAVAUX. 101 A chaque tour de la machine, c’est-à-dire à chaque nouvelle Gr. VI
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- boîte faite, les boîtes s’emmagasinent successivement dans la co-
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- Gr. VI.
- Cl. 61.
- lonne verticale P, où elles restent pressées pendant le temps voulu pour le complet séchage de la colle.
- Nous venons de suivre les différentes phases du pliage et du collage d’une boîte. Nous allons maintenant voir, sur les figures, les organes de la machine, en expliquant leur fonctionnement (fîg. 33 et 3â).
- Fig. 3/i.
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- B, cheminée dans laquelle on place, à la main, le carton découpé A ;
- R, cheminée destinée à recevoir les mandrins, au fur et à mesure qu’ils sont dégarnis des boîtes sèches, en sortant de la colonne P ;
- S, boîte à colle mobile pouvant se placer ou s’enlever sans vis ni boulons ;
- T, racleurs à vis destinés à ne laisser passer sur la circonférence des colleurs L que juste la quantité de colle nécessaire; ces racleurs sont montés solidement sur la table même de la machine;
- U, timbre en caoutchouc pour marquer les plis de la patte do la boîte ;
- Y, V, manivelles, bielles et leviers commandant le mouvement horizontal et vertical des mandrins. C’est la même manivelle qui commande ces deux mouvements, grâce à une combinaison de direction des bielles X, X, qui forme, en quelque sorte, un calage particulier déterminant la relation voulue entre les deux mouvements, sans l’emploi d’aucune came.
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- M. Gauchot construit ces machines principalement pour les Gr. vi. fabriques d’allumettes; c’est à l’étranger qu’il les expédie le plus souvent. Il en a construit 10 pour la Compagnie générale des allumettes à Paris. On en est satisfait. Leur prix est de 1,800 fr., et la production varie de 2b,000 à 3o,ooo boîtes par journée de 10 heures.
- Le jury a constaté dans cette machine la même exécution soignée et la bonne disposition des organes qui distinguent les autres machines exposées par M. Gauchot (machines à cravater les balles, à découper, etc.).
- M. Gauchot a obtenu une médaille d’or comme récompense de ses belles productions.
- Machines pour la fabrication des cols et manchettes en papier.
- MM. E. Mey et G10 ont exposé différentes machines destinées à la fabrication des cols, manchettes et devants de chemise en papier moulé et en papier recouvert de toile. Ces messieurs, qui exploitent un brevet américain, se sont surtout proposés, en exposant un outillage perfectionné fonctionnant sous les yeux du public, de montrer la transformation rapide du papier en objets de première nécessité, tels que cols et manchettes, réunissant la solidité à l’élégance, imitant assez bien le linge de toile et pouvant être vendus à bon marché.
- Leur outillage est construit soit chez eux, soit au dehors, sur leurs indications et plans. D’ailleurs, cet outillage mécanique se perfectionne constamment d’après l’expérience journalière, et les modifications ont pour but notamment l’augmentation de la production.
- Le papier employé dans la fabrication est exclusivement préparé pour cet usage et sort de deux des premières usines françaises notoirement connues pour le collage à la gélatine. La quantité consommée est d’environ 110,000 kilogrammes par an, d’une valeur de i5o à 210 francs les 100 kilogrammes. On emploie, dans le même temps, 300 pièces de calicot, également de fabrication française, du prix de 52 centimes le mètre, pour la fabrication des cols et manchettes en papier recouvert d’étoffe.
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- Les produits de cette industrie sont livrés au commerce en boîtes de carton, confectionnées par la maison, qui consomme, pour cet usage, environ 6,000 francs par an de cartons fabriqués à Paris.
- Presque toutes les autres matières accessoires employées sont de provenance française : colles fortes et gélatines de Lyon, amidons, etc.
- Voici actuellement la nomenclature de l’outillage exposé par la maison E. Mey et G10. Dans cette nomenclature nous avons observé un classement rationnel, en rapport avec les diverses transformations du papier :
- Presses pour découper divers formats de papier;
- Presses pour découper des formes de cols et manchettes;
- Machines à couteaux cylindriques pour préparer les bandes pour cols;
- Machines pour imitation du grain de la toile ;
- Machines pour percer les boutonnières;
- Machines pour coller les morceaux de calicot qui doivent renforcer les boutonnières;
- Presses pour marquer les piqûres et plis ;
- Machines à faire les manchettes ;
- Machines pour mouler les cols ;
- Machines pour le collage des manchettes en deux parties;
- Grande calandre donnant l’apprêt aux cols de toile, et une petite calandre pour le même usage.
- Le découpage des cols et manchettes se fait avec des emporte-pièce en acier analogues à ceux dont nous avons parlé au chapitre fabrication des enveloppes. Les piqûres et plis sont obtenus au moyen de moules partie en acier, partie en caoutchouc.
- Le nombre des machines qui fonctionnent à la fabrique est de 36, exigeant une force motrice de 10 à 12 chevaux.
- Le personnel se compose de 3o à 35 femmes et de 7 hommes. Les femmes gagnent, en moyenne, 3 francs par journée de 10 heures, et les ouvriers, de 6 fr. 5o à 7 fr. 5o par jour.
- Les deux tiers de la production sont consommés en France ;
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- un sixième est exporté en Angleterre, et un autre sixième en Bel- Gr. vi. gicjue, en Hollande, etc.
- Les principaux marchés en France sont Paris, les départements du Nord, du Rhône, de la Seine-Inférieure, de la Somme et du Pas-de-Calais.
- Quant à l’importation en France des cols en papier provenant d’autres pays, notamment d’Allemagne, elle est tout à fait insignifiante, à cause de la qualité inférieure des produits.
- Les machines qui composaient l’exposition de MM. E. Mey et Cie permettent d’atteindre une production élevée, grâce à une division bien entendue du travail.
- MACHINES À ÉCRIRE, A STENOGRAPHIER, A CONTRÔLER LE NUMÉRAIRE, A VOTER.
- Machines à écrire.
- Les machines à écrire qui figuraient dans la classe 61 étaient au nombre de trois. On peut aussi ranger dans cette catégorie la machine à enregistrer les reçus : the cash recording machine.
- Ces machines, sauf celle qui a été étudiée plus spécialement pour servir à la correspondance des aveugles, ont été imaginées en vue de substituer à la~plume des appareils qui, entre autres avantages, doivent permettre d’atteindre, sans fatigue, une vitesse supérieure à celle qu’on obtient ordinairement avec la plume, tout en donnant une écriture lisible et en permettant la reproduction d’un grand nombre de copies par les moyens ordinaires du copie-de-lettres.
- Nous allons d’abord examiner la machine à écrire : the type-writer, exposée dans la section américaine.
- Nous avons été émerveillés de l’extrême agilité avec laquelle les jeunes personnes qui faisaient la démonstration écrivaient avec la machine, soit sous la dictée, soit en copiant. Nous avons même fait cette expérience d’écrire en même temps que Tune d’elles deux ou trois phrases qui lui étaient tout à fait inconnues; nous avons commencé en même temps. C’était, on le voit, une sorte de
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- Gr. VI. course à la plume. Eh bien, la copie écrite avec la machine était
- terminée alors que nous avions écrit seulement les deux cinquièmes Cl. 61. i i a i ^ i 1
- de la tache commune !
- En tenant compte de l’hésitation bien naturelle de l’opérateur, peu au courant de notre langue (le français), on peut donc sans exagération estimer que la copie avec la machine aurait pu être faite au moins deux fois plus vite qu’avec la plume.
- Nous allons essayer de faire comprendre aussi bien que possible le fonctionnement de cette ingénieuse machine.
- L’écriture est obtenue sur la machine au moyen de clefs ou touches disposées sur h rangs parallèles, de chacun i î touches. Ces clefs peuvent être manœuvrées indifféremment ou simultanément par les doigts de l’une ou l’autre main de l’opérateur.
- Sur chaque touche est imprimée, bien à la vue, la lettre ou le caractère qu’elle représente. En pressant sur une quelconque des touches, la lettre à laquelle elle correspond s’imprime sur le papier.
- Le mouvement est aussi rapide et aussi facile que pour produire une note très brève sur un piano. La vitesse est dès lors manifeste.
- Quant à la simplicité comme manutention, elle est telle que celui qui sait épeler peut écrire avec la machine, et la manipulation est si facile à comprendre qu’avec une certaine pratique l’opérateur acquerra une grande habileté.
- On peut employer les formats de papier les plus variés; la machine est disposée pour recevoir et écrire sur des formats d’une largeur de 3 à ho pouces et sur une longueur aussi grande qu’on le voudra, depuis celle de î pouce jusqu’à celle d’un rouleau continu.
- Elle convient également pour n’importe quelle qualité de papier. Nous avons remarqué cependant que les papiers qui ont un peu de corps fournissent l’impression la plus nette.
- Toutes les lettres de l’alphabet, les chiffres, les accents, les signes de ponctuation, etc., exigent chacun une touche ou un levier correspondant.
- Depuis trois ans que le brevet est exploité aux Etats-Unis, on compte plus de 1,000 machines vendues, et les ateliers de MM.Re-
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- mington et fils, de New-York, qui les fabriquent, peuvent en Gr. VT. livrer 5o et plus par semaine. C’est en Amérique et en Angleterre qu’elles sont le plus répandues. On en trouve déjà un certain nombre en France.
- Le prix d’un appareil est de 6a5 francs. Il s’en fait de différents modèles , répondant à divers besoins.
- Nous allons donner une idée des diverses opérations qui s’exécutent dans l’appareil, soit automatiquement, par l’intermédiaire des touches, soit directement avec l’intervention de l’opérateur.
- Le croquis que nous donnons figure 35 représente l’agencement d’une touche du clavier avec son type-bar ou porte-caractère. L’inspection seule de la figure montre le mode d’action de la touche sur le porte-caractère qui vient frapper sur le papier.
- Tous les caractères, sous l’impulsion des touches, viennent frapper en un meme point, grâce à la disposition des porte-caractères placés comme les génératrices d’un tronc de cône à bases parallèles. La longueur de ces génératrices est égale au rayon de la plus grande base. En rabattant perpendiculairement chacune d’elles sur la grande base, son extrémité viendra coïncider avec le centre ou l’axe.
- On comprend dès lors le fonctionnement des organes qui écrivent. Quant aux caractères-, ils sont placés à l’extrémité des bras de manière à se présenter convenablement au centre.
- Le papier blanc est enroulé sur un tambour cylindrique garni en caoutchouc et y est maintenu par de petites lames de ressort qui le pressent. Ce tambour est placé sur un petit chariot, qui se déplace perpendiculairement aux touches du clavier.
- L’opérateur qui commence à écrire appuie avec le doigt sur chacune des touches correspondantes aux caractères, qui reproduisent les lettres entrant dans la composition des mots, la ponctuation, etc.
- Toutes les touches commandent un cliquet unique, qui produit, après chaque caractère imprimé, un petit déplacement de droite à gauche du chariot du tambour de façon à présenter toujours une place blanche sur le papier pour la lettre suivante. Il ne peut donc
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- y avoir de surcharges, puisque ce déplacement du chariot est automatique et indépendant de l’opérateur.
- Fig. 35.
- Les espacements entre les mots sont obtenus d’une manière analogue par une touche unique, située en bas et en travers du
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- clavier, toujours à portée des doigts de l’opérateur (fig. 36). Chaque fois qu’on appuie sur cette touche, qui constitue en quelque sorte à elle seule la cinquième rangée du clavier, le chariot du tambour et, par conséquent, le papier se déplacent d’une certaine quantité.
- Fift. 36.
- Quand une ligne est entièrement écrite, un timbre sonne pour avertir l’opérateur, qui ramène d’un seul coup le petit chariot à son point de départ et qui fait tourner le tambour autour de son axe de la quantité angulaire correspondante à l’intervalle entre deux lignes. On écrit une deuxième ligne, et ainsi de suite.
- La figure 3^ (page 110) montre le mécanisme vu par derrière la machine.
- L’encre employée pour l’impression des caractères est de préparation spéciale, de couleur violette et, croyons-nous, à hase d’aniline. Un petit ruban de soie est imprégné de la composition en question. On prépare des rubans de différentes couleurs.
- Le ruban, qui mesure une vingtaine de mètres de longueur sur 2 0 à 2 5 millimètres de largeur, est enroulé sur une première bobine, passe sous le tambour qui porte le papier et au-dessus du
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- Gr. VI. centre du cercle formé par les porte-caractères. Il s’ensuit que, sous l’action d’une touche, le caractère qui vient contre le papier appuie directement sur le ruban ainsi interposé entre le papier et le caractère. L’encre dont le ruban est imprégné se dépose sur le papier seulement dans les parties pressées, et le caractère se trouve ainsi reproduit par une sorte de décalque.
- Fi|f. 37.
- Le ruban vient s’enrouler sur une deuxième bobine, dont la rotation est obtenue automatiquement par un mouvement à rochet actionné par l’une quelconque des touches à caractères, de manière à produire, après chaque impression, un petit enroulement, qui présente alors, pour le caractère suivant, une partie suffisamment encrée.
- On peut, grâce à la longueur du ruban, écrire un certain temps avant de le remplacer ou de l’humecter avec de l’encre nouvelle. On a d’ailleurs la facilité de déplacer les deux rouleaux sur lesquels s’enroule et se déroule respectivement le ruban encré, de manière à se servir d’une autre partie de la largeur.
- On le voit, tout dans cette intéressante machine a été prévu,
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- et, grâce à la nature de l’encre, on peut, avec un original écrit sur Gr. VI. la machine, obtenir plus de 20 copies avec la presse à copier, par ci les moyens ordinaires.
- Cette machine rendra-t-elle de grands services? Nous ne saurions le préjuger. Cependant, nous estimons quelle peut être précieuse dans certains cas, pour faire de la copie plutôt que pour écrire une minute, ce qui doit demander une éducation spéciale de la part de l’opérateur ou de l’écrivain. En tout cas, nous avons acquis la certitude que plusieurs maisons importantes emploient la machine pour leur correspondance commerciale. C’est certainement du domaine de la pratique.
- Nous avons examiné un grand nombre de certificats des plus flatteurs émanant de personnes faisant un usage journalier de la machine : pasteurs, négociants, magistrats, sténographes, agences commerciales, etc.
- En résumé, les avantages résultant de l’emploi de la machine à écrire sont les suivants :
- On met moins de temps pour écrire qu’avec la plume; la fatigue est aussi moins grande pour l’écrivain, qui n’est pas astreint, comme avec la plume, à une position fixe et à se fatiguer les yeux.
- On peut écrire n’importe ou, aussi bien en chemin de fer qu’en bateau, en voiture ou dans un bureau. Les dimensions de la machine sont relativement réduites ; il se fait des modèles faciles à transporter. Les modèles exposés pouvaient s’inscrire dans un parallélépipède d’environ h5 centimètres de côté.
- Enfin, point indiscutable, l’écriture est toujours égale et parfaitement lisible, puisque les caractères employés sont typographiques. Nous donnons ci-dessous (fig. 38) un fac-similé d’une phrase écrite sous nos yeux sur la machine à écrire américaine the type-writer.
- Fig. 38.
- DEAR SIRS,------
- WE REG TO CALL YOUR ATTENTION
- TO THE
- -TYPE-WRITER
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- &r. VI. Machine à écrire à clavier sphérique.— Dans la section danoise, ci M. Mailing Hansen, de Copenhague, exposait une machine à écrire, qu’il appelle imprimeur sphérique, ayant certains points communs avec le type-writer ou machine américaine, bien quelle en diffère complètement par la forme, qui rappelle assez bien une grosse pelote d’épingles (fîg. 3g).
- Fig. 3g.
- La machine danoise est d’un volume bien plus réduit que la machine américaine. Cela tient, entre autres, à ce que l’impulsion est donnée directement aux porte-caractères. Il n’y a plus ici de clavier avec levier de renvoi. Tous les porte-caractères sont fichés sur une pièce hémisphérique, vers le centre de laquelle ils convergent. Chacun d’eux est terminé, du côté imprimant, par un signe, une lettre ou un chiffre; l’autre extrémité est terminée par un petit bouton qui porte un signe, unelettre ou un chiffre correspondant, comme sur les touches du clavier du type-irriter; de plus, les porte-caractères sont maintenus à une certaine distance du centre, chacun par un petit ressort à boudin. Le ressort cède sous l’impulsion du doigt, et l’on imprime le type gravé sur le bouton touché.
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- L’impression en couleur se fait ici aussi avec un ruban, qui Gr. VI. se déroule d’une part, et s’enroule d’autre part, d’une manière analogue à la disposition adoptée dans la machine précédente.
- Le papier est maintenu par des lames sur un châssis légèrement convexe.
- Les lignes de l’écriture ne sont pas dans le sens des génératrices du support, comme dans le cas du type-writer, mais transversalement, de sorte que le châssis se déplace, à chaque impression, d’une petite quantité angulaire, pour présenter la partie blanche du papier qui va recevoir de nouveaux signes.
- La mise à la ligne est plus prompte : l’écrivain n’a pour cela qu’à presser un bouton, à portée des doigts; il peut continuer à écrire aussitôt.,L’opérateur est prévenu par un petit timbre, qu’on voit sur la figure, chaque fois qu’une ligne est terminée.
- *. A la mise à la ligne correspond un déplacement rectiligne du châssis, égal à l’intervalle de deux lignes.
- Fig. ho.
- Nous avons vu deux types caractéristiques de ce genre de machines : le premier, dont nous venons de parler, pour écrire sur du papier à lettre du format ordinaire, mais pour un seul format; et
- Classe Ci. 8
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- enfin un deuxième modèle (fig. ho), sur lequel on emploie un ruban de papier sans fin, imprimé alors sur une seule ligne continue.
- Dans cette dernière machine, les organes pour mettre à la ligne et le timbre avertisseur se trouvent naturellement supprimes. Ils sont remplacés par un petit appareil qui produit l’entraînement de la bande de papier, au fur et à mesure de l’impression.
- Ce dernier mouvement est obtenu automatiquement, chaque fois qu’on agit sur l’un quelconque des boutons gravés des porte-caractères.
- En résumé, la machine de M. Mailing Hansen est d’un prix moins élevé (4a5fr.) que celui de la machine américaine et aussi d’une construction plus simple et d’un volume plus réduit. Mais l’apprentissage nous paraît devoir être plus long, parce que la manipulation des boutons gravés est moins commode que celle des touches du type-writer. Ces dernières, en effet, sont mieux à la vue de l’écrivain, dont les mains et les doigts occupent une position plus naturelle.
- Nous reprocherons cependant à la machine danoise du premier modèle de ne permettre l’emploi que d’un seul format de papier. Nous avons aussi remarqué, et ceci doit tenir à un vice de l’agencement, puisque le fait s’observe sur les autres machines de ce même système, qu’il se produit quelquefois des coincements entre les extrémités des porte-caractères, soit parce que le premier touché ne remonte pas assez vite et se rencontre avec le deuxième, soit parce que l’écrivain touche deux boutons au même moment.
- Ce sont là de petits inconvénients, que l’inventeur pourra facilement éviter, mais qui tendent à compromettre la réussite de l’appareil et son succès près du public.
- On peut écrire presque aussi vite avec l'imprimeur sphérique qu’avec le type-writer.
- La natufe de l’encre employée permet aussi d’obtenir plusieurs reproductions de l’original écrit sur la machine.
- Machine à sténographier. — Il faut ranger parmi les machines les
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- plus intéressantes de notre classe la machine à sténographier de Gr. vi. MM. Michela et de Petro, exposée dans la section italienne.
- M. Michela applique avec sa machine une méthode spéciale de sténographie qu’il a imaginée, et qui facilite la représentation conventionnelle, à l’aide de signes, de la parole. Les signes employés sont très peu nombreux. Par leurs groupements variés, ils représentent tous les sons possibles.
- M. Michela, l’inventeur, a la prétention d’appliquer sa machine et sa méthode à la reproduction des mots d’une langue ignorée de l’opérateur. L’expérience n’a pu être faite devant nous; la seule concluante à laquelle nous ayons assisté a été d’obtenir l’écriture sténographique de phrases lues ou dites devant une Italienne opérant avec la machine et comprenant le français. Le résultat a été très satisfaisant: le sténographe a relu ensuite sans hésitation tout ce qu’il avait entendu et enregistré sur son appareil.
- Il eût été très intéressant d’expérimenter la méthode en priant le sténographe d’enregistrer des phrases dites dans des langues différentes.
- L’inventeur affirme pouvoir enseigner en quinze jours, aune personne d’intelligence ordinaire, la manière de se servir couramment de sa machine, au moyen d’exercices bien combinés par lui.
- On prévoit quels immenses services l’emploi de la machine Michela réaliserait. Avec ce mode d’écriture aussi simple qu’ingénieux, on pourra établir à peu de frais un service sténographique dans toutes les assemblées délibérantes, auprès des tribunaux, dans les écoles, etc.
- Le service sténographique d’une assemblée pourrait à la rigueur être fait par une seule personne, car l’imprimeur ou le compositeur apprendra en fort peu de temps à lire couramment la sténographie nouvelle.
- L’inventeur prévoit l’application de son système à la transmission, avec l’électricité, d’un discours dans plusieurs lieux différents au moment même où il est prononcé, et pense qu’il pourrait encore être utile, en l’appropriant convenablement, à l’écriture et à la lecture pour les aveugles.
- Si nous nous étendons aussi longuement sur cet exposé, c’est
- 8 ;
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- afin de mieux montrer les avantages réels ou espérés qu’on peut attendre du système ou de la méthode en question. Ces avantages se résument pour nous à la reproduction sténographique de la parole par un moyen mécanique.
- L’appareil, représenté dans les figures ài , /i.a, 43 et /i/i, est de dimensions réduites. Il peut s’inscrire dans un parallélépipède de om,/i5oXom,i75 X om,2 2 5 millimètres.
- La figure h 1 le représente en plan-coupe, et la figure h 2 indique une élévation-coupe verticale.
- Fig. in.
- c
- 1
- irv,, w ïw .'i t ’vi 1
- Le mécanisme, d’une grande simplicité, comprend deux mou-
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- MACHINES ET PROCEDES USITÉS DANS DIVERS TRAVAUX. 117
- vements: l’un imprimant à l’aide des touches du clavier, et l’autre, dépendant du premier, pour l’avancement automatique de la bande de papier sans fin qui reçoit l’impression.
- L’impression est obtenue à l’aide de deux claviers symétriques, un pour chaque main, ayant chacun 11 touches, soit en tout 22 touches, qui transmettent respectivement l’impulsion des doigts du sténographe à un nombre égal de poinçons imprimants, placés en P.
- La figure A3, qui est une coupe verticale suivant AB de la figure A i, montre en coupe les touches T, T et les leviers de transmission / n, hn, actionnés par les touches et articulés en o, o, o.
- Les poinçons sont destinés à imprimer le ruban de papier sans fin, qui passe en p. Le papier est fourni par le rouleau h (fig. A 2 ).
- Dans la figure A3, on voit un des poinçons P guidés par les rouleaux r, r, r, r (fig. A3 et AA). Les poinçons en venant frapper le ruban de papier produisent l’effet d’un timbrage à sec (1L II se-
- Gr. VI Cl. 61
- (1' Ce timbrage à sec explique suffisamment l’idée qu’on pourrait appliquer la machine à la lecture des aveugles.
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- Gr. vi. rait d’ailleurs facile, avec l’interposition d’un ruban encré, ana-logue à ceux employés sur les machines à écrire que nous venons de voir, d’obtenir l’impression des caractères sténographiques en noir ou en couleur. Il en résulterait une plus grande facilité pour la lecture.
- KiK. hh.
- L’avancement automatique du papier est obtenu à l’aide d’un levier unique, articulé en s, presque en meme temps que l’impression par les touches (fig. Zi3 et kk). Le bras T de ce levier unique actionne, au moyen d’une roue à rochet, le tambour v, sur lequel reposent les galets fous x, x. Ces galets ont un même support, solidaire de la vis y qui fait le serrage sur v.
- On comprend qu’en engageant l’extrémité du ruban de papier entre les galets x et le tambour, l’entraînement aura lieu au fur et à mesure de l’impression.
- L’impression sur la bande de papier se présente sous la forme de petites lignes de caractères sténographiques, transversales et de longueurs variables.
- La machine nous a paru bien comprise dans tous ses détails.
- En résumé, nous pensons que la machine Michela peut rendre des services pratiques avec un sténographe suffisamment exercé,
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- mais seulement clans le cas où il connaîtra la langue parlée par Gr. vi. les orateurs dont il devra enregistrer les paroles.
- La machine à sténographier n’est, somme toute, qu’une machine à écrire un genre spécial d’écriture : la sténographie.
- Le jury a attribué à MM. Michela et de Petro une médaille d’argent.
- La «cash recording machine», machine à enregistrer les reçus.
- La cash recording machine, appelée machine à contrôler le numéraire, ou mieux, à notre avis, machine à enregistrer les opérations de caisse, est certainement la plus pratique parmi celles que nous avons examinées jusqu’ici.
- Cette machine est à la fois une machine à composer et à écrire des nombres quelle enregistre et une machine à contrôler.
- Avant de parler de son fonctionnement comme agencement de pièces et d’organes mécaniques, nous allons expliquer son fonctionnement comme appareil enregistreur et contrôleur.
- Nous choisirons, comme exemple, son application à un magasin de nouveautés, tel que le Louvre, le Bon-Marché, etc.
- Actuellement, pour solder divers achats, on passe à une des nombreuses caisses du magasin, et l’employé rédige la facture, qu’il acquitte et remet à l’acheteur contre le montant en espèces. Il inscrit, en même temps, sur son livre, la somme encaissée.
- Or, si l’employé est distrait ou s’il est de mauvaise foi, il peut fort bien arriver que la somme enregistrée comme encaissée sur son livre ne soit pas la véritable. D’où une erreur à son préjudice ou à celui de son patron, suivant qu’il inscrit une somme trop forte ou une somme trop faible.
- L’acquit sur la facture est donné avec l’aide d’un timbreur qui imprime la raison sociale, un fac-similé de signature et le plus souvent la date.
- La facture acquittée peut être exacte alors que la somme enregistrée est falsifiée.
- Avec la machine à enregistrer, les erreurs, volontaires ou non, sont pour ainsi dire impossibles, caria somme payée contre acquit
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- Gr. VI. ou reçu imprimé est en même temps imprimée dans l’appareil sur
- un ruban de papier.
- Cl 61 * r
- Le caissier rédige toujours la facture comme à l’ordinaire, mais il donne l’acquit avec la machine, qui lui permet, comme nous allons le voir plus loin, de composer vivement un timbre qui imprimera, en même temps sur la facture remise à l’acheteur et sur la bande de papier enfermée dans l’appareil, la somme reçue, sans erreur possible.
- Nous donnons ci-après le fac-similé des deux impressions.
- Acquilto
- CRMCo
- Fig. 45.
- Fr. 2 5 0.0 0
- Août 2 1878
- Fig. 46.
- 2 5 0.0 0
- La figure A5 représente l’impression sur la facture. Elle comprend trois parties distinctes :
- i° Le nom, l’adresse ou la raison sociale, avec la signature; les mots payé ou reçu ou pour acquit, etc. Cette partie est imprimée par un timbre fixe, mis en place une fois pour toutes. Il peut en même temps oblitérer, si on le désire, le timbre de quittance obligatoire pour les reçus qui le comportent.
- 2° Le montant en francs et centimes est la partie mobile, composée facilement et écrite plus vite qu’avec la plume. C’est seulement celte somme qui est imprimée dans l’appareil (fig. AG).
- 3° Enfin, le numéro de la caisse, par exemple, et la date sont imprimés par un composteur fixe. On change la date tous les jours, très promptement, comme dans le cas d’un composteur quelconque.
- De cette manière d’opérer résultent un contrôle efficace et une double garantie pour la maison de commerce, et pour le client, qui peut très bien avoir chargé une personne à son service de faire ses achats.
- En effet, la garantie pour l’acheteur, dans ce dernier cas, résulte de ce que, le reçu étant imprimé, le montant ne peut être ni
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- surchargé ni altéré sans qu’il s’en aperçoive; il est donc garanti contre la mauvaise foi possible des personnes qu’il peut employer. De plus, en cas de contestations avec le vendeur, le reçu imprimé écartera toutes discussions.
- En tous cas, si une erreur était commise en moins, il serait loisible à l’acheteur de la faire rectifier, en se faisant donner un reçu de la somme complémentaire du montant du premier payement. La nouvelle somme encaissée serait, comme la première, enregistrée dans l’appareil, et c’est alors le vendeur qui est garanti contre la fraude ou les erreurs possibles.
- Mais les erreurs proprement dites sont presque impossibles. La raison en est que le caissier, qui compose sur la machine le montant du reçu, voit ce qu’il fait, puisqu’il a sous les yeux le nombre qu’il doit imprimer et qu’il peut, en cas d’erreur de composition, rectifier son opération. Il n’y a impression sur la facture et sur le ruban de papier qu’autant qu’il agit sur un levier, ainsi qu’il sera dit tout à l’heure.
- Le contrôle se trouve ainsi fait par le public lui-même; il est invité, par un avis imprimé sur les factures, par exemple, et affiché à la caisse, à regarder si le chiffre imprimé est bien réellement celui du montant de ses achats ou de son versement.
- Le contrôle a lieu ensuite d’une manière encore plus certaine au moyen du dépouillement des sommes successivement encaissées, d’après le livre et d’après les indications de la bande de papier de l’appareil, qui porte, dans l’ordre où elles ont été encaissées, les différentes sommes reçues. Cet ordre même facilite l’addition, les chiffres se trouvant convenablement posés.
- Voilà pour le contrôle que nous appellerons direct. Mais il résulte de l’emploi de la machine une salutaire influence (toute morale celle-là) qui empêchera la fraude ou la mauvaise foi de se produire.
- Nous avons pris comme exemple une caisse d’un magasin de nouveautés. Mais on voit tout de suite que l’application de la cash recording machine est toute indiquée pour les opérations, payements ou recettes des maisons de banque, des grandes administrations financières, pour enregistrer la paye des ouvriers, etc. De plus,
- Gr. VI CI. 61
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- Gr. VI. le contrôle de la sortie ou de l’entrée des objets fabriqués dans uno usine ou dans un magasin d’approvisionnement ou de dépôt pourra également être fait par la machine à enregistrer.
- Nous avons parlé de l’emploi de la cash recordmg machine dans une maison de banque. Cet emploi serait bien avantageux. Car, en supposant deux appareils, l’un enregistrant les entrées ou recettes, l’autre les sorties ou payements, il suffira de faire l’addition des chiffres inscrits de part et d’autre par chaque appareil, puis de faire la différence des deux sommes, pour connaître immédiatement l’état de la caisse.
- Nous bornerons là nos exemples, car il n’entre pas dans le cadre de ce rapport de faire une étude plus étendue. Nous devions néan-moins ces explications, sans lesquelles on ne verrait pas bien le but et l’utilité de la machine dont nous allons examiner et résumer le fonctionnement mécanique proprement dit.
- Ce qui caractérise la cash recording machine, c’est évidemment la double impression quelle fournit.
- En principe, le timbre imprimant est formé de la réunion de 3, à, 5 ou un plus grand nombre de roues dentées folles sur un axe commun.
- Toutes ces roues sont semblables. Leur circonférence extérieure est divisée par 22 petites encoches radiales recevant chacune un des caractères ou chiffres suivants :
- Fr. 12345678 9 0 , 1 2 34 5 6 7 890
- (1) (a) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (n) (1a) (18) (i4) (i5) (16) (t7) (18) (19) (ao) (a,) (aa)
- Les caractères sont placés dans l’ordre que nous indiquons et de telle sorte qu’aux extrémités d’un même diamètre se trouvent deux chiffres semblables.
- Chaque roue porte un petit pignon concentrique ayant aussi 22 dents.
- Le pignon engrène avec une crémaillère.
- Le croquis figure 4 7 montre la machine en plan. Les onze clefs ou touches placées en A portent chacune un des signes Fr. i 2 3 h 5 6 y 8 g 0. Quant aux boutons placés en C, chacun d’eux correspond à une crémaillère.
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- Si la machine est disposée pour enregistrer des nombres de cinq Gr. vi. chiffres, dont deux décimaux, le premier bouton correspondra aux centièmes, le deuxième aux dixièmes, le troisième aux unités, le quatrième aux dizaines et le cinquième aux centaines, et la plus grande somme que pourra enregistrer l’appareil sera 999,99,
- Fig./17.
- A
- Pratiquement, le nombre de chiffres n’est pas limité, puisqu’il dépend du nombre de roues. Les appareils sont donc construits suivant les besoins.
- Fig. 48.
- La roue des unités est munie de caractères suivis d’une virgule ou.d’un point (1,2, 3, 4, etc.), afin d’indiquer la séparation de la partie entière de la partie décimale des nombres. De plus, les roues des unités, des dixièmes, des centièmes, sont dépourvues du signe Fr., qui n’est pas nécessaire.
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- 12/t
- Gr. VI. Reprenons la description de l’ensemble,formé par une crémail-~ 1ère et une roue dentée.
- La crémaillère est sollicitée vers B par un long ressort à boudin, mais elle est maintenue à son autre extrémité par un petit verrou ou loqueteau commandé par un bouton correspondant en C. Cependant, si l’on appuie sur ce bouton, la crémaillère n’obéira à la traction du ressort que si l’on appuie ensuite sur une des touches, la touche portant le chiffre 8 par exemple, placées en A et disposées de telle sorte que, grâce à une espèce de talon, la crémaillère s’arrêtera juste sur le levier de la touche 8. Le petit regard placé en R montrera le chiffre 8, qui est celui qui apparaîtra à chaque extrémité du diamètre vertical de la roue du timbre imprimant.
- Si nous avions à composer le nombre 53,76, nous toucherions le bouton des dizaines, et ensuite le levier marqué 5, puis successivement le bouton des unités et le chiffre 3, le bouton des dixièmes et le levier 7, et enfin le bouton des centièmes et le chiffre 5.
- En R apparaîtraient les chiffres 53,75.
- Si, par inadvertance, nous avions touché le levier marqué â au lieu du levier 3, ce qui serait indiqué en R : 5/1,76, il suffirait de tirer le bouton 0, qui ramènerait d’un seul coup les crémaillères à leur point de départ, et l’on recommencerait l’opération comme il vient d’être dit.
- On le voit, jusqu’ici rien de plus simple comme manipulation, et, au bout de dix minutes d’exercices, le premier venu pourra composer n’importe quel nombre (ici de 999,99 à 0), en se servant indifféremment d’une ou des deux mains, et cela avec une promptitude remarquable.
- Il reste maintenant à imprimer le nombre 53,75.
- L’axe des roues formant le timbre est monté sur une double platine articulée, faisant levier, et maintenue par un ressort à boudin dont la fonction est de la ramener à la position du croquis.
- Le papier enregistreur est disposé sur un axe pour venir, après chaque nombre imprimé, s’enrouler d’une quantité convenable sur un petit tambour mû automatiquement par la double platine.
- Le reçu est posé du bon côté sur la table C R de l’appareil (fig. Z17 et /19).
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- En agissant sur le levier L jusqu’à ce qu’il bute contre la pièce Gr. VI fixe F, nous allons produire l’impression de la manière suivante :
- Une pièce transversale ou presseur caoutchouté va appliquer le papier du reçu contre le timbre T, qui, par suite de l’articulation de la platine, pressera lui-mème la bande de papier qui repose sur le support élastique. L’impression aura lieu à la fois en haut et en bas, c’est-à-dire sur le reçu et sur la bande de papier.
- Fig. 4g.
- En abandonnant le levier L, les pièces reviennent à la position primitive, et un premier encliquetage produit l’enroulement du papier, qui sera prêt à recevoir une nouvelle impression, tandis qu’un second encliquetage produit un enroulement semblable du ruban encré qui fournit la matière imprimante. Ce ruban, qui mesure environ 3o mètres de longueur, est enduit d’une encre grasse, noire ou de couleur; il passe (provenant d’une première bobine) en dessous du timbre, puis en dessus pour s’enrouler sur une seconde bobine. De cette façon, chaque fois qu’on agit sur le levier L, le ruban interposé entre les caractères et le papier fournit une impression analogue à celle clés machines à écrire.
- Tous ces organes fonctionnent avec une précision mathéma-
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- Gr. vi. tique et une sûreté très remarquable. Ainsi l’impression est obtenue Cl 61 P^us ^ac^emen^ qu’avec un timbre humide ordinaire.
- L’ensemble des deux opérations, composition et impression, se fait avec une rapidité égale, sinon supérieure, à celle de la simple écriture à la plume, tout en présentant les avantages que nous avons énumérés plus haut.
- Cette intéressante et ingénieuse machine a valu la médaille d’or à son inventeur, M. Erastus Wimann, de New-York.
- Nous lui croyons un avenir au moins aussi assuré que celui des autres machines à écrire.
- Machine à voter.
- C’est ici le cas de dire quelques mots d’une machine a voter exposée par M. Coudron, ancien horloger à la Ferté-Gaucher (Seine-et-Marne).
- Cette machine, très simple, a les dimensions d’un piano. Elle doit être à portée des membres composant le bureau de la Chambre des députés, par exemple, et elle contient une balance dont les plateaux sont l’un noir, l’autre blanc.
- Elle permet de connaître instantanément le nombre des votants pour ou contre une proposition.
- Chaque député possède, dans son pupitre, deux boutons (un blanc et un noir), en relation avec les deux plateaux de la balance, par l’intermédiaire d’un fil électrique, d’un tuyau d’air ou de tout autre système de transmission. En faisant agir l’un des boutons, on imprime l’impulsion nécessaire à un poids de îo grammes pour qu’il vienne se déposer dans le plateau correspondant. Ce poids est placé sur un petit appendice accolé à une tige pointue. La tige monte, son extrémité effilée pointe, et un petit ressort fait échapper le poids de î o grammes.
- Le nombre des voix pour ou contre une proposition est constaté par la différence, qui est mesurée par autant de fois îo grammes qu’il y a de votants pour ou contre l’objet sur lequel on vote.
- Le contrôle est simple : la pointe exprime le vote en noir ou
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- MACHINES ET PROCÉDÉS USITÉS DANS DIVERS TRAVAUX. 127
- en blanc sur chaque numéro qui correspond à celui du député. Gr. vi. On a ainsi deux contrôles.
- Il va sans dire qu’en supprimant les tableaux le vote est secret.
- OUTILLAGE POUR LA FABRICATION DES ANCIIES D’INSTRUMENTS DE MUSIQUE, DES MANCHES DE VIOLON.
- M. Poudra a exposé toute une série d’outils et de machines-outils qu’il a imaginés ou perfectionnés pour fabriquer et tailler les anches en roseau des instruments de musique, tels que clarinettes, saxophones, hautbois, bassons, etc.
- La bonne qualité d’une anche dépend de sa forme et résulte évidemment de son mode de fabrication. Cette fabrication demande, en effet, beaucoup de soins : le meilleur instrument est impuissant sans une bonne anche, et c’est là pour les artistes une cause de grand souci.
- Le roseau employé dans la fabrication est passé par différents outils avant d’arriver à la forme définitive d’anche.
- Il est d’abord fendu, dans le sens de la longueur, en trois ou quatre tranches, suivant grosseur, par un outil appelé flèche. Cet outil consiste en un mandrin ou porte-lame qu’on introduit dans le canon du roseau. Le mandrin porte des couteaux qui opèrent, sous la poussée donnée au porte-lame, la division du roseau.
- Chaque bande ainsi obtenue est traitée sur une planche portant des espèces de fers de rabot qui enlèvent le plus gros de la partie intérieure du roseau. Les bandes sont ensuite coupées de longueur convenable par une cisaille.
- Un autre outil sert à tabler l’anche, c’est-à-dire à dresser la face plane. Il est combiné pour permettre de dresser même les roseaux de forme défectueuse. Il se compose, en principe, d’un petit rabot relié à une tige recevant un mouvement alternatif d’une bielle attelée à un petit volant manœuvré à la main. Les roseaux sont ensuite coupés à la largeur voulue, à la main, sur des outils déformé convenable.
- Puis on taille l’extrémité de chaque anche à l’aide d’un couteau à main qui ressemble à une plane à une seule poignée, la seconde
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- poignée étant remplacée par une articulation. Le roseau est posé sur un tasseau en bois, où il est maintenu par une morclache à vis de rappel.
- Enfin l’extrémité de la partie en sifflet est découpée, suivant un profil donné, à l’aide d’un emporte-pièce spécial.
- M. Poudra a soumis au jury une photographie et les produits d’une machine qui taille l’anche en sifflet et exécute par conséquent la partie la plus délicate du travail. Elle fait deux anches à la fois.
- C’est une modification heureuse et amplifiée du rabota tabler et du couteau à tailler l’anche. Elle peut produire à l’heure 260 anches bien faites et pouvant servir immédiatement.
- C’est là un sérieux avantage, surtout si l’on considère qu’à la main on n’arriverait qu’à en tailler ho dans le meme temps.
- M. Poudra a exposé également la photographie d’une machine à fraiser conçue en vue de sculpter la tète des manches de violon. Cet outil, ingénieusement construit, permet de faire une tète en quelques minutes, alors qu’à la main on met plusieurs heures pour exécuter le même travail.
- Le bois à sculpter est placé sur un chariot horizontal dont les divers déplacements sont obtenus et réglés à la main par une sorte de pantographe, avec lequel on suit un tracé plan d’un développement six fois plus grand que celui parcouru par le chariot.
- Les déplacements verticaux de la fraise sont obtenus à l’aide cl’un gabarit ou patron en acier ayant la forme du colimaçon de la tête et qui est placé sur le même chariot que le bois à sculpter.
- La combinaison des déplacements horizontaux du bois avec les déplacements verticaux de la fraise permet de sculpter sans difficulté un manche en tout conforme au gabarit.
- Cet outil n’est pas nouveau, du moins en principe. Il n’y a là qu’une nouvelle et heureuse application du pantographe. D’ailleurs le jury n’a pas pu, on le comprend, se prononcer sur le résultat du fonctionnement et la valeur de cette machine, n’ayant vu qu’une photographie.
- C’est aussi sur une photographie que M. Poudra explique au jury le fonctionnement de sa machine à faire, sur la tête du
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- manche de violon, l’emplacement des vis qui servent à tendre les Gr. Vï. cordes. Cette machine-outil a une grande analogie avec la précé-dente. Le porte-fraise est muni d’un galet s’appuyant sur un patron qui règle la profondeur et la forme du fond de la mortaise.
- Les différents déplacements horizontaux du manche sont obtenus avec deux chariots, au moyen desquels on règle la longueur et la largeur de la mortaise à creuser.
- En résumé, nous dirons que l’agencement de l’outillage spécial de M. Poudra est ingénieux et nous a paru bien en rapport avec le genre d’objets à fabriquer. Les produits sont d’ailleurs d’une exécution irréprochable.
- MACHINE À EMPAQUETEE ET OUTILS À PLOMBER LES MARCHANDISES.
- Machine à empaqueter.
- La machine à empaqueter les matières pulvérulentes, telles que la chicorée, le tapioca, la fécule, etc., exposée par M. Azambre, accomplit le remplissage et le tassage de la matière dans les paquets.
- Les sacs destinés à recevoir la matière sont ou cylindriques ou de section carrée, à angles^arrondis, et possèdent un fond plat. Ils sont disposés à la main sur une table tournante, possédant huit cavités ou formes recevant chacune un sac tout ouvert.
- Une trémie contient la matière à ensacher, qui est amenée à un des paquets à l’aide d’un canal en fer-blanc. Un mécanisme commandé par l’appareil fait mouvoir une vanne et un fond à bascule, situés immédiatement sous la trémie et disposés pour ne laisser passer à chaque fois qu’une quantité déterminée de la matière à empaqueter, qui s’écoule dans le sac par le conduit de fer-blanc.
- La machine étant mise en mouvement par la manivelle, supposons que huit sacs sont placés dans leurs logements respectifs, et que l’un d’eux vient d’être rempli à l’aide du mécanisme mesureur dont nous venons de parler. A ce moment, la table tournante fait
- Classe 61.
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- Gr. VI. un huitième de tour, et le sac plein se trouve au-dessous d’un Cl 61 P^011’ ÎA mouvement alternatif, qui dame la matière introduite et
- la tasse convenablement. Pendant ce temps, un deuxième paquet est rempli, et ainsi de suite.
- La machine, mue par une manivelle, permet de faire six paquets bien tassés à la minute. Un homme est à la manivelle, et un second ou une femme ferme les paquets, au fur et à mesure du travail de l’appareil. Les paquets terminés sont remplacés, dans les formes, par des sacs vides.
- Cette machine est volumineuse et relativement assez compliquée. Nous nous demandons si de son emploi il résulterait de notables avantages, tant à cause du prix d’achat cjuc de l’économie à réaliser sur la main-d’œuvre. Elle est toutefois ingénieuse, et ses mouvements sont bien coordonnés.
- Outils à plomber.
- M. Peltier a exposé des outils à plomber les marchandises, qui ne présentent rien de remarquable. Nous devons dire toutefois qu’ils se recommandent par une bonne exécution et leur bon marché.
- MACHINES ET OUTILS POUR LA RELIURE.
- La reliure a suivi le mouvement progressif de l’instruction populaire en France; elle s’est beaucoup développée dans ces dernières années. Plus il a fallu de livres à bon marché, plus le besoin de les relier économiquement s’est fait sentir.
- La construction de l’outillage mécanique pour la reliure est forcément destinée à rester dans des limites assez confinées, par la raison que les relieurs sont des industriels travaillant à façon, que leurs entreprises ne sont jamais bien importantes et qu’une grande partie du travail se fait à bas prix, par des femmes et des enfants.
- Aujourd’hui, en France, il ne se fabrique guère annuellement que pour 200,000 francs de machines pour la reliure. Sur ce chiffre, le quart environ est destiné à l’exportation (Espagne, Portugal et surtout l’Amérique du Sud).
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- A Paris seulement, on compte plus de 6,000 personnes oc- Gr. VI. eu nées journellement à travailler des livres.
- I. J QJ 0^
- Dans la classe !6i, ce genre d’industrie n’était représenté que par trois constructeurs français : MM. Lcdeuil, Steinmetz et Janiot.
- Dans la section des Pays-Bas figurait une machine à brocher, très intéressante, sur laquelle nous reviendrons volontiers.
- M. Steinmetz s’est occupé un des premiers, dès 18A2, de la construction des machines-outils à l’usage des relieurs, doreurs sur papier, étoffe, cuir; fabricants de papiers gaufrés, etc. C’est aussi de cette époque que datent la reliure illustrée à bon marché et ces cartonnages multicolores et d’une apparence de richesse si habilement variée pour satisfaire les goûts capricieux de l’enfant. Ces merveilles du bon marché, qui se renouvellent sans cesse, sont dues à l’intervention de machines qui permettent d’atteindre non seulement la plus étonnante économie, mais encore de travailler avec une régularité parfaite et une perfection soutenue.
- M. Boisteau, dans son intéressant rapport sur la reliure à l’Exposition de 1867, disait à ce sujet :
- « Tandis que la reliure d’élégance se fait tout entière sur le même établi et qu’il est même des relieurs en renom qui, sauf le pliage, le battage et la couture des feuilles, façonnent leurs livres de leurs propres mains (endossage, cartonnage, couverture, dorure, etc.), les reliures du commerce s’emboîtent, se cartonnent, se dorent mécaniquement et dix fois plus vite que dans les ateliers d’il y a cinquante ans. »
- Les machines de relieur exposées sont :
- Des presses ou balanciers pour dorer, gaufrer à chaud, pour l’impression en noir ou en couleur;
- Des presses à endosser au rouleau, des étaux à endosser au marteau ;
- Des machines à rogner ou coupe-papier;
- Une machine à piquer les couvertures;
- Des cisailles à levier et une cisaille circulaire pour couper le carton.
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- Presses de relieur.
- Presses de M. Lcdeuil. — La presse de relieur exposée par M. Le-deuil renferme un perfectionnement notable sur la presse à percussion généralement employée.
- On sait que cette machine se compose de deux forts sommiers en bois reliés par des colonnes en fer. Dans le sommier supérieur passe une vis V, qui porte deux buttoirs B, B' (fig. 5o). Sur la vis est monté un volant qui porte aussi deux mentonncts A,A'; le volant peut tourner à frottement doux sur la vis.
- On imprime légèrement au volant un mouvement rétrograde d’un quart de tour environ, jusqu’à ce que les mentonncts A, A' soient en Aj, A/, et on le lance alors fortement en avant, afin que les mentonnets A, A', venant frapper sur les buttoirs B, fassent tourner un peu la vis et par conséquent agir la presse.
- La pression ainsi obtenue est proportionnelle à la puissance vive du volant et, par conséquent, au carré de la vitesse au moment du choc. Comme on ne peut jamais lui imprimer une grande vitesse, puisqu’on n’a qu’un quart de tour pour le lancer, la pression est généralement insulïisanle et toujours beaucoup moindre que celle que pourraient supporter les sommiers et les colonnes.
- M. Ledeuil a imaginé, pour augmenter l’effet, d’adapter sur la jante du volant un engrenage à vis sans fin. La vis motrice peut s’embrayer ou se débrayer à volonté, son axe étant monté sur deux galets excentrés.
- Voici comment on opère. On fait descendre la vis de la presse, autant que possible à l’aide du volant seul, puis on embraye la vis sans fin, après avoir fixé le volant sur la vis au moyen d’un écrou à oreilles, et, en tournant une manivelle , on serre encore la presse avec une grande facilité.
- On comprend qu’en faisant varier convenablement le nombre
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- des dents de la roue et le pas de la vis, on puisse augmenter la Gr. VI. pression d’une quantité considérable et obtenir un appareil dont la puissance se rapprochera de celle de la presse hydraulique.
- Ces nouvelles presses ont d’ailleurs un grand nombre d’avantages sur les presses hydrauliques. On peut les placer à tous les étages, puisqu’elles n’ont pas besoin d’eau pour fonctionner et qu’elles sont plus légères: elles peuvent marcher ;\ la vapeur. Enfin leur prix n’est que le tiers environ de celui cl’une presse hydraulique de même ouverture.
- Presses de MM. John Ladd et C,c. — Dans la section anglaise, MM. John Ladd et C'° ont exposé plusieurs presses du même système, dont quelques-unes étaient spécialement construites pour les imprimeurs et les relieurs pour glacer et satiner le papier, etc.
- Nous ne donnerons de ces presses que la description du système, de serrage.
- Le bâti de la presse se compose d’une plaque de fondation ou sommier inférieur, destiné à recevoir les matières à comprimer,
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- et cl’un sommier supérieur, relié à la plaque par quatre fortes colonnes en fer formant entretoises (fig. 5i et 5â).
- Le sommier supérieur porte deux bras, A et B (fig. 52), articulés au point cle suspension et avec deux manchons ou douilles filetées, M N; ces dernières sont elles-mêmes articulées avec deux autres bielles G et D, reliées au plateau P, guidé dans son mouvement ascendant ou descendant par les colonnes-entretoises et par une pièce G, solidaire du plateau et coulissant dans le sommier supérieur.
- A travers les manchons M N passe un axe fileté à pas contraire, V, V, d’un côté avec pas à gauche, de l’autre avec pas à droite. Cette vis est manœuvrée, soit à la main, soit avec des roues à manettes R ou des fûts à rochet, soit par force motrice avec poulies et courroies ou chaîne Galle.
- En faisant tourner l’axe VV, on opère le rapprochement ou l’éloignement des manchons M N et, par suite, la montée ou la descente du plateau compresseur P.
- Pour mettre la presse en action, on fait descendre le plateau, au moyen de la roue à manettes R placée au bout de la vis, et, si la pression ainsi obtenue n’est pas suffisante, on recourt ensuite aux fûts à rochet. On relève le plateau avec la roue.
- On construit de ces presses pour la fabrication des huiles, du vin, du cidre, de la stéarine, pour la compression des fourrages pour l’exportation, etc.
- Elles sont solidement établies, occupent peu de place; ell es fonctionnent facilement. Déplus, elles n’exigent pas de fondation
- Fig. 5a.
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- spéciale comme dans le cas de la presse hydraulique, sur laquelle elles ont l’avantage d’être plus faciles à transporter et de coûter moins cher d’acquisition et d’entretien.
- Les hras, qui sont en fonte, travaillent dans d’excellentes conditions pour la compression.
- Presse de M. A. Tricoche. — Le modèle exposé était spécialement agencé pour la fabrication de l’huile; cependant on fabrique des presses de ce système pour les relieurs, imprimeurs, etc.
- Aussi nous occuperons-nous plutôt du système que de l’application qui peut en être faite dans un grand nombre de cas.
- Les presses sont particulièrement caractérisées par la position de la vis et de son écrou, ainsi que parles divers engrenages qui la commandent.
- La première période de la pression fournie par l’appareil s’obtient à l’aide d’un volant À (fig. 53 et 5A), calé directement sur la vis V, qui peut tourner sans que le reste du mécanisme soit entraîné. Cette disposition permet de gagner beaucoup de temps, parce qu’on n’a recours à la série d’engrenages commandés par une vis sans fin B que pour la deuxième période de la pression, alors que l’action du volant à main serait insuffisante.
- Il est à remarquer que les deux vitesses (celle obtenue avec le volant à main et celle résultant de l’emploi des engrenages) sont indépendantes l’une de l’autre, comme dans le cas de la presse Ledcuil. Cependant le dispositif imaginé par M. Tricoche nous a paru avoir une certaine supériorité. En effet, dans ce système, il n’y a pas de complication d’embrayage; dans la deuxième période de la descente de la vis, c’est l’écrou E qui tourne, alors que la vis V est rendue fixe par un simple goujon G, qui l’empêche de tourner. On peut, paraît-il, avec la combinaison d’engrenages commandés par la manivelle M, exercer sur le modèle exposé une pression de 70,000 kilogrammes.
- Quand la pression a produit son effet, on remonte la vis en tournant en sens inverse la manivelle M d’abord, le volant calé sur la vis ensuite.
- Cette presse est d’un petit volume et d’un poids relativement
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- faible, ce qui la rend facilement transportable. Nous avons rernar- G-r. VI. nué la bonne harmonie de l’ensemble.
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- M. Tricoche a appelé spécialement l’attention du jury sur le système de serrage dont nous venons de parler.
- Étaux, machines à endosser.
- Fig. 55.
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- La machine à endosser au rouleau est destinée à remplacer Y étau de relieur au moyen duquel on forme, avec un marteau, sur le dos du livre, deux arêtes qui servent à loger le carton. Elle se compose (fig. 55) de deux mâchoires dans lesquelles on serre le livre, à
- l’aide d’une pédale qui agit sur une genouillère et d’un cylindre mobile autour de son axe et monté sur un châssis.
- Au moyen d’une au-Irc pédale, on peut amener le cylindre de telle façon que son axe coïncide avec celui du dos du livre que Ton veut façonner. Il suffît alors de faire rouler le cylindre sur le dos du livre pour former les mors. Des vis permettent de relever ou de baisser le cylindre, de manière à faire varier le rayon de courbure du dos.
- Une tablette est disposée pour recevoir le livre et le maintenir à la hauteur voulue, avant qu’il soit serré par les mâchoires.
- La machine étant réglée pour un format déterminé, il n’y a
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- Gr. vi. plus qu’à placer un autre livre sur la tablette et à opérer comme il ~ vient d’être dit.
- Cette machine, qui remplace facilement quatre ouvriers endossant au marteau, n’est économique qu’autant qu’on a un certain nombre de volumes de même épaisseur à endosser.
- M. Ledeuil et M. Steinmetz avaient exposé des modèles d’étaux et de machines à endosser d’une exécution très soignée.
- Machines à couper le papier.
- La machine à couper le papier, appelée aussi machine à rogner, est certainement l’une des plus utiles pour la reliure.
- La classe 61 ne possédait que trois machines de ce genre. Nous en avons cependant vu figurer plusieurs dans d’autres classes. Ce n’est, pas, du reste, le seul exemple de classement défectueux que nous ayons constaté.
- Nous ne nous occuperons ici que des machines à rogner de la classe 6 1, les seules que le jury de celte classe ail été en mesure d’examiner.
- Machine à rogner de M. Ledeuil. — Cette machine est brevetée et présente l’avantage d’avoir deux vitesses pour la lame : une lente, pendant le travail, et une rapide, pendant que la lame remonte et revient à son point de départ. Cette disposition permet d’économiser environ un quart sur le temps total de la coupe. Elle est obtenue d’une manière très simple par deux fragments d’engrenages fondus ensemble : l’un est circulaire et correspond à la période de travail; l’autre est elliptique, et son grand axe coïncide avec le diamètre de la partie circulaire. Les deux fragments sont dans des plans différents et reçoivent leur impulsion de deux pignons juxtaposés, dont l’un tourne autour de son centre, tandis que l’autre est excentré. En outre, la lame est montée sur un châssis qui coulisse, à frottement doux, entre les deux bâtis placés à l’avant et à l’arrière et solidement entretoisés.
- Le porte-lame se déplace dans une direction oblique pour couper plus facilement; il est guidé par deux glissières qui frottent sur des galets. Le porte-lame, animé d’un mouvement alternatif,
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- est actionné par une bielle articulée sur la roue elliptique (fig. 56). Le centre de rotation de cette roue a été placé de telle sorte que, pendant la période du travail, la bielle occupe des positions sensiblement parallèles aux glissières. D’où il suit que le porte-lame est tiré dans le sens même de son mouvement; que le frottement
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- est, par suite, presque nul sur les galets, et qu’il n’v a pas de perte de force, pas d’usure de la machine et pas de fatigue inutile pour l’ouvrier/qui la conduit.
- Le plateau ou marbre a été fixé pour permettre de l’avancer dans une certaine limite, afin que la lame ne coupe pas toujours
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- Gr. vi. au même endroit, et que la planchette de bois sur laquelle on tra-ci vaille puisse servir un grand nombre de fois. Enfin, la machine est disposée pour qu’on puisse rogner la gouttière du livre, c’est-à-dire la gorge opposée au dos.
- Machine à rogner de M. Sleinmetz. — Cette machine diffère de la précédente dans le mode de transmission des organes (fig. 5y).
- Fig. 57.
- L’arbre du volant, sur lequel agit l’ouvrier par l’intermédiaire d’une manivelle, transmet le mouvement de rotation par des engrenages à un arbre qui porte, à chaque extrémité, deux' tour-
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- tcaux. Chacun de ces tourteaux porte un bouton de manivelle qui Gr. VI. actionne, à l’aide d’une bielle, une sorte de cadre guidé, muni de galets, dans lequel vient s’engager l’extrémité du porte-lame. Ici, la vitesse de la lame est la même à la montée qu’à la descente.
- Le porte-lame est relié à un point fixe du bâti par une bielle; ce qui l’oblige, en même temps qu’il descend, à se déplacer obliquement et à faire couper le couteau de la manière la plus elïicace.
- Cet outil est d’une construction très soignée et bien étudiée. La douceur de ses mouvements le rend facile à manœuvrer.
- Machine à rogner de M. Janiot. — La machine à rogner de M. Janiot, dite à parallélogramme incliné, mérite d’être citée à cause de certaines dispositions spéciales.
- Le porte-lame est une sorte de parallélogramme guidé entre des bâtis verticaux. Il est actionné par deux bielles inclinées et parallèles qui l’obligent à descendre obliquement. Ces bielles sont filetées à leurs extrémités, pour permettre une compensation de l’usure de la lame. On règle avec une grande facilité la course du porte-lame, suivant les différentes hauteurs à couper.
- Cette machine, de même que les précédentes, est munie d’une vis pour le serrage des matières pendant la coupe, et d’un chariot pour amener le papier sous le couteau, au moyen d’une seconde vis.
- Cisailles de cartonnier.
- Ce genre de cisailles est employé pour découper le carton. L’industrie de la ferblanterie emploie des cisailles semblables pour couper le fer-blanc.
- Nous ne citons ces outils que pour mémoire; ils ne sont pas nouveaux, et ne se recommandent que par leur bonne exécution.
- Cisailles circulaires pour découper le carton.
- Les cisailles dont nous venons de parler ont l’inconvénient de ne pouvoir fonctionner au moteur, et, en outre, de ne débiter qu’une assez faible quantité par jour, avec un seul homme. La
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- cisaille circulaire qui marche d’un mouvement continu de rotation peut être conduite par une femme ou un jeune ouvrier, et produire cinq ou six fois plus de travail que la cisaille à bras.
- M. Ledeuil, que nous avons déjà cité plusieurs fois, a exposé une cisaille circulaire pour débiter le carton.
- Elle se compose de deux arbres horizontaux et parallèles portant des disques mobiles ou couteaux en acier, qu’on peut fixer au moyen d’une vis de pression.
- Les disques sont perpendiculaires aux arbres, et on les place de façon qu’ils se croisent légèrement et qu’ils se touchent dans leurs plans de rotation (fig. 58). Ce sont ces disques qui, en tournant, cisaillent le carton.
- Fig. 58.
- En avant et en arrière se trouvent deux jeux de cylindres, destinés à conduire la feuille de carton et à la maintenir pendant qu’on la coupe. Ces cylindres conducteurs sont mis en mouvement par des engrenages calculés pour que leur vitesse tangentielle soit la même que celle des couteaux. La vitesse des deux derniers cylindres, qui produisent l’entraînement de la feuille de carton, est supérieure à celle des autres cylindres.
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- Une table en fonte est placée à l’avant et dans le même plan Gr. VI. que les lignes de contact des cylindres conducteurs.
- On fixe sur les arbres un certain nombre de paires de disques, espacés suivant la largeur des bandes qu’on veut obtenir. En engageant des feuilles de carton entre les cylindres, elles seront débitées en bandes. Pour obtenir ensuite les rectangles qui servent à la confection de la couverture des livres, on espace convenablement les couteaux et l’on présente les bandes de carton parallèlement aux axes des cylindres d’entraînement. Pour cela, on se sert d’une règle qui repose sur la table et dont les extrémités sont reliées par deux bras de même longueur à un arbre parallèle aux cylindres.
- Cet outil rappelle exactement, quant aux organes essentiels, les cisailles circulaires employées dans la tôlerie et la ferblanterie, et qui servent à débiter des feuilles métalliques de plusieurs millimètres d’épaisseur.
- L’outil n’est pas nouveau ; mais nous ne pouvions passer sous silence son application à la reliure.
- Machine à piquer.
- La machine à piquer de M. Ledeuil sert à pratiquer dans le carton les ouvertures par lesquelles doit passer la ficelle qui l’attache au livre. Il s’agit de poinçonner le carton. Ce travail, fait mécaniquement, présente june grande régularité, et aussi une grande économie dans lés ateliers qui font de la reliure pour le commerce.
- Cette machine se compose d’un porte-aiguilles, qui est percé d’une large ouverture dans laquelle se meuvent deux cames qui, en tournant d’un mouvement uniforme, donnent au porte-aiguilles un mouvement qui se divise en trois périodes inégales :
- Descente rapide,
- Remonte rapide,
- Et arrêt suffisamment long, en haut de la course, pour permettre de retirer le carton piqué et de placer une nouvelle feuille sur la machine.
- Des guides convenablement disposés règlent la hauteur des trous et leur distance au bord.
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- Cette machine, qui n’est pas brevetée, a été créée par le constructeur, M. Ledeuil, que nous croyons être le seul à la fabriquer.
- Une machine clu meme type a été étudiée spécialement, par M. Ledeuil, pour coudre les brochures, les almanachs, etc.
- Machines pour le gaufrage ou la dorure des couvertures de livres, albums, papiers de fantaisie, etc.
- Il nous reste à citer maintenant les machines à dorer et à imprimeries couvertures de livres.
- M. Boisteau disait, en parlant des cartonnages à bon marché, gaufrés, dorés ou cuivrés, imprimés, etc. :
- k ... 11 est incontestable, néanmoins, que l’on fabrique ce genre de couvertures de livres avec une habileté et une rapidité étonnantes, et que leur bon marché est incompréhensible pour qui n’a pas vu à l’œuvre les machines que la main de l’ouvrier appelle à son aide. »
- Ces machines, en réalité accessoires à la reliure proprement dite (brochage, couture, couverture), servent à parer et ornementer les couvertures de livres au moven clc gaufrages, de dessins frappés et dorés sur les plais et sur le dos, qui donnent carrière à l’imagination et au goût de nos ouvriers relieurs.
- EH es ont une importance considérable comme, combinaisons mécaniques, et surtout comme puissance mise en œuvre. Elles étaient représentées, dans la classe 61, par divers types, exposés exclusivement par des constructeurs français.
- Suivant l’importance du travail à exécuter (et par là nous entendons l’étendue de la surface à recouvrir par la dorure ou le gaufrage), ces machines sont disposées pour être mues à bras ou au moteur.
- Les machines à bras employées par les petits relieurs sont le plus ordinairement des balanciers à vis, analogues à ceux dont nous avons parlé au chapitre Balanciers, mais appropriés au genre de travail auquel ils sont destinés.
- Le poinçon ou le sabot des balanciers ordinaires est ici remplacé par un plateau uni et parfaitement guidé, et le plus généralement creux. Le plateau porte le nom de nez. Avec ces balau-
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- tiers ou presses, on fait également bien à la main la dorure et la Gr. VI. gaufrure ou l’impression en noir ou en couleur. Pour cette der-
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- nière application, on ajoute un dispositif spécial pour encrer la gravure qui doit fournir l’impression sous l’action du nez.
- Pour la gaufrure ou la dorure, on chauffe le nez au moyen de petites lampes ad hoc ou par l’introduction de gueusets en fonte, préalablement chauffés, dans les capacités ménagées à cet effet.
- Nous signalerons, dans l’espèce, les presses à balancier de M. Steinmetz et de M. Ledeuil.
- Presses à dorer.
- Lorsque les surfaces à dorer ou à gaufrer ont une certaine étendue, les dimensions de la presse sont plus considérables, et pour produire un travail économique on emploie le moteur. Dans ce cas, on leur donne la forme dite à genouillère. Ces presses, très puissantes, sont dues à M. Steinmetz, qui, dès i843, a porté tous ses efforts vers la transformation des machines pour la reliure. Ce constructeur avait déjà exposé, en 1867, une presse à genouillère, à peu près semblable à celle qu’il présentait en 1878, et qui lui avait fait mériter une mention spéciale dans le rapport sur la classe 60, devenue classe 61 en 1878.
- Nous nous plaisons à reconnaître l’exécution irréprochable de la presse exposée par M. Steinmetz.
- Cette presse a été décrite dans la Publication industrielle de M. Armengaud aîné (t. XXII). Nous n’en citerons donc que les organes essentiels qui transmettent la pression.
- La figure 59 ci-après est un profil de la presse en question.
- Un pignon p, mu par poulies, à la vapeur, actionne une roue dentée R, calée sur un arbre à vilebrequin L'. Sur cet arbre est attelée une bielle M, qui transmet l’action à une deuxième bielle H' au moyen d’un mouvement de sonnette articulé en un point fixe du bâti. La bielle H' agit sur le levier H, dont l’axe G est fixe dans le sommier supérieur de la presse.
- La pièce I (fig. 60), interposée entre l’extrémité du levier H et la vis F qui porte le nez, sert à transmettre l’action du levier à la vis porte-nez.
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- Gr. vi. Les mouvements sont très doux, et, grâce à la combinaison des bielles et des leviers, on peut exercer un effort de pression considérable sur le nez.
- Fig. 59.
- Comme l’action n’a lieu, on le voit, que pour la descente du nez, la remonte est l’effet de leviers et d’un contrepoids qui font que la vis F n’abandonne jamais la genouillère I.
- On règle très facilement l’ouverture de la presse, entre le nezE et le plateau D (fig. 5q), avec un engrenage calé sur l’écrou b (fig. 60), solidaire du nez, et que l’on peut faire monter ou descendre le long de la vis F, au moyen d’un petit volant à main 0', commandant un petit pignon qui engrène avec la roue de relevage R'.
- Le nez est chauffé au gaz ou à la vapeur et transmet directe-
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- ment la chaleur nécessaire à la gravure fixée contre le nez. Sur la Gr. VI. ligure 59, on voit le tuyau g' qui amène le gaz dans le plateau du ci” nez E, où se trouvent des brûleurs.
- Fig. 60.
- Le pignon p est fou sur l’arbre moteur qui porte les poulies pour le débrayage et Tembrayage par les moyens ordinaires. Le pignon est rendu solidaire au moyen d’un encliquetage m, commandé par une pédale T', ce qui fait que la manœuvre de la presse est très commode et très sûre pour l’ouvrier.
- Presse pour l’impression en noir ou en couleur des couvertures
- de livres.
- Cette presse, construite et exposée par M. Janiot, rappelle, par le mode d’encrage de la gravure, les dispositions adoptées dans certaines presses mécaniques typographiques.
- Nous devons une mention particulière à cette machine, qui a fonctionné devant le public pendant la durée de l’Exposition, tant à cause de son ingéniosité que pour sa bonne fabrication»
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- Gr. VI. Le mouvement alternatif du nez est obtenu par un arbre-vilebre-ci~ quin transmettant son impulsion au moyen d’une bielle attelée sur le nez.
- L’intervalle à conserver entre les deux plateaux, celui du nez et celui qui porte le livre, se règle, suivant l’épaisseur à presser, par la bielle, qu’on peut allonger ou raccourcir à volonté, mais qui fournit une course toujours uniforme du. nez. Cette course est égale à deux fois le rayon de manivelle de l’arbre-vilebrequin moteur.
- La bielle se compose de deux parties filetées à pas contraire et reliées par un écrou ou manchon d’ajustage. L’écrou tourne à droite ou à gauche sous l’action d’un petit volant, à portée de l’ouvrier, qui commande une vis sans fin engrenant avec une roue dentée solidaire dudit écrou.
- L’arbre-vilebrequin reçoit, par engrenages, son mouvement d’un arbre moteur, qui porte un manchon à débrayage et les poulies et le volant nécessaires à la transmission de la force motrice et à la régularisation de la marche de l’appareil.
- Les rouleaux encreurs de la gravure sont disposés sur un chariot, dont le mouvement automatique est commandé par des leviers et bielles et par un bouton de manivelles de l’arbre-vilebrequin.
- Le chariot vient rouler d’abord sur un guide à chemin de fer, solidaire du nez, de telle sorte que les rouleaux encreurs se trouvent en contact avec la gravure, puis il abandonne les guides du nez, qui descend pour venir s’encrer sur une table tournante, qui reçoit le liquide d’un rouleau preneur. Ce dernier rouleau a pour but d’étendre l’encre sur la table, qui se déplace cl’une petite quantité, chaque fois que le chariot la quitte, pour venir encrer la plaque gravée.
- Les divers organes qui constituent le système d’encrage automatique de la gravure fonctionnent parfaitement bien, et leurs mouvements sont heureusement combinés avec la montée et la descente du nez.
- Cette presse est spécialement agencée pour l’impression; mais, en remplaçant les rouleaux par des brosses et un tampon huilé et en chauffant le nez, on pourra également l’employer pour la dorure des couvertures, cartonnages, etc.
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- Avec le modèle exposé, on peut obtenir aisément 800 impressions Gr. VI. à l’heure. Son prix est de A, 000 francs.
- M. Janiot est l’un des fournisseurs des ateliers de reliure de l’importante maison Marne, de Tours.
- Machines à plier et à brocher les feuilles d’impression.
- Le rapport du jury international de 1867 contient ces lignes:
- «Le problème d’effectuer par machine le travail si rapide et si peu coûteux de la brochure a été abordé ces dernières années, et une curieuse machine figurait en 1862, à Londres, parmi les produits des ateliers de constructeurs suisses. L’organe essentiel était une table portant une fente étroite. La feuille étant convenablement placée sur cette table, un couteau se mouvant à angle droit avec la surface de cette table entraîne et plie la feuille en traversant la fente.
- « . . .Cette machine (nouvelle) nous paraît encore bien lourde, relativement à la résistance minime qu’il s’agit de surmonter, et il ne serait pas possible de la faire marcher avec une vitesse suffisante pour qu’elle remplaçât avantageusement un nombre plus notable de brocheuses. C’est à rendre cette machine plus légère que l’on doit s’appliquer, si l’on veut obtenir un succès pratique. »
- MM. Jonker et Zoon, d’Amsterdam, nous paraissent avoir résolu le problème du pliage des feuilles imprimées de la manière pratique la plus satisfaisante. Ces constructeurs ont exposé dans la section des Pays-Bas deux machines à plier en 8, dont une opérait le brochage, en même temps que le pliage, à l’aide d’un appareil très ingénieux et d’un fonctionnement remarquable. Nous regrettons que ces messieurs n’aient pas exposé également un modèle de leurs machines à plier en 16 et en 32.
- Nous donnons une description des deux machines exposées, et dont le jury a pu admirer la légèreté et la simplicité, jointes à une grande facilité de manœuvre et une grande douceur des mouvements.
- Elles étaient manœuvrées par deux jeunes gens, qui en faisaient la démonstration : l’un agissait sur la manivelle motrice, et l’autre
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- Gr. VI. ne faisait que poser les feuilles, qui étaient ensuite empilées toutes pliées, au sortir de la machine, par un appareil superposeur.
- Les machines sont disposées pour marcher indifféremment au moteur ou à bras (fig. 61). Dans le premier cas, il suffit d’un seul homme ou même cl’une ouvrière pour alimenter la machine et la surveiller.
- Fig. (ii.
- Nous allons suivre la feuille de papier pli par pli dans la machine.
- Elle est d’abord posée sur la table A, de manière que les pointeaux indicateurs correspondent bien à des points de repère (chiffres ou caractères) de la feuille imprimée, et choisis préalablement sur ladite feuille pour servir de repère, afin de plier d’équerre.
- Au premier mouvement de la manivelle, les pointeaux B,B se soulèvent et laissent la feuille libre.
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- Premier pli. — La laine horizontale C descend et entraîne la Gr. VI. feuille dans l’espace qui sépare la table A en deux, puis entre des rubans verticaux réunis, deux à deux, par une pince placée à un endroit tel que le couteau plieur C, à bout de course, puisse remonter facilement, en abandonnant la feuille pliée en deux entre les rubans.
- Ces rubans sont en toile caoutchoutée et jouent, on le voit, un rôle important dans le pliage.
- Deuxième pli. — La feuille ainsi doublée est entraînée, par un couteau plieur vertical de la même manière que par la lame C, entre des rubans verticaux. Le deuxième plieur est commandé par l’exentrique D, qui agit perpendiculairement à la lame C.
- Ce second mouvement est d’ailleurs la répétition clu premier, avec cette différence cependant que le plan du deuxième plieur est perpendiculaire à celui du premier.
- Troisième pli. — La feuille, pliée en quatre, est ensuite poussée horizontalement par un troisième plieur horizontal commandé par l’excentrique K, entre deux cylindres légèrement cannelés L, qui forment le troisième pli et entraînent la feuille, maintenant pliée en huit, entre les cylindres polis M, dont le but est de laminer et de presser convenablement les plis ainsi formés pour lisser la feuille.
- A la sortie de ces cylindres, le papier est reçu par un appareil superposeur, qui n’est pas figuré sur le dessin, ou tombe simplement dans une caisse.
- Appareil à brocher. — Ôet appareil était adapté à une des machines exposées. On peut aussi l’appliquer aux machines à plier en 12, en if), etc., que fabriquent également MM. Jonker et Zoon.
- Il est placé entre le troisième-couteau plieur et les cylindres cannelés. Il a pour effet de brocher les feuilles avant le dernier pliage.
- Le fil, en réserve dans une boîte, est saisi, à un moment donné, à son extrémité, par deux ressorts, puis il,est coupé, à
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- Gr. vi. l’autre extrémité, contre la boîte à fil, par (les ciseaux à mouve-ment automatique. C’est alors que deux aiguilles viennent traverser le papier et accrocher le fil à l’endroit où va être formé le dernier pli.
- L’appareil à brocher fonctionne très bien, et son application sur la machine à plier n’en ralentit pas la marche d’une manière sensible.
- Classe-feuilles.
- Nous citerons, pour compléter la description de l’outillage employé dans la reliure, un petit appareil appelé classe-feuilles, destiné à réunir des papiers de toutes sortes : lettres, dessins, voire même des échantillons d’étoffe, etc.
- Plusieurs systèmes sont employés à cet effet, mais ils présentent tous certains inconvénients.
- Le classe-feuilles deM. Delagarde est très simple, bon marché, et permet de réunir ou de relier instantanément des feuilles simples ou doubles, cahiers, dessins, etc., sans coudre, ni coller, ni percer, et sans l’emploi de cordons, lacets, tringles de fer, etc. On peut donc classer, ajouter ou retrancher plusieurs de ces pièces d’une manière facile et prompte et surtout sans déchirer les papiers à enlever.
- L’appareil est composé (l’unesorte de longue charnière, munie, sur le dos, de fermoirs qui rappellent ceux de certains porte-monnaie. Les feuilles à relier sont placées à l’intérieur de la charnière, qui est maintenue fermée par ses fermoirs. L’ensemble a tout à fait l’aspect d’un livre relié.
- OUTILLAGE ET PROCEDES DE LA FABRICATION DES OBJETS D’HORLOGERIE, DE BIJOUTERIE, D’ORFEVRERIE; OUTILS DE GRAVEURS; OUTILS DE PRECISION.
- Machines-outils et outils d’horlogerie.
- Les outils et machines-outils employés dans l’horlogerie étaient largement représentés dans la classe 61 par des exposants français.
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- Depuis 1867, l’outillage et les moyens (le fabrication de l’horlogerie ont fait peu de progrès. Nous devons cependant signaler l’usage de plus en plus répandu que l’on fait de l’emporte-pièce.
- L’outillage courant exposé est, en général, produit par de petits fabricants, dont les affaires réunies peuvent s’évaluer à environ 600,000 francs par an. Sur cette somme, la valeur de la matière première figure pour environ un dixième.
- En dehors de l’outillage courant, il existe des machines d’un mérite plus remarquable, dues aux recherches d’hommes ingénieux, qui améliorent ou créent de nouveaux types.
- Le prix des salaires pour ce genre d’industrie, qui emploie beaucoup de femmes, est en moyenne de 5 francs par jour, à Paris, et de 2 fr. 5o cent, dans le département du Jura, centre important de production d’horlogerie.
- M. Huart fils a exposé un tour dit universel, très bien conçu et exécuté, destiné à la fabrication des pièces de précision pour l’horlogerie, la télégraphie, etc. A l’aide de ses accessoires on peut diviser et tailler les dents de roue et faire également les fraises employées pour ce travail. On y trouve la facilité de construire toutes sortes de broches et de mandrins spéciaux, de percer, de tarauder toujours rond et juste; on peut même le compléter et l’enrichir de bien des accessoires.
- La vitrine de M. Huardjmntenait, en outre, différents petits outils bien exécutés, parmi lesquels nous en avons remarqué un qui sert à ouvrir les sertissures, et qui a été créé dans le but d’éviter l’emploi du tour à pierres, en donnant de grandes facilités au remplacement des rubis.
- Le tour à burin fixe, de M. Legras, est plus spécialement destiné à l’usage des horlogers rhabilleurs. Sa combinaison est telle qu’avec peu d’accessoires :
- i° On obtient la division des roues, la retouche des dents et la mise au diamètre voulu;
- 20 On peut pivoter soit un pignon, soit un cylindre, à l’aide d’une pince et d’une broche pour le cintrage des pièces que l’on fixe sur un des bouts du tour. On replace ensuite cette pince sur
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- Gr. VI. un autre tour pour rouler et brunir les pivots, sans avoir besoin “ d’arehet.
- Ce tour, d’une exécution irréprochable, a été beaucoup remarqué par les gens du métier.
- Nous citerons les tours à rouler les pivots de i\l. Garnacbe, de Besançon; ils sont très beaux et bien établis.
- La vitrine de l’exposition collective de la commune des Gras (Doubs) renfermait un bel ensemble d’outils de précision, de machines à tailler, à diviser et à arrondir, de tours universels et à burin fixe, etc.
- La fabrication des machines-outils et outils d’horlogerie, de bijouterie, de graveur, etc., a été introduite dans la commune des Gras (canton de Morteaux, Doubs), en 1816, par Etienne Gauthier. Cette industrie occupe actuellement 1 h 0 hommes, 2 9 femmes et 2 3 enfants.
- Le travail se fait en grande partie, en famille, à domicile. C’est d’ailleurs, quand cela est possible, le meilleur mode de fabrication et le plus avantageux pour le bon marché et le bien-être de l’ouvrier, au point de vue matériel et moral.
- Annuellement on emploie dans la commune des Gras : 11,000 kilogrammes de cuivre, fer et acier; 2,000 kilogrammes d’ébène, et 15,ooo kilogrammes de bois indigènes, pour la confection des manches de limes, burins, marteaux, outils de graveur.
- Pendant l’année 1876, la production a été de : 9,31 k kilogrammes d’outils vendus en France, 693 kilogrammes d’outils expédiés à l’étranger, et d’environ 12,000 kilogrammes de manches en if et bois divers.
- Nous citerons parmi les fabricants qui ont coopéré à l’exposition collective des Gras :
- M. Clovis Garnache, pour son grand tour universel en bronze, avec chariot à chemin de fer et tous les mouvements nécessaires aux lignes droites, et un deuxième tour marchant à la corde, dont l’arbre et le plateau peuvent être enlevés et replacés sans rien déranger des autres parties;
- M. Léopold Garnacbe, qui a exposé : un tour à l’usage des horlogers rhabilleurs et construit de telle sorte que, sans le sortir de
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- l’étau, le plateau, la grande poulie pour la corde, peuvent être Gr. vi. tournés en tous sens; un assortiment d’accessoires et différents petits outils;
- M. Arsène Garnache-Barthold, qui a exposé : une grande plateforme en bronze, pouvant tailler les dents de toute espèce de roues; un tour dit équarrisseur, dont l’arbre creux sert de manche aux équar-rissoirs dont on fait usage et qui y sont solidement fixés à l’aide de deux cônes rentrants; un lapidaire avec bascule pour changer l’action contre les plaques; un tour à rouler les goupilles, gradué et disposé pour les faire plus ou moins coniques, etc.;
- M. Emile Gauthier, pour ses divers outils et un chalumeau à réservoir variable;
- M. Garnache-Barthold et ses enfants, qui exposaient: un nouvel outil à prendre les hauteurs des portées; un outil à percer et à planter, sans changer les pièces de place; un outil nouveau pour mesurer les grosseurs; et divers outils à river les pignons, à clé-tamponner le cylindre, et à arrondir, à mouvement continu;
- M. Isidore Garnache, pour ses différents outils à forger les roues, à raccourcir les dents des roues de cylindres, à prendre les hauteurs de portées, etc. ;
- M. Alphonse Gloriod, qui a exposé plusieurs tours, etc.
- Le jury a attribué à cette exposition collective une médaille d’argent, en raison de la bonne exécution du travail, en général, et des perfectionnements apportés.
- M. Faivre a exposé divers outils bien faits et perfectionnés.
- Nous citerons encore M. Gehrig, de Périgueux, pour son tour universel, et M. Chevriau pour sa fraise à ressort. Ce dernier outil sert à creuser les trous qui doivent recevoir les rubis dans lesquels roulent les pivots de montre. On peut faire, avec cette fraise, des sertissures neuves, relever les bords des anciennes, les remettre à neuf et rabattre les sertissures sur la pierre.
- Machine-outil à percer, à fraiser et à arrondir les dents des roues d’engrenages, exposée par M. Pierret.
- Nous allons décrire la petite machine à percer et à arrondir de M. Pierret, ancien fabricant d’horlogerie, membre du comité d’ad-
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- Gr. VI. mission et du jury des récompenses de la classe 61, et qui, en cette dernière qualité, s’est trouvé hors concours.
- Cette machine-outil, dont nous donnons trois projections verticales, aux deux tiers de la grandeur naturelle : une vue de face (fîg. 62), une vue par derrière (fig. 63)et le profil (fig. 64),avait
- Fig. 62.
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- d’abord été construite comme machine à percer; mais, plus tard, M. Pierret, impatient de connaître le résultat de l’outil dit rabot qu’il avait imaginé, adapta ledit outil à sa machine à percer, dont il utilisait ainsi les dispositions, en profitant cl’un travail déjà fait. C’est la seule raison qui explique la réunion de ces deux outils sur un seul bâti, car l’auteur n’est pas lui-même partisan du groupement de plusieurs outils.
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- Disons, une fois pour toutes, que, pour se servir de l’un des Gr. vi. outils, on emploie le tour au pied et l’on maintient l’appareil dans un étau à l’aide des telons du plateau qui supporte tout l’ensemble.
- Occupons-nous d’abord de la machine à percer et à fraiser, construite dès i8â5. Elle se recommande par une construction bien
- Fig. 63.
- raisonnée et un agencement pratique parfaitement en rapport avec le travail délicat et tout de précision à effectuer.
- L’inspection des différentes figures fera mieux comprendre qu’une longue description le jeu de cet outil.
- La platine contenant le porte-foret, qui s’y trouve maintenu, en haut, par une vis à crapaudine, coulisse entre les montants du châssis.
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- Gr. VI.
- Cl. 61.
- Le manche M (fig. 62 et G3) sert à opérer la montée ou la descente de la platine; il est articulé avec une pièce A, faisant charnière et maintenue à la hauteur voulue, grâce à une entaille verticale faite dans ledit montant (fig. 64). La pièce B est un
- buttoir fixé comme la charnière A, et qui a pour but de régler la pénétration des forets ou des fraises, et par suite la profondeur des trous, d’une manière rigoureuse, grâce à la vis v dont est muni le manche M.
- L’entraînement de la platine par le manche M a lieu par un galet, monté sur un axe solidaire de la platine et embrassé par ledit manche (fig. 63).
- La rotation du foret est obtenue par deux petites poulies (fig. 62 et 63) et deux pignons coniques.
- Afin que le mouvement de la platine dans ses coulisses soit toujours doux, on a ajusté deux petits galets sur le côté correspondant au tirage de la corde.
- Les pièces à percer ou à fraiser sont maintenues ou supportées par un pont qu’on n’a pu figurer sur le dessin, puisque c’est l’outil à raboter qui est représenté à sa place.
- La poulie montée sur le porte-foret, au-dessus du pignon conique, sert à percer de très petits trous; alors on supprime l’engrenage, et l’on fait passer la corde sur cette poulie.
- Le foret spécial, imaginé à la même époque, a l’avantage d’être très solide et de conserver parfaitement la verticalité dans le perçage.
- Nous avons dit plus haut que M. Pierret avait profité des dispo-
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- silions de Toutil à percer pour installer son rabot à arrondir les Gr. VI. dents des roues d’engrenage. Il a, en conséquence, rapporté, sur la ~ platine du foret, deux petites poupées ayant chacune une broche.
- C’est entre ces broches qu’on place la roue R à modifier, et, pour la soutenir pendant l’opération, la poupée D' porte une broche verticale b, dont la partie inférieure est munie d’un galet qui peut rouler en s’appuyant légèrement sur le champ de la roue R.
- Par arrondir les dents, on entend, en horlogerie, la retouche qu’on leur fait subir en les limant sur le flanc.
- Ici la lime ou rabot (qui sert à retoucher les dents) est constituée par une série de petites plaques d’acier découpées et percées, ajustées l’une sur l’autre et traversées par deux boulons-entretoises, qui les maintiennent et les assujettissent Tune contre l’autre.
- Le rabot représenté enL offre, de cette façon, la facilité de le démonter pour repasser les lames ou dents lorsqu’elles ne mordent plus.
- Le pont de la machine à percer a été remplacé, comme les dessins l’indiquent, par une platine munie d’un petit chemin de fer sur lequel glisse un chariot en forme de châssis qui porte la lime dans son milieu. La lime est solidement maintenue, à chaque extrémité, par un petit pont en acier évidé, pour loger les boulons du rabot.
- Le mouvement alternatif du chariot porte-lime est transmis par une bielle E, articulée au bout de l’arbre d’un tour au pied.
- Le rabot ne mord que dans le sens indiqué par la flèche, et il porte une lame de ressort r, fixée sur l’un des ponts en s et en t, dont la fonction est de faire sauter d’une dent la roue en chantier quand le chariot revient sur lui-même. A ce moment, le ressort r est dans sa position normale, et il présente son extrémité légèrement inclinée sur l’arrière de la dent qu’il va déplacer quand le chariot repartira dans le sens de la flèche. Le ressort r est très flexible ; c’est pourquoi, à son retour, il glisse contre la dent sans la déplacer.
- Sur le plateau P, en avant du rabot, se trouve une poupée G dont la broche g porte un petit ressort en lame qui peut s’allonger plus ou moins au moyen d’une vis de rappel. Ce ressort porte, à
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- Gr. VI. son extrémité, un petit rouleau, maintenu, par l’action meme dudit ressort, entre deux dents de la roue que Ton retouche et
- ci. 61. ... . . i „ , . 1
- qui tait sautoir pendant 1 operation.
- Le rabot fonctionne parfaitement bien, et il lime une dent à chaque course du chariot.
- Ces outils sont complètement inédits. Créés et exécutés par M. Pierret (le premier en i845, le second en 1861), ils n’étaient jusqu’à présent connus que de son successeur.
- Ils ont rendu de grands services à leur auteur sous tous les rapports, en permettant de faire de la bonne horlogerie et en réduisant la main-d’œuvre dans une notable proportion.
- A côté de la machine à arrondir, M. Pierret avait exposé une petite scie à placage, exécutée par lui, remarquable comme conception mécanique et comme travail.
- C’est un véritable objet d’art.
- Ce modèle a élé spécialement étudié en vue de découper le placage fin, en faisant le moins de déchet possible et en utilisant la portion saine des bois dont on ne pourrait tirer parti en les traitant par les machines ordinaires à placage, qui opèrent avec la scie ou qui enlèvent le placage comme un copeau, avec une lame, dans le sens de la longueur de l’arbre.
- Ici le placage est découpé circulairement sur la bille de bois, et la feuille semble se dérouler comme un long ruban qui se détacherait du tronc de l’arbre (sans solution de continuité, si le bois est sain), au fur et à mesure du travail de la scie, qui pénètre dans le bois suivant une longue volute, en se rapprochant de plus en plus de l’axe de la bille.
- Le châssis de la scie est fixe.
- Le bois est maintenu sur un chariot mobile, entre deux supports, animé d’un mouvement continu de rotation.
- Le chariot, ayant un mouvement de translation également continu dans le même sens, la bille de bois tourne donc sur son axe en même temps quelle se déplace horizontalement et qu’elle présente ainsi, à l’action de la scie, une épaisseur toujours égale à découper.
- Mais, comme le mouvement alternatif de la scie se produit tou-
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- jours avec une vitesse uniforme, il a fallu chercher un artifice qui Gr. VI. fasse tourner la bille avec une vitesse telle qu’à chaque descente la
- l 1 QJ
- scie pénètre toujours d’une même quantité.
- A cet effet, le bois tourne avec un mouvement uniformément accéléré depuis le commencement jusqu’à la fin de l’opération.
- Nous regrettons de ne pouvoir décrire le petit mécanisme qui permet de réaliser celte dernière condition d’une manière entièrement satisfaisante.
- Le petit modèle exposé fonctionne parfaitement; il découpait, sur une petite bille de buis, une feuille excessivement mince, et l’on pouvait suivre tous les effets des différents organes.
- Nous tenions à parler de ce modèle, qui a pu passer inaperçu à cause de ses dimensions exiguës (son volume est d’environ 1 décimètre cube), parce qu’il présente un grand intérêt au point de vue cinématique. Son exécution est admirable.
- Nous pensons, avec M. Pierret, que ce modèle, construit en grand, pourrait donner, dans son application, de beaux avantages.
- Limes pour l’horlogerie.
- Nous sommes amené à parler maintenant de l’intéressante exposition de M. Bourse, gendre et successeur de M. Raoul, le fabricant de limes dont la nxarque est si appréciée.
- La vitrine de M. Bourse renfermait des limes fines et outils pour horlogers, bijoutiers, armuriers, graveurs, dentistes, etc.
- En ce qui concerne les limes pour la petite et la grosse horlogerie, les limes plates dites carrelettes figuraient tout d’abord sous toutes les tailles, ainsi que les limes à êgalir, coutelles, fendantes , barrettes à arrondir à dos ronds et à côtes ; les limes de tous modèles pour pivots ordinaires et coniques; les brunissoirs plats, carrés, triangulaires, à rainures, à rabattre les portées; les limes à verges et à fendre les vis pour montres et pendules; les limes rondes et carrées pour aiguilles; les limes à rochets, à roues de rencontre, à yeux de ressorts et à efïïanquer; toutes ces limes fines et superfines, et aussi un assortiment complet d’équarrissoirs, de burins noirs, carrés et losanges pour horlogers mécaniciens.
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- Classe üi.
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- Gr. VI.
- Limes pour la bijouterie.
- Les limes journellement employées dans la bijouterie, l’orfèvrerie et la joaillerie sont plus nombreuses encore, car la bijouterie à elle seule comporte aujourd’hui celle en fin et en faux, se subdivisant en bijouterie en or et métaux précieux, et bijouterie en doublé d’or, en doré, en acier, en écaille et nacre, etc.; cette dernière rentre dans l’article de Paris.
- Les limes employées dans ces travaux si délicats sont généralement de toutes formes, pointues et très effilées; les plus usitées sont les limes triangulaires, rondes, carrées, d’entrées, plates, pointues, à piliers, demi-rondes et feuilles-de-sauge, ainsi que les limes à manches, les rifloirs et les brunissoirs de toutes formes.
- Les limes pour armes de luxe et de guerre sont également représentées par les types suivants :
- Limes plates à main, douces et très douces, limes à noix, à fendre, à pignons, aux ressorts, à coulisses, de toutes les épaisseurs, et une collection de limes demi-rondes à dos très plats.
- Cette exhibition se complète par quelques petites limes, quelques rifloirs, burins carrés et losanges droits et courbes, échoppes de toutes formes, pour graveur ; et aussi un assortiment suivi de limes pour l’art dentaire.
- M. Bourse a continué et a amélioré les moyens de fabrication de son prédécesseur, M. Raoul, dont il a gardé le nom comme marque de fabrique.
- L’excellence des limes Raoul, justifiée par leur trempe, la précision et la finesse de leur taille, a valu à M. Bourse les félicitations du jury, qui lui a décerné la plus haute récompense attribuée aux outils qui nous occupent.
- Outils de graveurs.
- M. Dumouchel, successeur de M. Renard, a exposé une belle collection de l’outillage qu’il fabrique, et qui ne comporte pas moins de i,5oo outils différents, s’employant pour l’horlogerie,
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- la bijouterie, l’orfèvrerie, la gravure artistique, la taille-douce, la Gr. VI lithographie, etc.
- Chaque genre de gravure a son outillage et sa trempe spéciale, en rapport avec le métal ou la matière sur laquelle on veut graver.
- L’outillage ordinaire a été bien perfectionné. Ainsi, pour la bijouterie fine, qui se fait très légère, on a substitué aux matoirs les échoppes rayées et les roulettes pour obtenir la gravure mate.
- On évite, avec ces outils, les inconvénients résultant de l’emploi des matoirs, que l’on frappait avec le marteau et qui détérioraient la pièce en l’enfonçant.
- En outre, l’avantage des échoppes rayées et des roulettes est de faire mieux, tout en permettant d’aller plus vite.
- Nous avons remarqué des roulettes et des berceaux d’un emploi très répandu, et dont les effets sont si variés que beaucoup d’artistes font leur gravure avec ces outils. Certaines roulettes sont employées dans la chromolithographie pour imiter le grain de la toile, d’autres servent pour les chairs, les terrains, etc.
- Pour la photographie, en se servant de ces mêmes outils, on parvient à imiter la gravure.
- M. Dumouchel vient de créer un nouvel outillage pour l’imitation de la gravure sur bois, dans l’illustration, et qui abrège considérablement le travail et diminue le prix de revient.
- Le jury a constaté la bonne et minutieuse fabrication de M. Dumouchel, et a examiné avec intérêt plusieurs échantillons des résultats obtenus avec son outillage. M. Dumouchel soutient la bonne renommée de la maison Renard.
- Nous citerons aussi l’exposition de M. Nicoud, dont la vitrine contenait plusieurs échantillons de sa fabrication : burins divers, outils pour sculpteurs, graveurs, guillocheurs, bijoutiers, dentistes, etc., qui se distinguent par une exécution soignée.
- Nous signalerons, d’une façon toute particulière, la bonne fabrication de l’outillage exposé par MM. Besançon et Bainier, pour les améliorations apportées dans leurs pinces, dites brucelles, pour horlogers, bijoutiers, chirurgiens, fleuristes, ainsi que leurs pinces pour cordes de piano, etc.
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- Gr. VI. M. Amstutz et M. Guental Schomm ont exposé un outillage soi-ci~i gné pour l’horlogerie et la bijouterie.
- Machines à guillocher.
- La Suisse est le seul pays qui, en 1867, eût exposé des outils à guillocher sortant de ses fabriques, mais dont l’origine est française.
- Nous devons une mention spéciale aux deux machines à guillocher de M™° veuve Duguet et fils.
- Nous avons remarqué surtout la machine dite ligne-droite, d’une grande simplicité relative. Dans cette machine, le constructeur a remplacé par un disque à mouvement rotatif, ascensionnel et des-censionnel, la grande règle en acier trempé, qui coûte îao francs et ne fournit que deux dessins pareils. Il faut un disque pour chaque dessin ; mais, comme le prix de chaque disque n’est que de 10 francs, on peut donc avoir douze dessins variés, contre un que donne la règle ordinaire. De plus, dans le système Duguet, le disque faisant plusieurs tours par ascension ou descension, s’use d’une façon très régulière.
- Le jury a pu apprécier le fonctionnement délicat et très intéressant de ces appareils, dont on s’est servi sous ses yeux. Les dessins reproduits sont d’une beauté et d’une délicatesse remarquables.
- Les deux machines à guillocher (un tour et une ligne-droite) sont d’un genre perfectionnée et peuvent recevoir chacun, un appareil à produire le guilloché, dit sauté-gravé, suivant le système de M. George, ingénieur à Paris. Cette application peut d’ailleurs se faire sur tous les tours existants, ainsi que sur les lignes-droites ordinaires, et procure une économie de 5o p. 0/0 au profit de l’acquéreur, soit 3,000 francs au lieu de 6,000 francs pour les tours.
- Outillage de précision.
- Les machines-outils de précision, consistant en tours à décolleter et divers, fraiseuses, etc., employées pour la télégraphie, la grosse horlogerie et, en général, pour tous les travaux de préci-
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- sion, étaient représentées dans les expositions de MM. Strube, Gr. VI. Courchaussé et Clément.
- M. Courchaussé a exposé une belle collection d’alésoirs et deux tours d’une exécution parfaite et bien raisonnée : un beau tour à décolleter à trois burins, pour toutes les formes, et un petit'tour à chariot.
- M. Courchaussé, qui construit des modèles de machines de démonstration et des instruments de précision, avait également exposé le modèle, au dixième, d’une locomotive grande vitesse du chemin de fer de la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée, et un dynamomètre indicateur, du général Morin.
- Bien que, par leur nature, ces objets ne se rattachent pas comme classement à la classe 61, nous les citerons cependant.
- La petite locomotive est une pièce magnifique comme travail accompli et fini, et comme exécution rigoureuse. Le dynamomètre est très soigné dans tous ses détails.
- En somme, cette petite exposition fait le plus grand honneur à son auteur, M. Courchaussé, et lui a valu les félicitations du jury.
- Nous signalerons la bonne disposition et la bonne exécution des diverses machines-outils exposées par M. Strube, ainsi que de la petite machine à raboter à main et de la machine à percer à pédales de M. Clément, dont nous avons eu déjà à citer le nom.
- MACHINES ET OUTILS À BOUCHER ET DEBOUCHER, CAPSULER, RINCER
- LES BOUTEILLES, FLACONS, ETC.; OUTILLAGE POUR MARQUER LES
- BOUCHONS, LES FUTS, ETC.
- Les machines à boucher se trouvaient en très grand nombre à l’Exposition universelle, et, comme on devait s’y attendre, la France, pays vinicole par excellence, était presque exclusivement représentée par divers auteurs de procédés delà Champagne, du Bordelais et de la Bourgogne.
- Nous examinerons d’abord les machines qui servent à introduire les bouchons de liège dans les bouteilles, puis les appareils à fixer le bouchon avec des agrafes spéciales ou d’autres attaches, et, enfin, les machines à déboucher et à rincer les bouteilles.
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- Gr. VI.
- Machines à boucher les bouteilles.
- Les machines à boucher peuvent être classées en deux catégories, suivant la nature du liquide contenu dans les bouteilles.
- i° Pour les vins de Bordeaux, de Bourgogne, etc., les eaux-de-vie et, en général, pour mettre en bouteilles un liquide quelconque non mousseux, toutes les machines à boucher peuvent servir.
- Pour les vins de Champagne, au contraire, le choix d’une machine ne saurait être indifférent. Les conditions d’établissement des machines à boucher pour vins mousseux sont complètement différentes de celles des autres machines et exigent des précautions toutes spéciales.
- Machines à boucher pour les vins ordinaires et les liquides non mousseux.
- Dans ces machines, il y a celles que j’appellerai les machines ménagères, par exemple, et les machines pour le commerce.
- Bouche-bouteille, système Port. — Parmi les premières, je citerai le bouche-bouteille de M. Port, qui est un perfectionnement des bouche-bouteille en bois bien connus et ayant, sur ces derniers, divers avantages ; et celui de M. Thémar.
- Le bouche-bouteille de M. Port est surtout destiné à remplacer les machines à boucher, d’un prix trop élevé pour les petits propriétaires.
- En principe, il est formé d’un tube conique, dans lequel on introduit le bouchon, que l’on chasse dans le goulot avec un re-fouloir, à coups de maillet.
- Le tuhe repose, par sa base évidée,sur le goulot de la bouteille, qui doit elle-même être placée sur une surface plane et solide. En raison de la conicité du tube, le bouchon pénètre dans la bouteille avec un diamètre inférieur à celui du goulot.
- On peut, d’après M. Port, avec l’addition d’une aiguille, dont l’efficacité est d’ailleurs discutée, boucher sans qu’il reste d’air entre le liquide et le bouchon.
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- M. Port a imaginé de former le tube en deux portions, dans le Gr. VI. sens longitudinal, réunies, en haut, par une sorte de charnière, en bas, par un anneau qui embrasse les deux parties mobiles. On règle facilement l’introduction du bouchon par l’interposition de rondelles sous la tête du refouloir et le dessus du tube.
- Pour dégager la partie du bouchon qui n’a pas pénétré dans la bouteille, on relève l’anneau qui maintient les deux fragments du tube à la base.
- Un bouche-bouteille de ce système, en zinc, ne pèse que 65o grammes et ne coûte que 3 francs. Son inventeur prétend, avec cet appareil, boucher jusqu’à 3oo bouteilles à l’heure.
- Machine à boucher, système Thémar. — Cette petite machine à boucher est également bon marché, simple et efficace.
- L’enfoncement du bouchon est plus rationnel que dans le cas précédent.
- L’appareil peut se fixer sur une table à l’aide d’une vis de serrage.
- Quand il est en place, pour s’en servir, on relève un levier qui actionne une broche, et l’on introduit le bouchon dans la partie conique d’un tube qui pénètre dans l’orifice de la bouteille. En rabattant le levier, le bouchon est fortement comprimé par le poinçon et il pénètre dans le col de la bouteille avec un diamètre réduit.
- On peut introduire les bouchons toujours à la même profondeur dans le goulot, grâce à un petit dispositif assez ingénieux.
- La machine de M. Thémar fonctionne convenablement et paraît bien conçue.
- Dans le même ordre d’idées, il convient de citer les expositions de M. Grellet et de M. Chalopin. Les appareils qu’ils construisent sont surtout remarquables par leur bon marché.
- Dans les autres machines exposées, on constate une tendance générale à substituer au tube conique d’une seule pièce des coins articulés et ajustés, formant tiroir, qui exercent une pression latérale sur le bouchon avant l’enfoncement, et constituent le tube.
- Plusieurs constructeurs, qui se prétendent imités, pour ne pas dire contrefaits par les autres, ont exposé des machines à boucher
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- dont l’agencement est basé sur le même système de compression latérale par un coin à tiroir.
- Nous ne décrirons pas les dispositions adoptées par chacun d’eux, celui-ci mettant un levier et une bielle où l’autre place un pignon et une crémaillère. Nous nous bornerons à dire quelques mots du fonctionnement de l’une d’elles, exposée par M. Gervais, de Bordeaux.
- Le bouchon, convenablement mouillé, est placé dans une boîte en bronze à base horizontale et reliée au bâti par l’une de ses faces.
- On commence par disposer la bouteille à fermer, complètement pleine, sur un tasseau, en engageant le goulot sous une partie évidée du fond de la boîte, qui est percée, en cet endroit, d’un trou cylindrique.
- Pendant la première partie de l’amplitude du levier de manœuvre, et sous l’action dudit levier, l’extrémité concave d’un coin à tiroir qui glisse dans la boîte vient embrasser le bouchon latéralement et le pousser vers le trou qui correspond au goulot.
- Le bouchon est ainsi comprimé progressivement et se trouve, à un moment donné, emprisonné dans un tube de diamètre moitié moindre que celui qu’il avait précédemment, et d’un tiers environ inférieur à celui du goulot.
- Le tube en question est formé par la partie arrondie de la boîte correspondant au trou qui livrera passage au bouchon et par l’extrémité concave du coin à tiroir.
- Pendant la deuxième partie de son amplitude, le levier de manœuvre commande un pignon qui engrène avec une crémaillère solidaire d’un coulisseau, guidé à l’intérieur du bâti et portant un bras terminé par le piston ou poinçon, qui doit enfoncer le bouchon. On limite la hauteur d’introduction du bouchon dans le goulot, au moyen d’une vis placée à la partie supérieure du bâti et contre laquelle vient buter le bras qui porte le poinçon.
- Quand l’opérateur a fait décrire au levier toute son amplitude, et qu’il le relève entièrement, le bouchon , qui n’est plus soumis ni à la poussée, ni à la pression latérale, remplit exactement l’orifice de la bouteille sur toute la hauteur dont il a pénétré, sans qu’il
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- existe d’espace vide entre le liquide et le bouchon. Il n’y a donc pas d’air emprisonné dans la bouteille.
- Nous citerons MM. Bignon, de Saumur, et Ducourneau, qui ont exposé des machines semblables à celle dont nous venons de
- La machine de M. Gervais est, comme toutes celles du même genre que nous avons eu à examiner, pourvue d’un dispositif spécial pour maintenir le tasseau sur lequel repose la bouteille, et qui permet de boucher également bien des bouteilles de différentes hauteurs.
- Celui qui est le plus commode et qui laisse le plus de liberté à l’ouvrier est encore le tasseau du système Grellet. Le tasseau, guidé dans le banc, est maintenu par un contrepoids fixé à l’extrémité d’un levier articulé muni d’un petit talon. L’ouvrier pose la bouteille sur le tasseau, qui cède sous une légère pression, pour remonter ensuite sous l’action du contrepoids. Le goulot de la bouteille s’appuie sous l’embase de la boîte qui contient le bouchon.
- Un coin relié au coulisseau qui porte le poinçon descend avant que celui-ci chasse le bouchon dans le col de la bouteille, de manière à caler le système qui porte le tasseau. Le coin reste dans cette position pendant le bouchage; il remonte ensuite en même temps que le poinçon. Lorsque le bouchage est terminé et que le tasseau n’est plus retenu, on retire la bouteille aussi facilement qu’on l’a posée. La hauteur du tasseau se règle une fois pour toutes pour un modèle donné de bouteilles.
- Dans d’autres machines, on a conservé les moyens incommodes de la pédale, des coins ou du tourniquet à main, pour maintenir la bouteille pendant l’introduction du bouchon. Ces dispositions ont, entre autres inconvénients, celui de laisser moins de liberté à l’ouvrier et de nécessiter plus de temps pour poser la bouteille.
- Machine à boucher dite universelle {système Gervais). — M. Gervais a aussi exposé un modèle, qu’il appelle machine universelle, par la raison qu’elle peut boucher aussi bien des bouteilles que des flacons ou de petits bocaux.
- L’arbre de commande des divers mouvements est manœuvré par
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- Gr. VI. un levier équilibré. Il porte des cames qui déterminent la com-Cl~~6l Press^on latérale du bouchon, puis son introduction dans la bouteille. Le mécanisme est renfermé dans une sorte de boîte munie d’un cliquet pour régler la course du poinçon, qui coulisse à l’extrémité de ladite boîte.
- Le bouchon, placé dans l’appareil, subit un premier serrage, qui l’aplatit; il est ensuite refoulé et comprimé au diamètre voulu. C’est alors que le poinçon le chasse dans le col de la bouteille. Tous ces effets sont produits pendant l’amplitude du levier moteur.
- Une combinaison de verrous et d’assemblages à queue d’aronde permet de changer rapidement le poinçon et les mordacbes qui servent à boucher des bouteilles, par exemple, en les remplaçant par d’autres pour le bouchage des bocaux, des pots, etc.
- Il y a des séries de mordacbes et de poinçons appropriés aux divers bouchages. Les changements de diamètres s’opèrent sans rien toucher au mécanisme renfermé dans la boîte.
- Le mécanisme est parfaitement à l’abri des acides et des sels employés dans l’industrie, à laquelle la machine est particulièrement destinée (pickles, fruits au vinaigre et à la saumure). De plus, toutes les pièces de cuivre sont platinées, et toutes celles en fonte, fer ou acier sont étamées à la pile.
- Je ferai cependant cette remarque que la machine, démontée devant le jury, a présenté certaines difficultés de démontage. Il est vrai que c’est la première de ce genre construite par M. Gervais. Néanmoins, elle nous a paru quelque peu compliquée, et son seul mérite réside dans son caractère multiple.
- Machine à bouclier, système Guichard. — Cette machine, exposée par M. Guichard, se distingue par le mode de serrage du bouchon et diffère, sur ce point, des autres systèmes dont nous venons de
- Le bouchon est placé à l’intérieur d’une sorte de ruban métallique, de même hauteur, formant boucle, et qui constitue, avec des galets latéraux, l’organe de compression du bouchon. Le ruban est formé de lames métalliques très flexibles; la lame intérieure est en platine, la lame extérieure est en maillechort.
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- A l’aicle d’un levier, on produit la compression du bouchon par Gr. VI la réduction du diamètre de la boucle. Cette réduction est ob-
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- tenue, d’un côté, par une traction sur les extrémités du ruban et, de l’autre, par le approchement des galets latéraux.
- Une crémaillère fait descendre le poinçon.
- Lorsque le premier levier est arrivé à bout de course, l’appui sur lequel le bouchon repose pendant sa compression recule pour dégager l’orifice d’introduction dans la bouteille.
- Le principal avantage de cette machine, bien étudiée d’ailleurs, réside dans la compression du bouchon, qui n’est jamais pincé, comme cela arrive quelquefois avec d’autres systèmes. De plus, elle fatigue peu le liège, à cause du parcours réduit du bouchon, qui ne peut descendre de travers.
- Suivant les modèles, on peut l’appliquer également bien au bouchage des champagnes, des boissons gazeuses, des vins précieux ou ordinaires.
- Machines à boucher pour boissons gazeuses.
- M. de Mestre et MM. Lemaire et G'e ont exposé des appareils plus spécialement destinés aux boissons mousseuses et aux vins de Champagne.
- Machines de M. de Mestre. — Les deux machines à bouclier de cet exposant sont d’un genre nouveau. L’une d’elles est destinée au bouchage des bières et des boissons qui n’exigent que des bouchons ordinaires, et l’autre au bouchage des liquides nécessitant de très forts bouchons, comme les vins de Champagne.
- Elles sont pourvues de tubes dont la partie inférieure s’ouvre automatiquement pour le dégagement de la tête du bouchon et se referme de même pour une opération nouvelle.
- Cette partie inférieure du tube, sous l’orifice duquel s’applique la bouteille, est conique, comme cela devrait toujours être, surtout quand il s’agit de liquides à ficeler, afin de ne comprimer très fortement que la portion du liège à introduire dans la bouteille.
- Dans la première machine, le tube articulé est vissé sur une
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- Gr. VI. douille également conique, clans laquelle on place le bouclion avant Cl 61 ff11^ so^ P0USS(^ c^ans partie ouvrante du tube et dans la bou-
- teille.
- Dans la seconde, la partie fixe du tube conique inférieur est venue de fonte avec la table ou plaque de fondation sur laquelle fonctionnent les pièces dites à tiroir, qui constituent le tube, à l’instar des machines champenoises. Ce tube ainsi formé rTest destiné qu’à centrer le bouchon dans l’axe du tube conique inférieur, en lui donnant, par une compression suffisante, la dureté nécessaire pour l’empêcher d’être froissé par la broche qui le pousse dans la bouteille à travers le tube conique.
- M. de Mestre a appelé tout particulièrement l’attention du jury sur cette petite machine à boucher les vins mousseux, qui, munie en même temps des pièces à tiroir et du tube inférieur conique articulé, fonctionne par un seul mouvement, comme les machines n’ayant qu’un seul tube cylindrique sur toute sa hauteur.
- Ces machines à tube cylindrique avaient d’abord été délaissées. On semble vouloir les rééditer, depuis quelque temps, pour l’usage qui nous occupe. On leur reproche généralement de fatiguer le bouchon sur toute sa longueur. Si le liège n’est pas d’une grande souplesse, le bouchon reste trop amoindri de diamètre et peut, sous la pression d’un ficelage quelconque, être enfoncé plus profondément qu’il ne convient dans la bouteille. Il en résulte un certain nombre de bouteilles recouleuses.
- En soumettant à l’appréciation du jury cette machine, qui n’est qu’une ébauche exécutée au dernier moment, l’exposant s’est surtout appliqué à démontrer, par plusieurs expériences répétées, que la simplicité du mécanisme n’excluait aucune des conditions d’un bouchage raisonné et irréprochable.
- Machines de MM. Lemaire et Cie. — La machine perfectionnée, destinée spécialement à boucher le champagne, est d’une bonne exécution et supprime l’enfoncement au maillet ou au mouton encore en usage dans quelques caves. Nous ne parlons que pour mémoire de ces deux derniers systèmes, dont l’exposition de MM. Lemaire et O' offre cependant des spécimens. Us sont, comme on
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- se l’imagine, incommodes et fatigants, et l’on a dû chercher à Gr. VI. appliquer le levier aux machines champenoises.
- Ainsi que nous l’avons dit en commençant, les conditions d’établissement des machines à boucher le champagne présentent certaines difficultés. Il faut que les bouchons soient beaucoup plus gros, pour emprisonner le gaz comprimé (trois fois au moins le goulot en surface), et ces énormes bouchons nécessitent des moyens très énergiques de compression; aussi risque-t-on beaucoup plus de les pincer. Or, voici un fait d’expérience constant : quand un bouchon a été pincé, si faiblement que ce soit, entre les pièces qui composent le tube, l’effet n’est pas visible immédiatement, mais, au bout de quelque temps, il s’y déclare une fuite; le liquide s’écoule par la veine qui a été pincée, et la bouteille, dite recou-Icuse, est à peu près perdue.
- Ce qui caractérise les machines champenoises, c’est la précision dans l’ajustage des pièces qui constituent le tube, c’est-à-dire la partie qui reçoit et comprime le bouchon, quel qu’en soit d’ailleurs le système.
- Dans le système Lemaire, le tube se compose de quatre pièces à tiroir, dont une est fixe. Il est cylindrique sur la plus grande partie de sa longueur, et il est rétréci vers le bas, ce qui est rationnel. Un bouchon introduit dans le tube sera réduit au même diamètre après le rapprochement des éléments qui constituent ce tube. On place la bouteille sous le tube, orifice contre orifice, et l’on chasse le bouchon à l’aide d’une broche.
- Les organes pour la compression du bouchon et ceux pour l’enfoncement sont manœuvrés par un levier distinct.
- La broche a une course aussi réduite que possible, grâce à une combinaison qui permet de démasquer l’entrée du tube en inclinant seulement la broche articulée à l’extrémité de la crémaillère; celle-ci est actionnée par le levier qui produit la descente du bouchon.
- Machines à agrafer les bouchons et systèmes d’agrafes.
- L’opération du bouchage des vins de Champagne et des liquides mousseux en général se complète en fixant le bouchon, posé avec
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- la machine à boucher, au moyen d’agrafes ou de ficelages, métalliques ou non.
- Nous allons passer en revue les divers systèmes représentés dans la classe 61, ainsi que les machines à les poser.
- Machine de MM. Lemaire et Clc. — Cette machine sert à exécuter l’agrafage simple usité aux tirages.
- Elle est munie de deux leviers, dont le premier produit l’écrasement du bouchon, tandis que le second provoque la mise en place automatique de l’agrafe. Ordinairement on charge le dernier levier d’un contrepoids, qui évite de le manœuvrer, en accélérant l’agrafage. La machine fonctionne alors à l’aide d’un seul mouvement de la main. Elle est commode, et l’on est bien bien vite au courant de son fonctionnement. De plus, la grande facilité que l’on a d’agrafer des bouteilles de diverses capacités la rend précieuse pour l’exécution de ce genre de travail. Sa marche donne de bons résultats.
- Nous signalerons la bonne disposition des détails, qui sont bien étudiés.
- La maison Lemaire et C'e livre au commerce d’importantes quantités d’agrafes. La Champagne est son principal débouché. Elle expédie une certaine quantité d’agrafes et de machines dans le Jura, l’Ardèche, aux bords du Rhin, en Suisse, en Italie et en Espagne , de même qu’aux Etats-Unis d’Amérique.
- Ficelage métallique système de Mestre et outillage pour le poser. —-M. de Mestre a aussi exposé un système de bouchage de garantie au moyen d’un ficelage métallique avec plomb de scellement.
- Ce ficelage se compose d’une variété de réseaux ou brides métalliques formés, du plus simple au plus façonné, d’un seul morceau de fil de fer, dont les deux bouts entourant le goulot de la bouteille, sous la bague, et coupés à la longueur voulue, sont scellés dans une petite pastille en plomb. La pastille porte la marque de l’expéditeur, et sert d’instrument de débouchage pur un simple mouvement de droite à gauche répété trois ou quatre fois.
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- Les divers genres de réseaux ou brides sont les suivants : Gr. VI
- i° Le capuchon ou réseau à six ou à quatre torsades au som- Clt 61 met, avec maillage destiné à bien répartir la tension du réseau sur le lien, à des points également distants;
- 2° La bride double ou à quatre torsades, allant directement du sommet jusque sous la bague, sans maillage;
- 3° La bride simple ou torsade unique prenant le bouchon diamétralement.
- Le système se complète par une petite plaquette en plomb étamé qui se place sous le réseau ou la bride double et le bouchon, pour conserver à ce dernier la forme arrondie qui lui est donnée par la machine à encapuchonner les bouteilles, et pour éviter les déchirures du liège.
- Ce ficelage a l’avantage de conserver à la bouteille son aspect champenois, en régularisant la forme consacrée du champignon.
- L’outillage pour l’application du système comprend :
- i° Une machine à encapuchonner ou ficeler les vins mousseux et les liquides gazeux exigeant l’emploi de forts bouchons devant être comprimés, pour former champignon avec bourrelet au-dessus du goulot (cette machine est pourvue d’une pédale brevetée a double levier d’une grande puissance );
- 2° Une autre machine avec pédale ordinaire, pour le ficelage des bières, eaux minérales, etc.;
- 3° Une cisaille mécanique, brevetée, de création nouvelle, pour accélérer la coupure de l’excédent du fil de fer après la ligature (cet instrument peut s’adapter à l’une ou à l’autre des machines précédentes) ;
- 4° Deux presses à timbrer les pastilles en plomb, d’une disposition spéciale pour s’adapter aux machines à appliquer les bouchons et les brides;
- 5° Une série d’outils dits applique-brides, simples ou doubles, applique-réseaux sans capsules ;
- 6° Enfin un petit outil appelé doigtier-pince, imaginé pour faciliter la ligature.
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- Gr. VI. Ce dernier outil ressemble assez à des ciseaux dont on aurait supprimé les lames; au-dessus de l’œil, les branches forment mâchoires et sont garnies chacune d’une plaque d’acier strié.
- L’opérateur, pendant la durée du travail, garde un doigtier-pince à chaque main, ayant Yindex et le médius passés dans les anneaux comme dans de fortes bagues. Le moindre écartement des doigts est suffisant pour saisir le fd de fer entre les mâchoires de l’outil. On obtient, en procédant ainsi, un serrage plus énergique du fil métallique sur le goulot de la bouteille et, par suite, une ligature plus solide.
- M. de Mestre a aussi créé tout un outillage pour la fabrication mécanique et rapide de ses divers réseaux. Il est regrettable que le défaut d’emplacement ne lui ait pas permis de l’exposer. Mais les objets soumis par lui à l’appréciation du jury méritent une mention spéciale.
- Capsule-agrafe système Salomon et Touchais. — Cette capsule-agrafe est en fer-blanc, emboutie dans cinq matrices. Elle est d’un seul morceau. De la partie supérieure, qui forme calotte ou capsule, partent deux bras, en forme de T renversé, dont les branches viennent se rejoindre sous la bague de la bouteille. Les extrémités de ces branches s’enlacent l’une dans l’autre; il n’y a qu’à rabattre une petite languette de chaque côté pour assujettir la capsule.
- On applique ce système avec une machine qui écrase d’abord le bouchon coiffé de la capsule-agrafe, suivant la forme consacrée, sur le goulot de la bouteille. Celle-ci est posée, préalablement bouchée, sur un tasseau qui s’emboîte dans le fond. On place la capsule sous un capuchon qui termine une crémaillère commandée par un levier. Dans la descente de la crémaillère, le capuchon presse un ressort qui fait mouvoir deux galets qui enveloppent le goulot. On fait ensuite tourner le tasseau et, par conséquent, la bouteille; les galets rabattent les languettes, qui embrassent le goulot sous la bague.
- Le débouchage s’opère en cassant les languettes dont nous venons de parler.
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- Le prix d’une machine à capsuler est de 200 francs, et les cap- Gr. VI
- suies-agrafes étamées coûtent 3o francs le mille.
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- Agrafe système Fisse-Thirion et C'e. — L’agrafe Fisse-Thirion est un procède mixte, d’autant plus ellicace que la pression intérieure est plus considérable ; elle constitue une sorte de fermeture autoclave.
- L’agrafe est à trois branches en fil de fer, articulées au sommet et dont les extrémités recourbées viennent s’accrocher sous la bague de la bouteille. Les trois branches de l’agrafe sont passées dans les ouvertures d’une petite calotte en fer-blanc, qui coiffe le bouchon et prévient la pénétration des branches dans le liège.
- On pose l’agrafe à l’aide d’une machine qui refoule suffisamment la tête du bouchon pour permettre aux pattes de saisir, par dessus, la bague de la bouteille.
- Le débouchage s’obtient en tirant sur un petit fil métallique [tassé dans l’œillet que forme une des branches. On provoque l’échappement de cette branche; la force expansive du gaz fait le reste.
- Système américain (de M. Ihcks^j pour le bouchage des eaux minérales. — Pour en finir avec cette question, signalons the Hicks improved bottle stopper ou système de fermeture des bouteilles, de AI. Hicks, spécialement appliqué au bouchage des bouteilles d’eaux minérales (soda water), dont on fait une si grande consommation aux Etats-Unis.
- La pièce principale, ou bouchon proprement dit, est un bouton métallique, semblable à un chapeau renversé, recouvert, sur sa partie conique, d’un capuchon en caoutchouc dont le bord, en forme de boudin, fournit un joint étanche par son interposition entre le dessus du goulot de la bouteille et l’embase dont est muni le bouton métallique.
- Ce bouchon est maintenu en place par une agrafe à demeure sur le col de la bouteille, et articulée à deux oreilles diamétralement opposées sur le bouton métallique. L’agrafe est reliée, par un petit loquet mobile, à un petit collier qui embrasse le col de la bouteille Classe 61.
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- sous la bague. On débouche en relevant simplement le loquet, qui est rabattu sur le col.
- L’agrafe, le loquet et le collier sont en fil métallique et nickelés. Le bouton est également nickelé. Le tout constitue un ensemble propre, élégant même, et surtout commode.
- On peut, avec ce système permanent de bouchage, remplir les bouteilles fermées, avec un liquide gazeux, à l’aide d’un mécanisme convenable.
- Dans ce cas, le chapeau ou bouton métallique est percé cl’un orifice qui correspond à une fente faite avec une lame dans la partie en pointe du capuchon en caoutchouc. Cette fente détermine deux lèvres élastiques qui permettent l’introduction d’un tube qui amène le liquide et le gaz sous pression dans la bouteille.
- Dès qu’on retire le tube, les lèvres se referment d’autant plus énergiquement que la pression intérieure est plus considérable.
- Machines à capsuler les bouteilles.
- Machines de MM. Sainte-Marie-Dupré frères. — Les capsules complétant le bouchage ou le ficelage des bouteilles, ainsi que les machines servant à les fabriquer, ont été inventées dès 183*2, par l’aïeul des exposants. Elles sont faites avec un alliage de plomb et d’étain; leur forme, avant la pose, est celle d’un gobelet tron-coniqueplus ou moins haut. Leur surface extérieure est généralement peinte et porte, soit imprimée, soit en relief, la marque des industriels qui les emploient pour le bouchage de leurs produits.
- L’exposition de MM. Sainte-Marie-Dupré frères se composait de machines à fixer les capsules de différents modèles, et le jury a pu se rendre compte des perfectionnements successifs apportés à ce genre d’appareils par les exposants. C’était une sorte d’exhibition de l’historique de l’invention. Nous allons seulement parler du dernier type perfectionné.
- Suivant son application, les dimensions et les formes du cap-sulateur sont en rapport avec les dimensions et les formes des objets à capsuler (bouteilles, flacons, bocaux, etc.); mais le principe du mécanisme est toujours le même.
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- Les organes essentiels sont des mordaches en caoutchouc mou montées sur des coulisseaux, et qu’on peut rapprocher ou éloigner à volonté, en les manœuvrant avec un levier.
- Si on place le goulot d’une bouteille bouchée et coiffée de la capsule en étain entre les mordaches de l’appareil, et qu’on les rapproche, le caoutchouc dont elles sont formées va presser la capsule de telle façon que celle-ci s’applique parfaitement sur le col de la bouteille pour en épouser les formes, et cela à cause delà malléabilité du métal, et en raison de l’élasticité des mordaches, qui forment une façon de moule contractile.
- Le serrage fait à bloc laisse, sur la capsule, trois ou quatre plis réguliers (suivant qu’il y a trois ou quatre mordaches), dus à l’excès de matière enveloppante.
- On desserre légèrement les mordaches pour faire tourner la bouteille sur elle-même d’une petite quantité, ensuite on serre de nouveau pour rabattre les plis.
- Il y a au centre des mordaches, sur le plateau qui porte le mécanisme, un buttoir pour le bouchon de la bouteille, laquelle repose pendant l’opération sur un support horizontal.
- Le résultat obtenu est entièrement satisfaisant. Plusieurs expériences ont été faites sous les yeux du jury avec des capsules de hauteurs différentes. La peinture ou les marques imprimées étaient intactes, et la capsule était bi<?h adhérente au col.
- Il y a des modèles appropriés pour les petits flacons, les bocaux, etc. Le capsulage des bouteilles de champagne agrafées ou ficelées se fait avec des capsules allongées sur des appareils munis de mordaches de longueur suffisante, qui donnent les meilleurs résultats. Ces capsulateurs ont beaucoup répandu, en Champagne, l’usage des grandes capsules, qui, jusque-là, étaient peu employées, à cause de la difficulté de les fixer sur les bouteilles.
- Les capsules pour champagnes sont fabriquées par un procédé spécial d’étirage au laminoir qui permet de les obtenir très minces et suffisamment longues. Elles se vendent très bon marché.
- L’appareil est très simple comme mécanisme; on peut le fixer facilement au bord d’une table, ou sur un banc, à l’aide d’une vis de serrage.
- Gr. VI Cl. 61
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Le prix d’un capsulateur pour bouteilles ordinaires est de 70 francs.
- La maison Sainte-Marie-Dupré frères n’emploie pas moins de 100 à 110 personnes, tant pour la fabrication des capsules que pour celle des capsulatcurs.
- Capsulateur système Bignon. — La machine de M. Bignon rappelle tout à fait celle de MM. Sainte-Marie-Dupré frères. La seule différence consiste dans le moyen mécanique employé par M. Bignon pour transmettre l’action du levier moteur aux mordaches en caoutchouc qui embrassent la capsule. J’ajouterai aussi que les-dites mordaches sont partie en caoutchouc durci et partie en caoutchouc mou.
- Le capsulage avec cet appareil est aussi bon que celui obtenu par les machines Sainte-Marie-Dupré frères.
- Machines à déboucher, tire-bouchon.
- Comme complément des appareils que nous venons d’examiner, nous devons signaler :
- Le tire-bouchon mécanique de M. Bouché, très employé en Champagne pour le dêgorgeage des vins en bouteilles ou la remise en pièces;
- Et les élégants petits tire-bouchon de M. Pérille, qui, sous un petit volume, réunissent les avantages de la commodité, de la simplicité et du bon marché.
- Machines à rincer les bouteilles.
- Deux de ces machines figuraient dans la classe 61. Elles sont destinées à opérer mécaniquement le nettoyage et le rinçage intérieur des bouteilles.
- Système Neveu. — Le rince-bouteille Neveu ne peut nettoyer qu’une bouteille à la fois. Il nous a paru plutôt un essai qu’un appareil pratique, tant à cause de son volume que de la fatigue qu’il occasionne.
- Système Sénéchal aîné. — La machine de M. Sénéchal aîné est
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- destinée à rincer des bouteilles de différents calibres. Le modèle Gr. vi. exposé est installé pour nettoyer huit bouteilles à la fois.
- 1 ... 1 " Q
- La disposition adoptée est ingénieuse. Elle semble devoir donner d’excellents résultats comme nombre de bouteilles lavées et comme facilité et bonne exécution du travail.
- Les bouteilles, contenant une certaine quantité d’eau, des bouts de chaînette ou des grenailles métalliques, sont placées dans des cadres mobiles qui les maintiennent bouchées pendant l’opération.
- Ces cadres sont disposés dans le même plan, sur une chape horizontale qu’on peut faire osciller avec une manivelle, tandis qu’avec une seconde manivelle, à l’aide d’une chaîne Galle et de galets dentés, on leur imprime un mouvement de rotation rapide en divers sens.
- L’opérateur tient une manivelle de chaque main. Pendant qu’il produit la rotation des cadres et par suite des bouteilles, il a soin de donner à la chape toutes les combinaisons qu’il juge convenables pour mener son travail à bonne fin.
- Grâce à cette combinaison ingénieuse de mouvements rapides et divers, les grenailles ou maillons de chaînette sont projetés violemment contre les parois intérieures des bouteilles; iis en détachent toutes les impuretés et fournissent un nettoyage parfait en très peu de temps.
- Le prix de l’appareil exposé est de 125 francs. Naturellement, les prix varient suivant le nombre des bouteilles qu’on peut nettoyer en même temps.
- Ce rince-bouteille, d’invention récente, fonctionne déjà dans plusieurs maisons importantes, notamment à Reims. On en est, paraît-il, très satisfait.
- Machines à marquer les bouchons.
- L’usage de marquer les bouchons au nom du négociant est presque général pour tous les vins de Champagne, les grands crus de Bourgogne, de Bordeaux, les cognacs, les eaux minérales, etc.
- Jusqu’à présent on a employé presque exclusivement la marque à feu, qui ne donne pas toujours des résultats satisfaisants.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. vi. MM. Maillet-Valser et Amsler-Jundt ont imaginé des machines qui ne présentent pas les inconvénients de la marque à feu et qui sont de véritables petites machines à imprimer.
- Deux modèles étaient exposés.
- Le premier modèle, destiné à marquer les bouchons sur une des faces planes, n’est autre chose cpie la petite machine de M. Le-coq pour l’impression des cartes à la minute, transformée en machine à imprimer les bouchons automatiquement. Le composteur des machines Lecoq a été remplacé par un timbre gravé portant la marque de la maison qui emploie la machine. Le mode d’encrage automatique des machines Lecoq n’a pas été modifié.
- On a adapté à la machine un amenage des bouchons et une disposition mécanique qui oblige chacun d’eux à venir se présenter bien dans l’axe du timbre imprimant, pour que l’impression soit concentrique au bouchon.
- Le centrage est produit par quatre petits galets cylindriques montés sur pointes, deux à deux, sur des poupées faisant corps avec des tiges maintenues par deux ressorts à boudin. Ces quatre galets sont disposés sur le timbre à l’extrémité d’une sorte de canal partant de la trémie qui renferme les bouchons.
- Sous l’action des organes qui constituent l’amenage, le premier bouchon, à l’extrémité du canal, est poussé entre les galets, qui s’écartent, pour revenir ensuite, grâce aux ressorts à boudin, contre le bouchon, qui se trouve ainsi tout centré, par son contact avec les galets, et prêt à recevoir l’empreinte.
- Le bouchon suivant écarte les galets à son tour. Il oblige celui qui vient d’être imprimé à sortir de l’appareil, et il prend sa place.
- La seconde machine exposée est destinée à imprimer des bouchons sur la paroi cylindrique. L’impression est obtenue à l’aide d’une molette gravée, contre laquelle le bouchon est appuyé par deux rouleaux montés sur pointes, sur un chariot guidé, maintenu par un ressort qui tend toujours à le faire remonter.
- La mobilité du chariot permet d’obtenir une impression nette, à cause de la flexibilité du ressort, qui le soutient et le force à se prêter à toutes les irrégularités qui se présentent sqr les bouchons,
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- Nous signalerons la bonne disposition de l’amenage, qui nous a Gr. VI. paru bien compris.
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- Le bouchon voisin de la molette pousse chaque fois celui qui vient d’être imprimé, et le remplace sur les rouleaux pour subir la même opération.
- L’encrage de la molette est obtenu par deux petits cylindres caoutchoutés, en contact avec un rouleau preneur qui baigne dans un petit bassin contenant l’encre d’imprimerie, spécialement préparée.
- La molette imprimante peut être facilement remplacée; elle se compose d’une douille qui s’emmanche sur l’arhre principal de la machine.
- Les deux machines de MM. Maillet-Valser et Amsler-Jundt, bien que toutes nouvelles, sont parfaitement conçues. Le jury a attribué une médaille de bronze à leurs inventeurs.
- Marques à feu.
- L’exposition de MM. Larue frères, de Bordeaux, avait pour but de faire connaître les progrès réalisés dans la fabrication et l’application des marques à feu, employées principalement pour les expéditions de vins, spiritueux, huiles et produits liquides de toutes sortes.
- La maison Larue frères a apporté plusieurs perfectionnements à la gravure des marques de commerce pour l’estampage à feu.
- Avec leur procédé, ils obtiennent des marques d’une grande pureté et peuvent reproduire les dessins les plus compliqués. Nous avons été frappé surtout de la grande surface qu’on peut donner à la marque dans les divers spécimens soumis au jury.
- Les clichés, gravés très profondément, reçoivent la chaleur par une plaque disposée sur un four spécial. Ils n’ont aucun contact direct avec le feu. La marque est obtenue par l’action delà chaleur combinée avec celle d’une presse ad hoc.
- MM. Larue frères ont exposé aussi un appareil numéroteur, toujours pour la marque à chaud, disposé sur le four ordinaire destiné à chauffer les clichés en bronze, Ce numéroteur est formé
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- Gr. VI. de quatre cylindres ou anneaux portant chacun dix chiffres gravés en relief et entourant un axe creux chauffé intérieurement au gaz. On compose les nombres voulus, en faisant tourner convenablement les anneaux à caractères.
- Machines et appareils pour la manutention des vins de Champagne.
- Les machines et appareils construits et exposés par M. A. Tri-cout constituent dans leur ensemble un système perfectionné, qui, datant à peine de cinq à six ans, est déjà adopté par les principales maisons qui exploitent le commerce des vins de Champagne.
- Nous signalerons d’abord la machine à tirer, dont l’application peut être faite à la mise en bouteilles d’autres liquides que les vins mousseux.
- Cet appareil est très simple et ingénieusement agencé. Son emploi facilite la mise en bouteilles, et un homme peut, d’après M. Tricout, tirer 6,000 bouteilles dans une journée. Il n’a qu’à les disposer sur la tablette de l’appareil, au fur et à mesure du remplissage, qui se fait automatiquement.
- Les autres appareils de M. Tricout : machine à transvaser, à remplir, à mélanger, à faire le trop de vin, à doser et remplir, sont tous de la même famille.
- Leur agencement a été spécialement étudié pour opérer sur les vins arrivés à l’état où ils dégagent l’acide carbonique au contact de Tair, c’est-à-dire au moment où ils doivent être mis en bouteilles soigneusement fermées. Ils ont pour organe principal un robinet distributeur d’un genre spécial imaginé par l’exposant. r|j|Afin d’éviter le graissage, qui donne un mauvais goût aux produits, l’inventeur fait entrer dans la construction de ses robinets deux corps, l’argent et le cristal, qui se meuvent facilement l’un sur l’autre sans être graissés.
- En principe, le robinet A. Tricout est composé de deux disques de peu d’épaisseur glissant l’un sur l’autre. Il est disposé de telle sorte que la force d’expansion des gaz ou des liquides qu’il est destiné à contenir ne fait qu’augmenter l’étanchéité de la fermeture, sans nuire au jeu des plaques. Divers conduits sont ménagés
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- à l’intérieur et sont combinés de manière à répondre aux desti- Gr. VI. nations de cet organe, en imprimant aux plaques les mouvements ~ convenables de rotation, à l’aide de clefs ou de manettes.
- Machine à doser. — Ce qui complète la qualité des vins mousseux de Champagne, c’est l’introduction dans les bouteilles d’une certaine quantité de sirop (fine champagne et sucre candi),nommé dose. Une dose faible fournit un champagne sec; une close plus élevée donne un champagne doux.
- Or, l’introduction de cette dose dans la bouteille de vin déjà prête pour l’expédition détermine un dégagement plus ou moins violent de gaz acide carbonique.
- Dans les machines primitives, ainsi que dans le dosage à la main, le gaz ainsi mis en liberté se perdait en grande partie dans l’atmosphère.
- Dans les machines A. Tricout, au contraire, le gaz qui se dégage au moment du mélange avec la liqueur retourne dans le réservoir de cette liqueur, où il est dissous en partie. L’excédent du gaz reste contenu dans les conduits de l’appareil et dans une cloche fermée en verre où se mesure le sirop, en conservant une pression de plusieurs atmosphères, qui s’équilibre dans toutes les cavités ou chambres de la machine. 11 arrive que, sous cette pression uniforme, le travail s’accomplit aussi facilement qu’à l’air libre; de plus, cette même pression, s’exerçant à la surface du vin, empêche, après quelques instants de travail, tout dégagement appréciable de gaz.
- En opérant à l’aide d’un appareil hermétiquement clos, on supprime l’introduction de la poussière ou des insectes; on conserve le gaz, qui est utilisé par suite d’une disposition apportée dans le robinet; on empêche le développement de la mousse.
- Les avantages de ce système sur ceux ordinairement employés peuvent se résumer ainsi :
- Suppression du mauvais goût communiqué par le graissage des robinets au moyen du suif;
- Suppression du contact de l’air, qui erdève une partie du bouquet ;
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- Suppression des pertes de gaz et, comme conséquence forcée, celle des pertes de liquide;
- Enfin une grande propreté.
- En dehors du dosage, il faut encore exécuter le remplissage, dont la nécessité est facile à comprendre.
- On sait, en effet, que, pour obtenir la place pour l’introduction de la dose, la bouteille de vin est dégorgée, c’est-à-dire qu’on commence par retirer une petite quantité du liquide. Le volume libre ainsi obtenu ne peut être mesuré exactement; aussi le fait-on assez grand, et, la dose étant introduite, on ajoute du vin jusqu’au moment où la bouteille est suffisamment pleine pour être bouchée.
- Cotte dernière opération se fait exactement comme le dosage, sur la même machine et sans changer de place la bouteille opérée.
- Une amélioration à noter est l’addition d’une bouteille vide où se rend l’excédent de mousse qui se forme, ce qui permet d’accélérer le travail. La mousse s’éteint doucement; lorsque cette bouteille est suffisamment pleine, on la dose comme les autres.
- La machine à doser est mise en communication :
- 1" Avec le réservoir à liqueur;
- 2° Avec la bouteille de vin destinée au remplissage;
- 3° Avec une bouteille vide pour recevoir l’excès de mousse ;
- h° Enfin avec la bouteille disposée pour recevoir la dose.
- Chaque bouteille s’adapte à l’appareil sur un bec conique recouvert de caoutchouc rose, sans odeur, qui fournit un joint instantané et parfait. Elle y est maintenue par un ressort qui s’appuie sur le fond.
- Le fonctionnement de l’appareil à doser n’est assuré qu’autant qu’il ne se produit aucune fuite de gaz ou de liquide.
- M. A. Tricout a choisi comme métal l’argent pour confectionner les conduits et récipients de liquide dans ses appareils. Ce métal n’est attaqué ni par le vin, ni par la liqueur (dose). Aussi l’intérieur des tubes reste toujours uni et ne retient aucun corps étranger; les dépôts putrescibles ne sont donc pas à craindre, et le vin est dès lors exempt de mauvais goût. D’ailleurs, la simplicité du système en question permet l’emploi de l’argent, sans que, pour cela, le prix de la machine cesse de rester abordable.
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- D’après l’exposant, toutes ses machines produisent une écono- G-r, vi. mie notable, qui en amortit l’achat (800 francs, en moyenne) en moins de six mois de travail. L’usure est à peu près nulle.
- Comme appareils accessoires à ceux dont nous venons de parler, nous citerons les tourniquets porte-bouteilles, évitant l’emploi des bouchons de service, tout en présentant une garantie de propreté.
- Pin résumé, les appareils A. Tricout se distinguent par la légèreté de leur construction, qui ne nuit en rien à leur solidité, et par des dispositions bien comprises, qui paraissent devoir donner de bons résultats.
- MACHINES SERVANT À LA FABRICATION DES CRAYONS.
- L’outillage de la fabrication mécanique du crayon n’était représenté que par des filières pour le laminage de la pâte préparée avec le graphite. C’est M. Walter qui était l’auteur de cette petite exposition.
- MM. Audineau et C'e ont fabriqué, pendant la durée de l’Exposition, des porte-mines dans lesquels ils remplacent la pâte de graphite par une pâte à base d’aniline.
- Ce genre de crayon fournit une écriture qui peut être reproduite par les moyens ordinaires du copie-de-lettre et de la presse à copier.
- MEULES À AIGUISER; PIERRES À BRUNIR.
- M. Gauthier a exposé plusieurs meules à aiguiser et à affûter qui se recommandent par une disposition commode des auges, des supports et des moyens de transmission.
- Nous citerons particulièrement ses meules montées pour l’affûtage des lames de faucheuses mécaniques.
- La matière première, qui est le grès, est tirée des carrières de la Haute-Saône et de la Haute-Marne, des Vosges et de l’Alsace-Lorraine.
- M. Gauthier emploie annuellement 500,000 kilogrammes de
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- Gr. VI. grès provenant des carrières de France et 300,000 kilogrammes
- provenant d’Alsace-Lorraine.
- Cl 61 ^
- Les meules sont dressées sur des tours, et M. Gauthier a installé des ventilateurs aspirants pour attirer les poussières dans une chambre construite à cet effet, sous les tours, de manière qu’elles ne soient pas absorbées par les ouvriers, pendant le travail.
- Nous signalerons la collection des pierres à brunir exposées par M. Edeline et employées dans la dorure sur bois pour le lissage du papier, des cartes à jouer, etc.
- Ces pierres sont des silex noirs venant de France et des hématites d’Espagne et d’Angleterre, etc.
- DIVERS.
- Tours et outils à débiter et à arrondir les billes de billard.
- M. Noël a exposé des machines-outils et outils à ébaucher et à arrondir mécaniquement les billes de billard.
- Une de ces machines, inventée dès 1837 par M. Noël, est encore généralement employée. Une autre, d’invention plus récente, permet d’opérer avec la plus grande facilité, surtout à l’aide de traçoirs Noël, qui simplifient et diminuent les difficultés de leur mise en pratique. Ces traçoirs peuvent fonctionner dans toutes les directions. Il y en a qui détachent circulairement les billes du bloc destiné à les produire, et d’autres droits, qui détachent les encoignures du bloc, soit par un, soit par deux coups qui se rejoignent.
- Les billes de billard sont fabriquées avec les parties pleines des défenses d’éléphant, appelées pointes, qui viennent principalement des Indes. Les parties creuses sont employées pour fabriquer divers articles, notamment les touches de piano.
- Tout l’ivoire provenant d’Asie et d’Afrique est dirigé, en grande partie, sur l’Angleterre, où se réunissent les acheteurs de tous les pays aux ventes trimestrielles.
- La France en emploie environ i5o,ooo kilogrammes pour sa consommation, et environ i3,ooo kilogrammes sont destinés à l’exportation. Le prix est de 10 à ko francs le kilogramme.
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- De nombreux essais ont été tentés pour remplacer l’ivoire par une autre matière pour fabriquer les billes de billard; mais rien, jusqu’à ce jour, n’a complètement réussi, en raison des diverses conditions auxquelles satisfait l’ivoire: poids spécifique, élasticité, couleur, son, résistance au choc et durée.
- M. Noël avait exposé, à côté de ses machines, une importante etcurieusecollection,qu’il a amassée depuis plus de quarante-cinq ans qu’il emploie cette matière. Sa collection consiste en nombreux spécimens ou fragments de défenses montrant plusieurs phénomènes produits dans cette matière par les maladies ou les accidents dont les défenses d’éléphant sont le siège.
- Nous ne faisons que mentionner cette collection, qui est plutôt du domaine des naturalistes, au point de vue de l’anatomie, que du nôtre.
- J. Lévy,
- Ingénieur civil des mines.
- Gr. VI Cl. 61
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- TABLE DES MATIÈRES.
- Pages.
- Composition du jury................................................. i
- Division des produits de la classe en categories principales........ 1
- Renseignements generaux............................................. 3
- Lieux de production................................................. 4
- Main-d’œuvre........................................................ 5
- Augmentation dans la production..................................... 5
- Valeur des produits..................................................... 6
- Pays de consommation.................................................... 6
- Progrès réalises depuis 1867............................................ 6
- Récompenses accordées............................................... 9
- Machines à épingles de toilette..................................... 11
- Machines à encarter les épingles...................................... i4
- Machines à épingles à cheveux.......................................... 16
- Machines à clous d’épingle............................................. 21
- Outil à rabattre les têtes de clous à ferrer........................ 2 4
- Machine à fabriquer les aiguilles de bonneterie........................ 26
- Machine à fabriquer les suspensions en fd métallique................ 27
- Machine à faire les pince-linge..................................... 28
- Machines à chaînettes.................................................. 29
- Note relative aux procédés de fabrication mécanique de la brosserie.. . . 33
- Machine à fabriquer les brosses, de M. de Mont...................... 34
- Machine à fabriquer les brosses, de M. T. Duggan................ < . . 4o
- Machines à décrotter et cirer les chaussures......................... 4i
- Machines à fendre les dents de peignes à démêler.................... 44
- Outils à découper les dents de peignes à chignons................... 45
- Outils employés dans la fabrication des peignes, des dominos, de la tabletterie en os, en ivoire, etc..................................... 45
- Machines et outils à poser et river les œillets métalliques. .......... 40
- Machine Mariani...................................................... 47
- Machine Daudé..................................................... 4 9
- Moutons................................................................ 4q
- Mouton système A. llenry............................................... 5o
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- 192
- TABLE DES MATIÈRES.
- Mouton système Parent...............................................
- Mouton ClieTet......................................................
- Mouton système Mortelctle...........................................
- Presses; balanciers.................................................
- Presse de M. Ferron.................................................
- Presse de M. Parent.................................................
- Presses et balanciers de M. Clément.................................
- Balancier au moteur, système Cbéret.................................
- Balancier au moteur, de M. Deny.....................................
- Machine à estamper les talons, de M. Ferron.........................
- Laminoirs...........................................................
- Laminoirs de M. Parent..............................................
- Laminoirs de M. A. Henry............................................
- Laminoirs de M. Delahaye............................................
- Laminoirs de M"’° Claude............................................
- Laminoirs et outillage employés dans la fabrication des boîtes de conserves, à cirage, etc...............................................
- Appareils à tracer les élastiques de bottines.......................
- Calandres...........................................................
- Machine à découper les Heurs........................................
- Machine à enrouler le papier autour des balles des cartouches métalliques. . ,.........................................................
- Machine à découper et estamper simultanément........................
- Machine à découper de M. Deny.......................................
- Machines employées dans la fabrication des enveloppes...............
- Emporte-pièce système Simoulin jeune................................
- Machines de M. Antoine..............................................
- Machine de MM. Goodall et fils......................................
- Machines à faire les sacs en papier.................................
- Machine de MM. J. Virey et Clc......................................
- Machine Jacobson....................................................
- Machine Adams et Toggart............................................
- Machine à plier et coller les hoites dites portefeuilles............
- Machines pour la fabrication des cols et manchettes en papier.......
- Machines à écrire...................................................
- « T b e T ype-wri ter ».............................................
- Machine à écrire à clavier sphérique................................
- Machine à sténographier.............................................
- La frCash recording machine», machine à enregistrer les reçus.......
- Machine à voler.....................................................
- Outillage pour la fabrication des anches d’instruments de musique, des
- manches de violons...............................................
- Machine à empaqueter................................................
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- TABLE DES MATIÈRES.
- 193
- Piifjes.
- Oulils à plomber.......................................................... i3o
- Machines et oulils pour la reliure........................................ 100
- Presses de relieur, de M. Ledeuil......................................... i3a
- Presses de relieur, de MM. John Ladd et G10............................... i33
- Presses de relieur, de M. A. Tricoche..................................... i35
- Etaux, machines à endosser.............................................. 187
- Machines à couper le papier............................................. 1 38
- Cisailles de cartonnier................................................. 1A1
- Cisailles circulaires pour découper le carton....................... . 1A1
- Machine à piquer........................................................ 1A 3
- Machines pour le gaufrage ou la dorure des couvertures de livres, albums, papiers de fantaisie, etc........................................ 1AA
- Presse à dorer.......................................................... 1A 5
- Presse pour l’impression en noir ou en couleur des couvertures de livres. 1A7
- Machines à plier et brocher les feuilles d’impression.. . ......... . ... 1A9
- Classe-feuilles......................................................... 15 -3
- Machines-outils et outils d’horlogerie.................................. i5ü
- Machine-outil à percer, à fraiser et à arrondir les dents des roues d’engrenages, exposée par M. Pierret....................................... 155
- Limes pour l’horlogerie................................................. 161
- Limes pour la bijouterie................................................ 163
- Outils de graveurs...................................................... 16-3
- Machines à guillocher................................................... 16A
- Outillage de précision............................................... 16 A
- Machines à boucher les bouteilles.......................................
- Machines à boucher pour les vins ordinaires et les liquides non mousseux .................................................................. 165
- Bouche-bouteilles, système £orl......................................... 166
- Machine à boucher, système Thémar....................................... 167
- Machine à boucher, système Gervais........................................ 169
- Machine à boucher, système Guichard..................................... 170
- Machine à boucher pour les boissons gazeuses............................ 171
- Machine à boucher de M. de Mestre....................................... 171
- Machines de MM. Lemaire et G10.......................................... 173
- Machines à agrafer les bouchons......................................... 173
- Ficelage métallique, système de Mestre, et outillage pour le poser.... 17A
- Capsule-agrafe, système Salomon et Touchais............................. 176
- Agrafe, système Fisse-Thirion et C;".................................... 177
- Système américain de M. Hicks pour le bouchage des eaux minérales. . 177
- Machines à capsuler les bouteilles...................................... 178
- Machines à déboucher, tire-bouchons..................................... 180
- Machines à rincer les bouteilles........................................ 180
- Machines à rincer les bouteilles, système Neveu......................... 180
- Classe (ii. 13
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- 194 TABLE DES MATIÈRES.
- Pages.
- Machines à rincer les bouteilles, système Sénéchal aîné. ........... 180
- Machines à marquer les bouclions..................................... 181
- Marques à feu........................................................ 183
- Machines pour la manutention des vins de Champagne................... i84
- Machines servant à la fabrication des crayons........................ 187
- Meules à aiguiser; pierres à brunir.................................. 187
- Tours et outils à débiter et à arrondir les billes de billard........ 188
- p.194 - vue 198/198
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