Rapports du jury international
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- RAPPORT
- SUR
- LE MATERIEL ET LES PROCEDES
- J)K LA TÉLÉGRAP1M li.
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- Foccu
- MINISTERE l)lî L'AGRICULTURE HT DD COMMERCE.
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1878
- A PARIS.
- —---------- -'3<S><=-
- Croule VI. — Classe 65.
- RAPPORT
- SUR
- LE MATÉRIEL ET LES PROCÉDÉS
- DE LA TÉLÉGRAPHIE,
- M. BERGON,
- AnuiMKTïî.vm ïî des i.h:\es rÉ[,Éf;u,\Pinori;s.
- PARIS.
- 1)1 PRIAI ER TE NATIONALE.
- M ne ce LXXXI.
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- Groupe VI. — Classe 65.
- RAPPORT
- SUR
- LE MATÉRIEL ET LES PROCÉDÉS
- DE LA TÉLÉGRAPHIE.
- COMPOSITION DU JURY.
- MM. Recijueuki, (E.), président, membre de l’Institut, professeur au j Conservatoire des arts et métiers, membre des jurys de i855- (
- • »JJ. \ jt j'g
- 1867, membre des comités d’admission et d’installation à l’Ex- I position universelle de 1878................................j
- Werber (le major R.-E.), vice-président, chef de la télégraphie ) militaire au Post-Office, membre du conseil de la Société des > Angleterre, ingénieurs-télégraphistes.....................................
- Bergon, secrétaire-rapporteur, administrateur des lignes télégraphiques ......................................................
- Baron, suppléant, directeur-ingénieur des télégraphes, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.................................................
- Hocq , suppléant, capitaine d’artillerie, directeur du matériel des transports de la télégraphie militaire, membre des comités / France, d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878. )
- France.
- France.
- La classe 65 faisait partie du groupe VI, avant pour litre : Outillage et procédés des industries mécaniques. Elle était en particulier définie: Matériel et procédés de la télégraphie. Elle comprenait : tous les appareils servant à la transmission des dépêches ou des simples signaux d’appel; le matériel employé à la construction des lignes aériennes, souterraines ou sous-marincs; les piles; les procédés de
- Classe 65.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. VI. télégraphie militaire ; les systèmes de transmission de dépêches, à travers des tubes souterrains, par l’air comprimé ou raréfié.
- Cent soixante inventeurs ou industriels avaient été admis à exposer leurs produits, et sur ce nombre cent dix-neuf ont été récompensés. Six expositions collectives ont obtenu des diplômes d’honneur; cinq inventions de premier ordre ont été couronnées par des grands prix. Le jury a décerné en outre 13 médailles d’or, 21 d’argent, lx5 de bronze et 29 mentions honorables. Vingt collaborateurs ont reçu des médailles de collaboration, 6 en argent et 1 k en bronze.
- En dehors des perfectionnements introduits dans les appareils et procédés déjà connus, l’Exposition de 1878 a mis sous les yeux du public des découvertes toutes récentes, qui ont eu, à bon droit, beaucoup de retentissement, mais dont les dispositions réellement pratiques sont encore à trouver; des systèmes nouveaux d’une application plus immédiate et plus urgente, qui ont progressé rapidement. Le téléphone, le microphone, le phonographe, sont des inventions nées d’hier, qu’il faut étudier et perfectionner U); les procédés de transmission multiple ou simultanée, dans le même sens ou en sens contraire, par un même fil conducteur, sont aujourd’hui pour la plupart d’une application presque courante, et pourtant ils ne datent que de quelques années; ils ne figuraient pas à l’Exposition de 1867.
- (1) Depuis la clôture de l’Exposition, le téléphone a reçu de notables perfectionnements.
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- MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DE LA TÉLÉGRAPHIE.
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- Gr. VI.
- Cl. 65.
- CHAPITRE PREMIER.
- APPAREILS DE TRANSMISSION W.
- Les appareils de transmission se divisent en deux grandes catégories : les appareils à signaux fugitifs et les appareils à signaux persistants.
- APPAREILS À SIGNAUX FUGITIFS.
- Les appareils à cadran alphabétique de Wheatstoneet de Bréguel, avec lesquels la télégraphie électrique a fait ses débuts, sont encorç employés sur les lignes d’intérêt privé et dans les petites gares de chemin de fer. On sait que le rendement de ces appareils n’est jamais bien considérable, mais que le premier venu arrive rapidement à s’en servir d’une manière convenable. MM. Digney en exposaient un destiné à l’étranger et qui porte les principaux caractères chinois. L’appareil à double aiguille de Wheatstone, en usage sur quelques lignes secondaires anglaises, transmet rapidement, mais il n’enregistre pas non plus ses signaux, et il faut que l’opérateur soit très habile.
- On voyait des spécimens, parfaitement construits, de ces divers instruments dans les sections française, belge et anglaise, et c’est là tout ce qu’on peut en dire; ils donnent, dans leur état actuel, tout ce qu’ils peuvent donner; ils sont arrivés à leur forme définitive. Les inventeurs poursuivent dans d’autres voies le véritable objectif: l’augmentation du rendement.
- Le galvanomètre Thomson, qui est à la fois un instrument de mesure électrique et un appareil à signaux, à peu près exclusivement employé sur les longs câbles sous-marins, était resté jusque dans ces derniers temps le monopole exclusif de l’industrie anglaise Il se construit aujourd’hui en France dans des ateliers français.
- (1) Les détails descriptifs sont tirés de notes très complètes recueillies par M. Clérac, expert attaché au jury de la classe 66.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. vi. Les parleurs sont des appareils télégraphiques réduits à leur Cl 65 P^us s*mP^e exPressi°n; se composent uniquement d’un électro-aimant, pourvu d’une armature mobile dont les battements servent à former les signaux. Un employé exercé perçoit les lettres transmises par un appareil Morse en écoutant les battements de l’armature sans regarder l’impression sur la bande ; cela s’appelle lire au son. Le parleur est un morse sans les organes de l’impression, et l’on peut ainsi le faire très portatif. En campagne ou entre deux opérateurs éloignés l’un de l’autre et qui ont besoin de communiquer entre eux, c’est un instrument des plus commodes, lorsqu’on sait s’en servir. Les appareils de ce genre, exposés par les différents constructeurs, ne présentent aucune particularité réellement saillante de nature à être signalée.
- Télégraphe harmonique, exposé par M. Elisha Gray, de Chicago. Un seul fil conducteur met en relation deux stations pourvues d’un même nombre de diapasons accordés deux à deux. Les tiges expéditrices, dont le mouvement est entretenu par un courant local, sont chargées de transformer le courant de ligne en courant ondulatoire capable d’actionner les diapasons récepteurs accordés avec elles toutes les fois qu’elles interviennent dans le circuit. Des leviers-clefs, en nombre égal et analogues aux leviers-clefs du système Morse, sont disposés au départ de manière à permettre de modifier l’énergie des courants émis sur la ligne, en faisant vibrer respectivement dans le circuit les diapasons de départ qui leur correspondent. Lorsqu’on en abaisse une, le diapason d’arrivée, accordé avec celui quelle commande au départ, est seul influencé, et l’oreille de l’employé perçoit aisément ses vibrations. Les sons d’ailleurs sont amplifiés par une caisse résonnante d’Helmoltz. Chaque paire de diapasons forme donc un système complet pouvant fonctionner isolément ou simultanément avec les autres paires établies sur le même conducteur.
- Théoriquement, le nombre des tiges vibrantes, et par conséquent celui des télégrammes circulant à la fois, semble d’abord pouvoir être indéfini; mais il y a une limite pratique. L’appareil qui figurait à l’Exposition était disposé pour quatre transmissions,
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- MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DE LA TÉLÉGRAPHIE.
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- pouvant, il est vrai, être portées à huit, si on leur applique la com- Gr. VI. binaison connue sous le nom de duplex. Il faut ajouter que, chaque station étant pourvue à la fois des diapasons transmetteurs et récepteurs, les télégrammes peuvent être échangés dans les deux sens. Au moyen d’un relais spécial, dont l’armature commande un récepteur Morse, on parvient à enregistrer les signaux reçus.
- Les appareils de M. Elisha Gray n’ont fonctionné devant le jury qu’en circuit local; mais en Amérique, assure-t-on, on a pu les faire travailler à grande distance.
- Un autre savant étranger, M. Paul Lacour, de Copenhague, est l’auteur d’un système télégraphique basé sur le même principe.
- Sa patente est postérieure de quelques mois à celle de M. Gray.
- Téléphone. — En 1887, l’Américain Page parvint à faire vibrer un barreau de fer doux sous l’action d’aimantations et de désaimantations rapides. Cette expérience, d’abord reproduite et étudiée par de La Rive, fut utilisée en 18A7 et en i852 par Froment et Pétrina pour transmettre à distance les sons musicaux. On travaillait certainement ainsi à la découverte du téléphone articulant, mais on n’en soupçonnait pas encore la réalisation; aussi, lorsqu’un employé de l’Administration française des télégraphes,
- M. Bourseul, en émit l’idée très nette dans un article publié en 185 h, on y fit peu d’attention. Et pourtant, quand on relit aujourd’hui l’article de M. Bourseul, on est frappé de trouver, dans la description de ce qui ne pouvait être alors qu’un rêve, des détails très précis, qui diffèrent bien peu delà réalité d’aujourd’hui.
- En 1860, M. Reiss construisit un appareil destiné à la transmission non plus seulement des sons, mais des airs musicaux. Le collecteur des sons, qui servait en même temps de transmetteur, était formé d’une membrane vibrant sous l’influence de l’instrument ou de la voix. A chaque pulsation, cette membrane fermait le circuit d’une pile qui allait actionner un électro-aimant dont le noyau mobile reproduisait les vibrations initiales.
- La transmission des sons à distance était donc une question étudiée depuis longtemps, lorsque parut, en 1876, à Philadelphie, le téléphone articulant de M. Graham Bell. Ce n’est d’ailleurs
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- Gr. VI. qu’après de nombreux tâtonnements, après avoir essaye des dispo-sitions plus ou moins compliquées, que l’inventeur lui-même est arrivé à son appareil définitif, d’une simplicité si remarquable. Le récepteur et le transmetteur présentent des dispositions identiques; ils consistent en une bobine d’électro-aimant à noyau polarisé, dont l’armature est formée d’un disque mince de fer doux, fixé par ses bords et pouvant reproduire toutes les notes de la gamme. Le tout est placé dans une boîte en bois ouverte en face du disque et s’évasant en entonnoir. Un double fil, qui relie les deux bobines, établit le circuit. Le disque de l’appareil transmetteur en face duquel on parle vibre sous l’action directe de la voix et engendre dans le fil, par son action sur l’électro-aimant, une série de courants induits qui vont agir sur le disque récepteur, et lui font répéter fidèlement les vibrations du disque transmetteur avec toutes leurs particularités dénombré et d’amplitude. Le disque récepteur transmet ces vibrations par l’air, à l’arrivée, comme elles avaient été transmises par l’air au disque métallique de départ, et l’oreille placée à proximité de l’appareil récepteur perçoit les paroles prononcées en face de l’appareil transmetteur.
- M. Elisha Gray était arrivé au même résultat que M. Bell et se faisait breveter le même jour; son procédé était un peu différent: il employait une pile. Dans son système, les modifications dans l’intensité du courant résultaient des variations de résistance d’un liquide interposé dans le circuit, par suite des mouvements d’une pointe de platine fixée à la membrane du transmetteur.
- M. Gray exposait aussi des téléphones sans pile. Ces appareils ne diffèrent de ceux de M. Bell que parce qu’ils sont doubles. Les deux disques sont inclinés l’un sur l’autre à 45 degrés, mais il n’y a qu’une embouchure. Les noyaux des bobines sont polarisés par un fort aimant recourbé en fer à cheval. Cette disposition amplifie le son de Tins rument.
- M. Edison, dont les appareils figuraient, comme les précédents, dans la section américaine, se sert d’un autre moyen pour augmenter l’intensité des sons transmis. Dans son système, le récepteur ne diffère pas ou diffère peu de celui de M. Bell; le transmetteur est basé, comme l’appareil primitif de M. Gray, sur l’em-
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- ploi d’une pile; mais le liquide est remplacé par un disque de Gr. VI. poussière de charbon comprimé, dont la résistance électrique varie avec la pression de la plaque vibrante en face de laquelle on parle.
- Les courants de la pile ne sont pas non plus envoyés directement dans l’appareil correspondant; une bobine de Ruhmkorffles transforme en courants d’induction, et ce sont ces derniers qui vont actionner le récepteur. Cette disposition permet de se soustraire dans une certaine mesure à l’influence gênante des conducteurs voisins, lorsqu’on opère sur une ligne à plusieurs fils; il suffit pour cela d’augmenter le nombre des éléments de la pile, jusqu’à ce que l’action utile domine suffisamment les inductions voisines pour les rendre inoffensives.
- Il ne semble pas que le téléphone puisse jamais être un véritable instrument d’exploitation télégraphique, comme les appareils à grand débit, tels que ceux de Meyer et deWhealstone, qui enregistrent les signaux, ou ceux de Hughes et de Baudot, qui donnent la dépêche toute faite; mais lorsqu’on sera parvenu à le faire parler plus fort, il paraît devoir remplacer avec avantage, pour les usages privés, les tuyaux acoustiques sur les petites distances et les télégraphes à signaux sur les distances plus grandes.
- Microphone. — Introduisez un téléphone de Bell dans le circuit d’une pile, et coupez ce circuit en un point quelconque; attachez à chacun des bouts coupés un clou ou un bâton de charbon; posez les deux clous ou les deux charbons parallèlement sur un socle en bois et réunissez-les en travers par un troisième clou ou un troisième charbon simplement posé au-dessus des deux autres : les battements d’une montre déposée sur le socle, le piétinement d’une mouche, le frôlement d’une barbe de plume, etc.,se distingueront alors très nettement à l’embouchure du téléphone ; on y entendra ces bruits légers considérablement amplifiés.
- Le professeur Hughes, qui a imaginé cet appareil, a eu surtout en vue de créer un instrument de recherches. Il en varie les dispositions suivant l’usage auquel il le destine. Il ne Ta pas exposé, mais M. Gaiffe en avait, dans sa vitrine, des spécimens très ingénieusement agencés.
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- Gr. VI. Le microphone et le disque de charbon du téléphone de M. Edison paraissent procéder du même principe.
- Phonographe. — Le 3i juillet 1877, M. Edison faisait breveter un appareil destiné à enregistrer les signaux Morse pour pouvoir les transmettre ensuite automatiquement plusieurs fois de suite. Sur un cylindre métallique, animé d’un mouvement de rotation continu, est gravée une rainure en spirale; au-dessus de la rainure un stylet gaufre une feuille de papier. Pour transmettre une dépêche composée de cette façon, il suffit d’engager dans la rainure l’extrémité d’un levier commutateur, pouvant mettre, lorsqu’il oscillera et à chacune de ses oscillations, la ligne en communication avec une pile; il faut ensuite faire tourner le cylindre, préalablement ramené à son point de départ, la feuille de papier étant placée de manière à gouverner par son gaufrage les oscillations du levier commutateur.
- Pour enregistrer des paroles au lieu de signaux Morse, M. Edison a fixé le stylet à un diaphragme analogue à celui du téléphone, et il a remplacé la feuille de papier par une feuille d’étain. Si maintenant on ramène le cylindre à son point de départ et qu’on le fasse tourner avec la même vitesse, la pointe du stylet repasse sur toutes les traces de la voix, le diaphragme subit à nouveau toutes les vibrations enregistrées dans leur ordre et avec leurs intensités, et il répète les sons articulés, tels qu’il les avait d’abord recueillis. .
- On assurait que M. Edison était parvenu à enregistrer avec le phonographe les dépêches téléphoniques et à les réexpédier de même que les signaux Morse. Le phonographe, qui n’a aujourd’hui rien de télégraphique, deviendrait alors un véritable instrument de transmission. M. Edison n’a pas encore fait connaître les procédés qui l’auraient conduit à ce résultat.
- APPAREILS À SIGNAUX PERSISTANTS.
- Les appareils à signaux persistants sont de trois sortes :
- i° Les enregistreurs, qui donnent des signaux conventionnels qu’il faut traduire;
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- MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DE LA TÉLÉGRAPHIE.
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- 2° Les imprimeurs, qui fournissent directement les télégrammes Gr. vi. en caractères typographiques ;
- 3° Les appareils autographiques, qui reproduisent le fac-similé des dépêches transmises.
- i° Appareils à signaux conventionnels. =
- Appareil Morse. —L’appareil Morse compte déjà plus de quarante années d’existence, et tout porte à croire que sa carrière n’est pas terminée. Il est d’une composition si simple et d’un entretrien si facile, qu’il est encore universellement employé sur toutes les lignes d’importance moyenne dont le trafic ne dépasse pas sa faculté de production par un conducteur unique. Avec sa qualité d’appareil enregistreur, il se substitue même, petit à petit, à tous les appareils à cadran dans le service des lignes tout à fait secondaires.
- La facilité qu’il offre pour la lecture au son le désigne, tel qu’il est ou à l’état de simple parleur, dans un grand nombre de circonstances spéciales et particulièrement pour la télégraphie de campagne. On comprend dès lors que, quoique sa composition ne varie pas, ses organes essentiels soient l’objet de recherches continuelles en vue d’améliorer leur fonctionnement.
- Le réglage de position de l’électro-aimant est un des points les plus importants. M. Schæffler (Autriche) approche ou éloigne cet organe de sa palette au moyen d’une vis, tandis que M. Dumoulin-Froment (France) le fait pivoter sur son centre à l’aide d’une manette, de manière à croiser la ligne des pôles avec l’axe de l’armature. MM. Rault et Chassan (Administration française) font les branches métalliques mobiles dans les bobines fixes et peuvent ainsi les rapprocher ou les éloigner plus aisément de la palette.
- M. Héquet (Administration française) cherche à rendre la nécessité du réglage moins fréquente par la suppression ou tout au moins l’atténuation du magnétisme rémanent. Il sépare chaque noyau de la culasse par une rondelle de clinquant, et substitue des vis en laiton aux vis en fer. Cette disposition permet de faire travailler l’appareil sans toucher à son réglage et dans de bonnes conditions, lors même que l’intensité du courant varie dans des limites que l’on a évaluées de î à 6.
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- Gr. VI. Cl. 65.
- Le mode d’encrage de la molette a été aussi, depuis 1867, l’objet de nombreuses recherches et de perfectionnements ingénieux. Il importe de faire tourner le tampon encreur sous l’action directe du rouage, de manière à l’utiliser uniformément sur tous les points de sa circonférence. On y arrive au moyen d’une roue étoilée, fixée à l’arrière du tampon et engrenant avec des chevilles implantées dans la molette. Cette disposition était réalisée dans les appareils suisses de MM. Hasler et Escher et dans ceux de MM. Digney frères, de Paris. M. de Vos, de Bruxelles, se sert d’un réservoir ayant la forme d’une bouteille renversée, dont le contenu s’écoule lentement à travers un petit tampon frottant contre la molette. Le levier d’arrêt commande un robinet, qui ne laisse écouler le liquide que pendant la marche du rouage. MM. Digney avaient adapté à l’un de leurs appareils un récipient mobile, d’où l’encre filtre goutte à goutte à travers un pinceau qui peut venir lécher le tampon toutes les fois qu’il le faut. MM. Rault et Chassan (Administration française) présentaient plusieurs dispositions, dont la meilleure laisse suinter l’encre à travers un frotteur en drap, constamment en contact avec la molette, à chaque mouvement d’un piston microscopique mû par l’un des mobiles. Le débit intermittent et rigoureusement réglé du liquide cesse avec le fonctionnement du rouage.
- Appareil Morse de M. Bramao (Portugal). —M. Bramao présentait un appareil dont les dispositions sont conçues en vue d’une application spéciale aux transmissions sous-marines. L’extrémité libre du levier d’armature porte un petit godet contenant de l’encre très fluide, qui s’écoule lentement par un tube capillaire. L’extrémité inférieure de ce tube, en contact avec la bande de papier, trace une ligne ininterrompue, que le courant fait dévier à droite ou à gauche, suivant qu’il est positif ou négatif. Les signaux, semblables à ceux d’un ancien appareil de Pouillet construit par Froment, résultent de la combinaison de ces déviations. Les courants sont d’égale durée, ce qui facilite la décharge rapide du conducteur. L’armature de l’électro-aimant présente une forme toute nouvelle et très ingénieuse; elle est formée par deux lames de fer doux so-
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- MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DE LA TÉLÉGRAPHIE.
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- lidaires, recourbées en demi-cercle et pivotant autour de leur Gr. VI. centre. Le milieu de ces lames est influencé à distance par les
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- pôles opposés d’un fort aimant, de telle sorte que les extrémités d’un même arc ont une polarité semblable, mais de signe contraire à celle de l’autre lame. Les noyaux de Télectro-aimant se placent entre les extrémités de ces armatures et, lors du passage du courant, agissent à la fois sur les deux. Ils attirent l’une, repoussent l’autre, et l’effet exercé sur le levier d’impression se trouve doublé : ce système paraît pouvoir fonctionner sous l’action de courants très faibles.
- Un autre appareil du même genre, et destiné comme le précédent aux transmissions sous-marines, était présenté, par M. Ailhaud, parmi les produits de l’Administration française. Il est formé d’une double paire d’électro-aimants en relation avec la ligne, et dans le champ magnétique desquels pivote une aiguille astatique très légère, munie d’un index en fer; la pointe de cet index effleure, sans la toucher, une bande de papier imbibé d’iodure de potassium. Une bobine de Ruhmkorff actionnée par une pile locale fait jaillir un jet continu d’étincelles entre l’index et le papier.
- Celui-ci avançant progressivement, il en résulte une trace rougeâtre, qui dévie à droite ou à gauche sous l’action du courant. M. Morel, employé français, a donné un moyen de fixer les traces d’iodure.
- Les exposants anglais ne présentaient pas le recorder de M. Thomson, qui eût complété la série des appareils du même genre ayant la même destination.
- Les divers appareils Morse portatifs destinés à la télégraphie militaire qui figuraient dans les sections française, italienne et espagnole , ne comportent aucune mention spéciale. Il en est de même des manipulateurs magnéto-électriques, au sujet desquels on ne constate aucun progrès notable depuis l’Exposition de 1867.
- Manipulateur Morse à clavier. — On a souvent cherché à remplacer le levier-clef par un clavier que des agents peu expérimentés pourraient immédiatement manœuvrer, sans compromettre la correction des signaux transmis, puisque ceux-ci seraient alors obtenus mécaniquement. Malheureusement on n’a jamais produit à cet
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- égard que des appareils fort compliqués. Ceux qui figuraient dans la section française sont de M. Ailhaud.
- Transmission automatique appliquée au système Morse; appareils Wheatstone et Carlender. —Les lignes aériennes qui atteignent une longueur déjà grande, celle de Paris à Marseille, par exemple, sont encore capables de recevoir et de transmettre distinctement un bien plus grand nombre de courants que ne peut en débiter à la main l’employé le plus habile manœuvrant un levier Morse. On a été ainsi amené à perforer les signaux sur une bande de papier et à les transmettre ensuite automatiquement par des moyens mécaniques plus rapides que la main d’un agent.
- Appareil Wheatslone.—C’est l’appareille plus complet et, sans contredit, le plus parfait qui ait été fait dans ce genre. 11 était exposé par la British telegraph Manufactory (section anglaise). Le récepteur est un morse à électro-aimant polarisé, dont l’armature conserve la position qu’un courant lui fait prendre, jusqu’à ce qu’un courant de sens contraire vienne le déplacer en sens opposé. Le transmetteur est un inverseur de courants, commandé par deux aiguilles verticales, qui oscillent continuellement sous l’action d’un mécanisme d’horlogerie. Tant que rien n’entrave le jeu de ces aiguilles, l’inverseur, libre de ses mouvements, envoie sur la ligne une succession de courants alternativement positifs et négatifs, qui déterminent sur la bande du récepteur l’impression d’une série de points. Pour obtenir un trait prolongé, il suffit de suspendre le mouvement de l’aiguille négative; les émissions positives se produisent seules, et l’armature du récepteur conserve la position d’impression. En interrompant le jeu de l’aiguille positive, on fait au contraire cesser toute impression. La production des signaux Morse s’obtient donc en entravant, pendant des temps plus ou moins longs et convenablement combinés, le jeu des aiguilles. Ce travail, qui constitue la transmission automatique, est effectué par une bande de papier percée de deux rangées de trous parallèles. Elle se déroule au-dessus des aiguilles, qu’elle arrête ou qu’elle laisse passer, suivant qu’elle leur présente un plein ou un vide.
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- L’une des rangées correspond à l’aiguille positive, et l’autre à l’aiguille négative. Une troisième rangée intermédiaire et continue sert à faire avancer le papier.
- Un perforateur à cinq poinçons, manœuvré par trois touches, sert à préparer la bande de papier sur laquelle l’espacement des trous des deux rangées extrêmes détermine les caractères Morse que l’on veut transmettre.
- Les courants qui servent à faire les signaux Morse n’ayant pas tous la même durée, et les intervalles qui les séparent étant inégaux, chaque émission trouverait la ligne dans un état électrique différent, et la rapidité de la transmission engendrerait une confusion nuisible. M. Wheaistone a pris des dispositions de nature à lever ces difficultés. La ligne est toujours chargée; un courant_positif ne cesse jamais qu’au moment où un courant négatif intervient et réciproquement. La durée des émissions est plus longue pour faire un trait que pour faire un point, dans l’intervalle de deux mots qu’entre deux éléments d’un même signal; mais la tension électrique est alors maintenue dans les limites qu’elle ne doit pas dépasser, et cela au moyen d’un rhéostat qui s’interpose automatiquement sur le trajet de fd de ligne pendant la durée complémentaire de l’émission. Tel est le mode de compensation électrique qui rend le fonctionnement de cet appareil si sûr et si rapide. L’appareil Wheatstone, très répandu en Angleterre, employé en France sur quelques grandes lignes, atteint un rendement de i5o dépêches à l’heure sur un circuit de 5oo kilomètres. Mais il faut composer préalablement ces dépêches et y consacrer un certain nombre d’employés, qui nécessairement ne sont pas tous également habiles. De là beaucoup de difficultés pour conserver aux dépêches, dans la transmission, l’ordre de leur dépôt; mêmes embarras à l’arrivée pour la traduction. L’exploitation de l’appareil Wheatstone exige beaucoup d’ordre et une surveillance de tous les instants.
- M. Carlender, exposant suédois, s’est proposé de simplifier l’appareil Wheatstone. Les trous percés dans la bande de papier perforée sont ici ronds ou oblongs; ils sont tous placés sur la même ligne. L’organe chargé de déterminer l’envoi des courants
- Gr. VI Cl. 65
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- Gr. VI. tantôt positifs, tantôt négatifs, comme dans le précédent appareil, Cl 65 es^ commanc^ Par un frotteur, glissant sur la bande, et qui s’abaisse plus ou moins, suivant qu’il rencontre un point ou un trait. Dans le premier cas, le passage du trou est trop rapide pour que le frotteur puisse achever son mouvement; dans le second, l’oscillation a le temps de se compléter. Le balancier inverseur étant solidaire du frotteur, l’amplitude de ces mouvements est plus ou moins grande, suivant la longueur des courants envoyés. C’est cette différence qui permet de limiter la charge du conducteur. Au début de l’oscillation du balancier, le courant de la pile s’écoule directement sur la ligne; mais dès que cette oscillation dépasse l’amplitude restreinte correspondante à un point, le courant, détourné de sa route, ne passe plus qu’en traversant une bobine de résistance, qui réduit son intensité. L’appareil Carlender est employé sur les lignes suédoises depuis l’année 1877.
- 20 Appareils imprimeurs.
- Les appareils imprimeurs sont à échappement ou à mouvements synchroniques. Dans les premiers, la roue des types est entraînée par un mécanisme d’horlogerie dont la marche est réglée par un échappement, qui ne laisse passer qu’une lettre à chaque oscillation de l’armature d’un électro-aimant en relation avec la ligne. Lorsque la lettre à imprimer arrive en face du papier, la roue, commandée par le manipulateur du poste expéditeur, s’arrête, et le papier, projeté contre elle sous l’action d’un courant local ou sous l’impulsion directe du mécanisme, prend l’empreinte du caractère. Dans les appareils à fonctions synchroniques, la roue des types du transmetteur marche synchroniquement avec celle du récepteur; le courant part du poste expéditeur au moment où la lettre à imprimer passe en même temps devant le papier dans les deux stations correspondantes et produit l’impression.
- i'1 AppareilsJimprimeurs à échappement. — Ils sont presque tous français, cinq sur six :
- Appareil Chambrier (France). —Les courants, tous de même
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- sens, sont transmis automatiquement par un manipulateur à cadran Gr. vi. à mouvement d’horlogerie; à l’arrivée, ils actionnent l’armature d’un électro-aimant dont chaque oscillation laisse avancer la roue des types d’une division, jusqu’à ce que la lettre à reproduire arrive en regard du papier. L’impression résulte de la fermeture du circuit local d’un deuxième électro-aimant, dont l’armature fait déclencher un petit marteau qui presse vivement la bande contre le type.
- Tant que le rouage est en mouvement, ce circuit reste ouvert, la pièce mobile qui doit le compléter étant repoussée par la rencontre successive des dents d’un rochet solidaire de la roue des types. Le mécanisme qui détermine l’impression rompt lui-même le circuit de la pile locale, qui ne peut être établi qu’au moment où la roue des types recommence à tourner; de cette façon, la pile ne s’use pas en pure perte.
- Appareil Dujardin (France). — Dans cet appareil, les courants, alternativement positifs et négatifs, sont envoyés automatiquement par un inverseur, actionné lui-même à l’aide d’une pédale analogue à celle des machines à coudre. A la station opposée, ces courants agissent sur un électro-aimant polarisé, dont l’armature commande l’échappement de la roue des types. Le transmetteur est un clavier dont les 28 touches sont respectivement situées au-dessus d’un même nombre de chevilles implantées en hélice sur un arbre horizontal, solidaire de l’inverseur. Lorsqu’on abaisse une des touches et quelle est atteinte par la cheville correspondante, l’émission des courants est suspendue, et tout s’arrête à la station d’arrivée comme à celle de départ. L’impression est produite mécaniquement; elle résulte de l’arrêt d’une roue à rochet calée sur le même arbre que celle des types, et dont les dents rejettent en arrière, dans leur rotation, un bras articulé commandant le rouage imprimeur. Dès que le rochet s’arrête, ce bras bascule, l’échappement fonctionne, et l’impression a lieu. Dans cet appareil, la roue des types est double; les deux couronnes dont elle se compose, et qui portent, l’une les lettres, l’autre les chiffres et les signes de ponctuation, sont réunies par un diamètre commun, autour duquel elles peuvent tourner de manière à se substituer Tune à
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- l’autre dans la position d’impression. Cette substitution peut être produite par le mécanisme imprimeur, qui déplace un levier ad hoc toutes les fois qu’au départ on appuie sur les touches blanches correspondantes du clavier.
- Appareil d’Arlincourt (France). — M. d’Arlincourt exposait plusieurs modèles; le plus nouveau présente des dispositions très originales et fort ingénieuses. L’électro-aimant, en relation avec la ligne, porte à ses extrémités opposées deux armatures polarisées, qui se meuvent parallèlement sous l’action alternative de courants de sens contraire, transmis par la station expéditrice. La première de ces armatures commande l’échappement de la roue des types; la seconde concourt avec la précédente à compléter le circuit de l’électro-aimant imprimeur. Le circuit ne peut être fermé qu’autant que les deux armatures occupent des positions contraires, condition qui ne peut se réaliser tant que dure la rotation de la roue des types. Mais dès que le transmetteur s’arrête et suspend l’émission de ses courants, la symétrie est rompue; la première armature demeure immobile dans la position qu’elle occupe, la seconde effectue encore, sous l’impulsion d’une réaction magnétique passagère, un battement supplémentaire qui ferme, pendant un temps très court, le circuit d’une pile locale et détermine l’impression. Dans cet appareil, comme dans le précédent, la roue des types est double ; mais ici les deux couronnes sont parallèles et peuvent glisser sur l’arbre qui les porte, sous l’action d’une fourchette mise enjeu, lorsqu’au départ on appuie sur les deux touches correspondantes du clavier. Le transmetteur est un manipulateur circulaire à clavier et à mouvement d’horlogerie; il peut être également un simple manipulateur à cadran ordinaire, disposé de manière à envoyer des courants alternativement positifs et négatifs.
- Appareil Bigeon (France). — M. Bigeon présentait différents appareils imprimeurs. Dans l’un d’eux, le manipulateur, formé d’un clavier circulaire à pistons fonctionne sans mécanisme d’horlogerie; un ressort de barillet, bandé sous l’action des pistons, fait tourner, en se détendant un secteur denté, qui entraîne un pignon à aiguille
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- indicatrice et un levier de contact. En remontant,le piston, aban- Gr. VI. donné par le doigt, bande à nouveau le ressort du barillet, qui re- C1~5 devient apte à fonctionner.
- Appareil IJignetj. — MM. Digney frères (France) ont eu surtout en vue de montrer la possibilité de transformer facilement en imprimeurs à échappement les appareils Morse ordinaires, qu’ils connaissent et construisent si bien. Ils emploient des procédés analogues à ceux que nous venons de décrire.
- Appareil Wheatstone. — Dans l’appareil de YVheatstone, exposé par la British ielegraph Manufactory (Angleterre), le débit de la roue des types est réglé par l’armature polarisée d’un électro-aimant, qui agit sur un échappement d’une grande simplicité. L’impressiôn est produite par la délente d’un mécanisme dont le fonctionnement se trouve entravé par la rotation d’un rochet solidaire de l’arbre de la roue des types. Au moment où cette dernière cesse de tourner, le rochet, qui s’arrête également, laisse pénétrer entre deux de ses dents l’extrémité du cliquet de détente, et l’impression a lieu. Ce moyen de produire l’impression n’est pas nouveau; M. Joly l’a exposé en 1867, et M. Brett l’avait fait connaître avant cette date.
- Le transmetteur adapté a l’appareil que nous venons de décrire était le manipulateur électro-magnétique à clavier circulaire de l’auteur.
- 20 Appareils imprimeurs à mouvements synchroniques.— Appareil Hughes. — L’appareil Hughes figurait à l’Exposition de 1867, où son auteur obtint la plus haute récompense attribuée à la télégraphie. C’est un merveilleux instrument, dontl’exploitation est simple, puisqu’il n’y a pas ici, comme pour l’appareil Wheatstone, plusieurs employés travaillant isolément, ni composition préalable au départ, ni traduction à l’arrivée. Aussi est-il devenu le type classique des appareils imprimeurs à mouvement synchronique. Il 11’y a pas lieu d’en refaire la description ; mais il faut parler des nombreuses études dont il a été l’objet et des perfectionnements qu’il a reçus. M. Hughes lui-même s’en est beaucoup occupé. Il a très avantageusement modifié le régulateur, le frein et le chariot;
- Classe 65. a
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- il est également parvenu à disposer son appareil de manière à en faire un véritable translateur, qui, placé entre deux stations extrêmes, peut parler à toutes les deux à la fois, ou enregistrer ce que l’une d’elles transmet à l’autre par son intermédiaire et en utilisant sa pile, comme s’il s’agissait d’un relais double ordinaire. Cette translation nécessite deux électro-aimants, respectivement en relation avec les deux postes extrêmes et dont les armatures commandent toutes deux l’arbre des cames. Selon que c’est l’une ou l’autre qui fonctionne, la pile de relais est dirigée sur l’une ou l’autre section de ligne. Ce translateur était destiné à relier un conducteur aérien à un câble sous-marin. Deux appareils de ce type existaient à l’Exposition : l’un, dans la section française (Administration des télégraphes); l’autre, dans la section autrichienne (M. Schæffler).
- L’Administration française exposait également un appareil Hughes, disposé par M. Terrai en vue d’une transmission en duplex. Cet appareil se compose d’un rouage unique portant deux roues des types, dont l’une, commandée par l’éleclro-aimant, imprime la dépêche reçue du poste correspondant ; tandis que l’autre, située du côté opposé et fonctionnant mécaniquement, sert uniquement à contrôler la transmission du manipulateur.
- M. Terrai, en collaboration avec M. Mandroux, a en outre modifié les communications électriques du système Hughes, de manière à les rendre presque aussi simples que celles d’un appareil Mo rse. Le courant émis ne traverse plus l’électro-aimant du poste expéditeur et conserve, dans les deux sens, la même orientation; on a pu, dès lors, supprimer le commutateur inverseur. L’échappemenl de l’appareil qui transmet fonctionne mécaniquement. Toutefois, dans cette disposition, le circuit des bobines n’est plus rompu au moment où l’armature revient à sa position, et il a fallu neutraliser l’indu.ction produite. On y est parvenu à l’aide d’une deuxième armature, placée sous les plaques polaires de l’électro-aimant et qui s’approche lorsque la première s’éloigne, et réciproquement.
- Transmission automatique appliquée à l'appareil Hughes. — L’idée de composer préalablement une dépêche sur une bande de papier
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- perforée de façon que les trous soient espacés entre eux comme les lettres à transmettre le sont sur la roue des types est une idée tombée dans le domaine public. M. Girarbon (Administration Irançaise) remplace la bande de papier par une chaîne dont les traverses mobiles permettent, en les déplaçant latéralement, de composer la dépêche ; les émissions de courants résultant de la rencontre de ces traverses avec le style de contact se produisent aussi bien qu’avec le papier perforé. La même chaîne sert indéfiniment. Ce mode de transmission était adapté à l’un des appareils Hughes de l’Exposition française.
- Appareil Olsen. — L’appareil Olsen n’est, en réalité, qu’un appareil Hughes modifié; mais la modification est originale et importante. Comme dans l’appareil Hughes, la roue des types tourne d’une manière continue, et le papier est lancé contre elle au moment du passage de la lettre transmise. Cette projection est toujours la conséquence de l’envoi d’un courant, qui détermine l’embrayage d’un arbre à mouvement intermittent, dont les cames produisent successivement la correction, l’impression et la marche en avant de la bande de papier. Mais il y a ici deux rouages distincts, mus par des poids différents : l’un est chargé d’entraîner la roue des types et un arbre à chevilles, dont il va être question; l’autre sert à produire la correction, l’impression et l’avancement du papier. Cette combinaison, qui assure au rouage moteur de la roue des types un travail uniforme, a permis d’employer un régulateur à force centrifuge, qui suffit pour entretenir l’isochronisme de cette partie de l’appareil. L’organe essentiel du transmetteur est un arbre horizontal portant vingt chevilles, plantées en hélice et groupées deux à deux sur quinze génératrices équidistantes; le temps de révolution de ce mobile n’est ainsi divisé qu’en quinze parties. Au-dessus de cet arbre est un clavier dont les trente touches correspondent respectivement à chacune des chevilles, qu’elles peuvent, en s’abaissant, atteindre au passage sans entraver leur mouvement. Ce sont là les contacts qui produisent les émissions de courant. Par suite de la disposition des chevilles, ces courants sont émis dans le premier ^ de la rotation de l’arbre, quelle que
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- Gr. VI. soit celle des deux touches A ou B qu’on abaisse, et l’arbre des
- cames effectue sa révolution au même moment dans les deux cas.
- Cl. 65. T1 1 A il A • -1
- J1 en sera de meme pour les deux caractères suivants, et ainsi de
- suite. La lettre imprimée sera pourtant celle qui est gravée sur la touche abaissée; à cet effet, l’arbre imprimeur porte deux cames d’impression situées dans des plans différents, formant entre eux un angle correspondant au trentième de la circonférence de la roue des types. C’est l’une ou l’autre de ces deux cames qui fonctionne, suivant que la cheville rencontrée est la première ou la deuxième du groupe binaire considéré. Et, en effet, le courant émis est positif ou négatif, selon qu’il est transmis par la première ou la deuxième cheville; il agit donc sur l’une ou l’autre des armatures polarisées de l’électro-aimant récepteur. Or ces deux armatures, qui provoquent indistinctement et au même moment l’embrayage de l’arbre imprimeur, commandent en outre le levier qui porte le papier; elles le mettent en prise avec la première ou la deuxième came, suivant que la lettre transmise occupe dans le groupe le premier ou le second rang. Le moment où se produit l’impression est ainsi avancé ou reculé du trentième de la révolution de la roue des types, de manière à faire coïncider le soulèvement du papier avec le passage de la lettre transmise. 11 semble que les dispositions de M. Olsen devraient doubler le rendement de l’appareil Hughes; en réalité, elles ne font gagner que 20 à 2 5 p. 0/0.
- M. Olsen a disposé son appareil pour faire, au besoin, delà transmission automatique. Les télégrammes sont préalablement composés, par perforation, sur une bande de papier et suivant deux lignes parallèles correspondant, l’une aux courants positifs, et l’autre aux courants négatifs. Le perforateur est d’une construction soignée et ingénieuse. La bande préparée est placée sur le transmetteur, qui la fait glisser, avec une vitesse égale à celle de la roue des types, sous deux styles de contact, correspondants aux deux rangées de trous et communiquant l’un avec le pôle positif, l’autre avec le pôle négatif de la batterie.
- M. Olsen était inscrit, au catalogue, dans la section suédoise; mais son appareil qui a été expérimenté sur nos lignes était exposé dans la section française.
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- Appareil Lucchesini. —M. Lucchcsini (Italie) s’est également Gr. vi. proposé d’augmenter le rendement de l’appareil Hughes. Dans les C1~5 dispositions qu’il a adoptées, la lèvre-du chariot ne couvre à la fois qu’un seul goujon, et l’arbre des cames ne met, pour effectuer sa rotation, que du temps employé par la roue des types pour accomplir la sienne. Avec ce changement dans la vilesse relative de deux organes, on arrive à pouvoir transmettre, pendant un meme tour de roue, deux lettres séparées entre elles par une seule division, telles que A et C, C et E, etc. On augmente donc considérablement la puissance productive de l’appareil ; mais il est à craindre que le peu de durée des contacts, qui produisent des courants et le court intervalle qui les sépare ne soient des obstacles sérieux pour fonctionner convenablement sur une ligne un peu longue.
- 3° Appareils auto graphiques.
- Le premier appareil de ce genre figurait, en 18 51, à l’Exposition de Londres. 11 était de M. Backwell. L’abbé Caselli présentait en 1867, à l’Exposition de Paris, le premier modèle qu’on ait pu mettre en service régulier sur une ligne. L’Administration française l’employait déjà avec succès depuis 1863; elle lui substitua, en .867, un autre type, qu’un de ses employés, M. Meyer, venait d’imaginer. Les appareils autographiques débitent peu de travail.
- Les événements de 1870 en suspendirent l’application sur les lignes françaises, et, depuis cette époque, on ne les a pas repris.
- Trois télégraphes aulographiques figuraient en 1878 dans la classe 65 : celui de M. Meyer et deux autres, respectivement présentés par MM. Lenoir et d’Arlincourt.
- Appareil Meyer (France). — Deux cylindres, un à chaque bout de la ligne, tournent synchroniquement sous l’action d’un mouvement d’horlogerie, dont la marche esl réglée par un pendule conique.
- La dépêche originale, écrite avec une encre isolante sur une feuille de papier cl’étain, est enroulée sur le cylindre du poste expéditeur, autour duquel une pointe métallique, animée d’un mouvement de translation, décrit une hélice à pas très serrés. Les communications
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- électriques sont combinées de telle sorte que le courant est envoyé sur la ligne à chaque passage de la pointe sur l’encre isolante. Le cylindre du poste récepteur est armé, en forme de nervure à vive arête, d’une hélice dont le pas est égal à sa longueur. L’hélice est encrée par un tampon. Au-dessus d’elle se déplace lentement et perpendiculairement à son axe une large bande de papier, qu’un électro-aimant pousse contre le cylindre sous l’action de la pile. Si le courant était continu, l’hélice strierait le papier en traits parallèles, continus eux-mêmes et très serrés; mais les émissions du courant sont interrompues et n’ont lieu que lorsque le style passe sur les lettres ou les traits du dessin figurés sur la feuille d’étain. 11 en résulte que, les deux appareils marchant synchroniquement, les lettres ou le dessin de la feuille d’étain se reproduiront sur la feuille de papier en tranches horizontales très serrées, équivalant pour l’œil à une production continue. L’impression, exigeant une force supérieure à celle que le courant de ligne pourrait développer, s’obtient à l’aide d’un électro-aimant local, actionné par un relais polarisé cl’une grande sensibilité, cpii fonctionne lui-même sous l’action du courant du poste expéditeur. L’appareil Meyer est plus simple que l’appareil Caselli; il en diffère surtout par l’emploi de l’hélice, qui est ici d’une application fort originale, et parla reproduction des dessins ou dépêches à l’encre sur du papier ordinaire,, au lieu de traces électro-chimiques sur du papier préparé, nécessairement altérable avec le temps.
- Appareil Lenoir (France). —L’appareil Lenoir figurait à l’Exposition de 1867. Le modèle de 1878 présente quelques modifications. Le mécanisme est réduit à sa plus simple expression; le moteur est un électro-aimant dont l’armature, fixée à un lourd volant qu’elle entraîne avec elle, pivote autour de son centre de figure avec une vitesse résultant de la fréquence et de l’énergie des émissions du courant. Ce volant fait tourner un cylindre horizontal, qui sert alternativement à la transmission et à la réception ; dans le premier cas, le cylindre est revêtu de la feuille d’étain, et un style le parcourt comme dans l’appareil Meyer; dans le second, le style est remplacé par une plume métallique, et la feuille d’étain, par une
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- feuille de papier. L’extrémité libre du levier écrivant est terminée par une armature aimantée , qui oscille entre les pôles d’un électroaimant en relation avec la ligne. La plume est gouvernée par un ressort antagoniste ; l’électro-aimant placé sur le meme chariot se déplace avec elle. Le synchronisme est obtenu à l’aide d’un régulateur à force centrifuge, qui distribue aussi les courants actionnant l’électro-aimant. Lorsque la ligne n’est pas occupée par les courants utiles, le transmetteur y lance automatiquement un courant contraire de faible intensité, auquel l’inventeur attribue la propriété d’accroître la netteté des signaux. M. Lenoir a cru également très avantageux d’entourer son électro-aimant d’un second fil doublant le premier, mais dont le bout est isolé. Ce deuxième fd formerait une sorte de condensateur, dont la décharge neutraliserait le magnétisme rémanent.
- Appareil d’Arlincourl (France). — Avec M. d’Arlincourt, nous revenons, pour l’impression, aux traces électro-chimiques de MM. Back-well et Caselli. Les appareils sont entraînés par un mouvement d’horlogerie, régularisé au moyen delà tige vibrante de Hughes. Comme dans les autres, la dépêche à transmettre est écrite sur une feuille d’étain et placée sur un cylindre parcouru par une pointe métallique; mais le cylindre récepteur porte une feuille de papier préparée au cyanoferrure de potassium. Ainsi que le balancier du Caselli le faisait à chaque oscillation, le transmetteur de M. d’Arlincourt s’arrête à chaque révolution et ne se remet en marche que lorsque le récepteur lui envoie un courant pour le dégager. Les petites différences de vitesse ne peuvent ainsi jamais s’accumuler, et on pourrait fonctionner avec un synchronisme même imparfait, pourvu que le transmetteur marchât un peu plus vite que le récepteur. Le courant venant d’une longue ligne n’aurait pas la force de produire les traces électro-chimiques; l’inventeur se sert alors d’un relais, sur lequel nous reviendrons, lorsqu’il sera question des appareils accessoires, et aux dispositions duquel il faut attribuer la vitesse avec laquelle peuvent se succéder les émissions. L’appareil d’Arlincourt a été essayé sur la ligne de Paris à Marseille, où il a donné un rendement de douze à treize mots par minute.
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- Gr. VI.
- Cl. 65. TRANSMISSION SIMULTANEE DE PLUSIEURS DÉPÊCHES PAR UN MEME FIL.
- APPAREILS À TRANSMISSION MULTIPLE.
- Les premiers essais de la transmission simultanée par un même fil remontent à 18 5 3 ; mais ce n’est que clans ces dernières années qu’on est parvenu à la mettre en pratique. Il faut distinguer deux cas, suivant que les deux transmissions se font en sens inverse ou dans le même sens.
- i° Transmission double en sens inverse ou duplex. — Elle s’obtient de deux manières: par la méthode différentielle ou par le pont de Wheatstone.
- Méthode différentielle. — Les organes et les dispositions des circuits sont identiques dans les deux stations correspondantes : le récepteur est un récepteur ordinaire, mais son électro-aimant esl différentiel; l’un de ses fils est relié à la ligne extérieure, tandis que l’autre est rattaché à une ligne locale, composée d’un rhéostat et d’un condensateur offrant la résistance et la capacité de la ligne extérieure. Le transmetteur est placé à l’origine des deux circuits, les commandant ainsi tous les deux de la même manière. Lorsqu’il émet un courant, ce courant passe en même temps dans les deux fils, inversement enroulés sur Télectro-aimant du poste transmetteur, et, comme ces deux fils égaux font partie de deux circuits de même résistance et de même capacité, l’appareil du départ n’est pas influencé. Il n’en estpas de même de celui d’arrivée; le courant arrivant de la ligne parcourt ici les deux fils de Télectro-aimant l’un après l’autre et en les abordant successivement par leurs bouts opposés; les deux effets s’ajoutent, et l’appareil parle. Il en est ainsi toutes les fois que les courants envoyés par les deux correspondants ne se rencontrent pas sur la ligne; s’ils se rencontrent, c’est que les deux émissions parties des deux bouts ont été simultanées; mais alors il ne passe rien dans les fils des électro-aimants en relation avec la ligne extérieure, sur laquelle les courants se détruisent, tandis que les deux lignes factices reçoivent chacune la
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- part qui leur est destinée, et les deux appareils parlent à la fois. Pendant le travail simultané des deux correspondants, il n’y a que ces deux cas à considérer : celui où leurs courants ne se rencontrent pas, et celui où ils se rencontrent. Nous venons de voir que l’appareil destinataire est toujours influencé, lorsque le transmetteur opposé qui lui correspond s’est mis en mouvement, et seulement dans ce cas-là; il a donc reproduit la dépêche qui lui a été envoyée.
- Gr. VI Cl. 65
- Méthode du pont de Wheatsione. — Supposez un losange métallique interposé dans le circuit d’une pile qui le prend par deux sommets opposés, les deux autres sommets étant reliés par une diagonale également métallique. Aux deux bouts de cette diagonale, le potentiel électrique est le même, et on ne constate sur son trajet aucune trace de courant. Ceci posé, reprenons la ligne extérieure et la ligne locale factice, dont il a été question dans la méthode différentielle. A partir de la bifurcation de ces deux lignes, après le manipulateur, choisissons deux points, pris un sur chaque ligne et séparés de la bifurcation par des longueurs de résistances électriques respectivement proportionnelles à celles des lignes elles-mêmes. Réunissons ces deux points par le circuit d’un récepteur à électro-aimant unifilaire ordinaire; prenons des dispositions identiques dans les deux stations correspondantes et faisons transmettre simultanément. Le résultat sera absolument le même que par la méthode différentielle.
- Application de ces dispositions pour duplex. — Les deux dispositions différentielle et du pont ont été appliquées à l’appareil Morse ordinaire, toutes les deux avec succès. L’appareil automatique de Wheatstone semble s’arranger beaucoup mieux de la première, et l’appareil Hughes delà seconde; mais, en ce qui concerne ces deux derniers appareils, dont le débit plus considérable exige l’emploi de courants de compensation de charge et de décharge de la ligne, le rendement n’est pas toujours doublé, si la ligne est un peu longue, parce qu’alors le fonctionnement de ces courants n’est pas aussi facile.
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- Un exposant italien, M. Vianisi, présentait plusieurs systèmes de transmission double en sens inverse très étudiés : dans les uns, l’électro-aimant, récepteur se trouve transporté d’un circuit sur un autre à chaque changement de position du manipulateur; dans les autres, c’est la batterie qui vient se placer, tantôt sur le circuit principal, tantôt sur un circuit secondaire; dans aucun cas, le récepteur n’est actionné par le courant destiné a agir sur l’appareil du correspondant. M. Vianisi n’exposait que des organes de sou système; il ne présentait pas d’appareil monté.
- M. Mandroux (Administration française) exposait un arrangement dans lequel, au repos, les stations correspondantes s’envoient réciproquement des courants de noms contraires, dont les elfels s’ajoutent. A chaque bout, le courant permanent qui en résulte traverse l’une des bobines d’un relais polarisé, dont il retient l’armature sur le contact qui laisse le circuit du récepteur ouvert. Lorsqu’un des postes abaisse son manipulateur, il dérive à la terre une partie de son émission, et le courant permanent de la ligne se trouvant par cela meme affaibli, le relais ferme le circuit du récepteur au poste correspondant; chez lui, au contraire, la deuxième bobine du relais est animée, et son relais ne bouge pas. Lorsque les deux postes abaissent en même temps leurs manipulateurs, le courant est partout affaibli , et les deux relais fonctionnent à la fois. La compensation des courants de charge et de décharge est obtenue à l’aide de bobines d’induction placées dans le circuit principal et dans le circuit dérivé.
- M. Ailhaud a cherché à se passer de condensateurs dans l’application du duplex à l’appareil Hughes, en faisant varier la résistance de la ligne artificielle pendant la transmission de chaque lettre. A cet effet, un frotteur, placé à l’extrémité de l’arbre des cames de l’appareil transmetteur, parcourt à chaque révolution les differents secteurs d’un cercle divisé, qui distribue les résistances locales selon les besoins de l’équilibre à réaliser.
- Le même auteur a modifié avec succès les dispositions de la transmission double par l’appareil à miroir sur les lignes sous-marines. Il a combiné les deux méthodes différentielle et du pont et a fort heureusement distribué sur les diverses parties du circuit les
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- surfaces de condensation, dont la somme utile est considérablement Gr. VI. diminuée.
- Les divers systèmes de transmission double en sens inverse étaient largement représentés dans la classe 65. The British Tele-graph Manufaclory et M. Vianisi présentaient, l’un, un poste Morse complet, installé selon la méthode différentielle; l’autre, des relais et des manipulateurs appropriés aux différentes combinaisons qu’il a imaginées. L’Administration française avait fait installer en duplex les divers appareils qui fonctionnent ainsi sur son réseau.
- 2° Transmission double dans le même sens. Transmission quadruple.
- — La transmission double en sens inverse ne répond pas complètement aux nécessités d’un service d’exploitation. Elle est utile sur les fils très occupés; mais le travail à faire sur ces fils n’est pas toujours également important dans les deux sens; il varie suivant les époques, et même aux différentes heures de la journée. 11 faut donc, pour que le rendement soit doublé, que les deux dépêches qu’on transmet à la fois puissent à volonté marcher parallèlement ou en sens inverse.
- Diverses solutions ont été présentées pour obtenir la transmission double dans le même sens; elles sont basées sur l’envoi de courants de noms contraires ou d’intensité différente. Un télégraphiste français, M. Sieur, exposait une solution nouvelle et très élégante du problème à résoudre.
- Système Sieur. — Un distributeur de courants envoie par seconde vingt émissions positives et vingt émissions négatives alternées.
- Tous ces courants se rendent sur la ligne, en passant, les premiers, par un manipulateur Morse n° î, les seconds, par un manipulateur Morse n° 2. À l’arrivée, ces courants sont reçus par un relais polarisé , muni de deux armatures pouvant fermer les circuits locaux de deux récepteurs n° î etn° 2. Tant que les courants alternés se succèdent dans le relais, les armatures vibrent; mais l’amplitude de ces vibrations n’est pas assez grande, ou elles donnent lieu à des contacts trop courts pour fermer utilement les circuits locaux des récepteurs. 11 n’en est plus de même si on abaisse un des manipu-
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- Gr. VI. lateurs, le n° 1 par exemple; les émissions positives étant interrom-Cl 65 Pues> ^es émissions négatives et le ressort antagoniste concourent à pousser l’armature n° î du relais contre la vis de contact par laquelle le circuit local du récepteur n° î se ferme, et ce récepteur fonctionne. Le récepteur n° 2 fonctionnerait de même si l’on abaissait le manipulateur n° 2. Si l’on abaisse les deux manipulateurs en même temps, les émissions positives et négatives étant interrompues à la fois, les deux récepteurs fonctionnent simultanément.
- En combinant les dispositions qui précèdent avec un arrangement duplex, on peut obtenir une transmission quadruple.
- Un autre exposant français, M. Mercadier, a substitué au distributeur mécanique de M. Sieur un simple diapason, entretenu électriquement-, et dont les vibrations déterminent les émissions alternatives de courants positifs et négatifs.
- 3° Appareils à transmission multiple.—Tandis que, dans les divers arrangements de transmission simultanée que nous venons de passer en revue, les courants émis par les différents transmetteurs peuvent se rencontrer ou ne pas se rencontrer sur la ligne; les appareils à transmissions multiples assignent à chacun un intervalle de temps égal pendant chaque révolution d’un organe distributeur qui tourne constamment. En sorte que chaque employé prépare l’émission de son signal, sans s’inquiéter de ses voisins; ce signal part lorsque l’appareil lui donne passage, et il en résulte une utilisation de la puissance de transmission du fil beaucoup plus grande que celle dont un seul employé pourrait tirer parti. L’iclée du système des transmissions multiples a été très nettement mise en avant par M. Rouvier, dans un projet d’appareil qu’il présentait dès Tannée 1860; mais elle n’a été réalisée qu’en 1872 par un autre télégraphiste, français, M. Meyer.
- Système Meyer.— Imaginons, dans chacune des deux stations correspondantes, un commutateur formé d’un bras tournant au centre d’un disque divisé en six secteurs respectivement reliés à autant d’appareils capables de transmettre ou de recevoir des signaux Morse. Supposons ces deux bras, partis en même temps du
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- même point, animés de mouvements synchroniques et réunis par Gr. VI. le fil de ligne; ils mettront successivement en communication, cl~5 entre les deux stations, les secteurs et les appareils correspondants.
- Les secteurs sont chacun divisés en huit parties, reliées à huit touches d’un clavier manipulateur; en abaissant une seule louche, on fait un point; eu abaissant deux touches voisines, on fait un trait.
- En combinant le jeu des huit clefs, on obtient tous les signaux de l’alphabet Morse. Chaque employé prépare son signal, pendant que les cinq autres transmettent successivement le leur, et six lettres, appartenant à six transmissions distinctes, sont ainsi transmises pendant la durée de chaque révolution du bras distributeur. Nous venons de raisonner sur un appareil sextuple; il pourrait n’être que double ou quadruple; il pourrait aussi être octuple, etc.; il n’y a de limite à cette multiplication des transmissions par un même fil que celle qui est imposée, par la longueur de la ligne, à la rapidité de succession des courants susceptible de donner à l’arrivée des signaux distincts.
- Si les récepteurs employés étaient des récepteurs Morse ordinaires, les lettres transmises seraient trop espacées sur la bande de papier, et la lecture de la dépêche ne serait pas facile. M. Meyer a résolu la difficulté en ayant recours à l’hélice de son appareil autographique. Il partage cette hélice, qui n’a qu’un pas, en six parties égales et met chacun de ces sixièmes à la disposition d’un des six employés, en face de lui, sur le même arbre de rotation, dans la position que chacune de ces fractions d’hélice occuperait pour former ensemble un pas continu, si les intervalles qui les séparent étaient supprimés. Avec cette disposition, chaque fraction de nervure encrée passe en face de sa bande de papier en même temps que le bras du commutateur parcourt le secteur correspondant du distributeur, et les lettres apparaissent au-dessous les unes des autres sur les bandes qui se déroulent perpendiculairement à l’axe de l’arbre des hélices.
- Toutes les émissions de courant s’effectuant séparément, à des moments entièrement distincts, les six transmissions peuvent avoir lieu, à volonté, les unes dans un sens, les autres dans l’autre; ce qui n’a pas lieu avec le duplex ordinaire.
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- Pour corriger les défauts du synchronisme, M. Meyer envoie, à la fin de chaque révolution du distributeur, un courant correcteur, qui modifie la vitesse. Au moyen de rouages satellites, M. Hardy, constructeur des appareils, est arrivé à faire cette correction sans altérer le mouvement du pendule.
- Sur la ligne de Paris à Lyon, longue de 5oo kilomètres, un appareil sextuple du système Meyer fournit couramment un rendement de i5o clépeches de vingt mots à Theure.
- M. Hardy (France) exposait un appareil octuplc du même système, remarquable par sa construction perfectionnée. 11 est probable que cet instrument, malgré le fini de cette construction, mis à la place du sextuple sur la ligne de Paris à Ljon, ne rendrait pas un tiers de plus que lui. L’expérience n’a pas pu être faite, faute d’un second appareil; mais les essais sur le sextuple prouvent qu’on est arrivé, pour la distance en question, à la limite de vitesse du distributeur, et conséquemment aussi à celle de la durée minimum des contacts. L’appareil de M. Hardy conviendrait certainement sur une ligne plus courte très occupée.
- Système Baudot. — L’appareil de M. Baudot (France) est basé, comme celui de M. Meyer, sur la division du temps, et arrive aussi à un grand rendement; mais il offre un autre avantage : au lieu de signaux Morse à traduire, il donne des lettres comme l’appareil Hughes, et conséquemment la dépêche est toute prête à être envoyée au destinataire.
- Comme dans l’appareil Meyer, chaque station possède un distributeur. Le distributeur comprend ici cinq secteurs, en relation avec un même nombre de récepteurs. Les secteurs sont eux-mêmes divisés en cinq parties, respectivement reliées aux cinq touches de transmission de l’appareil correspondant.
- A la station expéditrice, les courants émis par les touches abaissées de l’un des cinq claviers transmetteurs arrivent aux subdivisions correspondantes du secteur attribué à cet appareil, et vont sur la ligne, lorsque le bras du distributeur passe, et leur en ouvre l’issue. A l’arrivée, ces courants agissent sur les électro-aimants de même rang et en déplacent les armatures, qui ne sont sollicitées
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- par aucun ressort et restent conséquemment dans la position que G-r. VI le courant leur fait prendre, jusqu’à ce qu’un courant contraire les ^ rappelle.
- Les cinq touches de chaque manipulateur, selon qu’on les abaissera une aune, deux à deux, trois à trois, etc., permettront d’obtenir 3 1 combinaisons différentes, que répéteront fidèlement les cinq armatures de la série d’électro-aimants correspondante. Ces combinaisons peuvent donner lieu, soit électriquement, soit mécaniquement, à un mouvement effectué à l’un des 3i moments de la révolution d’un mobile ; le mobile est ici une roue autour de laquelle sont gravés 3i types, et le mouvement est l’application contre elle, et au moment voulu, d’une bande de papier, qui avance chaque fois qu’elle est projetée.
- Ainsi, le rôle des courants de ligne, dont le nombre maximum est de cinq, consiste à préparer, par le déplacement des armatures, une combinaison qu’un organe spécial, appelé combinateur, a pour fonction de transformer en une impression lors du passage de la lettre correspondante. Le combinateur, qui est la cheville ouvrière du système, se compose de cinq disques à rayons, tantôt métalliques, tantôt isolants, sur lesquels se meut un frotteur, armé de cinq ressorts, qui tourne synchroniquement avec la roue des types.
- Les armatures des électro-aimants et leurs butoirs forment, avec ces disques et leurs frotteurs, une sorte de commutateur d’un genre particulier, qui ouvre une issue au courant local chargé de produire l’impression, au moment précis où le caractère transmis passe en regard du papier.
- En résumé, le travail préparatoire, c’est-à-dire l’envoi des courants de ligne et le déplacement des armatures qui en résulte, s’accomplit, pour chaque couple de correspondants, pendant un cinquième de révolution du frotteur; au contraire, les effets mécaniques qui déterminent l’impression s’effectuent localement, distinctement, pendant que les quatre autres paires d’appareils occupent à leur tour et successivement le fil unique de la ligne. C’est ainsi qu’on peut transmettre cinq dépêches simultanément, et il est aisé de voir que ces cinq transmissions peuvent se faire, à volonté, dans un sens ou dans l’autre.
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- Gr. VI. Chaque couple a donné ho dépêches à l’heure sur la ligne de
- Paris à Bordeaux, soit 200 dépêches avec une seule lime et dix
- Cl. 65. . , 1 ô
- employés.
- JVI. Baudot l’ait un autre modèle de son appareil, dans lequel les fonctions électriques sont beaucoup simplifiées. Le combinateur devient un organe tout à fait mécanique et commande directement l’impression. Ce modèle n’a pas été exposé en entier.
- Un constructeur autrichien, M. Schæfïler,présentait deux beaux spécimens d’appareils a transmission multiple : l’un, du système Meyer, reproduisant les signaux Morse; l’autre, basé sur le principe du télégraphe Baudot et imprimant quatre dépêches à la fois en caractères typographiques. Ce dernier appareil, désigné sous le nom de multiplex, venait d’être terminé au moment de l’ouverture de l’Exposition et n’avait pas été essayé en ligne.
- APPAREILS ACCESSOIRES.
- 1" Relais.
- Les relais sont employés, soit à renouveler une ou plusieurs fois sur une longue ligne les émissions du courant que la grande résistance du conducteur entier affaiblirait trop, soit à fermer à l’arrivée le circuit d’une pile locale dont l’action est nécessaire pour faire fonctionner un appareil peu sensible, ou pour obtenir un résultat déterminé. Il résulte de cette définition que le relais doit être en général un instrument sensible ou fonctionnant dans des conditions spéciales.
- On remarquait à l’Exposition de très beaux modèles des relais de Froment, de Wheatstone, de Siemens, de llipp, déjà connus en 1867.
- Le relais de M. Meyer est basé sur la disposition de l’électro-aimant de M. Hughes. Au repos, l’armature mobile est au contact et en équilibre sous les actions combinées d’un ressort et de la polarité du noyau. L’envoi d’un courant faible, contraire à cette polarité, suffit pour détruire l’équilibre. En faisant une armature et un noyau très petits, M. Meyer a réalisé un relais très sensible,
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- dans lequel le magnétisme rémanent est insignifiant et qui est ca- Gr. VI nable d’exécuter 120 oscillations par seconde.
- A 1 0g
- Dans le relais de M. d’Arlincourt, l’électro-aimant porte deux armatures polarisées, situées à ses extrémités opposées. Tant que les courants de ligne se succèdent sans interruption, les deux palettes se meuvent simultanément; mais, lorsque les courants viennent à cesser, la deuxième palette est attirée une fois de plus que la première, puis aussitôt repoussée dans sa position normale.
- Dans son appareil autographique, M. d’Arlincourt utilise ce battement supplémentaire pour décharger la ligne, et peut ainsi enregistrer jusqu’à i5o traces à la seconde. Dans son appareil imprimeur, il se sert du même battement pour commander son circuit local, pendant un temps très court, aussitôt que le courant (je ligne a amené la roue des types dans la position d’impression.
- Le relais de M. Sieur est indiqué dans la description de son système de transmission dans le même sens.
- Pour enregistrer, à l’aide d’un appareil Morse, les signaux acoustiques de son télégraphe harmonique, M. Elisha Gray fait actionner par chaque électro-aimant récepteur une petite tige vibrante, qui transmet à un petit levier très léger les trépidations quelle subit elle-même. Mais ces deux organes n’étant pas accordés à l’unisson, le contact métallique est irrégulier; il ne devient intime que lorsque l’oscillation de la tige acquiert une certaine amplitude, ce qui n’a lieu que lorsque, l’employé correspondant abaissant son manipulateur, le courant augmente sur la ligne.
- M. Tomasi a cherché une forme de relais qui lui permît de lixer sur le papier les signaux produits par les courants faibles transmis à travers les longs cables sous-marins. Son appareil est formé d’un puissant électro-aimant recourbé, dont les pôles, rapprochés et placés en regard, développent entre eux un champ magnétique très étroit, dans lequel se meut un tout petit barreau aimanté, d’une grande légèreté. Les effets attractifs et répulsifs s’ajoutent pour faire pivoter ce barreau, qui obéit ainsi à l’action de courants excessivement faibles, et est ramené dans la position parallèle aux surfaces polaires, par un fort aimant directeur, qui Tv maintient à l’état de repos. Cette disposition permet en outre au Classe 65. 3
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- Gr. vi. barreau de se mouvoir avec une grande rapidité. M. Tomasi a pu
- „ faire fonctionner son relais avec un seul élément de pile à travers Cl. 65. L
- une planche représentant une résistance de 5,ooo kilomètres de
- fil de fer de quatre millimètres.
- Dans le relais de M. Dutertre, ce sont les noyaux eux-mêmes qui se déplacent. Les bobines sont verticales, et les noyaux, reliés à leur base par une culasse, pivotent entre deux pointes. Un ressort les sollicite vers la position de repos.
- Le relais à mercure de sir Ch. Wheatstone est la dernière des nombreuses inventions de cet éminent physicien. Le principe de cet appareil est emprunté à Erman, qui constata, dès 1809, qu’un globule de mercure se déplace sous l’action d’un courant. YVheat-slone introduit dans un tube capillaire en U une série de globules d’eau acidulée; le passage d’un courant dans ce conducteur mixte le déplace dans un sens ou dans l’autre, suivant qu’il est positif ou négatif, et peut conséquemment ouvrir ou fermer un circuit.
- 2° Sonneries.
- La forme des sonneries à trembleur 11’a pas varié depuis 1 8(17 ; leur construction seule a été améliorée. Citons pourtant une modification de M. Bourseui, consistant à polariser Télectro-ainiant de manière à ce que l’appareil ne puisse fonctionner que sous l’action d’un courant de ligne déterminé, ce qui permet d’appeler à volonté l’un des deux postes situés sur un même fil sans déranger l’autre. La sonnerie à rouage de M. Bernier renvoie automatiquement à la station d’où émane l’appel une série de courants dont le nombre indique le rang de la gare qui l’a reçu; cet appareil figurait déjà à l’Exposition de 1867.
- 3° Rappels par inversion de courant.
- On place ordinairement deux postes municipaux sur un même fil, à l’extrémité duquel se trouve le bureau de l’Etat, qui les commande et qui doit pouvoir se mettre en rapport avec chacun d’eux sans déranger l’autre. A cet effet, chaque station municipale est munie d’un électro-aimant, dont l’armature polarisée, massive, produitj en frappant contre son buttoir, Un bruit suffisant pour
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- permettre de lire au son et à quelque distance. Cette palette ferme Gr. VI. aussi le circuit local de la sonnerie, que l’employé peut entendre, lorsqu’il n’est pas dans la salle des appareils. Si les deux électroaimants sont orientés en sens inverse, le bureau de l’État pourra entrer en relation avec l’un ou l’autre des postes municipaux, selon le sens du courant qu’il emploiera.
- Parmi les appareils de ce genre figurant à l’Exposition, un seul, celui de MM. Grassi et Beux, présente une disposition nouvelle; l’aimant permanent est ici remplacé par une bobine dont le noyau mobile forme Tune des armatures de Télectro-aimant de ligne, et n’entre en fonction que lorsque celui-ci est traversé par un courant de sens déterminé. Une deuxième armature, qui fonctionne, quel que soit le sens du courant reçu, complète le circuitlocçd de la sonnerie. Bien que cette disposition offre quelques avantages spéciaux, sa complication relative nous paraît devoir être un obstacle à sa généralisation.
- 4° Rhéotome liquide.
- En 1875, M. Ducrêtet signala une remarquable propriété de l’aluminium, qui, placé dans un voltamètre en présence d’un métal différent, ne laisse passer facilement le courant se dirigeant vers l’autre électrode que si ce courant est négatif: il lui oppose, s’il est positif, une résistance considérable. M. Gaela construit, sur cette donnée, un rhéotome liquide très simple, pouvant servir au rappel des postes municipaux. L’appareil est un vase de petites dimensions contenant une dissolution de bichromate de potasse, dans laquelle sont plongées, en regard Tune de l’autre, une lame de platine et une lame d’aluminium. Celle-ci est en relation avec la ligne, celle-là aboutit à une sonnerie. Lorsque le courant est positif, la résistance qu’il éprouve à passer de Taluminium au liquide est énorme, et la sonnerie est muette; s’il est négatif, la rér sistance anormale n’existe plus, et la sonnerie fonctionne. Outre la simplicité de la construction, ce système offre encore l’avantage cl’accroître d’autant plus l’intensité du courant reçu par la station appelée que l’autre lui oppose un plus grand obstacle sur le circuit dérivé.
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- 5" Indicateurs d’appel.
- On dessert ordinairement plusieurs lignes à l’aide d’une meme sonnerie. Pour reconnaître le fil qui a appelé, on intercale alors entre ceux-ci et la sonnerie un relais dont l’armature fait apparaître un indice semblable à ceux des tableaux d’appartement. Tels sont les indicateurs d’appel exposés par M. Bréguet. Dans le cas d’une ligne municipale, la difficulté n’est pas ainsi résolue, car il ne s’agit plus seulement de savoir quel est le (il qui a appelé, mais encore quel est celui des deux postes placés sur le même fil. Un fonctionnaire de l’Administration française, M. Lorin, a résolu le problème à l’aide d’un électro-aimant Hughes, muni de deux armatures, dont l’une fonctionne sous l’influence du courant positif, qui est celui du premier poste, et l’autre, sous l’action du courant négatif, qui est celui du second.
- 6" Galvanomètres.
- Bien que chaque pays, chaque exposant même ait sa forme de galvanomètre, les appareils de cette catégorie exposés dans la classe G 5 ne présentaient rien d’assez particulier pour fixer l’attention. Nous ne parlons ici, bien entendu, que des galvanoscopes, qui servent simplement à constater le passage du courant, et non des galvanomètres de précision, qui se trouvent classés parmi les appareils de mesure électrique.
- rj" Commutateurs.
- 11 en est à peu près de même des commutateurs. Signalons pourtant ceux qui sont en usage depuis une douzaine d’années dans les grands bureaux télégraphiques français, et que l’on désigne sous le nom de commutateurs muraux. Celui qui desservait tous les appareils exposés par l’Administration française était disposé pour cent fils. Tous ces conducteurs entraient par le centre d’un panneau vertical et s’épanouissaient vers la circonférence, où ils allaient se raccorder aux bornes électriques en relation permanente avec les appareils et les batteries. Cette forme de commutateur, très commode à manier, évite les doubles emplois et rend les
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- erreurs très rares. Au centre du panneau, et sur un disque mobile recouvrant l’ouverture donnant accès aux fils, était adapté un galvanomètre de précision, à circuit variable, destiné aux expériences à faire sur les lignes. Dans un autre genre et pour une autre destination, M. Bourseul exposait un commutateur inverseur à quatre branches, qui se manœuvre d’un seul coup, à l’aide d’une clef à double contact, d’une forme spéciale. Mentionnons enfin, bien qu’ils n’aient pas encore été appliqués à des usages télégraphiques, deux commutateurs à mercure, en vases clos à cloisons perforées, dont l’un, de MM. Napoliet Leclanché, ferme, à chaque révolution du mobile qui le commande, le circuit de la pile, et l’autre, imaginé par M. Lartigue, ne fonctionne que si le mouvement d’oscillation de l’organe dont il dépend s’effectue lentement; s’il se déplace brusquement, la nappe mercurielle s’écoule dans le deuxième compartiment en franchissant la cloison et n’atteint pas les contacts qu’elle doit réunir pour compléter le circuit de relais. Le premier de ces commutateurs a été créé pour les besoins de l’horlogerie électrique; le deuxième, pour les besoins de la machinerie de l’Opéra.
- Gr. VI. Cl. 65.
- 8° Paratonnerres.
- Toutes les variétés connues de paratonnerres étaient représentées dans les différentes sections de la classe 65. Les pointes, le croisement des plaques striées, réchauffement des fils tenus et résistants, la propriété que possède l’étincelle électrique de traverser les corps mauvais conducteurs de faible épaisseur, tous ces principes ou dispositions déjà connus étaient combinés dans les modèles exposés, pour la plupart bien établis, mais ne comportant aucune mention spéciale.
- 9° Appareils de mesure électrique.
- De beaux spécimens des différents types de galvanomètres de précision, notamment de ceux du système Thomson, étaient exposés dans les sections anglaise et française. La construction de ces appareils si délicats et si sensibles est arrivée à un grand degré île perfection. Il en est de meme des caisses de résistance, rhéo-
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- Gr. VI. stats,ponts deWheatstone, shunts (dérivations), dont, l’étalonnage exige les soins les plus minutieux. L’Angleterre, la France et la Suisse exposaient seules ces derniers instruments. La fabrication des condensateurs est encore plus limitée; on n’en trouvait que dans les sections anglaise et française. Avec le mica ou le papier paraffiné, on est parvenu à leur donner, sous de petits volumes, des surfaces considérables.
- Il convient d’indiquer ici les exposants de ces divers appareils.
- Galvanomètres. — MM. Siemens frères, The British Telegraph Manufactory (Angleterre), Bramao (Portugal), Digney frères, Postel-Vinay, Gailfe, Administration des télégraphes (France).
- Rhéostats , Ponts de Wheatstone , Shunts. — MM. Gaiffe, Postel, Administration des télégraphes (France), Siemens, The British Telegraph Manufactory (Angleterre). Cette dernière maison présentait un shunt dont la disposition permet de maintenir constante la résistance réduite de l’ensemble du galvanomètre et de sa dérivation, quelle que soit la valeur de celle-ci, ce qui simplifie les calculs à faire.
- Condensateurs. — Siemens frères, The British Telegraph Manufactory (Angleterre), Gaiffe, Lagarde (France).
- Parmi les appareils de mesure électrique, nous devons signaler la balance électro-magnétique de M. Charles, chef des ateliers de l’Administration française. Elle permet d’apprécier, soit en poids, soit par comparaison, la force des électro-aimants, l’intensité magnétique des aimants permanents et celle des barreaux de fer doux passagèrement aimantés, le magnétisme rémanent, etc. Cet appareil se prête, comme on le voit, aux recherches les plus variées.
- Applications diverses. — Les procédés électriques sont appliqués aujourd’hui sur une très grande échelle :
- i° Par les chemins de fer, à la transmission des signaux de sécurité, à la manœuvre des disques, à l’enregistrement du passage des trains, à la détermination de leur vitesse ou à l’indication de leur position sur la ligne, au contrôle du jeu des aiguilles, à la
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- mise en communication des voyageurs avec le chef du convoi, à prévenir automatiquement le mécanicien lorsqu’il passe devant un disque à l’arrêt, en faisant fonctionner un sifflet puissant actionné par sa propre machine ;
- 2° Dans la marine, à transmettre les ordres du commandant d’un navire aux divers chefs de manœuvre, placés parfois hors de la portée de sa voix; pour révéler des voies d’eau, pour mesurer la vitesse du bâtiment ou préciser le sens de sa marche;
- 3° Dans les villes, pour les besoins de la police, pour signaler des incendies;
- 4° Dans le service des eaux, pour annoncer les crues des fleuves et des rivières ;
- 5° Dans l’industrie ou chez les particuliers, pour latransmissiotn d’ordres ou pour de simples appels.
- Des appareils construits en vue de ces nombreuses applications de l’électricité étaient représentés dans les diverses sections des classes i 5, 6 A et fi 5, qui avaient plusieurs points communs. La nomenclature suivante donne une idée de la variété et de l’importance de ces applications.
- Système pour la mise en communication de diverses voitures d’un convoi avec le chef de train.................
- Société des chemins de fer romains. Mors (France).
- Disque électro-magnétique se manœuvrant à distance.....................
- Société autrichienne des chemins de fer de l’État.
- Lartigue (France).
- Mise en communication permanente d’un train en marche avec les différentes stations..................
- Rrunius (Suède), (France).
- De Baillehache
- Indicateur électrique faisant connaître )
- à distance le sens de la marche d’un > Castelli Rasilio (Italie), convoi et sa position sur la ligne.. . )
- iSchæiïler (Autriche), Pestch (Varsovie), Brunius(Suède), Régnault (France).
- Appareil contrôleur et reproducteur du ) Compagnie des chemins de fer de la jeu des aiguilles d’une voie ferrée. . j Haute-Italie.
- Gr. VL Cl. 65,
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- Gt. VI.
- Cl. 65.
- Appareil contrôleur de la vitesse des | trains................................)
- Hipp (Suisse).
- Sifflet électro-automoteur placé sur la \ machine et fonctionnant sous l’action i de la vapeur lorsque le train passe f devant un disque à l’arrêt. Ce sifflet [ est commandé par une pile située \ près du disque.......................y
- Lartigue (France).
- Indication du sens de la marche et de la vitesse des navires.................
- Ministère de la marine (Italie).
- Transmetteurs d’ordres à bord des na- ( Ministère de la marine (Ilalie). vires, par l’électricité...........j Sortais (France).
- Télégraphe permettant la transmission j d’un certain nombre de phrases con- > venues à l’avance.....................)
- Debayeux, Boivin (France), De Vos (Belgique).
- Révélateur des voies d’eau dans les na- ) 0 .
- ; Sortais,
- Limnimètre et limnigraphe, appareils j
- mesurant et enregistrant le niveau > Hasler et Fsclier (Suisse), de l’eau dans les lacs, rivières, etc. J
- Enregislrementdes vibrations effectuées | par les diapasons...................)
- Mercadier (France).
- Chronographe électrique...............) XT. ,c . ,
- Régulateur de précision...............\ HlW’ (Su,sse)'
- „ , ( The British Teleijraph Manufaclnri/
- Compteur de tours magnétique...........j (Angleterre).
- „ , „ . ( Siemens frères (Londres), Germain
- Pyrometres électriques................| (France)
- Manomètre avertisseur à maxima et mi- ) ^ ,r /T> I . ,
- } De Vos (Belgique). nima...............................) v & 1 1
- Paratonnerres de systèmes divers pour ( Jarriant, Mors, Callaud, Collin, édifices..............................) Grenet (France).
- Anémomètres électriques................| Hardy (France),Schælller(Autriche).
- Cible électrique indiquant la position j
- des coups et les totalisant par caté- \ Boivin (France), gories...............................)
- Appareils permettant de donner l’a- j Collin, Petit (France), De Vos (Bel-larme en cas d’incendie..................j gique).
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- MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DE LA TÉLÉGRAPHIE. Al
- Révélateurs automatiques des commen- \
- cements d’incendie. Ces appareils I Anglin (Suède), Cloris Baudet, sont fondés sur la dilatation des mé- ( Mildé, Leblanc (France), taux...............................)
- Appareils scrutateurs des voles, à Pu- ) Roncalli (Italie), Mildé, Debayeux, sage des assemblées...................\ Clérac et Guichenot (France).
- Serrures électriques de sûreté........
- Exploseurs pour mines, torpilles, etc.
- Tableaux indicateurs de divers systèmes : sonneries d’appartement, etc.
- Manœuvre électrique des robinets d’eau et de gaz............................
- Meardi (Italie).
- The British Telegrapk Manufactory (Angleterre), Bréguet (France).
- Gravenger (Grèce), Zimdars (Angleterre), De Vos (Belgique ), Boi vin, Douce, Mildé, Mors, Clément, Pelletier, Jarriant (France).
- Cuchel.
- PILES.
- Les piles qui figuraient à l’Exposition se faisaient remarquer plutôt par leurs dispositions variées que par l’application de principes nouveaux. Du reste, il faut en général si peu de force pour faire marcher un télégraphe, que la meilleure pile télégraphique est celle qui se maintient le plus longtemps et donne lieu aux opérations les plus simples comme entretien. La question de force est pour ainsi dire tout à fait secondaire.
- i° Piles au sulfate de cuivre.
- Un exposant italien, M. Castelli, présentait une forme de pile au sulfate de cuivre ayant pour but de rendre plus lent le mélange des liquides. Dans cet élément, le cylindre de zinc plonge dans l’eau du vase extérieur et .enveloppe une sorte de récipient en terre, dont le tour et le fond sont vernis. La face supérieure de ce récipient est seule perméable; elle est percée d’un trou, qui sert à la fois à l’introduction du liquide saturé de sulfate de cuivre et au passage de l’électrode positive.
- Gr. VI Cl. 65
- Pile Callaud. — M. Callaud (France) avait rassemblé les différents modèles créés par lui et actuellement en usage dans divers
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- Gr. VI. pays. Les couples ne diffèrent d’ailleurs entre eux que par la forme Cl 65 ^ec^ro^os^ Z*I1C es*'’ dans ^es uns’ un Risque plein ou évidé; dans les autres, un cylindre ou meme un simple fil enroulé sur lui-même, etc...; l’électrode positive se termine, soit par une mince plaque de cuivre de forme variable, soit par une spirale de même métal.
- L’Administration française, qui emploie la pile Callaud pour desservir simultanément un certain nombre de lignes, a créé pour ce cas spécial un modèle de zinc de grandes dimensions recourbé en spirale. Cette grande surface de l’électrode positive diminue la résistance de l’élément, condition essentielle de bon fonctionnement dans le cas dont il s’agit.
- L’Administration italienne présentait un vase à col étranglé permettant de supporter le zinc sans le secours d’attacbes auxiliaires et rendant plus difficile le mélange des liquides. Cette disposition, qui a pour effet d’accroître la résistance de la pile, est bonne dans le cas où cette résistance peut être négligée.
- M. Ubiccini (Italie) a remplacé le cuivre par le plomb dans la confection de l’électrode positive. Ce dernier métal pouvant traverser les liquides sans être sensiblement attaqué, on se dispense de l’enduire d’une substance isolante. Il y a lieu de faire des réserves quant aux bons résultats de cette disposition, qui tend à faire travailler l’élément sur lui-même.
- M. Bréguet exposait plusieurs couples Thomson dont la résistance est à peu près nulle. Chacun de ces éléments se compose d’une cuvette en bois, de forme carrée, enduite d’une substance isolante, et ayant environ Ao centimètres de côté sur 5 à 6 de hauteur. Le fond de ce récipient est garni, sur toute sa surface, d’une feuille de cuivre servant d’électrode positive. L’électrode négative est formée par une grille en zinc, de mêmes dimensions, placée à 3 centimètres environ au-dessus de la précédente. Des cristaux de sulfate garnissent la plaque de cuivre; le liquide saturé baigne le tout. Ces cuvettes se superposent, le cuivre de chacune d’elles étant relié extérieurement au zinc de la suivante.
- La vitrine de M. Bréguet renfermait aussi un spécimen du couple Trouvé, dans lequel les électrodes zinc et cuivre sont réu-
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- nies par une couche cle papier sans colle, préalablement imprégné Gr. VI. de sulfate de cuivre. Pour mettre ces éléments en action, il suffît d’humecter le papier. C’est, on le voit, une pile presque sèche; sa résistance est grande, mais la pile est facile à transporter, ce qui permettrait de l’employer à l’extérieur, dans les opérations militaires, par exemple.
- Les piles au sulfate de cuivre sont en général très constantes.
- Nous prendrons leur force électro-motrice pour unité; c’est ce qui se fait habituellement.
- 2° Piles au bichromate de potasse.
- La force électro-motrice de la pile au bichromate de potasse, imaginée par Poggendorff, est de 1,8 à 1,9. Malheureusement sa constance laisse beaucoup à désirer. C’est à lui procurer’ cette qualité essentielle que se sont surtout attachés les nombreux inventeurs qui ont tenté de la perfectionner. Ils y sont parvenus plus ou moins complètement soit en établissant une circulation du liquide, qui filtre goutte à goutte sur le zinc et le charbon, et se renouvelle sans cesse, soit en mélangeant la dissolution de bichromate de potasse avec d’autres substances capables d’empêcher les dépôts qui se forment sur le charbon. Le premier de ces types ne figurait pas à l’Exposition; le deuxième y était représenté par des éléments de M. Cloris Baudet, au bichromate de potasse et au chlorure de sodium, et par d’autres, de M. Delaurier (France), toujours au bichromate de potasse, mais avec du sulfate de fer et du sulfate de soude en proportions déterminées. Les différentes formes de cette deuxième batterie étaient réunies dans la vitrine de M. Guérot, le concessionnaire du brevet Delaurier.
- Une autre disposition de la pile au bichromate de potasse, due à M.Fuller, était exposée par The British Telegraph Manufactory. Dans ce modèle, le liquide dépolarisateur est placé dans le vase extérieur, ainsi que le prisme de charbon; le vase poreux contient un bâton fie zinc dont le pied plonge dans une couche de mercure de 1 à 2 centimètres de hauteur; le reste de ce vase est rempli d’eau acidulée.
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- Gr. VI.
- — H ’ Piles au peroxyde de manganèse.
- Cl. 65.
- Le peroxyde de manganèse a été utilisé, il y a longtemps déjà, dans la confection des piles, notamment par de la Rive; mais c’est M. Leclanché qui, en combinant l’action de ce corps avec celle du chlorhydrate d’ammoniaque et en déterminant exactement les conditions de son emploi, est arrivé à faire un appareil très pratique. On sait que, dans cette disposition, le peroxyde, concassé et mélangé avec une égale quantité de charbon de cornue, est placé dans un vase poreux, autour d’un prisme de charbon : le zinc, une simple baguette, est immergé dans l’eau du vase extérieur, saturé de sel ammoniac. Les différents modèles de cette batterie étaient exposés par M. Barbier, associé de M. Leclanché. L’un d’eux, de grande dimension, destiné à la manœuvre des disques de chemins de fer, contient du bisulfate d’ammoniaque au lieu de chlorhydrate : celte combinaison aurait pour effet, selon l’inventeur, de diminuer la résistance du couple, tout en augmentant légèrement sa force électro-motrice.
- M. Mors (France) présentait une pile de ce type disposée à la façon de celles de Callaud; le manganèse placé au fond du vase en verre est en contact avec le charbon et l’électrode positive. Le zinc occupe la partie supérieure du récipient. Le tout baigne dans une dissolution de sel ammoniac. Cet arrangement est de M. Prud’homme.
- M. Gaiffe, autre exposant de la section française, a donné à la pile au manganèse une disposition originale : le vase en verre poreux est ici remplacé par un cylindre en charbon de cornue perméable, formant l’électrode positive, et dans lequel sont pratiqués des trous percés dans le sens de l’axe : le peroxyde de manganèse est introduit dans ces cavités. Le bâton de zinc est placé dans le vase extérieur, dont l’eau contient i5 à 20 p. 0/0 de son poids de chlorure de zinc neutre. M. Gaiffe attribue à ce couple une grande constance. Une fois épuisé, il se recharge facilement.
- Depuis trois ans environ, M. Leclanché fait une agglomération de charbon et de peroxyde de manganèse, qu’il place en bloc dans le vase en verre contenant le sel ammoniac et le zinc; L’aggiomé-
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- ration se fait sous une pression de deux ou trois cents atmosphères, à l’aide d’un corps liant, de la gomme laque. Un prisme de charbon , emprisonné dans la masse dépolarisatrice, constitue l’électrode positive de l’élément. On ajoute à ce mélange une petite quantité de bisulfate de potasse pour le rendre conducteur. Des modèles variés de cette pile étaient exposés par M. Barbier.
- La force électro-motrice des différentes piles au peroxyde de manganèse est sensiblement la meme; elle oscille entre i,A et 1,5. Quant à leur résistance, elle varie naturellement avec la forme et les dimensions du couple. Elle n’est pas plus grande d’ailleurs avec les agglomérés que dans les autres modèles. Ces piles se polarisent assez vite, lorsqu’on les surmène; mais elles reprennent leur énergie après un temps de repos proportionné au travail qu’elles ont accompli.
- h" Piles au sulfate d’oxydule de mercure.
- Elles sont dues à M. Marié-Davv. Leur force électro-motrice est d’environ i,A5. Leur constance dépend à la fois du travail qu’on leur fait faire et de l’état de pureté du sulfate, qui doit toujours être un peu acide. Mais ces conditions sont difficiles à remplir : le sulfate d’oxydule du commerce est rarement pur, et l’acide libre disparaît. La pâte, se tassant dans le vase poreux, forme alors une masse difficilement perméable et peu conductrice.
- Un électricien de l’Administration française, M. Beaufils, est arrivé à remédier à ces divers inconvénients en mélangeant le sel mercuriel avec du charbon de cornue concassé. Dans cet état, le corps dépolarisateur, qui se laisse aisément pénétrer, présente, sous un petit volume, une surface considérable, et absorbe rapidement l’hydrogène. Cette disposition diminue beaucoup la résistance, et la même pile peut desservir plusieurs fils à la fois.
- M. Beaufils a été suivi dans celte voie par un autre exposant, M. Douce, qui ajoute à l’eau du vase extérieur une petite quantité de chlorhydrate d’ammoniaque.
- M. Beaufils s’est aussi proposé de réaliser, â l’aide du sulfate de mercure, une pile à dépolarisateur solide, et conséquemment portative. A cet effet, il compose avec ce sel, de la poussière de charbon
- Gr. VI Cl. 65
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- k 6
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- de cornue et delà paraffine, une pâte, qu’il moule à chaud autour d’une baguette de charbon. Une fois refroidi, ce bloc acquiert une grande consistance. La masse ainsi formée est suffisamment poreuse, et sa conductibilité, assez grande dès le début, augmente encore à mesure que, le sel se réduisant, le mercure métallique se dépose dans les cellules du bloc.
- 5° Piles au chlorure d’argent ammoniacal.
- Les piles au chlorure d’argent sont depuis longtemps déjà employées dans les applications médicales. Celle qui était exposée par MM. Guénot et Dubois (France) est formée cl’un cylindre de chlorure d’argent, autour duquel un lil de zinc est enroulé en spirale. Ces deux éléments constitutifs du couple sont séparés l’un de l’autre par un manchon de papier imprégné d’eau. Le chlorure d’argent d’un couple est relié au zinc du couple suivant par un lil de platine. Le très petit volume de cette batterie la rend précieuse pour certains u sages. Sa force électro-motrice, très faible, n’est que de o, y.
- 6° Piles diverses.
- Outre les piles dont nous venons de parler, la classe 65 comprenait encore diverses batteries exposées par M. Leyris. Il subira de définir leur composition pour montrer leur peu d’aptitude aux usages télégraphiques: pile à coton oxygéné, préparé par les acides azotique et sulfurique; pile au chlorure de manganèse; pile à acide chloreux exigeant un écoulement constant d’acide sur du chlorure de chaux, etc.
- 7° Pile thermo-électrique.
- A part la pile Clarnond, qui ne figurait pas dans la classe 65, il est peu de batteries thermo-électriques assez énergiques pour satisfaire aux besoins télégraphiques. C’est donc plutôt comme instrument de laboratoire que comme appareil de transmission que nous notons la pile de ce système construite et exposée par M. Delaurier. Les couples, superposés et convenablement isolés entre eux, sont formés par des alliages de métaux purs : antimoine-zinc, cuivre-zinc. Ces éléments forment un cercle au centre duquel
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- MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DE LA TÉLÉGRAPHIE. 47
- aboutissent toutes les soudures d’une même série, tandis que Gr. VI. celles de la série opposée émergent à la surface extérieure du cylindre.
- 8° Machines magnéto-électriques.
- Les machines magnéto-électriques, qui ont fait pendant ces dernières années des progrès si marqués, avaient été rattachées aux classes 15 et 2 7. La classe 6 5 n’en comprenait que deux : l’une du système Gramme, exposée par M. Bréguet (France); l’autre, du système Siemens, présentée par l’inventeur (section anglaise), et encore ces types n’avaient-ils pas été construits en vue des transmissions télégraphiques.
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- Gr. VI.
- Cl. 65.
- CHAPITRE II.
- LIGMÎS TÉLÉGHAlMIIQlliS.
- Les lignes télégraphiques sont aériennes, souterraines, sousina rines, pneumatiques, optiques, acoustiques, etc.
- i“ Lignes aériennes.
- Les lignes télégraphiques aériennes sont formées de trois éléments essentiels : les fils, les isolateurs et les poteaux.
- Fils. — Les lils sont généralement en fer galvanisé; leur diamètre varie depuis 3 jusqu’à 5 millimètres, selon la longueur de la ligne. Dans certains cas spéciaux, où le fil doit subir une traction considérable, on remplace le fer par l’acier ou par le métal fabriqué, depuis quelques années, sous le nom de fer homogène. Les fds de fer employés doivent satisfaire aux conditions suivantes : conductibilité électrique aussi élevée que le fer de bonne qualité le comporte, résistance à une traction de ko kilogrammes environ par millimètre carré, malléabilité, galvanisation très adhérente. Ces qualités se trouvaient réunies dans les spécimens exposés par la Compagnie des forges de Franche-Comté et par l’Administration française des télégraphes. Il est regrettable que les nations étrangères, et notamment l’Angleterre, la Suède, la Belgique, où la métallurgie est à bon droit si renommée, n’aient envoyé à l’Exposition aucun échantillon de fd de fer télégraphique. L’Administration française présentait aussi quelques couronnes de fd d’acier et de fer homogène, dont la résistance à la traction dépasse 8o kilogrammes par millimètre carré. Ces fils provenaient des usines de la Nièvre.
- Dans ces dernières années, on a songé à utiliser les qualités respectives du cuivre et de l’acier en associant ces deux métaux dans la composition des conducteurs télégraphiques. Pour cela, on enroule un ruban de cuivre élamé autour d’un fil d’acier, et
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- l’on soumet le tout au tréfilage. Ce type de conducteur réunit les G-r. VI. avantages cherchés de haute conductibilité électrique et de résis- C1~5 tance considérable à la traction: mais les expériences auxquelles il a été soumis n’ont pas suffisamment prouvé que l’adhérence des deux métaux doive se maintenir. MM. Siemens frères, de Londres, qui le fabriquent en Angleterre, en avaient envoyé de beaux échantillons; l’Administration française en exposait également une couronne fabriquée en France et qui avait servi pendant un an.
- Mode de raccordement des fis aériens. — Le raccordement des fils constitue une opération assez délicate; la conductibilité de la ligne est grandement intéressée à ce qu’il- se fasse dans de bonnes conditions. M. Baron exposait le joint adopté depuis plusieurs années sur les lignes françaises. Ce joint est formé à l’aide d’un manchon en fer galvanisé, dans lequel on engage les extrémités recourbées des fils à raccorder; une ouverture pratiquée au centre du manchon permet d’y couler de la soudure et d’obtenir ainsi un bloc 1res solide, assurant un contact métallique entre les deux sections du fil.
- Isolateurs. — De toutes les substances qui ont été employées dans la fabrication des isolateurs, la porcelaine émaillée est celle qui a donné les meilleurs résultats. Mais les matières les plus isolantes conduisent par leur surface, lorsque cette surface est salie et humide, et c’est ce qui arrive nécessairement à la surface de tous les isolateurs exposés à l’air libre sur les lignes aériennes.
- C’est pour cela qu’on leur donne la forme d’une cloche simple ou double, suivant l’importance de l’isolement à obtenir; l’intérieur de la cloche n’est pas mouillé, et l’appareil isole mieux par tous les temps.
- Presque tous les types d’isolateurs en porcelaine en usage en Europe étaient représentés dans la classe fi5, tant dans la section française que dans les sections étrangères. Parmi les exposants du matériel de ce genre, nous citerons : MM. Hache et Pepin-Lehal-leur, Pillivuyt, Guérin (France) ; Siemens frères (Angleterre) ; Recin et Bratt (Suède); l’Administration télégraphique (France); l’Office télégraphique de Victoria (Australie); l’Administration italienne.
- Classe 65.
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- II est quelquefois nécessaire de mettre les isolateurs à i’abri d’accidents possibles ou de les protéger contre la malveillance. On les revêt alors d’une cloche extérieure en fonte ou en tôle. Tels sont les modèles exposés par MM. Siemens frères (Angleterre), hagarde et Paris (France). L’isolateur Paris se distingue encore par une autre particularité : il est formé de deux parties indépendantes, dont l’une, fixe, terminée par un cylindre en tôle, adhère au poteau; l’autre, mobile, porte la cloche isolante en verre et le crochet de suspension du fil. Cette dernière partie s’engage à baïonnette dans la première; elle peut être démontée à volonté pour le nettoyage de l’isolateur.
- Le mode d’arrêtage du fil conducteur sur les points d’appui a été étudié dans différents pays. En Angleterre, MM. Siemens adaptent, dans ce but, aux têtes de fonte de leurs isolateurs un système de cames qui pincent le fil, et dont le serrage augmente avec la tension de celui-ci. Ils emploient aussi des coins pour fixer le conducteur, engagé préalablement dans une rainure droite ménagée dans la fonte. En Suède, MM. llecin et Bratt coiffent les isolateurs d’une forte calotte métallique portant deux chevilles, qui forcent le fil passant entre elles et le centre du support à se plier sous un angle assez vif pour empêcher le glissement. En France, enfin, M. Clérac obtient l’arrêt du fil en l’engageant simplement dans une rainure courbe pratiquée dans la tête des isolateurs en porcelaine ; le rayon de cette courbe varie selon la dimension du support.
- Dans certains cas spéciaux, pour la télégraphie militaire par exemple, il est plus avantageux d’employer le caoutchouc dans la confection des isolateurs. Cette substance, moins fragile et plus légère que la porcelaine ou le verre, isole aussi bien, mais elle est d’un prix plus élevé. Deux fabricants, MM. Pavoux, de Bruxelles, et Ménier, de Paris, exposaient des types d’isolateurs en caoutchouc durci très bien établis.
- Signalons enfin un nouveau système d’isolateur imaginé par MM. Johnson et Philips, de Londres, et exposé dans la vitrine de M. Desgoffe. Dans ce modèle, le bord de la cloche en porcelaine, recourbé intérieurement, forme une cavité qu’on remplit d’un
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- liquide isolant, d’huile de naphte par exemple; la nappe fluide, Gr. VI ainsi placée sur le trajet des dérivations de perte, aurait pour effet de leur opposer une résistance presque infranchissable. Il est certain que la surface des cloches s’humecte même à l’intérieur par les temps humides.
- Consoles. — Les isolateurs sont fixés aux poteaux par des consoles en fer ou en acier, dont la forme et les dimensions varient avec celles des porcelaines. Ces supports doivent satisfaire à des conditions de solidité qui nécessitent l’emploi de matières d’excellente qualité. MM. Siemens, la Société concessionnaire de la patente Nutt-Bott (Angleterre), MM. Recin et Bratt (Suède), la Société des forges de Franche-Comté, MM. Vauzelle, enfin l’Administration télégraphique (France), en exposaient des spécirrçens variés.
- Poteaux en bois. — Les poteaux télégraphiques sont ordinairement des bois d’essences résineuses, telles que pins, mélèzes, etc.
- Ces bois sont injectés au sulfate de cuivre par les procédés du docteur Boucherie et généralement sous pression. On a fait aussi depuis quelques années des essais d’injection à la créosote; ce mode de préparation, qui n’a pas très bien réussi en France, paraît, au contraire, se généraliser en Angleterre.
- Un exposant russe, le colonel Herwarth, présentait des brins de sapin conservés depuis cinq années à l’aide du chlorure de sodium : le sel est simplement tassé dans des trous assez profonds, pratiqués en biais, de manière à atteindre toutes les fibres de l’arbre.
- L’Administration française avait placé sous les yeux du public non seulement des bois nouvellement préparés, mais aussi un certain nombre de rondelles provenant de poteaux plantés de i852 à 1858 et injectés au sulfate de cuivre. Les lignes d’où proviennent ces échantillons sont encore dans un bon état de conservation.
- Les poteaux télégraphiques employés en France viennent principalement des Ardennes, de la Bretagne, des Landes, etc. ; on en tire un certain nombre des Vosges, d’Alsace et du nord de la Suisse. Les gouverneurs d’Algérie et de Cocbincbine avaient adressé au Troca-
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- Gr. VI. cléro et au Champ de Mars de beaux échantillons de cèdres, d’eu-calyptus et de bois exotiques, utilisés dans ces pays pour la construction des lignes télégraphiques. Le gouvernement de Victoria (Australie) avait également envoyé divers spécimens des bois servant au même usage dans cette colonie.
- Poteaux en fer. — Depuis longtemps déjà, on a essayé de substituer le fer au bois dans la construction des supports télégraphiques. On voyait à l’Exposition de nombreux modèles de poteaux métalliques. Dans les uns, on utilise tels quels les fers à T ou les cornières du commerce; ce sont les modèles de MM. de la Taille, Papin et Berteaux. Dans les autres, on essaye de former des solides d’égale résistance, soit à l’aide de rubans de tôle enroulés sur un cône et dont les spires sont reliées par des nervures rigides, comme le faLt M. Vauzelle, soit en réunissant des feuilles pleines, de largeur décroissante, courbées sur des mandrins et assemblées par des rivets, selon le procédé de M. DesgofTe. Notons encore, dans la section anglaise, un autre type de support métallique, le poteau en fer creux de M. Siemens. Il se compose de deux parties, l’une inférieure cylindrique, l’autre supérieure conique. Chacune d’elles est formée d’un seul morceau. La résistance de cet appui doit être considérable; mais, outre qu’il est dangereux d’employer, pour porter un très grand nombre de fils, des fers d’un seul morceau, ce support a l’inconvénient de revenir à un prix très élevé. Avec les bois, et en employant plusieurs arbres accouplés, si l’on a un grand effort à supporter, les ruptures inattendues sont moins à craindre.
- On fait en fer creux des poteaux de grosse dimension, dont on se sert lorsqu’on a à relier une section souterraine ou sous-fluviale à une ligne aérienne. Les fils de la section souterraine montent dans l’intérieur du poteau; ceux de la section aérienne y descendent; tous s’arrêtent à un point situé à hauteur d’appui et accessible par une porte fermant à clef. On peut, de cette manière, surveiller les soudures, et faire facilement tous les essais de ligne qui exigent des coupures ou des permutations de fils. C’est M. Clérac qui est l’auteur de ces dispositions.
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- MATERIEL ET PROCEDES DE LA TÉLÉGRAPHIE.
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- 2° Lignes souterraines et sous-marines.
- Cl. 65.
- Câbles soûler vains. — Ces câbles sont formés par l’assemblage de plusieurs conducteurs, généralement au nombre de 3, 5 ou 7 , et se composant chacun d’une cordelette de fil de cuivre entourée d’une ou plusieurs couches de gulta-percha, alternant avec d’autres couches d’une composition isolante destinée à souder les premières entre elles. Le tout est ensuite protégé par des guipages de chanvre ou de coton , imprégnés d’un enduit conservateur. L’industrie livre aujourd’hui en France comme en Angleterre des câbles parfaitement fabriqués et doués d’un pouvoir isolant considérable, lors même qu’on a employé des gutta-percha réputées de qualité inférieure. C’est dans la préparation des gutta-percha cju’on a fait le plus de progrès depuis une quinzaine d’années; les études faites pour la composition des premiers longs câbles de l’Atlantique ont suffi pour arrêter tous les modèles dont on a eu besoin pour des lignes moins longues.
- La gulta-percha conserve longtemps toutes ses propriétés, lorsqu’on parvient à la soustraire à l’action de l’air et de la lumière.
- En France, on pose les câbles souterrains dans les égouts, toutes les fois qu’on en trouve sur le tracé à suivre, et alors ces câbles ont une dernière enveloppe de plomb. A défaut d’égout, on les place au fond d’une tranchée, dans des tubes en fonte dont les joints, faits avec du plomb et de l’étoupe, rendent cette canalisation parfaitement étanche. Les câbles peuvent glisser dans les tuyaux et, au moyen de regards pratiqués tous les Aoo mètres, on a la faculté de remplacer les parties défectueuses sans ouvrir la tranchée sur toute sa longueur. L’Administration française exposait dans sa vitrine des bouts de câbles sous coton, provenant d’une ligne souterraine en tuyaux posée en 1862 et encore bonne.
- Les compagnies télégraphiques anglaises et le Posl-OJîce, qui leur a succédé, ont adopté un procédé différent: chacun de leurs fils conducteurs, isolé par une gaine de gutta-percha et enveloppé d’un ruban de coton goudronné, est étendu dans une rigole en fonte qui reçoit ainsi tous les fils suivant une même direction.
- (lotte rigole est fermée par un couvercle mobile, qui permet la vé-
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- Gr. VI. rification des câbles et facilite leur remplacement; mais le point
- faible de ce système est un défaut d’étanchéité.
- CL 65. T , J . , ...
- Le système employé en Allemagne est encore tout autre :
- chaque câble, formé de 7 conducteurs isolés entre eux, est revêtu d’une armature en fils de fer enduite d’un mastic bitumineux et ensuite simplement étendu au fond d’une tranchée. Le grand réseau souterrain actuellement en cours d’exécution, et qui doit relier tous les points importants du territoire germanique, est établi sur ce modèle.
- Le caoutchouc vulcanisé, qui a un pouvoir isolant supérieur à celui de la gutta-percha et qui n’avait guère été employé jusqu’à présent que dans la construction des fils militaires et cl’un petit nombre de câbles sous-marins, paraît depuis quelque temps vouloir s’introduire dans la fabrication des câbles souterrains. Mais le soufre attaque le cuivre, et, quelque intime que soit son mélange avec le caoutchouc, il finit par produire son effet malgré la précaution qu’on a prise d’étamer le fil conducteur. Une maison anglaise préserve le cuivre du contact immédiat avec le caoutchouc vulcanisé, par un premier enduit de gutta-percha.
- Il serait très désirable de pouvoir remplacer par des fils souterrains les conducteurs aériens, dont les changements de temps font varier l’isolement, et que les orages ou les tempêtes de vent et de neige atteignent trop facilement, comme on pourrait en citer des exemples tout récents. Mais un câble électrique n’est autre chose qu’un condensateur dont la surface, et par suite le pouvoir condensant, croît avec la longueur; or, au delà d’une certaine limite, la charge et surtout la décharge s’effectuent de plus en plus lentement, de telle sorte que la vitesse possible de transmission des signaux diminue à mesure que le fil s’allonge. Cet inconvénient est d’autant plus sérieux que les nécessités croissantes du service imposent aux administrations et aux compagnies exploitantes l’emploi d’appareils à débit rapide, qui exigent que le fil puisse prendre et abandonner rapidement la charge électrique nécessaire à son fonctionnement. Il n’est peut-être pas impossible de vaincre la difficulté, en modifiant la composition des câbles et la disposition des appareils.
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- Câbles sous-marins. — Depuis l’établissement des câbles trans- Gr. vi. atlantiques de 1865 et 1866, on ne s’est guère préoccupé que du traitement des matières premières qui entrent dans la fabrication, et des engins de confection et de pose. On a pourtant, ainsi que nous l’avons déjà dit, poursuivi les tentatives faites précédemment en vue de remplacer la gutta-percha par le caoutchouc vulcanisé, et un certain nombre de câbles isolés à l’aide de ce diélectrique ont été immergés, notamment dans la mer du Nord et dans la mer Rouge.
- Les câbles sous-marins un peu longs ne renferment généralement qu’un conducteur. Les fils de grand développement, disposés parallèlement et à petite distance, s’induisent réciproquement et ne peuvent pas fonctionner simultanément pour des transmissions distinctes. Le réseau des lignes sous-marines s’est beaucoup développé depuis 1867; il comprend aujourd’hui plus de six cents câbles en pleine activité, dont les longueurs additionnées présentent un développement de 60,000 milles marins. Nous en donnons le tableau énumératif dans les pages suivantes :
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- Gr. VI.
- Cl. 65.
- GABLES SOUS-MARINR.
- VUMKnOS d’ordre. POINTS 0 ’ A T T E P, RI S S E M EN T. ANNÉE ni; i.a rose. 5 ce 0 ca s P LON'GUELIl on milles nautiques.
- I. — EUROPE.
- ALLEMAGNE.
- 1 Arcona à Tnellcborg (Suède) 1 865 A AA
- îï Nordenay à Luwestol't (Angleterre) 1867 A 2 3 2
- .) Alsen (ile) à Fionie (ile) (Danemark). . . 1 8G0 3 8
- h Neuwerk à Iléligoland (Danemark) 1 873 1 32
- T) Emden à Lowestoft (Angleterre) 1871 A 2 2 r>
- G-s 5 20 câbles W 1 85A-1 8 5 G Divers. 1 /19
- A UTR1GIIE-II ON (IR IE.
- 26-60 1 862-187.3 | Divers. 86
- BELGIQUE.
- Si Ostende à Ramsgatc (Angleterre) t853 6 7/1
- 5‘», Fûmes à Douvres (Angleterre) 1867 A a7
- DANEMARK.
- 53 Seeland à Hillesberg (Suède) 1803 A 9
- 5 A Fano à Calais (France) 1873 1 377
- 55 Sonderwig à N ewbiggin ( Angleterre ). . . . 1868 1 334
- 56 Hirtzhals à Newbiggin (Angleterre) 1878 1 A29
- &7 Hirtzhals à Arondal (Norvvège) 1867 1 67
- 58 Moen à Bornholm (ile) 1868 1 78
- 5g Skagen à Marstrand (Suède) 1878 2 3 A
- 6o-88 29 câbles(b) 1 860-1876 Divers. 101
- Et le câble cité ci-dessus sous le n" 3.
- ,a) Formanl le réseau côtier.
- b! Formant le réseau entier el iulérieur.
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- NUMÉROS d’ordre. POINTS D ’ A T T E R P» I S S R M K N T. ANNÉE I)K LA l'OSIÏ. a | — O d c 0 LO Mi U K IJ R eu milles nautiques.
- ESPAGNE.
- 89 Saint-Sébastien à Ondarraizu (France) . . 1 87.) 1
- 9° Bilbao à Lizart point (Angleterre) t 873 t Ô8l
- 91 Barcelone à Marseille (France) 187/1 1 2 20
- 92 Vigo à Falmotilh (Angleterre) i873 1 630
- 9 3 Gibraltar à Lisbonne (Portugal) 1 87O 1 36 A
- i)r* Gibraltar à Villa-Real (Portugal)....... 1871 1 15 5
- 9 5 Gibraltar à Malte 1 870 1 1,13 0
- 96-100 5 câbles '*'> 1860-187O 1 A10
- FRANGE ET COLONIES.
- 1 01 Macinaggio (Corse) à Livourne (Italie) . . 1866 60
- 103 Bonifacio à Santa-Teresa (Sardaigne). . . 1866 8
- 1 03 Marseille à Alger ( Algérie) 1871 1 5oo
- 1 oA Calais à Douvres (Angleterre) 1851 A 3 5
- 1 o5 Boulogne à Folkestone (Angleterre). . . . 1 863 6 3/1
- 1 06 Dieppe à Beacliy-Head (Angleterre). . . . i85i 6 80
- 107 Le Havre à Beacbv-Head (Angleterre).. . O oc 6 70
- t 08 Coutances à Jersev (ile) 1859 1 31
- 109 Brignogan à Salcombe (Angleterre) 1870 1 1 01
- 110 Brest à S1-Pierre-Miquelon (Terre-Neuve). 1869 1 3,585
- 111 Marseille à Bône (Algérie) 0 r- 00 1 AA7
- 113 Marseille à Bône (Algérie) 1878 A 5 6
- 113 Bône (Algérie) à Malte oc 0 38o
- 11 A Antibes à Saint-Florent (Corse) 1878 1 15s
- n5 Saigon à Singapore (Indes anglaises).. . . 1871 1 630
- 116 Saigon à Hong-Kong (Chine) 1871 1 97°
- 117-1A 6 39 câbles 1865-i 878 1 io5
- Et les trois câbles déjà cités sous les nos 5A, 89, 91.
- GRECE.
- 1/17 I Corfou (ile) à Otranle (Italie) 1869 1 8 A
- 1/18 Zante à Otranle (Italie) 187/1 î 187
- Formant le réseau altier.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. VI.
- Cl. 65.
- NUMÉHOS d’ordre. POINTS D’ATTERRISSEMENT. ANNÉE RIO f.A l'OSK. 5 3 11 >-d LONGIKUn en milles nautiques.
- i A 9 Zanle à Candie (Turquie) 1870 1 2 38
- i 5o Cbio à Syra (Turquie) 1878 1
- 151 -16 0 15 câbles n) 1869-1876 1 277
- GRANDE-BRETAGNE ET IRLANDE.
- 1G7 Lowcstaft à Zandwnrt (Pays-Bas) 1868 A 117
- 168 LowestaCt à Zandwart (Pays-Bas) 1862 A 1 1 0
- 1 6 g Peterhead à Kkersund ( Norvvèp'o) 1869 1 266
- 170 Falmoulh à Lisbonne (Portugal) 1870 t 81A
- 171 Valenlia à Terre-Neuve (Amérique) 1866-1866 1 1,896
- 172 Valentia à Terre-Neuve (Amérique) 1866 1 1,851
- 1 7:î Valenlia à Terre-Neuve (Amérique) i873 1 1,876
- 17/1 Valenlia à Terre-Neuve (Amérique) 187 A t i,83 7
- 1 75 Ballinskeliigs-Bay à Tor-Bay 187 A-1876 2/120
- 17 6-2 3 A 5g câbles (b) 1861-1876 Divers. 620
- Et les dix-neuf câbles déjà cités sous les n°5 2,5, 51, 62, 55 , 56 , 90,
- 92, g3, 9A , g5, 10A, 1 oü, 106, 107 , 108, 109, 113, 11 A.
- ITALIE.
- 2 35 Otrante à Vallona (Turquie) 186A 1 65
- 236 Modica (Sicile) à la Valelle (Malle) 1869 1 5 A
- 2 3 7-2 A 9 11 câbles CO OC 00 t 218
- El les quatre câbles déjà cités sous les nn' 101, 102, 1A7, 1A8.
- PAYS-BAS.
- 260-267 18 câbles (b) 1 1853-187.5 Divei’s. | 36
- El les deux câbles déjà cités sous les n05 1 67 et 1 68.
- PORTUGAL.
- 268 Lisbonne à Pernambuco (Brésil) i87a 1 3,866
- 269 Caminha à Lisbonne 1876 1 3oo
- | El les trois câbles déjà cités sous les nos 93, 97, 170.
- (*) Formant le réseau intérieur.
- lb) Formant le réseau intérieur et côtier.
- 1°) Desservant les îles du Cap-Vert.
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- MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DE LA TÉLÉGRAPHIE.
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- NUMÉROS (l’ordre. POINTS D’ATTERRISSEMENT. ANNÉE DF. LA POSE. NOMBRE de conducteurs. LONGUEUR en milles nautiques.
- RUSSIE.
- 270 Nystad à Grissleham (Suède) 1869 1 96
- 271 Libau à Bornholm (Suède) 1869 1 226
- 272 Odessa a Constantinople (Turquie) 1874 7 365
- 2 7 3-2 7 () 4 câbles OO O 00 Ci Divers. 70
- SUÈDE ET NORWÈGE.
- 277-/172 1 9G câbles ^ 1875-1877 2 55
- Et les cinq câbles déjà cités sous les n0’ 1, 3, 5, 09, 270, 271
- TURQUIE.
- 4 7 3 Malte à Alexandrie (Egypte) 18 (3 7 1 924
- A 7 4 Malle à Alexandrie (Egypte) 1870 1 911
- /.75 Candie (ile) à Alexandrie (Egypte). . . . i873 1 3 60
- 476-/187 1 2 câbles W 1871-1873 1 425
- Et les trois câbles déjà cités sous les nos 149, 100, 235
- II. — AFRIQUE.
- ÉGYPTE.
- 488 Suez à Aden (Arabie) O C" 00 1 i,464
- 4 89 Suez à Aden (Arabie) 1876 1 1,442
- Et les trois câbles déjà cités sous les nos 47 3, 474, 47.5.
- III. — ASIE.
- 49° Aden (Arabie) à Bombay (Indes anglaises). O 00 1 1,818
- 4 91 Aden (Arabie) à Bombay (Indes anglaises). 1877 1 1,820
- 492 Gwadur (Belouchistan) à Jask (Perse).. . 1864 1 272
- A q3 Gwadur(Beloucbislan) à Kurraehee (Indes
- anglaises) 1864 1 278
- 4 94 Schangaï (Chine) à Nagasaki (Japon). . . 1871 1 483
- 4 q5 Nagasaki (Japon) à Wladiwostock (Russie
- d’Asie) 1871 1 760
- (") Réseau intérieur et côtier. (b) Réseau intérieur.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. VI.
- Cl. 65.
- MM KIlOS d’ordre. POINTS D’ATTERRISSEMENT. ANNÉE DI! LA l'OSIÎ. KOM1UIK de conducteurs. 5 es .ST S g 9 c S
- A96 Fao (Turquie d’Asie) à Bashirc ( Perse). 180 A 1 156
- A97-5°7 1 1 câbles W 1 86A-1876 1 1,086
- IV. — OCÉANIE.
- 5o8 Port Darwin (Australie) à Java (île). . . . 187 1 1 0099
- 5 09 Melbourne (Australie) à Lowehcad (Tas-
- manie) 1869 1 176
- 51 0 Bolany-Bay (Australie) à Nelson (Nouvelle-
- Zélande) 1876 1 1,9, 8 •!
- 011 Java (ile) à Singaporc (Indes anglaises). 1 870 1 5 60
- 5i e Java file) à Sumatra (île) 1 868 1 r> r>
- V. — AMÉRIQUE DU NORD.
- 5 1 8 Torbay (Amc*ri(| 110 britannique) à Ryc-
- Reack (États-Unis) ,87A (i MO
- :>i/i Sainl-Pierre-Miquelon à Diixburv (Etals-
- Unis) 1869 1 l’'\)
- r> j r> La Havane à Key-West 1867 1 *> r>
- ;"> 10 La Havane à Kev-Wesl 1 8 7 5 1 1 *> r>
- 517 La Trinidad à Demeraria (Guyane) 187 1 ;! 98
- 51 8 La Jamaïque à Colon (Colombie) C OC 1 68 0
- 5 ig-5 A 7 9.9 câbles W 1865-1875 1 A,699
- VI. — AMÉRIQUE DU SUD.
- 5A8 Ruenos-Ayres à Montevideo (Uruguay) . . 1875 8-1
- :> A 9 Para (Brésil) à Cayenne (Guyane Iran-
- çaise) 1871 1 600
- 5 00 Clniy (Brésil) à Montevideo (Uruguay) . . 18 7 5 1 1 90
- 551 Dcmerara (Guyane anglaise) à Cayenne. . 1875 1 A 80
- 55;>. Caldera (Chili) à Iquiquc (Pérou) 1875 1 A 5 0
- 558-067 iô câbles (a> 1878-1876 1 A,800
- Rkcaimtkkvtion : Total général, 567 câbles; longueur on milles nautiques, 6o,s8().
- (•) Formant le réseau intérieur de divers Etals.
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- MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DE LA TÉLÉGRAPHIE.
- 01
- L’industrie des câbles était très bien représentée à l’Exposition. Gr. IV. Dans la section anglaise, on remarquait au premier rang The Tele- C1~5 graph Construction and Maintenance Company, qui a construit et posé les deux tiers des câbles existants, notamment les cinq premiers conducteurs transatlantiques; cette société exposait les plus beaux spécimens de sa fabrication. Venait ensuite la maison Siemens frères (de Londres), qui présentait des échantillons du. câble transatlantique de 1875, qu’elle a fabriqué et posé.
- En France, deux maisons également très importantes, celles de MM. Rattier et Ménier, soutenaient dignement la comparaison avec leurs concurrents étrangers. MM. Rattier fabriquent depuis longtemps un grand nombre de nos conducteurs côtiers, et la plus grande partie de nos câbles souterrains sortent de leur usine de Rezons. Ils ont perfectionné dans ces derniers temps les câbles en caoutchouc. L’usine créée par M. Ménier n’a pas encore six années d’existence, et elle a déjà fabriqué des quantités importantes de fils souterrains et quelques câbles sous-fluviaux, notamment celui du Havre à Honfleur, de gros calibre et fort bien exécuté. MM. Rattier et Ménier ont voulu placer sous les yeux du public toute la collection des conducteurs isolés qui s’exécutent dans leurs ateliers, depuis le fil de sonnerie, dont le diamètre total n’atteint pas 1 millimètre, jusqu’au câble d’atterrissement que protège une puissante armature. M. Ménier montrait également des échantillons de gutta-percha brute et travaillée â différents degrés de fabrication.
- Un troisième fabricant français, M. Legay, présentait aussi quelques modèles de câbles souterrains en gutta-percba, dont les uns sont simplement recouverts d’un double ruban goudronné et les autres sont logés dans un tube protecteur en plomb.
- L’Administration télégraphique française exposait des spécimens des divers câbles souterrains, sous-fluviaux et sous-marins en usage sur ses lignes. Elle possède à Toulon une usine oii s’exécutent une partie des armatures des câbles côtiers et aussi quelques câbles plus longs destinés à l’entretien de ses communications sous-marines avec la Corse, l’Italie et l’Algérie. Elle dispose, pour l’immersion de ces conducteurs, de deux bâtiments à vapeur,
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- ïAmpère et la Charente, spécialement aménagés en vue de ces opérations et dont on pouvait voir les plans et les photographies.
- Nous mentionnerons dans la section américaine line nouvelle composition isolante, le kérite, dans laquelle il paraît entrer du caoutchouc vulcanisé, de la silice et de la gomme laque. Cet enduit est appliqué sur des âmes en cuivre étamé, de fort échantillon, et formées généralement d’un seul brin. L’exposant qui présentait ce genre de diélectrique, M. Day, afïirme qu’il résiste à l’action de l’air et à celle de la lumière. En l’absence d’expériences de longue durée, on ne peut formuler un jugement sur la valeur de cette composition.
- Signalons, enfin, un grappin de relèvement des câbles imaginé par M. Jamieson (section anglaise). Cet engin, c’est là ce qui fait son originalité, n’est jamais arrêté par les obstacles fixes qu’il peut rencontrer sur sa route. En pareil cas, ses dents, convenablement articulées, cèdent, et l’obstacle est franchi sans grande résistance; s’il rencontre, au contraire, le câble dragué, celui-ci s’engage entre des griffes plus courtes que les premières, qui le retiennent solidement, et le relèvement peut s’effectuer.
- 3° Lignes pneumatiques.
- La première application de la télégraphie pneumatique en France date de 1866. Elle fut réalisée par l’emploi de moyens hydrauliques pour la compression et la raréfaction de l’air. Les canalisations furent composées de tubes en fer du diamètre de 65 millimètres, dans lesquels circulent des boîtes cylindriques, de 12 centimètres de longueur, pouvant recevoir 3o dépêches. Le réseau exploité à Paris en 1867 comprenait 6 kilomètres et 6 stations.
- De 1867 à 1870, le réseau reçut un accroissement de 12 kilomètres. Une modification capitale fut alors introduite dans la fabrication de l’air : on eut recours aux procédés de compression et de raréfaction au moyen de pompes actionnées par des machines à vapeur. De 1871 à 1878, le service s’étendit encore sur 12 nouveaux kilomètres. Dans cette période, on adopta le type des canalisations en fonte pour les parties de lignes en tranchée, réservant
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- MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DE LA TÉLÉGRAPHIE.
- 63
- les tubes de fer pour les parcours en égout. Les procédés d’ex- Gr. VI ploitation s’améliorèrent notablement; une méthode précise fut C1~5 appliquée à la recherche des dérangements; des soins particuliers furent donnés à la fabrication des chariots.
- Pin 1877, la télégraphie pneumatique a été installée à Marseille pour l’échange des dépêches entre la station centrale ët la Bourse.
- Dès 1878, sous la nouvelle Administration, un développement considérable a été donné au réseau parisien, qui s’est accru de ho kilomètres, desservant ainsi tous les points compris dans l’ancienne enceinte de la ville. A partir de ce moment, on pouvait transmettre les cartes-télégrammes et les dépêches manuscrites à l’intérieur de ce périmètre. Cette innovation a été appliquée à partir du 1e1' mai 1879. L’exploitation est devenue plus active; les intervalles entre deux envois successifs de trains ont été réduits de 15 à 5 minutes.
- L’Autriche et l’Allemagne ont, soit pour leur capitale, soit pour une ou deux grandes villes, exécuté, dans la même période, des travaux très importants de canalisation pneumatique. MM. Crespin et Felbinger, qui ont fait les installations de ces deux pays dans le système adopté en France, exposaient leurs modèles. Dans les appareils de réception on remarque des dispositions prises en vue de permettre l’envoi rapide des chariots et la facilité des manœuvres.
- 4° Télégraphes optiques.
- Quoique la télégraphie électrique ait définitivement remplacé, avec une puissance de production sur laquelle il est inutile d’insister, l’ancienne télégraphie aérienne, il est encore des cas où les appareils optiques peuvent rendre de réels services, notamment en cas de guerre entre deux points séparés par l’ennemi, et dans la marine, pour mettre les navires en communication soit entre eux, soit avec le littoral.
- Le Gouvernement italien exposait une station sémaphorique complète, construite d’après les indications de l’un de ses fonctionnaires supérieurs, M. le chevalier Pellegrino, et dans laquelle la simplicité de l’installation paraît s’allier avec la solidité des organes et la sûreté de leur fonctionnement*
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- MM. Hasler et Escher (Suisse) présentaient un héliostat bien construit, qui rappelle celui de M. Leseurrc.
- MM. Douillard frères, de Nantes, se servent cl’une bougie de fort calibre, dont la lumière est transmise à travers des lentilles puissantes. Les signaux empruntés au code Morse sont formés par les éclipses intermittentes de la lumière, produites à l’aide d’obturateurs commandés par un électro-aimant, qui est lui-mème actionné à distance par un manipulateur ordinaire. Le transmetteur enregistre sur une bande de papier les signaux qu’il envoie. MM. Douillard ont aussi utilisé la force pneumatique pour manœuvrer leur obturateur. Dans ce cas, le manipulateur se compose d’une sorte de pompe à air actionnée par deux leviers correspondant aux traits et aux points.
- Dès 1 870, on a approprié les appareils à éclipse aux besoins de la télégraphie de campagne, et l’on s’est attaché dans ce but à en réduire autant que possible le poids et le volume. Trois exposants, MM. de la Follve, Denayrouze et Dolmaire (France), avaient envoyé des appareils de ce type pouvant être transportés à dos d’homme et installés en quelques instants.
- 5° Télégraphes acoustiques.
- Un tube acoustique constitue sans contredit la plus simple de toutes les lignes télégraphiques. Ici, point d’appareil, ni au départ, ni à l’arrivée; un simple conduit transmet à l’oreille qui écoute à un bout les paroles prononcées à l’autre bout. Malheureusement, la distance qu’on peut atteindre ainsi est très limitée, et, quelque soin qu’on apporte à l’établissement des tuyaux de transmission, on arrive très difficilement à faire entendre les sons articulés au delà de 1 kilomètre. Celte limite est d’ailleurs très suffisante, dans la plupart des cas, pour les usages domestiques. On doit reconnaître qu’à ce point de vue les appareils exposés par MM. Kuntz et C" (Suède), Zimdars (Grande-Bretagne), Wnlker, Casanova, Courtot, Léger, Mors (France), atteignaient parfaitement leur but et se recommandaient par leur construction soi-
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- 6° Télégraphes à air pour courtes distances.
- On a appliqué la compression de Pair à la transmission à petite distance des simples signaux d’appel, et l’on a construit à cet effet des tableaux avec guichets indicateurs et sonneries. Tels sont les appareils présentés par MM. Courtot, Casanova, Cléhient, Kuntz et Zimdars.
- Dans le même but, on a fait delà télégraphie pneumatique sur une petite échelle, et l’on est arrivé à faire circuler dans l’intérieur d’une maison, d’une pièce dans une autre, entre des étages différents, de petites boîtes renfermant des dépêches. Ce mode de transmission est nécessairement moins simple que les précédents; il est pourtant encore peu compliqué; il n’exige qu’une pompe aspirante et foulante, d’une manœuvre peu pénible lorsqu’on ne dépasse pas qoo mètres. MM. Walker (France) et Zimdars (Angleterre) ont réalisé ce mode de transmission d’une façon qui mérite d’être signalée.
- MM. Clément, Walker et Mildé sont encore parvenus, à l’aide de l’air comprimé, à ouvrir les portes à dislance., en actionnant, par divers moyens, la gâche de la serrure.
- OBSERVATIONS GENERALES.
- Depuis 1867, le nombre des dépêches télégraphiques a considérablement augmenté dans tous les pays. En France, il s’est élevé de 3 à 12 millions; en Angleterre, il est de 22, en Allemagne de i 1, en Autriche de 8, en Italie et en Russie de 5 , en Belgique de A. C’est que le télégraphe n’est plus aujourd’hui l’instrument réservé des transmissions de luxe ou d’extrême urgence; ses tarifs ont été mis à la portée de tous, surtout en France depuis le icr mai 1878 , et tout le monde s’en sert : l’industrie pour ses approvisionnements, le commerce pour ses achats et ses ventes, la presse pour avoir des informations jusqu’à la dernière heure, chacun pour ses affaires pressées ou imprévues et bien souvent pour celles qui n’ont aucun de ces deux caractères. Cela suffit à expliquer le développement des lignes et l’accroissement du nombre Classe 65. 5
- Gr. VI Cl. 65
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. vi. des bureaux. Le développement kilométrique des lignes a passé, ci 65 enf'rance’ depuis dix ans, de 35,ooo à6o,ooo, et celui des fils, de i ooTooo à 170,000; clans la seule année 1878, il a été posé 13,ooo kilomètres de conducteurs nouveaux.
- Le télégraphe devenant ainsi de plus en plus l’instrument nécessaire des affaires et des relations, il est tout naturel qu’on cherche à s’en servir dans les conditions les plus commodes et les plus rapides. Aussi les demandes de concessions privées deviennent-elles tous les jours plus nombreuses. Les établissements financiers, commerciaux ou industriels ne veulent plus avoir à porter leurs dépêches au bureau voisin; ils se font relier télégraphiquement avec lui. Les usines demandent à pouvoir communiquer avec leurs maisons de commerce; celles qui comportent plusieurs établissements disséminés, comme les sucreries, obtiennent un réseau qui les réunit tous, en vue de régulariser l’ensemble du travail. Dans les villes, les postes de pompiers, ceux de la police, sont reliés au centre de commandement. L’ingénieur en chef d’un grand fleuve est mis en communication avec ses divers agents et peut annoncer les inondations plusieurs jours avant qu’elles se produisent sur chaque point. Les chemins de fer se servent surtout dans une large mesure d’appareils et de procédés électriques.
- Pour satisfaire à tous ces besoins, l’ingénieur des télégraphes a des appareils qui varient suivant la nature et la longueur de la ligne, la nature et la quantité des transmissions à effectuer, la nature et la qualité des signaux à faire.
- Lorsque la ligne est courte, si, par exemple, elle est aérienne et ne dépasse pas 200 kilomètres, les difficultés électriques sont nulles; tous les appareils donnent leur maximum de rendement, et l’on n’a qu’à choisir celui qui, par sa forme ou ses signaux, convient le mieux pour l’usage auquel on le destine. 11 n’en est plus de même si le conducteur est souterrain ou sous-marin, ou si son développement atteint ou dépasse 5oo kilomètres. Les courants s’y propagent alors plus lentement, et l’on est obligé de ralentir la transmission. Les longs câbles sous-marins ont permis d’étudier complètement, sur ces courants ralentis, les lois de leur propagation, et l’on est arrivé à déterminer la nature des dispositions à
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- MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DE LA TÉLÉGRAPHIE.
- prendre pour transmettre, à grande distance et avec des appareils Gr. vi. à débit rapide, le plus grand nombre possible de signaux distincts.
- C’est ainsi que l’appareil Wheatstone peut fonctionner entre Paris et Marseille beaucoup plus utilement qu’il ne pourrait le faire si l’on n’employait pas ses courants de compensation; les dispositions mécaniques de l’appareil Hughes ont réduit à une seule le nombre des émissions nécessaires à la transmission d’une lettre, quelle qu’elle soit. M. Meyer a utilisé entre deux signaux consécutifs les intervalles de temps que le travail manuel comporte et qui excèdent la durée d’une émission électrique; il intercale ainsi plusieurs transmissions, de manière à faire travailler jusqu’à six employés simultanément sur le même fd. M. Baudot a réalisé dans son appareil les avantages réunis des systèmes Hughes et Meyer. Le télégraphe harmonique américain, avec son principe et ses allures spéciales, cherche également à tirer du fil conducteur de la ligne le plus grand parti possible; l’arrangement connu sous le nom de duplex double le rendement des appareils auxquels on peut l’appliquer.
- L’appareil Hughes figurait à l’Exposition de 1867; les autres sont postérieurs à cette époque.
- L’outillage des grandes lignes a été, on le voit, considérablement transformé depuis 1867 et bien amélioré sous le rapport du rendement. L’appareil Morse ne donnait que 20 dépêches à l’heure ; celui de Hughes en a fourni h 5 ; celui de Wheatstone arrive à 80 ou 100, suivant la distance, mais il faut composer les dépêches à l’avance; ceux de Meyer et de Baudot en débitent i5o sans composition préalable. Les appareils autographiques sur lesquels on comptait pour arriver à de grandes simplifications de service, parce qu’ils donnent les fac-similés des dépêches ou des dessins originaux et que, par conséquent, il n’y avait plus à se préoccuper avec eux ni de combinaisons de signaux, ni d’erreurs de transmission, ont été pour ainsi dire absolument mis de côté; c’est qu’il n’a pas été possible, jusqu’ici, d’augmenter leur rendement, relativement faible.
- Le rendement des appareils et celui des fils ont été les objectifs dominants de toutes les recherches depuis 1867, et l’on peut dire
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- que ces recherches n’ont pas été vaines. Elles continuent dans la même voie. Chemin faisant, on a trouvé la solution d’autres problèmes. Le téléphone, dont la voix était si faible au début, combiné depuis avec le microphone, se fait entendre aujourd’hui facilement au milieu du bruit et au bout d’une ligne plus longue. 11 paraît convenir à la conversation plutôt qu’à un service de correspondances télégraphiques organisées. C’est un tuyau acoustique à longue portée, permettant de converser, de donner un avis ou un ordre, non plus seulement entre deux étages d’une maison ou à une centaine de mètres au plus, mais à plusieurs kilomètres de distance. On parle déjà de réseaux urbains au moyen desquels un bureau central pourrait mettre à volonté ses abonnés en relation entre eux ou se charger de leurs commissions. Les industriels, pour communiquer avec leurs usines, l’armée, pour ses expériences et ses manœuvres, tendent à adopter le téléphone
- Les exploitations télégraphiques ont donc aujourd’hui à leur disposition les moyens de satisfaire aux exigences de leur trafic augmenté; mais leur tâche est devenue plus difficile. Il ne suffit pas, en effet, d’avoir un réseau de lignes et de fils bien conçu, des appareils partout appropriés à la nature ou à la quantité de travail à faire : un grand bureau télégraphique est une véritable usine à transmissions, qui exige une organisation minutieusement étudiée, rigoureusement appliquée, des opérateurs habiles, une direction \igilante et entendue. Toute cette masse de correspondances qui arrive au centre d’une grande ville nécessite, pour être répartie dans les divers quartiers, des moyens de distribution puissants et rapides. La distribution par fils électriques comporte une transmission nouvelle, et ces fils, s’ils ne sont pas beaucoup plusnombreux qu’il le faut, s’encombrent facilement. On a alors recours aux transports par tubes souterrains au moyen de l’air comprimé.
- Les tubes et les fils sont employés à faire la télégraphie urbaine, cantonale, départementale. Comme les chemins de fer, la télégraphie n’a plus, à petite distance, la même supériorité sur les moyens ordinaires de communication. Une dépêche de Paris pour Saint-Germain, de Versailles pour une petite localité des environs de Pontoise ou d’Etampes, des Champs-Elysées pour la Bastille, du
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- MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DE LA TÉLÉGRAPHIE. 69
- Luxembourg pour le Palais-Royal, exige les mêmes opérations accessoires que si elle était à destination de Marseille ou de l’extrême Orient. On ne peut pas avoir de fds directs constamment desservis entre toutes les localités voisines ou relativement peu éloignées; le réseau qu’il serait nécessaire d’établir pour cela, le personnel qu’il faudrait entretenir, occasionneraient des dépenses hors de toute proportion avec le nombre des dépêches à transmettre. A moins de disposer chez soi d’un lil direct avec son correspondant, le télégraphe public, obligé de porter à domicile, aura de la peine à faire mieux qu’une voiture entre le Luxembourg et le Palais-Royal. C’est ce que comprennent à merveille les établissements et les particuliers qui demandent des concessions de lignes privées.
- Tous les détails des installations télégraphiques ou électriques les plus diverses figuraient à l’Exposition. La France, l’Angleterre, l’Autriche, l’Italie, l’Amérique, se faisaient remarquer par la variété de leurs appareils de transmission et le fini des mécanismes les plus compliqués. Les constructeurs anglais se montraient supérieurs dans la fabrication des instruments de mesure. Les maisons françaises présentaient des spécimens de câbles souterrains et sous-marins aussi beaux et aussi bien conditionnés que ceux de leurs rivales d’outre-Manche; mais elles n’ont pas, comme celles-ci, des usines de revêtement au bord des bassins maritimes, et des bâtiments armés pour les immersions à la mer. Elles ne peuvent pas se charger de l’entreprise d’une ligne sous-marine. L’Administration française possède seule en France une petite usine de revêtement dans le port de Toulon et deux bâtiments, l'Ampère et la Charente, armés pour la pose. Elle pourvoit ainsi, avec ses propres ressources, à l’entretien de ses câbles côtiers. L’Angleterre est fière, à bon droit, de cette grande industrie, quelle a créée etdont elle a encore le monopole. C’est sur ses premiers grands câbles qu’on a étudié les conditions de la propagation des courants à travers les longs conducteurs, et ce sont ces études qui ont donné la clef des dispositions à prendre pour transmettre rapidement à grandes distances, non seulement dans les câbles sous-marins, mais encore sur les lignes aériennes continentales.
- La construction des appareils et des lignes télégraphiques em-
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- Gr. VI. ploie déjà des quantités notables de fer, de porcelaine, de bois, de cuivre, de zinc, de gutta-percha, de caoutchouc, de produits chimiques. C’est une industrie dont le développement crée des débouchés de plus en plus sérieux aux autres industries.
- Bekgon,
- Administrateur des lignes télégraphiques.
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