Rapports du jury international
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- RAPPORT
- SUR
- L’ESPÈCE PORCINE.
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- MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE ET DU COMMERCE.
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1878
- A PARIS.
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- Groupe VIII. — Classe 80.
- RAPPORT
- SUR
- L’ESPÈCE PORCINE,
- PAR
- M. GUSTAVE HEUZÉ,
- INSPECTEUR GÉNÉRAL DE L’AGRICULTURE.
- PARIS.
- IMPRIMERIE NATIONALE.
- M DCCC LXXXII.
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- Groupe VIII. — Classe 80.
- RAPPORT
- SUR
- L’ESPÈCE PORCINE.
- Les bêtes porcines ont notablement augmenté en nombre depuis le commencement du siècle actuel. En 1810, la France possédait 4,765,000 têtes; en i84o, 4,910,000 têtes; en i852, 5,846,ooo têtes, et en 1876, 5,8o5,ooo têtes.
- Mais cette augmentation n’est pas la seule qui justifie pleinement les progrès incessants de l’agriculture française. La statistique constate, en outre, que le poids brut moyen des porcs, qui était, en 1860, de 91 kilogrammes par tête, s’est élevé, en 1852, à 1 o4 kilogrammes, et, en 1876, à 116 kilogrammes.
- Cet accroissement dans le nombre et le poids brut ne suffit pas pour satisfaire les demandes du commerce par suite de l’extension prise par la consommation dans les villes et surtout dans les campagnes. Autrefois, dans un grand nombre de fermes, on ne mangeait de la viande qu’une fois par semaine et quelquefois par mois; de nos jours, il en faut presque quotidiennement, surtout pendant les grands travaux : les semailles, la fenaison, la moisson, les vendanges, etc.
- La liberté commerciale a été favorable à l’élevage et à l’engraissement des bêtes porcines. Avant l’adoption des traités de commerce, nos exportations annuelles ne dépassaient pas, en moyenne, 20,000 à 30,000 têtes adultes, et nous importions, en moyenne, chaque année, de 9,000 a i4,ooo porcs. Depuis, nos exportations
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- Gr. vni. ont augmenté dans une notable proportion. Voici les données ci~o moyennes recueillies par la douane :
- PÉRIODES. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- 1827 à 1836................... 9,315 tètes. i5,o64 têtes.
- 1837 à 1846....................... 9,o3i 90,752
- 1847 à 1856................... îÂ,33a 23,719
- 1857 5 1866.................... 69,963 47,629
- 1867 5 1877......................120,963 87,936
- Les importations de la période de 1867 à 1877 sont très élevées parce que la France a reçu, en 187 1 et 187 2,3g0,648 porcs.
- Les cochons de lait ou gorets donnent lieu à des transactions très importantes; mais par suite des progrès faits en France dans l’élevage, nos importations ont subi une diminution considérable; par contre, nos exportations se sont accrues dans une notable proportion. Voici les faits moyens et annuels constatés par la douane française :
- PÉRIODES. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- 1827 5 1836..................... i44,88g têtes. 11,960 têtes.
- 1837 5 1846................... i34,g44 15,15 9
- 1847 5 1856.................... 97,733 16,029
- 1857 5 1866.................... 77,468 20,556
- 1867 5 1878.................... 87,431 33,494
- Les exportations pendant la dernière période sont relativement faibles, parce que le commerce a été presque nul pendant les années 1870 et 1871. De 1873 à 1876, les exportations annuelles se sont élevées, en moyenne, à 1/18,016 têtes.
- La viande salée donne lieu à un commerce qui prend chaque année plus d’importance. Voici les quantités moyennes qui ont été importées et exportées chaque année en France :
- PÉRIODES. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS.
- 1837 5 1846................ 99,071 kilogr. 3,2oo,i)53 kilogr.
- 1847 5 1856.............. i,i75,o33 3,854,635
- 1857 5 1866............. 3,387,3q5 4,854,324
- 1867 5 1877............. 8,75i,443 4,445,358
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- ESPÈCE PORCINE.
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- Par exception et comme conséquence de la guerre, la France a Gr. vin. reçu de l’étranger, en 1871, 1872 et 1873, 61,227,791 kilo-grammes de viande salée. Ces importations élèvent considérablement la moyenne de la quatrième période.
- Ces diverses données statistiques prouvent une fois de plus l’extension qu’a prise en France la consommation de la viande, et la possibilité pour les cultivateurs d’accroître par l’élevage et l’engraissement des bêtes porcines les ressources alimentaires que réclament les populations des villes et des campagnes.
- En constatant, d’une part, la très grande quantité de viande salée, de lard et de saindoux de provenance américaine que la France a reçue dans ces dernières années, et, de l’autre, la diminution de la valeur commerciale des porcs maigres et des gorets sur les marchés, plusieurs écrivains n’ont pas craint d’affirmer que la France agricole ne pouvait lutter contre la concurrence des Etats-Unis, et que bientôt l’agriculture de notre pays n’élèverait et n’engraisserait plus de porcs.
- En affirmant de telles prédictions, que rien jusqu’à ce jour ne justifie, on oublie que les prix commerciaux des porcs et des gorets, à toutes les époques, ont éprouvé des fluctuations parfois considérables. En général, la valeur des animaux destinés à être élevés ou engraissés est d’autant plus élevée que les ressources en aliments pour les bêtes porcines: glands, châtaignes, pommes de terre et menus grains, sont plus abondantes. Lorsque ces aliments sont rares et chers, on engraisse moins d’animaux et la valeur des gorets et des porcs maigres diminue sur les marchés. D’un autre côté, les mauvaises récoltes de céréales, en occasionnant une sorte de gêne dans les campagnes, ralentissent la consommation de la viande. De là cette baisse dans la valeur commerciale des porcs gras, qu’on a constatée, il y a deux ans, sur un certain nombre de marchés. La récolte satisfaisante de 1881, en donnant un nouvel essor à la consommation du lard, de la viande salée, etc., a relevé les prix à la satisfaction des agriculteurs, et elle a prouvé une fois de plus qu’il ne faut pas considérer la liberté commerciale comme un obstacle aux progrès de l’agriculture.
- On a dit aussi qu’il entrait en France aujourd’hui de très fortes
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- quantités de saindoux venant d’Amérique, et que ces grandes importations diminuaient sur les marchés la valeur des porcs gras. Ces observations ne sont pas plus fondées que les précédentes. Si la consommation du saindoux rajffîné de Wilcox a pris en France, depuis quelques années, une grande importance, cela tient à la cherté du beurre qui a pour cause unique la quantité considérable que nous exportons annuellement à l’étranger. Alors que le beurre de commerce se vend de 1 fr. 75 cent, à 2 francs le kilogramme, le prix du saindoux importé d’Amérique ne dépasse pas 1 fr. 5o c. On comprend l’intérêt que trouvent les familles, dans une foule de cas, à substituer le saindoux au beurre.
- Je dois ajouter que la parfumerie et la pharmacie emploient aussi chaque année de très grandes quantités de saindoux dans la préparation des pommades, des savons et des médicaments.
- Les Etats-Unis possédaient, en 1876, 25,718,000 bêtes porcines. Les Etats de l’Ouest sont ceux qui élèvent et engraissent le plus de porcs. Le saindoux que fournissent les animaux qu’on y abat annuellement est exporté en Europe, dans l’Amérique méridionale, aux Indes orientales, etc. La France agricole ne pourrait, dans les circonstances actuelles, fournir la quantité de saindoux que le commerce reçoit de l’Amérique. En supposant qu’elle puisse quadrupler le nombre des animaux qu’elle engraisse chaque année, quels moyens aurait l’industrie pour utiliser la viande et les autres produits _que fourniraient les animaux abattus? Certes, ces produits : jambons, lard, etc., seraient d’une vente difficile, et la valeur commerciale des porcs serait incontestablement moins élevée que les prix auxquels ils sont ordinairement vendus sur les marchés d’approvisionnement.
- Les animaux appartenant à l’espèce porcine sont certainement les animaux qui, en France, ont subi depuis trente ans les perfectionnements les plus considérables. Avant la création des concours régionaux, la plupart des porcs élevés en France étaient mal conformés, minces, hauts sur jambes, et ils se développaient très lentement. Cette infériorité était due a quatre causes : i° à la nature même des races; 20 aux bâtiments peu salubres dans lesquels elles étaient élevées; 3° à la nourriture peu abondante et peu sub-
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- ESPÈCE PORCINE.
- stantielie qu’elles recevaient dans les fermes lorsqu’elles n’allaient Gr. viii. pas vaguer dans les chemins, les pâturages et les marais; k° aux C1~Q accouplements qui avaient lieu, le plus ordinairement, sans qu’on se préoccupât un seul instant des qualités ou des défauts des animaux mâles et femelles.
- A l’époque à laquelle je fais allusion, les porcs n’étaient engraissés que lorsqu’ils avaient atteint seize à vingt mois, et on ne les livrait à la consommation qu’à l’âge de deux ans.
- Les produits que donnaient alors les animaux bien engraissés appartenant aux races normande, craonnaise, périgourdine, bressane, etc., étaient de bonne qualité; mais ces produits, à cause du défaut de précocité des animaux, revenaient à un prix qui ne permettait pas aux cultivateurs de réaliser de grands bénéfices.
- Il est très vrai qu’on a cherché, il y a un demi-siècle environ, à propager en France la race porcine chinoise on siamoise qui est de petite taille et qui jouit d’une remarquable précocité; mais la viande et surtout le lard quelle donnait n’ayant pas la fermeté qu’on recherche et qui assure leur bonne conservation dans le sel, les agriculteurs qui avaient accepté cette jolie race se sont trouvés dans la nécessité de l’abandonner.
- Au moment ou l’expérience permettait de reconnaître que la race cochinchinoise ne pouvait pas être naturalisée avantageusement en France, quelques agriculteurs importaient d’Angleterre la race berkshire, qui se distingue des races françaises par une belle conformation et qui fournit en abondance des produits de bonne qualité.
- La presque totalité-des animaux de grande taille exposés par l’Angleterre appartenait à la race berkshire.
- Cette belle race est assez répandue aujourd’hui en France, mais on refuse encore de l’accepter dans diverses localités à cause de son pelage, qui se compose de soies noires alliées à une petite quantité de soies blanches. Le préjugé des populations rurales contre les porcs à robe noire ou légèrement truitée n’est point justifié et l’on est en droit de penser qu’il disparaîtra entièrement lorsque l’instruction agricole sera plus répandue. Il existe en France des contrées dans lesquelles on ne peut vendre facilement
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- et avec profit que des porcs de couleur blanche, comme les races normande, bourbonnaise, craonnaise, picarde, etc.; mais on en rencontre d’autres où l’on élève de préférence des bêtes à robe noire ou pie noire, comme les races pyrénéenne, périgourdine, bressane, etc. Les mêmes faits peuvent être constatés en Italie, en Espagne et en Hongrie.
- Mais la race berkshire n’est pas la seule race porcine étrangère que possède aujourd’hui l’agriculture française. A côté de cette excellente race se rangent trois races anglaises à robe entièrement blanche : la race yorkshire, la race new-leiccster et la race muldlesex.
- La première est forte, a un museau un peu allongé et de grandes oreilles; elle est très bonne marcheuse. C’est cette dernière aptitude qui l’a fait adopter de préférence sur les exploitations qui ont intérêt à produire des animaux pouvant parcourir, sans se fatiguer, des distances assez grandes. Les deux autres races sont beaucoup plus petites; leurs têtes sont peu allongées et très camuses; leurs os sont peu développés, et leurs jambes sont très courtes. Ces trois races sont douées d’une remarquable précocité, et elles atteignent souvent un poids considérable à l’âge d’un an à quinze mois quand elles ont été parfaitement nourries depuis leur naissance, et surtout pendant et après le sevrage.
- La race yorkshire, la plus belle sans contredit de toutes les grandes races anglaises, est assez précoce; sa conformation est excellente et elle fournit une viande de très bonne qualité et un lard ayant beaucoup de fermeté. Elle était représentée au concours par des animaux nombreux et très remarquables, exposés par M. le comte de Lenoncourt, M. Labitte, M. Cordier, M. Noblet et M. Duquenel.
- Les races anglaises précitées sont répandues en France. Tantôt on évite de les allier aux races indigènes, parce qu’on leur demande avant tout des animaux reproducteurs mâles ou femelles ; tantôt on les utilise pour améliorer par le croisement les races indigènes.
- Les races françaises qui figuraient à l’Exposition étaient-elles exemptes de sang étranger? Je ne le pense pas, et je suis porté â croire qu’on y avait infusé un peu de sang anglais. Quoi qu’il en
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- soit, les animaux appartenant à la race craonnaise, exposés par Gr.vni. M1Ie de Rouge et M. Lefebvre-Lafarge, possédaient à un si haut point les caractères qui différencient cette belle race française des races anglaises de couleur blanche, qu’il était impossible de ne pas les considérer comme appartenant à la race craonnaise. Les memes faits ont été constatés à l’égard des animaux de la race normande exposés par M. Chevalier et M. Hervieu.
- Les animaux limousins envoyés par M. Poisson et M. d’Ar-feuille étaient si bien conformés, qu’on était en droit de supposer qu’ils provenaient d’accouplements opérés entre des animaux indigènes purs et des animaux indigènes ayant un quart ou un huitième de sang d’une race anglaise de couleur blanche.
- Il ne faut pas oublier que par des accouplements judicieux, des soins hygiéniques bien compris et une abondante nourriture, on parvient, chez le porc, à modifier sensiblement sa conformation à l’aide d’une seule génération.
- Personne ne peut nier aujourd’hui que les races françaises ne doivent leur perfectionnement au sang des races porcines anglaises.
- C’est, en effet, en les accouplant à ces races, d’une conformation parfaite et d’une grande précocité, qu’on est parvenu très promptement à diminuer l’ossature des races normande, craonnaise, etc., à améliorer leurs formes et à les rendre plus précoces et d’un engraissement plus facile.
- Ces divers résultats ont été si remarquables que bien peu de cultivateurs persistent de nos jours à élever les races indigènes qui rappellent encore, par leur ensemble, les animaux si défectueux que l’agriculture française a possédés pendant plusieurs siècles.
- La race normande fournit une viande excellente et un lard de bonne qualité, mais elle a de gros os et elle se développe assez lentement. 11 en est de meme de la race picarde, de la race bourbonnaise et de la race craonnaise. C’est dans le but de corriger les défauts de la race normande que M. le comte de Lenoncourt l’allie à la race yorkshire; c’est pour modifier avantageusement la race picarde que M. Paillart la croise aussi avec la race yorkshire ; enfin c’est dans le but d’améliorer la race craonnaise que M. Mangin l’accouple avec cette race anglaise.
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- Gr.vm. Cl. 80.
- La race vorkshire n’est pas toujours acceptée comme race amé-lioratrice des grandes races françaises de couleur blanche. M. le comte des Nétumières croise la race craonnaise avec la race new-leicester. M. Feunteum, M. Boyenval, M. Broquet et M. de Buor allient aussi la race craonnaise à une race anglaise ; mais ils ont donné la préférence à la race berkshire, qui a une robe noire.
- Les animaux provenant de ce dernier croisement étaient excellents, mais ils n’avaient pas cette distinction, cette finesse qui caractérisaient les animaux élevés par M. des Nétumières.
- Les animaux obtenus par M. Poisson et M. Pissevin à l’aide d’un croisement opéré entre la race bourbonnaise et la race berkshire avaient aussi une bonne conformation.
- La race berkshire a une taille moyenne. A part la nuance de son pelage, elle doit être regardée comme une très belle race, quand elle est pure, lorsqu’elle est représentée par des animaux aussi bien conformés que ceux exposés par M. de Buor, M. Du-moutier et M. des Nétumières. Malheureusement cette race, comme toutes les autres, est sujette à prendre du gros, à perdre une partie des caractères qui la distinguent; aussi est-il nécessaire, dans les accouplements, de choisir les animaux qui ont le plus de finesse.
- Les changements dus à l’alliance des races françaises avec les races anglaises sont tels aujourd’hui qu’il est parfois difficile de bien savoir à quelle race typique appartiennent les animaux qu’on admire dans les concours régionaux et sur les grands marchés d’approvisionnement. Aussi est-il permis de dire que nous ne sommes pas éloignés de l’époque où les races porcines élevées en France seront, comme en Angleterre, divisées eu deux classes : les grandes races et les races moyennes.
- Je ne parle pas d’une troisième classe qui comprendrait les petites races anglaises, parce que ces races seront pendant longtemps encore élevées pour fournir des animaux reproducteurs destinés à être accouplés avec les races indigènes.
- Les moyennes et les grandes races sont celles qui conviennent le mieux à la France, parce qu’elles se déplacent elles-mêmes très facilement. Qu’on ne l’oublie pas ! le plus généralement dans le Limousin, la Bresse, le Périgord, le Béarn, le Maine, etc., les
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- animaux de l’espèce porcine vont au pâturage depuis l’époque du sevrage jusqu’au moment où ils sont engraissés ou livrés maigres à la vente. Ce n’est qu’accidentellement qu’ils vivent en stabulation complète. Lorsqu’ils séjournent à l’intérieur de la ferme, ils vivent ordinairement en liberté dans des cours plus ou moins spacieuses dans lesquelles ils se déplacent très aisément.
- Sauf la race vorkshire et la race berkshire, les autres races anglaises qu’on rencontre en France marchent très difficilement et nécessitent, dès lors, des porcheries spéciales, qu’on ne rencontre pas ordinairement dans les fermes. Ces bâtiments particuliers sont indispensables pour que le service soit rapide et économique et que la surveillance puisse s’exercer facilement à l’époque de la naissance des gorets.
- J’ai dit que la plupart des animaux exposés par les éleveurs anglais appartenaient à la race berkshire. Ces animaux figuraient, dans la catégorie des grandes races, à côté des animaux dérivés de la race lincolnshire. La section des petites races comprenait les races suffolk, windsor, vorkshire et middlesex.
- La race suffolk n’est autre que la petite race yorkshire. En Angleterre, on connaît trois variétés désignées sous le nom de yorkshire : la grande race (large), la race moyenne (middle) et la petite race (small). Or la petite race est une simple variété de la race que l’on connaît généralement sous les noms de middlesex, Windsor, leicester, suffolk et norfolk. Les quelques caractères qui différencient ces variétés les unes des autres ne sont pas assez sensibles et fixés pour constituer de véritables races. La race suffolk noire est la race essex ayant du sang berkshire.
- Les races lincolnshire, lancctshire et cumherland sont identiques, on peut le dire, sauf quelques légers caractères très variables suivant les animaux, à la grande race yorkshire.
- Le programme du concours n’admettait pour les animaux étrangers que deux classes : les grandes races et les petites races. Par une particularité qu’il n’est pas inutile de signaler, on fit quatre sous-sections dans chacune des deux catégories, et on accorda des prix aux mâles et aux femelles : i° de couleur noire; a0 de couleur blanche. Cette division a très satisfait les éleveurs anglais, mais
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. VEŒ. Cl. 80.
- elle n’était pas justifiée par les usages admis en Angleterre dans les concours agricoles. Il en est résulté que quatre premiers prix ont été attribués pour les grandes races aux races yorkshire et lincoln-shire de couleur blanche, et à la race berkshire de couleur noire, et que quatre autres premiers prix ont été décernés pour les petites races à la race lincolnshire de couleur blanche et aux races suffolk et berkshire de couleur noire. Par cette division étrange, on a doublé le nombre des sections, contrairement au règlement général qui régissait l’exposition des animaux vivants, et l’on a attribué des prix à la même race, dans les grandes comme dans les petites races.
- La partie française comprenait 188 animaux. Les plus jeunes avaient 6 mois et les plus âgés ko mois; mais l’âge du plus grand nombre variait entre îo et 2& mois. Dans son ensemble, cette exhibition était très remarquable et surpassait l’exposition anglaise. Le jury n’a pas hésité un seul instant à attribuer à M. Poisson, à Launoy (Cher), un objet d’art d’une valeur de 1,000 francs pour son groupe d’animaux de la race middlesex.
- La partie étrangère comprenait 127 animaux ayant les mêmes âges que les animaux appartenant à la France. Un objet d’art d’une valeur de 1,000 francs a été décerné à M. Sexton, à Ipswich (Angleterre), pour un groupe d’animaux de la race suffolk.
- Enfin, les deux jurys réunis ont attribué un objet d’art d’une valeur de 1,000 francs, offert par la Société des agriculteurs de France, à M. Poisson, précité, pour ses animaux qui surpassaient, parleur beauté, les animaux exposés par les éleveurs anglais.
- Gustave Heuzé,
- Inspecteur général de l’agriculture.
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