Rapports du jury international
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- RAPPORT
- SUR
- LES PROCÉDÉS ET LES APPAREILS
- DE CHAUFFAGE ET D’ÉCLAIRAGE.
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- MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE ET DU COMMERCE.
- roc».
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1878
- A PARIS.
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- Groupe III. — Classe 27.
- RAPPORT
- SUR
- LES PROCÉDÉS ET LES APPAREILS
- DE CHAUFFAGE ET D’ÉCLAIRAGE,
- PAR
- M. BARLET,
- INfcÉMF.Un ATTACHÉ À l.' AIIM IMSTRATIOX DES CHEMINS DE FED DF. L’ÉTAT, À BRUXELLES.
- PARIS.
- IMPRIMERIE NATIONALE.
- M D G G G LXXXI.
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- fi nom: III. — Classe 2 7.
- RAPPORT
- suit
- LES PROCÉDÉS ET LES APPAREILS
- DK CHAUFFAGE ET D’ÉCLAIRAGE.
- COMPOSITION DU JURY.
- MM. MtLi.iir, (E.), président, ingénieur, professeur à l’Ecole conlrale )
- des arts cl manufactures, membre des comités d’admission et / France.
- d’installation à l’Exposition universelle de 1878..................)
- .Iamks-\Y. Tlcken , vice-président.................................... Etats-Unis.
- I’aiw.kt, rapporteur, ingénieur attaché à l’administration des chemins de 1er de l’Etat à Bruxelles..................................
- 1 [lkkz (P.-F.), secrétaire, fabricant d’appareils de chauffage, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposi- * France, lion universelle de 1878, juge au tribunal de commerce. . . . )
- le docteur Axuts Smitii, F. R. S................................... Angleterre.
- Ewkkt (A.-YV.), professeur à l’école industrielle Chalmœr, à 1 Suède et (lolbendiourg......................................................j Norvège.
- PnoKiior.oFF, ingénieur civil...................................... Russie.
- Paya , administrateur de la Compagnie parisienne du gaz, membre ) des comités d’admission eL d’installation à l’Exposition univer- > France, selle de 1 878.....................................................
- Ciiaiwuk aîné, suppléant, membre des comités d’admission et d’inslallaliou à l’Exposition universelle de 1878..................
- Sia-.viiiii (E.), suppléant, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition de 1878..............................
- Llciiairk, suppléant, fabricant d’appareils d’éclairage, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition univer- > France, selle de 1878......................................................J
- France.
- France.
- ( liasse
- /•
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. m.
- Cl. 27. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- Les produits de la classe 27 peuvent se diviser en cinq groupes:
- 1" Les procédés et appareils de ventilation des grands édifices publics;
- 2° Les procédés et appareds de chauffage des édifices et des maisons d’habitation;
- 3° Les accessoires du chauffage;
- l\° Les appareils et procédés d’éclairage par l’Jiuile. le gaz et l’électricité;
- 5Ü Les accessoires de l’éclairage.
- Le nombre des exposants a été de 07b, dont 20/4 Français et 172 étrangers.
- Des progrès considérables ont été constatés dans les différentes branches d’industrie de la classe 27, et de celles s’y rattachant.
- La lumière électrique surtout a été, dans ces derniers temps, l’objet d’une attention particulière, tant de la part des savants et inventeurs que de la part du public.
- Les savants, les inventeurs, les fabricants de machines, ont tous concouru aux succès obtenus.
- L’ 1 de la ventilation et du chauffage a montré (‘gaiement de nombreux perfectionnements.
- Les récompenses obtenues sont :
- 9 grands prix; eq médailles d’or;
- 38 médailles d’argent; q7 médailles de bronze;
- 80 mentions honorables.
- 5446
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- APPAREILS ET PROCÉDÉS DE CHAUFFAGE ET D’ÉCLAIRAGE. 3
- Gr. IH.
- VENTILATION. Cl. 27.
- Depuis longtemps déjà, les ingénieurs et les savants s’occupent de la ventilation des édifices publics, principalement au point de vue hygiénique. La question peut être considérée, aujourd’hui, comme résolue, quoiqu’elle soit toujours des plus complexes, en ce qui concerne l’application des procédés.
- Les procédés employés, principalement au nouveau lazaret de Milan, au palais du Trocadéro à Paris, aux théâtres de Vienne, de Bruxelles et de Paris, présentent assurément des améliorations de différentes sortes, utiles à signaler; mais nous considérons cependant qu’il y a encore beaucoup à faire pour obtenir un résultat plus complet.
- Nous signalerons surtout les procédés employés dans les écoles et dans les bureaux d’administrations, comme étant tout à fait incomplets, au point de vue de l’hygiène des enfants et des employés.
- Il serait désireux que les administrations se préoccupassent davantage de cette question qui intéresse au plus haut degré tous les pays. Nous faisons donc un appel pressant aux ingénieurs et aux architectes qui, jusqu’à présent ne se sont pas assez préoccupés de cette question.
- Nous ferons la même observation concernant les habitations des grands centres, pour lesquelles il y a souvent, sous des prétextes que nous n’apprécierons pas, des logements complètement insalubres.
- CHAUFFAGE.
- Nous n’avons rien de bien nouveau à signaler dans les appareils de chauffage depuis 1867. Ceux qui ont figuré à l’Exposition de 1878, tant de provenance française qu’étrangère, ont attiré l’attention générale, au point de vue des efforts faits pour arriver à une amélioration; malgré cela, l’ensemble des appareils ne contient aucune application pouvant faire révolution parmi ceux gé-ralement utilisés.
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- EXPOSITION UNIVEKSELLE DE 1878.
- Nous signalerons, en passant, comme éLant digne d’attention spéciale, un appareil dû à l’exposition suisse, destiné à évaporer des solutions salines sans le secours d’aucun combustible et par la seule action d’une chute d’eau, gui permet de récupérer la chaleur gui a servi à l’évaporation et de lui restituer celle gui se perd dans les frottements et dans le rayonnement des parois.
- ECLAIRAGE.
- Depuis guelgues années, l’éclairage a fait des progrès très rapides et très marguants.
- La lumière électrique, qui n’était qu’à l’état d’expériences, se répand aujourd’hui d’une façon presque générale, non pas avec la perspective de remplacer les autres modes d’éclairage, mais simplement de les suppléer et de les compléter.
- Nous examinerons successivement :
- i° Les appareils d’éclairage aux huiles et essences;
- 2° L’éclairage au gaz;
- 3" L’éclairage électrique;
- à0 Les accessoires de l’éclairage.
- L’éclairage aux huiles végétales, minérales, essences, etc., n’a pas fait beaucoup de progrès; cependant quelques améliorations existent dans la fabrication des appareils; ceux destinés à brûler le pétrole sont toujours l’objet de savantes recherches.
- L’éclairage au gaz ne date guère que d’un demi-siècle; les différents systèmes d’appareils n’ont pas subi de modifications notables ; cependant l’Angleterre expose un nouveau bec à triple couronne, destiné à l’éclairage des villes et des phares, en concurrence avec l’éclairage électrique.
- L’éclairage des phares a subi une transformation complète, depuis quelques années, par la substitution des essences minérales à l’huile de colza. Des lampes à gaz et des lampes électriques ont été introduites dans divers systèmes; malgré cela, l’étude de la ques-
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- APPAREILS ET PROCEDES I)E CHAUFFAGE ET D’ECLAIRAGE.
- lion de l’éclairage des phares reste toujours pendante, principalement au point de vue de l’emploi de la lumière électrique, qui paraît être destinée à remplacer les autres modes d’éelairage.
- L’éclairage électrique est peut-être de toutes les branches industrielles celle qui a fait les progrès les plus grands et les plus rapides, et dont les applications se sont développées le plus, surtout dans ces dernières années.
- Ce mode d’éclairage n’a donné, quant à présent, de véritables résultats que dans l’emploi qui en a été tenté sur de vastes espaces: places, quais, grandes enceintes, etc.
- La difficulté d’alimenter une grande quantité de foyers au moyen d’une machine unique paraît à peu près résolue, quoique cependant des modifications font toujours l’objet des recherches des hommes compétents.
- L’éclairage par l’électricité est destiné à recevoir une application particulière beaucoup plus grande, et à compléter, sans leur faire tort, les divers systèmes d’éclairage au gaz, à l’huile, aux essences , etc.
- Les différents essais (pii se font journellement, tant en France qu’à l’étranger, amèneront assurément des résultats des plus utiles et des plus intéressants.
- Les accessoires de l’éclairage sont tout naturellement les allumettes, dont la fabrication a pris depuis quelques années une extension considérable.
- En résumé, les appareils de chauffage ont beaucoup acquis dans les grands édifices; mais ceux appliqués aux écoles et aux habitations privées laissent toujours à désirer.
- En ce qui concerne l’éclairage, la France l’emporte de beaucoup sur les autres pays, au point de vue du goût et de la forme des appareils, dont l’emploi est adopté chez la plupart des nations occidentales de l’Europe.
- L’éclairage électrique, expérimenté un peu partout, a reçu en France sa plus grande application.
- G-r. m. Cl. 27.
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- G
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. ni. L’étranger a peu participé à l’Exposition de 1878, dans la
- classe 27.
- Cl 27 /
- Aux Etats-Unis, les tendances sont celles-ci : produire beaucoup et à bon marché. Le goût et l’art dans les appareils laissent souvent à désirer.
- L’Angleterre cherche plutôt la solidité et le confort.
- Les autres pays n’ont exposé que des appareils connus, qui, cependant, dénotent des tendances à une amélioration progressive.
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- APPAREILS ET PROCÉDÉS DE CHAUFFAGE ET D'ÉCLAIRAGE. 7
- CHAPITRE PREMIER.
- DESCRIPTION GÉNÉRALE.
- Les produits exposés dans la classe 27 peuvent se diviser en plusieurs groupes :
- i° Les procédés et appareils de ventilation des grands édifices ’^s, tels que les hôpitaux, salles de théâtre et de concert, écoles, prisons, églises, etc. ;
- 2° Les procédés et appareils de chauffage des édifices et des maisons d’habitation, le chauffage domestique et les divers chauffages spéciaux aux classes ouvrières, les appareils destinés à utiliser tous les genres de combustibles : la houille crue, l’anthracite, le coke, le bois, les huiles, le pétrole, les essences, les goudrons et le gaz ;
- 3° Les accessoires du chauffage et notamment les forges portatives ;
- /j° Les appareils et procédés d’éclairage au moyen :
- a. Des huiles végétales, des pétroles, des essences, des huiles lourdes et légères,
- b. Du gaz,
- c. De l’électricité ;
- .V Les accessoires de l’éclairage qui comprennent comme seule industrie importante celle des allumettes.
- Un grand nombre de pays ont pris part à l’Exposition, mais c’est la France surtout qui y était représentée de la façon la plus complète. Elle avait à elle seule plus de la moitié du nombre des exposants ; elle occupait une large place dans la galerie du mobilier et s’était vue forcée de construire encore, près du pavillon du Creuzot, une vaste annexe pour étaler les produits des divers fabricants du pays.
- Dans des limites plus restreintes, l’Angleterre, la Suède, les
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. III. Etats-Unis, la Belgique el la Russie ont figuré avec honneur dans ce concours industriel; mais à part l’Angleterre, qui disposait d’un espace convenable, on peut reprocher aux autres pays de n’avoir pas donné assez d’ampleur à leur exposition. Un grand nombre d’entre eux aurait certes retiré de sérieux avantages en étalant toute l’échelle de leur fabrication , depuis les produits à bon marché et de vente courante jusqu’aux objets de luxe destinés aux appartements somptueux.
- En restreignant son exposition à des pièces faites spécialement en vue de prouver le fini auquel on peut arriver, on court risque de donner une idée fausse de la situation réelle de l’industrie du pays et d’induire le public en erreur sur la valeur relative des produits de provenances diverses.
- U est vrai de dire que les pays étrangers n’avaient pas les memes avantages que la France pour leur participation à celte exposition. Les industriels de ce pays se trouvant sur les lieux pouvaient plus facilement régler eux-mêmes l’étalage de leurs produits et n’avaient pas à supporter les frais qu’ont dû subir ceux qui venaient de loin et qui avaient contre eux, outre la distance, l’ignorance de la langue du pays et des us et coutumes, tant de la classe ouvrière à laquelle ils devaient avoir recours, que de la procédure administrative.
- Le nombre total des exposants de la classe 27 se monte à 3 y T>, répartis entre les diverses nations de la manière suivante :
- Russie.
- Hongrie.. Danemark, Canada. . Espagne .
- 90/l Italie
- 3:5 Japon
- *9 Suisse
- 17 Norvège
- 16 Grand-Luxembourg
- 15 Victoria
- ,10 Colonies françaises
- 10 Pays-Bas
- • (.) Portugal
- 6 Algérie
- 5 Pérou
- articipi é à l’Exposition générale
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- APPAREILS ET PROCÉDÉS DE CIIALFFAGE ET D’ÉCLAIRAGE. 9
- pas représentés dans la classe .97; ce sont: l’Annam, la Chine, la Gr. 111.
- Grèce, le Maroc, la Perse, la Tunisie, le royaume de Siam et la
- «j Cl 27
- république de Saint-Marin.
- Quoique nous soyons fondés à croire que l’industrie de la ventilation, du chauffage et de l’éclairage soit peu développée dans ces dernières contrées, il eût été intéressant de pouvoir suivre les progrès qu’elles ont réalisés depuis quelques années etde constater les modifications que les relations internationales qui se sont tant développées depuis peu, ont apportées dans les mœurs de ces peuples.
- Ce n’est pas sans une satisfaction bien légitime que le Jury a constaté les progrès immenses réalisés dans les différentes catégories d’industries comprises dans la classe 27. L’activité fiévreuse que les savants, les électriciens et le public entier ont montrée récemment au sujet de la lumière électrique, les résultats pratiques auxquels on est arrivé, ont transformé cette science en une véritable industrie qui occupe déjà dans plusieurs pays un grand nombre d’ouvriers. Aussi le Jury a-t-il cru devoir proposer le grand prix à M. V an Malderen, l’inventeur de la première machine à lumière figurant à l’Exposition, celle de l’Alliance, et au propagateur de cette industrie, M. Gramme, qui, en rendant la machine pratique, a concouru le plus à l’introduction de l’éclairage électrique industriel.
- Certes, dans l’industrie de la ventilation et du chauffage, les perfectionnements ont été nombreux, l’étude rationnelle des lois qui président à l’application des procédés a permis d’élever au niveau d’une science ce qui n’était considéré aujourd’hui que comme un art et qui était connu sous le nom de Yart du funusie.
- Les ingénieurs et les architectes, convaincus de l’importance de cette branche industrielle au point de vue de la sécurité et de l’hygiène publiques, s’en sont préoccupés davantage, et l’on peut dire que l’on marche aujourd’hui avec certitude et en connaissance de cause dans l’application des principes de la ventilation et du chauffage des grands édifices publics.
- Des grands prix auraient pu récompenser d’aussi nobles efforts, mais le Jury a pensé qu’il y avait une distinction à établir entre
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. ni. les créateurs d’une industrie nouvelle d’un pays et ceux qui n’ont
- l’ait que suivre une voie déjà tracée avant eux.
- Cl 27 1 ...
- D’autre part, il importait de ne pas prodiguer cette haute distinction et de ne l’accorder qu’aux plus méritants, afin de lui conserver tout son prix.
- C’est dans cet ordre d’idées que le Jury a proposé : 2 grands prix, 29 médailles d’or, 58 médailles d’argent ; et qu’il a accordé : 97 médailles de bronze et 80 mentions honorables.
- Le Jury de la classe a vu avec satisfaction toutes ses propositions agréées par la commission supérieure, à l’exception des deux grands prix qu’il croyait [tins opportun d’accorder aux inventeurs des machines à lumière électrique, et qui ont été accordés aux sociétés financières qui les patronnaient.
- Ces distinctions ont été réparties de la manière suivante entre les divers pays exposants :
- PAYS. 1NOMURR D'EXPO- SANTS. N 0 M U GRANDS prix. R 15 DE A iVo r. DI ST IX K PAIJ, 1. K d'argent. G TI 0 N S de bronze. ACCORI MOTIOSS hono- rables. ) É H S. TOTAL,
- France 30 A O, *7 3 7 •H) /iG 1 5 1
- AngleUv. e g g // O, 7 8 G 9 9
- Belgique i G II h G h h 1 5
- Elats-Unis 1 7 U 1 G G r> if.
- Suède 1 9 II 3 7 O 2 1 G
- Autriche-Hongrie. ;>o U U 1 r> G 1 9
- Russie 15 II U G T) G 1 1
- Danemark 0 U II 1 1 5 7
- Suisse 5 n G // 1 1 5
- Norvège fi u II G u u G
- Canada G u U II G ») 5
- Japon 5 h e // G II 3
- Italie r> u H II 1 u 1
- Luxembourg.. . . .‘i u // II 1 II 1
- Pays-Bas a 1/ II 0 1 II 1
- Victoria n u U // II 1 1
- Tôt \r\.... G G 7 11 3 9 5 K 97 80 2 GG
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- APPAREILS ET PROCÉDÉS DE CHAUFFAGE ET D’ÉCLAIRAGE. 11
- Si d’autres exposants méritants n’ont pas été compris dans la Gr. ni. liste des récompenses, c’est par suite de retard dans les transports ou de toute autre cause; certains produits ne sont pas arrivés en temps utile pour être soumis à l’appréciation du Jury. Il pourrait en être ainsi notamment pour les fabricants d’allumettes; par suite d’une mesure de précaution, l’administration n’a permis d’exposer dans le palais du Champ de Mars que des allumettes fictives; les produits réels devaient être envoyés au laboratoire pour être soumis aux essais. Or, certains de ces produits ne sont pas arrivés au Jury ou ne lui sont parvenus que trop tard. Cette situation fâcheuse, que le Jury a vivement regrettée, ne peut cependant lui être imputée.
- Grâce au bienveillant concours de M. de Lalanne, inspecteur général des ponts et chaussées, qui a mis à la disposition de la classe : le local, la force motrice et les machines dynamo-électriques de l’Alliance et de Gramme, le Jury a pu procéder à des expériences nombreuses sur les régulateurs électriques et les divers charbons exposés. Ces essais ont été suivis d’une façon continue par MM. les experts Fichet et Dcnfer. qui ont prêté au Jury leur concours dévoué et désintéressé.
- Dans Je chapitre suivant, nous passerons en revue les progrès réalisés dans les différentes catégories de produits exposés, en donnant quelques détails sur les j s les plus saillants de cette exposition.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. III,
- Cl. 27.
- CHAPITRE II.
- DESCRIPTION SPCCIXLi:.
- VKNTIL\TTON.
- Depuis quelques années, la question de la ventilation des édifices 11 es a attiré spécialement l’attention des ingénieurs et des savants.
- Jusque-là-, les architectes avaient complètement négligé cette partie importante des constructions, et ce n’est qu’après l’installation et l’usage de ces bâtiments que l’on s’apercevait de la situation fâcheuse, au point de vue hygiénique dans laquelle se trouvait le personnel appelé à occuper les locaux pendant un temps plus ou moins long. Le mal était fait, et il était généralement trop lard pour y remédier.
- Des études spéciales ont été entreprises depuis lors; les idées primitivement reçues ont été considérablement modifiées, et l’on est arrivé aujourd’hui à pouvoir avec certitude établir a priori poulies grands édifices le régime d’aération voulu.
- La question est néanmoins des plus complexes.
- Il ne suffit pas, en effet, de faire passer 3o„ Ao, îoo et meme jusqu’à 35o mètres cubes d’air pur par personne dans un local déterminé, un excès d’air peut quelquefois être nuisible.
- Il y a lieu de tenir compte bien plus de l’efficacité que de la quantité de la ventilation.
- Rien ne sert, en effet, de faire passer une grande quantité d’air dans un espace à ventiler; il faut encore que l’air vicié soit entraîné au dehors, et l’on conçoit que suivant la distribution de l’édifice les conditions d’aération doivent être bien différentes. Dans les hôpitaux, dans les salles de concert, de théâtre, les écoles, les lycées, les églises, etc., la manière d’être des personnes qui occupent ces locaux est toute différente. Ici, elles occupent d’une façon permanente des places déterminées,distantes les unes
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- APPAREILS ET PROCÉDÉS DE CHAUFFAGE ET D’ÉCLAIRAGE. 13
- des autres de quantités égales; là, la foule envahit le sol à des Gr. m. heures déterminées; là encore elle tapisse les parois ou les loges de la salle ; là les élèves occupent tantôt les classes, les dortoirs, les réfectoires, etc.
- Les conditions d’aération varient encore suivant que les locaux sont occupés l’hiver ou l’été, le malin ou le soir.
- On comprend que, pour effectuer une lionne ventilation dans chacun de ces divers cas, on ne puisse établir de règle absolue, et que les circonstances locales, connue les destinations diverses, doivent modifier les moyens employés pour atteindre le but désiré.
- On peut cependant classer en deux catégories bien distinctes les procédés suivis jusqu’à ce jour : les uns agissent par appel, les autres par injection.
- Dans certains cas on a combiné ces deux moyens, comme nous le verrons tout à l’heure pour la salle du Trocadéro.
- L’appel peut se faire au moyen de la chaleur à l’aide de foyers, d’air chaud ou d’air comprimé, d’eau ou de vapeur, ou par des moyens mécaniques.
- L’injection s’opère par des engins mécaniques ou par l’entraînement au moyen de l’air comprimé.
- Tous ces moyens sont également employés avec succès lorsqu’on a soin de tenir compte des conditions ci-dessus que doit remplir le local à ventiler.
- Il y a lieu de remarquer que, lorsqu’on a recours à des moyens mécaniques, la ventilation par injection est plus économique que par appel, pour autant que Ton ne tienne compte que delà quantité totale d’air qui passe par le local. Le travail utile, au contraire, est plus grand par appel, parce que Ton est maître de soutirer Tair vicié près de l’endroit où il a été altéré.
- Une des conditions d’une bonne ventilation consiste, en effet, à ne pas faire voyager Tair vicié dans le local.
- C’est cette raison qui a donné lieu à de grandes discussions pour savoir s’il était préférable de ventiler de haut en bas ou de bas en haut.
- Lorsqu’on n’est pas obligé de chauffer, il est très avantageux
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. in. de faire venir l’air pur par le haut et d’évacuer l’air vicié par le bas. Et même en cas de chauffe, on verra par les descriptions suivantes qu’il est souvent possible d’en agir ainsi.
- Les veines-fluides pénétrant dans un local conservent leur direction pendant un certain temps; si elles pénètrent par le haut, ell es peuvent donc se noyer dans un vaste espace et n’ont plus qu’une vitesse excessivement faible lorsqu’elles arrivent auprès des habitants du local. De plus, un courant arrivant de face est beaucoup moins gênant que celui qui frappe par derrière ou de côté. D’autre part, on peut évacuer i’air vicié tout près du spectateur, c’est-à-dire à l’endroit où il a été altéré.
- La ventilation est peut-être moins énergique que lorsqu’elle a lieu par appel, mais elle est beaucoup plus efficace, et dans les salles de théâtre et de concert elle a l’avantage d’être plus favorable à l’acoustique.
- La ventilation de nos anciens théâtres, où l’appel se fait par le lustre, cause dans la salle une dépression des plus nuisibles à la santé des spectateurs, car la moindre porte que l’on ouvre amène des courants violents qui peuvent produire des refroidissements dangereux. De plus, la dépression existant dans les salles par suite de cet appel amène chez les spectateurs un état de malaise semblable à celui que l’on éprouve en temps d’orage lorsque la pression atmosphérique baisse subitement.
- Toutes ces conditions semblent avoir été bien comprises dans ces derniers temps, et l’Exposition de 1878 nous a permis de constater les progrès remarquables réalisés dans cette voie pour les diverses constructions.
- Les descriptions suivantes indiquent pour certains cas particuliers les divers moyens employés avec succès pour éviter les inconvénients signalés ci-dessus.
- Nouveau Lazaret de Milan. — Dans le compartiment italien nous trouvons exposés les plans d’un hôpital pour les maladies contagieuses, à construire à Milan d’après le projet du docteur Romanin.
- Le système de ventilation semble bien compris. Plusieurs bà-
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- APPAREILS ET PROCEDES DE CHAUFFAGE ET D’ECLAIRAGE. 15
- limenls isoles comprennent de vastes salles contenant un maxi- Gr. ru.
- muni de 16 lits chacune, avant pour chacun d’eux un cube de , _ ’ J l Cl. 27.
- (>o métrés.
- Ce cube est supérieur à ceux des hôpitaux les mieux ventilés, où Ton s’était contenté en moyenne de A3 mètres euhes par lit.
- En Angleterre on avait déjà dépassé cette moyenne et l’on eu était arrivé à 5a mètres. C’est en Amérique que, pour la première fois dans l’hôpital de Boston on porta ce volume à 62 mètres cubes et demi. Ce grand volume d’air n’est toutefois pas la seule condition d’hygiène des bâtiments de l’espèce.
- Pour éviter que les hôpitaux pour maladies contagieuses ne se transforment rapidement en centre de propagation de la contagion, il faut pourvoir abondamment à l’extraction de l’air vicié et à la substitution d’une quantité égale d’air pur.
- Dans l’hôpital en question, l’air vicié est extrait par-dessous le lit de chaque malade et l’on évacue ainsi les miasmes près de leur point de formation. L’air pur est introduit par le haut des salles au-dessous des lits, où les bouches d’introduction, munies cle disques répartiteurs, éparpillent la veine-fluide de façon quesa vitesse d’introduction soit complètement amortie lorsqu’elle atteint le malade.
- Des conduits placés sous le plancher et dont les diamètres augmentent successivement , au fur et à mesure de leur jonction réciproque, se rendent à une cheminée d’appel au bas de laquelle se trouve un ventilateur. Celui-ci aspire l’air vicié et le refoule sur un foyer dormant où les miasmes viennent se détruire par l’action de la combustion au lieu de se répandre dans l’atmosphère.
- Un certain nombre de ventilateurs agissent de la même manière pour chacune des salles ou série de salles.
- La prise d’air pur se trouve au-dessus du bâtiment et débouche dans une mansarde avant de se répandre dans les salles des malades. L’ouverture d’entrée de l’air est défendue par une grille de fil de fer très mince empêchant le dépôt dans les conduits d’immondices ou de matières qui pourraient vicier l’air. Avant son entrée dans les mansardes, l’air traverse un conduit dans lequel il •rencontre d’abord un calorifère destiné à le chauffer en hiver, et
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- IG
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. III. ensuite quelques appareils qui ont pour but de le débarrasser de
- la poussière et de le rafraîchir en été.
- Cl 27 *
- L’appareil tel qu’il est décrit ci-dessus permet avec une entrée d’air de 70 centimètres de vitesse, de renouveler toute la capacité des salles six fois par heure. Mais comme nous l’avons vu plus haut, cette vitesse s’amortissant presque immédiatement à son entrée dans les salles, grâce aux disques répartiteurs, rien n’empêche, si on le désire, d’augmenter encore la ventilation en réglant en conséquence la marche des ventilateurs d’appel.
- Un détail important qui a son influence sur la ventilation, c’est que les parquets sont construits en émaux battus à la vénitienne, qui se prêtent à un nettoyage facile, 11e donnent pas de poussière ne s’imbibent pas d’humidité et ne présentent pas de fentes offrant un asile à des germes malfaisants.
- Trocudéro. — C’est dans la grande salle des fêtes du Trocadéro
- (|ue nous avons été le mieux à même d’apprécier les grands progrès réalisés depuis quelques années dans la ventilation des édi-
- fices ' ' es.
- Cette œuvre remarquable est la preuve certaine que les principes qui servent de base aux calculs de l’espèce sont rationnels et que leur appréciation répond bien au but à atteindre.
- Cette grande salle, de plus de Go mètres de diamètre, peut abriter 5,000 personnes assises sur autant de fauteuils placés en amphithéâtre. MM. les architectes Davioudet Bourdais, assistés de MM. Geneste et Herscher, se sont posé comme problème de donner h 0 mètres cubes d’air par personne et par heure, soit un total de y00,000 mètres cubes.
- La pratique a reconnu que pour des salles de l’espèce ce chiffre est amplement suffisant. Il s’agissait de l’introduire dans la salle et d’en extraire une égale quantité d’air vicié, sans donner lieu à des courants d’air et sans gêner les spectateurs. On a calculé qu’en agissant par injection ou par appel on aurait créé, dans la salle une pression ou une dépression de om,oo6.
- Dans le premier cas, la pression sur les portes eût été telle qu’il eût été difficile de les ouvrir ou de les fermer. Dans le second cas,
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- une dépression aussi forte aurait provoqué des courants d’air insupportables pour les spectateurs, lors de l’ouverture des portes.
- Pour éviter ces inconvénients on eut l’heureuse idée de recourir à un système mixte consistant à injecter l’air, d’une part, sous une pression de oin,oo3 et à l’aspirer, de l’autre, sous une pression à peu près égale, afin de laisser dans la salle un léger surcroît de pression évitant toute rentrée d’air lors de l’ouverture des portes.
- L’air est foulé par une large lanterne supérieure et est aspiré par 5,ooo bouches placées entre chacun des fauteuils de la salle.
- La vitesse de l’air foulé par le dessus vient s’éteindre bientôt par l’épanouissement des veines-fluides dans la vaste rotonde, de façon à ne pas gêner les spectateurs.
- Dans le même but, l’aspiration se fait par des ouvertures placées derrière les fauteuils et garnies de toiles métalliques, de façon que la contraction de la veine aspirée ne se forme que près de l’ouverture. Ces bouches ont été placées à om,70 environ du sol, afin que les vêtements des dames ne viennent pas gêner l’action de la ventilation, en recouvrant les bouches placées sur le sol.
- Dans le but de régulariser l’action de chacun des orifices d’évacuation, les conduits, placés sous le plancher, ont été calculés de façon que les résistances dues au mouvement de l’air fussent égales.
- L’appel et l’injection se font au moyen de ventilateurs à hélices actionnés par une machine à vapeur. Deux groupes de trois grandes cheminées placées de chaque côté de la salle servent à l’introduction de l’air frais et à l’évacuation de l’air vicié, chaque groupe pour la moitié delà salle.
- Une des grandes cheminées d’introduction peut à volonté prendre l’air au-dessus du bâtiment du côté de la place du Tro-cadéro ou dans le fond d’anciennes carrières qui existent sous ce grand édifice.
- L’évacuation de l’air se fait également par le sommet du bâtiment, mais loin des prises d’air pur.
- On a utilisé les grandes carrières comme surface de refroidissement, et on a pu par ce moyen donner à l’air frais introduit
- Gr. m Cl. 27
- Classe 27.
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- une différence de température de près de 5 degrés avec la température de l’air ambiant.
- Cet écart est beaucoup trop considérable, car on arriverait à trop rafraîchir les spectateurs si on le maintenait à cette intensité. Heureusement que par la disposition des lieux et l’emploi des engins mécaniques, on peut à volonté réduire cet écart aux plus petites proportions. On maintient généralement la température de la salle à î ou 2 degrés au-dessous de la température ambiante. Avant l’entrée du public dans la salle, on établit dans celle-ci le régime qu’elle doit avoir pendant tout le temps de la représentation , de façon à ne plus devoir compter sur l’influence du refroidissement ou de réchauffement par les parois, et l’on maintient ce régime pendant tout le temps de la représentation.
- De nombreuses expériences faites depuis l’ouverture de la salle ont démontré l’efficacité du système, et le public s’y trouve fort à l’aise.
- Gomme cet édifice n’est pas, comme toutes les installations du Champ de Mars, destiné à disparaître après la clôture de l’Exposition, on a ménagé le moyen de pouvoir chauffer la salle pour le cas de représentation d’hiver; on a réservé également dans les parois de grandes lanternes qui permettront d’éclairer la salle au moyen de la lumière électrique pour le cas de représentation du soir.
- L’emploi des modes ordinaires d’éclairage, lustre et girandoles , nécessiterait en effet des modifications complètes au système de ventilation établi.
- Théâtres. —Jusque dans ces dernières années, on a considéré le grand opéra de Vienne comme une des salles de spectacle les mieux chauffées et ventilées de l’Europe entière. Le chauffage à l’eau chaude, qui y est établi', est néanmoins d’une complication assez grande. Il nécessite un emplacement considérable et ne permet pas de modifier facilement la température.
- Les bouches de chauffage et de ventilation se trouvent sous les fauteuils du rez-de-chaussée et donnent lieu à quelques réclamations de la part du public. Les veines-fluides conservant toujours leur direction près des bouches de sortie, il convient, en effet, de
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- ne pas les placer près des spectateurs qui en seraient incommodés. Gr. ni. L’évacuation n’a lieu que par le plafond de la quatrième gale- C1~7 rie; les conduits sont ramenés à une cheminée qui se trouve à la séparation de la scène et de la salle. Ces conduits horizontaux semblent défectueux et une machine spéciale a dû être placée pour l’extraction de l’air vicié.
- Ce système, quoique supérieur à ce qui avait été fait dans l’espèce auparavant, ne donne pas néanmoins satisfaction complète et est d’ailleurs très coûteux.
- Il a été amélioré et complété tout récemment au théâtre de la Monnaie, à Bruxelles où la maison Geneste et Herschera établi la ventilation et le chauffage d’après les plans et sous la direction de M. l’architecte Bordiau (1). Là, le chauffage a lieu par la vapeur, qui permet de transporter la chaleur à une grande distance et de séparer et modifier très facilement la température des différentes parties de l’édifice.
- Vingt-quatre chambres de mélange sont disposées sous le parterre et les stalles, pour le chauffage de la salle, des couloirs et d’une grande partie des locaux occupés parles spectateurs et le personnel de la scène.
- Ces chambres de mélange forment réservoir d’air chaud par les nombreux tuyaux de vapeur qui y sont disposés et divisés pour pouvoir chauffer facultativement chaque étage ou un groupe de locaux déterminé.
- Elles sont mises en communication :
- i° Avec la salle, par des orifices établis dans le plancher du parterre, des stalles, du parquet, des loges des différents étages et autour de la coupole.
- Toutefois les bouches situées sous les fauteuils ne marchent qu’avant la représentation, afin de mettre la salle sous le régime que l’on désire obtenir, et que l’on maintient pendant toute la durée du spectacle par d’autres orifices placés aux parties supérieures ;
- 2° Avec les couloirs et quelques locaux de service, par des con-
- 2 .
- \oir les ligures ci-après * pages 20 à 2/1*
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- Gr. m. cluits dont les orifices sont placés à la partie supérieure, près du
- plafond. Ce système évite tout courant d’air.
- Cl. 27. l J
- Ces différentes chambres de chauffage sont alimentées d’air nouveau par des conduits et réservoirs de ventilation, soit par
- appel naturel, soit par moteur mécanique suivant la température nécessaire dans les différents locaux. L’introduction de l’air nouveau a lieu par insufflation mécanique; l’appel naturel employé dans beaucoup de théâtres est complètement insuffisant pour la ventilation des édifices d’une certaine importance.
- Coupe transe, sale.
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- Gr. III. Cl. 27.
- Cette insufflation a lieu à Bruxelles par l’air comprimé entraînant l’air extérieur.
- Coupe longitudinale.
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- Plan du sous-sol.
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- Plnn dn rez-do-ehmissée.
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- Gr. ni. Les chambres Je mélange pour la chaleur servent également pour la ventilation, dont les orifices dans la salle et les couloirs
- Cl 27
- sont les mêmes. L’air nouveau insufflé est rafraîchi soit par de nombreux jets d’eau pulvérisée, soit par un jet placé à la partie centrale des injecteurs à air comprimé.
- Il est à remarquer que les chambres de mélange peuvent envoyer à volonté de l’air chaud ou de l’air frais par les conduits en communication avec les locaux à chauffer ou à ventiler. Il suffit, à cet effet, d’ouvrir ou de fermer les robinets de vapeur qui existent pour chaque chambre; on peut ainsi chauffer ou supprimer tout chauffage à de très courts intervalles.
- Cette installation permet d’envoyer de l’air frais à un étage et de l’air chaud à un autre étage ou à un groupe de locaux suivant les températures que l’on désire obtenir.
- L’évacuation de l’air vicié a lieu par des bouches placées sous les baignoires du rez-de-chaussée, au fond des loges des différents étages, au plafond des couloirs des différents locaux à ventiler, et à la partie supérieure de la coupole.
- Ces orifices sont mis en communication facile avec deux cheminées d’appel placées des deux côtés du théâtre et qui sont activées par l’air comprimé ou par des moteurs mécaniques.
- Des lanterneaux établis dans la toiture, dans de grandes dimensions, permettent l’évacuation de tous les gaz plus légers que l’air nouveau introduit. Il y a donc deux évacuations d’air vicié : l’une par le bas pour les gaz plus lourds que l’air nouveau introduit, l’autre par le haut, par le trou du lustre et des lanterneaux de la toiture, pour les gaz plus légers.
- La machine à vapeur servant à l’introduction de l’air nouveau sert aussi à l’évacuation de l’air vicié.
- La régularité du service dans, son ensemble est assurée par un employé qui a dans son bureau les tableaux d’indication, récepteurs mis en communication avec des thermomètres placés dans chacun des locaux à chauffer ou à ventiler. Ces tableaux lui permettent de voir la température des locaux des différents étages et de la faire modifier à volonté. Il suffit de faire ouvrir ou fermer des robinets aux appareils de communication.
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- Des appareils lui permettent également d’ouvrir des lanter- Gr. HL
- neaux d’extraction à la toiture au quart, à la moitié ou aux trois
- 1 Cl. 27.
- quarts.
- En résumé, le système de ventilation et de chauffage du théâtre royal de la Monnaie, à Bruxelles, permet:
- i° D’obtenir la température à tel degré de froid ou de chaud que l’on désire, et de la modifier à volonté et à de très courts intervalles pendant le cours de la représentation et sans gêner les spectateurs par des courants d’air;
- 2° D’envoyer séparément et facultativement de l’air frais à un étage et de l’air chaud à un autre étage ou dans n’importe quelle; partie du bâtiment;
- 3° D’extraire facultativement:
- a. L’air vicié plus lourd que l’air nouveau,
- b. L’air plus léger qui encombre les parties supérieures de la salle;
- h° De concentrer dans un local spécial, au rez-de-chaussée, la direction complète du chauffage et de la ventilation;
- 5° De supprimer de nombreuses cheminées, quelquefois dangereuses et toujours très coûteuses.
- Quoique le système de ventilation et de chauffage établi à l’Opéra de Paris ne nous ait pas semblé aussi efficace que celui du théâtre de la Monnaie de Bruxelles, nous ne croyons toutefois pouvoir nous dispenser d’en dire quelques mots, eu égard surtout à l’importance du travail et à son exécution récente.
- Le chauffage de cet édifice peut se diviser en deux parties :
- L’une, la partie du théâtre proprement dit, occupée par tout le personnel de l’Opéra et comprenant la scène et ses dépendances, les foyers et loges d’artistes, les pièces habitées, les dégagements, vestibules et corridors; l’autre la partie affectée au public, comprenant la salle et ses abords.
- Le chauffage de la première s’effectue ait moyen de trois appareils desservis par six foyers dont la puissance représenterait une
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- Gr. m. machine à vapeur de la force de 60 chevaux. Ces appareils en-
- voient la chaleur dans toutes les parties à chauffer au moyen de Cl 27 J
- tuyaux en fonte présentant un développement de près de 5 kilomètres et donnant par eux-mêmes une surface de chauffe de 2,2 5 0 mètres carrés.
- Autour de ces tuyaux remplis d’eau chaude et renfermés dans des gaines en maçonnerie, circule de l’air pris à l’extérieur, qui se chauffe et se distribue dans toutes les pièces à chauffer, au moyen de 65o bouches de chaleur dont le jeu permet de régler la température et de l’obtenir uniforme dans toutes les parties occupées par les artistes.
- Les gaines renfermant les tuyaux, et formant parce fait conduits de chaleur, présentent réunies un développement de i,5oo mètres.
- Ces tuyaux alimentent en même temps les surfaces de chauffe destinées à la scène, lesquelles se composent de récipients remplis d’eau chaude, placés immédiatement sous les planches de la scène qu’ils échauffent par rayonnement. Ces surfaces présentent un développement de 600 mètres carrés.
- Dans toute cette partie de l’édifice, l’eau chaude est seule employée; son emploi assure une régularité et une douceur de température précieuse pour la voix des artistes.
- Le chauffage de la seconde partie, comprenant la salle et ses abords, devant répondre à d’autres besoins, a été traité différemment.
- On séjourne dans la salle, on ne fait que traverser les abords. Le chauffage de celle-là demande donc plus de soins que le chauffage de ceux-ci. Il doit en outre se prêter à une ventilation puissante. Ces raisons ont fait adopter des hydrocalorifères pour la salle, et des calorifères à air chaud pour les abords.
- Il y a dix appareils desservis par douze foyers dont la puissance représenterait une machine à vapeur de la force de 12 0 chevaux. Ces appareils sont puissants. Ils doivent élever rapidement la température d’espaces dont le volume n’est pas moindre de q0,000 mètres cubes. Us doivent en outre pourvoir à un renouvellement d’air pour la salle qui peut atteindre 80,000 mètres cubes d’air à l’heure; aussi est-ce par des 600 et 700 mètres
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- carrés qu’il faut compter les surfaces de chauffe des calorifères à Gr. air chaud et par des 1,200 et i,3oo mètres carrés celles des "" hydrocalorifères.
- Les prises d’air des calorifères ont des ouvertures de 3o mètres carrés et leurs conduits de chaleur atteignent 20 mètres de section.
- Les hydrocalorifères destinés au chauffage de la salle ont leur prise d’air au sommet de l’édifice, où elles débouchent par des ouvertures de 2 A mètres carrés de section.
- L’air cliaud se répand dans les couloirs par 36 bouches de chaleur et pénètre dans la salle par d’innombrables ouvertures pratiquées sur le devant des loges et, au besoin, par de larges orifices ménagés dans les cintres.
- Ces diverses ouvertures présentent une section libre de 32 mètres carrés. 3 h registres placés dans une chambre de mélange sont destinés à régler la température de l’air chaud avant son introduction dans la salle, en y ajoutant une plus ou moins grande quantité d’air froid.
- Le chauffage de la salle n’est pas le seul besoin à satisfaire, il faut aussi renouveler l’air. Le chauffage par hydrocalorifères nécessite l’introduction d’un volume d’air considérable; il s’agissait de régler méthodiquement l’évacuation de cet air. On y a pourvu en pratiquant au parterre ainsi que dans le bas et au fond de chaque loge, des ouvertures communiquant avec des conduits dont l’ensemble forme l’enveloppe de la salle. Ces conduits s’élèvent verticalement jusqu’à la partie supérieure, où ils se réunissent en huit collecteurs qui viennent déboucher dans une cheminée en tôle de 8 mètres de diamètre, placée au-dessus du lustre. Cette cheminée s’élève dans toute la hauteur et vient aboutir à la lanterne qui surmonte la coupole.
- La chaleur produite par les becs du lustre et celle qui est produite par les becs du pourtour de la salle, recueillie au passage, détermine dans cette cheminée un appel énergique.
- Des registres placés dans chacun des conduits servent à régler l’intensité de l’appel produit sur chaque étage.
- Ce travail a été exécuté par la maison d’Hamlincourt, et tout en reconnaissant les difficultés que cette maison est parvenue
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- Gr. in. à surmonter, le Jury regrette néanmoins que le travail n’ait pas ~ 7 été complété de façon à concentrer la direction du service dans un endroit unique de l’édifice.
- Églises. — La ventilation des églises n’est pas très importante; le peu de temps qu’y séjournent les fidèles et la hauteur des nefs mettent à la disposition de chacun des assistants un cube d’air frais suffisant pour qu’ils ne soient pas incommodés par la viciation de l’air pendant leur séjour dans ces édifices.
- Ecoles. — En ce qui concerne la ventilation des écoles, on n’a guère appliqué que le système par appel provoqué par la combustion de foyers ou becs de gaz, placés au bas des cheminées. Il serait à souhaiter que les administrations se préoccupassent davantage de cette question qui intéresse au plus haut point l’avenir de tous les pays. C’est, en effet, à l’âge tendre et à cause de la délicatesse de l’organisation, que l’on ressent plus vivement les funestes effets d’un air vicié et que l’on contracte ainsi les germes de maladies funestes.
- Les sacrifices que les administrations s’imposeraient dans ce but seraient complètement récupérés plus tard par le concours efficace que les enfants devenus hommes valides pourront prêter au développement de la richesse et à la prospérité du pays.
- Nous ne pouvons donc engager trop vivement les ingénieurs et les architectes chargés de ces constructions à se préoccuper de cette question de haute importance plus sérieusement qu’ils ne l’ont fait jusqu’à ce jour.
- Ce que nous disons pour les écoles s’applique également, et à plus forte raison, aux habitations particulières des grands centres, où, par raison d’économie, on a construit grand nombre d’étages superposés et peu élevés. On y remarque une absence presque complète de ventilation. Les cheminées que l’on trouve et qui sont même quelquefois fermées, pourvoient seules à l’aération des appartements.
- Pour obvier à cet inconvénient, nous devons signaler à l’attention des architectes les cheminées exposées au Champ de Mars.
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- qui déversent par le haut l’air pur pris à l’extérieur du bâtiment Gr. ni.
- et attirent l’air vicié par le bas.
- i Cl 27
- Les administrations publiques semblent peu se préoccuper également de l’assainissement des bureaux où ils entassent les employés au grand préjudice de l’hygiène et, partant, de l’expédition des affaires. Ce n’est pas que les moyens de ventiler ces locaux soient inconnus, mais, pour la plupart des cas, les modifications que l’on devrait introduire dans ce but aux constructions existantes seraient trop coûteuses, et les administrations reculent devant la dépense.
- Les fâcheuses conditions dans lesquelles on se trouve auraient pu être évitées sans grands frais, si l’on y avait songé.lors de la construction des locaux. Aussi croyons-nous devoir attirer spécialement l’attention des architectes sur la nécessité de prévoir dans leurs projets les moyens de ventiler efficacement tous les locaux de l’espèce.
- Nous signalerons ici les nobles efforts faits dans ce but par M. l’architecte Joly* qui a concouru puissamment aux progrès de l’hygiène, en attirant l’attention des constructeurs sur ce point important, par la publication d’un ouvrage spécial au chauffage et à la ventilation.
- II. -- CHAUFFAGE.
- L’Exposition de 1878 ne présente rien de bien nouveau pour le chauffage des grands édifices. Les appareils et procédés qui y sont représentés n’ont pas varié depuis 1867 ; c’est l’air chaud, la vapeur et l’eau qui sont toujours les véhicules de la chaleur. Les dispositions ont été mieux étudiées et le fonctionnement rendu plus hygiénique. C’est ainsi que l’on cherche actuellement, pour les appareils à l’air chaud, à ne plus surchauffer l’air jusqu’à 70 et 80 degrés, températures des plus défavorables à la santé, et à se maintenir dans les limites de 3o à ko degrés.
- Pour l’eau chaude, on ne dépasse plus guère 5o degrés, et l’emploi de la vapeur se fait à basse pression.
- Ici, pas plus que pour la ventilation, il n’y a lieu de poser des
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- principes absolus, et les conditions locales peuvent seules motiver l’adoption ou le rejet de l’un ou l’autre de ces systèmes.
- S’il est vrai de dire que le chauffage par l’air chaud combiné à une bonne ventilation peut être considéré comme le système le plus hygiénique et le mieux en harmonie avec les constructions de luxe, on doit reconnaître d’autre part que l’air chaud est d’un déplacement laborieux et que l’on ne peut guère l’employer dans les locaux situés horizontalement, à plus de 3o mètres des appareils de chauffage.
- L’eau chaude et la vapeur peuvent, au contraire, porter la chaleur à de grandes distances, au moyen de conduits beaucoup moins encombrants que ceux du premier système.
- La rapidité de chauffe s’obtiendra par la vapeur, et la régularité par l’eau chaude.
- Le compartiment français est très riche en modèles de tous genres : les maisons Duvoir-Leblanc, Gaillard et Hailliot, Genestc et Herscher, Gronvelle, d’Hamlincourt, se distinguent surtout par le nombre d’applications importantes effectuées depuis quelques années dans les grands édifices publics, parmi les appareils à air chaud.
- Nous voyons les appareils en terre réfractaire faire la concurrence aux appareils en fonte.
- Si dans les uns et les autres les dispositions sont convenablement étudiées pour mettre la surface de chauffe en rapport avec la surface de la grille, les sections des conduits et celles des cheminées, nous croyons qu’en thèse générale il faut donner la préférence aux appareils en terre réfractaire, pour autant que les matériaux soient de bonne qualité et n’éclatent pas au feu. L’emploi de matériaux défectueux donnerait lieu en effet à des fissures dans l’appareil et pourrait amener les produits de la combustion dans les conduits d’air chaud.
- La dépense d’entretien de ces appareils est très faible; ils sont faciles à conduire et constituent pour ainsi dire un volant de chaleur qui ne met pas le chauffage à la merci de la négligence des ouvriers.
- Ce système présente sur les appareils en fonte le désavantage
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- de la lenteur de la mise en marche; mais, d’autre part, la conduite Gr. m. régulière de ces derniers est beaucoup plus dilïicile. Il n’est pas commode d’obtenir des ouvriers un entretien régulier des foyers, et l’on arrive à avoir à certains moments des appareils portés au rouge et dégageant un air surchauffé nuisible à la santé.
- On a taché de porter remède à cet inconvénient, et l’on y est arrivé en partie par l’adoption de surfaces ondulées, favorisant la transmission rapide de l’excès de chaleur. Néanmoins les variations brusques de température de ces appareils ne doivent les faire préférer aux premiers que lorsqu’on se trouve dans la nécessité de chauffer les locaux rapidement.
- La maison Sulzer, de Genève, expose un calorifère à air chaud essentiellement pratique; le foyer mobile et à roulettes permet une visite minutieuse à l’intérieur de l’appareil.
- Un détail qui a son importance, c’est que les parois extérieures des calorifères sont doublées d’une matière isolante qui empêche la déperdition de la chaleur. Cette matière est le coton de verre, qui n’a fait son apparition dans l’industrie que depuis quelques années et qui est destiné à rendre dans l’industrie du chauffage de grands services. Elle s’obtient en lançant un courant d’air vigoureux dans du verre en fusion; elle constitue une matière parfaitement isolante.
- Pour les calorifères à circulation d’eau chaude, les tubes de petit diamètre semblent vouloir se substituer à ceux de gros calibre employés jusqu’aujourd’hui. S’ils présentent sur ces derniers l’avantage de multiplier les surfaces de chauffe et de faciliter la construction des joints, ils ont, d’un autre côté, le désavantage de multiplier ceux-ci et d’occuper relativement plus de place.
- Quoique ce calorifère, inventé par M. Bacon, ait été installé dans un certain nombre d’édifices importants depuis quelques années, la pratique ne nous a pas encore démontré si l’emploi de faibles diamètres ne provoquerait pas des obstructions rapides et, partant, des dérangements dans le régime de chauffage.
- Nous trouvons dans la section belge un calorifère mixte à air chaud et à eau chaude exposé par M. Mouly, et qui peut être uti-
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- Usé avec avantage lorsqu’il s’agit, d’une part, de ch au lier des locaux situés près de l’appareil de chauffe, et de porter, d’autre part, la chaleur au loin pour des services secondaires, bains, lavoirs, etc., ou même pour aider à la ventilation.
- L’auteur utilise à cet effet, pour chauffer l’eau, une partie de la chaleur rayonnante du foyer et des parois qui ne pourrait pas être utilisée directement au chauffage de l’air.
- Les appareils de chauffage à vapeur ne présentent rien de particulier.
- Pour le chauffage des serres, nous avons remarqué un appareil en terre réfractaire dont le foyer se compose de plusieurs dalles superposées, entre lesquelles on ménage l’arrivée de l’air, et permet l’emploi des escarbilles, de poussières et de déchets de combustibles de tous genres.
- Si nous passons maintenant en revue les fourneaux domestiques destinés au chauffage des appartements, des cuisines, etc., nous trouvons une variété énorme d’appareils, notamment dans la section française.
- De grands efforts ont été tentés pour amener l’économie dans l’emploi des combustibles de tous genres, et c’est notamment dans l’emploi du gaz, comme chauffage de petits fourneaux, que l’on a réalisé les conditions les plus avantageuses.
- Dans les poêles chauffés à la houille crue, à l’anthracite ou au coke, la chambre de combustion n’a guère été modifiée; mais les dispositions extérieures et les détails des grilles et des cendriers ont subi des modifications importantes, en ce sens que les enveloppes ont été disposées de façon à amener dans l’appartement de l’air pur et à employer l’air vicié pour alimenter la combustion. Le nettoyage des grilles peut s’opérer par l’extérieur du poêle sans lancer de poussière dans les appartements; enfin les enveloppes elles-mêmes, les unes en tôle, les autres en fonte nue ou émaillée, font de tous ces appareils de véritables meubles de luxe qui peuvent prendre leur place dans les salons les plus élégants.
- Dans certains poêles destinés aux appartements de Paris, il y a tendance à vouloir supprimer les conduits de fumée, et quoique certains d’entre eux soient bien combinés pour brûler l’oxyde de
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- carbone, nous ne pouvons que nous élever vivement contre cette Gr. m. lâcheuse tendance de déverser les produits de la combustion dans
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- les appartements. Quelles que soient les dispositions prises pour tenter d’épurer ces produits en leur faisant traverser une nappe d’eau plus ou moins épaisse, il n’en est pas moins vrai que l’excès d’acide carbonique, quelquefois meme d’oxyde de carbone, transforme l’air ambiant en une atmosphère délétère. Tout au plus pourrait-on préconiser des fourneaux de ce genre dans de vastes ateliers qui ont de larges ouvertures béantes favorisant le renouvellement de l’air. Mais nous croyons devoir prémunir le public en général contre l’emploi de tous les appareils de ce genre, quel que soit le combustible que l’on y consomme. 11 est à remarquer que tous ces appareils seraient très recommandables s’ils étaient munis cl’un tuyau d’échappement.
- Nous croyons devoir signaler, au contraire, un poêle exposé dans la section autrichienne, qui, tout en évacuant par les cheminées les produits de la combustion, présente une disposition spéciale pour brûler l’oxyde de carbone aussitôt après sa formation.
- Quelques spécimens de grands fournaux de cuisine sont remarquables au point de vue du fini de la construction et des dispositions : une hélice, placée dans le conduit de fumée et mise en mouvement par la force ascensionnelle des produits de combustion, transmet par des engrenages son mouvement de rotation à des broches placées devant les foyers ou à des plaques tournantes disposées dans les fours. Des réservoirs d’eau utilisent une partie de la chaleur perdue du foyer et aident même au départ des fumées et des vapeurs.
- Ces appareils ont déjà pris place dans les grandes maisons, les vastes hôtels que l’on vient de construire dans l’avenue de l’Opéra, à Paris.
- Il y en a beaucoup cependant parmi ces fourneaux de cuisine qui exigent encore certains perfectionnements; on n’a pas tenu assez compte de la santé des cuisiniers exposés constamment à une chaleur ardente.
- L’emploi du coton de verre dont nous parlions plus haut permettrait d’éviter une trop grande déperdition de la chaleur et résou-
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- (Irait une question d’humanité en meme ' a s qu’une question d’économie de combustible.
- Les fourneaux à gaz, exposés en grand nombre dans l’annexe du chauffage et de la ventilation, présentent une très grande variété et offrent sur leurs devanciérs un progrès marqué, en chauffant les aliments par rayonnement direct sans envoyer sur eux les produits de la combustion, ce qui en dénaturait le goût. Quelques fourneaux sont bien imaginés pour utiliser au chauffage de l’eau ou d’un bain-marie la chaleur des produits de la combustion.
- Les poêles d’appartement chauffés au gaz présentent quelques dispositions avantageuses de retour de flamme pour augmenter la surface de chauffe et mieux utiliser le combustible.
- Ici, autant que clans les fourneaux au coke ou à la houille crue, il y a lieu de rejeter d’une façon absolue tous les poêles et les foyers dont les produits cle la combustion se répandent dans les appartements.
- On expose aussi quelques fourneaux de cuisine à pétrole.
- Les Etats-Unis brillent surtout par le chiffre d’affaires qu’ils font dans cet article. C’est ainsi qu’une seule maison cle ce pays, la maison Abendroth, débite annuellement pour une somme fabuleuse d’un seul type de l’espèce, où l’on peut faire la cuisine pour vingt personnes sur un petit fourneau des dimensions les plus réduites.
- La France et la Russie exposent aussi des cuisines à la vapeur, dont les usages sont encore très restreints, quoique ce dernier pays ait beaucoup travaillé pour introduire clans les ménages la cuisson des aliments par cle la vapeur à basse pression dans ses samovars.
- Tous ces systèmes cle cuisine à gaz, à pétrole ou à vapeur, quoique destinés à rendre de grands services dans les ménages, ne sont pas arrivés toutefois à détrôner d’une façon appréciable les fourneaux de cuisine a la houille ou au coke et ne doivent être considérés aujourd’hui que comme des accessoires très utiles, notamment dans les villes où le combustible est très cher, où les appartements sont restreints et où l’on cherche à n’allumer les fourneaux cle cuisine qu’au moment même des repas. Nous de-
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- vons signaler ici la maison Godin-Lemaire comme spécialité dans Gr. m. les articles de ce genre.
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- Une autre source de chaleur dont on a fait quelques applications ingénieuses mais restreintes, est celle de l’air carburé. Des appareils à l’usage des tailleurs et des repasseuses, des étameurs et ferblantiers, sont alimentés par ce combustible, dont on a même fait l’application en Angleterre à la cuisine ménagère.
- L’application la plus heureuse réside dans une invention du docteur Paquelin, qui l’a appliquée à un cautère dont la chaleur est permanente, gouvernable à volonté et à rayonnement très faible. Il traverse sans s’éteindre les liquides et les tissus organiques et peut se prêter à tous les besoins de la chirurgie ignée.
- Parmi les accessoires de chauffage, nous trouvons, dans les différents pays exposants, un grand nombre de forges portatives également bien combinées pour faciliter leur emploi dans les travaux usuels.
- Le compartiment américain contient des tuyaux coudés, exposés par M. Henis, et composés de plusieurs morceaux de tôle, découpés sans déchet d’une tôle plate, et formant des anneaux à base elliptique, s’enchâssant les uns dans les autres et se fixant au moyen d’une fermeture excentrique permettant de réaliser toutes les formes et directions de conduits au moyen des mêmes pièces.
- III. - REGENERATEUR DE CHALEUR ET TRANSFORMATION
- DE LA FORCE MOTRICE EN CHALEUR.
- Mous avons omis à dessein de parler d’une nouvelle source de chaleur dont le compartiment suisse nous offre' une application remarquable. L’importance de cette invention mérite à nos yeux une mention spéciale, et c’est pourquoi nous en avons fait l’objet d’un article à part.
- Nous voulons parler d’un appareil destiné à évaporer des solutions salines sans secours d’aucun combustible et par la seule action d’une chute d’eau qui permet de récupérer la chaleur qui a servi.à l’évaporation et à lui restituer celle qui se perd dans les frottements et dans le rayonnement des parois.
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- La théorie de l’équivalent mécanique et de la chaleur, sortie des savantes expériences de Joule, a lait depuis l’objet d’études approfondies et d’applications rationnelles. Nous voyons aujourd’hui une nouvelle application de ces principes démontrant la permanence des puissances naturelles.
- En 1860, M. Peclet, dans son Traité de la chaleur, exposait un système d’évaporation des liquides en employant comme un moyen de chauffage la vapeur qui se dégage après avoir été comprimée.
- Il en fait remonter la découverte en 18/10, à M. Belletan. En 1855, M. Rittinger, ingénieur des mines à Vienne, proposait d’appliquer ce principe à l’évaporation de l’eau salée.
- Si l’idée paraît remonter déjà à une trentaine d’années, l’ap-plication industrielle n’en est pas moins neuve et a d’autant plus de mérite que sa réalisation était entourée des plus grandes difficultés. C’est cette réalisation en face de laquelle nous nous trouvons en examinant l’appareil exposé par MM. Weibcl et Briquet et inventé par M. Picard, de Genève.
- Voici en quelques mots en quoi consiste cet appareil et sa manière de fonctionner.
- Supposons une chaudière remplie d’une dissolution saline portée une première fois à la température d’ébullition, et la vapeur remplissant l’espace libre entre la surface du niveau du liquide et les parois de la chaudière.
- Une pompe aspire ces vapeurs et les comprime jusqu’à deux, trois et quatre atmosphères ou plus, dans un condenseur.
- La compression augmentant la chaleur latente de la vapeur portera le degré de celle-ci de 100 degrés (température qui correspond à l’ébullition sous la pression atmosphérique) à îao degrés ou plus, si l’on passe de une à deux atmosphères ou plus. Cette température est maintenue constante par l’action du compresseur. La vapeur se condense au contact des parois plus froides du condenseur et sa chaleur latente devenue libre est restituée à l’eau salée qui l’a produite.
- L’eau de condensation est envoyée dans un autre récipient d’alimentation où elle cède sa chaleur à une nouvelle quantité de
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- liquide destinée à alimenter la chaudière, et on ne la laisse Gr. ni.
- échapper de l’appareil que lorsqu’elle a restitué toute sa chaleur
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- specitique.
- Toute la chaleur latente est donc restituée dans le condenseur, et la chaleur spécifique dans le vase d’alimentation. L’action de force motrice transformée en chaleur ne sert donc qu’à combler les pertes.
- La combinaison des appareils et leur construction spéciale permettront de réduire ces pertes à leur minimum, et, dans la généralité des cas, la chaleur restituée par la force motrice dépassera la quantité de chaleur perdue.
- L’appareil devra donc être construit de façon à pouvoir abandonner, à un moment donné, ce surcroît de température; si, au contraire, l’aménagement des appareils laissait perdre une quantité de chaleur plus forte que celle que pourrait produire la force motrice dont on dispose, il y aurait lieu d’y suppléer par un générateur spécial.
- Pour produire un travail déterminé avec une force motrice indéterminée, on dispose de deux éléments variables : la surface du condenseur et la force motrice qu’on désire employer.
- PI us la force motrice sera considérable, et, par conséquent la pression poussée plus loin, moins la surface du condenseur devra être développée, et réciproquement.
- Les chiffres déterminés par la pratique ont prouvé qu’avec une force de 3o chevaux on pourrait produire annuellement 1,000 tonnes de sel, en comprimant les vapeurs à deux atmosphères dans un condenseur dont la surface devrait présenter Ao mètres carrés.
- Il y a lieu de remarquer que plus on travaille à basse pression, plus les déperditions de chaleur sont faibles; mais aussi les vapeurs étant moins denses, il faut donner au compresseur de grandes dimensions. On voit donc que l’on peut obtenir des résultats différents d’après la disposition des appareils et la force motrice dont on dispose. La pratique a démontré qu’il valait mieux rester dans les environs de 100 degrés.
- dette invention est appelée à rendre de grands services dans
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- Gr. in. les pays où les combustibles sont rares, et les chutes d’eau abondantes. Son application permettra même d’économiser le bois des Cl. 27. . 11 1 ?
- lorêts environnantes et d’augmenter, par là même, l’importance
- des chutes d’eau.
- IV. -- KCLAIRAGK.
- Il est peu d’industries qui aient fait, depuis quelques années, des progrès aussi marquants que celle de l’éclairage.
- La lumière électrique, qui, pendant longtemps, n’était consi-sidérée que comme expérience de laboratoire, a pris corps depuis deux ans, et se répand aujourd’hui dans l’industrie avec une rapidité qu’on était loin de prévoir, et que la délicatesse des organes servant à sa production semblait devoir entraver longtemps encore. Toutefois, si elle a aujourd’hui la prétention de remplacer le gaz d’une façon générale, les progrès réalisés dans cette dernière industrie et dans celle des appareils destinés à brûler les huiles et les essences, prouvent, à l’évidence, que celles-ci ne sont pas près de lui céder la place et veulent soutenir la lutte.
- Aussi, voyons-nous dans la classe 27 un grand nombre d’exposants d’appareils d’éclairage, tant aux huiles végétales et minérales qu’à l’essence et au gaz. L’étranger a peu donné; l’Angleterre seulement, l’Amérique, le Danemark et la Belgique ont de rares exposants. La France, au contraire, y est représentée grandement dans toutes les branches de cette industrie.
- Les machines électriques et leurs régulateurs, les appareils à gaz de tous genres, les lampes destinées à brider les huiles végétales et minérales, ainsi que les essences, y sont exposés par toutes les catégories d’industriels, depuis ceux qui s’occupent de la grande industrie des phares de la mariné, des chemins de fer, etc., jusqu’au simple fabricant de veilleuses, en passant par tous les degrés de l’échelle des fabricants.
- Il est à remarquer encore que ce sont surtout les industriels de la capitale qui ont pris la plus large parta l’Exposition. Ce fait est dû surtout à ce que sur trois cent cinquante fabricants de lampes et de lanternes qui existent en France, on n’en compte
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- que* cinquante de la province; le grand centre de fabrication se Gr. m. trouve à Paris.
- Cl. 27.
- Aous [lasserons successivement en revue :
- 1° Les appareils d’éclairage au colza, aux huiles minérales, aux essences;
- 9° L’éclairage au gaz;
- 3" L’éclairage électrique;
- h° Les accessoires d’éclairage.
- A. — Éclairage aux huiles végétales, minérales, essences, etc.
- De toutes les parties de l’éclairage, c’est peut-être celle-ci qui a fait le moins de progrès; il y a près d’un siècle (1783) que le bec. Argant fit sa première apparition. Ce fut le point de départ des études sur les appareils d’éclairage. L’attention n’avait pas encore été éveillée sur ce point, et les grands seigneurs, comme les arlisans, s’éclairaient encore au moyen du flambeau, de la torche et meme de ces appareils où la mèche trempe dans un bain liquide. Vingt-cinq ans après, Carcel imagina un appareil des plus ingénieux, lequel fut immédiatement adopté pour l’éclairage de luxe et est encore aujourd’hui employé comme tel. Si ce n’étaient son prix élevé et les difficultés de fabrication d’un appareil mécanique, qui exige toujours pour ses réparations des ouvriers habiles, il n’aurait probablement pas été détrôné par le modérateur, qui ne doit son succès qu’à la simplicité de son mouvement et non pas à une supériorité comme appareil d’éclairage.
- C’est cette partie disons-nous, qui, dans l’industrie de l’éclairage, a fait le moins de progrès et, en effet, depuis l’exposition de 1867, nous n’avons rencontré de perfectionnement dans ces appareils qu’en ce qui touche les détails de construction. Ceux-ci ont, certes, leur importance au point de vue pratique, mais ne peuvent pas être considérés comme ayant marqué un progrès.
- Une seule tentative est faite en ce moment pour remplacer le carcel et le modérateur. Elle consiste dans un appareil où l’huile, emprisonnée entre les dents de deux roues d’engrenages et de leur enveloppe métallique, est pompée dans le tube alimentaire de la
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- Gr. III.
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- mèche par le mouvement de rotation de ces engrenages, à l’instar de l’air vicié extrait des mines par les palettes du ventilateur Fabry.
- Cette disposition est très ingénieuse et évite l’emploi si désastreux des cuirs emboutis ou des baudruches.
- Mais la tendance générale aujourd’hui, aussi bien dans la construction de ces appareils que de ceux qui brûlent les huiles minérales, les essences et le gaz, est de s’occuper beaucoup plus de la forme que du fond; et, sous ce rapport, nous devons le reconnaître, on est arrivé à d’heureux résultats.
- L’élégance des formes, la richesse et la délicatesse des dessins et des peintures, leur font prendre place dans la décoration des salons les plus riches.
- Plus heureux que leurs devanciers, les appareils à brûlerie pétrole et les essences ont reçu des perfectionnements très notables, et sont encore actuellement l’objet de savantes recherches. Ce n’est pas dans l’éclairage des villes que nous trouverons une grande amélioration; quelques modifications heureuses qui donnent plus de facilité pour l’allumage et l’extinction, sont les seuls progrès qui y ont été réalisés; mais au point de vue industriel, tous les spécialistes cherchent, avec raison, à développer, dans les meilleures conditions économiques possibles, l’emploi de ce système d’éclairage qui présente sur ses devanciers l’avantage d’une flamme plus brillante et d’une consommation plus restreinte, tout en ne répandant pas d’odeur très sensible et en pouvant brûler avec des mèches de très petites dimensions.
- Pendant longtemps, le développement de ce mode d’éclairage fut arrêté par suite de l’inconvénient réel qui provenait de l’inflammabilité des vapeurs émises. Au début, les pétroles venant d’Amérique et même ceux que l’on distillait dans nos divers pays, avaient un degré d’inflammabilité qui tombait quelquefois jusqu’à ao degrés. Aussi, que d’explosions et d’incendies amena l’usage de cette matière. Ce n’est pas sans raison que le public avait une certaine appréhension de son emploi, malgré tous les avantages qu’il lui présentait. Les producteurs s’émurent eux-mêmes de ces craintes et furent les premiers à chercher les moyens
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- de les apaiser. Les pétroles qui sont actuellement livrés à la con- Gr. ni. sommation, dans la plupart des pays, ne sont plus guère inllam- “ niables que de 27 à 35 degrés. En France, certaines administrations publiques craignant encore le danger que pourraientprésenter ces pétroles, les ont, pendant un certain temps, rejetés pour employer un produit analogue connu sous le nom de paraffine d’Ecosse et qui n’est inflammable que vers 60 degrés.
- Aussitôt les distillateurs français modifièrent leur fabrication et parvinrent à livrer des pétroles se rapprochant des paraffines d’Ecosse; c’est ainsi que depuis 1876 le pétrole est employé dans les phares de France.
- Mais par ce fait meme que la distillation des pétroles bruts est poussée plus loin, une plus grande quantité d’essence est lancée dans la consommation et l’usage restreint de cette essence, employée jusque-là en peinture, ne suffit pas à absorber la grande quantité qui devient disponible; de là, diminution immédiate du prix de ce produit secondaire.
- De ce double état de choses naît un double courant d’idées dans l’étude des appareils d’éclairage. D’une part, dans certains pays, on cherche à perfectionner le bec à pétrole de façon à brûler, dans toutes les conditions possibles de sécurité, des produits inflammables à basse température; d’autre part, là où l’on ne peut avoir aucune crainte de ce côté, le bec à pétrole reste ce qu’il était, à part quelques modifications de détail, et l’on cherche des brûleurs qui peuvent utiliser ces essences. Le nombre d’exposants qui ont présenté des appareils à essence est très considérable. Peu d’entre eux parviennent à la brûler sans odeur. Néanmoins l’emploi dans les classes populaires s’en répand énormément à cause du prix peu élevé de la matière.
- Nous croyons de notre devoir cependant de ne pas encourager l’emploi de produits aussi inflammables, aussi dangereux à manier dans des ménages où généralement l’espace fait défaut pour emmagasiner ce produit. Le pétrole, au contraire, depuis ces dernières années surtout, pour les raisons que nous avons citées plus haut, offre plus de sécurité.
- A part les appareils destinés à l’éclairage des phares et dont
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- nous parlerons plus loin, nous avons remarqué différents becs à double courant présentant plus de sécurité; et notamment l’un d’eux dont le porte-mèche, pénétrant dans le liquide, empêche les vapeurs qui se forment à la surface de celui-ci de venir s’enflammer au contact de la flamme, et par conséquent de provoquer des explosions. Ici encore, comme pour les appareils au colza, il y a lieu de signaler la perfection de l’enveloppe et de la forme extérieure. Les conceptions de bon goût leur permettent de rivaliser avec les précédents dans la décoration des appartements.
- L’exposition do MM. Bosselât, Cauchy et Schlosmaker était remarquable sous ce rapport.
- Nous ne signalerons qu’en passant quelques appareils à brûler les huiles lourdes et les goudrons au moyen d’un courant d’air forcé, leur emploi étant d’une application tout à fait exceptionnelle.
- Quant à la manière de brûler les essences légères au moyen d’un courant d’air forcé ou naturel, nous avons vu beaucoup d’efforts tentés dans ce but. Des études très sérieuses furent entreprises pour rendre pratique cette idée qui, depuis 18Ù7, fut émise par le malheureux Mansfield, tué par l’explosion de son appareil.
- Malheureusement aucun des appareils exposés ne nous paraît donner plus de sécurité que d’autres existant déjà, et nous dirons même que certains d’entre eux poussent la témérité jusqu’à chauffer soit directement, soit indirectement des appareils contenant des matières aussi inflammables que des essences dont la densité varie de 6à0 à 700.
- Déjà les carburateurs de gaz, où l’on emploie des essences beaucoup plus lourdes, ont été généralement abandonnés malgré cependant l’avantage économique qu’ils présentaient dans certains cas.
- Eu égard aux dangers que présente la manipulation de quantités relativement considérables d’une matière aussi inflammable que le carbure, le Jury ne croit pas devoir encourager une industrie qui, dans l’état actuel des choses, ne semble pas offrir suffisamment de sécurité.
- À côté des appareils à carburer l’air et dont la plupart des perfectionnements sont basés sur les moyens physiques ou méea-
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- niques, nous avons remarqué l’invention d’un ingénieur de la Gr. ru. marine russe, tendant à carburer l’hydrogène et qui s’est appuyé ^ sur les principes fie la chimie pour écarter un des reproches que l’on a constamment faits à ce mode d’éclairage. L’inégalité du pouvoir éclairant de l’air carburé, comme celui de l’hydrogène carburé, abstraction faite de la non-homogénéité des essences employées à sa préparation , tient en grande partie à la décroissance de température du vase carburant provoquée par l’évaporation meme du liquide.
- En mélangeant dans le même vase l’eau, l’acide sulfurique et le /inc destinés à former l’hydrogène et l’essence destinée à carburer, la combinaison chimique donnant lieu à l’hydrogène dégage une certaine quantité de chaleur qui vient contre-balancer celle qui se perd pendant la carburation, par suite de l’évaporation de l’essence.
- Peut-être aussi, comme le prétend l’inventeur, l’hydrogène, au moment de sa formation, est-il plus apte à se charger de vapeurs d’hydrocarbure que lorsqu’il est déjà formé depuis un certain temps.
- Des expériences que nous avons faites au laboratoire de la classe 2y nous ont permis de constater le fait d’une évaporation plus régulière, tout en l’attribuant plutôt à la première cause qu’à celle donnée par l’inventeur.
- Cet appareil, qui peut rendre des services dansles laboratoires, ne nous semble pas devoir plus que les précédents être conseillé pour l’éclairage privé; outre les inconvénients des premiers, il présente encore le désavantage d’un prix de revient très élevé.
- B. — Éclairage au gaz.
- L’éclairage au gaz ne date guère que d’un demi-siècle; car si, dès 1792, l’Anglais Muscloch parvint à éclairer par ce système et sa propre maison et ses vastes ateliers de construction, ce ne fut que vingt ans plus tard qu’une compagnie se forma pour tenter d’éclairer la ville de Londres. A Paris même, on ne commença les essais qu’en 1817 et l’on peut dire que ce n’est que depuis i83o que l’emploi du gaz se répandit dansles principales villes.
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- Cl. 27.
- Aujourd'hui il n’est pas de cité soucieuse des intérêts de ses administrés, qui ne cherche à leur procurer l’éclairage au moyen du gaz. Le grand développement de ce mode d’éclairage a marché de pair avec le perfectionnement introduit dans la fabrication du
- gaZ’
- Nous n’avons pas à examiner le matériel des usines, qui rentre clans la classe 53; l’exposition de la classe 27 ne comprend que les brûleurs, les appareils à brûler le gaz et leurs accessoires ainsi que les moyens d’en apprécier le pouvoir éclairant.
- Depuis longtemps déjà, une étude approfondie des becs (becs s, becs manchester, becs à jets) a déterminé quelles étaient les meilleures conditions de fonctionnement de ces divers genres de brûleurs, et nous ne croyons pas devoir y revenir. L’Exposition ne présentait, sous ce rapport, rien de bien saillant. L’Angleterre seule expose un nouveau bec à triple couronne, destiné à l’éclairage des villes et des phares. Ce bec, inventé par la maison Sugg, est combiné de façon à amener entre chaque couronne la quantité d’air strictement nécessaire à la combuslion et donne avec une dépense triple des becs ordinaires, un pouvoir éclairant au moins quatre fois plus fort. Il est, dans une certaine mesure, destiné à faire la concurrence à l’éclairage électrique.
- Un grand nombre d’exposants ont envoyé des modérateurs, des régulateurs et des rhéomèlres dont le but est, pour les premiers, de brûler toujours le gaz à basse pression, condition la plus avantageuse dans l’emploi de ce combustible, et, pour le dernier, d’assurer un débit toujours égal.
- U y a lieu de distinguer entre eux les effets du modérateur et ceux du régulateur. Le premier ne donne au brûleur qu’une fonction delà pression existant dans la conduite générale; il s’ensuit que les variations de pression aux becs suivent les variations de pression dans la conduite mère et arrivent donc à certains moments à donner un éclairage insufbsant iorsque la pression initiale est trop faible.
- Ces appareils, auxquels les inventeurs se sont ingéniés à donner toute espèce de formes, n’ont d’autre résultat que d’étrangler la section ou de tenir lieu d’un deuxième robinet. Us ne doivent la
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- faveur dont ils ont joui pendant quelque temps qu’à l’emploi de Gr. in.
- becs défectueux aux inconvénients desquels il serait facile de re-
- 1 Cl. 27.
- medier.
- Les régulateurs, au contraire, donnent toujours la meme pression aux becs, quelle que soit la pression dans la conduite mère.
- L’Exposition en offre de nombreux types : les régulateurs à membrane. très connus et très répandus, et dont la plupart sont d’ailleurs depuis longtemps dans le domaine public; les régulateurs luimides dont l’usage est des plus restreints par suite de l’emploi meme du liquide; et enfin des régulateurs secs inventés tout nouvellement, et qui participent en même temps et du régulateur et du rhéomètre, en ce qu’ils donnent une égalité de pression et un écoulement constant par suite du passage du gaz d’une capacité dans une autre, en vertu d’une différence de pression constante, et par un orifice de grandeur invariable dépendant de l’appareil.
- Si les régulateurs donnent une pression constante aux becs, quelle que soit la pression dans la conduite mère, on conçoit que le débit variera en même temps que la fente ou l’ouverture du bec.
- Le rhéomètre, lui, donne un débit toujours constant, quel que soit l’orifice de sortie. C’est donc un appareil qu’il ne faut pas confondre avec un régulateur de pression.
- Tout en rendant des services signalés dans la pratique, cet appareil a servi de base à un vérificateur du pouvoir éclairant des gaz exposé par la maison Giroud, qui se distingue par ses appareils de précision.
- Un autre appareil, destiné également à contrôler le pouvoir éclairant des gaz et surnommé le photopMogomètre, se trouve exposé dans la même section et est basé sur l’écoulement d’un volume constant du gaz, provoqué par l’entrée dans l’appareil d’un volume égal d’air atmosphérique. Comme les différents états d’hygrométrie, de température et de pression ne modifient pas d’une manière appréciable la densité de l’air, l’appareil donnera un débit constant quelle que soit la densité du gaz soumis à l’essai.
- Les exigences toujours plus grandes, et très légitimes d’ailleurs,
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- Gr. m. des administrations communales envers les usiniers, donnent à ces appareils un caractère d’utilité pratique incontestable.
- La maison Sugg, dont nous avons déjà parlé, expose des appareils similaires et non moins précis qui sont employés au Gas-light and Coke Company, de Londres et de plusieurs autres villes de l’Angleterre.
- Tous ces appareils servent à l’usage et au contrôle de l’éclairage public. Un certain nombre d’entre eux, modérateurs, régulateurs et rhéomètres, ont même pénétré assez avant dans l’éclairage particulier.
- Plus que jamais le gaz fait aujourd’hui une des nécessités des constructions modernes. Chacun veut avoir le gaz dans ses appartements, dans ses sous-sols et dans ses dépendances. A Paris même où le mode d’habitation par appartement rend l’emploi du gaz difficile par suite de la nécessité d’établir des prises spéciales par ménage dans une même maison, l’emploi du gaz est développé à tel point que sur 120,000 abonnés, la Compagnie parisienne en compte déjà aujourd’hui plus de 3o,ooo branchés sur les conduits montants.
- Il est incontestable que si le prix du gaz venait à diminuer et si l’administration municipale se montrait moins rigoureuse sur les conditions des placements de canalisation dans l’intérieur des maisons, l’éclairage au gaz se généraliserait beaucoup plus rapidement dans les habitations particulières.
- L’exposition des appareils destinés à brûler le gaz dans les maisons particulières, était vraiment remarquable au point de vue artistique. Grand nombre d’exposants ont créé des modèles pleins de goût et de délicatesse. Il y a une tendance bien accentué»1, à transformer entièrement la fabrication et à faire passer ces industriels de la catégorie des gaziers dans celle des fabricants de bronze. Les maisons Chabrié et Lecoq, de Paris, et la maison Wienfield, de Londres, sont généralement dans ce cas.
- Nous ne citerons que pour mémoire quelques accessoires de 1 éclairage qui ont cependant leur mérite, mais qui ne constituent pas des progrès très saillants, tels »pie des allumoirs pour l’éclai-
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- APPAREILS ET PROCEDES DE CHAUFFAGE ET D’ECLAIRAGE, kl
- rage des lanternes publiques, des globes et des cheminées à gaz G-r. III émaillés en partie, de façon à former réflecteur.
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- La Hongrie exposait un candélabre en fonte, élégant, d’un travail bien fini et d’autant plus remarquable qu’il est le produit d’une industrie toute nouvelle en ce pays.
- La Suisse, de son côté, exposait un petit appareil très simple pour la fabrication du gaz riche, et qui peut rendre de grands services pour l’éclairage des châteaux et des villas situés loin des usines à gaz.
- C. — Éclairage des phares.
- C’est dans l'éclairage des phares que la transformation la plus complète a été introduite depuis quelques années par la substitution des essences minérales à l’huile de colza.
- Les appareils que nous trouvons aujourd’hui en usage dans les phares sont:
- i° Les lampes à niveau constant;
- a° Les lampes mécaniques à mouvement d’horlogerie ou à échappement à chevilles;
- 3° Les lampes modérateurs à ressort ou à poids;
- Ces divers systèmes brûlent l’huile de colza ou des huiles minérales.
- k° Enfin sur une échelle moins étendue, on a fait usage des lampes à gaz et des lampes électriques.
- Les appareils à niveau constant s’emploient généralement pour les becs de une à deux mèches; les appareils mécaniques ou à modérateur, sont adaptés aux becs de trois à six mèches. Quant aux huiles dont on fait usage pour l’éclairage des- phares, on n’utilisait guère, jusque dans ces dernières années, que le colza et quelque peu d’huile de schiste pour les becs de une à deux mèches. Il eût été dangereux en effet d’étendre l’emploi de ce produit à l’éclairage des phares de premier ordre, eu égard à la grande quantité de chaleur développée par la combustion et aux faibles degrés d’inflammabilité des vapeurs émises par ces huiles (g5 à 3o degrés)..
- C’est le citoyen américain Hoty qui, dès i 868, propagea l’em-
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- ploi d’un Lee à mèches multiples permettant de brûler l’huile minérale dans les phares. Cette huile, connue sous le nom de Youngs parafa light Company and minerai oil, provenait d’Ecosse et n’était inflammable que vers 60 degrés. Les expériences entreprises depuis lors furent couronnées d’un plein succès; aussi le bec et l’huile furent adoptés, d’une manière générale, dans un grand nombre de pays.
- Comme nous disions, au commencement de ce chapitre, les distillateurs français parvinrent bientôt à tirer du pétrole brut des produits remplissant les mêmes conditions que la paralline d’Ecosse et qui paraissaient même être préférables à celle-ci à certains égards, tout en étant d’un prix moins élevé.
- L’adoption de ce produit ayant amené une économie notable dans la consommation, on fut amené à consacrer une partie de cette économie à améliorer l’éclairage. C’est ainsi que l’on arriva à augmenter le nombre de mèches et à présenter pour les phares de premier ordre des becs à six mèches. Cependant ce type ne fait que de naître et n’est encore employé que dans des cas exceptionnels.
- L’exposition américaine nous offre deux types de becs à mèches multiples; l’un, pour phares de deuxième ordre, à quatre mèches pouvant brûler les liuiles minérales. La lampe est du système dit à modérateur et à poids, offrant cela de particulier que le niveau de l’huile s’établit à la hauteur convenable au moyen d’un flotteur. Ce flotteur, enfermé dans une petite chambre, est muni d’une tige conique disposée de façon à permettre la fermeture hermétique de l’orifice d’arrivée du liquide, lorsque ce dernier est à son niveau normal. Ces lampes à flotteur sont employées presque exclusivement dans les phares des Etats-Unis.
- Le deuxième de ces types offre quelques dispositions nouvelles, notamment le double courant d’air extérieur et l’enveloppe perforée par laquelle s’opère la ventilation. Cette enveloppe qui a déjà été adoptée dans les becs à simple mèche, ne l’est pas encore, que nous sachions, dans les becs à mèches multiples.
- Le compartiment français contient toute la série des becs et des lampes employés dans les phares de ce pays. Ces becs sont en
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- usage sur les anciennes lampes à mouvement d’horlogerie el à Gr. in. poids intérieur. Ils ont reçu des perfectionnements notables, sur- ^ tout en ce qui concerne l’établissement du niveau à k ou 5 centimètres en dessous du bec et l’écoulement de l’huile surabondante. Ce résultat est obtenu au moyen cl’une pièce latérale comprenant trois tubes juxtaposés, ouverts par le haut à un niveau déterminé et entourés d’une enveloppe qui s’élève un peu au-dessus.
- Le tube latéral, qui a son point de départ dans un petit réservoir inférieur, sert à conduire l’huile au sommet, d’où elle se déverse dans le deuxième tube qui la conduit au bec. Elle remplit toute la capacité intérieure de celui-ci jusqu’au niveau qu’elle a dans l’appendice latéral. Le troisième tube sert à reconduire au réservoir l’excédent d’huile fournie à la consommation.
- Ces becs sont disposés de façon à pouvoir au besoin brûler l’huile de colza, si une cause quelconque en exigeait momentanément l’emploi. A cet effet, le bouchon recouvert d’une toile métallique qui ferme l’appendice dont nous venons de parler, et utilisé quand on brûle l’huile minérale, est remplacé par un bouchon plein qui ferme l’appendice et le tube par lequel l’huile en surabondance retourne au réservoir. De cette façon l’huile remonte jusqu’au sommet du bec par-dessus lequel elle se déverse. Ces becs ont également le courant d’air extérieur et un porte-verre à jours.
- Comme nous le disions plus haut, la substitution de l’huile minérale à l’huile de colza ayant amené une grande économie dans l’éclairage des phares, on fut amené à consacrer une partie de cette économie à améliorer l’éclairage, soit en augmentant le nombre de mèches pour les phares de chaque, ordre, soit en augmentant le diamètre. Mais cette augmentation de diamètre, en même temps que l’addition des cylindres extérieurs destinés à guider le courant d’air, présentait l’inconvénient de masquer, pour les éléments inférieurs de l’appareil optique, une plus grande portion du volume de la flamme et de diverger les rayons de celle-ci par suite de son rapprochement de la lentille. On remédia bientôt à cet inconvénient par l’emploi de becs dont les mèches sont étagées de '2 en 2 millimètres.
- Classe 37. 4
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Enfin, depuis 1876, les lampes de phare ont reçu en France des modifications importantes. Par l’adoption du piston plongeur, le bon fonctionnement des lampes ne dépend plus exclusivement du soin et de l’habileté avec lesquels les gardiens emboutissent et règlent les valvules ou poches des lampes mécaniques. Le corps de pompe étant immergé dans le liquide, le piston n’a plus qu’à refouler l’huile et n’a pas besoin d’autant d’étanchéité que lorsqu’il y a aspiration et refoulement.
- Le mécanisme moteur est placé sur le dessus du corps de lampe, ce qui en facilite beaucoup l’entretien. Les dentures des roues motrices sont assez fines pour qu’on puisse aisément changer les repères des dents en contact jusqu’à ce qu’on obtienne un débit régulier de chacune des quatre pompes. Le mouvement d’horlogerie qui est placé dans le pied de la lampe, est combiné de façon à pouvoir s’appliquer à toutes les lampes depuis le premier jusqu’au troisième ordre. L’exiguïté du mécanisme moteur et le placement des corps de pompe au fond du corps de lampe ont permis d’augmenter la hauteur et la capacité du réservoir, de façon qu’il contienne une quantité d’huile suffisante pour alimenter un bec à six mèches.
- La suppression des poches et clapets en peau ou en cuir évite les dérangements que l’on avait souvent à constater.
- Les soupapes des pistons sont garnies de liège, de façon à llot-ler sur le liquide; aussi fonctionnent-elles avec la plus grande facilité.
- Tel est l’état des perfectionnements apportés tout récemment dans l’éclairage des phares à l’huile minérale ou végétale. Ces perfectionnements se sont suivis de près et ont transformé complètement l’éclairage des côtes.
- Quelque rapides et concluantes qu’aient été ces améliorations, l’étude de la question de l’éclairage des phares reste cependant pendante; et à peine est-on arrivé à un degré de perfection satisfaisant, par l’huile minérale, que déjà une phase nouvelle se présente à l’horizon et semble vouloir arriver à détrôner tout ce qui s’est fait jusqu’à ce jour.
- Nous 11e parlerons pas de l’emploi du gaz, quoique celui-ci soit,
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- à notre avis, plus avantageux encore que l’huile minérale. L’usage Gr. in. en est très limité par suite de l’emplacement topographique des C1~7 phares. Un certain nombre cependant: en Suède, en Angleterre, etc. sont éclairés de cette façon, et l’exposition anglaise nous présente un bec à gaz d’une intensité considérable.
- Mais l’éclairage électrique a fait depuis quelques années des progrès si remarquables, a donné des résultats si satisfaisants, que tout le monde prévoit que ce mode sera avant peu plus répandu qu’il ne l’a été jusqu’ici dans l’éclairage des phares.
- Depuis quatorze ans, le phare de la Hève est éclairé au moyen d’une machine de l’Alliance et de régulateurs Serin; il a toujours fonctionné avec une régularité remarquable. Depuis lors quelques modifications ont été apportées à ce système tant en France qu’en Angleterre.
- On n’a pas cru cependant devoir adopter ou développer ce mode d’éclairage; et ce avec raison, pensons-nous. C’est à peine depuis une couple d’années que la lumière électrique paraît pouvoir entrer couramment dans la pratique.
- Nous sommes d’avis que là se trouve l’avenir de l’éclairage des phares; mais il est nécessaire d’étudier d’abord de nouveaux systèmes d’appareils optiques qui, eu égard aux circonstances locales, puissent assurer, tout en l’améliorant, le service actuel des signaux.
- Nous mentionnerons, en passant, les phares à deux ou trois étages, permettant à ce dernier point de vue des combinaisons de signaux très étendues. Les huiles et le gaz, dans ces derniers systèmes, ont présenté beaucoup de difficultés qui ne semblent pas devoir être rencontrées dans l’emploi de l’électricité.
- D.— Éclairage électrique.
- Depuis la dernière Exposition universelle de Paris, en 1867, c’est peut-être de toutes les branches industrielles l’éclairage électrique qui a fait les progrès les plus rapides et dont les applications se sont développées le plus, surtout dans ces dernières années.
- A part quelques applications spéciales au phare de la Hève de France et à quelques théâtres, la lumière électrique était jusqu’ici
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
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- Gr. m. limitée aux expériences de physique et ne sortait guère des labo-ratoires.
- Cl 27
- Les savants électriciens Nollet et VanMalderen, promoteurs de la machine l’Alliance, tout en réalisant la machine qui semble aujourd’hui encore rivaliser avec succès avec les machines les mieux combinées, n’étaient cependant pas parvenus à répandre dans l’industrie leur invention remarquable.
- Le prix élevé et le volume encombrant des machines ont été pour beaucoup dans la lenteur avec laquelle elles ont progressé.
- Il était donné à M. Gramme de propager la lumière électrique en rendant ces machines d’un volume restreint et d’un prix abordable.
- En même temps, les connaissances spéciales et les principes de l’électricité se vulgarisaient et favorisaient l’adoption de ces appareils dont le fonctionnement était resté si longtemps une énigme pour la majeure partie du public.
- Pendant que Gramme, en France et en Allemagne, introduisait l’éclairage électrique dans les ateliers et les manufactures, l’Angleterre et l’Amérique suivaient la même voie.
- Partout où la nécessité d’un éclairage puissant se faisait sentir, on recourait à la lumière électrique. Grâce à elle, bien des travaux qui ne pouvaient être exécutés que le jour peuvent être poursuivis avec activité pendant toute la nuit et procurent ainsi une notable économie et de temps et d’argent.
- Sans compter les services importants que la lumière électrique peut rendre à la marine et à la guerre, installée à bord des navires ou des quais, elle permet le déchargement continu des grands steamers et fait réaliser au commerce des bénétices importants en évitant les surestaries.
- Tout récemment, aux Etats-Unis, on vient d’éclairer les bords d’une station balnéaire à la lumière électrique, de façon à permettre au public de prendre des bains de merpendant les chaudes soirées d’été.
- Ces résultats étaient déjà très enviables, et pourtant les exigences de l’homme, toujours insatiable, n’étaient pas encore satisfaites. On reprochait à la lumière électrique de ne pouvoir être
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- utilisée que dans le cas où l’on avait besoin d’un foyer de grande Gr. m.
- intensité et d’un fover unique. On voulait arriver à rendre cette
- . . . Cl 27
- utilisation de l’électricité plus pratique en diminuant l’intensité
- des foyers et en en augmentant le nombre.
- bientôt Jablochkolf survint avec l’idée d’employer des bougies électriques permettant de greffer sur une machine à courants alternatifs plusieurs foyers avec une machine unique, et à donner des foyers cl’une intensité relativement faible.
- Aussitôt on vit graviter autour de lui une pléiade d’inventeurs, tous à la recherche de la divisibilité de la lumière électrique.
- Autant la machine Gramme avait propagé l’emploi industriel de la lumière électrique, autant l’invention Jablochkolf développa les recherches faites en vue de la diviser; et pendant le cours de Imposition universelle actuelle, onvitunc application de ce principe dont des essais avaient déjà été tentés à la gare de Paris-Lyon, et qui fut faite à la gare Saint-Lazare par MM. Lontin et C'n.
- C’est la dernière et toute récente invention de l’espèce. Est-ce la dernière? Nous sommes loin de le croire.
- Lorsqu’à peine on commençait à s’occuper de l’éclairage électrique au point de vue industriel, on vit surgir coup sur coup le téléphone, le phonographe et le microphone. On doit s’attendre à voir tous les jours apporter de nouveaux perfectionnements dans l’emploi de l’électricité dans l’industrie, et nous sommes fondés à croire que la lumière électrique n’a pas dit son dernier mot.
- Est-ce à dire qu’elle tuera le gaz et se substituera complètement à lui? Nous ne le croyons pas; l’électricité aura ses applications comme le gaz les siennes, et nous comprenons peu l’émotion qu’ont éprouvée les détenteurs d’actions de gaz à l’apparition de ce nouveau système d’éclairage.
- 11 y a place dans le monde pour le développement de ces deux industries. L’éclairage électrique ne tuera pas plus le gaz que celui-ci n’a détruit la bougie, pas plus que les chemins de fer n’ont englouti l’industrie du roulage. Nous avons vu, en parlant de l’éclairage au gaz, combien celui-ci avait encore à faire pour se répandre dans tous les appartements, et certes on peut prédire que le développement de l’éclairage électrique sera accompagné
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- Gr. in. de celui du gaz, comme le développement de celui-ci a été accom-pagné du développement des fabriques de bougies.
- Que les timorés se rassurent donc et qu’ils jettent un regard complaisant sur toutes les industries que Ton désignait à leur début comme devant entraîner la chute de celles qu’elles avaient la prétention de supplanter. Elles n’ont guère contribué qu’à les développer.
- Dès aujourd’hui, nous constatons une tendance bien marquée à développer les conditions d’éclairage artificiel, et la lumière électrique a déjà donné un essor considérable à l’emploi des becs de gaz de grand débit; en Angleterre notamment, les becs Sugg, dont nous avons parlé à propos de l’éclairage au gaz, se propagent avec rapidité.
- C’est dans la section française que se trouvent exposées toutes les machines à lumière comprises dans la classe 27.
- Nous y voyons d’abord divers types delà machine l’Alliance, inventée par M. Nollet, professeur de physique à l’Ecole militaire de Bruxelles, et perfectionnée par son élève M. Van Malderen. Ces machines sont restées à peu près ce qu’elles étaient il y a quinze ans, lors de leur adoption à l’éclairage du phare de la Hève en France.
- Pendant toute cette période de temps cette machine a fonctionné d’une manière très régulière, on peut meme dire irréprochable. Elle présente le grand avantage de marcher à une vitesse relativement faible (450 tours), de ne pas s’échauifer et de pouvoir tourner indifféremment dans un sens ou dans l’autre.
- Les perfectionnements introduits plus récemment dans cette machine par M. Van Malderen consistent en une disposition qui permet au moyen d’un manipulateur de coupler la machine en tension ou en quantité, dans une disposition permettant de recueillir séparément les courants de chaque disque pour alimenter une lampe par disque.
- Le volume relativement considérable de cette machine et son prix élevé ont été pour beaucoup dans le peu de développement de ses applications. Aujourd’hui ses prix sont presque la moitié
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- de ce qu’ils étaient au début, et la puissance de ces machines a été Gr. III. beaucoup augmentée.
- Cette machine à courants alternatifs a été employée dès le début avec les bougies Jablochkolf qui ne peuvent marcher aussi facilement avec les machines à courants continus et sans changement dans la confection de la bougie.
- A côté des machines de l’Alliance, nous trouvons les divers types des machines Gramme, dont l’apparition récente coïncide avec le développement qu’a pris l’éclairage électrique.
- Toutes les machines Gramme, à l’exception du dernier type, sont à courants continus et à une seule lumière. Pour un éclairage de quelque importance exigeant une machine spéciale par foyer lumineux, on peut apprécier combien cette application serait coûteuse.
- Les machines Gramme sont d’une simplicité de construction remarquable, d’une conduite facile, et quoique marchant à grande vitesse, elles ne s’échauffent pas d’une façon sensible.
- Gette question d’échauffement est d’ailleurs facile à éviter; il suffit de proportionner les dimensions de la machine et des fils au résultat que l’on veut obtenir. Ce sont les exigences du public, qui désire une machine peu encombrante et à bas prix, qui ont amené les constructeurs à diminuer les dimensions des machines et la section des fils, par des raisons d’économie et au grand détriment de là régularité et du bon fonctionnement des appareils.
- Lors de l’apparition du système Jablochkoff, exigeant des machines à courants alternatifs, M. Gramme exécuta immédiatement un appareil réalisant ces conditions, et c’est ce dernier type qui se trouve également à l’Exposition et qui nous a servi concurremment avec les machines de l’Alliance aux expériences que nous avons faites au laboratoire.
- Plus récemment que M. Gramme, M. Lontin, comme lui ancien agent de la société de l’Alliance, a produit une machine de dispositions tout à fait différentes des précédentes; elle se compose de deux machines accouplées sur le même axe, dont la première sert de machine amorçante fournissant un courant continu aux électro-aimants de la seconde machine à courants alternatifs.
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- Gr. III. Celle-ci, composée d’un grand nombre de bobines (9A à 3a), est
- disposée de façon à pouvoir recueillir séparément le courant de Cl 27 *• * 1 ... 1
- chacune de ces bobines et obtenir ainsi un nombre équivalent de
- foyers lumineux d’égale intensité. On peut, en diminuant le
- nombre de ces foyers, en obtenir un plus petit nombre d’intensités
- plus grandes et même différant les uns des autres; car on peut à
- volonté réunir les courants de deux ou plusieurs bobines entre
- eux.
- Les premiers essais de cette machine ont été entrepris vers la fin de l’été 1877, à la gare du chemin de fer de Paris-Lyon. Us n’v ont pas été continués. Un second essai est tenté en ce moment à la gare Saint-Lazare, à Paris.
- Dans ces machines, comme dans toutes celles où il y a deux appareils distincts dont l’un sert à aimanter les bobines d’électroaimant de l’autre, il y a des difficultés de réglage pour empêcher réchauffement et obtenir avec un travail donné le maximum de lumière. Une fois le réglage obtenu, il ne se maintient pas constant, parce que la puissance magnétique varie dans un électroaimant qui travaille.
- Il reste donc bien des progrès à réaliser dans la construction des machines dynamo-électriques qui ne présentent pas, dans l’état actuel, une sécurité de marche aussi grande que celle des machines magnéto-électriques.
- Un assez grand nombre de régulateurs de différents systèmes se trouvent exposés au palais du Champ de Mars et dans l’annexe du chauffage et de l’éclairage.
- Le plus simple que nous ayons vu et qui fonctionne avec régularité est celui de M. Jaspar, de Liège, basé sur l’action du solé-noîde.
- Le moteur est le poids du porte-charbon supérieur qui est équilibré par le poids du porte-charbon inférieur. Un poids mobile sur un bras de levier permet de compléter l’équilibre et donne le moyen facile de régler l’appareil suivant l’écart que l’on veut obtenir.
- Tous les mouvements d’horlogerie sont supprimés; le mouvement est transmis de l’un des porte-charbons à l’autre par un
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- simple fil passant sur une ou deux^ 1 es à gorge: sur une poulie, lorsqu’il est attelé à des machines à courants alternatifs; à deux poulies de diamètre double l’un de l’autre, pour les machines à courants continus. Le travail effectué par le solénoïde se réduit à peu de chose, par suite de la façon exacte dont les pièces sont équilibrées.
- La douceur du mouvement est obtenue au moyen d’un piston qui plonge dans du mercure contenu dans un cylindre. Comme le piston ne remplit pas exactement le cylindre, le mercure est obligé de passer dans un espace annulaire étroit, ce qui empêche tout mouvement saccadé.
- Parmi les régulateurs à mouvement d’horlogerie, le régulateur Carré, déjà répandu en France, nous a donné pendant les essais une marche très régulière. Le moteur de cet appareil est également le porte-charbon supérieur dont le poids est équilibré par celui du porte-charbon inférieur auquel le mouvement est transmis par une série de roues dentées. Un double solénoïde avec une armature oscillante en forme de S provoque le déclanchement des rouages et permet le rapprochement des charbons en temps utile. Un crochet latéral détermine l’écart des charbons au moment d’allumage. Ce régulateur peut fonctionner également avec des courants continus ou alternatifs; le réglage seul diffère dans les deux
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- Cl. 27.
- cas.
- M. Lontin expose un régulateur qui ne présente sur les appareils antérieurement connus, tels que les appareils Serin et autres, qu’une simple modification consistant dans l’emploi d’une bobine de dérivation. Cette modification, si simple en apparence, a des conséquences très importantes , et le Jury a procédé sur cet appareil à des essais de divisibilité de la lumière électrique qu’il importe de faire connaître.
- Voici d’abord la description de l’appareil régulateur Lontin.
- Dans la plupart des régulateurs, le courant tout entier passe dans la bobine du solénoïde ou de l’électro-aimant qui commande les organes de rapprochement, et la sensibilité de l’appareil est obtenue au moyen d’un réglage qui s’opère en tendant plus ou
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- Cl. 27.
- moins un ressort antagoniste. La tension du ressort est constante après le réglage et pendant la marche, tandis que la puissance de l’électro-aimant varie avec l’intensité du courant. Celle-ci est soumise à des variations qui résultent soit de l’irrégularité de la marche de la machine, soit des variations de longueur de i’arc, produites par l’usure des charbons. M. Lontin, remarquant que les variations de puissance de l’électro-aimant ne sont dues qu’aux variations de quantité et nullement aux variations de tension du courant électrique, a imaginé une disposition qui permet de soustraire le régulateur aux perturbations provenant de l’arc ou de la machine, en tant toutefois que ces perturbations ne soient pas trop fortes.
- Pour cela, il supprime la bobine du régulateur Serin dans laquelle passait le courant, et fait passer celui-ci directement par les charbons. Puis, au moyen d’un fil très fin, il forme un circuit de dérivation dans lequel il place une bobine dont l’armature mobile produit le déclanchement du mécanisme au moment où le rapprochement doit s’opérer.
- De plus, au moment où l’armature mobile est attirée, elle soulève légèrement le charbon inférieur.
- Ceci posé, examinons le fonctionnement de l’appareil. Il est réglé à l’écart, c’est-à-dire que lorsque le courant ne passe pas, les charbons sont écartés d’environ î millimètre; cette longueur correspond à la course de l’armature.
- Si l’on envoie le courant dans l’appareil, comme le circuit est interrompu aux charbons par suite de l’écart, le courant cherche son passage dans le circuit de dérivation; il aimante la bobine et l’armature est aussitôt attirée.
- Si le courant continuait à passer par la bobine, comme elle est garnie de filtrés fin, elle serait bientôt brûlée; mais à peine l’armature est-elle attirée quelle soulève le charbon inférieur et ferme le circuit par les charbons qui offrent moins de résistance.
- Dès lors le courant abandonne le circuit dérivé pour le circuit direct et, la bobine revenant à l’état neutre, l’aimantation cesse et, l’armature reprenant sa place, le charbon inférieur s’écarte du charbon supérieur de i millimètre.
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- Si rapide qu’ait été le passage du courant par les charbons, il Gr. in. a suffi pour qu’à leur point de contact il y ail incandescence, et dès lors, au moment où ils s’écartent, l’arc voltaïque jaillit et l’allumage est fait.
- Tout cela est long à décrire, mais s’effectue instantanément.
- Quand, par suite de l’usure l’arc augmente, la résistance augmente, et une portion du courant passe par le circuit dérivé.
- Aussitôt l’armature est attirée, et dans ce mouvement elle déclanche le mécanisme qui permet le rapprochement des charbons comme dans l’appareil Serin.
- Le régulateur Lontin n’est autre chose que l’appareil Serin modifié par l’emploi de la bobine de dérivation.
- Comme les variations de tension seules peuvent déterminer le passage momentané du courant par le circuit dérivé composé d’un fil fin formant résistance, il s’ensuit que le régulateur est insensible aux variations de quantité, les seules qui soient produites par les changements de vitesse.
- De là, la possibilité de placer plusieurs régulateurs dans un même circuit, tout en leur laissant, à chacun, une indépendance, ainsi que cela a été vérifié par de très nombreuses expériences.
- Nous avons fait plusieurs séries d’essais avec les régulateurs Lontin, et ils ont donné les résultats suivants. (Voirie tableau de la page suivante.)
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- Gr. ni.
- -- RESULTATS OETENUS AVEC LES REGULATEURS LONTIN.
- DÉSIGNATION des KXl'KRlBflCRS. NOMERE de ItHCUl.ATKtlILS pinces dans le courant. DIM KNSION dos CHARRONS. r ou KOLA Tolal. U 01 II IUXT. Par ii'yu la-leur. 011 S Eli YATIONS.
- l" S KIU B. Nos l 1 millim. 1 a becs. 9 6 5 liées. 9 65 Expériences faites avec les ma-
- 9 11 1 q 1 9 5 chines de l'Alliance (435 tours). La lumière riait 1res fixe cl
- 3 2 y 1()3 96 bien régulière.
- !!C SÉniK.
- N03 1 (i 7 9/l8 /11,.5
- 9 ,) 7 978 55,5
- ;> 168 h 9 L’usnre à l'heure élait en
- 3e sÉniii. N',s 1 9 7 1 5 6 17 moyenne de 13 rentimèlres pour ehn(|iie régulateur; l’appareil ebaullaiL uu peu, c.e qui indiquait que le charbon de 7 millimètres élait trop faible ou bien qu’il n’était pas suffisamment conduclcur. Machine l’Alliance (A3fi tours).
- 9 9 fi 901 a a
- V SKIUK.
- Y" 1 î9 fi II 11 L’expérience n’a pu avoir lieu.
- 9 î i (5 .987,6 91,6 Machine l’Alliance (en tension).
- 3 1 0 6 178,0 17,85
- h 9 fi 968,70 99,75
- 5 S fi 3 2/. 36
- 6 7 6 36/1,70 09,95
- 7 fi fi /l/ll 73,5
- 8 5 6 96.3 59,6
- y h 6 3o8 77
- 10 3 6 969,5 87,5
- il 2 C> '918 1 oq Machine l’Alliance (en quan-
- 12 1 fi O OC 998 lité).
- An cours de ces expériences on a pu, à plusieurs reprises, éteindre et rallumer à volonté une ou plusieurs des lampes dans le circuit sans que cela dérangeât la marche des autres. Quand on éteignait une lampe, le pouvoir éclairant des autres augmentait.
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- APPAREILS ET PROCÉDÉS DE CHAUFFAGE ET D’ÉCLAIRAGE. 61
- Une observation dont il faut tenir compte est la suivante :
- La quatrième série d’expériences a duré près de quatre heures sans interruption, et vers la fin nous avons cru remarquer que la mèche de la lampe carcel qui servait de type était un peu charbon-née, de telle sorte que les derniers chiffres de pouvoir éclairant obtenus sont peut-être un peu forts.
- Il est bon d’ajouter que ces expériences de la dernière série ont été un peu improvisées, car l’inventeur, M. Lontin, n’avait jamais essayé de pousser aussi loin la divisibilité de la lumière avec ses appareils.
- Nous trouvons les appareils Serin, Foucault et Dubost exposés, parfaits comme fini de construction et très bien soignés. Ces appareils sont décrits depuis longtemps déjà dans maints ouvrages relatifs à l’électricité. Nous n’avons pas à nous y arrêter.
- Comme modification heureuse de l’appareil Serin, nous pouvons citer le régulateur suisse qui supprime le mouvement de remonte du charbon inférieur, de sorte que l’appareil est bien simplifié, mais présente ce désavantage de ne pas avoir de point lumineux fixe.
- Ce désavantage n’est qu’apparent pour la plupart des applications industrielles où la fixité du point lumineux n’a aucune importance. Il n’en serait pas de même des phares où le point lumineux doit se trouver au foyer d’une lentille ou d’un appareil de projection.
- M. H allé expose de son côté un régulateur à mouvement d’horlogerie plus simple que l’ancien appareil Foucault et qui a donné de bons résultats avec les courants alternatifs et continus.
- Nous devons signaler encore la tentative faite par M. Dubost pour obtenir des régulateurs à un seul charbon mobile, mu par un simple solénoïde. Le fonctionnement de l’appareil, dont la construction est très simple, ne répond pas malheureusement aux désirs et aux prévisions de l’inventeur : la lumière est irrégulière, scintillante, et le rapprochement s’opère par un mouvement brusque; bientôt l’écart augmente et l’extinction se produit par le brûlage de la bobine.
- Dans tous les régulateurs examinés jusqu*.ci, le rapprochement
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- clu charbon est produit par celui des porte-charbons auquel ils sont liés d’une manière invariable. La durée de l’éclairage est donc limitée par la course des porte-charbons qui est elle-même limitée par les dimensions que l’on peut donner à l’appareil eu égard aux conditions d’équilibre que celui-ci doit remplir.
- Préoccupé de cet inconvénient, M. Demersanne a inventé un appareil dans lequel les porte-charbons sont fixes, et ce sont les charbons qui avancent. On est donc beaucoup moins limité dans la longueur que l’on peut donner à ceux-ci, on en a même employé qui avaient jusqu’à î mètre. Nous avons essayé l’appareil deux jours de suite en le faisant fonctionner pendant huit heures, et sur la projection de Tare nous avons pu suivre l’avancement des charbons qui s’opère d’une manière parfaite. A la fin de l’expérience, l’appareil s’échauffait à cause du rayonnement du foyer lumineux qui se trouvait trop rapproché de la monture. Grâce à l’emploi d’une bobine de dérivation, on peut, comme pour l’appareil Lontin, en placer plusieurs dans un même cercle.
- Nous avons à signaler également l’appareil de M. Régnier, qui rentre dans la catégorie des lampes à incandescence, où une mince baguette de charbon est portée et maintenue à la température blanche par le passage d’un courant électrique. On obtient ainsi une lumière de 8 à îo becs carcel, mais l’appareil ne fonctionne pas régulièrement et a besoin encore de perfectionnement avant d’être admis dans la pratique.
- Comme accessoires des régulateurs, nous trouvons à l’Exposition quelques charbons artificiels nus ou métallisés.
- Depuis quelques années déjà les charbons artificiels comprimés ont remplacé pour ainsi dire d’une manière presque générale les graphites des cornues que Ton ne parvenait pas à obtenir suffisamment purs. Quant au charbon métallisé, quoique les expériences des laboratoires aient semblé en démontrer l’avantage au point de vue de l’intensité lumineuse, la pratique n’en a cependant pas consacré l’emploi. Il n’a pas été établi si les mécomptes auxquels ils ont donné lieu provenaient bien de la métallisation et non pas de la nature des charbons employés, ce qui nous paraît plus probable.
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- Nous terminerons la revue des appareils électriques par i’exa- Gr. m. men des bougies de M. JablochkofF, qui dès leur apparition, ont —~
- fait grande sensation dans le public.
- Le but des régulateurs est de maintenir un écart constant entre les pointes de charbon, au fur et à mesure qu’elles s’usent.
- M. JablochkofF a eu l’idée de mettre les deux charbons parallèlement à côté l’un de l’autre, en les séparant par une matière isolante qui oblige l’arc à se former à la pointe du charbon ; il obtient ainsi un écart constant et un arc voltaïque constant.
- Comme les charbons s’usent, il faut enlever la matière isolante au fur et à mesure de l’usure; pour cela, M. JablochkofF fait usage de kaolin ou de plâtre qui jouissent tous deux de la propriété de se volatiser lentement à la température de l’arc voltaïque. La longueur de cet arc, qui va d’une pointe à l’autre des charbons, est égale au diamètre du crayon augmenté de l’épaisseur de la lame isolante.
- Comme le pouvoir éclairant vient de l’incandescence des pointes de charbon et non pas de l’arc, qui éclaire peu par lui-même, il en résulte qu’un grand arc qui exige un courant à forte tension est peu avantageux au point de vue de la production de la lumière.
- Pour avoir un arc court il a fallu réduire le diamètre des crayons, mais celte diminution de diamètre trouve bientôt sa limite. En effet, plus le diamètre est petit, plus le crayon brûle vite, et comme le carbone est mauvais conducteur, un crayon de petite section ne laisse pas que d’offrir une grande résistance au passage du courant.
- Dans la pratique, 1VI. Jablochkoff s’est arrêté à h millimètres de diamètre, ce qui correspond à un arc de 7 millimètres, l’épaisseur de la lame isolante étant de 3 millimètres.
- Au point de vue de la quantité de lumière produite avec un courant donné, nous avons fait l’essai des bougies Jablochkoff au moyen de la machine l’Alliance qui nous avait donné :
- / Serin............................. 346 becs.
- I Suisse............................ 385
- Avec le régulateur < Carré (avec écart de 5 millimètres).... 331 ! Carré (avec écart de 4 millimètres).. . 452 \ Lontin ..................................... 168 à 44i
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- et nous avons obtenu dans une série d’expériences les résultats consignés au tableau ci-dessous:
- DÉSIGNATION dos NOMBRE de BOUGIES sur le meme coumnl. DIME DK S DO Lon- gueur SSION unias. Diamètre . IMiOV lONANCli. NATURE de L’ISOLA- TEÎ U. roui BCI.AI Total. fOlU «AM'. Par bougie. 0 lî S K R VAT IONS.
- 1™ SÉIIIE. cent. in i 11. becs. becs.
- N'ls 1. ... 1 a 5 9 // Il 233 a 3 3
- ) .Moine bougie dédoublée cl pincée dans un régulateur. Lus pointes en egard. a 33 2,33 O11 peut conclure de là que la vapeur de plaire on de kaolin que l’arc peul contenir 11e contribue pas au
- 3 . . . . b /i II Plaire. a3o Ali pouvoir éclairant.
- 'i. ... h *îT) h ;i Idem. 2 o h 31 Bougies ordinaires des éclairages publics.
- 3. .. . h 3 5 7) <J uudoni ii. Idem. a 07 7)*i 10 minutes après l'allumage.
- ().... '\ *>5 5 Liant. Idem. a .'!o Ô7 T .Même bougie au bout d’une heure.
- 7 . . . . '\ 5 C:irré. Idem. 20 A 31 10 minutes après l’allumage.
- 8. . . . !\ *! r> 7) Idem. Idem. a37 r,9 T Même bougie près de liuir.
- 2° SEIIIE.
- Nos 1 . .. . !\ 2 3 h Idem. Idem. aG3 0(5
- 2 . . . . 8 II II il il II ,1 L’allumage ne peul se faire ( isolateur en plâtre).
- 3. .. . 7 11 II II U II II L’allumage se fait à grand’ peine une bougie après i’aulre. L’extinction se produit seule après quelques instants.
- h.... (j aô h Carré. Plâtre. a(>5 fi à L’allumage se maintient.
- 5. ... 8 3 7) h Idem. Kaolin. 102 L’allumage se fait bien et se maintient.
- 6. . .. 7) *? r> h Idem. Plaire. 2AA A 8 j- Au bout de quelques instants l’extinction se produit et on ne peut rallumer.
- Lin inconvénient que présentent les bougies, c’est qu’une fois éteintes elle ne peuvent plus être allumées sans subir une préparation spéciale. On ne peut donc pas interrompre momentanément l’éclairage, comme on peut le faire dans la plupart des cas avec les régulateurs.
- Le point lumineux varie au fur et à mesure de l’usure du charbon. C’est une des raisons entre autres pour lesquelles les bougies ne peuvent pas être de trop grandes dimensions; leur durée est
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- d’environ une heure et demie. Lors donc qu’il s’agit d’éclairage de longue durée, il faut après ce temps faire passer le courant, au moyen d’un commutateur, dans une nouvelle bougie.
- M. Jablochkolï a imaginé un chandelier à A et même à 6 bougies qui, reliées à un commutateur, permettent de prolonger l’éclairage. Jusqu’ici il a fallu manœuvrer le commutateur à la main ; M. Jablochkolf espère trouver un commutateur automatique pouvant fonctionner sûrement. Il a déjà essayé dans ce but plusieurs dispositions et il a tout lieu d’espérer qu’il arrivera à une solution.
- En présence des nombreux progrès qui se réalisent tous les jours dans cette nouvelle branche d’industrie, on ne peut savoir dès maintenant quel est l’avenir réservé à la bougie Jablochkolf. Elle a été dès son apparition accueillie par le public avec une faveur marquée, et ce n’était que justice. Si, au point de vue pratique, il existe encore certains points à améliorer et à perfectionner dans l’application de ce système, il est juste de reconnaître la grande impulsion que l’inventeur a imprimée aux études de l’éclairage électrique, non seulement au point de vue des appareils destinés à obtenir la division de la lumière, mais même au point de vue des machines destinées à produire des courants alternatifs.
- L’inventeur, de son côté, cherchait à appliquer son système d’éclairage aux machines à courant continu, et arrivait à la solution en donnant à l’un des crayons delà bougie une section double de l’autre.
- Afin de hâter les applications de ce système, l’inventeur devrait s’attacher à y apporter certaines modifications, en vue d’écarter les objections qui y sont faites avec raison.
- Il y aurait lieu notamment de viser à la faculté de rallumage des bougies éteintes momentanément; au passage automatique du courant d’une bougie à la suivante ; à la suppression du ronflement dû à la grande longueur de l’arc; enfin à la diminution de la dépense des crayons, un des éléments importants du prix de revient.
- Outre la bougie , M. Jablochkolf présente un bec électrique formé d’une lance de kaolin maintenue à l’incandescence par le
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- Gr. m. Cl. 27.
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- passage d’un courant à forte tension. La lumière est blanche et très belle, fixe et tout à fait muette; malheureusement l’intensité n’est d’environ que d’un bec et demi, tandis que le même courant envoyé dans la même bougie y donne une intensité de 5o becs.
- Enfin, M. Jablochkoff présente un nouvel appareil qu’il appelle un condensateur, et qui est formé d’un grand nombre de feuilles d’étain séparées par du taffetas isolant, de façon à former une énorme bouteille de Leyde.
- L’appareil est tout nouveau et l’inventeur l’emploie à des expériences qui n’ont actuellement qu’un intérêt purement scientifique.
- Après les inventeurs des différents appareils électriques viennent les constructeurs.
- A part une maison belge qui expose un régulateur, toutes les autres sont des maisons françaises.
- L’une d’elles, la maison Sauter-Lemonier, se fait surtout remarquer par les études spéciales qu’elle a faites au point de vue de l’application de la lumière électrique à l’industrie et de la répartition rationnelle de la lumière. Plus de 13 5 installations de ce genre ont déjà été effectuées par elle dans ces dernières années , à la grande satisfaction des propriétaires de ces usines, et sans que l’on ait jusqu’à ce jour constaté les fâcheux effets que l’on redoutait pour la vue des ouvriers.
- Nous devons signaler surtout une application récente, faite en 1877 dans un atelier de retordage, où la lumière se projette par réflexion indirecte, en cachant les rayons directs du foyer lumineux et projetant la masse de lumière au plafond. On obtient par là un éclairage uniforme, sans ombre et très favorable pour les salles basses.
- De l’examen des appareils et des nombreuses applications faites jusqu’à ce jour, il résulte qu’on peut considérer comme résolue la question de l’éclairage industriel au moyen de la lumière électrique, tout en admettant qu’elle soit susceptible encore de progrès énormes.
- La lumière électrique présente sur les autres modes d’éclairage des avantages incontestables.
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- Elle est très hygiénique, car elle n’échauffe pas l’air, comme Gr. m. toutes les autres sources lumineuses; à l’inverse de celles-ci elle ne vicie pas l’air ambiant en y répandant les produits de la combustion , et n’altère ni les dorures ni les tentures par des émanations.
- Les dangers d’explosion et d’incendie sont écartés, et la lumière, présentant l’aspect de la lumière du jour, conserve aux objets leur véritable couleur.
- Quant au prix de revient de cet éclairage, il est bien vrai que dans la situation actuelle de la question les installations sont coûteuses et les applications trop récentes pour déterminer le taux d’amortissement sur lequel il y a lieu de compter. Abstraction faite de cet élément, dont l’importance ne peut être méconnue, on peut affirmer qu’il résulte de tous les résultats obtenus, qu’à lumière égale l’éclairage électrique est plus économique qu’aucun système connu.
- Mais l’impossibilité dans laquelle on se trouve aujourd’hui d’obtenir économiquement des foyers électriques de faible intensité, est cause que, dans la plupart des cas, on se trouve dans l’obligation de donner beaucoup plus de lumière dans un même espace que l’on n’en accorderait dans les mêmes conditions si l’on avait recours à un autre mode d’éclairage.
- Il s’ensuit que, dans la plupart des applications, le prix de revient de l’éclairage électrique est supérieur à celui des autres systèmes; nous disons dans la plupart des cas, parce qu’il résulte de l’attestation de certains industriels, qu’ils ont réalisé une économie notable en recourant à l’électricité pour éclairer leurs ateliers. D’autres encore nous ont affirmé que l’économie indirecte provenant des conditions favorables dans lesquelles s’exécute le travail du soir compensait largement le surplus des frais d’éclairage.
- Il importe dans tous les cas de ne pas se laisser influencer par les prix de revient fantaisistes et erronés qui ont été publiés par nombre de journaux et de brochures : les conditions dans lesquelles l’éclairage doit fonctionner permettront d’en supputer le coût aussi exactement que possible.
- Il résulte des chiffres que nous avons pu contrôler qu’une installation de quatre foyers électriques remplaçant i3o becs de gaz
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- (brûlant chacun 120 litres de gaz par heure) et répandant au moins le double de lumière, ont donné un prix de revient de 3 fr. 02 cent, par heure en hiver, lorsque l’éclairage comportait une durée d’environ sept heures, et de 4 fr. 44 cent, en été, lorsque la durée de l’éclairage était limitée à trois heures.
- Les i3o becs de gaz auraient débité i5,6 mètres cubes par heure. Or, suivant le prix du gaz, qui varie ordinairement d’une ville à l’autre dans les limites de 3o à 1 5 centimes, le prix de revient varierait de 4 fr. 68 cent, à 2 fr. 34 cent, pour un éclairage moitié moindre.
- La durée de l’éclairage a naturellement une influence marquée sur le prix de revient de l’heure d’éclairage, le salaire des ouvriers, qui doit être payé intégralement dans chacun des cas, se répar-tissant sur un nombre d’heures plus ou moins grand.
- Or les divers éléments concourent dans le prix de revient pour les quantités ci-après, en chiffres ronds :
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- 100
- Salaire...................
- , ( des machines. .
- Charbon -, , , .
- I des régulateurs.
- Graisse et accessoires. .
- Total.......
- Ceci, pour une installation spéciale à l’éclairage seulement, c’est-à-dire où l’on installe dans ce but un générateur, une machine motrice, des machines électriques et des régulateurs.
- On conçoit donc que si l’application s’en fait dans un atelier où l’on dispose de la force motrice, où le salaire du chauffeur et du mécanicien n’entre plus que pour une faible part dans les frais d’éclairage, l’électricité l’emportera de beaucoup sur l’éclairage au gaz et même sur tous les autres modes.
- Lorsqu’on emploiera le système Jablochkoff, Télément charbon pour régulateur ou bougie viendra influencer spécialement le prix de revient, car au lieu de brûler 10 à i5 centimètres de charbon par régulateur, dont le prix varie de 1 fr. 5o cent, à 3 francs le
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- mètre, on fera usage de bougies qui coûtent y5 centimes(l), et Gr. m. ont une durée de une heure et demie.
- Cl 27
- Du fait qu’à lumière égale la lumière électrique est plus économique que les autres systèmes d’éclairage, il résulte que si l’on parvenait à diviser la lumière électrique sans perte (de courant ou de force motrice), la question de l’éclairage économique parla lumière électrique serait complètement résolue.
- Les efforts dans ce but se sont dirigés dans deux voies complètement différentes: d’une part, on a cherché à diviser le courant dans les machines elles-mêmes; d’autre part, on a cherché à diviser le courant unique provenant de la machine.
- Les diverses solutions obtenues jusqu’à ce jour ne sont pas complètes : à notre avis les premiers n’ont fait que réunir plusieurs machines simples dans le même châssis et sont parvenus ainsi à produire plusieurs courants; les seconds nous semblent avoir suivi une marche plus rationnelle, mais leurs efforts n’ont pas été couronnés d’un succès décisif.
- Les expériences auxquelles nous nous sommes livrés et que nous avons relatées plus haut, démontrent en effet que la perte de courant ou d’effet utile est considérable et s’élève dans certains cas à 6 o p. o/o, tout en restant encore limités à un certain nombre de foyers.
- Quelque désastreux que puisse paraître ce résultat, il n’y a pas lieu de s’en exagérer la portée, car il se traduit seulement en une perte de force motrice dont les chiffres ci-dessus permettent d’apprécier l’importance au point de vue du prix de revient.
- Les nobles efforts, le dévouement des spécialistes qui s’occupent aujourd’hui de la question, nous permettent d’espérer que les études poursuivies dans une voie rationnelle ne demeureront pas stériles; et les résultats prodigieux obtenus depuis deux ans à peine nous laissent sous l’empire d’un sentiment d’admiration et de reconnaissance envers tous les chercheurs infatigables qui ont créé cette industrie nouvelle.
- Depuis que ces lignes ont été écrites, le prix des bougies Jablochkoff a notablement diminué, et l’on peut prévoir que la fabriralion de ce produit sur une grande échelle aura pour effet de le diminuer encore.
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- V. --ALLUMETTES.
- La fabrication des allumettes a pris depuis quelques années une extension considérable. Nous sommes loin de l’époque où, pour obtenir du feu, l’homme était obligé de frotter l’un contre l’autre deux morceaux de bois dont la friction engendrait la chaleur; celle-ci se transformait bientôt en action chimique et produisait une combustion ardente.
- Le principe sur lequel on se base aujourd’hui pour l’obtention du feu est bien encore le même, et cependant il existe une différence notable entre les moyens employés jadis par les sauvages et ceux actuellement en usage dans le monde civilisé.
- Les forces de la nature suivent toujours les mêmes lois, et l’homme seulement peut par son intelligence parvenir à les faire agir de différentes manières: c’est dans les perfectionnements et simplifications de ces manières que consiste tout progrès dans l’industrie. Cette loi générale se vérifie surtout dans l’industrie des allumettes.
- Les nombreux progrès accomplis depuis quelques années semblent nous séparer d’un siècle de l’époque où l’on employait le briquet avec la boîte à étouffoir, et même l’allumette irrégulière fabriquée au couteau à main, quoique vingt ans à peine se soient écoulés depuis lors.
- Nous ne parlerons pas cependant de toutes les tentatives faites avant l’invention des allumettes phospborées. L’emploi du phosphore blanc occasionna naturellement un grand bouleversement dans l’industrie, grâce à la facilité que possède cette matière de s’oxyder et de s’enflammer. On parvint à attacher le phosphore à de petits morceaux de bois et à transmettre la combustion de l’un à l’autre par l’intermédiaire du soufre. C’est ainsi que l’on obtint la première allumette phosphorique.
- Si la chimie n’avait pas réussi à découvrir un autre état physique du phosphore (le phosphore rouge ou amorphe), l’allumette au phosphore blanc serait peut-être encore en usage aujourd’hui. Mais une fois les propriétés du phosphore rouge connues, les inconvénients de l’emploi du phosphore blanc furent de plus en plus
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- manifestes. Tout le monde sait, en effet, que les vapeurs que dé- Gr. in. gage ce corps sont nuisibles à la santé des ouvriers. De plus, la facilité avec laquelle il s’enflamme offrait un grand inconvénient; ce fut la cause de bien des incendies et de malheurs dans la vie domestique. Enfin il y a lieu de tenir compte encore des propriétés vénéneuses du phosphore, de la facilité avec laquelle on parvient à le détacher des allumettes et à commettre des crimes que l’histoire a trop souvent enregistrés.
- Si donc l’on connaît aujourd’hui d’autres substances qui ne présentent pas ces inconvénients, il est du devoir de ceux qui ont quelque pouvoir, d’user de toute leur influence afin de signaler à l’industrie la voie qu’elle a suivie et celle qu’elle doit suivre pour se tenir au niveau de la science chimique et rendre ainsi service à l’humanité.
- Lorsque les différences entre les propriétés du phosphore blanc et du phosphore rouge furent bien connues, l’industrie s’empara de celui-ci dans la fabrication des allumettes. Ce fut en 185 5 que se produisirent les premières allumettes dites de sûreté, de la maison Jonkoping, en Suède, alors sous la direction Lantstron.
- Ces allumettes, qui ne contenaient pas de phosphore blanc, ne pouvaient pas être employées en les frottant sur une surface quelconque; elles exigeaient une surface spécialement préparée dans ce but.
- Cette invention inaugura une phase nouvelle et des plus importantes dans l’industrie qui nous occupe; ces allumettes furent bientôt très répandues et modifiées de diverses manières, au point qu’aujourd’hui on les fabrique sans phosphore ni soufre, une petite quantité de phosphore rouge se trouvant seulement sur la surface du frottoir. Toutefois, les mélanges fixés sur les allumettes et sur les surfaces du frottoir diffèrent de composition dans les diverses fabriques. Le soufre aussi est supprimé. Ce corps, qui, en brûlant, répand une odeur très désagréable, est remplacé par la paraffine dont les vapeurs sont presque inodores. En comparant l’allumette soufrée et phosphorée avec l’allumette sans soufre ni phosphore, il faut convenir qu’on doit placer cette dernière bien au-dessus de la première.
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- Cependant là ne s’arrêtaient pas les progrès. Les exigences devenaient de plus en plus grandes et l’on sentit qu’il y avait encore quelque chose à faire. Ces allumettes, toutes perfectionnées quelles étaient, présentaient encore un inconvénient assez grave et qui ne permettait même pas de leur attribuer le titre d’allumettes de sûreté qu’elles avaient pris en naissant. Quand on souffle une allumette ordinaire, la flamme s’éteint, mais le charbon continue à brûler encore quelque temps, circonstance qui peut amener des dangers si on les jette par mégarde sur des matières combustibles. Dans ce but on imprégna les allumettes de certaines substances, sel d’alumine et autres, dont l’action est telle, que le charbon perd complètement son état d’incandescence après que la flamme est éteinte. C’est, en 1872, la fabrique de Nordôpings, en Suède, qui commença la fabrication de ces allumettes. Aujourd’hui on en fabrique dans plusieurs usines.
- Telle a été la marche, au point de vue chimique, qu’a suivie l’industrie des allumettes. Cette marche était normale, car le problème était de se procurer le feu avec facilité et sans danger quelconque. Il faut admettre que l’allumette phosphorée produit le feu avec beaucoup plus de facilité que l’allumette de sûreté, caria surface frottante se trouve partout; mais on peut dire de cette facilité qu’elle a le défaut de ses qualités, car elle peut causer de grands désastres. Nous ne pouvons qu’émettre le vœu déjà si souvent manifesté avant nous, de voir le public adopter ces produits exempts de matières vénéneuses et diminuer notablement ainsi les causes de crimes et de sinistres.
- Aussi avons-nous vu avec plaisir que, dès que la modification donnant l’allumette de sûreté fut connue, plusieurs hôtels, les grands bateaux à vapeur transatlantiques ne permirent plus l’emploi d’autres allumettes. Certains pays ont même poussé la prudence plus loin: c’est ainsi que le Danemark, par une loi datant de 187Û, défend de fabriquer et d’introduire dans le pays des allumettes à phosphore blanc et en général des allumettes autres que celles qui ne s’enflamment que par le frottement sur une surface spéciale. Malheureusement il n’en est pas de même dans bien des pays; la routine et les exigences du public empêchent souvent les
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- compagnies les plus importantes et les plus amies du progrès de modifier leur fabrication.
- C’est ainsi qu’en France, sur une consommation de plus de 26 milliards d’allumettes par an, l’on ne consomme pas plus de 275 millions d’allumettes de sûreté.
- Pour les divers usages et les diverses destinations, la compagnie générale des allumettes françaises fabrique encore cinq espèces de pâtes dont trois au phosphore et deux au chlorate de potasse.
- Si la partie chimique a fait de grands progrès dans ces dernières années, il en est de même de la partie mécanique. Des machines spéciales à débiter le bois ont remplacé le couteau à main. La mise en presse se fait au moyen de machines, ainsi que le dégarnissage, et ce qui est plus important encore, la fabrication de la pâte chimique dont le brassage s’effectuait jadis à la main et provoquait de nombreux cas de névroses maxillaires.
- Au point de vue hygiénique, les ateliers ont été mieux aérés et ventilés; et l’emploi de la térébenthine a été généralisé partout où il pouvait se produire des vapeurs de phosphore.
- Les conditions morales et matérielles ont été de beaucoup améliorées dans la plupart des pays où se développe l’industrie des allumettes. Bien des usines logent des ouvriers dans leurs établissements, mettent à leur disposition des bains froids et chauds, créent des écoles pour les enfants, des caisses pour subvenir aux frais de maladie et d’ensevelissement et même des caisses de pensions. Dans d’autres établissements situés dans les villes, les ouvriers se servent des caisses et autres institutions créées à ces diverses fins.
- Nous ne croyons pas pouvoir établir de comparaison entre les prix de vente des allumettes dans les différents pays et cela à cause de divers régimes et lois existant dans chacun d’eux. 11 est évident, par exemple, qu’en France, où la consommation est d’environ 2 5 milliards par an, et où la compagnie qui a le monopole de la fabrication doit payer à l’Etat une redevance annuelle de plus .de 16 millions, sans compter d’autres charges encore, telles que celles résultant de l’obligation d’acheter annuellement à la Suède
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- Vi
- Gr. m. 700 millions d’allumettes de sûreté, il est évident, disons-nous, qu’avec de telles charges, on ne peut rivaliser avec les établissements soumis au régime de la liberté, et encore moins leur faire la concurrence. Il est même à craindre que sous le régime du monopole et par le fait même du monopole et des charges qui pèsent sur lui, on finisse par tuer en France une industrie qui fait la richesse et la prospérité d’autres nations.
- En Norvège, la première fabrique, fondée en 1863, arriva en i 865 à produire déjà plus que la consommation du pays et à entrer en concurrence avec l’étranger; ses produits comme ceux de la Suède, de la Hongrie et du Danemark, s’exportent dans les pays d’outre-mer.
- L’Espagne, la Russie, les Pays-Bas et l’Italie étaient également représentés à l’Exposition par leurs produits en allumettes de divers genres. Le Japon lui-même, tributaire jusqu’à ce jour des pays européens, a secoué le joug de l’étranger et expose des produits qui peuvent rivaliser avec ceux de bien d’autres nations.
- Nous ne pouvons terminer ce chapitre sans parler d’un produit qu’on peut considérer comme un accessoire des allumettes, produit surnommé allume-feu, plus connu en France sous le nom d'allumettes landaises, invention nouvelle très pratique; ces nouveaux allume-feu brûlent sans odeur et avec une belle flamme pendant huit minutes. Ils peuvent se conserver pendant toute une saison. Pour allumer le bois, ils peuvent remplacer complètement les margotins, les copeaux, etc., et donnent pour l’allumage du coke une économie notable. Ce produit est fort répandu en Suède et dans le nord de l’Europe.
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- Gr. ni.
- Cl. 27.
- CHAPITRE III.
- CONCLUSION.
- Après avoir examiné les produits des différentes nations il nous semble intéressant de constater les progrès réalisés par chacune d’elles depuis l’Exposition de 1867 et de signaler surtout la voie qu’elles ont à suivre pour se tenir à la hauteur des découvertes importantes.
- Nous commencerons par le pays qui était le mieux représenté à l’Exposition de 1878.
- FRANCE.
- La ventilation et le chauffage y sont parfaitement compris, et des maisons importantes ayant généralement leur siège à Paris entreprennent les installations des plus grands édifices.
- Nous avons vu en détail une des plus belles applications des principes scientifiques, celle du Trocadéro, où la ventilation mécanique fonctionne avec succès.
- Les constructeurs français semblent résolus à recourir aux moyens mécaniques dans la plupart des installations de quelque importance et nous croyons que c’est là la meilleure voie à suivre pour atteindre, sans mécomptes, le but désiré.
- Il y aurait, certes, pour eux avantage incontestable à s’inspirer des études faites et des résultats obtenus dans la ventilation des mines où l’on exploite des couches de faible puissance variant de ko centimètres à 1 mètre et où les conditions d’un bon aérage sont le plus difficiles à réaliser.
- La ventilation et le chauffage des écoles dont l’importance, au point de vue de l’avenir des populations, nous semble prépondérante, n’ont pas été résolus d’une façon aussi heureuse que pour les grands édifices publics et devraient faire l’objet des préoccupations constantes des ingénieurs et des architectes. Ce qui existe aujour-
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- Gr. m. Cl. 27.
- d’hui n’est pas suffisant, et les administrations communales, les Etats, les autorités quelconques qui ont à ériger des bâtiments de l’espèce, ne devraient pas reculer devant quelques dépenses d’installation pour placer les enfants et les adolescents dans des conditions d’hygiène qui leur assureraient plus tard une population valide et intelligente.
- Le chauffage domestique n’a guère fait de progrès marquants depuis 1867; on peut signaler cependant le développement donné aux appareils de chauffage par le gaz, qui procure dans la vie privée des facilités incontestables et dans certains cas une économie dont il y a lieu de tenir compte.
- En ce qui concerne l’éclairage, la France l’emporte de beaucoup sur les autres nations au point de vue du goût et de la forme. Les appareils sont généralement ceux que l’on emploie chez la plupart des nations occidentales de l’Europe. L’éclairage aux huiles végétales y est encore très répandu et le pétrole ne l’a pas encore certainement détrôné ; il y a même une certaine tendance à donner le pas aux essences.
- Cette situation est en discordance avec les faits qui se passent ailleurs et nous avons été amenés à en rechercher les causes.
- Si, depuis 1867, l’usage du pétrole prenait tous les jours un plus grand essor, son développement était notablement entravé depuis 1873, époque à laquelle un droit énorme était établi sur cette matière. Avant cette époque, les pétroles, comme toutes valeurs commerciales, avaient des fluctuations sensibles; ils se maintenaient généralement entre 3o et 5o francs; depuis la loi du 3o décembre 1873, le droit de 3o à 37 francs par 100 kilogrammes, c’est-à-dire presque aussi élevé et on peut dire aujourd’hui plus élevé que la valeur même de la matière, a été établi sur ce produit.
- Probablement en vue de favoriser l’industrie nationale, le droit n’est que de 3o francs pour les distillations du pays, tandis qu’il est de 37 francs pour les importations des pays d’origine. La même différence existe pour les essences dont les droits se montent respectivement à ko et 4 7 francs.
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- Ces droits sont établis d’après le rendement à l’essai. Ce rende- Gr. m. ment est approximativement:
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- Pétrole rectifié. . . .
- Essence.............
- Huiles lourdes. . . .
- Paraffine...........
- Déchets ou goudron
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- 10
- Total
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- Mais les distillateurs ont tout intérêt à retirer la plus grande quantité d’essences et de pétrole. Aussi recueillent-ils généralement les essences de 65o jusqu’à 770 degrés, poussant ensuite la distillation jusqu’à 83o degrés environ, de façon à obtenir des pétroles assez lourds pesant de 800 à 810 degrés.
- Us peuvent ainsi recueillir jusqu’à 12 p. 0/0 d’essences sur une partie desquelles ils ne payent aucun droit. Ils ne payent aucun droit non plus sur les huiles lourdes, les cokes ou déchets, de sorte qu’on peut estimer à environ 20 francs l’écart des bénéfices qu’ils réalisent en plus que les importations directes.
- Dans ces conditions, la concurrence avec les importations directes est facile, et il s’ensuit que l’on ne brûle pas en France des pétroles donnant une aussi belle lumière que dans les autres pays où les pétroles arrivent rectifiés directement de Pensylvanie et avec une densité inférieure à 800 degrés.
- Une seconde conséquence qui s’est affirmée par l’Exposition, c’est le développement de l’emploi des essences pour l’éclairage, alors qu’il serait plus avantageux, au point de vue de l’hygiène et de la sécurité, de développer l’usage du pétrole.
- L’usage du gaz pour l’éclairage s’est beaucoup développé en France depuis quelques années et notoirement à Paris où la Compagnie générale du gaz s’est particulièrement attachée à répandre ce mode d’éclairage. Userait à souhaiter toutefois que le prix de ce produit fut moins élevé; d’autre part, les administrations municipales devraient supprimer la réglementation de la pose des tuyaux et appareils. O11 comprend peu, dans les pays où trône la liberté du tra-
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- vail, ces obstacles opposés au développement d’une industrie qui fait la richesse des villes. La sécurité publique et la propriété particulière nous semblent aussi bien sauvegardées en donnant aux propriétaires et aux industriels toute latitude dans l’appareillage, mais aussi en leur laissant toute la responsabilité de leur travail.
- Pour l’éclairage électrique, la France peut revendiquer, ajuste titre, le mérite d’avoir contribué le plus à répandre dans l’industrie ce mode d’éclairage. Gramme et Jablochkoff, quoique étrangers tous deux, resteront comme les deux propagateurs les plus ardents de la lumière électrique en France. Ils ont trouvé à Paris toutes les facilités possibles pour faire valoir leurs inventions, et il faut bien le reconnaître, ce n’est pas là un des minces avantages d’un pays que de posséder des gens dévoués à la science qui n’hésitent pas à exposer leurs capitaux, sans autre garantie de succès que leur confiance dans l’intelligence humaine.
- Bien des progrès sont encore attendus tous les jours dans cette branche devenue aujourd’hui industrielle. Le coût absolu relativement élevé de la production de la lumière électrique est une des chimères que caressent le plus volontiers ses détracteurs intéressés; mais ce n’est là qu’une chimère, comme nous le disons. Jetons un regard sur le passé; ne voyons-nous pas, partout, le gaz détrôner les autres modes d’éclairage, quoique beaucoup plus coûteux ; et le pétrole lui-même, qui, dans la plupart des pays, est à un prix excessivement faible, a-t-il remplacé quelque part ce mode d’éclairage? Poser ces questions, c’est les résoudre. Il ne faut pas perdre de vue qu’un éclairage, quelque coûteux qu’il soit, aura toujours l’avantage sur les autres systèmes donnant moins d’intensité que lui. On ne peut nier, en effet, que c’est à l’éclairage artificiel que l’on doit la plus grande somme de la prospérité intellectuelle et matérielle des nations. Que l’on soit obligé aujourd’hui de s’éclairer au moyen du lampion en usage il n’y a pas plus d’un siècle, que ne verrions-nous pas de manufactures et d’usines devant fermer leurs portes à la tombée de la nuit, que de savants et de chercheurs abandonner leur cabinet et leur laboratoire jusqu’au retour du jour. Non, la lumière artificielle, plus elle est intense, plus elle se rapproche de la lumière
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- du jour, plus elle a de chance de réussite, quel que soit son prix Gr. m. de revient; et elle en aura davantage encore, si ce prix n’est pas C1~7 trop élevé; et si ce n’était abuser d’une citation déjà faite avant nous, à propos du fer et de l’acide sulfurique, nous pourrions dire que la richesse et la civilisation d’un peuple dépendent de la manière dont il s’éclaire.
- Nous ne pouvons abandonner l’examen de la situation de l’industrie en France sans dire un mot de la fabrication des allumettes. Cette fabrication, qui est poussée dans la plupart des pays au dernier degré de la perfection et du bon marché, laisse quelque peu à désirer en France. Un élément important, et qui pèse sur la fabrication, c’est Télément fiscal; c’est la redevance de i6,o3o,ooo francs que l’entrepreneur investi du monopole doit payer à la France, sans compter l’obligation d’acheter une certaine quantité d’allumettes de sûreté en Suède. Ce monopole menace d’anéantir l’industrie des allumettes en France. Tandis que les pays qui se sont mis à fabriquer ces produits font de l’exportation, la France devient tributaire des autres nations. Nous souhaitons, au point de vue de Tavenir de cette industrie, que le régime financier du pays permette de décréter bientôt la liberté de la fabrication.
- ÉTRANGER.
- Nous l’avons dit au début, les nations étrangères ont peu participé à l’Exposition de 1878, dans la classe 27; elles ont limité leurs envois à quelques spécimens choisis dans l’industrie de la ventilation, du chauffage et de l’éclairage.
- Si Ton en juge par les produits exposés, on peut se convaincre qu’aux Etats-Unis les tendances sont restées les mêmes que par le passé : produire beaucoup et à bon marché. La division du travail y est poussée jusque dans ses dernières limites; la plupart des industriels sont spécialistes et font un chiffre d’affaires qui dépasse beaucoup celui des maisons similaires de l’Europe occidentale. Sans avoir exposé des travaux de ventilation importants, on peut conclure des spécimens de poêles de la Open stoves and venti-
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- lating Company, que les principes d’hygiène et d’aérage y sont bien connus et appliqués.
- Pour l’éclairage, il est inutile, croyons-nous, de signaler le développement de l’emploi du pétrole; nous avons vu que son usage dans les phares nous vient de ce pays. Quant à l’électricité, la réputation d’Edison est faite, et quoique l’Exposition ne comporte aucun appareil électrique, il est de notoriété que les Etats-Unis sont, sous ce rapport, au moins aussi avancés que les autres nations.
- Le seul point laissant à désirer dans l’ensemble des produits est le goût et le fini du travail; il serait désirable de voir élever la nation dans les bons principes de l’art appliqué à l’industrie.
- L’Angleterre, plus policée que ces derniers, cherche avant tout la solidité et le confort. Ses appareils d’éclairage sont construits avec soin; sans avoir la grâce et la délicatesse de la forme des appareils français, ils revêtent un cachet de distinction sévère. Les grands appareils de chauffage sont bien conçus, et peuvent rivaliser avec les meilleures installations du continent. L’étude des appareils d’éclairage au gaz est poussée très loin, et l’emploi de ce produit à l’éclairage des trains des chemins de fer est un fait accompli.
- La Belgique qui, depuis 1869, a plus de la moitié des trains des chemins de fer de l’Etat éclairés au gaz, n’a cependant pas exposé les plans de ses appareils. Son exposition se distingue par une étude spéciale de la ventilation et du chauffage, dont nous avons vu l’application au théâtre royal de Bruxelles. Les spécimens des appareils à pétrole indiquent suffisamment que l’emploi de cette matière fait l’objet de l’étude constante de la part des industriels. La partie électrique n’y est pas non plus négligée.
- L’Italie, comme TAustro-Hongrie, étudie avec soin toutes les questions de ventilation.
- On devait s’attendre à trouver dans le compartiment russe un grand nombre d’appareils de chauffage. C’est là aussi la seule industrie qui y fût sérieusement représentée. Toutefois, on n’y rencontre que des appareils confortables, mais peu économiques.
- Sous ce rapport, la Suisse présente, au contraire, les systèmes
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- les plus perfectionnés, et les spécimens, quoique peu nombreux, Gr. nr.
- <le son industrie de l’éclairage dénotent une nation qui se tient
- , ° n ci. 27.
- au niveau du progrès.
- Le Danemark ne nous donne qu’une idée bien sommaire de son industrie. La seule qui y soit représentée est celle des appareils d’éclairage pour la marine, et il serait à souhaiter que toutes les autres branches de l’industrie fussent arrivées dans ce pays au même degré de perfection. Cette exposition était vraiment remarquable.
- Les autres nations n’ont envoyé presque exclusivement que des allumettes. Celte industrie, qui fait la fortune de tant d’industriels, se trouvait représentée principalement par la Suède, la Norvège, la Russie, l’Espagne, l’Italie, la Hongrie et même le Japon.
- Cette dernière nation, qui avance à grands pas dans la voie de la civilisation européenne, semble vouloir se développer avec plus de rapidité encore que les Etats-Unis.
- B\RLET.
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- TABLE DES MATIÈRES.
- Pages.
- Considérations générales.................................................. 2
- Ghap. 1. Description générale........................................... 7
- Chap. II. Description spéciale.......................................... 12
- I. Ventilation................................................ 12
- II. Chauffage.................................................. 29
- ni. Régénérateur de chaleur et transformation de la force motrice en chaleur.............................................. 35
- iv. Eclairage............................................... 38
- A. Eclairage aux huiles végétales, minérales, essences, etc. 3 9 U. Eclairage au gaz..................................... 43
- C. Eclairage des phares................................ h7
- D. Eclairage électrique................................ 51
- v. Allumettes................................................ 70
- Ciiap. 111. Conclusion..................................................... 75
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