Rapports du jury international
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- RAPPORT
- SUR
- LA PARFUMERIE.
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- ras*, itf-i
- MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE ET DU COMMERCE.
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1878
- À PARIS.
- Groupe III. — Classe 28.
- RAPPORT
- SUR
- LA PARFUMERIE,
- PAR
- M. TH. EÉN1LAN,
- ANCIEN JUGE AU TRIBUNAL DE COMMERCE DE LA SEINE.
- PARIS.
- IMPRIMERIE NATIONALE.
- 4.4.
- M DCCC LXXX.
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- G roupie III. — Classe "28.
- RAPPORT
- suit
- LA PARFUMERIE.
- COMPOSITION DU JURY.
- MM. Riche, président, professeur à l’École de pharmacie, directeur )
- du laboratoire du Ministère du commerce, membre des comités > Fiance, d’admission cl d’installation à l’Exposition universelle de 1878. )
- Pi vbii , vice-président, parfumeur, membre des comilés d’admis- 1 sion et d’installation à l’Exposition universelle de 1878,) France, membre adjoint du jury en 1867...................................)
- Riîmlan (Th.), secrétaire-rapporteur, banquier, ancien juge au ( F.ei’ 1 1 i i i o • { Maroc, lum-
- trinunal de commerce de la Seine...............................J . .
- ( sie, Annam.
- Odling, professeur, F. R. S...................................... Angleterre.
- Gueiilaix, suppléant, parfumeur, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.............
- La classe 28 ne comprend absolument que des produits fabriqués.
- Les matières premières de la parfumerie, contrairement à ce qui existait à l’Exposition universelle de 1867, ont été comprises dans la classe des produits chimiques.
- Avant d’entrer dans l’examen des divers produits qui ont été exposés, nous devons rendre un hommage mérité aux organisateurs de cette classe, de même qu’aux exposants, qui ont, les uns et les autres, rivalisé de goût et d’élégance, non seulement dans l’ensemble de leur installation, mais encore dans les détails de l’agencement particulier de chaque exposant.
- Classe 98.
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- Gr. m.
- 2 EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- NOMBRE DES EXPOSANTS.
- Cl. 28.
- Pour la France......................................... 12 5
- Pour l’Algérie et les colonies françaises............... 'ih
- Pour l'étranger......................................... i32
- Total............................ 281
- Hors concours....................................... 3
- Médailles d’or......................................... 3
- Médailles d’argent.................................... 21
- Médailles de bronze................................... 35
- Mentions honorables................................. Go
- Non récompensés..................................... 15 9
- Total égal..................... 281
- L’industrie de la parfumerie a pris une très grande extension en France, surtout à Paris, qui a toujours été le plus important centre de fabrication.
- Nous ne parlerons pas des matières premières, puisqu’elles ont été exclues de cette classe; nous nous occuperons seulement des produits exposés, c’est-à-dire de la parfumerie fabriquée.
- Nous ne remonterons pas aux origines de cette intéressante industrie : ce point historique ne trouverait pas sa place ici; d’ailleurs le développement en serait trop long. Nous nous bornerons à examiner successivement l’utilité actuelle de la parfumerie, ses moyens de fabrication et la place qu’elle occupe dans l’industrie en général.
- La parfumerie comprend un certain nombre d’articles, dont les principaux sont :
- i° Les savons de toilette;
- a0 Les pommades;
- 3° Les extraits d’odeurs, les eaux de toilette, les vinaigres;
- li" Les dentifrices;
- 5° Les parfums divers, poudre, fards, etc.
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- PARFUMERIE.
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- SAVONS DE TOILETTE.
- Gr. m. Cl. 28.
- Le savon fat inventé au moyen âge; mais l’épuration des huiles et des graisses qui en sont la base n’a réellement progressé que lorsque la chimie est devenue une véritable science.
- La fabrication du savon repose sur des principes généraux, que tous les parfumeurs observent avec plus ou moins de succès; ils y introduisent les divers perfectionnements que chacun d’eux peut avoir découverts, tant dans la composition que dans la manipulation.
- L’utilité du savon de toilette demeure incontestable : il serait superflu de chercher à la démontrer. Nous en trouvons une preuve plus que suffisante dans la grande consommation qui existe; seulement, ce qu’il est urgent de rechercher dans son emploi, c’est sa bonne qualité et sa bonne fabrication.
- Presque tous les parfumeurs fabriquent eux-mêmes les savons de toilette qu’ils livrent à la consommation. Un certain nombre font fabriquer la pâte par des savonniers spéciaux, et s’en servent ensuite pour faire des savons à leur nom et à leur marque. D’autres, enfin, ont chez les savonniers spéciaux des moules portant également leur nom et leur marque, ce qui permet à ces derniers de leur livrer des savons tout prêts à être mis en vente.
- Le savon de toilette se divise à l’infini, comme qualité et comme prix. Les grandes maisons livrent à la consommation des savons extrafins à des prix élevés et, à côté de cela, des savons moins épurés et moins bien parfumés, à des prix inférieurs.
- De grandes maisons également ne fabriquent que le savon bon marché, destiné à être vendu plus particulièrement dans les bazars, dans les déballages, dans les petits magasins de détail et en province.
- L’exportation absorbe une bonne partie de la fabrication française. Nous ferons connaître plus loin l’importance des exportations générales faites en parfumerie.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE HE 1878.
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- Gr. III.
- Cl. 28. POMMADES.
- Les pommades sont, avec les savons, un des articles les plus importants dans l’industrie du parfumeur. Beaucoup de celles <pii ont été présentées au jury étaient excellentes et de Bonne fabrication. Malheureusement, il y a des exceptions à faire pour certains exposants : quelques maisons, dans le but de livrer au public un produit bon marché, se sont écartées des règles de la loyauté commerciale, en y introduisant, dans une intention peu louable, des substances minérales qui devraient toujours en être exclues.
- Les pommades sont nécessaires à l’entretien et à la conservation de la chevelure: elles ravivent l’énergie des bulbes nutritifs; elles préviennent et guérissent les maladies du cuir chevelu. Il est donc de toute nécessité que celles qui sont livrées au consommateur ne contiennent aucune substance nuisible.
- La pommade n’est qu’un mélange de corps gras et de principes odorants; malgré cela, sa fabrication nécessite un outillage et un matériel assez importants. La grande fabrication a principalement lieu en Provence.
- EXTRAITS D’ODEURS. - EAUX DE TOILETTE. - VINAIGRES.
- La fabrication des extraits d’odeurs composés et celle des eaux et des vinaigres de toilette sont une branche très intéressante de l’art du parfumeur; elles tiennent surtout à l’expérience et au bon goût du praticien.
- Presque tous les parfumeurs ont une ou plusieurs préparations qui leur sont spéciales et qu’ils préconisent. Leur vogue et leur réputation reposent sur la qualité et la bonne composition du produit. U est donc urgent, indépendamment du secret de fabrication, de n’employer, comme base, que des matières premières de choix.
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- PARFUMERIE.
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- Gr. m.
- DENTIFRICES. Cl. 28.
- Cette composition est préparée, non seulement par des parfumeurs, mais encore par des fabricants spéciaux et par des dentistes.
- Ce produit a besoin d’être traité avec beaucoup de soins.
- Son utilité, lorsqu’il est bon et bien préparé, est notoirement reconnue comme une excellente hygiène de la bouche, qu’il soit sous la forme liquide, en poudre ou en pâte.
- La consommation, chaque jour plus importante, est la preuve que ces produits sont réellement appréciés du public pour leur efficacité. Aussi la fabrication prend-elle un certain développement depuis longtemps déjà.
- Il existe des maisons spéciales, qui atteignent des chiffres d’affaires relativement élevés.
- PARFUMS DIVERS. - POUDRES. - FARDS, ETC.
- Des parfumeurs fabriquent ou tiennent seulement les poudres à sachets, les poudres pour le visage, les parfums à brûler, les fards et les rouges pour le teint.
- Nous ne nous appesantirons pas sur ces divers articles, qui ne sont, en quelque sorte, que les accessoires et le complément de la parfumerie proprement dite. Si leur utilité n’est pas contestable, leur importance, comparée à celle des gros articles et à la consommation, est beaucoup moins élevée comme chiffre.
- Nous ne parlerons pas des produits tels que les blancs, les teintures pour la barbe et les cheveux, etc., ces produits, en raison de leur composition parfois suspecte, ne pouvant pas être récompensés.
- Depuis 1867, et même depuis 1855, de grands progrès ont été réalisés dans l’industrie de la parfumerie, tant au point de vue scientifique et mécanique qu’au point de vue commercial. De
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. m. grandes améliorations ont été apportées dans les moyens employés pour la fabrication et la préparation des produits. Les fabriques des principales maisons parisiennes, notamment, sont des plus intéressantes à visiter.
- Les matières premières employées dans la parfumerie sont de provenance française pour la majeure partie, à l’exception toutefois de certains produits qui proviennent un peu de tous les pays, tels que l’ambre, le musc, les résines odorantes, les huiles essentielles, et d’autres substances aromatiques.
- On évalue le nombre des maisons de parfumerie en France à 35o environ, occupant 3,5oo à à,ooo ouvriers, tant hommes que femmes et enfants, dont les salaires varient entre 3 fr. 5o et 5 francs par jour pour les hommes, et de 2 francs à 3 francs pour les femmes et les enfants.
- Quoique la majeure partie des fabricants de parfumerie se servent encore des anciens procédés de fabrication à la main, du moins pour une quantité d’articles, nous avons remarqué que la vapeur, employée en tant que force motrice, tend à se propager de plus en plus; un grand nombre d’usines l’utilisent soit en petit, soit en grand.
- La production générale annuelle des usines françaises a considérablement augmenté depuis 183G, époque à laquelle elle n’était évaluée qu’à 11 millions de francs, dont 6 millions pour l’exportation.
- Nous trouvons cette production, en t 8 5 G, de 18 millions de francs, dont îo millions pour l’exportation.
- En 1866, elle s’élève à 26 millions de francs, dont 16 millions pour l’exportation;
- Et, en 1876, à 29 millions de francs, dont 17 millions pour l’exportation.
- Dans ce chiffre de 29 millions de francs, les savons figuraient pour un quart environ; les produits à base alcoolique, pour un autre quart environ, et les produits divers, pour le surplus.
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- PARFUMERIE.
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- Si nous tenons compte de la marche toujours ascendante de Gr. m celte fabrication, des améliorations constantes apportées dans les ci moyens de fabrication et des efforts intelligents constatés chez un grand nombre de nos parfumeurs, il est certain qu’aujourd’hui le chiffre de 3o millions de francs doit être dépassé.
- La parfumerie française a acquis un véritable renom à l’étranger. Ce fait est dû principalement à la culture industrielle et à la grande variété des plantes et des fleurs aromatiques qui croissent en quantité considérable sous notre climat tempéré, et aussi à la façon dont est elle préparée, au goût et à l’élégance avec lesquels elle est présentée au public.
- Nous devons, à ce sujet, faire remarquer que, indépendamment de la parfumerie proprement dite, nos parfumeurs utilisent une variété d’industries spéciales que nous pouvons considérer comme étant leurs auxiliaires, telles que celles des cristaux, de la porcelaine, du cartonnage, des papiers de fantaisie, les graveurs, les décorateurs, etc.
- Les produits qui sortent de ces diverses industries sont généralement dus à l’initiative et à l’invention des parfumeurs, qui les utilisent pour donner à l’enveloppe de leurs propres produits un cachet particulier de goût et cl’élégance qui en rehausse la valeur et évite les contrefaçons.
- FRANCE.
- Nous allons maintenant procéder à l’examen des principales expositions françaises.
- Les deux qui s’imposeraient en première ligne sont d’abord celle de M. Piver, vice-président du jury de la classe 28, et ensuite celle de M. Guerlain, juré suppléant et expert de ladite classe. Seulement, les fonctions que ces messieurs ont remplies les ayant placés hors concours, il n’a pas été permis au jury de donner son opinion ni sur les produits qu’ils ont exposés, ni sur la valeur et l’importance de leurs maisons. Nous nous bornerons donc à constater que le choix dont ils ont été l’objet dénote suffisamment que leur mérite, à tous égards, doit occuper le premier rang.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Les expositions des maisons Coudray et fils et Lecaron-Gellé ont été l’objet d’une attention particulière de la part du jury.
- La maison Coudray est une ancienne et honorable maison de la place de Paris; ses produits sont très appréciés, surtout à l’étranger, où ils soutiennent avec avantage la concurrence des maisons anglaises, allemandes, etc.
- La maison Lecaron-Gellé est également ancienne et honorable. Elle fabrique tous les articles de parfumerie. Sa réputation s’est formée sur sa bonne fabrication, réunissant à cela un bon marché relatif.
- La maison Coudray et la maison Lecaron-Gellé ont obtenu chacune la médaille d’or.
- Des médailles d’argent ont été accordées à onze autres maisons françaises, dont plusieurs sont également très importantes, tant au point de vue de leur fabrication qu’à celui de leur outillage et du chiffre de leurs affaires. Nous placerons en première ligne les maisons : Violet (A.-G. Picard et Cle); Pinaud (Meyer et Cle); Demarson-Chételat; A. Raynaud; Rigaud et Cie; Vibert frères, pour la parfumerie en général; J.-V. Rully (Lemercier), pour son vinaigre de toilette.
- En résumé, les récompenses accordées aux exposants français sont, sur ia5 exposants : a médailles d’or,
- 11 médailles d’argent,
- 2 o médailles de bronze,
- 3a mentions honorables.
- ALGÉRIE, COLONIES FRANÇAISES ET ETRANGER.
- Les diverses expositions de l’Algérie, des colonies françaises et de l’étranger ont offert au jury l’occasion de se rendre compte des différents produits de parfumerie fabriqués en dehors de la France.
- Les principales expositions sont celles de l’Angleterre, de la Russie, de l’Autriche et de la Hongrie.
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- Nous avons constaté, clans les produits exposés par les parfu- Gr. HL meurs anglais, de grands et véritables progrès : les maisons At- C1~8 kinson, Rimmel, Pears, Piesse et Lubin, Cleaver and sons, ont principalement fait preuve d’efforts constants dans la fabrication de leurs produits et dans la recherche de procédés nouveaux.
- C’est assurément l’Angleterre qui occupe le premier rang après la France et qui est la plus apte à lutter avec elle.
- Cependant, il est nécessaire de faire remarquer ici que les parfumeurs anglais, de meme que ceux de tous les autres pays du monde, sont tributaires de la France pour la majeure partie des matières premières et accessoires.
- La Russie nous a présenté des expositions aussi très remarquables.
- A cette occasion, le jury a regretté de ne pas pouvoir donner son opinion sur les produits de la maison Ballet (de Moscou), par la raison que M. Frédéric Dutfoy père, qui en est le chef, a été nommé expert et par conséquent mis hors concours; malgré cela, le fait de cette marque de distinction nous a suffisamment prouvé que la valeur et l’importance de celte maison devaient en faire une exposition exceptionnelle.
- Nous citerons encore l’exposition du laboratoire chimique de Saint-Pétersbourg, dont les produits ont valu à son chef une médaille d’argent, tant pour leur bonne fabrication que pour la façon dont cette maison est outillée et dirigée.
- L’Autriche et la Hongrie nous ont présenté quelques spécimens de leur genre de fabrication. Ces produits, remarquables par eux-mémes, parmi lesquels se trouvent une quantité de savons imitant des fruits, des comestibles, etc., peuvent trouver leur écoulement dans le pays, mais ne sauraient être mis en concurrence avec ceux de la fabrication française.
- Les expositions qui ont été plus particulièrement remarquées sont celles des maisons Caldérara et Bankmann (de Vienne) et F. Prochaska (de Prague.)
- Les expositions des divers autres pays n’ont présenté aucun
- Classe 38.
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- Gr. in, CI. 28.
- 10 EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- produit qui mérite d’être signalé d’une façon toute spéciale. Nous devons cependant mettre en relief l’exposition de la Société industrielle et artistique de Monaco (Blanc et G'e), qui a présenté divers produits de bonne fabrication.
- En résumé, les maisons étrangères ont exposé des produits qui, malgré la valeur réelle de quelques-uns, ne comportaient pas leur mise en ligne de comparaison avec ceux exposés par les maisons françaises.
- La parfumerie est incontestablement une industrie nationale de la France, non seulement par scs produits, mais aussi par.ses matières premières. Ce fait se trouve plus que justifie par le chiffre considérable des exportations dans les pays mêmes qui ont exposé et par la presque nullité des importations des produits étrangers.
- Tu. Bénilvn,
- Ancien jufje an tribunal de commerce de la Seine.
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