Rapports du jury international
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- RAPPORT
- SUR
- LES TAPIS, LES TAPISSERIES
- ET AUTRES TISSUS D’AMEUBLEMENT.
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- MINISTÈRE DE LWGR1CULTURE ET DU COMMERCE.
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1878
- A PARIS.
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- Groupe 111. — Classe 21.
- RAPPORT
- SUR
- LES TAPIS, LES TAPISSERIES
- ET VOTRES TISSUS DAMEUBLEMElNT,
- VL IL CROUE,
- NEGOCIANT, .1 IGE Al T GI II U N A L l)K COMMKIICK.
- PARIS.
- IVI PRIME RIE NATION ALE.
- U RUEE LXXX.
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- Groupe III. — Classe *21.
- RAPPORT
- suit
- LES TAPIS, LES TAPISSERIES
- ET AUTRES TISSUS D’AMEUBLEMENT.
- COMPOSITION DU JURY.
- MM. Daiickl, prfsidcnt, administrateur do ia manufacture dos Gobe- \ lins, membre du jury à Paris en 1867 cl à Vienne en 1 870, ( membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de ( I,mcc'
- 1878.......................................................)
- ( Peise, Sium
- Hermann (11.), vice-président, vice-consul de Perse à Paris . . . . j Maroc, T’uni
- ( sie, Annam
- Cr.ouÉ, awcri'lttire, négociant, juge au tribunal de commerce, )
- membre du comité d’installation à l’Exposition universelle de > Franco.
- 1878.......................................................)
- Robinson (V.), esq............................................. Angleterre.
- Eciievehiua (Don José de)..................................... Espagne.
- Van den Uroek d’Ouruxan (P.).................................. Pays-Bas.
- Moirceai , fabricant de tissus d’ameublement, membre de la i
- commission dos valeurs en douane, membre du jury en 18(17, j jTraMCl, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposi- 1 lion universelle de 1878....................................J
- Sallandhoiize de Lamornav, manufacturier et maire à Aubusson. Franco.
- Durovr, manufacturier, membre des comités d’admission cl d’in- ) ^ slallation à l’Exposition universelle de 1878..................)
- Le jury de la classe 121 a vu soumettre à son examen :
- Les tapis et tapisseries d’Àubusson ;
- Les ta [iis;
- Les étoffes cle meubles en matières mélangées ;
- Classe 31.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Les étoiles de soie ;
- Les velours ;
- Des rideaux Erodés et guipures ;
- Les toiles cirées ;
- Les nattes ;
- La sparterie ;
- Les jaspés ;
- Enfin, certaines industries qui n’appartiennent à aucune des catégories que nous venons d’indiquer, mais qui n’en méritent pas moins une mention spéciale, et ([lie nous classerons sous le titre de divers.
- Le classement par ordre de mérite des exposants de ces diverses industries présentait de grands embarras, parce que, tout en tenant compte du mérite intrinsèque de chacun des fabricants, il fallait apprécier en même temps les difficultés que chacun d’eux pouvait rencontrer dans l’accomplissement de son œuvre. Il ne nous viendra pas à l’esprit de critiquer les classifications faites par l’Administration, parce que nous comprenons qu’il n’était pas possible de faire une classe spéciale pour chaque genre spécial de tissus pour meubles; mais nous voulons expliquer qu’il est plus difficile de fabriquer un tapis d’Aubusson qu’un tapis d’aloès ou une natte, et que, le nombre des récompenses étant limité, nous avons du réserver les meilleures à ceux de nos exposants qui ont obtenu les plus grands succès en surmontant les difficultés les plus sérieuses.
- Nous allons examiner successivement les diverses industries dans l’ordre dans lequel nous venons de les indiquer.
- TAPIS ET TAPISSERIES D’AUBUSSON.
- A la tête des exposants de la classe 'j 1 marchent les fabricants d’Aubusson, et, parmi eux, MM. Braquenié et C,(1 occupent le premier rang.
- Les produits exposés par MM. Braquenié et C'e, tant en France qu’en Belgique, ont provoqué un sentiment universel d’admiration parmi les visiteurs et parmi les membres du jury.
- Dans leur exposition française, tout le monde a surtout admiré
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- TAPIS, TAPISSERIES ET AUTRES TISSUS D’AMEUBLEMENT. 3
- les copies du tableau de Van Dyek représentant le portrait de Gr. m Charles I', d’un tableau d’Oudry et d’un portrait d’Albert Cuyp, de la Sultane d’Amédée Vanloo ; puis un panneau décoratif original, avec la tête si remarquable du page ; enfin les grands tapis qui ont été exposés, les uns dans la galerie de la .Carrosserie, l’autre adossé à la galerie du Travail.
- Leur fabrique de Malines a exposé deux grandes tapisseries sur fond d’or, destinées à la décoration de l’hôtel de ville de Bruxelles.
- Ces deux pièces sont sans rivales.
- Ces produits de MM. Braquenié et C'\ fabriqués à Aubusson et à Malines avec les ressources de l’industrie privée, sont arrivés à un degré de perfection qui les rend presque comparables aux produits des Gobelins et de Beauvais, manufactures de l’Etat.
- Aussi le jury, interprétant les termes du règlement, a-t-il fait acte de justice en décernant un grand prix à ces exposants.
- MM. Duplan-Hamot et C1' ont également exposé de magnifiques produits, parmi lesquels le jury a remarqué avec admiration un grand tapis, imitation d’un tapis de Smyrne, dont la perfection est irréprochable; de très heureuses imitations de tableaux de Boucher, et un canapé d’un genre original, fabriqué pour le roi de Bavière et dont l’examen a entraîné des éloges unanimes.
- MM. les héritiers Cliocqueel et M. 0. Sallandrouze de La-raornay conservent leur ancienne supériorité et complètent, avec les deux autres maisons que nous venons de citer, le succès de la ville d’Aubusson pour la fabrication des tapisseries.
- 11 est bon de remarquer ici qu’une tentative de fabrication de tapis d’Aubusson a été faite à Paris avec un grand succès.
- M. Walmez a copié le tableau de Got (Le Printemps) avec une remarquable habileté, et nous souhaitons que ce fabricant, qui occupe une place si distinguée parmi les producteurs d’étoffes de meubles, poursuive ses études et ses travaux pour les tapisseries genre d’Aubusson; le résultat qu’il vient d’obtenir est pour nous un gage assuré de son succès pour l’avenir.
- C’est aussi le lieu de faire l’éloge de la Manufacture royale de tapisseries de Windsor, qui paraît pour la première fois à une exposition internationale et présente des imitations de vieilles
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. m. tapisseries du xvi° siècle ornant les panneaux de l’une des pièces du pavillon du prince de dalles.
- Cl. 21.
- Ces panneaux sont remarquables à plus d’un titre, surtout si l’on tient compte du petit nombre d’années d’existence de celle manufacture et de la somme d’efforts qu’il a fallu déployer pour arriver si promptement à un aussi heureux résultat.
- Enfin, nous devons comprendre dans cette partie de notre travail ce que nous avons à dire d’une portion de l’industrie de M. Berrhoud (velours Savonnerie), qui n’appartient pas essentiellement au genre Aubusson, mais que nous ne voudrions pas laisser en oubli. Nous avons remarqué les copies d’un tableau de Delaporte et d’un charmant pelit tableau de P. Cottin, qui représente un coq et qui a pour titre Le beau Nicolas. En meme temps, nous avons été frappé du bon marché de ce produit, qui ne peut manquer de trouver un débouché important.
- TAPIS.
- Les fabricants de tapis occupent la place la plus importante parmi nos exposants.
- Le premier rang, dans cette industrie, doit être donné à MM. Philippe Ha as et fils, de Vienne (Autriche). Leur exposition comprenait, entre autres choses, deux grands tapis soie et or ou argent, qui sont, dans ce genre, les plus beaux chefs-d’œuvre que nous ayons admirés dans l’Exposition.
- MM. Templeton et C1' (de Glascovv), que nous retrouverons tout à l’heure lorsque nous aurons à parler des étoffes pour meubles, nous ont présenté des tapis en tout point dignes d’intérêt. Ce qui nous ale plus frappé dans l’examen de cette exposition, ce sont des portières à double face : l’une velours, l’autre genre tapisseries. Ces portières se trouvaient dans le pavillon du prince de Galles. C’est la première fois que nous rencontrons ce double tissu, et nous ne l’avons pas remarqué ailleurs que dans l’exposition de MM. Templeton. Les produits de cette maison offrent en même temps tous les autres avantages sous le rapport du style, du coloris, de la belle fabrication et du bon marché.
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- TAPIS, TAPISSERIES ET AUTRES TISSUS IÏAMEURLEMENT. 5
- La maison Brin ton (do Londres), qui nous paraît occuper le Gr. m premier rang en Angleterre comme importance de production, expose dix-sept grands tapis dans ses deux genres de fabrication : i° chaîne imprimée; a0 tapis bouclés, dits Brussels, et moquettes veloutées. Les produits de cette maison se recommandent par le soin minutieux de la mise en carte et parla perfection remarquable de la fabrication.
- La Manufacture royale de tapis de Deventer, province Guelder (Pays-Bas), dont le directeur est M. J.-W. Kronenberg, mérite une mention toute spéciale dans notre travail. Cette fabrique, établie en 1790, transformée en société anonyme en 1 8/18, occupe environ 3oo ouvriers. La plus grande partie de ses produits se consomme dans le pays ; cependant une certaine portion s’exporte en Angleterre, en Amérique et môme en France. Dans ces trois pays, les lapis hollandais jouissent d’une très bonne renommée. L’exposition de la Manufacture royale des tapis de Deventer mérite d’être notée pour le choix des dessins, 1e. bon assortiment des couleurs et la régularité de la fabrication.
- Aux Etats-Unis d’Amérique, nous constatons des progrès inquiétants pour nos nationaux.
- La «Bigelow Carpet Company », à Clinton (Massachusetts), présente une exposition, sinon très importante par le nombre des objets, au moins très remarquable par la qualité. Elle fabrique les tapis qui sont connus dans le monde industriel sous le nom de «Jacquart Brussels and Wilton Carpets»; elle possède un grand nombre de métiers à vapeur, et sa production comme chiffre est énorme.
- MM. « A. Smith and sons», de Yonkers (New-York), présentent des tapis au tube qui sont une concurrence dangereuse pour nos fabricants de Nîmes.
- Avant de terminer ce que nous avons à dire des étrangers fabricants de tapis, nous voulons nous arrêter un seul instant sur l’exposition de l’un de nos collègues, membre du jury; nous voulons parler de M. Vincent Robinson, fabricant de tapis dans l’Inde, qui a une exposition que nous pouvons dire la plus complète et la plus remarquable de toutes les expositions de tapis. Nous avons
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. ni. admiré les plus beaux spécimens de l’industrie orientale dans cette
- collection, qui a attiré les plus grands éloges.
- Cl. 21. 1 . 1 ° ,°
- Enfin, nous manquerions à nos devoirs si nous achevions ce
- travail sans payer un tribut d’admiration à la collection de tapis qui a été organisée avec tant de succès par les soins du gouvernement de la Perse et sous la direction de MM. le général Mirza-Djevad-Kh an, commissaire général envoyé par le gouvernement persan „ Meynier, commissaire général adjoint,et Hermann, membre de la commission persane, vice-consul de Perse et notre collègue dans le jury des récompenses.
- Si nous avons eu le bon goût de parler de nos confrères les fabricants étrangers avant de parler des fabricants de tapis français, il n’en faudrait pas conclure que, dans notre esprit, nos compatriotes dussent être classés au dernier rang.
- Sans nul doute, la consommation et, par suite, la production des tapis sont plus considérables dans la Grande-Bretagne cl dans les contrées du Nord que dans notre pays de France; mais, néanmoins, cette fabrication est représentée à l’Exposition par un grand nombre d’industriels, dont les établissements se trouvent principalement à Aubusson, à Tourcoing; à Nimes et à Abbeville.
- MM. Sallandrouze frères ont déjà un certain nombre de métiers à vapeur; ils se proposent d’en installer d’autres. Leur production est importante, leur fabrication irréprochable, et il est de notre devoir de leur adresser nos éloges. Nous devons aussi nos éloges à MM. Croc et Jorrand, d’Aubusson; Mazure Lortbiois, de Tourcoing; Lortbiois frères, de la même ville; Moulin Pipart, aussi de Tourcoing, et enfin à M. Vayson, d’Abbeville.
- ÉTOFFES DE MEUBLES EN MATIERES MÉLANGÉES.
- De même que dans notre paragraphe sur les tapis, nous voulons nous occuper d’abord de nos confrères étrangers.
- Nous décernerons la première palme à la maison Templeton, de Glascow. Ces exposants ont obtenu des résultats merveilleux et ont. accompli des progrès surprenants depuis 1867. Ils nous montrent deux vitrines remplies d'étoffes qui ont été comprises avec un
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- TAPIS, TAPISSERIES ET AUTRES TISSUS D’AMEUBLEMENT. 7
- goût exquis. Leurs dessins n’appartiennent pas seulement au style Gr. m. anglais : ils présentent un caractère d’originalité tout à fait digne de remarque; leurs coloris sont d’une grande variété et d’une grande richesse. Non seulement cette maison a maintenu le rang qu’elle avait conquis en 1867, mais encore elle a fait de grands efforts et d’immenses progrès.
- (l’est d’ailleurs à peu près la seule maison étrangère qui mérite d’être signalée parmi les fabricants d’étoffes de meubles en matières mélangées. Toutefois, il nous est agréable de féliciter la maison Sert hcrmanos y Sola, de Barcelone, qui fabrique un gra nd nombre de tissus de laine, de coton et de matières diverses.
- Cette maison, si elle continue ses efforts, peut être appelée à un bel avenir.
- Dans la fabrication des étoffes de meubles en matières mélangées, les plus beaux triomphes ont été remportés par la France, et nous voudrions qu’il nous fût permis de donner le détail complet des expositions de MM. Dupont et Hervé, de Paris, Beauvais et Bohain; Leduc-Mourceau, de Paris; Flipo Bouchart, de Tourcoing; Vanoutryve et Cle, de Roubaix; Tresca, de Paris ; Leborgne, de Lannoy; Catteau, de Roubaix; Harincouck, de la même ville;
- G. Cocheteux et C'e, également de Roubaix; Saurel frères, Bertrand Boulla, de Nîmes; et Duché, de Paris.
- A notre grand regret, le cadre de notre travail ne nous permet pas d’entrer dans les développements qu’il nous serait très agréable de donner sur le compte de chacun de ces fabricants, et nous sommes obligé de nous en tenir à quelques détails sur quelques-uns d’entre eux.
- La maison Dupont et Hervé, dont l’un des chefs, Louis Dupont, était notre collègue dans le jury des récompenses, avait une exposition très brillante et très complète. C’est en 18k7 que M. Dupont a commencé à s’occuper de la fabrication des étoffes de meubles, et, depuis cette époque, il s’en est occupé avec un zèle qui ne s’est jamais ralenti.
- Aujourd’hui, cette maison occupe le premier rangé Paris par l’importance de ses affaires. Elle exporte ses produits dans tous les pays du monde, et il est permis de dire que le succès des
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. III. étoiles françaises sur les marchés étrangers est dû en grande partie aux efforts intelligents de M. Louis Dupont.
- Cl. 21. ° 1
- En 1868, au moment où l’industrie des châles brochés disparaissait dans le département de l’Aisne, M. Dupont, introduisait dans cette contrée la fabrication des tissus pour ameublements. Aujourd’hui cette fabrication rend les meilleurs services aux ouvriers, dont la plupart travaillent chez eux en famille. Dans ces conditions, les tisserands jouissent du double avantage pour eux et pour la contrée d’être, au besoin, de très utiles auxiliaires pour l’agriculture au moment des récoltes; aussi, loin de subir des chômages, sont-ils recherchés en toutes saisons parles fabricants.
- La maison Dupont et Hervé a des centres de production à Boliain (Aisne) pour les tissus en tous genres, et à Beauvais (Oise) pour la fabrication des tapis de pieds et la teinture des matières employées à la fabrication. En même temps, elle possède à Paris un atelier d’échantillonnage, de recherches de tissus nouveaux, ainsi qu’un cabinet de dessins et de modèles, où les innovations et les perfectionnements s’élaborent sans cesse.
- La maison Leduc-Mourccau a été mise hors concours, à cause de la présence dans le jury des récompenses de M. Mourceau. beau-père de M. Leduc, propriétaire actuel de cette importante maison. Tous ceux qui appartiennent à l’industrie du meuble connaissent ce tissu auquel M. Mourceau a donné son nom. Mais depuis l’époquc où ce tissu a été créé, la maison Mourceau en a fabriqué bien d’autres, qui ont donné à ses affaires l’importance que nous connaissons tous. Son exposition est remarquable à beaucoup de titres; mais ce qui nous a le plus frappé, ce sont les velours en fantaisie, qui sont exécutés avec une perfection rare. Puisque les règlements nous ont interdit de donner une récompense à cet exposant, nous nous faisons un devoir et en même temps un plaisir de décerner les plus grands éloges à tous les tissus qui ornaient celte vitrine.
- La maison Flipo Bouchart occupait déjà le premier rang en 1867 clans l’industrie des étoffes de meubles. Elle fabrique les étoffes courantes et les étoffes riches avec le même succès. Nous avons surtout admiré dans sa vitrine des reps façonnés et brochés,
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- TAPIS, TAPISSERIES ET AUTRES TISSUS D’AMEUBLEMENT. 9
- des étoffes de cachemire à double face et des imitations de vieilles Gr. ni tapisseries également à double face, le tout à des prix très avan- ^ tageux. Cette maison a obtenu une médaille d’or en 1867 ; elle est l’une des plus anciennes dans le département du Nord, et elle méritait assurément le rappel de médaille d’or qui lui a été accordé à l’unanimité par le jury.
- La maison Vanoutryve et Clc, à Roubaix, est de création plus récente; elle date seulement de 1860, mais elle a marché à pas de géant, et elle tient aujourd’hui la tête de la fabrication des étoffes de meubles. Cette maison occupe un grand nombre d’ouvriers et possède aussi un grand nombre de métiers à vapeur.
- Les étoffes soumises à l’examen du jury sont d’une variété infinie, et commencent aux tissus communs, le damas russe (jute et coton), pour arriver aux imitations des velours de Gênes fabriqués en schappe.
- Si les limites de ce rapport ne nous permettent pas de parler en détail de chacun de nos exposants français, nous voulons au moins dire bien haut que les étrangers aussi bien que les Français ont rendu justice en payant leur tribut d’admiration à tous les fabricants français d’étoffes pour ameublements en matières mélangées.
- ÉTOFFES DE SOIE.
- Les étoffes de soie pour ameublements sont représentées, dans la classe 9 1, par un bien petit nombre d’exposants : deux Français et un tout petit nombre d’étrangers, Italiens ou Espagnols.
- Nous voulons dire quelques mots seulement des fabricants français, qui, tous les deux, appartiennent à la ville de Tours.
- On sait qu’avant la révocation de l’édit de Nantes, la ville de Tours était une des plus florissantes du royaume de France. Elle possédait, dit-on, Ao,ooo métiers à tisser. Aujourd’hui nous sommes loin de ce chiffre, mais les fabriques de brocatelles damas et lampas n’en ont pas moins encore une certaine importance.
- Des deux maisons qui ont exposé leurs produits : l’une,
- Al. Georges Pillet, a obtenu une médaille d’or; l’autre, Croué et
- Classe ai.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. ni. fils, était hors concours, à cause de la présence de l’un de ses
- membres dans le jury des récompenses.
- Cl. 21. T . , . J 1 •
- Le jury a bien voulu dire que, si ces expositions étaient moins
- importantes que celles des fabricants de Lyon, elles n’avaient rien à leur envier sous le rapport du goût et de l’exécution.
- VELOURS.
- Cette nature d’étolfeest représentée par six exposants, qui tous appartiennent à la ville d’Amiens. Déjà, en 1867, MM. Payen et MM. J. Boquel et G'e avaient obtenu une médaille d’argent. Aujourd’hui les six fabricants exposent les memes produits, sans différence appréciable pour le tissu, les couleurs ou les dessins. MM. Eude et Chanée ont fabriqué deux dessins de im,/io de hauteur, tandis que les dessins les plus importants de leurs concurrents mesurent seulement 70 centimètres. Mais le jury n’a pas pensé que ce fait fût de nature à faire obtenir à MM. Eude et Chanée une récompense supérieure à celle de leurs confrères. La fabrication des velours d’Amiens ne paraît pas avoir fait de progrès appréciables depuis l’Exposition internationale de 1867. Il est vrai qu’elle est arrivée à un tel degré de perfection, qu’il est permis de se demander ce que l’on pourrait faire de mieux que ce que l’on fait aujourd’hui.
- RIDEAUX BRODÉS ET GUIPURES.
- Le jury de la classe 21 avait à examiner un bien petit nombre de fabricants de rideaux brodés et de guipures, parce que ces industriels avaient plutôt exposé dans les classes 3o [Fils et tissus de colon) et 36 (Dentelles, tulles, broderies et passementeries'}.
- Cependant nous avions des vitrines très intéressantes, qui méritent description.
- MM. L.-J. Warée et fils ont exposé des rideaux en point de Venise, fabriqués à Saint-Loup (Haute-Saône), qui trouveraient leur place dans les plus beaux palais. Nous avons aussi remarqué un surtout de table de toilette et des rideaux de berceau. Tous les produits de cette maison sont des œuvres d’art.
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- TAPIS, TAPISSERIES ET AUTRES TISSUS D’AMEUBLEMENT. H
- MM. Me unier et Canons montrent trois rideaux brodés, dont Gri.in deux sont sur tulle, le troisième sur un tissu dit momie. Les dessins
- Cl 21
- sont de Mazerolle, et tous les trois, La Magicienne surtout, sont d’une grande beauté. Ils sont brodés à Tarare.
- Les rideaux brodés exposés par MM. de Rossignol, Estragnat et Susse sont des produits de Tarare, dont nous laissons le soin de faire la description à nos collègues des classes 3o et 36. Cependant M. de Rossignol ayant exposé seulement dans notre classe 2 1, nous lui devons une mention spéciale, en disant que nous avons beaucoup admiré ses dessins : L’Autruche, Les Cerises et un médaillon parfaitement compris.
- La maison Ch. Rabey, de Saint-Pierre-lez-Calais, a réalisé des progrès considérables, depuis quelques années, dans la fabrication de la guipure pour ameublement. Ce tissu réunit la finesse de la dentelle à la solidité. Par des inventions récentes, M. Rabey a obtenu des effets nouveaux que la guipure seule peut produire, et qui peuvent défier ceux de toute autre fabrication. Les prix sont excessivement avantageux, si l’on considère le long usage que fait un tissu fabriqué sur les nouvelles machines perfectionnées. Dans la vitrine de M. Charles Rabey, nous admirons surtout un rideau avec écusson qui mesure 3m,5o de hauteur et qui, pour la fabrication, a nécessité 3A,ooo cartons Jacquart.
- TOILES CHIÉES.
- Cette industrie représente une production importante. Elle figure dans la section française seulement dans i3 vitrines, qui toutes appartiennent au département de. la Seine, à l’exception d’un seul exposant, M. Chedin, qui a installé une fabrique à Moul on-lez-Bourges (Cher), et qui pourra peut-être arriver, par ce moyen, à produire un peu meilleur marché.
- Si les toiles cirées ne représentaient pas une valeur modique sous un gros volume, nous frémirions de la concurrence qui pourrait être faite à nos nationaux par une maison américaine (G.-W. Bla-bon et C‘", de Philadelphie), qui nous a présenté la collection la plus complète et la meilleure sous le rapport des coloris et des dessins.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. ni. C’est ici le lieu de parler du tissu que l’on nomme Linoléum, Cl 21 mélanS* c^e ^8e’ huile ailtres matières. Ce produit, très employé surtout pour faire des tapis do parquet dans les appartements qui ne sont pas d’un grand luxe, offre une grande solidité. C’est une maison anglaise (F. Walton,de Twickenham), cpii a présenté la meilleure exposition dans ce produit.
- NATTES.
- Les nattes ont un grand nombre d’exposants, dont les induslries s’exercent notamment au Portugal, en Espagne, en Chine, aux colonies françaises, au Sénégal et dans l’Inde. C’est une maison portugaise (M. Bruno da Silva, de Lisbonne) qui a reçu les meilleurs éloges. Une maison de Canton (MM. Russell et C1') avait également exposé des produits qui ont été très remarqués.
- SPARTERJE.
- Cette industrie est également représentée à l’Exposition par des maisons importantes, qui appartiennent à la France, aux Pays-Bas et à l’Angleterre.
- Au premier rang de ces exposants, nous devons noter MM. La-foncl, André et Gourdonnier, de Lyon. Ces industriels ont eu le mérite d’élever à la hauteur d’une industrie ce cpii, avant eux, n’était pour ainsi dire qu’un métier. Nous voyons employés dans leurs produits le spart ou l’alfa, les parties filamenteuses de la noix de coco, le chanvre de la Nouvelle-Zélande, et enfin l’aloès. Ces matières premières sont importées directement de l’Espagne, de la Tunisie, de Manille, de la Réunion et de l’Inde. La maison Lafond, André et Gourdonnier occupe aujourd’hui un grand nombre d’ouvriers; elle fait un chiffre d’affaires très élevé. Elle méritait une mention toute spéciale dans notre rapport.
- JASPÉS.
- Les exposants de cette industrie appartiennent aux Pays-Bas et à la France. C’est à un fabricant des Pays-Bas (M. B. Van Leer, d’Amersfoot) que le jury a décerné la meilleure récompense.
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- TAPIS, TAPISSERIES ET AUTRES TISSUS D’AMEUBLEMENT. 13
- Gr. HI
- TISSUS DIVERS.
- M. A.-C. Herbet, de Paris, expose tins impressions en relief el des broderies pour tapis et étoiïes de meubles qui n’appartiennent à aucune des catégories que nous avons examinées jusqu’à ce moment. C’est une industrie importante, qui s’applique à beaucoup d’objets et qui jouit d’une grande faveur pour l’exportation aussi bien que pour l’intérieur.
- Nous devons aussi une mention, sous ce titre, à MAI. Rouault et Gente, qui nous ont montré des tissus de crin que nous avons admirés, et auxquels le jury a décidé de décerner une médaille d’argent.
- CONCLUSION.
- On a pu voir, par la lecture de ce Rapport, que nous avons constaté avec franchise les succès de nos concurrents étrangers. Nous avons cité avec éloge Haas et fils, de Vienne; Templeton, de Glascoxv; les Manufactures royales de Windsor et de Deventer.
- En même temps, nous avons appelé l’attention des fabricants français sur la concurrence très sérieuse dont ils sont menacés par les maisons américaines qui fabriquent les tapis. Mais nous sommes heureux de constater que, dans ce grand concours de l’industrie, les lauriers les plus glorieux ont été cueillis par notre chère France, dont les triomphes sont plus précieux que les succès particuliers de chacun de nous.
- Remettons-nous courageusement à l’œuvre; le fabricant ne peut vivre qu’à la condition d’avoir l’œil toujours ouvert, l’esprit toujours tendu. Redoublons nos efforts, afin qu’au prochain rendez-vous notre belle France conserve toujours le premier rang.
- H. Croué,
- Fabricant do soieries pour meubles.
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