Rapports du jury international
-
-
- RAPPORT
- SUR
- LES BRONZES D’ART,
- FONTES D'ART DIVERSES, MÉTAUX REPOUSSÉS.
- p.n.n. - vue 1/56
-
-
-
- p.n.n. - vue 2/56
-
-
-
- MINISTliRK J) 15 l/ARKICULTURK HT DU COMMEKCK.
- EXPOSITION UNIVERSELLE IINTERNATIONALE DE 1878
- À PARIS.
- -------£«8><î---
- Groupe III. — Classe 25. / ‘ '‘'^0
- / X
- i J;>v
- ! - . <>&
- RAPPORT i
- SUN
- LES BRONZES D’ART,
- FONTES IVA K T DIVERSES, MÉTAUX REPOUSSÉS,
- PAR
- M. O. SERVANT.
- AF ne Cf, LXXX.
- Page de titre n.n. - vue 3/56
-
-
-
- p.n.n. - vue 4/56
-
-
-
- Groupe III. — Classe ‘25.
- RAPPORT
- SUR
- LES BRONZES D’ART,
- FONTES D'ART DIVERSES, MÉTAUX REPOUSSÉS.
- COMPOSITION DU JURY.
- MM. Paillard (AL), président, fabricant de bronze, maire dn 111e arrondissement, membre du jury en 1867, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878...........................
- SriTZER (F.), vice-président......................................
- Servant (G.), rapporteur, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.................
- France.
- Autriche-
- Hongrie.
- France.
- Sciioy, secrétaire, professe vers, architecte..........
- Cernuscui (H.).................................................. Chine.
- ur a 1 Academie des beaux-arts d’An-
- Belgique.
- Joaquin Togores y Farregas, officier général du génie maritime.
- Staxge (N.), conseiller de commerce................................
- R an vier, fabricant de zinc et de bronze d’art, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878............................................................
- Durenne, fabricant de fonte d’art, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.. .
- Gagneau, membre de la commission des valeurs en douane, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878................................................
- Piat, suppléant, sculpteur-statuaire...............................
- Espagne.
- Russie.
- France.
- France.
- France.
- France.
- La classe q 5 se compose des industries ci-après dénommées
- i° Le bronze d’art statuaire et d’ameublement;
- 2° Le zinc d’art statuaire et d’ameublement;
- Classe 2 5.
- î
- p.1 - vue 5/56
-
-
-
- 2
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. III.
- Cl. 25.
- 3° La fonte de fer appliquée aux œuvres d’art;
- 4° Les métaux divers repoussés et martelés;
- 5° Les émaux cloisonnés.
- Le nombre des exposants français de cette classe s’est élevé à j 53 , ainsi décomposé :
- Pour le bronze............................. 116
- Pour le zinc................................ a 3
- Pour la fonte de fer..................... 3
- Pour les métaux repoussés................... î o
- Pour les émaux cloisonnés................ î
- Cette dernière industrie se trouve exploitée par une grande partie des fabricants de bronzes, qui, tout en n’en faisant pas une branche spéciale, font entrer cette industrie pour une grande part dans leur fabrication, par l’adjonction des émaux cloisonnés à une grande partie de leurs produits artistiques.
- En 1867, l’Exposition comprenait un nombre de 99 exposants français dans la classe des bronzes.
- Cette année ce chiffre s’est élevé, comme nous venons de le voir, à 153 exposants, soit une augmentation de 54 exposants.
- L’industrie du bronze et les diverses industries qui s’y rattachent ont formé dans leur ensemble une des plus grandes attractions de l’Exposition de 1878.
- Lorsque l’on compare les produits similaires exposés en 18 G 7, on est frappé des immenses progrès qui ont été réalisés.
- La production s’est augmentée dans des proportions notables ; cette production, malheureusement, n’a pu trouver de débouchés suffisants par suite de circonstances de diverses natures. Après la guerre de 1870, l’industrie du bronze a eu à répondre à des demandes considérables venues surtout de l’étranger. Il y a eu un nouvel essor donné à la fabrication; beaucoup de maisons d’une importance moyenne ont vu s’accroître sérieusement leur chiffre d’affaires.
- Il a fallu créer des modèles nouveaux répondant aux besoins de la clientèle : de là de grands efforts faits par tous les fabricants; après un moment d’arrêt, il pouvait être a craindre que l’Exposi-
- p.2 - vue 6/56
-
-
-
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- 3
- lion des bronzes ne répondît pas à ce que le pays était en droit Gr. ni. d’attendre de nos fabricants.
- Ces craintes ont été heureusement vaines et tout le monde a été à même déjuger de l’éclat exceptionnel que présentait la classe 2 5.
- Au point de vue artistique, d’immenses progrès ont été réalisés.
- Le goût s’est épuré et à chaque pas le visiteur a été frappé par le cachet tout spécial que l’ensemble de la classe 2 5 présentait.
- Il reste évidemment beaucoup à faire encore, l’art n’ayant point de limites ; mais nous sommes appelés à voir dans un avenir très prochain l’industrie du bronze arriver au rang de supériorité auquel elle a droit.
- Si de notables progrès se sont fait jour au point de vue de la recherche artistique, nous nous plaisons à constater que la fabrication a, en général, atteint un niveau supérieur au point de vue du fini de l’exécution. Il y a une tendance à abandonner le genre de travail que l’on trouvait chez beaucoup de nos fabricants il y a quelques années.
- Nos fabricants de bronzes comprennent généralement qu’il ne suffit pas qu’un objet soit bien conçu sous le rapport de la sculpture, mais qu’une exécution soignée est indispensable pour conserver à cet objet son caractère artistique.
- L’émulation produite par notre grand concours de cette année amènera de nouveaux progrès qui continueront à faire de l’industrie du bronze une des richesses dont la France est en droit de s’enorgueillir.
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- ORIGNIE DU BRONZE ET DES INDUSTRIES QUI S’Y RATTACHENT W.
- L’art de la métallurgie était plus avancé chez les anciens qu’on ne le suppose généralement.
- L’Egypte, la Grèce, l’Italie antiques nous ont laissé des témoignages matériels de leur habileté à travailler les métaux et particulièrement le bronze, dont l’usage précéda celui du fer.
- (1) En collaboration avec M. Barbedienne.
- p.3 - vue 7/56
-
-
-
- h
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- L’époque où l’on commença la fusion des métaux n’est pas Lieu déterminée, mais elle remonte à une antiquité fort reculée.
- Si Ton veut s’en rapporter à l’autorité de Pausanias, cet art aurait été inventé par Bhæcus et Théodore de Samos, qui vivaient 700 ou 800 ans avant notre ère.
- Les bronzes de Délos, d’Egine et de Corynthe étaient particulièrement estimés.
- Chacune de ces cités donnait une couleur différente à son métal, et comme les Grecs du siècle de Périclès affectionnaient la polychromie, ils se servaient des différentes teintes de bronze pour reproduire la nature.
- Homère, lorsqu’il décrit le bouclier d’Achille, dit que les bœufs, les moutons et les divers objets qui y sont représentés étaient reproduits avec les couleurs qui leur sont propres.
- Un auteur ancien mentionne aussi deux statues de Praxitèle, Tune de l’Amour, l’autre de Bacchus, qui étaient remarquables parce que le bronze reproduisait les couleurs naturelles.
- Il peut y avoir quelque exagération dans ces récits, et ce que Ton considérait comme la couleur naturelle du bronze, pourrait bien être le résultat de superpositions de métaux différents.
- Les plus anciennes statues de bronze de la Grèce paraissent avoir été faites au marteau. On donnait d’abord aux diverses parties les formes voulues, puis on les assemblait à l’aide de clefs ou de fiches.
- Plus tard on imagina de faire une espèce de maquette en bois que Ton recouvrait de plaques de métal et Ton retouchait ensuite celles-ci au marteau.
- Ge dernier procédé était également usité chez les Egyptiens, comme le prouve une tête d’Osiris conservée au Musée britannique, où Ton voit encore le bois à l’intérieur de la forme en bronze.
- L’Italie est plus riche en œuvres de bronze que toutes les autres nations réunies.
- L’ornementation grecque, qui comprend les trépieds, les candélabres, les coupes, les vases, les sièges, les miroirs et même les ustensiles les plus simples servant à l’usage journalier, est
- p.4 - vue 8/56
-
-
-
- 5
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- encore d’un goût irréprochable dans le choix des formes et aussi Gr. m. dans leurs proportions.
- 11 . ... Cl. 25.
- La Grèce, après avoir été vaincue et soumise, devint tributaire des Romains et l’art grec fut transporté d’Athènes à Rome.
- A partir de cette époque, la Rome antique adopta la sculpture en bronze en conservant pendant des siècles le caractère et la pureté du style grec.
- Nous avons admiré dans les bronze trouvés à Pompéi et à Her-culanum des œuvres qui dénotent d’une manière visible l’influence de ces grands artistes.
- Après la chute de Rome, les arts subirent un long temps d’arrêt, et ce fut encore en Italie qu’ils firent leur réapparition.
- Cette époque s’appela la Renaissance italienne.
- Parmi les grands artistes sculpteurs en bronze nous nommerons les Verrocchio, Donatello, Ghiberti, Benvenuto Cellini et Jean de Bologne.
- Nous citerons, parmi les plus belles œuvres de ces grands artistes, la statue équestre du Colleone par le Verrocchio, le groupe de Pensée par Benvenuto Cellini, et le Mercure de Jean de Bologne.
- L’Italie répandit le goût des arts dans toute l’Europe, et la France, l’Espagne, l’Angleterre, l’Allemagne, la Hollande, la Belgique furent ses tributaires.
- Le roi François Ior appela en France quelques-uns de ces illustre artistes, tels que Benvenuto Cellini, et le Primatice, qui furent chargés de décorer le château de Fontainebleau.
- Il reste encore dans ce château un grand bas-relief de Diane par Benvenuto Cellini.
- Le Primatice, peintre-sculpteur, exécuta aussi de grands travaux décoratifs dans le même palais.
- Tous ces artistes, ainsi que d’autres d’un talent moins reconnu et les nombreux ouvriers du même pays qui séjournèrent en France, exercèrent une grande influence sur le goût des arts dans notre pays.
- Après cette époque parurent Jean Goujon et Germain Pilon, qui fondèrent pour ainsi dire l’école française.
- La sculpture et les grands bronzes furent en grand honneur
- p.5 - vue 9/56
-
-
-
- G
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. m. au xvi]c siècle, qui compta une pléiade de grands et éminents ar-tistes.
- Cl 25
- Nous citerons: Girardon, P. Puget, Coustou, Lepautre, Coy-sevox, Bouchardon, Houclon, etc.
- To us ces noms nous donnent une idée de ce que fut le grand art à cette époque.
- Les bronzes appliqués à l’ornementation et à l’ameublement prirent aussi à dater de ce moment leur plus grand essor, et les beaux spécimens de meubles que nous voyons dans les châteaux de Versailles et du Louvre en sont une preuve irrécusable.
- Les bronzes exécutés par Gouthière, sur la plupart de ces beaux meubles, servent aujourd’hui de modèles à l’industrie moderne.
- A l’époque du premier Empire les bronzes subirent une influence fâcheuse, et une interprétation sèche et prétentieuse du grec ancien ne laissa que des productions d’un ordre secondaire.
- C’est seulement vers l’année i83o que se manifesta une nouvelle tendance; mais les véritables progrès datent encore d’une époque plus rapprochée de nous.
- L’apparition de la réduction Achille Collas est certainement un des faits les plus considérables de cette époque; car, en réduisant à des proportions usuelles les chefs-d’œuvre de l’antiquité et mettant sans cesse sous les yeux ces belles figures qui n’étaient vues que par les amateurs et les visiteurs des musées, elle aida puissamment à former le goût et à apprécier à leur juste valeur les œuvres de la Restauration et de l’Empire.
- Nous devons ajouter que les expositions internationales ont eu une grande influence sur les progrès de l’art et de l’industrie en France, en faisant naître partout une salutaire émulation.
- L’art du bronze moderne est arrivé à un haut degré de perfection sous les inspirations de Rude, de David (d’Angers) et de Rarye, qui furent les premiers de cette pléiade d’artistes qui firent tant d’honneur à l’art du bronze.
- Parmi les artistes dont les succès se sont multipliés depuis l’année i 8ûo et dont le talent a le plus contribué aux progrès de l’industrie des bronzes, nous devons nommer MM. Cavelicr, Chapu, Carpeaux, Delaplanche, Carrier-Belleuse, P. Dubois, Mcrcié,
- p.6 - vue 10/56
-
-
-
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- 7
- Millet, Aizelin, Frémiet, Mène, Gain, etc. etc., tous cTun talent Gr. ni. exccjjlionncl et dont les travaux ont tant contribué à l’éclat de ^ l’Exposition universelle de 1878.
- En terminant, nous devons attester que le bronze français a fait d’immenses progrès depuis la dernière Exposition internationale de 1867, et les produits exposés cette année en seront une preuve palpable et évidente.
- Nous devons signaler aussi l’entente et l’accord qui existent maintenant entre l’artiste et l’industriel, sans lesquels un bon résultat ne peut être obtenu; cet accord qui permet à l’artiste de suivre sa création dans toutes les phases de l’établissement et de mener à bien, par l’unité de vues, l’exécution de son œuvre.
- La fabrication du bronze est essentiellement parisienne; aucun autre centre du reste ne pourrait offrir les éléments d’étude et d’art nécessaires à cette grande industrie.
- ZINC D’ART'".
- Une industrie qui est liée d’une façon intime avec le bronze d’art est celle du zinc d’art, qui, par son prix modeste, a aidé à vulgariser le goût français dans tous les pays du monde.
- Cette industrie ne remonte pas au delà de 1826.
- A cette époque, les pièces étaient fondues pleines et d’un seul morceau, ce qui ne permettait que l’exécution de pièces très simples et dénuées de toute valeur artistique.
- C’est vers l’année 1887 que quelques fabricants pensèrent à donner plus de légèreté à leurs produits, en entroduisant comme pour le bronze un noyau dans les moules.
- Ce genre de moulage et de fonte ne pouvait s’appliquer qu’à un certain nombre d’objets.
- C’est seulement en i8A5 qu’on fit la découverte du procédé en vigueur aujourd’hui dans toute la fabrication du zinc d’art.
- Voici en quoi consiste ce procédé :
- Le zinc en fusion étant versé dans un moule, la partie en
- (') Note due à l’obligeance de M. J. Rnnvicr, membre du jury.
- p.7 - vue 11/56
-
-
-
- 8
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. m. contact immédiat avec les parois du moule se solidifie instantané-ment, ce qui permet, en renversant le moule,de rejeter la portion du métal restée liquide à l’intérieur et de produire ainsi, sans le secours d’aucun noyau, un vide à peu près régulier.
- Il devenait donc possible de s’attaquer aux œuvres d’art dont le bronze seul avait eu le privilège jusqu’alors.
- D’autres difficultés devaient surgir et la qualité du métal employé n’en était pas la moindre.
- La fonte que l’on obtenait était pleine de cassures et de gerces.
- De plus, la coloration que l’on déposait sur ce métal défectueux était peu solide et empâtait les formes.
- La Vieille Montagne composa un métal d’une qualité supérieure auquel elle donna le nom de zinc d’art et qui permit d’obtenir toutes les finesses désirées.
- La science vint apporter son concours à cette nouvelle branche d’industrie, et, par la galvanoplastie, permit de recouvrir d’une couche de cuivre les pièces de zinc sorties des moules.
- Cette innovation facilita l’application sur le zinc des procédés de bronzage, de dorure et d’argenture qui jusqu’alors ne pouvaient s’appliquer que sur le bronze.
- Le véritable essor de la fabrication du zinc d’art date de celte époque.
- Les fabricants purent s’adresser à des artistes de mérite, cl ils livrèrent au commerce des objets d’une certaine valeur artistique.
- Les Expositions universelles de 1855 et 186-7 ont montré les immenses progrès réalisés par cette industrie, et celle de 1878 prouvera que les fabricants ne se sont pas arrêtés dans leurs recherches.
- Si, pendant la période de 1867 a 1 878, les perfectionnements accomplis paraissent moins sensibles, ils n’en sont ni moins réels ni moins précieux.
- La ciselure des creux est aujourd’hui exécutée avec une plus grande perfection et par des ouvriers artistes d’un talent tout spécial.
- Le moulage lui-même est confié à des mains très habiles.
- Aujourd’hui les artistes statuaires ne dédaignent pas de mettre
- p.8 - vue 12/56
-
-
-
- 9
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.'
- leur talent au service du zinc d’art, et l’on trouve dans les galeries Gr. m.
- des principaux fabricants des œuvres d’un mérite incontesté.
- 1 1 Cl. 25.
- FONTE DE FER D’ARTl'>.
- La fonte de fer d’art et d’ornement a donné lieu à une industrie des plus importantes.
- Procédant d’une matière brutale, elle a pris place dans nos décorations, grâce aux formes variées qu’on a su lui donner; elle a suivi d’ailleurs, dans leurs progrès, les industries du bronze, du fer forgé, du plomb et du zinc, dont elle est le complément obligé; car, si le bronze est le décorateur de l’intérieur des habitations, la fonte de fer d’art, par son bon marché, est devenue le décorateur de l’extérieur de nos monuments.
- Cette industrie est de création récente; les seuls spécimens que nous offre le siècle passé sont notamment des plaques de cheminée assez grossièrement exécutées, très épaisses, que l’on payait fort cher et dont les beaux échantillons sont rares.
- Ce n’est guère qu’au commencement de ce siècle que l’industrie de la fonte de fer d’art a pris naissance, et c’est surtout en France qu’elle s’est développée.
- S’inspirant des modèles de l’antiquité, elle en reproduit les chefs-d’œuvre, puis elle a procédé à l’exécution d’œuvres plus considérables.
- Le premier type réalisé a été la belle fontaine de la place Lou-vois, exécutée sur les dessins de l’habile Visconti, par l’éminent sculpteur Klagmann; puis sont venues les fontaines de la place de la Concorde; jusque-là de semblables pièces n’avaient été exécutées qu’en bronze, pierre ou marbre, ainsi qu’en témoignent les beaux exemples de l’Italie.
- L’essor est donné: il vient de France. Et le développement que prendra la nouvelle industrie est dû à ses créateurs : les André, les Calla, les Ducel.
- Les produits montrés au public dans les diverses expositions indiquent à quel degré de perfection est arrivée cette industrie, s’inspi-
- Note due à l’obligeance de M. Durenne, membre du jury.
- p.9 - vue 13/56
-
-
-
- 10
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. m. rant d’un programme qui a fait école depuis l’application des bcaux-
- ~“ arts à l’industrie. Sans la réussite et les efforts des initiateurs crue
- Cl. 25. , , . r .
- nous avons nommes, on n aurait pu iaire accepter une matière
- aussi commune que la fonte de fer dans l’ornementation et la décoration.
- La Champagne est le centre du développement de cette industrie et les belles pièces que l’on admire proviennent de la fonte sortant directement du haut fourneau et employée telle quelle est produite, c’est-à-dire cl e première fusion.
- Partout ailleurs on prend de la fonte en saumons mélangée et on la fond dans des fours appelés cubillots ou wilkinsons; les produits ainsi obtenus se nomment de seconde fusion.
- Les hauts fourneaux n’ont recours à cette seconde fusion que pour utiliser les jets provenant des pièces obtenues en première fusion.
- On se rendra compte des difficultés de moulage de la fonte de fer, quand on considérera que l’on n’a pas, comme pour le bronze, la ressource de découper un modèle et de le mouler en plusieurs parties, puis de les ajuster et de les souder.
- La fonte ne pouvant se souder, on est obligé, pour obtenir une pièce belle, sans joints, sans ajustage, de la mouler d’un seul jet; une soufflure, un manque de fonte à un endroit quelconque du moule , et la pièce est manquée.
- L’habileté de l’ouvrier est donc l’élément principal de réussite, et lorsqu’il s’agit de statues à draperies, cette habileté est véritablement de l’art, et l’on peut dire que les ouvriers mouleurs arrivés à ce degré de perfection sont de véritables artistes.
- Ces résultats ont permis tout naturellement aux premiers sculpteurs d’apporter leur concours à cette industrie; beaucoup de leurs œuvres sont reproduites en fonte de fer avec la plus grande fidélité; la matière ne se prêtant pas à la ciselure, qui élèverait le prix de la pièce, le mérite du mouleur est donc tout; et c’est ainsi que, dans certains ensembles de grande décoration, l’œuvre du sculpteur est mieux reproduite par la fonte de fer que par tout autre métal qui aurait besoin du ciseleur, du répareur, etc. etc.
- Les fonderies de fonte d’art sont puissamment outillées; leur
- p.10 - vue 14/56
-
-
-
- BRONZES D'ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- 11
- matériel s’applique tous les perfectionnements qui se révèlent, et Gr. m. elles peuvent entreprendre les travaux les plus importants, ainsi que l’ont prouvé les grandes pièces montées aux diverses expositions.
- MÉTAUX REPOUSSÉS ET MARTELÉS.
- L’art qui consiste à reproduire sur un métal des figures et des ornements en relief remonte à la plus haute antiquité.
- Les objets dont parle Homère sont toujours travaillés au marteau, et quelque légère que puisse devenir une pièce fonduej, elle ne sera jamais comparable à celle dont le marteau viendra réduire l’épaisseur autant que le permettra sa malléabilité.
- C’est par le marteau qu’ont été fabriqués les premiers ustensiles , les premières armes.
- Le Moyen âge et la Renaissance nous ont transmis des chefs-d’œuvre exécutés au repoussé.
- A celte époque , au moment du retour au culte des arts, le travail au repoussé fut employé pour les travaux artistiques.
- Tous les vases de matières précieuses, ainsi que beaucoup de monuments en bronze, furent exécutés au repoussé et ciselés ensuite. Les parties trop fines et trop délicates des vases religieux telles que les anses et quelques pièces accessoires étaient seules fondues.
- A Limoges, au xme siècle, les orfèvres ont produit par ce procédé des figures d’un grand mérite. Les tètes étaient entièrement faites au repoussé, le reste du corps et les draperies étaient faits comme dans l’antiquité, c’est-à-dire au moyen de feuilles de métal appliquées et dressées sur des formes de bois.
- Tous les beaux ouvrages d’orfèvrerie du xvi° siècle ont été exécutés par ce procédé.
- Dans son Traité sur l’orfèvrerie, Cellini nous apprend que le repoussé était universellement employé par les orfèvres de son temps en France et en Italie, et que lui-même, dans l’exécution de ses bijoux et des vases en matières précieuses, se servait exclusivement de ce procédé. Les anses et quelques pièces trop délicates étaient fondues.
- p.11 - vue 15/56
-
-
-
- 12
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. m. Les pièces martelées s’allient de la façon la plus heureuse aux
- pièces repoussées.
- Cl. 25. * .
- Parmi les plus remarquables pièces de ce grand art, nous citerons les belles armures de François Ier, de Henri II et de Charles IX, et la superbe grille en fer forgé martelé qui ferme l’entrée de la galerie d’Apollon , au Louvre.
- Nous devons mentionner aussi la belle grille de l’église Saint-Gervais, à Paris, attribuée à Bérain; les grandes grilles du chœur de l’église Notre-Dame de Rouen et celles de la cathédrale d’Amiens.
- Un des plus remarquables exemples de ce bel art, ce sont les grilles de la place Stanislas, à Nancy. Elles sont de style Louis XV et ont été exécutées en î ^ 5 5, par Jean Lamour, l’habile serrurier du duc de Lorraine.
- Peu à peu la fonte remplaça le repoussé, mais les produits de nos artistes modernes prouvent que cet art n’a pas dégénéré.
- Nous devons citer les noms de Wecht, Fannières frères, Morel-Ladeuil, Désiré Àttarge, Faraoni et Merveille.
- La pièce la plus importante sans conlredit qui ait jamais été produite au martelé et au repoussé est la statue de la Liberté dont nous avons admiré la tête dans le parc de l’Exposition.
- Cette figure sera édifiée à New-York en mémoire du centième anniversaire de l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique.
- ÉMAUX.
- L’art d’émaillcr les métaux remonte à une époque très reculée. Il nous vient des peuples orientaux : les Chinois, les Egyptiens, les Grecs, les Byzantins excellaient dans la fabrication des émaux.
- Toutefois ce n’est qu’à partir du xic siècle que l’émaillerie a commencé à être cultivée avec ardeur.
- A partir de cette époque, elle constitua l’une des branches les plus importantes de l’orfèvrerie religieuse; et pendant plus de quatre cents ans les artistes de Limoges se maintinrent à la tête de cette partie de l’art.
- Depuis le xvie siècle, la fabrication des émaux a reçu une direc-
- p.12 - vue 16/56
-
-
-
- 13
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- lion toute mondaine qui l’a considérablement amoindrie; néan- Gr. in.
- moins elle n’a iamais cessé de fournir des produits d’un très nrand
- , . J 1 ü Cl. 25.
- mente.
- Les belles pièces d’émaux sur métal sont devenues très rares.
- Les plus riches sont conservées dans les trésors de nos cathédrales et dans quelques musées.
- C’est à partir de l’année i85o que l’on voit reparaître en France les émaux cloisonnés.
- La grande Exposition de 1862 (à Londres)‘et celle de 1867 (à Paris) nous ont montré quelques beaux produits de cet art merveilleux.
- Depuis cette époque, l’émaillerie cloisonnée et champlevée à fait d’énormes progrès, grâce surtout aux efforts constants de notre grand industriel M. Barbedienne, qui l’a vulgarisée et rendue presque usuelle, car elle tient une large place dès à présent dans la décoration de nos bronzes d’art.
- Nous avons remarqué dans l’exposition française de très belles pièces d’émaux cloisonnés, telles que vases, coupes, jardinières, grands plateaux, etc., d’une composition de dessins français inspirés de notre goût particulier.
- La Chine et le Japon ont apporté des produits de leurs meilleures fabriques tant anciennes que modernes.
- Nous avons pu nous convaincre que notre émaillerie peut rivaliser avec leurs pièces modernes tant pour la composition du dessin que pour la coloration.
- Nous ne saurions trop encourager les émailleurs et les fabricants français à persévérer dans cette voie de progrès qui fixera définitivement chez nous cette industrie appelée à rendre les plus grands services à nos arts décoratifs.
- CONSIDERATIONS GENERALES SUR LES INDUSTRIES ETRANGERES.
- La fabrication du bronze est une industrie toute française et surtout toute parisienne.
- Le monopole presque exclusif dont l’Exposition de 1878 a montré de si éclatants résultats en est une preuve évidente.
- p.13 - vue 17/56
-
-
-
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- lit
- Gr. m. Cependant, parmi les pays étrangers qui aujourd’hui produisent des bronzes, c’est l’Autriche qui doit tout d’abord attirer Cl. 25. . 1
- notre attention.
- AUTRICHE.
- En effet, Vienne, depuis quelques années surtout, cherche à faire concurrence à Paris pour les bronzes de fantaisie, et les fabricants de la capitale de l’Autriche font les plus grands efforts pour contrebalancer l’influence française dans ce genre de produits.
- Les œuvres des Viennois sont exécutées avec une grande habileté de main, un fini relativement très grand; mais c’est surtout sur ce que nous appelons en France le petit bronze que se portent tous leurs efforts.
- Ainsi nous ne trouvons pas en Autriche ce qu’on appelle la garniture de cheminée composée de la pendule, des candélabres et des flambeaux, qui sert à l’ameublement des appartements.
- Leur grande spécialité est le bronze d’étagère et la garniture de bureau : c’est là où ils se font remarquer, quoique leurs modèles manquent souvent d’originalité.
- Ils emploient beaucoup, et assez heureusement, l’émail dans la conception de toutes leurs pièces.
- Ces objets peuvent quelquefois lutter avec les objets similaires français parleur côté commercial, mais ils ne peuvent entrer en ligne de compte au point de vue artistique.
- Nous devons nous inquiéter du bon marché relatif des bronzes viennois ; car, la main-d’œuvre étant beaucoup moins chère dans ce pays qu’en France, ils peuvent arriver à des prix de vente inférieurs aux nôtres, surtout dans ce qui est appelé le petit bronze.
- Nous pouvons citer en Autriche la maison Hollenbach, qui soutient sa bonne, réputation par des objets d’un grand fini et d’une bonne exécution; la maison Dziedzinski et Hanusch, qui nous montre des produits très bien fabriqués et d’un très bon goût.
- La fonderie des grands bronzes est assez bien représentée par des statues monumentales sortant des ateliers de MM. Rohlich et Pônningeret d’autres sortant de la fonderie de M. Turbain (Cari), dont la sculpture est bonne et la fonte bien exécutée.
- p.14 - vue 18/56
-
-
-
- 15
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- Nous avons constaté dans ces œuvres de fonte des pièces d’une grande légèreté.
- C’est la première fois que l’Autriche nous montre des patines avec frottés d’or à l’imitation des bronzes français et assez bien réussies.
- Nous devons surtout mentionner de belles pièces en fer forgé sortant des usines de M. Milclé et de MM. Ludwig Wilhelm, telles que grilles, portes et supports de cloche pour orner l’extérieur des habitations.
- Ces grilles se recommandent à notre attention par le goût de la composition et par la parfaite exécution.
- Nous citerons aussi une grande grille et un grand candélabre en fonte de fer d’un résultat parfait; la monture de la porte est faite avec le plus grand soin.
- Les supports de cloche, sont d’un style charmant et d’une exécution achevée.
- Nous avons remarqué de nombreuses lanternes en fer forgé, de grands candélabres, etc.
- Toutes ces pièces sont parfaitement exécutées et se recommandent par la recherche du dessin.
- JAPON.
- Il nous faut parler aussi des Japonais, qui sont les triomphateurs du jour par l’originalité de leurs produits.
- Les Japonais ont laissé loin derrière eux les. Chinois, qui autrefois tenaient la tête dans l’art du bronze. Les spécimens de leurs vieux bronzes le prouvent surabondamment.
- Mais, à notre avis, ils ont eu le plus grand tort de mélanger leurs émaux anciens à leurs produits modernes, ce qui montre trop clairement l’infériorité de ces derniers.
- Leurs anciens émaux sont de tons parfaitement nuancés et fondus, tandis que les modernes sont de tons criards, et se nuisant mutuellement, nous montrent la décadence de leur art moderne.
- La loi qui les régit a interdit tout progrès et toute innovation.
- Les Japonais, au contraire, ont conservé toute leur originalité, et nous ont montré depuis quelques années, par leurs produits sans
- Gr. III Cl. 25
- p.15 - vue 19/56
-
-
-
- 16
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. III. Cl. 25.
- cesse renouvelés de formes et d’exécution, combien nous devons nous préoccuper de leurs progrès dans Fart du bronze.
- Leurs bronzes ont obtenu un grand succès pendant cette exposition, tant par leur originalité que par les applications diverses dont ils savent si bien tirer parti.
- Nous devons cependant tenir compte de l’engouement du moment pour les japonaiscries.
- Nous avons vu les œuvres des artistes en bronze des villes kanasawa et Takaoka, qui sont les centres de cette production : leurs jolis vases en bronze fondu, en bronze repoussé, avec incrustation de matières différentes, telles que l’or et l’argent, et qui forment dans leurs branches de feuillages des constrastes du plus merveilleux effet. Le fini de leurs fleurs, plantes, personnages, etc. est admirable, et quoique d’un dessin très pur sur les fonds, ils ont su éviter la sécheresse. Quant à la trace de l’outil, elle n’existe pas. ils savent assouplir le métal, et, pour le fondre et le ciseler, ils le modifient par des alliages du plus charmant effet.
- Leurs patines sont d’une douceur admirable, tout en étant d’une solidité extraordinaire.
- Ils ont pour ce genre de travail une foule de secrets que nous n’avons pas encore découverts et que nous devons chercher à pénétrer par tous les moyens.
- Nos artistes devront s’attacher à découvrir les procédés d’alliage de métaux, de placage cl’or, des laques sur le métal, des nielles et des émaux.
- Très intéressante aussi leur fonte à cire perdue, dont le grand brûle-parfums aux paons et aux pigeons (grandeur nature) est le plus beau spécimen exposé.
- M. Barbedienne, l’éminent bronzier français, possède un artiste fondeur dans ses ateliers dont les moulages sur nature, insectes, homards, feuilles, etc. etc. peuvent marcher de pair avec les plus remarquables travaux japonais.
- Il nous montre ces produits pour prouver que ces tours de force peuvent se réaliser, mais qu’ils ne doivent pas être considérés comme le dernier mot de l’art et de la pratique.
- Nous avons remarqué un nouveau métal, le sliakoudo, composi-
- p.16 - vue 20/56
-
-
-
- 17
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- lion de bronze et d’or, sur lequel ils obtiennent des patines mer- Gr. m. veilleuses.
- Quant au décor, ils excellent dans cette branche de notre industrie, et aucun peuple ne possède au même degré que les Japonais l’art d’assembler les couleurs.
- C’est en cela, croyons-nous, que les fabricants français doivent chercher à les imiter, mais non dans une copie servile de leurs types et de leurs animaux fantastiques.
- Nos artistes sculpteurs, dont le style grec est toujours l’idéal,se tiendront en garde devant l’envahissement du goût japonais, qui est l’antipode du grand art.
- Il y a beaucoup à leur emprunter, tout en conservant notre originalité propre; mais, en voulant les imiter d’une façon servile, nous serions sûrs de ne les égaler jamais.
- RUSSIE.
- La Russie est représentée à l’Exposition de 1878, dans la classe -2 5, par un très petit nombre de fabricants de bronzes, et le seul dont nous ayons à faire mention est un Français.
- Cet habile industriel n’a pu exposer qu’une faible partie de scs productions, car les immenses travaux qu’il a exécutés et qu’il exécute encore en ce moment ne sont pas de nature à être transportés : ce sont les bronzes qui meublent le palais de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg, ceux du palais du nouveau Kremlin, à Moscou, les grands lustres de la cathédrale de Saint-Isaac.
- Les plus grands travaux qui sont en cours d’exécution sont ceux qui sont destinés pour le temple au nom du Sauveur à Moscou.
- La Russie est bien représentée dans l’exposition de M. Chopin, par des groupes de cavaliers tcherkesses du sculpteur Lanceray, un artiste de talent.
- Sauf ces groupes pleins d’originalité, les bronzes russes n’ont pas un caractère bien spécial émanant du sol.
- ANGLETERRE.
- L’Angleterre n’expose pas cette année de bronzes d’art proprement dits.
- Classe 2 5.
- p.17 - vue 21/56
-
-
-
- 1.8
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Les objets présentés au jury de la classe 25 sont généralement des objets usuels tels que garnitures de foyer, lits en cuivre, candélabres ou petits lustres de style Elisabeth, pour églises.
- Cependant nous avons remarqué quelques plateaux en cuivre repoussé avec nielles dans le bandeau et médaillons dans le fond, qui sont de fabrication récente.
- Les garnitures de foyer sont des objets sur lesquels la fabrication anglaise semble le plus s’étendre.
- Ces garnitures, qui ne sont plus les memes que dans notre pays, forment un ensemble devant la cheminée, dont elles entourent pour ainsi dire la devanture et retiennent les charbons enflammés qui pourraient tomber du foyer.
- Nous avons vu encore quelques grilles en fer forgé et un grand pavillon de jardin en fonte de fer qui est une application nouvelle de cette industrie.
- ITALIE.
- L’Italie a envoyé une grande quantité de reproductions de bronzes anciens; mais nous 11e trouvons chez les exposants de ce pays aucune création nouvelle.
- La pièce la plus importante comme pièce de fonderie est une statue (grandeur nature) de l’Auguste antique.
- Cette figure est bien fondue et la réparure en est faite avec soin.
- C’est la pièce capitale de l’Italie dans cette industrie.
- Une restitution intéressante est celle d’un siège grec bisellium accompagné de son scabcllum.
- Le bisellium était le siège des décurions et des duumvirs; il était assez large pour qu’on put s’y asseoir à deux, bien qu’il fut destiné à une seule personne.
- L’honneur du bisellium était très recherché dans tous les muni-cipes.
- Il ne s’accordait qu’aux citoyens qui s’étaient distingués dans l’exercice des plus hautes fonctions et qui avaient bien mérité de la patrie.
- Il est tout en bronze et couvert de damasquinurcs de cuivre
- p.18 - vue 22/56
-
-
-
- 19
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- ronge et d’argent, soutenu par quatre pieds tournés à profils compliqués.
- Ils sont partagés dans leur hauteur par deux barres horizontales couvertes de grecques et de rosaces.
- Nous constatons avec plaisir cette restitution d’un beau meuble antique dont le musée du Louvre possède un original.
- Cette pièce est reproduite dans tout son ensemble avec un soin particulier, et nous sommes heureux d’en complimenter l’artiste, M. Alfred Castellani.
- Les bronzes présentés par les fabricants italiens sont en général d’une exécution un peu primitive dont ils désirent conserver le caractère.
- Ne serait-il pas bon qu’ils se départissent quelque peu de ce genre de travail pour entrer dans une voie plus nouvelle et plus progressive?
- BELGIQUE.
- Le bronze en Belgique a pris un nouvel essor depuis l’année 1871.
- A cette époque où la France ne pouvait fournir à ce pays si industrieux les produits dont il avait besoin, la fabrication du bronze a pris un grand développement.
- Quelques fabriques se sont montées et la grande maison de Bruxelles connue sous le nom de Compagnie des bronzes a beaucoup augmenté son matériel et le nombre de ses modèles.
- Cette compagnie, qui occupe en moyenne de 3oo à Aoo ouvriers, fait tous les genres de bronzes d’ameublement. Nous donnons une notice spéciale de son exposition dans la partie de ce Rapport réservée aux industriels récompensés.
- Les objets en cuivre poli estampés ou repoussés sont en assez grand nombre dans l’exposition des bronzes belges. Nous combattrons autant à l’étranger que dans notre propre pays cette tendance de reproductions soi-disant anciennes qui finiront par ne plus trouver place dans aucun intérieur, tant par l’abus que l’on en fait que par la mauvaise qualité de la fabrication.
- Gr. ni Cl. 25
- p.19 - vue 23/56
-
-
-
- 20
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. HI.
- PAYS DIVERS.
- Cinq autres pays ont exposé seulement quelques spécimens de bronzes.
- L’Espagne n’a pas de bronziers proprement dits; mais une industrie très belle et très artistique peut prendre place à côté des bronzes d’art.
- Cette industrie est celle du damasquineur.
- L’Espagne possède le maître du genre en cet art. Nous devons le citer, c’est M. Zuloaga.
- M. Zuloaga a su recueillir la tradition des Maures dans cet art si délicat.
- 11 sait trouver ces dessins et ces entrelacs inextricables (noir et or) dans lesquels l’œil émerveillé ne cherche pas à comprendre les évolutions de ces lignes capricieuses.
- Nous avons beaucoup regretté de ne pas voir à l’Exposition de 1878 la pièce qui doit être, selon nous, l’œuvre capitale du maître.
- C’est le tombeau du général Prim, qu’il a forgé, ciselé, damasquiné et incrusté.
- Cette œuvre d’une importance capitale aurait fait le plus grand honneur à son créateur.
- La fabrique d’armes de l’Etat à Toléclo a exposé de magnifiques armes damasquinées et incrustées d’or, aux dessins très délicats et très variés.
- Nous retrouvons dans ces beaux produits l’art charmant dans lequel l’Espagne ne connaît pas de rivaux et qui lui a valu l’honneur de la plus grande récompense dont le jury pouvait disposer.
- Le Danemark n’est représenté que par un guéridon grec bien établi, deux figures en zinc et quelques petits objets en même métal;
- La Suède, par un buste et un médaillon bas-relief;
- La Norvège, par quelques garnitures de foyer;
- L’Egypte, par quelques jolies lanternes déformes orientales.
- La Suisse apporte comme production en bronze l’œuvre de l’école des arts industriels de Genève. Cette œuvre consiste dans les
- p.20 - vue 24/56
-
-
-
- 21
- BRONZES D'ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- parties bronze d’une grande vitrine dont elles viennent compléter l’ensemble.
- Nous applaudissons à cetle tentative et lui souhaitons le plus grand succès.
- IMPORTANCE ET NOMBRE DES RECOMPENSES DECERNEES.
- Les récompenses décernées aux exposants de la classe 25, tant Français qu’étrangers, s’élèvent à 2 5o, décomposées comme suit:
- Diplômes d'honneur équivalant à une grande médaille......... 3
- Grande médaille................................................. i
- Rappels de médailles d'or....................................... 8
- Médailles d’or................................................. 27
- Médailles d’ argent............................................ 71
- Rappels de médailles d’argent................................... 2
- Médailles de bronze........................................... 102
- Mentions honorables............................................ 36
- Nombre de récompenses................. 9.5o
- Les récompenses décernées aux collaborateurs s’élèvent au nombre de i3/i.
- Médailles d’or................................................ 5
- Rappel de médaille d’or....................................... 1
- Médailles d’argent........................................... 38
- Médailles de bronze.......................................... 65
- Mentions honorables.......................................... 25
- Nombre de récompenses.................... i3 h
- Nous donnons plus loin la description des exposants hors ligne et les motifs qui ont guidé le jury dans l’attribution des récompenses.
- Hors concours.
- Parmi les maisons hors concours dans la classe 25, nous devons signaler en première ligne la maison Gagneau, qui a fait du bronze d’éclairage une spécialité des plus remarquables.
- Il y a peu d’années encore, tous les objets servant à l’éclairage
- Gr. m Cl. 25
- p.21 - vue 25/56
-
-
-
- 22
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- de nos appariements étaient tout à fait inférieurs, comme goût et comme composition, à tous les autres bronzes dont ils venaient compléter l’ensemble.
- M. Gagneau est sans contredit le fabricant qui, dans cette branche d’industrie, a fait faire les plus grands et les plus heureux progrès.
- Suivant les traditions de son père comme bonne fabrication, M. Gagneau fds est venu, avec son éducation artistique, compléter, nous ne dirons pas ce qui manquait à cette excellente maison, mais ajouter encore à sa renommée par le choix très étudié des modèles de tous styles. Parmi les modèles qu’il expose, nous citerons : Une grande torchère Renaissance, dont le fût est orné de figurines et d’attributs; le bouquet est à lumières et à gaz. Au-dessus du support ou pied, formé par quatre silènes se terminant à griffes, se trouve une vasque bronze à intérieur doré, pouvant servir de jardinière. Cet ensemble est du plus bel effet;
- Un joli trépied Renaissance avec figurines antiques surmontant les trois tiges de support, et portant un vase onyx formant lampe. Cette pièce est des plus charmantes;
- Un lampadaire Louis XIV à 8 globes à gaz et enfilage à 8 pans;
- Une belle garniture Louis XVI (genre Delafosse), jardinière et candélabres. Les vasques et vases sont en brèche violette, ce marbre qui s’allie si bien au style Louis XIV. Les bronzes de ces pièces sont exécutés dans le style de l’époque;
- Deux grands vases-candélabres style Louis XIV, en marbre griotte, dont la panse est ornée de mascarons et de draperies. Les bouquets à palmes sont rendus dans ce style large et fort qui rappelle si bien cette grande époque; l’exécution en est des plus soignées;
- Quantité de suspensions et de modèles d’éclairage de tous styles pour salles à manger, bibliothèques et vestibules; candélabres pour la table, etc., le tout approprié à l’usage, parfaitement compris au point de vue pratique, et d’une fabrication raisonnée.
- Nous ne pouvons oublier une collection de lanternes des styles
- p.22 - vue 26/56
-
-
-
- 23
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- Renaissance, Louis XIII et Louis XIV, d’une composition nou- Gr. m. voile et parfaitement étudiée.
- 1 Cl 25.
- Nous sommes naturellement amenés à dire que la composition
- et la sculpture de toutes les pièces formant celte remarquable exposition ont été exécutées par M. Piat, l’un des plus éminents sculpteurs-décorateurs de notre époque.
- Le talent si large et si varié de M. Piat, ainsi que la part qu’il a prise par sa collaboration à l’ensemble de la classe 25, nous obligent pour ainsi dire à lui consacrer quelques lignes spéciales, car son nom sera prononcé fréquemment dans l’examen des expositions les plus sérieuses et les plus remarquées.
- C’est ce que nous ferons au prochain chapitre.
- M. A. Durenne a fondé, en 1855, à Sommevoire (Haute-Marne) des hauts fourneaux, fonderies pour la fonte de fer.
- Dans sa belle exposition de la classe 25, cet habile industriel a su grouper toute une collection des plus beaux spécimens de sa fabrication.
- Il a voulu prouver à quel degré de perfection il est possible d’arriver par le moulage, et aussi montrer au public et aux artistes touL le parti que l’on peut tirer de cette matière qui entre aujourd’hui dans le domaine de la grande décoration.
- L’exposition de M. Durenne nous présente toutes les variétés de moulages sans pièces et avec pièces battues, depuis les objets les plus usuels servant dans la construction, tels que tuyaux, balustrades, balcons, etc., jusqu’aux pièces les plus fines et les plus difficiles de moulage.
- Il est à remarquer que toutes les pièces présentées par cet industriel sont telles qu’elles sortent du moule, c’est-à-dire sans aucune retouche et sans aucune préparation de couleur.
- Nous avons admiré les résultats surprenants obtenus.
- Les coutures des moules sont d’une ténuité incomparable et toutes les pièces ajustées avec une rare précision. Nous avons pu retrouver la touche de l’artiste dans toutes ces belles pièces de fonte dont le groin d’une finesse extrême et la nuance gris de fer donnent aux objets représentés l’aspect le plus séduisant.
- p.23 - vue 27/56
-
-
-
- 24
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. III.
- Cl. 25.
- Toutes les figures, vases, bustes, bas-reliefs, animaux, soumis à l’examen du jury, étant clans les conditions que nous venons d’énumérer, c’est-à-dire sortant du moule et sans aucune retouche ni coloration, il a pu se rendre un compte exact de la manière tout à fait exceptionnelle dont s’opère ce travail si difficile du moulage clans les usines de M. Durenne.
- Il est bon de dire aussi que toutes ces pièces sont obtenues avec de la fonte de première fusion, qui est un des caractères principaux des fonderies françaises.
- Il nous faut choisir clans le grand nombre des pièces exposées, et. nous citerons tout d’abord la fontaine monumentale aux tritons, construite dans le jardin du Champ de Mars.
- Cette fontaine, qui ne mesure pas moins de î o mètres de haut, et dont le bassin inférieur porte 16 mètres de diamètre, est d’une grande élégance et du plus heureux effet.
- La composition première de cette fontaine est du sculpteur Klagmann; mais de grands changements ou adjonctions ont été faits.
- Ainsi, les enfants assis sur des dauphins et placés dans le soubassement sont de M. Carrier-Belleuse, ainsi que les tritons baignant dans le grand bassin.
- Une seconde fontaine, dite aux Cariatides, et mesurant 8 mètres de hauteur, a été composée par M. Bartholdi.
- Dans l’exposition intérieure nous trouvons :
- Une figure colossale de Neptune par M. Carrier-Belleuse, pouvant servir de milieu dans un grand bassin;
- Deux figures charmantes pour torchères portant des bouquets de lumière et disposées pour le gaz, des figures d’enfants créées pour le même emploi ;
- Quatre groupes représentant les quatre éléments très réussis, par M. Carrier-Belleuse; '
- Un groupe de chiens chassant le héron, où nous retrouvons toutes les finesses de fonte citées plus haut;
- Une charmante figure de femme debout versant de l’eau dans une conque que lui tient un enfant et disposée pour servir de sujet principal à quelque fontaine;
- p.24 - vue 28/56
-
-
-
- 25
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- Quantité Je vases et coupes de tous styles pour la décoration Gr. m.
- des vestibules et des jardins.
- J Cl 25
- Nous arrivons à quatre bas-reliefs qui ont été des plus remarqués par le jury.
- Ces pièces nous montrent les plus grandes difficultés du moulage à pièces battues.
- Ces bas-reliefs sont de Jean de Bologne et concourent à la décoration du tombeau du maître.
- Les figures principales sont traitées en haut relief et presque détachées du fond. Elles sont fondues d’une manière irréprochable et sans que les coutures du moule aient subi la moindre altération.
- Nous passons aux objets plus usuels, tels que balcons et plaques de foyer; nous retrouvons dans ces pièces le même fini dans le moulage et le bon goût qui a présidé au choix des modèles.
- Toute la partie ornementale de cette remarquable exposition, telle que: agencement des figures, coupes, vases, plaques, balcons, etc. est due à M. Doussamy, un sculpteur dont le talent est incontesté.
- M. Durenne, hors concours dans la classe 2 5, a obtenu une grande médaille dans la classe A3.
- M. J. Ranvicr est un des plus éminents représentants de l’industrie du zinc d’art, industrie qui a fait de grands progrès depuis quelques années; car, par l’étude et la perfection des moules, on arrive aujourd’hui à reproduire les figures et les objets les plus difficultueux sans amoindrir l’œuvre du sculpteur.
- M. J. Ranvier attaque surtout les pièces pouvant servir à la grande décoration. C’est de son usine que sortent aujourd’hui les pièces les plus importantes de zinc d’art fabriquées à Paris.
- Dans la belle exposition de M. Ranvier nous avons remarqué en première ligne :
- Une garniture monumentale représentant la Terre ailée; la figure est debout, enveloppée par un cuir, sur les enroulements duquel elle appuie les bras; sa tête casquée supporte un globe sur lequel sont posées les heures.
- p.25 - vue 29/56
-
-
-
- 26
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. m. Cette pièce n’a pas moins de 2m,Go de hauteur.
- C1~25 Elle est accompagnée par deux candélabres à torses de femme en forme de gaine; les bras des figures supportent deux bouquets de lumière à h becs chacun.
- Sur la tète se trouve un vase servant de lampe. La base de ces candélabres se termine en jardinières de forme Lobbée. Ce système de base est d’un effet très neuf et des plus décoratifs.
- Cette garniture est due à M. Fiat pour la composition de l’ensemble et pour l’exécution des figures, en collaboration avec M. Mathurin Moreau.
- Deux torchères (sujets femmes), par M. Carrier-Bellcuse, supportant des bouquets à 6 lumières pour le gaz.
- Deux autres torchères (sujets pages Louis XIV) à 6 lumières.
- Un grand groupe, la Science guidant VIndustrie', de î mètre de hauteur, accompagné par deux figures : Agriculture et Commerce, par M. Dumaigc.
- Plusieurs garnitures de cheminée style Louis XIII, vieil argent ou or, par M. Piat.
- Une garniture à enfants de M. Carrier-Relieuse.
- Nous citerons aussi deux jolis bustes par Ilippolyte Moreau : le Printemps et l’Eté, grandeur nature, charmants d’attitude et pleins de jeunesse. Par M. Salmson, le sculpteur de talent qui dirige aujourd’hui l’école de dessin et de sculpture de Genève : deux groupes charmants représentant l’un la Moisson, l’autre la Vendange, par deux figures habilement groupées pour chacun d’eux.
- La place ne nous permet que de citer, sans les analyser, les statuettes nombreuses par MM. Carricr-Belleuse, Poitevin, Dumaigc, et quantité de vases et coupes genre grec par les frères Robert.
- Cette exposition est des plus complètes et nous montre tout ce que cette industrie peut produire, depuis la garniture de cheminée de grandeur ordinaire jusqu’aux pièces de la plus grande dimension.
- M. G. Servantexpose dos garnitures de cheminée de différentes époques, des torchères Henri II et Louis XVI, des vases grecs
- (1) Ln noie affectée à M. G. Servant nous a été remise par M. Viel,or Paillard, président du jury de la classe 26.
- p.26 - vue 30/56
-
-
-
- 27
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- d’une grande pureté de style; une jolie corbeille japonaise avec Gr. m.
- émaux cloisonnés et bronzes frottés d’or, de très beaux lustres, des . Cl. 25.
- bustes gracieux, etc. etc.
- Parmi les Figures, nous nommerons la Danseuse égyptienne, de M. Falguière; la Vénus armée, de M. Emile Hébert et un très beau vase (l’Age d’or), de MM. Robert frères, travail remarquable de forme, de détails larges et d’exécution parfaite.
- La ciselure en est traitée de main de maître et fort appréciée des artistes.
- Mentionnons aussi un superbe groupe, le Bellérophon vainqueur de la Chimère, de M. Emile Hébert, qui est rendu avec un vif sentiment de l’art.
- Nous ne pouvons citer en détail les garnitures pompéiennes avec émaux, une jardinière Louis XVI avec ses candélabres, une table égyptienne, etc., et quantité de pièces détachées qui forment avec les pièces détaillées ci-dessus un remarquable ensemble.
- En Autriche, deux maisons importantes sont hors concours : celles de MM. Dzicdzinski et Hanusch, dont la fabrication très soignée et très étudiée se recommande tout d’abord.
- Nous y avons remarqué des bronzes plus importants que dans les autres fabriques en général et touchant à l’ameublement, aussi quelques pendules et candélabres, de petites pièces style Renaissance allemande d’un grand fini et d’une jolie composition; quelques bonnes garnitures cle bureau (bronze et émail) d’une exécution parfaite; des lustres, deux candélabres importants exécutés pour le théâtre Impérial de la Rurg et deux autres pour l’église votive. Ces quatre candélabres sont remarquables tant par leur composition que par le fini de l’exécution.
- M. Hanusch était membre du jury international de la classe 2 5.
- Le jury demande à l’unanimité une récompense hors ligne pour M. Hanusch.
- La maison Hollenbach, une des premières fabriques de bronzes et fonderies à Vienne, avait fait une exposition digne de sa renommée.
- Nous parlerons d’un grand vase en bronze d’un bon dessin et
- p.27 - vue 31/56
-
-
-
- 28
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. ni. d’une exécution de ciselure remarquable; un surtout de table de bon style et traité de main de maître; une jolie suspension à petites ligures; des candélabres style byzantin pour église, d’un charmant dessin; une couverture de livre émaillée, d’une grande richesse; enfin des objets de tous genres, tels que lampes, vases, coffrets et garnitures de bureau, etc. complètent un ensemble des plus intéressants.
- Parmi les exposants hors concours nous devons citer un étranger ou du moins un industriel qui représente la Russie à l’Exposition de 1878 dans la classe des bronzes d’art.
- M. Chopin est venu exposer à Paris, avec le désir de concourir; mais ayant été nommé président de la 2 4e classe, il a donc dû renoncer au concours.
- M. Chopin est un Français qui a été s’établir à Saint-Pétersbourg en 1838 , époque à laquelle le bronze du genre français était pour ainsi dire inconnu, car on ne reproduisait à cette époque que des bronzes du style Empire.
- Après bien des déboires causés d’abord par la levée de la prohibition des bronzes français, et ensuite par l’établissement d’une manufacture importante de galvanoplastie montée par le grand-duc Maximilien de Leuchtemberg et qui se transforma plus tard en fabrique de bronzes, M. Chopin fut chargé en 1857 de la majeure partie des travaux commandés par la Couronne.
- C’est lui qui exécuta les bronzes pour le musée Impérial de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg, une partie de ceux du nouveau Kremlin, à Moscou, et de plusieurs autres palais; les grands lustres de la cathédrale de Saint-Isaac et d’autres travaux pour des églises et des monuments publics.
- Mais les travaux les plus importants sont ceux que cet industriel exécute depuis quinze ans pour le temple au nom du Sauveur, à Moscou.
- Pour donner une idée des pièces exécutées, nous dirons que quatre des portes extérieures mesurent iim,5o de hauteur et pèsent chacune i,ûoo kilogrammes.
- L’exposition faite à Paris par M. Chopin ne nous donne donc
- p.28 - vue 32/56
-
-
-
- 29
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- pas la note exacte de sa production; mais nous avons remarqué Gr. HL plusieurs garnitures de style Louis XVI bien exécutées et de style C1~5 pur, d’après Gouthière;
- Une belle console de même style, fer et bronze avec tablette malachite;
- Une garniture de foyer en bronze vieil argent, d’une composition particulière qu’il a baptisée du nom de style Scandinave.
- Une autre partie non moins intéressante de cette exposition est celle des groupes représentant des types russes.
- La vérité des types et des races s’affirme dans ces pièces.
- Nous avons remarqué un grand groupe, Un fauconnier arrêtant son cheval pour lancer le faucon sur la proie quil vient de découvrir.
- Le pendant est un autre chasseur, mais celui-là chasse à l’aigle; il porte l’oiseau sur le coude, en quête d’une proie.
- Ce groupe est pris dans la steppe; l’exactitude du type du chasseur et la conformation exacte du cheval ne peuvent laisser aucun doute.
- Nombre d’autres groupes d’une jolie composition sont dus à MM. Lavertsky et Lanceray, dont nous avons déjà remarqué les œuvres au Salon de 1877, à Paris.
- Ce dernier a dû vivre parmi les populations tcherkesses et il nous en montre les côtés pittoresques et presque sympathiques.
- L’exécution de tous ces groupes est bonne et nous fait voir que les ouvriers russes savent très bien profiter d’une direction habile et intelligente.
- Grands prix.
- M. F. Barbedienne restera une figure à part dans l’industrie du xixü siècle.
- 11 a su deviner l’avenir du procédé Collas pour la réduction des œuvres sculpturales, ce qui lui a permis de mettre à la grandeur réduite de nos demeures tout d’abord les chefs-d’œuvre de l’antiquité, puis après les plus belles œuvres de nos statuaires modernes.
- Tout le monde sait que cette merveilleuse invention permet d’arriver à la reproduction parfaite des plus belles œuvres sculpturales sur une échelle d’une grandeur donnée.
- p.29 - vue 33/56
-
-
-
- 30
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Personne avant M. Barbeclienne n’avait réuni comme lui dans une seule manufacture toutes les branches si variées de l’art du bronze.
- Depuis la fonderie, dans laquelle le bronze entre en lingots, jusqu’à la dorure, qui est la dernière phase par laquelle passent figures, vases, pendules ou tous autres objets avant d’être livrés au public, M. Barbedienne a réuni dans ses ateliers la réduction, la ciselure, la monture, la marbrerie, la tournure, l’émaillerie cloisonnée et champlevée, et jusqu’à la gravure sur les cristaux qu’il emploie dans les diverses pièces de sa belle fabrication.
- Tout est donc réuni sous l’œil du maître, qui sait imprimer son goût à toutes les pièces sortant de ses ateliers.
- Nous sembiions oublier l’atelier du sculpteur, qui tient une si grande place dans les créations de cette incomparable maison, et qui, sous l’habile direction de M. Constant Sévin, un maître dans l’art, dont les conceptions si variées peuplent les magasins de la maison Barbedienne, nous initie à l’art du xvie siècle.
- M. Barbedienne est le premier, dans notre industrie, qui ait fait une véritable révolution dans nos ameublements modernes en chassant les vieux spécimens des bronzes de l’Empire et de la Restauration, et en les remplaçant par les chefs-d’œuvre de la statuaire antique. Aujourd’hui, les sculpteurs les plus éminents ne dédaignent pas de façonner de leurs mains des œuvres qui viennent prendre place dans nos habitations modernes.
- Si nous nous occupons de la manière de traiter les métaux, nous ferons remarquer que M. Barbedienne a fait faire un progrès énorme à la ciselure en répudiant l’ancienne manière qui consistait à se servir du riffloir pour tirer en long et adoucir les figures et les draperies en amollissant le travail et en dénaturant le modelé, les chairs et les draperies avaient la même valeur.
- Aujourd’hui on pétrit pour ainsi dire le métal en conservant le modelé et la souplesse de l’original tel qu’il sort du ciseau de l’artiste.
- M. Barbedienne, le chercheur infatigable, a su trouver aussi des patines nouvelles que ni les anciens ni les artistes de la Renaissance n’avaient possédées.
- p.30 - vue 34/56
-
-
-
- 31
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- L’est lui qui le premier a employé le décor que Ton nomme Gr. ni. le frotté d'or.
- «z Cl 25
- Ce décor si chaud, qui donne aux figures un attrait des plus
- grands, s’emploie en frottant d’or les parties saillantes des draperies que Ton veut mettre en lumière.
- Ses nouvelles patines d’un ton rouge brique et brun, nuance modèle, obtenues par des procédés spéciaux, nous ont paru du plus heureux effet.
- Diverses pièces patinées suivant ces procédés nouveaux nous ont été présentées dans sa merveilleuse exposition du Champ de Mars.
- Il est temps de noter, sans faire Téloge de chaque œuvre et de chaque artiste, les principales pièces exposées. Nous commencerons parle Chanteur Florentin, de M. Paul Dubois; la Jeanne d’Arc, de M. Chapu; le Gloria victis et le David vainqueur de Goliath, de M. Mercié, et le Louis XIII, d’après Rude (une des merveilles de la sculpture moderne); Y Amazone vaincue et la Pandore, de M. Ai-zelin, et puis encore les splendides figures qui doivent orner le tombeau du général Lamoricière.
- La Chantéet le Courage militaire, par M. Paul Dubois; la Clo-tdde de Surville, de M. Gautherin, figure pleine de sentiment et de grâce; nombre de statues antiques parmi lesquelles figurent en première ligne Y Auguste, grandeur nature, avec décor frotté d’or, le Grand Esclave de Michel-Ange, etc. etc.
- Il nous faudrait un volume tout entier si nous voulions énumérer toutes les pièces exposées par M. Barbedienne, mais nous 11e pouvons passer sans rappeler tous ces beaux vases, lampes ou lampadaires, coupes et cratères, jardinières et petits vases aux formes si variées et si pures sortant du ciseau de M. Levillain, un grec moderne qui a su porter cet art au plus haut degré de perfection. Quelques pièces d’ameublement aux lignes si châtiées, petits objets d’étagères ciselés comme les bijoux les plus fins. Des émaux cloisonnés dans des diamètres inconnus en France jusqu’à cette époque, dont le dessin et le coloris font rêver les Japonais.
- Nous voyons aussi dans cette magnifique exposition des émaux genre Limoges du coloris le plus riche et qui sont dus au pinceau
- p.31 - vue 35/56
-
-
-
- 32
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- de M. Serre, l’habile émailleur attaché tout spécialement à l'atelier de M. Barhedicnne.
- Nous avons conservé pour la fin quelques mots à dire de YHorloge monumentale qui est le chef-d’œuvre de ce grand industriel et la pièce capitale de sa splendide exposition.
- Le style choisi est celui de la Renaissance, époque de François 1er, et l’artiste a pu nous montrer toute la grâce et toute l’élégance de ce style charmant.
- M. Constant Sévin, l’habile artiste qui a conçu cette grande œuvre, s’est réellement surpassé, et il a mis au jour tous les progrès réalisés depuis ces dernières années par les collaborateurs si éminents de l’atelier Barhedicnne.
- En étudiant avec attention l’architecture de ce petit monument et l’harmonie de ses lignes heureuses, on reconnaîtra que tout ce que l’art le plus fin et le plus charmant peut rêver a été distribué dans l’ensemble de cette œuvre si remarquable.
- La silhouette générale de cette horloge rappelle volontiers ces jolies églises du xvE siècle dont la Normandie nous offre de si beaux spécimens.
- La composition de cette œuvre remarquable comprend un certain nombre de figures qui sont dues à MM. Eudes et Noël, deux artistes d’un talent reconnu.
- Ces figures ont été créées d’une grandeur double de celle de l’exécution, voulant obtenir ainsi un travail de sculpture plus parfait et une justesse plus grande dans l’étude du nu. M. Barbe-dienne s’est alors servi de sa machine Collas pour réduire ces figures à la grandeur dont il avait besoin.
- Ces figures sont Apollon, Diane, l’Aurore, le Crépuscule, le Réveil représenté par un guerrier qui sonne une fanfare.
- La dernière nous montre un laboureur qui représente le travail et qui vient à l’heure de midi s’incliner devant l’astre du jour.
- Toutes ces figures sont d’un modelé charmant et représentent au plus haut point l’art décoratif.
- Nombre de figures d’enfants trouvent encore place dans ce monument et couronnent l’édifice et les cartouches où sont représentées les armes de la ville de Paris.
- p.32 - vue 36/56
-
-
-
- 33
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- L’artiste a su trouver à placer de la façon la plus heureuse six Gr. m. peintures sur émail représentant diverses phases de la vie de Diane et d’Apollon. C1‘ 25‘
- Ces ravissantes peintures sont dues au pinceau de l’habile peintre sur émail que nous avons déjà nommé, M. Serre.
- Quant à l’exécution de cette magnifique pièce, elle est à la hauteur de la conception de l’œuvre, et le mode de ciselure dont nous avons déjà parlé plus haut a été employé pour le fini de cette pièce. Avec ce mode de ciselure, on a conservé le modelé de l’artiste sans le remplacer par la sécheresse de l’outil.
- Comme décor, l\I. Barbedienne a fait donner à son monument une teinte de vieil or très adoucie qui a donné à tout l’ensemble de l’œuvre une homogénéité parfaite.
- Après l’examen d’un ensemble d’œuvres aussi remarquables, le jury réuni delà classe 25 a décerné à l’unanimité le Grand Prix à M. Barbedienne.
- Diplôme d’honneur équivalant à une grande médaille.
- L’industrie de la fonte de fer est une de celles qui sont le mieux représentées à l’Exposition universelle, non par la quantité d’exposants, qui est au contraire très restreinte, mais par l’importance des maisons qui se sont présentées à ce grand concours, et la Société du Val-d’Osney contribue pour une large part.
- Celle Société expose dans deux classes : dans la classe A3 d’abord, où elle expose une collection de modèles en fonte cuivrée, et des figures et vases en bronze dans la classe 2 5.
- Les spécimens de cette grande usine se trouvent partout, dans les parcs, les jardins et au Trocadéro.
- Nous citerons d’abord deux fontaines monumentales dans le parc, puis deux rangées de statues et groupes d’animaux dans l’avenue reliant l’entrée de l’Exposition du pont de l’Alma au Champ de Mars entre les pavillons de l’Agriculture.
- De plus, un grand nombre de statues ornent le jardin à la française qui est situé devant le palais de l’Exposition.
- Nous avons encore remarqué deux Chevaux et deux Taureaux Classe a5.
- 3
- p.33 - vue 37/56
-
-
-
- 34
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- qui ornaient, sur l’esplanade des Invalides, l’entrée de l’exposition chevaline.
- Les grandes gerbes d’où s’échappent les jets d’eau dans les bassins du Trocadéro sont aussi sorties de la même usine.
- Dans un pavillon que la Société du Val-d’Osne a fait construire à ses frais, dans le parc, elle a réuni une grand quantité de statues, groupes de figures, groupes d’animaux, vases de tous genres, lesquels placés là comme spécimens de sa belle fabrication (environ 200 modèles), nous donnent une idée de la richesse de sa production.
- La Société du Val-d’Osne nous présente aujourd’hui un grand nombre de pièces de fonte, cuivrées par un nouveau procédé breveté au nom de MM. Gaudouin, Mignon et Rouart.
- Ce procédé réalise aujourd’hui l’adhérence parfaite des deux métaux, fonte de fer et cuivre.
- Parmi les pièces principales cuivrées, nous citerons dans le parc : une Fontaine, Venus à la coquille, les deux Taureaux du jardin, les deux grands Vases et les Cerfs et Biches du pavillon de l’Exposition.
- Les merveilleux résultats obtenus par le cuivrage sur fonte nous portent à croire que ce genre de fabrication remplacera la fonte peinte des diverses couleurs de bronze, soit couleur verte, soit brune dite patine, pour la décoration des avenues, des parcs, des jardins particuliers.
- La Société du Val-d’Osne, dont les modèles s’élèvent à un chiffre considérable, est aujourd’hui une des plus importantes usines de l’Europe dans ce genre de fabrication.
- Médailles d’or.
- Nous devons parler aussi des titulaires des médailles d’or, car les efforts réalisés ont été considérables et il est de notre devoir de citer les maisons qui se sont le plus signalées.
- A la tête des industriels les plus distingués nous devons placer M. de Marnybac, qui a nn quelques années une fabrique de premier ordre.
- p.34 - vue 38/56
-
-
-
- 35
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- Nous devons citer parmi les pièces qui composent sa belle expo- Gr. III, silion une Horloge, baromètre et thermomètre, style Louis XVI, 2g genre Delafosse, d’une hauteur de am,55.
- Cette horloge en forme de gaine, en marbre bleu turquin, supporte un vase marbre griotte avec bandeau tournant portant les heures; deux enfants en marbre blanc assis sur des frontons parallèles désignent l’heure en se jouant ; un aigle les ailes déployées occupe une partie des frontons; il tient dans ses serres des foudres et les anneaux d’un médaillon contenant un baromètre; un grand lambrequin descend sur le devant de la gaine, de grandes guirlandes de fleurs et fruits partant du médaillon viennent s’accrocher au-dessous de l’entablement; des cornets contenant des épis et des fleurs viennent orner les angles de la gaine.
- Cette pièce d’un goût très fin est décorée d’une façon charmante et toute nouvelle par des ors éteints de différentes nuances et des fonds argent oxydé.
- Une seconde pièce, qui est aussi cl’un grand caractère, est un grand candélabre-torchère style Louis XIV, genre Bérain, d’une hauteur de 3m,5o.
- Un bouquet de quatre lampes s’échappant d’un vase de forme antique est supporté par un balustre ventru à pans creusés, dans lesquels se trouvent des figures en haut-relief représentant les quatre Eléments.
- Sur la première ligne d’architecture, des satyres supportent l’avant-corps de l’entablement du piédestal terminé par des dauphins allongés sur la base; quatre sphynx à tête de négresse supportent des consoles reliées entre elles et qui font corps avec la carapace dont sont revêtus les sphynx. Ils servent de support à l’ensemble du monument.
- Cette pièce remarquable, traitée d’une façon magistrale et dans le plus pur style Louis XIV, fait le plus grand honneur à son auteur.
- Le décor bronze fumé avec des frottés d’or sur les hauteurs est des mieux réussis.
- Une autre pièce aussi très réussie est le candélabre-jardinière style Louis XIII d’une hauteur de 3m,3o.
- 3
- p.35 - vue 39/56
-
-
-
- 36
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Une figure de négresse grandeur nature, sculptée en marbre noir et revêtue d’ornements en bronze, porte sur sa tête un vase en marbre griotte duquel s’élance un bouquet de lumières à six branches avec globes.
- La figure est supportée par un piédestal en marbre griotte composé de trois griffons intercalés entre trois vasques destinées à recevoir des plantes et des fleurs.
- Les griffons sont sculptés dans le marbre; les ailes seules sont en bronze.
- Le décor de ce candélabre est en or vieilli.
- Ces trois grandes pièces tout à fait spéciales à la grande décoration , ainsi que plusieurs montures telles que celles des deux grands vases chinois émail cloisonné, d’un style pur et d’un décor parfait, et une tahle du même style, sont dues pour la composition à M. Piat, le sculpteur de talent et de grande imagination dont nous avons déjà parlé.
- M. de Marnyhac présente encore dans sa belle exposition des figures et des bustes marbre blanc de MM. Clésinger, Aizelin, Falguière, etc., bon nombre de figures et bustes bronze, parmi lesquels nous citerons: la Tête de Christ de M. Clésinger; une jolie pendule Louis XVI avec figures de femmes, marbre blanc, accompagnées par des cassolettes marbre blanc; tous les bronzes de cette garniture sont dorés mat au feu.
- Cet ensemble de M. E. Carlier, sculpteur attaché à la maison, rappelle les plus beaux spécimens de l’époque Louis XVI.
- Il serait trop long d’énumérer tous les vases, coupes et objets d’étagère présentés dans cette exposition.
- Nous devons constater que tous ces bronzes sont ciselés avec le plus grand soin et de la façon la plus large.
- Le jury a reconnu le1 mérite incontestable de cet exposant en le plaçant à la tête des médailles d’or.
- Parmi les fabricants qui ont fait les plus grands et les plus louables efforts, nous citerons MVI. Perrot et fils.
- Ces industriels, tout en continuant leur fabrication dite do petits bronzes, nous offrent aujourd’hui des objets de décoration.
- p.36 - vue 40/56
-
-
-
- 37
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- Tout d’abord nous parlerons de leur régulateur style Louis XVI, genre Gouthière.
- Sur une console dont rentablement est supporté par des cariatides, femmes ailées, s’élève une cage à glace biseautée renfermant l’horloge et son pendule.
- La corniche est surmontée d’un dôme carré sur lequel se trouve un vase terminant le meuble.
- Au-dessous de l’entablement, un aigle aux ailes déployées tient dans ses serres un anneau supportant le cadran de l’horloge.
- Passant sur le cou de l’aigle des guirlandes de chêne et de fleurs viennent se rattacher et entourer la cage.
- Sur les angles de cette cage se trouvent deux bras à trois lumières dont les branches sont soutenues par des enfants-gaines.
- Ce joli meuble est partie bronze et partie bois d’amarante et de violette. L’exécution en est des plus soignées. La ciselure en est très fine et faite tout à fait dans le style de l’époque.
- La monture, qui est remplie de difficultés dans une pièce de ce genre, est exécutée d’une façon remarquable.
- Toutes les parties bronze sont dorées mat au mercure. Celte pièce ne mesure pas moins de 3m,3o d’élévation.
- Une Jardinière Louis XIV, genre Bérain, attire aussi notre attention.
- Sa forme est un parallélogramme composé d’entrelacs et de bandes ajourées avec têtes de femmes. Elle est supportée par quatre pieds formant rinceaux convergeant vers le centre.
- Cette pièce est en cuivre jaune poli.
- Ces deux pièces, ainsi que beaucoup d’autres, telles que miroirs pour toilettes, garnitures de bureau, parmi lesquelles nous en citerons tout spécialement une, style Régence, qui peut tromper l’œil de l’amateur le plus exercé, petits coffrets, etc., sont dues à la collaboration de M. Piat.
- La seconde pièce de cette exposition intéressante est une Table-loilcttc style Renaissance, bois d’ébène et bronzes.
- Un miroir mobile à pans et fronton finement découpé, entre deux montants supportant des lumières et accostés de deux enfants ailés, repose sur une base en bois dans laquelle s’ajustent
- Gr. m. Cl. 25.
- p.37 - vue 41/56
-
-
-
- 38
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- trois petites coupes à usage journalier. Cet ensemble repose sur le dessus d’une table dont les balustres ou pieds carrés dans la plus grande partie de leur longueur se terminent haut et bas par des parties rondes.
- Les balustres carrés sont en ébène incrusté d’argent.
- Le bandeau de la table contient deux tiroirs dont le devant est revêtu de plaques de bronze à ornements finement ajourés.
- L’entretoise en bois d’ébène supporte des chimères soutenant des écussons; le milieu est orné d’un vase.
- Le plateau de la table est incrusté de fines marqueteries en ivoire gravé, accompagné de filets en métal de diverses couleurs.
- Le décor des parties bronze est en or vieilli, qui donne à ce joli meuble l’aspect tranquille qui convient si bien au style Renaissance.
- Cette charmante création est due à la collaboration des frères Robert, dont nous avons eu à citer le nom fréquemment dans le cours de ce rapport.
- MM. Lemerle-Charpentier et C10 apportent cette année une œuvre remarquable due au ciseau de l’infatigable M. Piat.
- Cette œuvre est une horloge de plus de 3 mètres de haut, style Louis XVI, genre Delafosse, d’une composition tout à fait nouvelle et charmante dans son originalité.
- Montée sur le soubassement d’une gaine, une jeune fille, grandeur nature, vient y déposer une lyre. Cette lyre est ornée d’un médaillon contenant le cadran de la pendule attaché aux cordes de la lyre.
- Une guirlande de roses s’échappe sur le côté.
- L’entablement est soutenu par deux têtes de bélier enguirlandées de lauriers. Sur l’avant-corps une peau de chevreau est retenue sous le pied de la jeune fille.
- Un porte-lampes triangulaire et d’une grande simplicité accompagne cette pièce.
- Le tout est décoré en or moulu. La figure seule est en argent oxydé.
- L’exécution en est bonne et bien comprise.
- p.38 - vue 42/56
-
-
-
- 39
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- Nombre de garnitures de cheminée, torchères, vases, etc. Gr. in.
- forment un ensemble des plus satisfaisants.
- 1 Cl. 25.
- M. Houdebine, quoique n’exposant pas de pièces de l’importance de celles que nous venons de citer, n’en tient pas moins une place des plus honorables parmi les fabricants chercheurs qui ne se font pas une loi de reproduire les objets du temps passé dans leur plus scrupuleuse exactitude, et nous l’en félicitons.
- Parmi les nombreuses pièces présentées par cet industriel, nous citerons un beau vase Renaissance modelé par les frères Robert, et supportant un bouquet de lumières.
- Posés sur des gaines, bois, faïence et bronze, ces vases feront le plus bel effet dans l’angle d’un salon.
- Deux cariatides femmes torchères, portant des jardinières et des bouquets de lumières, sont dues au ciseau de M. Dumaige. Ces figures sont décorées bronze patine et or vieilli, d’un très bon effet.
- M. Joindy a composé pour M. Houdebine une jolie garniture Louis XVI, pendule et candélabres dont les figures sont modelées par M. Auguste Moreau.
- Cette garniture, exécutée marbre blanc et or mat, est d’un bel effet décoratif.
- Nous ne pouvons citer toutes les pièces de cette exposition; mais nous faisons une mention spéciale pour deux figures composées et modelées par M. Picault : Bcllum et Pax.
- La figure d’homme surtout est d’un grand caractère, et l’artiste a su lui donner une pose pleine de dignité.
- Nous félicitons M. Picault de cette composition.
- Toutes les pièces de cette exposition sont exécutées avec le plus grand soin et nous montrent un des industriels possédant le mieux son métier.
- Dans l’industrie du zinc d’art nous devons citer la maison Blot et Drouard.
- Ces fabricants se sont emparés de la haute fantaisie de cette branche d’industrie et sont arrivés aux dernières limites du progrès à réaliser.
- p.39 - vue 43/56
-
-
-
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- 40
- Le soin apporté clans l’exécution des creux leur permet une fabrication des plus soignées, et les modèles, quelque dilïicul-tueux qu’ils soient, ne sont pas un obstacle à la bonne réussite de leurs œuvres.
- Leur exposition de cette année était remarquable en tous points.
- Nous nommerons parmi les pièces exposées :
- Une figure (iù'anca), par Chédeville;
- Un groupe (Chasseur albanais) et deux figures d’accompagnement, par Guillemin, d’une grande allure et d’une exécution difficile et irréprochable ;
- Deux statuettes (Indienne et Egyptienne} dont les types sont d’une exactitude scrupuleuse;
- Un groupe (Mercure et Pandore), par M. Dumaige,le statuaire dont le talent si répandu dans la fabrique de bronzes a contribué à l’essor de cette industrie;
- Une figure (Hébé) du même sculpteur;
- Des cartels-pendule et baromètre, par les frères Robert.
- Enfin comme fantaisies, MM. Blot et Drouard nous montrent une belle jardinière japonaise avec vases d’accompagnement d’une finesse excessive de détails et quantité de vases, coupes, buires, bustes, etc. qui ne dépareraient pas l’exposition du meilleur bronzier.
- Ces industriels sont accoutumés au succès et le jury leur a décerné une médaille d’or pour l’ensemble de leurs produits.
- L’exposition de M. Dasson appelle l’attention du jury par le grand air de son ensemble.
- Notre avis, qui est celui que nous avons entendu émettre Lien souvent, est que M. Dasson eût été mieux à sa place dans la classe 17, où il aurait eu à lutter directement avec ses pairs, MM. Fourdinois, Grohé, Beurdeley fils, etc. Car dans les belles pièces qu’il nous soumet, le rôle du bois le dispute avec trop d’avantage au rôle du bronze.
- M. Dasson emprunte la plus grande partie de ses productions au xviiic siècle, à commencer par la copie du remarquable bureau
- p.40 - vue 44/56
-
-
-
- 41
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- du Louvre, dont il a rendu les beaux bronzes et les figures de Gr. m Caflîéri avec toute la souplesse et le gras du modelé de l’original.
- Ces bronzes n’ont pas été surmoulés, mais bien copiés et modelés avec la plus scrupuleuse exactitude.
- Une jolie table Louis XVI, dont le dessus est une plaque de jaspe fleuri entourée de bandes de jaspe rose et supportée par des |lieds-cariatides à têtes de femmes.
- Le bandeau est incrusté de bandes ajourées, laissant paraître des plaques de lapis.
- Ces bronzes sont traités cl’une façon précieuse et dans le goût de l’époque; ils sont dorés mat au feu.
- Aussi dans le même style :
- Le joli bureau à cylindre, à plaque de laques d’or, dont les petites parties bronze sont d’un charmant fini;
- Une jolie pendule à trois figures de femmes dans le style de Clodion portant une sphère sur le cercle de laquelle sont gravées les heures.
- Dans les compositions nouvelles nous devons citer une belle cheminée Louis XVI, dont deux enfants en marbre blanc ornent les chambranles.
- Des frises en bronze doré et des moulures ornent le bandeau.
- Parmi les objets de fantaisie nous avons remarqué des montures de vases porphyre et des bouquets de lumières des mieux réussis.
- Quelques petits candélabres et flambeaux de style complètent ce remarquable ensemble.
- La Compagnie anonyme des bronzes de Bruxelles a fait cette année une exposition très importante et se présente avec les progrès réalisés depuis 1867.
- L’ensemble de celte exposition est très complet, car nous y trouvons depuis la garniture de cheminée, la cheminée elle-même, les groupes, vases, coupes, jardinières, etc., concourant à l’ameublement, jusqu’aux lustres, suspensions pour salle à manger, et bras d’éclairage d’intérieur et monuments publics.
- Nous avons remarqué une jolie garniture, pendule et candélabres style Renaissance flamande, genre Vredeman-Devriès, repo-
- p.41 - vue 45/56
-
-
-
- 42
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. m. sont sur une cheminée monumentale du même style dont l’architecture bien entendue est ornée de bronzes bien traités et patinés
- Cl. 25. . 1
- vieil or.
- Nous sommes heureux de signaler cette tentative d’un style nouveau chez nous, et qui repose nos yeux continuellement habitués aux styles Louis XIV, Louis XV et Louis XVI.
- Un grand groupe de Carrier-Belleusc (l'Innocence et les Amours), fort bien traité, appelle notre attention.
- Nombre de garnitures de cheminée de bon goût, telles que:
- La garniture Amour et Hymen, style Louis XVI, bronze fumé et doré;
- Une garniture à glace, même style;
- Une garniture (le Temps) style Renaissance, décor bronze frotté or, etc. etc. ;
- Un buste de Dorme, par M. L. Harzé, sculpteur belge, décoré or et argent, plein de vie et de gaieté;
- Une série de lustres de divers styles, bien compris comme luminaire ;
- Un beau bras à trois lumières dont les enroulements se rattachent à l’architecture du monument, cl’un grand air.
- Il ne nous est pas possible de passer en revue tous les objets exposés dans cette intéressante exposition ; mais nous tenions à signaler les progrès obtenus dans la fabrication depuis la dernière Exposition internationale et aussi une grande amélioration dans le choix des modèles.
- M. Baudrit, constructeur en fer, offre au jury une remarquable exposition de merveilleux objets de serrurerie artistique qui peuvent rivaliser avec les chefs-d’œuvre des maîtres.
- Toutes les pièces exposées sont parfaites dans leur ensemble, non seulement par leur exécution hors ligne, mais encore dans leur conception.
- Nous citerons, parmi toutes ces jolies pièces, un panneau rectangulaire qui est composé de parties forgées et parties repoussées au marteau.
- Ce panneau, d’une exécution précieuse, est martelé grassement
- p.42 - vue 46/56
-
-
-
- 43
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- on conservant les méplats ainsi que savaient le faire les artistes du Gr. ni. Moyen âoe et de la Renaissance.
- J . Cl. 25.
- Perfection dans la forge et l’ajustement, cette belle pièce dénote une grande habileté dans toutes les parties de l’art du serrurier.
- Un fragment de la belle rampe en fer forgé est exécuté pour l’hôtel Cail.
- Un autre fragment très remarquable est le pilastre de rampe à griffons en tôle repoussée au marteau qui sont comme emprisonnés dans les ornements de sa naissance.
- Pour nous initier à toutes les difficultés vaincues, M. Baudrit nous montre des lanternes élégantes, des chiffres enlacés, des brindilles forgées avec le plus grand art, des rosaces, des fleurs et quantité d’objets rentrant dans la catégorie du mobilier.
- La place ne nous permet pas de décrire toutes les œuvres hors ligne de cette belle exposition dont toutes les pièces présentées ont été exécutées sur les dessins de M. Baudrit.
- Nommons aussi M. Lemaire, qui expose de jolies garnitures Renaissance et Louis XIV bien étudiées et bien établies, de jolis groupes de M. Carrier-Belleuse et deux belles statuettes, l’une représentant la reine Elisabeth, et l’autre Marie Stuart, d’un joli travail de ciselure. Ces deux figures décorées au vieil argent, font le plus grand honneur à leur créateur, M. Mathurin Moreau.
- M. Lemaire expose aussi des lustres de mêmes styles que ses garnitures de cheminée et des objets détachés formant un ensemble de pièces d’ameublement.
- M. E. Royer s’est fait une spécialité du style Louis XVI et expose une série de ses garnitures si bien comprises et traitées de main de maître.
- 11 présente aussi des spécimens de pièces Louis XIV d’un grand caractère et ayant bien l’ampleur de ce style si large et si décoratif.
- Nous appuyons tout spécialement sur le fini de toutes les pièces présentées par cet exposant dont le travail bien entendu rappelle la belle époque.
- p.43 - vue 47/56
-
-
-
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- hh
- Gr. m. Avec quelques jolis lustres, M. Royer expose aussi quelques Cl~25 8rouPes* <IUC 1& Saltarella, de M. Mathurin Moreau, groupe à deux figures d’un mouvement plein d’entrain; et le Jason, de M. Alfred Boucher ( 20 prix de Rome de l’année 1877).
- Nous félicitons M. Royer de cette bonne acquisition.
- Un fabricant de zinc d’art qui mérite une mention est M. J. Lefèvre, qui apporte dans l’exécution de ses produits un soin tout particulier.
- Nous avons remarqué dans son exposition de charmantes garnitures de cheminée Louis XVI d’une grande finesse de détails et d’un goût très épuré.
- Quelques jolis groupes et statuettes complètent un ensemble très réussi.
- M. J. Lefèvre ne craint pas de s’adresser aux meilleurs artistes et il compte parmi ses productions des œuvres de MM. Piat, Mathurin Moreau, etc. etc.
- M. Jul es Graux, qui s’occupe de la décoration des appartements pour les bronzes, présente cette année une exposition très complète de ses multiples productions et nous constatons un grand progrès dans la fabrication de cet industriel.
- Sans donner une trop grande recherche de fini à ses productions, M. Jules Graux sait imprimer un cachet très décoratif à ses œuvres.
- Il nous montre :
- De très bonnes garnitures Louis XIII et Louis XIV en cuivre poli;
- Une fort belle garniture Louis XVI, vrai style, à glace, dorée or mat et ors de couleurs, très bien réussie.
- Une figure (Marguerite), deM. Boisseau, grandeur nature, décorée vieil argent, d’une bonne exécution.
- Un buste (la première Fleur), de M. Carrier-Belleuse, décoré au bronze gras, d’une ciselure soignée.
- Enfin des lustres, des torchères pour salons et vestibules complètent un ensemble qui a été très remarqué.
- p.44 - vue 48/56
-
-
-
- 45
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- MM. Boyer frères présentent à l’appréciation du jury des pièces Gr. ni. d’une fabrication très soignée. Nommons en première ligne :
- Un fort joli buste (FOiseau bleu), par M. Emile Hébert, très gracieuse figure de femme, d’un modelé charmant et d’une ciselure grasse et bien comprise;
- Deux grands groupes de M. Grégoire, sur piédestaux;
- Des garnitures de cheminée bien étudiées;
- Un fort beau trépied avec vase en marbre et bronze.
- Chacun de ces objets a une valeur réelle.
- L’exposition de M. G.-J. Lévy présente un choix des plus variés de bronzes d’ameublement.
- Les styles Louis XIII, Louis XIV et Louis XVI y sont représentés par des ensembles formant garnitures de cheminée : de beaux vases bronze, des groupes et des figures décoratives, des jardinières de divers styles.
- Nous mentionnerons spécialement une grande torchère style Renaissance. Au milieu se trouve placé un buste d'Ariane en marbre blanc supportant un chapiteau servant de base à un bouquet de seize lumières avec une lampe au milieu. Le buste est supporté par une gaine marbre et bronze qui repose sur une embase de marbre garnie de moulures et de patins décorés d’or et bronze de différentes couleurs.
- Cetle pièce hardie dans sa composition et d’une exécution très soignée, est due au talent de MM. Robert frères, les sculpteurs dont nous avons eu à citer si souvent le nom dans le cours de ce travail.
- L’ensemble de cette exposition témoigne des efforts constants vers le progrès et le bon goût.
- La garniture de foyer est un article tout spécial, et nous avons trouvé cette année une grande amélioration dans le goût et le choix des modèles.
- M. Morisot a fait une remarquable exposition dans laquelle nous avons trouvé des pièces du plus grand mérite et dans lesquelles l’étude des styles ne le cède en rien aux garnitures de cheminée présentées par les fabricants cités plus haut.
- p.45 - vue 49/56
-
-
-
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- 46
- Toute cette exposition est due à la collaboration de M. Fiat, l’habile sculpteur si souvent nommé.
- Les pièces de cette exposition remarquable à tous les points de vue sont traitées d’une façon artistique et dans la donnée du style quelles représentent.
- MM. Bouhon et C‘% dans le même genre de fabrication, offrent une grande variété de chencls Louis XIV et Louis XVI et des feux en fer forgé (style Louis XIII) d’une jolie conception et de dessins originaux.
- PAYS ÉTRANGERS.
- Médailles d’or.
- Parmi les exposants étrangers qui ont remporté la médaille d’or, nommons, en Autriche, MM. Rôhlich et Pônninger, T urbain (Cari), pour leurs belles figures en bronze;
- MM. Mildé et Ludwig-Wilhelm pour leurs grilles, portes et autres pièces en fer forgé, d’une belle exécution;
- M. Waagner, pour sa belle grille et son grand candélabre en fonte de fer; M. Ludwig Bôhn, pour ses bronzes fantaisie et garnitures de bureau.
- Au Japon, les trois fabricants dont les produits ont mérité cette distinction sont : MM. Saïto, Marounaka et Kosho-Kaïsha, pour leurs bronzes niellés et inscrustés de métaux précieux, d’émaux, etc., de l’exécution la plus parfaite;
- En Espagne, M. Zuloaga, pour ses beaux produits en fer damasquiné et incrusté d’or.
- Nous manifestons notre sincère regret de n’avoir pas vu figurer à la grande Exposition de 1878 l’œuvre capitale de M. Zuloaga, le tombeau du maréchal Prim, qui aurait été, sans contredit, une des pièces les plus marquées de ce concours.
- M. Ibarzabal a obtenu la même récompense dans la même spécialité.
- En Belgique, la Compagnie anonyme des bronzes de Bruxelles
- p.46 - vue 50/56
-
-
-
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC. kl
- a obtenu aussi la médaille d’or pour l’ensemble varié-de ses pro- Gr. in. ductions.
- En Russie, M. Meltzer. C1’ 25'
- Rappels de médailles d’or.
- Parmi les rappels de médailles d’or, nous citerons en premier M. Denière, qui, soutenant sa vieille réputation si bien établie, nous montre des spécimens des genres Louis XIV et Louis XVI pris à la bonne source.
- M. Denière expose des cheminées marbre blanc, garnies de bronzes dorés et supportant une pendule et ses candélabres, le tout style Louis XVI. La glace même et les bras qui accompagnent le tout forment un ensemble des mieux réussis. Une grande psyché à trois glaces, même style. Des garnitures de pendules et de candélabres, style Louis XIV, dont les ors adoucis et ternis rappellent bien les pièces de l’époque sur lesquelles le temps a étendu sa patine.
- Des groupes et des figures en bronze de différents styles.
- Un spécimen de la cheminée Louis XIV, marbre et bronze, dont le modèle a été exécuté pour la Banque de France.
- Nous devons une mention toute spéciale pour un modèle de rampe, bronze doré mat et fer forgé, dont la composition et la sculpture sont dus à M. Ducrot, jeune sculpteur de talent, et qui lui fait le plus grand honneur.
- Cette rampe, dont l’ossature est en fer forgé et limé, reçoit des applications de parties bronze dorées mat. L’exécution de cette rampe dans toutes ses parties est des plus soignées et nous montre un des plus beaux spécimens de ce genre de fabrication.
- La place nous manque pour énumérer en détail toutes les pièces de cette belle exposition.
- Dans les métaux repoussés, MM. Monduit, Gaget, Gauthier et C,c soumettent au jury des produits très remarquables.
- L’espace restreint occupé par ces messieurs dans l’Exposition ne' leur a pas permis d’exposer une assez grande quantité de
- p.47 - vue 51/56
-
-
-
- 48
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. ni. pièces; mais le jury a pu constater les merveilleux résultats obtenus dans leurs repoussés en plomb et en cuivre.
- Ci, 25. * 1
- La pièce capitale de leur exposition dans le parc était la statue colossale de la République, par M. Bartholdi. Cette œuvre est sans contredit une des plus grandes pièces qui aient été reproduites au marteau. L’exécution en est remarquable et d’une £idélité parfaite.
- Cette figure de la Liberté est destinée à la ville de Ncw-Nork.
- MM. Lerolle frères se sont créé depuis quelques années une spécialité de bronzes polis.
- Ce sont eux qui ont remis ce genre à la mode; malheureusement, tous les fabricants ne le traitent pas avec le même bonheur.
- MM. Lerolle possèdent un choix considérable de modèles des styles Renaissance, Louis XIII et Louis XIV qui se prêtent merveilleusement à ce genre de décor. Ils savent donner à leur bronze le ton voulu, et des objets fabriqués par eux sont confondus en peu de temps avec des pièces anciennes.
- Nous avons remarqué de fort beaux lustres Louis XIV d’un grand style et des plus décoratifs, des garnitures de cheminée, pendules et candélabres qui semblent sortis du musée de Cluny, des objets d’étagères et de bureaux tels que : encriers, buvards, sonnettes, coupes, etc.
- Aussi deux figures d’Indiennes, grandeur nature, portant des vases formant lampes, d’un décor polychrome d’une grande vérité. Ces figures sont dues au ciseau de M. Cordier, le sculpteur si connu des types orientaux.
- MM. Lacarrière frères, Delatour et C'° avaient fait encore cette année une fort belle exposition.
- Parmi les appareils d’éclairage à gaz de tous styles, nous avons constaté les progrès réalisés tant comme exécution que dans le choix et le bon goût des modèles.
- Nous devons citer un fort beau vase marbre, style Louis XIV, avec sa garniture de bronze et son bouquet de lumière doré au vieux et exécuté clans l’atelier de sculpture de la maison.
- p.48 - vue 52/56
-
-
-
- 49
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- De nombreuses montures de vases et lampes, style japonais, des lustres, des suspensions de salle à manger, des bras, etc., formant un ensemble très réussi.
- Nous devons constater ici que la maison Lacarrière frères, Dela-tour et C,c a fait une grande partie de l’éclairage du nouvel Opéra.
- Nous citerons parmi les pièces exécutées pour ce monument :
- Les candélabres du grand escalier, les bouquets pour les groupes de Carrier, les candélabres du grand vestibule, les bras et lanternes des deux vestibules des billets;
- Les candélabres du bassin sous le grand escalier;
- Les candélabres de la façade pour les affiches;
- Les socles de ces candélabres, qui mesurent 2 mètres de diamètre, ont été tournés dans les ateliers de la maison.
- La pièce la plus importante sans contredit de ce grand travail est le grand lustre, qui porte 4"’,5o de hauteur sur ùm,70 de diamètre.
- Son poids est de 6,700 kilogrammes, et il est doré à la pile.
- 11 se compose de 8 rangs de lumières qui sont au nombre de 666, plus 8 becs à réflecteurs à l’intérieur.
- Les difficultés à vaincre dans un lustre de cette importance étaient sans nombre; mais la plus grande était dans la monture des bandeaux, qui ont été exécutés par fractions dont quelques-unes pesaient 80 kilogrammes.
- Ces travaux exceptionnels ont été exécutés d’une façon remarquable par cette grande maison, et le plus bel éloge que l’on en puisse faire se trouve dans l’ouvrage de M. Garnier sur l’Opéra, qui a remercié tout particulièrement MM. Lacarrière frères, De-latour et C10 de la façon dont leurs travaux ont été exécutés.
- M. Cornu nous montre sa brillante exposition où le scintillant des émaux le dispute à l’éclat de l’onyx.
- Très décoratives ces pièces. Nous mentionnerons une jolie cheminée en pierre avec quelques appliques de marbre de différents tons et parties bronze, des vases à bouquets d’éclairage, des vasques pour coupes, des tables, des pendules, une grande fontaine marbre blanc, formant un ensemble des plus variés.
- Classe 25. k
- Gr. m Cl. 25
- p.49 - vue 53/56
-
-
-
- 50
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. in. L’ancienne maison Raingo frères présente une exposition de
- pièces d’ameublement qui donne bien la note de ses innombrables Cl. 25. 1 . ^
- productions.
- Une grande garniture de cheminée Louis XIV, marbre blanc et or mat, les Moissonneurs, dont les figures sont de M. Auguste Moreau, attire nos regards par son bel ensemble et son genre décoratif.
- Nombre de garnitures de tous styles, des groupes bronze, un grand buste Bellone-, aussi de M. Auguste Moreau; des trépieds, des vases et un choix de lustres des styles reproduits dans les garnitures de cheminées et formant avec elles des ensembles complets.
- Enfin, M. Gonon, le fondeur, chercheur infatigable, dont nous avons admiré le groupe de gladiateurs par M. Gérôme, fondu à cire perdue et pour ainsi dire d’un seul jet.
- Ce groupe est un des plus beaux spécimens de fonte présentés % à l’Exposition, tant parla réussite que par les difficultés vaincues dans une pièce de cette importance.
- On se rappelle que les figures de ce groupe sont de grandeur naturelle.
- Un des deux combattants est à terre, tandis que son vainqueur lui met le pied sur la poitrine en signe de triomphe.
- Cette œuvre sculpturale est très remarquable.
- SCULPTEURS COLLABORATEURS.
- Hors concours. M. Piat, membre du jury.'
- Il est de notre devoir, en terminant cette nomenclature, de citer ici les noms des éminents sculpteurs décorateurs qui ont contribué de tout leur talent à l’éclat de la classe 2 5.
- Parmi les collaborateurs de l’industrie des bronzes en général,
- p.50 - vue 54/56
-
-
-
- 51
- BRONZES D’ART, FONTES D’ART DIVERSES, ETC.
- nous devons citer M. Piat, dont le talent si fécond a fourni l’occasion à nombre de nos fabricants de montrer leur savoir dans l’interprétation de pièces capitales.
- Nous avons admiré les beaux spécimens Louis XVI, dont nous avons donné la description dans les expositions de MM. Perrot et fils, et Lemorle-Charpentier.
- Quant aux autres styles, il les traite avec le même bonheur; et l’exposition de M. Gagneau dans le luminaire et celle de M. Mo-risot dans la garniture de foyer nous montrent assez la variété du talent de cet artiste.
- Le zinc d’art présente aussi quelques pièces remarquables de M. Piat, qui a su assouplir son art aux exigences de cette fabrication.
- Tout le monde connaît les innombrables productions de M. Constant Sévin, dont nous avons admiré de nombreux spécimens dans l’exposition de M. Barbedienne.
- C’est à son talent que l’on doit la grande horloge, la pièce capitale de cette exposition, dont la composition si riche et si étudiée a mérité l’admiration de tous les amateurs d’objets d’art.
- Tous les styles sont familiers à ce grand artiste, car nous avons admiré des spécimens de tous styles : la Renaissance, le Louis XVI, le Persan, l’Indien même (ce style si curieux et si difficile à interpréter), le Byzantin, le Japonais, tous sont traités avec le même bonheur.
- Nous avons remarqué, parmi les objets de ces divers styles : des vases persans à émaux en relief sur fond d’or vieux d’une réussite complète ;
- Des poignards indiens et divers autres objets qui défient l’œil le plus exercé.
- Toute la partie décorative de cette maison est due à son crayon si souple et si fin :
- Montures de socles pour pendules, piédestaux, garnitures de vases; ensembles Louis XVI avec émaux cloisonnés ou champlevé de dessins les plus variés ; meubles renaissance en bois d’ébène avec applications de parties bronze rappelant la plus belle époque
- Gr. m Cl. 25
- p.51 - vue 55/56
-
-
-
- Gr. HL Cl. 25.
- 52 EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- de la Renaissance; enfin toute la partie ornementale qui joue un si grand rôle dans les productions de la maison Barbedienne.
- Cet ensemble de créations a valu à M. Constant Sévin la croix d’officier de la Légion d’Honneur.
- Les autres collaborateurs que nous avons à citer sont MM. Robert frères, dont les aptitudes se complètent les unes par les autres.
- Ces artistes distingués tiennent une place considérable dans la classe 25; et pour appuyer cette affirmation, nous dirons qu’il se trouve à l’Exposition de 1878 un nombre considérable de modèles dus à leur féconde imagination.
- Il n’y a pas d’objets qui n’aient été créés par eux : la garniture de cheminée, les vases, les torchères, les lustres, les jardinières, etc. etc., se retrouvent parmi les créations de tout genre citées plus haut.
- Ils sont les auteurs de la jolie table-toilette exposée par la maison Perrot et fils, dont nous avons donné la désignation.
- Parmi les pièces exposées, il s’en trouve qui relèvent du grand art et destinées à la décoration des appartements.
- Ce sont eux les auteurs du vase Age d’or, de style grec, de im,45 de hauteur, exposé par la maison G. Servant, dont les bas-reliefs et les feuilles de lierre et de houblon qui ornent les anses ont été modelés par M. E. Robert.
- Nous ne pouvons citer tous les talents multiples de la pléiade d’artistes qui prêtent leur concours à la fabrique de bronzes, car la place ne nous permet pas d’énumérer le talent de chacun.
- Mais nous tenons à citer leurs noms ici, ce sont : MM. Levillain, Dumaige, Picault, Moreau (Auguste), Moreau (Hippolyte), May (Hippolyte), Cheret, Ducrot, Joindy, Duponcbel, et M. Doussamy, qui prête son concours à la fonte de fer.
- G. Servant.
- p.52 - vue 56/56
-
-