Rapports du jury international
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- RAPPORT
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- LA BIMBELOTERIE.
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- MINISTERE DE L’AGRICULTURE ET DU COMMERCE.
- $°cciu. m. S*
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1878
- A PARIS.
- Groupe IV. — Classe â2.
- RAPPORT
- SUR
- LA BIMBELOTERIE,
- PAH
- M. ROSSOLLIN,
- COMMISSIONNAIRE.
- PARIS.
- IMPRIMERIE NATIONALE.
- M DCCC LXXX.
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- Groupe IV. — Classe k2.
- RAPPORT
- SUR
- LA BIMBELOTERIE.
- COMPOSITION DU JURY.
- MM. Rossolun , président, commissionnaire, membre des comités d’ad- ) mission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878. j
- Desseix, suppléant, ancien fabricant, membre du comité d’ad- ) mission à l’Exposition universelle de 1878..............j
- CHAPITRE PREMIER.
- § 1er. -- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LE JOUET.
- Parmi les nombreuses causes qui ont placé l’Exposition cle 1878 à un rang si élevé dans les annales du commerce et de l’industrie, il faut citer, à la suite des industries dont l’importance s’était affirmée depuis longtemps, d’autres branches plus modestes de la production, qui, par le développement quelles ont récemment atteint, ont ajouté à cet éclatant concours un intérêt aussi vif qu’inattendu pour la généralité du public.
- De ce nombre est l’industrie du jouet.
- Peu développée avant 1867, elle avait obtenu à cette époque et pour la première fois une place spéciale (classe 3 g), où furent admis vingt-deux exposants français.
- En 1878, leur nombre a été de i3â (classe Ù2), ce qui suffirait à démontrer l’extension que cette fabrication a prise dans la dernière période de dix années.
- Classe h 2.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. IV. Rien ne fut négligé par les industriels réunis dans cette classe Cl 42 Pour exc^er curiosité des visiteurs, attirer leur attention, provoquer en eux des sentiments de surprise et d’intérêt.
- Séduite par une disposition bien ordonnée, par la multiplicité des objets exposés, par leur élégance, leur coloris, leur fini, leur attrait d’originalité et de naturel, la foule devint bientôt si compacte que les tables de démonstration pour les jouets à mouvements durent être transportées dans la galerie du Travail.
- A la fin de l’Exposition, la classe des jouets, tant au point de vue de l’intérêt qu’y avait trouvé le public qu’à celui du succès d’attraction et de curiosité, n’avait rien à enviera sa brillante voisine, la classe de la bijouterie.
- Quelle légitime satisfaction pour les membres des comités qui mirent au service de cette exposition reiîiarquable leur expérience et leur temps, et qui purent constater à chaque instant, dans l’empressement et le plaisir manifestés par les visiteurs, les témoignages les plus incontestables du succès obtenu.
- Le cadre qui nous est réservé ne nous permet pas de faire l’historique du jouet en général. Nous dirons seulement que son origine remonte à la plus haute antiquité, et que son utilité pour le développement des facultés physiques et morales de l’enfance a été en tous temps reconnue et admise. Evidemment, le jouet a subi de nombreuses et importantes transformations; son caractère essentiel ayant toujours été la nouveauté, il se renouvela, s’améliora, s’entoura de tous les éléments de succès au fur et à mesure que les arts développèrent chez les peuples le goût du beau. La conséquence de ces progrès fut l’abandon successif de ces formes grotesques, ou tout au moins bizarres, données à des objets mal proportionnés, mal coloriés, comme l’étaient en majeure partie les jouets anciens.
- Ce qui frappe dans la composition des jouets modernes, c’est précisément la tendance très marquée à la reproduction exacte, aussi bien dans la forme que dans la couleur et dans l’expression, de tous les sujets pris pour modèles. Cette tendance ajoute au jouet le caractère instructif dont il fut longtemps et presque entièrement dépourvu; elle en fait un auxiliaire agréable de l’éducation, un objet
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- propre à vulgariser les grandes inventions, les innovations qui se Gr. IV. produisent dans une infinité de genres, elle le rend véritablement C1~ utile, et cette qualité, jointe à toutes celles que nous indiquions plus haut, contribuera certainement dans l’avenir au développement de sa fabrication.
- Il faut reconnaître aussi que de grands efforts ont été faits par les fabricants pour conserver à leurs articles, rque le prix en soit élevé ou non, leur aspect agréable et leur forme raisonnée.
- La fabrication moderne, dont l’esprit inventif et le bon goût sont incontestables, s’est surtout préoccupée de donner satisfaction au plus grand nombre, non seulement par le bon marché, mais aussi par le fini des articles. Certes, tout ce qu’on doit espérer dans ce sens n’a pas été réalisé; aussi engageons-nous nos fabricants à poursuivre le perfectionnement de leurs produits, tout en les rendant de plus en plus avantageux.
- De nos jours, la composition du jouet est infinie, car non seulement la création en est très abondante, mais la reproduction d’une grande quantité d’objets nécessaires, confortables, même luxueux, a multiplié les genres de cette production.
- Ce développement a donné naissance à beaucoup d’industries particulières, formant autant de branches du jouet, s’y rattachant très étroitement, et qui, par leurs efforts, leurs progrès , ont concouru à former avec lui des ensembles plus logiques, plus parfaits et mieux appropriés aux différents âges auxquels on les destine.
- § 2. --- JOUETS FRANÇAIS.
- Jetons maintenant un coup d’œil rapide sur les objets les plus intéressants de cette exposition, en parcourant ses galeries.
- Notre attention est d’abord appelée par de jolis groupes de bébés habillés avec beaucoup d’élégance et représentant, au milieu du magnifique jardin où ils se livrent à leurs joyeux ébats, des scènes enfantines pleines de fraîcheur et d’enjouement. Les uns, possesseurs de bonnes tartines, expriment bien le plaisir qu’ils en ressentent, et les confitures dont la plupart sont barbouillés ne laissent aucun doute sur l’empressement avec lequel il les ont savourées.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. rv. D’autres se font la courte échelle, grimpent et disparaissent en ~ partie dans le feuillage pour atteindre le nid qu’ils convoitent.
- Nous voyons à côté le salon où Mrae X***a réuni ses amies pour leur offrir un thé. La décoration en est somptueuse,l’ameublement et le service irréprochables, et les toilettes très riches.
- En face, nos regards sont attirés par de remarquables collections cl’armes, parmi lesquelles figurent des sabres, des fusils, des canons de campagne et de marine, auxquels les derniers perfectionnements ont été apportés.
- Nous trouvons ensuite de nombreux modèles de lanternes magiques anciens et modernes, très instructifs et très intéressants dans leurs applications.
- Puis viennent des boîtes de couleurs cl’une grande variété, et que nous examinerions plus longtemps, si les éclats de rire de la foule, provoqués par la danse du pompier de Nanterre, ne nous appelaient aussitôt.
- Nous arrivons ensuite devant une vitrine renfermant beaucoup de petits jouets, auxquels un moteur électrique imprime le mouvement et qui forment un ensemble très réussi.
- Si nous pénétrons clans les galeries, nous admirons une grande collection de jouets en caoutchouc, dont la forme, le coloris et le fini ne laissent rien à désirer.
- Voici maintenant une série d’animaux : le mouton, la chèvre, le chien barbet, qui font entendre des cris d’une imitation si parfaite qu’on pourrait s’y méprendre.
- A quelques pas, au milieu d’une jolie exposition de poupées, on nous montre Sarali Bernhardt sculptant dans son atelier.
- Qui n’a pas vu également, un peu plus loin, la scène, à la fois si comique et si mouvementée, de la sérénade espagnole et, tout à côté, les ingénieux bébés parlants ?
- Non loin de là, nous trouvons de beaux sujets historiques : la tour de Nesle avec ses ponts-levis et ses créneaux; le Châtelet sous Henri III, où figurent des personnages de l’époque; enfin, la prise de la Bastille (1 k juillet 1789), dans laquelle on a simulé avec beaucoup de vraisemblance l’attitude des gardes françaises et celle des gens du peuple.
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- Nous passons ensuite devant de jolis chevaux à la crinière Gr. rv. soyeuse, à l’allure fringante, attelés à de belles voitures. D’ail-leurs, nous sommes au milieu de jouets mécaniques, qui, par la pensée, pourraient même nous transporter au milieu des bois, puisque le rossignol, ainsi que toute la série des oiseaux chanteurs, nous prodiguent leurs refrains les plus harmonieux.
- La foule, toujours compacte en cet endroit, nous oblige à faire une halte, qui durerait longtemps, sans doute, si nous insistions pour tout voir en détail.
- Tout près, nous apercevons une collection très complète de masques, de types, de têtes grotesques, etc., fort amusants.
- L’encombrement produit par le public ne nous permet de voir qu’imparfaitement de beaux articles de cartonnages, des boîtes de jeux de toute nature, des jeux de courses si à la mode, et enfin des modèles les plus variés de montres d’enfants, étalées dans plusieurs vitrines avec profusion.
- Notre intérêt, déjà sollicité tant de fois, l’est bientôt encore par une ferme alsacienne, une maison confortablement meublée, et, un peu plus loin, par des mobiliers de poupées construits à si grands frais que leur prix atteint celui des grands.
- En levant les yeux, nous découvrons encore une collection très complète d’autres petits meubles, d’une bonne confection, et dont les prix sont établis pour le commerce et se trouvent plus à la portée de tous.
- Citons les jouets en métal, dont le bon marché est extraordinaire, avant d’arriver à une pièce mécanique représentant le «Jardin d’acclimatation », et dont l’exactitude, aussi bien dans la disposition que dans le mouvement, a obtenu un vif succès; puis une quantité de jolies poupées, de mignonnettes, véritables bijoux, toujours si intéressants.
- Dans une vitrine voisine nous remarquons une grande revue, dont les pièces sont si habilement disposées, et dont les personnages, reproduits indéfiniment par une glace, paraissent si nombreux, qu’on se croirait en présence de tout un corps d’armée.
- A côté, beaucoup d’objets fort curieux avaient été placés : le su-
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- Gr. IV. perbe vaisseau cuirassé, les bateaux Hirondelles, les locomotives, une cuisine très complète, etc.
- Cl 42
- Nous sommes toujours dans les galeries; la foule se disperse un instant, et nous en profitons pour examiner, dans quelques vitrines, de beaux services, des voitures, de nouveaux chemins de fer et une multitude d’autres objets, exposés par des fabricants recherchant, l’un le beau, l’autre le bon marché.
- Nous entrons dans la salle de l’exposition collective.
- La place dont on avait pu disposer en sa faveur était si restreinte, que d’intéressantes expositions s’y trouvaient trop resserrées pour pouvoir être appréciées comme elles le méritaient par le public. Parmi ces produits nous avons remarqué les poupées en cire, les services en métal, des armes, les lits*et berceaux, des ballons-musique, des billes, des poupées mignonnettes, des cartonnages divers, etc.
- Dans cette même salle, nous avons vu de nouveaux jouets mécaniques qui représentent des animaux exécutant d’une manière très naturelle les mouvements qui leur sont propres. Du reste, on a pu les voir fonctionner, ainsi que la poupée nageuse, dans la galerie du Travail.
- En face de ces jouets mécaniques, nous admirons une belle collection de locomotives, chemins de fer, ainsi qu’une série de poissons nageant mécaniquement.
- Nous sommes sur le point d’arriver dans la galerie extérieure, et après l’examen auquel nous venons de nous livrer, examen qui, bien que très sommaire, a porté sur une foule d’articles, il faudrait de bien fortes séductions pour nous retenir.
- Pourtant, comment ne pas s’arrêter devant les orgues, les personnages automatiques, l’escamoteur, les grandes dames, les valseurs, qui nous charment encore par leurs poses si gracieuses, si élégantes et si pleines de distinction?
- Enfin, nous voilà presque au terme de cette promenade, et. parvenus dans la grande galerie, nous rencontrons les jouets instructifs et scientifiques, le télégraphe électrique, le téléphone, les boîtes de physique amusante et mille autres jouets intéressants, d’un goût élevé.
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- Une dînette parfaitement servie, et dont le couvert est plus que Gr. rv. confortable, nous retient quelques minutes encore, ainsi que les produits d’un fabricant de jolis bébés, qui nous les présente sans ornement, afin qu’on puisse apprécier l’exactitude de leurs dislocations.
- Mentionnons, en terminant, une belle écurie, un cirque mécanique à musique, des têtes de poupées porcelaine, des voitures, des animaux et chevaux en métal, une collection de voitures fonctionnant par la pression de l’air et un choix très complet de trompettes. Enfin nous nous séparons de toutes ces choses si fraîches, si variées et, pour beaucoup, si amusantes.
- En nous livrant à cette longue investigation dans nos galeries, nous avons voulu faire revivre dans l’esprit de nos visiteurs les objets qui ont le plus attiré leur attention ; mais, à côté de ces articles , et peut-être même dissimulés par eux, il s’en trouvait encore beaucoup d’autres non moins bien fabriqués et non moins intéressants à divers points de vue, dont nous nous proposons de parler dans la partie de ce rapport que nous avons consacrée à la description technique des diverses catégories formant l’industrie du jouet en général.
- § 3. ---- JOUETS ÉTRANGERS.
- Les sections étrangères ne renfermaient pas les nombreux éléments de comparaison qu’il eût été désirable d’y trouver. Cette réserve tient à des causes faciles à expliquer. D’une part, peu de nations attachent à l’industrie du jouet la même importance que la France; d’autre part, il y a lieu d’observer que cette industrie est exploitée en majeure partie par de petits fabricants, qui ne pourraient sans de trop lourds sacrifices s’imposer les frais, relativement considérables, de déplacement et d’installation. Par ces motifs, le jouet étranger n’a pas été suffisamment représenté à l’Exposition pour qu’un jugement puisse être rendu en toute connaissance de cause. Pourtant il ressort de l’examen comparatif auquel on a pu se livrer pour quelques articles que l’idée prédominante de la production de certaines nations est la recherche ac-
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- Gt. IV. tive du bon marché. Cette recherche a été particulièrement affirmée par les objets provenant de l’Autriche et de l’Amérique.
- La Chine et le Japon ont présenté quelques articles intéressants.
- L’Angleterre, dont l’activité industrielle et commerciale est si puissante, n’a fourni dans ce genre qu’une exposition très restreinte.
- Enfin, la puissance qui, avec la France, produit et exporte le plus de jouets, surtout dans l’article courant, n’ayant pas pris part à l’Exposition, aucune comparaison avec elle n’a pu être faite en 1878. Toutefois, à raison de l’importance de sa fabrication, et pour rendre notre rapport plus complet, nous donnerons plus loin quelques renseignements sur la situation actuelle de l’industrie du jouet dans cette nation.
- Avant d’examiner d’une façon plus détaillée les différentes catégories de jouets et de déterminer, pour chacune d’elles, les progrès qui les ont plus particulièrement, signalées à l’attention publique, il nous paraît important de dire que l’industrie du jouet, presque exclusivement parisienne, occupe aujourd’hui plus de six mille ouvriers et ouvrières, et que ce nombre pourrait être porté beaucoup plus haut si Ton comptait les ramifications, formant autant de petites industries, qui s’y rattachent ou qui en dépendent. Quelques villes, parmi lesquelles figurent Saint-Claude, Liesse, Lunéville, Mirecourt, etc., apportent, il est vrai, leur contingent de produits, mais généralement dans les articles à bas prix.
- Indépendamment de tout ce que nous venons de dire et pour faire apprécier d’une manière plus frappante l’extension prise par l’industrie du jouet, nous rappellerons qu’une enquête de la Chambre de commerce de 1860 portait à 8,53/i,gqo francs son chiffre d’affaires.
- En 1 867, le catalogue officiel donnait 1 o,5oo,ooo francs, dont deux cinquièmes pour l’exportation.
- En 1878, ce chiffre dépassait 18 millions de francs, dont plus d’un tiers pour l’exportation (voir le tableau, p. 10).
- Cet important résultat est tout à l’avantage des industriels, qui n’ont reculé devant aucune difficulté ni aucun sacrifice pour déve-
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- lopper aussi considérablement leur industrie; leurs efforts ont dû Gr. iv être d’autant plus constants que, dans la fabrication du jouet, il faut créer sans cesse et créer d’autant plus vite que la vogue amène l’imitation, et que l’imitation ne tarde pas à remettre les producteurs en présence d’études, d’observations, de recherches nouvelles pour soutenir d’abord et développer ensuite leur chiffre d’affaires.
- C’est pour récompenser ces efforts incessants que le jury a décerné, dans la classe 4 2 , aux fabricants français : 2 médailles d’or,
- 26 médailles d’argent, 3o médailles de bronze, 54 mentions honorables, et aux exposants étrangers : 2 médailles d’argent, 8 médailles de bronze et i3 mentions honorables.
- Ce chiffre de récompenses n’est certainement pas trop élevé. Il se justifie par la grande variété et le mérite des articles qui ont figuré dans cette classe à l’Exposition universelle de 1878.
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- Cl. 42. CHAPITRE II.
- Le nombre considérable de branches de cette industrie, qui, comme nous l’avons dit, représente à peu près tout ce que produisent le vêtement, le mobilier et d’autres industries encore, n’a pas permis d’établir de classification spéciale pour chacune d’elles. Nous avons groupé les articles offrant le plus de similitude, soit sous le rapport de la matière première employée, soit sous celui de leur usage, et nous avons ainsi formé douze catégories dont le tableau ci-dessous donne la nomenclature.
- Nous indiquons également, pour chaque catégorie, le chiffre général d’affaires, le chiffre de consommation et d’exportation, le nombre des patrons et celui des ouvriers et ouvrières employés par cette fabrication si variée.
- DÉSIGNATION DES ARTICLES. CHIFF1 TOTAL, TE D’AFF FRANGE. AIRES. EXPORTATION NOM de PATRONS. BRE D’OUVRIERS OU ouvrières.
- Armes et équipements pour enfants... francs. 1,021,000 francs. 706,000 francs. 3i5,ooo Ai 223
- Cartonnages et jeux divers, boîtes de couleurs i .633.5oo 1,0l3.000 620,500 59 5o3
- Chevaux, animaux et voitures 1,211.000 i,o34,ooo I77.OOO 81 4o8
- Instruments de musique divers Gig.ooo 445.5oo 173,500 34 168
- Jouets caoutchouc, baudruche, etc. . . O O oo a.167,000 698,000 27 I.O27
- Jouets électriques et scientifiques 5a4.5oo 268.000 a56.5oo i4 126
- Jouets mécaniques, jouets habillés, oiseaux chaulants 1,270.000 53o.ooo 740,000 43 3i 1
- Jouets métal, ménages divers, montres A,8/16.000 2.174.000 q.672,000 79 1.291
- Masques. jouets carton moulé et accessoires , A88,ooo 228.000 260,000 >9 23g
- Petits meubles 5a6.5oo 38i,5oo iA5,ooo l6 180
- Poupées, bébés et accessoires 2,o53.ooo 1.287.000 766,000 57 988
- Divers, Paris et province (billes, jeux de jardin . joueLs en verre, etc.). .. 1,108,000 967,000 iAi,ooo 80 381
- Totaux i8,i55,5oo 11.191,000 6,964,500 55o 5,845
- Il résulte de ce tableau, dont les renseignements ont été puisés
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- à des sources certaines et recueillis avec soin, que le chiffre géné- Gr. iv.
- ral d’affaires de l’industrie du iouet dépasse actuellement 18 mil-
- d 1 . Cl. 42.
- lions de francs; mais ce chiffre se trouve certainement au-dessous
- de la vérité, si l’on observe qu’un grand nombre de petits industriels , qui n’emploient que peu ou point d’ouvriers, échappent à la statistique.
- Ce qui nous confirme dans cette opinion, c’est qu’en 1877 et 1878 le chiffre d’exportation de la bimbeloterie a été, d’après la statistique officielle, de 15 millions. Si nous déduisions de ce chiffre la valeur d’un certain nombre d’objets de tabletterie, verroterie, et d’autres articles qui n’appartiennent pas à l’industrie du jouet proprement dit, nous trouvons que notre chiffre de 7 millions de francs environ pour l’exportation est certainement faible.
- § l". --- ARMES ET ÉQUIPEMENTS POUR ENFANTS.
- Cette fabrication, essentiellement française, est une des plus anciennes du jouet. En 1867, on avait constaté le degré de perfection auquel elle était parvenue. En 1878, elle nous a montré de nouveaux progrès dans certains articles. Pour la richesse et le fini, quelques armes ont été très remarquées. Le prix élevé quelles atteignent les place pour ainsi dire en dehors du jouet, tandis que d’autres articles, produisant beaucoup d’effet, bien fabriqués et plus appropriés à l’age auquel ils s’adressent, sont livrés à très bon marché.
- Nous devons dire que le succès et l’augmentation notable du chiffre d’affaires de cette branche doivent être attribués aux impressions profondes qu’a laissées la guerrede 1870-1871, et qui, par imitation, ont développé chez l’enfant des goûts en rapport avec les institutions du pays.
- La fabrication des armes et équipements pour enfants, qui compte ki fabricants, n’en a réuni que 8 à l’Exposition; 33 se sont abstenus.
- Nous le regrettons d’autant plus que, parmi ces derniers, se trouvent des maisons très sérieuses et très importantes, qui auraient ajouté un nouvel attrait à cette partie déjà si intéressante de l’Expo-
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- Gr. iv. sition, à laquelle il a été attribué 1 médaille d’argent et G mentions honorables.
- Cl. 42.
- Le chiffre total d’affai res de cette catégorie est de 1,02 1,000 fr.
- Pour la France.. . Pour l’exportation
- 706,000 francs. 3i5,ooo
- Le nombre des patrons est de h 1 ; celui des ouvriers et ouvrières est de 223.
- Les ouvriers gagnent, par jour, de 5 à 7 francs; les ouvrières, de 2 fr. 5o cent, à 3 francs.
- § 2. --- CARTONNAGES ET JEDX DIVERS; ROITES DE COULEURS.
- Cette industrie, qui tient une large place dans celle du jouet, était représentée par les maisons les plus sérieuses.
- L’exposition en aurait pu être beaucoup plus importante si le nombre des abstentions y avait été moindre; toutefois, nous devons dire que la plupart des fabricants dont les produits n’ont pas figuré n’emploient que de deux à dix ouvriers.
- La majorité de ces exposants avait ajouté aux cartonnages et jeux divers des articles de tabletterie, avec lesquels ils font un chiffre important d’affaires. Ces objets appartenant à la classe 29 et n’étant que tolérés dans la nôtre, nous n’avons pas eu à les apprécier et nous ne les avons pas compris dans le chiffre d’affaires de la catégorie qui nous occupe.
- Nous avons constaté avec satisfaction que les jeux instructifs avaient reçu un sérieux développement. Par eux, l’étude, toujours si aride lorsqu’elle n’est faite que dans les livres, a été rendue plus attrayante, et nous ne saurions trop engager nos fabricants à persévérer dans cette voie.
- 11 serait très utile, par exemple, de propager la vente de la carte de France découpée par départements, de celle de l’Europe et même des autres parties du monde, découpées par contrées.
- Excellent est l’exercice qui oblige à reconstituer, au moyen de pièces détachées représentant avec exactitude la configuration de nos départements ou de toutes les nations, un ensemble qui, non
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- seulement fixe insensiblement dans la mémoire des enfants les Gr. iv. noms, mais encore les positions respectives des parties de notre C1~^2 territoire ou des divers Etats.
- Ces jeux sont appelés à rendre de réels services à l’instruction de la jeunesse. Et il en est de même des boîtes à ouvrage; elles développent chez les jeunes filles le goût des travaux de couture et de tapisserie.
- Beaucoup d’autres jouets, tels que les raquettes, les volants, les jeux de grâces, les boîtes d’escamotage, etc., sont autant d’exercices pour l’adresse, la dextérité, l’agilité et l’intelligence.
- Parmi les jeux qui ont le plus de succès dans la famille, nous devons citer les jeux de loto, qui, en raison de la grande quantité livrée au public, sont fabriqués à très bas prix. En outre, le loto a donné lieu à beaucoup d’applications instructives.
- Rappelons également que le jeu de l’oie a été l’objet de nombreux perfectionnements, parmi lesquels nous citerons le jeu de steeple-chase, jeu de chemins de fer, jeu de voyages autour du monde, etc.
- Nous émettons également le vœu que nos fabricants se préoccupent sérieusement de produire les articles d’imagerie, les jeux de cubes et autres, à meilleur marché, afin de lutter efficacement, sinon pour l’exportation, du moins pour la consommation nationale, avec nos voisins, dont les produits ne figuraient pas à l’Exposition, mais dont nous sommes tributaires pour ce genre.
- Nous avons dû classer dans la catégorie des cartonnages la boîte de couleurs, qui, depuis 1867, a pris un développement important. Le succès de cet article doit être attribué à l’élégance des boîtes, à leur prix très modéré et surtout à l’emploi des couleurs non vénéneuses.
- Nous en reparlerons un peu plus loin.
- Les perfectionnements que nous venons d’indiquer ont permis à cette branche de notre industrie de faire une concurrence sérieuse à l’Allemagne et à l’Autriche, qui ont vu, pour les articles lins et moyens, le chiffre de leur importation en France diminuer considérablement. L’Allemagne nous fournit encore quelques articles très ordinaires; mais, par leur mauvaise qualité, par les
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- dangers que présentent les couleurs, cette importation ne doit pas tarder à disparaître. U appartient à nos fabricants de diriger leurs efforts vers ce but.
- Les boites en métal qui renferment les pastilles de couleurs sont fabriquées d’une façon très remarquable; elles sont portatives, d’une disposition très ingénieuse et d’un prix relativement peu élevé.
- La supériorité de notre fabrication est affirmée même à l’étranger, où elle sert de point de mire aux contrefacteurs.
- Néanmoins, nous engageons très vivement nos deux exposants dans ce genre, dont nous nous plaisons d’ailleurs à reconnaître le mérite, à rechercher les moyens de produire à meilleur marché encore, afin de lutter avantageusement contre les fabricants étrangers, dont les articles, très ordinaires il est vrai, sont livrés à des conditions que, quant à présent, nous ne saurions atteindre.
- En ce qui concerne les tablettes de couleurs, nous affirmons, et nous insistons sur ce point, qu’elles peuvent être sans danger mises entre les mains des enfants. Les matières qui les composent ne sont pas vénéneuses, et les expériences chimiques qui ont été faites pour s’en assurer l’ont entièrement prouvé.
- Cette industrie a obtenu, savoir:
- Pour les cartonnages, 6 médailles de bronze et 3 mentions honorables;
- Pour les boîtes de couleurs, 2 médailles d’argent.
- Le chiffre d’affaires de cette catégorie est de i,633,5oo francs:
- Pour la France............................ 1,013,000 francs.
- Pour l’exportation........................ 620,5oo
- Le nombre des patrons est de 69; celui des ouvriers et ouvrières est de 5o3.
- Les ouvriers gagnent de 5 francs à 6 fr. 5o cent, par jour, et les ouvrières, de 2 fr. 2 5 cent, à 3 fr. 5o cent.
- § 3. --- CHEVAUX, ANIMAUX ET VOITURES.
- Cette catégorie, quoique des plus intéressantes, a été trop peu
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- représentée. Quatre fabricants seulement ont pris part à l’Exposi- Gr. IV. tion, et il est très regrettable qu’une industrie dont le chiffre cl’af-faires est si important ait rencontré autant d’abstentions. Il ne faudrait cependant pas en conclure que cette branche du jouet soit demeurée stationnaire.
- Depuis 1867, des progrès ont été accomplis dans la fabrication des chevaux de bois, de carton et empeaussés, des voitures, écuries, fourragères, tonneaux, brouettes, etc.; mais ces progrès eussent été affirmés d’une manière plus sensible si un plus grand nombre d’industriels avaient exposé.
- Les spécimens que nous en avons vus, aussi bien pour l’article ordinaire que pour l’article soigné, étaient bien faits. Les chevaux à mécanique étaient bien représentés, et un des meilleurs fabricants avait exposé une belle collection d’animaux attelés. Quant aux petites voitures, qui constituent l’un des jouets préférés de l’enfance, un seul industriel en a exposé divers modèles d’une fabrication satisfaisante.
- Un exposant nous a montré aussi des animaux empeaussés assez bien réussis: chèvres et moutons bêlants, chiens aboyants; mais nous avons constaté dans celte branche l’absence à peu près complète d’animaux ordinaires, montés sur soufflet, sur planche ou sur roulettes.
- 1 médaille d’argent, 1 médaille de bronze et 2 mentions honorables ont été décernées aux fabricants de cette catégorie.
- Les chevaux, animaux et voitures fournissent un chiffre d’affaires de 1,211,000 francs:
- Pour la France.............................. i,o34,ooo francs.
- Pour l’exportation.......................... 177,000
- Le nombre des patrons est de 81, et celui des ouvriers et ouvrières, de 4o8.
- Les ouvriers gagnent de 4 fr. 5o cent, à 5 fr. 5o cent.; les ouvrières, de 2 fr. 5o cent, à 3 francs.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. IV. Cl. 42.
- S k. --- INSTRUMENTS UE MUSIQUE.
- Nous comprenons sous cette dénomination les instruments en cuivre et fer-blanc, les Utiles et violons, les accordéons, mirlitons, harmonicas, pianos et orgues avec automates, les tambours en tous genres.
- La fabrication des trompettes et instruments en métal s’est notablement perfectionnée depuis dix ans, et les deux expositions de ces articles ont témoigné des progrès obtenus.
- Nous désirons que ces fabricants continuent à produire dans les memes conditions; mais il serait bon qu’ils pussent faire ce même genre d’articles en qualité plus ordinaire et, conséquemment, livrer au commerce à un prix moins élevé, ainsi que nous l’avons vu à l’exposition autrichienne, qu’il ne faudrait cependant pas imiter pour la légèreté et le peu de fini de ses produits.
- Nous avons constaté également que les orgues avec automates étaient beaucoup mieux fabriquées, et que les sons qu’on en obtient étaient plus doux et plus harmonieux.
- Les tambours ont été aussi l’objet de notables améliorations, non pas seulement dans l’article commun, mais dans l’adjonction qu’on y a faite d’instruments nouveaux et dont les modèles sont très variés.
- Le jury a accordé à cette catégorie i médaille d’argent, î médaille de bronze et k mentions honorables.
- Le chiffre d’affaires des instruments de musique est de (il t),ooo francs :
- Pour la France............................. h h 5,5 oo francs.
- Pour l'exportation......................... îyt’.ôoo
- Le nombre des patrons est de 3 k ; celui des ouvriers et ouvrières, de 168.
- Les ouvriers gagnent, à Paris, de 6 à 8 francs; les ouvrières, de 3 francs à h fr. 5o cent.
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- BIMBELOTERIE.
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- § 5. ---JOUETS EX CAOUTCHOUC, BAUDRUCHE, ETC.
- Gr. IV.
- Cl. 42.
- Parmi les branches du jouet qui ont pris, depuis 1867, le plus grand développement et dont le chiffre d’affaires s’est le plus sensiblement accru, celle des jouets en caoutchouc a conquis une des premières places.
- La France doit ce succès à la supériorité de ses produits. C’est, en effet, par la qualité des matières premières employées, par la composition absolument inoffensive des couleurs appliquées, par l’immense variété des modèles créés en quelques années, que le jouet en caoutchouc a obtenu aussi rapidement la faveur du public.
- Il convient d’ajouter à ces qualités l’observation rigoureuse de la forme, de l’aspect général, le fini des objets et leur coloris, qui, pour n’etre pas tout à fait aussi brillant que celui de certaine fabrication étrangère, ne contient exclusivement que des substances sans poison, permettant aux parents de mettre, sans crainte comme sans danger, ce jouet entre les mains de leurs enfants.
- En outre, le caoutchouc pouvant affecter toutes les formes, on lui a fait reproduire, non seulement l’être humain, mais aussi une grande variété d’animaux, dans les diverses poses qui leur sont propres.
- Nous ne saurions trop féliciter les fabricants des progrès importants qui ont été jusqu’ici accomplis dans cette industrie. Ils doivent être pour eux le plus efficace encouragement pour persévérer dans la même voie et pour se tenir à Tabri de la concurrence étrangère. Ils ont pu se convaincre que les sacrifices qu’ils se sont imposés pour la transformation et l’augmentation de leur outillage ont déterminé promptement de bons résultats, et ils ne devront pas reculer devant de nouveaux efforts pour arriver à la perfection et donner à leurs articles le cachet artistique qui caractérise la fabrication parisienne.
- L’industrie du caoutchouc soufflé n’a pas fait, dans le jouet, de progrès notables; son importance réside entièrement dans son application aux ballons-réclames, avec lesquels on fait un chiffre
- Classe l\%.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. IV. Cl. 42.
- d’affaires relativement élevé, et que Ton exporte en assez grande quantité.
- Le jury a récompensé cette industrie en lui décernant 2 médailles d’argent, 2 médailles de bronze et 5 mentions honorables.
- Le chiffre d’affaires de cette catégorie est de 2,855,ooo francs :
- Pour la France............................. 2,157,000 francs.
- Pour l’exportation......................... 698,000
- Le nombre des patrons est de 27; celui des ouvriers et ouvrières, de 1027.
- Les ouvriers gagnent, en moyenne, G fr. 5o cent, par jour, à Paris; les ouvrières, environ 2 fr. 5o cent.
- § 6. -- JOUETS ELECTRIQUES ET SCIENTIFIQUES.
- Vulgariser les progrès de la science en multipliant ses applications pratiques et en produisant des appareils dont la simplicité permette aux plus inexpérimentés, non seulement de les faire mouvoir, mais aussi d’en obtenir tous les effets : tels sont les résultats qu’ont poursuivis et, on peut dire, atteints, les fabricants qui ont dirigé leurs efforts vers ce but.
- Avant 18G6, les appareils électriques et scientifiques n’étaient pas répandus dans le commerce du jouet. Ils étaient considérés comme des instruments de précision, dont les savants, ou pour le moins les gens instruits, devaient seuls se servir.
- Depuis cette époque, les expériences faites dans les cours d’enseignement populaire, les publications instructives à bon marché, les multiples applications des sciences physiques à l’industrie, le désir de propager les découvertes nouvelles, ont suggéré à certains fabricants l’idée de présenter ces instruments sous la forme de jouets. Aussi, l’extension qu’a prise cette fabrication a-t-elle été relativement considérable et tend-elle à devenir, de jour en jour, plus importante.
- Les progrès réalisés dans la construction des télégraphes, des petites machines et des bobines électriques, ont consisté autant
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- dans leur perfectionnement que dans l’abaissement sensible des Gr. IV. prix auxquels on les obtient.
- 1 A Cl 42
- Nous avons compris, dans la catégorie des jouets électriques et
- scientifiques, le praxinoscope, qui, connu primitivement sous d’autres dénominations, a été perfectionné, et dont l’objet consiste dans l’illusion visuelle produite, d’une manière satisfaisante, par le mouvement de rotation qui lui est imprimé.
- Nous ne saurions trop engager les industriels de cette branche à poursuivre l’idée de vulgarisation qui prédomine dans leurs produits, et que l’impulsion donnée à la propagation de l’instruction paraît devoir appeler à beaucoup d’avenir.
- î médaille d’argent et 2 mentions honorables ont été accordées à cette industrie.
- Son chiffre d’affaires est de 52 4,5oo francs :
- Pour la France.............................. 268,000 francs.
- Pour l’exportation.......................... 256,5oo
- Le nombre des patrons est de 1 h ; celui des ouvriers et ouvrières est de 126.
- Les ouvriers gagnent de 6 à 7 francs; les ouvrières gagnent de 3 fr. 5o cent, à k francs.
- § 7.— jouets mécaniques; jouets habillés; oiseaux chantants.
- Par l’animation dont ils sont pourvus, les jouets mécaniques et les oiseaux chantants ont toujours excité le plus vif intérêt.
- Depuis 1867, leur mécanisme a été sensiblement amélioré, et c’est surtout à ce point de vue que des progrès ont été réalisés dans cette catégorie. *
- Ainsi, un grand nombre d’animaux, bien imités dans leur conformation générale, exécutent très naturellement la plupart des mouvements qui leur sont propres (les automates, parmi lesquels nous avons précédemment cité l’escamoteur, les valseurs, et autres jouets du même genre), sont mus au moyen de combinaisons mécaniques bien adaptées, et fournissent des résultats de plus en plus précis et complets.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- C’est aussi à la régularité des mouvements simultanés des jambes et des bras que la poupée nageuse a dû son succès.
- En ce qui concerne les oiseaux chantants, leur fabrication, déjà très avancée il y a dix ans, a fait preuve de nouveaux progrès. Le chant des différentes classes d’oiseaux se rapproche de plus en plus du naturel.
- Ces articles et d’autres du même genre obtiennent beaucoup de succès à l’exportation, qui absorbe au moins les trois quarts de cette production.
- Quant au jouet babillé sans mécanique, il semble perdre de son importance, car, depuis 1867, son chiffre d’affaires ne paraît pas avoir augmenté. Cette situation doit être attribuée, d’une part, à la concurrence étrangère, pour les jouets de ce genre vendus à bas prix; d’autre part, à ce que les articles fins de cette catégorie n’ont pas la solidité et ne représentent pas la même valeur que les objets mécaniques et les jouets en métal. Il est à désirer, toutefois, que les fabricants, loin de se décourager, s’appliquent à donner à leurs produits plus d’apparence et à les établir à meilleur marché.
- Le jury a décerné à cette industrie 3 médailles d’argent, h médailles de bronze et 3 mentions honorables.
- Son chiffre d’affaires est de 1,270,000 francs :
- Pour la France............................... 53o,ooo francs.
- Pour l’exportation........................... 7^0,000
- Le nombre des patrons est de Û3 ; celui des ouvriers et ouvrières, de 3 11.
- Les ouvriers pour les jouets mécaniques gagnent de 6 à 7 francs par jour, et les ouvrières, de 3 à à francs.
- Les ouvriers pour les jouets habillés gagnent de h fr. 5o cent, à 6 francs, et les ouvrières, de 2 fr. 5o cent, à 3 francs.
- § 8. --JOUETS EN MÉTAL; MÉNAGES DIVERS; MONTRES.
- L’industrie du jouet en métal, qui est la plus importante de la classe, était représentée à l’Exposition par 16 fabricants.
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- Nous avons compris dans cette catégorie la fabrication des jouets Gr. IV. en tôle, fer-blanc, cuivre, étain, etc., qui produit les voitures en tous genres, chemins de fer, bateaux (avec ou sans mécanique), les soldats, les fourneaux, les batteries de cuisine et les ménages spécialement en métal, etc.
- En i832 , TÀllemagne possédait à peu près seule le monopole de cette fabrication, et elle importait dans notre pays une quantité considérable de ses produits.
- Vers 18/10, des maisons nouvelles se formèrent en France, d’autres se transformèrent, et, quelques années après, elles commencèrent à disputer à nos voisins la place importante qu’ils avaient prise sur notre marché.
- Puis, en 1867, il devint évident que l’industrie française pouvait lutter efficacement, puisque, à cette époque, elle fournissait à l’Allemagne des articles que, précédemment, elle demandait à cette dernière.
- L’immense développement de cette branche doit être attribué à l’initiative de l’un de ses plus anciens fabricants, ce que reconnut, en 1867, le jury international, qui consacra, par une médaille d’argent (la plus haute récompense), le mérite des progrès réalisés.
- Depuis cette exposition, le jouet en métal a pris une très grande importance. L’outillage a été l’objet de sérieuses améliorations, et l’emploi de nouveaux procédés de fabrication lui a donné une réelle supériorité.
- Dans la description que nous avons faite au commencement de ce rapport, nous avons signalé quelques-unes des expositions de cette branche du jouet, et nous avons indiqué de très beaux spécimens pouvant donner exactement l’idée du degré de perfectionnement atteint par les fabricants.
- 1
- Ces derniers articles, il est vrai, n’ont pas une importance directe, mais ils développent le goût, ils servent de Types et ils provoquent la création d’objets de même nature, bien faits, apparents , et accessibles à tous par leur bas prix.
- Sous la dénomination de jouets en métal nous trouvons également une spécialité d’articles, dits « en composition », dont les mo-
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- ilèles de canons, canonnières, fusils, pistolets, sont très variés et déterminent un chiffre d’affaires important.
- On fait aussi, depuis quelques années, des jeux de courses qui obtiennent du succès.
- N’oublions pas de citer la lanterne magique. C’est un jouet classique, qui, par des transformations successives, cherche à augmenter son importance.
- Enfin, nous émettons le vœu de voir certains industriels, possédant les éléments nécessaires, fabriquer les soldats et autres objets en plomb fondu, dont il est consommé en France une très grande quantité, et pour lesquels nous sommes restés tributaires des pays voisins.
- Ménages en porcelaine, faïence et métal dit « métal anglais n.
- Nous n’avons pas compris cette branche du jouet dans la catégorie précédente, les articles énumérés dans ce titre étant entièrement distincts et cl’une fabrication spéciale.
- Les fabricants de ménages en faïence et en porcelaine tirent leurs produits en blanc des fabriques de province; ils les font décorer, établissent les accessoires et composent des modèles, depuis les plus ordinaires jusqu’aux plus élégants, tous arrangés avec beaucoup de goût.
- Aussi, cette fabrication s’est-elle sensiblement développée.
- Les ménages, services, thés, en métal dit « métal anglais», sont également bien représentés et indiquent une production très soignée.
- D’ailleurs, ces qualités étaient réunies dans les jolis spécimens qui ont figuré à l’Exposition.
- Montres d’enfants.
- Nous avons détaché également du jouet en métal, et avec l’intention d’en parler spécialement, l’importante fabrication des montres d’enfants.
- Cette branche du jouet atteint un chiffre d’affaires de 1,3oo,ooo francs et emploie plus de /ioo ouvriers. Plus des deux tiers de ces produits sont exportés, et nos lecteurs seront peut-être surpris
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- d’apprendre qu’un fabricant établissant cet article d’une manière exclusive emploie i5o personnes environ et fait par an plus d’un demi-million d’affaires.
- Pour atteindre ce chiffre si considérable, il faut produire 2 5,ooo montres par jour. Le prix des montres varie depuis 20 centimes la douzaine jusqu’à 12 et i5 francs.
- En 1878,1a catégorie importante des jouets en métal, des ménages et des montres, a reçu, en récompense de ses grands efforts, 1 médaille d’or, 8 médailles d’argent, 7 médailles de bronze et 5 mentions honorables.
- Le chiffre total d’affaires de cette catégorie est de à,8à6,000 fr.
- Gr. IV.
- Cl. 42.
- Pour la France................................. 2,176,000 francs.
- Pour l’exportation............................. 2,672,000
- Le nombre des patrons est de 79; celui des ouvriers et ouvrières est de 1291.
- Les ouvriers gagnent de 6 à 8 francs par jour, et les ouvrières, de 2 à 3 francs.
- § 9. --- MASQUES, JOUETS EN CARTON MOULÉ ET ACCESSOIRES.
- Cinq fabricants sur dix-neuf ont exposé.
- Si le chiffre d’affaires de l’industrie du masque s’est peu accru depuis 1867, on doit en attribuer la cause au changement que les événements ont déterminé dans les habitudes de réjouissances, et non aux fabricants, qui n’ont pas cessé de perfectionner leurs articles et d’en varier les types.
- Cette industrie est comprise dans le jouet, quoique ses produits t ne soient consommés qu’en faible partie par les enfants.
- Nous renoncerons à signaler les modèles si nombreux de cette fabrication, pour laquelle on emploie à peu près exclusivement le carton, la cire et les étoffes. Nous devons signaler, comme une notable amélioration, la confection clés masques (loups et dominos) en étoffe d’une seule pièce, ce qui les rend supérieurs à ceux d’autrefois, qui se composaient de deux morceaux.
- Nous devons dire également, quoique ces objets n’aient pas
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- Gr. IV. figuré dans notre classe, qu’on fabrique aussi des masques en toile métallique.
- Les jouets en carton moulé intéressent non seulement les enfants, mais aussi les grandes personnes. C’est dans celte fabrication que se trouvent les objets pour la danse du cotillon, les accessoires de théâtre, les têtes grotesques et comiques pour le jeu de colin-maillard, etc.
- Dans ce genre, on fait également, pour les enfants de tous les âges, des poussahs, des chevaux à jupons, même des armures de toutes les époques et une infinité d’autres modèles trop longs à énumérer.
- Le jury a décerné à cette industrie 1 médaille de bronze et 4 mentions honorables.
- Le chiffre d’affaires de ces catégories réunies est de 488,000 fr.
- Pour la France.............................. 228,000 francs.
- Pour l’exportation.......................... 260,000
- Le nombre des patrons est de 19; celui des ouvriers et ouvrières, de 239. Les ouvriers gagnent de 5 à 6 francs; les ouvrières, de 2 fr. 50 cent, à 3 francs.
- § 10. ----PETITS MEUBLES.
- Parmi les six fabricants qui ont exposé, deux représentaient les lits, berceaux et meubles en fer; un représentait l’ameublement pour poupées, et les trois autres, le petit meuble en général.
- Dans ce dernier genre figuraient les produits du fabricant de Paris, le plus important par son chiffre d’affaires et par la qualité de ses articles. Il a exposé des petits meubles très variés, bien faits, et dont les prix conviennent à la vente en gros.
- Comme nous l’avons dit dans la première partie de ce rapport, deux beaux ameublements : un salon, une chambre à coucher, ont été très remarqués; mais leurs prix élevés ne permettent pas de les comprendre dans les objets appropriés au commerce.
- Une très grande partie de ces articles se fabriquent à Paris. Depuis 1867, les progrès réalisés ont été considérables; les petits
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- meubles, qui sont la reproduction des grands, ont reçu tous les Gr. rv perfectionnements apportés à leurs modèles. Aussi ces jolis jouets ne laissent-ils rien à désirer, et cette industrie a-t-elle réussi à se créer, même à l’étranger, de nombreux débouchés.
- Nous devons constater les efforts d’un industriel de Lunéville, qui a poursuivi le but d’introduire en France des produits qui étaient exclusivement allemands, en les perfectionnant et en les appropriant à notre goût. Du reste, ils se recommandent aussi bien par leur bas prix que par leur apparence.
- Ce fabricant, tout en exposant des petits meubles, y a joint des jeux de cubes, dont nous désirons le développement par le bon marché, des jeux de constructions, des écuries, des étables, des fermes, des théâtres, etc.
- Les lits et berceaux en fer n’ont pas témoigné de progrès sensibles dans l’article courant, qui, pour le prix, est très avantageux. Quant à l’article fin, genre serrurerie, la fabrication en est bonne, mais il est trop cher. Il peut servir de modèle pour obtenir des articles nouveaux qui pourraient être vendus à meilleur marché.
- Le jury a décerné 2 médailles d’argent et lx mentions honorables à cette industrie.
- Son chiffre d’affaires est de 526,500 francs:
- Pour la France............................... 381,500 francs.
- Pour l’exportation........................... iâ5,ooo
- Le nombre des patrons est de 16 ; celui des ouvriers est de 180, qui gagnent environ 6 francs par jour. •
- En portant à ce chiffre le nombre des ouvriers employés dans cette branche de notre industrie, nous sommes resté certainement au-dessous de la vérité.
- De même, le nombre des patrons se trouve inférieur au chiffre réel; car, suivant les saisons et les circonstances, beaucoup d’ouvriers du grand meuble travaillent pour le petit meuble; et comme ces ouvriers, pour la plupart, fabriquent chez eux, ils peuvent être considérés à la fois comme patrons et comme ouvriers. Pour ce
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. IV. motif, le contrôle de notre chiffre est difficile, mais il n’est pas
- douteux qu’il est supérieur à notre donnée.
- Cl. 42. 1 1
- § 1 1. -- POUPÉES, BÉBÉS ET ACCESSOIRES.
- Cette fabrication, essentiellement parisienne, est l’une des plus importantes du jouet, l’une de celles qui ont accompli le plus de progrès depuis 186-7.
- Elle était représentée en 1878 par 21 exposants sur 5-7 fabricants.
- Cette industrie est tellement compliquée qu’il serait très difficile de lui appliquer une classification exacte.
- Voici l’énumération des articles qui la composent :
- Poupées et bébés nus, en peau, toile, bois, carton moulé, porcelaine, biscuit, cire, etc.;
- Poupées et bébés habillés, en tous genres;
- Mignonnettes en porcelaine, en biscuit, nues et habillées;
- Trousseaux de poupées et de bébés, en tous genres;
- Accessoires de poupées, perruques, chapeaux, chaussures, bijouterie, etc.
- A peu près tous les genres de poupées figuraient à l’Exposition; cependant, nous avons pu constater quelques lacunes, telles que la poupée très commune en carton moulé et l’ancien poupard. U est vrai que ces articles, quoique d’un prix très modeste, son! maintenant délaissés, parce qu’on leur préfère des objets d’autres genres bien mieux faits et qui ne sont pas beaucoup plus chers.
- La poupée toile figurait pour l’article moyen, mais la poupée en toile rose très commune, qui se vend assez couramment à cause de son bas prix, faisait entièrement défaut.
- Plusieurs fabricants nous ont montré dans la poupée fine les plus jolis spécimens connus. Le fini de cette fabrication dénote de grands efforts pour la maintenir au rang qu’elle occupe. 11 faut ajouter que, pour la confection de ce jouet, le bon goût français s’est attaché à reproduire, aussi exactement que possible, la
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- femme et l’enfant, tant au point de vue du modelage du corps Gr. IV. qu’à celui de l’expression de la physionomie et du mouvement.
- Nous sommes heureux de constater qu’aucun autre pays ne peut rivaliser dans ce genre avec la France, sous le rapport de l’imitation presque parfaite de la nature, et nous félicitons nos principaux fabricants, qui ont apporté tous leurs soins au perfectionnement de cette industrie.
- Le béhé, qui répond mieux au goût des enfants, tend à se substituer à la poupée, et il ne nous paraît pas douteux que, si cet article était produit à aussi bon marché que cette dernière, la vente ne s’en accrût considérablement.
- Quoi qu’il en soit, des fabriques assez importantes établissent spécialement le bébé nu, mais seulement l’article soigné.
- Quelques modèles de bébés en pâte ont été également présentés; c’était une tentative de fabrication à bon marché. Nous regrettons que ces essais n’aient pas, jusqu’ici, donné de meilleurs résultats. Nous engageons vivement nos fabricants à s’efforcer de combler, le plus promptement possible, cette lacune, à l’égard de l’article commun, pour lequel nous sommes, pour un chiffre important, tributaires de l’étranger. En portant ses recherches vers ce but, l’industriel qui l’atteindra peut être assuré d’un débouché considérable. Certes, les difficultés à vaincre sont nombreuses, mais elles ne sont pas insurmontables.
- Nous ne saurions oublier de citer le bébé parlant. Le fabricant qui est à peu près seul en France à produire cet article a exposé des bébés parfaits d’exécution et surtout d’imitation.
- Nous remarquons aussi, dans cette fabrication, des poupées et des bébés dans lesquels le caoutchouc entre pour une grande part. ’
- Nous sommes persuadé qu’il y aurait là l’élément d’une sensible amélioration, si l’on pouvait appliquer le caoutchouc durci dans une certaine limite, et produire des articles solides et avantageux.
- Nous ne nous étendrons pas sur la question de l’habillage des poupées et des bébés. Les fabricants qui s’occupent de cette spécialité se tiennent exactement au courant de la mode et s’en pénètrent aussi habilement que les couturières pour les grandes personnes.
- Nous avons pu nous en convaincre par les jolis types qui se
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- Gr. IV. trouvaient à l’Exposition, ainsi que par les demandes des coutu-—rières étrangères, qui emploient ces petits modèles, d’ailleurs si faciles à transporter, pour propager la mode française. De plus, ces poupées, au moyen d’articulations, peuvent affecter toutes les poses et tous les maintiens.
- Nous avons vu aussi une grande variété de costumes de poupées et bébés, depuis les articles les plus riches jusqu’aux plus courants; mais nous regrettons que ces collections ne soient pas complétées par des articles à bas prix.
- La poupée en cire était représentée par quelques modèles. Le prix de ce jouet, qui n’offre pas de solidité, est trop élevé.
- Les quelques spécimens de poupées mousseline que nous avons vus, quoique bienfaits, n’obtiennent pas' de succès en France; ce jouet est cher et se défraîchit assez promptement. S’il pouvait être fabriqué à bon marché, nous croyons qu’il trouverait un certain débouché.
- Un fabricant qui avait exposé des têtes et des poupées en porcelaine mérite d’être mentionné; il est le premier qui ait établi dans notre pays la poupée mignonnctte en porcelaine dite baigneur. Grâce à l’exactitude delà forme et au fini de ses articles, que nous achetions à l’étranger, cette industrie a pris une grande extension et elle lutte avantageusement.
- En parlant de la inignonnette, rappelons que plusieurs industriels spéciaux avaient exposé cet article pour l’habillage; sa coquetterie et son attrait ont prouvé la somme de soins et dégoût qu’on y avait dépensée.
- L’accessoire de la poupée n’était représenté que par trois fabricants, qui avaient exposé, entre autres objets, des perruques, des chapeaux, des coiffures et de la bijouterie. Il existe encore d’autres accessoires très variés dont nous pourrions faire une longue énumération, mais nous nous contentons de citer la chaussure, la fourrure, les parapluies et ombrelles, éventails, etc.
- La catégorie qui vient de nous occuper a reçu les récompenses suivantes :
- 1 médaille d’or, h médailles d’argent, î médaille de bronze et î 2 mentions honorables.
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- Le chiffre d’affaires est de 2,o53,ooo francs : Gr. IV.
- Pour la France............................. 1,287,000 francs. Cl. 42.
- Pour l’exportation......................... 766,000
- Le nombre des patrons est de 57; celui des ouvriers et ouvrières, de 988.
- Les ouvriers gagnent environ 6 francs par jour, et les ouvrières, de 2 francs à 3 fr. 5o cent.
- S 1 2. — DIVERS.
- Nous avons compris, sous la dénomination de divers, un certain nombre d’articles qui n’eussent pu trouver utilement place dans les catégories que nous venons d’examiner, et qui auraient donné à notre tableau un développement trop considérable, si nous avions voulu entrer dans le détail des nombreuses industries qui composent le jouet.
- Dans ce groupe, représenté par 1 k exposants sur 66 fabricants, nous allons indiquer sommairement celles des industries qui ont quelque importance.
- Billes.
- Sur trois fabricants français qui produisent cet article, deux, dont les usines sont établies à l’Isle-sur-le-Doubs et à Toul, le représentaient à l’Exposition. Ils produisent mécaniquement une grande quantité de billes en pierre, brutes, vernies et coloriées.
- Userait à désirer que cet article trouvât de plus grands débouchés que ceux dont il dispose, afin que les industriels qui s’adonnent â sa fabrication fussent dédommagés des grands frais occa- t sionnés par leur installation.
- Pour prouver à quel degré d’amélioration est parvenue cette fabrication, nous dirons que ces industriels ont abaissé leurs prix jusqu’à livrer franco, à Paris, un mille de billes pour 1 fr. 35.
- Jeux de jardin.
- L’industrie des jeux de jardin, qui, depuis quelques années, a pris de l’extension et qui compte un certain nombre de fabricants,
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- n’était représentée que par un seul, qui a exposé de bons modèles de jeux de croquet, jeux de tonneau, passe-boules, quilles, etc.
- Ces abstentions ne nous ont pas permis de voir à l’Exposition beaucoup d’autres articles, tels que les jeux de billard, de toupie hollandaise, jeux de bagues, etc.
- Les jeux de jardinage n’étaient pas représentés par des fabricants spéciaux, bien que leur vente, surtout dans les articles en bois et en fer, soit assez étendue.
- Jouets en verre.
- Les jouets en verre étaient représentés par deux exposants, dont l’un était installé clans la galerie du Travail, où il fabriquait, sous les yeux du public, des objets qui l’ont beaucoup intéressé.
- Il nous a paru regrettable que la fabrication des bateaux en bois, dont les modèles sont si variés, n’ait pas figuré à l’Exposition.
- Le jury a décerné à ces diverses industries 1 médaille d’argent, 7 médailles de bronze et k mentions honorables.
- Le chiffre d’affaires de la catégorie que nous avons désignée sous le titre divers est de 1,108,000 francs:
- Pour la France.............................. 967,000 francs.
- Pour l’exportation.......................... 1A 1,000
- Le nombre des patrons est de 80 ; celui clés ouvriers et ouvrières est de 381.
- Nous avons considéré que les principaux détaillants sont éditeurs de jeux, inventeurs de divers articles, et qu’ils font confectionner l’habillage de certains jouets; aussi les avons-nous compris dans cette catégorie.
- COLONIES FRANÇAISES.
- ALGÉRIE.
- Le seul fabricant algérien inscrit au catalogue comme produisant le jouet mécanique n’a pas exposé.
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- Il est fâcheux que cette importante colonie n’ait pas été représentée; car il n’est pas douteux que la fabrication du jouet n’existe en Algérie, et il eût été surtout très intéressant de savoir ce que produisent les Arabes dans ce genre.
- SÉNÉGAL ET DÉPENDANCES.
- Quatre exposants ont été classés dans notre industrie , mais les objets que nous avons eu à examiner ne nous semblent pas susceptibles d’être assimilés aux jouets.
- Ni les statuettes de Bissagos, ni le jeu de houri, ni les masques des circoncis, n’ont de valeur commerciale. C’est parce qu’ils appartiennent à la catégorie du masque que ces derniers objets ont fait partie de notre classe, et d’ailleurs ils offrent un certain intérêt au point de vue des mœurs de cette colonie, peu connues en France.
- GABON.
- Nous n’avons eu à examiner que les produits d’un seul exposant représentant cette possession française.
- Sa collection de fétiches de la côte était assez complète et d’une variété remarquable. Il ne nous a pas été possible d’être fixés sur la valeur de ces objets et, en conséquence, nous n’avons pu les apprécier sous le rapport commercial.
- N E.
- Cette colonie avait, dans la classe A2, six exposants.
- La plupart de leurs articles ne sauraient être considérés comme des jouets; ainsi-, des statuettes en bois, même en granit, des modèles de pagodes, etc., qui ne manquaient pas d’offrir un certain intérêt, n’ont pas d’importance commerciale.
- Nous avons cependant remarqué la collection de jouets en bois exposée par le Comité de Karikal. Les formes de ces jouets sont très primitives, les couleurs dont on les revêt sont vives et heurtées, mais ces articles sont à bon marché; quelques-uns, tels
- Gr. IV. Cl. 42.
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- que les fauteuils, les chaises, pourraient être vendus en France. Il serait à désirer qu’en y envoyant des modèles, on développât dans cette colonie les goûts de la métropole, à laquelle ces objets conviendraient s’ils étaient fabriqués d’une manière satisfaisante. On pourrait ainsi obtenir dans ces pays des jouets qui, non seulement trouveraient des débouchés en Europe, mais qui pourraient lutter avec les articles dits «jouets de la Forêt-Noire et du Tyrol».
- COCHINCHINE.
- Cette colonie était représentée par trois exposants.
- Nous avons remarqué parmi leurs produits un damier, un jeu d’échecs, un jeu de bagues, de baguettes, etc. Ce dernier jeu nous a paru très intéressant en lui-même, mais sans importance au point de vue du commerce.
- ÉTRANGER.
- Pour classer les puissances étrangères rpii ont exposé, nous avons adopté l’ordre du Catalogue officiel.
- GRAN DE-BRETAGNE. ET IRLANDE.
- Celte nation n’a été représentée que par un très petit nombre d’exposants, parmi lesquels peu d’importants.
- Dix fabricants seulement étaient inscrits; un n’a pas exposé.
- Nous avons d’abord remarqué un jeu de croquet en buis, bien fait, mais dont le prix était un peu élevé. Le fabricant a déclaré produire d’autres jeux; il est fâcheux qu’il n’ait pas cru devoir les exposer.
- Nous avons examiné ensuite des chevaux à bascule, des chaises et tables, un appareil pour faire sauteries jeunes enfants, et divers autres articles solides et confortables.
- De même qu’en France, un fabricant a exposé la poupée dont
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- le corps et la tête sont en mousseline; les figures, assez bien Gr. IV faites, imitent la cire; l’habillage est simple.
- Les prix de ces poupées varient de 5 à 7b francs la pièce; ils semblent trop élevés pour que cet article puisse être vendu en grande quanlité.
- Nous avons également remarqué des jeux scientifiques de divers modèles, des voitures et bateaux à vapeur, etc. Ces articles, d’ailleurs, étaient très incomplètement représentés à l’Exposition.
- L’examen de balles en caoutchouc et cuir, brevetées, pour jeu de cricket, a été satisfaisant, aussi bien au point de vue de la fabrication qu’à celui de la solidité.
- Quant aux autres articles, nous n’y avons rien vu qui mérite une mention spéciale.
- CANADA.
- Le Canada n’avait que deux exposants, de Montréal.
- L’un d’eux a fait figurer à l’Exposition un cheval à bascule et des traîneaux pour 'enfants. Nous n’avons pas classé ces objets, ce fabricant ayant été examiné dans une autre classe pour des articles plus importants de sa production.
- L’autre exposant nous a montré des « crickets-bats » et des jeux de crosse (sorte de grande raquette destinée à lancer une balle) qui étaient bien faits et intéressants; ils peuvent être considérés comme jouets, mais surtout comme jeux pour adultes,
- VICTORIA.
- Un seul fabricant a exposé des statuettes et des animaux en • métal argenté et bronzé d’un très petit modèle; mais ces objets ne peuvent être assimilés aux jouets d’enfants.
- CEYLAN.
- Une collection très belle et très complète, composée de vingt masques, a été exposée par le commissaire général de Ceylan.
- Les types étaient d’une grande variété et d’une bonne exécution, Classe A2,
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- Gr. IV.
- Cl. 42.
- surtout dans les figures grotesques et diaboliques. C’est d’ailleurs la collection employée dans une pièce de comédie : «la Danse du diable ».
- ÉTATS-UNIS.
- Neuf exposants ont été inscrits comme faisant partie de la classe
- Sur ce nombre, trois, qui fabriquent des cartes et des appareils de gymnastique, n’appartenaient pas à cette classe.
- Deux autres exposants se sont abstenus.
- Nous n’avons donc eu à examiner que quatre expositions de notre industrie.
- Une importante manufacture de jouets en métal, de New-York, a exposé des voitures de divers genres, des tramways, des locomotives et machines à vapeur, des chemins de fer, des chevauN et animaux, etc. Ces articles laissent à désirer par la forme, mais ils sont fabriqués en vue de la production à bon marché; toutefois, leurs prix ne sont pas, en général, aussi avantageux que ceux de leurs similaires fabriqués en France.
- Nous reconnaissons cependant un véritable progrès et une tendance qui indique que cette industrie, en améliorant ses modèles, pourrait se trouver, dans l’avenir, en situation de lutter avec nos produits nationaux.
- Nous avons vu des pistolets en fonte et en composition, des meubles ou autres objets roulants, des canons, des fers à repasser, fourneaux, etc., en fonte, sur lesquels il ne nous a été fourni aucun renseignement; du reste, ils nous ont paru peu importants, et nous n’avons pu ni les apprécier, ni même les classer.
- Un autre exposant nous a montré des bateaux et des chaloupes a vapeur, des locomotives également à vapeur. Ces articles dénotent de l’habileté et de l’étude de la part du fabricant, mais leur fini laisse à désirer ; cette production ne paraît pas atteindre un chiffre élevé.
- Une importante manufacture de Southkingham (Massachu-sets) a exposé une assez grande variété de jouets en bois, tels que meubles divers, voitures, seaux, brocs, etc. Cette fabrication est
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- satisfaisante; mais les prix sont sensiblement supérieurs à ceux Gr. rv. des articles du même genre que nous produisons en France. ci”42
- HONGRIE.
- Un seul fabricant a été inscrit au catalogue général, classe h2 ; mais son produit, «feux d’artifice», n’étant pas de notre compétence, nous ne l’avons pas examiné.
- AUTRICHE.
- Sept exposants de cette nation s’étaient fait inscrire au catalogue, mais quatre se sont abstenus.
- Les trois expositions que nous avons examinées étaient celles de fabricants sérieux et importants.
- Deux d’entre eux surtout produisent et font confectionner, dans les environs de Groeden (Tyrol), en très grande quantité, les animaux en bois blanc, les chevaux, les voitures, les poupées à ressort, pantins, etc., en un mot, tous les jouets en bois. Parrçii ces articles se trouvaient également des maquettes ou mannequins, à l’usage des peintres, et des objets de sainteté en bois sculpté, qu’il ne nous appartient pas d’apprécier.
- L’importance de la fabrication du jouet en bois est très grande en Autriche. Elle occupe à peu près toute la population de la vallée du Tyrol, qui ne compte pas moins de quatre à cinq mille habitants, trouvant presque exclusivement leurs ressources dans cette production.
- Les ouvriers fabriquent ce jouet dans la famille, pendant la saison rigoureuse, et ils y consacrent tout le temps pendant lequel ils ne sont pas employés aux travaux des champs.
- Cette production, qui est très connue et très ancienne, doit son succès au bon marché auquel elle peut établir ses articles. Aussi en fournit-elle pour un chiffre assez considérable à la France et, on peut dire, au monde entier. Au reste, ce pays est le seul qui s’attache aussi spécialement à cette fabrication et qui puisse s’y adonner dans des conditions aussi avantageuses.
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- Les deux exposants dont nous venons de parler ont obtenu des médailles d’argent.
- Nous avons vu, dans l’exposition du troisième fabricant, des trompettes, pistons et autres instruments en cuivre, ainsi que des clarinettes en bois.
- Les prix de ces objets sont 1res modérés, mais il convient d’ajouter que les trompettes et pistons en cuivre, s’ils sont moins chers que ceux fabriqués en France, sont aussi plus légers et moins bien finis.
- En outre, nous ne trouvons pas que les embouchures en porcelaine soient une bonne application : leur fragilité les rend susceptibles de blesser les enfants.
- JAPON.
- Lé catalogue indique huit exposants pour cette nation; trois n’appartenaient pas à la classe /12, et un n’a pas exposé.
- Nous remarquons quelques échantillons bien faits de masques en bois, mais les prix sont trop élevés pour que ces objets puissent trouver des débouchés commerciaux.
- Un fabricant spécial de Tokio, dont la production nous a paru assez importante, a exposé des modèles de poupées en papier mâché, qui étaient faits d’une manière satisfaisante. Les costumes en étaient riches. Cependant les spécimens que nous avons vus nous ont paru chers.
- Ce fabricant nous a dit produire des articles beaucoup plus avantageux; mais comme ils ne figuraient pas à l’Exposition, nous n’avons pu les apprécier.
- Deux autres exposants ont présenté des poissons aimantés, des petits chiens et autres menus objets sans importance.
- CHINE.
- L’industrie du jouet de ce pays était représentée par cinq exposants.
- Une seule exposition, qui se composait de très jolies figurines
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- on Bois et papier mâché, dont les modèles étaient variés, nous a Gr. IV. paru intéressante. Ces objets étaient bien conditionnés, mais nous n’avons pu être renseignés sur leurs prix. Quoi qu’il en soit, ces produits ont très peu de valeur commerciale.
- Les autres exposants de cette nation nous ont montré également des figurines en terre, en charbon de bois, assez bien reproduites, mais sur lesquelles nous conclurons comme précédemment.
- Nous avons sérieusement regretté que la Chine et le Japon ne nous aient pas présenfé d’autres genres de jouets, car nous savons que ces contrées en produisent de très intéressants à tous les points de vue.
- KS PAGNE.
- Deux exposants seulement représentaient l’industrie du jouet pour celte puissance.
- L’un d’eux avait exposé des jouets aériens en papier, depuis longtemps connus et sans importance.
- L’autre fabricant a exposé quelques poupées habillées en costumes de diverses provinces espagnoles. Elles étaient très caractéristiques. Cependant, on ne peut attribuer à ces articles, au point de vue commercial, qu’une faible valeur.
- RUSSIE.
- Sur trois fabricants de cette nation inscrits au catalogue, nous n’en avons vu que deux.
- Le premier a exposé des jouets en papier, qui n’offraient que peu d’intérêt.
- Le second nous a montré des jouets instructifs et des toupies, pour la mise en mouvement desquelles ce fabricant a fait une application assez ingénieuse.
- Nous avons examiné aussi, dans le Danemark, le Siam, le Portugal, la Bolivie et le Guatemala, quelques articles, dont une partie n’était pas assimilable à l’industrie du jouet, et dont l’autre nous a paru sans importance.
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- Nous avons terminé l’examen de l’industrie du jouet, tant pour la France que pour l’étranger. Toutefois, nous croyons devoir ajouter des renseignements sur la production d’une nation qui, avec la France, est la plus importante dans ce genre.
- L’Allemagne n’ayant pas pris part à l’Exposition, nous n’avons pu comparer ses produits avec ceux des fabricants français et juger si les progrès réalisés par cette puissance, depuis 1867, ont été aussi grands que ceux constatés dans notre industrie pendant la même période.
- Nous savons que les principaux centres de fabrication sont : Sonneberg et Olbernau (Saxe), Nuremberg et Furlh (Bavière), et Stuttgard (Wurtemberg).
- Ces pays fournissent à la France une certaine quantité d’objets de bimbeloterie, qui, depuis 1867, n’a pas cessé de s’accroître.
- L’augmentation, sans être très forte chaque année, est progressive et constante; aussi s’est-elle accrue de plus d’un tiers depuis cette époque.
- Les principaux articles importés en France sont :
- De Sonneberg. — Bébés en tous genres, jouets sur soufflets, violons, boîtes de couleurs, billes, caricatures, poupées nankin, écuries, bergeries, harmonicas, articles en porcelaine, articles veloutés, jouets en verre soufflé, ballons caoutchouc, etc.;
- D’Olbernau. — Boîtes de bergeries, chasses, villages, basses-cours, soldats de bois, quilles, camps, et beaucoup d’autres peLits articles, jouets sonnants, arches de Noé, constructions de bois, pianos, etc.;
- De Furth et de Nuremberg. —Jouets en plomb, en cuivre et fer-blanc, cartonnages, jeux assortis, etc.;
- Du Wurtemberg. —Jouets en fer-blanc, jeux de croquets, jeux de cubes, jeux divers en bois, métallophones, etc.
- La plupart des jouets compris dans l’énumération qui précède sont des articles à bon marché, vendus habituellement à prix fixe
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- dans les bazars. Ces objets ont généralement de l’apparence, mais ils ont conservé ce caractère primitif qui distingue les produits de ce pays.
- 11 est difficile de lutter, pour cette fabrication, avec l’Allemagne, où la main-d’œuvre est à meilleur marché qu’en France et où les matières premières, dont la principale est le bois, sont non seulement appropriées, mais aussi à proximité des fabricants. Déplus, ceux-ci ont l’avantage résultant de l’habileté acquise.
- Nous avons constaté, d’aulre part, que la France, dans l’industrie du jouet en métal, a fait des progrès considérables et tels, que l’Allemagne, pour certains produits de cette nature, nous est tributaire, mais nous nous trouvons encore, pour beaucoup d’autres objets ordinaires, loin de pouvoir rivaliser.
- Dans la nomenclature que nous avons établie plus haut, afin de mettre en relief les progrès à réaliser, nous avons cité le bébé commun comme l’un des jouets que l’Allemagne importe le plus en France. Jusqu’à présent, les essais tentés par nos industriels pour établir cet article dans d’aussi bonnes conditions sont demeurés infructueux, pour les motifs que nous avons déjà énoncés et qui résident dans la cherté de la main-d’œuvre et de la matière première.
- CONCLUSION.
- Nous terminons ici notre rapport sur la classe Û2.
- Comme nous le disions dès le début, le jouet n’avait pas encore fait d’aussi grands efforts; et, pour la première fois, la plupart de ses branches étaient représentées de la façon la plus distinguée.
- Nous avons constaté, dans les catégories dont nous avons eu à nous occuper, des progrès remarquables, et s’il nous reste un regret, c’est que les nations étrangères, en ne réunissant qu’un petit nombre d’exposants, nous aient privés d’une comparaison qui 11e pouvait manquer d’offrir un grand intérêt.
- Nous avons mentionné les efforts que nos fabricants ont dû tenter pour atteindre le degré de perfection auquel on est par-
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- Gr. IV. venu en France, pendant ces dernières années; nous avons si-gnalé, connue ayant pris dans notre industrie une place importante, les catégories s’adonnant spécialement à la fabrication du jouet en caoutchouc et en métal, des bébés, des jouets mécaniques et scientifiques, etc., et nous nous sommes plu à reconnaître (fue le jouet réunissait maintenant presque toutes les qualités pour lesquelles, autrefois, on émettait des desiderata.
- La forme, la couleur, l’arrangement général, ont été l’objet, d’améliorations très sensibles, et nous pouvons dire que le goût (fui, de nos jours, préside à sa composition, est bien approprié au rôle qu’il remplit dans la famille et dans la société.
- Evidemment, certains articles par leur perfection, parleur luxe, par leur prix, sont à peine assimilables au j-ouet, mais ce sont des modèles avant-coureurs d’une production plus variée et, par conséquent, plus féconde.
- Notre industrie, en s’appliquant à reproduire, à des prix plus modérés, des objets compliqués, précis, mouvementés, vulgarise les découvertes de la science, ses perfectionnements, ses applications; elle devient au fur et à mesure un agent plus précieux de l’éducation; elle est un amusement pour les jeunes enfants, une distraction pour les adolescents, et elle stimule, chez beaucoup d’adultes, le développement de l’intelligence et l’amour de l’étude.
- Pourtant, il ne faudrait pas se faire illusion; car la supériorité de nos produits n’est pas absolue, et nos fabricants ne doivent pas oublier que le succès qu’ils ont obtenu à l’Exposition ne leur a pas été disputé par nos rivaux les plus sérieux et les plus redoutables.
- L’Autriche fabrique des jouets en bois, répandus dans le monde entier, pour des motifs que nous avons donnés.
- Ces motifs sont-ils assez puissants pour laisser notre production nationale indifférente?
- Nous ne le croyons pas.
- Les Etats-Unis nous ont présenté des jouets en métal à bon marché, prouvant que les industriels de ce pays sont sur la voie et que, si nous n’y prenons garde, ils lutteront bientôt peut-être, pour certains articles, jusque sur notre marché.
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- Aux producteurs français à redoubler de courage et d’énergie Gr. IV. pour défendre et pour accroître les ressources de notre industrie!
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- Ils savent que la nouveauté, le bon goût, sont les bases essentielles de leurs créations et de leurs perfectionnements. Les objets les plus multipliés et les plus minimes doivent en conserver le caractère; l’attrait, la vraisemblance, le fini et le bon marché seront toujours les moyens les plus propres à assurer la supériorité commerciale de leurs produits et la durée de leurs succès. .
- Les nombreuses récompenses qui ont été décernées, en 1878, à notre classe, l’augmentation considérable, depuis 1867, du chiffre d’affaires, sont de précieux encouragements pour nos fabricants, mais ils leur imposent des obligations nouvelles d’études, de recherches, de sacrifices, pour tenir en haleine la concurrence étrangère et pour assurer à nos produits de nouveaux et durables débouchés.
- Rossollin , Commissionnaire.
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