Rapports du jury international
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- RAPPORT
- SUR
- LES HABILLEMENTS DES DEUX SEXES.
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- î°oau 211-
- MINISTERE DE L’AC.RICULTURE ET DU COMMERCE.
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1S7S
- A pa ni s.
- -=XK-
- Groupe IV. — Classe 38.
- RAPPORT
- SUR
- LES HABILLEMENTS DES DEUX SEXES,
- VI. REVOIS,
- MEMBRE DE LA CHAMBRE DE COMMERCE.
- PARIS.
- IMPRIMERIE NATIONALE.
- M DCCC I.XXX.
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- Groupe IV. — Classe 38.
- RAPPORT
- SUR
- LES HABILLEMENTS DES DEUX SEXES.
- COMPOSITION DU JURY.
- MM. Bessand, président, ancien juge au tribunal de commerce, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.........................................
- Pollack (M.), chevalier de Borkenau, vice-président, conseiller impérial, fabricant à Vienne..........................
- Lkvois, rapporteur, membre de la chambre de commerce, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878........................................................
- France.
- Autriche-Hongrie.
- France.
- Pavoux, secrétaire, industriel à Molenbeek-Saint-Jean. . .
- Spencer Todd, esq...................................
- Anthony Van Bergen...................................
- Belgique.
- Angleterre.
- Etats-Unis.
- Rath (C.), fabricant de chapeaux de paille, député...... Autriche-Hongrie.
- Muzet, suppléant, membre du conseil des prud’hommes, 1
- membre des comités d’admission et d’installation à l’Ex- > France.
- position universelle de 1878.........................)
- Mazourine, fabricant à Moscou........................... Russie.
- Armand-Dumahgsq, suppléant, artiste peintre, membre du 1
- jury en 1867, membre du comité d’admission à l’Expo- > France.
- sition universelle de 1878................................J
- Isler-Cabezas (J.)......................................... Suisse.
- Bouielet, fabricant, juge au tribunal de commerce,!
- membre des comités d’admission et d’installation à > France.
- l’Exposition universelle de 1878..........................J
- Haas, fabricant, membre du jury en 1867', membre des 1
- comités d’admission et d’installation à l’Exposition uni- > France.
- verselle de 1878..........................................)
- Pinet, fabricant de chaussures............................. France.
- L’Exposition universelle de 1878, de quelque côté qu’on l’envisage, est pleine de grands enseignements. Jamais la pensée et l’action 11’ont été aussi intimement liées-, jamais l’esprit humain Classe 38. 1
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- Gr. IV. Cl. 38.
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- n’a cherché à faire progresser toutes choses dans de plus larges conditions.
- Le groupe IV est l’un des plus intéressants à étudier, au point de vue artistique, industriel et économique; il offre un champ illimité aux idées progressives.
- Et, bien qu’après avoir examiné tous les produits variés soumis à l’appréciation des visiteurs et du jury international, on ait pu dire que la dernière limite de la perfection avait été atteinte par certains produits, nous avons la conviction qu’il reste encore beaucoup à faire, et que le très bien d’aujourd’hui sera distancé demain.
- Si, pour le fini et la bonne confection de certains articles, nous dépassons nos concurrents, il nous reste encore à progresser pour soutenir leur concurrence sur les marchés étrangers, tant au point de vue des marchandises convenables aux besoins des consommateurs qu’au point de vue du prix.
- Pour lutter avec la volonté d’atteindre ce double but, plusieurs choses sont nécessaires : un remaniement complet de nos tarifs de chemins de fer, de leur délai de parcours et de livraison, qui ne sont ni en rapport avec nos besoins actuels, ni avec ce que font les compagnies de chemins de fer des nations étrangères.
- Il nous faut instruire de plus en plus notre jeunesse artistique, industrielle et surtout celle qui se destine au commerce; il faut, par de bonnes études faites dans nos écoles professionnelles et commerciales, la préparer à nous rendre les services que nous attendons d’elle.
- Et si nous savons leur donner l’amour du travail, le goût des voyages, leur apprendre les langues étrangères, nos jeunes industriels iront d’eux-mêmes voir et étudier sur place l’outillage des producteurs les plus avancés en science mécanique, et nos jeunes commerçants iront visiter et s’établir dans les pays d’outre-mer, où, après avoir appris à connaître les besoins de toutes les riches populations qui peuvent consommer largement nos produits, ils feront de la France l’un des plus grands marchés d’exportation.
- Notre tâche et celle de nos successeurs sera d’autant plus facile que les distances n’existent plus aujourd’hui, et que les efforts faits
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- HABILLEMENTS DES DEUX SEXES.
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- par les premiers pionniers de l’exportation ont déjà largement Gr. IV. ouvert la voie.
- Cl. 38.
- Le groupe IV comprenant les classes 3o à Û2, et la classe 38 étant celle dont nous avons à apprécier les travaux, nous croyons ne pas sortir de notre cadre en disant qu’en dehors de la production du sol, cette classe est celle qui donne la plus grande somme de travail à notre industrie générale, celle qui paye les meilleurs salaires, celle qui occupe le plus de femmes, celle qui exporte le plus ses produits, celle, enfin, qui maintient à l’étranger notre prestige d’élégance et de bon goût.
- FLEURS ARTIFICIELLES.
- La fabrication des fleurs artificielles, industrie essentiellement parisienne, a acquis depuis quelques années un grand degré de perfection, et elle ne s’arrête pas dans cette voie.
- Toutes les expositions qui se sont succédé depuis 1855 lui ont ouvert des horizons nouveaux, et Ton peut dire aujourd’hui que, par suite des progrès accomplis, cette industrie est entrée Sérieusement dans le domaine de l’art.
- Si intéressante à beaucoup de titres, elle Test surtout au point de vue des ressources quelle offre aux femmes, aux jeunes filles, aux enfants; elle leur assure un salaire rémunérateur, un travail facile, peu fatigant, un travail qui développe le goût, et comme elle ne demande qu’un petit capital pour fonder un établissement chez soi, elle permet aux familles sérieuses d’arriver à se créer une position indépendante.
- L’Angleterre, l’Amérique, l’Italie, la Belgique, et surtout l’Alie-magne avec ses grandes manufactures, luttent vigoureusement contre nous; mais cette lutte pacifique, qui nous a fait décupler nos forces productives, en même temps qu’elle surexcitait notre intelligence et notre goût, a été le point de départ de nos grands progrès, et si nos rivaux nous ont suivis dans cette voie, nous avons pu constater que nos efforts avaient été appréciés parle jury international, qui nous en a récompensés; nous pouvons le constater
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- Il
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. IV. également par nos débouchés intérieurs, qui sont en large voie
- progressive.
- Cl 38 ^ ^
- Il y a dix ans, la statistique portait à deux mille le nombre des fabriques; aujourd’hui il dépasse trois mille. Les salaires, qui étaient à la première époque de 2 francs à 2 fr. 5o cent, pour les femmes, sont aujourd’hui de 2 fr. 5o cent, à 3 fr. 5o cent.; celui des hommes (trempeurs, découpeurs, feuillagistes), qui variait entre 3 et à francs, est maintenant de h à 7 francs.
- Le chiffre d’affaires de cette industrie peut être évalué de 25 à 3o millions, dont un tiers pour la consommation intérieure et deux tiers pour l’exportation.
- PLUMES.
- Les plumes employées dans le commerce sont très nombreuses: on emploie toutes les plumes de l’Inde et celles des oiseaux de nos climats.
- L’art d’apprêter et de blanchir les plumes d’autruche et de leur appliquer ces belles couleurs, dont les teintes riches et variées s’harmonisent si bien avec les soieries lyonnaises, appartient exclusivement à la fabrication française; c’est Paris seul qui sait leur donner leur grand cachet d’élégance.
- A l’exception de la préparation des dépouilles d’oiseaux, de la teinture et du blanchiment, qui sont faits par les hommes, le reste du travail est exécuté par des femmes et des jeunes fdles, dont le salaire est à peu près le même que celui de l’industrie des fleurs.
- Le chiffre de vente des plumes dépasse i5 millions de francs; il peut être divisé comme pour les fleurs : un tiers à la consommation intérieure et deux tiers à l’exportation.
- Nous voudrions ne pas terminer cette première partie de notre rapport sur l’industrie des fleurs artificielles et des plumes sans citer toutes les maisons qui, par leur position, leur talent et leur volonté, ont fait faire de si grands progrès à ces deux belles industries; mais alors il faudrait les nommer toutes.
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- MODES, CHAPEAUX POUR DAMES ET COIFFURES.
- Parler de la mode, c’est parler de cette grande ville qui s’appelle Paris, de ce grand centre industriel qui, par son goût, par le fini de son travail, par ses créations sans cesse nouvelles, sait faire apprécier un peu partout notre génie artistique.
- La fabrication des modes, chapeaux et coiffures pour dames est essentiellement parisienne. Les modistes de province ainsi que les fabricants et les modistes de tous les pays étrangers achètent nos modèles, qu’ils copient en les modifiant selon leur goût et les besoins de leur clientèle.
- Le nombre des ouvrières employées dans cette industrie est d’environ huit mille; leurs salaires varient de ^5 à 5oo francs par mois.
- Le chiffre de production est estimé, pour Paris, à environ 93 millions de francs, et bien que ce chiffre ait déjà une certaine importance, il ne représente qu’une faible partie de notre production totale.
- Outre les salaires que cette industrie procure aux ouvrières 'qui préparent et à celles qui créent les modèles, elle joue un large rôle dans notre commerce général; elle donne, par l’emploi des objets multiples dont elle a besoin et dont elle provoque l’exportation, une grande somme de travail à nos fabricants de Lyon, de Saint-Etienne, cleSaint-Chamond; à nos ouvrières en dentelle de Caen, du Puy, de Calais, de Mirecourt; à nos fabricants de tissus de Picardie, à nos fabriques de fleurs, de plumes, de chapeaux de paille, de feutre, de soie; à nos apprêteurs de fournitures de modes, à nos bijoutiers et à notre fabrique d’articles de Paris, car la valeur des marchandises employées pour la mode, chapeaux de dames et coiffures, dépasse 260 millions, dont i5o millions sont vendus au commerce d’exportation.
- Aux Expositions de 1855 et de 1867, nos grandes modistes, bien que désireuses de faire connaître et apprécier leurs créations, n’ont pas demandé à les faire admettre à ces expositions; toutes auraient bien aimé à concourir, mais aucune n’osait commencer.
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- Cl. 38.
- Notre Exposition de 1878 a ouvert la voie, et les récompenses si justement méritées qui ont été accordées à cette industrie seront un stimulant pour l’avenir. Nous avons donc la certitude qu’à notre première exposition, la section des modes, chapeaux et coiffures de dames sera aussi variée et aussi brillante que le sera celle des fleurs artificielles et des plumes.
- INDUSTRIE DES CHEVEUX.
- Cette industrie, qui est essentiellement française, a pris depuis quelques années une importance considérable.
- L’adjonction de faux cheveux est considérée aujourd’hui, et avec raison, comme un ornement indispensable à ajouter à la toilette féminine.
- Nos fabricants, posticheurs, coiffeurs, ont fait de si grands progrès depuis quelques années, qu’ils sont arrivés, non seulement à suppléer gracieusement la nature, mais encore à observer dans la confection et l’adaptation les plus strictes lois de l’hygiène; il en résulte que la production, qui a largement augmenté, tend à s’élargir encore.
- Paris surtout est, au point de vue industriel et artistique, le centre de toute la belle fabrication des cheveux préparés, des coiffures, postiches, etc., et il est le fournisseur du monde élégant.
- La production française en cheveux bruts n’étant que de 80,000 kilogrammes, nos apprêteurs, négociants en cheveux, s’approvisionnent du manquant (environ 100,000 kilogrammes) un peu partout, mais surtout en Belgique, en Allemagne, en Bohême, en Hongrie, en Suède, en Suisse et en Italie; ils en achètent également en Chine, en Cochinchine et au Japon, pour la fabrication des articles ordinaires.
- La préparation, c’est-à-dire la transformation des cheveux bruts en cheveux préparés ou manufacturés, propres à tous les emplois, est une branche importante de l’industrie.
- Les cheveux, après avoir subi toutes les préparations nécessaires, qui exigent du préparateur beaucoup desoins et un outillage spécial, ainsi qu’une grande main-d’œuvre, sont ensuite vendus
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- aux coiffeurs étrangers et aux fabricants de postiches français ou expédiés dans les pays étrangers, principalement en Amérique.
- Indépendamment des maisons spéciales qui fabriquent les coiffures postiches pour la France, et surtout pour l’exportation, Paris seul compte environ 9,000 coiffeurs établis et 5,ooo ouvriers, dont plus de la moitié, s’occupant de la coiffure des dames, fabriquent également des postiches.
- Les coiffeurs etposticheurs parisiens sont de constants créateurs; on peut dire d’eux qu’ils sont le premier anneau de cette chaîne sans fin qui, sous le nom de mode parisienne, impose ses caprices au monde entier; il y a eu et il y a encore dans la coiffure des noms dont la renommée est universelle.
- La fabrication des dessins et bijoux en cheveux se fait sur une assez grande échelle; il se fabrique, à Paris surtout, de petites merveilles en chaînes, bracelets, boucles d’oreilles, médaillons, etc., et de véritables tableaux artistiques. Des dessinateurs de mérite se sont adonnés à cette spécialité, dans laquelle ils ont pour auxiliaires des ouvrières très habiles dans tous ces travaux, qui exigent une grande légéreté de main.
- Le salaire des préparateurs de cheveux est de 6 francs par jour; 'celui des ouvriers posticheurs, de 6 à 7 francs; des ouvrièrestres-seuses et implanteuses, de 9 fr. 7 5 cent, à 3 fr. 5o cent.
- En résumé, l’industrie des cheveux, dont l’extension aide au développement d’un grand nombre d’industries parisiennes, telles que la parfumerie, les filets, les peignes, les modes, les fleurs, les plumes, la bijouterie, etc., fait un chiffre d’affaires, variable suivant la mode, atteignant 98 à 3o millions de francs.
- L’Espagne avait exposé certains travaux de mérite, qui ont été appréciés et récompensés. Un industriel anglais avait également exposé des cheveux préparés et ayant une valeur réelle.
- Les Etats-Unis nous montraient des postiches dénotant de grands progrès.
- Le jury des récompenses, qui a été heureux de pouvoir accorder, pour la première fois, en 1878, des médailles d’or à des exposants fabricants de postiches, tient à féliciter, pour son exposition, qui tenait le premier rang dans sa section, M. Alexis Muzet, négo-
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- Gr. IV. ciant en cheveux'manufacturés, fabricant de coiffures et de pos-tiches, qui a largement contribué au progrès de cette industrie et qui aurait obtenu la plus haute récompense, si sa qualité de membre du jury ne l’avait pas mis hors concours.
- CONFECTION POUR DA AIES, MANTEAUX ET ROBES.
- Cette industrie si grande, si bien organisée et si prospère aujourd’hui, était encore inconnue en i8ào; elle a eu pour point de départ les besoins de l’exportation.
- En effet, le négociant exportateur, qui expédiait en pays étrangers les étoffes nécessaires aux vêtements des dames, les vendait difficilement, car il fallait en faire des robes, des confections, etc., et comme les couturières et confectionneuses manquaient, les prix de façon étaient tels que, seule, la classe très riche pouvait les payer; de là, consommation restreinte.
- Le commerce d’exportation, ayant besoin d’élargir ses affaires, s’adressa à quelques maisons à Paris, qui installèrent des ateliers de confection ; ce fut le point de départ, d’abord difficile, puis prospère, de la grande industrie actuelle, qui avait été devancée dans cette voie par les confectionneurs d’habillements pour hommes, les confectionneurs de linge et lingerie.
- De i85o à 1860, cette branche d’industrie prit un grand développement; mais on ne fabriquait encore que des articles de prix élevés. Ce fut à partir des traités de commerce, qui facilitèrent l’entrée en France de certains tissus étrangers, draperies et autres, que l’on put fabriquer des articles courants de prix abordables pour la grande consommation.
- Depuis, les maisons de premier ordre, celles qui jouissent d’une vogue méritée pour leurs confections de bon goût et de haute nouveauté, ont vu leurs affaires progresser dans des proportions qui ont dépassé toutes leurs espérances; ces maisons sont encore sans rivales à l’étranger.
- A côté de ces grandes maisons, d’autres se sont fondées pour fabriquer la confection courante, confectionnée et mi-confec-tionnée, et aujourd’hui c’est par centaines que l’on compte les
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- maisons de couture et de confection, et celles faisant des chiffres d’affaires de 1, 2, jusqu’à 3 millions, sont assez nombreuses.
- Citer en première ligne la maison J.-B. Bouillet n’est que rendre justice à cette importante maison, qui, pour les articles de grande consommation, tient le premier rang.
- Le chiifre d’affaires, pour la consommation française, ne peut être évalué exactement, mais il dépasse certainement 100 millions, et celui pour l’exportation, ^5 millions.
- Le montant des salaires payés aux ouvriers et ouvrières dépasse 20 millions par an; Paris emploie plus de 22,000 ouvriers et ouvrières.
- Depuis quelques années, nos confectionneurs de vêtements pour dames qui travaillent exclusivement pour l’exportation ont à lutter contre une concurrence très sérieuse, celle de l’Angleterre, de l’Allemagne, des Etats-Unis.
- Londres, Berlin, New-York, achètent à Paris des modèles, qu’ils copient, et, par suite du bas prix de la main-d’œuvre pour certains pays, du coût modéré de leurs draperies mélangées de coton et de leurs tissus de coton, de fil et autres, ils produisent à des prix plus bas que nos confectionneurs français.
- ' Mais avec une bonne entente des affaires, avec une bonne organisation, un bon outillage mécanique et des droits modérés à l’entrée sur certains produits étrangers qui, pour nos confectionneurs, sont la matière première, notre industrie française, qui a pour elle l’esprit inventif et une grande facilité pour créer des modèles de bon goût, pourra soutenir la lutte sérieuse qui lui est faite par ses concurrents étrangers.
- L’industrie des confections et costumes pour dames a, comme celle des fleurs, l’immense avantage de procurer du travail à un grand nombre d’ouvrières, travail qu’elles peuvent exécuter chez elles.
- La fabrication des robes et confections demande, en outre, un petit capital pour fonder chez soi un atelier de couture.
- La section des vêtements pour dames a été l’un des grands attraits de l’Exposition; tout dans cette section était installé avec beaucoup d’entente; certains articles avaient un tel cachet de bon
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- goût et (l’élégance, que Ton était souvent bien embarrassé pour accorder des récompenses aux plus méritants. A côté des vêtements riches par leurs broderies et leurs garnitures en dentelle, étaient des vêtements simples, mais d’une fabrication si parfaite, que l’on ne savait lequel, de l’article riche ou de l’article simple, avait demandé le plus de travail au producteur.
- La Russie avait en vêtements confectionnés, manteaux doublés en fourrure, des articles d’une confection et d’un goût parfaits. Des récompenses bien méritées ont été accordées à plusieurs de ses exposants.
- Dans l’exposition belge, la maison Pavoux et G10 avait des costumes en caoutchouc hors ligne et une infinité de produits de qualités supérieures, qui auraient mérité les plus hautes récompenses si M. Pavoux, l’un des chefs, n’avait été, en sa qualité de membre du jury, hors concours.
- COSTUMES ET ROBES D’ENFANTS, LINGERIE, LAYETTES, ARTICLES RICHES.
- Cette industrie, qui a son centre à Paris, est Tune des plus anciennes; elle était, il y a déjà plus de quarante ans, très florissante et sans rivale pour ses créations multiples, son goût et le fini de son travail à la main.
- Mais comme tous les articles de mode, cette industrie a eu ses bons et ses mauvais jours; si la fabrication des belles choses, celle des beaux modèles, est encore du domaine exclusif de Paris, il n’en est plus de même pour les articles courants et bon marché, faits à la machine à coudre, qui se fabriquent maintenant un peu partout.
- Et comme les besoins de la consommation se portent de plus en plus sur les marchandises de valeur moyenne, quelques maisons seulement ont pu continuer la fabrication des beaux articles de lingerie confectionnée qui ont été si admirés par tous les visiteurs à l’Exposition.
- Pour la première fois, en 1878, des médailles d’or ont été accordées à l’industrie de la lingerie et confection pour enfants.
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- Pour résumer notre travail sur l’industrie des robes et des vêtements confectionnés, il nous reste à examiner la somme de travail que cette industrie procure à nos ouvriers et à nos ouvrières, et également le chiffre des marchandises de toute nature qui sont exportées pour être confectionnées à l’étranger.
- Disons d’abord que nos modes, nos modèles de confection, propagés par des journaux spéciaux, qui tiennent le monde entier au courant de tout ce que la France produit de nouveau, donnent une grande impulsion à nos affaires extérieures, en rendant toutes les nations avancées en civilisation et en richesses tributaires de nos modes élégantes.
- Aussi voyons-nous toutes nos fabriques de soieries, celles de lainage, de beaux tissus de coton unis et imprimés, toujours occupées les unes plus que les autres, selon que le veut le caprice de la mode, qui abandonne aujourd’hui la soie pour n’acheter que la laine, et demain la laine pour les tissus de coton.
- Mais comme les favorisés d’aujourd’hui ne le seront peut-être plus demain, il y a lutte, mais lutte pacifique, entre tous nos producteurs; tous font les plus louables efforts pour maintenir ou reconquérir la primauté.
- ^ Citer Lyon pour les soieries, Reims pour les lainages, Roubaix pour ses articles si variés, la Picardie pour ses tissus légers, Tarare, Rouen, les Vosges, pour leurs tissus de coton façonnés et imprimés, Paris pour ses fourrures, ses passementeries, ses boutons de fantaisie, ses fournitures de couturières, pour ses fleurs artificielles, sa bijouterie, ses perles, etc. ; citer encore Saint-Quentin pour ses tissus unis et plissés, Saint-Etienne, Saint-Chamond, pour leurs rubans et tresses, c’est indiquer tous les grands marchés où s’approvisionnent nos couturières, les confectionneurs français et étrangers.
- Il nous est difficile de fixer le chiffre des marchandises qui s’exportent en tissus et autres articles nécessaires à la confection des robes et manteaux, mais nous pouvons être au-dessous du vrai en l’évaluant à 5oo millions.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
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- INDUSTRIE DE LA CHAPELLERIE POUR HOMMES,
- DAMES ET ENFANTS.
- La chapellerie française a fait, depuis l’Exposition de 186-7, de grands progrès. Stimulée à cette époque par les efforts faits par la fabrique étrangère, cette industrie a compris qu’il lui était nécessaire de progresser, de modifier, d’améliorer son outillage, et elle l’a renouvelé en entier, ce qui lui a permis, non seulement de se mettre à la hauteur des progrès accomplis, mais encore de les distancer pour certains articles d’une grande consommation, qui étaient autrefois exclusivement réservés à la fabrique étrangère.
- A l’Exposition de 1878, nous avons pu'constater que, si les exposants étrangers fabriquaient très bien, les uns certains articles spéciaux, coiffures d’uniforme, de livrée, etc., que si l’Angleterre et autres pays avaient encore sur nous un avantage dans la fabrication d’articles très ordinaires, peu ou pas demandés par notre consommation intérieure, ou par l’exportation, habituée aies acheter sur d’autres marchés, nous avions, par contre, sur tous les pays, une supériorité incontestée pour nos articles de fantaisie.
- CHAPEAUX DE LAINE.
- Bien que la fabrication du chapeau de laine remonte, pour la France, aux temps les plus éloignés, elle était restée stationnaire et très en retard sur les fabrications allemandes, belges, de l’Amérique du Nord et surtout sur celles d’Angleterre. Gela s’expliquait, du reste, par les besoins de la consommation intérieure, qui se portait beaucoup plus sur les chapeaux de feutre, qui sont lisses et brillants, que sur les chapeaux de laine, qui sont mats.
- En Angleterre, pays des larges affaires, des grands débouchés extérieurs, la fabrication s’était portée sur les articles de très large consommation, sur ceux à la portée de toutes les bourses, et, en 1867, la France, pour les articles bon marché, était distancéepar ces concurrents.
- A cette époque, on fabriquait peu en France mécaniquement;
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- tout se produisait à la main, et Ton n’arrivait à des prix relativement bas qu’en réduisant les salaires, tandis que l’Angleterre, à l’aide de son outillage perfectionné, produisait à meilleur marché que nous, tout en payant des salaires plus élevés à ses ouvriers.
- Cet état d’infériorité, une fois compris par notre fabrique, qui ne voulait ni ne pouvait rester en arrière, de grandes sommes d’argent furent dépensées; toutes nos petites usines qui fabriquaient à la main furent remplacées par de grandes fabriques bien montées, bien outillées, qui, aujourd’hui, à l’aide de machines de fabrication anglaise, soutiennent avec avantage la concurrence de nos voisins.
- Et nous sommes heureux de pouvoir constater que l’un de nos exposants, M. Haas, de la maison Haas et Clc, membre du jury, hors concours, a été l’un des premiers à introduire en France une machine américaine pour la fabrication des chapeaux de feutre, et qu’il a vulgarisé cet outillage mécanique en le faisant fonctionner à l’Exposition de 1867.
- El si nos fabricants de chapeaux de laine n’ont pas encore réussi à concurrencer sur les marchés extérieurs, dans tous les articles ^(chapeaux apprêtés surtout), avec ceux très ordinaires qui se fabriquent en Angleterre, il ne faut pas l’attribuer à leur manque de volonté et de capacité; mais en industrie, comme en toutes choses, il faut le temps nécessaire pour bien étudier et mettre en pratique les moyens de produire bien et à bas prix; ce temps viendra, et il est venu, surtout pour les chapeaux de laine souples.
- CHAPEAUX DE FEUTRE.
- Le chapeau de feutre, fait de poil de lapin et de lièvre, est exclusivement de fabrication française; c’est la France qui a exporté les premiers chapeaux, et notre supériorité dans cette fabrication est due aux progrès constants que nous faisons en améliorant toujours notre outillage mécanique, et aux soins que nous apportons dans notre fabrication, dans nos garnitures et dans le fini de tout ce qui sort de nos ateliers de chapellerie fine.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- A l’exception de la période 1870-1871, pendant laquelle, par suite d’un temps d’arrêt forcé dans notre fabrication, l’industrie belge avait pris notre place sur certains marchés, entre autres celui de la Plata, nous pouvons constater que nos affaires d’exportation ont toujours été en voie progressive, sauf aux Etats-Unis, d’où nous sommes à peu près exclus, à cause des droits prohibitifs du tarif nord-américain.
- Quant à la consommation intérieure, en dehors de quelques articles de fantaisie importés de l’étranger, elle s’approvisionne en entier dans nos fabriques.
- Pour la fabrication des chapeaux de feutre, ainsi que pour l’outillage , notre fabrique est supérieure à celle des pays étrangers, et si nous achetons aux Anglais des machines’pour fabriquer nos chapeaux de laine, nous vendons à l’étranger certaines des nôtres pour la fabrication des chapeaux de feutre.
- CHAPEAUX DE PAILLE.
- L’industrie du chapeau de paille, grâce aux grands perfectionnements dans le blanchiment des pailles, grâce aussi à l’emploi d’un outillage mécanique pour la couture des chapeaux en tresse dé paille, a progressé sérieusement depuis 1867.
- Cette fabrication se divise en deux classes bien distinctes : celle des chapeaux faits en tresses cousues et celle des chapeaux remaillés.
- Si, pour les chapeaux de tresses cousues de qualités ordinaires, nous sommes encore distancés par nos concurrents étrangers, c’est qu’ils sont producteurs de la matière première, et que, dans ces conditions, la lutte est difficile; mais comme nous avons réussi déjà, à l’aide de notre nouvel outillage de couture et de dressage, qui tend à se vulgariser, à faire un grand pas en avant dans la voie d’une large production, qui nous a rendus à peu près maîtres de notre marché intérieur, nous espérons arriver à pouvoir exporter aussi largement nos chapeaux de paille ordinaires que ceux de belle qualité, qui sont recherchés pour leur fini et l’éJégance de leurs formes.
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- HABILLEMENTS DES DEUX SEXES.
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- Si, pour les chapeaux remaillés, nous achetons à l’étranger le Gr. IV. chapeau brut, nous lui en réexpédions la plus grande quantité, après leur avoir donné ce cachet d’élégance qui est d’essence parisienne.
- CHAPEAUX DE PAILLE DE PALMIER, PANAMAS FRANÇAIS.
- L’industrie des chapeaux de palmier a suivi une voie progressive, bien quelle ait éprouvé, dans la dernière période décennale, les plus terribles vicissitudes.
- Cette industrie, qui date de i 855, a dû faire les plus grands efforts pour s’implanter en France; la matière première est achetée à l’île de Cuba, où elle est connue sous le nom de latanier; elle a besoin, pour être transformée, d’être effeuillée, puis lavée et blanchie par des procédés de décoloration qui sont arrivés à un grand degré de perfection.
- Après ce travail, les feuilles sont divisées par des machines qui les coupent entresses de la finesse voulue, puis remises aux tres-seuses, ensuite aux apprêteurs, garnisseurs, etc., qui finissent le chapeau.
- ^ La fabrication des panamas français était autrefois localisée en Alsace. Après 1870, l’un de nos grands industriels dans cette branche de fabrication a transporté d’Alsace dans les Vosges son industrie, et y a formé tout un personnel d’ouvriers et d’ouvrières, ce qui a été une providence pour toutes ces populations, vivant autrefois convenablement avec les salaires que leur procurait la broderie à la main, et qui se trouvaient sans travail, par suite de la fabrication de la broderie à la mécanique.
- CHAPEAUX DE SOIE ET CHAPEAUX DITS GIBUS.
- Le chapeau de soie, qui ne se fabrique largement qu’à Paris, n’est plus maintenant que d’une consommation relativement restreinte ; il ne se porte guère que dans les grandes villes ; l’exportation en est à peu près nulle; seul, le chapeau ditg-ùws s’exporte toujours, mais en petite quantité.
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- Cl. 38. CASQUETTES.
- Cette industrie, relativement moderne, comprend la coiffure des classes ouvrières et celle d’uniforme pour l’armée, les administrations et les collèges.
- La plus grande partie des casquettes se confectionnent en chambre, et l’ouvrière peut, en même temps qu’elle soigne son ménage, gagner 2 francs à 2 fr. 5o cent, par jour.
- La production totale de la chapellerie est évaluée au chiffre de i3o à 135 millions, dont 3o millions sont écoulés à l’exportation.
- Les salaires des ouvriers varient de 5 à 7 francs par jour; ceux des ouvrières, de 2 fr. 2 5 cent, à 3 fr. 5o cent.
- L’industrie étrangère, l’Angleterre, l’Autriche, l’Amérique, la Belgique, l’Espagne et ses colonies, l’Italie, la Suisse, la Chine, nous avaient envoyé des produits de premier mérite, qui ont eu une large part dans les récompenses.
- COSTUMES POPULAIRES.
- Les costumes populaires, réunis en 1878 à la grande classe du vêtement, ont eu, dans certaines sections étrangères, un éclat qu’ils n’avaient pas en 1867.
- Ainsi, les costumes suédois envoyés par le musée ethnographique de Stockholm et présentés par le docteur Hazelius étaient de véritables tableaux. Les scènes de la vie de famille se passaient au milieu d’intérieurs garnis de leurs meubles et de leurs ustensiles; depuis le rouet de la grand’mère jusqu’au berceau de l’enfant, tout était vrai; on y voyait aussi les épisodes de la vie du Lapon, au milieu de la neige, assis devant sa hutte ou conduisant son traîneau.
- Une exposition organisée d’une façon identique était celle du musée d’Helsingfors en Finlande (Russie). L’analogie qui existe entre les costumes de ces deux peuples, le rapprochement de leur installation au Palais du Trocadéro, font qu’on ne peut les sé-
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- HABILLEMENTS UES DEUX SEXES.
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- parer. On doit même en rapprocher les costumes populaires portés dans les différentes provinces des Pays-Bas, arrangés par M. Stortenbeker, et formant onze groupes, se détachant sur des fonds de paysages ou dans des intérieurs, comme celui de Ilindeleopen, où la vieille boiserie et les meubles étaient de véritables merveilles; dans une chambre, que les visiteurs pouvaient traverser, les deux femmes qui se préparaient à sortir faisaient illusion.
- Pour récompenser le mérite de ces expositions, le jury leur a décerné des diplômes d’honneur, ainsi qu’au ministère delà guerre d’Espagne, qui avait envoyé une collection des uniformes de l’armée, reproduisant ces mêmes tenues que tout le monde a remarquées et admirées, pendant l’Exposition, sur de vrais soldats espagnols; cette exhibition était composée de vingt-cinq types, présentés sur des mannequins.
- Le ministre de la marine espagnole avait tenu également à j 10us envoyer ses uniformes de marins et de troupes de marine.
- Quant aux costumes populaires de l’Espagne, ils étaient représentés par une collection complète de ses quarante-neuf provinces et des îles qui lui appartiennent. Tous ces costumes étaient fort intéressants au point de vue des différents climats qu’habitent ces populations et au point de vue ethnographique; on y retrouve les traditions des peuples conquérants qui ont tour à tour occupé l’Espagne.
- Ainsi l’Andalousie a conservé la trace du passage des Maures et des Vandales; la Murcie, celle des Argiens et des Carthaginois; la Catalogne, celle des Siciliens, des Turcs et des Vénitiens; la Vieille-Castille, celle de la féodalité.
- Dans les provinces de l’Ouest, on trouve le type slave; et à Ségovie, ainsi que dans la province de Léon, les traces des peuples pasteurs.
- Les îles Baléares nous rappellent les colonies grecques; et l’Aragon, les souvenirs des Huns cl’Attila.
- Ces expositions importantes ont eu beaucoup de succès. Des diplômes d’honneur ont été également accordés au roi de Siain. au schah de Perse et au bey de Tunis.
- Classe 38. a
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- L’Autriche et la Hongrie avaient exposé des portions de riches costumes magnifiquement brodés, mais incomplets; aussi étaient-ils exposés à plat et non sur des mannequins. Il en a été de même du Portugal, où la commission départementale d’Angra de Heroismo, avec son costume populaire de l’île de Ferreira, et celle de Funchal avec celui de l’île de Madère, et ceux des environs de Vianna, ont perdu à n’êlre pas exhibés d’une façon plus complète.
- Pour terminer cetle revue des costumes populaires à l’étranger, rappelons ceux de la Grèce; ils sont restés aussi riches, aussi brodés, aussi beaux que nous les avons toujours connus; huit exposants avaient envoyé des spécimens de la province de Mégare, de Corfou et de Thèbes, qui étaient heureusement choisis.
- En France, dans la salle réservée aux costumes populaires, se coudoyaient les costumes ecclésiastiques, de la magistrature, de l’Université et des académies. Le contraste était heureux, quoique le succès, aux yeux du public, ait été pour les costumes de nos comités départementaux, tels que ceux de Saône-et-Loire; les deux Mâconnaises, avec leurs chapeaux couverts de riches dentelles de soie noire, leurs corsages brodés d’or et d’argent, leurs bijoux d’une forme si originale, étaient ravissantes; — ceux de TAin, avec ses Bressanes, qui ont avec les précédents un air de famille que le voisinage explique; — ceux de la Loire-Inférieure, envoyés par le musée de Nantes, nous donnant les types du saunier et du paludier, ainsi que ceux de leurs femmes; — ceux de la Savoie, avec un costume du bourg Saint-Maurice, un de la basse Tarantaise, un de Maurienne et un de Valloire; — enfin, pour ceux de la Vendée des Basses-Pyrénées, qui ont conservé encore toute leur originalité et leur pittoresque, ce dont se rend bien compte le bon paysan; il sait l’effet que produit son costume sur l’étranger, et il ne manque de le revêtir quand il vient se présenter comme guide; c’est qu’au premier coup d’œil on lui accorde une confiance que l’on ne donnerait pas au même homme habillé comme a la ville.
- A ce point de vue, avant de clore ces quelques lignes sur le costume, qu’on nous permette de regretter sa disparition, qui enlève les garanties d’attachement au pays et d’honnêteté qu’il représentait.
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- Une partie de notre Exposition était remplie par des costumes professionnels, tels que ceux des ouvriers de Paris, qu’avaient envoyés MM. Bessand et Cle, propriétaires de la Belle-Jardinière; ils nous montraient ces hommes que tout le monde reconnaît, à première vue, dans nos rues de Paris, aux halles, le charbonnier,le cuisinier, le boucher, le charpentier, le commissionnaire, etc. La même maison avait également exposé un magnifique costume de cardinal et plusieurs autres costumes ecclésiastiques.
- La maison du Pont-Neuf avait envoyé l’habillement du desservant des campagnes et celui de ses enfants de chœur, ainsi que des costumes de nos paysans, parmi lesquels nous avons remarqué le Breton, le Landais, le Berrichon, etc.
- Les beaux costumes de la magistrature, de l’Université et des Académies avaient été envoyés par la maison Fontaine, qui habille jusqu’aux juges du Chili.
- Raphaël Jacquemin avait exposé ses belles publications sur l’iconographie du costume, commençant à Constantin, empereur de Byzance, et se continuant jusqu’à nos jours. Son ouvrage se rattachait tout naturellement à la section des costumes populaires; il est bon de le mentionner, car bientôt on ne trouvera plus de costumes que dans les livres.
- HABILLEMENTS D’HOMMES.
- Dans cette grande industrie, deux éléments sont en présence : les tailleurs et les confectionneurs; ces deux éléments, si bien faits pour se compléter, ne marchent pas à l’unisson dans la voie progressive des larges débouchés.
- Les tailleurs ne produisent que le vêtement sur mesure, qui, par l’élégance de la coupe et le fini du travail, donne à tout ce qui sort de leurs ateliers ce grand cachet de bon goût que l’on trouve à Paris,,à Londres, à Vienne, à Prague et autres grandes villes.
- Mais, comme il est difficile de produire largement en ne travaillant que pour le petit nombre, pour le monde élégant, il en résulte que le chiffre d’affaires des tailleurs ne progresse que lentement; tandis que celui des confectionneurs progresse d’année en
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- Gr. IV. année dans des proportions énormes, surtout depuis que la eon-fection emploie tous les outillages mécaniques, ce qui lui permet de produire vite, bien et à bon marché.
- L’industrie des vêtements confectionnés, qui prend chaque année, et surtout depuis dix ans, un très grand développement, est très florissante en France, en Angleterre, en Belgique, en Autriche et aux Etats-Unis. Ce grand développement, dû à la plus grande diffusion de l’aisance, qui a créé des besoins nouveaux, a fait un consommateur de chaque homme, qui, jadis, ne pouvait que rarement renouveler son costume.
- Il en résulte qu’au lieu de quelques milliers de consommateurs qui existaient autrefois, c’est aujourd’hui par millions qu’ils se comptent.
- Aussi l’industrie des vêtements et celle de la chaussure seront-elles avant longtemps, si elles ne le sont déjà, les industries vraiment grandes, celles produisant et écoulant les plus gros chiffres de marchandises, celles employant le plus grand nombre d’ouvriers et d’ouvrières, celles payant les meilleurs salaires et celles dans lesquelles le chômage est presque inconnu.
- Ces grands progrès accomplis depuis quelques années sont dus, non seulement à l’avancement général en civilisation et à la diffusion de la richesse, mais aussi à l’intelligence des hommes qui sont, dans tous les pays, à la tête de ces grandes industries.
- Citer, pour les vêtements confectionnés en France, la maison de la Belle-Jardinière, c’est citer la maison modèle, la maison progressive, celle qui, d’un chiffre de quelques centaines de mille francs par an, fait à son début par son fondateur, M. Parissot, est arrivée, sous la direction de ses successeurs, MM. Bessand et C"', au chiffre annuel de 2 4 millions.
- A l’Exposition de 1878 , la maison Bessand et C1 était certainement appelée à recevoir les plus hautes récompenses, mais elle s’est trouvée hors concours, son principal associé, M. Bessand, ayant été désigné pour faire partie du jury de la classe 38.
- Le chiffre total des affaires en vêtements confectionnés peut être évalué à 3oo millions, celui des salaires payés aux ouvriers et ouvrières, à environ 5o millions.
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- Nous aimerions à citer le nom de toutes les maisons qui, par leur position, leur talent, leur bonne organisation, ont fait faire des progrès à cette grande industrie, aussi bien en France, en Belgique, en Angleterre, en Autriche qu’aux Etats-Unis; mais il nous faudrait rappeler tous les noms qui ont été si justement récompensés. Citons cependant la maison Mottl Sohne, de Prague, dont le chef, M. Wendelin Mottl, membre du jury, hors concours, a reçu à toutes les expositions de Paris, de Vienne, etc., les plus hautes récompenses.
- INDUSTRIE DE LA CHAUSSURE.
- Cette industrie, l’une des plus anciennes et aujourd’hui l’une des plus importantes et des plus florissantes, n’a été pendant longtemps qu’un métier, occupant un grand nombre d’ouvriers disséminés dans les villes et dans toutes les petites localités; ces ouvriers ne travaillaient que pour la consommation locale.
- Ce fut seulement à partir de 1825 ou 1827, par suite des besoins de l’exportation, que quelques capitaines de navires, aidés par leurs armateurs et par des banquiers, firent ce qu’on appelait alors des pacotilles, qui se composaient de marchandises ordinaires , chaussures et autres.
- L’Amérique du Sud, un peu plus tard celle du Nord, avançant en richesses, devinrent les grands marchés consommateurs des chaussures fabriquées à Paris et dans certaines villes, Bordeaux et Nantes principalement.
- Vers 1826, la maison Renauts se fondait à Paris; elle fut la première à essayer la fabrication sur une grande échelle, en diminuant le coût de sa production par l’emploi de machines à découper les semelles.
- Cette maison, qui a constamment amélioré sa fabrication de chaussures pour dames, a été pendant plusieurs années la seule fournissant les maisons d’exportation du Brésil. Un peu plus tard, par suite des perfectionnements apportés dans l’outillage, par suite de l’introduction des machines à coudre, des découpoirs, des emporte-pièce et autres machines, par suite d’une bonne entente
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- Gr. rv. dans l’organisation des ateliers et du choix des ouvriers et ouvrières travaillant dans leur domicile, les maisons de fabrication devinrent des usines, et les chi(Très d’affaires avec l’exportation prirent un très large développement.
- Mais, bien cpe nos débouchés sur les marchés extérieurs aient progressé très largement, puisque de 18 millions en 1860 ils dépassent aujourd’hui 90 millions, ils auraient suivi une marche ascendante encore plus importante si certains pays, autrefois nos tributaires, n’étaient devenus eux-mêmes de grands producteurs, en état de nous concurrencer sur certains marchés étrangers, pour les articles courants et pour ceux de bonne fabrication.
- Ainsi l’Angleterre,la Belgique, l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et surtout les Etats-Unis produisent aujourd’hui non seulement la chaussure nécessaire à leur consommation intérieure, mais encore exportent aussi très largement.
- Et si la production de la chaussure aux Etats-Unis n’atteint pas, comme chiffre, celui de la France, par contre sa production en quantité est au moins égale, si elle ne la dépasse.
- L’Exposition de 1878 a donné la mesure des progrès accomplis depuis 1867. Les fabricants de bottines et de chaussures de luxe pour dames avaient organisé avec un grand soin et une grande entente l’exhibition de tous leurs spécimens, et leur variété ainsi que leur élégance ont prouvé d’une manière éclatante la supériorité de notre industrie parisienne. A côté des articles de luxe, il y avait en quantité des chaussures pratiques, qui, par leur bonne fabrication, par leur élégance, par leur fini, avaient ce cachet de confort, de solidité, que nos cordonniers sur mesure et nos grands fabricants savent donner à tout ce qui sort de leurs mains.
- Il y avait également et en grande quantité tous les spécimens de la chaussure de grande consommation, celle qui fait les gros chiffres, celle qui rivalise, si elle ne les dépasse, avec les meilleures fabrications étrangères.
- A part les articles de fantaisie pour dames, la chaussure ornée, qui est de fabrication parisienne, et celle élégante pour hommes, toutes les chaussures se fabriquent aussi bien dans 110s villes de l’intérieur qu’à Paris. Les grands centres de production sont Nantes,
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- Angers, Tours, Blois, Le Mans, Lyon, Nancy, Limoges, Romans, Nîmes.
- Cette industrie est celle qui produit le plus gros chiffre d’affaires; ses débouchés dépassent 700 millions, dont 90 à 100 millions pour l’exportation.
- Ce gros chiffre d’affaires s’explique facilement. Autrefois l’habitant de la campagne ne se dérangeait que pour aller porter ses denrées à la ville voisine; il usait peu ou pas de chaussures en cui r.
- Aujourd’hui que les moyens de circulation sont à sa portée, ce n’est plus seulement à la ville voisine qu’il va, mais bien sur tous les marchés où l’appellent ses affaires. Et comme un progrès en amène un autre, le vêtement en drap a remplacé, pour les villes, la blouse ; pour les campagnes, le chapeau a remplacé le bonnet de coton; la chaussure en cuir a remplacé les sabots. Chacun a appris à devenir plus large producteur et en même temps plus grand consommateur, et, l’aisance devenant plus générale, tous peuvent satisfaire leurs besoins. Et comme les besoins des choses nécessaires au confort iront en grandissant à mesure que par le travail la richesse augmentera, il en résulte que l’outillage mécanique, celui le plus perfectionné, sera de plus en plus recherché et utilisé par nos grands industriels, qui sauront progresser et ne pas se laisser surpasser par leurs concurrents étrangers, qui font les plus louables offorts pour les égaler, avec l’espoir de les distancer.
- La France avait, à l’Exposition de 1878, 148 exposants. Citer, pour la fabrication des chaussures pour dames, la maison Pinet, hors concours, son chef, M. F. Pinet, étant membre du jury delà classe 38 , c’est citer l’une des maisons les plus progressives, celle faisant l’un des plus gros chiffres d’affaires.
- L’industrie de la chaussure occupe en France un nombre considérable d’ouvriers et d’ouvrières; elle paye en salaires annuels un chiffre minimum de 180 millions de francs.
- Vouloir indiquer les maisons qui, dans les articles élégants en chaussures pour hommes, ont fait progresser le plus largement cette grande industrie, serait rappeler tous ceux, en très grand
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- nombre, qui ont obtenu les plus hautes récompenses à l’Exposition de 1878.
- L’Angleterre ne comptait que peu d’exposants, mais tous avaient envoyé des produits bien fabriqués.
- L’Autriche-Hongrie, qui a trop peu participé à notre exposition de chaussures, y était bien représentée, et elle a proilvé qu’elle pouvait faire une concurrence sérieuse à nos produits sur les marchés étrangers.
- Les Etats-Unis doivent regretter de ne nous avoir envoyé que quelques spécimens de leur large production, ceux exposés ayant été bien appréciés.
- La Russie, la Belgique, l’Espagne, la Suède, laNorwège, nous ont montré qu’elles étaient entrées dans la voie progressive. Mais la France a prouvé que, pour les articles élégants, elle tenait toujours le premier rang.
- Si la grande industrie, qui date à peine de quarante ans, a fait, dans un laps de temps aussi court, de si grands progrès, elle les doit en grande partie à l’emploi des machines perfectionnées, qui, en décuplant les forces productives, ont amené, en meme temps qu’une grande baisse dans le coût des marchandises, une hausse sérieuse dans les salaires payés aux ouvriers.
- Et si à ces conditions de grande amélioration viennent se joindre avant peu celles d’une diminution dans les charges qui nuisent et entravent la production, nous avons confiance que le temps d’arrêt qui existe actuellement dans toutes les branches industrielles et commerciales du monde entier ne sera plus de longue durée. Nous aurions voulu nous étendre davantage sur les mérites des exposants étrangers; mais la classe 38 se composant presque exclusivement d’articles spéciaux à notre industrie parisienne, nous n’avons pu parler que des produits de grande consommation, qui se fabriquent bien un peu partout, la chapellerie, les vêtements d’hommes et la chaussure, et, ainsi que nous l’avons constaté, ces articles ne figuraient qu’en nombre trop restreint dans les sections étrangères.
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- RECOMPENSES DECERNEES.
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- Cl. 38.
- Espagne Pays-Bas Suède.. Russie. .
- Diplômes d’honneur.
- ... 2 Sium. . .
- ... î Perse. . .
- ... î Tunisie.
- ... î
- France.
- Grande médaille d’or.
- l
- l
- 1
- Médailles d’or (41).
- France 29 Etats-Unis 2
- Angleterre 4 Suisse 1
- Autriche-Hongrie. . . 4 Italie 1
- Médailles d’argent (178).
- France 100 Suisse 4
- Autriche-Hongrie. . . Étals Unis 0 O
- Russie ....... 11 Algérie 2
- Angleterre 8 Guatemala 1
- Italie 8 Manille 1
- Belgique 6 Annarn 1
- Espagne 5 Pays-Pas 1
- Portugal 5 Silène 1
- Médailles de bronze (344).
- France....................... i 7 <)
- Autriche-Hongrie............... 20
- Russie......................... 20
- Espagne........................ 20
- Angleterre..................... 19
- Italie......................... 10
- Portugal........................ 9
- Suisse.......................... 8
- Belgique........................ 5
- Etats-Unis..................... 5
- Canada anglais................. 4
- Chine.......................... 4
- Suède.......................... 4
- Grèce.......................... 3
- Algérie........................ 3
- République Argentine........... 3
- Réunion........................ 3
- Norwège........................ a
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- Gr. IV. Uruguay.................... 2 Guatemala
- Cap de Bonne-Espérance Nouvelle-Calédonie Jamaïque t 3 Indes anglaises Danemark Vénézné.la
- Luxembourg 1 Victoria
- Inde 1 Brésil
- Guyane française 1 République d’Andorre
- Sénégal 1 Océanie
- Mention .3 honorables (391 ).
- France i3 h Nonvège
- Espagne A 5 Suède
- Algérie 22 Pays-Bas
- Portugal 20 Japon .
- Italie M) Cochinchine
- Autriche-Hongrie *9 Guyane française
- République Argentine 1(J Possessions françaises
- Réunion 11 Madagascar
- Belgique 10 Jamaïque
- Grèce 10 La Martinique
- Suisse 10 Asie orientale
- Angleterre 8 Pérou
- Russie 6 Chine
- Danemark 6 Amérique centrale
- Sénégal 5 Nicaragua
- Canada anglais 5 Océanie
- Chine k Guadeloupe
- Cap de Bonne-Espérance .... h Uruguay
- Indes françaises 3 Etats-Unis
- Vénézuéla 3 République d’Andorre
- Taïti 2
- 1
- 1
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- 1
- î
- En résumé, l’Exposition de 1878 à Paris nous a montré, par les récompenses données à nos exposants de ]a classe 38, les grands progrès accomplis depuis 1867.
- Comme, en industrie, ne pas progresser est rétrograder, il est nécessaire, pour que les industriels français de la classe 38 puissent soutenir la lutte sérieuse de leurs concurrents, qu’ils aient, comme eux, des moyens de transport réguliers, prompts et à bon marché, avec la facilité de pouvoir acheter, là où ils les trouvent le
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- plus à leur convenance, les madères premières qui leur sont né- Gr. rv cessaires.
- T> 1*1* * ' * \ • \ Gla 38
- rour notre industrie parisienne, ces matières premières se coin-posent, pour la plupart, de produits déjà ouvrés, qu’elle transforme, en leur donnant ce grand cachet de goût et d’élégance qui fait de Paris le grand centre, sans rival, de la production des articles de fantaisie, qui s’exportent dans le monde entier et pour lesquels l’Exposition universelle de 1878 a été l’occasion d’un nouveau triomphe.
- Il m’est agréable de terminer mon rapport en rappelant le concours si dévoué, si désintéressé et si éclairé qui nous a été donné par tous nos collègues étrangers et parisiens : MM. Pollack, chevalier de Borkenau; G. Rath, de Szetenay; Wendelin Mottl (Autriche-Hongrie); Spencer Todd, esq. (Angleterre); Anthony Van Bergen (Etats-Unis); Mazourine (Russie); I. Isler-Cabezas (Suisse); Armancl-Dumaresq, Bessand, Bouillet, Haas, Pinet, Alexis Muzel (France), et par M. Charles Petit, désigné en qualité d’expert pour l’industrie des fleurs et des plumes.
- Levois,
- Membre de la chambre de commerce.
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