Rapports du jury international
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- RAPPORT
- SUR
- LES PRODUITS DE L’EXPLOITATION DES MINES
- ET DE LA MÉTALLURGIE.
- SECTION I.
- SUBSTANCES MINERALES ET METAUX PRECIEUX.
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- rcau
- MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE ET DU COMMERCE.
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1878
- A PARIS.
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- Groupe V. — Classe Zi3.
- RAPPORT
- SUR
- LES PRODUITS DE L’EXPLOITATION DES MINES
- ET DE LA MÉTALLURGIE.
- SECTION I.
- SUBSTANCES MINÉRALES ET MÉTAUX PRÉCIEUX,
- PARIS.
- IMPRIMERIE NATIONALE.
- M DCCC LXXXL
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- Groupe V. — Classe 43.
- RAPPORT
- SUR
- LES PRODUITS DE L’EXPLOITATION DES MINES
- ET DE LA MÉTALLURGIE.
- COMPOSITION DU JURY.
- MM. le général Frébault, président, sénateur, membre du comité ) prance d’admission à l’Exposition universelle de 1878........................j
- Jordan, ier vice-président, ancien président de la Société des ] ingénieurs civils, professeur de métallurgie à l’École centrale f p des arts et manufactures, membre du comité d’admission à 1 l’Exposition universelle de 1878................................)
- Wertheim (le baron F. de), ae vice-président, conseiller impé- J ^ujrjcjlc
- rial, fabricant d’outils de la cour impériale et royale, à > ,T T,- 1 J l Hongrie.
- Vienne.......................................................) ü
- Lowtiuas Bell (J.), esq., M. P., F. R. S., 3e vice-président. . . Angleterre.
- Mautelet, rapporteur, ingénieur en chef des mines, membre du \
- Jury (1867), membre des comités d’admission et d’installa- > France, lion à l’Exposition universelle de 1878........................)
- Lebasteuh, 1" secrétaire, ancien ingénieur des constructions na- \
- vales, ingénieur du matériel à la compagnie des chemins de f prance fer de Paris-Lyon-Médilerranée, membre du comité d’admis-l sion à l’Exposition universelle de 1878........................)
- Cokdella (A.), 2' secrétaire, commissaire....................... Grèce.
- Akerman (A.-R.), 3' secrétaire, professeur à l’Ecole supérieure ) Suède technique.......................................................j et Norwège.
- Bouuy, ùc secrétaire, directeur de la Nouvelle-Montagne, à Liège. Belgique.
- le professeur Warikctos Smyth, M. A., F. R. S................... Angleterre.
- le professeur Blake (W.-P.)..................................... États-Unis.
- Classe h 3. — 110 section. 1
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. V. Cl. 43.
- MM. le professeur Henry B. Nason....................................
- Giordano (F.), inspecteur au corps royal des mines............
- Zsigmondy (G.), ingénieur des mines, député de Buda-Pesth. .
- Dupret (C.), industriel à Charleroi...........................
- Groot (Corn. de), ingénieur en chef des mines.................
- Artola (de), consul et commissaire délégué de Bolivie.........
- Temple Ellicott (H.), ingénieur des mines.....................
- Daniel Cortazar...............................................
- Japy (A.), gérant de la maison Japy frères et C‘°, maire de Beau-court (Haut-Rhin), ancien élève de l’Ecole polytechnique, à Paris..........................................................
- Cailletet, correspondant de l’Institut, maitre de forges à Châ-tillon.........................................................
- Limet, fabricant de limes h Gosne (Nièvre)....................
- Boutmy, maître de forges à Carignan (Ardennes)................
- Derray, membre de l’Institut, essayeur à la garantie de l’État. .
- Friedel, professeur à la Faculté des sciences, conservateur des collections de minéralogie à l’Ecole des mines, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878..........
- Barrouin, directeur des forges et aciéries de Saint-Étienne. . . .
- Le Neve Fosteii (G.), suppléant, B. A., F. G. S., inspecteur des mines..........................................................
- Fayn (J.), suppléant, ingénieur des mines.....................
- Kousnetzoff, suppléant, ingénieur des mines...................
- Badopreau, suppléant, ingénieur au corps national des mines. .
- Coignet (G.), suppléant, ingénieur civil, délégué des huiles minérales en 1867, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.....................................
- Zeiller, suppléant, ingénieur au corps national des mines.....
- Flobert, suppléant, quincaillier, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878......
- Hallot (G.), Suppléant, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878...................................
- Etats-Unis.
- Italie.
- Autriche-
- Hongrie.
- Belgique.
- Pays-Bas.
- I Amérique centle et méru Portugal.
- Espagne.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- France.
- Angleterre.
- Belgique.
- Russie.
- Amérique cenllc et mér1*
- France.
- France.
- France.
- France.
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- Gr. V.
- Cl. 43.
- AVERTISSEMENT.
- La classe 43, consacrée aux produits de l’exploitation des mines et de la métallurgie, comprenait un nombre si considérable d’exposants et une telle diversité de produits, qu’il a paru nécessaire aux membres du jury d’en partager l’examen en trois sections, réparties de la manière suivante :
- irc section. — Substances minérales et métaux précieux.
- 2e section. — Métaux (usuels) bruts.
- 3e section. —Métaux (usuels) ouvrés.
- La même division s’imposait nécessairement dans la rédaction des rapports relatifs à la classe; la seule modification qu’il ait paru utile d’y apporter a été de distraire les minerais de fer de la irj section, afin de les rapprocher des produits auxquels leur élaboration donne naissance.
- Dans le rapport qui va suivre, consacré à la irc section, ces minerais sont en conséquence passés sous silence.
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- SECTION I.
- SUBSTANCES MINERALES ET METAUX PRECIEUX.
- La ira section de la classe Ô3 comprenait les substances minérales et les métaux précieux. Nous avons à peu près suivi, clans le rapport consacré à cette section, l’ordre adopté en 1867 par M. Daubrée dans son rapport sur les mêmes objets; nous devons seulement faire remarquer que les minerais de fer ont été laissés de côté, comme se rattachant mieux à la 2 e section, consacrée spécialement au fer et à l’acier. De plus, la 3e section ne comprenant que les métaux ouvrés, nous avons dû, à propos des minerais dont noos avions à parler, dire quelques mots des métaux bruts qu’on en extrait et qui étaient exposés avec eux; nous nous sommes abstenu, sauf dans quelques cas tout spéciaux, de parler des procédés mêmes d’extraction, dont l’examen appartenait à la classe 5o.
- Tout en suivant, comme nous venons de l’indiquer, l’ordre général du rapport sur l’Exposition de 1867, nous avons établi nos divisions d’une manière un peu différente, et les divers minerais et minéraux utiles qui sont examinés dans le présent rapport y seront groupés de la manière suivante :
- I. Combustibles minéraux. — II. Bitumes et huiles minérales. —• III. Métaux usuels. — IV. Métaux précieux. — V. Application électro-galvanique des métaux. — VI. Minéraux servant aux industries chimiques. — VII. Minéraux d’ornement. — VIII. Minéraux divers. — IX. Collections générales.
- Chargé un peu tardivement de ce compte rendu, nous ne nous dissimulons pas qu’il peut bien n’être pas aussi complet que nous l’aurions désiré; nous espérons cependant, grâce à la bienveillante obligeance de quelques-uns de nos collègues du jury de la ire section de la classe Ô3, et particulièrement de M. Debray,
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. V. Cl. 43.
- membre de l’Institut, président de cette section, qui ont bien voulu nous aider de leurs souvenirs, nous espérons avoir signalé du moins les faits les plus saillants mis en évidence par l’Exposition. L’un des principaux, au milieu du développement considérable de l’industrie minérale dans toutes les régions du globe, est la place importante qu’ont su conquérir, en quelques années, les colonies australiennes, et l’influence économique qu’elles ont exercée, du moins pour certains métaux : l’Australie du Sud pour le cuivre, la Nouvelle-Galles du Sud pour l’étain, et notre colonie Néo-Calédonienne pour le nickel. L’importance relative que tend à prendre ce dernier métal était surtout nettement accentuée, et nous y reviendrons avec détail, ainsi que sur les remarquables progrès réalisés dans sa métallurgie; mais nous avons cru devoir signaler dès maintenant ces quelques points, comme nous ayant particulièrement frappé.
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- COMBUSTIBLES MINERAUX.
- Les diverses nations qui figuraient à l’Exposition de 1878 y étaient fort inégalement représentées sous le rapport de leurs richesses en combustibles minéraux. Tandis que dans certains pays, comme la Belgique, presque toutes les exploitations importantes avaient tenu à honneur d’envoyer à Paris des séries complètes de leurs produits, accompagnées de cartes, plans et coupes montrant l’allure des couches et le développement des travaux, dans d’autres l’industrie houillère s’était complètement abstenue ou ne s’était manifestée que par la présence de quelques blocs de charbon, sans aucune indication sur l’étendue des gîtes ni sur la puissance d’extraction. Le charbon est, il faut le reconnaître, une des matières qui se prête le moins par elle-même à figurer dans une exposition : sans parler même des métaux, qui révèlent aux yeux les progrès de l’industrie qui leur a donné naissance, il est certain qu’un bloc de minerai peut intéresser à lui seul, par sa nature, par sa pureté, et que, à défaut d’autre renseignement, on pourra presque toujours trouver quelque intérêt à rapprocher, à
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- SUBSTANCES MINÉRALES ET MÉTAUX PRÉCIEUX.
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- comparer entre eux des minerais de diverses provenances; mais, pour la houille, il n’en est pas ainsi, du moins au même degré; des morceaux de houille, isolés, plus ou moins triés, n’apprennent pas grand’chose, même à un oeil exercé; ce qu’il importe de connaître, c’est la qualité d’ensemble, l’allure et la puissance du gîte, c’est l’importance de la production.
- Si plusieurs nations étaient restées muettes sur cette partie intéressante de la question, on trouvait heureusement sur elle, à l’Exposition, des renseignements généraux complets, grâce au travail considérable de M. J oh. Pechar, exposé dans la section autrichienne : La houille et le fer dans tous les pays du monde, travail qui a été récompensé par une médaille d’argent.
- D’après ce travail, la production du combustible minéral pour tout le globe s’était élevée, en 1876, à 288 millions de tonnes, dont l’Angleterre avait fourni à elle seule bien près de la moitié; les chiffres, en effet, se répartissaient de la manière suivante :
- Grande-Bretagne.................................. 135.611.788 tonnes.
- Allemagne et Luxembourg........................... 4g.55o.462
- France............................................ 17.104.794
- Belgique.......................................... 14.329.578
- Autriche-Hongrie................................ 13.362.586
- Russie............................................. 1.824.868
- Suède................................................. 92.352
- Espagne.............................................. 706.814
- Italie............................................... ioi.64o
- Autres pays d’Europe.................................. 60.000
- États-Unis d’Amérique (chiffre de 1875)........... 48.273.447
- Canada............................................... 709.646
- Autres Etats d’Amérique......................... 4 00.000
- Chine.............................................. 2.965.000
- Japon................................................ 3g6.ooo
- Autres États d’Asie................................ 1.100.000
- Afrique......................................... 100.000
- Australie.......................................... i.38o.ooo
- Total.
- 288.068.975
- La comparaison de ces chiffres avec ceux qui se trouvent cités dans le rapport sur l’Exposition de 1867, par M. Daubrée (classe ^10, section 1), montre quel accroissement considérable a pris
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. V. Cl. 43.
- Fexlraction du charbon, et, par suite, quel a été le développement de l’industrie tout entière dans cette période d’une dizaine ou d’une douzaine d’années : pendant que des pays, comme l’Angleterre et la Belgique, augmentaient leur production dans la proportion de 7 à 9, d’autres la voyaient croître dans le rapport de î à 3, comme les Etats-Unis, et davantage encore comme la Russie. De tels chiffres n’ont pas besoin de commentaires.
- EUROPE.
- S ior. Iles Britanniques. — Malgré leur énorme production, l’exposition houillère des Iles Britanniques ne tenait au Champ de Mars qu’une place assez restreinte, comme si, forls de leur puissance, les exploitants anglais eussent jugé inutile de se manifester par leurs produits.
- Le premier rang pour l’importance de la production appartient au bassin de Durham et de Northumberland, qui a fourni, à lui seul, environ 32./i3o.ooo tonnes, soit près du quart de la production totale; il était représenté par des houilles de différentes mines, parmi lesquelles on remarquait notamment celles de M. Ramsav, qui exposait en meme temps de très beaux cokes, et à qui il a été décerné une médaille d’or; celles de la Byhope coal Company, du district sud du Durham, qui a reçu une médaille d’argent; les charbons à gaz et les cokes de la mine de South Dérivent, qui a obtenu une médaille de bronze. •
- Le bassin du Yorkshire et du Derbyshire, qui a produit en 1876 environ 22.397.000 tonnes, ne figurait pas à l’Exposition, si ce n’est par une coupe géologique, non plus que l’Ecosse, qui vient ensuite comme importance avec 18.805.ooo tonnes. Le quatrième rang pour la puissance d’extraction appartient au Lancashire, représenté par les beaux blocs de cannel-coal de la Wigan coal an iron Company, qui, sur les 17.680.000 tonnes de houille du comté, en produirait à elle seule, d’après les renseignements fournis, près de 2 millions, et à qui le jury a décerné une médaille d’or.
- Enfin, parmi les bassins les plus importants, il faut citer ensuite le pays de Galles, qui a produit 1 h.620.000 tonnes, et les comtés
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- SUBSTANCES MINÉRALES ET MÉTAUX PRÉCIEUX.
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- de Stafford etWorcester, qui ont produit ensemble i4.4oo.ooo tonnes. Le pays de Galles fournit d’excellents charbons de machines. C’est le district du sud, le South-Wales, qui a la production la plus forte; son extraction s’est élevée à 1 2 millions de tonnes en 1876 ; plusieurs de ses houillères avaient envoyé de beaux produits, et c’était certainement l’un des bassins le mieux représentés. Nous ne pouvons que citer les mines de Grciigola Merthyr, celles de la Waynes Merthyr coal and fuel Company, qui ont reçu des médailles d’argent, celles de la London and South Wales coal Company, de la Great Western colliery Company, qui exposaient des blocs de fort belle bouille, auxquels elles avaient joint des renseignements intéressants sur leur exploitation.
- On remarquait aussi des briquettes d’un très bel aspect, dont la cassure franche indiquait une fabrication très soignée; celles de la Cambrian Patent fael Company ont reçu du jury une médaille d’argent.
- Il est à noter que l’Angleterre consomme elle-même la plus grande partie du charbon qu’elle produit. L’exportation pour 1876 n’a été que de 1 6.543.563 tonnes, dont 1 5.925.7/18 tonnes de houille, 331.608 tonnes de coke et 286.197 tonnes d’agglomérés. Sur ce total, la France, qui est le pays consommant le plus de charbons anglais, a absorbé 2.899.318 tonnes. L’exportation s’étend d’ailleurs à toutes les parties du monde, jusqu’en Chine, en Amérique, et même en Australie. Mais le développement toujours croissant de la production des Etats-Unis et de l’Australie ne peut manquer de réduire de plus en plus l’importance de quelques-uns de ces débouchés.
- § 2. France. — De même que ceux de l’Angleterre, les différents bassins houillers de la France étaient loin d’être représentés également, même eu égard à leur importance relative, dans l’exposition de la classe 43; mais ce fait tenait moins à l’abstention des exploitants qu’à la façon différente dont on avait interprété dans une région ou dans une autre la classification offerte aux exposants. Ainsi les bassins les plus importants, ceux du Nord et du Pas-de-Calais, de la Loire, d’Alais, n’avaient exposé que dans la
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- Gr. v. classe 5o , bien que la plupart des houillères eussent joint aux en-ci gins et aux dessins qui représentaient leurs procédés d’exploitation de beaux échantillons de leurs produits. Nous devons citer notamment, parmi elles, la Compagnie des mines de Béthune, qui avait envoyé au Champ de Mars une magnifique collection des plantes fossiles recueillies au toit des diverses couches de sa concession de Bully-Grenay, et la Compagnie de Roche-la-Molière et Firminy, qui exposait de même, outre ses houilles, ses cokes et ses agglomérés, de nombreuses et belles empreintes de plantes. Par contre le bassin de l’Aveyron, à peine représenté dans la classe 5o, l’était d’une manière complète dans la classe 43, et les cinq Compagnies houillères du département (mines de Decazeville, d’Aubin, de Campa-gnac, de Bouquiès et d’Auzits) avaient exposé leurs produits. La Société nouvelle des houillères et fonderies de l’Aveyron, qui a extrait plus de àoo.ooo tonnes en 1876, et qui a obtenu une médaille d’or, avait joint à ses charbons, cokes et agglomérés une intéressante série de végétaux fossiles, montrant clairement la place très élevée qu’occupent dans la série houillère les couches exploitées à Decazeville. Nous remarquerons, du reste, que la plupart des mines avaient exposé, avec leurs produits, des empreintes végétales, et nous ne pouvons nous empêcher de voir là un indice de l’intérêt plus marqué que les exploitants semblent commencer à prendre aux indications paléontologiques, dont les travaux de M. Grand’-Eury, entre autres, ont mis en lumière l’importance. C’est ainsi que, dans le pavillon du Creusot, figuraient, avec les houilles et les cokes, des plantes des diverses concessions exploitées, et il en était de même pour beaucoup d’autres houillères.
- Nous citerons encore les produits exposés par la Société des quatre mines réunies de Graissessac, par la Société des mines de Car-maux, par la Société des mines de la Basse-Loire, qui, en même temps que de la houille, tire de ses exploitations des ardoises, et des calcaires qu’elle transforme en chaux; les unes et les autres ont obtenu des médailles d’argent.
- Enfin des cartes intéressantes, exposées par l’Administration des mines dans le pavillon du Ministère des travaux publics, indiquaient aux yeux la production des différents bassins houillers, ainsi que
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- SUBSTANCES MINÉRALES ET MÉTAUX PRÉCIEUX. 11
- la consommation et la circulation des charbons tant étrangers qu’indigènes.
- La production totale de la France en houille et en anthracite, qui, en 1869, était de i3.iAo.483 tonnes, s’est élevée brusquement , en 1872 , au chiffre dei5.8o2.5i5 tonnes, et a atteint, en 1873, celui de 16.974.236 tonnes, qui a été son maximum jusqu’à présent; en 1876, elle n’a été que de 1 6.635.853 tonnes, et elle asubi encore une diminution de 33o.026 tonnes en 1877 Cette production se répartit de la manière suivante entre les principaux bassins :
- Nord et Pas-de-Calais
- Loire................
- Alais................
- Creusot et Blanzy. . .
- Corarnentry..........
- Aveyron..............
- Autres bassins.......
- 6.618.760 tonnes. 3.5i4.338 1.559.198 1.02 i.o38 882.168
- 705.818
- 2.334.533
- Total,
- i6.635.853
- La France exploite aussi une quantité assez importante de lignite. La production de ce combustible a suivi à peu près la même marche que celle de la houille : de 323.722 tonnes en 1869, elle est arrivée ,en i873,à5o5.io5 tonnes ; en 18 7 6, elle était redescendue à 465.595 tonnes(2' ; elle est remontée 5498.702 tonnes en 1877 (3). Près des trois quarts sont fournis par le seul bassin d’Aix, qui s’étend à la fois sur les départements du Var et des Bouches-du-Rhône, et qui n’était point représenté à l’Exposition. Nous ne pouvons citer que quelques blocs de ce combustible, provenant des départements des Vosges, de Vaucluse et des Pyrénées-Orientales.
- En 1876, la France a exporté 726.700 tonnes de combustible,
- O La production est remontée en 1879 au chiffre de 16.576.901 tonnes et a atteint, en 1880, 18.857.327 tonnes.
- w Le total exact delà production des combustibles minéraux en France pour 1876 est donc de 17.101.448 tonnes, au lieu de 17.10/4.79/1 tonnes, chiffre indiqué par M. J. Pechar, d1 après les statistiques provisoires publiées au commencement de 1877.
- (3) En 1879, elle a atteint 534.078 tonnes et, en 1880, 554.785 tonnes. .
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- et en a importé S.220.731 tonnes, provenant principalement de la Belgique et de l’Angleterre.
- Bien qu’elles n’aient qu’une importance industrielle peu considérable, nous ne devons point passer sous silence les tourbes, dont la production a atteint en 1876 le chiffre de 338.110 tonnes, et qui figuraient à l’Exposition d’une manière intéressante. Le département de la Somme entre à lui seul, dans le chiffre qui vient d’être cité, pour 133.2 10 tonnes; une partie de cette tourbe est soumise à la carbonisation, et donne, par distillation, des produits importants, sulfate d’ammoniaque et goudrons. On remarquait, entre autres, les tourbes d’Abbeville et les produits de leur traitement, exposés par MM. Colart et Servatius, à qui il a été décerné une médaille d’argent. MM. Vautravers etMatthiesen exposaient également de la tourbe naturelle et agglomérée en briquettes de la vallée de l’Essonne, où celle matière donne lieu à une extraction considérable.
- Enfin il convient de citer, à la suite des combustibles minéraux, les combustibles artificiels destinés à la consommation domestique et dont plusieurs sortes figuraient à l’Exposition sous les noms de charbon de Paris, charbon aggloméré, charbon calciné, obtenus par la calcination de briquettes ou de rondins constitués par du poussier de charbon de bois aggloméré par du goudron, ainsi que les charbons dits braise chimique, qu’exposait M. Collet, imprégnés d’azotate de plomb et destinés à l’allumage des feux.
- § 3. Belgique. — Ainsi que nous l’avons dit plus haut, l’exposition houillère de la Belgique était remarquablement complète et particulièrement instructive. L’Union des charbonnages, mines et usines de la province de Liège et des associations charbonnières des bassins de Charleroi, de Namur, du Centre et de Mons, qui, pour l’ensemble de son exposition collective, a obtenu une médaille d’or, avait mis sous les yeux des visiteurs des tableaux graphiques et des cartes statistiques d’un grand intérêt, montrant, les unes la production des charbons dans chaque province de i83o à 1876, une autre, la production absolue et la production par kilomètre carré des principaux pays du globe, en charbon, minerai de fer,
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- SUBSTANCES MINÉRALES ET MÉTAUX PRÉCIEUX.
- fonte, fer, acier, zinc et plomb. On voyait que, pour la produc- Gr. v. tion par kilomètre carré, la Belgique tenait le premier rang pour C1~3 le charbon, l’acier, le plomb et le zinc.
- La production de la Belgique en houille, pendant Tannée 1876, s’est répartie de la manière suivante :
- Hainaut.................................... 10.486.660 tonnes.
- Liège....................................... 3.367.943
- Namur......................................... 474.970
- Total....................... 14.329.578
- Sur ce chiffre, 3.828.A82 tonnes de houille et 571.123 tonnes de coke ont été exportées, dont la presque totalité a été absorbée par la France. Par contre, il a été importé 8o5.58o tonnes de houille et 26.7 16 tonnes de coke, provenant presque exclusivement de l’Angleterre et de l’Allemagne.
- Nous devons citer, entre autres, dans le bassin de Liège : les Charbonnages de Marihaye, qui exposaient divers échantillons de charbon et une belle série de cokes obtenus par la calcination dans des fours de différents types, et à qui il a été décerné une médaille d’or; les Charbonnages du Hasard, qui ont obtenu la même récompense; les Charbonnages de la Haye, qui ont reçu une médaille d’argent; les Charbonnages du Horloz. Le bassin de Charleroi était représenté notamment par les Houillères unies de Charleroi, qui ont obtenu une médaille d’argent, ainsi que par les Charbonnages de Sacré-Madame et par ceux de Montceau-Fontaine et Martinet, qui exposaient une jolie collection de plantes houillères. Enfin, dans le bassin de Mons, à côté de la Compagnie de charbonnages belges, qui exposait ses houilles et ses cokes et qui a eu une médaille d’argent, et de la Société de Belle-et-Bonne, qui montrait de beaux échantillons de ses diverses catégories de charbons et qui a reçu une médaille d’or, la Société du Levant du Flénu, récompensée aussi par une médaille d’or, avait fait figurer parallèlement à ses produits industriels une magnifique et complète collection des empreintes végétales recueillies dans ses mines, comptant que la comparaison avec d’autres collections du même genre, exposées à Paris, permettrait de juger de la valeur
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- U EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- des caractères paléontologiques pour la détermination du niveau des couches. Cette prévision n’a pas été déçue, et la comparaison avec la belle collection de la Compagnie de Béthune, exposée dans la classe 5o, a montré une identité de flore à peu près absolue, tandis que toutes les autres collections, du bassin de la Loire, de Graissessac, du Creusot, du Banat, de la Catalogne, accusaient un niveau beaucoup plus élevé, complètement d’accord avec les indications de la stratigraphie(1).
- C’est dans le même ordre d’idées, c’est-à-dire en vue de l’étude du synchronisme des couches, qu’était conçue la collection exposée par M. Malherbe, ingénieur des mines, à qui il a été décerné une médaille d’argent; cette collection comprenait des échantillons qui paraissent établir l’existence, dans le bassin de Liège, de six horizons distincts de grès pouvant servir de repères dans les divers points atteints par les exploitations, repères dont la valeur est confirmée par les indications concordantes fournies par divers bancs coquilliers.
- Enfin l’on remarquait dans l’exposition belge de beaux agglomérés de houille, dont quelques-uns façonnés en briquettes de plusieurs mètres de longueur pour en attester la solidité. Nous citerons particulièrement ceux de MM. C. et A. Dehaynin, fabriqués au brai sec; de MM. F. Dehaynin et C'e, récompensés par des médailles d’argent; ceux des Charbonnages du Hasard, de la Société des agglomérés de Châtelineau, qui, comme M. F. Dehaynin, exposait en même temps de beaux produits de la distillation de la houille.
- § h. Autriche-Hongrie. La production des combustibles minéraux dans la monarchie austro-hongroise en 1876 se décompose de la manière suivante :
- HOUILLE.
- Tonnes.
- Autriche............... /i.g34.334
- Hongrie................ 629.997
- LIGNITE.
- Tonnes.
- 6.933.38l
- 864.8nû
- TOTAL.
- Tonnes.
- 1 1.867.715 1.4g4.871
- Totaux.
- 5.564.33i 7.798.265
- 13.362.586
- d) Voir les comptes rendus du Congrès international de géologie, p. 297 et suivi
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- SUBSTANCES MINÉRALES ET MÉTAUX PRÉCIEUX.
- Sur cette quantité il a été exporté, principalement en Allemagne, Gr. v 2.73A.862 tonnes, consistant surtout en lignites de Bohême; par ^ contre, il a été importé 1.574.575 tonnes de charbon, provenant, pour la majeure partie, de la Silésie.
- Les bassins houillers proprement dits les plus importants de l’Autriche sont situés en Bohême, en Silésie et en Moravie.
- L’un des principaux est celui de Kladno , appartenant à la partie moyenne du terrain houiller; il était représenté, dans l’exposition générale de la Société autrichienne I. B. P. des chemins de fer de l’Etat, qui, pour son ensemble, a obtenu un grand prix, par de beaux échantillons de charbon des mines de Brandeisl-Kladno, d’où il a été extrait environ 550.000 tonnes en 1876.
- Les Houillères d’Ostrau-Karwin, établies sur les couches les plus basses de la formation carbonifère et qui ont produit, en 1876,
- 1.513.ooo tonnes, avaient exposé collectivement leurs produits, charbons, cokes et briquettes, avec d’intéressants tableaux statistiques. Cette exposition collective a reçu du jury une médaille d’or.
- En Hongrie, il n’y a de houille véritable que dans le Banat, et les bassins appartenant à l’époque carbonifère y sont très restreints.
- La Société autrichienne des chemins de fer de l’Etat exposait des charbons de ses mines de Szekul, accompagnés d’empreintes caractéristiques du terrain houiller supérieur; mais ses exploitations principales ont pour siège les couches de Doman et de Steierdorf, appartenant à l’étage du lias, et dont le charbon cependant ne le cède en rien comme qualité à celui du terrain houiller. Des échantillons de ces charbons figuraient au Champ de Mars, ainsi qu’une belle série de plantes fossiles basiques. Citons encore, comme se rattachant à la même formation, les houilles de Berszâska et celles de Fünfkirchen.
- Enfin, dans des terrains plus récents appartenant aux divers étages de l’époque tertiaire, on rencontre dans plusieurs provinces de la monarchie austro-hongroise de puissantes couches de lignite qui fournissent un excellent combustible. Les exploitations les plus importantes sont celles de la Bohême septentrionale, qui n étaient pas représentées à l’Exposition ; ensuite viennent celles
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- IG EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- de Styrie, dont quelques produits figuraient au Champ de Mars. Nous citerons encore les gisements du Monle-Promina enDalmatie, de Salgo-Tarjan en Hongrie, et de Pelrozsény en Transylvanie.
- S 5. Russie. — La production des combustibles en Russie a pris, nous l’avons dit, un développement considérable depuis un certain nombre d’années : de 1867 à 1876 elle a quadruplé, passant de 486.178 à 1.82/1.868 tonnes. Ce dernier chiffre se décompose ainsi qu’il suit :
- Houille................................................. 1.2/19.856 tonnes.
- Anthracite............................................. 5/15.701
- Lignite et schiste bitumineux............................... 29.811
- Total............................. 1.82/1.868
- Celle quantité ne suffit pas encore à la consommation, car il a été importé, en 1876, 1.497.21/1 tonnes de bouille.
- Au point de vue de la provenance, la production se répartit entre onze bassins, savoir :
- Donetz..............
- Royaume de Pologne
- Russie centrale.....
- Kiev-Elisabethgrad .
- Oural...............
- Steppe des Kirghiz .. .
- Turkeslan...........
- Caucase.............
- Kouznelzk (Altaï).. . .
- Ile Sakhalien.......
- Kslhonie............
- 908.136 tonnes.
- 653.762 339.108 28.837 17.639 14.311 5.728 5./161
- 6.838
- 2.00/1
- h
- Total.
- 1.82/1.868
- Des échantillons de bouille de ces divers bassins figuraient dans la belle collection générale exposée par le Département et Conseil scientifique des mines. De nombreux renseignements géologiques, cartes, coupes, etc., ajoutaient à l’intérêt de cette collection.
- Mais on remarquait, en outre, de beaux produits des exploita-
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- SUBSTANCES MINÉRALES ET MÉTAUX PRÉCIEUX.
- lions industrielles, notamment des houilles et des anthracites Gr. v. du hassin du Donetz, qui fournit presque toutes les variétés de C1~3 charbon. Nous citerons particulièrement les charbons et les cokes deM. Goubonine, qui a reçu une médaille d’argent, et les échantillons, accompagnés de plans de mines et de cartes géologiques, exposés par la Société minière de la Russie méridionale, à qui a été décernée la même récompense.
- Du bassin de la Russie centrale, dans lequel les couches de charbon, rencontrées à une faible profondeur, appartiennent à l’étage inférieur de la formation carbonifère, il convient de mentionner, dans la collection du Département des mines, un volumineux fragment de Papierkohle de la mine de Tovarkova, gouvernement de Toula. Cette sorte de charbon imparfait, qui constitue l’une des couches les plus élevées de la formation, épaisse d’un mètre environ et recouverte seulement de sable, est uniquement formée de membranes végétales (cuticules) ayant conservé leur flexibilité, empilées à plat les unes sur les autres en nombre immense et agglomérées par une matière charbonneuse, qui n’est, en somme, que de l’acide ulmique. Il semble qu’on doive voir là une des étapes par lesquelles ont passé les accumulations de débris végétaux avant de se transformer en bouille, et que ce soit faute d’une compression suffisante que la transformation soit ainsi demeurée incomplète. Ajoutons que les charbons exploités dans ce bassin se rapprochent eux-mêmes plutôt des lignites que de la bouille véritable.
- Le bassin de Pologne, qui n’est que le prolongement de celui de la haute Silésie, était représenté par les houilles de Dombrowa, où la Banque franco-italienne exploite une couche de 18 mètres de puissance.
- La Pologne fournit également des lignites, provenant partie de l’étage du keuper, partie des terrains tertiaires.
- Enfin, bornons-nous à signaler, sans y insister davantage, les importants gisements de houille à peine exploités jusqu’ici, qui ont été reconnus dans le Turkestan russe, dans la vallée de l’Ili, et qui appartiennent au terrain jurassique inférieur, ainsi qu’en témoignaient quelques empreintes caractéristiques.
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- Gr. V. Le terrain jurassique paraît, du reste, renfermer, en Asie, des Cl~43 8]^sernen*;s considérables de combustible de bonne qualité, car c’est encore à lui qu’il faut rapporter le bassin de Kouznetzk, dans l’Altaï, longtemps considéré comme de l’époque houillère.
- § 6. Suède. — Les combustibles minéraux ne sont exploités en Suède que dans la province de Scanie; ils appartiennent à la formation rbétienne, entre le trias et le lias; une faible partie seulement se rapproche de la bouille véritable et se laisse transformer en coke. Près de la moitié des (j2.352 tonnes extraites en 18-76 a été produite par les seuls charbonnages de Hôganàs, qui n’avaient point exposé. Les charbons de Scanie étaient toutefois représentés à l’Exposition par la Houillère d’Eslôf, qui a obtenu une médaille d’argent.
- § 7. Danemark. — Il n’y a, dans le Danemark même, aucun bassin houiller; mais il convient de le citer ici, comme possédant aux Féroë, dans Pile de Sudéroë, un gîte de lignite d’assez bonne qualité qui paraît avoir une certaine importance. Des échantillons de ce lignite, à cassure brillante, à structure compacte, figuraient dans l’exposition danoise.
- S 8. Espagne. — L’Espagne est riche en mines de charbon, mais elle n’en tire pourtant jusqu’ici qu’une quantité bien inférieure à ses besoins : ayant produit, en 1876, 706.81 h tonnes de combustible, dont 675.926 tonnes de houille et 30.888 tonnes de lignite, elle a dû importer 77k.770 tonnes de houille, provenant presque exclusivement d’Angleterre.
- C’est le bassin houiller d’Oviédo, dans les Asturies, qui est le plus productif ; il fournit à lui seul plus de la moitié de l’extraction totale; il était représenté par des blocs de houille et d’anthracite, exposés parles ingénieurs des mines du district.
- Ensuite vient le bassin de Belmez, près de Cordoue, qui entre pour un quart dans la production totale du royaume : la Compagnie houillère de Belmez, qui a obtenu une médaille d’or, avait exposé ses différents produits, charbon, coke et briquettes.
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- Des briquettes et des houilles étaient également exposées par les Mines de Barruelo, du bassin de Palencia, dont l’extraction fournit un sixième environ de l’ensemble.
- Les autres bassins sont beaucoup moins importants. Citons encore cependant celui de San Juan de las Abadesas, dans la haute Catalogne, exploité par la Société des chemins de fer et des mines de San-Juan, qui a reçu une médaille de bronze.
- L’Espagne possède également divers gîtes de lignite, les uns dans le terrain néocomicn, à Montalban, province de Teruel, les autres dans le terrain miocène, tels que ceux d’Alcoy dans la province de Valence, et de Lérida en Catalogne, qui donnent lieu à une extraction assez importante et qui étaient assez abondamment représentés au Champ de Mars.
- § 9. Portugal. — Bornons-nous à citer, pour le Portugal, les anthracites exposés par M. de Oliveira, provenant de la seule mine de combustible que possède le pays, celle de San-Pedro-da-Cova, près de Porto, qui produit annuellement de 12.000 à i3.ooo tonnes.
- § 10. Italie. — L’Italie ne possède pour ainsi dire pas de gîtes de combustible en dehors des lignites tertiaires, représentés à l’Exposition par des produits des mines de Murlo, en Toscane, et des mines dé Pulli et Valdagno, province de Vicence, lesquelles produisent environ i5.ooo tonnes par an.
- Les dépôts de bois fossiles de l’époque postpliocène entrent en outre pour une part importante dans l’extraction totale.
- §11. Grèce. — De même la Grèce ne possède dans son territoire que des lignites, et tire de l’Angleterre la bouille dont elle a besoin. Les principaux gisements de ces lignites, appartenant soit au terrain miocène, soit au terrain pliocène, sont ceux d’Oropos, exploités par la Société française des mines du Laurium pour la calcination des calamines, et ceux de Koumi, exploités par la Société hellénique métallurgique, qui figuraient les uns et les autres au Champ de Mars, ces derniers représentés en outre
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- par une belle collection d’empreinLes végétales, recueillies par M. l’ingénieur des mines Cordella. Les mines d’Oropos produisent environ i.5oo tonnes, et celles de Koumi 6.000 tonnes par année.
- AMÉRIQUE.
- § 19. Etats-Unis. — La production des Etats-Unis, dont le chiffre a été indiqué plus haut, se décompose en :
- Houille.. .
- Anthracite Lignite . .
- Total........................... 48.273.4/17
- 26/1 48.236 tonnes 2o.o84.o8i
- 8/10.232
- Mais rien à l’Exposition ne donnait une idée de cette grande puissance industrielle; une seule société minière avait envoyé ses produits, la Plnladelplna and Readinp coal and iron Company, qui exposait de beaux spécimens des anthracites de Pensylvanie et à qui il a été décerné une médaille d’or.
- Mentionnons encore les charbons de diverses mines du Nevada , de l’Orégon et de l’île Vancouver, représentés dans la magnifique collection exposée parla Commission californienne, et dont nous aurons à reparler plus tard.
- § 1 3. Canada.—Le Canada, qui aproduit, en 1876, 709.6/16 tonnes de bouille, possède trois bassins houillers, savoir : dans le Nouveau-Brunswick, dans la Nouvelle-Ecosse et au Cap-Breton. Ces deux derniers sont seuls importants au point de vue industriel ; la collection générale de la Commission géologique en renfermait plusieurs spécimens; mais l’Association houillère de Pictou, qui a obtenu une médaille de bronze, avait exposé en outre une belle pyramide de blocs de charbon provenant des principales mines de la Nouvelle-Ecosse, parmi lesquelles nous citerons l’Albion Mine, qui produit annuellement plus de 1 00.000 tonnes.
- §1/1. Amérique du Sud. — Bornons-nous à mentionner, pour
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- l’Amérique du Sud, divers échantillons de houille, d’anthracite et de lignite, qui figuraient dans les collections du Vénézuéla, du Pérou, de la République Argentine. Une partie au moins de ces houilles se trouvent dans les terrains jurassiques.
- ASIE.
- § 1 5. Japon. —Bien que sa production ne soit pas extrêmement considérable, le Japon possède d’importants bassins houillers, et compte 186 exploitations de combustibles minéraux. La collection exposée par l’Administration des mines (Ko-Bou-Kô-Zan-Kiokhou) renfermait plusieurs échantillons de bouille et de lignite. En outre, un exploitant, M. Gato, exposait les produits de sa mine de Takashima, près de Nagasaki, qui fournit environ i5.ooo tonnes de charbon par an.
- § 16. Chine. — La houille paraît être une des principales richesses de l’empire chinois : la production en a été évaluée, nous l’avons dit, à près de 3 millions de tonnes pour l’année 18-76. On en connaît d’importants bassins en Mandchourie et surtout au sud de Pékin, dans le Chihli, le Shansi, le Shantung et le Ho-nan : les Douanes impériales chinoises avaient exposé des échantillons de ces diverses provenances. L’âge de ces houilles n’est pas encore bien connu; cependant il est établi qu’une partie au moins, celles du Shensi méridional, appartiennent à l’époque jurassique.
- S 17. Indes orientales néerlandaises. — Les Pays-Bas avaient exposé aussi une intéressante série des houilles, ou, pour mieux dire, des lignites éocènes reconnus à Sumatra et à Bornéo, et qui sont exploités sur la côte orientale de cette dernière île, dans la mine d’Orange-Nassau.
- AFRIQUE.
- § 1 8. Algérie. — Bornons-nous à citer, pour mémoire, en Algérie, les lignites tertiaires de Smendou, dans la province de Constantine, représentés dans la collection générale exposée par le Se rvice des mines de notre colonie.
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- S 19. Cap de Bonne-Espérance. — La colonie anglaise du Cap présentait de même des blocs de charbon provenant des gisements découverts il y a peu d’années dans les districts de Woodhouse et de Burghersdorp.
- AUSTRALIE.
- § 20. Nouvelle-Galles du Sud. — La Nouvelle-Galles du Sud a produit à elle seule, en 1876, i.3Ai. 112 tonnes de charbon, sur lesquelles 882.768 tonnes ont été exportées, soit vers les autres colonies australiennes, soit en Chine, au Japon, dans l’Inde, et jusqu’à San-Francisco. En 1833, il avait été extrait 328 tonnes; en 1865, la production s’était élevée à 382.968 tonnes, d’une valeur de 5.283.000 francs; en 1877, elle a été de 1.444.271 tonnes, valant 21.474.35o francs
- Le bassin houiller, sur lequel il nous paraît intéressant de donner quelques détails, s’étend le long de la côte, au nord et au sud de Sydney, sur plus de trois degrés de latitude, avec une superficie approximative de 39.976 kilomètres carrés. La formation houillère a environ i3o mètres d’épaisseur; elle repose presque horizontalement et en stratification concordante sur les couches marines de l’époque dévonienne, et elle est recouverte par des grès stériles. On compte de onze à seize couches de charbon, de 1 mètre au moins d’épaisseur; il y en a qui atteignent 4m,5o, et l’on en connaît une de 1 0 mètres de puissance. Le charbon est d’excellente qualité, et certaines variétés surtout sont exceptionnellement riches en gaz.
- Le Département des mines de Sydney exposait une série complète de ces charbons, réunie par M. Mackenzie, inspecteur des houillères, ainsi que des coupes des différentes couches. La formation houillère était représentée en outre, dans la belle collection géologique de M. Wilkinson, par des échantillons de roches et de nombreuses empreintes de plantes qui venaient, avec des espèces tout à fait caractéristiques, confirmer l’opinion déjà émise par la plupart des paléophytologistes sur lage de ces charbons, à savoir
- M En 1878, elle a atteint 1.575.697 tonnes, d’une valeur do 23.oa3.6oo francs.
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- SUBSTANCES MINÉRALES ET MÉTAUX PRÉCIEUX.
- 23
- qu’ils appartiennent non à l’époque carbonifère, mais à l’époque Gr. V. jurassique et sans doute à l’étage oolithique (1). Cl~43
- §21. Queensland. — La même formation se retrouve à Queensland, mais beaucoup moins étendue. Elle donne lieu cependant à Ipswich, près Brisbane, à une exploitation d’une certaine importance, représentée à l’Exposition par des blocs de charbon, des échantillons de coke, et une série de végétaux fossiles tout aussi caractéristiques que ceux des mines de la Nouvelle-Galles du Sud.
- §22. Victoria. — On a également découvert du charbon dans la colonie de Victoria, à Western-Port, et l’on-en pouvait voir au Champ de Mars plusieurs échantillons, exposés par les compagnies qui se sont formées pour l’exploitation de ce gisement.
- § 23. Nouvelle-Calédonie. — Mentionnons enfin, pour terminer, les gîtes de charbon de la Nouvelle-Calédonie, qui paraissent appartenir aussi à l’époque secondaire, mais sont peu étendus, et ne donnent malheureusement, jusqu’ici du moins, qu’un combustible de qualité inférieure. Outre les échantillons qui figuraient dans les collections générales de M. Garnier et de M. Heurteau, on en remarquait de gros blocs, exposés par M. Tranchand et provenant de la mine des Bruyères.
- II
- BITUMES, HUILES ET CIRES MINERALES.
- Nous devons, en commençant, faire la même remarque que pour les combustibles minéraux, au sujet de l’absence d’un bon nombre d’exploitations importantes, qui s’étaient abstenues de paraître à l’Exposition ou du moins ne s’étaient pas fait représenter dans la classe A3.
- § ieT. France. —Ainsi les mines de Seyssel (Ain), qui ontpro-
- (l) Voir les comptes rendus du Congrès international de géologie, p. 3oi et 3oa.
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- Gr. V. Cl. 43.
- U EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- duit, en 1876, 8.o63 tonnes de calcaire asphaltique, n’avaient fait figurer leurs produits que dans la classe 66; on en pouvait voir cependant quelques spécimens dans la classe h 3, exposés par la Compagnie générale des asphaltes. Des gisements analogues de calcaire asphaltique sont exploités aussi dans la Haute-Savoie M et dans le Gard; ces derniers, qui ont produit 8/18 tonnes en 1876, étaient représentés par quelques blocs, exposés par la Société des mines d’asphalte de Servas.
- A côté des asphaltes, il faut citer les schistes bitumineux provenant, en généra], de l’étage houiller supérieur ou du terrain permien, et dont il a été extrait, en 1876, 15/1.973 tonnes, et, en 1877, 177-9°9 t°nnes qui ont fourni 8.3Ù3 tonnes d’huile minérale brute, valant 1.323.932 francs. Dans ce chiffre d’extraction, le département de Saône-et-Loire tient la première place, ayant produit 1 lx0.891 tonnes. La seconde appartient au département de l’Ailier, où il a été extrait 22.618 tonnes ; M. Rondeleux exposait, avec des spécimens des produits obtenus par la distillation, divers échantillons de-ses exploitations de Buxière-la-Grue, qui contribuent pour près de moitié à la production du dépar-... tement. Enfin le Var, qui a fourni, en 1876, 3.35 1 tonnes et, en 1877, i3.ô3i tonnes, était représenté par les schistes des Mines de Bozon, et le Puy-de-Dôme, dont l’extraction annuelle est d’environ 1.000 tonnes, par les schistes tertiaires de Menât, exposés par M. Voiret, et par quelques calcaires bitumineux.
- § 2. Suisse. — Les asphaltes du Val-de-Travers, dont le gisement offre la plus grande analogie avec celui de Seyssel, avec moins d’étendue, mais avec plus de richesse et de puissance, étaient exposés par la Neuchâtel asphalte Company, qui a obtenu une médaille d’argent.
- § 3. Espagne. — La même récompense a été accordée à la Compagnie des asphaltes de Maestù, qui exposait, en Espagne, de beaux blocs de calcaire bitumineux à grain très fin, provenant de
- W La Haute-Savoie en a produit, en 1876, 9.63g tonnes.
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- l’important gisement qu’elle exploite clans le terrain crétacé à Gr. v. Maestii, province d’Alava. Cl~~43
- Le terrain crétacé renferme encore en Espagne d’autres gisements d’asphalte, mais moins considérables, notamment aux environs de Burgos et de Soria, dont quelques spécimens figuraient également à l’Exposition.
- Enfin, citons, dans l’exposition des colonies espagnoles, les beaux asphaltes de Banes, dans l’île de Cuba.
- § h. Portugal. — Le Portugal, qui exploite dans le district de Leiria des gîtes assez puissants de roches bitumineuses paraissant appartenir au terrain Avealdien, était également représenté par quelques échantillons de calcaire bitumineux des mines du Cabaço.
- § 5. Italie. — L’Italie possède d’importants gisements de bitumes et de pétroles appartenant à l’époque tertiaire : la production annuelle de pétrole était, il y a peu d’années, de 160.000 litres, dont 10.000 litres pour la province de l’Emilie. Les asphaltes viennent presque exclusivement des Abruzzes; leur production atteignait, en 1872 , près de 6.000 tonnes; les principales exploitations sont celles de Letto-Manopello, près Ghieti, qui avaient envoyé leurs produits à l’Exposition ; nous citerons notamment les asphaltes naturels et purifiés, et les pavés d’asphalte de la société l’Asphaltéine, qui a obtenu une médaille d’argent.
- § 6. Autriche-Hongrie. — La monarchie austro-hongroise a produit, en 1876, 2.800 tonnes environ d’huile minérale, provenant, pour la majeure partie, des riches gisements tertiaires échelonnés en Galicie le long de la chaîne des Karpathes. Leur production était beaucoup plus forte il y a dix ans; mais, après avoir subi un rapide accroissement, elle a été en diminuant progressivement. Cependant cette diminution ne s’est pas fait sentir pour la cire minérale ou ozokérite, dont on exploite à Boryslaw un gisement de la plus grande valeur. La cire minérale y forme, avec le gypse et le sel marin, des veines plus ou moins épaisses dans les grès et les marnes. 11 en a été extrait, en 1876, environ
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- Gr. v. 8.100 tonnes, et, en 1877, 8.835 tonnes; l’exploitation occupe 3.5oo ouvriers.
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- M. Bernstein, l’un des principaux exploitants, qui a reçu du jury une médaille d’or, exposait des blocs de cette matière, ainsi que des roches et minéraux qui l’accompagnent. Cette cire minérale, traitée par distillation, donne de la paraffine, des huiles minérales et de la benzine, produits qui figuraient, d’ailleurs, dans l’exposition de la classe Ù7.
- S 7. Russie. — La Russie est particulièrement riche en asphaltes, en naphtes et en pétroles; elle a produit, en 1875, 13Zi.061 tonnes de pétrole.
- On pouvait voir, dans l’exposition russe, de beaux échantillons de ces diverses matières, provenant des principaux gisements exploités.
- Citons d’abord ceux du nord de la Russie, dans le bassin de la Petchora, où l’on exploite, dans le terrain dévonien, des roches bitumineuses et des sources de naphte. Dans le centre de l’empire, les calcaires asphaltiques de la formation carbonifère donnent lieu, à Kostytchi, près de Syzran, à l’ouest de Samara, à une exploitation importante, ainsi que le,goudron imprégnant des grès permiens; M. Woëykoff, qui extrait annuellement de ces gisements 5.000 tonnes d’asphalte, en avait exposé divers, échantillons.
- Mais les gîtes les plus riches sont incontestablement ceux du Caucase, alignés dans la direction de la chaîne et formant une longue traînée depuis l’île de Tchélékène, située près de la côte orientale de la mer Caspienne, en face du cap Apscheron, jusqu’à la pointe de Kertch, à l’entrée de la mer d’Azov. Les principales sources de naphte sont situées autour de Bakou; le gouvernement dont cette ville est le chef-lieu a produit, en i8j5,102.758 tonnes de pétrole. M. Mirzoëff exposait le pétrole produit par la distillation du naphte dans ses usines de Bakou et de Sourakhany; dans celle-ci les fours sont chauffés par les gaz combustibles qui sortent du sol. Ces deux usines traitent environ par an 65.000 tonnes de naphte brut et produisent 10.000 tonnes de pétrole.
- Des naphtes et des pétroles étaient aussi exposés par MM. Dou-
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- SUBSTANCES MINÉRALES ET MÉTAUX PRÉCIEUX. 27
- rassoff et Borissoff; ce dernier exposant avait en outre fait figurer, ainsi que le Prince Eristoff, des ozokérites de l’ile de Tchélékène, où cette substance forme, comme en Galicie, des nids et des veinules dans les argiles.
- § 8. Etats-Unis. — Malgré leur importance exceptionnelle et leur production moyenne journalière de ùo.ooo barils (6Ù.000 hectolitres) d’huile minérale, les gisements de Pensylvanie n’étaient point représentés à l’Exposition.
- La Commission californienne avait seule exposé quelques échantillons des pétroles de Californie et des produits qu’on en extrait aux usines de San-Francisco.
- § 9. Canada. — Les pétroles du Canada étaient exposés par M. Waterman frères, qui raffinent à Londres une fraction importante de la production de la colonie. Cette production atteint environ i.300.000 hectolitres par an. L’extraction du pétrole a donné lieu, sur la côte occidentale du lac Ontario, à la création d’une ville, Petrolia. Le gisement a une grande analogie avec celui de la Pensylvanie; il paraît appartenir au terrain dévonien; les forages ont une profondeur d’environ i5o mètres; l’huile minérale , qui autrefois jaillissait par les trous de sonde, doit être extraite aujourd’hui par des pompes.
- § 10. Trinité. — Mentionnons encore, pour l’Amérique, les bitumes de la Trinité, exposés par M. Finlavson. Ces bitumes sont envoyés en Europe, où ils sont traités pour la fabrication du mastic d’asphalte et du bitume épuré. La France en a traité ainsi i.3oo tonnes en 1877.
- § 11. Asie. — Nous ne pouvons que citer, pour la Chine, les pétroles exposés par les douanes de Tamsui.
- Au Japon, l’huile minérale est exploitée dans une soixantaine de mines, et il a été produit, en 1875, io.35o hectolitres de pétrole.
- § 12. Australie. — La Nouvelle-Galles du Sud, si riche en com-
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- bustible minéral, possède dans sa formation houillère une couche de schiste oléifère, schiste à kérosène, d’un mètre environ de puissance, qui donne lieu à une extraction considérable; il en a été produit, en 1876, i6.255 tonnes, valant 1.1 99.860 francs, et, en 1877, 18.963 tonnes, valant 1.163.100 francs(1). La distillation d’une tonne de ces schistes donne de 600 à 65o litres d’huile brute, ou 18.000 pieds cubes de gaz d’un pouvoir éclairant considérable. Des échantillons en étaient exposés par le Département des mines de Sydney et par la New South Wales shale and oil Company, qui les traite sur place et à qui il a été décerné une médaille d’argent.
- Enfin nous .devons citer, dans l’Australie du Sud, une matière assez curieuse, exposée par M. W. Stuart: c’est du caoutchouc minéral ou élatérite, d’où l’on extrait des huiles par distillation. Cette substance, qui a en effet tous les caractères du caoutchouc, se présente en plaques minces et flexibles; la surface en est marquée de nombreuses empreintes de feuilles de dicotylédonées, dont elle paraît avoir pris le moulage, comme pourrait le faire une gomme coulant sur un sol de forêt, caractère qui semble prouver son origine végétale. Ces empreintes attestent en tout cas une formation relativement récente.
- III
- MÉTAUX USUELS.
- Plomb.
- Signalons, avant de commencer, l’absence de pays producteurs des plus importants : ainsi l’Angleterre, qui a produit, en 1 876, 80.283 tonnes de galène et en a extrait 69.5/17 tonnes de plomb et 1/1.986 kilogrammes d’argent, n’était représentée à l’Exposition par aucun de ces produits.
- § ipr. France. — La France, qui a extrait en 1876, q.330 ton-
- W En 1878, la production a atteint le chiffre de 2/1.371 tonnes et la valeur de 1.Z130.275 francs.
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- nés, et, en 1877, 10.962 tonnes de galène argentifère, ne possède qu’un nombre de mines assez restreint.
- Les plus productives sont celles de Pontgibaud, dans le Puy-de-Dôme, d’où il a été extrait, en 1876,3.921 tonnes, et, en 1877, 4.089 tonnes de ce minerai. Le traitement s’en fait sur place; l’usine reçoit, en outre, une certaine quantité de galène argentifère de Sardaigne; elle a livré,en 1876, 1.633 tonnes de plomb marchand et 6.026 kilogrammes d’argent fin, et, en 1877, 1.813 tonnes de plomb et 6.345 kilogrammes d’argent. La Société des mines et fonderies de Pontgibaud exposait une série complète de ses minerais, à l’état brut ou préparés, ainsi que des diverses étapes par lesquelles ils passent: minerai grillé, matte, litbarge, et enfin des saumons de plomb et un volumineux gâteau d’argent. Il lui a été décerné une médaille d’or.
- La Compagnie du chemin de fer d’Orléans, qui, pour l’ensemble des produits de ses mines et usines, a reçu une médaille d’argent, avait exposé de même un énorme bloc de minerai de ses mines de la Baume, près Villefranche-du-Rouergue, montrant la coupe du filon dans toute son épaisseur, ainsi qu’une série de minerais préparés.
- Il nous reste à mentionner les minerais de quelques autres mines, savoir : Chabrignac dans la Corrèze, Aurouze dans la Haute-Loire, Argentella en Corse, et quelques échantillons provenant des gisements en exploration dans le massif des Pyrénées, où l’on connaît un assez grand nombre de filons, mais qui n’ont pas encore été l’objet d’une exploitation suivie.
- Outre les trois usines établies à Pontgibaud, à la Pise (Gard)(1) et â Vialas (Lozère), pour traiter sur place les minerais extraits, sept autres usines, dont les principales sont celles de Marseille, traitent les minerais de l’étranger. Les dix usines réunies ont produit, en 1876, 6.767 t°nnes de plomb et 37.000 kilogrammes d’argent fin, et, en 1877, 8.277 tonnes de plomb et 35.ooo kilogrammes d’argent fin.
- L’usine de la Pise est aujourd’hui convertie en usine à zinc, pour le traitement des minerais de la région.
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- S 2. Belgique. — 11 a été extrait en Belgique, en 1876,12.422 tonnes de minerai de plomb, valant 1.702.083 francs, dont 6.902 tonnes dans la province de Liège et 5.52 0 tonnes dans celle de Namur; les usines métallurgiques ont extrait de ces minerais 7.275 tonnes de plomb, valant 3.888.752 francs.
- Ainsi qu’il a été dit plus haut, la Belgique tient la première place, eu égard à sa superficie, pour la production du plomb.
- L’une des exploitations les plus importantes est celle du Bley-berg-ès-Montzen, qui a reçu une médaille d’or, et qui exposait une collection complète de ses minerais et des roches encaissantes, avec des renseignements techniques du plus grand intérêt. Le filon exploité au Bleyberg est encaissé dans le calcaire carbonifère et le terrain houiller; il renferme à la fois, comme la plupart des gîtes analogues, de la blende et de la galène; déplus, il existe, au contact du calcaire et du terrain houiller, un puissant amas de galène d’une richesse exceptionnelle. Outre ses minerais, la Société du Bleyberg exposait la série de ses produits métallurgiques, zinc, plomb antimonieux, et plomb raffiné dont la pureté est assez grande pour se prêter à tous les emplois, et notamment à la fabrication du cristal.
- Signalons encore les minerais de plomb exploités concurremment avec ceux de zinc par la Société de la Vieille-Montagne dans plusieurs de ses concessions, notamment à Scbmalgraf et à Wel-kenraedt.
- S 3. Autriche-Hongrie. — Il a été extrait en Autriche, en 1876, 7.662 tonnes de minerai de plomb, et les usines métallurgiques ont produit A.291 tonnes de ce métal et 3.237 t°nnes de litharge. La Hongrie a produit 2.223 tonnes de plomb. Les mines les plus riches sont celles de Przibram, en Bohême, qui donnent chaque année 5.800 tonnes de minerai bon à fondre, d’où l’on tire ù.000 tonnes de plomb et litharge et 2 5.ooo kilogrammes d’argent fin. Les travaux s’étendent sur un vaste champ de filons, encaissés dans les grès, les quarlzites et les schistes de la formation silurienne. Le puits principal a dépassé, depuis quelque temps déjà, la profondeur de 1.000 mètres, et l’on a constaté que, au rebours
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- de ce qui arrive trop souvent, la puissance des filons et surtout la Gr. V richesse du minerai en argent augmentent sensiblement avec la profondeur : ainsi, tandis que les minerais des niveaux supérieurs donnent des plombs tenant de 160 à 2A0 grammes d’argent par 100 kilogrammes, ceux des niveaux inférieurs fournissent un métal dont la teneur en argent atteint et dépasse 800 grammes aux 100 kilogrammes. Les mines de Przibram étaient représentées, dans l’exposition générale du Ministère de l’agriculture, qui a reçu une médaille d’or, par une série complète des minerais, bruts et préparés, et des produits métallurgiques, ainsi que par plusieurs cartes, plans et coupes, montrant aux yeux l’immense développement des travaux, qui ne comptent pas moins de 2 45 kilomètres de galeries et comprennent notamment une galerie d’écoulement longue de près de 22 kilomètres.
- En Hongrie, c’est dans l’exposition collective de la Société géologique de Buda-Pesth, à laquelle une médaille d’or a été décernée, que se trouvaient représentées les richesses de ce beau pays en minerais métalliques. Le principal district est celui de Schemnitz, d’où l’on extrayait annuellement, il y a peu d’années, 80.000 tonnes de minerais bruts, produisant qooài.ooo tonnes de plomb et 9.500 kilogrammes d’argent. Les mines de Schemnitz figuraient dans cette exposition générale avec une belle collection des intéressantes roches trachytiques dans lesquelles sont encaissés les filons.
- S 4. Russie. — Mentionnons la Russie, dont les minerais étaient exposés par le Département des mines, et qui a extrait en 1876 34.375 tonnes de minerai; la production en métal a été de 1.169 tonnes de plomb et 11.208 kilogrammes d’argent.
- S 5. Italie. —- L’Italie produisait, en 1872, environ 35.ooo tonnes de minerai de plomb par an, sur lesquelles i3.ooo tonnes traitées dans le pays donnaient 5.600 tonnes de plomb et li-tbarges et 3.500 kilogrammes d’argent. Le reste était exporté; le chiffre des exportations a atteint, en 1877, 27.531 tonnes.
- Les gisements les plus importants sont ceux de Sardaigne, qui
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- ont produit, en 1872, 16.499 tonnes de minerai de plomb, et, en 1875, 17.705 tonnes, valant 5.3 11.500 francs. Ils figuraient avec leurs produits dans la collection des minerais de la Sardaigne, exposée par l’Association minérale d’Iglesias, qui a obtenu une médaille d’argent. Au point de vue de la production du minerai de plomb, galène et carbonate, les exploitations principales sont celles de Monteponi, qui, dans la campagne de 187/1 à 1875, ont produit 10.453 tonnes, valant 2.32/1.879 francs; celles de Monte-Santo, qui ont produit 6.o45 tonnes, valant 1.722.616 francs, et celles de Montevecchio, qui ont produit 4.534 tonnes, d’une valeur de 1.360.221 francs. Les gisements ont tantôt la forme de filons, tantôt celle d’amas irréguliers; ils sont encaissés dans les schistes et calcaires siluriens, et la galène y est accompagnée de carbonate et de sulfate de plomb, souvent en très beaux cristaux, et de minerais de zinc, avec gangue quartzeuse ou calcaire.
- Sur le continent, les principales mines sont celles de la Lombardie, et surtout celle du Bottino en Toscane, qui produit annuellement 700 tonnes de galène très argentifère et qui avait envoyé de beaux échantillons de ses minerais, ainsi que des lingots de plomb et d’argent.
- § 6. Espagne. — L’Espagne fournit à elle seule près du tiers de la production totale du globe en plomb: elle en livre annuellement au commerce plus de 100.000 tonnes.
- Outre quelle possède un nombre extrêmement considérable de gisements, les minerais quelle en tire sont d’une richesse exceptionnelle.
- Nous citerons d’abord les magnifiques galènes massives des mines de Linares, dans le nord-est de l’Andalousie, exposées par M. Villanova, propriétaire des mines d’Arrayanes, qui a reçu une médaille d’argent, et les minerais de la même provenance exposés, avec une belle série de produits métallurgiques, lingots de plomb et d’argent, céruse, etc., par M. Neufville, à qui il a été décerné une médaille d’or.
- Les gîtes du Guadalajara étaient représentés par des blocs extraits des mines Sperlas, Suerie, Perla, Vcrdad de los Arlislas;
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- ceux de Badajoz et de Ciudad-Real, par les minerais de la Compa- Gr. V. gnie française des mines et usines d’Escombrera, et de MM. Avecilla etTorres y Codes; enfin ceux de Guipuscoa, par une série d’échantillons exposés par la Compagnie royale asturienne.
- § 7. Portugal. — Bornons-nous à mentionner, pour le Portugal, les galènes accompagnées de blende du district d’Aveiro, exposées par M. Feuerheerd et C10 et par la Lusitanian Mining Company. Le Portugal a produit, en 1872, 2.213 tonnes de minerai de plomb.
- § 8. Grèce. — La Grèce produit de 7.000 à 8.000 tonnes de plomb par an, sans compter les minerais exportés. Les gisements de ces minerais se trouvent dans le Laurium, à la pointe sud de l’At-tique, au contact des schistes micacés et des calcaires, formant des filons ou plutôt des fdons-couches. Ils sont accompagnés de riches dépôts de calamines, sur lesquels nous aurons à revenir. Les anciens, qui ont exploité ces mines et y ont creusé des vides immenses, ont laissé sur les lieux les minerais trop pauvres pour eux et les scories résultant du traitement: après avoir été exploités avec de sérieux bénéfices par une société franco - italienne, qui avait reconnu la valeur du gisement et y fit d’importantes installations , ces elwolades et ces scories ont été rachetés par des nationaux et sont aujourd’hui entre les mains de la Société des usines du Laurium, qui en passe deA5.ooo à 5o.000 tonnes par an dans ses fours, et produit de 7.000 à 7.500 tonnes de plomb, tenant 1.000 à 1.700 grammes d’argent à la tonne. Cette société, qui a reçu une médaille d’or, exposait des spécimens des diverses catégories de matières traitées, ainsi que des plombs quelle en tire et des speiss nickélifères obtenus comme produits secondaires.
- Les minerais en place sont exploités par la Société française des mines du Laurium, constituée en 1875, qui expédie annuellement environ 1.000 tonnes de minerais, donnant un plomb d’œuvre qui tient 2.5oo grammes d’argent par tonne. Cette société exposait des galènes et des carbonates de plomb de ses mines.
- Enfin citons encore les plombs carbonatés exploités par k So-
- Glasse l\ 3.— irc section. 3
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- Gr. V. ciété Périclès et les galènes de la Société Sunium provenant de la
- même région.
- Cl. 43. b
- § 9. Algérie. — L’Algérie a produit, en 1876, 1.726 tonnes de minerai de plomb, valant 249.785 francs, et, en 1877, 1.848 tonnes valant 467.319 francs. Ces minerais sont expédiés à Marseille pour y être fondus. Les principaux gisements sont ceux de Kef-Oum-Teboul, près de La Galle, et de Gar-Rouban, dans le département d’Oran, près de la frontière du Maroc. Ils étaient représentés dans la collection générale du Service des mines. Mentionnons encore les galènes du cap Cavallo, près Djidjelli, exposées par M. Desclozeaux.
- S 10. Asie. — Le Japon, qui a produit, en 1875, 188 tonnes de plomb, valant 109.780 francs, figurait, dans l’exposition de la classe 43, avec des galènes exposées par M. Satô.
- La Chine, qui possède des minerais de ce métal dans le Chêh-kiang, le Fukicn, le Szetchuan et le Shantung, ne s’était fait représenter par aucun échantillon.
- § 11. Etats-Unis. —Nous pourrions en dire à peu près autant des Etats-Unis, qui, malgré leur production de 74.000 tonnes de plomb en 1877, ne figuraient que par quelques échantillons minéralogiques, galène, anglésite, plomb carbonaté, des mines du Nevada et de la Californie, exposés dans la collection de la Commission californienne.
- § 12. Australie.—Citons enfin les galènes de l’Australie occidentale, exposées par M. Elliott, et celles de la Nouvelle-Galles du Sud, qui sont, paraît-il, assez abondantes, mais n’ont jusqu’ici donné lieu à aucun travail suivi.
- Zinc.
- Nous ne pouvons que répéter pour le zinc la remarque déjà faite plusieurs fois au sujet de l’absence de pays producteurs importants : ainsi les Etats-Unis, qui ont produit, en 1877, i5.ooo tonnes de zinc brut, la Grande-Bretagne, qui en a produit, en
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- 1876, 6.7 A 0 tonnes, provenant en grande partie des blendes de Gr. V. l’île de Man, n’avaient envoyé aucun spécimen de leur industrie. C1~3
- § i‘r. France. — Il a été extrait en France, en 1876, 8.018 tonnes de minerais de zinc, valant 5A 1.398 francs; en 1877, Textraction a été un peu moindre, 7.8A6 tonnes, à cause de la baisse de prix de ce métal.
- La presque totalité vient des gisements du Gard, exploités à Saint-Laurcnt-le-Minier et à Pallières par la Société des usines à zinc du Midi qui a produit, en 1876, 5.727 tonnes de calamine et 1.705 tonnes de blende, et qui avait exposé de beaux échantillons de ces minerais, ainsi que les produits métallurgiques, zinc brut et laminé, quelle en tire. Les minerais du Gard sont traités dans l’Hérault (1), à part une petite quantité de carbonates qui sont vendus en Belgique; en revanche, on y ajoute une certaine proportion de silicates de Sardaigne : l’usine du Bousquet-d’Orb a produit ainsi 1.782 tonnes de zinc en 1876 et t.38o tonnes en 1877.
- On pouvait voir en outre à l’Exposition d’assez beaux spécimens de blende,provenant de gisements reconnus dans les Hautes et les Basses Pyrénées.
- Ajoutons qu’outre l’usine du Bousquet-d’Orb, la France en possède deux autres : à Auby dans le Nord, et à Viviez dans l’Aveyron, qui traitent, l’une des calamines d’Espagne, l’autre des minerais de France, d’Espagne et de Sardaigne; leur production a été de 11.963 tonnes en 1876 et de io.5oi tonnes en 1877.
- § 2. Belgique. — La Belgique, qui tient encore, eu égard à son étendue, le premier rang pour la production du zinc, a produit, en 1876, 37.718 tonnes de minerai de ce métal, valant a.555.02A francs, et se décomposant en 15.97A tonnes de calamine et 21.739 tonnes de blende. Tout ce minerai vient de la province de Liège.
- Nous avons indiqué déjà la présence, dans le gisement du Bley-
- Une partie de ces minerais est aujourd’hui traitée à La Pise, comme nous l’avons dit plus haut. (Voir la note de la page 29.)
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- Gr. v. berg, de la blende accompagnant la galène. C’est ce qui a lieu dans la plupart des filons; mais la Belgique possède, en outre, sur divers points, de riches amas calaminaires. Le plus important est celui deMoresnet, appartenant à la Société de la Vieille-Montagne, qui est, comme on sait, le plus grand producteur de zinc et qui exploite en outre les mines de Scbmalgraf et de Welkenraedt, sans parler de celles qu’elle possède en Suède, en Algérie et en Sardaigne; les produits en sont traités dans ses usines de Belgique. Cette société, à qui il a été décerné un grand prix, exposait, outre ses produits manufacturés, une série complète de ses minerais belges, accompagnés d’une carte géologique de la concession de Moresnet.
- Les usines de Belgique ont produit, en 1876, 70.369 tonnes de zinc, valant 40.189.176 francs.
- § 3. Autriche-Hongrie. — L’Autriche a extrait, en 1876, des mines de son territoire 26.467 f°nnes de minerai de zinc, et a produit 3.979 tonnes de métal. La production de la Hongrie n’a été que de 567 tonnes de zinc.
- Nous n’avons à mentionner, comme figurant à l’Exposition, que les mines de Przibram, qui produisent par an 600 tonnes de blende, et la mine de Schneeberg (Tvrol), appartenant également à l’Etat. Cette mine, située à 2.200 mètres d’altitude, est ouverte sur plusieurs filons encaissés dans les micaschistes, et dont le remplissage est constitué par de la hlende avec un peu de galène et de quartz; elle produit par an de 6.000 67.000 tonnes de blende, tenant de A 0 à 45 p. 100 de zinc, et environ 300 tonnes de galène, tenant de 65 à 70 p. 100 de plomb, et 0,067 p. 100 d’argent.
- § 4. Russie. — Les seuls gisements zincifères de Russie sont ceux de Pologne, qui appartiennent à la même formation que les gîtes calaminaires de Silésie, et qui figuraient, par quelques échantillons, dans la collection du Département des mines. Il en a été extrait, en 1876, 61.376 tonnes de minerai, sur lesquelles on a fondu A3.457 tonnes, qui ont donné 4.628 tonnes de zinc. Les usines de Boleslaw avaient exposé du zinc en lingots et du blanc de zinc extraits de ces minerais.
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- § 5. Suède. —Il a été extrait en Suède, en 1876,35.52 3 tonnes Gr. V. de blende brute. La maieure partie provient des mines d’Amme-
- J 1 1 Qj £3
- berg, appartenant à la Vieille-Montagne, qui ont fourni, en 1875,
- 31.2 12 tonnes de minerai, lesquelles ont donné 6.568 tonnes de blende massive et 10.3/17 tonnes de blende lavée; ces mines ont produit, en outre, 3.339 tonnes de minerai de plomb. Le reste de la production est fourni par les mines des gouvernements d’OErebro et de Kopparberg, parmi lesquelles nous citerons celles de la Compagnie de Kafveltorp, qui exposait ses minerais de zinc, avec des échantillons de galène argentifère. Nous n’avons pas signalé plus haut ces minerais de plomb, à raison du peu d’importance de leur production : la Suède n’a produit en effet, en 1876, que 3oo tonnes environ de plomb et 800 kilogrammes d’argent.
- § 6. Italie. —L’Italie a extrait et exporté, en 1877, 78.255 tonnes de minerai de zinc provenant à peu près exclusivement de la Sardaigne. Nous avons parlé plus haut des riches gisements de l’île; le plus important est celui de Malfidano, qui se présente sous la forme d’un immense filon-couche encaissé dans les calcaires et se compose de deux zones distinctes de 20 à 100 mètres d’épaisseur. Les colonnes riches de calamine atteignent jusqu’à 20 mètres de puissance et se continuent parfois sur près de 100 mètres en direction. Vient ensuite, comme importance, le gîte de Planu-Sartu, exploité également par la Société des mines de Malfidano, qui avait exposé de beaux spécimens de ses minerais et une coupe du filon du Planu-Sartu, reproduit, en dimensions réduites, avec les roches mêmes disposées dans leur ordre naturel; cette société, à qui il a été décerné une médaille d’or, a extrait, en 1877,
- 45.598 tonnes de minerai en roche. Les calamines sont calcinées sur place; il en est exporté par an environ 2 5.000 tonnes, tenant 54,4o p. 100 de zinc.
- § 7. Espagne. — L’Espagne est de même très riche en minerais de zinc. Nous citerons d’abord les puissants amas de calamines de Santander, exploités parla Compagnie des mines de Santander et par la Compagnie royale aslurienne, qui avaient Tune et l’autre fait figurer une belle série de ces minerais. Cette dernière compagnie,
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- qui a obtenu une médaille d’or, envoie ses calamines calcinées en France, où elle les traite dans son usine d’Auby-lès-Douai; elle passe annuellement dans ses fours de i5.ooo à 17.000 tonnes de minerais, qui donnent environ 7.000 tonnes de zinc.
- Des gisements moins importants existent dans le sud de l’Espagne; ils étaient représentés par des calamines de la province de Murcie, exposées par M. Gampov et parla Compagnie des mines d’Escombrera.
- Enfin citons les magnifiques blendes translucides des mines de Picos d’Europa, ouvertes à 2.000 ou 3.000 mètres d’altitude, et exploitées par la Société la Providence, qui exposait également des calamines de ses exploitations.
- § 8. Grèce. — La Grèce a pris depuis quelques années une sérieuse importance dans la production des minerais de zinc: nous avons déjà parlé, 5 propos du plomb, des gîtes du Laurium, dans lesquels la galène ne tient, par rapport aux minerais de zinc, qu’un rang très secondaire. Au-dessous des minerais sulfurés, on trouve aux différents contacts des calcaires avec les schistes, lorsque ceux-ci sont placés au toit, les calcaires creusés de poches profondes remplies de calamine, dont la richesse est d’autant plus grande qu’on a affaire à des contacts situés plus bas. La Société française des mines du Laurium, qui a reçu une médaille d’or, extrait annuellement 30.000 tonnes environ de ces calamines, dont la plus grande partie est calcinée sur place : elle a expédié, en 1877, 18.A77 tonnes de calamine calcinée, 2.A25 tonnes de calamine crue et 339 tonnes de blende, pour être traitées en Belgique.
- § 9. Algérie. — La production des minerais de zinc en Algérie a pris, dans ces dernières années, un accroissement rapide : de 1.359 tonnes en 1876, elles’est élevée, en 1877, à 3.667 tonnes, et à A.229 tonnes en 1878. Sur ce chiffre, la province de Cons-tantine a fourni à elle seule 3.578 tonnes de calamine calcinée et 271 tonnes de blende préparée: le principal gisement est celui de Hammam-N’Baïls, concédé à la Société de la Vieille-Montagne, et où l’on a rencontré d’intéressants minéraux, notamment
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- J a nadorite, oxychlorure double d’antimoine et de plomb, qui figuraient dans la collection du Service des mines. Dans le département d’Oran, les deux mines principales sont celles des Ouled-Maziz et du Djebel-Fillaoucen, où le zinc est associé au plomb.
- Cuivre.
- L’Exposition de 1878 mettait en évidence, de la façon la plus nette, le rang important que tiennent aujourd’hui les mines australiennes dans la production du cuivre; elles ne paraissent pas cependant avoir exercé jusqu’ici une influence bien notable sur le prix de ce métal, qui, après avoir subi, de 1867 à 1870, une baisse très forte, s’est relevé brusquement en 1872, et valait encore, en 187G, 2.076 francs la tonne sur le marché anglais.
- § ior. France. — La France ne possède qu’un nombre fort restreint de mines de cuivre. Sa production a été, en 1876,(167.724 tonnes déminerai, et, en 1877, de 6.306 tonnes,provenant,pour plus de moitié, du département de l’Ailier, où l’on a découvert, il y a peu d’années, à La Prugne, un important gisement de cuivre panaché et pyriteux, mais qui n’était point représenté au Champ de Mars. Seule la Société dos mines de Padern et Montgaillard avait exposé les cuivres gris quelle exploite dans l’Aude et dont il a été extrait, en 1876, 1.062 tonnes, et h h 8 tonnes en 18 7 7. Ces cuivres gris, qui forment des filons à gangue quartzeuse, encaissés dans les calcaires, renferment 7 p. 100 de cuivre et i4o grammes d’argent aux 100 kilogrammes; ils sont convertis sur place en mattes, qui, après grillage et concentration par seconde fusion, sont expédiées en Angleterre.
- Par contre, la France reçoit de l’étranger, notamment du lac Supérieur et du Chili, des minerais de cuivre et des cuivres noirs qui sont traités dans quatre usines, parmi lesquelles nous citerons celle de MM. OEschger-Mesdach et C'", à Biache-Saint-Waast, qui exposait, avec ses produits manufacturés, des métaux bruts et un lingot d’argent provenant du traitement des mattes argentifères additionnées d’une certaine quantité de cendres d’orfèvre. Cette usine a produit ainsi, en 1876, 1.2/19 kilogrammes d’argent et
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- a 4 kilogrammes d’or fin, et, en 1877, 2.458 kilogrammes d’argent et 2 5kll,4 d’or.
- La production totale de la France en cuivre métallique a été, en 1876, de 6.31 1 tonnes, et, en 1877, de 6.882 tonnes.
- § 2. Angleterre.—Il a été extrait dans le Royaume-Uni, en 1876, 8o.441 tonnes de minerai de cuivre, valant 7.999.431 francs, à peine moitié de la production de 1867, ce qui tient à l’épuisement progressif des filons; la plus grande partie vient du Cornouailles, et ensuite du Devonshire, du Cheshire, de l’Irlande et de file d’Anglesea. Ces 8o.44i tonnes ont produit par fusion 4.764 tonnes de cuivre. En outre, il a été traité 472.755 tonnes de minerais étrangers, notamment des pyrites d’Espagne, qui ont donné 36.734 tonnes de cuivre.
- L’Angleterre n’était du reste représentée que pour mémoire : un seul de ses exploitants, l’un des plus importants, il est vrai, la Devon great Consols Company, avait exposé quelques poignées de pyrite cuivreuse provenant de ses mines.
- § 3. Autriche-Hongrie. — La production des mines de cuivre de l’Autriche a été, pour 1876, de 4.56i tonnes de minerai; celle du cuivre métallique, pour l’ensemble de la monarchie austro-hongroise, n’a été que de 1.467 tonnes. Nous nous bornerons à mentionner, dans l’exposition collective de la Société géologique de Hongrie, les minerais de Kotterbach, les produits des mines et des usines royales de Szomolnok, Felsôbânya et Tajova, et dans celle de la Société autrichienne des chemins de fer de l’Etat les minerais de cuivre d’Oravicza, Szâszka et Moldova, et les produits de l’usine de Dognâcska.
- § 4. Russie.— La Russie possède de riches gîtes de minerai de cuivre, notamment dans le Caucase et dans l’Oural; ceux-ci, qui sont les plus importants, forment deux groupes bien distincts : les uns sont des gisements en couches, dans lesquels le cuivre car-honaté ou oxydé imprègne les grès permiens et triasiques et y forme des mouches, des veinules et des nids; ils s’étendent parai-
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- lèlement à l’Oural de Perm jusqu’à Orenbourg; en j.875, ils ont donné 20.000 tonnes de minerai, d’où l’on a tiré 800 tonnes de cuivre d?excellente qualité; les autres sont des filons ou des gîtes de contact renfermant surtout des minerais sulfurés, pyrite cuivreuse , cuivre sulfuré, cuivre gris ; à la partie supérieure, ils sont oxydés et renferment de la malachite et de Tazurite. On pouvait admirer une belle série de ces divers minerais et minéraux dans l’exposition de M. Démidoff, prince de San-Donato, dont les usines, situées à Nijnitaguilsk, sur le versant est de l’Oural, produisent par an 1.15o tonnes de cuivre.
- Il a été extrait en Russie, en 1876, io3.q85 tonnes de minerai de cuivre. Les usines ont traité 88.465 tonnes et en ont tiré 4.261 tonnes de métal, dont 3.878 tonnes de lingots et 383 tonnes de cuivre en feuilles.
- § 5. Suède. — La Suède a extrait de ses mines, en 1875,29.791 tonnes de minerai de cuivre, et a produit 965 tonnes de cuivre rosette. Les principales mines sont celles de Falun, qui ont fourni, à elles seules, sur le total qui vient d’être indiqué, 20.195 tonnes. La Compagnie de Stora-Kopparberg, qui les exploite et qui a reçu une médaille d’or, exposait, avec ses minerais, les produits obtenus dans ses usines, qui ont livré, en 1875, A92 tonnes de cuivre. Citons encore les minerais de cuivre et le cuivre exposés par la Compagnie de Kafveltorp et les minerais des mines de Gladhammar.
- § 6. Norwège. — En Norwège, nous mentionnerons de même les pyrites des Mines de Rôraas et les produits de leur traitement, ainsi que les minerais cuivreux extraits, concurremment avec ceux de nickel, dans les Mines de Ringerige.
- § 7. Italie. — En 1872, l’Italie avait produit 2 5.588 tonnes de minerai de cuivre, valant 1.218.986 francs; elle en avait exporté à.173 tonnes, d’une valeur de 677.680 francs, et avait produit dans ses usines 5oo tonnes de métal. En 1877, l’exportation a été de 9.616 tonnes, et la production en cuivre métallique, de 3oo tonnes.
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- Le gisement le plus important est celui de Monte-Catini, en Toscane, où le cuivre pyriteux et panaché forme un amas considérable dans les roches serpentineuses : une collection de ces minerais en gros blocs et des produits extraits était exposée par M. le comte Boutourlinn, à qui il a été décerné une médaille d’or. Citons encore, comme figurant à l’Exposition par leurs minerais, les mines de Valpellina, de Montajone, et enfin celle d’Agordo, en Vénétie, exploitée par l’Etat. Une partie des minerais d’Agordo sont traités par voie humide, et l’on pouvait voir à l’Exposition une intéressante série des produits métallurgiques de l’usine.
- § 8. Espagne. — L’Espagne, qui a produit, en 1873, 894 tonnes de cuivre, expédie une quantité considérable de minerai cuivreux en Angleterre. Le principal gisement est celui de Rio-Tinto, dans la province de Huelva, où l’on exploite un puissant amas de pyrite de fer mélangée de pyrite cuivreuse en proportion variable. Après le grillage, les résidus constituent un minerai de cuivre suffisamment riche. Des échantillons de pyrite et des produits du traitement étaient exposés par la Compagnie de Rio-Tinto, qui a obtenu une médaille d’or. La Tharsis sulphur and copper Company, qui exploite aussi l’amas de Huelva, et a reçu une médaille d’argent, exposait de même des pyrites cuivreuses qu’elle expédie en Angleterre pour les traiter dans ses usines de Birmingham et de Glasgow.
- Mentionnons en outre les minerais de la Sierra-Nevada, exposés par M. de la Puente.
- § 9. Portugal. — La région métallifère de la province de Huelva se prolonge en Portugal, où Ton exploite, à San-Domingos, Al-justrel et Grandola, de puissants amas pyriteux formant une zone de 110 kilomètres de longueur. Les Mines de San-Domingos, les plus importantes, exposaient leurs pyrites, qui renferment en moyenne 3,5 p. 100 de cuivre; elles ont reçu une médaille d’or.
- On exploite en outre des filons cuivreux dans les districts d’Evora, d’Alémtejo etd’Aveiro; les minerais de ce dernier district figuraientà l’Exposition, notamment ceux desminesde Telhadella, Palhal et Carvalhal.
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- En 1872, il a été extrait en Portugal 1 A 6.8 9 A tonnes de pyrite Gr. V
- cuivreuse, valant A.333.000 francs, et 1.802 tonnes de rainerai
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- de cuivre proprement dit, valant A5o.ooo francs. La production moyenne des années précédentes avait été de 2 35.8Ao tonnes de pyrite et A.227 tonnes de rainerai de cuivre. En 1872, il a été exporté 181.689 tonnes, et, en 1873, 222.025 tonnes, d’une valeur de 11.027.777 francs; en 1876, le chiffre des exportations n’a été que de 61.773 tonnes.
- § 10. Algérie. — L’Algérie a produit, en 1876, 5.901 tonnes de minerai de cuivre, valant 797.201 francs; en 1878, la production , qui, Tannée précédente, était restée égale à celle de 1876, s’est abaissée au chiffre de A.828 tonnes, valant 327.7Ai francs.
- Tout ce minerai vient des gîtes d’Aïn-Barbar, au nord-ouest de Bône, qui renferment de la pyrite cuivreuse et du cuivre sulfuré; le Service des mines avait exposé, dans sa collection générale, une série de ces minerais.
- S11, Cap de Bonne-Espérance. — Les riches gisements du. Cap étaient représentés par de volumineux blocs de cuivre panaché, exposés par la Cape copper mining Company, qui en fait l’objet d’une exploitation des plus importantes.
- S 12. Japon. — Le Japon possède un assez grand nombre de mines de cuivre. De beaux spécimens des minerais qu’on en extrait figuraient dans l’exposition du Bureau des mines (Kô-Bou-Kô-Zan-Kiokhou), dont nous avons déjà eu l’occasion de parler.
- La production du Japon a été, en 1875, de 3.oA8 tonnes de cuivre, valant A.6AA.000 francs.
- S i3. Chine.— Le cuivre est connu en Chine dans diverses provinces, notamment dans le Yun-Nan, qui semble particulièrement favorisé sous le rapport des richesses-minérales; les douanes chinoises de Han-Keou avaient exposé du cuivre brut de cette provenance.
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- § îA. Etats-Unis. — Les exploitants des mines de cuivre des Etats-Unis s’étaient abstenus, eux aussi, de paraître à l’Exposition. Mais on pouvait voir dans la collection de ia Commission californienne une grande variété de minerais cuivreux, provenant principalement des Etats d’Arizona et de Nevada et du comté de Calaveras en Californie: les mines de Copperopolis, dans ce comté, sont d’une importance considérable comme production.
- § i5. Canada. — L’exposition de la Commission géologique du Canada renfermait un assez grand nombre d’échantillons de .minerais cuivreux provenant des gîtes en exploitation. Nous citerons ceux de Tîle Michipicoten, au nord du lac Supérieur, où l’on trouve du cuivre natif dans les mêmes conditions que dans la région méridionale du lac ; ceux du lac Huron, où l’on exploite du cuivre pyriteux et sulfuré, mais dont la production diminue graduellement; et enfin ceux de la mine Hartford, dans le district d’Ascot, qui, en 1866, a produit par mois jusqu’à i.3oo tonnes de pyrite, tenant en moyenne A,5 p. 100 de cuivre.
- § 16. Amérique du Sud. — Le principal producteur de l’Amérique du Sud, le Chili, n’avait pas exposé; mais on pouvait voir de riches minerais exposés par les autres Etats : nous citerons d’abord la République Argentine, qui possède des mines importantes dans les provinces de Mendoza et de Catamarca; celles-ci, situées à Las Capillitas, dans la Sierra del Atajo, donne des minerais argentifères et aurifères qui sont traités dans le pays. M. Lafone Quevedo en exposait une série, accompagnée des produits métallurgiques de leur traitement.
- La Bolivie montrait ses riches minerais oxychlorurés et oxydés du district d’Atacama.
- Enfin, la magnifique collection des minéraux du Pérou, exposée par M. Raimondi, attestait la richesse de ce pays en minerais de cuivre. Les gîtes cuivreux y constituent deux groupes distincts : le long de la côte on trouve dans toutes les mines, à la partie supérieure, de l’oxychlorure, ou atacamite, mêlé de carbonates et de silicates ; plus bas on voit apparaître le cuivre oxydulé, et le cuivre
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- sulfuré les remplace en profondeur; dans la région de la Cordillère, Gr. V. l’atacamite manque absolument, et c’est le cuivre gris argentifère C1~3 que l’on rencontre le plus abondamment.
- § 17. Australie. — Nous avons dit l’importance qu’ont prise dans la production du cuivre les mines australiennes.
- C’est l’Australie du Sud qui tient la première place : un immense obélisque cuivré, représentant le cube du cuivre métallique produit en une seule année par les mines de Wallaroo et de Moonta, pour une valeur de près de 1 5 millions de francs, attestait aux yeux la richesse de cette colonie. En 1876, il a été exporté pour 15.069.300 francs de cuivre. La Commission de l’Australie du Sud, à laquelle il a été décerné une médaille d’or, exposait une collection de ces minerais, cuivre pyriteux, cuivre panaché et cuivre natif, provenant principalement des mines de Burra-Burra et de North-Yelta. Les Mines de Wallaroo et de Moonta avaient de même envoyé leurs produits; enfin YEnglish and Australian copper Company avait présenté de nombreux spécimens de cuivre en lingots, en plaques, en feuilles, provenant de ses usines de Port-Adélaïde.
- La Nouvelle-Galles du Sud possède également de riches filons cuivreux, dont les minerais, consistant en cuivre sulfuré, oxydé ou car-bonaté, renferment de 9 à 49 p. 100 de métal; une série complète de ces minerais figurait dans la collection générale du Département des mines ; la production du cuivre, qui, en 18 58, représentait une valeur de 35.000 francs, s’est élevée à 7.678.525 francs en 1877 (1); l’exportation, en 1876, a été de 6.249.450 francs.
- Mentionnons encore, pour la colonie de Queensland, les pyrites cuivreuses, les cuivres carbonaté et oxydulé des mines du Mont-Perry, ainsi que des échantillons de cuivre noir et de cuivre affiné provenant de leur traitement; et, pour la colonie de Victoria, les spécimens de cuivre pyriteux, cuivre carbonaté et oxydé, cuivre natif, provenant de filons récemment découverts dans le district de Bethanga.
- (1) En 1878, la Nouvelle-Galles du Sud a produit 5.219 tonnes de cuivre, valant 8.628.950 francs.
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- § 18. Nouvelle-Calédonie.— Enfin notre colonie Néo-Calédonienne renferme aussi des gisements de cuivre d’une importance réelle : la collection de M. Heurteau, ingénieur au corps des mines, contenait de beaux échantillons de cuivre pyriteux, de cuivre oxydulé et de cuivre natif, ce dernier associé aux schistes à épidote et à glauco-phane reconnus dans la région septentrionale de Pile, et avec lesquels les gisements cuivreux paraissent, d’après les études de M. Heurteau, être en étroite relation. M. Higginson, à qui il a été décerné une médaille d’or pour l’ensemble de son exposition, sur laquelle nous aurons à revenir à propos du nickel, exposait les produits de la mine de cuivre de Balade, qui donne lieu à une exploitation sérieuse : elle a produit, en 1876, 2.362 tonnes de minerai, tenant 18 p. 100 de métal; en 1878, l’extraction s’élevait à 65o tonnes par mois. Il y a là, pour la France, une source de légitimes espérances.
- Étain.
- L’Exposition de 1878 présentait, pour l’étain, un intérêt encore supérieur à celui que nous avons signalé pour le cuivre, au point de vue de la part croissante que prennent à la production générale du globe les riches mines de l’Australie, et surtout celles de la Nouvelle-Galles du Sud : de 1872 ou 1873, date de leurs débuts, à 1877, c’est-à-dire en cinq ou six ans, leur production a plus que décuplé, et la quantité d’étain quelles ont jeté sur le marché est venue avilir singulièrement le prix de ce métal. On peut estimer de 20.000 à 22.000 tonnes environ le chiffre qu’atteignait, en 1871 ou 187 2 , la production annuelle de l’étain sur le globe : aujourd’hui l’Australie en produit à elle seule un chiffre à peine inférieur : sa production, pour 1877, peut, en effet, être évaluée approximativement ainsi qu’il suit :
- Nouvelle-Galles du Sud...................................... 7.500 tonnes.
- Tasmanie.................................................. 4.5oo
- Queensland............................................... 3.000
- Victoria.............................................. a.5oo
- Total............................... 17.500
- Aussi ne doit-on pas être surpris si la tonne d’étain, qui valait
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- en 1872, sur le marché anglais, 3.795 francs, prix le plus élevé Gr. V. d’ailleurs, à peu de chose près, qu’elle eût atteint depuis le com- C1~3 mencement du siècle, était tombée, en 1876, à 1-975 francs, baissant ainsi de près de moitié en cinq ans. Cet avilissement a eu pour conséquence de restreindre dans une proportion sensible la production des autres pays, dont l’ensemble, en 1877, n’a pas dû dépasser beaucoup celle de l’Australie. C’est ainsi que l’Angleterre, qui, en 1873, avait tiré de ses mines du Cornouailles et du Devonshire 10.122 tonnes d’étain, d’une valeur de 33.536.700 francs, n’a produit, en 1876, que 8.627 tonnes de ce métal, valant seulement 17.0/12. Ai 5 francs. Elle n’a d’ailleurs fait figurer au Champ de Mars aucun de ses produits.
- § ior. France. — Il n’est pas étonnant qu’en présence d’un tel abaissement de prix l’extraction de l’étain ait peu à peu cessé en France. Les mines de la Creuse, qui, en 187A, avaient produit 1.200 tonnes de minerai, valant i3i.Aoo francs, ont suspendu leurs travaux ; il en a été de même des Mines de la Villeder(1) (Morbihan), qui exposaient cependant leurs minerais et que nous devons mentionner en conséquence.
- § 2. Espagne. — L’Espagne montrait de même quelques spécimens de ses minerais d’étain, exposés par MM. Vazquez Gulias et Vila Yanez, provenant des gisements de la province d’Orense, en Galice, qui présentent avec ceux de la Villeder une assez grande ressemblance , ainsi qu’en témoignaient les échantillons de roches accompagnant le minerai.
- S 3. Portugal. — Citons également les minerais d’étain exploités dans la province de Tras-os-Montes, et dontM. Polies avait exposé des spécimens, accompagnés du métal qu’on en extrait à la fonderie de Miranda, dans le district de Bragance. Une bonne partie des minerais de ce district sont traités en Angleterre ; il en a été exporté, en 1876, 58 tonnes valant 21.577 francs.
- (1) On s’occupe en ce moment de remettre les mines de la Villeder en exploitation.
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- § /i. Italie. — Mentionnons aussi, à cause surtout de l’intdrêt géologique que présente ce gisement, si différent de tous les autres, les échantillons de cassitérite exposés par M. Blanchard, et provenant d’un filon stannifère découvert par lui dans les calcaires du lias, près de Campiglia-Marittima, en Toscane.
- § 5. Japon et Chine. — Le Japon possède trois mines d’étain, qui ont produit, en 1875, 7.000 kilogrammes de ce métal; nous n’en parlons ici que pour mémoire, les ayant vues représentées par leurs minerais dans la collection du Bureau des mines.
- Nous citerons de même les minerais d’étain de la Chine, provenant du Yun-Nan, où l’on exploite, près du bourg du Ko-Kieou, de nombreuses mines dont la production, en 1876, s’est élevée à 1.200 ou i.5oo tonnes de métal, valant sur le marché de Canton près de 3 millions de francs.
- § 6. Indes orientales néerlandaises. — Les deux centres principaux de la production de l’étain aux Indes néerlandaises sont l’île de Banca et l’île de Billiton. Les exploitations de Banca sont entre les mains du Gouvernement des Pays-Bas, qui exposait des minerais des divers districts de l’île, ainsi que des modèles des outils de sondage employés pour l’exploration des terrains stanni-fères. On connaît à Banca plusieurs filons dans les roches granitiques, mais les travaux portent surtout sur les alluvions stan-nifères : 7.879 mineurs chinois sont employés à l’extraction. En 1876, la production, qui paraît en décroissance continue, a été de 3.982 tonnes d’étain métallique.
- Les gîtes de Billiton sont exploités par une compagnie particulière : on connaît trois filons d’étain dans les schistes argileux, et des stockwerks très riches dans les grès de l’est de l’île; les dépôts d’alluvion y sont aussi fort abondants, et les sables slannifères s’y rencontrent à une très faible profondeur; c’est sur eux jusqu’ici que sont concentrés les travaux. La Compagnie de Billiton, qui a reçu une médaille d’or, avait exposé une série complète de ses minerais, ainsi que des produits du traitement métallurgique.
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- Elle emploie 3.856 mineurs chinois et a produit, en 1876, 3.791 tonnes d’étain.
- Enfin des minerais des autres îles, Karimon, Koundour, Sing-kep et Sumatra, étaient également exposés; ce sont uniquement, comme ceux qu’on exploite à Banca et à Billiton, des minerais d’alluvion.
- § 7. Australie. — Les gîtes stannifères de l’Australie sont disposés sur une longue zone qui suit la côte orientale parallèlement à la mer, depuis Brisbane environ jusqu’à Melbourne, et se prolonge en Tasmanie. L’étain s’y rencontre en filons, de direction nord-est ou est-nord-est, dans les roches granitiques de la petite chaîne de montagnes qui constitue la ligne de partage des eaux entre le bassin de la rivière Murray et les rivières qui courent vers la côte orientale. On trouve à l’est et à l’ouest de la chaîne des dépôts d’alluvion, qui forment jusqu’ici le siège principal des travaux d’exploitation; mais la richesse de quelques-uns d’entre eux commencerait, dit-on, à entrer en voie de décroissance. Quelques spécimens de ces minerais d’alluvion, ainsi que des lingots d’étain métallique, figuraient dans l’exposition du Gouvernement de Queensland.
- Mais c’était dans la collection du Département des mines de la Nouvelle-Galles du Sud que ces richesses minérales étaient le mieux représentées : l’étain en roche provenant des filons y figurait, à côté de l’étain d’alluvion, par de nombreux échantillons massifs d’une richesse exceptionnelle. C’est dans la partie septentrionale de la colonie que se trouvent les dépôts les plus considérables; en général, les sables stannifères se rencontrent à une très faible profondeur au-dessous du niveau du sol des vallées, mais on en a trouvé parfois des gisements extrêmement riches à 90 ou 9 5 mètres de profondeur, dans les lits d’anciens cours d’eau. La plus grande partie de ces minerais sont traités sur place : les fonderies de Pyrmont, à MM. A. et B. Amos, qui ont reçu une médaille d’argent, exposaient une masse considérable de lingots d’étain de diverses dimensions. Il a été exporté, en 1877, 5.700 tonnes d’étain à destination de l’Angleterre. La production totale
- Classe 6 3.— irc section. h
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- de la Nouvelle-Galles du Sud, en 1877, représente une valeur de 12.713.500 francs (]L En 1872, la production n’avait été que de 1.192.575 francs; depuis l’origine des exploitations en 1871 jusqu’en 1877, la valeur totale de l’étain produit s’élève au chiffre de 59.398.750 francs.
- Enfin signalons encore les rainerais d’étain en roche et minerais d’alluvion et les lingots d’étain exposés par la Commission de Victoria.
- Ceux de la Tasmanie n’étaient point représentés à l’Exposition.
- Nickel et Cobalt.
- Le nickel était assurément le métal pour lequel les cinq ou six années qui ont précédé l’Exposition de 1878 ont le plus profondément modifié les conditions de production. Les renseignements nous font défaut, malheureusement, pour indiquer avec exactitude à quel chiffre annuel est arrivée aujourd’hui la fabrication du nickel; d’après M. Christofle, elle ne dépasserait pas 5oo tonnes, pour l’Europe du moins; mais il est incontestable que ce métal commence à entrer dans la catégorie des métaux véritablement usuels, grâce à l’abaissement de prix résultant de la mise en exploitation des minerais silicatés de la Nouvelle-Calédonie. Le nickel, qui valait, il y a environ dix ans, 12 francs le kilogramme, et dont le prix était ensuite monté jusqu’à 3o et 32 francs par suite des grandes quantités demandées pour l’opération monétaire allemande (fabrication de monnaie de billon), est descendu, en 1878, au prix de 8 francs, par suite des importations de minerais néo-calédoniens, supérieures aux besoins réels. Ce prix est remonté depuis lors à 11 francs, à cause de l’épuisement graduel du stock et de l’arrêt ou du moins du ralentissement momentané de l’exploitation du minerai dans notre colonie. Mais on est fondé à croire qu’avec de nouveaux progrès dans la métallurgie, le prix pourra Rabaisser de nouveau, et que les usages de ce métal se multiplieront de plus en plus.
- W Elle est descendue, en 1878, à 9.895.550 francs, répondant à Uü chiffre de 7.210 tonnes.
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- § icr. France. — La France possède, dans le département de Plsère, à Chalanches, un gîte de nickel et de cobalt qu’on tente de remettre en exploitation. M. Gess exposait plusieurs échantillons des minerais de ce gisement, dont il a été extrait 5.ooo kilogrammes en 1876, et 7.000 kilogrammes en 1877, tenant en moyenne 3 p. 100 de nickel et de cobalt, et 85o grammes d’argent à la tonne; ils sont envoyés en Saxe pour y être traités.
- En revanche, la France reçoit et transforme en métal des quantités importantes de minerais silicatés de la Nouvelle-Calédonie; nous reviendrons plus loin sur le traitement de ces minerais et sur les produits qui figuraient à l’Exposition; bornons-nous à dire, pour le moment, que le chiffre des importations de nickel, métal et minerai, qui, en 1875, n’était que de 188 tonnes, s’est élevé, en 1876, à 682 tonnes, et à 3.967 tonnes en 1877; mais ce chiffre, trop supérieur aux besoins, ne s’est pas maintenu, et en 1878 les importations se sont abaissées à 892 tonnes.
- S 2. Angleterre. — Le nickel était représenté dans l’exposition anglaise par les produits de deux usines, celles de M. Vivian, à Swansea, et celle de MM. Wiggin et Clc, à Birmingham. M. Vivian, qui exploite en Norwège les mines de Sengen, avait fait figurer les pyrites nickélifères qu’il en tire, accompagnées de speiss et de nickel raffiné. M. Wiggin, qui a le premier séparé industriellement le cobalt du nickel, reçoit de Suède les minerais, arsénio-sulfures et pyrites nickélifères, avec une certaine proportion de minerai de cobalt proprement dit; il exposait, avec des échantillons de ces minerais, de beaux spécimens de nickel métallique et de sels de nickel pour la galvanoplastie, ainsi qu’un lingot de cobalt présenté comme pur.
- Jusqu’ici ces usines n’ont pas utilisé les minerais silicatés de la Nouvelle-Calédonie, et les produits exposés n’indiquent pas que le traitement ait subi dans ces dernières années aucune modification, La production annuelle de l’Angleterre est estimée à 22b tonnes de nickel R h
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- Renseignement communiqué par M. Cllristofle»
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- § 3. Autriche-Hongrie. — L’Autriche ne possède que deux mines de nickel un peu importantes, celles de Leogang, dans le Salzbourg, et de Schladming, dans la Haute-Styrie, qui produisent ensemble 200 tonnes de minerais environ par an. En Hongrie, les principaux gisements sont ceux de Dobsina, où l’on exploite plusieurs filons, encaissés dans des roches dioritiques, et renfermant des arséniures et des arséniosulfures de nickel et de cobalt; la Société de la mine Maria de Zemberg, la plus importante de ce district, qui a obtenu une médaille d’argent, exposait des spécimens des diverses catégories des minerais qu’elle exploite; elle extrait par an go tonnes de minerai riche, tenant de îk à 20 p. 100 de nickel et cobalt, et 300 tonnes de minerai pauvre, tenant de 1 à G p. 1 00 ; les minerais riches sont vendus à l’usine de Losoncz; les minerais pauvres sont fondus à Dobsina et transformés en speiss, puis en nickel métallique; des échantillons de speiss et des cubes de nickel figuraient de même à côté des minerais.
- § à. Suède. — La Suède a produit, en 1 87G, environ 3h tonnes de speiss de nickel, hh tonnes de mattes concentrées et g tonnes de nickel métallique, et, pour le cobalt, 102 tonnes déminerai brut et Ù2Ù kilogrammes de minerai préparé. Le minerai de nickel est de la pyrite nickélifère.
- Les principales mines de nickel sont celles du district de Kop-parberg en Dalécarlie, et celle de Klefva dans le gouvernement de Jônkôping. La Compagnie de Lessebo exposait des minerais de Klefva, ainsi que des mattes et des speiss provenant de leur traitement.
- Le cobalt était représenté par des minerais riches, cobalt sulfuré et cobalt gris, des Mines de Gladhammar, dans le gouvernement de Kalmar, dont la production augmente d’année en année.
- S 5. Norwège. — La Norwège comptait plusieurs exposants de nickel: nous citerons les Mines de Bamble, qui ont produit en 1876, par le traitement de leurs minerais, 32 tonnes d’un alliage cuivreux renfermant 67,36 p. 100 de nickel; les Mines d*Evje, qui ont obtenu une médaille d’argent et qui présentaient
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- une série complète de leurs minerais avec des échantillons des roches encaissantes, ainsi que des diverses étapes du traitement, jusqu’aux cubes de nickel métallique; et enfin les Mines de Rin-gerige, qui ont extrait, en 1876, A.200 tonnes de minerai et ont produit 55 tonnes de nickel; elles ont reçu également une médaille d’argent.
- § 6. Espagne. — Nous ne pouvons que citer en Espagne quelques spécimens d’arséniure de nickel (kupfernickel) de la mine de Baylen, dans la province de Jaen, exposés par M. Bonaplata, et des minerais de cobalt, exposés par MM. Vlenchower et Despe-cher, qui donnent lieu, paraît-il, à une exploitation d’une certaine importance.
- § 7. Portugal. — Mentionnons de même, en Portugal, les minerais de nickel et de cobalt des mines de Telhadella, Palliai et Carvalhal dans le district d’Aveiro.
- § 8. États-Unis. — On exploite en Pensylvanie, à la Gap-Mine, comté de Lancastre, un gîte de nickel qui présente cette particularité intéressante, que le sulfure de nickel ou millérite y constitue, à côté de la pyrite nickélifère, une partie importante de la production.
- Ces minerais étaient exposés par M. Wharton, qui les traite dans son usine de Philadelphie, avec une série des plus remarquables d’objets en nickel forgé, barres, vergés, mors de chevaux, etc., attestant la malléabilité du métal obtenu, et pour lesquels il lui a été décerné une médaille d’or.
- C’était là , sans contredit, l’un des faits les plus saillants inis en lumière par l’Exposition, le nickel obtenu jusqu’alors, même par la fusion des minerais silicatés les plus purs, restant toujours cassant, et s’égrenant ou se criquant tout au moins sous le marteau; le forgeage du nickel ouvre évidemment la voie à de nouveaux emplois de ce métal, et l’étirage en fils, dans le laboratoire de M. Debray, de fragments des verges fabriquées par M. Wharton, en a attesté la ductilité.
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- Aucune indication n’avait été donnée sur les procédés de fabrication de ce nickel malléable; mais nous devons ajouter que, depuis lors, M. le docteur Fleitmann a imaginé et mis en pratique, dans l’usine d’ïserlohn, un procédé qui permet d’obtenir du nickel assez pur et assez doux pour être étiré et martelé : ce procédé consiste à ajouter au nickel fondu une petite quantité de zinc ou de magnésium métallique, qui vraisemblablement s’empare et amène l’élimination de l’oxygène, qui donnait de l’aigreur au métal.
- § g. Nouvelle-Calédonie. — M. J. Garnier, le premier explorateur de l’île au point de vue géologique, y signalait, en 1867, la présence du nickel, reconnue par M. Jannettaz dans des silicates magnésiens de couleur verte dont la coloration avait d’abord été attribuée au chrome. Des échantillons de ces silicates doubles de nickel et de magnésie figuraient dans la collection générale que M. Garnier avait exposée au Champ de Mars, ainsi que dans celle de M. Heurteau, qui s’attacha,. en 18 7 3 et 18 7 4 , à étudier de près ces intéressants gisements. Le premier filon susceptible d’être exploité fut découvert à la fin de 1874, encaissé dans les serpentines, sur le versant sud-est du Mont d’Or, non loin de Nouméa. L’année suivante, d’autres filons plus riches furent reconnus sur la côte nord-est, notamment à Kanala et à Ouaïlou, et ne tardèrent pas à devenir le siège de travaux suivis. De gros blocs de ces minerais, tenant de 6 à 20 p. 100 de nickel, étaient exposés par M. Higginson, concessionnaire delà mine du Bel-Air, à Ouaïlou, qui produisait, en 1877, de 700 à 800 tonnes par mois, et par M. Hanckar, qui exploite la mine de Kanala et extrayait par mois 200 tonnes environ.
- D’autres échantillons, et notamment une variété très compacte d’une belle couleur verte, susceptible d’être employée comme pierre d’ornement, étaient exposés aussi par MM. Hoff et Le Mescam.
- Signalons enfin des spécimens de minerais de cobalt, sous forme de cobalt oxydé noir, provenant de la mine d’Unia, sur la côte est, exposés par M. Porcheron.
- La majeure partie de ces minerais silicatés sont envoyés en France, où ils sont traités dans différentes usines, qui s’étaient
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- fait représenter par leurs produits, bruts et manufacturés. Nous citerons, parmi ces exposants : M. Boulanger, qui, en fondant ces minerais avec des matières cuivreuses, obtient directement des alliages susceptibles d’être travaillés; la Société française de métallurgie du nickel et du cobalt, qui présentait, entre autres produits intéressants, des bronzes à 2 p. 100 de nickel, employés pour la fabrication de timbres; la Société française anonyme du nickel, qui traite par voie sèche les minerais calédoniens dans son usine de Septèmes, et a obtenu une médaille d’or, et enfin MM. Christofie et G,e, qui ont reçu la même récompense et qui exposaient du nickel sous toutes ses formes, métal pur en grenailles et en lingots, plaques, anodes, sels, etc.
- A l’usine de Septèmes, les minerais sont fondus au four à cuve, et cette fusion donne un métal tenant de 6 5 à 7 o p. 10 0 de nickel, 2 5 p. 100 de fer, avec du chrome, du carbone et du silicium combinés; on Raffine ensuite de manière à éliminer les éléments étrangers, et l’on obtient du nickel suffisamment pur pour les usages commerciaux. Dans d’autres cas, et particulièrement pour préparer les sulfates destinés à la galvanoplastie, on passe les minerais au four à manche avec des pyrites ou autres matières sulfurées, de manière à obtenir une matte, qui est ensuite traitée par voie humide.
- C’est à Saint-Denis qu’est située l’usine de M. Christofie, qui a bien voulu admettre les membres du jury de la classe A3 à la visiter; mais on comprendra que nous n’indiquions ici que le principe du traitement. Les minerais y sont triés à la main en trois classes: minerais riches, tenant 15 à 18 p. 100 de nickel; minerais moyens, tenant 10 à i5 p. 100, et minerais pauvres, tenant de 7 à 10 p. 100. Les minerais riches sont fondus directement au creuset avec du charbon et un fondant propre à absorber la silice, et donnent du nickel à peu près pur. Les minerais pauvres sont passés au four à cuve avec du plâtre de manière à donner une matte de nickel. Ces mattes sont traitées par voie humide avec les minerais moyens : après précipitation du fer et de l’alumine, on précipite l’oxyde de nickel par la chaux et cet oxyde est ensuite réduit au creuset par du charbon.
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- Tous les fabricants que nous venons cle citer exposaient des produits manufacturés propres à faire apprécier les qualités que présente le nickel comme couleur et comme résistance. Il ne paraît pas douteux que les applications de ce métal se multiplient considérablement, maintenant surtout qu’on sait lui enlever l’aigreur qu’il garde au sortir du creuset et le rendre malléable et ductile.
- Mercure.
- En ce qui concerne le mercure, l’Exposition de 1878 n’a révélé aucun fait nouveau, du moins au point de vue de la production industrielle; elle a seulement fait connaître l’existence de gisements de ce métal au Sénégal et en Australie ; l’avenir montrera s’ils sont susceptibles d’exploitation.
- § 1er. Autriche-Hongrie. — C’est le gouvernement autrichien qui exploite le gisement bien connu d’Idria, en Carniole : le cinabre y imprègne les calcaires et les dolomies des couches supérieures du trias : l’extraction annuelle atteint environ 3o.ooo tonnes. Le Ministère de l’agriculture exposait une série des diverses variétés de ces minerais, ainsi que des produits de leur traitement, mercure métallique et vermillon. La production, en 1877, a été de 38o tonnes de mercure, 7 tonnes de cinabre en morceaux et 57 tonnes de vermillon.
- Citons aussi les Mines de Neumarkt, en Illyrie, qui avaient de même envoyé leurs produits.
- En Hongrie, le mercure était représenté, dans l’exposition de la Société géologique de Buda-Pesth, par des échantillons de minerais extraits clelaminedeDumbrava, quia produit, en 1876, 2 3 tonnes de mercure métallique.
- S 2. Italie. —On connaît en Italie, dans la province de Gros-seto, une zone assez étendue de terrains imprégnés de cinabre. Le mercure paraît y avoir été amené, comme en plusieurs autres points du globe, par des éruptions trachytiques. M. Rosselli Angelo exposait des échantillons de.cinabre de la mine du Siele, la plus
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- importante de cette région, qui produirait, dit-on, de 100 à Gr. V.
- 1 20 tonnes de mercure par an.
- . . Cl. 43.
- Citons encore en Italie le gisement de Vallata, près Agordo.
- § 3. Espagne. — C’est dans les couches siluriennes et dévoniennes que se trouve le célèbre gîte de mercure d’Almaden; le cinabre paraît y être en relation, comme dans le Palatinat, avec des roches mélaphyriques. La Direction des mines d’Almaden, qui a obtenu une médaille d’or, avait exposé de magnifiques échantillons de cinabre cristallisé, ainsi qu’une collection des diverses sortes de minerais exploités. La production, en 187/1-1875, a été de 19.182 tonnes de minerai et de 1.26A tonnes de mercure; elle est actuellement de i.3oo à 1.A00 tonnes par an.
- § A. Afrique. — Nous ne signalerons que pour mémoire, en Algérie, les gîtes de mercure reconnus dans la province de Constan-tine, particulièrement à Ras-el-Ma, mais qui n’ont jusqu’ici donné lieu qu’à des tentatives d’exploitation bientôt abandonnées.
- On remarquait, dans l’exposition de notre colonie du Sénégal, des sables fortement imprégnés de mercure natif, exposés par MM. Marc M erle et Robert, qui indiquent l’existence cl’un gisement qu’il serait intéressant d’explorer.
- § 5. Asie. — Le mercure est connu au Japon, ainsi qu’en témoignaient quelques échantillons exposés par le Bureau des mines; mais il ne paraît pas y faire Tobjet d’une exploitation sérieuse.
- On l’exploite plus activement en Chine, où il se trouve, dans diverses provinces, à l’état de sulfure et à l’état natif; cependant presque tout le mercure employé dans l’empire pour la fabrication du vermillon vient de l’étranger et surtout de Californie.
- § 6. Californie. — La riche collection exposée parla Commission californienne renfermait un grand nombre d’échantillons provenant des principales mines ouvertes sur la longue zone cinabrifère qui s étend le long des Coast-Ranges sur plus de 600 kilomètres de longueur de part et d’autre de la baie de San-Francisco. Le mer-
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- cure paraît y être en relation avec des serpentines, et il se dépose encore aujourd’hui du cinabre à la bouche de certains geysers du Nevada. La collection californienne comprenait, avec le cinabre, quelques spécimens d’une curieuse variété dimorphe récemment découverte et qui a reçu le nom de métacinabre.
- Nous nous bornerons à citer, comme étant les plus importantes, les exploitations de New-Almaden et de Sulphur-Banks, qui ont produit en 1877, la première 26.079, et la seconde n.3o3 bouteilles d’une contenance de 3 4kl1,69 de mercure. La mine de New-Almaden a fourni à elle seule, de i85o à 1877, 22.239 tonnes de mercure sur 36.611 tonnes produites dans le même espace de temps par toute la Californie. En 1877, la production totale de la Californie a été de 2.788 tonnes.
- Rappelons que cette production si forte a eu pour conséquence un énorme abaissement des prix, et que le mercure, qui valait, il y a une trentaine d’années, de 15 à 18 francs le kilogramme, oscillait, en 1877, entre 5 et 7 francs.
- § 7. Pérou. — Le Pérou, qui produisait autrefois, avec ses mines de Santa-Barbara, près de Huancavelica, une grande quantité de mercure, a, depuis le développement des exploitations californiennes, presque cessé son extraction.
- La collection de M. Raimondi renfermait plusieurs échantillons de cinabre de Huancavelica, ainsi que du mercure natif imprégnant les roches trachytiques et les terres argileuses qui les recouvrent.
- § 8. Australie. — Enfin, mentionnons les beaux échantillons de cinabre de Queensland, exposés par M. le capitaine Eldred et provenant d’un gisement découvert par lui à Kilkivan, près de Gympie.
- L’existence du cinabre a été également reconnue dans la Nouvelle-Galles du Sud, àCudgegong, ainsi qu’en témoignaient quelques spécimens de la collection du Département des mines de
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- Antimoine.
- Nulle part les minerais d’antimoine ne donnent lieu à une extraction bien considérable; mais ils sont pourtant exploités sur un grand nombre de points, et ils figuraient au Champ de Mars dans l’exposition de plusieurs pays.
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- § icr. France. — La France possède un certain nombre de mines d’antimoine sulfuré, qui ont produit, en 1876, 395 tonnes, et, en 1877, A67 tonnes, valant 91.500 francs. Nous citerons, comme représentées à l’Exposition, celles du Puy-de-Dôme, de la Haute-Loire et de la Corse.
- § 2. Autriche-Hongrie. — La production de l’Autriche, qui était, en 1876, de iA5 tonnes d’antimoine métallique, s’est abaissée à h2 tonnes en 1877. La Bohême notamment renferme des gisements d’antimoine dont les produits avaient été exposés par M. Miesler.
- La Hongrie a produit une cinquantaine de tonnes de ee métal, qui figurait à l’état métallique et était représenté par des minerais de diverses provenances, notamment de Szomolnok, dans l’exposition de la Société géologique de Buda-Pesth.
- § 3. Espagne. — Nous mentionnerons de même pour l’Espagne les échantillons d’antimoine sulfuré des mines du district de Valla-dolid et du district de Huelva.
- § k. Portugal. — Les mêmes minerais sont assez répandus en Portugal dans le district de Porto; on les exploite dans les arrondissements deParedes,Vallongo etGondomar. MM. Henriqueset Cio en avaient exposé de beaux spécimens de cette dernière provenance.
- § 5. Algérie. — L’Algérie avait présenté, dans la collection du Service des mines, des échantillons de sénarmontite ou antimoine oxydé, de la raine d’Hamimate, dans la province de Constan-tine, qui a produit, en 1877, 260 tonnes de ce minerai, valant 78.000 francs.
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- § 6. Japon. —1 L’antimoine est connu et exploité au Japon dans deux mines, et son minerai habituel, le sulfure, figurait au Champ de Mars, exposé par M. Hotta.
- § 7. Canada. — Ce même minerai est au Canada l’objet d’une exploitation assez active, à Prince-William, où l’on en a découvert plusieurs filons à gangue quartzeuse dans les roches siluriennes supérieures. La Lake George mining Company en exposait des échantillons, ainsi que des produits du traitement métallurgique.
- § 8. Australie. — Enfin on l’exploite également en Australie dans les colonies de Victoria et de la Nouvelle-Galles du Sud : on le rencontre, dans la première, à Costerfield et à Whroo, mêlé avec de l’antimoine oxydé, et associé à l’or dans certains filons. La Nouvelle-Galles du Sud, où l’on en connaît plusieurs filons, dont les produits étaient exposés, en a extrait, jusqu’à 1877, pour une valeur totale de 180.000 francs.
- Aluminium.
- Bien que les applications de l’aluminium ne se soient pas autant multipliées qu’on le prévoyait il y a quelques années, il nous paraît cependant devoir être considéré comme appartenant aujourd’hui à la catégorie des métaux usuels. Il n’y a d’ailleurs rien à signaler de nouveau en ce qui concerne les procédés de fabrication.
- Le principal minerai dont on le tire est la bauxite ou hydrate d’alumine, qu’on exploite en France aux Baux, près de Tarascon, et à Villevevrac, dans l’Hérault. MM. Augé et C10 exposaient de gros blocs de cette matière, qui est utilisée également pour la fabrication du sulfate d’alumine et pour celle de produits réfractaires. Il en a été extrait en France 2.000 tonnes en 1876, et, en 1877, 3.6oo tonnes, d’une valeur de 66.5oo francs.-
- La crvolithe, qui est un fluorure double d’aluminium et de sodium, est également employée, concurremment avec la bauxite, quoique servant surtout à la fabrication du carbonate de soude et de l’alumine pure : c’est pourquoi nous croyons devoir citer ici cette substance, qu’on n’a encore rencontrée qu’à Iviktout, dans le
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- sud du Groënland, et dont MM. Hagemarm et Jôrgensen, qui Gr. V l’emploient dans leurs usines, avaient fait figurer de volumineux C1""~3 échantillons dans l’exposition danoise. Le gisement d’Iviktout, exploité en partie en contre-bas de la mer, produit environ 5. o o o tonnes de cryolithe par année.
- MM. Johnson, Matthey et C,c, en Angleterre, et M. Riatti, en Italie, exposaient une petite quantité d’aluminium métallique. Mais on pouvait voir toutes les applications de ce métal dans l’Exposition française, dans la vitrine de la Société anonyme de l’aluminium, qui a eu un rappel de médaille d’or. Cette société, qui produit de 1.A00 à i.5oo kilogrammes d’aluminium par année, l’avait exposé sous forme métallique, en lingots, en lames, en fils, et manufacturé de toutes manières; le bronze d’aluminium, qui s’est jusqu’ici beaucoup plus répandu que le métal lui-même, tenait aussi une place importante.
- IV
- MÉTAUX PRÉCIEUX.
- Nous passerons en revue sous ce titre, avec les minerais d’argent et l’or natif, les matières d’or et d’argent traitées ou produites par quelques usines, et enfin le platine, qui, sans être à proprement parler un métal précieux, rentre plutôt dans ce groupe que dans celui des métaux usuels.
- Minerais d’argent.
- L’exploitation des minerais d’argent a pris, dans ces dernières années, un développement considérable, particulièrement auxEtats-Unis; la production de l’argent sur le globe, qui, en 185a, n’était que de 202 millions de francs par an, s’est, à partir de 1871 surtout, élevée rapidement, et elle a atteint, en 1875, /io3 millions. Dans les dix années comprises de 1866 81875 elle a été, au total, de 3.oo8 millions, et l’on peut estimer de 38 à 39 milliards la valeur de l’argent existant sur le globe en 1878.
- § 1er. Aîitriclie-Hongi'ie. — La monarchie austro-hongroise a
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- Gr. v. produit, en 1876, 4-7.950 kilogrammes d’argent, dont 2 5.166 ki-~3 logrammes pour l’Autriche et 22.78/1 kilogrammes pour la Hongrie.
- L’Autriche n’extrait guère de minerai d’argent proprement dit que de ses mines de Joachimsthal, et en petite quantité; sur les 25.166 kilogrammes qui viennent d’être indiqués, 23.760 ont été produits par les seules mines de Przihram, dont nous avons parlé plus haut.
- En Hongrie, les minerais d’argent, sulfures divers et antimo-niosulfures, sont exploités dans un assez grand nombre de fdons. Nous avons déjà cité les mines de Schemnitz, où l’on exploite, concurremment avec les minerais plombeux, de véritables minerais d’argent, et dont la production forme une partie importante de celle du royaume.
- § 2. Norwège. — Les Mines de Kongsberg, qui ont reçu une médaille d’argent, se faisaient remarquer parleur riche collection d’échantillons d’argent sulfuré et d’argent natif en cristaux et en fils, de roches encaissantes des filons, et par une série intéressante de plans de mines. Les filons de Kongsberg sont encaissés dans les gneiss et les schistes cristallins ; quelques-uns d’entre eux sont légèrement aurifères. La production annuelle est de ù.ooo à ù.5oo kilogrammes d’argent.
- § 3. Japon. — Signalons le Japon comme exposant quelques spécimens de minerais d’argent : il compte une quarantaine de mines en exploitation et a produit, en 1875, 9-7/10 kilogrammes de ce métal.
- § à. Canada. — La zone argentifère bien connue du lac Supérieur s’étend vers le nord jusque dans le Canada, où on l’exploite en divers points. L’un des filons principaux est celui de la Silver-Islet, petite île constituée par un large dyke de roche dioritique dans lequel on a découvert un filon à gangue quartzeuse et calcaire renfermant de l’argent natif et de l’argent sulfuré. La Silver Islet mining Company en exposait plusieurs beaux échantillons
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- montrant l’argent natif sous diverses formes, notamment en Gr. V noyaux et en fils. Cette mine de Silver-Islet a produit, de 1870 C1 43 81876, une valeur de2.5oo.ooo francs d’argent comme moyenne annuelle.
- § 5. Etats-Unis. — La collection de la Commission californienne renfermait une riche série de minerais d’argent provenant des principales mines de la Sierra-Nevada et entre autres du fameux filon de Comstock. Ce filon, qui est composé d’un grand nombre de veines quartzeuses diversement orientées, est encaissé entre la syénite et une roche trachytique relativement récente, la propylite; à ce point de vue, comme à beaucoup d’autres, il se rapproche singulièrement de certains gîtes de Hongrie. Le minerai y constitue des colonnes riches sur lesquelles s’est naturellement concentrée l’exploitation. L’argent s’y trouve à l’état natif, mais surtout sous forme de sulfures complexes, et il est associé à une forte proportion d’or : l’argent extrait par fusion renferme de 35 à ko p. 1 00 de ce dernier métal. Découvert en 1859, le gîte du Comstock avait produit, à la fin de 1872, pour 600.620.98A francs de métal précieux ; en 187 5, il en a livré pour une somme de 12 5 millions de francs, dans laquelle la seule mine Consolidated Virginia est entrée pour 85 millions.
- Aussi n’est-il pas étonnant que l’Etat de Nevada, qui comprend ce gîte merveilleux, ait produit en 1876 pour 202.392.000 francs, et, en 1877, pour 263.059.500 francs de métaux précieux, dont 160.727.500 francs d’argent.
- Après le Nevada, c’est le Colorado qui tient la première place pour la production de l’argent, en ayant livré, en 1877, pour 16 millions de francs environ.
- Pour l’ensemble des Etats-Unis, la production de l’argent, en 1877, s’élève à une valeur de 233.81 5.000 francs.
- § 6. Amérique du Sud. — Les minerais de la République Argentine étaient représentés par un grand nombre d’échantillons : argent natif, chloruré et ioduré de la province de Cordoba, argent chloruré et argent antimonial des filons du Paramillo dans
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- la province de Mendoza, argent bromuré et ioduré de la province de San-Juan, etc.
- La Bolivie était représentée par une masse d’argent rouge de Potosi, exposée par M. Gutierrez, à qui il a été décerné une médaille d’argent.
- Pour le Pérou, la collection de M. Raimondi renfermait des spécimens des divers minerais exploités dans les mines du pays, parmi lesquelles les plus connues sont celles du Cerro-de-Pasco : ceux qui donnent lieu à l’extraction la plus considérable sont les minerais terreux dits pacos, généralement très chargés d’oxyde de fer et renfermant l’argent à un état de combinaison difficile à déterminer.
- Enfin, dans l’Amérique centrale, la République du Salvador avait exposé de nombreux spécimens de minerais d’argent, consistant principalement en argent natif et en argent sulfuré.
- § 7. Australie. — L’argent est connu et exploité en Australie sur un certain nombre de points. Nous citerons, dans la Nouvelle-Galles du Sud, qui, en 1877, a extrait pour 166.820 francs d’argent les mines de Moruva, dont les minerais étaient exposés par le Département des mines de Sydney, et, dans l’Australie du Sud, les minerais d’argent d’Almanda, exposés par M. John Beck.
- Minerais d’or.
- L’or, qui, jusqu’à la découverte des gisements de Californie et d’Australie, entrait à peine pour un tiers dans la valeur totale des métaux précieux existant sur le globe, est arrivé, par suite de l’exploitation de ces gisements, à tenir comme valeur une place à peu près égale à celle de l’argent, la quantité produite depuis trente ans égalant celle qui avait été accumulée jusqu’alors.
- C’est en 1862 que la production de l’or est montée à son maximum : elle a été de 912 millions de francs. Depuis lors elle s’est abaissée peu à peu et se tient à peu près maintenant à la moitié de ce chiffre ; en 187 b, elle a été de 488 millions.
- W En 1878, la production a presque doublé, car elle a atteint 33a.27b francs; elle avait d’ailleurs été plus forte encore en 1876.
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- On peut évaluer de 32 a 33 milliards la valeur de l’or existant entre les mains de Thomme en 1878.
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- § 1cr. Italie. — Nous n’enregistrerons que pour mémoire l’Italie, qui possède dans les Alpes quelques lavages d’or et quelques mines de pyrite ou de quartz aurifère. MM. D. et F. Levi exposaient des échantillons d’or natif de la mine de Monte-Loreto, en Ligurie.
- § 2. Autriche-Hongrie. — La monarchie auslro-hongroise a produit, en 1876, près de 1.600 kilogrammes d’or, provenant presque exclusivement de la Hongrie.
- Nous avons déjà cité plusieurs fois les gisements de Schemnitz, qui entrent pour un dixième environ dans ce chiffre. Les mines les plus productives sont celles de Transylvanie, d’où Ton extrait des tellurures d’or qui constituent un minerai exceptionnellement riche; nous mentionnerons notamment les mines de Nagyag et de Zalathna, dont les produits figuraient dans l’exposition delà Société géologique hongroise.
- S 3. Russie. — L’or constitue la principale richesse minérale de la Russie; on le tire surtout des gouvernements ou territoires de Iakoutsk, Iénisséisk et Irkoutsk, Transhaïkal, Amour, Perm, Orenbourg et Tomsk. En 187G, on a lavé 1 G.7h9.2Go tonnes de sables et minerais aurifères, et Ton a obtenu 33.687 kilogrammes d’or, valant 116 millions de francs. En 1877, la production s’est élevée à 89.852 kilogrammes, d’une valeur de 160 millions.
- M. le prince Démidoff et M. le baron de Günzburg avaient exposé les sables aurifères qu’ils exploitent dans le gouvernement de Perm. Ceux de la province de l’Amour étaient exposés par la Compagnie dcNimane,qui a extrait, en 1877, environ 20okilo-grammes d’or.
- § h. Asie. — Le Japon possède une trentaine de mines d’or, dont les produits figuraient dans son exposition; la production s’en est élevée, en 1876, à G73 kilogrammes, d’une valeur de t.290.000 francs.
- Classe 4‘L — irc section.
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- § 5. Afrique. — Nous mentionnerons de meme pour l’Afrique les pépites d’or qui figuraient dans l’exposition du Cap, et la poudre d’or du Mozambique, dans la collection des colonies portugaises.
- § 6. Canada. — L’or est exploité au Canada, principalement dans la Nouvelle-Ecosse et la Colombie anglaise; la production totale jusqu’en 1877 a été de 129.790 kilogrammes, valant 395 millions de francs; elle était représentée par un octaèdre doré qui surmontait le trophée canadien. Les mines de la Colombie anglaise, qui sont les plus importantes, ont produit, en 1877, pour plus de 6 millions d’or. •
- § 7. États-Unis. — Les richesses de la Californie et des États voisins étaient représentées par un grand nombre d’échantillons de minerais d’or dans la collection de la Commission californienne. Ces minerais étaient principalement des minerais d’alluvion; on sait en effet quelle importance ils ont dans Pextraction totale, et quelles installations considérables ont été faites pour l’exploitation hydraulique des dépôts qui les renferment.
- Dans le Colorado, on exploite avec profit des tellurures d’or et d’argent semblables à ceux de Transylvanie, découverts en 1873 dans le comté de Boulder.
- La production en or des États-Unis s’est élevée, en 1877, à une valeur totale de 228.890.000 francs, dans laquelle la Californie entre pour plus des deux cinquièmes.
- S 8. Amérique du Sud. — Bien qu’elles n’atteignent pas a un chiffre comparable à celui-ci, l’or fait l’objet dans l’Amérique du Sud de nombreuses exploitations, dont le plus grand nombre s’étaient fait représenter par leurs produits.
- Lor est aussi assez répandu en Chine, surtout dans les sables d’alluvion du Yang-tse-kiang et des rivières du Shantung et du Shengking.
- On le connaît également dans le sud de l’Asie, et le gouvernement d’Annam en avait envoyé des lingots, provenant des exploitations du pays.
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- Nous mentionnerons les minerais d’or de Tacuarembo, dans Gr. v. l’Uruguay, exposés par M. Barrial Posada avec une collection géo- ~ logique de la région; l’or en pépites et en roche de divers districts miniers du Pérou, dans la collection de M. Raimondi; les sables aurifères de quelques placers de la Guyane française ; les riches échantillons de quartz aurifère de la mine de Gallao dans le Véné-zuéla, exposés par M. Troconis.
- Nous citerons de même, dans l’Amérique centrale, les minerais d’or de nombreux gisements exposés par le Gouvernement du Nicaragua, les spécimens d’or natif et de quartz aurifère de la République de Salvador, envoyés par M. Macay; et enfin les sables aurifères bruts et lavés des placers de la Libertad dans le Guatémala.
- § 9. Australie. — Si les minerais d’or de Californie ne figuraient pour ainsi dire qu’au point de vue minéralogique, les riches gisements d’Australie étaient du moins représentés d’une manière conforme à l’importance de leur production.
- Queensland. — Le gouvernement de Queensland avait exposé des pépites et des spécimens de quartz aurifère des principales exploitations; les gîtes aurifères connus dans la colonie sont très nombreux: ils ont été découverts dans le lit de différentes rivières, dont les unes coulent vers la côte orientale et les autres se jettent dans le golfe de Carpentarie, au nord. Les filons quartzeux sont, à cause de leurs richesses, le siège de travaux importants; ils ont rendu en moyenne, en 1873, 5 A grammes d’or par tonne de quartz.
- Les plus riches sont ceux de Gyrapie, dont le rendement moyen, pendant les premières années, s’est maintenu au chiffre exceptionnel de près de 78 grammes par tonne. La production de Queensland en 1875 a été de 37.A60.825 francs d’or.
- Nouvelle-Galles du Sud. — Le Département des mines de Sydney avait fait figurer de même des produits des vastes gisements aurifères de la Nouvelle-Galles du Sud, et principalement des échantillons de quartz de divers filons. M. Bensusan, qui a reçu une médaille d’argent, avait exposé également une fort belle collection
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- minéralogique renfermant, entre autres, une intéressante série de minerais d’or, comprenant de l’or natif sous différents aspects et des pyrites aurifères.
- Jusqu’ici, à cause de la difficulté de l’exploitation des filons, les travaux se sont portés de préférence sur les dépôts d’alluvions, dont quelques-uns ont été exploités jusqu’à 6o mètres de profondeur. Cependant certains filons se sont montrés extraordinairement riches : on en cite, aux mines de Hill-End, qui ont rendu de 900 grammes jusqu’à 65 kilogrammes d’or par tonne de quartz broyé.
- La production totale de de la Nouvelle-Galles du Sud s’élevait, à la fin de 1877, à 271.B77 kilogrammes d’or, d’une valeur de 8i2.i58.3oo francs. En 1876, la colonie a produit pour 15.329*75o francs d’or; mais en 1877 la production est descendue à 11.785.450 francs (1b
- Victoria. — Malgré leur élévation, ces chiffres peuvent à peine se comparer avec ceux qu’a donnes l’exploitation des gîtes aurifères de la colonie de Victoria, dont la production, de 185 1, époque de leur découverte, jusqu’à la fin de 1877, s’est élevée à la somme de 5 milliards de francs, soit près de 2 00 millions par an en moyenne. La Commission royale de Victoria, qui a reçu une médaille d’argent, avait représenté cette quantité d’or par, un gigantesque obélisque doré d’un volume égal à celui de l’or produit; elle avait exposé en outre des fac-similés des plus belles pépites découvertes dans les alluvions. En outre, le Département des mines de la colonie, auquel il a été décerné une médaille d’or, avait envoyé une collection complète des roches et des minéraux du pays, dans laquelle les gîtes d’or figuraient de la façon la plus intéressante par une série d’échantillons bien choisis, provenant, et des filons des divers districts, et des dépôts d’alluvion.
- Ces filons, encaissés tantôt dans le granité, tantôt dans les roches siluriennes, sont excessivement nombreux; ils sont l’objet de travaux très considérables; dans quelques-uns d’entre eux, dans
- En 1878, elle a été de io.75o.8a5 francs.
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- le district cl’Ararat, on est arrivé à une profondeur de près de Aoo mètres. Les plus riches ont été découverts dans le district do Maryborough , où l’on en cite qui ont donné un rendement moyen de 935 grammes à la tonne, et comme maximum 2.5oo grammes; mais ces chiffres sont exceptionnels, et les rendements de 20 ou 30 grammes à la tonne sont déjà loin d’être communs. Dans le district de Sandhurst, l’un des plus importants, les filons les plus productifs ont donné 280 grammes, et dans le district de Beech-worth, le maximum a été de hok grammes.
- Les dépôts d’alluvions sont aussi le siège d’immenses travaux : quelques-uns d’entre eux sont de formation relativement ancienne et appartiennent à l’époque pliocène ou même miocène; ils sont recouverts par une épaisseur considérable de terrain stérile, souvent par des nappes de basalte : on ne les atteint alors qu’à une profondeur de 5o ou 60 mètres, et quelquefois, comme dans certains daims des districts de Castlemaine et de Ballarat, de 80, qo et jusqu’à i5o mètres: il a fallu alors, pour l’exploitation hydraulique, percer des tunnels cl’une longueur considérable; l’un de ceux du district de Castlemaine a près de 1.600 mètres de longueur. Les teneurs les plus élevées de ces sables aurifères ne dépassent guère 60 grammes à la tonne.
- De nombreux fac-similés reproduisaient les pépites les plus grosses trouvées dans ces lavages : nous citerons la Welcome, trouvée en 1858 à Ballarat, pesant 68.271 grammes, la Precious et la Viscountess Canterbury, trouvées à Berlin en 1871 et en 1870, pesant l’une 5o.Ai8 grammes, et l’autre 3A.369 grammes.
- Nous mentionnerons encore l’intéressante série de volumineux gâteaux d’or, exposés en fac-similés par la Corporation de Sandhurst et montrant la production, pour chaque quinzaine d’une année, des mines du district de Bendigo.
- Enfin plusieurs mines exposaient des pyramides dorées représentant leur production totale jusqu’à la fin de 1877. Nous citerons, parmi elles, la Port-Phillip and colonial gold mining Company, qui a produit 1 o.966kll,/i2 0 d’or; la Long tunnel gold mining Company, qui a produit 6.881kl1,91 2 ; la Pleasant creek cross reef gold mining Company, qui a produit pour 2 5 millions d’or.
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- Australie du Sud. — L’Australie du Sud n’est pas aussi riche que sa voisine; cependant la Commission de cette colonie exposait une collection de lingots d’or provenant de la mine d’Echunga, et une série d’échantillons de quartz aurifère, accompagnés de i.3oo onces (/io./i33 grammes) d’or, extraits d’un gisement récemment découvert sur la côte septentrionale, à Port-Darwin.
- § îo. Nouvelle-Calédonie. — Nous mentionnerons, pour terminer, les échantillons d’or et de pyrites aurifères de la Nouvelle-Calédonie qui figuraient dans les collections de M. Garnier et de M. Heurteau. Un seul filon, celui de Fern-Hill, dont M. Higgin-son exposait les produits, a donné lieu à des travaux suivis; mais après de brillants débuts, cette mine ne paraît pas avoir tenu tout ce qu’elle promettait.
- Matières d’or et d’argent.
- Nous comprendrons sous ce titre les cendres d’orfèvre, les produits affinés et manufacturés,, tels que l’or en plaques, en fils, en feuilles ou en coquilles, dont l’examen appartenait à la première section de la classe h 3.
- S icr. France. — MM. de Long et Clc, qui ont obtenu une médaille d’or, exposaient les matières traitées et les produits obtenus dans leur usine de Vienne (Isère). Cette usine ', fondée pour le traitement des minerais de plomb du pays, passe aujourd’hui dans ses fours des cendres cl’orfèvre, du cuivre doré et une certaine quantité de plomb et de minerais pour en extraire l’or et l’argent: elle a traité, en 1877, 1.733.000 kilogrammes de cendres et i/i.900 kilogrammes de cuivre doré, avec 1.068 tonnes de minerais et 317.300 kilogrammes de plomb métallique, et elle en a extrait i.36ikll,70 0 d’or et 8.39/1 kilogrammes d’argent fin, valant 6.920.000 francs; elle produit en outre du plomb doux et des sulfates de cuivre.
- MM. Petetin et C10, qui ont reçu une médaille d’argent, traitent à Paris toutes les matières riches, cendres, résidus, minerais, pour en déterminer la teneur en or; ils avaient exposé des spécimens
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- des diverses matières ainsi essayées : ce sont le plus souvent des cendres d’orfèvre; la quantité traitée par eux en un an s’est élevée à 135.ooo kilogrammes environ.
- Le Comptoir Vve Lyon-Alemand pratique spécialement l’affinage de toutes les matières d’or et d’argent pour les besoins delà bijouterie; son exposition consistait en barres d’argent et d’or fins, en métaux laminés et étirés en fils; on y remarquait particulièrement des fils fins, mesurant 200.000 mètres au kilogramme. Un cube d’argent surmonté d’un obélisque d’or représentait, à échelle réduite, les quantités affinées en une année: en 1877, compt°ir Lyon-Alemand a livré 17.000 kilogrammes d’or fin et 1/19.000 kilogrammes d’argent. Il lui a été décerné une médaille d’or.
- Pour les métaux manufacturés, nous citerons M. Eberlin, qui a reçu une médaille d’argent, et qui exposait de l’or, de l’argent et du platine, en feuilles, en coquilles et en godets; sa fabrication d’or en feuilles s’élève au chiffre de i5.5oo.ooo feuilles par an, représentant un poids de 200 kilogrammes. M. Dumilâtre, qui a reçu une médaille de bronze, fabrique surtout de l’or en feuilles et en poudre et livre annuellement 5 millions de feuilles, correspondant à 60 kilogrammes d’or.
- MM. Martin et C10 exposaient des métaux laminés pour le doublage, des échantillons de plaqué d’argent et de doublé d’or, et en outre une nouveauté d’un certain intérêt : du doublé de nickel.
- Enfin nous mentionnerons, pour terminer avec ce genre d’industrie, les produits exposés par M. Page, à qui il a été décerné une médaille d’or, produits consistant en bâtons de cuivre dorés en faux, c’est-à-dire jaunis par des vapeurs de zinc, ou argentés, pour la fabrication des fils d’or faux, ou argentés.
- § 2. Pays autres que la France. — Nous citerons : en Angleterre, MM. Bennett et fils, qui exposaient des feuilles d’or et d’argent d’une minceur extrême; en Portugal, les lames d’or et d’argent de M. Carcloso; en Autriche, l’or et l’argent en feuilles exposés par MM. Falk et C‘°, et enfin en Russie, les échantillons d’or battu présentés par M. Yevlcff.
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- Platine.
- Le platine est extrait principalement des lavages de sables de l’Oural: la Russie en a produit, en 1876, 1.578 kilogrammes, provenant du lavage de 170.070 tonnes de sables platinifères. M. le prince Démidoff, dont les exploitations produisent annuellement environ 1.15o kilogrammes de platine brut, exposait des échantillons de platine natif, accompagné d’osmiure d’iridium.
- On exploite également des sables platinifères dans la région sud-est de l’île de Bornéo; le Gouvernement des Indes néerlandaises avait exposé des échantillons de ces sables, provenant de Bandjennasin, et l’enfermant de petites lamelles de laurite ou sulfure de ruthénium.
- Enfin, dans la Nouvelle-Galles du Sud, on remarquait, dans la collection de M. Bensusan, des sables platinifères de la rivière Macleay.
- On sait que le platine, extrait clés sables qui le renferment, est loin d’être pur et qu’il contient une assez forte quantité de fer avec des proportions variables d’iridium, de rhodium et de palladium; les grains d’osmiure d’iridium que le lavage isole avec le platine contiennent en outre du ruthénium.
- Aussi le traitement de ces minerais et l’extraction des divers métaux qu’ils renferment présentent d’assez sérieuses difficultés: mais leur métallurgie a fait dans ces dernières années d’importants progrès, provoqués surtout par les travaux de la Commission internationale du mètre, et pour l’exposé desquels nous ne pouvons mieux faire que de reproduire une note que nous devons à la bienveillante obligeance de M. Debray.
- «En étudiant les diverses substances susceptibles de servir à la confection d’étalons inaltérables, infusibles et particulièrement élastiques, la Commission du mètre a été conduite à proposer l’emploi d’un alliage de platine et d’iridium, à 10 p. 100 de ce dernier métal; delà nécessité de les préparer l’un et l’autre dans un état de pureté presque absolue.
- «La préparation du platine pur n’offre pas de difficultés parti-
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- culières, mais celle de Tiriclium était restée entourée d’obstacles que beaucoup de chimistes habiles n’avaient pas toujours surmontés. Elle se fait aujourd’hui par des méthodes dues à MM. H. Sainte-Claire Deville et Debray, méthodes qui n’appartiennent pas à la métallurgie proprement dite, mais peuvent facilement s’appliquer dans les laboratoires industriels où se traitent aujourd’hui les minerais de platine.
- «On attaque, dans des vases en fer, l’osmiure d’iridium naturel par la baryte et l’azotate de baryte, qui oxydent tous les métaux et les mettent en combinaison avec cette base. On fait bouillir le produit de l’attaque avec de l’acide azotique, pour chasser l’acide osmique, corps volatil vers 100 degrés et qui est particulièrement dangereux à respirer; il reste un résidu que l’on dissout dans l’eau régale. On précipite de cette dissolution l’iridium et le platine par le sel ammoniac, qui forme avec leurs chlorures des combinaisons insolubles. On arrive à la séparation absolue de ces deux métaux en fondant leur alliage avec du plomb, dans lequel l’iridium cristallise, tandis que le platine s’allie au plomb; on les sépare alors facilement par l’eau régale, qui n’a aucune action sur l’iridium.
- «Comme produits accessoires du traitement, on obtient de l’osmium, du ruthénium, du rhodium. »
- Ces divers métaux figuraient en quantités notables, avec des lingots de platine et de platine iridié, dans les vitrines de MM. Johnson, Matthey et Cie, de Londres, à qui il a été décerné un grand prix, ainsi que dans celles de MM. Desmoutis, Quenessen et Lebrun, de Paris, qui ont reçu une médaille d’argent.
- L’exposition de M. Matthey était remarquable par l’abondance et la pureté des divers métaux du platine, obtenus accessoirement en préparant les 3o kilogrammes d’iridium qui ont été employés par la Commission du mètre pour la préparation des règles destinées à la confection des nouveaux étalons.
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- APPLICATION ÉLECTRO-GALVANIQUE DES METAUX.
- La première section de la classe h3 comprenait, outre les minerais et les métaux précieux, l’application des métaux par voie électro-galvanique. L’Exposition n’a révélé sous ce rapport aucune nouveauté importante. Nous devons citer cependant : pour la France, M. Lionnet, qui a réussi a obtenir du fer adhérent par dépôt électro-galvanique, et à qui il a été décerné une médaille d’argent; M. Feuquières, qui exposait du fer cuivré par la galvanoplastie, ainsi que des applications électro-galvaniques de platine et de tungstène sur cuivre, et qui a obtenu un rappel de médaille d’or; en Angleterre, M. Read exposait des objets en fer recouverts directement de dépôts d’or et d’argent.
- Gomme emploi industriel, il convient de mentionner le développement qu’a pris le nickelagc électro-galvanique : M. Gaiffc, qui a reçu une médaille d’argent, exposait une série d’objets nickelés, parmi lesquels des tubes, des fils, etc.; on remarquait notamment dans sa vitrine des plaques recouvertes de cobalt pour la gravure en taille-douce. Nous citerons également MM. Folie et Denamur, qui appliquent spécialement le nickelage aux objets d’art et emploient dans cette industrie plus de 5.ooo kilogrammes de nickel par année.
- Enfin, nous ne pouvons, pour les applications de la galvanoplastie à l’orfèvrerie, que citer les noms de MM. Christofle, Bertrand, Beauferey, Gautruche, Gérard, qui exposaient, les uns des objets dorés ou argentés avec un soin particulier, les autres des applications d’or et d’argent de divers tons sur des parties réservées en creux, de manière à obtenir de charmants effets.
- Nous mentionnerons de même les magnifiques reproductions galvanoplastiques d’objets d’art présentées, dans l’exposition anglaise, par MM. Elkington et C10, à qui il a été décerné une médaille d’or, et, dans celle des Pays-Bas, par MM. van Kempen et fils, qui ont reçu la même récompense.
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- MINÉRAUX SERVANT AUX INDUSTRIES CHIMIQUES.
- Oxydes de manganèse.
- § ier. France. — La France a produit, en 1876, A.871 tonnes et, en 1877, 7.17A tonnes d’oxydes de manganèse, dont les trois quarts sont extraits des gisements de Romanèche, dans le département de Saône-et-Loire, qui ne figuraient pas à l’Exposition. Les seules exploitations représentées étaient celles de l’Aude, dont M. Cros exposait les produits, consistant partie en peroxyde cristallisé, partie en minerais en masse exploités pour les usages métallurgiques; il en a été extrait 1.188 tonnes en 1877.
- § 2. Autriche-Hongrie. — La production de la monarchie austro-hongroise en oxydes de manganèse a été, en 1876, d’environ 8.000 tonnes, dont 6.800 pour la part de l’Autriche. Ces minerais y sont exploités sur un assez grand nombre de points, mais nous n’avons à signaler, comme représentés à l’Exposition, que les mines de la Bukowine, exploitées par le Gouvernement autrichien, qui fournissent de 600 à 700 tonnes par an, et, en Hongrie, les mines des environs de Szoborsin.
- § 3. Italie. — L’Italie, qui, en 1872, produisait à peine un millier détonnes de minerai de manganèse, en a exporté, en 1877,
- 7.375 tonnes. On en exploite plusieurs gisements, parmi lesquels ceux de Chiavari, près de Gênes, ceux des environs de Sienne, et ceux de l’île Giglio, en Toscane, avaient envoyé leurs produits à Paris.
- § h. Espagne. — L’Espagne, si privilégiée sous le rapport des richesses minérales, ainsi qu’en témoignait l’ensemble de son exposition, possède, notamment à Huelva, de magnifiques gisements de manganèse, dont les produits renferment jusqu’à 80 p. 1 00 de peroxyde pur. MM. Sundhein et Vasquez y Lopez qui les exploitent
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- et en extraient de 3o.ooo à /io.ooo tonnes par an, en avaient exposé de beaux échantillons, qui faisaient apprécier la pureté de ces minerais.
- § 5. Portugal. — Le Portugal produit annuellement îB.ooo tonnes environ de minerais de manganèse, dont la majeure partie est exportée en Angleterre; M. Gomes en exposait des spécimens, provenant des mines des environs de Beja dans la province d’Além-tejo, qui possède les principaux gisements.
- § 6. Japon. — Enfin nous mentionnerons, comme indiquant l’existence du manganèse au Japon, les échantillons de pyrolusitc de la province de Kaga, exposés par M. Kayano.
- Fer chromé.
- Les gisements de fer chromé de la Grèce sont connus depuis longtemps: ce minéral forme, dans l’île de Scyros et en divers points de l’Eubée, des filons ou des amas irréguliers dans les serpentines. M. Boudouri, qui exploite ce minerai, en avait exposé quelques échantillons. En 1876, l’extraction annuelle du fer chromé en Grèce s’élevait à 1.650 tonnes environ.
- M. Garnier et M. Heurteau en ont signalé en Nouvelle-Calédonie d’importants gisements, associés également aux roches serpenti-neuses et dont leurs collections renfermaient de nombreux spécimens : il y a lieu de citer notamment, quoique ce ne soient plus de véritables fers chromés, les échantillons de minerais de fer chromifères exposés par M. Heurteau, dans lesquels le chrome se trouve dans un état de combinaison particulier et est attaquable par les acides, minerais qui peuvent donner une fonte tenant de 3,5 à k p. 1 00 de chrome.
- Minerais d’uranium et de bismuth.
- Nous réunissons dans un meme groupe ces deux métaux, dont les minerais figuraient ensemble dans l’exposition du Ministère de l’agriculture de l’Autriche, comme exploités simultanément
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- dans les mines de Joachimsthal. Le bismuth s’y trouve à l’état natif, et l’uranium à l’état d’oxydule ou pechurane. L’usine de Joachimsthal transforme les minerais d’uranium en couleurs d’u-rane, uranates de soude jaune clair et orangé, uranate de potasse orangé vif, uranate d’ammoniaque jaune clair, et oxyde d’uranium noir. La production de ces divers sels, dont les spécimens étaient exposés, s’est élevée, en 1876, au chiffre de h.5gh kilogrammes.
- On sépare en outre à Joachimsthal le vanadium, qui figurait dans l’exposition de cette usine sous forme d’acide vanadique et de vanadate d’ammoniaque.
- Quant aux minerais de bismuth, ils sont traités en Saxe à l’usine de Freyberg, qui, jusqu’à la découverte et à la mise en exploitation de mines de bismuth en Bolivie, a eu le monopole à peu près exclusif de la production de ce métal.
- Mais un nouveau gisement, d’un grand intérêt, a été découvert assez récemment en France, à Meymac, département de la Corrèze, par M. Carnot, ingénieur au corps des mines, et M. Vény, conducteur des ponts et chaussées. Il était représenté par une série extrêmement remarquable de minéraux, exposés par la Société de la mine de Meymac, à laquelle il a été décerné une médaille d’argent. Les minerais sont renfermés dans un filon quarlzeux encaissé dans le granité porphyroïde : ils consistent surtout en "'3 de fer, formant une sorte de colonne riche, dans laquelle sont disséminés divers minéraux à base de cuivre, de plomb et de bismuth. Le bismuth natif y est très rare; les deux espèces les plus abondantes sont l’hydrocarbonate, et ensuite le sulfure de bismuth; le bismuth oxydé y a été rencontré également; enfin on y a découvert une variété bismuthifère et cobaltifère de mispickel.
- On commence à s’occuper de l’extraction industrielle des diverses substances utiles contenues dans ce curieux gisement.
- Pyrite de fer.
- La pyrite de fer fait l’objet, en vue de la fabrication de l’acide sullurique, d’une exploitation considérable sur un très grand nombre de points : on évalue à plus de 800.000 tonnes la quantité qui s’en consomme annuellement en Europe; sur ce chiffre,
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- l’Angleterre absorbe de 5oo.ooo à 55o.ooo tonnes, dont la plus grande partie lui vient de l’étranger.
- La France en consomme à peu près i5o.ooo tonnes, provenant prescjue exclusivement de son sol; du moins les importations, qui s’abaissent de plus en plus, sont à peu près compensées par des exportations égales. Le gîte principal est celui de Sainbel, dans le Rhône, qui a produit, en 1876, 101.198 tonnes, et 109.267 tonnes en 1877. Les produits, consistant en gros blocs de pyrite compacte, en étaient exposés par la Société des manufactures de Saint-Gobain, qui a reçu une médaille d’or. Les filons ont jusqu’à ào mètres de puissance et sont exploités sur plus de 5 kilomètres de longueur; ils sont encaissés dans les schistes siluriens. Ceux de Chessy, après avoir donné des minerais de cuivre et surtout de magnifiques carbonates bleus, ne renferment plus que des pyrites un peu cuivreuses.
- La pyrite est exploitée aussi sur une assez grande échelle en Suède et en Norwège : la Compagnie de Stora-Kopparberg en exposait des échantillons provenant des mines de Falun, qui en ont produit, en 1875, 2.356 tonnes. En Norwège, la Société de Undals-Vœrk exposait les pyrites qu’elle exploite aux environs de Throndjein.
- Nous avons déjà mentionné pour l’Espagne, à propos du cuivre, les riches amas pyriteux de Huelva,, dont le minerai était exposé par la Compagnie de Rio-Tinto et par la Tharsis sulphur and copper Company; ces deux compagnies expédient en Angleterre toute la pyrite quelles produisent. 11 y a peu d’années, les importations de pyrite d’Espagne aux lies Britanniques s’élevaient à plus de 260.000 tonnes.
- Nous avons de même cité, en Portugal, les mines de San-Do-mingos, où l’on exploite des amas pyriteux appartenant au prolongement de la zone de Huelva, et dont les minerais tiennent en moyenne 3,5 p. 100 de cuivre et £9 ou 5o p. 100 de soufre. Ils sont exportés en Angleterre, ou ils vont alimenter les fabriques d’acide sulfurique , et les résidus de leur grillage sont ensuite traités pour cuivre.
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- Soufre.
- Le premier rang pour la production du soufre appartient sans conteste à l’Italie, qui en possède dans la Romagne et en Sicile des gîtes considérables; en 1873 il en avait été extrait 280.000 tonnes et exporté 2o3.o5i tonnes; en 1877 l’exportation s’est élevée à 21 0.327 tonnes. Ces gîtes sont formés découches tantôt calcaires, tantôt marneuses, appartenant à l’étage miocène, et d’origine lacustre, dans lesquelles le soufre se montre en veinules et en nids; des dépôts de gypse se rencontrent presque toujours au voisinage des couches qui renferment le soufre et en relation intime avec celui-ci.
- Ils étaient tous richement représentés au Champ de Mars : la Cesena sulphur Company, MM. Dellamore etC'6, à Cesena,la Société des mines de soufre des Romagnes, à Bologne, la Société générale des soufres à Brescia, exposaient les soufres naturels de la Romagne, avec du soufre brut des calcaroni, du soufre en canons et en fleur.
- Le petit groupe de mines de la province d’Avellino était représenté par des soufres bruts d’Altavilla Irpina, exposés par M. di Marzo Gaëtano.
- Enfin les Chambres de commerce de Girgenti, de Catane et de Caltanisctta exposaient des collections des diverses qualités de soufre fabriquées dans chacune de ces provinces, ainsi que des échantillons de soufre cristallisé et des minéraux qui l’accompagnent: sel gemme, strontianc sulfatée, etc.
- Mentionnons également les produits de la solfatare de Pouzzoles exposés et étudiés au point de vue scientifique par M. le professeur de Luca.
- Le soufre est aussi exploité en Grèce, dans l’île de Milo, ou il forme des dépôts irréguliers dans le terrain tertiaire et les tra-chyt es. M. Mêlas exposait des échantillons de ces soufres naturels, dont la production s’élève environ à 600 tonnes par an, ainsi que du soufre raffiné qu’il en extrait.
- Nous citerons pour l’Espagne, comme figurant à l’Exposition, les minerais de soufre exploités dans les trachytes aux mines de
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- la Felicidad, ainsi que ceux d’Alméria, d’Albacete et de Tc-ruel.
- On connaît en Russie plusieurs gisements de soufre, notamment dans l’Oural, dans le Daghestan, et en Pologne dans le gouvernement de Ivielce, à Czarkowo; ce dernier donne seul lieu à une exploitation suivie : il a produit, en 1876, 29A tonnes de soufre. Le soufre s’y trouve à l’état natif, imprégnant des marnes tertiaires; des échantillons en avaient été exposés par M. Pus-
- Enfin le Bureau des mines du Japon avait exposé des échantillons de soufre natif, provenant des mines en exploitation dans l’empire.
- Sel.
- Le sel était représenté à l’Exposition sous diverses formes : sel gemme, sel extrait de sources salées et sel raffiné.
- § iCT. France. — La France a produit, en 1876, 585.38otonnes et, en 1877, 5q3.52 5 tonnes de sel, dont plus de la moitié, malgré le développement des mines de sel gemme, vient des marais salants. Les mines et les sources salées n’ont produit en effet, pour chacune de ces deux années, respectivement, que 202.081 et 255.267 tonnes.
- Le premier rang appartient aux mines de sel gemme du departement de Meurthe-et-Moselle, qui exploitent dans les marnes irisées des couches extrêmement puissantes et fournissent annuellement 190.000 tonnes de sel environ; deux d’entre elles seulement avaient exposé leurs produits : MM. Daguin et Clc, qui exploitent la mine la plus importante, celle de Varangévillc, et livrent par an 80.000 tonnes, dont moitié à l’état brut et moitié raffinées, exposaient d’énormes blocs de sel gemme, ainsi que diverses sortes de sel, depuis le sel brut égrugé jusqu’au sel raffiné; il leur a été décerné une médaille d’or; la Société des mines de sel gemme de Saint-Laurent, qui pompe simplement l’eau salée par un trou desonde, et produit environ 8.000 tonnes par an, exposait du sel de diverses qualités, ainsi que des eaux mères.
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- Sur d’autres points de la France on exploite aussi des sources salées naturelles; nous citerons notamment la source de Salies, dans les Basses-Pyrénées, dont MM. Saint-Guily, Lombard et C,e exposaient les produits, et qui est utilisée à la fois pour un service balnéaire et pour l’extraction du sel.
- § 2. Angleterre. — En Angleterre, on exploite de même, notamment dans le Cheshire, le Worceslershire, le Staffordshire, des couches de sel gemme dans les marnes irisées et des sources salées. La production totale, en 1876, a été de 2.307.355 tonnes. M. Corbett exposait diverses sortes de sel extrait des sources salées du Worcestershire ; les exploitations du Cheshire étaient représentées par des sels raffinés d’un grain particulièrement fin, exposés par M. Higgin.
- § 3. Autriche-Hongrie. — L’Autriche, qui produit annuellement 250.000 tonnes de sel environ, avait exposé du sel des salines de Pirano, dans lTstrie.
- Pour la Hongrie, dont la production a été, en 1876, de 120.482 tonnes, l’industrie du sel était représentée, dans l’exposition générale de la Société géologique de Buda-Pesth, par des échantillons de sel gemme des mines de Maros-Ujvar, en Transylvanie , accompagnés de cartes et d’intéressantes études géologiques.
- § 4. Russie. — La Bussie a produit, en 1876, 697.1.35 tonnes de sel, dont un dixième à peine est tiré des mines à l’état de sel gemme; le reste est extrait des sources salées par évaporation, ou des lacs salés, dont les principaux se trouvent dans la Tauride et dans le pays d’Astrakhan.
- La collection générale du Département des mines renfermait des spécimens de ces sels, et notamment des échantillons de sel gemme provenant cle riches gisements découverts récemment par sondages dans le terrain permien, dans les gouvernements de Kharkow et d’Ekatérinoslaw.
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- §5. Italie. — Nous avons mentionné tout à l’heure l’existence
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- du sel gemme en Sicile, au voisinage des gîtes de soufre; il y est l’objet, ainsi qu’en Calabre, où on le trouve en couches dans le meme terrain, d’une exploitation suivie; cependant la production, en 1872, n’atteignait que 8.000 tonnes pour les mines de sel gemme; les sources salées produisaient à peu près autant, tandis qhe la production des salines maritimes s’élevait à 226.000 tonnes.
- § 6. Espagne. — On extrait le sel d’un assez grand nombre de points du sol de l’Espagne; nous citerons, comme figurant à l’Exposition, les exploitations de Tortosa, dans la province de Tar-ragone , les salines de Gerri, et surtout les importants gisements de Cardona, exploités par Mmc la duchesse de Medinaceli.
- § 7. Algérie. — Enfin nous mentionnerons les gîtes de sel gemme de la province de Constantine , exploités par les Arabes, et qui ont produit 1.102 tonnes en 1876, ainsi que les salines d’Ar-zew dans la province d’Oran.
- Acide borique et borax.
- M. le comte de Larderel exposait les produits des établissements qu’il a créés pour l’exploitation de l’acicle borique des sojjïoni de la Toscane; ces gisements sont trop connus pour qu’il y ait lieu d’y insister, aucun fait nouveau n’ayant été mis en lumière par l’Exposition. La production de l’Italie, en 1872, avait été de 2.760 tonnes d’acide borique, valant h.i2Ù.55o francs.
- Les gisements de borax du Nevada et de la Californie étaient représentés au point de vue minéralogique dans l’exposition de la Commission californienne; ils occupent une étendue considérable, et, le long delà côte de l’océan Pacifique, on a même pu constater l’existence de l’acide borique en quantités appréciables dans les eaux de la mer. Le gisement le plus important paraît être celui de Colombus-Marsh dans l’Etat de Nevada; on y trouve, avec le borax, du sel marin, du sulfate de soude et du borate de chaux. Ces dépôts ont fourni, en 1877, 1.8 8 A tonnes de borax.
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- Phosphates de chaux.
- L’exploitation des phosphates de chaux a suivi, depuis plusieurs années, une marche constamment ascendante, et l’Exposition de 1878 témoignait de l’importance considérable qu’elle a prise.
- Les gîtes de nodules de la Meuse et des Ardennes, appartenant au terrain crétacé, et qui ont été les premiers exploités en France, figuraient dans un grand nombre de vitrines. Nous citerons: M. Desaillv, l’un des principaux producteurs, qui les exploite également en Belgique et en livre près de 3o.ooo tonnes par an, et à qui il a été décerné une médaille d’argent; M. Chéry, qui produit de 8.000 à 10.000 tonnes et qui exposait des phosphates en nodules, et réduits en poudre; MM. Dupont et Fould, qui ont à peu près la même production. On évalue à 70.000 tonnes environ la production, pour 1877, du groupe de la Meuse et des Ardennes. Celui du Boulonnais, qui appartient à la même zone géologique, a donné environ 20.5oo tonnes.
- Mais, depuis peu d’années, on a découvert et mis en exploitation, dans un autre terrain, des gisements d’une importance presque égale ; ce sont ceux du Quercy, dans lesquels les phosphates se rencontrent, mêlés à des argiles ocreuses, en poches dans les calcaires jurassiques; ils y ont été déposés à l’époque tertiaire par des sources minérales et affectent la forme concrétionnée, se présentant sous un aspect complètement différent de ceux des Ardennes, avec un éclat nacré et une teinte généralement claire, blancs, jaunes, rosés ou bleuâtres. On rencontre fréquemment, dans les poches dont ils tapissent les parois, une grande quantité d’ossements fossiles.
- La Compagnie des phosphates du Midi, qui a ses principales exploitations dans le Tarn-et-Garonne et produit 12.000 tonnes environ par an, exposait des spécimens des diverses variétés de ses phosphates, ainsi que des phosphates pulvérisés et quelques échantillons paléontologiques : il lui a été décerné une médaille d argent. M. delà Roche, qui extrait de 8.000a 10.000 tonnes par tm et a reçu la même récompense, exposait également divers types de phosphates en rognons, et entre autres des échantillons de
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- phosphate noir, variété non encore signalée; mais ce que sa vitrine offrait de plus remarquable, c’était une magnifique série d’ossements de mammifères de toutes tailles, provenant de ses exploitations : il importe de citer également une carte fort intéressante , mettant en relief les faits d’alignement observés, et établissant que les sources d’eaux minérales sont venues au jour par une série de fissures orientées en général N. 2 5°E., dans lesquelles elles ont, à mesure qu’elles attaquaient les calcaires, déposé du phosphate de chaux en filons. Les poches remplies d’argiles ocreuses et d’ossements d’animaux formeraient un groupe à part et auraient été remplies au contraire de haut en bas.
- Mentionnons encore les phosphates et les remarquables ossements de mammifères exposés dans la galerie de l’agriculture par MM. Joulie et J aille.
- Ces phosphates du Quercy renferment de 3o à 8o p. îoo de phosphate tribasique de chaux. On évaluait leur production, en 1877, à 25.ooo ou 28.000 tonnes.
- Une carte générale de la France, exposée par M. Dupont, inspecteur général des mines, dans le pavillon du Ministère des travaux publics, montrait la situation des principaux gisements, marqués par des échantillons de phosphate de chaque localité incrustés dans la carte même.
- Une partie assez notable des phosphates extraits en France sont exportés en Angleterre, et l’on en pouvait voir plusieurs spécimens dans la section anglaise, dans la vitrine de M. Packard, qui, avec les phosphates anglais, en exportait de diverses provenances, accompagnés des produits de leur élaboration, et notamment d’hy-perphosphate, forme sous laquelle on a l’habitude, en Angleterre, d’employer l’acide phosphorique pour les usages agricoles. M. Packard , à qui il a été décerné une médaille d’argent, doit être cité comme ayant, l’un des premiers, fait explorer et mis en exploitation les gîtes de phosphates du Quercy.
- La Suède et la Norwège exposaient également du phosphate de chaux sous forme d’apatite, exploité dans divers gisements où ce minéral forme des filons dans les roches cristallines : nous citerons notamment les exploitations de Bamble, près Krageroe, en
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- Norwège, qui produisent par an Aïo tonnes d’apatite, tenant en Gr. V. moyenne 86,5 p. 100 de phosphate tribasique. ci~43
- Des gîtes du même genre sont exploités activement en Espagne, à Caceres, dans l’Eslramadure, et les apatites de cette provenance étaient représentées à l’Exposition par un nombre d’échantillons assez considérable, envoyés par divers exposants, principalement par la Société générale des phosphates de Caceres. La Compagnie des phosphorites de Marvao exposait de même, pour le Portugal, des apatites provenant des filons exploités dans cette localité, sur le prolongement de la zone de la province de Caceres.
- On commence à exploiter en Russie les dépôts de pbosphorite connus dans le pays sous le nom de samorode et constitués par des sables cimentés par du phosphate de chaux : cette roche, qui forme des couches régulières subordonnées à la craie blanche, renferme de 3o à A5 p. î oo de phosphate de chaux : les principales exploitations sont celles des environs de Koursk, mais on connaît des gisements semblables en beaucoup d’autres points de l’Empire. On a également découvert des phosphorites dans le terrain jurassique, dans le gouvernement de Nijni-Novgorod, et d’autres gîtes d’une grande richesse en Podolie, dans le bassin du Dniester: le phosphate s’y trouve disséminé sous forme de nodules dans les schistes siluriens.
- Enfin on pouvait admirer dans l’exposition du Canada de magnifiques échantillons d’apatite cristallisée en prismes, dont quelques-uns de dimensions extraordinaires. Cette apatite est concentrée dans des veines dont l’ensemble paraît former des sortes de demi-lentilles dans les roches cristallines de l’époque laurentienne; on l’exploite sur divers points, notamment dans la province d’Ontario , dans le canton de North-Burgess. La quantité extraite de 1863 à 1876 est estimée de 12.000 à i5.ooo tonnes, tenant environ 80 p. 100 de phosphate tribasique.
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- MINÉRAUX D’ORNEMENT.
- Marbres, granités, porphyres.
- Nous ne pouvons que passer rapidement en revue les matières comprises dans ce groupe, qui ne tenaient d’ailleurs, dans l’exposition de la classe 43, qu’une place fort restreinte.
- Nous citerons, pour la France, une série complète des marbres de Caunes, qui faisait partie d’une intéressante collection des minéraux utiles du département de l’Aude, exposée par M. Wickers-heimer, ingénieur au corps des mines; des marbres de Corse, appartenant plutôt à la catégorie des roches dures, notamment des diorites, exposés par M. Stéfani. En Algérie, on voyait figurer de magnifiques échantillons des marbres du Filfila, province de Constantine, présentés par M. Lesueur, ainsi que de beaux onyx de la province d’Oran, exposés par M. del Monte.
- La Belgique était représentée par des variétés de tous ses marbres , disposées de la manière la plus avantageuse dans la belle façade qui décorait l’entrée de son exposition, et pour laquelle une médaille d’or a été accordée à l’ensemble des exploitants de marbres et de pierres qui y avaient fait figurer les produits de leurs carrières.
- La Norwège et la Suède exposaient leurs porphyres, polis et façonnés de diverses manières.
- L’Italie avait exposé dans la classe 66 une série de ses marbres, mais ils n’étaient pas représentés dans la classe 43.
- En revanche, les beaux marbres de la Grèce y figuraient au complet : marbres blancs du Pentélique, d’Eleusis et de Paros, marbres rouges de Laconie, marbres mouchetés de Scyros, marbres noirs de Mantinée et du mont Hymette, exposés par la Commission olympique, qui a reçu une médaille d’or.
- On remarquait, en Espagne, des marbres d’Oviédo et des granités de la Galice, et, dans le Portugal, des marbres de l’Além-tejo.
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- Le Canada et les Etats-Unis étaient représentés de même par Gr. V. de beaux granités rougeâtres à mica noir, polis et taillés en mo- C1~3 nurnents.
- Enfin le Mexique exposait ses magnifiques onyx, et l’Uruguay diverses variétés de marbres.
- Pierres gemmes.
- Nous mentionnerons d’abord les diamants, dont on pouvait admirer au Champ de Mars de magnifiques cristaux naturels, provenant des gîtes diamantifères du Brésil, exposés par M. Roulina, en France, et par M. Daniels, dans les Pays-Bas, qui ont obtenu des médailles d’argent; M. Boulina exposait en même temps une série intéressante des divers minéraux qui accompagnent le diamant dans ses gisements.
- Les exploitations du Cap de Bonne-Espérance, qui ont pris en quelques années un développement si considérable, étaient représentées par une collection des différentes variétés qu’on y rencontre, surtout au point de vue de la couleur: diamants blancs, blanc jaunâtre, jaunes, et bleuâtres, exposés par le Musée de l’Afrique (lu Sud. On pouvait voir en outre, dans la vitrine de la Chambre syndicale des marchands de diamants, dans la classe .89 de l’exposition française, de beaux cristaux de diamants du Cap encore engagés dans la roche serpentineuse bréchiforme qui les a amenés au jour. On estime à 35o millions de francs la valeur des produits fournis, de 1869, époque de leur découverte, à 1878, par les gisements de l’Afrique australe.
- Enfin l’on remarquait, dans la Nouvelle-Galles du Sud, des sables diamantifères de Bingcra, exposés par M. Bensusan, et un certain nombre de diamants, exposés par MM. les Commissaires de la colonie.
- En Hongrie, M. Goldschmidt, qui a reçu une médaille d’or, exposait une très belle série d’opales brutes, en veines ou en nids dans les roches trachytiques, ainsi que d’opales taillées, remarquables par leurs grandes dimensions comme par leurs feux.
- La Perse exposait ses turquoises, l’Uruguay ses agates, avec de belles géodes d’améthyste.
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- Parmi les autres pierres, aucune ne faisait l’objet d’une exposition spéciale, et nous nous bornerons à mentionner les gemmes très variées de la Nouvelle-Galles du Sud, émeraudes, béryls, rubis, saphirs, topazes, zircons, tourmalines, opales et agates, et celles de Victoria, comprenant, outre les espèces qui viennent d’être nommées, des grenats et de nombreuses variétés de quartz : améthyste, topaze, œil de chat, sardoine, agate, etc. Citons aussi celles des Indes, notamment des rubis et des saphirs, exposées par la colonie française de Pondichéry.
- VIII
- MINÉRAUX DIVERS.
- Glace.
- Bien qu’on ne puisse évidemment pas la considérer comme un produit des mines, la glace n’en figurait pas moins, et d’une façon fort intéressante, dans la classe 63, comme exploitée sur une grande échelle en Norwège. La Société pour l’exportation de la glace de Nœsoen, à laquelle il a été décerné une médaille d’argent, exposait de gros blocs, incessamment renouvelés, de glace d’une pureté parfaite, ainsi que des photographies prises pendant la période d’exploitation et des modèles des magasins en bois, à double paroi, destinés à sa conservation. Pendant l’hiver, la glace du lac de Nœsoen est l’objet d’une extraction régulière : elle est débitée, au moyen de scies, en gros blocs cubiques et emmagasinée pour être exportée ensuite, surtout en Angleterre; la production annuelle s’élève à 22.000 tonnes, d’une valeur de 620.000 francs.
- Graphite.
- L’Autriche possède, comme on sait, d’importants gisements de graphite, qui sont l’objet d’une sérieuse exploitation, bien que, depuis quelques années, leur production ait sensiblement baissé: elle a eu son maximum en 1872, où elle s’est élevée à 32.611 tonnes; en 18*75, elle a été de 20.317 tonnes; en 1877, elle
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- n’était plus que de 11.857 tonnes. Les trois quarts de cette production sont fournis par la Bohême, dans la région méridionale de laquelle sont situés les gîtes principaux, entre Krumau et Schwarz-bacli : le graphite y forme des amas irréguliers dans le gneiss, où il se montre presque toujours en même temps que des intercalations de calcaire cristallin, et où il paraît avoir été amené postérieurement à la formation du gneiss et s’être en quelque sorte substitué au mica. Les principales mines sont celles de Schwarz-bach, appartenant à M. le prince de Schwarzenberg, à qui il a été décerné une médaille d’or; elles ont produit, en 1875, 6.128 tonnes de graphite, sur une production totale de 1A.1A0 tonnes en Bohême.
- D’autres gîtes, absolument analogues à ceux-ci au point de vue géologique, sont exploités à Mühldorf, près de Spitz, dans la Basse-Autriche; ils ont produit, en 1875, 7A3 tonnes. Les Mines de Mühldorf, qui ont obtenu une médaille d’argent, exposaient, outre le graphite brut, du graphite préparé et raffiné, en morceaux et en poudre.
- Ceux de Moravie, qui ressemblent aussi beaucoup à ceux de la Bohême méridionale, et qui ont produit 2.379 tonnes en 1875, étaient représentés par des échantillons de graphite des mines de Müglitz, exposés par MM. Gessner, Pohl et Clc.
- Enfin M. le baron F. von Mayr, qui a reçu une médaille d’argent, exposait du graphite de Styrie : les gîtes de cette province ont produit, en 1875, 2. A 2 2 tonnes; le reste de la production de l’Autriche est fourni par la Carinthie et la Carniole.
- En Bussie, M. Alibert, qui a obtenu une médaille d’or, exposait les magnifiques graphites massifs de ses exploitations, bien connues, du mont Batougol, près Irkoutsk, en Sibérie.
- On connaît aussi au Groenland des gîtes de graphite, dont les produits figuraient dans l’exposition du Danemark; il ne paraissent pas faire l’objet d’une exploitation bien considérable.
- En revanche, cette matière tenait une place importante dans l’exposition des Etats-Unis, où la Dixon crucible Company exposait de superbes échantillons de graphite en masse, à texture lamel-leuse, provenant des mines de New-Jersey. Une partie de ce gra-
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- Gr. v. phite est employée à la fabrication des creusets, dont cette compa-gnie, qui a reçu une médailled’or, exposait des spécimens de toute taille.
- On exploite également le graphite au Canada, principalement au nord de la rivière Ottawa, dans les cantons de Buckingham, Lochaber etGrenville, où on le rencontre, comme en Bohême, en veines et en amas dans des gneiss rapportés à l’époque laurentienne, et fréquemment associé aux calcaires cristallins. La Dominion of Canada plumbago Company, qui a obtenu une médaille d’argent, en exposait de beaux échantillons, provenant des mines de Buckingham.
- Nous mentionnerons aussi, parmi les colonies anglaises, de gros blocs de graphite de Ceylan exposés par M. Percra Andres.
- Enfin, la collection de M. Bensusan renfermait plusieurs échantillons de graphite provenant de diverses localités delà Nouvelle-Galles du Sud.
- Nous avons indiqué tout à l’heure l’emploi du graphite pour la fabrication de creusets réfractaires; c’est en effet l’un des usages auxquels on utilise le plus les graphites de deuxième qualité, qui ne sont pas assez purs pour la fabrication des crayons, et nous devons citer, à ce sujet, dans la section anglaise, les beaux creusets de plombagine, de fabrication particulièrement soignée, de la Patent plumbago crucible Company, à laquelle il a été décerné une médaille d’or, ainsi que ceux de MM. Cliff et fils.
- Matériaux réfractaires.
- On voyait figurer dans l’exposition de la classe Ù3 des spécimens des divers genres de matériaux réfractaires employés dans l’industrie, kaolins, argiles, sables réfractaires, ainsi que des produits à la confection desquels ils sont utilisés.
- Nous citerons, pour la France, les argiles réfractaires deBollène (Vaucluse), exposées par M. Valabrègue, qui a reçu une médaille d’argent, et par M. Lagardette, qui a obtenu une médaille de bronze; ces argiles sont employées à la fabrication de briques, de cornues, de creusets, etc., pour l’industrie métallurgique principalement: les fabriques de Bollène livrent annuellement au commerce
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- 10.000 à 12.000 tonnes de produits. Les terres de Forges, dans Gr. V. la Seine-Inférieure, employées à des usages semblables, notamment à la confection des creusets pour verreries, étaient exposées par MM. Parant et Lefrançois, qui en extraient de A.ooo à 5.ooo tonnes par an, et à qui il a été décerné une médaille de bronze.
- MM. Gadot et Martin, qui ont reçu la même récompense, exposaient des argiles et des sables réfractaires de Voreppe, dans l’Isère, utilisés surtout par les grandes usines métallurgiques de la Loire, et dont ils livrent annuellement de 8.000 à 10.000 tonnes. Nous mentionnerons également les terres réfractaires de l’Aisne, exposées par M. Schreiber, ainsi qu’un certain nombre de spécimens de sables quartzeux, et notamment les sables d’Excideuil, dans la Dordogne, exposés par M. Chavoix, et employés dans les manufactures de porcelaine de Limoges pour la confection des gazettes.
- M. Muller, dont l’usine, à Ivry-sur-Seine, fabrique annuellement 18.000 à 20.000 tonnes de produits réfractaires, exposait des spécimens divers des objets confectionnés dans ses ateliers, briques, cornues à gaz, creusets, moufles, etc.; on y remarquait, entre autres objets, des creusets de graphite, les premiers ou à peu près qui aient été fabriqués en France, ceux qu’on y a employés jusqu’à présent étant tirés de l’étranger; des briques réfractaires en alumine, confectionnées avec la bauxite, des briques de magnésie, dont l’emploi dans certaines opérations métallurgiques présente de grands avantages. Il a été décerné une médaille d’or à M. Muller.
- En Angleterre, MM. Tbriscutt et Baie exposaient des kaolins bruts et cuits des gisements bien connus de Saint-Austell, dans le Cornouailles, dont la production estdeioo.oooà io5.ooo tonnes environ par an. Comme argiles réfractaires, nous mentionnerons les terres de Glenboig, près de Goatbridge, en Ecosse, employées à la fabrication des briques et des creusets de verreries, exposées par M. Dunnachie, qui a reçu une médaille d’argent. La même récompense a été décernée à MM. Doulton et G", de Londres, qui exposaient des creusets, moufles, cornues, etc., en terre réfractaire, ainsi que des creusets de plombagine.
- En Belgique, les principaux gisements d’argiles réfractaires sont
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- ceux qu’on exploite dans le terrain dévonien autour d’Andenne, près de Namur, pour la fabrication des briques de hauts fourneaux et fours métallurgiques, des cornues à gaz, creusets, etc.; ils étaient représentés par des produits bruts et manufacturés, exposés par la Société des terres plastiques et produits réfractaires d’Andenne et par la Société des produits réfractaires et terres plastiques de Seilles-lez-Andenne, qui ont reçu l’une et l’autre des médailles d’argent. Nous citerons aussi les terres et sables de Saint-Ghislain, dans le Hainaut, exposés, avec des cornues, briques et moufles, parla Société des produits réfractaires, qui a obtenu la même récompense.
- Nous mentionnerons encore l’Espagne, dans l’exposition de laquelle figuraient les argiles réfractaires ou kaolins de Zamora, employés pour la fabrication des creusets, et exposés par M. Ca-belio.
- Enfin, on remarquait, dans la section italienne, des briques réfractaires confectionnées avec le tripoli ou farine fossile du Monte-Amiata, qui est constituée par des carapaces de diatomées. M. Nicolaisen exposait dans le Danemark des produits semblables, fabriqués avec l’argile siliceuse des dépôts de diatomées fossiles de Skive.
- Ocres et couleurs minérales naturelles.
- La France produit une quantité d’ocres considérable: les principales exploitations sont celles des environs d’Auxerre, qui fournissent de qo.ooo à 25.ooo tonnes par an; l’argile ocreuse y forme des bancs dont la puissance varie de o'“,3o à î mètre; en quelques points on l’exploite par galeries souterraines; le plus souvent les travaux ont lieu à découvert. Les matières extraites sont soumises à une préparation mécanique et classées suivant leur degré de finesse.
- Une partie des ocres jaunes ainsi obtenus sont soumis à une calcination, qui, en déshydratant l’oxyde de fer, les amène à l’état d’ocre rouge.
- Ces ocres de Bourgogne figuraient à l’Exposition à l’état brut et à l’état préparé; nous citerons notamment: MM. Parquin,
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- Gauchery, Zagorowski et Lechiche, qui produisent 10.000 tonnes par an; MM. Sonnet frères, Legros et C", qui exploitent les bancs d’ocre par galeries souterraines; MM. Pradier et Perrin, qui font passer les ocres bruts au classeur à vent pour les préparer.
- On remarquait aussi, dans l’exposition d’Algérie, des ocres du gisement de Yeffry, près d’Oran, préparés et exposés par MM. Jacquet et Pervieux de la Borne.
- Des dépôts analogues sont exploités sur un assez grand nombre de points; nous mentionnerons seulement, comme représentés à l’Exposition, ceux de Soria en Espagne, ceux de Milo, de Scyros, deSkopelos et de Porto-Qualio en Grèce, et ceux de Walsingham, Hamilton, Limehouse et Three Rivers, au Canada.
- En Suède, les Usines de Stora Kopparberg exposaient des ocres rouges obtenus comme produits secondaires du traitement des pyrites.
- Enfin, l’Italie avait exposé des spécimens de diverses teintes de ses terres du Monte-Amiata et de Grosseto, connues sous le nom de terre d’ombre ou terre de Sienne; on en extrait par an environ 600 tonnes, valant de 100.000 à i5o.ooo francs.
- Émeris et pierres à polir.
- Emeris. — Les gisements d’émeri les plus connus et les plus anciennement exploités sont ceux de Pîle de Naxos, en Grèce, qui aujourd’hui appartiennent à l’État, et produisent en moyenne 3.300 tonnes par an; l’émeri y forme des amas irréguliers dans les calcaires cristallins. La Grèce en exposait des spécimens à l’état brut, mais on en pouvait voir dans la section française toutes les applications industrielles.
- Nous citerons : la maison Dumas-Frémy, qui livre annuellement au commerce de 8 à q millions de feuilles de papier à émeri et environ 3o.ooo mètres de toile etqui a reçu une médaille d’argent; la maison Villette et Fortin, qui fabrique également du papier et de la toile émerisés et livre en outre dés émeris en grains et en poudre, et qui a obtenu une médaille de bronze; la maison Lefèvre, qui a reçu une médaille d’argent, et qui exposait principalement des meules d’émeri.
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- La Société des émeris de l’Ouest, qui a obtenu la même récompense, exposait les sables qu’elle exploite sur les côtes de Bretagne, non loin de l’embouchure de la Vilaine et qui proviennent de la désagrégation et du lavage par les vagues de dépôts de sables stannifères. Ces sables renferment du quarlz et diverses gemmes, notamment du grenat, du spinelle et du zircon, qui les rendent propres à servir aux mêmes usages que l’émeri. Cette société exposait également des papiers et des toiles préparés avec les émeris deNaxos, qu’elle utilise aussi en quantités importantes.
- Depuis 1864, on exploite aux Etals-Unis, à Chester, dans le Massachusetts, un gîte d’émeri considérable, qui suffit à peu près seul aux besoins de toutes les manufactures de l’Union. Les produits en étaient exposés, sous forme d’émeri en poudre et de papier à l’émeri, par MM. Bæder, Adamson et C'°, de Philadelphie.
- Pierres à polir diverses. — Outre l’émeri, et pour des usages différents, on emploie au polissage un assez grand nombre d’autres substances.
- Nous citerons d’abord le silex, qui sert à la confection des toiles et papiers à polir compris dans la catégorie des papiers dits de verre. M. Billette exposait dans la section française des toiles et papiers ainsi fabriqués avec de la poudre de silex rouges et blancs.
- Les tripolis étaient représentés par des échantillons de Menât, en Auvergne, oîi ils proviennent de la calcination naturelle des schistes charbonneux.
- Les pierres ponces figuraient à la fois dans la section italienne, exposées par M. Bacot, et dans la section française, exposées par M. Scoppini. Les îles Lipari sont le centre principal de production, et l’Italie en exporte environ 5.ooo tonnes par an.
- Nous citerons enfin les terres ferrugineuses et les oxydes de fer calcinés employés pour le polissage, et, dans ce groupe, la poudre dite poudre Grosset-Grange, exposée par M. Béal, et les rouges à polir et colcotars exposés par M. Mélot et obtenus par la calcination des pyrites.
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- Matières utiles diverses.
- Amiante. — On remarquait dans l’Exposition italienne de magnifiques échantillons d’amiante de la Valteline et de la vallée d’Aoste. MM. Farse brothers and Company, qui ont reçu une médaille d’argent, en exposaient notamment un bloc dont les fibres mesuraient plus d’un mètre de longueur. On l’emploie principalement à la confection des joints dans les machines à vapeur, mais on voyait aussi des cartons, des papiers et même des tissus fabriqués avec cetle matière.
- Talc. — L’Italie exposait également du talc naturel et pulvérisé du Piémont; elle en exporte annuellement de A.oooà 5.ooo tonnes. Le talc figurait aussi dans la section espagnole, comme exploité dans la province d’Alméria.
- Feldspath. — Le feldspath est exploité en divers points, où on peut le rencontrer isolé des éléments étrangers auxquels il est habituellement associé, pour servir, comme couverte, dans la fabrication de la porcelaine. La Compagnie de Rôrstrand en avait fait figurer, dans la section suédoise, des échantillons remarquablement purs. En France, M. Ducoin en avait également exposé, provenant du Finistère, où il en extrait annuellement près d’un millier de tonnes, qui servent notamment aux porcelaineries et aux fabriques de boutons d’émail.
- Magnésitc. — Cette matière, bien connue sous le non d’ccume de mer, fait l’objet d’une extraction assez active en Grèce, dans l’ilc d’Eubée, où elle forme des veines dans les serpentines. M. Bou-douri en exposait de beaux spécimens, provenant de ses exploitations de Mandoudi, qui en fournissent de 1.800 à 2.000 tonnes par an.
- Gypse. — Il est inutile de rappeler l’importance bien connue des exploitations de pierre à plâtre du bassin parisien. M. Bast, qui exploite les carrières d’Argenteuîl et produit plus de 100.000
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- tonnes par an, dont un quart ou un cinquième sont exportées, avait exposé du gypse naturel sous ses différents aspects, ainsi que du plâtre cuit de diverses qualités; il lui a été décerné une médaille d’argent.
- Le Canada exposait également de nombreux échantillons de gypse, provenant des gisements du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse, où ce minéral forme, dans le terrain carbonifère inférieur, des couches qui atteignent jusqu’à 6o mètres d’épaisseur; en 1876, les exploitations de la Nouvelle-Ecosse en ont exporté, à elles seules, près de 100.000 tonnes aux Etats-Unis.
- Blanc de Meudon. —La craie blanche des environs de Paris est, comme le gypse, le siège d’importants travaux, notamment autour de Meudon, où on l’exploite par galeries souterraines. La Manufacture générale de blancs minéraux, de Meudon, qui livre annuellement 7.000 tonnes environ de produits divers et a obtenu une médaille de bronze, avait fait figurer ses divers produits, craie brute, craie en bâtons, blancs minéraux, etc.
- La craie blanche est aussi exploitée en Champagne pour le même genre d’industrie, ainsi qu’en témoignaient les produits, blancs minéraux dits blancs de Champagne, exposés par M. Collard, qui exploite annuellement 2.5oo tonnes environ de craie pour celte fabrication.
- Pierres à aiguiser. — Un assez grand nombre de pays produisent des pierres à aiguiser: l’Italie notamment possède, au nord de Ber-game, des calcaires siliceux qui donnent lieu à une exploitation considérable pour la fabrication des pierres à aiguiser les faux.
- Dans la section anglaise, M. Montgomcrie exposait des pierres à aiguiser de l’Ayrsbire, en Ecosse. MM. Boyd et Chase, aux Etats-Unis, en exposaient également, à grain très fin, provenant de Washita, dans l’Arkansas.
- Enfin nous mentionnerons celles de Erederickswald, dans l’Australie du Sud, exposées par M. Klein.
- Pierres lithographiques. — Les pierres lithographiques les plus
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- estimées viennent de Solenhofen en Bavière; mais on a fait un Gr. V. assez grand nombre de tentatives pour utiliser comme pierres litho- C1~3 graphiques certains calcaires à grain très fin qu’on a rencontrés dans quelques régions. C’est ainsi qu’en France on exposait des calcaires du Quercy paraissant propres à servir à cet usage; en Italie, on voyait de même des échantillons de pierres lithographiques d’un beau grain, provenant de Cagliari, en Sardaigne, et d’Oneglia et Diano-Marina, près Port-Maurice.
- Ardoises. — Bien que les ardoises appartinssent plus spécialement à une autre classe, il en figurait quelques spécimens dans la classe h 3; nous citerons les ardoises d’Ostre Slidre, en Norwège, et celles de Bockland, au Canada, qui appartiennent au système silurien supérieur.
- Porphyres. — Nous avons parlé plus haut des porphyres susceptibles d’être utilisés comme pierres d’ornement; mais on exploite aussi ces roches pour leur seule dureté, en vue de les employer au pavage des chaussées. C’est ainsi que, depuis quelques années, la ville de Paris emploie sur une grande échelle les porphyres bleus de Quénast, en Belgique. La Société des carrières de Quénast exposait des échantillons de ses porphyres, façonnés en pavés, accompagnés d’intéressantes photographies de ses importantes exploitations; il lui a été décerné une médaille d’argent.
- Les porphyres bleus de TEstérel commencent aussi à être utilisés de la même manière, notamment à Marseille; M. Dujaquier, qui en extrait près de 6.000 tonnes par an, en avait exposé quelques spécimens.
- IX
- COLLECTIONS GENERALES.
- Il nous reste, avant de terminer, à dire quelques mots^des collections générales, assez nombreuses dans la classe A3, qui permettaient d’apprécier d’un seul coup d’œil les richesses minéralogiques d’un pays. Ces collections étaient d’autant plus intéressantes
- Classe h3. —1 irc section.
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- Gr. v. quelles concernaient des pays plus nouvellement explorés, et par
- conséquent moins connus sous ce rapport.
- Cl 43 a i
- Cependant, même dans les contrées les plus étudiées, des collections de ce genre peuvent présenter de l’intérêt, quand elles s’appliquent à un district particulier et en mettent en évidence toutes les ressources naturelles. C’est ainsi que nous pouvons citer: en France, la collection très complète des minéraux utiles du département de l’Aude, exposée par M. Wickersheimer, ingénieur au corps des mines, et celle des roches, combustibles et minerais de la Savoie, exposée par le Comité départemental de Chambéry; en Italie, la belle collection de minerais de la Sardaigne, dont nous avons eu occasion de parler plus haut.
- Nous avons déjà mentionné bien des fois la belle série des minéraux utiles de Russie, admirablement classée par régions, que présentait le Département et conseil scientifique des mines de Saint-Pétersbourg et pour laquelle il lui a été décerné une médaille d’or, collection accompagnée de cartes géologiques, de tableaux statistiques et autres publications des plus intéressantes, parmi lesquelles nous signalerons notamment Y Aperçu des richesses minérales de la Russie d’Europe, qui donne, sur la distribution géologique et l’exploitation de tous les minéraux utiles du pays, les renseignements les plus complets.
- Les richesses minérales de l’Espagne étaient réunies de même dans deux collections très complètes, l’une présentée par le Corps des ingénieurs des mines, auquel il a été décerné une médaille d’or; l’autre, portant surtout sur les minerais proprement dits, formée par M. Piquet-Dupont, qui a reçu une médaille d’argent.
- Mentionnons encore, pour l’Europe, une fort belle collection des fossiles du mont Titan, recueillie par M. le professeur Man-zoni et exposée par le Gouvernement de Saint-Marin.
- Le Service des mines du gouvernement de l’Algérie avait disposé, dans le pavillon réservé à notre colonie d’Afrique, une collection complète de tous les minerais et minéraux utiles du pays, qui permettait d’en apprécier la richesse. Cette collection, pour laquelle il a été décerné un diplôme de médaille d’or, était accompagnée de cartes minéralogiques, géologiques et hydrolo^
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- giques, et de notices très complètes dues à MM. les ingénieurs Gr. V. Pouvanne et Tissot,
- J . . Cl. 43.
- L’Afrique était, Lien entendu, la portion du globe la moins
- représentée à l’Exposition; cependant on pouvait voir figurer quelques-unes de ses richesses minérales dans la collection du Musée des colonies portugaises, qui a reçu une médaille d’argent, et qui comprenait des minerais de cuivre, de fer et de plomb, du cap Vert, d’Angola et du Mozambique, du soufre, du sel et des marbres du cap Vert et d’Angola, et de l’or en pépites et en poudre du Mozambique.
- Mentionnons également, dans l’exposition des colonies françaises , une belle série des roches volcaniques de l’île de la Réunion, exposée par M. Jacob de Cordemoy.
- Notre colonie de l’Inde figurait aussi par une intéressante collection géologique et minéralogique, due aux soins du Comité de Pondichéry et renfermant notamment des rubis, des saphirs, de la cymophane, du zircon, des grenats et du lapis.
- Le Japon était, nous l’avons dit, représenté par une série de ses minerais utiles, dont nous avons eu plus d’une fois l’occasion de parler et qui faisait ressortir la grande variété de ses richesses minérales; elle était exposée par le Bureau des mines du Ministère des travaux publics, qui a reçu une médaille d’argent.
- Le Geoïogical Survey du Canada avait exposé une collection stra-tigraphique complète, dans laquelle on pouvait voir représentés, par leurs roches et par leurs fossiles, tous les étages des formations sédimentaires les plus anciennes de notre globe, terrains laurentien, huronien, cambrien et silurien; on y remarquait notamment divers échantillons et préparations du fameux Eozoon ca-nadense, qui serait l’organisme le plus ancien reconnu dans les feuillets de l’écorce terrestre. A cette série stratigraphique étaient joints des spécimens de tous les minerais et minéraux utiles. Une médaille d’or a été décernée à la Commission géologique du Canada, et une médaille d’argent à son directeur, M. A.-C. Selwyn.
- Une autre collection des plus remarquables, que nous avons souvent mentionnée, était celle des minéraux, minerais, roches et fossiles de la Californie, qui faisait si bien apprécier l’extrême
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- Gr. v. richesse en argent de ce pays exceptionnellement doté; elle a valu une médaille d’or à la Commission exécutive de San-Francisco, qui l’avait préparée, et une médaille d’argent à M. Hanks, qui l’avait disposée à Paris avec un ordre et une méthode remarquables.
- Nous rappellerons également ici la belle collection de M. Rai-mondi, qui a reçu une médaille d’or, et dans laquelle on pouvait admirer de magnifiques spécimens de tous les minéraux du Pérou, collection dont la valeur était encore augmentée par un catalogue détaillé, donnant sur chaque classe de minerais et sur chaque espèce minérale les renseignements les plus intéressants, tant au point de vue du gisement géologique et de l’importance économique qu’au point de vue minéralogique proprement dit.
- La Confédération Argentine exposait de même des collections complètes des richesses minérales de chacune de ses provinces; nous citerons notamment celle de l’Université de la province de Cor-doha, qui a obtenu une médaille d’argent. On y remarquait, outre les minerais et les minéraux utiles qui font l’objet d’exploitations industrielles, une belle série des roches sédimentaires et des roches éruptives et volcaniques de la province.
- Nous mentionnerons aussi les collections des gouvernements du Vénézuéla, du Salvador et du Guatémala; et, dans nos colonies américaines, la collection géologique de la Guyane, exposée par M. Brignaski, et la collection des roches volcaniques de la Guadeloupe, exposée par le Comité de la Basse-Terre.
- L’un des pays qui se faisaient le plus remarquer par ses belles collections était la Nouvelle-Galles du Sud, dont toutes les richesses figuraient au complet, accompagnées de roches sédimentaires et d’échantillons fossiles du plus haut intérêt, classés stratigraphique-ment. Nous n’avons pas besoin d’insister ici sur cette collection si remarquablement ordonnée, dont nous avons dû parler à bien des reprises, et pour laquelle il a été décerné des médailles d’or au Département des mines de Sydney, et à M. Wilkinson, chef du service géologique de la colonie. M. Bensusan, qui a reçu une médaille d’argent, avait également, nous l’avons dit, exposé une collection très complète et parfaitement classée de tous les minerais et minéraux utiles de la Nouvelle-Galles du Sud.
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- Nous devons rappeler de même la série des roches et des minéraux exposés par le Département des mines de Victoria, qui permettait de se rendre un compte exact delà constitution géologique de la colonie, et dans laquelle on voyait représentés, avec les granités et les porphyres feldspathiques, les roches sédimentaires siluriennes et dévoniennes, puis les grès de l’époque secondaire renfermant des couches de charbon, et enfin les grès, argiles et conglomérats tertiaires, avec les roches volcaniques récentes, do-lérites et basaltes.
- L’Australie occidentale, dont les richesses minérales ne sont pas encore bien connues, s’était, à défaut des minerais précieux de ses voisines, fait représenter par une très belle collection de roches, due aux soins du Comité central de Perth, et dans laquelle figuraient principalement des roches cristallines.
- Enfin nous terminerons en mentionnant les collections géologiques et minéralogiques de la Nouvelle-Calédonie, exposées par M. Garnier et M. Heurteau, qui ont reçu chacun une médaille d’argent. On y remarquait surtout les roches serpentineuses qui forment les traits les plus saillants du relief de l’île et auxquelles sont associés les gisements de ces minerais de nickel, qui, grâce aux découvertes et aux études de ces deux explorateurs, viennent de prendre dans l’industrie une place si importante.
- Gr. v Cl. 43
- R. Zeiller.
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- Gr. V.
- Cl. 43.
- TABLE DES MATIÈRES.
- Pages.
- Composition du jurv.................................................... 1
- Avertissement........................................................ 3
- I. Combustibles minéraux.............................................. 6
- Europe :
- §§ î. Iles Britanniques....................................... 8
- 2. France................................................. ç)
- 3. Belgique................................................ 12
- 4. Autriche-Hongrie........................................ i4
- 5. Russie................................................. 16
- 6. Suède.................................................. 18
- 7. Danemark............................................... 18
- 8. Espagne................................................ 18
- 9. Portugal............................................... 19
- 10. Italie................................................ 19
- 11. Grèce................................................. 19
- Amérique :
- §§ 12. Etats-Unis........................................... 20
- 13. Canada................................................ 20
- 14. Amérique du Sud....................................... 20
- A s te :
- §S i5. Japon.................................................... 21
- 16. Chine................................................. 21
- 17. Indes orientales néerlandaises........................ 21
- Afrique :
- §§ 18. Algérie................................................ 21
- 19. Cap de Bonne-Espérance................................ 22
- Australie :
- §820. Nouvelle-Galles du Sud................................. 22
- 21. Queensland........................................... 2 3
- 22. Victoria.............................................. q3
- q3. Nouvelle-Calédonie.................................... 23
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- 104 TABLE DES MATIÈRES.
- Pages.
- Gr. V. II. Bitumes, huiles et cires minérales................................. a3
- Cl. 43. §§ i. France................................................ 2 3
- 2. Suisse............................................... 2 4
- 3. Espagne.............................................. 2 4
- 4. Portugal............................................. 2 5
- 5. Italie............................................... 2 5
- 6. Autriche-Hongrie..................................... 2 5
- 7. Russie................................................. 26
- 8. Etats-Unis............................................. 27
- 9. Canada............................................... 27
- 10. Trinité................................................. 27
- 11. Asie................................................... 27
- 12. Australie............................................. 27
- III. Métaux usuels.................................................... 28
- Plomb............................................................ 28
- §§1. France.................................................. 28
- 2. Belgique............................................... 3o
- 3. Autriche-Hongrie. . ;.................................. 3o
- 4. Russie................................................. 3i
- 5. Italie................................................. 3i
- 6. Espagne.............................................. 3 a
- 7. Portugal............................................... 33
- 8. Grèce.................................................. 33
- 9. Algérie................................................ 34
- 10. Asie................................i................. 34
- 11. États-Unis............................................. 34
- 12. Australie.............................................. 34
- Zinc............................................................. 34
- SS 1. France.................................................. 35
- 2. Belgique............................................... 35
- 3. Autriche-Hongrie....................................... 36
- 4. Russie................................................. 36
- 5. Suède.................................................. 37
- 6. Italie................................................. 37
- 7. Espagne................................................ 37
- 8. Grèce.................................................. 38
- 9. Algérie................................................ 38
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-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 105
- Pages.
- Cuivre........................................................ 3 g
- §§ 1. France.............................................. 3 g
- 2. Angleterre............................................. 40
- 3. Autriche-Hongrie....................................... 40
- 4. Russie................................................. 40
- 5. Suède.................................................. 4X
- 6. Norwège............................................... !X1
- 7. Italie................................................ 4t
- 8. Espagne................................................ 42
- 9. Portugal.............................................. 42
- 10. Algérie................................................ 43
- 11. Cap de Bonne-Espérance................................. 43
- " 12. Japon................................................... 43
- 13. Chine.................................................. 43
- 1 4. Etats-Unis............................................. 44
- 15. Canada................................................. 44
- 16. Amérique du Sud........................................ 44
- 17. Australie.............................................. 45
- vi8. Nouvelle-Calédonie.................................... 46
- Etain.......................................................... 46
- §§ 1. France............................................... 4y
- 2. Espagne............................................. 4 7
- 3. Portugal............................................ 4 y
- 4. Italie................................................. 4g
- 5. Japon et Chine...................................... 4 g
- 6. Indes orientales néerlandaises......................... 4g
- 7. Australie.............................................. 4g
- Nickel et cobalt................................................. 50
- §§ 1. France................................................. 5t
- 2. Angleterre............................................. 5t
- 3. Autriche-Hongrie....................................... 52
- 4. Suède.................................................. 52
- 5. Norwège.................................................52
- 6. Espagne..........................................: . . 53
- 7. Portugal............................................... 53
- 8. Etats-Unis............................................. 53
- 9. Nouvelle-Calédonie..................................... 54
- Mercure....................................................... 56
- SS 1. Autriche-Hongrie....................................... 56
- 2 4 Italie................................................. 56
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- 106
- TABLE DES MATIÈRES.
- Pages.
- Gr. V. SS 3. Espagne................................................ £>7
- 4. Afrique.............................................. 57
- Gl- 43. 5. Asie.................................................. 57
- 6. Californie........................................... 57
- 7. Pe'rou............................................... 58
- 8. Australie............................................... 58
- Antimoine...................................................... 5 y
- SS 1. France............................................... 5y
- 2. Autriche-Hongrie..................................... 5 9
- 3. Espagne.............................................. 5 g
- 4. Portugal............................................. 59
- 5. Algérie.............................................. 5 9
- 6. Japon................................................... Go
- 7. Canada.................................................. Go
- 8. Australie............................................... 60
- Aluminium......................................................... 60
- IV. Métaux précieux................................................. 61
- Minerais d’argent................................................. 61
- SS 1. Autriche-Hongrie.. ...................................... 6i
- 2. Norwège................................................. 62
- 3. Japon................................................... 62
- 4. Canada.................................................. 62
- 5. États-Unis.............................................. 63
- 6. Amérique du Sud......................................... 63
- 7. Australie............................................... 64
- Minerais d’or.................................'................ 64
- SS 1. Italie................................................... 65
- 2. Autriche-Hongrie....................................... 65
- 3. Russie.................................................. 65
- 4. Asie................................................... 65
- 5. Afrique................................................. 66
- 6. Canada.................................................. 66
- 7. États-Unis.............................................. 66
- 8. Amérique du Sud......................................... 66
- 9. Australie............................................... 67
- Queensland............................................. 67
- Nouvelle-Galles du Sud................................. 67
- Victoria............................................... 68
- Australie du Sud....................................... 70
- 10. Nouvelle-Calédonie................................... 70
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- TABLE DES MATIÈRES.
- 107
- Pages.
- Matières d’or et d’argent........................................ 70 G-r. V.
- §§ 1. France.................................................. 70 G1 43
- 2. Pays autres que la France............................ 71
- Platine.......................................................... 72
- V. Application électro-galvanique des métaux............................ 7&
- VI. Minéraux servant aux industries chimiques........................ 75
- Oxydes de manganèse........................................... 75
- §§ 1. France................................................ 75
- 2. Autriche-Hongrie....................................... 75
- 3. Italie................................................. 75
- 4. Espagne................................................ 75
- 5. Portugal............................................... 76
- 6. Japon.................................................. 76
- Fer chromé...................................................... 76
- Minerais d’uranium et de bismuth................................ 76
- Pyrite de fer................................................... 77
- Soufre........................................................ 7 y
- Sel............................................................. 80
- SSi. France.................................................. 80
- 2. Angleterre........................................... 81
- 3. Autriche-Hongrie....................................... 81
- 4. Russie................................................. 81
- 5. Italie................................................. 81
- G. Espagne................................................. 82
- 7. Algérie................................................ 82
- Acide borique et borax.......................................... 82
- Phosphates de chaux............................................. 83
- VIL Minéraux d’ornement.............................................. 86
- Marbres, granités, porphyres.................................... 86
- Pierres gemmes.................................................. 87
- VIII. Minéraux divers.................................................. 88
- Glace........................................................... 88
- Graphite........................................................ 88
- Matériaux réfractaires.......................................... 90
- Ocres et couleurs minérales naturelles.......................... 92
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- Gr. V. Cl. 43.
- 108 TABLE DES MATIÈRES.
- Pages.
- Emeris et pierres à polir...................................... 93
- Émeris..................................................... 9 3
- Pierres à polir diverses................................... 9 k
- Matières utiles diverses....................................... 95
- Amiante..................................................... 9-5
- Talc......................................................... 95
- Feldspath.................................................. 9 5
- Magnésite.................................................... g5
- Gypse........................................................ g5
- Blanc de Meudon............................................. 96
- Pierres à aiguiser........................................... 96
- Pier res lithographiques..................................... 96
- Ardoises..................................................... 97
- Porphyres.................................................... 97
- IX. Collections générales............................................. 97
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