Rapports du jury international
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- RAPPORT
- SUR
- LE MATÉRIEL DES ARTS CHIMIQUES
- DE LA PHARMACIE ET DE LA TANNERIE.
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- ?°3C<u 311-8 3
- MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE ET DU COMMERCE.
- EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1878
- A PARIS.
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- Groupe VI. — Classe 53.
- RAPPORT
- SUR
- LE MATÉRIEL DES ARTS CHIMIQUES
- DE LA PHARMACIE ET DE LA TANNERIE,
- PAR
- MM. LIMOUSIN, FÉLIX LE BLANC ET SCHMITZ.
- PARIS.
- IMPRIMERIE NATIONALE.
- M DCCC LXXXIII.
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- Groupe VL — Classe 53.
- RAPPORT
- SUR
- LE MATÉRIEL DES ARTS CHIMIQUES
- DE LA PHARMACIE ET DE LA TANNERIE.
- COMPOSITION DU JURY.
- MM. Félix Le Rlanc, président, ingénieur civil, professeur à l’École I
- centrale des arts et manufactures, membre du comité d’ad- \ France, mission à l’Exposition universelle de 1867..................
- Limousin, secrétaire-rapporteur, pharmacien, lauréat de l’Exposition de 1867, membre du jury à l’Exposition d’hygiène de Rruxelles(1876), membre des comités d’admission et d’installation à l’Ëxposition universelle de 1878.................
- B. Spence, esq................................................. Angleterre.
- Scumitz, ingénieur de la Compagnie parisienne du gaz, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878..............................................
- Truelle, suppléant, juge au tribunal de commerce, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.........
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- La classe 53 comprenait, à l’Exposition universelle de 1878,Ce matériel de toutes les industries où la chimie joue un rôle prépondérant, soit qu’elle intervienne parce que l’industrie elle-même repose sur ses principes (stéarinerie, savonnerie, fabrication du gaz, etc.), soit qu’elle apparaisse comme élément important du fonctionnement de certains instruments ou appareils dus à l’esprit inventif du mécanicien ou du constructeur.
- France.
- France.
- France.
- Classe 53.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- On comprend, par là, combien est considérable le nombre des industries dont le matériel peut rentrer dans le cadre de cette classe.
- Si deux professions seulement, la pharmacie et la tannerie, y sont particulièrement désignées en ce qui concerne le matériel de la fabrication de leurs produits spéciaux, il en est beaucoup d’autres qui peuvent être comprises sous la désignation générale de matériel des arts chimiques.
- La classification soumise au comité d’admission ne comprenait, en effet, pas moins de quatorze à quinze industries différentes dont le matériel devait figurer dans cette classe.
- Il est facile de s’en rendre compte par la lecture du tableau dressé pour les comités d’organisation et d’installation :
- i° Ustensiles et appareils des laboratoires de chimie;
- 2° Appareils et instruments destinés aux essais industriels et «ommerciaux ;
- 3° Matériel et appareils des fabriques de produits chimiques en général;
- h° Matériel et appareils des fabriques de savons;
- 5° Matériel et appareils des fabriques de bougies;
- 6° Matériel et procédés de la fabrication des essences;
- 7° Matériel et procédés de la fabrication des vernis;
- 8° Matériel et procédés delà fabrication des objets en caoutchouc et en gutta-percha;
- q° Matériel et appareils des usines à gaz ; î o° Matériel et procédés des blanchisseries ; ii° Matériel de la préparation des produits pharmaceutiques; 12° Matériel des ateliers de tannerie et de mégisserie; i3° Matériel et procédés des fabriques de verrerie; î h° Matériel et procédés des fabriques céramiques.
- On remarquera que, dans cette énumération, on indique, pour certaines industries, le matériel et les appareils seulement, tandis que, pour d’autres, on mentionne en plus les procédés de fabrication.
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- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- Il est évidemment difficile, au moins dans un grand nombre de Gr. vi. cas, de séparer complètement le procédé de l’instrument ou des appareils qui servent à le mettre en œuvre. Il est également à peu près impossible de se prononcer sur la valeur et la construction d’un outillage spécial sans connaître le procédé de fabrication auquel il est destiné.
- Le comité d’admission de la classe 53, présidé par M. Wurtz, signala, dès le début de ses travaux, la difficulté pour le jury de séparer deux choses aussi étroitement liées.
- M. Wurtz alla même plus loin en demandant un jury et une classe uniques pour les produits manufacturés et les appareils destinés à les fabriquer.
- Il n’était pas commode de donner satisfaction au président de la classe, car il aurait fallu, dans ce cas, procéder à un remaniement complet de la classification adoptée par la Commission supérieure et fondre en quelque sorte le groupe V avec le groupe VI.
- Cependant il est regrettable, au point de vue de la facilité de l’étude, qu’on n’ait pas au moins cherché à rapprocher dans le Palais le matériel et les produits des mêmes industries.
- Dans bien des cas, ils se sont trouvés très éloignés les uns des autres ; et particulièrement en ce qui concerne les industries chimiques, il était difficile de se reporter du produit à l’instrument, caria classe A 7 était située auprès de l’Ecole militaire, tandis qu’on avait assigné à la classe 53 une place dans la grande galerie des machines, du côté du pont d’Iéna.
- Si je me permets cette légère critique pour un des détails de cette organisation qui a été si admirablement conçue, sous tous les autres rapports, c’est pour répondre aux observations fréquentes faites à ce sujet par les membres du jury et par les visiteurs, et dans l’espoir qu’elle attirera l’attention des commissions d’organisation chargées des expositions futures.
- Presque toutes les industries désignées nominativement comme appartenant à la classe 53 ont répondu à l’appel qui leur a été fait par les soins du comité d’admission, et elles ont été dignement représentées à l’Exposition, surtout dans la section française.
- Seule l’industrie du caoutchouc et de la gutta-percha a fait dé-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. VI. faut. Les grands industriels placés à la tête des principales mai-sons, après avoir pris des engagements auprès du comité, se sont retirés au dernier moment, quelques-uns même après l’ouverture de l’Exposition.
- Je signale avec regret cette lacune, car l’outillage de cette intéressante industrie, qui figurait à l’Exposition de 1867, avait contribué pour une bonne part à rendre intéressante la classe qui nous occupe.
- Sans vouloir approfondir les raisons de l’abstention de nos fabricants français, qui se sont contentés d’exposer leurs produits dans la classe 47, je crois qu’il en faut voir la cause dans l’absence d’appareils et d’instruments analogues dans les sections étrangères où pas un seul type n’était exposé.
- Il est à espérer que, dans l’avenir, pareil fait ne se renouvellera pas, car si les fabricants étaient retenus par la crainte de montrer à leurs concurrents les procédés et l’outillage qu’ils mettent en œuvre, les expositions internationales cesseraient bientôt d’avoir leur raison d’être.
- Je me hâte d’ajouter, du reste, que cette lacune est la seule à signaler dans la classe 53, car toutes les autres industries y ont été largement représentées.
- Le chiffre des exposants français de cette classe, qui a été de 2 2 5 en 1878, alors qu’il n’atteignait que celui de tio en 1867, en fournit la meilleure preuve.
- La même proportion se retrouve aussi dans le nombre des exposants étrangers que le jury a eu à examiner. Il a été de 90 en 1878, et en 1867 on comptait seulement une vingtaine d’exposants en dehors de la section française.
- C’est surtout pour le matériel des industries de la fabrication du gaz d’éclairage et de la blanchisserie que les étrangers figurant dans notre classe ont été nombreux.
- L’Angleterre, la Suisse, la Belgique, étaient particulièrement très bien représentées pour les appareils spéciaux à la fabrication du gaz.
- L’Amérique, le Canada et l’Angleterre ont exposé des appareils nombreux destinés au blanchissage, et, pour la plupart, ils étaient
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- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
- au moins aussi bien conçus, sinon mieux, que ceux que nous avons Gr. VI.
- eu à examiner dans la section française.
- ^ Cl 53
- La grande diversité des industries dont Toutillage figurait au
- Champ de Mars dans la classe 53 rend, on le comprend, très difficile la tâche du rapporteur chargé de faire ressortir les mérites des appareils et des procédés dignes d’intérêt qui ont été l’objet des récompenses que le jury a eu à distribuer.
- Pour mener à bonne fin ses opérations et pour se prononcer avec toute équité, les membres du jury de la classe 53 ont usé largement de la faculté que leur accordait le règlement de s’adjoindre des hommes compétents à titre d’experts, et le jury croit devoir remercier ceux qui ont bien voulu le seconder dans la tâche délicate qu’il avait à accomplir.
- MM. Joret, pour l’examen des appareils spéciaux à la stéarinerie, Salvetat, pour la céramique et la blanchisserie, Clémandot, pour la verrerie, Cailletet, pour l’industrie du platine, Gallien et Bayvet, pour le matériel des ateliers de tannerie et de mégisserie, nous ont apporté un concours dévoué qui a contribué, dans une large mesure, à nous permettre d’achever en temps utile cette lourde besogne pour laquelle nous n’avons eu à disposer que d’un laps de temps très restreint. Leurs lumières nous ont été d’autant plus utiles que le nombre déjà très restreint des membres du jury de la classe 53 s’est trouvé diminué dès le début de son fonctionnement.
- Nous avons eu le regret, après les premières séances du jury, de voir notre éminent président, M. Wurtz, qui avait apporté un concours si dévoué à la classe comme président du comité d’admission , se retirer pour accomplir une mission qui lui avait été confiée par M. le Ministre de l’instruction publique. Il a été remplacé dans ses fonctions de président par M. Le Blanc, vice-président.
- Au nom du jury, je dois adresser ici des éloges aux membres du comité d’installation, et principalement à son président, M. Poirrier, et à son vice-président, M. Morane, pour les soins dévoués et intelligents qu’ils ont apportés, avec le concours de l’ingénieur de la classe, M. Berthot, à la bonne distribution des produits exposés.
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- Gr. VI. Cl. 53.
- Heureusement, en ce qui concerne les progrès dus à l’outillage et aux procédés nouveaux de certaines industries spéciales, telles que la verrerie, la céramique, la savonnerie, la sléarinerie, etc., le lecteur trouvera tous les renseignements désirables dans les travaux de mes collègues les rapporteurs du groupe III et du groupe IV, qui se sont acquittés de cette tâche avec une compétence à laquelle je ne saurais prétendre.
- Pour l’importante industrie du gaz, dont la description du matériel, de jour en jour plus perfectionné, demande des connaissances spéciales, M. Schmitz, mon collègue du jury, a bien voulu publier un rapport très complet et très étendu sur ce sujet. Il y a joint la description des machines afférentes à diverses industries de la classe 53.
- Pour la partie qui concerne le matériel de l’industrie du tanneur, nous avons fait appel à la compétence incontestable de M. Gallien, membre du comité d’admission et d’installation de la classe 53.
- Enfin, pour ce qui concerne les procédés de dosage, d’analyse et de recherches dans les laboratoires, outre les renseignements très complets qu’on trouvera dans le rapport de la classe 15 (instruments de précision), M. le professeur Félix Le Blanc, président du jury de notre classe, s’est chargé de rédiger quelques généralités chimiques sur les matières afférentes à quelques sections de notre classe et diverses descriptions spéciales.
- Ils ont su les classer et les grouper de façon à faciliter les opérations du jury et à rendre en même temps commodes les recherches des visiteurs.
- Si la variété des industries représentées dans la classe 53 a imposé aux membres du jury la nécessité de faire appel aux lumières des personnes compétentes que j’ai mentionnées plus haut, on comprendra facilement que le rôle d’un rapporteur unique pour tant de questions diverses doit être particulièrement délicat.
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- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
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- Je me réserverai donc particulièrement, dans ce rapport, la partie relative au matériel de la préparation des produits pharmaceutiques, comme rentrant directement dans ma spécialité.
- De cette façon, nous avons essayé de répondre aux idées de Té-minent ministre qui a si habilement dirigé la grande Exposition de 1878. A la réunion générale des rapporteurs présidée parM. Jules Simon, M. Teisserenc de Bort a, en effet, exprimé le désir de voir couronner cette grande entreprise par la publication de rapports intéressants et complets. Or, il m’a semblé que le meilleur moyen pour atteindre ce but était de laisser traiter certaines questions spéciales par ceux de mes collègues du jury qui étaient tout particulièrement compétents pour le bien faire.
- Limousin.
- Gr. VI. Cl. 53.
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- La révolution considérable accomplie dans la mécanique par les progrès des sciences physiques et chimiques, au développement desquelles les pharmaciens du siècle dernier ont contribué pour une large part, a forcément amené dans le matériel et l’installation de leurs laboratoires des transformations profondes.
- La facilité avec laquelle on utilise maintenant la vapeur, l’eau, le gaz, l’électricité, a totalement changé les anciennes conditions de l’outillage pharmaceutique.
- Le pharmacien éloigné des grands centres, et qui n’est pas à même, dans bien des cas, d’employer ces agents indispensables, devient forcément le tributaire des laboratoires spéciaux organisés dans des conditions favorables. C’est l’origine et la raison d’être des grands établissements de fabrication qui se sont créés depuis un certain nombre d’années.
- Depuis la dernière Exposition universelle de 1867, la pharmacie française a accompli de véritables progrès dans son outillage. C’est grâce aux appareils ingénieux, la plupart conçus et exécutés depuis cette époque, qu’elle a pu obtenir un dosage plus rigoureux des médicaments et des conditions meilleures de conservation des produits. C’est aussi grâce à l’intervention des moyens mécaniques qu’elle a pu résoudre une grande partie du problème intéressant pour les malades : dissimuler le goût répugnant des drogues pharmaceutiques et les présenter sous des formes agréables et d’une administration facile.
- Il suffit de citer les papiers ou tissus emplastiques, les sinapismes et cataplasmes en feuilles, les capsules, les dragées, les perles, les cachets médicamenteux, les pastilles, les extraits concentrés dans le vide, les poudres impalpables, etc., pour montrer que toutes les préparations ont été créées et perfectionnées grâce
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- Gr. vi. à des appareils dont la conception a demandé de véritables efforts aux inventeurs.
- Cl 53
- Cet outillage spécial a occupé une place importante dans la classe 53. Le visiteur y a trouvé une collection très complète d’appareils à filtrer et à dialyser. 11 y a vu également de nombreux spécimens de presses, turbines, cylindres, sparadrapiers, piluliers mécaniques, alambics et bassines à vapeur, récipients à évaporer dans le vide, enfin presque tous les appareils destinés à obtenir avec facilité ces divers produits de Tart pharmaceutique, qui, par leurs qualités et leurs avantages, se sont imposés sur le marché du monde entier.
- En résumé, le nombre environ dix fois plus considérable qu’en 1867 des exposants spéciaux qui figurent dans la section du matériel de la pharmacie démontre qu’un progrès notable a été accompli chez nous pendant ces dix dernières années.
- Ce progrès s’est manifesté par l’exhibition d’un assez grand nombre d’appareils ingénieux, de création récente, et par les perfectionnements apportés à ceux qui faisaient déjà partie des laboratoires de pharmacie.
- Il convient de signaler, parmi les appareils de création nouvelle, les machines à fabriquer les sinapismes et les cataplasmes en feuilles, les piluliers mécaniques et les disques pour arrondir les granules, les instruments spéciaux pour la préparation des cachets médicamenteux et des gélatines médicinales, les compte-gouttes de précision, les dialyseurs, les appareils à filtration continue et les appareils à compter et à timbrer les pilules.
- Parmi les instruments qui existaient déjà et qui ont été l’objet de perfectionnements remarquables, citons : les appareils à préparer les capsules, les perles, les pastilles et les dragées, les bassines et les alambics chauffés par la vapeur ou par l’air chaud, les instruments à triturer automatiquement les pommades et les onguents, les appareils à lixiviation et à distillation continue, les machines à broyer les semences et les écorces, les étuves à température constante, et enfin les fourneaux à gaz perfectionnés et
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- .modifiés spécialement pour les besoins de notre industrie. A ce Gr. vi. propos, je dois signaler une lacune.
- C’est avec un vif regret que les comités d’organisation et le jury d es récompenses ont constaté l’abstention de certains établissements qui auraient dû apporter un contingent sérieux à cette grande manifestation de l’industrie française.
- La Pharmacie centrale des hôpitaux civils et la Pharmacie centrale des hôpitaux militaires n’ont pas été représentées à l’Exposition de 1878.
- La commission d’organisation et celle des récompenses ontpensé que ces établissements, relevant de deux grandes administrations publiques, auraient dû occuper une place importante dans une exposition destinée à attirer l’attention sur les progrès accomplis dans l’outillage et l’agencement des laboratoires pharmaceutiques.
- Quel est le motif qui les a déterminés à se tenir à l’écart ? Nous l’ignorons.
- Je dois cependant, au nom du jury, manifester tous ses regrets d’avoir eu à constater que ces importantes institutions, qui doivent réaliser les conditions les plus favorables pour faire progresser notre art et pour servir de modèles aux laboratoires particuliers, n’aient pas jugé à propos de figurer dans notre classe. Le jury signale l’abstention de ces établissements dans l’espoir que, dans les nouvelles expositions universelles, ils auront à cœur de remplir dignement la place qu’ils doivent occuper.
- Dans l’état actuel de la pharmacie en France, il existe deux courants dans lesquels peuvent s’engager ceux qui cherchent à perfectionner et à développer leur art: la science pure et la pratique industrielle et commerciale.
- Ces deux tendances ne sont pas opposées l’une à l’autre, commé certains pharmaciens, trop exclusifs dans leur manière de voir, paraissent le croire; au contraire, elles se complètent en concourant au même but : le progrès d’une profession qui intéresse à un si haut point la santé publique.
- Quand l’homme de science, dans son laboratoire, a eu la bonne forlune de découvrir un nouvel agent thérapeutique, il n’a ac-
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- Gr. VI. Cl. 53.
- compli, au point de vue de l’art de guérir, que la moitié de la besogne. Au praticien reste le soin de compléter son œuvre en propageant et en vulgarisant l’objet de cette découverte. C’est lui qui doit rechercher les moyens les plus faciles et les plus économiques pour obtenir le produit à l’état de pureté parfaite; c’est lui qui, après avoir étudié sa nature et ses propriétés, doit s’efforcer de le présenter sous une forme qui en assure la conservation et en facilite l’administration.
- II est difficile de toucher à cette question de la pratique professionnelle sans aborder ce point si controversé de la spécialité pharmaceutique, et de ne pas se prononcer sur ses inconvénients et sur ses avantages.
- Si l’on exclut de la spécialité pharmaceutique tout ce qui constitue l’exploitation directe du public en lui faisant croire aux vertus imaginaires et à l’infaillibilité de certains remèdes plus ou moins secrets ou de composition mal définie, il faut bien reconnaître que c’est à elle que sont dus presque tous les progrès sérieux, accomplis dans notre profession depuis les dernières années.
- Comme l’annonce, qui est indispensable à son expansion, la spécialité est à la fois la meilleure et la pire des choses, suivant qu’elle s’applique à un médicament utile et sérieux, ou à l’une de ces panacées ridicules qui s’étalent souvent à la quatrième page des journaux.
- On s’étonnera peut-être qu’à propos des appareils et du matériel de l’art pharmaceutique, j’aie cru devoir toucher à la question des médicaments spéciaux; voici pourquoi j’ai pensé qu’il était indispensable de le faire.
- Les produits spéciaux sérieux qui peuvent rendre des services aux malades et à la thérapeutique nécessitent tous des procédés et des appareils particuliers.
- Sans les instruments et les dispositions ingénieuses imaginés pour les obtenir, ils n’existeraient pas. C’est grâce à ces moyens que certains pharmaciens ont pu les créer et s’assurer pendant longtemps le monopole exclusif de leur vente; mais, sous ce dernier rapport, la situation de ces derniers a été profondément modifiée depuis l’Exposition de 1867.
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- A cette époque, un très petit nombre d’appareils et de machines Gr. VI figuraient dans la classe 53, et encore tous étaient exposés par C1~3 des pharmaciens qui exploitaient spécialement pour eux les produits qu’ils étaient destinés à transformer. Aujourd’hui la situation est différente. Les procédés de fabrication et les instruments ingénieux dus à ces novateurs intelligents sont entrés dans le domaine public. Ils se sont imposés comme s’imposent toutes les choses utiles, et maintenant les constructeurs et les fabricants, après les avoir perfectionnés, les vulgarisent en les mettant à la disposition de tous les pharmaciens ou fabricants de produits pharmaceutiques.
- Au point de vue particulier de l’intérêt et du développement de l’industrie pharmaceutique française, l’exhibition et la propagation de ces appareils peuvent paraître fâcheuses. Elles auront, en effet, pour conséquence l’inconvénient de mettre entre les mains des étrangers des instruments qui leur permettront de s’affranchir de notre intermédiaire; mais il restera à notre pays et à notre profession l’honneur d’avoir fait faire de grands progrès à un art qui est demeuré jusqu’à ce jour très arriéré dans presque toutes les contrées de l’Europe.
- Les médicaments préparés en France, par des procédés ingénieux et sous des formes séduisantes et commodes, s’exportent dans toutes les contrées du monde.
- Leur vente représente un chiffre important, assez important même pour qu’un honorable sénateur, plus zélé à l’endroit des innovations budgétaires que compétent dans la question du commerce pharmaceutique, ait cru devoir proposer à la Chambre et au Sénat de les frapper d’un impôt spécial.
- Si M. de Lorgeril s’est exagéré et le chiffre réel de la vente des produits pharmaceutiques et les ressources que leur imposition pourrait procurer au budget, le seul fait d’avoir attiré l’attention sur cette question démontre quelle extension a su prendre, en France, un commerce dont, jusqu’à ce jour, notre pays partage en quelque sorte le monopole exclusif avec l’Angleterre.
- L’adoption du projet de M. de Lorgeril aurait eu certainement pour résultat d’arrêter le mouvement progressif qui s’est manifesté
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- depuis un certain nombre d’années dans notre art, et cela au profit des fabricants de produits pharmaceutiques des autres pays.
- Il faut s’empresser, du reste, de reconnaître que la faveur incontestable dont jouissent nos produits auprès des étrangers est due, en grande partie, à la garantie offerte au public par les études sérieuses et les connaissances, de jour en jour plus complètes, que les pharmaciens puisent dans nos écoles. En effet, à part l’Angleterre et les Etats-Unis, où l’exercice de la profession pharmaceutique n’est pas soumise à des mesures restrictives et souvent vexatoires, qui obligent celui qui l’exerce à rester l’exécuteur passif d’un formulaire officiel, aucune nation n’a été sérieusement représentée à l’Exposition de 1878.
- Il en était de même aux récentes expositions de Vienne et de Philadelphie. Cette situation ne se modifiera qu’autant que le pharmacien sera affranchi des entraves imposées à l’exercice de sa profession.
- Il devrait, à notre avis, l’exercer librement, sous la seule responsabilité d’un diplôme acquis au prix d’études sérieuses, qui constituent, pour le public, une garantie complète.
- Comme le médecin, il devrait avoir le droit d’exercer sa profession sans aucune entrave, en se conformant, bien entendu, aux lois, ordonnances et prescriptions qui sont de droit commun.
- Du reste, les progrès que nous avons eu l’occasion de constater dans la profession pharmaceutique en France sont dus à ce que l’intérêt du public et le bon sens des tribunaux ont, pour ainsi dire, abrogé les dispositions restrictives des lois bizarres et surannées qui la réglementent.
- Il n’est pas douteux que le jour prochain où une nouvelle loi libérale viendra vivifier cette profession, elle prendra, dans notre pays, un essor qui la maintiendra au premier rang, et qui servira d’exemple aux pays voisins qui voudront nous imiter et rivaliser avec nous dans la voie du progrès.
- La substitution du travail mécanique au travail manuel, pour la préparation d’un grand nombre de produits, a créé, en France, une situation nouvelle et avantageuse pour le pharmacien.
- C’est ainsi qu’il a été affranchi d’une besogne matérielle, sou-
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- vent fastidieuse et pénible, qui l’empêchait d’utiliser ses connais- Gr. vi. sances spéciales et le fruit de ses longues études à des recherches ou à des travaux d’un ordre plus élevé.
- Aujourd’hui le pharmacien, grâce à son instruction complète au point de vue théorique et pratique, est à même de contribuer, pour une part sérieuse, au progrès des sciences qui lui ont été enseignées.
- C’est, du reste, bien plus en prouvant qu’il est apte à reconnaître l’identité, la pureté et la bonne qualité des médicaments ou des préparations qu’il emploie, qu’en montrant qu’il est capable de les préparer matériellement lui-même, qu’il répond à ce que le public est en droit d’attendre de lui.
- Je n’ai pas la prétention de présenter cette manière de voir comme m’étant toute personnelle. Elle a été développée avec toute l’autorité qui s’attache au savant professeur qui a dirigé si longtemps l’Ecole de pharmacie de Paris. L’honorable M. Bussy, dans un discours de rentrée prononcé à l’Ecole peu de temps avant de prendre une retraite si bien méritée par de longs et honorables services rendus à l’enseignement de la pharmacie, a insisté, d’une façon toute particulière, sur ce point qui intéresse l’avenir de notre profession. Je ne fais ici que me retrancher derrière sa compétence et son autorité que je considère comme indiscutables.
- Avant de terminer cet aperçu, je crois utile de bien établir les progrès sérieux accomplis depuis 1867 dans le matériel pharmaceutique.
- A cette époque, M. Vée, l’honorable et savant collègue chargé du rapport spécial sur ce sujet, montrait l’utilité qu’il y aurait pour le pharmacien à adopter, pour les besoins spéciaux de son laboratoire, les instruments déjà employés dans diverses industries similaires. Il insistait sur les avantages qu’on pourrait retirer de l’utilisation de la vapeur, de la chaleur perdue pour chauffer les appareils à évaporer les liquides, et enfin il signalait les services que pourrait rendre une machine à fabriquer mécaniquement les pilules.
- Sous tous les rapports, les lacunes constatées par notre distingué collègue ont été comblées, car l’Exposition de 1878 nous
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- Gr. VI. a montré de nombreux spécimens de tous ces appareils, spécia-lement disposés pour la fabrication des produits pharmaceutiques.
- A la suite de cet exposé général, qui est, en quelque sorte, un tableau d’ensemble de la physionomie de l’exposition des instruments et appareils spéciaux à la profession pharmaceutique, je crois devoir donner quelques détails sur les expositions individuelles des principaux fabricants et pharmaciens qui figuraient dans la classe 53.
- En raison du nombre considérable des personnes qui ont pris part à l’Exposition de 1878, il n’a pas été possible à l’Administration d’indiquer le motif de la récompense dans le catalogue qui a dû être imprimé avant la cérémonie du 21 octobre. Le temps matériel a manqué pour reproduire, à la suite du nom de l’exposant, l’indication des inventions ou des perfectionnements qui motivaient la récompense.
- Je citerai M. Égrot,dont les appareils industriels ne surpassent pas en bonne construction ceux qui sont spéciaux à notre profession. On doit mentionner particulièrement son installation pour tisanerie d’hôpital.
- Citons encore, parmi les médailles d’argent, bon nombre de pharmaciens qui s’étaient jusque-là tenus en dehors des expositions et qui ont montré que c’était à tort que leur modestie les avait jusqu’alors écartés de ce grand mouvement auquel leur profession doit participer comme toutes les autres:
- MM. Adrian et Cle, pour leurs piluliers et leurs pastilleuses mécaniques ingénieusement construits, qui leur ont valu une médaille d’argent, et au constructeur-collaborateur, M. Fialon, une médaille de bronze.
- M. Berquier, pharmacien à Provins, qui a prouvé qu’avec les ressources limitées que procure une petite ville, on peut arriver à exécuter des perfectionnements sérieux dans l’ancien outillage classique. De même que le collaborateur de M. Adrian, celui de M. Berquier, M. Landry, fabricant, a été honoré d’une médaille de bronze pour sa participation intelligente à l’exécution des idées ingénieuses et pratiques du pharmacien de Provins.
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- M. Bréhier. qui exposait de très beaux modèles d’alambies et Gr. VI.
- d’instruments en cuivre pour les laboratoires.
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- M. Deroy bis aîné, pour la bonne construction de ses bassines et alambics.
- AL Lebaiguc avait une vitrine remarquable par l’ingénieuse disposition d’un système de filtres dialyseurs et par une série de tubes compte-gouttes, servant à la démonstration du principe qu’il a, le premier, déterminé pour arriver à la construction facile d’instruments donnant toujours des gouttes égales et de même poids.
- M. Plauchud, pharmacien de Forcalquier, a exposé une série de tubes contenant des sulfuraires se développant dans un courant d’eau sulfatée, pour opérer la démonstration du phénomène intéressant qu’il avait signalé à l’Institut à la fin de 1877, c’est-à-dire l’action réductrice des sulfuraires sur les sulfates, et leur transformation en sulfure.
- Ces phénomènes sont intéressants au point de vue de l’explication de l’origine de certaines sources minérales sulfureuses.
- Al. Raspail a exposé un système de filtre multiple, à niveau constant, très bien conçu, ainsi que des siphons à transvasement ou à décantation , également très ingénieux.
- La maison Bigollot (fabrique de moutarde en feuilles pour sinapismes), à défaut de l’appareil lui-même, qui n’aurait pas occupé moins de 3o à ào mètres de longueur, a envoyé des plans et des réductions de l’outillage ingénieux conçu par AL Afartin. La disposition de cet appareil permet de fabriquer, d’une façon continue, un nombre considérable de sinapismes en feuilles, tout en supprimant pour les ouvriers les émanations dangereuses du sulfure de carbone, qui sert de dissolvant au caoutchouc destiné à emprisonner dans ses mailles la farine de moutarde, privée d’huile fixe par l’action dissolvante du pétrole.
- M. Derriey, pour ses appareils à fabriquer les pastilles et à pé-Irir mécaniquement la pâte à pastilles, instruments exposés par la Compagnie fermière de l’établissement thermal de Vichy.
- Citons, parmi les médailles de bronze :
- AL Balland, qui a exposé un instrument à l’aide duquel on peut
- (liasse 53.
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- Gr. VI. obtenir rapidement, et en grande quantité, par un procédé en quelque sorte mécanique, des pilules, rondes ou ovales, destinées à la dragéification.
- M. Bravais, pour son application des cadres dialvseurs de Du-brunfaut à la dialyse du fer.
- MM.Brewer frères,pour leurs instruments en verre si bien gradués et si rigoureusement construits.
- M. Collin, pour la fabrication de sa verrerie pharmaceutique et pour son procédé de fabrication des étiquettes vitrifiées par une mixture lithographique spéciale, procédé qui supprime le brossage de l’émail, opération nuisible à la santé des ouvriers.
- M. Dufour, d’Orléans, pour un système de filtre très ingénieux dans lequel il utilise la force ascensionnelle de la colonne du liquide à filtrer, pour activer l’opération et pour quelle se fasse de bas en haut, contrairement au système ordinaire.
- MM. Fumouze frères, qui exposaient un pulvérisateur, dû à M. Marinier, instrument différant essentiellement de celui de Richardson, en ce que la pulvérisation du liquide est produite par un système de vis métallique, moins fragile que les tubes de verre, et qui permet d’obtenir à volonté, suivant l’écartement que l’on donne à lavis, une pulvérisation plus ou moins fine des liquides médicamenteux.
- M. le docteur Gannal, qui a exposé un densimètre hydrostatique très pratique, basé sur le principe d’Archimède. Cet instrument permet d’obtenir rapidement, par la balance et sans calcul, le poids spécifique de tous les liquides et particulièrement de ceux qui sont épais ou visqueux. Il est constitué par des olives en verre ou en métal, d’un volume déterminé. Après les avoir fixées à un fil léger, on les introduit dans le liquide dont elles déplacent un poids qui permet de déterminer immédiatement la densité cherchée.
- M. Garnaud, pour son porte-acide, permettant de remplacer l’acide tartrique par l’acide sulfurique dans les appareils Briet.
- M. Gastoud, de Lyon, pour ses instruments à préparer les pastilles et pâtes pharmaceutiques.
- M. Guichard, pour son exposition de divers appareils de labora-
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- ,toire très bien construits : mortiers en fer, piluiiers, sparadrapiers, spatules, etc.
- M. Issanjou, de Castelsarrasin, pour son moulin tamiseur de laboratoire, qui broie et tamise, en quelque sorte, simultanément la graine de lin ou de moutarde, pour les transformer en poudre. Cet appareil est muni d’un cadran indicateur, qui a l’avantage de déterminer l’écartement qu’il faut donner aux cylindres pour obtenir une poudre d’une grosseur convenable.
- M. Lagorse, pour son exposition de vases en étain, bien conçus et très bien fabriqués, de pots à tisane, mouloirs, digesteurs, etc.
- MM. Laurent père et fils, pour la bonne fabrication de filtres plissés à la mécanique.
- M. Leard, pour ses instruments divers, destinés à la pharmacie : injecteurs, filtre-gouttes, etc.
- M. Legrip, pour son instrument destiné à la diétbéralyse, opération préconisée par l’auteur et qui consiste à séparer, au moyen de l’éther, les principes extractifs végétaux à l’état frais. Par sa disposition, il permet, en outre, de recueillir l’étber ayant servi à l’opération.
- M. Magne-Lahens, de Toulouse, pour ses appareils destinés à diviser le goudron et a faciliter la dissolution de cet agent médicamenteux.
- M. Mondollot, pour ses appareils portatifs destinés à la production de l’acide carbonique gazeux.
- M. Pinchon, d’Elbeuf, pour les utiles instruments qu’il a imaginés pour contrôler la pureté des différentes huiles commerciales.
- Cet instrument, qu’il nomme aréomètre thermique, a pour but de dispenser de toute correction de température. Son aréomètre porte, sur un des côtés de sa tige, des degrés qui doivent toujours concorder avec ceux du thermomètre qu’il renferme, quand il est plongé dans une huile sans mélange.
- M. Samain, de Blois, pour son modèle réduit de presses à leviers brisés, presses qui sont depuis longtemps connues et qu’il fabrique également pour la grande industrie.
- M. Serrin, pour un vide-tourie, qui, par sa disposition ingénieuse et commode, permet à un seul opérateur de fixer facile^-
- Gr. VI. Cl. 53.
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- Gr. vi. ment, sur l’instrument, une tourie d’acide et d’en verser Je, contenu Cl”53 .îuscIu’à c^erili<Jre Routle dans le récipient placé au-dessous.
- M. Thomas, pour la disposition intelligente et raisonnée de ses appareils, destinés à fabriquer le coton iodé et à le maintenir dans un bon état de conservation.
- M. Vial, pour l’exposition de deux appareils ingénieux : i° un disque à arrondir les pilules, dont l’anneau mobile, tout en maintenant le plateau supérieur, lui permet de prendre une position convenable pour mener à bien l’opération; 2° une petite machine à imprimer les pilules. Par la disposition de cet instrument, les pilules sont forcées de passer, une à une, sous une petite roue gravée, qui reproduit circulairement à leur surface le nom du fabricant ou l’indication du médicament.
- M. Yiel, de Tours, pour son ingénieux capsulaleur, avec lequel on peut obtenir, par une fabrication en quelque sorte continue, des perles gélatineuses renfermant des liquides volatils, tels que l’éther, le chloroforme, etc.
- M. Yvon, pour les divers objets de son exposition : uréomèlre de poche, photomètre, siphon régulateur pour filtration continue et hygromètre à condensation.
- M. Lejeune, pour ses siphons destinés à transvaser les liquides gazeux.
- Je ne serais pas complet si j’oubliais de mentionner certains exposants. Répondant à l’appel de M. Tresca, qui avait pris l’initiative d’une exposition d’ouvrages et de publications techniques, plusieurs pharmaciens ont fourni un contingent sérieux à la Bibliothèque technologique organisée par ses soins.
- Tous ces ouvrages ont été examinés par le jury et plusieurs ont été jugés dignes d’ètre récompensés. Citons, entre autres publications qui intéressent la profession pharmaceutique : YOJ/ïcine, de Dorvault, Y Aide-mémoire de pharmacie, de Ferrand, le Cours de botanique élémentaire, de Rodet et Mussat, le Gaule des engrais chimiques, de Joulie, la collection du Répertoire de pharmacie et Journal de chimie médicale réunis, de M. Eugène Lebaigue, les Spectres lumineux, de Lecoq de Boisbaudran, etc.
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- SECTIONS ÉTRANGÈRES.
- Gr. VI.
- Cl. 53.
- Les nations étrangères n’ont pas été, à beaucoup près, aussi largement représentées que la France, sous le rapport des instruments et du matériel de Part pharmaceutique; cependant le jury de la classe 53 a examiné et récompensé un certain nombre d’appareils et de procédés qui intéressent, soit directement, soit indirectement, la profession de pharmacien.
- AUTRICHE-HONGRIE.
- Le catalogue de l’exposition autrichienne indiquait un assez grand nombre d’exposants pour les appareils de chimie et de pharmacie.
- Malheureusement beaucoup d’entre eux ont manqué à l’appel; aussi, parmi ceux qui ont fait acte de présence, ne pouvons-nous citer que M. J. Weinzierl, deVienne, qui a exposé, avec divers instruments de laboratoire, un appareil pour l’essai des vins et des cidres, dû au professeur Cari Reitlechner, de KIosterneubourg.
- Cet exposant a obtenu une médaille de bronze.
- SUÈDE.
- Le royaume de Suède était principalement représenté, dans notre classe, par deux exposants:
- M. Munktell, qui exposait le fameux papier suédois de la fabrique de Grycksbo.
- Ce papier, dit de Berzélius, ne contient que de la cellulose très pure, et ne laisse, pour ainsi dire, aucune matière étrangère après son incinération.
- Sa qualité véritablement supérieure, qui a été constatée par le jury, tient à diverses causes : au choix minutieux de la matière première, à sa fabrication, à laquelle on ne procède que pendant les mois les plus froids de l’hiver, et enfin à la pureté de l’eau spéciale employée dans la préparation de la pâte. Son prix varie de 35 à ho francs la rame. U a été accordé à M. J.—II. Munktell une médaille d'argent.
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- M. Alsing, de Stockholm, a exposé un cylindre à pulvérisation, destiné à réduire en poudre impalpable, par voie sèche, les substances les plus dures.
- La pulvérisation s’obtient par l’action d’un nombre considérable de gobilles, en cailloux du Groënland, d’une dureté remarquable, qui, par leur frottement, divisent à l’infini les substances introduites dans le cylindre mis en mouvement.
- Cet appareil, malgré sa disposition un peu primitive, est particulièrement employé en Chine pour la pulvérisation du kaolin destiné à la fabrication des porcelaines de qualité supérieure et il y rend de grands services.
- M. Alsing fabrique aussi de petits appareils réduits, spéciaux pour l’usage des chimistes et des pharmaciens.
- Il a obtenu une médaille d’argent.
- PORTEGAL.
- Le Portugal n’a exposé que quelques modèles de mortiers, ou grugeoirs en bois, qui n’offraient aucun caractère particulier, digne de fixer l’attention.
- CHINE.
- Par l’intermédiaire de l’administration des douanes impériales de Canton, de Mingpo et de Tamsiu, l’empire de Chine a exposé divers spécimens d’instruments pharmaceutiques : banc et couteau spécial pour diviser les médicaments, mortiers et pilons en pierre, appareils pour la distillation du camphre.
- Tous ces objets, plus curieux par leur caractère primitif que par leur intelligente disposition, auraient été mieux placés dans une exposition archéologique que dans une exposition industrielle.
- Limousin.
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- INDUSTRIES DIVERSES.
- INTRODUCTION.
- Les savants, les ingénieurs et les industriels ne pourront se refuser à reconnaître que la classe 53 présente les caractères d’une exposition des plus complexes et des plus diversifiées.
- En effet, sous le titre de Matériel des arts chimiques, le jury de cette classe a eu à s’occuper:
- I. De quelques découvertes scientifiques importantes : l’une, physique, relative à la liquéfaction des gaz et en rapport avec les applications de la production du froid (l’exposant est M. le professeur Raoul Pictet, de Genève); l’autre, chimique, savoir: la découverte d’un nouveau métal, le gallium, due à M. Lecocq de Boishaudran, innovation qui constitue un nouveau triomphe de la spectroscopie, laquelle a permis d’affirmer, par l’observation des raies spectrales, la présence d’un nouveau corps simple, avant même de l’avoir isolé. Ce beau travail forme une suite importante à ceux de MM. Bunsen et Kirchhoff, de MM. Crooks et Lamy et de MM. Reich et Richter.
- IL Analyse chimique, méthodes analytiques de laboratoire, parmi lesquelles nous signalerons les dispositions, aussi nouvelles qu’ingénieuses et précises, de M. Schlœsing, l’habile professeur et directeur du laboratoire de la Manufacture des tabacs à Paris.
- Les méthodes d’analyses pour les sucres, les spiritueux, telles qu’elles sont pratiquées dans les laboratoires du Ministère des finances du royaume des Pays-Bas. L’installation de ces appareils est due principalement à M. le professeur Günning, avec la collaboration de M. Serrurier.
- Les analyses industrielles des gaz sont représentées par les ap-
- (1) MM. Limousin et Schmitz, jurés de la classe 53, exposants dans cette classe, se trouvaient hors concours.
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- 'lh
- Gr. vi. pareils de M.Orsat, et aujourd’hui bien connus des ingénieurs cl des usiniers.
- Cl. 53.
- III. Quelques appareils se rattachant à l’emploi de méthodes nouvelles ou perfectionnées pour l’industrie de la soude ou des produits connexes.
- IV. Les appareils pour la production de la chaleur, les fours à diverses destinations, pour la cuisson des faïences ou porcelaines, pour la fabrication des gaz de l’éclairage, pour la calcination des divers calcaires à chaux grasse ou hydraulique. La fabrication des matières réfractaires intervenant dans la construction des fourneaux destinés a la production des températures plus ou moins élevées.
- V. Le matériel des usines à gaz de l’éclairage, produit par la distillation de la houille ou d’autres matières premières. Dispositions nouvelles de chargement et de déchargement mécanique des cornues à gaz. La production des fluides gazeux, combustibles, résultant du mélange d’hydrocarbures plus ou moins volatils, mélangés en vapeur avec l’air atmosphérique (systèmes de carburation de l’air).
- Le matériel des compteurs divers, comprenant de nouveaux perfectionnements pour assurer le maintien de l’exactitude de la mensuration du gaz de l’éclairage (compteurs à mesure invariable, etc.).
- VI. Le matériel des verreries et cristalleries. Dans cette section figurent les produits si extraordinaires de la nouvelle industrie du verre trempé.
- VII. Le matériel de la céramique, c’est-à-dire de la fabrication des porcelaines, faïences, grès, creusets et vases réfractaires, pour usines et laboratoires. Machines pour la préparation, le pétrissage et le malaxage des pâtes céramiques.
- VIII. Le matériel des stéarineries, c’est-à-dire de l’industrie de la saponification et de la distillation des corps gras, destinés à la fabrication des bougies. — (Industrie connexe de la savonnerie.)
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- IX. Appareils à évaporation et à distillation. Mensurateurs des Gr. VI produits alcooliques distillés.
- 1 1 Cl. 53
- X. Industrie des cuirs et de la tannerie. Machines diverses pour le travail des peaux et des cuirs.
- XI. Industrie du platine. —Extraction de ce métal de la mine de platine. Anciens procédés. Nouvelle industrie de la métallurgie du platine par voie sèche. Application des principes et méthodes de MM. Henri Sainte-Claire Deville et Debray. Travaux de M. Ma-they. Soudure autogène du platine. Production à l’état de pureté de l’iridium, du palladium, du rhodium, etc. — Connexion avec * les travaux relatifs aux étalons métriques et géodésiques.
- XII. Appareils de buanderie de grande et petite échelle.
- XIII. Matériel de la pharmacie et droguerie.
- XIV. Machines diverses pour quelques autres industries.
- Ou voit, par cette énumération sommaire, combien la tâche des jurés de la classe 53 était complexe. Le jury a cru de son devoir, dans l’intérêt du bon examen des produits exposés, de faire appel à quelques collègues appartenant à d’autres sections et aussi à quelques experts, tels que MM. Salvetat pour la céramique, Debray pour la métallurgie du platine, Clémandot pour la verrerie, Gallien pour les cuirs et peaux, Joret pour la stéarinerie. Qu’il nous soit permis de les remercier ici de leur concours éclairé et empressé.
- Les membres du jury de la classe 53 étaient peu nombreux. Tous réunis, ils ont visité les divers exposants et se sont ensuite partagé le travail de rédaction.
- L’examen du matériel de la pharmacie a été particulièrement l’objet des études de notre collègue M. Limousin, qui s’est chargé de la rédaction de cette partie du rapport.
- M. Schmitz, ingénieur mécanicien, a particulièrement appliqué ses connaissances théoriques et pratiques à l’examen des machines de diverses natures et d’applications diverses. Il a traité aussi avec développement diverses questions se rattachant à la fabrication du gaz de houille. Il a bien voulu rédiger et signer un rapport distinct, à ce point de vue.
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- Gr. VI.
- Cl. 53.
- M. B. Spence, seul membre étranger du jury, et qui n’a malheureusement pu nous accorder son concours que pendant un temps très limité, s’est particulièrement attaché à nous mettre en rapport avec ses compatriotes, exposants de la section anglaise. Grand fabricant de produits chimiques lui-même et exposant dans la classe /17, il a été d’un grand secours à ses collègues pour l’examen des industries de l’Angleterre et de ses colonies.
- M. Truelle, juré adjoint, a accompagné ses collègues dans toutes ses visites et a assisté aux séances de discussion et de votes sur les récompenses proposées.
- Nous croyons devoir témoigner les regrets éprouvés par les membres de la classe 53, au sujet de la démission donnée par M. Wurtz, le savant éminent, nommé par l’Administration, et que nos votes avaient appelé, à l’unanimité, à la présidence. M. Wurtz, chargé d’une mission importante en Allemagne par M. le Ministre de l’instruction publique, n’a pu céder à nos instances et s’est retiré, dès le début des opérations du jury, après avoir pris une part active aux travaux du jury d’admission et du comité d’installation.
- Qu’une remarque nous soit permise, avant de jeter un coup d’œil sur les nombreuses divisions qui peuvent être établies dans la classe 53 et dont nous venons de présenter la liste.
- M. Wurtz, en se séparant de ses collègues, avait témoigné un regret, à l’égard de la création de la classe 53. Ce regret portait sur la séparation du matériel des industries qui se rattachent à la chimie et des produits mêmes de fabrication de ces industries. En un mot, il eût préféré que les nombreuses subdivisions, existant de fait dans la classe 53, fussent réparties dans les diverses autres classes auxquelles ce matériel se rattache. La classe qui a fait l’objet de nos travaux aurait dû, d’après son appréciation, disparaître du catalogue.
- Nous nous sommes permis de consigner ici ce vœu exprimé par un savant éminent, sans vouloir prendre parti dans la question. Celle-ci peut être, en effet, envisagée à un autre point de vue, auquel se sera rattachée, sans doute, la décision de l’Administration. Les constructeurs, les mécaniciens, les fabricants, qui apportent leur matériel pour la transformation et la production des substances
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- chimiques industrielles, ne seraient-ils pas un peu négligés, exposés Gr. VT. même à être un peu perdus de vue, comme ne jouant qu’un rôle C1~3 accessoire aux yeux des jurés de ces industries, si une classe à part ne leur était pas réservée, pour être l’objet d’un jugement distinct, relevant l’importance de leur interventio’n dans les résultats et le succès des diverses industries?
- I. -- TRAVAUX DE M. RAOUL PICTET, DE GENEVE,
- ET DE M. LECOCQ DE BOISBAUDRAN.
- M.le professeur Raoul Pictet,de Genève, qui a exposé, dans une autre classe, sa machine et ses appareils pour la fabrication de la glace artificielle au moyen de l’acide sulfureux liquéfié, expose, dans la classe 53, tous les renseignements, plans et descriptions des appareils qu’il a employés pour réaliser la liquéfaction des gaz, considérés autrefois comme permanents. On sait que, d’après les travaux de Faraday, Thilorier, Natterer, etc., un grand nombre de gaz avaient pu être amenés à l’état liquide, soit par le froid, soit par la compression ou par la combinaison de ces deux modes d’action.
- Il ne restait qu’un petit nombre de gaz ayant résisté à l’action de la compression et du froid, notamment l’oxygène, l’azote, l’hydrogène. En réalisant des compressions plus énergiques et l’abaissement de température considérable produit par la détente des gaz, d’abord liquéfiés par compression, M. Pictet est arrivé à amener l’oxygène à l’état liquide et à produire également la liquéfaction et même la solidification de l’hydrogène. Cette dernière expérience a confirmé une vue émise, il y a plus de quarante ans, par M. Dumas, et étayée plus tard par les expériences de Graham, savoir: que l’hydrogène devait appartenir à la classe des métaux proprement dits.
- Les expériences de M. Raoul Pictet, qui ont exigé l’emploi d’appareils dispendieux et des frais considérables d’expériences, n’ont pu malheureusement être répétés à Paris; mais ces expériences ont été faites, à Genève, en présence des savants les plus distingués et les plus honorables, qui ont pu attester la réalité des importants résultats obtenus. Les bornes de cette notice ne nous permettent pas d’entrer
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- Gr. VI. Cl. 53.
- dans plus de détails. Le jury a décerné à M. R. Pictet une grande médaille.
- A cette occasion, nous avons le devoir de dire qu’un savant ingénieur français, M. Cailletet, à l’aide d’appareils très ingénieux, pouvant réaliser des pressions énormes sur les gaz, qu’on laisse ensuite se détendre subitement, a pu, de son côté, et pour ainsi dire au même moment, réaliser la liquéfaction des gaz dits autrefois permanents, y compris l’oxygène et l’hydrogène. Dans ce système d’expériences, la quantité de gaz liquéfié, quoique très petite, est rendue visible dans un tube capillaire transparent, où apparaît un ménisque liquide ou un nuage.
- Ainsi l’honneur de la découverte est partagé entre un savant français et un savant suisse.
- M. Lecocq de Boisbaudran a ajouté à la liste des métaux isolés, après avoir été prévus par l’analyse spectrale, un nouveau métal, auquel il a donné le nom de gallium et qui n’existe qu’en proportions pour ainsi dire infinitésimales dans certains minerais de zinc. Le nouveau métal est caractérisé par des raies spectrales particulières, et ce sont ces raies, dont l’observation ne se rapportait à aucune substance encore connue, qui ont guidé et soutenu l’auteur dans ses laborieuses recherches. Le traitement de plusieurs centaines de kilogrammes de minerais a fini par fournir à fauteur de petites quantités de composés de gallium, suffisantes cependant pour l’étude. Finalement le gallium a été extrait à l’état métallique. L’ensemble de ses propriétés chimiques le rapproche du zinc et de l’aluminium. Une de ses propriétés physiques les plus curieuses résulte de son point de fusion peu élevé. Il fond, en effet, à + 3 5 degrés environ; il est susceptible d’éprouver, d’une manière très marquée, la surfusion; en effet, il reste très longtemps liquide à une température inférieure à 35 degrés, de sorte qu’on serait tenté de confondre ces globules liquides avec ceux du mercure, seul métal liquide aux températures ordinaires de nos climats. Mais le gallium, chauffé dans un tube du verre, ne se volatilise pas et la confusion ne peut subsister. M. Lecocq de Boisbaudran
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- a exposé, dans une petite vitrine, une série de composés de gallium bien purs et bien délinis, et entre autres substances cristallisées, le gallium pur, lui-même, aussi cristallisé et doué de l’éclat métallique. Le gallium et ses composés n’ont pas encore été extraits en quantités suffisantes pour pouvoir leur reconnaître des propriétés industrielles; mais les travaux de M. Lecocq de Boisbaudran (dont les produits ont été admis dans la classe 53) ont paru au jury et au groupe VI dignes d’une grande médaille, qui lui a été décernée à l’unanimité.
- II. -- LVBORATOIRES ET PROCEDES D’ANALYSES.
- La Direction générale des manufactures de l’Etat, qui relève du Ministère des finances, et qui expose également des machines dans une autre classe, a installé un pavillon spécial dans le parc du Champ de Mars. Une salle de ce pavillon est affectée à l’exposition d’appareils en usage dans le laboratoire de l’Ecole d’application delà Manufacture des tabacs. Le jury y a remarqué des appareils pour l’analyse des fontes, fers et aciers, des matières organiques, pour le dosage de l’acide azotique dans les salpêtres bruts, lorsque la méthode de Pelouze est en défaut, par suite de la présence de matières organiques. On remarque également dans cette exposition des appareils pour le dosage de l’acide chlorhydrique, de l’acide carbonique, pour le dosage de la nicotine et de divers produits extraits du tabac, etc.
- Ces méthodes, ces appareils, nous nous faisons un devoir de le dire (bien que le nom de l’auteur ne figure pas au catalogue), sont l’œuvre du savant professeur et directeur de l’Ecole des tabacs, M. l’ingénieur en chef Schlœsing, professeur suppléant au Conservatoire des arts et métiers. Ces méthodes, à la fois ingénieuses et précises, sont bien connues et appréciées des chimistes, et les travaux nombreux de M. Schlœsing, en chimie industrielle et en chimie agricole, lui ont assigné une place élevée dans la science.
- Le jury de la classe 53 et le groupe VI tout entier ont décerné , à l’unanimité, au Ministère des finances (Direction générale des manufactures de l’Etat) un diplôme d’honneur, équivalent à une grande médaille.
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- Gr. VI. Cl. 53.
- M. Dargniès et M. Demondésir, ingénieurs en chef des manufactures de l’Etat, ont obtenu chacun un diplôme de collaborateur, équivalent à une médaille d'or.
- MM. Letixerant et Mérijot, ingénieurs des manufactures de l’Etat, chacun un diplôme de collaborateur, équivalent à une médaille d'argent, et M. Gagnebien, préparateur au laboratoire des tabacs, une médaille de bronze, comme collaborateur.
- Le Ministère des finances du royaume des Pays-Bas a exposé les appareils du laboratoire de la Direction générale des manufactures de l’Etat néerlandais.
- L’exposition consiste principalement dans la réunion des appareils employés pour l’analyse des sucres bruts. En outre, figurent dans cette exposition une collection d’aréomètres variés pour divers liquides, tels que dissolutions sucrées, alcools, huiles, pétroles, des appareils pour la détermination de la force alcoolique des liqueurs, et aussi des appareils pour la détermination de la force des bières et des vinaigres. En ce qui concerne l’analyse des sucres, les méthodes et les appareils employés par l’administration néerlandaise ont été décrits dans la brochure de M. le professeur Günning, d’Amsterdam, sous le titre de : La saccharimétrie et l'impôt sur le sucre, rapport au Ministre des finances des Pays-Bas.
- Un grand nombre d’analyses, faites à l’aide des appareils précités, se trouvent rapportées dans cette brochure et ont été exécutées par M. Günning et par son collaborateur, M. Serrurier.
- Nous croyons devoir faire remarquer que l’idée de déterminer la proportion de sucre cristallisable (saccharose) et de débarrasser le sucre brut des substances étrangères par le lavage à l’alcool à 9o'degrés centigrades, mélangé d’acide acétique et saturé de sucre, a été publiée, dès î84fi, par un chimiste français, feu Payen, ainsi que le reconnaît, du reste, M. Günning lui-même. En 1872, M. le D1 Scheibler, de Berlin, s’est emparé de cette idée et en a fait la base d’une méthode rationnelle de l’analyse des sucres.
- L’usage que l’on fait de la méthode de Payen, dans le système néerlandais, a pour but, non d’obtenir (comme on avait semblé vouloir d’abord l’indiquer) un sucre cristallisé, aussi pur que possible, mais d’éliminer toutes les substances qui s’opposent
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- à ce que la polarisation soit la mesure directe de la richesse en Gr. VI. sucre cristallisable. M. Günning insiste beaucoup sur ce point : que ^ ^ le procédé néerlandais n’est ni un essai de raffinage, ni une détermination directe de la richesse, mais une préparation de l’échantillon pesé à l’analyse au polarimètre, après avoir éliminé le sirop et la glucose. La disposition des appareils exposés est très commode et très pratique pour opérer avec célérité.
- Le jury a proposé et le groupe VI a décerné au Ministre des finances des Pays-Bas (Direction générale des manufactures de l’Etat) un diplôme d’honneur, équivalent à une grande médaille.
- Remarquons que parmi les exposants français, dans cette classe, se trouvent des constructeurs d’instruments d’optique, ayant pour objet l’analyse des sucres. Ces habiles constructeurs ne pouvaient être oubliés.
- Un rappel de médaille d’or a été accordé à M. Duboscq, à qui l’optique est redevable de tant d’appareils ingénieux. Une médaille d’or a été accordée à M. Laurent (Léon), habile constructeur du polarimètre employé aujourd’hui officiellement pour l’analyse des sucres, par le service scientifique de la Direction générale des douanes, au Ministère des finances de France.
- Analyse des gaz. — A l’égard de l’analyse des gaz, l’appareil de M. Orsat ne peut être passé sous silence. S’inspirant des conseils deM. Schlresing, M. Orsat, ancien élève de l’Ecole polytechnique, ingénieur-directeur et propriétaire de la fabrique de céruse de Clichy, a imaginé une disposition très ingénieuse pour l’analyse industrielle d’une certaine catégorie de gaz. Cet appareil est aujourd’hui bien connu des ingénieurs et des usiniers. Sans pouvoir prétendre à la rigueur des analyses de gaz exécutées, au contact du mercure, par les méthodes de Bunsen, de Régnault, de Dovère, etc., il a l’avantage de pouvoir procéder avec rapidité et avec une exactitude suffisante (même pour le dosage de l’acide carbonique effectué au contact d’un liquide autre que le mercure) pour les besoins de la pratique industrielle.
- Le rôle de l’appareil d’Orsat a été plus particulièrement l’analyse de l’air brûlé, c’est-à-dire de l’air ayant servi à la combustion
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- dans divers foyers et appareils destinés à la production de la chaleur, l’analyse des fluides élastiques provenant des gazogènes, etc. Les mélanges gazeux soumis à l’analyse, dans cet appareil, contiennent ordinairement: oxygène, azote, oxyde de carbone et acide carbonique. Cette analyse exige trois cloches à absorption. Bien que l’auteur ait étendu sa méthode à des mélanges qui contiendraient. en outre, de l’hydrogène et des carbures d’hydrogène, on a moins de sécurité lorsqu’il s’agit du dosage de ces divers mélanges combustibles.
- On comprend que la détermination des proportions relatives d’oxyde de carbone et d’acide carbonique a une grande importance pour juger du bon fonctionnement de tel ou tel appareil calorifique eide la bonne utilisation de la chaleur.
- L’appareil, rendu portatif, a pu être transporté sur la plateforme d’une locomotive et servir, pendant la marche même d’un train, à l’analyse des gaz de la combustion du foyer de la chaudière. Les travaux de M. Orsat ont été récompensés par une médaille
- Système d’analyses diverses. — MM. Müntz etRamspacher ont exposé un appareil qui remplit bien son but, c’est-à-dire qui permet de doser d’une manière satisfaisante le tannin destiné au tannage des peaux. (Médaille de bronze.)
- Parmi les artistes les plus méritants et dont le concours est journellement des plus utiles aux physiciens et aux chimistes pour leurs recherches de laboratoire, il n’est que juste de citer MM. Al-vergniat frères, les habiles constructeurs d’appareils en verre.
- Les baromètres, les pompes à mercure, les appareils à analyse des gaz, les tubes de Geissler, les radiomètres, etc., sont construits par ces fabricants avec une rare perfection. Ces artistes savent réaliser, avec sagacité, les desiderata des physiciens et des chimistes qui s’adressent à eux pour leurs expériences. La classe 53 a décerné à ces habiles fabricants une médaille d’or.
- Dans la vitrine de MM. Alvergniat, le jury a remarqué quelques appareils de l’invention de M. Salet. Le jury a décerné à ce savant une médaille d’argent.
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- M. Wiessnegg construit avec autant d’habileté que d’intelligence une foule d’appareils pour la production de la chaleur par la com-, bustion du gaz de l’éclairage. Un grand nombre d’appareils nouveaux ou perfectionnés sont sortis de ses ateliers. Cet artiste habile et zélé a été un auxiliaire précieux pour les chimistes, notamment pour MM. Sainte-Claire Deville, Schlœsing, Perrot, etc.
- Le jury lui a décerné une médaille d'or.
- Bibliothèque. — MM. Ch. Girard et Delaire ont déposé leur intéressant ouvrage sur les matières colorantes artificielles. Les auteurs sont exposants dans la classe 53 et ont obtenu une médaille d’or.
- MM. Salet, Henninger et Ch. Girard ont exposé leur Agenda du chimiste. M. Salet et M. Girard ont obtenu des récompenses dans la classe.
- M. Davanne, bien connu par ses importants travaux sur la photographie, a déposé un ouvrage intitulé : Progrès de la photographie. (Médaille de bronze.)
- MM. Commerson et Laugier, ingénieurs des arts et manufactures, ont déposé leur brochure intitulée : Guide pour l'analyse des sucres, et qui mérite un intérêt sérieux. (Médaille de bronze.)
- III. -- INDUSTRIE DE LA SOUDE ET INDUSTRIES CONNEXES.
- Les fabrications qui se rattachent à la grande industrie chimique ont été particulièrement du domaine de la classe h7. L’industrie de la soude à l’ammoniaque constitue une innovation et un progrès dont nous n’avons pas à traiter ici. Les fours tournants, dans la fabrication de la soude par le procédé Le Blanc, marquent aussi un progrès de fabrication.
- La régénération de l’oxvde de manganèse, dans la fabrication du chlore, par le procédé Weldon a eu un légitime retentissement et tend à s’introduire en France dans les grandes fabriques.
- Mais, dans la classe 53, nous n’avons eu à examiner, pour l’industrie de la soude, que le procédé Hargreave et Robinson, qui a été pratiqué sur une grande échelle en Angleterre. Nous n’avons Clusso 53.
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- Gr. VI. eu sous les yeux que les plans des appareils, mais tous les rensei-Ci~3 gnements pris et l’examen fait sur place par plusieurs savants chimistes français, notamment MM. Frémy, Lamy, Aimé Girard, ont constaté la réussite de ce procédé. Il consiste à substituer à l’emploi de l’acide sulfurique concentré, destiné à réagir sur le sel marin (pour donner le sulfate de soude, première étape de la fabrication de la soude), l’action d’un mélange d’acide sulfureux gazeux et d’air, passant à chaud sur le sel marin contenu dans les fours. L’acide sulfureux est fourni par les fours à pyrites. Le jury a décerné à MM. Hargreave et Robinson une médaille d’or.
- L’exposition du four à soude tournant de M. James Mactear, de Glasgow, a paru au jury digne d’une médaille d’argent.
- Quant à l’industrie de l’acide sulfurique, nous devons citer l’appareil à cuvette de MM. Faure et Kessler, pour la concentration de l’acide sulfurique jusqu’à 66 degrés. Cet appareil ingénieux, qui remplace l’alambic en platine, remplit parfaitement son but et peut amener l’acide à un haut degré de concentration; il économise, par sa construction, une grande masse de platine et diminue les frais de concentration. Cet appareil est maintenant adopté dans beaucoup de grandes fabriques de produits chimiques. Il peut concentrer 9,000 kilogrammes d’acide sulfurique à 5a degrés dans l’espace de vingt-quatre heures; 65 appareils sont déjà placés dans l’industrie. L’excellent rapport de feu Lamy w à la Société d’encouragement avait déjà parfaitement établi les mérites et avantages de cet appareil, et le jury de la classe 53 a décerné aux inventeurs une médaille d’or. (L’appareil exposé a été construit par M. Chapuis, fabricant de platine et exposant lui-même.)
- Ajoutons que non seulement cet appareil, à double cloche, en plomb, fonctionne avantageusement chez beaucoup de fabricants français, mais qu’il est placé également dans plusieurs fabriques à l’étranger. La Société autrichienne des chemins de fer de l’Etat, qui possède des mines et usines, l’emploie dans une fabrique d’acide sulfurique, dansleBanat, en Hongrie (district de Moldova), où fonctionnent des fours de grillage des pyrites. Les ingénieurs
- Bulletin delà Société d’encouragement, 3' série, t. fil, p. 67 (année 1876).
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- autrichiens en parlent avec éloges dans leur notice sur les mines, Gr. vi
- usines et domaines du Banat. _ „
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- III (suite). - INDUSTRIES CHIMIQUES DIVERSES.
- Matériel de galvanoplastie. Dépôt électroly tique des métaux. — L’intéressante exposition deM. de Plazanet, bien connu des chimistes et des industriels, comprend les appareils et ustensiles employés en galvanoplastie. On remarque, notamment, une balance électrométallique pour apprécier les dépôts par électrolyse, des spécimens de charbons platinisés, etc.
- M. de Plazanet est également exposant dans la classe de la métallurgie. Prenant en considération l’ensemble des travaux de M. de Plazanet, le jury lui a décerné une médaille d’or.
- Nous ne pouvons passer sous silence l’industrie galvanoplastique de M. Lionnet, qui, depuis un certain nombre d’années déjà, s’est fait remarquer par ses dépôts de fer, par l’électrolyse de composés de fer spéciaux. Ces dépôts sont très beaux, très adhérents et très peu altérables. Ils ont pu constituer de véritables objets artistiques.
- Le jury a accordé à M. Lionnet un rappel de médaille d’argent.
- M. René Poirier, industriel, présente une exposition très intéressante; il a donné une grande extension et vulgarisation aux procédés de nickelage galvanique, mis d’abord en pratique par M. Gaiffe. Les articles nickelés par cet industriel sont très nombreux et sont livrés à des prix modérés. Comme anode soluble, il emploie le nickel en grenaille, au lieu de nickel en lames, et réalise par là une économie très appréciable.
- Le jury a décerné à M. René Poirier une médaille d’argent.
- Extraction de l’ammoniaque. — MM. Mallet père et fils ont exposé les plans d’un procédé d’épuration de l’acide carbonique du gaz de l’éclairage par l’ammoniaque; de plus, des procédés pour trouver et mesurer les fuites de gaz dans les canalisations. M. Mallet père énumère, en outre, ses titres antérieurs en chimie industrielle et, notamment, les méthodes de traitement de quelques sous-produits de l’industrie du gaz, particulièrement l’extraction de Tarn-
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- moriiaque des eaux condensées dans la distillation de la houille. Prenant en considération l’ensemble des travaux de M. Mallet, très appréciés des chimistes et des industriels, le jury a décerné à MM. Mallet une médaille d’or.
- MM. Solvay et C'°, à Gouillct,près Cliarleroi (Belgique), ont exposé un appareil distillateur pour le traitement des eaux ammoniacales, dont le bon fonctionnement a été apprécié par MM. les jurés belges. Nous ferons observer que MM. Solvay et C,c exploitent avec habileté la grande industrie de la soude à l’ammoniaque et ont exposé leurs produits chimiques dans la classe kq. Le jury de cette classe leur a décerné une grande médaille de collaborateurs.
- Quant au jury delà classe 53, il décerne à MM. Solvay et C"’ une médaille d’argent.
- Le jury a également décerné une médaille d’argent à M. Chevalet pour scs appareils distillatoires pour les eaux ammoniacales.
- M. le professeur F. Barff, à Londres, est l’auteur d’un procédé de préservation du fer et de la fonte de l’oxydation, sans recourir à l’application superficielle d’un mêlai étranger. Il croit son procédé capable de remplacer la galvanisation (c’est-à-dire le zincage du fer) dans une foule d’applications.
- Ce procédé repose sur la production superficielle d’une couche d’oxyde ferroso-fcrrique (oxyde magnétique). Pour résoudre le problème, il fallait que la couche fut parfaitement continue et adhérente; de plus, il fallait que, sous l’influence de l’air et de l’humidité, l’oxydation ne pût pas se propager dans l’intérieur, au-dessous de cette sorte de vernis protecteur. Or, on sait que, dans les expériences ordinaires de laboratoire,l’oxyde magnétique que l’on fait naître à la surface du fer, par son contact, au rouge naissant, avec la vapeur d’eau, fournit des croûtes cristallines non adhérentes à la surface du métal. L’auteur procède autrement et soumet les objets à préserver, après les avoir placés dans des fours spéciaux, à une température déterminée, à l’action d’un courant de vapeur d’eau surchauffée. Le vernis d’oxyde noir obtenu possède une adhérence parfaite. Les spécimens exposés présentent, en effet, une grande résistance à l’oxydation par l’ac-
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- tion combinée de Tair et de l’eau, à la température ordinaire. Le Gr. vi. jury a décerné à M. Barff une médaille d'argent.
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- La Société anonyme de fabrication de produits chimiques (M. Rousseau, administrateur), qui expose principalement dans la classe k'], présente un matériel varié et choisi à l’usage des laboratoires de chimie; cette maison soutient sa réputation et a reçu, pour son matériel exposé (indépendant de ses produits chimiques), une médaille d’argent.
- Signalons la petite essoreuse de M. Sourdat, à l’usage des laboratoires de chimie; elle avait été l’objet d’un rapport favorable à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, par M. Cloëz (1b (Médaille d’argent.)
- Industrie des matières colorantes. — Cette exposition ressort surtout de la classe Ô7. Mais MM. Girard et de Laire, auteurs d’importants travaux et résultats industriels, ont exposé, dans la classe 53, leur matériel et leurs procédés relatifs à l’industrie des matières colorantes artificielles. Les travaux de ces savants ont été examinés dans l’important rapport de M. Lauth de la classe h7.
- Ils ont obtenu, dans cette classe, un rappel de médaille d’or de collaborateurs. La classe 53 a décerné à MM. Ch. Girard et de Laire une médaille d’or.
- IV. ---FOURS À DESTINATIONS DIVERSES. - MATERIAUX REFRACTAIRES.
- Les membres du jury et le public ont admiré la belle exposition de la Compagnie Schneider du Creusot (Saône-et-Loire).
- Elle est afférente aux houillères, forges, aciéries et ateliers de construction de machines. Un grand pavillon spécial a .été construit par la Compagnie pour l’ensemble de son exposition.
- La principale exposition ressort de la classe Ô3, qui lui a décerné une grande médaille.
- Four à puddlcr rotatif. — L’exposition du Creusot se rattache également à la classe 53 : i° par une disposition de four à pud-
- (l) Bulletin de la Société d'encouragement, 3e série, t. IV, p. 46g (année 1877).
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- dler; 2° par l’installation de la fabrication de matériaux réfractaires pour les besoins de Tusine. Le four à puddler rotatif est particulièrement fait pour attirer l’attention. L’ensemble des dispositions mécaniques assure la continuité de la marche du four, malgré la haute température développée dans la partie tournante (1). A chaque révolution, la charge est divisée en deux et l’on obtient finalement deux houles du poids de Ztoo à 5oo kilogrammes chacune. Deux fours de ce système fonctionnent aux usines du Greusot. La production est de 20,000 kilogrammes par vingt-quatre heures, en chargeant la fonte à l’état liquide.
- Matériaux réfractaires. — L’établissement de Perreuil a été affecté, en i8ûg, par l’usine du Creusot, à la fabrication des briques réfractaires pour l’entretien des appareils métallurgiques.
- On distingue quatre catégories de produits :
- i° Les briques réfractaires ordinaires, pour la construction des fours à puddler et à réchauffer, des fours à coke et appareils à chauffer l’air des hauts fournaux. La matière première est une argile sablonneuse, employée seule et sans broyage;
- 20 Les briques pour les hauts fourneaux et cubilots, formées d’argile et detquartz;
- 3° Les tuyères de convertisseurs et les tuyères et tampons de coulée pour l’acier Bessemer;
- h° Les briques siliceuses de deux catégories : les unes, pour les fours Martin, en quartz, à 3 p. 0/0 seulement de chaux; les autres, pour les fours à gaz, à souder, sont moins pures et renferment, outre le quartz, 2,5 de chaux et 1,5 p. 0/0 d’oxyde de fer.
- Tous ces produits ont une composition déterminée par les analyses, et celles-ci ont été communiquées au jury par la Compagnie.
- Les matières réfractaires sont broyées dans deux moulins à meules verticales, avecramasseur et tamis conique central.
- Les compositions, dosées, mélangées et humectées, sont portées
- Le tambour est à double paroi, avec circulation d’eau.
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- au malaxeur, puis moulées, soit à la main, soit à la presse, sui- Gr. vi vant leur destination.
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- Après dessiccation préalable, on opère la cuisson dans un four continu, à gaz, à quatorze compartiments, dont les plans nous ont été présentés. Le gaz est produit dans trois générateurs. Il est introduit, pendant douze heures, dans chaque compartiment en cuisson. Il y a trois chambres dans lesquelles passe l’air de la combustion, etc.
- La fabrication s’est élevée, pour l’année 1877,3 11,000 tonnes de 1,000 kilogrammes.
- Le jury a décerné à la Société Schneider et C'°, du Creusot,-pour cette partie de son exposition, une médaille d’or.
- M. Emile Müller, bien connu des ingénieurs et des usiniers, a fourni une exposition étendue et de nombreux spécimens de fabrication , afférents aux classes 1 4, 20, 27, 43,62, 53,54,69 et 66.
- Nous avons à distinguer, pour la .classe 53, l’exposition de M. E. Müller, afférente à l’usine d’Ivry-sur-Seine et comprenant les produits réfractaires; et, de plus, pour cette même classe 53, l’exposition de MM. Müller et Fichet, comprenant des fours divers, matériel des usines à gaz, appareils évaporatoires, etc.
- Produits réfractaires. — Dès 1867, M. E. Müller avait présenté à l’Exposition des briques en magnésie pure, appréciées par les chimistes et métallurgistes. Il a réussi, après des essais nombreux, à agglomérer cette matière et à la mouler; il est le premier qui ait ainsi livré industriellement des appareils en magnésie, dont la cuisson présentait de sérieuses difficultés. Il fabrique maintenant couramment, avec cette matière, les creusets et fours pour laboratoires, qui présentent des avantages sur les appareils en chaux, puisqu’ils peuvent servir pendant plusieurs années.
- Le premier, en France, en 1869, M. E. Müller est parvenu à fabriquer des briques en silice. Cet habile ingénieur revendique, avec raison, l’honneur d’avoir rendu à la métallurgie de la France et des pays autres que l’Angleterre, le service de pouvoir fabriquer,
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- sur place, les produits en silice, tels que briques et creusets. Sa maison, à Ivry-sur-Seine, a exécuté des pièces de toutes formes et dimensions et d’une durée égale à celle des autres briques.
- L’exposition de l’auteurprésente aussi des spécimens de creusets en alumine pure. Enfin, l’auteur a réussi, le premier, en France, à fabriquer d’une manière courante les creusets en plombagine, rendant ainsi l’industrie métallurgique française indépendante du tribut payé à l’Angleterre et à l’Allemagne. Dans cette fabrication, M. E. Müller a pu faire une application heureuse de la théorie de l’écoulement des solides de M. H. Tresca. Dix ans d’efforts ont été couronnés de succès, et, aujourd’hui, les creusets de M. Müller sont acceptés comme ayant la même valeur que les creusets en plombagine des maîtres en cette fabrication, MM. Morgan et Doulton.
- En 186 5, M. E. Müller avait déjà fait, dans son usine, de nombreux essais, en collaboration avec feu Le Chatellier, sur la bauxite. Depuis, et à partir de 1867, M. E. Müller a présenté quelques produits intéressants de cette matière. En relation avec les métallurgistes^. E. Müller a disposé, avec ses produits réfractaires, des récupérateurs de chaleur de tous systèmes, Ponsard, Périssé, etc.
- L’auteur présente des briques résultant de l’agglomération de la chaux pure.
- Les fours à cornues à gaz, du système de MM. E. Müller et Eichel-brenner, sont maintenant bien connus des ingénieurs et directeurs d’usines à gaz; ils sont chauffés par un combustible gazeux qui est essentiellement de l’oxyde de carbone. Ce système est exploité, d’une part, par M. Eichelbrenner; d’autre part, par MM. Leblond et Müller. Il fonctionne dans un grand nombre de petites usines à gaz, dans les départements et dans quelques communes suburbaines du département de la Seine(1^. Nous adhérons pleinement au témoignage favorable rendu par feu Lamy sur ce système de four, dans son rapport à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale (année 1873). (Voir page 101.)
- Le jury a décerné à M. E. Müller une médaille d’or.
- MM. Emile Müller et Fichet, ingénieurs, exposent, dans la classe
- O Pour plus de détails, voir, plus loin, le rapport de M. Schmitz.
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- 5 3, les résultats de leurs études sur le chauffage par les combustibles Gr. vi. gazeux et la récupération de la chaleur, appliquées à l’industrie de divers produits chimiques, notamment aux fours à réverbère à soude brute, aux fours à sel de soude, à la fabrication de la soude caustique, du bichromate de potasse, de Tacide pyroligneux, à la concentration de Tacide sulfurique à 66 degrés, à la production de gaz d’éclairage par les goudrons et par les résidus de stéa-rineries, au chauffage des poêles de salines et, en général, des grands appareils d’évaporation; enfin, aux fours destinés à la cuisson des divers produits céramiques. Les auteurs présentent encore un nouveau type de gazogène, à basse pression, destiné à' la transformation, en gaz combustibles, des charbons maigres et anthraciteux.
- Le jury a décerné à MM. E. Millier et Fichet une médaille d’or.
- Four Huyard (à Bordeaux) ,pour la carbonisation, par distillation, des os, bois et tourbe. — L’inventeur présente seulement un modèle de son four, mais les renseignements les plus précis sont parvenus au jury sur le four établi à Bordeaux et dans huit autres localités.
- Pour remédier au grave inconvénient du dégagement de gaz et de vapeurs infects par la cheminée, pendant la calcination, en vase clos, des os, cornes, etc., l’auteur a pris des dispositions pour effectuer la condensation de ces vapeurs par des appareils réfrigérants.
- Le système de M. Huyard, ayant le grand avantage de faire disparaître d’une manière absolue les odeurs infectes, pendant la calcination des os, a été recommandé au Conseil de salubrité de la Seine par le Conseil d’hygiène de la Gironde. (Rapport de M. Métadier, professeur de chimie à la Faculté de médecine de Bordeaux.)
- Non seulement, dans ce système, on pare aux inconvénients des autres systèmes de traitement, à l’égard de Thygiène, mais on extrait, d’une façon simple et pratique, les matières ammoniacales provenant de la calcination des os. Quant aux gaz dégagés, ils sont dirigés sous les grilles des foyers par des tuyaux spéciaux et sont brûlés.
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- Le four de M. Huyard a été récompensé par une médaille d’or.
- M. P. Guéroult, ingénieur civil à Paris, a exposé des plans de fours et appareils pour la fabrication industrielle de l’oxygène, présentant quelques modifications au système de Tessié du Motav. (Mention honorable. )
- Four Vigreux et Leroy-Desclosages. — M. Vigreux, professeur à l’Ecole centrale, ancien élève de cette école, et M. Leroy-Desclosages , également ingénieur issu de cette école, ont exposé le modèle et les dessins d’un four à chaux coulant, installé maintenant dans l’usine de la Société anonyme des produits chimiques (anciens établissements Malétra), à Petit-Quevilly, près Rouen, et principalement à Champigny-sur-Marne. La cuisson de la chaux est opérée par la combustion de l’oxyde de carbone, produit dans un gazogène contigu au four. L’acide carbonique qui sort du gueulard de ce four peut être utilisé pour la carbonatation des lessives de soude brute, la chaux étant employée à la fabrication du chlorure de chaux et à la revivification du peroxyde de manganèse par le procédé Weldon. Ce four peut produire 10 tonnes de chaux par vingt-quatre heures. Il y a déjà un certain temps qu’un four analogue fonctionne à Champigny-sur-Marne; seulement il ne fonctionne que pour un rendement de 4,ooo kilogrammes par vingt-quatre heures. Les auteurs rendent compte de toutes leurs études préalables pour établir la chemise de leur four en substance suffisamment réfractaire, pouvant supporter une température de 1,000 degrés centigrades. Les gaz du gazogène et les gaz de la combustion ont été soigneusement analysés. L’économie de combustible, comparativement aux fours ordinaires contigus, a été de 27 p. 0/0, en nombre rond, pour le four chauffé au gaz. La qualité de la chaux est meilleure. On peut dire que le four de Ghampigny a été la première application véritablement industrielle de la cuisson des calcaires par l’oxyde de carbone. Le four Hofmann est un appareil trop compliqué et trop coûteux pour être appliqué à la fabrication d’un produit comme la chaux, dont le prix de vente est peu élevé.
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- Plu sieurs fours pour la cuisson des produits céramiques ont Gr. VI été présentés par des inventeurs qui se sont inspirés des disposi-tions du four Hofmann, bien connu, et ont présenté des modèles dans lesquels on reconnaît, en effet, de grandes analogies avec le système précité. Tel est, entre autres, le four Simon, à Rouma-zières (Charente), auquel a été accordée une mention honorable.
- M. Ch. Amand, à Paris, a obtenu une mention honorable pour son four continu, particulièrement propre à la cuisson des ciments.
- Le jury a également fixé son attention sur le four présenté par M. Mollet-Fontaine, pour la cuisson continue des briques. Ce four, dit four-canal continu, est du système Moutardier. (Mention ' honorable. )
- M. Marie, à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), a également obtenu une mention honorable pour son four continu à cuire les produits céramiques.
- MM. Gobbe frères, à Bouchain (Nord). Modèle en bois d’un four au gaz pour verrerie. (Mention honorable.)
- Nous ne citerons pas, dans ce chapitre, les fours qui se rattachent à l’industrie du gaz de l’éclairage. ( Voir le rapport de M. Schmitz. )
- MM. Legrand et Perrault, à Sées et à Fontaine-Riant (Orne), exploitent des argiles et terres réfractaires qu’ils préparent avec soin et qui fournissent à M. Blavier des produits de bonne qualité, dont la cuisson est opérée dans le four Hofmann. Ces industriels ont été cités avantageusement dans un rapport de M. Salvetat à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale (1877), tome IV, 3e série. M. Blavier a obtenu une médaille de bronze.
- Depuis celte époque, d’importantes modifications ont été introduites par M. Blavier, propriétaire actuel des usines de Sées et Fontaine-Riant.
- La classe a récompensé M. Blavier par une médaille de bronze.
- M. Desnoyers, ingénieur civil, a créé, en 1870, une usine de produits réfractaires à Alfortville, près Paris, principalement pour la fabrication des briques réfractaires, obtenues avec régularité et à un prix qui ne surpasse que peu celui des briques de Bour-
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- Gr. vi. gogne, généralement employées sur place. Les matières premières ont été analysées.
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- Une partie des briques fabriquées peuvent être employées non cuites, ce qui lient à la propriété qu’ont ces briques siliceuses de ne pas prendre de retrait par la cuisson. M. Desnoyers a aussi exposé un appareil portatif de rebattage des briques. Cet appareil, employé depuis cinq années, lui adonné de bons résultats. (Médaille de bronze. )
- MM. Ch. de Boissimon et C'°, à Langeais (Indre-et-Loire), fabriquent aussi des briques et produits réfractaires de bonne qualité et en quantité considérable. (Médaille de bronze.)
- M. Crespe, à Bollène (Vaucluse). Produits réfractaires. (Médaille de bronze. )
- M. Buisset-Hanze, à Beugnies (Nord). Matériaux réfractaires. ( Mention honorable.)
- Une mention honorable a été accordée à MM. Mousset, Bcclin et C'°, fabricants de produits réfractaires à Saint-Etienne (Loire). Ces industriels fournissent aux aciéries de Firminy et autres usines des briques en silice presque pure pour les fours Martin et Siemens.
- M. Valabrègue, à Bollène (Vaucluse). Matériaux réfractaires, tuyaux, etc. (Mention honorable.)
- V. --- MATÉRIEL DE LA CERAMIQUE.
- Fabrication mécanique des assiettes en porcelaine. — Il importe de signaler, dans ce chapitre (parce qu’il n’a pas été traité avec la description des autres dispositions mécaniques), la machine de M. Faure, de Limoges. Elle réalise mécaniquement le travail de l’ouvrier sur le tour, pour l’ébaucbage, calibrage et finissage des assiettes en pâte à porcelaine. Cette machine a été l’objet d’un rapport très détaillé de M. Salvetat à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale Le public et le jury ont vu cette machine en action et ont pu apprécier la régularité et la promptitude d’exécution du travail d’où résultent les assiettes achevées, qui n’ont Bulletin de la Société d’encouragement, 3° série, t. III, p. a a 3 et. ^33, ell. V,p. lia 5.
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- .plus qu’à éprouver le séchage, le dégourdi, l’émaillage et la cuis- Gr. VI. son. Une modification des tours et machines à calibrer permet Cl g3 actuellement de fabriquer les plats ovales.
- L’ingénieuse invention de M. Faure, qui est employée avec succès dans plusieurs fabriques de porcelaine à Limoges, a valu à l’inventeur une médaille d’or.
- Nous mentionnerons encore une machine^nouvelle inventée par M. Tristchler, ingénieur des arts et manufactures, à Limoges, pour malaxer et battre la pâte à porcelaine et autres M. Trit— scbler, collaborateur de M. Faure, a aussi exposé une machine à fabriquer les assiettes. En attendant la consécration^de la pratique, le jury a décerné à M. Tristchler une médaille de bronze.
- Pour terminer le chapitre de la céramique, parmi les exposants français, nous citerons les produits fabriqués pour les laboratoires, tels que creusets, fourneaux, par la maison Deyeux et Debligny, à Paris (médaille d’argent), et par la maison Goyard père, à Paris (médaille de bronze), les’moufles de M. Pollard, à Paris (mention honorable). MM. Devoir et Mangez (ancienne maison Payen-Deruelle ), fabricants de creusets, fourneaux, moufles, etc., ont obtenu une mention honorable. Les broyeurs pour émaux, azurs, etc., de M. Brochant, à Paris, ont .été.;remarqués par le jury, qui lui a décerné une médaille de bronze.
- M. Monnier, à Fo.ëcy (Cher), a obtenu une mention honorable pour ses meules cylindres broyeurs en porcelaine pour émaux, etc.
- M. Albert Wenger (Angleterre) a obtenu une médaille de bronze pour ses machines à broyer les couleurs pour la céramique.
- Nota. Les fours à gaz et cornues à gaz sont particulièrement décrits dans la section VIIpar M. Schmitz.
- CÉRAMIQUE (suite). - PRODUITS REFRACTAIRES À L’ETRANGER.
- L’importante maison Doulton et Watts, de Londres, a exposé un grand nombre de produits remarquables et d’appareils en grès
- (1) Celle machine, qui supprime le marchage, fonclionne, depuis un an, clans la manufacture de MM. Havrilnnd et C‘°, à Limoges.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- cérame pour les usines chimiques, tels qu’appareils à condensation pour l’acide chlorhydrique, etc. (Médaille d’or.)
- L’exposition de la Paient plumbago crucible Company (Angleterre) présente un ensemble d’articles en plombagine d’excellente fabrication et que le jury de la classe 53 a récompensé par une médaille d’argent.
- La Compagnie de plombagine, du Canada, expose d’intéressants spécimens de plombagine, provenant de l’exploitation d’une couche de graphite de près de 9 mètres de puissance, des creusets, des crayons d’excellente fabrication. (Médaille d’argent.) L’exposition de MM. Doulton et Clc est relative à la plombagine de Ceylan. Cet exposant a obtenu une médaille de bronze. M. Cucurny (Espagne). Produits céramiques. (Rappel de médaille d’argent. ) M. Luca Pinto (Espagne) a obtenu une médaille de bronze pour son exposition de produits céramiques.
- VI. ---MATÉRIEL DES VERRERIES
- L’industrie de la verrerie et de la cristallerie a encore fait de nouveaux progrès depuis l’Exposition universelle de 1867. Les innovations déjà réalisées avant cette époque ont été perfectionnées et de nouveaux progrès sont à constater. Le chauffage par les combustibles gazeux, pour les creusets de verreries et de cristalleries, est arrivé à fonctionner avec une.grande régularité et réalise de grandes économies. Nous voulons parler du système de chauffage Siemens, par le gaz, dans les gazogènes, avec dispositifs à récupération de chaleur.
- Une invention récente et qui a fait sensation est celle de M. de la Bastie, sous le nom de verre trempé. L’inventeur a constaté que le verre ordinaire, chauffé à la température de son ramollissement et trempé dans un corps gras en fusion, à des températures égales ou supérieures à 100 degrés, acquiert une ténacité remarquable, à tel point que les objets fabriqués, soumis préalablement à cette trempe, peuvent être projetés sur le sol et tomber souvent d’une
- W Une interversion dans l’ordre des sections a fait placer la céramique et la verrerie avant l’industrie du gaz.
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- INDUSTRIES DIVERSES.
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- assez grande hauteur, sans se briser par le choc. Si la rupture Gr. VI. survient, la pièce se divise en un grand nombre de fragments non tranchants. Ces phénomènes rappellent ceux des larmes ba-taviques, sans qu’il y ait cependant analogie complète. Le verre est devenu beaucoup plus dur, en même temps qu’il a acquis une grande ténacité relative. On a fabriqué toutes sortes d’objets en gobeleterie, verres de lampes, bobèches, etc. Pour les laboratoires de chimie, on a fait des capsules, des entonnoirs, des fioles d’une solidité remarquable, résistant à l’action subite de l’eau bouillante.
- Il est curieux de voir que le verre est en même temps devenu beaucoup moins attaquable aux réactifs. On peut évaporer à sec, à feu nu, à la flamme du gaz, de la silice gélatineuse, en présence de l’acide chlorhydrique concentré, non seulement sans que la casse de la capsule survienne, mais sans qu’il y ait même attaque du verre et diminution du poids delà capsule. Sans vouloir rien affirmer relativement à l’avenir industriel réservé à la fabrication des objets en verre trempé (lesquels ne subissent la trempe qu’après leur fabrication), le jury a décerné à la Société du verre trempé (M. de la Bastie) une médaille d’or.
- M. Lacroix, à Paris, a présenté un piston, dit atmosphérique, étanche et pour ainsi dire sans frottement. Ce système fonctionne comme un excellent soufflet de verrier; on en est satisfait dans les verreries et cristalleries où il est employé. Les réparations sont rares et peu coûteuses; tous les ans ou tous les deux ans, on peut changer les caoutchoucs qui entrent dans la construction.
- (Médaille de bronze.)
- M. Lespadin, de Paris, a exposé des presses, moules et outillages pour verreries. Il est bien connu des industriels et a rendu de grands services à l’art de la verrerie. (Médaille d’argent.)
- M. Rouget de Lisle, qui a des titres variés, comme industriel et comme publiciste (l’un des rédacteurs du Dictionnaire des arts et manufactures), a exposé des spécimens de ses travaux en verrerie pour la fabrication économique des bouteilles en verre vert; il a imaginé, il y a longtemps, de pratiquer une gorge saillante dans l’intérieur du goulot de la bouteille, ce qui présente une plus grande sûreté pour maintenir le liège des bouteilles. Le travail
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- 48 EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. VI. s’exécute au moyen d’une pince spéciale de son invention. Les
- fabricants ont attesté qu’aucun autre svstème ne permet le façon-Cl 53 ^ J i y
- nage immédiat de la gorge annulaire du goulot, à l’effet d’obtenir
- une fermeture hermétique. (Médaille d’argent.)
- M. Gadrat, de Paris, a exposé un pontil mécanique, à trois bascules, pour verreries et cristalleries; en changeant les bascules, selon le besoin, on peut faire une infinité d’objets moulés. Il construit aussi différentes pinces et objets pour verreries. (Médaille d’argent. )
- M. Daulay et M. L’Hôte ont exposé des moules pour verreries. Le premier présente une presse à verre, à deux noyaux dans le même moule; on est ainsi dispensé du mouillage des noyaux lorsqu’ils deviennent trop chauds.
- Les moules de M. L’Hôte sont en fonte, enduits de graphite humecté au moment de servir et présentent des avantages marqués. (M. L’Hôte et M. Daulay ont obtenu chacun une médaille de
- bronze. )
- /
- M. Champs fils, mécanicien et fabricant de montures pour diamants de vitrier, expose des machines à couper le verre rond, ovale, carré et les cylindres. Ses machines présentent de très grands avantages, démontrés, au surplus, parles spécimens présentés du travail sur verre. ( Médaille d’argent.)
- M. Pelletier dispose les diamants pour vitriers, miroitiers, opticiens. Il emploie d’ailleurs les instruments de M. Champs. (Médaille de bronze. )
- La Société anonyme des manufactures de Mariemont et Val-Saint-Lambert (Belgique) soutient sa réputation et se distingue par l’abondance de sa fabrication et le bon marché de ses produits. (Médaille de bronze.)
- Nous ne croyons pas devoir passer sous silence deux ouvrages imprimés, exposés à la bibliothèque par M. Bontemps, ancien élève de l’Ecole polytechnique, habile industriel et ancien directeur de la verrerie de Choisy-le-Roi. Le premier a pour titre : Guide du verrier, traité historique et pratique de la fabrication du verre, des cristaux et vitraux (Paris, i868, î vol. in-8°, librairie
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- INDUSTRIES DIVERSES.
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- Hachette). L’auteur y fait preuve de connaissances théoriques et pratiques étendues.
- Le second ouvrage publié par le même auteur est intitulé : Traduction du second livre de l’Essai sur divers arts, par Théophile, prêtre et moine (librairie du Dictionnaire des arts et manufactures).
- Le jury a. décerné à M. Bontemps une médaille d’argent.
- Félix Leblanc.
- Gr. VI. Cl. 53.
- Ijkssc l)3*
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- Gr. VI.
- MATÉRIEL ET PROCÉDÉS DES USINES À GAZ.
- CONSIDÉRATIONS GENERALES.
- L’accroissement de la consommation du gaz en France a donné lieu, depuis dix ans, à des travaux de recherches considérables, dont presque tous les éléments ont figuré dans les collections réunies au Champ de Mars, à l’occasion de l’Exposition universelle de 1878. Si l’on se rend compte des difficultés-sérieuses imposées à cette industrie pour conduire à bonne fin une amélioration quelconque dans le matériel ou dans les procédés dont elle fait usage, difficultés provenant de l’obligation quotidienne d’une production impérieusement exigible quand même, il est facile de comprendre que les perfectionnements et le progrès ne peuvent avancer que lentement dans l’organisation des usines, en raison des dépenses énormes que les moindres changements apportés à l’immense matériel de leur exploitation peuvent entraîner.
- Les progrès accomplis depuis 1867 se comptent dans toutes les branches de la fabrication ; ils sont aussi bien relatifs au matériel et aux procédés des grandes usines qu’à ceux des petites, et l’Exposition universelle de 1878 présentait, à cet égard, les collections les plus remarquables d’appareils anciens et modernes, dont l’usage successif constitue l’histoire entière de l’industrie du gaz et de toutes les transformations qu’elle a subies depuis son origine jusqu’à nos jours.
- Mais, avant de passer en revue les produits de la classe 53, relatifs à l’industrie gazière, et afin de faciliter ultérieurement l’appréciation comparative des nouveaux progrès que l’avenir lui réserve, il est indispensable de connaître tout d’abord l’importance du développement acquis à son état actuel et la valeur de la quote-part active qu’elle représente dans le groupe de l’industrie générale française.
- 11 est donc utile de coordonner préalablement les principaux éléments de statistique qui se rapportent à l’étendue actuelle du
- k.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. vi. cadre de celte industrie, à la puissance des moyens de production 53 qu’elle met en usage, ainsi qu’à l’organisation des ressources financières qui l’ont constituée et qui assurent la progression régulière de son incessant accroissement.
- PREMIÈRE STATISTIQUE GENERALE UES USINES À GAZ FRANÇAISES.
- La première statistique de l’industrie du gaz en France a été dressée par la Compagnie parisienne, en 1872 , à l’occasion d’un projet de loi tendant à frapper le gaz d’un nouvel impôt.
- Le recensement périodique des usines à gaz n’a été pratiqué ensuite que trois ans plus tard; la publication en est due à M. E. Durand, directeur du journal le Gaz, et la cinquième édition parue de ce travail contient la nomenclature de toutes les villes de France et du continent européen où l’éclairage au gaz est en pleine exploitation en 1878.
- Les relevés statistiques qui suivent ont été établis avec les documents qui précèdent et calculés d’après des bases analogues à celles de la statistique de 1872; les tableaux élémentaires qui la composent donnent, avec les chiffres de la consommation du gaz en France, la quantité relative des matières premières employées dans la fabrication générale, celle des produits commerciaux livrés à d’autres industries, le nombre des villes éclairées, le nombre et la puissance des usines en exploitation active, leur constitution financière et les parts proportionnelles de leur participation respective dans le budget des charges publiques dont elles sont imposées.
- 11 a paru intéressant de joindre aux tableaux de cette statistique une carte du territoire français, en y indiquant, par des surfaces proportionnelles à leurs consommations respectives, les villes éclairées, seulement; le développement actuel de l’industrie gazière en France est ainsi rendu visible, d’un seul trait, dans son ensemble général, et il est facile d’apprécier la valeur comparative des centres principaux de fabrication et la puissance de leur production.
- Celte carte permet également de saisir les directions suivant lesquelles l’éclairage au gaz s’est le plus répandu; on voit, notamment, que les régions du Nord présentent les plus nombreuses
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- 53
- MATÉRIEL DES USINES À GAZ.
- installations d’usines et qu’il reste une surface énorme de territoire où cette industrie n’a pas encore pénétré; la Lozère est, néanmoins, le seul département français qui en soit absolument dépourvu ('b
- STATISTIQUE NUMERIQUE DES VILLES DE FRANCE ECLAIREES AU GAZ EN 1878.
- En 1872, on ne comptait encore que 55o villes ou communes dans lesquelles l’industrie du gaz était en exploitation. En 1878, le nombre des villes éclairées s’élève à 687 et celui des usines à G 01. L’augmentation, pendant cette période de six ans, a donc porté sur 137 villes ou communes, dont la population relevée est de 1,185,872 habitants, soit un accroissement annuel de 2,2 5 p. 0/0 environ dans le chiffre des populations faisant usage du gaz dans l’éclairage public et particulier.
- STATISTIQUE NUMÉRIQUE DES VILLES DE FRANCE OÙ L’INDUSTRIE DE L’ÉCLAIRAGE AU GAZ EST EN EXPLOITATION ACTIVE EN 1 878.
- RECENSEMENT DES VILLES ÉCLAIRÉES. NOMBRE DES USINES.
- RÉPARTITION (les -villes éclairées par groupes de population. NOMBRE de villes par groupe. POPULATION totale de chaque groupe. Exploi- tations munici- pales. Exploitations particu-. lières. Usines en cours de construc- tion. NOMBRE total des usines en 1878.
- Au-dessous de 2,000 hab. 60 84,539 1 29 a 32
- De 2,000 à 4,ooo 171 522,332 4 129 4 137
- De 4,ooo à G,000 134 656,58o 8 110 1 1*9
- De G,000 à 8,000 85 58o,233 2 76 H 78
- De 8,000 à 2 0,000 .... i64 2,087,165 2 i5o // 1Ô2
- De 20,000 à 4o,ooo. . . 4i j,i32,4o8 3 37 u 4o
- De Ao,ooo à 80,000. . . 21 1,181,726 11 22 n 22
- De 80,000 à 200,000. . 8 1, o3 9,513 // 8 n 8
- Au-dessus de 200,000. . 3 2,668,938 u i3 u i3
- Totaux 687 9,943,434 20 574 7 601
- (1) Les difficultés de la composition typographique du rapport général n’ont pas permis le tirage de cette carte.
- Gr. VI. Cl. 53.
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- Gr. VI. Le tableau ci-dessus de la statistique numérique donne la ré-ci 53 Partiti°n en neuf grouPes distincts des villes éclairées et des usines en activité. On voit que les installations en exploitation courante, en 1878, sont déjà en grand nombre dans les villes de premier ordre, mais elles ne sont encore qu’à leur début dans l’application aux centres de moyenne population et aux communes de moins de 2,000 habitants.
- STATISTIQUE DE CONSOMMATION GÉNÉRALE DE GAZ D’ÉCLAIRAGE EN 1878.
- La consommation générale du gaz, en France, résumée pour 1878 dans les neuf groupes qui précèdent, présente un volume total de 382 millions de mètres cubes pour g,9à3,434 habitants, conformément à la répartition du tableau suivant :
- STATISTIQUE DE CONSOMMATION D’ECLAIRAGE DANS TOUTES LES VILLES ET COMMUNES DE FRANCE POURVUES D’USINES À GAZ EN EXPLOITATION ACTIVE EN 1878.
- RECENSEMENT DES VILLES ÉCLAIRÉES. GAZ CONSOMMÉ
- RÉPARTITION des villes éclairées par groupes de population. NOMBRE de villes par groupe. POPULATION TOTALE de chaque groupe. annuellement et par groupe de population. par habitant en moyenne.
- Au-dessous de 2,000 habitants. 60 84,53g mètres cubes. 1,981,289 m. c. 23,43
- De 2,000 à 4,000 171 522,332 1 2,445,290 23,82
- De 4,ooo à 6,000 i34 656,58o 1 5,664,570 23,85
- De 6,000 à 8,000 85 58o,2 33 15,107,332 26,03
- De 8,000 à 20,000 164 2,087,165 50,027,559 23,96
- De 20,000 à Ao,ooo Ai 1,13.2,4o8 27,585,206 2 4,35
- De Ao.ooo à 80,000 21 1,181,726 29,100,1 88 24,62
- De 80,000 à 200,000 8 i,o3g,5i3 27,1 80,813 26,14
- Au-dessus de 200,000 3 2,658,938 2o3,341,327 76,47
- Totaux 687 9,943,434 382,433,574 38,46
- Si 1’ on compare cette consommation générale, ainsi que la
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- MATÉRIEL DES USINES À GAZ. 55
- consommation particulière de Paris, en 1878, avec celle de 1872, Gr. VI. dont les chiffres exacts ont été donnés par M. Camus, directeur de la Compagnie parisienne du gaz, on„en déduit les consommations annuelles suivantes, par habitant :
- CONSOMMATION ANNUELLE DE GAZ D’ECLAIRAGE PAR HABITANT.
- HABITANTS. 1872. 1878. AUGMENTATION,
- i° Par habitant de Paris exclusivement.. m. c. 68,7a m. c. 90,7° 3i p. 0/0
- a" Par habitant dans les départements de la Seine et de Seine-et-Oise (périmètre de la Compagnie parisienne). 39,80 /i-8,3i 62 p. 0/0
- 3° Par habitant de province 19,36 2^,07 24 p. 0/0
- 4° Par habitant français indistinctement. 38,46 38 p. 0/0
- D’où il résulte que l’accroissement annuel de consommation, en France, serait, en moyenne, de A,66 p. 0/0 par habitant, tandis que, sur les quantités totales de gaz mesuré et vendu, cet accroissement serait réellement de 7,66 p. 0/0.
- Consommation comparative de gaz, par habitant, à Paris et à Londres. — Ces chiffres établissent également la supériorité considérable de la consommation de l’habitant de Paris, qui est plus du triple de celle de l’habitant de province.
- Cette différence énorme est, d’ailleurs, caractéristique pour tous les grands centres de population, et l’on peut faire remarquer, à ce sujet, l’analogie proportionnelle réalisée de fait entre les consommations de Paris et de Londres. Le rapport des populations, entre ces deux capitales, est en effet : : 1: 1,7 5, et celui de leurs consommations respectives: : 1 : 1 ,AA, soit go mètres cubes consommés par habitant de Paris, contre i3o mètres cubes consommés par habitant de Londres. L’accroissement moyen, dans la consommation générale du gaz, à Londres, n’est que de 5,5 p. 0/0, tandis qu’à Paris, il est supérieur à 8 p. 0/0.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. VI.
- Cl. 53.
- STATISTIQUE FINANCIÈRE.
- Capital engagé dans les usines à gaz françaises en i8j8. — La valeur immobilière totale des 6oi usines à gaz françaises, en activité en 1878, est de 488,50 2,0 00 francs, y compris leurs canalisations et le chiffre général du capital, actions et obligations, engagé dans cette industrie, est de 589,i83,ooo francs.
- Ce chiffre ne correspond qu’aux exploitations figurant sur la statistique française ci-jointe; mais il faut observer que cette statistique est muette sur les installations gazières privées ou industrielles, qui doivent être très nombreuses, et que, par conséquent, le chiffre indiqué ci-dessus est certainement, clans une forte proportion, au-dessous de la réalité.
- Il convient de faire remarquer, en outre, que l’ensemble de ce capital est constitué par les divers concessionnaires de l’exploitation générale, dont la répartition est la suivante :
- 22 compagnies françaises, au capital de........... 3o7,o56,ooo francs.
- 6 compagnies étrangères, au capital de../. . . . 25,228,000
- /i56 exploitants particuliers, au capital de........ 2/19,899,000
- Ensemble /i84 exploitations diverses, au capital de.............. 582,i83,ooo
- Aucune statistique financière n’ayant été établie en 1879 et la valeur particulière des établissements privés de cette industrie étant encore inconnue en 1878, l’appréciation de l’accroissement annuel qu’il serait intéressant de constater aujourd’hui ne peut être qu’hypothétique : on peut cependant la constituer par le calcul, avec une valeur d’indication sommaire, dont le chiffre approximatif est de 3 1/9 à k p. 0/0, environ.
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- MATÉRIEL DES USINES A GAZ.
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- STATISTIQUE FINANCIÈRE DU CAPITAL ENGAGÉ DANS LES USINES A GAZ FRANÇAISES EN EXPLOITATION ACTIVE EN 1 878.
- Gr. VI.
- Cl. 53.
- RECENSEMENT DES VILLES ET USINES. RÉPARTITION DU/CAPITAL.
- GROUPE des populations éclairées. NOMBRE de villes par groupe. Usinas en exploi- tation. VALEUR (les usines avec leurs canalisations. FOXDS • d'exploitation des usines en activité. CAPITAL TOTAL engagé.
- francs. francs. francs.
- De 669 à a,ooo liab... . 60 3 a 3,170,000 655,000 3,625,000
- De 3,000 à 6,000 iii i37 1 g,og5,ooo 2,695,000 21,790,000
- O c 0 o' •’CS O O C S) Q 136 119 36,6 17,000 3,65o,ooo 27,867,000
- Do 6,000 à 8,000 85 78 33,560,000 3,63i,ooo 27,171,000
- De 8,000 à 30,000 .... 166 i5a 77,863,000 O O O CS «CT O 88,886,000
- De 30,000 à 60,000. . . 61 60 63,789,000 6,16.9,000 68,g51,000
- De 60,000 à 80,000. . . 21 9 3 66,855,000 6,566,ooo 61,399,000
- De 80,000 à 300,000. . 8 8 61,916,000 6,386,ooo 67,600,000
- Au-dessus de 200,000 . . 3 i3 311,678,000 53,318,000 266,896,000
- Totaux 687 601 688,5o2,ooo 93,681,000 582,183,ooo
- STATISTIQUE INDUSTRIELLE.
- Matières premières consommées dans les usines à gaz françaises en 1 8j8. — La répartition,par groupes,des matières premières consommées dans la fabrication générale ne saurait être donnée avec quelque certitude que pour le charbon distillé et pour le combustible employé au chauffage; nous en donnons les chiffres élémentaires dans le tableau ci-après :
- Houille distillée.................................... 1,53/1,107 francs.
- Combustible brûlé ..................................... . 607,679
- La main-d’œuvre employée à la transformation de ces matières est fournie par environ i5,ooo personnes et la valeur des salaires distribués dans toutes les classes du personnel occupé par l’exploitation générale est de 10 millions de francs.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. VI.
- STATISTIQUE INDUSTRIELLE DES MATIERES PREMIERES EMPLOYEES
- pi KO
- ’ ' DANS LA FABRICATION DES USINES À GAZ FRANÇAISES EN EXPLOITATION ACTIVE EN 1878.
- USINES EN ACTIVITÉ. TONNAGE
- DES MATIÈRES PREMIERES EMPLOYEES.
- NOMBRE
- des MOYENNE COMBUSTIBLE
- usines. de production par usine. employé au chauffage.
- mètres cuises. kilogrammes. kilogrammes.
- 3a 76,000 1 0,983,000 /1,83a,000
- l37 109,000 65,193,000 96,077,000
- 119 c 0 77,701,000 98,7^ 9,000
- 78 998,000 71,0g3,000 9/1,883,000
- 1 5a 383,000 993,737,000 76,071,000
- /(O 793,000 1 17,',i3/i,ooo 37,579,000
- 92 i,5o3,ooo 118,101,000 3/1,9/19,000
- 8 3,809,000 1 o5,o85,ooo 96,971,000
- 13 1 7,189,000 7/1/1,8/10,000 1 /18,968,000
- 601 717,000 i,53/i,i 67,000 /107,679,000
- STATISTIQUE COMMERCIALE.
- Produits divers fabriqués dans les usines à gaz françaises en 1 8y8. — Indépendamment du gaz livré à la consommation, la fabrication dans les usines fournit à l’induslrie des produits de diverses natures dont la valeur commerciale est très élevée. La distillation des eaux ammoniacales donne le sulfate d’ammoniaque, employé en quantité considérable dans la préparation des engrais consommés par l’agriculture; la distillation des goudrons, dont une grande partie est entièrement transformée, fournit plusieurs espèces d’huiles, d’essences, de brai et des produits transformables en matières colorantes que de nombreuses et diverses industries emploient, à leur tour,'comme matières premières dans des fabrications extrêmement variées.
- Les usines de premier ordre,seulement, ont ajouté à leur fabrication principale celle des sous-produits dérivant de la distillation
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- MATÉRIEL DES USINES À GAZ.
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- des goudrons, mais la production des sels ammoniacaux servant à Gr. vi. la fabrication des engrais s’est développée dans un grand nombre d’usines d’importance secondaire, et le chiffre de leur production en est considérable. L’évaluation de ces produits accessoires de la fabrication du gaz ne pourrait, néanmoins, être présentée exactement pour l’ensemble des usines françaises, et le chiffre qui leur est appliqué, dans le tableau suivant, ne doit être considéré que comme indication sommaire approximative.
- STATISTIQUE COMMERCIALE DES DIVERS PRODUITS FABRIQUES DANS TOUTES LES USINES À GAZ DE FRANCE EN EXPLOITATION ACTIVE EN 1 878.
- USINES EN ACTIVITÉ. PRODUITS DE LA FABRICATION.
- Pi OMBRE des usines. PUISSANCE de production annuelle. VOLUME TOTAL de gaz fabriqué. rOIDS TOTAL du coke livré au commerce. POIDS TOTAL du goudron.
- mètres cubes. mètres cubes. kilogrammes. kilogrammes.
- 3*3 2,658,000 2,416,000 3,295,000 879,000
- i3 7 1 6/194,000 1 4,9g5,000 22,166,000 5,020,000
- 1 *9 20,5i4,ooo 18,648,000 28,749,000 5,750,000
- 78 iq,55i,ooo 17,774,000 97,726,000 5,o48,ooo
- 15a 63,989,000 58,171,000 89,4g5,000 1 5,2 1 4,000
- 4o 34,878,000 31,708,000 49,322,000 7,633,ooo
- 29 36,376,000 33,068,000 53,146,000 7,322,000
- 8 33,522,000 30/174,000 51/191,000 6,200,000
- i3 245,797,000 22 3,453,000 409,663,000 41,711,000
- 601 /|73,779,°o° 430,707,000 735,053,000 94,777,000
- STATISTIQUE ADMINISTRATIVE.
- Impôts et contributions. — En dehors des frais généraux qui grèvent l’exploitation de l’industrie gazière en France, il est important de tenir compte de la large part à laquelle elle est obligée, au profit de l’intérêt public et des budgets municipaux. L’état de prospérité de cette industrie est contre-balancé, dans une certaine mesure, par des charges particulières, et leur importance.se déve-
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. VI. loppe proportionnellement à l’accroissement de la consommation du gaz en France et à la multiplication des usines qui s’y fondent G1’ 53’ chaque jour.
- La statistique indicative de ces charges ne correspond qu’à l’application des taxes ordinaires, et il faut remarquer qu’elle ne comprend aucune fraction relative aux parts bénéficiaires qui sont prélevées, en plus, par les budgets municipaux dans un grand nombre des concessions exploitées.
- L’importance totale de cette contribution, pour l’année 1878, donne les chiffres ci-après :
- Revenus à l’Klat............................. 9,000,000 francs.
- Revenus municipaux............................. 1,120,000
- Ivwsemhle...................... 10,120,000
- Des statistiques élémentaires qui précèdent, on est autorisé à conclure que l’industrie gazière française s’est accrue de plus du tiers de ce qu’elle était il y a dix ans, et il est présumable que cette extension proportionnelle sera encore plus élevée pour la nouvelle période décennale qui suivra l’Exposition universelle de 1878.
- VIL ---- REVOE GÉNÉRALE DES PERFECTIONNEMENTS
- INTRODUITS DANS LE MATÉRIEL ET LES PROCÉDÉS DES USINES À GAZ,
- DE 1867 À 1878.
- La classe 53 du groupe VI comprenait, à l’Exposition du Champ de Mars, 53 exposants spéciaux, pour le matériel et les procédés des usines à gaz; les appareils, modèles et dessins de cette collection générale se rapportaient à toutes les branches de la fabrication, et, notamment, à la distillation, à la condensation, à l’extraction, à l’épuration et à la construction des gazomètres.
- Accessoirement à ces éléments principaux, figurait également une exposition multiple très importante, relative à la canalisation, aux compteurs, aux brûleurs, à l'outillage de préparation des sous-produits et aux machines employant le gaz comme force motrice.
- L’examen attentif de ces nombreux éléments a rendu facile l’ap-
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- prédation des progrès considérables réalisés depuis 1867, et nous Gr. VI. en donnerons l’énumération succincte dans l’ordre qui précède, en faisant remarquer les méthodes et les appareils qui ont contribué aux résultats les plus importants.
- MATERIEL DE DISTILLATION.
- Le matériel de distillation comprend les foyers, les fours et les barillets.
- Foyers gazogènes. — Dès 1867, les grandes usines* avaient déjà appliqué le gazogène au chauffage des fours; mais cette méthode récente était encore dans la période des recherches et des tentatives visant la simplification du système et la réduction des dépenses considérables exigées pour son installation.
- Des travaux incessants ont été accomplis dans cette voie jusqu’à ce jour, et, bien que les appareils exposés en 1878 doivent, certainement, être suivis d’autres plus perfectionnés encore, on doit néanmoins constater les progrès réalisés, depuis dix ans, dans cette nouvelle application.
- Plusieurs avantages ont été, en effet, obtenus par l’emploi des gazogènes, eu égard à l’économie de chauffage et de main-d’œuvre et au rendement en gaz; en outre, les perfectionnements successifs, apportés à ces appareils, ont permis d’en étendre l’application jusqu’aux usines de moyenne importance.
- Gazogènes à foyers indépendants, système Siemens. — Antérieurement à 1867, le type de gazogène adopté et appliqué dans les grandes usines était à foyer indépendant; une conduite métallique spéciale conduisait l’oxyde de carbone de ce foyer jusqu’aux récupérateurs Siemens, placés sous les fours, et un double jeu de registres, manœuvré alternativement, y distribuait l’air et l’oxyde de carbone, suivant la température produite dans les chambres traversées par les gaz brûlés, avant leur écoulement dans les cheminées courantes.
- Cette disposition ne tarda pas à révéler plusieurs inconvénienls
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- Gr. VI. pratiques assez graves, entre autres : la production imparfaite de l’oxyde de carbone dans le gazogène même; le danger de la non-étanchéité des longues conduites métalliques; le refroidissement du gaz dans ces conduites et la complication résultant de la manœuvre des doubles registres.
- Gazogènes multiples avec foyers reliés aux massifs des fours, ou système de la Compagnie parisienne. — Les appareils exposés aujourd’hui sont disposés d’une manière toute différente; chaque four a un gazogène spécial faisant partie de son massif; les conduites sont supprimées, et les registres, commandés par un mécanisme qui en simplifie le mouvement, se manœuvrent avec précision et sans aucune difficulté.
- Gazogènes, systèmes Ponsard et Lencauchez. — Dans plusieurs fours, une disposition nouvelle établit les courants d’écoulement des gaz combustibles et des gaz brûlés, suivant une direction constante, et permet de supprimer absolument l’emploi des doubles registres, à manœuvre périodique, pour le renversement successif des directions d’écoulement de ces gaz.
- Ces modifications ont eu pour résultat une réduction progressive dans la consommation des gazogènes, une température plus élevée avec meilleure répartition de la chaleur dans les fours et une plus longue durée des maçonneries réfractaires de ces appareils.
- Résultats comparatifs des gazogènes Siemens, Ponsard et Lencauchez. — L’application industrielle des divers types de gazogènes, primitivement essayés dans les usines, a pris place dans la période de 1861 à 1 864, et les constatations pratiques, relevées jusqu’en 1867, sur les fonctions prolongées de ce nouveau mode de chauffage donnaient les chiffres comparatifs suivants pour la consommation respective des principaux types expérimentés, par tonne de houille distillée :
- Système Siemens................................................... 190 kilofjr.
- Système Ponsard................................................... 178
- Système Lencauchez................................................ 172 1/2
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- L’économie obtenue, dans les grandes usines, par l’emploi des Gr. vi. gazogènes, peut être évaluée à 25 p. 0/0 delà dépense en chauffage dans les loyers ordinaires.
- Coût 'd'installation des gazogènes. — Il faut remarquer que la construction des fours, montés avec gazogènes, est beaucoup plus dispendieuse que celle des fours installés sur foyers à grille, de l’ancien système -, la différence, en plus, dans le coût de leur premier établissement, est de 600 francs par cornue montée. Cette différence compense donc encore, dans une trop large proportion, les avantages économiques résultant du chauffage avec gazogène, ét il est permis d’affirmer que la persévérance avec laquelle on poursuit toujours les études et les recherches relatives au chauffage à l’oxyde de carbone est principalement motivée par la plus grande facilité de travail que cette méthode a introduite dans la distillation.
- Cette raison principale a inspiré l’application du gazogène aux usines de faible production, mais il faut constater que le succès en est restreint et demeurera tel, jusqu’au moment où de nouveaux perfectionnements rendront possible l’installation de ce système dans des conditions de dépenses plus rapprochées de celles de la construction des anciens fours.
- Améliorations des fours à distiller. — L’accroissement de puissance résultant du chauffage, au moyen du combustible gazeux, a produit, ainsi que cela devait être, des transformations nouvelles dans le dispositif des fours; le nombre des cornues est augmenté pour la même surface occupée, et le dispositif de leur logement est réalisé dans les conditions les plus favorables à leur chauffage uniforme et à leur plus longue durée. Tous les matériaux réfractaires, employés dans les constructions, sont eux-mêmes préparés dans des conditions nouvelles de forme et de fabrication; le montage en est plus simple, moins coûteux, et même, dans l’appareillage compliqué des chambres de récupération, la combinaison de leur assemblage, étudiée sur de nouveaux principes, présente la plus grande solidité et une bien plus longue durée de résistance à l’action destructive des hautes températures.
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- Antiréfrigérant de M. Le Treust. — On modifie également la construction de la façade des fours, pour diminuer la chaleur rayonnante qui rend si pénible le travail des ouvriers chauffeurs.
- Cette modification consiste dans un double parement en maçonnerie, appuyé contre la façade ordinaire, avec interposition d’une couche d’air emprisonnée, faisant matelas calorifuge; l’inventeur prétend que l’action absorbante de cet écran est tellement efficace qu’il en résulte une économie de 1 h p. o/o dans la dépense du combustible employé au chauffage.
- Les appareils de chauffage qui viennent d’être examinés sont relatifs à l’emploi exclusif des combustibles gazeux; mais l’usage du combustible en nature, soit à l’état liquide, soit à l’état solide, étant encore beaucoup plus répandu, il y a lieu de signaler les progrès acquis dans les procédés industriels de leur consommation spéciale.
- Foyers à combustible liquide. — Les foyers alimentés au goudron et à Thuile lourde constituent la première de ces méthodes.
- Le chauffage au goudron remonte à plus de cinquante ans, car il était mis en pratique dès l’origine des plus anciennes usines; mais il n’a commencé à se répandre qu’avec l’usage des cornues en terre réfractaire, sur lesquelles la concentration de ce chauffage et l’intensité destructive de son action sont restées encore, pendant longtemps, sans solution pratique satisfaisante.
- Foyer à goudron de M. Le Treust. — Les essais accomplis jusqu’à ce jour ont conduit à l’adoption d’un type qui donne les meilleurs résultats. L’appareil qui le réalise se distingue par le jeu d’un organe de distribution facile et régulière du goudron et par un dispositif spécial du foyer, permettant l’expansion de la chaleur produite dans toutes les parties du four. Son installation est simple et peu coûteuse et son action, comme chauffage, se traduit par une consommation de goudron égale, en poids, à 12 p. 0/0 seulement du poids du charbon distillé.
- Les foyers à Thuile lourde ont présenté de plus grandes difficultés
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- à l’amélioration pratique que les précédents, la flamme courte et oxydante de ce combustible rendant impossible le dispositif adopté pour la combustion des goudrons dans les foyers d’une certaine capacité.
- Le principe de la division du combustible liquide étant indispensable pour produire la diffusion et l’allongement de la flamme, le moyen pratique de le réaliser fut bientôt découvert dans deux voies différentes, donnant des résultats d’une application également facile et avantageuse.
- La première de ces solutions vise principalement l’emploi de' l’huile lourde au chauffage des fours, à espace concentré, dans lesquels les plus hautes températures doivent être développées.
- Foyer à l’huile lourde de M. Audouin. — Les foyers de ce système sont d’une extrême simplicité et peuvent s’adapter partout, la pièce unique dont ils sont formés n’étant qu’un masque substitué à la porte des foyers ordinaires et dans l’épaisseur duquel s’opèrent, à la fois, l’introduction et la division de l’huile et de l’air dans la combustion, pour être développée ou réduite ensuite, à volonté, sans la moindre difficulté.
- Foyer à huile lourde de M. Âgnellet. — La seconde solution est la moins simple, mais son action est différente, en ce sens qu’elle permet d’effectuer le chauffage sur des espaces très étendus, sans concentration et tout en produisant régulièrement la quantité de chaleur voulue, à une longue distance des organes distributeurs du combustible liquide.
- L’huile est distribuée, dans ces foyers, en jets d’une grande ténuité, accompagnant des filets d’air aspirant sous forte pression; le mélange ainsi formé est entraîné sur de grandes longueurs, à l’état de poussière vaporeuse, composée de fins globules d’air et d’huile, dont la combustion présente beaucoup d’analogie avec celle de l’oxyde de carbone.
- La consommation de l’huile, dans chacun de ces deux systèmes, n’est pas plus coûteuse que celle du combustible solide pour produire la même quantité de chaleur utile, mais le mode d’action Classe 53. 5
- Gr. VI Cl. 53
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- Gr. VI. de ce chauffage est tout différent pour chacun d’eux et ne pourrait ~ être obtenu du combustible solide ou gazeux, dans les mêmes conditions d’intensité et de prix de revient.
- Foyers à combustible solide. — Le chauffage avec le combustible solide a donné lieu à de nombreuses tentatives de perfectionnement, mais un seul appareil, réellement nouveau, figurait au nombre des modèles exposés dans la classe 53.
- Grille à barreaux tournants de M. Schmitz. — Dans ce système particulier, et contrairement à l’usage habituel, le cendrier reste hermétiquement fermé et la grille ordinaire est remplacée par de gros tubes ronds dont les parois sont percées de trous pour l’introduction de l’air dans la masse du combustible. Ces barreaux tournent, à volonté, sur leurs supports, chauffent préalablement l’air aspiré, qu’ils divisent en tous sens dans le foyer, et, dans leur mouvement de rotation, ils permettent de saisir et de broyer les crasses, en les précipitant dans le cendrier, au fur et à mesure de leur formation, sans aucune ouverture des portes et sans aucune rentrée d’air froid dans l’appareil.
- De nombreuses installations de ce système fonctionnent aujourd’hui dans les usines à gaz et dans d’autres établissements industriels de premier ordre; l’économie réalisée en combustible est de plus de 20 p. o/o, comparativement à la consommation des foyers ordinaires les mieux montés, et la dépense d’installation de ces grilles est d’environ 22 5 francs par mètre carré.
- MATERIEL ET OUTILLAGE ACCESSOIRE UES FOURS À DISTILLER.
- Les tuyaux plongeurs, les barillets et les colonnes montantes, qui les relient avec les têtes des cornues, sont les organes complémentaires du matériel de distillation proprement dit.
- Colonnes montantes. — Les colonnes montantes ne participent dans le perfectionnement de l’ensemble que par l’agrandissement graduel de leur section, en vue de diminuer les obstructions causées
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- par les poussières et les matières goudronneuses entraînées avec le gaz.
- Gr. VI.
- Cl. 53.
- Barillets. — Le dispositif ordinaire des barillets a été l’objet de diverses modifications importantes, ayant pour but d’assurer l’écoulement constant et facile des goudrons épais qui s’y amassent et qui forment, fréquemment, bouchon à l’orifice des tuyaux plongeurs, en faisant obstacle au passage du gaz et en élevant considérablement la pression dans les cornues.
- Pour obvier à l’accumulation des goudrons épais dans le barillet, la caisse est construite à double compartiment, au moyen d’une cloison verticale qui règne dans toute la longueur de l’appareil. Les tuyaux plongeurs pénètrent dans le compartiment fermé, établi par cette cloison, et le compartiment voisin, ouvert d’un bout à l’autre et accessible en tous points par des trappes disposées ad hoc, permet d’introduire, à tout instant, sur le fond même du barillet, tel outil convenable pour en retirer les agglomérations pâteuses qui s’y arrêtent et qui tendraient à s’y amonceler jusqu’aux lèvres des tuyaux plongeurs.
- Tuyau plongeur mobile de Chandler et Stevenson. — Par d’autres dispositions ingénieuses, mais compliquées, on a tenté de supprimer la pression due aux plongeurs fixes, en faisant usage d’une double cloche équilibrée, ne pénétrant dans le liquide du barillet que lorsque la cornue est ouverte; mais la pratique ne paraît pas avoir sanctionné ce procédé.
- Appareils de chargement mécanique des cornues. — L’outillage employé dans le travail de la distillation est aussi en voie d’amélioration très importante. Nous signalerons, à cet égard, les tentatives multipliées, relatives à l’emploi des chargeurs.mécaniques, supprimant la manipulation de l’énorme masse de charbon et de coke qui se fait encore à bras d’homme dans toutes les usines en exploitation.
- Le type de four à distiller, à cornues horizontales, étant unique aujourd’hui dans la généralité des usines à gaz, son mode de chargement obligatoire est le même partout, c’est-à-dire que
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- Gr. VI. la double main-d’œuvre de l’enfournement et du. défournement subsiste encore partout et impose une aggravation capitale au service pénible du personnel ouvrier employé à la distillation.
- Le perfectionnement de cette méthode ancienne et dispendieuse ne devait cependant pas se faire attendre bien longtemps dans les grandes usines; mais, depuis la toile sans fin de Clegg et la cornue à piston de Brunton, le four à coke Pauwels et Dubochet est resté, pendant de longues années, le seul progrès accompli dont la pratique industrielle ait sanctionné la valeur.
- La cornue verticale de Porte et Lane est venue plus tard, mais sans succès, et,depuis quelques années seulement, on voit les recherches se concentrer sur l’étude de moyens de chargement mécanique appliqués à la cornue horizontale. Dans cet ordre particulier, les types produits sont nombreux et plusieurs réalisent un progrès véritable, sous tous les rapports.
- Cuiller de Fowlis, de Glasgow. — Je citerai, d’abord, le système de Fowlis, de Glasgow, paru en i8y3, dont la cuiller, en forme de gouge, pour l’enfournement, et le grappin à râteau, pour le défournement, sont mus mécaniquement, à l’aide d’un moteur à pression hydraulique, dont l’usage paraît avoir été pratiqué dans plusieurs usines d’Angleterre et d’Ecosse. Avec ce système, quatre hommes font le service de 60 cornues par jour.
- Cuiller de Warren et Waler. — Vient ensuite le système de Warren et Water, en 187/1; le mouvement de la cuiller et celui du râteau sont commandés par une transmission avec câbles télédynamiques; mais ce procédé a été moins favorablement accueilli que le précédent.
- Cuiller de West. — Enfin, en 1875, une nouvelle méthode de chargement et de déchargement des cornues, imaginée par M. John West, ingénieur anglais, est appliquée dans l’usine à gaz de Maid-stone. Cette méthode se distingue des précédents systèmes par l’exclusion de tout moteur mécanique et par sa mise en application facile dans les petites comme dans les grandes usines à gaz.
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- L’appareil de M. West se compose de trois instruments distincts : Gr. VT. un chargeur pour distribuer le charbon à répartir dans le four, un petit wagon roulant pour introduire ce charbon dans la cornue, et un grappin de délutage pour retirer le coke après la distillation.
- Le chargeur n’est autre qu’une trémie, d’une capacité déterminée, montée sur roues pour circuler devant les fours et se vidant, successivement, par un tiroir inférieur, dans le petit wagon d’enfournement, au fur et à mesure de sa sortie de chaque cornue.
- Le wagon porté par ce chargeur a la forme d’un coffre beaucoup plus court que la profondeur des cornues-, il est monté sur roulettes et le fond en est percé de plusieurs ouvertures fermées par des coulisseaux qui retiennent le charbon dans son cadre. Un petit treuil, fixé au bâti roulant du chargeur, élève le wagon à la hauteur voulue; on le pousse jusqu’au fond de la cornue, on retire les coulisseaux et, en ramenant le coffre sur la plate-forme du chargeur, il se vide progressivement, en laissant derrière lui, sur la sole, une couche de charbon uniforme et sans aucun tassement. Le charbon enfourné de cette manière se distille bien et rapidement et le coke produit est d’excellente qualité.
- Le grappin de délutage est monté à part, sur un petit treuil roulant comme le chargeur; il est formé d’une tige métallique contournée en crosse et supportant, à son extrémité, un tourillon sur lequel est posé fou un râteau plein, qui a le profil de la couche de coke à retirer. Lorsque ce grappin est introduit dans le fond de la cornue, la crosse et le râteau sont tenus pendants au-dessous de la tige; celle-ci est alors tournée à la main, en portant la crosse en l’air contre la voûte de la cornue, sur laquelle elle s’appuie, tout en faisant pénétrer la tranche du râteau jusque sur la sole, et, en retirant le tout, on amène facilement, et d’un seul bloc, le gâteau de coke, qui est reçu dans une brouette à débiter.
- La double opération du chargement et du délutage des cornues se fait très rapidement avec cet appareil, qui est, d’ailleurs, très simple et peu volumineux, et la manœuvre en est tellement facile, que le service de 2 à cornues est effectué totalement, à Maidstone gas Works, par sept hommes seulement, ce qui réalise, pour l’usine, une économie de plus de 3o p. 0/0 sur la main-d’œuvre, conjoin-
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- Gr. VI. tement à une augmentation de 20 p. 0/0 sur la fabrication, et une amélioration marquée dans la qualité du gaz et du coke produit.
- Bien quelles soient entrées dans cette voie depuis longtemps, les usines à gaz françaises ne paraissent pas avoir encore adopté définitivement de système qui leur soit propre.
- Cuiller Jarlot. — La Compagnie parisienne procède, depuis quelques années, cependant, à des expériences qui paraissent concluantes. Elle emploie, dans son usine d’Alfort, un système de chargement mécanique analogue au système West; il lui serait supérieur, toutefois, au point de vue de la puissance, en volume de chargement, de la simplicité même du wagon et de son appareil de transport.
- En apportant une grande amélioration dans les manipulations de force nécessaires à l’usage des cornues horizontales, le chargement mécanique ne paraît pas, cependant, devoir en consacrer perpétuellement l’usage et le principe; de nombreuses recherches sont déjà signalées dans une voie nouvelle, entièrement différente de tout ce qui précède et qui pourrait conduire à des résultats de grande importance. Cette tendance est, de fait, un réel progrès et doit être portée à l’actif de la période décennale qui vient de s’écouler.
- Distillation en cartouches métalliques de M. Servier. — Je citerai, à ce titre, le système imaginé et étudié par M. Servier, ingénieur français de grande réputation ; le procédé, tout nouveau, est présenté par son auteur sous la désignation de Distillation de la houille en cartouches métalliques dans des cornues tubulaires. Il me suffira, pour le faire comprendre rapidement, de répéter ici les termes dans lesquels M. Servier en a fait communication à la Société technique de l’industrie du gaz, en France, dans sa séance du 29 mai 1876 , au Congrès gazier de Lyon :
- k Ce système a pour but de faciliter le chargement et le déchargement des cornues, de mieux utiliser la chaleur des fours, et de diminuer la durée de la distillation; enfin, il a pour but de produire du coke d’une densité variable.
- «A cet effet, la houille est introduite préalablement dans des
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- tubes en fer, fermés par une extrémité et ouverts par l’autre, et Gr.vi d’un diamètre proportionné à la grosseur du coke que l’on veut obtenir. Ces tubes peuvent être percés de petits trous pour faciliter le dégagement du gaz.
- «Ils ont la même longueur que la cornue dans laquelle ils doivent être introduits. La cornue elle-même se compose d’un plus ou moins grand nombre de tubes semblables, en terre réfractaire ou en fonte, d’un diamètre un peu supérieur aux tubes en fer qui renferment la bouille et que j’appelle des cartouches métalliques. Cette cornue est donc une cornue tubulaire, analogue aux chaudières du même nom. Pour la charger, on introduit successivement les différents tubes en fer, préalablement garnis de houille, en mettant l’extrémité ouverte, soit la première, soit la dernière; dans le premier cas, le gaz produit s’échappe directement par l’extrémité ouverte dans le tuyau d’ascension; dans le second cas, le gaz est obligé de parcourir toute la longueur de la cornue et de lécher les parois rouges de la cornue tubulaire et des tubes métalliques qui la remplissent ; car ces tubes restent dans la cornue pendant toute la durée de la distillation.
- « Les tubes étant garnis de charbon, dans l’intervalle des charges, on comprend que leur enfournement se fait très rapidement et, par suite, sans perte possible de gaz. Le défournement a lieu aussi rapidement et avec facilité, en tirant les tubes, au moyen d’un crochet, par un anneau fixé sur eux; on les reçoit sur une, espèce d’étagère à roulettes, formée de barres de fer, qui se trouvent aux différents niveaux des cornues du four. Chaque tube présentant une grande surface au refroidissement, comme au chauffage, il est à peine besoin d’employer de l’eau pour l’extinction du coke et l’on vide les tubes quand ils sont refroidis.
- «Ce système permet de remplir toute la voûte du four avec des tubes semblables, groupés de manière à n’avoir pas un plus grand nombre de têtes, de tuyaux montants et de plongeurs que dans les fours ordinaires. On peut donc charger plus de houille dans le même four. En outre, on augmente la surface de chauffe des cornues et la conductibilité du métal pour que la chaleur facilite et abrège la durée de la distillation. On obtient donc un effet utile
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- plus considérable, c’est-à-dire une plus grande puissance de fabrication de chaque four.
- «L’expérience démontrera quelle peut être la durée des tubes en fer et leur qualité, après un long usage; je pense qu’ils doivent se transformer en acier, au contact du gaz produit et en raison de la température élevée de la cornue.
- «En remplissant les tubes de houille, d’une manière plus ou moins complète, on obtient du coke plus ou moins dense, par suite de la résistance que la houille éprouve à foisonner dans les tubes par la distillation, v
- Cet exposé démontre suffisamment la nouveauté du système de M. Servier et, si son application à tous les types de fours à distiller ne devait rencontrer aucun obstacle majeur qui puisse en compromettre le succès, il est présumable que cette méthode nouvelle viendrait en première ligne, par l’étendue de ses applications dans toutes les usines, grandes et petites, et surtout par l’économie énorme de main-d’œuvre qui en serait la conséquence, comme par la plus-value commerciale des produits de fabrication que l’on doit en obtenir.
- Des fours de grande production. — Le matériel des fours, utilisant la chaleur produite par les divers systèmes qui viennent d’être analysés, a été également, depuis dix ans, l’objet de perfectionnements importants; les progrès réalisés dans cette branche spéciale sont surtout attribuables aux ingénieurs des grandes usines. L’augmentation de puissance productive de ce matériel, la simplification de ses organes principaux et la plus grande facilité de la mise en fonction industrielle ont été le but déterminé de recherches dont la plupart ont abouti avec succès.
- Fours à neuf cornues. — On pourrait signaler, à cet égard, plusieurs solutions avantageuses du four à neuf cornues, type dans lequel on réalise le triple avantage d’un matériel plus puissant, sous volume restreint; d’une production, par cornue, supérieure à celle réalisée dans les fours à sept cornues, avec moins de dépense en chauffage; et enfin une réduction notable dans la dépense de
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- main-d’œuvre générale employée au service de la distillation. Les Gr. VI, chiffres comparatifs suivants, relevés à l’usine à gaz de Reims, fixent la valeur pratique de ces résultats, à la suite d’observations prolongées sur les fonctions de plusieurs fours de cette catégorie.
- En 187/1, avec des fours à sept cornues, on produit, en A72 journées de fours, 1 g5 mètres cubes de gaz, par cornue et par jour.
- En 1875, avec des fours à neuf cornues, on produisit dans la même usine, en Ai 6 journées de fours, 2o5 mètres cubes, par cornue et par jour, soit 10 mètres cubes de gaz produit en plus, par cornue, en 2A heures.
- La main-d’œuvre respective de ces deux périodes donne, en outre, une valeur de 1,877 kilogrammes de charbon distillé dans les fours à sept cornues, contre une valeur de 2,179 kilogrammes dans les fours à neuf cornues, soit, par journée d’ouvrier, une utilisation de 3û2 kilogrammes de plus dans les fours à neuf cornues que dans les fours à sept cornues.
- Tampons de cornues sans lut, de MM. Morton et Holmann. — En terminant l’examen du matériel des fours, il y a lieu de citer le progrès réalisé en Angleterre dans la construction et l’emploi des tampons de cornues sans lut. Ce système de tampon, ajusté sec aux lèvres de la tête de cornue, est dû à M. Morton, et la fermeture excentrique, qui en a principalement rendu l’application facile et sûre, est due à M. Holmann.
- MATÉRIEL DE CONDENSATION.
- Immédiatement après la distillation, le gaz fabriqué est soumis h l’action des condenseurs et des réfrigérants, dans le but d’en extraire les vapeurs aqueuses et le goudron dont il est chargé.
- Ces appareils ont donné lieu à diverses améliorations apportées aux anciennes méthodes, réalisant la condensation des vapeurs aqueuses, proprement dites, avec le refroidissement; mais le perfectionnement le plus important résulte de l’application d’un dispositif nouveau, qui permet la condensation des vapeurs d’huile lourde et de goudron, sans déperdition des hydrocarbures légers qui constituent une partie de la richesse du gaz.
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- Condenseur à chaud. — Ce dispositif consiste dans l’installation d’un tube à grande section, branché sur la sortie immédiate du barillet et circulant à couvert, et à l’abri du froid, dans la halle des fours à distiller; le gaz chaud s’écoule dans ce tube avec une faible vitesse, sans refroidissement sensible, et les vapeurs d’huile lourde, en suspension, s’y condensent à une température assez élevée pour leur enlever toute action sur les hydrocarbures dont la dissolution serait inévitable au contact des huiles lourdes refroidies.
- Réfrigérants. — Quant aux appareils qui font suite à ce condenseur à chaud, tels que les jeux d’orgue, les réfrigérants avec ventilation, ou arrosage, on remarque l’extension donnée à leur surface, la plus grande division du gaz, dont l’écoulement est effectué par des sections plus réduites et plus nombreuses, et l’addition de moyens mécaniques, permettant de régler progressivement l’abaissement de la température, en mesurant proportionnellement les volumes d’air ou d’eau qui doivent contribuer à cet effet.
- MATÉRIEL D’EXTRACTION.
- Les types d’extracteurs présentés à l’Exposition appartiennent à trois systèmes différents : le système rotatif, les machines à pistons et l’appareil d’extraction à jet de vapeur.
- Extracteurs rotatifs avec attelage direct. — Les extracteurs rotatifs sont du système anglais de Beal, et ils n’offrent réellement rien de nouveau, sauf le dispositif d’accouplement direct de Tarbre du moteur avec celui de l’extracteur, sans interposition d’engrenages ou de courroies.
- Les machines à pistons, exposées en dessins seulement, sont de deux types distincts : l’un, avec piston unique, agissant verticalement, et l’autre, avec double cylindre, monté horizontalement.
- Chacun de ces appareils fonctionne à double effet et les pistons des cylindres, dans lesquels s’opère l’extraction du gaz, sont attelés directement, au moyen de bielles, sur l’arbre moteur de la machine à vapeur qui leur donne le mouvement.
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- Extracteur à deux cylindres (système Schmitz). — La meilleure de Gr. VI
- ces machines est celle à deux cylindres horizontaux, dont les des-
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- sins figurent dans une exposition hors concours; ils représentent
- les appareils d’extraction qui fonctionnent à l’usine à gaz de Passy, depuis 1866, et dont le système vient d’être adopté par l’exploitation municipale de Bruxelles, après un examen comparatif des divers types en usage courant en France, en Allemagne et en Angleterre, par M. Somzée, ingénieur, fondateur de l’usine à gaz belge, à Laeken, près de Bruxelles.
- Les fonctions générales des extracteurs de Passy ont conservé, en effet, jusqu’à ce jour, une très grande supériorité sur tous les types connus dans l’industrie du gaz; le prix de revient du travail de ces machines est considérablement plus économique que celui d’aucun autre système; la régularité de son action sur la pression intérieure des cornues est absolue; ses fonctions sont automatiques, à tous les degrés de production de gaz auxquels l’extraction doit satisfaire, et la cloche régulateur qui complète ce système et en règle tous les mouvements est, en même temps, un condenseur de grande puissance, dont l’action préservatrice est d’une réelle efficacité sur le matériel des cornues et des fours.
- Enfin, le prix de revient d’installation est inférieur de 22 p. 0/0 à celui des extracteurs à un ou à trois pistons, de même puissance, quelles que soient les conditions avantageuses de leur montage.
- Extracteur à jet de vapeur, système Bourdon. — En ce qui concerne l’appareil d’extraction à jet de vapeur, nous ferons d’abord remarquer que l’invention en est de date déjà bien ancienne; car elle est due à deux ingénieurs français, M. Bourdon et M. Arson, dont les brevets spéciaux remontent à i855 et à 1857. L’innovation, toute récente, attribuée à M. Cleland, de Liverpool, ne peut donc être qu’une reproduction et, quant aux perfectionnements apportés à cette innovation par l’ingénieur allemand M. Kôrting, ils reproduisent assez exactement, à leur tour, un dispositif semblable, breveté en 1861, par un ingénieur français, pour une application à l’aspiration de vapeur détendue, réalisée avec le même dispositif.
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- L’application de ce système particulier à l’extraction du gaz ne s’est pas encore suffisamment répandue pour permettre d’en donner une appréciation exacte et, quels que soient le bas prix et l'extrême simplicité de son installation, cet instrument n’a pas encore acquis droit de cité dans les usines à gaz. Les inconvénients résultant du grand volume de vapeur dépensé par ce mode d’extraction et la nécessité d’y obvier par des dispositions accessoires, souvent très coûteuses, font déjà disparaître, en grande partie, les avantages attribués à sa simplicité et, quant à son mode d’action et à l’influence qui en résulte sur la qualité du gaz aspiré, aucune des expériences effectuées, jusqu’à ce jour, avec cet instrument, n’a fourni les renseignements complets et concluants qui pourraient seuls en recommander l’application.
- MATÉRIEL D’ÉPURATION.
- A la sortie des extracteurs, le gaz est dirigé dans les appareils où il doit être épuré, c’est-à-dire où il doit être séparé des impuretés qui en rendraient la combustion insalubre et sur lesquels l’action physique des condenseurs et des réfrigérants est sans efficacité.
- Nous ne parlerons pas ici des procédés employés pour l’épuration chimique proprement dite : cette analyse sortirait du cadre qui nous est tracé; mais nous signalerons l’opération nouvellement pratiquée dans la fabrication, pour compléter l’épuration physique du gaz avant de le soumettre aux réactions des agents chimiques qui le rendent propre à. la consommation.
- Après la condensation et le refroidissement, le gaz contient encore, en effet, une quantité très appréciable de goudron à l’état vésiculaire, dont la séparation ne pouvait être obtenue que par le passage aux cuves d’épuration, dont il altérait la matière.
- Condensateur mécanique de MM. Pclouze et Audoum. — Un nouvel appareil, imaginé par Màl. Pelouze et Audouin, permet, aujourd’hui, d’ éviter cet inconvénient très grave, en débarrassant absolument le gaz des particules goudronneuses les plus fines qu’il peut
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- contenir encore, et cle le livrer ainsi dans les conditions les plus favorables à l’action de l’épuration chimique.
- Le principe de son application est celui de la condensation par le choc; il est pratiqué au moyen d’une division extrême du gaz en filets très minces, et par la projection de ces filets, avec une certaine vitesse, contre des surfaces métalliques sur lesquelles tous les globules goudronneux s’écrasent, se soudent ensemble et forment une couche liquide qui s’écoule ensuite par son propre poids.
- La combinaison de l’appareil répond, d’autre part, à diverses nécessités pratiques, dont la solution est fort ingénieuse. En raison même de la vitesse avec laquelle la projection des jets de gaz est effectuée sur les plaques réceptrices et de la pression correspondante qui permet d’obtenir cette vitesse, on conçoit que les fonctions de ce condensateur doivent être assujetties à un régime de variation incessante, maintenu en rapport constamment exact avec les fluctuations de volume produites par la distillation: d’oii il suit que l’écoulement du gaz doit être effectué par des sections de passage incessamment variables, mais sans aucun changement appréciable dans la pression.
- Ce double effet est réalisé dans le condensateur Pelouze et Au-douin par le refoulement et le tamisage du gaz è travers la paroi perforée d’une cloche mobile contenue dans une caisse fermée, où elle est suspendue et équilibrée au moyen d’un contrepoids extérieur, réglé pour une pression fixe.
- La paroi de cette cloche est composée de deux feuilles métalliques dont la superposition laisse entre elles un espace vide de 1 millimètre et demi d’écartement, et la disposition de ces deux feuilles est telle, que les trous percés dans l’une se trouvent en regard des parties pleines, dans l’autre.
- La feuille intérieure est percée de trous ronds de 1 millimètre et demi de diamètre, disposés par bandes circulaires parallèles, laissant entre elles des bandes d’intervalles non percées; la feuille extérieure est percée, à son tour, de trous rectangulaires de 1 2 millimètres de long sur 5 de large, disposés, comme les précédents, en bandes parallèles percées, alternant avec des bandes d’intervalles non percées.^
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- Le gaz, encore chargé de goudron, est introduit à la partie inférieure du condenseur, et refoulé sous la cloche, dont la virole perforée plonge dans une couche d’eau formant fermeture hydraulique.
- Comprimé par ce refoulement, le gaz traverse d’abord la paroi intérieure de la cloche par les nombreux trous cylindriques dont elle est percée, et rencontre aussitôt la surface pleine de la paroi extérieure contre laquelle chaque filet gazeux se heurte et s’épanouit, en y faisant adhérer tous les globules liquides de goudron et d’eau ammoniacale dont il était chargé. Puis il glisse entre les deux plaques jusqu’aux orifices rectangulaires voisins de la paroi extérieure, qui le répandent, à l’état sec, dans l’espace annulaire fermant le condenseur, et il gagne, par un orifice supérieur, la canalisation d’écoulement qui le conduit aux épurateurs.
- Or, les sections de passage du gaz dans les parois de la cloche étant fonction du volume et de la vitesse, on conçoit que, si le volume vient à changer en plus ou en moins, la section d’écoulement devra augmenter ou diminuer proportionnellement, et qu’ainsi la cloche s’élèvera ou s’abaissera automatiquement, sans variation sensible de la pression.
- La pression nécessaire à une épuration parfaite est de 5 à 6 centimètres d’eau seulement, et, aux vitesses qui en dérivent, le gaz est absolument débarrassé du goudron et d’une grande partie de la naphtaline et du sulfure de carbone qu’il peut contenir.
- Ajoutons que cet appareil n’a aucune influence nuisible sur le pouvoir éclairant du gaz et que les frais d’entretien et de main-d’œuvre sont absolument nuis.
- Les résultats obtenus par l’emploi de ce condenseur sont donc multiples; car il donne au gaz l’état de préparation le plus favorable à son épuration chimique ultérieure, et il permet de recueillir des produits condensés, dont la valeur, autrefois perdue, a une réelle importance.
- L’industrie générale du gaz a, d’ailleurs, sanctionné très rapidement la valeur industrielle de cette utile invention; une quantité notable d’usines, grandes et petites, en ont fait l’application, en France et à l’étranger, et il faut reconnaître que, malgré les compé-
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- titions qui se sont manifestées, au sujet de la découverte du prin- Gr. VI cipe et au moment de son application pratique, MM. Pelouze et C1~g Audouin ont rendu un service de la plus haute importance à l’industrie gazière du monde entier et Thonneur de ce progrès ne saurait leur être contesté.
- L’épuration chimique du gaz, qui succède à l’épuration physique, a lieu dans une série de caisses dans lesquelles l’oxyde de fer est disposé sur des claies. Le gaz en sort complètement débarrassé d’acide sulfhydrique et de sulfhydrate d’ammoniaque, et à l’épreuve de l’acétate de plomb.
- La matière épuratrice, extraite des caisses, est, au bout de quelque temps, revivifiée par son exposition à l’air. Le procédé d’épuration chimique n’a pas subi de modification, depuis plus de dix ans.
- GAZOMÈTRES.
- Les canalisations d’usines, les compteurs de fabrication et les gazomètres complètent la série du matériel employé dans l’industrie du gaz. Cette partie de l’outillage industriel a été perfectionnée dans presque tous ses détails, mais il serait impossible d’en présenter la longue énumération dans le cadre qui nous est imposé, sans sortir du domaine spécial de la fabrication. Nous nous bornerons donc, en ce qui concerne cette dernière partie, à la citation des expositions particulières dont on trouvera la nomenclature à la suite du présent rapport.
- MATÉRIEL ACCESSOIRE A LA FABRICATION DD GAZ.
- Nous avons signalé, au début de cet aperçu général, l’importance des expositions collectionnées dans la classe 53, relativement à des industries accessoires à la fabrication du gaz, entre autres : celle de la construction des compteurs de consommation et de fabrication, celle de la construction des machines à gaz, et diverses spécialités dont le développement prend chaque jour une extension de plus en plus grande.
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- COMPTEURS.
- La vente du gaz au compteur est presque généralisée aujourd’hui et, si l’on considère qu’il y a en France plus de 5oo,ooo abonnés faisant usage de ce mode de mesurage, on comprend facilement toute l’importance que doit présenter la fabrication de cet appareil et l’intérêt qui s’attache à sa bonne exécution.
- Plusieurs maisons de premier ordre ont, en quelque sorte, monopolisé la construction du compteur à gaz; leur exécution ne laisse rien à désirer et leur concurrence réciproque s’est principalement traduite au profit du consommateur, en réalisant une très grande modicité dans les prix de vente des appareils.
- Mais ce résultat n’est pas le seul que les fabricants aient pu réaliser; la recherche, bien autrement laborieuse, du compteur à mesure exacte est restée l’objet des études multipliées les plus persévérantes, et l’on peut inscrire aujourd’hui, à l’actif des dix dernières années, le progrès consacré par la solution de ce problème difficile et les avantages considérables qui en sont la conséquence.
- Compteurs à mesure exacte. — Les combinaisons mécaniques dont on a essayé l’application, depuis plus de soixante ans, pour arriver au compteur à mesure exacte, sont nombreuses et les types d’appareils construits actuellement dans ce but présentent diverses dispositions dont l’usage pratique permettra l’appréciation comparative et le classement définitif, à bref délai.
- Ces dispositions diffèrent en ce sens que le moyen de mesure adopté repose sur le maintien constant du niveau de l’eau, dans certains systèmes, tandis que cette base fondamentale et presque classique, dans la généralité des compteurs en usage, est complètement écartée dans d’autres.
- Compteur à mesure invariable, système Siry-Lizars. — Les appareils de ce dernier système apportent très peu de complication au type du compteur ordinaire, et l’exactitude de leur mesurage résulte
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- de la mise en communication intermittente des aubes d’entrée et Gr. VI de sortie du volant, pendant une fraction déterminée de leur mou-vement de rotation. A Taide de cette disposition, et quel que soit le niveau de l’eau dans la caisse de l’appareil, le volume de gaz, qui pourrait être en excès dans l’aube de sortie, repasse dans la capacité de l’aube d’entrée, et le volume fractionné qui va aux becs brûleurs reste constant.
- Des expériences faites avec le plus grand soin, sur le débit de ce compteur, ont permis de constater l’exactitude soutenue de son mesurage, aux plus faibles comme aux plus fortes dénivellations du plan d’eau, ainsi que la fixité des flammes aux brûleurs, à toutes les pressions.
- Compteur à niveau constant, système Falconetti. — Dans le système des compteurs dits à niveau constant, la modification consiste dans la connexion d’un réservoir d’eau supplémentaire avec la caisse de l’appareil et dans le jeu d’un retour d’eau, basé sur le principe de la fontaine des oiseaux, dont l’action intermittente restitue, automatiquement , du réservoir à la caisse, la quantité d’eau disparue, au fur et à mesure de son évaporation.
- Compteur a mesure constante, système KUng-Müttcr, de Prague. —
- Ce compteur se compose de deux petites cloches métalliques plongeant dans une garde hydraulique, remplie de glycérine, et mises en mouvement alternatif par la pression du gaz. La substitution du métal aux diaphragmes en matière souple, employés dans les anciens compteurs secs, est la seule caractéristique de l’appareil exposé; car, à part cela et le mouvement vertical des cloches, il reproduit exactement le dispositif du compteur imaginé, antérieurement, par M. d’Hurcourl, dont les cloches, plongeant dans une caisse à eau, donnent le mesurage exact, d’après le même principe que le compteur sec à double membrane.
- Compteur à mesure exacte et à bâche de saturation de M. Rouget. —
- Le principe de ce système particulier a pour but de prévenir la cause principale d’évaporation de l’eau dans la caisse du compteur,
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- en n’y'distribuant le gaz qu’après l’avoir soumis à une saturation préalable. A cet effet, le gaz traverse d’abord un compartiment, où il barbote dans l’eau, en se saturant, puis il passe au compteur, dans lequel il ne peut plus exercer aucune action évapora-toire.
- GÉNÉRALITÉS.
- La fabrication du gaz par la distillation des huiles et des résidus de toute provenance, et le gaz par l'air carburé, était représentée, dans la classe 53, par plusieurs appareils de combinaisons différentes.
- L’appréciation spéciale de ces procédés est donnée, plus loin, par M. Le Blanc. (Page 115.)
- REVUE ANALYTIQUE DES EXPOSITIONS COLLECTIVES ET INDIVIDUELLES RELATIVES À L’INDUSTRIE DU GAZ.
- NOMBRE DES EXPOSANTS.
- Trente-cinq maisons françaises figuraient au nombre des exposants spéciaux de la classe 53, pour le matériel et les procédés des usines à gaz; les sections étrangères étaient représentées, d’autre part, par deux maisons autrichiennes, dix maisons anglaises, deux maisons belges et trois maisons suisses.
- RÉCOMPENSES.
- Les récompenses décernées par le jury, dans cette catégorie spéciale, comprennent : un grand prix, douze médailles d’or, douze médailles d’argent, huit médailles de bronze et huit mentions honorables.
- Presque tous ces exposants ont présenté des collections complètes de leurs fabrications respectives; quelques-unes sont générales et renferment tout ce qui est relatif à l’industrie du gaz, depuis la cornue de distillation jusqu’au bec brûleur.
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- Nous donnons ci-après, par ordre alphabétique d’auteurs, une notice succincte sur quelques-unes de ces collections, en raison de la valeur qu’elles représentent comme importance et comme nouveauté de procédés de fabrication.
- M. Aindoze. (Médaille d’or.) Triturateur universel. — Broyeur applicable au cassage des cokes et à la pulvérisation des charbons.
- Cet appareil est d’une disposition entièrement neuve, et son action est aussi efficace dans la division des corps mous ou fibreux que dans la pulvérisation des corps durs. De là le nom de trituT rateur universel que lui a donné M. Anduze. '
- 11 se compose d’un plateau vertical fixe et d’un disque circulaire, mis en mouvement rotatif, à très grande vitesse, parallèlement au premier plateau.
- Chacun de ces plateaux est armé de marteaux et de segments de couronnes entre-croisés, dont les saillies et les creux pénètrent les uns dans les autres et dont les profils sont progressivement multipliés du centre à la circonférence; en outre, un mécanisme puissant permet le rapprochement, plus ou moins serré, des deux plateaux l’un contre l’autre.
- Le corps à pulvériser est introduit par une trémie, adaptée au plateau fixe et à faible distance de son point central; il est saisi aussitôt par les marteaux du plateau mobile, qui le désagrègent contre ceux du plateau fixe, en lui faisant subir une sorte de fragmentation qui le diminue progressivement de grosseur; l’action centrifuge le projette ensuite de zone en zone, entre les profils broyeurs qui sont de plus en plus serrés et qui le conduisent jusqu’à la circonférence, où il se dégorge à l’état de poussière d’une grosseur déterminée.
- La forme, le nombre des marteaux et des segments profilés varient nécessairement, ainsi que la vitesse, avec la nature et l’étal sec ou humide des corps à pulvériser; mais le broyeur ne s’empâte jamais, et, de ce fait très remarquable d’ailleurs, la force motrice absorbée est très inférieure à celle qui est reconnue indispensable pour les systèmes analogues dont on fait usage dans l’industrie.
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- Pour les fours à gaz, qui rendent nécessaire la pulvérisation du charbon à distiller, il est utile de noter qu’un broyeur Anduze, avec plateaux de 1 mètre de diamètre, fournit,par heure, 8,000 à 10,000 kilogrammes de charbon broyé très fin, avec une force motrice de 10 à 12 chevaux.
- Son prix est de 6,800 francs.
- M. L. Bousquet et C10, à Lyon-Vaise (Rhône). (Médaille d’argent.) — Cornues pour le gaz d’éclairage et pour les produits chimiques.
- La plus ancienne maison de France pour la fabrication des cornues à gaz en terre réfractaire et pour les poteries en grès.
- La création de cette maison remonte à i854; elle occupe aujourd’hui un personnel de 90 ouvriers et son chiffre d’affaires annuelles s’élève à 600,000 francs.
- Ses ateliers couvrent une surface de i4,ooo mètres carrés et renferment un outillage spécial considérable, actionné par une force motrice de ho chevaux.
- Elle fabrique annuellement près de 5,ooo cornues à gaz dont l’usage est très répandu en France et à l’étranger. La généralité de ses produits jouit d’une grande renommée comme qualité supérieure et comme exécution.
- M. Michel Perret a rendu un témoignage très favorable de l’emploi des dalles de M. Bousquet, pour ses fours à pyrites.
- Compagnie parisienne du gaz. (Grand prix et médaille d’or.') — L’exposition de la Compagnie parisienne tient le premier rang, à tous égards, par la multiplicité des appareils, des dessins et des échantillons de toute sorte qu’elle a groupés avec une grande richesse, dans son élégant pavillon de la porte de Seine, et qui lui ont valu les deux plus hautes distinctions décernées.
- Cette exposition collective présente à l’analyse le plus haut intérêt, car elle embrasse l’hislorique le plus complet des appareils et des procédés modernes les plus perfectionnés, en usage aujourd’hui dans la fabrication du gaz, et elle reproduit tous les types de
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- fours anciens, dont l’emploi remonte jusqu’à l’origine des premières Gr. vi. applications faites dans les usines à gaz de Paris. ~
- Par sa constitution et par son développement progressif, cette Compagnie est réellement l’image de la création de l’industrie gazière en France. Son continuel accroissement de puissance en fait aujourd’hui l’une des sources importantes de la fortune publique.
- A l’époque de sa fondation, en 1855, Paris ne renfermait encore que neuf usines, fournissant annuellement à la consommation ho millions de mètres cubes de gaz; la Compagnie parisienne possède aujourd’hui onze usines à gaz proprement dites, huit établissements de transformations secondaires', et elle livre annuellement à la consommation plus de 200 millions de mètres cubes de gaz et 527,000 tonnes de produits divers.
- Matériel de la Compagnie parisienne. — Le perfectionnement des procédés et la multiplication des appareils de la Compagnie suivent une marche incessante, qui a élevé la puissance de sa fabrication actuelle à plus de 65o,ooo mètres cubes de gaz, par jour; son matériel distillatoire en service se compose de A,600 cornues et de 7h fours à coke, ce qui permettrait de distiller quotidiennement 3,5oo tonnes de charbon. Son service général est effectué avec 61 gazomètres, d’une capacité totale de 600,000 mètres cubes, et la longueur totale de la canalisation est de 1,769,260 mètres, distribuant le gaz à plus de 1,2/12,000 becs.
- Enfin, la force motrice consommée dans les usines est fournie par 1 12 machines à vapeur, représentant une force collective de plus 1,100 chevaux. L’effectif moyen de son personnel est de 7,400 hommes et ses divers établissements occupent une superficie de 125 hectares.
- On jugera aisément de l’accroissement de puissance acquis, à l’étal actuel, par les établissements de la Compagnie parisienne, en comparant les chiffres suivants, qui donnent la production brute de la fabrication aux deux années extrêmes embrassant la période décennale qui vient de finir :
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- PUISSANCE PRODUCTIVE DES USINES DE LA COMPAGNIE PARISIENNE.
- 1867. 1878.
- Charbon distillé . . 666,257,572 7o6,65i,3o3
- Gaz produit . . 136,567,822 211,907,937
- Coke 8,831,138 13,366,289
- Goudron fabriqué . . 22,000,000 36,882,701
- Goudron distillé 20,000,000 35,699,600
- Production de lirai .. 13,ooo,ooo 22,395,096
- Huiles légères . . 5oo,ooo 977,872
- Huiles lourdes 4, 000,000 11,752,860
- Sulfate d’ammoniaque Alcalis et eau concentrée | 3,i33,6oo 5,663,754
- Pièces réfractaires fabriquées.. . . 2,983,227 6,967,081
- Matériel et distillation. — Les appareils de distillation exposés par la Compagnie parisienne se composent de huit modèles de fours, représentant tous les types industriels employés à Paris depuis cinquante ans.
- On y trouve, dans l’ordre chronologique de leur application : le four à trois cornues, en fonte, employé parla Compagnie anglaise en 1818; le four à une cornue de Pauwels, 1821 -, le four à cinq cornues, en fonte, de la Compagnie française en 1887; le même four, avec cornue en terre, de la même Compagnie en 18 h 0 ; le four Pauwels à deux cornues, 18/12; le four Pauwels à trois cornues, 18/17; le four à six cornues et chauffage au goudron de la Compagnie parisienne et, enfin, le four à sept cornues, avec foyer ordinaire, et le four à huit cornues avec gazogène, comme dernier type adopté dans les constructions les plus récentes des usines de Paris.
- Les transformations apportées parla Compagnie parisienne dans le dispositif, comme dans le mode de fonctionnement de ces derniers appareils, paraissent avoir donné lieu aux études les plus persévérantes ; mais, autant que l’on peut en juger par la différence marquée entre les différents types, successivement construits et expérimentés dans les usines de Paris, le but final ne serait pas atteint et la meilleure disposition pratique serait encore à réaliser.
- Types de gazogènes essayés successivement dans les usines de la Compagnie parisienne. — Dès 186/1, en effet, la Compagnie parisienne
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- était déjà engagée dans l’expérimentation du chauffage des fours par le combustible gazeux, et une fraction de son usine de Vaugi-rard fonctionnait avec le récupérateur Siemens, relié par une conduite métallique à un système de gazogène indépendant. Mais cette disposition primitive a été profondément modifiée, dès 1869, et, dans une nouvelle installation faite à Saint-Mandé, on a appliqué un gazogène distinct à chaque four et l’on a supprimé la conduite métallique employée à Vaugirard.
- Cette seconde période expérimentale s’est prolongée jusqu’en 1875 et a donné lieu à une nouvelle transformation, appliquée dans l’usine de Belleville. Indépendamment des changements de détails, apportés à divers organes élémentaires du système, le but de cette troisième tentative vise principalement la simplification générale de l’ensemble et la réduction des dépenses considérables exigées pour son installation.
- Ce dernier type, modifié encore, a été enfin appliqué à l’usine d’Ivry en 1876 ; c’est celui dont le modèle figure à l’exposition de la Compagnie parisienne et se trouve aujourd’hui dans les collections de l’Ecole des mines.
- Economie de chauffage. — Dans ces expériences successives, l’économie de chauffage s’élève, finalement, à environ 5o kilogrammes de coke par tonne de charbon distillé, et l’allure des fours est améliorée par la production d’une chaleur plus intense et plus régulière et par une manœuvre plus facile pour les ouvriers attachés à ce service spécial.
- Dépenses d’installation des gazogènes dans les usines de la Compagnie parisienne. — Les dépenses de premier établissement sont toujours fort élevées et dépassent de 5o p. 0/0 le prix d’installation des cornues ordinaires. :
- En outre, la qualité du coke produit à la haute température de ces fours est inférieure à celle du coke obtenu dans les fours ordinaires; il est beaucoup plus friable et laisse un déchet de i5 p. 0/0 de plus, à la suite de son concassage et de son criblage.
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- Résultat actuel de l'usage des gazogènes dans les usines de la Compagnie parisienne. — Si l’on considère finalement le modeste résultat des quinze années de recherches et d’efforts, que nous venons de passer rapidement en revue, on voit que la meilleure solution pratique du problème n’est pas encore prochaine, et il est facile d’apprécier la valeur des sacrifices de temps et d’argent au prix desquels elle pourra seulement être obtenue.
- Traitement du coke. — Les appareils relatifs au traitement du coke sont exposés en dessins, à grande échelle, représentant les types d’installations, avec ou sans noria élévatoire, pour la distribution des cokes dans les broyeurs. Le système de ces machines est étudié pour une grande puissance de production, et il se compose uniformément de rouleaux concasseurs, à denture tranchante, en acier, agissant à la façon des laminoirs, et de cylindres tamiseurs inclinés, fonctionnant comme des blutoirs et classant le coke cassé, suivant les cinq numéros de grosseur adoptés pour la vente de ce combustible.
- La force motrice employée à cette fabrication est fournie par des machines à vapeur de 12 chevaux, ou de 8 chevaux,selon que le travail est effectué avec ou sans emploi de noria élévatoire, et la production de chaque machine est, uniformément, de 35o hectolitres par heure.
- Des casse-coke moins puissants, mais toujours de même système, sont affectés aux usines de petite fabrication, et, dans ce cas, ils sont actionnés par des machines à gaz de la force de 1 à 3 chevaux.
- Agglomérés de poussier de colce. —Les poussiers de coke, provenant des déchets de la manipulation et du cassage, sont transformés en agglomérés, que la Compagnie utilise pour le chauffage de ses générateurs à vapeur et de ses fours à distiller.
- Cette fabrication est de création récente, et ce n’est que depuis 187/1 et à la suite d’essais multipliés que la Compagnie a réussi à produire, avec ce résidu de faible valeur, un combustible solide, de bonne qualité moyenne et se comportant bien dans les foyers industriels de toute nature.
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- L’agglomération de ces poussiers est faite avec le brai sec, résidu Gr. VI. de la distillation du goudron, en procédant de la manière suivante :
- Poussier de coke et brai, préalablement distribués dans une proportion donnée, sont soumis à l’action d’un broyeur Garr qui les pulvérise, en les mélangeant intimement; la matière, ainsi préparée, subit alors un brassage mécanique dans un récipient chauffé, qui élève la température de la masse à 70 degrés environ et la transforme, par un ramollissement du brai, en une pâte ferme et consistante propre au moulage et à la compression. Une presse à mouler, semblable à celle dont on fait usage pour l’agglomération , des charbons, reçoit ensuite cette pâte et la débite en briquettes de forme ordinaire.
- Le poids du mètre cube de cette briquette est de 1,000 kilogrammes; on l’obtient avec la pression énergique de 1,200 kilogrammes par centimètre carré et pour une fabrication de 1 2 tonnes à l’heure; la force motrice dépensée est de 5o chevaux.
- La proportion moyenne de brai employé est de 8 à 10 p. 0/0 , et le coût de fabrication mécanique de ce combustible, non compris la valeur des matières premières, est de 3 à A francs par tonne environ.
- La Compagnie fabrique annuellement plus de 32,000 tonnes de ce produit.
- Appareil pour le chargement mécanique des cornues. — Un appareil employé au chargement mécanique des cornues et imaginé par M. Jarlot, ingénieur de la Compagnie parisienne, est exposé dans l’annexe de la classe 5 3.
- Il se compose d’une cuiller à coffre, analogue à la cuiller de West, dont nous avons déjà parlé; mais elle n’est fermée, en dessous, que par une seule plaque plus facile à retirer. Le coffre peut contenir une charge de combustible beaucoup plus forte, et l’ensemble de la cuiller est plus solide et plus compact que celui de la cuiller anglaise. Cet appareil est actuellement en expérience à l’usine à gaz d’Alfort, où il donne de bons résultats.
- Appareils divers. — Une collection nombreuse de modèles, par-
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- Gr. vi. faitement exécutés, figure également dans le pavillon de la Com-pagnie, représentant les divers types d’appareils dont elle fait usage dans le matériel’et l’outillage de ses usines. On y remarque, entre autres, l’appareil photométrique de MM. Dumas et Régnault, le condenseur par le choc de MM. Pelouze et Audouin, la grille à barreaux tournants de M. Schmitz, un régulateur d’émission à double cône et les trois types de machines à gaz en usage courant dans l’industrie, savoir : le type Lenoir, horizontal, le type Otto et Langen, vertical, et le type Otto, horizontal, à compression préalable.
- Canalisation, outillage et procédés. — Accessoirement aux appareils d’usine, la Compagnie parisienne a aussi organisé une exposition importante, relative à la canalisation proprement dite.
- Les pièces de joints et raccords, dont elle a adopté les modèles dans tous les travaux extérieurs de son immense réseau, figuraient en spécimens de grandeur naturelle, cl’une très remarquable exécution, notamment des pièces de raccord en plomb, de très fortes dimensions, obtenues par le martelage seulement et donnant, dans les meilleures conditions, à tous les points de vue, des solutions de difficultés inabordables avec l’emploi de tout autre métal.
- Cette exposition était complétée, d’ailleurs, par la collection de l’outillage particulier dont elle fait usage couramment dans tous les travaux exécutés sur la voie publique, pour réparer, remplacer et raccorder entre elles des conduites de tout diamètre, sans emploi du feu, sans interruption de l’éclairage et sans danger pour les ouvriers.
- Produits réfractaires et appareils des usines à gaz. — Il nous reste â mentionner les spécimens de pièces réfractaires exposés par la Compagnie parisienne et dont la fabrication, montée sur une grande échelle, à la briqueterie de La Villette, alimente non seulement la consommation de ses usines, mais fournit encore aux besoins des usines étrangères.
- Les cornues et autres pièces de four de cette collection sont obtenues avec des pâtes préparées à l’aide de moyens mécaniques
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- puissants, et les matières premières qui les composent sont exclu- Gr. vi. sivement de provenance française.
- 1 5 qj gg
- Malgré des frais de transport très élevés, la Compagnie parisienne expédie ses produits réfractaires à l’étranger, ce qui démontre combien la qualité en est appréciée.
- En 1867, la fabrication de La Villette avait produit 3,ooo cornues, 100,000 pièces de four et 1 million de briques réfractaires, donnant ensemble un poids total de 2,983,227 kilogrammes. En 1878, on a fabriqué 3,898 cornues, 61,988 pièces de four et 277,395 carreaux, dalles et briques, pour un poids total de. 4,9/17,081 kilogrammes.
- Des progrès importants ont, en outre, été réalisés depuis dix ans dans la fabrication spéciale de la Compagnie, entre autres : l’utilisation des mâchefers, résidu autrefois entièrement perdu et employé avantageusement, aujourd’hui, à la confection de carreaux de dallage de la plus grande dureté, et l’emploi très courant de la bauxite, terre alumineuse française, dans la fabrication des pièces réfractaires destinées à supporter les températures les plus élevées.
- Sous-produits ; appareil à couler le brai de M. Régnault. — Le groupe des usines à gaz de la Compagnie parisienne est complété par l’installation d’une usine considérable,spécialement affectée à la distillation des goudrons et à la fabrication des sous-produits qui en dérivent; au nombre de ceux-ci, figure le brai pour une importance annuelle de plus de 25,000 tonnes.
- Le coulage de ce brai, après distillation, se pratiquait autrefois dans des fosses découvertes, en laissant perdre, à l’air libre, une quantité énorme de vapeurs infectant l’atmosphère et rendant le voisinage de cette fabrication insalubre et dangereux. Cette opération est effectuée aujourd’hui par un procédé entièrement nouveau, dû aux savantes recherches de M. Régnault et au moyen duquel, toutes les vapeurs étant condensées préalablement dans un appareil spécial, aucune altération atmosphérique n’est plus possible et le voisinage de cette fabrication est rendu aussi inoffensif que celui des habitations, même lès mieux situées.
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- Gr. VI. Cl. 53.
- Ce procédé consiste à couler le brai bouillant dans une cuve de grande dimension, divisée en deux compartiments, dont le premier est recouvert par une cloche métallique, qui en fait une sorte de citerne, eL dont le second reste entièrement à ciel ouvert. Un mur de refend, formant la séparation des deux compartiments, est percé, au pied, de plusieurs ouvertures donnant communication de l’un dans l’autre, et le radier est construit dans chacun d’eux avec une inclinaison déterminée, qui converge au pied même du mur de séparation.
- Les orifices de communication, débouchant dans la cuve ouverte, sont chaperonnés par un plancher régnant dans toute la longueur de la cuve et s’avançant, en largeur, à quelque distance de la paroi du mur de refend.
- Le brai bouillant est versé à la partie supérieure de la cuve fermée, dans laquelle toutes les vapeurs essentielles sont retenues et condensées par contact avec les parois métalliques du couvercle, les huiles fournies par cette condensation étant dirigées, aussitôt, à l’extérieur par des rigoles disposées ad hoc. Le niveau du brai s’élève, dans la cuve ouverte, sous une surface coagulée,légèrement refroidie, qui ne dégage plus aucune vapeur; mais la masse intérieure reste à une haute température et elle s’échappe lentement par les déversoirs qui lui donnent issue vers les fosses extérieures, dans lesquelles le brai s’écoule en lave roulante qui s’étend jusqu’à de grandes distances.
- Pour compléter l’exposé relatif aux industries de la Compagnie parisienne du gaz, il y aurait eu à traiter l’importante question de l’exploitation des sous-produits du gaz et, notamment, passer en revue les diverses matières qui proviennent de la distillation des goudrons, telles que : benzines, huiles lourdes, naphtaline, aniline, anthraeène, acide phénique, etc.
- Ces traitements ont motivé la construction d’une grande usine spéciale, à La Villette, dans laquelle arrivent les goudrons de toutes les usines à gaz de la Compagnie. L’usine pour le traitement des goudrons fonctionne sur une grande échelle, depuis 1862. Les procédés et les nombreux appareils qui sont employés sont nouveaux pour la plupart, et l’un des résultats les plus remarquables
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- obtenus dans ce vaste ensemble d’opérations chimiques (autrefois Gr. VI. si complexes et si offensives, au point de vue de la salubrité) C1~3 consiste dans l’innocuité tellement parfaite de la pratique actuelle, qu’aucun voisin n’en soupçonnerait l’existence par la révélation des odeurs.
- On a traité, dans cette usine, 32,000 tonnes de goudrons et /100 tonnes d’eaux ammoniacales, pendant l’année 1878. Le traitement des goudrons seuls a produit près de 2 millions de francs. Mais l’examen de cette industrie de la Compagnie parisienne du gaz incombait à la classe A7. Celle-ci a décerné, de ce' chef, une médaille d’or à la Compagnie précitée. Il est regrettable qu’aucun des savants rapporteurs de cette classe n’ait cru devoir aborder l’exposé de cette question.
- Quant au jury de la classe 53, il ne s’est pas cru appelé à combler cette lacune. Il serait sorti des limites de la tâche qui lui avait été attribuée.
- Nous limiterons ici les citations qui devaient être faites de l’exposition de la Compagnie parisienne dans le cadre qui nous était tracé, les nombreux modèles, appareils et échantillons qui en complètent les belles collections appartenant aux classes 27, A7,
- 5i et 5A, dans lesquelles ils devaient être examinés.
- MM. Joseph Cliff et fds. (Médaille dé argent. ) — Fabrication mécanique des cornues à gaz. — Cornues et matériel réfractaire des fours.
- Les cornues à gaz exposées par cette maison sont fabriquées par des procédés mécaniques, et les résultats de durée exceptionnelle obtenus avec ces produits méritent une mention particulière;
- Matières premières.— L’argile qui fait la base des mélanges, préparés dans la plupart des briqueteries anglaises, vient principalement de Stourbridge, de Chester et de Tamworlh. Ces trois argiles se trouvent dans les terrains houillers, au-dessus des schistes, là où l’influence ignée n’a pas été assez grande pour leur ôter toute plasticité. Elles se divisent en feuilles très minces et ont besoin, pour être employées, d’être soumises à un certain
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- Gr. VI. traitement. On les expose pendant longtemps à Pair; elles se dé-ci 53 litent, et une partie des sulfures métalliques qu’elles contiennent s’oxyde et se transforme en sulfates solubles qui passent dans les eaux de lévigation. Malgré ce traitement, ces argiles restent très maigres, non à cause d’un excès de silice, mais, probablement, parce qu’une partie de l’argile était passée à l’état non plastique par l’action ignée.
- La composition des argiles de ces trois provenances est la suivante :
- PROVENANCES ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS. ELEMENTS ACCIDENTELS VITRIFIABLKS.
- (les ARGILES. SILICE. ALUMINE. BAU. PEROXYDE de fer. PEROXYDE de manga- nèse. CHAUX. MAGNESIE SOMMES.
- Tamworlli. . 6g,5oo 17,900 O CO 0 1,200 1,000 0,020 Traces 2,2 2 0
- Cliester. . . . 60,000 20,000 0 0 Lfï L-- i,5oo 1,000 Traces Traces 2,5oo
- Stourbridge. 55,8oo 2^,700 1 6,000 2,200 i,3oo Traces Traces 3,5oo
- Procédés de fabrication. — Depuis plus de trente ans, la méthode de fabrication, par pression mécanique, avec un mélange pulvérulent, à peine humide, est pratiquée dans les usines anglaises ; nous avons vu fonctionner des presses de ce genre en 1851. La brique sort des moules avec une densité considérable et avec une netteté d’arêtes impossible à réaliser avec la méthode ordinaire. Elle est, de plus, très rapidement séchée, la plus grande partie de l’eau étant refoulée à la surface, par la pression. Le déchet, par le séchage, est moindre que dans la méthode de fabrication à l’eau, où une dessiccation mal conduite amène des fendillements. Un dernier et important avantage, c’est que les briques, ayant une plus grande densité, résistent beaucoup plus longtemps à l’action corrosive de la flamme.
- L’appareil employé à la fabrication mécanique des cornues, chez MM. Cliff et fils, à Lceds, fonctionne verticalement et se compose de trois parties distinctes: un cylindre à vapeur, avec son piston;
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- un récipient, pour les mélanges pulvérulents ou pâteux, placé au- Gr. VI. dessous, et une sellette, montée sur guide et adaptée immédiate- C1~3 ment au musoir dégorgeur du récipient.
- Le cylindre à vapeur et le récipient des mélanges sont montés au-dessus du sol, à une hauteur suffisante pour que, la cornue sortie de la pression et reposant debout sur la sellette descendue à ras de terre, il n’y ait plus qu’à conduire celle-ci au séchoir, en la poussant sur des rails disposés à cet effet.
- Le piston jouant dans le cylindre à vapeur a une surface de e5 à 3o décimètres carrés, et il agit sur le piston refoulant le' mélange dans le récipient, à une pression qui peut être supérieure à 100,000 kilogrammes par mètre carré.
- Le musoir adapté au fond du récipient est, d’ailleurs, disposé à la façon des filières employées dans la fabrication mécanique des briques creuses ordinaires, et les matrices peuvent en être changées, suivant le modèle de cornues qu’il s’agit de produire.
- La sellette qui complète cet appareil est montée sur un assemblage de tiges verticales, comme un plateau d’ascenseur sur tiges engainées, et le faisceau rigide de ces tiges peut monter ou descendre dans une fosse où il est suspendu et équilibré, à l’aide de contrepoids étagés.
- Cette disposition est, en outre, munie d’une poulie à frein, agissant directement sur la chaîne de suspension des tiges de la sellette, et l’action de ce frein, combinée avec celle des contrepoids étagés, a pour effet de ne permettre la descente du système dans la fosse que suivant un effort de résistance décroissant, à mesure que la sellette, portant la cornue moulée, se rapproche du sol, où elle finit par reposer.
- On voit que cette partie du mécanisme présente des dispositions qui en font un élément essentiel de l’ensemble et que ses fonctions jouent un rôle important dans le moulage sous pression, opéré par les autres organes, rôle qui consiste à présenter une résistance toujours égale sur la pâte agrégée sortant du récipient, en vue de lui conserver le même degré de cohésion et de densité sur toute la longueur de son développement. ........
- L’appareil, mis en fonction, moule Ig cornue en une seule opéra-
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- Gr. VI. tion et peut en produire 70 par jour; il remplace donc la main-d’œuvre de 3o ouvriers, travaillant avec les procédés ordinaires.
- Il va de soi que cette fabrication présente des avantages d’homogénéité, de régularité et de densité que le moulage à la main ne peut atteindre et que les cornues doivent offrir une plus longue durée et un meilleur usage dans le travail des fours.
- La maison Cliff et lils fabrique annuellement 6,000 cornues environ, et, avec les autres pièces réfractaires de toute nature qui complètent sa production, elle consomme annuellement plus de ôo,ooo tonnes de terre réfractaire et distribue 800,000 francs de salaire à un personnel de 700 ouvriers.
- MM. Corpet et Bourdon. (Mention honorable.) — Extracteur à jet de vapeur.
- L’appareil exposé est muni, accessoirement, d’un levier agissant sur le mouvement de l’aiguille obturateur du jet de vapeur.
- Une vis sans fin, commandée par un régulateur à cloche ordinaire, détermine l’action de ce levier et permet de faire varier la puissance de l’aspiration, en la maintenant dans un équilibre convenable avec la pression.
- Cet appareil, de très petit volume, est construit pour une extraction de i,5 00 mètres cubes de gaz par 2 k heures; il est adapté sur une conduite de 2/10 millimètres de diamètre, et sa longueur totale est de im,2 5.
- La consommation de cet instrument est de 128 kilogrammes de vapeur par 1,000 mètres cubes de gaz extrait.
- M. Chameroy. (Médaille d’argent.)— Tuyaux en tôle et bitume, à joints précis, pour conduites de gaz.
- Ce système de canalisation est encore le plus répandu aujourd’hui ; les chiffres suivants permettent d’apprécier l’extension énorme donnée à son application depuis dix ans.
- De 1838, époque de sa fondation, jusqu’en 1867, la maison Chameroy avait livré à la consommation française et étrangère pour une valeur totale de 38,5Ô2,o5o francs.
- De 1867 à 1878, cette valeur s’est accrue de 2i,/i58,ooo fr.
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- Depuis sa fondation jusqu’au ier janvier 1878, la production Gr. VI. totale de la maisou Chamerov s’est élevée à q millions de mètres —
- J J g3i
- courants de canalisation, pour une somme totale de 60 millions de francs.
- Compagnie continentale. (Médaille d’or.) — Compteurs à gaz et autres appareils accessoires pour les usines à gaz. — Compteurs de grande fabrication pour usines,excellente construction. — Expose aussi divers autres systèmes : compteurs d’abonnés, compteurs-d’expérience, compteurs pbotométriques, etc., très bien exécutés.
- Condensateur Pelouze et Audouin.
- Appareils d’essai des charbons, système Audouin.
- Divers types de gazomètres pour laboratoire, des régulateurs d’émission et une série de manomètres de dispositions variées, à l’usage du travail des usines.
- Cette maison a fondé la fabrication des compteurs à gaz, en France, il y a plus de quarante ans, sous la raison Brunt; elle en a livré à la consommation 2q3,ooo jusqu’au 1" janvier 1878, èt elle produit annuellement en constructions de toute nature, presque exclusivement relatives à l’industrie du gaz, pour une valeur de près de 2 millions de francs.
- M. Cowan. (Médaille de bronze.) — Compteurs à gaz à régulateur automatique.
- La Compagnie continentale construit le compteur à mesure invariable du système Warner et Cowan.
- MM. Constantin frères. (Médaille d’argent.)—Plan d’usine à gaz et fabrique de bitume.
- M. Dalifol. (Médaille d’argent.)—Produits réfractaires. Pièces de fonte et de matériel d’usine à gaz. Plans d’usine.
- A construit soixante-seize usines à gaz, de diverses puissances, expose des plans d’usines très bien conçus; fabrication de cornues et de pièces de four très soignées. Consomme annuellement 5,000 tonnes de terre réfractaire en produits divers, représentant une Classe 53.
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- Gr. VI. valeur de 3a5,ooo francs. Emploie à ce travail 70 ouvriers spé-ciaux et une force motrice de 3o chevaux.
- Cl. 53.
- Pour la construction des usines à gaz, occupe plus de 600 ouvriers, i5o chevaux de trait et utilise une force motrice de plus de 100 chevaux-vapeur. L’importance commerciale de l’ensemble de ses opérations s’élève annuellement à 3 millions de francs.
- M. Frisson. (Mention honorable.) — Appareil à air chaud utilisant les chaleurs perdues des fours à cornues des usines à gaz.
- M. Falconetti. (Médaille d’argent.) — Compteur à gaz à niveau constant. (Voir page 81.)
- M. Gaillard-Haillot. (Médaille d’argent.) — Récupérateurs pour fours à cornues à gaz.
- Le récupérateur de M. Gaillard-Haillot diffère du récupérateur Siemens en ce sens que les courants des gaz combustibles et des gaz brûlés suivent une seule direction,ce qui supprime l’emploi des registres, à manœuvre périodique, pour le renversement alternatif des directions d’écoulement de ces gaz.
- Ce résultat est obtenu par un artifice très ingénieux, employé dans la construction du récupérateur, dont les parois sont en briques creuses, et à l’intérieur desquelles l’ascension et réchauffement de l’air s’opèrent d’une manière continue, en même temps que les gaz brûlés s’écoulent entre lesparois extérieures des mêmes briques, en effectuant leur descente et leur refroidissement.
- Le chauffage des fours consomme, avec ce dispositif, 172 kilogrammes de coke par tonne de houille distillée, ei son prix d’installation est de 760 francs par cornue montée.
- MM. Gwynne et C'e [Angleterre]. (Médaille de bronze.) — Pour un dispositif bien conçu de l’extracteur rotatif de Beal, attelé directement avec sa machine motrice.
- MM. Joüsseaeme frères, à Ivry (Seine). (Mention honorable.) — Cornues à gaz en terre cuite et pièces diverses pour usines de produits chimiques.
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- M. Hügon. (Médaille d'or.) — Manomètres avertisseurs à double Gr. VI. colonne de liquide, fixes et articulés, et régulateurs de pression g3 du gaz.
- Lorsque la pression varie brusquement sur le liquide contenu dans la cuvette d’un manomètre à air libre, ce liquide est projeté aussitôt hors du tube indicateur et l’instrument est désemparé jusqu’à ce que l’on ait restitué, dans la cuvette, une quantité de liquide égale à celle qui en était sortie. Ces variations brusques sont aussi une cause fréquente de rupture des tubes, et il peut en résulter des inconvénients graves, dans l’un et l’autre cas, surtout si l’on opère à des pressions élevées.
- Le manomètre avertisseur Hugon corrige très heureusement ces deux défauts, à l’aide d’un dispositif qui permet de capter et de faire rentrer dans la cuvette toute quantité de liquide expulsé par les tuhes; en outre, un organe additionnel transforme l’indicateur en véritable sifflet d’alarme, dans le cas où la pression vient à dépasser la limite extrême qui lui est fixée.
- A cet effet, le manomètre Hugon est composé de deux colonnes liquides communiquant, par leurs bases, dans la cuvette, à des hauteurs différentes et, par leur sommet, aune autre cuvette, dite
- Lorsqu’on met en communication le fluide, sous pression, au-dessus du liquide contenu dans la cuvette, ce liquide (mercure ou autre) monte dans les deux colonnes; mais il s’abaisse en même temps dans la cuvette, jusqu’à ce que la colonne qui y plonge le moins vienne à se découvrir. A ce moment, le fluide, sous pression, s’échappe par cette colonne dans la cuvette supérieure, qui reçoit le liquide, et cet échappement produit un sifflement qui avertit instantanément que la pression maximum est dépassée.
- Si la colonne d’échappement est mobile, au lieu d’être fixe, on règle à volonté la pression d’écoulement, en faisant varier la hauteur de cette colonne, par son abaissement facultatif sur un disque divisé contre lequel la cuvette supérieure est assujettie au moyen d’un serrage à vis.
- L’usage de cet indicateur, entièrement nouveau, rend de grands services dans la fabrication du gaz portatif,où,comme l’on sait, le
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- gaz est emmagasiné sous une pression de i5 à 20 atmosphères.
- Le second appareil, dit régulateur de pressions, est analogue aux détendeurs employés pour la vapeur; seulement, dans l’appareil Hugon, les soupapes métalliques sont remplacées par un disque en caoutchouc.
- M. Kling-Müller [Autriche]. (Médaille de bronze.) — Compteur sec avec cloches métalliques et à mouvement vertical, plongeant dans une garde de glycérine. (Voir page 81.)
- MM. Lefèvre et fils, à Saint-Quentin (Aisne). (Médaillede bronze.) — Fours à cuire les produits réfractaires. Robinets spéciaux.
- Exposent un four à distiller avec cornues en terre réfractaire et pièces diverses de formes spéciales. Type bien conçu pour le bon emploi de la chaleur, ainsi que pour la simplicité du montage et le coût peu dispendieux de la construction.
- Construisent, particulièrement, un robinet à soupape employé sur la canalisation du gaz d’éclairage. Ce robinet est à communication directe sans déformation de la section d’écoulement; la fermeture en est obtenue par un disque-soupape disposé sur un plan oblique et commandé par une vis de rappel. Construction soignée et prix très réduit.
- M. Edmond Messmer, de Frauenfeld (Suisse). (Médaille de bronze.) —Appareil régulateur de pression pour le gaz d’éclairage.
- Cet appareil est conçu pour s’appliquer directement sur la sortie du compteur et non sur les becs d’éclairage. Il se compose d’une boîte à double compartiment, de volume très réduit; la cloison de séparation de ces compartiments est obturée par une soupape conique dont la tige est commandée par une membrane flexible, et la section de passage du gaz, de l’entrée à la sortie, est agrandie ou diminuée, suivant que la membrane flexible s’affaisse ou se relève sous l’influence des changements de pression causés par l’ouverture ou la fermeture des becs de consommation. Cet appareil, bien conçu, est d’une action sensible et très régulière sur la pression du gaz.
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- AI. Letrkust. (Médaille de bronze.) — Un appareil antiréfrigé- Gr. VI. rant employé clans la fabrication du gaz. Cl~53
- Cet appareil est constitué par une double enveloppe en maçonnerie, apposée contre la façade des fours à distiller, et ayant pour effet d’empêcher la perte de chaleur considérable qui a lieu par rayonnement.
- L’économie résultant de son emploi peut atteindre 1 k p. o/o de la dépense du chauffage des fours. (Voir page 64.)
- MM. Müliær et Fichet. (Médaille d’or.) —Plans et fours divers; matériel des usines à gaz.
- Les travaux personnels de MAI. Alüller, Fichet et Eichelbrenner, dans la question du chauffage des fours à distiller par l’oxyde de carbone, font le plus grand honneur à ces ingénieurs distingués; car la participation des petites usines à gaz dans le progrès apporté par les nouvelles méthodes de chauffage est le fruit de leurs savantes études et des efforts consciencieux qu’ils ont apportés à la propagation de cette application utile.
- Four Millier et Eichelbrenner. — Le four Afüller et Eichelbrenner, dont l’emploi est déjà très multiplié dans les usines à gaz de moyenne et de faible importance, réunit bien, en effet, les qualités essentielles qui sont indispensables à cette application particulière.
- Il est simple de construction et peu coûteux; la manœuvre peut en en être confiée à l’ouvrier le moins expérimenté. La température développée est parfaitement régulière, dans toutes les parties du four, et elle y est assez élevée pour obtenir de la distillation le même rendement que celui des plus puissants appareils, soit 3oo mètres cubes de gaz par tonne de houille de bonne qualité.
- Le mérite principal de ce système consiste dans la facilité de son installation sur tous les types de fours existants, dont l’ensemble reste intact. Une simple trémie, formant gazogène, apposée à la face postérieure ou latérale, la plus accessible du massif; un conduit central amenant l’oxyde de carbone à des orifices bien disposés et, dans leur voisinage immédiat, des bouches de prise d’air chaud, ouvertes sur un conduit spécial, cheminant en sens inverse des gaz brûlés, tel est le dispositif d’ensemble de ce four.
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- Ce four est bien conçu, comme circulation et mélange immédiat des gaz préparés à la combustion; la quantité de chaleur utilement employée est considérable, et l’économie réalisée sur la dépense du chauffage est de 18 à 20 p. 0/0.
- Le four Müller et Eichelbrenner n’est, d’ailleurs, qu’un diminutif du système Siemens, par la substitution du calorifère au récupérateur proprement dit; mais, s’il est moins puissant que celui-ci, il coûte beaucoup moins cher d’installation; car sa dépense de montage, pour un four ordinaire à 7 cornues, n’est que de t,5 00 francs environ, au lieu de b,o 00 francs, et encore cette dépense peut être notablement réduite, dans l’application aux fours de petite production, par l’emploi d’un seul gazogène sur plusieurs fours accouplés.
- MM. Müller et Fichet ont exposé également des plans complets d’usines à gaz réalisant une production maxima de i,ûoo mètres cubes de gaz par jour et dont l’agencement est remarquablement étudié pour obtenir le meilleur résultat avec les moyens les plus économiques.
- Ces installations ne comportent que trois fours, conduits par un seul homme et sans aucun service de nuit ; des épurateurs méthodiques spéciaux consomment le minimum de matière, tout en supprimant, en grande partie, l’opération délicate de la revivification; les condenseurs, laveurs, épurateurs sont munis d’organes de nettoyage accessibles à tous les instants de la fabrication, sans en troubler la marche, et le service facile et complet de l’usine peut réellement être effectué avec les plus faibles dépenses de matières et de main-d’œuvre, qui sont toujours si lourdes pour les faibles productions.
- Ce type d’usine à gaz est, cependant, assez puissant pour être applicable à la consommation des villes ou des communes de 15,ooo habitants, et la statistique démontre que ces centres de population sont les plus nombreux.
- L’exposition de MM. Müller et Fichet est complétée par les plans d’un type de très petite usine, basé sur le principe de la fabrication du gaz riche par la distillation des corps gras et, notamment, des résidus goudronneux provenant de la saponification. Dans ce
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- clsspositif spécial, les cornues sont alimentées mécaniquement. La Gr. VI. distillation est continue et le four est chauffé, soit avec du coke, soit avec du goudron. '
- Dans le cas du chauffage au goudron, la production du gaz est absolument automatique et ne réclame aucune main-d’œuvre, puisqu’il suffit d’un réservoir de goudron, en charge, pour régler l’écoulement du combustible nécessaire au chauffage, pendant une période de temps correspondant au volume de liquide à comburer.
- MM. Nicolas et Chamon. (Médaille d'or.) — Compteurs, régulateurs et appareils divers pour usines à gaz.
- Celte maison a introduit dans la construction des compteurs des perfectionnements très importants qui doivent être signalés.
- Compteurs de fabrication de MM. Nicolas et Chamon. — Les compteurs de fabrication, dont les fonctions de contrôle sont si utiles dans les usines, ont été presque transformés de tous points.
- Une étude rationnelle de ces grands appareils a d’abord conduit les constructeurs à en modifier toutes les proportions, dans le but de réaliser le minimum de poids pour une capacité déterminée et, par conséquent, d’abaisser le prix de revient d’une manière sensible, tout en obtenant des volants compteurs plus légers et absorbant moins de pression. L’arbre de ces volants, supporté, d’autre part, par une pièce spéciale, de disposition nouvelle, ne porte plus sur les plateaux, et les tourillons, accessibles à un graissage facile, ne risquent plus les altérations par grippement sür les coussinets, cause de frottement produisant si fréquemment une absorption très considérable de pression. Une alimentation d’eau constante, effectuée par des organes visibles, assure la régularité permanente du niveau dans le compteur, et des manomètres d’entrée et de sortie donnent, à tout instant, la pression différentielle qui contrôle la mobilité du volant et l’exactitude de son mesurage.
- Mais le perfectionnement capital apporté par MM. Nicolas et Chamon, dans la construction de ces compteurs, consiste dans la suppression du rapporteur de Lowe, dont les tracés, pratiquement intraduisibles, étaient abandonnés partout et auxquels ils ont sub-
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- Gr. VI. stitué un nouveau système de rapporteur, dont les indications gra-phiques sont d’une clarté et d’une précision remarquables.
- Ce rapporteur se compose d’un petit barillet vertical, commandé par le mouvement d’horlogerie de l’enregistreur et enveloppé d’une bande de papier spécial, imprimé, pour recevoir le tracé des diagrammes du comptage. Une pointe métallique, dirigée par le jeu d’une came en cœur, commandée par le même mouvement, trace sur le papier des courbes de la plus grande netteté et qui accusent, de minute en minute, les moindres variations de la production.
- La lecture de ces diagrammes donne exactement, à première vue, les volumes du gaz réellement fabriqué, en accusant, avec la plus grande fidélité, toutes les phases de la distillation, ainsi que l’heure des charges, dans les moments de fabrication restreinte.
- Ce rapporteur est donc un instrument de contrôle des plus complets, et le fonctionnement régulier en est assuré par la simplicité et la grande perfection de sa construction.
- La même maison construit le compteur d’abonnés, sur une très grande échelle et sur les trois modèles le plus généralement adoptés dans l’éclairage public. Mais elle a donné un développement considérable à la construction du compteur à niveau constant, avec bâche de saturation du système Rouget, dont il a été déjà fait mention, et, depuis 187/1, date de la création de ce compteur, plus de 10,000 appareils, livrés et conservés dans la consommation, justifient la valeur du système, en même temps que la bonne fabrication des constructeurs.
- Les divers appareils d’essais, généralement en usage dans les usines, tels que gazomètres, compteurs d’expériences, manomètres, photomètres, etc., constituent aussi une branche importante de fabrication chez les mêmes constructeurs. Il y a lieu de citer, dans cette catégorie, le photopyromètre, imaginé pour mesurer la température des fours, et qui consiste dans une application ingénieuse du principe de la puissance rayonnante des corps chauffés au-dessus du rouge naissant et du pouvoir éclairant qu’ils acquièrent par l’intensité lumineuse correspondant à leur température. L’instrument se compose d’un disque mobile, divisé en plusieurs secteurs, dont l’opacité s’accroît graduellement, et qui se présente, successi-
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- vement, devant une inscription en caractères microscopiques observés avec une lentille.
- L’observateur tourne le disque mobile, en fixant un point chauffé, jusqu’au moment où la lecture devient confuse, et la division, marquée en ce point, correspond à un tableau sur lequel est indiquée la température correspondante.
- Le volume très réduit de ce petit appareil en fait un instrument de poche commode et portatif, avec lequel on peut évaluer, dans une mesure très approchée, la température élevée des fours à distiller.
- Les indicateurs de pression ou dévidé, dont l’usage est si multiplié dans les usines, figurent également, en modèles très bien conçus et très bien exécutés, dans l’exposition de MM. Nicolas et Chamon, ainsi que les valves et la robinetterie; un grand condenseur laveur, de nouvelle combinaison, complète la collection de l’outillage d’usine de leur fabrication. Ce condenseur vertical se compose d’un arrosage sur lit de coke, à la partie supérieure, et d’une succession de plateaux sur lesquels l’écoulement de l’eau a lieu en cascades, de la circonférence au centre, dans le sens contraire au mouvement ascensionnel du gaz; il résulte de cette disposition un lavage moléculaire intime qui fournit abondamment des eaux ammoniacales titrées à k degrés.
- L’importance commerciale de la maison Nicolas et Chamon et l’extension considérable de sa fabrication témoignent des progrès sérieux réalisés par une direction intelligente et éclairée. Bien que de fondation récente encore, la puissance de sa production lui a permis de livrer plus de 20,000 compteurs de toute capacité, dans une période de cinq années d’exploitation seulement.
- Il est de toute justice de reconnaître la valeur des services rendus à l’industrie du gaz par l’initiative de constructeurs arrivés les derniers dans la carrière et qui doivent à leur mérite persévérant la place distinguée qu’ils ont réussi à conquérir.
- M. Pavoüx (Membre du jury belge, hors concours) a exposé des tubes en caoutchouc de divers calibres avec spirales métalliques intérieures.
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- Gr. VI. M. Pécüar (J.) [à Teplitz, en Bohême] (Médaille d’argent) a exposé des cornues à gaz qu’il fabrique pour les usines et qui sont renommées en Autriche.
- MM. Pelouze et Audoüin. (Médaille d’or.) — Procédés de condensation des matières liquéfiables tenues en suspension dans les gaz ou vapeurs; appareils pour usines à gaz. (Voir pages 76 à 79.)
- MM. Rownson, Drew et G‘°, à Londres. (Médaille de bronze.) — Soupapes de Keystone pour eau, gaz ou vapeur.
- Cette soupape, ou vanne, est à section de passage sans aucune déformation. Elle se compose de deux disques métalliques rapprochés, disposés sur plans parallèles, ou légèrement obliques et dont le serrage sur les lèvres des sièges de fermeture est produit par l’action d’un anneau brisé commandé par une vis de rappel avec cône d’écartement. Quelle que soit la force avec laquelle on serre cette vis, la pression se transmet sur les sièges de fermeture, de manière que les disques ne puissent se déformer ou se fendre et que toute fuite soit impossible. Cette vanne est très solidement construite et le prix en est peu élevé.
- MM. Siry-Llzars et C,c. (Médaille d’or.) — Compteurs à gaz secs et humides, vannes et autres appareils pour usines à gaz.
- Les compteurs exposés par cette maison sont de fabrication courante et sont pris dans les différents types adoptés par l’usage général; l’exécution en est très soignée.
- Les compteurs à gaz, à mesure invariable, de M. d’Hurcourt, ont été établis,dès l’origine,par MM. Siry-Lizars qui construisent également un type plus simple, dont la combinaison est le résultat de leurs études particulières. Le nombre de ces compteurs livrés à la consommation, jusqu’à ce jour, est une double preuve de la valeur de ce système et de l’exactitude réelle de son mesurage.
- Les grands compteurs de fabrication, construits dans cette maison , sont d’une exécution irréprochable ; ces appareils sont munis d’un rapporteur de fabrication, de disposition nouvelle, et qui a pour effet de tracer le diagramme des volumes débités, au moyen d’un
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- cercle ponctué de piqûres, dont les points percent le papier de la Gr. VI. cocarde, à chaque volume de 10 mètres cubes passés au volant.
- Le diamètre de la cocarde étant, d’ailleurs, assez grand pour que le nombre des piqûres puisse être facilement compté, le relevé de la fabrication est infailliblement exact, et toutes les fluctuations de la production sont très nettement accusées, au moment précis de leur apparition.
- La fabrication générale de MM. Siry-Lizars embrasse, d’autre part, tous les instruments et l’outillage d’usine, tels que: manomètres, valves, indicateurs de pression, photomètres, robinets, etc.
- Fondée en 18/12, cette maison a pris une extension considérable; car, en 187 8, elle avait déjà livré à la consommation 2 50,000 compteurs à gaz. Le chiffre annuel de sa production atteint, actuellement, une valeur commerciale de plus de 1,200,000 francs.
- (Voir page 80.)
- Une médaille d’argent, de collaborateur, a été accordée à M. R. d’Hurcourt.
- M. William Sugg [Angleterre]. (Médaille d’or.J —Compteur expérimental, photomètres et appareils d’éclairage divers.
- Le compteur expérimental imaginé par MM. Kirkham et Sugg remplit les fonctions d’un photomètre pour déterminer le pouvoir éclairant du gaz; il fonctionne automatiquement et le mouvement de l’aiguille sur le cadran indicateur accuse exactement la quantité de gaz consommé par l’observation d’une minute. L’appareil est muni, en outre, d’un observateur gradué, avec écran en verre coloré, servant à mesurer les hauteurs de flamme données par les brûleurs et à déterminer le pouvoir éclairant et la dépense correspondant à tous les degrés de leur consommation. Ce compteur est exécuté avec la plus grande perfection, ainsi, d’ailleurs, que les nombreux spécimens d’appareils d’éclairage qui complètent cette exposition et qui rentrent dans l’examen de la classe 27.
- M. Somzée. ( Médaille d’or.) — Plan de l’usine à gaz de Bruxelles. Dispositif nouveau pour salle d’épuration. Nouveau système de gazo -mètre. Nouveau système de four à distiller. Détails nouveaux de constructions d’usine.
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- La nouvelle usine à gaz de Bruxelles, dont le plan en relief figure dans l’exposition belge, a été construite en 1875 , d’après les projets et sous la haute direction de M. Somzée.
- L’exécution de ce travail considérable a rencontré, dès le début, les plus grandes difficultés de terrain et de fondation, mais l’habileté remarquable de cet ingénieur distingué en a eu raison, dans des conditions vraiment exceptionnelles; car la construction de ce grand établissement a été réalisée en 163 jours, et cependant il y a été employé 3o millions de briques et 5 millions de kilogrammes de fer, fonte et tôle.
- L’usine est construite pour une production quotidienne de 100,000 mètres cubes de gaz, soit q5 millions de mètres cubes par année, et le groupement de l’ensemble en est combiné de telle sorte que l’extension de chacune des parties élémentaires peut être doublée, sans nécessiter aucun changement dans la disposition primitive.
- L’approvisionnement des charbons est ménagé dans quatre balles, pouvant contenir ensemble 9,800 tonnes; ces charbons proviennent de plusieurs mines du Borinage, du bassin de la Bhürr et de deux mines anglaises.
- Le matériel de distillation comprend quatre grandes balles, contenant ensemble 128 fours, 896 cornues, et peut distiller annuellement 80,000 tonnes de charbon.
- La condensation est pratiquée dans une série de tuyaux de ho centimètres de diamètre, sur un développement linéaire de plus de 65o mètres de longueur, et le lavage du gaz est effectué par une batterie de 16 scrubbers, à cascades, de 2ra,2 5 de diamètre sur iim,5o de hauteur chacun. Un scrubber central de dimension colossale, 6 mètres de diamètre sur 26 mètres de hauteur, complète l’opération du lavage par les scrubbers précédents; puis le gaz est dirigé vers l’extraction. La surface totale de condensation des divers tuyaux, qui complètent tout ce système, est de 6,5oo mètres carrés.
- Le groupe de l’extraction est constitué par deux extracteurs Schmitz, à doubles cylindres conjugués, avec une réserve de secours consistant en un extracteur à jet de vapeur du système Korling.
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- L’épuration, organisée sur un plan tout nouveau, conçu par Gr. vi. M. Somzée, se compose cle 2A cuves de grandes dimensions, dis- C1~3 posées par groupe de trois; elles sont manœuvrées à l’aide de deux grues roulantes à vapeur.
- Les quatre gazomètres actuels présentent un volume total de 55,ooo mètres cubes et le gaz y arrive par trois compteurs de 50,000 mètres cubes chacun.
- La distribution du gaz pour l’éclairage général se fait par deux artères de 69 centimètres et de 85 centimètres de diamètre.
- Enfin, la force motrice dépensée dans l’usine est fournie par trois chaudières à vapeur du type Galloway, de la force de vingt chevaux chacune.
- Plusieurs innovations, appliquées avec succès dans ce matériel considérable, doivent être mentionnées particulièrement.
- Distillation. — Les fours sont à sept cornues et peuvent contenir 1,320 kilogrammes de houille. Leur disposition est conçue pour un chauffage au coke, au goudron, voire même à la naphtaline, et il peut y être fait emploi de l’air chaud, à l’aide de la substitution facile du foyer de Boetius.
- L’air nécessaire à la combustion peut être pris à l’extérieur, ou dans un égout collecteur passant dans le voisinage de l’usine.
- Les barillets sont à cloison étanche et munis de vannes réglant le niveau du liquide dans l’intérieur.
- Epuration. — Les épurateurs sont fermés avec des couvercles ordinaires plongeant dans des gardes hydrauliques. Mais chaque cuve en fonte contient un bac indépendant en tôle, qui reçoit seul le clayonnage des lits de matières épurantes, et, lorsqu’il y a lieu de refaire une de ces cuves, ce bac est enlevé par une grue à vapeur et transporté, tout d’une pièce, dans une salle de revivification voisine. Là, un bac de matière neuve, tout préparé, est enlevé par la même grue et est reporté aussitôt dans la cuve qui vient d’être ouverte et qui rentre en service immédiatement.
- D’autre part, le bac de matières épurées a été déposé sur des sellettes, recevant de puissants tourillons adaptés à son cadre; si la matière peut être revivifiée encore, il y est procédé, sur place, à
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- l’aide d’un dispositif de ventilation spéciale; mais, si la matière est complètement épuisée, le bac, renversé sur ses tourillons, est vidé d’un seul coup ; il est rempli aussitôt d’une charge de matière neuve et se trouve tout prêt à rentrer dans une nouvelle cuve.
- Cette disposition ingénieuse réduit considérablement les dépenses de manipulation et constitue, en même temps, une puissante organisation qui abrège la durée des travaux.
- Les grues, qui font le service de ces épurateurs, sont actionnées par des machines à trois cylindres de Brotherood, prenant la vapeur sur les chaudières de l’extraction.
- Nous aurions encore à citer les perfectionnements nombreux introduits par M. Somzée dans la construction des gazomètres; mais ces détails sont du domaine de la construction pure et leur description sort du cadre spécial qui nous est tracé.
- Nous ne terminerons pas, cependant, sans faire remarquer le mérite exceptionnel de l’exposition de M. Somzée et la valeur sérieuse quelle représente au point de vue général de la fabrication du gaz.
- M. Schreiber. (Médaille de bronze.) — Matériel et appareils pour la fabrication du gaz d’éclairage.
- Les appareils de M. Schreiber sont plus particulièrement destinés aux usines à gaz de petite fabrication ; ils forment une collection complète, depuis le four jusqu’au gazomètre.
- Tous les types d’appareils sont étudiés et exécutés avec soin, et plus de 2/10 installations, faites sur leurs modèles, attestent la valeur pratique et l’utilité de leur application. M. Schreiber construit un four spécial, avec cornue en fonte engainée dans un fourreau réfractaire. Ce dispositif permet les allumages et les extinctions les plus fréquents, sans aucune crainte d’altération des cornues. Le revêtement extérieur de ce four est combiné également pour une installation facile et peu dispendieuse; il est construit en plaques métalliques assemblées, et le remplissage intérieur en maçonnerie, fait avec des briques spéciales,présente un ensemble de grande solidité et de très facile exécution.
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- M. Schmitz. ( Hors concours.) — Plan d’extracteur à deux cy- Gr. VI. lindres conjugués pour usine à gaz. (Voir p. 75.)
- ci. 53.
- M. Tice (William) [Angleterre]. (Mention honorable.)— Compteurs et régulateurs de pression du gaz.
- M. Williams, à Paris. (Médaille il’argent.] — Compteurs à gaz. Appareils divers pour usines à gaz.
- Les compteurs de fabrication de cet exposant présentent une disposition nouvelle du mouvement d’horlogerie ajusté sur l’arbre du volant. Le coffre qui renferme ce mouvement est placé en dehors des plateaux du compteur et à une distance suffisante pour laisser accès au stuffing-box, dont la garniture peut être refaite, sans difficulté, en pleine marche du compteur. De plus, ce coffre est vitré; tout le mécanisme qu’il contient est parfaitement visible et l’approche facile du balancier permet d’en régler l’ajustement et la fonction avec toute l’exactitude désirable.
- Cet appareil est d’une exécution irréprochable, ainsi, d’ailleurs, que les divers autres instruments qui complètent l’exposition de M. Williams.
- OUVRAGES DE LA BIBLIOTHEQUE.
- Nous ne pouvons terminer la liste qui précède sans parler de la valeur sérieuse des ouvrages relatifs à l’industrie du gaz, exposés à la bibliothèque du groupe VI et qu’un malentendu des plus regrettables a fait échapper à l’examen du jury, en privant la plupart des auteurs des distinctions et des récompenses auxquelles ils avaient légitimement droit.
- La collection des annuaires publiés par la Société technique du gaz, en France, figurait parmi les plus importants de ces ouvrages, et il est vrai de dire que, malgré la constitution toute récente de cette Société, la multiplicité de ses communications et la valeur scientifique de ses rapports ont exercé une influence favorable sur le mouvement progressif de l’industrie du gaz en France.
- Toutes les questions nouvelles ou de simple amélioration, intéressant la fabrication du gaz, ont été discutées dans les congrès tenus
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- parla Société depuis 1873 , et de nombreuses solutions, présentées par des ingénieurs du plus grand mérite, ont été adoptées, sans ajournement, dans la pratique des usines, en y apportant des avantages qui se multiplient chaque jour.
- Il convient de signaler, à ce point de vue, les travaux importants présentés par M. D. Monnier sur la question du chauffage à l’oxyde de carbone. Les études en sont collectionnées dans les bulletins exposés par la Société technique et présentent, avec l’analyse la plus complète qui ait paru sur cette question, la relation consciencieuse de toutes les observations expérimentales qui en ont sanctionné la valeur pratique; mais, ce qui est d’une utilité générale très appréciable, on y trouve encore un ensemble d’installations savamment étudiées, pour l’application aux usines de toutes les classes, depuis les plus faibles jusqu’aux plus puissantes. Ces travaux ont certainement contribué, pour une grande part, à la propagation du progrès industriel dans l’industrie du gaz en France, en même temps qu’ils en augmentaient la puissance et la prospérité.
- Les beaux travaux de M. Mallet sur l’épuration chimique du gaz, et les études persévérantes de M. Servier sur la transformation des fours, sont aussi à citer au même titre et doivent être classés au nombre des efforts utiles réalisés de 1867 à 1878.
- La bibliothèque du groupe VI contenait également une œuvre encore inédite et du plus grand intérêt pour la fabrication du gaz. Le manuscrit de ce travail, présenté par son auteur,M. de Morgny, ingénieur, chef du service des compteurs à la Compagnie parisienne, était exposé sous la désignation de Manuel pratique du contrôleur des compteurs.
- Ce manuel contient l’historique le plus complet qui ait été fait sur la création du compteur, ainsi que tous les développements utiles sur les conditions administratives imposables à l’agent contrôleur chargé d’en relever les indications, sur la fonction de tous les organes de l’instrument, sur toutes les causes qui peuvent altérer sa fonction avec les moyens d’y porter remède et, enfin, le vade-mecum le plus étendu sur la meilleure méthode relative à l’usage pratique du compteur, ainsi que toutes les prescriptions intelligentes sur la nature et la forme des rapports à observer entre
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- le contrôleur, le consommateur, le fabricant et les municipa- Gr. VI. lités.
- ci. 53.
- Cet exposé permet de comprendre le caractère éminemment utile de l’ouvrage de M. de Morgny et les avantages qui doivent être le résultat de sa vulgarisation au profit de tout le monde.
- CONCLUSION.
- La revue analytique qui précède mentionne sommairement les progrès réalisés depuis dix ans dans les travaux, les appareils et les procédés de l’industrie du gaz de houille; mais nous n’avons pu y joindre, même à titre d’indication, la nomenclature très étendue des perfectionnements et des combinaisons nouvelles apportés dans toutes les branches du matériel, et qui relèvent exclusivement du domaine de la construction pure.
- L’Exposition de 1878 aura permis de constater le développement considérable que cette industrie spéciale acquiert de jour en jour et la vigueur caractéristique avec laquelle il s’accomplit; mais on ne saurait perdre de vue les causes déterminantes de ce mouvement et les difficultés de tout ordre qui l’entravent.
- Les besoins grandissants de la consommation sont le stimulant impérieux qui domine la situation des usines, en exigeant l’accroissement de leur puissance; mais l’application des moyens à mettre en œuvre pour y satisfaire devient de plus en plus difficile, et des considérations d’un ordre complexe en rendent le choix plus difficile encore.
- L’élévation du prix de la main-d’œuvre et des matières premières frappe cette industrie comme toutes les autres; mais la fabrication du gaz est peut-être la seule exception que l’on puisse citer et qui, malgré la hausse incessante et inévitable de toutes les dépenses, doive subir encore une tendance marquée à la baisse sur la valeur de sa principale production.
- La multiplication des usines n’est donc plus la solution toute Classe 53. 8
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- Gr. vi. simple à laquelle on puisse avoir recours : il faut trouver, aujourd’hui, de nouveaux appareils avec des procédés nouveaux, et dans dix ans la situation sera peut-être encore la même.
- L’Exposition de 1878 a prouvé que les industriels français et étrangers étaient à la hauteur de cette obligation.
- Schmitz.
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- APPENDICE.
- Gr. VI.
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- FABRICATION DU GAZ PAR DIVERS RÉSIDUS DE DISTILLATION ,
- HUILES DE SCHISTES, ETC. --- AIR CARBURÉ.
- A la suite du rapport étendu et si bien étudié de notre collègue M. Schmitz, et qui comprend les questions afférentes au matériel des usines à gaz (opérant par la distillation de la houille) et aux appareils qui se rattachent à l’emploi du gaz de l’éclairage, nous résumerons brièvement, dans cet appendice au chapitre précédent, ce qui se rattache à la production et à l’emploi du gaz d’éclairage fourni par d’autres matières premières que la houille. A la suite de ces indications, nous ajouterons quelques renseignements sur l’industrie qui a été désignée sous le nom de carburation de l’air, laquelle a pour objet de constituer, pour ainsi dire synthétiquement, un mélange d’air et de vapeurs d’hydrocarbures volatils, susceptibles de fonctionner comme un gaz d’éclairage.
- La fabrication du gaz de l’éclairage, par la distillation du bois, s’effectue dans quelques localités, en Allemagne. Il existe, même, un petit traité spécial de cette industrie, publié en allemand; mais aucun spécimen de cette industrie n’ayant figuré à l’Exposition , nous ne nous y arrêterons pas.
- On sait que les schistes bitumineux, principalement de provenance d’Ecosse, et dits boghead, sont devenus le point de départ d’une fabrication de gaz riche, connu à Paris sous le nom de gaz portatif. Ce gaz est accumulé, par compression (pour la consommation de chaque maison, ou édifice), dans des réservoirs, d’où il sort, en se détendant, pour se rendre, par une canalisation exclusivement intérieure, aux becs destinés à l’éclairage. Ce système prend le nom de gaz portatif, parce que le gaz fabriqué à l’usine est foulé, à haute pression, dans des cylindres, qui sont ensuite transportés, pour le transvasement dans les réservoirs à poste fixe établis chez les consommateurs. M. R. d’Hurcourt d’abord,M. Hugon ensuite, ont été les habiles directeurs de l’usine à gaz portatif, à
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- Paris. Nous nous bornerons à cette simple citation, l’industrie du gaz portatif ne figurant pas à l’Exposition (1b
- Par contre, nous avons vu figurer à l’Exposition plusieurs systèmes d’appareils applicables à la décomposition des résidus de pétroles, ou des builes hydrocarburées de schistes, etc. Il est évident que ce genre d’industrie est susceptible d’application dans les petites localités où il n’existe pas d’usines à gaz et de canalisations étendues.
- L’éclairage au gaz, par la distillation des matières hydrocarburées brutes, de faible valeur (notamment résidus noirs et épais de distillation de pétrole, valant i5 ou 20 francs les 100 kilogrammes), est pratiqué dans un grand nombre de localités, en Allemagne, pour de petits périmètres. Il y a lieu de citer, particulièrement, le système de M. Hirzel, de Leipzig, qui a construit plusieurs centaines d’appareils, et le système de M. Riedinger, d’Augsbourg, qui a beaucoup d’analogie avec le précédent. Dans ces systèmes, comme dans la plupart des autres, la production du gaz résulte essentiellement du débit d’un fdet de la matière hy-drocarburée visqueuse, tombant dans l’intérieur d’une cornue en fonte, chauffée au rouge sombre, où s’opère la conversion en gaz. Ce gaz épuré de goudron est, lorsqu’il provient de certains hydrocarbures, absolument exempt de produits sulfurés; il a généralement un pouvoir éclairant qui atteint deux fois et demie et jusqu’à trois fois (suivant sa provenance) celui du gaz ordinaire de bouille, à Paris, ou du common gas de Londres, la comparaison étant faite à volume égal.
- Nous avons vu l’application de ce système à l’usine et dans le pays de Seraing, dans la province de Liège. A l’Institut agricole de Gembloux (Hainaut), un appareil de Riedinger permet de fabriquer le gaz destiné à l’éclairage de l’établissement et aux opérations des laboratoires de chimie; un gazomètre reçoit le gaz fabriqué et le distribue dans toutes les parties du vaste édifice consacré à l’enseignement agricole.
- ^ M. Hugon, directeur actuel de la société du Gaz général, a exposé des manomètres applicables à cette industrie. Ils sont décrits, plus haut, dans le rapport de notre collègue M. Schmitz(p. 99).
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- On conçoit que dans beaucoup de châteaux, éloignés des villes et des canalisations d’usines, des appareils de ce genre aient été établis.
- Des appareils fonctionnant d’après les mêmes principes existent aussi en Angleterre.
- En 1868 et 1869, avant la guerre, MM. Boitai et Bing, entrepreneurs d’éclairage par les huiles minérales, à Paris, ont établi l’appareil de Biedinger d’abord dans l’île Saint-Ouen^ à l’époque des foires, puis dans la petite ville de Palaiseau, près Paris.
- Cet appareil, expérimenté par les ingénieurs de la ville de Paris, utilisait des résidus bruts de distillation de pétrole. 6 kilogrammes et demi donnaient k mètres cubes de gaz, avec une •production de 110 à ii5 litres par minute. Ce gaz, refroidi et épuré, donnait la lumière] d’un bec de ville (1) avec une consommation horaire de 55 litres.
- Citons maintenant quelques exposants français et étrangers, représentants des systèmes de cette catégorie à l’Exposition universelle.
- Bappelons d’abord que le système deM. E. Schreiber, de Saint-Quentin (appareil dit à gaz d’éclairage universel et portatif ), mentionné plus haut dans le rapport de M. Schmitz (p. 110), se prête à la fabrication du gaz, en partant de matières premières variées, différant de la bouille proprement dite, telles que boghead, résines, corps gras, huiles lourdes, etc. Près de deux cents petites usines à gaz ont été établies par M. Schreiber, récompensé, comme on l’a vu plus haut, par une médaille de bronze.
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- Appareil de M. Launoy. — M. Launoy, ingénieur des arts et manufactures, constructeur d’appareils de chaudronnerie (à Paris), a exposé un appareil destiné à distiller les hydrocarbures liquides, tels que huiles de schistes, de pétrole, résidus goudronneux de ces huiles, etc.
- L’appareil fonctionne avec régularité; il se compose: i° d’un
- W Le bec de ville, fendu, fournit à Paris (avec le gaz de pouvoir éclairant moyen) une lumière équivalente à celle de 1 carcel et Yl0, pour une consommation de 1 ho litres à l’heure.
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- réservoir à huile, muni de tubes et de robinets qui en règlent l’écoulement; 2° d’un fourneau et d’une cheminée en tôle; le fourneau est garni cl’un revêtement en briques réfractaires; la cornue, où s’opère la décomposition du liquide parla chaleur, est en fer forgé et placée horizontalement dans le foyer; elle peut être changée immédiatement en cas d’accident; elle se prête facilement à l’extraction du charbon déposé; 3° un laveur, placé à côté du fourneau, contient de l’eau; 4° un épurateur, à deux compartiments, renferme une caisse mobile; dans la partie inférieure, il contient du coke concassé et des cailloux et, dans la caisse mobile, un mélange de sciure de bois, de chaux éteinte et de sulfate de fer.
- La température de la cornue est portée au rouge cerise; l’huile coule goutte à goutte, pour ainsi dire, et se transforme immédiatement en gaz. Le pouvoir éclairant de ce gaz est, en général, deux fois et demie celui du gaz de houille ordinaire, la comparaison étant faite à volume égal de part et d’autre. (Mention honorable. )
- M. Gapiaud a exposé un appareil pour la fabrication industrielle du gaz d’éclairage et de chauffage, parla décomposition des hydrocarbures liquides par la chaleur. L’auteur le considère comme surtout applicable à l’éclairage de petites localités, de gares de chemins de fer éloignées des vdles, des manufactures et châteaux plus ou moins éloignés des centres de population.
- Nous ne saurions admettre, comme l’annonce l’auteur, que le gaz obtenu possède un pouvoir éclairant huit fois supérieur à celui du gaz de houille ordinaire; mais, connaissant le gaz de cette origine, nous ne faisons pas de difficulté d’admettre que ce pouvoir éclairant est supérieur, à volume égal, à celui du gaz ordinaire de houille. (Mention honorable.)
- M. Lecourt, appareil à gaz par les hydrocarbures. (Mention honorable. )
- Carburation de l’air. — Plusieurs dispositifs ont été imaginés pour constituer, avec les essences volatiles saturant l’air atmosphérique, à froid un mélange combustible présentant les pro-
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- MATÉRIEL DES USINES À GAZ.
- priétés d’un gaz d’éclairage. Le système de mélangeur varie. Gr. VI. Dans le système très ingénieux de M. Mille, présenté il y a une cl~3 quinzaine d’années, l’air étaiL appelé de la manière la plus simple dans le réservoir à essence de pétrole par la volatilisation et la chute même de la vapeur, plus dense que l’air. Ce réservoir était placé à un niveau supérieur. Au bas du réservoir, un tube de caoutchouc vulcanisé conduisait l’air carburé au brûleur. Vers la même époque, dans le carburateur de M. Lafrogne, le mélange se faisait par un petit moteur à air chaud; pour d’autres appareils, c’est un compteur à gaz, mis en mouvement par la chute d’un poids qui fait l’ofïice de ventilateur pour l’appel de l’air.
- 11 est évident, d’ailleurs, qu’avec ces systèmes on ne peut conduire, sans inconvénient, le gaz à des distances un peu notables.
- Le gaz perdrait de ses qualités, en s’éloignant de sa source. La saturation change, d’ailleurs, nécessairement avec la température.
- M. Piéplu, manufacturier (à Paris), a exposé un appareil qu’il appelle hydrocarburateur à froid. Cet appareil fournit de l’air carburé, propre à l’éclairage et au chauffage industriel, au moyen des élbers,ou essences de pétrole et de l’air. Un ventilateur hydro-darburateur, mû par un poids, fournit le mélange d’air et de carbure, fonctionnant comme gaz d’éclairage. (Mention honorable.)
- M. H. L. Muller, manufacturier (à Birmingham), a exposé un appareil portatif pour la carburation de l’air, sous le nom d’appa-reil Alpha. Lagazoline, ou essence de pétrole, d’une densité de o,65, est le liquide employé pour carburer l’air, à froid. Le mélangeur est un ventilateur mû par un poids. (Mention honorable.)
- La compagnie anglaise The Sun auto-pneumatic lighting and heating C° expose un appareil de l’invention de M. Hearson (à Londres); cet appareil a aussi pour objet de constituer un mélange d’air et de vapeur d’essence de pétrole. L’inventeur le considère comme étant surtout utile pour fournir du gaz d’éclairage dans les châteaux, les églises et les maisons où l’on ne peut se procurer du gaz de bouille, faute d’usine et de canalisation. (Mention honorable. )
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. vi. MM. John Wright et G10, qui exposent également dans la classe 27, ”3 ont été récompensés, dans la classe précitée, par une médaille de bronze. Leur appareil portait le nom d’Eclipse, destiné à la fabrication du gaz pour maisons particulières et gares de chemins de fer.
- M. William Wright (de Londres) a exposé, dans la classe 53, plusieurs appareils afférents aux applications du chauffage par le gaz. (Médaille de bronze.)
- MM. Sulzer frères (à Winterthour, canton de Zurich), appareil à gaz d’huile. Nous renvoyons pour l’ensemble de cette exposition au rapport du jury de la classe 27, qui a décerné à MM. Sulzer frères (Suisse) une médaille d’or. Ces industriels figurent, pour une médaille de bronze, dans la classe 53, pour l’appareil ci-dessus, renvoyé à notre examen.
- Félix Le Blanc,
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- Gr. VI.
- GÉNÉRALITÉS SUR L’INDUSTRIE STÉARIQUE. ^ 53‘
- On connaît l’origine des travaux industriels sur la stéarinerie. Il faut remonter aux remarquables recherches de M. Chevreul sur les corps gras, publiés à partir de 1811. A la suite de ces travaux mémorables, qui établirent la véritable constitution des corps gras, M. Chevreul donna, ainsi que Gay-Lussac, en 1826, le principe de la fabrication des bougies par le traitement des suifs, saponifiés industriellement par la chaux et l’eau bouillante, ce qui fournit des savons calcaires insolubles, tandis que la glycérine reste dissoute dans l’eau chaude. Les savons calcaires insolubles, décomposés par l’acide sulfurique, donnent du sulfate de chaux, insoluble, ou peu soluble, et les acides gras, devenus libres, viennent surnager à la surface de l’eau chaude. On les recueille et on les exprime. Pour cela, ils subissent l’action de la presse hydraulique à froid, d’abord, puis des presses à chaud, dans des sacs. L’acide oléique liquide s’écoule et l’acide stéarique, qui forme la majeure partie de l’acide solide, reste et constitue la matière propre de la bougie.
- Peu avant l’année 183o, ces procédés de saponification calcaire, appliqués par MM. de Milly et Motard, devinrent industriels pour la fabrication de la bougie stéarique, qui fut appelée bougie de l’Etoile (l). Quelques tours de main pour troubler la cristallisation de l’acide stéarique, trop cassant lorsqu’il est pur, ou à peu près pur, quelques difficultés vaincues dans la fabrication de la mèche pour empêcher la flamme de la bougie d’être fumeuse, complétèrent la découverte industrielle de la fabrication de la bougie extraite du suif.
- Plus tard, la fabrication entra dans une nouvelle phase. Au
- (l) Pour être juste, il convient de citer, à ce sujet, les travaux de Cambacérès, de Darcet, de Dubrunfautet de Scharling.
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. VI. traitement consistant essentiellement en une saponification câl-caire des suifs (ce qui donne une bougie de qualité supérieure), succéda la saponification sulfurique, en vertu d’une action chimique signalée déjà par M. Chevreul, et sur laquelle les travaux plus récents de M. Frémy ont jeté une vive lumière. Cette méthode permet l’emploi de graisses plus communes, telles que l’huile de palme, etc. Pour rendre l’opération industrielle, cette saponification est suivie d’une distillation, à une température déterminée, opérée dans un bain de plomb fondu, ou dans un courant de vapeur d’eau surchauffée, comme on le fait aujourd’hui. On obtient, comme produits condensés, les acides gras, qui subissent les purifications, par pression à froid, d’abord, puis à chaud.
- Plusieurs chimistes, au nombre desquels il faut citer M. Ber-thelot et M. Melsens, démontrèrent, expérimentalement, que Veau seule, dans un autoclave à haute pression, pouvait complètement saponifier les corps gras, en les dédoublant en acides gras entièrement solubles dans une lessive alcaline froide, et en glycérine soluble dans l’eau. Des brevets furent pris par plusieurs chimistes et inventeurs, pour l’application de ce procédé à la fabrication des bougies, presque à la meme époque, par M. Melsens en Belgique, et par M. Tilgmann aux Etats-Unis d’Amérique. On a fabriqué ainsi une certaine quantité de bougies dans les usines, notamment à Anvers, dans la stéarinerie de MM. Deroubaix, Oe-denkoven et Clc. M. de Millv fit breveter, vers la meme époque, un appareil qui a fourni d’excellents résultats et qui est encore employé aujourd’hui. La saponification a lieu aussi dans des autoclaves; mais, au lieu d’opérer la réaction par l’eau seule, la saponification est produite par la chaux et l’eau. Ce mode d’opération permet de réduire considérablement la proportion de chaux qui serait nécessaire pour opérer la saponification à la pression ordinaire et à 100 degrés centigrades.
- Félix Le Blanc.
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- INDUSTRIE STÉARIQUE.
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- Gr. VI.
- VIII. --- MATERIEL DE LA STEARINERIE. ci. 53.
- L’industrie stéarique, dont la création, exclusivement française, ne date que de i83o,a pris un développement considérable et a réalisé de grands progrès, depuis 1867.
- La fabrication annuelle des bougies s’élève, en 1878,8 près de 35 millions de kilogrammes, dont a 5 millions sont absorbés par la consommation en France et 10 millions sont livrés à l’exportation.
- Les procédés employés dans cette industrie sont restés sensiblement les mêmes que ceux déjà connus et appliqués il y a dix ans, mais les appareils ont reçu de nombreux perfectionnements, dans l’intention d’en augmenter la puissance de production, tout en améliorant encore la qualité de la fabrication et en réduisant le prix de revient. Or les résultats obtenus à ce double point de vue sont considérables. La production, en 1878, est presque doublée et le prix de vente de la bougie est inférieur de i5 p. 0/0 à ce qu’il était en 1867.
- Les divers appareils, exposés dans la classe 53, comprenaient les types les plus récents des appareils à saponifier et à distiller, les presses à chaud et à froid pour la séparation des acides, et les machines à couler la bougie.
- Nous analysons, ci-après, dans l’ordre qui précède, les différentes combinaisons mécaniques qui caractérisent les machines de cette collection, ainsi que les résultats de leur fabrication respective.
- Appareil à saponifier de M. Morane jeune. — L’appareil de saponification exposé par M. Morane jeune est construit sur le type de l’appareil dit autoclave de Milly. Destiné à dédoubler, sous pression et à faible dose de chaux, les matières neutres en acides gras et en glycérine, il est formé d’un cylindre vertical en cuivre, ayant généralement un mètre de diamètre, construit pour résister à une pression intérieure de 12 kilogrammes par centimètre carré, et
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- ayant habituellement une hauteur de 5 à 6 mètres. L’appareil de M. Morane jeune est formé d’une seule virole, pour éviter les clouures répétées et les fuites qu’elles occasionnent. Cette disposition réduite facilite aussi le passage de la vapeur à travers la matière et donne une agitation plus complète.
- Appareil à saponifier de M. Droux. — M. Léon Droux expose un nouvel appareil de saponification, ayant la forme d’une sphère, afin de soumettre le métal à des efforts égaux dans toutes les parties du récipient; cette sphère est munie, à la partie supérieure, des organes nécessaires à l’introduction de la matière; à sa partie inférieure, elle reçoit l’arrivée de vapeur, mise en communication avec une demi-sphère percée de nombreux trous; à l’intérieur se trouve un agitateur mécanique, organe principal de l’appareil, composé d’un arbre en cuivre et de lames en forme d’hélices; cet agitateur, supporté à l’extérieur de l’autoclave, reçoit un mouvement de rotation qui permet aux lames-palettes, passant successivement par tous les points de la sphère, de donner, pendant la saponification, une agitation énergique, ayant pour but d’obtenir un mélange plus intime entre les matières grasses, l’alcali et l’eau.
- L’appareil de M. Droux est bien construit; l’agitateur seul a été ajouté, depuis quelques années, par cet ingénieur, sur les appareils ordinaires placés dans le sens horizontal. Plusieurs fabriques en ont fait l’application avec succès. ( Médaille d’argent.)
- Appareils de distillation. — Depuis l’Exposition de 1867, les fabricants de bougies ont non seulement adopté tous l’autoclave de saponification, mais encore beaucoup ont aussi appliqué la distillation, à laquelle on a apporté de notables perfectionnements. Le plus souvent, les deux procédés sont employés dans la même usine.
- On sait que la distillation permet de traiter des matières grasses, telles que l’huile de palme, les graisses d’os, les déchets d’abattoir, etc., matières qui ne peuvent être soumises à la saponification calcaire, à cause des impuretés quelles renferment.
- Appareil de distillation de M. Morane jeune. — M. Morane jeune
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- INDUSTRIE STÉARIQUE.
- a. exposé un nouvel appareil à distiller, ayant la forme rectangulaire et les deux fonds très bombés. Les produits distillés sortent par deux tubulures et vont se condenser dans un serpentin en cuivre ou en plomb. La charge se fait sur le dessus de l’appareil et la vidange du goudron, par pression. Le surchauffeur, d’une disposition toute spéciale, est formé de tubes en fonte, reliés entre eux et occupant toute la longueur du fourneau, afin d’obtenir une grande surface de chauffe. La vapeur sort par trois conduits, qui se divisent encore à l’intérieur de l’alambic ;'elle se distribue sous une plaque perforée, occupant tout le fond de l’appareil, d’ou elle pénètre avec une grande régularité dans la masse à distiller.
- Cet appareil est bien étudié; il fonctionne avec plein succès dans plusieurs usines.
- Presses. — Au nombre des perfectionnements mécaniques apportés dans les presses à froid et à chaud, employées pour la séparation des acides stéarique et oléique, il faut citer, en première ligne, le remplacement des cylindres en fonte par les cylindres en fer, formés d’une pièce de fer forgé,pleine, dans laquelle on a foré l’emplacement nécessaire pour loger le piston; ces cylindres, de dimensions relativement très réduites, sont montés dans une lunette en fonte servant de bâti à la presse. Ce perfectionnement a l’avantage d’éviter les ruptures fréquentes auxquelles étaient sujets les cylindres en fonte, tout en permettant d’obtenir de plus fortes pressions. Trois types de presses, établies d’après cette nouvelle méthode de construction, figuraient dans l’exposition’deM. Morane jeune, inventeur et propagateur de ce système.
- Presses de M. Morane jeune. — i° Une presse verticale, pour la pression à froid, à mouvement hydraulique, s’exerçant de haut en bas, pour la facilité du changement des pains. Cet instrument est bien conçu dans tous ses détails et peut rendre de grands services dans les fabriques importantes.
- 2° Une nouvelle presse hydraulique horizontale, destinée à remplacer les presses verticales, ordinaires, à froid. Grâce à la disposition de cet appareil, la charge est rendue beaucoup plus
- Gr. VI. Cl. 53.
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- Gr. VI Cl. 53.
- prompte; les pains y sont interposés entre des plaques métalliques et se trouvent soutenus dans la presse par un plancher sur lequel ils glissent. Cette presse est munie d’un système de calage, ayant pour but de tenir en pression, pendant le second chargement, la première charge faite et d’éviter ainsi la perte d’emplacement produite par l’élasticité des pains, au moment du desserrage de la presse.
- 3° Enfin, l’appareil horizontal double, spécialement affecté aux pressions à chaud, dans lequel l’un des cylindres travaille sous l’action d’un accumulateur, pour opérer très rapidement le chargement et la première partie de la pression. Par une ingénieuse combinaison, le cylindre de cette presse est calé à la fin de sa course et forme, ainsi, sommier de résistance pour le second cylindre qui termine la pression. En outre, les plaques métalliques, interposées entre les pains à comprimer, sont construites d’une manière toute nouvelle qui présente un perfectionnement important.
- Chacune de ces plaques est formée d’un seul morceau d’acier, dans l’épaisseur duquel des trous forés établissent une série de canaux chauffés intérieurement par une circulation de vapeur. A cet effet, des tuyaux articulés et montés à fourreaux relient chaque plaque avec un tuyau collecteur de distribution de vapeur, et le mouvement de déplacement des plaques peut s’effectuer sans interrompre cette communication, commandée d’ailleurs par des robinets.
- Les presses que nous venons de décrire peuvent aussi être employées pour la fabrication de l’anthracène. Elles sont alimentées par un accumulateur et des pompes d’une nouvelle disposition; l’accumulateur est formé d’un piston fixe, sur lequel est emmanché un cylindre glissant sur ce piston et portant le bac destiné à recevoir la charge; l’ensemble constitue une presse hydraulique retournée, dont le cylindre marche. Les pompes sont horizontales et sont montées sur un bâti recevant, au centre, un arbre coudé donnant, de chaque côté et alternativement, la commande aux pistons des pompes; le corps de pompe et tous les organes mécaniques sont placés en dehors du réservoir d’eau, pour rendre facile la visite des clapets et des débrayages automatiques, destinés à sus-
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- pendre l’action de la pompe quand la pression voulue est atteinte Gr. VI dans le cylindre de la presse qui reçoit l’injection. ci"~53
- M. Morane jeune expose aussi d’autres modèles de presses et de pompes, destinées aux produits chimiques et pharmaceutiques, ainsi que des machines à rogner, polir et marquer la bougie.
- La machine à rogner et polir présente un mouvement automoteur très ingénieux qui permet de régler les différentes positions de la scie et du tampon polisseur, suivant la longueur des bougies fabriquées.
- Les perfectionnements importants apportés par M. Morane jeune aux presses hydrauliques et au matériel de stéarinerie, en général, ont motivé la récompense exceptionnelle (Grande médaille) qui lui a été décernée par le jury des récompenses.
- Presse de MM. Pardailhé-Galabrun frères. — MM. Pardailhé-Ga-labrun frères ont exposé plusieurs appareils pour la fabrication de la stéarine et pour le coulage des bougies, entre autres une presse hydraulique à chaud, à cylindre en fonte, dont la disposition est bonne et la construction très soignée. (Médaille de bronze.)
- Moulage des bougies. — A l’origine de l’industrie stéarique, l’outillage des couleries de bougies se composait d’une série de moules en étain, surmontés d’un godet. En i8Ai,M. Cahouet introduisit, dans les fabriques, le porte-moule à robinet. Cet outillage primitif nécessitait un travail long et coûteux; ce n’est qu’en i846 qu’on parvint à construire une machine dans laquelle la mèche pénétrait d’elle-même dans le moule, par l’enlèvement de la bougie solidifiée.
- Les machines à couler la bougie, exposées,reposent sur les deux principes de l’enfilage continu, inventé par Newton : i° le pince-mèche, qui prend la mèche au pied de la bougie, la fixe, la centré, et permet, après le refroidissement, d’enlever en même temps la bougie fabriquée et la mèche devant servir à une nouvelle coulée;
- 2° le repoussoir, qui porte, à son extrémité mobile, la tête du moule, permettant de repousser la bougie de bas en haut et remontant ainsi la mèche nécessaire pour une nouvelle opération.
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- Machine à couler les bougies de MM. Pardailhé-Galabrun frères. — La machine à couler la bougie, exposée par MM. Pardailhé-Galabrun frères, munie de pince-mèches, est composée de coffres séparés, contenant les moules et recevant alternativement l’eau chaude et l’eau froide pour la préparation du coulage et le refroidissement de la matière; un chariot, placé au-dessus de la machine, enlève en une seule fois toutes les bougies. Le jury a décerné à ces exposants (pour leur presse et leur machine à couler les bougies) une médaille cl’or.
- Machine à couler les bougies de M. Paul Morane aîné. — M. Mo-rane aîné, successeur de M. Cahouet, a exposé plusieurs types de machines à couler la bougie; cette maison est la première qui ait perfectionné et propagé considérablement l’enfilage continu.
- L’ancienne machine, dite à ventilateur, exposée par cette maison, est composée d’un seul coffre dans lequel sont logés deux cents moules en étain, vissés, par séries, dans des cuvettes en tôle éta-mée, appelées porte-moules. En bas de la machine se trouvent disposées les bobines; sur le dessus de la machine sont assemblées • quatre colonnes avec rails, permettant la circulation du treuil de démoulage, qui opère séparément sur chaque série. Les équerres et les pince-mèches sont placés à l’état mobile sur les porte-moules. Le chauffage des moules se fait à la vapeur, et le refroidissement est opéré par le ventilateur fixé au bout du coffre. Cette machine, encore employée dans un grand nombre de fabriques, est excellente pour mouler de l’acide stéarique à point de fusion élevé, tel que celui qu’on obtient par la saponification calcaire; elle se prête moins bien à la fabrication des bougies provenant de la distillation, le démoulage par-dessous, au moyen d’un repoussoir mobile, le chauffage et le refroidissement à l’eau étant préférables pour les matières tendres.
- M. Morane aîné a exposé une machine à repousser et à centrer, dont les nouvelles dispositions sont particulièrement remarquables.
- Dans cet appareil, une seule cuvette longitudinale, ou porte-moule, reçoit les moules de chaque côté; ils sont assemblés sur une même plaque et logés dans un coffre, où l’on peut faire circuler
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- alternativement Tean chaude et l’eau froide. Le moule se compose Gr. vi. d’un tube ouvert dans lequel s’engage, par-dessous, une pièce mo- ci~3 bile formant la tête de la bougie; cette tête mobile est fixée à l’extrémité d’un tube vertical dit repoussoir.
- Pour faire sortir les bougies des moules, il n’y a qu’à faire remonter les repousseurs : la mèche passe au milieu du repoussoir et pénètre à l’intérieur des moules comme dans les autres machines de ce genre; mais la pièce en bronze, placée en haut du repoussoir, ne forme que l’extrémité de la tête de la bougie et produit le point d’appui nécessaire pour permettre le démoulage.
- Aux barres de serrage qui, dans les anciennes machines à repoussoir, ont pour fonction de maintenir la bougie en place au moment du centrage , M. Morane aîné a substitué des demi-godets mobiles qui maintiennent beaucoup mieux la mèche au centre du moule.
- La nouvelle forme du repoussoir et la disposition des godets centreurs représentent deux améliorations de la plus haute importance; car, non seulement le travail est plus parfait, mais, avec la même dépense de main-d’œuvre, la production est six fois plus considérable quelle n’était avec les anciens appareils.
- Le mérite de ces nouvelles machines a d’ailleurs été apprécié, à toute sa valeur, par l’industrie stéarique française et étrangère; car plus de 3,ooo appareils fonctionnent aujourd’hui en France, en Belgique, en Angleterre, en Hollande, en Allemagne, etc., et confirment avec éclat la portée considérable du progrès réalisé par les recherches intelligentes et par le travail persévérant de M. Paul Morane aîné. (Médaille d’or.)
- Machines de M. P. Langlois, pour fabriquer la chandelle, la bougie, les cierges, machine à rogner. (Mention honorable.)
- Sacs de M. Blumenthal. — Dans la section autrichienne, le jury a remarqué les sacs à presser à chaud les acides gras, de M. Blumenthal , et lui a décerné une médaille de bronze.
- Schmitz.
- Classe 53.
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- Gr. VI.
- Cl. 53.
- VIII (suite). — Savons.
- Machines employées à la préparation des savons de toilette.
- Le savon destiné aux usages de la toilette est généralement préparé avec des savons d’oléine, dont la fabrication s’est répandue si rapidement, à la suite des travaux remarquables de M. de Milly, créateur de cette industrie, et avec des savons blancs ou unico-lores, mousseux, presque exclusivement fabriqués avec des huiles végétales.
- Ces savons sont livrés à la parfumerie en masses ou en blocs bruis, et leur transformation consiste 5 en pétrir la pâte avec des parfums et des matières colorantes, puis à mouler cette pâte sous des formes diverses, portant les empreintes distinctives de chaque fabricant.
- Le pétrissage donne à la pâte de savon la cohésion, l’homogénéité et la finesse, qui en améliorent la qualité et en rendent le moulage plus parfait; diverses machines sont employées à cette préparation préalable et constituent l’outillage mécanique principal, dont le travail, actionné par force motrice, a été substitué aux manipulations pénibles et coûteuses anciennement pratiquées dans l’industrie de la parfumerie.
- A la suite du pétrissage, la pâte de savon est distribuée dans d’autres machines, où elle subit une compression qui la pelote en masses plus ou moins volumineuses, puis la refoule à travers des orifices de filières, d’où elle sort en forme de boudin continu, d’une section déterminée.
- Ces boudins sont coupés aussitôt en morceaux de poids égal et passent immédiatement à la transformation définitive du moulage et de l’estampage.
- Divers types de machines à pétrir le savon figuraient dans l’exposition de la classe 53.
- Pétrissage de savon de MM. Beyer frères. — La pétrisseuse de MM. Beyer frères se compose : d’une trémie recevant la pâte de
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- SAVONS.
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- savon brut d’un groupe de trois cylindres lamineurs, divisant cette Gr. VI. pâte en fdets rubanés, et d’un quatrième cylindre relevant les C1~3 rubans et les renvoyant automatiquement dans la trémie pour les soumettre à un nouveau pétrissage.
- Tous ces cylindres sont en granit; ils sont montés horizontalement sur axes en acier, le quatrième cylindre relevant étant superposé aux cylindres lamineurs; le mouvement leur est transmis par une série d’engrenages très bien disposés et placés en dehors des flasques latérales qui constituent le bâti de la machine. L’ensemble de cet appareil est très bien conçu; le pétrissage continu s’y effectue avec une grande rapidité, et l’approche de la trémie et des cylindres n’offre aucun danger aux ouvriers chargés d’en alimenter le travail.
- Pétrisseuse de savon de M. Hermann. — La pétrisseuse exposée par la maison Hermann se compose de trois cylindres horizontaux seulement; ces cylindres tournent à des vitesses différentielles, et le cylindre de face, sur lequel le savon se dégage, a un mouvement de va-et-vient horizontal, achevant la préparation de la pâte par une sorte de molettage, qui en mélange intimement toutes les parties. (Voir plus bas, page i32.)
- Boudineuse de savon de MM. Beyer frères. — Deux types de machines à boudiner le savon étaient exposés par MM. Beyer frères : l’un, à cylindre vertical, avec piston de refoulement et filières de laminage; l’autre, horizontal, avec disque de compression commandé par une vis.
- Dans la première de ces machines, le travail s’opère en pelotant du savon déjà pétri dans un cylindre, à l’aide d’un pilon mécanique, puis en comprimant la pâte pelotée avec un piston qui la refoule sur une filière boudineuse, au sortir de laquelle un couteau rotatif la divise en morceaux uniformes de poids égal.
- La boudineuse, à vis de pression, est construite pour un fonctionnement rapide; son cylindre est monté sur bascule, pour le ramener à la position verticale et en rendre le nettoyage intérieur commode et facile; il peut, en outre, recevoir une filière de section
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- Gr. vi. particulière, avec laquelle la pâte est boudinée en forme creuse ci~3 pour la fabrication des savons multicolores de fantaisie.
- Ces deux machines sont très bien établies et fonctionnent dans d’excellentes conditions. (Médaille d'or.)
- Boudineuse de savon de M. Hermann. — La boudineuse de M. Hermann opère le refoulement de la pâte, à l’aide d’une vis conique produisant une compression progressive, et elle est complétée par un moule à estampage qui frappe le savon, aussitôt qu’il est sorti de la filière. (Pour l’ensemble de son exposition : médaille de bronze.)
- Broyeurs à parfums de MM. Beyer frères. — MM. Beyer frères exposaient aussi un broyeur à parfums pour les matières odoriférantes sèches, que l’on mélange avec les pâtes de savon. Cet appareil, qui est composé d’un pilon tournant, avec tamiseur spécial, opère la pulvérisation d’une manière parfaite et présente une construction solide, bien conçue et fort bien exécutée. (Pour l’ensemble de l’exposition de MM. Beyer frères : médaille d’or.)
- Appareils divers de MM. Dubois, Laquintinie, Poiret et fils. —Aux appareils principaux qui viennent d’être cités étaient jointes diverses machines présentées par MM. Dubois, Laquintinie, Poiret et fils, pour le pétrissage, le boudinage et l’estampage du savon; l’ensemble de ces appareils était d’une exécution irréprochable, mais n’offrait pas de différence marquée avec les machines de même genre produites à l’exposition de 1867. (Médailles de bronze à chacun de ces exposants.)
- Spécimens de MM. Walocque et Cle. — Enfin, plusieurs espèces de savons exposés par la maison Walocque et C,e, de Saint-Maurice, présentaient les spécimens de leur procédé de production par la purification des eaux grasses provenant du peignage et du dégraissage des laines de filatures. (Médaille de bronze.)
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- MATÉRIEL DE LA TANNERIE.
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- Gr. VI.
- CONCLUSIONS. “
- Cl. 53.
- Les machines employées à la préparation des savons de parfumerie sont restées, comme on le voit, dans les mêmes limites d’application et de genre de travail quelles représentaient déjà en 186y ; mais elles ont subi des transformations, visant leur augmentation de puissance et la mise en rapport de leur production avec la consommation, qui s’est élevée de plus de 3o p. o/o dans la période décennale ayant pris fin en 1878.
- Schmitz.
- IX. — Matériel de la tannerie.
- L’art de transformer les peaux en un corps ferme, élastique, imputrescible et imperméable à l’eau et à la chaleur naturelle, remonte aux temps les plus reculés.
- La science n’a pas encore expliqué d’une manière satisfaisante le phénomène du tannage qui se produit dans les fosses (sortes de grandes cuves en bois, en pierres ou en briques) où les peaux sont étendues, superposées et séparées entre elles par une couche d’écorce de chêne, ou de toute autre substance végétale contenant du tanin. Tant que les actions physiques et chimiques qui se passent dans la préparation des cuirs ne seront pas mieux déterminées, le tannage lent et prolongé en fosses jouira, à juste titre, de la préférence sur les méthodes rapides, tentées à plusieurs reprises; c’est d’ailleurs à la prolongation du tannage en fosses, ainsi qu’à l’emploi exclusif de l’écorce de chêne, que la tannerie française doit sa supériorité incontestable (1).
- Mais si, jusqu’à ce jour, les progrès du tannage, proprement dit, sont encore lents et peu sensibles, il n’en est pas de même des préparations distinctes qui précèdent et qui suivent cette opération, et qui ont pour but de façonner les peaux dans des condi-
- (1) Voir les Rapports de MM. Blacksnore (Londres, 1869), Fauler (Paris, 1867) et Soyer (Vienne, 1873).
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
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- tions de finition différentes et multiples, exigées pour leur livraison finale au commerce de la cordonnerie, de la sellerie, etc.
- Le matériel et les procédés en usage dans ces préparations particulières ont, en effet, subi de nombreuses transformations depuis dix ans, et l’une des plus importantes consiste dans la substitution du travail mécanique au travail manuel et dans l’emploi généralisé de la vapeur comme force motrice.
- Ces améliorations progressives ont été rapidement appliquées dans toutes les usines françaises, et elles n’ont pas eu seulement pour conséquence un accroissement considérable de leur puissance productive, mais elles ont encore constitué, au profit de cette industrie, une économie très importante, due à l’utilisation des déchets de toute sorte, provenant de leur fabrication, déchets dont la nature combustible a permis l’emploi au chauffage des appareils de force motrice, en produisant, au plus bas prix, toute la vapeur nécessaire à leur consommation.
- Le chauffage des machines à vapeur, pratiqué avec les résidus de tannerie substitués au charbon, ne coûte, en effet, presque rien et permet au fabricant de se défaire avantageusement d’un produit fort encombrant, dont il ne tirerait aucune valeur par tout autre moyen.
- La majeure partie de ces résidus est fournie par la tannée ou, autrement dit, par l’écorce de chêne, dont le tanin a été absorbé dans les fosses. Cette tannée pèse de 1,000 à 1,200 kilogrammes le mètre cube, avec une contenance de 75 p. 0/0 d’eau environ; séchée à l’air, puis mise en meule, elle garde encore 3o p. 0/0 d’eau, et sa puissance calorifique est égale aux quatre cinquièmes de celle du bois de chauffage ordinaire.
- Mais on ne l’emploie, le plus généralement, qu’après lui avoir fait subir un essorage préalable, au moyen de la pression. On obtient alors un produit combustible, presque sec, moitié moins volumineux que le précédent et dont le pouvoir calorifique est sensiblement égal à celui du bois desséché à i4o degrés.
- Presse de M. L. Bréval. — L’essorage de la tannée est pratiqué de diverses manières; mais l’emploi de la presse Bréval, con-
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- struite pour cette destination particulière, a donné des résultats Gr. vi. tellement considérables, dans l’industrie de la tannerie, qu’il im-
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- porte de signaler tout d’abord cet appareil comme un progrès de premier ordre et peut-être le plus important qui ait été réalisé, depuis 1867, au grand profit de la tannerie française.
- Cette presse figurait dans la grande galerie de l’Exposition de 1878, où l’ingénieur distingué qui en est l’inventeur l’avait installée avec les perfectionnements les plus récents de sa construction.
- Comme machine, elle se compose de trois cylindres horizontaux, groupés dans un bâti où ils fonctionnent à la façon des laminoirs et sous la pression, relativement énorme, de 26,000 kilogrammes.
- Une trémie surmonte les cylindres presseurs, à l’action desquels elle distribue l’écorce humide, et l’eau, expulsée par écrasement de la matière, est recueillie ensuite dans un récipient inférieur, d’où elle retourne, par des conduits d’écoulement, jusqu’aux fosses mortes de la tannerie.
- L’agencement de cette machine est aussi remarquable par sa simplicité que par sa puissance et il présente, en outre, le mérite particulier de n’être ni dispendieux ni encombrant et de n’absorber, pour une production utile de 600 kilogrammes de tannée sèche par heure, que la force motrice de 2 chevaux-vapeur.
- Le travail de cette presse peut s’effectuer avec un seul homme, en prenant la tannée mouillée à la sortie des fosses et en la jetant à la pelle dans la trémie, d’où elle passe sous les cylindres; on alimente facilement, de la sorte, la consommation d’un générateur de Go à 80 chevaux, fonctionnant à la pression de 5 ou 6 kilogrammes.
- Mais la transformation immédiate de la tannée humide en combustible sec n’est pas restée la seule difficulté à résoudre pour réussir à l’employer utilement dans le chauffage des appareils industriels : il a fallu créer encore des dispositions nouvelles pour permeltre l’usage de ce combustible léger dans l’alimentation des foyers d’une certaine puissance, et sur ce point, comme sur le précédent, la solution pratique a encore été trouvée par l’initiative intelligente de M. Bréval,
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- L’importance du progrès réalisé dans la tannerie par l’application des procédés de chauffage, qui viennent d’être exposés succinctement, est devenue tellement considérable, qu’il est de toute justice de rappeler ici les termes dans lesquels l’appréciation en a été faite à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, lors de la présentation d’une dernière presse à sécher soumise à son examen par M. Bréval, en 1878 (lî :
- «Pour avoir une idée de la révolution occasionnée par l’apparition de cette presse, il suffira d’énoncer que, sur les principaux chefs de dépense de l’exploitation d’une tannerie ordinaire, c’est-à-dire :
- «Sur la dépense de combustible, aujourd’hui supprimée et remplacée par de la tannée sèche, convertie en combustible;
- «Sur les charrois de l’intérieur de l’usine, pour répandre le tan et le faire sécher à l’air;
- «Sur la suppression de location de terrains, devenus disponibles;
- «Sur la vente du surplus de la tannée sèche, obtenue en sus de celle de la consommation : — on arrive à ce résultat, presque fabuleux, d’obtenir, dans une tannerie d’importance moyenne, avec une dépense, une fois faite, de 9,000 francs, une économie annuelle de 35,ooo francs. A quoi il faut ajouter les avantages prédominants et si intéressants qui en résulteront pour l’hygiène et la salubrité publique.
- «M. Bréval, plus préoccupé du bien qu’il allait faire que de ses propres intérêts, s’est borné à prélever sur ses presses un simple bénéfice de constructeur, alors qu’il aurait pu stipuler pour lui une part des économies produites et arriver rapidement à une très grande fortune.
- «Du reste, et pour apprécier plus complètement encore tout le prix que les hommes spéciaux ont attaché aux services rendus par l’usage des presses à tanner de M. Bréval, il est bon de dire que
- W Bulletin de la Société d’encouragement, 3° série, t. V, p. 285, année 1878. Rapport de M. Duméry au nom du Comité des arts mécaniques. Un premier rapport sur la presse de M. Bréval, avant les derniers perfectionnements, avait été fait à la société par M. Lecœuvre en 1869 (Bulletin, 2“ série, t. XVI, p. 9, année 1869).
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- MATÉRIEL DE LA TANNERIE, la, corporation des tanneurs français et étrangers a spontanément offert à ce digne et ingénieux constructeur une œuvre d’art, en témoignage de reconnaissance
- Outre les appareils producteurs de force motrice, l’outillage mécanique général de la tannerie a pris un développement rapide sous l’influence de l’élévation toujours croissante du prix de la main-d’œuvre, et surtout sous l’action surexcitante de la concurrence américaine, à laquelle l’abondance et le bas prix des matières premières ont favorisé l’accès du marché européen.
- Il était facile de reconnaître, a l’Exposition de 1878, la valeur acquise à ce développement, aussi bien que la supériorité des produits obtenus, à l’aide des machines, sur les produits fabriqués par les procédés à la main.
- Mais si, comme il faut s’y attendre, les progrès incessants de cette industrie spéciale doivent la transformer encore et mettre, peut-être prochainement dans l’oubli tout ou partie de l’outillage mis en œuvre en 1878, il convient de signaler dès à présent le nom et les machines des principaux exposants qui ont concouru à - former le groupe important des appareils réunis dans les galeries du Champ de Mars. La revue de la collection considérable de toutes ces machines donnera d’ailleurs l’idée la plus juste que l’on puisse présenter sur sa valeur relative, et elle rendra plus facile l’appréciation des progrès réservés à l’avenir, sous l’impulsion puissante qui les aura fait surgir, impulsion dont les causes prépondérantes resteront certainement acquises à la situation^ac-tuelle.
- D’après Tordre méthodique de leur emploi dans la préparation des peaux, les appareils offerts à l’examen, comme ayant trait à la tannerie proprement dite, se composent, en premier lieu : de machines à ébourrer, à écharner, à laver et à queurcer. On sait que l’ébourrage des peaux est une des opérations préalables du tannage et qu’elle a pour but de mettre à. nu le côté extérieur, autrement dit, la fleur de la peau, en enlevant entièrement]tout le poil dont elle est couverte.
- W Voir Bulletin de la Société d’encouragement, ier mai 1877. (Voir ci-après la médaille accordée à M. Bréval pour l’ensemble desoD exposition.)
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- La machine à ébourrer, du système Calliès, exécutée et exposée par la maison BérendorIT, de Paris, réunit les conditions suivantes, comme agencement mécanique et comme puissance de production: étudiée d’ailleurs pour reproduire, le mieux possible, le travail de l’ébourrage à la main sur l’ancien chevalet, elle se compose, comme ensemble, d’une table inclinée sur laquelle glisse la peau à épiler, d’un rouleau d’appel, entraînant la peau sur cette table et d’un cylindre ébourreur à lames d’acier.
- La table inclinée est formée d’un châssis métallique sur lequel est tendue une plaque de caoutchouc épais; toute la surface de cette plaque est supportée par une sorte de grillage, construit de barrettes en bois, en contact avec le caoutchouc même, et une série de ressorts, appuyant ce grillage contre le caoutchouc, donne à sa surface la rigidité voulue pour résister au frottement des lames épileuses, en même temps qu’elle permet la flexion et l’élasticité nécessaires pour le passage des parties de peaux, d’épaisseur inégale, sous lesquelles elle doit céder.
- Le rouleau d’appel, entraînant la peau sur cette table, est commandé par des plateaux à friction tournant à des vitesses différentes, de manière à pouvoir effectuer le passage plus ou moins rapidement sous l’épilage, et ce mouvement peut, en outre, être arrêté et renversé, pour recommencer, au besoin, un second passage, ou un deuxième ébourrage de la même peau.
- Enfin, le cylindre travailleur, ou l’ébourreur proprement dit, est armé de lames d’acier, à tranchant émoussé, disposées sur sa surface périmétrique, en lignes spirales croisées et inversées, de telle sorte que, l’action rotative du frottement de ces lames agissant en sens contraire sur la génératrice de leurs contacts avec la peau, celle-ci se trouve constamment sollicitée par un effet d’étendage normal, qui en fait disparaître tous les plis et assure un ébourrage complet de tous les points de sa surface.
- Tous les organes mécaniques de cette machine sont fort bien groupés; l’ensemble en est élégant et très solide et la mise en mouvement en est rendue facile par une disposition très accessible des divers points, sur lesquels l’attention du conducteur doit fréquemment être appelée.
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- En marchant à une vitesse de 120 tours sur le cylindre tra- Gr. VI. vailleur, cette machine peut ébourrer quatre peaux à l’heure, dans des conditions ordinaires, avec une force de 8 chevaux environ, ce qui revient à dire qu’elle réalise une économie équivalant à la main-d’œuvre de six hommes, sur une équipe de douze ébourreurs, travaillant au chevalet, pour donner la meme production.
- Ajoutons qu’au point de vue spécial de la construction, l’exécution de cette machine est des plus remarquables sous tous les rapports et qu’elle doit être pour beaucoup dans le succès reconnu de son application. (Voir page 160.)
- Machines à écharner. — Lorsque l’ébourrage a été opéré sur la fleur des peaux à tanner, il faut les écharner, c’est-à-dire que la surface intérieure, du côté de l’écorchage, doit être débarrassée de toutes les chairs qui y sont encore adhérentes; pour cette opération, dite écharnage, on doit mettre à nu tout le tissu cutané jusqu’au réseau veineux qui circule au-dessous de la peau. On conçoit la difficulté d’une telle opération à réaliser par des moyens mécaniques et, par conséquent, l’importance des machines qui ont été conçues dans cette intention.
- Quatre machines, à cette destination, sont exposées : par MM. Molinier, de Paris; Gallien, tanneur, à Longjumeau; Tou-rin, mécanicien à Paris, et Richard, tanneur à Saint-Julien-du-Sault.
- Échameuses Molinier et Gallien frères. — Les machines de M. Molinier et de M. Gallien sont semblables; chacune d’elles se compose d’une table métallique oscillante, surmontée d’un rouleau en fer, engainé de caoutchouc et sur lequel la peau, étendue et tirée par un pince-peau, est amenée au contact d’un cylindre échar-neur, garni de lames d’acier tranchantes, disposées en hélices cintrées dans les deux sens.
- Le rouleau engainé est monté sur paliers mobiles, de manière à pouvoir être déplacé parallèlement sur la table oscillante, dont le mouvement est effectué au moyen d’une pédale et d’un contrepoids. La traction du pince-peau est d’ailleurs commandée par un système de poulies et de courroies, muni de rouleau tendeur;
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- selon que la peau engagée entre le rouleau et le cylindre échar-neur marche dans un sens ou dans l’autre, elle subit également, sous une tension uniforme et sur tous les points de sa surface, l’action rasante des lames du cylindre écharneur.
- En substituant au cylindre à lames tranchantes un cylindre à lames de cuivre arrondies, on transforme facilement l’action de ces machines en queurçage, c’est-à-dire en une sorte de polissage qui resserre le grain de la peau, tout en l’adoucissant. (Médaille de bronze.)
- Écliarneuse Tourin. — L’écharneuse Tourin est construite d’après le système Garric, père et fils, et Terson.
- Dans cette machine, la peau, développée en largeur sur une table horizontale, est enroulée, par une de ses extrémités, sur un cylindre de rappel commandé à la main. La table, montée sur rails, peut se déplacer transversalement, et elle effectue ce mouvement au-dessous d’un bâti isolé, portant un cylindre écharneur très court, armé de lames d’acier légèrement courbées. Un système de leviers et de bielles donne à ce cylindre un mouvement de translation, qui lui permet de parcourir la largeur de la table en sens inverse du déplacement de celle-ci, et règle avec précision la distance d’écartement du plan rasant des lames avec la table sur laquelle la peau est étendue.
- Le cylindre écharneur fonctionne donc comme un frein mobile sur la surface de la peau, dont on le rapproche plus ou moins, à volonté, et le déplacement de la table permet d’amener tous les points de cette surface sous l’action tranchante des lames entraînées dans son mouvement de rotation.
- Le travail de cette machine spéciale exécute l’opération si difficile de l’écharnage dans les meilleures conditions, et il donne les résultats les plus avantageux que l’on ait pu obtenir avec les divers types d’appareils conçus et essayés jusqu’à ce jour dans cette intention. (Voir pages iâ6 et 151.)
- Ecliarneuse Richard et Artige. —Cette écbarneuse diffère des précédentes sur tous les points de sa combinaison; la peau est tendue
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- sur une table à surface courbe, mise en mouvement rapide, sous un Gr. VI. bâti porteur de lames tranchantes qui sont fixes; mais cette ma-
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- chine est de création toute recente et aucune application pratique n’a encore permis d’en apprécier le travail. (Mention honorable.)
- Tonneau-foulon de M. Bérendorf. — Le tonneau-foulon, employé en tannerie pour la préparation des cuirs, est exposé, en dessin, par la maison Bérendorf.
- Il se compose d’un tonneau de grand diamètre, dont toute la paroi intérieure est plantée de chevilles et munie de palettes de bois disposées en quinconces.
- Ce tonneau est mis en mouvement rotatif sur son axe, posé horizontalement; les peaux y sont introduites par un panneau spécial, et l’intérieur est arrosé par un courant d’eau, pénétrant par Taxe d’un des tourillons.
- Saisies dans le mouvement rotatif des chevilles et des palettes, les peaux sont alternativement soulevées et retournées dans des chutes successives multipliées qui les foulent et les nettoient complètement.
- Machine à façonner de MM. Allard frères. — Cette machine peut opérer le queurçage et l’ébourrage des cuirs; sa disposition est presque identique à celle de la machine à écharner de M. Tourin, dans laquelle un outil à queurcer serait substitué au cylindre échar-neur. La construction en est très bien comprise, et c’est une des machines qui rendent le plus de services à la tannerie. (Voir plus bas, page 1/17.)
- Hachoir à écorces de M. Bérendorf. — Généralement, les écorces destinées à produire le tanin sont préalablement hachées, pour être plus facilement emmagasinées, et ne sont livrées ensuite au moulin broyeur qu’au fur et à mesure des besoins de la consommation.
- Les hachoirs exposés par la maison Bérendorf sont d’une construction solide et élégante très bien étudiée. Ils se composent de deux cylindres cannelés amenant les faisceaux de branches d’écorces jusqu’au contact d’une sorte de tambour à claire-voie, tournant à
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- une vitesse déterminée et dont les génératrices, formées de lames d’acier tranchantes, débitent l’écorce en fragments, dits écossons, de i5 à 20 millimètres de longueur. Ces écossons sont recueillis en sacs, ou, plus souvent, tombent dans un moulin à tan, placé directement sous le hachoir.
- Le modèle le plus puissant des deux hachoirs exposés par M. Bé-rendorf peut débiter deux tonnes d’écorces par heure, avec une force motrice de 3 chevaux seulement.
- Moulin à tan de M. Bérendorf. —Au sortir des hachoirs, les écossons doivent être déchiquetés de nouveau et réduits à l’état de fragmentation pulvérulente, semblable aux déchiquetages des bois de teinture. Cette préparation s’opère fréquemment dans des moulins à noix, comme ceux dont on fait usage pour la pulvérisation du plâtre. Le moulin à tan exposé et construit par la maison Bérendorf reçoit le mouvement en dessous de la noix ; il est d’une grande solidité et peut rendre de î 5o à 200 kilogrammes de tan moulu, par heure et par force de cheval, selon l’état de siccité plus ou moins parfaite des écossons. (Voir, pour l’ensemble, page 160.)
- Broyeur à écorces de M. Kômgen. — Un nouvel appareil, conçu dans l’intention de remplacer le moulin à tan ordinaire, est exposé par M. Kômgen. Il se compose d’une trémie dont le fond horizontal est fermé par des lames métalliques fixes, alternant avec des lames mobiles juxtaposées. Les lèvres adjacentes de ces lames sont taillées en dents de scie et, dans le mouvement de va-et-vient imprimé aux lames mobiles par des bielles commandées extérieurement à la trémie, les écossons sont saisis et triturés par la denture, comme dans le moulin à noix ordinaire et en vertu du même principe.
- Cette disposition nouvelle offre des avantages évidents de réduction de volume et de poids pour la machine; la construction paraît devoir en être très économique également; mais elle présente l’inconvénient de ne pouvoir rapprocher les lames entre elles et de ne pouvoir produire, selon les besoins, le degré de finesse de l’écosson moulu, ainsi qu’on le pratique facilement dans le moulin à tan Bérendorf.
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- Cette machine est cependant susceptible de perfectionnements Gr. VI. que la pratique permettra sans doute d’apprécier.
- M. Kômgen a d’ailleurs aussi exposé une machine à battre et une machine à lisser les cuirs. Il a été décerné à cet exposant une médaille de bronze.
- Broyeur triturateur de M. Anduze. — Le nouveau broyeur tritu-rateur de M. Anduze a été décrit plus haut, dans la section du Gaz, mais il esta propos de le rappeler ici comme l’un des instruments les plus puissants et les plus perfectionnés dont il puisse être fait usage dans la tannerie pour le déchiquetage et la mouture des écorces. (Médaille d’or.)
- Machine à triturer de M. Bérendorf. — La machine à triturer exposée par M. Bérendorf a pour but de réduire en copeaux, ou en poudre, les bois destinés à la teinture et à la tannerie. Elle se compose principalement d’un arbre horizontal, tournant à grande vitesse et portant un disque muni de couteaux inclinés, appliqués sur une partie de sa surface. Les bois à triturer sont approchés au contact des couteaux sur un sabot à coulisse, commandé par une pédale, et ils sont réduits en copeaux, ou en poudre, selon que le tranchant des couteaux est affûté lisse ou dentelé. L’emploi de l’appareil absorbe une force motrice de 3 à A chevaux pour produire de 3 à h tonnes de copeaux, ou 1,800 kilogrammes de poudre par jour.
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- Outillage de corroirie; spécimens exposés. — Les diverses machines plus spécialement en usage dans la corroirie, et dont les spécimens figuraient dans la classe 53, se composaient de batteuse, fouleuse, drayeuse, rebrousseuse, butteuse et hsseuse.
- Machine à battre les cuirs de M. Bérendorf. — Le battage des cuirs a pour but d’en resserrer les pores et d’en comprimer la texture, pour lui donner la raideur et la consistance exigées dans la fabrication des cuirs forts. La maison Bérendorf a créé le pre-
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- mier type qui ait paru de ces machines, en i842; elle expose deux appareils de ce genre, l’un pour le battage des peaux entières. et l’autre pour le battage des cuirs coupés; ces deux machines sont semblables, d’ailleurs : elles se composent d’une table sur laquelle la peau à battre est entièrement développée, d’une enclume à petite surface sortant en pénétration au milieu de cette table, et d’un marteau spécial disposé au-dessus de l’enclume.
- Pour compenser les inégalités d’épaisseur qui existent en différents points de la surface des peaux, et mesurer l’énergie proportionnelle qu’il convient de donner au battage, l’enclume est posée sur un coin qui permet de lui donner, à volonté, un léger déplacement de hausse ou de baisse, et la tige du marteau est montée dans une gaine directrice, où ses faibles variations de course sont atténuées à l’aide d’un puissant ressort à boudin. Un balancier, commandé par une bielle, agit sur la tige du marteau et celui-ci opère le mouvement de battage par percussion et compression, qui donne à tous les points de la surface de la peau, amenés successivement sur l’enclume, le degré de cohésion et d’élasticité voulu pour les cuirs forts.
- Les batteuses de M. Bérendorf marchent, à la vitesse de 2 3o coups à la minute et peuvent façonner 4o peaux par jour, à la pression de 20,000 kilogrammes, avec la force motrice d’un cheval.
- Ces machines sont très solides, très bien construites et aucun appareil nouveau de ce genre n’en a encore remplacé l’usage et les parfaites fonctions jusqu’à ce jour.
- Foulon cylindrique de M. Poisson. — Les cuirs tannés, destinés à l’usage de la corroirie, doivent être assouplis par un foulage préalable; cette opération est ordinairement effectuée dans le tonneau-foulon Bérendorf, déjà décrit; mais l’appareil destiné au même travail, et qui est exposé parM. Poisson, offre des dispositions différentes qu’il y a lieu de mentionner.
- La machine Poisson est conçue comme un laminoir, avec cages, cylindres et transmission de mouvement par engrenages. Les cylindres sont toutefois composés de deux tambours en bois,
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- dont l’un est garni de fortes chevilles saillantes, pénétrant comme Gr.-vi. des dents d’engrenages dans des creux en forme de cuvettes, disposées sur la surface de l’autre. Ces tambours sont rapprochés par un double ressort à lames, monté sur la tête des cages latérales et bandé par des vis comme dans les laminoirs ordinaires.
- Les peaux à façonner, préalablement mouillées fortement, sont cousues bout à bout, comme une large courroie sans fin que l’on introduit entre les tambours, et le mouvement de rotation qui les entraîne les foule énergiquement dans toute la surface, en leur rendant la souplesse disparue dans l’action du tannage.
- Le travail de cette machine est très apprécié dans la tannerie, où un grand nombre d’appareils en usage donnent les meilleurs résultats. (Médaille d’argent. )
- Machine à drayer de M. Bréval. — Les peaux employées dans le travail spécial de la corroirie doivent présenter une épaisseur uniforme; pour arriver à ce résultat, on fait usage des machines dites drayeuses, qui ont beaucoup d’analogie avec les tondeuses et dans lesquelles le cuir est rasé sur la fleur, de manière à réduire tous les points de sa surface à la même épaisseur.
- Les organes principaux de la drayeuse Bréval se composent d’un cylindre armé de lames hélicoïdales, tranchantes comme celles des écbarneuses Molinier et Gallien, ainsi que d’une table articulée, munie de rouleaux tendeurs et entraîneurs pour la manipulation de la peau.
- Le cylindre, à lames tranchantes, tourne sur un axe horizontal, dont les paliers sont fixes, et il est accouplé avec un second axe, porteur d’un cylindre à émeri animé d’un mouvement de va-et-vient qui affûte les lames,en pleine marche, sans arrêter le travail de la machine.
- La table de manipulation est formée de deux tablettes articulées, entre lesquelles sont disposés un rouleau tendeur et deux rouleaux entraîneurs, plus une barre fixe, dont le profil,coupé en arête saillante, est amené jusqu’au contact des lames tranchantes.
- La peau à drayer est d’abord engagée dans les rouleaux; elle glisse ensuite, en s’infléchissant, sur l’arête de la barre fixe, sur Classe 53. 10
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- laquelle elle ne présente qu’une ligne de faible largeur à l’action tranchante des lames.
- La table articulée est montée, d’autre part, sur un chariot à glissières verticales, commandé par une barre à main, dont le mouvement est organisé pour rendre faciles et rapides l’introduction et la sortie des peaux façonnées.
- La combinaison de cette machine est ingénieuse; la construction en est étudiée avec soin dans tous ses détails et il y a lieu de croire qu’elle donnera les résultats pratiques importants qui en ont inspiré la création. (Médaille d'argent pour l’ensemble de l’exposition.)
- Machine à rebrousser de M. Tourin. — La machine dite rebrous-seuse est l’ancienne marguerite à bras, montée mécaniquement; elle est mise en mouvement par une force motrice et supprime le rebroussage à la main, dont le travail est si pénible et si peu productif.
- Dans la machine de ce genre exposée par M. Tourin, la marguerite fonctionne comme un puissant rabot, monté sur une suspension spéciale; un châssis roulant, avec table compressible et élastique, reçoit la peau à façonner, dont il présente tous les points de la surface à l’action frottante de l’outil.
- La partie essentielle de cette machine consiste dans le mode de suspension de la marguerite et dans le mécanisme qui en effectue le relevage et la rentrée au point de départ, sans toucher le cuir après chacune de ses passes frottantes sur la table de rebroussage. A cet effet, le rabot de la marguerite est fixé à des montants latéraux, reliés à un axe supérieur, sur lequel ils peuvent osciller; une bielle, commandée par une roue dentée, donne le mouvement alternatif à cet assemblage. L’axe supérieur repose sur des coussinets, qui peuvent monter et descendre librement dans des glissières verticales, et les montants latéraux portent des galets qui reposent .sur un système de rails mobiles, alternativement soulevés et abaissés par un jeu de came et de taquets. Pendant la course utile, les rails sont abaissés, Toutil porte sur la table, et tous les points de la surface courbe de la marguerite sont en con-
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- tact successif avec la peau pliée qu’ils frottent dans toute la longueur de leur passe.
- Au retour, les rails sont soulevés, la marguerite est suspendue à distance et elle revient au point de départ ordinaire, sans toucher au cuir, dont l’ouvrier déplace le pli pendant ce mouvement.
- Cette machine, très bien conçue et d’une exécution irréprochable, rend de très grands services à l’industrie de la corroirie, où elle est appréciée avec la plus grande faveur. (Voir plus bas, p. i5i.)
- Machine à rebrousser de MM. Allard frères. — La machine à rebrousser de MM. Allard diffère de la précédente dans le mode de relevage de la marguerite.
- Le mouvement de va-et-vient y est transmis par une bielle articulée sur une tige de suspension portant le rabot, et le sommet de cette tige est fixé à un levier de faible longueur, oscillant sur un point fixe; une seconde bielle, engagée, par une de ses extrémités, dans l’axe d’articulation de la tige de suspension et du levier, est supportée, en son milieu, sur un levier oscillant, adapté en un point fixe du bâti de la machine, et présente son autre extrémité sur le champ d’un excentrique, à bosse, qui lui sert de point d’appui.
- Pendant la course de la marguerite dans le sens de la traction, la seconde bielle s’appuie sur l’arc à petit rayon de l’excentrique; le levier et la tige de suspension tendent à se rapprocher de la la ligne droite, et le rabot, descendu sur la table, y effectue le frottement de la peau, utilement; pendant la course de retour, le grand rayon de l’excentrique repousse la seconde bielle,en élevant le point d’attache de la tige de suspension et du levier; la marguerite est alors soulevée et ramenée au point de départ, en passant au-dessus de la peau,sans y toucher. (Médaille d'argent.)
- Machine à rebrousser de M. Bérendorf — Dans la rebrousseuse exposée par M. Bérendorf, la bielle qui donne le mouvement alternatif à la tige de suspension de la marguerite en opère aussi le relevage. A cette fin, le haut de la tige glisse dans une douille qui lui sert de point d’oscillation, et à mi-distance entre cette
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- Gr. VI. douille et le point d’attache de la bielle se trouve un levier inter-
- médiaire articulé, dont l’extrémité libre glisse dans une coulisse Cl. 53 7 ^
- verticale adaptée au bâti de la machine. Les longueurs de la
- bielle et du levier intermédiaire, ainsi que les distances respectives de leurs points d’attache à la douille d’oscillation, sont déterminées de telle sorte que, lorsque la manivelle de commande est au point mort, la marguerite repose sur la table de façonnage et que tous les points de sa courbure en rencontrent la surface, suivant une ligne droite, pendant la demi-révolution du mouvement qui conduit la manivelle au point mort opposé; c’est pendant cette période que la peau est rebroussée.
- La bielle porte, d’autre part, un galet placé à quelque distance de son articulation, sur la tige de suspension de la marguerite, et lorsque celle-ci a accompli la demi-course qui précède, ce galet ' vient reposer sur un rail où il fait point d’appui et sur lequel la bielle bascule, en baissant du côté de la manivelle, qui descend pour remonter proportionnellement du côté opposé, et en soulevant la marguerite, reconduite ainsi au point de départ d’une nouvelle course.
- L’approche de la marguerite sur la peau à rebrousser est, en outre, réglée par le repos du levier intermédiaire sur un point d’arrêt fixé, à volonté, sur la glissière verticale, où il fait buttée et permet ainsi le façonnage délicat des peaux minces et peu résistantes que cette machine effectue dans toute la perfection.
- Bulleuse Carpentier frères. — Le buttage est une opération qui consiste à frotter énergiquement toute la surface du cuir avec le champ d’une plaque métallique, à arêtes émoussées et arrondies, de manière à en resserrer les fibres et à en comprimer les parties trop fortes, en les refoulant en surface, pour obtenir le plus de régularité possible dans l’épaisseur de la peau.
- La plaque métallique dont on fait usage dans cette intention n’a que quelques .centimètres de largeur, sur un centimètre d’épaisseur environ ; elle prend le nom d'étire et elle est enclavée dans un porte-outil de forme spéciale, pour en rendre la manipulation aussi facile que possible.
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- Dans la Lutteuse Carpentier, le porte-étire est une boîte construite en coulisseau, dans lequel l’étire est adaptée avec une vis à main, qui en règle la saillie inférieure; ce coulisseau est placé entre deux longrines en bois, formant glissière dans toute la largeur de la peau et permettant de placer successivement l’étire sur tous les points de la surface à travailler. Les longrines sont assemblées sur des montants latéraux avec lesquels elles forment châssis, et un axe horizontal, placé en traverse à la partie supérieure, repose dans des coussinets sur lesquels le tout peut osciller comme les appareils à suspension des marguerites. Le mouvement d’oscillation de ce châssis est donné à la main; l’étire rencontre la peau tendue immédiatement au-dessous, sur une table à surface courbe concave, munie d’un pince-peau manœuvré à la main également, et qui maintient le cuir pour l’empêcher de céder à l’entraînement de l’étire.
- Cette machine est surtout adoptée dans les ateliers de corroirie dépourvus de force motrice, où elle donne de bons résultats. (Médaille de bronze. )
- Machine à butter, lisser et mettre au vent, de M. Dorgé-Heuzé. — Le lissage des cuirs corroyés est une opération analogue au buttage; elle est pratiquée avec l’étire,mise en mouvement rapide par une force motrice, et a pour effet de donner à la surface de la peau un apprêt brillant particulier. La mise au vent s’opère comme le lissage, avec le même outil et en enduisant, préalablement, le cuir d’une pâte grasse composée de farine de seigle que le frottement de l’étire fait pénétrer dans les pores de la peau, en lui donnant de la douceur et une plus grande souplesse.
- La machine exposée par M. Dorgé-Heuzé, de Coulommiers, est conçue pour effectuer les trois façons du buttage, du lissage et de la mise au vent. Elle se compose d’une table sur laquelle la peau à travailler est étendue, et d’un bâti surmontant cette table et portant le mécanisme de suspension auquel le porte-étire est fixé. Ce mécanisme a de l’analogie avec celui des marguerites précédemment décrites; il produit le mouvement de va-et-vient du porte-étire sur une partie de surface mobile, encastrée dans la table et
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- Gr. VI. supportée par un système de supports qui lui donne l’élasticité ci~3 voulue pour subir le frottement de l’étire, sans risquer d’entamer la peau. Le pince-peau, qui retient le cuir contre l’entraînement de l’étire, est constitué par une traverse attelée au système de suspension du porte-étire; cette traverse s’élève et s’abaisse, mécaniquement, suivant la marche de l’outil et permet le déplacement facile de la peau, au fur et à mesure du façonnage de sa surface.
- Le travail de cette machine n’absorbe qu’une force motrice de 2 à 3 chevaux et les résultats en sont reconnus excellents. (Médaille d’argent. )
- Machine à lisser de M. Bérendorf. — La machine à lisser exposée par M. Bérendorf est construite d’après le système de M. Césaire-Renard; elle diffère entièrement de la précédente et présente une combinaison d’ensemble particulière, très judicieusement étudiée.
- Le porte-étire de cette machine est suspendu; il est établi sous la forme d’un disque hexagonal, mis en mouvement de rotation sur son axe placé horizontalement; une étire est fixée au sommet de chacun de ses angles ; les tourillons de l’arbre sont portés sur des coussinets engagés dans des bâtis latéraux, scellés à un plafond et portant des glissières verticales dans lesquelles une vis de rappel, commandée à la main, produit, à volonté, le soulèvement ou l’abaissement du disque, autrement dit, la diminution ou l’augmentation du frottement pendant le passage des étires.
- Une table,montée sur roulettes à pivots, est placée au-dessous de cet appareil; elle est assez étendue pour pouvoir y développer une peau tout entière, et elle peut aller et venir dans tous les sens pour présenter tous les points de la surface de la peau au façonnage des étires.
- Les porte-étires sont adaptés, avec articulation, aux angles du disque, sous un angle tangentiel déterminé, et sont maintenus en position par des guides et des ressorts qui en règlent la friction.
- La seule adhérence de la peau, étendue sur la table, suffit pour l’immobiliser convenablement sous le passage des étires, et le développement de cette table suffit également pour présenter l’élasticité nécessaire, soit pour le buttage, soit pour le lissage du cuir.
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- MATÉRIEL DE LA MÉGISSERIE.
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- Le défonçage du cuir s’opère avec des étires en acier, pour le buttage; elles sont en pierre ou en bronze, pour le lissage, et, dans les deux cas, le travail des peaux est effectué avec la plus grande perfection.
- Machine à mettre au vent, de M. Tourin. — La machine à mettre au vent exposée parM. Tourin emploie, comme la précédente, les étires à mouvement continu; mais, au lieu d’être montées sur un disque, ces étires sont adaptées à une forte courroie sans fin, entraînée sur deux poulies et tendue au-dessus de la table par un système de galets à ressorts, qui lui est parallèle et qui règne sur la longueur déterminée pour la ligne d’action à exercer sur le cuir. La table de cette machine fonctionne au-dessous des étires, comme celle de la machine Bérendorf, mais elle est montée à pivot sur un chariot intermédiaire, porteur de galets-supports sur lesquels elle peut effectuer le mouvement circulaire. Ce chariot intermédiaire est monté sur la plate-forme d’un second chariot, placé lui-même sur des rails posés sur le sol, et la direction du mouvement de ces deux chariots étant croisée, il en résulte que la table à mouvement circulaire, supérieure, peut, à son tour, évoluer sur tous les points et présenter la peau, au passage des étires, dans toutes les directions et dans tous les sens imaginables. L’emploi de cette table, à mouvement universel, appartient exclusivement aux machines à lisser de M. Tourin, dont le travail est d’ailleurs parfaitement satisfaisant. (Médaille d!argent pour l’ensemble.)
- MACHINES EMPLOYÉES DANS LA MÉGISSERIE.
- Les diverses machines exposées, pour le travail tout spécial de la mégisserie, se composaient de foulons, turbulents, machines à cloler, machines à palissonner, machines à travailler les peaux et machines à lisser.
- Quelques-unes de ces machines ont des destinations analogues à celles de même nom, employées dans la tannerie et dans la cor-roirie, mais le mode de travail et le caractère particulier du façonnage des peaux mégies exigent l’application de procédés mécaniques différents.
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- Foulon de mégisserie de M. Bérendorf. — Le foulon du mégissier a sensiblement le même but que les foulons du tanneur et du cor-royeur. L’appareil de ce genre exposé par M. Bérendorf se compose de maillets en bois, à profils échancrés, frappant la peau obliquement contre une aire courbe, sur laquelle elle est foulée énergiquement, en tournant sur elle-même en tous sens. Ces maillets sont suspendus, presque verticalement,à leur manche dans un bâti en bois fortement charpenté, et ils reçoivent le mouvement alternatif par des bielles et un arbre à double vilebrequin qui les commande. L’ensemble de cet appareil est bien conçu et solidement construit.
- Turbulents de M. Bérendorf. — Le turbulent, construit également par M. Bérendorf, remplace, en mégisserie, le tonneau-foulon de la tannerie. Cet appareil se compose d’une caisse cubique de forme oblongue, portant tourillons sur deux angles diagonalement opposés et tournant horizontalement sur ces deux tourillons par un mouvement d’engrenages qui les commande.
- L’intérieur de cette caisse est garni de planchettes appliquées aux parois, comme des bancs, et une porte, ouverte sur l’un des panneaux, permet d’introduire, dans l’intérieur, les peaux et les pâtes alcalines dont les mégissiers font usage pour leur tannage particulier.
- L’eau est introduite dans ce coffre par le creux d’un des tourillons, comme dans le tonneau-foulon, et les parois sont percées de trous pour en permettre l’évacuation.
- On conçoit que la mise en mouvement de l’appareil produit un fouettement continu et multiplié des peaux, tour à tour enlevées et projetées contre les parois inclinées en sens inverse, et que, dans ce mouvement, elles s’imprègnent, sur toutes les faces, delà pâte avec laquelle elles sont foulées, de même qu’elles subissent, delà même action, un rinçage et un lavage parfaits, si l’intérieur du turbulent est arrosé d’un courant d’eau.
- Ces machines ont été imaginées par M. Swaskiewiez; la construction du spécimen exposé par M. Bérendorf en est très bien exécutée.
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- Machine à doter de M. Bérendorf. — Les peaux mégissées sont Gr. VI. ordinairement dolées, ou écharnées, en les faisant passer sur une meule. Ces meules sont construites de poulies en fonte dont la couronne est revêtue d’une toile à émeri et elles sont renfermées dans des coffres en bois, en dehors desquels elles ne présentent que la faible saillie suffisante pour l’approche et la manipulation faciles de la peau. Ces appareils, dits machines à doter, ne présentent rien de remarquable; le spécimen construit par la maison Bérendorf figurait dans l’exposition importante de cette maison, comme outil mécanique complétant la collection des machines de mégisserie.
- Mactiine à palissonner et ouvrir les peaux mégies, deM.J. Le Blanc.
- — Les peaux mégies ou mégissées ont subi, dans les opérations qui leur sont propres, une contraction que l’on fait disparaître en les ouvrant, ou pahssonnant. C’est un travail difficile et pénible, qu’effectuent des ouvriers spéciaux.
- En vue de supprimer ce travail à la main, des machines ont déjà été créées; mais, ne répondant pas aux exigences de la fabrication, elles ont dû être abandonnées.
- La machine exposée par la maison Le Blanc est le résultat d’études sérieuses sur le palissonnage; elle réunit tous les essais multipliés qui ont été tentés par l’inventeur; elle ouvre mécaniquement les peaux, comme par le travail à la main, et les ouvre même mieux que le meilleur ouvrier; elle peut être conduite par un manœuvre, ou même par une femme, n’ayant aucun effort à exercer; elle conserve à la peau toute son élasticité, sa couleur et sa fleur; elle ouvre, en un mot, les fortes peaux, comme les faibles peaux, avec la plus grande perfection.
- La machine exposée est double; elle forme donc deux machines distinctes, placées au bout l’une de l’autre et commandées toutes deux par la courroie motrice. Cette courroie actionne une poulie folle, ou fixe, calée sur le même arbre qu’un pignon, lequel engrène avec une grande roue d’engrenage clavetée, à son tour, sur un arbre à manivelle, attaquant une bielle de chaque machine.
- Chaque machine, vue isolément, se compose d’un bâti double
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- en fonte, dont la partie supérieure forme coulisse horizontale; dans cette longue coulisse se meut une crosse, en glissoire, actionnée par la bielle principale. Chaque fois que l’arbre à manivelle fait un tour, la glissoire va et vient; en même temps, elle fait aller et venir une paire de tenailles qui y sont fixées par un petit axe, portant deux excentriques, ainsi que deux touches qui y sont cla-vetées. Ces tenailles peuvent s’ouvrir, à l’extrémité opposée, quand l’une des touches vient buter un point fixe, disposé à l’endroit convenable sur le bâti; elles peuvent se fermer quand une autre touche, disposée également sur le petit arbre de la crosse, vient rencontrer un butoir de retour, fixé également au bâti.
- Toutes les fois que l’arbre-manivelle fait un tour, les tenailles avancent en s’ouvrant pendant le demi-tour, et reculent en se fermant pendant l’autre demi-tour.
- Les tenailles s’avancent sur une table en bois devant laquelle se place l’ouvrier tenant entre ses deux mains la peau à ouvrir, qu’il appuie, par le bas de son estomac, sur le rebord de la table.
- La table est fendue clans son milieu et dans toute sa longueur, afin que les deux mâchoires des tenailles puissent s’y mouvoir. Ces mâchoires sont faites d’une façon toute spéciale; la mâchoire du haut comprend un petit rouleau, à axe en fer, garni de caoutchouc souple; c’est celui qui appuie sur la (leur de la peau; la mâchoire du bas est garnie de deux lames en acier, dont l’une très coupante, et toutes deux arrondies. Les deux lames, placées parallèlement, ne sont pas à la même hauteur; elles obligent la peau, saisie entre les tenailles, à décrire une courbe très prononcée au contact du rouleau. Il s’ensuit que la peau, étant maintenue par l’ouvrier et présentée entre les tenailles, se trouve tirée, allongée et en même temps grattée du côté opposé à la fleur; la chair se détache, la peau s’allonge et l’ouvrier peut la présenter au contact des tenailles aussi souvent et aussi longtemps qu’il le désire, pour la bien façonner.
- Ajoutons que le rouleau en caoutchouc souple est lui-même tenu par des ressorts très flexibles, afin qu’il ne puisse pas altérer les peaux, et que ses ressorts sont réglables comme intensité, et l’on comprendra que sur la même machine on peut travailler des
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- peaux faibles et minces, comme de la chevrette, par exemple, ou Gr. VI. de fortes peaux de veau, ayant une très grande dureté et de fortes épaisseurs.
- La machine possède un mouvement spécial, permettant de donner l’ouverture et la fermeture aux tenailles, à divers degrés de leur course, ce qui est très important quand on travaille des peaux de mauvaise qualité, ou de dimensions variables.
- Un débrayage, à portée de l’ouvrier, permet un arrêt instantané de la machine, dont le mouvement général est régularisé par un petit volant.
- La machine fait de 3o à 35 tours par minute et permet à chaque ouvrier d’ouvrir et de palissonner de 20oà3oo peaux de veau en dix heures de travail. (Médaille d’argent.)
- Machine à travailler les peaux, de M. Ott.— Cette machine sert à écharner les peaux employées dans la maroquinerie et à mettre au vent les peaux de faible épaisseur; l’invention en est due à M. Ott et elle a servi de type pour la création des machines à écharner, que divers constructeurs ont étudiées, postérieurement, pour les approprier au travail plus résistant des peaux tannées et corroyées.
- Elle se compose d’un cylindre écharneur armé de lames hélicoïdales, d’un second cylindre revêtu de caoutchouc pour l’entraînement de la peau, et d’une pédale commandant un système de leviers, pour rapprocher ou éloigner ces deux cylindres l’un de l’autre. La peau est pincée sur un rouleau d’appel, parallèle aux deux premiers et commandé par une courroie lâche qui n’agit que lorsqu’elle est bandée, à volonté, par le conducteur, pour faire repasser la peau une nouvelle fois sous les lames. Lorsque la machine est employée à la mise au vent des peaux de chèvre ou de mouton, le cylindre écharneur à lames d’acier est remplacé par un cylindre à lames de cuivre.
- Le travail de cette machine est parfait, et son utilisation répandue dans les ateliers de mégisserie y a rendu les plus grands services.
- ( Médaille de bronze.)
- Presse à essorer le maroquin, de M. Bércndorf. — La presse à es-
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- Gr. VI. sorer le maroquin, construite et exposée par M. Bérendorf, se Cl 53 comPose deux rouleaux lamineurs, entre lesquels passe une table en bois recouverte de feutre. La peau est étendue sur cette table et son essorage est obtenu par la pression du cylindre supérieur, dont les coussinets sont commandés par des vis de pression, à la main, montées sur chacune des cages latérales du bâti.
- La construction de cette presse est simple et élégante, et l’exé-cution en est très soignée.
- UTILISATION DES DECHETS DE TANNERIE.
- Machine à laver les rognures, de M. Bérendorf. — Les déchets provenant de l’écharnage des peaux sont fréquemment employés à fabriquer la colle forte. Pour cela, ils doivent être préalablement lavés et purgés de la chaux et des impuretés qu’ils contiennent, puis rincés abondamment à l’eau pure; ils sont ensuite essorés dans une presse spéciale et enfin soumis à la cuisson dans des chaudières chauffées à la vapeur.
- La machine à laver exposée par M. Bérendorf est une sorte de cuvette profonde, de forme allongée, dont le fond est arrondi et dont les deux grands côtés s’évasent sensiblement. Cette cuvette est fermée par un couvercle horizontal, dont une fraction de la largeur s’ouvre en panneau sur toute sa longueur et sert à l’introduction des rognures à laver.
- Un gros arbre prismatique, en bois, placé horizontalement sur l’axe de la courbure de la cuvette, en traverse les joues latérales et porte une poulie de commande, qui le fait tourner à i 20 tours par minute; il est muni de palettes entre-croisées et les parois de la cuvette portent de nombreuses aspérités, en forme de dents saillantes, fixées dans les plans d’écartement restés libres entre les passages desdites palettes.
- Un courant d’eau, commandé par un robinet, est établi dans un conduit placé, en longueur, sur le couvercle et permet l’arrosage intérieur, sous forme de filets multipliés; le fond arrondi de la cuvette est percé', à son tour, de trous donnant issue à l’eau sale dans un conduit inférieur, aboutissant à une vanne ou à un robinet. Une trappe à contrepoids est ajustée sur un des flancs évasés de
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- UTILISATION DES DÉCHETS DE TANNERIE.
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- cette caisse et forme une ouverture par laquelle les rognures sont retirées après le lavage.
- Le système de cette machine a été conçu par M. Baux.
- Presse à essorer les rognures lavées, de M. Bérendorf. — Pour exprimer l’eau absorbée en excès par le lavage, les rognures sont ensuite comprimées dans un pressoir de forme ordinaire. Il se compose d’une caisse à claire-voie solidement cerclée, dans laquelle les rognures sont entassées et sur lesquelles on fait agir un piston commandé par des engrenages. Le mouvement de ce piston est effectué à grande ou à petite vitesse, suivant qu’il agit au commencement ou à la fin d’une opération, et son débrayage se fait automatiquement après son relevage et sa sortie de la caisse.
- Les deux appareils qui précèdent sont d’une construction solide et très soignée; la presse à essorer a été perfectionnée, dans tous les détails, par M. Bérendorf.
- Chaudière à cuire les rognures, de M. Bérendorf. — La chaudière à cuire les rognures, construite par M. Bérendorf, est disposée pour un chauffage à la vapeur; elle est à double fond et munie d’une série de robinets pour la vidange de la chaudière et pour celle du double fond, comme tous les appareils de ce genre; son dispositif est d’une construction simple et solide.
- Machine à marquer la colle, de M. Bérendorf. — M. Bérendorf expose encore une machine à marquer la colle, de son invention, et qui complète la série des appareils employés au traitement des rognures. Ce petit appareil se compose du marteau à cacheter, proprement dit, dont le mouvement est commandé par un excentrique, et d’une enclume montée à ressort, sur laquelle vient appuyer le marteau. L’enclume est creuse, pour être chauffée par un courant de vapeur, et, indépendamment du ressort qui la fait remonter après chaque impression, elle est munie d’une vis à volant, qui sert à bander ce ressort et à faire varier l’écartement de l’enclume et du marteau, suivant le plus ou moins d’épaisseur des feuilles de colle à marquer. Cette presse est fort bien combinée et d’une manœuvre facile et rapide.
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- Fendeuse de cuir, pilons à tan, laveuse de bourre, lisseuse de maroquin, pompe rotative, de M. Bérendorf. —La collection de machines exposées par la maison Bérendorf était complétée par une série de dessins représentant des machines à fendre le cuir, à piloner le tan, à laver la bourre et à lisser les peaux légères. Une pompe rotative figurait, en outre, au nombre des machines exposées.
- La plupart de ces appareils ayant de l’analogie avec ceux dont la description précède, nous nous bornerons à les mentionner seulement, en faisant remarquer le caractère spécialement intéressant de la fabrication de cette maison importante pour les diverses branches du travail du cuir: tannerie, corroirie, mégisserie, etc.
- L’ensemble de l’exposition de M. Bérendorf justifie bien la médaille d’or qui lui a été décernée.
- M. Kômgen (à Paris) a exposé un marteau à battre les cuirs, une machine à fendre et à lisser les cuirs, enfin un hachoir-moulin. (Médaille de bronze.) (Voir page ià3.)
- Machine à faire les mottes, de M. Masson-Durand. — La tannée est encore fréquemment employée, dans les établissements non pourvus de la presse Bréval (déjà décrite), à faire des mottes à la main, qui sont vendues pour le chauffage domestique. Cette fabrication est malsaine pour les ouvriers; les procédés en sont des plus primitifs et la production en est insignifiante.
- La maison Masson-Durand a exposé une presse spéciale pour supprimer ce travail à la main ; elle opère le moulage et la pression des mottes de tannée mécaniquement, et peut produire de 10,000 à î 5,ooo mottes par jour. Cet appareil a beaucoup d’analogie avec les presses à agglomérer le charbon : il se compose d’une plateforme tournante, contenant les moules dont le remplissage est fait par une vis de translation, et de pistons verticaux comprimant la tannée dans ces moules. Un de ces pistons opère le démoulage des mottes comprimées, qui sont ensuite portées dans un séchoir.
- La création dè cette machine est récente et les fonctions en sont encore dans la période expérimentale de leur application pratique. (Mention honorable.)
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- UTILISATION DES DÉCHETS DE TANNERIE.
- Machine à faire les mottes, de M. Picheloup. — La presse Picheloup, construite dans la même intention cpie la précédente, est munie d’organes à peu près semblables; mais le travail en serait supérieur, en ce sens que la tannée soumise à la compression subit en même temps une action de torsion de ses fibres, donnant aux mottes ainsi fabriquées une consistance plus solide et une agrégation plus résistante à l’action destructive de la combustion. (Médaille de bronze.)
- Fourneau à brûler la tannée, de M. Bréval. —Nous avons signalé la presse construite par M. Bréval pour l’essorage de la tannée et la ressource considérable qu’elle a constituée tout à coup, en créant, avec des résidus sans valeur, le combustible qui alimente presque exclusivement, aujourd’hui, l’industrie de la tannerie. Plusieurs foyers ont été imaginés pour l’usage de ce combustible spécial; celui de M. Bréval se distingue par une disposition entièrement nouvelle.
- Il est construit dans un massif, en avant-corps de celui du fourneau avec lequel il doit fonctionner, et il est disposé dans le genre des gazogènes,avec introduction du combustible par la partie supérieure; capacité profonde, grille et organe spécial pour le chauffage de Tair.
- La grille est horizontale et composée de barreaux en forme de cornières, à larges ailes percées, dont l’angle est droit et le sommet tourné en dessus, pour faire support du combustible. Au-dessus de cette grille, et à la distance de 35 à ho centimètres, se trouvent placées une ou plusieurs boîtes en fonte, de section triangulaire, de à5 centimètres de hauteur, parallèles aux barreaux et débouchant, d’un côté, vers la chaudière, où elles se scellent dans le poitrail de fermeture du fourneau et, de l’autre côté, sur la façade même du foyer, où elles puisent l’air extérieur par une trappe à charnière, dont l’ouverture peut être réglée comme un registre.
- Le foyer qui renferme ces boîtes a une profondeur de im,5o environ, depuis le plan des barreaux jusqu’aux trappes qui en ferment l’orifice; il communique avec le fourneau principal par un ou plusieurs carneaux, de 3o centimètres de hauteur sur 3o centimètres de largeur, en prolongement de chaque boîte, et débouche
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- directement sous les bouilleurs de la chaudière, entre ces boîtes en fonte et le plan des barreaux.
- La tannée, sortant de la presse Bréval, est jetée à la pelle dans l’orifice supérieur du foyer que Ton remplit jusque sous les trappes; les produits de la combustion pénètrent dans le fourneau par les carneaux de communication, et la réduction complète des gaz est assurée par le volume complémentaire d’air chaud amené au-dessus de ces carneaux par les boîtes triangulaires qui traversent la masse de la tannée en ignition, dans laquelle elles se trouvent chauffées comme une cornue.
- Le dispositif de ce foyer donne d’excellents résultats, et, malgré la légèreté du combustible, on obtient un chauffage utile très suffisant pour assurer une production de vapeur constante et bien soutenue. L’ensemble de l’exposition de M. Bréval lui a valu une médaille d'argent.
- Fourneau à brûler la tannée, de MM. Ruelle et Bérendorf. — Le fourneau à brûler la tannée, dont les dessins étaient exposés par M. Bérendorf, diffère complètement du précédent. Il reproduit assez exactement la disposition adoptée dans les foyers à brûler la sciure et qui se compose de coffres profonds, adaptés sur les flancs des foyers ordinaires et descendant jusqu’au plan des grilles de ces fovqrs.
- Le caractère particulier de cette disposition est de permettre l’usage de la grille principale avec un combustible quelconque, brûlant en meme temps que la tannée amenée par les coffres latéraux. Le chauffage avec la tannée seule s’obtient également bien avec le foyer et donne des résultats industriels très satisfaisants.
- L’ensemble de l’exposition de M. Bérendorf justifie la médaille d’or qui lui a été décernée.
- OUTILLAGES DIVERS.
- Machine à couper le poil, de M. Bardelle. — Le façonnage des petites peaux doit commencer par la mise à nu de la fleur, autrement dit, par Tenlevage complet de tout le poil dont elle est recouverte. Cette opération ne se pratique bien sur les peaux minces,
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- OUTILLAGES DIVERS DES TANNERIES.
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- comme les peaux de lièvre et de lapin, que par un dépouillement Gr. VI de la fleur avec de véritables rasoirs. Une petite machine de ce ci g3 genre, exposée par M. Bardelle, fonctionnait dans des conditions très remarquables de rapidité et de perfection de travail.
- Les peaux y sont introduites et appelées par un système de rouleaux au milieu desquels elles sont tendues et infléchies sur une barre, qui en fait dresser le poil, et au ras de laquelle une lame très affilée, mise en mouvement de va-et-vient rapide, rase la peau aussi près que possible de la fleur.
- L’action de cette petite machine a une rapidité merveilleuse; elle peut ébourrer par jour des milliers de peaux de lapin, et la netteté de son travail est absolument parfaite. (Médaille d’argent.)
- Pompe de MM. Moret et Broquet. — La pompe exposée par MM. Moret et Broquet est construite spécialement pour l’élévation des jus de tanin, c’est-à-dire qu’elle n’est composée que de métal inoxydable, comme la pompe Bérendorf déjà citée, et les organes en sont disposés pour conserver la régularité de leurs fonctions, même avec des liquides boueux ou épaissis.
- Cette pompe est rotative ; elle se compose d’un corps cylindrique extérieur, fixe, avec tubulure d’entrée et de sortie, et dans l’intérieur duquel tourne un second cylindre beaucoup plus petit, qui y est monté tangentiellement; un vide, en forme de croissant prismatique, sépare donc les deux cylindres et constitue l’espace dans lequel s’effectue le double effet de l’aspiration et du refoulement.
- Le cylindre intérieur, mobile, est fendu suivant trois génératrices équidistantes et porte trois palettes ajustées dans ces fentes; le côté extérieur de ces palettes glisse contre la paroi circulaire du cylindre enveloppant; leur côté intérieur, vers l’axe de rotation, est enclavé et bute sur une bague métallique, montée concentriquement avec le cylindre fixe; dans le mouvement de révolution, les palettes divisent incessamment le volume du croissant prismatique en espaces distincts, séparés, qui correspondent successivement aux tubulures d’aspiration et de refoulement, sur lesquelles se manifestent les effets alternatifs de vide et de pression qui déterminent l’élévation des liquides.
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- Classe 53.
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- Cette pompe est fort bien construite et présente un instrument utile, très commode dans le travail des fosses de tannerie. (Médaille d’argent.)
- Machine à fendre le cuir, de M. Poisson. — La machine à fendre les cuirs, exposée par M. Poisson, est d’une création bien antérieure à l’Exposition de 1867; nous croyons donc superflu d’en donner la description dans ce rapport, mais il est juste de faire remarquer que cette machine jouit de la plus grande faveur dans l’industrie de la tannerie, où elle est d’un usage très répandu. (Médaille d’argent.) (Voir page iù5.)
- Machine à couper le cuir, de MM. Blanchard et Gasnais. — Les instruments à couper le cuir, exposés par MM. Blanchard et Gasnais, appartiennent plutôt à l’outillage de la sellerie et de la boucherie qu’à celui de la tannerie; ils ont néanmoins été l’objet d’une appréciation très favorable par les juges compétents à l’examen desquels ils étaient soumis, et nous les citons ici à ce titre spécial. (Médailles de bronze.)
- jExploiteuse de peaux, de M. Vergely. — Délampourdeuse de M. Blacquière. — Les machines dites exploiteuses ou clélampour-deuses ont pour objet de purifier les peaux de mouton des impuretés de toute nature dont la laine est souillée. — Ces appareils ne font pas partie de l’outillage proprement dit de la tannerie; nous les signalons toutefois au même titre que les précédentes. (Médailles de bronze.)
- Machines à cambrer de MM. Jamison, Nardi, Goodyear, Tyler, Lutz, Toleman et Breuil. — Divers types de machines à cambrer le cuir figuraient avec l’exposition de la tannerie ; ces appareils, destinés à cambrer les cuirs pour les chaussures à la mécanique, offrent un intérêt direct pour la cordonnerie ; ils économisent le temps et la main-d’œuvre dans des proportions considérables, et ils fonctionnent avec une précision et une puissance qui peiv
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- OUTILLAGES DIVERS DES TANNERIES.
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- mettent de travailler avec la même facilité les cuirs forts et les Gr. "VI.
- maroquins. Cl~53
- La combinaison mécanique de chacun de ces types se ressemble beaucoup; elle comprend généralement le poinçon monté fixe,la matrice à cambrer, mobile, et divers organes de détails réglant le mouvement et les vitesses, selon la résistance des pièces à cambrer et la forme quelles doivent affecter.
- Le cuir travaillé avec ces machines conserve sa souplesse et présente une netteté de surface que le cambrage à la main n’a jamais permis d’obtenir; en outre, la courbure imprimée au cuir est indéformable et ne produit aucune altération, même sur les peaux les plus minces, comme le maroquin et le chevreau fin.
- Les machines à cambrer de MM. Nardi (de France), Goodyear (d’Angleterre) et de S.-W. Jamison (de Boston) étaient surtout remarquables par leur construction élégante et solide et par la production considérable de leur mise en œuvre.
- Avec cette dernière machine, un ouvrier exercé, travaillant en cuir fort, produit six fois plus et presque à moitié meilleur marché qu’il ne pourrait le faire à la main ; en peau mince, il produit neuf fois plus et à moitié prix également.
- Toutes ces machines sont d’ailleurs construites pour fonction ner soit à la main, soit avec une force motrice.
- Ont obtenu: M. S.-W. Jamison, une médaille d'argent;MM. Nardi, Goodyear et Tyler, des médailles de bronze; MM. Breuil, Lutz et Tolemann, des mentions honorables.
- M. J.-P. Damoürette a obtenu une mention honorable pour ses modèles et collections de dessins relatifs au matériel delà tannerie et de la mégisserie.
- CONCLUSIONS.
- La collection des machines et dessins dont l’analyse succincte vient d’être présentée renferme seulement quelques-uns des appareils principaux en usage aujourd’hui dans la tannerie, et dont les types ont été les premiers auxquels les études des mécaniciens
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. VI. Cl. 53.
- se sont attachées, dans l’intention de substituer la force motrice aux anciennes méthodes, si lentes et si dispendieuses, du travail à la main.
- On a pu juger des difficultés sérieuses rencontrées dans la recherche et dans l’application des solutions pratiques déjà obtenues; mais ces résultats satisfaisants ne sont encore que le début d’une période de transformation et de création, dans laquelle tout est à faire et dont la tâche laborieuse reste imposée à quelques constructeurs et manufacturiers seulement, pionniers dévoués auxquels on doit les modèles nombreux et déjà si importants qui figuraient à l’Exposition de 1878.
- Aucun spécimen d’appareil étranger n’a été présenté au Champ de Mars; mais, en revanche, les produits manufacturés y étaient rassemblés dans une large mesure et fournissaient la preuve d’une concurrence redoutable pour les produits français, malgré la supériorité évidente qui leur est acquise, sous tous les rapports.
- L’absence complète des procédés de fabrication étrangère, celle des Etats-Unis surtout, est un fait caractéristique qui doit éclairer la tannerie française sur les causes particulières qui favorisent cette concurrence commerciale et démontre que le plus puissant moyen d’y mettre obstacle consiste dans la généralisation de Tou-tillage mécanique et dans la continuité des efforts, au prix desquels les remarquables progrès réalisés de 1867 à 1878 ont été obtenus (1h
- Schmitz.
- 0) Rappelons que MM. Miinlz et Ramspacher ont été mentionnés dans le rapport de M. Le Blanc sur les procédés d’analyse chimique, au sujet de leur mode de dosage du tanin dans toutes les matières tannantes. (S.)
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- INDUSTRIES CHIMIQUES DIVERSES.
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- X. ÉVAPORATION. --- DISTILLATION. -- AREOMÉTRIE, ETC.
- M. Chenailler a exposé un appareil dit évaporateur universel, pour les sucres en grains, la glycérine, la gélatine, les matières colorantes, etc. L’évaporation se fait à une température de 70 degrés centigrades. Cet appareil est particularisé par un dispositif de lentilles en cuivre, creuses, tournantes, dans lesquelles passe la vapeur. (Médaille de bronze.)
- M. Caillas a exposé un modèle d’appareil d’évaporation intéressant, mais qui n’a pas encore fonctionné. (Médaille de bronze.)
- M. Colombier, à Lyon, présente une série d’appareils en cuivre, bien construits, applicables à la rectification des alcools, à la distillation des marcs de raisin, à la distillation des parfums, etc. (Médaille de bronze.)
- MM. Moeglin aîné et Moeglin (Laurent), à Reims, exposent séparément. Il est difficile de les différencier; car les deux frères s’accusent mutuellement de s’être fait des emprunts.
- M. Moeglin aîné a construit un bassin en cuivre pour le travail des fils de chaîne à encoller, pour les tissus. Cette bassine est à double fond.
- M. Laurent Moeglin, à Reims, a aussi son appareil à cuire la colle et sa bassine d’encolleuse. On obtient pour le tissage des fils encollés régulièrement.
- Chacun des frères Moeglin a obtenu une médaille de bronze.
- M. Egrot, à Paris, a exposé un nouveau système d’appareils chauffés à la vapeur et pouvant être utilisés pour plusieurs destinations; ils sont employés notamment, dans beaucoup d’hôpitaux, pour les tisanes. (Médaille d’or.) (Voir le rapport de M. Limousin, page 16.)
- MM. Tavan et Charrier exposent un compteur alcoolométrique, pour déterminer automatiquement le volume du liquide condensé à la distillation. Cet appareil fonctionne régulièrement et a été récompensé par une médaille de bronze.
- Le compteur alcoolométrique de M. Roüsset, mécanicien à Nîmes, a reçu une mention honorable.
- M. Pinghon, pharmacien à Elbeuf, a construit un aréomètre
- Gr. VI. Cl. 53.
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- Gr. VI. dit thermique, pour Pessai des huiles. Ce densimètre est gradué de telle façon que le degré thermométrique du liquide est toujours en relation avec le degré indiqué par la tige du thermomètre.
- (Médaille de bronze. )
- M. D elaunay, de Paris, construit des aréomètres à destinations diverses, et d’un bon fonctionnement. Son appareil pour la densité des moûts, leur richesse en sucre, a reçu de lui le nom de chylariomèlre. (Médaille de bronze. )
- M. Düvaldestin, opticien à Tours, a présenté un aréomètre, qu’il nomme saturomètre et qui est destiné à estimer les quantités d’alcool et de matières solubles contenues dans les liquides. L’instrument est basé sur les différences de densité d’un même liquide alcoolique, avant et après sa saturation par le sulfate de cuivre. (Mention honorable. )
- M. Bourdon, alcoolomètre à réactif spécial. (Mention honorable.)
- M. Melliès, udogène, eudiomètre. (Mention honorable.)
- M. Nanquette, colorimètre pour vins. (Mention honorable.)
- XI. INDUSTRIE DU PLATINE.
- On sait que la découverte du platine et le traitement de sa mine, pour en extraire le métal, plus ou moins pur, constituent des faits, pour ainsi dire, modernes. La découverte du métal ne remonte que vers le milieu du xviii0 siècle. Une vingtaine d’années après, ce métal n’avait encore été étudié qu’imparfaitement par quelques chimistes; ce ne fut qu’au commencement de ce siècle que le travail du platine devint facile, après les recherches de Wollaston, en Angleterre.
- Le platine natif se trouve le plus souvent en grains, et aussi en pépites, dans les terrains de transport anciens, qui contiennent l’or et le diamant. On l’a rencontré en Colombie, au Brésil, à Haïti, dans la Birmanie, plus tard dans les monts Ourals (sur le versant occidental), à Nisché-Tagilsk; cette dernière localité est actuellement le grand centre d’exploitation du platine en Europe, par le gouvernement russe. C’est là qu’on a trouvé les plus grosses pépites de platine. La découverte du platine en Californie, au Canada, en Australie, est beaucoup plus récente.
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- INDUSTRIE DU PLATINE.
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- • On distingue le platine ferrifère, qui vient surtout de l’Oural, Gr. VI. le platine polyxène, qui contient du palladium, de l’iridium, du rhodium, du ruthénium et de l’osmium. Il existe encore quelques autres variétés de mines, moins complexes, ne renfermant, avec le platine, que quelques-uns des métaux précités. L’osmium se trouve généralement à l’état de petits grains, formés d’osmiure iridium et constituant, pour ainsi dire, un minerai à part, l’osmiure d’iridium, mélangé à la mine de platine. L’osmiure d’iridium est très dur et absolument inattaquable par l’eau régale.
- Voici ce que présente de plus essentiel le traitement de la mine de platine, tel qu’il a été pratiqué, jusqu’à ces dernières années, avant les travaux classiques de MM. Henri Sainte-Claire Deville et Debray, qui ont transformé le mode de fabrication, en même temps qu’ils étudiaient à fond les propriétés des métaux qui accompagnent le platine, à la suite des beaux travaux de Wollaston, de Berzélius et de Claus(1). L’un des métaux de la mine de platine est seul attaquable par l’acide azotique, c’est le palladium.
- La mine de platine est attaquée par l’eau régale. L’osmiure d’iridium, le rhodium, le ruthénium restent sensiblement inattaqués; néanmoins il se dissout un peu d’iridium et de ruthénium, lorsqu’ils sont à l’état d’alliage avec le platine. La dissolution est traitée par le zinc; les métaux sont précipités; en reprenant alors par l’eau régale les métaux qui, cette fois, ne sont plus à l’état d’alliage, on obtient, en dissolution, le bichlorure de platine plus pur. On le précipite par le chlorure d’ammonium, ce qui donne, lorsque la dissolution est sensiblement pure, un précipité, d’un jaune clair, de chlorure de platine et d’ammonium. Ce précipité, calciné, fournit du platine en éponge ou mousse, d’après l’expression consacrée. Cette substance n’a pas l’éclat et les propriétés physiques d’un métal industriel. Le platine étant un métal réfractaire, il faut comprimer cette mousse, la marteler, la laminer, après l’avoir chauffée au rouge, pour la convertir en platine cohérent et brillant, pouvant servir à la confection des ustensiles employés dans les laboratoires et dans l’industrie. On voit que le platine, tel qu’on l’a pendant longtemps fabriqué, est une
- (1) L’ancienne méthode est encore pratiquée, en France, par quelques fabricants.
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- Gr. vi. véritable éponge métallique, à laquelle la chaleur, la compression et le laminoir ont communiqué la propriété de se ramollir et de se souder sur lui-même, à la manière du fer provenant de l’affinage de la fonte au four à puddler.
- Le procédé précité, dû à Woilaston, constituait un progrès sur une méthode antérieure, qui avait été employée, à Paris, par Jan-nety, orfèvre. Il fondait le minerai trié avec de l’acide arsénieux ; les métaux communs étaient oxydés et scorifiés, et l’on obtenait un arséniure de platine fusible qui constituait un culot au fond du creuset. Ce culot contenait tous les métaux du platine, excepté l’osmium, qui était volatilisé à l’état d’acide osmique et dont il importait de se débarrasser et de se préserver, en raison de son action toxique. Quel que soit, du reste, le procédé employé pour le traitement de la mine, la production constante d’acide osmique exige des mesures de précautions pour mettre l’opérateur à l’abri du danger.
- Pendant assez longtemps, Bréant a été, à Paris, le seul fabricant de platine; son mode de traitement était celui de Woilaston; il n’en différait que pour la revivification du vieux platine.
- Le procédé métallurgique nouveau de MM. H. Sainte-Claire De-ville et Debray serait, sans doute, le plus généralement employé aujourd’hui, si le platine était plus abondant et ses usages plus répandus.
- C’est un procédé de la voie sèche, par fusion directe. On fond la mine de platine dans une sorte de fourneau de coupelle, en chaux, avec quelques centièmes de chaux qui s’emparent de l’oxyde de fer et empêchent l’attaque des parois du four. La haute température du fourneau de coupelle, muni d’un couvercle en chaux, en forme de calotte sphérique, est produite par la combustion d’un mélange de gaz de l’éclairage et d’oxygène, dont les proportions sont réglées par tâtonnement, à l’aide des robinets du chalumeau des auteurs. Ce chalumeau pénètre au centre du couvercle de chaux, et les gaz (qui ne se mêlent qu’à leur sortie du robinet) étant allumés entretiennent la température élevée nécessaire à l’opération. La flamme ressort par une ouverture dans la pa'roi du four, à la jonction de la coupelle et de son couvercle.
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- Cette ouverture permet de voir dans l’intérieur du fourneau. Le mélange de minerai et de chaux est introduit par petites portions à la fois. Après chaque addition, on bouche cette ouverture au moyen d’un bouchon de chaux. Cette opération doit être faite sous une hotte de tirage, pour soutirer les vapeurs osmiques, qui sont toxiques. Le cuivre et l’or sont entraînés. Il reste ordinairement, à la fin de l’opération, un alliage triple de platine, d’iridium et de rhodium, qui peut être employé aux principaux usages industriels du platine.
- Un second procédé, appartenant aux mêmes auteurs, consiste à traiter la mine de platine par coupellation, après l’avoir préalablement fondue, dans un creuset de terre, avec un mélange de plomb et de galène. Le fer, le cuivre, etc., forment des mattes superficielles. Le culot plombeux des métaux du platine est passé à la coupelle, en cendres d’os, pour éliminer la majeure partie du plomb, à l’état de litharge. On fond le résidu métallique de la coupelle poreuse, dans un four à chaux. Le reste du plomb se volatilise en totalité. Le platine ainsi obtenu contient encore de l’iridium et du rhodium, qui ne lui enlèvent pas ses usages industriels et qui ne font qu’augmenter sa dureté et son inaltérabilité. Ce métal, ou plutôt cet alliage, est très convenable pour fabriquer les ustensiles de laboratoire et les appareils industriels destinés à la concentration de Tacide sulfurique.
- Les fabricants français ayant exposé des appareils et ustensiles en platine sont, à Paris :
- M. H. Chapuis et MM. Desmoütis, Quenessen et Lebrün. Ces trois derniers, associés, sont les successeurs de Bréant.
- Ces industriels sont bien connus par le soin avec lequel ils fabriquent les ustensiles de platine, pour les laboratoires scientifiques et les usines qui emploient les grands alambics destinés à la concentration de l’acide sulfurique. MM. Desmoütis, Quenessen et Lebrun exposent, entre autres spécimens de fabrication, des appareils dits à cloisons, qui fonctionnent, avec avantage, dans plusieurs fabriques d’acide sulfurique, notamment à Lille, àThann, à Lyon, à Saint-Gobain, à Saint-Denis. Plusieurs de ces appareils fonctionnent aussi à l’étranger. Nous devons dire que la maison
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- Chapuis construit, avec succès, l’appareil inventé par MM. Faure et Kessler pour la concentration industrielle de l’acide sulfurique.
- M. Chapuis, d’une part, MM. Desmoutis,Quenessen et Lebrun, d’autre part, ont obtenu le rappel de médaille d’argent.
- MM. Godart et Contenau, à Paris, exposent des appareils de chimie en platine. (Médaille de bronze.)
- A l’égard de l’industrie du platine, l’attention du jury a été particulièrement fixée par la magnifique exposition de MM. Johnson, Matthey et C‘e, afïineurs, métallurgistes et fabricants de platine à Londres. Leur vitrine présente des spécimens nombreux d’ustensiles et d’appareils en platine, dont plusieurs de très grande dimension. Ils sont les inventeurs d’un procédé très important pour la fabrication et qui rendra de grands services à l’industrie, savoir : la soudure autogène, c’est-à-dire qu’ils sont parvenus, au moyen du chalumeau oxyhydrique, à souder le platine sur lui-même, sans l’intervention d’un second métal, ou alliage plus fusible. Ils réalisent donc, pour le platine, métal très réfractaire par lui-même, ce que l’on réalise aujourd’hui, depuis un certain nombre d’années, d’une manière courante, pour le plomb, au moyen du chalumeau de Desbassyns de Richemond. Ce dernier métal est soudé, en effet, sur lui-même, au chalumeau, sans l’intervention d’une soudure fusible (la soudure des plombiers).
- La soudure autogène du platine rend les appareils beaucoup moins attaquables qu’ils ne l’étaient lorsqu’on était obligé de recourir à la soudure à l’or. On voit dans la vitrine de MM. Johnson, Matthey et Clc de véritables tours de force de fabrication, réalisés par eux, notamment un vaste serpentin, uniquement en platine, à soudure autogène.
- Ces fabricants préparent, à l’état de pureté, les métaux qui accompagnent le platine, par les procédés indiqués par MM. H. Sainte-Claire Deville et Debray. On voit, dans leur vitrine, des quantités très notables de palladium, de rhodium, d’iridium et d’osmium purs.
- La fabrication de l’iridium pur a pris une certaine importance, par suite de l’adoption d’un alliage de platine et d’iridium, destiné à la fabrication du mètre international, de l’étalon prototype du
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- BLANCHISSERIE.
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- kilogramme et des règles géodésiques. Cet alliage, à 10 p. o/o Gr. VL d’iridium, exige la préparation préalable de l’iridium, absolument pur{1) et exempt de ruthénium, pour former ensuite, synthétiquement, par fusion au chalumeau oxyhydrique, dans le four en chaux, l’alliage réglementaire d’iridium et de platine, adopté par la Commission internationale.
- MM. Johnson, Matthey et G" ont préparé des quantités considérables d’alliages et ont fabriqué les règles destinées à servir comme règles géodésiques à la section internationale géodésique.
- L’importance des travaux et de l’Exposition de MM. Johnson,
- Matthey et C'e a décidé le jury de la classe 53 à décerner à ces industriels une grande médaille.
- F^lix Le Blanc.
- XII. BLANCHISSERIE (büANDERIe).
- Les grands appareils de blanchisserie d’usines, pour les tissus en pièces, font défaut à l’Exposition. Les appareils présentés se rapportent plus particulièrement à la blanchisserie domestique.
- Parmi les industries qui fournissent les installations de buanderie sur une certaine échelle, nous citerons, en tête, l’établissement de MM. Piet et Cie, à Paris, successeurs de la maison Bouillon et Muller. Ces appareils fonctionnent, depuis un certain nombre d’années, avec succès dans plusieurs grands établissements, dans les hôpitaux de Paris notamment.
- Une médaille d’argent a été décernée à la maison Piet.
- Une médaille de bronze, de collaborateur, à M. Peignaud, de la maison précitée.
- Parmi les appareils ordinairement décrits dans les leçons de technologie, à propos du lessivage du linge, les systèmes de Wid-mer, de Lauric, de René Duvoir, de Dollfus Mieg, de Gendry (de Rouen) ne figurent pas à l’Exposition de 1878.
- Parmi les exposants français, nous mentionnerons la laveuse rotative et lessiveuse économique de M. Beaume, à Bouiogne-sur-Seine. (Médaille de bronze.)
- W Celte méthode de préparation est due à MM. H. Sainte-Claire Deville et Debray.
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- Gr. VI, M. Legrand, à Paris, machine laveuse et essoreuse à vapeur.
- (Médaille de bronze. )
- Cl 53 ' /
- M. Hoton frères, à Valenciennes, lessiveuses et tordeuses économiques. (Médaille de bronze.)
- M. Bernadotti, à Caen, appareil de lessivage. (Médaille de bronze.)
- M. Michel et C1C, à Paris, lessiveuses. (Médaille de bronze.)
- M. Hottelard, batteuses et laveuses. (Médaille de bronze.)
- M. Vaudin, à Rueil, tonneaux laveurs et essoreuses. (Mention honorable. )
- M. Biard et Cie, appareil à couler le linge. (Mention honorable.)
- M. Drouot, à Boulogne, lessiveuses, coûteuses et fourneaux. (Médaille de bronze. )
- M. Loisy, à Arras, laveuse-frolteuse. (Médaille de bronze.)
- M. Chauveau, lessiveuse. (Mention honorable.)
- M. Guillaume, lessiveuse. (Mention honorable.)
- M. Jost, essoreuses. (Mention honorable.)
- MM. Maillard frères, Ricboürg, lessiveuses. (Mentions honorables.)
- La plupart de ces dispositions présentent peu de variétés distinctes.
- Le jury a cru devoir accorder un rappel de médaille d’argent à M. Wauthier (maison Charles), à Paris, pour ses buanderies économiques portatives et ses essoreuses de ménage.
- A l’étranger, nous citerons M. Bradford (Angleterre), appareils divers pour lessivage, tordeuses, avec moteurs à vapeur pour les hôpitaux, etc. (Médaille d’argent.)
- M. Jacobson (Norvège), machine à calandrer. (Médaille d’argent. )
- MM. Hornsby et fils, bien connus en Angleterre comme constructeurs de nombreuses machines agricoles, ont exposé des machines à laver perfectionnées, des machines combinées à laver, tordre et calandrer, bien disposées. Ces machines sont,transportables. (Médaille de bronze.)
- M. J.-M. Bell et C'c (Angleterre), machines laveuses. (Médaille de bronze.)
- M. T. Wolstenkroft et C'° (The empire) (Angleterre), machine laveuse. (Médaille de bronze.)
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- APPENDICE. — DIVERS.
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- M. Chambers (Angleterre), laveuse. (Mention honorable.) Gr. VI.
- M. Newton (Angleterre), machines laveuses. [Mention honorable.) g3 M. Willet (Angleterre ), machines laveuses. ( Mention honorable.)
- Félix Le Blanc.
- APPENDICE.
- Nous insérons à la suite des rapports afférents à cette section quelques renseignements sur des industriels ajoutés, après coup, à notre liste.
- M. Farinaüx (à Paris), pour ses filtres-presses. (Médaille chargent.)
- M. Katz (à Paris), serpentin en fer pour appareils chimiques. — Divers modèles de tubes cintrés sont faits avec des tubes de qualité ordinaire et cintrés à l’aide des chauffes successives, sans remplissage d’aucune sorte. Ils sont livrés à bon marché. (Mention honorable. )
- M. Marsden, machines à broyer les corps durs. — La machine à broyer exposée par la maison H.-R. Marsden, de Leeds (Angleterre), est un perfectionnement du broyeur Blake, construit spécialement pour la division des corps les plus durs, tels que les silex, les phosphates, l’émeri, etc.
- Le principe d’action de cette machine est celui de la compression graduelle et intermittente; elle est obtenue par le rapprochement de deux mâchoires métalliques de grande puissance, et par un dispositif de criblage classant, après coup, les produits broyés.
- Le rapprochement des mâchoires en question s’effectue en plan oblique, l’une d’elles étant fixe et l’autre recevant du mécanisme un mouvement oscillatoire, qui élargit et qui rétrécit, alternativement, l’espace dans lequel les matières à broyer sont introduites. La surface desdites mâchoires est, d’autre part, profilée en rainures, d’une saillie déterminée d’avance, le creux de ces rainures constituant, en quelque sorte, le calibre moyen du broyage que l’on veut obtenir et leurs arêtes saillantes présentant, sous forme de coins, l’organe diviseur qui désagrège les corps
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- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878.
- Gr. VI. Cl. 53.
- M. Süg, monte-charge. — Ce monte-charge est composé de quatre montants verticaux en bois, entretoisés, dont l’assemblage constitue un pylône rectangulaire. A l’intérieur de ces montants sont fixés quatre guides en fer à T, sur lesquels roulent huit galets, conducteurs d’un plateau en forme de cage.
- Ce plateau-cage, construit tout en fer, avec plancher en bois, a une hauteur libre de im,8o,afin de rendre l’accès aussi facile que possible; il est suspendu à une chaîne calibrée, commandée par l’action d’un treuil adapté sur le flanc extérieur du pylône, soit au sommet, soit au pied de la charpente.
- Le type de ce treuil est spécial et a été créé par la maison Suc; il est monté sur bâti en fonte, portant tous les organes de son mouvement, et peut fonctionner à double vitesse, suivant le poids des charges à manœuvrer.
- La chaîne est commandée par une noix disposée dans les conditions ordinaires; les débrayages sont établis par des chaînettes pendantes, à portée de lamain, à toutes les hauteurs du pylône, et un frein automoteur, du système Bourgougnoux, en complète le mécanisme.
- Ce frein, d’une grande facilité de manœuvre, tient lieu du ro-chet à cliquet, généralement employé dans tous les appareils de levage, mais il agit ici à l’inverse des freins ordinaires, en ce sens qu’il serre toujours la poulie du frein et permet l’arrêt de la charge à n’importe quel point de la levée.
- L’arrêt du plateau-cage, en haut et en bas de la course, se fait automatiquement sans que le conducteur ait à s’en préoccuper; tous les autres mouvements s’effectuent avec précision, et la grande
- par pénétration. A la sortie des mâchoires, les fragments broyés tombent dans un crible circulaire, actionné par l’arbre même du broyeur, et leur classement est effectué mécaniquement par ordre de grosseur.
- La construction de cet appareil est entièrement solide; sa combinaison mécanique est telle, que les plus grands efforts ne peuvent provoquer aucune rupture et la force motrice employée est, relativement, peu importante. (Médaille d’argent.)
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- APPENDICE. — DIVERS.
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- simplicité d’ensemble de ce treuil permet de le mettre entre les Gr. VI. mains du premier venu sans aucun danger. Cl"~53
- La combinaison mécanique de cet appareil est fort bien étudiée, et son exécution, parfaitement soignée, fait l’éloge du constructeur.
- M. F. Chapuis, robinet fonctionnant avec manivelle et s’arrêtant seul sur la bouteille pleine. (Médaille de bronze.)
- M. Cerf, bidon à pélrole, etc. (Médaille de bronze.)
- M. Bloch, féculomèlre. Appareil à doser la fécule. (Médaille de bronze. )
- M. Egasse, appareil à hydrogène. (Médaille de bronze.)
- Le frère Louvain, usine à distillation d’essence. (Mention honorable. )
- M. A. Simoneton, toiles et tissus pour filtres. Tuyaux en toile.
- (Mention honorable.)
- M. Fréjiont, vide-touries et bonbonnes. (Mention honorable.)
- M. Picq, perce-liège, etc. (Mention honorable.)
- M. Ménard, coupe du verre par le diamant. (Mention honorable.)
- •M. Gowen, cornues à gaz (Angleterre). (Mention honorable.)
- MM. Bürnard Lack et Alger (Angleterre), modification à la fabrication de l’acide sulfurique. (Mention honorable.)
- Société autrichienne des chemins de fer à Oravicza, fabrication de l’acide sulfurique. (Médaille de bronze.)
- M. Cellerin, collaborateur de MM. E. Muller et Ficbet. (Médaille de bronze.)
- Des mentions honorables ont été accordées, pour les applications pharmaceutiques, aux exposants dont les noms suivent :
- M. Catillon, flacons compte-gouttes.
- M. Digne, appareil pharmaceutique et accessoires.
- M. D ulac , pilon pour pharmacie.
- M. Henry, filtres pour liquides.
- M. Rangod, pilulier, pastilleuse.
- F. L. et S.
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- Gr. VI.
- TABLE DES MATIÈRES.
- Cl. 63.
- Pages.
- Composition du jury. — Considérations générales, par M. Limousin............ 1
- Matériel de la pharmacie, par M. Limousin................................... 9
- I, II, III. Industries chimiques diverses, par M. F. Le Blanc..................... a3
- IV. Fours, matériaux réfractaires, par M. F. Le Blanc........................... 37
- V. Matériel de la céramique, par M. F. Le Blanc................................ 44
- VI. Matériel de la verrerie, par M. F. Le Blanc................................. 46
- Matériel et procédés des usines à gaz, par M. Sciimitz.......................... 5i
- Statistique financière des usines à gaz, par M. Sciimitz..................... 56
- Statistique industrielle des usines à gaz, par M. Sciimitz.................. 67
- Statistique commerciale des usines à gaz, par M. Sciimitz................... 58
- Statistique administrative des usines à gaz, par M. Sciimitz................ 69
- VIL Revue générale des perfectionnements dans les usines à gaz, par M. Sciimitz. 60
- Matériel de distillation, par M. Sciimitz................................... 61
- Matériel de condensation, par M. Scumitz.................................... 73
- Matériel d’extraction, par M. Sciimitz......................................... 74
- Matériel d’épuration, par M. Sciimitz.......................................... 76
- Matériel accessoire à la fabrication du gaz, par M. Sciimitz................ 79
- Compteurs, par M. Sciimitz.................................................. 80
- Revue des exposants (récompenses), par M. Sciimitz.......................... 82
- Conclusion, par M. Schmitz.................................................. ii3
- Fabrication du gaz par divers résidus. Air carburé, par M. F. Le Blanc. . . n5 Généralités sur l’industrie stéarique, par M. F. Le Blanc............... 121
- VIII. Matériel de la stéarinerie, par M. Schmitz................................ 123
- Savons, par M. Sciimitz..................................................... i3o
- IX. Matériel de la tannerie, par M. Schmitz................................... i33
- Matériel de la corroirie, par M. Sciimitz................................... i43
- Matériel de la mégisserie, par M. Schmitz.............................. ... i5i
- Utilisation des déchets de tannerie, par M. Schmitz......................... 156
- Outillages divers, par M. Schmitz........................................... 160
- X. Évaporation. Distillation. Àréomélrie, par M. F. LeBlanc.................. i65
- XI. Industrie du platine, par M. F. Le Blanc.................................. 166
- XII. Blanchisserie, par M. F. Le Blanc......................................... 171
- Appendice, par M. Schmitz................................................... 17^
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